Extension du domaine de la chute

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« Fuir l’ignoble bêtise des assis » n’est pas le slogan d’une pub Quechua pour des chaussures de randonnée mais le sens que donnait Rimbaud à la marche. Une définition que Sylvain Tesson, dont le dernier bouquin est sorti il y a quelques semaines, trouve certainement pertinente.

Sauf erreur, l’ouvrage n’a pas encore été commenté dans cette rubrique. Alors je me lance…

Son titre Sur les chemins noirs fait référence aux petits chemins paumés, non balisés, truffés de ronces et d’orties d’où l’on ressort en général, les avant-bras rongés par les démangeaisons, les mollets ensanglantés, et que personnellement je n’emprunte que si je suis derrière un débroussailleur fiable, d’1,90 m au moins, à qui je fais jurer sur la vie de sa mère qu’il n’y a ni serpent sauteur ni prédateur en vue.

Bon, disons le d’emblée, et d’une Tesson m’énerve et de deux je paye pour être énervée. Voilà des années que ça dure. J’ai quasiment tous ses bouquins dans ma bibliothèque. Et il va sans dire que l’Everest de l’exaspération est atteint lorsqu’on m’emprunte un de ses bouquins sans me le rendre.

Alors bien évidemment, quand j’ai appris qu’un nouvel opus venait de sortir, je me suis précipitée en librairie pour raquer plein pot (15 €) pour le Gallimard, parce que patienter jusqu’à la version poche, ça aurait fait limite la fille cohérente... « Tu vas encore râler que c’est du fric foutu en l’air » m’a dit ma fille dont l’auteure fétiche est Jane Austen, et qui est aussi tentée par ce genre de littérature que par des séances de cuisson de gruau sur un réchau en Iakoutie ou de saut en parachute au dessus du Mont-Blanc… « T’occupe… »

La lecture du moment (un Zadie Smith en l’occurrence) fut abandonnée séance tenante.

Tesson est cet aventurier qu’on ne présente plus (du moins sur ce forum). Né avec une mappemonde en guise de cerveau, le quadra qui a la baroude dans le sang a traversé à cloche-pied, à dos de chameau, à la nage, en side-car etc. les déserts les plus arides, les taïgas les plus hostiles, des forêts infestées de sales bestioles, franchi des cols inaccessibles, des sommets vierges etc. jusqu’au jour où il a dévissé du sommet… d’un balcon, je crois.

« J’avais rêvé cette balade de France dans un lit, je m’étais levé pour l’accomplir, elle s’achevait. C’était un voyage né d’une chute. »

Nous voilà donc embarqués avec Tesson, des boulons en guise d’articulations, crapahutant non pas dans le Hoggar ni au fin fond du Sahara, mais entre la Provence et le Cotentin en passant par les Cévennes, le Massif central et la Champagne, souvent solitaire, parfois rejoint par des potes.

Ses aphorismes m’insupportent, tout comme son agitation effrénée à courir la planète, ne faisant là que déplacer son corps dans un espace. En revanche, l’introspection née d’une quasi sédentarité sur les rives du lac Baïkal m’avait enchantée. La force de caractère du gaillard force en tout cas l’admiration. A part ça, je trouve irritant que, peu importe l’aventure dans laquelle il nous embarque, il finisse toujours par se rengorger de ses contemplations sur la nature, en refaisant régulièrement les niveaux de vodka (sauf que, pour le coup, ordre de la Faculté oblige, il carbure au viandox), ressasser avec une légère condescendance les mêmes vérités faciles contre la modernité (notamment les nouvelles technologies : « Il ne fallait pas se leurrer, elles n’étaient pas de simples innovations destinées à simplifier la vie. Elles en étaient le substitut »), contre l’urbanisme (« le rêve pavillonnaire moucheta le territoire ») et bien d’autres cancers qui rongent la planète. On en revient toujours au même constat : Tesson ne dit pas grand chose, mais il le fait avec tant de magnificence et de fulgurances qu’on emprunterait bien son disque dur qui, lui, ne semble pas avoir été endommagé par la chute ! (« les buis luisaient, cirés de lumière »). A noter cependant au rayon nouveauté : l’auteur a choisi cette fois le passé (pas si) simple qui ne fait que renforcer l’effet ampoulé, voire sentencieux du texte.

La question qu’on se pose inévitablement en lisant le bouquin, c’est pourquoi et vers quoi marcher ? Pourquoi s’infliger six à neuf heures d’efforts physiques par jour ? Pourquoi aller de tel point géographique à l’autre ? Par masochisme, par plaisir, par besoin, pour dérouiller la carlingue, pour quitter, pour fuir, pour aller loin, ailleurs, d’un point d’interrogation à l’autre (de soi), pour rechercher l’authenticité, pour exorciser les craintes, les colères, les peines, pour s’extraire d’une identité encombrante, s’en inventer une nouvelle, pour relativiser, pour pousser les prises de conscience jusqu’à l’exacerbation, pour bifurquer, pour faire demi-tour, pour s’approprier la nature, saluer un ciel embrasé, lécher les gouttes d’une pluie d’orage, bâfrer des mûres sauvages, pour se faire courser par un chien…

La réponse de Tesson est livrée dès la page 18, ce qui évitera aux flemmards de s’enfiler tout le livre : « Mais la véritable raison de cette fuite à travers champs, je la tenais serrée sous la forme d’un papier froissé, au fond de mon sac ». Et toc, suspense. Les curieux devront quand même aller jusqu’au bout. Je l’ai fait, moi, alors hein… et suis prête à récidiver à la prochaine occasion !

PS. S’il existe-t-il une Association des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson, je veux bien les coordonnées …

PS2. Merde, à quand un vrai grand roman de Tesson ?!
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
OL Olistan Regular ·
Merci Intrankil pour ce retour détaillé.

Je viens de terminer le livre et il s'agit d'un de ceux que j'ai préféré. Cette éloge de la lenteur qu'est la marche à pied permet de réellement observer ce qui nous entoure. Certes, il décrie avec un peu trop de virulence ce 'désaménagement' du territoire français alors qu'il s'agit d'un des pays les moins densément peuplé d'Europe. Mais cette envie d'isolement et cette recherche de chemins noirs demeurent une remarquable démonstration d'intérêt pour son propre pays.
MÉ Mékong Globetrotter ·
Je n'ai jamais lu Tesson...Pas attiré étant un lecteur de la 1ère heure de Bouvier. Et ta description ne me fera pas vraiment changer d'avis Une vodka souiplait !
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
IN Intrankil Regular ·
On m'a dit en coulisses que mon billet ressemblait à celui d'une amoureuse déçue...
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Cette fois, l'op...ium te coûtera 19€ (1) et ce n'est pas le grand roman que tu attends mais un journal dilettante, piqué d'aphorismes -son péché mignon- et autres considérations sur le siècle. Moins sombre que Cioran, moins féroce que Chevillard, Une très légère oscillation est un Tesson attendu, bien balancé mais pas renversant. Cependant, le plaisir de la lecture est intact.

(1) Ce sont pourtant des mots d'occasion (il s'agit d'un recueil de chroniques publiées dans la presse), comme neufs quoique un peu usés quand bien même certains sont inusités.

P.S. Aphorisme: faire pardonner par la brièveté de sa formulation l'inconsistance d'un propos. (page 211)

P.S.2 As-tu les coordonnées de l'Association des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson? Parce qu'en public, c'est mal vu.
IN Intrankil Regular ·
Ugh grand Toi,

Comme je te l’expliquais sur l’autre ligne, la "marchandise" m’attend chez mon libraire. Mais j’irai quand la nuit sera tombée et la lune faible et peu lumineuse.

Au dessus de la pile d’ouvrages non-lus qui m’observe à l’heure actuelle, rictus en coin, d’un air de dire tu f’rais bien de t’occuper de m’enlever le haut plutôt que de te déhancher devant l’autre emmanché du bulbe qui te fait du pipeau sur un forum sous prétexte d’aphorismes à deux balles … note bien que c’est la pile de livres qui cause, pile disais-je donc au sommet de laquelle trône L’ordre du jour de Vuillard.

Comme je te l’expliquais aussi sur l’autre ligne, à propos de came, et rapport à la picole - sport auquel Tesson dit d’ailleurs exceller surtout quand il s’agit de se mettre la mine à la vodka - même si je n’ai lu que 50 pages et demi dans la salle d’attente du toubib (les docs Luxembourgeois sont pas tous portés sur la ponctualité), je peux d’ores-et-déjà-urgemment-c’est-une-sommation te recommander Transiberian back to black du Russe Andreï Doronine (La manufacture de livres « Zapoï » dont le 4ème de couv dit : "Zapoï » : mot russe qui désigne une période d’ivresse continue de 2 jours ou plus pendant laquelle on est exclu de la vie normale. Mais aussi collection de fiction et non fiction russe qui vous fera perdre la tête en vous racontant un monde largement inconnu après un quart de siècle de gueule de bois post-guerre froide").

Va pour le dépaysement donc et pour une bonne piquouze de littérature brut de décoffrage avec en guise d’édulcorant, un humour fichtrement barré. Le décor : « le coin le plus pourri de la terre » où il n’est pas rare que le mercure flirte avec les moins cinquante. Et pourtant le roman paraît incandescent. Un jeune junkie, plumitif à son heure, entouré d’autres gaillards tout aussi "niqués de la tête", raconte ses journées passées à se procurer les doses suffisantes dans sa longue quête vers la plénitude (planitude ?)

Avant-goût : "Ma bande faisait peine à voir. Tokha, un petit mec trapu, gagnait son fric de manière extravagante – attaquant dans le dos des passants isolés, en les assommant par derrière avec des chats gelés à mort et durs comme de la pierre. C’était un calcul astucieux, dans la mesure où on peut considérer ça comme ça. D’habitude, ce genre de de crime puni par un certain nombre d’articles de loi était accompli à l’aide d’instruments plus appropriés. Bâtons, bouteilles, tuyaux de plomb et enfin, à coup de poing. Les chats étaient commodes pour un tas de raisons. Impossible de tuer avec. Suivant la puissance du coup, on pouvait tout de même étourdir et faire passer la cible de l’état actif à végétatif. On pouvait balancer le chat sur les lieux du crime, et aucun enquêteur digne de ce nom n’aurait pu penser que le malfaiteur se soit servi d’un instrument aussi bête quoiqu’absolument cadavérique. Le chat était également un complice muet et ne laissait aucune trace, si on travaillait avec des gants."

Transsiberian back to black ou l’étrange légèreté de la damnation ? A suivre… J'y retourne !
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MÉ Mékong Globetrotter ·
hoho parce en plus tu traînes tes baskets en coulisses coquine!
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
IN Intrankil Regular ·
Cette fois, l'op...ium te coûtera 19€ (1) et ce n'est pas le grand roman que tu attends mais ...

Pssst… ce s’rait pour une confession...

Bigre, j’ignore si c’est l’âge ou la perfide infection grippale qui m’a tenue clouée à l’horizontal quelques jours, mais figure-toi que j’ai trouvé l’ouvrage parfaitement comestible, plaisant même. Et pourtant, excepté les yaourts nature et les fruits (non macérés), rien ne passait.

