Suis je un cas d'espèce, un sorte de dinosaure ?
Une cas d'espèce n'est pas le mot, une rareté, oui! Sur le plan de la performance pure, en termes de résolution, de dynamique, de fidélité des couleurs, le numérique a rattrapé et dépassé l'argentique il y a déjà quelques années. Il n'y a que dans le domaine de l'aléa du grain que, bien sûr, l'argentique conserve son avantage de charme... pour celles et ceux qui aiment avoir du grain dans leurs photos, évidemment.
L'argentique se conçoit encore pour certaines prises de vues particulières, notamment en studio et en très grand format (plans-films), mais dès qu'il s'agit de sortir du studio et d'entrer dans la "vraie vie", un chargeur de batterie gagne à tous les coups contre des dizaines de rouleaux de film! Le numérique offre aujourd'hui infiniment plus de souplesse, même pour qui n'est pas un forcené du déclencheur: on oublie facilement les difficultés auxquelles, par exemple, l'amateur de vieilles pierres était confronté lorsqu'après avoir fait quelques photos de l'extérieur d'une chapelle (disons, boîtier chargé en Kodachrome 64), il voulait en photographier l'intérieur en lumière naturelle... En numérique, il suffit de changer la sensibilité ISO, juste pour les vues qui le requièrent.
Personnellement, je n'ai jamais fait de moyen format (ou si peu qu'on peut dire "jamais"), mais je regarde encore avec nostalgie, deux ou trois fois par an, mon vieux Nikon F de 1973, les F2, le FA, le magnifique F4 acheté récemment pour remplacer celui qui était tombé à l'eau jadis... Tous fonctionnement parfaitement et le bruit de leurs obturateurs fleure bon le passé... puis je m'empresse de les ranger en sécurité et de retrouver mes boîtiers modernes!