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L'Ouest américain sous la tente avec trois enfants (partie 1)
Vous pouvez retrouver ce carnet sur mon site, avec les photos "relookées", https://sites.google.com/site/louestamericainsouslatente/

Merci à Marie (mlefèvre sur VF ) qui a effectué son voyage au même moment, avec ses trois enfants, tout comme nous, et à tous les autres, nombreux et toujours disponibles, qui ont guidé notre voyage dans sa préparation.

La préparation :

Ce voyage a été un grand pari. itinérant, presque tous les jours, sous la tente, les enfants (6 – 10 et 11 ans) allaient-ils supporter ? J’ai misé sur « oui », je leur ai fait confiance, et je n’ai pas eu tort ! Ils étaient prévenus : les miles, la chaleur, pas de piscine dans les campings (la plupart du temps dans les parcs, en pleine nature). Au préalable, entraînement intensif à la maison : on regarde des westerns, on boit du coca et on mange des hamburgers….. En fait, ils ne se sont jamais plaints, ni des 9300km, ni de sauter un repas ou de manger à 4 heures de l’après-midi, ni de rien ! On a bien entendu « y’en a marre des points de vue », mais légèrement !!! Plus de 9 mois de préparation. J’ai découvert le site de VF assez tard, mon itinéraire et ma réservation d’avion étaient déjà bouclés, ainsi que les quelques nuits à l’hotel. J’aurais peut-être fait ça un peu différemment, mais ceci dit, tout a fonctionné comme prévu, et si c’était à refaire, on referait le même (pour un premier voyage) !

Nos choix :

- Camping pour minimiser le budget et rester plus longtemps sur place, soit 37 jours. Ils ont tous (sauf 3) été réservés au préalable, par internet. Aucun problème ! Il nous est arrivé de nombreuses fois d’arriver de nuit, et on avait la sécurité d’avoir un emplacement réservé. - 10 nuits à l’hotel : en ville (San Francisco, Los Angeles, Las Vegas) et dans les endroits très chauds (Death Valley et Palm Springs) - Réservation avion, hôtels et certains « extras » : passage par une agence - USACONSEIL de JETSET, celle-ci nous a paru la moins chère. Deux raisons pour ce choix : o en cas de problème entrainant une annulation, il nous devenait possible d’annuler toute cette partie d’un coup. L’assurance était très intéressante : 90 € pour toute la famille pour une couverture totale o je me disais qu’ils avaient des tarifs préférentiels !?

L’itinéraire

C’est un melting pot d’itinéraires proposés par différentes agences, car nous avons parcouru une grande partie de l’ouest, sur un temps assez long, et je tenais absolument à aller à Yellowstone. Il fallait qu’il y en ait pour tous les goûts, petits et grands : des randonnées, des paysages grandioses, des animaux et puis du « fun » à San Diego et Los Angeles, du bateau, du 4X4… ET ne pas tomber le week end à Las Vegas !

Départ : mercredi 12 juillet de Lyon M12 San Francisco J13 San Francisco V14 San Francisco S15 San Francisco – Yosémite Lower Pines CampgroundD16 Yosémite – Bodie – Mammoth lake New Shady rest campgroundL17 Mammoth lake – Death valley Furnace creek ranch M18 Death valley – Las Vegas Hotel Excalibur M19 Las Vegas J20 Las Vegas – Zion Watchman Campground V21 Zion – Bryce Canyon NorthCampground S22 Bryce Canyon – Capitol Reef par la scenic drive Thousand lakes RV campground D23 Capitol Reef – Salt Lake City Cherry Hills Campground L24 Salt Lake City – Jackson Hole Camping teton village KOAM25 Jackson Hole – Grand teton Sud Yellowstone Grant village Campground M26 Sud Yellowstone Grant village CampgroundJ27 Sud Yellowstone - Norris V28 Nord Yellowstone NorrisS29 Nord Yellowstone Norris D30 Nord Yellowstone – Cody Gateway CampgroundL31 Cody –Flaming gorge Firehole canyon campground M1 Flaming gorge – Vernal DinokoaM2 Vernal – Moab Archview campgroundJ3 Parcs nationaux de Arches Archview campgroundV4 et Canyonlands Archview campground S5 Moab – Gouldings (monument valley) Gouldings Campground D6 Monument Valley Gouldings Campground L7 Monument Valley - Lake Powell Wahweap Campground M8 Lake Powell M9 Lake Powell – Grand Canyon Mather Campground J10 Grand Canyon Mather CampgroundV11 Grand Canyon – Lake Havasu S12 Lake Havasu – Palm Springs Joshua Tree Hotel Best Western D13 Palm springs – San Diego Campland on the bay L14 San Diego Campland on the bayM15 San Diego – Los Angeles M16 Los Angeles J 17 Los Angeles

V18 Départ Los Angeles pour Lyon

Carte réalisée par Vazyvite Le road Book : TRES IMPORTANT

J’ai acheté une carte, puis commandé sur internet le « Rand Mc Nally ». Certes, il a mis 8 semaines à arriver, et les frais de port étaient assez élevés, mais il m’a été indispensable dans la construction du voyage ! Sur place, le road book s’est quasiment suffit à lui-même, et nous n’avons pour ainsi dire pas consulté d’autres cartes (sauf quand nous nous sommes parfois perdus !)

Choix des activités :

Nous avons décidé de nous faire plaisir (dans la mesure du possible), on ne sait pas si on reviendra ?? Certaines activités ont été subventionnées, par des ventes sur Ebay (beaucoup d’énergie de ma part !, et pour être honnête, je n’ai pas subventionné grand-chose !)

- le grand Canyon en hélico nous aurait bien tenté, mais pour le même ordre de prix, nous avons opté pour la location d’un hors bord pour visiter le Lake Powell - On voulait faire du 4X4 à Canyonlands, finalement l’agence nous a recommandé celui de Monument Valley (1/2 journée, car c’est cher). Ça c’est le truc que j’ai vraiment regretté : cher, et on voit à peine plus que la piste que l’on fait en voiture. (On aurait aimé faire une balade à cheval, mais le dernier était trop petit, il faut avoir 7 ans) - Raft à Canyonlands (1/2 journée). Très sympa mais gentillet, il ne faut pas s’attendre à de grandes sensations en ce qui concerne la demi-journée. On passe plus de temps à flotter dans le Colorado (boueux), que sur le raft, mais on a tous pris plaisir !!! - Sea World et Universal Studio - Nous avons rajouté Antelope Canyon, que l’on peut considérer comme un extra, car franchement, c’est pas donné !

Nous sommes passés par l’agence pour réserver Sea World et Universal Studios, car ils proposaient un billet groupé, illimité, qui semblait intéressant, le Lake Powell et Monument Valley. Pour le lake Powell, il est indispensable de réserver à l’avance, car tout était complet jusqu’à nouvel ordre. Par contre, il faut venir remplir les papiers la veille pour gagner un temps plus que certain !

La voiture

Notre choix s’est porté sur un style »espace », pour que les enfants aient chacun une fenêtre et un espace bien à eux (cela a été extrêmement important dans la réussite du voyage : qui veut voyager loin ménage sa monture !). Au dire du loueur, il vaut mieux préférer des voitures japonaises qui consomment franchement moins que les américaines … Par l’agence, nous avons réservé chez Alamo, en prenant l’assurance totale (gold). C’est cher, mais cela nous a été vivement recommandé. Sur Alamo, rien à dire, tout était parfait !: Voiture neuve ou presque, service de navettes pour les bagages à l’arrivée, très peu de temps pour rendre la voiture et en plus : 1°) nous avons crevé (dans un de nos nombreux demi-tours), 2°) on a fait faire la vidange, car un voyant d’alerte s’allumait, et nous ne voulions pas prendre de risque au cas où ! Tout a été remboursé sans difficulté aucune. Le seul inconvénient fut d’aller porter le pneu comme preuve du changement dans une agence Alamo. Mais bon, c’est presque un détail ! A notre arrivée à San Francisco, notre interlocuteur, jaugeant notre volume de bagages nous proposa une voiture plus grande. « Non » avons-nous répondu de concert estimant que ce qui était prévu était bien suffisant (et suffisamment cher). Une demi-heure plus tard, ayant essayé toutes les combinaisons possibles de rangement, il fallait se rendre à l’évidence : soit nous voyagions bagages aux pieds, soit nous mettions notre fierté au panier pour demander une voiture plus grande. Nous avons bien entendu opté pour la deuxième solution pour un supplément de 400 € ! Conclusion : notre loueur fut de bon conseil et nous n’avons pas eu à le regretter. La voiture était une Toyota Sienna. Ce fut le top. On a goûté au luxe, il a été très difficile de retrouver notre « Berlingo », qui pourtant nous a toujours parue très grande !

Les bagages

Impressionnants une fois empilés ! On a souvent été aidés, même parfois les douaniers américains. Nous avions emmené notre glacière (remplie de matériel jusqu’à ras-bord), mais en lisant les carnets de voyage de mlefèvre, elle a opté pour un frigo, ça leur est sûrement revenu moins cher au final que tous les glaçons que nous devions acheter chaque jour (cours du sac environ 2 dollars + ou -), et elle n’a pas eu à s’embêter avec ça ! Nous avions emmené un réhausseur (en suivant les conseils de marie31, toujours de bons conseils les Marie, finalement !), que nous avons laissé sur place.

- Nos 2 tentes : 2 et 3 secondes Décathlon.

Avantages : Elles sont solides, presque aussi rapides à monter qu’à démonter et les temps indiqués par leur nom est approximativement exact. Ceci dit, pour les adultes, la 2 secondes (2 places) est un peu étriquée. Préférer la 3 secondes (3 places). Lorsque vous dépliez votre tente en la jetant en l’air, succès assuré ! Inconvénient : pas très épais mais le diamètre est conséquent. Résultat, le coffre de la voiture à intérêt à être profond pour ne pas engager la visibilité arrière. Elles nous ont bien accompagné pendant ce périple, et nous les remercions vivement de leur participation ! Elles résistent aux tempêtes et sont parfaitement étanches, nous avons considérablement testé !



- Mobilier de camping : dans tous les campings il y a de grandes tables avec des bancs donc inutile de s’encombrer avec cela.

- Fringues : il faut un pull ou une fourrure polaire pour les sites d’altitude et San Francisco. Idem pour les pantalons. Il n’y a que le soir que le froid s’installe.

- Le réchaud a été acheté sur place pour un prix modique (car pas de recharges camping gaz là-bas, et pas de bonbonnes dans l’avion !). Très bien ! (Coleman) (attention tout de même, il est facile en le rangeant d’ouvrir par inadvertance le gaz, cela nous est arrivé, il n’y a pas de sécurité, ce qui a entamé la notre).

- Sacs de couchage : assez chaud et nous n’avons pas eu à le regretter certains soirs à Yellowstone ou au Grand Canyon, tant le froid était pénétrant … sinon en pleine chaleur des paréos suffisent.



- Matelas : nous avons opté pour des petits matelas auto gonflables. Je n’y croyais pas, mais c’est suffisamment confortable pour pouvoir dormir 1 mois sans se casser le dos. En plus, cela ne prend pas beaucoup de place et n’est pas lourd.

- Prévoir de bonnes lampes torche car la plupart des campings sont éclairés par la lune et les étoiles. Il est très facile de s’y perdre le soir !!!!

- Nous avons aussi acheté des brochettes dont les américains se servaient beaucoup dans les campings : super sympa pour faire griller les marshmallows, et les saucisses.

Enfin bref, (certainement entre 80 et 100 kgs de bagages. Toute une gestion et organisation, mais au bout d’un petit temps d’adaptation, pas de problèmes !

Les campings

Nous avons toujours choisi des campings où il y avait au minimum de l’eau (froide naturellement).

J’ai adoré :

Tous les campings dans les parcs ou les State Parcs (sauf celui de Yosémite) : Grands emplacements, toujours une table (pour 10 voire 12 personnes), 1 barbecue ou un feu de bois. C’est magnifique, en pleine nature et la plupart du temps dans des sites extraordinaires ! (Zion, Bryce…)

Parfois pas de douche, ou alors loin (et payante), ça c’est un peu dur car il n’y a pas d’endroit non plus pour s’isoler, afin d’avoir un peu d’intimité dans sa toilette !!!!(après, c’est système D, à chacun son truc !)

Dans certains, rares heureusement, la vaisselle se fait accroupi, j’ai eu du mal, mes articulations ne sont plus ce qu’elles étaient !

Tous sont propres, ou relativement, il y a toujours du papier aux toilettes et parfois même du savon pour les mains.

En plus de ceux-là, j’ajoute celui de Gouldings, en face de Monument Valley, super, et quelle vue !!! Capitol Reef, petits emplacements, mais ultrapropre, sympa et très belle vue Lake Powell : Wahweap Campground, superbe. Attention, il y fait très chaud! Le KOA de Vernal(Dinosaurland). Sympa, propre et mignon.

Je n’ai pas aimé :

Cherry Hills à Salt Lake, grand impersonnel, bondé ! (En plus, on y était le dimanche et tout le complexe nautique était fermé : cela dit en passant : ultra cher, le complexe nautique !)

San Diego : Grand camping ENORME. On est les uns sur les autres (on n’avait plus l’habitude !!!!). Plage privée, oui, mais on nous signale à l’accueil que pour cause de bactéries, il faut ensuite se laver à l’eau chaude !!!! du coup, nous on ne s’y baigne pas…… 1 heure d’attente (montre en main) pour avoir notre emplacement qui était déjà réservé et payé ! Cela dit, il est à côté de Sea World et de plages très sympas, pas trop loin du centre. Et puis, à San Diego, on n’a pas beaucoup de choix !!!

J’ai détesté :

Yosémite : Lower Pines - pas de chances, c’était le premier ! Bruyant, les uns sur les autres, et surtout les sanitaires, innommables !

Jackson Hole : KOA - Hyper, hyper cher ! On est arrivés de nuit, on a profité de rien et on a payé 57$! (certes on avait pris électricité). 3 fois le prix des autres, et peut-être plus cher qu’un motel ! (il parait que tout est cher à Jackson Hole, alors il vaut mieux camper directement à Grand Teton !)

Les bonnes surprises :

- De voir que mon itinéraire tenait la route, et que tout a été super - Tout comme Marie le disait aussi, de pouvoir tout réserver par Internet, et avec beaucoup de facilités, sans jamais aucun problème, même en arrivant de nuit (réserver avec des enfants, c’est quand même une sécurité, surtout quand il y a beaucoup d’endroits complets à cette période) - La route 66, qu’on a suivie un petit peu, et qu’on a beaucoup aimée malgré les violents orages - Les programmes « Junior Parks Rangers », découverts tard malheureusement, mais très bien étudiés, et que les enfants ont adorés ! - Avoir survécu à Death Valley, parce que c’est quand même très dur (l’été en tous cas) !

Les déceptions

Il y en a eu quand même un peu ! - Le temps. Des orages nous ont suivi une grande majorité du temps, ou alors temps couvert ! Les couleurs ne sont pas au rendez-vous, et ça, quand on aime la photo, ça énerve ! Bon, on a aussi eu des orages spectaculaires, et des arcs en ciel fabuleux ! (mais j’aurais préféré voir Horseshoe Bend sans KWay !!!!!). On a certainement eu moins chaud sous la tente ! - Ne pas avoir été au fond du grand canyon, because chaleur et enfants, mais il est vrai que la descente que nous avons parcourue (jusqu’à Cedar Ridge, même un peu plus loin…), ça a déjà été très très dur (c’est le seul truc que le petit dernier ne veut pas refaire dans un prochain voyage, il l’a pourtant fait sans broncher !)

Si c’était à refaire

On ne changerait rien pour 1 premier voyage (sauf le 4x4 à Monument Valley, qu’on aurait mis à Canyonlands). A peu près partout on se serait bien attardés beaucoup plus, car malgré tout on a toujours une petite frustration, mais ce sera pour un prochain voyage ! Pour une deuxième, on affinera selon nos préférences et on restera un peu plus longtemps dans quelques endroits propices aux randonnées. (+ the wave, la côte californienne, l’arizona, ….encore beaucoup d’envies !)

Ce qui a été difficile :

Arriver parfois de nuit dans les campings pour s’installer, et toujours faire la cuisine (et le feu de bois ) dans le noir. La nuit tombe vite, et souvent très tôt ! Evidemment qui veut faire des photos au coucher du soleil…..mange dans le noir !!! (nouveau proverbe !) Budget pour 5 semaines 1/2 à 5 :

Billets avion : 4457 euros Assurance famille : 90 euros Bateau Lake Powell : 338 euros + assurance 17, 08$ + essence et huile : 117$ (93, 33€)+ skis nautiques 30$ + bouée 26, 70$ Lower Antelope Canyon : 74$ (réglé sur place) Rafting ½ journée : 136, 29€ (171, 33$) (réglé sur place) Rodéo Cody : 48$ (réglé sur place) Monument Valley 4X4 : 236€ Pass Universal Studios - Sea world : 501€ (2 adultes – 3 enfants)

Voiture : 2311€ (37 jours) avec assurance Gold Rajout voiture classe supérieure : 400 $ soit 320 €

Total Voiture : 2631€ + Essence : 609€

Hotels : - Embassy à San Francisco : 282€ (94€/nuit) - Furnace creek ranch à Death Valley : 120€/nuit - Excalibur à Las Vegas : 192€ (96€/nuit) - Best Western Inn à Palm Springs : 52€ (moitié prix : family plan) - Hacienda à Los Angeles : 210€ (70€/nuit) - Motel 6 à Kingman : 38, 07€ (47, 19$) Total hotels : 894€

Total campings : 558€

Rajouter les restaurants éventuels et achats personnels.

Bon, je passe le clavier à mon mari, Gilles, désormais narrateur de notre aventure !

La Plançon’s family au far west !

Après un an de préparation, nous sommes fins prêts lorsque nous entrons dans l’aéroport. Destination : San Francisco comme porte d’entrée vers l’eldorado de nos vacances. Tout a été pensé, imaginé et repensé durant de longs mois, affiné en grande partie par la contribution des membres très actifs du forum, au point que toute la famille vit à l’heure des nouvelles de chacun d’eux sur internet. Pourquoi l’ouest américain ? Certainement parce que notre jeunesse a été bercée par ces paysages mythiques (ce qui n’est absolument pas le cas de nos enfants, les temps changent …).

Que cherchions-nous ? : des vacances « aventure » tous les 5, pour découvrir tous les aspects de l’ouest américain : quelques villes et surtout les parcs, les vastes espaces et une faune abondante et diversifiée. C’est notre 1ère grande aventure à cinq

Cartes d’identité : Sylvie : le cerveau de l’affaire. Une fine traqueuse, implacable de toute information relative au voyage pour que l’aventure ne rime pas avec galère. Pro d’internet, c’est le membre actif de notre famille sur le forum (mais comme je l’ai dis plus haut, je vous connais tous !). C’est elle qui a décidé du voyage et qui a du convaincre l’autre partie d’engloutir des sommes abyssales dans ce voyage.

Gilles : celui qui a entièrement sous traité la préparation mais qui l’a apprécié. Le rédacteur du carnet, quand même !

Thibaud : 11ans ½ Spécialité, mettre de l’ambiance en taquinant ces frères. Se débrouille toujours pour être sur les photos. Cela porte maintenant un nom « Thibaud was here ! ». Peluche : un loup de Yellowstone

Lucas dit « Marmoton » (pour sa capacité à dormir de très longues heures) : 10 ans. L’intellectuel du voyage. Celui qui retient tous les détails et qui est toujours au cœur de l’action. Peluche : un ours du Yosémite

Robin dit « mon lapin »: 6 ans. Spécialité : chasseur de petits teigneux (les petits écureuils présents partout sur le trajet). Peluche : un nounours, un puma, un aigle, un raven (corbeau) etc … de toutes provenances.

Le parcours Nous survolons le Groenland sur le trajet . Une merveille!

1er étape San Francisco

Oui, tout le monde connaît les courses de voitures dans les rues pentues et qui font des étincelles à chaque pallier lorsque le pare choc touche la pente. Et bien c’est en effet comme cela mais en plus impressionnant car on est dedans. La ville est attachante pour son architecture assez européenne, en étages, sa fraicheur plutôt agréable bien que quelques degrés en plus seraient les bienvenus, ses ponts magnifiques et son brouillard qui modèle la vue à sa guise en quelques minutes, transformant le tout en nuage ou en ville moderne, ses maisons Victoriennes, ses fils électriques dans les rues où on se demande comment ils ont pu régler une facture à un électricien après un boulot pareil.

Un inconvénient : la ville est horriblement chère. Ne pas prendre de l’essence, ne pas acheter à manger, le cours de la pomme vous fait avaler la votre. Mieux vaut manger au restau, ou au mac do, cela revient presque au même prix. Le cauchemar, c’est pour se garer, et quand on voit le prix des parkings, on réfléchit à 2 fois avant de se dégourdir les jambes. Nous garderons un souvenir impérissable de Twin peaks que nous avons mis 1 heure 30 à trouver de nuit et qui nous a offert une vue imprenable sur … le brouillard. Ne cherchez pas votre route à pied. Il suffit de s’arrêter avec une carte et vous êtes certain qu’un passant vous aidera à trouver votre chemin. Quelques points qui nous ont marqué :

- A l’aéroport, prenant possession du véhicule, les 1ère minutes au volant furent un grand moment de solitude, avec 2 pédales et un levier de vitesse à plusieurs crans et pour seule aide les inscriptions P, R, D, 4, 3, 2. Dans l’œil du loueur qui m’a lâché quelques explications, j’ai ressenti comme de la compassion pour la vieille Europe. Un peu comme s’il expliquait à un Cro-Magnon comment faire du vélo. Finalement, après quelques minutes d’utilisation c’est simple et intuitif. Donc, pour les novices, pas de panique. - Pier 39 et sa galerie touristique fort agréable. On y trouve la caverne d’Ali baba du bonbon et une ambiance balnéaire. - Le Golden Gate, rouge vif et dont la silhouette parfois fantomatique joue avec le brouillard. A ses pieds ont peut voir des planches à voiles en pleine vitesse raser les moustaches de pétroliers géants - Lombard street, la rue tellement pentue qu’elle zigzague au milieu des hortensias.



- La Filbert street en haut de laquelle on pourrait avoir le vertige. - Les « soeurettes victoriennes », groupe de maisons identiques au style victorien sur fond de financial district.

- Le quartier des affaires, planté solidement sur une belle architecture haute et travaillée. Ceci contraste avec la majorité des autres villes visitées comme Los Angeles, ou le cube prédomine avec un habillage de façade. - Chinatown et ses lampions colorés. En clair, on a aimé et on y retournerait bien.





2ème étape (pour ceux qui ont lu jusque là) Yosémite

Le contraste entre la fraîcheur de San Francisco et la zone assez désertique qui suit est étonnant. Attention à l’émail des dents. Quelques éoliennes décorent les crêtes monotones de collines lisses brulées par le soleil, avant de faire place à des vergers .



Yosémite c’est d’abord des vallons de forêts, puis des monts. Une belle grande forêt essentiellement de résineux qui joue entre ombre et lumière sur la route. Pour les séquoias nous sommes arrivés tard (vers 14h00) et en l’absence de place de parking il a fallu descendre à un autre parking pour remonter en navette. Résultat, beaucoup de temps de perdu pour rien et l’obligation de raccourcir la visite des grands pères tout d’écorces vêtus (les séquoias millénaires). Exit le grizzly géant de 2700 ans. Nous n’avons côtoyés que des jeunots d’un petit millénaire (d’un tour de hanche conséquent quand même). Un vrai plaisir que de fouler cette forêt où les pins eux mêmes font la course au sommet avec les séquoias. Dans ce gigantisme on se sent petit comme Gulliver au sein d’une forêt d’une autre échelle.



Nous avons découvert nos premiers « petits teigneux » (pourtant ils sont gentils comme tout), ces écureuils plus petits qu’une main, et d’une rapidité de mouvement qui rappelle les déplacements quasi instantanés de Matrix, les lunettes et le téléphone portable en moins.



Yosémite, pour nous c’est aussi : - Au sommet de la visite, un point de vue à laisser tomber son menton d’extase sur les forts connus monts granitiques tout en rondeur sculptés, agencés dans une belle harmonie



- son camping surchargé et assez crade dans la vallée (ce fut le seul) - ses magnifiques chutes d’eau que l’on peut approcher de très près et qui vous enveloppent d’une bruine pénétrante et plus si vous insistez



- son ambiance de randonnée montagnarde accentuée par les magasins de souvenirs remplis d’ours en peluche, de tee shirts style baroudeur ou trappeur et ses maisons ou cheminées à grosses pierres rondes caractéristiques de la région(déjà vues à Disneyland, les copieurs) - la découverte des premières boîtes à ours qui rappellent à chacun que la vie sauvage est à la porte de nos tentes ce qui engendre quelques contraintes. C’est avec une certaine anxiété que les troupes se sont couchées ce soir-là, recroquevillant leurs orteils, se demandant si elles ne sentaient pas un peu trop le dentifrice ou le shampoing. Par la suite, on s’y fait très bien ! A noter, au détour d’un virage vers la sortie du parc : au beau milieu de la route, un grizzli traversait, dandinant nonchalamment son derrière comme un roi des forêts qui ne craint rien ni personne. Le temps pour moi de m’exclamer calmement pour n’affoler personne : « tiens tiens tiens ! mais qui voilà ? », et mes passagers redressant la tête n’ont eu le temps que de voir l’arrière train de la bête à la fois tant redoutée au camping et tant convoitée à observer. Inutile de vous dire que j’ai été prié pour la suite du voyage d’être plus direct dans mes propos sur les animaux furtifs rencontrés. Après l’homme, nous sommes donc une famille qui a vu l’ours (ou presque pour certains). Bref, on a aimé et on y retournerait bien et plus longtemps pour faire des randonnées.



3ème étape : Death valley – la beauté venimeuse

Rien que le nom fait trembler, même en anglais, avec dans un coin de notre imaginaire un crane de bœuf décoloré par le soleil sur fond de désert. Rassurez-vous, c’est pire que ça ! Dans notre innocence du futur, avant d’atteindre l’endroit mythique, une bonne journée et demie de transition a été nécessaire avec comme étapes : - Mono lake, le lac salé comme la mer morte aux concrétions calcaires blanches habitées de centaines de volatiles (qui ont peut être contribués à ces franges blanches de la pierre),



- un détour vers Bodie la ville fantôme, remplie de touristes qui dégainent leurs appareils photos plus vite que leurs ombres (je la trouve un peu décevante dans la mesure où les habitations restantes sont assez dispersées),



- Mammoth lake dont nous avons visité le MacDo et le camping de nuit. Il y avait mieux à voir parait-il : les orgues basaltiques les plus grandes du monde. Le timing serré aura eu raison de la géologie. Dommage, la petite ville était vraiment avenante.





L’entrée de la vallée de la mort s’effectue d’abord sur les hauteurs. De là, on voit une 1er vallée aride et écrasée par la chaleur. C’est très beau, mais rien qui fâche. La descente puis la traversée de cette vallée fait prendre conscience que ça va chauffer pour notre matricule. Mais là encore, on doit pouvoir survivre. Puis nous passons dans la 2ème vallée. Au fur et à mesure que nous descendons, la pression atmosphérique augmentant, la chaleur devient écrasante.



Pas trop adepte de la clim que nous évitons autant que faire se peut, elle devient indispensable et finit par tout juste être satisfaisante même à fond !. Il est midi au soleil environ, à peu près au niveau de la mer, lorsque nous décidons de sortir de la voiture pour aller prélever du sable « souvenir » sur les dunes non loin de la route (il faut vraiment être un touriste pour qu’une telle idée puisse germer dans une cervelle). Mettre la tête dans le four ou dans un sauna fait le même effet. On sent tout de de suite qu’il faut faire vite et que sinon, en quelques dizaines de minutes on doit être cuit, à peine moins vite qu’un œuf dur ! La sortie a paradoxalement « refroidie » tout le monde de l’envie de recommencer tant elle a été éprouvante. L’installation à l’hôtel en bas de la vallée (sous le niveau de la mer) a été suivie d’une sieste pour récupérer et laisser passer les heures les plus chaudes. Même avec la climatisation au plus fort, la chambre devait facilement atteindre les 37°. Dehors le thermomètre affichait 51°C à l’ombre ce jour là au zénith (je ne vous le dis pas en degrés kelvin car c’est renversant). Bon, si je vous ai fait peur sur le sujet, c’est fait exprès tant la chaleur impressionne, mais pour le reste, c’est MA-GNI-FI-QUE de couleurs, de formes, de dégradés. D’organisées et régulières à chaotiques façon lunaire, toutes les nuances des roches s’entremêlent pour un festin visuel hors du commun.

Même après le coucher du soleil, c'est encore extrêmement éprouvant!

Ce qui nous a plu particulièrement : Zabriskie point pour ces formes et ses couleurs





- Le canyon des 20 mules avec sa piste style Paris Dakar - Dante’s view -> incroyable point de vue surplombant sur toute la vallée – A ne pas manquer !



- la piscine de l’hôtel, qui nous rafraichissait à peine à 23h00 - le terrain de golf du diable pour ceux d’entre nous qui se sont levés aux aurores pour la lumière, qui fut malheureusement tamisée par les nuages



- la palette des artistes qui porte bien son nom !

Oui, je l’ai déjà dit, on a aimé, vraiment beaucoup … mais on était aussi contents de la quitter cette vallée pour revenir à un niveau de mercure acceptable pour nos organismes.

4ème étape : Las Vegas – hors du temps et de l’espace

Difficile d’imaginer un contraste plus grand entre la vallée de la mort 100 % nature hostile et flamboyante et Las Vegas le royaume de l’artificiel. Mais on s’y fait ! La route entre les deux passe par des zones désertiques où on trouve, au milieu de nulle part, quelques « Bagdad cafés » où il doit s’arrêter un touriste toutes les décennies.

Panneau de signalisation hors du commun! Puis le désert est habillé de pancartes de pub le long de la route, annonçant, 70 km avant l’échéance, le Disneyland pour adulte qu’est Las Vegas. Une chose est sûre, c’est facile à trouver.

Que dire de Las Vegas … ça n’a absolument aucun sens, c’est certainement une monstruosité humaine, mais d’un autre côté c’est à voir et il fallait probablement l’inventer pour appréhender l’insondable imagination de l’humanité. C’est un endroit où il vaut mieux laisser sa cervelle au vestiaire pour ne pas trop penser sous peine de se répéter en boucle « Au secours, ils sont complètement cinglés ». Ceci dit, une fois déposée (la cervelle), c’est très confortable. Le tout se vit bien, dans l’insouciance générale, baigné dans un faste rarement rencontré, des décors hollywoodiens, un soucis permanent du détail et une imagination sans borne pour nous amener au plaisir viscéral de glisser dans la fente notre bien le plus précieux et actionner le manche sensé nous propulser au septième ciel …. si on a de la chance. Ces machines à sous, que j’espère vous aurez reconnu au travers de mon envolée lyrique, ne nous ont pas fait l’effet escompté. 5 $ dépensés en pièces de 5 cents n’ont pas été suffisants pour entrer dans l’état de transe attendu. Une autre fois peut être… En revanche, la partie casino enfant de l’Excalibur a transformé en quelques secondes nos 3 pitchouns en joueurs invertébrés. C’est bien fait, adapté à leur vision du jeu et cela à fait mouche à des kilomètres.

Ce qui nous a plu : - bon sang que les décors sont beaux ! Le Venezian est magique, le Mirage dispose d’un aquarium de toute beauté à la réception, le Caesar palace offre une galerie marchande à ciel ouvert (plafond peint). Et ça change tout. Les boutiques ne peuvent pas laisser indifférentes. Paris est remarquablement restitué. - Les serveuses près des machines à sous – c’est la silicone vallée - Les outlets, sur la route du strip, où on trouve tout à des prix très attractifs - La piscine de notre hôtel, l’Excalibur, hôtel plutôt bien adapté lorsque l’on a des enfants - L’ambiance festive où que l’on soit - Les parkings gratuits dans tous les hôtels



Ce qui nous à moins plu - la circulation sur le strip. C’est Paris aux heures de pointe mais en 24/24. Pour aller plus vite, il suffit de prendre une rue parallèle ! - La vue stratosphérique : c’est beau, mais plutôt loin des autres hôtels et c’est absolument hors de prix (en tout cas pour 5 – on n’ a pas fait gaffe à la caisse).



Bon, c’est pas qu’on s’ennuie, mais comme Pinocchio, il y a un moment où il faut savoir s’extraire pour ne pas voir pousser des oreilles d’ânes. Ce que nous fîmes discrètement. Aller, faut le dire sans honte, on y retournerait bien quand même !

5ème Etape : Zion, la force tranquille



Il n’a l’air de rien ce parc de prime abord. Certes, c’est grand, c’est beau et les falaises impressionnent par leur puissance et leur couleur. Mais sous un ciel couvert et une pluie mollassonne, les troupes n’étaient pas motivées. Pourtant il nous a réservé de très bonnes surprises. Après un trajet sans histoire à partir de Las Vegas, les choses sérieuses ont commencé par un arrêt à une station service à une cinquantaine de miles du parc. Le ciel était couleur plomb et un vent puissant balayait la poussière (comme dans les films). De là, un homme passe, visiblement pressé et inquiet, le regard porté vers la masse sombre de l’horizon. « hurricane, a bad one ! » nous lâche t’il en démarrant nerveusement. Hurricane ? cela me dit quelque chose, voyons, voyons … La réponse à ce « voyons » n’a pas été longue à trouver. En effet, l’orage fut sur nous rapidement déversant avec des bourrasques violentes, des quantités impressionnantes d’eau accompagnées d’un son et lumières de toute beauté. Ne connaissant pas vraiment les coutumes météorologiques locales, nous étions plutôt prudents mais téméraires en progressant sur notre route. Finalement, rien de si méchant que cela même si ça porte un autre nom, le résultat est le même que chez nous. Au moins, cela aura permis de laver la voiture de la poussière. La fin d’après midi qui suivie notre arrivée au parc fut consacrée à une randonnée sur le chemin « emerald pools ». Ce fut un régal de part son tracé en hauteur sur un sol ocre - orange, bordé d’arbres tordus par les ans. Mais sous la pluie la piétaille n’y était plus et nous sommes retournés au camping avant l’atteinte de l’objectif, monter les tentes en pleine nuit et manger nos steaks poêlés pour cause de bois humide et récalcitrant à la flambée, dans une ambiance morose sous un ciel toujours menaçant. Suivant un schéma que nous retrouverons régulièrement tout au long du voyage, le lendemain matin fut lumineux avec un ciel d’un bleu profond, qui au cours de la journée se parera de gros cumulus ronds bien nourris, qui eux même dégénéreront en cumulo nimbus, les fameux « hurricanes » ou « storm » du début de l’étape… Nous reprenons le car obligatoire pour progresser dans ce parc et en descendons au dernier arrêt : le chemin des écureuils. Il est TRES touristique, aménagé et sans surprise, ce qui me fait pester dans mon fort intérieur. Heureusement, la fin du trajet est bien plus attrayante par la traversée à pied de la rivière pour avancer dans le canyon. C’est un test d’équilibre et d’entre aide tout à fait intéressant avec des sanctions immédiates en cas d’échec, un plouf ! (sans danger !)



Ce qui nous a plu : - la beauté du site et particulièrement des falaises par leur couleur rouge - orange . - La possibilité de faire des randonnées inoubliables mais souvent longues avec pas mal de dénivelée - La suite du trajet pour sortir du parc qui est éblouissante de beauté avec cette roche en strates qui ressemble à des bouchées à la reine parsemées de conifères aux formes tourmentées. Les cartes mémoires des appareils photos ont surchauffé ! - Un regret me concernant, ne pas être allé à Angel trail, qui semble bien porter son nom. Nous le gardons pour la prochaine fois.



Oui, c’était vraiment à voir. On y retournerait bien en prenant cette fois le temps de savourer et de découvrir. Pour le qualifier, je dirais que ce n’est pas un parc que l’on peut juste traverser en quelques heures sans éprouver une certaine frustration (sauf pour la route de sortie). Pour le plaisir immédiat, pas loin, il faut aller à Brice Canyon, la prochaine étape…

6ème Etape : Bryce canyon, l’assemblée des silhouettes pétrifiées



A mon sens, autant Zion se mérite par l’effort, c’est plutôt un lieu de trekking, autant Bryce a été conçu pour la contemplation immédiate. Ici, nul besoin de faire des kilomètres pour voir un joyau terrestre. Tout est là. Cette roche orange qui semble parfois presque transparente dans la lumière, est ciselée finement avec des découpes si particulières qui font penser à une assemblée ordonnée de figurines. En ce lieu presque spirituel, à ne pas douter, l’imagination humaine a du travailler à plein régime …





Arrivés vers 17h00, suivant le cycle habituel, de gigantesques patatoïdes blanches se sont formées au dessus de nos têtes, ce qui ternit les jeux de lumière et annonce une soirée mouvementée. Le camping (sunset campground) est superbe dans une pinède, à quelques secondes des falaises du site (gare, pas de douche dans les parcs).

La soirée fut comme prévue agitée avec un festival d’éclairs gigantesques dans la vallée surplombée. « Encore 10 éclairs et on part se coucher » ; tous réunis près de la falaise, toute la petite famille est restée un long moment à regarder le ciel se déchirer de toutes parts à l’horizon sous les grondements sourds du tonnerre . Par précaution, ce soir là, tous les piquets furent plantés pour éviter toutes mauvaises surprises avec les bourrasques orageuses. Les duvets furent les bienvenus également. Comme par magie, le lendemain fut lumineux. Nous en profitons pour descendre par les chemins tracés entre les roches. La pente est abrupte et la remontée éprouvante, mais c’est un grand plaisir que de se perdre au milieu de ces draperies minérales.

Bye bye Bryce, en route pour Yellowstone et de nouvelles aventures.

Les écureuils chapardeurs au camping!

7ème étape : la route de Yellowstone, via Salt Lake city et Grand Teton

Vues les distances, ont peut se dire que les 3 journées consacrées à la route pour arriver à Grand Teton vont être pénibles. Il n’en est rien. Bon sang mais quel plaisir de parcourir ces paysages grandioses aux dimensions si exceptionnelles (pour nous européens), sur des routes larges et globalement assez peu fréquentées. La musique nous accompagne et met une ambiance que seules les distances et le confinement dans un espace restreint peuvent créer. Ce fut un régal ! Qui pense que les zones désertiques sont monotones n’est jamais allé à l’une d’elle. La route entre Bryce et Capitol Reef – (site que nous avons séché) est une merveille de la nature à ne pas manquer. Un rapide passage à Kodachrome basin donne envie de revenir pour une randonnée. Sur la scénic drive, il fut difficile de ne pas s’arrêter tous les kilomètres pour une photo …



Le camping de Capitol Reef fut le théâtre de 2 événements familiaux uniques. Le premier est que Robin a réussi à nager tout seul pour la première fois dans la petite piscine du camping. Il a eu le déclic et c’est maintenant pour la vie (quelle fierté chez ce petit bonhomme). Le deuxième fut la découverte des chamallows grillés dont la technique certainement séculaire nous fut expliquée par notre sympathique voisin de tente. Avant lui, nous n’étions que des amateurs.



On the road again pour rejoindre Salt Lake City. Enfin des paysages beaux mais plus communs. C’est rassurant car à force de voir des merveilles il y a accoutumance … Les zones arides font progressivement place aux prairies grasses des grands espaces pour les cowboys et les élevages. Et toujours cet immense plaisir de conduire.



Salt Lake est une ville qui semble de prime abord agréable avec ces maisons de plein pieds et peu étagées et son financial district qui pointe vers le ciel. Le camping peut être qualifié d’urbain, donc pas trop à notre gout, mais plutôt agréable quand même, avec un grand respect de la vie en communauté, comme quasiment partout depuis notre départ (le silence le soir par exemple). Chose remarquable que nous avions déjà vue mais qui fut si présente à ce camping : les camping-cars monstrueux. Certains sont des cars aménagés en espace de vie, avec moins de fenêtres. Comme un car entier ne suffit pas pour une famille, en plus, la majorité de ces véhicules comportent des sortes de soufflets qui se déplient pour agrandir l’espace en repoussant les parois latérales à l’arrêt. Ainsi, une salle de séjour d’une vingtaine de m² devient possible. Comme l’ensemble est gigantesque et pataud, un « petit » 4x4 (petit par rapport au car uniquement), est souvent tiré derrière le car, pour les petits déplacements certainement. Il est préférable de ne pas savoir combien de galons une monstruosité comme celle là peut engloutir à chaque déplacement … C’est une autre culture !

Le lendemain de notre arrivée nous consacrons la demie journée à la visite du parc central de Salt Lake dans lequel il devait y avoir un « Pow wow » : concours inter tribus de danses typiques indiennes en costume. Ce jour-là était aussi celui du « pioneer day », jour de fête mormon pour lequel une grande parade de chars était donnée. Pas de doute possible, même si en France nous avons de tels défilés, l’ambiance est ici toute différente. Plus familiale et décontractée, beaucoup plus patriotique (le défilé de véhicules militaires a soulevé des tonnerres d’applaudissements), il y a en tout cela un coté simple et bon enfant que nous ne connaissons pas en France.





Après avoir cherché longtemps le Pow wow tant le parc était vaste et notre accent mauvais (personne sur place ne comprenait dans notre bouche les mots de pow wow : c’est très vexant d’ailleurs, d’entendre au bout d’un moment votre interlocuteur vous dire le même mot avec une différence imperceptible pour nos oreilles de gaulois. Encore certainement un bougre de * % ! # d’accent tonique mal placé !). Ici, ce rassemblement n’a pas un caractère de démonstration ni de parade. C’est un concours entre indiens, pour les indiens. Impressionnants ces costumes par la richesse et la diversité des couleurs et des formes : plumes, cuir, colliers et bracelets de toutes sortes : du grand art. Ce qui fait sourire de prime abord ce sont les indiens à lunettes. C’est là que l’on voit tout de suite que ce n’est pas une démonstration mais bel et bien de vrais indiens. Cela casse un peu l’image romanesque de notre enfance quand même. Ensuite, les chants aigus et un peu lancinant sur fond de tam tam marquent par la force qu’ils dégagent, surtout lorsqu’ils sont donnés par des musiciens présents et non une bande sonore. Il y a une telle conviction dans les coups de tambour sourds et les « chants » tantôt guerriers tantôt plaintifs, qu’il est bien difficile de rester indifférent. Les danses pour finir sont complexes et visiblement relèvent de codes internes pour lesquels nous n’avons pas les clés. Elles sont néanmoins très esthétiques. Le tout nous captiva deux bonnes heures avant que nous ne décrochions, émoussés quelque peu de part l’apparente répétition des chants et danses. Il faut avouer que pour des profanes, tout cela se ressemble un peu au bout d’un moment (les subtilités de toute cette culture qui nous est fortement étrangère, restent difficiles à saisir).





Installés dans notre confortable voiture, nous repartons vers de nouveaux horizons, direction Grand Teton. Même si tout ceci ne s’inscrivait pas particulièrement dans les temps supposés forts du voyage, Salt Lake et ses indiens sont restés imprimés dans notre mémoire comme quelque chose que nous avons bien fait de ne pas manquer.



