Pour découvrir le continent asiatique l'été dernier (3 semaines en juillet-août 2017), nous avons hésité entre le Rajasthan, la Thaïlande, l'Indonésie ou les Philippines. « Nous », c'est une famille composée de 2 adultes (Guillaume, Laetitia) et 3 enfants (Maxime, Rachel et Timéo âgés alors de 12, 10 et 6 ans).
On a d'abord éliminé l'Inde, réputée trop marquante et « difficile » pour une première fois, puis la Thaïlande à cause de l'absence de volcans et d'une météo pouvant être capricieuse en juillet.
Comme on avait tous envie de découvrir des volcans et des rizières en terrasse, tout en bénéficiant d'une météo clémente, le choix final s'est porté sur Bali et Java.
Dans les incontournables programmés, il y a donc évidemment Bromo, Kawah Ijen et le Mont Batur, mais aussi la visite des rizières dans le secteur d'Ubud, Sidemen et Jatiluwih.
Ces différents sites et bien d'autres nous réserveront bien des surprises...
Programme théorique :
Bali (11 jours)
Nice – Istanbul – Jakarta - Denpasar
1 nuit Denpasar
Pura Luhur Uluwatu – Puri Anyar - Pura Tanah Lot - Nuit Tanah Lot
Taman Ayun – Gorges Ayung – Goa Gajah- N1 Ubud
Boucle Ubud Nord – Ceking, Pura Gunung Kawi Sebatu, Tirta Empul, Gunung Kawi - N2 Ubud
Balade environs Ubud, Artisanat Mas, Forêt des Singes - N2 Ubud
Taman Gili – Goa Lawah – Blue Lagoon - Pura Silayukti - Sidemen - N1 Sidemen
Tenganan - Kusamba – balade rizières à Sidemen - N2 Sidemen
Putung - Tirtagangga – snorkelling Epave Liberty - Amed - N1 et N2 Amed
Amed - Pura Besakih – Lac Batur - Nuit Mont Batur
Mont Batur- Rizières Jatiluwih - Pura Luhur Batukaru - Munduk - N1 Munduk
Pura Ulun Danu Bratan – cascade Tanah Barak – Ecocafé – cascade Melanting- N2 Munduk
Mangrove Banyuwedang – Pura Teluk Terima - Traversée vers Java- N1 Banyuwangi
Java (10 jours)
Kawah Ijen - N2 Banyuwangi
Route vers Bromo - Caldeira - 1 nuit Bromo
Bromo – Surabaya - Yogyakarta - 1 nuit Yogyakarta
Yogyakarta – En route vers Borobudur - 1 nuit Borobudur
Villages autour de Borobudur - N1 village autour Borobudur
Mandala de Borobudur - N2 village autour BorobudurBorobudur - Yogyakarta - N1 Yogyakarta
Six semaines avant le départ, je me suis mis à potasser un manuel d'apprentissage rapide du bahasa (méthode Assimil), en prévision des 10 jours que nous souhaitions passer dans des coins moins touristiques. Le bahasa est une langue très facile à apprendre, la construction grammaticale est vraiment simple.
Même les enfants s'y sont un peu mis et au moment du départ, ils savaient se présenter et compter jusqu'à 1 million. Parce que vu la valeur de la Roupie, savoir compter jusqu'à 100 n'aurait pas servi à grand chose ! 😏
Ces 300-400 mots appris auront été parfaitement inutiles à Bali où beaucoup de vendeurs parlent (marchandent) même français 😮, mais utiles quelques fois à Java, sans être indispensables. Impressionnant d'ailleurs, le nombre de touristes français rencontrés à Bali.
Voiture avec ou sans chauffeur ?
Pour beaucoup de primo-voyageurs en Asie, y compris moi, se pose ou s'est posée la question de rouler en Asie sans chauffeur. J'adore conduire et adopte sans problème une conduite très (trop) sportive, et c'est un peu pour ça que j'hésitais à louer une voiture sans chauffeur en me disant que j'arriverais bien à m'adapter.
Au bout de 5 mn sur la route à Denpasar, j'ai compris que cela aurait été une grossière erreur !!
La première raison est que sur les routes indonésiennes, comme probablement dans d'autres pays asiatiques, c'est un énorme bordel organisé. Les premiers jours, même avec un chauffeur prudent, on ne compte plus les frayeurs entre les dépassements plus que limites de certains voitures, le non respect des priorités, les objets roulants pas franchement identifiés, les scooters ou vélos qui s'engagent sur la route sans même regarder s'il n'y aurait pas une voiture qui risque de les percuter... 😠
Honnêtement, ce n'est qu'au bout de 10 jours à observer tous les comportements que j'ai commencé à me dire qu'il est possible pour un européen à conduire seul. Mais, eh oui, le grand MAIS est qu'en conduisant, il est inconcevable de prendre du plaisir au volant et d'oser regarder les paysages. La concentration du chauffeur doit être maximale et celle du notre l'a été tout au long du voyage. Tant mieux pour nous d'ailleurs ! 😛
On s'est donc rabattu sur la location d'une voiture avec chauffeur en passant par André Sewatama, sur le compte duquel on avait lu pas mal d'avis positifs. On a pris la location pour 2 semaines : 10 jours à Bali et 4 jours à Java pour le Kawah Ijen, Bromo puis route jusqu'à la gare ferroviaire de Surabaya. Tout ceci pour un coût global de 860 € tout compris (voiture, chauffeur, frais de nuitée et frais de drop-off).
Le chauffeur, Wayan, a été vraiment très prudent et prévenant, mais il parlait très mal anglais. Si c'était à refaire, on aurait dépensé plus pour bénéficier des services d'un chauffeur parlant anglais, voire d'un guide-chauffeur. 😕
Un dernier point avant de débuter le récit, que j'avais totalement occulté avant qu'on ne parte, mais qui nous aurait guidé dans notre choix de destination : la densité de population...
Pour rappel, en France : 113 hab/km². Cette densité est de 690 à Bali, 1060 à Java (encore pire) 😕, mais n'aurait été que de 135 en Thaïlande.
D'autres valeurs pour nos destinations précédentes : Afrique du Sud 47, Utah 14, Arizona 23, Ecosse 67. Hum hum... On ne le sait pas encore, mais le dépaysement sera total à tous points de vue.
Bonjour,
suite au dernier évènement tragique concernant le crash de l'avion de la Malaysia Airlines du jeudi 17 juillet, je commence à m'inquiéter pour le voyage que j'ai déjà réservé avec cette compagnie à destination de Jakarta début septembre.
La compagnie semble en voie de proposer un remboursement pour les voyageurs qui souhaiteraient annuler leur prochain vol avec eux. Ce qui me fait peur, ce n'est finalement pas vraiment qu'il puisse y avoir encore un crash avec cette compagnie (disons qu'il faut essayer de ne pas être superstitieux) mais qu'elle puisse faire faillite et que d'ici septembre les vols soient annulés.
Qu'en pensez-vous ? Que feriez-vous ?
Merci
suite au dernier évènement tragique concernant le crash de l'avion de la Malaysia Airlines du jeudi 17 juillet, je commence à m'inquiéter pour le voyage que j'ai déjà réservé avec cette compagnie à destination de Jakarta début septembre.
La compagnie semble en voie de proposer un remboursement pour les voyageurs qui souhaiteraient annuler leur prochain vol avec eux. Ce qui me fait peur, ce n'est finalement pas vraiment qu'il puisse y avoir encore un crash avec cette compagnie (disons qu'il faut essayer de ne pas être superstitieux) mais qu'elle puisse faire faillite et que d'ici septembre les vols soient annulés.
Qu'en pensez-vous ? Que feriez-vous ?
Merci
Un texte inspiré d'un voyage qui date un peu ! Pas eu le temps de l'écrire avant !
Vu qu'il y en a 12 pages je mets le début ici puis le lien pour télécharger (gratuitement bien sûr) le texte complet (PDF - 13 pages)
Bonne lecture !
