( A l 'extrême sud de Goa, proche du Karnakata, se trouve un endroit magique, une plage splendide, Palolem Beach. Quand on arrive, c'est comme si l'on pénétrait dans une carte postale de rêve.
Des palmiers d'un vert vif, une multitude de huttes, reprenant toute la gamme des couleurs pastelles, violettes, jaunes, roses, bleues, se dressent comme elles peuvent sur le sable blanc, un paysage montagneux émeraude entoure cette plage arrondie, offrant un panorama impressionnant et des couchers de soleil à rendre tendre le plus sadique des bourreaux, elle est belle, elle est très très belle...
Les indiens vivant chez elle sont d'une gentillesse exquise, j' adore la manière qu'ils ont de balancer la tête latéralement avec souplesse pour acquiescer, ou tout simplement exprimer un remerciement, un échange agréable. Nous, quand nous bougeons la tête d' un coté vers l 'autre c'est avec sévérité, pour dire non, d'ailleurs je n'ai jamais autant dis non qu'en Inde.
Si vous voulez vous reposer loin du tumulte et de la fête du nord de Goa, si vous voulez vous relaxer, passer un bon moment en amoureux et oublier le stress occidental, Palolem est l' endroit idéal! )
J'ai quitté Anjuna le 16 décembre car j' avais besoin de retrouver un peu de solitude et parce que le prix des chambres quadruplait avec l' arrivée des fêtes de fin d'année, comme Goa fut une colonie portugaise, le catholicisme y est encore très encré et les fidèles arrivent en masse pour fêter Noël.
J' ai partagé un taxi avec Alex, qui partait à l'aéroport, jusqu'à Panjim, la capitale.
Je pensais y rester une nuit pour prendre le temps de trouver un ukulélé, ma guitare commençant à me manquer terriblement, mais une fois arrivé à la station de bus, j'ai très vite compris que je ne resterai pas dormir ici, je n'aime pas trop les villes en Inde, elles sont un peu trop sales à mon goût mais je me suis quand même mis en tête de trouver le magasin de musique de Pedro Fernandes que j' avais repéré sur le net.
Une heure plus tard j'étais en train de faire la queue pour prendre un ticket de bus pour Margao, mon nouveau jouet à la main, un ukulélé bleu Takamin.
Le bus arrive, il y a une chauffeur et une sorte de steward qui hurle, siffle et crie « Margao » et le nom de tous les villages où le bus va passer. Je monte, m'installe à l'avant avec mes deux gros sacs qui prennent beaucoup de place dans ce car très rustique, je suis le seul étranger.
A Margao, la même scène, changement de véhicule, et à nouveau un type qui hurle, siffle et crie « Palolem » et tous les noms de villages où le bus va passer, je me régale à regarder et écouter ce type qui passe ses journées entières à gueuler.
Dans les villages, le bus ne s' arrête quasiment pas, les passagers doivent le prendre en marche, et presque sauter pour en sortir.
Le voyage jusqu' à Palolem m' a couté la maudite somme de 70 roupies (1 euro).
A peine descendu du bus, des gars me sautent dessus pour me proposer une chambre:
« - Hey my friend! Tu cherches une chambre? Tu veux quoi, cher, pas cher?
- Pas cher!
- J' en ai pour 500 roupies!
- Je t'ai dis, pas cher!
- Ok my friend, pas de problème, pour toi je te la fais à 400 roupies!
- 300!
- My friend, donne moi un peu plus, 350!
- 300!
- Ok my friend, suis moi! »
Il porte un maillot de foot avec un écusson « yin et yang » , je lui demande:
« - C'est quoi ton maillot? » lui montrant l'écusson.
« - Çà my friend, c'est que je fume trop, c'est pour cacher les trous de boulettes! Tu veux quelque chose?
- Non merci! »
Je le suis, nous marchons le long de la plage, il tient à tout prix à porter mon sac, je pénètre dans le San Francisco Camp. Dans la première hutte qu'il me présente, il n' y a même pas de ventilateur.
« - T'inquiètes pas my friend, je te le monte de suite.
- Non, je ne veux pas de cette chambre.
- Ok, je t'en montre une autre, mais c'est plus cher!
- Non, tu m'as dit 300, c'est 300.
- Ok, je te la fais à 300, mais tu dis pas le prix, car eux là, ils payent 500, et les russes 700.
- Marché conclu! »
Je prend place dans ma cabane violette, les toilettes et la douche ne sont pas terribles mais je suis à 100 mètres de la Mer d' Oman. C'est la première fois depuis que je suis parti, que je ne dors pas dans un dortoir. Je vais rester dix jours ici.
Les premiers jours, je profite du fait de me retrouver seul, car à Anjuna je ne l'étais jamais, je lis, j'ai acheté l'Alchimiste traduit en anglais, c'est une bonne façon pour moi de tenter d'amadouer la langue de Shakespeare, j'écris continuellement, j'écoute de la musique, me baigne, bronze, le soir je sors boire un verre et me pose ensuite sur le sable pour jouer du ukulélé et fredonner mes airs préférés, je ne cherche pas à rencontrer des gens.
Mais curieusement, quand on essaye de s'échapper un peu, qu'on utilise des outils tels qu'un instrument de musique ou une caméra sur un trépied, ça les attire.
Ma première rencontre fut Emmanuel, un polonais, j'étais en train de jouer, il est arrivé à coté de moi et a crié d'une façon enthousiaste « UKULELE!!! », puis il est parti.
Il est revenu cinq minutes plus tard, me demandant s'il pouvait s'assoir.
Deux chiens noirs nous ont rejoint, nous étions sur leur territoire, ils estimaient sûrement être dans leur droit en nous réclamant des caresses, ils se sont allongés à coté de nous, se levant de temps en temps pour chasser d'autres chiens et les inviter à passer leur chemin.
Nous discutons de nos voyages, il a un rire bizarre, fort et aigu, je lui fais la remarque, il me dit
« I'm a traveller, I'm not ordinair », c'est ce que je retiendrai de lui, ça et le fait qu'une bonne vodka doit avoir le goût de l'eau. Avis d'un spécialiste!
Le lendemain je récidive, même endroit, même position, un mélange de vodka et de jus de pomme pour l'inspiration à porté de main.
Cette fois-ci, ce sont de jeunes indiens qui viennent s'installer à mes cotés, ils sont trois, ils ne parlent pas anglais. Je leur fourni des cigarettes, ils boivent dans ma bouteille, et tiennent absolument à tester mon instrument bien qu'ils ne savent pas en jouer, ils grattent les quatre cordes à vide et chantent. L'un des trois me le redonne, je lui dis « Thank you », ils répètent tous les trois « Thank you » et rigolent, je leur demande « comment dit-on thank you en indien », ils me répondent « comment dit-on thank you en indien », j'étais bercé entre deux sentiments, l'un qui me disait ce moment est génial, et un autre qui me disait de me méfier d'eux craignant qu'ils partent en courant avec mes affaires, finalement ils ont bu un peu et sont retournés d'où ils venaient.
Un autre soir, je me préparait à participer à une « Silent Party » (ces soirées sont très appréciées dans le coin, car les autorités ont sévi en matière de nuisances sonores, la musique est censée s'arrêter à 22 heure, le principe consiste à faire la fête avec un casque hifi sur la tête, je sais, c'est bizarre comme concept), j' étais sur le chemin pour aller au club, sur le flanc rocailleux de la plage, lorsque j'ai croisé un vendeur de cigarette assis tranquillement devant son stand :
« Hello my friend » me dit-il comme tous les indiens.
« - Je n'ai besoin de rien, j'ai tout ce qu'il me faut.
- La party n'est pas encore commencée, pas avant une heure, assis-toi si tu veux en attendant.
- D'accord, merci. »
Il s'appelle Yeshwant, il est né à Goa, il a 24 ans, il n' a ni femme ni enfants et n' a jamais connu les joies de l'amour.
Nous nous racontons nos vies, réalisant le décalage qu'il y a entre nos quotidiens. En revanche nos façons de penser se rejoignent sur beaucoup de points.
Il gagne 300 roupies par jour (5 euros), il aimerait un jour avoir son propre magasin, il travail dur , je lui explique brièvement comment attirer des clients occidentaux, lui conseille d'oublier les phrases toutes faites employées par 95 % des commerçants de Goa, de ne pas brusquer les éventuels clients et de les accueillir comme il est en train de le faire avec moi.
Il est frustré de voir tous ces touristes russes dépenser sans compter leur argent dans l' alcool, il les trouve froids et irrespectueux.
Peu à peu, trois de ses amis viennent s'installer à nos cotés, puis Shakar fait son apparition.
Ses cheveux sont longs, son bouc est finement taillé, il vient d' Hampi, il a 25 ans , est marié et a trois enfants, il vient six mois par an pour faire la saison à Palolem.
Il me dit qu'à cette époque de l'année, il ne doit pas y avoir de bruit le soir, pour ne pas perturber la quiétude des riches touristes. Nous philosophons.
« Avec l' état d'esprit que tu as, ne vas pas dans cette soirée à 500 roupies, ne fais pas comme les autres touristes, tu sais ce que cette somme représente pour nous », me dit-il.
Je lui réponds:
« Je ne veux pas prendre de casque, je veux juste y aller quelques minutes pour filmer, car ce concept me parait étrange, je n 'arrive pas à comprendre comment on peut s'amuser et communiquer avec un casque sur les oreilles, c'est un truc de fou, je ne veux surtout pas payer les 500 roupies, je veux juste observer, avec cette somme je peux dormir deux nuits! »
Il rigole, je les quitte après leur avoir offert une boisson à chacun, c'est un minimum si on veut créer des liens avec des indiens et tenter de les comprendre, j'arrive à la soirée.
Un gars qui fait la sécurité, un grand blond, me réclame le droit d' entrer, je lui explique que je ne veux pas de casque:
«- C'est un club ici! Même sans casque, tu payes!
- Ta soirée est une escroquerie mec, ciao! »
Je suis retourné avec mes nouveaux amis.
Je n'ai pas testé pour vous la Silent Party !
Deux jours plus tard, je pensais passer une journée ordinaire, je tenais absolument à filmer un coucher de soleil dans son intégralité, en vu de réaliser une scène comme dans « Breaking Bad », un plan fixe en lecture accélérée.
Au moment ou j'installe mon trépied, j' aperçois une fille devant moi, elle est assise sur le sable, regarde en direction du soleil.
Je continue mon petit manège, peaufine mes réglages, et le temps que je relève la tête elle s'était levée et passait à coté de moi, une fois qu'elle fut hors de mon champ de vision je me suis retourné pour la regarder, elle s'est retournée au même moment et nous avons fait instantanément le geste inverse faisant mine de ne pas nous regarder.
Elle m'intrigue, elle est jolie, elle a un tatouage « dalien » sur l'épaule gauche, la peau matte, des cheveux mi-longs ondulés, mais je continue à me concentrer sur ma caméra car je n'ai plus que 51 minutes de charge de batterie, il est 17h19, et le soleil se couche vers 18h30, il faut que je calcule bien mon coup pour ne pas rater la fin du spectacle.
Le temps d'avoir ce raisonnement et de patienter un peu pour commencer la prise de vue, la demoiselle s'est assise derrière moi, je ne peux m'empêcher de me retourner pour la regarder, il faut que j'aille lui parler mais je ne peux pas laisser mon matériel en plan.
Je me retourne à nouveau, elle n'est plus là. Elle est de retour dix minutes plus tard.
Finalement c' est elle qui va venir me demander du feu.
Elle s'appelle Maria, elle est portugaise, elle est passionnée de yoga, nous discutons, elle cherche une de ses amies, une fois l'avoir retrouvée elle me fait deux bises (en général, les voyageurs ne se font pas beaucoup la bise), me dit à demain :
« - Peut être à ce soir!
- Tu es dans le coin ce soir? Si tu me vois, appelle moi!
- Avec plaisir! »
Je ne l'a reverrai que le lendemain, la croisant dans la rue principale:
« Tu fais quoi là? » lui dis-je.
«-J'ai envie d'aller me poser à l'ombre, si ça te dis.
- J'ai juste un petit truc à faire, je te rejoins. »
Nous passons dans la zone « off » de Palolem, celle où les locaux vivent, celle qu'on ne voit jamais dans les cartes postales, « The Dark Side Of The Beach » où « La face cachée de la plage » selon votre convenance, je n'étais pas encore venu de ce coté.
La veille, Maria me parlait de dualité, qu'elle était présente partout, spécialement ici, je suis en train de comprendre ce qu'elle me disait à la vue de ces maisons en bois en triste état.
Nous nous posons au pied d'un arbre, elle me parle de yoga, de respiration par le nez, me demande si j'en ai déjà fait.
Je lui dis que j'ai essayé de méditer quelques fois, seul, sans enseignement, après avoir lu des livres, et que je sais juste que pendant nos moments les plus heureux, nous respirons toujours par le nez.
« -Je peux te montrer si tu veux , me dit-elle,
- J'aimerai beaucoup! »
Et me voici en train de prendre mon premier cour de yoga, dans l'arrière décor, au milieu des cochons sauvages, sous des arbres.
C'est surréaliste, je suis sous le charme, j' apprend à sentir l'énergie cosmique, je tiens en équilibre sur une jambe, l'autre jambe repliée , les mains jointes, en l'air, le dos droit, le regard fixe, les abdominaux tendus, je tremble un petit peu par manque d'expérience, mais je ne m'en sors pas trop mal selon les dires de ma nouvelle prof.
Je vais rester quelques heures en sa compagnie, elle doit bientôt partir dans le nord de Goa.
Merci Maria.
Le soir même autour du feu devant le San Francisco Camp, je fais la connaissance de Arnaud et Caroline, un couple de parisiens, il est professeur de lettre, elle enseigne la biologie.
Je vais passer la fin de mon séjour en leur compagnie, passant le réveillon de Noël avec eux, partageant le foie gras que ma soeur m'a offert avant de partir et une bonne bouteille de vin blanc chilien.
Ils sont très intéressants, cultivés, Arnaud joue de la guitare et chante, ça rapproche.
Un soir, après avoir bu le digestif sur la terrasse de leur hutte, après avoir parlé de liberté, de religion, d'histoire, de voyages, nous sommes retournés autour du feu, euphoriques.
Mon regard était perdu dans les flammes, dans l'instant présent.
Caroline essayait de m'interpeller depuis une bonne minute sans que je n' ai la moindre réaction, elle m'a fait réagir en disant:
« Ça y'est, on a perdu Steven! »
Elle sait très bien que je me nomme Vincent, pourquoi m'a-t-elle appelé Steven, Steven qui est un ami, un personnage qui me manque beaucoup. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps.
Elle aurait pu, pour s'amuser, m'appeler par n'importe quel prénom, André, Jean-Louis, Sebastien, mais non, elle a choisi Steven.
Je leur raconte son histoire, ils sont abasourdis.
Il y a de drôles de coïncidences dans la vie, ou pas....
Hi everyone,
We're back in India for the 7th time (for the other trips, check here:
https://www.unendroitoualler.fr/asie/) ... But this time, no more exploring or trekking! With age, we're just spending a quiet month in southern India, a country we particularly love...
Our journey starts in Kovalam, then Monroe Island, Varkala, Kochi, Kannur, Udupi, and finally, as in recent years, Gokarna.
No problem getting around—there’s the train all along the coast...
Night in Trivandrum
Prepaid taxi to the « Safire Residency », where we stayed last year. This hotel is still just as nice and welcoming (980 INR). Then, dinner at the restaurant « Ariya Niwas » where we enjoyed those delicious dosas again! (We missed them!)

Night in Trivandrum
Prepaid taxi to the « Safire Residency », where we stayed last year. This hotel is still just as nice and welcoming (980 INR). Then, dinner at the restaurant « Ariya Niwas » where we enjoyed those delicious dosas again! (We missed them!)

For those planning a trip to Kerala, here’s a quick, practical summary.
For the most part: the stunning landscapes, the natural kindness of the locals, their cuisine, and their culture—you’ll get to enjoy all of that once you’re there...
Flight (arrival and departure to/from Cochin)
Avoid Air India and opt for flights via the Middle East: Saudi Arabia, Qatar, United Arab Emirates, Oman, etc.
Price: between 500 € and 600 €
Accommodations
Average price: 20 € per night for a couple (max: 40 €, min: 10 €, often including breakfast), via the usual booking sites.
Homestays (staying in the owner’s house) are of a higher standard.
Only 2 nights were spent in questionable cleanliness. The rest were good, even very good, or even *very* very good.
Car with Driver
All-inclusive daily price: tolls, fuel, driver’s lodging and meals... and of course, we often shared our meals with our driver too.
Toyota sedan (e.g., Corolla) for 4 travelers (1 in front, 3 in the back): 50 € / day,
Toyota SUV (e.g., Innova) for up to 6 travelers: 60 € / day
DM me if you’d like more details.
Overall budget (excluding flights and shopping) Around 1500 € for 1 couple for the 3 weeks... in "2-couple mode"! (i.e., sharing the driver’s cost). Itinerary
Night 1: Arrival in Cochin in the morning, departure for Attirappily Beautiful waterfalls
Night 2: Thrissur Via Vallachira, not much tourist interest, a stop to ease into the trip and shorten the journey to Wayanad
Nights 3, 4, 5: Wayanad, staying in Sultan Battery Coffee and tea plantations, dam lake, URAVU (bamboo craft workshop), ...
Night 6: Ooty Botanical garden, then a really fun tourist train the next afternoon to Metupalaiyam
Night 7: Toward Coimbatore
Nights 8, 9, 10: Munnar City visit, stunning tea plantations
Nights 11, 12: Thekkady/Kumilly Amazing tea plantations, sightseeing, Jeep ride, not-so-interesting boat tour on Periyar Lake, trekking options
Night 13: Marari Beach (near Alleppey) 4-hour backwaters tour, then beach (swimming, dinner)
Nights 14, 15, 16: Munroe Island Super chill, walks around the island (small coir rope factory), sunrise by boat or canoe, sunset
Night 17: Varkala Gorgeous beaches, shopping
Night 18: Trivandrum City center visit, then train back to Cochin the next day in 3 hours.
Night 19: Cochin Fort Kochi is a lovely way to wrap up the trip
Have a great trip in this incredible region, so unique in India!
Overall budget (excluding flights and shopping) Around 1500 € for 1 couple for the 3 weeks... in "2-couple mode"! (i.e., sharing the driver’s cost). Itinerary
Night 1: Arrival in Cochin in the morning, departure for Attirappily Beautiful waterfalls
Night 2: Thrissur Via Vallachira, not much tourist interest, a stop to ease into the trip and shorten the journey to Wayanad
Nights 3, 4, 5: Wayanad, staying in Sultan Battery Coffee and tea plantations, dam lake, URAVU (bamboo craft workshop), ...
Night 6: Ooty Botanical garden, then a really fun tourist train the next afternoon to Metupalaiyam
Night 7: Toward Coimbatore
Nights 8, 9, 10: Munnar City visit, stunning tea plantations
Nights 11, 12: Thekkady/Kumilly Amazing tea plantations, sightseeing, Jeep ride, not-so-interesting boat tour on Periyar Lake, trekking options
Night 13: Marari Beach (near Alleppey) 4-hour backwaters tour, then beach (swimming, dinner)
Nights 14, 15, 16: Munroe Island Super chill, walks around the island (small coir rope factory), sunrise by boat or canoe, sunset
Night 17: Varkala Gorgeous beaches, shopping
Night 18: Trivandrum City center visit, then train back to Cochin the next day in 3 hours.
Night 19: Cochin Fort Kochi is a lovely way to wrap up the trip
Have a great trip in this incredible region, so unique in India!
Bonjour à tous,
Je me suis beaucoup appuyée sur les CR postés sur ce forum pour préparer notre voyage, à mon tour d'essayer de vous transmettre mon ressenti et quelques informations...
C'était notre 2ème voyage en Inde, le 1er avait constitué en une boucle de 2 semaines en février 2013 à partir de Mumbai en passant par Aurangabad, Badami, Hampi et Goa, voyage que nous avions réalisé alors avec nos 2 filles ados. Cette fois-çi, nous sommes partis en couple, nos filles étudiantes n'ayant plus qu'une semaine de vacances... ce qu'elles ont bien regretté car ce voyage en Inde leur avait donné envie de revenir...comme à nous d'ailleurs !
Donc, nous avons choisi de nous concentrer sur le Tamil Nadu et de nouveau nous déplacer le plus souvent possible avec les transports en commun. Pour nous, prendre le bus, le train fait partie de voyage et ne se révèle jamais ennuyant tant l'observation de la vie quotidienne est intéressante et source d'échanges avec les Indiens. Ne pouvant partir que 2 semaines, j'avais préparé un programme au jour le jour que nous avons suivi. C'est pour cela que nous avions réservé une partie de nos hôtels à l'avance sur Booking (lorsque je savais que nous allions arriver tard notamment ) et 2 billets de train, notamment le train de nuit entre Rameswaram et Chengalpattu. Pour cela, nous avions dû nous armer de patience pour obtenir un compte sur le site d'IRTC mais cela avait fini par fonctionner ! En fait, cela s'est passé comme la 1ère fois, beaucoup de patience pour demander le visa (et le stress de faire une erreur !), réserver les billets de train depuis la France ...et sur place, tout devient facile, car il y a toujours plusieurs solutions ! Par exemple, là où nous n'avions pas réservé d'hôtel, on a trouvé à chaque fois un hôtel qui nous convenait en 10 minutes et nous avons pu parfois négocier les prix car il n'y avait pas grand monde ! De même, pour se déplacer, en plus du train, il y a toujours des bus qui partent très régulièrement, il suffit d'aller à la gare routière et de faire comprendre à quelqu'un notre destination ! Lorsque nous avons voulu prendre un taxi entre Trichy et Kanadukathan dans le Chettinad, afin de pouvoir faire facilement des arrêts en cours de route, nous avons négocié la veille directement avec un chauffeur dans la rue non loin de notre hôtel et le lendemain tout s'est passé comme convenu !
Nos étapes ont été : Chennai - Pondichéry - Kumbakonam - Tanjore - Trichy - Kanadukathan dans le Chettinad - Madurai - Rameswaram - Malahalapuram
- samedi 23 février : départ matinal de Toulouse à 7 h 15, courte escale à Paris CDG et décollage à 10 h 10 pour un vol direct pour Chennai avec Jet Airways. Nous avions acheté notre billet le 15 septembre et il nous a coûté 459 € (il faut savoir que c'était moins cher en partant de Toulouse que de Paris !) . Nous arrivons à l'heure prévue à Chennai, vers 0 h 15 mais nous allons devoir patienter pendant plus d'une 1 h 30 pour valider notre e-visa. Ensuite, nous changeons un peu d'argent à un taux prohibitif à l'aéroport pour payer un taxi prépaid (550 roupies) qui va nous emmener en moins de 30 minutes à l'hôtel, où nous arrivons finalement vers 2 h 45 du matin. Heureusement le décalage horaire joue en notre faveur ( 4 h 30 en moins en France) ! Installation sans problème à la YMCA International Guest House : 2334 roupies une chambre avec AC, salle de bains et petit déjeuner sous forme de buffet (choix réduit), réservation effectuée avec Booking. C'est un hôtel situé dans une sorte de parc, ce qui rend le lieu agréable, le bâtiment lui-même a un certain charme et surtout il est proche de la gare d'Egmore et donc désormais d'une station de métro. Un regret, une rue importante passe devant et comme les fenêtres n'isolent pas du bruit, c'est assez bruyant...
- Dimanche 24 février : courte journée consacrée à la découverte de Chennai, car nous sommes opérationnels vers 10 h et de retour à l'hôtel vers 17 h pour prendre une douche avant d'aller prendre le train (On n'a même pas eu à demander pour garder notre chambre, le réceptionniste nous l'a proposé de lui-même...). Le fait que nous soyons dimanche a dû faciliter nos déplacements. Nous allons donc prendre le bus, un rickshaw, le métro (neuf, moderne et quasiment vide !) et marcher aussi. On va d'abord se rendre à la plage, Marina beach et c'est ce que nous avons préféré car c'est vraiment sympathique de se promener au milieu des petits commerces qui mènent à la plage et ensuite d'observer les marchands ambulants et les Indiens à la plage...le tout dans une ambiance détendue. Précisons pour ceux qui ne connaissent pas l'Inde, que c'est un paradis pour les photographes car les Indiens adorent être pris en photo et que l'on se promène tranquille, sans être sollicité...ou parfois pour une photo avec nous ! Après la plage, on se rend au Saint George fort : vraiment pas grand chose à y voir ! Pause déjeuner au Saravana Bhavan (Bien, 240 rps à 2), près de George town mais en ce dimanche la plupart des magasins sont fermés. C'est alors que nous testons le métro pour nous rapprocher du Government museum (entrée : 250 rps). Le lieu est très agréable avec de beaux bâtiments du XIXè s dispersés dans un parc mais comme partout les objets exposés, remarquables pour beaucoup, sont bien mal mis en valeur ! A faire donc si on s' intéresse aux sculptures notamment, sachant que l'on a l'occasion d'en voir aussi à Tanjore et Trichy... 18 h 10 : départ de notre train en gare d'Egmore pour Pondichéry. Prix 90 rps par personne en second sitting (nous avons donc pu réserver nos places). Arrivée prévue à 22 h 25 mais nous aurons 15 mns de retard environ. Bien sûr on aurait pu prendre un bus pour rejoindre Pondichéry mais la gare routière à Chennai est excentrée, celle de Pondi aussi donc on a préféré le train, d'autant plus que les deux gares ferroviaires étaient proches de nos hôtels. Sinon il y a aussi une solution intermédiaire, prendre un train entre Chennai et Villupuram (ils sont plus nombreux) et terminer ensuite en bus... Le gros avantage du train pour moi, c'est de pouvoir bouger et généralement on a plus de place que dans le bus.
Installation à Pondy à la villa créole (2072 rps la nuit), très bien située dans la ville blanche. L'accueil y est très sympa, la chambre propre mais petite, comme la salle de bain. Le point négatif sera une fois encore le bruit, celui de nos voisins indiens pas très discrets et celui de la rue avec des chiens qui aboient...désagréments renforcés par l'absence d'insonorisation...
Lundi 25 février : petit déjeuner à l'occidentale sur la petite terrasse couverte de notre guesthouse (thé ou café, toasts et omelette, jus d'orange frais pour 190 rps par personne..tout est plus cher à Pondi surtout quand c'est occidental !). Ensuite, balade à pieds dans Pondichéry , où l'on passe de la ville blanche, tranquille et donc reposante à la ville tamoule, à la circulation dense et bruyante et tous les aspects d'une ville indienne, notamment un chouette marché couvert. Le midi, pause déjeuner au Surguru, où nous goûtons le 1er thali de notre voyage (424 rps pour 2 thalis, l'eau et 2 thés ). En une journée, nous aurons le temps de parcourir toute la ville, de nous arrêter au Bharathi park, de prendre un verre dans un café-boutique branché et en fin d'après-midi de déambuler sur le front de mer fermé à la circulation. Nous avons bien aimé nous balader dans Pondi, qui est vraiment une ville où commencer ou terminer son voyage en Inde car on y trouve des lieux tranquilles où faire une pause agréable, ce qui est rarement le cas ailleurs ! Enfin, chercher les traces de la présence française comme le lycée français par exemple avait du sens pour moi prof d'histoire-géographie !
Le soir, dîner au resto de notre guesthouse : 730 rps à 2, une fortune par rapport à ce que l'on dépensera par la suite ! Mais c'était bon et le cadre est sympa...
Mardi 26 février : Départ matinal vers 7 h 10 en rickshaw (80 rps) jusqu'à la gare routière. Là un peu d'attente , ce qui nous laisse le temps de prendre un petit déjeuner (chai + petits gâteaux) avant d'avoir un bus qui part pour Karaikal à 8 h 15. Nous, on a prévu de s'arrêter à Tranquebar, où on arrivera vers 11 h 45 (100 rps par personne). L'arrêt s'appelle en fait Poraiyar, c'est une intersection avec quelques échoppes et à partir de là on rejoint en 10 mns à pieds à peine le centre de Tranquebar. La ville ou plutôt le village aujourd'hui est un ancien comptoir danois, endormi, ce qui donne l'impression un peu de traverser une ville fantôme. On peut y voir 2 églises, un fort construit en bord de mer, où nous croiserons un groupe d'élèves indiens et d'anciens bâtiments coloniaux comme celui qui abrite aujourd'hui un hôtel de charme, haut de gamme, the bungalow on the beach, où nous serons contents de prendre un verre sur une belle terrasse ombragée. Quelques touristes occidentaux y déjeunent et d'autres profitent de la très belle piscine. Bref, un lieu où il peut être agréable de faire une pause et de passer une nuit si on en a le temps et les moyens (la nuit étant autour de 85 euros il me semble). Vers 14 h 15, nous sommes de retour à l'arrêt de bus, en comptant prendre un bus pour Kumbakonam. En fait, ne voyant jamais le bon bus s'arrêter, nous demandons de nouveau autour de nous et quelqu'un nous dit qu'il n'y a pas de bus direct et qu'il faut changer à Mayladuthurai.... ce que nous allons faire, en enchaînant facilement les 2 bus. Donc nous quittons Tranquebar vers 15 h pour arriver à Kumbakonam vers 17 h 30...Au bout du compte, ce sera la journée où nous avons perdu le plus de temps en transport mais cela nous a donné aussi l'occasion d'emprunter de petites de routes de campagne et de traverser de nombreux villages. Nous trouvons très vite un hôtel en sortant de la gare routière : c'est un bâtiment tout neuf, design...on se risque à se renseigner pour le prix , on nous montre 3 chambres différentes et très vite on nous propose une ristourne par rapport aux prix affichés : ce sera 1800 rps pour une chambre double impeccable avec AC et SDB très fonctionnelle, y compris le petit déjeuner à l'indienne... il est vrai que l'on n'a croisé aucun autre client dans l'hôtel et qu'il doit encore se faire connaître ! C'est donc le Vainaav boutique hotel, qui offre un très bon rapport qualité-prix.
Nous sortons ensuite nous balader en ville, c'est très animé, bruyant et cela semble être une ville en croissance vu le nombre de bâtiments en construction et les boutiques à l'occidentale. On en profite aussi pour découvrir les temples qui se trouvent en ville. Nombreux resto en ville, nous en choisissons un qui propose surtout du poulet... Nous ne croiserons à Kumbakonam qu'un seul touriste occidental !
C'était notre 2ème voyage en Inde, le 1er avait constitué en une boucle de 2 semaines en février 2013 à partir de Mumbai en passant par Aurangabad, Badami, Hampi et Goa, voyage que nous avions réalisé alors avec nos 2 filles ados. Cette fois-çi, nous sommes partis en couple, nos filles étudiantes n'ayant plus qu'une semaine de vacances... ce qu'elles ont bien regretté car ce voyage en Inde leur avait donné envie de revenir...comme à nous d'ailleurs !
Donc, nous avons choisi de nous concentrer sur le Tamil Nadu et de nouveau nous déplacer le plus souvent possible avec les transports en commun. Pour nous, prendre le bus, le train fait partie de voyage et ne se révèle jamais ennuyant tant l'observation de la vie quotidienne est intéressante et source d'échanges avec les Indiens. Ne pouvant partir que 2 semaines, j'avais préparé un programme au jour le jour que nous avons suivi. C'est pour cela que nous avions réservé une partie de nos hôtels à l'avance sur Booking (lorsque je savais que nous allions arriver tard notamment ) et 2 billets de train, notamment le train de nuit entre Rameswaram et Chengalpattu. Pour cela, nous avions dû nous armer de patience pour obtenir un compte sur le site d'IRTC mais cela avait fini par fonctionner ! En fait, cela s'est passé comme la 1ère fois, beaucoup de patience pour demander le visa (et le stress de faire une erreur !), réserver les billets de train depuis la France ...et sur place, tout devient facile, car il y a toujours plusieurs solutions ! Par exemple, là où nous n'avions pas réservé d'hôtel, on a trouvé à chaque fois un hôtel qui nous convenait en 10 minutes et nous avons pu parfois négocier les prix car il n'y avait pas grand monde ! De même, pour se déplacer, en plus du train, il y a toujours des bus qui partent très régulièrement, il suffit d'aller à la gare routière et de faire comprendre à quelqu'un notre destination ! Lorsque nous avons voulu prendre un taxi entre Trichy et Kanadukathan dans le Chettinad, afin de pouvoir faire facilement des arrêts en cours de route, nous avons négocié la veille directement avec un chauffeur dans la rue non loin de notre hôtel et le lendemain tout s'est passé comme convenu !
Nos étapes ont été : Chennai - Pondichéry - Kumbakonam - Tanjore - Trichy - Kanadukathan dans le Chettinad - Madurai - Rameswaram - Malahalapuram
- samedi 23 février : départ matinal de Toulouse à 7 h 15, courte escale à Paris CDG et décollage à 10 h 10 pour un vol direct pour Chennai avec Jet Airways. Nous avions acheté notre billet le 15 septembre et il nous a coûté 459 € (il faut savoir que c'était moins cher en partant de Toulouse que de Paris !) . Nous arrivons à l'heure prévue à Chennai, vers 0 h 15 mais nous allons devoir patienter pendant plus d'une 1 h 30 pour valider notre e-visa. Ensuite, nous changeons un peu d'argent à un taux prohibitif à l'aéroport pour payer un taxi prépaid (550 roupies) qui va nous emmener en moins de 30 minutes à l'hôtel, où nous arrivons finalement vers 2 h 45 du matin. Heureusement le décalage horaire joue en notre faveur ( 4 h 30 en moins en France) ! Installation sans problème à la YMCA International Guest House : 2334 roupies une chambre avec AC, salle de bains et petit déjeuner sous forme de buffet (choix réduit), réservation effectuée avec Booking. C'est un hôtel situé dans une sorte de parc, ce qui rend le lieu agréable, le bâtiment lui-même a un certain charme et surtout il est proche de la gare d'Egmore et donc désormais d'une station de métro. Un regret, une rue importante passe devant et comme les fenêtres n'isolent pas du bruit, c'est assez bruyant...
- Dimanche 24 février : courte journée consacrée à la découverte de Chennai, car nous sommes opérationnels vers 10 h et de retour à l'hôtel vers 17 h pour prendre une douche avant d'aller prendre le train (On n'a même pas eu à demander pour garder notre chambre, le réceptionniste nous l'a proposé de lui-même...). Le fait que nous soyons dimanche a dû faciliter nos déplacements. Nous allons donc prendre le bus, un rickshaw, le métro (neuf, moderne et quasiment vide !) et marcher aussi. On va d'abord se rendre à la plage, Marina beach et c'est ce que nous avons préféré car c'est vraiment sympathique de se promener au milieu des petits commerces qui mènent à la plage et ensuite d'observer les marchands ambulants et les Indiens à la plage...le tout dans une ambiance détendue. Précisons pour ceux qui ne connaissent pas l'Inde, que c'est un paradis pour les photographes car les Indiens adorent être pris en photo et que l'on se promène tranquille, sans être sollicité...ou parfois pour une photo avec nous ! Après la plage, on se rend au Saint George fort : vraiment pas grand chose à y voir ! Pause déjeuner au Saravana Bhavan (Bien, 240 rps à 2), près de George town mais en ce dimanche la plupart des magasins sont fermés. C'est alors que nous testons le métro pour nous rapprocher du Government museum (entrée : 250 rps). Le lieu est très agréable avec de beaux bâtiments du XIXè s dispersés dans un parc mais comme partout les objets exposés, remarquables pour beaucoup, sont bien mal mis en valeur ! A faire donc si on s' intéresse aux sculptures notamment, sachant que l'on a l'occasion d'en voir aussi à Tanjore et Trichy... 18 h 10 : départ de notre train en gare d'Egmore pour Pondichéry. Prix 90 rps par personne en second sitting (nous avons donc pu réserver nos places). Arrivée prévue à 22 h 25 mais nous aurons 15 mns de retard environ. Bien sûr on aurait pu prendre un bus pour rejoindre Pondichéry mais la gare routière à Chennai est excentrée, celle de Pondi aussi donc on a préféré le train, d'autant plus que les deux gares ferroviaires étaient proches de nos hôtels. Sinon il y a aussi une solution intermédiaire, prendre un train entre Chennai et Villupuram (ils sont plus nombreux) et terminer ensuite en bus... Le gros avantage du train pour moi, c'est de pouvoir bouger et généralement on a plus de place que dans le bus.
Installation à Pondy à la villa créole (2072 rps la nuit), très bien située dans la ville blanche. L'accueil y est très sympa, la chambre propre mais petite, comme la salle de bain. Le point négatif sera une fois encore le bruit, celui de nos voisins indiens pas très discrets et celui de la rue avec des chiens qui aboient...désagréments renforcés par l'absence d'insonorisation...
Lundi 25 février : petit déjeuner à l'occidentale sur la petite terrasse couverte de notre guesthouse (thé ou café, toasts et omelette, jus d'orange frais pour 190 rps par personne..tout est plus cher à Pondi surtout quand c'est occidental !). Ensuite, balade à pieds dans Pondichéry , où l'on passe de la ville blanche, tranquille et donc reposante à la ville tamoule, à la circulation dense et bruyante et tous les aspects d'une ville indienne, notamment un chouette marché couvert. Le midi, pause déjeuner au Surguru, où nous goûtons le 1er thali de notre voyage (424 rps pour 2 thalis, l'eau et 2 thés ). En une journée, nous aurons le temps de parcourir toute la ville, de nous arrêter au Bharathi park, de prendre un verre dans un café-boutique branché et en fin d'après-midi de déambuler sur le front de mer fermé à la circulation. Nous avons bien aimé nous balader dans Pondi, qui est vraiment une ville où commencer ou terminer son voyage en Inde car on y trouve des lieux tranquilles où faire une pause agréable, ce qui est rarement le cas ailleurs ! Enfin, chercher les traces de la présence française comme le lycée français par exemple avait du sens pour moi prof d'histoire-géographie !
Le soir, dîner au resto de notre guesthouse : 730 rps à 2, une fortune par rapport à ce que l'on dépensera par la suite ! Mais c'était bon et le cadre est sympa...
Mardi 26 février : Départ matinal vers 7 h 10 en rickshaw (80 rps) jusqu'à la gare routière. Là un peu d'attente , ce qui nous laisse le temps de prendre un petit déjeuner (chai + petits gâteaux) avant d'avoir un bus qui part pour Karaikal à 8 h 15. Nous, on a prévu de s'arrêter à Tranquebar, où on arrivera vers 11 h 45 (100 rps par personne). L'arrêt s'appelle en fait Poraiyar, c'est une intersection avec quelques échoppes et à partir de là on rejoint en 10 mns à pieds à peine le centre de Tranquebar. La ville ou plutôt le village aujourd'hui est un ancien comptoir danois, endormi, ce qui donne l'impression un peu de traverser une ville fantôme. On peut y voir 2 églises, un fort construit en bord de mer, où nous croiserons un groupe d'élèves indiens et d'anciens bâtiments coloniaux comme celui qui abrite aujourd'hui un hôtel de charme, haut de gamme, the bungalow on the beach, où nous serons contents de prendre un verre sur une belle terrasse ombragée. Quelques touristes occidentaux y déjeunent et d'autres profitent de la très belle piscine. Bref, un lieu où il peut être agréable de faire une pause et de passer une nuit si on en a le temps et les moyens (la nuit étant autour de 85 euros il me semble). Vers 14 h 15, nous sommes de retour à l'arrêt de bus, en comptant prendre un bus pour Kumbakonam. En fait, ne voyant jamais le bon bus s'arrêter, nous demandons de nouveau autour de nous et quelqu'un nous dit qu'il n'y a pas de bus direct et qu'il faut changer à Mayladuthurai.... ce que nous allons faire, en enchaînant facilement les 2 bus. Donc nous quittons Tranquebar vers 15 h pour arriver à Kumbakonam vers 17 h 30...Au bout du compte, ce sera la journée où nous avons perdu le plus de temps en transport mais cela nous a donné aussi l'occasion d'emprunter de petites de routes de campagne et de traverser de nombreux villages. Nous trouvons très vite un hôtel en sortant de la gare routière : c'est un bâtiment tout neuf, design...on se risque à se renseigner pour le prix , on nous montre 3 chambres différentes et très vite on nous propose une ristourne par rapport aux prix affichés : ce sera 1800 rps pour une chambre double impeccable avec AC et SDB très fonctionnelle, y compris le petit déjeuner à l'indienne... il est vrai que l'on n'a croisé aucun autre client dans l'hôtel et qu'il doit encore se faire connaître ! C'est donc le Vainaav boutique hotel, qui offre un très bon rapport qualité-prix.
Nous sortons ensuite nous balader en ville, c'est très animé, bruyant et cela semble être une ville en croissance vu le nombre de bâtiments en construction et les boutiques à l'occidentale. On en profite aussi pour découvrir les temples qui se trouvent en ville. Nombreux resto en ville, nous en choisissons un qui propose surtout du poulet... Nous ne croiserons à Kumbakonam qu'un seul touriste occidental !
Bonjour,
Je vous propose un retour de mon voyage d'une semaine dans la Tamil Nadu en juin. Ce voyage a été organisé car mon compagnon était en voyage pro à Chennai à cette période et je l'ai rejoint pour passer une semaine dans la région (bon sinon on aurait choisi une autre période honnêtement).
Oui parce qu'en juin, il fait très chaud, entre 38° et 40°, humide, donc ça peut être assez vite insupportable (même pour moi qui adore la chaleur). On s'en est sorti en faisant les visites le matin et après 16h (d'ailleurs bcp de choses sont fermées entre 12h et 16h) et en profitant des heures les plus chaudes pour rester à la piscine, ou faire une sieste dans la clim :) D'ailleurs, nous avons bien ressenti l'effet basse saison car nous étions toujours les seuls occidentaux dans les hôtels (qui étaient quasi vides tout le temps) et dans les lieux touristiques.
02/06 : décollage à 22h de Paris pour Chennai via New Delhi sur Air India. Beau Dreamliner sur la première partie du voyage puis classique A320 ensuite. Honnêtement, la compagnie fait le job mais la nourriture est vraiment moyenne... Le transfert à New Delhi est un peu chaotique.
03/06 : Atterrissage à Chennai à 15h15 sous 38°C. Nous avions prévu la location d'une voiture avec chauffeur. Après avoir envoyé plein de mail à de nombreux chauffeurs et agences trouvés ici et là, nous avons finalement choisi de voyager avec l'agence Southview. Murali a été très réactif aux différents mails et nous a proposé le prix le plus intéressant. Pour info, tout le monde nous proposait le tarif de 40€/j et nous avons réussi à négocier 30€/j avec Southview car juin est la basse saison (nous avions payer 20€/j en Inde du Nord en 2009). Accueil très sympathique du chauffeur et du manager à l'aéroport. Avant, c'était Murali himself qui se déplaçait pour accueillir ses clients, mais depuis qu'il a eu des soucis de santé ORL il ne peut plus parler. Bref, comme nous avions peu de temps, nous avons zappé Chennai et sommes directement allé à Mahabalipuram (environ 2h de route). Nous avions réservé 2 nuits à l'hotel Welkomhotel Kences Palm Beach. Très bel hôtel (ou resort ?) récemment ouvert avec une grande et belle piscine et une plage privée très propre. Seul inconvénient (qui n'en était pas un pour nous), il est excentré par rapport au centre ville (environ 5min en voiture). Nous avons profité de la soirée pour nous balader dans la ville, sur la plage, puis diner dans le restaurant Sea Shore. Idem que partout, nous étions les seuls touristes, donc négociation +++ du prix des poissons du jour.
04/06 : Lever tranquille, gros petit-déjeuner de ouf dans cet hôtel. Puis Visite le matin (enfin vers 11h) de Ajurna's Penance. très beau site mais sous 40°, c'est dur d'en profiter correctement... Nous avons essayé de monter en haut du phare, mais au vue de la foule et de la chaleur, nous avons finalement renoncé... C'est finalement trempé (oui oui de sueur) que nous finissons la balade dans le grand jardin. Notre chauffeur ayant pitié de nous, nous propose de retourner nous reposer à l'hotel avant de revenir vers 16h. Nous n'avons jamais autant apprécié une piscine de toute notre vie ! L'eau devait être à 30° mais finalement c'est toujours 10° de moins que l'air. Visite ensuite des Fives Rathas et du Shore Temple. Très beaux temples. Diner au restaurant Santana, en face du Sea Shore, très bon également.
05/06 : Route vers Pondichéry avec arrêt à Auroville. Nous avions hésité à faire un stop dans cette ville en raison du peu de temps que nous avions et de ce que nous avions lu sur le Routard (qui conseillait d'y rester plusieurs jours pour vraiment profiter de l'ambiance de cette ville) mais finalement c'était intéressant de s'y arrêter quelques heures. Pour info, le Matrimandir est actuellement fermé pour rénovation.
Ensuite nous nous sommes baladés dans la ville de Pondichéry qui est tout à fait charmante, bien différentes de toutes les villes indiennes, essentiellement à la découverte de la ville blanche et des différentes attractions touristiques. Petit cocktail qui va bien sur le front de mer puis diner dans un restaurant recommandé par le routard (dont je ne me souviens plus du nom) et nuit à l'hôtel Villa Shanti. Très bel hôtel aux chambres spacieuses et confortables. Demandez bien lors de votre réservation à avoir les chambres au 1er ou 2ème étage car les chambres du RDC donnent sur la cours qui est utilisée comme restaurant le soir.


06/06 : Balade dans la partie Tamoul de Pondichéry et notamment du marché. Retour à l'hotel pour la pause du midi aux heures les plus chaudes puis après-midi tranquille à la plage Paradise Beach (pour info le prix est de 200 rs/pers pour le bateau qui emmène à la plage en 20min et 10rs/pers pour l'entrée à la plage). Longue plage de sable très propre et sympathique, attention aux vagues et aux courant cependant. Contrairement à ce qu'il y écrit sur le guide du routard, il y a quelques parasols et des zones d'ombre. Ensuite, pour se détendre de cette dure journée, séance de massage de 1h à 4 mains au Kerala Ayurveda (recommandé par TripAdvisor) pour 1000rs, très relaxant mais probablement pas du tout ayurvedique. Diner au Villa Shanti (très bon) puis dodo.
07/06 : Route vers Thanjavur avec visites en chemin des classiques temples : - temple de Shiva de Chidambaram : très beau temple encore "en activité" où de nombreux pèlerins continuent à venir. Ambiance très sympathique et spirituelle. Bien faire en sorte d'y arriver avant 12h ou après 16h (comme dans bcp de temples au Tamil Nadu) car le sanctuaire central ferme entre ces heures là.
- temples de Gangaikondacholapuram et Konbakonam : très beaux temples également, plus anciens, le temple de Konbakonam est particulièrement beau.
Nuit au Ideal Riverview Resort, à l'écart de Thanjavur. Bel hotel au bord d'une rivière qui était à sec lorsque nous y étions, avec une piscine qui fait plaisirs en fin de journée.
Diner au restaurant Diana, bon mais endroit et ambiance un peu glauque car nous étions les seuls clients. Attention, le restaurant Hi recommandé par le routard n'est pas ouvert hors saison.
08/06 : Visite du temple de Thanjavur (oui encore un temple) le matin, puis du palais du Maharaja. Autant la visite du temple vaut le coup car il est très beau, autant la visite du palais du Maharaja a vraiment peu d'intérêt : le lieu est très moche avec plein de poubelles et d'encombrant un peu partout. Le seul intérêt est la collection de bronze antique (si tant est qu'on est intéressé par les bronzes antiques). Après-midi à la piscine et diner à l'hôtel.
09/06 : Route vers Trichy et visite du grand temple Srirangam qui est très beau et comme celui de Chidambaram, encore en activité avec de nombreux pélerins. Ne pas manquer de manquer sur le toit pour avoir une belle vue sur les gopuram. Visite rapide du templeThiruvanaikaval car on en avait un peu marre de visiter des temples en fait, puis ascension du rock fort pour admirer la vue sur la ville. Diner au banana leaf plutôt bon et nuit à l'hotel Le Temps Fort, nouvel hotel qui a ouvert récemment, très confortable et central.
10/06 : Retour vers Chennai avec un arrêt en cours de route à Kanchipuram pour visiter....... des temples. Bon honnêtement on en avait un peu marre des temples donc on les a un peu torchés, puis mon compagnon a décollé le soir même pour Paris pendant que moi je passais la dernière soirée en Inde à l'hotel Feathers proche de l'aéroport. Dernière baignade dans la belle piscine, hammam puis diner avant le décollage le lendemain matin pour Paris via New Delhi.
Au total, très beau voyage, très dépaysant, même si une semaine c'est court (enfin bon, pas trop le choix dans la date...). La chaleur humide du mois de juin est vraiment très pénible et limite quand même les visites. Essayez d'éviter cette période si possible, même si finalement c'est assez agréable d'être les seuls touristes... Les prix des hotels sont également bcp moins élevés que le reste de l'année. Les temples sont vraiment magnifiques, mais au bout d'une semaine à visiter des temples, on en a marre (sauf à être féru de vieille pierre indienne du 10ème siècle). Je ne sais pas si c'est une impression ou si l'inflation a joué mais j'ai trouvé le Tamil Nadu plus chère que le Rajasthan (en même temps j'y étais en 2009), mais les routes sont en meilleure état, j'ai eu l'impression que c'était plus propre et moins le bordel dans les villes (enfin relativement). Juste une précision concernant Southview, faites vous bien préciser TOUS les déplacements que vous avez prévus jusqu'à la fin. En effet, il nous paraissait logique lorsque je leur avais précisé que je décollais le 11 au matin qu'il fallait que le chauffeur me dépose à l'aéroport, hors visiblement ça n'était pas évident pour eux et j'ai dû bataillé un peu pour que Murali m'offre généreusement la dépose à l'aéroport (situé à 5min de l'hôtel).
Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Antoine
Je vous propose un retour de mon voyage d'une semaine dans la Tamil Nadu en juin. Ce voyage a été organisé car mon compagnon était en voyage pro à Chennai à cette période et je l'ai rejoint pour passer une semaine dans la région (bon sinon on aurait choisi une autre période honnêtement).
Oui parce qu'en juin, il fait très chaud, entre 38° et 40°, humide, donc ça peut être assez vite insupportable (même pour moi qui adore la chaleur). On s'en est sorti en faisant les visites le matin et après 16h (d'ailleurs bcp de choses sont fermées entre 12h et 16h) et en profitant des heures les plus chaudes pour rester à la piscine, ou faire une sieste dans la clim :) D'ailleurs, nous avons bien ressenti l'effet basse saison car nous étions toujours les seuls occidentaux dans les hôtels (qui étaient quasi vides tout le temps) et dans les lieux touristiques.
02/06 : décollage à 22h de Paris pour Chennai via New Delhi sur Air India. Beau Dreamliner sur la première partie du voyage puis classique A320 ensuite. Honnêtement, la compagnie fait le job mais la nourriture est vraiment moyenne... Le transfert à New Delhi est un peu chaotique.
03/06 : Atterrissage à Chennai à 15h15 sous 38°C. Nous avions prévu la location d'une voiture avec chauffeur. Après avoir envoyé plein de mail à de nombreux chauffeurs et agences trouvés ici et là, nous avons finalement choisi de voyager avec l'agence Southview. Murali a été très réactif aux différents mails et nous a proposé le prix le plus intéressant. Pour info, tout le monde nous proposait le tarif de 40€/j et nous avons réussi à négocier 30€/j avec Southview car juin est la basse saison (nous avions payer 20€/j en Inde du Nord en 2009). Accueil très sympathique du chauffeur et du manager à l'aéroport. Avant, c'était Murali himself qui se déplaçait pour accueillir ses clients, mais depuis qu'il a eu des soucis de santé ORL il ne peut plus parler. Bref, comme nous avions peu de temps, nous avons zappé Chennai et sommes directement allé à Mahabalipuram (environ 2h de route). Nous avions réservé 2 nuits à l'hotel Welkomhotel Kences Palm Beach. Très bel hôtel (ou resort ?) récemment ouvert avec une grande et belle piscine et une plage privée très propre. Seul inconvénient (qui n'en était pas un pour nous), il est excentré par rapport au centre ville (environ 5min en voiture). Nous avons profité de la soirée pour nous balader dans la ville, sur la plage, puis diner dans le restaurant Sea Shore. Idem que partout, nous étions les seuls touristes, donc négociation +++ du prix des poissons du jour.
04/06 : Lever tranquille, gros petit-déjeuner de ouf dans cet hôtel. Puis Visite le matin (enfin vers 11h) de Ajurna's Penance. très beau site mais sous 40°, c'est dur d'en profiter correctement... Nous avons essayé de monter en haut du phare, mais au vue de la foule et de la chaleur, nous avons finalement renoncé... C'est finalement trempé (oui oui de sueur) que nous finissons la balade dans le grand jardin. Notre chauffeur ayant pitié de nous, nous propose de retourner nous reposer à l'hotel avant de revenir vers 16h. Nous n'avons jamais autant apprécié une piscine de toute notre vie ! L'eau devait être à 30° mais finalement c'est toujours 10° de moins que l'air. Visite ensuite des Fives Rathas et du Shore Temple. Très beaux temples. Diner au restaurant Santana, en face du Sea Shore, très bon également.

05/06 : Route vers Pondichéry avec arrêt à Auroville. Nous avions hésité à faire un stop dans cette ville en raison du peu de temps que nous avions et de ce que nous avions lu sur le Routard (qui conseillait d'y rester plusieurs jours pour vraiment profiter de l'ambiance de cette ville) mais finalement c'était intéressant de s'y arrêter quelques heures. Pour info, le Matrimandir est actuellement fermé pour rénovation.
Ensuite nous nous sommes baladés dans la ville de Pondichéry qui est tout à fait charmante, bien différentes de toutes les villes indiennes, essentiellement à la découverte de la ville blanche et des différentes attractions touristiques. Petit cocktail qui va bien sur le front de mer puis diner dans un restaurant recommandé par le routard (dont je ne me souviens plus du nom) et nuit à l'hôtel Villa Shanti. Très bel hôtel aux chambres spacieuses et confortables. Demandez bien lors de votre réservation à avoir les chambres au 1er ou 2ème étage car les chambres du RDC donnent sur la cours qui est utilisée comme restaurant le soir.


06/06 : Balade dans la partie Tamoul de Pondichéry et notamment du marché. Retour à l'hotel pour la pause du midi aux heures les plus chaudes puis après-midi tranquille à la plage Paradise Beach (pour info le prix est de 200 rs/pers pour le bateau qui emmène à la plage en 20min et 10rs/pers pour l'entrée à la plage). Longue plage de sable très propre et sympathique, attention aux vagues et aux courant cependant. Contrairement à ce qu'il y écrit sur le guide du routard, il y a quelques parasols et des zones d'ombre. Ensuite, pour se détendre de cette dure journée, séance de massage de 1h à 4 mains au Kerala Ayurveda (recommandé par TripAdvisor) pour 1000rs, très relaxant mais probablement pas du tout ayurvedique. Diner au Villa Shanti (très bon) puis dodo.07/06 : Route vers Thanjavur avec visites en chemin des classiques temples : - temple de Shiva de Chidambaram : très beau temple encore "en activité" où de nombreux pèlerins continuent à venir. Ambiance très sympathique et spirituelle. Bien faire en sorte d'y arriver avant 12h ou après 16h (comme dans bcp de temples au Tamil Nadu) car le sanctuaire central ferme entre ces heures là.
- temples de Gangaikondacholapuram et Konbakonam : très beaux temples également, plus anciens, le temple de Konbakonam est particulièrement beau.
Nuit au Ideal Riverview Resort, à l'écart de Thanjavur. Bel hotel au bord d'une rivière qui était à sec lorsque nous y étions, avec une piscine qui fait plaisirs en fin de journée.
Diner au restaurant Diana, bon mais endroit et ambiance un peu glauque car nous étions les seuls clients. Attention, le restaurant Hi recommandé par le routard n'est pas ouvert hors saison.08/06 : Visite du temple de Thanjavur (oui encore un temple) le matin, puis du palais du Maharaja. Autant la visite du temple vaut le coup car il est très beau, autant la visite du palais du Maharaja a vraiment peu d'intérêt : le lieu est très moche avec plein de poubelles et d'encombrant un peu partout. Le seul intérêt est la collection de bronze antique (si tant est qu'on est intéressé par les bronzes antiques). Après-midi à la piscine et diner à l'hôtel.
09/06 : Route vers Trichy et visite du grand temple Srirangam qui est très beau et comme celui de Chidambaram, encore en activité avec de nombreux pélerins. Ne pas manquer de manquer sur le toit pour avoir une belle vue sur les gopuram. Visite rapide du templeThiruvanaikaval car on en avait un peu marre de visiter des temples en fait, puis ascension du rock fort pour admirer la vue sur la ville. Diner au banana leaf plutôt bon et nuit à l'hotel Le Temps Fort, nouvel hotel qui a ouvert récemment, très confortable et central.
10/06 : Retour vers Chennai avec un arrêt en cours de route à Kanchipuram pour visiter....... des temples. Bon honnêtement on en avait un peu marre des temples donc on les a un peu torchés, puis mon compagnon a décollé le soir même pour Paris pendant que moi je passais la dernière soirée en Inde à l'hotel Feathers proche de l'aéroport. Dernière baignade dans la belle piscine, hammam puis diner avant le décollage le lendemain matin pour Paris via New Delhi.Au total, très beau voyage, très dépaysant, même si une semaine c'est court (enfin bon, pas trop le choix dans la date...). La chaleur humide du mois de juin est vraiment très pénible et limite quand même les visites. Essayez d'éviter cette période si possible, même si finalement c'est assez agréable d'être les seuls touristes... Les prix des hotels sont également bcp moins élevés que le reste de l'année. Les temples sont vraiment magnifiques, mais au bout d'une semaine à visiter des temples, on en a marre (sauf à être féru de vieille pierre indienne du 10ème siècle). Je ne sais pas si c'est une impression ou si l'inflation a joué mais j'ai trouvé le Tamil Nadu plus chère que le Rajasthan (en même temps j'y étais en 2009), mais les routes sont en meilleure état, j'ai eu l'impression que c'était plus propre et moins le bordel dans les villes (enfin relativement). Juste une précision concernant Southview, faites vous bien préciser TOUS les déplacements que vous avez prévus jusqu'à la fin. En effet, il nous paraissait logique lorsque je leur avais précisé que je décollais le 11 au matin qu'il fallait que le chauffeur me dépose à l'aéroport, hors visiblement ça n'était pas évident pour eux et j'ai dû bataillé un peu pour que Murali m'offre généreusement la dépose à l'aéroport (situé à 5min de l'hôtel).
Si vous avez des questions, n'hésitez pas !
Antoine
C'est avec l'aide de VF que j'ai préparé notre séjour au Kerala, lisant tous les carnets de voyages, tous les posts sur le Kerala, cherchant les petites infos ...
J’en profite pour chaleureusement remercier tous les indophiles qui animent cette section du forum.
A mon tour de vous faire part de mon expérience keralaise.
Préparation : Ne partant que 15 jours, je voulais que tout soit un minimum organisé avant notre départ. J'ai préparé un circuit que je voulais cool. Je ne voulais pas passer mes journées en voiture, surtout qu'en Inde, le réseau routier fait que l'on roule assez lentement (40 km/h). C'est pourquoi, j'avais limité le circuit au Kerala seul, excluant le Tamil Nadu qui fera l'objet d'un prochain voyage ... J'ai contacté différentes agences, souvent citées sur VF, pour leur soumettre mon projet et louer une voiture avec chauffeur. J'ai finalement choisi Moksha Tours. L'organisation du voyage a été en tout point conforme à nos attentes. Par contre, j'ai trouvé le niveau d'anglais du chauffeur, M. Joy, assez bas, ce qui a fortement limité nos échanges. Heureusement, nos guides papiers (LP et routard) nous ont aidé à répondre à certaines interrogations.
Le tarif de location d'une Toyota Innova, pour 14 jours, a été de 350 € environ.
Hébergement : Comme à chaque voyage, je me suis aidée de Tripadvisor.
Transport : Vol Paris/Dubaï/Kochi sur EMIRATES. Rien à dire, tout a été parfait, avec en prime un vol en A380 entre Paris et Dubaï. 3 heures de transit à l'aller, 2 heures au retour ... vite occupées à flâner dans le Duty Free (d'ailleurs, je n'ai pas trouvé les prix du duty free de Dubaï très intéressants).
Coût du billet : 650 € / pers.
Circuit : L'idée était de rester 2 nuits minimum dans chaque ville, afin de pouvoir en profiter. Puis de terminer par quelques jours farniente sur la plage. La boucle a été : Kochi - Munnar - Thekkady - Backwaters - Marari Beach Kochi Hôtel : Old Harbour Très bon accueil, chambre très spacieuse, agréable piscine, idéalement situé dans Fort Kochi juste en face des chinese fishing nets
Fort Kochi est très touristique, mais il est très agréable de s'y promener.
Visites : quartier juif et la synagogue Pardesi, dutch palace, basilique Santa Cruz, St Francis Church, musée indo-portugais situé dans les jardins de l'évêché, filets chinois et balade le long de la jetée, sunset cruise (offert par Moksha), spectacle de Kathakali.
Restos sympas : Kashi Art Cafe, Dal Roti, acheter son poisson ou ses gambas à un poissonnier derrière les carrelets chinois et le faire cuisiner dans une échoppe voisine.
Munnar Hôtel : Windermere Estate Situé aux milieux des plantations de thé et de cardamone à quelques kilomètres de Munnar, personnel très serviable et chaleureux, repas délicieux (probablement nos meilleurs diners au Kerala).
Il faut compter 4 heures pour faire Kochi / Munnar. La route est extrêmement sinueuse. J'avoue qu'à la fin, j'en avais marre des virages ...
Visites : nous nous sommes baladés dans les plantations de thé environnantes (attention certaines interdisent l'accès aux randonneurs). Cela nous a permis de partir à la rencontre des cueilleuses de thé, des enfants ... Il est possible de faire des randonnées plus ou moins longues, selon les capacités des uns et des autres.
Les paysages autour de Munnar sont de toute beauté, un camaïeu de vert qui nous enivre. Notre chauffeur souhaitait que l'on fasse un safari 4x4. Mais nous avons préféré la marche. Et malgré la chaleur, nous n'avons pas regretté car c'est là que nous avons fait nos plus belles rencontres ...
Resto sympa : Rapsy Restaurant, dans le bazar.
Thekkady Hôtel : spice villageOn a adoré cet hôtel avec son esprit écolodge et ses charmants bungalows.
Le trajet Munnar / Thekkady est d'environ 3 heures. Les routes sont toujours aussi tortueuses.
Visites : Abraham's spice garden, treck de 3 heures en bordure de la réserve naturelle de Periyar (nous n'avons pas vu beaucoup beaucoup d'animaux mais cette rando est très agréable), spectacle de Kalaripayatt
Massage : Santhigiri Ayurveda
Restos à conseiller : Periyar cafe, Sree Krishna (vers la mosquée)
Backwaters C'est hypra touristique, mais c'est vraiment à faire. Une croisière avec nuit à bord sur les backwaters est un vrai dépaysement, on se laisse porter par la magie des lieux, de la vie qui anime les backwaters ... Nous sommes partis de Kumarakom, avons traversé le lac Vambanad, puis avons navigué sur les grands canaux jusqu'à Allepey où nous avons passé la nuit à bord. Le lendemain, nous sommes partis en canot sur les petits canaux pour être au plus près de la vie des habitants. Certains nous ont invité chez eux ... que du bonheur.
Marari Hôtel : Marari Beach Rien à redire sur l’hôtel, il est parfait (vu le prix, il peut !!)
Farniente sous les cocotiers, lecture (j'ai beau être une inconditionnelle des livres papier, je vais devoir investir dans une liseuse électronique parce que le poids des livres dans la valise ... aïe aïe aïe), balades sur la plage (nous avons eu la joie, deux matins de suite, de voir des dauphins à quelques mètres du bord ... magique), shopping à Allapuzzha, yoga tous les matins.
Epilogue Cette région verdoyante, une des plus riche d'inde, est très belle. Ici, même si la pauvreté existe elle "parait" moins visible et choquante qu'au Rajasthan (nous gardons vraiment un souvenir douloureux de la misère là-bas). Mais attention, elle existe bien. Le Kerala n'est pas une destination "culturelle" par excellence, pas de sadhus, peu de temples (mais énormément d'églises le Kerala étant très catholique !), mais une immersion dans une nature luxuriante et appaisante, une découverte du yoga et de l'ayurveda, et toujours des indiens souriants et accueillants. Nous souhaitions un séjour cool, dépaysant, zen et reposant ... ce fut le cas. Nous n'avons pas été déçus.
J’espère que ces infos pourront vous être utiles.
Bientôt le carnet complets sera visible sur mon site
Bon voyage au Kerala pour ceux qui partent ...
J’en profite pour chaleureusement remercier tous les indophiles qui animent cette section du forum.
A mon tour de vous faire part de mon expérience keralaise.
Préparation : Ne partant que 15 jours, je voulais que tout soit un minimum organisé avant notre départ. J'ai préparé un circuit que je voulais cool. Je ne voulais pas passer mes journées en voiture, surtout qu'en Inde, le réseau routier fait que l'on roule assez lentement (40 km/h). C'est pourquoi, j'avais limité le circuit au Kerala seul, excluant le Tamil Nadu qui fera l'objet d'un prochain voyage ... J'ai contacté différentes agences, souvent citées sur VF, pour leur soumettre mon projet et louer une voiture avec chauffeur. J'ai finalement choisi Moksha Tours. L'organisation du voyage a été en tout point conforme à nos attentes. Par contre, j'ai trouvé le niveau d'anglais du chauffeur, M. Joy, assez bas, ce qui a fortement limité nos échanges. Heureusement, nos guides papiers (LP et routard) nous ont aidé à répondre à certaines interrogations.
Le tarif de location d'une Toyota Innova, pour 14 jours, a été de 350 € environ.
Hébergement : Comme à chaque voyage, je me suis aidée de Tripadvisor.
Transport : Vol Paris/Dubaï/Kochi sur EMIRATES. Rien à dire, tout a été parfait, avec en prime un vol en A380 entre Paris et Dubaï. 3 heures de transit à l'aller, 2 heures au retour ... vite occupées à flâner dans le Duty Free (d'ailleurs, je n'ai pas trouvé les prix du duty free de Dubaï très intéressants).
Coût du billet : 650 € / pers.
Circuit : L'idée était de rester 2 nuits minimum dans chaque ville, afin de pouvoir en profiter. Puis de terminer par quelques jours farniente sur la plage. La boucle a été : Kochi - Munnar - Thekkady - Backwaters - Marari Beach Kochi Hôtel : Old Harbour Très bon accueil, chambre très spacieuse, agréable piscine, idéalement situé dans Fort Kochi juste en face des chinese fishing nets
Fort Kochi est très touristique, mais il est très agréable de s'y promener.
Visites : quartier juif et la synagogue Pardesi, dutch palace, basilique Santa Cruz, St Francis Church, musée indo-portugais situé dans les jardins de l'évêché, filets chinois et balade le long de la jetée, sunset cruise (offert par Moksha), spectacle de Kathakali.
Restos sympas : Kashi Art Cafe, Dal Roti, acheter son poisson ou ses gambas à un poissonnier derrière les carrelets chinois et le faire cuisiner dans une échoppe voisine.
Munnar Hôtel : Windermere Estate Situé aux milieux des plantations de thé et de cardamone à quelques kilomètres de Munnar, personnel très serviable et chaleureux, repas délicieux (probablement nos meilleurs diners au Kerala).
Il faut compter 4 heures pour faire Kochi / Munnar. La route est extrêmement sinueuse. J'avoue qu'à la fin, j'en avais marre des virages ...
Visites : nous nous sommes baladés dans les plantations de thé environnantes (attention certaines interdisent l'accès aux randonneurs). Cela nous a permis de partir à la rencontre des cueilleuses de thé, des enfants ... Il est possible de faire des randonnées plus ou moins longues, selon les capacités des uns et des autres.
Les paysages autour de Munnar sont de toute beauté, un camaïeu de vert qui nous enivre. Notre chauffeur souhaitait que l'on fasse un safari 4x4. Mais nous avons préféré la marche. Et malgré la chaleur, nous n'avons pas regretté car c'est là que nous avons fait nos plus belles rencontres ...
Resto sympa : Rapsy Restaurant, dans le bazar.
Thekkady Hôtel : spice villageOn a adoré cet hôtel avec son esprit écolodge et ses charmants bungalows.
Le trajet Munnar / Thekkady est d'environ 3 heures. Les routes sont toujours aussi tortueuses.
Visites : Abraham's spice garden, treck de 3 heures en bordure de la réserve naturelle de Periyar (nous n'avons pas vu beaucoup beaucoup d'animaux mais cette rando est très agréable), spectacle de Kalaripayatt
Massage : Santhigiri Ayurveda
Restos à conseiller : Periyar cafe, Sree Krishna (vers la mosquée)
Backwaters C'est hypra touristique, mais c'est vraiment à faire. Une croisière avec nuit à bord sur les backwaters est un vrai dépaysement, on se laisse porter par la magie des lieux, de la vie qui anime les backwaters ... Nous sommes partis de Kumarakom, avons traversé le lac Vambanad, puis avons navigué sur les grands canaux jusqu'à Allepey où nous avons passé la nuit à bord. Le lendemain, nous sommes partis en canot sur les petits canaux pour être au plus près de la vie des habitants. Certains nous ont invité chez eux ... que du bonheur.
Marari Hôtel : Marari Beach Rien à redire sur l’hôtel, il est parfait (vu le prix, il peut !!)
Farniente sous les cocotiers, lecture (j'ai beau être une inconditionnelle des livres papier, je vais devoir investir dans une liseuse électronique parce que le poids des livres dans la valise ... aïe aïe aïe), balades sur la plage (nous avons eu la joie, deux matins de suite, de voir des dauphins à quelques mètres du bord ... magique), shopping à Allapuzzha, yoga tous les matins.
Epilogue Cette région verdoyante, une des plus riche d'inde, est très belle. Ici, même si la pauvreté existe elle "parait" moins visible et choquante qu'au Rajasthan (nous gardons vraiment un souvenir douloureux de la misère là-bas). Mais attention, elle existe bien. Le Kerala n'est pas une destination "culturelle" par excellence, pas de sadhus, peu de temples (mais énormément d'églises le Kerala étant très catholique !), mais une immersion dans une nature luxuriante et appaisante, une découverte du yoga et de l'ayurveda, et toujours des indiens souriants et accueillants. Nous souhaitions un séjour cool, dépaysant, zen et reposant ... ce fut le cas. Nous n'avons pas été déçus.
J’espère que ces infos pourront vous être utiles.
Bientôt le carnet complets sera visible sur mon site
Bon voyage au Kerala pour ceux qui partent ...
22 mars 2013 - Nous voici à Goa pour une petite semaine, après un tour au Rajasthan en voiture avec chauffeur. Très relaxant, après 2 semaines magnifiques mais tout de même fatiguantes de visites au Rajasthan.
Ce petit récit de voyage en couple (56-52 ans) pour aider et donner envie à ceux que ça tente.
Itinéraire
J1-J2 : Maison -> Jaisalmer
· Genève->Delhi via Finnair (650€/pers A/R, yc assurances annulation)
· Delhi -> Jodhpur via Air India (60€/pers.)
· Jodhpur -> Jasailmer en voiture, Mannu notre chauffeur nous attendait à 12h à Jodhpur
J3 : Jaisalmer + nuit dans le désert
· Visite du fort, des très beaux temples Jaïns, de la ville
· Coucher de soleil sur les dunes à dos de chameau, spectacle musique-danse, dodo dans le désert à la belle étoile (juste à côté des tentes, pour ceux qui préféraient)
J4 : Jodhpur
· Visite du fort et du palais, impressionnants par leur puissance et leur finesse, révélateurs d’une histoire chargée en conflits et luttes pour le pouvoir tout en cultivant l’art de vivre et le raffinement
· Très courte ballade dans la ville autour de la Clock Tower, avec dégustation d’omelettes étonnamment délicieuses et hors du commun (nous qui pensions en avoir fait le tour …)
J5 : Ranakpur
· Très beau temple avec ses 1441 colonnes
· Halte appréciée dans le Hill Ressort, seul hotel réservé à l’avance sur le trajet (2000 INR, mais top hotel), pour une halte « piscine et cartes postales »
· Ballade de 10mn au sunset pour aller voir le petit lac aux crocodiles et le défilé des troupeaux de buffles et de chèvres qui rentrent au bercail
J6-J7 : Klumbagarh-Udaipur
· Route superbe, légèrement montagneuse, verte, agricole, petits villages, puits à l’ancienne
· Très beau fort de Klumbagarh, avec ses forteresses de 36 kms de long !!! Petite grimpette pour une vue éblouissante sur la région. Quelques temples jains en prime dans la forteresse.
· Arrivée à Udaipur, qui s’étale dans un cadre magnifique : 2 lacs successifs entourés de montagnes
· Le Lake Palace, hotel de Luxe au milieu du lac Pichola : magnifique
· Le palais d’Udaipur abrite la plus vieille dynastie au monde (1500 ans). C’est une merveille (vue de l’extérieur et à l’intérieur)
· Temples, visite de la ville, bruyante mais agréable (côté touristes et côté moins touristes), breakfast-lunch-dinner en terrasse avec vue sur le lac et Lake Palace
· Resto chéro mais excellent et super bien situé : Ambrai Restaurant (ancien chef cuisinier du Maharadja)
J8-J9 : Chittaurgarh-Bundi
· Arrêt au fort de Chittaurgarh qui possède de très beaux vestiges et qui donne l’idée de la puissance passée de ce lieu, situé sur un plateau de 4,5 Km², avec sa tour de la victoire de 9 étages, ses temples, ses palais
· Arrivée à Bundi, ville reposante, possédant le charme de l’accueil en douceur, proche des locaux.
· Les deux femmes de notre Guest House acceptent gentiment de nous montrer comment elles préparent les plats que nous commandons : Massala Tea, Chapatti, Nam, mode de cuisson et choix des épices pour les différents plats.
· Palais intéressant, fort pas terrible hormis la vue sur la région.
J10 : Puskhar
· Unique en son genre, ville de pélérinage et baba cool. Relaxante, rue « piétonne » (presque) avec ses boutiques à touristes habituelles. Son lac avec le rituel des abblutions matinales (et un peu en soirée aussi).
J11-J12 : Jaipur
· La capitale du Rajasthan nous ramène dans le bruit de la ville, mais elle possède pas mal de monuments à visiter et reste incontournable. Par contre, les bazards en bordure de grandes artères, pas terrible et plutôt fatiguant.
· Le Palais du Maharadjas, Le Palais des Vents, le Albert Hall Museum, un film indien dans la plus grande salle de cinéma du pays (ambiance garantie dans la salle lors du baiser discret entre deux amoureux), …
· Le fort d’Amber et son palais sont superbes. La découverte du site à la sortie d’un tournant couple le souffle. Temples et autres forts à côté d’Amber. Le Monkey Temple vaut le coup car le site est beau et voir les singes nager et sauter dans l’eau vaut le coup d’œil. Les cénotaphes des maharadjas successifs en bas de la colline sont à voir également.
J13 : Barathpur
· Très beau parc orthonologique à vélo. Ca change un peu et ça nous rapproche de Fatehpur (1h) et d’Agra (+30mn). Dommage qu’ils aient doublé le prix de l’entrée du parc (400 INR / Pers !).
J14 : Fatehpur Silkri -Agra
· Fatehpur. On sent qu’on se rapproche de la ville et d’Agra. Touristes sans cesse sollicités par guides et gamins. Ceci dit, la Mosquée et le Palais d’Akbar et ses descendants tranchent sur le reste (couleur et architecture différentes)
· Agra : Le fort est du même style que celui de Fatehpur. Le Baby Taj Mahal est très beau, mais vaut mieux le voir avant le Taj Mahal
· Coucher de soleil en terrasse avec vue sur le Taj
· Lever à 6h du mat, pour entrée dans le Taj à 6h30. Magique, merveilleux, avec la couleur du soleil levant
J15-J19 : Goa (Morjim beach)
· Nous sommes plutôt en fin de saison touristique. Conséquence, Goa est paisible et nous ne percevons pas le côté « boum-boum » avec ldes troupeaux de russes ennivrés.
· C’est donc sur le rythme : plage, baignades, shopping, massages, scooter, poissons grillés, … que nous nous prélassons dans cette région qui est belle, car le peu d’arrière pays que nous avons pu apercevoir est verdoyant, baigné dans les eaux et parsemé de collines.
· Seul conseil : achetez une prise anti moustique dès le 1er soir, sinon la nuit risque d’être pénible.
J20-J21 : Delhi
· On verra après Goa …. même pas pressés
J22 / Delhi->Maison
Ce que nous avons particulièrement aimé
La variété et la diversité des monuments (forts, palais, temples) à visiter en si peu de temps. Chaque jour, au moins une merveille à découvrir La spécificité de chaque ville : atmosphère, environnement, spécialités, ….
La gentillesse générale des indiens
La cuisine avec toutes ses saveurs à découvrir, avec l’envie de mettre en application à notre retour.
La gentillesse et le côté fun de notre chauffeur (cf. ci-après)
La location voiture avec chauffeur
Nous sommes ravis de notre choix. Nos critères initiaux étaient les suivants :
· trouver un chauffeur indépendant et traiter directement avec lui (éliminer les intermédiaires inutiles et coûteux)
· payer un prix « normal » : autour de 35€
· le plus difficile via mail et internet : détecter un chauffeur sérieux et sympa (important car la durée des trajets est assez longue).
Notre chauffaur a répondu à tous ces critères au-delà de nos espérances.
Les hôtels
On trouve des hotels à tous les prix : de 300 INR à 5000 INR et plus
En ce qui nous concerne, nous avons oscillé de 600 à 2000 INR, avec une moyenne de 1000 INR (14€).
Il faut négocier à chaque fois, mais compte tenu que nous n’étions pas en haute saison, ça n’était pas trop difficile. Ceci dit, nous n’avons pas non plus cherché à négocier à chaque fois au plus bas prix. Un jeune couple que nous avons croisé qui avait un budget serré, négociant dur à chaque fois, tournait à 500 INR en moyenne par nuit (7€).
Ce petit récit de voyage en couple (56-52 ans) pour aider et donner envie à ceux que ça tente.
Itinéraire
J1-J2 : Maison -> Jaisalmer
· Genève->Delhi via Finnair (650€/pers A/R, yc assurances annulation)
· Delhi -> Jodhpur via Air India (60€/pers.)
· Jodhpur -> Jasailmer en voiture, Mannu notre chauffeur nous attendait à 12h à Jodhpur
J3 : Jaisalmer + nuit dans le désert
· Visite du fort, des très beaux temples Jaïns, de la ville
· Coucher de soleil sur les dunes à dos de chameau, spectacle musique-danse, dodo dans le désert à la belle étoile (juste à côté des tentes, pour ceux qui préféraient)
J4 : Jodhpur
· Visite du fort et du palais, impressionnants par leur puissance et leur finesse, révélateurs d’une histoire chargée en conflits et luttes pour le pouvoir tout en cultivant l’art de vivre et le raffinement
· Très courte ballade dans la ville autour de la Clock Tower, avec dégustation d’omelettes étonnamment délicieuses et hors du commun (nous qui pensions en avoir fait le tour …)
J5 : Ranakpur
· Très beau temple avec ses 1441 colonnes
· Halte appréciée dans le Hill Ressort, seul hotel réservé à l’avance sur le trajet (2000 INR, mais top hotel), pour une halte « piscine et cartes postales »
· Ballade de 10mn au sunset pour aller voir le petit lac aux crocodiles et le défilé des troupeaux de buffles et de chèvres qui rentrent au bercail
J6-J7 : Klumbagarh-Udaipur
· Route superbe, légèrement montagneuse, verte, agricole, petits villages, puits à l’ancienne
· Très beau fort de Klumbagarh, avec ses forteresses de 36 kms de long !!! Petite grimpette pour une vue éblouissante sur la région. Quelques temples jains en prime dans la forteresse.
· Arrivée à Udaipur, qui s’étale dans un cadre magnifique : 2 lacs successifs entourés de montagnes
· Le Lake Palace, hotel de Luxe au milieu du lac Pichola : magnifique
· Le palais d’Udaipur abrite la plus vieille dynastie au monde (1500 ans). C’est une merveille (vue de l’extérieur et à l’intérieur)
· Temples, visite de la ville, bruyante mais agréable (côté touristes et côté moins touristes), breakfast-lunch-dinner en terrasse avec vue sur le lac et Lake Palace
· Resto chéro mais excellent et super bien situé : Ambrai Restaurant (ancien chef cuisinier du Maharadja)
J8-J9 : Chittaurgarh-Bundi
· Arrêt au fort de Chittaurgarh qui possède de très beaux vestiges et qui donne l’idée de la puissance passée de ce lieu, situé sur un plateau de 4,5 Km², avec sa tour de la victoire de 9 étages, ses temples, ses palais
· Arrivée à Bundi, ville reposante, possédant le charme de l’accueil en douceur, proche des locaux.
· Les deux femmes de notre Guest House acceptent gentiment de nous montrer comment elles préparent les plats que nous commandons : Massala Tea, Chapatti, Nam, mode de cuisson et choix des épices pour les différents plats.
· Palais intéressant, fort pas terrible hormis la vue sur la région.
J10 : Puskhar
· Unique en son genre, ville de pélérinage et baba cool. Relaxante, rue « piétonne » (presque) avec ses boutiques à touristes habituelles. Son lac avec le rituel des abblutions matinales (et un peu en soirée aussi).
J11-J12 : Jaipur
· La capitale du Rajasthan nous ramène dans le bruit de la ville, mais elle possède pas mal de monuments à visiter et reste incontournable. Par contre, les bazards en bordure de grandes artères, pas terrible et plutôt fatiguant.
· Le Palais du Maharadjas, Le Palais des Vents, le Albert Hall Museum, un film indien dans la plus grande salle de cinéma du pays (ambiance garantie dans la salle lors du baiser discret entre deux amoureux), …
· Le fort d’Amber et son palais sont superbes. La découverte du site à la sortie d’un tournant couple le souffle. Temples et autres forts à côté d’Amber. Le Monkey Temple vaut le coup car le site est beau et voir les singes nager et sauter dans l’eau vaut le coup d’œil. Les cénotaphes des maharadjas successifs en bas de la colline sont à voir également.
J13 : Barathpur
· Très beau parc orthonologique à vélo. Ca change un peu et ça nous rapproche de Fatehpur (1h) et d’Agra (+30mn). Dommage qu’ils aient doublé le prix de l’entrée du parc (400 INR / Pers !).
J14 : Fatehpur Silkri -Agra
· Fatehpur. On sent qu’on se rapproche de la ville et d’Agra. Touristes sans cesse sollicités par guides et gamins. Ceci dit, la Mosquée et le Palais d’Akbar et ses descendants tranchent sur le reste (couleur et architecture différentes)
· Agra : Le fort est du même style que celui de Fatehpur. Le Baby Taj Mahal est très beau, mais vaut mieux le voir avant le Taj Mahal
· Coucher de soleil en terrasse avec vue sur le Taj
· Lever à 6h du mat, pour entrée dans le Taj à 6h30. Magique, merveilleux, avec la couleur du soleil levant
J15-J19 : Goa (Morjim beach)
· Nous sommes plutôt en fin de saison touristique. Conséquence, Goa est paisible et nous ne percevons pas le côté « boum-boum » avec ldes troupeaux de russes ennivrés.
· C’est donc sur le rythme : plage, baignades, shopping, massages, scooter, poissons grillés, … que nous nous prélassons dans cette région qui est belle, car le peu d’arrière pays que nous avons pu apercevoir est verdoyant, baigné dans les eaux et parsemé de collines.
· Seul conseil : achetez une prise anti moustique dès le 1er soir, sinon la nuit risque d’être pénible.
J20-J21 : Delhi
· On verra après Goa …. même pas pressés
J22 / Delhi->Maison
Ce que nous avons particulièrement aimé
La variété et la diversité des monuments (forts, palais, temples) à visiter en si peu de temps. Chaque jour, au moins une merveille à découvrir La spécificité de chaque ville : atmosphère, environnement, spécialités, ….
La gentillesse générale des indiens
La cuisine avec toutes ses saveurs à découvrir, avec l’envie de mettre en application à notre retour.
La gentillesse et le côté fun de notre chauffeur (cf. ci-après)
La location voiture avec chauffeur
Nous sommes ravis de notre choix. Nos critères initiaux étaient les suivants :
· trouver un chauffeur indépendant et traiter directement avec lui (éliminer les intermédiaires inutiles et coûteux)
· payer un prix « normal » : autour de 35€
· le plus difficile via mail et internet : détecter un chauffeur sérieux et sympa (important car la durée des trajets est assez longue).
Notre chauffaur a répondu à tous ces critères au-delà de nos espérances.
Les hôtels
On trouve des hotels à tous les prix : de 300 INR à 5000 INR et plus
En ce qui nous concerne, nous avons oscillé de 600 à 2000 INR, avec une moyenne de 1000 INR (14€).
Il faut négocier à chaque fois, mais compte tenu que nous n’étions pas en haute saison, ça n’était pas trop difficile. Ceci dit, nous n’avons pas non plus cherché à négocier à chaque fois au plus bas prix. Un jeune couple que nous avons croisé qui avait un budget serré, négociant dur à chaque fois, tournait à 500 INR en moyenne par nuit (7€).
17 Décembre 2010
Ça y est, c’est le grand jour, nos amis viennent nous chercher et nous emmener à la gare, ils sont aussi anxieux que nous (ils aimeraient être à notre place). On discute, on charge les bagages et on y va. Ils nous quittent sur le quai avec de grands au revoir à la hindi. Le train démarre et c’est parti. En cour de route 1ere annonce le train prendra du retard, les intempéries. C’est pas grave, on a prévu 3 heures entre le train et l’avion. Gare de Lyon, rer, Roissy, pas de problème, 2 heures d’attente, enregistrement, on discute avec des french qui vont sur Varanasi et on embarque. Nouvelle annonce, 2 heures d’attente, ils doivent dégivrer les ailes de l’avion pour décoller. Petit problème, nous avons 3 heures de transit à New Delhi avant d’atterrir à Mumbay.
18 Décembre 2010
Nous arrivons à Dhelhi avec plus de 2 heures de retard, il n’y a pas de réel transit, nous devons récupérer nos bagages et nous réenregistrer pour Mumbay. Douanes, bagages, comptoir Air India, notre avion est parti, il nous faut en prendre un autre, la galère commence, welcome in india. Après différents comptoirs, après différentes directions, après différentes négociations, nous finissons par rencontrer un jeune homme à qui nous réexpliquons notre problème, 5 minutes après nous avions nos cartes d’embarquement pour le prochain vol , comme quoi !!! Malheureusement nous arrivons vers 19 heures , alors qu’ont devait y être vers 15 heures pour profiter de Mumbay. Prepaid taxi, course folle à travers la ville pour rejoindre notre hôtel prés de Victoria Station, après ces 2 jours de transports nous pouvons enfin nous reposer, mais la chaleur et le bruit de la ville nous tiennent éveillés.

19 Décembre 2010
Réveil à 7 heures, nous devons reprendre un autre avion pour Kochi. Après un breakfast local, nous voilà reparti vers le domestic airport , c’est dimanche, les rues sont moins surpeuplées que la veille. Vers 13 heures nous arrivons à Kochi, notre chauffeur (Senthil) nous attend et nous partons directement sur Alleppey. Nous sommes enfin arrivés à destination , l’accueil est à la mesure de la guesthouse, chaleureux et souriant , le feeling passe bien. Après s’être installé, nous dégustons un excellent Byriani et partons assister au coucher de soleil sur la plage. J’allume une cigarette et l’on me conseille de faire attention , il est interdis de fumer en public en inde, que ce soit dans les lieux publics ou dans la rue. L’équipe de la Guesthouse nous invite à la fête de la ville de fin d’année qui commence le soir même. Dans le centre ville, des milliers de personnes de partout, des couleurs, des lumières, des pétards, des feux d’artifices, des klaxons et j’en passe. Après avoir essayé de remonter une rue principale, nous voila devant une grande scène avec un festival de chant et de danse avec des costumes et des couleurs lumineuses. Le plus de ce spectacle, chaque personne qui en avait envie donnait sa musique au régisseur et présentait son spectacle. Un peu fatigués, nous rentrons à la Guesthouse, un bon petit diner, une bonne petite bière locale et vers la fin du repas, l’équipe de la Guest avec qui le feeling passait bien, s’est mis à chanter et danser pour finir la soirée.
  
20 Décembre 2010
Nous nous levons tard, il fait déjà chaud (30°) et ce sont les corbeaux et les klaxons qui nous y obligent. Après un petit déj local, nous décidons d’aller visiter Fort Cochin. Tiens nous sommes dans une zone touristique , promenade sur les bords du lac (Vembanad), visite d’une église, visite d’une autre église, d’une Synagogue, d’un musée d’architecture, un petit Lassi ananas et nous repartons. Nous n’avons pas été transcendé par l’endroit. Sur la route du retour, nous nous arrêtons à Marari beach, juste avant le coucher de soleil, là oui, magnifique plage sous les cocotiers, quelques bateaux de pécheurs, des hommes reprisant leurs filets et ce soleil si rouge qui s’éloigne au loin, nous restons jusqu’à la nuit tombée, assis sur le sable , un ange passe. Arrivée à la guesthouse , un diner nous attends, puis une partie de pions (jeux national) boucle notre journée. La fatigue et la chaleur nous empêche de dormir, il est tard.
  
21 Décembre 2010
Une bonne douche, un bon petit déj et nous sommes prêts pour des courses. En marchant le long de la berge du canal un temple Jaïn nous interpelle. Il est petit mais avec un certain caractère. Une personne au loin nous propose de rentrer, nous retirons nos tongs et nous voilà dans le temple. Un Hindou nous accompagne et nous explique l’historique du lieu et la religion, notre cerveau occidental a du mal à tout comprendre mais bon. Un Jaïn vêtu de blanc , son tissus sur la bouche et le nez , prie devant l’autel dans un silence « évangélique ». Arrivés dans le centre, nous nous achetons quelques médications ayurvédique et nous entrons dans un magasin, j’ai besoin de 2 Kurta pour le voyage. De charmantes demoiselles nous accueillent dont une qui nous conseillera tout au long de nos achats. Les Kurta sont trop longues, aussi bien au niveau des manches, que de la longueur, qu’à cela ne tienne, 30 minutes plus tard, je les avais sur mesure. Nous repartons vers la guesthouse avec un touc touc (ferrari) . C’est l’heure de prendre le gouvernement boat sur les bachwaters. 20 minutes après nous étions sur le bateau avec les écoliers et les travailleurs qui rentraient chez eux. Les canaux sont tout simplement magnifiques, cocotiers, rizières, maisons multicolores etc… Senthil nous invite pour partager un bon gouter à la kéralaise dans sa famille. Les enfants sont beaux et ils sont rois. Nous sommes encore invités dans une autre famille dont le fils scientifique nous fait profiter de sa passion pour le monde sous marin, il donne des conférences sur la protection de la mer. En rentrant à la guesthouse nous rencontrons un français avec qui nous passerons la fin de la soirée.  
22 Décembre 2010
Après des au revoir et des pincements au cœur, nous partons pour Périyar. Le Kérala foisonne de végétation tropicale. Notre chauffeur Senthil est vraiment sympa, nous rigolons bien dans la voiture, tout en écoutant de la musique Bollywood ou occidentale, il y a même un écran à l’arrière pour notre fils quand les trajets sont un peu long. 4 heures après , nous nous installons dans la guesthouse de périyar, la propriétaire est d’une gentillesse. Nous allons visiter des plantations de café, cacao, cardamome, clou de girofle, ananas, gingembre et j’en passe. Nous rentrons au village, achetons quelques épices, réservons un spectacle de Katakali et un massage ayurvédique. En attendant nous prenons un bon thé massala tout en admirant certaines architectures, mais surtout la vie et les couleurs toujours en mouvement. Dans la salle un danseur fini de se maquiller et de s’habiller devant nous. Puis avant le spectacle, un danseur apparait tout en costume et maquillage. Une explication de la musique, de la gestuelle du corps entier et du scénario nous est donnée. La musique, très lancinante, et les mimiques des yeux des danseurs étaient impressionnantes. A la sortie nous sommes allez directement au massage. La file d’attente était assez importante, mais grâce à la réservation, 5 minutes après, le massage commençait. J’ai emmené mon fils avec moi. D’abord déshabillage, je garde mon slip, le masseur m’attache une cordelette autour de la taille, avec une espèce de cache sexe pire qu’un string, j’enlève mon slip, hum!! Je m’assoie sur le bord du banc de massage, d’un bois éclatant et le massage commence. La tête d’abord, les cheveux, la nuque, le visage, une huile spéciale pour les cheveux. Le massage est très énergique. Puis je m’allonge sur le dos, le masseur me dépose bien un demi litre d’huile sur le corps et le massage recommence, tout cela à des rythmes différents mais avec une certaines énergie. Je suis obligé de faire attention à mon sexe qui passe de droite à gauche du « string ». Mon fils me regarde en rigolant dans son coin. Après sur le ventre et dans le même esprit. A la fin du massage on me fait rentrer dans un sauna portatif où seule ma tête dépasse. Je suis tellement enduit d’huile que je glisse sans arrêt. Séchage à la serviette et recommandation de prendre une douche dans une heure. Le masseur était un vrai « pro », mais pas une seconde je n’ai pu me détendre. Nous sommes repartis à pied vers notre guesthouse, en chemin nous nous sommes arrêtés dans un resto repaire de la jeunesse dorée hindou. Le changement est radical, tout leur est dû, c’est flagrant.
 
23 Décembre 2010
Au revoir à cette très gentille famille qui nous a si bien reçu, avec leurs belles chambres avec balcon donnant sur la forêt (tropicale). Une halte dans une réserve d’éléphants, petit tour pour notre fils et en route pour Munnar, route jonchée d’eucaliptus, de champs de thé, de cocotiers resplendissant au matin. Arrivée sur Munnar, petit problème, Senthil avait réservé 1 mois auparavant, mais hier soir le propriétaire avait sensiblement augmenté le tarif de la chambre, peak season oblige, même après négociation. Notre driver en connaissait une autre, nous nous sommes retrouvés au beau milieu des champs de thé, sur les hauteurs de Munnar, avec notre chambre avec un grand balcon donnant sur la vallée, un ange passe. L’Après midi étant entamée, une simple visite des alentours au milieu des milliers d’arbres à thé taillés en bonzaï pour être à la portée des cueilleuses, resplendissant d’un vert franc sur ces vallons pentus, nous sommes régénérés pour la soirée. En rentrant nous avons bifurqué par un petit village d’ouvriers du thé, tout appartient à la famille TATA, une des familles les plus puissantes d’Inde. Bien sur les sourires et les bonjours se sont démultipliés. Comme nous avons un enfant avec nous beaucoup de « portes s’ouvrent ». Nous rentrons à la guesthouse, sur la terrasse où nous savourons un thé massala devant le coucher de soleil sur les théiers. Plus tard nous retrouverons à coté d’une grosse famille d’hollandais, l’échange ne passe pas, pas grave.
 
24 Décembre 2010
Nous décidons d’aller visiter la plus haute manufacture de thé de Munnar, la seule en bio du coin d’ailleurs. Mais il faut gravir la montagne en Jeep (1000 mètres de dénivelés), l’aventure commence, nous voila parti au milieu des champs pentus sur une piste totalement chaotique, en nous demandant si nos vertèbres allaient assumer le trajet. Heureusement en arrivant la haut, jonction entre le Kerala et le Tamil nadou, la vue sur les 2 horizons était saisissante. Visite de la manufacture, un petit thé noir et nous redescendons, mais cette fois ci sans moteur, rien qu’avec les freins. Après ce périple, Senthil nous emmène déjeuner à Munnar dans un resto chic et clean, nous n’avons pas apprécié, de plus jusqu’à présent, nous ne déjeunions pas l’après midi, alors nous avons décidé de continuer ce « régime ». Après quelques coûts de téléphone en France, 24 Décembre oblige, nous sommes rentrés à la guesthouse. Sur la terrasse, de nouveaux arrivants, des Français. Plus tard, après avoir fait plus ample connaissance, nous avons fini par souper ensemble autour d’une bonne bouteille de vin (que j’avais acheté dans un magasin d’état quelques jours auparavant) et nous avons trinqués les hindous et nous à noël. Les feux d’artifice et les pétards illuminaient la vallée.
 
25 Décembre 2010
Aujourd’hui, nous partons pour Ooty, une douche, un breakfast, l’addition et au revoir à tout le monde. La route est superbe, mais longue, trop longue. Il faut considérer qu’en moyenne, depuis le début de notre voyage, l’ont peut arriver à faire 30 km par heure maximum, dans le meilleur des cas. Après 6 heures nous nous arrêtons à Mettupalayam, nous n’irons pas à Ooty. L’hôtel est vaste , la chambre aussi, le prix convenable. Petit repos et promenade dans la ville. Les rues sont bondées, toujours aussi bruyantes. Le resto de l’hôtel est populaire, comme ont les aime. Les enfants d’une table à coté viennent nous poser les questions habituelles, l’ambiance est à la bonne humeur, tant mieux.
26 Décembre 2010
En sortant de l’hôtel, une star de Bollywood arrive avec tout un harem derrière lui. Nous nous saluons et nous voilà reparti. (Senthil m’explique d’abord que c’est une star puis me raconte qu’il fait aussi de la politique en vue des prochaines élections). Nous prenons la route pour Mysore. A un moment, j’aperçois une vieille dame allongée au bord de la route à même la terre, je crois qu’elle est morte, je demande à Senthil de s’arrêter, je sors et je m’agenouille prés d’elle. Je lui parle, la touche, elle tourne tout à coup la tête, me regarde, me parle, elle est dans un sale état, empoussiérée jusqu’au bout des ongles, mais vivante. Elle s’assoie, sort une bouteille, bois un coup, je suis rassuré, je lui donne quelques dizaine de roupies et nous repartons. Nous traversons la montagne, des cultures de riz, des cocotiers, des bois de Santhal, des vaches qui bloquent la route, puis des singes, des paysans balançant leurs épis sur la route afin que les véhicules les broient, nous entrons dans le Karnataka. Le paysage change assez radicalement, la sécheresse apparait, fini la luxuriance du Kérala. Arrivée à Mysore. 1er hôtel, bondé, trop cher et chambres trop petite. 2 ème, une seule chambre, crade et trop cher. 3 ème, bon accueil, chambre nickel, prix nickel, on se pose. Petit repos sous l’hélice, en lisant un guide, on s’aperçoit que le palais du Maharaja ne s’illumine que le dimanche et nous sommes dimanche, allez hop on se lève et en route pour le palais qui est juste à côté. Bien sur ce n’est pas du bon côté , on se tape le tour des remparts jusqu’à la bonne entrée. Elle est bondée de monde car c’est gratuit pour tout le monde. Les portes s’ouvrent, on dirait le départ d’un marathon. Le palais est démesuré, un rien excentrique. La nuit tombe petit à petit, il est juste éclairé, il ne s’illuminera qu’à 19 heures. En attendant, on admire la majestuosité des lieux, le palace, les jardins, les remparts, les temples personnels. Tout à coup tout s’illumine, c’est magnifique. Des milliers d’ampoules éclairent le palace et les remparts, c’est un vrai feux d’artifice de beauté. Nous rentrons en touc touc, dégustons un savoureux thali et notre chambre nous attends.
 
27 Décembre 2010
Après une superbe nuit, un bon idli et un thé massala, nous décidons d’aller visiter ce fameux Palace. L’intérieur est plus excentrique que l’extérieur, la démesure de l’opulence, teck, marbre, pierres précieuses, portes en argent massif, en or, des couleurs délirantes etc.…. Nous sortons après 2 heures de visite, nous nous dirigeons maintenant faire visiter le Zoo à notre fils avec Senthil. Il est bondé d’écoliers et de visiteurs, il est immense aussi, mais joli. Visite du temple de Chamundihill, sur la colline qui domine la ville. Il y a foule, nous entrons dans le temple, des divinités de partout, du monde qui se bouscule pour donner une offrande, le rituel nous est étranger, nous sortons, malgré une superbe architecture. Nous redescendons la colline , visite du Nandi géant (taureau), puis d’un palace devenu hôtel, nous ne prenons que quelques photos de l’extérieur, il m’impressionne et je n’ose aller le visiter à l’intérieur. Retour à l’hôtel et essaie d’une espèce de pizzéria fast food à côté, chère et bien dégueulasse.
 
28 Décembre 2010
Ce matin, quelques autres visites dans et autour de Mysore. D’abord le devaraja market, des légumes, des fleurs, des épices et des emmerdeurs qui ne nous lâchent pas. On écourte la visite et on s’en va. La Philomena’s Cathedral, grosse bâtisse cossue, style gothique où le silence est respecté, étonnant. La forteresse de srirangapatna, quelques ruines au bord de la rivière, puis des escaliers pour les ablutions. La résidence d’été du Sultan Tippu avec de beaux jardins entretenus, petite halte sous les arbres au bord de la rivière, un petit coin tranquille (ce qui est rare), puis visite de la résidence avec tout l’historique retranscrit sur les murs, au retour , des centaines de jeunes filles avec leurs saris multicolores illuminent l’allée. Visite d’un lieu de culte au bord de la rivière où les pèlerins se faisaient raser la tête et un Saddhu tout rouge écoutant la radio avec des écouteurs. Le Jaganmoham Palace qui recèle de Superbes peintures des anciens Maharaja de Mysore, des meubles d’époque et de beaux instruments de musique. En sortant nous nous apercevons qu’il y a un festival de musique et de danse dans l’auditorium du Palace, ce soir danse traditionnelle, nous attendons avec un bon chai et admirons la danseuse avec son costume, son maquillage et tout son corps avec des mouvements bien précis. Il est 19 heures, nous emmenons notre fils dans le parc d’attraction de la ville. C’est une concentration de magasins, d’associations nationales, d’échoppes de nourriture, de boissons, de glaces et enfin quelques attractions (une réplique aussi du taj mahal en carton pâte)
 
29 Décembre 2010
Départ pour Belur et Halebid. Le paysage du Karnataka deviens de plus en plus aride, surtout des cultures de céréales, les villages de plus en plus pauvres, on a l’impression que l’eau n’a pas fait son apparition depuis pas mal de temps, pourtant l’on croise des rivières, des lacs assez souvent et bien remplis, les routes sont toujours aussi irrégulières (toujours une trentaine de kilomètres par heure au maximum). Au bout de 4 ou 5 heures nous arrivons sur Halebid, petite bourgade qui tourne plus ou moins autour de ces temples qui sont toutefois bien conservés et d’une architecture presque totalement différente. Des cars entiers d’écoliers, tous en uniforme la plupart du temps, viennent en excursion et nous assaillent de where do you come from et de what’s your name. Après cette visite nous allons voir d’autres temples de l’autre côté du village et là stupéfaction, personne. Pourtant ces trois temples étaient tout aussi séduisant, va comprendre Charles. Nous prenons la route pour Belur, bourgade reculée dans les terres, nous cherchons d’abord notre guesthouse, un personnel très chaleureux, des chambres vastes, pas chères, mais dans un état d’hygiène, hum !!! Après avoir investi les lieux, visite du temple du village, bien sur plein de monde, avec les mêmes hordes d’écoliers en visite, l’architecture du lieux ressemble à Halebid. Dans la rue du retour, je décide de me faire raser la tête et la barbe, histoire d’aérer la situation, ma femme et mon fils m’attendent devant le coiffeur et le spectacle continu. La pauvreté a investi la rue, à un moment une femme s’allonge tranquillement au milieu de la rue, dans la poussière rouge du soir, puis commence à communiquer avec une pierre devant elle. Coucher de soleil sur la terrasse qui domine le village, bon thali au resto et dodo .
 
30 Décembre 2010
Départ pour Hampi, 250 km de route, c’est-à-dire pratiquement toute la journée, notre plus gros déplacement en voiture depuis le début du séjour. C’est une histoire sans fin, heureusement que nous avons une bonne voiture, confortable et surtout un driver hors pair. Nous arrivons en fin d’après midi à Hampi, et le peu que nous voyons nous réconfortent de notre décision de venir jusqu’ici, c’est un site tout simplement grandiose. Investissement de la guesthouse, qui a l’air sympathique, tout simplement la famille nous reçoit, nous fait visiter une chambre petite mais très cosi, toute rose avec moustiquaire au dessus du lit et d’une propreté inouï. Nous sommes dans un endroit touristique, cela faisait longtemps qu’on avait pas rencontré autant d’occidentaux, nous nous promenons dans la rue principale, des magasins à touristes de partout, on matte un peu histoire de voir les prix pratiqués, on achète un ou deux trucs, puis place au dîner. Senthil nous propose d’aller manger à l’hôtel gouvernemental car c’est le seul endroit où l’on peut boire une bonne « bière ». Le resto ne paye pas de mine mais il est agréable, la bière bien fraiche, pas mauvaise. ça fait du bien après une journée pareille.
 
31 Décembre 2010
Journée totalement touristique : visite des temples et monuments et il y en a de partout. D’abord nous allons vers la rivière, un immense temple (Virupasha) un des plus haut admiré jusqu’à maintenant. Puis ablutions sur les berges (pas nous) Nous longeons le lit de la rivière, un hindou nous propose de prendre une de leurs fameuses barques rondes, après négociation nous acceptons. Nous voguons sur un site magnifique, avec quelques petits temples aux abords, une retraite spirituelle pour Sadhou, des immenses blocs de granit arrondi, le silence du lieux, un ange passe. Nous accostons, visite du fameux vittal temple et du stone car, des hectares de monuments ici ou là, une grosse enceinte entourant le Vittal, à l’intérieur, de nouvelles sculptures, le fameux stone car, des piliers à cristaux avec un son étonnant. Nous retournons sur Hampi à pied , tous les 10 mètres un nouvel édifice dominant la rivière, Hampi vaut vraiment le détour. Arrivée au village, petite pause et l’on retrouve Senthil pour des visites en voiture. Lotus Mahal, éléphant temple, hajari rama temple, Watch tower, Queens bath, sister temple, under ground temple. Nous finissons la journée avec un coucher du soleil au krishna temple qui domine le village et la rivière, encore un ange qui passe. Retour au village, achat de quelques bières pour un apéritif sur la terrasse de la guesthouse avec Senthil puis repas dans un resto tibétains où l’on mange à la romaine avec de la musique house en fond. Nous sommes tellement crevés que nous n’attendrons pas les douze coups de minuit.
 