8ème étape : Grand Teton

L’arrivée à Jackson Hole, au pied de Grand Teton fut saluée par nos pitchouns comme la fin d’un long voyage vers l’eldorado (Yellowstone). Pour fêter cela, nous sommes allés prendre un mousse dans un « vrai » saloon (interdit aux enfants) : le Million Dollar Cowboy. Du vrai, de l’authentique, avec des chanteurs de country, un bar géant et des selles de cheval en guise de tabourets de bar. Bon, le tout serait un peu touristique que cela ne nous étonnerait pas, mais on y croit quand même parce que c’est bien fait, et que l’on en a envie ! La camping KOA en revanche était cher (il faut dire que nous avions l’électricité) et pas très accueillant de nuit.



Le lendemain nous décampons pour la visite de Jackson Hole (très western), puis des pics de Grand Téton. Quelle imagination ces Français (à l’origine du nom). A mon avis, ce devait être des pionniers qui ne devaient pas en avoir vu depuis fort longtemps pour une telle évocation. De glace et vraiment pointus, tel sont les sommets du massif de Grand Teton.



Sous un soleil radieux nous sommes partis en randonnée le long de Jenny Lake pour Cascade Canyon Trail …. L’eau azur sur fond de forêt de conifères était du meilleur goût. Le pique nique près de l’eau fut mouvementé entre les « pro-ours » qui n’acceptaient pas que l’on jette un os de poulet susceptible d’attirer les bêtes, et les pros « c’est pas grave » qui pensèrent que « m’enfin, il ne faut pas exagérer ! ». Ce qui est sûr c’est que point d’ours nous avons vu, mais qu’un bel orage a mis tout le monde d’accord sur le fait qu’il fallait accélérer le pas vers le retour pour ne pas être transformés en sapins de noël par les éclairs ou trempés par de grosses gouttes bien nourries. Grand téton c’est aussi une vallée verdoyante ou paissent des bisons (nos premiers spécimens) et autres bovidés aux cornes déloyales par rapport à nos vaches hexagonales. Sous un ciel de plomb et une pluie par rideaux nous traversons le parc pour nous rendre au très attendu Yellowstone. A noter, la vue d’un coyote, craintif, à l’orée d’une forêt, et d’une mère élan et son petit, se régalant visiblement de verdures aquatiques, les pieds dans l’eau près d’une rivière, nullement impressionnés par le crépitement des flashs de tous les spectateurs agglutinés pour l’événement. On aurait bien aimé voir aussi les cornes du papa !!!



Grand Téton fut une étape sympathique mais qui aurait méritée certainement un peu plus de temps pour découvrir le côté montagne que nous n’avons qu’effleuré et surtout la faune paraît il abondante. On ne peut pas tout faire …

La suite dans très peu de temps avec Yellowstone et .......

Pour aller à la partie 2: http://voyageforum.com/v.f?post=832898;
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Choix d'un parcours avec deux enfants dans l'Ouest américain
🙂 Bonjour chers voyageurs,

Notre petite famille (2 enfants de 9 et 12 ans) se prépare à visiter l'Ouest Américain cet été du 21 juin au 12 juillet. Nous arrivons par Los Angeles et repartirons de San Francisco. Toute la difficulté étant de réussir à programmer un parcours à peu près correct en tenant compte des informations récupérées sur VF grâce à vos expériences.

Seulement j'aimerai votre avis sur notre choix de parcours : Los Angeles : 2 nuits secteur Santa Monica ou Hollywood - visite + Universal Studio Las Vegas : 1 nuit Springdale : 1 nuit visite du Parc Zion Tropic : 2 nuits pour visiter Bryce Canyon Moab : 2 nuits : visite Arches - Canyonlands puis direction Monument Valley : nuit à Mexican Hat ou Kayenta (2 nuits) Grand Canyon Village : 2 nuits Grand Canyon puis direction Williams - Seligman - Hackberry - Kingman (1 nuit) direction Death Valley : Baker - Shoshone - Furnace Creek (1 nuit) - Stovepippe Wells puis Bishop - Lee Vining Yosemite Village (3 nuits) San Fransisco (3 nuits) visite de la ville - Alcatraz...

J'ai encore une journée en stock...... j'ai lu qu'il fallait absolument voir le Lac Powell.....je peux peut-être prévoir un détour par Page ?

En ce qui concerne l'hébergement, je ne sais pas trop.....le camping semble une bonne solution dans les parcs... peut-on louer le matériel à l'arrivée ou plutôt l'acheter ?....à cette époque de l'année peut-on partir à l'aventure (yes !) et trouver des hôtels bon rapport qualité/prix (de 80 à 100 €) d'ailleurs est-ce que les enfants partagent en général la chambre des parents et payent-ils ?

Cela fait beaucoup de questions........mais la préparation d'un tel voyage avec des enfants....c'est stressant 🤪!!! nous sommes déjà partis à l'aventure au Québec mais c'était aisé....ils parlent notre langue !!! alors que là......nous ne maîtrisons pas totalement la langue anglaise 😊 !

Merci pour vos bons conseils....😉
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Avis sur itinéraire de dix-neuf jours dans l'Ouest américain?
bonsoir, voici l'itineraire que nous prevoyons fin juillet/debut aout. je le soumets a vos critiques averties et suggestions. J1 depart Denver . CCar disponible a 13H pas avant. ce qui veut dire que le temps de comprendre comment ça marche, s'installer, faire les courses.....depart pas avant 15H. je prévois donc seulement 3 H de route pour cette permière journée. pour ne pas trop stresser. J2 route jusqu'a Durango (je vais reserver un camping). ce qui veut dire 1, 5 jours pour faire Denver / Durango. (par le sud. c'est faisable ? je vais passer par les petites routes avec jonction de la route pour alamosa a Salida (c'est bien la route ?) par contre je ne sais pas si l'on pourra faire Great Sand Dune en passant. l'déal aurait été d'y arriver le soir du premier jour. mais je ne pense pas que cela soit possible. J3 train durango/silverton + retour en bus sur durango à 4H30. c'est pas donné, mais il paraît que cela vaut le coup.puis depart pour passer la nuit au camping morefield dans mesaverde. route faisable après le train ? J4 visite mesa verde et en fin de journée route pour dormir a Monticello. trajet faisable ? J5 Needles/passer a Moab et peut être aller dormir au camping de Dead horse N park (pour le coucher de soleil et être sur place le matin avant que ça cogne). mais là aussi je sais pas si c'est faisable en tmps. sinon a dort a Moab. avis/conseil ? J6 dead horse/Island in the sky/Moab (courses) puis coucher de soleil a Arches et nuit au camping de devil's garden a arches (j'ai reservé) J7 rando Devils garden + visite arches. puis si on a le temps jet boat / colorado. et nuit a MOAB. J8 depart de moab en passant par la 128 . puis on trace au plus court vers Gran teton. nuit en route. J9 route et arrivée jackson hole. nuit, je ne sais pas encore. Gros ventre campground. autre ? un conseil ? J10 Gran teton et nuit colter bay (reservé) J11 entrée a Ystone et nuit a Grant (reservé) J12/J13 Ystone et nuits a MAdison (reservé) J14/ Ystone et nuit a Canyon (reservé) J15/ depart pour être a cody vers midi (musée après midi et rodéo le soir). nuit à cody. et c'est là que j'ai 4 jours "vides". il nous faut être le soir du J19 a denver (ou pas loin) pour rendre le CCar le lendemain matin. vol retour en fin après midi. alors soit on passe un jour de plus a YStone (boucle par lamar valley et entrée nord est) soit on fait le crochet vers le Dakota. Rushmore et custer park....mais j'ai peur de "saouler" mes ados avec les bornes en plus. soit on revient par Flaming + Gran junction et Colorado NM. puis denver. soit on rentre direct sur Denver (en s'arretant a Rocky mountains park) voilà, je ne sais pas trop.......vos conseils seront précieux pour finaliser. merci a tous. ce forum m'a beaucoup servit.
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Quel itinéraire (avec contraintes de dates) pour les États-Unis avec deux enfants cet été?
Bonsoir, Je commence à organiser un éventuel voyage aux Etats-Unis cet été et comme je ne connais pas et qu'il y a de grands spécialistes, je viens demander des conseils.

Nous serons 5 (19, 15 et 13 papa et maman), pour 3 semaines. Nous avons des contraintes de dates. 2 enfants seront à des compétitions internationales à Las Vegas. Nous y assisterons mais cela limite la flexibilité de l'itinéraire. Voilà ce que j'ai prévu : départ le 22 juillet J 1 départ sur Phoenix J 2 Phoenix - Flastaff (pour faire une étape courte après la traversée) J 3 Flagstaff - GC J 4 GC J 5 LV (obligatoire le soir) J 6 LV (obligatoire le soir) J 7 LV (obligatoire l'après-midi) J 8 LV - Zion - Bryce J 9 Bryce J 10 Bryce - L V (obligatoire le soir) J 11 LV - Vallée de la mort J 12 Vallée de la mort - Yosemite J 13 Yosemite J 14 Yosemite - SF J 15 SF J 16 SF J 17 SF - Monterrey J 18 Monterrey - LA J 19 LA J 20 LA J 21 retour au pays du travail

j'aimerais avoir des commentaires sur cet itinétaire. Est-ce bien d'arriver à Phoenix ? Ou est-ce mieux d'arriver à LV et de faire une virée au CG depuis LV ? Je voulais éviter un aller-retour sur la même route. Comment trouver des hôtels à bas prix ? Dois-je réserver par internet ? Sans risque ? Déjà maintenant ?

J'ai encore au moins 1000 questions, mais ce sera pour un autre message, je ne veux pas vous effrayer ! Alors merci déjà à chacun de ses commentaires et conseils. Marie-Claude
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Comment organiser un voyage d'un mois et demi en Californie?
bonjour à tous et à toutes ! 😉 voilà nous partons à 4 en californie le 2 octobre. nous arrivons à San francisco. Le départ est prévu le 20 novembre de San francisco. je suis accompagnée de 3 surfeurs à la recherche de la vague parfaite mais nous voulons aussi profiter des environs. nous pensions louer une voiture et se faire un petit trip entre san francisco, los angeles et las vegas. nous avions penser faire un tout au mexique et aussi au Nicaragua puisque nous avons la possiblité d'être hebergés au nicaragua. le souci est que nous n'avons aucune idée des distances, du coût de la vie, ... merci de nous éclairer !😎
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Traversée des États-Unis (Miami-Houston-Seattle) en voiture
Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes un jeune couple qui souhaite effectuer la traversée des États Unis à la fin de l'année.

Nous avons 3 étapes clés où nous avons des gens à visiter :

Départ : Miami Étape : Houston Arrivée : Seattle

Nous sommes au stade de l'étude de ce voyage et je viens ici sur ce forum en quête d'informations sur différentes choses :

- les formalités administratives - la location d'une voiture aux USA - les étapes intermédiaires incontournables ou les lieux à visiter - la durée à prévoir dans les villes et pour faire les étapes (temps de parcours) - la facilité ou non de parcourir le pays (états des routes, conditions de circulation, libre circulation ...) - les retours d'autres voyageurs qui ont déjà fait ce parcours - des sites, topics ou forums où l'on pourrait avoir des infos précises sur le parcours des usa en voiture - le coût de la vie sur place et le budget à prévoir

...

Je vous remercie de votre écoute et de vos avis !

A très bientôt sur ce forum !

guillaume
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Moab, Canyonlands ou Arches, où dormir?
Bonjour à tous,

Maintenant que l'itinéraire de notre mois dans l'ouest américain est à peu près ficelé (pour avril-mai 2012), je me colle sur les hébergements. Nous dormons sous la tente avec nos trois enfants qui auront alors 4, 10 et 13 ans. Voici pour le cadre, et voilà pour ma question. Arches et Canyonlands sont prévus avec une étape de 4 nuits. Je pensais tout d'abord prendre un camping sur Moab. Mais est ce la bonne solution ? A priori, les campings ne donnent pas très envie, trop près de la ville, pas mal de bruit.... Connaissez vous un camping sympa dans le coin ?

Autre question : si l'on prend un primitive campground (ceux qui donnent très envie...), où y a t'il possibilité de prendre une douche ? Est ce qu'il y en a dans les "visitor center" par exemple comme cela se fait dans certains pays ? Dans ce type de camping, peux t on laisser les enfants déambuler sans risque de rencontrer serpent à sonnettes et cie ? Merci pour vos commentaires. Bonne journée Tilsa
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Avec les enfants dans la fournaise de l’Ouest: un voyage en juillet 2016 aux USA
Avant toute chose, je tiens à remercier les participants de VoyageForum qui postent régulièrement dans la rubrique Etats-Unis. Je ne vais pas tenter de tous les énumérer, je serais sûr d’en oublier! C’est grâce à vous que j’ai trouvé ces lieux intéressants, qui sortent un peu des sentiers battus. Je vous rend hommage avec ce carnet et j’espère qu’il inspirera d’autres à aller découvrir cette superbe région.

Aussi, veuillez m’excuser d’avance pour mes tournures de phrases bizarres et autres fautes de français. Je ne suis pas très doué avec les mots; je préfère écrire avec la lumière :-)

Pour les présentations, nous sommes 4: ma femme, nos 2 filles de 8 et 11 ans, et moi-même. Nous sommes des citadins, mais on aime beaucoup la nature… enfin, moi surtout! Ma femme et les filles aiment bien les villes et le shopping; il en faut donc pour tout le monde. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais prévu que des randos dans des sites de rêve, de préférence tôt le matin ou tard le soir pour prendre de magnifiques photos. Je suis fan de photo, et surtout de paysages.

En juillet 2015, nous avons réalisé un vieux rêve: parcourir quelques parcs nationaux de l’ouest des USA en camping car (appelé RV là-bas). Ne cherchez pas le carnet, il n’a pas encore été écrit…

Au retour de ce voyage (nous avions fait les grands classiques), nous étions tellement tous enchantés par ces beautés de la nature, qu’il fallait absolument retourner pour voir d’autres choses. Mais comme le budget n’est pas illimité (surtout pour les vols à 4 pendant les vacances d’été), j’avais mis ce projet de côté, en attendant de remplir la tirelire.

Pour l’été 2016, on s’était dit qu’on resterait en Europe. Mais secrètement, je regardais régulièrement pour des billets d’avion bon marché pour les Etats-Unis. L’an dernier on était arrivé/parti de San Francisco (via Istanbul avec Turkish Airlines), donc je visais une autre ville cette fois. Et un beau jour d’avril, voilà que je tombe sur une offre qu’on ne refuse pas: 430€ pour Las Vegas en juillet. Le seul souci: il faut partir de Francfort. Après (brève) discussion, on réserve. Petit conseil d’ailleurs: si vous trouvez ce genre de prix, foncez! L’offre n’était plus disponible 3 jours plus tard.

Et là c’est le stress! On a moins de 3 mois pour tout planifier (j’aime bien savoir ou on va, et être sûr d’avoir un hôtel). Camping car ou pas camping car? Choix difficile; tout le monde avait bien aimé le camping car, mais c’est quand même très contraignant pour les emplacements. On ne peut pas s’arrêter n’importe où; et les réservations de campings, c’est comme les hôtels dans les parcs: ça part très rapidement. Je vérifie quelques campings dans Yellowstone: tous complets. Pareil dans Bryce Canyon. Bon, voilà, le choix par défaut est fait: pas de camping car cette année.

Du coup je me dis qu’on pourrait bien louer un 4x4 et faire des pistes. Visiter des lieux hors des sentiers battus. En lisant les carnets et les sites webs, je note des endroits sympas à voir… mais il y en a tellement! Il faut faire des choix. Ma femme voudrait aller à Yellowstone. Je regarde sur la carte, mais c’est bien loin de Las Vegas! Sans compter qu’elle veut aussi aller à San Diego… le grand-écart quoi :-) On n’a pas 3 mois sur place, seulement un peu moins de 3 semaines… les choix sont cornéliens…

Le parcours final ressemble à une boucle dans le sens des aiguilles d’une montre. Au programme:

-Las Vegas -Kanarra Creek -Bryce Canyon NP -Willis Creek -Hole In the Rock Road -Burr Trail Road -Strike Valley Overlook -Cathedral Valley -Capitol Reef NP -Little Wild Horse -Goblin Valley SP -Arches NP -Canyonlands NP -Dead Horse Point SP -Sedona -Imperial Sand Dunes -San Diego -Knott’s Berry Farm -Las Vegas

..ça c’était le programme initial. On verra que la réalité sera légèrement différente 😉

Je vous mets une petite photo pour patienter. Une classique, mais qui demande de se lever tôt en été.

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Voyage dans l'Ouest américain: Yellostone, Dinosaur, Grand Junction, Moab...
Bonjour à tous et à toutes ; un grand merci pour les réponses que vous donnez sur ce forum ;un remerciement particulier aux concepteurs du site ouestusa dont l'un d'entre eux intervient sur ce forum. nous préparons notre second voyage dans l'ouest des USA en famille (deux adultes et trois «enfants»14 , 18 , 21 ans... notre premier voyage (inspiré par ce forum et divers sites , dont Ouestusa surtout) a duré un mois et nous a permis de faire le trajet classique et de découvrir : san francisco ; yosemite ; mammoth-lake ; death-valley ; las-vegas ; zion ; bryce canyon; capitol reef ; moab (arche/ island in the sky) ;monument valley ; page (antilope canyon) ; grand canyon ; las vegas ; new-york !

Nous repartons en juillet 2010 :

arrivée le 6 juillet à jackson hole

départ le 9 août de new-york.

Je me permets ce long post qui détaille le voyage avec les différentes questions qu'il soulève: Mardi 6 juillet 2010 : jackson hole Mercredi 7 juillet 2010 : : jackson hole >>grand téton >> yellowstone Jeudi 8 juillet 2010 : yellowstone (canyon village lodge) Vendredi 9 juillet 2010 : yellowstone (canyon village ) Samedi 10 juillet 2010 : yellowstone (canyon village ) Dimanche 11 juillet 2010 : yellowstone (old faifhfull lodge)

Donc, nous passons les nuits du 7 au 11 au yellowstone, ; soit 4 jours pleins sur place .3 jours sont réservés à la visite des incontournables.

Qn°1: une journée serait réservée pour une randonnée à la journée pouvant être faite seule, en famille. Quelqu'un pourrait-il me conseiller sur cette randonnée? laquelle? (canyon de yellowstone étant déjà faite et n'étant pas une rando à la journée..)

Lundi 12 juillet 2010 : Grand téton national park Mardi 13 juillet 2010 : Grand téton national park le 12 et 13 juillet nuit à grand téton: la journée du 13 est elle aussi réservée pour une randonnée à la journée . Qn°2: quelle randonnée conseillez vous ? sachant que : swann lake et taggar lake seront déjà faites(petites randos)

Mercredi 14 juillet 2010:Grand téton >> Jensen journée de transit : grand téton >>jensen prés de vernal. Jeudi 15 juillet 2010 :dinosaur national monument Vendredi 16 juillet 2010 :dinosaur national monument Le 15 et le 16 :visite de dinosaur national monument + alentours , là nous suivons le plan de bataille donné sur le site Ouestusa .(comme pour l'ensemble du voyage !) Qn°3: l'Island park road et surtout La yampa bench road sont telles accessibles pour un conducteur qui a loué un 4x4 mais qui n'en a jamais conduit sur des pistes ?(véhicule type ford explorer 4x4 , 7 places) cette question reviendra par la suite pour d'autres pistes que nous souhaitons emprunter..( par votre faute! fallait pas nous donner envie!!)

Samedi 17 juillet 2010 : dinosaur national monument>> grand junction Bangs Canyon area: Mica Mine Canyon Colorado national monument Dimanche 18 juillet 2010 : grand junction >> moab Lundi 19 juillet 2010 : moab (J1) Mardi 20 juillet 2010 : moab (J2) mercredi 21 juillet 2010 : moab (J3)

Qn°4: shafer trail road + potash road (route 4*4): même question : faut il une expérience de conduite 4x4 pour cette piste ?

Qn°5: je rajouterai bien lorsqu'on fera :shafer trail road + potash road , un «bout» de la white rim road pour aller voir musselman arch. Cette portion semble plus technique sur le plan conduite? L'idée d'aller voir musselman arch est elle intéressante? À combien de temps peut on estimer l'aller- retour : jonction shafer trail -musselman arch? En fait : intérêt d'aller à musselman arch par rapport à la difficulté et durée de la piste?

Jeudi 22 juillet 2010 : Moab >> Ouray là nous avons un petit problème de trajet: le dimanche 18 :grand junction >> moab : par la (50) puis (128). nous ne souhaitons pas refaire cette route en sens inverse pour nous rendre à ouray via grand junction. Le trajet prévu passerait par le Sud :(191) puis (46) puis (90)jusqu'à naturita problème: google map indique que la (90) se poursuit jusqu'à Montrose (d'où nous souhaitons faire une visite de black canyon avant de rejoindre Ouray. MAIS sur ma carte rand mc nally, la portion de la (90) : naturita - Montrose n'existe pas ! Et sur la carte national geographique elle existe sous forme d'une piste semble t-il ! Qn°6: existe t-il une route reliant directement Naturita – Montrose ? pour cette distance je parle bien de route et pas de piste.

Voilà j'arrête là mes questions pour aujourd'hui, il y en aura beaucoup d'autres avant notre départ de Salt lake city pour new-york en vous remerciant pour votre patience et en vous souhaitant une bonne soirée

Amicalement
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Southwest Part 2: 55 Days in Colorado, New Mexico, Arizona, Nevada, and Utah
This travel journal is the second part of the trip whose first part you can find here: 1st part...

Sunday, August 7: the day we discover a magical place... Edmaier's Secret...

We got up at 8:00 AM, had breakfast on the terrace of our tiny house, and then set off again toward yesterday’s trail. This time, we stopped after 4.5 miles on House Rock Valley Road at the Buckskin Gulch Trail parking lot. We weren’t interested in that trail today—the slot canyon is muddy anyway after the recent storms...

Instead, we explored a lesser-known area that became our playground. And what a playground it was, folks—an out-of-this-world spot, THE highlight of our trip!!! 😏

Just imagine being in the middle of these landscapes, and the cherry on top... no one else around!!!!! Well, we did meet a couple who were coming back—it was 9:30 AM 😮. Did they camp there? Did they turn back? 🙁

After paying the entry permit online, we set off with plenty of water (6L for the four of us) plus a gallon we hid along the way for the return trip. 😉 After a one-hour approach hike along a wash, we reached the sea of sand.



We had to cross it to reach our goal: a strip about 2 km long and 1 km wide that you can explore freely since there’s no marked trail... We entered a few GPS points into our Garmin Etrex, and off we went!!! 😎 It was... magical, enchanting, a true love-at-first-sight moment!



Brain Rock, waves, fine and brittle rock, colors—it goes up, it goes down.







Just thinking about it gives me chills... I remember sitting still for two minutes, taking in these wonders with such emotion that I teared up...









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Retour de trois semaines (Utah - Nouveau-Mexique - Colorado): court résumé et impressions
Hello à tous!

Voilà le 6ème voyage dans l'Ouest se termine. Cette fois-ci il y aura un court résumé et pas de carnet car les photos ne s'affichent plus, vue le temps que ça prend de poster un carnet je m'abstiendrai donc vue le rendu... 😕

Alors mon voyage:

1. Arrivée Salt Lake - Nuit Orem

Voyage sur Delta pour le vol direct pour Salt Lake. Ecrans individuels, ça m'est arrivé rarement sur les vols Delta. Nourriture sans surprise, service à bord efficace mais sans surprises non plus. A noter, nous avons décollé de CDG avec 2h de retard à cause d'une panne dans le cockpit (panne mécanique dixit le commandant de bord...). L'attente fut longue car on était déjà dans l'avion. Finalement 1h de retard à l'arrivée. Immigration et douane passée en moins de 45 minutes. Voiture louée à un prix excellent chez Alamo 😎, aucun problème, je la rends tout à l'heure mais il y a bien écrit 0$ sur la feuille que j'ai signée.

2. Kodachrome Basin State Park

Rando de Panorama Trail. Superbe rando, un peu longue mais variée. La mise en jambes a été plutôt facile mis à part la chaleur. C'est LA rando à faire dans ce parc. Cheminées caractéristiques du parc, vues sur Bryce, secret passage, printed hands... Croisé juste un couple durant les 10km de cette rando...

3. Bryce Canyon

Réveil à 5h comme durant tout le voyage afin de marcher tôt le matin, en général je ressortais en fin d'après-midi. A la mi journée repos. Rando de Faryland Loop. Exceptionnel! Croisé personne sauf dans la remontée sur Sunrise Point. Après avoir fait Peek A Boo et Navajo Loop et Queen's Garden, je crois que c'est la rando de Bryce que je préfère car plus sauvage. Par contre c'est très montagnes russes et le dénivelé est important au final. Mais que du bonheur et des couleurs exceptionnelles au petit matin.

4. Capitol Reef

Plusieurs randos au programme:

Chimney Loop: on prend de la hauteur pour arriver à un point de vue qui domine la formation que l'on voit bien de la route. Belles vues sur Capitol Reef de là haut. Croisé personne.

Capitol Gorge: là j'ai un peu souffert de la chaleur, faut dire que c'était l'après-midi... Et puis dans ce "goulet d'étranglement" il faut dire que c'est "l'estouffade". Bon, on aboutit au niveau où il y a des inscriptions des pionniers sur les parois. J'ai continué jusqu'à l'endroit où il est sensé y avoir des "trous d'eau" dans le slickrock au-dessus de la gorge, mais tout était à sec. Pas une rando mémorable mais en général je préfère les vues en hauteur que me retrouver entre deux parois...

Cassidy Arch: faite tôt le matin. Que du bonheur! Seul durant TOUTE la rando. De belles vues sur les sommets de Capitol Reef, on aboutit ensuite sur du slickrock au-dessus de l'arche. Impressionnant. Une rando que j'ai beaucoup aimé.

A noter: lors de mon passage l'accès à Hickman Bridge et à toutes les balades qui partent de là était interdit car il y a eu un éboulement au tout début du sentier.

5. Natural Bridges National Monument

La route depuis Capitol Reef étant longue, malgré un départ matinal j'ai entrepris la rando qui passe par tous les ponts (il y en a 3) en milieu de matinée... J'ai donc eu très chaud. Les ponts sont impressionnants quand on y est dessous, au niveau des points de vue on ne se rend pas bien compte de leur dimension. Ah oui, malgré mes 25MPH (limitation de vitesse requise dans le parc), je n'ai pas pu éviter un écureuil qui a traversé juste devant ma voiture à l'entrée du parc. J'en ai eu mal au cœur et je n'ai pas arrêté d'y penser toute la matinée... Oui je suis sensible, pauvre bête 🙁. D'ailleurs, j'aurais vu beaucoup d'animaux écrasés sur les routes un peu partout, je ne me rappelle pas en avoir vu autant les autres années: écureuils, lapins et de nombreuses biches. Cela m'est arrivé souvent de voir des animaux traverser devant mes roues mais d'habitude j'arrivais toujours à les éviter, pas cette fois-ci. C'est bien pour ça aussi qu'il faut respecter les limitations de vitesse!!

Pour relier les 3 ponts on marche au fond d'un wash (asséché). Donc hormis la descente dans le canyon puis la remontée le sentier est plat mais la rando est assez longue, prévoir beaucoup d'eau en été! Croisé juste un couple de personnes.

La suite plus tard, j'essaierai une fois chez moi d'attacher quelques photos quand même en bas de message. 😉
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26 jours de Denver à Denver: des Ardéchois aux States
Bonsoir les forumeurs,

Bien que les carnets s’embouteillent un peu ces derniers jours, je commence le mien avant d’être happée par l’ogre Rentrée… 😉 Mille mercis aux nombreux contributeurs qui nous ont permis de préparer et réaliser un superbe voyage. Je ne suis pas la première à le (re-re-re)dire mais ce forum a été une mine d’infos indispensable : les carnets, les photos, les suggestions, les réponses aux questions posées, tout ça. J’ai pensé un moment faire comme VallM17 ou Xfg59* un Top 15 mais en fait… tout nous a plu ! Tout était génial (ou presque) ! Je crois qu’on est rentrés avec des yeux plus grands qu’au départ tellement on les a écarquillés ! Donc je me contenterai de raconter ce qu’on a vécu, petits novices de l’Ouest américain.

Je resitue le contexte : nous sommes partis 26 jours, du 24 juillet au 19 août, pour une (petite) boucle d’environ 2000 miles de Denver à Denver. Nous étions 5, mon mari, mes filles (11 et presque 14 ans), mon fils (9 ans) et moi. Nous rejoignions des amis expat’ qui ont voyagé avec nous la première semaine. Ce voyage je l’ai longuement préparé, l’itinéraire était bouclé fin octobre 2013, les billets achetés début novembre, la voiture réservée début mars 2014, presque tous les hébergements réservés en ligne de janvier à juin. J’ai beaucoup beaucoup utilisé les sites ouestusa.fr, west-usa-dream.blogspot.fr, sunsetbld.com, les blogs d’Isap, jeveuxcamperauxusa, lesnainsvoyagent, sibellelaterre, etc. J’ai rapidement investi dans les Photographing the Southwest Southern Utah et Arizona qui m’ont réellement servi dans les choix de sites à visiter. Sur place, j’ai récupéré (à contre-cœur) un Guide du routard parcs nationaux de l’Ouest américain qui m’a également été utile. Les copains expat’ nous ont laissé un Tomtom avec carte EU qui fut, lui aussi, trrrès utile : j’ai regretté ne pas avoir emporté des coordonnées GPS de départ de certaines randos (voir + loin)…

Nous avons choisi Icelandair parce qu’ils proposaient le meilleur rapport tarif/durée du voyage et nombre d’escales : 4093€ pour nous 5, 1 seule courte escale, 11h20 de vol à l’aller et seulement 10h20 au retour. En plus, chose non négligeable, ils accordent 2 bagages de 23kg par personne en classe éco.

Nous avons choisi l’option camping dans les parcs + voiture, sur les 26 nuits nous avons dormi seulement 7 nuits à l’hôtel. Du coup, nous avons voyagé avec 2 tentes, 5 matelas auto-gonflants, 5 duvets, 5 draps de sac en soie (géniale cette découverte), sans oublier 5 frontales (indispensables en camping). Nous avons préparé la plupart des repas nous-mêmes (pic-niques à midi), puisque nous n’avons mangé que 6 fois au resto. Nos copains expat' nous ont amené le réchaud à gaz, les gamelles, la lampe de camping, la glacière, des bâches (à mettre sous les tentes pour ne pas les plier crades), et 5 oreillers (trop trop bien : on les a ramenés dans l'avion et c'était top confort).

Allez, assez bavassé.

Le circuit prévu : J1 vol Paris - Denver (arrivée 18h30 = nuit Denver) J2 Denver - Colorado NM (nuit Saddlehorn campground - Colorado NM) J3 Colorado NM - Arches NP : Devil’s garden trail (nuit Devil's garden campground - Arches) J4 Arches NP : Fiery Furnace (réservé) - Mill creek canyon (nuit Devil's garden campground - Arches) J5 Canyonlands NP : Island in the sky - Horseshoe Bend (nuit Devil's garden campground - Arches) J6 Moab - Mesa verde (nuit Mesa Verde RV resort) J7 Mesa verde NP : Mesa top loop, Balcony House, Chapin mesa museum (nuit Mesa Verde RV resort) J8 Mesa verde NP - Gooseneck -Moki Dugway - Muley point - Valley of the gods - Bluff (nuit Recapture Lodge - Bluff) J9 Bluff - Road canyon - Monument valley - Navajo NM (nuit Sunset view campground - Navajo NM) J10 Navajo NM - Grand canyon village (nuit Mather campground - GC) J11 Grand canyon NP (nuit Mather campground - GC) J12 Grand canyon village - Page - Horseshoe bend (nuit Super 8 - Page) J13 Lower Antelope canyon - Wire pass/Buckskin Gulch- Coral Pink sand dunes SP (nuit Coral Pink sand dunes campground) J14 Coral Pink sand dunes SP - Zion NP (nuit Watchman campground - Zion) J15 Zion NP : The Subway (nuit Watchman campground - Zion) J16 Zion NP : The Narrows (nuit Watchman campground - Zion) J17 Zion NP : Angel's landing - Bryce canyon NP (nuit Sunset campground - Bryce) J18 Bryce canyon NP : Queens garden/Navajo loop (nuit Sunset campground - Bryce) J19 Bryce canyon NP - Willis creek - CCR : Grosvenor arch - Kodachrome basin SP (nuit Kodachrome basin campground) J20 Kodachrome basin SP - (nuit Kodachrome basin campground) J21 Kodachrome basin SP - HITRR : Peekaboo et/ou Zebra slot - Devil’s Garden (nuit Calf creek campground) J22 Upper ou Lower Calf creek falls - Burr trail road + Nottom road si météo ok - Capitol Reef NP (nuit camping Torrey ou Fruita) J23 Capitol Reef NP - Panorama point, Hickman bridge, Sulphur creek - Goblin valley SP (nuit Goblin valley campground) J24 Little wild horse canyon - Moab - re-Arches : Delicate arch (nuit Apache motel - Moab) J25 Moab : Bowtie et Corona arch - Fisher towers (nuit Apache motel - Moab) J26 Moab - Denver (nuit Denver) J27 vol Denver - Paris (départ 17h20)

J1 - 24 juillet : vol Paris - Denver avec Icelandair Rien à dire sur la prestation si ce n’est l’absence de sous-titrage français pour les films : les enfants étaient déçuuuuus… Ils se voyaient déjà engloutir des heures de cinoche et là nada, rien, que dalle. Gloups. Arrivée à Denver avec 1h de retard (problème technique à Reykjavik) donc vers 19h30, direction Alamo où nous récupérons sans problème un Dodge Grand caravan. L’employée qui nous sert ne nous force pas la main avec les assurances, elle nous propose d’elle-même une traduction française du contrat, bref pas de mauvaise surprise. On a juste cherché un moment où se cachait la 7e place vu l’ingéniosité du système de (re)pliage du siège sous les pieds ! Juste un p’tit coup de speed pour aller jusqu’à l’hôtel puisque nous n’avions ni GPS ni carte routière précise (aaaaaah, l’aventure !)…

Dodo : hôtel Days Inn International Airport. Bon, très très moyen. En plus toute la nuit y’a eu un bruit assez fort de moteur (clim’ ?), on aurait pu trouver mieux.



J2 - 25 juillet : Denver - Colorado National Monument Grâce au décalage horaire, on se réveille à 5h et on décolle à 7h30 (sans avoir testé la piscine, rappellent les enfants !). Malgré notre absence de GPS, la sortie de Denver par l’I70 se fait fingers in the noze et très vite défilent des paysages de montagnes qui rappellent les Alpes (ben un peu, si). Au fur et à mesure qu’on s’approche de Grand Junction la température monte et inévitablement on craque : on met la clim’ ! Au diable les convictions écolo, quand il fait chaud, il fait chaud. On teste notre premier « resto », un Subway, et on constate l’étendue de nos lacunes en anglais… Argh, arrêtez de me demander ce que je veux comme pain, comme accompagnement, comme crudités, comme sauce, comme boisson, comme couleur de serviette ! Je veux juste bouffer ! Même pour se servir en eau c’est compliqué (si si)… Direction le parc Colorado NM. Nous réalisons que nous sommes partis (et là on regrette un peu) sans carte IGN : résultat, on galère pour trouver l’entrée Est du parc. Si on avait su, on se serait imprimé une carte… A l’entrée du parc, une rangerette avec un chapeau plastique improbable nous accueille version j’ai-avalé-un-tube-de-vitamines, et la pluie commence à tomber, zut. Puis ça se transforme en orage (grrr), donc on se pose à un point de vue et… on attend. Heureusement, au bout de 45’ ça se dégage et le soleil ressort, chouette ! On enchaîne alors tous les points de vue de la Rim rock drive tellement on est contents, ce qui nous prendra un bon moment. Que c'est beau !





Dodo : Saddlehorn campground. On constate que d’un emplacement à l’autre on passe du pas sympa (pentu, petit) au royal. Nous avons choisi la loop B et la vue sur la vallée est superbe, que ce soit au coucher de soleil ou au lever ! En revanche, la marge de manœuvre pour planter les 2 tentes est limite… Mais les enfants sont ravis, il y a des lapins qui sautent partout (trop drôle), faut même faire gaffe où on marche la nuit !
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Retour au Far West (première partie): cinq semaines en juillet 2009 avec trois enfants


Carnet destiné pour un rendu optimum, à être consulté avec TOUTES les photos en grand format ici: https://sites.google.com/site/retouraufarwest/

Introduction, itinéraire et carte.

Pourquoi avoir tant tardé pour publier ce carnet ? Toutes les conditions ont été réunies pour un voyage extraordinaire : - Un itinéraire, que nous avons pu réaliser dans sa totalité (de ce que nous avons décidé de faire), - Un temps plus que clément qui nous a permis de réaliser ce même itinéraire qui était dépendant des conditions météo, puisque bon nombre de routes et de sites prévus n’étaient praticables que par temps sec. - Un partage de nos aventure avec les »Maries », c’est-à-dire Marie Lefèvre de Voyage Forum, ma copine virtuelle, Fred son mari, et leurs trois enfants, pendant une bonne partie du périple. Un vrai moment de plaisir, et quand nous évoquons notre parcours commun, c’est avec beaucoup de nostalgie. La réponse est : En ce qui concerne les photos, j’ai voulu jouer dans la cour des grands, et me mettre au format RAW. J’ai adoré bidouiller les photos avec Lightroom, oui mais….. je les trouvais toutes trop jaunes, et ça ne me plaisait pas ! De plus, j’ai fait des « bêtises photographiques » à la tant attendue « the wave » et du coup, j’ai tout laissé tomber par dépit, par dégoût !!!! En ce qui concerne le texte, je ne sais pas, c’est Gilles le spécialiste, mais ça ne venait pas non plus !

Alors maintenant, après dix huit mois, nous allons quand même essayer de vous présenter une première partie, je laisse la plume à Gilles, et en route……

Nous l’attendions et la redoutions un peu, mais, comme chaque année, il faut bien y passer : la réunion annuelle au sommet, où Grisemote propose à la famille de choisir la destination qu’elle a déjà déterminée avec précision. Déjà dans les rangs du fond, ça spécule sec. Après les USA et ses geysers, l’Afrique et ses fauves, le Canada et les ours, certains cherchent la bête féroce qu’il va falloir affronter cette année, sachant que les épreuves sont de plus en plus corsées. « Pourvu que les dragons n’existent pas » pense tout bas le plus petit d’entre nous …

- Il y a trois longues années, déjà, nous sommes partis dans l’ouest américain pour notre premier grand voyage familial. Cela a en partie changé nos vies. Un pèlerinage s’impose : - Ouf, les USA c’est cool - Votre mission cet été, si vous l’acceptez, sera de découvrir le désert et ses richesses uniques au monde. Je ne vous cache pas que ces endroits ne se gagnent pas facilement car outre la chaleur étouffante, il est possible de rencontrer parfois quelques autochtones qui apprécient peu la compagnie : scorpions, tarentules, serpents à sonnette et autres trucs qui se défendent avec férocité … En revanche, pour qui en revient, l’aventure marque à jamais les esprits par sa beauté et son ambiance envoûtante. Et puis, il y aura un peu de Las Vegas avec ses buffets pantagruéliques …

La majorité de l’assemblée fut conquise avec ce dernier argument qui reste une valeur sûre, préférant oublier le reste qui semble plus flou. Traîtres de parents, ils savent toujours détourner l’attention au bon moment …

Six mois plus tard, cent vingts kilos de bagages soigneusement préparés, pesés, compactés, un itinéraire aventure hors des sentiers battus, nous sommes fins prêts pour affronter ce nouveau périple sous la tente. L’aventure est de plus pimentée par un fait nouveau … ayant rencontré la famille de Marie en décembre 2008, nous allons faire une partie de nos étapes ensemble, ce qui est une grande première pour tous. Le bonus, outre la rencontre bien entendu, c’est qu’à deux véhicules, cela ouvre des portes sur des contrées totalement isolées qui auraient été vraiment hasardeuses seuls.

ITINERAIRE (5 semaines)

CARTE





A 30 000 pieds au-dessus du sol, nous progressons au milieu des gigantesques colonnes de gouttes orageuses, sombres et menaçantes. Voilà déjà plus de 10 heures que vous sommes entassés dans la cabine de notre 747 et nous commençons à avoir des fourmis dans les jambes. Comme la première fois, le survol du Groenland fut un régal pour les yeux, avec son tapis de glace blanche, ses glaciers géants et ses canyons. Puis vint le temps des cultures qui ont progressivement fait place aux contrées arides et désertiques au-dessus desquelles nous passons. En tout cas, sec ou pas, vu le gigantisme de l’orage, tout cela tombera bien quelque part…. Nous arrivons enfin en vue de Phoenix, l’une des plus chaudes villes des USA, avec des routes et des villes rangées sur le format d’un quadrillage. Pas de doute, nous sommes bien en Amérique du nord. Même dans le désert on peut voir des routes qui tournent à angle droit.

Après la récupération sans encombre de tous nos bagages (nous avions quelques craintes avec British Airways à ce sujet), nous affrontons notre premier dilemme avec la voiture. La Dodge Durango ou équivalent que nous avions réservée n’est pas au parking et le loueur (Thrifty) nous propose un véhicule de la catégorie supérieure. Ce qui est sûr, c’est que vu l’itinéraire qui est prévu avec la Famille Marie, un bon 4x4 est absolument indispensable. Sinon, c’est éliminatoire pour tous car un certain nombre de pistes sont prévues assez sportives. Il nous est proposé une Suburban. Certes, le véhicule a un look franchement tout terrain avec un pare choc à un mètre du sol, 2 positions 4x4 (lent et normal -> ce qui est indispensable), mais la garde au sol n’est pas très importante et les pneus sont déjà bien entamés. En revanche, il est grand à souhait. Pas facile de faire la fine bouche. La lassitude du voyage, s’ajoutant à l’envie d’aller dormir, nous finissons par partir avec la voiture proposée, un poil contrariés quand même dans la mesure où nous n’avons pas une vraie certitude que cela conviendra pour le périple.

L’hôtel est magnifique, la chaleur étouffante et la piscine avenante, mais nous sombrons rapidement dans un sommeil profond et réparateur. Ah, quel plaisir d’étendre les jambes …



Cactus à gogo Samedi 4 juillet Le petit déjeuner de l’hôtel Embassy est copieux et nous plonge tout de suite dans l’ambiance culinaire américaine avec ses saucisses, ses œufs au bacon, son sirop d’érable et pour les plus accros, ses sodas. Un peu calorique, mais super agréable !