Je souscris à ton analyse lucide de l’œuvre... ajouterais toutefois - au risque de me répéter – qu’au niveau radotage précisément, Tesson vaut son pesant de pistaches du Tadjikistan. Outre quelques aphorismes culcullapralinants (« Est-ce grâce aux punaises que les feuilles tiennent aux arbres ?»), couplets réacs (« même le soleil est en crise »… d’ailleurs il le dit lui-même « je suis tellement réactionnaire que je préfère le début de mes phrases à leur fin »), contradictions et autres paradoxes (le gars se déplace des calanques de Cassis au Baïkal en passant par la Centre-Afrique comme d’autres passe de la cuisine au salon mais fustige les A380 qui le mènent en dix heures à Pékin au lieu de traverser les déserts d’Asie centrale en usant ses semelles – évidemment anatomiques tout-terrain avec rembourrage en mousse respirante et système de laçage autobloquant …), réflexions d’une profondeur aussi insondable qu’un lit de rivière soudanais - et pas caricaturales ni péremptoires pour un euro non non… - sur la politique (« Système présidentiel : cinq ans de campement luxueux pour se reposer d’une campagne » mais c’est pas lui qu’a élu le pacha en question puisqu’il ne fréquente pas les isoloirs qu’il trouve grotesques), j’ai pris plaisir à me laisser porter par sa prose émaillée de perles, suivre ses déchirements intérieurs sur lesquels il porte un regard finalement plus ironique qu’auto-satisfait, le voir convoquer les auteurs devant lesquels je me prosterne moi-même (tiens, depuis le temps que je tourne autour, me voilà enfin prête à lire Patrice Franceschi), s’amuser de l’esprit poético-spirituelo-pragmatique des Centrafricains (Une pharmacie « jamais trop tard ». Un bistrot : « ne m’embête pas »), assumer ses gamineries (grimper aux arbres, croire aux fées- ici réincarnées en infirmières), se profiler en éternel contemplateur sans pour autant perdre de sa vivacité d’esprit et son hypersensibilité… et euh ben c’est à peu près tout mais c’est déjà pas mal. Non ?

- Signé Une lectrice anonyme –

PS. Avertissements et précautions : Les médocs peuvent ramollir le cerveau et provoquer des réactions hallucinogènes sévères ou autres symptômes tels que vertiges, rougeurs aiguë etc.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
IN Intrankil Regular ·
hoho parce en plus tu traînes tes baskets en coulisses coquine!

Dis, t’as pas mieux à faire que commérer ! Te mettre en route à pied pour le Yunnan par exemple… Tu prends bientôt la tangente, espèce de bougre-de-moule-à-gaufre verni ? "Ce panonceau : "cité interdite : horaires d’ouverture" (Sylvain Tesson)

Bises XXL
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
... puisqu’il ne fréquente pas les isoloirs qu’il trouve grotesques.

Tu sembles chiffonnée du bulletin mais à voir, ce soir encore, la frivolité des électeurs, comment ne pas s'en garder?

Tu me sommes de lire dans un train mythique un livre qui me semble noir: je n'aime pas plus les trains que les sommations -les deux m'assomment, une question d'autonomie suspendue-, et pourtant le transsibérien... De ce que j'en ai lu d'autres critiques, ce me semble n'être pas mon trip.

Un autre livre à ne pas lire en version l'édition-est-un-business-comme-un-autre (sauf alitement prolongé), et pourtant intéressant et plaisant pour sa maîtrise et l'évolution de la langue de l'auteur sinon celle de ses prédilections -mieux vaut relire sa période abyssine-, la dernière livraison du meilleur pote de Tesson. Attention à ne pas lui mettre deux « f »: avec un seul il est académicien, avec deux il est insoumis – même à son idéologie?

PS Je reviendrai sur tes concessions, euh... confessions.
IN Intrankil Regular ·
Mon très cher,

Petit a, va te faire foutre (ça c’est fait).

Petit b, j’t’adore. A défaut de shit ou de dynamite, je me damnerais pour de la mauvaise foi en barre. C’est dire si je sais plus comment te résister.

Petit c, ouais le vote orienté tout entier vers le calcul érigé en mode de pensée planétaire, c’est mon shoot. Quelle clairvoyance ! Et moi pauvre âme vulnérable, plongée dans le noir d’une cécité crassement ignorante...

Après c y’a quoi déjà ? Bref … qui te parle de voyage en train ? Moins de dépaysement, moins d’érudition, moins de jolies formules savamment tournées que chez Tesson, mais des inhumanités, du trash… des mots noirs comme des furoncles, Back to Black effectivement, c’est pas Walt Disney. Et pourtant, la drôlerie affleure à chaque page. (…)

Petit S, comme Sommation. M’est avis qu’il va nous falloir débrayer et rouler désormais pépère, au premier degré, si on veut éviter les ornières.

Petit S-bis, comme Sommeil. J’y vais de ce pas rêver de chauve-souris de tunnels glauques de frontières mouvantes où de pauvres hères se perdent de terrains-vagues hantés par des chats galeux de confins ténébreux de sordides monstres vociférant En Marche ! avant le grand compte à rebours...

Une de tes admiratrices de toujours (assumée) - et à jeun qui plus est.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut Duchesse

Comment tu sais que je suis en marche pour le Yunnan? on ne peut rien te cacher :-) En effet, la Chine m'appelle le 7 juillet Je te lis avec délice et je vois que tu es dans une forme olympique.

Bises pimentées (je suis à Lombok l'île piment)
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
VO Voyajou Globetrotter ·
Qu'est-ce que je disais déjà? Ah oui! La frivolité des électeurs. Confirmé en appel le 18 juin.

Petit a, va te faire foutre (ça c’est fait).

Je laisse à mon diariste de chevet le soin d'introduire: «Et j'ai bien envie de dire ici à ceux qui choisissent d'écrire comme on parle qu'ils ne trahiraient point leur beau souci d'authenticité s'il écrivaient plutôt comme on se tait» Eric Chevillard, L'autofictif.

Dans le même domaine, j'ai deux mots à dire à ta pile qui cause -avant sa chute: il est tout à fait possible de lire tout en se déhanchant. Surtout Vuillard, qui fait danser les mots. Danse, danse, donc!

Enfin, prends garde à ton vocabulaire: plusieurs mots de ton dernier message ne passeraient pas le guichet à la police aux frontières. Un coup à te retrouver en Sibérie sans les œuvres complètes de Tesson.

Maalouf et Tesson pour La Fête de la Musique? https://www.youtube.com/watch?v=Z0ElTBRRUHg
IN Intrankil Regular ·
Je laisse à mon diariste de chevet le soin d'introduire: «Et j'ai bien envie de dire ici à ceux qui choisissent d'écrire comme on parle qu'ils ne trahiraient point leur beau souci d'authenticité s'il écrivaient plutôt comme on se tait» Eric Chevillard, L'autofictif.

Allez, je vais faire ma Tesson réac, mais - excuse du peu - par un biais subliment lumineux, celui d'Isabelle Sorente, entendue récemment sur France Inter, et qui n'a pas son pareil pour mettre le doigt sur les pentes casse-gueule sur lesquelles l'époque dans laquelle nous vivons entraîne notre psyché... (mille pardons, c'est de la radio, donc de l'oralité, pas de l'écrit à la Chevillard...)

„Il y avait une jeune femme triste hier sur les quais du métro (…) Elle a l’air fatigué, elle porte une trottinette sur le dos (…) Vu de loin, la trottinette a l’air d’une activité sympathique, un peu comme la marche à pied, la part d’enfance en plus, mais attention… ce n’est pas n’importe quelle enfance, ce n’est pas l’enfance qui danse, ce n’est pas l’enfance qui mord, c’est l’enfance qui trottine (…) Nous ne vivons pas dans un monde orwellien, nous vivons dans un monde d'infantilisation générale comme si les mots aussi étaient en voie de disparition, entre les smileys qui se multiplient proportionnellement à la peur de déplaire (…) les enfants adultes ferment leur gueule et trottinent pour éviter les ennuis (…) les enfants adultes sont sages comme des images, alors ça tombe bien parce qu'il n’y plus que ça des images*, Freud a dit que l'enfer était le monde livré aux enfants de cinq ans (…) " (La chronique romanesque sur la trottinette, Si tu écoutes, j'annule tout)

* rdv au forum voisin Carnet de voyages

www.youtube.com/watch?v=-ulST8n2lyI
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
J'ai transmis Une très légère oscillation à ma voisine. Je le relis via son regard, bleu aussi mais céruléen. Même concentré sur ses lèvres le propos me parvient ouaté, je comprends qu'elle envisage de passer l'été avec lui. Encore heureux que ce ne soit pas un pavé, elle y passait l'année.

J'ai bien noté le rancard « au forum voisin Carnet de voyages », j'ai écumé les fora francophones et je me suis senti comme un lapin posé. Si c'est en luxembourgeois ou en allemand, voire en napolitain, tiens-le toi pour dit, je n'irai pas.

PS Ma fille m'avait signalé(e?)* l'excellente Sorente qui compte donc d'appréciées aficionadas.

*Je me demande si les femmes accortes ne disposent pas d'un avantage quasi-congénital -ou bien est-ce de l'ordre de l'acquise- pour l'accord des participes-passées.
IN Intrankil Regular ·
Il m’arrive de douter de la réalité les jours où je lis ou entends, rapportées d’outre-Atlantique, les nouvelles incartades - ou incommensurables conneries - lâchées par tweets interposés par le Boss (mais non… pas Bruce Springsteen). Est-il possible d’être aussi au ras du sol pour élire une déglingue pareille ? (voilà pour notre rendez-vous quotidien d’analyse politique approfondie, Bernard Guetta n’a qu’à se rhabiller).

La plus efficace des claques, face à ce genre d’état de sidération, est de se ressourcer dans un bon bouquin. Et, contrairement à ce que tu sembles croire, mon cœur ne bat pas que pour toi ni que pour l’Orient, mais aussi pour la littérature américaine. J’ai commencé très tôt, comme beaucoup, avec Mickey.

Je relis aujourd’hui Le vieil homme et la mer dans sa nouvelle traduction (Philippe Jaworski). Et, comme je te l’écrivais hier, je viens de terminer la lecture du recueil de récits de voyage de Russell Banks Voyager (Actes Sud).

Jacky Durand de Libé dirait « faut pas dégeler le passé au micro-ondes, il deviendrait imbouffable comme des nouilles réchauffées ». Mais Russell Banks a suffisamment de talent pour mettre le lecteur dans tous ses états et le retourner comme une crêpe.

Qu’il écrive les vierges, les putes (t’échauffe pas, il s’agit d’îles américaines…victimes d’une urbanisation à tout va), la patience d’une mer caribéenne, le ciel irisé des Antilles, le vent tempête en altitude, le renoncement si près d’un sommet himalayen, ou le soir qui songe à tomber sur une vie tellement remplie (ambitions littéraires, exigences, réussites, voyages, passions, compulsions, mais aussi vieillissement, introspection, remords…), on est toujours aussi admiratif devant le talent de ce conteur et grand humaniste.