1er Janvier 2011
Départ pour Goa, dernière étape avant le retour en France, histoire de se reposer. Nous sommes partis à 9 h du matin et nous avons mis 10 h pour arriver à destination. Pourtant la route pour une fois n’était pas trop mauvaise, presque 300 km mais une histoire sans fin. Nous sommes arrivés vers 19 h, épuisés, de plus nous n’avions pas réservé. Mais tout d’abord le spectacle. Ibiza peut aller se rhabiller par rapport à ce que nous avons vu en arrivant. Tout d’abord j’avais choisi Candolim pour être plus tranquille qu’à calangute ou anjuna. Des restos, des boutiques, des resorts, des guesthouses, toutes les nationalités qui grouillaient dans les rues, il y avait longtemps que je n’avais vu une aussi grosse concentration d’occidentaux. Des écrans géants avec des centaines d’anglais avec leurs bières regardant un match de foot. Sommes nous toujours en inde ???? Je suis parti vite à la recherche d’une guesthouse, au bout de la sixième, j’ai réussi à trouver une chambre. Installation, nous mangeons dans un resto, je m’aperçois que les prix sont multipliés par 2, nous rentrons pour un repos bien mérité et surtout pour nous retirer de cette folie.
2 janvier 2011
Départ de la guesthouse vers 9 h, j’en avais réservé une autre de France prés d’ici aujourd’hui et demain, de toute façon il n’était pas question de rester prés de cette rue infernale. En attendant, nous sommes allés visiter Old Goa, avec ses Cathédrales imposantes. Puis j’ai désiré revoir Calangute (j’avais séjourné un mois « quelques années auparavant » Bien sur j’ai été surpris du changement, mais j’ai réussi à reconnaitre quelques endroits, de même la maison où j’avais séjourné. J’ai remarqué tout de même que Calangute est beaucoup plus indian people que Candolim. Nous essayons de retrouver la guesthouse nichée dans la palmeraie entre Calangute et Candolim. Nous finissons par la retrouver prés de la plage, isolée entre d’autres guets. Belle demeure au milieu des cocotiers, mosaïque et couleurs pastel et surtout quiétude totale. On s’y sent bien rien qu’en la regardant. Après notre installation dans une chambre avec balcon, ventilo et moustiquaire, Nous partons découvrir la plage, quelques paillotes tranquille, quelques transats, un sable fin et des vagues qui nous bousculent. Ouf nous avons trouvé un endroit idéal pour nous reposer avant notre départ pour la France. Le reste de la journée servira à la farniente, à la baignade, à siroter un bon jus de fruit ou regarder le coucher du soleil sur la mer. Bonne douche, bon resto sous la paillote et belle nuit à espérer.

3 janvier 2011
Les corbeaux commencent leurs piaillements, la journée commence. J’avais réservé des billets de train pour rentrer sur Mumbay le lendemain, mais le dos de ma femme ayant mal assumé tout le voyage, nous sommes allés sur Panaji pour trouver une possibilité de billet d’avion. Après deux agences et nos billets en poche, retour sur Candolim, quelques achats, un bon drink au bord de l’eau et retour à la guesthouse. Toute l’après midi à été consacré à la farniente, la baignade, le bronzage, un petit lunch ou une bonne boisson, jusqu’au fameux coucher de soleil. Dernier soir à la guesthouse, dernier soir avec Senthil, nous l’invitons pour un diner au bord de l’eau sous la paillotte. Mon fils lui apprend quelques mots en français, comme toujours les plaisanteries avec la langue sont de mise. Dernier soir à Goa.

4 janvier 2011
Nous avons le temps, notre avion n’est que pour cet après midi. On remballe nos affaires, un dernier petit dèj au bord de l’eau, un au revoir au proprio et des félicitations pour sa guesthouse qui est magnifique à tous les points. Je propose d’aller faire un petit tour à Anjuna. A ma grande stupéfaction, le village n’a pas trop changé. Les mêmes maisons, la même ambiance, les mêmes paillottes où je passais de sacrés soirées il y a quelques années. Destination Panjim, visite de sa célèbre plage, il n’y a aucun occidental, que des hindous, pourtant le bord de mer est superbe. Un dernier petit Lassi et en route pour l’aéroport. Un au revoir à Senthil (snif) et nous voila dans l’avion pour Bombay. Arrivée à l’aéroport domestic, nous prenons la navette pour l’international, la bas on ne nous laisse pas rentrer car notre avion n’est pas avant 6 heures du matin et il est 7 heures du soir, direction la salle d’attente, arrivés à l’entrée, un hindou nous conseille de ne pas rester la jusqu’au lendemain matin, car ce ne sont que des sièges et avec notre enfant attendre pendant 8 heures d’affilé hum!! Il nous propose de dormir dans un hôtel proche de l’aéroport. Après plusieurs propositions on trouve un terrain d’entente vu les prix pratiqués à Bombay. Après quelques coups de téléphone, une navette de l’hôtel viens nous chercher et nous ramènera le lendemain. Le tout tout inclus et pour 2000 roupies. Le pire c’est que l’hôtel était nickel.

5 janvier 2011
Réveil à 3 heures du matin, retour à l’aéroport. Au comptoir d’air india on nous dit qu’il faut aller au domestic, l’avion pour New delhi part de la bas. Nous voila sur un touc touc, tous les 3 plus nos bagages dans les rues de Bombay. Puis retour sur Paris en 11 h d’avion et des heures d’attente entre. Arrivée à Charles de Gaule sous la grisaille et la pluie, nous avons de moins en moins de temps pour attraper notre train, nous décidons de prendre un taxi , 50 € plus tard et 1 mn avant son départ notre train part sur Nîmes.
Ça y est, c’est le grand jour, nos amis viennent nous chercher et nous emmener à la gare, ils sont aussi anxieux que nous (ils aimeraient être à notre place). On discute, on charge les bagages et on y va. Ils nous quittent sur le quai avec de grands au revoir à la hindi. Le train démarre et c’est parti. En cour de route 1ere annonce le train prendra du retard, les intempéries. C’est pas grave, on a prévu 3 heures entre le train et l’avion. Gare de Lyon, rer, Roissy, pas de problème, 2 heures d’attente, enregistrement, on discute avec des french qui vont sur Varanasi et on embarque. Nouvelle annonce, 2 heures d’attente, ils doivent dégivrer les ailes de l’avion pour décoller. Petit problème, nous avons 3 heures de transit à New Delhi avant d’atterrir à Mumbay.
18 Décembre 2010
Nous arrivons à Dhelhi avec plus de 2 heures de retard, il n’y a pas de réel transit, nous devons récupérer nos bagages et nous réenregistrer pour Mumbay. Douanes, bagages, comptoir Air India, notre avion est parti, il nous faut en prendre un autre, la galère commence, welcome in india. Après différents comptoirs, après différentes directions, après différentes négociations, nous finissons par rencontrer un jeune homme à qui nous réexpliquons notre problème, 5 minutes après nous avions nos cartes d’embarquement pour le prochain vol , comme quoi !!! Malheureusement nous arrivons vers 19 heures , alors qu’ont devait y être vers 15 heures pour profiter de Mumbay. Prepaid taxi, course folle à travers la ville pour rejoindre notre hôtel prés de Victoria Station, après ces 2 jours de transports nous pouvons enfin nous reposer, mais la chaleur et le bruit de la ville nous tiennent éveillés.

19 Décembre 2010
Réveil à 7 heures, nous devons reprendre un autre avion pour Kochi. Après un breakfast local, nous voilà reparti vers le domestic airport , c’est dimanche, les rues sont moins surpeuplées que la veille. Vers 13 heures nous arrivons à Kochi, notre chauffeur (Senthil) nous attend et nous partons directement sur Alleppey. Nous sommes enfin arrivés à destination , l’accueil est à la mesure de la guesthouse, chaleureux et souriant , le feeling passe bien. Après s’être installé, nous dégustons un excellent Byriani et partons assister au coucher de soleil sur la plage. J’allume une cigarette et l’on me conseille de faire attention , il est interdis de fumer en public en inde, que ce soit dans les lieux publics ou dans la rue. L’équipe de la Guesthouse nous invite à la fête de la ville de fin d’année qui commence le soir même. Dans le centre ville, des milliers de personnes de partout, des couleurs, des lumières, des pétards, des feux d’artifices, des klaxons et j’en passe. Après avoir essayé de remonter une rue principale, nous voila devant une grande scène avec un festival de chant et de danse avec des costumes et des couleurs lumineuses. Le plus de ce spectacle, chaque personne qui en avait envie donnait sa musique au régisseur et présentait son spectacle. Un peu fatigués, nous rentrons à la Guesthouse, un bon petit diner, une bonne petite bière locale et vers la fin du repas, l’équipe de la Guest avec qui le feeling passait bien, s’est mis à chanter et danser pour finir la soirée.
  
20 Décembre 2010
Nous nous levons tard, il fait déjà chaud (30°) et ce sont les corbeaux et les klaxons qui nous y obligent. Après un petit déj local, nous décidons d’aller visiter Fort Cochin. Tiens nous sommes dans une zone touristique , promenade sur les bords du lac (Vembanad), visite d’une église, visite d’une autre église, d’une Synagogue, d’un musée d’architecture, un petit Lassi ananas et nous repartons. Nous n’avons pas été transcendé par l’endroit. Sur la route du retour, nous nous arrêtons à Marari beach, juste avant le coucher de soleil, là oui, magnifique plage sous les cocotiers, quelques bateaux de pécheurs, des hommes reprisant leurs filets et ce soleil si rouge qui s’éloigne au loin, nous restons jusqu’à la nuit tombée, assis sur le sable , un ange passe. Arrivée à la guesthouse , un diner nous attends, puis une partie de pions (jeux national) boucle notre journée. La fatigue et la chaleur nous empêche de dormir, il est tard.
  
21 Décembre 2010
Une bonne douche, un bon petit déj et nous sommes prêts pour des courses. En marchant le long de la berge du canal un temple Jaïn nous interpelle. Il est petit mais avec un certain caractère. Une personne au loin nous propose de rentrer, nous retirons nos tongs et nous voilà dans le temple. Un Hindou nous accompagne et nous explique l’historique du lieu et la religion, notre cerveau occidental a du mal à tout comprendre mais bon. Un Jaïn vêtu de blanc , son tissus sur la bouche et le nez , prie devant l’autel dans un silence « évangélique ». Arrivés dans le centre, nous nous achetons quelques médications ayurvédique et nous entrons dans un magasin, j’ai besoin de 2 Kurta pour le voyage. De charmantes demoiselles nous accueillent dont une qui nous conseillera tout au long de nos achats. Les Kurta sont trop longues, aussi bien au niveau des manches, que de la longueur, qu’à cela ne tienne, 30 minutes plus tard, je les avais sur mesure. Nous repartons vers la guesthouse avec un touc touc (ferrari) . C’est l’heure de prendre le gouvernement boat sur les bachwaters. 20 minutes après nous étions sur le bateau avec les écoliers et les travailleurs qui rentraient chez eux. Les canaux sont tout simplement magnifiques, cocotiers, rizières, maisons multicolores etc… Senthil nous invite pour partager un bon gouter à la kéralaise dans sa famille. Les enfants sont beaux et ils sont rois. Nous sommes encore invités dans une autre famille dont le fils scientifique nous fait profiter de sa passion pour le monde sous marin, il donne des conférences sur la protection de la mer. En rentrant à la guesthouse nous rencontrons un français avec qui nous passerons la fin de la soirée.  
22 Décembre 2010
Après des au revoir et des pincements au cœur, nous partons pour Périyar. Le Kérala foisonne de végétation tropicale. Notre chauffeur Senthil est vraiment sympa, nous rigolons bien dans la voiture, tout en écoutant de la musique Bollywood ou occidentale, il y a même un écran à l’arrière pour notre fils quand les trajets sont un peu long. 4 heures après , nous nous installons dans la guesthouse de périyar, la propriétaire est d’une gentillesse. Nous allons visiter des plantations de café, cacao, cardamome, clou de girofle, ananas, gingembre et j’en passe. Nous rentrons au village, achetons quelques épices, réservons un spectacle de Katakali et un massage ayurvédique. En attendant nous prenons un bon thé massala tout en admirant certaines architectures, mais surtout la vie et les couleurs toujours en mouvement. Dans la salle un danseur fini de se maquiller et de s’habiller devant nous. Puis avant le spectacle, un danseur apparait tout en costume et maquillage. Une explication de la musique, de la gestuelle du corps entier et du scénario nous est donnée. La musique, très lancinante, et les mimiques des yeux des danseurs étaient impressionnantes. A la sortie nous sommes allez directement au massage. La file d’attente était assez importante, mais grâce à la réservation, 5 minutes après, le massage commençait. J’ai emmené mon fils avec moi. D’abord déshabillage, je garde mon slip, le masseur m’attache une cordelette autour de la taille, avec une espèce de cache sexe pire qu’un string, j’enlève mon slip, hum!! Je m’assoie sur le bord du banc de massage, d’un bois éclatant et le massage commence. La tête d’abord, les cheveux, la nuque, le visage, une huile spéciale pour les cheveux. Le massage est très énergique. Puis je m’allonge sur le dos, le masseur me dépose bien un demi litre d’huile sur le corps et le massage recommence, tout cela à des rythmes différents mais avec une certaines énergie. Je suis obligé de faire attention à mon sexe qui passe de droite à gauche du « string ». Mon fils me regarde en rigolant dans son coin. Après sur le ventre et dans le même esprit. A la fin du massage on me fait rentrer dans un sauna portatif où seule ma tête dépasse. Je suis tellement enduit d’huile que je glisse sans arrêt. Séchage à la serviette et recommandation de prendre une douche dans une heure. Le masseur était un vrai « pro », mais pas une seconde je n’ai pu me détendre. Nous sommes repartis à pied vers notre guesthouse, en chemin nous nous sommes arrêtés dans un resto repaire de la jeunesse dorée hindou. Le changement est radical, tout leur est dû, c’est flagrant.
 
23 Décembre 2010
Au revoir à cette très gentille famille qui nous a si bien reçu, avec leurs belles chambres avec balcon donnant sur la forêt (tropicale). Une halte dans une réserve d’éléphants, petit tour pour notre fils et en route pour Munnar, route jonchée d’eucaliptus, de champs de thé, de cocotiers resplendissant au matin. Arrivée sur Munnar, petit problème, Senthil avait réservé 1 mois auparavant, mais hier soir le propriétaire avait sensiblement augmenté le tarif de la chambre, peak season oblige, même après négociation. Notre driver en connaissait une autre, nous nous sommes retrouvés au beau milieu des champs de thé, sur les hauteurs de Munnar, avec notre chambre avec un grand balcon donnant sur la vallée, un ange passe. L’Après midi étant entamée, une simple visite des alentours au milieu des milliers d’arbres à thé taillés en bonzaï pour être à la portée des cueilleuses, resplendissant d’un vert franc sur ces vallons pentus, nous sommes régénérés pour la soirée. En rentrant nous avons bifurqué par un petit village d’ouvriers du thé, tout appartient à la famille TATA, une des familles les plus puissantes d’Inde. Bien sur les sourires et les bonjours se sont démultipliés. Comme nous avons un enfant avec nous beaucoup de « portes s’ouvrent ». Nous rentrons à la guesthouse, sur la terrasse où nous savourons un thé massala devant le coucher de soleil sur les théiers. Plus tard nous retrouverons à coté d’une grosse famille d’hollandais, l’échange ne passe pas, pas grave.
 
24 Décembre 2010
Nous décidons d’aller visiter la plus haute manufacture de thé de Munnar, la seule en bio du coin d’ailleurs. Mais il faut gravir la montagne en Jeep (1000 mètres de dénivelés), l’aventure commence, nous voila parti au milieu des champs pentus sur une piste totalement chaotique, en nous demandant si nos vertèbres allaient assumer le trajet. Heureusement en arrivant la haut, jonction entre le Kerala et le Tamil nadou, la vue sur les 2 horizons était saisissante. Visite de la manufacture, un petit thé noir et nous redescendons, mais cette fois ci sans moteur, rien qu’avec les freins. Après ce périple, Senthil nous emmène déjeuner à Munnar dans un resto chic et clean, nous n’avons pas apprécié, de plus jusqu’à présent, nous ne déjeunions pas l’après midi, alors nous avons décidé de continuer ce « régime ». Après quelques coûts de téléphone en France, 24 Décembre oblige, nous sommes rentrés à la guesthouse. Sur la terrasse, de nouveaux arrivants, des Français. Plus tard, après avoir fait plus ample connaissance, nous avons fini par souper ensemble autour d’une bonne bouteille de vin (que j’avais acheté dans un magasin d’état quelques jours auparavant) et nous avons trinqués les hindous et nous à noël. Les feux d’artifice et les pétards illuminaient la vallée.
 
25 Décembre 2010
Aujourd’hui, nous partons pour Ooty, une douche, un breakfast, l’addition et au revoir à tout le monde. La route est superbe, mais longue, trop longue. Il faut considérer qu’en moyenne, depuis le début de notre voyage, l’ont peut arriver à faire 30 km par heure maximum, dans le meilleur des cas. Après 6 heures nous nous arrêtons à Mettupalayam, nous n’irons pas à Ooty. L’hôtel est vaste , la chambre aussi, le prix convenable. Petit repos et promenade dans la ville. Les rues sont bondées, toujours aussi bruyantes. Le resto de l’hôtel est populaire, comme ont les aime. Les enfants d’une table à coté viennent nous poser les questions habituelles, l’ambiance est à la bonne humeur, tant mieux.
26 Décembre 2010
En sortant de l’hôtel, une star de Bollywood arrive avec tout un harem derrière lui. Nous nous saluons et nous voilà reparti. (Senthil m’explique d’abord que c’est une star puis me raconte qu’il fait aussi de la politique en vue des prochaines élections). Nous prenons la route pour Mysore. A un moment, j’aperçois une vieille dame allongée au bord de la route à même la terre, je crois qu’elle est morte, je demande à Senthil de s’arrêter, je sors et je m’agenouille prés d’elle. Je lui parle, la touche, elle tourne tout à coup la tête, me regarde, me parle, elle est dans un sale état, empoussiérée jusqu’au bout des ongles, mais vivante. Elle s’assoie, sort une bouteille, bois un coup, je suis rassuré, je lui donne quelques dizaine de roupies et nous repartons. Nous traversons la montagne, des cultures de riz, des cocotiers, des bois de Santhal, des vaches qui bloquent la route, puis des singes, des paysans balançant leurs épis sur la route afin que les véhicules les broient, nous entrons dans le Karnataka. Le paysage change assez radicalement, la sécheresse apparait, fini la luxuriance du Kérala. Arrivée à Mysore. 1er hôtel, bondé, trop cher et chambres trop petite. 2 ème, une seule chambre, crade et trop cher. 3 ème, bon accueil, chambre nickel, prix nickel, on se pose. Petit repos sous l’hélice, en lisant un guide, on s’aperçoit que le palais du Maharaja ne s’illumine que le dimanche et nous sommes dimanche, allez hop on se lève et en route pour le palais qui est juste à côté. Bien sur ce n’est pas du bon côté , on se tape le tour des remparts jusqu’à la bonne entrée. Elle est bondée de monde car c’est gratuit pour tout le monde. Les portes s’ouvrent, on dirait le départ d’un marathon. Le palais est démesuré, un rien excentrique. La nuit tombe petit à petit, il est juste éclairé, il ne s’illuminera qu’à 19 heures. En attendant, on admire la majestuosité des lieux, le palace, les jardins, les remparts, les temples personnels. Tout à coup tout s’illumine, c’est magnifique. Des milliers d’ampoules éclairent le palace et les remparts, c’est un vrai feux d’artifice de beauté. Nous rentrons en touc touc, dégustons un savoureux thali et notre chambre nous attends.
 
27 Décembre 2010
Après une superbe nuit, un bon idli et un thé massala, nous décidons d’aller visiter ce fameux Palace. L’intérieur est plus excentrique que l’extérieur, la démesure de l’opulence, teck, marbre, pierres précieuses, portes en argent massif, en or, des couleurs délirantes etc.…. Nous sortons après 2 heures de visite, nous nous dirigeons maintenant faire visiter le Zoo à notre fils avec Senthil. Il est bondé d’écoliers et de visiteurs, il est immense aussi, mais joli. Visite du temple de Chamundihill, sur la colline qui domine la ville. Il y a foule, nous entrons dans le temple, des divinités de partout, du monde qui se bouscule pour donner une offrande, le rituel nous est étranger, nous sortons, malgré une superbe architecture. Nous redescendons la colline , visite du Nandi géant (taureau), puis d’un palace devenu hôtel, nous ne prenons que quelques photos de l’extérieur, il m’impressionne et je n’ose aller le visiter à l’intérieur. Retour à l’hôtel et essaie d’une espèce de pizzéria fast food à côté, chère et bien dégueulasse.
 
28 Décembre 2010
Ce matin, quelques autres visites dans et autour de Mysore. D’abord le devaraja market, des légumes, des fleurs, des épices et des emmerdeurs qui ne nous lâchent pas. On écourte la visite et on s’en va. La Philomena’s Cathedral, grosse bâtisse cossue, style gothique où le silence est respecté, étonnant. La forteresse de srirangapatna, quelques ruines au bord de la rivière, puis des escaliers pour les ablutions. La résidence d’été du Sultan Tippu avec de beaux jardins entretenus, petite halte sous les arbres au bord de la rivière, un petit coin tranquille (ce qui est rare), puis visite de la résidence avec tout l’historique retranscrit sur les murs, au retour , des centaines de jeunes filles avec leurs saris multicolores illuminent l’allée. Visite d’un lieu de culte au bord de la rivière où les pèlerins se faisaient raser la tête et un Saddhu tout rouge écoutant la radio avec des écouteurs. Le Jaganmoham Palace qui recèle de Superbes peintures des anciens Maharaja de Mysore, des meubles d’époque et de beaux instruments de musique. En sortant nous nous apercevons qu’il y a un festival de musique et de danse dans l’auditorium du Palace, ce soir danse traditionnelle, nous attendons avec un bon chai et admirons la danseuse avec son costume, son maquillage et tout son corps avec des mouvements bien précis. Il est 19 heures, nous emmenons notre fils dans le parc d’attraction de la ville. C’est une concentration de magasins, d’associations nationales, d’échoppes de nourriture, de boissons, de glaces et enfin quelques attractions (une réplique aussi du taj mahal en carton pâte)
 
29 Décembre 2010
Départ pour Belur et Halebid. Le paysage du Karnataka deviens de plus en plus aride, surtout des cultures de céréales, les villages de plus en plus pauvres, on a l’impression que l’eau n’a pas fait son apparition depuis pas mal de temps, pourtant l’on croise des rivières, des lacs assez souvent et bien remplis, les routes sont toujours aussi irrégulières (toujours une trentaine de kilomètres par heure au maximum). Au bout de 4 ou 5 heures nous arrivons sur Halebid, petite bourgade qui tourne plus ou moins autour de ces temples qui sont toutefois bien conservés et d’une architecture presque totalement différente. Des cars entiers d’écoliers, tous en uniforme la plupart du temps, viennent en excursion et nous assaillent de where do you come from et de what’s your name. Après cette visite nous allons voir d’autres temples de l’autre côté du village et là stupéfaction, personne. Pourtant ces trois temples étaient tout aussi séduisant, va comprendre Charles. Nous prenons la route pour Belur, bourgade reculée dans les terres, nous cherchons d’abord notre guesthouse, un personnel très chaleureux, des chambres vastes, pas chères, mais dans un état d’hygiène, hum !!! Après avoir investi les lieux, visite du temple du village, bien sur plein de monde, avec les mêmes hordes d’écoliers en visite, l’architecture du lieux ressemble à Halebid. Dans la rue du retour, je décide de me faire raser la tête et la barbe, histoire d’aérer la situation, ma femme et mon fils m’attendent devant le coiffeur et le spectacle continu. La pauvreté a investi la rue, à un moment une femme s’allonge tranquillement au milieu de la rue, dans la poussière rouge du soir, puis commence à communiquer avec une pierre devant elle. Coucher de soleil sur la terrasse qui domine le village, bon thali au resto et dodo .
 
30 Décembre 2010
Départ pour Hampi, 250 km de route, c’est-à-dire pratiquement toute la journée, notre plus gros déplacement en voiture depuis le début du séjour. C’est une histoire sans fin, heureusement que nous avons une bonne voiture, confortable et surtout un driver hors pair. Nous arrivons en fin d’après midi à Hampi, et le peu que nous voyons nous réconfortent de notre décision de venir jusqu’ici, c’est un site tout simplement grandiose. Investissement de la guesthouse, qui a l’air sympathique, tout simplement la famille nous reçoit, nous fait visiter une chambre petite mais très cosi, toute rose avec moustiquaire au dessus du lit et d’une propreté inouï. Nous sommes dans un endroit touristique, cela faisait longtemps qu’on avait pas rencontré autant d’occidentaux, nous nous promenons dans la rue principale, des magasins à touristes de partout, on matte un peu histoire de voir les prix pratiqués, on achète un ou deux trucs, puis place au dîner. Senthil nous propose d’aller manger à l’hôtel gouvernemental car c’est le seul endroit où l’on peut boire une bonne « bière ». Le resto ne paye pas de mine mais il est agréable, la bière bien fraiche, pas mauvaise. ça fait du bien après une journée pareille.
 
31 Décembre 2010
Journée totalement touristique : visite des temples et monuments et il y en a de partout. D’abord nous allons vers la rivière, un immense temple (Virupasha) un des plus haut admiré jusqu’à maintenant. Puis ablutions sur les berges (pas nous) Nous longeons le lit de la rivière, un hindou nous propose de prendre une de leurs fameuses barques rondes, après négociation nous acceptons. Nous voguons sur un site magnifique, avec quelques petits temples aux abords, une retraite spirituelle pour Sadhou, des immenses blocs de granit arrondi, le silence du lieux, un ange passe. Nous accostons, visite du fameux vittal temple et du stone car, des hectares de monuments ici ou là, une grosse enceinte entourant le Vittal, à l’intérieur, de nouvelles sculptures, le fameux stone car, des piliers à cristaux avec un son étonnant. Nous retournons sur Hampi à pied , tous les 10 mètres un nouvel édifice dominant la rivière, Hampi vaut vraiment le détour. Arrivée au village, petite pause et l’on retrouve Senthil pour des visites en voiture. Lotus Mahal, éléphant temple, hajari rama temple, Watch tower, Queens bath, sister temple, under ground temple. Nous finissons la journée avec un coucher du soleil au krishna temple qui domine le village et la rivière, encore un ange qui passe. Retour au village, achat de quelques bières pour un apéritif sur la terrasse de la guesthouse avec Senthil puis repas dans un resto tibétains où l’on mange à la romaine avec de la musique house en fond. Nous sommes tellement crevés que nous n’attendrons pas les douze coups de minuit.
 
1er Janvier 2011
Départ pour Goa, dernière étape avant le retour en France, histoire de se reposer. Nous sommes partis à 9 h du matin et nous avons mis 10 h pour arriver à destination. Pourtant la route pour une fois n’était pas trop mauvaise, presque 300 km mais une histoire sans fin. Nous sommes arrivés vers 19 h, épuisés, de plus nous n’avions pas réservé. Mais tout d’abord le spectacle. Ibiza peut aller se rhabiller par rapport à ce que nous avons vu en arrivant. Tout d’abord j’avais choisi Candolim pour être plus tranquille qu’à calangute ou anjuna. Des restos, des boutiques, des resorts, des guesthouses, toutes les nationalités qui grouillaient dans les rues, il y avait longtemps que je n’avais vu une aussi grosse concentration d’occidentaux. Des écrans géants avec des centaines d’anglais avec leurs bières regardant un match de foot. Sommes nous toujours en inde ???? Je suis parti vite à la recherche d’une guesthouse, au bout de la sixième, j’ai réussi à trouver une chambre. Installation, nous mangeons dans un resto, je m’aperçois que les prix sont multipliés par 2, nous rentrons pour un repos bien mérité et surtout pour nous retirer de cette folie.
2 janvier 2011
Départ de la guesthouse vers 9 h, j’en avais réservé une autre de France prés d’ici aujourd’hui et demain, de toute façon il n’était pas question de rester prés de cette rue infernale. En attendant, nous sommes allés visiter Old Goa, avec ses Cathédrales imposantes. Puis j’ai désiré revoir Calangute (j’avais séjourné un mois « quelques années auparavant » Bien sur j’ai été surpris du changement, mais j’ai réussi à reconnaitre quelques endroits, de même la maison où j’avais séjourné. J’ai remarqué tout de même que Calangute est beaucoup plus indian people que Candolim. Nous essayons de retrouver la guesthouse nichée dans la palmeraie entre Calangute et Candolim. Nous finissons par la retrouver prés de la plage, isolée entre d’autres guets. Belle demeure au milieu des cocotiers, mosaïque et couleurs pastel et surtout quiétude totale. On s’y sent bien rien qu’en la regardant. Après notre installation dans une chambre avec balcon, ventilo et moustiquaire, Nous partons découvrir la plage, quelques paillotes tranquille, quelques transats, un sable fin et des vagues qui nous bousculent. Ouf nous avons trouvé un endroit idéal pour nous reposer avant notre départ pour la France. Le reste de la journée servira à la farniente, à la baignade, à siroter un bon jus de fruit ou regarder le coucher du soleil sur la mer. Bonne douche, bon resto sous la paillote et belle nuit à espérer.

3 janvier 2011
Les corbeaux commencent leurs piaillements, la journée commence. J’avais réservé des billets de train pour rentrer sur Mumbay le lendemain, mais le dos de ma femme ayant mal assumé tout le voyage, nous sommes allés sur Panaji pour trouver une possibilité de billet d’avion. Après deux agences et nos billets en poche, retour sur Candolim, quelques achats, un bon drink au bord de l’eau et retour à la guesthouse. Toute l’après midi à été consacré à la farniente, la baignade, le bronzage, un petit lunch ou une bonne boisson, jusqu’au fameux coucher de soleil. Dernier soir à la guesthouse, dernier soir avec Senthil, nous l’invitons pour un diner au bord de l’eau sous la paillotte. Mon fils lui apprend quelques mots en français, comme toujours les plaisanteries avec la langue sont de mise. Dernier soir à Goa.

4 janvier 2011
Nous avons le temps, notre avion n’est que pour cet après midi. On remballe nos affaires, un dernier petit dèj au bord de l’eau, un au revoir au proprio et des félicitations pour sa guesthouse qui est magnifique à tous les points. Je propose d’aller faire un petit tour à Anjuna. A ma grande stupéfaction, le village n’a pas trop changé. Les mêmes maisons, la même ambiance, les mêmes paillottes où je passais de sacrés soirées il y a quelques années. Destination Panjim, visite de sa célèbre plage, il n’y a aucun occidental, que des hindous, pourtant le bord de mer est superbe. Un dernier petit Lassi et en route pour l’aéroport. Un au revoir à Senthil (snif) et nous voila dans l’avion pour Bombay. Arrivée à l’aéroport domestic, nous prenons la navette pour l’international, la bas on ne nous laisse pas rentrer car notre avion n’est pas avant 6 heures du matin et il est 7 heures du soir, direction la salle d’attente, arrivés à l’entrée, un hindou nous conseille de ne pas rester la jusqu’au lendemain matin, car ce ne sont que des sièges et avec notre enfant attendre pendant 8 heures d’affilé hum!! Il nous propose de dormir dans un hôtel proche de l’aéroport. Après plusieurs propositions on trouve un terrain d’entente vu les prix pratiqués à Bombay. Après quelques coups de téléphone, une navette de l’hôtel viens nous chercher et nous ramènera le lendemain. Le tout tout inclus et pour 2000 roupies. Le pire c’est que l’hôtel était nickel.