Voyage en amont du Kahayan Kalimantan Centre, Indonésie, Janvier 2011
"En amont, nous n'avons quasiment pas de problème de criminalité. Les vols sont extrêmement rares. Par contre, quand il se passe quelque chose, c'est presque toujours un meurtre. Les gens boivent puis se battent au coupe-coupe. Alors si vous vous retrouvez face à des personnes fortement alcoolisées et que le ton monte, laissez tomber, partez.". Janvier 2011. Je suis au Kalimantan, sur l'île de Bornéo, en Indonésie, à Kuala Kurun, une grosse bourgade sur le Kahayan, en amont de la ville de Palangkaraya. Le petit homme qui me prodigue ce conseil est un policier en civil. Celui-ci vient de se joindre à quelques curieux qui me tiennent compagnie, en attendant le départ du pick-up pour Tumbang Miri, le dernier gros village avant la fin de la piste. Contrairement à certains de ses collègues, croisés lors d'autres pérégrinations à Bornéo, il ne cherche pas à me compliquer la vie et s'avère seulement soucieux de me mettre en garde contre les dangers éventuels des zones reculées dans lesquelles je voyagerai dès le lendemain. Cela faisait maintenant six mois que mon épouse et moi vivions en Indonésie, à Yogyakarta, où nous essayions tant bien que mal de monter un restaurant. Pour ces premiers moments de liberté, seul, sac au dos comme lors de mes débuts en Asie, je rêvais d'aller faire un tour sur l'île de Sumba, voire carrément en Papouasie, dans un coin bien paumé. Mais le succès économique de notre petite entreprise n'était pas au rendez-vous et ces destinations lointaines étaient donc encore trop chères pour moi. Du coup, j'optai au dernier moment pour un semblant d'expédition au centre de l'île de Bornéo, dans une région méconnue. J'imprimai au cyber café du coin quelques cartes sommaires (et bourrées d'erreurs), achetai des médicaments de base (du paracétamol, de l'imoduim et un peu de bétadine) et muni d'un billet à bas prix sautai dans un avion pour Palangkaraya, la capitale de la province de Kalimantan Centre. Mes objectifs? Remonter le fleuve Kahayan le plus loin possible, m'établir dans un village dayak isolé, randonner dans la jungle en journée et le soir observer les us et les coutumes des populations locales ... http://www.mediafire.com/view/?hnjg0i825orjhx1
Quelques précisions pratiques , pour celles et ceux qui veulent (un peu) du concret !
Je suppose que la lecture de mon texte donne du Haut-Kahayan l'image d'une région sauvage et désertée des touristes. Néanmoins, des voyageurs occidentaux s'y rendent parfois et l'on trouve même ces quelques mots dans Le Grand Guide Gallimard de l'Indonésie : "Tumbang Mahuroi, dernier gros village sur le Kahayan, ou Tumbang Korik, sur un affluent, sont deux destinations de balade assez faciles d'accès"! D'abord, je me dois de préciser que Mahuroi est à proximité d'un lieu d'histoire, le village, tout proche, de Tumbang Anoi. En 1894, les colons hollandais y organisèrent une grande concertation entre les représentants de centaines de tribus dayakes, dans le but d'éradiquer la chasse aux têtes et les guerres incessantes entre les différents groupes. En effet, ces conflits perpétuels faisaient du Kalimantan un territoire impossible à administrer. Je suppose que de temps à autre, des touristes "riches", capables d'affréter un bateau et de s'offrir les services d'un guide, se payent une petite croisière dans ces régions isolées, au moins jusque sur les lieux de la rencontre de Tumbang Anoi. Si l'on ajoute à cela des scientifiques, des écologistes, des étudiants et quelques missionnaires, nous arrivions sans doute à un total de plusieurs occidentaux par an. A Tumbang Mahuroi, les visites étaient même fréquentes... selon mon hôte, ce brave Aga! Trois ans plus tôt, cinq étudiants japonais étaient passés dans le but de préparer une expédition en amont, dans la jungle. Cinq ans plus tôt, c'était un australien, un homme d'un certain âge qui travaillait autrefois dans les parages pour une entreprise d'extraction d'or désormais fermée et ce depuis la fin des années 90. Presque une fréquentation équivalente à celle de Bali quoi, des bule partout! Celles et ceux qui voudraient vraiment sortir des "sentiers battus" peuvent toujours quitter le Kahayan (affluents ou autres fleuves). Je suis sûr que l'aventure est au coin de la route... Sinon, vous n'êtes pas obligés, comme moi, de foirer votre voyage : avec un minimum de préparation, un peu plus d'argent et peut-être une motivation un peu plus forte vous devriez arriver à vivre un trip inoubliable. Evidemment quelques bases d'indonésien sont indispensables, une bonne préparation physique aussi car la région est rude et ce que je n'avais pas mais qui s'impose : une bonne assurance! Gardez à l'esprit que c'est une autre façon de voyager. Si vous préférez passer des vacances reposantes après une année à bosser difficile, si vous craignez de perdre quelques journées, si vous aimez quand tout est carré et calé ou si vous n'avez pas spécialement envie de vous intéresser aux gens du coin, alors ce n'est clairement pas un voyage pour vous! Quelques infos pratiques : Palangkaraya - Kuala Kurun / Kurun - Miri en 4x4 (taxis collectifs) environ une dizaine d'euros chaque. Dénicher un taxi pour Kurun n'est pas compliqué, par contre pas sûr que vous pourrez vous rendre de Palangkaraya à Miri en une seule journée, tout dépendra du nombre de passagers et de leur destination. A partir de Miri les transports sont aléatoires, il faut "s'incruster". A titre d'exemple Aga m'avait demandé 8 euros pour aller jusqu'à Mahuroi. Renseignez-vous sur le prix de l'essence, puis auprès d'autres interlocuteurs sur les quantités d'essence nécessaires pour aller d'un point à un autre. Attention toutes les embarcations ne consomment pas pareil, les prix évoluent et la difficulté des déplacements change selon les précipitations... Pour aller en amont de Mahuroi vers les monts Schwaner un des guides du village me demanda 1,5 millions de rupiah (130 E) pour 3 jours 2 nuits. Ce prix comprend sa paye, une bonne prime pour le passage des rapides, les provisions, la paye pour un équipier (obligatoire), l'essence...)... Sinon il y a des hôtels sales, bruyants et chers (10 E environ... chers... pour des placards) à Kuala Kurun, Tewah et Miri. Au-delà on dort chez l'habitant. Mes autres carnets ... Aceh , Java , Kalimantan ... De 1999 à 2010 ... Premiers pas en Asie , Souvenirs , Portraits , Récits , Reportages ... En version PDF lecture à l'écran : http://www.mediafire.com/?t9l92qo3hq6ltnq En version imprimable (police plus petite, moins de pages) : http://www.mediafire.com/?933n3ch96oz9tgc
Voyage en amont du Kahayan Kalimantan Centre, Indonésie, Janvier 2011
"En amont, nous n'avons quasiment pas de problème de criminalité. Les vols sont extrêmement rares. Par contre, quand il se passe quelque chose, c'est presque toujours un meurtre. Les gens boivent puis se battent au coupe-coupe. Alors si vous vous retrouvez face à des personnes fortement alcoolisées et que le ton monte, laissez tomber, partez.". Janvier 2011. Je suis au Kalimantan, sur l'île de Bornéo, en Indonésie, à Kuala Kurun, une grosse bourgade sur le Kahayan, en amont de la ville de Palangkaraya. Le petit homme qui me prodigue ce conseil est un policier en civil. Celui-ci vient de se joindre à quelques curieux qui me tiennent compagnie, en attendant le départ du pick-up pour Tumbang Miri, le dernier gros village avant la fin de la piste. Contrairement à certains de ses collègues, croisés lors d'autres pérégrinations à Bornéo, il ne cherche pas à me compliquer la vie et s'avère seulement soucieux de me mettre en garde contre les dangers éventuels des zones reculées dans lesquelles je voyagerai dès le lendemain. Cela faisait maintenant six mois que mon épouse et moi vivions en Indonésie, à Yogyakarta, où nous essayions tant bien que mal de monter un restaurant. Pour ces premiers moments de liberté, seul, sac au dos comme lors de mes débuts en Asie, je rêvais d'aller faire un tour sur l'île de Sumba, voire carrément en Papouasie, dans un coin bien paumé. Mais le succès économique de notre petite entreprise n'était pas au rendez-vous et ces destinations lointaines étaient donc encore trop chères pour moi. Du coup, j'optai au dernier moment pour un semblant d'expédition au centre de l'île de Bornéo, dans une région méconnue. J'imprimai au cyber café du coin quelques cartes sommaires (et bourrées d'erreurs), achetai des médicaments de base (du paracétamol, de l'imoduim et un peu de bétadine) et muni d'un billet à bas prix sautai dans un avion pour Palangkaraya, la capitale de la province de Kalimantan Centre. Mes objectifs? Remonter le fleuve Kahayan le plus loin possible, m'établir dans un village dayak isolé, randonner dans la jungle en journée et le soir observer les us et les coutumes des populations locales ... http://www.mediafire.com/view/?hnjg0i825orjhx1
Quelques précisions pratiques , pour celles et ceux qui veulent (un peu) du concret !