Nous ne nous attardons pas dans la ville que nous quittons pour Tucson et ses cactus en passant par l’Apache trail. Cette piste est agréable et nous permet de voir nos premiers Saguaros qui peuplent les collines. En revanche, nous n’avons pas entraperçu ne serait-ce que la plume d’un apache – publicité mensongère ou lieu historique ?. La piste est très bien entretenue. Nos inquiétudes quant aux capacités tout terrain de notre 4x4 ne sont donc pas levées ce qui nous vaut un duel relevé entre celui qui pense que ça ira mais qui n’en est pas sûr et celle qui pense que ça n’ira pas mais qui n’en est pas certaine (avec de lâches arguments comme quoi un $%€ de membre du forum avait attendu de pied ferme plusieurs heures chez le loueur pour avoir satisfaction sur le véhicule qu’il souhaitait). Bref, en plein désert, rien ne vaut une petite reconstitution de OK corral. Etait-ce un signe ? Toujours est-il qu’alors que nous admirions une vue imprenable sur un barrage finalement quelconque, Grisemote fit un sacrifice pour que tout aille bien par la suite : elle fit choir son beau zoom (celui qu’un voleur avait déjà jeté par la portière d’un véhicule en Namibie). Bilan, l’autofocus ne fonctionne plus. Bon début ! Espérons que cela serve à quelque chose …. Bon, il ne faut pas être trop dur quand même avec cette piste qui nous offrira nos premières collines de saguaros – inédit pour nous comme paysage. La route qui ne devait durer que trois heures s’éternise et le baromètre positionné sur le rétroviseur (avec la direction cardinale) affiche des chiffres à faire froid dans le dos : 110 °F (ce qui ne fait pas loin de 40 ° C quand même). Bref, nous arrivons un peu saoulés de voiture et lessivés de chaleur à Tucson. Pour récupérer, rien ne vaut un bon restau mexicain. Guide du routard en main, nous partons à la recherche de la perle rare : excellent et pas cher. Bigre, beaucoup de rues sont fermées et la police est partout. N’y aurait-il pas un événement particulier le 4 juillet ? Bien sûr, c’est la fête nationale…. Du coup nous avons droit à un feu d’artifice poussif tiré fusée après fusée et qui s’éternise. C’est pas tout cela mais ça cronchonne dur dans les estomacs. Nous reprenons donc notre quête du restau perdu, mais, aux environs de vingt et une heures, tout est fermé. Nous finirons par manger Mac Do avec beaucoup de regret puis direction le motel qui nous protège de la chaleur infernale…Nous nous attendions quand même a un peu plus de ferveur dans les rues pour la fête nationale.

Dimanche 5 juillet.

Nous quittons Tucson en direction de White Sands. Impressionnantes quand même la taille et les formes de ces plantes. Sur la route nous visitons le Saguaro desert museum : musée à ciel ouvert (petit coin sympathique de désert) dans lequel sont présentées la faune et la flore locale. Côté faune, tout ce petit monde est tellement avenant qu’il est soigneusement enfermé, parfois même derrière des vitres bien solides : rattlesnake (serpent à sonnette), tarentule, bobcat, … Tout n’est pas dangereux non plus et la serre aux colibris permet de voir voler ces espèces pas si courantes à observer dans le milieu naturel. Le tout est très bien fait et on ressort un peu moins ignorant qu’en y entrant et un peu moins lourd également quand on ne prend pas assez d’eau. Grosse chaleur garantie et je ne parle pas de celle qui règne dans la voiture quand nous l’ouvrons. Pour nous remettre, nous passons au Saguaro National Park faire un petit trek, histoire de transiter au milieu des respectueux vieillards qui nous observent du haut de leur dizaine de mètres d’épines acérées. Les formes sont propices à faire marcher l’imagination, avec leurs bras aux positions si diverses. Thibaud a la bonne idée de ramasser une boule d’épines de Saguaro inoffensive à terre, malgré les recommandations de notre G.O qui a tout lu sur le sujet. - Surtout il ne faut jamais essayer de retirer des épines avec les doigts … - Bah, une petite boule d’épines, faut pas exagérer quand même ! Gagné ! Les épines se comportent comme de la colle et chaque doigt qui les touche pour aider le malheureux pris au piège se retrouve pris à son tour. Après Thibaud, c’est le plus vénérable d’entre nous qui participe. Résultats, de deux doigts collés nous sommes passés à quatre. L’affaire s’avère délicate. A chaque mouvement le truc est conçu pour s’incruster d’avantage. Grisemote prend son courage à une main, glisse un bâton sous l’intrus dans la forêt de doigts et tente d’un geste souple et gracieux de l’arracher. Et hop ! …. On passe de quatre doigts collés à cinq (on pourrait en faire une comptine pour les enfants…). L’incident finira par une épilation délicate entre victimes et du sparadrap, avec un œil noir vers « qui nous savons ». Conclusion, même si on a l’impression de maîtriser, ne jamais toucher des aiguilles de Saguaro (petit message pour les ados qui connaissent tout …). Adios les saguaros aux formes surprenantes, nous filons vers d’autres cieux … ceux de White Sands, le désert blanc.



Cinq cents kilomètres plus loin, après un passage montagneux, nous arrivons aux abords de White Sands. Comme la veille et l’avant-veille, le ciel s’obscurcit et de gros cumulonimbus d’orage commencent à bourgeonner dès le début d’après-midi. La route toute droite des cent derniers kilomètres est traversée de gros buissons comme dans les films. Un nuage de poussière arrive sur nous rendant la visibilité quasi nulle puis continue son chemin. Impressionnant quand même le phénomène. Arrivés dans le parc de White Sands que nous devions commencer à visiter en soirée pour la « belle lumière », les éléments se déchaînent. C’est un déluge de nature à rendre jaloux Noé. Les rangers ferment le parc !

Nous n’avons pas d’autres choix que de renoncer et de nous diriger vers la ville la plus proche : Alamogordo . Pour noyer cette petite déconvenue, nous décidons tout naturellement, après l’installation au motel, de manger … mexicain -> tentative N° 2. Rien de plus facile, car si la ville n’a pas un charme fou, les restaus y pullulent. Enfer et putréfaction, nous subissons la même punition que la veille : vers vingt et une heures nous sommes en décalage horaire et plus personne ne veut vous servir. *$ ?!% Ambiance de la brousse dans le village Grisemote qui fait grise mine. Ceux qui ne se sont pas couchés par dépit, ont quand même grignoté …. dans un fast food plus ou moins mexicain, Grommel, grommel !



Le ciel est limpide lorsque nous entrons dans le parc de White Sands, aux premières lueurs de l’aube. Inutile de se demander d’où vient le nom : y a pas photo, le sable est résolument blanc de blanc et fortement détrempé de la veille. C’est un sable de gypse qui n’a pas du tout la même consistance que celui de nos plages habituelles qui « roule » sous les pieds. Rapidement la chaleur monte et le port de lunettes de soleil s’avère indispensable. Quelques sauts de dunes n’épuiseront pas nos pitchouns et vers onze heures, nous partons pour un « grand » tour de dunes d’environ sept kilomètres, chargés d’eau modérément. Sous un soleil de plomb nous progressons seuls au milieu des « vagues » de sable à perte de vue, éblouissantes, sur un tracé un peu laxiste où les marques à suivre sont bien camouflées. Ceci dit, le sol n’est pas trop fuyant sous les pieds et la chaleur n’a finalement rien d’étouffante (puisque le blanc réfléchit la chaleur) à tel point qu’il est tout à fait possible de marcher pieds nus si on le souhaite. Franchement, ça vaut le déplacement !



En route pour cinq cents kilomètres en direction de Santa Fé où nous arrivons en soirée. Qu’y a-t-il à faire pendant cinq cents kilomètres de route assez monotone quand on est français… ? Parler restau mexicain bien sûr, pour sublimer deux échecs cuisants qui nous laissent encore comme un arrière-goût amer. La cible est soigneusement choisie dans le guide du routard. Dès l’arrivée, nous déposons à la volée nos bagages dans le très beau motel réservé. Bien que pressés, certains ne résistent pas à l’envie de se jeter dans la piscine vite fait (glacée cependant !). Le ciel est comme tous les soirs couleur plomb avec des éclairs. Revigorés, nous partons à la recherche de notre paradis papillaire. Après avoir tourné pas mal entre les petites ruelles, guidés par notre GPS, nous trouvons …porte close. Vingt et une heures approche et des sueurs froides commencent à perler sur nos fronts irrités. M’enfin, sommes-nous touchés par le syndrome du restau clos ? Heureusement, nous trouverons sur notre route de retour une sorte de saloon très animé décoré façon western, autorisé aux enfants, qui remis les pendules gastronomiques à l’heure pour ceux qui qui n’ont pas piqué du nez dans leurs assiettes. Le décalage horaire fait son œuvre…

Mardi 7 juillet: sous un ciel limpide nous visitons le centre de Santa Fé, très belle ville aux formes arrondies de couleur ocre, dans le style mexicain. Pendant que les uns font les boutiques touristiques, un autre enchaîne les galeries d’art très attractives qui ont envahi les rues du centre. C’est toujours un grand plaisir que de voir l’imagination fertile et sans limite des artistes, souvent très inspirés par l’époque du far west et les origines indiennes. J’y rencontre plusieurs français expatriés qui tiennent des galeries et dont le commerce semble profitable. En tout cas, cela fait du bien de parler un peu français.



Nous pratiquons nos premières vraies pistes l’après-midi en nous dirigeant vers Bisti Badlands à environ trois cents kilomètres de Santa Fé sous une chaleur torride. Le planning indiquait un arrêt sur le site de Ah-Sli-She-Pah, situé sur notre route et qui faisait très envie à Grisemote. « Qui trop embrasse , mal étreint » dit le proverbe. Conscient du programme trop chargé, nous préférons nous concentrer sur Bisti.



La voiture est à l’aise sur le sol poussiéreux et un peu marqué des derniers kilomètres. Cela donne confiance pour la suite. Ici c’est le désert total, à la fois par rapport au paysage mais aussi par la fréquentation du site (au moins ce jour-là). Pas un chat ! (tout de même nous croiserons un petit pompon de lapin, mais pas plus !) Il faut dire également qu’à l’extérieur de la voiture, la température est étouffante (plus de 90 ° F soit un petit 35°C quand même). Pourtant nous arrivons aux environs de seize heures. Petite surprise à l’entrée, sur le livre d’or, un petit coucou aux « Grisemotes » des « Maries », c'est-à-dire de Marie Lefèvre de VF et sa famille qui sont passés la veille. Nous devons les retrouver dans quelques jours et elle savait que nous passerions le jour suivant leur visite. Ça fait chaud au cœur d’avoir un petit mot du fin fond de nulle part, même si ce n’est pas précisément la chaleur qui nous manque le plus sous cette latitude … Le site est large et agréable mais il est plutôt facile de s’y perdre. Nous prenons un peu de hauteur pour avoir une vue d’ensemble, puis nous essayons de nous y retrouver dans ce dédale. Il y en a pour tous les goûts pour qui aime le désert : cheminées de fée, troncs d’arbre pétrifiés, structures géologiques remarquables où chacun reconnaît selon son imagination des œufs de dinosaure ou des vaisseaux spatiaux … Le clou de la journée est la eggs factory (sorte d’exposition naturelle à ciel ouvert de blocs de roche arrondis qui ressemblent à des œufs) en fin de parcours au moment de la « golden light ». La lumière chaude du coucher de soleil étire les ombres et donne un relief tout particulier aux structures géologiques très atypiques. Nous restons jusqu’aux derniers instants de lumière. C’est pas tout ça , mais maintenant, on rentre comment dans ce dédale minéral qui commence à s’assombrir dangereusement ? « Qui s’attarde à la eggs factory rentrera de nuit » dit un proverbe local.

A la queue leu leu, sous une lune radieuse et pleine qui apparaît à l’horizon, avec les indications d’une boussole, nous entamons le chemin du retour. Les hurlements des coyotes, d’abord lointains puis plus précis ont commencé à nous inquiéter. Faut-il faire du feu pour les éloigner ? Ça attaque ces bêtes-là lorsqu’elles sont en groupe? Y a d’autres trucs avec des dents qui peuvent venir chatouiller nos mollets ? A la pleine lune, c’est quoi déjà les bêtes qui aiment s’exprimer ?…. M’enfin, je m’égare. S’il est vrai que des idées farfelues aient pu trotter dans nos têtes, le retour, de plus d’une heure quand même, fut une formalité sans mauvaise rencontre (mais en se perdant un peu pour garder un certain suspens) grâce à une lampe frontale qui trainait dans un des sacs au cas où nous serions surpris par la nuit. On n’y pense pas forcement en arrivant au grand jour, mais finalement ce n’était pas de trop … Nous finissons la soirée dans un motel de Farmington. Dégonflés direz-vous ! Depuis le début on vous bassine que nous partons à l’aventure sans filet dans le désert torride et finalement ça se termine au restau et dans un motel à chaque nuit. Pas faux ! Mais qui lira saura …



Tiens, en parlant de désert minéral, je ne résiste pas à l’envie de vous parler dès maintenant de celui que nous ferons plus tard en compagnie de Marie et sa famille et qui revêt un parfum de mystère, puisque son nom est tenu secret , et dénommé par tous ceux qui le connaissent sous le petit nom de « White and Red canyon ».De nombreuses recherches de Marie nous ont permis de trouver l’endroit magique, et c’est avec joie que nous avons découvert ce lieu, autre désert peuplé de gobelins et autres créatures fantastiques minérales. Le doux surnom de White and Red n’est pas usurpé, vous le comprendrez bien, en voici quelques photos. Là aussi, le site étant magique nous nous attarderons jusqu’au coucher du soleil, petit pique-nique sur place, et forcément derrière route, enfin piste, de nuit !



Mercredi 8 juillet Direction Durango, par Aztec Arche !

Nous débutons la journée par un super petit déjeuner où l’on pouvait faire ses gaufres soi-même. Les enfants observent avec stupeur deux petits américains d’à peu près leur âge, dotés déjà d’un tour de taille conséquent, préparer leurs gaufres avec du sucre recouvert d’une bonne couche de sirop d’érable, le tout agrémenté de plaquettes de beurre. De quoi être calé pour la journée avec l’une d’elle. Ceci dit, il ne faut pas exagérer non plus, on voyait encore un peu la gaufre. Un plouf dans la piscine pour se refroidir en prévision du désert à venir puis nous partons en direction de Durango via « Aztec arches ». « Aztec Arches » est un lieu-dit regroupant un bon nombre d’arches sur un espace quand même assez vaste. Le but, c’est de les trouver car elles ne sont indiquées nulle part : un grand jeu de piste en quelque sorte. Armés de nos coordonnées GPS, et de notre carte routière, nous voilà partis à la recherche de celle de « Cedar Hill ». Cette arche n’est ni très spectaculaire, ni dans un lieu magique bien que de bonne facture. Ce qu’elle a de particulier ? c’est notre première arche et elle se mérite à cause du « chemin » sélectif pour y accéder, très escarpé, qui monte une petite falaise à escalader.



Durango est une petite ville aux bâtisses plutôt coquettes et colorées, très touristique, dans laquelle on trouve de tout à foison. On dirait un village de Disneyland tant tout est propre et attrayant. Entre les nombreuses boutiques touristiques, quelques galeries d’art et des … restau (on ne s’en prive pas d’ailleurs vu le programme que l’on nous annonce pour les jours à venir). Nous nous installons au camping, enfin, ce qui nous permet de tester notre équipement de spartiate. Les nuits précédentes, le problème pour dormir était soit la chaleur étouffante, soit la clim et son bruit infernal. Sous la tente, quel calme, quelle sérénité, sauf qu’en montagne il caille la nuit. N’empêche que c’est bien plus confortable pour dormir. Le camping est traversé par une authentique voie de chemin de fer où passe le fameux Durango-Silverton, train à vapeur d’époque (laquelle me direz-vous !). Le monstre est très photogénique avec son panache de fumée au milieu des sapins et son acier noir transpercé d’un œil unique de lumière. Il roule des mécaniques juste à nos pieds puis continue sa route en se dandinant dans tous les sens. Les voyageurs ont le temps de bien profiter du paysage car c’est pas une flèche l’engin. Sur le parcours, les américains saluent le convoi, comme s’il transportait des pionniers. Quant à la voie, pas besoin d’être géomètre pour voir qu’il y a bien longtemps que les rails ne sont plus parallèles. Belle image d’Epinal en tout cas.

La journée du 9 juillet est consacrée à la visite de Silverton. C’est l’archétype de la ville pionnière de chercheur d’or telle que l’on peut la voir dans les films, la peinture neuve en plus. La rue principale a un vrai charme avec ses boutiques aux décors western. Maintenant les pépites ont pris une autre forme, celle des touristes… et il y en a. A part admirer le train à vapeur qui arrive à son terminus, faire les boutiques, ou casser une croûte dans un saloon « authentique », que peut-on faire à Silverton ? Un tour de cheval…d’acier : moto cross ou trial, quad, 4X4. C’est un paradis des nouveaux aventuriers d’un jour, avec des pistes de difficultés inégales mais allant jusqu’à l’expertise de haut niveau. Belle reconversion dirons les uns. Dur dur pour la montagne la faune et la flore diront les autres. Nous, nous avons passé le nez par la porte battante d’un saloon au décor « fièvre de l’or de 1880 et des poussières » qui fit mouche. Impossible d’en ressortir sans avoir envie de taquiner les papilles dans une ambiance piano désaccordé et brouhaha du récit des aventures de chacun (et visiblement l’endroit est propice à l’aventure). Un petit hamburger de Elk agrémenté d’une bonne bière locale et le cerveau prolifique de Grisemote recommence à travailler : et si on en faisait un bout de la fameuse « alpine loop trail » une piste un peu difficile, pour tester enfin les capacités 4x4 de notre engin ? C’était pas prévu sur le roadbook, mais ça fait du bien de « désobéir » à l’ordre établi. Bingo !



Equipés d’une carte sommaire achetée, nous entamons les premiers kilomètres poussiéreux mais sans grandes difficultés. Arrivés sur un plateau où l’on peut visiter les restes de bicoques de bois de pionniers, « Animas Fork », adossées à une mine, les choses se corsent : la montée est impressionnante et caillouteuse. Notre gros 4X4 monte imperturbablement, transfert son poids d’une roue sur l’autre au raz des abîmes, mais ne raccroche pas d’un poil le sol. C’est encourageant pour la suite. Du coup, nous estampillons cette voiture apte aux futurs parcours. Un problème de réglé ! Notre programme ne nous permet pas, hélas, de tester les fameuses » Engineer Pass et Cinnamon Pass », nous nous contenterons de la boucle Silverton-Ouray, et retour. Bigre, ça doit être quelque chose au vu de ce que nous avons testé, il faudra revenir pour éprouver notre témérité ! La route vers Ouray ne s’avère pas très pentue mais franchement défoncée juste à côté de ravins et totalement désertée de tout véhicule. La carte est formelle, on est sur la bonne route. Arrivés au col, la piste est coupée par de gros rochers. Gloups, une heure à batailler pour rien. En tout cas, notre « Suburban » tient très bien le choc (sauf la bavette avant qui tente une échappée solitaire). Nous quittons les cîmes froides, vertes et très attrayantes pour revenir à notre point de départ : Durango. Le repas du soir fut pris avec un réchaud sous une petite pluie pénétrante. On y vient tout doucement, mais on le sent, notre condition de doux vacanciers ne va pas tarder à se transformer …



Vendredi 10 juillet :

Le train siffle au moins trois fois au loin pour nous réveiller. Nous sautons dans nos shorts, l’appareil photo à la main, pour voir une fois de plus passer la vedette du camping, toujours aussi essoufflée en arrivant à notre niveau. De l’asthme, c’est possible pour une loco ? En route à nouveau pour la chaleur étouffante vers Mesa Verde où l’on peut visiter des maisons troglodytes des indiens Anasazis. Pour y accéder, il faut monter une haute falaise qui donne accès à un plateau immense traversé de canyons, lieu où se trouvent nichées les fameuses maisons, dans de vastes cavernes naturelles. Vue imprenable sur les terres arides de l’Arizona. Le tout vaut le coup d’œil. On sent qu’ici s’est installée une civilisation certainement assez prospère vu le nombre de sites. Équipés de nos chapeaux (toujours obligatoires), d’une bonne dose de crème solaire et de gourdes remplies (c’est maintenant un rituel automatique dès que nous nous éloignons de la voiture), nous visitons plusieurs « villages » taillées directement dans la roche ocre. Seul bémol, on est loin d’être tout seuls sur les chemins. Ce n’est pas l’métro, mais c’est un peu trop. L’affluence est telle que nous n’avons pu faire aucune des visites guidées, donc nous nous contentons de la vue d’ensemble et de la seule visite autorisée sans guide.



Nous repartons aux heures chaudes pour Moab – trois cents kilomètres. Avant de passer en Utah, nous faisons le plein de bières (c’est pas bien, mais bon, pour les grosses soifs du soir).

C’est maintenant un des tournants du voyage puisque l’équipe des « Maries » doit nous rejoindre à notre l’hôtel le soir. Nous allons donc avec une certaine impatience vers une autre ambiance, ouverte, qui va nous faire découvrir une vision différente du voyage. Les paysages rouges et sculptés de l’Utah nous rappellent de bons souvenirs de notre premier voyage. La pierre joliment polie semble lisse et douce comme un oreiller. C’est un appel permanent à l’escalade et à la photo. Quel régal ! Nous devions passer à Needles overlook, mais vue l’heure, l’opération est annulée.

La rencontre a lieu, à Moab, juste après le plouf dans la piscine. Ils sont tous en forme, nous aussi. Ils ont un 4X4 Suburban, (pour lequel ils se demandaient s’ils auraient assez de garde au sol !), nous aussi. Ils ont faim, cela tombe bien, nous aussi. Les enfants nous réclament un retour aux sources de notre premier voyage, chez « Zak pizzas. Nous y entraînons les « Maries » pour débattre de nos voyages respectifs et préparer la journée du lendemain. Les choses vont commencer à devenir sérieuses. Nous entamons la White Rim Road, cent kilomètres de piste plus ou moins difficile avec deux passages parait-il particulièrement délicats, et le pire serait de rester coincés entre les deux…... Et si nous ne pouvons pas passer, il faudra faire demi-tour, mais aurons-nous alors assez d’essence ? En tout cas, y aller à deux véhicules est une mesure de sécurité appréciable. L’aurions-nous fait sinon ?



L'expédition sur deux jours commence après les grosses chaleurs, vers 16h00. A l'horizon, le ciel est couleur plomb, ce qui n'augure rien de bon si nous sommes sur la trajectoire. Jusqu'ici, ce scénario s'est reproduit tous les jours avec au final qu'une seule grosse pluie subie. Croisons les doigts. La piste s'accroche par étages aux différentes structures géologiques. Vu d'en haut il y a trois étages principaux : - L'étage supérieur que nous quittons dès le début et qui sera également notre porte de sortie en fin de parcours. - Le ou les étages intermédiaires souvent fait d'une roche dure dont le socle supérieur semble plat, mais qui n'est pas très roulant pour autant. - Le fond du canyon souvent plus fluide avec une roche plus friable. En quittant la couche supérieure, nous remontons le temps géologique en traversant des zones de couleur différentes, sans difficulté particulière, si ce n'est que la pente est rude et que le vide n'est pas loin. Nous atteignons au bout d'une heure le deuxième étage que nous ne quitterons pas la première journée. Paysage envoûtant, plein de surprises au détour des virages : cheminées de fée, rochers en équilibre qui paraît précaire, failles, une arche, que dis-je une arche, un pont naturel ... Les « Marie » sont partis devant et nous avons laissé de l’espace entre les voitures pour ne pas avaler trop de poussière. Avec des arrêts photo à répétition, nous sommes très en retard sur l'horaire. Le soleil commence à vaciller du côté obscur. Aucune voiture à l'horizon, pas même un nuage de poussière. Dans un film, tous les ingrédients seraient alors réunis pour avoir un problème. Au retour d'une photo, près de la voiture, un sifflement se fait entendre : Serpent ? Insecte ? La réponse est plus simple et beaucoup moins poétique : crevaison. Le filet d'air n'est pas très important, mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'à brève échéance le pneu sera à plat. Tu m'étonnes, vue l'usure de la gomme. Une petite pensée émue pour le loueur qui profite de ses clients pour faire l'entretien sur leur temps de vacances, et nous remontons tous dans la voiture avec l'objectif de rejoindre le point de rendez-vous au plus vite. L'électronique nous indique que la pression du pneu descend, histoire de faire augmenter la nôtre. Sur la roche, il est impossible d'appuyer sur l'accélérateur car aussitôt la voiture se dandine de tous les côtés et devient instable. Au bout d'un moment, rien n’y fait, il faut soit regonfler, soit changer la roue, soit réparer avec notre kit. Comme nous sommes censés ne pas être très loin de la destination, nous optons pour le regonflage avec notre pompe manuelle, plus destinée à un vélo qu'à un gros 4x4. Ça marche, mais ne dure pas très longtemps. Par étapes d'environ cinq kilomètres nous rejoignons les « Marie », de nuit, qui commençaient à trouver notre retard bien important.

Dommage pour la vue paraît-il imprenable. A la lumière de nos torches nous montons les tentes (3 secondes) en quelques minutes après une longue recherche d'un sol à peu près plat. Une fois de plus, l'orage annoncé n'a pas eu lieu et c'est sous un ciel limpide que nous remplissons les estomacs affamés avec un diner frugal. Sans table ni chaise, ce n'est pas vraiment le palace. Pour le pneu, avec Fred, nous essayons le kit de réparation. Cela semble marcher, mais il faudra contr��ler le lendemain.

- « Tiens une veuve noire! » dit très calmement Lucas en se brossant les dents - « Co Comment ça une veuve noire ? Es-tu sûr ? - Ben oui, sûr ! On la reconnaît au sablier rouge sous l'abdomen. - Ah oui ? Aaaaargh ouiiii !

Au pied du spécialiste des arachnides, pas plus ému que cela, nous distinguons une élégante demoiselle, toute de noire vêtue, pas très grande, en train de tisser sa toile. Finalement, on est bien debout aussi pour manger. Marie file aussitôt fermer sa tente qu'elle avait laissée ouverte pour l'aérer.

- « Robin : Il faut la laisser vivre et ne pas la déranger, il faut respecter la nature »

Respectons, respectons, mais notre tente et notre voiture sont juste à côté. Gloups. Pour le lavage de dents, les adultes, fort courageusement, optent pour un autre coin, qui peut être était tout aussi dangereux …. mais tant que l’on ne le sait pas, l’innocence est rassurante.

Aux premières lueurs de l'aube, la lumière rasante illumine l'endroit splendide. Quel dommage d'être arrivés de nuit la veille. Un petit coup d'oeil à l'habitante des lieux qui a disparue (ce qui est normal d’après notre spécialiste ) et au pneu qui est dégonflé et que nous changeons avec la roue de secours et nous repartons vers Monument Basin que la lumière basse n'avait pas permis de voir correctement. Cette fois, avec l'orientation du soleil, ce n'est pas terrible non plus. Comme nous avons grillé notre joker sur la roue, nous repartons dans le bon sens pour prendre de l'avance sur les Maries compte tenu du fait qu'il faut y aller piano. Sur l'étage 2 de la piste, il est impossible de rouler rapidement de toute façon. Une bonne heure après notre départ, le premier obstacle majeur se présente : c’est Murphy Hogback. C'est simple, une bonne pente avec de gros cailloux et des ornières. Si on ripe, on devrait avoir des difficultés à repartir, voire se retourner. Avec le talkie-walkie inter-voitures, nous prévenons l'autre équipage. En position 4x4 court, le premier essai fut rapide. La voiture plonge de l'avant avant l'obstacle et racle la bavette tout en étant en équilibre instable sur deux roues opposées. Gloups ! Les Maries arrivent et nous inspectons minutieusement le terrain. Il faut remplir certains vides avec des pierres et passer en partie sur le talus. Je ne dis pas que ce fut fluide lorsque les roues essayaient d'adhérer à ce qui voulait bien rester en place, mais en souplesse nous arrivons en haut ! Au tour des Maries. Avec entrain et détermination, la trajectoire fut la bonne tout de suite, sauf pour la bavette avant qui elle, est restée sur place. Au fils des kilomètres nous en prenons plein les yeux. Des points de vue somptueux nous laissent bouche bée, touts petits au milieu d'un monde de géants. La descente entre le 2ème étage et le fond du canyon ne laisse pas indifférent. Devant le capot, le vide, jusqu'à ce que la voiture prenne l'assiette de la pente. Les freins surchauffent et nous aussi qui essayons d'éviter la clim. A la mi-journée nous atteignons le deuxième obstacle, Hardscrabble, qui se passe sans trop d’encombres, à petite vitesse, sur une forte pente bien caillouteuse. Trop facile ! Ensuite, le reste est une formalité d'un point de vue pilotage, rejoignant les bords du fleuve sous une chaleur torride. La remontée des derniers kilomètres est plus simple que la descente initiale avec une route bien travaillée. On l'a fait ! Même si sur la fin les longues heures de conduite étaient un peu fastidieuses.

Nous filons à Moab pour une rapide douche suivie d’une visite au garage du coin pour faire réparer le pneu. Sans surprise celui-ci n'est pas réparable car trop usé et le garagiste préconise de changer les deux pneus avant. Mon anglais en rodage suffira pour persuader le loueur de l'opération. Mais je ne suis pas dupe, il connaissait le potentiel des pneus dès le départ. A mon avis, les pneus arrière suivront dans quelques jours ! Le seul hic, c’est qu’on ne pourra le faire que le lendemain… Petite visite pélerinage au parc Arches qui nous avait enchanté trois ans plus tôt, restau aux couleurs farwest, un plouf dans la piscine avant de s'enfermer dans notre chambre d'hôtel pour y goûter un peu de fraîcheur.



Changement des pneus, et en piste, ce soir nous devons atteindre Page. La route pour Monument Valley reste une valeur sûre. Du haut de la falaise de Muley Point nous contemplons l'aridité de la région. L’eau lascive ici a tricoté un labyrinthe de roches avec un sillon tout en courbes harmonieuses. Le faible couvert nuageux projette ses ombres au sol, ce qui donne de la profondeur à cette plaine totalement écrasée par la chaleur. Le vert n’est pas la couleur locale, c’est le moins que l’on puisse dire.

Fin de la PREMIERE PARTIE!

Pour les plus curieux, la suite est présente en photos sur notre site, mais seules quelques annotations sommaires y figurent. Pour le texte, il faudra attendre encore un peu.....
Open
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°5)
Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef

JOUR 15 : de Cottonwood Canyon Road à Cannonville

La météo ayant annoncé un temps pluvieux à partir de cet après-midi, je ne dois pas traîner si je veux pouvoir réaliser la randonnée prévue ce jour (Red Slot) avant l’arrivée du mauvais temps. En remontant la Cottonwood Canyon Road, qui devient vite impraticable pendant ou après la pluie même en 4x4, je ne ferai donc pas l’exploration dans le secteur de Castle Rock que j’avais prévue initialement pour la matinée 🙁.

Je ne résiste tout de même pas à prendre la piste BLM 430 qui monte à un col d’où la vue sur tout le secteur est superbe, notamment sur Yellow Rock qui se trouve juste en face.





Ces dernières années j’ai déjà pris plusieurs fois cette piste secondaire assez impressionnante car étroite et très pentue, mais cette année je suis surpris par son état qui s’est sensiblement dégradé. Elle est nettement plus défoncée qu’avant et je suis content de disposer d’un SUV performant avec une bonne hauteur de caisse pour parvenir sans encombre jusqu’au col.

En admirant le paysage, je me remémore un événement peu glorieux qui s’était produit ici même lors de mon voyage de 2005. J’avais décidé de faire du camping sauvage au niveau de ce col pour pouvoir à la fois bénéficier du coucher et du lever de soleil à partir de cet endroit stratégique. Par ce jour particulièrement venteux, j’étais sorti du SUV pour vérifier que l’endroit était adéquat pour y camper et j’avais machinalement refermé la portière pour éviter que ma documentation papier et mes cartes ne s’envolent, en laissant bêtement les clés sur le siège du conducteur. J’avais immédiatement réalisé ma funeste erreur en entendant le bruit caractéristique du verrouillage de tout le véhicule 😕. Je me demande encore comment cela s’est produit : avais-je touché sans m’en apercevoir le bouton de verrouillage situé sur l’accoudoir de la portière en sortant ? Avais-je appuyé sur le bouton de verrouillage du blip sur le porte-clé en le posant sur le siège ? Mystère… Toujours est il que je n’étais pas fier de me retrouver en fin de journée à l’extérieur de mon véhicule verrouillé, seul dans un endroit isolé où personne ne passe, simplement en T-shirt alors qu’il commençait déjà à faire frais. C’est mon aversion pour la climatisation qui m’a sauvé de cette situation délicate, car j’avais roulé avec ma fenêtre entrouverte de 3 ou 4 centimètres et je ne l’avais pas refermée. En cherchant dans les environs, j’avais trouvé un morceau de fil de fer barbelé provenant d’une ancienne clôture et, après en avoir aplati tant bien que mal les barbelés à coups de pierre et en avoir tordu le bout en forme de crochet, j’avais été à la pêche au porte-clé à travers l’ouverture de la fenêtre. Je peux vous assurer que cela n’a rien de facile, surtout dans la pénombre, d’abord pour amener le crochet sur sa cible puis arriver à le tourner dans le bon sens pour qu’il se glisse dans l’anneau du porte clé. Et une fois que c’est fait, la lente remontée du porte-clé semble interminable de crainte de le laisser tomber entre le siège et la portière dans un endroit inaccessible. Mais quand on le tient avec deux doigts crispés passés dans la fenêtre entrouverte, quel soulagement 🙂 !

Depuis, je ne suis plus jamais sorti de mon véhicule sans mettre immédiatement la clé dans ma poche et avant de refermer la portière, même pour prendre une photo ou admirer un point de vue, je tâte compulsivement cette poche pour vérifier que la clé s’y trouve bien.

Quelques miles plus au nord, je fais une pause photo en abordant la partie la plus colorée de la Cottonwood Canyon Road, celle qui est surnommée Candyland et est généralement considérée comme le plus beau spot de cette piste. Aujourd’hui, le ciel partiellement couvert qui filtre la lumière écrasante du soleil permet aux belles couleurs dans les tons de rouge de bien ressortir.









Avant d’entamer la dernière partie de la Cottonwood Canyon Road, l’imposante Grosvenor Arch (dont l’accès est aménagé) mérite également un arrêt.



Arrivé près de Kodachrome Basin State Park, compte tenu du ciel qui devient de plus en plus nuageux je dois décider si je maintiens ou non la randonnée assez longue prévue pour visiter le slot canyon que Michael Kelsey appelle Red Slot. S’il se met à pleuvoir (ce ne sont pas des orages qui sont prévus mais une simple pluie), ce n’est pas la marche dans le large wash ni la visite du très court slot canyon sans obstacles qui m’inquiètent mais plutôt les 2 premiers miles de la piste qui est argileuse à cet endroit et comporte la traversée du Rock Springs Creek, ce qui pourrait poser problème au retour même en 4x4. Comme le reste de la piste jusqu’au trailhead est sableux et restera donc praticable même mouillé, je maintiens la randonnée.

Celle-ci n’est pas spécialement enthousiasmante car après être descendu du plateau il faut suivre un long wash plutôt monotone même si l’environnement sauvage contribue au sentiment de solitude.

Sur la dernière partie, quelques portions de slickrock rendent la progression plus intéressante.







Il s’y trouve même des formes et des couleurs esthétiques.





Le lit de slickrock ocre du wash s’interrompt brusquement pour laisser place à une faille de roche wingate rouge dont le fond se trouve une cinquantaine de mètres plus bas, offrant une vue surplombante en enfilade qui est inhabituelle pour un slot canyon.

Les 2 petites buttes de slickrock rouge que l’on voit au loin sont les points de repère pour trouver l’entrée du slot canyon.





Après un détour dans un environnement coloré et la recherche d’une descente pas trop pentue sur le slickrock, j’atteins l’entrée du slot canyon.





Si Red Slot est assez impressionnant compte tenu de sa hauteur, il n’offre pas de lumière réfléchie ni de rais de lumière tels qu’on peut en admirer dans d’autres slots canyons comme Antelope Canyon. Mais les nuages qui commencent à s’accumuler sont aussi sûrement pour quelque chose dans ce manque de lumière intéressante.







C’est au niveau de la petite portion de ciel que l’on voit sur la photo ci-dessous que je me trouvais quelque temps plus tôt quand je surplombais le slot canyon.





Je ne traîne pas dans Red Slot car il me reste à trouver dans le secteur un hoodoo isolé surnommé « Sam Pollock Hoodoo » du nom du gardien de troupeaux de moutons qui y a gravé son nom dans les années 1930.

Cet élégant hoodoo rouge est entouré de beaux cactus jaunes, alors qu’il n’y en a pas dans les environs immédiats, comme s’ils avaient été plantés là pour le mettre en valeur.







La signature encore lisible atteste qu’il s’agit bien du hoodoo en question.



Le ciel s’obscurcit de plus en plus, aussi je marche d’un bon pas pour le retour, en me félicitant d’avoir pris des repères à l’aller pour retrouver l’endroit où il faut quitter le wash pour remonter sur le plateau où m’attend mon véhicule. Au total, randonnée et visite sur place m’auront demandé plus de 5 heures dans un secteur isolé où je n’aurais vu personne et seulement une ancienne trace de pas.

La pluie commence à tomber doucement quand j’atteins la partie argileuse de la piste qui reste encore praticable. Je me rends à Kodachrome Basin SP mais le ranger me signale que le camping (avec douches chaudes) est complet, aussi je ne retourne pas dans ce State Park que je connais déjà bien et qui aujourd’hui ne bénéficie pas d’une lumière favorable.



Entre Kodachrome Basin SP et Cannonville, je me balade un peu au hasard. Je remarque une roulotte ancienne dans une propriété. Je me rends à la maison à proximité pour demander l’autorisation de photographier la roulotte. Un rude gaillard d’au moins 1,90 m ouvre la porte, le visage buriné et pas spécialement avenant, habillé comme un cow-boy avec le stetson vissé sur la tête. Il me répond que j’ai bien fait de venir lui demander l’autorisation d’entrer sur sa propriété car « sinon »… et il mime le geste de celui qui tire avec une carabine (probablement une Winchester !) 😮. Je me demande s’il est sérieux et si j’ai affaire à un véritable redneck sourcilleux et prompt à utiliser son arme chérie ou bien si mon interlocuteur en rajoute volontairement dans le style cow-boy légendaire face au touriste étranger que je suis. Je penche pour la seconde hypothèse car le cow-boy me propose spontanément de me montrer l’intérieur de la roulotte qu’il est en train de finir de restaurer. Il s’agit d’une roulotte de gardien de troupeaux de moutons (aurait-elle été utilisée par Sam Pollock ?) et je suis surpris par son aménagement intérieur (respectant strictement l’équipement d’origine me précise mon interlocuteur), assez complet et optimisé comme dans certaines caravanes, offrant un confort bien supérieur à celui des chariots de pionniers. Je discute un moment avec le cow-boy qui s’avère aimable même si aucun sourire ne viendra éclairer son visage.



D’une manière générale, les américains n’apprécient pas que l’on fasse une intrusion sur leurs terres et le font savoir clairement.



Un peu plus loin, au détour d’une courte piste, je tombe sur un vieux mobile-home délabré qui semble dater d’au moins une cinquantaine d’années.



En sortant pour évaluer si cet endroit sera convenable pour un bivouac dans mon SUV, je suis frappé par une odeur entêtante mais très agréable qui embaume l’atmosphère. Comme c’est la première pluie depuis longtemps, celle-ci fait s’exhaler des parfums de plantes, d’arbustes et de fleurs qui se mélangent harmonieusement. Je me balade tout autour juste pour le plaisir d’humer ces bonnes odeurs et essayer de distinguer d’où elles proviennent exactement.

La pluie fine ayant quasiment cessé, pour terminer la journée je me décide pour la courte balade de Mossy Cave dans la partie Est de Bryce Canyon (côté Tropic). Comme espéré, les couleurs du slickrock et du sol ont été ravivées par la pluie et la douce lumière qui filtre à cette heure tardive créée une ambiance particulière, d’autant qu’il n’y a plus personne aux alentours car tout le monde dîne ou a déjà dîné.







En revenant sur Tropic, un ultime rayon de soleil éclaire Powell Point d’une lumière magique pendant quelques dizaines de secondes.



Après plusieurs jours de camping sauvage et avec l’arrivée de la pluie, ce soir je n’ai plus envie de mon frugal pique-nique mais plutôt d’une bonne pizza bien garnie ! La petite pizzeria de Tropic fera l’affaire mais, compte tenu de l’heure, quand j’y entre les derniers clients en sortent. Bien que la serveuse soit aussi charmante que souriante, je ne peux m’empêcher de penser que manger seul dans une salle de restaurant vide sera un peu tristounet. Mais à peine ai-je passé commande de ma pizza que la serveuse vient discuter avec moi car elle a reconnu mon accent frenchy prononcé qui lui rappelle un agréable séjour en Europe effectué quand elle était à la high school. Aujourd’hui étudiante à l’université de Cedar City, elle découvre les randonnées dans la région avec son boyfriend, aussi se retrouve-t-elle rapidement assise à ma table pour discuter de mon sujet de prédilection et noter les quelques idées de randonnées hors des sentiers battus que je lui conseille… et c’est le cuisinier qui vient directement m’apporter ma pizza quelque peu oubliée. Quand j’ai terminé de manger, l’aimable demoiselle revient pour continuer de discuter et regarder sur l’écran de mon Nikon les photos stockées sur la carte mémoire. Finalement, ce dîner aura été bien loin d’être tristounet comme je pouvais le craindre 😉.

Je retourne à l’endroit du mobile-home un peu trop délabré pour que je puisse passer une nuit à l’intérieur à la mode « Into the wild » et je m’endors dans mon SUV en espérant que la pluie ne sera pas trop présente les jours à venir.

JOUR 16 : de Pink Cliffs à Escalante

Dès le réveil, je peux constater que ce sera une « petite journée » à cause du mauvais temps toujours bien présent après une nuit pluvieuse et pour une fois je prends mon temps. Pas de randonnées possibles dans le wilderness aujourd’hui, il faut donc que j’active un « plan B » dans le secteur car je ne peux pas modifier mon planning en raison d’un rendez-vous le soir même à Escalante avec des amis.

C’est l’occasion de faire un tour aux points de vue des Pink Cliffs, situés au sud-ouest de Bryce Canyon et accessibles par une gravel road empierrée qui ne devrait pas poser de problèmes même détrempée.

Celle-ci longe notamment le Tropic Reservoir.



Ensuite, je dois me traîner pendant des miles à la vitesse de l’escargot (c’est de circonstance…) derrière un convoi de trailers (caravanes tractées par des pick-up) impossible à doubler sur cette piste.

Les points de vue sont accessibles via des petites pistes secondaires qui partent de la gravel road. La première que je tente est trop boueuse et je dois rebrousser chemin. La seconde, plus pentue mais rocailleuse avec moins de risques d’enlisement, me conduit très lentement à un point de vue sur des formations rocheuses dans le style de Bryce Canyon, tout proche à vol d’oiseau.





Malheureusement, je peux aussi constater que le mauvais temps s’accentue et que la petite pluie fine actuelle va bientôt se transformer en grosses averses 🙁, aussi je décide de rejoindre les routes goudronnées et la civilisation sans explorer le secteur plus avant.

Sous une pluie battante, je fais un arrêt à une bakery qui jouxte un motel sur la Highway 12 (tout près de la bifurcation pour Bryce Canyon) et je me console avec de délicieux cookies frais au chocolat. Miam miam 🙂 ! Ensuite, j’occupe mon temps comme je le peux à l’immense boutique du Ruby’s Inn (qui propose aussi bien des souvenirs, que des habits, des livres et tout ce qu’il faut pour le camping) puis au vaste Visitor Center de Bryce Canyon.

A la première éclaircie, malheureusement de courte durée, je vais faire un saut à Sunset Point car, même si je ne compte plus mes visites à Bryce Canyon, je ne me lasse jamais de ses hoodoos colorés et aujourd’hui la pluie a permis de bien en faire ressortir les couleurs.



Puisqu’il se met encore à pleuvoir, je m’installe dans mon SUV sur le parking en face du campground près du Ruby’s Inn (dont la connexion Wifi n’est pas protégée, contrairement à celle du motel), et j’en profite pour consulter mon courrier électronique et envoyer quelques mails avant de faire un petit tour sur Voyage Forum 😇 !