A la fin, tout est silencieux… sauf le tumulte du cœur.

Je t’en dis pas plus.

PS. Ecouté avec joie ce soir sur France Inter « Un été avec Homère » par… Sylvain Tesson himself ! qui lâche son Bic pour un micro : https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-homere/un-ete-avec-homere-01-juillet-2017
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Dans la rubrique « pente savonnée de l'époque »: Tesson affirme que le coût de transport d'une chinoiserie de son lieu de fabrication jusqu'en Europe n'est pas supérieur à celui de son acheminement du port européen d'arrivée à sa métropole de destination. Mais l'Hulot va régler ça: il annonce des améliorations pour 2030, puis 2040.

Entendu à la radio: « Ruisselle Banks, aisselle qui a écrit Entre mes rives coule la rivière? » Voilà pourquoi l'écrit est supérieur aux autres médias. (Je précise que j'ai déjà consulté Sonotone: ce n'est pas un problème d'oreille.) Si je remonte le cours, ma dernière lecture de cet auteur est Un membre permanent de la famille. Douze bonnes nouvelles.

Poursuivons donc le tour du monde littéraire avec le corpus de l'Australienne Nikki Gemmel. Assurément pas le livre à offrir à une femme pour qui voudrait rester peinard (du reste, je le pilonne dès que je l'aurai refermé... sans doute avant la fin). Avec mon corps: de l'influence du mariage et du climat sur la sexualité.

P.S. J'ai survolé l'émission de Tesson: pourquoi ces bruits de fond, champ de bataille ou ressac, pour souligner le propos? Comme si le texte ne se suffisait pas à lui-même. Répulsif pour moi, mais quoi, c'est de la bonne radio par défaut. (ça c'est fait, pour le compte de la mauvaise foi). P.S.2 N'y vois pas maille à partir, mais dans un pays qui se pique de gastronomie, la moutarde ça me la frise. P.S.3 Une causerie du Boss, mais lequel? www.deezer.com/track/71136902
IN Intrankil Regular ·
P.S. J'ai survolé l'émission de Tesson: pourquoi ces bruits de fond, champ de bataille ou ressac, pour souligner le propos? Comme si le texte ne se suffisait pas à lui-même. Répulsif pour moi, mais quoi, c'est de la bonne radio par défaut. (ça c'est fait, pour le compte de la mauvaise foi). P.S.2 N'y vois pas maille à partir, mais dans un pays qui se pique de gastronomie, la moutarde ça me la frise. P.S.3 Une causerie du Boss, mais lequel? www.deezer.com/track/71136902

Ta syntaxe, mon très cher, passe à la moulinette mes humeurs (conditionnées par une cervicalgie à la veille d’un déménagement) et je t’en suis vivement reconnaissante… Sauf qu’à force de mauvaise foi, que tu vas finir par te faire jeter du Club des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson et c’est pas sur VF qu’il faudra venir larmoyer.

"Un été avec Homère" sur France Inter n’a pas vocation à concurrencer France Culture et les leçons inaugurales du Collège de France sur (par exemple) "l’Optique médiévale et son usage métaphorique" qu’on peut entendre matutinalement durant l’année, mais de distraire sur la route des vacances les juilletistes hyper angoissés par la météo des plages. Alors tu vas pas nous faire tout un pataquès pour quelques bidouillages sonores ! Tesson, assez raide en première séance, va se décoincer, j’en suis sûre. J’ai peur de finir par l’aimer sans condition et de n’avoir plus rien à dire.

Quant à nous, dis-donc, avec Bruce en fond sonore, c’est pas la passion en charentaises qui nous guette… Je fonds quand tu me contes fleurette par liens deezer interposés. Tu fais quoi ce soir ? Ah merde j’suis pas libre, y’a Tesson sur France Inter...

Merci pour le conseil de lecture. Je prends bonne note de ce titre prometteur.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Moi, conter fleurette? N'y compte pas! La fleurette je la bats, je l'émulsionne. Qu'elle s'émotionne ou se délite, je l'alite puis la reprends. Je la fouette à cru, mais pas trop. C'est très délicat à obtenir, mais il faut que l'élévation vienne d'elle. Une pointe de fleur de sel, une autre, légère, d'un piment ultramarin, déposez une noisette de la préparation dans un bivalve, passez brièvement au grill.

Sinon, le Tesson du soir était-il sur son erre, toutes voiles détendues en vue d'Ithaque? Ou bien toujours bordé au près? Y a -t-il anchor ce chœur de sirènes en playback?

Des nouvelles d'Homer:

IN Intrankil Regular ·
Sinon, le Tesson du soir était-il sur son erre, toutes voiles détendues en vue d'Ithaque? Ou bien toujours bordé au près? Y a -t-il anchor ce chœur de sirènes en playback?

Kaliméra ô Toi si près de l’Olympe,

N’ai pu capter que la première moitié de l’émission, en route pour un endroit où il m’a été donné de goûter un carpaccio de poulpe divin et un philtre italien bien frappé, de quoi rendre supportable une soirée brûlante comme le Styx. Je viens d’écouter l’autre partie.

Je te rassure, mouettes et ressac sont encore au rendez-vous. Ulysse enfourche effectivement son cheval de mer. "Il faut se dire que l’Odyssée est le pire manuel de navigation publié dans l’histoire de l’humanité" prévient Tesson.

C’est assez fourre-tout, on passe de Charybde en Scylla en croisant un cyclope, des sirènes, mais aussi la nymphe des parois, Stéphanie Baudet, qui vient de publier A la verticale de soi (chant qui semble faire chavirer Tesson), Gainsbourg, Hélène (pas Ségara mais la bourgeoise de Ménélas), Nerval, Penelope Cruz, Montaigne etc.

Circé est ma garce préférée. Y’a Calypso qu’est pas mal roulée non plus. Bref... Ivresse, sagesse et paire de fesses comme dirait Guyard.

Au programme de la semaine prochaine : Grecs et Troyens s’affrontent à coup de pétards, gaz lacrymo et autres canettes de bière...
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Ave Nus du Mont (c'est affreux, dites),

Sauf qu’à force de mauvaise foi, que tu vas finir par te faire jeter du Club des Lecteurs Anonymes de Sylvain Tesson

Ainsi j'encourrais une mise à pied du club des LAST? Je serais curieux de voir comment des sans nom signeraient l'exclusion d'un des leurs. Et puis, ce serait faire peu de cas de la promotion permanente de l'auteur que nous assurons ici. Et pas au rabais, on mouille le chiton quand même. Certes, ce n'est pas aussi risqué que de soutenir la victime d'une fatwa mais notre cavalier des steppes ne fait pas l'unanimité. Je pense qu'il est temps de jeter bas les masques et les plumes et de livrer cet avertissement au lecteur qui pourrait penser qu'on marivaude pour le plaisir: nous sommes ici en service commandé (au fait, as-tu perçu ton chèque de juin de la maison d'édition de ST? Relevant ma boite normalisée, j'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un à-valoir pour mon dernier manuscrit mais j'ai dû me rendre à l'évidence: il m'était retourné dans l'enveloppe, avec le chèque).

J'ai pris connaissance du programme radiophonique de samedi prochain: encore une histoire de batailles de rois et de chevaux creux. Nous savons les dommages causés aux âmes fragiles par ces récits, d'Homère à Coppola. Et si je t'embarquais pour Six-Terre? Après un pâté de mouettes, l'intermittent ressac mis à pied, nous ferions assauts d'Aphorismes sous la lune et, plus tard, dans les herbes.

En attendant, Chevillard: « Qu'y puis-je? Il se trouve -car le réel est amer, ironique, la libellule éphémère et la félicité rare- il se trouve que les personnes les plus bavardes sont aussi celles dont les faits, gestes et opinions ne présentent aucun intérêt. »
IN Intrankil Regular ·
« Mais nous sommes là, le nez collé sur l’époque, l’époque et ses écrans qui nous happent, nous absorbent, nous épinglent comme papillons sur liège. Il est rare que nous levions la tête pour prendre un peu de distance, un peu de recul pour essayer de voir ce qui passera dans le futur. »

On dirait du Tesson, mais c’est du Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard enchaîné, qui dresse un réquisitoire vibrant contre la grande extinction des espèces animales, la folie et l’irresponsabilité humaine en adressant une Lettre, remuante comme la houle, empreinte de poésie et de beauté, au dernier grand pingouin, disparu il y a un siècle et demi sur une île au large de l’Islande.

Il m’a fallu débarquer à la page 119 pour qu’une météorite me tombe sur le coin du crâne, piger que le pingouin avait bel et bien disparu et que l’auteur n’avait pas fumé d’algues : « C’est curieux : tout le monde croit que tu existes encore. Il y a des pingouins partout, dans les dessins animés, les livres, les chansons. La raison en est qu’on confond pingouins et manchots. Confusion facilitée par le fait que les Anglais désignent ces derniers par penguin. Il est vrai que vous vous ressemblez : vêtus de noir et blanc, les manchots se dandinent comme toi sur deux pattes, portent un long bec, deux moignons d’ailes. Vous vous ressemblez mais n’avez rien à voir ».

C’est une lecture glaçante comme l’Arctique mais légère comme une plume. Je l’ai terminée aujourd’hui, à la fine pointe de l’aube, alors que la vitre n’était que brume et buée... Merci à mon vénérable libraire de m’avoir collé ce bouquin dans les palmes.

Lettre au dernier grand pingouin, Jean-Luc Porquet (chez Verticales)
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
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Psst... Y’avait du beau monde à Nancy ce weekend pour Le livre sur la Place. Rufin, dont tu m’as dit être un lecteur fidèle, président de l’événement, teint hâlé au sortir de l’été, sourire tout en retenue. Rolin (Olivier de son prénom…). Et figure-toi que j’ai cru défaillir au moment où j’ai croisé le regard limpide et intense comme des lacs d’altitude de… Sylvain Tesson himself !

Il a bien fallu un sandwich brie-beurre-moutardé pour me remettre et Orhan Pamuk en guise de dessert, qui était sur la scène de l’Opéra pour parler de son dernier roman Cette étrange chose en moi et répondre aux questions de Christophe Ono-dit-Biot avec une drôlerie et une décontraction éblouissantes.

Ono-dit-Biot a enchainé dans la foulée dimanche aprem avec l’interview de… Ian McEwan (yes !) pour la sortie de Dans une coque de noix qui n’est certes pas mon opus préféré, bien que déjanté et loufoque à souhait.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Va, je ne t'envie point. (Pour le sandwich, un peu quand même) Tu sais que je refuse obstinément, et malgré leur insistance, de rencontrer physiquement les écrivains ou même de les entendre. Et plus encore ceux que j'apprécie. Nul besoin de médium (même une fine feuille) entre le livre et le lecteur. Sans compter les périls. Ai-je besoin de rencontrer le charcutier créauteur de cette sublime terrine -alors même que je pourrais en obtenir la recette?