Je suppose que la lecture de mon texte donne du Haut-Kahayan l'image d'une région sauvage et désertée des touristes. Néanmoins, des voyageurs occidentaux s'y rendent parfois et l'on trouve même ces quelques mots dans Le Grand Guide Gallimard de l'Indonésie : "Tumbang Mahuroi, dernier gros village sur le Kahayan, ou Tumbang Korik, sur un affluent, sont deux destinations de balade assez faciles d'accès"! D'abord, je me dois de préciser que Mahuroi est à proximité d'un lieu d'histoire, le village, tout proche, de Tumbang Anoi. En 1894, les colons hollandais y organisèrent une grande concertation entre les représentants de centaines de tribus dayakes, dans le but d'éradiquer la chasse aux têtes et les guerres incessantes entre les différents groupes. En effet, ces conflits perpétuels faisaient du Kalimantan un territoire impossible à administrer. Je suppose que de temps à autre, des touristes "riches", capables d'affréter un bateau et de s'offrir les services d'un guide, se payent une petite croisière dans ces régions isolées, au moins jusque sur les lieux de la rencontre de Tumbang Anoi. Si l'on ajoute à cela des scientifiques, des écologistes, des étudiants et quelques missionnaires, nous arrivions sans doute à un total de plusieurs occidentaux par an. A Tumbang Mahuroi, les visites étaient même fréquentes... selon mon hôte, ce brave Aga! Trois ans plus tôt, cinq étudiants japonais étaient passés dans le but de préparer une expédition en amont, dans la jungle. Cinq ans plus tôt, c'était un australien, un homme d'un certain âge qui travaillait autrefois dans les parages pour une entreprise d'extraction d'or désormais fermée et ce depuis la fin des années 90. Presque une fréquentation équivalente à celle de Bali quoi, des bule partout! Celles et ceux qui voudraient vraiment sortir des "sentiers battus" peuvent toujours quitter le Kahayan (affluents ou autres fleuves). Je suis sûr que l'aventure est au coin de la route... Sinon, vous n'êtes pas obligés, comme moi, de foirer votre voyage : avec un minimum de préparation, un peu plus d'argent et peut-être une motivation un peu plus forte vous devriez arriver à vivre un trip inoubliable. Evidemment quelques bases d'indonésien sont indispensables, une bonne préparation physique aussi car la région est rude et ce que je n'avais pas mais qui s'impose : une bonne assurance! Gardez à l'esprit que c'est une autre façon de voyager. Si vous préférez passer des vacances reposantes après une année à bosser difficile, si vous craignez de perdre quelques journées, si vous aimez quand tout est carré et calé ou si vous n'avez pas spécialement envie de vous intéresser aux gens du coin, alors ce n'est clairement pas un voyage pour vous! Quelques infos pratiques : Palangkaraya - Kuala Kurun / Kurun - Miri en 4x4 (taxis collectifs) environ une dizaine d'euros chaque. Dénicher un taxi pour Kurun n'est pas compliqué, par contre pas sûr que vous pourrez vous rendre de Palangkaraya à Miri en une seule journée, tout dépendra du nombre de passagers et de leur destination. A partir de Miri les transports sont aléatoires, il faut "s'incruster". A titre d'exemple Aga m'avait demandé 8 euros pour aller jusqu'à Mahuroi. Renseignez-vous sur le prix de l'essence, puis auprès d'autres interlocuteurs sur les quantités d'essence nécessaires pour aller d'un point à un autre. Attention toutes les embarcations ne consomment pas pareil, les prix évoluent et la difficulté des déplacements change selon les précipitations... Pour aller en amont de Mahuroi vers les monts Schwaner un des guides du village me demanda 1,5 millions de rupiah (130 E) pour 3 jours 2 nuits. Ce prix comprend sa paye, une bonne prime pour le passage des rapides, les provisions, la paye pour un équipier (obligatoire), l'essence...)... Sinon il y a des hôtels sales, bruyants et chers (10 E environ... chers... pour des placards) à Kuala Kurun, Tewah et Miri. Au-delà on dort chez l'habitant. Mes autres carnets ... Aceh , Java , Kalimantan ... De 1999 à 2010 ... Premiers pas en Asie , Souvenirs , Portraits , Récits , Reportages ... En version PDF lecture à l'écran : http://www.mediafire.com/?t9l92qo3hq6ltnq En version imprimable (police plus petite, moins de pages) : http://www.mediafire.com/?933n3ch96oz9tgc
SECOND TOME, CHAPITRE XII - COUSIN ET TANTINE
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas à cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqu�� ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas à cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqu�� ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...
je voudrais connaitre le ressenti des gens par rapport a Bali
Bali évoqué un paradis pour mes oreilles et pour la plus part des êtres humains sur cette planéte mais quenini me concernant, c'est sympa mais jamais de la vie je ferais 15000 km pour passer 15 jours la-bas (a moins d etre surfeur)
Bali c'est une immense machine a fric, les paysages sont magnifiques, les rencontres qu on y aura faite vont du meilleur au pire mais y a des coins tellement plus beau en asie et en indonesie aussi j'en suis sure.
j ai adore etre seul et tranquille en moto pour te perdre, te balader... j ai deteste l agressivite d un guide du HPPGB, qui nous aura menacer une pierre a la main
bref, votre avis m interesse .
je rentre de 8 mois de voyage en asie avec mon amie, Bali et Lombok ont ete nos dernieres etapes, on y aura passe 1 mois.
j ai adore etre seul et tranquille en moto pour te perdre, te balader... j ai deteste l agressivite d un guide du HPPGB, qui nous aura menacer une pierre a la main
bref, votre avis m interesse .
je rentre de 8 mois de voyage en asie avec mon amie, Bali et Lombok ont ete nos dernieres etapes, on y aura passe 1 mois.
oi
un bon article sur les fantômes en Indonésie... c'est en français, c'est drôle comme un récit de Naps, et en plus, ça vous fera découvrir le meilleur blog du net sur ce foutu pays🏴☠️
http://livinginjakarta.blogspot.com/
Bonne lecture!
Bonjour,
CHERI BIBI n'est pas un magazine de voyages, mais celles et ceux qui ont été intéressés par mes récits de voyages parfois décalés sur Java (Indonésie) (tels "Squat punk à Java" ou "Jakarta trash TV" ) seront peut-être intéressés par un article sur le mouvement punk en Indonésie, et plus précisemment à Bandung, (bien entendu l'article cause aussi politique, culture, religion...) + une nouvelle sur le même thème (enfin, à peu près le même thème) dans le magazine "CHERI BIBI" ... http://www.cheribibi.net/ .
Je profite de ce post pour signaler aux fanas de l'Indonésie qui veulent aller un peu plus loin l'existence du journal en ligne inside indonesia... http://www.insideindonesia.org/ ... gratuit, passionnant, (mais malheureusement en inglishe)...
Bonne(s) lecture(s)!..
INDONÉSIE • Des formules magiques pour récolter le miel Dans la région du lac Sentarum, sur l'île de Bornéo, Abdullah est le dernier à respecter une tradition ancestrale : récolter le miel tout en chantant des mantras pour s'assurer la protection des esprits, relate Kompas.
Dessin de Medi Belortaja, Albanie
Depuis longtemps, le miel fait partie de la vie des habitants des environs du lac Sentarum, dans l'ouest de Kalimantan . Ils le recueillent dans les nids d'abeilles sauvages perchés à 30 ou 40 mètres de hauteur dans les arbres du parc national Danau Sentarum. Les habitants dénomment ces arbres lalau, et les hommes qui y grimpent pour recueillir le miel penait. Cette tradition ancestrale est en train de disparaître, car rares sont ceux qui, aujourd'hui encore, maîtrisent les timang lalau : les "mantras du miel". Ainsi, Abdullah, du village de Selimbau, est-il le dernier à travailler comme penait lalau.
