26/02/2015
Hikkaduwa – Maharagama Jour : 117 km Total : 917 km
Je quitte ma chambre à 7h30. Je ne trouve personne pour régler mon dû. Le réceptionniste ronfle, allongé à même le sol, derrière son bureau. Je laisse donc en évidence sur mon lit la somme correspondante et reprends la route. 2 km passés, je me dis que si les billets disparaissent, il me sera bien difficile de prouver ma bonne foi. J’ai déjà la moitié des chiens du pays à mes trousses, manquerait plus que la police suive ma trace.
Je remonte plein nord la côte sur une soixantaine de kilomètres. Quelques grands hôtels, des plages moins belles qu’au sud et une circulation qui s’intensifie à mesure que j’approche de la capitale.

Kalutara passée et après avoir connu quelques frayeurs avec des bus, je prends la clé des champs et emprunte une petite route sans circulation.
Je sens à nouveau l’odeur de la végétation, j’entends à nouveau les murmures, les cris et les chants qui s’échappent derrière les murs d’école.


J’avance rapidement, je repère avec attention ma progression sur la carte.
90ème kilomètre, je parviens à une intersection que je ne peux pas identifier. Je demande, on m’explique. S’en suivent près de deux heures de déroute en plein cagnard. A droite, à gauche, les avis divergent et chaque interlocuteur affirme avoir raison.
Heureusement que j’ai pris soin d'écrire l’adresse de mon logement, elle ne m’est cependant pas d’une grande utilité. Je suis perdu. Pourtant, l’orientation, je connais. Je ne m’explique pas cette perdition. Peut-être ces nouvelles routes ne sont-elles pas inscrites sur ma carte obsolète ?
Je décide de rouler jusqu’à atteindre un axe majeur. Je bifurque sur une route embouteillée, enfumée et assourdissante. La ville qui m’est annoncée se trouve à l’opposé de celle que je cherche.

Demi-tour pendant plusieurs kilomètres.
C’est alors qu’un chauffeur de tuktuk, me voyant inspecter avec minutie ma carte, me vient en aide. Je lui montre l’adresse. Sa maison est voisine de celle que je cherche. Il m’invite à le suivre. Je pédale comme un forcené pour ne pas perdre sa trace. Je suis abattu par la chaleur. A gauche, à droite, route principale, à droite, route secondaire, à droite, ruelle, à droite, impasse.
La maison tant convoitée n’a aucun panneau, aucune enseigne, aucun nom. Jamais je ne l'aurais trouvée seul. Le chauffeur de tuktuk sonne. Pas de réponse. Il insiste. Pas de réponse. Il crie, hurle, gesticule… Pas de réponse. Je doute.
Un tuktuk passe. Le mien l’apostrophe. Je ne cherche pas à comprendre comment et pourquoi le chauffeur providentiel possède le numéro de téléphone des propriétaires de la maison.
L’affaire est réglée, une minute passe et le portail s’ouvre. Délivrance, merci les gars ! Nanda et Theekshana m’accueillent avec gentillesse, douceur et un café dans leur superbe villa. Un havre de paix.
Quelques courses et repos bien mérité.
27/02/2015
Maharagama – Negombo Jour : 86 km (74+12) Total : 1003 km
Petit déjeuner "en famille".
La Main road est très encombrée. Les routes secondaires le sont tout autant. Peu à peu la circulation se dissipe.
A 20 km de l’arrivée, les nuages menaçants vers lesquels je me dirigeais déversent leurs flots avec une violence inouïe. Je suis à l’abri. Une demi-heure à patienter et je me remets en selle sous une pluie fine. Encore une demi-heure et les paysages, la chaussée et le cycliste que je suis sont secs.


J’entre dans Negombo. Je ne veux pas arriver. Je fais quelques détours, prends quelques photos.



Vers 12h00, Patrick m’accueille enthousiaste. J’ai 991 km au compteur.

Si je veux intituler mon carnet « 1000 km au Sri Lanka », il m’en reste quelques uns à parcourir.
J’ai quelques courses à faire, quelques bricoles à ramener à mes enfants. Après un chopsuey avalé (dont seul Patrick a le secret), je retourne au centre ville.
Lorsque je rentre dans la cour de la guesthouse, j’ai 1003 km au compteur.
Je nettoie mon vélo, prends une douche.