Psst! As-tu lu dans son regard la réponse à ta question initiale: « Merde, à quand un vrai grand roman de Tesson?! » ? PS. Pas une auteure à cette foire au livre? Ces barbons de l'édition ignorent-ils qu'il n'y a plus de lecteurs que lectrices? Quid du femvertising ? Faut-il en référer à Schiappa? Et à quoi sert d'avoir une éditrice Ministresse de la Culture? PS2. En cette rentrée, Le Monde perd un actionnaire et un critique littéraire. Les actions du premier sont bien vite reprises par ses associés tandis que cessent les obligations du second, pourtant irremplaçable. De ses six années de contributions au Monde des livres, il a tiré Défense de Prosper Brouillon qui s'annonce féroce (parution ce jour).

« J'ai choisi de ne pas me montrer à la télévision et de limiter au maximum mes apparitions publiques. Mes livres et ma renommée auraient grandement profité pourtant de la réclame de mon seul visage, de l'harmonie délicate et sévère de ses traits, de cette ardeur inquiète de mon regard, de la tendre ironie de mon sourire. Je n'ai pas voulu de cette facilité » E.C. (qui me prie de ne plus le citer au motif qu'il aurait doublé ses ventes -49 en août- et qu'il n'arrive pas à suivre).
IN Intrankil Regular ·
Ne me dis pas que tu vas laisser des dizaines de Voyajouettes sur le carreau quand elles créeront l'émeute en te demandant d’apposer ta belle signature au bas d’un carnet de voyages africain.

Le plus excitant pour les auteurs n’est sûrement pas de camper derrière une pile de livres en attendant de risquer l’entorse du poignet à l’heure de pointe (« à Jennifer… » etc.)

Les échanges autour des tables rondes et autres interviews radio, en public etc. sont vivantes, spontanées et intéressantes. J’ignore si les auteurs sont payés pour ça. Tant mieux si c’est le cas, vu la précarité de certains...

Pour le lecteur, je vois en tout cas aucune raison de se priver de rencontres enrichissantes, à moins de placer une star de l’azerty sur un indéboulonnable piédestal.

Pour répondre à ta question, il y avait des auteureuh évidemment. A commencer par la tête à claques au grand chapeau noir...

Et des pti’ts nouveaux. Thomas Flahaut par exemple. J’ai embarqué son premier roman « Ostwald » (Editions de l’Olivier) mais, reprise du taf oblige, je ne peux hélas encore rien t’en dire.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Foin de littérature, parlons d'agriculture: Biot dit No!

Le Biot est une petite commune sise au sud de Vacheresse et à l'ouest d'Abondance, dans une corne que la France enfonce mollement au flanc suisse. Des Anglais y détiennent une dizaine de résidences secondaires et s'étaient plaints de la gène provoquée par le tintement incessant des clarines dont sont affublées les Abondances, placides mais toujours en mouvement bien qu'encloses. Quel taon les a donc piqués!? Une pétition de soutien aux cloches mise en ligne sur le très sérieux (?) site Change.org a recueilli en quelques jours près de cent mille signatures à travers le monde pour que rien ne change. Le virus de la vache folle, c'est du p'tit lait à côté.

Tournier, le maire du Biot au nom d'écrivain, qui s'y connaît en vie sauvage a tranché vendredi: les vaches de la commune conserveront leurs clarines.

Et pourquoi pas faire taire nos coqs et nos frogs!? Messieurs les Anglais, tirez... vous.

Je t'épargne le carillon au bénéfice du boucan existentiel d'Ono. www.youtube.com/watch?v=Z0cq5Bs8HfI
KO Kola Globetrotter ·
Entre la pétition et la décision il y a eu...

Vendredi 8 septembre, vers 21h, la route qui remonte d'Abondance vers le col du Corbier, à la station de Drouzin le Mont déserte en cette fin d'été, est étrangement chargée.

Pourtant arrivés là-haut tout est sombre et silencieux... dans ces chalets accrochés à la montagne les vacances sont terminées, les volets sont clos. Seules quelques lumières trouent l'obscurité, celles de la poignée de résidents à l'année. Un ultime virage en lacet serré, une dernière manoeuvre délicate... et la voiture est garée. Juste à temps.

Un bruit sourd qui monte et s'amplifie en formidable vacarme, un tintamarre bourdonnant de cloches et de grelots, de clarines, de clochettes, sonnailles et toupins... un charivari du tonnerre, un boucan à décorner les vaches... Les vaches ? Point de vaches dans le joyeux et tonitruant bordel en contrebas sous nos pieds... mais leurs propriétaires, voisins et fermiers, affublés des ornements de leurs indésirables compagnes, venus offrir un concert vachard à la poignée de pétitionnaires -10 couples donc 20 signatures, and not only british...- agacés, agressés, dépassés par l'Abondance de clarines des tarines. Fols égarés qui aux vaches kyrie eleison (mais sans aucune pitié, Seigneur !) souhaitent la mort.

Citadins contre ruraux, travailleurs contre fainéants, traditions contre néos, bobos... vieille et éternelle histoire. ESB... ien raisonnable ?

N'eût-il pas mieux valu encore, plus qu'à tout cela... Croire au merveilleux ?
VO Voyajou Globetrotter ·
Je te rassure, mouettes et ressac sont encore au rendez-vous.

Je pensais tenir enfin la possibilité d'Ithaque puisque les causeries radiophoniques de Tesson, diffusées l'été passé, infusent en livre. Tu sais quoi!? L'éditeur a installé une puce et un haut parleur dans la couverture! Au reste, l'auteur soi-même nous avertit en quatrième: « N'entendez-vous pas la musique des ressacs en ouvrant ces deux livres?» Du vent! Tu tournes la page, elle claque comme une voile mal étarquée. Et toujours le susurrement de ces satanées sirènes. On se croirait à Cythère où naquit Aphrodite.

Dans L'Iliade et l'Odyssée tout aurait été dit des caractères humains et leur lecture remplacerait avantageusement celle des quotidiens. C'est un peu tirer les vers du nez au poème. Et Tesson ne se prive pas d'en chaluter des tonnes au service de ses vues, quitte à les tordre un peu.

Un été avec Homère Sylvain Tesson. Equateurs
IN Intrankil Regular ·
Tu sais quoi!? L'éditeur a installé une puce et un haut parleur dans la couverture! Au reste, l'auteur soi-même nous avertit en quatrième: [« N'entendez-vous pas la musique des ressacs en ouvrant ces deux livres?»

Nom d’un coton tige, j’ignorais que la lecture pouvait provoquer des acouphènes.

Un été avec Homère trône sur le haut de la pile en attente depuis que j’ai vu Tesson interviewé à La Grande Librairie et par Adéle Van Reeth dans Livres & vous.

Comme on se dit tout, je te dois une confession : Tesson, avec sa gueule asymétrique à la Picasso, me plait de plus en plus. Il a pris de la bouteille, ça lui va bien. Et que je te cite Jankélévitch comme d’autres causent brushing ou météo.

Taillé dans le même bois, et dans le genre frappadingue qui trouve que l’air n’est respirable qu’à partir de 4000 mètres, il y Cédric Gras dont je viens de finir Saisons du voyage, un ouvrage dans lequel l’auteur nous livre plus de réflexions philosophiques sur le Voyage que de souvenirs de ses pérégrinations. Le gaillard est non seulement beau gosse, bâti comme un bûcheron sibérien, mais il a la tête bien faite et son écriture est très belle, ciselée comme la dentelle des crêtes qu’il pratique.

Cédric Gras nous confie qu’il commence à en avoir ras les raquettes d’arpenter les coins les plus reculés de la planète, qui d’une part sont déjà déflorés, et pour s’entendre dire en prime que s’il y était venu un demi-siècle plus tôt, il aurait vu ce qu’il aurait vu, que c’était tout de même autre chose… A qui la faute : « Nos pères ont brulé la chandelle par tous les bouts de la terre. Ils ont fait flamber la planète ». Prends ça dans le râtelier, toi le Christophe Colomb du Parc Krüger (ocv).

Ceci dit, un peu plus de légèreté et d’humour ne nuiraient pas au bazar, mais il est bon - surtout pour mézigue de plus en plus sujette au vertige - de prendre un peu de hauteur, au sens propre comme au figuré (« Longtemps, je n’ai connu de mers que de nuages, cotonneux paradis, immaculés et sages ») tout en étant confortablement amarrée dans un fauteuil.

Parallèlement à cette lecture que je recommande vivement, j’ai suivi un autre voyageur dans des tribulations d’un genre différent. Il s’agit du journal de voyage de l’intellectuel et romancier irano-allemand Navid Kermani qui a enprunté, non pas la route des vins, mais la route de l’hémoglobine ou - traduit littéralement - la route des tombeaux, en partant de sa ville natale (Cologne) jusqu'aux États baltes et de là, vers le sud à travers le Caucase jusqu'à Ispahan, la ville que ses parents ont quittée il y a soixante ans.

Le savais-tu ? Il y a un office du tourisme à Grozny.

C’est pas la lecture la plus hilarante qui soit, mais on voyage dans le passé au gré des guerres, des fractures, des catastrophes naturelles et autres cataclysmes caractéristiques de la région sans pour autant se finir aux anxiolytiques ou se flinguer. On croise aussi bien Pouchkine, Svetlana Alexievich que des personnes engagées en politique, des scientifiques, des artistes, des jeunes désœuvrés, des gardes-frontières, des anciens qui évoquent leur histoire tout en égrenant leur chapelet. J’en prends pour exemple cette mamie, d’origine juive mais qui dit n’avoir quasiment jamais mis un pied dans une synagogue, installée en Lituanie après avoir fui la Pologne, et qui non contente d’échapper de peu à l’extermination allemande (libérée avec les autres femmes du camp par un bel officier autrichien humaniste) s’est vue expédiée pour dix ans aux confins de la Sibérie, dans un village de vacances sûrement tout aussi confortable que ceux de la concurrence nazie, sous prétexte qu’on ne peut échapper aux Nazis que si on est une espionne et qui en rentrant - après avoir laissé son dentier sur place car l’insouciante avait oublié de se faire vacciner contre le scorbut avant son départ – s’est battue de toutes ses forces pour être réhabilitée, car on peut supposer qu’une fois cataloguée « traite à la patrie » dans l’ex URSS, il y avait peu de chances de trouver un job où les opportunités d’évoluer et de faire carrière se bousculent. La mamie a touché durant un temps un genre de parachute doré, à savoir un dédommagement reversé par le gouvernement allemand sous forme de pension, jusqu’à ce que ce dernier se ravise en arguant que si elle en était arrivée à ce stade de la mouise, c’était au gouvernement soviétique qui l’avait enfermée dans ses propres geôles qu’en incombait la responsabilité et non à cette crevure d’Hitler… La mamie, à ce qu’il paraît, allait vaillamment sur ses 95 balais au moment de la rédaction du livre. Elle a survécu à Staline, Khrouchtchev, Brejnev et toute une brochette de vieux décatis jusqu’à Gorbatchev puis Poutine, ce qui nous porte à penser en conclusion que le refus de se faire vacciner n’est pas obligatoirement nuisible pour la santé.