Pour être penait lalau, il faut beaucoup d'audace et de détermination, car un arbre ne porte pas un ou deux nids d'abeilles seulement, mais entre vingt et trente. Et chaque nid abrite plus de 10 000 abeilles. Lorsqu'il récolte le miel, le penait lalau doit donc avoir le courage d'en affronter des centaines de milliers, prêtes à fondre sur lui. Abdullah recueille le miel dans les ténèbres, de la tombée de la nuit jusqu'à l'aube. Pour faciliter la récolte, conformément à la tradition, il chante des mantras aux airs de berceuses. Ces formules sacrées sont liées à la croyance selon laquelle des esprits ou des forces invisibles veillent sur la nature et les arbres. Ainsi, avant de monter recueillir le miel, qui est une faveur de la nature, il faut obtenir la permission auprès de l'esprit gardien en lui chantant ces mots : "L'aiguille cède, la couture cède aussi, la petite civette franchit la racine. En grimpant, les mollets tremblent d'émotion, nous, les jeunes, sommes encore des apprentis."
L'ascension comprend plusieurs étapes. Chacune doit débuter par la psalmodie d'un mantra chaque fois différent. Dès qu'il aperçoit le nid, le chanteur entonne : "Les fourmis sont dans leur nid, l'enfant apprend à chasser à la sarbacane. Ma main a dépassé la première branche, je la foule et rien ne bouge, je l'agite et rien ne bruit. La boue en amont du fleuve Tempunak est conservée dans les eaux du Sekayam." S'il n'y a pas de vent, le chanteur lui demande de se lever pour que les abeilles qu'il enfume soient emportées au loin : "Que les hautes terres soient mordues par le vent." Si la récolte se fait par une nuit de pleine lune, il demande aux sombres nuages de masquer l'astre blanc, car les abeilles deviennent, dit-on, agressives dans la clarté lunaire : "L'herbe karnibit meurt lovée, meurt lovée autour de la tige de riz. Les étoiles qui scintillent dans le ciel prient les nuages de masquer la pleine lune."
Lors de la toute première récolte, le chanteur entonne un nouveau mantra tout en jetant plusieurs fragments de rayons de miel aux quatre points cardinaux : "C'est une manière de partager le miel avec les esprits gardiens du fleuve et de la forêt", explique Abdullah. Il dépose ensuite le miel dans un seau auquel il attache une corde qu'il fait descendre au pied de l'arbre. Il chante encore un mantra afin que la corde ne casse pas ou qu'elle ne s'accroche pas aux branches. Sur un seul arbre, Abdullah peut récolter jusqu'à 150 kilos de miel, qu'il vend 25 000 roupies le kilo. Il lui faut parfois deux nuits pour recueillir une telle quantité. En rentrant chez lui, il doit entonner un dernier mantra : "La guerre pilonne la guerre, l'esprit regagne le corps, nous rentrons tous à la maison."
Abdullah a appris les mantras du miel de son père, Yusuf. Il les a progressivement mémorisés et a ainsi préservé cette tradition, qui n'est cependant pas sans danger. Car le chanteur qui se trompe de mantra est, au dire des villageois, saisi d'hallucinations et tombe de l'arbre. C'est arrivé à Abdullah en 1996. Il est tombé de 40 mètres sans pouvoir se raccrocher à aucune branche. Par chance, il s'en est sorti indemne, une flaque d'eau de 20 centimètres de profondeur ayant amorti sa chute.
Aujourd'hui, les villageois ont inventé une nouvelle méthode pour élever les abeilles de forêt. Une planche (appelée tikung) est fixée sur l'arbre à 3 mètres de hauteur. Les abeilles qui y viennent établir leur nid sont moins nombreuses que sur les branches naturelles de l'arbre. Le miel peut alors être récolté en plein jour. Depuis cette invention ingénieuse, les villageois ne voient plus l'utilité d'apprendre les formules de leurs ancêtres. Et Abdullah pourrait bien être le dernier chanteur des mantras du miel.
C. Wahyu Haryo Ps recommander cet article sur le même sujet DE KALIMANTAN (BORNÉO) • La palme de l’horreur sur le web Kompas
Dessin de Medi Belortaja, Albanie
Depuis longtemps, le miel fait partie de la vie des habitants des environs du lac Sentarum, dans l'ouest de Kalimantan . Ils le recueillent dans les nids d'abeilles sauvages perchés à 30 ou 40 mètres de hauteur dans les arbres du parc national Danau Sentarum. Les habitants dénomment ces arbres lalau, et les hommes qui y grimpent pour recueillir le miel penait. Cette tradition ancestrale est en train de disparaître, car rares sont ceux qui, aujourd'hui encore, maîtrisent les timang lalau : les "mantras du miel". Ainsi, Abdullah, du village de Selimbau, est-il le dernier à travailler comme penait lalau.Pour être penait lalau, il faut beaucoup d'audace et de détermination, car un arbre ne porte pas un ou deux nids d'abeilles seulement, mais entre vingt et trente. Et chaque nid abrite plus de 10 000 abeilles. Lorsqu'il récolte le miel, le penait lalau doit donc avoir le courage d'en affronter des centaines de milliers, prêtes à fondre sur lui. Abdullah recueille le miel dans les ténèbres, de la tombée de la nuit jusqu'à l'aube. Pour faciliter la récolte, conformément à la tradition, il chante des mantras aux airs de berceuses. Ces formules sacrées sont liées à la croyance selon laquelle des esprits ou des forces invisibles veillent sur la nature et les arbres. Ainsi, avant de monter recueillir le miel, qui est une faveur de la nature, il faut obtenir la permission auprès de l'esprit gardien en lui chantant ces mots : "L'aiguille cède, la couture cède aussi, la petite civette franchit la racine. En grimpant, les mollets tremblent d'émotion, nous, les jeunes, sommes encore des apprentis."
L'ascension comprend plusieurs étapes. Chacune doit débuter par la psalmodie d'un mantra chaque fois différent. Dès qu'il aperçoit le nid, le chanteur entonne : "Les fourmis sont dans leur nid, l'enfant apprend à chasser à la sarbacane. Ma main a dépassé la première branche, je la foule et rien ne bouge, je l'agite et rien ne bruit. La boue en amont du fleuve Tempunak est conservée dans les eaux du Sekayam." S'il n'y a pas de vent, le chanteur lui demande de se lever pour que les abeilles qu'il enfume soient emportées au loin : "Que les hautes terres soient mordues par le vent." Si la récolte se fait par une nuit de pleine lune, il demande aux sombres nuages de masquer l'astre blanc, car les abeilles deviennent, dit-on, agressives dans la clarté lunaire : "L'herbe karnibit meurt lovée, meurt lovée autour de la tige de riz. Les étoiles qui scintillent dans le ciel prient les nuages de masquer la pleine lune."
Lors de la toute première récolte, le chanteur entonne un nouveau mantra tout en jetant plusieurs fragments de rayons de miel aux quatre points cardinaux : "C'est une manière de partager le miel avec les esprits gardiens du fleuve et de la forêt", explique Abdullah. Il dépose ensuite le miel dans un seau auquel il attache une corde qu'il fait descendre au pied de l'arbre. Il chante encore un mantra afin que la corde ne casse pas ou qu'elle ne s'accroche pas aux branches. Sur un seul arbre, Abdullah peut récolter jusqu'à 150 kilos de miel, qu'il vend 25 000 roupies le kilo. Il lui faut parfois deux nuits pour recueillir une telle quantité. En rentrant chez lui, il doit entonner un dernier mantra : "La guerre pilonne la guerre, l'esprit regagne le corps, nous rentrons tous à la maison."
Abdullah a appris les mantras du miel de son père, Yusuf. Il les a progressivement mémorisés et a ainsi préservé cette tradition, qui n'est cependant pas sans danger. Car le chanteur qui se trompe de mantra est, au dire des villageois, saisi d'hallucinations et tombe de l'arbre. C'est arrivé à Abdullah en 1996. Il est tombé de 40 mètres sans pouvoir se raccrocher à aucune branche. Par chance, il s'en est sorti indemne, une flaque d'eau de 20 centimètres de profondeur ayant amorti sa chute.