5 janvier 2011
Réveil à 3 heures du matin, retour à l’aéroport. Au comptoir d’air india on nous dit qu’il faut aller au domestic, l’avion pour New delhi part de la bas. Nous voila sur un touc touc, tous les 3 plus nos bagages dans les rues de Bombay. Puis retour sur Paris en 11 h d’avion et des heures d’attente entre. Arrivée à Charles de Gaule sous la grisaille et la pluie, nous avons de moins en moins de temps pour attraper notre train, nous décidons de prendre un taxi , 50 € plus tard et 1 mn avant son départ notre train part sur Nîmes.
Itinéraire :
Arrivé de Paris à Delhi, on y restera deux jours avant de prendre un avion pour Leh pour 4 jours. Retour en avion à Delhi où on prendra dans la foulée un car pour Jaipur. Trois jours plus tard, car pour Agra où l'on passera deux jours avant de remonter une journée à Delhi. Avion pour Goa où l'on passera une semaine puis avion pour Bombay la veille de notre retour en France.
Anecdotes :
- Cuisine :
La cuisine indienne est une cuisine que j'aime beaucoup, d'après ce que j'avais goûté en France dans différents restaurants. Cependant, je partais avec beaucoup d'a priori et un peu de peur. Tout d'abord parce que généralement, les cuisines exotiques que l'on peut goûter en France sont généralement adaptées aux goûts occidentaux et parfois bien différentes des cuisines d'origine. Ceux qui ont été en Chine ou au Japon pourront le confirmer. Ensuite, je m'attendais à une cuisine très relevée. Et enfin je redoutais la turista. Et bien je me trompais sur de nombreux points. Tout d'abord côté piquant. Rien d'insurmontable. Peut être que les restaurants adaptent en cuisine les doses de piment pour les occidentaux, toujours est-il que j'ai toujours pu tout manger alors que je m'attendais à être incapable de finir un plat sur deux. Ensuite, niveau digestion, tout s'est bien déroulé et à part une matinée difficile (peut être également due à l'altitude, on était dans le Ladakh à ce moment là) rien de catastrophique à déplorer. J'ai d'ailleurs été impressionné de ce côté là, car il est possible de trouver de la viande un peu partout. On se demande comment elle est conservée vu le peu de touristes à certains endroits et les problèmes d'électricité en Inde qui doivent rendre problématique le maintien de la chaine du froid pour les aliments congelés. Quoi qu'il en soit, on a très bien mangé, +1.5 kg en 3 semaines, et je peux vous garantir que ce que l'on peut trouver dans des restaurants indiens en France est très fidèle à ce que l'on mange là bas. Dernier point à préciser, une grande partie de la population indienne est végétarienne. Ce qui fait que les plats sont végétariens par défaut, il faut demander les versions non-veg pour y trouver de la viande (90% du temps du poulet). Enfin, du fait d'une grande frontière commune avec la chine, la plupart des restaurants proposent de la cuisine chinoise, plutôt réussie.
- Boissons
Il faut partir du principe qu'il ne faut jamais boire d'eau du robinet. A partir de là, pas de problèmes, on trouve facilement de l'eau et d'autres boissons mais beaucoup plus difficilement de l'alcool, dont la distribution est très règlementée dans la plupart des états (aucun problèmes à Goa par contre). En ce qui concerne les boissons sucrées / sodas, notre préférence, en terme de boissons industrielles, a été vers le Limca une sorte de limonade et le Slice un jus de mangue plutôt épais et pas mauvais du tout. Il y a évidemment les fameux lassis, sortes de milk shake au yaourt généralement avec des fruits mais qui se consomme aussi salé ou avec... du cannabis. On a adoré aussi les jus de cannes à sucres, pressées dans une machine prévue pour, dans lequel est également broyé un citron vert, absolument divin. Concernant les alcools, on a bu que de la bière. Au programme, la marque qui a le monopole en Inde : Kingfisher. Une bière blonde sans prétentions, servie principalement en bouteille de 65cl. Quant à la quantité d'alcool, elle n'est pas indiquée précisément mais par fourchette. Ainsi, la Kingfisher 'normale' et sa déclinaison 'premium' titraient de 3.5 à 5°. Il existait également une déclinaison 'strong' au goût assez chimique et qui titrait de mémoire de 6 à 7.5°. On trouvait difficilement cette dernière. Dans le Ladakh on a également bu de la Godfather, déclinée comme la Kingfisher en normal et strong, servie en bouteille 65cl également. Moins bonne. Enfin on peut également trouver quelques marques étrangères comme Tuborg ou Carlsberg. Comme il faut une licence en Inde pour vendre de l'alcool, on en trouvait difficilement. Dans le commerce, quelques rares wine shops en vendent et dans les restaurants, la plupart n'ont pas le droit mais en vendent régulièrement, plus cher, et souvent 'camouflées', ainsi on m'a servi à plusieurs reprises des bières dans des tellières.
- Trafic
Le plus gros point noir en Inde. C'est tout simplement une horreur. Le fonctionnement est simple : c'est la loi de la jungle. La priorité va au poids. Donc dans l'ordre, on trouve les bus, que l'on a surnommé les terminators, ensuite viennent les voitures, puis les tuc tuc, les motos, les vélos et enfin le piéton. Il faut aussi mentionner que l'usage du klaxon est tout simplement omniprésent. Ca klaxonne absolument tout le temps, pour tout et pour rien. Aux abords des grands axes et en milieu urbain c'est la cacophonie permanente. Il n'y a quasiment jamais de feux aux intersections. De temps en temps, un policier fait la circulation. Le plus dur et le plus stressant est de traverser la rue en ville. Aucun véhicule ne s'arrête jamais. Et si un piéton s'engage alors qu'une voiture arrive, c'est clairement à lui de s'arrêter. Il faut aussi rappeler qu'en Inde, on conduit à gauche. Il faut donc être très vigilent d'autant que des vélos, motos ou tuc tuc roulent très régulièrement à contre sens. Alors qu'on soit perdu dans une telle circulation quand on vient en Inde pour la première fois, c'est compréhensible mais ce qui n'est pas rassurant c'est de voir que les piétons indiens eux même ont l'air aussi perdu que nous dans cette jungle motorisée.
- Animaux
La fameuse vache sacrée indienne. Il y en a partout. De la ville à la campagne, en passant par la montagne et la mer, on a vu des vaches quasiment partout à part à Bombay. Elles se promènent en ville et se posent où bon leur chante. On a assisté au coucher du soleil à des mouvements migratoires de vaches en plein Delhi, c'est un spectacle amusant à voir. Quant à la mer, je ne m'attendais pas à retrouver des vaches jusque sur la plage... Et bien si, parfois par dizaines. On a également croisé pas mal de singes, des cochons, des chevaux, des ânes, des dromadaires... tout ça en ville. Au niveau des oiseaux, Delhi est survolé par de nombreux aigles au gabarit généreux. A Goa, c'est le domaine des corbeaux, de gros spécimens là encore.
- Electricité
Un autre élément assez problématique en Inde. Le courant saute régulièrement, même dans les aéroports. L'éclairage public est quasiment inexistant. Dans le Ladakh c'est encore plus simple, il n'y a pas d'électricité en journée. Le Taj Mahal, une des sept nouvelles merveilles du monde, n'est pas éclairé de nuit. D'ailleurs Agra, la ville du Taj Mahal, est celle où nous avons assisté au plus de coupures de courant : 3 à 5 fois par jour, pour des durées allant de 10 minutes à plus d'une heure. Dans ces cas là, on entend tous les groupes électrogènes des hôtels qui se mettent en marche.
- Tourisme
On n'est pas vraiment sorti des chemins battus, dans la mesure où l'on était en milieu urbain la plupart du temps et à Goa où le tourisme est bien développé. Pas trop de problèmes pour se faire comprendre, un peu acrobatique mais faisable. Les cartes dans les restaurants sont tout le temps en anglais. On a trouvé également assez facilement des guests houses, pas toujours d'un grande qualité, un peu crade et à la douche sans eau chaude ni pression, ce qui oblige à se laver au seau, mais rien d'insupportable non plus. Si possible, visitez les chambres avant de choisir votre hôtel / guest house. Pour les transports, pas trop de problèmes non plus, on trouve facilement des tuc tuc en ville, et pour les distances plus longues on a à chaque fois opté pour le car, tous nos trajets se sont bien passé.
- Budget
On était parti avec 2500€ en liquide pour deux et pour trois semaines, le taux de change durant notre séjour avoisinait les 70 roupies pour un euro. Pour donner une idée des tarifs, on a payé nos guests houses de 600Rs (8, 50€) à 1600Rs (23€). Pour les repas, de 300 Rs (4, 25€) à 1000 Rs (14€). Les bières (65cl) coutaient de 70 Rs (1€) à Goa à 200 Rs (3€) à Bombay où tout était particulièrement cher. Les trajets en car nous ont couté aux alentours de 400 Rs (6€) pour des trajets d'environs 5 heures (grosso modo 200 km). On avait acheté notre vol aller-retour Delhi - Leh en France, 6 mois à l'avance, 100€ par personne. On a acheté sur place nos vols Delhi - Goa et Goa - Bombay dans les 80€ par vol et par personne. On est revenu à Paris avec 700€. On en a donc eu pour 900€ par personne pour 3 semaines, déplacement, hébergement, repas et souvenirs compris, sachant qu'on s'est fait plaisir et qu'on n'a pas regardé à la dépense.
25/9/2009 :
Arrivé à Delhi. Longue attente des bagages. Chauffeur avec pancarte "Grégoire". Rally klaxon jusqu'à Delhi. Arrivé à l'hôtel India International, grande chambre, immense lit. Petit diner sur terrasse, première bière Kingfisher. Nan fromage sans intérêt et poulet massala, bonne sauce mais que des os dans les deux petits bouts de poulets.
26/9/2009 :
Petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, salade de fruit, Kingfisher, omelette. Premier tour sur le main bazar : assez hardcore, beaucoup de monde et énormément de trafic. Série de boutiques puis arrivée au bout de la rue qui donne sur un énorme carrefour et la gare : über crowded. On abandonne, retour sur nos pas, petit coup à boire sur une terrasse où ils refaisaient la peinture, pas de bière. Petit tour rapide dans mainbazar puis on trouve un des rares (le seul ?) bar un peu moderne qui, manifestement, sert de la bière. On en profite pour tester notre premier thali, un assortiment de plat typiques indiens. Celui si sera excellent, pas trop épicé, seul le riz est quelconque. On repasse à l'hôtel, qui était juste à côté, prendre une petite douche. Direction ensuite la India's Gate, un arc de triomphe. Premier tuc tuc (ou rickshaw) pour l'occasion et clairement, à Delhi, mieux vaut être dans la circulation qu'à côté. L'India's Gate est sympa, c'est calme. On remonte ensuite toute l'avenue qui mène au parlement. Jolis bâtiments envahis de singe qui font des galipettes dans l'herbe. Pour partir de là, on décide de tester le métro. Il est tout neuf, propre, classe. A l'entrée, on passe un contrôle avec fouille et détecteur de métaux, digne d'un aéroport. Il n'y a pas trop de monde, bizarre pour une ville de 13 millions d'habitants. Il faut dire qu'on était à un terminus. Deux stations plus tard, à une correspondance, le métro est pris d'assaut. On descend à Chandi Chowk, grosse erreur. La queue pour rentrer dans le métro est hallucinante mais relativement ordonnée. On avait pas croisé de mendiants jusque là mais, à la sortie du métro, ils sont des dizaines par terre. Le passage n'est pas large et la densité de la foule empêche de s'arrêter. On est prit dans un flux de personnes qui nous conduira sur un grand axe. Là, énormément de monde, la circulation est on ne peut plus dense. Sur notre droite, une mini décharge. Un tas d'ordure haut comme un étage d'immeuble. Un gamin fouille dedans. Bizarrement, ça ne sent pas. Il est environ 18h et il commence à faire nuit. Depuis cet axe, on ne sait pas trop où aller. La monstrueuse queue dans le métro nous empêche de rebrousser chemin. On va découvrir la rush hour à la Delhi. Au carrefour un peu plus loin, on voit quelques tuc tuc, notre seul salut. On s'y rend tant bien que mal, traverser la route sera une épreuve qui nous prendra plusieurs minutes. Et là, aucun d'eux ne veut nous prendre. Sachant qu'en journée, les tuc tuc nous accostent 15 à 20 fois par jour, ça fait bizarre. Le mélange de la chaleur, du bruit assourdissant des klaxons et de la circulations, des fortes odeurs de nourritures, d'épices et d'autres, de la densité aussi bien sur la route que sur les trottoirs avec la nuit qui est maintenant tombé et les éclairages publiques qui tentent vaguement de prendre le relais mais sans succès donne un cocktail aussi impressionnant qu'oppressant. On ne peut même pas s'arrêter deux minutes quelques part pour souffler un instant et réfléchir sur où aller ou quoi faire à cause du flux permanent de personnes. Nous sommes sur un grand axe et, d'aussi loin qu'on puisse voir, pas l'ombre d'une rue ou d'un endroit un peu plus calme. On essaye de rejoindre le Red Fort et heureusement, en chemin, on trouvera un tuc tuc qui daignera nous prendre pour le prix d'une course triplé. On s'engouffre dedans en espérant sortir de cette folie au plus vite. Quelques instants plus tard, à un feu rouge, un mendiant atteint d'éléphantiasis aux testicules surgit de nul part, l'élément sus-nommé entre les mains. Finalement, le tuc tuc réussit à nous ramener vers mainbazar qui du coup nous parait presque calme. Welcome in India ! Cette fin d'après midi nous a clairement fait comprendre qu'on était en Inde, un pays de plus d'un milliard d'habitants. On se réfugie dans le bar boire quelques bières pour se remettre de nos émotions, puis passage à l'hôtel pour prendre une douche (on n'est pas spécialement chochotte là dessus, pas du tout même, mais à Delhi, on se sent vite crade : la sueur et la poussière, c'est un mélange radicale) et dîner sur le toit du Metropolis dans un restaurant réputé où on mangera un fish curry et un chicken tikka excellents, accompagnés d'un riz de haut vol.
27/9/2009 :
Daniela se lève et part faire quelques emplettes à mainbazar, le temps pour moi de dormir un peu. On commande un taxi pour le lendemain 4h. Déjeuner sur le toit du Shelton. Malgré la frayeur de la veille, le projet pour l'après midi est de visiter le Red Fort. On descend de notre toit à la recherche d'un tuc tuc qui nous apprendra qu'aujourd'hui démarraient des festivités qui duraient trois jours et se déroulaient en partie au Red Fort. On déclare forfait pour aller finalement dans un camp de réfugié tibétains recommandés par le Routard. L'endroit est, en effet assez impressionnant de calme par rapport à Delhi mais on en fait vite le tour et, à part un petit temple, il n'y a pas grand chose à voir. Retour vers mainbazar pour une petite session shopping avant d'aller boire un verre sur une terrasse, avec une superbe vue sur l'une des places de mainbazar. On assistera au coucher de soleil avec un défilé de vaches un peu indisciplinées faisant tomber des scooters garés par ci, grignotant sur des étales par là. A la nuit tombée, on retourne à notre hôtel pour ranger nos affaires, il faut qu'on se lève à 3h30 pour prendre notre avion pour Leh. Comme il est dur de trouver des bières en Inde, on retourne à notre bar prendre l'apéro où on rencontrera deux français (Loïc, si tu nous lis !) avec qui on discutera de l'Inde avant d'aller dîner sur une des seuls terrasses de Delhi où on peut commander des magic lassi (ou bang lassi). Une petite explication s'impose : le lassi est une boisson indienne à base de yaourt, généralement mixée avec des fruits. Le magic lassi garde le concept de yaourt mixé mais l'ingrédient n'est plus un fruit, mais une plante, enfin une résine de plante, pour ceux qui n'ont toujours pas compris, c'est du cannabis. Un élément présent dans la culture hindou bien qu'interdit en principe, au cour de notre voyage on nous en proposera une vingtaine ou une trentaine de fois. Bref, nos deux compagnons sont des habitués et je ne suis pas un débutant en la matière. Mais celui là sera particulièrement costaud. Résultat : bonne session paranoïa et 3 heures de sommeil assez chaotiques. Je n'en recommande pas l'usage quand il y a des choses importantes à faire après.
28/9/2009 :
Réveil à 3h30, je suis un peu dans les choux mais opérationnel. Taxi direction l'aéroport domestique et après 1h20 de vol au dessus de l'Himalaya on atterrit à 3500m d'altitude, à Leh dans le Ladakh. Taxi pour atteindre la ville puis Daniela me laisse avec les bagages à une petite terrasse, le temps d'inspecter les guests houses environnantes. On en choisi une avec une superbe vue sur les montagnes. Bizarrement, on n'est pas fatigué. On fait notre premier tour dans Leh, on grignote un morceau sur une terrasse puis on se perd en bas de Leh, ce qui nous permettra de découvrir les maxi taxi locaux. On loue ensuite un taxi pour l'après midi (500Rs) avec lequel on ira voir le Shanti Stupa, le Tsemo Gonpa et le Royal Palace. Retour à Leh, déjeuner sur une terrasse, puis retour à la Guest House pour deux heures de sieste bien méritée. On ressortira dans un Leh où la nuit tombe tôt, les degrés et l'animation avec. On croisera quelques français puis retour dans le noir complet à notre guest house pour tenter de s'endormir, ce qui nous prendra pas loin de 3 heures...
29/9/2009 :
Deuxième jour à Leh. Sur les conseils de tous les gens qu'on a rencontré, on ne fera pas grand chose aujourd'hui. Breakfast sur une terrasse sympa malheureusement face à des travaux. Balade dans les ruelles de Leh puis petite bière dans un restaurant tibétain. On loue une jeep pour le lendemain pour aller voir les environs. Retour à la guest house, petit passage sur internet, puis apéro avec des français, allemands et hollandais de la guest house et d'ailleurs. Dîner tous ensemble dans un autre restaurant tibétain.
30/9/2009 :
Réveil à 08h30 pour la jeep. Au programme : Thiksey, Hemis et Shey. Thiksey est un monastère en activité. Perché en haut des montagnes, on le visite, ainsi que son école où l'on croise de jeunes bouddhistes en attente de cours d'anglais de maths ou d'indiens. On fait le tour du monastère puis on remonte sur le toit de la salle des prières où deux moines jouent de leurs énormes cornes face à la vallée. Suite à cela, ils enfileront leurs bonnets de cérémonie et continueront à jouer face à la vallée une sorte de trompette cette fois ci. On descendra ensuite dans la salle des prières où les moines ont commencé à se rassembler. On s'assoit dans un petit coin avec les quelques touristes présents (des bikers !). La cérémonie commence. C'est un ensemble de chants et de psalmodies qui, de premier abord, à l'air assez décousu jusqu'à ce que, au bout d'une quinzaine de minutes, d'une synchronisation impressionnante après l'apparent désordre des prières, tous les moines tapent des mains. Les prières continuent avec l'apparition par moments d'instruments de musiques. On quitte la cérémonie pour rejoindre notre jeep, on a passé pas loin de 2h30 à Thiksey. Direction Hémis, un autre monastère, assez éloigné. Le voyage sera de toute beauté, à travers de petites routes disparaissant dans le paysage lunaires du Ladakh, traversant des cours d'eau, de frais éboulements ou encore des bases militaires indiennes. L'arrivée sur Hémis est impressionnante car le monastère est situé dans le renfoncement d'une montagne et n'apparait brutalement qu'un kilomètre avant d'y arriver. Le bâtiment est intéressant, l'emplacement surtout, avec cette montagne en diagonale, marquée de stries parallèles impressionnantes. On ne restera pas longtemps car d'une part le monastère n'est pas très grand et il n'y a pas grand chose à voir et d'autres parts, nous avons passé énormément de temps à Thiksey et nous devons ramener la jeep en début d'après midi. Retour ensuite vers Leh et dernière étape à Shey. Après une longue grimpette bordée de moulins à prières, on arrivera à Shey, malheureusement à l'heure de fermeture (13h). La vue sur la vallée par contre vaut le coup. Retour à Leh, avec un petit arrêt en chemin par un wine shop pour acheter quelques bières. On rend la jeep puis on se fait un petit apéro dans notre chambre avec la superbe vue. Direction la terrasse Leh View pour un déjeuner tardif de 15h à plus de 18h dont les effets seront... pénibles. De retour à la guest house, la fatigue l'emporte et on s'endormira sans ressortir dîner.
1/10/2009 :
Ce qui devait arriver arriva. Le mélange d'altitude, du paneer massala de la veille et des nombreuses bières (Godfather strong, bien chimiques) aura raison de moi et je passerai la matinée cloué au lit. Dans l'après midi, ça va mieux, dernier petit tour dans Leh, petites emplettes et coucher tôt, on repart demain.
2/10/2009 :
Réveil tôt, taxi pour l'aéroport puis avion pour Delhi. De l'aéroport taxi old school pour Bikaner House, petite gare routière d'où partent les bus pour Jaipur. On prend nos billets (environ 400 Rs par personnes), notre car part 1h30 plus tard, à 12h30. Le trajet se déroule presque tranquillement, à part les pénibles coups de freins, de volant et de klaxons. Le car se transforme au gré de la route en véritable 4x4 avec des situations rocambolesques à l'indienne où notre car, déjà en train de doubler à moitié dans le fossé et par la gauche (équivalent de doubler par la droite chez nous) se fait doubler par des voitures, encore plus à gauche, même plus sur la route. L'arrivée à Jaipur sera un peu stressante car de nuit, harcelés d'indiens, avec nos gros sacs et sans savoir exactement où on allait. On finira par trouver un petit hôtel sympa mais sans plus où on pourra prendre une petite douche et manger sur le toit un excellent chicken chopsuey.
3/10/2009 :
Petit déjeuner au Jaipur Inn pour le tester. Terrasse sympa mais self service, le seul qu'on verra en inde, piaules sympas mais sans plus, ça ne mérite pas le déménagement. On prend notre seul et unique vélo-pousse-pousse du voyage pour nous emmener à une des portes de la vielle ville. La old city de Jaipur c'est ouf. La première impression est prenante, d'autant que le passage de la porte condense le trafic, les piétons et le bruit. Pour éviter la première avenue, surchargée, on prend une petite rue sur le côté au bout de laquelle on tombera sur une porcherie. Ou plutôt sur une quinzaine de cochons en train de s'attaquer à un tas d'ordure. On finira par rejoindre l'artère principale, bordée de petites boutiques exclusivement dédiées dans ce coin de la old city, à la cuisine et aux épices. On repassera à l'hôtel pour changer de chambre, la notre était sous les cuisines de la terrasse et très bruyante. On en profite pour boire une bière et manger un morceau. L'après midi, on fera un city tour en tuc tuc. Au programme, l'Amber Palace, un magnifique château haut perché et peuplé de singes penseurs, puis Jal Mahal, un palais sur l'eau, magnifique mais inaccessible. Ensuite, dans Jaipur, l'observatoire, sans intérêt, et le City Palace, grand ensemble de bâtiments encore habité par le Marajah de Jaipur. Enfin, un bref aperçu du Hawa Mahal, le palais des vents, le plus bel édifice de Jaipur, qui venait de fermer (17h). Pour finir, à la demande de Daniela, le tuc tuc nous déposera dans une adresse à lui, inaccessible sans connaitre : un tailleur de renom pour y tester saris et autres vêtements typiques. Retour à l'hôtel puis diner sur la terrasse de l'hôtel Pearl. Terrasse magnifique et superbe vue sur un petit fort à côté. Butter chicken de qualité pour moi et riz impeccable. Le thali de Daniela était sans intérêt par contre.
4/10/2009 :
Réveil à Jaipur, petit déjeuner au Pearl puis visite du fort d'à côté. Impressionnant. On a tourné un peu en rond autour avant de trouver comment s'y engouffrer. A l'intérieur, plusieurs familles s'y sont installées. Le décalage entre ce vieux fort, encore présent en plein milieu de la partie 'moderne' de la ville et les familles qui s'y sont installées avec leurs tuc tuc, leurs motos et leurs 'maisons' aux murs bleus, est saisissant. Depuis les remparts, on a une superbe vue sur la ville. On retourne au Hawa Mahal dans le but de le visiter cette fois ci. Pour information, ce bâtiment a été construit afin que les femmes puissent observer ce qu'il se passait dans la rue. Ça n'est en fait qu'une grosse façade ajourée. Avec les étages, le bâtiment est de plus en plus fin. Le seul inconvénient est qu'il donne sur une des artères de la vieille ville, il est difficile d'en profiter d'en face, au milieu du trafic ou des boutiques de vêtements aux vendeurs lourdingues. On se fait souvent la remarque que tel ou tel monument est plus impressionnant en vrai qu'en photo, pour celui là, c'est le contraire. En redescendant, on trouve un resto réputé de la old city. Il est en effet sur-blindé et ce qui est amusant est qu'on y entre par une pâtisserie. Comme il y a trop de monde, on mange dans une arrière salle. Au programme le super-thali maison. Le verdict est malheureusement sans appel : aucun intérêt. Sans être mauvais, ça n'est clairement pas bon. Ajouté à cela, la note la plus élevée de notre voyage jusqu'à présent (environ 900 Rs) et le mal de ventre qui me renverra dans les toilettes du restaurant un quart d'heure après notre départ et on obtient le plus gros échec gastronomique de notre voyage. Une fois remis je rejoins Daniela en plein shopping. On y passera l'après midi avec une belle découverte, les ruelles de la old city dédiées aux textiles. Au programme, un arc-en-ciel de couleurs et de lumières au milieu des femmes en saris assises dans les boutiques recouvertes de matelas. Retour sur la terrasse du Pearl pour le dîner, une adresse que l'on recommande chaudement, pour la partie hôtel également, les chambres avaient l'air sympa aussi mais on n'a pas voulu perdre de temps à déménager.
5/10/2009 :
Aujourd'hui, on s'en va. Direction Agra et le Taj Mahal. La pluie est de la partie. Tuc tuc direction la gare pour prendre nos billets de train. D'après internet, il en reste. Arrivés sur place, on commande nos billets, coup de bol, il en reste pile deux ! Le problèmes c'est qu'il y en a pour un peu plus de 1000Rs et qu'après vérification, il ne nous en reste que 500. Opération tuc tuc express pour aller faire du change, mais le temps de revenir et de faire la queue, too late, il n'y a plus de places. On se rabat sur le bus, départ à 13h. On attend une heure à la gare routière sous l'œil d'indiens curieux puis on prend le car à moitié vide pour Agra. On arrive une fois encore de nuit, mais cette fois, on saute dans le premier tuc tuc venu et direction une adresse du routard. Il ne reste qu'une chambre, sans intérêt mais on a la flemme de faire la tournée des guests houses. On réalisera par la suite qu'on était pas si mal tombé, le niveau des guests houses à Agra était bien bas. Bière sur notre terrasse puis, avec la pluie, on fuit vers une autre terrasse, abritée, où on sera servi par un gamin d'une douzaine d'années. Au menu, des noodles et un thali pour conjurer le mauvais sort du dernier de piètre goût.
6/10/2009 :
6h et quelques, Daniela tourne en rond dans le lit. La question est de savoir quand aller voir le Taj Mahal et s'il va pleuvoir. Vers 7h on se met en route, petit déj à côte de la South Gate puis entrée à l'ouverture, 8h. Au passage, il nous en coutera 750 Rs contre 20 pour un indien... Anyway, on entre, c'est beau. Photos puis on passe la vraie South Gate et là, le mirage devient réalité. Le bâtiment est splendide et sa symétrie impressionnante. il fait plutôt gris mais tant mieux il n'y a pas trop de monde. On fera le tour pendant 2 heures. A l'intérieur, rien ! Juste la tombe (vide) de sa bien aimée et celle de Shah Jahan, seul élément d'asymétrie de tout l'ensemble. Cet énorme bâtiment est donc seulement une tombe ! S'en suit un déjeuner sur la terrasse de notre hôtel avec vue directe sur celui que l'on vient de quitter. L'après-midi, direction le Red Fort d'Agra. Magnifique fort avec de joli palais à l'intérieur et vu splendide sur le Taj Mahal. L'ensemble est parfois un poil chaotique, on a l'impression que des palais ont été successivement construits les uns sur les autres. Retour vers le Taj Mahal pour quelques bières et un dîner sur une terrasse avec vue.
7/10/2009 :
Réveil tôt, bagages et tuc tuc pour la gare routière. Bus AC (230 Rs) où on seras 5 ! Arrivée à Delhi 5h plus tard, tuc tuc pour le main bazar et chambre au Shelton. "Déjeuner" sur le toit, petite phase shopping puis bières et dîner (les meilleurs thalis qu'on ait mangé en Inde) dans le resto fashion à bières.
8/10/2009 :
Aujourd'hui, Daniela voulait faire du shopping, l'occasion pour moi de souffler un peu de cette vie indienne agitée donc grosse session Zelda Phantom Hour Glass sur DS. Déjeuner sur notre terrasse et dîner sur le Metropolis, où le repas sera encore de grande qualité : excellent butter chicken pour Daniela et crevettes curry de toute beauté pour moi, accompagné d'un riz saphrané plutôt pas mal.
9/10/2009 :
Réveil tranquille puis taxi pour l'aéroport domestique. Cheap compagnie low cost GoAir, du coup, terminal du bas clairement moins bien que celui du haut. On se demandait ce que pouvait bien servir les macdo en Inde, on a eu notre réponse : des veg, chickens et fish burgers ainsi que des nuggets. On s'expédie un chicken burger avant de décoller. Arrivés à Goa, on prend un prepaid taxi (950 Rs !!!) pour Vagator, un petit village au dessus d'Anjuna Beach. Une bonne heure de route plus tard, on arrive. La plage n'est pas super et ça à l'air mort. Pris un peu de panique, on demande au taxi de nous déposer plus bas à little vagator. Ca à l'air encore plus mort : deux guest houses, un bar et trois magasins dont deux fermés. Daniela visite les guests houses, elle qui voulait des cabanes dans l'esprit de celles qu'on avait en Thailande, c'est clairement pas ça. Par contre, il y a un hôtel : The Alcove. Daniela visite donc l'hôtel et on se décide à y rester au moins une nuit, pas le courage de trouver un taxi et de repartir à l'aveuglette avec tous les bagages. Quelle bonne idée, l'hôtel est super, piscine, vue plongeante sur la mer et resto de grande qualité ! 1600 Rs la nuit, manifestement au tarif hors saison. Petite balade le long de la magnifique plage et première rencontre avec le seul inconvenient de cet endroit paradisiaque, les vendeurs ambulants, un poil relous. Notre balade se termine dans une petite paillote, les pieds dans l'eau. Au menu, poisson fraichement péché et bière. On n'aura plus de problèmes de ce côté là d'ailleurs, dans l'état de Goa, on trouve de l'alcool partout. Retour sur la terrasse de notre hôtel pour un magnifique couché de soleil avec des cocktails de qualité. Dîner au même endroit : salade de crevettes sauce cocktail, seafood sizzler (assortiments de poissons et fruits de mer sur plaque chaude) et brownie.
10/10/2009 :
Réveil, baignade dans la piscine, petite session bronzette et petit déjeuner sur la terasse : calamars (excellents !!!) et club sandwich chicken. Après-midi, baignade dans la mer et déjeuner dans la paillote : thon et Kingfisher. Cocktails sur notre terrasse pour le coucher de soleil puis taxi pour Baga. Après le calme et la beauté de notre little vagator, nous revoilà dans le clinquant, bruyant, cher et sans intérêt. Effet hors saison ou mode passée, on n'entendra pas une note de Trance. Une vague soupe électro dans un bar-je-me-la-pète, sinon les clubs proposent rnb, house et bollywood music (!). Petites courses dans un wine shop et dîner dans un petit boui-boui qui nous servira d'excellente crevette sauce coco. Retour en taxi déçus, on ne fera pas la teuf à Goa. Dernier apéro devant notre chambre et dodo.
11/10/2009 :
Réveil tard (11h !!!), petit déj dans une paillote, salade crevette ananas et calamars. On a enfin vu des vaches sur la plage, et pas qu'un peu, une trentaine de meuh meuh posées sur la plage et sous les cocotiers environnants, à côté d'indiens qui pic-niquait (dimanche oblige). On s'est promenés en retournant vers Vagator, on est rentré un peu dans la village, on a gouté un merveilleux jus de canne à sucre, écrasés avec un citron vert dans une machine folklo. Noix de coco sur le trajet. Retour à l'hôtel, petites baignades express de Daniela dans la mer puis dans la piscine puis petite phase de prélassement à l'hôtel. Puis retour dans une paillote pour un apéro chargé à base de bières pour moi et de coconut fegi (alcool à base de noix de coco) mélangé à du Limca, et des seafood noodles. Retour à l'hôtel pour continuer l'apéro puis dîner : salade de crevettes avocats, calamars (again) et crevettes + frites. Puis squatte de la terrasse de l'hôtel avec nos petites enceintes pour un blind test.
12/10/2009 :
Réveil pas trop tard, baignade piscine. Petit déj dans la paillotte de 74 qui venait d'ouvrir. Au menu, Israeli breakfast et chicken burger. Zooz à l'hôtel puis baignade à la mer et déjeuner dans une paillote, prawns noodles et beignets de calamars. Retour à l'hôtel pour douche puis une autre paillote pour un coucher de soleil avec de fortes éfluves de cannabis derrière nous. Apéro puis dîner au resto de l'hôtel où j'ai pu assister en cuisine à la préparation de mon butter chicken et des crevettes de Daniela, un grand moment !
13/10/2009 :
Réveil puis petit déjeuner dans une paillotte, au menu Indian breakfast : sorte de naan très légers, frits, avec une soupe à base de curry, pomme de terre et petits pois. Séquence bronzette - piscine puis déjeuner à l'hôtel des Tiger Parwns, énormes crevettes délicieuses au prix démesuré. Balade ensuite dans Little Vagator à la recherche de Jackie, le coin change ouvert. Le personnage est rigolo et attachant. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil arrosé des toujours aussi bons cocktails maison. Au menu de ce soir, kebab maison, de poulet, entouré d'une étrange mousse assez aérienne, audacieux et sympatique. Et baby shark, une pure merveille !
14/10/2009 :
Aujourd'hui, c'est mercredi. Marlgré le peu d'animation alentours vu que la saison n'a pas n'a pas encore vraiment commencée, un marché assez connu doit quand même avoir lieu à Anjuna Beach : le Flea market. Direction Anjuna donc qui ne s'avère pas si loin que cela de little vagator mais le marché est tout au sud d'Anjuna, ce qui prolonge grandement la course. Arrivé sur place, le marché a bien lieu, il est même bien rempli. C'est l'endroit où l'on verra le plus d'occidentaux de notre séjour. On passera la journée entre shopping, bières et resto, avant de rentrer pas trop tard vers notre coin plus calme et plus joli pour notre dernier coucher de soleil à Goa. Retour avec un tuc tuc à portières ! Joli coucher de soleil sur la plage avec une bière puis retour à l'hôtel pour un bon dernier repas de crevettes, de calamars et de crabe.
15/10/2009 :
Fini Goa ! On va à Bombay (Mumbai) passer une dernière journée avant de rentrer à Paris. Le voyage ne s'annonce pas trop pénible, il n'y a même pas une heure de vol de Goa à Mumbai. Pourtant il sera bien galère et nous replongera froidement dans tout ce qu'on a détesté en Inde. Tout d'abord, il faut retourner à l'aéroport : 1h30 de taxi, pas de tout repos : ça accélère, ça freine, ça tourne, ça monte, ça descend, ça klaxonne, ça tremble sur les routes en mauvais état et il fait chaud. A l'aéroport, on poireautera 2h et quelques à cause de notre avion qui avait une heure de retard. Arrivés à Mumbai, on se tapera notre pire trajet en taxi. Les taxis typiques indiens sont très peu confortables et sans être un géant, je suis obligé de me tenir dans une position à moitié courbé assez désagréable si je ne veux pas me cogner la tête à chacune des nombreuses bosses que l'on croisera sur notre chemin. Il n'y a que 20km de l'aéroport à Colaba, quartier cosmopolite et recommandé aux abords de l'hôtel Taj Mahal, mais quasi-uniquement en milieu urbain. Arrivé à 16h30, on mettra plus de 2h à faire ces foutus km, pris dans la rush hour de Bombay et la nuit qui tombe. On aura même droit à un détour par la station service pour faire le plein, qui se fait de manière spécifique pour ces taxis, donc pas n'importe où et avec une file d'attente conséquente. On est avec tout nos gros bagages, il fait nuit, l'anarchie du traffic est affolante et on ne sait pas où on va. On est pris au piège dans ce taxi dans lequel on sue à grosses goûtes, et qui comprenant notre agacement suite à la demi-heure de perdue en essence mettra tout son zèle et son klaxon pour gratter les moindres centimètres possibles entre bus et camions. Finalement arrivés, on sera accueilli par une bande de chien enragés et des pétards à vous en faire éclater les tympans pour célébrer Diwali. La cerise sur la gâteau sera le piètre niveau des guests house environnantes (il y avait des puces gorgées de sang dans la notre) associé à un tarif à la Bombay démesurés : 1200 Rs pour la pire chambre de notre séjour. La maigre consolation sera aussi amère que le reste de la journée : le Léopold café, au pied de notre guest house, dont on avait lu que du bien, est un repère à occidentaux plein à craquer, ultra bruyant et aux prix exorbitants. Bref, ce genre de journée marathon dont on se passerait bien.
16/10/2009 :
Ce soir, on rentre à Paris. Enfin, notre vol est à 2h30 a.m. La motivation pour faire un tour dans Bombay est clairement retombée depuis la veille. Cependant, reposé (ou presque), douché (ou presque), sans nos gros bagages et de jour, le quartier semble beaucoup plus vivable. D'autant que le quartier est sympa et truffés de bâtiments intéressants : la gateway of india, le taf mahal hôtel, le prince of wales musuem et d'autres édifices de toute beauté. On passera donc la journée à se balader, à se poser dans des petites boutiques à jus de fruits et de canne à sucre, avant de dîner et de prendre un taxi pour l'aéroport à 22h. Mention spéciale pour l'inéficacité du personnel et de l'organisation de l'aéroport. En cumulé, on aura passé 2h30 à fair la queue (enregistrement / sécurité / immigration), sachant qu'on était arrivé quasiment 4h avant le décollage. En comparaison, à l'aller, on a fait moins de 20 min de queue tout compris en arrivant à peine 2h avant...
Conclusion :
L'Inde est un pays fascinant mais avec quelques aspects vraiment pénibles, je comprends maintenant mieux certains commentaires que j'avais lu où les gens évitaient de sortir en ville et restaient dans leurs hôtels le temps des correspondances. C'est donc la densité de population et le trafic qui nous a le plus posé problème. A côté de ça, on a vu des endroits magnifiques et on a extrêmement bien mangé. Je pense que c'est un pays où il faut aller au moins une fois pour se rendre compte. Cependant je ne recommande pas aux personnes qui n'ont pas le cœur bien accroché ou qui traversent une période de vie difficile, je ne connais pas les chiffres des rapatriements (pour cause physique ou mentale) ni le nombre de personnes qui "s'égarent" en Inde mais ça doit être conséquent.
Arrivé de Paris à Delhi, on y restera deux jours avant de prendre un avion pour Leh pour 4 jours. Retour en avion à Delhi où on prendra dans la foulée un car pour Jaipur. Trois jours plus tard, car pour Agra où l'on passera deux jours avant de remonter une journée à Delhi. Avion pour Goa où l'on passera une semaine puis avion pour Bombay la veille de notre retour en France.
Anecdotes :
- Cuisine :
La cuisine indienne est une cuisine que j'aime beaucoup, d'après ce que j'avais goûté en France dans différents restaurants. Cependant, je partais avec beaucoup d'a priori et un peu de peur. Tout d'abord parce que généralement, les cuisines exotiques que l'on peut goûter en France sont généralement adaptées aux goûts occidentaux et parfois bien différentes des cuisines d'origine. Ceux qui ont été en Chine ou au Japon pourront le confirmer. Ensuite, je m'attendais à une cuisine très relevée. Et enfin je redoutais la turista. Et bien je me trompais sur de nombreux points. Tout d'abord côté piquant. Rien d'insurmontable. Peut être que les restaurants adaptent en cuisine les doses de piment pour les occidentaux, toujours est-il que j'ai toujours pu tout manger alors que je m'attendais à être incapable de finir un plat sur deux. Ensuite, niveau digestion, tout s'est bien déroulé et à part une matinée difficile (peut être également due à l'altitude, on était dans le Ladakh à ce moment là) rien de catastrophique à déplorer. J'ai d'ailleurs été impressionné de ce côté là, car il est possible de trouver de la viande un peu partout. On se demande comment elle est conservée vu le peu de touristes à certains endroits et les problèmes d'électricité en Inde qui doivent rendre problématique le maintien de la chaine du froid pour les aliments congelés. Quoi qu'il en soit, on a très bien mangé, +1.5 kg en 3 semaines, et je peux vous garantir que ce que l'on peut trouver dans des restaurants indiens en France est très fidèle à ce que l'on mange là bas. Dernier point à préciser, une grande partie de la population indienne est végétarienne. Ce qui fait que les plats sont végétariens par défaut, il faut demander les versions non-veg pour y trouver de la viande (90% du temps du poulet). Enfin, du fait d'une grande frontière commune avec la chine, la plupart des restaurants proposent de la cuisine chinoise, plutôt réussie.
- Boissons
Il faut partir du principe qu'il ne faut jamais boire d'eau du robinet. A partir de là, pas de problèmes, on trouve facilement de l'eau et d'autres boissons mais beaucoup plus difficilement de l'alcool, dont la distribution est très règlementée dans la plupart des états (aucun problèmes à Goa par contre). En ce qui concerne les boissons sucrées / sodas, notre préférence, en terme de boissons industrielles, a été vers le Limca une sorte de limonade et le Slice un jus de mangue plutôt épais et pas mauvais du tout. Il y a évidemment les fameux lassis, sortes de milk shake au yaourt généralement avec des fruits mais qui se consomme aussi salé ou avec... du cannabis. On a adoré aussi les jus de cannes à sucres, pressées dans une machine prévue pour, dans lequel est également broyé un citron vert, absolument divin. Concernant les alcools, on a bu que de la bière. Au programme, la marque qui a le monopole en Inde : Kingfisher. Une bière blonde sans prétentions, servie principalement en bouteille de 65cl. Quant à la quantité d'alcool, elle n'est pas indiquée précisément mais par fourchette. Ainsi, la Kingfisher 'normale' et sa déclinaison 'premium' titraient de 3.5 à 5°. Il existait également une déclinaison 'strong' au goût assez chimique et qui titrait de mémoire de 6 à 7.5°. On trouvait difficilement cette dernière. Dans le Ladakh on a également bu de la Godfather, déclinée comme la Kingfisher en normal et strong, servie en bouteille 65cl également. Moins bonne. Enfin on peut également trouver quelques marques étrangères comme Tuborg ou Carlsberg. Comme il faut une licence en Inde pour vendre de l'alcool, on en trouvait difficilement. Dans le commerce, quelques rares wine shops en vendent et dans les restaurants, la plupart n'ont pas le droit mais en vendent régulièrement, plus cher, et souvent 'camouflées', ainsi on m'a servi à plusieurs reprises des bières dans des tellières.
- Trafic
Le plus gros point noir en Inde. C'est tout simplement une horreur. Le fonctionnement est simple : c'est la loi de la jungle. La priorité va au poids. Donc dans l'ordre, on trouve les bus, que l'on a surnommé les terminators, ensuite viennent les voitures, puis les tuc tuc, les motos, les vélos et enfin le piéton. Il faut aussi mentionner que l'usage du klaxon est tout simplement omniprésent. Ca klaxonne absolument tout le temps, pour tout et pour rien. Aux abords des grands axes et en milieu urbain c'est la cacophonie permanente. Il n'y a quasiment jamais de feux aux intersections. De temps en temps, un policier fait la circulation. Le plus dur et le plus stressant est de traverser la rue en ville. Aucun véhicule ne s'arrête jamais. Et si un piéton s'engage alors qu'une voiture arrive, c'est clairement à lui de s'arrêter. Il faut aussi rappeler qu'en Inde, on conduit à gauche. Il faut donc être très vigilent d'autant que des vélos, motos ou tuc tuc roulent très régulièrement à contre sens. Alors qu'on soit perdu dans une telle circulation quand on vient en Inde pour la première fois, c'est compréhensible mais ce qui n'est pas rassurant c'est de voir que les piétons indiens eux même ont l'air aussi perdu que nous dans cette jungle motorisée.
- Animaux
La fameuse vache sacrée indienne. Il y en a partout. De la ville à la campagne, en passant par la montagne et la mer, on a vu des vaches quasiment partout à part à Bombay. Elles se promènent en ville et se posent où bon leur chante. On a assisté au coucher du soleil à des mouvements migratoires de vaches en plein Delhi, c'est un spectacle amusant à voir. Quant à la mer, je ne m'attendais pas à retrouver des vaches jusque sur la plage... Et bien si, parfois par dizaines. On a également croisé pas mal de singes, des cochons, des chevaux, des ânes, des dromadaires... tout ça en ville. Au niveau des oiseaux, Delhi est survolé par de nombreux aigles au gabarit généreux. A Goa, c'est le domaine des corbeaux, de gros spécimens là encore.
- Electricité
Un autre élément assez problématique en Inde. Le courant saute régulièrement, même dans les aéroports. L'éclairage public est quasiment inexistant. Dans le Ladakh c'est encore plus simple, il n'y a pas d'électricité en journée. Le Taj Mahal, une des sept nouvelles merveilles du monde, n'est pas éclairé de nuit. D'ailleurs Agra, la ville du Taj Mahal, est celle où nous avons assisté au plus de coupures de courant : 3 à 5 fois par jour, pour des durées allant de 10 minutes à plus d'une heure. Dans ces cas là, on entend tous les groupes électrogènes des hôtels qui se mettent en marche.
- Tourisme
On n'est pas vraiment sorti des chemins battus, dans la mesure où l'on était en milieu urbain la plupart du temps et à Goa où le tourisme est bien développé. Pas trop de problèmes pour se faire comprendre, un peu acrobatique mais faisable. Les cartes dans les restaurants sont tout le temps en anglais. On a trouvé également assez facilement des guests houses, pas toujours d'un grande qualité, un peu crade et à la douche sans eau chaude ni pression, ce qui oblige à se laver au seau, mais rien d'insupportable non plus. Si possible, visitez les chambres avant de choisir votre hôtel / guest house. Pour les transports, pas trop de problèmes non plus, on trouve facilement des tuc tuc en ville, et pour les distances plus longues on a à chaque fois opté pour le car, tous nos trajets se sont bien passé.
- Budget
On était parti avec 2500€ en liquide pour deux et pour trois semaines, le taux de change durant notre séjour avoisinait les 70 roupies pour un euro. Pour donner une idée des tarifs, on a payé nos guests houses de 600Rs (8, 50€) à 1600Rs (23€). Pour les repas, de 300 Rs (4, 25€) à 1000 Rs (14€). Les bières (65cl) coutaient de 70 Rs (1€) à Goa à 200 Rs (3€) à Bombay où tout était particulièrement cher. Les trajets en car nous ont couté aux alentours de 400 Rs (6€) pour des trajets d'environs 5 heures (grosso modo 200 km). On avait acheté notre vol aller-retour Delhi - Leh en France, 6 mois à l'avance, 100€ par personne. On a acheté sur place nos vols Delhi - Goa et Goa - Bombay dans les 80€ par vol et par personne. On est revenu à Paris avec 700€. On en a donc eu pour 900€ par personne pour 3 semaines, déplacement, hébergement, repas et souvenirs compris, sachant qu'on s'est fait plaisir et qu'on n'a pas regardé à la dépense.
25/9/2009 :
Arrivé à Delhi. Longue attente des bagages. Chauffeur avec pancarte "Grégoire". Rally klaxon jusqu'à Delhi. Arrivé à l'hôtel India International, grande chambre, immense lit. Petit diner sur terrasse, première bière Kingfisher. Nan fromage sans intérêt et poulet massala, bonne sauce mais que des os dans les deux petits bouts de poulets.
26/9/2009 :
Petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, salade de fruit, Kingfisher, omelette. Premier tour sur le main bazar : assez hardcore, beaucoup de monde et énormément de trafic. Série de boutiques puis arrivée au bout de la rue qui donne sur un énorme carrefour et la gare : über crowded. On abandonne, retour sur nos pas, petit coup à boire sur une terrasse où ils refaisaient la peinture, pas de bière. Petit tour rapide dans mainbazar puis on trouve un des rares (le seul ?) bar un peu moderne qui, manifestement, sert de la bière. On en profite pour tester notre premier thali, un assortiment de plat typiques indiens. Celui si sera excellent, pas trop épicé, seul le riz est quelconque. On repasse à l'hôtel, qui était juste à côté, prendre une petite douche. Direction ensuite la India's Gate, un arc de triomphe. Premier tuc tuc (ou rickshaw) pour l'occasion et clairement, à Delhi, mieux vaut être dans la circulation qu'à côté. L'India's Gate est sympa, c'est calme. On remonte ensuite toute l'avenue qui mène au parlement. Jolis bâtiments envahis de singe qui font des galipettes dans l'herbe. Pour partir de là, on décide de tester le métro. Il est tout neuf, propre, classe. A l'entrée, on passe un contrôle avec fouille et détecteur de métaux, digne d'un aéroport. Il n'y a pas trop de monde, bizarre pour une ville de 13 millions d'habitants. Il faut dire qu'on était à un terminus. Deux stations plus tard, à une correspondance, le métro est pris d'assaut. On descend à Chandi Chowk, grosse erreur. La queue pour rentrer dans le métro est hallucinante mais relativement ordonnée. On avait pas croisé de mendiants jusque là mais, à la sortie du métro, ils sont des dizaines par terre. Le passage n'est pas large et la densité de la foule empêche de s'arrêter. On est prit dans un flux de personnes qui nous conduira sur un grand axe. Là, énormément de monde, la circulation est on ne peut plus dense. Sur notre droite, une mini décharge. Un tas d'ordure haut comme un étage d'immeuble. Un gamin fouille dedans. Bizarrement, ça ne sent pas. Il est environ 18h et il commence à faire nuit. Depuis cet axe, on ne sait pas trop où aller. La monstrueuse queue dans le métro nous empêche de rebrousser chemin. On va découvrir la rush hour à la Delhi. Au carrefour un peu plus loin, on voit quelques tuc tuc, notre seul salut. On s'y rend tant bien que mal, traverser la route sera une épreuve qui nous prendra plusieurs minutes. Et là, aucun d'eux ne veut nous prendre. Sachant qu'en journée, les tuc tuc nous accostent 15 à 20 fois par jour, ça fait bizarre. Le mélange de la chaleur, du bruit assourdissant des klaxons et de la circulations, des fortes odeurs de nourritures, d'épices et d'autres, de la densité aussi bien sur la route que sur les trottoirs avec la nuit qui est maintenant tombé et les éclairages publiques qui tentent vaguement de prendre le relais mais sans succès donne un cocktail aussi impressionnant qu'oppressant. On ne peut même pas s'arrêter deux minutes quelques part pour souffler un instant et réfléchir sur où aller ou quoi faire à cause du flux permanent de personnes. Nous sommes sur un grand axe et, d'aussi loin qu'on puisse voir, pas l'ombre d'une rue ou d'un endroit un peu plus calme. On essaye de rejoindre le Red Fort et heureusement, en chemin, on trouvera un tuc tuc qui daignera nous prendre pour le prix d'une course triplé. On s'engouffre dedans en espérant sortir de cette folie au plus vite. Quelques instants plus tard, à un feu rouge, un mendiant atteint d'éléphantiasis aux testicules surgit de nul part, l'élément sus-nommé entre les mains. Finalement, le tuc tuc réussit à nous ramener vers mainbazar qui du coup nous parait presque calme. Welcome in India ! Cette fin d'après midi nous a clairement fait comprendre qu'on était en Inde, un pays de plus d'un milliard d'habitants. On se réfugie dans le bar boire quelques bières pour se remettre de nos émotions, puis passage à l'hôtel pour prendre une douche (on n'est pas spécialement chochotte là dessus, pas du tout même, mais à Delhi, on se sent vite crade : la sueur et la poussière, c'est un mélange radicale) et dîner sur le toit du Metropolis dans un restaurant réputé où on mangera un fish curry et un chicken tikka excellents, accompagnés d'un riz de haut vol.
27/9/2009 :
Daniela se lève et part faire quelques emplettes à mainbazar, le temps pour moi de dormir un peu. On commande un taxi pour le lendemain 4h. Déjeuner sur le toit du Shelton. Malgré la frayeur de la veille, le projet pour l'après midi est de visiter le Red Fort. On descend de notre toit à la recherche d'un tuc tuc qui nous apprendra qu'aujourd'hui démarraient des festivités qui duraient trois jours et se déroulaient en partie au Red Fort. On déclare forfait pour aller finalement dans un camp de réfugié tibétains recommandés par le Routard. L'endroit est, en effet assez impressionnant de calme par rapport à Delhi mais on en fait vite le tour et, à part un petit temple, il n'y a pas grand chose à voir. Retour vers mainbazar pour une petite session shopping avant d'aller boire un verre sur une terrasse, avec une superbe vue sur l'une des places de mainbazar. On assistera au coucher de soleil avec un défilé de vaches un peu indisciplinées faisant tomber des scooters garés par ci, grignotant sur des étales par là. A la nuit tombée, on retourne à notre hôtel pour ranger nos affaires, il faut qu'on se lève à 3h30 pour prendre notre avion pour Leh. Comme il est dur de trouver des bières en Inde, on retourne à notre bar prendre l'apéro où on rencontrera deux français (Loïc, si tu nous lis !) avec qui on discutera de l'Inde avant d'aller dîner sur une des seuls terrasses de Delhi où on peut commander des magic lassi (ou bang lassi). Une petite explication s'impose : le lassi est une boisson indienne à base de yaourt, généralement mixée avec des fruits. Le magic lassi garde le concept de yaourt mixé mais l'ingrédient n'est plus un fruit, mais une plante, enfin une résine de plante, pour ceux qui n'ont toujours pas compris, c'est du cannabis. Un élément présent dans la culture hindou bien qu'interdit en principe, au cour de notre voyage on nous en proposera une vingtaine ou une trentaine de fois. Bref, nos deux compagnons sont des habitués et je ne suis pas un débutant en la matière. Mais celui là sera particulièrement costaud. Résultat : bonne session paranoïa et 3 heures de sommeil assez chaotiques. Je n'en recommande pas l'usage quand il y a des choses importantes à faire après.
28/9/2009 :
Réveil à 3h30, je suis un peu dans les choux mais opérationnel. Taxi direction l'aéroport domestique et après 1h20 de vol au dessus de l'Himalaya on atterrit à 3500m d'altitude, à Leh dans le Ladakh. Taxi pour atteindre la ville puis Daniela me laisse avec les bagages à une petite terrasse, le temps d'inspecter les guests houses environnantes. On en choisi une avec une superbe vue sur les montagnes. Bizarrement, on n'est pas fatigué. On fait notre premier tour dans Leh, on grignote un morceau sur une terrasse puis on se perd en bas de Leh, ce qui nous permettra de découvrir les maxi taxi locaux. On loue ensuite un taxi pour l'après midi (500Rs) avec lequel on ira voir le Shanti Stupa, le Tsemo Gonpa et le Royal Palace. Retour à Leh, déjeuner sur une terrasse, puis retour à la Guest House pour deux heures de sieste bien méritée. On ressortira dans un Leh où la nuit tombe tôt, les degrés et l'animation avec. On croisera quelques français puis retour dans le noir complet à notre guest house pour tenter de s'endormir, ce qui nous prendra pas loin de 3 heures...
29/9/2009 :
Deuxième jour à Leh. Sur les conseils de tous les gens qu'on a rencontré, on ne fera pas grand chose aujourd'hui. Breakfast sur une terrasse sympa malheureusement face à des travaux. Balade dans les ruelles de Leh puis petite bière dans un restaurant tibétain. On loue une jeep pour le lendemain pour aller voir les environs. Retour à la guest house, petit passage sur internet, puis apéro avec des français, allemands et hollandais de la guest house et d'ailleurs. Dîner tous ensemble dans un autre restaurant tibétain.
30/9/2009 :
Réveil à 08h30 pour la jeep. Au programme : Thiksey, Hemis et Shey. Thiksey est un monastère en activité. Perché en haut des montagnes, on le visite, ainsi que son école où l'on croise de jeunes bouddhistes en attente de cours d'anglais de maths ou d'indiens. On fait le tour du monastère puis on remonte sur le toit de la salle des prières où deux moines jouent de leurs énormes cornes face à la vallée. Suite à cela, ils enfileront leurs bonnets de cérémonie et continueront à jouer face à la vallée une sorte de trompette cette fois ci. On descendra ensuite dans la salle des prières où les moines ont commencé à se rassembler. On s'assoit dans un petit coin avec les quelques touristes présents (des bikers !). La cérémonie commence. C'est un ensemble de chants et de psalmodies qui, de premier abord, à l'air assez décousu jusqu'à ce que, au bout d'une quinzaine de minutes, d'une synchronisation impressionnante après l'apparent désordre des prières, tous les moines tapent des mains. Les prières continuent avec l'apparition par moments d'instruments de musiques. On quitte la cérémonie pour rejoindre notre jeep, on a passé pas loin de 2h30 à Thiksey. Direction Hémis, un autre monastère, assez éloigné. Le voyage sera de toute beauté, à travers de petites routes disparaissant dans le paysage lunaires du Ladakh, traversant des cours d'eau, de frais éboulements ou encore des bases militaires indiennes. L'arrivée sur Hémis est impressionnante car le monastère est situé dans le renfoncement d'une montagne et n'apparait brutalement qu'un kilomètre avant d'y arriver. Le bâtiment est intéressant, l'emplacement surtout, avec cette montagne en diagonale, marquée de stries parallèles impressionnantes. On ne restera pas longtemps car d'une part le monastère n'est pas très grand et il n'y a pas grand chose à voir et d'autres parts, nous avons passé énormément de temps à Thiksey et nous devons ramener la jeep en début d'après midi. Retour ensuite vers Leh et dernière étape à Shey. Après une longue grimpette bordée de moulins à prières, on arrivera à Shey, malheureusement à l'heure de fermeture (13h). La vue sur la vallée par contre vaut le coup. Retour à Leh, avec un petit arrêt en chemin par un wine shop pour acheter quelques bières. On rend la jeep puis on se fait un petit apéro dans notre chambre avec la superbe vue. Direction la terrasse Leh View pour un déjeuner tardif de 15h à plus de 18h dont les effets seront... pénibles. De retour à la guest house, la fatigue l'emporte et on s'endormira sans ressortir dîner.
1/10/2009 :
Ce qui devait arriver arriva. Le mélange d'altitude, du paneer massala de la veille et des nombreuses bières (Godfather strong, bien chimiques) aura raison de moi et je passerai la matinée cloué au lit. Dans l'après midi, ça va mieux, dernier petit tour dans Leh, petites emplettes et coucher tôt, on repart demain.
2/10/2009 :
Réveil tôt, taxi pour l'aéroport puis avion pour Delhi. De l'aéroport taxi old school pour Bikaner House, petite gare routière d'où partent les bus pour Jaipur. On prend nos billets (environ 400 Rs par personnes), notre car part 1h30 plus tard, à 12h30. Le trajet se déroule presque tranquillement, à part les pénibles coups de freins, de volant et de klaxons. Le car se transforme au gré de la route en véritable 4x4 avec des situations rocambolesques à l'indienne où notre car, déjà en train de doubler à moitié dans le fossé et par la gauche (équivalent de doubler par la droite chez nous) se fait doubler par des voitures, encore plus à gauche, même plus sur la route. L'arrivée à Jaipur sera un peu stressante car de nuit, harcelés d'indiens, avec nos gros sacs et sans savoir exactement où on allait. On finira par trouver un petit hôtel sympa mais sans plus où on pourra prendre une petite douche et manger sur le toit un excellent chicken chopsuey.
3/10/2009 :
Petit déjeuner au Jaipur Inn pour le tester. Terrasse sympa mais self service, le seul qu'on verra en inde, piaules sympas mais sans plus, ça ne mérite pas le déménagement. On prend notre seul et unique vélo-pousse-pousse du voyage pour nous emmener à une des portes de la vielle ville. La old city de Jaipur c'est ouf. La première impression est prenante, d'autant que le passage de la porte condense le trafic, les piétons et le bruit. Pour éviter la première avenue, surchargée, on prend une petite rue sur le côté au bout de laquelle on tombera sur une porcherie. Ou plutôt sur une quinzaine de cochons en train de s'attaquer à un tas d'ordure. On finira par rejoindre l'artère principale, bordée de petites boutiques exclusivement dédiées dans ce coin de la old city, à la cuisine et aux épices. On repassera à l'hôtel pour changer de chambre, la notre était sous les cuisines de la terrasse et très bruyante. On en profite pour boire une bière et manger un morceau. L'après midi, on fera un city tour en tuc tuc. Au programme, l'Amber Palace, un magnifique château haut perché et peuplé de singes penseurs, puis Jal Mahal, un palais sur l'eau, magnifique mais inaccessible. Ensuite, dans Jaipur, l'observatoire, sans intérêt, et le City Palace, grand ensemble de bâtiments encore habité par le Marajah de Jaipur. Enfin, un bref aperçu du Hawa Mahal, le palais des vents, le plus bel édifice de Jaipur, qui venait de fermer (17h). Pour finir, à la demande de Daniela, le tuc tuc nous déposera dans une adresse à lui, inaccessible sans connaitre : un tailleur de renom pour y tester saris et autres vêtements typiques. Retour à l'hôtel puis diner sur la terrasse de l'hôtel Pearl. Terrasse magnifique et superbe vue sur un petit fort à côté. Butter chicken de qualité pour moi et riz impeccable. Le thali de Daniela était sans intérêt par contre.
4/10/2009 :
Réveil à Jaipur, petit déjeuner au Pearl puis visite du fort d'à côté. Impressionnant. On a tourné un peu en rond autour avant de trouver comment s'y engouffrer. A l'intérieur, plusieurs familles s'y sont installées. Le décalage entre ce vieux fort, encore présent en plein milieu de la partie 'moderne' de la ville et les familles qui s'y sont installées avec leurs tuc tuc, leurs motos et leurs 'maisons' aux murs bleus, est saisissant. Depuis les remparts, on a une superbe vue sur la ville. On retourne au Hawa Mahal dans le but de le visiter cette fois ci. Pour information, ce bâtiment a été construit afin que les femmes puissent observer ce qu'il se passait dans la rue. Ça n'est en fait qu'une grosse façade ajourée. Avec les étages, le bâtiment est de plus en plus fin. Le seul inconvénient est qu'il donne sur une des artères de la vieille ville, il est difficile d'en profiter d'en face, au milieu du trafic ou des boutiques de vêtements aux vendeurs lourdingues. On se fait souvent la remarque que tel ou tel monument est plus impressionnant en vrai qu'en photo, pour celui là, c'est le contraire. En redescendant, on trouve un resto réputé de la old city. Il est en effet sur-blindé et ce qui est amusant est qu'on y entre par une pâtisserie. Comme il y a trop de monde, on mange dans une arrière salle. Au programme le super-thali maison. Le verdict est malheureusement sans appel : aucun intérêt. Sans être mauvais, ça n'est clairement pas bon. Ajouté à cela, la note la plus élevée de notre voyage jusqu'à présent (environ 900 Rs) et le mal de ventre qui me renverra dans les toilettes du restaurant un quart d'heure après notre départ et on obtient le plus gros échec gastronomique de notre voyage. Une fois remis je rejoins Daniela en plein shopping. On y passera l'après midi avec une belle découverte, les ruelles de la old city dédiées aux textiles. Au programme, un arc-en-ciel de couleurs et de lumières au milieu des femmes en saris assises dans les boutiques recouvertes de matelas. Retour sur la terrasse du Pearl pour le dîner, une adresse que l'on recommande chaudement, pour la partie hôtel également, les chambres avaient l'air sympa aussi mais on n'a pas voulu perdre de temps à déménager.
5/10/2009 :
Aujourd'hui, on s'en va. Direction Agra et le Taj Mahal. La pluie est de la partie. Tuc tuc direction la gare pour prendre nos billets de train. D'après internet, il en reste. Arrivés sur place, on commande nos billets, coup de bol, il en reste pile deux ! Le problèmes c'est qu'il y en a pour un peu plus de 1000Rs et qu'après vérification, il ne nous en reste que 500. Opération tuc tuc express pour aller faire du change, mais le temps de revenir et de faire la queue, too late, il n'y a plus de places. On se rabat sur le bus, départ à 13h. On attend une heure à la gare routière sous l'œil d'indiens curieux puis on prend le car à moitié vide pour Agra. On arrive une fois encore de nuit, mais cette fois, on saute dans le premier tuc tuc venu et direction une adresse du routard. Il ne reste qu'une chambre, sans intérêt mais on a la flemme de faire la tournée des guests houses. On réalisera par la suite qu'on était pas si mal tombé, le niveau des guests houses à Agra était bien bas. Bière sur notre terrasse puis, avec la pluie, on fuit vers une autre terrasse, abritée, où on sera servi par un gamin d'une douzaine d'années. Au menu, des noodles et un thali pour conjurer le mauvais sort du dernier de piètre goût.
6/10/2009 :
6h et quelques, Daniela tourne en rond dans le lit. La question est de savoir quand aller voir le Taj Mahal et s'il va pleuvoir. Vers 7h on se met en route, petit déj à côte de la South Gate puis entrée à l'ouverture, 8h. Au passage, il nous en coutera 750 Rs contre 20 pour un indien... Anyway, on entre, c'est beau. Photos puis on passe la vraie South Gate et là, le mirage devient réalité. Le bâtiment est splendide et sa symétrie impressionnante. il fait plutôt gris mais tant mieux il n'y a pas trop de monde. On fera le tour pendant 2 heures. A l'intérieur, rien ! Juste la tombe (vide) de sa bien aimée et celle de Shah Jahan, seul élément d'asymétrie de tout l'ensemble. Cet énorme bâtiment est donc seulement une tombe ! S'en suit un déjeuner sur la terrasse de notre hôtel avec vue directe sur celui que l'on vient de quitter. L'après-midi, direction le Red Fort d'Agra. Magnifique fort avec de joli palais à l'intérieur et vu splendide sur le Taj Mahal. L'ensemble est parfois un poil chaotique, on a l'impression que des palais ont été successivement construits les uns sur les autres. Retour vers le Taj Mahal pour quelques bières et un dîner sur une terrasse avec vue.
7/10/2009 :
Réveil tôt, bagages et tuc tuc pour la gare routière. Bus AC (230 Rs) où on seras 5 ! Arrivée à Delhi 5h plus tard, tuc tuc pour le main bazar et chambre au Shelton. "Déjeuner" sur le toit, petite phase shopping puis bières et dîner (les meilleurs thalis qu'on ait mangé en Inde) dans le resto fashion à bières.
8/10/2009 :
Aujourd'hui, Daniela voulait faire du shopping, l'occasion pour moi de souffler un peu de cette vie indienne agitée donc grosse session Zelda Phantom Hour Glass sur DS. Déjeuner sur notre terrasse et dîner sur le Metropolis, où le repas sera encore de grande qualité : excellent butter chicken pour Daniela et crevettes curry de toute beauté pour moi, accompagné d'un riz saphrané plutôt pas mal.
9/10/2009 :
Réveil tranquille puis taxi pour l'aéroport domestique. Cheap compagnie low cost GoAir, du coup, terminal du bas clairement moins bien que celui du haut. On se demandait ce que pouvait bien servir les macdo en Inde, on a eu notre réponse : des veg, chickens et fish burgers ainsi que des nuggets. On s'expédie un chicken burger avant de décoller. Arrivés à Goa, on prend un prepaid taxi (950 Rs !!!) pour Vagator, un petit village au dessus d'Anjuna Beach. Une bonne heure de route plus tard, on arrive. La plage n'est pas super et ça à l'air mort. Pris un peu de panique, on demande au taxi de nous déposer plus bas à little vagator. Ca à l'air encore plus mort : deux guest houses, un bar et trois magasins dont deux fermés. Daniela visite les guests houses, elle qui voulait des cabanes dans l'esprit de celles qu'on avait en Thailande, c'est clairement pas ça. Par contre, il y a un hôtel : The Alcove. Daniela visite donc l'hôtel et on se décide à y rester au moins une nuit, pas le courage de trouver un taxi et de repartir à l'aveuglette avec tous les bagages. Quelle bonne idée, l'hôtel est super, piscine, vue plongeante sur la mer et resto de grande qualité ! 1600 Rs la nuit, manifestement au tarif hors saison. Petite balade le long de la magnifique plage et première rencontre avec le seul inconvenient de cet endroit paradisiaque, les vendeurs ambulants, un poil relous. Notre balade se termine dans une petite paillote, les pieds dans l'eau. Au menu, poisson fraichement péché et bière. On n'aura plus de problèmes de ce côté là d'ailleurs, dans l'état de Goa, on trouve de l'alcool partout. Retour sur la terrasse de notre hôtel pour un magnifique couché de soleil avec des cocktails de qualité. Dîner au même endroit : salade de crevettes sauce cocktail, seafood sizzler (assortiments de poissons et fruits de mer sur plaque chaude) et brownie.
10/10/2009 :
Réveil, baignade dans la piscine, petite session bronzette et petit déjeuner sur la terasse : calamars (excellents !!!) et club sandwich chicken. Après-midi, baignade dans la mer et déjeuner dans la paillote : thon et Kingfisher. Cocktails sur notre terrasse pour le coucher de soleil puis taxi pour Baga. Après le calme et la beauté de notre little vagator, nous revoilà dans le clinquant, bruyant, cher et sans intérêt. Effet hors saison ou mode passée, on n'entendra pas une note de Trance. Une vague soupe électro dans un bar-je-me-la-pète, sinon les clubs proposent rnb, house et bollywood music (!). Petites courses dans un wine shop et dîner dans un petit boui-boui qui nous servira d'excellente crevette sauce coco. Retour en taxi déçus, on ne fera pas la teuf à Goa. Dernier apéro devant notre chambre et dodo.
11/10/2009 :
Réveil tard (11h !!!), petit déj dans une paillote, salade crevette ananas et calamars. On a enfin vu des vaches sur la plage, et pas qu'un peu, une trentaine de meuh meuh posées sur la plage et sous les cocotiers environnants, à côté d'indiens qui pic-niquait (dimanche oblige). On s'est promenés en retournant vers Vagator, on est rentré un peu dans la village, on a gouté un merveilleux jus de canne à sucre, écrasés avec un citron vert dans une machine folklo. Noix de coco sur le trajet. Retour à l'hôtel, petites baignades express de Daniela dans la mer puis dans la piscine puis petite phase de prélassement à l'hôtel. Puis retour dans une paillote pour un apéro chargé à base de bières pour moi et de coconut fegi (alcool à base de noix de coco) mélangé à du Limca, et des seafood noodles. Retour à l'hôtel pour continuer l'apéro puis dîner : salade de crevettes avocats, calamars (again) et crevettes + frites. Puis squatte de la terrasse de l'hôtel avec nos petites enceintes pour un blind test.
12/10/2009 :
Réveil pas trop tard, baignade piscine. Petit déj dans la paillotte de 74 qui venait d'ouvrir. Au menu, Israeli breakfast et chicken burger. Zooz à l'hôtel puis baignade à la mer et déjeuner dans une paillote, prawns noodles et beignets de calamars. Retour à l'hôtel pour douche puis une autre paillote pour un coucher de soleil avec de fortes éfluves de cannabis derrière nous. Apéro puis dîner au resto de l'hôtel où j'ai pu assister en cuisine à la préparation de mon butter chicken et des crevettes de Daniela, un grand moment !
13/10/2009 :
Réveil puis petit déjeuner dans une paillotte, au menu Indian breakfast : sorte de naan très légers, frits, avec une soupe à base de curry, pomme de terre et petits pois. Séquence bronzette - piscine puis déjeuner à l'hôtel des Tiger Parwns, énormes crevettes délicieuses au prix démesuré. Balade ensuite dans Little Vagator à la recherche de Jackie, le coin change ouvert. Le personnage est rigolo et attachant. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil arrosé des toujours aussi bons cocktails maison. Au menu de ce soir, kebab maison, de poulet, entouré d'une étrange mousse assez aérienne, audacieux et sympatique. Et baby shark, une pure merveille !
14/10/2009 :
Aujourd'hui, c'est mercredi. Marlgré le peu d'animation alentours vu que la saison n'a pas n'a pas encore vraiment commencée, un marché assez connu doit quand même avoir lieu à Anjuna Beach : le Flea market. Direction Anjuna donc qui ne s'avère pas si loin que cela de little vagator mais le marché est tout au sud d'Anjuna, ce qui prolonge grandement la course. Arrivé sur place, le marché a bien lieu, il est même bien rempli. C'est l'endroit où l'on verra le plus d'occidentaux de notre séjour. On passera la journée entre shopping, bières et resto, avant de rentrer pas trop tard vers notre coin plus calme et plus joli pour notre dernier coucher de soleil à Goa. Retour avec un tuc tuc à portières ! Joli coucher de soleil sur la plage avec une bière puis retour à l'hôtel pour un bon dernier repas de crevettes, de calamars et de crabe.
15/10/2009 :
Fini Goa ! On va à Bombay (Mumbai) passer une dernière journée avant de rentrer à Paris. Le voyage ne s'annonce pas trop pénible, il n'y a même pas une heure de vol de Goa à Mumbai. Pourtant il sera bien galère et nous replongera froidement dans tout ce qu'on a détesté en Inde. Tout d'abord, il faut retourner à l'aéroport : 1h30 de taxi, pas de tout repos : ça accélère, ça freine, ça tourne, ça monte, ça descend, ça klaxonne, ça tremble sur les routes en mauvais état et il fait chaud. A l'aéroport, on poireautera 2h et quelques à cause de notre avion qui avait une heure de retard. Arrivés à Mumbai, on se tapera notre pire trajet en taxi. Les taxis typiques indiens sont très peu confortables et sans être un géant, je suis obligé de me tenir dans une position à moitié courbé assez désagréable si je ne veux pas me cogner la tête à chacune des nombreuses bosses que l'on croisera sur notre chemin. Il n'y a que 20km de l'aéroport à Colaba, quartier cosmopolite et recommandé aux abords de l'hôtel Taj Mahal, mais quasi-uniquement en milieu urbain. Arrivé à 16h30, on mettra plus de 2h à faire ces foutus km, pris dans la rush hour de Bombay et la nuit qui tombe. On aura même droit à un détour par la station service pour faire le plein, qui se fait de manière spécifique pour ces taxis, donc pas n'importe où et avec une file d'attente conséquente. On est avec tout nos gros bagages, il fait nuit, l'anarchie du traffic est affolante et on ne sait pas où on va. On est pris au piège dans ce taxi dans lequel on sue à grosses goûtes, et qui comprenant notre agacement suite à la demi-heure de perdue en essence mettra tout son zèle et son klaxon pour gratter les moindres centimètres possibles entre bus et camions. Finalement arrivés, on sera accueilli par une bande de chien enragés et des pétards à vous en faire éclater les tympans pour célébrer Diwali. La cerise sur la gâteau sera le piètre niveau des guests house environnantes (il y avait des puces gorgées de sang dans la notre) associé à un tarif à la Bombay démesurés : 1200 Rs pour la pire chambre de notre séjour. La maigre consolation sera aussi amère que le reste de la journée : le Léopold café, au pied de notre guest house, dont on avait lu que du bien, est un repère à occidentaux plein à craquer, ultra bruyant et aux prix exorbitants. Bref, ce genre de journée marathon dont on se passerait bien.
16/10/2009 :
Ce soir, on rentre à Paris. Enfin, notre vol est à 2h30 a.m. La motivation pour faire un tour dans Bombay est clairement retombée depuis la veille. Cependant, reposé (ou presque), douché (ou presque), sans nos gros bagages et de jour, le quartier semble beaucoup plus vivable. D'autant que le quartier est sympa et truffés de bâtiments intéressants : la gateway of india, le taf mahal hôtel, le prince of wales musuem et d'autres édifices de toute beauté. On passera donc la journée à se balader, à se poser dans des petites boutiques à jus de fruits et de canne à sucre, avant de dîner et de prendre un taxi pour l'aéroport à 22h. Mention spéciale pour l'inéficacité du personnel et de l'organisation de l'aéroport. En cumulé, on aura passé 2h30 à fair la queue (enregistrement / sécurité / immigration), sachant qu'on était arrivé quasiment 4h avant le décollage. En comparaison, à l'aller, on a fait moins de 20 min de queue tout compris en arrivant à peine 2h avant...
Conclusion :
L'Inde est un pays fascinant mais avec quelques aspects vraiment pénibles, je comprends maintenant mieux certains commentaires que j'avais lu où les gens évitaient de sortir en ville et restaient dans leurs hôtels le temps des correspondances. C'est donc la densité de population et le trafic qui nous a le plus posé problème. A côté de ça, on a vu des endroits magnifiques et on a extrêmement bien mangé. Je pense que c'est un pays où il faut aller au moins une fois pour se rendre compte. Cependant je ne recommande pas aux personnes qui n'ont pas le cœur bien accroché ou qui traversent une période de vie difficile, je ne connais pas les chiffres des rapatriements (pour cause physique ou mentale) ni le nombre de personnes qui "s'égarent" en Inde mais ça doit être conséquent.
Voici donc le recit de mon voyage dans ce pays que j aime tant car meme s il est loin d etre un paradis de certains points de vue, il a su conquerir mon Coeur par la gentillesse extreme de certains de ses habitants et par les nombreux tresors qu il offre a nos regards de voyageurs avides de sensations, couleurs et parfuns divers.
Ce voyage sera le plus long de mes sejours dans ce pays et j espere que comme les 3 premieres fois, il comblera mes esperances.
Mardi 4/10 : Il est 8 heures quand nous arrivons a Roissy Charles de Gaulle. L ecran affiche notre vol GULFAIR avec un depart a l heure prevue. Ouf!!! On nous avait annonce une greve des controleurs aeriens mais pour l instant tout va bien. A l enregistremennt, 1er couac. 17 kgs d excedant de bagages. On veut me faire payer 15 kgs = 600 euros. Je refuse tout net en expliquant toutefois avec mon plus beau sourire qu il s agit de vetements a distribuer en Inde a des enfants qui en ont le plus grand besoin mais rien n y fait, il faut payer. Ils sont Impitoyables meme en leur promettant qu’Allah leur tiendra compte de leur bonne action. Je tente alors le tout pour le tout et je leur dit qu’ils peuvent garder le sac excedentaire sachant bien qu’il n’est deja plus sur le tapis roulant, et qu’ils n’ embarquent que les 2 sacs contenant nos bagages personnels. Cela leur est evidemment interdit et je demande donc a recuperer le sac avec les vetements a donner en sachant encore une fois que cette recuperation est hyper difficile. On nous dit d attendre. Ok, pas de probleme. Apres plus d’une heure, toujours pqs de sac, le responsible s enerve, nous appelle et nous dit de terminer l enregistrement de nos bagages, que c est bon pour une fois. Youpeeeee!!! Gagne….. Oh, ce n est vraiment pas pour moi que je suis contente mais je sais que cela sera bien employe la bas et j avais tout relave, repasse et trie pour n emporter que de beaux petits vetements a peine portes ici ou les enfants n en ont que trop.
C est donc le coeur leger que j embarque pour un vol de quelques heures sans probleme, avec un bon bollywood movie pour me mettre dans l ambiance. On arrive a Bahrein dans un petit aeroport plein de duty free aussi ininteressants les uns que les autres. Nous embarquerons a l heure pour la 2e moitie de notre voyage. Ma voisine de couloir est francaise et tres sympa. Elle part pour 3 mois a Goa et nous papotons pendant tout le vol jusqu’ a Mumbai. A l arrivee nous recuperons nos bagages tres rapidement et rejoignons Colaba avec un prepaid taxi a 365 Rs. Au Regent Hotel, reserve par internet, on nous donne une chambre tres vaste avec un petit salon, une kitchenette et une SdB au 5e etage. Elle est a peu pres calme malgre les bruits de la ville qui est deja bien reveillee a 6 h du matin.
Mercredi 5/10 : Apres 6 petites heures de repos et une bonne douche nous nous dirigeons vers le Leopold Café pour y prendre notre premier repas en Inde. Petits dejeuner classique malgre qu il soit 13 h. Des oeufs, des toast, du café et une petite soupe Chinoise au poulet et aux nouilles a laquelle je ne resiste pas. Puis direction la gare pour reserver nos billets de train pour Vadodara. Zut!!! Deja en waiting list mais pas de panique, il est quasi certain que nous aurons des couchettes. Apres une heure de marche dans la ville pour s impregner des bruits et des odeurs, nous prenons un taxi vers Dhobi Gats. C est un des plus grands lavoirs du monde. Ce sont des grands bassins en Pierre, a ciel ouvert ou est lave a la main tout le linge de la ville par quelques 15.000 hommes exclusivement. On y manipule quotidiennement des tones de draps, serviettes, dhoti, etc…. Dans le meme quartier, nous irons profiter de la relative quietude du Mahalaxhmi temple ou l on nous offer gentiment quelques gros grains de sucre pour adoucir notre quotidien. Nous terminerons notre tres courte 1ere journee sur la plage de Chozpatty ou quelques jeunes amoureux cotoient des familles dont les enfants s’amusent sur de vieux manages de bois et de feraille. Une grande balancoire aurait bien fait mon bonheur, mais a 60 ans cela n aurait pas fait tres serieux. Elle m a rappele l’ espace dun instant mon enfance, au bon vieux temps ou Bruxelles Brusselait….. Le soir est tombe, les gens sont hyper souriants, curieux de nous, de nos appareils photos avec les “Namaskar” les questions habituelles : what is your name, where do you come from…. Un vrai bon moment dans la fraicheur relative du soir, la brise est legere, le doux clapotis des vagues, les petits etals de belpuri et de panipuri. Genial tout ca. Quant a nous, nous irons nous regaler dans un restaurant don’t la specialite est le poisson. Celui qui nous sera servi est cuit au four “tandoor” après avoir ete enduit de yougourt et d epices. Avant ca, quelques crevettes bien epicees, Hummmmm, excellent tout ca.
Jeudi 6/10 : Apres une vraie nuit de sommeil, je me sens d attaque. Pour commencer la journee, une petite visite au Prince of Wales Museum installe dans un bel edifice a coupole, copie de celle du Golgumbaz de Bijapur. Le musee est tres interessant, il regroupe en effet plusieurs bas reliefs importants ainsi que des sculptures de Pierre, des bronzes et toute une serie de miniatures des differents style du pays, ainsi que quelques miniatures persanes. Je sors donc de ce musee de fort belle humeur. Une grande ballade a pied nous emmene du quartier du fort jusque Chowpatty Beach en passant par l imposante universite, la high court of justice d architecture victorienne et les grands maidans ou les joueurs de criquet se defoulent deja. Apres le dejeuner nous voici a l’India Gate ou nous nous faisons harpooner par 2 des employes d un grand parc juste en face de cette porte monumentale. Le parc etait ferme au public mais on nous fait signe d’entrer malgre que nous n ayons rien demande. Nous en sommes heureux malgre tout car ca nous donne le recul necessaire pour faire de bonnes photo de cette porte celebre par laquelle arrivaient les 1ers voyageurs Europeens au temps des paquebots, époque que j envie, je dois bien l avouer. Maintenant tout va si vite, toujours a courir, toujours a etre presse, quel dommage. Nos 2 employes sont donc si gentils, si empresses a nous prendre en photo mais a l’issue de la séance on nous reclame 700 roupies de backshish. Bien sur ils sont 7 et pauvres et 100 rps ce n est pas grand chose pour des tourists richissimes comme nous. J etais morte de rire et je m en suis tiree avec quelques roupies seulement en leur expliquant que je ne suis pas Americaine mais Belge. On m a repondu : Oh yes, it is the capital of the diamant….. Je ne sais donc pas si je continuerai a dire que je suis Belge car je n ai rien a voir avec les diamants et les fortunes colossales qu’ils generent. Quoi qu il en soit, après une ballade en bateau dans le port de Mumbai, ce meme parc etait ouvert a tous et totallement gratuitement. Mais ca aussi c est l Inde….. Puisqu on y etait j en ai profite pour aller visiter les toilettes du Taj Mahal, superbe hotel et superbes toilettes s il en est. Celles de Versailles peuvent aller se rhabiller…. La petite dame en charge des toilettes, vous fait couler l’eau chaude juste a point sur vos petites mimines, elles vous les saupoudre de savon et lorsqu’elles sont enfin proprettes, elle vous les essuie. J’etais completement ebahie par tant de solicitude mais devant son grand sourire, je me suis laisse faire en lui rendant le mien avec quelques roupes evidemment, mais qu’elle au moins avait bien merite. Allez, il est l’heure d’aller faire un tour dans un emporium car l’envie m’en demange deja bien que je me suis promis de ne rien acheter pendant au moins …….8 jours. Jusqu’a ce soir pari tenu mais je viens d’arriver et j’aurais pu craquer 10 fois deja. Ah la la, que c est dur de resister. Pour me consoler, je sais que je terminerai mon voyage ici et que j aurai au moins 2 jours entiers pour faire du shopping. Le soir, resto penjabi ou l airco se charge deja de me refroidir. En sortant j ai mal a la gorge. Nous arrivons a BCT pour prendre le Vadodara Express, depart a 23 h 30. Apres une petite negociation ardue avec les porteurs qui sont au moins a 20 autour de nous, nous constatons avec soulagement que les “chart’ affichent nos couchettes en A1, 37 et 39. Super nous pourrons dormir tranquilles. Le train entre en gare, on s installe pour la nuit et dodo.
Vendredi 7/10 : Arrivee a Baroda (Vadodara) a 6 h 30. Miracle, le train est pile a l heure. Comme les choses ont change depuis mon 1er voyage en 1988. L hotel Surya n est pas loin de la gare et le rickshw nous y depose en quelques minutes pour 10 rps. Comme j ai encore pris plus froid dans le train ou l’AC fonctionnait sans doute au maximum, je decide de m accorder quelques heures de repos supplementaire avant de commencer la visite de cette ville beaucoup plus grande qu il n y parait mais ou les batiments interessants ne pullulent pas. Le Laxhmi Villa, imposant palais entoure d un grand parc people de paons sert de décor aux clubs de criquet et de golf mais ne se visite pas. En fait le but de notre halte dans cette ville est le festival de Navratri qui est fete ici avec plus de faste et de conviction qu ailleurs dans le Gujarat. Le soir toute la ville y danse et participe. Apres avoir soupe dans un tres bel endroit ou nous avons profite d un buffet de plats Indiens, Chinois et presque continentaux, nous nous rendons dans un grand parc a la lisiere de la ville ou sont deja rassembles plus de 1.500 personnes sur la piste centrale pour une “Garba dance” endiablee qui va durer 3 heures au total. Il y avait encore 2 fois plus de monde autour de la piste et il fallait bien s accrocher pour acceder a sa place dans les tribunes. La musique battait deja son plein, les costumes traditionnels du Gajarat sont superbes et tres colores mais helas les photos sont totallement interdites et nous sommes surveilles de pres par un service d ordre nombreux pour eviter tout debordement. Apres 2 h de danses ou les mouvements sont tres repetitifs et sont ponctues par le cliquetis de 2 batons courts que l on fait virevolter dqns les airs, nous decidons de rentrer nous coucher. A notre grande surprise, juste devant notre hotel, on a installe une estrade ou se trouvent les musicians et la rue est noire de monde. Au center, les danseurs et tout autour le public. Je me joins donc a eux pendant un bon moment car de toute maniere, il est totallement inutile d esperer pouvoir dormir, notre fenetre donnant juste au dessus de l estrade des musicians et la sono est a fond. Ici par contre les photos sont premises mais la foule est tellement dense qu il est plutot difficile de faire un cliché correct. Enfin, on verra ca plus tard. Pour l instant je regarde et je profite. Les gens sont sy;pqs et gais. Ils m expliauent le sens de la fete, m offrant de m asseoir, m offrant a boire. Ils sont heureux que je les prenne en photo. Un regal pour les yeux et les oreilles car les musicians ici aussi sont excellents. Que du bonheur !!! Ah que les Indiens sont doues pour faire la fete. Je savoure chaque minute qui passe et quand je vais enfin me coucher, je m endors avec le sourire aux levres car ici c est mon nirvana a moi.
Samedi 8/10 : Nous avons loue une voiture pour 2 jours et a 7 h, nous voici en route pour Dhaboi qui est un tout petit village dont l’enceinte fortifiee a garde 2 portes impressionnantes. Dans l’une d’elle, un petit temple ou on nous offer de la noix de coco. Derriere la porte, un reservoir d’eau ou les femmes sont en train de laver le linge. Questions habituelles, séance de photos et pleins de sourires. L’endroit ne voit guerre de tourists, ce qui explique sans doute encore plus la curiosite des gens mais aussi un peu de timidite de la part des jeunes femmes qui me demandent pourtant toutes de les prendre en photo. Jean se charge d’immortaliser les jeunes garcons qui n’osent me demander a moi sans doute et tous sont tres heureux de voir leur image sur le petit ecran de l’appareil digital. Nous les quittons a regret pour nous render a Pavagadh, juste a cote de Champaner qui fut au 8e S. la capitale des Rajpoutes Chauhan. La Jama Masjid est superbe. Elle date de 1513 et l’entrée sculptee dans la Pierre est de toute beaute. Une seconde mosquee dans l’enceinte des ramparts impressionnants est toute aussi belle. La colline de Pavagadh est un lieu de pelerinage tres important. En cette periode de Navaratri, il y a une foule considerable et la police nous deconseille fortement de monter en bus gouvernemental qui est litteralement pris d assaut a chaque depart. Les autres vehicules sont totalement interdit sur la colline et le funiculaire qui y accedait a ete ferme pour cause d’accident mortel en 2003. Nous rentrerons donc a Vadodara pour profiter une fois de plus de l’ambiance de la fete et des “garba dance”. La fete de Navaratri dure 9 jours ou plutot 9 nuits. Ce festival est dedie a Durga, la deesse mere et il est le prelude a Dussehra. Chaque quartier a son proper lieu ou s’eleve une estrade pour les musicians et une enceinte parfois delimitee par de simples cordes pour les danseurs. La soiree est un peu moins animee que celle d’hier mais dure quand meme jusque plus de minuit. Nos nuits de sommeil sont donc un peu courtes mais la joie de participer a la fete compense meme si la fatigue se fait un peu sentir.
Dimanche 9/10 : Depart de Baroda vers 9h 15 pour 100 kms de route. A plus ou moins 60 kms, nous nous arretons a Vaso pour y visiter une superbe haveli ou nous sommes tres chaleureusement accueillis par un Monsieur de 92 ans (son anniversaire est le 11 novembre prochain et je me suis promis de lui envoyer une petite carte). Il est le petit-fils de celui qui fit construire la haveli. Notre chauffeur ne connaissait ni le village, ni la haveli, ni meme la route pour y arriver et j ai donc du fortement insister pour m’y faire conduire en en trouvant le chemin d acces par moi meme en demandant a gauche et a droite a des gens qui ne parlaient souvent que le gujarati que je ne maitrise evidemment pas moi meme. Ce fut donc assez cocasse mais on y est arrives et c est le principal. En tout cas, cela valait largement le detour et ma 1ere pensee fut pour toi Phil car avec ton coup de crayon magique, tu nous aurait fait de ces croquis sublimes. Entre le proprietaire avec lequel j ai de suite sympathise et l endroit merveilleux, je ne sais ce que tu aurais prefere croquer. En tout cas, j y ai passé un excellent moment trop court bien sur et cette belle decouverte m’a mise d’encore meilleure humeur, si cela est possible. Ce village paisible, cette magnifique demeure, entouree d’un jardin empreint de serenite. Ah! Que l’Inde reserve encore de belles surprises a celui qui sait prendre son temps. Nous arrivons a Ahmedabad vers le milieu de lapres-midi. Pas mal d’hotels mais ou surevalues ou trop chers meme si le luxe est au rendez-vous comme au Meridien par exemple a 195 US$, ce qui n’est pas prevu dans mon budget. Nous avons fini par degotter le KingPalace ou le patron est charmant et nous laisse la chambre “executive” a 1.500 Rps au lieu de 1.800 et un bon de 300 Rps a valoir sur n’importe quell repas pris dans son restaurant attenant. Tout ca n’ est pas mal du tout en comparaison de tout ce que j’ai vu avant. Le restaurant que nous avons teste des notre arrivee est d’ailleurs excellent et tout le monde est sympa. Le soir nous irons voir le son et lumiere de Sabarmathi Ashram a 20.30 h (65 minutes, en anglais et a 5 kms de la ville). Il retrace la vie de Gandhi. Mais lorsque nous arrivons sur place, deception, il est annule car pas assez de monde et nous rentrons donc a l’hotel pour une nuit de sommeil bien meritee.
Lundi 10/10 : Debout a 5 h 30 et depart vers 7 h pour Nal Sarovar. Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais il n’est pas venu seul. Son copain parle quelques mots et fait de son mieux pour nous etre agreeable. Le lac n’ est qu’a 60 kms d’Ahmedabad mais on a quand meme mis 1 h 45 pour y arriver. Il est vrai que nous nous sommes arêtes en route pour faire des photos de familles nomades qui circulaient sur la route avec des grandes charettes tres hautes tirees par des chameaux tres hauts sur pattes egalement. Arrives sur place (entrée a 215 rps pp + parking obligatoire + voiture + appareil photo + n/guide et chauffeur) nous nous rendons compte que l’expedition n’est pas gratuite du tout et j’espere donc ne pas etre venue pour rien. Nous sommes de suite abordes par des bateliers qui se vantent de nous faire voir des flamants roses et un tas d’autres oiseaux, raison pour laquelle nous sommes d’ailleurs venus. Leur tariff 1.000 rps pour le tour du lac. Evidemment je veux d abord voir le lac de pres avant de me decider car j’ai deja la nette impression de ne rien voir du tout. Aucun oiseau a l’horizon mais devant le harcellement incessant des bateliers nous finissons par tomber d’accord sur 300 rps pour 2 h de ballade qui sera me semble t’il largement suffisant. Le bateau a fond plat est propulse a l’aide de longs bambous car le lac est peu profound et les moteurs ne sont pas de mise sur ce lac qui est une reserve ornitologique importante ou se rassemblent des milliers de flamants et oiseaux migrateurs mais plus tard dans la saison, en fait fin novembre-decembre. Nous avions espere mais en vain. Apres 2 h en plein soleil, nous sommes quasimment grilles sur place et nous n’avons rien vu d’autre que quelques gros nenuphars blancs et quelques plus petits de couleur lilas pale au coeur d’or. Nous avons egalement apercu quelques toutes petites grenouilles qui se deplacent avec une rapidite extraordinaire sur les grandes feuilles de nenuphars. Comme pour nous faire voir que nous n’etions pas seul sur ce lac, un cormoran a soudain daigne sortir sa tete de l’eau pour y replonger tout aussitot en nous laissant frustres de ne meme pas avoir pu le fixer sur la pellicule. Apres quelques kms sur la route du retour nous faison un bref arret dans un petit bourg paisible et j’en profite encore une fois pour y faire a la demande des femmes habillees de couleurs chatoyantes quelques clichés. Elles ont de nombreux tatouages sur la gorge et sur les bras et portent de tres beaus bijoux d’oreilles en or. Elles sont tres joyeuses et se pretent volontiers a la séance photo qui tourne vite a la rigolade generale. Un peu plus loin, j’apercois en contrebas de la route toute une serie d’oiseaux, pas des flamants roses, certes, mais des grues, des ibis, des grands herons blancs, des courlis et un paon en plein vol qui passé juste au-dessus de ma tete. Enfin, quelques chouettes photos a faire! J’espere qu’elles seront reussies car il faut deployer une patience d’ange pour la photo animaliere, et ce n’est pas ce qui me caracterise le plus, il faut bien le dire. J’en vois d’ici qui rient deja a gorge deployee….. De retour dans les faubourgs d’Ahmedabad, notre chauffeur nous emmene voir un complexe architectural du 15e S qui se trouve dans le quartier de Sarkej. Autour d’un immense basin a gradins sont regroupes un palais royal + un palais pour les femmes (reine, princesses et dames de la cour) + une mosquee de 1451 et la tombe d’un saint ainsi que le mausolee du roi qui abrite les tombes de Muhamad Shah Begada et de ses 3 epouses royales. Ces cenotaphs sont sculptes dans le marbre et sont des merveilles de finesse. C’est le descendant direct du saint qui nous fait visiter l’endroit. Il nous explique tout avec une extreme gentillese et avec moultes details. Il nous a consacre d’ailleurs pas mal de temps et tout cela tout a fait gratuitement mais bien sur nous n’avons pas manqué de laisser une offrande pour la mosquee, ce qui fut apprecie, cela va sans dire. Nous irons ensuite voir un “baoli” qui est un reservoir collectant les eaux pluviales en periode de mousson. Dans tout l’etat du Goujarat il sont nombreux et particulierement impressionnants. Celui de Hari Vav ou nous sommes, compte 5 etages sur 20 M de profondeur. Il date de 1501. Nous ne nous attarderons pas trop longtemps et filons voir le Hathee Singh Jain temple qui est assez sobre compare aux merveilleux temples jain du Rajasthan. Notre derniere halte de la journee sera pour la mosquee de Rani Rupmati qui date de la moitie du 15e S. et porte le nom de l’epouse hindoue d’un sultan. Malheureusement nous arrivons en pleine heure de priere qui marque la fin du jeune de Ramadan. Comme il est 18 h la priere est un peu plus longue qu’a l’ordinaire avant que les fideles ne regagnent leurs foyers pour partager leur unique repas de la journee en famille ou avec des amis.
Mardi 11/10 : Ahmedabas etait une ville prestigieuse “abad” significant riche. La ville a successivement connu des periodes de grandeur et de declin. En 1615, l’ambassadeur Anglais a reporte que la ville etait aussi grande que Londres a la meme époque. A partir de 1915 son essor industriel lui a assure une nouvelle prosperite. Tout le Gujarat est fortement marque par la philosophie de vie de Gandhi, natif de cet etat. A Ahmedabad la majorite des restaurant sont vegetarians et on n’y trouve pas une goutte d’alcool. Pour moi, ce n’est donc pas une etape gatronomique car ceux qui me connaissent savent que je suis loin d’adherer a cette facon de me nourrir. Heureusement notre hotel est sans doute tenu par des musulmans et comporte un restaurant ou l’on peut aussi manger “non-veg” mais le choix se limite a plusieurs preparations de poulet. Enfin, c”est mieux que rien. Va pour le poulet une fois de plus…. Ce matin nous visiterons successivement la mosquee de Sidi Sayad, petite mais tres finement sculptee, surtout ses fenetres de marbres sont ciselees comme des dentelles. Une petite merveille. Puis Teen Darwaja, la triple porte d’ou les sultants regardaient les processions s’acheminer du palais jusqu’a la Jama Masjid. Cette porte se trouve maintenant au coeur d’un bazar tres actif et tres anime plein de vie et de cris des nombreux marchands de tout ce qui est necessaire a la vie quotidienne. Juste a cote se trouve la Jama Masjid edifiee en 1423. Elle est couronnee de 15 domes soutenus par 260 piliers. Le seisme de 2001 a endommage plusieurs “jails” qui sont ces fenetres de marbre finement cisele commes des moucharbieh. Les minarets oscillants flanquant le porche d’entrée durent egalement detruits par les seismes successifs de 1819 et 1957. Malgre cela la mosquee garde encore fiere allure. Jouxtant la mosquee, le mausolee d’Ahmed Shah (fondateur de la ville en 1411) Le tombeau contient egalement les cenotaphs de son fils et de son petit-fils. Quant aux reines, elles sont releguees de l’autre cote de la rue sur une simple plate-forme de Pierre. Apres un frugal repas de soupe et butter nan, nous poursuivons notre visite par le clou de notre visite dans cette ville ou les choses interessantes ne manquent pas.. Sans contest, le Calico Museum dedie entierement a l’art du textile est une merveille en soi. Le musee est installe dans la fondation Sarabhai. Une tres belle haveli (demeure traditionnelle) entouree de magnifiques jardins. Il abrite une tres riche collection de tissues anciens et modernes et presente egalement quelques beaux objets comme des métiers a tisser, un berceau richement decore, un lit d’apparat, quelques beaux meubles anciens, quelques statues, le tout tres bien mis en valeur par de magnifiques eclairages appropries a chaque piece presentee. Une visite guidee en anglais qui d’ailleurs nous apprend plein de choses sur cet etat si riche et si prospere. Nous poursuivons la journee en nous rendant au chatoyant temple de la secte de Swami Narayan qui la encore nous est presente par un monsieur tres affable qui nous donne lui aussi plein de renseignements et d’explications sur la vie et l’oeuvre du gourou fondateur ainsi que sur le temple lui-meme. Cette secte semble tres prospere car le temple est tres grand et comprend plusieurs batiments richement decores de sculptures en bois peintes aux couleurs vives. Il est tres bien entretenu. Tout y est pimpant. On nous y offer le the et lorsque nous allions prendre conge de notre hote, nous voyons arriver dans un batiment annexe reserve aux femmes, une chaise a porteur completement entouree de tissues drapes nous derobant totalement la vue de ce qui se passait en-dessous de cette epaisse tenture. Il s’agissait en fait de l’arrivee de la grand mere du gourou actuel, descendant en droite ligne du fondateur. Aucun homme ne peut voir son visage et lorsqu’elle sort de sa chaise, elle disparait en-dessous d’un enorme parasol egalement drape de tissues. Notre guide me suggere vivement d’aller la saluer personnellent, ce que je fais avec plaisir evidemment. Elle est agee de 92 ans et etait ravie de cette rencontre inatendue car les voyageurs occidentaux se font rares ici. En la quittant, nous nous rendons encore a la mosquee de Rani Sipri mais il se fait tard et une fois de plus nous arrivons en pleine heure de priere. Il est vrai que le temps passé trop vite ici. Cette mosquee don’t la construction fut commandee par l’epouse du sultan Mahmut Begara en 1514 est d’une rare elegance. Son surnom de “mosquee-joyau’ n’est vraiment pas usurpe. Elle possede egalement de merveilleux “jalis”. Nous n’aurons malheureusement plus le temps de visiter la mosquee de Sidi Bashir ni les 2 musees situes sur le campus universitaire mais ce sera sans doute partie remise car je pense que nous devrons repasser par ici avant de regagner Mumbai et Aurangabad.
Mercredi 12/10 : Cette fois nous partons de bonne heure en direction de Patan a 130 kms au nord-ouest d’Ahmedabad. Apres 19 kms, un 1er arret nous laisse sans voix devant un ‘baoli” (puit) impressionnant et de toute beaute. Il fut construit en 1499 a la demande d”une reine. 3 entrees conduisent a une plate-forme soutenue par 16 pilliers avec des angles occupes par des sanctuaries. Le baoli est tres decore d’exquises sculptures en Pierre avec une grande variete de motifs sur 5 etages. Encore une tres belle decouverte qui se trouve dans le village d’Adalaj don’t le nom du puit “Adalaj Vav”. 2 cars d’ecoliers partagent notre emerveillement et c’est donc en joyeuse compagnie que nous terminons cette visite. Nous continuons notre route a travers une verte campagne par une route a peage bien macadamisee et nous arrivons a Patan sans encombres. Juste avant la ville nous traversons un carrefour important ou des jeunes femmes executent une danse car aujourd’hui c’est la fete de Dussehra. Encore plein de sourires s’offrent a nous et les danseuses se font un plaisir de se tourner sans cesse du bon cote pour que les photos soient bonnes. Nous les quittons a regrets mais le chauffeur s’impatiente car la route est encore longue. Patan est une petite ville pleine de ruelles etroites dans sa partie ancienne. Elle est surtout connue pour la fabrication de saris en soie don’t les fils en soie sont teints a la main dans plusieurs bains successifs avec des couleurs exclusivement vegetales pour creer le motif avant meme que le tissage commence. C’est donc un travail de longue haleine et de grande dexterite double de patience execute par des gens qui maitrise extremement bien la technique. Nous avons eu la chance de visiter un atelier tres renomme et c’est le patron-artisant lui meme qui nous a fait les honneurs de son atelier et de ses merveilles. Il a ete tres souvent medaille par l’etat Indien entr’autre, ce qui explique toute la fierte de cet homme qui est le meilleur artisant de cette technique. Il nous offer le the, nous montre toutes ses recompenses, don’t une recue de l’etat Francais et une autre du Japon. Plusieurs livres lui ont ete consacre car sa famille oeuvre dans l’art du patiola (nom donne a cette technique). Au Japon, cette homme serait qulifie de tresor vivant tellement son travail est artistique et peu de gens sont capables de reproduire cette technique. Inutile de dire que les saris qui sortent de ses ateliers coutent une petite fortune. La derniere piece qui vient d’etre terminee s’en ira d’ailleurs enrichir la collection d’un grand musee Japonnais. Il ne travaille que sur commande et la liste d’attente actuelle est de 4 ans minimum. Encore un excellent moment passé ici. Il sera suivi de la visite de l’epoustouflant Rani-Ki-Vav, un autre baoli encore plus extraordinaire que les precedents. Des sculptures sur 8 etages. C’est somptueux et je n’exagere pas. Je descends les etages, les remonte, redescend encore une fois, je n’en crois pas mes yeux. Apres des dizaines de photos, je dois quitter cet endroit magique a regret encore une fois ou hormis un couple d’indiens avec 2 jeunes gens, il n’y a strictement personne. Allez, je m’arrache pour aller voir une autre merveille d’un autre genre après quelques moments passes dans le bazaar de la vieille ville ou je m’achete pour 60 roupies un anneau de velours remboure brode de perles que les femmes portent sur la tete, pour servir de support a leur broc d’eau en cuivre ou plus souvent maintenant en inox. Je m’offre aussi une petite tresse en coauillages et fleurs don’t on se sert pour orner les petits temples familiaux. 40 roupies, une vraie folie. Lorsque nous qrrivons a Modhera, le sun temple nous accueille dans la pleine lumiere du soleil de la mi-journee. Ce temple est d’ailleurs dedie a Surya, dieu du soleil. Il fut edifie par le roi Bhimdev er en 1026 et ressemble a celui de Konarak dans l’Orissa, erige 2 siecles plus tard. Ils furent tous 2 concus de maniere a ce que le soleil levant eclaire l’image de Surya au moment des equinoxes. Le temple de Modhera comme celui de Somnath que nous irons voir dans quelques jours fut pille par Mahmut de Gazni lors de son passage. Ce qui en reste est neanmoins fascinant. 52 pilliers delicatement sculptes, retracant des scenes du Ramayana et du Mahabharata. A l’interieur du temple, 12 niches ou se trouvent les representations du dieu Surya pour chacun des 12 mois de l’annee. Devant le temple, encore un impressionnant baoli, le Surya Kund. Plus de 100 sanctuaires dedies a Ganesh, Vishnu et Shiva. Apres toutes ces merveilles, quelques minutes de repos devant un Limca bien frais et nous repartons de plus belle. En effet, hier soir au restaurant, notre gentil serveur nous a parle d’un temple extraordinaire a Gandhinagar. Celui-ci n’etait pas prevu au programme mais il est encore assez tot et nous profiterons donc de l’occasion pour aller y jeter un coup d’oeil. La ville de Gandhinagar est la nouvelle capitale du Gujarat et son nom lui a bien sur ete donne en homage au Mahatma Gandhi. Elle se trouve a 32 kms au N-E d’Ahmedabad qu’elle a detrone en tant que capitale. C’est la 2e ville planifiee en Inde après Chandinagar. Le Corbusier participa d’ailleurs a sa construction qui a debute en 1965. Nous ne verrons pas grand chose de la ville si ce n’est le magnifique temple Akshardam de la secte hindoue de Swami Narayan. 1.000 artisants ont participe a sa construction et 6.000 tonnes de gres rose y sont employe. Il est acheve depuis une 30e d’annees seulement, mais cela n’enleve rien a sa beaute car les artisants qui y ont oeuvre, y ont mis tout leur savoir faire. Une vraie reussite. Ce qui prouve bien qu’en Inde ont sait toujours faire des prouesses d’architecture sans verre et sans beton, et quel resultat. De retour a Ahmedabad, il nous reste a nous preparer pour repartir des le lendemain matin pour d’autres lieux enchanteurs
A tres bientot pour la suite de ces aventures indiennes..................
Mardi 4/10 : Il est 8 heures quand nous arrivons a Roissy Charles de Gaulle. L ecran affiche notre vol GULFAIR avec un depart a l heure prevue. Ouf!!! On nous avait annonce une greve des controleurs aeriens mais pour l instant tout va bien. A l enregistremennt, 1er couac. 17 kgs d excedant de bagages. On veut me faire payer 15 kgs = 600 euros. Je refuse tout net en expliquant toutefois avec mon plus beau sourire qu il s agit de vetements a distribuer en Inde a des enfants qui en ont le plus grand besoin mais rien n y fait, il faut payer. Ils sont Impitoyables meme en leur promettant qu’Allah leur tiendra compte de leur bonne action. Je tente alors le tout pour le tout et je leur dit qu’ils peuvent garder le sac excedentaire sachant bien qu’il n’est deja plus sur le tapis roulant, et qu’ils n’ embarquent que les 2 sacs contenant nos bagages personnels. Cela leur est evidemment interdit et je demande donc a recuperer le sac avec les vetements a donner en sachant encore une fois que cette recuperation est hyper difficile. On nous dit d attendre. Ok, pas de probleme. Apres plus d’une heure, toujours pqs de sac, le responsible s enerve, nous appelle et nous dit de terminer l enregistrement de nos bagages, que c est bon pour une fois. Youpeeeee!!! Gagne….. Oh, ce n est vraiment pas pour moi que je suis contente mais je sais que cela sera bien employe la bas et j avais tout relave, repasse et trie pour n emporter que de beaux petits vetements a peine portes ici ou les enfants n en ont que trop.
C est donc le coeur leger que j embarque pour un vol de quelques heures sans probleme, avec un bon bollywood movie pour me mettre dans l ambiance. On arrive a Bahrein dans un petit aeroport plein de duty free aussi ininteressants les uns que les autres. Nous embarquerons a l heure pour la 2e moitie de notre voyage. Ma voisine de couloir est francaise et tres sympa. Elle part pour 3 mois a Goa et nous papotons pendant tout le vol jusqu’ a Mumbai. A l arrivee nous recuperons nos bagages tres rapidement et rejoignons Colaba avec un prepaid taxi a 365 Rs. Au Regent Hotel, reserve par internet, on nous donne une chambre tres vaste avec un petit salon, une kitchenette et une SdB au 5e etage. Elle est a peu pres calme malgre les bruits de la ville qui est deja bien reveillee a 6 h du matin.
Mercredi 5/10 : Apres 6 petites heures de repos et une bonne douche nous nous dirigeons vers le Leopold Café pour y prendre notre premier repas en Inde. Petits dejeuner classique malgre qu il soit 13 h. Des oeufs, des toast, du café et une petite soupe Chinoise au poulet et aux nouilles a laquelle je ne resiste pas. Puis direction la gare pour reserver nos billets de train pour Vadodara. Zut!!! Deja en waiting list mais pas de panique, il est quasi certain que nous aurons des couchettes. Apres une heure de marche dans la ville pour s impregner des bruits et des odeurs, nous prenons un taxi vers Dhobi Gats. C est un des plus grands lavoirs du monde. Ce sont des grands bassins en Pierre, a ciel ouvert ou est lave a la main tout le linge de la ville par quelques 15.000 hommes exclusivement. On y manipule quotidiennement des tones de draps, serviettes, dhoti, etc…. Dans le meme quartier, nous irons profiter de la relative quietude du Mahalaxhmi temple ou l on nous offer gentiment quelques gros grains de sucre pour adoucir notre quotidien. Nous terminerons notre tres courte 1ere journee sur la plage de Chozpatty ou quelques jeunes amoureux cotoient des familles dont les enfants s’amusent sur de vieux manages de bois et de feraille. Une grande balancoire aurait bien fait mon bonheur, mais a 60 ans cela n aurait pas fait tres serieux. Elle m a rappele l’ espace dun instant mon enfance, au bon vieux temps ou Bruxelles Brusselait….. Le soir est tombe, les gens sont hyper souriants, curieux de nous, de nos appareils photos avec les “Namaskar” les questions habituelles : what is your name, where do you come from…. Un vrai bon moment dans la fraicheur relative du soir, la brise est legere, le doux clapotis des vagues, les petits etals de belpuri et de panipuri. Genial tout ca. Quant a nous, nous irons nous regaler dans un restaurant don’t la specialite est le poisson. Celui qui nous sera servi est cuit au four “tandoor” après avoir ete enduit de yougourt et d epices. Avant ca, quelques crevettes bien epicees, Hummmmm, excellent tout ca.
Jeudi 6/10 : Apres une vraie nuit de sommeil, je me sens d attaque. Pour commencer la journee, une petite visite au Prince of Wales Museum installe dans un bel edifice a coupole, copie de celle du Golgumbaz de Bijapur. Le musee est tres interessant, il regroupe en effet plusieurs bas reliefs importants ainsi que des sculptures de Pierre, des bronzes et toute une serie de miniatures des differents style du pays, ainsi que quelques miniatures persanes. Je sors donc de ce musee de fort belle humeur. Une grande ballade a pied nous emmene du quartier du fort jusque Chowpatty Beach en passant par l imposante universite, la high court of justice d architecture victorienne et les grands maidans ou les joueurs de criquet se defoulent deja. Apres le dejeuner nous voici a l’India Gate ou nous nous faisons harpooner par 2 des employes d un grand parc juste en face de cette porte monumentale. Le parc etait ferme au public mais on nous fait signe d’entrer malgre que nous n ayons rien demande. Nous en sommes heureux malgre tout car ca nous donne le recul necessaire pour faire de bonnes photo de cette porte celebre par laquelle arrivaient les 1ers voyageurs Europeens au temps des paquebots, époque que j envie, je dois bien l avouer. Maintenant tout va si vite, toujours a courir, toujours a etre presse, quel dommage. Nos 2 employes sont donc si gentils, si empresses a nous prendre en photo mais a l’issue de la séance on nous reclame 700 roupies de backshish. Bien sur ils sont 7 et pauvres et 100 rps ce n est pas grand chose pour des tourists richissimes comme nous. J etais morte de rire et je m en suis tiree avec quelques roupies seulement en leur expliquant que je ne suis pas Americaine mais Belge. On m a repondu : Oh yes, it is the capital of the diamant….. Je ne sais donc pas si je continuerai a dire que je suis Belge car je n ai rien a voir avec les diamants et les fortunes colossales qu’ils generent. Quoi qu il en soit, après une ballade en bateau dans le port de Mumbai, ce meme parc etait ouvert a tous et totallement gratuitement. Mais ca aussi c est l Inde….. Puisqu on y etait j en ai profite pour aller visiter les toilettes du Taj Mahal, superbe hotel et superbes toilettes s il en est. Celles de Versailles peuvent aller se rhabiller…. La petite dame en charge des toilettes, vous fait couler l’eau chaude juste a point sur vos petites mimines, elles vous les saupoudre de savon et lorsqu’elles sont enfin proprettes, elle vous les essuie. J’etais completement ebahie par tant de solicitude mais devant son grand sourire, je me suis laisse faire en lui rendant le mien avec quelques roupes evidemment, mais qu’elle au moins avait bien merite. Allez, il est l’heure d’aller faire un tour dans un emporium car l’envie m’en demange deja bien que je me suis promis de ne rien acheter pendant au moins …….8 jours. Jusqu’a ce soir pari tenu mais je viens d’arriver et j’aurais pu craquer 10 fois deja. Ah la la, que c est dur de resister. Pour me consoler, je sais que je terminerai mon voyage ici et que j aurai au moins 2 jours entiers pour faire du shopping. Le soir, resto penjabi ou l airco se charge deja de me refroidir. En sortant j ai mal a la gorge. Nous arrivons a BCT pour prendre le Vadodara Express, depart a 23 h 30. Apres une petite negociation ardue avec les porteurs qui sont au moins a 20 autour de nous, nous constatons avec soulagement que les “chart’ affichent nos couchettes en A1, 37 et 39. Super nous pourrons dormir tranquilles. Le train entre en gare, on s installe pour la nuit et dodo.
Vendredi 7/10 : Arrivee a Baroda (Vadodara) a 6 h 30. Miracle, le train est pile a l heure. Comme les choses ont change depuis mon 1er voyage en 1988. L hotel Surya n est pas loin de la gare et le rickshw nous y depose en quelques minutes pour 10 rps. Comme j ai encore pris plus froid dans le train ou l’AC fonctionnait sans doute au maximum, je decide de m accorder quelques heures de repos supplementaire avant de commencer la visite de cette ville beaucoup plus grande qu il n y parait mais ou les batiments interessants ne pullulent pas. Le Laxhmi Villa, imposant palais entoure d un grand parc people de paons sert de décor aux clubs de criquet et de golf mais ne se visite pas. En fait le but de notre halte dans cette ville est le festival de Navratri qui est fete ici avec plus de faste et de conviction qu ailleurs dans le Gujarat. Le soir toute la ville y danse et participe. Apres avoir soupe dans un tres bel endroit ou nous avons profite d un buffet de plats Indiens, Chinois et presque continentaux, nous nous rendons dans un grand parc a la lisiere de la ville ou sont deja rassembles plus de 1.500 personnes sur la piste centrale pour une “Garba dance” endiablee qui va durer 3 heures au total. Il y avait encore 2 fois plus de monde autour de la piste et il fallait bien s accrocher pour acceder a sa place dans les tribunes. La musique battait deja son plein, les costumes traditionnels du Gajarat sont superbes et tres colores mais helas les photos sont totallement interdites et nous sommes surveilles de pres par un service d ordre nombreux pour eviter tout debordement. Apres 2 h de danses ou les mouvements sont tres repetitifs et sont ponctues par le cliquetis de 2 batons courts que l on fait virevolter dqns les airs, nous decidons de rentrer nous coucher. A notre grande surprise, juste devant notre hotel, on a installe une estrade ou se trouvent les musicians et la rue est noire de monde. Au center, les danseurs et tout autour le public. Je me joins donc a eux pendant un bon moment car de toute maniere, il est totallement inutile d esperer pouvoir dormir, notre fenetre donnant juste au dessus de l estrade des musicians et la sono est a fond. Ici par contre les photos sont premises mais la foule est tellement dense qu il est plutot difficile de faire un cliché correct. Enfin, on verra ca plus tard. Pour l instant je regarde et je profite. Les gens sont sy;pqs et gais. Ils m expliauent le sens de la fete, m offrant de m asseoir, m offrant a boire. Ils sont heureux que je les prenne en photo. Un regal pour les yeux et les oreilles car les musicians ici aussi sont excellents. Que du bonheur !!! Ah que les Indiens sont doues pour faire la fete. Je savoure chaque minute qui passe et quand je vais enfin me coucher, je m endors avec le sourire aux levres car ici c est mon nirvana a moi.
Samedi 8/10 : Nous avons loue une voiture pour 2 jours et a 7 h, nous voici en route pour Dhaboi qui est un tout petit village dont l’enceinte fortifiee a garde 2 portes impressionnantes. Dans l’une d’elle, un petit temple ou on nous offer de la noix de coco. Derriere la porte, un reservoir d’eau ou les femmes sont en train de laver le linge. Questions habituelles, séance de photos et pleins de sourires. L’endroit ne voit guerre de tourists, ce qui explique sans doute encore plus la curiosite des gens mais aussi un peu de timidite de la part des jeunes femmes qui me demandent pourtant toutes de les prendre en photo. Jean se charge d’immortaliser les jeunes garcons qui n’osent me demander a moi sans doute et tous sont tres heureux de voir leur image sur le petit ecran de l’appareil digital. Nous les quittons a regret pour nous render a Pavagadh, juste a cote de Champaner qui fut au 8e S. la capitale des Rajpoutes Chauhan. La Jama Masjid est superbe. Elle date de 1513 et l’entrée sculptee dans la Pierre est de toute beaute. Une seconde mosquee dans l’enceinte des ramparts impressionnants est toute aussi belle. La colline de Pavagadh est un lieu de pelerinage tres important. En cette periode de Navaratri, il y a une foule considerable et la police nous deconseille fortement de monter en bus gouvernemental qui est litteralement pris d assaut a chaque depart. Les autres vehicules sont totalement interdit sur la colline et le funiculaire qui y accedait a ete ferme pour cause d’accident mortel en 2003. Nous rentrerons donc a Vadodara pour profiter une fois de plus de l’ambiance de la fete et des “garba dance”. La fete de Navaratri dure 9 jours ou plutot 9 nuits. Ce festival est dedie a Durga, la deesse mere et il est le prelude a Dussehra. Chaque quartier a son proper lieu ou s’eleve une estrade pour les musicians et une enceinte parfois delimitee par de simples cordes pour les danseurs. La soiree est un peu moins animee que celle d’hier mais dure quand meme jusque plus de minuit. Nos nuits de sommeil sont donc un peu courtes mais la joie de participer a la fete compense meme si la fatigue se fait un peu sentir.
Dimanche 9/10 : Depart de Baroda vers 9h 15 pour 100 kms de route. A plus ou moins 60 kms, nous nous arretons a Vaso pour y visiter une superbe haveli ou nous sommes tres chaleureusement accueillis par un Monsieur de 92 ans (son anniversaire est le 11 novembre prochain et je me suis promis de lui envoyer une petite carte). Il est le petit-fils de celui qui fit construire la haveli. Notre chauffeur ne connaissait ni le village, ni la haveli, ni meme la route pour y arriver et j ai donc du fortement insister pour m’y faire conduire en en trouvant le chemin d acces par moi meme en demandant a gauche et a droite a des gens qui ne parlaient souvent que le gujarati que je ne maitrise evidemment pas moi meme. Ce fut donc assez cocasse mais on y est arrives et c est le principal. En tout cas, cela valait largement le detour et ma 1ere pensee fut pour toi Phil car avec ton coup de crayon magique, tu nous aurait fait de ces croquis sublimes. Entre le proprietaire avec lequel j ai de suite sympathise et l endroit merveilleux, je ne sais ce que tu aurais prefere croquer. En tout cas, j y ai passé un excellent moment trop court bien sur et cette belle decouverte m’a mise d’encore meilleure humeur, si cela est possible. Ce village paisible, cette magnifique demeure, entouree d’un jardin empreint de serenite. Ah! Que l’Inde reserve encore de belles surprises a celui qui sait prendre son temps. Nous arrivons a Ahmedabad vers le milieu de lapres-midi. Pas mal d’hotels mais ou surevalues ou trop chers meme si le luxe est au rendez-vous comme au Meridien par exemple a 195 US$, ce qui n’est pas prevu dans mon budget. Nous avons fini par degotter le KingPalace ou le patron est charmant et nous laisse la chambre “executive” a 1.500 Rps au lieu de 1.800 et un bon de 300 Rps a valoir sur n’importe quell repas pris dans son restaurant attenant. Tout ca n’ est pas mal du tout en comparaison de tout ce que j’ai vu avant. Le restaurant que nous avons teste des notre arrivee est d’ailleurs excellent et tout le monde est sympa. Le soir nous irons voir le son et lumiere de Sabarmathi Ashram a 20.30 h (65 minutes, en anglais et a 5 kms de la ville). Il retrace la vie de Gandhi. Mais lorsque nous arrivons sur place, deception, il est annule car pas assez de monde et nous rentrons donc a l’hotel pour une nuit de sommeil bien meritee.
Lundi 10/10 : Debout a 5 h 30 et depart vers 7 h pour Nal Sarovar. Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais il n’est pas venu seul. Son copain parle quelques mots et fait de son mieux pour nous etre agreeable. Le lac n’ est qu’a 60 kms d’Ahmedabad mais on a quand meme mis 1 h 45 pour y arriver. Il est vrai que nous nous sommes arêtes en route pour faire des photos de familles nomades qui circulaient sur la route avec des grandes charettes tres hautes tirees par des chameaux tres hauts sur pattes egalement. Arrives sur place (entrée a 215 rps pp + parking obligatoire + voiture + appareil photo + n/guide et chauffeur) nous nous rendons compte que l’expedition n’est pas gratuite du tout et j’espere donc ne pas etre venue pour rien. Nous sommes de suite abordes par des bateliers qui se vantent de nous faire voir des flamants roses et un tas d’autres oiseaux, raison pour laquelle nous sommes d’ailleurs venus. Leur tariff 1.000 rps pour le tour du lac. Evidemment je veux d abord voir le lac de pres avant de me decider car j’ai deja la nette impression de ne rien voir du tout. Aucun oiseau a l’horizon mais devant le harcellement incessant des bateliers nous finissons par tomber d’accord sur 300 rps pour 2 h de ballade qui sera me semble t’il largement suffisant. Le bateau a fond plat est propulse a l’aide de longs bambous car le lac est peu profound et les moteurs ne sont pas de mise sur ce lac qui est une reserve ornitologique importante ou se rassemblent des milliers de flamants et oiseaux migrateurs mais plus tard dans la saison, en fait fin novembre-decembre. Nous avions espere mais en vain. Apres 2 h en plein soleil, nous sommes quasimment grilles sur place et nous n’avons rien vu d’autre que quelques gros nenuphars blancs et quelques plus petits de couleur lilas pale au coeur d’or. Nous avons egalement apercu quelques toutes petites grenouilles qui se deplacent avec une rapidite extraordinaire sur les grandes feuilles de nenuphars. Comme pour nous faire voir que nous n’etions pas seul sur ce lac, un cormoran a soudain daigne sortir sa tete de l’eau pour y replonger tout aussitot en nous laissant frustres de ne meme pas avoir pu le fixer sur la pellicule. Apres quelques kms sur la route du retour nous faison un bref arret dans un petit bourg paisible et j’en profite encore une fois pour y faire a la demande des femmes habillees de couleurs chatoyantes quelques clichés. Elles ont de nombreux tatouages sur la gorge et sur les bras et portent de tres beaus bijoux d’oreilles en or. Elles sont tres joyeuses et se pretent volontiers a la séance photo qui tourne vite a la rigolade generale. Un peu plus loin, j’apercois en contrebas de la route toute une serie d’oiseaux, pas des flamants roses, certes, mais des grues, des ibis, des grands herons blancs, des courlis et un paon en plein vol qui passé juste au-dessus de ma tete. Enfin, quelques chouettes photos a faire! J’espere qu’elles seront reussies car il faut deployer une patience d’ange pour la photo animaliere, et ce n’est pas ce qui me caracterise le plus, il faut bien le dire. J’en vois d’ici qui rient deja a gorge deployee….. De retour dans les faubourgs d’Ahmedabad, notre chauffeur nous emmene voir un complexe architectural du 15e S qui se trouve dans le quartier de Sarkej. Autour d’un immense basin a gradins sont regroupes un palais royal + un palais pour les femmes (reine, princesses et dames de la cour) + une mosquee de 1451 et la tombe d’un saint ainsi que le mausolee du roi qui abrite les tombes de Muhamad Shah Begada et de ses 3 epouses royales. Ces cenotaphs sont sculptes dans le marbre et sont des merveilles de finesse. C’est le descendant direct du saint qui nous fait visiter l’endroit. Il nous explique tout avec une extreme gentillese et avec moultes details. Il nous a consacre d’ailleurs pas mal de temps et tout cela tout a fait gratuitement mais bien sur nous n’avons pas manqué de laisser une offrande pour la mosquee, ce qui fut apprecie, cela va sans dire. Nous irons ensuite voir un “baoli” qui est un reservoir collectant les eaux pluviales en periode de mousson. Dans tout l’etat du Goujarat il sont nombreux et particulierement impressionnants. Celui de Hari Vav ou nous sommes, compte 5 etages sur 20 M de profondeur. Il date de 1501. Nous ne nous attarderons pas trop longtemps et filons voir le Hathee Singh Jain temple qui est assez sobre compare aux merveilleux temples jain du Rajasthan. Notre derniere halte de la journee sera pour la mosquee de Rani Rupmati qui date de la moitie du 15e S. et porte le nom de l’epouse hindoue d’un sultan. Malheureusement nous arrivons en pleine heure de priere qui marque la fin du jeune de Ramadan. Comme il est 18 h la priere est un peu plus longue qu’a l’ordinaire avant que les fideles ne regagnent leurs foyers pour partager leur unique repas de la journee en famille ou avec des amis.
Mardi 11/10 : Ahmedabas etait une ville prestigieuse “abad” significant riche. La ville a successivement connu des periodes de grandeur et de declin. En 1615, l’ambassadeur Anglais a reporte que la ville etait aussi grande que Londres a la meme époque. A partir de 1915 son essor industriel lui a assure une nouvelle prosperite. Tout le Gujarat est fortement marque par la philosophie de vie de Gandhi, natif de cet etat. A Ahmedabad la majorite des restaurant sont vegetarians et on n’y trouve pas une goutte d’alcool. Pour moi, ce n’est donc pas une etape gatronomique car ceux qui me connaissent savent que je suis loin d’adherer a cette facon de me nourrir. Heureusement notre hotel est sans doute tenu par des musulmans et comporte un restaurant ou l’on peut aussi manger “non-veg” mais le choix se limite a plusieurs preparations de poulet. Enfin, c”est mieux que rien. Va pour le poulet une fois de plus…. Ce matin nous visiterons successivement la mosquee de Sidi Sayad, petite mais tres finement sculptee, surtout ses fenetres de marbres sont ciselees comme des dentelles. Une petite merveille. Puis Teen Darwaja, la triple porte d’ou les sultants regardaient les processions s’acheminer du palais jusqu’a la Jama Masjid. Cette porte se trouve maintenant au coeur d’un bazar tres actif et tres anime plein de vie et de cris des nombreux marchands de tout ce qui est necessaire a la vie quotidienne. Juste a cote se trouve la Jama Masjid edifiee en 1423. Elle est couronnee de 15 domes soutenus par 260 piliers. Le seisme de 2001 a endommage plusieurs “jails” qui sont ces fenetres de marbre finement cisele commes des moucharbieh. Les minarets oscillants flanquant le porche d’entrée durent egalement detruits par les seismes successifs de 1819 et 1957. Malgre cela la mosquee garde encore fiere allure. Jouxtant la mosquee, le mausolee d’Ahmed Shah (fondateur de la ville en 1411) Le tombeau contient egalement les cenotaphs de son fils et de son petit-fils. Quant aux reines, elles sont releguees de l’autre cote de la rue sur une simple plate-forme de Pierre. Apres un frugal repas de soupe et butter nan, nous poursuivons notre visite par le clou de notre visite dans cette ville ou les choses interessantes ne manquent pas.. Sans contest, le Calico Museum dedie entierement a l’art du textile est une merveille en soi. Le musee est installe dans la fondation Sarabhai. Une tres belle haveli (demeure traditionnelle) entouree de magnifiques jardins. Il abrite une tres riche collection de tissues anciens et modernes et presente egalement quelques beaux objets comme des métiers a tisser, un berceau richement decore, un lit d’apparat, quelques beaux meubles anciens, quelques statues, le tout tres bien mis en valeur par de magnifiques eclairages appropries a chaque piece presentee. Une visite guidee en anglais qui d’ailleurs nous apprend plein de choses sur cet etat si riche et si prospere. Nous poursuivons la journee en nous rendant au chatoyant temple de la secte de Swami Narayan qui la encore nous est presente par un monsieur tres affable qui nous donne lui aussi plein de renseignements et d’explications sur la vie et l’oeuvre du gourou fondateur ainsi que sur le temple lui-meme. Cette secte semble tres prospere car le temple est tres grand et comprend plusieurs batiments richement decores de sculptures en bois peintes aux couleurs vives. Il est tres bien entretenu. Tout y est pimpant. On nous y offer le the et lorsque nous allions prendre conge de notre hote, nous voyons arriver dans un batiment annexe reserve aux femmes, une chaise a porteur completement entouree de tissues drapes nous derobant totalement la vue de ce qui se passait en-dessous de cette epaisse tenture. Il s’agissait en fait de l’arrivee de la grand mere du gourou actuel, descendant en droite ligne du fondateur. Aucun homme ne peut voir son visage et lorsqu’elle sort de sa chaise, elle disparait en-dessous d’un enorme parasol egalement drape de tissues. Notre guide me suggere vivement d’aller la saluer personnellent, ce que je fais avec plaisir evidemment. Elle est agee de 92 ans et etait ravie de cette rencontre inatendue car les voyageurs occidentaux se font rares ici. En la quittant, nous nous rendons encore a la mosquee de Rani Sipri mais il se fait tard et une fois de plus nous arrivons en pleine heure de priere. Il est vrai que le temps passé trop vite ici. Cette mosquee don’t la construction fut commandee par l’epouse du sultan Mahmut Begara en 1514 est d’une rare elegance. Son surnom de “mosquee-joyau’ n’est vraiment pas usurpe. Elle possede egalement de merveilleux “jalis”. Nous n’aurons malheureusement plus le temps de visiter la mosquee de Sidi Bashir ni les 2 musees situes sur le campus universitaire mais ce sera sans doute partie remise car je pense que nous devrons repasser par ici avant de regagner Mumbai et Aurangabad.
Mercredi 12/10 : Cette fois nous partons de bonne heure en direction de Patan a 130 kms au nord-ouest d’Ahmedabad. Apres 19 kms, un 1er arret nous laisse sans voix devant un ‘baoli” (puit) impressionnant et de toute beaute. Il fut construit en 1499 a la demande d”une reine. 3 entrees conduisent a une plate-forme soutenue par 16 pilliers avec des angles occupes par des sanctuaries. Le baoli est tres decore d’exquises sculptures en Pierre avec une grande variete de motifs sur 5 etages. Encore une tres belle decouverte qui se trouve dans le village d’Adalaj don’t le nom du puit “Adalaj Vav”. 2 cars d’ecoliers partagent notre emerveillement et c’est donc en joyeuse compagnie que nous terminons cette visite. Nous continuons notre route a travers une verte campagne par une route a peage bien macadamisee et nous arrivons a Patan sans encombres. Juste avant la ville nous traversons un carrefour important ou des jeunes femmes executent une danse car aujourd’hui c’est la fete de Dussehra. Encore plein de sourires s’offrent a nous et les danseuses se font un plaisir de se tourner sans cesse du bon cote pour que les photos soient bonnes. Nous les quittons a regrets mais le chauffeur s’impatiente car la route est encore longue. Patan est une petite ville pleine de ruelles etroites dans sa partie ancienne. Elle est surtout connue pour la fabrication de saris en soie don’t les fils en soie sont teints a la main dans plusieurs bains successifs avec des couleurs exclusivement vegetales pour creer le motif avant meme que le tissage commence. C’est donc un travail de longue haleine et de grande dexterite double de patience execute par des gens qui maitrise extremement bien la technique. Nous avons eu la chance de visiter un atelier tres renomme et c’est le patron-artisant lui meme qui nous a fait les honneurs de son atelier et de ses merveilles. Il a ete tres souvent medaille par l’etat Indien entr’autre, ce qui explique toute la fierte de cet homme qui est le meilleur artisant de cette technique. Il nous offer le the, nous montre toutes ses recompenses, don’t une recue de l’etat Francais et une autre du Japon. Plusieurs livres lui ont ete consacre car sa famille oeuvre dans l’art du patiola (nom donne a cette technique). Au Japon, cette homme serait qulifie de tresor vivant tellement son travail est artistique et peu de gens sont capables de reproduire cette technique. Inutile de dire que les saris qui sortent de ses ateliers coutent une petite fortune. La derniere piece qui vient d’etre terminee s’en ira d’ailleurs enrichir la collection d’un grand musee Japonnais. Il ne travaille que sur commande et la liste d’attente actuelle est de 4 ans minimum. Encore un excellent moment passé ici. Il sera suivi de la visite de l’epoustouflant Rani-Ki-Vav, un autre baoli encore plus extraordinaire que les precedents. Des sculptures sur 8 etages. C’est somptueux et je n’exagere pas. Je descends les etages, les remonte, redescend encore une fois, je n’en crois pas mes yeux. Apres des dizaines de photos, je dois quitter cet endroit magique a regret encore une fois ou hormis un couple d’indiens avec 2 jeunes gens, il n’y a strictement personne. Allez, je m’arrache pour aller voir une autre merveille d’un autre genre après quelques moments passes dans le bazaar de la vieille ville ou je m’achete pour 60 roupies un anneau de velours remboure brode de perles que les femmes portent sur la tete, pour servir de support a leur broc d’eau en cuivre ou plus souvent maintenant en inox. Je m’offre aussi une petite tresse en coauillages et fleurs don’t on se sert pour orner les petits temples familiaux. 40 roupies, une vraie folie. Lorsque nous qrrivons a Modhera, le sun temple nous accueille dans la pleine lumiere du soleil de la mi-journee. Ce temple est d’ailleurs dedie a Surya, dieu du soleil. Il fut edifie par le roi Bhimdev er en 1026 et ressemble a celui de Konarak dans l’Orissa, erige 2 siecles plus tard. Ils furent tous 2 concus de maniere a ce que le soleil levant eclaire l’image de Surya au moment des equinoxes. Le temple de Modhera comme celui de Somnath que nous irons voir dans quelques jours fut pille par Mahmut de Gazni lors de son passage. Ce qui en reste est neanmoins fascinant. 52 pilliers delicatement sculptes, retracant des scenes du Ramayana et du Mahabharata. A l’interieur du temple, 12 niches ou se trouvent les representations du dieu Surya pour chacun des 12 mois de l’annee. Devant le temple, encore un impressionnant baoli, le Surya Kund. Plus de 100 sanctuaires dedies a Ganesh, Vishnu et Shiva. Apres toutes ces merveilles, quelques minutes de repos devant un Limca bien frais et nous repartons de plus belle. En effet, hier soir au restaurant, notre gentil serveur nous a parle d’un temple extraordinaire a Gandhinagar. Celui-ci n’etait pas prevu au programme mais il est encore assez tot et nous profiterons donc de l’occasion pour aller y jeter un coup d’oeil. La ville de Gandhinagar est la nouvelle capitale du Gujarat et son nom lui a bien sur ete donne en homage au Mahatma Gandhi. Elle se trouve a 32 kms au N-E d’Ahmedabad qu’elle a detrone en tant que capitale. C’est la 2e ville planifiee en Inde après Chandinagar. Le Corbusier participa d’ailleurs a sa construction qui a debute en 1965. Nous ne verrons pas grand chose de la ville si ce n’est le magnifique temple Akshardam de la secte hindoue de Swami Narayan. 1.000 artisants ont participe a sa construction et 6.000 tonnes de gres rose y sont employe. Il est acheve depuis une 30e d’annees seulement, mais cela n’enleve rien a sa beaute car les artisants qui y ont oeuvre, y ont mis tout leur savoir faire. Une vraie reussite. Ce qui prouve bien qu’en Inde ont sait toujours faire des prouesses d’architecture sans verre et sans beton, et quel resultat. De retour a Ahmedabad, il nous reste a nous preparer pour repartir des le lendemain matin pour d’autres lieux enchanteurs
A tres bientot pour la suite de ces aventures indiennes..................
En cette fin d'année 1995, mon père arbore la rosette de la Légion d'Honneur fraîchement épinglée au revers de son costume de fête par un préfet vendéen, pour honorer ce vétéran de la grande guerre. C'est son jour de gloire car il souffle les cent bougies de son gateau d'anniversaire avec l'aide de ses arrières petits-enfants. Ses cinquante descendants se sont réunis pour cet événement exceptionnel... qui précède notre départ vers Bombay.
A bord d'un avion Air-India, on retrouve les saveurs des plats indiens servis à bord par de belles hôtesses en sari. C'est sous un soleil levant voilé de brume jaunâtre que l'avion s'approche de Bombay-Mumbai. On n'en croit pas ses yeux : un gigantesque bidonville déferle tout contre les grillages qui limitent le tarmac. Quelques pilotes de nos amis disent qu'ils ont, à chaque fois, le même choc : ils plongent droit sur les baraques qui entourent la piste où ils posent leurs monstres rugissants... Les malheureux qui survivent dans ces bicoques sont certainement devenus sourds et aveugles pour résister à ces agressions incessantes.
Lourde chaleur humide, plus de 30°, le contraste est violent pour nous qui avons quitté un Paris glacé. Mêmes formalités de douane, police, contrôles de passeports et visas, change de dollars en roupies, et taxi pour l'Hôtel Ritz, point de chute de nos trois premières nuits. La vieille guimbarde saute et bringuebale sur une route poussiéreuse qui traverse le chaos du plus grand bidonville du monde. Douze à quinze millions d'habitants dans la mégapole, qui a rejeté le plus loin possible du centre les sans-ressources agglutinés sur des kilomètres dans cette banlieue pourrie.
Le Ritz est situé près de la gare Churchgate qui dessert principalement les environs de Bombay. Une foule de travailleurs envahit les trottoirs à heures fixes, avec un objectif commun qui s'inverse en fin de journée.
C'est le dernier jour de l'année 1995, comment les Indiens fêtent-ils la nuit de la St-Sylvestre ? Nous aurons la réponse le soir même. Nous partons explorer le coeur de Bombay dès l'aube. Le quartier historique a été édifié par les britanniques à la gloire de leurs souverains. Si l'on en juge le style de construction en briques de la Victoria Station, c'est à leur reine-impératrice des Indes qu'ils ont également dédié les monuments officiels tels que l'Université et la Haute Cour de Justice, pur XIXème siècle rococo-anglais. La célèbre India Gate, sur le front de mer, est un arc de gloire offert au roi George V et à la reine Mary lors de leur visite en 1911.
Face à la mer d'Oman, le plus prestigieux palace de l'Inde, le Taj Mahal Hôtel, se dresse de toute son imposante structure de pierres, surmontée de coupoles qui rappellent vaguement son homonyme d'Agra. Quand on pénètre dans le hall, un immense sapin de Noël paré de boules scintillantes nous indique immédiatement que les riches indiens ont ajouté cette chrétienne tradition à leurs innombrables fêtes locales. Plusieurs grands salons de réception où des fauteuils profonds accueillent les clients fortunés. Ameublement luxueux, lustres monumentaux, miroirs et tableaux ornent les murs de ce temple dédié à la déesse Lakshmi, grande prêtresse du fric dans la mythologie hindoue. Une hôtesse nous guide au dernier étage pour contempler le panorama époustouflant sur la ville et la mer à nos pieds...
Une armée de serviteurs en tenue d'apparat s'affaire autour de nous, souriant sans obséquiosité, prêts à nous aider dans le choix d'un restaurant parmi les quatre du palace. C'est au Sharmiana que nous nous régalons de spécialités, revues et corrigées pour nos palais fragiles par un chef qui a beaucoup voyagé. Comme dans tous les établissements de ce type, la galerie marchande présente les plus beaux objets d'art, des vêtements traditionnels, livres, cartes postales, souvenirs divers dont nous faisons une première moisson. J'admire, une fois de plus, les superbes tapis cachemiris...
Quelques pas dans les jolis jardins suspendus (Hanging Gardens), où les familles promènent leurs enfants qui jouent comme tous les enfants du monde à la balançoire et au toboggan.
Intrigués par de drôles de coutumes, nous espérons apercevoir les fameuses Tours du silence au sommet desquelles les Parsis déposent leurs morts, offerts en pâture à de gras vautours. On a beau écarquiller les yeux, on ne voit strictement rien car de hauts murs dissimulent ces rites étranges aux regards indiscrets.
Dans le Temple Jaïna, par contre, nous sommes autorisés à pénétrer pour assister aux cérémonies de l'après-midi en compagnie d'une foule de fidèles en costumes bariolés, les bras chargés d'offrandes et d'énormes bouquets de fleurs. Tintements de clochettes, chants rituels, trompettes et cymbales rythment les différentes phases de la "messe". Photos autorisées.
Arrive l'heure du souper : à la réception du Ritz, on nous rappelle que c'est le réveillon, ce soir, et qu'un dîner-spectacle va être servi, moyennant supplément. Effectivement, lorsqu'on pénètre dans la salle à manger, revêtus l'un et l'autre de nos plus beaux habits, il y a déjà de nombreux convives indiens, très élégants, assis à table pour fêter l'année nouvelle. Un orchestre joue des airs discos et les plus jeunes dansent joue contre joue ou sautillent en cadence sur la piste, entre les plats du dîner. C'est très long... Nous irions bien dormir, lorsque l'animateur annonce le tirage d'une loterie : il déplie un papier et claironne le nom des gagnants :... oui, on a bien entendu, sous les applaudissements, il nous offre une charmante pendulette qui fera le bonheur, à coup sûr, de nos petits enfants ! Nous sommes émus par la gentillesse de cette joyeuse assemblée. Souvenir touchant, mais encombrant, que nous allons promener durant quatre semaines dans nos bagages, jusqu'à notre retour en France.
L'Ile Elephanta est notre destination en ce premier de l'an 1996. De nombreux bateaux proposent l'excursion. Embarquement sur un vieux rafiot qui en a vu d'autres d'une joyeuse bande d'indiens en goguette qui montent à bord, chantent et chahutent dans un tonitruant charivari. La traversée dure une heure dans la baie peuplée d'énormes navires de tous les pays. Au loin, on distingue une centrale nucléaire édifiée sur un îlot. L'eau est noire et visqueuse et n'incite pas à la baignade. Mais comme toujours, en Inde, la beauté de l'île Elephanta fait oublier la pollution industrielle de l'immense port de commerce.
Les grands arbres exotiques forment une voûte exquise où il fait bon escalader les hautes marches qui mènent aux grottes sculptées entre le Vème et le VIIIème siècles, consacrées au dieu Shiva. La montée est accompagnée par les multiples vendeurs de souvenirs qui interpellent les visiteurs. Certains proposent de jolis colliers de grenat et d'améthyste. Quelques cristaux de quartz feront le bonheur de notre petit fils, grand amateur de minéraux.
Les indiens sont en congé, aujourd'hui, et ils sont venus très nombreux sur l'île, chargés de volumineux paniers de pique-nique. Assis à l'ombre des arbres, c'est un monde haut en couleurs qui a fui la grande ville pour goûter la fraîcheur de ce petit paradis.
Dans les grottes bien trop sombres, les photos sont décevantes, nul éclairage n'a été prévu pour mettre en valeur les splendides statues qu'on devine plus qu'on ne les voit au fond des galeries. Mais il règne une atmosphère étrange, mystérieuse et magique, qui nous enveloppe et nous fascine. Le visage de Shiva, dont les trois faces expriment la complexité du dieu, est si imposant avec ses cinq mètres de hauteur qu'on est écrasé au sol comme une fourmi devant un éléphant ! L'oppression se dissipe quand on retrouve le soleil et les sarabandes de singes qui accourent vers nous, curieux et affamés. Biscuits, bonbons, fruits, ils attrapent tout avec frénésie, se réfugiant dans les arbres pour dévorer ces friandises.
La faim nous tenaille : point de restauration alléchante sur place. Il est temps de rejoindre la terre ferme avant le retour massif des randonneurs. La mer est légèrement houleuse, il fait une chaleur poisseuse et nous accostons devant la porte de l'Inde vers 14 heures. Déjeuner délicieux au "Rangoli", bistro typique dont le buffet regorge de mets irrésistibles.
Notre hôtel est situé dans le quartier le plus touristique de la ville, et dès que nous sortons dans la rue, une nuée de quémandeurs fonce sur nous... Méfiance : la veille, on s'est laissés amadouer par un "étudiant" qui nous a entraînés dans la cour d'une morgue... Pas d'argent pour payer le bois du bûcher... Impossible d'échapper à quelques bonshommes d'apparence religieuse, armés d'un cahier de donations obligatoires. Que cela nous serve de leçon pour la suite du voyage.
Derrière le luxueux Taj Mahal, des ruelles immondes sont envahies d'une foule mêlée de touristes en quête d'émotions fortes. Le sol est jonché de détritus ignobles, des tas d'ordures jamais ramassées sont visités par quelques miséreux qui disputent aux rats les débris encore récupérables. Nausée, dégoût, immense pitié pour les laissés-pour compte qui n'ont plus que ça pour survivre. Au milieu de ce cloaque, quelques vestiges de la splendeur britannique subsistent comme des hâvres de paix au milieu de l'enfer.
Le restaurant "Vintage" surprend par sa relative propreté et la qualité du service à l'anglaise. Ce qu'on y mange n'est pas aussi mauvais qu'on pourrait le craindre. La cuisine grande-bretonne, en général, n'a pas très bonne réputation auprès des frenchies. Nous avions connu bien pire à Londres, il n'y a pas si longtemps !..
A bord d'un avion Air-India, on retrouve les saveurs des plats indiens servis à bord par de belles hôtesses en sari. C'est sous un soleil levant voilé de brume jaunâtre que l'avion s'approche de Bombay-Mumbai. On n'en croit pas ses yeux : un gigantesque bidonville déferle tout contre les grillages qui limitent le tarmac. Quelques pilotes de nos amis disent qu'ils ont, à chaque fois, le même choc : ils plongent droit sur les baraques qui entourent la piste où ils posent leurs monstres rugissants... Les malheureux qui survivent dans ces bicoques sont certainement devenus sourds et aveugles pour résister à ces agressions incessantes.
Lourde chaleur humide, plus de 30°, le contraste est violent pour nous qui avons quitté un Paris glacé. Mêmes formalités de douane, police, contrôles de passeports et visas, change de dollars en roupies, et taxi pour l'Hôtel Ritz, point de chute de nos trois premières nuits. La vieille guimbarde saute et bringuebale sur une route poussiéreuse qui traverse le chaos du plus grand bidonville du monde. Douze à quinze millions d'habitants dans la mégapole, qui a rejeté le plus loin possible du centre les sans-ressources agglutinés sur des kilomètres dans cette banlieue pourrie.
Le Ritz est situé près de la gare Churchgate qui dessert principalement les environs de Bombay. Une foule de travailleurs envahit les trottoirs à heures fixes, avec un objectif commun qui s'inverse en fin de journée.
C'est le dernier jour de l'année 1995, comment les Indiens fêtent-ils la nuit de la St-Sylvestre ? Nous aurons la réponse le soir même. Nous partons explorer le coeur de Bombay dès l'aube. Le quartier historique a été édifié par les britanniques à la gloire de leurs souverains. Si l'on en juge le style de construction en briques de la Victoria Station, c'est à leur reine-impératrice des Indes qu'ils ont également dédié les monuments officiels tels que l'Université et la Haute Cour de Justice, pur XIXème siècle rococo-anglais. La célèbre India Gate, sur le front de mer, est un arc de gloire offert au roi George V et à la reine Mary lors de leur visite en 1911.
Face à la mer d'Oman, le plus prestigieux palace de l'Inde, le Taj Mahal Hôtel, se dresse de toute son imposante structure de pierres, surmontée de coupoles qui rappellent vaguement son homonyme d'Agra. Quand on pénètre dans le hall, un immense sapin de Noël paré de boules scintillantes nous indique immédiatement que les riches indiens ont ajouté cette chrétienne tradition à leurs innombrables fêtes locales. Plusieurs grands salons de réception où des fauteuils profonds accueillent les clients fortunés. Ameublement luxueux, lustres monumentaux, miroirs et tableaux ornent les murs de ce temple dédié à la déesse Lakshmi, grande prêtresse du fric dans la mythologie hindoue. Une hôtesse nous guide au dernier étage pour contempler le panorama époustouflant sur la ville et la mer à nos pieds...
Une armée de serviteurs en tenue d'apparat s'affaire autour de nous, souriant sans obséquiosité, prêts à nous aider dans le choix d'un restaurant parmi les quatre du palace. C'est au Sharmiana que nous nous régalons de spécialités, revues et corrigées pour nos palais fragiles par un chef qui a beaucoup voyagé. Comme dans tous les établissements de ce type, la galerie marchande présente les plus beaux objets d'art, des vêtements traditionnels, livres, cartes postales, souvenirs divers dont nous faisons une première moisson. J'admire, une fois de plus, les superbes tapis cachemiris...
Quelques pas dans les jolis jardins suspendus (Hanging Gardens), où les familles promènent leurs enfants qui jouent comme tous les enfants du monde à la balançoire et au toboggan.
Intrigués par de drôles de coutumes, nous espérons apercevoir les fameuses Tours du silence au sommet desquelles les Parsis déposent leurs morts, offerts en pâture à de gras vautours. On a beau écarquiller les yeux, on ne voit strictement rien car de hauts murs dissimulent ces rites étranges aux regards indiscrets.
Dans le Temple Jaïna, par contre, nous sommes autorisés à pénétrer pour assister aux cérémonies de l'après-midi en compagnie d'une foule de fidèles en costumes bariolés, les bras chargés d'offrandes et d'énormes bouquets de fleurs. Tintements de clochettes, chants rituels, trompettes et cymbales rythment les différentes phases de la "messe". Photos autorisées.
Arrive l'heure du souper : à la réception du Ritz, on nous rappelle que c'est le réveillon, ce soir, et qu'un dîner-spectacle va être servi, moyennant supplément. Effectivement, lorsqu'on pénètre dans la salle à manger, revêtus l'un et l'autre de nos plus beaux habits, il y a déjà de nombreux convives indiens, très élégants, assis à table pour fêter l'année nouvelle. Un orchestre joue des airs discos et les plus jeunes dansent joue contre joue ou sautillent en cadence sur la piste, entre les plats du dîner. C'est très long... Nous irions bien dormir, lorsque l'animateur annonce le tirage d'une loterie : il déplie un papier et claironne le nom des gagnants :... oui, on a bien entendu, sous les applaudissements, il nous offre une charmante pendulette qui fera le bonheur, à coup sûr, de nos petits enfants ! Nous sommes émus par la gentillesse de cette joyeuse assemblée. Souvenir touchant, mais encombrant, que nous allons promener durant quatre semaines dans nos bagages, jusqu'à notre retour en France.
L'Ile Elephanta est notre destination en ce premier de l'an 1996. De nombreux bateaux proposent l'excursion. Embarquement sur un vieux rafiot qui en a vu d'autres d'une joyeuse bande d'indiens en goguette qui montent à bord, chantent et chahutent dans un tonitruant charivari. La traversée dure une heure dans la baie peuplée d'énormes navires de tous les pays. Au loin, on distingue une centrale nucléaire édifiée sur un îlot. L'eau est noire et visqueuse et n'incite pas à la baignade. Mais comme toujours, en Inde, la beauté de l'île Elephanta fait oublier la pollution industrielle de l'immense port de commerce.
Les grands arbres exotiques forment une voûte exquise où il fait bon escalader les hautes marches qui mènent aux grottes sculptées entre le Vème et le VIIIème siècles, consacrées au dieu Shiva. La montée est accompagnée par les multiples vendeurs de souvenirs qui interpellent les visiteurs. Certains proposent de jolis colliers de grenat et d'améthyste. Quelques cristaux de quartz feront le bonheur de notre petit fils, grand amateur de minéraux.
Les indiens sont en congé, aujourd'hui, et ils sont venus très nombreux sur l'île, chargés de volumineux paniers de pique-nique. Assis à l'ombre des arbres, c'est un monde haut en couleurs qui a fui la grande ville pour goûter la fraîcheur de ce petit paradis.
Dans les grottes bien trop sombres, les photos sont décevantes, nul éclairage n'a été prévu pour mettre en valeur les splendides statues qu'on devine plus qu'on ne les voit au fond des galeries. Mais il règne une atmosphère étrange, mystérieuse et magique, qui nous enveloppe et nous fascine. Le visage de Shiva, dont les trois faces expriment la complexité du dieu, est si imposant avec ses cinq mètres de hauteur qu'on est écrasé au sol comme une fourmi devant un éléphant ! L'oppression se dissipe quand on retrouve le soleil et les sarabandes de singes qui accourent vers nous, curieux et affamés. Biscuits, bonbons, fruits, ils attrapent tout avec frénésie, se réfugiant dans les arbres pour dévorer ces friandises.
La faim nous tenaille : point de restauration alléchante sur place. Il est temps de rejoindre la terre ferme avant le retour massif des randonneurs. La mer est légèrement houleuse, il fait une chaleur poisseuse et nous accostons devant la porte de l'Inde vers 14 heures. Déjeuner délicieux au "Rangoli", bistro typique dont le buffet regorge de mets irrésistibles.
Notre hôtel est situé dans le quartier le plus touristique de la ville, et dès que nous sortons dans la rue, une nuée de quémandeurs fonce sur nous... Méfiance : la veille, on s'est laissés amadouer par un "étudiant" qui nous a entraînés dans la cour d'une morgue... Pas d'argent pour payer le bois du bûcher... Impossible d'échapper à quelques bonshommes d'apparence religieuse, armés d'un cahier de donations obligatoires. Que cela nous serve de leçon pour la suite du voyage.
Derrière le luxueux Taj Mahal, des ruelles immondes sont envahies d'une foule mêlée de touristes en quête d'émotions fortes. Le sol est jonché de détritus ignobles, des tas d'ordures jamais ramassées sont visités par quelques miséreux qui disputent aux rats les débris encore récupérables. Nausée, dégoût, immense pitié pour les laissés-pour compte qui n'ont plus que ça pour survivre. Au milieu de ce cloaque, quelques vestiges de la splendeur britannique subsistent comme des hâvres de paix au milieu de l'enfer.
Le restaurant "Vintage" surprend par sa relative propreté et la qualité du service à l'anglaise. Ce qu'on y mange n'est pas aussi mauvais qu'on pourrait le craindre. La cuisine grande-bretonne, en général, n'a pas très bonne réputation auprès des frenchies. Nous avions connu bien pire à Londres, il n'y a pas si longtemps !..
Prologue
This journal recounts a trip to Rajasthan that’s already over a year old and that I’ve only now found the chance to write about. The summer of 2024 marked my return to India—my tenth trip—after six long years away since my last solo wanderings in Tamil Nadu in 2018 (the journal of which is published on this site). That absence was partly (but not only) due to the long COVID and post-COVID period, which saw a complete halt and then a major slowdown in global tourism. To top it off, Voyage Forum announced its closure in an end-of-the-world atmosphere. A sad time for our favorite social activity…
A few weeks after returning from Rajasthan, I tried to motivate myself to start writing a journal to publish on a forum claiming to be VF’s successor, which I’d eventually signed up for out of desperation. But I kept hesitating and putting the project off because, for one, I no longer have the time I used to. For another, the vibe wasn’t really taking off on that forum—it was overrun with ads and not very active, contrary to what its host’s name suggested. Despite its good intentions and commendable role as a stopgap, it also turned out to be very impractical to use, especially when you don’t have much time like me. I’ll admit I’d occasionally check back on VF to see if anything was happening. But all the discussions remained frozen in time, stuck in that fateful year, 2020. Then, rumors swirled online about shady reasons behind its closure, leaving little room for hope.
And then, one fine morning, I got a message at work from Marien informing me that VF had reopened. What a huge surprise! Even though the forum’s “end” had played out in a somewhat apocalyptic atmosphere, the memories of passionate and heated discussions, the frank debates, and the useful exchanges that made this site a traveler’s goldmine and a unique hub of conviviality all came rushing back to me like a breath of fresh air. I finally saw a sign and tried to motivate myself to find the time to publish the journal of this tenth trip to India and fifth to Rajasthan. But in the end, I got bogged down in professional and family obligations and never managed to find the time to get started. That’s now fixed, though, because I had two reasons for wanting to do it: I find that looking back on a trip to tell others about it is a highly beneficial introspective exercise. Also, I thought this journal could be useful to other travelers on a few points.
Because, “do we really need yet another journal about Rajasthan?” you might rightly ask! Especially in a time when so many journals about the “Land of Kings” have been published since VF’s return, not to mention the countless stories you can already find online about this region, one of India’s most touristy. And I’d add, why go back to Rajasthan for a fifth time, where I’ve already dragged my feet more than enough—through its forts, deserts, temples, cities, villages, bumpy roads, train stations, tasty street food stalls, cheap guesthouses, and more? Where some might see just another overhyped tourist destination full of the same old *Arabian Nights* clichés, worn to a thread, that I mentioned earlier, when there’s so much else to see in India? Well, first because it’s a magnificent country I never tire of, where I started an academic study and made so many connections. It’s also packed with places where you won’t find a single tourist (right, Marie-Jo?), even in the heart of well-trodden paths and classic itineraries. And most importantly, as I said earlier, things have changed in recent years. First, after six years without traveling far, the urge to go back to India was getting stronger. But this time, no more solo trips (often) or duo adventures (sometimes)—now it’s a team of four that has to come along! And even if you can argue with that, what better place than Rajasthan to introduce India to people who’ve never seen it? To kids you want to amaze? Plus, traveling with your new little family to your favorite country isn’t the same as going solo in often spartan conditions that only affect you. It’s a different challenge, but ultimately probably much harder. So, is it really reasonable to take two kids to India, including a two-year-old baby? That’s one of the main goals of this journal (but not the only one)—to try to answer that question.
As you can tell, it’s not so much the destination but the slightly unusual setup of this trip that, in my opinion, will make this journal interesting. Despite my experience and expertise (yes, I dare say it) in India, there were plenty of questions before we finalized the plan and said, “Alright, let’s go!” The questions were flying for us parents. Is it wise to travel to India with a two-year-old? What would we do (it happened) if the kids got very sick? Would they be able to handle a road trip on Rajasthan’s bumpy, dusty roads using public transport? Could they handle the shock of such a different world—the dirt, poverty, pollution, noise (…and the smell, as they say), the spicy food, monkeys, mosquitoes, snakes, tigers, leopards, and so on? In short, all the clichés that I usually joke about suddenly became potential realities. Another concern: as a mixed Franco-African family (not me, but my partner and her oldest), wouldn’t we risk not always being well received, given what you sometimes hear about that in India? How would Indians react to seeing a mixed-race family, the ultimate taboo in a country of purity and social segregation, which would undoubtedly raise many questions for them? Of course, not everything went as expected… Because, as you know, with India—and what makes it charming for some—there are always complications: sometimes where you don’t expect them… and sometimes where you do. I’ll go into detail about that in the journal to come (not right away) and in the final review (even later). These experiences could be useful to travelers who find themselves in similar situations and have the same questions we did before embarking on such a journey. And maybe it’ll spark the curiosity of those who aren’t concerned and will read yet another Rajasthan journal, but with its own unique twists.
Despite my unchanged constraints, which mean I have little time to write this, I don’t want to rush the story, so I’ll take my time. There will probably be lulls. I hope that won’t stop people from coming to react, debate, share their impressions, or ask for information.
This journal recounts a trip to Rajasthan that’s already over a year old and that I’ve only now found the chance to write about. The summer of 2024 marked my return to India—my tenth trip—after six long years away since my last solo wanderings in Tamil Nadu in 2018 (the journal of which is published on this site). That absence was partly (but not only) due to the long COVID and post-COVID period, which saw a complete halt and then a major slowdown in global tourism. To top it off, Voyage Forum announced its closure in an end-of-the-world atmosphere. A sad time for our favorite social activity…
A few weeks after returning from Rajasthan, I tried to motivate myself to start writing a journal to publish on a forum claiming to be VF’s successor, which I’d eventually signed up for out of desperation. But I kept hesitating and putting the project off because, for one, I no longer have the time I used to. For another, the vibe wasn’t really taking off on that forum—it was overrun with ads and not very active, contrary to what its host’s name suggested. Despite its good intentions and commendable role as a stopgap, it also turned out to be very impractical to use, especially when you don’t have much time like me. I’ll admit I’d occasionally check back on VF to see if anything was happening. But all the discussions remained frozen in time, stuck in that fateful year, 2020. Then, rumors swirled online about shady reasons behind its closure, leaving little room for hope.
And then, one fine morning, I got a message at work from Marien informing me that VF had reopened. What a huge surprise! Even though the forum’s “end” had played out in a somewhat apocalyptic atmosphere, the memories of passionate and heated discussions, the frank debates, and the useful exchanges that made this site a traveler’s goldmine and a unique hub of conviviality all came rushing back to me like a breath of fresh air. I finally saw a sign and tried to motivate myself to find the time to publish the journal of this tenth trip to India and fifth to Rajasthan. But in the end, I got bogged down in professional and family obligations and never managed to find the time to get started. That’s now fixed, though, because I had two reasons for wanting to do it: I find that looking back on a trip to tell others about it is a highly beneficial introspective exercise. Also, I thought this journal could be useful to other travelers on a few points.
Because, “do we really need yet another journal about Rajasthan?” you might rightly ask! Especially in a time when so many journals about the “Land of Kings” have been published since VF’s return, not to mention the countless stories you can already find online about this region, one of India’s most touristy. And I’d add, why go back to Rajasthan for a fifth time, where I’ve already dragged my feet more than enough—through its forts, deserts, temples, cities, villages, bumpy roads, train stations, tasty street food stalls, cheap guesthouses, and more? Where some might see just another overhyped tourist destination full of the same old *Arabian Nights* clichés, worn to a thread, that I mentioned earlier, when there’s so much else to see in India? Well, first because it’s a magnificent country I never tire of, where I started an academic study and made so many connections. It’s also packed with places where you won’t find a single tourist (right, Marie-Jo?), even in the heart of well-trodden paths and classic itineraries. And most importantly, as I said earlier, things have changed in recent years. First, after six years without traveling far, the urge to go back to India was getting stronger. But this time, no more solo trips (often) or duo adventures (sometimes)—now it’s a team of four that has to come along! And even if you can argue with that, what better place than Rajasthan to introduce India to people who’ve never seen it? To kids you want to amaze? Plus, traveling with your new little family to your favorite country isn’t the same as going solo in often spartan conditions that only affect you. It’s a different challenge, but ultimately probably much harder. So, is it really reasonable to take two kids to India, including a two-year-old baby? That’s one of the main goals of this journal (but not the only one)—to try to answer that question.
As you can tell, it’s not so much the destination but the slightly unusual setup of this trip that, in my opinion, will make this journal interesting. Despite my experience and expertise (yes, I dare say it) in India, there were plenty of questions before we finalized the plan and said, “Alright, let’s go!” The questions were flying for us parents. Is it wise to travel to India with a two-year-old? What would we do (it happened) if the kids got very sick? Would they be able to handle a road trip on Rajasthan’s bumpy, dusty roads using public transport? Could they handle the shock of such a different world—the dirt, poverty, pollution, noise (…and the smell, as they say), the spicy food, monkeys, mosquitoes, snakes, tigers, leopards, and so on? In short, all the clichés that I usually joke about suddenly became potential realities. Another concern: as a mixed Franco-African family (not me, but my partner and her oldest), wouldn’t we risk not always being well received, given what you sometimes hear about that in India? How would Indians react to seeing a mixed-race family, the ultimate taboo in a country of purity and social segregation, which would undoubtedly raise many questions for them? Of course, not everything went as expected… Because, as you know, with India—and what makes it charming for some—there are always complications: sometimes where you don’t expect them… and sometimes where you do. I’ll go into detail about that in the journal to come (not right away) and in the final review (even later). These experiences could be useful to travelers who find themselves in similar situations and have the same questions we did before embarking on such a journey. And maybe it’ll spark the curiosity of those who aren’t concerned and will read yet another Rajasthan journal, but with its own unique twists.
Despite my unchanged constraints, which mean I have little time to write this, I don’t want to rush the story, so I’ll take my time. There will probably be lulls. I hope that won’t stop people from coming to react, debate, share their impressions, or ask for information.
Friday, November 4
My flight Barcelona - Abu Dhabi - Delhi went smoothly, it’s on time, and here I am back in India after 3 long years.
As I step off the plane, we head toward customs. It’s 3 AM, I’m tired but happy. The huge customs hall is below ground level and buzzing with people who’ve just arrived. In the end, they’re well organized—Indians to the left, foreigners to the right, and all along the hall, the customs officers’ posts, who remain very zen despite the crowd. It took me less than 2 hours to get out of the airport, which was pretty quick.
For this return trip, I got in touch with a driver from the "Lovers of India" group who was supposed to take me from the airport to Udaipur, passing through non-touristy villages like I love. This French-speaking driver had convinced me to travel by car, which was supposed to make moving from village to village easier. Two or three days before departure, I receive a message from the driver saying he was sick with a cold and sending another driver, his very kind brother who knows Rajasthan well but doesn’t speak French. I’m a bit disappointed by this message and doubtful about the driver’s sincerity, but I don’t have time to find another driver, so I stick to my plans, though I’m not at ease.
At the exit, the driver hasn’t arrived, and I wait half an hour before seeing him show up with a big smile, "Namaste." We don’t waste time and head to the car, which is clean and new.
We get to know each other in the car and hit the road toward Alwar. Along the way, we stop for lunch and to taste my first masala chai, which wakes up my taste buds.

I doze off during the drive, and we arrive at the Atlantic Hotel in Alwar at 10:30 AM. My room is on the ground floor, and I settle in quickly. The Wi-Fi isn’t working, but the staff do everything they can to fix it. At noon, Gajender, the driver, suggests visiting the Qila Fort, which is on the heights of Alwar. The fort is closed for restoration, but safari tours are offered—jeep, guide, driver, and visit for 1600 Rs.

We follow the great wall, which is impressive—the second largest in India and the third in the world.

We spot peacocks and monkeys.


The guide shows me an old stepwell lost in nature. It’s always my thing to check out these baoris, which can be stunning, but this one isn’t anything special. We arrive at the palace overlooking the city.

We walk around the palace, and I discover another stepwell that’s not worth lingering over.
The tour is over, and I had a great time despite the fatigue. We head back down to Alwar, near the City Palace, which has been turned into administrative offices. Gaju (the driver’s nickname) finds a parking spot near a dhaba where we have lunch (paneer masala, chapatis, chai)—it’s delicious. With my energy restored, we head to the palace. On the top floor is a museum that I visit.

At the exit of the museum, we have to go back down and walk around the palace to get to the Moosi Maharani Chhatri. I’ve been here once before and really liked it, and the place is still the same—calm and relaxing.

"This monument is the most artistic in Alwar and also the most royal, filled with fascinating history. Maharaja Vinay Singh of Alwar built this two-story cenotaph in 1815 in memory of his father, Maharaja Bakhtawar Singh. It’s also known as Moosi Maharani ki Chhatri, named after the king’s mistress, who performed sati upon his death. After the sati, she was accepted as the king’s wife. It’s an elegant monument, shaped like a flower and built with a mix of brown sandstone and white marble. The first floor is made of sandstone, while the upper floor and the chhatris (cenotaphs) are in white marble. Its sculpted pavilion has dome-shaped arches with intricate lace-like and exquisite floral patterns. There are complex motifs that shine brightly in the sunlight. The colorful circular ceiling is an important part of Moosi Maharani Ki Chhatri and is adorned with faded gold-leaf paintings of mythological figures and scenes. The footprints of Maharaja and Moosi Rani are engraved in marble inside the cenotaph, and locals pay their respects to them."

Near the chhatri, there’s a large water reservoir with a magnificent view. The place is peaceful and relaxing, and I stay here for a while, contemplating and daydreaming before heading back to the hotel for some well-deserved rest. The Wi-Fi is working now. I’m the only foreign guest, and since my room is near the entrance, I’ll be well taken care of throughout my stay.


I doze off during the drive, and we arrive at the Atlantic Hotel in Alwar at 10:30 AM. My room is on the ground floor, and I settle in quickly. The Wi-Fi isn’t working, but the staff do everything they can to fix it. At noon, Gajender, the driver, suggests visiting the Qila Fort, which is on the heights of Alwar. The fort is closed for restoration, but safari tours are offered—jeep, guide, driver, and visit for 1600 Rs.

We follow the great wall, which is impressive—the second largest in India and the third in the world.

We spot peacocks and monkeys.


The guide shows me an old stepwell lost in nature. It’s always my thing to check out these baoris, which can be stunning, but this one isn’t anything special. We arrive at the palace overlooking the city.

We walk around the palace, and I discover another stepwell that’s not worth lingering over.
The tour is over, and I had a great time despite the fatigue. We head back down to Alwar, near the City Palace, which has been turned into administrative offices. Gaju (the driver’s nickname) finds a parking spot near a dhaba where we have lunch (paneer masala, chapatis, chai)—it’s delicious. With my energy restored, we head to the palace. On the top floor is a museum that I visit.

At the exit of the museum, we have to go back down and walk around the palace to get to the Moosi Maharani Chhatri. I’ve been here once before and really liked it, and the place is still the same—calm and relaxing.

"This monument is the most artistic in Alwar and also the most royal, filled with fascinating history. Maharaja Vinay Singh of Alwar built this two-story cenotaph in 1815 in memory of his father, Maharaja Bakhtawar Singh. It’s also known as Moosi Maharani ki Chhatri, named after the king’s mistress, who performed sati upon his death. After the sati, she was accepted as the king’s wife. It’s an elegant monument, shaped like a flower and built with a mix of brown sandstone and white marble. The first floor is made of sandstone, while the upper floor and the chhatris (cenotaphs) are in white marble. Its sculpted pavilion has dome-shaped arches with intricate lace-like and exquisite floral patterns. There are complex motifs that shine brightly in the sunlight. The colorful circular ceiling is an important part of Moosi Maharani Ki Chhatri and is adorned with faded gold-leaf paintings of mythological figures and scenes. The footprints of Maharaja and Moosi Rani are engraved in marble inside the cenotaph, and locals pay their respects to them."

Near the chhatri, there’s a large water reservoir with a magnificent view. The place is peaceful and relaxing, and I stay here for a while, contemplating and daydreaming before heading back to the hotel for some well-deserved rest. The Wi-Fi is working now. I’m the only foreign guest, and since my room is near the entrance, I’ll be well taken care of throughout my stay.

Hello everyone!
We're off! After exploring the north, the four friends have now discovered the south. We’re excited to share this new travel journal, dedicated to our little group and our strong friendship, written by Richard and illustrated with Kate’s photos. I’ll chime in from time to time with practical tips.
First of all, a big thank you to everyone on VoyageForum who helped us plan this trip. It would’ve been quite different if we’d just relied on guidebooks.
The itinerary lasted just over 3 weeks: Mahabalipuram, Pondicherry, Thanjavur, the Chettinad region, Madurai, Munnar, Munroe Island, Cochin, and Chennai. We traveled by train, taxi, and private car with a driver, took a domestic flight, and stayed in guesthouses, Airbnb apartments, and hotels. For each of us, including flights, the total budget barely reached 2000 €, and we didn’t hold back—knowing we avoid resorts and love street food and small Indian restaurants.

We're off! After exploring the north, the four friends have now discovered the south. We’re excited to share this new travel journal, dedicated to our little group and our strong friendship, written by Richard and illustrated with Kate’s photos. I’ll chime in from time to time with practical tips.
First of all, a big thank you to everyone on VoyageForum who helped us plan this trip. It would’ve been quite different if we’d just relied on guidebooks.
The itinerary lasted just over 3 weeks: Mahabalipuram, Pondicherry, Thanjavur, the Chettinad region, Madurai, Munnar, Munroe Island, Cochin, and Chennai. We traveled by train, taxi, and private car with a driver, took a domestic flight, and stayed in guesthouses, Airbnb apartments, and hotels. For each of us, including flights, the total budget barely reached 2000 €, and we didn’t hold back—knowing we avoid resorts and love street food and small Indian restaurants.

Au milieu de toute cette morosité, je me lance dans un nouveau carnet indien qui vous changera les idées, je l’espère. Un nouveau séjour de deux semaines pendant les vacances d’hiver, du 21 au 6 mars. Mon 15ème voyage en Inde, mais mon 1er dans le grand sud.
Cette année, ce sera une petite partie du Tamil Nadu, un petit tour de 1000 km à peu près, de Chennai à Chennai (Kanchipuram, Gingee, Tirunmavallai, Chidambaram, Tranquebar, Kumbakonam, Trichy, le Chettinad, Tanjore, Pondichery et Mahabalipuram) avec une amie. Nous avons volontairement zappé Madurai et Rameshvaram, ce sera pour une autre fois, nous n’avions pas envie de faire trop de km et nous avons déjà beaucoup de chose au programme... Comme d’habitude, location d’une voiture avec chauffeur, et nous ne le regrettons pas, tant nous avons vu de lieux, quelquefois bien perdus, que nous n’aurions jamais pu atteindre en transport en commun, ou certainement pas en 14 jours.
J’ai consulté les carnets et blogs de Pagaljavad et Yann55 entre autre et je les remercie pour leurs tuyaux. J’ai eu des conseils d’Aleph, qui quand elle écumait le Tamil Nadu, ne postait pas encore de carnet. J’ai lu et relu les pages sur le Tamil Nadu sur le site Purattatva, un must pour moi depuis toujours. Et cherché, lu et relu, sur internet et sur papier (j’ai un vieux guide bleu de 1984 trouvé sur une brocante que je conserve précieusement et consulte pour chaque voyage car la qualité des guides a bien baissé culturellement depuis …)
A l’aéroport de Chennai, nous faisons connaissance avec notre chauffeur, Pandi. Départ immédiat pour Kanchipuram, à 65 km de là. Chennai sera pour une prochaine fois … Nous arrivons en fin de journée, il fait quasi nuit. Après le dîner, nous nous lançons à l’assaut des petites rues de Kanchipuram pour aller au temple de Kamaskhi, (une forme de Parvati), le plus proche, avec ses gopurams illuminés, son bassin sacré, des familles indiennes.

La photo n'est pas terrible car mon APN ne gère pas bien l'obscurité ...
Cette année, ce sera une petite partie du Tamil Nadu, un petit tour de 1000 km à peu près, de Chennai à Chennai (Kanchipuram, Gingee, Tirunmavallai, Chidambaram, Tranquebar, Kumbakonam, Trichy, le Chettinad, Tanjore, Pondichery et Mahabalipuram) avec une amie. Nous avons volontairement zappé Madurai et Rameshvaram, ce sera pour une autre fois, nous n’avions pas envie de faire trop de km et nous avons déjà beaucoup de chose au programme... Comme d’habitude, location d’une voiture avec chauffeur, et nous ne le regrettons pas, tant nous avons vu de lieux, quelquefois bien perdus, que nous n’aurions jamais pu atteindre en transport en commun, ou certainement pas en 14 jours.
J’ai consulté les carnets et blogs de Pagaljavad et Yann55 entre autre et je les remercie pour leurs tuyaux. J’ai eu des conseils d’Aleph, qui quand elle écumait le Tamil Nadu, ne postait pas encore de carnet. J’ai lu et relu les pages sur le Tamil Nadu sur le site Purattatva, un must pour moi depuis toujours. Et cherché, lu et relu, sur internet et sur papier (j’ai un vieux guide bleu de 1984 trouvé sur une brocante que je conserve précieusement et consulte pour chaque voyage car la qualité des guides a bien baissé culturellement depuis …)
A l’aéroport de Chennai, nous faisons connaissance avec notre chauffeur, Pandi. Départ immédiat pour Kanchipuram, à 65 km de là. Chennai sera pour une prochaine fois … Nous arrivons en fin de journée, il fait quasi nuit. Après le dîner, nous nous lançons à l’assaut des petites rues de Kanchipuram pour aller au temple de Kamaskhi, (une forme de Parvati), le plus proche, avec ses gopurams illuminés, son bassin sacré, des familles indiennes.