Le titre du bouquin (dont je n’ai pas terminé la lecture) est Entlang den Gräben. Eine Reise durch das östliche Europa bis nach Isfahan. Pas encore traduit que je sache, mais avec un peu de patience...

Sinon. Départ en fin de semaine pour quelques jours de crapahute en Auvergne. J’essaierai de te répondre sur l’autre ligne d’ici là.

Extrait de Saisons du voyage de Cédric Gras (Stock) :

Écrire c’est la conclusion du voyage, une manière de s’en débarrasser en le refourguant aux autres. On se raconte son histoire pour mieux la digérer. On reprend le déroulé parfois des décennies après. Pour ne pas affliger le lecteur, on fait des impasses, on met bout à bout les fulgurances, on recolle l’archipel du bonheur en enfilant les quelques perles de ses tribulations.

(…)

Quels enseignements tire-t-on des voyages ? Quelques rudiments de climatologie - géographie des nuages et des vents – sous un ciel qui vous concerne à plein temps et vous inflige ses diagrammes de précipitations ou ses courbes de Celsius ( ...) Que l’idéal n’ a rien à voir avec la perfection. Que, en Russie, on accroche encore une étoile rouge en haut des sapins au Nouvel an. Mille choses.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
J'avais remarqué Gras en rayon et l'y avais laissé. Je le tenais pour un bébé Tesson depuis la lecture de Berezina. J'ai suivi par le passé un conseil de lecture du stégophile avant sa chute, une auteure qu'il avait adoubé – il a désormais l'âge et le statut d'un parrain. La femme est belle et les titres des invites: Éloge du désert, Éloge du désir, Pourquoi pas le silence, Manifeste vagabond. Mais, comment dire, c'est un peu maigre. Et maintenant il faudrait lire Cédric Gras? Je sors à grand peine d'une navigation au ras de flots furieux et il faudrait s'attaquer aux cimes? Nul doute que ma pression artérielle souffrirait d'un changement aussi radical. Et ne serait-ce pas aller de Charybde en Scylla? ../...

Finalement, j'ai suivi ton conseil et lu Saisons du voyage, malgré la quatrième annonçant « Cédric Gras interroge le voyage ». (La réponse du voyage se fait attendre). Si parfois, surplombant le vide, il trace des arabesques virtuoses, le plus souvent, les doigts gelés ou l'esprit gourd, il nous accable de gaucherie. Au total, une lecture indigeste. J'avais pourtant avalé à titre préventif une solution de Jourde (La littérature sans estomac); au sortir, on m'a prescrit quelques bouffées de Gracq (La littérature à l'estomac). Le relisant à petites doses, ça passe mieux sans plus d'appétit. ../...

Dans la dernière livraison de Télérama, un dossier intitulé Partir, ouvert par une longue interview de S.Tesson. Quatre pages un peu vides, qui auraient pu rester blanches -nous sommes loin des aphorismes. Sans doute cette vacuité est-elle la conséquence de l'abus d'esquive sur les sujets clivants de l'époque: tourisme de masse, migrations noires massives, impact écologique de la mobilité frénétique. On dirait un commerçant qui ne veut pas fâcher le chaland.

Puis de se dédouaner d'un « … je paie tout de même mon écot à la vertu écologique en ne me reproduisant pas. Au moins aurais-je fait ça de ma vie. » Voilà une compensation carbone originale mais pas moins fumiste que l'autre.
IN Intrankil Regular ·
Et maintenant il faudrait lire Cédric Gras?

Voilà un bail que je n’ai plus parcouru les bavardages de Télérama. Je le feuilletais avec plaisir quand de retour à la casa lyonnaise, je le trouvais échoué dans un coin de la cuisine. Ne peux donc en l’occurrence partager ton jugement quant au funambulisme de Tesson… Ce que je peux dire, c’est que Berezina m’a filé de l’urticaire.

En revanche, oui, c’est bien ça, Cédric Gras interroge le voyage. Il pose les questions au ralenti, au rythme de pudeurs qu’il trimbale comme des impossibilités… quand il espèrerait de sincères questionnements. Il est lucide, sait que le voyage transcende, mais aussi qu’il use, fatigue, abime, peut aussi détruire, que le voyageur ne fait que passer, que tout ce qu’il veut faire a déjà été fait. Alors voilà, se pose la question de comment va le voyage. Rien de plus. C'est mal ? Zéro niveau de comparaison avec Jourde ou Gracq… Pour ma part, je continue à le suivre. C’est son sens des mots qui m’enchante le plus. Ben oui.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MA Mariecurry Globetrotter ·
J'ai un peu de mal avec les écrivains voyageurs d'aujourd'hui mais ta présentation de Cédric Gras m'a interpellée. J'ai donc copié sur Voyajou. Sur le dessus de la-pile-des-livres-à-lire j'ai posé Le Nord, c'est l'Est. Le Nord céleste ? Une balade dans les territoires sibériens me tente bien par les temps qui courent. Fait si chaud ! Et puis l'attirance de Gras pour les coins paumés de Russie me rappelle le Rolin. Je te ferai un retour.
IN Intrankil Regular ·
Mouais, j’suis déconfite de constater à quel point Voyajou n’a pas accroché au bouquin. Encore une fois, c’est son sens des mots plus que son sens de l’orientation qui m’a séduite. Je compte sur toi pour me donner ton avis. On est toutefois à des encablures de la mélancolique ironie et des états d’âme de Rolin.

Quant au sommet de la mienne de pile - qui tourdepise fortement – y’a dans la famille des Gras écrivains voyageurs Julien Blanc-Gras avec Briser la glace (Un Lévi-Strauss goguenard selon le quatrième de couverture…).

Sinon et pour conclure, une lecture à te recommander vivement. Il s’agit de Seiobo est descendue sur terre de l’auteur hongrois au nom qui n’est prononçable que quand on a abusé du Tokay et à la plume opulente et majestueuse, Laszlo Krasznahorkai, un recueil de nouvelles qui a pour fil conducteur le rapport de l’homme à l’art, tel que par exemple l’assaut de sites touristiques et d’œuvres d’art par des hordes de touristes.

Une de mes nouvelles favorites est celle d’un lambda qui réalise enfin le rêve de sa vie, grimper sur l’Acropole à Athènes, mais la réverbération du marbre est si aveuglante qu’il redescend désenchanté sans n’avoir rien perçu de la magie du temple...

Ou encore, moi qui ai l’oreille aussi musicale qu’une enclume , j’ai adoré la nouvelle intitulée Passion personnelle. En une seule, longue et méandreuse phrase, on assiste à la surréaliste conférence d'un architecte entré en musique baroque comme on entre en religion et qui évoque de façon complètement enflammée, à la limite de l'illumination (même pas à la limite, bien au-delà de ça en fait) sa passion devant un parterre réduit et pour le moins incrédule.

Au plaisir.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
VO Voyajou Globetrotter ·
Mouais, j’suis déconfite de constater à quel point Voyajou n’a pas accroché au bouquin.

Moi qui suis confit en dévotion, imagine ma contrition face à ta déconfiture. (Tiens, on dirait du mauvais Gras qui ferait de la... Cellulite. Hum!)

Je pense que j'ai abordé ce livre par la mauvaise face. D'abord, je n'étais pas emballé par ce qui ressemblait à un bilan désabusé: à trente-cinq ans, n'est-pas un peu tôt? Surtout, j'étais indisposé par cette idée qu'il n'y aurait plus rien à découvrir et, partant, plus rien à faire. Qu'après Ella et Alexandra l'Asie aurait disparu et qu'après Amundsen et les Vikings les océans seraient vides. Comme si, au motif que tous les sentiments humains et leurs manifestations ont déjà été déflorés, on devrait rester de pierre. D'où vient cette frustration de ne pas être le premier? En classe, ce serait celle d'un cancre ou, à tout le moins, d'un second couteau.

Nul doute que Le nord c'est l'est qui semble être la relation d'une pérégrination éblouie de village en village n'aurait pas, à mes yeux, le même travers.

Changer de Gras devrait te redonner le sourire. De Julien Blanc-Gras j'ai lu In utero, journal de grossesse d'un père -me suis bien bidonné-, Paradis (avant liquidation) qui traite de la montée des eaux (encore) et Touriste: « Certains veulent faire de leur vie une œuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit. »

Humour, ironie, ce qu'il faut de cynisme -l'époque le mérite-, la plume comme une griffe, des qualités qu'on retrouve chez Nicolas Fargues, un autre beau ténébreux (ce qui ne te gâchera rien).

P.S. M'en vais confire des citrons en prévision d'un tagine. Va savoir pourquoi, ce plat m'évoque Tangerine Dream. www.youtube.com/watch?v=Mdfs0701e-8
IN Intrankil Regular ·
Je pense que j'ai abordé ce livre par la mauvaise face. D'abord, je n'étais pas emballé par ce qui ressemblait à un bilan désabusé: à trente-cinq ans, n'est-pas un peu tôt? Surtout, j'étais indisposé par cette idée qu'il n'y aurait plus rien à découvrir et, partant, plus rien à faire. Qu'après Ella et Alexandra l'Asie aurait disparu et qu'après Amundsen et les Vikings les océans seraient vides. Comme si, au motif que tous les sentiments humains et leurs manifestations ont déjà été déflorés, on devrait rester de pierre. D'où vient cette frustration de ne pas être le premier? En classe, ce serait celle d'un cancre ou, à tout le moins, d'un second couteau.

Désabusé à 35 piges ? Pas du tout. Au pire nostalgique. Gras dresse un constat. Pas un réquisitoire. "Si le voyage c’est celui qu’on fait parmi les hommes, pas celui de la cartographie, il est éternel..." Tu vois qu’on a même affaire à un positiviste, un virtuose du stoïcisme ! Le jeune "poète tout-terrain" - on ne peut pas lui en tenir rigueur - n’a pas connu cette période de l’Aventure onirique des Alexandra David Neel, Ella Maillart etc. Au mieux, il leur emboite le pas (genre dans Berezina). "Partir c'est rompre". Se jeter dans le wagon d’un train est censé le libérer. Mais de quoi ? C’est ça l’objet de sa réflexion. Pas la frustration ! Je trouve moi que c’est un très beau bouquin, poétique, sur la fuite, le silence, la solitude délibérée (pourvu que dans son cas, elle ne soit pas azurée mais enneigée et suspendue au-dessus du vide). Une solitude telle, que seuls les mots peuvent faire revivre l’autre. Lire entre les lignes que quitter nulle-part pour aller ailleurs, c’est se poser la question du retour. Je le trouve à un tel point prometteur, Cédric Gras, que j’le crois capable d’écrire un recueil de poèmes sur la solitude des géographies et des paysages... quand personne n’y sera plus.