La pluie finit par cesser et, même si le ciel reste nuageux, le soleil fait une timide apparition. Ayant une furieuse envie de me dégourdir les jambes, j’ai alors l’idée de faire un tour à Willis Creek, car je me souviens que la portion de piste qui y mène n’est pas argileuse et devrait être praticable même trempée. Quant aux Narrows, ils sont formés de courtes sections non piégeuses a priori et il n’y coule généralement que peu d’eau même en cas de pluie.

Malgré la lumière trop douce pour être vraiment photogénique, j’apprécie cette balade tranquille qui suit un filet d’eau et permet d’apprécier les formes et les textures originales que prend la roche de ce canyon étroit (à conseiller pour une visite familiale).













Après cette balade agréable, je passe à Tropic pour improviser une visite aux propriétaires de l’ex « Francisco’s Bed & Breakfast » où je suis allé plusieurs fois entre 1998 et 2003, avec ma femme, ma fille ou bien mon père. Nos hôtes, Francisco et sa femme, qui demandaient qu’on les appelle Grand Pa et Grand Ma, nous accueillaient chaleureusement comme des membres de leur famille dans l’une des 2 chambres d’invités de la maison qu’ils avaient construite de leurs propres mains.

Le soir, à la fraîche sous le porche, nous discutions longuement, Grand Ma et Grand Pa nous racontant la rude vie dans cette région de l’Utah avant qu’elle ne devienne si touristique grâce au parc de Bryce Canyon. Les histoires de Grand Pa m’intéressaient d’autant plus que lui et ses parents avaient été les tout derniers habitants de Pahreah, le petit village qui existait auparavant à proximité de l’Old Paria Movie Set implanté là-bas en raison des superbes badlands environnantes. Sa famille et lui avaient dû abandonner Pahreah en raison des flash floods de la Paria River qui dévastaient régulièrement le secteur, mais il en avait conservé des photos noir et blanc qu’il a données aux rangers et que l’on peut aujourd’hui voir reproduites sur les panneaux explicatifs du Paria Movie Set. Parmi les photos qu’il nous montrait quand on logeait au Bed & Breakfast, je me souviens particulièrement de celle où il posait fièrement à cheval avec ses amis sur le sommet de Yellow Rock (où je ne me suis rendu que plusieurs années plus tard), preuve de ses capacités de cavalier émérite compte tenu de la difficulté d’accès du lieu. Ce sont ses qualités de cavalier, notamment celle peu fréquente de pouvoir monter à cru un cheval galopant, qui lui valaient systématiquement un rôle de figurant pour jouer un Indien lors des tournages effectués au Paria Movie Set, en dépit du fait qu’il arborait des yeux bleus et une stature à la John Wayne qui auraient dû lui valoir le rôle d’un cow-boy.

Derrière le Bed & Breakfast, Francisco avait conservé une mini-ferme où il élevait des chevaux, des chèvres, un peu de bétail et des volailles. Si des enfants faisaient partie des invités, il leur proposait d’aller nourrir les animaux, traire les chèvres puis donner le lait fraîchement tiré aux petits chevreaux, ce qui plaisait beaucoup à notre fille Flora qui a ainsi trait une chèvre pour la première (et unique) fois, comme le montre cette photo prise en 2002.



Francisco et sa femme ont dû abandonner à contrecœur leur activité de Bed & Breakfast en raison de problèmes de santé qui expliquent qu’aujourd’hui je ne verrai pas Grand Ma en convalescence à Saint George. Mais Francisco m’accueille toujours aussi chaleureusement et nous passons une demi-heure à nous remémorer quelques souvenirs et à nous donner des nouvelles de nos familles respectives.

Je prends ensuite la route pour la petite ville d’Escalante où mes amis Harriet et Philip, qui tiennent la Serenidad Gallery à côté du motel Prospector Lodge, m’attendent pour le dîner.

C’est grâce à Laurent Martres que j’ai fait la connaissance de Harriet et Philip au tout début des années 2000, lors d’une livraison de photos grand format et de guides Photographing the Southwest, car ce sont eux qui ont les premiers exposé les photos de Laurent dans leur galerie et l’ont poussé à se lancer complètement dans le business photographique. Le succès qu’il a ensuite rencontré prouve qu’ils ont « eu du nez » ! Depuis, je leur rends visite chaque année, souvent accompagné de ma femme Elisabeth, et nous avons toujours plaisir à les revoir 🙂. Philip est peu expansif mais son vécu dans plusieurs Etats où il a exercé des métiers très différents est révélateur de l’esprit d’adaptation américain. Harriet, très chaleureuse et qui a le cœur sur la main, est une artiste qui pratique (entre autres) avec talent la peinture sur céramique. Bien qu’ayant atteint l’age de la retraite, ils continuent à tenir la galerie Serenidad, autant pour en tirer un revenu de complément qui leur permet de rénover la maison qu’ils ont achetée à Escalante que pour conserver une activité amenant des contacts humains avec l’extérieur.

Après le dîner et avant de rejoindre la chambre d’amis dans le confortable « trailer » (vaste mobile home dont la surface habitable est plus grande que notre appartement familial en France) situé derrière la galerie Serenidad, je consulte la prévision météo des jours suivants qui est désastreuse 😕. Pour le lendemain, je me réjouis cependant du repas familial prévu avec Winnie (la mère d’Harriet) et Harriet m’apprend qu’il y aura une animation en ville l’après-midi et le soir, ce qui tombe bien puisqu’en raison de la pluie je vais devoir supprimer la randonnée planifiée initialement.

JOUR 17 : Escalante

Au réveil, j’entends la pluie tomber sur le toit du trailer mais le moral remonte grâce au délicieux petit déjeuner complet à l’américaine qu’a préparé Harriet, avec une majorité de produits locaux dont des œufs biologiques que lui a offerts une de ses amies (qui assure actuellement un remplacement en tant que « host » à la Calf Creek Recreation Area) sachant qu’elle avait un invité.

Philip et Harriet me font visiter leur jolie maison dans Escalante, qu’ils rénovent et aménagent progressivement, Philip faisant le maximum de travaux par lui-même. Il y fait un travail remarquable, cette maison où ils vont bientôt emménager va être très « cosy », confortable et joliment décorée.

En attendant l’arrivée de Winnie et de l’un de ses fils (John, frère d’Harriet installé en Californie) qui viennent en voiture de Cedar City, je décide d’aller photographier le panel de pictographs surnommé « Circle of Friends », que je connais déjà et qui ne devrait a priori pas poser de problème d’accès malgré la pluie puisqu’il ne nécessite que moins de 2 miles de conduite sur une bonne piste sur laquelle même une berline classique peut rouler habituellement à plus de 40 miles à l’heure. Mais, arrivé sur la piste, je déchante vite car si par temps sec son revêtement est compact et bien égalisé comme celui d’une « gravel road », il est également argileux et se transforme en glaise avec la pluie. Non seulement la glaise devient une véritable patinoire mais elle s’accroche aux pneus en les recouvrant d’une épaisseur de plusieurs centimètres. Je dois conduire à moins de 10 miles à l’heure, bien au milieu de la piste, sans freiner et en touchant à peine au volant car le plus léger changement de direction ou la plus faible déclivité me font déraper de manière incontrôlée et m’attirent irrémédiablement vers le fossé. Heureusement que la distance à conduire est très courte car sinon j’aurais abandonné.

Le panel, peint sur un des blocs tombés au pied de la falaise, n’est pas du tout indiqué et il faut connaître son emplacement pour le trouver. Presque uniquement visité par des locaux, cela n’a pas empêché qu’il soit vandalisé par des idiots qui se sont crus obligés d’y graver leur nom 😠, notamment un certain Joseph qui affiche ainsi son irrespect et sa ridicule vanité pour les quelques centaines d’années à venir.





C’est la ronde des personnages se donnant la main qui fait l’originalité de ce panel et lui a valu son surnom de « Circle of friends ». Mais s’agit-il d’adultes et/ou d’enfants, d’une famille ou d’amis, ou bien d’un groupe participant à une cérémonie religieuse, nul ne le sait…



Je trouve quelque chose d’émouvant dans cette ronde de personnages se donnant la main et qui dansent peut-être au son de la flûte de ce qui semble être un Kokopelli (partiellement effacé) sur leur gauche.



De retour à Escalante après quelques glissades involontaires sur la piste, j’attends l’arrivée de Winnie et de John, en route depuis Cedar City où habite Winnie depuis qu’elle a quitté Escalante il y a environ deux ans (pour être moins isolée médicalement). Winnie est une dame exceptionnelle de plus de 90 ans que ma femme et moi avons la chance de connaître depuis le début des années 2000, puisque chaque année elle nous a invités quelques jours chez elle à Escalante ou à Cedar City et, même si nous randonnions seuls dans la journée, nous avons eu le plaisir de passer beaucoup de temps avec elle 🙂. Californienne d’origine et veuve d’un pasteur avec lequel elle a voyagé dans plusieurs pays durant des années (cela a sans doute contribué à sa grande ouverture d’esprit et à sa tolérance), ce qui la caractérise avant tout c’est son extrême gentillesse et sa bonté entièrement tournée au service des autres (elles s’est consacrée toute sa vie à aider les personnes âgées et les enfants « difficiles », elle continuait encore ces dernières années à Escalante), sa profonde empathie, ses valeurs morales (sans jamais faire de prosélytisme), son sens aigu de la psychologie et de la persuasion, mais aussi son humour presque malicieux. Bien que restant toujours modeste, Winnie accumule un nombre de connaissances et de compétences impressionnantes : elle a obtenu trois masters de grandes universités américaines (Education, Gériatrie et Théologie), elle est experte en botanique (elle a créé et a été présidente de plusieurs associations « Garden of Eden » pour l’acclimatation de plantes et de fleurs dans les différentes régions où elle a habité), elle possède une très large culture générale avec une expertise en arts et notamment en peinture (elle a créé une association pour initier les personnes âgées aux différentes formes d’art), c’est une pianiste émérite, elle est à l’aise avec les nouvelles technologies (elle a commencé à se mettre à l’informatique à 60 ans, dès la sortie du premier IBM PC sous MS/DOS en 1981 et maintenant, avec son PC dernier cri, elle réalise elle-même les news letters de ses associations) et elle utilisait un appareil photo numérique bien des années avant moi, sans oublier ses qualités de cuisinière dont nous avons maintes fois profité y compris pour les pique-niques (qu’elle agrémentait toujours de gâteaux qu’elle avait préparés). Toujours très « classe », avec un port altier malgré les années, impeccablement soignée et habillée (même quand on passe la voir à l’improviste), Winnie est parfaitement autonome et hyper active à plus de 90 ans et elle a toujours plein de projets ! Chaque fois que je la vois, je me demande comment quelqu’un peut accumuler tant de qualités et, même si ce n’est pas l’objet d’un carnet de voyage, je tenais par ces quelques lignes à témoigner publiquement de mon admiration, de mon respect et de mon amitié pour une des personnes les plus rares qu’il m’ait été donné de rencontrer.

Le monospace de Winnie entre sur le parking de la galerie Serenidad. Compte tenu de la météo pluvieuse et de la difficulté des routes sinueuses qui mènent de Cedar City à Escalante (en passant par les hauteurs de Cedar Breaks), je m’attendais à voir John au volant mais c’est Winnie qui descend de la place du conducteur, fraîche comme si elle venait de son ancienne maison d’Escalante à quelques blocs de là. En lui faisant le hug traditionnel, je m’étonne que ce ne soit pas John qui ait pris le volant et elle me répond avec un sourire désarmant et un léger clin d’œil 😉 : « Mais c’est ma voiture, pourquoi donc John aurait-il conduit ? » Sacrée Winnie !

Winnie a amené un plat (des travers de porc à l’ananas) et va préparer le reste du repas avec sa fille Harriet.



Pendant ce temps, je passe un coup de téléphone portable sur le parking du Prospector Lodge pour capter du réseau. M’ayant entendu parler français, une compatriote me demande un renseignement et de fil en aiguille j’apprends que c’est sa partenaire qui a préparé le voyage, avec notamment l’aide de OuestUsa.fr et de Voyage Forum, et que celle-ci s’appelle Laurence. Il s’agit de Laurence49b de VF, avec qui j’avais échangé quelques messages publics et privés pour la préparation de son voyage, et par un hasard amusant elle est justement dans la chambre du Prospector Lodge en train de consulter OuestUsa.fr pour trouver un « Plan B » compte tenu de la météo qui interdit les visites prévues. Après un échange trop court mais sympathique, je dois aller rejoindre mes amis pour déjeuner. Avec Laurence (depuis accompagnée de son célèbre Spartiate), nous aurons davantage le temps de discuter lors de notre rencontre à Moab en 2010.

La traditionnelle photo souvenir avec Philip, Winnie, Harriet et moi (merci John !) avant un excellent repas pris dans une chaleureuse ambiance familiale :



Cet après-midi, dans les locaux de la High School d’Escalante, il y a une présentation par un habitant local de la randonnée de Boulder Mail Trail qu’il a récemment réalisée à cheval avec quelques amis. Je suis d’autant plus intéressé qu’Elisabeth et moi avons fait il y a quelques années la première moitié de cette randonnée (la plus intéressante) en aller/retour car effectuer la totalité de la randonnée aurait nécessité de disposer de 2 véhicules ou d’un shuttle.

Nous nous y rendons avec Harriet. Dans le hall d’entrée de la High School, il y a quelques stands où des locaux vendent leur production artisanale. Parmi eux se trouve une vénérable Indienne Navajo venue vendre des bijoux ornés de turquoise. Je repère un bracelet qui me plaît pour mon épouse mais le problème est que la vieille dame dort du sommeil du juste ! Ce n’est pas grave, je ne vais pas la réveiller et j’achèterai le bijou après la présentation. J’en profiterai pour lui demander l’autorisation de la prendre en photo, ce qui ne pose généralement pas de problème pour un commerçant Navajo vendant dans un lieu public hors de la Réserve, à condition qu’on lui achète quelque chose bien entendu. En attendant, je ne résiste pas à la photographier telle quelle, assoupie derrière son petit stand. De retour en France, je ferai aussi une déclinaison en quasi noir et blanc de cette photo.





Une bonne trentaine de personnes assistent à la présentation, toutes sont locales à part moi. Le narrateur est un homme de plus de 80 ans que tout le monde semble connaître. Je le trouve excellent car il commente son diaporama avec un réel entrain, alternant descriptions, rappels historiques, suspens et humour (avec beaucoup d’autodérision). Il faut dire que le Boulder Mail Trail, qui est le chemin qui était emprunté pour amener courrier et provisions sur des mules avant que la route de Boulder à Escalante ne soit construite, n’est pas une randonnée de tout repos avec ses plus de 25 km sur des chemins sableux ou sur du slickrock, avec la traversée de trois dépressions dont le profond canyon de Death Hollow dans lequel il faut descendre sur une pente à pic de slickrock (voir la photo ci-dessous, de l’endroit où je l’ai prise il faut atteindre la pointe de verdure en bas à gauche) pour remonter l’équivalent de l’autre côté. A pied, c’est déjà impressionnant et il faut être très prudent pour ne pas faire un faux pas, alors imaginez en tenant par la bride un cheval ou des mules chargées ! Et dire que notre conteur a fait cette randonnée cavalière à plus de 80 ans ! Respect !



Les réactions étonnées de l’assistance et les questions posées montrent que personne (à part un outfitter et moi) ne semble avoir fait tout ou partie de cette randonnée pourtant classique, alors que son départ ne se situe qu’à 25 miles par la route et que son arrivée est tout près d’où nous sommes. Au premier abord cela me surprend mais, à la réflexion, si un intervenant venait où j’habite faire une présentation sur une belle randonnée en Vallée de Chevreuse ou dans la forêt de Rambouillet (qui se trouvent à une distance équivalente de mon domicile que le départ du Boulder Mail Trail l’est d’Escalante), je la découvrirais probablement aussi !

En sortant de la présentation, je suis déçu de constater que la vendeuse Navajo n’est plus là, donc plus d’achat du bijou ni de possibilité de faire un portrait photographique intéressant 😐.

Comme pratiquement chaque fois que je passe à Escalante, je vais saluer Catherine qui tient le Rainbow Country Bed & Breakfast sur une hauteur près de l’entrée est d’Escalante. Avant d’être accueillis chez Winnie, nous logions systématiquement au Rainbow Country Bed & Breakfast, en famille et même avec Laurent Martres, où nous avons beaucoup échangé et vraiment sympathisé avec Catherine qui est une personne formidable. Elle a quitté un poste de responsabilité à Salt Lake City pour tenir ce Bed & Breakfast, notamment pour respecter la promesse faite à son ancien propriétaire et ami proche quand celui-ci est décédé. J’ai conseillé le Rainbow Country Bed & Breakfast à plusieurs amis et forumeurs (n’hésitez pas à vous recommander de « Philippe » si vous y allez aussi) et tous ont apprécié l’accueil chaleureux de Catherine, son amabilité et sa disponibilité pour conseiller visites et randonnées dans le secteur, sans compter ses confortables chambres et aménagements (les invités disposent d’un jacuzzi et d’un sous-sol aménagé qui leur est réservé, avec même un billard américain !) et son remarquable petit déjeuner aussi copieux que délicieux. Il ne faut pas escompter un départ matinal si on loge chez Catherine car ce serait dommage de ne pas profiter tranquillement de ce moment privilégié et convivial autour d’une bonne table. Comme d’habitude, cette année nous avons plein de choses à nous dire et ma visite qui se voulait rapide durera près d’une heure.

Comme il pleut toujours, je traîne dans une boutique d’outfitter, jusqu’au moment où une éclaircie diffuse une belle lumière et fait apparaître un arc-en-ciel qui matérialise opportunément le nom du Bed and Breakfast de Catherine.







Les prévisions météo ne s’arrangeant pas, bien au contraire, j’organise un « Plan B » pour les deux jours à venir afin d’essayer d’échapper à la pluie en faisant une courte incursion à Zion NP et à la frontière du Nevada et de l'Arizona.

Winnie retourne à Cedar City avec John et c’est, comme à chaque fois, le cœur serré et la gorge nouée 😐 que je lui dis au revoir en espérant que j’aurai l’occasion de la rencontrer à nouveau toujours en bonne santé lors d’un prochain voyage.

Après un dîner frugal, Harriet et moi nous rendons de nouveau à la High School où est donnée dans l’amphithéâtre une représentation unique, préparée et jouée par les locaux pour les locaux, sur la vie et l’histoire d’Escalante. Même si je n’ai vu en ville aucune publicité pour cette représentation, cette fois-ci il y a bien plus d’une centaine de personnes et tout le monde semble se connaître (je suis quasiment certain d’être le seul touriste).

Tout le long de la soirée, un couple de narrateurs assure la présentation sous la forme d’un dialogue entre eux.



Un long sketch relate un concours de tir qui a réellement eu lieu ici à la fin du siècle dernier. Un tireur d’élite (ancien officier de l’armée) faisait le tour des villes et villages et prenait des paris sur le résultat du concours de tir qu’il organisait et dont il sortait systématiquement vainqueur. A Escalante, un local (présenté ce soir comme un redneck caricatural et clownesque pour faire rire l’assistance) a tenu le pari durant trois manches et devinez qui a gagné au final les 300 $ (une grosse somme pour l���époque) !





Après ce sketch humoristique, c’est la séquence « émotion » avec une évocation de la crise de 1929 à Escalante. Plusieurs membres de la communauté ont survécu grâce à la générosité de celui qui tenait le General Store : il avait su préserver ses économies en faisant les bons choix et faisait crédit à tous ceux qui n’avaient pas eu cette chance, sans grand espoir qu’ils le remboursent un jour. Comme en mai 2009 nous sommes aussi en pleine crise économique, cette évocation n’a pas été choisie par hasard…





Ensuite, se succèdent une série de petits sketches, de chansons, de danses, toujours interprétés par des locaux. Je remarque tout particulièrement un jeune homme qui participe très souvent et est fort doué pour faire le spectacle.

On l’avait vu chanter avec son père lors de l’évocation de la crise de 1929 (voir photo précédente), on le voit faire le pitre lors d’un sketch sur l’école…



… puis chanter avec ses frères et sa sœur…



… avant de participer à une danse endiablée (bien que ce qualificatif ne convienne pas vraiment pour des Mormons 😛).



Plusieurs familles viennent chanter a cappella…



… ainsi que les enfants de l’école.



J’ai été très agréablement surpris par ce spectacle, varié, vivant, rythmé, égayé d’humour (que je n’ai pas pu toujours comprendre contrairement au reste de l’assistance qui rigolait bien), minutieusement préparé et interprété avec un quasi-professionnalisme par des personnes motivées qui ont dû lui consacrer beaucoup de temps. En raison de l’ambiance enthousiaste, de l’émotion et de l’interaction qu’il y avait entre des acteurs et des spectateurs qui se connaissaient visiblement bien, on sentait que ce spectacle était un moment fort pour la communauté d’Escalante.

Comme j’ai remarqué que personne ou presque n’avait pris de photos pendant le spectacle, de retour à Paris j’en ai envoyé toute une série à Harriet qui les a redistribuées aux personnes intéressées.

A la sortie de la représentation, je rencontre trois sœurs qui ont joué dans plusieurs sketches et se prêtent de bon cœur à une séance photo improvisée.



Cette nouvelle nuit dans le trailer de mes hôtes fut certainement peuplée de rêves concernant une vie rude et simple dans une « Petite maison dans la prairie » près d’Escalante.

JOUR 18 : d’Escalante à Little Finland

Le réveil est très matinal aujourd’hui car le programme est chargé, mais le copieux petit déjeuner préparé par Harriet me recharge en énergie pour les heures à venir.

La météo doit rester correcte à Zion National Park jusque dans l’après-midi, puis la pluie va de nouveau sévir, mais je partirai alors pour le Nevada où le temps devrait être ensoleillé.

Sur le chemin de Zion, je ne résiste pas à la courte balade de Pink Ledges dans le Red Canyon au bord de la Highway 12. Comme il est encore tôt, le soleil n’a pas encore pénétré tout le canyon et la lumière réfléchie sur certaines de ses parois colorées fait paraître celles-ci encore plus rouges.







Au bord du chemin, des rochers jumeaux semblent converser.



En arrivant à Zion NP, je constate qu’il y a beaucoup de monde. C’était prévisible puisque c’est le week-end du Memorial Day, un des plus chargés aux USA car il marque le véritable début de la saison touristique. C’est pourquoi j’ai prévu une randonnée vraiment hors des sentiers battus (East Temple Loop), puisqu’elle ne suit aucun chemin tracé mais seulement une simple description trouvée sur l’excellent site du photographe Joe Braun.

Par chance, je trouve encore une place sur le petit parking du Canyon Overlook Trail et je me rends au point de vue via cet agréable chemin très fréquenté aujourd’hui. Il est vrai que la vue de l’overlook est impressionnante et vaut cette courte balade.



Rapidement, je m’éloigne de mes semblables pour entamer une montée raide, à même le slickrock, qui mène au col situé au pied de l’East Temple.



La vue sur Zion s’élargit et devient de plus en plus belle.





Il me faut maintenant trouver une voie pour descendre dans la vallée de slickrock rouge qui se trouve de l’autre côté du col.



Ici, c’est nettement plus pentu et il faut bien choisir ses options de descente car tout faux pas est à proscrire dans ce secteur isolé où personne ne passe.







En continuant dans la vallée, j’arrive au superbe point de vue sur Shelf Canyon. Ce secteur sauvage où on ne voit pas trace humaine, tourmenté et très coloré, est probablement un de mes préférés de tout le parc de Zion que j’ai déjà parcouru dans tous les sens depuis 10 ans de voyages dans la région.







En chemin, je rencontre un beau cactus bicolore.





Je rejoins tranquillement mon SUV via Upper Pine Creek juste avant que la pluie ne finisse par arriver sur Zion NP, comme prévu par la météo. Il m’a fallu environ 3 heures (en prenant mon temps) pour réaliser cette superbe randonnée qui, bien que courte et pas très fatigante, n’est à conseiller qu’à des randonneurs expérimentés car elle nécessite un bon sens de l’orientation (et les explications de Joe Braun), une expérience de la marche sur du slickrock pentu et aucune peur du vide ou vertige.

Pour échapper au mauvais temps, il ne me reste que la solution d’aller dans le Nevada (à la frontière de l'Arizona) qui devrait être épargné par la pluie. C’est l’occasion de retourner visiter un site que j’affectionne pour sa solitude, son originalité et son potentiel photographique : Little Finland.

Cet endroit perdu au milieu de nulle part n’est resté longtemps connu que de quelques très rares locaux (sans publication d’informations ni de photos) et sa « découverte » par les aficionados de sites originaux et photogéniques est le résultat d’une recherche collective aidée par le hasard.

En 2003, mes amis photographes et moi étions à la recherche d’un rocher à la forme extraordinaire, photographié par le talentueux Michael Fatali qui avait intitulé sa photo « Back of Beyond ». Nul ne savait où cette curiosité se trouvait (ni même dans quel Etat des USA) et on montrait, directement ou via Internet, la photo de Michael Fatali aux rangers et autres spécialistes dans l’espoir que l’un d’entre eux nous indique l’endroit nécessairement reculé où se trouvait cette merveille de la nature. Suite à un de mes mails au Visitor Center du BLM de Saint George, j’avais reçu une réponse d’un ranger avec le scan d’un extrait de carte sur lequel il avait dessiné un cerce de plusieurs kilomètres de diamètre indiquant un secteur où pouvait se trouver ce type de rocher (d’après certains locaux de la ville de Mesquite dans le Nevada). Le ranger me disait aussi de passer le voir au BLM de Saint George quand je viendrai dans la région. Fin juin 2003, en voyage avec ma fille Flora qui avait à l’époque 16 ans, je me présentais au BLM de Saint George mais celui-ci était exceptionnellement fermé pour cause de travaux. Aussi, sommes nous partis tenter de trouver le fameux rocher uniquement avec l’extrait de carte et son cercle dessiné dessus. Situé en plein désert du Nevada, ce secteur est caniculaire en été et son exploration systématique d’ouest en est pendant plusieurs heures fut vraiment éprouvante sous le cagnard. Presque arrivés à l’extrémité est du cercle, alors que nous commencions à présenter les premiers signes du coup de chaleur et que ce qui semblait être un grand vautour tournoyait autour de nous comme s’il attendait notre fin, j’avais par prudence interrompu l’exploration pour que nous puissions nous rafraîchir à Mesquite au lieu de nous dessécher dans cet endroit très isolé et quasiment jamais fréquenté. Notre programme serré ne nous avait pas permis de revenir continuer l’exploration. Quand on cherche de « nouveaux » endroits, toutes les explorations ne sont pas des succès, ce n’est pas la première fois que ce type d’échec m’arrivait 😐 !

Ayant fourni mes informations à Laurent Martres, celui-ci se rendit dans le secteur quelques mois plus tard, après avoir obtenu des renseignements complémentaires de la part du ranger de Saint George. Il trouva l’endroit où se situent les rochers curieusement érodés de Little Finland. Quand il m’en indiqua les coordonnées, j’ai trouvé rageant que ce site se trouve à moins de 500 m d’où j’avais terminé mon exploration avec Flora et j’ai dû attendre le printemps 2006 pour pouvoir le découvrir à mon tour en compagnie de mes amis Steffen et Isa. Comme Laurent a inclus ce site dans Photographing the Southwest Volume 2, il est désormais régulièrement visité et apprécié par les adeptes de la photographie dans le wilderness.

Quant au fameux rocher « Back of Beyond » de Michael Fatali, il se situait bien loin de là, au nord de l’Utah, non pas caché au beau milieu du wilderness comme nous le supposions mais facilement accessible dans la Recreational Aera de Fantasy Canyon (au centre d’une région d’exploitation de pétrole et de gaz) où les locaux viennent régulièrement pique-niquer le week-end (il y avait même un banc de bois au pied du fameux rocher !). Je m’y suis rendu en 2005 mais malheureusement la fragile formation rocheuse s’est écroulée en septembre 2006 (sans que la raison de cet écroulement n’ait pu être clairement déterminée).

Depuis ma visite à Little Finland en avril 2006, une barrière a été installée par le BLM dans le canyon d’accès à environ 1 km du site, ce qui empêche de bivouaquer au pied même du site comme nous l’avions fait avec Steffen et Isa. Une raison en est peut être aussi la marche de slickrock surmontant du sable qui se situe maintenant peu après la barrière, car même si elle n'est pas impressionnante elle était traîtresse pour les SUV. Après notre exploration du site en 2006, alors que ma Jeep Grand Cherokee avait descendu cette marche sans problème, le Chevrolet Trailblazer de Steffen et Isa (avec moins de garde au sol) s’était retrouvé avec le bas de caisse coincé sur la marche, les roues avant patinant dans le sable et les roues arrière ne touchant quasiment plus le sol 😕. Il nous avait fallu une heure et demie à trois pour se sortir de ce mauvais pas en montant la voiture sur le cric (qui s’enfonçait dans le sol) pour construire une rampe de pierres sous chaque roue arrière. Puis Steffen avait réussi à faire avancer en force le véhicule, en faisant rugir le moteur et avec un lugubre bruit de frottement du bas de caisse, tandis qu’Isa et moi nous accrochions à l’arrière de la voiture pour ajouter du poids sur les roues arrière afin qu’elles assurent une bonne traction sur nos rampes de pierres (immédiatement écroulées dès que la voiture a avancé).

Après l'évocation de ces quelques souvenirs, revenons à mon voyage de cette année. La route en provenance de Zion NP via l’I-15 et la Gold Butte Back Country Byway a été longue (SUV au minimum AWD pour la dernière partie de la piste), aussi la fin d’après-midi est déjà bien avancée et je dois me dépêcher d’aller sur le site pour bénéficier de l’éclairage de la « golden hour », indispensable pour espérer de bons résultats photographiques.

Les formations rocheuses de Little Finland sont situées au bord d’une petite falaise qui surplombe les environs. Au pied de cette falaise, une source a permis à trois ou quatre palmiers de survivre.



Sur ce plateau de slickrock…



… l’érosion a réalisé des sculptures aux formes étonnantes. C’est un véritable plaisir pour les yeux mais également un jeu de chercher à les capter avec son appareil photo en essayant de les isoler sous le meilleur éclairage possible.













Les couleurs sont particulièrement exacerbées au coucher du soleil :





On peut trouver de petites arches…



… et des roches finement découpées.



Je ne peux m’empêcher de laisser courir mon imagination dans ce délire de roche et je me laisse prendre à « reconnaître » des personnages, des animaux, des créatures fantasmagoriques… Et pourtant je promets de n’avoir avalé aucune substance illicite ni d’avoir forcé sur la bouteille 🤪 !

Voici une silhouette en train de consulter un message sur son iPhone :



Un petit éléphant volant comme Dumbo :



Un démon qui ricane (est-ce celui de « Devil’s throat » devant lequel on passe pour venir à Little Finland ?):



Un monstre agressif…



… puis un autre qui l’est moins :



Un petit dinosaure :



Un rapace géant :



Le soleil s’est couché depuis un moment mais je reste sur place à errer jusqu’au crépuscule pour m’imprégner d’une ambiance qui devient très particulière, plutôt inquiétante surtout dans cette totale solitude…





Il fait nuit quand je retourne à mon SUV, à la pâle lueur des étoiles que je ne veux pas gâcher par la lumière de ma lampe frontale qui reste dans le sac à dos. Heureusement que mon véhicule n’est pas très loin et que j’avais bien repéré le chemin car il ne m’apparaît qu’au tout dernier moment.

Quand je me glisse dans le sac de couchage à l’issue de cette journée bien remplie, j’ai quand même une légère appréhension car je me demande si toutes les créatures pétrifiées de Little Finland ne vont pas se réveiller et m’empêcher de dormir en paix parce que je les ai dérangées. Si c’est le cas, ici personne ne viendra me secourir 😐 !

JOUR 19 : de Little Finland à Escalante

Ce matin le réveil sonne très tôt car je veux retourner à Little Finland dès l’aube pour bénéficier du court laps de temps pendant lequel la lumière est belle autour du lever du soleil.

Cette nuit, aucune créature n’est venue perturber mon sommeil : pas de monstre essayant de me croquer, pas de démon me tirant par les pieds, pas de dinosaure maltraitant mon véhicule comme dans un film de Spielberg, pas d’éléphant volant atterrissant sur le toit du SUV... Ouf 😛 !

La lumière de l’aube est très douce et j’attends tranquillement le lever du soleil en prenant quelques clichés.







J’assiste au réveil d’une autre créature à la mâchoire impressionnante…





… mais qui s’en va paisiblement en ondulant.



Je retrouve mes « amis » de la veille sous un nouvel éclairage :

Le monstre agressif.



Le petit dinosaure.



Et mon préféré, le rapace qui semble toujours à l’affût d’une nouvelle proie.





D’autres formations rocheuses se révèlent avec l’éclairage du matin, comme celle-ci :



Quelques détails attirent mon attention, comme cet orifice d’où semble jaillir du slickrock…



… ou ce « Grand Téton » pétrifié.



Une curieuse substance blanche recouvre partiellement certaines sections rocheuses du site en semblant suinter de la roche. J’apprendrai plus tard que c’est un phénomène naturel qui se produit ici pendant l’hiver et se résorbe progressivement dès les premières chaleurs pour quasiment disparaître pendant l’été.



Après un petit déjeuner où je prends tout mon temps pour profiter du site avant que la lumière ne devienne trop crue, je quitte Little Finland en passant au pied d’un immense champignon rocheux pointant vers le ciel.



De retour sur la Gold Butte Back Country Byway, je fais un arrêt à Whitney Pocket, un secteur très prisé des locaux pour y faire du camping sauvage avec leurs trailers sur des sites isolés au pied de formations rocheuses colorées facilement accessibles (car la petite route goudronnée parvient jusque-là avant de se transformer en piste).



Je quitte le Nevada pour revenir en Utah où il est prévu que le temps s’améliore progressivement dans les jours à venir. Quand j’arrive à Saint George, je constate que l’amélioration n’est pas pour tout de suite 🙁 aussi j’en profite pour faire un ravitaillement au Wal-Mart et je vais même faire un tour dans les outlets à la recherche d’un magasin Abercrombie & Fitch, pour ramener quelque chose à ma fille sans risquer de me tromper de marque 😇, mais en l’absence de ce magasin je ne m’attarde pas longtemps.

Pour revenir à Escalante, je repasse par Zion NP et donc par Springdale à l’entrée ouest du parc. Comme quasiment chaque année depuis 10 ans, je m’arrête à la galerie de Michael Fatali, qui se trouve désormais dans le bâtiment du Zion IMAX Theatre Complex, pour y admirer ses magnifiques photos tirées en grand format et particulièrement lumineuses grâce au procédé Cibachrome. Bien que son assertion : « No computer imaging, artificial lighting, or unnatural filtration were used in the creation of these photographs » fasse rire ou agace la majorité de la communauté photographique qui n’est pas dupe 😛, et que sa condamnation judiciaire pour avoir noirci la base de Delicate Arch (nettoyée depuis) en faisant brûler des grosses briquettes pour aider un peu la « God’s light » lui ait valu de nombreux détracteurs 😠, Michael Fatali n’en reste pas moins un maître de la photographie et un précurseur qui fait référence pour la découverte des endroits les plus beaux à photographier sur le plateau du Colorado 🙂. Comme la plupart des photographes professionnels, il ne dévoile pas ses secrets et nomme rarement les sites immortalisés sur ses photos, aussi a-t-il fallu plusieurs années à notre petit groupe de fans du Southwest pour découvrir la localisation de tous les sites de ses portefolios et pour nous y rendre personnellement (il me reste encore à visiter Elve's Chasm, mais pour cela il faut pouvoir payer une descente du Colorado en rafting dans le Grand Canyon ou bien faire un backpacking difficile de plusieurs jours).

A l’occasion des visites dans sa galerie, j’avais rencontré deux fois Michael Fatali mais « le Maître » était distant et ne souhaitait pas perdre de temps avec un admirateur également tombé amoureux du Southwest mais dont la dégaine montrait qu’il n’achèterait jamais une des très onéreuses photos exposées.

Quand je me rends dans sa galerie cette année, je suis surpris de constater qu’il n’y a pas d’autres visiteurs en ce début d’après-midi (alors que nous sommes pourtant le week-end du Memorial Day), par contre Michael Fatali est présent derrière le comptoir. En admirant une fois de plus ses superbes photos, je remarque une guitare électrique qui est exposée sur un mur car plusieurs grands guitaristes l’ont signée. Je l’évoque à Michael Fatali en lui disant que je me doutais qu’il aimait le rock puisqu’il avait pris il y a longtemps une photo de Calvin Russell jouant de la guitare dans Antelope Canyon pour la pochette d’un de ses albums. Il semble sidéré de cette remarque, d’abord parce que je connais les albums de Calvin Russell (Michael ignore que, si Calvin Russell est quasiment inconnu aux USA, il est assez connu en France) et surtout que je connaisse cette photo « de jeunesse » qu’il n’évoque jamais. Du coup, il abandonne l’attitude du « Maître » et devient accessible et très aimable, on discute un bon moment à bâtons rompus de musique et des beautés du Southwest. Quand il me demande si je ne peux pas lui indiquer de nouveaux sites encore « secrets » dans la région pour qu’il puisse faire de nouvelles photos, je suis interloqué par une telle question venant de lui et je ne trouve à répondre que : « Je ne connais rien de plus que ce que vous avez déjà exploré »… ce qui n’est probablement pas tout à fait vrai.

Après cet agréable moment de convivialité 🙂, je poursuis ma route vers Escalante, en faisant un premier arrêt pour photographier ce témoignage du Memorial Day…



… et un autre pour immortaliser un vieux pick-up Chevrolet qui a du vécu.





Au Visitor Center d’Escalante, je m’enquiers des prévisions météo ainsi que de l’état des pistes et des slots canyons dans le secteur. Le ranger m’indique que Zebra Slot est noyé, qu’il n’en sait rien pour Peek-A-Boo et Spooky slots, que la piste d’Egypt Bench (pour Neon Canyon) est impraticable mais que je peux tenter demain la piste pour Harris Wash (pour me rendre au Volcano en passant par le slot de Red Breaks) mais uniquement si elle a séché car aujourd’hui un SUV 4x4 s’y est embourbé et il a fallu lui envoyer la dépanneuse (pour quelques centaines de dollars). Il va donc falloir que je revoie mon programme… 🙁

Ce soir, c’est le dernier dîner avec Harriet et Philip et la dernière nuit confortable dans leur trailer, car à partir de demain je repars pour une dizaine de nuits de bivouac dans mon SUV.

Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
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Voyage de quatre semaines en camping avec deux enfants (2 et 4 ans) dans l'Ouest américain
Bonjour

Je suis nouveau sur ce forum. Cet été direction le grand ouest americain !!!

Alors petite présentation. Il y a madame (prof d’anglais) qui est une vraie ricaine (elle y a vécu 10 ans pres de NY), Tim qui fetera ses 4 ans en descendant de l’avion , Léo qui aura presque 2 ans, et moi le papa qui a déjà fait l’est americain et le canada en encadrant une colo itinerante il y a quelques années.

On a deja reservé un londres-los angeles du 2 au 29aout (on est du pas de calais, donc avec l’eurostar londres c’est un peu la banlieue …) et une voiture pour cette periode (modele full size) pour voyager a l’aise. (les vans et SUV etaient hors de prix !)

On prevoit de faire du camping a peu pres 4-5 jours sur 7 (un ami m’a conseillé les KOA) et de se prelasser ds des Best Western de temps a autre pour souffler un peu et dans des endroits obligatoires (las vegas ou death valley…)

J’ai besoin de plein de conseils pour le matos et l’itineraire

On compte prendre 2 tente 2 sec de decath , un porte bébé lafuma pour leo (malheureusement on ne peut en prendre qu’un, ma femme n’arrive pas a porter meme le petit sur son dos…ça risque de poser probleme dans les petites randos …)

Que faire concernant les sieges bébé pour a voiture ? la loc est hors de prix on hesite entre achat sur place et les balancer avant le vol et emmener un petit rehausseur et un siege pour leo...

Sinon qqn part peut etre en juillet et on peut s’arranger en laissant des sieges ds un hotel de L.A

Quid des matelas ? petits autogonflants ou gonflable classiques avec petite pompe elec (qu’on possede deja)

La poussette est elle indispensable ? (une petite poussette canne) je pense que oui pour les siestes

A ce sujet est ce que ça peut etre considere comme bagage a main dans l’avion ?

Glaciere classique ou elec ? emportée ou achetée sur place ?

Les campings etant bien equipés pas besoin de chaises et tables ni barbecue

Comment ca se passe pour le bois ou le charbon de bois ?

Pour le rechaud pas de cartouche ds avion, de memoire pas de recherge camping gaz sur place… je pense qu’on utilisait un truc coleman a l’epoque , le bruleur est il independant de la cartouche ?

Que me conseillez vous en vaisselle, popotte, materiel de camping…

Gps ? carte ? j’ai un tomtom europe ça vaut le cout d’acheter la carte us ?

Idem pour les vetements ?

On aimerait dans l’ideal ne pas bouger tous les jours mais faire quand meme un max de truc (on est pas chiants …)

Quels sont les incontournables ? les facultatifs ?

Merci de vos réponses et de nous faire partager votre expérience !!
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Soixante-quatorze jours dans l'Ouest américain du 29 mars au 11 juin
Voyage Forum me demande de créer une nouvelle file parce que la précédente est trop longue. Donc, voici notre programme "à jour", jusqu'au 21 avril rien ne devrait plus bouger, au-delà ça peut encore évoluer.

Merci à tous qui m'avez tant aidée par vos conseils et vos commentaire, à choisir les sites et les randonnées. Nous ne passerons pas un jour certainement sans avoir une pensée pour vous.