La photo n'est pas terrible car mon APN ne gère pas bien l'obscurité ...
Avertissement le texte ci-dessous est tiré de ma page Facebook au gré de parutions périodiques. Il peut donc s'en ressentir quelques trous dans le suivi du récit ... Par ailleurs, il s'agit ici de mon premier voyage en Inde, quel es spécialistes et autres habitués de cet incroyable pays me pardonnent de mes imprécisions.
Incredible India ! Bon j’ai rien inventé c’est carrément le slogan de l’office du tourisme indien. Mais faut reconnaître qu’ils ont tapé juste. L’Inde intrigue, l’Inde fascine, l’Inde fait peur, l’Inde. Déjà à l’atterrissage de notre vol Emirates. L’immigration. Les fonctionnaires sont souriants, te souhaitent la bienvenue et t’invitent dans un gros fauteuil confortable, presque comme un ami, pour les formalités. Le numéro de ton visa est peu lisible sur ta photocopie ? Pas grave, l’officier sourit de ses dents blanches et fait les recherches lui-même. Une fois les sacs récupérés, est-ce que Arafat sera là ? Arafat c’est celui qui va nous louer deux Enfield 500 pour 18 jours. Pas de site internet, juste une communication via WhatsApp. Et oui il est là, avec un panneau, parmi la foule qui attend un proche ou un touriste, tout sourire lui aussi. Il nous confie au chauffeur qui va nous emmener à Fort Cochin, quelque 40 km plus loin. Et nous faisons connaissance avec la circulation indienne dans la périphérie de Ernakulam, la grande ville qui compose aussi Cochin. Ici il n’y a qu’une règle à connaître : c’est qu’il n’y en a pas, de règles. Le danger est permanent et il peut venir de partout. Une bonne heure, c’est qu’il nous faudra pour atteindre le Fresh Choice, le petit restaurant que tient Arafat en plus de la location de motos et d’autres services touristiques. Un léger repas, du thé, mais il nous importe de voir les brêles. Elles ont vécu, la route les a un peu cabossées. Mais Arafat a fait ça bien. Sachant qu’on part pour environ 2500 km, il a mis des pneus neufs et a changé le kit chaîne. Recommandations, change d’argent, installation d’un chargeur USB sur la batterie. C’est l’heure de prendre la route, par la coastal Road, direction sud. Un bonheur de route. Bordée de palmiers, paisible. La moto nous permet de prendre de minuscules chemins et de nous retrouver au cœur des villages, à nous voir accueilli par les larges sourires des Keralais. Dieu que les femmes sont belles ici, avec leurs longs cheveux noirs, leur sari coloré, leurs dents blanches contrastants avec le teint foncé de leur peau. Il règne aussi une odeur étrange, agréable mais étrange. Un mélange d’épices, de lessive ou de savon, une moiteur olfactive à laquelle on identifie ce sous-continent indien. Les spécialistes de l’Inde disent que le Kerala est un état à part dans l’immensité du pays. Sans doute, tout comme le Ladakh parcouru en 2017. Mais quelles couleurs, quels sourires, quelles routes (bonnes à notre grande surprise). Le point commun au reste de l’Inde est sans doute le comportement des chauffeurs de bus. Ces gars-là sont des malades, des grands malades, des fous. Ici tu apprends très vite que ta vie dépend de la rapidité à comprendre que face à un bus, tu ne cherches pas la confrontation. Tu t’inclines, tu te pousses. Fin d’après-midi au bord de la mer d’Arabie, le long de la plage d’Allepey. Un lassi aux ananas frais, une petite brise du large. Et cette odeur, encore et toujours. Cette Incredible odeur...
L’eau. Toute la vie autour d’Allepey est conditionnée par l’eau. Vous avez sans doute entendu parler des backwater du Kerala. Mais saviez-vous qu’ils sont composés de plus de 1500 kilomètres de canaux, de lacs et de divers plans d’eau, alimentés par plus de 40 fleuves qui descendent des montagnes ? 1500 kilomètres !!!! On y vit sur les bords (et parfois dessus) on y fait la lessive, on s’y lave, on y pêche, on y navigue pour aller au travail ou à l’école. L’eau. Aujourd’hui, Biju le boss de la Bella Homestay, nous a organisé un tour à la journée sur les labyrinthes des canaux. Le tuktuk est pile à l’heure pour nous emmener au terminal des bateaux pour s’enfoncer dans les terres, mais sur l’eau, quel paradoxe. Un bateau genre mouette genevoise mais taille XXL, avec un gros diesel bien fumant comme moteur. Un moteur qui ne démarre pas tout de suite, crachotant quelques hoquets avant de caler. Un homme descend dans la cale avec un tournevis, deux ou trois coups par-ci par-là et ça démarre dans l’hilarité générale. Ce bateau, c’est celui qui transporte les Indiens et nous sommes donc en compagnie des habitants du coin. Regards, sourires. L’activité ici, c’est d’emporter des touristes sur l’eau, peu importe l’embarcation. Cela va même jusqu’aux bateaux privatifs presque luxueux (pour les standards indiens) avec cabine pour y passer la nuit. Sans doute un peu trop aseptisé, mais pourquoi pas pour ceux qui aiment ça. Pour nous ce sera plus modeste, avec environ 5 heures en canoë conduit par un gars du coin. L’avantage du canoë est de pouvoir prendre les petits canaux, la où les grosses embarcations ne peuvent accéder. Et on y voit la vie sur les berges, la lessive des femmes, les pêcheurs ou simplement les habitants devant leurs (belles) maisons. Ici, certaines habitations sont construites sur une digue d’à peine 5-6 mètres de large séparant deux plans d’eau. Mieux qu’une moto sur la terre ferme, ici c’est une barque que chacun se doit de posséder. Les backwater abritent de nombreux villages, avec leurs petits commerces et leurs écoles. Ici, on amène ses enfants aux cours (en uniforme) en bateau. Ils sont nombreux à courir, crier et se chamailler sur les berges les gosses du coin. Des enfants d’une beauté extrême, tout sourire, autant que leur maman. Comme ailleurs, tout est couleur sur ces eaux. Les plantes aquatiques d’un beau vert, les barques multicolores et même les libellules qui sont rouges ! Afin de faire profiter les familles locales, celle qui s’occupe de nous va nous préparer à manger dans leur (très) modeste demeure. Un thali (plusieurs plats différents sur une feuille de bananier) composé de riz, de pois chiches aux épices locales, un chutney de mangue et quelques autres mets dont nous n’avons pu savoir ce que c’était faute de compréhension mutuelle. Et évidemment c’était délicieux. Retour à Allepey à nouveau par le bateau officiel, à nouveau avec les gens du coin. Allepey. Une petite ville côtière, sans charme ni monuments particuliers si ce n’est deux petits temples. Une plage aussi, non surveillée et pas nettoyée. Mais on s’y sent bien au coucher de soleil et sans doute pour y faire trempette dans les flots de la mer d’Arabie. Ou pour y boire un chaï, un lassi ou un jus de fruit frais sous la brise. Dire qu’Allepey a du charme serait mentir. Mais la magie du Kerala opère. Ça grouille, ça vit, ça bouge, sur les routes avec les innombrables tuktuk, bus et voitures, sur leurs bords avec les commerces en tout genre, de l’étal de fruit au commerce d’or, avec la foule en constant mouvement. Les gens nous regardent, nous dévisagent parfois, mais jamais avec agressivité ou malhonnêteté. Nous sommes loin des clichés qui nous effrayaient au sujet de l’Inde. Pour l’instant. Soyons complet sur Allepey. Nous avons trouvé refuge à la Bella Homestay. Un petit havre de paix et de calme, un accueil à la fois discret et chaleureux. Et une chambre hyper propre et confortable. L’eau, et une journée sans moto. Mais demain nous reprenons la route direction les ghats, à savoir les montagnes dans lesquelles nous allons rouler durant les 3 prochains jours. Ce sera nos premières vraies expériences sur les routes indiennes, j’y consacrerai quelques lignes... Je reconnais, j’ai mis du temps à inscrire l’Inde sur ma liste. Que de clichés, que de préjugés. Une fois encore, sans doute que le Kerala ne reflète pas la réalité plus difficile de quelques autres villes comme Calcutta ou Benares, une première approche en douceur en quelque sorte. Mais ici les sens et les émotions surgissent. Et je sens que cela va continuer.
Petite leçon de conduite motocycliste à l’indienne ... Comme vous le savez évidemment, en Inde on roule à gauche héritage britannique oblige. Première habitude à prendre. Si tu veux additionner les kilomètres en sécurité, il est d’ailleurs FORTEMENT recommandé de rester le plus à gauche possible, soit contre le bord de la route. Pourquoi ? Parce que dans la chaîne alimentaire des routes locales, le plus gros passe avant les autres et ainsi de suite jusqu’en bas. Quelle que soit la situation. Vous comprendrez donc facilement qu’à part les vélos et les piétons, les motos ne font peur à personne. Revenons à la position sur la route. Pourquoi à l’extrême gauche ? Parce qu’en face ça dépasse à tout va. Les bus dépassent les camions et les voitures dépassent les bus qui dépassent les camions. Vous voyez pourquoi il vaut mieux être tout au bord ? Deuxième règle : ne t’arrête jamais aux carrefours ou aux intersections. Si tu mets le pied par terre t’es foutu, tu vas rester coincé là. Le truc c’est de rester en mouvement, de toujours avancer, même au pas, et dès que tu vois ou tu sens un trou tu t’insères. Ça peut foutre la trouille au début mais ça marche nickel quand t’as compris le truc. Le problème c’est que tout le monde fait pareil. Genre t’es sur une grande route et t’as une plus petite voie qui arrive sur ta gauche et bien, le tuktuk ou la moto qui arrive va venir sur ta trajectoire sans même te jeter un coup d’œil. Troisième règle essentielle : le klaxon est ton assurance-vie. Ici les rétroviseurs font une chouette décoration sur les véhicules mais à part ça ... en gros, si t’es un bon conducteur indien tu te dois de klaxonner au minimum toutes les 8-10 secondes parfois plus dans les villes ou les endroits où il y a plus de monde. Klaxonner, juste pour dire que tu es là et que tu arrives. Pigé ? Alors ça peut faire peur, mais franchement on s’y fait vite, il faut juste ne jamais relâcher son attention, parce que le danger peut surgir n’importe quand et de n’importe où... mais revenons à notre road trip. Ce matin, nous sortons sans souci de Allepey par une route rectiligne et rapide, bordée de rizières. Ça roule assez vite et il faut bien garder l’œil sur ce qui arrive en face (voir ci-dessus). Nous avions téléchargé l’application Maps.me et les cartes de l’Inde du sud, impressionnant ! Avec encore un petit chargeur USB et un support pour l’IPhone sur le guidon, nous sommes complètement autonomes et la précision des informations nous conduits sans souci sur les bonnes routes. Nous avions décidé volontairement de ne pas prendre la voie rapide vers Kumily, dans les montagnes, pour prendre des détours sur des voies de moindre importance. Rapidement, le paysage devient vallonné, les courbes se multiplient, la circulation diminue. Au moment de dépasser un tuktuk, je m’aperçois que mon klaxon est mort. Damned (voir ci-dessus). Mais dans ce pays, les ateliers, ou plutôt les cahuttes, qui bricolent les deux roues sont légion. Et je ne mets que quelques kilomètres à trouver un gars qui va me réparer tout ça. Ça démonte le phare où se trouve un fusible du klaxon (...), ça change une pièce, ça ressert des connexions... et ça marche. 50 petites roupies pour 20 minutes de boulot efficace (70 cts, oui je sais c’est moins cher que chez HD...). Au hasard de la route, nous nous retrouvons au cœur d’une fête visiblement religieuse aux abords d’un temple. Que des hommes, torse et pieds nus, le visage et quelques parties du corps peintes. On les prend bien sûr en photo, mais eux aussi ! Toujours au hasard des routes, nous trouvons un family restaurant pour notre lunch. Alors là, c’est un peu galère parce que personne n’y parle anglais. Alors on y va au bol et on se retrouve avec une table trop petite pour contenir tout ce qu’on nous apporte... les saveurs sont là, le feu aussi. En Inde, on ne mange pas avec des services, mais avec la main, la droite. La gauche est réservée pour des pratiques plutôt impures. Alors la règle est qu’avant tout repas on va généreusement se laver les mains aux lavabos qui sont toujours à proximité de la salle à manger. Ceci dit pas si facile de manger du riz et toutes ces succulentes sauces avec ses doigts, il reste un peu de pratique à obtenir. Kumily se rapproche, notre GPS nous indiquait une étape de 155 kilomètres aujourd’hui. Mais sur les routes indiennes et en moto, 155 kilomètres c’est minimum 4 heures de routes, sans compter les arrêts. L’après-midi est donc entamée lorsque Kumily est en vue. Cette petite ville est perchée à 900 mètres et l’air moite et chaud des plaines laisse la place à une “fraîcheur” bienvenue. C’est aussi le début des collines de plantations de thé. D’ailleurs au détour d’un virage, un groupe de femmes ramasse les jeunes feuilles qui dépassent du haut des buissons. Elles ne sont pas loin de la route et nous grimpons la pente pour aller à leur rencontre. Un pur moment de fraîcheur au vu de leurs sourires éclatants et de leurs rires bruyants lorsqu’on parle de nos prénoms ou de nos enfants. Petite séance photos et selfies, merci Mesdames pour cette bonne humeur malgré votre dur labeur. Kumily. Bruyante, poussiéreuse, indienne... certains y viennent pour aller à la rencontre des animaux dans la réserve voisine de Periyar, mais il faut avoir le temps que nous n’avons pas pris pour cette étape. Tradition oblige, passage chez le barbier. Jamais, jamais je n’emmène de quoi me raser en voyage. Et le barbier de Kumily ne m’aura pas déçu. Soirée plus fraîche et à la lumière tamisée sur le rooftop de notre Homestay, petite musique d’ambiance. L’Inde est bruyante, grouillante, mais également spirituelle et relaxante sous certains aspects. Une culture compliquée, mais que nous essayons d’apprivoiser au mieux pendant ce très court séjour. Demain cap sur Munnar, au cœur des plantations de thé, toujours en altitude des ghâts. Quel trip, sur la route, mais aussi dans le coeur et la tête.
Fantastique. Fantastique et galère un peu quand même. La route entre Kumily et Munnar est une voie qui circule dans les montagnes, appelées ici les ghats. Des reliefs couverts de végétation en tout genre, mais si verte, si dense. Le bitume est parfait, la route est toute en courbes, un virage tous les 30-40 mètres, le tout avec un très faible trafic. A la limite de l’orgasme de l’asphalte, du kamasutra du bitume, tant rouler dans ces paysages paisibles et splendides amène un plaisir indescriptible. Nous traversons régulièrement de petites villes ou villages moins animés que les cités des plaines, des rues colorées par les saris des des femmes, par les murs des maisons ou par des nombreux panneaux publicitaires qui ornent les commerces. La vitesse de croisière est rassurante, un petit 40 km/h qui nous permet de lever les yeux pour en prendre plein. Jusqu’au moment où. Au moment où une voiture freine et s’arrête en face de moi dans sa voie. Mais pourquoi ??? Devant l’absence de danger apparent, je freine à peine, continuant à avancer. Sauf que là, juste devant moi un serpent d’au moins 2,50 mètres traverse la chaussée en ondulant en S. Plus le temps de l’éviter... et je passe à moins de 50 centimètres de sa tête, j’ai même vu ses yeux tellement il était prêt de mon mollet ... Galère. Oui quand même. Parce que la route Kumily-Munnar est en réfection. Alors des détours sont signalés. Des détours qui nous poussent sur des tronçons défoncés, des chemins étroits, dans des pentes dignes de la Streif et surtout qui rallongent le temps de route que nous avions prévu. De 4 heures, nous sommes passés à 6,5 heures. Galère. Parce que mon Enfield tousse sérieusement depuis quelques kilomètres, comme si le carburateur était bouché. Et elle pousse même à s’éteindre au ralenti sans vouloir redémarrer. Mais comme il y a un mécano dans tous villages, je prends cette précaution de m’arrêter. Et ce sont bientôt trois spécialistes qui se penchent sur le cas de la malade. Ca cherche, ça vide le carbu, ça ressert un truc à la sortie de l’échappement et après 30 minutes ça a l’air de fonctionner. Payer ? Même pas, le sourire et “je vous ai rendu service Sir, c’est mon plaisir”... Munnar est en vue, des paysages à couper le souffle au cœur des plantations de thé. Des buissons quasi à perte de vue, même dans les pentes assez raides des coteaux. La route est redevenue belle, l’asphalte est neuf. Le bonheur est de retour, même si les fusibles de la moto continuent de lâcher ce qui me prive de mon klaxon, un élément essentiel ici. 30 kilomètres après Munnar, toujours au cœur de cette si belle nature au cœur des ghats, nous trouvons la Pavithra Riverview Homestay, en contrebas du village de Lakkam. Une petite pension familiale au bord des champs de thé, dans un décor fantastique, à l’accueil si chaleureux. Shankar est au soin pour ses visiteurs. Il nous amène le thé sur le petit toit qui surplombe une partie de la maison. Un toit face à la vallée, une vue magnifique sur la nature environnante. Et toujours ce sourire si éclatant. Juste au-dessous de la pension, un chemin part au cœur des plantations où il serait possible de se balader durant des heures. Quel labeur de cueillir les jeunes pousses sur les buissons. La Pavithra, dans un petit village du Kerala, nous y prendrons notre repas du soir, garanti pas épicé et qui pourtant brûle le bord des lèvres. La Pavithra, une chambre simple, avec douche et WC, le tout très propre, une nuit calme, bercée par le bruit reposant de la rivière sous nos fenêtres. L’Inde, loin de la frénésie des villes. Munnar et ses environs. Nous y passerons encore demain, avant d’avancer dans ce périple indien si attachant. On savait que le dépaysement serait garanti. Il est non seulement garanti, mais total. Munnar, part II. A la Pavithra le petit-déjeuner se prend sur le toit, dès que le soleil pointe vers 08h30. La vue y est bien sûr splendide au matin et la nourriture que Shankar nous apporte réjouit nos estomacs. Shankar veut développer sa petite affaire, alors il nous demande ce que nous les occidentaux mangeons le matin. Nous lui parlons de Muesli, de miel, de fruits, de yaourt.. il enregistre, prend des notes, sûr, il sait se débrouiller le garçon. Ce même Shankar nous donne l’adresse d’un de ses frères à Munnar, lequel pourrait nous aider à résoudre mon problème de fusibles qui lâchent. Sur place, on obtient l’adresse d’un mécano et un chauffeur de tuktuk qui écoutait la conversation de loin, mais d’assez près pour flairer la course, nous propose de le suivre pour être certains de trouver. Problème, le gars est mécano mais ne fait pas les pannes électriques. Alors le chauffeur nous amène à l’autre bout de la petite ville chez un autre mécano qui lui ne fait que l’électricité. On lui explique le souci, il hoche la tête. Il va voir. Du coup, on lui laisse la moto et nous partons voir Munnar, son marché aux fruits et légumes coloré comme d’habitude, ses petites boutiques marchandes, ses stands de rue, ses gargotes, sa foule bigarrée. Une petite ville bruyante, animée et poussiéreuse, indienne, au cœur des montagnes. La moto est prête, un bon bout du faisceau a été refait et il me montre même les photos de ce qui était défectueux. A un prix dérisoire pour nous évidemment. Les environs de Munnar sont magnifiques. Plantations de thé, cascades et même deux lacs artificiels où les indiens vont en famille. Bien kitsch évidemment, mais on y croise la vie locale. C’est donc là que nous allons, voir les jeunes couples se tenir pudiquement par la main, les enfants réclamer des jouets dans les stands qui bordent l’endroit. L’après-midi est bien entamée lorsque nous retournons à la Pavithra dans le village de Lakkam. Il y a une belle cascade derrière le village et en moins de 30 minutes, nous voilà au pied de chutes, malgré le peu d’eau vu la saison. Shankar et sa famille nous ont concocté un autre excellent repas ce soir, et pas épicé cette fois, partagé avec quelques autres voyageurs au long cours. Échanges et partages d’expérience autour d’une table indienne. Munnar et sa région. A voir, à respirer, à goûter, à ressentir.
La route qui redescend sur les plaines comporte un tronçon privé vu qu’elle traverse de part en part une plantation de thé. Évidemment elle est ouverte à tous, mais il y a tout de même une barrière et son préposé à chaque extrémité de la propriété qui pourrait fermer ce tronçon de quelques kilomètres et bloquer ainsi l’accès à Munnar depuis le nord-est. Original. Vu que nous traversons une plantation, les paysages sont juste féeriques. Du vert à gauche, à droite, en-dessous et en-dessous. Des buissons de thé à perte de vue sur les pentes de ces ghats. Une splendeur. Quelques kilomètres à peine, les chutes d’eau de Lakkam sont annoncées. Un arrêt obligatoire. Les singes sont là, prêts à chiper tout ce qui leur passera à portée de main, surtout de la nourriture. Une petite marche d’approche et nous voilà au pied des cascades. Des familles indiennes sont déjà là, dans l’eau fraîche de quelques gouilles. Les femmes se baignent entièrement habillées contrairement aux hommes et aux enfants. Sourires de bienvenue et les moins timides d’entre eux nous font signe d’aller dans l’eau ! On ne peut pas rater ça. Hop, en slip et c’est parti pour une baignade matinale rafraîchissante. Évidemment et comme toujours, on vient nous demander d’où nous venons, où nous allons, le dialogue est facile avec les Indiens tant ils sont curieux face à un occidental. Reprise de la route, direction les plaines du Tamil Nadu voisin, avec pour but final la ville d’altitude de Kodaikanal sur l’autre versant des ghats. La température remonte au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude pour devenir vraiment chaude. Les paysages perdent de leur verdure pour être remplacés par une nature plus sèche, plus jaunie. Nous ne sommes pas des connaisseurs de l’Inde, mais après avoir traversé quelques villages, nous sentons une différence avec le Kerala voisin. Plus rustique, plus rude, plus pauvre sans doute, le Tamil Nadu s’apparente plus à l’idée que nous nous faisions de cet énorme pays. Le contact avec les gens y est moins facile. Non pas qu’ils soient moins souriants ou moins aimables, mais il est plus difficile de rencontrer des locaux parlant anglais, ce qui limite forcément les contacts lorsque nous nous arrêtons pour boire un thé ou demander une direction pour confirmer notre GPS. Un GPS qui nous sort régulièrement des sentiers battus pour nous faire prendre de petites routes à travers les campagnes, passant parfois au cœur de villages dont les habitants sont ébahis de voir des Blancs à moto traverser leur monde. Aucune agressivité pourtant, juste ces regards appuyés et parfois déstabilisants. Bien que moins verdoyants, les paysages demeurent fantastiques, il y a toujours quelque chose à voir, dans les champs, sur le bord des routes, dans les villages. L’humain est partout ici, plus d’un milliard d’individus, alors impossible de rouler quelques minutes sans croiser des gens. Et le spectacle est continu, toujours ces saris en couleur chez les femmes ou les habits typiques des paysans. Dépaysement total, abandon de nos codes, de nos vérités ou de nos certitudes. Nous sommes en Inde. Les contreforts des ghats apparaissent, nous entamons la longue montée vers Kodaikanal. Une route tournante, évidemment splendide. Nous rattrapons souvent quelques camions ou bus, qui ne sont pas faciles à dépasser car ils ne laissent pas d’ouverture. A toi de te débrouiller, voire de prendre quelques risques infimes. Il n’est pas rare non plus de voir des véhicules arrêtés sur le bord de la route avec un ou des passagers vomissant sur le bas-côté. L’Indien des plaines n’aime pas les virages. A mi-montée, arrêt à une gargote dans un virage. Thés noirs, beignets de légumes, pause pour les fesses. Les bus s’y arrêtent aussi, faisant le beurre du tenancier. Alors bien sûr, quatre Blancs là au milieu ça attire les regards. Kodaikanal est en vue, perchée à ses 2000 mètres d’altitude. Un village pour l’Inde, une petite ville pour nous. Les habitants aisés des plaines viennent y prendre la fraîcheur et la relative pureté de l’air. Quelques activités ici, comme la balade en minuscule bateau à pédales sur un petit lac au centre de la bourgade. Un lac entouré d’une petite route où les couples circulent en tandem, où les enfants font une balade sur des chevaux dociles devant leurs parents qui mitraillent la scène avec des dizaines de photos. Des stands aussi, de nourriture bien sûr. Notamment celui des succulents pois chiches cuits mélangés à des oignons, du riz soufflés, des épices, le tout servi dans un cône de papier prélevé dans un journal ou un magazine et que tu te débrouilles de manger avec les doigts. Des articles et jouets encore, tous plus kitsch les uns que les autres. Il faut que cela soit clinquant, fluo de préférence. Bref, une bien belle activité autour de ce lac, de belles scènes de rue. La chance. La chance que nous sommes dimanche et que nous croisons une sorte de procession chrétienne, où les fidèles portent de lourdes et énormes décors à la gloire de Dieu. La foule suit le cortège au son de tambours, de trompettes et de clarinettes. Un cortège festif et coloré. Nous aurons aussi été sur la promenade à flanc de montagne de Coaker’s Walk. On y verrait les plaines du Tamil Nadu à des dizaines de kilomètres. S’il n’y avait pas cette forte brume qui empêche toute vue spectaculaire. Le spectacle est plutôt sur la promenade elle-même. Les jeunes Indiens viennent s’y prendre en photo. Les filles adoptant plutôt des positions glamour mettant en valeur leur beauté, alors que les garçons se la jouent plus macho, lunettes de soleil et peu de sourire. Le tout sans gêne devant tout le monde. Ah cette Inde, ses paysages qui fascinent autant que ses habitants, que ses épisodes de vie, que ses scènes de rue. Kodaikanal, rien d’exceptionnel au final, juste le plaisir d’y être venu et d’observer.
Malgré l’altitude et la fraîcheur à l’ombre, dès que le soleil apparaît sur Kodaikanal, la température augmente rapidement. Ce qui n’empêche pas l’Indien des plaines de porter bonnet et veste chaude d’ailleurs. Depuis le début de ce trip c’est l’application Maps.me qui nous guide sur les routes indiennes. Et il faut bien reconnaître que les concepteurs de cette application gratuite ont sacrément bien bossé. Tiens prenons aujourd’hui par exemple. Notre but du jour est Madurai, une ville de province du Tamil Nadu, à quelque 130 kilomètres de Kodaikanal. On va être franc, on n’a clairement aucune idée du chemin à prendre pour s’y rendre, d’autant plus qu’en Inde à part sur les très grands axes, les panneaux routiers font figure d’absents. Alors on s’en remet à Maps.me. Et là, et dieu sait comment, ce GPS a dû sentir que nous n’en avions pas encore assez de ces petites routes dans les ghats. Car au lieu de nous amener au plus vite sur les grands axes de la plaine, il nous a embarqués sur des chemins de travers le plus longtemps possible. Petites routes, parfois pistes, à travers des villages d’un autre temps où la rudesse de la vie se lit sur certains visages burinés, à travers les forêts d’eucalyptus. Nous faisons confiance et suivons à l’aveugle le tracé sur nos téléphones portables arnachés au guidon. Une chance. Que dis-je, un privilège. Quel touriste vient dans ces coins isolés des montagnes du Tamil Nadu ? Pas beaucoup à voir la mine et les regards surpris des personnes croisées lors de ces quelques dizaines de kilomètres. Et lorsque nous avons un doute lors d’une intersection, il suffit d’arrêter une moto et la vieille dame qui monte en amazone à l’arrière nous indique la direction dans son dialecte local, tout sourire, alors que son mari ajoute que nous devons être prudents sur ces petites routes. La dernière descente, à flanc de montagne, sera mémorable de beauté avec une vue incroyable sur les plaines du Tamil Nadu en contrebas. Enfin un village, avec des commerces, un arrêt de bus. Il fait chaud désormais, chaud et soif. Il est temps de faire une pause après une conduite tout de même éprouvante durant quelque 60 kilomètres. Une gargote de bord de route, un avant-toit qui procure un peu d’ombre, un préposé au thé, quelques beignets de légumes qui viennent d’être frits, c’est là qu’il faut s’arrêter. Et on ne le regrettera pas. Évidemment, les personnes présentes veulent savoir d’où on vient, où on va, à qui sont les motos. Et voilà qu’on nous offre une tournée de ... concombres frais achetés au vendeur de rue 10 mètres plus loin, coupés en deux dans le sens de la longueur avec un peu de sel pimenté. La fraîcheur du légume face à la légère brûlure du piment. « Welcome to India » nous dit-on avec toujours ce sourire désormais traditionnel. Thés noirs, chaud et sucré, les petits beignets, les concombres de bienvenue, la pause s’est transformée en repas de midi. Il est temps de reprendre la route et au moment de payer, le patron des lieux nous dit que nous sommes ses invités avec de longues poignées de main. Ce n’était pas une pause en fait, mais une leçon. Une leçon de vie et d’accueil. Il reste tout de même quelques dizaines de kilomètres jusqu’à Madurai. Avalés sur des voies rapides. Une autoroute même, mais à la indienne. A savoir que des motos roulent à contresens sur la bande d’arrêt, que des piétons la traversent et que même des vélos l’empruntent. L’arrivée à Madurai est assez épique. On ne rentre pas dans une ville indienne de plus d'un million d’habitants sans devoir affronter sa circulation frénétique, archaïque et anarchique. Encore plus qu’ailleurs, aucune règle n’a cours aux abords de Madurai. Ça force, ça pousse, ça bouchonne, ça bataille et évidemment ça klaxonne. En permanence. Redoublement d’attention, concentration, celui qui aura piloté ici est paré pour bon nombre d’éventualités. Le Moskva Hotel est non seulement à une distance raisonnable du fameux temple Sri Meenakshi, mais il a aussi un petit garage souterrain pour éviter de laisser les motos à la rue. Les motos, dont la mienne a toujours ce foutu problème de fusibles qui lâchent. Mais la aussi, le Moskva est tout près d’un atelier Enfield. Alors le réceptionniste m’y amène comme passager sur son scooter et je reviendrai y poser la moto. Moto prise en charge tout de suite, avec un changement d’un bout du faisceau électrique défectueux dans le pare-boue arrière. Demain visite de la ville et surtout du temple. A pied, ça reposera nos fesses endolories. Madurai. Notre première grande ville indienne. Un cocktail local dont les ingrédients sont bruit, pollution, foule, klaxons, poussière. Le tout bien secoué et servi chaud. Madurai en Inde. Une ville qui fourmille, en perpétuel mouvement, des rues parfois de terre, des scènes de rue tous les mètres. Aucun charme particulier, mais une ambiance particulière. La ville semble être découpée en zone d’activités. Le Moskva Hotel où nous logeons est dans la zone des pièces détachées pour les véhicules. Des échoppes, de minuscules ateliers, à même la rue, sans aucun standard de sécurité, à la débrouille totale. Un fouillis indescriptible. Et pourtant extraordinaire. La où nous trions, jetons, gaspillons, ici tout se conserve dans un coin, tout se répare, tout sert à quelque chose. Dans d’autres zones, ce sont les textiles, les pneus, l’outillage ou encore les cartes de vœux ou d’anniversaire (...). Tu cherches quelque chose de particulier, choisis ton quartier. Il s’était injuste de dire que la ville est sale. Poussiéreuse oui, mais sale non. Les scènes de rue disait-on. Comme les vaches en plein carrefour. Comme cet artisan qui repasse des chemises avec son fer à charbon. Comme les gens qui prient un dieu peint sur un mur. Madurai, le spectacle est permanent, comme le bruit. Les mendiants se sont comptés sur les doigts d’une seule main, les sourires eux, étaient innombrables. Mais si on vient à Madurai, c’est pour visiter le temple du Sri Meenakshi, un des plus célèbre d’Inde du sud. un temple érigé il y a plusieurs siècles en l’honneur de la déesse Shiva. Une splendeur architecturale avec ses tours ornées de milliers de statues colorées. Les Indiens y viennent en pèlerinage pour prier, de loin parfois, les touristes y viennent pour en prendre plein les yeux. Certaines parties intérieures sont réservées à ces pèlerins, puisque les non hindous ne peuvent y pénétrer. Le temple se visite pieds nus et les jambes couvertes, tout y est superbe. Sans photo malheureusement, appareil et téléphone y étant scrupuleusement interdits. Madurai, le détour en valait vraiment la peine. Dernière soirée ici, dernier plaisir à Madurai : un excellent repas sur le roof top du Suprême Hôtel. A l’air et au-dessus des toits de la ville. Madurai. On a adoré.
Sortir de Madurai n’a pas été si compliqué finalement. Peut-être que nous nous habituons à cette conduite indienne, toute en fluidité, sans véritable règle ? Direction nord aujourd’hui pour la petite ville de Palani, toujours au Tamil Nadu. C’est notre ami Shankar qui nous avait conseillés de faire un stop à cet endroit plutôt que dans la grande ville de Coimbatore. Palani, des maisons, ses commerces, sa population, au pied du Murugan Temple perché sur la colline 600 marches plus haut. Un temple de pèlerinage pour les Hindous, où l’on monte les escaliers de pierre, parfois brûlants sous le soleil, à pieds nus. Nous sommes les seuls Blancs à l’horizon et notre présence étonne. Mais comme partout, les sourires éclairent les visages. Étonnement sans aucun doute, Palani n’est pas sur l’itinéraire des guides et autres tour operator. Du coup, l’occidental s’y fait rare. Et c’est bien ce qui fait le charme de cette ville où nous sommes plongés au cœur de la culture et la religion locales, sans artifice ni intérêt touristique. Difficile de se faire comprendre ici, car quasi rien n’est indiqué en anglais. Comment monter au temple, doit-on acheter des tickets, comment cela fonctionne-t-il ? Notre désarroi doit se voir à des kilomètres à la ronde, puisqu’un vendeur ambulant de jouets vient nous expliquer, dans sa propre langue et à grands renforts de gestes équivoques, que nous devons laisser nos chaussures à une consigne avant d’entamer la longue montée. Nous comprenons aussi que l’accès au temple est gratuit. Décidément ces Indiens sont particulièrement accueillants avec le touriste perdu dans les méandres de la culture locale. Gravir 600 marches n’est pas si simple avec la chaleur du Tamil Nadu comme accompagnante. Certains portent de jeunes enfants, quelques femmes transportent de lourds sacs de nourriture en équilibre sur la tête, nous ne sommes pas les pires lotis. La mode ici pour les hommes c’est le selfie avec le premier Blanc que l’on croise. Alors durant la montée, nous sommes sollicités à de nombreuses reprises pour finir sur les cartes mémoire de smartphones. Et quand il s’agit d’un groupe, évidemment que chacun veut sa photo, avec son appareil à lui, ça prend donc un peu de temps. Les filles, elles, sont moins hardies, elles se contentent de grands sourires et de signes de la main. On se sent bien dans cette Inde, chaleureuse et accueillante, on en oublie cette poussière constante, la pollution des véhicules et les déchets qui jonchent le bord des routes et chemins. Évidemment que depuis le Murugan Temple la vue est splendide sur la campagne environnante 600 marches sous nous. Sur cette esplanade, les codes sont incompréhensibles pour nous. Plusieurs entrées, des gens couchés au sol qui attendent dieu sait quoi, certains amènent des offrandes d’autres pas, toute la complexité indienne sur cette colline. Alors nous y allons à la chance, on rentre là où l’on pense pouvoir, on suit des pèlerins, on regarde et on observe discrètement. Toujours sans réellement comprendre. Et on se pose à l’ombre, pour contempler le spectacle des gens. Leurs habits colorés, leurs mimiques, leurs yeux si noirs et leurs sourires si éclatants. On ne s’en lasse pas. Retour à notre logement du soir à deux pas de la montée vers le temple, au cœur des petits stands de rue. Le Patthia Naidu Palace, un petit hôtel local tout simple et bon marché, rien d’un Palace, mais rien du tout. Mais qui est au petit soin pour nous. Le soir tombe sur Palani, l’animation se fait plus discrète. Un petit air souffle sur les plaines du Tamil Nadu. On est bien. Nouvelle étape et une longue. Un peu plus de 170 kilomètres direction nord pour rejoindre la station de Coonoor, dans le massif des Nigrilis à plus de 1800 mètres. Retour dans les montagnes. 170 kilomètres de moto en Inde, c’est un minimum de 6 heures, arrêts compris. Une fois n’est pas coutume, le GPS choisit lui-même notre tracé du jour. Un savant mélange de routes de campagne, de traversées de village et même d’une grande ville (Tirrupur), d’autoroute que nous aurons prise durant un kilomètre à contresens (sans que les autres usagers n’y trouvent quoi que ce soit d’anormal) ayant raté un embranchement. Un cocktail de Tamil Nadu l’espace d’une journée. Des arrêts aussi, pour reposer l’arrière-train qui encaisse sans trop sourciller les bosses, dos d’âne, malformations et autres imperfections chroniques des routes indiennes. Une première pause dans une petite échoppe de bord de route pour ce qui est devenu la tradition : un thé, chaud et sucré, soit noir pour deux d’entre nous, soit au lait pour les deux autres. Et c’est alors que notre regard tombe sur un plat de pois chiches aux épices Masala. Mettez-en une soucoupe svp. La femme derrière le comptoir ne parle pas l’anglais, alors ce sont les clients de la petite salle qui vont traduire. Nous voilà à nouveau au centre des attentions. Et pendant qu’on y est, rajoutez-nous de cette friture d’oignons qui a l’air si bonne et que vous venez de nous faire goûter, merci Madame. Une première pause qui se termine par une tournée de selfies, casque et lunettes de soleil sur la tête, prêts au départ. Une seconde pause dans une petite ville cette fois, avec encore une série de thé, accompagnée de fruits achetés sur le stand d’à côté. Melon mûr à souhait, mandarines juteuses, de beaux et bons fruits locaux. Il faut avouer que les fruits sont une des seule nourriture qui n’emporte pas la bouche par le feu des épices, notamment du piment. Les Indiens s’y mettent déjà le matin au petit-déjeuner (pas aux fruits, mais bien au piment), alors une petite pause doucereuse et sucrée dans la tourmente des plats épicés , ça ne peut que faire du bien. Les contreforts de la montagne arrivent et avec eux, le début de la montée. La vitesse va ralentir et la conduite va se faire plus difficile. Nous sommes pris entre deux feux. Se faire dépasser par les voitures qui grimpent pied au plancher et tenter de dépasser les bus et camions qui subissent la pente, le tout en ne prenant aucun risque. Car à la descente, les bus et camions n’ont rien à envier aux voitures. Ça roule à fond et ça coupe sérieusement les virages. Une odeur de caoutchouc brulé prouve que les freins sont sacrément sollicités. Nous avions lu qu’il fallait être fou pour conduire des motos en Inde. Mais voyager dans ces bus qui ne connaissent aucune limite doit être tout autant périlleux si ce n’est plus, vu leur état. Coonoor est en vue, l’air y est frais évidemment, moins moite. On y reste demain encore avant de rouler vers notre seconde grande ville : Mysore, dans l’état du Karnakata. Le soleil est toujours au rendez-vous, on va en prendre plein les yeux. Une fois de plus.
Un jour et demi à Coonoor. Retour donc dans les montagnes, au cœur des Nigrilis dans les Western Ghats. Une petite ville d’altitude, animée comme il se doit, mais surtout au cœur d’une région superbe où les plantations de thé occupent le terrain. A Coonoor même, il n’y a pas grand chose à faire. Son marché couvert et quotidien peut-être, où l’on trouve de tout, fruits et légumes, textiles, nécessaires de maison, outillage, épices, fleurs, bref de tout. Un endroit vivant et odorant (souvent très agréable ne nous méprenons pas) au gré des étals. Mais ce qui vaut la peine à Coonoor, c’est partir se balader aux environs en moto. Au belvédère de Dolphin’s Nose par exemple. Bien sûr que la vue sur les montagnes environnantes et plus loin sur les plaines du Tamil Nadu est impressionnante. Mais ce qui fait son charme à ce nez de dauphin, ce sont les 11 kilomètres de route pour s’y rendre. Une petite route, parfois à flancs de montagne, coincée entre les buissons verts des théiers de part et d’autre de la chaussée, sinuant dans une nature préservée et bien sûr splendide. La brume au loin rend la lumière plus tamisée, mais les monts aux alentours se découpent dans le bleu du ciel. Un bonheur total que ce mélange de couleurs. C’est bien entendu un peu l’attraction du coin, alors on y est pas seul sur cette route. Prudence. En arrivant à son terme, les chalands attendent le voyageur avec leurs petits stands proposant des boissons, de la nourriture simple ou des bricoles à acheter. Mais il n’y a pas que les chalands qui se réjouissent de la venue des touristes. Les singes aussi. Toujours prêts à chaparder ce qui traîne à portée de main, quitte à se montrer assez entreprenant. Malgré cela, la vue vaut la peine depuis Dolphin’s Nose. Sur le chemin du retour, une manufacture de thé propose des visites expliquant les différentes étapes depuis la cueillette jusqu’à votre tasse du petit-déjeuner. Une usine installée là par les Britanniques au siècle dernier. Et les infrastructures n’ont pas vraiment changé depuis. Une autre visite à faire, le Sim’s Park, un jardin botanique à l’indienne, beaux arbres et plantes diverses, où une petite gouille permet à quelques pédalos de promener des touristes, quasi exclusivement Indiens. Car ici encore, le Blanc est rare. Rien d’exceptionnel donc, juste un moment paisible en nature, loin du bruit. Coonoor « centre », on y est allé pour changer de l’argent. Un seul bureau pour avoir des Roupies car les banques n’en fournissent pas. Un peu dur à trouver car cet office est perdu au milieu des dizaines d’autres commerces de la ville. Et visiblement peu savent qu’on peut y faire du change.Les dollars que nous amenons sont scrutés, ils se doivent d’être impeccables. Deux billets nous seront d’ailleurs refusés, à cause d’une petite tache dans un coin. Ce qui paraît être une formalité prend au final pas loin d’une heure. Et quand un couple d’Indiens rentre dans le bureau et veut changer un billet de 1000 francs suisses, nous n’y croyons pas nos yeux. Un couple en voyage de noces, dont l’époux habite à Bâle. Le monde est soudainement petit. Nous aurions pu manger a notre guesthouse, mais nous avons trouvé un petit resto familial dans la rue principale de la ville. Une petite échoppe sans prétention, tenue par un couple, mais qui prépare du poulet de différentes façons (toutes bien épicées), ainsi que plusieurs variétés de riz frit et de nouilles sautées. A peine arrivés qu’on nous trouve une place dans l’espace très restreint de l��endroit. Un accueil chaleureux, où l’on se sent rapidement bien, malgré que personne n’y parle vraiment l’anglais. Coonoor, l’immersion indienne. Dans l’assiette et dans l’ambiance. Retour de nuit à notre guesthouse, sur les hauteurs de la ville à quelque 5 kilomètres. On s’était promis de limiter les trajets de nuit. Exception. Mais c’est vrai, on n’y voit pas grand chose et les dangers sont les mêmes qu’en pleine journée, sauf qu’on ne les voit plus ! Coonoor ou la fin du périple en montagne. Retour demain dans les plaines chaudes et moites. Et passage dans l’état du Karnataka, direction Mysore et son palais. Nul doute qu’on n’y verra aucune différence. Les sourires seront toujours présents nous y serons parfaitement accueillis. Comme partout.
L’air est frais au petit matin dans les Nigrilis. Quel contraste avec les plaines où la température ne fraîchit même pas vraiment la nuit. Avant de partir vers le nord, petit coup de chapeau tout de même aux autorités locales. Toute cette région de montagne des Nigrilis est Plastic Free. Alors, à voir ce qui traîne encore par terre, la mesure ne doit pas être si ancienne. Néanmoins, ici on emballe dans du papier journal et on te donne un petit sac de coton pour embarquer tes courses du marché. Même les pailles des Lassis sont en carton ! Bref, l’Inde le fait et y arrive. Pas comme chez nous... comme quoi les donneurs de leçons ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Direction donc Mysore, par les routes de montagnes pour sortir du massif. Après Wellington la militaire (une importante garnison de l’armée indienne est stationnée là), voici Ooty la célèbre. Une station assez huppée des Nigrilis, où les hôtels et autres lieux de villégiature vantent leurs chambres luxueuses. Ooty, très en vogue auprès des classes aisées à ce qu’il se dit. Une seule route, bien sinueuse en plus, et surtout bien encombrée. Un véritable défi lorsqu’on se retrouve collé derrière un camion, avec un bus qui pousse derrière. On ne le dira jamais assez, les chauffeurs de bus indiens, c’est du lourd. Vitesse excessive, dépassement téméraire, aucun fairplay ni considération pour les autres, en voir un dans le rétroviseur de la moto rend nerveux. La descente sur la plaine est longue et la route n’est pas toujours en bon état. Quelques tronçons qui n’ont pas encore vu d’asphalte, trous voire cratères, dos d’âne (particulièrement efficaces), il convient d’être prudent. Heureusement, l’Enfield 500 n’est pas une machine qui incite à mettre du gaz. Un couple d’enfer, une maniabilité incroyable et malgré tout c’est du solide. Parce que des trous et des dos d’âne, on en a ramassé quelques dizaines depuis le départ. Peu avant d’atteindre le plat des plaines, nous traversons une incroyable forêt d’eucalyptus, des arbres géants et droits comme des i. A se sentir soudainement petit au milieu des ces messieurs de bois. Mais le meilleur reste à venir. Il est temps de dire au revoir aux ghats, à ces montagnes aux si belles routes. Une autre Inde que celle des villes et des campagnes. Des paysages majestueux, des courbes douces, de la fraîcheur. Du plaisir intense. L’air s’est considérablement réchauffé maintenant. Une grande porte annonce la Mudumalai Tiger Reserve que la route traverse de part en part. Une route incroyablement belle au milieu d’arbres splendides. Les employés de la réserve brûlent les abords directs de la chaussée, sans doute pour éviter que certains animaux s’en approchent. Singe, biches, petits cervidés et même un éléphant traversant la route, le tout dans leur habitat. Pas de tigre bien sûr, si félins il y a encore dans le coin, nul doute qu’ils restent à l’abri des regards. Le Karnataka est en vue. Pas de réelle transition car une autre réserve, celle de Bandipur, prend immédiatement le relais pour quelques superbes kilomètres de plus. Notre pain blanc mangé, la suite du trajet se fait sur des voies rapides et même une autoroute, que les automobilistes et camions paient, mais pas les deux roues. Toujours cette autoroute où l’on peut se retrouver en présence d’une vache sur le terre-plein central. Et comme d’habitude des motos en contresens, des tracteurs, des vélos et des piétons qui la traversent. Une autoroute indienne. Comme aux abords de toute les grandes villes en Inde, la circulation devient anarchique au fur et à mesure que Mysore approche. Redoublement d’attention, rester sagement dans sa voie et être attentif à tout ce qui se présente. Les mots d’ordre à suivre pour arriver à bon port. Le bon port à Mysore, c’est le Mannar’s Residency, pas loin des deux attractions que nous sommes venus voir ici. Pas le temps d’enlever les casques que le préposé qui gère le trottoir devant l’immeuble nous fait signe de le suivre. Les motos seront mises à l’abri dans un parking fermé au sous-sol. Les chambres sont prises, la douche nous a requinqués, départ pour le Devarja Market, à quelques minutes à pied. Principalement fleurs, fruits et légumes, ce qui surprend ici, c’est l’effort pour présenter un étal esthétiquement accueillant. A l’image du pays, tout y est coloré dans ce marché. Alors oui, ici on voit du touriste occidental, et on nous sollicite. Mais un refus poli et souriant permet de ne pas être harcelé. Balade dans les rues et ruelles de Mysore. Plus qu’ailleurs, le nombre de vaches vivant au cœur de la ville est impressionnant. A qui sont-elles ? Les commerçants leur donnent de l’eau dans des seaux, voire de la nourriture, ce qui leur évite de faire les poubelles. Par contre, elles sont totalement indépendantes et se promènent la où elles veulent, traversent les carrefours et grandes avenues. Sujet de vénération, une jeune femme la touche et se signe, non pas de la Croix bien sûr, mais d’un autre mouvement à caractère religieux. Demain, suite de la visite de Mysore. On continuera de répondre à la sempiternelle question « hello, where are you from ? ». Une autre journée en Inde. La visite de Mysore. Une ville de province, à peine 1,5 millions d’âmes vivant ici. Difficile de dire que c’est une belle ville, mais disons qu’il y a des choses à y voir, une ambiance, du spectacle de rue (mais comme partout). Première étape, vu que le Devarja Market a déjà été visité hier, le fameux et célèbre palais de Mysore. Un palais, celui d’un Maharadja, pas un temple religieux. Un édifice d’une splendeur inouïe, tant depuis l’extérieur qu’à l’intérieur, au cœur de la ville. Une visite à pieds nus, traversant une partie du palais, mais une partie magnifique. Ils avaient bon goût les Maharadjas du coin ! On y reviendra ce soir, car un spectacle sons et lumière vient égayer ce lieu splendide chaque soir de la semaine. En prenant un tuktuk, on apprend que Mysore abrite quelques ateliers fabriquant d’excellentes huiles essentielles. Évidemment que notre chauffeur en connaît une, où il touchera une commission pour un peu que nous y fassions quelques achats. Et nous en ferons, car ces huiles aux vertus indéniables sont bien plus chères chez nous. En Inde, le textile est roi. Alors, chemises, tshirts, blouses, robes, bref tout ce qui touche à l’habillement vaut la peine de s’y pencher. Quelques achats plus tard, un petit lassi dans une échoppe nous rafraîchira. Il suffit de se poser dans la rue, là où il y a du trafic et de la vie. Se poser et observer. Que de scènes de rue, que de visages, que de couleurs, que de dépaysement. Tout est sujet à étonnement, à découverte, à émotions. L’Inde se vit avec les yeux, avec le nez, mais aussi et peut-être surtout avec le coeur. On le savait, soit on aime, soit on déteste. Le milieu n’existe pas. Mais là, c’est bon, notre choix est fait. La nuit tombe il est temps de retourner au palais. 19 heures pile, des milliers d’ampoules s’allument pour une féerie de lumières sur le palais de Mysore. Des musiciens jouent des airs traditionnels indiens au pied du palais, rediffusés par des haut-parleurs puissants. Une féerie. Un rooftop. L’endroit idéal pour la dernière soirée à Mysore. Un rooftop à la brise rafraichissante et un magnifique buffet de bon nombres de plats différents, tous bien épicés et parfois brûlants, mais que de saveurs. L’endroit idéal pour terminer cette étape incontournable et inoubliable. Mysore, son marché, son palais, ses rencontres, on en voudrait encore. Fascinante Inde.
L’Inde n’est pas une lève-tôt. Les rues de Mysore sont calmes en ce début de matinée, la circulation y est encore parsemée. Ça tombe bien, car il nous faut sortir de la ville. Direction retour vers le Kerala, retour vers la côte à quelque 200 kilomètres vers l’ouest. 200 kilomètres. En Suisse, à peine 2 heures. Ici, environ 6 à 7 heures en fonction des arrêts. Pour une fois, nous n’avons pas laissé notre GPS nous conduire, on lui a un peu forcé la main pour passer sur des voies moins rapides, de plus petites routes. Et on va être gâtés. Tout commence par la traversée de campagnes, de villages ruraux, des lieux d’un autre temps, où justement ce temps n’a pas l’air d’avoir d’emprise sur les gens. Tout semble s’y dérouler sur un rythme indolent. Certains sont assis sur le bord de la route, devant une maison, sur un vélo, à attendre dieu sait quoi. Dans ces campagnes, nous sommes loin des palais de Maharadjas, loin des fastes. L’Inde rural, des tracteurs si anciens qu’ils n’ont plus d’âge et pour les moins fortunés, une vache pour labourer. Des habitations réduites au strict minimum : fournir un toit, une protection. Et pourtant cette Inde là, vue depuis nos Enfield, nous envoûte aussi, tant le décalage est puissant. Une autre réserve animalière et forestière, la Nagarahole Tiger Reserve, se met sur notre chemin. Pas de chance aujourd’hui, ni tigre, ni éléphant, seuls quelques cervidés et singes sur le bord des routes. Mais une route sinueuse est splendide au cœur d’une nature préservée et respectée. Cela fait plusieurs dizaines de kilomètres que nous sommes partis, la réserve ne permettait aucun arrêt puisqu’on n’y croise aucun village. Des habitations sont en vue, quelques petits commerces aussi. Un village de campagne, sans grande activité visible. Un petit resto tout simple, quelques tables et tabourets en plastique. Mais du thé, comme partout, deux assiettes de Byriani (riz et poulet), 2 beignets de banane et surtout des sourires, des questions, du contact. Ici tu manges et bois pour quelques francs et c’est toujours bon. Mais autant que le repas et son prix, c’est cet accueil indien qui fait la différence. Peu importe les tabourets en plastique, peu importe la grande simplicité des lieux, tu t’y sens bien dans ces gargotes. Depuis le début du périple, Maps.me nous la jouait sérieux, mais voilà, il fallait qu’il fasse son taquin. Au détour d’une belle route, il nous indique une voie plus petite, peu asphaltée. Alors on se dit que la voie en question est un raccourci de quelques centaines de mètres. Peu d’asphalte s’est transformé en piste de terre. Petite voie est devenue chemin pédestre étroit. À trous, flaques de boue, bosses et autres réjouissances pour un fessier déjà bien endolori par les nombreuses heures passées sur la selle. Une heure. Il a fallu une heure pour retrouver une route digne de ce nom. Alors certes, j’avoue, on se demandait quand et comment on sortirait de cet endroit (en fait on était carrément paumé). Mais après coup on a bien ri. Sacré Maps.me. La journée de la vache. Plus que tout autre jour, nous en avons vu des dizaines. Tiens, cela a commencé ce matin alors que je sortais devant notre hôtel de Mysore, une belle vache était en train de se faire traire. En pleine ville et en pleine rue... puis dans les champs, les villages et surtout sur la route. Et on ne sait jamais ce qui se passe entre leurs cornes, à ces bovidés indiens. L’idée de traverser devant la moto leur prend souvent et voir une vache sur ou au bord de la route incite à la plus grande prudence. Les 40 derniers kilomètres qui nous séparent de Kozhikode (appelée aussi Calicut) sont une succession de petites villes, sur des routes où la circulation est dense et parfois périlleuse. Rester concentré malgré la fatigue. Le GPS ne nous fera pas d’autres facéties, il a eu sa dose du jour, et nous emmène directement au Calicut Inn, un hotel absolument correct sur une grande avenue. Un demi-million d’habitants dans cette ville, mais une impression qu’ils sont tous dans les rues en cette fin d’après-midi ! Un tuktuk, et qui mettra le compteur s’il vous plaît, nous emmène sur Kozhikode Beach, le soleil s’y couche dans la mer. Des centaines de gens, de familles, assis dans le sable ou marchant à la limite de l’eau, prenant juste du bon temps. Malgré une eau très chaude, personne ne se baigne. Les petits stands sont également présents, proposant du thé évidemment, mais aussi d’autres spécialités locales. Telles que du chou fleur frit ou des petits œufs (de caille ?) en sauce bien relevée.il faut goûter. Et c’est évidemment très bon. Le gars qui tient le stand nous demande évidemment d’où l’on vient et semble même assez fier d’avoir servi des Suisses ! Il proposait aussi des moules passées dans la friture, mais là j’avoue ne pas avoir osé. Balade le long de cette longue plage et pas un Blanc à l’horizon. Alors évidemment, on nous toise, on nous sourit, on nous fait des signes amicaux. Et on nous demande de poser pour des selfies. Encore et toujours. On surprend souvent les moins téméraires à faire semblant de prendre une photo dans notre direction pour nous avoir en cliché ! Il ne reste que peu de kilomètres, peu de nuits, peu à vivre de ce périple en Enfield dans ce pays envoûtant. On va en profiter jusqu’à la dernière seconde.
Kozhikode le matin, comme très souvent depuis le début de notre périple, c’est assez tranquille. Nous avons atteint la côte, le but maintenant c’est de redescendre vers la ville où tout a commencé, Kochi. L’avantage d’avoir la mer à proximité fait qu’elle nous sert de guide, de fil conducteur, de repère. Alors on rejoint Kozhikode Beach et on va rester le plus longtemps possible le long des plages, quelle que soit la taille de la route ou du chemin. D’ailleurs assez rapidement, la route qui descend vers le sud s’écarte de la mer. Qu’à cela ne tienne, on prend les petits chemins qui s’immiscent dans les villages ou les habitations plus proches de l’eau. Et on rejoint le bord, sur des voies parfois pas plus larges qu’un trottoir. Nous roulons désormais au Kerala, depuis hier déjà. Ce n’est pas faire injure aux habitants du Tamil Nadu et du Karnataka que de dire que le Kerala reste une expérience à part. Plus qu’ailleurs, les gens nous saluent, nous souhaitent la bienvenue, nous sourient. Une sorte de marque de fabrique. S’il fallait ne retenir qu’une chose de ce périple en moto, ce serait avant les paysages, avant le dépaysement total, avant ces cinglés de chauffeurs de bus, oui bien avant, ce serait cette gentillesse qui anime le peuple indien. Partout, vraiment partout, nous avons été reçus par des sourires et des témoignages d’accueil extraordinaires. Et au Kerala tout particulièrement. Exemple aujourd’hui : nous suivions la grande route un peu encombrée, lorsque deux jeunes en scooter viennent à ma hauteur, en me disant de prendre une petite rue sur la droite pour rejoindre le bord de la mer. Et ils passent devant, me montrent la voie, m’accompagnent sur plusieurs kilomètres en me vantant la beauté de ce littoral indien. Ils pousseront jusqu’à nous ramener sur la grande route en m’indiquant le chemin à prendre pour continuer notre route, avant de partir dans la direction opposée, tout sourire et le pouce en l’air en guise de d’adieu avec un « welcome to India » ! Alors oui, nous pouvons voir la pauvreté extrême, la misère parfois, la pollution permanente dans les villes, les déchets dans les rues ou aussi la nature, la poussière qui pénètre tout jusqu’aux pores de la peau, oui nous pouvons voir et ressentir cette Inde. Mais la gentillesse de son peuple occulte cette vision. Retour sur notre périple du jour. Quelque part sur un de ces petits chemins le long des plages, nous croisons des pêcheurs qui réparent leurs filets, à l’abri du soleil sous de grandes bâches. Arrêt photos, on descend des motos pour aller voir. Le dialogue est compliqué, l’anglais n’est pas la langue commune. Par contre, pour les selfies, là, aucun souci, on se comprend vite. Plus loin, ce sont une bande de jeunes qui nous stoppe pour des photos, avec de grands éclats de rire. Les plages, oui nous en apercevons quelques-unes le long de la mer. Mais étrangement, la majeure partie de ce littoral est composé d’une haute et hideuse digue faite de gros cailloux. Sans doute une digue de protection pour de fortes marées ou lors de gros mauvais temps quand la mer peut se déchaîner. Et il semblerait que les indiens ne soient pas plus attirés par le côté balnéaire que ça. Bref, si vous cherchez eau et plage idylliques, ce n’est pas sur cette côte qu’il faudra choisir votre destination. Le soleil frappe sérieusement et malgré la proximité de l’eau, aucune brise. Alors quand un cabanon en bois proposant quelques rafraîchissement apparaît, le stop est obligatoire. Une dizaine de jeunes sont là et entament une conversation avec nous. Pas de thé dans cette gargote, mais une autre spécialité locale. Un bloc de glace, à râper avec une sorte de rabot pour l’émietter, que l’on recouvre d’ingrédients soit salés, soit sucrés. Nous goûterons au deux, franchissant au passage quelques règles de prudence quant à l’origine du bloc de glace. Les jeunes sont visiblement heureux que des touristes s’arrêtent dans leur petit univers local. Poignées de main au moment de partir, des bye-bye et évidemment des ... sourires ! Rouler au bord de la mer nous éloigne aussi parfois des voies rapides. Et pour éviter un détour, c’est un bac qui va nous faire traverser un petit bras de mer. Acheter les billets est une expérience en soi, la préposée aux tickets ne parle que la langue locale. A coups de gestes et en montrant les motos, nous tendons un billet de 100 roupies (1,40 CHF) et nous recevons deux tickets et de la monnaie. 15 centimes le passage. Pour la moto et deux personnes. Évidemment, nous serons les seuls blancs de l’embarcation et le fait d’être en moto intrigue l’Indien. Guruvayur. Notre but du jour. Avant d’atteindre cette destination, il nous faut changer de l’argent pour finir le périple. En Inde, les banques ne proposent pas de change. Il faut aller dans les échoppes spécialisées ou alors utiliser les DAB (appelés ATM ici comme dans tous les pays anglophones). C’est à Chavakkad que nous trouverons un office de change. Contrairement à la transaction faite à Coonoor, tout va vite et nous repartons avec quelques milliers de roupies. Guruvayur donc. Une étape choisie pour visiter son temple assez célèbre dans le coin. Sauf que. Sauf qu’il est interdit aux non-hindous. Soit, pas de temple. Un tuktuk nous conduira donc à Chavakkad Beach que l’on s’attendait à trouver assez touristique, comme Kozhikode Beach. Mais Chavakkad Beach en fin d’après-midi, c’est essentiellement le retour des pêcheurs, dont les grandes barques sont tirées sur la plage par de puissants tracteurs. Un véritable spectacle. Le poisson est amené dans le sable, posé au sol, et commence alors une sorte de vente à la criée à même la plage. Nous ne comprenons pas tout, certains prennent des notes, d’autres téléphonent, des transactions se font. Un spectacle local, la vie et l’activité des pêcheurs, sur une plage du sud de l’Inde. Nous y boirons un ultime thé dans un food truck Mercedes qui a dû retrouver une seconde jeunesse en Inde alors qu’un soleil rougeâtre se couche dans les flots de la mer d’Arabie. Avant de revenir dans la nuit à Guruvayur. Repas dans un petit resto, passage chez le barbier. Demain retour sur Kochi, les heures se comptent pour le retour vers la froide Europe. Froide en température, mais froide aussi dans les gens. Autant l’arrivée en Inde demandait une préparation à l’affronter, autant le retour ne va pas être simple.
L’ultime étape. Le retour sur Kochi, lieu du départ il y a 17 jours. 2000 kilomètres, nous avons roulé quasi 2000 kilomètres sur une Royal Enfield dans le sud de l’Inde, sans guide ni assistance. Il n’y a aucune fierté à tirer de ce constat, mais jamais je n’aurais imaginé un tel périple. Cela paraissait un peu fou, téméraire, alors que 17 jours plus tard, nous nous sommes habitués à ces conditions si particulières sur les routes indiennes, à cette nourriture pimentée dès le matin ou encore au spectacle quotidien de la vie dans ce pays si peuplé. Il est des voyages qui te réjouissent sur l’instant présent sans laisser de trace ensuite et d’autres qui te touchent au cœur de ta poitrine. Cette Inde du sud en moto aura été un de ceux-là. Mais revenons à l’itinéraire du jour. Tout comme hier, dès le départ de Guruvayur, nous ciblons le bord de mer et les petites routes. Il est finalement assez facile de rouler sur la route la plus proche de l’eau car la moto à l’avantage de passer partout. Le problème, c’est que la plage et même l’eau, on ne la voit pas. Toujours cette digue d’énormes cailloux qui a été construite tout le long de la côte, sur des kilomètres et des kilomètres, sans doute pour protéger les habitations installées en bord de mer. Ce qui se comprend, mais du coup l’intérêt d’être au bord de l’eau diminue à vitesse grand V. Au nord de Fort Cochin se trouve l’île toute en longueur de Vypin. Une île sur laquelle on retrouve un grand nombre de Homestay, voire de resorts assez luxueux. La plupart, voire presque tous, propose des soins ayurvédiques. Et heureusement, car les plages de Vypin ne sont guère entretenues, il y a toujours cette digue et l’eau n’est pas très encourageante (peut-être est-ce le sable qui brasse et qui lui donne cette couleur vert-brun ?). De plus, l’activité sur l’île semble être assez limitée, donc une fois dans ton resort, tu y restes. Autant être là-bas en cure du coup. Il y a deux façons de rejoindre Fort Cochin depuis Vypin Island. Affronter la circulation et passer via Ernakulam, une grande ville attenante à notre destination, ou prendre un ferry fatigué pour franchir le bras de mer qui sépare l’île de la ville. Le ferry. C’est la cohue et l’anarchie pour y monter, ça force de tous les côtés, il ne faut pas manquer sa place sous peine de devoir attendre le suivant. 10-15 minutes de traversée à peine et nous voilà en ville, à quelques minutes de rendre nos machines. Mais d’abord, cap sur notre ultime Homestay, chez Robin, pour décharger les sacs et nous installer avant la restitution. Une chambre simple mais fonctionnelle, parfaitement propre, un proprio très sympa, prix 600 roupies (env 8,50 CHF). Nous retrouvons Arafat, notre loueur d’Enfield. « Hello my friend ! ». Il est quand même assez ébahi du tour que l’on a fait. Un loueur honnête, il me rembourse les réparations faites en route (j’avais gardé les factures) et un jour de trop de location. On se quitte bons amis, au revoir madame Enfield, toi qui m’auras fait découvrir ce fantastique pays et que l’on aura pas ménagée. Fort Cochin. En une heure, j’aurai vu plus de touristes blancs que pendant les 17 derniers jours réunis. Une ville à l’architecture plus européenne, au vu des diverses vagues de colons qui sont passés dans le coin, notamment les Portugais et les Hollandais au temps des comptoirs. Retour du tourisme, retour de ses effets. Les prix sont au minimum deux fois plus élevés qu’ailleurs, l’Indien y est tout de même un peu moins accueillant ou tout du moins son coté business et intéressé apparaît bien plus nettement. On aura le temps de la parcourir demain, avant notre vol de nuit. Mais on a déjà repéré un endroit où tu achètes ton poisson ou tes crevettes pêchés du jour et tu vas te les faire griller au stand d’à côté. Une bonne manière de terminer le séjour. Fort Cochin donc. De petits bâtiments restés dans le style colonial, un quartier de maisons par religion (chrétienne, musulmane et hindoue), des églises, une synagogue, des mosquées, des temples, le tout sans problème apparent. Tout du moins pour les touristes que nous sommes. Des restaurants, plein de restaurants, qui servent de la nourriture plus occidentalisée (et surtout plus chère). Des guesthouse, des Homestay, bref vous l’aurez compris, Fort Cochin vit au rythme des touristes. Même les chauffeurs de tuktuk sont limite insistants. Il faut dire qu’ils sont nombreux et que la concurrence est rude pour harponner le touriste. D’ailleurs, ils proposent tous un tour de ville avec les principales attractions pour un prix dérisoire. Mais le vrai prix à payer, c’est la visite de toutes les boutiques où ils vont t’amener. Et où les commerçants essayeront de te vendre un truc. Les chauffeurs, eux, s’en balancent que tu achètes quelque chose ou pas. Ils toucheront un coupon des commerçants qu’ils convertiront en Roupies. On avoue, on l’a fait, on avait du temps à tuer. Le parfait piège à touristes. Et dire que toutes ces boutiques vendent exactement les mêmes articles. Le soir, la populace et les touristes se retrouvent sur la jetée des Chinese Fishing Net afin d’admirer le coucher du soleil. Des filets que les pêcheurs du coin abaissent dans l’eau pour attraper ce qui passe. Une méthode qui est surtout devenue une attraction touristique en fin de journée. Des stands, de la nourriture, de l’animation, un bon moment à passer. C’est là que tu peux acheter ton poisson ou tes crevettes et te le faire griller. Un bon deal. L’ennemi numéro 1 à Fort Cochin, c’est le moustique. La ville est entourée d’eau et même au milieu des rues, il n’est pas rare de rencontrer un petit canal aux eaux noirâtres et quasi stagnantes. Alors dès la nuit tombée, il vaut mieux ne pas avoir oublié son spray, parce que ça attaque et ça pique sans relâche. Ce bon Robin nous a organisé le transport en taxi jusqu’à l’aéroport qui est tout de même à une heure de route. Un immense édifice, neuf et quasi vide vu le peu d’avions qui posent ici. Comme à l’aller, un vol qui va transiter par Dubai avant de rejoindre la Suisse. Cette fois, ça sent vraiment la fin d’un périple extraordinaire. La moto. Quelle que soit sa marque, sa cylindrée, un voyage en moto aura toujours une saveur spéciale. Quel autre type de voyage te procure autant de plaisir, de découvertes, de liberté, de choix ? Parcourir l’Inde du sud au guidon de nos Enfield a été une sacré aventure. Chemins de traverse, routes de montagne, pistes, traversées de villes et de villages, paysages fabuleux, scènes de vie, rencontres sur et au bord de la route, arrêts pour des pauses thé, des sourires, encore des sourires, cette gentillesse du peuple indien... une sacré aventure. Que l’on n’est pas prêt d’oublier. Incredible India ...
Incredible India ! Bon j’ai rien inventé c’est carrément le slogan de l’office du tourisme indien. Mais faut reconnaître qu’ils ont tapé juste. L’Inde intrigue, l’Inde fascine, l’Inde fait peur, l’Inde. Déjà à l’atterrissage de notre vol Emirates. L’immigration. Les fonctionnaires sont souriants, te souhaitent la bienvenue et t’invitent dans un gros fauteuil confortable, presque comme un ami, pour les formalités. Le numéro de ton visa est peu lisible sur ta photocopie ? Pas grave, l’officier sourit de ses dents blanches et fait les recherches lui-même. Une fois les sacs récupérés, est-ce que Arafat sera là ? Arafat c’est celui qui va nous louer deux Enfield 500 pour 18 jours. Pas de site internet, juste une communication via WhatsApp. Et oui il est là, avec un panneau, parmi la foule qui attend un proche ou un touriste, tout sourire lui aussi. Il nous confie au chauffeur qui va nous emmener à Fort Cochin, quelque 40 km plus loin. Et nous faisons connaissance avec la circulation indienne dans la périphérie de Ernakulam, la grande ville qui compose aussi Cochin. Ici il n’y a qu’une règle à connaître : c’est qu’il n’y en a pas, de règles. Le danger est permanent et il peut venir de partout. Une bonne heure, c’est qu’il nous faudra pour atteindre le Fresh Choice, le petit restaurant que tient Arafat en plus de la location de motos et d’autres services touristiques. Un léger repas, du thé, mais il nous importe de voir les brêles. Elles ont vécu, la route les a un peu cabossées. Mais Arafat a fait ça bien. Sachant qu’on part pour environ 2500 km, il a mis des pneus neufs et a changé le kit chaîne. Recommandations, change d’argent, installation d’un chargeur USB sur la batterie. C’est l’heure de prendre la route, par la coastal Road, direction sud. Un bonheur de route. Bordée de palmiers, paisible. La moto nous permet de prendre de minuscules chemins et de nous retrouver au cœur des villages, à nous voir accueilli par les larges sourires des Keralais. Dieu que les femmes sont belles ici, avec leurs longs cheveux noirs, leur sari coloré, leurs dents blanches contrastants avec le teint foncé de leur peau. Il règne aussi une odeur étrange, agréable mais étrange. Un mélange d’épices, de lessive ou de savon, une moiteur olfactive à laquelle on identifie ce sous-continent indien. Les spécialistes de l’Inde disent que le Kerala est un état à part dans l’immensité du pays. Sans doute, tout comme le Ladakh parcouru en 2017. Mais quelles couleurs, quels sourires, quelles routes (bonnes à notre grande surprise). Le point commun au reste de l’Inde est sans doute le comportement des chauffeurs de bus. Ces gars-là sont des malades, des grands malades, des fous. Ici tu apprends très vite que ta vie dépend de la rapidité à comprendre que face à un bus, tu ne cherches pas la confrontation. Tu t’inclines, tu te pousses. Fin d’après-midi au bord de la mer d’Arabie, le long de la plage d’Allepey. Un lassi aux ananas frais, une petite brise du large. Et cette odeur, encore et toujours. Cette Incredible odeur...
L’eau. Toute la vie autour d’Allepey est conditionnée par l’eau. Vous avez sans doute entendu parler des backwater du Kerala. Mais saviez-vous qu’ils sont composés de plus de 1500 kilomètres de canaux, de lacs et de divers plans d’eau, alimentés par plus de 40 fleuves qui descendent des montagnes ? 1500 kilomètres !!!! On y vit sur les bords (et parfois dessus) on y fait la lessive, on s’y lave, on y pêche, on y navigue pour aller au travail ou à l’école. L’eau. Aujourd’hui, Biju le boss de la Bella Homestay, nous a organisé un tour à la journée sur les labyrinthes des canaux. Le tuktuk est pile à l’heure pour nous emmener au terminal des bateaux pour s’enfoncer dans les terres, mais sur l’eau, quel paradoxe. Un bateau genre mouette genevoise mais taille XXL, avec un gros diesel bien fumant comme moteur. Un moteur qui ne démarre pas tout de suite, crachotant quelques hoquets avant de caler. Un homme descend dans la cale avec un tournevis, deux ou trois coups par-ci par-là et ça démarre dans l’hilarité générale. Ce bateau, c’est celui qui transporte les Indiens et nous sommes donc en compagnie des habitants du coin. Regards, sourires. L’activité ici, c’est d’emporter des touristes sur l’eau, peu importe l’embarcation. Cela va même jusqu’aux bateaux privatifs presque luxueux (pour les standards indiens) avec cabine pour y passer la nuit. Sans doute un peu trop aseptisé, mais pourquoi pas pour ceux qui aiment ça. Pour nous ce sera plus modeste, avec environ 5 heures en canoë conduit par un gars du coin. L’avantage du canoë est de pouvoir prendre les petits canaux, la où les grosses embarcations ne peuvent accéder. Et on y voit la vie sur les berges, la lessive des femmes, les pêcheurs ou simplement les habitants devant leurs (belles) maisons. Ici, certaines habitations sont construites sur une digue d’à peine 5-6 mètres de large séparant deux plans d’eau. Mieux qu’une moto sur la terre ferme, ici c’est une barque que chacun se doit de posséder. Les backwater abritent de nombreux villages, avec leurs petits commerces et leurs écoles. Ici, on amène ses enfants aux cours (en uniforme) en bateau. Ils sont nombreux à courir, crier et se chamailler sur les berges les gosses du coin. Des enfants d’une beauté extrême, tout sourire, autant que leur maman. Comme ailleurs, tout est couleur sur ces eaux. Les plantes aquatiques d’un beau vert, les barques multicolores et même les libellules qui sont rouges ! Afin de faire profiter les familles locales, celle qui s’occupe de nous va nous préparer à manger dans leur (très) modeste demeure. Un thali (plusieurs plats différents sur une feuille de bananier) composé de riz, de pois chiches aux épices locales, un chutney de mangue et quelques autres mets dont nous n’avons pu savoir ce que c’était faute de compréhension mutuelle. Et évidemment c’était délicieux. Retour à Allepey à nouveau par le bateau officiel, à nouveau avec les gens du coin. Allepey. Une petite ville côtière, sans charme ni monuments particuliers si ce n’est deux petits temples. Une plage aussi, non surveillée et pas nettoyée. Mais on s’y sent bien au coucher de soleil et sans doute pour y faire trempette dans les flots de la mer d’Arabie. Ou pour y boire un chaï, un lassi ou un jus de fruit frais sous la brise. Dire qu’Allepey a du charme serait mentir. Mais la magie du Kerala opère. Ça grouille, ça vit, ça bouge, sur les routes avec les innombrables tuktuk, bus et voitures, sur leurs bords avec les commerces en tout genre, de l’étal de fruit au commerce d’or, avec la foule en constant mouvement. Les gens nous regardent, nous dévisagent parfois, mais jamais avec agressivité ou malhonnêteté. Nous sommes loin des clichés qui nous effrayaient au sujet de l’Inde. Pour l’instant. Soyons complet sur Allepey. Nous avons trouvé refuge à la Bella Homestay. Un petit havre de paix et de calme, un accueil à la fois discret et chaleureux. Et une chambre hyper propre et confortable. L’eau, et une journée sans moto. Mais demain nous reprenons la route direction les ghats, à savoir les montagnes dans lesquelles nous allons rouler durant les 3 prochains jours. Ce sera nos premières vraies expériences sur les routes indiennes, j’y consacrerai quelques lignes... Je reconnais, j’ai mis du temps à inscrire l’Inde sur ma liste. Que de clichés, que de préjugés. Une fois encore, sans doute que le Kerala ne reflète pas la réalité plus difficile de quelques autres villes comme Calcutta ou Benares, une première approche en douceur en quelque sorte. Mais ici les sens et les émotions surgissent. Et je sens que cela va continuer.
Petite leçon de conduite motocycliste à l’indienne ... Comme vous le savez évidemment, en Inde on roule à gauche héritage britannique oblige. Première habitude à prendre. Si tu veux additionner les kilomètres en sécurité, il est d’ailleurs FORTEMENT recommandé de rester le plus à gauche possible, soit contre le bord de la route. Pourquoi ? Parce que dans la chaîne alimentaire des routes locales, le plus gros passe avant les autres et ainsi de suite jusqu’en bas. Quelle que soit la situation. Vous comprendrez donc facilement qu’à part les vélos et les piétons, les motos ne font peur à personne. Revenons à la position sur la route. Pourquoi à l’extrême gauche ? Parce qu’en face ça dépasse à tout va. Les bus dépassent les camions et les voitures dépassent les bus qui dépassent les camions. Vous voyez pourquoi il vaut mieux être tout au bord ? Deuxième règle : ne t’arrête jamais aux carrefours ou aux intersections. Si tu mets le pied par terre t’es foutu, tu vas rester coincé là. Le truc c’est de rester en mouvement, de toujours avancer, même au pas, et dès que tu vois ou tu sens un trou tu t’insères. Ça peut foutre la trouille au début mais ça marche nickel quand t’as compris le truc. Le problème c’est que tout le monde fait pareil. Genre t’es sur une grande route et t’as une plus petite voie qui arrive sur ta gauche et bien, le tuktuk ou la moto qui arrive va venir sur ta trajectoire sans même te jeter un coup d’œil. Troisième règle essentielle : le klaxon est ton assurance-vie. Ici les rétroviseurs font une chouette décoration sur les véhicules mais à part ça ... en gros, si t’es un bon conducteur indien tu te dois de klaxonner au minimum toutes les 8-10 secondes parfois plus dans les villes ou les endroits où il y a plus de monde. Klaxonner, juste pour dire que tu es là et que tu arrives. Pigé ? Alors ça peut faire peur, mais franchement on s’y fait vite, il faut juste ne jamais relâcher son attention, parce que le danger peut surgir n’importe quand et de n’importe où... mais revenons à notre road trip. Ce matin, nous sortons sans souci de Allepey par une route rectiligne et rapide, bordée de rizières. Ça roule assez vite et il faut bien garder l’œil sur ce qui arrive en face (voir ci-dessus). Nous avions téléchargé l’application Maps.me et les cartes de l’Inde du sud, impressionnant ! Avec encore un petit chargeur USB et un support pour l’IPhone sur le guidon, nous sommes complètement autonomes et la précision des informations nous conduits sans souci sur les bonnes routes. Nous avions décidé volontairement de ne pas prendre la voie rapide vers Kumily, dans les montagnes, pour prendre des détours sur des voies de moindre importance. Rapidement, le paysage devient vallonné, les courbes se multiplient, la circulation diminue. Au moment de dépasser un tuktuk, je m’aperçois que mon klaxon est mort. Damned (voir ci-dessus). Mais dans ce pays, les ateliers, ou plutôt les cahuttes, qui bricolent les deux roues sont légion. Et je ne mets que quelques kilomètres à trouver un gars qui va me réparer tout ça. Ça démonte le phare où se trouve un fusible du klaxon (...), ça change une pièce, ça ressert des connexions... et ça marche. 50 petites roupies pour 20 minutes de boulot efficace (70 cts, oui je sais c’est moins cher que chez HD...). Au hasard de la route, nous nous retrouvons au cœur d’une fête visiblement religieuse aux abords d’un temple. Que des hommes, torse et pieds nus, le visage et quelques parties du corps peintes. On les prend bien sûr en photo, mais eux aussi ! Toujours au hasard des routes, nous trouvons un family restaurant pour notre lunch. Alors là, c’est un peu galère parce que personne n’y parle anglais. Alors on y va au bol et on se retrouve avec une table trop petite pour contenir tout ce qu’on nous apporte... les saveurs sont là, le feu aussi. En Inde, on ne mange pas avec des services, mais avec la main, la droite. La gauche est réservée pour des pratiques plutôt impures. Alors la règle est qu’avant tout repas on va généreusement se laver les mains aux lavabos qui sont toujours à proximité de la salle à manger. Ceci dit pas si facile de manger du riz et toutes ces succulentes sauces avec ses doigts, il reste un peu de pratique à obtenir. Kumily se rapproche, notre GPS nous indiquait une étape de 155 kilomètres aujourd’hui. Mais sur les routes indiennes et en moto, 155 kilomètres c’est minimum 4 heures de routes, sans compter les arrêts. L’après-midi est donc entamée lorsque Kumily est en vue. Cette petite ville est perchée à 900 mètres et l’air moite et chaud des plaines laisse la place à une “fraîcheur” bienvenue. C’est aussi le début des collines de plantations de thé. D’ailleurs au détour d’un virage, un groupe de femmes ramasse les jeunes feuilles qui dépassent du haut des buissons. Elles ne sont pas loin de la route et nous grimpons la pente pour aller à leur rencontre. Un pur moment de fraîcheur au vu de leurs sourires éclatants et de leurs rires bruyants lorsqu’on parle de nos prénoms ou de nos enfants. Petite séance photos et selfies, merci Mesdames pour cette bonne humeur malgré votre dur labeur. Kumily. Bruyante, poussiéreuse, indienne... certains y viennent pour aller à la rencontre des animaux dans la réserve voisine de Periyar, mais il faut avoir le temps que nous n’avons pas pris pour cette étape. Tradition oblige, passage chez le barbier. Jamais, jamais je n’emmène de quoi me raser en voyage. Et le barbier de Kumily ne m’aura pas déçu. Soirée plus fraîche et à la lumière tamisée sur le rooftop de notre Homestay, petite musique d’ambiance. L’Inde est bruyante, grouillante, mais également spirituelle et relaxante sous certains aspects. Une culture compliquée, mais que nous essayons d’apprivoiser au mieux pendant ce très court séjour. Demain cap sur Munnar, au cœur des plantations de thé, toujours en altitude des ghâts. Quel trip, sur la route, mais aussi dans le coeur et la tête.
Fantastique. Fantastique et galère un peu quand même. La route entre Kumily et Munnar est une voie qui circule dans les montagnes, appelées ici les ghats. Des reliefs couverts de végétation en tout genre, mais si verte, si dense. Le bitume est parfait, la route est toute en courbes, un virage tous les 30-40 mètres, le tout avec un très faible trafic. A la limite de l’orgasme de l’asphalte, du kamasutra du bitume, tant rouler dans ces paysages paisibles et splendides amène un plaisir indescriptible. Nous traversons régulièrement de petites villes ou villages moins animés que les cités des plaines, des rues colorées par les saris des des femmes, par les murs des maisons ou par des nombreux panneaux publicitaires qui ornent les commerces. La vitesse de croisière est rassurante, un petit 40 km/h qui nous permet de lever les yeux pour en prendre plein. Jusqu’au moment où. Au moment où une voiture freine et s’arrête en face de moi dans sa voie. Mais pourquoi ??? Devant l’absence de danger apparent, je freine à peine, continuant à avancer. Sauf que là, juste devant moi un serpent d’au moins 2,50 mètres traverse la chaussée en ondulant en S. Plus le temps de l’éviter... et je passe à moins de 50 centimètres de sa tête, j’ai même vu ses yeux tellement il était prêt de mon mollet ... Galère. Oui quand même. Parce que la route Kumily-Munnar est en réfection. Alors des détours sont signalés. Des détours qui nous poussent sur des tronçons défoncés, des chemins étroits, dans des pentes dignes de la Streif et surtout qui rallongent le temps de route que nous avions prévu. De 4 heures, nous sommes passés à 6,5 heures. Galère. Parce que mon Enfield tousse sérieusement depuis quelques kilomètres, comme si le carburateur était bouché. Et elle pousse même à s’éteindre au ralenti sans vouloir redémarrer. Mais comme il y a un mécano dans tous villages, je prends cette précaution de m’arrêter. Et ce sont bientôt trois spécialistes qui se penchent sur le cas de la malade. Ca cherche, ça vide le carbu, ça ressert un truc à la sortie de l’échappement et après 30 minutes ça a l’air de fonctionner. Payer ? Même pas, le sourire et “je vous ai rendu service Sir, c’est mon plaisir”... Munnar est en vue, des paysages à couper le souffle au cœur des plantations de thé. Des buissons quasi à perte de vue, même dans les pentes assez raides des coteaux. La route est redevenue belle, l’asphalte est neuf. Le bonheur est de retour, même si les fusibles de la moto continuent de lâcher ce qui me prive de mon klaxon, un élément essentiel ici. 30 kilomètres après Munnar, toujours au cœur de cette si belle nature au cœur des ghats, nous trouvons la Pavithra Riverview Homestay, en contrebas du village de Lakkam. Une petite pension familiale au bord des champs de thé, dans un décor fantastique, à l’accueil si chaleureux. Shankar est au soin pour ses visiteurs. Il nous amène le thé sur le petit toit qui surplombe une partie de la maison. Un toit face à la vallée, une vue magnifique sur la nature environnante. Et toujours ce sourire si éclatant. Juste au-dessous de la pension, un chemin part au cœur des plantations où il serait possible de se balader durant des heures. Quel labeur de cueillir les jeunes pousses sur les buissons. La Pavithra, dans un petit village du Kerala, nous y prendrons notre repas du soir, garanti pas épicé et qui pourtant brûle le bord des lèvres. La Pavithra, une chambre simple, avec douche et WC, le tout très propre, une nuit calme, bercée par le bruit reposant de la rivière sous nos fenêtres. L’Inde, loin de la frénésie des villes. Munnar et ses environs. Nous y passerons encore demain, avant d’avancer dans ce périple indien si attachant. On savait que le dépaysement serait garanti. Il est non seulement garanti, mais total. Munnar, part II. A la Pavithra le petit-déjeuner se prend sur le toit, dès que le soleil pointe vers 08h30. La vue y est bien sûr splendide au matin et la nourriture que Shankar nous apporte réjouit nos estomacs. Shankar veut développer sa petite affaire, alors il nous demande ce que nous les occidentaux mangeons le matin. Nous lui parlons de Muesli, de miel, de fruits, de yaourt.. il enregistre, prend des notes, sûr, il sait se débrouiller le garçon. Ce même Shankar nous donne l’adresse d’un de ses frères à Munnar, lequel pourrait nous aider à résoudre mon problème de fusibles qui lâchent. Sur place, on obtient l’adresse d’un mécano et un chauffeur de tuktuk qui écoutait la conversation de loin, mais d’assez près pour flairer la course, nous propose de le suivre pour être certains de trouver. Problème, le gars est mécano mais ne fait pas les pannes électriques. Alors le chauffeur nous amène à l’autre bout de la petite ville chez un autre mécano qui lui ne fait que l’électricité. On lui explique le souci, il hoche la tête. Il va voir. Du coup, on lui laisse la moto et nous partons voir Munnar, son marché aux fruits et légumes coloré comme d’habitude, ses petites boutiques marchandes, ses stands de rue, ses gargotes, sa foule bigarrée. Une petite ville bruyante, animée et poussiéreuse, indienne, au cœur des montagnes. La moto est prête, un bon bout du faisceau a été refait et il me montre même les photos de ce qui était défectueux. A un prix dérisoire pour nous évidemment. Les environs de Munnar sont magnifiques. Plantations de thé, cascades et même deux lacs artificiels où les indiens vont en famille. Bien kitsch évidemment, mais on y croise la vie locale. C’est donc là que nous allons, voir les jeunes couples se tenir pudiquement par la main, les enfants réclamer des jouets dans les stands qui bordent l’endroit. L’après-midi est bien entamée lorsque nous retournons à la Pavithra dans le village de Lakkam. Il y a une belle cascade derrière le village et en moins de 30 minutes, nous voilà au pied de chutes, malgré le peu d’eau vu la saison. Shankar et sa famille nous ont concocté un autre excellent repas ce soir, et pas épicé cette fois, partagé avec quelques autres voyageurs au long cours. Échanges et partages d’expérience autour d’une table indienne. Munnar et sa région. A voir, à respirer, à goûter, à ressentir.
La route qui redescend sur les plaines comporte un tronçon privé vu qu’elle traverse de part en part une plantation de thé. Évidemment elle est ouverte à tous, mais il y a tout de même une barrière et son préposé à chaque extrémité de la propriété qui pourrait fermer ce tronçon de quelques kilomètres et bloquer ainsi l’accès à Munnar depuis le nord-est. Original. Vu que nous traversons une plantation, les paysages sont juste féeriques. Du vert à gauche, à droite, en-dessous et en-dessous. Des buissons de thé à perte de vue sur les pentes de ces ghats. Une splendeur. Quelques kilomètres à peine, les chutes d’eau de Lakkam sont annoncées. Un arrêt obligatoire. Les singes sont là, prêts à chiper tout ce qui leur passera à portée de main, surtout de la nourriture. Une petite marche d’approche et nous voilà au pied des cascades. Des familles indiennes sont déjà là, dans l’eau fraîche de quelques gouilles. Les femmes se baignent entièrement habillées contrairement aux hommes et aux enfants. Sourires de bienvenue et les moins timides d’entre eux nous font signe d’aller dans l’eau ! On ne peut pas rater ça. Hop, en slip et c’est parti pour une baignade matinale rafraîchissante. Évidemment et comme toujours, on vient nous demander d’où nous venons, où nous allons, le dialogue est facile avec les Indiens tant ils sont curieux face à un occidental. Reprise de la route, direction les plaines du Tamil Nadu voisin, avec pour but final la ville d’altitude de Kodaikanal sur l’autre versant des ghats. La température remonte au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude pour devenir vraiment chaude. Les paysages perdent de leur verdure pour être remplacés par une nature plus sèche, plus jaunie. Nous ne sommes pas des connaisseurs de l’Inde, mais après avoir traversé quelques villages, nous sentons une différence avec le Kerala voisin. Plus rustique, plus rude, plus pauvre sans doute, le Tamil Nadu s’apparente plus à l’idée que nous nous faisions de cet énorme pays. Le contact avec les gens y est moins facile. Non pas qu’ils soient moins souriants ou moins aimables, mais il est plus difficile de rencontrer des locaux parlant anglais, ce qui limite forcément les contacts lorsque nous nous arrêtons pour boire un thé ou demander une direction pour confirmer notre GPS. Un GPS qui nous sort régulièrement des sentiers battus pour nous faire prendre de petites routes à travers les campagnes, passant parfois au cœur de villages dont les habitants sont ébahis de voir des Blancs à moto traverser leur monde. Aucune agressivité pourtant, juste ces regards appuyés et parfois déstabilisants. Bien que moins verdoyants, les paysages demeurent fantastiques, il y a toujours quelque chose à voir, dans les champs, sur le bord des routes, dans les villages. L’humain est partout ici, plus d’un milliard d’individus, alors impossible de rouler quelques minutes sans croiser des gens. Et le spectacle est continu, toujours ces saris en couleur chez les femmes ou les habits typiques des paysans. Dépaysement total, abandon de nos codes, de nos vérités ou de nos certitudes. Nous sommes en Inde. Les contreforts des ghats apparaissent, nous entamons la longue montée vers Kodaikanal. Une route tournante, évidemment splendide. Nous rattrapons souvent quelques camions ou bus, qui ne sont pas faciles à dépasser car ils ne laissent pas d’ouverture. A toi de te débrouiller, voire de prendre quelques risques infimes. Il n’est pas rare non plus de voir des véhicules arrêtés sur le bord de la route avec un ou des passagers vomissant sur le bas-côté. L’Indien des plaines n’aime pas les virages. A mi-montée, arrêt à une gargote dans un virage. Thés noirs, beignets de légumes, pause pour les fesses. Les bus s’y arrêtent aussi, faisant le beurre du tenancier. Alors bien sûr, quatre Blancs là au milieu ça attire les regards. Kodaikanal est en vue, perchée à ses 2000 mètres d’altitude. Un village pour l’Inde, une petite ville pour nous. Les habitants aisés des plaines viennent y prendre la fraîcheur et la relative pureté de l’air. Quelques activités ici, comme la balade en minuscule bateau à pédales sur un petit lac au centre de la bourgade. Un lac entouré d’une petite route où les couples circulent en tandem, où les enfants font une balade sur des chevaux dociles devant leurs parents qui mitraillent la scène avec des dizaines de photos. Des stands aussi, de nourriture bien sûr. Notamment celui des succulents pois chiches cuits mélangés à des oignons, du riz soufflés, des épices, le tout servi dans un cône de papier prélevé dans un journal ou un magazine et que tu te débrouilles de manger avec les doigts. Des articles et jouets encore, tous plus kitsch les uns que les autres. Il faut que cela soit clinquant, fluo de préférence. Bref, une bien belle activité autour de ce lac, de belles scènes de rue. La chance. La chance que nous sommes dimanche et que nous croisons une sorte de procession chrétienne, où les fidèles portent de lourdes et énormes décors à la gloire de Dieu. La foule suit le cortège au son de tambours, de trompettes et de clarinettes. Un cortège festif et coloré. Nous aurons aussi été sur la promenade à flanc de montagne de Coaker’s Walk. On y verrait les plaines du Tamil Nadu à des dizaines de kilomètres. S’il n’y avait pas cette forte brume qui empêche toute vue spectaculaire. Le spectacle est plutôt sur la promenade elle-même. Les jeunes Indiens viennent s’y prendre en photo. Les filles adoptant plutôt des positions glamour mettant en valeur leur beauté, alors que les garçons se la jouent plus macho, lunettes de soleil et peu de sourire. Le tout sans gêne devant tout le monde. Ah cette Inde, ses paysages qui fascinent autant que ses habitants, que ses épisodes de vie, que ses scènes de rue. Kodaikanal, rien d’exceptionnel au final, juste le plaisir d’y être venu et d’observer.
Malgré l’altitude et la fraîcheur à l’ombre, dès que le soleil apparaît sur Kodaikanal, la température augmente rapidement. Ce qui n’empêche pas l’Indien des plaines de porter bonnet et veste chaude d’ailleurs. Depuis le début de ce trip c’est l’application Maps.me qui nous guide sur les routes indiennes. Et il faut bien reconnaître que les concepteurs de cette application gratuite ont sacrément bien bossé. Tiens prenons aujourd’hui par exemple. Notre but du jour est Madurai, une ville de province du Tamil Nadu, à quelque 130 kilomètres de Kodaikanal. On va être franc, on n’a clairement aucune idée du chemin à prendre pour s’y rendre, d’autant plus qu’en Inde à part sur les très grands axes, les panneaux routiers font figure d’absents. Alors on s’en remet à Maps.me. Et là, et dieu sait comment, ce GPS a dû sentir que nous n’en avions pas encore assez de ces petites routes dans les ghats. Car au lieu de nous amener au plus vite sur les grands axes de la plaine, il nous a embarqués sur des chemins de travers le plus longtemps possible. Petites routes, parfois pistes, à travers des villages d’un autre temps où la rudesse de la vie se lit sur certains visages burinés, à travers les forêts d’eucalyptus. Nous faisons confiance et suivons à l’aveugle le tracé sur nos téléphones portables arnachés au guidon. Une chance. Que dis-je, un privilège. Quel touriste vient dans ces coins isolés des montagnes du Tamil Nadu ? Pas beaucoup à voir la mine et les regards surpris des personnes croisées lors de ces quelques dizaines de kilomètres. Et lorsque nous avons un doute lors d’une intersection, il suffit d’arrêter une moto et la vieille dame qui monte en amazone à l’arrière nous indique la direction dans son dialecte local, tout sourire, alors que son mari ajoute que nous devons être prudents sur ces petites routes. La dernière descente, à flanc de montagne, sera mémorable de beauté avec une vue incroyable sur les plaines du Tamil Nadu en contrebas. Enfin un village, avec des commerces, un arrêt de bus. Il fait chaud désormais, chaud et soif. Il est temps de faire une pause après une conduite tout de même éprouvante durant quelque 60 kilomètres. Une gargote de bord de route, un avant-toit qui procure un peu d’ombre, un préposé au thé, quelques beignets de légumes qui viennent d’être frits, c’est là qu’il faut s’arrêter. Et on ne le regrettera pas. Évidemment, les personnes présentes veulent savoir d’où on vient, où on va, à qui sont les motos. Et voilà qu’on nous offre une tournée de ... concombres frais achetés au vendeur de rue 10 mètres plus loin, coupés en deux dans le sens de la longueur avec un peu de sel pimenté. La fraîcheur du légume face à la légère brûlure du piment. « Welcome to India » nous dit-on avec toujours ce sourire désormais traditionnel. Thés noirs, chaud et sucré, les petits beignets, les concombres de bienvenue, la pause s’est transformée en repas de midi. Il est temps de reprendre la route et au moment de payer, le patron des lieux nous dit que nous sommes ses invités avec de longues poignées de main. Ce n’était pas une pause en fait, mais une leçon. Une leçon de vie et d’accueil. Il reste tout de même quelques dizaines de kilomètres jusqu’à Madurai. Avalés sur des voies rapides. Une autoroute même, mais à la indienne. A savoir que des motos roulent à contresens sur la bande d’arrêt, que des piétons la traversent et que même des vélos l’empruntent. L’arrivée à Madurai est assez épique. On ne rentre pas dans une ville indienne de plus d'un million d’habitants sans devoir affronter sa circulation frénétique, archaïque et anarchique. Encore plus qu’ailleurs, aucune règle n’a cours aux abords de Madurai. Ça force, ça pousse, ça bouchonne, ça bataille et évidemment ça klaxonne. En permanence. Redoublement d’attention, concentration, celui qui aura piloté ici est paré pour bon nombre d’éventualités. Le Moskva Hotel est non seulement à une distance raisonnable du fameux temple Sri Meenakshi, mais il a aussi un petit garage souterrain pour éviter de laisser les motos à la rue. Les motos, dont la mienne a toujours ce foutu problème de fusibles qui lâchent. Mais la aussi, le Moskva est tout près d’un atelier Enfield. Alors le réceptionniste m’y amène comme passager sur son scooter et je reviendrai y poser la moto. Moto prise en charge tout de suite, avec un changement d’un bout du faisceau électrique défectueux dans le pare-boue arrière. Demain visite de la ville et surtout du temple. A pied, ça reposera nos fesses endolories. Madurai. Notre première grande ville indienne. Un cocktail local dont les ingrédients sont bruit, pollution, foule, klaxons, poussière. Le tout bien secoué et servi chaud. Madurai en Inde. Une ville qui fourmille, en perpétuel mouvement, des rues parfois de terre, des scènes de rue tous les mètres. Aucun charme particulier, mais une ambiance particulière. La ville semble être découpée en zone d’activités. Le Moskva Hotel où nous logeons est dans la zone des pièces détachées pour les véhicules. Des échoppes, de minuscules ateliers, à même la rue, sans aucun standard de sécurité, à la débrouille totale. Un fouillis indescriptible. Et pourtant extraordinaire. La où nous trions, jetons, gaspillons, ici tout se conserve dans un coin, tout se répare, tout sert à quelque chose. Dans d’autres zones, ce sont les textiles, les pneus, l’outillage ou encore les cartes de vœux ou d’anniversaire (...). Tu cherches quelque chose de particulier, choisis ton quartier. Il s’était injuste de dire que la ville est sale. Poussiéreuse oui, mais sale non. Les scènes de rue disait-on. Comme les vaches en plein carrefour. Comme cet artisan qui repasse des chemises avec son fer à charbon. Comme les gens qui prient un dieu peint sur un mur. Madurai, le spectacle est permanent, comme le bruit. Les mendiants se sont comptés sur les doigts d’une seule main, les sourires eux, étaient innombrables. Mais si on vient à Madurai, c’est pour visiter le temple du Sri Meenakshi, un des plus célèbre d’Inde du sud. un temple érigé il y a plusieurs siècles en l’honneur de la déesse Shiva. Une splendeur architecturale avec ses tours ornées de milliers de statues colorées. Les Indiens y viennent en pèlerinage pour prier, de loin parfois, les touristes y viennent pour en prendre plein les yeux. Certaines parties intérieures sont réservées à ces pèlerins, puisque les non hindous ne peuvent y pénétrer. Le temple se visite pieds nus et les jambes couvertes, tout y est superbe. Sans photo malheureusement, appareil et téléphone y étant scrupuleusement interdits. Madurai, le détour en valait vraiment la peine. Dernière soirée ici, dernier plaisir à Madurai : un excellent repas sur le roof top du Suprême Hôtel. A l’air et au-dessus des toits de la ville. Madurai. On a adoré.
Sortir de Madurai n’a pas été si compliqué finalement. Peut-être que nous nous habituons à cette conduite indienne, toute en fluidité, sans véritable règle ? Direction nord aujourd’hui pour la petite ville de Palani, toujours au Tamil Nadu. C’est notre ami Shankar qui nous avait conseillés de faire un stop à cet endroit plutôt que dans la grande ville de Coimbatore. Palani, des maisons, ses commerces, sa population, au pied du Murugan Temple perché sur la colline 600 marches plus haut. Un temple de pèlerinage pour les Hindous, où l’on monte les escaliers de pierre, parfois brûlants sous le soleil, à pieds nus. Nous sommes les seuls Blancs à l’horizon et notre présence étonne. Mais comme partout, les sourires éclairent les visages. Étonnement sans aucun doute, Palani n’est pas sur l’itinéraire des guides et autres tour operator. Du coup, l’occidental s’y fait rare. Et c’est bien ce qui fait le charme de cette ville où nous sommes plongés au cœur de la culture et la religion locales, sans artifice ni intérêt touristique. Difficile de se faire comprendre ici, car quasi rien n’est indiqué en anglais. Comment monter au temple, doit-on acheter des tickets, comment cela fonctionne-t-il ? Notre désarroi doit se voir à des kilomètres à la ronde, puisqu’un vendeur ambulant de jouets vient nous expliquer, dans sa propre langue et à grands renforts de gestes équivoques, que nous devons laisser nos chaussures à une consigne avant d’entamer la longue montée. Nous comprenons aussi que l’accès au temple est gratuit. Décidément ces Indiens sont particulièrement accueillants avec le touriste perdu dans les méandres de la culture locale. Gravir 600 marches n’est pas si simple avec la chaleur du Tamil Nadu comme accompagnante. Certains portent de jeunes enfants, quelques femmes transportent de lourds sacs de nourriture en équilibre sur la tête, nous ne sommes pas les pires lotis. La mode ici pour les hommes c’est le selfie avec le premier Blanc que l’on croise. Alors durant la montée, nous sommes sollicités à de nombreuses reprises pour finir sur les cartes mémoire de smartphones. Et quand il s’agit d’un groupe, évidemment que chacun veut sa photo, avec son appareil à lui, ça prend donc un peu de temps. Les filles, elles, sont moins hardies, elles se contentent de grands sourires et de signes de la main. On se sent bien dans cette Inde, chaleureuse et accueillante, on en oublie cette poussière constante, la pollution des véhicules et les déchets qui jonchent le bord des routes et chemins. Évidemment que depuis le Murugan Temple la vue est splendide sur la campagne environnante 600 marches sous nous. Sur cette esplanade, les codes sont incompréhensibles pour nous. Plusieurs entrées, des gens couchés au sol qui attendent dieu sait quoi, certains amènent des offrandes d’autres pas, toute la complexité indienne sur cette colline. Alors nous y allons à la chance, on rentre là où l’on pense pouvoir, on suit des pèlerins, on regarde et on observe discrètement. Toujours sans réellement comprendre. Et on se pose à l’ombre, pour contempler le spectacle des gens. Leurs habits colorés, leurs mimiques, leurs yeux si noirs et leurs sourires si éclatants. On ne s’en lasse pas. Retour à notre logement du soir à deux pas de la montée vers le temple, au cœur des petits stands de rue. Le Patthia Naidu Palace, un petit hôtel local tout simple et bon marché, rien d’un Palace, mais rien du tout. Mais qui est au petit soin pour nous. Le soir tombe sur Palani, l’animation se fait plus discrète. Un petit air souffle sur les plaines du Tamil Nadu. On est bien. Nouvelle étape et une longue. Un peu plus de 170 kilomètres direction nord pour rejoindre la station de Coonoor, dans le massif des Nigrilis à plus de 1800 mètres. Retour dans les montagnes. 170 kilomètres de moto en Inde, c’est un minimum de 6 heures, arrêts compris. Une fois n’est pas coutume, le GPS choisit lui-même notre tracé du jour. Un savant mélange de routes de campagne, de traversées de village et même d’une grande ville (Tirrupur), d’autoroute que nous aurons prise durant un kilomètre à contresens (sans que les autres usagers n’y trouvent quoi que ce soit d’anormal) ayant raté un embranchement. Un cocktail de Tamil Nadu l’espace d’une journée. Des arrêts aussi, pour reposer l’arrière-train qui encaisse sans trop sourciller les bosses, dos d’âne, malformations et autres imperfections chroniques des routes indiennes. Une première pause dans une petite échoppe de bord de route pour ce qui est devenu la tradition : un thé, chaud et sucré, soit noir pour deux d’entre nous, soit au lait pour les deux autres. Et c’est alors que notre regard tombe sur un plat de pois chiches aux épices Masala. Mettez-en une soucoupe svp. La femme derrière le comptoir ne parle pas l’anglais, alors ce sont les clients de la petite salle qui vont traduire. Nous voilà à nouveau au centre des attentions. Et pendant qu’on y est, rajoutez-nous de cette friture d’oignons qui a l’air si bonne et que vous venez de nous faire goûter, merci Madame. Une première pause qui se termine par une tournée de selfies, casque et lunettes de soleil sur la tête, prêts au départ. Une seconde pause dans une petite ville cette fois, avec encore une série de thé, accompagnée de fruits achetés sur le stand d’à côté. Melon mûr à souhait, mandarines juteuses, de beaux et bons fruits locaux. Il faut avouer que les fruits sont une des seule nourriture qui n’emporte pas la bouche par le feu des épices, notamment du piment. Les Indiens s’y mettent déjà le matin au petit-déjeuner (pas aux fruits, mais bien au piment), alors une petite pause doucereuse et sucrée dans la tourmente des plats épicés , ça ne peut que faire du bien. Les contreforts de la montagne arrivent et avec eux, le début de la montée. La vitesse va ralentir et la conduite va se faire plus difficile. Nous sommes pris entre deux feux. Se faire dépasser par les voitures qui grimpent pied au plancher et tenter de dépasser les bus et camions qui subissent la pente, le tout en ne prenant aucun risque. Car à la descente, les bus et camions n’ont rien à envier aux voitures. Ça roule à fond et ça coupe sérieusement les virages. Une odeur de caoutchouc brulé prouve que les freins sont sacrément sollicités. Nous avions lu qu’il fallait être fou pour conduire des motos en Inde. Mais voyager dans ces bus qui ne connaissent aucune limite doit être tout autant périlleux si ce n’est plus, vu leur état. Coonoor est en vue, l’air y est frais évidemment, moins moite. On y reste demain encore avant de rouler vers notre seconde grande ville : Mysore, dans l’état du Karnakata. Le soleil est toujours au rendez-vous, on va en prendre plein les yeux. Une fois de plus.
Un jour et demi à Coonoor. Retour donc dans les montagnes, au cœur des Nigrilis dans les Western Ghats. Une petite ville d’altitude, animée comme il se doit, mais surtout au cœur d’une région superbe où les plantations de thé occupent le terrain. A Coonoor même, il n’y a pas grand chose à faire. Son marché couvert et quotidien peut-être, où l’on trouve de tout, fruits et légumes, textiles, nécessaires de maison, outillage, épices, fleurs, bref de tout. Un endroit vivant et odorant (souvent très agréable ne nous méprenons pas) au gré des étals. Mais ce qui vaut la peine à Coonoor, c’est partir se balader aux environs en moto. Au belvédère de Dolphin’s Nose par exemple. Bien sûr que la vue sur les montagnes environnantes et plus loin sur les plaines du Tamil Nadu est impressionnante. Mais ce qui fait son charme à ce nez de dauphin, ce sont les 11 kilomètres de route pour s’y rendre. Une petite route, parfois à flancs de montagne, coincée entre les buissons verts des théiers de part et d’autre de la chaussée, sinuant dans une nature préservée et bien sûr splendide. La brume au loin rend la lumière plus tamisée, mais les monts aux alentours se découpent dans le bleu du ciel. Un bonheur total que ce mélange de couleurs. C’est bien entendu un peu l’attraction du coin, alors on y est pas seul sur cette route. Prudence. En arrivant à son terme, les chalands attendent le voyageur avec leurs petits stands proposant des boissons, de la nourriture simple ou des bricoles à acheter. Mais il n’y a pas que les chalands qui se réjouissent de la venue des touristes. Les singes aussi. Toujours prêts à chaparder ce qui traîne à portée de main, quitte à se montrer assez entreprenant. Malgré cela, la vue vaut la peine depuis Dolphin’s Nose. Sur le chemin du retour, une manufacture de thé propose des visites expliquant les différentes étapes depuis la cueillette jusqu’à votre tasse du petit-déjeuner. Une usine installée là par les Britanniques au siècle dernier. Et les infrastructures n’ont pas vraiment changé depuis. Une autre visite à faire, le Sim’s Park, un jardin botanique à l’indienne, beaux arbres et plantes diverses, où une petite gouille permet à quelques pédalos de promener des touristes, quasi exclusivement Indiens. Car ici encore, le Blanc est rare. Rien d’exceptionnel donc, juste un moment paisible en nature, loin du bruit. Coonoor « centre », on y est allé pour changer de l’argent. Un seul bureau pour avoir des Roupies car les banques n’en fournissent pas. Un peu dur à trouver car cet office est perdu au milieu des dizaines d’autres commerces de la ville. Et visiblement peu savent qu’on peut y faire du change.Les dollars que nous amenons sont scrutés, ils se doivent d’être impeccables. Deux billets nous seront d’ailleurs refusés, à cause d’une petite tache dans un coin. Ce qui paraît être une formalité prend au final pas loin d’une heure. Et quand un couple d’Indiens rentre dans le bureau et veut changer un billet de 1000 francs suisses, nous n’y croyons pas nos yeux. Un couple en voyage de noces, dont l’époux habite à Bâle. Le monde est soudainement petit. Nous aurions pu manger a notre guesthouse, mais nous avons trouvé un petit resto familial dans la rue principale de la ville. Une petite échoppe sans prétention, tenue par un couple, mais qui prépare du poulet de différentes façons (toutes bien épicées), ainsi que plusieurs variétés de riz frit et de nouilles sautées. A peine arrivés qu’on nous trouve une place dans l’espace très restreint de l��endroit. Un accueil chaleureux, où l’on se sent rapidement bien, malgré que personne n’y parle vraiment l’anglais. Coonoor, l’immersion indienne. Dans l’assiette et dans l’ambiance. Retour de nuit à notre guesthouse, sur les hauteurs de la ville à quelque 5 kilomètres. On s’était promis de limiter les trajets de nuit. Exception. Mais c’est vrai, on n’y voit pas grand chose et les dangers sont les mêmes qu’en pleine journée, sauf qu’on ne les voit plus ! Coonoor ou la fin du périple en montagne. Retour demain dans les plaines chaudes et moites. Et passage dans l’état du Karnataka, direction Mysore et son palais. Nul doute qu’on n’y verra aucune différence. Les sourires seront toujours présents nous y serons parfaitement accueillis. Comme partout.
L’air est frais au petit matin dans les Nigrilis. Quel contraste avec les plaines où la température ne fraîchit même pas vraiment la nuit. Avant de partir vers le nord, petit coup de chapeau tout de même aux autorités locales. Toute cette région de montagne des Nigrilis est Plastic Free. Alors, à voir ce qui traîne encore par terre, la mesure ne doit pas être si ancienne. Néanmoins, ici on emballe dans du papier journal et on te donne un petit sac de coton pour embarquer tes courses du marché. Même les pailles des Lassis sont en carton ! Bref, l’Inde le fait et y arrive. Pas comme chez nous... comme quoi les donneurs de leçons ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Direction donc Mysore, par les routes de montagnes pour sortir du massif. Après Wellington la militaire (une importante garnison de l’armée indienne est stationnée là), voici Ooty la célèbre. Une station assez huppée des Nigrilis, où les hôtels et autres lieux de villégiature vantent leurs chambres luxueuses. Ooty, très en vogue auprès des classes aisées à ce qu’il se dit. Une seule route, bien sinueuse en plus, et surtout bien encombrée. Un véritable défi lorsqu’on se retrouve collé derrière un camion, avec un bus qui pousse derrière. On ne le dira jamais assez, les chauffeurs de bus indiens, c’est du lourd. Vitesse excessive, dépassement téméraire, aucun fairplay ni considération pour les autres, en voir un dans le rétroviseur de la moto rend nerveux. La descente sur la plaine est longue et la route n’est pas toujours en bon état. Quelques tronçons qui n’ont pas encore vu d’asphalte, trous voire cratères, dos d’âne (particulièrement efficaces), il convient d’être prudent. Heureusement, l’Enfield 500 n’est pas une machine qui incite à mettre du gaz. Un couple d’enfer, une maniabilité incroyable et malgré tout c’est du solide. Parce que des trous et des dos d’âne, on en a ramassé quelques dizaines depuis le départ. Peu avant d’atteindre le plat des plaines, nous traversons une incroyable forêt d’eucalyptus, des arbres géants et droits comme des i. A se sentir soudainement petit au milieu des ces messieurs de bois. Mais le meilleur reste à venir. Il est temps de dire au revoir aux ghats, à ces montagnes aux si belles routes. Une autre Inde que celle des villes et des campagnes. Des paysages majestueux, des courbes douces, de la fraîcheur. Du plaisir intense. L’air s’est considérablement réchauffé maintenant. Une grande porte annonce la Mudumalai Tiger Reserve que la route traverse de part en part. Une route incroyablement belle au milieu d’arbres splendides. Les employés de la réserve brûlent les abords directs de la chaussée, sans doute pour éviter que certains animaux s’en approchent. Singe, biches, petits cervidés et même un éléphant traversant la route, le tout dans leur habitat. Pas de tigre bien sûr, si félins il y a encore dans le coin, nul doute qu’ils restent à l’abri des regards. Le Karnataka est en vue. Pas de réelle transition car une autre réserve, celle de Bandipur, prend immédiatement le relais pour quelques superbes kilomètres de plus. Notre pain blanc mangé, la suite du trajet se fait sur des voies rapides et même une autoroute, que les automobilistes et camions paient, mais pas les deux roues. Toujours cette autoroute où l’on peut se retrouver en présence d’une vache sur le terre-plein central. Et comme d’habitude des motos en contresens, des tracteurs, des vélos et des piétons qui la traversent. Une autoroute indienne. Comme aux abords de toute les grandes villes en Inde, la circulation devient anarchique au fur et à mesure que Mysore approche. Redoublement d’attention, rester sagement dans sa voie et être attentif à tout ce qui se présente. Les mots d’ordre à suivre pour arriver à bon port. Le bon port à Mysore, c’est le Mannar’s Residency, pas loin des deux attractions que nous sommes venus voir ici. Pas le temps d’enlever les casques que le préposé qui gère le trottoir devant l’immeuble nous fait signe de le suivre. Les motos seront mises à l’abri dans un parking fermé au sous-sol. Les chambres sont prises, la douche nous a requinqués, départ pour le Devarja Market, à quelques minutes à pied. Principalement fleurs, fruits et légumes, ce qui surprend ici, c’est l’effort pour présenter un étal esthétiquement accueillant. A l’image du pays, tout y est coloré dans ce marché. Alors oui, ici on voit du touriste occidental, et on nous sollicite. Mais un refus poli et souriant permet de ne pas être harcelé. Balade dans les rues et ruelles de Mysore. Plus qu’ailleurs, le nombre de vaches vivant au cœur de la ville est impressionnant. A qui sont-elles ? Les commerçants leur donnent de l’eau dans des seaux, voire de la nourriture, ce qui leur évite de faire les poubelles. Par contre, elles sont totalement indépendantes et se promènent la où elles veulent, traversent les carrefours et grandes avenues. Sujet de vénération, une jeune femme la touche et se signe, non pas de la Croix bien sûr, mais d’un autre mouvement à caractère religieux. Demain, suite de la visite de Mysore. On continuera de répondre à la sempiternelle question « hello, where are you from ? ». Une autre journée en Inde. La visite de Mysore. Une ville de province, à peine 1,5 millions d’âmes vivant ici. Difficile de dire que c’est une belle ville, mais disons qu’il y a des choses à y voir, une ambiance, du spectacle de rue (mais comme partout). Première étape, vu que le Devarja Market a déjà été visité hier, le fameux et célèbre palais de Mysore. Un palais, celui d’un Maharadja, pas un temple religieux. Un édifice d’une splendeur inouïe, tant depuis l’extérieur qu’à l’intérieur, au cœur de la ville. Une visite à pieds nus, traversant une partie du palais, mais une partie magnifique. Ils avaient bon goût les Maharadjas du coin ! On y reviendra ce soir, car un spectacle sons et lumière vient égayer ce lieu splendide chaque soir de la semaine. En prenant un tuktuk, on apprend que Mysore abrite quelques ateliers fabriquant d’excellentes huiles essentielles. Évidemment que notre chauffeur en connaît une, où il touchera une commission pour un peu que nous y fassions quelques achats. Et nous en ferons, car ces huiles aux vertus indéniables sont bien plus chères chez nous. En Inde, le textile est roi. Alors, chemises, tshirts, blouses, robes, bref tout ce qui touche à l’habillement vaut la peine de s’y pencher. Quelques achats plus tard, un petit lassi dans une échoppe nous rafraîchira. Il suffit de se poser dans la rue, là où il y a du trafic et de la vie. Se poser et observer. Que de scènes de rue, que de visages, que de couleurs, que de dépaysement. Tout est sujet à étonnement, à découverte, à émotions. L’Inde se vit avec les yeux, avec le nez, mais aussi et peut-être surtout avec le coeur. On le savait, soit on aime, soit on déteste. Le milieu n’existe pas. Mais là, c’est bon, notre choix est fait. La nuit tombe il est temps de retourner au palais. 19 heures pile, des milliers d’ampoules s’allument pour une féerie de lumières sur le palais de Mysore. Des musiciens jouent des airs traditionnels indiens au pied du palais, rediffusés par des haut-parleurs puissants. Une féerie. Un rooftop. L’endroit idéal pour la dernière soirée à Mysore. Un rooftop à la brise rafraichissante et un magnifique buffet de bon nombres de plats différents, tous bien épicés et parfois brûlants, mais que de saveurs. L’endroit idéal pour terminer cette étape incontournable et inoubliable. Mysore, son marché, son palais, ses rencontres, on en voudrait encore. Fascinante Inde.
L’Inde n’est pas une lève-tôt. Les rues de Mysore sont calmes en ce début de matinée, la circulation y est encore parsemée. Ça tombe bien, car il nous faut sortir de la ville. Direction retour vers le Kerala, retour vers la côte à quelque 200 kilomètres vers l’ouest. 200 kilomètres. En Suisse, à peine 2 heures. Ici, environ 6 à 7 heures en fonction des arrêts. Pour une fois, nous n’avons pas laissé notre GPS nous conduire, on lui a un peu forcé la main pour passer sur des voies moins rapides, de plus petites routes. Et on va être gâtés. Tout commence par la traversée de campagnes, de villages ruraux, des lieux d’un autre temps, où justement ce temps n’a pas l’air d’avoir d’emprise sur les gens. Tout semble s’y dérouler sur un rythme indolent. Certains sont assis sur le bord de la route, devant une maison, sur un vélo, à attendre dieu sait quoi. Dans ces campagnes, nous sommes loin des palais de Maharadjas, loin des fastes. L’Inde rural, des tracteurs si anciens qu’ils n’ont plus d’âge et pour les moins fortunés, une vache pour labourer. Des habitations réduites au strict minimum : fournir un toit, une protection. Et pourtant cette Inde là, vue depuis nos Enfield, nous envoûte aussi, tant le décalage est puissant. Une autre réserve animalière et forestière, la Nagarahole Tiger Reserve, se met sur notre chemin. Pas de chance aujourd’hui, ni tigre, ni éléphant, seuls quelques cervidés et singes sur le bord des routes. Mais une route sinueuse est splendide au cœur d’une nature préservée et respectée. Cela fait plusieurs dizaines de kilomètres que nous sommes partis, la réserve ne permettait aucun arrêt puisqu’on n’y croise aucun village. Des habitations sont en vue, quelques petits commerces aussi. Un village de campagne, sans grande activité visible. Un petit resto tout simple, quelques tables et tabourets en plastique. Mais du thé, comme partout, deux assiettes de Byriani (riz et poulet), 2 beignets de banane et surtout des sourires, des questions, du contact. Ici tu manges et bois pour quelques francs et c’est toujours bon. Mais autant que le repas et son prix, c’est cet accueil indien qui fait la différence. Peu importe les tabourets en plastique, peu importe la grande simplicité des lieux, tu t’y sens bien dans ces gargotes. Depuis le début du périple, Maps.me nous la jouait sérieux, mais voilà, il fallait qu’il fasse son taquin. Au détour d’une belle route, il nous indique une voie plus petite, peu asphaltée. Alors on se dit que la voie en question est un raccourci de quelques centaines de mètres. Peu d’asphalte s’est transformé en piste de terre. Petite voie est devenue chemin pédestre étroit. À trous, flaques de boue, bosses et autres réjouissances pour un fessier déjà bien endolori par les nombreuses heures passées sur la selle. Une heure. Il a fallu une heure pour retrouver une route digne de ce nom. Alors certes, j’avoue, on se demandait quand et comment on sortirait de cet endroit (en fait on était carrément paumé). Mais après coup on a bien ri. Sacré Maps.me. La journée de la vache. Plus que tout autre jour, nous en avons vu des dizaines. Tiens, cela a commencé ce matin alors que je sortais devant notre hôtel de Mysore, une belle vache était en train de se faire traire. En pleine ville et en pleine rue... puis dans les champs, les villages et surtout sur la route. Et on ne sait jamais ce qui se passe entre leurs cornes, à ces bovidés indiens. L’idée de traverser devant la moto leur prend souvent et voir une vache sur ou au bord de la route incite à la plus grande prudence. Les 40 derniers kilomètres qui nous séparent de Kozhikode (appelée aussi Calicut) sont une succession de petites villes, sur des routes où la circulation est dense et parfois périlleuse. Rester concentré malgré la fatigue. Le GPS ne nous fera pas d’autres facéties, il a eu sa dose du jour, et nous emmène directement au Calicut Inn, un hotel absolument correct sur une grande avenue. Un demi-million d’habitants dans cette ville, mais une impression qu’ils sont tous dans les rues en cette fin d’après-midi ! Un tuktuk, et qui mettra le compteur s’il vous plaît, nous emmène sur Kozhikode Beach, le soleil s’y couche dans la mer. Des centaines de gens, de familles, assis dans le sable ou marchant à la limite de l’eau, prenant juste du bon temps. Malgré une eau très chaude, personne ne se baigne. Les petits stands sont également présents, proposant du thé évidemment, mais aussi d’autres spécialités locales. Telles que du chou fleur frit ou des petits œufs (de caille ?) en sauce bien relevée.il faut goûter. Et c’est évidemment très bon. Le gars qui tient le stand nous demande évidemment d’où l’on vient et semble même assez fier d’avoir servi des Suisses ! Il proposait aussi des moules passées dans la friture, mais là j’avoue ne pas avoir osé. Balade le long de cette longue plage et pas un Blanc à l’horizon. Alors évidemment, on nous toise, on nous sourit, on nous fait des signes amicaux. Et on nous demande de poser pour des selfies. Encore et toujours. On surprend souvent les moins téméraires à faire semblant de prendre une photo dans notre direction pour nous avoir en cliché ! Il ne reste que peu de kilomètres, peu de nuits, peu à vivre de ce périple en Enfield dans ce pays envoûtant. On va en profiter jusqu’à la dernière seconde.
Kozhikode le matin, comme très souvent depuis le début de notre périple, c’est assez tranquille. Nous avons atteint la côte, le but maintenant c’est de redescendre vers la ville où tout a commencé, Kochi. L’avantage d’avoir la mer à proximité fait qu’elle nous sert de guide, de fil conducteur, de repère. Alors on rejoint Kozhikode Beach et on va rester le plus longtemps possible le long des plages, quelle que soit la taille de la route ou du chemin. D’ailleurs assez rapidement, la route qui descend vers le sud s’écarte de la mer. Qu’à cela ne tienne, on prend les petits chemins qui s’immiscent dans les villages ou les habitations plus proches de l’eau. Et on rejoint le bord, sur des voies parfois pas plus larges qu’un trottoir. Nous roulons désormais au Kerala, depuis hier déjà. Ce n’est pas faire injure aux habitants du Tamil Nadu et du Karnataka que de dire que le Kerala reste une expérience à part. Plus qu’ailleurs, les gens nous saluent, nous souhaitent la bienvenue, nous sourient. Une sorte de marque de fabrique. S’il fallait ne retenir qu’une chose de ce périple en moto, ce serait avant les paysages, avant le dépaysement total, avant ces cinglés de chauffeurs de bus, oui bien avant, ce serait cette gentillesse qui anime le peuple indien. Partout, vraiment partout, nous avons été reçus par des sourires et des témoignages d’accueil extraordinaires. Et au Kerala tout particulièrement. Exemple aujourd’hui : nous suivions la grande route un peu encombrée, lorsque deux jeunes en scooter viennent à ma hauteur, en me disant de prendre une petite rue sur la droite pour rejoindre le bord de la mer. Et ils passent devant, me montrent la voie, m’accompagnent sur plusieurs kilomètres en me vantant la beauté de ce littoral indien. Ils pousseront jusqu’à nous ramener sur la grande route en m’indiquant le chemin à prendre pour continuer notre route, avant de partir dans la direction opposée, tout sourire et le pouce en l’air en guise de d’adieu avec un « welcome to India » ! Alors oui, nous pouvons voir la pauvreté extrême, la misère parfois, la pollution permanente dans les villes, les déchets dans les rues ou aussi la nature, la poussière qui pénètre tout jusqu’aux pores de la peau, oui nous pouvons voir et ressentir cette Inde. Mais la gentillesse de son peuple occulte cette vision. Retour sur notre périple du jour. Quelque part sur un de ces petits chemins le long des plages, nous croisons des pêcheurs qui réparent leurs filets, à l’abri du soleil sous de grandes bâches. Arrêt photos, on descend des motos pour aller voir. Le dialogue est compliqué, l’anglais n’est pas la langue commune. Par contre, pour les selfies, là, aucun souci, on se comprend vite. Plus loin, ce sont une bande de jeunes qui nous stoppe pour des photos, avec de grands éclats de rire. Les plages, oui nous en apercevons quelques-unes le long de la mer. Mais étrangement, la majeure partie de ce littoral est composé d’une haute et hideuse digue faite de gros cailloux. Sans doute une digue de protection pour de fortes marées ou lors de gros mauvais temps quand la mer peut se déchaîner. Et il semblerait que les indiens ne soient pas plus attirés par le côté balnéaire que ça. Bref, si vous cherchez eau et plage idylliques, ce n’est pas sur cette côte qu’il faudra choisir votre destination. Le soleil frappe sérieusement et malgré la proximité de l’eau, aucune brise. Alors quand un cabanon en bois proposant quelques rafraîchissement apparaît, le stop est obligatoire. Une dizaine de jeunes sont là et entament une conversation avec nous. Pas de thé dans cette gargote, mais une autre spécialité locale. Un bloc de glace, à râper avec une sorte de rabot pour l’émietter, que l’on recouvre d’ingrédients soit salés, soit sucrés. Nous goûterons au deux, franchissant au passage quelques règles de prudence quant à l’origine du bloc de glace. Les jeunes sont visiblement heureux que des touristes s’arrêtent dans leur petit univers local. Poignées de main au moment de partir, des bye-bye et évidemment des ... sourires ! Rouler au bord de la mer nous éloigne aussi parfois des voies rapides. Et pour éviter un détour, c’est un bac qui va nous faire traverser un petit bras de mer. Acheter les billets est une expérience en soi, la préposée aux tickets ne parle que la langue locale. A coups de gestes et en montrant les motos, nous tendons un billet de 100 roupies (1,40 CHF) et nous recevons deux tickets et de la monnaie. 15 centimes le passage. Pour la moto et deux personnes. Évidemment, nous serons les seuls blancs de l’embarcation et le fait d’être en moto intrigue l’Indien. Guruvayur. Notre but du jour. Avant d’atteindre cette destination, il nous faut changer de l’argent pour finir le périple. En Inde, les banques ne proposent pas de change. Il faut aller dans les échoppes spécialisées ou alors utiliser les DAB (appelés ATM ici comme dans tous les pays anglophones). C’est à Chavakkad que nous trouverons un office de change. Contrairement à la transaction faite à Coonoor, tout va vite et nous repartons avec quelques milliers de roupies. Guruvayur donc. Une étape choisie pour visiter son temple assez célèbre dans le coin. Sauf que. Sauf qu’il est interdit aux non-hindous. Soit, pas de temple. Un tuktuk nous conduira donc à Chavakkad Beach que l’on s’attendait à trouver assez touristique, comme Kozhikode Beach. Mais Chavakkad Beach en fin d’après-midi, c’est essentiellement le retour des pêcheurs, dont les grandes barques sont tirées sur la plage par de puissants tracteurs. Un véritable spectacle. Le poisson est amené dans le sable, posé au sol, et commence alors une sorte de vente à la criée à même la plage. Nous ne comprenons pas tout, certains prennent des notes, d’autres téléphonent, des transactions se font. Un spectacle local, la vie et l’activité des pêcheurs, sur une plage du sud de l’Inde. Nous y boirons un ultime thé dans un food truck Mercedes qui a dû retrouver une seconde jeunesse en Inde alors qu’un soleil rougeâtre se couche dans les flots de la mer d’Arabie. Avant de revenir dans la nuit à Guruvayur. Repas dans un petit resto, passage chez le barbier. Demain retour sur Kochi, les heures se comptent pour le retour vers la froide Europe. Froide en température, mais froide aussi dans les gens. Autant l’arrivée en Inde demandait une préparation à l’affronter, autant le retour ne va pas être simple.
L’ultime étape. Le retour sur Kochi, lieu du départ il y a 17 jours. 2000 kilomètres, nous avons roulé quasi 2000 kilomètres sur une Royal Enfield dans le sud de l’Inde, sans guide ni assistance. Il n’y a aucune fierté à tirer de ce constat, mais jamais je n’aurais imaginé un tel périple. Cela paraissait un peu fou, téméraire, alors que 17 jours plus tard, nous nous sommes habitués à ces conditions si particulières sur les routes indiennes, à cette nourriture pimentée dès le matin ou encore au spectacle quotidien de la vie dans ce pays si peuplé. Il est des voyages qui te réjouissent sur l’instant présent sans laisser de trace ensuite et d’autres qui te touchent au cœur de ta poitrine. Cette Inde du sud en moto aura été un de ceux-là. Mais revenons à l’itinéraire du jour. Tout comme hier, dès le départ de Guruvayur, nous ciblons le bord de mer et les petites routes. Il est finalement assez facile de rouler sur la route la plus proche de l’eau car la moto à l’avantage de passer partout. Le problème, c’est que la plage et même l’eau, on ne la voit pas. Toujours cette digue d’énormes cailloux qui a été construite tout le long de la côte, sur des kilomètres et des kilomètres, sans doute pour protéger les habitations installées en bord de mer. Ce qui se comprend, mais du coup l’intérêt d’être au bord de l’eau diminue à vitesse grand V. Au nord de Fort Cochin se trouve l’île toute en longueur de Vypin. Une île sur laquelle on retrouve un grand nombre de Homestay, voire de resorts assez luxueux. La plupart, voire presque tous, propose des soins ayurvédiques. Et heureusement, car les plages de Vypin ne sont guère entretenues, il y a toujours cette digue et l’eau n’est pas très encourageante (peut-être est-ce le sable qui brasse et qui lui donne cette couleur vert-brun ?). De plus, l’activité sur l’île semble être assez limitée, donc une fois dans ton resort, tu y restes. Autant être là-bas en cure du coup. Il y a deux façons de rejoindre Fort Cochin depuis Vypin Island. Affronter la circulation et passer via Ernakulam, une grande ville attenante à notre destination, ou prendre un ferry fatigué pour franchir le bras de mer qui sépare l’île de la ville. Le ferry. C’est la cohue et l’anarchie pour y monter, ça force de tous les côtés, il ne faut pas manquer sa place sous peine de devoir attendre le suivant. 10-15 minutes de traversée à peine et nous voilà en ville, à quelques minutes de rendre nos machines. Mais d’abord, cap sur notre ultime Homestay, chez Robin, pour décharger les sacs et nous installer avant la restitution. Une chambre simple mais fonctionnelle, parfaitement propre, un proprio très sympa, prix 600 roupies (env 8,50 CHF). Nous retrouvons Arafat, notre loueur d’Enfield. « Hello my friend ! ». Il est quand même assez ébahi du tour que l’on a fait. Un loueur honnête, il me rembourse les réparations faites en route (j’avais gardé les factures) et un jour de trop de location. On se quitte bons amis, au revoir madame Enfield, toi qui m’auras fait découvrir ce fantastique pays et que l’on aura pas ménagée. Fort Cochin. En une heure, j’aurai vu plus de touristes blancs que pendant les 17 derniers jours réunis. Une ville à l’architecture plus européenne, au vu des diverses vagues de colons qui sont passés dans le coin, notamment les Portugais et les Hollandais au temps des comptoirs. Retour du tourisme, retour de ses effets. Les prix sont au minimum deux fois plus élevés qu’ailleurs, l’Indien y est tout de même un peu moins accueillant ou tout du moins son coté business et intéressé apparaît bien plus nettement. On aura le temps de la parcourir demain, avant notre vol de nuit. Mais on a déjà repéré un endroit où tu achètes ton poisson ou tes crevettes pêchés du jour et tu vas te les faire griller au stand d’à côté. Une bonne manière de terminer le séjour. Fort Cochin donc. De petits bâtiments restés dans le style colonial, un quartier de maisons par religion (chrétienne, musulmane et hindoue), des églises, une synagogue, des mosquées, des temples, le tout sans problème apparent. Tout du moins pour les touristes que nous sommes. Des restaurants, plein de restaurants, qui servent de la nourriture plus occidentalisée (et surtout plus chère). Des guesthouse, des Homestay, bref vous l’aurez compris, Fort Cochin vit au rythme des touristes. Même les chauffeurs de tuktuk sont limite insistants. Il faut dire qu’ils sont nombreux et que la concurrence est rude pour harponner le touriste. D’ailleurs, ils proposent tous un tour de ville avec les principales attractions pour un prix dérisoire. Mais le vrai prix à payer, c’est la visite de toutes les boutiques où ils vont t’amener. Et où les commerçants essayeront de te vendre un truc. Les chauffeurs, eux, s’en balancent que tu achètes quelque chose ou pas. Ils toucheront un coupon des commerçants qu’ils convertiront en Roupies. On avoue, on l’a fait, on avait du temps à tuer. Le parfait piège à touristes. Et dire que toutes ces boutiques vendent exactement les mêmes articles. Le soir, la populace et les touristes se retrouvent sur la jetée des Chinese Fishing Net afin d’admirer le coucher du soleil. Des filets que les pêcheurs du coin abaissent dans l’eau pour attraper ce qui passe. Une méthode qui est surtout devenue une attraction touristique en fin de journée. Des stands, de la nourriture, de l’animation, un bon moment à passer. C’est là que tu peux acheter ton poisson ou tes crevettes et te le faire griller. Un bon deal. L’ennemi numéro 1 à Fort Cochin, c’est le moustique. La ville est entourée d’eau et même au milieu des rues, il n’est pas rare de rencontrer un petit canal aux eaux noirâtres et quasi stagnantes. Alors dès la nuit tombée, il vaut mieux ne pas avoir oublié son spray, parce que ça attaque et ça pique sans relâche. Ce bon Robin nous a organisé le transport en taxi jusqu’à l’aéroport qui est tout de même à une heure de route. Un immense édifice, neuf et quasi vide vu le peu d’avions qui posent ici. Comme à l’aller, un vol qui va transiter par Dubai avant de rejoindre la Suisse. Cette fois, ça sent vraiment la fin d’un périple extraordinaire. La moto. Quelle que soit sa marque, sa cylindrée, un voyage en moto aura toujours une saveur spéciale. Quel autre type de voyage te procure autant de plaisir, de découvertes, de liberté, de choix ? Parcourir l’Inde du sud au guidon de nos Enfield a été une sacré aventure. Chemins de traverse, routes de montagne, pistes, traversées de villes et de villages, paysages fabuleux, scènes de vie, rencontres sur et au bord de la route, arrêts pour des pauses thé, des sourires, encore des sourires, cette gentillesse du peuple indien... une sacré aventure. Que l’on n’est pas prêt d’oublier. Incredible India ...
Bonjour à tous. Pour notre quatrième voyage en Inde, nous avons décidé de retourner dans le sud et ce sera donc le Tamil Nadu (car nous avions dû faire un choix lors de notre voyage en 2014 et il nous était impossible de visiter tous les innombrables sites de cet état si riche en découvertes), nous ne faisons que traverser le Kerala, déjà visité en 2014, et continuons par le sud du Karnataka, encore un état où il y a de quoi découvrir. Voici ce qu'a été notre trajet (lieux d'étape) :
Mamallapuram - Pondichéry - Kumbakonam - Tanjore - Pudukottai - Karaikudi - Madurai - Kanyakumari - Kochi - Metupellayam - Ooty - Mysore - Kuchalnagar - Hassan - Belur - Chitradurga - Udupi - Murudeshwar - Gokarna - Delhi
La fréquence et la facilité d'utilisation des bus qui sillonnent ces états nous ont permis de rejoindre tous les lieux désirés sans aucun problème, à un prix défiant toute concurrence. Lors de ces trajets en bus, nous avons toujours été les seuls occidentaux.
Comme d'habitude, nous n'avons réservé aucun hôtel par internet, nous téléphonions un ou deux jours avant dans les hôtels où nous avions l'intention d'aller, car nous aimons pouvoir changer d'avis en cours de route et pouvoir choisir de rester plus longtemps dans un endroit ou, au contraire, d'écourter le séjour quand bon nous semble. Nous avions, à l'arrivée à Mamallapuram, acheté une carte SIM et 4G. (Il faut attendre 24h pour l'activer, donc l'acheter dans un endroit où l'on a l'intention de rester au moins deux jours) .
-Départ le 10 janvier avec Air India. Nous décollons de PCDG à 21h, arrivée le 11 à Delhi où nous changeons d'avion, puis, après tout un tas de contrôles, départ pour Chennai où nous arrivons à 16h. Une fois sortis de l'aéroport, nous prenons un taxi prépaid pour aller à Mamallapuram (1500rps + taxes en cours de route : 50rps puis 75rps).
A Mamallapuram, nous retournons à la Daphné guest-house où nous avions déjà séjourné en 2014. Elle est toujours aussi agréable, avec ses chambres donnant sur un grand balcon au-dessus d'un patio arboré (950rps). Mamallapuram est très touristique, mais c'est un endroit agréable pour commencer un séjour car ça permet de se reposer de la fatigue du vol et du décalage horaire. De plus, c'est une ville de pèlerinage où se trouvent de magnifiques temples et sculptures très anciens.
Nous changeons des euros dans une des nombreuses petites boutiques de change (très bon taux : 80rps pour 1€)
-Samedi 12 janvier : Balade jusqu'à l'immense et magnifique bas-relief représentant l'Ascèse d'Arjuna que nous prenons toujours plaisir à admirer. Nous ne retournons pas voir les "Cinq Ratha" mais déambulons paisiblement dans le grand parc où se trouvent plusieurs temples et la célèbre "butter ball". Ce qui est différent de notre voyage en 2014, c'est qu'il y a beaucoup plus de touristes indiens (plutôt bruyants) qu'à l'époque et, ça dans toute l'Inde (nous avions constaté le même phénomène à Orchha l'an dernier).
Il y a aussi plein de pèlerins tout de rouge vêtus qui arrivent par cars entiers. La plage derrière le temple du Rivage est rouge de monde et c'est la fête foraine avec des stands de toutes sortes et des petits manèges actionnés à la main... C'est bientôt Pongal, ceci explique peut-être cet afflux de pèlerins ici.
Les restaurants sont légions ici et pas tous terribles, c'est le lot des endroits très touristiques. Mamallapuram, ça va deux jours, mais pas plus...
- Dimanche 13/01 : A 13h, nous partons pour Pondichéry, étape qui ne nous enchante pas vraiment car nous n'avions pas trouvé cette ville très intéressante en 2014, mais la route passe inévitablement par là, donc... Nous logeons à la Swades guest-house, très sympa malgré la chambre très petite : 1100rps (c'est la seule qui restait). La guest-house a l'avantage d'offrir deux terrasses super agréables et l'accueil est vraiment sympathique. Elle est située dans le quartier musulman, ce dont nous nous apercevons très vite par l'appel à la prière retentissant qui arrive d'une mosquée dont le haut-parleur donne presque sur la terrasse de la guest-house ! Réveil garanti à 5 heures du mat !
Balade au temple de Ganesh puis promenade jusqu'au bord de mer. Il y a énormément de vent. Le Goubert Salai, la rue qui longe le Golfe du Bengale, est piétonne tous les soirs à partir de 16h, et ça, c'est bien agréable... les habitants viennent se balader là et profiter de la fraîcheur du soir en famille. "Le Café", près de la statue de Gandhi, est un lieu incontournable pour savourer un lassi ou autre boisson sur la terrasse dans le vent marin. Il y a toujours beaucoup de monde...
Nous allons dîner au "Indian Coffee House" où nous retrouvons enfin l'ambiance des vrais restos indiens, bon et vraiment pas cher, cuisine typiquement indienne, épicée juste comme il faut... Dommage que ça soit si loin de la guest-house...
29 novembre arrivée à Kochi
Mon nom sur une pancarte ....Un indien entre deux âges , Harry , souriant de toutes ses dents manquantes me récupère et me conduit à sa voiture ...modèle d’une autre époque ... »ambassador « blanche dont la portière a failli m’éjecter à plusieurs reprises ...il a même fallu s’arrêter sur « l’autoroute « pour la refermer »
That’s india « !!!!
Une bonne heure de route pour arrivée à Fort kochi.....toujours les Klaxons mais un peu moins présents que dans mon souvenir ...proportionnels au nombre de voitures évidemment et ici la circulation paraît un peu moins dense ...
Fort Cochin occupe la partie nord est de la péninsule de Mattancherry . C’est la zone la plus ancienne de la ville de Kochi et son cœur historique . Elle a été créé en 1503 par les portugais et fut ainsi la première colonie européenne en Inde . Le navigateur portugais , Vasco de Gama a été le premier à relier l’Europe à l’Inde . Il y est mort en 1524 et a été enterré dans st Francis’s Church , la plus ancienne église de l’Inde avant d’être rapatrié au Portugal , en 1538 . Cette église a d’abord été construite en bois puis les franciscains portugais la remplacèrent par cette bâtisse en pierre , dénuée de charme. A l’intérieur le toit à la forme d’une coque de bateau inversée .
Le Master’s art café est un lieu de rencontre paisible auquel est accolée une petite agence de voyages , Travellers Paradise , qui accueille les touristes en les logeant chez l’habitant et peut organiser des séjours dans des familles en bord de mer ou en montagne , ainsi que des circuits sur mesure dans le Kerala , des visites de la ville , des cures ayurvediques , des croisières sur les backwaters ......Bref , tout ce qui peut faire le bonheur de leurs visiteurs ....
Un atelier de couture solidaire y est associé ...Il fabrique et vend des objets en tissu , permettant ainsi à des femmes dans le besoin de faire vivre leur famille . Une taxe de 15% est prélevée pour faire fonctionner cette association. Très belle idée qui s’est mise en place progressivement dans la tête et le cœur de ce couple franco - indien généreux et ouvert aux autres , Sophie artiste et styliste et Jude professeur de yoga .
Je suis logée à deux pas dans la maison d’hôte de Sheeba ....
Nous sommes à Fort Cochin ... c’est un quartier , calme et provincial où la vie se déroule lentement ... où chacun prend le temps de vivre .... C’est aussi le quartier chrétien et de nombreuses églises remplacent les temples habituels ... surprenant ... un petit coin d’Inde un peu à part ...
De jolies maisons coloniales cernent une placette où les élèves de l’école d’en face jouent au cricket , au football où s’entraînent à la course .. Le quartier s’étire jusqu’au port animé où on peut admirer les célèbres filets de pêche chinois qui font en partie la réputation de Fort Cochin ...
Le long du port , des échoppes vendent le poisson fraîchement pêché ...
Des marchands « de tout « s’étalent le long de la promenade et on peut y déguster des jus de coco frais encore dans leur coque , des fritures genre samoussas ou plus prosaïquement des sodas .
Le plus étonnant est d’avoir découvert au Kerala des marionnettes rapportées du Rajasthan !!!!! Tout est bon pour attirer le touriste ... Les tuctucs , noir et jaune ceux là , attendent le client en discutant ou en téléphonant...rien de bien différent sous les cieux keralais .... Ce premier soir , un peu fatiguée , juste un petit tour sur le port ..clic clac les filets sont dans la boîte !!!
A sept heures , je retrouve Sophie et Jude pour un moment de méditation et d’amour ...je partage leur repas avec plaisir mais c’est bien contente que je rentre retrouver mon lit .....
Le 30 novembre Le lendemain , journée au ralenti...je prends mes marques, je récupère du décalage horaire .... La journée d’hier a été une journée de mise en place , de pris de repères , d’assimilation de décalage horaire ...donc pas très productive !!!
La journée commence par un petit déjeuner au « Master Art Cafe « ....
Rituel bien agréable car cuisiné par les mains expertes de Sheena et Sonya . Ce sont des spécialités keralaises qui mettent de bonne humeur dès le matin accompagné d’un bon café et d’un jus de fruit frais ...hum un délice....
Après renseignement pris auprès de Cécile , je décide de faire un peu de marche jusqu’à Mattancherry et de rejoindre ainsi le Dutch Palace .....
Première visite réservée à St Francis’s Church maintenant église anglicane ...
Direction le port et son animation pour continuer le long de Calvathy ( bazar Road ) qui s’étire à l’infini un peu en retrait de la mer , le port marchand en face ..... De très beaux hôtels succèdent à des maisons délabrées avant d’arriver dans le quartier des grossistes en épices dont certains , au vue du luxe de leurs édifices, ont réussi à se faire une place au soleil "..
Une petite chapelle avec sa marchande de cierges ....
Une curieuse église ( catholique après renseignement ) où se préparait quelque mystérieuse cérémonie et un nom étrange gravé à l’entrée « our lady of Life Church « , sans doute dédiée à la vierge Marie....
Un antiquaire qui n’avait pas que sa marchandise d’antique ....
Quatre km pour rater l’embarcadère de Mattancherry annoncé à 1,2 km et le Dutch Palace à 2,5 !!!!! Retour à pied , désespérant les « tuctucs espérant « une cliente !!!! Je fais un détour pour saluer la « Santa Cruz cathédral basilica » , elle aussi massive et sans charme ...d’abord portugaise et église en 1595 , elle devient cathédrale en 1558 . Détruite en 1785 , elle est reconstruite en style baroque tardif en 1887 et devient basilique en 1984 lors de Jean Paul II au Kerala .... Deux grandes flèches blanchies à la chaux lui donnent un peu de légèreté et à intérieur diverses statues un peu « kitsch« ainsi qu’un tableau au dessus de l’autel représentant la cène qui n’est pas sans rappeler celui de Léonard de Vinci .
Un dernier détour par le port pour admirer le coucher du soleil .
Je ne suis pas la seule à avoir cette idée ...de nombreux indiens viennent s’y attarder seul ou à plusieurs , discutant ou contemplant le spectacle qui émerveille notre regard ...
De nombreux touristes s’y mêlent et chacun a l’air de savourer ce moment plein de magie ....et c’est des lumières plein les yeux que je regagne ma sweat-room...après une nouvelle méditation intense ( pendant ) et chaleureuse ( après )
1 er décembre. C’est après une nuit écourtée par des touristes nouveaux-arrivés et indélicats ...et par un coq qui confond la nuit et le petit matin ...que j’émerge à......10 h 30.... Ce n’est pas grave ...je suis en vacances .... Petit déjeuner tardif .... Je savoure le spectacle de la rue peu animée au regard des quartiers « plus indiens « où du port ... Des enfants jouent au foot sur le terrain .... ...
Un marchand ambulant de chaï que j’aurai l’occasion de goûter un peu plus tard ....
La fin de la matinée est consacrée à la visite de l’atelier de Sophie qui foisonne d’idées et de réalisations colorées et joyeuses ...
Retour au café , achat de fruits pour équilibrer mon régime alimentaire, discussion intéressante avec Cécile ....je déjeune à .... 16 heures .....
La journée s’étire sans se presser ....revisite du port à la tombée de la nuit et ses lumières multicolores m’enchantent encore et encore ....
Je rebrousse chemin déçue car la plage est fermée suite à une tempête qui pendant la nuit a envahi d’eau le sable et représente un danger pour quiconque prendrait le risque de s’y aventurer ...
Le décalage horaire sévissant malgré tous mes efforts , je rentre me coucher... une bonne nuit sera la bienvenue et demain sera un autre jour .
Le 2 décembre Aujourd’hui c’est l’enterrement de la belle mère de mon hôtesse ..le corps est exposé dans son cercueil depuis la veille et les amis défilnt pour prier et lui dire adieu ...pendant une heure de la musique religieuse est diffusée par des hauts parleurs . Puis le prêtre arrive pour bénir le corps avant l’enterrement proprement dit ...rien de bien différent de chez nous étant donné que la famille est chrétienne comme 20% de la population du Kerala ( 10 fois plus que la moyenne nationale ) .En effet ce sont les portugais qui ont débarqué en premier au Kerala suivi des jésuites .... A cela s’ajoute 25% de musulmans , le reste de la population étant majoritairement hindouiste . A aucun moment nous ne ressentons de tension entre les différentes communautés et tout ce petit monde est un bel exemple de cohabitation pacifique ....
Le Kerala a été le premier état à élire un représentant marxiste et souvent le drapeau avec la faucille et le marteau s’associe au drapeau national indien ..
Avec les filles de bureau d’accueil , nous nous mêlons à la famille pour honorer le corps avant qu’il ne soit emporté ..
A nouveau , cette envie irrésistible d’aller me « perdre « dans le quartier indien, histoire de m’immerger et de respirer l’odeur de cette Inde vivante et colorée , qui fait un peu défaut à ce coin de province calme et « anglisé « ....
Un tuctuc me conduit à deux pas de Dutch Palace et je décide de remettre ma visite à plus tard afin de parcourir la très longue « Palace road « ....
L’Inde , la vraie , celle des échoppes , les bien rangées , les désordonnées, les propres , les moins propres ......
Des boutiques ....toutes sortes ...comme ...en Inde !!!!
La vraie .., celle qui vit , qui respire, qui palpite ... C’est le quartier des hindouistes .... De vraies boutiques succèdent aux échoppes étroites et sombres ...... Un temple hindouiste modeste et fermé ...c’est le premier que je vois depuis mon arrivée ..Seules quelques bougies brûlent à l’extérieur.Sans doute dédié à Shiva car on peut y voir sa monture , le taureau Nandi ...
La chaleur humide se faisant de plus en plus prégnante , je reprends un tuctuc pour rejoindre le quartier plus calme et plus aéré de ma guest house .
Je repère la rue d’où je viens et à pied , la reprend en sens inverse et ai le plaisir de déguster un samossa ainsi qu’une autre variété de délicieux beignets servis dans du papier journal !!!! Je passe devant un des hôpitaux de la ville et dans un terrain vague voisin , tiens tiens des revenantes!!! Nos amies les vaches qui se font plus rares dans ce coin de l’Inde car ce ne pas elles qui déambulent le long des rues mais ..... »de sympathiques...biquettes !!!!!
Je rejoins le port. ...
Un homme assis en tailleur sculpte des peignes dans une corne de buffle...avec une scie , il sépare les dents et le résultat est un joli peigne en corne en forme de poisson ... Admirative , je lui en achète un et lui promets de revenir ...
Un déjeuner tardif Master Art cafe et l’après midi s’écoule sereinement dans ce coin de l’Inde si particulier et si attachant ... Quelques fruits composeront mon repas du soir et au lit car demain , mon amie Josephine arrive ...ouahhhhh!!!!! Un dernier tour sur le port pour aller goûter l’animation et regarde encore une fois ce spectacle sans arrêt renouvelé...et ces filets de pêche chinois qui en sont la principale attraction et nécessitent 7 ou 8 hommes pour les manipuler .... La plage est toujours recouverte d’eau et de détritus suite à une grosse tempête plus au sud et des barrières de sécurité nous empêche de passer ..... Nous apprendrons le lendemain que dans le sud du pays , de nombreux morts et pêcheurs disparus en mer font un bien triste bilan .
Le 3 déc. arrivée de la belle Nous sommes dimanche ...lever à 6 h du matin ..direction aéroport .... Une quarantaine de km nous séparent de l’aéroport international ... A cette heure matinale il fait encore bon et la circulation n’est pas trop dense ...Durant une bonne partie de la route , nous longeons la ligne de métro qui comporte sept stations .... A terme , elle devrait arriver jusqu’à l’aéroport .. Je récupère mon amie et direction Fort Cochin où la vie tranquille nous surprend ... Il fait bon vivre à Fort Cochin ... Petit déjeuner , installation , petite sieste ...et direction le port ..sur notre chemin , nous nous arrêtons pour admirer la belle cathédrale basilique Santa Cruz qui en fin de compte retrouve grâce à mes yeux .
Aujourd’hui la vierge est ornée d’une torsade de fleurs rouges du plus bel effet Quelle dévotion et quel respect ont ces indiens catholiques ....je ressent une émotion intense que je ne discerne plus beaucoup dans nos églises françaises .
Nous avons la chance d’assister aux baptêmes de deux enfants et José s’émerveille devant les jolies tenues endimanchées des petites filles qui ressemblent à de petites princesses ....en fin de compte toutes les petites filles du monde aimeraient être des princesses ....
Nous sommes dimanche , notre café de la place est fermé ...nous nous régalons d’un plat délicieux pour la modique somme de .... 3 euros ... St Francis’s church est fermée... nous déambulons jusqu’à la galerie David hall , face au ground où une exposition de peinture nous fait découvrir de jolis tableaux inventifs qui nous émerveillent ...
A 18 h nous avons rendez avec Cécile et le reste de la troupe pour aller assister à une fête hindouiste au Dutch temple , centre du quartier hindou et départ de l’interminable Palace Road .. Les rues intérieures sont décorées au sol par des dessins blancs faits de farine de riz et éclairés de petites lampes à huile ...le résultat est magique ..
La surface du ground qui s’étend entre la grille d’entrée et le Dutch palace est entièrement recouverte rangées de petites lampes à huile que les indiens rallument régulièrement.....au fond le temple mais nous , non hindouistes , n’avons pas le droit d’y pénétrer...seule Cécile a eu le privilège d’être accepter et d’assister aux prières et aux rituels ...
Quelques musiciens tapent sur leurs tambours et scandent de la musique rythmée et lancinante aux sons de laquelle des danseurs se démènent et qui n’est pas sans me rappeler la techno de nos boites de nuit !!!!! Nous attendons un défilé hypothétique avec des éléphants ....rien ne se passe et nous décidons de retourner dans notre coffe shop de la rue princesse ... c’est la rue la plus touristique de Fort Cochin ... Les boutiques tenues pas des « cashemiris « sont à touchetouche et tous essaient d’attirer notre attention ...la concurrence est rude et les touristes ne se bousculent pas ... c’est pourtant le début de la saison touristique ...mais la rumeur de la tempête en a découragé plus d’un .... Il est 20 h40 et notre restaurant ne sert plus .. Nous nous rabattons sur un restaurant un plus plus international ... et surprise !! Les « noodles « aux crevettes sont délicieuses .. Encore une journée de passer ... à prendre son temps
4 déc lundi Le rituel .....petit déjeuner au Art’s Master coffee ...tous les jours nous goûtons une spécialité keralaise ...aujourd’hui ce sont des « iddiyappam , nouilles de riz cuites à la vapeur avec des légumes cuits dans une sauce délicieuse légèrement épicée ....
Aujourd’hui nous décidons de jouer les touristes ....nous irons vers Marrancherry admirer le Dutch Palace (1557)devenu un musée et la synagogue Pardesi qui est la plus vieille synagogue d’Inde ...
Comme tous les jours le temps passe trop vite et finalement nous embarquons dans un tuctuc aussi bien décoré que le propriétaire est jovial ...
Nous commençons par la synagogue ..au passage , malgré nos protestations, nous nous arrêtons dans deux boutiques d’objets indiens de luxe où le chauffeur doit avoir une commission ..
La plupart , en effet , servent de rabatteurs et touchent un bakchich quand les clients achètent ...
Nous ne pouvons nous empêcher d’admirer des panneaux de bois sculptés et peints , de magnifiques échiquiers aux figurines finement ciselées en os de chameau , des tapis , de nombreuses représentations de Shiva , Ganesh ...en bois , en bronze , métal .... Bref beaucoup de tentations ...un vrai bonheur pour celui qui a envie de marchander ... Pour ma part , je préfère acheter directement aux petits commerçants ou dans des échoppes où les intermédiaires sont réduits au minimum ... A la troisième boutique nous râlons sec ...et notre chauffeur nous explique que de toutes façons , la synagogue n’ouvre qu’à 15 h !!!! Imparable !!!!mais nous insistons pour descendre et arpenter les boutiques du quartier et ce n’est pas ce qui manque ....
Nous rentrons dans une de ces boutiques luxueuses où un des vendeurs sur le pas de la porte nous fait miroiter des prix « moins que pas chers « !!!! Mon amie négocie âprement une statuette en métal et le vendeur finit par céder en simulant comiquement qu’il est étranglé !!!! Dans la rue menant à la synagogue , les boutiques les échoppes et les marchands ambulants sont collées les uns aux autres ...nous sommes bien dans un quartier touristique ....les touristes ne sont pas pléthores et nous sommes sollicitées en permanence ...cet afflux de marchandises est un peu déroutant et aurait plutôt tendance à me faire fuir ...mais devant un pas de porte !!!!! La même statuette en métal ....sans discuter , je l’acquiers pour un prix deux fois moindre !!!!!! Je m’amuse beaucoup devant la déconfiture de mon amie qui essaie de se persuader que la sienne est plus belle !!! Que nenni ...la seule différence réside dans l’instrument de musique qu’ils ont entre leurs mains ...
Nous arrivons devant la synagogue ...quelques touristes indiens ( les indiens visitent beaucoup leur pays ) et étrangers attendent l’ouverture des portes
La synagogue Pardesi date de 1568 et a été en partie détruite par les portugais en 1662 puis reconstruite lors de l’arrivée des Hollandais .
A Cochin il y a deux communautés juives , une plus ancienne , les « Juifs noirs « et les « Juifs blancs d’origine plus récente .
C’est la plus ancienne synagogue du monde( !!!??!!) On y pénètre par une petite cour où se trouve la tour de l’horloge datant de 1760 , date à laquelle elle fut agrandie .
Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur .
Dans le hall d’entrée , une série de tableaux raconte l’histoire de l’arrivée des juifs en Inde et leur intégration ....
En 1805 le maharadjah de Travancore offre une couronne en or pour la Torah :
Destruction de Cranganore en 1524 ....
Elle est éclairée par des lustres provenant de Belgique, on peut y admirer une chaire dorée et au sol des carreaux bleus et blancs peints à la main de toute beauté et provenant d’une communauté juive de Canton au XV eme siècle . On peut y admirer une Torah du 16eme siècle . Désormais les services religieux ne sont plus organisés que pendant les principales fêtes juives . Après cette visite nous sommes épuisées par la chaleur ( exceptionnelle pour un mois de décembre ) et affamées !!!! Nous reprenons les rues pleines de tentations et admirons au passage quelques jolies maisons restaurées avec leur cour intérieure ... peut être un hôtel ou un musée ?
Rapidement nous sommes rassasiées de tuniques , pantalons , statuettes en métal , en bois , ...colliers , bracelets ... Tous les mêmes ... la plupart des boutiques sont tenus par « les cachemiris « et nous avons les mêmes dans Fort cochi rue princesse .. Toutefois vers la synagogue , les boutiques avaient un nom juif et on pouvait y trouver des objets religieux juifs . Nous reprenons un tuctuc pour retrouver le calme de notre « fort » !!!! un déjeuner - dîner rapide et au lit car demain une grande journée nous attend !!!!!
Le 5 décembre Aujourd’hui nous avons décidé de prendre un tuctuc affrété par l’association pour aller faire une visite un peu approfondie et détaillée des quartiers de Fort Cochin et Mattancherry ... Un charmant conducteur anglophone nous attend devant le Master Art Cafe ...
Il nous emmène d’abord devant Santo Cruz qui m’émeut à chaque fois un peu plus ...sur les bas côtés , les vitrines de la vierge , de St Joseph , les statues des différents saints comme St Antoine ont une naïveté propre à celle que l’on retrouve chez ces chrétiens keralais ....
Puis St Francis’s Church autre incontournable de la péninsule ....datant de 1503 , en bois puis en pierre (milieu du 16 eme siècle ), on peut encore y voir l’endroit au fond et à droite où Vasco de Gama a été enterré lors de sa mort en 1524 avant d’être transféré 14 ans plus tard à Lisbonne . Le plus étonnant pour une église chrétienne , c’est qu’il faut enlever ses chaussures pour y pénétrer ....nous sommes en indes, n’est ce pas !!!!
Puis nous passons devant « le Dutch cimetery consacré en 1724 , fermé et à travers les grilles duquel on peut voir la végétation qui a envahi les tombes sur lesquelles les inscriptions sont en partie effacées .
Puis nous nous arrêtons devant un énorme banian dont les racines aériennes sont vraiment spectaculaires ...pose , la photo obligatoire clic clac ..nous repartons ...
Cette fois nous arrêtons et visitons la blanchisserie « Dhobi Khana » ( public laundry ) ...impressionnant !!!! Cette blanchisserie a été crée en 1720 pour laver les uniformes de l’armée Hollandaise et les ancêtres de cette communauté Vannar Sangham viennent du Tamil Nadu voisin et de la côte Malabar . Les hollandais leur avaient alloué 13 acres de terrain à cet effet . La blanchisserie été construite en 1976 . C’est là que sont lavés séchés et repassés tous les textiles des hôtels et des particuliers .... Des étendoirs immenses où le linge est mis à sécher à moins que ce ne soit directement sur l’herbe .... Avant cela , il est lavé dans de nombreux petits lavoirs en pierre où il est tordu , essoré , frappé et cela de nombreuses fois avant d’être rincé , mis à séché et repassé... Un autre bâtiment abrite une succession de tables à repasser où la dextérité des manipulateurs de ces gros fer à repasser chauffés par des braisée de noix de coco , est époustouflante... Une sacré entreprise impressionnante par son organisation qui paraît être sans faille !!!!
Tout au long des rues , le spectacle de la vie indienne animée et variée comme je l’aime tant ....des petites échoppes de vendeur de billets de loterie aux voitures ambulantes des vendeurs de chaï , de samossas ou autres délices frits ou jus de cannes à sucre à moins que que ce ne soit de cacahuètes grillées , elles aussi vendues dans un cornet de journal ....
Puis nous arrivons au marché , le plus important de Fort Cochin avec ses étals de poisson séché , de fruits et de légumes connus et inconnus , comme les « doigts de demoiselle « longs filaments verts de section carrée , délicieux ....un spécialiste des oignons est assis à même de sol pour les trier ....Un spectacle sans cesse renouvelé ... Puis le bâtiment des bouchers avec ses stands de volaille , de bœuf , de chèvre ...un peu plus loin des stands de coquillage ...entre deux clients certains lisent le journal ...L’odeur est prégnante aussi j’interromps ma visite pour respirer dehors !!!!
Et au milieu de tout cela , entre un volailler et un marchand de riz , un tailleur « excellent « dit le panneau ...
Puis nous arrivons devant un temple dédié à Shiva fermé aux « non hindouistes « Nous ne pouvons l’admirer , ainsi que son « arbre à offrandes « que de derrière la grille ...un dessin de Shiva entouré de Parvati et de Ganesh signifie que nous sommes bien chez des hindouistes ...sur la gauche un petit autel avec ses guirlandes pour les honorer ...un peu plus loin , un autre petit temple où l’on peut reconnaître les sculptures de Ganesh et autres divinités sur le fronton ...
Puis le temple Jaïn avec sa croix reconnaissable entre toute puisque les nazis l’ont récupérée pendant la guerre pour en faire leur symbole mais en l’inversant ...malgré tout , la regarder me fait froid dans le dos .. Nous enlevons nos chaussures pour la visite , nous laissons nos sacs à l’entrée et les photos ne sont autorisées qu’à l’extérieur des bâtiments . C’est un bâtiment tranquille à l’atmosphère sereine ...peut être que si nous revenions aux alentours de midi , il en serait autrement car le temple est curieusement un lieu de rassemblement d’une centaine de pigeons que des moines nourrissent quotidiennement...ceci a sans doute un rapport avec leur attachement à la non violence absolue envers tous les êtres vivants ...ils pratiquent donc un végétarisme poussé puisque ils ne mangent même pas les végétaux à racine pour ne pas tuer les vers de terre et ne pas empêcher la plante de repousser ....la communauté Jaïn a fondé en Inde plusieurs hôpitaux destinés aux animaux ...Notamment à Delhi , il y a un hôpital jaïn pour les oiseaux ...
Mêmes principes que l’hindouisme et le bouddhisme ...à savoir atteindre l’illumination afin de sortir du cycle des incarnations ....leur culte consiste à réciter des mantras et faire des offrandes ( Puja) dans les temples .Ils pratiquent aussi le jeûne ....et essentiel , respectent TOUTES les formes de vie pour ne pas accumuler du karma ...
Puis nous nous dirigeons vers un des lieus les plus connus et visités de la péninsule...Le Dutch Palace .....situé dans Mattancherry au SE de Fort Cochin ...pour y parvenir on traverse le quartier des grossistes en épices où on peut aussi longer « bazar road « le long de la côte ... Les négoces en gros d’épices alternent avec les luxueux magasins de souvenirs tenus par les « cachemiris » qui reversent des commissions aux chauffeurs qui leurs amènent des clients ....des effluves de cardamome , de clous de girofle , de gingembre , de cumin ...nous chatouillent agréablement les narines ....nous avons visité l’entrepôt de « la vieille usine de gingembre » où le gingembre est étalé dans la cour au soleil pour sécher , trié , réduit en en poudre par frottement sur de grosses pierres , tamisé , mis en sac pour être transporté et livré .... En haut d’un escalier bancal , une boutique où nous dégustons un délicieux « thé aux herbes « et autres infusions pour nous encourager à acheter ....
Le Dutch Palace où musée hollandais ....photos interdites ...nous entrons par un escalier et redescendons par un autre ...une petite queue se forme ... Ce palais fut offert par les portugais au Raja de Cochin en 1555 en échange de concessions ...Il fut rénové en 1663 à l’arrivée des hollandais d’où son nom ...pourtant à l’extérieur, il n’a rien d’un palais !!! Mais à l’intérieur, les fabuleuses peintures murales contant des épisodes du Ramayana ....48 datant du 16 eme siècle me font changer d’avis ! Au premier étages , Lakshmi , Vichnu , Shiva , Parvati nous font des clins d’œil depuis leurs compositions murales ....de plus , outre les portraits des maharadjas depuis 1864 par des artistes locaux , une belle collection de palanquins , de costumes de cérémonie incrustés de pierreries , d’ombrelles royales ....les plafonds sculptés nous donnent une idée de la richesse de ces « gens là « !!!!! A côté deux temples , l’un dédié à « lord Krisna « et l’autre « lord Shiva « interdits au non- hindouistes ... Puis nous nous arrêtons devant une église à l’architecture « on ne peut plus inconventionnelle « !!!!étonnante , surprenante , c’est l’église syrienne St George de Fort Cochin ...
Un corridor couvert avec de nombreux vitraux dont les sommants représentent des scènes de la vie du Christ , de le Vierge , des apôtres .. A l’extérieur un curieux bas relief représentant « le serment de La Croix penchée «
Notre chauffeur nous propose de déjeuner dans un restaurant keralais peu fréquenté par les touristes ....il fait sombre , de nombreux hommes d’affaire se pressent et nous dégustons ...pour 4,5 euros , un « biryani « de chèvre absolument succulent ....nous nous régalons et pendant notre dégustation, un homme à la peau couverte d’étranges grosseurs , tend sa gamelle au caissier qui la lui fait remplir aux cuisines ....il nous a semblé qu’il lui tendait un papier ? Peut être un bon d’échange ?? Nous rentrons au bureau , ravie de notre promenade afin de préparer avec Cécile et Sanitha la suite de notre séjour ... En effet , nous avons l’intention de séjourner plusieurs jours en bord de mer ...de façon à découvrir d’autres paysages et de se reposer de la chaleur lourde et humide de Fort Cochin ....
Le 6 7 et 8 décembre Notre cher Harry nous attend devant le bureau , son « ambassador « astiquée et rutilante ...
Une quarantaine de kilomètres pour parvenir à Marari beach , petite station balnéaire à dix km au nord d’ Allepey , point de départ de la plupart des croisières sur les backwaters . Quarante km c’est peu ...en distance oui mais en temps !!! c’est une autre histoire ...en Inde , on raisonne en temps et non en kilomètres ....les routes sont encombrées , les ralentissements et les embardées sont fréquentes car les chauffeurs doivent éviter les trous ...de plus tuctucs , vélos , deux roues , voitures , cars , quand ce ne sont pas les piétons ou les vaches qu’il faut éviter ...et tout ce petit monde conduit en évitant les autres et pour cela il faut se faire entendre ....à coup de klaxons ....bien entendu !!!!! Aaaaahhhhh les klaxons en Inde .....quel bruit mélodieux !!! Ils nous cassent les oreilles ...à croire que les indiens sont nés avec un klaxon greffé dans la main !!!! Tout au long de la route , nous pouvons observer la préparation des fêtes de Noël qui consiste en la pose de guirlandes diverses et variées tant pour la forme que pour la couleur ..
Nous arrivons sans encombre à Marari beach.....un petit chemin serpentant vers la plage et dans un jardin , notre bungalow nous attend ...
le propriétaire des lieux nous reçoit et un charmant monsieur âgé l’accompagne.., son père ....il veut nous porter nos bagages ...il sera souvent avec nous et la communication se fera aisément mais par signes .....il ne parle que le dialecte kéralais , le malayalam.. Le nom de l’état vient de ce dialecte ...c’est le nom de l’ancien royaume tamoul des« chera « ... Kera signifie « palmier de coco et alam « terre ou pays « d’où le nom en malayalam « terre des palmiers de coco « Les habitants sont des « malayalis « , des « kératites « où des « kéralais et c’est l’un des états le plus linguistiquement homogène... Le Malayalam d’origine dravidienne est la langue officielle du kerala , au même titre que l’anglais ...elle est parlée par 97% de la population. Il faut savoir qu’au Kerala , le taux d’alphabétisation est record par rapport à la moyenne nationale . Il fait chaud , la plage est à deux pas , la mer nous tend les bras ...aussitôt dit aussitôt fait ...une centaine de mètres nous sépare d’une immense plage de sable fin et blanc , bordée de cocotiers à perte de vue ... Peu de touristes , quelques parasols locaux et de petites cabanes en bois servant une cuisine simple et goûteuse ... La mer est incroyablement chaude , les rouleaux nous portent , nous enlèvent et nous ramènent ...inlassablement nous plongeons et replongeons ...un vrai bonheur .... Une omelette kéralaise me rassasie , une discussion avec la seule cliente de la cabane la plus proche , une petite sieste à l’ombre , un autre bain ... , l’après midi se déroule lentement et nous allons marcher en admirant le coucher du soleil ...les pêcheurs ont rentré leur bateau coloré ...le long de la plage , on peut observer quelques canaux de backwaters débouchant directement .
De loin en loin , une grande et simple croix plantée dans le sable nous rappelle que les chrétiens sont nombreux dans cette région de l’Inde .
Nous rejoignons notre bungalow ...José fait un peu la grimace devant les deux tables sous la véranda ....notre restaurant ...au moins nous ne serons pas dérangées par les voisins !!! mais par les moustiques ...oui ...heureusement , « Insect écran « est là et .....bien utile .... Notre hôte vient nous servir une délicieuse et abondante cuisine de la région , concoctée par son épouse que nous aurons à peine l’occasion de croiser ... Nous mangeons du poisson à chaque repas , du thon pourtant cher mais sans doute pour nous honorer et nous faire faire plaisir ...des légumes , du riz , des galettes et de la bière qu’il est allé gentiment nous chercher à vélo au village voisin ..... Il nous a expliqué qu’il s’était conducteur de tuctuc et qu’il avait arrêté cette activité pour recevoir des hôtes ...mais ce n’est pas facile ... En effet notre bungalow avait deux chambres mais nous étions les seules à l’occuper ...
Une bonne nuit après discussion animée pour choisir notre lit en fonction de sa position par rapport au ventilateur et à la moustiquaire !!!! Demain , même journée après un petit déjeuner continental et déjeuner sur la plage ...du poisson et du crabe épicé chez un charmant jeune couple dont la petite fille venait jouer à cache cache avec nous .... Le nom du restaurant « Carol’days restaurant « était d’ailleurs en son honneur .
Nous faisions de nombreuses et longues promenades le long de la plage ... La plage s’étendait à l’infini et le matin tôt nous pouvions admirer les barques colorées des pêcheurs au retour de leur pêche ....souvent, pas loin d’une dizaine d’hommes était nécessaire pour la tirer sur la plage après une longue et difficile manœuvre ...
puis le poisson était décroché des filets , la barque nettoyée et un ou deux hommes se dirigeaient vers le chemin d’accès où ils savaient trouver des clients ...particuliers , guest houses ou hôteliers ...
Le soir au coucher du soleil de nombreux indiens venaient en famille , goûter les saveurs du crépuscule et de la mer ...
Ils s’asseyaient , attendaient et comme nous , admiraient les couleurs rougeoyantes du roi des astres qui semblait disparaître dans l’eau à l’horizon...
Une glace avant de rentrer ...
La journée , nous croisions souvent des couples d’amoureux qui marchaient , comme tous les amoureux du monde , main dans la main en parlant d’amour et d’avenir ...un clin d’œil , un sourire et nous étions heureux ...
Du repos , du bonheur ...un bel endroit à conseiller pour qui veut passer quelques jours à l’écart de la civilisation , de la cohue et des stations balnéaires touristiques....
Le 9 décembre départ pour Varkala
Nous avons encore la journée pour profiter de la plage car notre train ne part qu’à 17 h .... Moyennant un petit supplément , nous pouvons disposer de notre chambre pour entreposer nos bagages et prendre une douche . Nous débutons notre dernière journée par une grande balade le long de la plage pour observer , une dernière fois , les barques des pêcheurs rentrant et déchargeant le produit de leur pêche ...
A midi nous déjeunons dans un restaurant au bord de l’eau , d’un byriani de poisson , ici , maquereau , absolument succulent ...ils ont la gentillesse de nous garder nos sacs pendant que nous savourons un dernier bain sur cette plage paradisiaque ... C’est un endroit idyllique , une rupture nécessaire quand on voyage de ville en ville , de site en site ....un détour intéressant quand on vient découvrir les backwaters au départ de « Allepey , dix km plus bas donc , à une petite demi-heure en tuctuc ...
Un dernier adieu à notre plage et à notre grand père kéralais qui nous « embrasse « pour l’occasion !!! Son fils , notre hôte , est parti accompagner son fils de 9 ans à l’hôpital pour une affection respiratoire...ici les médecins généralistes n’existent pas , quand un problème survient c’est directement l’hôpital et son service d’urgence ..un peu comme en France !!!!
Il est l’heure ...un tuctuc nous attend ...direction la gare d’Allepey ...la route est évidemment encombrée ....Klaxons , slaloms , nous finissons par arriver à bon port en admirant au passage les préparatifs de Noël ...les guirlandes se déploient dans les villages traversés et donnent envie de revenir fêter noël avec eux ...
Notre train arrive ...wagon sans réservation ...quelques bonbons offerts créent des liens et bientôt nous discutons avec les autres passagers , curieux de notre origine « where do you come from ? » What do you do ?..... Ils sont vraiment gentils ces indiens , prêts à partager , à renseigner , aider quand c’est nécessaire, toujours le sourire et cette gentillesse , hum!!!!! et ce oui qui semble dire non ...déstabilisant au début .... L’un d’entre eux , intrigué, passe et repasse dans le couloir , puis revient avec son fils ensommeillé pour discuter avec nous ...
Nous arrivons à Varkala ...station après Kolaam ...ils sont dix à nous dire ..oui c’est ici ..au revoir , à bientôt et c’est avec plaisir que nous nous reverrons ...peut être ...un jour ..... Sur le quai notre chauffeur de tuctuc nous accueille joyeusement....nous le suivons et nous traversons les voies pour accéder à notre carrosse... La traversée de Varkala nous semble un peu longue ...nous arrivons à notre hôtel et nous promettons de le rappeler lors de notre départ car il est vraiment sympathique !!!! Cette fois ci c’est un hôtel qui nous accueille le Jicky’s hôtel , tout blanc avec ses deux étages dont les murs sont joliment décorés de fleurs , oiseaux , paysage, ainsi que l’intérieur de nos chambres , œuvre vraisemblable de quelque artiste local
Il est déjà un peu tard et le gardien de nuit nous accompagne à travers un dédale de ruelles au restaurant végétarien de l’hôtel ...nous nous régalons , l’une d’un potage , l’autre d’une salade ....un petit tour le long de la falaise surplombant la plage et couverte de boutiques ( toujours les mêmes « cashmiris « !!!!), de bars et de restaurants avec leurs étals extérieurs où le client choisi son poisson avant de s’installer.....
Varkala nous paraît beaucoup plus touristique que Marari beach ...nous en aurons la confirmation dès le lendemain matin en cherchant un endroit pour petit déjeuner ...
En attendant bien contentes de retrouver notre lit , nous nous endormons , bercées par le ronronnement du ventilateur !!!!
Les 10 11 et 12 décembre Varkala suite Le lendemain matin nous nous mettons en quête d’un café ou d’un restaurant pour prendre notre petit déjeuner ....nous retrouvons notre chemin ...nous sommes près de la plage de Papanasham , principale plage accessible par deux escaliers dont les marches hautes et glissantes incitent à la prudence ...
Nous jetons notre dévolu sur un petit café restaurant , le Heart café , « organic « c’est à dire bio ... C’est calme , reposant , confortable avec ses grands canapés dans lesquels il fait bon se lover et prendre son temps , cuisine délicieuse, avec une jolie vue sur la mer et dont le code internet « peace and love « me paraît être de bon augure .... Tous les matins nous débuterons la journée en leur compagnie... La plage se trouve à cinq minutes de notre hôtel , il est donc commode de se déplacer ....cinquante fois par jour , nous passons et repassons devant les mêmes boutiques qui nous interpellent pour y pénétrer ...un hochement de tête suffit souvent à les décourager ... La plage est en contrebas de falaises de couleur ocre et le contraste avec celle que nous venons de quitter est saisissant ...aussi bien dans les paysages que dans l’atmosphère... Ici tout est fait pour le « bien être « !!!! des touristes et de vrais loueurs avec de vrais parasols et de vrais chaises longues ... En effet à Marari beach , souvent quelques chaises et parasols ....quand ce n’était pas les propres lits des indiens qui étaient sortis durant la journée et proposés à la location .... À côté de nous , une indienne et son grand couteau dépeçaient des noix de coco , ananas , papayes et autres délices ...dommage ce n’était pas la saison des mangues qui commençaient à peine à mûrir sur les manguiers ...
La même mer chaude , les mêmes rouleaux , peut être même un peu plus impressionnants qu’à Marari ...de jeunes indiens s’entraînaient avec leur planche de surf et il fallait être vigilant pour ne pas être heurtée ... Quelques jeunes filles se baignaient toutes habillées ...les garçons eux avaient des bermudas mais la plupart d’entre eux ne savaient pas nager ... La plage était surveillée et les maîtres nageurs avaient le sifflet sonore , rageur et efficace quand le comportement de quelques baigneurs laissait à désirer ...
Le matin , José disparaissait un très long moment pour marcher le long de la plage ....le deuxième jour , m’a vu en faire autant quand j’ai réalisé que nous allions regagner Fort Cochin et que la plage ....ce serait sans doute terminé.... Mon courage me revient dans l’urgence de profiter afin de ne rien regretter !!!! Je débutais ainsi une longue promenade en longeant la plage ...au bout une « succursale « du temple d’en haut que nous visiterons un peu plus tard dans l’après midi . Un groupe de collégiens s’amusaient à enterrer l’un des leurs comme nous l’avions tous fait un jour ou l’autre ...cela les amusait beaucoup et je leur ai demandé l’autorisation de les photographier...les vivants et le mort ont été ravi de poser !!!! Et un étonnant spectacle peu commun en Inde , un pêcheur à la ligne !!!! En dépassant la pointe , nous arrivions à un éboulis de très gros rochers ocres barrant la plage et nous obligeant à marcher dans l’eau entre deux vagues ...le paysage est superbe ....la mer déchaînée, la plage de sable blanc , les énormes rochers posés ça et là , comme des morceaux de falaise détachés et surplombant tout cela , la végétation plutôt luxuriante avec ses cocotiers et ses palmiers se découpant dans le ciel ... Deux anglaises descendues de leur luxueux hôtel , m’ont encouragé à emprunter l’escalier visible dans la paroi ....arrivée en haut , une grille qui s’ouvrait sur les cinq étoiles d’un palace , où une femme entre deux âges se reposait sans doute de ses soins ayurvediques .....
A mon retour , j’assistai sur la plage sacrée de Papanasham à une cérémonie d’élévation des âmes des défunts c’est à dire que les Hindous viennent apporter des offrandes à leurs chers défunts pour la paix de l’âme car il ne faut pas contrarier les âmes qui ont un pouvoir de malédictions sur une famille et pour cela ils sont aidés d’un prêtre....nous aurons l’occasion d’y participer le lendemain...
Il est assez étonnant de marcher sans but le long de la plage et de tomber sur des prêtres( ou gourous ), colliers de pèlerin autour du cou , installés sous des parasols avec leurs « instruments « ( autel portatif , feuilles de bananier , fleurs , encens , théière , seau d’eau , riz cru , riz cuit ...et parmi tout ce fatras ...l’indispensable portable !!!! Nous sommes en Inde ...mais en 2017 !!!! ) Les fidèles , les hanches entourées d’un linge blanc et la taille d’une ceinture rouge ..... étaient assis face à l’officiant , en position du lotus , paumes tendues et offertes et récitaient à tour de rôle d’étranges prières , reprises en chœur par l’assemblée debout .... Un cérémonial qui consistait à prendre ce que le prêtre leur donnait ...boulettes de riz , riz cru , fleurs ...puis ils faisaient trois fois le tour de leur tête avec les offrandes , à la fin on coupait la ficelle attaché autour de leur doigt et ils partaient , la feuille de bananier et les fleurs sur la tête pour aller les jeter à la mer avant de se mouiller ....
Étrange et envoûtant ...sur le moment je ne savais pas à quoi cela correspondait ....je l’ai su bien après de même que cette partie de la plage était un lieu sacré ...j’ai compris alors pourquoi , m’étant assise sur un coin de pierre à même le sol , ressemblant à un énorme « cendrier pour cigare « , j’ai vu arriver vers moi un indien qui m’invectivait en « malayalam « ...j’avais du profaner un lieu de culte ....
Je remontais et retrouvais ma co-turne pour prendre un tuctuc afin de visiter le temple hindou « à voir « Janardhana Swami temple , datant de 2000 ans . C’est un temple très important et c’est pour cela que Varkala est appelée la « Benarès du sud « Après avoir négocié âprement le prix de la course , le tuctuc nous a laissé devant le temple et sa piscine extérieure pour ablutions et purification .....il était trop tôt pour le visiter et en redescendant, je me suis aperçu que José avait raison et que c’était bien le temple du bout de la plage ...j’étais vexée !!! Et les chauffeurs ont du bien rire ...
17 h visite autorisée pour les étrangers !!! A l’entrée le préposé aux chaussures m’affirme que les photos sont autorisées ...on emprunte l’escalier , et après avoir payé , le préposé à l’entrée tire « un coup de feu « qui nous autorise à rentrer ... En haut des marches nous passons sous une porte sculptée de divinités colorées comme on en voit au Tamil Nadu . A l’intérieur , un énorme banian ... Divers sanctuaires réservés aux Hindous ...sur l’un des murs on reconnaît Shiva , le dieu danseur et presqu’en face , sa monture , le taureau Nandi , une couronne de fleurs autour du cou . Je commence à prendre quelques photos ... un indien me fait comprendre en malayalam que c’est interdit ...forte de mon autorisation d’en bas , j’insiste et la visite se transforme en « course- poursuite « avec mon indien furieux qui m’invective à chaque fois que je le croise ...décidément cele devient une habitude !!!! Sur l’un des murs on peut voir une étoile ....l’étoile de David ? Ce temple est principalement dédié à Vishnu mais on peut y retrouver aussi Ganesh , Garuda , Shiva , Hanuman et autres divinités peintes de brillantes couleurs . Les pèlerins viennent y effectuer les derniers rituels pour leurs décédés . De toutes façons ce temple présente un intérêt moindre , une fois que l’on connaît Maduraï et autres temples du Tamil Nadu ....
Nos soirées consistent à dîner dans un restaurent de poissons ...notre préférence va à la salle du premier étage pour sa vue sur la mer et les centaines de petits lumignons des bateaux partis pêcher de nuit . Après avoir choisi soit un poisson soit des grosses crevettes , nous retrouvons notre choix cuisiné dans notre assiette ...un régal ... Un soir notre voisin de table , professeur d’anglais à Londres et écrivain à ses heures perdues , nous a fait goûter un peu de vin blanc local ....nous l’avons retrouvé à plusieurs reprises et au regard de sa diction parfaite , je le comprenais et faisait des efforts pour me faire comprendre , ce qui amusait beaucoup mes interlocuteurs.... En dehors de mon accent « très français » trahissant notre nationalité dès que j’ouvrais la bouche , un autre anglais de Londres , mi-anglais mi-indien , trader dans la City , rencontré sur la plage , nous a aussi affirmé que nous avions , nous , les françaises , « un petit quelque chose « qui trahissait notre origine ... Nos trois jours sont passés tellement vite et agréablement, que ma Jojo a décidé de prolonger d’une journée ..... »ok à condition que tu te débrouilles « ... Aussi dit aussitôt fait , coup de téléphone à Biju de l’agence pour reculer notre excursion sur les backwaters waters ... Je m’occupe de la chambre que nous gardons et la petite agence s’occupe de reprendre des billets de train . Un jour de plus au bord de la plage ...pourquoi pas....nous aurons bien assez de temps pour transpirer à Fort Cochin !!!! Le dernier soir , pendant que José était restée à discuter avec notre professeur anglais , je marchais le long de la falaise découvrant , surprise , les nombreux restaurants , bars , centres ayurvediques et leur hôtel , les échoppes et vraies boutiques ...incroyable !!!!un vrai paradis pour « touristes branchés « !! pour moi , c’est un peu « too much « et je me suis surprise à regretter la sérénité de Mararibeach ...il en faut pour tous les goûts ...
Dernière nuit , épuisée par la marche , les baignades et la visite du temple nous nous endormons le cœur dans les étoiles ravies de notre séjour balnéaire .
Le 13 décembre retour à Fort Cochin Heart café ....dernier petit déjeuner ...jus de fruit , omelette kéralaise et café , nous sommes prêtes..
La veille au soir , le loueur de parasol nous a invité à les rejoindre sur la partie sacrée de la plage de Papanasham c’est à dire près de la « succursale « du « temple d’en haut « .... Nous sommes surprises !!!!! Des stands !!!! Des parasols et dessous ..des prêtres .... à côté , un autel avec des divinités hindoues ..je reconnais Shiva sous sa forme de danseur cosmique au milieu de son cercle de flammes et ....Boudha !!! Je sais bien qu’il est un avatar de Vishnu mais que fait il parmi les Hindouistes ...je m’approche et regarde , intriguée ... La veille déjà , avant la visite du temple , j’étais restée longtemps à les observer ...sans vraiment comprendre .... Les mêmes cérémonials que ceux d’hier ... Tout à coup l’un d’eux , en peine de client , m’interpelle ... il m’invite à m’asseoir face à lui ... plante trois bâtonnets ... Son aide , un indien âgé me noue un fil autour de l’annulaire , puis il m’offre des fleurs ( des œillets d’Inde souvent utilisés pour les guirlandes ou les offrandes ) , je les prends avec les deux mains et dois faire trois fois le tour de ma tête comme pour mimer une auréole ...puis en récitant des incantations il me rince les mains avec l’eau du seau puisée à l’aide d’une théière ... Ensuite il me tend une poignée de lentilles....même scénario puis encore la même chose avec du riz cru ( deux fois. ) puis une boulette de riz cuit puis à nouveau du riz cru et des fleurs ...... Chaque offrande est déposée sur une feuille de bananier posée sur le sable ... L’aide de camp ( son père ) me dénoue le fil entourant mon doigt et le pose sur le paquet c’est à dire la feuille de bananier et les offrandes ... Un feu est allumé , de l’encens brûle....je dois poser mes mains trois fois avant de les porter au front et au visage .. Puis je me lève , fais trois fois le tour du feu les offrandes sur la tête ... L’accompagnant m’entraîne vers la mer pour y jeter mon paquet et me verse de l’eau sur la tête ....j’appris un peu plus tard que les eaux de cette plage étaient considérées comme « saintes « et lavaient les péchés...ce qui explique pourquoi cet endroit est un important centre de pèlerinage. Si j’ai bien compris dans le côté sacré de cet endroit, Il y a deux notions , la première qui consiste à se tremper dans l’eau pour se laver de ses péchés et la deuxième qui consiste à faire des offrandes aux morts afin que son âme repose en paix .....
Papanasham signifie « wash away sins « il est dit que se plonger dans les eaux sacrées de cette plage nous lave des péchés de toute une vie .... nous allons donc rentrer sacrément purifiées étant donné que nous avons passé presque cinq jours dans l’eau !!!!!
Retour vers le parasol ... Mon officiant , Sivacouma , me dessine deux traits blancs sur le front et un point rouge et noir au milieu.... Pour terminer je dois manger une banane . Sur le côté du matelas sur lequel il est installé en tailleur ( ou en lotus ) , un petit foyer en bois au centre duquel un feu est entretenu dans une coupelle en bronze et ce , surmonté de ... Boudha !!!! Un morceau de tissu blanc autour des hanches et un orange couvert d’inscriptions sur les épaules , des traits blancs et jaune ainsi qu’un point rouge sur son front ..les mêmes traits blancs sur sa poitrine ...il est beau et fort sympathique... Une offrande me libère de ma dette envers lui ...il me fait comprendre qu’une partie est reversée à son père ...il faut bien que tout le monde gagne sa vie !!!!
Subjuguée , je suis restée pour observer ce curieux « spectacle « quand j’ai vu José revenir de sa promenade . .. aussitôt je lui présente Sivacouma , mon gourou dont les affaires tournaient un peu du ralenti ...
Ce n’est que le lendemain , de retour à Cochin , que nous avons su que cette cérémonie s’appelait « l’élévation des morts « cela ne pouvait pas mieux tomber car José venait d’enterrer son papa ...mais cela aurait été peut être plus efficace si nous l’avions su , nous aurions pu nous concentrer un peu plus et prier pour son âme .... Un peu plus loin sur la plage une petite statue dorée d’une divinité jouant de la flûte ...évidemment nous faisons comme tout le monde et posons à côté ... Puis une barque dont les filets sont pleins de grosses moules ...nous n’avons jamais eu l’occasion d’en voir à l’affiche des restaurants ...
Retour à l’hôtel ...il est temps de rendre la chambre ...en arrivant de belles indiennes montent l’escalier devant nous , un paquet de linge sur la tête...impressionnant je ne puis m’empêcher de les admirer à cause de leur courage et de leur port de tête mais je les plains aussi car même habituées , ce ne doit pas être facile tous les jours ...
Les bagages prêts , un dernier repas au Heart café et un petit tour le long de la falaise afin d’acheter des « attrapes rêves « que j’y avais repérer la veille ...
Notre souriant chauffeur arrive à l’heure .....les indiens ont plutôt tendance à être en avance ...est ce dans leur mentalité ou est ce parce que la concurrence est rude et pas question de décevoir un client ?
Attente à la gare après avoir repéré notre quai ( il n’y en qu’un !!!) ....un tableau d’affichage indique les numéros de train et les horaires ...cinquante fois je vérifie et demande à mon voisin indien si le train qui arrive n’est pas le notre ...il me rassure et aussitôt sa voisine regarde sur l’application de son smartphone et confirme ....nous sommes assis sur un banc abrité car une pluie diluvienne s’est mise à tomber ...juste pour notre départ afin de ne rien regretter ... Nous montons dans le wagon correspondant à notre repère mais c’est la partie sans réservation ....un indien nous explique que dans deux stations nous serons à Kollam et que nous aurons assez de temps pour changer et regagner nos places ...ce n’est pas grave , nous sommes assises et le spectacle est plus animé dans cette partie ...A Kollam il empoigne spontanément nos bagages ...et là c’est le luxe !!!! Un vendeur de chaï ...quel délice et le retour s’effectue sans encombre .... A l’arrivée , nous ne trouvons pas notre chauffeur de taxi ...nous finissons par prendre un tuctuc non sans avoir fait la queue derrière une multitude de pèlerins à colliers qui s’entasse dans les tuctucs...le retour nous paraît long et nous regrettons notre taxi ... Il est minuit , la grille est fermée et nous craignons de passer la nuit dehors ...heureusement Sheeba veille et nous ouvre ...ouf ...
Le 14 décembre départ pour les backwaters 8 h 30 nous finissons le petit déjeuner au Master Art Cafe , un minibus vient nous chercher pour une journée à sillonner les backwaters qui constituent l’un des principaux attraits du Kerala .
Nous allons récupérer dans Cochin , un couple anglophone qui en plus des trois femmes déjà présentes , feront partie de notre groupe de visite.... Une bonne heure de route pour arriver ...notre guide nous attend et restera toute la journée avec nous , nous expliquant la vie sur ces canaux . Les backwaters sont des lagunes et des lacs d’eau saumâtre en retrait de la côte de malabar .Un réseau , constitué de plus de 1000 km de canaux naturels ou artificiels , les relie entre eux . La ville de Cochin se trouve au débouché du plus grand lac , le lac Vembanad , sur la mer des Laquedives . Les backwaters waters sont alimentés par une quarantaine de rivières serpentant vers la côte et descenant des ghats occidentaux . Ces canaux sinuent à l’intérieur des terres en suivant le littoral et pendant longtemps ont été les seules voies de circulation . Les embarcations utilisées , les kettuvalams ou housesboats permettaient de relier les villages entre eux et transportaient les produits issus de la noix de coco, comme le coprah , les noix de cajou et tout ce qui pouvait et devait être convoyé . Elles sont faites de planches en bois , reliées par des ficelles en fibre de coco , avec un toit de bambou et de feuilles de palme enduites d’huile de noix de cajou , excellent isolant . Ce type de transport est encore d’actualité. Nous embarquons dans une de ces barques , deux petites plateformes à l’avant et à l’arrière sur lesquelles deux indiens d’un certain âge se tiennent pour faire avancer l’embarcation , en plantant chacun une longue perche en bois dans le fond de la rivière .
Le paysage est sublime et nous savourons en rêvant ce glissement silencieux....
Des maisons plus ou grandes , plus ou moins belles , peintes en rose ou en jaune , jalonnent le rivage ...la première possède un escalier en pierre qui descend jusqu’à l’eau pour embarquer directement ...
De nombreuses plantes aquatiques apportent une note colorée ...des lys , des jacinthes , des lotus ..mais le développement anarchique de certaines ( jacinthes ) recouvrant entièrement la surface de l’eau , obstrue les voies de communication, gêne la navigation et à terme empêcheront les hommes comme les oiseaux de pêcher .....Il peut être "considéré, comme une puissance colonisatrice , prédatrice et dévastatrice qui dégrade l’écosystème aquatique ... Dans certaines régions , ce peut même être un frein au développement socio-économique voire même une véritable catastrophe pour l’écologie des plans d’eau .
Dans la région des backwaters , un autre problème s’ajoute ...la pollution croissante due à la circulation des bateaux à moteurs qui , peu à peu , remplacent les barques à rames ......pour les plus riches et aussi pour les touristes ..... certains ont un étage , sont de véritables hôtels - restaurants flottants et font le bonheur du tourisme de masse ...
Nous n’avons pas embarqué à Allepey pour éviter ce gente de désagrément ..
La région où nous avons choisi de naviguer , est calme et plutôt déserte ce qui fait le désespoir de nos conducteurs ... Le silence et la tranquillité nous permettent de savourer le paysage extraordinaire qui se déroule devant nos yeux se renouvelant sans cesse .
Un pêcheur dans sa barque devant sa maison , un chien faisant sa sieste au calme ...dans une barque ...une femme lavant son linge , une autre l’étendant , des cueilleurs de noix de coco dont toutes les parties sont utilisées et qui seront ensuite transportées sur l’eau ... On utilise TOUT dans la noix de coco . Quand elle est orange ou verte , on peut boire l’eau de coco . Au fur et à mesure de sa maturation , la pulpe se densifie et peut être transformée en copeaux, en huile ou en lait .... Les fibres de sa coque ou bourre peuvent être utilisées pour la fabrication de corde ou de tapis . En pharmacie , la coque brûlée réduite en poudre est un excellent charbon végétal , absorbant des gaz . Pour l’heure , les paysages magnifiques ne cessent de défiler , nous émeuvent ...nos appareils photos s’activent ....ici une scène de la vie courante , une barque que l’on croise , un signe de la main , le parapluie qui leur sert d’ombrelle ou la serviette sur la tête les protègent du soleil , les oiseaux , les barques à l’ombre des cocotiers , une famille canard se déplaçant en groupe ...certaines pirogues ont ET un moteur ET des rames.... Les cocotiers s’élancent vers le ciel et forment une voûte presque céleste qui se reflète dans l’eau et à chaque instant le miracle se renouvelle...
Certains canaux sont entièrement recouverts de végétation et à l’entrée de certains d’entre eux , on peut voir des cordes sur lesquelles sont accrochées des bouteilles en plastique de façon à en freiner la prolifération...c’est bien la première fois que ces bouteilles se rendent utiles au lieu d’être éparpillées sur toute la surface de la planète . Des manguiers bordent les rives ...on pourrait presque cueillir les mangues en tendant la main ...dommage elles ne sont pas encore mûres ...
A midi , nous stoppons pour déjeuner de riz et de légumes servis sur une feuille de bananier .... la guide nous explique comment se fabriquent les cordes en fibre de coco ... Nous repartons après quelques emplettes artisanales ... Des massifs de fleurs rouges , jaunes ...une chèvre attachée à un piquet , un élégant pêcheur à la ligne , son serviteur et son fauteuil pliant de part et d’autre ...bientôt nous empruntons des canaux de plus en plus étroits ...le spectacle de cette nature exubérante continue de nous émerveiller .... De retour sur la terre ferme, nous quittons à regret nos conducteurs non sans les avoir chaleureusement remercié ... Ce fut une parenthèse magique qui est un incontournable du Kerala expliquant l’engouement justifié des touristes....
Le 15 décembre Kathakali Trois jours encore .....il ne reste que trois jours pour emmagasiner le maximum de souvenirs . Encore un tour sur le port toujours plein de surprises ....il fait chaud , très chaud ...un marchand de billets de loto ...toujours autant de succès ..les indiens adorent acheter des tickets de loterie ....Ils ont toujours espoir de sortir de leur vie difficile... comme pour nous !!!!
Puis nous nous arrêtons devant la représentation d’une énorme ancre juchée sur un socle de pierre portant une inscription sur une plaque en marbre noir ayant trait à lord Wellington et à une de ses quatre ancres ...
Lord Wellington a participé à l’élaboration du port de cochin aidé pour cela par un ingénieur , spécialiste des ports , Robert Bristol arrivé en 1920 ...
L’après midi passa en attendant notre soirée typique Keralaise ...
En fin d’après midi nous devons assister à un spectacle de Kathakali, sorte de théâtre dansé ( ou danse théâtrale !!!) caractéristique du Kerala et vieux de cinq siècles ... Le katakhali raconte des épisodes tirés des épopées hindoues du Mahâbhârata et ramayana et de la vie de khrisna . C’est un mélange de drame , de danse , de théâtre , de rituel accompagné de musique ....qui peut durer toute la nuit mais nous assisterons à spectacle « raccourci « « spécial touristes « ... Les thèmes interprétés sont classiques ...courage , vertu , paix , amour ou au contraire vice , pleutrerie , guerre.... Les maquillages et les costumes élaborés sont somptueux et codés en fonction du personnage interprété ... Dieu , prince , héros , démon , femme ... Tous les personnages , masculins ou féminins , sont joués par des hommes . Nous arrivons tôt au Kerala Kathakali centre ....nous essayons de nous placer dans les premiers rangs afin de profiter au maximum du spectacle et prendre des photos ... La première heure consiste à admirer les acteurs en train de se maquiller ...étonnant !!!! ils arrivent sur scène les uns après les autres en fonction de l’importance de leur maquillage ... La scène et les murs sont recouverts de bois , peu de décor , de grands chandeliers en cuivre ...
Devant , deux petites avancées portant , Ganesh à droite et Shiva le danseur cosmique au milieu de son cercle de flammes , à gauche ... Nous devons assister à un épisode du Mahâbhârata. Le premier acteur arrive , c’est le personnage central , jouant le rôle de Bhima , le héros . C’est le personnage dont le masque est le plus fréquemment reproduit ....le plus souvent en bois mais grossièrement peint de couleurs vives ....le visage est vert , les yeux et sourcils soulignés de noir, la bouche de rouge , la tête surmontée d’une énorme coiffe striée et multicolore et une curieuse collerette blanche entourant le menton ...
Un deuxième homme arrive ...pour aider l’acteur à se maquiller ...celui ci s’allonge et le reste du maquillage se fera dans cette position ...
Un autre acteur arrive ....s’assied en tailleur et s’enduit le visage d’une couleur aussi orange que le vert de son coéquipier est ..vert ! « L’homme qui aide « l’aide à son tour ... Il jouera le rôle de « l’ennemi « , le singe Hanuman . Puis un troisième et dernier larron vient se maquiller sur la scène devant nos yeux , ébahis ....celui ci jouera le rôle d’une femme , Panchali . Leurs vêtements sont très colorés et très chargés ....les personnages portent tous des jupons recouverts de nombreux galons , des bijoux volumineux , colliers , bracelets ...des écharpes , des coiffes très ornementées et lourdes ...
Pendant le premier quart d’heure , Panchali assise , mime .....les expressions du visage , les regards , les gestes des mains ( mudras ) . .. toute son énergie est concentrée dans le mime et apporte ainsi une explication symbolique de tous les événements qui vont être raconté et une réponse à toutes les questions que les spectateurs se posent immanquablement ... Les acteurs ne s’expriment jamais oralement mais toujours par la gestuelle , les mimiques et la danse . C’est un travail très physique qui utilise les méthodes de concentration enseigné dans l’art Martial du Kerala , le kalarippayatt .
C’est une pièce en deux scènes ... un rideau multicolore est tendu entre les scènes ...
A gauche s’installent deux joueurs de tambour , chenda ( instrument de percussion ou tambour vertical à deux peaux ) et maddalam( tambour horizontal en tonneau à deux faces ) A droite , au fond le récitant avec ses cymbales ( ilathaam ) Le spectacle peut commencer ....
Un feuillet explicatif en anglais nous est distribué ... La pièce s’appelle « Kalyanasougandhikam « et est écrite par Kottayath Thampuran. Le personnage principal , le héros Bhima , le plus fort de pandavas ( une des familles du Mahâbhârata combattant les Kaurava , autre famille du Mahâbhârata. ) est chargé par sa femme Panchali d’aller cueillir des fleurs dans la forêt . Il y rencontre un vieux singe , Hanuman , autre Dieu et en réalité, frère de Bhima . Premier scène Bhima et Panchali
Deuxième scène Bhima et Hanuman La colère de Bhima après l’agression d’Hanuman se transforme quand il découvre que le singe est en réalité son frère ...réconciliation et beaux sentiments...tout est bien qui finit bien .. Tout le spectacle est rythmé par le battement des tambours et la mélopée du récitant accompagnée de ses cymbales . Nous avons presque tout compris et nous sortons enchantées de notre soirée ...que de talent....maquillages , mimes , musique mis en œuvre dans cet art ancestral ... Retour au bercail après un dernier tour sur le port , évidemment , pour ressentir encore une fois cette vie indienne qui est là et qui palpite ... . A Kochi , les hommes viennent volontiers se promener sur le port à la tombée de la nuit ...des cacahuètes grillées dans un cornet de journal enchantent nos papilles et nous régalent ...quoi de mieux pour ressentir cette Inde que j’aime tant , que se mêler à la foule et essayer de partager leur distraction
Le 16 décembre Il fait chaud et humide ......inhabituel pour un mois de décembre , me confirme Sophie ...nous décidons donc de passer notre « presque dernier jour » à la plage ... Pour y parvenir nous devons prendre le ferry pour gagner l’île de Vypeen et l’une de ses plages à plus d’une heure de bus .... le sud de l’île démarre devant Fort Cochin et s’étire le long de la mer d’Oman face à Ernakulam . Le port est envahi de plantes d’eau qui s’étendent qui un jour peut être , gêneront les activités portuaires... Pour quelques roupies , nous embarquons sur le ferry....les gens se bousculent pour monter et descendre ... nous sommes touristes , eux c’est leur quotidien...je joue à cache cache avec le bébé devant moi dans les bras de sa maman ... et après une traversée de cinq minutes nous débarquons sur l’île ...pas ou peu de tuc tuc!!! étonnant !!!!Nous nous renseignons auprès d’un taxi qui nous demande plus de cinq cent roupies pour la plage de Cherai qui est une des plus belles ....nous optons pour le bus et aidées par un jeune indien qui se renseigne , nous nous asseyons sur le bord du trottoir pour l’attendre .... enfin le bon bus arrive ...plein à craquer , nous parvenons à monter .....au bout d’un moment un jeune indien se lève pour me donner sa place .....mon statut d’étrangère doit y être pour quelque chose car il reste près de moi et , curieux , me pose des questions sur le pays d’où je viens , si j’aime l’Inde , où nous résidons ... le temps passe plutôt agréablement et le bus se vide ...le receveur nous fait signe qu’il reste encore dix minutes avant d’arriver ...mais !!!!!!nous devons emprunter un tuctuc pour les deux derniers km ...un village , des boutiques de plage avec sodas , noix de coco , gâteaux , fritures et nous longeons la route du bord de mer.... la plage est étroite , presque déserte bordée de cocotiers ..l’eau est chaude je me trempe seulement les jambes car revenir pleine de sel ne me dit rien ...une cabane nous protège du soleil et la journée s’étire agréablement. ..en fin d’après midi , nous décidons de marcher jusqu’à l’arrêt de bus ...en cours de route nous achetons des bananes , de gros gâteaux vendus dans des bocaux ...le bus arrive et le chauffeur , malgré la circulation , confond la route avec un circuit de ćourse ...et en moins d’une demi heure nous arrivons au ferry ....encore quelques gâteaux pour tromper l’attente nous reprenons le ferry ...je me désole d’avoir perdu la jolie pochette à fleurs achetée le matin pour remplacer celle de l’appareil photo perdue la veille au spectacle .....José baisse les yeux et devant ses pieds ? la pochette dépassant du banc attendait sagement que je la récupère au retour !!! Incroyable ce fil conducteur ...même place qu’au départ malgré le monde empruntant le ferry . ..
Nous sommes ravies de cette journée ...la plage mais aussi le ferry , le bus qui nous a permis de nous mêler à cette foule indienne dense , colorée , bruyante et joyeuse qui est l’essence même de ce pays si incroyable et si différent , que l’on peut adoré ou détesté ... Nous décidons d’aller dîner dans restaurant un peu plus chic donc plus touristique et plus cher ...à connotation japonaise , décor et cuisine ....je me régale d’une salade de crevettes au soja et d’un délicieux cheese cake ... Nous rentrons à pied , promenade interrompue sans cesse par des tuctucs à la recherche de clients . Nous admirons les décorations de noël qui envahissent les façades des hôtels et les rues ... To morrow, it’s the last !!!!!
Le 17 décembre le der des ders Dernier petit déjeuner à notre café préféré , avec nos cuisinières préférées ...les meilleures et les plus gentilles Sheena et Sonya ... Aujourd’hui le menu du dimanche , encore une spécialité :« paalappam » sorte de crêpe à base de farine de riz et de lait de coco , servies avec des légumes en sauce ou un œuf dur .., délicieux ...décidément la cuisine keralaise nous a enchantées pendant tout notre séjour ...
Après nous , elles ferment pour profiter de leur dimanche , leur seul jour de repos ... Avec Biju qui s’occupe de l’agence « paradise traveller’s « et mari de Sonya , nous prenons nos dernières photos que nous leur enverrons par Whattsapp évidemment !!! Les valises , le port , une tournée dans les boutiques de la rue princesse , nous nous attardons dans une boutique tenue par deux cachemiris fort sympathiques ....
Quelques emplettes plus tard .....la journée passe vite avant un concert prévu vers 18 h à st Francis’s Church ... Nous espérons y voir Sophie Jude et Cécile rentrée ce jour de son périple au Sri Lanka ... L’église est somptueusement décorée d’un immense et grandiose sapin ....
Nous décidons d’arriver tôt pour ne pas risquer d’être debout ...après une balade dans les rues avoisinantes où nous prenons le temps d’échanger avec un directeur de restaurant parlant... allemand et non français !!! dommage ..il nous fait visiter la salle de restaurant et les inscriptions et dessins sur le mur extérieur .....
Une trentaine de choristes arrivent , vêtus de chasubles rouges et blanches ....s’installent de chaque côté pour la durée de la messe ..
Une dizaine d’enfants deux garçons et des filles , chemise et robe bleue , prennent place sous le sapin ....non sans avoir enfilé un bonnet de père noël !!!!
Nous attendons avec impatience que la chorale débute son récital ...intercalé entre entre la messe et le sermon de l’un des prêtres présents qui nous paraît d’une longueur infinie ... Encore quelques chants , puis les enfants arrivent ...un vrai bonheur ..ils chantent de tout leur cœur et l’une des plus jeunes , chante sans l’aide des paroles ...un enchantement.... qu’ils sont charmants , candides , touchants, émouvants ....
Puis , tenaillées par la faim , nous nous dirigeons vers le même restaurant que la veille , pour remanger le même succulent steak de thon rouge ... Sur le parvis de l’église , un autre sapin brille de mille feux et accueille les visiteurs . Et voilà encore une belle journée ...nous n’avons pas vu nos amis mais il estard pour aller leur dire au revoir ....nous devons quitter Fort cochin à 6 h du matin ...c’est Harry qui aura l’honneur de nous accompagner à l’aéroport où nous aurons la bonne surprise de retrouver un couple rencontré à Varkala ..
Un superbe séjour plein de souvenirs merveilleux qui ne nous quitterons pas une fois rentrées en France mais qui me donneront envie d’y retourner bien vite .
Ne pas hésiter à y aller malgré et surtout à cause des terribles inondations d’août 2018 pour les encourager ....
Une bonne heure de route pour arrivée à Fort kochi.....toujours les Klaxons mais un peu moins présents que dans mon souvenir ...proportionnels au nombre de voitures évidemment et ici la circulation paraît un peu moins dense ...
Fort Cochin occupe la partie nord est de la péninsule de Mattancherry . C’est la zone la plus ancienne de la ville de Kochi et son cœur historique . Elle a été créé en 1503 par les portugais et fut ainsi la première colonie européenne en Inde . Le navigateur portugais , Vasco de Gama a été le premier à relier l’Europe à l’Inde . Il y est mort en 1524 et a été enterré dans st Francis’s Church , la plus ancienne église de l’Inde avant d’être rapatrié au Portugal , en 1538 . Cette église a d’abord été construite en bois puis les franciscains portugais la remplacèrent par cette bâtisse en pierre , dénuée de charme. A l’intérieur le toit à la forme d’une coque de bateau inversée .
Le Master’s art café est un lieu de rencontre paisible auquel est accolée une petite agence de voyages , Travellers Paradise , qui accueille les touristes en les logeant chez l’habitant et peut organiser des séjours dans des familles en bord de mer ou en montagne , ainsi que des circuits sur mesure dans le Kerala , des visites de la ville , des cures ayurvediques , des croisières sur les backwaters ......Bref , tout ce qui peut faire le bonheur de leurs visiteurs ....
Un atelier de couture solidaire y est associé ...Il fabrique et vend des objets en tissu , permettant ainsi à des femmes dans le besoin de faire vivre leur famille . Une taxe de 15% est prélevée pour faire fonctionner cette association. Très belle idée qui s’est mise en place progressivement dans la tête et le cœur de ce couple franco - indien généreux et ouvert aux autres , Sophie artiste et styliste et Jude professeur de yoga .
Je suis logée à deux pas dans la maison d’hôte de Sheeba ....
Nous sommes à Fort Cochin ... c’est un quartier , calme et provincial où la vie se déroule lentement ... où chacun prend le temps de vivre .... C’est aussi le quartier chrétien et de nombreuses églises remplacent les temples habituels ... surprenant ... un petit coin d’Inde un peu à part ...
De jolies maisons coloniales cernent une placette où les élèves de l’école d’en face jouent au cricket , au football où s’entraînent à la course .. Le quartier s’étire jusqu’au port animé où on peut admirer les célèbres filets de pêche chinois qui font en partie la réputation de Fort Cochin ...
Le long du port , des échoppes vendent le poisson fraîchement pêché ...
Des marchands « de tout « s’étalent le long de la promenade et on peut y déguster des jus de coco frais encore dans leur coque , des fritures genre samoussas ou plus prosaïquement des sodas .
Le plus étonnant est d’avoir découvert au Kerala des marionnettes rapportées du Rajasthan !!!!! Tout est bon pour attirer le touriste ... Les tuctucs , noir et jaune ceux là , attendent le client en discutant ou en téléphonant...rien de bien différent sous les cieux keralais .... Ce premier soir , un peu fatiguée , juste un petit tour sur le port ..clic clac les filets sont dans la boîte !!!
A sept heures , je retrouve Sophie et Jude pour un moment de méditation et d’amour ...je partage leur repas avec plaisir mais c’est bien contente que je rentre retrouver mon lit .....
Le 30 novembre Le lendemain , journée au ralenti...je prends mes marques, je récupère du décalage horaire .... La journée d’hier a été une journée de mise en place , de pris de repères , d’assimilation de décalage horaire ...donc pas très productive !!!
La journée commence par un petit déjeuner au « Master Art Cafe « ....
Rituel bien agréable car cuisiné par les mains expertes de Sheena et Sonya . Ce sont des spécialités keralaises qui mettent de bonne humeur dès le matin accompagné d’un bon café et d’un jus de fruit frais ...hum un délice....
Après renseignement pris auprès de Cécile , je décide de faire un peu de marche jusqu’à Mattancherry et de rejoindre ainsi le Dutch Palace .....
Première visite réservée à St Francis’s Church maintenant église anglicane ...
Direction le port et son animation pour continuer le long de Calvathy ( bazar Road ) qui s’étire à l’infini un peu en retrait de la mer , le port marchand en face ..... De très beaux hôtels succèdent à des maisons délabrées avant d’arriver dans le quartier des grossistes en épices dont certains , au vue du luxe de leurs édifices, ont réussi à se faire une place au soleil "..
Une petite chapelle avec sa marchande de cierges ....
Une curieuse église ( catholique après renseignement ) où se préparait quelque mystérieuse cérémonie et un nom étrange gravé à l’entrée « our lady of Life Church « , sans doute dédiée à la vierge Marie....
Un antiquaire qui n’avait pas que sa marchandise d’antique ....
Quatre km pour rater l’embarcadère de Mattancherry annoncé à 1,2 km et le Dutch Palace à 2,5 !!!!! Retour à pied , désespérant les « tuctucs espérant « une cliente !!!! Je fais un détour pour saluer la « Santa Cruz cathédral basilica » , elle aussi massive et sans charme ...d’abord portugaise et église en 1595 , elle devient cathédrale en 1558 . Détruite en 1785 , elle est reconstruite en style baroque tardif en 1887 et devient basilique en 1984 lors de Jean Paul II au Kerala .... Deux grandes flèches blanchies à la chaux lui donnent un peu de légèreté et à intérieur diverses statues un peu « kitsch« ainsi qu’un tableau au dessus de l’autel représentant la cène qui n’est pas sans rappeler celui de Léonard de Vinci .
Un dernier détour par le port pour admirer le coucher du soleil .
Je ne suis pas la seule à avoir cette idée ...de nombreux indiens viennent s’y attarder seul ou à plusieurs , discutant ou contemplant le spectacle qui émerveille notre regard ...
De nombreux touristes s’y mêlent et chacun a l’air de savourer ce moment plein de magie ....et c’est des lumières plein les yeux que je regagne ma sweat-room...après une nouvelle méditation intense ( pendant ) et chaleureuse ( après )
1 er décembre. C’est après une nuit écourtée par des touristes nouveaux-arrivés et indélicats ...et par un coq qui confond la nuit et le petit matin ...que j’émerge à......10 h 30.... Ce n’est pas grave ...je suis en vacances .... Petit déjeuner tardif .... Je savoure le spectacle de la rue peu animée au regard des quartiers « plus indiens « où du port ... Des enfants jouent au foot sur le terrain .... ...
Un marchand ambulant de chaï que j’aurai l’occasion de goûter un peu plus tard ....
La fin de la matinée est consacrée à la visite de l’atelier de Sophie qui foisonne d’idées et de réalisations colorées et joyeuses ...
Retour au café , achat de fruits pour équilibrer mon régime alimentaire, discussion intéressante avec Cécile ....je déjeune à .... 16 heures .....
La journée s’étire sans se presser ....revisite du port à la tombée de la nuit et ses lumières multicolores m’enchantent encore et encore ....
Je rebrousse chemin déçue car la plage est fermée suite à une tempête qui pendant la nuit a envahi d’eau le sable et représente un danger pour quiconque prendrait le risque de s’y aventurer ...
Le décalage horaire sévissant malgré tous mes efforts , je rentre me coucher... une bonne nuit sera la bienvenue et demain sera un autre jour .
Le 2 décembre Aujourd’hui c’est l’enterrement de la belle mère de mon hôtesse ..le corps est exposé dans son cercueil depuis la veille et les amis défilnt pour prier et lui dire adieu ...pendant une heure de la musique religieuse est diffusée par des hauts parleurs . Puis le prêtre arrive pour bénir le corps avant l’enterrement proprement dit ...rien de bien différent de chez nous étant donné que la famille est chrétienne comme 20% de la population du Kerala ( 10 fois plus que la moyenne nationale ) .En effet ce sont les portugais qui ont débarqué en premier au Kerala suivi des jésuites .... A cela s’ajoute 25% de musulmans , le reste de la population étant majoritairement hindouiste . A aucun moment nous ne ressentons de tension entre les différentes communautés et tout ce petit monde est un bel exemple de cohabitation pacifique ....
Le Kerala a été le premier état à élire un représentant marxiste et souvent le drapeau avec la faucille et le marteau s’associe au drapeau national indien ..
Avec les filles de bureau d’accueil , nous nous mêlons à la famille pour honorer le corps avant qu’il ne soit emporté ..
A nouveau , cette envie irrésistible d’aller me « perdre « dans le quartier indien, histoire de m’immerger et de respirer l’odeur de cette Inde vivante et colorée , qui fait un peu défaut à ce coin de province calme et « anglisé « ....
Un tuctuc me conduit à deux pas de Dutch Palace et je décide de remettre ma visite à plus tard afin de parcourir la très longue « Palace road « ....
L’Inde , la vraie , celle des échoppes , les bien rangées , les désordonnées, les propres , les moins propres ......
Des boutiques ....toutes sortes ...comme ...en Inde !!!!
La vraie .., celle qui vit , qui respire, qui palpite ... C’est le quartier des hindouistes .... De vraies boutiques succèdent aux échoppes étroites et sombres ...... Un temple hindouiste modeste et fermé ...c’est le premier que je vois depuis mon arrivée ..Seules quelques bougies brûlent à l’extérieur.Sans doute dédié à Shiva car on peut y voir sa monture , le taureau Nandi ...
La chaleur humide se faisant de plus en plus prégnante , je reprends un tuctuc pour rejoindre le quartier plus calme et plus aéré de ma guest house .
Je repère la rue d’où je viens et à pied , la reprend en sens inverse et ai le plaisir de déguster un samossa ainsi qu’une autre variété de délicieux beignets servis dans du papier journal !!!! Je passe devant un des hôpitaux de la ville et dans un terrain vague voisin , tiens tiens des revenantes!!! Nos amies les vaches qui se font plus rares dans ce coin de l’Inde car ce ne pas elles qui déambulent le long des rues mais ..... »de sympathiques...biquettes !!!!!
Je rejoins le port. ...
Un homme assis en tailleur sculpte des peignes dans une corne de buffle...avec une scie , il sépare les dents et le résultat est un joli peigne en corne en forme de poisson ... Admirative , je lui en achète un et lui promets de revenir ...
Un déjeuner tardif Master Art cafe et l’après midi s’écoule sereinement dans ce coin de l’Inde si particulier et si attachant ... Quelques fruits composeront mon repas du soir et au lit car demain , mon amie Josephine arrive ...ouahhhhh!!!!! Un dernier tour sur le port pour aller goûter l’animation et regarde encore une fois ce spectacle sans arrêt renouvelé...et ces filets de pêche chinois qui en sont la principale attraction et nécessitent 7 ou 8 hommes pour les manipuler .... La plage est toujours recouverte d’eau et de détritus suite à une grosse tempête plus au sud et des barrières de sécurité nous empêche de passer ..... Nous apprendrons le lendemain que dans le sud du pays , de nombreux morts et pêcheurs disparus en mer font un bien triste bilan .
Le 3 déc. arrivée de la belle Nous sommes dimanche ...lever à 6 h du matin ..direction aéroport .... Une quarantaine de km nous séparent de l’aéroport international ... A cette heure matinale il fait encore bon et la circulation n’est pas trop dense ...Durant une bonne partie de la route , nous longeons la ligne de métro qui comporte sept stations .... A terme , elle devrait arriver jusqu’à l’aéroport .. Je récupère mon amie et direction Fort Cochin où la vie tranquille nous surprend ... Il fait bon vivre à Fort Cochin ... Petit déjeuner , installation , petite sieste ...et direction le port ..sur notre chemin , nous nous arrêtons pour admirer la belle cathédrale basilique Santa Cruz qui en fin de compte retrouve grâce à mes yeux .
Aujourd’hui la vierge est ornée d’une torsade de fleurs rouges du plus bel effet Quelle dévotion et quel respect ont ces indiens catholiques ....je ressent une émotion intense que je ne discerne plus beaucoup dans nos églises françaises .
Nous avons la chance d’assister aux baptêmes de deux enfants et José s’émerveille devant les jolies tenues endimanchées des petites filles qui ressemblent à de petites princesses ....en fin de compte toutes les petites filles du monde aimeraient être des princesses ....
Nous sommes dimanche , notre café de la place est fermé ...nous nous régalons d’un plat délicieux pour la modique somme de .... 3 euros ... St Francis’s church est fermée... nous déambulons jusqu’à la galerie David hall , face au ground où une exposition de peinture nous fait découvrir de jolis tableaux inventifs qui nous émerveillent ...
A 18 h nous avons rendez avec Cécile et le reste de la troupe pour aller assister à une fête hindouiste au Dutch temple , centre du quartier hindou et départ de l’interminable Palace Road .. Les rues intérieures sont décorées au sol par des dessins blancs faits de farine de riz et éclairés de petites lampes à huile ...le résultat est magique ..
La surface du ground qui s’étend entre la grille d’entrée et le Dutch palace est entièrement recouverte rangées de petites lampes à huile que les indiens rallument régulièrement.....au fond le temple mais nous , non hindouistes , n’avons pas le droit d’y pénétrer...seule Cécile a eu le privilège d’être accepter et d’assister aux prières et aux rituels ...
Quelques musiciens tapent sur leurs tambours et scandent de la musique rythmée et lancinante aux sons de laquelle des danseurs se démènent et qui n’est pas sans me rappeler la techno de nos boites de nuit !!!!! Nous attendons un défilé hypothétique avec des éléphants ....rien ne se passe et nous décidons de retourner dans notre coffe shop de la rue princesse ... c’est la rue la plus touristique de Fort Cochin ... Les boutiques tenues pas des « cashemiris « sont à touchetouche et tous essaient d’attirer notre attention ...la concurrence est rude et les touristes ne se bousculent pas ... c’est pourtant le début de la saison touristique ...mais la rumeur de la tempête en a découragé plus d’un .... Il est 20 h40 et notre restaurant ne sert plus .. Nous nous rabattons sur un restaurant un plus plus international ... et surprise !! Les « noodles « aux crevettes sont délicieuses .. Encore une journée de passer ... à prendre son temps
4 déc lundi Le rituel .....petit déjeuner au Art’s Master coffee ...tous les jours nous goûtons une spécialité keralaise ...aujourd’hui ce sont des « iddiyappam , nouilles de riz cuites à la vapeur avec des légumes cuits dans une sauce délicieuse légèrement épicée ....
Aujourd’hui nous décidons de jouer les touristes ....nous irons vers Marrancherry admirer le Dutch Palace (1557)devenu un musée et la synagogue Pardesi qui est la plus vieille synagogue d’Inde ...
Comme tous les jours le temps passe trop vite et finalement nous embarquons dans un tuctuc aussi bien décoré que le propriétaire est jovial ...
Nous commençons par la synagogue ..au passage , malgré nos protestations, nous nous arrêtons dans deux boutiques d’objets indiens de luxe où le chauffeur doit avoir une commission ..
La plupart , en effet , servent de rabatteurs et touchent un bakchich quand les clients achètent ...
Nous ne pouvons nous empêcher d’admirer des panneaux de bois sculptés et peints , de magnifiques échiquiers aux figurines finement ciselées en os de chameau , des tapis , de nombreuses représentations de Shiva , Ganesh ...en bois , en bronze , métal .... Bref beaucoup de tentations ...un vrai bonheur pour celui qui a envie de marchander ... Pour ma part , je préfère acheter directement aux petits commerçants ou dans des échoppes où les intermédiaires sont réduits au minimum ... A la troisième boutique nous râlons sec ...et notre chauffeur nous explique que de toutes façons , la synagogue n’ouvre qu’à 15 h !!!! Imparable !!!!mais nous insistons pour descendre et arpenter les boutiques du quartier et ce n’est pas ce qui manque ....
Nous rentrons dans une de ces boutiques luxueuses où un des vendeurs sur le pas de la porte nous fait miroiter des prix « moins que pas chers « !!!! Mon amie négocie âprement une statuette en métal et le vendeur finit par céder en simulant comiquement qu’il est étranglé !!!! Dans la rue menant à la synagogue , les boutiques les échoppes et les marchands ambulants sont collées les uns aux autres ...nous sommes bien dans un quartier touristique ....les touristes ne sont pas pléthores et nous sommes sollicitées en permanence ...cet afflux de marchandises est un peu déroutant et aurait plutôt tendance à me faire fuir ...mais devant un pas de porte !!!!! La même statuette en métal ....sans discuter , je l’acquiers pour un prix deux fois moindre !!!!!! Je m’amuse beaucoup devant la déconfiture de mon amie qui essaie de se persuader que la sienne est plus belle !!! Que nenni ...la seule différence réside dans l’instrument de musique qu’ils ont entre leurs mains ...
Nous arrivons devant la synagogue ...quelques touristes indiens ( les indiens visitent beaucoup leur pays ) et étrangers attendent l’ouverture des portes
La synagogue Pardesi date de 1568 et a été en partie détruite par les portugais en 1662 puis reconstruite lors de l’arrivée des Hollandais .
A Cochin il y a deux communautés juives , une plus ancienne , les « Juifs noirs « et les « Juifs blancs d’origine plus récente .
C’est la plus ancienne synagogue du monde( !!!??!!) On y pénètre par une petite cour où se trouve la tour de l’horloge datant de 1760 , date à laquelle elle fut agrandie .
Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur .
Dans le hall d’entrée , une série de tableaux raconte l’histoire de l’arrivée des juifs en Inde et leur intégration ....
En 1805 le maharadjah de Travancore offre une couronne en or pour la Torah :
Destruction de Cranganore en 1524 ....
Elle est éclairée par des lustres provenant de Belgique, on peut y admirer une chaire dorée et au sol des carreaux bleus et blancs peints à la main de toute beauté et provenant d’une communauté juive de Canton au XV eme siècle . On peut y admirer une Torah du 16eme siècle . Désormais les services religieux ne sont plus organisés que pendant les principales fêtes juives . Après cette visite nous sommes épuisées par la chaleur ( exceptionnelle pour un mois de décembre ) et affamées !!!! Nous reprenons les rues pleines de tentations et admirons au passage quelques jolies maisons restaurées avec leur cour intérieure ... peut être un hôtel ou un musée ?
Rapidement nous sommes rassasiées de tuniques , pantalons , statuettes en métal , en bois , ...colliers , bracelets ... Tous les mêmes ... la plupart des boutiques sont tenus par « les cachemiris « et nous avons les mêmes dans Fort cochi rue princesse .. Toutefois vers la synagogue , les boutiques avaient un nom juif et on pouvait y trouver des objets religieux juifs . Nous reprenons un tuctuc pour retrouver le calme de notre « fort » !!!! un déjeuner - dîner rapide et au lit car demain une grande journée nous attend !!!!!
Le 5 décembre Aujourd’hui nous avons décidé de prendre un tuctuc affrété par l’association pour aller faire une visite un peu approfondie et détaillée des quartiers de Fort Cochin et Mattancherry ... Un charmant conducteur anglophone nous attend devant le Master Art Cafe ...
Il nous emmène d’abord devant Santo Cruz qui m’émeut à chaque fois un peu plus ...sur les bas côtés , les vitrines de la vierge , de St Joseph , les statues des différents saints comme St Antoine ont une naïveté propre à celle que l’on retrouve chez ces chrétiens keralais ....
Puis St Francis’s Church autre incontournable de la péninsule ....datant de 1503 , en bois puis en pierre (milieu du 16 eme siècle ), on peut encore y voir l’endroit au fond et à droite où Vasco de Gama a été enterré lors de sa mort en 1524 avant d’être transféré 14 ans plus tard à Lisbonne . Le plus étonnant pour une église chrétienne , c’est qu’il faut enlever ses chaussures pour y pénétrer ....nous sommes en indes, n’est ce pas !!!!
Puis nous passons devant « le Dutch cimetery consacré en 1724 , fermé et à travers les grilles duquel on peut voir la végétation qui a envahi les tombes sur lesquelles les inscriptions sont en partie effacées .
Puis nous nous arrêtons devant un énorme banian dont les racines aériennes sont vraiment spectaculaires ...pose , la photo obligatoire clic clac ..nous repartons ...
Cette fois nous arrêtons et visitons la blanchisserie « Dhobi Khana » ( public laundry ) ...impressionnant !!!! Cette blanchisserie a été crée en 1720 pour laver les uniformes de l’armée Hollandaise et les ancêtres de cette communauté Vannar Sangham viennent du Tamil Nadu voisin et de la côte Malabar . Les hollandais leur avaient alloué 13 acres de terrain à cet effet . La blanchisserie été construite en 1976 . C’est là que sont lavés séchés et repassés tous les textiles des hôtels et des particuliers .... Des étendoirs immenses où le linge est mis à sécher à moins que ce ne soit directement sur l’herbe .... Avant cela , il est lavé dans de nombreux petits lavoirs en pierre où il est tordu , essoré , frappé et cela de nombreuses fois avant d’être rincé , mis à séché et repassé... Un autre bâtiment abrite une succession de tables à repasser où la dextérité des manipulateurs de ces gros fer à repasser chauffés par des braisée de noix de coco , est époustouflante... Une sacré entreprise impressionnante par son organisation qui paraît être sans faille !!!!
Tout au long des rues , le spectacle de la vie indienne animée et variée comme je l’aime tant ....des petites échoppes de vendeur de billets de loterie aux voitures ambulantes des vendeurs de chaï , de samossas ou autres délices frits ou jus de cannes à sucre à moins que que ce ne soit de cacahuètes grillées , elles aussi vendues dans un cornet de journal ....
Puis nous arrivons au marché , le plus important de Fort Cochin avec ses étals de poisson séché , de fruits et de légumes connus et inconnus , comme les « doigts de demoiselle « longs filaments verts de section carrée , délicieux ....un spécialiste des oignons est assis à même de sol pour les trier ....Un spectacle sans cesse renouvelé ... Puis le bâtiment des bouchers avec ses stands de volaille , de bœuf , de chèvre ...un peu plus loin des stands de coquillage ...entre deux clients certains lisent le journal ...L’odeur est prégnante aussi j’interromps ma visite pour respirer dehors !!!!
Et au milieu de tout cela , entre un volailler et un marchand de riz , un tailleur « excellent « dit le panneau ...
Puis nous arrivons devant un temple dédié à Shiva fermé aux « non hindouistes « Nous ne pouvons l’admirer , ainsi que son « arbre à offrandes « que de derrière la grille ...un dessin de Shiva entouré de Parvati et de Ganesh signifie que nous sommes bien chez des hindouistes ...sur la gauche un petit autel avec ses guirlandes pour les honorer ...un peu plus loin , un autre petit temple où l’on peut reconnaître les sculptures de Ganesh et autres divinités sur le fronton ...
Puis le temple Jaïn avec sa croix reconnaissable entre toute puisque les nazis l’ont récupérée pendant la guerre pour en faire leur symbole mais en l’inversant ...malgré tout , la regarder me fait froid dans le dos .. Nous enlevons nos chaussures pour la visite , nous laissons nos sacs à l’entrée et les photos ne sont autorisées qu’à l’extérieur des bâtiments . C’est un bâtiment tranquille à l’atmosphère sereine ...peut être que si nous revenions aux alentours de midi , il en serait autrement car le temple est curieusement un lieu de rassemblement d’une centaine de pigeons que des moines nourrissent quotidiennement...ceci a sans doute un rapport avec leur attachement à la non violence absolue envers tous les êtres vivants ...ils pratiquent donc un végétarisme poussé puisque ils ne mangent même pas les végétaux à racine pour ne pas tuer les vers de terre et ne pas empêcher la plante de repousser ....la communauté Jaïn a fondé en Inde plusieurs hôpitaux destinés aux animaux ...Notamment à Delhi , il y a un hôpital jaïn pour les oiseaux ...
Mêmes principes que l’hindouisme et le bouddhisme ...à savoir atteindre l’illumination afin de sortir du cycle des incarnations ....leur culte consiste à réciter des mantras et faire des offrandes ( Puja) dans les temples .Ils pratiquent aussi le jeûne ....et essentiel , respectent TOUTES les formes de vie pour ne pas accumuler du karma ...
Puis nous nous dirigeons vers un des lieus les plus connus et visités de la péninsule...Le Dutch Palace .....situé dans Mattancherry au SE de Fort Cochin ...pour y parvenir on traverse le quartier des grossistes en épices où on peut aussi longer « bazar road « le long de la côte ... Les négoces en gros d’épices alternent avec les luxueux magasins de souvenirs tenus par les « cachemiris » qui reversent des commissions aux chauffeurs qui leurs amènent des clients ....des effluves de cardamome , de clous de girofle , de gingembre , de cumin ...nous chatouillent agréablement les narines ....nous avons visité l’entrepôt de « la vieille usine de gingembre » où le gingembre est étalé dans la cour au soleil pour sécher , trié , réduit en en poudre par frottement sur de grosses pierres , tamisé , mis en sac pour être transporté et livré .... En haut d’un escalier bancal , une boutique où nous dégustons un délicieux « thé aux herbes « et autres infusions pour nous encourager à acheter ....
Le Dutch Palace où musée hollandais ....photos interdites ...nous entrons par un escalier et redescendons par un autre ...une petite queue se forme ... Ce palais fut offert par les portugais au Raja de Cochin en 1555 en échange de concessions ...Il fut rénové en 1663 à l’arrivée des hollandais d’où son nom ...pourtant à l’extérieur, il n’a rien d’un palais !!! Mais à l’intérieur, les fabuleuses peintures murales contant des épisodes du Ramayana ....48 datant du 16 eme siècle me font changer d’avis ! Au premier étages , Lakshmi , Vichnu , Shiva , Parvati nous font des clins d’œil depuis leurs compositions murales ....de plus , outre les portraits des maharadjas depuis 1864 par des artistes locaux , une belle collection de palanquins , de costumes de cérémonie incrustés de pierreries , d’ombrelles royales ....les plafonds sculptés nous donnent une idée de la richesse de ces « gens là « !!!!! A côté deux temples , l’un dédié à « lord Krisna « et l’autre « lord Shiva « interdits au non- hindouistes ... Puis nous nous arrêtons devant une église à l’architecture « on ne peut plus inconventionnelle « !!!!étonnante , surprenante , c’est l’église syrienne St George de Fort Cochin ...
Un corridor couvert avec de nombreux vitraux dont les sommants représentent des scènes de la vie du Christ , de le Vierge , des apôtres .. A l’extérieur un curieux bas relief représentant « le serment de La Croix penchée «
Notre chauffeur nous propose de déjeuner dans un restaurant keralais peu fréquenté par les touristes ....il fait sombre , de nombreux hommes d’affaire se pressent et nous dégustons ...pour 4,5 euros , un « biryani « de chèvre absolument succulent ....nous nous régalons et pendant notre dégustation, un homme à la peau couverte d’étranges grosseurs , tend sa gamelle au caissier qui la lui fait remplir aux cuisines ....il nous a semblé qu’il lui tendait un papier ? Peut être un bon d’échange ?? Nous rentrons au bureau , ravie de notre promenade afin de préparer avec Cécile et Sanitha la suite de notre séjour ... En effet , nous avons l’intention de séjourner plusieurs jours en bord de mer ...de façon à découvrir d’autres paysages et de se reposer de la chaleur lourde et humide de Fort Cochin ....
Le 6 7 et 8 décembre Notre cher Harry nous attend devant le bureau , son « ambassador « astiquée et rutilante ...
Une quarantaine de kilomètres pour parvenir à Marari beach , petite station balnéaire à dix km au nord d’ Allepey , point de départ de la plupart des croisières sur les backwaters . Quarante km c’est peu ...en distance oui mais en temps !!! c’est une autre histoire ...en Inde , on raisonne en temps et non en kilomètres ....les routes sont encombrées , les ralentissements et les embardées sont fréquentes car les chauffeurs doivent éviter les trous ...de plus tuctucs , vélos , deux roues , voitures , cars , quand ce ne sont pas les piétons ou les vaches qu’il faut éviter ...et tout ce petit monde conduit en évitant les autres et pour cela il faut se faire entendre ....à coup de klaxons ....bien entendu !!!!! Aaaaahhhhh les klaxons en Inde .....quel bruit mélodieux !!! Ils nous cassent les oreilles ...à croire que les indiens sont nés avec un klaxon greffé dans la main !!!! Tout au long de la route , nous pouvons observer la préparation des fêtes de Noël qui consiste en la pose de guirlandes diverses et variées tant pour la forme que pour la couleur ..
Nous arrivons sans encombre à Marari beach.....un petit chemin serpentant vers la plage et dans un jardin , notre bungalow nous attend ...
le propriétaire des lieux nous reçoit et un charmant monsieur âgé l’accompagne.., son père ....il veut nous porter nos bagages ...il sera souvent avec nous et la communication se fera aisément mais par signes .....il ne parle que le dialecte kéralais , le malayalam.. Le nom de l’état vient de ce dialecte ...c’est le nom de l’ancien royaume tamoul des« chera « ... Kera signifie « palmier de coco et alam « terre ou pays « d’où le nom en malayalam « terre des palmiers de coco « Les habitants sont des « malayalis « , des « kératites « où des « kéralais et c’est l’un des états le plus linguistiquement homogène... Le Malayalam d’origine dravidienne est la langue officielle du kerala , au même titre que l’anglais ...elle est parlée par 97% de la population. Il faut savoir qu’au Kerala , le taux d’alphabétisation est record par rapport à la moyenne nationale . Il fait chaud , la plage est à deux pas , la mer nous tend les bras ...aussitôt dit aussitôt fait ...une centaine de mètres nous sépare d’une immense plage de sable fin et blanc , bordée de cocotiers à perte de vue ... Peu de touristes , quelques parasols locaux et de petites cabanes en bois servant une cuisine simple et goûteuse ... La mer est incroyablement chaude , les rouleaux nous portent , nous enlèvent et nous ramènent ...inlassablement nous plongeons et replongeons ...un vrai bonheur .... Une omelette kéralaise me rassasie , une discussion avec la seule cliente de la cabane la plus proche , une petite sieste à l’ombre , un autre bain ... , l’après midi se déroule lentement et nous allons marcher en admirant le coucher du soleil ...les pêcheurs ont rentré leur bateau coloré ...le long de la plage , on peut observer quelques canaux de backwaters débouchant directement .
De loin en loin , une grande et simple croix plantée dans le sable nous rappelle que les chrétiens sont nombreux dans cette région de l’Inde .
Nous rejoignons notre bungalow ...José fait un peu la grimace devant les deux tables sous la véranda ....notre restaurant ...au moins nous ne serons pas dérangées par les voisins !!! mais par les moustiques ...oui ...heureusement , « Insect écran « est là et .....bien utile .... Notre hôte vient nous servir une délicieuse et abondante cuisine de la région , concoctée par son épouse que nous aurons à peine l’occasion de croiser ... Nous mangeons du poisson à chaque repas , du thon pourtant cher mais sans doute pour nous honorer et nous faire faire plaisir ...des légumes , du riz , des galettes et de la bière qu’il est allé gentiment nous chercher à vélo au village voisin ..... Il nous a expliqué qu’il s’était conducteur de tuctuc et qu’il avait arrêté cette activité pour recevoir des hôtes ...mais ce n’est pas facile ... En effet notre bungalow avait deux chambres mais nous étions les seules à l’occuper ...
Une bonne nuit après discussion animée pour choisir notre lit en fonction de sa position par rapport au ventilateur et à la moustiquaire !!!! Demain , même journée après un petit déjeuner continental et déjeuner sur la plage ...du poisson et du crabe épicé chez un charmant jeune couple dont la petite fille venait jouer à cache cache avec nous .... Le nom du restaurant « Carol’days restaurant « était d’ailleurs en son honneur .
Nous faisions de nombreuses et longues promenades le long de la plage ... La plage s’étendait à l’infini et le matin tôt nous pouvions admirer les barques colorées des pêcheurs au retour de leur pêche ....souvent, pas loin d’une dizaine d’hommes était nécessaire pour la tirer sur la plage après une longue et difficile manœuvre ...
puis le poisson était décroché des filets , la barque nettoyée et un ou deux hommes se dirigeaient vers le chemin d’accès où ils savaient trouver des clients ...particuliers , guest houses ou hôteliers ...
Le soir au coucher du soleil de nombreux indiens venaient en famille , goûter les saveurs du crépuscule et de la mer ...
Ils s’asseyaient , attendaient et comme nous , admiraient les couleurs rougeoyantes du roi des astres qui semblait disparaître dans l’eau à l’horizon...
Une glace avant de rentrer ...
La journée , nous croisions souvent des couples d’amoureux qui marchaient , comme tous les amoureux du monde , main dans la main en parlant d’amour et d’avenir ...un clin d’œil , un sourire et nous étions heureux ...
Du repos , du bonheur ...un bel endroit à conseiller pour qui veut passer quelques jours à l’écart de la civilisation , de la cohue et des stations balnéaires touristiques....
Le 9 décembre départ pour Varkala
Nous avons encore la journée pour profiter de la plage car notre train ne part qu’à 17 h .... Moyennant un petit supplément , nous pouvons disposer de notre chambre pour entreposer nos bagages et prendre une douche . Nous débutons notre dernière journée par une grande balade le long de la plage pour observer , une dernière fois , les barques des pêcheurs rentrant et déchargeant le produit de leur pêche ...
A midi nous déjeunons dans un restaurant au bord de l’eau , d’un byriani de poisson , ici , maquereau , absolument succulent ...ils ont la gentillesse de nous garder nos sacs pendant que nous savourons un dernier bain sur cette plage paradisiaque ... C’est un endroit idyllique , une rupture nécessaire quand on voyage de ville en ville , de site en site ....un détour intéressant quand on vient découvrir les backwaters au départ de « Allepey , dix km plus bas donc , à une petite demi-heure en tuctuc ...
Un dernier adieu à notre plage et à notre grand père kéralais qui nous « embrasse « pour l’occasion !!! Son fils , notre hôte , est parti accompagner son fils de 9 ans à l’hôpital pour une affection respiratoire...ici les médecins généralistes n’existent pas , quand un problème survient c’est directement l’hôpital et son service d’urgence ..un peu comme en France !!!!
Il est l’heure ...un tuctuc nous attend ...direction la gare d’Allepey ...la route est évidemment encombrée ....Klaxons , slaloms , nous finissons par arriver à bon port en admirant au passage les préparatifs de Noël ...les guirlandes se déploient dans les villages traversés et donnent envie de revenir fêter noël avec eux ...
Notre train arrive ...wagon sans réservation ...quelques bonbons offerts créent des liens et bientôt nous discutons avec les autres passagers , curieux de notre origine « where do you come from ? » What do you do ?..... Ils sont vraiment gentils ces indiens , prêts à partager , à renseigner , aider quand c’est nécessaire, toujours le sourire et cette gentillesse , hum!!!!! et ce oui qui semble dire non ...déstabilisant au début .... L’un d’entre eux , intrigué, passe et repasse dans le couloir , puis revient avec son fils ensommeillé pour discuter avec nous ...
Nous arrivons à Varkala ...station après Kolaam ...ils sont dix à nous dire ..oui c’est ici ..au revoir , à bientôt et c’est avec plaisir que nous nous reverrons ...peut être ...un jour ..... Sur le quai notre chauffeur de tuctuc nous accueille joyeusement....nous le suivons et nous traversons les voies pour accéder à notre carrosse... La traversée de Varkala nous semble un peu longue ...nous arrivons à notre hôtel et nous promettons de le rappeler lors de notre départ car il est vraiment sympathique !!!! Cette fois ci c’est un hôtel qui nous accueille le Jicky’s hôtel , tout blanc avec ses deux étages dont les murs sont joliment décorés de fleurs , oiseaux , paysage, ainsi que l’intérieur de nos chambres , œuvre vraisemblable de quelque artiste local
Il est déjà un peu tard et le gardien de nuit nous accompagne à travers un dédale de ruelles au restaurant végétarien de l’hôtel ...nous nous régalons , l’une d’un potage , l’autre d’une salade ....un petit tour le long de la falaise surplombant la plage et couverte de boutiques ( toujours les mêmes « cashmiris « !!!!), de bars et de restaurants avec leurs étals extérieurs où le client choisi son poisson avant de s’installer.....
Varkala nous paraît beaucoup plus touristique que Marari beach ...nous en aurons la confirmation dès le lendemain matin en cherchant un endroit pour petit déjeuner ...
En attendant bien contentes de retrouver notre lit , nous nous endormons , bercées par le ronronnement du ventilateur !!!!
Les 10 11 et 12 décembre Varkala suite Le lendemain matin nous nous mettons en quête d’un café ou d’un restaurant pour prendre notre petit déjeuner ....nous retrouvons notre chemin ...nous sommes près de la plage de Papanasham , principale plage accessible par deux escaliers dont les marches hautes et glissantes incitent à la prudence ...
Nous jetons notre dévolu sur un petit café restaurant , le Heart café , « organic « c’est à dire bio ... C’est calme , reposant , confortable avec ses grands canapés dans lesquels il fait bon se lover et prendre son temps , cuisine délicieuse, avec une jolie vue sur la mer et dont le code internet « peace and love « me paraît être de bon augure .... Tous les matins nous débuterons la journée en leur compagnie... La plage se trouve à cinq minutes de notre hôtel , il est donc commode de se déplacer ....cinquante fois par jour , nous passons et repassons devant les mêmes boutiques qui nous interpellent pour y pénétrer ...un hochement de tête suffit souvent à les décourager ... La plage est en contrebas de falaises de couleur ocre et le contraste avec celle que nous venons de quitter est saisissant ...aussi bien dans les paysages que dans l’atmosphère... Ici tout est fait pour le « bien être « !!!! des touristes et de vrais loueurs avec de vrais parasols et de vrais chaises longues ... En effet à Marari beach , souvent quelques chaises et parasols ....quand ce n’était pas les propres lits des indiens qui étaient sortis durant la journée et proposés à la location .... À côté de nous , une indienne et son grand couteau dépeçaient des noix de coco , ananas , papayes et autres délices ...dommage ce n’était pas la saison des mangues qui commençaient à peine à mûrir sur les manguiers ...
La même mer chaude , les mêmes rouleaux , peut être même un peu plus impressionnants qu’à Marari ...de jeunes indiens s’entraînaient avec leur planche de surf et il fallait être vigilant pour ne pas être heurtée ... Quelques jeunes filles se baignaient toutes habillées ...les garçons eux avaient des bermudas mais la plupart d’entre eux ne savaient pas nager ... La plage était surveillée et les maîtres nageurs avaient le sifflet sonore , rageur et efficace quand le comportement de quelques baigneurs laissait à désirer ...
Le matin , José disparaissait un très long moment pour marcher le long de la plage ....le deuxième jour , m’a vu en faire autant quand j’ai réalisé que nous allions regagner Fort Cochin et que la plage ....ce serait sans doute terminé.... Mon courage me revient dans l’urgence de profiter afin de ne rien regretter !!!! Je débutais ainsi une longue promenade en longeant la plage ...au bout une « succursale « du temple d’en haut que nous visiterons un peu plus tard dans l’après midi . Un groupe de collégiens s’amusaient à enterrer l’un des leurs comme nous l’avions tous fait un jour ou l’autre ...cela les amusait beaucoup et je leur ai demandé l’autorisation de les photographier...les vivants et le mort ont été ravi de poser !!!! Et un étonnant spectacle peu commun en Inde , un pêcheur à la ligne !!!! En dépassant la pointe , nous arrivions à un éboulis de très gros rochers ocres barrant la plage et nous obligeant à marcher dans l’eau entre deux vagues ...le paysage est superbe ....la mer déchaînée, la plage de sable blanc , les énormes rochers posés ça et là , comme des morceaux de falaise détachés et surplombant tout cela , la végétation plutôt luxuriante avec ses cocotiers et ses palmiers se découpant dans le ciel ... Deux anglaises descendues de leur luxueux hôtel , m’ont encouragé à emprunter l’escalier visible dans la paroi ....arrivée en haut , une grille qui s’ouvrait sur les cinq étoiles d’un palace , où une femme entre deux âges se reposait sans doute de ses soins ayurvediques .....
A mon retour , j’assistai sur la plage sacrée de Papanasham à une cérémonie d’élévation des âmes des défunts c’est à dire que les Hindous viennent apporter des offrandes à leurs chers défunts pour la paix de l’âme car il ne faut pas contrarier les âmes qui ont un pouvoir de malédictions sur une famille et pour cela ils sont aidés d’un prêtre....nous aurons l’occasion d’y participer le lendemain...
Il est assez étonnant de marcher sans but le long de la plage et de tomber sur des prêtres( ou gourous ), colliers de pèlerin autour du cou , installés sous des parasols avec leurs « instruments « ( autel portatif , feuilles de bananier , fleurs , encens , théière , seau d’eau , riz cru , riz cuit ...et parmi tout ce fatras ...l’indispensable portable !!!! Nous sommes en Inde ...mais en 2017 !!!! ) Les fidèles , les hanches entourées d’un linge blanc et la taille d’une ceinture rouge ..... étaient assis face à l’officiant , en position du lotus , paumes tendues et offertes et récitaient à tour de rôle d’étranges prières , reprises en chœur par l’assemblée debout .... Un cérémonial qui consistait à prendre ce que le prêtre leur donnait ...boulettes de riz , riz cru , fleurs ...puis ils faisaient trois fois le tour de leur tête avec les offrandes , à la fin on coupait la ficelle attaché autour de leur doigt et ils partaient , la feuille de bananier et les fleurs sur la tête pour aller les jeter à la mer avant de se mouiller ....
Étrange et envoûtant ...sur le moment je ne savais pas à quoi cela correspondait ....je l’ai su bien après de même que cette partie de la plage était un lieu sacré ...j’ai compris alors pourquoi , m’étant assise sur un coin de pierre à même le sol , ressemblant à un énorme « cendrier pour cigare « , j’ai vu arriver vers moi un indien qui m’invectivait en « malayalam « ...j’avais du profaner un lieu de culte ....
Je remontais et retrouvais ma co-turne pour prendre un tuctuc afin de visiter le temple hindou « à voir « Janardhana Swami temple , datant de 2000 ans . C’est un temple très important et c’est pour cela que Varkala est appelée la « Benarès du sud « Après avoir négocié âprement le prix de la course , le tuctuc nous a laissé devant le temple et sa piscine extérieure pour ablutions et purification .....il était trop tôt pour le visiter et en redescendant, je me suis aperçu que José avait raison et que c’était bien le temple du bout de la plage ...j’étais vexée !!! Et les chauffeurs ont du bien rire ...
17 h visite autorisée pour les étrangers !!! A l’entrée le préposé aux chaussures m’affirme que les photos sont autorisées ...on emprunte l’escalier , et après avoir payé , le préposé à l’entrée tire « un coup de feu « qui nous autorise à rentrer ... En haut des marches nous passons sous une porte sculptée de divinités colorées comme on en voit au Tamil Nadu . A l’intérieur , un énorme banian ... Divers sanctuaires réservés aux Hindous ...sur l’un des murs on reconnaît Shiva , le dieu danseur et presqu’en face , sa monture , le taureau Nandi , une couronne de fleurs autour du cou . Je commence à prendre quelques photos ... un indien me fait comprendre en malayalam que c’est interdit ...forte de mon autorisation d’en bas , j’insiste et la visite se transforme en « course- poursuite « avec mon indien furieux qui m’invective à chaque fois que je le croise ...décidément cele devient une habitude !!!! Sur l’un des murs on peut voir une étoile ....l’étoile de David ? Ce temple est principalement dédié à Vishnu mais on peut y retrouver aussi Ganesh , Garuda , Shiva , Hanuman et autres divinités peintes de brillantes couleurs . Les pèlerins viennent y effectuer les derniers rituels pour leurs décédés . De toutes façons ce temple présente un intérêt moindre , une fois que l’on connaît Maduraï et autres temples du Tamil Nadu ....
Nos soirées consistent à dîner dans un restaurent de poissons ...notre préférence va à la salle du premier étage pour sa vue sur la mer et les centaines de petits lumignons des bateaux partis pêcher de nuit . Après avoir choisi soit un poisson soit des grosses crevettes , nous retrouvons notre choix cuisiné dans notre assiette ...un régal ... Un soir notre voisin de table , professeur d’anglais à Londres et écrivain à ses heures perdues , nous a fait goûter un peu de vin blanc local ....nous l’avons retrouvé à plusieurs reprises et au regard de sa diction parfaite , je le comprenais et faisait des efforts pour me faire comprendre , ce qui amusait beaucoup mes interlocuteurs.... En dehors de mon accent « très français » trahissant notre nationalité dès que j’ouvrais la bouche , un autre anglais de Londres , mi-anglais mi-indien , trader dans la City , rencontré sur la plage , nous a aussi affirmé que nous avions , nous , les françaises , « un petit quelque chose « qui trahissait notre origine ... Nos trois jours sont passés tellement vite et agréablement, que ma Jojo a décidé de prolonger d’une journée ..... »ok à condition que tu te débrouilles « ... Aussi dit aussitôt fait , coup de téléphone à Biju de l’agence pour reculer notre excursion sur les backwaters waters ... Je m’occupe de la chambre que nous gardons et la petite agence s’occupe de reprendre des billets de train . Un jour de plus au bord de la plage ...pourquoi pas....nous aurons bien assez de temps pour transpirer à Fort Cochin !!!! Le dernier soir , pendant que José était restée à discuter avec notre professeur anglais , je marchais le long de la falaise découvrant , surprise , les nombreux restaurants , bars , centres ayurvediques et leur hôtel , les échoppes et vraies boutiques ...incroyable !!!!un vrai paradis pour « touristes branchés « !! pour moi , c’est un peu « too much « et je me suis surprise à regretter la sérénité de Mararibeach ...il en faut pour tous les goûts ...
Dernière nuit , épuisée par la marche , les baignades et la visite du temple nous nous endormons le cœur dans les étoiles ravies de notre séjour balnéaire .
Le 13 décembre retour à Fort Cochin Heart café ....dernier petit déjeuner ...jus de fruit , omelette kéralaise et café , nous sommes prêtes..
La veille au soir , le loueur de parasol nous a invité à les rejoindre sur la partie sacrée de la plage de Papanasham c’est à dire près de la « succursale « du « temple d’en haut « .... Nous sommes surprises !!!!! Des stands !!!! Des parasols et dessous ..des prêtres .... à côté , un autel avec des divinités hindoues ..je reconnais Shiva sous sa forme de danseur cosmique au milieu de son cercle de flammes et ....Boudha !!! Je sais bien qu’il est un avatar de Vishnu mais que fait il parmi les Hindouistes ...je m’approche et regarde , intriguée ... La veille déjà , avant la visite du temple , j’étais restée longtemps à les observer ...sans vraiment comprendre .... Les mêmes cérémonials que ceux d’hier ... Tout à coup l’un d’eux , en peine de client , m’interpelle ... il m’invite à m’asseoir face à lui ... plante trois bâtonnets ... Son aide , un indien âgé me noue un fil autour de l’annulaire , puis il m’offre des fleurs ( des œillets d’Inde souvent utilisés pour les guirlandes ou les offrandes ) , je les prends avec les deux mains et dois faire trois fois le tour de ma tête comme pour mimer une auréole ...puis en récitant des incantations il me rince les mains avec l’eau du seau puisée à l’aide d’une théière ... Ensuite il me tend une poignée de lentilles....même scénario puis encore la même chose avec du riz cru ( deux fois. ) puis une boulette de riz cuit puis à nouveau du riz cru et des fleurs ...... Chaque offrande est déposée sur une feuille de bananier posée sur le sable ... L’aide de camp ( son père ) me dénoue le fil entourant mon doigt et le pose sur le paquet c’est à dire la feuille de bananier et les offrandes ... Un feu est allumé , de l’encens brûle....je dois poser mes mains trois fois avant de les porter au front et au visage .. Puis je me lève , fais trois fois le tour du feu les offrandes sur la tête ... L’accompagnant m’entraîne vers la mer pour y jeter mon paquet et me verse de l’eau sur la tête ....j’appris un peu plus tard que les eaux de cette plage étaient considérées comme « saintes « et lavaient les péchés...ce qui explique pourquoi cet endroit est un important centre de pèlerinage. Si j’ai bien compris dans le côté sacré de cet endroit, Il y a deux notions , la première qui consiste à se tremper dans l’eau pour se laver de ses péchés et la deuxième qui consiste à faire des offrandes aux morts afin que son âme repose en paix .....
Papanasham signifie « wash away sins « il est dit que se plonger dans les eaux sacrées de cette plage nous lave des péchés de toute une vie .... nous allons donc rentrer sacrément purifiées étant donné que nous avons passé presque cinq jours dans l’eau !!!!!
Retour vers le parasol ... Mon officiant , Sivacouma , me dessine deux traits blancs sur le front et un point rouge et noir au milieu.... Pour terminer je dois manger une banane . Sur le côté du matelas sur lequel il est installé en tailleur ( ou en lotus ) , un petit foyer en bois au centre duquel un feu est entretenu dans une coupelle en bronze et ce , surmonté de ... Boudha !!!! Un morceau de tissu blanc autour des hanches et un orange couvert d’inscriptions sur les épaules , des traits blancs et jaune ainsi qu’un point rouge sur son front ..les mêmes traits blancs sur sa poitrine ...il est beau et fort sympathique... Une offrande me libère de ma dette envers lui ...il me fait comprendre qu’une partie est reversée à son père ...il faut bien que tout le monde gagne sa vie !!!!
Subjuguée , je suis restée pour observer ce curieux « spectacle « quand j’ai vu José revenir de sa promenade . .. aussitôt je lui présente Sivacouma , mon gourou dont les affaires tournaient un peu du ralenti ...
Ce n’est que le lendemain , de retour à Cochin , que nous avons su que cette cérémonie s’appelait « l’élévation des morts « cela ne pouvait pas mieux tomber car José venait d’enterrer son papa ...mais cela aurait été peut être plus efficace si nous l’avions su , nous aurions pu nous concentrer un peu plus et prier pour son âme .... Un peu plus loin sur la plage une petite statue dorée d’une divinité jouant de la flûte ...évidemment nous faisons comme tout le monde et posons à côté ... Puis une barque dont les filets sont pleins de grosses moules ...nous n’avons jamais eu l’occasion d’en voir à l’affiche des restaurants ...
Retour à l’hôtel ...il est temps de rendre la chambre ...en arrivant de belles indiennes montent l’escalier devant nous , un paquet de linge sur la tête...impressionnant je ne puis m’empêcher de les admirer à cause de leur courage et de leur port de tête mais je les plains aussi car même habituées , ce ne doit pas être facile tous les jours ...
Les bagages prêts , un dernier repas au Heart café et un petit tour le long de la falaise afin d’acheter des « attrapes rêves « que j’y avais repérer la veille ...
Notre souriant chauffeur arrive à l’heure .....les indiens ont plutôt tendance à être en avance ...est ce dans leur mentalité ou est ce parce que la concurrence est rude et pas question de décevoir un client ?
Attente à la gare après avoir repéré notre quai ( il n’y en qu’un !!!) ....un tableau d’affichage indique les numéros de train et les horaires ...cinquante fois je vérifie et demande à mon voisin indien si le train qui arrive n’est pas le notre ...il me rassure et aussitôt sa voisine regarde sur l’application de son smartphone et confirme ....nous sommes assis sur un banc abrité car une pluie diluvienne s’est mise à tomber ...juste pour notre départ afin de ne rien regretter ... Nous montons dans le wagon correspondant à notre repère mais c’est la partie sans réservation ....un indien nous explique que dans deux stations nous serons à Kollam et que nous aurons assez de temps pour changer et regagner nos places ...ce n’est pas grave , nous sommes assises et le spectacle est plus animé dans cette partie ...A Kollam il empoigne spontanément nos bagages ...et là c’est le luxe !!!! Un vendeur de chaï ...quel délice et le retour s’effectue sans encombre .... A l’arrivée , nous ne trouvons pas notre chauffeur de taxi ...nous finissons par prendre un tuctuc non sans avoir fait la queue derrière une multitude de pèlerins à colliers qui s’entasse dans les tuctucs...le retour nous paraît long et nous regrettons notre taxi ... Il est minuit , la grille est fermée et nous craignons de passer la nuit dehors ...heureusement Sheeba veille et nous ouvre ...ouf ...
Le 14 décembre départ pour les backwaters 8 h 30 nous finissons le petit déjeuner au Master Art Cafe , un minibus vient nous chercher pour une journée à sillonner les backwaters qui constituent l’un des principaux attraits du Kerala .
Nous allons récupérer dans Cochin , un couple anglophone qui en plus des trois femmes déjà présentes , feront partie de notre groupe de visite.... Une bonne heure de route pour arriver ...notre guide nous attend et restera toute la journée avec nous , nous expliquant la vie sur ces canaux . Les backwaters sont des lagunes et des lacs d’eau saumâtre en retrait de la côte de malabar .Un réseau , constitué de plus de 1000 km de canaux naturels ou artificiels , les relie entre eux . La ville de Cochin se trouve au débouché du plus grand lac , le lac Vembanad , sur la mer des Laquedives . Les backwaters waters sont alimentés par une quarantaine de rivières serpentant vers la côte et descenant des ghats occidentaux . Ces canaux sinuent à l’intérieur des terres en suivant le littoral et pendant longtemps ont été les seules voies de circulation . Les embarcations utilisées , les kettuvalams ou housesboats permettaient de relier les villages entre eux et transportaient les produits issus de la noix de coco, comme le coprah , les noix de cajou et tout ce qui pouvait et devait être convoyé . Elles sont faites de planches en bois , reliées par des ficelles en fibre de coco , avec un toit de bambou et de feuilles de palme enduites d’huile de noix de cajou , excellent isolant . Ce type de transport est encore d’actualité. Nous embarquons dans une de ces barques , deux petites plateformes à l’avant et à l’arrière sur lesquelles deux indiens d’un certain âge se tiennent pour faire avancer l’embarcation , en plantant chacun une longue perche en bois dans le fond de la rivière .
Le paysage est sublime et nous savourons en rêvant ce glissement silencieux....
Des maisons plus ou grandes , plus ou moins belles , peintes en rose ou en jaune , jalonnent le rivage ...la première possède un escalier en pierre qui descend jusqu’à l’eau pour embarquer directement ...
De nombreuses plantes aquatiques apportent une note colorée ...des lys , des jacinthes , des lotus ..mais le développement anarchique de certaines ( jacinthes ) recouvrant entièrement la surface de l’eau , obstrue les voies de communication, gêne la navigation et à terme empêcheront les hommes comme les oiseaux de pêcher .....Il peut être "considéré, comme une puissance colonisatrice , prédatrice et dévastatrice qui dégrade l’écosystème aquatique ... Dans certaines régions , ce peut même être un frein au développement socio-économique voire même une véritable catastrophe pour l’écologie des plans d’eau .
Dans la région des backwaters , un autre problème s’ajoute ...la pollution croissante due à la circulation des bateaux à moteurs qui , peu à peu , remplacent les barques à rames ......pour les plus riches et aussi pour les touristes ..... certains ont un étage , sont de véritables hôtels - restaurants flottants et font le bonheur du tourisme de masse ...
Nous n’avons pas embarqué à Allepey pour éviter ce gente de désagrément ..
La région où nous avons choisi de naviguer , est calme et plutôt déserte ce qui fait le désespoir de nos conducteurs ... Le silence et la tranquillité nous permettent de savourer le paysage extraordinaire qui se déroule devant nos yeux se renouvelant sans cesse .
Un pêcheur dans sa barque devant sa maison , un chien faisant sa sieste au calme ...dans une barque ...une femme lavant son linge , une autre l’étendant , des cueilleurs de noix de coco dont toutes les parties sont utilisées et qui seront ensuite transportées sur l’eau ... On utilise TOUT dans la noix de coco . Quand elle est orange ou verte , on peut boire l’eau de coco . Au fur et à mesure de sa maturation , la pulpe se densifie et peut être transformée en copeaux, en huile ou en lait .... Les fibres de sa coque ou bourre peuvent être utilisées pour la fabrication de corde ou de tapis . En pharmacie , la coque brûlée réduite en poudre est un excellent charbon végétal , absorbant des gaz . Pour l’heure , les paysages magnifiques ne cessent de défiler , nous émeuvent ...nos appareils photos s’activent ....ici une scène de la vie courante , une barque que l’on croise , un signe de la main , le parapluie qui leur sert d’ombrelle ou la serviette sur la tête les protègent du soleil , les oiseaux , les barques à l’ombre des cocotiers , une famille canard se déplaçant en groupe ...certaines pirogues ont ET un moteur ET des rames.... Les cocotiers s’élancent vers le ciel et forment une voûte presque céleste qui se reflète dans l’eau et à chaque instant le miracle se renouvelle...
Certains canaux sont entièrement recouverts de végétation et à l’entrée de certains d’entre eux , on peut voir des cordes sur lesquelles sont accrochées des bouteilles en plastique de façon à en freiner la prolifération...c’est bien la première fois que ces bouteilles se rendent utiles au lieu d’être éparpillées sur toute la surface de la planète . Des manguiers bordent les rives ...on pourrait presque cueillir les mangues en tendant la main ...dommage elles ne sont pas encore mûres ...
A midi , nous stoppons pour déjeuner de riz et de légumes servis sur une feuille de bananier .... la guide nous explique comment se fabriquent les cordes en fibre de coco ... Nous repartons après quelques emplettes artisanales ... Des massifs de fleurs rouges , jaunes ...une chèvre attachée à un piquet , un élégant pêcheur à la ligne , son serviteur et son fauteuil pliant de part et d’autre ...bientôt nous empruntons des canaux de plus en plus étroits ...le spectacle de cette nature exubérante continue de nous émerveiller .... De retour sur la terre ferme, nous quittons à regret nos conducteurs non sans les avoir chaleureusement remercié ... Ce fut une parenthèse magique qui est un incontournable du Kerala expliquant l’engouement justifié des touristes....
Le 15 décembre Kathakali Trois jours encore .....il ne reste que trois jours pour emmagasiner le maximum de souvenirs . Encore un tour sur le port toujours plein de surprises ....il fait chaud , très chaud ...un marchand de billets de loto ...toujours autant de succès ..les indiens adorent acheter des tickets de loterie ....Ils ont toujours espoir de sortir de leur vie difficile... comme pour nous !!!!
Puis nous nous arrêtons devant la représentation d’une énorme ancre juchée sur un socle de pierre portant une inscription sur une plaque en marbre noir ayant trait à lord Wellington et à une de ses quatre ancres ...
Lord Wellington a participé à l’élaboration du port de cochin aidé pour cela par un ingénieur , spécialiste des ports , Robert Bristol arrivé en 1920 ...
L’après midi passa en attendant notre soirée typique Keralaise ...
En fin d’après midi nous devons assister à un spectacle de Kathakali, sorte de théâtre dansé ( ou danse théâtrale !!!) caractéristique du Kerala et vieux de cinq siècles ... Le katakhali raconte des épisodes tirés des épopées hindoues du Mahâbhârata et ramayana et de la vie de khrisna . C’est un mélange de drame , de danse , de théâtre , de rituel accompagné de musique ....qui peut durer toute la nuit mais nous assisterons à spectacle « raccourci « « spécial touristes « ... Les thèmes interprétés sont classiques ...courage , vertu , paix , amour ou au contraire vice , pleutrerie , guerre.... Les maquillages et les costumes élaborés sont somptueux et codés en fonction du personnage interprété ... Dieu , prince , héros , démon , femme ... Tous les personnages , masculins ou féminins , sont joués par des hommes . Nous arrivons tôt au Kerala Kathakali centre ....nous essayons de nous placer dans les premiers rangs afin de profiter au maximum du spectacle et prendre des photos ... La première heure consiste à admirer les acteurs en train de se maquiller ...étonnant !!!! ils arrivent sur scène les uns après les autres en fonction de l’importance de leur maquillage ... La scène et les murs sont recouverts de bois , peu de décor , de grands chandeliers en cuivre ...
Devant , deux petites avancées portant , Ganesh à droite et Shiva le danseur cosmique au milieu de son cercle de flammes , à gauche ... Nous devons assister à un épisode du Mahâbhârata. Le premier acteur arrive , c’est le personnage central , jouant le rôle de Bhima , le héros . C’est le personnage dont le masque est le plus fréquemment reproduit ....le plus souvent en bois mais grossièrement peint de couleurs vives ....le visage est vert , les yeux et sourcils soulignés de noir, la bouche de rouge , la tête surmontée d’une énorme coiffe striée et multicolore et une curieuse collerette blanche entourant le menton ...
Un deuxième homme arrive ...pour aider l’acteur à se maquiller ...celui ci s’allonge et le reste du maquillage se fera dans cette position ...
Un autre acteur arrive ....s’assied en tailleur et s’enduit le visage d’une couleur aussi orange que le vert de son coéquipier est ..vert ! « L’homme qui aide « l’aide à son tour ... Il jouera le rôle de « l’ennemi « , le singe Hanuman . Puis un troisième et dernier larron vient se maquiller sur la scène devant nos yeux , ébahis ....celui ci jouera le rôle d’une femme , Panchali . Leurs vêtements sont très colorés et très chargés ....les personnages portent tous des jupons recouverts de nombreux galons , des bijoux volumineux , colliers , bracelets ...des écharpes , des coiffes très ornementées et lourdes ...
Pendant le premier quart d’heure , Panchali assise , mime .....les expressions du visage , les regards , les gestes des mains ( mudras ) . .. toute son énergie est concentrée dans le mime et apporte ainsi une explication symbolique de tous les événements qui vont être raconté et une réponse à toutes les questions que les spectateurs se posent immanquablement ... Les acteurs ne s’expriment jamais oralement mais toujours par la gestuelle , les mimiques et la danse . C’est un travail très physique qui utilise les méthodes de concentration enseigné dans l’art Martial du Kerala , le kalarippayatt .
C’est une pièce en deux scènes ... un rideau multicolore est tendu entre les scènes ...
A gauche s’installent deux joueurs de tambour , chenda ( instrument de percussion ou tambour vertical à deux peaux ) et maddalam( tambour horizontal en tonneau à deux faces ) A droite , au fond le récitant avec ses cymbales ( ilathaam ) Le spectacle peut commencer ....
Un feuillet explicatif en anglais nous est distribué ... La pièce s’appelle « Kalyanasougandhikam « et est écrite par Kottayath Thampuran. Le personnage principal , le héros Bhima , le plus fort de pandavas ( une des familles du Mahâbhârata combattant les Kaurava , autre famille du Mahâbhârata. ) est chargé par sa femme Panchali d’aller cueillir des fleurs dans la forêt . Il y rencontre un vieux singe , Hanuman , autre Dieu et en réalité, frère de Bhima . Premier scène Bhima et Panchali
Deuxième scène Bhima et Hanuman La colère de Bhima après l’agression d’Hanuman se transforme quand il découvre que le singe est en réalité son frère ...réconciliation et beaux sentiments...tout est bien qui finit bien .. Tout le spectacle est rythmé par le battement des tambours et la mélopée du récitant accompagnée de ses cymbales . Nous avons presque tout compris et nous sortons enchantées de notre soirée ...que de talent....maquillages , mimes , musique mis en œuvre dans cet art ancestral ... Retour au bercail après un dernier tour sur le port , évidemment , pour ressentir encore une fois cette vie indienne qui est là et qui palpite ... . A Kochi , les hommes viennent volontiers se promener sur le port à la tombée de la nuit ...des cacahuètes grillées dans un cornet de journal enchantent nos papilles et nous régalent ...quoi de mieux pour ressentir cette Inde que j’aime tant , que se mêler à la foule et essayer de partager leur distraction
Le 16 décembre Il fait chaud et humide ......inhabituel pour un mois de décembre , me confirme Sophie ...nous décidons donc de passer notre « presque dernier jour » à la plage ... Pour y parvenir nous devons prendre le ferry pour gagner l’île de Vypeen et l’une de ses plages à plus d’une heure de bus .... le sud de l’île démarre devant Fort Cochin et s’étire le long de la mer d’Oman face à Ernakulam . Le port est envahi de plantes d’eau qui s’étendent qui un jour peut être , gêneront les activités portuaires... Pour quelques roupies , nous embarquons sur le ferry....les gens se bousculent pour monter et descendre ... nous sommes touristes , eux c’est leur quotidien...je joue à cache cache avec le bébé devant moi dans les bras de sa maman ... et après une traversée de cinq minutes nous débarquons sur l’île ...pas ou peu de tuc tuc!!! étonnant !!!!Nous nous renseignons auprès d’un taxi qui nous demande plus de cinq cent roupies pour la plage de Cherai qui est une des plus belles ....nous optons pour le bus et aidées par un jeune indien qui se renseigne , nous nous asseyons sur le bord du trottoir pour l’attendre .... enfin le bon bus arrive ...plein à craquer , nous parvenons à monter .....au bout d’un moment un jeune indien se lève pour me donner sa place .....mon statut d’étrangère doit y être pour quelque chose car il reste près de moi et , curieux , me pose des questions sur le pays d’où je viens , si j’aime l’Inde , où nous résidons ... le temps passe plutôt agréablement et le bus se vide ...le receveur nous fait signe qu’il reste encore dix minutes avant d’arriver ...mais !!!!!!nous devons emprunter un tuctuc pour les deux derniers km ...un village , des boutiques de plage avec sodas , noix de coco , gâteaux , fritures et nous longeons la route du bord de mer.... la plage est étroite , presque déserte bordée de cocotiers ..l’eau est chaude je me trempe seulement les jambes car revenir pleine de sel ne me dit rien ...une cabane nous protège du soleil et la journée s’étire agréablement. ..en fin d’après midi , nous décidons de marcher jusqu’à l’arrêt de bus ...en cours de route nous achetons des bananes , de gros gâteaux vendus dans des bocaux ...le bus arrive et le chauffeur , malgré la circulation , confond la route avec un circuit de ćourse ...et en moins d’une demi heure nous arrivons au ferry ....encore quelques gâteaux pour tromper l’attente nous reprenons le ferry ...je me désole d’avoir perdu la jolie pochette à fleurs achetée le matin pour remplacer celle de l’appareil photo perdue la veille au spectacle .....José baisse les yeux et devant ses pieds ? la pochette dépassant du banc attendait sagement que je la récupère au retour !!! Incroyable ce fil conducteur ...même place qu’au départ malgré le monde empruntant le ferry . ..
Nous sommes ravies de cette journée ...la plage mais aussi le ferry , le bus qui nous a permis de nous mêler à cette foule indienne dense , colorée , bruyante et joyeuse qui est l’essence même de ce pays si incroyable et si différent , que l’on peut adoré ou détesté ... Nous décidons d’aller dîner dans restaurant un peu plus chic donc plus touristique et plus cher ...à connotation japonaise , décor et cuisine ....je me régale d’une salade de crevettes au soja et d’un délicieux cheese cake ... Nous rentrons à pied , promenade interrompue sans cesse par des tuctucs à la recherche de clients . Nous admirons les décorations de noël qui envahissent les façades des hôtels et les rues ... To morrow, it’s the last !!!!!
Le 17 décembre le der des ders Dernier petit déjeuner à notre café préféré , avec nos cuisinières préférées ...les meilleures et les plus gentilles Sheena et Sonya ... Aujourd’hui le menu du dimanche , encore une spécialité :« paalappam » sorte de crêpe à base de farine de riz et de lait de coco , servies avec des légumes en sauce ou un œuf dur .., délicieux ...décidément la cuisine keralaise nous a enchantées pendant tout notre séjour ...
Après nous , elles ferment pour profiter de leur dimanche , leur seul jour de repos ... Avec Biju qui s’occupe de l’agence « paradise traveller’s « et mari de Sonya , nous prenons nos dernières photos que nous leur enverrons par Whattsapp évidemment !!! Les valises , le port , une tournée dans les boutiques de la rue princesse , nous nous attardons dans une boutique tenue par deux cachemiris fort sympathiques ....
Quelques emplettes plus tard .....la journée passe vite avant un concert prévu vers 18 h à st Francis’s Church ... Nous espérons y voir Sophie Jude et Cécile rentrée ce jour de son périple au Sri Lanka ... L’église est somptueusement décorée d’un immense et grandiose sapin ....
Nous décidons d’arriver tôt pour ne pas risquer d’être debout ...après une balade dans les rues avoisinantes où nous prenons le temps d’échanger avec un directeur de restaurant parlant... allemand et non français !!! dommage ..il nous fait visiter la salle de restaurant et les inscriptions et dessins sur le mur extérieur .....
Une trentaine de choristes arrivent , vêtus de chasubles rouges et blanches ....s’installent de chaque côté pour la durée de la messe ..
Une dizaine d’enfants deux garçons et des filles , chemise et robe bleue , prennent place sous le sapin ....non sans avoir enfilé un bonnet de père noël !!!!
Nous attendons avec impatience que la chorale débute son récital ...intercalé entre entre la messe et le sermon de l’un des prêtres présents qui nous paraît d’une longueur infinie ... Encore quelques chants , puis les enfants arrivent ...un vrai bonheur ..ils chantent de tout leur cœur et l’une des plus jeunes , chante sans l’aide des paroles ...un enchantement.... qu’ils sont charmants , candides , touchants, émouvants ....
Puis , tenaillées par la faim , nous nous dirigeons vers le même restaurant que la veille , pour remanger le même succulent steak de thon rouge ... Sur le parvis de l’église , un autre sapin brille de mille feux et accueille les visiteurs . Et voilà encore une belle journée ...nous n’avons pas vu nos amis mais il estard pour aller leur dire au revoir ....nous devons quitter Fort cochin à 6 h du matin ...c’est Harry qui aura l’honneur de nous accompagner à l’aéroport où nous aurons la bonne surprise de retrouver un couple rencontré à Varkala ..
Un superbe séjour plein de souvenirs merveilleux qui ne nous quitterons pas une fois rentrées en France mais qui me donneront envie d’y retourner bien vite .
Ne pas hésiter à y aller malgré et surtout à cause des terribles inondations d’août 2018 pour les encourager ....
Bonjour à tous,
Me voilà depuis 3 jours dans la région Tamil Nadu, en solo et en indépendant: sac à dos (enfin petite valise cabine + petit sac à dos), transports publics, etc... Il s'agit de mon neuvième voyage en Inde.
Je publie ce carnet pour donner des renseignements pratiques et des impressions subjectives pour aider ceux qui envisagent un voyage dans la région, car il n'est pas facile de trouver des carnets précis très récents. Je décide aussi de le faire presque en direct, à mes heures perdues, pour donner des informations à chaud, parce qu'à chaque fois que j'ai voulu me lancer dans un carnet, les souvenirs et les détails étaient devenus flous, et avec le temps, on oublie plein de choses... Cette formule me paraît intéressante, même si j'écris avec peu de recul, à part celui de mon expérience passée de l'Inde.
Je n'ai pas vraiment d'itinéraire fixé et je décide de mes étapes au gré du voyage, même si j'ai une idée vague du circuit que je vais faire.
Je remercie tout particulièrement les membres du forum qui m'ont donné des informations précieuses et continuent à m'en donner: Marcomarco, Fabgreg, Aleph, Raggamuffin et Marien (désolé si j'en ai oublié, je les ajouterai plus tard). Je suis parti un peu à la dernière minute, sans vraiment préparer mon voyage, et leur aide me fait gagner beaucoup de temps.
Avant de commencer, quelques infos générales sur mon voyage: - Séjour de 20 jours dans le Tamil Nadu, mon premier vrai voyage en Inde du Sud à part un assez court passage dans le nord du Karnataka et à Goa en 2010. - Vol Air France/Jet Airways Toulouse-Paris-Chennai et Chennai-Mumbai-Paris-Toulouse: 622€ (réservé sur le site Jetcost une dizaine de jours avant le départ). À noter que le même vol depuis Paris, donc avec deux voyages en moins Toulouse-Paris et Paris-Toulouse, coûtait plus de 150€ en plus. Allez comprendre... Ça tombe bien, je devais me rendre à Toulouse! - e-tourist visa en ligne, qui a bien augmenté il y a quelque jours: j'ai oublié le prix exact, mais autour de 80€: abusif mais toujours plus avantageux que le visa de 6 mois si on part peu de temps. - J'ai investi dans la dernière version du Lonely Planet "Inde du Sud" qui est très décevante: de moins en moins de renseignements fiables et précis, des adresses de plus en plus chères, des cartes en moins... À 27€, c'est une arnaque. Je ne suis pas sûr qu'il existe encore des guides papiers vraiment utiles. Une époque révolue? Vive les forums!
Allez c'est parti!
Me voilà depuis 3 jours dans la région Tamil Nadu, en solo et en indépendant: sac à dos (enfin petite valise cabine + petit sac à dos), transports publics, etc... Il s'agit de mon neuvième voyage en Inde.
Je publie ce carnet pour donner des renseignements pratiques et des impressions subjectives pour aider ceux qui envisagent un voyage dans la région, car il n'est pas facile de trouver des carnets précis très récents. Je décide aussi de le faire presque en direct, à mes heures perdues, pour donner des informations à chaud, parce qu'à chaque fois que j'ai voulu me lancer dans un carnet, les souvenirs et les détails étaient devenus flous, et avec le temps, on oublie plein de choses... Cette formule me paraît intéressante, même si j'écris avec peu de recul, à part celui de mon expérience passée de l'Inde.
Je n'ai pas vraiment d'itinéraire fixé et je décide de mes étapes au gré du voyage, même si j'ai une idée vague du circuit que je vais faire.
Je remercie tout particulièrement les membres du forum qui m'ont donné des informations précieuses et continuent à m'en donner: Marcomarco, Fabgreg, Aleph, Raggamuffin et Marien (désolé si j'en ai oublié, je les ajouterai plus tard). Je suis parti un peu à la dernière minute, sans vraiment préparer mon voyage, et leur aide me fait gagner beaucoup de temps.
Avant de commencer, quelques infos générales sur mon voyage: - Séjour de 20 jours dans le Tamil Nadu, mon premier vrai voyage en Inde du Sud à part un assez court passage dans le nord du Karnataka et à Goa en 2010. - Vol Air France/Jet Airways Toulouse-Paris-Chennai et Chennai-Mumbai-Paris-Toulouse: 622€ (réservé sur le site Jetcost une dizaine de jours avant le départ). À noter que le même vol depuis Paris, donc avec deux voyages en moins Toulouse-Paris et Paris-Toulouse, coûtait plus de 150€ en plus. Allez comprendre... Ça tombe bien, je devais me rendre à Toulouse! - e-tourist visa en ligne, qui a bien augmenté il y a quelque jours: j'ai oublié le prix exact, mais autour de 80€: abusif mais toujours plus avantageux que le visa de 6 mois si on part peu de temps. - J'ai investi dans la dernière version du Lonely Planet "Inde du Sud" qui est très décevante: de moins en moins de renseignements fiables et précis, des adresses de plus en plus chères, des cartes en moins... À 27€, c'est une arnaque. Je ne suis pas sûr qu'il existe encore des guides papiers vraiment utiles. Une époque révolue? Vive les forums!
Allez c'est parti!