PS. "Il ne faudrait jamais arriver" A signaler à propos de poète tout-terrain et des bas-fonds : un chouette rendez-vous radio, Le temps d’un Bivouac sur France Inter du lundi au jeudi à 17h. A réécouter l’émission sur Blaise Cendrars. Et celle sur Brel.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
TA Taamaden Veteran ·
Le titre du bouquin (dont je n’ai pas terminé la lecture) est Entlang den Gräben. Eine Reise durch das östliche Europa bis nach Isfahan.

Bonjour,

Du bist ja mal wieder kräftig am Lesen…[;)]

Navid Kermani un écrivain-voyageur ?! Tu n’y passes pas… Sachant qu‘Entlang den Gräben était le produit d’un écrivain-voyageur, je ne l’aurais certainement pas lu.

Navid Kermani, tu sais, le Lieblingsmuslim (musulman favori) des Allemands, a voyagé au nom du magazine DER SPIEGEL à travers l'Europe de l'Est (la Pologne, la Lituanie, la Biélorussie, l'Ukraïne, Moscou* et la Crimée), puis à travers le Caucase pour se rendre en Iran. D’ailleurs, le sous-titre Eine Reise durch das östliche Europa bis nach Isfahan est à proprement parler un petit emballage trompeur : dans le livre, Kermani a résumé quatre voyages en un seul parcours et l’a divisé selon les jours, de sorte qu’un seul voyage de 54 jours résulte sur papier. Peut-être marginal et certainement pas une raison pour condamner le tout mais pourquoi donner aux lecteurs/lectrices l’impression d’un seul grand voyage ?! Un peu louche, n’est-ce pas ?!

Le voyage est très bien organisé : l’auteur rencontre partout des gens avec qui la rencontre est réglée au préalable. Et à l’inverse, Kermani y est bien préparé et a toujours les connaissances nécessaires dans ses bagages pour parler à ses interlocuteurs retenus (intellectuels, créateurs culturels, représentants d’ONG, etc. etc.) au niveau des yeux. Vive le casting !

Mais toute excellente logistique a aussi un revers, surtout au niveau de l’essence d’un voyage : on ne trouve rien (ou peu) d’inattendu. Ainsi, on ne dépasse pas tant de fois le niveau d’un journalisme très solide...

A ne pas renoncer à deux passages qui m’ont beaucoup époustouflé, d’une manière ou d’une autre :

Dans une nécropole (j’ai trouvé ce mot pour "Gräberfeld", c’est correct ?!) sur la Crimée, "entlang eines Fußpfades" (pourquoi ici enfin le génitif tandis qu’il utilise dans le titre Entlang den Gräben le datif ?! Peu compréhensible), des stèles de granit sont densément alignées, pourvues de noms et dates gravés de deux côtés, et comme un coup de tonnerre, Kermani commence à comprendre, "wie schön deutsche Namen eigentlich sind : Heinrich, Johann, Albert, Nikolaus, Bruno, August, Fritz, Max, Georg, Matthias, Andreas, Berthold, August , Ernst, Valentin. Welcher Reichtum darin liegt, dass jedes Volk seine eigenen Namen hat, wird einem vielleicht erst in einem melting pot wie der Krim richtig bewußt." (p.161) Comment écrire une telle idiotie ?! Une seule fois spontané et déjà de la m…e ! Heinrich un beau prénom ?! Ou August ?! Vraiment ?! Seul quelqu’un qui ne s’appelle pas ainsi, peut dire ça. Si mes parents me baptisaient Heinrich ou August, je ne le leur avais jamais pardonné, c’est sûr. Je me rappelle bien : encore enfants, nous nous y sommes déjà bidonnés. Mais bon, des goûts et des couleurs on ne dispute point. Et pourtant mon humble question : Pourquoi, en prime dans une nécropole, un tel enthousiasme débordé pour la culture allemande… ?! Moi, j’aurais honte ! Ici, un Allemand (à des parents issus de l’immigration) veut-il être même plus allemand qu’allemand pour compenser un "défaut" (négligeable) ?! Si, que c’est niais...

As-tu déjà entendu parler du "Gotenland-Projekt" ?! Sur la Crimée, les nazis voulaient restaurer un "Reich der Goten" (p.149), ou, pour utiliser le jargon nazi, un "Gotengau" avec les villes de Theoderichhafen (Sewastopol) et Gotenburg (Simferopol). Et même un peuple pour la germanisation de la Crimée avait déjà été élu (ou envisagé) : à peine croyable, les Tyroliens du Sud devenus un problème pour Hitler et les nazis. De plus, une "Reichsautobahn" à quatre voies devrait relier Berlin à la Crimée pour que ces bêtes féroces profitaient du climat méditérrané de la Crimée (surtout à son côté sud) : "the Gotengau, or ‘Goth District’, because Aryan ancestors once inhabited it, the Crimea to Nazi leaders would become the site of new Rivieras and Monte Carlos, a German Hollywood, and a paradise for retired German soldier-settlers."**

En vrai, les Goths de Crimée n’étaient qu’une des nombreuses ethnies s’installant sur la Crimée, mais utiles pour l’idéologie nazie, "die Herrschaft über die Krim eine Episode deutscher Geschichte, die in Deutschland selbst so gut wie vergessen ist." (p.150) En fait, complètement oublié… Mais qui ont payé chers pour ces plans diaboliques, monstrueux ?! Les Tatars de Crimée...

Malgré tout, je recommande la lecture de ce livre : on peut apprendre beaucoup, surtout si l’on a si peu de connaissances sur l’Europe de l’Est comme moi (sur ce point, je suis un Allemand typique). Les régions visitées sont, presque sans exception, des régions dévastées et marquées par une guerre mondiale, par une ou plusieurs guerres contre la propre population, par des épurations ethniques et expulsions. Les crimes contre l’humanité d’Hitler et de Staline accompagnent le lecteur et la lectrice sans arrêt, non seulement que l’auteur visite consciemment les monuments commémoratifs, les musées et cimetières pertinents. Mais même le lecteur le plus attentif est souvent en train de bourdonner avec cette énorme quantité de catastrophes, souffrances et crimes, fosses communes et survivants etc. etc. etc. Au vue de l’abondance de ce qui est vu et entendu, noté et mis sur papier par l’auteur, on peut parfois perdre la vue d’ensemble… Et, de temps à autre, la fixation d’un pays, d’une région sur ses souffrances et misères qui ignore toute évolution positive, m’est un peu trop : certes, on ne peut pas comprendre une région sans ses souffrances et misères, mais, à l’inverse, réduire seulement une région à elles ne l’explique pas non plus...

La diversité qui existait autrefois et que cherche l’auteur à élucider, a disparu un peu partout. En outre, il y a la monoculture de la mondialisation ayant installé les chaînes internationales bien connues dans les métropoles de l’Europe la plus à l’Est. Le propre, l’autochtone disparaît peu à peu, jusqu’à la cuisine régionale… Mais ce n’est pas nécessairement une hyper-nouvelle découverte qui sidère...

A la fin de son voyage (et de son livre), l’auteur croit toujours à l’idée européenne, aujourd’hui plus que jamais : l’unité, mais dans le respect de la particularité de l’Autre : "So viel für die europäische Einigung spricht, so schwierig die Lebensverhältnisse und politischen Zustände nach Osten und Süden werden, hat es doch auch etwas Schönes, wenn Grenzen noch Grenzen sind und es einen Unterschied macht, ob man diesseits oder jenseits ist, einen wirklichen Unterschied nicht nur der Sprache, sondern der Systeme, Lebensweisen, Kulturen und Erfahrungen, wie es ihn so tiefgreifend innerhalb der Europäischen Union nicht mehr gibt und nicht einmal innerhalb des Westens insgesamt. Nur offen müssen die Grenzen sein, sonst lernt man die Unterschiede gar nicht kennen und also auch nicht sich selbst." (p.346)

Je recommande aussi à lire Schöner neuer Orient. Berichte von Städten und Kriegen (2003). Kermani est spécialiste de l’Orient, un vrai connaisseur du sujet donc (contrairement à tous ces funestres "experts" aux chaînes de télé qui sortent de leurs trous après chaque attaque terroriste).

Beau week-end à toi.

*L’auteur a dû voler à Moscou pour parvenir à la Crimée annexée (p.145). **Baranowski, Shelley (2011). Nazi Empire : German Colonialism and Imperialism from Bismarck to Hitler. Cambridge University Press.
IN Intrankil Regular ·
Le titre du bouquin (dont je n’ai pas terminé la lecture) est Entlang den Gräben. Eine Reise durch das östliche Europa bis nach Isfahan.

Bonjour,

Du bist ja mal wieder kräftig am Lesen…[;)]

Navid Kermani un écrivain-voyageur ?! Tu n’y passes pas… Sachant qu‘Entlang den Gräben était le produit d’un écrivain-voyageur, je ne l’aurais certainement pas lu.

Lieber Herbert, na, immer noch so lakonisch wie immer? Tu prendrais pas goût aux smarties goût citron, dis-moi. Ça me fait plaisir de te lire, merci pour ton commentaire argumenté. Pis tu fais ça de façon très professionnelle, avec en pièce jointe la photo des ouvrages cités et tout et tout...

Ecrivains voyageurs n’est pas un gros mot Il semblerait effectivement qu’il soit de bon ton de décrier sur ce forum les appartenant à la tribu des écrivains voyageurs qui sont pris avec des pincettes, mis entre guillemets, voués à l’italique… Ce qui est assez peu surprenant au regard de l’engouement pour les albums photos aux légendes acidulées qui envahissent les rayonnages des Carnets de voyage (descriptions de souvenirs mémorables, reportages, comptes rendus de voyages, etc). Heureusement que quelques dinosaures résistent : les Voyagou, LucBertrand, Marien33 & Co. (et j’en oublie) qui songent à donner à leurs textes des signes de vie, et qui nous donnent envie de lire, d’écrire ou de partir.

Ici c’est toujours ailleurs… Étant tombée très jeune dans la marmite des récits de voyage, je revendique haut et fort mon enthousiasme pour cette littérature. La grande crevasse, Premier de cordée. Frison-Roche en a été l’initiateur. Puis mon horizon s’est déverticalisé pour s’étendre vers la Patagonie avec Bruce Chatwin ou l’Afrique avec Matthiessen. Quand ma mère me demandait « tes sœurs ont fini Les Hauts de Hurlevent, tu veux le lire ? », je refusais en prétextant qu’il me fallait aller faire un tour du côté de Lhassa avec Alexandra David-Néel avant de repartir pour Bornéo avec Raymond O’Hanlon.

Ikea pour les nuls J’aimerais décloisonner le concept. Et que je te vire l’isolation qui va avec. A mes yeux un Tesson est autant écrivain voyageur qu’un des frères Rolin, Jean-Paul Kauffmann, Rufin, Le Clézio, qu’un journaliste tel que Coatalem, que de grands reporters comme Jean-Paul Mari ou Olivier Weber, Kapuscinski, un orientaliste comme Sebastien de Courtois ou Mathias Énard, que la suisse Anne-Marie Schwarzenbach ou l’anglo-allemande Sybille Bedford. Et ne parlons même pas des Kerouac, Cendrars etc. ! J’s’rais même capable de te vendre Nietzsche comme un écrivain voyageur. Encore faudrait-il l’avoir lu.