1- mardi 29 mars - Maison > Las Vegas

2 - 30 mars - Las Vegas > Cameron (permis Grand Falls) > Flagstaff

3 - 31 mars - Flagstaff > Grand Falls > Sedona

4 - 1 avril - Sedona

5 - 2 avril - Sedona

6 - 3 avril - Sedona

7 - 4 avril - Sedona > Cottonwood > Payson > Tonto National Monument > Lost Dutchman

8 - 5 avril - Lost Dutchman SP > Goldfield

9 - 6 avril - Lost Dutchman SP > Boyce Thompson Arboretum > Saguaro National Park East > Saguaro NP West

10 - 7 avril - Saguaro West (Arizona Sonora Desert Museum) > Alamogrodo ou White Sands

11 - 8 avril - White Sands

12 - 9 avril - White Sands > Guadalupe NP (via Sacramento)

13 - 10 avril - Guadalupe NP

14 - 11 avril - Guadalupe NP > Carlsbad Caverns (Kings Palace Ranger led Tour)

15 - 12 avril - Carlsbad Caverns > Carrizozo > Santa Fe

16 - 13 avril - Santa Fe

17 - 14 avril - Santa Fe > Taos > Chaco Culture

18 - 15 avril - Chaco Culture > Bitsi Badlands

19 - 16 avril - Bisti Badlands (Peut-être Shiprock)

20 - 17 avril - Bisti Badlands > Shiprock > Canyon de Chelly

21 - 18 avril - Canyon de Chelly

22 - 19 avril - Canyon de Chelly (Crépuscule Hope Arch) > Retour Canyon de Chelly pour la nuit

23 - 20 avril - Canyon de Chelly > Gooseneck SP > Valley of Gods

24 - 21 avril - Valley of Gods > Monument Valley (The View)

25 - 22 avril - Monument Valley > Moky Dugway > Muley Point

26 - 23 avril - Muley Point > Mule Canyon > The Needles

27 - 24 avril - The Needles

28 - 25 avril - The Needles > Moab (Marching Men - Delicate)

29 - 26 avril - Moab

30 - 27 avril - Moab - Island in the Sky

31 - 28 avril - Island in the Sky (Mesa Arch)

32 - 29 avril - Island in the Sky > Deadhorse Point pour le coucher du soleil

33 - 30 avril - Dead Horse Point > Shafer Trail > White Rim

34 - 1 mai - White Rim > Potash Road > Five Hole Arch

35 - 2 mai - Five Hole Arch > Globlin Valley > Little Wild Horse Canyon

36 - 3 mai - Crack Canyon > Hanksville

37 - 4 mai - Hanksville > Factory Butte > Capitol Reef

38 - 5 mai - Capitol Reef

39 - 6 mai - Capitol Reef > Cathedral Valley

40 - 7 mai - Cathedral Valley > on sort par Thousand Lake

41 - 8 mai - Caineville Temples Moon and Sun > Nottom Road > Cedar Mesa Campground

42 - 9 mai - Nottom Road > Burr Trail > Devil's Garden

43 - 10 mai - Devil's Garden > Golden Cathedral

44 - 11 mai - Sur Hole in the Rock Road (programme cool Choprock canyon ?) On dort au RH de Coyotte Gulch

45 - 12 mai - Coyotte Gulch

46 - 13 mai - Coyotte Gulch > Harris Wash > Henrieville (The Blues) > Kodachrome Basin

47 - 14 mai - Kodachrome Basin > Mosy Cave > Bryce Canyon (Upper Inspiration Point ) > Kodachrome Basin

48 - 15 mai - Kodachrome Basin SP > Willis Creek > Kodachrome Basin

49 - 16 mai - Cottonwood Canyon Road

50 - 17 mai - Cottonwood Canyon Road (Wahweap – White Rocks) – Nuit Alstrom Point

51 - 18 mai - Page

52 - 19 mai - Page Croisière Rainbow bridge – Old Paria Movie Set

53 - 20 mai - Antelope Canyons – Waterhole Canyon – Cathedral Wash – Great Wall

54 - 21 mai - CBN

55 - 22 mai - Whire Pass - Buckskin Gulch

56 - 23 mai - Page

57 - 24 mai - Horse Shoe Bend > Petrified Forest

58 - 25 mai - Petrified Forest > Grand Canyon

59 - 26 mai - Grand Canyon

60 - 27 mai - Grand Canyon > Seligman

61 - 28 mai - Seligman > Havasupai

62 - 29 mai - Havasupai

63 - 30 mai - Havasupai > Seligman

64 - 31 mai - Seligman > Zion

65 - 1 juin - Zion

66 - 2 juin - Zion > Toroweap

67 - 3 juin - Toroweap > Mesquite

68 - 4 juin - Mesquite > Little Finland (Gold Butte)

69 - 5 juin - Gold Butte (Little Finland) > Valley of Fire

70 - 6 juin - Valley of Fire > Red Rock Canyon

71 - 7 juin - Red Rock Canyon > Death Valley

72 - 8 juin - Death Valley

73 - 9 juin - Death Valley

74 - 10 juin - Death Valley > Las Vegas

75 - 11 juin - Las Vegas > Maison
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Réservation campings - Ouest américain en mai
salut à tous,

Nous partons avec ma copine du 8 au 30 Mai 2014 au EU. Itinéraire : SF/Yosemite/Deatch Valley/Vegas/Brice Canyon/Moab/Gran Canyon/LA

Nous avons hésite sur la formule à savoir camping car ou SUV. Finalement ca sera SUV. meme si nous avions préference pour CC au départ nous ne pouvons pas rouler sur de nombreuses pistes...

Donc ca sera SUV, mais nous allons tout de même prendre tente pour faire camping dans les parcs nationnaux.

Etant plutot du style à aller la ou le vent nous portera nous n'allons pas faire de reservation d'hotel ou de camping à l'avance. ca sera de la dernière minute.

Quid de nos chances de trouver des emplacement de camping dans les parcs nationaux à la dernière minute ?

Quelqu'un a t il deja testé ? avons nous de bonnes chance de trouver des places ou va t on devoir aller au motel du coin a chaque fois ?

A +

Thomas
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Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain"
sur la suggestion de Kashtin je reprends son post à mon compte pour poursuivre les récits de petites histoires vécues près de la nature en invitant tous ceux qui pourraient en avoir à nous les faire partager.

Sauver les ours de la décharge de Z

Chose bien connue de tous, en Amérique du Nord, parmi les endroits les plus fréquentés par les ours de toutes sortes (noirs, grizzlys, blancs) en dehors des rivières à saumons, champs de blueberries etc… ont figuré malheureusement depuis des décennies les décharges (garbage dumps) associées à la proximité d’une collectivité humaine. Il fut un temps où, tout comme en France, toute collectivité avait sa décharge ouverte à tous vents. A l’heure actuelle on parle plutôt de centre d’enfouissement (landfill) clôturés, mais les ours sont malheureusement toujours attirés par les poubelles.

Cette année-là, dans les années 1970, sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver nous avions installé un camp d’une quinzaine de personnes. Le site choisi en bordure d’une belle rivière de montagne fournissant eau potable pour faire du TANG !! ( boisson qui accompagnait couramment les repas) était de plus dégagé, permettant donc en tout temps un accès facile et sécurisé à l’hélicoptère, indispensable pour se déplacer rapidement en montagne.

(Hélicoptère léger sur flotteurs du type de celui utilisé. OKANAGAN HELICOPTER a disparu en tant que tel en 1987 )

Il était néanmoins accessible aux 4x4 car proche de la route (alors simple gravel road) conduisant au village de logging de Z……. situé, plus en aval, à l’embouchure de la rivière, au fond de l’inlet (fjord). Ce village avant de devenir une importante base de logging avait d’ailleurs pris naissance vers 1930 lors d’une des toutes dernières ruées vers l’or historiques, d’importance relativement locale, activité certes plus excitante que celle de bûcheron mais beaucoup moins pérenne !! C’était presque un siècle après celle de Californie et plus de trente ans après celle du Klondike.

Le cadre était enchanteur, la rivière aux eaux claires, encaissée au pied des montagnes permettait d’agrémenter de temps en temps l’ordinaire de truites sauvages ou autres steelheads. Derrière nous les sommets enneigés, devant nous la côte Pacifique accessible à notre Zodiac. Et en plus on était payés pour vivre là !!!! Dieu que la nature est belle et sereine parfois !! 🙂🙂

Entre notre camp et le village, à seulement quelques centaines de mètres de nous mais complètement noyée dans la végétation, totalement invisible depuis la route se trouvait la décharge-poubelle locale. A vrai dire nous ne l’avions pas repérée de prime abord mais en réalité elle ne nous gênait pas. Bien entendu les ours (noirs, pas de grizzlys dans l’île) la fréquentaient assidûment et en termes de voisinage nous n’avions peut être pas suivi à la lettre les consignes de sécurité maintenant répandues (ne le répétez pas… il y a de toutes manières prescription...😛).

La coexistence Ce que nous avons découvert par contre c’était que le site sur lequel nous nous étions établi se trouvait sur un des itinéraires préférés de nos voisins et qu’ils n’avaient pas l’intention d’en changer. Pour descendre de la montagne ils continuèrent donc à l’utiliser, en tout cas de nuit, de sorte que souvent le matin on trouvait des traces de pas dans le sable et en plein milieu du camp, entre les tentes. Nous avions une tente cuisine, jamais ils n’y ont tenté la moindre incursion. Nous prenions bien entendu certaines précautions de base quant aux provisions et aux déchets alimentaires mais quand on voit ce qui nous est survenu en des circonstances différentes où les ours se sont attaqué au réfrigérateur fermé pour aller y chercher la nourriture on peut s’étonner rétrospectivement. Le fait est que nos voisins étaient gavés de nourriture de la poubelle, littéralement gavés. Il suffisait de voir leur tour de taille et leur nonchalance. Comme de simples touristes (j’allais dire vulgaires 😛, pardon), le soir après notre propre repas nous allions fréquemment de l’intérieur de nos 4x4 les observer évoluer autour de nous sans nous prêter attention. Allons dire bonsoir aux ours disait l’un d’entre nous et d’autres suivaient. Il y en avait jusqu’à une dizaine qui cassaient la croûte en fourrageant dans les déchets de la journée. C’est à peine s’il levaient la tête pour nous observer, il était difficile de croire que l’on avait affaire à des animaux sauvages, des fauves en puissance et certains d’entre nous devaient parfois résister à la tentation de sortir du 4x4 pour aller leur faire causette.

Un peu à l’écart des tentes-vie, accessible par une sente étroite au milieu de la végétation arbustive et buissonneuse dense, nous avions installé notre out-house (la cabane au fond du jardin dirait l’humoriste).



Deux gros mâles, bien gras, placides et débonnaires (d’allure en tous cas) avaient pris l’habitude d’y faire la sieste en pleine journée. On les avait surnommés "les moines" Pour se rendre à nos commodités il fallait quand même rendre des précautions, éviter de les surprendre. C’est là que nous utilisions une grosse clochette bien sonore, un peu comme les lépreux au Moyen Age pour les avertir de notre arrivée. Si quelqu’un voulait aller aux toilettes donc, on lui rappelait "fais attention aux moines". Il arrivait que nous les trouvions si bien installés qu’ils ne daignaient pas bouger. A ce moment-là nous jugions plus sage de faire demi-tour. Après tout, ils étaient là avant nous n’est-ce pas ? Chaque matin l’hélicoptère emmenait par rotations successives les membres de l’équipe faire leur travail. Chaque soir il allait les chercher. La course de l’hélicoptère l’amenait à passer à très basse altitude au-dessus de la décharge. Les premiers jours nos voisins avaient tendance à s’égailler dans tous les sens, comme du bétail (cela me rappelle, ce qui n’a rien à voir avec notre sujet actuel, un bush pilote du Québec qui, dans la région du lac Saint-Jean, adorait piquer sur les troupeaux pour voir les pauvres bovins courir dans tous les sens ; je ne sais pas si c’était très bon pour la lactation !! ). Au bout de quelques jours ils s’étaient accoutumés et comme tout un chacun levaient simplement la tête vers notre aéronef, nouvelle preuve s’il en était besoin de la rapidité d’accoutumance de l’ours (ils deviennent rapidement "habituated" selon les termes du Professeur Herrero, spécialiste de l’ours à l’université de Calgary).

Nous les aimions bien nos ours, eux des bêtes sauvages, nous des humains, nous partagions le même environnement, buvions la même eau de la même rivière, mangions même parfois les mêmes blueberries du brûlé voisin, profitions du même soleil. Un soir que, dans la tente cuisine, nous dînions, une bonne douzaine d’entre nous dont le pilote de notre hélicoptère, un ancien RCMP ( gendarme de la Royal Canadian Mounted Police), nous sursautons à des coups de feu tout proches, suivis de hurlements affreux. Instantanément nous avons compris : Nom de Dieu ILS tirent sur nos ours !!!. ILS c’était bien sûr les bûcherons du village voisin. Nous nous précipitons tous, renversant les bancs de la cuisine, géologues, prospecteurs, étudiants, pilote et son mécanicien…, sautons dans les véhicules les plus proches et fonçons vers la décharge… Et c’était bien vrai… un enfoiré de villageois, il n’y a pas d’autre mot, était simplement venu faire un carton pour essayer sa 30-06 toute neuve, il n’était même pas intéressé par le trophée ni bien sûr par la viande, ce qui aurait pu être une raison. Il voulait seulement tester son arme sur un ours et maintenant n’ayant même pas été capable d’ajuster son tir sur un animal immobile, il l’avait seulement blessé et on entendait ses plaintes s’éloigner dans la forêt. Trouillard, de plus, il n’osait pas poursuivre la bête pour l’achever proprement. Notre pilote ex RCMP oublie alors qu’il n’en est plus un, devient rouge de colère, il arrache la 30-06 des mains de son propriétaire, l’engueule copieusement, fait mine de lui balancer une gifle, déclare qu’il lui confisque son fusil tout neuf, qu’il n’est pas prêt de le revoir et qu’il sera poursuivi pour braconnage. Là-dessus avec un autre résidant du village armé arrivé sur place, il part sur la trace de l’animal dont on entend toujours les plaintes et… au bout d’un moment on entend deux autres coups de feu puis plus rien… Aucun fou de la gâchette n’est revenu dans le secteur de la décharge pendant notre présence dans les parages. Nos ours donc ne nous ont jamais causé d’ennuis et nous ne leur avons jamais causé, mais une nuit ils nous ont fait bien rigolé sans être réellement impliqués eux-mêmes. Mon épouse et moi avions un chat tigré qui nous suivait partout "dans le bois". Ce chat avait un comportement intéressant à observer. Premièrement quand nous arrivions sur un nouveau site il s’éclipsait pour environ 48 heures peut-être pour reconnaître son territoire et le marquer à l’instar de ses ancêtres félins sauvages. Il revenait d’ailleurs souvent avec des traces de luttes voire des blessures. Deuxièmement une fois implanté sur un site, il restait la journée au camp à somnoler comme tout bon chat mais, la nuit tombée, s’éclipsait de nouveau, à la chasse, et pour quelques heures seulement. Il rentrait au milieu ou vers la fin de la nuit mais pas d’une manière banale… Nos tentes consistaient en un "squelette" de contreplaqué assemblé par clous, sur lequel on tendait la toile de tente proprement dite, toile de tente qui était censée passer par-dessus le contre plaqué, pour être étanche à la pluie, mais que souvent on laissait pendre à l’intérieur de la paroi. De sorte que le chat sautant sur la toile de tente faisant toit, se laissait glisser sur elle à l’intérieur du contreplaqué et atterrissait directement sur nos sacs de couchage ce qui, la plupart du temps, nous réveillait mais nous en avions l’habitude et n’y prêtions pas attention, et tout le monde replongeait dans le sommeil.

Une nuit, notre chat – était-il euphorique, avait-il consommé une herbe particulière – s’est trompé et a réintégré sur le coup de 3 heures la tente, proche de la mienne, d’un couple de collègues. A l’arrivée brutale mais surtout inattendue de notre greffier sur leur sac de couchage: réveil en sursaut et émoi de nos voisins. Lui, mal réveillé, pensant qu’un ours s’écartait de son code de bonne conduite, bondit en dehors de sa tente en gesticulant et criant à mon intention sachant que j’étais le seul à avoir une carabine à portée de main : "JP ta Winchester!… ta Winchester!!…" - --

Les ablutions du grizzly

Un petit matin brumeux dans les Monts Skeena en Colombie Britannique... Ce jour là, après avoir quitté notre camp, je me trouve seul à marcher en montagne, et avance dans une zone oû une végétation relativement dense cède sa place vers la hauteur à des pierriers chaotiques puis à des reliefs rocheux. Une forte brume matinale traîne autour des zones humides basses et le paysage y a un aspect cotonneux qui amorti les sonorités. Pour progresser plus facilement, sortir de ces zones basses et atteindre les hauts terrains rocheux (qui m'intéressent) j'ai emprunté fortuitement une sente animale d'à peine plus de 50cm de large sur laquelle ma démarche involontairement feutrée n'aurait pas paru ridicule à un Mohican😉...Et voilà qu'il me semble entendre un bruit rythmé sortir de la brume devant moi; il devient plus net au fur et à mesure que j'avance, maintenant avec précaution, sur l'étroit passage. C'est une sorte de '''splash'' qui me rappelle celui qu'égrennent les castors au fil des nuits passées au bord de l'eau en frappant la surface avec leur queue...sauf que, a priori, il me semble que nous sommes plutôt dans un environnement à marmottes qu'à castors ...En arrivant près d'une trouée, sur un large replat occupé par un lac de la taille d'un à deux terrains de football, je comprends l'origine de ce ''splash''😮... Au travers du dernier écran d'une sorte d'épinettes et à moitié noyé dans la brume qui stagne sur le plan d'eau, à une cinquantaine de mètres, peut être, je le vois de trois quarts. Le grizzly, en bon plantigrade, debout dans l'eau, frappe l'eau de ses ''bras'' de manière répétée, il semble s'asperger ''le torse'' comme le ferait un homme..Il ne m'a, à l'évidence, ni vu, ni entendu ni surtout senti.. tout celà probablement à cause du brouillard.. et continue ses ''ablutions''. J'imagine qu'il se gratte en même temps qu'il s'asperge, pour se débarrasser de parasites, j'imagine car je ne tiens pas à m'approcher pour mieux voir .. J'en reste bouche bée pendant un instant😮😮 car si j'avais déjà vu des ours batifoler dans l'eau', chose plutôt banale, je n'en avais jamais vu se comporter de cette manière particulière. Mais comme je ne tiens pas à passer pour un intrus et déranger l'intimité de mon voisin car j'ai reçu une bonne éducation, je fais demi-tour et m'éclipse en douceur sur la sente..en veillant maintenant à ne pas faire de bruit, et en regardant fréquemment derrière moi..



le camp: cinq tentes blanches au fond de la vallée dans les montagnes Skeena--

Le prospecteur intrépide

En Amérique du Nord pendant, disons …un siècle et demi, le prospecteur, héros de la tradition orale, de fictions écrites, voire d’œuvres cinématographiques a participé au mythe : trouver le bon filon (the mother lode) et faire fortune( strike it rich). Il est, pour moi en tous cas, indissociable de la saga de l’Ouest, notamment de ses diverses ruées vers l’or tant Américaines que Canadiennes. Souvent doté d’une forte personnalité, individualiste, frugal, rustique, apte à vivre ou survivre seul en montagne ou dans le désert, dans le chaud et dans le froid il était aussi communément haut en couleur.

Le prospecteur traditionnel, n’a certes pas disparu mais son âge d’or est malheureusement bien derrière lui, pour nombre de raisons. A l’intention de Marie j’ajouterai que la prospection, la recherche minière existent toujours en Amérique du Nord, en particulier au Canada, ou sur d’autres continents. Elles ont d'ailleurs existé bien avant la prospection pétrolière ( depuis le Néolithique à vrai dire… çà ne date pas d’hier😉), et à mon avis existeront encore bien après l’âge du pétrole. Mais, un peu comme pour le pétrole les outils sont devenus plus complexes, largement hors de portée de notre personnage.

La variante la plus emblématique, celle qui frappait le plus l’imaginaire collectif était bien sur le chercheur d’or. Accompagné de son fidèle burro, armé de son pic, de sa pelle et de sa bâtée (le chapeau chinois), il parcourait au XIX siècle et une partie du XX ème sierras, déserts et rivières. J’aime bien celui qui vous accueille à l’entrée du Museum des Superstitions Mountains près de Apache Junction, pas loin de Phoenix.



Des personnages proches de çà, avec barbe et chapeau informe, une paire de bottes éculées, la jeep ayant néanmoins détrôné le burro, on en rencontrait encore un ou deux au début des années 70 dans les casinos du centre-ville ‘historique’ de Las Vegas attablés aux bars du Frémont alors que le Strip était encore, pour partie, proche du terrain vague . A cette même époque on rencontrait d’ailleurs autant de prospecteurs que de touristes étrangers sur les routes du sud Utah !! . . L’or n’était pas le seul rêve poursuivi, l’argent, le cuivre, l’uranium et d’autres métaux pouvaient également faire la fortune de ceux qui outre les connaissances techniques, le flair et la chance étaient également pourvus du sens des affaires pour mener à bien les discussions avec les compagnies minières ou les associés qu’ils devaient forcément trouver pour mener leur aventure à terme. Quelques uns ont effectivement fait fortune, d’autres, plus nombreux ont réussi à gagner correctement leur vie mais la majorité n’a fait que survivre ou poursuivre un chimère…

Voici donc une anecdote qui concerne un prospecteur de Colombie Britannique au caractère bien trempé quoique quelque peu déroutant parfois...

Cet homme là prospectait dans le Nord de la Province, notamment la région de Terrace, Hazelton, Smithers les Omineca, les Skeena et plus au nord…..où il avait acquis les droits miniers sur un certain nombre de terrain en altitude et éloignés de tout. Pour s’y rendre, ayant déjà eu l’occasion de faire une ou deux bonnes affaires ( a couple of nice deals comme il disait) il avait son propre Cessna lui donnant accès aux lacs qu’il utilisait pour se rendre rapidement sur ses ‘’propriétés’’. A la fin de cet hiver là, au moment de reprendre la saison de prospection, se posa le problème habituel. Il faut évaluer l’avancement de la fonte des glaces : le lac sera-t-il pris ou sera-t-il libre ? Est-ce que j’équipe mon avion de flotteurs (pour l’eau) ou de skis (pour la neige et la glace) ? That is the question… comme aurait dit Hamlet. Notre homme aurait pu pratiquer un vol de reconnaissance afin de vérifier. Mais ce fort caractère discutant de la question en passant me voir, estime que ‘’y’a pas de problèmes, on est pas trop haut, la glace doit être fondue et le lac libre donc je pars avec mes flotteurs et on verra bien…’’ . Il est venu, il a vu, il est revenu mais .. sans son avion😠. Il a vu en effet que la ''débacle" n'était pas achevée, la glace n’était pas toute fondue sur tout le lac.. donc avec ses flotteurs il a atterri sur la partie libre, laquelle s’est avérée trop courte, il est donc monté sur la glace qu’il a traversé sans coup férir, est rentré derechef dans la forêt, poursuivi son chemin, la tête baissée (çà c’est moi qui l’imagine), fauchant une rangée de petites épinettes à gauche, une rangée de petites épinettes à droite laissant de ce fait derrière lui une aile à gauche, une aile à droite, pour finalement s’immobiliser à court d’énergie cinétique. Il s’en est sorti avec des contusions mais son avion… doit toujours être là bas quelque part dans la montagne…au milieu des épinettes qui ont dû grossir depuis😉…

L’année suivante mon chemin a de nouveau croisé celui de ce personnage dans des conditions différentes mais tout aussi insolites, encore dans la région des Monts Omineca du nord de la Colombie Britannique à quelques heures de piste de Germansen Landing. Me trouvant la nuit tombée au camp, en bordure de cette piste en principe utilisée par des 4x4, j’entends un bruit curieux, sorte de raclement métallique, venant de loin et associé au son, plus familier, d’un moteur . Qu’est ce que ce truc peut bien être… cela fait un peu penser au cliquetis produit par un engin chenillé (genre char d’assaut ou bulldozer) qui roulerait sur une surface dure, mais.. non çà ne ressemble en vérité vraiment à rien que nous connaissions…Intrigués, nous sortons de la tente et scrutons l’obscurité . Le bruit devient plus fort mais toujours aussi mystérieux.. peut être une rencontre du troisième type ? Non !! Mais qu’est ce que c’est que cette patente me dit mon Raynald le cook venu de l’Est pour l’été😮 . Une faible lueur apparaît, de toute évidence associée à ce bruit et l’ensemble, bruit et lumignon, progresse en se déhanchant vers notre camp à l’entrée duquel il stoppe. Alors que la patente approche du camp notre projecteur l’illumine et la scène est beaucoup plus triviale que ce que l’on pouvait imaginer : simplement une voiture banale, un sedan... banal sauf qu’il n’a plus aucun pneu et roule donc sur ses 4 jantes ou plutôt ce qu’il en reste, des moignons de jantes à vrai dire, de déformation inégale qui plus est d’oû le déhanchement. Un feu de stationnement est tout ce qui subsiste du système d’éclairage de cet équipage d’où débarquent mon prospecteur et son fils de 14 ans….tabarouet…il est pas mal maganné son char me dit Raynald

Ils sont partis de Smithers, le père et le fils, il y a une dizaine de jours pour une tournée de prospection. Le père a emmené son fils pour lui apprendre les premiers rudiments et le former à la vie rustique dans le ‘’bush’’ A cet égard ils n’ont pas été déçus …. En effet ils n’ont pas eu de chance… au retour de leur tournée à pied dans la montagne, ils ont crevé successivement tous leur pneus dont les lambeaux jalonnent maintenant la piste, et comme la saison de chasse n’est pas encore ouverte : personne sur leur route pour leur fournir de l’aide😠. Ce caractère bien trempé, sachant que les géologues étaient présents plus au nord dans les montagnes a décidé de tenter de les rejoindre. Ils n’avaient cependant emporté que des provisions bien insuffisantes, presque complètement épuisées, et ne se nourrissent depuis deux ou trois jours que d’oignons, d’une boîte de thon et de quelques tranches de pain au fond d’un sac . ‘’Bon sang si vous pouviez nous offrir quelque chose à manger…’’.

Cà a été un vrai plaisir de voir de quelle manière ils ont dévoré T-bones, patates et pie à la mode et avalé la cafetière de café que Raynald leur a servis. Un vrai plaisir de les regarder

cochize
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De la côte californienne à l'Apache Trail après un "petit" détour au Nouveau-Mexique et Sud Colorado
Bonjour à tous,

Le road trip dans l'Ouest USA, on adore. 😏

La lecture de nombreux carnets et blogs des participants à ce forum m'a été très utile pour construire ce voyage qui est notre 4ème road trip dans l'Ouest. Je vous remercie tous et, à mon tour, je vous présente mon circuit qui s'est déroulé du 24 juin au 20 juillet 2016.

Nous avons souhaité - varier les paysages : mer, déserts, montagnes ; - découvrir le Nouveau-Mexique (tout du moins, une partie) ; - alterner visites dans les villes, randonnées pédestres, et autres activités ; - essayer de passer par tous les tronçons de la route 66 de notre itinéraire.

Voici notre itinéraire : 24/06 : vol Paris > San Francisco 25/06 : San Francisco > Monterey 26/06 : Monterey > Big-Sur 27/06 : Big-Sur > Morro Bay 28/06 : Morro Bay > Santa Barbara 29/06 : Santa Barbara > Yucca Valley 30/06 : Yucca Valley > Kingman 01/07 : Kingman > Sedona 02/07 : secteur de Sedona 03/07 : Sedona > Holbrook 04/07 : Holbrook > Albuquerque 05/07 : Albuquerque > Santa Fe 06/07 : les environs de Santa Fe 07/07 : Santa Fe > Taos 08/07 : Taos 09/07 : Taos > Great Sand Dunes NP 10/07 : Great Sand Dunes NP > Durango 11/07 : train Durango > Silverton 12/07 : Durango > Ouray 13/07 : Ouray > Cortez 14/07 : Cortez > Monument Valley 15/07 : Monument Valley > Page 16/07 : secteur de Page 17/07 : Page > Tuba City 18/07 : Tuba City > Mesa 19/07 : Apache Trail 20/07 : vol du retour

Nous sommes partis à trois : mon mari (Yann), moi-même (Christine) et une amie (Sylvie).

Nous avons pris un vol direct Paris > San Francisco en réservant sur le site de la compagnie aérienne Delta Airlines. Mais, ce vol était opéré par Air France et le stress est monté quand nous avons eu connaissance du préavis de grève qui démarrait précisément le 24 Juin.

Heureusement, 48 h avant le départ, notre vol a été confirmé !

Une fois installés à bord, il a fallu attendre 1 h 30 avant que l'avion ait l'autorisation de décoller. Là, je me suis dit : "Avec un vol direct, nous sommes tranquilles, même si nous atterrissons avec un retard important. Si nous avions eu une escale, nous aurions pu manquer le 2ème avion".

Après un vol d'une dizaine d'heures, nous nous dirigeons vers San Francisco

Comme je suis à côté d'un hublot, je photographie le paysage. Je discute avec ma voisine de derrière. Je lui demande si elle reconnaît les montagnes et le lac qui sont en dessous. Mais, elle ne trouve pas. Quelqu'un pourrait-il me dire quel est ce lac situé entre les deux montagnes au sommet enneigé ?

Je continue de photographier l'approche vers San Francisco. Je vois ceci :



Je suis étonnée de voir ce type de paysage. J'ai l'impression que ce sont des marais salants.

Comme nous sommes dans un A 380, je crains que le passage au Service de l'Immigration soit très long. Notre amie, Sylvie, n'est pas revenue aux USA depuis une vingtaine d'années et elle ne peut donc pas utiliser les bornes APC. Nous marchons le plus vite possible de façon à arriver dans les premiers. Et, oh miracle ! Il n'y a quasiment personne devant nous et je remarque les nombreux guichets. Nous mettrons à peine 5 minutes pour passer le Service de l'Immigration. C'est la 1ère fois que c'est si rapide.

Nous prenons le métro aérien qui permet d'accéder aux agences des loueurs. Nous nous présentons au comptoir d'Alamo. Il n'y a qu'une famille devant nous. Nous aurons une Santa Fe Hyundai. Elle est bien. Le coffre est grand. Le GPS est inclus dans le forfait. C'est parti, youpi, le road trip commence. La 1ère étape, c'est notre hôtel : le "Comfort Inn & Suites San Francisco Airport North".

Nous sommes déjà venus plusieurs fois à San Francisco et, pour ce circuit, nous n'avions prévu qu'une seule nuitée. Ce n'était donc pas gênant de dormir à l'extérieur de la ville. La chambre est très bien. Après avoir monté les bagages, nous partons visiter un quartier de San Francisco où nous n'étions pas encore allés lors des précédents road trips : Mission District. Nous voulions surtout découvrir les "murals".

A tout à l'heure !
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In Search of Warmth in California, Utah, and Arizona in February
It all started last December, after another price alert from Gilou for United/Lufthansa flights at 250 € from Paris to San Francisco. Meanwhile, I was planning to spend a week alone with our three kids (Maxime, 14, Rachel, 12, and Timéo, 8) somewhere in France for the February break.

But this time, Gilou really outdid himself—way too tempting! 😮 His great tip worked for both the February and Easter breaks. I know April is the ideal month, especially if you love hiking! But for family reasons, only February would work for us.

Isn’t February a month to avoid for the Southwest? To keep our summer trip budget intact, I was thinking of camping as much as possible. After checking weather sites for temperature histories in key spots (Furnace Creek, Saint George, Page, Sedona), nighttime temps over the past two years ranged from +5 to -2°C. So, it seemed doable...

I started discussing (aka negotiating, even begging) with my better half. The kids caught on fast that there was a chance we’d go, and they were thrilled! She finally gave her consent to make the kids happy 😎. I quickly checked that our ESTAs were still valid, and 48 hours later, I had the tickets in hand 😎😎. But five days later, Laetitia changed her mind—her "Yes" turned back into a "No." No way were we going without her to her favorite country!!

Damn it 🤪! I had to tell her I’d already bought the four tickets (without bringing it up again, of course—a "Yes" is a "Yes," right?). And since the tickets were non-refundable, there was no going back... Apparently, with women, some "Yeses" mean *really* yes, but others mean, "I said yes in principle, but I wasn’t actually on board—and I never thought you’d have the nerve to buy the tickets without telling me!!" I had no idea 🤪!

Us guys? We’re way more straightforward—binary, even monetary... Yes means yes! And no can mean yes too 😏!! Anyway, in a lovely family atmosphere, I opened a thread to start planning and thanked Trois14 and Bluemesa for their help. On Trois14’s advice, I booked 5 nights in motels around St. George-Page at super tempting rates—around $35-40 a night...

On that note, Christmas cost me an arm and a leg... Gotta try to make up for it 😛!

Here’s the theoretical itinerary:

Death Valley (2 days) Valley of Fire The White Dome (hike up and down via Squirrel Canyon) 4 nights in the Kanab-Page area Sedona (2 days) Route 66 Alabama Hills / Trona Pinnacles Drive back to SFO via Highway 1

That’s the plan, at least...

In reality, it turned into a whole different story. I learned that in February, you’ve got to be flexible—*very* flexible sometimes—to dodge the weather. Halfway through, a cold snap made our second week (planned 100% camping) impossible, completely upending the itinerary.

So, a huge thanks to PapJ59, Noyellebis, and especially Caribou44 and Simonic. 🙂 A thousand thanks for your quick responses, availability, and sound advice, which let us have an original and unforgettable second week—Organ Pipe Cactus NM, Yuma, Salvation Mountain, Anza Borrego SP, a palm grove in Joshua Tree, then back to SFO!! Without you, we’d have been miserable on the spot, but instead... 😇

A big shout-out to Thibaut and his famous blog (rightfully praised on VF—it’s one of the few that details Organ Pipe), to travel journal writers for inspiration in general, and to those who helped me prep or during the trip (journals by Pong, Hiacinthe, Zitounet, and Laetitia).

Now, for the story...
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Colorado/Wyoming/Utah/Arizona en août 2011
Avant le départ

Bonjour à tous.

Un carnet de voyage de plus, me direz vous ! En fait, il m'a semblé qu'ayant bénéficié des conseils pratiques des membres du forum et après m'être régalé des nombreux carnets, ce serait une bonne forme de remerciement, même si notre périple ne fut pas aussi "aventureux" que certains autres. Alors, en route pour 18 jours dans l'Ouest Sauvage !

Nos choix

Après un voyage en solitaire en 1979, deux voyages à quatre en 1997 et 2000, nous avions tellement enthousiasmé nos amis et parents qu'en 2007, nous sommes partis à six !

Et c'est trop, ça tourne vite à la "colonie" : pour les heures de départ ("trop tôt", "trop chaud", "reste cool", "on est en vacances"), les courses pour les pique-niques, le choix des restaurants ("j'aime pas les chinois", "encore un italien", "mexicain, c'est trop épicé", "c'est trop cher", ...). A chaque fois, il fallait faire un référendum.

Alors, en 2011, égoïstement, nous avons choisi, ma femme et moi, de partir à deux et de ne pas nous priver ... avec mesure cependant.

La période

Nous avons décidé de partir les trois premières semaines d’août. La période la plus chère et pas forcément la meilleure au point de vue climatique : très chaud dans certaines régions comme l’Utah, avec de nombreux orages les après-midis. Mais, compte tenu de mon boulot, nous n’avions pas beaucoup d’autres possibilités. Et puis, avec le recul, le taux de change nous a été assez favorable (1 euro pour 1,37$) ...

L'itinéraire

Nous souhaitions revoir les incontournables tout en y ajoutant quelques variations en application des conseils trouvés sur le forum : Yellowstone (et la colline face à Grand Prismatic), la Chief Joseph Scenic Highway, Bryce Canyon (le préféré de madame), Grand Canyon (sur la North Rim cette fois), Monument Valley (ma préférence) en nous offrant une petite folie, Canyonlands et Arches avec incursion à Dead Horse.

Et nous y avons ajouté quelques nouveautés : Denver et les Rocheuses (dont nous avions vu la partie canadienne en 2000), Cody (avec, pourquoi pas, un rodéo), Kodachrome Basin, Mossy Cave, …



Les réservations

Une fois l’itinéraire établi, en décembre 2010, il ne restait plus qu’à effectuer les réservations.

Et autre innovation : suivant les conseils des forumeurs, nous avons décidé de tout faire nous-mêmes sur internet et sans passer par une agence. Conclusion : nous n’avons eu aucun problème ni pendant la préparation ni pendant le voyage (attention, c’est valable pour les Etats-Unis mais je ne le ferais pas pour n’importe quel pays).

L’avion

Après étude des prix, des horaires et des services sur différents comparateurs, nous achetons nos billets directement sur le site American Airlines, début janvier 2011 : Paris / Dallas / Denver le 1er août, et Salt Lake City / Chicago / Paris le 18 août. Dans la foulée, nous réservons nos sièges pour les quatre tronçons, et nous aurions même pu retenir des repas spéciaux : gluten free, cholesterol free, vegetarian, …

Le même jour, nous obtenons notre autorisation ESTA après paiement en ligne des 28$ requis.

Les hôtels

Pendant que nous y sommes, nous entreprenons la réservation des hôtels.

Tenant à notre confort, nous réservons presque toutes les nuitées sur le site Best Western : pas très original ni typique, mais qualité constante, confort assuré, petits déjeuners inclus et prix abordables.

Pour quelques autres nuits seulement, nous réservons directement sur le site de l’hôtel : Yellowstone Park Hotel à West Yellowstone (pas grand intérêt), Grand Canyon Lodge North Rim (c’est le seul hôtel de ce côté du Canyon), San Juan Inn à Mexican Hat (j’adore), et, cerise sur le gâteau, The View à Monument Valley (hors de prix mais inoubliable). Ces quatre hôtels ne mettront que quelques jours à nous confirmer nos réservations.

Presque partout, pas de paiement d’avance et possibilité d’annuler jusqu’à la veille du jour prévu.

La voiture

Pour finir, je passe commande d’un SUV mid-size (type Ford Escape) sur le site Alamo US, en prenant toutes les options : frais d’abandon, 2ème conducteur, rachat de franchise (retenez que l’assurance liée à la carte Visa Premier ne couvre pas les locations de 4x4 – c’est écrit en tout petit), premier plein d’essence inclus (pour éviter de rechercher une station le jour de la restitution).

Le tout sans avancer un sou et avec possibilité d’annuler jusqu’au dernier moment, le débit se faisant au jour de la restitution de la voiture. Pourvu que le dollar baisse encore un peu !

On aurait même pu acheter nos billets pour le rodéo de Cody, la carte America the Beautiful et d’autres, mais il faut se garder un peu d’imprévu !

Il ne reste plus qu’à patienter sept mois …
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Projet 2012 axé sur le Colorado
Bonjour à tous et par avance merci à tout ceux qui commenteront, me donneront des idées, me feront part d'éventuelles erreurs sur mon projet de circuit qui s'étalera approximativement de mi-juin à mi-juillet 2012 si tout va bien (les dates sont données pour idée mais rien n'est sur, je ne me suis penché ni sur mes congés, ni sur les billets d'avion pour le moment...)

Samedi 16 Juin : Nîmes – Paris

Dimanche 17 Juin : Paris – Los Angeles

Lundi 18 Juin : Los Angeles · Disney Anaheim

Mardi 19 Juin : Los Angeles · Jet Propulsion Laboratory · Old Pasadena · Mount Wilson

Mercredi 20 Juin : Los Angeles · Big Sky Ranch

Jeudi 21 Juin : Los Angeles – Denver (Vol Southwest) · City Park (Park : Museum Nature & Sciences) · Civic Center · 16th Street to Capitol · Convention Center · Larimer Square

Vendredi 22 Juin: Denver – Colorado Springs (171km en 2h32) · Roxborough State Park (Fountain Valley Loop 2.2 miles) · Garden Of The Gods (Perkins Central Garden Trail:1.5 miles & Ridge Trail:0.5 mile)

Samedi 23 Juin: Colorado Springs – Great Sand Dunes (266km en 2h56) · Great Sand Dunes NP (Medano Creek, Sand Dunes)

Dimanche 24 Juin: Great Sand Dunes – Ouray (388km en 4h53) · Durango & Silverton

Lundi 25 Juin: Ouray · Blue Lakes (via CO62 puis CR7): 6.6miles RT

Mardi 26 Juin: Ouray · Telluride (Bridal Veil Falls: 3.6 miles RT)

Mercredi 27 Juin: Ouray – Montrose (59km en 0h45) · Black Canyon Of The Gunnison NP �� Cedar Point Nature Trail (0.75 mile) Ø Oak Flat Loop Trail (2 miles)

Jeudi 28 Juin: Montrose – Grand Mesa – Grand Junction (170km en 2h07) · Cedaredge · Forest Service Visitor Center (FR 121) (Discovery Nature Trail à Ward Lake) – Alexander Lake – Egglestone Lake · Land O’Lakes Overlook (0.5 mile loop trail) · Land’s End Gravel Road à Observatory Overlook (road 12 miles) · Skyway Overlook · Mesa

Vendredi 29 Juin: Grand Junction – Colorado NM – Rifle Falls State Park – Glenwood Springs (240km en 3h40) · Colorado NM: Viewpoints · Rifle Falls: Coyote Trail

Samedi 30 Juin: Glenwood Springs · Maroon Bells & Crater Lake (3.6 miles RT) · Ghost Town: Ashford · Aspen

Dimanche 1er Juillet: Glenwood Springs – Estes Park (317km en 4h04) · Via Peak To Peak Hwy · Brainard Lake (0.25 mile après Ward)

Lundi 2 Juillet: Rocky Mountain NP · Bear Lake, Emerald Lake & Lake Haiyaha (6 miles RT)

Mardi 3 Juillet: Rocky Mountain NP · Trail Ridge Road · Copeland Lake (1065 County Road 84 West Allenspark Co) – Wild Basin

Mercredi 4 Juillet: Estes Park – Hulett (640km en 6h44)

Jeudi 5 Juillet: Devils Tower NM · Red Bed Trail (Loop : 2.8 miles)

Vendredi 6 Juillet: Hulett - Deadwood – Wall (253km en 2h44) · Deadwood (cimetière du Mont Moriah où reposent Calamity Jane et Wild Bill Hickok) · Sage Road (piste en terre : overlooks + Wildlife)

Samedi 7 Juillet: Badlands NP · Pinnacles Entrance à Viewpoints · Door Trail (1.5 miles RT) · Window Trail (0.25 mile RT) · Notch Trail (0.75 mile RT) · Cliff Shelf (0.5 mile RT) · Saddle Pass (0.25 mile RT) · Fossil Exhibit (0.25 mile RT)

Dimanche 8 Juillet: Wall – Custer (155km en 1h42) · Mount Rushmore

Lundi 9 Juillet: Custer SP · A Custer SP voir le lac de Benjamin Gates : Sylvan Lake o Needles Hwy o Wildlife Loop Road o Un trail au choix

Mardi 10 Juillet: Jewel Cave & Wind Cave NP · Wind Cave: Fairgrounds Cave Tour (1h30) · Jewel Cave: Scenic Tour (1h20)

Mercredi 11 Juillet: Custer – Denver (581km en 5h54)

Jeudi 12 Juillet: Denver - Paris

Vendredi 13 Juillet : Paris - Nîmes

Quelques questions en vrac:

1. Denver: j'ai pas trop étudié la question, je me suis basé sur des carnets de voyages. J'ai oublié des immanquables? Sachant que je pourrai visiter Denver le 21 juin et le 12 juillet donc approximativement 2 demi-journées.

2. Une balade sympa du côté d'Ouray que j'aurai pu oublier? Je précise: pas de pistes 4*4 et pas de trucs trop spartiates 😛

3. Pour la balade du 26 juin à Telluride, j'ai lu sur PTS que pour se garer il valait mieux le faire à Mountain Village puis prendre les téléphériques gratuits jusqu'à Telluride. C'est toujours vrai?

4. Une balade sympa et pas trop dure sur la Trail Ridge Road à Rocky Mountain NP?

5. La journée du 4 juillet, ça sera notre fête 🏴‍☠️ vu la journée de route prévue... Mais autant se faire mal une fois sur une journée plutôt que de gâcher 2 journées, êtes-vous d'accord?

6. Une journée pour Devil's Tower c'est peut être beaucoup, d'autres choses sympas à proximité?

7. Confirmez-vous que la Sage Road (Badlands) est une piste pas difficile?

8. Custer SP, j'ai mis un trail au choix... Des conseils? Sympa, dépaysant, pas trop spartiate 😛 (mais attention on est quand même marcheurs hein 😉!)

9. Jewel Cave & Wind Cave: il faut réserver les tours en avance? Mais je crois avoir lu que c'est pas possible de le faire plus d'une semaine avant... Quelqu'un a déjà fait les tours que j'ai mentionné?