Afin de tenter de remercier toutes celles et tous ceux qui nous ont aidé à préparer ce circuit, voici ma modeste contribution via un carnet de voyage.
L’idée est juste de proposer quelques éléments pratiques qui m’ont été nécessaires pour le, finalement très bon, déroulement du séjour. Ce carnet risquera donc de sembler rébarbatif pour certains, désolé ....
Nous ? Un couple démarrant sa soixantaine, plutôt habitué à voyager aux USA où nous avons nos repères. Partir en Inde, avec tous les clichés qu’on connait, représentait pour moi un pas vers une forme d’inconnu !
Pourquoi ce voyage ? Nous « soldons » tous les ans les congés restant par un petit voyage en avril. Je voulais retourner à New York et puis la « News letter » d’Air France nous propose des vols A/R avec préacheminement depuis notre province à 400euros pour Chennai. Ca nous a décidé !
Le circuit ? Le voici :
C’est un circuit assez classique, me semble t’il, pour la région. Il cible les lieux touristiques les plus connus et les plus consensuels. Je ne détaillerai pas, les guides touristiques savent le faire mieux que moi, mais tous les temples que nous avons visités et qui font partie des incontournables de la région méritent le passage. Par rapport à un circuit « standard », peut-être préciser que nous avons juste tenu à aller à Rameswaram qui semble moins prisé des touristes pour le côté « voyage au bout du monde ».
Durée ? Avril, mauvaise période ? Nous sommes restés 9jours pleins sur place (début à mi-avril). Nous ça nous a suffi. C’est sûr que faire 2fois 19h de trajet (porte à porte) pourrait mériter de rester plus. Mais de Un, nous n’avions pas le choix et de Deux, on a eu l’impression d’avoir assez visiter. Eventuellement passer un à deux jours de plus, mais pour une première approche ça peut convenir.
Pour la période : pas le choix car bloqué avec les dates des vacances scolaires. On m’avait dit que c’est une mauvaise période, très chaude, humide. Ca ne nous a pas particulièrement posé de difficultés. A circonstancier, peut-être, car nous dormions et profitions de la piscine d’hôtels plutôt « haut de gamme » et d’un véhicule très bien climatisé (voir rubrique suivante). Nous avons eu juste un orage un soir, pour le reste que du temps chaud mais supportable.
La location de voiture et le mode de voyage ? J’ai vite accepté, vu les remarques sur le forum qu’il fallait faire une location « avec chauffeur ». Habitué à notre autonomie en louant une voiture et en nous déplaçant selon nos envies, cette option ne nous enchantait guère ! Cependant, à l’expérience, elle s’avère indispensable ! Il est inconcevable de conduire soi-même en Inde compte tenu de leur « interprétation » de notre code la route ! Par ailleurs, le chauffeur s’est montré très disponible et souple tout au long du séjour ce qui nous a permis de nous sentir libre durant ce circuit.
Il faut savoir (j’avoue qu’au début j’étais inquiet), que le chauffeur fait le circuit totalement avec nous. Il dort dans les environs (parfois dans une « Driver room » dans le même hôtel quand ça existe). Il est donc très disponible, sans contraintes (dans la limite du raisonnable, je présume !). Comme il a bien conscience que son pourboire qui représente une part importante de son salaire dépend entièrement de la satisfaction du client, il fait tout pour être présent et nous amener là où on le souhaite, au moment où on en a envie ! Doublement protégés :
Nous souhaitions mixer découverte du Tamil Nadu et repos. Aussi nous nous sommes orientés vers des vacances plutôt confortables. Concernant le véhicule, les agences proposent des Toyota Etios (l’équivalent d’une berline correcte chez nous) qui peut suffire. Egalement des Tata Indigo que j’ai trouvé un peu petite lorsqu’on en a croisé. Mais, même si nous n’étions que deux, nous avons cependant choisi un "grand" véhicule : une Toyota Innova qui a presque le gabarit d'un Espace Renault. Ca peut paraître un peu trop, mais c'est très confortable, notamment quand on n'arrête pas de monter, descendre, pour visiter ou prendre une photo. De plus ce véhicule dispose d'un système de climatisation très performant pour les places arrières et rien que cela justifie le choix pour un surcoût de env. 8euros par jour que nous avons trouvé acceptable. A refaire, je referai le même choix.
Pour les hôtels (je détaillerai lesquels dans le compte rendu), nous n’avons pris que des hôtels avec climatisation, piscine, petit-déjeuner et wifi compris. L’idée était aussi d’avoir des hôtels aux normes « européennes » et notamment permettant d’y manger sans risques. Tout cela conduira à un budget assez élevé, j’y reviendrai.
L’agence retenue ? J’ai contacté 3agences (Southview Tours, Das&Bas, Mokshatours) et 2indépendants conseillés sur le forum. Contacts en langue Anglaise, par mail et parfois par téléphone sur des "fixes", coûts des appels vers l'Inde compris dans mon forfait Internet. Dans tous les cas, réponses rapides et infos détaillées. Les agences m’ont spontanément proposé des hôtels sans que je ne demande rien : vous m’aviez prévenu sur le forum ! Les autres étant plus chers, ma short list a été : Southview et Das&Bas. Das&Bas était moins cher, mais nous avons retenu Southview (malgré une remise, ils ne se sont pas totalement alignés) vu leur bonne réputation et aussi car les hôtels qu’ils nous ont spontanément proposés correspondait mieux à nos attentes, donc c’était plus rassurant pour moi. A noter que l’agence ne m’a pas demandé d’arrhes ce qui m’a évité des frais de virement bancaire international (ou frais de CB). J’ai tout payé en arrivant en euros (cours officiel) et l’agence m’a rendu la monnaie en INR ce qui m’a permis de voir venir pour faire du change.
Nous avons été très satisfaits des prestations de Southview Tours : Accueil à l’aéroport de Chennai, propreté du véhicule, conformité des prestations prévues, Qualité-Gentillesse-Disponibilité du chauffeur tout au long du circuit. L’agence nous a remis un dossier (photos copies de livres et d’articles de presse) sur l’Inde, la religion, la culture, l’agriculture, etc ... Pas mal d’infos intéressantes qui nous auront été utiles durant le séjour. Seul petit couac : le pourboire du chauffeur. Tout le monde m’avait dit 300INR par jour, plus si parfait. L’agence annonçait 500INR par jour, plus si parfait. Je pensais laisser 500 car c’était très bien. Mais au détour d’une discussion on m’a fait comprendre que 500 c’était le minimum. Du coup j’ai laissé plus, mais si c’était à refaire, je négocierais avec l’agence en amont. Mais sinon, je me répète : c’était parfait et je repasserai par eux si nous revenons dans le coin.
Faire les réservations d’hôtels par soi-même ou passer par l’agence ? J’ai choisi les hôtels et je suis passé par l’agence pour les réservations. Ca m’a coûté 50euros de plus (sur l'ensemble du circuit) qu’en passant en direct, un peu moins si j’intègre le fait que je n’ai pas eu de frais de CB. La tranquillité de savoir que l’agence avait tout géré, qu’il n’y avait pas de risque d’incompréhension avec l’hôtel (Ah ! Leur accent anglais !!!) m’a convenu pour justifier le léger surcoût.
A noter, sur le fait de passer par une agence pour les réservations d’hôtels : 1) Notre hôtel à Mahabalipuram était théoriquement complet (sur leur site et quand j’ai téléphoné). Pourtant l’agence a pu réserver. J’avais peur d’une arnaque de la part de l’agence, mais non, nous avons bien eu l’hôtel prévu. Lorsque j’ai demandé pourquoi à l’hôtel, ils m’ont dit qu’à partir d’un certain taux de réservation ils affichaient complet pour les particuliers mais pas pour les agences car avec les agences ils sont surs d’être payés alors que les particuliers peuvent annuler jusqu’au dernier moment. Surprenant... 2) J’avais peur qu’en passant par une agence qui, je le suppose, a des tarifs négociés qui rapportent moins à l’hôtel, nous ayons les chambres les moins agréables. Ca aura été tout le contraire ! Nous aurons eu soit les meilleures chambres dans la catégorie réservée (vue sur la piscine, terrasse, chambre au calme), soit un sur-classement. Belle expérience !
La demande de e-visa ? Le membre Fanzi m’a gentiment envoyé le lien vers la procédure qu’il a créée : indispensable 🙂 Merci à toi ! jacquinfr.free.fr/ETV.pdf
Mon conseil perso pour la saisie de la demande du e-visa : 1) Comme pour d’autres demandes de « visa » électronique : je fais une demande à « blanc » en notant les questions. 2) Dans un fichier Word, je note toutes les réponses. 3) Au calme je vérifie plusieurs fois 4) Puis seulement après je fais la demande de visa en faisant un copier-coller des réponses. Tout c’est très bien passé ! Important : Noter (ou faire une copie d'écran) du numéro de demande ("Application ID").
Photos faites par moi-même sur un fond neutre comme demandé sans chercher à respecter les règles de nos photos d’identité. Retouche aux dimensions autorisées. J’ai un logiciel photo pro, mais tous les logiciels « de base, gratuit », proposent cette fonctionnalité.
La confirmation arrive dans les 72h. On est théoriquement informé par mail. Sauf que, comme d’autres me l’avaient prédit, je n’ai jamais reçu de mail. C’est à soi d’aller vérifier sur le site et d’imprimer le e-visa avec la mention « Granted ». D'où l'intérêt de connaître le numéro de demande, voir plus haut! Impérativement : avoir une copie papier du e-visa.
Le budget ? Pour 10jours 9nuits, hors souvenirs et achats divers, nous avons dépensés 2700euros pour deux, répartis ainsi : - Avion : 950euros (900euros billets car il n’y avait plus de billets à 400euros le temps de me décider ! + 50euros réservation sièges au retour) - Hôtels (Avec petit déjeuner inclus+ diner 2 soirs à Rameswaram) : 810euros - Véhicule et chauffeur pourboire inclus : 560euros - e-Visa : 90euros - Dépenses sur place (principalement Repas et entrée des sites) : 290euros
En général, le soir nous dinions à l’hôtel (principalement des buffets entre 10 et 15euros par personne) et le midi nous nous contentions d’un pique-nique frugal avec quelques chips, un bout de pain et une banane pris au petit déj et également quelques conserves genre « salade au thon » amenés dans nos bagages.
Cela fait une moyenne de 300euros par nuitée. Ca peut sembler beaucoup pour une destination réputée peu chère. Mais c’était le prix à payer, vu de nous, pour se sentir à l’aise et profiter de vacances. Par ailleurs nous sommes tombés sur le début des vacances scolaires et le nouvel an Tamul ainsi qu’un gros événement à Pondichéry. Les hôtels étaient bien remplis (et même complet à Mahabalipuram), ça ne doit pas les inciter à baisser les tarifs même si c’était théoriquement la basse saison touristique.
Comme conseillé, nous sommes partis avec des billets de 50euros neufs ou presque et également quelques coupures de 10 et 20euros. Pas d’utilisation de CB car nous n’en avons pas eu l’utilité. Le reste d’INR sera donné en pourboire au chauffeur + complément en euros (d’où l’intérêt d’avoir différentes coupures).
A noter que parfois des marchands ambulants vous accostent pour changer des pièces de 1 ou 2euros contre des billets de 10euros plus facilement échangeables à la banque. Nous l’avons fait 2fois, aucune arnaque. Simplement des vendeurs qui se font payer parfois en euros !
A part quelques petite bricoles en souvenirs (max une vingtaine d’euros), nous n’avons pas ramené d’achats car nous n’y connaissons rien pour différencier un bon d’un mauvais corton, de la soie et du synthétique. En plus, j’ai horreur de marchander, donc je préfère ne pas acheter, ça règle le problème !!!
Prendre un guide ou pas lors des visites ? Ce n’est pas mon truc, j’aime visiter librement, je n’ai pas envie de gâcher ma visite à me demander « Combien je vais le payer ? », « Faut-il laisser un pourboire, si oui, combien ? », etc ... De plus, leur anglais (ou parfois français) est souvent difficile à comprendre et nous n’avions pas envie de faire cet effort. Aussi nous n’en avons pas pris. Ceci dit, si c’était à refaire je m’interrogerais sur ce point. En effet, la « mythologie » de hindouisme est assez compliquée et nous n’arrivions pas à comprendre la symbolique de ce que nous visitions et c’est quand même dommage. Comme m’a dit un guide (en français) dont je refusais la proposition : « Alors, vous faites tout ce voyage, tous ces milliers de kilomètres depuis chez vous et vous-vous limitez à juste regarder des pierres sans chercher à comprendre ce que ça signifie. C’est dommage ». Il faut reconnaître qu’il n’avait pas tout à fait tord ...
Santé - Hygiène ? Par habitude avant de partir, j’ai demandé sur leurs sites des attestations de couverture médicale en anglais pour l’assistance via ma carte VisaPremier (Mutuaide Assitance) et mon assurance personnelle à la MACIF (Inter Mutuelles Assistance). Nous n’en avons pas eu besoin et c’est parfait ainsi ! www.visa.fr/...rances-et-assistance www.ima.eu/...e/assistance-ima.php
Sur place nous avons respecté les habituelles précautions et n’avons eu aucun problème genre tourista ou autre. Compte tenu de la chaleur, nous avons beaucoup bu. Partout en trouve de l’eau « minérale » pas chère (0,15euros le litre). Je précise ce qui pourrait n’être qu’un point de détail, mais je me souviens d’autres pays chauds où l’on buvait également beaucoup et où l’eau minérale était très chère et nous avions un « budget eau » loin d’être négligeable. Dans les hôtels, je demandais systématiquement si l'eau mise à notre disposition pour les repas ou utilisée pour couper les jus de fruit était minérale. A chaque fois la réponse était "Oui". Nous avons fait confiance et l'avons bue : pas de soucis.
Pour les moustiques, un répulsif type « 5sur5 Tropic » et une crème apaisante.
Etant sensible de l’estomac, j’avais emporté un anti-acide et un antispasmodique. Utiles car même si on fait attention à manger peu épicé, au bout de quelques jours j’ai eu quelques douleurs d’estomac ...
Sur de nombreux lieux on trouve des toilettes de type « Pay and use ». Tarif dérisoire (quelques roupies). Globalement propre, penser à prendre du papier toilette pas forcément disponible.
Les tenues vestimentaires pour les temples ? Pour les temples « en exercice », il est requis une tenue décente. Rien d’exceptionnel par rapport à ce que nous ferions chez nous pour visiter, par exemple une église : jambes couvertes, vêtements amples, éventuellement châle pour les femmes. Comme cela me l’a été confirmé sur le forum (encore merci !), pas de couleur imposée ou interdite pour les vêtements.
Rappelons que les chaussures sont interdites dans les temples. Beaucoup de petits commerces les gardent pour vous (5INR par paire). Dans les petits temples, pas forcément de « consigne » et on fait confiance à la chance pour les retrouver au retour ! Aussi, dans la voiture avant de partir visiter, nous échangions nos chaussures « de marque » pour des tongs premier prix beaucoup moins tentantes ! Possibilité de visiter en chaussettes. C’est parfois rassurant ! Et, surtout, avec le soleil qui tape, ça évite de se brûler les pieds sur le pavé. A noter que depuis le retour nous n’avons eu aucun problème de type verrue plantaire ou autre. Ca interpelle vu les précautions qu’on prend chez nous dans des milieux aseptisés comme les piscines ou les salles de sport !
Les photos ? En très-très grande majorité, les personnes sont heureuses qu’on les prenne en photo, voire elles le suscitent ! Très rarement il nous a été demandé d’envoyer les photos (3demandes sur plusieurs dizaines de photos prises !) : c’est fait, j’espère que ça va leur parvenir. Par contre, très souvent ils demandent à voir la photo. Il est donc utile de bien maîtriser la fonction « visualisation » de son appareil photo !
Nous n’avons jamais payé pour une photo, si on nous le demandait avant, nous ne prenions pas de photo. Si on nous le demandait après, je répondais non, jamais eu de problème.
Pour le nettoyage des objectifs, surtout dû à la présence de buée liée à la différence de température et d’humidité entre l’intérieur d’où on vient et l’extérieur, il est nécessaire de s’équiper de lingettes de nettoyage ou d’un chiffon en micro-fibre, sinon photos ratées ! Selon les temples, les photos sont autorisées gratuitement, ou autorisées moyennant le paiement d’une taxe, ou encore totalement interdites. C’est bien indiqué et le chauffeur nous a toujours été de bon conseil sur ce point. Lorsque c’était interdit ou accepté dans seulement une partie du temple, nous laissions tout dans la voiture (appareils photo, caméscope, tablettes, téléphones portables) à la bonne surveillance du chauffeur. Pas envie de se prendre la tête sur place ...
Emmené/Oublié – Utile/Inutile ? 1) Emmené – Utile : - Les prises électriques sont les mêmes que chez nous, mais avec des petites fiches. Comme conseillé, j’ai donc pris une rallonge électrique 6Ampères (pas les 16Ampères avec fiches gros diamètre chez nous) car parfois la prise électrique n’est pas à côté et une prise multiple 6ampères (coût global : 7euros !). Ca nous a parfaitement convenu pour les chargeurs. Mais si vous avez un ordinateur, il est préférable d’avoir au moins une prise qui accepte les fiches gros diamètres. - Des gâteaux secs. Des boites de salade au thon : Pratiques pour un pique-nique. Et aussi pour offrir, je parle des gâteaux (quelques demandes). - Un tube de lessive liquide. Très pratique ! On lave le soir et c’est prêt pour le lendemain matin ! Y compris pour les chaussettes utilisées pour visiter les temples ! Seul petit problème : avec l’humidité de l’air, ça a du mal à sécher et l’on remet un vêtement légèrement humide, mais ça va. - Des « sacs congélation » taille moyenne de type Zip lock, très pratique pour les pique-niques - Des « tongs » (voir explication paragraphe tenue vestimentaire) - De l’antimoustique. Nous avons croisé quelques moustiques. Nous avions pris 2flacons, dont un laissé au chauffeur. A refaire j’en aurai pris un de plus pour le chauffeur qui était très content. - Crème solaire, crème après soleil. A cette période ça tapait dur et nous nous sommes fait surprendre les 2premiers jours. A noter que 2fois je me suis arrêté demander notre chemin dans une pharmacie, j’ai eu la surprise de tomber sur des gens qui parlaient à peine anglais. Ca m’a conforté dans le choix d’être partis avec une trousse à pharmacie/bobologie assez complète car pas sûr que j’aurai pu me faire comprendre sur place.
2) Emmené – Inutile : J’avais noté que tous les hôtels où nous allions proposaient une bouilloire dans la chambre. J’ai acheté en force Nescafé, thé, lait en poudre. Totalement inutile dans notre cas car fournis à l’hôtel ! Ca a fait le bonheur du chauffeur !
3) Oublié Nous avons de temps en temps eu des demandes pour des gâteaux et aussi pour des stylos/crayons. Demandes faites gentiment et sans insistance. J’ai regretté de ne pas en avoir amené (ou pas pris assez).
J’ai oublié le GPS de mon appareil photo. Ce n’est certes pas d’une importance capitale, mais c’est quand même pratique car à force de visiter, et surtout des temples, par moment on ne sait plus trop où a été faite la photo !
Le vol ? Vols CDG – Chennai Aller et Retour effectués par Jet Airways. A l’heure à l’aller. 1/2h de retard au retour qui nous a fait raté notre correspondance dans l’indifférence totale du personnel Jet Airways à bord. Mais Air France a géré, nous mettant sur le vol suivant. Nous sommes arrivés à la maison avec 4h de retard, il y a pire comme situation de vie ! Le confort des sièges de l’A330 accuse le poids des années. Ecran individuel avec un choix suffisant de films en Français pour toute la famille. Repas un peu limite à l’aller (départ 10h du matin). Un déjeuner pas trop bon et un « wrap » avant l’arrivée franchement pas bon. Repas en dessous de la limite au retour (Départ 1h du matin) : un snack immangeable juste après le départ puis un petit déjeuner quelconque avant l’atterrissage. A l’aller comme au retour, rien entre les 2, ça fait un peu juste sur un vol de 11h ! Si vous avez le choix, prenez des sièges le plus à l’avant possible car le service est très lent. J’ai compté plus d’une heure (oui !) entre le début du service rang 14 (début de la classe éco) et la fin à l’arrière de l’avion où nous étions 🤪
Ca ne restera pas une expérience inoubliable, mais vol direct à tarif acceptable et nous sommes partis et rentrés en toute sécurité, c’est le principal !
Edit 2ans plus tard : La compagnie a déposé le bilan et n'existe plus.
Et maintenant, le circuit !
Nous ? Un couple démarrant sa soixantaine, plutôt habitué à voyager aux USA où nous avons nos repères. Partir en Inde, avec tous les clichés qu’on connait, représentait pour moi un pas vers une forme d’inconnu !
Pourquoi ce voyage ? Nous « soldons » tous les ans les congés restant par un petit voyage en avril. Je voulais retourner à New York et puis la « News letter » d’Air France nous propose des vols A/R avec préacheminement depuis notre province à 400euros pour Chennai. Ca nous a décidé !
Le circuit ? Le voici :