Kermani-Enard, un partout l’est au centre Pour en revenir à Kermani, si tu y regardes à deux fois, j’ai écrit : l’intellectuel et romancier irano-allemand. Merci pour ta recommandation de lecture. Avant Entlang den Gräben, je ne connaissais que le roman Grosse Liebe. Quand j’ai appris que Kermani viendrait dialoguer le temps d’une soirée avec Mathias Énard au Luxembourg, j’ai pas raté l’occasion de suivre leurs échanges sur l’Orient.

Zéro en histoire La critique émise par tes soins à propos d’Entlang den Gräben correspond grosso modo au procès qu’on lui a fait dans certains canards allemands ou suisses, je sais plus s’il s’agit du FAZ, du SZ ou du NZZ… ou des trois ! Un ou une journaliste est même allé(e) jusqu’à prétendre que Kermani était une bille en matière d’histoire russe et qu’il aurait mieux fait de s’abstenir. C’est justement le côté peu didactique de l’ouvrage qui m’a plu.

Errance, incohérences Je me suis rappelé en lisant Kermani la grande désillusion qui marque certaines de ces régions que j’ai eu l’occasion de sillonner. Et comme tu le dis, on apprend beaucoup sur l’histoire de l’Europe de l’est. Il arrive que Kermani mêle quelques réflexions ou expériences intimistes aux faits dont il se fait le témoin, on le suit d’ailleurs jusqu’à Ispahan d’où sa famille a émigré. Son charme et son humour pince sans rire ne m’ont pas laissée indifférente.

Coming-out Kermani ne cache en aucun cas avoir fait un aller-retour vers Cologne au cours de son périple, il y fait allusion dans son récit. D’ailleurs ça enlèverait quoi à la crédibilité des témoignages recueillis ? Je savais également qu’il partait pour le compte du Spiegel, que ses rendez-vous étaient en partie programmés. Il le mentionne lui-même. Et au nom de quoi le témoignage d’un membre d’une ONG ou d’un artiste aurait moins d’impact que celui d’une Svetlana Alexievitch ou d’une rescapée des atrocités nazies qui ne se remettra jamais de ses blessures ?

Blessures La blessure est un voyage. Sans arrivée.

Raviolis souabes, Satan et l’insoutenable légèreté de la mélancolie J’évoquais un peu plus haut le recueil de nouvelles de l’écrivain hongrois au nom long comme un jour sans maultaschen. Il est traduit en allemand. Seiobo weilte auf Erden. Si la traduction allemande est aussi somptueuse que la française, tu vas te régaler. Satans Tango est également disponible en allemand.

Sinon Connais-tu l’autrichien Robert Seethaler ? Mon homme m’en a conseillé la lecture dernièrement. Ein ganzes Leben est publié chez Hanser (traduit en français, Une vie entière). Rugueux, minimaliste, magnifique. S’offre des droitures sans concessions.

Confort, flexibilité, légèreté J’embarque dans quelques jours pour trois semaines de crapahute. Pas plus tard que ce matin, je changeais les lacets de mes vieilles et fidèles Salomon (excellentes, tout comme les Lowa allemandes et idéalement adaptées pour les pieds fins). Cet aparté étant terminé, je pense ainsi égaler la longueur de ton post.

Bon weekend à toi également !
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MA Mathews Globetrotter ·
A mes yeux[....]

est-ce un exercice de "name-droping" [:P] ? Moi aussi je peux citer tout le bottin mondain.
IN Intrankil Regular ·
est-ce un exercice de "name-droping" [:P] ? Moi aussi je peux citer tout le bottin mondain.

Merci pour votre attention et le temps que vous avez investi pour me répondre.

J’ai voulu vous écrire plus tôt, pardonnez mon manque de réactivité, mais d’autres activités m’ont retenue. C’est dingue le prix des chaussettes de rando de nos jours, mon rythme cardiaque a fortement augmenté hier à la caisse du magasin outdoor où je suis allée en faire provision.

Vous avez raison, au temps (ô temps !) pour moi, les listes sont fastidieuses. Sans compter que l’enfermement dans une catégorie doit être hérissant, a fortiori pour des écrivains pour qui l’absence d’enfermement est certainement plus vitale que le nombre de lecteurs.

Au-delà de cette réflexion et du constat évident du peu de sympathie que je vous inspire (puisque si je ne me trompe pas, c’est la deuxième fois que vous me gratifiez de votre sollicitude), je me suis demandé ce qui me valait votre animosité ou tout au moins ce qui pouvait provoquer un certain embarras de l’âme dont vous semblez souffrir...

Ne vous connaissant pas, mais au vu de votre non-verbalité, j’ai d’abord émis l’hypothèse que vous étiez au chômage, à la retraite, born-outé à votre poste de travail (pardon pour cette nouvelle énumération et cet anglicisme) ou qu’en tout cas, vous souffriez de désœuvrement, et qu’une fois connecté, faute d’avis sur un livre ou un film, il vous plaisait de distiller çà et là du purin.

A moins que vous soyez en quête d’accostage et que j’aie mal interprété votre bouée...

J’ai aussi imaginé que, du haut de votre ancienneté et du nombre de messages qui trônent sous votre avatar, vous vous sentiez en position de dispenser des appréciations sur la qualité de l’intervention d’autres interventionautes...

Les forums, lieu d’échange virtuel (au côté Café du commerce), sont parfois ludiques (quand s’y promène l’un ou l’autre esprit vif et bienveillant), rarement constructifs, souvent insupportables. Vous semblez en souffrir. A moins que vos certitudes (je doute que vous soyez capable de convictions), dont vous ne parvenez pas à me faire part au moyen d’une phrase construite, se réduisent à ces graffitis jaunes...

Je vous parlerais bien du dernier ouvrage que je viens de refermer, il s’agit du long voyage en immobilité d’un journaliste qui, après avoir frôlé la mort, se reconstruit au pays des pingouins en blanc sur une banquise aseptisée. Mais je doute que vous y trouviez quelque intérêt. J’en ai retenu une très belle citation de Michel Foucault qui va sans doute vous faire autant d’effet qu’un spam, mais je vous la livre quand même en guise de salut : « J’ai substitué à l’ineffaçable de la cicatrice l’effaçable, le raturable de l’écriture ».

PS. Je m’absente, vous allez ronger votre frein. Pensez à prendre vos antidépresseurs, mais gare aux effets secondaires tels que la constipation.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
IN Intrankil Regular ·
Malgré tout, je recommande la lecture de ce livre : on peut apprendre beaucoup, surtout si l’on a si peu de connaissances sur l’Europe de l’Est comme moi (sur ce point, je suis un Allemand typique). Les régions visitées sont, presque sans exception, des régions dévastées et marquées par une guerre mondiale, par une ou plusieurs guerres contre la propre population, par des épurations ethniques et expulsions.

Voyage en Absurdie dans une Lada Cher Herbert, te conseille vivement la lecture du roadmovie Reise nach Karabach du Géorgien Aka Morchiladze. Je t’en parlerai à mon retour.
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MA Mariecurry Globetrotter ·
Le Nord, c’est l’Est...

Après avoir lu les critiques de Saisons du voyage, je ne savais plus si j’avais envie d’ouvrir le livre posé au sommet de la-pile-des-livres-à-lire. Masqués et Plumés avaient discuté le bout de Gras - une vraie boucherie - et me rappelaient que si j’aime les écrivains qui voyagent, j’ai moins d’inclination pour les voyageurs qui se sont mis en tête d’écrire.

Et puis… la surprise. Le Nord, c’est l’Est te cueille dès les premières pages. En train, en camion, en stop, à pied, Cédric Gras te transporte dans des coins aux noms exotiques, quelquefois poétiques, gavés de k et impossibles à localiser sur la carte sibérienne : Khakassie, Ak-Dovourak, Gorno-Altaïsk, Komsomolsk-sur-l’Amour... Les rencontres sont nombreuses et pittoresques. Barbus souvent hirsutes et toujours ivrognes ou babouchki ouvrent leur porte à un auteur qui évolue comme un poisson dans l'eau dans ces espaces rudes et vides (il parle russe). Je n’ai pas retrouvé ces "formules ampoulées" qui lui ont valu d’être cloué au pilori avec Saisons du voyage. Non, j’ai même trouvé le texte drôlement bien écrit. Bref ! Cédric Gras m’a embarquée pour un voyage intense dans les confins russes, je vais donc le suivre très prochainement pour une virée sur La mer des Cosmonautes. Enfin, le suivre... au figuré hein ! confortablement installée sous mon pommier. Parce qu’il s’agit quand même de passer trois mois sur un brise-glace russe en Antarctique.

Je profite crapuleusement de ton sujet pour louer le talent et conseiller la lecture d’un de mes chouchous : Andrzej Stasiuk, l’écrivain-voyageur polonais. J’avais dans l’idée de lui consacrer une discussion (un monologue ?), il mérite plus que quelques lignes diluées dans un billet sur un récit de voyage en Sibérie. Mais j’ai la flemme. Et puis soyons honnêtes, ces présentations d’auteurs et de bouquins n’intéressent guère les lecteurs de VF alors akoibon ? Je ne sais pas à quoi ça peut ressembler en polonais – enfin si, des farandoles de z, cz, sz et scz – toujours est-il que les traductions de Margot Carlier font mon bonheur depuis plusieurs mois.

Quant au sommet de la mienne de pile - qui tourdepise fortement – y’a dans la famille des Gras écrivains voyageurs Julien Blanc-Gras avec Briser la glace (Un Lévi-Strauss goguenard selon le quatrième de couverture…).

Je l’avais repéré ce Gras-là. Mais j’hésite à me plonger dans ses aventures sur la banquise : j’aime tellement Jorn Riel, j’ai peur que JBG ne soutienne pas la comparaison.

Sinon et pour conclure, une lecture à te recommander vivement. Il s’agit de Seiobo est descendue sur terre de l’auteur hongrois au nom qui n’est prononçable que quand on a abusé du Tokay et à la plume opulente et majestueuse, Laszlo Krasznahorkai, un recueil de nouvelles qui a pour fil conducteur le rapport de l’homme à l’art, tel que par exemple l’assaut de sites touristiques et d’œuvres d’art par des hordes de touristes.

Noté. Si je le croise en librairie, je ne pourrai pas le manquer. Un nom pareil, ça ne s’oublie pas.

Bonnes lectures à tous !
VO Voyajou Globetrotter ·
La taulière de l'estaminet littéraire grand-ducal peut crapahuter trankil: l'intérim est finement assuré, façon carpaccio.

J'ai écouté les critiques de Saisons du voyage par les emplumés masqués. Quand la première évoque un style ampoulé et que le second dégaine: « Ce n'est pas ampoulé, c'est un lustre, c'est une vitrine de Noël à ce niveau là! », voilà l'auteur habillé pour l'hiver septentrional comme pour l'Antarctique. Nul doute qu'il préfèrerait la rencontre d'un ours russe ou l'hospitalité soyeuse d'une colonie de manchots Adélie.