Encore un grand merci à tous! 😉
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Ouest américain: road trip de 3 semaines en août 2015
Bonjour,

Avant tout je tiens à remercier tous les spécialistes de l'Ouest américain qui fréquentent ce forum: Itat, Bastinj, Jpg13, Pong, Yellowrock, Evajules... etc. Vous ne le savez pas, mais depuis des mois je vous lis en silence (j'ai une centaine de "discussions suivies" sur ce thème en ce moment !). Vos réponses, vos carnets, vos blogs m'ont été d'une grande utilité pour établir l'itinéraire que je vais vous soumettre. Rendez-vous compte qu'avant de vous lire, je n'avais jamais entendu parler de Moab, de Zion, de Bryce...

Pour vous aider dans cette tâche, vous devez savoir que nous serons 3 (un couple de 50 ans et notre fils de 16 ans). Nous ne sommes pas de grands randonneurs mais les marches de 2 ou 3 heures ne nous font pas peur. Nous avons visité pas mal de pays à travers le monde, mais notre seule expérience US est Miami. Notre anglais est plutôt sommaire. Pour l'instant nous n'avons rien réservé, notre seule contrainte, pour des raisons professionnelles, est le choix du mois d'aout 2015.

Voici notre itinéraire. Les distances ont été calculées sur Google Maps

J1: Arrivée Los Angeles 1/Récupérer la voiture à l'aéroport. Acheter une glacière 2/En fonction de l'heure d'arrivée, une partie du J3 pourrait être faite en J1

J2: Los Angeles 1/ Universal Studios 2/ Griffith Observatory, le soir pour la vue sur LA et sur The Sign

J3: Los Angeles 1/ Hollywood Bd, Man's Chinese Theater 2/ Beverly Hills, Rodéo Drive, Sunset Boulevard, Mulholland Drive 3/ Venice Beach, Santa Monica

J4: Los Angeles / Williams (706 km) 1/ Oatman 2/ Kingman 3/ Hackberry, Museum route 66 4/ Seligman 5/ Williams

J5: Williams / Grand Canyon (95 km) 1/ Survol du Grand Canyon en hélicoptère depuis Tusayan (compagnie Papillon?) 2/ Grand Canyon. Acheter le Pass Beautiful Faire les 2 points de vue: Mather Point et Yavapai Point Prendre la navette orange jusqu'à Yaki Point A South Kaibab Trailhead, descendre dans le canyon jusqu'à Cedar Ridge Prendre la navette rouge pour faire la Hermits Road Faire les différents points de vue de la Hermits Road Voir le coucher de soleil à Mohave Point ou à Hopi Point

J6: Grand canyon / Page (216 km) 1/ Lever de soleil à Yaki Point 2/ Quitter Grand Canyon par la Desert View. Faire tous les points de vue 3/ Horseshoe Bend 4/ Arrivée à Page. Récupérer de la doc au visitor center 5/ Barrage Glen Canyon 6/ Lake Powell. Prendre la Scenic Drive jusqu'à Wahweap Marina 7/ Coucher de soleil à Wahweap Overlook

J7: Page / Monument Valley (205 km) 1/ Lower Antelope Canyon 2/ Upper Antelope Canyon 3/ Monument Valley (Attention au changement d'heure: + 1h00) S'arrêter au visitor center et faire la photo la plus célèbre de Monument Valley Faire la Valley Drive et ses différents points de vue Faire la Wildcat Trail à pied Coucher de soleil depuis la terrasse du visitor center

J8: Monument Valley / Moab (387 km) 1/ Lever de soleil à Monument Valley 2/ Gooseneck Park 3/ Valley of the Gods 4/ Wilson Arch 5/ Corona Arch et Bow Tie Arch 6/ Moab

J9: Moab 1/ Arch National Park Prendre la Scenic Drive Commencer par Delicat Arch pour éviter le monde Faire les différents points de vue: Salt Valley, Fiery Furnace Viewpoint Faire les petites rando: Sand Dune Arch, Broken Arch, Skyline Arch Se garer à Devil's Garden Rando pour voir Tunnel Arch, Pine Three Arch, Landscape Arch En fonction de l'état des troupes, faire demi-tour à Landscape Arch Point de vue à Panorama Point Faire la rando pour voir Double Arch et Windows Coucher de soleil à Double Arch ou à Windows Autre points de vue: Balanced Rock, Sal Mountains Viewpoint, Park Avenue Viewpoint

J10: Moab / Torrey (355 km) 1/ Canyonlands, Island in the Sky Point de vue à Shafer Canyon Overlook Scenic Drive jusqu'à Mesa Arch Grand View Point Overlook 2/ Dead Horse Point Park. Faire les différents points de vue 3/ Goblin Valley 4/ Little Wild Horse Canyon 5/ Torrey

J11: Torrey / Bryce Canyon City (232 km) 1/ Capitol Reef, Fruita Area 2/ Scenic 12 et ses différents points de vue 3/ Kodachrome Basin 4/ Willis Creek 5/ Reprendre la Scenic 12 jusqu'à Bryce Canyon 6/ Coucher de soleil à Bryce Canyon

J12: Bryce Canyon City / Springdale (150 km) 1/ Lever de soleil à Sunrise Point à Bryce Canyon 2/ Faire la rando Queens Garden Trail + Navajo Loop Trail 3/ Faire les différents points de vue en navette 4/ En quittant Bryce Canyon, faire Mossy Cave 5/ Red Canyon. Faire les 2 randos: Pink Ledges et Photo Trail 6/ Zion. Faire les différents points de vue: Checkboard Mesa, Canyon Overlook, Great Arch Prendre la navette gratuite pour faire la Scenic Drive jusqu'à Sinawava Faire la rando Riverside Walk 7/ Springdale

J13: Springdale / Las Vegas (319 km) 1/ Valley of Fire (Attention au changement d'heure: -1h00) Prendre la Scenic Drive Elephant Rock, Seven Sisters, Rainbow Vista, Fire Wave, Loop Road 2/ Las Vegas Voir quelques casinos sur le Strip Coucher de soleil depuis la Tour Stratosphere Voir les spectacles devant les casinos: Treasure Island, Mirage, Bellagio

J14 Las Vegas 1/ Grasse mat', piscine 2/ Outlet Nord ou Sud (?) 3/ Visiter les casinos: Mandalay, Venetian, Caesar, New York, Paris, Luxor...etc 4/ Boutiques incontournables: Coca, M&M's 5/ Fremont Street pour la voute lumineuse

J15: Las Vegas / Furnace Creek (214 km) 1/ Grasse mat', piscine 2/ Quitter Las Vegas en début d'après midi 3/ Passer devant Red Rock Canyon et ne faire que le point de vue Overlook 4/ Death Valley Twenty Mule Team Canyon Badwater, Natural Bridge, Devil's Golf, Artiste Drive, Golden Canyon Coucher de soleil à Zabriskie Point 5/ Furnace Creek

J16: Furnace Creek / Lee Vining (473 km) 1/ Retourner à Zabriskie Point pour le lever de soleil 2/ Quitter Death Valley en faisant les derniers points de vue Mesquite Sand Dune, Mosaic Canyon, Father Crowley Vista 3/ Alabama Hills. Movie Road, Arch Trail, One Mile Arch, Withney Portal Arch 4/ Bodie 5/ Mono Lake. South Tufa Area pour le coucher de soleil 6/ Lee Vining

J17: Lee Vining / Oakhurst (232 km) 1/ Prendre la Tioga Road en direction de Yosemite Tuolumne Grove, Olmsted Point, Tenaya Lake 2/ Yosemite Valley. Valley View, El Capitan 3/ Wawona Road. Bridalveil Fall, Tunnel View 4/ Glacier point et Taft Point 5/ Oakhurst

J18: Oakhurst / San Francisco (371 km) 1/ Mariposa Grove 2/ Route jusqu'à San Francisco Twin Peaks pour la vue sur SF et le coucher de soleil 3/ San Francisco

J19: San Francisco 1/ Alcatraz 2/ Fisherman's Wharf, Pier 39, Ghirardelli Square 3/ Financial District 4/ Chinatown 5/ Union Square 6/ Golden Gate (ou, en fonction du brouillard, le remettre au J20) Fort Point, Baker Beach, Vista Point

J20: San Francisco 1/ North Beach, Telegraph Hill, Coit Tower, Lombard Sreet 2/ Haight-Ashburry, Alamo Square, Painted Ladies, Buena Vista Park 3/ Mission, fresques murales 4/ Golden Gate Park, Japanese Tea Garden, Buffalo Paddock

J21: Départ de San Francisco

J'ai encore des dizaines de questions à vous poser. Mais pour l'instant, je n'en ai qu'une: Cet itinéraire tient-il la route? J'ai peur de faire l'erreur du débutant, vouloir voir un maximum de choses en un minimum de temps...

D'avance merci pour le temps que vous voudrez bien me consacrer.

A+ Eric
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Séjour de 3 semaines dans l'Ouest américain en avril - mai 2017
Bonjour à tous et toutes!

Après plusieurs tentatives de voyages vers les states, cela commence enfinnnnnnn à se concrétiser et nous envisageons pour notre premier voyage aux Etats-Unis, de partir pour 3 semaines à la découverte de l'ouest américain sur la période d'avril/mai 2017 et plus précisément du 22 avril au 12 mai, vacances scolaires obligent ( avec quelques jours de plus mais chut ;) ) Ah oui, nous serons 4 participants à ce voyage: 2 adultes et 2 petites filles de 9 et 11 ans au moment du voyage. Malheureusement, 3 semaines c'est trop court et j'ai donc du faire des choix et supprimer certaines visites, comme Moab et Zion, en me promettant de refaire un autre voyage rapidement, voire plusieurs tant il y a de choses à faire et à voir, pour voir ce que j'avais louper cette fois-ci. Comme vous pouvez le voir, je songe à une arrivée à Phoenix et un retour de Los Angeles afin d'éviter la longue route entre Los Angeles et Grand Canyon et aussi pour faire la côte dans le sens San Francisco/Los Angeles.

J1 samedi 22 avril Arrivée phoenix. Nuit à Phoenix J2 dimanche 23 avril. Phoenix – Sedona. Déjeuner et visite. Grand Canyon

Nuit Grand canyon. J3 lundi 24 avril. Grand Canyon – Monument Valley – Nuit à MV J4 mardi 25 avril Monument Valley – Antelope Canyon – Nuit Page J5 mercredi 26 avril Horseshoe bend – Bryce Canyon . Nuit Bryce Canyon J6 jeudi 27 avril Bryce Canyon – Saint Georges – Valley of fire - Las Vegas .Nuit à Las Vegas. J7 vendredi 28 avril Las Vegas – Death Valley– Nuit Death Valley J8 samedi 29 avril Death Valley –Bakersfield . Nuit Bakersfield. J9 dimanche 30 avril Bakersfield – Sequoia NP et Kings Canyon. Nuit à Fresno J10 lundi 1 mai Fresno – Yosemite . Nuit El Portal J11 mardi 2 mai El Portal - Yosemite – Mariposa . Nuit Mariposa. J12 mercredi 3 mai Mariposa – San Francisco . Nuit San Francisco. J13 jeudi 4 mai San Francisco. Nuit San Francisco J14 vendredi 5 mai San Francisco Nuit San Francisco J15 samedi 6 mai San Francisco. Nuit San Francisco J16 dimanche 7 mai San Francisco – Monterey – San Simeon (2h32 / 93,4 miles). Nuit San Simeon J17 lundi 8 mai San Simeon – Santa Barbara – Los Angeles . Nuit Los Angeles J18 mardi 9 mai Universal Studio. Nuit Los Angeles J19 mercredi 10 mai Disneyland. Nuit Los Angeles J20 jeudi 11 mai Los Angeles – San diego . Sea World. Nuit San diego J21 vendredi 12 mai San Diego – Los Angeles- Paris

Que pensez-vous de ce circuit? Quelles sont les erreurs que j'ai certainement dû faire? Des conseils de visites que je peux inclure sur le trajet? J'aurais voulu inclure la visite d'une ville fantôme mais je ne sais pas trop si c'est possible. A votre avis? Pour la nuit à Mariposa en J11, elle est prévue pour rendre une petite visite à des connaissances.

Voilà, je suis ouverte à toutes vos suggestions et vos critiques. Je m'y prends bien à l'avance pour justement essayer d'organiser tout ça au mieux alors n'hésitez pas :)

Sinon, niveau budget, je tablais sur du 12000 euros pour nous 4, cela vous semble-t-il raisonnable pour cette période? D'ailleurs, en parlant de période, est-ce que celle que nous avons choisie est une bonne période quand même car en fait nous hésitions à partir sur juillet? Merci d'avance à vous tous pour votre aide :)
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Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°4)
Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef

JOUR 12 : de Catstair Canyon à CBS Paw Hole

Ce matin, je vais tenter le tirage au sort à la Paria Ranger Station dans le but d’obtenir un permis pour Coyote Buttes North (CBN), afin de revoir The Wave et ses alentours. J’éprouve une sorte de fascination pour cet endroit extraordinaire, qui débuta le jour de 1995 où je suis tombé sur une photo de ce que l’on n’appelait pas encore The Wave dans le magazine Géo. Dix ans après ma première visite (avec ma femme et ma fille), qui fut suivie de 8 autres durant lesquelles j’ai exploré à fond tout le secteur (ce qui m’a permis d’écrire le chapitre « Coyote Buttes North » dans le volume 2 de Photographing the Southwest), cette fascination ne faiblit pas et, si je passe à proximité de CBN, je ne résiste pas à tenter ma chance (avec toutefois quelques scrupules car cela en enlève une à ceux qui n’y sont jamais allés). Mais maintenant, si je ne suis pas tiré au sort, une simple déception remplace la frustration.

Le tirage n’ayant lieu qu’à 9 heures, j’ai le temps de faire une visite à proximité.

Je choisis de retourner à Catstair Canyon que je n’avais vu qu’une seule fois sous une lumière peu favorable.

Ce petit canyon se trouve en contrebas de la Highway 89 et son accès en est aussi rapide que facile.

Tôt le matin, la belle lumière met en valeur le canyon.





On y trouve quelques exemples d’art rupestre indien dont mon préféré est ce pictographe représentant un homme de façon minimaliste et très graphique.





Un peu plus loin dans le canyon, se trouve un étonnant remblai que l’on ne soupçonne pas quand on roule sur la Highway 89 quelques mètres plus haut. Il est constitué d’un empilement d’une vingtaine de voitures des années 60 et 70 😮. En voici quelques-unes :



En me garant sur le parking de la Paria Ranger Station, à 8 h 45, je constate qu’il y a beaucoup de véhicules, il va donc y avoir de nombreux postulants pour les 10 permis octroyés. Effectivement, il y a 68 demandes, mais avec ceux qui reviennent plusieurs jours de suite (les rangers leur donnent autant de « billets de loterie » que le nombre de fois auxquelles ils ont postulé), les chances d’obtenir un permis ne dépassent pas 1 sur 10 😕.

En attendant le tirage au sort, je discute avec une jeune femme prénommée Dawn (Aurore). C’est une Californienne au look hyper sportif, particulièrement aimable et bien dans sa peau. Elle ne travaille pas dans le domaine sportif comme son allure pourrait le laisser croire (elle est consultante en sécurité informatique) mais elle pratique tout de même l’escalade à haut niveau, le VTT et le triathlon… Elle est ici pour se « reposer » et se remettre d’une récente fracture de l’épaule suite à une chute de VTT. Quand commence le tirage au sort, son nom est tiré en premier et elle pousse un cri de satisfaction.

Les noms se succèdent jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul permis à attribuer. Une autre année, plusieurs personnes avaient refusé l’ultime permis car elles ne voulaient pas se séparer et finalement c’est moi qui l’avais obtenu car j’étais le seul visiteur solitaire. Mais cette fois-ci, il n’en sera pas de même. Le dernier permis est proposé à un jeune couple qui doit se décider immédiatement. Tout le monde les a forcément remarqués : elle a un séduisant visage et une plastique de rêve qui pourraient lui valoir la couverture d’un magazine de beauté et de santé ; lui, semble tout droit sorti d’une sitcom où il tiendrait le rôle du gentil séducteur ; les deux amoureux sont très souriants et ont l’air fort sympathiques. S’ensuit une discussion qui polarise l’attention de la soixantaine de personnes présentes, les yeux rivés sur eux :

Lui : Prends ce permis, tu rêves de The Wave depuis si longtemps ! Elle : Non, je ne peux pas envisager d’y aller sans toi. Lui : Mais si, je t’accompagnerai et je t’attendrai à la limite de la zone interdite. Elle : Non, je ne veux pas te laisser seul.

Et ainsi de suite pendant deux minutes… Au final, la jeune femme finit par prendre le permis tandis que la ranger leur lance d’un air complice : « J’espère que vous n’êtes pas en voyage de noces car je ne veux pas que cette loterie soit responsable de votre première séparation ! » Cette scène « à l’eau de rose » a fait sourire l’assemblée et finalement détendu l’atmosphère parmi toutes les personnes déçues… dont je fais partie 😕.

Je souhaite un « Happy The Wave » à Dawn et tout le monde sort de la Station, excepté les heureux élus qui vont acheter leur permis pour CBN. Dehors, je discute avec des Allemands qui font un tour du monde dans un camion Mercedes 4 x 4 qu’ils ont aménagé et sur lequel ils dessinent au fur et à mesure leur parcours. Eux aussi apprécient les Tassilis du Sahara, ma région préférée après le Southwest. Après avoir rempli 2 gallons d’eau potable au robinet extérieur prévu à cet usage, je retourne dans la Station quand tout le monde est parti. Sans grand espoir d’avoir une réponse positive, je demande s’il ne reste pas un permis pour aller ce jour à Coyote Buttes South car je retournerais bien à Paw Hole en fin d’après-midi. Par chance, il en reste un 🙂! Le ranger me demande si je dispose d’un véritable 4 x 4 (pas un AWD, me précise-t-il) avec suffisamment de garde au sol, car pour y aller le sable est encore plus mou et profond que les années précédentes et il y a très régulièrement des touristes ensablés sur cette piste 😕. Il me dit qu’à la montée il faudra aller vite et ne surtout pas ralentir.

Il est temps de me rendre au parking de Wire Pass. Mon but est de réaliser une boucle passant par le slot canyon de Wire Pass puis celui de Buckskin Gulch, de sortir de ce dernier à un endroit repéré sur Google Earth (dont nous avions discuté avec plusieurs membres de VF), d’aller jusqu’aux Teepees à l’est de CBN puis de revenir au parking en contournant la zone nécessitant le permis. Comme il n’est pas prévu qu’il pleuve aujourd’hui, il n’y a pas de risque de « flash flood », mortel dans ces canyons.

Après avoir payé mon permis à la « self station » près du parking, je retrouve avec plaisir le slot canyon de Wire Pass où je me rends quasiment toujours avant d’aller à The Wave. Même si la lumière y est quelconque ce matin, l’étroitesse du canyon reste intéressante et depuis dix ans je retrouve ce même morceau de tronc d’arbre coincé en hauteur, telle une bête guettant sa proie.





Le slot canyon débouche sur une grande alcôve à la confluence avec Buckskin Gulch.





Grimper dans l’alcôve permet de voir certains détails de l’érosion.



Un Datura solitaire a élu domicile à quelques mètres de là.



Buckskin Gulch est plus impressionnant que Wire Pass car beaucoup plus profond pour une largeur excédant rarement les 5 mètres et, surtout, il serpente sur environ 20 kilomètres avant de rejoindre le Paria Canyon.





Le randonneur, sur cette photo, vous donne une idée de la taille de ce canyon et de ce qu’on peut y ressentir :



Quel plaisir d’y randonner tranquillement, à la recherche de lumière réfléchie qui donne matière à photographier 🙂.







En plusieurs endroits, le sol est recouvert de boue séchée.





Mais, par moments, il s’agit de boue humide, voire quasi liquide. J’essaye d’abord de l’éviter en sautant d’une pierre à l’autre mais, alors que je tente un trop grand pas, une pierre bascule et je me retrouve dedans jusqu’au mollet. Ce n’est pas très agréable 😕 et cela va occasionner ce soir une longue séance de nettoyage mais, après tout, ce n’est que de la boue (qui sèche d’ailleurs assez rapidement sur mes chaussures).

Je parviens à l’endroit qui, sur Google Earth, semble permettre une sortie du canyon. Dans la réalité, c’est très différent, il ne s’agit que d’une grosse fissure (à droite de la photo). La fonction 3D de Google Earth se contente de faire de l’interpolation de courbes de niveaux en lissant les pentes, ce qui ne correspond pas forcément au terrain qui peut être bien plus accidenté.



J’hésite à entreprendre la montée dans la fissure que j’estime à du 4+ (en cotation française d’escalade, sport que j’ai pratiqué longtemps il y a plus de dix ans), mais avec des chaussures de randonnée boueuses et un sac à dos lourd (contenant entre autres le matériel photo et la réserve d’eau) ce n’est pas l’idéal. Comme la fissure n’est pas complètement verticale (donc pouvant a priori être redescendue si nécessaire) et que la chute n’est pas mauvaise (au sol il y a du sable et pas de rochers), je décide de tenter l’aventure même si ce n’est pas très raisonnable. Je me concentre, retrouve mes sensations oubliées de grimpeur et l’escalade de la fissure (d’une bonne vingtaine de mètres) se déroule bien, sans que je me fasse peur. L’arrivée se fait dans une sorte de petit cirque sableux entouré de falaises verticales qui me séparent du plateau sommital. Mais une mauvaise surprise m’attend 😕 : il n’y a aucune possibilité de grimper la falaise à part dans une cassure encombrée de gros blocs dont certains légèrement en surplomb. J’estime que cette dizaine de mètres d’escalade est au moins du 5+, avec impossibilité de redescendre et une très mauvaise chute sur des blocs pointus. Je n’insiste pas, ce serait vraiment trop risqué, même si c’est rageant d’échouer si près du but 😠. Je comprends pourquoi je n’ai jamais lu, lors de mes recherches sur Internet, que quelqu’un ait pu sortir de Busckskin Gulch de ce côté.

Je redescends donc la fissure, mais en escalade la descente est plus difficile que la montée et maintenant je ne fais pas le fier ! Même en me concentrant, mes pieds retrouvent difficilement, en tâtonnant, les prises que mes yeux ne voient pas. Je ne peux m’empêcher de penser que toute chute se traduirait au minimum par une cheville foulée quand je toucherais le sol après avoir glissé et m’être râpé contre la paroi et, même si j’arrivais à rentrer à mon véhicule en claudiquant, tout le reste de mon voyage serait compromis 😕. A mi-chemin de la descente, j’entends deux personnes qui viennent d’arriver et expriment leur surprise de me trouver dans cette situation. Leur présence et leurs encouragements me rassurent et je termine la descente mieux que je ne l’ai commencée.

Je suis bien content de retrouver le sol et de discuter avec ces sympathiques backpackers, mais durant cette tentative avortée j’ai dû perdre au moins un demi-litre de sueur ! L’un des randonneurs, qui vient de Salt Lake City, me raconte comment un jour il s’est retrouvé en grande difficulté en essayant de suivre les indications d’un des guides de Michael Kelsey, une référence pour la randonnée dans l’Ouest. Il est vrai que Kelsey semble être une espèce de surhomme à qui aucun obstacle ne résiste et qui avance à un rythme d’ultra-marathonien, d’où bien des déconvenues pour les randonneurs « moyens » qui suivent certaines de ses indications. J’ai pu vérifier ses capacités par moi-même, un jour que je descendais seul, avec moult précautions et des chaussures très accrochantes, la dangereuse pente de slickrock de la Sneak Route to Death Hollow, dans la région d’Escalante. Quelle ne fut pas ma surprise de croiser Michael Kelsey lui-même 😮 qui remontait cette falaise à toute vitesse avec des chaussures de sport d’intérieur à l’accroche médiocre. La surprise fut partagée car il était ici en reconnaissance pour ajouter une nouveauté à la cinquième édition de son guide et il ne comprenait pas qu’un Frenchy puisse déjà se trouver là. Dommage que nous n’ayons pas eu le loisir de discuter plus d’un quart d’heure, chacun étant tenu par un horaire serré.

Je continue à descendre encore un peu le canyon. Certaines falaises sont impressionnantes.



En me glissant sous des alcôves pour cacher le ciel, je peux mieux admirer les magnifiques couleurs créées par la lumière réfléchie sur les parois du canyon. C’est un enchantement.





Je rebrousse chemin et remonte le canyon d’un bon pas car cet après-midi je me rends à Paw Hole et ce n’est pas à côté. Bien après les passages boueux, je rattrape le jeune couple qui hésitait à prendre l’ultime permis pour CBN à la loterie de ce matin. Je suis surpris de voir la jeune femme recouverte de boue : bras, jambes, cuisses, une bonne partie du visage. Elle me fait à la fois penser à Lara Croft (du jeu Tomb Raider) qui serait en stage commando et à une « sauvageonne » de certaines peuplades indigènes. Je pense également à la célèbre chanson de Queen « We will rock you » et ses paroles « You got mud on your face » sauf que le vers suivant « You big disgrace » ne convient pas du tout puisque, contre toute attente, la demoiselle reste fort jolie et que la boue séchée fait même ressortir ses yeux verts. En riant, elle m’explique que l’argile « c’est bon pour la peau et que certains payent cher pour cela ». On rentre ensemble et on discute dans la bonne humeur. Ils viennent de Pennsylvanie, lui finit ses études à l’université et elle est professeur de fitness et de cheerleaders (Pom-pom girls). Ils sont très contents d’aller demain tous les deux à CBN/The Wave. Tous les 2, avec un seul permis ? Non, ils ont bien 2 permis car, après le tirage au sort, Dawn s’est discrètement désistée en leur faveur, touchée par ce jeune couple d’amoureux. Elle leur a dit qu’habitant en Californie elle pourrait revenir ici plus facilement qu’eux. Un bien beau geste 😇!

Comme je vois ces deux sportifs se jouer des petites difficultés de Wire Pass (blocs coincés à escalader), je leur donne tous les conseils nécessaires pour visiter demain Top Rock et Melody Arch afin d’agrémenter leur visite. Ils sont installés au petit camping gratuit de Stateline Campground, à 2 miles au sud du parking de Wire Pass. Comme il est complet, ils me proposent de partager leur emplacement en me prévenant qu’ils reviendront assez tard puisqu’ils dîneront à Page ce soir. Ils sont vraiment très sympa 🙂!

On est déjà en cours d’après-midi mais on partage quelques barres de céréales après le slot canyon de Wire Pass, puis on se quitte au parking et je pars en direction de Coyote Buttes South - Paw Hole.

Le ranger m’avait prévenu, la piste de Paw Hole s’est dégradée par rapport aux années précédentes, les ornières sont profondes et le sable est très mou car il n’a pas plu depuis longtemps. C’est aussi vers Paw Hole qu’Annie et André, pourtant véhiculés dans un gros 4 x 4 par un ami expérimenté de Kanab, se sont ensablés il y a quelques semaines et ont dû faire venir la dépanneuse pour plusieurs centaines de dollars 😕. Je suis donc bien content de disposer du Toyota 4Runner qui est un vrai 4 x 4 avec vitesses courtes mais je choisis tout de même de rester en seconde longue pour pouvoir garder une vitesse suffisante. J’attaque la montée sableuse à un rythme digne du Paris-Dakar, la voiture dérape dans les virages et fait des sauts à chaque variation de terrain, je dois tenir le volant très fermement et j’ai l’impression de conduire dans un jeu vidéo. Dès que je sens le véhicule ralentir, je donne des coups de volant successivement à droite et à gauche, comme je l’ai vu faire par les Touareg dans le Sahara. A l’arrière, mes sacs et la glacière sautent dans tous les sens, comme s’ils dansaient un pogo effréné lors de la grande époque punk, c’est « Anarchy in the trUnK » 😛! Après plus de 2 miles de ce rythme frénétique, qui me semblent durer beaucoup plus longtemps, je suis bien content de m’arrêter au petit parking de Coyote Buttes South - Paw Hole.

Je me dirige directement vers le secteur que je trouve le plus beau, à environ 1 mile de marche (dans le sable) au nord-ouest du site. En regardant les carnets de voyage et les photos des aficionados de l’Ouest, je suis surpris de voir que ce secteur pourtant très photogénique n’est pour ainsi dire jamais visité, alors qu’il est finalement plus accessible que celui de Coyote Buttes South, Cottonwood Teepees (qui est cependant plus vaste et plus varié).

Je garde un excellent souvenir de ma dernière visite en avril 2006 où, avec ma fille Flora, Kent, Steffen et Isabel, nous avions terminé à Paw Hole, dans une excellente ambiance, une expédition de presque 3 jours (avec camping sauvage) qui nous avait amenés à White Pocket et différents secteurs de Coyotte Buttes South. Souvenirs, souvenirs…

J’atteins une montagne de slickrock joliment striée (particulièrement à la gauche de sa base).









Un peu plus loin, un autre très beau secteur de slickrock strié.







Le temps se couvre, mais les couleurs n’en ressortent que davantage.



Je m’intéresse maintenant aux détails, aux motifs, aux textures et aux couleurs que le slickrock nous offre généreusement.





Ici, le rocher semble saigner.







Ravi d’avoir pu profiter tranquillement des trésors de ce site que j’apprécie particulièrement, je retourne vers le massif de teepees à proximité du parking.



Je les admire dans la douce lumière du soleil couchant.





La descente en 4 x 4 de la piste sableuse pose moins de problème que sa montée, même si cela secoue tout autant.

De retour sur la bonne piste de House Rock Valley Road, je capte les toutes dernières lueurs du soleil….



… puis du crépuscule.



Au camping, j’installe mon SUV à côté de l’emplacement du jeune couple de Pennsylvanie (que, plus tard, je n’entendrai même pas revenir de Page). Après mon habituel dîner frugal, je décharge mes photos sur mon notebook et, fatigué par cette journée bien remplie, je m’endors très rapidement.

JOUR 13 : autour de Coyote Buttes

Au lever du soleil, il fait nuageux, donc je prends mon temps avant d’aller à la Paria Ranger Station afin de tenter ma chance une seconde fois pour le permis de Coyote Buttes North. Quand je quitte le camping, le jeune couple de Pennsylvanie dort toujours dans sa tente et je ne peux le revoir pour le saluer et lui souhaiter une excellente visite de The Wave.

A la Station, nous sommes une dizaine de personnes de moins que la veille pour le tirage au sort. Je retrouve Dawn qui hier a été voir Horseshoe Bend, Antelope Canyon et des hoodoos. Quand des touristes demandent quel est le meilleur guide pour visiter le secteur parmi ceux qui sont vendus sur place, j’entends avec plaisir le ranger répondre que c’est Photographing the Southwest 🙂, du coup il leur en vend deux et Dawn en achète un troisième.

Celle-ci est optimiste pour le tirage au sort, par nature et parce que, aujourd’hui, elle a deux chances au lieu d’une, comme tous ceux qui reviennent pour la seconde fois consécutive (les rangers mettent deux numéros à leurs noms dans la tireuse à loto). Elle ne sait pas qu’elle a en réalité quatre chances en comptant les deux miennes, car j’ai décidé que si mon nom était tiré et pas le sien, je lui ferais bénéficier de mon permis, ce qui me semble tout naturel après son généreux geste de la veille.

La loterie se déroule selon une séquence répétitive : tirage de la boule, annonce du numéro, cri de joie de l’heureux élu, déception se lisant sur le visage des autres. Enfin il ne reste plus qu’un permis, le dixième, et bingo 🙂! c’est Dawn qui l’obtient et ne cache pas sa joie pour ce coup de chance in extremis. La ranger déclare qu’il y a une justice et raconte comment Dawn a fait don de son permis la veille ; spontanément, toute l’assemblée applaudit la sympathique Californienne. Après l’obtention de son permis, je lui explique en détail tout le circuit autour de The Wave, de Second Wave à Sand Cove en passant par Top Rock et le Big Mac, car elle ne saurait se contenter d’une visite classique. Quand il n’y a plus personne à la Station, je vais voir la ranger (qui se souvient bien de moi depuis qu’elle m’a croisé en octobre 2005 en revenant de White Pocket alors qu’elle pensait ce site encore confidentiel) pour lui demander s’il n’y aurait pas quelques phénomènes géologiques encore peu connus à visiter dans le secteur. Comme je connais déjà tous ceux qu’elle me cite, elle finit par m’en indiquer un du bout des lèvres qu’elle appelle « The Nautilus », mais me demande de me contenter de publier des photos sans en indiquer la localisation sur Internet ou Photographing the Southwest car cette curiosité est fragile.

Je la remercie et m’y rends directement. Je marche dans ce secteur isolé quand j’entends du bruit derrière moi. Je me retourne, surpris, et découvre deux chevaux montés par de souriantes cavalières qui habitent à proximité et me disent qu’elles n’ont jamais vu personne dans ce wash. On discute un moment des beautés de la région puis chacun reprend son chemin.



Je ne sais pas à quoi doit ressembler « The Nautilus » car la ranger ne m’a rien précisé et ses indications étaient plutôt vagues. Je m’attends donc à une formation rocheuse en forme de sous-marin avec des pointes, comme dans le roman Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne. Mais quand je découvre cette curiosité géologique, je constate qu’elle ressemble tout simplement par sa forme au coquillage appelé nautile en français et nautilus ici.



Je me glisse à l’intérieur…





… puis me balade un bon moment dans le secteur, à la recherche d’autres curiosités du même style, sans succès.





C’est la saison de floraison des cactus.



Je retourne à mon véhicule par le même chemin, content d’avoir vu ce petit site mineur mais néanmoins intéressant.

Le temps se couvre sérieusement, il ne serait pas prudent d’entamer seul une longue randonnée dans un site isolé. Je prends donc la piste de House Rock Valley Road pour accéder à des balades assez courtes.

Il y a de jolies fleurs sur le bas-côté (ce sont des Prickly Poppies me précise Kashtin, spécialiste en la matière).



Je retourne voir un panel de pétroglyphes qui m’avait particulièrement plu pour sa situation et son originalité. Bien que les rangers tentent de le garder confidentiel et qu’il soit loin de la piste, je constate en voyant le sol piétiné qu’il est nettement plus visité que lorsque j’y étais venu il y a quatre ans.

On y trouve un étonnant labyrinthe rappelant le jeu du même nom que l’on trouvait dans les magazines pour enfants, où il fallait se rendre d’un point A à un point B. C’est la seule fois où j’ai vu une telle représentation rupestre. Que peut-elle bien vouloir signifier ? Comme je ne connais pas de nom à ce panel, je l’appelle « The Maze panel ».







On peut observer d’autres motifs intéressants, notamment des spirales, un personnage avec des boucles d’oreilles, un autre très graphique dessiné comme un logo…





Ma prochaine visite concerne Double-Barrel Arch, qui se situe près de la piste d’accès par le sud à Coyote Buttes South et ne nécessite qu’une courte marche.

Devant l’arche et ses deux ouvertures, un rocher surnommé le Totem.



Quand je m’approche de l’arche et que je grimpe pour atteindre ses ouvertures, je constate que le slickrock est très différent de celui que l’on trouve habituellement dans la région. Celui-ci est torturé comme de la roche volcanique qui me rappelle celle que j’ai vue au Piton de la Fournaise, à l’île de la Réunion, ou au pied du Teide à Tenerife, aux îles Canaries.







Une excroissance rocheuse me fait penser à un dinosaure qui serait à l’affût.





Le ciel s’est dégagé peu à peu et les risques d’orage semblent s’éloigner.

Je décide donc de faire la randonnée permettant de visiter le site d’Edmaier’s Secret que je n’avais pas eu le temps de faire lors de mon précédent voyage.

Cet endroit n'est pas à proprement parler secret ou confidentiel. Son surnom lui a été donné par des Allemands qui ont découvert en 2003 une photo aérienne (prise dans les années 90) dans un livre de Bernhard Edmaier et qui, à partir de là, l’ont ensuite recherché (notamment à l'aide de Google Earth). Ils s’y sont rendus par eux-mêmes en 2007. Ceci explique que ce lieu soit encore très peu connu, mais plus pour longtemps car sa visite est notamment une bonne solution lorsqu’on n’a pu obtenir de permis pour CBN / The Wave. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai conseillé à Marie/mlefevre qui s’y est rendue deux mois plus tard et en a parlé positivement dans son carnet. Du coup, plusieurs forumeurs ont déjà inscrit cette visite à leur voyage de 2010.

Cette belle randonnée dans le wilderness n'est ni longue (entre trois et quatre heures suivant le temps passé à explorer et/ou à photographier sur place) ni difficile si l'on dispose des informations, d'un extrait de carte topographique et d'un bon sens de l'orientation (le GPS peut faciliter les choses mais n'est pas indispensable, le mien est resté dans le sac à dos cette fois-ci). Par contre, en été il peut y faire très chaud, il n’y a pas d’ombre et il y a peu de chances d’y rencontrer âme qui vive.

Je paye mon permis à la « self-payment station » du parking de Buckskin Gulch et je marche d’un bon pas dans le gulch car l’après-midi est déjà très avancé. Environ une heure plus tard, je suis au milieu d’un océan de slickrock au pied d’une superbe montagne de brainrocks (roche en forme de cervelle) qui ne demande qu’à être gravie.







Au sommet, je découvre un land-marker qui date de 1917...



… et surtout un panorama magnifique en direction de Buckskin Gulch d’où je viens.



Je continue vers le sud sur le sommet de la montagne…



… jusqu’à un superbe point de vue sur une immense pente de slickrock avec Coyote Buttes North en arrière- plan. Loin au sud, le massif blanc de Top Rock est bien éclairé et je distingue nettement la fissure verticale qui surplombe The Wave et sert de repère aux randonneurs (en haut et au milieu de la photo). Aujourd’hui, il me manque au moins deux heures de jour pour pouvoir explorer ce versant, ce sera donc pour la prochaine fois.



Je redescends vers le nord en passant par une « mini-wave » au slickrock délicatement ciselé.



Ce spot, un de mes préférés du site, m’a donné envie d’en faire une interprétation en noir et blanc.



La descente est ponctuée de lames de roche et de délicates stries dentelées qui, je l’espère, seront épargnées par les futurs visiteurs.







D’immenses chenilles de pierre sont blotties les unes contre les autres. Je ne serais pas surpris de les voir se mettre à onduler lentement.





Quelques lichens égayent la roche.





Le slickrock prend plusieurs couleurs, au gré de sa fantaisie.





Un hoodoo au sombre chapeau semble perdu dans cette immensité.





Le soleil va bientôt se coucher, il est temps d’entamer le retour.



Eclairé par les derniers rayons du soleil, le grès prend de superbes teintes dorées.



Dans le wash sableux au pied du slickrock, j’ai l’impression d’être fin 2008 durant mon voyage au Sahara, dans le massif de la Tadrart, au sud-est de l’Algérie. Curieuse impression de retrouver les mêmes sensations au sein de deux sites situés aux antipodes mais qui se rapprochent par leur esthétique, leur atmosphère et leur lumière.







L’agréable remontée de Buckskin Gulch dans une lumière crépusculaire et une température très douce termine sereinement cette journée durant laquelle la découverte d’Edmaier’s Secret fut un des coups de cœur de mon voyage 🙂.



Il fait nuit quand je roule sur les pistes de House Rock Valley Road puis de Cottonwood Canyon Road pour retrouver mon lieu de bivouac d’il y a deux jours. Je me couche relativement tôt car demain le réveil sonnera bien avant l’aube pour visiter les Wahweap hoodoos à l’heure propice.

JOUR 14 : de Wahweap Hoodoos à Waterholes Canyon

Il fait encore nuit quand le réveil sonne, mais c’est nécessaire pour lever le camp, rouler sur les pistes menant au Wahweap Wash puis marcher une vingtaine de minutes jusqu’au premier groupe des Wahweap Hoodoos, afin d’être positionné à temps pour y voir le lever du soleil.

Mon intérêt pour les Wahweap Hoodoos remonte à l’année 2001 quand Laurent Martrès me demanda de l’aider à trouver un hoodoo particulièrement élégant dont, à l’époque, seuls deux photographes professionnels avaient publié une photo : Michael Fatali (toujours lui !) et Jackson Bridges (guide/photographe spécialisé dans la région du Lake Powell). Bien entendu, on ne savait pas du tout dans quel secteur ce hoodoo pouvait bien se trouver et les deux photographes gardaient jalousement leur secret. Durant mon voyage de 2001, dans les environs de Page, j’ai montré la photo à tous les rangers que j’ai croisés, j’ai exploré les alentours de Toadstool Hoodoos et de White Rocks mais je n’ai pas trouvé le hoodoo recherché. Quelques mois plus tard, j’ai finalement obtenu une information succincte mais suffisante (« Vous trouverez dans Wahweap Wash »), en correspondant avec un local qui voulait lancer un Bed & Breakfast et courait le wilderness près de chez lui à la recherche de curiosités géologiques. Dès mon voyage suivant (en mai 2002), nous remontions à pied, Laurent et moi, le Wahweap Wash (en venant du sud, ce n’est qu’ensuite qu'un ami de Laurent a trouvé l’accès plus rapide par les pistes du nord), lorsque nous avons fini par trouver les hoodoos convoités 🙂, qui seront longtemps une des nouveautés de Photographing the Southwest. Il m’amuse de penser que quelques e-mails envoyés de France ont été plus efficaces qu’une recherche menée sur place.

La subtile lumière qui précède le lever du soleil permet d’apprécier ces hoodoos élancés dans une ambiance plus douce et moins contrastée que celle qui prévaudra quand les rayons du soleil les atteindront directement.





Quelques minutes plus tard, le site est éclairé par les premiers rayons qui font ressortir le blanc éclatant des hoodoos.



Je prends la photo « classique »…



… avant de trouver un autre angle qui me plaît davantage.



Un second groupe de hoodoos se situe quelques centaines de mètres plus loin.



Ils sont moins élancés mais néanmoins intéressants, surtout à contre-jour.





J’ai un faible pour ces deux hoodoos qui semblent avoir été posés là comme des piliers matérialisant l’entrée d’un décor fantasmagorique digne du Seigneur des Anneaux.





Ici, des concrétions ressemblent vraiment à de la cervelle.



Là, les roches rappellent la couleur du sang.



De retour à mon véhicule, je rencontre deux Allemands qui viennent d’arriver mais qui ont failli rester coincés au passage d’un petit wash qui traversait la piste : leur SUV ne pouvant plus ni avancer ni reculer sans racler fortement le sol rocailleux, l’un a dû pousser et l’autre « mettre la gomme » pour s’en sortir. Ils avaient pourtant loué chez Alamo un SUV standard de la même catégorie que le mien, mais ils ont hérité d’un modèle « crossover » à la faible garde au sol, qui montre ses limites à la moindre difficulté, leur faisant risquer une galère au milieu de nulle part sans compter l’endommagement du véhicule 😕. Après un petit déjeuner commun, où ils se font réchauffer des saucisses, je les quitte en espérant qu’au retour ils ne rencontreront pas le même problème.

Sur les hauteurs de White Rocks, je me gare sur un promontoire surplombant un secteur où se trouvent de nombreux hoodoos colorés.



La lumière de ce milieu de matinée n’est pas très favorable, mais une balade me permet tout de même d’apprécier les couleurs qui vont de délicats tons pastel au rouge violacé.







Tout au bout de la balade, un point de vue sur Chimney Rock et sur un énorme hoodoo qui fait plus de 20 mètres de haut.