C’est un circuit assez classique, me semble t’il, pour la région. Il cible les lieux touristiques les plus connus et les plus consensuels. Je ne détaillerai pas, les guides touristiques savent le faire mieux que moi, mais tous les temples que nous avons visités et qui font partie des incontournables de la région méritent le passage. Par rapport à un circuit « standard », peut-être préciser que nous avons juste tenu à aller à Rameswaram qui semble moins prisé des touristes pour le côté « voyage au bout du monde ».
Durée ? Avril, mauvaise période ? Nous sommes restés 9jours pleins sur place (début à mi-avril). Nous ça nous a suffi. C’est sûr que faire 2fois 19h de trajet (porte à porte) pourrait mériter de rester plus. Mais de Un, nous n’avions pas le choix et de Deux, on a eu l’impression d’avoir assez visiter. Eventuellement passer un à deux jours de plus, mais pour une première approche ça peut convenir.
Pour la période : pas le choix car bloqué avec les dates des vacances scolaires. On m’avait dit que c’est une mauvaise période, très chaude, humide. Ca ne nous a pas particulièrement posé de difficultés. A circonstancier, peut-être, car nous dormions et profitions de la piscine d’hôtels plutôt « haut de gamme » et d’un véhicule très bien climatisé (voir rubrique suivante). Nous avons eu juste un orage un soir, pour le reste que du temps chaud mais supportable.
La location de voiture et le mode de voyage ? J’ai vite accepté, vu les remarques sur le forum qu’il fallait faire une location « avec chauffeur ». Habitué à notre autonomie en louant une voiture et en nous déplaçant selon nos envies, cette option ne nous enchantait guère ! Cependant, à l’expérience, elle s’avère indispensable ! Il est inconcevable de conduire soi-même en Inde compte tenu de leur « interprétation » de notre code la route ! Par ailleurs, le chauffeur s’est montré très disponible et souple tout au long du séjour ce qui nous a permis de nous sentir libre durant ce circuit.
Il faut savoir (j’avoue qu’au début j’étais inquiet), que le chauffeur fait le circuit totalement avec nous. Il dort dans les environs (parfois dans une « Driver room » dans le même hôtel quand ça existe). Il est donc très disponible, sans contraintes (dans la limite du raisonnable, je présume !). Comme il a bien conscience que son pourboire qui représente une part importante de son salaire dépend entièrement de la satisfaction du client, il fait tout pour être présent et nous amener là où on le souhaite, au moment où on en a envie ! Doublement protégés :