Aujourd'hui, les villageois ont inventé une nouvelle méthode pour élever les abeilles de forêt. Une planche (appelée tikung) est fixée sur l'arbre à 3 mètres de hauteur. Les abeilles qui y viennent établir leur nid sont moins nombreuses que sur les branches naturelles de l'arbre. Le miel peut alors être récolté en plein jour. Depuis cette invention ingénieuse, les villageois ne voient plus l'utilité d'apprendre les formules de leurs ancêtres. Et Abdullah pourrait bien être le dernier chanteur des mantras du miel.
C. Wahyu Haryo Ps recommander cet article sur le même sujet DE KALIMANTAN (BORNÉO) • La palme de l’horreur sur le web Kompas
Article récupéré sur mon facebook en provenance de Birmanie.
Hello la communauté,
découvrez dans cet article notre carnet de route sur notre voyage à Bali avec les détails de notre itinéraire. D'Ubud à Canggu en passant par Uluwatu et Gili Islands. Voici le lien : http://chicissime.net/…/12-jours-a-bali-itineraire-et-cons…
Bonne lecture !
découvrez dans cet article notre carnet de route sur notre voyage à Bali avec les détails de notre itinéraire. D'Ubud à Canggu en passant par Uluwatu et Gili Islands. Voici le lien : http://chicissime.net/…/12-jours-a-bali-itineraire-et-cons…
Bonne lecture !
Il suffit de lire cet article australien pour se convaincre que les plages de Lombok sont plus propres que celles de Bali...
http://www.news.com.au/travel/world-travel/why-you-should-take-bali-off-your-bucket-list/story-e6frfqb9-1226857854195
http://www.news.com.au/travel/world-travel/why-you-should-take-bali-off-your-bucket-list/story-e6frfqb9-1226857854195
http://www.courrierinternational.com/article/2014/02/12/la-charia-appliquee-dans-la-province-d-aceh
Que faut il en penser ????
Que faut il en penser ????
Bonjour,
Afin de faire un article sur des revues spécialisées entatouage je recherche un bon tatoueur sur l'île de Bali afin de faire des photo sur son travail.
Merci pour votre aide
Daniel
http://news.fr.msn.com/monde/article.aspx?cp-documentid=148615787
"Double attentat meurtrier contre des hôtels de luxe à Djakarta
DJAKARTA (Reuters) - Deux attentats simultanés ont fait au moins neuf morts, dont plusieurs étrangers, et 42 blessés, vendredi matin, dans les hôtels Marriott et Ritz-Carlton de Djakarta, rapporte la police indonésienne. Une troisième explosion a fait deux morts à un péage du nord de Djakarta, rapporte la chaîne de télévision indonésienne Metro. La police de la ville indique quant à elle qu'il s'agit d'une voiture piégée. Dix personnes au moins ont été hospitalisées, a-t-on appris auprès du personnel médical. Selon des témoins, plusieurs étrangers figurent également parmi les blessés. Le Marriott avait déjà été visé en août 2003 par un attentat à la voiture piégé qui avait fait 12 morts, a précisé un représentant des forces de l'ordre de la capitale. Aucun attentat n'avait été commis depuis plusieurs années en Indonésie, ou l'élection présidentielle s'est déroulée sans incident au début du mois, ce qui témoigne du chemin parcouru par le pays musulman le plus peuplé au monde depuis les troubles de la fin des années 90 et la chute du dictateur Suharto. LE DJEMAA ISLAMIAH TOUJOURS MENAÇANTE "Plusieurs fenêtres du Ritz-Carlton ont été soufflées, en particulier dans les étages du bas. Je peux les voir de mon bureau", a déclaré Myra Junor, salariée d'une entreprise voisine. Une habitante du quartier a dit avoir entendu une explosion en provenance de l'hôtel Marriott, suivie d'une deuxième, cinq minutes plus tard, au Ritz-Carlton, qui se trouve dans le même secteur. Les joueurs de Manchester United devaient séjourner à l'hôtel Marriott avant un match de gala prévu la semaine prochaine, selon un membre du personnel. L'Indonésie a été le théâtre de nombreux attentats imputés au mouvement islamiste Djemaah Islamiah entre 2002 et 2005. Le plus retentissant a fait 202 morts en 2002 à Bali. Les forces de l'ordre ont depuis procédé à de nombreuses arrestations dans les milieux islamistes, mais la Jemaah Islamiah (JI) est toujours jugée menaçante. Des dissensions au sein du mouvement ainsi que l'élargissement de plusieurs de ses membres font craindre l'apparition de mouvements dissidents désireux de relancer l'organisation en renouant avec les attentats, indique l'Institut australien d'étude stratégique dans un rapport publié jeudi."
par Telly Nathalia et Olivia Rondonuwu Avec Harry Suhartono à Singapour, version française Jean-Philippe Lefief
...
Par contre, la troisième explosion n'a rien à voir, un court-circuit (cf JAKARTA POST)🏴☠️
"Double attentat meurtrier contre des hôtels de luxe à Djakarta
DJAKARTA (Reuters) - Deux attentats simultanés ont fait au moins neuf morts, dont plusieurs étrangers, et 42 blessés, vendredi matin, dans les hôtels Marriott et Ritz-Carlton de Djakarta, rapporte la police indonésienne. Une troisième explosion a fait deux morts à un péage du nord de Djakarta, rapporte la chaîne de télévision indonésienne Metro. La police de la ville indique quant à elle qu'il s'agit d'une voiture piégée. Dix personnes au moins ont été hospitalisées, a-t-on appris auprès du personnel médical. Selon des témoins, plusieurs étrangers figurent également parmi les blessés. Le Marriott avait déjà été visé en août 2003 par un attentat à la voiture piégé qui avait fait 12 morts, a précisé un représentant des forces de l'ordre de la capitale. Aucun attentat n'avait été commis depuis plusieurs années en Indonésie, ou l'élection présidentielle s'est déroulée sans incident au début du mois, ce qui témoigne du chemin parcouru par le pays musulman le plus peuplé au monde depuis les troubles de la fin des années 90 et la chute du dictateur Suharto. LE DJEMAA ISLAMIAH TOUJOURS MENAÇANTE "Plusieurs fenêtres du Ritz-Carlton ont été soufflées, en particulier dans les étages du bas. Je peux les voir de mon bureau", a déclaré Myra Junor, salariée d'une entreprise voisine. Une habitante du quartier a dit avoir entendu une explosion en provenance de l'hôtel Marriott, suivie d'une deuxième, cinq minutes plus tard, au Ritz-Carlton, qui se trouve dans le même secteur. Les joueurs de Manchester United devaient séjourner à l'hôtel Marriott avant un match de gala prévu la semaine prochaine, selon un membre du personnel. L'Indonésie a été le théâtre de nombreux attentats imputés au mouvement islamiste Djemaah Islamiah entre 2002 et 2005. Le plus retentissant a fait 202 morts en 2002 à Bali. Les forces de l'ordre ont depuis procédé à de nombreuses arrestations dans les milieux islamistes, mais la Jemaah Islamiah (JI) est toujours jugée menaçante. Des dissensions au sein du mouvement ainsi que l'élargissement de plusieurs de ses membres font craindre l'apparition de mouvements dissidents désireux de relancer l'organisation en renouant avec les attentats, indique l'Institut australien d'étude stratégique dans un rapport publié jeudi."
par Telly Nathalia et Olivia Rondonuwu Avec Harry Suhartono à Singapour, version française Jean-Philippe Lefief
...
Par contre, la troisième explosion n'a rien à voir, un court-circuit (cf JAKARTA POST)🏴☠️
Hi there! After a trip to Sumatra, I wrote an article about how to visit Harau Valley:
https://worldseenbymathilde.blogspot.com/2024/10/harau-valley-2eme-stop-2-semaines.html
You’ll find tons of great tips: where to stay, what to do, and which hikes to take. This valley is absolutely stunning—it’s a real hidden gem! !
You’ll find tons of great tips: where to stay, what to do, and which hikes to take. This valley is absolutely stunning—it’s a real hidden gem! !