Vers midi, je me rends au Paria Outpost pour saluer Susan et Steve Dodson, comme je le fais maintenant depuis une dizaine d’années. La première fois, Elisabeth, Flora (qui avait onze ans) et moi étions venus là dans le but de boire quelques litres de lemonade bien fraîche après notre première visite à The Wave, dans la canicule du mois de juillet. Nous avions été très sympathiquement accueillis par Susan et Steve qui nous avaient raconté la toute récente ouverture du Paria Outpost (majoritairement construit de leurs mains), leur amour de la nature encore sauvage qui les avait amenés ici, leur intérêt pour la vie des locaux à laquelle ils voulaient s’intégrer, leur goût pour la musique jouée en commun, leur volonté de contribuer à une activité touristique responsable en harmonie avec la nature… Flora était même repartie avec un cadeau 🙂 : un grand TShirt flashy de style hippie (que Susan avait teint elle-même) qui lui servit longtemps de chemise de nuit compte tenu de sa taille.

Les débuts sur place furent difficiles car il leur fallut des années avant d’obtenir les autorisations, accréditations et assurances nécessaires pour faire le métier d’outfitter sur les terres du BLM et du Vermilion Cliffs National Monument (où se trouve Coyote Buttes). En attendant, ils ont tenu bon et ont proposé des shuttles (transports) notamment pour les backpackers descendant le Paria Canyon ou Buckskin Gulch, et leur BBQ « all you can eat » de fin de semaine (certaines fois avec de la musique live) a acquis une bonne renommée, puisque de nombreux locaux (dont beaucoup viennent de Page) y sont fidèles. Ils ont également aménagé une chambre pour la proposer en Bed & Breakfast. Quand ils ont pu lancer leur activité d’outfitter, j’ai fait tout mon possible pour les faire connaître en France (et dans d’autres pays francophones), soit en répondant à des posts de VF quand les forumeurs ont commencé à s’intéresser à Coyote Buttes South et White Pocket ; soit dans de nombreux messages privés et/ou e-mails ; soit directement, en en parlant à mes connaissances qui se rendaient dans l’Ouest ; soit encore en les citant dans Ouestusa.fr en complément de l’outfitter Wally (en retraite maintenant) que conseillait Thierry/Wavemaster car il avait été content de ses services… Comme tous leurs clients ont été satisfaits, le bouche-à-oreille et les carnets de voyage ont fait le reste, et maintenant leur activité d’outfitter marche bien 🙂, avec une bonne proportion d’Européens. Les Dodson, qui connaissent ma contribution à leur business, m’accueillent toujours à bras ouverts… comme Susan le fait encore cette année (Steve étant en excursion). Elle s’apprêtait à partir faire des courses à Page mais, après un accueil très chaleureux, elle reste un bon moment à discuter avec moi. Quand elle doit s’en aller, elle me dit de rester au Paria Outpost « comme chez moi ».

Tandis que le temps se couvre, je m’installe pour prendre mon lunch sur la terrasse puis j’entame une petite sieste réparatrice. Je suis réveillé par l’arrivée d’une dame d’une bonne soixantaine d’années, qui a beaucoup de distinction et qui respire la gentillesse. Elle vient de Californie, est passionnée de photographie (elle dispose d’ailleurs d’un matériel haut de gamme) et passe voir Steve et Susan pour convenir d’une excursion, sans savoir ce qui est le mieux à photographier dans le secteur. Comme il s’est mis à bruiner, j’ai tout mon temps. Aussi, je vais chercher mon notebook et je lui montre des photos de la région proche sur une copie de mon site web, ainsi que certains clichés que j’ai pris durant les deux derniers jours. Elle prend des notes de ce tout ce que je lui conseille de voir par elle-même ou avec un outfitter dans les jours à venir, puis elle me pose des questions complémentaires sur l’accessibilité des différents sites. Je suis heureux d’avoir pu lui rendre service, car elle est aussi sympathique que motivée. Avant de partir, elle me remercie chaleureusement et me dit « You make my day » (expression que j’avais découverte au cinéma dans la bouche de Clint Eastwood, mais prononcée dans des circonstances très différentes).

La bruine a cessé mais le ciel reste menaçant. Je décide de tenter une visite aux Thousand Pockets dont le nom est prometteur. La piste est d’abord commune avec celle de Stud Horse Point, puis elle s’enfonce vers le sud. Elle est longtemps sableuse, ce qui ne posera pas de problème en cas de pluie, mais tout d’un coup elle devient argileuse avec plusieurs montées et descentes. La randonnée doit durer au moins deux heures et il est impossible de deviner où vont éclater les orages qui menacent tout autour. Si la pluie tombe ici, il me sera impossible de rouler sur les montagnes russes sur lesquelles je viens de passer. Par prudence, je décide donc de renoncer et de revenir en arrière pour me contenter d’une seconde visite à Stud Horse Point.

Je ne le regrette pas car aujourd’hui la lumière y est douce.

Au loin, le Lake Powell d’où émerge Lone Rock.





Les hoodoos colorés de Stud Horse Point, qui dominent le paysage, ont une structure et une esthétique particulières très différentes de ceux que j’ai vus ce matin. On se croirait dans une autre région.









Mon hoodoo préféré est celui qui est surnommé l’Amiral à cause de son chapeau si caractéristique.





Je retourne à Page dans le but de faire un ravitaillement de produits frais mais, comme le ciel s’est dégagé en partie, je me dépêche d’aller sur le rim de Waterholes Canyon pour bénéficier des derniers rayons de soleil.

Waterholes Canyon est principalement connu en tant que slot canyon et il faut un « hiking permit » navajo pour le visiter, malheureusement la guérite d’Upper Antelope Canyon où on peut l’acheter est fermée depuis plusieurs heures. Tant pis pour cette fois, une bonne demi-heure de visite sur le rim à l’heure où tout le monde est rentré pour dîner ne devrait pas poser de problèmes (Attention ! ne venez pas ici sans permis en pleine journée car, à l’heure normale de visite des slots canyons, les permis sont régulièrement vérifiés par les Navajos).

Sur le mur surnommé « The Big Wall », certaines striures esthétiques font penser à Second Wave.





Je capte les tout derniers rayons du soleil dans l’autre direction, celle où le ciel se fait menaçant.





Au Wal-Mart, une fois le ravitaillement terminé, je me choisis une bonne salade composée et des yaourts crémeux à la cerise pour ce soir et demain matin. Je profite d’un spot WiFi pour sortir mon notebook et consulter ma boîte aux lettres ainsi que la météo des jours à venir (qui n’est pas fameuse 😕).

Une fois de plus, je retourne de nuit à mon bivouac, situé dans les premiers miles de la Cottonwood Canyon Road que je vais emprunter demain matin pour commencer les trois prochaines semaines consacrées à l’Utah.

A l’issue de ce « Hoodoos day », c’est avec un pincement au cœur que je me glisse dans mon duvet, en sachant que demain je m’éloignerai de la région des Vermilion Cliffs, une de mes préférées (sinon ma préférée) dans le Southwest.

Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Open
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°3)
Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef

JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods

Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.





Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.

Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :



La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.

Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.

Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.





Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.

Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :



J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?



Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.

Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.



Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.

Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.

La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.



De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.

Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).

Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.





Certains des petits bonshommes sont très amicaux :



On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :





Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :



En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…





Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.





Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.





Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.

De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.



Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.

Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.

J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.

Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.

Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.

La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.











Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…



… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.





Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.



J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)



Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…





Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.







Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.

Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.

Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.

JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon

Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.

La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…



… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.





Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !





Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.

En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…



Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.



Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.



A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.

Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.

Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.





Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).



Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).

C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.

Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…

C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.

Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.

La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).

La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.

Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).

Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).

En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).

De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).

Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.

Revenons au déroulement de mon voyage…

Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.

Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !

Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".

Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de problème ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !

Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.

Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…









Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.







Certains rochers font penser à des menhirs.



D’autres semblent peints…



… comme ce tableau d’art moderne…



… ou cet incroyable visage féminin masqué !

Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.



Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».



Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.



The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.



Voici une photo prise en 2006…



… et une autre prise cette année.



Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.

Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière



Une vue plus classique...



… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.



Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.





Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?



Ici, un couple de lions de mer…



… là, une fissure colorée.



Une belle montagne rouge et blanche…





… se termine par une petite famille de hoodoos.



Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!

A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.







Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.

Après un superbe arc en ciel idéalement placé…



… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !



C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….

Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !



JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon

Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.



Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.



Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.







On trouve en chemin des micro-badlands colorés.





Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.

Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.



Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.

John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!

Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).

A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.

Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.



Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !

Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.









L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :



Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).



La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.

Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.

Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.



Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »

Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.

L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.

Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?

Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?

Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.

On les voit d’abord de profil…



… puis par en dessous…



… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !



L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.

Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.









Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.

John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.

Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.

Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.

JOUR 11 : de Red Canyon à Page

Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.

Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».









Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.





Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.

A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.

Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…





… ainsi que de belles traces de dinosaures.



Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.

Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.

Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.

En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.

Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.

Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…





… et celui-ci vers l’est.



Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.

Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:









Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.



J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.

C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.





Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.



Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.





Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.

Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.

Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
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Mai 2008, d'une saison à l'autre dans l'Ouest américain (2e partie)
Le site MaBul, qui hébergeait les images, est définitivement en panne et a perdu tous les fichiers🏴‍☠️. Désormais, pour voir les photos, il faut passer uniquement par le site:

http://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_11.html

Deuxième partie

De Canyonlands NP à la Paria Station via Dinosaur NM

1re partie : http://voyageforum.com/...ost=2142246;#2142246

Avant d’arriver à Bluff nous prenons la piste de Valley of the Gods aux alentours de 17 heures. Les monolithes de grès rouge sont vraiment magnifiques dans la lumière du soleil couchant, le ciel bleu traversé par des cumulus des plus photogéniques. Toujours les Pricklepoppies aux grandes fleurs blanches de pavot, comme du papier crépon.













Church Rock, le long de la Hwy 191, et les La Sal Mountains en arrière-plan... Dans les années 20, les fidèles du culte de Marie Ogden s'étaient mis en tête d'en faire une église et donc d'en creuser entièrement l'intérieur (d'où l'ouverture qu'on aperçoit à sa base)!! Le projet fut définitivement abandonné en 1949, alors qu'il ne restait plus que huit membres...



Bluff, 18 h 45, nous voici au Desert Rose Inn pour la troisième fois. Nous sommes cette fois-ci sur l’arrière et la falaise ocre-rouge. Belle chambre (110 $), mais ni réfrigérateur ni micro-ondes.

Jeudi 15 mai

Pas de petit déjeuner au motel… Nous avalons un thé et une banane et partons sous un ciel gris et un froid toujours polaire. On ne se croirait vraiment pas dans l’Ouest au mois de mai. A Monticello, le vent violent nous oblige à enfiler pulls et blousons polaires pour aller faire quelques courses au Blue Mountain Foods, le supermarché du coin. L’essence est de plus en plus chère : de 3, 45 $ en Arizona (contre 3, 69 en Californie), elle est passée à 3, 89 $ en Utah. Les Needles ne sont pas tout près de Bluff, environ 150 kilomètres, et en prenant notre temps nous arrivons à la cahute des rangers en fin de matinée. Au passage nous remarquons que le petit camping est déjà plein. Le ciel à présent dégagé est parcouru de gros cumulus blancs. Le « sentier » de Chesler Park (sentier est un bien grand mot du moins à son début puisque uniquement indiqué par des cairns) sinue au milieu des colonnes de grès rouge sombre chapeautées de blanc.







Rencontre imprévue avec un ptérodactyle...



et un monstre marin...



C’est très beau malgré la lumière écrasante du milieu de journée, là encore peu propice à la photo. La piste monte et descend, nombreux genévriers, sable orange, si fin qu’il glisse entre les doigts comme de l’eau.



Nous gravissons le dernier passage dans les rochers, Flat Man’s Misery, avant de découvrir la plaine vaguement herbeuse en cette saison qui s’étend de l’autre côté, plantée de monolithes striés.



Sur le chemin du retour nous pique-niquons bien à l’abri du vent sur de longs rochers plats et, nous nous en apercevrons plus tard, oublions en partant le Laguiole d’Alain… Retour au petit parking vers 16 heures



où nous regardons galérer les 4 x 4 qui tentent de passer les cinquante premiers mètres de la piste d’Elephant Hill. Après vingt bonnes minutes pendant lesquelles les pneus ont eu le temps de fumer abondamment, les carrosseries de crier grâce et les occupants de perdre un bon kilo à suer, souffler, pousser et donner mille conseils aux conducteurs, personne n’est découragé… il y a pourtant une plate-forme dans le deuxième virage permettant de revenir à la raison, mais non… Au motel de Moab où nous dormirons, l’Inca Inn (très bien, 67 $), à la sortie nord, une vidéo nous permettra de découvrir la suite de la piste et les difficultés monumentales qui la caractérisent : passages au millimètre près entre deux parois, crevasse qu'il faut aborder en crabe, etc.

Nous faisons réchauffer dans le micro-ondes de l’office du saumon acheté au City Market et mangeons une salade, après avoir fait un tour-souvenir dans Mountain View Drive, la rue de Dave et Kay. Il y a une voiture du Colorado devant la maison.

Vendredi 16 mai

Bon « pain suisse maison » au petit déjeuner de l’Inca Inn. Nous allons prendre de l’essence au City Market (3, 75 $) et un calendrier pour Philippe et Babeth au Visitor Center, passons à la poste puis prenons la 191 North pour voir les pétroglyphes de Sego Canyon à la sortie 185… qui est en fait la 187 ! Je suis vraiment déçue de les avoir ratés… Nous sortons à Loma et prenons la 64 North pour Dinosaur. Là, tout change subitement, nous sommes dans le Colorado, herbe verte, fermes et montagnes. La route qui sur la carte paraissait traverser un paysage de plaine est en fait montagneuse, étroite, déserte et très belle. Un arrêt à White Hands qui nous laisse dubitatifs sur l’âge des pétroglyphes que l’on dirait ripolinés de neuf…



Puis The Guardian, surmonté de nids d'hirondelles...



et The Birds, moins beaux en haut de leur petit chemin.



L’essence est désormais à 4 $ dans le village de Dinosaur… Le réservoir étant à moitié plein, nous n’en prenons pas et filons droit sur le Visitor Center où à l’entrée un panneau avertit le visiteur, histoire de le détendre en randonnant, du danger relatif à un puma qui rôde vers Harper’s Corner Loop Trail. Le parc est non payant.

La route monte… monte…



8000 pieds, de la neige sur l’herbe rase du plateau, un petit lac,



une vue superbe à 360° sur les failles rouges au-dessous, pas un chat à l’horizon.









Harper’s Corner Loop Trail. Pas un chat ici non plus mais peut-être le puma... On emprunte le sentier un peu crispés, même si on se dit qu’on ne risque rien, que ces gros chats sont plus friands des petits enfants que de leurs parents, etc., puis cent mètres plus loin on l’a déjà oublié. Lorsqu’on arrive au bout on a vraiment l’impression d’être à la proue d’un navire. La Green River coule paresseusement tout en bas à bâbord, ses eaux gris-vert renvoyant des reflets métalliques,



lèche la proue,



tandis qu'à tribord un canyon se faufile à travers la roche dorée.



Au retour, rencontre une perdrix rouge à qui notre présence ne coupe pas l'appétit.



La piste qui mène à Echo Park, très pentue au début, garde les traces d’une bataille sévère entre la bentonite mouillée et des pneus de 4 x 4. Tout est sec à présent, mais on considère d’un autre œil les nuages qui se baladent au-dessus de nous… Collines d’argile marron-rouge sur la gauche, veloutées,





puis la piste descend dans un canyon de limestone, Pool Creek Canyon, qui abrite les péthroglyphes du même nom dispersés sur une falaise lisse comme la main – beau pointillisme sur grès –...





Whispering Cave et son courant d’air glacial, et nous débouchons dans la magnifique clairière d’Echo Park surplombée par de hautes parois verticales. Il y a juste deux emplacements de pris, loin l’un de l’autre. L’un, sous les arbres, est occupé depuis semble-t-il un certain temps si on en croit le binz qui entoure le site par un homme à la mine plutôt patibulaire… On fait un tour, puis deux, et on s’installe près de l’entrée à gauche.





Nous faisons du thé puis réchauffons de la soupe, avant de préparer la voiture pour la nuit et de nous glisser dans nos sacs de couchage, toujours sans les Therm-a-Rest que nous avons définitivement abandonnés au profit de la moquette du TrailBlazer. La nuit tombe, la lune presque pleine éclaire les falaises et inonde l’habitacle d’une lumière blanche. L’avantage d’être dans la voiture plutôt que sous la tente, c’est que l’on peut s’endormir le nez dans les étoiles… en attendant de pied ferme les pumas qui ne manqueront pas, nous l’espérons, de venir rôder autour du site.

Samedi 17 mai

Réveil à 5 heures. Tiens, c’est ma fête… Nuit entrecoupée mais belle. La lumière de la lune dessinait au sommet des falaises trois grosses têtes qui veillaient sur nos rêves. Nombreux chants d’oiseaux. Dans la lumière rosée du petit matin, deux cerfs-mulets broutent tout près de la voiture, l’un pas vraiment tranquille, et on le comprend : par intermittence, les cris des coyotes qui se répondent brisent le silence. Des dizaines d’hirondelles volent dans les falaises du soleil levant, tandis qu’un colibri vient picorer les insectes collés sur la carrosserie. C’est à cette occasion que nous découvrirons avec étonnement que lescolibris ne dédaignent pas les protéines animales et que la petite brosse de leur langue balaie aussi bien les insectes que le nectar. Ces oiseaux sont fascinants et c’est toujours un émerveillement de les apercevoir. Leurs battements d’ailes incroyablement rapides, jusqu’à près de 80 fois par seconde, les transforment en petits hélicoptères à plume, leur permettant de faire du sur-place ou de se déplacer de haut en bas ou de droite à gauche, sans oublier la marche arrière ! Ce primitive campground parsemé de genévriers aux baies bleu clair est vraiment idéal, si tranquille, à une bonne cinquantaine de kilomètres du Visitor Center.



C’est ce matin en déjeunant, jour de ma fête donc, que nous nous apercevons que nous avons perdu le laguiole d’Alain, très probablement aux Needles. Premier accroc à cette journée qui s’annonçait si bien…

En nous baladant au pied des falaises...



nous avons la surprise de découvrir une large courbe de la Green River qui mêle ses eaux toujours aussi vertes à celles de la Yampa River, juste là, derrière le bosquet d’arbres.



Nous reprenons la piste en sens inverse mais sous une autre lumière, pétroglyphes, Whispering Cave, puis la route jusqu’à Dinosaur.



Nous voulions couper par la 16 – la Blue Mountain road –, mais on ne savait pas s’il y aurait de l’essence à Jensen et le réservoir n’était pas assez plein pour la partie Utah de Dinosaur. On a donc fait le plein à 3, 99 $ alors qu’à Jensen il y en avait bien et qu’elle était à 3, 72 $.



Le Dinosaur Quarry Visitor Center est installé dans un bâtiment en préfabriqué, l’ancien site, un peu au-dessus, ayant été évacué pour cause de glissement de terrain. Il faut dire qu’il a été curieusement bâti sur les badlands, qui sont tout sauf stables. Contre toute attente, la chaleur est aujourd’hui torride, les locaux nous disent que c’est exceptionnel et que les jours précédents il faisait froid et il pleuvait. Nous crapahutons sur les petits sentiers tracés dans les badlands voisines à la recherche d’un os de dinosaure, mais les seuls que nous ayons vus se trouvent sur les brochures. Comme nous avons la flemme de retourner à la voiture jeter pour la énième fois un œil sur le Photographing the Southwest, nous nous informons auprès d’une ranger de la difficulté de Sound of Silence et de Desert Voices. Elle nous dit que toutes les deux sont very easy and very short. En fait, Sound of Silence est donnée modérée sur les infos des rangers et très difficile en plein cagnard lorsqu’il fait chaud (mais on a vu ça après). A 2 heures, sous une chaleur torride au départ du sentier, la boîte des mini-guides est vide. On lit tout de même les conseils affichés sur les pancartes, toujours les mêmes: un gallon d’eau par jour et par personne. Nous voici donc partis pour environ un mile, avec un simple petit litre d’eau dans le sac à dos, alors que le soleil brûlant est à la verticale… L’endroit est magnifique. Des collines comme de grosses baleines blanches échouées là un jour lointain et désormais fossilisées alternent avec la roche aux couleurs toujours si chaudes qui aujourd’hui contrastent encore plus violemment sur le ciel bleu.



Au bout d’un moment, un doute commence à s’insinuer; on ne fait pas de boucle et pourtant on est à plus d’un mile de l’entrée. Or on n’a déjà plus qu’un demi-litre d’eau car je bois comme un trou... Petit à petit l’angoisse commence à m’attraper, je ne dis rien mais je pense que l’avertissement du début, sur les panneaux, de boire un gallon par jour, annonçait peut-être une longue rando. Le sentier plonge sous le couvert des peupliers et ressort par un étroit passage au milieu de badlands tellement proches les unes des autres qu’on n'a par endroits même pas la place de mettre les deux pieds l’un à côté de l’autre.



La chaleur qui est renvoyée est de plus en plus forte, la vue totalement bouchée, on déambule au milieu de ce labyrinthe d’argile sans en voir la fin, je n’ose plus boire... On finit par sortir avant d’être complètement rôtis et notre horizon s’élargit subitement sur un très beau panorama essentiellement minéral. Pendant ce temps Alain, lui, est toujours zen, essaie de me rassurer, me fait asseoir à l’ombre d’un genévrier. Quelques minutes de répit pour prendre deux ou trois photos…





A un moment, alors qu’on se croit assez près de la route où est garée la voiture, on escalade une pente rocheuse et on l’aperçoit effectivement mais… dans le lointain ! Catastrophe! On continue, on continue, on passe un petit col et juste avant Alain me certifie que juste derrière on verra de nouveau la voiture, beaucoup plus près cette fois. En fait on ne voit rien du tout, sauf encore et encore d’autres « collines » rocheuses, des passages de slick rocks... J’ai horriblement soif mais pour le moral je n’ose pas finir l’eau et je veux surtout qu’on la partage, cette eau. J’ai la langue comme du carton, je respire un air brûlant, j’ai des maux de tête et des palpitations, le visage en feu et je sais que ces symptômes ne sont pas bon signe, ce qui en rajoute.







Quand enfin en passant un petit col on aperçoit la plaine en contrebas, c’est une véritable délivrance ! La vue de la voiture et surtout l’idée du gallon d’eau nous donnent subitement des ailes. De nouveau en forme, on poursuit la route jusqu'au bout, à Josie Morris Cabin. On retrouve un temps la Green River



et les badlands qui la dominent, comme d’immenses peintures de sable navajos,



nous passons près de la Split Mountain aperçue dans Photographing the Southwest,





nous arrêtons pour voir quelques beaux pétroglyphes,



avant de garer la voiture à l'ombre des arbres devant le ranch de Josie, à l'entrée de Box Canyon. Balade sous les arbres.





Pour finir, le soir, à Vernal, nous dormons dans le pire Days Inn de tous les US. Quasi vide alors qu’il est immense, cinq ou six voitures seulement sont garées devant les portes. Sale, délabré, une piscine vide… Nous rendons immédiatement la première chambre où traînent outils et tout ce qu’on veut, avec un couvre-lit à moitié rabattu. On nous propose alors une deuxième chambre « mais avec la barre de douche cassée » ! Merci, vous pouvez la garder ! La troisième enfin nous paraît mieux, il faut croire que nous n’avons plus les yeux en face des trous. Elle n’a jamais dû voir une femme de ménage, les fauteuils dans lesquels nous nous asseyons manquent de s’effondrer sous notre poids pourtant modéré, les w-c sont mobiles, c’est original, les draps ont un fumet tout particulier… mais nous la garderons quand même. Après avoir hésité à dormir dans nos sacs de couchage, j’ai senti et ressenti les draps, on aurait dit un chien de chasse, et me suis persuadée qu’ils étaient quand même peut-être propres… Seul point positif, l’accueil aimable du tout jeune gérant. Philippe nous avait conseillé l’Econolodge, mais la quinzaine de gros bikers installés devant les portes des chambres qui m’ont immédiatement lorgnée d’un œil douteux lorsque on s’est arrêtés en face du motel ne nous ont pas engagés à descendre là. Et le Best Western était trop cher : 125 $.

Dimanche 18 mai

Nous quittons avec plaisir ce crasseux Day’s Inn et filons sur Castle Dale par la 191 Ouest, sans intérêt, puis la 10 Sud. A partir de Castle Dale, nous prenons le CR 401 pour aller voir le très beau Wedge Overlook, petit Colorado (Grand Canyon) de l’Utah. La lumière est crue et l’horizon blanchâtre, dommage, car la vue est superbe sur l’immense canyon qu’a creusé la San Rafael River. Il n’y a absolument personne et nous nous installons à une table pour pique-niquer, à l’ombre d’un arbre, six cents pieds au-dessus de l’eau.







Retour sur le 401. Nous prenons à droite et environ deux miles plus loin nous trouvons le BLM 332 qui mène au magnifique Buckhorn Wash Pictograph Panel. Surprise, dans cet endroit éloigné de tout, il y a bien une quinzaine de personnes en admiration devant ces longues silhouettes pourpre.













A la fin de la piste grise et poussiéreuse, I-70 puis sortie Hanksville et la Hwy 24 pour Goblin Valley. Une petite cabane de rangers au milieu de la route, 16 $ l’entrée. Le camping est cette fois-ci très moche, à l’aplomb de rochers qui eux sont magnifiques, mais comme dit Alain ça ressemble à Berck-Plage (où nous ne sommes jamais allés…). Les emplacements sont très proches les uns des autres et sans végétation, et il y a quelques cahutes au toit de tôle, sans murs, juste quatre piquets, des ramadas modernes, sans doute. Le site pour groupes est quasi désert : un trailer à gauche, une petite tente à droite, trois Allemandes, et au milieu un très grand emplacement couvert avec tables et bancs. Les rochers commençant à se cuivrer, nous partons pour les Goblin, qui font penser à une armée de petits nains pétrifiés, peut-être parce que ces curieux monolithes trapus ressemblent à de gros champignons. Ici encore l’érosion a fait des merveilles… et le soleil rasant recouvre le tout d’une poussière d’or rose.







Heu... un peu cochon de lait, non?





La nuit, la lueur blanche et crue de la lune inonde la voiture et les alentours d’un jour en négatif. Je reste longtemps l’œil rivé sur elle, comme un papillon de nuit attiré irrésistiblement par la lumière du lampadaire auquel il se brûlera les ailes. C’est très beau, et tellement calme… Toute une vie doit s’agiter au ras du sol, tout ce qui rampe, saute, court sort de son trou et part en chasse, heureusement nous sommes hors de portée.

Lundi 19 mai

Réveil à 6 h 10, heure de l’Utah. Petit déjeuner à une table, à angle droit des trois Allemandes qui se restaurent pour huit jours. Après avoir rangé la voiture, c’est-à-dire repassé derrière tout ce que nous avions mis la veille au soir sur les sièges avant afin de dégager la chambre à coucher – ce qui est bien plus vite fait que de replier la tente et surtout d’en nettoyer le tapis de sol et l’intérieur du sable fin comme de la farine qui colle et s’insinue partout –, en route pour Little Wild Horse Canyon. La route étroite qui y mène est bordée sur la droite de roches plissées et de badlands d’une infinité de couleurs.





A 8 heures on s’enregistre et nous voilà partis, avec la ferme intention de faire très attention à ne pas rater le canyon qui partira sur la droite et qui n’est pas très visible si l’on en croit le Photographing the Southwest.

Au début on suit le cours d’une rivière à sec, puis peu à peu le passage se rétrécit,







par moments même certains gros gabarits doivent rester coincés dans les ondulations du grès violet.



Nous croisons deux ou trois couples dont un assez âgé et avec des béquilles – ce qui ne risquerait pas d’arriver en France ! Deux heures plus tard nous commençons à nous poser des questions car il n’y a rien qui corresponde au guide. Décision est prise de faire demi-tour. Nous nous apercevrons que nous avons raté l’embranchement qui se voyait en fait beaucoup trop pour qu’on y fasse attention, d’autant qu’il faut presque des jumelles pour repérer le petit panneau indicateur en bois perché à plusieurs mètres de hauteur… Nous sommes en fait partis dans Bell Canyon qui, tout compte fait, n’était pas mal non plus, mais nous faisons quand même un tour d’une petite heure dans le beau slot canyon de LWH.



Hanksville, Boulder, toujours très belle Hwy 12 qui du désert grimpe à 9800 pieds à l’assaut des nuages dans les forêts d’aspens encore couvertes de neige. A Torrey, on s’arrête encore une fois au Capitol Reef Inn & Cafe pour manger une bonne salade et acheter du sel. La serveuse nous estourbit en inscrivant d’office 25 % de pourboire sur la note, mais les Français ont une telle réputation que pour cette fois nous ne disons rien. Il est déjà tard lorsque nous passons près du parking bourré de voitures de Calf Creek, trop tard pour descendre aux Lower Falls. Décidément… Il fait très chaud, nous nous baladons le long de la rivière dans laquelle un petit garçon latino se baigne sous le regard de sa mère, assise sur une roche au beau milieu de l’eau.

Très belle chambre Horizon au B & B de Catherine Barney. Un tour au RV Park pour laver du linge puis nous nous installons à une table du petit parc pour manger une soupe froide de maïs doux, du thon, des tomates et de la mayonnaise made in France, en regardant en face de nous les lamas déambuler d’une démarche impériale et lente, le regard perdu sur la ligne bleue des Vosges… sauf lorsqu’une lamasse passe à côté d’eux… Ils se mettent alors à trottiner en levant très haut chaque patte, comme s’ils étaient montés sur ressort, ignorant superbement notre fou rire.

Celui-là faisait bande à part...



Mardi 20 mai

Chez Catherine Barney le petit déjeuner est à 8 heures. Nous le prenons avec un couple d’Américains : tortilla bourrée d’une omelette, de fromage, champignons, tomates, maïs, etc., oups !... plus du thé et de délicieux muffins maison aux blueberries. J’aurais bien échangé ma tortilla contre toute la panière de muffins. Cette fois-ci, avant de reprendre la Cottonwood Canyon Road, nous faisons le détour par Kodachrome Basin même si la lumière n’est pas optimale pour les photos.





Il n’y a que nous sur le Grand Parade Trail. Très beau parc malgré un temps partiellement couvert et venteux.





Cheminées rougeoyantes, totems,



petits canyons encaissés, barrières de sandstone monumentales et chemin impossible qui grimpe le long d’une paroi à pic, l’Eagle’s View qui, une fois en haut, doit bien porter son nom. Mais pour l’heure il est fermé et donc interdit au randonneur. Autrefois, le bétail passait par là. On imagine que parfois certaines bêtes faisaient, comme à Grand Canyon celle de dix-sept secondes, la visite de cinq secondes…





Second arrêt à Grosvenor Arch, cette fois-ci sous le ciel bleu mais probablement pas pour longtemps,





derrière laquelle se cache un animal bizarre



La Cottonwood Canyon Road est toujours aussi belle et violemment colorée dans la première partie,





triste et monotone dans la dernière. Mais cette fois-ci elle nous paraît interminable malgré le désert couvert de fleurs jaunes sous le ciel devenu subitement anthracite, parce que nous voulons arriver avant la fermeture à la Paria Ranger Station. C’est raté encore une fois !



A deux miles de la Paria Station, le primitive campground de White House est très joli, au pied d’une falaise et tout près de la Paria River, et complètement désert.



Deux tentes sont montées, qui correspondent certainement aux deux 4 x 4 présents sur le parking, mais le permis placé derrière le pare-brise indique que leurs propriétaires sont partis pour une randonnée de plusieurs jours. Nous choisissons un emplacement, laissons nos gallons d’eau sur la table de pierre et partons explorer tout d’abord les rochers alentour puis le lit à sec de la Paria pour tenter de trouver de beaux cailloux. Il n’y a que l’embarras du choix, les galets sont magnifiques, de toutes les couleurs et de toutes les formes, et nous en avons vite fait un tas que nous devrons, au risque de nous trouver transformés en bête de somme et la mort dans l’âme, abandonner aux futures crues de printemps. Je garde une minuscule tête de vautour, ou d’aigle, avec un œil noir qui me regarde… et l’enfourne illico dans ma poche. De retour au camping le vent brûlant dont nous étions un peu protégés dans le lit de la rivière est insupportable et soulève des nuages de sable ! Peu à peu, les gens arrivent, s’installent, dînent, comme nous. La nuit tombe...





Mais avec un vent pareil nous choisissons de dormir dans le 4 x 4, à l’écart, sous la lune toute ronde et plus brillante que jamais. A minuit nous ne dormons toujours pas à cause de la lumière de la lune qui tombe sur nos visages et de la chaleur étouffante ! Nous passons notre temps à entrouvrir, voire ouvrir complètement les portes pour nous rafraîchir, sortir la tête, les bras, les jambes dans la nuit lourde. Nous n’avons jamais eu aussi chaud…

Mercredi 21 mai

Réveil à 6 heures. Pressentant que faire chauffer de l’eau va relever de l’exploit avec le vent qui est toujours aussi fort, nous fabriquons un paravent de fortune avec l’emballage du réchaud. La température a chuté vertigineusement sur le matin, le temps est à la pluie ce qui est un peu dommage car nous espérons bien être tirés au sort pour The Wave. A 8 h 30 nous partons pour la loterie de 9 heures à la Paria Station, et alors que nous pensions être dans les premiers nous sommes très étonnés de voir qu’il y a déjà une foule considérable de voitures, une bonne soixantaine sur ce petit parking bourré à bloc. Les Allemands sont majoritaires, certains avec des dégaines d’enfer, notamment un homme relativement petit qui approche les soixante-dix ans, baroudeur de choc aux muscles à l’étroit sous son tee-shirt, longue moustache et cheveux blancs sous un chapeau de cuir marron, banane à la taille, sac sur le dos… Les numéros commencent à sortir (nous avons le 20)… 21, 22, 24, 25, 13, et c’est fini ! Seules dix personnes sont tirées au sort le matin en plus des dix qui ont obtenu leur permis sur Internet. Nous l’avons raté de peu mais raté quand même et nous sommes vraiment déçus, malgré le temps qui sera détestable pour ceux qui partent déjà vers la vague pétrifiée. Nous hésitons : nous avions prévu d’aller à Yellow Rock en cas d’échec mais les premières gouttes commencent à tomber, qui se transforment rapidement en… neige fondue !! il fait froid désormais, le changement est vraiment radical depuis la veille. Finalement, n’ayant rien réservé, ce qui nous donne une impression de liberté très agréable, nous décidons d’aller encore une fois à Zion.

La suite ici :http://voyageforum.com/...ost=2170396;#2170396
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Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites hors des sentiers battus
Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef

INTRODUCTION

Encore un carnet de voyage sur l’Ouest américain ?

Eh oui ! C’est à mon tour de saluer par le biais de ce carnet tous les forumeurs attirés par cette magnifique région qu’est l’Ouest américain, notamment ceux qui en ont attrapé le virus et veulent se remémorer certaines de leurs expériences et/ou rechercher quelques nouveaux sites à visiter.

Compte tenu de la floraison sur VF d’excellents carnets sur l’Ouest américain, j’ai hésité à en proposer un de plus, d’autant que je n’ai pas la fibre littéraire et que j’ai préféré jusque-là consacrer mon temps libre à fournir des informations et des descriptions pratiques dans le cadre de ma collaboration aux 3 volumes de Photographing the Southwest de Laurent Martres et au site web Ouestusa réalisé par Thierry (Wavemaster sur VF), sans compter les interventions sur VF et les réponses à de nombreux MP et e-mails. Tant mieux si cela a pu être utile à certains d’entre vous car le partage de ses connaissances et l’entraide entre voyageurs sont des valeurs qu’il nous faut entretenir… et qui permettent également d’enrichissantes rencontres sur VF puis dans le monde réel ! 🙂

Je me suis finalement dit que ce seizième voyage dans l’Ouest pouvait être l’occasion de « sacrifier à l’exercice du carnet de voyage » (plus chronophage que je ne le pensais !), d’autant qu’il s’est déroulé dans l’optique « hors des sentiers battus » que j’affectionne depuis de nombreuses années, avec certains sites qui n’ont jamais (ou quasiment jamais) été abordés dans d’autres carnets de VF.

Il y a toutefois un bémol concernant quelques-uns de ces sites encore confidentiels : certains d’entre eux m’ont été indiqués par des amis américains ou européens aussi fans de l’Ouest que moi, mais à la condition expresse que je promette de n’en publier que des photos (comme eux-mêmes ou d’autres avant eux l’ont fait). Et que je ne dévoile en aucun cas les localisations ou même les noms qui pourraient permettre de les trouver facilement sur internet, soit parce que certains sont particulièrement fragiles, soit parce que leurs visites ne sont pas franchement autorisées, voire pour toute autre raison propre à ceux qui ont exigé cette discrétion. Quelle que soit mon habituelle volonté de partage, je respecterai strictement la promesse faite à mes amis (il ne servira donc à rien de me harceler par MP, de me manipuler psychologiquement, de m’hypnotiser ou de me menacer 😛 ). J’espère que vous comprendrez le respect de cet engagement et que vous ne l’interpréterez pas négativement ou n’en ferez pas un sujet de polémique (c’est déjà arrivé… 😕 ).

Comme la photographie est une des composantes importantes de mes récents voyages (voir mon site de photos ), ce carnet sera plus orienté vers l’illustration que vers la fourniture d’informations sur les lieux visités (que vous retrouverez en partie via ma collaboration aux guides et sites web cités plus haut). Je donnerai au passage quelques détails de mon expérience pratique qui pourront éventuellement être utiles à certains d’entre vous.

La conséquence de cette importante iconographie (en dehors du fait que vous risquez une overdose d’images 😛 ) est qu’il sera nécessaire de diviser ce carnet en un certain nombre de parties et qu’il vous faudra être patients pour le chargement de chacune d’entre elles 😐.

Je tiens à remercier sincèrement Pascale (Kashtin sur VF, son site web) et Alain qui ont eu la gentillesse et la patience d’assurer la relecture de ce carnet et d’y apporter leurs remarques pertinentes.

Qu’a recouvert ce voyage?

J’ai pu consacrer plus de cinq semaines à ce circuit en ayant l’opportunité de partir trente-huit jours en mai et juin 2009. Elisabeth, ma femme, ne pouvant m’accompagner même pour une partie du voyage comme elle le faisait les autres années, je suis parti seul pour la totalité de ce « trip ». Mais vous verrez que je ne suis pas resté un « poor lonesome traveler », puisque j’ai rendu visite à plusieurs amis américains, passé quelque temps avec des amis français et aussi rencontré des personnes fort sympathiques au gré de mes pérégrinations.

J’ai profité de cette occasion, où je disposais à la fois de temps et d’une totale liberté, pour réaliser une immersion dans cette région que j’affectionne tant, en prenant mon temps et sans avoir à suivre un programme strictement planifié. C’était d’autant plus réalisable que j’avais loué un SUV 4 x 4 bien adapté aux pistes et dans lequel je pouvais confortablement dormir, ce qui me permettait de bivouaquer n’importe où (ou presque, puisque certains secteurs ne sont pas autorisés au camping sauvage), sans être tenu par des réservations ou la recherche de places libres dans des motels ou des campings.

Je suis donc parti avec une longue « wish list » de sites à visiter dans laquelle je piochais sur la base d’un circuit indicatif qui pouvait évoluer au gré de la météo, des circonstances, de la disponibilité de mes amis sur place… et de mes envies du moment !

Je me suis fixé pour objectifs de :visiter des lieux en majorité « hors des sentiers battus », que je n’avais encore jamais vus ou que j’avais photographiés avant d’être équipé d’un appareil photo numérique (en avril 2006). explorer des sites renfermant des ruines amérindiennes et/ou des panels d’art rupestre, car cet aspect fait désormais partie intégrante de ma passion pour l’Ouest américain.profiter au maximum du wilderness, dans la journée mais également en bivouaquant de préférence au milieu de nulle part, afin de bénéficier de la belle lumière et de l’ambiance particulière du lever et du coucher du soleil chaque fois que c’était possible et que cela en valait la peine.consacrer un peu plus de temps que d’habitude à la photographie, sans ennuyer un(e) partenaire de voyage n’ayant pas le même hobby, d’autant que je venais tout juste de me doter de mon premier reflex numérique (auparavant je disposais d’un bridge Sony R1 de très bonne qualité et que j’aurais volontiers gardé si, en 2008, il n’avait été endommagé suite à une bourrasque qui l’avait fait tomberdu haut de son trépied trop léger).privilégier la randonnée (et si possible en faire une itinérante, ou « backpacking », sur deux jours), car c’est en la parcourant à pied que j’apprécie le mieux cette région. En bénéfice connexe de cette activité physique associée à des repas frugaux lors des bivouacs, perdre quelques-uns de mes kilos superflus !consacrer du temps et de la disponibilité à mes amis sur place (sans chercher à optimiser les visites dans leur région mais en prenant le temps de vivre avec eux), être ouvert aux nouvelles personnes que je rencontrerais durant le voyage.J’ai choisi de faire une boucle à partir de Denver, en passant par le Colorado, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et surtout l’Utah, ce qui m’a permis de visiter tous les sites ci-dessous (ils sont listés par région mais vous les retrouverez dans l’ordre chronologique dans le carnet de voyage).

Cette boucle a négligé beaucoup de classiques incontournables (mais déjà visités) au profit de sites secondaires et elle n’a pas suivi de trajets optimisés (à cause des perturbations météo notamment). Elle ne peut donc servir d’exemple de circuit (d’où l’absence de carte), mais pourra attirer l’attention sur tel ou tel site évoqué au fil du récit.Colorado : Red Cliffs amphitheaterRoxborough State ParkPainted MinesColorado National MonumentRattlesnake CanyonRiffle FallsHanging LakeNouveau-Mexique : Santa FePecos Pueblo« Galisteo petroglyphs » Bisti BadlandsAh Shi Sle Pah« King of Wings »Réserves indiennes (Arizona et Utah)Royal Arch « Many Hands Cave »« Lost City »« White and Red Canyon »« Arch Slot Canyon »« Red Canyon »Coal Mine CanyonNavajo National MonumentWaterholes Canyon (rim)ArizonaHidden Gardens (Page)Paw Hole (Coyote Buttes South)Double Barrel Arch« Maze Panel »UtahCatstair CanyonWire Pass + Buckskin Gulch« The Nautilus »Edmaier’s SecretWahweap HoodoosSidesteps HoodoosStud Horse PointCottonwood Canyon RoadRed SlotWillis CreekMossy Cave (Bryce Canyon)Pink CliffsEscalanteCircle of Friends PanelEast Temple Loop (Zion)Cedar Wash ArchPeek A Boo, Spooky & Dry Fork slot canyonsDevil’s Garden (Hole in the Rock Road)The VolcanoUpper Calf CreekBurr Trail via Wolverine LoopStrike Valley OverlookRed Canyon (sur Nottom road) Pedestal AlleyChimney Rock (Capitol Reef)Hickman BridgeSulphur CreekLittle Wild Horse CanyonWild Horse Canyon ArchFive Hole ArchWolfman PanelMonarch CaveProcession PanelValley of the Gods (mesa)Muley PointNatural Bridges National MonumentMule CanyonSheiks CanyonCitadel RuinLower Maidenwater CanyonHovenweep National MonumentSalt Creek & Angel Arch (Canyonlands Needles)Rim viewpoints (Canyonlands Island in the Sky)Murphy TrailFort BottomMoïse & ZeusDead Horse PointRing Arch & Tunnel (Arches)Courthouse WashFaux Falls« Delta Pool »Olympic TorchMoab Man PanelNB : les sites « » sont ceux pour lesquels je n’indiquerai pas la localisation, voire le véritable nom.