J'entends que Julien Blanc-Gras semble avoir les faveurs des mêmes.

Un écrivain, également critique au Monde des Livres, évoquant l'ingratitude du métier: « Il nous accable sur 300 pages de ses inanités malsonnantes et c'est moi qui serais méchant parce que je me fends désespérément en réaction d'une critique négative d'une page! »

Je ne connais pas Jørn Niel. Il a une belle dégaine du siècle passé, à la Paul-Émile Victor ou Frison-Roche. Ce que tu aimes tant de lui, est-ce la série des racontars (et lequel lire pour me faire une idée)?
MA Mariecurry Globetrotter ·
J'ai écouté les critiques de Saisons du voyage par les emplumés masqués. Quand la première évoque un style ampoulé et que le second dégaine: « Ce n'est pas ampoulé, c'est un lustre, c'est une vitrine de Noël à ce niveau là! », voilà l'auteur habillé pour l'hiver septentrional comme pour l'Antarctique.

Pratique et économique, tu en conviendras.

Je ne connais pas Jørn Niel. Il a une belle dégaine du siècle passé, à la Paul-Émile Victor ou Frison-Roche. Ce que tu aimes tant de lui, est-ce la série des racontars (et lequel lire pour me faire une idée)?

Dans le mille ! Je te conseillerais bien La passion secrète de Fjordur et autres racontars pour découvrir l’univers de Riel, troisième volume de la "saga". L'histoire de Fjordur est un petit bijou d'humour, un de mes racontars préférés.
KO Kola Globetrotter ·
Coucou...

soyons honnêtes, ces présentations d’auteurs et de bouquins n’intéressent guère les lecteurs de VF alors akoibon ?

Komment ça akoibon ?!!

Les racontars de Jørn Riel versus les histoires du bush de Kenneth Cook ? Absurdité, péripéties burlesques -et véridiques !- exagération loufoque et fou rire entre les pages... ce que tu dis du danois évoque les nouvelles de l'australien disparu un peu tôt. Si tu n'as jamais lu, les trois recueils hilarants viennent d'être regroupés en un seul : "N'essayez jamais d'aider un Kangourou" aux éditions Autrement.

Je te conseillerais bien La passion secrète de Fjordur et autres racontars pour découvrir l’univers de Riel, troisième volume de la "saga".

Sur Wiki, ceci (m')inciterait à découvrir Jørn Riel en commençant par le premier : La série des racontars évolue au fil des ouvrages car les personnages sont introduits peu à peu. Aussi, les histoires suivantes font de nombreuses allusions aux aventures précédentes. La psychologie particulière de chaque personnage se dégage peu à peu, et l'évolution de leur situation, liée à l'histoire de ce bout du Groenland, peut être comprise.
VO Voyajou Globetrotter ·
Sur Wiki, ceci (m')inciterait à découvrir Jørn Riel en commençant par le premier

Oui mais ouam, entre l'avis de Ouiqui? -sans parler, dans d'autres domaines de la chute, de celui des advisors bêlants- et l'avis d'une aficionada, s'il s'agit d'un conseil de lecture, je n'hésite pas un instant. Va pour "La passion secrète de Marykarry".

Prendre l'histoire en marche, n'en pas tout savoir, imaginer, se laisser faire, accepter le charme et rire: qu'attendre de plus d'un roman -outre, mais ce devrait être une condition, qu'il soit bien écrit et, en l'espèce, bien traduit?

@ Marykarry: c'est une bonne nouvelle que les premiers livres de Cédric Gras soient exempts des défauts du dernier. Te lisant, on devine qu'il est plus intéressé que Tesson par ceux qui peuplent ces solitudes (tiens, cette formule, ne dirait-on pas du mauvais Gras?). Cette conversation me fait penser à une plus ancienne, ici-même, au sujet des vieux croyants de Sibérie et des livres "Ermites dans la taïga" et " Des nouvelles d'Agafia". N'y avais-tu pas pris part?
OB Obeoandpai Globetrotter ·
C’est dingue le prix des chaussettes de rando de nos jours, mon rythme cardiaque a fortement augmenté hier à la caisse du magasin outdoor où je suis allée en faire provision

Bonjour

Je m’absente

Pour le retour des chaussettes, (si non vu) viens de le terminer

El autor (Thriller) Espagne, Mexique 2017 Un film de Manuel Martín Cuenca

Une analyse assez fine et, la BA: http://www.cinespagne.com/films/2823-el-autor

Du premier roman de Javier Cercas au film de Martín Cuenca : portrait intelligent et ironique de l’apprenti écrivain en grand manipulateur

Perso, je n'ai pas adhéré totalement mais, une belle exploration du syndrome de la page blanche Des acteurs qui s'en donne a cœur joie et de truculentes scènes atténuent le coté dramatique du sujet

Voyage en Absurdie dans une Lada Cher Herbert, te conseille vivement la lecture du roadmovie Reise nach Karabach du Géorgien Aka Morchiladze

Merci pour l'info mais, Ayant eu une période de vaches maigres, durant laquelle j'ai été l'heureux propriétaire d'une Lada 2107 (jaune citron) notre cohabitation ayant été un roman fleuve a elle seule avec, une séparation brutale et définitive en compression de César, car, même donnée personne n'en voulait

je passe mon tour (bon je crois que la marque a évoluée depuis)

Bien cordialement
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
MA Mathews Globetrotter ·
bonjour Intrankil

Au-delà de cette réflexion et du constat évident du peu de sympathie que je vous inspire (puisque si je ne me trompe pas, c’est la deuxième fois que vous me gratifiez de votre sollicitude), je me suis demandé ce qui me valait votre animosité ou tout au moins ce qui pouvait provoquer un certain embarras de l’âme dont vous semblez souffrir...

je ne comprends pas cette réponse. Jen n'ai strictement aucune animosité sur ce forum envers quiconque. Simplement la complaisance et l'hypocrisie ça va bien un moment. Je suis parfois un peu trop critique mais il ne faut pas s'en prendre à moi le marché de la culture est difficile. Une rentrée littéraire c'est combien de livres ? Et en plus maintenant il y en a deux.

Ne vaut-il pas qu'une personne fasse quelque critique sur l'expression écrite sur un forum d'échanges (virtuels) que dans la réalité où tout n'est qu'échanges de façade ?

Ensuite pour ce qui est des énumérations écrites il n'y a pas que sur ce forum, la presse écrite n'hésite pas à recourir à cette technique ça permet de boucher les trous dans les articles de presse [:P] Et je n'aime pas les énumérations car on privilégie la forme plutôt que le fond [:P]

Encore une fois pour ce qui est des énumérations et du "name-dropping" ne faites pas ça dans l'écriture d'un roman par pitié. On peut faire des énumérations mais là encore une fois il faut savoir mettre le curseur comme il faut et ne pas en abuser

Ne vous connaissant pas, mais au vu de votre non-verbalité, j’ai d’abord émis l’hypothèse que vous étiez au chômage, à la retraite, born-outé à votre poste de travail (pardon pour cette nouvelle énumération et cet anglicisme) ou qu’en tout cas, vous souffriez de désœuvrement

tout à fait je suis pauvre , alcoolique et je dépends de l'assistance publique mouah ha ha [:)]

, et qu’une fois connecté, faute d’avis sur un livre ou un film, il vous plaisait de distiller çà et là du purin.

aaahhh c'està destination des membres de ce forum : si je fais des critiques ( qui sont certainement infondées ) c'est pour les membres de ce forum au cas où ils auraient pour projet de faire un ouvrage littéraire

Moi aussi je veux écrire un roman j'ai des projets et l'auto-critique je la pratique à mon égard à moi même je me remets fréquemment en question. Ensuite je l'écrirai sans doute plusieurs fois sur ce forum il n'y pas de mauvaises ou de bonnes choses ; simplement c'est que je ne suis pas toujours client face à un matériau quel qu'il soit.

A moins que vous soyez en quête d’accostage et que j’aie mal interprété votre bouée...

mouaahaaa non je serai toujours à la dérive au gré des courants marins et des alizés [;)]

J’ai aussi imaginé que, du haut de votre ancienneté et du nombre de messages qui trônent sous votre avatar, vous vous sentiez en position de dispenser des appréciations sur la qualité de l’intervention d’autres interventionautes...

non pas du tout d'une part je n'ai pas la science infuse je n'ai pas fait Khâgne et Hypokhâgne encore moins d'aggrégation de philosophie je n'ai . Ensuite pour ce qui est du nombre de messages c'est essentiellement le goût du voyage et de l'évasion qui m'anime ; encore une fois ne pas chercher midi à 14heures

Vous semblez en souffrir. A moins que vos certitudes (je doute que vous soyez capable de convictions),

je ne souffre de rien du tout et je n'ai pas de certitudes. D'ailleurs comme dirait l'autre "je sais que je ne sais rien" [;)]
MA Mathews Globetrotter ·
Ayant eu une période de vaches maigres, durant laquelle j'ai été l'heureux propriétaire d'une Lada 2107 (jaune citron)

du moment que posséder ce genre de véhicule apporte du bohneur n'est-ce pas là le principal ?
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Ayant eu une période de vaches maigres, durant laquelle j'ai été l'heureux propriétaire d'une Lada 2107 (jaune citron)

du moment que posséder ce genre de véhicule apporte du bohneur n'est-ce pas là le principal ?

Da !
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
MA Mariecurry Globetrotter ·
@Kola

Sur Wiki, ceci (m')inciterait à découvrir Jørn Riel en commençant par le premier : La série des racontars évolue au fil des ouvrages car les personnages sont introduits peu à peu. Aussi, les histoires suivantes font de nombreuses allusions aux aventures précédentes. La psychologie particulière de chaque personnage se dégage peu à peu, et l'évolution de leur situation, liée à l'histoire de ce bout du Groenland, peut être comprise.

C’est mieux, c’est vrai. C’est ce que j’ai fini par faire après avoir lu deux ou trois volumes dans le désordre. J’ai une tendresse particulière pour l'histoire de Fjordur, c'est l'unique raison pour laquelle je conseillais ce volume pour découvrir l’univers loufoque et attachant de Riel. Univers dans lequel on plonge avec bonheur. Ou pas du tout, ces racontars ont une saveur singulière qui peut dérouter. Essentiel : ne pas commencer par les deux derniers volumes.

Je ne connais pas Kenneth Cook mais un livre dont le titre est La vengeance du wombat me plaît d'emblée.

@Voyajou

Cette conversation me fait penser à une plus ancienne, ici-même, au sujet des vieux croyants de Sibérie et des livres "Ermites dans la taïga" et " Des nouvelles d'Agafia". N'y avais-tu pas pris part?

Un peu mon n’veu ! Les Lykov qu’ils s’appellent. Agafia, 74 ans, est toujours de ce monde. Les ermites font d’ailleurs une courte apparition dans Le Nord, c’est l’Est, le temps d’une référence.

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