Nous souhaitions mixer découverte du Tamil Nadu et repos. Aussi nous nous sommes orientés vers des vacances plutôt confortables. Concernant le véhicule, les agences proposent des Toyota Etios (l’équivalent d’une berline correcte chez nous) qui peut suffire. Egalement des Tata Indigo que j’ai trouvé un peu petite lorsqu’on en a croisé. Mais, même si nous n’étions que deux, nous avons cependant choisi un "grand" véhicule : une Toyota Innova qui a presque le gabarit d'un Espace Renault. Ca peut paraître un peu trop, mais c'est très confortable, notamment quand on n'arrête pas de monter, descendre, pour visiter ou prendre une photo. De plus ce véhicule dispose d'un système de climatisation très performant pour les places arrières et rien que cela justifie le choix pour un surcoût de env. 8euros par jour que nous avons trouvé acceptable. A refaire, je referai le même choix.
Pour les hôtels (je détaillerai lesquels dans le compte rendu), nous n’avons pris que des hôtels avec climatisation, piscine, petit-déjeuner et wifi compris. L’idée était aussi d’avoir des hôtels aux normes « européennes » et notamment permettant d’y manger sans risques. Tout cela conduira à un budget assez élevé, j’y reviendrai.
L’agence retenue ? J’ai contacté 3agences (Southview Tours, Das&Bas, Mokshatours) et 2indépendants conseillés sur le forum. Contacts en langue Anglaise, par mail et parfois par téléphone sur des "fixes", coûts des appels vers l'Inde compris dans mon forfait Internet. Dans tous les cas, réponses rapides et infos détaillées. Les agences m’ont spontanément proposé des hôtels sans que je ne demande rien : vous m’aviez prévenu sur le forum ! Les autres étant plus chers, ma short list a été : Southview et Das&Bas. Das&Bas était moins cher, mais nous avons retenu Southview (malgré une remise, ils ne se sont pas totalement alignés) vu leur bonne réputation et aussi car les hôtels qu’ils nous ont spontanément proposés correspondait mieux à nos attentes, donc c’était plus rassurant pour moi. A noter que l’agence ne m’a pas demandé d’arrhes ce qui m’a évité des frais de virement bancaire international (ou frais de CB). J’ai tout payé en arrivant en euros (cours officiel) et l’agence m’a rendu la monnaie en INR ce qui m’a permis de voir venir pour faire du change.
Nous avons été très satisfaits des prestations de Southview Tours : Accueil à l’aéroport de Chennai, propreté du véhicule, conformité des prestations prévues, Qualité-Gentillesse-Disponibilité du chauffeur tout au long du circuit. L’agence nous a remis un dossier (photos copies de livres et d’articles de presse) sur l’Inde, la religion, la culture, l’agriculture, etc ... Pas mal d’infos intéressantes qui nous auront été utiles durant le séjour. Seul petit couac : le pourboire du chauffeur. Tout le monde m’avait dit 300INR par jour, plus si parfait. L’agence annonçait 500INR par jour, plus si parfait. Je pensais laisser 500 car c’était très bien. Mais au détour d’une discussion on m’a fait comprendre que 500 c’était le minimum. Du coup j’ai laissé plus, mais si c’était à refaire, je négocierais avec l’agence en amont. Mais sinon, je me répète : c’était parfait et je repasserai par eux si nous revenons dans le coin.
Faire les réservations d’hôtels par soi-même ou passer par l’agence ? J’ai choisi les hôtels et je suis passé par l’agence pour les réservations. Ca m’a coûté 50euros de plus (sur l'ensemble du circuit) qu’en passant en direct, un peu moins si j’intègre le fait que je n’ai pas eu de frais de CB. La tranquillité de savoir que l’agence avait tout géré, qu’il n’y avait pas de risque d’incompréhension avec l’hôtel (Ah ! Leur accent anglais !!!) m’a convenu pour justifier le léger surcoût.
A noter, sur le fait de passer par une agence pour les réservations d’hôtels : 1) Notre hôtel à Mahabalipuram était théoriquement complet (sur leur site et quand j’ai téléphoné). Pourtant l’agence a pu réserver. J’avais peur d’une arnaque de la part de l’agence, mais non, nous avons bien eu l’hôtel prévu. Lorsque j’ai demandé pourquoi à l’hôtel, ils m’ont dit qu’à partir d’un certain taux de réservation ils affichaient complet pour les particuliers mais pas pour les agences car avec les agences ils sont surs d’être payés alors que les particuliers peuvent annuler jusqu’au dernier moment. Surprenant... 2) J’avais peur qu’en passant par une agence qui, je le suppose, a des tarifs négociés qui rapportent moins à l’hôtel, nous ayons les chambres les moins agréables. Ca aura été tout le contraire ! Nous aurons eu soit les meilleures chambres dans la catégorie réservée (vue sur la piscine, terrasse, chambre au calme), soit un sur-classement. Belle expérience !
La demande de e-visa ? Le membre Fanzi m’a gentiment envoyé le lien vers la procédure qu’il a créée : indispensable 🙂 Merci à toi ! jacquinfr.free.fr/ETV.pdf
Mon conseil perso pour la saisie de la demande du e-visa : 1) Comme pour d’autres demandes de « visa » électronique : je fais une demande à « blanc » en notant les questions. 2) Dans un fichier Word, je note toutes les réponses. 3) Au calme je vérifie plusieurs fois 4) Puis seulement après je fais la demande de visa en faisant un copier-coller des réponses. Tout c’est très bien passé ! Important : Noter (ou faire une copie d'écran) du numéro de demande ("Application ID").
Photos faites par moi-même sur un fond neutre comme demandé sans chercher à respecter les règles de nos photos d’identité. Retouche aux dimensions autorisées. J’ai un logiciel photo pro, mais tous les logiciels « de base, gratuit », proposent cette fonctionnalité.
La confirmation arrive dans les 72h. On est théoriquement informé par mail. Sauf que, comme d’autres me l’avaient prédit, je n’ai jamais reçu de mail. C’est à soi d’aller vérifier sur le site et d’imprimer le e-visa avec la mention « Granted ». D'où l'intérêt de connaître le numéro de demande, voir plus haut! Impérativement : avoir une copie papier du e-visa.
Le budget ? Pour 10jours 9nuits, hors souvenirs et achats divers, nous avons dépensés 2700euros pour deux, répartis ainsi : - Avion : 950euros (900euros billets car il n’y avait plus de billets à 400euros le temps de me décider ! + 50euros réservation sièges au retour) - Hôtels (Avec petit déjeuner inclus+ diner 2 soirs à Rameswaram) : 810euros - Véhicule et chauffeur pourboire inclus : 560euros - e-Visa : 90euros - Dépenses sur place (principalement Repas et entrée des sites) : 290euros
En général, le soir nous dinions à l’hôtel (principalement des buffets entre 10 et 15euros par personne) et le midi nous nous contentions d’un pique-nique frugal avec quelques chips, un bout de pain et une banane pris au petit déj et également quelques conserves genre « salade au thon » amenés dans nos bagages.
Cela fait une moyenne de 300euros par nuitée. Ca peut sembler beaucoup pour une destination réputée peu chère. Mais c’était le prix à payer, vu de nous, pour se sentir à l’aise et profiter de vacances. Par ailleurs nous sommes tombés sur le début des vacances scolaires et le nouvel an Tamul ainsi qu’un gros événement à Pondichéry. Les hôtels étaient bien remplis (et même complet à Mahabalipuram), ça ne doit pas les inciter à baisser les tarifs même si c’était théoriquement la basse saison touristique.
Comme conseillé, nous sommes partis avec des billets de 50euros neufs ou presque et également quelques coupures de 10 et 20euros. Pas d’utilisation de CB car nous n’en avons pas eu l’utilité. Le reste d’INR sera donné en pourboire au chauffeur + complément en euros (d’où l’intérêt d’avoir différentes coupures).
A noter que parfois des marchands ambulants vous accostent pour changer des pièces de 1 ou 2euros contre des billets de 10euros plus facilement échangeables à la banque. Nous l’avons fait 2fois, aucune arnaque. Simplement des vendeurs qui se font payer parfois en euros !
A part quelques petite bricoles en souvenirs (max une vingtaine d’euros), nous n’avons pas ramené d’achats car nous n’y connaissons rien pour différencier un bon d’un mauvais corton, de la soie et du synthétique. En plus, j’ai horreur de marchander, donc je préfère ne pas acheter, ça règle le problème !!!
Prendre un guide ou pas lors des visites ? Ce n’est pas mon truc, j’aime visiter librement, je n’ai pas envie de gâcher ma visite à me demander « Combien je vais le payer ? », « Faut-il laisser un pourboire, si oui, combien ? », etc ... De plus, leur anglais (ou parfois français) est souvent difficile à comprendre et nous n’avions pas envie de faire cet effort. Aussi nous n’en avons pas pris. Ceci dit, si c’était à refaire je m’interrogerais sur ce point. En effet, la « mythologie » de hindouisme est assez compliquée et nous n’arrivions pas à comprendre la symbolique de ce que nous visitions et c’est quand même dommage. Comme m’a dit un guide (en français) dont je refusais la proposition : « Alors, vous faites tout ce voyage, tous ces milliers de kilomètres depuis chez vous et vous-vous limitez à juste regarder des pierres sans chercher à comprendre ce que ça signifie. C’est dommage ». Il faut reconnaître qu’il n’avait pas tout à fait tord ...
Santé - Hygiène ? Par habitude avant de partir, j’ai demandé sur leurs sites des attestations de couverture médicale en anglais pour l’assistance via ma carte VisaPremier (Mutuaide Assitance) et mon assurance personnelle à la MACIF (Inter Mutuelles Assistance). Nous n’en avons pas eu besoin et c’est parfait ainsi ! www.visa.fr/...rances-et-assistance www.ima.eu/...e/assistance-ima.php
Sur place nous avons respecté les habituelles précautions et n’avons eu aucun problème genre tourista ou autre. Compte tenu de la chaleur, nous avons beaucoup bu. Partout en trouve de l’eau « minérale » pas chère (0,15euros le litre). Je précise ce qui pourrait n’être qu’un point de détail, mais je me souviens d’autres pays chauds où l’on buvait également beaucoup et où l’eau minérale était très chère et nous avions un « budget eau » loin d’être négligeable. Dans les hôtels, je demandais systématiquement si l'eau mise à notre disposition pour les repas ou utilisée pour couper les jus de fruit était minérale. A chaque fois la réponse était "Oui". Nous avons fait confiance et l'avons bue : pas de soucis.
Pour les moustiques, un répulsif type « 5sur5 Tropic » et une crème apaisante.
Etant sensible de l’estomac, j’avais emporté un anti-acide et un antispasmodique. Utiles car même si on fait attention à manger peu épicé, au bout de quelques jours j’ai eu quelques douleurs d’estomac ...
Sur de nombreux lieux on trouve des toilettes de type « Pay and use ». Tarif dérisoire (quelques roupies). Globalement propre, penser à prendre du papier toilette pas forcément disponible.
Les tenues vestimentaires pour les temples ? Pour les temples « en exercice », il est requis une tenue décente. Rien d’exceptionnel par rapport à ce que nous ferions chez nous pour visiter, par exemple une église : jambes couvertes, vêtements amples, éventuellement châle pour les femmes. Comme cela me l’a été confirmé sur le forum (encore merci !), pas de couleur imposée ou interdite pour les vêtements.
Rappelons que les chaussures sont interdites dans les temples. Beaucoup de petits commerces les gardent pour vous (5INR par paire). Dans les petits temples, pas forcément de « consigne » et on fait confiance à la chance pour les retrouver au retour ! Aussi, dans la voiture avant de partir visiter, nous échangions nos chaussures « de marque » pour des tongs premier prix beaucoup moins tentantes ! Possibilité de visiter en chaussettes. C’est parfois rassurant ! Et, surtout, avec le soleil qui tape, ça évite de se brûler les pieds sur le pavé. A noter que depuis le retour nous n’avons eu aucun problème de type verrue plantaire ou autre. Ca interpelle vu les précautions qu’on prend chez nous dans des milieux aseptisés comme les piscines ou les salles de sport !
Les photos ? En très-très grande majorité, les personnes sont heureuses qu’on les prenne en photo, voire elles le suscitent ! Très rarement il nous a été demandé d’envoyer les photos (3demandes sur plusieurs dizaines de photos prises !) : c’est fait, j’espère que ça va leur parvenir. Par contre, très souvent ils demandent à voir la photo. Il est donc utile de bien maîtriser la fonction « visualisation » de son appareil photo !
Nous n’avons jamais payé pour une photo, si on nous le demandait avant, nous ne prenions pas de photo. Si on nous le demandait après, je répondais non, jamais eu de problème.
Pour le nettoyage des objectifs, surtout dû à la présence de buée liée à la différence de température et d’humidité entre l’intérieur d’où on vient et l’extérieur, il est nécessaire de s’équiper de lingettes de nettoyage ou d’un chiffon en micro-fibre, sinon photos ratées ! Selon les temples, les photos sont autorisées gratuitement, ou autorisées moyennant le paiement d’une taxe, ou encore totalement interdites. C’est bien indiqué et le chauffeur nous a toujours été de bon conseil sur ce point. Lorsque c’était interdit ou accepté dans seulement une partie du temple, nous laissions tout dans la voiture (appareils photo, caméscope, tablettes, téléphones portables) à la bonne surveillance du chauffeur. Pas envie de se prendre la tête sur place ...
Emmené/Oublié – Utile/Inutile ? 1) Emmené – Utile : - Les prises électriques sont les mêmes que chez nous, mais avec des petites fiches. Comme conseillé, j’ai donc pris une rallonge électrique 6Ampères (pas les 16Ampères avec fiches gros diamètre chez nous) car parfois la prise électrique n’est pas à côté et une prise multiple 6ampères (coût global : 7euros !). Ca nous a parfaitement convenu pour les chargeurs. Mais si vous avez un ordinateur, il est préférable d’avoir au moins une prise qui accepte les fiches gros diamètres. - Des gâteaux secs. Des boites de salade au thon : Pratiques pour un pique-nique. Et aussi pour offrir, je parle des gâteaux (quelques demandes). - Un tube de lessive liquide. Très pratique ! On lave le soir et c’est prêt pour le lendemain matin ! Y compris pour les chaussettes utilisées pour visiter les temples ! Seul petit problème : avec l’humidité de l’air, ça a du mal à sécher et l’on remet un vêtement légèrement humide, mais ça va. - Des « sacs congélation » taille moyenne de type Zip lock, très pratique pour les pique-niques - Des « tongs » (voir explication paragraphe tenue vestimentaire) - De l’antimoustique. Nous avons croisé quelques moustiques. Nous avions pris 2flacons, dont un laissé au chauffeur. A refaire j’en aurai pris un de plus pour le chauffeur qui était très content. - Crème solaire, crème après soleil. A cette période ça tapait dur et nous nous sommes fait surprendre les 2premiers jours. A noter que 2fois je me suis arrêté demander notre chemin dans une pharmacie, j’ai eu la surprise de tomber sur des gens qui parlaient à peine anglais. Ca m’a conforté dans le choix d’être partis avec une trousse à pharmacie/bobologie assez complète car pas sûr que j’aurai pu me faire comprendre sur place.
2) Emmené – Inutile : J’avais noté que tous les hôtels où nous allions proposaient une bouilloire dans la chambre. J’ai acheté en force Nescafé, thé, lait en poudre. Totalement inutile dans notre cas car fournis à l’hôtel ! Ca a fait le bonheur du chauffeur !
3) Oublié Nous avons de temps en temps eu des demandes pour des gâteaux et aussi pour des stylos/crayons. Demandes faites gentiment et sans insistance. J’ai regretté de ne pas en avoir amené (ou pas pris assez).
J’ai oublié le GPS de mon appareil photo. Ce n’est certes pas d’une importance capitale, mais c’est quand même pratique car à force de visiter, et surtout des temples, par moment on ne sait plus trop où a été faite la photo !
Le vol ? Vols CDG – Chennai Aller et Retour effectués par Jet Airways. A l’heure à l’aller. 1/2h de retard au retour qui nous a fait raté notre correspondance dans l’indifférence totale du personnel Jet Airways à bord. Mais Air France a géré, nous mettant sur le vol suivant. Nous sommes arrivés à la maison avec 4h de retard, il y a pire comme situation de vie ! Le confort des sièges de l’A330 accuse le poids des années. Ecran individuel avec un choix suffisant de films en Français pour toute la famille. Repas un peu limite à l’aller (départ 10h du matin). Un déjeuner pas trop bon et un « wrap » avant l’arrivée franchement pas bon. Repas en dessous de la limite au retour (Départ 1h du matin) : un snack immangeable juste après le départ puis un petit déjeuner quelconque avant l’atterrissage. A l’aller comme au retour, rien entre les 2, ça fait un peu juste sur un vol de 11h ! Si vous avez le choix, prenez des sièges le plus à l’avant possible car le service est très lent. J’ai compté plus d’une heure (oui !) entre le début du service rang 14 (début de la classe éco) et la fin à l’arrière de l’avion où nous étions 🤪
Ca ne restera pas une expérience inoubliable, mais vol direct à tarif acceptable et nous sommes partis et rentrés en toute sécurité, c’est le principal !
Edit 2ans plus tard : La compagnie a déposé le bilan et n'existe plus.
Et maintenant, le circuit !
Bonsoir,
Je viens de rentrer d'un périple en Inde du 12 Janvier au 23 février, soit 6 semaines durant lesquelles nous avons traversé, mon mari et moi, les états sus-mentionnés. Voici une rapide présentation de notre parcours et de nos hébergements :
Départ de Paris Charles de Gaulle, arrivée à Delhi et retour de Goa à Paris (via Mumbai et Delhi) avec Air India, très bon vol, rien à redire, pour 520€ par pers, environ.
E-Visa pris sans problème sur internet
Nous arrivons à l'aéroport de Delhi à 9h30 et rejoignons la gare centrale par le métro flambant neuf. Nous avons réservé sur Cleartrip un train pour Mathura qui doit partir de New Delhi (c'est écrit sur notre billet) à 14h05. Nous prenons le temps de déjeuner et changer des euros sur Pahar Ganj dans un petit bureau de change (taux à 76 rps pour 1€, taux officiel à 77, nous avons toujours eu par la suite de très bons taux, soit 1 rp de moins que le taux officiel. Pour ça, il ne faut pas changer dans les banques mais aller dans les bijouteries). Quand nous arrivons à la gare, notre train n'est pas affiché au départ, je monte à l'étage où se trouve le bureau d'information pour les touristes étrangers et là, on me dit que le train part de la gare Nizam-ud-Din. Vite, nous sautons dans un taxi qui, pour 250rps, nous conduit à la gare en 20mn malgré les embouteillages...finalement, le train aura 1h de retard !
MATHURA (3 nuits): nous y arrivons à 17h30.
Nous allons à la Gaurav Boarding guest-house, située pas trop loin de la vieille ville : chambre double correcte à 800rps, accueil sympa, eau chaude au seau à la demande. Devant la gh, il y a une terrasse avec un petit étal de cuisine rapide le soir (dosas, etc...) très bien car pas beaucoup de restos dans le coin. Nous dînerons là tous les soirs.
Nous avons bien aimé Mathura, la vieille ville, les ghat, le bazar, les temples... aucun touriste occidental, beaucoup de pèlerins.
Balade à VRINDAVAN où nous allons en rickshaw (200rps aller et 200rps retour)... nous avons moins aimé cet endroit.
GWALIOR (2 nuits) : train en retard d'une heure et demie...Ville très étendue au trafic intense. Hôtel "GD Palace": 600rps avec petit déj, pas très reluisant, mais nous avons une grande chambre tout en haut, au 3ème étage, avec vue sur le fort et avec des bouchons d'oreilles, ça va...salle de bain avec douche chaude mais lit très dur... il est situé dans un quartier pas très agréable (beaucoup de poussière et de circulation) et très loin du centre et de la gare (6kms) mais proche de l'entrée ouest du fort, là où se trouvent les grandes statues jaïnes. On peut y aller à pied.
Très bon resto : "Indian Coffee House", près de la gare
Le fort est très grand, pas d'un intérêt extraordinaire, mais c'est un endroit tranquille dans cette ville pétaradante : palais orné de frises de céramiques représentant des canards, plusieurs temples hindous et un temple sikh accueillant où l'on peut manger avec les pèlerins gratuitement (également des chambres)...
KHAJURAHO (3 nuits) : nous y arrivons très tard, le train est très lent, avec beaucoup d'arrêts. A 21h30, nous y sommes enfin. Hôtel "Yogi Lodge" (500rps), accueil très sympa, chambre calme donnant sur cour intérieure mais propreté limite, bonne douche chaude (il fait froid la nuit en cette saison), terrasse sur le toit (avec resto mais la cuisine n'y est pas top) et très bien situé tout près des temples du groupe ouest.
Khajuraho nous a bien plu, c'est un petit village tranquille, il n'y avait pas beaucoup de touristes, contrairement à ce que l'on aurait pu croire. Les commerçants sont un peu casse-pieds comme dans tous les lieux touristiques mais les temples sont magnifiques et situés dans un parc bien arboré et fleuri, endroit reposant. Visite du joli petit musée d'art tribal et balade dans le vieux village et dans la campagne où il y a encore des temples.
Tous les soirs, dans le temple Matangeshwar, (près des temples du groupe ouest) il y a une pooja autour de l'énorme lingam de Shiva. Les fidèles accompagnent les rituels avec force tintamarre en agitant cymbales, clochettes et tambourins pour faire le plus de bruit possible, puis, tous ensemble, ils se mettent à chanter à tue-tête, pleins de ferveur.
ORCHHA (3 nuits) : Train jusqu'à Jhansi où nous arrivons à 14h. Nous négocions un rickshaw pour Orchha (250rps). Enorme circulation à Jhansi. Nous arrivons à Orchha où nous allons à la "Sri Mahant guest-house" (près du Laxmi Temple). Belle grande chambre confortable avec petit balcon : 1100rps avec petit-déj. Située dans un quartier très calme. Petit déj copieux sur la terrasse. Très bonne guest-house, à recommander.
Orchha, nous l'avions déjà découverte en 2014, et nous avons retrouvé avec plaisir ses monuments et sa rivière mais cette année le trafic y était beaucoup plus important et les touristes plus nombreux. L'atmosphère de village tranquille n'était plus là et c'est dommage...mais peut-être est-ce parce-que nous y étions pendant le week-end.
CHANDERI (2 nuits) la suite à demain !
Carnet d’un voyage de 37 jours en Inde du Sud et au Sri Lanka en février/mars 2017
Budget global pour 2 personnes : 2826 € Avion Paris-Chennai, Colombo-Paris (Saudi Arabian Airlines) 882 € Dépenses en Inde : 640 € Vol Cochin-colombo : 242 € Dépenses au Sri Lanka : 1062 €
Quelques prix : masala dosai 50-80 meal (repas végétarien basique) 60 -80 eau : 1 litre=20, 1litre 1/2=30/35
thé masala : 15-50 thé indien : 10-25 dal fry : 50 chicken masala : 120/180 tuktuk de 40 (1à2km) à 200 (7km)
1ère partie : Carnet d’un voyage de 16 jours en Inde du Sud (Tamil Nadu et Kérala) de Chennai à Mahabalipuram, Pondichéry, Chidambaram, Thanjavur, Trichy, Madurai, Munnar, Alappuzha et Cochin.
02/02 de Paris à Chennai et Mahabalipuram (ou Mamalapuram)
Paris CDG : Décollage dans un Boeing 777-300 de laSaudi Arabian Airways à 11h40 pour 5h40mn de vol jusqu'à Riyad. Nous sommes installés à la queue de l'appareil juste à côté de la salle de prières ! Avant le décollage, le haut parleur nous convie à une prière pour qu'Allah bénisse notre vol. Beau survol des Alpes, Turin, puis de Rome, Naples, Crotone, Alexandrie, la Mer Rouge à la hauteur d'Hurghada puis le désert jusqu'à Riyad. Attente dans un aéroport froid, moderne, sans beaucoup de charme, les rares boutiques ouvertes n'offrent que des sucreries, du parfum et quelques articles de luxe, pas de tabac ni alcool évidemment. Pour tuer le temps nous discutons avec un groupe de français qui part aussi faire un voyage dans le sud de l'Inde. On nous offre un plateau repas vers 22H puis décollage dans un airbus 330 pour 4h 35mn de vol jusqu'à Chennai. L'avion est rempli de nombreux indiens, travailleurs immigrés au Moyen-Orient qui rentrent chez eux pour les vacances. A l'atterrissage certains se lèvent dès que l'avion a posé les roues sur le sol, tellement ils sont pressés de rentrer, c'est un joyeux foutoir. Nous allons ensuite faire les formalités relatives au visa électronique dans une file spéciale où nous sommes les premiers, c'est vite expédié avec une prise d'empreintes et un coup de tampon dans le passeport. L'attente aux bagages sera plus longue car avec une franchise de 60 kg les Indiens ont bien rempli les soutes, mais arrivent enfin nos « petits sac à dos » d’à peine 9 kg pièce, comparés aux colis indiens. En nous dirigeant vers la sortie nous décidons de prendre un taxi prépayé pour Mamalapuram (1550 rp). Et nous voilà aussitôt plongés dans la chaude ambiance de Chennai : Circulation chaotique de bus, autos, motos, rickshaws, sur des rues rafistolées, le tout à grands coups de klaxon. Il fait déjà bien chaud, pourtant il n'est que 9h du matin. Il nous faut bien 40 mn pour sortir de ce monstre urbain puis c'est la campagne. Un moment on longera sur des km une énorme décharge à ciel ouvert. Les villages et les villes se succèdent tout au long de la route. Au bout d'une heure et demie nous arrivons à Mahabalipuram et payons le droit d'entrée en ville de 40 rp pour 2. Le taxi nous laisse rue Otavai dans laquelle se trouvent de nombreux guest-houses à petits prix. Apr��s en avoir visité plusieurs (Siva, Barack, Vinodhara, etc) vraiment pas convaincants, nous posons provisoirement nos sacs au Sea Breeze qui est un peu mieux mais nettement plus cher (3000 rp) et allons voir le Daphné situé juste à côté et qui nous convient bien : belle grande chambre au dernier étage avec un balcon, AC et ventilo, lit à baldaquin avec moustiquaire et balancelle en rotin. Il fait déjà bien chaud. Nous partons en direction du temple du rivage situé pas très loin de notre GH et c'est la redécouverte 40 ans après de l'Inde. Nous reviennent en tête des images qui démontrent la permanence de certaines choses dans cette Inde immémoriale : les couleurs éclatantes des saris des femmes, la langue tamoule avec ces sonorités caractéristiques roulantes, l’omniprésence des corbeaux bruyants, la circulation assourdissantes de bruits de klaxon, les détritus partout le long des rues, des routes des canaux et des rivières. Nous acquittons les droits d'entrée 2x500 pour les deux sites. Le petit temple du rivage (short temple) est situé en face de la mer mais en est séparé par un rideau d'arbres pour diminuer l'érosion qui a déjà bien poli les sculptures du temple. Des touristes indiens et occidentaux visitent ce beau temple qui a été évidé à partir de monolithes de grès. De belles sculptures quoiqu'un peu effacées émaillent les quatre côtés du temple. Un peu plus loin vers le Sud des groupes d'Indiens trempent les pieds ou se baignent dans une mer qui roule de grosses vagues. De l'autre côté vers le Nord se trouve la plage utilisée par les pêcheurs de Mamalapuram. Nous quittons le temple du rivage et allons nous reposer et nous abriter de la chaleur. Nous ressortons vers 16h et partons à pied en direction du sud et du site des 5 rathas, autre site majeur qui regroupe 5 temples également évidés et redécouverts par les anglais au XIX e siècle. Ils sont mieux conservés que le temple du rivage car protégés par le sable durant plusieurs siècles. Certaines parties n'ont jamais été terminées et sont restées à l'état d'ébauche.

Pèlerins hindous devant la "descente du Gange"
Bel éclairage vers la fin de la journée au soleil couchant. Nous avions oublié que les occidentaux sont très prisés pour figurer sur les photos à côté des indiens, nous avons donc été sollicités pour poser entre les membres de familles indiennes plus d'une fois. Retour vers le centre ville, des bruits caractéristiques nous signalent la présence des tailleurs de pierre, une spécialité de Mamalapuram. Il y a de nombreux ateliers de tailleurs de pierre et ils utilisent du matériel électrique, perceuses, scies, marteaux-burineurs et réalisent des sculptures de toutes tailles et d’une qualité impressionnante, surtout les petits objets dont l’intérieur est évidé et forme des dentelles de pierre alvéolée ! Dîner au Gecko restaurant, bon et pas cher. Nous renouons avec plaisir avec les savoureux plats de dhal (lentilles) et les currys indiens.
03/02 de Mahabalipuram (ou Mamalapuram) à Pondicherry
Bonne nuit quoiqu'un peu perturbée par quelques moustiques emprisonnés sous la moustiquaire et quelques aboiements intempestifs de chiens.
Petit-déjeuner toujours au Gecko pris sur la belle terrasse qui domine la rue commerçante. Nous redécouvrons également avec plaisir la saveur inimitable du thé indien au lait très sucré. Je me suis levé aux aurores vers 6h du matin pour aller voir ce qui se passait du côté des pêcheurs. Rien de particulier, certains rentraient de la pêche, d'autres se préparaient à y aller, le résultat de la pêche ne me semble pas miraculeux à voir les quelques dizaines de poissons pas bien gros qui sont pris dans les filets. Bel éclairage au moment du lever du soleil vers 6h40.
Mahabalipuram : retour des pêcheurs
Puis balade en ville, les femmes se pressent devant les fontaines pour remplir leurs gamelles ou seaux en plastique ou en métal. Tous les commerces sont encore fermés à l'exception des débits de thés et des cantines qui préparent de petites fritures. Découverte du Penance d'Arjuna derrière la station de bus superbement bien éclairé par le soleil levant : C'est une grande fresque sculptée en bas relief sur un pan de falaise vertical de 8m de haut et 30 m de large : des dizaines de personnages et d'animaux animent la surface de cette falaise dans un double mouvement en direction de la faille centrale symbolisant la chute du Gange. Nous y croisons un groupe d'alsaciens écoutant un guide indien francophone très intéressant et parlant remarquablement bien le français. Nous visitons ensuite le superbe temple situé à la gauche de la falaise et dont le fond révèle une autre magnifique fresque sculptée. Nous continuons notre visite par plusieurs petits temples et le fameux rocher en forme de boule instable qui semble prêt à dévaler la pente. Une dernière sculpture d'éléphants et nous retournons vers le Daphné hôtel.
Nous prenons nos affaires et un rickshaw en direction de l'arrêt de bus pour Pondy en dehors du village sur la grande route. La possibilité de prendre un taxi pas cher ne s'est pas concrétisée. Plusieurs bus nous passent sous le nez, car trop pleins pour s'arrêter. Finalement il y en a un qui s'arrête mais qui est déjà bien plein. Nous allons passer une bonne heure debout puis finalement nous récupérons deux places assises. A Pondy nous devons négocier ferme pour faire baisser le prix du rickshaw pour nous conduire à notre G.H. Malheureusement il est plein, nous avions oublié que c'est le W.E. et Pondy est toujours très prisé par les Indiens, heureusement le patron du G.H. qui parle un français parfait nous réserve une place chez un collègue situé un peu plus loin dans Nobili street, quartier calme pas loin de la gare chez Brigitte et Josh. C’est une belle maison traditionnelle, notre chambre est claire avec sdb privée et pdj pour 1600 rp. Josh le mari de la patronne nous offre une collation. Nous partons en direction de la mer, belle promenade le long du rivage avec une mer assez houleuse et de fortes vagues déferlantes. Beaucoup d'Indiens, seuls, en couple ou en famille se sont installés sur les brises- lames et contemplent le spectacle de la mer. De nombreuses inscriptions en français rappellent le passé colonial de la ville. Nous arrivons bientôt devant la statue de Gandi et allons déguster des samosas dans le jardin public de Government Place. Nous continuons notre découverte de Pondy par une visite au temple où un éléphant remercie les fidèles en leur caressant la tête avec sa trompe. Diner de bons plats végétariens au Sugurtu restaurant.
4/2 de Pondicherry à Chidambaram
Balade dans la vieille ville coloniale française et visite au marché très animé, coloré et aux fortes senteurs surtout du côté du poisson ! Départ du GH en rickshaw pour la station de bus (100 rp) d'où nous prenons un bus pour Chidambaram. C'est un bus folklo qui, manié de mains de maître par un chauffeur pressé, nous a amené à Chidambaram en moins de 2h tout en s’arrêtant régulièrement pour laisser monter ou descendre des passagers. Tout au long de la route nous verrons de beaux paysages, avec des cocoteraies et quelques rizières du moins quand il y a suffisamment d'eau, ce qui est le cas ici grâce aux lagunes et aux lacs. On voit également de ci de là de grosses usines (centrales de production d'énergie, usines diverses, dont une usine du chimiste français Arkema). Dans les petits villages traversés il n'est pas rare de voir des huttes aux toits de pailles ou de chaumes. Quelques fantômes noirs (entièrement voilés avec gants noirs) montent dans le bus mais quand elles nous regardent on devine des yeux rieurs, elles ne doivent pas être bien vieilles ! Arrivés à Chidambaram, à la station de bus située non loin du quadrilatère du temple, nous visitons quelques hôtels mais rien de folichon, soit trop chers (3000 rp soit 45€) soit pas chers mais pas terribles (500) finalement nous nous installons au Ritz : belle chambre assez propre avec clim et télé pour 1600.
Nous partons ensuite visiter le fameux temple qui occupe un immense carré au centre de la ville et dont les 4 entrées sont chacune surmontée d'un immense gopura avec des statues peintes de couleur vive. Nous y pénétrons après nous être débarrassés de nos chaussures et allons arpenter l'immense complexe un peu labyrinthique. Le temple principal est un peu sombre mais il y a de temps en temps des espaces non couverts où pénètrent la lumière du soleil. Un peu partout les brahmanes chargés du temple s'affairent ici et là : ils ont une coupe de cheveux particulière avec une partie rasée et un petit chignon sur la partie non rasée. Les nombreux hindous présents font leurs prières et leurs dévotions. A l'extérieur se trouve le grand bassin pour les prières. A l'intérieur du temple une cérémonie se prépare : en effet des fidèles s'agglutinent devant l'entrée d'un sanctuaire aux portes d'argent semi-ouvertes : à l'intérieur des officiants s'activent devant la statue d'un dieu. Les fidèles sont tournés vers la statue joignent les mains, prient pendant que des brahmanes agitent des clochettes et que d’autres font sonner de grosses cloches traditionnelles. À un moment donné un brahmane va promener devant la statue du saint un chandelier aux nombreuses bougies allumées puis un tissu enflammé.

Trichy : Musicien du temple
Tout cela est accompagné par un rituel sonore de chants et de paroles récitées par les brahmanes. On ne comprend pas grand chose mais on est saisi par l'émotion et la ferveur des participants. Nous ressortons du temple et allons dîner dans un restaurant végétarien au pied de notre hôtel : très bon dîner pas cher et savoureux.
5/2 de Chidambaram à Thanjavur
Originalité du matin, nous prenons notre petit-déjeuner à la pâtisserie « Black forest » : Viennoiseries, donuts et cupcake avec deux bons thés, nous n’avons pas osé la « forêt noire » ! Nous repartons au temple nous promener en attendant l'arrivée de nos amis Frédérique et Thierry avec qui nous allons visiter en taxi les vieux temples de la période Chola. Ensemble nous allons déjeuner toujours au même restaurant végétarien et partons pour le temple de Gangaikondacholapuram situé en pleine nature. Il y a pas mal de monde, il est vrai que c’est dimanche et la grande pelouse qui entoure le temple est remplie d'Indiens de tous âges et de toutes conditions qui attendent l'ouverture du temple. Nous nous contentons de l'extérieur et il y a suffisamment de choses à voir. Des sculptures un peu partout, sur les gopuras et sur la fameuse tour pyramidale qui en est couverte. Le taxi, avant de retourner avec nos amis à Pondy nous laisse à un embranchement où nous pouvons prendre un bus pour Kumbakonan. De Kumbakonan un bus local va nous faire découvrir ce qu'est traverser l'Inde profonde en bus omnibus : heureusement nous avions des places assises car le bus s'est rempli assez rapidement au gré des nombreux arrêts au bord de la route ou dans les villages. Il y a pas mal d'activités dans la campagne en ce moment : on récolte le riz et aussi des céréales, des charrettes bourrées de paille entravent la circulation. Le chauffeur de bus est, comme tous les autres un kamikaze de la route, il klaxonne toutes des 5 secondes quand la route est chargée ce qui est le cas à 80%, il double avec ou sans visibilité, slalomant entre les camions, les bus, les motos, les rickshaws, les vélos et les piétons estimant à quelques cm près le gabarit de son bus. Dans les villages il y a beaucoup de maisonnettes en pisé recouvertes d'un toit de chaume, ça sent le dénuement. On voit aussi beaucoup de bétail essentiellement des bovins et des chèvres recherchant dans des champs arides et secs de quoi se nourrir. Arrivés à Thanjavur, le bus nous laisse dans la new bus station à plusieurs km du centre ville. Nous prenons un rickshaw (150rp) qui va nous mener au homestay que nous avions réservé depuis la France à 15mn à pied du grand temple. Nous sommes attendus par un couple d'indiens âgés qui nous fait visiter une belle chambre avec clim, ventilo et sdb avec eau chaude. Comme il se fait tard nous partons seulement explorer les environs et repérer l'entrée du temple puis recherchons de quoi dîner. Nous trouvons notre bonheur à l'ancienne station de bus en plein centre ville. Là il y a de nombreux restaurants populaires ou plus « chics » qui servent de la nourriture végétarienne essentiellement. Nous en choisissons un et dînons de deux excellents et copieux masala dosai que nous avons du mal à terminer.
6/2 de Thanjavur à Trichy (Tiruchirapally)
Excellent petit-déjeuner, entourés par la sollicitude de nos hôtes. Des « rotis », de la margarine et confiture, des toasts, jus de papaye frais, salades de fruits, thé. Nous sommes installés dans le jardin derrière la maison où poussent bananiers, papayers et goyaviers. Nous allons ensuite visiter ce très beau temple de Bradishvara. Toujours de belles portes type gopuras puis un ensemble complexe de temples plus petits, un nandi (taureau) énorme d'une seule pièce. Nous nous attardons devant un petit temple où se prépare une cérémonie, peut-être de remerciements qui va durer plus d'une ½ heure avec un accompagnement de deux musiciens et de plusieurs brahmanes. A la fin de la cérémonie les brahmanes vont creuser un trou pour y planter un mat décoré et peint puis ils vont l'arroser de liquides de différentes couleurs, blanc, orange et rouge.

Temple de Trichy
De la gare de bus nous prenons un bus pour Trichy. Le trajet se fera en un peu plus de 2h à travers une campagne toujours aussi sèche où les pâturages succèdent aux cocoteraies ou à des champs. À Trichy la station de bus se trouve heureusement dans le centre ville, il est donc facile de visiter plusieurs hôtels avant d'en choisir un qui nous convient. Nous essayons le Femina recommandé par le routard. Les chambres sont correctes mais la propreté correcte pour un indien ne l'est pas pour nous. Monique fait changer les draps et les serviettes plus que douteuses. Un grand mariage se prépare en bas mais on n'en souffrira pas trop. Les klaxons de la station de bus proche sont plus sonores. Le lendemain un rickshaw nous conduit au temple Srirangam très éloigné du quartier des hôtels (200rp). Très beau et grand temple comme d'habitude avec de belles sculptures, des gopuras, des bâtiments variés.
7/2 de Trichy à Madurai
Petit déjeuner compris dans le prix au Femina, excellent buffet avec toasts et confiture, plats indiens, fruits frais etc. Nous récupérons nos sacs et partons à pied à la gare toute proche prendre le 1er bus pour Madurai. Nous n'attendons jamais longtemps (de 10mn à 30 mn max) voyage assez rapide par des autoroutes et avec peu d'arrêt. Les routes sont en bon état mais la circulation toujours dense et chaotique. A Madurai le bus nous laisse loin à la new bus station de Mathutavani. Un rickshaw va nous emmener jusqu'à l'hôtel que nous avons choisi le MR International au nom pompeux dans une ruelle calme à 5 mn de l'entrée Ouest du temple. Si les chambres sont correctes, l'état de la lingerie (draps, protège-matelas et serviettes de toilette) est comme d'habitude déplorable. Monique doit faire les gros yeux pour obtenir du linge à peine acceptable. Comme le temple n'est pas encore ouvert (il ouvre à 16h) nous allons nous balader dans le centre ville à la recherche d'un restaurant que nous allons trouver par hasard : c'est un végétarien avec un serveur sympa qui nous explique bien la composition des différents plats. A 16h nous nous dirigeons vers le temple. L'accès est sévèrement gardé par des gardes chiourmes désagréables au possible : il faut enlever ses chaussures, chaussettes, ne pas avoir de pantalons trop courts, se faire fouiller au corps, montrer tout ce qu'on a dans les poches. Après ce contrôle militaire on peut entrer, il faut ensuite payer un droit d'entrée de 50 rp /p. Dans ce temple les occasions de payer sont nombreuses tant pour les touristes que pour les indiens. Quant au temple lui-même il ressemble à ceux que nous avons déjà vus : les gopuras ici sont particulièrement hauts, sculptés et très colorés. A l'intérieur on retrouve les colonnes massives représentants des animaux mythiques, de nombreuses chapelles dédiées aux multiples divinités du panthéon hindou. Nous ressortons au bout d'une heure et allons dîner au « restaurant moderne » près de chez nous n'ayant pas retrouvé le resto de midi. Retour au temple pour la cérémonie à 21h lors de laquelle les prêtres sortent un palanquin représentant l'épouse de Shiva qu’ils amènent passer la nuit dans le temple de Shiva. Il y a quelques groupes de touristes occidentaux et des indiens. Des musiciens accompagnent la cérémonie jouant d'une espèce de hautbois au son aigrelet, d’un harmonium portatif et des percussions.
8/2 de Madurai à Munnar
Devant l'hôtel nous hélons un rickshaw en train de bichonner sa machine et c'est parti jusqu'à la gare de bus d’Arapalayam. Là c'est déjà le joyeux bordel, ça klaxonne de tous les côtés, comme prévu le bus pour Munnar pars à 8h ce qui nous donne le temps de boire un thé horriblement sucré et très lacté mais c'est bon et c'est chaud. Le bus va d'abord emprunter une belle autoroute où il va pouvoir rouler vite puis en approchant de la montagne la moyenne va tomber très vite. La route grimpe en lacets étroits et dévoile un paysage magnifique. Les cocotiers disparaissent, remplacés par la forêt ou des espaces secs, vers la fin on voit apparaître des plantations de cardamome puis les fameuses plantations de thé. Au bout de 5h30 nous voilà à Munnar. Notre JJ Cottage est à 2km du centre de Munnar. C'est un étroit bâtiment tout rose enserré par d'autres maisons identiques. Le patron très sympa nous fait visiter la chambre spacieuse et nickel chrome avec de belles baies vitrées qui donnent sur la campagne et les plantations de thé. Ayant le ventre creux nous allons déjeuner au SN restaurant juste à côté : excellent repas à base de masala et de curry. Le soleil va se coucher et j'en profite pour aller faire un tour dans les plantations en empruntant la route qui part à droite en descendant de notre GH en direction du Lekshmi Estate distant d’un à deux km. Belle plantation bien mise en valeur par un éclairage rasant. En remontant une piste je vois en contrebas le village où sont installés les ouvriers : il s'agit de longs bâtiments divisés en appartements pour chaque famille. Le grand propriétaire ici de 63000 acres de thé est le magnat Tata. Retour à Munnar, le soleil est couché et il commence à faire froid, ça change !

Munnar, dans les plantations de thé
9/2 Munnar
Nuit calme et fraîche, la grosse couverture n’est pas de trop ! il est vrai que nous sommes à près de 1600 m d'altitude. Nous avons choisi de participer à une balade dans les plantations de thé. Notre groupe de 6 touristes démarre peu après 7h pour une ballade dans les environs proches de Munnar. La montée dans les plantations est vraiment magnifique avec le soleil levant qui ourle les tapis des plantations de thé. Belle balade puis c'est la grimpette vers la crête qui domine le paysage et les vallées plantées de théiers. Beau panorama depuis le sommet sur les vallées environnantes et sur les nombreuses plantations de thé qui occupent l’essentiel de la surface. Nous sommes vers 1850 m d'altitude. Puis c'est la redescente toujours dans les plantations de thé. Un peu plus loin nous passons devant les « three houses » cabanes juchées sur de beaux arbres dans un grand jardin fleuri avec une superbe vue sur la vallée en contrebas. Notre guide nous montre quelques épices : cardamome, café, puis c'est le retour par la route qui passe devant Leksmi Estate. En arrivant à notre GH nous apercevons une foule de pèlerins qui s’apprêtent à défiler derrière des chars processionnels. Je vais suivre le défilé jusqu'au village photographiant les groupes de tambourins, les femmes tirant un char avec une longue corde, une autre femme avec une longue tige métallique piquée en travers de la bouche, un homme se balançant, le corps percé de nombreux crochets. Après avoir suivi le défilé durant plus d’une heure et demie je retourne au GH bien fatigué par ces 4 km rajoutés à ceux de ce matin.
Munnar : cérémonie religieuse
10/2 de Munnar à Allepey
Journée transport : départ de Munnar vers 8h en bus local pour Kottayam (5h30) toujours par une belle route qui zigzague dans un paysage de montagne magnifique très vert avec une jungle luxuriante, des cocotiers, des ananas, du tarot, des jacarandas. la route passe par Adimaly puis descend vers la côte. A Kottayam à peine sortis du bus on nous indique un autre bus en partance, c'est celui que nous devons prendre pour aller à Changanachery. Au bout d'une demi-heure nous y voilà, nous hélons un rickshaw pour nous emmener au port d’embarquement. Là on nous dit que le bateau ne part qu'à 17h et il n'est que 13h30, dans un sabir mélangeant malayam et anglais, un homme nous explique que nous pouvons prendre un autre ferry à partir d'un autre village à une dizaine de km d'ici. Aussitôt dit aussitôt fait le rickshaw nous fait passer par de grandes rizières toutes plates et nous mène en 20 mn au quai du village au nom imprononçable ! Effectivement peu après 14h un ferry public accoste au quai et nous embarque pour Allepey : pendant deux heures nous allons tranquillement remonter plusieurs canaux, certains très étroits comme des rivières d'autres larges comme des lacs, nous arrêtant tous les km à de petits débarcadères où attendant les passagers. Bel éclairage sur de superbes rizières, les cocotiers qui ombragent les chemins bordant les canaux, le calme, de superbes oiseaux, hérons blancs, des cormorans, des aigrettes s'envolent à notre approche. Vers 16h nous arrivons à la jetée d'Allepey, prenons un rickshaw pour notre GH (South Canal Holidays) où Bindu et Shameer nous accueillent. Nous avons une belle chambre au 1er qui donne sur le jardin. Vers 18h au moment du coucher du soleil, je vais aller me promener au bord de la plage d’Allepey. Il y a beaucoup de monde sur la plage très peu dans l’eau, mais surtout agglutiné dans la zone où les vagues s'arrêtent. Les vendeurs ambulants sont légion (cerf-volant, glaces, frisbees, boissons) il règne une ambiance familiale très joyeuse.

les backwaters près d'Allepey
11/02 Allepey
Journée repos, la premières depuis notre arrivée ici de plus le cadre de l'hôtel et la ville tranquille d'Allepey s'y prêtent bien. Super petit déjeuner varié pris avec une famille française. L'après-midi nous partons à pied en direction du marché bien calme à cette heure chaude de la journée. Nous allons acheter des épices (poivre, masala, noix de cajou) chez un vendeur spécialisé recommandé par l’hôtelier. En fin de journée je retourne en direction de la plage, comme c’est samedi la plage est bondée, des dizaines de bus qui ont amené les touristes sont garés sur le parking. Sur la place près de la plage des joueurs de cricket s’en donnent à cœur joie.
12/02 Allepey - Pulikunnu - Allepey
Vers 10 h nous enfourchons les vélos (état excellent) prêtés par le GH et empruntons la route qui longe la plage sous les piles de la future autoroute (ou du futur métro aérien), et qui file vers le Sud longeant les quartiers de pêcheurs on y est jamais à plus de 150 m de la plage et on voit les bateaux de pêcheurs tirés sur la sable, il y a aussi de grosses planches au bout recourbé qui servent à pêcher et sont plus maniables pour franchir la barre.
Belle balade dans ces quartiers d’habitation tranquille où la verdure prédomine. La présence de canaux nous rappelle que nous ne sommes pas loin des « backwaters ». Excellent déjeuner au Mushroom restaurant avec Frédérique et Thierry que nous venons de retrouver par hasard. Ensuite un rickshaw nous conduit au quai d'où doit partir le bateau pour Pulikunnu : c'est le quai où il y a une station service pour bateau. À 14h pile nous partons pour une super balade dans les backwaters de toute taille, petits, moyens ou grands. De plus comme c'est dimanche il y a beaucoup de passagers qui vont et viennent, des gens vont à la messe, d’autres au temple. On voit aussi beaucoup d'oiseaux (cormorans, aigrettes, hérons et autres échassiers de différentes couleurs. Le bateau s'arrête régulièrement et les passagers embarquent et débarquent. Au bout de 2h20mn nous arrivons au terminus du village de Pulikunnu. Du débarcadère on voit la grande église blanche de rite syriaque (Fernal church). Les fidèles se préparent pour la messe qui va bientôt commencer. C’est étrange de se retrouver aussi loin du Moyen-Orient et de voir ces églises, témoignages des premiers chrétiens venus évangéliser le Kerala il y a près de 2000 ans ! Au retour, le bus pour Allepey va longer les grandes rizières plates et vertes qui bordent la route de chaque côté.

En attente du bateau-bus
13/12 Allepey – Madakal –Allepey
Cette journée a été consacrée à la visite d’une institution religieuse qui s’occupe d’accueillir, de soigner, d’éduquer et de nourrir des enfants et des adolescents handicapés dont les parents ne peuvent s’occuper soit pour des raisons financières soit par manque de temps. Comme nous soutenons financièrement cette institution en parrainant deux enfants nous y avons été accueillis de façon extraordinaire. Ce fut une journée riche en émotions.
14/12 d’Allepey à Cochin
Levé à 6h je pars en vélo vers les plages du sud pour voir et photographier le retour des pêcheurs. Ciel bouché et nuageux ce qui entraîne un éclairage sans relief. Les embarcations de type planches évoluent un peu plus loin au large et commencent à rejoindre la terre ferme les uns après les autres. Je photographie mais je suis aussi sollicité pour les prendre en photos. Certains pêcheurs me suggèrent de photographier discrètement le dénommé « Mokaface ». Quand je leur montre le résultat, ils sont pliés de rire et tous les pêcheurs de la plage veulent voir la photo de Mokaface et rigolent à gorge déployée contents de la blague qu’ils lui ont jouée.

Départ pour la gare en rickshaw (40) où nous attendrons le train express pour Ernakulam qui aura 30 mn de retard. Nous sommes époustouflés par la propreté de la gare et par les équipements électroniques d’affichage des trains, ça change de notre vision d’il y a 40 ans ! En arrivant à Ernakulam jonction, rickshaw (300) pour notre GH (NestGH) à fort Cochi. C’est une belle maison récente, chambre propre, prix imbattable (1000 rp avec petit-déjeuner), on est à 15 mn à pied du centre ville. Nous allons à la découverte du vieux Fort Kochi et notre premier arrêt sera consacré à la vieille église St-François, 1ère église construite à Cochin par les Portugais au XVIe siècle. De là nous nous rendons aux fameux carrelets chinois, attraction symbolique de Cochin. Qu'en dire : ils fonctionnent apparemment surtout pour les touristes et sont manœuvrés dès qu'un groupe s'en approche pour prendre des photos. L'arrière plan manque de charme avec les installations portuaires en fond et la plage jonchée de détritus. De vrais pêcheurs à la ligne ou à l'épervier tentent leur chance au même endroit. Nous nous arrêtons devant les marchands de poissons installés devant les carrelets pour acheter 500 g de grosses crevettes (800rp 1kg) que nous faisons cuisiner juste à côté pour 120 rp. Un petit délice même si un verre de vin blanc aurait été plus indiqué qu'un thé indien ! Le soleil étant revenu j’en profite pour faire quelques photos devant les carrelets. Retour par la rue commerçante Princess qui ne présente pas beaucoup d’intérêts sauf à vouloir faire du shopping ! Excellent dîner de poissons grillés, dhal, curry de légumes, raita mixte, riz, chapatis au guest-house.

Les carrelets chinois de Cochin
15/12 Cochin
Ce matin visite de la laverie traditionnelle dans le quartier de Veli où s’activent des hommes et des femmes lavant et repassant des tonnes de linge à l’ancienne ce qui nécessite des forces, soit pour battre le linge soit pour soulever des fers à repasser en fonte de 10 kg ! Il s'agit d'une institution d'origine hollandaise très ancienne. Puis nous partons en rickshaw pour le quartier de Matanchery et sa synagogue, quartier très touristique à tel point que l'on y rencontre plus de «visages pâles » que d’autochtones les magasins se succèdent les uns derrière les autres et tous les vendeurs essaient d'attirer le chaland dans leur boutique. On est là dans le même esprit de globalisation qu’à St-Trop, Siem Reap (Cambodge) ou Khao San road à Bangkok, donc pas beaucoup d’intérêt pour nous. Visite émouvante de la synagogue la plus ancienne d'Inde et du Commonwealth. Quant aux magasins de souvenirs, les articles évoluent entre marchandises de pacotille de facture chinoise, brocante variée et antiquités douteuses à prix exorbitant. Nous continuons notre chemin par Bazar road qui est autrement plus intéressante : Entre cette rue et la mer sont installés les entrepôts des grossistes de toutes les marchandises possibles qui arrivent ou repartent par bateaux. On y a visité entre autres un grossiste spécialisé dans les épices dont l’entrepôt regorge de ces grands sacs en toile de jute remplis de macis, poivre, cardamome, anis étoilé, thé, café etc. Retour aux carrelets, apéro de crevettes grillées. Bruno, un marin retraité français installé ici depuis quelque temps et avec qui nous avons engagé la conversation, nous invite à boire l'apéro (en fait du pastis) chez lui. Ce fut bien agréable de boire un pastis en si bonne compagnie.
16/02 Cochin
Balade dans Cochin du côté du cimetière hollandais et le long de la promenade maritime qui longe la plage de Fort Kochi. L’après-midi petit tour jusqu'à Matancherry et la sympathique bazar road. Et dans un magasin recommandé par un expatrié, « Villager Handloom » situé dans Bazar road, nous achetons deux beaux tapis de style kéralais en patchwork avec des inclusions de paillettes d’argent à un prix très honnête.
17/02 de Cochin à Colombo (voir plus bas)
NB : l’album de photos est visible en cliquant sur ce lien : goo.gl/...os/xGhdwFdu2TDC3Z7z7
Pour voir les légendes des photos il ne faut pas lancer le diaporama, mais faire défiler les photos une par une.
En guise de conclusion sur l’Inde
En Inde du Sud, il fait déjà très chaud en février, pour nos yeux et nos nez d’occidentaux c'est sale, pour nos oreilles c’est très bruyant, vous n’y êtes jamais seul car il y a du monde partout et pourtant on est vite retombé sous le charme de cette Inde, allez savoir pourquoi ! Le premier « masala tchai » bu, le premier « vegetable korma » mangé, les premiers saris multicolores aperçus, les premiers échos de cette langue tamoule inimitable entendus et tous nos bons souvenirs d’il y a 40 ans nous reviennent en mémoire, nets et purs comme si c’était hier.
L’Inde du Sud c’est aussi ces scènes typiques du sous-continent indien : - la circulation démente en ville, le bruit incessant des klaxons, des moteurs rugissants, des « tuktuk » des rickshaws, les « gendarmes couchés » qu’il faut bien négocier sous peine de décoller de son siège, la conduite « sportive » des chauffeurs de bus sans exception, - L’omniprésence des corbeaux effrontés qui vous narguent et vous frôlent et croassent du matin au soir, - Les hordes d’écoliers et d’écolières en uniforme que l’on rencontre un peu partout, dans les bus, dans les temples, les musées et devant les écoles bien sûr ! - Les saris multicolores des femmes qui au soleil paraissent flamboyer tellement ils prennent la lumière, - Les petites cantines où l’on vient boire le thé, manger des fritures, déjeuner d’un « meal », le repas indien servi sur une feuille de bananier, - La façon amusante de dodeliner de la tête pour acquiescer, - La vie intense qui se déroule dans les temples, avec les fidèles qui viennent en nombre adorer leurs dieux et faire leurs prières, les brahmanes qui soit font la sieste dans les moments creux soit s’activent quand est venu le temps de participer à une cérémonie, - la musique populaire indienne avec ces voix suraigües des chanteuses qui vous vrillent les tympans des heures durant les longs trajets en bus, - les nombreuses sollicitations dont vous faites l’objet en tant qu’occidental et photographe, soit pour photographier des familles indiennes au complet, soit pour intégrer le noyau familial le temps d’un cliché. Je m’imagine en photo immortalisé dans de nombreux albums familiaux et trônant au salon -) - Regardez un indien ou une indienne, esquissez un sourire et vous êtes immédiatement récompensé par un sourire éclatant « plein de dents blanches » qui contrastent avec leur teint et leurs yeux si noirs !
L’Inde du Sud 40 ans après, c’est pareil et en même temps ça a bien changé, tant mieux car la situation ne paraissait pas brillante alors : de nombreux mendiants partout, des routes défoncées, très peu de voitures, une infrastructure touristique très limitée, des bidonvilles. Même si le Tamil Nadu semble moins développé que le Kérala les routes sont dans l’ensemble de bonne qualité, le parc automobile récent, nous avons vu peu de mendiants et uniquement devant les temples, l’infrastructure touristique est beaucoup plus étoffée également, même si les normes d’hygiène sont encore loin des standards européens.
Carnet de voyage d'un séjour de 21 jours au Sri Lanka
Dépenses au Sri Lanka (hors avion France-Sri Lanka) Vol Cochin-colombo : 242 € Dépenses au Sri Lanka : 1062 €
17/02 de Cochin à Colombo Après 50 mn de vol dans un airbus A320 de Srilankan airways nous atterrissons à Colombo Bandanaraike. Les formalités migratoires et bancaires vite expédiées nous prenons un tuktuk sur la route à la sortie de l'aéroport pour notre gh (1000) situé à Negombo : accueil sympathique de la part des hôtes, avec thé et eau. Belle chambre au sol marbré, sdb nickel. Je pars faire un tour sur la plage toute proche au moment du coucher du soleil. On se croirait en Thaïlande à voir le nombre de touristes qui se baladent sur la plage ou qui boivent leur bière assis sur le sable, tous les âges sont représentés, certains sont là en famille avec de petits enfants. Les touristes sont plus nombreux que les locaux. Un peu plus au nord les catamarans typiques du Sri Lanka sont échoués sur le sable. Le quartier très tranquille de notre GH est composé de petites maisons entourées d'un jardin.
18/02 de Negombo à Anuradhapura Petit déj typique du Sri Lanka avec hopper à l'oeuf, thé super sucré, bananes et fruits frais. Notre hôte nous emmène dans son van jusqu'à la route où nous attendons bien au frais le bus pour Anuradhapura qui passera vers 10h30. Il est déjà bondé mais l'aide du chauffeur nous trouve deux places derrière le conducteur. La conduite est sportive les arrêts pas trop fréquents. Au bout de 4h nous voilà à Anuradhapura, nous nous faisons descendre près de la clocktower que je pensais être près de notre GH mais manque de bol il est à 1,5 km plus au sud près de la mairie. Il fait chaud et lourd mais après nous être renseignés plusieurs fois nous trouvons le Rajata beach resort. C'est un GH tout neuf et propre géré par deux frères très avenants qui nous accueillent avec deux grands verres de jus de pastèque, Au dernier étage une terrasse ombragée a été transformée en salon et salle de restauration. Dans la soirée, l'un des frères nous emmène en voiture à la « Casserole » un restaurant qu'il connaît et qu'il nous a conseillé : C'est un restaurant chic avec éclairage tamisé et clim efficace situé au 1er étage d'un bâtiment moderne avec supermarché et divers magasins. Nous avons commandé deux plats, du nasi goreng (riz à l’indonésienne) et un plat de nouilles avec légumes et viandes variés. Les prix sont tout à fait corrects mais les portions sont tellement monstrueuses que nous n'en mangerons que la moitié chacun !
7950
Anuradhapura : les bassins jumeaux
19/12 Anuradhapura Vers 9h15 nous enfourchons nos vélos et partons en direction du site dont l'entrée se trouve à 2km du GH. Les billets d'entrée sont horriblement chers (3750 rp = 24€ pp). A cette heure 9h 40 il fait encore bon, nous visitons la première dagoba et le musée attenant qui recèle quelques belles sculptures. Puis nous allons successivement voir les parties les plus intéressantes de ce grand site qui s'étale sur 6km de long et 4 km de large. Comme c'est dimanche il y a beaucoup de fidèles et de pèlerins qui sont là pour se recueillir sur les sites majeurs du bouddhisme cinghalais et mondial, il s'agit entre autres de l'arbre sacré du Bouddha , des dagobas Ruvanvelisaya, et du monastère Abhayagiri. Vers 13h la chaleur devenant insupportable nous faisons plusieurs arrêts boissons dont deux noix de coco très rafraîchissantes. Le site d'Anuradhapura nous fait penser à AngkorVat (Cambodge) ou à Sukkothai (Thaïlande), mais les ruines sont beaucoup plus abîmées et moins parlantes, par contre l'environnement est très agréable en pleine campagne avec peu de routes et peu de circulation. Le nombre de touristes reste raisonnable et les autochtones sont les plus nombreux et souvent habillés tout de blanc surtout les femmes. Sur le site de l'arbre de Bouddha les pèlerins sont nombreux à tourner autour du temple et à se recueillir devant l'arbre sacré.

Cérémonie religieuse à Anadhapura
20/02 d'Anuradhapura à Polonnaruwa Matinée consacrée au site de Mihintale : Pour profiter du site aux heures les moins chaudes je m'y rends tôt le matin. Pour y arriver je monte dans un bus pour Polonnaruwa qui mettra 40 mn pour rejoindre Mihintale. Là je prends à pied la direction du site, passe devant le musée encore fermé et commence la visite par la dagoba de Kantaka Chaitya. Je suis seul, le soleil est à peine sorti et les oiseaux en profitent ce qui donne une musique tropicale tout à fait agréable. Après cette visite je me dirige vers le ticket office et visite le réfectoire, la salle de réunions et la salle des trésors : les ruines sont peu parlantes à l'exception de quelques pièces sculptées comme la grande mangeoire et les stèles aux inscriptions. Il y a également une belle statue de lion devant le Sinha Pokuna. C'est ensuite la montée vers les dagobas d'une blancheur étincelante situés au-dessus du site. Des différentes collines que l'on peut gravir par des escaliers à peine marqués dans la pierre, on a une belle vue sur la campagne environnante et quelques rizières. Toujours personne à part un couple de Cinghalais et un oiseau avec un gros bec ressemblant à un toucan. Je redescends vers l'entrée où arrivent maintenant des groupes de touristes occidentaux. Dernière étape au musée qui présente quelques pièces intéressantes. Je saute dans le 1er bus qui passe et me retrouve à Anuradhapura vers 10h. Notre logeur nous emmène en voiture à la station de bus : à 12h45 nous partons pour Polonnaruwa pour 4h de trajet. Route entre savane et forêts tout du long. Le bus nous laisse dans le centre de Polonnaruwa près de la Ceylan bank. Nous partons à pied en direction de notre Thissara GH proche de 600 m. Elle est située dans la proche campagne dans un bosquet en bordure d'une belle rizière d'un vert tendre. Dîner-buffet sur place sur la terrasse dehors en compagnie de moustiques voraces et pénibles : excellent curry de poulet, dhal et salades de concombres.
21/02 Polonnaruwa
Petit-déjeuner sur la terrasse avec en bel arrière plan les rizières et le soleil matinal. Nous allons en vélo au musée en ville acheter les tickets (toujours aussi chers) puis partons en
Anuradhapura
direction du sud en longeant le lac : belles scènes de lavandières au bord du lac, de pêcheurs et d'oiseaux de toutes sortes. Visite des deux sites, la statue de Parakrama Bahu et le bâtiment de Poth Gul Vihara…rien d'exceptionnel, de plus les protections gâchent la vision que l'on peut avoir de la statue ! Nous revenons ensuite sur nos pas et allons visiter les sites près du village dont la fameuse terrasse de la dent de Bouddha. Il y a là plusieurs monuments remarquables tant par leurs sculptures en frises que par les statues de Bouddhas dont certaines très usées par le temps. Bel éclairage et bel environnement dans une forêt clairsemée. Vers 10h les groupes de touristes arrivent mais ça reste acceptable. Je repars à vélo vers 16h pour visiter les sites excentrés au Nord. Premier arrêt pour le temple de Shiva 2 et le Rankot Vihara ? Je continue jusqu'au Lankatilaka, bel ensemble composé d'une dagoba toute blanche et d'une grande « cathédrale » massive et sculptée, bel éclairage de fin de journée.
Puis c'est le Kalu gal Vihara le « sanctuaire du roc » avec ses magnifiques bouddhas sculptés dans la falaise malheureusement à contre-jour. En dernier, j'irai voir le petit bassin au lotus avec ses formes originales inspirées de la fleur éponyme. Retour en ville, dernière promenade le long du lac où viennent se baigner et se laver les habitants avant de rentrer chez eux.
22/02 de Polonnaruwa à Sigiriya Départ en tuktuk en direction de la station de bus de Kaduruwela (300rp) de là nous prenons un bus jusqu'à Inamalawa(180rp) puis un tuktuk (600) jusqu'à notre hébergement un peu difficile à trouver vu que tous les hôtels et GH ont à peu près le même nom et que l'adresse postale est très vague. Accueil sympathique des jeunes propriétaires avec un thé et un jus de fruit de mangue. La grande chambre est toute récente (3 mois) et d'une propreté irréprochable. Je pars me balader sur la route pour admirer le rocher de Sigiriya en cette fin d'après-midi. Belle campagne calme, avec seulement le chant des oiseaux. Excellent dîner à base de curry de tomates : nous avons pu assister à la préparation de ce plat qui comporte de nombreux ingrédients : oignons, ail, piment, cannelle, curcuma, feuilles de carry, sel, gingembre et lait de coco, c-à-d l'eau de trempage de la noix de coco fraîchement rappée,
23/02 Sigiriya A 6h45 le patron m'emmène en tuktuk jusqu'à l'entrée du site de Sigiriya. Il n'y a que 10 personnes qui attendent l'ouverture de la billetterie. A 7h je pénètre sur le site en traversant la grande allée qui sépare les jardins et les bassins puis je me faufile par une étroite ouverture entre deux rochers vers le rocher proprement dit. Il fait bon à cette heure et les touristes sont heureusement rares. Puis commence la grimpette par de larges escaliers réguliers en pierre. Au bout de 10 mn on arrive devant le mur miroir sur lequel on est censé voir des graffitis très anciens, je n'ai pas vu grand chose puis on grimpe par des passerelles et des escaliers métalliques jusqu'à la porte du lion dont il ne reste que les deux énormes pattes encadrant l'escalier qui monte vers le sommet du rocher. De là haut on a une superbe vue panoramique à 360° sur la plaine alentour : on y voit des bosquets alternant avec des lacs et des rizières, au loin on voit des montagnes et de temps en temps pointent vers le ciel un bouddha ou un stupa tout blanc. Le plateau sommital est plus grand et vaste que je ne le pensais : le sommet du rocher n'est pas plat et les constructions épousent les différences de niveau et sont reliées par des escaliers qui permettent de passer d'un niveau à l'autre. Rien de très parlant en dehors de bassins plus ou moins grands et de sièges en pierre destinés aux autorités. Je redescends jusqu'au miroir d'où on prend un court escalier métallique en colimaçon qui mène aux demoiselles. Dommage que les photos soient interdites car elles sont effectivement magnifiques et émouvantes. Descente vers l'esplanade qui correspondait aux jardins, où je croise des multitudes de groupes de touristes chinois, européens et locaux, je n'ose imaginer la cohue dans les petites escaliers tant vers les demoiselles que pour monter au sommet ! Sur la route du GH j'ai croisé une centaine de jeunes musulmans tout de blanc vêtus avec leurs petits calots qui avaient l’air de bien s’amuser !

Vue panoramique du haut du rocher de Sigiriya
24/02 de Sigiriya à Dambulla Notre hôte nous emmène en tuktuk à l'arrêt de bus pour Dambulla, 45 mn plus tard nous y voilà. Là nous prenons un tuktuk (150) pour aller jusqu'au Golden temple où nous déposons nos sacs à dos au book shop à gauche de l'entrée kitschissime du temple (100 rp par bagage), Nous commençons la montée sous un chaud soleil pourtant il n'est que 9H et la foule est déjà dense, mais aujourd'hui c'est « bank holidays » donc les Cinghalais sont en congé. Arrivés en haut devant le kiosque d'entrée on nous apprend que le « « ticket office est tout en bas !!! Enfer et damnation, je dois redescendre 350 marches pieds nus ayant laissé mes sandales à la consigne, puis il me faut remonter les 350 marches pour pouvoir enfin pénétrer dans les grottes en nage et avec des centaines de visiteurs. La 1re grotte toute petite et étroite se laisse difficilement admirer avec tout ce monde qui se bouscule, le bouddha couché n'en est pas moins très beau !
La 2me grotte est beaucoup plus grande et se visite plus facilement, le plafond en est entièrement peint avec des motifs religieux, on peut voir ainsi des centaines de bouddhas ou des scènes religieuses. Le long des murs sont posés des dizaines de bouddhas soit debout soit en position du lotus. La 3me grotte ressemble à la 2me en plus petit. Les autres sont du même style.

Dambulla
Re-descente jusqu'au golden temple, cadeau kitsch du Japon et de la Thaïlande que nous ne visiterons pas. Nous reprenons nos sacs et nous voilà repartis en bus, directement devant le golden temple, pour Kandy que nous atteindrons 2h plus tard par une belle route de montagne dont les paysages tropicaux nous font penser à ceux de Munnar au Kérala. Le bus nous laisse un peu avant Kandy à un carrefour indiqué par l'hôte du GH Suresh. Nous hélons un tuktuk qui peine à trouver le GH mais grâce au téléphone nous y arrivons. Installation dans une belle maison dans un quartier très calme aux rues très pentues. Notre hôte, style baba cool nous accueille aimablement nous offrant du thé et nous faisant visiter la maison et la terrasse au dernier étage. Un tuk-tuk (300 rp) nous dépose au centre ville près du temple de la dent. Il y a pas mal de monde : nous allons visiter les différentes curiosités de cet ensemble de temples divers, il n'y a rien d'exceptionnel, la plupart des bâtiments sont assez récents à l'exception de l'entrée du temple de la dent et du hall aux belles colonnes de bois sculptées. Nous resterons jusqu'à 18h30 pour voir l'ouverture du saint des saints et voir la ferveur de la foule faire la queue pour défiler devant le reliquaire. Petite balade dans le quartier commerçant et bruyant de la ville où se mélange églises chrétiennes, mosquées et temples bouddhistes.
25/02 Kandy Peradenya Petit déjeuner végétarien très sucré et un peu bourratif. Vers 9h nous commandons un tuktuk pour aller au jardin botanique de Peradenya. Il fait beau et chaud et comme on est samedi il y a plein de Cinghalais qui sont venus passer la journée ici en famille emmenant le pique-nique. Grand jardin bien entretenu, avec de très belles sections : celle des orchidées, les allées de palmier royaux et choux-palmistes, les bambous géants. Le secteur des épices était un peu maigrichon ainsi que celui des fougères. Par contre il y a, un peu partout dans le jardin des arbres magnifiques d'une taille impressionnante. Nous prenons le bus urbain pour retourner dans le centre ville avec une circulation dense et chaotique, il nous faudra plus de 40 mn pour faire 6 km de routes bouchonnées. Nous commençons à avoir une petite faim que nous allons satisfaire en allant manger au Devon restaurant, grand restaurant populaire avec une animation musicale très sonore dont on se serait bien passé, quant aux plats ils sont goûteux et à prix raisonnable. Je pars ensuite faire le tour du lac (4km) en un peu moins d'1h. Quelques beaux hôtels et belles maisons se partagent cet endroit privilégié. Petite cérémonie de prières devant l'entrée du temple de la dent.
26/02 de Kandy à Nuwara Eliya Bus intercity. Qu'en dire ? Ticket 3 fois plus cher (les bagages s'ils occupent une place valent le prix de cette place) que le bus local, confort mitigé sur un strapontin branlant, vue sur le paysage très limitée puisque tous les rideaux ont été tirés par les passagers pour dormir dans l'obscurité, heureusement je suis à la fenêtre et je profite un peu du paysage de montagne et des plantations de thé. Temps gris, il pleuviote un peu en arrivant à Nuwara Eliya. Une fois de plus le tuktuk se trompe (à notre avis volontairement pour allonger une course qui aurait été trop courte vu le prix demandé) malgré le fait qu'on lui ait montré le nom et l'adresse du GH. Grande chambre récente avec des baies vitrées partout, hôte très sympathique qui nous accueille avec du thé. Je pars me balader en ville sous un ciel menaçant, d'ailleurs il commencera à pleuvoir vers la fin de ma sortie. C'est assez étrange, on se croirait vraiment en Grande-Bretagne à voir les maisons victoriennes ou de style Tudor, le champ de courses hippiques, les jeunes qui jouent au criquet, le golf et les vénérables hôtels de luxe, sans parler de la poste « so british », même la météo est au diapason avec cette bruine désagréable. Nous allons dîner au Milano, excellente cuisine à prix raisonnable. A la tombée de la nuit les alentours du marché sont un peu glauques avec des mendiants et des gens miteux qui luttent contre le froid qui s'installe. La misère serait-elle plus belle au soleil comme dit la chanson ?
27/02 de Nuwara Eliya à Ella Il a plu une bonne partie de la nuit mais quelques rayons de soleil font timidement leur apparition. Petit-déjeuner au GH puis bus pour la Pedro tea factory (en 10 mn) avec le bus qui part en direction de Kandapola de l'arrêt de bus on voit le bâtiment de la manufacture de thé qui se trouve à 10 mn de marche à pied. Pour 200 rp on a droit à un thé avant et après la visite. La visite elle-même est expédiée en 15 mn et se déroule devant des machines à l'arrêt et sans aucun ouvrier au travail ! Dommage, la guide n'est pas toujours compréhensible autant dire que pas mal d'infos nous passent largement au-dessus ! La visite terminée j'en profite pour aller me promener dans la plantation et faire quelques photos. Retour en bus à Nuwara nous allons chercher nos affaires au GH et repartons à la station de bus non sans avoir au préalable achetés quelques provisions de bouche (samosas et fritures diverses). Pour aller à Ella c'est assez compliqué en bus puisqu'il va falloir changer deux fois, dont la deuxième à Bundarawela. Beaux paysages de montagne avec une route sinueuse et toujours de belles cultures vivrières. Arrivés à Ella nous trouvons facilement le « Grand peak GH » où nous sommes accueillis en français par le patron Sonny et sa femme qui vont nous expliquer avec force détails ce qu'il y a à faire à Ella. Il me reste encore un peu de temps pour faire une balade en direction du Little peak Adams et faire quelques photos des plantations de thé. Excellent dîner (un peu cher ) au GH. La chambre 109 face à la réception et le restaurant a été un mauvais choix : bruit + lumière une bonne partie de la nuit, d'autant que les fenêtres de la chambre qui donnent sur cet espace n'ont pas de rideaux.

Plantations de thé vers Haputale
28/02 de Ella à Haputale et retour Réveil à 5h30 pour aller prendre le train à la gare (15 mn à pied) en direction de Haputale soit 1h de trajet en montagne et parmi les plantations de thé. En arrivant à Dambatenne nous négocions un tuktuk (1000 rp) avec 2 bayonnaises rencontrées hier dans le bus. La montée s'effectue sous un soleil intermittent et un super paysage de plantations de thé, mais à mi- hauteur nous rentrons dans une brume épaisse qui ne nous quittera plus jusqu'au sommet. Nous prenons un petit-déjeuner sommaire dans la gargote devant le « Lipton seat ». Une petite échappée nous permet d'apercevoir furtivement le point de vue magnifique sur les plantations en bas. Nous commençons la descente (7km) dans la brume, puis sous un ciel relativement dégagé et pour finir sous une pluie battante 2 km avant d'arriver à la manufacture. 1/3 de Nuwara Eliya à TangalleL Levés vers 8h30, petit-déjeuner sur place, entourés de français, c'est normal vu que le patron parle français et en fait sa publicité! Vu le temps couvert nous laissons tomber la balade au little Adam's Peak et prenons un bus pour Welliwaya puis de Wellivaya jusqu'à Tangalle où nous arrivons à 14h sous une bonne pluie qui nous accompagne depuis que nous avons dépassé Hambantota. Au Beach lagoon nous avons réservé une chambre par booking. Belle chambre avec terrasse qui donne sur le jardin et le lagon un peu plus loin. Eau froide et ventilo mais vu les conditions météo c'est suffisant. La pluie va se calmer et cesser ce qui va nous permettre de nous balader le long de la très grande plage balayée par de grosses déferlantes puissantes et mousseuses. Dîner au blue horizon, pas terrible ! le thon est trop frit presque « torréfié » quant au riz aux fruits de mer s'il y a bien du riz les fruits de mer, il faut bien les chercher pour les trouver ! Il est vrai que nous sommes dans un endroit touristique où tout est calculé et fait pour le touriste. Dès que l'on voit des panneaux « happy hours » ou « special buritos » ou « mojito » on sait que l'on est dans une enclave touristique qui pourrait se trouver aux Canaries, à Ibiza, à Siem Reap ou à Vang Vien. Les sonos hurlent des standards occidentaux : Bob Marley, Abba, Pink Floyd et autres !

Coucher de soleil à Polhena
2/3 Tangalle Levé aux aurores, vers 6h, c'est l'heure où le photographe peut espérer faire quelques belles photos, à condition que le soleil ne soit pas voilé ! Je pars en direction du centre ville puis du port pour assister à la criée aux poissons qui viennent d'être déchargés des nombreux bateaux de pêche qui sont amarrés ici. Ambiance affairée avec les vendeurs et les acheteurs qui échangent des prix, des mimiques, des gestes d'accord ou de désaccord. D'autres déchargent les bateaux, d'autres vont chercher de la glace pilée, d'autres encore débitent les poissons, coupent les têtes. Un peu plus près, le long de la plage j'assiste au retour des pêcheurs qui pêchent sur leurs catamarans. On me sollicite pour aider à remonter les pirogues sur le sable et pour hisser le long filet qui est encore largement immergé dans la mer. Au GH, petit-déjeuner mixte (srilankais et continental) puis nous allons à la plage nous baigner devant le restaurant « blue horizon » où un amas rocheux brisent les lames puissantes: eau chaude, mer calme à cet endroit. Sieste et lecture, vers 14h je pars à pied en ville changer de l'argent dans un ATM et en profite pour acheter quelques fritures pour le « 4h » qui sera arrosé par un lime juice. Balade le long de la plage en direction du port.
3/3 de Tangalle à Polhena Petit-déjeuner mixte (continental et cinghalais) comme hier puis nous allons nous tremper une dernière fois dans la mer devant le Blue Horizon, nous sommes seuls à cette heure et la mer est chaude et calme, mais le soleil est brûlant, attention aux coups de soleil ! Nous quittons ce GH sympathique , prenons un tuktuk (150 rp) pour la station de bus et très vite nous attrapons un bus en partance pour Matara : environs 1h15mn plus tard nous voilà à Matara un tuktuk (250 rp) nous emmène jusqu'à Polhena et peine à trouver notre GH qu'il nous disait connaître ! C'est une maison neuve avec 4 ou 5 chambres toutes propres avec ventilo et sdb récente. Je pars explorer la route qui part en direction de l'ouest longeant la côte avec ses nombreux restos et GH. L'après-midi nous irons nous baigner sur la plage publique de Polhena en même temps que des groupes de scolaires venus en bus passer quelques moments ici, ambiance bonne enfant garantie ! Dîner de poissons au GH, si le poisson est bon les légumes bouillis et le riz blanc en accompagnement sont insipides, nous avons aussi goûté au kottu, rien d'exceptionnel.
4/3 Polhena Il pleut depuis cette nuit à verse. Le ciel bleu n'est pas loin et nous partons à pied vers la ville de Matara en empruntant la petite rue qui serpente dans la jungle entre canaux et mer et qui abritent de très belles maisons de maître. Au bout de 50 mn de marche nous longeons main street la rue commerçante de Matara puis arrivons devant les restes du fort hollandais et devant la petite île sur laquelle se trouve un temple. Une fois de plus le déchaussage et la consigne des chaussures est payante (100rp) je refuse tout net et repars en sens inverse, ras le bol de toujours payer ! Balade le long de la très grande et longue plage de Matara. De nombreux couples de jeunes abrités par un parapluie se bécotent sur les bancs publics face à la mer. Achats de fruits et de fritures pour le déjeuner et retour en tuktuk. En fin de journée je pars me baigner dans les petites criques sableuses à l'Ouest de la plage publique de Polhena. Les vagues sont un peu cassées par le récif de corail mais restent assez fortes, de plus des plaques de corail mort pointent sous le sable dans la mer ce qui est dangereux avec une eau trouble qui les cache à nos yeux. Au moment du coucher du soleil je vais faire quelques photos le long de Polhena road. Excellent dîner thaï au resto Lakraj tout près de notre GH.
5/3 de Polhena à Galle Nous partons à pied en direction de l'arrêt de bus sur la route de Matara. Très vite un bus nous emmène à Galle. Du bus stand nous prenons un tuktuk pour notre GH, le Fort Inn. Patronne avenante mais chambre qui s'avère moins reluisante qu'escomptée : draps sales et courts, chambre un peu miteuse, atmosphère lourde, odeur de moisie dont les draps sont imprégnés, salle de bain aux accessoires inexistants ! Ayant réservé par booking pour deux nuits nous sommes piégés, de plus le jeune gérant est prétentieux tout juste capable de regarder à longueur de journée des jeux vidéo ! Nous allons nous promener dans la vieille ville hollandaise et allons croquer quelques fritures à « l'indian restaurant » dont la belle terrasse donne sur les remparts sud. Retour à la chambre. Le soir dîner au même endroit de dhal et de végétable korma : ah la cuisine indienne est incomparable ! et nous paraît supérieure à la cuisine cinghalaise par ses associations d'épices plus subtiles et qui nous à fait apparaitre le rice & curry un peu fade. Nuit difficile avec moustiques agressifs : moustiquaire trouée et ventilo poussif.
6/3 Galle Après de nombreuses palabres avec la patronne, nous changeons de chambre avec une moustiquaire plus neuve, la chambre au 1er est mieux et le prix plus raisonnable. Nous passerons la journée à nous balader en ville à photographier les vieilles maisons coloniales de couleur ocre avec leurs colonnades et leurs avant-toits. Des photographes professionnels s'activent à photographier de jeunes locaux en habit de fêtes et de mariage traditionnels pour je ne sais quelle campagne publicitaire. Le fort de Galle fait partie de ces villes touristiques où le business a transformé une ville originale en produit de la mondialisation avec ses magasins chics vendant des montres de luxe suisse, ses hôtels « heritage » ses Porsche Cayenne, ses vieilles Morris de l'âge d'or. Une maison sur deux est un GH, un magasin de souvenirs, une bijouterie ou un restaurant pour touristes avec des offres « typiques » : tabboule, pizza, bruschetta, panini... ! Heureusement il y a encore en ville des habitants même s'ils vivent essentiellement du tourisme : Le Fort de Galle est indéniablement un beau quartier avec de belles maisons et il s'en dégage encore une atmosphère nostalgique mais pour combien de temps ? Cochin, autre ville touristique et particulière me paraissait plus vivante et plus authentique que fort Galle.

Galle : le quartier du fort
7/3 de Galle à Negombo A la gare un express train va nous emmener à Fort Colombo en 2h30mn, les rails suivent la côte la plupart du temps et des bidonvilles squattent les bords des rails. La nature est toujours aussi exubérante, verte et tropicale. A Colombo, nous prenons un bus pour Negombo à la station de bus toute proche de la gare. 1H30mn plus tard nous descendons à la station de bus de Negombo d'où un tuktuk va nous amener chez Joseph Family GH. Balade sur la plage, baignade dans une eau chaude avec quelques rouleaux pas bien méchants. Excellent dîner à base de produits de la mer chez Aroma sur la route de la mer : crevettes, frites et salade pour Monique, rouget, frites et salade pour moi.

Negombo : le retour des pêcheurs
8/3 de Negombo à Riyad Levé à 6h je pars à la recherche des pêcheurs qui ne devraient pas tarder à ramener leurs filets. En fait en arrivant sur la plage à la hauteur du Starbeach hotel je suis remonté en direction du port vers le sud et au bout de 15mn je suis arrivé à la hauteur d'un quartier de pêcheurs et ai attendu. Les barques ont commencé à arriver bien chargées de filets aux reflets d'argent dus aux poissons qui y étaient piégés. Ici aussi j'ai été sollicité par les pêcheurs pour tirer les barques hors de l'eau, encouragés par les chants rythmés prévus à cet effet. Bel éclairage, belles photos. Retour au GH, petit-déjeuner puis baignade dans une mer chaude et calme. Déjeuner à l'Olive tree, moins bon qu'hier. Retour au GH repos puis départ en tuktuk (800 rp) pour l'aéroport. Malgré les avertissements d'arriver 5h en avance, il n'y a pas foule et en 2h toutes les formalités étaient terminées, le plus long a été l'attente devant le guichet de la Saudi Arabian avec deux cas devant nous qui ont été longs à régler ! Décollage dans un Boeing 777 pour 5h10mn de vol un peu chahuté par moments. Attente à Riyad puis re-décollage dans un 777 pour 6h de vol, arrivée à CDG à 7h du matin.
Conclusion : Nous avons trouvé les Cinghalais d'une grande convivialité, très souriant et d'un abord facile. A notre avis, certains sites anciens ne sont pas exceptionnels, ainsi les monuments d'Anuradhapura sont abîmés et dans l'ensemble peu lisibles, les ruines de Polonnaruwa par contre sont belles, Sigiriya vaut par ses fresques « les demoiselles » et l'originalité de ce gros monolithe. Les grottes de Dambulla avec leurs Bouddhas et leurs fresques sont également remarquables. En dehors de ce triangle culturel nous n'avons pas vu dans notre circuit de grands monuments. Les plages que nous avons vues ne nous ont pas paru exceptionnelles non plus, soit parce que la baignade peut y être problématique à cause des courants dangereux, soit des rouleaux imposants empêchent une baignade tranquille soit la présence d'affleurements de corail invisibles sous l'eau peuvent occasionner des blessures. Nous avons bien aimé les paysages des plantations de thé dans les environs d'Ella et d'Haputale, un peu moins la ville de Nuwara Eliya. L'hôtellerie nous est apparue chère et d'un rapport qualité prix moyen surtout dans les endroits touristiques comme Kandy, Galle. Nous n'avons pas apprécié du tout (et nous ne sommes pas les seuls !) la politique gouvernementale qui vise à faire payer aux touristes un maximum (prix des entrées de temples exhorbitants !) et ce de plus en plus si on suit l'évolution des prix sur quelques années.
Nous avons bien aimé : Les plantations de thé de la région d'Ella et d'Haputale Les sites de Polonnaruwa, Sigiriya et Dambulla
Nous avons moins aimé : Kandy : les environs du lac et du temple de la dent sont agréables, le temple lui-même ne me paraît pas exceptionnel. Nuwara-Elyia : intéressant uniquement pour les bâtiments de style anglais et l'ambiance qui en découle, mais quand il pleut c’est tristounet. Galle : le quartier du fort est en passe d'être « muséifié » : bientôt il ne restera plus que des GH, des magasins pour touristes et des restaurants. Anuradhapura : les ruines sont peu parlantes mais le site est agréable Ella : rien d'authentique, que des GH et des restaurants !
Nous n'avons pas aimé : La pollution dans les villes générée par tous les camions, tuktuk, voitures et bus aux échappements douteux.
L'album de photos est visible en cliquant sur ce lien :
https://goo.gl/photos/4BjqeDK2wX7NhMdV7
Pour voir les légendes des photos il ne faut pas lancer le diaporama, mais faire défiler les photos Une par une.
Budget global pour 2 personnes : 2826 € Avion Paris-Chennai, Colombo-Paris (Saudi Arabian Airlines) 882 € Dépenses en Inde : 640 € Vol Cochin-colombo : 242 € Dépenses au Sri Lanka : 1062 €
Quelques prix : masala dosai 50-80 meal (repas végétarien basique) 60 -80 eau : 1 litre=20, 1litre 1/2=30/35
thé masala : 15-50 thé indien : 10-25 dal fry : 50 chicken masala : 120/180 tuktuk de 40 (1à2km) à 200 (7km)
1ère partie : Carnet d’un voyage de 16 jours en Inde du Sud (Tamil Nadu et Kérala) de Chennai à Mahabalipuram, Pondichéry, Chidambaram, Thanjavur, Trichy, Madurai, Munnar, Alappuzha et Cochin.
02/02 de Paris à Chennai et Mahabalipuram (ou Mamalapuram)
Paris CDG : Décollage dans un Boeing 777-300 de laSaudi Arabian Airways à 11h40 pour 5h40mn de vol jusqu'à Riyad. Nous sommes installés à la queue de l'appareil juste à côté de la salle de prières ! Avant le décollage, le haut parleur nous convie à une prière pour qu'Allah bénisse notre vol. Beau survol des Alpes, Turin, puis de Rome, Naples, Crotone, Alexandrie, la Mer Rouge à la hauteur d'Hurghada puis le désert jusqu'à Riyad. Attente dans un aéroport froid, moderne, sans beaucoup de charme, les rares boutiques ouvertes n'offrent que des sucreries, du parfum et quelques articles de luxe, pas de tabac ni alcool évidemment. Pour tuer le temps nous discutons avec un groupe de français qui part aussi faire un voyage dans le sud de l'Inde. On nous offre un plateau repas vers 22H puis décollage dans un airbus 330 pour 4h 35mn de vol jusqu'à Chennai. L'avion est rempli de nombreux indiens, travailleurs immigrés au Moyen-Orient qui rentrent chez eux pour les vacances. A l'atterrissage certains se lèvent dès que l'avion a posé les roues sur le sol, tellement ils sont pressés de rentrer, c'est un joyeux foutoir. Nous allons ensuite faire les formalités relatives au visa électronique dans une file spéciale où nous sommes les premiers, c'est vite expédié avec une prise d'empreintes et un coup de tampon dans le passeport. L'attente aux bagages sera plus longue car avec une franchise de 60 kg les Indiens ont bien rempli les soutes, mais arrivent enfin nos « petits sac à dos » d’à peine 9 kg pièce, comparés aux colis indiens. En nous dirigeant vers la sortie nous décidons de prendre un taxi prépayé pour Mamalapuram (1550 rp). Et nous voilà aussitôt plongés dans la chaude ambiance de Chennai : Circulation chaotique de bus, autos, motos, rickshaws, sur des rues rafistolées, le tout à grands coups de klaxon. Il fait déjà bien chaud, pourtant il n'est que 9h du matin. Il nous faut bien 40 mn pour sortir de ce monstre urbain puis c'est la campagne. Un moment on longera sur des km une énorme décharge à ciel ouvert. Les villages et les villes se succèdent tout au long de la route. Au bout d'une heure et demie nous arrivons à Mahabalipuram et payons le droit d'entrée en ville de 40 rp pour 2. Le taxi nous laisse rue Otavai dans laquelle se trouvent de nombreux guest-houses à petits prix. Apr��s en avoir visité plusieurs (Siva, Barack, Vinodhara, etc) vraiment pas convaincants, nous posons provisoirement nos sacs au Sea Breeze qui est un peu mieux mais nettement plus cher (3000 rp) et allons voir le Daphné situé juste à côté et qui nous convient bien : belle grande chambre au dernier étage avec un balcon, AC et ventilo, lit à baldaquin avec moustiquaire et balancelle en rotin. Il fait déjà bien chaud. Nous partons en direction du temple du rivage situé pas très loin de notre GH et c'est la redécouverte 40 ans après de l'Inde. Nous reviennent en tête des images qui démontrent la permanence de certaines choses dans cette Inde immémoriale : les couleurs éclatantes des saris des femmes, la langue tamoule avec ces sonorités caractéristiques roulantes, l’omniprésence des corbeaux bruyants, la circulation assourdissantes de bruits de klaxon, les détritus partout le long des rues, des routes des canaux et des rivières. Nous acquittons les droits d'entrée 2x500 pour les deux sites. Le petit temple du rivage (short temple) est situé en face de la mer mais en est séparé par un rideau d'arbres pour diminuer l'érosion qui a déjà bien poli les sculptures du temple. Des touristes indiens et occidentaux visitent ce beau temple qui a été évidé à partir de monolithes de grès. De belles sculptures quoiqu'un peu effacées émaillent les quatre côtés du temple. Un peu plus loin vers le Sud des groupes d'Indiens trempent les pieds ou se baignent dans une mer qui roule de grosses vagues. De l'autre côté vers le Nord se trouve la plage utilisée par les pêcheurs de Mamalapuram. Nous quittons le temple du rivage et allons nous reposer et nous abriter de la chaleur. Nous ressortons vers 16h et partons à pied en direction du sud et du site des 5 rathas, autre site majeur qui regroupe 5 temples également évidés et redécouverts par les anglais au XIX e siècle. Ils sont mieux conservés que le temple du rivage car protégés par le sable durant plusieurs siècles. Certaines parties n'ont jamais été terminées et sont restées à l'état d'ébauche.

Pèlerins hindous devant la "descente du Gange"
Bel éclairage vers la fin de la journée au soleil couchant. Nous avions oublié que les occidentaux sont très prisés pour figurer sur les photos à côté des indiens, nous avons donc été sollicités pour poser entre les membres de familles indiennes plus d'une fois. Retour vers le centre ville, des bruits caractéristiques nous signalent la présence des tailleurs de pierre, une spécialité de Mamalapuram. Il y a de nombreux ateliers de tailleurs de pierre et ils utilisent du matériel électrique, perceuses, scies, marteaux-burineurs et réalisent des sculptures de toutes tailles et d’une qualité impressionnante, surtout les petits objets dont l’intérieur est évidé et forme des dentelles de pierre alvéolée ! Dîner au Gecko restaurant, bon et pas cher. Nous renouons avec plaisir avec les savoureux plats de dhal (lentilles) et les currys indiens.
03/02 de Mahabalipuram (ou Mamalapuram) à Pondicherry
Bonne nuit quoiqu'un peu perturbée par quelques moustiques emprisonnés sous la moustiquaire et quelques aboiements intempestifs de chiens.
Petit-déjeuner toujours au Gecko pris sur la belle terrasse qui domine la rue commerçante. Nous redécouvrons également avec plaisir la saveur inimitable du thé indien au lait très sucré. Je me suis levé aux aurores vers 6h du matin pour aller voir ce qui se passait du côté des pêcheurs. Rien de particulier, certains rentraient de la pêche, d'autres se préparaient à y aller, le résultat de la pêche ne me semble pas miraculeux à voir les quelques dizaines de poissons pas bien gros qui sont pris dans les filets. Bel éclairage au moment du lever du soleil vers 6h40.
Mahabalipuram : retour des pêcheursPuis balade en ville, les femmes se pressent devant les fontaines pour remplir leurs gamelles ou seaux en plastique ou en métal. Tous les commerces sont encore fermés à l'exception des débits de thés et des cantines qui préparent de petites fritures. Découverte du Penance d'Arjuna derrière la station de bus superbement bien éclairé par le soleil levant : C'est une grande fresque sculptée en bas relief sur un pan de falaise vertical de 8m de haut et 30 m de large : des dizaines de personnages et d'animaux animent la surface de cette falaise dans un double mouvement en direction de la faille centrale symbolisant la chute du Gange. Nous y croisons un groupe d'alsaciens écoutant un guide indien francophone très intéressant et parlant remarquablement bien le français. Nous visitons ensuite le superbe temple situé à la gauche de la falaise et dont le fond révèle une autre magnifique fresque sculptée. Nous continuons notre visite par plusieurs petits temples et le fameux rocher en forme de boule instable qui semble prêt à dévaler la pente. Une dernière sculpture d'éléphants et nous retournons vers le Daphné hôtel.
Nous prenons nos affaires et un rickshaw en direction de l'arrêt de bus pour Pondy en dehors du village sur la grande route. La possibilité de prendre un taxi pas cher ne s'est pas concrétisée. Plusieurs bus nous passent sous le nez, car trop pleins pour s'arrêter. Finalement il y en a un qui s'arrête mais qui est déjà bien plein. Nous allons passer une bonne heure debout puis finalement nous récupérons deux places assises. A Pondy nous devons négocier ferme pour faire baisser le prix du rickshaw pour nous conduire à notre G.H. Malheureusement il est plein, nous avions oublié que c'est le W.E. et Pondy est toujours très prisé par les Indiens, heureusement le patron du G.H. qui parle un français parfait nous réserve une place chez un collègue situé un peu plus loin dans Nobili street, quartier calme pas loin de la gare chez Brigitte et Josh. C’est une belle maison traditionnelle, notre chambre est claire avec sdb privée et pdj pour 1600 rp. Josh le mari de la patronne nous offre une collation. Nous partons en direction de la mer, belle promenade le long du rivage avec une mer assez houleuse et de fortes vagues déferlantes. Beaucoup d'Indiens, seuls, en couple ou en famille se sont installés sur les brises- lames et contemplent le spectacle de la mer. De nombreuses inscriptions en français rappellent le passé colonial de la ville. Nous arrivons bientôt devant la statue de Gandi et allons déguster des samosas dans le jardin public de Government Place. Nous continuons notre découverte de Pondy par une visite au temple où un éléphant remercie les fidèles en leur caressant la tête avec sa trompe. Diner de bons plats végétariens au Sugurtu restaurant.
4/2 de Pondicherry à Chidambaram
Balade dans la vieille ville coloniale française et visite au marché très animé, coloré et aux fortes senteurs surtout du côté du poisson ! Départ du GH en rickshaw pour la station de bus (100 rp) d'où nous prenons un bus pour Chidambaram. C'est un bus folklo qui, manié de mains de maître par un chauffeur pressé, nous a amené à Chidambaram en moins de 2h tout en s’arrêtant régulièrement pour laisser monter ou descendre des passagers. Tout au long de la route nous verrons de beaux paysages, avec des cocoteraies et quelques rizières du moins quand il y a suffisamment d'eau, ce qui est le cas ici grâce aux lagunes et aux lacs. On voit également de ci de là de grosses usines (centrales de production d'énergie, usines diverses, dont une usine du chimiste français Arkema). Dans les petits villages traversés il n'est pas rare de voir des huttes aux toits de pailles ou de chaumes. Quelques fantômes noirs (entièrement voilés avec gants noirs) montent dans le bus mais quand elles nous regardent on devine des yeux rieurs, elles ne doivent pas être bien vieilles ! Arrivés à Chidambaram, à la station de bus située non loin du quadrilatère du temple, nous visitons quelques hôtels mais rien de folichon, soit trop chers (3000 rp soit 45€) soit pas chers mais pas terribles (500) finalement nous nous installons au Ritz : belle chambre assez propre avec clim et télé pour 1600.
Nous partons ensuite visiter le fameux temple qui occupe un immense carré au centre de la ville et dont les 4 entrées sont chacune surmontée d'un immense gopura avec des statues peintes de couleur vive. Nous y pénétrons après nous être débarrassés de nos chaussures et allons arpenter l'immense complexe un peu labyrinthique. Le temple principal est un peu sombre mais il y a de temps en temps des espaces non couverts où pénètrent la lumière du soleil. Un peu partout les brahmanes chargés du temple s'affairent ici et là : ils ont une coupe de cheveux particulière avec une partie rasée et un petit chignon sur la partie non rasée. Les nombreux hindous présents font leurs prières et leurs dévotions. A l'extérieur se trouve le grand bassin pour les prières. A l'intérieur du temple une cérémonie se prépare : en effet des fidèles s'agglutinent devant l'entrée d'un sanctuaire aux portes d'argent semi-ouvertes : à l'intérieur des officiants s'activent devant la statue d'un dieu. Les fidèles sont tournés vers la statue joignent les mains, prient pendant que des brahmanes agitent des clochettes et que d’autres font sonner de grosses cloches traditionnelles. À un moment donné un brahmane va promener devant la statue du saint un chandelier aux nombreuses bougies allumées puis un tissu enflammé.

Trichy : Musicien du temple
Tout cela est accompagné par un rituel sonore de chants et de paroles récitées par les brahmanes. On ne comprend pas grand chose mais on est saisi par l'émotion et la ferveur des participants. Nous ressortons du temple et allons dîner dans un restaurant végétarien au pied de notre hôtel : très bon dîner pas cher et savoureux.
5/2 de Chidambaram à Thanjavur
Originalité du matin, nous prenons notre petit-déjeuner à la pâtisserie « Black forest » : Viennoiseries, donuts et cupcake avec deux bons thés, nous n’avons pas osé la « forêt noire » ! Nous repartons au temple nous promener en attendant l'arrivée de nos amis Frédérique et Thierry avec qui nous allons visiter en taxi les vieux temples de la période Chola. Ensemble nous allons déjeuner toujours au même restaurant végétarien et partons pour le temple de Gangaikondacholapuram situé en pleine nature. Il y a pas mal de monde, il est vrai que c’est dimanche et la grande pelouse qui entoure le temple est remplie d'Indiens de tous âges et de toutes conditions qui attendent l'ouverture du temple. Nous nous contentons de l'extérieur et il y a suffisamment de choses à voir. Des sculptures un peu partout, sur les gopuras et sur la fameuse tour pyramidale qui en est couverte. Le taxi, avant de retourner avec nos amis à Pondy nous laisse à un embranchement où nous pouvons prendre un bus pour Kumbakonan. De Kumbakonan un bus local va nous faire découvrir ce qu'est traverser l'Inde profonde en bus omnibus : heureusement nous avions des places assises car le bus s'est rempli assez rapidement au gré des nombreux arrêts au bord de la route ou dans les villages. Il y a pas mal d'activités dans la campagne en ce moment : on récolte le riz et aussi des céréales, des charrettes bourrées de paille entravent la circulation. Le chauffeur de bus est, comme tous les autres un kamikaze de la route, il klaxonne toutes des 5 secondes quand la route est chargée ce qui est le cas à 80%, il double avec ou sans visibilité, slalomant entre les camions, les bus, les motos, les rickshaws, les vélos et les piétons estimant à quelques cm près le gabarit de son bus. Dans les villages il y a beaucoup de maisonnettes en pisé recouvertes d'un toit de chaume, ça sent le dénuement. On voit aussi beaucoup de bétail essentiellement des bovins et des chèvres recherchant dans des champs arides et secs de quoi se nourrir. Arrivés à Thanjavur, le bus nous laisse dans la new bus station à plusieurs km du centre ville. Nous prenons un rickshaw (150rp) qui va nous mener au homestay que nous avions réservé depuis la France à 15mn à pied du grand temple. Nous sommes attendus par un couple d'indiens âgés qui nous fait visiter une belle chambre avec clim, ventilo et sdb avec eau chaude. Comme il se fait tard nous partons seulement explorer les environs et repérer l'entrée du temple puis recherchons de quoi dîner. Nous trouvons notre bonheur à l'ancienne station de bus en plein centre ville. Là il y a de nombreux restaurants populaires ou plus « chics » qui servent de la nourriture végétarienne essentiellement. Nous en choisissons un et dînons de deux excellents et copieux masala dosai que nous avons du mal à terminer.
6/2 de Thanjavur à Trichy (Tiruchirapally)
Excellent petit-déjeuner, entourés par la sollicitude de nos hôtes. Des « rotis », de la margarine et confiture, des toasts, jus de papaye frais, salades de fruits, thé. Nous sommes installés dans le jardin derrière la maison où poussent bananiers, papayers et goyaviers. Nous allons ensuite visiter ce très beau temple de Bradishvara. Toujours de belles portes type gopuras puis un ensemble complexe de temples plus petits, un nandi (taureau) énorme d'une seule pièce. Nous nous attardons devant un petit temple où se prépare une cérémonie, peut-être de remerciements qui va durer plus d'une ½ heure avec un accompagnement de deux musiciens et de plusieurs brahmanes. A la fin de la cérémonie les brahmanes vont creuser un trou pour y planter un mat décoré et peint puis ils vont l'arroser de liquides de différentes couleurs, blanc, orange et rouge.

Temple de Trichy
De la gare de bus nous prenons un bus pour Trichy. Le trajet se fera en un peu plus de 2h à travers une campagne toujours aussi sèche où les pâturages succèdent aux cocoteraies ou à des champs. À Trichy la station de bus se trouve heureusement dans le centre ville, il est donc facile de visiter plusieurs hôtels avant d'en choisir un qui nous convient. Nous essayons le Femina recommandé par le routard. Les chambres sont correctes mais la propreté correcte pour un indien ne l'est pas pour nous. Monique fait changer les draps et les serviettes plus que douteuses. Un grand mariage se prépare en bas mais on n'en souffrira pas trop. Les klaxons de la station de bus proche sont plus sonores. Le lendemain un rickshaw nous conduit au temple Srirangam très éloigné du quartier des hôtels (200rp). Très beau et grand temple comme d'habitude avec de belles sculptures, des gopuras, des bâtiments variés.
7/2 de Trichy à Madurai
Petit déjeuner compris dans le prix au Femina, excellent buffet avec toasts et confiture, plats indiens, fruits frais etc. Nous récupérons nos sacs et partons à pied à la gare toute proche prendre le 1er bus pour Madurai. Nous n'attendons jamais longtemps (de 10mn à 30 mn max) voyage assez rapide par des autoroutes et avec peu d'arrêt. Les routes sont en bon état mais la circulation toujours dense et chaotique. A Madurai le bus nous laisse loin à la new bus station de Mathutavani. Un rickshaw va nous emmener jusqu'à l'hôtel que nous avons choisi le MR International au nom pompeux dans une ruelle calme à 5 mn de l'entrée Ouest du temple. Si les chambres sont correctes, l'état de la lingerie (draps, protège-matelas et serviettes de toilette) est comme d'habitude déplorable. Monique doit faire les gros yeux pour obtenir du linge à peine acceptable. Comme le temple n'est pas encore ouvert (il ouvre à 16h) nous allons nous balader dans le centre ville à la recherche d'un restaurant que nous allons trouver par hasard : c'est un végétarien avec un serveur sympa qui nous explique bien la composition des différents plats. A 16h nous nous dirigeons vers le temple. L'accès est sévèrement gardé par des gardes chiourmes désagréables au possible : il faut enlever ses chaussures, chaussettes, ne pas avoir de pantalons trop courts, se faire fouiller au corps, montrer tout ce qu'on a dans les poches. Après ce contrôle militaire on peut entrer, il faut ensuite payer un droit d'entrée de 50 rp /p. Dans ce temple les occasions de payer sont nombreuses tant pour les touristes que pour les indiens. Quant au temple lui-même il ressemble à ceux que nous avons déjà vus : les gopuras ici sont particulièrement hauts, sculptés et très colorés. A l'intérieur on retrouve les colonnes massives représentants des animaux mythiques, de nombreuses chapelles dédiées aux multiples divinités du panthéon hindou. Nous ressortons au bout d'une heure et allons dîner au « restaurant moderne » près de chez nous n'ayant pas retrouvé le resto de midi. Retour au temple pour la cérémonie à 21h lors de laquelle les prêtres sortent un palanquin représentant l'épouse de Shiva qu’ils amènent passer la nuit dans le temple de Shiva. Il y a quelques groupes de touristes occidentaux et des indiens. Des musiciens accompagnent la cérémonie jouant d'une espèce de hautbois au son aigrelet, d’un harmonium portatif et des percussions.
8/2 de Madurai à Munnar
Devant l'hôtel nous hélons un rickshaw en train de bichonner sa machine et c'est parti jusqu'à la gare de bus d’Arapalayam. Là c'est déjà le joyeux bordel, ça klaxonne de tous les côtés, comme prévu le bus pour Munnar pars à 8h ce qui nous donne le temps de boire un thé horriblement sucré et très lacté mais c'est bon et c'est chaud. Le bus va d'abord emprunter une belle autoroute où il va pouvoir rouler vite puis en approchant de la montagne la moyenne va tomber très vite. La route grimpe en lacets étroits et dévoile un paysage magnifique. Les cocotiers disparaissent, remplacés par la forêt ou des espaces secs, vers la fin on voit apparaître des plantations de cardamome puis les fameuses plantations de thé. Au bout de 5h30 nous voilà à Munnar. Notre JJ Cottage est à 2km du centre de Munnar. C'est un étroit bâtiment tout rose enserré par d'autres maisons identiques. Le patron très sympa nous fait visiter la chambre spacieuse et nickel chrome avec de belles baies vitrées qui donnent sur la campagne et les plantations de thé. Ayant le ventre creux nous allons déjeuner au SN restaurant juste à côté : excellent repas à base de masala et de curry. Le soleil va se coucher et j'en profite pour aller faire un tour dans les plantations en empruntant la route qui part à droite en descendant de notre GH en direction du Lekshmi Estate distant d’un à deux km. Belle plantation bien mise en valeur par un éclairage rasant. En remontant une piste je vois en contrebas le village où sont installés les ouvriers : il s'agit de longs bâtiments divisés en appartements pour chaque famille. Le grand propriétaire ici de 63000 acres de thé est le magnat Tata. Retour à Munnar, le soleil est couché et il commence à faire froid, ça change !

Munnar, dans les plantations de thé
9/2 Munnar
Nuit calme et fraîche, la grosse couverture n’est pas de trop ! il est vrai que nous sommes à près de 1600 m d'altitude. Nous avons choisi de participer à une balade dans les plantations de thé. Notre groupe de 6 touristes démarre peu après 7h pour une ballade dans les environs proches de Munnar. La montée dans les plantations est vraiment magnifique avec le soleil levant qui ourle les tapis des plantations de thé. Belle balade puis c'est la grimpette vers la crête qui domine le paysage et les vallées plantées de théiers. Beau panorama depuis le sommet sur les vallées environnantes et sur les nombreuses plantations de thé qui occupent l’essentiel de la surface. Nous sommes vers 1850 m d'altitude. Puis c'est la redescente toujours dans les plantations de thé. Un peu plus loin nous passons devant les « three houses » cabanes juchées sur de beaux arbres dans un grand jardin fleuri avec une superbe vue sur la vallée en contrebas. Notre guide nous montre quelques épices : cardamome, café, puis c'est le retour par la route qui passe devant Leksmi Estate. En arrivant à notre GH nous apercevons une foule de pèlerins qui s’apprêtent à défiler derrière des chars processionnels. Je vais suivre le défilé jusqu'au village photographiant les groupes de tambourins, les femmes tirant un char avec une longue corde, une autre femme avec une longue tige métallique piquée en travers de la bouche, un homme se balançant, le corps percé de nombreux crochets. Après avoir suivi le défilé durant plus d’une heure et demie je retourne au GH bien fatigué par ces 4 km rajoutés à ceux de ce matin.
Munnar : cérémonie religieuse10/2 de Munnar à Allepey
Journée transport : départ de Munnar vers 8h en bus local pour Kottayam (5h30) toujours par une belle route qui zigzague dans un paysage de montagne magnifique très vert avec une jungle luxuriante, des cocotiers, des ananas, du tarot, des jacarandas. la route passe par Adimaly puis descend vers la côte. A Kottayam à peine sortis du bus on nous indique un autre bus en partance, c'est celui que nous devons prendre pour aller à Changanachery. Au bout d'une demi-heure nous y voilà, nous hélons un rickshaw pour nous emmener au port d’embarquement. Là on nous dit que le bateau ne part qu'à 17h et il n'est que 13h30, dans un sabir mélangeant malayam et anglais, un homme nous explique que nous pouvons prendre un autre ferry à partir d'un autre village à une dizaine de km d'ici. Aussitôt dit aussitôt fait le rickshaw nous fait passer par de grandes rizières toutes plates et nous mène en 20 mn au quai du village au nom imprononçable ! Effectivement peu après 14h un ferry public accoste au quai et nous embarque pour Allepey : pendant deux heures nous allons tranquillement remonter plusieurs canaux, certains très étroits comme des rivières d'autres larges comme des lacs, nous arrêtant tous les km à de petits débarcadères où attendant les passagers. Bel éclairage sur de superbes rizières, les cocotiers qui ombragent les chemins bordant les canaux, le calme, de superbes oiseaux, hérons blancs, des cormorans, des aigrettes s'envolent à notre approche. Vers 16h nous arrivons à la jetée d'Allepey, prenons un rickshaw pour notre GH (South Canal Holidays) où Bindu et Shameer nous accueillent. Nous avons une belle chambre au 1er qui donne sur le jardin. Vers 18h au moment du coucher du soleil, je vais aller me promener au bord de la plage d’Allepey. Il y a beaucoup de monde sur la plage très peu dans l’eau, mais surtout agglutiné dans la zone où les vagues s'arrêtent. Les vendeurs ambulants sont légion (cerf-volant, glaces, frisbees, boissons) il règne une ambiance familiale très joyeuse.

les backwaters près d'Allepey
11/02 Allepey
Journée repos, la premières depuis notre arrivée ici de plus le cadre de l'hôtel et la ville tranquille d'Allepey s'y prêtent bien. Super petit déjeuner varié pris avec une famille française. L'après-midi nous partons à pied en direction du marché bien calme à cette heure chaude de la journée. Nous allons acheter des épices (poivre, masala, noix de cajou) chez un vendeur spécialisé recommandé par l’hôtelier. En fin de journée je retourne en direction de la plage, comme c’est samedi la plage est bondée, des dizaines de bus qui ont amené les touristes sont garés sur le parking. Sur la place près de la plage des joueurs de cricket s’en donnent à cœur joie.
12/02 Allepey - Pulikunnu - Allepey
Vers 10 h nous enfourchons les vélos (état excellent) prêtés par le GH et empruntons la route qui longe la plage sous les piles de la future autoroute (ou du futur métro aérien), et qui file vers le Sud longeant les quartiers de pêcheurs on y est jamais à plus de 150 m de la plage et on voit les bateaux de pêcheurs tirés sur la sable, il y a aussi de grosses planches au bout recourbé qui servent à pêcher et sont plus maniables pour franchir la barre.
Belle balade dans ces quartiers d’habitation tranquille où la verdure prédomine. La présence de canaux nous rappelle que nous ne sommes pas loin des « backwaters ». Excellent déjeuner au Mushroom restaurant avec Frédérique et Thierry que nous venons de retrouver par hasard. Ensuite un rickshaw nous conduit au quai d'où doit partir le bateau pour Pulikunnu : c'est le quai où il y a une station service pour bateau. À 14h pile nous partons pour une super balade dans les backwaters de toute taille, petits, moyens ou grands. De plus comme c'est dimanche il y a beaucoup de passagers qui vont et viennent, des gens vont à la messe, d’autres au temple. On voit aussi beaucoup d'oiseaux (cormorans, aigrettes, hérons et autres échassiers de différentes couleurs. Le bateau s'arrête régulièrement et les passagers embarquent et débarquent. Au bout de 2h20mn nous arrivons au terminus du village de Pulikunnu. Du débarcadère on voit la grande église blanche de rite syriaque (Fernal church). Les fidèles se préparent pour la messe qui va bientôt commencer. C’est étrange de se retrouver aussi loin du Moyen-Orient et de voir ces églises, témoignages des premiers chrétiens venus évangéliser le Kerala il y a près de 2000 ans ! Au retour, le bus pour Allepey va longer les grandes rizières plates et vertes qui bordent la route de chaque côté.