Indonésie: «informations crédibles» sur une menace terroriste à Bali
Par RFI
La police indonésienne a indiqué détenir des «informations crédibles» faisant état d'une menace terroriste pesant sur les cérémonies qui doivent être organisées vendredi à l'occasion du dixième anniversaire du double attentat de Bali le 12 octobre 2002, dans lesquels 202 personnes avaient été tuées. Plus de 2 000 militaires et policiers ont été déployés pour assurer la sécurité de l'événement. La chef du gouvernement australien, Julia Gillard, a maintenu son déplacement en dépit de la menace.
La suite de l'article ICI 😕
Par RFI
La police indonésienne a indiqué détenir des «informations crédibles» faisant état d'une menace terroriste pesant sur les cérémonies qui doivent être organisées vendredi à l'occasion du dixième anniversaire du double attentat de Bali le 12 octobre 2002, dans lesquels 202 personnes avaient été tuées. Plus de 2 000 militaires et policiers ont été déployés pour assurer la sécurité de l'événement. La chef du gouvernement australien, Julia Gillard, a maintenu son déplacement en dépit de la menace.
La suite de l'article ICI 😕
Hi everyone, after a trip to Sumatra and having struggled myself to find some information, I wrote a post about Pulau Weh:
How to get there from Bukit Lawang?
What to do on Pulau Weh?
Where to stay on Pulau Weh?
Where to see the stunning marine life?
You can find all the info here: https://worldseenbymathilde.blogspot.com/2024/11/pulau-weh-5eme-stop-2-semaines-sumatra.html
Happy travels to those heading there next! :)
Bonjour à tous !
Tout d'abord, j'ai bien utilisé la fonction rechercher (et lu un grand nombre de sujets/blogs/article 😉 ) mais je ne suis toujours pas sûr...
Nous somme un couple qui allons voyager du 12/07/14 au 02/08/14 de Yogyakarta à Bali, aves nos sacs, en arrivant avant à Singapour (que chérie souhaite voir ~2jours). L'itinéraire est déjà fait cependant j'ai une hésitation entre 2 parcours après Pemuteran=>Munduk. Pour information, 11,5 jours de disponible de Pemuteran à notre départ à DPS.
(Voir les images attachées pour le détail des itinéraires.)
ITNR n°1/ Munduk=>Ubud=>Gili=>Kuta/Sanur=>Denpasar AVANTAGES:3jours entiers sur Gili pour bien déconnecterItinéraire sans chemin retourFinir par de la pure détente (Gili + Kuta/Sanur)INCONVENIENTS:Ne finir que par de la plage (Gili + Kuta/Sanur) Fin de voyage avec longue distance à parcourir (Gili=>Kuta/Sanur)Pas de passage à Sekumpul Waterfall et à AmedTrimaballer à Gili toutes les babioles qu'on aura surement achetées à Ubud..ITNR n°2/ Munduk=>Sekumpul=>Amed=>Gili=>Ubud=>Kuta/Sanur=>Denpasar AVANTAGES:Alternance parfaite mer/terre/mer/terre/merVoir Amed et Sekumpul Waterfall (magnifique parait-il)Trimabller nos achats à Ubud que jusqu'à Kuta puis à DPS (au lieu de aussi Gili pour l'itinéraire 1/)INCONVÉNIENTS:Seulement 2 jours entiers à GiliPas mal de route entre Sekumpul et AmedRisque de ne pas voir les Jatiluwih Rice Terrace (pas sur la route, nécessite un demi-day trip)D'après vous, un itinéraire est-il bien mieux que l'autre ? Recommanderiez-vous quelque chose de différent?
J'ai, pour l'instant, les hôtels de l'itinéraire 1 bookés mais encore annulables sans frais. Merci à tous d'avance pour votre aide.
J.
PS1 : Vous pouvez ouvrir les deux images d'itinéraires côte à côte pour comparaison. PS2 : Je peux coller en texte les itinéraires si ce n'est pas pratique de consulter les images.
Tout d'abord, j'ai bien utilisé la fonction rechercher (et lu un grand nombre de sujets/blogs/article 😉 ) mais je ne suis toujours pas sûr...
Nous somme un couple qui allons voyager du 12/07/14 au 02/08/14 de Yogyakarta à Bali, aves nos sacs, en arrivant avant à Singapour (que chérie souhaite voir ~2jours). L'itinéraire est déjà fait cependant j'ai une hésitation entre 2 parcours après Pemuteran=>Munduk. Pour information, 11,5 jours de disponible de Pemuteran à notre départ à DPS.
(Voir les images attachées pour le détail des itinéraires.)
ITNR n°1/ Munduk=>Ubud=>Gili=>Kuta/Sanur=>Denpasar AVANTAGES:3jours entiers sur Gili pour bien déconnecterItinéraire sans chemin retourFinir par de la pure détente (Gili + Kuta/Sanur)INCONVENIENTS:Ne finir que par de la plage (Gili + Kuta/Sanur) Fin de voyage avec longue distance à parcourir (Gili=>Kuta/Sanur)Pas de passage à Sekumpul Waterfall et à AmedTrimaballer à Gili toutes les babioles qu'on aura surement achetées à Ubud..ITNR n°2/ Munduk=>Sekumpul=>Amed=>Gili=>Ubud=>Kuta/Sanur=>Denpasar AVANTAGES:Alternance parfaite mer/terre/mer/terre/merVoir Amed et Sekumpul Waterfall (magnifique parait-il)Trimabller nos achats à Ubud que jusqu'à Kuta puis à DPS (au lieu de aussi Gili pour l'itinéraire 1/)INCONVÉNIENTS:Seulement 2 jours entiers à GiliPas mal de route entre Sekumpul et AmedRisque de ne pas voir les Jatiluwih Rice Terrace (pas sur la route, nécessite un demi-day trip)D'après vous, un itinéraire est-il bien mieux que l'autre ? Recommanderiez-vous quelque chose de différent?
J'ai, pour l'instant, les hôtels de l'itinéraire 1 bookés mais encore annulables sans frais. Merci à tous d'avance pour votre aide.
J.
PS1 : Vous pouvez ouvrir les deux images d'itinéraires côte à côte pour comparaison. PS2 : Je peux coller en texte les itinéraires si ce n'est pas pratique de consulter les images.
Je suis en train de lire cet excellent bouquin de Jérôme Tadié:
http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-les-territoires-de-la-violence-a-jakarta-5180.php
"Comment la violence peut-elle modeler des espaces, celui des villes et de Jakarta en particulier? C'est à cette question que l'auteur répond, s'attachant à l'étude des formes de violence locale dans la capitale indonésienne, comme la délinquance, les émeutes ou les batailles de rue. À Jakarta, on ne trouve pas de ghettos impénétrables, ni de quartiers que des gangs contrôleraient sans partage. Néanmoins les quartiers étiquetés comme « dangereux » sont nombreux. Par rapport aux autres capitales régionales, Jakarta souffre d'une assez mauvaise réputation. Sans atteindre les extrêmes d'une ville comme Manille, elle contraste nettement avec la métropole la plus proche, mais aussi la plus sûre de la région, Singapour. En établissant une « géographie du danger à Jakarta », Jérôme Tadié analyse à partir de recherches de terrain la manière dont cette ville ou certains de ses quartiers peuvent être stigmatisés, et comment autorités et population y usent de répression. Au coeur de ces processus, la figure du caïd émerge. Celui-ci exerce un contrôle informel dans la ville et « derrière la ville », faisant partie intégrante des systèmes de gestion locale. L'analyse des relations entre l'appropriation des territoires urbains et les modes de violence qui s'y déploient fait ainsi ressortir la manière dont une grande métropole et ses territoires sont gouvernés, à la fois de façon officielle et informelle."
Le côté "jargonnant" peut faire un peu peur, mais c'est finalement très lisible, et plutôt fascinant... A noter pour celles et ceux que le sujet intéresse, grandeur et décadence d'un gangster dans un article en ligne: http://insideindonesia.org/content/view/1100/29/
Bonnes lectures!