JOUR 1 – DE PARIS A DENVER

C’est enfin le jour du départ ! 🙂 Même si cela fait plus de 15 fois que je retourne dans cette région, l’excitation est toujours bien présente, j’ai hâte de randonner au milieu des « red rocks », de m’immerger dans le wilderness, de retrouver l’ambiance de l’Ouest, d’y rencontrer mes amis. Cette joie est toutefois ternie par le fait qu’Elisabeth ne m’accompagnera pas cette fois-ci et que nous ne pourrons partager ces bons moments 😕 mais, c’est promis, l’année prochaine nous repartirons là-bas ensemble !

Mon père a la gentillesse de me conduire à l’aéroport. Sur le chemin de Roissy, nous nous remémorons ces neuf semaines passées ensemble aux USA en juin 2000 et 2001, quand je l’avais emmené visiter le maximum de beaux endroits de l’Ouest, et que nous avions randonné en tout près de 800 km. Au-delà de l’intérêt même du voyage, ce fut un véritable moment de partage et de complicité que nous sommes tous les deux très heureux d’avoir vécu. Dix ans plus tard, alors qu’il est dans sa quatre-vingtième année, mon randonneur de père pourrait-il toujours faire un aller-retour dans la journée au sommet de Half Dome à Yosemite ou au fleuve Colorado dans le Grand Canyon ? Il en serait bien capable, alors que je risquerais de traîner la patte et de tirer la langue !

J’ai eu la chance de décrocher un aller-retour Paris - Denver (avec escale à Londres) par British Airways au tarif promotionnel de 494 €, une aubaine ! J’arrive à l’enregistrement avec mes deux sacs car je ne voyage pas vraiment léger pour un trip de plus de cinq semaines essentiellement en camping (en passant des frimas du Colorado aux chaleurs de l’Arizona avec de très rares possibilités de faire une lessive car je ne fais que traverser les villes), avec plusieurs guides de voyage (les 3 volumes de Photographing the Southwest, 2 guides de Michael Kelsey) et une pochette de documentation pour chaque secteur de ma « wish list », mais aussi avec quelques provisions gourmandes (Petits Pains Suédois très pratiques en bivouac et que je ne trouve pas sur place, boîtes de filets de saumon au naturel pour varier l’ordinaire, quelques paquets de crêpes bretonnes que d’autres apprécieront également, une bonne bouteille de Bordeaux à partager). Me serais-je embourgeoisé avec le temps ? Malgré mes louables efforts de pesée différentielle sur la balance familiale, le plus gros sac dépasse de 800 g les 23 kg autorisés en franchise et je me vois obligé de transférer 1 kg dans le plus petit sac que j’avais déjà eu bien du mal à fermer avant le départ. Je m’étonne de cette inutile intransigeance mais, en me donnant mes cartes d’accès à bord, l’hôtesse d’enregistrement s’excusera discrètement en me disant qu’elle a été obligée d’être si stricte car elle est étroitement surveillée dans le but de l’obliger à faire payer la surtaxe bagage dès les premières centaines de grammes d’excédent.

J’ai volontairement choisi une escale de trois heures à Londres Heathrow, pour prendre une marge en cas de retard du vol Paris - Londres, mais également pour bien laisser le temps à mes sacs de me suivre dans l’avion pour Denver, car l’aéroport londonien a une mauvaise réputation au niveau du déroutement et de la perte des bagages (il semble que la situation se soit nettement améliorée courant 2009).

Le vol direct Londres - Denver s’avère agréable avec un repas tout à fait correct et un personnel de bord sympathique et très cosmopolite. Ce sera pour moi un vol studieux car je dois apprendre les subtilités de fonctionnement de mon premier reflex numérique (un Nikon D90 avec un objectif Nikor 16-85 mm et un grand angle Tamron 10-24 mm), matériel que j’ai reçu il y a seulement quelques jours et que je n’ai eu le temps de tester que quelques minutes au pied de chez moi. Tout de même plus de 200 pages à avaler (en essayant de piquer du nez le moins possible), ce qui fait que, malgré mes efforts de mémorisation, je ne me suis pas toujours souvenu en pleine action de tous les modes de réglage et options. Le vol direct depuis Londres me semble un réel avantage, sans le stress d’une correspondance aux USA avec le risque de rater le second avion en cas de forte queue ou de problème au passage de l’immigration. L’horaire d’arrivée à Denver est respecté, tout se déroule sans problème avec un officier d’immigration plutôt aimable, mes bagages m’attendent sagement en tournant sur le carrousel, donc tout va pour le mieux.

Maintenant, se profile une première étape décisive du voyage : l’obtention du véhicule qui va me permettre de vivre pleinement mes aventures, c'est-à-dire me conduire dans les meilleures conditions sur des pistes plus ou moins roulantes et m’héberger confortablement pour la nuit sans avoir à planter une tente dans des campings. J’ai déjà loué différents modèles de SUV et j’ai aussi voyagé dans ceux de mes amis, donc je connais les avantages et les inconvénients des principaux modèles proposés jusqu’ici par les grands loueurs. Mais je sais aussi que ceux-ci s’orientent depuis peu vers des modèles de type « crossover » nettement plus adaptés à la ville et aux highways qu’aux escapades sur pistes (d’ailleurs interdites dans les contrats des loueurs ; en roulant en dehors des routes goudronnées on n’est plus du tout assuré et il faut assumer ce risque). L’arrêt il y a quelques mois de la fabrication du populaire Chevrolet Trailblazer (pourtant souvent indiqué comme référence de sa catégorie de location), un SUV 4WD très correct pour les clients et peu onéreux pour les loueurs, a accentué ce phénomène. J’ai donc quelques inquiétudes à ce niveau…

Après avoir pris la navette Alamo, et avant même d’aller au comptoir, je me précipite sur le parking pour constater que dans la rangée SUV standard (catégorie que j’ai louée) il n’y a que des SUV « crossover » dont aucun n’est vraiment 4 x 4 (au mieux ils sont AWD, c'est-à-dire qu’ils peuvent automatiquement et temporairement se mettre en mode 4 x 4 si les capteurs en font ressentir la nécessité, mais sans possibilité que l’utilisateur enclenche lui-même préventivement le mode 4 roues motrices à plein temps pour anticiper une difficulté). Il y a une majorité de Chevrolet Traverse, à la médiocre hauteur de caisse et avec une honteuse roue de secours galette qui s’avérera ridicule en cas de crevaison sur une piste. Avec ce type de véhicule, un certain nombre des visites les plus prometteuses de ma « wish list » tomberaient à l’eau, aussi je décide de m’installer du côté où l’on restitue les véhicules et d’attendre patiemment en espérant qu’il en rentrera un qui me convienne.

Je patiente presque une heure en écoutant mon lecteur MP3 quand par chance rentre mon véhicule préféré, le Toyota 4Runner qui est à la fois suffisamment confortable, agréable à conduire, performant sur piste (hauteur de caisse, vrai 4 x 4), sobre par rapport aux concurrents de sa catégorie (10,75 l / 100 km en moyenne sur mon parcours de cinq semaines) et parfait pour dormir dedans (plancher plat de 1,80 m une fois les sièges arrière rabattus, l’année dernière nous y avions très bien dormi à 2 avec ma femme). Je note ses numéros et je me précipite au comptoir en demandant expressément ce véhicule-là. L’employé accepte, mais constatant que je veux absolument ce Toyota, il essaie de me faire croire qu’il y a un supplément tarifaire par rapport à mon voucher. Je lui prouve que je connais bien les véhicules de cette catégorie et je lui lance un « good try ! », exprimant clairement par là que je ne suis pas dupe 😠. A partir de ce moment, il s’avérera charmant car il sait bien qu’il a été pris en flagrant délit de « trompe couillon ». Il ira même chercher le véhicule à la sortie du lavage pour me l’amener personnellement.

Particulièrement ravi d’avoir obtenu cet excellent SUV 🙂, je déchante après avoir lancé le moteur quand je vois le voyant « Maintenance » rester allumé. Je ne vais pas partir cinq semaines sans savoir si la révision et/ou la vidange ont bien été faites ou si c’est seulement la remise à zéro du voyant qui a été oubliée après la maintenance. Je demande à l’employée sur le parking si je peux aller faire vérifier cela au garage attenant à la station de lavage mais celle-ci m’assène sans sourciller qu’il n’y a personne à l’atelier à cette heure et que je dois obligatoirement prendre un autre véhicule, alors que j’ai eu tout le loisir de voir œuvrer un mécano à l’atelier pendant que j’attendais. Devant la mauvaise foi et l’air revêche de la dame, je n’insiste pas et je fais mine de m’exécuter mais dès qu’elle a le dos tourné je fonce à l’atelier où je tombe sur un mécano arborant un T-shirt du chanteur de country Tim McGraw, dont j’aime plusieurs chansons. Le mécano me fait remarquer que je n’ai pas le droit de venir ici mais je fais mine de ne pas comprendre et j’enchaîne immédiatement sur Tim McGraw en évoquant mes chansons préférées (notamment My kind of rain et The cow boy in me). Il est surpris et visiblement content qu’un Frenchie apprécie son chanteur préféré, la glace est rompue, on discute un petit moment et il accepte de regarder le véhicule, s’apercevant rapidement que la vidange a été faite mais sans remise à zéro du voyant, ce qu’il a vite fait de corriger. Nous nous quittons dans la bonne humeur, prouvant une fois de plus que la musique peut adoucir les mœurs et aplanir les difficultés.

Il fait nuit quand j’arrive au Comfort Inn de Stapleton dans lequel j’ai obtenu une chambre à 50 $ HT via un site internet quelques jours avant le départ. En fermant à clé le Toyota, ce qui a pour effet de faire fonctionner les 4 clignotants pour signifier que l’alarme est enclenchée, je m’aperçois que le clignotant arrière gauche (le plus important) ne fonctionne pas. Ce n’est pas de chance ! Tant pis pour ce soir, je prends possession de ma chambre et m’écroule sans tarder sur le lit, épuisé par cette journée de transport.

JOUR 2 – DE DENVER A PAINTED MINES

Comme toujours à cause du décalage horaire dans le sens est - ouest, le premier jour je me réveille naturellement tôt et j’en profite pour retourner à l’aéroport chez Alamo afin de faire réparer le clignotant, espérant qu’il s’agit d’une simple ampoule à remplacer. Cette fois, je fonce directement au garage sans rien demander à personne et je tombe sur un jeune et timide employé aussi surpris de me voir à l’atelier que son collègue de la veille. Sans diversion possible cette fois-ci, je joue le rôle du client exigeant et pressé, celui qu’il vaut mieux ne pas énerver. Le jeune meccano n’insiste pas et change immédiatement l’ampoule.

Enfin ! me voilà au volant d’un excellent Toyota 4Runner en état de marche, et ce fidèle compagnon de voyage ne me fera jamais défaut durant les cinq semaines qui ont suivi. Pour moi, c’est à ce moment que les vacances commencent vraiment, car je suis maintenant certain de disposer de l’élément logistique principal qui me permettra de réaliser les visites soigneusement préparées et rêvées durant les mois précédents.

Mon fidèle Toyota 4Runner (lors d’un bivouac en Utah) :



En revenant de l’aéroport, le ciel est devenu très menaçant. Je retourne au motel et je prends mon temps pour un excellent petit déjeuner (compris dans le prix de la chambre), au cours duquel je me régale de gaufres que l’on fait cuire soi-même. Délicieux ! Avec cela je tiendrai jusqu’au soir…

Je déballe mes deux sacs de voyage, répartissant un maximum d’objets dans les différents rangements du SUV afin qu’ils tombent immédiatement sous la main, j’en réorganise logiquement le contenu restant (par exemple, mes habits sont répartis par fonction dans des taies d’oreiller de différentes couleurs), ceci dans l’optique de tout trouver facilement et sans même déplacer les sacs quand j’arriverai les soir au bivouac. Le fait de partir le matin avant le lever du soleil et d’arriver souvent de nuit nécessite d’être bien organisé pour gagner du temps et ne pas chercher, voire perdre ses affaires dans l’obscurité et la précipitation. Je rabats les sièges arrière en mode « break à plancher plat », mode qu’ils ne quitteront plus jusqu’au dernier jour du voyage.

C’est le moment d’aller au Wal-Mart (repéré sur Google Maps avant le départ afin ne pas perdre de temps à en chercher un en ville) pour faire les courses. En premier lieu, je choisis l’indispensable glacière qui fait aussi office de stockage de nourriture même quand je n’ai plus de glace. Suivant les promotions du jour, je prends toujours un modèle en plastique dur (qui peut éventuellement servir de siège), d’une contenance d’environ 30 litres, de marque Coleman ou Rubbermaid, toujours à moins de 20 $ puisque je le laisserai sur place à la fin du voyage. Cette année, j’achète aussi un matelas de camping basique en mousse bleue à 5 $, bien que j’aie emmené un confortable matelas autogonflant Therm-a-Rest. Ce petit matelas supplémentaire aura plusieurs usages : placé sous le Therm-a-Rest il apportera un peu de moelleux supplémentaire mais surtout absorbera l’humidité due à la condensation (ce qui évitera au Therm-a-Rest d’être humide le matin, de finir par sentir et de se détériorer). Il me servira pour le backpacking que j’envisage (il est plus léger que le Therm-a-Rest et ne craint pas d’être percé par des branches ou des épines) et sera immédiatement disponible pour improviser une sieste réparatrice. Comme la glacière, je le laisserai sur place à la fin du voyage.

En plus de divers aliments frais (dont un très bon raisin californien), j’achète suffisamment de nourriture qui se conserve, de manière à n’être jamais pris au dépourvu dans le cas où je resterais plusieurs jours dans le wilderness sans possibilité de ravitaillement (volontairement ou pas, en cas de problème de véhicule par exemple). Si la plupart de ces produits sont similaires à ceux que l’on trouve en France, il existe aussi des produits plus spécifiques aux Etats-Unis que j’achète dans les Wal-Mart ou autres grandes surfaces alimentaires (comme Safeway, City Market, etc.):Une sorte de muesli Quaker Oatmeal (parfum Apples & Cinnamon ou bien Maple & Brown Sugar) qui gonfle bien dans un peu d’eau (chaude de préférence mais avec l’eau froide cela passe aussi). Cette mixture de petit déjeuner bien nourrissante devient plus mangeable si on y ajoute des céréales croquantes et si on l’accompagne d’un fruit comme une banane.Des packs de 4 bouteilles (d’un peu moins de 30 cl chacune) de Frappuccino de Starbucks, sorte de café au lait aromatisé (divers parfums : chocolat, moka, vanille, caramel…) que je trouve fort bon et idéal pour le petit déjeuner en camping.Du Beef Jerky « natural style » de la marque Oh Boy ! Oberto. Il s’agit de lambeaux de viande séchée que l’on mastique et qui apportent leur lot de protéines et de sel (indispensable quand on transpire en randonnée), sans gras et pour un poids ridiculement faible (appréciable en randonnée itinérante). C’est spécial, on aime ou on n’aime pas, moi j’aime beaucoup celui-ci car la viande y est un peu plus tendre (moins dure devrais-je dire) et moins épicée que celle d’autres marques.Des boîtes de conserve auto-ouvrantes de White Chicken in water de la marque Valley Fresh (mais je ne prends pas le Chunk Chicken de la même marque que je ne trouve pas très bon). Ce sont des petits morceaux de poulet présentés un peu comme du thon en boîte pour mettre dans des salades. Je trouve cela pratique et pas mauvais à manger, le fait que le poulet soit conservé dans de l’eau salée (et non pas tout sec ou dans de l’huile) étant appréciable quand il fait chaud.Un gros paquet de Trail Mix (mélange de raisins secs et autres fruits déshydratés, de peanuts, de noix de cajou, d’amandes…) et plusieurs paquets de mes fruits secs préférés (cranberry, cherry, abricot, papaye...). Tous les jours, dans un petit sachet Ziplock, je me fais un mélange personnalisé du Trail Mix « de base » et d’un des fruits secs, en variant régulièrement car ce sera mon encas quotidien du midi.Un pack de 12 canettes de… lemonade (citronnade à l’eau plate) car je fais partie de ceux qui n’aiment pas la bière (bien qu’il me soit arrivé d’en avaler pour honorer l’invitation à prendre « a cool beer » de voisins de camping voulant faire connaissance).Plusieurs gallons (de 3,8 litres) de Spring water, en privilégiant les bouchons qui se vissent (pour qu’ils ne s’ouvrent pas seuls avec les secousses sur les pistes, expérience vécue). J’en ai en permanence au moins 5 ou 6 dans la voiture (réserve en cas de panne ou d’ensablement au milieu de nulle part). Parmi eux, il y en aura rapidement 2 remplis d’eau du robinet (auxquels j’arrache l’étiquette pour les reconnaître) pour mes ablutions, la vaisselle, le radiateur d’eau du véhicule si besoin…En cette fin de matinée, j’ai à peine fini de répartir toutes mes provisions dans la glacière et dans les sacs semi rigides que j’ai amenés pour cela, qu’il se met à pleuvoir sérieusement, comme l’avaient d’ailleurs annoncé les prévisions météo de Weather.com. Inutile de se presser pour aller visiter sous la pluie Garden of the Gods à Colorado Springs (que je connais déjà). Je décide donc de filer directement à Painted Mines, en espérant que la pluie aura cessé dans quelques heures, ce qui me laisse tout le temps pour me balader dans ce magasin nommé Outdoor World que j’ai repéré dans une zone commerciale à proximité du motel. Certain(e)s apprécient les outlets américains pour les achats de vêtements, en ce qui me concerne je suis attiré par leurs magasins d’outdoor toujours très bien achalandés en ce qui concerne les activités de nature (sports, camping…) dans un décor souvent soigné. L’Outdoor World de Denver est sans conteste le plus beau que j’aie vu, dépassant dans mon hit-parade personnel le magasin REI de Seattle. Tout y est impressionnant, avec des piliers et des poutres en énormes troncs, des fresques murales, des animaux naturalisés un peu partout, un immense aquarium…

Puisque j’ai du temps devant moi, c’est l’occasion de tester mon nouvel appareil photo en intérieur.

L’entrée est vraiment imposante :



En se baladant dans les rayons, on rencontre un sympathique élan…



… un fringant bison…



… un puma bondissant au-dessus d’un ascenseur…



… un ours impressionnant…



… un loup agressif…



… et un gros poisson bien vivant et plein de tendresse pour les enfants !



On y trouve même quelques meubles vraiment rustiques.



J’ai passé plusieurs heures à traîner dans tous les recoins de ce remarquable magasin et il pleut toujours 😕. Mais il faut quand même que je me décide à rouler vers Painted Mines, qui se trouve au nord-est de Colorado Springs, près de la petite ville de Calhan, tant pis si j’y arrive sous la pluie. J’avais oublié que nous étions vendredi et que dès le milieu de l’après-midi les habitants de Denver partent en week-end. Je me retrouve dans un embouteillage qui s’étire sur des dizaines de miles à partir de la sortie sud de Denver. Heureusement que je trouve une station radio de Classic Rock qui diffuse une belle collection de musique anglo-saxonne et me permet de redécouvrir certains morceaux avec plaisir, me replongeant vingt ou trente ans en arrière. Aux alentours de chaque ville importante, on trouve toujours au moins une station de Classic Rock qui diffuse en franchise un programme pré-enregistré, programme que l’on peut retrouver à l’identique quelques jours ou semaines plus tard sur la station d’une autre ville ou d’un autre État (il m’arrive alors de « deviner » quelle sera la prochaine chanson car j’ai inconsciemment mémorisé l’enchaînement lors de la première écoute).

Arrivé près de Colorado Springs, les embouteillages réapparaissent et je trouve judicieux de quitter l’autoroute pour rejoindre Calhan par de petites routes. Mauvaise idée, car cette zone est très habitée et il y a en réalité beaucoup plus de routes secondaires qui se croisent que celles indiquées sur ma carte, pourtant assez précise. Avec une absence quasi totale de signalisation, il n’est pas facile de faire les bons choix aux intersections. Après plusieurs hésitations mais au final aucune erreur d’aiguillage, j’arrive en fin d’après-midi à Calhan où une pluie fine subsiste. Je repère le camping de la ville (pratiquement vide) pour éventuellement y revenir après la visite et je me rends au parking principal de Painted Mines où il n’y a évidemment personne à cause de la météo.

Painted Mines Interpretive Park est un petit parc local récent, constitué de couches d’argiles de différentes couleurs qui forment des badlands, des petits canyons, des hoodoos, avec quelques sentiers faciles et bien balisés pour visiter aisément cet environnement coloré. Le nom du site provient du fait que ses argiles colorées ont été exploitées par les Indiens pour leurs poteries et leurs peintures de cérémonie, puis plus tard par les Blancs pour fabriquer des briques décoratives.

La pluie finit par cesser et je peux commencer ma visite en ce presque début de soirée. Finalement, la toute récente pluie et le ciel toujours très chargé font ressortir les couleurs du site, bien davantage que sous un soleil éclatant si j’en crois les photos que j’en ai vu.

Je traverse de jolis badlands, étonné qu’ils ne soient pas boueux après la pluie.



Puis je m’approche d’un petit amphithéâtre où les teintes pastel sont douces et variées :





Je me balade dans les petits canyons mais le soir tombe vite, créant une ambiance particulière, un peu irréelle, accentuée par le fait que je suis totalement seul dans le parc. J’ai toujours aimé me balader «

JOUR 3 – DE PAINTED MINES A SANTA FE

Bip… bip… bip… bip… BIP… BIP… BIP… BIP !

Ce matin, c’est en insistant que la sonnerie du réveil me tire des bras de Morphée. Il faut dire que je dors très bien dans mon SUV et qu’un réveil aussi matinal (5 h 45), pour ne pas rater le lever du soleil, ne m’est pas franchement habituel le reste de l’année.

Durant ce voyage, comme mes réveils solitaires aux aurores ne dérangeront personne, j’ai décidé d’assister à un maximum de levers de soleil, pour bénéficier de la fugitive mais belle lumière qui les accompagne généralement, et avant tout pour vivre ce moment particulier qui apporte une dimension supplémentaire et une complétude à la journée qui débute. Je me lève dans la pâle lumière de l’ aube, émergeant peu à peu du sommeil dans une fraîcheur vivifiante, et choisis avec soin l’endroit où je vais attendre le lever du soleil en fonction de l’éclairage espéré . Parfois, des nuages bien placés réfléchissent quelques instants la lueur rougeoyante du soleil encore caché derrière l’horizon. Je patiente en observant les subtiles variations de lumière et en écoutant les oiseaux s’en donner à cœur joie. L’attente devient fébrile durant les dernières dizaines de secondes qui précèdent l’apparition du soleil et, quand elle a enfin lieu, je vis pleinement cet instant unique, essayant d’en capturer la magie, si les conditions photographiques s’y prêtent . Que la lumière soit belle ou décevante (c’est la surprise à chaque fois), j’ai toujours le sentiment d’avoir vécu un moment essentiel et je m’apprête alors à profiter le plus possible d’une nouvelle journée dans l’Ouest.

Ce matin il fait froid, et c’est bien couvert que je me rends à l’endroit repéré la veille pour assister au lever du soleil. Des nuages mal placés l’empêcheront d’être très spectaculaire, mais le spectacle des premiers rayons éclairant les badlands colorés n’en reste pas moins un moment privilégié.





Le ciel se dégage rapidement et il se met à faire grand beau, la pluie de la veille est oubliée. Je prends tout mon temps pour explorer les petits canyons, sachant qu’en début de matinée les couleurs sont le plus présentes, la lumière devenant vite écrasante par la suite. C’est à l’ombre que les argiles colorées s’avèrent le plus photogéniques.

J’apprécie ce site naturel, certes secondaire et peu isolé mais qui vaut quand même le détour, surtout si on peut bénéficier de bonnes conditions de lumière qui en font ressortir les couleurs, faute de quoi la déception serait probable.











Quand la lumière se fait plus franche, je termine par un secteur où l’argile est d’un blanc éclatant.



Je reviens à mon véhicule pour prendre un petit déjeuner bien mérité. Après cette balade à la fraîche, le Frappuccino au Dark Chocolate de Starbucks n’en paraît que plus délicieux 🙂 !

Le rangement du matelas, des duvets et autres affaires de nuit prend très peu de temps et me permet de partir rapidement. J’apprécie de ne pas avoir une tente à replier et à ranger dans son sac, bien qu’avec une tente de type « 2 Seconds » de Decathlon cela irait très vite. Malheureusement, maintenant que le second bagage est devenu payant pour aller aux USA, emmener cette tente encombrante (qui, du fait de sa taille, compte comme un bagage dans lequel on ne peut pas ajouter grand-chose à part certains matelas) coûterait un supplément d’environ 100 $ pour l’aller-retour (avec des billets économiques et un statut de voyageur standard).

Après quelques heures de route en quittant le Colorado pour le Nouveau-Mexique, j’arrive en début d’après- midi au Pecos Pueblo Historic Park, au sud-est de Santa Fe. Il ne reste malheureusement plus grand-chose des ruines du pueblo amérindien qui abritait pourtant jusqu’à 2000 personnes au XVe siècle. Mais la kiva (restaurée) et les restes impressionnants des murs de la mission que les Espagnols construisirent en arrivant valent ce rapide détour à partir de l’autoroute I-25.











En seconde partie d’après-midi, je me trouve dans le bassin de Galisteo, un secteur connu pour ses nombreux sites de pétroglyphes (les pétroglyphes sont des gravures rupestres tandis que les pictographes sont des peintures rupestres). Ici, la plupart des pétroglyphes ne datent pas de plusieurs milliers d’années, comme dans le reste du Southwest, mais ont été gravés par les Indiens Pueblo entre le XIVe et le XVIe siècle.

Les plus beaux d’entre eux sont situés sur un immense domaine à l’intérieur duquel le propriétaire n’autorise qu’une seule visite annuelle, menée par des archéologues, davantage pour assurer sa tranquillité que pour préserver ces panels qui ne sont pas spécialement fragiles car gravés dans de la roche volcanique très dure. Près de la route, des clôtures et des panneaux « No trespassing », or je ne m’autorise jamais à passer outre à une interdiction aussi clairement exprimée. Mais j’ai appris qu’en prenant une piste qui aboutit au milieu de nulle part on peut s’approcher d’un site rupestre comportant le même type de pétroglyphes (en moins spectaculaires) et qu’il n’y a là-bas ni clôtures ni panneaux d’interdiction. Je me demande quand même s’il ne serait pas aux confins de ce domaine, ou peut-être à ceux d’une propriété attenante gérée par quelqu’un de plus accueillant ? En cas de problème, l’absence d’éléments visibles d’interdiction serait sûrement « plaidable » pour un visiteur étranger nécessairement peu au fait des spécificités locales 😇.

Une fois sur place, pour être certain de retrouver ma voiture dans ce no man’s land si je reviens au crépuscule, je décide de prendre ses coordonnées GPS avec le Garmin Colorado 400t flambant neuf que j’ai réceptionné il y a quelques jours pour remplacer mon vieux Garmin eTrex d’entrée de gamme (sans affichage de cartes). Mais la position GPS affichée est hautement fantaisiste malgré plusieurs essais successifs, je ne comprends pas pourquoi puisqu’il avait bien fonctionné lors du test dans le parc à côté de mon domicile. Je le laisse tout de même allumé et j’utilise mon vieil eTrex amené en appareil de secours et qui fonctionne toujours. Une demi-heure plus tard, je teste à nouveau mon Colorado 400t et je constate que cette fois-ci il donne les bonnes coordonnées : il avait probablement besoin d’un certain temps de recalage depuis sa dernière utilisation sur un autre continent.

Les pétroglyphes sont dispersés au sommet de plusieurs collines volcaniques qu’il faut d’abord atteindre pour, ensuite, longer les crêtes.



Ce n’est pas une partie de plaisir car dans ce site reculé il n’y a aucun chemin et, le long des crêtes, les pierres très instables et la végétation (herbes, épineux…) entravent ma progression. On ne sait jamais si la pierre sur laquelle on pose le pied ne va pas se dérober subitement ni même si on ne va pas se coincer le pied dans un trou traîtreusement caché par les herbes. Il y a de quoi se fouler cent fois une cheville et mon avancée s’avère bien plus précautionneuse et lente que prévu.

Mais le jeu en vaut la chandelle car les pétroglyphes sont nombreux et intéressants, sans compter la lumière de début de soirée qui fait ressortir les lichens particulièrement verts en cette saison.



Certains personnages ont des têtes faisant penser à des smileys :



Un Kokopelli viril joue la sérénade pour des animaux :



Un masque semble provenir d’Amérique centrale ou du Sud :



Un rattlesnake quelque peu raide :



Un perroquet égaré :



Un écureuil dont on jurerait qu’il a été gravé très récemment :



Un curieux bonhomme soleil :



Le dernier panel est le plus beau. On y trouve un saisissant démon surmonté d’oiseaux…



Et surtout ce personnage avec ses trois plumes et qui se cache les yeux. Quelle peut être la signification de ce geste ? Il aurait presque pu inspirer John Travolta pour sa célèbre danse dans Pulp Fiction !



J’ai vraiment beaucoup apprécié ce site d’art rupestre pour l’originalité de ses pétroglyphes mis en valeur par leur localisation en surplomb de la plaine et la douce lumière du soir.

Ayant progressé moins vite que prévu, je renonce à gravir une autre colline et reviens rapidement à la voiture car ce soir je suis attendu à Santa Fe par mes amis français Annie et André (ainsi que deux de leurs amies qui voyagent avec eux et que je ne connais pas).

Annie et André sont des spécialistes de l’Ouest et c’est dans ce contexte que je les ai rencontrés il y a quelques années avant même qu’ils ne soient devenus membres de VF (respectivement sous les pseudos de Aiassa et de Pyrola). Auteurs du site français de référence sur The Wave, ils sont également d’excellents photographes et plusieurs de leurs images ont été exposées, d’autres publiées dans des revues et dans des livres. André étant passé à la vidéo depuis l’avènement du numérique, je connais surtout les superbes photos d’Annie qui sont pour moi une source d’inspiration. Quel bonheur quand, quelques mois après un de leurs voyages aux USA, je reçois un DVD d’Annie & André contenant un montage vidéo et un diaporama, tous deux réalisés de manière professionnelle !

Installés en Drôme provençale depuis qu’ils sont des retraités très actifs, Annie et André ont cette année fait un échange de maison (de 2 semaines) avec un couple de Santa Fe et m’ont gentiment invité à venir les rejoindre quand je passerai dans le secteur. J’étais parallèlement invité par Karen & Spencer, des amis américains habitant aussi Santa Fe, mais comme ces derniers sont sur le départ pour un grand voyage en Europe, il vaut mieux leur éviter du dérangement et plutôt loger dans la maison dont disposent Annie et André.

Quand j’arrive chez eux vers 20 heures, je suis chaleureusement accueilli, nous sommes contents de nous retrouver dans la région pour laquelle nous partageons la même passion 🙂. Au dîner, nous évoquons leurs aventures des dernières semaines passées dans l’Ouest et je me régale d’un délicieux curry de crevettes maison qui me changera de mon habituel poulet en boîte !

Le lendemain, il est prévu de se balader dans Santa Fe et de visiter un musée conseillé par Karen. Il y a quelques semaines, j’avais mis en contact Annie & André Karen & Spencer, présageant une bonne entente. Ils se sont vus il y a quelques jours quand Karen leur a fait visiter le musée Georgia O’ Keeffe dont elle est un guide volontaire. Le courant est bien passé et du coup mes quatre compatriotes (Annie, André et leurs deux amies) sont également invités pour le barbecue du lendemain à partir de 17 heures chez Karen et Spencer. Ce n’est pas la première fois que je mets en contact des personnes qui ne se connaissent pas mais qui ont des centres d’intérêts communs, c’est une bonne occasion pour chacun d’élargir son cercle amical.

Bien qu’Annie me propose d’utiliser le canapé du salon, je préfère limiter le dérangement et dormir sur mon Therm-a-Rest dans la salle de yoga, où je suis très bien installé et où je bénéficie de la connexion WiFi pour accéder à ma messagerie.

JOUR 4 – UNE JOURNEE A SANTA FE

Ce matin, c’est grasse matinée avec un réveil programmé à 7 h 30. Il n’y a pas un nuage dans le ciel et la belle lumière qui contribue à la réputation de Santa Fe n’est pas une légende.

Après un petit déjeuner convivial, nous voilà partis tous les cinq pour le musée que nous avions prévu de visiter, mais celui-ci est fermé car nous sommes dimanche. On aurait dû y penser, mais en vacances on a quelquefois tendance à oublier de raisonner en fonction des jours de la semaine 😛. Nous nous rabattons sur une balade sans but précis dans le centre de Santa Fe, sans être axés sur les monuments historiques que nous avons déjà vus auparavant.

Cette journée sera pour moi l’occasion de m’essayer à la photographie en ville, un type de sujet qui me changera de celui des paysages auxquels je me consacre quasi exclusivement.

Nous jetons un coup d’œil aux boutiques autour de la Plaza.





On observe deux techniques de vente, totalement différentes, plus ou moins volontaristes.

Une jeune femme, debout au beau milieu de l’avenue et simplement protégée des voitures par un drapeau jaune, se démène pour vendre ses journaux en essayant de capter l’attention par son attitude enjouée.



A quelques dizaines de mètres, un Indien Pueblo, qui dispose d’un emplacement réservé sous les arcades de la Plaza, ignore superbement les clients qui regardent son étalage de peintures 😮.



Tout près de là, un homme à l’esprit jeune s’amuse avec sa trottinette motorisée et nous gratifie de quelques figures pour la photo. Cool man ! 😎



Cela finit par donner soif à Annie et ses amies.



Nous passons sous des arcades « graphiques »…



… avant de nous recueillir devant un troupeau de crânes.



Les chapelets de piments qui sèchent en extérieur (ristras) sont une spécialité de Santa Fe.





La poterie colorée est également une production locale.



Mais on trouve ici toutes sortes d’artisanat créatif, comme ces jolis oiseaux.



Quand Annie photographie, elle peut être partout à la fois, comme le prouve cette photo !



Certains bâtiments modernes imitent à la perfection les constructions d’adobe, respectant avec bonheur le style typique de Santa Fe.



On peut trouver de jolies portes au hasard des rues.





Nous finissons notre tour par le Capitole et ses sculptures expressives









Rentrés à la maison, nous prenons notre temps pour déjeuner dans le jardin en dégustant une appétissante salade composée par Annie.

André propose de rester là cet après-midi afin de préparer une grande salade de fruits frais que nous apporterons chez Karen et Spencer pour le dîner/barbecue. C’est sympa de sa part !

Pendant ce temps, via un agréable chemin longeant la rivière, nous nous rendons à pied dans Canyon Road, la rue des galeries d’art de Santa Fe. Butinant de l’une à l’autre, nous profitons également des opportunités photographiques qu’offre cette rue aux maisons particulièrement bien entretenues et joliment décorées.

















Dans cette rue où s’expriment les artistes, on peut constater que certains prennent la grosse tête…



… d’autres préfèrent la « zen attitude ».



… ou se reposent…



… ou bien s’amusent franchement…



… mais il faut tout de même prendre garde à ses fesses !



On retrouve ici aussi quelques ristras colorées.



Même de simples murs d’adobe semblent vouloir apporter leur contribution artistique.



Une Hudson nous rappelle les Sixties…



… mais cette échoppe nous montre que nous sommes bien en 2009, l’année d’Obama, et que le business n’est pas oublié avec un slogan très second degré : « Jesus said buy folk art. » 😄



Dans cette rue huppée, on peut aussi bien rencontrer des ladies « so British »…



… que de sympathiques artistes locaux…



… qui apprécient probablement ces mobiles New Age.



De retour à la maison, nous nous laissons conduire par André dans le Dodge Durango qui leur a donné toute satisfaction lors du périple dans l’Ouest qui a précédé leurs deux semaines à Santa Fe.

Vers 17 heures, nous pénétrons dans la résidence privée au sud de Santa Fe, où se trouve la maison de Karen et Spencer. Ils nous accueillent chaleureusement dans ce qu’ils appellent « l’hacienda », où ils se sont installés il y a quelque temps pour leur retraite (je devrais plutôt dire « pour leur nouvelle vie hyper active »). Nous sommes vraiment impressionnés par cette magnifique demeure : pièces immenses, hauteur sous plafond et lumière qui entre de toute part, décoration recherchée sans être ostentatoire et qui intègre harmonieusement l’art indien local…

Cette photo de la cuisine/salle à manger ne me démentira pas.



Ma rencontre avec Karen et Spencer remonte à 2003, lors d’une randonnée à Bryce Canyon en compagnie de ma fille Flora. Nous avions immédiatement bien accroché. Il faut dire que Karen est très enthousiaste et dégage un charisme incontestable. Elle est de plus très francophile : elle a été entres autres professeur de français, fait partie d’associations franco-américaines et voyage souvent en France où nous l’avions revue. Spencer, aussi posé que sympathique, a dirigé un hôpital et, pour s’occuper durant sa retraite, vient de se lancer avec succès comme agent immobilier. Il fallait oser, en pleine crise, mais il m’assure que Santa Fe reste un marché privilégié.

Nous passons un bon moment sur la terrasse pour l’apéritif et les sujets de discussion ne manquent pas. La communication est d’autant plus facilitée que Karen parle un français parfait et a déjà rencontré mes amis au musée Georgia O’Keeffe. Spencer a préparé des Margaritas que Karen assure être « parmi les meilleures du Nouveau-Mexique ». Je veux bien le croire après avoir bu la première et je ne pourrai que le confirmer après les trois suivantes 🤪, alors que je ne suis habituellement pas attiré par les boissons alcoolisées…

Spencer ne faillit pas à la tradition américaine où c’est le chef de famille qui s’occupe du barbecue. Il nous prépare une succulente pièce de bœuf sur leur barbecue sophistiqué.



Karen, qui est passionnée de cuisine (elle a même donné des cours de cuisine chinoise, preuve de son éclectisme), a préparé le reste du repas avec notamment une émulsion à base de concombres d’une grande finesse. Elle nous sert un vin rouge d’Arizona (où ils habitaient auparavant), bien charpenté et qui titre 14°. Nous terminons le repas en nous régalant avec la rafraîchissante salade de fruits frais préparée par André.



Toute cette soirée, durant laquelle nous avons partagé notre passion croisée pour nos pays respectifs (un bel exemple d’entente franco-américaine), s’est déroulée dans une ambiance enthousiaste 🙂. C’était vraiment sympathique de la part de Karen et Spencer d’avoir invité cinq personnes à seulement quarante-huit heures de leur départ pour un périple en Europe. Ils me renouvellent leur invitation à venir passer quelques jours chez eux, invitation qu’Elisabeth et moi honorerons avec plaisir en mai 2010 lors de notre prochain voyage.

André n’ayant pas bu une goutte d’alcool 😇, c’est en toute sécurité qu’il nous ramène à la maison de Santa Fe où je n’ai aucun mal à m’endormir dans la salle de yoga, l’esprit quelque peu embrumé par les libations de la soirée.

Partie 1 : de Denver à Santa Fe

Partie 2 : de Santa Fe à Lost City

Partie 3 : de Lost City à Page

Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes

Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante

Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
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Ouest américain: circuit de 20 jours Los Angeles - Las Vegas - San Francisco en août... 2018
Bonsoir,

Je suis déjà venue poster un circuit qui aurait du se faire cet été. Malheureusement, nous n'avons pas pu faire ce beau voyage cette année. Nous le décalons finalement à 2018, ce sera pour nos 40 ans. Ca fait loin ! mais nous avons également un autre beau projet prévu pour début 2016.

J'ai donc eu le temps de lire pleins pleins de TR, y trouver pleins d'idées, potasser les différents sites cités dans ce forum. Ils m'ont bien aidé mais je bloque au niveau du temps (de route, ça peut aller grâce à Google Maps mais sur place pour les visites). Ce n'est pas facile d'évaluer tout ça. Je compte sur vous pour me donner vos avis, vos conseils, me dire ce qui va, ce qui ne va pas du tout etc...

Ah oui, nous serons accompagnés de nos 2 enfants qui auront 9 et 12 ans au moment du voyage. Suivant les randos que j'ai sélectionné, pourrez-vous me dire celles qui sont faisables avec des enfants ?

Merci d'avance de me lire.

C'est parti !

Voyage du samedi 04/08/18 au jeudi 23/08/18 :

J0 : Départ de Nantes (ou Paris ?) - arrivée à LA (hôtel quartier Hollywood ?)

J1 : LA : Venice (canaux + plage) - Santa Monica - Paramount Ranch en passant par Old Topanga Canyon Road - Griffith Observatory - retour hôtel. Trop chargé peut être ?

J2 : LA : Rodeo Drive - Beverly Hills - Hollywood Bd - Sunset bd - Caroll avenue - Downtown - Mulholland drive pour vue sur LA

J3 : LA-GC : Longue route LA-GC en passant par Bagdad Café - Amboy - Oatman - Kingman - Hackberry - Seligman - Williams - Nuit GC ou Tusayan - sunset Hopi point ?

J4 : GC : sunrise Yaki point - Trail of time - Rim trail en navette de Bright Angel Trailhead à Hermits Rest et retour - Points de vue - sunset Hopi point - Nuit GC ou Tusayan

J5 : GC-MV : Desert View drive + tower - Direction MV : valley drive - wildcat trail ? - sunset au visitor center - nuit ? Kayenta ?

J6 : MV-Page : Horseshoebend - scenic view road - Glen canyon dam - points de vue lac US89 - Lone Rock Beach - Old paria - sunset aux Toadstool Hoodoos - Nuit Page

J7 : Page-Bryce : Lower Antelope Canyon - Cottonwood Canyon road - Grosvenor Arch - Sunset Point ? - Nuit Bryce

J8 : Bryce Canyon : Sunrise Point - Queen's garden + Navajo loop trail ? - Scenic drive - points de vue - Mossy cave ou Britlescone loop trail ? - Rim trail - sunset point - Nuit Bryce

J9 : Bryce- Zion : Points de vue si pas fait la veille - Canyon overlook trail - scenic drive - Emerald pools ou petite partie des Narrows ou Riveside Walk ? - Nuit Springdale

J10 : Zion-LV : faire une rando de Zion (laquelle ?) - Valley of Fire en fin d'après-midi - Points de vue - Fire Wave - Dome trail - Elephant Rock - Seven sisters... - Nuit LV

J11 : LV : visite du Strip - outlets - Freemont experience - Nuit LV

J12 : LV-DV : rester un peu sur LV - passer par Red Rock Canyon ? - Arrivée par badwater road fin d'après-midi - badwater - natural bridge - devils golf course - artist drive - sunset Golden Canyon ? Nuit Furnace Creek ranch

J13 : DV-Lee Vining : sunrise Zabriskie Point - Dante's view - Mesquite Flat Sand Dunes - Alabama Hills ? - Bodie - Mono Lake - Nuit Lee Vining ... (Journée trop chargée je pense même sans Alabama Hills)

J14 : Lee Vining-Yosemite : Tuolumne Meadows - Tenaya Lake - Olmstead Point - Lower Yosemite fall - Mirror Lake - Half dome - El Capitan - Bridalveil fall - Valley view - Nuit El Portal ?

J15 : Yosemite : El Portal-Oakurst : Bridalveil fall si pas fait la veille - Tunnel view - Sentinel dome - Washburn Point - Glacier Point - Mariposa Grove (navette à Wamona) - Nuit Oakhurst

J16 : Oakhurst-SF : Quartier SF ? - Nuit SF ?

J17 : SF : 49 miles scenic drive ? - golden gate - sausalito - Nuit SF

J18 : SF : Downtown - Alamo Square - Chinatown - Lombard street - Pier 39 - Fisherman's wharf - Nuit SF

J19 : Retour en France

Qu'en pensez-vous ? J'ai peur d'avoir trop chargé les journées...
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