"Comment la violence peut-elle modeler des espaces, celui des villes et de Jakarta en particulier? C'est à cette question que l'auteur répond, s'attachant à l'étude des formes de violence locale dans la capitale indonésienne, comme la délinquance, les émeutes ou les batailles de rue. À Jakarta, on ne trouve pas de ghettos impénétrables, ni de quartiers que des gangs contrôleraient sans partage. Néanmoins les quartiers étiquetés comme « dangereux » sont nombreux. Par rapport aux autres capitales régionales, Jakarta souffre d'une assez mauvaise réputation. Sans atteindre les extrêmes d'une ville comme Manille, elle contraste nettement avec la métropole la plus proche, mais aussi la plus sûre de la région, Singapour. En établissant une « géographie du danger à Jakarta », Jérôme Tadié analyse à partir de recherches de terrain la manière dont cette ville ou certains de ses quartiers peuvent être stigmatisés, et comment autorités et population y usent de répression. Au coeur de ces processus, la figure du caïd émerge. Celui-ci exerce un contrôle informel dans la ville et « derrière la ville », faisant partie intégrante des systèmes de gestion locale. L'analyse des relations entre l'appropriation des territoires urbains et les modes de violence qui s'y déploient fait ainsi ressortir la manière dont une grande métropole et ses territoires sont gouvernés, à la fois de façon officielle et informelle."
Le côté "jargonnant" peut faire un peu peur, mais c'est finalement très lisible, et plutôt fascinant... A noter pour celles et ceux que le sujet intéresse, grandeur et décadence d'un gangster dans un article en ligne: http://insideindonesia.org/content/view/1100/29/
Bonnes lectures!
Bonjour,
Je dois partir avec ma copine en Indonésie le mois prochain, et en regardant sur internet, je suis tombé sur un article disant que le port du bikini était interdit en Indonésie sauf à Bali depuis environ 1 mois. Ca m'étonne un peu car je connais l'ouverture d'esprit de nos amis indonésiens.
On commence à faire nos préparatifs et je dis à ma petite amie qu'il n'y aura pas de problèmes si elle va en bikini sur une plage mais elle voudrait avoir la confirmation de quelqu'un sur place...
Qui a raison?
Merci d'avance pour votre réponse
HM
Je dois partir avec ma copine en Indonésie le mois prochain, et en regardant sur internet, je suis tombé sur un article disant que le port du bikini était interdit en Indonésie sauf à Bali depuis environ 1 mois. Ca m'étonne un peu car je connais l'ouverture d'esprit de nos amis indonésiens.
On commence à faire nos préparatifs et je dis à ma petite amie qu'il n'y aura pas de problèmes si elle va en bikini sur une plage mais elle voudrait avoir la confirmation de quelqu'un sur place...
Qui a raison?
Merci d'avance pour votre réponse
HM
ça va faire moins chère la plongée 😉 (mais à partir du 12/09 seulement, pauvres aoutiens...)
http://www.etravelblackboardasia.com/article.asp?id=54523&nav=2
Hi everyone, after a 4-day, 3-night trek in the Bukit Lawang jungle in search of orangutans, I wrote an article to explain how those few days unfolded, what we saw, how we experienced it, and everything you need to know before embarking on this adventure.
Here’s the link if you need more info: https://worldseenbymathilde.blogspot.com/2024/10/bukit-lawang-4eme-stop-2-semaines.html
La capitale de l'Indonésie ne sera bientôt plus Jakarta, menacée par la montée des eaux. Le gouvernement indonésien vient en effet de choisir un site de l'est de l'île de Bornéo pour la remplacer. La nouvelle capitale (qui n'a pas encore de nom) devrait être opérationnelle d'ici quatre ou cinq ans.
Lire la suite...
Exquise, savoureuse, parfumée... Les mots ne manquent pas pour définir la cuisine balinaise. On n'a pas pu s'empêcher de faire un petit article sur le sujet.
Tour d'horizon des délices goutées lors d'un voyage à Bali. Miam ! j'en salive.
https://un-tour-dans-le-sac.fr/cuisine-bali/
https://un-tour-dans-le-sac.fr/cuisine-bali/
Les autorités de Bali envisagent la mise en place d’une taxe de 10 US$ qui servirait à préserver l’environnement de l'île. Celle-ci serait à priori incluse dans le prix du billet d'avion.
Lire la suite...
Bonjour tout le monde,
Après presque 27 mois de voyage nous souhaitons partager notre passion et notre expérience avec vous. Voici donc un article en pratique sur l'Indonésie. A savoir que nous avons uniquement voyagé sur Bali et Java,
Si vous avez des remarques, si vous pensez que nous avons oublié certaines choses, n'hésitez pas `nous le dire.
http://viatori.net/2016/04/25/pratiqueindonesie/
Bonne lecture et bon voyage,
Après presque 27 mois de voyage nous souhaitons partager notre passion et notre expérience avec vous. Voici donc un article en pratique sur l'Indonésie. A savoir que nous avons uniquement voyagé sur Bali et Java,
Si vous avez des remarques, si vous pensez que nous avons oublié certaines choses, n'hésitez pas `nous le dire.
http://viatori.net/2016/04/25/pratiqueindonesie/
Bonne lecture et bon voyage,
Bonjour,
De retour de 13 nuits aux Raja Ampat, voici un petit compte rendu d’info pratiques. Pour un texte plus romancé et avec photos, je vous invite à lire l’article concerné sur notre blog : http://2gnomesenbalade.wordpress.com
Transports Aeoport Sorong – Port Sorong : 100 000/taxi à l’aller (super cher…), 50 000 dans l’autre sens Sorong-Waisai : 2h de ferry, 130 000/pers (economy, complètement suffisant) Waisai-Piaynemo-Kri : 3 000 000 pour nous deux (750 000/pers/trajet), ils nous avaient demandé 6 000 000/bateau mais on a partagé le premier trajet avec d’autres touristes. Kri-Gam : 400 000/bateau Gam-Waisai : 500 000/bateau
Logements Piaynemo : 4 nuits Piaynemo homestay, 500 000/pers/nuit (avec les 3 repas et un snack inclus) 4 chambres (2 (petits) matelas double/chambre). Salle de bain du côté de la plage, mandi style avec eau salée (un peu moins que la mer). Deux bungalows avec salle de bain privée en construction. Petit « bar » en construction également. Nourriture vraiment délicieuse (poisson frais tous les jours) et snack vers 16h. On était seuls lors de 2 nuits sur les 4. Pour être objective, 3 nuits auraient été suffisantes (et selon nous, un trip à la journée depuis Kri (voir plus bas) est trop court) Kri : 5 nuits Mambreton homestay, 500 000/couple/nuit (avec les 3 repas inclus) pour un bungalow (il y en a 4 et quelques uns en construction) vue sur mer avec très bon hamac. Salle de bain partagée, mandi style avec eau de mer. Nourriture ok (thon un peu sec tous les jours). Possibilité de snorkeling avec bateau (environ 100 000/pers) vers cap kri, vers le village, … Le proprio parle très peu anglais mais est sympathique. Gam : 3 nuits Yendebabo homestay. 350 000/pers (incluant 3 repas) si salle de bain partagée, 400 000/pers si salle de bain privée. Eau non salée ! Une des personnes sur place parle très bien anglais. Possibilité d’emprunter matériel de snorkeling. (Petit) centre de plongée sur place. Pas de poisson à tous les repas (remplacé par omelette). Petit dej plutôt style indonésien.
Activités Piaynemo Kayaks (4 doubles) à disposition gratuitement pour explorer la (magnifique) baie. Deux superbes points de vue en hauteur. Beaucoup de visiteurs « à la journée ». On a adoré les fins de journée/soirée où tout était bien plus calme. Eli, le proprio, parle très bien anglais. Possibilité de snorkeling en bateau. Petits requins et raies aux pieds des bungalows sur pilotis. Kri Plongée : 550 000/pers avec Yenkoranu homestay (à 5 minutes de marche, sur la même plage) ou Wobbegong (pas sur pour l’orthographe), les deux incluant le matériel. Au Yenkoranu, surchage de 150 000-200 000/pers pour l’essence si plongée à Manta Point (ce n’était pas la saison, on ne l’a pas fait). Deux plongées pour nous : cape kri (génial !) et sardine reef (beaucoup de courant, limite dangereux (mais on n’est pas fort expérimenté, seulement 25 plongées à notre actif)). Activité à la journée : Avec Yenkoranu homestay, possibilité d’aller à Piaynemo (point de vue) + 3 points de snorkeling (melissa’s garden, un près de arborek… et un troisième) pour 6 000 000/bateau (ou 7 000 000 ? je ne sais plus), jusqu’à 8 personnes/bateau. Snorkeling : super (tortues, requins (black tip reef sharks), bumhead parrotfishes, et plein plein d’autres) juste en face du homestay. On a même vu un espadon faire des bonds ! Autre : balade à pied jusqu’au village sur Mansuar à marée basse (des bancs de sable apparaissent) où on peut acheter des choses basiques (savons, biscuits, mie, …), trip à la journée vers Gam pour oiseaux du paradis et hornbill (pas de souvenir du prix), petite bintang à 50 000 au Yenkoranu. Gam Snorkeling : 300 000/bateau jusque Friwen wall Activité à la journée : 2 000 000/bateau pour Kabui Bay + 500 000 si ajout de Friwen wall pour snorkeling, 7 000 000/bateau pour Pianyemo Balade pour observer oiseaux du paradis : 100 000/pers Snorkeling de nuit (avec torche) pour pêcher des langoustes au harpon : 100 000/pers (deuxième fois gratuite si pas de langoustes lors de la première tentative)
Autre Achat du permis d’entrée (1 000 000 rp/pers) dans une maison à côté du port.
J’espère que ce compte rendu pourra aider les personnes désirant se rendre aux Raja Ampat. N’hésitez pas si vous avez des questions !
Cet endroit lointain vaut vraiment le détour ! La faune marine est incroyablement riche (on a plongé à Cuba et aux îles Togians à Sulawesi auparavant et c’est incomparable), les gens sont adorables (ce n’est cependant pas toujours facile de communiquer, l’anglais n’est pas très développé, et notre bahasia indonesia laisse à désirer :) ), … On s’est fait la promesse d’y retourner un jour pour observer les raies mantas !
Transports Aeoport Sorong – Port Sorong : 100 000/taxi à l’aller (super cher…), 50 000 dans l’autre sens Sorong-Waisai : 2h de ferry, 130 000/pers (economy, complètement suffisant) Waisai-Piaynemo-Kri : 3 000 000 pour nous deux (750 000/pers/trajet), ils nous avaient demandé 6 000 000/bateau mais on a partagé le premier trajet avec d’autres touristes. Kri-Gam : 400 000/bateau Gam-Waisai : 500 000/bateau
Logements Piaynemo : 4 nuits Piaynemo homestay, 500 000/pers/nuit (avec les 3 repas et un snack inclus) 4 chambres (2 (petits) matelas double/chambre). Salle de bain du côté de la plage, mandi style avec eau salée (un peu moins que la mer). Deux bungalows avec salle de bain privée en construction. Petit « bar » en construction également. Nourriture vraiment délicieuse (poisson frais tous les jours) et snack vers 16h. On était seuls lors de 2 nuits sur les 4. Pour être objective, 3 nuits auraient été suffisantes (et selon nous, un trip à la journée depuis Kri (voir plus bas) est trop court) Kri : 5 nuits Mambreton homestay, 500 000/couple/nuit (avec les 3 repas inclus) pour un bungalow (il y en a 4 et quelques uns en construction) vue sur mer avec très bon hamac. Salle de bain partagée, mandi style avec eau de mer. Nourriture ok (thon un peu sec tous les jours). Possibilité de snorkeling avec bateau (environ 100 000/pers) vers cap kri, vers le village, … Le proprio parle très peu anglais mais est sympathique. Gam : 3 nuits Yendebabo homestay. 350 000/pers (incluant 3 repas) si salle de bain partagée, 400 000/pers si salle de bain privée. Eau non salée ! Une des personnes sur place parle très bien anglais. Possibilité d’emprunter matériel de snorkeling. (Petit) centre de plongée sur place. Pas de poisson à tous les repas (remplacé par omelette). Petit dej plutôt style indonésien.
Activités Piaynemo Kayaks (4 doubles) à disposition gratuitement pour explorer la (magnifique) baie. Deux superbes points de vue en hauteur. Beaucoup de visiteurs « à la journée ». On a adoré les fins de journée/soirée où tout était bien plus calme. Eli, le proprio, parle très bien anglais. Possibilité de snorkeling en bateau. Petits requins et raies aux pieds des bungalows sur pilotis. Kri Plongée : 550 000/pers avec Yenkoranu homestay (à 5 minutes de marche, sur la même plage) ou Wobbegong (pas sur pour l’orthographe), les deux incluant le matériel. Au Yenkoranu, surchage de 150 000-200 000/pers pour l’essence si plongée à Manta Point (ce n’était pas la saison, on ne l’a pas fait). Deux plongées pour nous : cape kri (génial !) et sardine reef (beaucoup de courant, limite dangereux (mais on n’est pas fort expérimenté, seulement 25 plongées à notre actif)). Activité à la journée : Avec Yenkoranu homestay, possibilité d’aller à Piaynemo (point de vue) + 3 points de snorkeling (melissa’s garden, un près de arborek… et un troisième) pour 6 000 000/bateau (ou 7 000 000 ? je ne sais plus), jusqu’à 8 personnes/bateau. Snorkeling : super (tortues, requins (black tip reef sharks), bumhead parrotfishes, et plein plein d’autres) juste en face du homestay. On a même vu un espadon faire des bonds ! Autre : balade à pied jusqu’au village sur Mansuar à marée basse (des bancs de sable apparaissent) où on peut acheter des choses basiques (savons, biscuits, mie, …), trip à la journée vers Gam pour oiseaux du paradis et hornbill (pas de souvenir du prix), petite bintang à 50 000 au Yenkoranu. Gam Snorkeling : 300 000/bateau jusque Friwen wall Activité à la journée : 2 000 000/bateau pour Kabui Bay + 500 000 si ajout de Friwen wall pour snorkeling, 7 000 000/bateau pour Pianyemo Balade pour observer oiseaux du paradis : 100 000/pers Snorkeling de nuit (avec torche) pour pêcher des langoustes au harpon : 100 000/pers (deuxième fois gratuite si pas de langoustes lors de la première tentative)
Autre Achat du permis d’entrée (1 000 000 rp/pers) dans une maison à côté du port.
J’espère que ce compte rendu pourra aider les personnes désirant se rendre aux Raja Ampat. N’hésitez pas si vous avez des questions !
Cet endroit lointain vaut vraiment le détour ! La faune marine est incroyablement riche (on a plongé à Cuba et aux îles Togians à Sulawesi auparavant et c’est incomparable), les gens sont adorables (ce n’est cependant pas toujours facile de communiquer, l’anglais n’est pas très développé, et notre bahasia indonesia laisse à désirer :) ), … On s’est fait la promesse d’y retourner un jour pour observer les raies mantas !
Afin de relancer le tourisme, l'Indonésie s'apprête à supprimer l'obligation de visa de tourisme pour 30 nouveaux pays dont la France et quelques autres notamment de l'UE. Détails à venir pour cette décision qui devrait normalement entrer en vigueur en avril 2015.
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Hello !
Ayant moi-même beaucoup profité des retours d'expérience des uns et des autres sur les forums, je voudrais vous faire partager mes quelques infos voyage sur les 8 jours que j'ai passé à Flores fin septembre / début octobre.
Pour cela, vous pouvez consulter l'article que j'ai consacré à ce voyage sur mon blog. http://pojouelachef.blogspot.com/2013/10/8-jours-flores-indonesie.html
Flores est vraiment une île superbe, les gens y sont hyper sympas et accueillants! Nous avons nettement préféré cette partie de l'Indonésie à Bali (que nous avons fait juste après).
Alors n'hésitez plus !
Ayant moi-même beaucoup profité des retours d'expérience des uns et des autres sur les forums, je voudrais vous faire partager mes quelques infos voyage sur les 8 jours que j'ai passé à Flores fin septembre / début octobre.
Pour cela, vous pouvez consulter l'article que j'ai consacré à ce voyage sur mon blog. http://pojouelachef.blogspot.com/2013/10/8-jours-flores-indonesie.html
Flores est vraiment une île superbe, les gens y sont hyper sympas et accueillants! Nous avons nettement préféré cette partie de l'Indonésie à Bali (que nous avons fait juste après).
Alors n'hésitez plus !