En attente du bateau-bus
13/12 Allepey – Madakal –Allepey
Cette journée a été consacrée à la visite d’une institution religieuse qui s’occupe d’accueillir, de soigner, d’éduquer et de nourrir des enfants et des adolescents handicapés dont les parents ne peuvent s’occuper soit pour des raisons financières soit par manque de temps. Comme nous soutenons financièrement cette institution en parrainant deux enfants nous y avons été accueillis de façon extraordinaire. Ce fut une journée riche en émotions.
14/12 d’Allepey à Cochin
Levé à 6h je pars en vélo vers les plages du sud pour voir et photographier le retour des pêcheurs. Ciel bouché et nuageux ce qui entraîne un éclairage sans relief. Les embarcations de type planches évoluent un peu plus loin au large et commencent à rejoindre la terre ferme les uns après les autres. Je photographie mais je suis aussi sollicité pour les prendre en photos. Certains pêcheurs me suggèrent de photographier discrètement le dénommé « Mokaface ». Quand je leur montre le résultat, ils sont pliés de rire et tous les pêcheurs de la plage veulent voir la photo de Mokaface et rigolent à gorge déployée contents de la blague qu’ils lui ont jouée.

Départ pour la gare en rickshaw (40) où nous attendrons le train express pour Ernakulam qui aura 30 mn de retard. Nous sommes époustouflés par la propreté de la gare et par les équipements électroniques d’affichage des trains, ça change de notre vision d’il y a 40 ans ! En arrivant à Ernakulam jonction, rickshaw (300) pour notre GH (NestGH) à fort Cochi. C’est une belle maison récente, chambre propre, prix imbattable (1000 rp avec petit-déjeuner), on est à 15 mn à pied du centre ville. Nous allons à la découverte du vieux Fort Kochi et notre premier arrêt sera consacré à la vieille église St-François, 1ère église construite à Cochin par les Portugais au XVIe siècle. De là nous nous rendons aux fameux carrelets chinois, attraction symbolique de Cochin. Qu'en dire : ils fonctionnent apparemment surtout pour les touristes et sont manœuvrés dès qu'un groupe s'en approche pour prendre des photos. L'arrière plan manque de charme avec les installations portuaires en fond et la plage jonchée de détritus. De vrais pêcheurs à la ligne ou à l'épervier tentent leur chance au même endroit. Nous nous arrêtons devant les marchands de poissons installés devant les carrelets pour acheter 500 g de grosses crevettes (800rp 1kg) que nous faisons cuisiner juste à côté pour 120 rp. Un petit délice même si un verre de vin blanc aurait été plus indiqué qu'un thé indien ! Le soleil étant revenu j’en profite pour faire quelques photos devant les carrelets. Retour par la rue commerçante Princess qui ne présente pas beaucoup d’intérêts sauf à vouloir faire du shopping ! Excellent dîner de poissons grillés, dhal, curry de légumes, raita mixte, riz, chapatis au guest-house.

Les carrelets chinois de Cochin
15/12 Cochin
Ce matin visite de la laverie traditionnelle dans le quartier de Veli où s’activent des hommes et des femmes lavant et repassant des tonnes de linge à l’ancienne ce qui nécessite des forces, soit pour battre le linge soit pour soulever des fers à repasser en fonte de 10 kg ! Il s'agit d'une institution d'origine hollandaise très ancienne. Puis nous partons en rickshaw pour le quartier de Matanchery et sa synagogue, quartier très touristique à tel point que l'on y rencontre plus de «visages pâles » que d’autochtones les magasins se succèdent les uns derrière les autres et tous les vendeurs essaient d'attirer le chaland dans leur boutique. On est là dans le même esprit de globalisation qu’à St-Trop, Siem Reap (Cambodge) ou Khao San road à Bangkok, donc pas beaucoup d’intérêt pour nous. Visite émouvante de la synagogue la plus ancienne d'Inde et du Commonwealth. Quant aux magasins de souvenirs, les articles évoluent entre marchandises de pacotille de facture chinoise, brocante variée et antiquités douteuses à prix exorbitant. Nous continuons notre chemin par Bazar road qui est autrement plus intéressante : Entre cette rue et la mer sont installés les entrepôts des grossistes de toutes les marchandises possibles qui arrivent ou repartent par bateaux. On y a visité entre autres un grossiste spécialisé dans les épices dont l’entrepôt regorge de ces grands sacs en toile de jute remplis de macis, poivre, cardamome, anis étoilé, thé, café etc. Retour aux carrelets, apéro de crevettes grillées. Bruno, un marin retraité français installé ici depuis quelque temps et avec qui nous avons engagé la conversation, nous invite à boire l'apéro (en fait du pastis) chez lui. Ce fut bien agréable de boire un pastis en si bonne compagnie.
16/02 Cochin
Balade dans Cochin du côté du cimetière hollandais et le long de la promenade maritime qui longe la plage de Fort Kochi. L’après-midi petit tour jusqu'à Matancherry et la sympathique bazar road. Et dans un magasin recommandé par un expatrié, « Villager Handloom » situé dans Bazar road, nous achetons deux beaux tapis de style kéralais en patchwork avec des inclusions de paillettes d’argent à un prix très honnête.
17/02 de Cochin à Colombo (voir plus bas)
NB : l’album de photos est visible en cliquant sur ce lien : goo.gl/...os/xGhdwFdu2TDC3Z7z7
Pour voir les légendes des photos il ne faut pas lancer le diaporama, mais faire défiler les photos une par une.
En guise de conclusion sur l’Inde
En Inde du Sud, il fait déjà très chaud en février, pour nos yeux et nos nez d’occidentaux c'est sale, pour nos oreilles c’est très bruyant, vous n’y êtes jamais seul car il y a du monde partout et pourtant on est vite retombé sous le charme de cette Inde, allez savoir pourquoi ! Le premier « masala tchai » bu, le premier « vegetable korma » mangé, les premiers saris multicolores aperçus, les premiers échos de cette langue tamoule inimitable entendus et tous nos bons souvenirs d’il y a 40 ans nous reviennent en mémoire, nets et purs comme si c’était hier.
L’Inde du Sud c’est aussi ces scènes typiques du sous-continent indien : - la circulation démente en ville, le bruit incessant des klaxons, des moteurs rugissants, des « tuktuk » des rickshaws, les « gendarmes couchés » qu’il faut bien négocier sous peine de décoller de son siège, la conduite « sportive » des chauffeurs de bus sans exception, - L’omniprésence des corbeaux effrontés qui vous narguent et vous frôlent et croassent du matin au soir, - Les hordes d’écoliers et d’écolières en uniforme que l’on rencontre un peu partout, dans les bus, dans les temples, les musées et devant les écoles bien sûr ! - Les saris multicolores des femmes qui au soleil paraissent flamboyer tellement ils prennent la lumière, - Les petites cantines où l’on vient boire le thé, manger des fritures, déjeuner d’un « meal », le repas indien servi sur une feuille de bananier, - La façon amusante de dodeliner de la tête pour acquiescer, - La vie intense qui se déroule dans les temples, avec les fidèles qui viennent en nombre adorer leurs dieux et faire leurs prières, les brahmanes qui soit font la sieste dans les moments creux soit s’activent quand est venu le temps de participer à une cérémonie, - la musique populaire indienne avec ces voix suraigües des chanteuses qui vous vrillent les tympans des heures durant les longs trajets en bus, - les nombreuses sollicitations dont vous faites l’objet en tant qu’occidental et photographe, soit pour photographier des familles indiennes au complet, soit pour intégrer le noyau familial le temps d’un cliché. Je m’imagine en photo immortalisé dans de nombreux albums familiaux et trônant au salon -) - Regardez un indien ou une indienne, esquissez un sourire et vous êtes immédiatement récompensé par un sourire éclatant « plein de dents blanches » qui contrastent avec leur teint et leurs yeux si noirs !
L’Inde du Sud 40 ans après, c’est pareil et en même temps ça a bien changé, tant mieux car la situation ne paraissait pas brillante alors : de nombreux mendiants partout, des routes défoncées, très peu de voitures, une infrastructure touristique très limitée, des bidonvilles. Même si le Tamil Nadu semble moins développé que le Kérala les routes sont dans l’ensemble de bonne qualité, le parc automobile récent, nous avons vu peu de mendiants et uniquement devant les temples, l’infrastructure touristique est beaucoup plus étoffée également, même si les normes d’hygiène sont encore loin des standards européens.
Carnet de voyage d'un séjour de 21 jours au Sri Lanka
Dépenses au Sri Lanka (hors avion France-Sri Lanka) Vol Cochin-colombo : 242 € Dépenses au Sri Lanka : 1062 €
17/02 de Cochin à Colombo Après 50 mn de vol dans un airbus A320 de Srilankan airways nous atterrissons à Colombo Bandanaraike. Les formalités migratoires et bancaires vite expédiées nous prenons un tuktuk sur la route à la sortie de l'aéroport pour notre gh (1000) situé à Negombo : accueil sympathique de la part des hôtes, avec thé et eau. Belle chambre au sol marbré, sdb nickel. Je pars faire un tour sur la plage toute proche au moment du coucher du soleil. On se croirait en Thaïlande à voir le nombre de touristes qui se baladent sur la plage ou qui boivent leur bière assis sur le sable, tous les âges sont représentés, certains sont là en famille avec de petits enfants. Les touristes sont plus nombreux que les locaux. Un peu plus au nord les catamarans typiques du Sri Lanka sont échoués sur le sable. Le quartier très tranquille de notre GH est composé de petites maisons entourées d'un jardin.
18/02 de Negombo à Anuradhapura Petit déj typique du Sri Lanka avec hopper à l'oeuf, thé super sucré, bananes et fruits frais. Notre hôte nous emmène dans son van jusqu'à la route où nous attendons bien au frais le bus pour Anuradhapura qui passera vers 10h30. Il est déjà bondé mais l'aide du chauffeur nous trouve deux places derrière le conducteur. La conduite est sportive les arrêts pas trop fréquents. Au bout de 4h nous voilà à Anuradhapura, nous nous faisons descendre près de la clocktower que je pensais être près de notre GH mais manque de bol il est à 1,5 km plus au sud près de la mairie. Il fait chaud et lourd mais après nous être renseignés plusieurs fois nous trouvons le Rajata beach resort. C'est un GH tout neuf et propre géré par deux frères très avenants qui nous accueillent avec deux grands verres de jus de pastèque, Au dernier étage une terrasse ombragée a été transformée en salon et salle de restauration. Dans la soirée, l'un des frères nous emmène en voiture à la « Casserole » un restaurant qu'il connaît et qu'il nous a conseillé : C'est un restaurant chic avec éclairage tamisé et clim efficace situé au 1er étage d'un bâtiment moderne avec supermarché et divers magasins. Nous avons commandé deux plats, du nasi goreng (riz à l’indonésienne) et un plat de nouilles avec légumes et viandes variés. Les prix sont tout à fait corrects mais les portions sont tellement monstrueuses que nous n'en mangerons que la moitié chacun !
7950

Anuradhapura : les bassins jumeaux
19/12 Anuradhapura Vers 9h15 nous enfourchons nos vélos et partons en direction du site dont l'entrée se trouve à 2km du GH. Les billets d'entrée sont horriblement chers (3750 rp = 24€ pp). A cette heure 9h 40 il fait encore bon, nous visitons la première dagoba et le musée attenant qui recèle quelques belles sculptures. Puis nous allons successivement voir les parties les plus intéressantes de ce grand site qui s'étale sur 6km de long et 4 km de large. Comme c'est dimanche il y a beaucoup de fidèles et de pèlerins qui sont là pour se recueillir sur les sites majeurs du bouddhisme cinghalais et mondial, il s'agit entre autres de l'arbre sacré du Bouddha , des dagobas Ruvanvelisaya, et du monastère Abhayagiri. Vers 13h la chaleur devenant insupportable nous faisons plusieurs arrêts boissons dont deux noix de coco très rafraîchissantes. Le site d'Anuradhapura nous fait penser à AngkorVat (Cambodge) ou à Sukkothai (Thaïlande), mais les ruines sont beaucoup plus abîmées et moins parlantes, par contre l'environnement est très agréable en pleine campagne avec peu de routes et peu de circulation. Le nombre de touristes reste raisonnable et les autochtones sont les plus nombreux et souvent habillés tout de blanc surtout les femmes. Sur le site de l'arbre de Bouddha les pèlerins sont nombreux à tourner autour du temple et à se recueillir devant l'arbre sacré.

Cérémonie religieuse à Anadhapura
20/02 d'Anuradhapura à Polonnaruwa Matinée consacrée au site de Mihintale : Pour profiter du site aux heures les moins chaudes je m'y rends tôt le matin. Pour y arriver je monte dans un bus pour Polonnaruwa qui mettra 40 mn pour rejoindre Mihintale. Là je prends à pied la direction du site, passe devant le musée encore fermé et commence la visite par la dagoba de Kantaka Chaitya. Je suis seul, le soleil est à peine sorti et les oiseaux en profitent ce qui donne une musique tropicale tout à fait agréable. Après cette visite je me dirige vers le ticket office et visite le réfectoire, la salle de réunions et la salle des trésors : les ruines sont peu parlantes à l'exception de quelques pièces sculptées comme la grande mangeoire et les stèles aux inscriptions. Il y a également une belle statue de lion devant le Sinha Pokuna. C'est ensuite la montée vers les dagobas d'une blancheur étincelante situés au-dessus du site. Des différentes collines que l'on peut gravir par des escaliers à peine marqués dans la pierre, on a une belle vue sur la campagne environnante et quelques rizières. Toujours personne à part un couple de Cinghalais et un oiseau avec un gros bec ressemblant à un toucan. Je redescends vers l'entrée où arrivent maintenant des groupes de touristes occidentaux. Dernière étape au musée qui présente quelques pièces intéressantes. Je saute dans le 1er bus qui passe et me retrouve à Anuradhapura vers 10h. Notre logeur nous emmène en voiture à la station de bus : à 12h45 nous partons pour Polonnaruwa pour 4h de trajet. Route entre savane et forêts tout du long. Le bus nous laisse dans le centre de Polonnaruwa près de la Ceylan bank. Nous partons à pied en direction de notre Thissara GH proche de 600 m. Elle est située dans la proche campagne dans un bosquet en bordure d'une belle rizière d'un vert tendre. Dîner-buffet sur place sur la terrasse dehors en compagnie de moustiques voraces et pénibles : excellent curry de poulet, dhal et salades de concombres.
21/02 Polonnaruwa
Petit-déjeuner sur la terrasse avec en bel arrière plan les rizières et le soleil matinal. Nous allons en vélo au musée en ville acheter les tickets (toujours aussi chers) puis partons en
Anuradhapuradirection du sud en longeant le lac : belles scènes de lavandières au bord du lac, de pêcheurs et d'oiseaux de toutes sortes. Visite des deux sites, la statue de Parakrama Bahu et le bâtiment de Poth Gul Vihara…rien d'exceptionnel, de plus les protections gâchent la vision que l'on peut avoir de la statue ! Nous revenons ensuite sur nos pas et allons visiter les sites près du village dont la fameuse terrasse de la dent de Bouddha. Il y a là plusieurs monuments remarquables tant par leurs sculptures en frises que par les statues de Bouddhas dont certaines très usées par le temps. Bel éclairage et bel environnement dans une forêt clairsemée. Vers 10h les groupes de touristes arrivent mais ça reste acceptable. Je repars à vélo vers 16h pour visiter les sites excentrés au Nord. Premier arrêt pour le temple de Shiva 2 et le Rankot Vihara ? Je continue jusqu'au Lankatilaka, bel ensemble composé d'une dagoba toute blanche et d'une grande « cathédrale » massive et sculptée, bel éclairage de fin de journée.
Puis c'est le Kalu gal Vihara le « sanctuaire du roc » avec ses magnifiques bouddhas sculptés dans la falaise malheureusement à contre-jour. En dernier, j'irai voir le petit bassin au lotus avec ses formes originales inspirées de la fleur éponyme. Retour en ville, dernière promenade le long du lac où viennent se baigner et se laver les habitants avant de rentrer chez eux.
22/02 de Polonnaruwa à Sigiriya Départ en tuktuk en direction de la station de bus de Kaduruwela (300rp) de là nous prenons un bus jusqu'à Inamalawa(180rp) puis un tuktuk (600) jusqu'à notre hébergement un peu difficile à trouver vu que tous les hôtels et GH ont à peu près le même nom et que l'adresse postale est très vague. Accueil sympathique des jeunes propriétaires avec un thé et un jus de fruit de mangue. La grande chambre est toute récente (3 mois) et d'une propreté irréprochable. Je pars me balader sur la route pour admirer le rocher de Sigiriya en cette fin d'après-midi. Belle campagne calme, avec seulement le chant des oiseaux. Excellent dîner à base de curry de tomates : nous avons pu assister à la préparation de ce plat qui comporte de nombreux ingrédients : oignons, ail, piment, cannelle, curcuma, feuilles de carry, sel, gingembre et lait de coco, c-à-d l'eau de trempage de la noix de coco fraîchement rappée,
23/02 Sigiriya A 6h45 le patron m'emmène en tuktuk jusqu'à l'entrée du site de Sigiriya. Il n'y a que 10 personnes qui attendent l'ouverture de la billetterie. A 7h je pénètre sur le site en traversant la grande allée qui sépare les jardins et les bassins puis je me faufile par une étroite ouverture entre deux rochers vers le rocher proprement dit. Il fait bon à cette heure et les touristes sont heureusement rares. Puis commence la grimpette par de larges escaliers réguliers en pierre. Au bout de 10 mn on arrive devant le mur miroir sur lequel on est censé voir des graffitis très anciens, je n'ai pas vu grand chose puis on grimpe par des passerelles et des escaliers métalliques jusqu'à la porte du lion dont il ne reste que les deux énormes pattes encadrant l'escalier qui monte vers le sommet du rocher. De là haut on a une superbe vue panoramique à 360° sur la plaine alentour : on y voit des bosquets alternant avec des lacs et des rizières, au loin on voit des montagnes et de temps en temps pointent vers le ciel un bouddha ou un stupa tout blanc. Le plateau sommital est plus grand et vaste que je ne le pensais : le sommet du rocher n'est pas plat et les constructions épousent les différences de niveau et sont reliées par des escaliers qui permettent de passer d'un niveau à l'autre. Rien de très parlant en dehors de bassins plus ou moins grands et de sièges en pierre destinés aux autorités. Je redescends jusqu'au miroir d'où on prend un court escalier métallique en colimaçon qui mène aux demoiselles. Dommage que les photos soient interdites car elles sont effectivement magnifiques et émouvantes. Descente vers l'esplanade qui correspondait aux jardins, où je croise des multitudes de groupes de touristes chinois, européens et locaux, je n'ose imaginer la cohue dans les petites escaliers tant vers les demoiselles que pour monter au sommet ! Sur la route du GH j'ai croisé une centaine de jeunes musulmans tout de blanc vêtus avec leurs petits calots qui avaient l’air de bien s’amuser !

Vue panoramique du haut du rocher de Sigiriya
24/02 de Sigiriya à Dambulla Notre hôte nous emmène en tuktuk à l'arrêt de bus pour Dambulla, 45 mn plus tard nous y voilà. Là nous prenons un tuktuk (150) pour aller jusqu'au Golden temple où nous déposons nos sacs à dos au book shop à gauche de l'entrée kitschissime du temple (100 rp par bagage), Nous commençons la montée sous un chaud soleil pourtant il n'est que 9H et la foule est déjà dense, mais aujourd'hui c'est « bank holidays » donc les Cinghalais sont en congé. Arrivés en haut devant le kiosque d'entrée on nous apprend que le « « ticket office est tout en bas !!! Enfer et damnation, je dois redescendre 350 marches pieds nus ayant laissé mes sandales à la consigne, puis il me faut remonter les 350 marches pour pouvoir enfin pénétrer dans les grottes en nage et avec des centaines de visiteurs. La 1re grotte toute petite et étroite se laisse difficilement admirer avec tout ce monde qui se bouscule, le bouddha couché n'en est pas moins très beau !
La 2me grotte est beaucoup plus grande et se visite plus facilement, le plafond en est entièrement peint avec des motifs religieux, on peut voir ainsi des centaines de bouddhas ou des scènes religieuses. Le long des murs sont posés des dizaines de bouddhas soit debout soit en position du lotus. La 3me grotte ressemble à la 2me en plus petit. Les autres sont du même style.

Dambulla
Re-descente jusqu'au golden temple, cadeau kitsch du Japon et de la Thaïlande que nous ne visiterons pas. Nous reprenons nos sacs et nous voilà repartis en bus, directement devant le golden temple, pour Kandy que nous atteindrons 2h plus tard par une belle route de montagne dont les paysages tropicaux nous font penser à ceux de Munnar au Kérala. Le bus nous laisse un peu avant Kandy à un carrefour indiqué par l'hôte du GH Suresh. Nous hélons un tuktuk qui peine à trouver le GH mais grâce au téléphone nous y arrivons. Installation dans une belle maison dans un quartier très calme aux rues très pentues. Notre hôte, style baba cool nous accueille aimablement nous offrant du thé et nous faisant visiter la maison et la terrasse au dernier étage. Un tuk-tuk (300 rp) nous dépose au centre ville près du temple de la dent. Il y a pas mal de monde : nous allons visiter les différentes curiosités de cet ensemble de temples divers, il n'y a rien d'exceptionnel, la plupart des bâtiments sont assez récents à l'exception de l'entrée du temple de la dent et du hall aux belles colonnes de bois sculptées. Nous resterons jusqu'à 18h30 pour voir l'ouverture du saint des saints et voir la ferveur de la foule faire la queue pour défiler devant le reliquaire. Petite balade dans le quartier commerçant et bruyant de la ville où se mélange églises chrétiennes, mosquées et temples bouddhistes.
25/02 Kandy Peradenya Petit déjeuner végétarien très sucré et un peu bourratif. Vers 9h nous commandons un tuktuk pour aller au jardin botanique de Peradenya. Il fait beau et chaud et comme on est samedi il y a plein de Cinghalais qui sont venus passer la journée ici en famille emmenant le pique-nique. Grand jardin bien entretenu, avec de très belles sections : celle des orchidées, les allées de palmier royaux et choux-palmistes, les bambous géants. Le secteur des épices était un peu maigrichon ainsi que celui des fougères. Par contre il y a, un peu partout dans le jardin des arbres magnifiques d'une taille impressionnante. Nous prenons le bus urbain pour retourner dans le centre ville avec une circulation dense et chaotique, il nous faudra plus de 40 mn pour faire 6 km de routes bouchonnées. Nous commençons à avoir une petite faim que nous allons satisfaire en allant manger au Devon restaurant, grand restaurant populaire avec une animation musicale très sonore dont on se serait bien passé, quant aux plats ils sont goûteux et à prix raisonnable. Je pars ensuite faire le tour du lac (4km) en un peu moins d'1h. Quelques beaux hôtels et belles maisons se partagent cet endroit privilégié. Petite cérémonie de prières devant l'entrée du temple de la dent.
26/02 de Kandy à Nuwara Eliya Bus intercity. Qu'en dire ? Ticket 3 fois plus cher (les bagages s'ils occupent une place valent le prix de cette place) que le bus local, confort mitigé sur un strapontin branlant, vue sur le paysage très limitée puisque tous les rideaux ont été tirés par les passagers pour dormir dans l'obscurité, heureusement je suis à la fenêtre et je profite un peu du paysage de montagne et des plantations de thé. Temps gris, il pleuviote un peu en arrivant à Nuwara Eliya. Une fois de plus le tuktuk se trompe (à notre avis volontairement pour allonger une course qui aurait été trop courte vu le prix demandé) malgré le fait qu'on lui ait montré le nom et l'adresse du GH. Grande chambre récente avec des baies vitrées partout, hôte très sympathique qui nous accueille avec du thé. Je pars me balader en ville sous un ciel menaçant, d'ailleurs il commencera à pleuvoir vers la fin de ma sortie. C'est assez étrange, on se croirait vraiment en Grande-Bretagne à voir les maisons victoriennes ou de style Tudor, le champ de courses hippiques, les jeunes qui jouent au criquet, le golf et les vénérables hôtels de luxe, sans parler de la poste « so british », même la météo est au diapason avec cette bruine désagréable. Nous allons dîner au Milano, excellente cuisine à prix raisonnable. A la tombée de la nuit les alentours du marché sont un peu glauques avec des mendiants et des gens miteux qui luttent contre le froid qui s'installe. La misère serait-elle plus belle au soleil comme dit la chanson ?
27/02 de Nuwara Eliya à Ella Il a plu une bonne partie de la nuit mais quelques rayons de soleil font timidement leur apparition. Petit-déjeuner au GH puis bus pour la Pedro tea factory (en 10 mn) avec le bus qui part en direction de Kandapola de l'arrêt de bus on voit le bâtiment de la manufacture de thé qui se trouve à 10 mn de marche à pied. Pour 200 rp on a droit à un thé avant et après la visite. La visite elle-même est expédiée en 15 mn et se déroule devant des machines à l'arrêt et sans aucun ouvrier au travail ! Dommage, la guide n'est pas toujours compréhensible autant dire que pas mal d'infos nous passent largement au-dessus ! La visite terminée j'en profite pour aller me promener dans la plantation et faire quelques photos. Retour en bus à Nuwara nous allons chercher nos affaires au GH et repartons à la station de bus non sans avoir au préalable achetés quelques provisions de bouche (samosas et fritures diverses). Pour aller à Ella c'est assez compliqué en bus puisqu'il va falloir changer deux fois, dont la deuxième à Bundarawela. Beaux paysages de montagne avec une route sinueuse et toujours de belles cultures vivrières. Arrivés à Ella nous trouvons facilement le « Grand peak GH » où nous sommes accueillis en français par le patron Sonny et sa femme qui vont nous expliquer avec force détails ce qu'il y a à faire à Ella. Il me reste encore un peu de temps pour faire une balade en direction du Little peak Adams et faire quelques photos des plantations de thé. Excellent dîner (un peu cher ) au GH. La chambre 109 face à la réception et le restaurant a été un mauvais choix : bruit + lumière une bonne partie de la nuit, d'autant que les fenêtres de la chambre qui donnent sur cet espace n'ont pas de rideaux.

Plantations de thé vers Haputale
28/02 de Ella à Haputale et retour Réveil à 5h30 pour aller prendre le train à la gare (15 mn à pied) en direction de Haputale soit 1h de trajet en montagne et parmi les plantations de thé. En arrivant à Dambatenne nous négocions un tuktuk (1000 rp) avec 2 bayonnaises rencontrées hier dans le bus. La montée s'effectue sous un soleil intermittent et un super paysage de plantations de thé, mais à mi- hauteur nous rentrons dans une brume épaisse qui ne nous quittera plus jusqu'au sommet. Nous prenons un petit-déjeuner sommaire dans la gargote devant le « Lipton seat ». Une petite échappée nous permet d'apercevoir furtivement le point de vue magnifique sur les plantations en bas. Nous commençons la descente (7km) dans la brume, puis sous un ciel relativement dégagé et pour finir sous une pluie battante 2 km avant d'arriver à la manufacture. 1/3 de Nuwara Eliya à TangalleL Levés vers 8h30, petit-déjeuner sur place, entourés de français, c'est normal vu que le patron parle français et en fait sa publicité! Vu le temps couvert nous laissons tomber la balade au little Adam's Peak et prenons un bus pour Welliwaya puis de Wellivaya jusqu'à Tangalle où nous arrivons à 14h sous une bonne pluie qui nous accompagne depuis que nous avons dépassé Hambantota. Au Beach lagoon nous avons réservé une chambre par booking. Belle chambre avec terrasse qui donne sur le jardin et le lagon un peu plus loin. Eau froide et ventilo mais vu les conditions météo c'est suffisant. La pluie va se calmer et cesser ce qui va nous permettre de nous balader le long de la très grande plage balayée par de grosses déferlantes puissantes et mousseuses. Dîner au blue horizon, pas terrible ! le thon est trop frit presque « torréfié » quant au riz aux fruits de mer s'il y a bien du riz les fruits de mer, il faut bien les chercher pour les trouver ! Il est vrai que nous sommes dans un endroit touristique où tout est calculé et fait pour le touriste. Dès que l'on voit des panneaux « happy hours » ou « special buritos » ou « mojito » on sait que l'on est dans une enclave touristique qui pourrait se trouver aux Canaries, à Ibiza, à Siem Reap ou à Vang Vien. Les sonos hurlent des standards occidentaux : Bob Marley, Abba, Pink Floyd et autres !

Coucher de soleil à Polhena
2/3 Tangalle Levé aux aurores, vers 6h, c'est l'heure où le photographe peut espérer faire quelques belles photos, à condition que le soleil ne soit pas voilé ! Je pars en direction du centre ville puis du port pour assister à la criée aux poissons qui viennent d'être déchargés des nombreux bateaux de pêche qui sont amarrés ici. Ambiance affairée avec les vendeurs et les acheteurs qui échangent des prix, des mimiques, des gestes d'accord ou de désaccord. D'autres déchargent les bateaux, d'autres vont chercher de la glace pilée, d'autres encore débitent les poissons, coupent les têtes. Un peu plus près, le long de la plage j'assiste au retour des pêcheurs qui pêchent sur leurs catamarans. On me sollicite pour aider à remonter les pirogues sur le sable et pour hisser le long filet qui est encore largement immergé dans la mer. Au GH, petit-déjeuner mixte (srilankais et continental) puis nous allons à la plage nous baigner devant le restaurant « blue horizon » où un amas rocheux brisent les lames puissantes: eau chaude, mer calme à cet endroit. Sieste et lecture, vers 14h je pars à pied en ville changer de l'argent dans un ATM et en profite pour acheter quelques fritures pour le « 4h » qui sera arrosé par un lime juice. Balade le long de la plage en direction du port.
3/3 de Tangalle à Polhena Petit-déjeuner mixte (continental et cinghalais) comme hier puis nous allons nous tremper une dernière fois dans la mer devant le Blue Horizon, nous sommes seuls à cette heure et la mer est chaude et calme, mais le soleil est brûlant, attention aux coups de soleil ! Nous quittons ce GH sympathique , prenons un tuktuk (150 rp) pour la station de bus et très vite nous attrapons un bus en partance pour Matara : environs 1h15mn plus tard nous voilà à Matara un tuktuk (250 rp) nous emmène jusqu'à Polhena et peine à trouver notre GH qu'il nous disait connaître ! C'est une maison neuve avec 4 ou 5 chambres toutes propres avec ventilo et sdb récente. Je pars explorer la route qui part en direction de l'ouest longeant la côte avec ses nombreux restos et GH. L'après-midi nous irons nous baigner sur la plage publique de Polhena en même temps que des groupes de scolaires venus en bus passer quelques moments ici, ambiance bonne enfant garantie ! Dîner de poissons au GH, si le poisson est bon les légumes bouillis et le riz blanc en accompagnement sont insipides, nous avons aussi goûté au kottu, rien d'exceptionnel.
4/3 Polhena Il pleut depuis cette nuit à verse. Le ciel bleu n'est pas loin et nous partons à pied vers la ville de Matara en empruntant la petite rue qui serpente dans la jungle entre canaux et mer et qui abritent de très belles maisons de maître. Au bout de 50 mn de marche nous longeons main street la rue commerçante de Matara puis arrivons devant les restes du fort hollandais et devant la petite île sur laquelle se trouve un temple. Une fois de plus le déchaussage et la consigne des chaussures est payante (100rp) je refuse tout net et repars en sens inverse, ras le bol de toujours payer ! Balade le long de la très grande et longue plage de Matara. De nombreux couples de jeunes abrités par un parapluie se bécotent sur les bancs publics face à la mer. Achats de fruits et de fritures pour le déjeuner et retour en tuktuk. En fin de journée je pars me baigner dans les petites criques sableuses à l'Ouest de la plage publique de Polhena. Les vagues sont un peu cassées par le récif de corail mais restent assez fortes, de plus des plaques de corail mort pointent sous le sable dans la mer ce qui est dangereux avec une eau trouble qui les cache à nos yeux. Au moment du coucher du soleil je vais faire quelques photos le long de Polhena road. Excellent dîner thaï au resto Lakraj tout près de notre GH.
5/3 de Polhena à Galle Nous partons à pied en direction de l'arrêt de bus sur la route de Matara. Très vite un bus nous emmène à Galle. Du bus stand nous prenons un tuktuk pour notre GH, le Fort Inn. Patronne avenante mais chambre qui s'avère moins reluisante qu'escomptée : draps sales et courts, chambre un peu miteuse, atmosphère lourde, odeur de moisie dont les draps sont imprégnés, salle de bain aux accessoires inexistants ! Ayant réservé par booking pour deux nuits nous sommes piégés, de plus le jeune gérant est prétentieux tout juste capable de regarder à longueur de journée des jeux vidéo ! Nous allons nous promener dans la vieille ville hollandaise et allons croquer quelques fritures à « l'indian restaurant » dont la belle terrasse donne sur les remparts sud. Retour à la chambre. Le soir dîner au même endroit de dhal et de végétable korma : ah la cuisine indienne est incomparable ! et nous paraît supérieure à la cuisine cinghalaise par ses associations d'épices plus subtiles et qui nous à fait apparaitre le rice & curry un peu fade. Nuit difficile avec moustiques agressifs : moustiquaire trouée et ventilo poussif.
6/3 Galle Après de nombreuses palabres avec la patronne, nous changeons de chambre avec une moustiquaire plus neuve, la chambre au 1er est mieux et le prix plus raisonnable. Nous passerons la journée à nous balader en ville à photographier les vieilles maisons coloniales de couleur ocre avec leurs colonnades et leurs avant-toits. Des photographes professionnels s'activent à photographier de jeunes locaux en habit de fêtes et de mariage traditionnels pour je ne sais quelle campagne publicitaire. Le fort de Galle fait partie de ces villes touristiques où le business a transformé une ville originale en produit de la mondialisation avec ses magasins chics vendant des montres de luxe suisse, ses hôtels « heritage » ses Porsche Cayenne, ses vieilles Morris de l'âge d'or. Une maison sur deux est un GH, un magasin de souvenirs, une bijouterie ou un restaurant pour touristes avec des offres « typiques » : tabboule, pizza, bruschetta, panini... ! Heureusement il y a encore en ville des habitants même s'ils vivent essentiellement du tourisme : Le Fort de Galle est indéniablement un beau quartier avec de belles maisons et il s'en dégage encore une atmosphère nostalgique mais pour combien de temps ? Cochin, autre ville touristique et particulière me paraissait plus vivante et plus authentique que fort Galle.

Galle : le quartier du fort
7/3 de Galle à Negombo A la gare un express train va nous emmener à Fort Colombo en 2h30mn, les rails suivent la côte la plupart du temps et des bidonvilles squattent les bords des rails. La nature est toujours aussi exubérante, verte et tropicale. A Colombo, nous prenons un bus pour Negombo à la station de bus toute proche de la gare. 1H30mn plus tard nous descendons à la station de bus de Negombo d'où un tuktuk va nous amener chez Joseph Family GH. Balade sur la plage, baignade dans une eau chaude avec quelques rouleaux pas bien méchants. Excellent dîner à base de produits de la mer chez Aroma sur la route de la mer : crevettes, frites et salade pour Monique, rouget, frites et salade pour moi.

Negombo : le retour des pêcheurs
8/3 de Negombo à Riyad Levé à 6h je pars à la recherche des pêcheurs qui ne devraient pas tarder à ramener leurs filets. En fait en arrivant sur la plage à la hauteur du Starbeach hotel je suis remonté en direction du port vers le sud et au bout de 15mn je suis arrivé à la hauteur d'un quartier de pêcheurs et ai attendu. Les barques ont commencé à arriver bien chargées de filets aux reflets d'argent dus aux poissons qui y étaient piégés. Ici aussi j'ai été sollicité par les pêcheurs pour tirer les barques hors de l'eau, encouragés par les chants rythmés prévus à cet effet. Bel éclairage, belles photos. Retour au GH, petit-déjeuner puis baignade dans une mer chaude et calme. Déjeuner à l'Olive tree, moins bon qu'hier. Retour au GH repos puis départ en tuktuk (800 rp) pour l'aéroport. Malgré les avertissements d'arriver 5h en avance, il n'y a pas foule et en 2h toutes les formalités étaient terminées, le plus long a été l'attente devant le guichet de la Saudi Arabian avec deux cas devant nous qui ont été longs à régler ! Décollage dans un Boeing 777 pour 5h10mn de vol un peu chahuté par moments. Attente à Riyad puis re-décollage dans un 777 pour 6h de vol, arrivée à CDG à 7h du matin.
Conclusion : Nous avons trouvé les Cinghalais d'une grande convivialité, très souriant et d'un abord facile. A notre avis, certains sites anciens ne sont pas exceptionnels, ainsi les monuments d'Anuradhapura sont abîmés et dans l'ensemble peu lisibles, les ruines de Polonnaruwa par contre sont belles, Sigiriya vaut par ses fresques « les demoiselles » et l'originalité de ce gros monolithe. Les grottes de Dambulla avec leurs Bouddhas et leurs fresques sont également remarquables. En dehors de ce triangle culturel nous n'avons pas vu dans notre circuit de grands monuments. Les plages que nous avons vues ne nous ont pas paru exceptionnelles non plus, soit parce que la baignade peut y être problématique à cause des courants dangereux, soit des rouleaux imposants empêchent une baignade tranquille soit la présence d'affleurements de corail invisibles sous l'eau peuvent occasionner des blessures. Nous avons bien aimé les paysages des plantations de thé dans les environs d'Ella et d'Haputale, un peu moins la ville de Nuwara Eliya. L'hôtellerie nous est apparue chère et d'un rapport qualité prix moyen surtout dans les endroits touristiques comme Kandy, Galle. Nous n'avons pas apprécié du tout (et nous ne sommes pas les seuls !) la politique gouvernementale qui vise à faire payer aux touristes un maximum (prix des entrées de temples exhorbitants !) et ce de plus en plus si on suit l'évolution des prix sur quelques années.
Nous avons bien aimé : Les plantations de thé de la région d'Ella et d'Haputale Les sites de Polonnaruwa, Sigiriya et Dambulla
Nous avons moins aimé : Kandy : les environs du lac et du temple de la dent sont agréables, le temple lui-même ne me paraît pas exceptionnel. Nuwara-Elyia : intéressant uniquement pour les bâtiments de style anglais et l'ambiance qui en découle, mais quand il pleut c’est tristounet. Galle : le quartier du fort est en passe d'être « muséifié » : bientôt il ne restera plus que des GH, des magasins pour touristes et des restaurants. Anuradhapura : les ruines sont peu parlantes mais le site est agréable Ella : rien d'authentique, que des GH et des restaurants !
Nous n'avons pas aimé : La pollution dans les villes générée par tous les camions, tuktuk, voitures et bus aux échappements douteux.
L'album de photos est visible en cliquant sur ce lien :
https://goo.gl/photos/4BjqeDK2wX7NhMdV7
Pour voir les légendes des photos il ne faut pas lancer le diaporama, mais faire défiler les photos Une par une.
INDE DU SUD 5 janvier 2017
Voyage préparé avec une petite agence locale de Pondichéry (Lien / nom d'agence supprimé par l'administration de VoyageForum) que nous conseillons vivement. (Lien ou nom d'agence supprimé par l'administration de VoyageForum) et sa famille prennent de nos nouvelles chaque jour. Nous nous sentons vraiment en sécurité pour découvrir ce continent que nous ne connaissons pas. Déjà avant le départ, elle communiquait avec nous par Skype en vidéo pour répondre à nos questions. En Inde , pas de location de voiture sans chauffeur. Nous faisons donc la connaissance de Mani qui va nous accompagner chaque jour avec une gentillesse infinie .C’est une la première pour nous et sans regret car les routes sont encombrées, étroites et c’est du sport de c onduire en plus à gauche ! Vitesse moyenne 38 km/h
Budget pour deux et 15 jours Inde du Sud 2300 € par personne vol Paris Chennai Air India comris le 5 janvier (chauffeur, hôtel et petit déjeuner compris dans forfait) et 500 euros divers, entrées, pourboires, petits cadeaux et repas. Prix moyen des repas 300 roupies .
Voyage avec Air India à l’heure et apéritif gratuit dans l’avion ! A l’arrivée les formalités sont longues et les conditions nouvelles pour le change. Retrait de 5 000 roupies cash par personne et carte de crédit pour 50 000 roupies. On a pris une carte CB et ce fut vraiment pratique. On a pu l’utiliser partout. En général, l’administration à l’aéroport Chennai est peu aimable et sèche mais bon…
Samedi 7 Mahabalipuram et Auroville Dès 8h30, nous voici plongés dans une foule vêtue de rouge. On observe une place avec des cars dortoirs, des femmes faisant leur toilette, étendant leurs beaux saris rouges. Plus loin, la foule se baigne dans la mer, vision surprenante et exceptionnelle de la fête de Ponga début janvier. Nous visitons ensuite les célèbres temples puis nous filons sur Auroville Auroville, la ville de la sérénité et de la joie où la propriété n’existe pas. Immense terrain dans lequel nous avons marché plus de 11 km sur à pied car plus de location de vélos ce dimanche. Nous recherchions Sandrine Denier enseignante à l’école Lilaloca et finalement nous ne l’avons pas trouvée ! Sur le chemin, nous nous nous approchons des bruits et en fait c’était la fête des enfants dans les bois. Incroyable ! 60 ans en arrière avec des activités d’écoles, des jeux de boue, d’escalade plus que périlleux, une banque dans un vieux bus et de nombreux adeptes et habitants d’Auroville européens et jeunes internationaux voulant vivre une expérience méditative et communautaire. Moi qui suis enseignante, beaucoup de questions sur la pédagogie et la future adaptation des élèves dans le monde actuel et dur. Tout là-bas est idyllique. Sur le retour, nous croisons plusieurs femmes européennes circulant à moto. C’est vraiment un endroit particulier et j’oubliais cette fameuse boule dorée dans le parc où on peut venir méditer un quart d’heure sur rendez-vous. Dimanche Pondichery Un peu découragés par la circulation difficile à Pondichéry avec trottoirs défoncés caniveaux ouverts, on marche dans la rue au milieu des motos et voitures, nous restons à l’hôtel et profitons d’un massage indien complet pour 1 500 roupies.
Lundi 9 janvier : route de Pondichery à Tanjore Départ 9 h pour 190km et 3 h 30 prévues. Nous entrons dans le Tamil Nadu. Paysages tropicaux bananiers, rizières et beaucoup de canne à sucre. Des huttes tout le long du chemin pour les ouvriers agricoles circulation toujours dangereuse avec slalom pour éviter soit les motos soit les bus. A 70 km sur de Tanjore visite de deux temples du XI siècle Gangaikondacholapuram et Drasuram. Ca vaut le coup. Nuit à l’hôtel Gnanam référencé dans le guide du routard. On a mangé au restau végétarien sur les conseils du serveur. Tanjorre une ville surpeuplée. Nous sommes arrivés à la sortie des classes. Il faut absolument être à 17 h au temple Brihadeshawara pour le coucher de soleil. Photos superbes en perspectives. Nous étions considérés comme des extra-terrestres. Les pèlerins de la fête de Pongal début janvier voulaient tous poser avec nous ou être pris en photos. Comme tout le monde nous nous déchaussons et entrons dans le temple pour voir Shiva au son de la musique et en file indienne. Etonnante situation et beaucoup d’interrogations en voyant circuler les billets près des religieux. Nous nous sommes laissés emporter par cet endroit dans un jardin immense et nous avons attendu le coucher du soleil et l’illumination des temples tout en assistant au spectacle de tous les passants aux vêtements de couleur noir venant du Kerala, vert pour les adeptes de Ganesch et rouge pour les Tamuls Mardi 10 Tanjore la région de Chettinidad Une superbe région qu’il ne faut pas hésiter à visiter si on a un chauffeur. Belles routes et un paysage bucolique. Nous nous avons été à la rencontre des cueilleuses de riz, visité au creux d’une montagne une grotte où sont cachés trois bouddhas. Expérience étonnante d’échos au centre de la terre. Ensuite route vers Kanaducathan, extraordinaire village de palais abandonnés. Impressionnant et une ambiance particulière. Nous logeons à l’hôtel Chettina Court recommandé par le Routard. Deux visites de carreaux de ciment et tissage. Madurai Bain de foule, circulation, on prend un guide pour 300 roupies pour 3 h de visite du grand temple dravidien. Ouf ! notre dernier temple puisque nous quittons demain le Tamil Nadu pour entrer au Kerala terre plutôt chrétienne et moins pratiquante. Le coup de cœur à Munnar le 12 janvier Essence 60 roupies le litre, 4 h de route entre Madurai et Munnar avec une belle route de lacets en montagne et à l’arrivée presque le paradis. Les plantations de thé sur les collines superbes et le dur labeur des cueilleuses. Nous avons visité l’usine de fabrication du thé. Rapide et intéressant mais entrée 400 roupies pour les étrangers Et puis conseil : ne pas aller voir le garden flower ni le barrage alentour mais aller tout droit à l’Ecotone à 13 km de Munnar(, notre seule nuit luxe) Vous vous trouverez dans un jardin d’Eden avec des chambres dans la végétation tropicale et n’hésitez pas à rester deux ou trois jours dans la voie de l’écologie, vous partez faire des randos au lever du soleil. L’accueil et le buffet top.
Réserve de Chinnar à 52 km de Munnar et 2 h de trajet. Beaucoup de bus et routes étroites mais toujours aussi jolies avec les plantations de thé. 2 300 roupies par personne départ 14 h avec garde forestiers pour 1 h de marche le long de la rivière. Nous arrivons au chalet pour préparer le camp. Nous repartons ensuite à la recherche d’éléphants en observant à partir de plus hauts points de vue. Rien à l’horizon. Allait-on en voir ? Dîner indien et verre de thé. 7h40 nous repartons sacs à dos avec nos deux gardes et nous voyons des éléphants plus loin bisons et buffles. Très difficiles à observer dans la nature, chapeau pour le coup d’œil et le professionnalisme. Nous avons pisté et trouvé les éléphants super. Nous hésitions car le guide n’était pas optimiste mais cela valait le coup. Chinnar Kumily 4 h de routes tortueuses Nous arrivons à l’hôtel Paradiso. Pas mal de français et direct nous allons voir les deux spectacles traditionnels du Kerala. Pas mal 400 roupies par personne pour les deux spectacles. Nous déjeunons ensuite au Bambou café pas loin de l’hôtel. 500 roupies à deux, plat plus dessert Notre guide nous emmène à Eléphant jonction. C’est touriste mais on ne peut pas y échapper. On a bien observé l’attitudes des cornacs et les éléphants étaient bien traités. On a donc décidé de monter dessus pour 350 roupies chacun 15 mn. Ils prennent les photos aux bons endroits. Pourboire à ...l'éléphant ! Ensuite nous filons chez Abraham pour les épices sur les conseils d’un guide rencontré à l’hôtel. Effectivement, nous trouvons ce bel homme de 65 ans dans son jardin et c'est avec passion qu’il nous conte toutes les espèces de son jardin. Nous avons été rejoints par une famille indienne bien sympathique et nous formions un petit groupe cool. Deux heures trente sont passées sans qu’on s’en rende compte. On a acheté des épices chez lui plutôt qu’à Thekkady dans les nombreuses boutiques. 100 roupies la visite. Un type super qui parle plein de langues.
Kumily Cochin 4 h 30💛 Moyenne 38 km heure avec un chauffeur habitué aux routes sinueuses. Des caoutchoutiers partout et de très belles maisons pour leurs propriétaires tout au long du chemin. Arrivée à l’hôtel simple mais central Gama Heritage. Adeptes du guide du routard qui ne nous a jamais fait défaut, nous allons déjeuner au Dal rôti pour 530 roupies à deux (toujours un plat principal sans dessert comme les indiens) on visite le Dutch palace et la synagogue (bof) puis on passe toute la fin d’après-midi et la soirée sur le remblai à observer les pêcheurs occupés à la vente de leurs poissons, le coucher de soleil. Nous on a trouvé que ça valait le coup de voir. Bien sûr c’est sale mais dans de nombreux pays c’est comme cela, alors on relativise. Notre impression : Cochin comme Pondichery deux comptoirs qui semblent aujourd'hui désuets, des villes du passé mais cela a du charme et on a bien aimé.
Cochin Marari. 1 h 15💛💛💛 Nous arrivons dans un endroit idyllique une grande Maison Blanche dans la cocoteraie face à la mer. C’est Austin Beach villa. Une équipe de femmes d’une gentillesse indicible. La vie continue sans s'occuper des étrangers privilégiés venus dans ce petit coin qu’on recommande. On observe la vie des pêcheurs le démêlage des filets avec leur femme et bien sûr baignade et coucher de soleil sur la mer. Nos voisins français ont payé 4 820 roupies pour ce bel endroit nuit petit déjeuner et dîner compris.
Marari-Allepey 40 km coup de cœur💛💛💛 Départ 10 h30. On longe la mer sur une bande de terre. Belle route avec toujours les activités des villageois. Nous arrivons à l'embarcadère pour midi. Rendez-vous avec Kerala tours sur les backwaters. On a du mal à réaliser qu'on va avoir un bateau pour nous seuls. Eh oui ! Tout confort : chambre salle de bains salon, un capitaine et un cuisinier. Ils nous accueillent avec des colliers de jasmin , fruits, noix de coco paille. Nous partons sur notre jonque pour la plus belle journée de notre voyage et nuit à bord. A NE PAS manquer, un enchantement. Nous filons au milieu des deux rives de cocotiers bordées de nénuphars qui cachent une multitude d’espèces d’oiseaux. Des photos, toujours des photos. Nous déjeunons de petits plats nouveaux Une escale dans un village charmant où nous visitons une église pleine à craquer un mercredi à 16 h ! Quelle ferveur religieuse dans ce pays. Des écoliers partout qui prennent les barques pour rentrer, la vie des bords du fleuve. Quel spectacle tout le long du parcours : les femmes qui battent leur linge ou font la vaisselle, ou attendent du poisson, les oiseaux pêchant on a adoré On s’apponte à 18h au coucher de soleil sur les rizières. Soleil rouge d'Inde magnifique Dîner à bord. On s’offre une demi bouteille de sauvignon proposée par le cuisinier ( eh 600 roupies… deuxième fois en quinze jours). C'est presque la fin de notre voyage en Inde. Demain après le petit déjeuner, on repart pour être à 9 h au point de départ. Mani notre chauffeur nous y attend. Nous lui avons payé deux nuits à l’hôtel (2x450 roupies) car nous le voyions fatigué de coucher dans sa voiture. Très, très belle journée, un luxe qu'il faut se payer absolument, quitte à sacrifier une autre visite.
Allepey-Kovalam 160 km 4 h Après le petit déjeuner à bord, nous descendons de la jonque (pourboire 100-150). Nous sommes accros nous retrouvons Mani. Direction Kovalam car près de l’aéroport qui nous permettra de rejoindre le Sri Lanka samedi. Route nationale longue, encombrée. L e Kerala est magnifique mais ses routes sont encombrées de publicités géantes, sales et pourtant la région est riche au vu des somptueuses villas. Nous arrivons à l’hôtel Yasmine Palace en descendant une pente raide impressionnante. Hôtel peu cher 800 roupies la chambre double, repas 350 roupies. Il y a une piscine correcte pour une étape. C’est suffisant.
Vendredi 20 janvier dernier jour - Centre ayurvédique Mitra Hermitage 7 km de Kovalam💛💛 Pour notre dernier jour en Inde, nous voulons découvrir les soins ayurvédiques. Un peu surpris au début par l'endroit ne correspondant pas au site, nous attendons. Après un petit déjeuner, nous avons une consultation avec le docteur Maech. Questionnaire sérieux. Il détermine quels sont nos points dominants. Moi, c'est pitta (feu et eau) et vata (espace et air). Nous avons à 11 h un massage complet du corps (impressionnant de bien être) puis un déjeuner simple riz légumes, eau chaude colorée et une petite mixture foncée à prendre au début du repas. Nous remarquons plusieurs personnes seules venues se reposer ou se recentrer sur leur vie. Ils nous disent tous que c'est un petit centre sérieux. Pas l'usine. Le personnel est agréable. Pas de mots inutiles. Après-midi un triple soin (massage tête, corps et...) Cette journée de découverte coûte 50 € par personne. Cela vaut le coup !Pour les curistes qui viennent, c’est 700 € les soins pour deux semaines plus le coût du logement variable de la chambre simple au cottage au bord de l'eau. Une bonne expérience dans de bonnes conditions.
Décidément, ce voyage en Inde nous pose beaucoup de questions sur la religion, la santé. Tout à l'air zen ainsi que les relations entre les gens mais cette apparence cache une société inégalitaire avec des codes rigoureux. Question aussi sur le sort des chauffeurs qui couchent dans la voiture. Difficile inconfort, chaleur, moustiques. L'Inde est étonnante et on a envie de revenir pour mieux saisir le sens de tout cela. Jean Marie et Dominique
Voyage préparé avec une petite agence locale de Pondichéry (Lien / nom d'agence supprimé par l'administration de VoyageForum) que nous conseillons vivement. (Lien ou nom d'agence supprimé par l'administration de VoyageForum) et sa famille prennent de nos nouvelles chaque jour. Nous nous sentons vraiment en sécurité pour découvrir ce continent que nous ne connaissons pas. Déjà avant le départ, elle communiquait avec nous par Skype en vidéo pour répondre à nos questions. En Inde , pas de location de voiture sans chauffeur. Nous faisons donc la connaissance de Mani qui va nous accompagner chaque jour avec une gentillesse infinie .C’est une la première pour nous et sans regret car les routes sont encombrées, étroites et c’est du sport de c onduire en plus à gauche ! Vitesse moyenne 38 km/h
Budget pour deux et 15 jours Inde du Sud 2300 € par personne vol Paris Chennai Air India comris le 5 janvier (chauffeur, hôtel et petit déjeuner compris dans forfait) et 500 euros divers, entrées, pourboires, petits cadeaux et repas. Prix moyen des repas 300 roupies .
Voyage avec Air India à l’heure et apéritif gratuit dans l’avion ! A l’arrivée les formalités sont longues et les conditions nouvelles pour le change. Retrait de 5 000 roupies cash par personne et carte de crédit pour 50 000 roupies. On a pris une carte CB et ce fut vraiment pratique. On a pu l’utiliser partout. En général, l’administration à l’aéroport Chennai est peu aimable et sèche mais bon…
Samedi 7 Mahabalipuram et Auroville Dès 8h30, nous voici plongés dans une foule vêtue de rouge. On observe une place avec des cars dortoirs, des femmes faisant leur toilette, étendant leurs beaux saris rouges. Plus loin, la foule se baigne dans la mer, vision surprenante et exceptionnelle de la fête de Ponga début janvier. Nous visitons ensuite les célèbres temples puis nous filons sur Auroville Auroville, la ville de la sérénité et de la joie où la propriété n’existe pas. Immense terrain dans lequel nous avons marché plus de 11 km sur à pied car plus de location de vélos ce dimanche. Nous recherchions Sandrine Denier enseignante à l’école Lilaloca et finalement nous ne l’avons pas trouvée ! Sur le chemin, nous nous nous approchons des bruits et en fait c’était la fête des enfants dans les bois. Incroyable ! 60 ans en arrière avec des activités d’écoles, des jeux de boue, d’escalade plus que périlleux, une banque dans un vieux bus et de nombreux adeptes et habitants d’Auroville européens et jeunes internationaux voulant vivre une expérience méditative et communautaire. Moi qui suis enseignante, beaucoup de questions sur la pédagogie et la future adaptation des élèves dans le monde actuel et dur. Tout là-bas est idyllique. Sur le retour, nous croisons plusieurs femmes européennes circulant à moto. C’est vraiment un endroit particulier et j’oubliais cette fameuse boule dorée dans le parc où on peut venir méditer un quart d’heure sur rendez-vous. Dimanche Pondichery Un peu découragés par la circulation difficile à Pondichéry avec trottoirs défoncés caniveaux ouverts, on marche dans la rue au milieu des motos et voitures, nous restons à l’hôtel et profitons d’un massage indien complet pour 1 500 roupies.
Lundi 9 janvier : route de Pondichery à Tanjore Départ 9 h pour 190km et 3 h 30 prévues. Nous entrons dans le Tamil Nadu. Paysages tropicaux bananiers, rizières et beaucoup de canne à sucre. Des huttes tout le long du chemin pour les ouvriers agricoles circulation toujours dangereuse avec slalom pour éviter soit les motos soit les bus. A 70 km sur de Tanjore visite de deux temples du XI siècle Gangaikondacholapuram et Drasuram. Ca vaut le coup. Nuit à l’hôtel Gnanam référencé dans le guide du routard. On a mangé au restau végétarien sur les conseils du serveur. Tanjorre une ville surpeuplée. Nous sommes arrivés à la sortie des classes. Il faut absolument être à 17 h au temple Brihadeshawara pour le coucher de soleil. Photos superbes en perspectives. Nous étions considérés comme des extra-terrestres. Les pèlerins de la fête de Pongal début janvier voulaient tous poser avec nous ou être pris en photos. Comme tout le monde nous nous déchaussons et entrons dans le temple pour voir Shiva au son de la musique et en file indienne. Etonnante situation et beaucoup d’interrogations en voyant circuler les billets près des religieux. Nous nous sommes laissés emporter par cet endroit dans un jardin immense et nous avons attendu le coucher du soleil et l’illumination des temples tout en assistant au spectacle de tous les passants aux vêtements de couleur noir venant du Kerala, vert pour les adeptes de Ganesch et rouge pour les Tamuls Mardi 10 Tanjore la région de Chettinidad Une superbe région qu’il ne faut pas hésiter à visiter si on a un chauffeur. Belles routes et un paysage bucolique. Nous nous avons été à la rencontre des cueilleuses de riz, visité au creux d’une montagne une grotte où sont cachés trois bouddhas. Expérience étonnante d’échos au centre de la terre. Ensuite route vers Kanaducathan, extraordinaire village de palais abandonnés. Impressionnant et une ambiance particulière. Nous logeons à l’hôtel Chettina Court recommandé par le Routard. Deux visites de carreaux de ciment et tissage. Madurai Bain de foule, circulation, on prend un guide pour 300 roupies pour 3 h de visite du grand temple dravidien. Ouf ! notre dernier temple puisque nous quittons demain le Tamil Nadu pour entrer au Kerala terre plutôt chrétienne et moins pratiquante. Le coup de cœur à Munnar le 12 janvier Essence 60 roupies le litre, 4 h de route entre Madurai et Munnar avec une belle route de lacets en montagne et à l’arrivée presque le paradis. Les plantations de thé sur les collines superbes et le dur labeur des cueilleuses. Nous avons visité l’usine de fabrication du thé. Rapide et intéressant mais entrée 400 roupies pour les étrangers Et puis conseil : ne pas aller voir le garden flower ni le barrage alentour mais aller tout droit à l’Ecotone à 13 km de Munnar(, notre seule nuit luxe) Vous vous trouverez dans un jardin d’Eden avec des chambres dans la végétation tropicale et n’hésitez pas à rester deux ou trois jours dans la voie de l’écologie, vous partez faire des randos au lever du soleil. L’accueil et le buffet top.
Réserve de Chinnar à 52 km de Munnar et 2 h de trajet. Beaucoup de bus et routes étroites mais toujours aussi jolies avec les plantations de thé. 2 300 roupies par personne départ 14 h avec garde forestiers pour 1 h de marche le long de la rivière. Nous arrivons au chalet pour préparer le camp. Nous repartons ensuite à la recherche d’éléphants en observant à partir de plus hauts points de vue. Rien à l’horizon. Allait-on en voir ? Dîner indien et verre de thé. 7h40 nous repartons sacs à dos avec nos deux gardes et nous voyons des éléphants plus loin bisons et buffles. Très difficiles à observer dans la nature, chapeau pour le coup d’œil et le professionnalisme. Nous avons pisté et trouvé les éléphants super. Nous hésitions car le guide n’était pas optimiste mais cela valait le coup. Chinnar Kumily 4 h de routes tortueuses Nous arrivons à l’hôtel Paradiso. Pas mal de français et direct nous allons voir les deux spectacles traditionnels du Kerala. Pas mal 400 roupies par personne pour les deux spectacles. Nous déjeunons ensuite au Bambou café pas loin de l’hôtel. 500 roupies à deux, plat plus dessert Notre guide nous emmène à Eléphant jonction. C’est touriste mais on ne peut pas y échapper. On a bien observé l’attitudes des cornacs et les éléphants étaient bien traités. On a donc décidé de monter dessus pour 350 roupies chacun 15 mn. Ils prennent les photos aux bons endroits. Pourboire à ...l'éléphant ! Ensuite nous filons chez Abraham pour les épices sur les conseils d’un guide rencontré à l’hôtel. Effectivement, nous trouvons ce bel homme de 65 ans dans son jardin et c'est avec passion qu’il nous conte toutes les espèces de son jardin. Nous avons été rejoints par une famille indienne bien sympathique et nous formions un petit groupe cool. Deux heures trente sont passées sans qu’on s’en rende compte. On a acheté des épices chez lui plutôt qu’à Thekkady dans les nombreuses boutiques. 100 roupies la visite. Un type super qui parle plein de langues.
Kumily Cochin 4 h 30💛 Moyenne 38 km heure avec un chauffeur habitué aux routes sinueuses. Des caoutchoutiers partout et de très belles maisons pour leurs propriétaires tout au long du chemin. Arrivée à l’hôtel simple mais central Gama Heritage. Adeptes du guide du routard qui ne nous a jamais fait défaut, nous allons déjeuner au Dal rôti pour 530 roupies à deux (toujours un plat principal sans dessert comme les indiens) on visite le Dutch palace et la synagogue (bof) puis on passe toute la fin d’après-midi et la soirée sur le remblai à observer les pêcheurs occupés à la vente de leurs poissons, le coucher de soleil. Nous on a trouvé que ça valait le coup de voir. Bien sûr c’est sale mais dans de nombreux pays c’est comme cela, alors on relativise. Notre impression : Cochin comme Pondichery deux comptoirs qui semblent aujourd'hui désuets, des villes du passé mais cela a du charme et on a bien aimé.
Cochin Marari. 1 h 15💛💛💛 Nous arrivons dans un endroit idyllique une grande Maison Blanche dans la cocoteraie face à la mer. C’est Austin Beach villa. Une équipe de femmes d’une gentillesse indicible. La vie continue sans s'occuper des étrangers privilégiés venus dans ce petit coin qu’on recommande. On observe la vie des pêcheurs le démêlage des filets avec leur femme et bien sûr baignade et coucher de soleil sur la mer. Nos voisins français ont payé 4 820 roupies pour ce bel endroit nuit petit déjeuner et dîner compris.
Marari-Allepey 40 km coup de cœur💛💛💛 Départ 10 h30. On longe la mer sur une bande de terre. Belle route avec toujours les activités des villageois. Nous arrivons à l'embarcadère pour midi. Rendez-vous avec Kerala tours sur les backwaters. On a du mal à réaliser qu'on va avoir un bateau pour nous seuls. Eh oui ! Tout confort : chambre salle de bains salon, un capitaine et un cuisinier. Ils nous accueillent avec des colliers de jasmin , fruits, noix de coco paille. Nous partons sur notre jonque pour la plus belle journée de notre voyage et nuit à bord. A NE PAS manquer, un enchantement. Nous filons au milieu des deux rives de cocotiers bordées de nénuphars qui cachent une multitude d’espèces d’oiseaux. Des photos, toujours des photos. Nous déjeunons de petits plats nouveaux Une escale dans un village charmant où nous visitons une église pleine à craquer un mercredi à 16 h ! Quelle ferveur religieuse dans ce pays. Des écoliers partout qui prennent les barques pour rentrer, la vie des bords du fleuve. Quel spectacle tout le long du parcours : les femmes qui battent leur linge ou font la vaisselle, ou attendent du poisson, les oiseaux pêchant on a adoré On s’apponte à 18h au coucher de soleil sur les rizières. Soleil rouge d'Inde magnifique Dîner à bord. On s’offre une demi bouteille de sauvignon proposée par le cuisinier ( eh 600 roupies… deuxième fois en quinze jours). C'est presque la fin de notre voyage en Inde. Demain après le petit déjeuner, on repart pour être à 9 h au point de départ. Mani notre chauffeur nous y attend. Nous lui avons payé deux nuits à l’hôtel (2x450 roupies) car nous le voyions fatigué de coucher dans sa voiture. Très, très belle journée, un luxe qu'il faut se payer absolument, quitte à sacrifier une autre visite.
Allepey-Kovalam 160 km 4 h Après le petit déjeuner à bord, nous descendons de la jonque (pourboire 100-150). Nous sommes accros nous retrouvons Mani. Direction Kovalam car près de l’aéroport qui nous permettra de rejoindre le Sri Lanka samedi. Route nationale longue, encombrée. L e Kerala est magnifique mais ses routes sont encombrées de publicités géantes, sales et pourtant la région est riche au vu des somptueuses villas. Nous arrivons à l’hôtel Yasmine Palace en descendant une pente raide impressionnante. Hôtel peu cher 800 roupies la chambre double, repas 350 roupies. Il y a une piscine correcte pour une étape. C’est suffisant.
Vendredi 20 janvier dernier jour - Centre ayurvédique Mitra Hermitage 7 km de Kovalam💛💛 Pour notre dernier jour en Inde, nous voulons découvrir les soins ayurvédiques. Un peu surpris au début par l'endroit ne correspondant pas au site, nous attendons. Après un petit déjeuner, nous avons une consultation avec le docteur Maech. Questionnaire sérieux. Il détermine quels sont nos points dominants. Moi, c'est pitta (feu et eau) et vata (espace et air). Nous avons à 11 h un massage complet du corps (impressionnant de bien être) puis un déjeuner simple riz légumes, eau chaude colorée et une petite mixture foncée à prendre au début du repas. Nous remarquons plusieurs personnes seules venues se reposer ou se recentrer sur leur vie. Ils nous disent tous que c'est un petit centre sérieux. Pas l'usine. Le personnel est agréable. Pas de mots inutiles. Après-midi un triple soin (massage tête, corps et...) Cette journée de découverte coûte 50 € par personne. Cela vaut le coup !Pour les curistes qui viennent, c’est 700 € les soins pour deux semaines plus le coût du logement variable de la chambre simple au cottage au bord de l'eau. Une bonne expérience dans de bonnes conditions.
Décidément, ce voyage en Inde nous pose beaucoup de questions sur la religion, la santé. Tout à l'air zen ainsi que les relations entre les gens mais cette apparence cache une société inégalitaire avec des codes rigoureux. Question aussi sur le sort des chauffeurs qui couchent dans la voiture. Difficile inconfort, chaleur, moustiques. L'Inde est étonnante et on a envie de revenir pour mieux saisir le sens de tout cela. Jean Marie et Dominique
"Le meilleur qu'on puisse ramener du voyage, c'est soi-même, sain et sauf."(proverbe persan)
L’Inde a nourri mon imaginaire. Adolescente, j’ai lu “l’homme qui voulu être roi” de Rudyard Kipling en me forgeant l’idée que l’inde est le pays où la folie des hommes peut s’exprimer.
Premiers jours d’octobre 2012, riche d’un billet Bruxelles/Delhi, Chennaï/Bruxelles et munie du précieux visa, je doute encore de mon envie de partir. Noyée sous l’avalanche des recommandations et influencée par ces voyageurs qui ont “fait” l’Inde, je n’ai pas d’itinéraire. Je pars le mois prochain, c’est certain. Mais quelle route emprunter ? Varanasi, Darjeeling, Agra, Mysore …. Tous ces lieux m’attirent et me repoussent. Mon entourage me regarde comme une espèce rare : “tu pars seule ? tu n’as pas froid aux yeux !”
A près de cinquante ans, je ne suis pourtant pas téméraire, un peu perdue sans doute, avec pour seule envie : foutre le camp. Renouer avec ces poussées d’adrénaline qui me rappellent que je ne suis pas morte. Mon quotidien m’ennuie. Ma vie ne me captive pas et mes amours sont incertaines. Partout dans la ville, des affiches électorales défigurent les lieux publics mais la continuité annoncée des politiques stériles ne me tient pas en haleine.
Où aller ? Une seule certitude : ne rien emporter de ce qui me leste au quotidien. Réapprendre à utiliser mes cinq sens, les affuter à une réalité différente. En serais-je capable ? Ne vais-je pas prendre anticipativement un vol de retour, sidérée par cette Inde que j’appelle à découvrir ? Vais-je me cloîtrer dans une chambre d’hôtel, n’acceptant pour toute nourriture que celle qui me rappelle mon pays d’origine ? Quelques jours encore et je saurai à quoi m’en tenir ! Quelqu'un m’a dit, on ne revient jamais intact d’un voyage en Inde et c’est probablement ce qui m’y précipite. Comme une mise en abyme de moi-même…. Goûter aux silences. Ceux de l’homme que j’aime et qui me fuit, le silence des nuits blanches. Réapprendre à vivre dans une réalité décalée, plus consistante. Renouer avec le goût des choses après cette longue traversée au bout de mes certitudes… La folie, c’est ce présent : tu m’aimes mais tu me quittes et tu n’en finis pas de revenir, comme si cette trahison, cette infidélité, t’avais emporté bien plus loin que de l’autre côté du monde dont il ne faut plus quatre vingt-un jour pour faire le tour.
14 novembre 2012
Une grève générale paralyse Bruxelles. Xavier m’accompagne à l’aéroport mais la circulation nous empêche d’avancer. Après quelques moments d’anxiété, nous arriverons bien à temps.
Je viens d’embarquer. Je me suis rappelée du temps où tu étais présent dans toutes les circonstances importantes de ma vie... celui ou tu n’aurais pas manqué de me dire : que tout se passe bien ! Une prière ?, un souhait ?, une formule que tu répètes par habitude ? Le froid de novembre m’a glacée jusqu’au sang. Ton absence me crucifie. Pourtant, qui sommes-nous encore l’un pour l’autre ?
Le vol sera rythmé par la valse des plateaux repas que l’on nous sert à intervalle régulier dans le but de calmer l’angoisse ou l’impatience, c’est selon… Même pas peur. Il y a dans la fuite en avant quelque chose de jouissif, une espèce d’hyper oxygénation du cerveau qui rend euphorique. Pourvu que ça dure…. Je voyage léger. Le strict nécessaire ne pèse pas lourd dans mon sac à dos. Mon bagage est vide, ma tête est vide. J’efface l’ardoise afin de pouvoir y écrire une un nouveau début à notre histoire, ailleurs. Avec une fin heureuse cette fois. Comme dans les contes, ça commence par : « il était une fois »…
Dans une dizaine d’heures, à l’issue d’un vol interminable et d’une escale de deux heures à Abu Dhabi, je foulerai enfin le sol du sous-continent indien. A l’arrivée, rien n’est prévu. Place à l’improvisation ! Ne pas penser surtout. Mettre un pied devant l’autre. Aller de l’avant. Et dire qu’hier encore tu me disais : « sois prudente ». La prudence, elle, tu ne t’en es jamais départi.
New Delhi
4h du matin. L’aéroport est étrangement vide et les quelques personnes présentes semblent bouger au ralenti. J’hésite : vais-je sortir affronter la foule du dehors ou attendre en sécurité que le jour se lève. Finalement je me décide à sortir. Pour mon premier voyage en Inde, ce que j’ai lu à propos de New Delhi m’a convaincue d’en reporter la visite à plus tard. Je me rends au terminal des vols intérieurs direction Vârânasî. Pourtant, à cet instant précis, je me sens fatiguée et j’ai terriblement envie de stopper là. Nous sommes au milieu de la nuit. Il règne une chaleur moite. Ma méconnaissance de l’anglais et les difficultés que je pressens à me faire comprendre me nouent les tripes. J’ai les jambes qui tremblent. En fait tout mon corps tremble. Le contrecoup sans doute. Je suis seule. Je ne connais personne. Je repère une table derrière laquelle deux hommes dispensent les tickets pour la navette qui relie les deux aéroports. Ils me réclament mon passeport et mes tickets d’avion. Remarquant qu’il me reste de longues heures avant le départ de mon prochain vol, ils essaient de me dissuader de me rendre à l’aéroport des vols domestiques, prétextant le manque de confort et l’absence de sièges. Perplexe et n’ayant pas d’autre choix : impossible de rebrousser chemin ; je décide néanmoins de partir. Une fois à l’aéroport, mes craintes s’apaisent. Quelques heures à tuer. Le temps ici n’est pas un problème. Je suis à l’orée du chemin. La route se déroule devant moi. Un pas après l’autre. Il faut juste que je m’acclimate au milieu ambiant.
Vârânasî Comme convenu, l’hôtel a envoyé un taxi pour me prendre à l’aéroport, le chauffeur est de mauvais poil parce que mon vol a pris du retard. J’avais oublié à quel point la circulation en Asie peut être éprouvante. Une marée de véhicules jetée sur la route et n’obéissant à aucun code se dispute le moindre espace disponible. Je suis saisie d’une grosse frayeur lorsque nous doublons un troupeau de vaches par la droite : nous roulons à contresens, au milieu d’une circulation totalement surréaliste. Dans ces conditions, le trajet semble durer une éternité. Après une heure de route, soudain, le taxi stoppe sa course. – je ne vais pas plus loin ! Les ruelles qui bordent le Gange sont trop étroites pour que j’y circule. Descend, ces hommes vont te conduire à ton hôtel… Deux hommes sont là, à l’allure peu engageante. L’un d’entre eux empoigne mon bagage et nous voilà partis ! Tout en progressant à l’aveugle derrière ces hommes marchant d’un pas rapide, j’ai l’impression de laisser derrière moi mes certitudes d’européenne. Rien ne m’a préparée au choc que je ressens en slalomant dans des ruelles sordides pour tenter d’éviter les vaches, les excréments, les mendiants et les sâdhus. Je parviens à l’hôtel dans un état d’hébétude, je suis fatiguée. Le confort de ma chambre est rudimentaire : salle de bain partagée et toilette à la turque. La nuit tombe rapidement sur le Gange. Je décide de reporter à plus tard la visite de la ville. Le lendemain, je m’aventure hors de l’hôtel, angoissée à l’idée d’être incapable de me repérer dans ce dédale entraperçu la veille. A peine franchi le seuil, un homme m’emboite le pas. J’essaie de le dissuader mais il a du flairer en moi le pigeon idéal. – Si tu veux suivre les touristes, tu n’iras nulle part ; fais-moi confiance, je te montrerai la ville et je serai ton bodyguard. Les burning ghats sont par là ! Au seuil d’un bâtiment, il m’indique un homme et me dit de le suivre : «lui seul, peux t’expliquer le cérémonial des crémations ». A la fin de la visite, ce dernier me promet une bénédiction à la mesure du don que je ne manquerai pas de faire. La bénédiction sera faite du bout des lèvres mais peu importe. Je m’en sors avec une poignée de roupies. A la sortie, Skai m’attend toujours, bien décidé à m’exploiter au maximum. Je décide que c’est un mal pour un bien. Il m’aide à décoder ce monde étrange. De jour nous déambulons dans les rues. Il ne manque pas de m’emmener chez un marchand de soieries, où je ferai l’acquisition d’un kurta pyjama à prix d’or. En début de soirée, je téléphone à Nitin, ami d’une amie qui m’invite à le rejoindre. Skai ne me lâche pas. En chemin un de ses amis le rejoins et je goûte moyennement le fait d’être escortée contre mon gré par ces deux hommes. Avec Nitin, par contre le courant passe immédiatement. Il m’offre un thé et me présente sa famille. Nitin cumule plusieurs métiers : vendeur de cigarette, infirmier, restaurateur et il trouve encore le temps de collaborer à l’association « Agir pour Bénarès ». Il parle français et c’est dans cette langue que nous nous exprimons. Ensuite Skai insiste pour que j’assiste à une cérémonie au bord du Gange. Nous nous y rendons dans une frêle embarcation. La cérémonie est envoutante, je rencontre enfin l’Inde telle que je l’avais rêvée. Skai dévoile ses batteries et me demande de lui offrir un cadeau en remerciement de ses services. Il réclame un gsm. Je trouve la note salée. Il me fixe rendez-vous le lendemain matin à 05h30 prétextant une autre cérémonie importante sur le Gange. Le lendemain matin, je me lève sans aucune envie de faire un tour en barque. Je suis fatiguée, j’ai froid, parfaitement insensible à la magie du moment : je suis lassée de Skai. Nous nous dirigeons vers les burning ghats, j’ai l’impression de faire du voyeurisme en assistant à la toilette du matin. Il n’y a pas de cérémonie : juste un parfum de mort, des corps que l’on brûle, des éléments dont il vaut mieux ignorer la nature qui affleurent à la surface et des gens qui se lavent. Je dis à Skai de faire demi-tour, je veux retrouver mon lit. Arrivés à proximité de l’hôtel, il se fait insistant. Je lui tend 150 roupies pour le trajet en barque mais il me rend mon argent avec rudesse : « n’oublie pas que je suis ton bodyguard, ça vaut bien un gsm » Il me fixe rendez-vous à 10h, bien décidé à obtenir ce qu’il veut. Je sais qu’il a touché une commission sur l’achat de mon kurta pyjama et je ne lui dois rien. Finalement, je quitterai l’hôtel à 13h sans l’avoir revu. Un employé de l’hôtel me conduit à la station de taxis, il exige 100 roupies. Le prix est trop élevé mais je n’ai pas envie de discuter. Je quitte Vârânasî avec un goût amer : j’ai conscience de m’être laissée déstabilisée par ce premier contact avec l’Inde et de n’avoir pas su gérer mes relations avec ses habitants. D’un autre côté, m’être fait arnaquer m’a décillé les yeux et m’a appris à me tenir sur mes gardes. Confiante, j’arrive à la gare de Vârânasî avec une heure d’avance. Je suis surprise par la foule qui s’y bouscule dans un brouhaha perpétuel. En l’absence d’affichage, je me renseigne pour savoir à quel quai arrive mon train. On me conseille d’attendre dans une salle d’attente « lady only ». Lorsque j’y pénètre, tous les regards se braquent sur moi. Bien que femme, je me sens plus incongrue que le gros rat noir qui furète en plein milieu de la pièce dans l’indifférence la plus totale. Lorsque le train entre en gare, il est déjà plein à craquer. Une frénésie s’empare du quai. Je cherche désespérément le wagon où se trouve ma place réservée. Un voyageur essaie de me venir en aide. Nous remontons tout le train mais arrivés à l’avant, on nous indique que mon wagon se trouve au milieu du train. Le wagon enfin repéré, il est impossible d’y accéder. Le train s’ébranle, des voyageurs m’encouragent à monter sur le marchepied. Je préfère renoncer. Mon nouveau meilleur ami – Kishu, m’accompagne au guichet pour me faire rembourser mon ticket. La somme est dérisoire : moins de 3 euros. Au guichet, des hommes crient et s’agitent. Seule, C’est sûr, je ne me serais pas acharnée. Pour compliquer les choses, c’est à un autre guichet que nous devons acheter notre place sur un autre train. Je désigne à Kishu la file du guichet réservé aux femmes qui bien qu’impressionnante est deux fois moins longue que celles des autres. C’est là que j’attendrai patiemment de pouvoir acheter nos deux tickets. Lorsque je les ai enfin, c’est pour apprendre que plus aucun train en direction de New Jalpaiguri ne quitte la gare de Vârânasî aujourd’hui. Nous devons nous rendre à Mughal Sarai, la ville voisine. Pas moyen d’entrer dans un bus. Kishu me propose de partager un rickshaw. A l’avant de celui-ci se trouvent 3 hommes ; je ne me sens pas à l’aise. Nous traversons des quartiers plus misérables les uns que les autres, des maisons faites de tôles, des gens allongés sur le bord des routes. La noirceur de la nuit fait naître des ombres effrayantes et je m’interroge pour savoir ce qui m’a pris de monter à bord de ce véhicule, seule en compagnie de 4 inconnus qui dodelinent de la tête dans un pays renommé pour ses agressions envers les femmes. Ma paranoïa est au maximum. J’ai l’impression que mon voyage va s’arrêter là. Finalement, je parviens intacte à Mughal Sarai. Là recommence une interminable attente, je suis noyée dans la foule sans aucune place pour me poser. Le quai est immonde de crasse, des grappes de rats se chamaillent le long des voies. Des chiffonnières armées de piques déambulent le long des quais pour ramasser des rebuts jetés aux milieux des excréments. Kishu et moi échangeons de la nourriture : il me nourrit de chips et de tranches de concombres ; je lui offre des madeleines et des wine gums. Il est ravi de ma compagnie. Enfin le train arrive. La même frénésie qu’à Vârânasî s’empare du quai mais cette fois je suis bien décidée à jouer des coudes. Je grimpe dans un compartiment 3ac, Kishu préfère monter en sleeper en raison de la différence de prix. J’ai soudain l’impression que tout s’arrange. Je n’ai pas de réservation mais je m’installe d’autorité sur un siège. Peu de temps après, un contrôleur arrive et je m’acquitte du prix de la place, trop contente de m’en tirer à si bon compte. Le wagon est bondé. Les voyageurs occupent le moindre espace disponible. Pour se rendre aux toilettes, il faut enjamber des corps et des bagages entassés pêle mêle dans les travées. Un indien me propose de partager son repas. Bien que peu tentée, je cède face à son insistance. Considérant qu’il a acquis des droits sur moi, il s’installe sur ma couchette. D’abord assis. Au cours de la nuit, il s’allonge et j’ai le déplaisir de sentir ses mains s’égarer sur moi. Je le chasse à coups de pieds et il finit par capituler. Bien entendu, je passe une nuit blanche. Après un voyage de 15h en train, j’arrive à New Jalpaiguri. Moi qui m’attendais à la fraîcheur, je suis décontenancée par la chaleur ambiante. Je me dirige vers les restaurants en face de la gare pour avaler un petit déjeuner reconstituant. Le restaurant est miteux mais la nourriture me fait du bien. A peine sortie, un bus s’arrête à ma hauteur et me demande si je vais à Darjeeling, Je vais à Mirik mais c’est la même direction. J’embarque sans hésiter. Quelques minutes plus tard, il me dépose à la station de jeeps partagées. Aucune d’entre elle n’est en partance pour Mirik. Changement de plan et en route pour Darjeeling. La jeep attend sous un soleil de plomb de faire le plein de passagers. Nous embarquons plus de personnes qu’il n’y a de places. Un homme prend place debout sur la roue de secours. N’empêche j’apprécie le trajet. J’ai enfin l’impression de respirer, les paysages de montagnes sont magiques, les gens me manifestent une indifférence qui fait plaisir après tant d’attention. L’air sent bon. Darjeeling La ville est un immense bazar parcouru par un ballet incessant de jeeps qui se déplacent dans un bruit incessant de klaxons. Au fur et à mesure que je m’éloigne du centre, les clameurs s’estompent et je retrouve le plaisir ressenti lors du voyage. J’arrive en sueur à l’hôtel Aliment qui surplombe la ville. La chambre que l’on me propose ne me plait pas alors je pars faire le tour de la ville à la recherche de plus de confort. Après avoir vu plusieurs guesthouses, je reviendrai finalement à mon point de départ. L’hôtel Aliment offre l’avantage de réunir le gîte, le couvert et la possibilité de se connecter à internet sous le même toit. Mes vêtements sont trempés de sueur et je suis contente de prendre une douche avant d’aller manger. Dans la salle de restaurant, je suis surprise de constater que les gens attablés portent des vestes matelassées. Très vite, je comprends pourquoi. Dès la nuit tombée, un froid intense me saisit et c’est grelottant que je rejoins ma chambre. Je suis malade comme je ne l’ai jamais été. Mes intestins se tordent convulsivement. Je me vide de toute l’eau que possède mon corps. Je suis fiévreuse et en plus d’avoir la tourista, j’ai chopé une bonne vieille crève. Chaque matin, je me lève à 5h30 pour admirer le lever du soleil sur les montagnes. Les jours me séparant de l’arrivé de Fabienne, je les passe à déambuler en ville. Je savoure ma liberté en me baladant au gré de mes envies je prends le toy train, je vais au cinéma, je visite le bazar, je discute avec les commerçants, je mange des momos. Tout me plait. 28 novembre. Chouette Fabienne arrive aujourd’hui. Je m’inquiète parce que l’hôtel Aliment se trouve à une distance de 20 min à pied du centre ville. Va-t-elle apprécier ? En fin d’après-midi, je décide de l’attendre à la réception. À peine me suis-je installée qu’elle débarque, souriante comme à son habitude. Elle me rassure tout de suite, elle préfère que nous soyons à distance de la cacophonie de la ville. Nous discutons de nos projets et choisissons de partir le lendemain pour le Sikkim. Le soir au resto, nous faisons la connaissance de Charlotte et Valérie, deux Suisses qui ont la même intention que nous. Aussitôt, nous décidons de faire un bout de chemin ensemble. Nous quittons l’hôtel après le petit déjeuner. Nous partageons une jeep en direction de Pelling. Le début du trajet est relativement morne. Nous sommeillons dans la voiture. Nous demandons à allumer la radio et le voyage prend une autre dimension. Nous sommes des gosses en route pour une colonie de vacances. Le conducteur nous fait entendre ses morceaux préférés dont « simple simple » qui va devenir pour quelques jours le tube préféré de Valérie. Nous stoppons en route pour boire un chai. Juste après avoir redémarré nous sommes arrêtés par un panneau « men at work ». Des ouvriers refont la route et pendant ce temps là, rien ne circule. Peu à peu, une file interminable de véhicules s’allonge dans les deux sens. Personne ne regrette son chai ? Interroge Charlotte. C’est vrai que sans cet intermède, nous serions passés de justesse mais la durée du trajet a peu d’importance. Nous sommes bien. A l’hôtel nous faisons la connaissance de John, en provenance d’Alaska, qui se joindra à nous pour une partie du voyage et du sarcastique Nathan, un breton qui nous quittera dès le lendemain. Pendant un temps trop court, nous formerons une chouette équipe pour visiter le Sikkim. Nous nous plaisons si bien ensemble que nous décidons de ne pas nous séparer aussi tôt que prévu et retournons ensemble à Darjeeling. Avant que nos routes se séparent, nous allons manger au resto. L’ambiance devient délirante quand un groupe d’Indiens nous propose de nous joindre à eux pour danser sur l’air de gangnam star. Mirik Ce matin nous partons pour Mirik. Payons trois places pour voyager plus confortablement me dis Fabienne. Je refuse, convaincue que ça ne sert à rien. En effet, nous nous retrouvons à 17 dans une jeep qui peut transporter 12 personnes. Même le chauffeur se retrouve sur les genoux d’un passager. Le soleil ce matin ne s’est pas levé, nous roulons sans visibilité sur les routes de montagne et le chauffeur ne semble pas connaître l’usage du klaxon. Un pneu explose en route, en raison de la surcharge pondérale. Il nous faut une heure pour une réparation de fortune. Le lonely planet décrit Mirik comme l’endroit rêvé pour passer sa lune de miel. Peut-être, à condition de ne pas quitter sa chambre d’hôtel…. C’est une petite localité poussiéreuse dont la principale attraction est constituée par un lac bordé d’une plage artificielle. Autour du lac, les chemins empierrés ont été pillés et nous devons progresser en évitant les cratères béants. Les réverbères sont rouillés et hors service depuis quelques décennies. Les frêles embarcations échouées n’invitent plus au voyage depuis longtemps. Sur la plage, des adolescents se promènent, garçons et filles ensemble, dans une liberté de mœurs inhabituelle en Inde. Sur les hauteurs de Mirik se dresse un temple bouddhiste. Par un heureux hasard, nous arrivons au moment où s’achève une cérémonie. Nous assistons à une envolée de moine et de moinillons tout de safran vêtus. Ce temple fabuleux ne se visite pas mais personne ne nous en interdit l’entrée. Nous entrons, émerveillées par la splendeur du décor. Un moine attend patiemment que nous ayons satisfait notre curiosité pour refermer les portes derrière nous. C’est ici que je me sépare de Fabienne. Elle rejoint John pour participer en sa compagnie à un festival dans le Nagaland tandis que je pars en direction de l’Orissa. Puri Je marche le long de la route principale. J’ai laissé derrière moi le quartier où se rassemblent les touristes occidentaux. La route traverse un bidonville dont les habitants me regardent avec curiosité. Il est rare qu’un blanc déambule dans ce quartier. Mon chemin m’amène à longer un corps jeté à même la route. J’ai un doute. Peut-être est-il juste endormi ? Je vais jusqu’à l’office de tourisme, arrange une visite pour le lendemain et m’en retourne à l’hôtel. Une demi-heure plus tard sur le chemin du retour, mes incertitudes s’envolent : l’homme ne bouge pas même quand des enfants espiègles le poussent du pied. J’embarque à bord d’un minibus. Je suis la seule occidentale parmi une vingtaine de touristes indiens. Mes compagnons de voyage appartiennent à la middle class. Ils me tolèrent mais je sens que je ne suis pas vraiment la bienvenue. Nous partons visiter différents sites au départ de Puri. Tous appliquent des prix hindous/non hindous. L’accès à certains d’entre eux, peu nombreux il est vrai, m’est tout simplement refusé. Tout cela me frustre au plus au point. Au final, je passe une journée en demi-teinte avec une conscience aigue de mon incongruité. Il me restera le souvenir du magnifique temple du soleil à Konarak et celui mitigé des animaux neurasthéniques du zoo de Bhubaneswar. Gudaguda Il suffit de peu de temps pour que la gare de Kakirigumma se vide de toute présence. Léon doit venir me chercher mais personne n’est au rendez-vous. Je m’assois sur mon bagage, décidée à prendre mon mal en patience. - à quelle distance se trouve Gudaguda ? Je demande à une des dernières personnes présentes. 2 km me dit-il. Ce n’est pas la mer à boire ! Tu connais la chandorisai guesthouse ? Je ne risque pas de méprise : c’est le seul hébergement pour touristes à des kilomètres à la ronde. – donnes-moi le numéro de téléphone et je l’appelle, propose-t-il sauf que j’ai oublié de prendre les coordonnées. Qu’importe, il donne quelques coups de fils et me passe ensuite le téléphone : Léon me dit : « je serai là dans cinq minutes ». Une fois dans sa jeep, il m’avoue qu’il a oublié le jour de mon arrivée. Sur le trajet qui mène de la gare à chez lui, tout le monde nous salue joyeusement. La chandorisai guesthouse est une sorte de paradis clos. Les bâtiments s’articulent en forme de U. Le plus grand d’entre eux est une salle spacieuse dans laquelle se répartissent une cuisine, un espace salle à manger et living ; les autres bâtiments sont de petits pavillons qui contiennent les chambres. Tous sont tournés vers le jardin. Pour paraphraser Baudelaire : « ici tout n’est que calme, luxe et volupté ». Dès l’entrée, je suis accueillie avec une boisson fraîche, servie par une magnifique jeune fille souriante. Seule une autre chambre est occupée par un couple de canadiens. Dans le jardin et la maison, sept jeunes filles rieuses se répartissent les différentes tâches. Léon me fait servir un petit déjeuner. L’après-midi, comme il doit se rendre au marché de Koraput, il nous propose de l’accompagner. Le lendemain nous nous rendrons à pied à celui de Kakirigumma. Je discute un peu avec la canadienne. Elle me raconte son amour de l’Inde. Son mari l’accompagne à contrecœur et quitte sa chambre le moins possible. Assez rapidement cependant, ma première impression est gâchée. Je finis par trouver l’atmosphère pesante, je me sens exclue par ces 3 anglophones qui préfèrent ne pas m’adresser la parole que de ralentir le rythme de leurs conversations pour se mettre à ma portée. Ce n’est que lors de nos rares têtes à têtes que la canadienne sort de cette réserve. L’intérêt du lieu montre rapidement ses limites et mes journées s’articulent entre lecture et repas. Insensiblement, je finis par avoir l’impression de devenir invisible aux yeux des autres occupants du lieu. Je ne parviens même plus à me faire servir une boisson lorsque le désir m’en prend. Le troisième jour, la canadienne me propose de visiter les villages alentour. Un chauffeur vient nous chercher. A peine dans la voiture, il nous dit que ce n’est pas le bon moment pour visiter parce que les villageois sont aux champs. Il me dépose à un distributeur parce que j’ai besoin d’argent, nous ramène à la guesthouse et nous donne rendez-vous plus tard dans la journée. L’après-midi, nous nous rendons à pied au village à côté où on peut voir un atelier de poterie. Nous prenons ensuite la voiture pour visiter un autre village que nous traversons à la suite de notre guide. Les villageois nous jettent des regards peu amènes : nous ne sommes visiblement pas les bienvenus. Je suis soulagée de retrouver le confort de la guesthouse. Léon a oublié de m’informer des modalités de rémunération du chauffeur, ce qui ne l’empêchera pas de me le facturer à prix d’or. La veille de mon départ, les canadiens s’en vont et je me retrouve seule avec Leon qui prend alors la peine de communiquer avec moi. Comme quoi, avec de la bonne volonté… Ma prochaine étape est Vishakapatnam et il me suggère de réserver une chambre à l’hôtel orange dont il connait la gérante. Il m’annonce un tarif de 600 roupies. Ça me semble à priori une bonne idée et j’accepte avec reconnaissance. Au final je débourserai 2000 roupies pour une chambre dans laquelle règne une odeur infecte : merci Leon. Vishakapatnam est seulement une escale obligée entre deux parcours en train. Pourquoi ne pas mettre cette journée à profit pour faire quelques achats ? Seulement, dans chaque magasin où je pénètre, je suis prise en charge par une vendeuse ou un vendeur qui me déballe toute sa marchandise. Aucune liberté de se laisser séduire. Après quelques tentatives infructueuses, je renonce. Ils n’ont aucune conception de ce que peut être le lèche vitrine. C’est sans aucun regret que je quitte cette ville nauséabonde en fin d’après-midi pour la dernière étape de ce voyage. Seulement 14h de train et je serai à Chennai. Chennai …. Je redresse les épaules et prend l’air assuré. Une nuée de conducteurs de rickshaws affluent dans ma direction sans que je ne leur fasse l’aumône d’un regard. Je fais le pied de grue à l’arrêt du bus. Ma belle confiance se délite à mesure que le temps passe. Dépitée, je prends place dans un rickshaw. A peine à l’intérieur, un homme s’installe à mes côtés sans aucune autre forme de procès. - Je suis guide à Mammalipuram, m’annonce-t-il le sourire aux dents J’ai bien envie de lui dire de dégager de mon rickshaw mais je ne morfle pas. Et dire que je croyais expérimenter une technique bien rodée pour ne pas me laisser importuner. Qu’importe, à moi la mer et le farniente au soleil. Je ne vais pas me laisser gâcher les quelques journées qu’ils me restent avant mon retour. Dans le bus de Pondichéry, j’entends soudain une voix haut perchée parler français. Devant moi, se trouve un gentil petit couple d’expat. Je souris en entendant le jeune homme dire de manière grandiloquente à sa compagne – la France, c’est moi. N’empêche, ça me fait du bien d’échanger quelques mots dans ma langue. Ils me conseillent de descendre à l’hôtel Bob Marley. A Mammalipuram, je dois faire preuve d’autorité pour me débarrasser de mon compagnon de voyage. Je visite ensuite quelques guesthouses dont Bob Marley pour m’arrêter enfin au Tina Blue Lodge. Mammalipuram est une station balnéaire semblable à tant d’autres, repère de touristes occidentaux, d’hôtels et de restaurants bon marché. J’occupe mon temps à déambuler et à faire du lèche vitrine. Chaque commerçant m’encourage à entrer dans sa boutique. De manière convenue, ils déballent leur marchandise sans grande illusion sur mes achats potentiels. Ils m’offrent le thé, nous bavardons. Nous confrontons nos opinions sur l’Inde et sur l’Europe. Je me sens bien. Un tailleur de pierre me propose de me faire visiter les alentours à moto. Je suis tentée mais sans savoir la contrepartie qu’il sera enclin à me demander, je préfère m’abstenir. Les jours filent rapidement. Je tombe en admiration devant une statue de Boudha. Il me la faut. Je négocie ferme. Finalement je repartirai sans l’avoir achetée en regrettant de ne pas avoir cédé pour quelques dizaines d’euros. Je quitte Mammalipuram comme une reine. Ils sont nombreux sur mon chemin, à sortir sur le pas de leur porte et à me saluer de la main. Le temps me semble long à l’aéroport de Chennai. Une sénégalaise me demande de surveiller ses affaires pendant qu’elle se dégourdit les jambes. J’accepte bien volontiers. Elle me sert dans ses bras à toute occasion mais elle dégage une bonne humeur qui fait plaisir. Nos chemins se séparent à Abu Dhabi. Arrivée à Bruxelles, c’est en vain que j’attendrai mes bagages restés en transit. Je débarque pieds nus dans mes tongs alors qu’il gèle dehors.
11
Vârânasî Comme convenu, l’hôtel a envoyé un taxi pour me prendre à l’aéroport, le chauffeur est de mauvais poil parce que mon vol a pris du retard. J’avais oublié à quel point la circulation en Asie peut être éprouvante. Une marée de véhicules jetée sur la route et n’obéissant à aucun code se dispute le moindre espace disponible. Je suis saisie d’une grosse frayeur lorsque nous doublons un troupeau de vaches par la droite : nous roulons à contresens, au milieu d’une circulation totalement surréaliste. Dans ces conditions, le trajet semble durer une éternité. Après une heure de route, soudain, le taxi stoppe sa course. – je ne vais pas plus loin ! Les ruelles qui bordent le Gange sont trop étroites pour que j’y circule. Descend, ces hommes vont te conduire à ton hôtel… Deux hommes sont là, à l’allure peu engageante. L’un d’entre eux empoigne mon bagage et nous voilà partis ! Tout en progressant à l’aveugle derrière ces hommes marchant d’un pas rapide, j’ai l’impression de laisser derrière moi mes certitudes d’européenne. Rien ne m’a préparée au choc que je ressens en slalomant dans des ruelles sordides pour tenter d’éviter les vaches, les excréments, les mendiants et les sâdhus. Je parviens à l’hôtel dans un état d’hébétude, je suis fatiguée. Le confort de ma chambre est rudimentaire : salle de bain partagée et toilette à la turque. La nuit tombe rapidement sur le Gange. Je décide de reporter à plus tard la visite de la ville. Le lendemain, je m’aventure hors de l’hôtel, angoissée à l’idée d’être incapable de me repérer dans ce dédale entraperçu la veille. A peine franchi le seuil, un homme m’emboite le pas. J’essaie de le dissuader mais il a du flairer en moi le pigeon idéal. – Si tu veux suivre les touristes, tu n’iras nulle part ; fais-moi confiance, je te montrerai la ville et je serai ton bodyguard. Les burning ghats sont par là ! Au seuil d’un bâtiment, il m’indique un homme et me dit de le suivre : «lui seul, peux t’expliquer le cérémonial des crémations ». A la fin de la visite, ce dernier me promet une bénédiction à la mesure du don que je ne manquerai pas de faire. La bénédiction sera faite du bout des lèvres mais peu importe. Je m’en sors avec une poignée de roupies. A la sortie, Skai m’attend toujours, bien décidé à m’exploiter au maximum. Je décide que c’est un mal pour un bien. Il m’aide à décoder ce monde étrange. De jour nous déambulons dans les rues. Il ne manque pas de m’emmener chez un marchand de soieries, où je ferai l’acquisition d’un kurta pyjama à prix d’or. En début de soirée, je téléphone à Nitin, ami d’une amie qui m’invite à le rejoindre. Skai ne me lâche pas. En chemin un de ses amis le rejoins et je goûte moyennement le fait d’être escortée contre mon gré par ces deux hommes. Avec Nitin, par contre le courant passe immédiatement. Il m’offre un thé et me présente sa famille. Nitin cumule plusieurs métiers : vendeur de cigarette, infirmier, restaurateur et il trouve encore le temps de collaborer à l’association « Agir pour Bénarès ». Il parle français et c’est dans cette langue que nous nous exprimons. Ensuite Skai insiste pour que j’assiste à une cérémonie au bord du Gange. Nous nous y rendons dans une frêle embarcation. La cérémonie est envoutante, je rencontre enfin l’Inde telle que je l’avais rêvée. Skai dévoile ses batteries et me demande de lui offrir un cadeau en remerciement de ses services. Il réclame un gsm. Je trouve la note salée. Il me fixe rendez-vous le lendemain matin à 05h30 prétextant une autre cérémonie importante sur le Gange. Le lendemain matin, je me lève sans aucune envie de faire un tour en barque. Je suis fatiguée, j’ai froid, parfaitement insensible à la magie du moment : je suis lassée de Skai. Nous nous dirigeons vers les burning ghats, j’ai l’impression de faire du voyeurisme en assistant à la toilette du matin. Il n’y a pas de cérémonie : juste un parfum de mort, des corps que l’on brûle, des éléments dont il vaut mieux ignorer la nature qui affleurent à la surface et des gens qui se lavent. Je dis à Skai de faire demi-tour, je veux retrouver mon lit. Arrivés à proximité de l’hôtel, il se fait insistant. Je lui tend 150 roupies pour le trajet en barque mais il me rend mon argent avec rudesse : « n’oublie pas que je suis ton bodyguard, ça vaut bien un gsm » Il me fixe rendez-vous à 10h, bien décidé à obtenir ce qu’il veut. Je sais qu’il a touché une commission sur l’achat de mon kurta pyjama et je ne lui dois rien. Finalement, je quitterai l’hôtel à 13h sans l’avoir revu. Un employé de l’hôtel me conduit à la station de taxis, il exige 100 roupies. Le prix est trop élevé mais je n’ai pas envie de discuter. Je quitte Vârânasî avec un goût amer : j’ai conscience de m’être laissée déstabilisée par ce premier contact avec l’Inde et de n’avoir pas su gérer mes relations avec ses habitants. D’un autre côté, m’être fait arnaquer m’a décillé les yeux et m’a appris à me tenir sur mes gardes. Confiante, j’arrive à la gare de Vârânasî avec une heure d’avance. Je suis surprise par la foule qui s’y bouscule dans un brouhaha perpétuel. En l’absence d’affichage, je me renseigne pour savoir à quel quai arrive mon train. On me conseille d’attendre dans une salle d’attente « lady only ». Lorsque j’y pénètre, tous les regards se braquent sur moi. Bien que femme, je me sens plus incongrue que le gros rat noir qui furète en plein milieu de la pièce dans l’indifférence la plus totale. Lorsque le train entre en gare, il est déjà plein à craquer. Une frénésie s’empare du quai. Je cherche désespérément le wagon où se trouve ma place réservée. Un voyageur essaie de me venir en aide. Nous remontons tout le train mais arrivés à l’avant, on nous indique que mon wagon se trouve au milieu du train. Le wagon enfin repéré, il est impossible d’y accéder. Le train s’ébranle, des voyageurs m’encouragent à monter sur le marchepied. Je préfère renoncer. Mon nouveau meilleur ami – Kishu, m’accompagne au guichet pour me faire rembourser mon ticket. La somme est dérisoire : moins de 3 euros. Au guichet, des hommes crient et s’agitent. Seule, C’est sûr, je ne me serais pas acharnée. Pour compliquer les choses, c’est à un autre guichet que nous devons acheter notre place sur un autre train. Je désigne à Kishu la file du guichet réservé aux femmes qui bien qu’impressionnante est deux fois moins longue que celles des autres. C’est là que j’attendrai patiemment de pouvoir acheter nos deux tickets. Lorsque je les ai enfin, c’est pour apprendre que plus aucun train en direction de New Jalpaiguri ne quitte la gare de Vârânasî aujourd’hui. Nous devons nous rendre à Mughal Sarai, la ville voisine. Pas moyen d’entrer dans un bus. Kishu me propose de partager un rickshaw. A l’avant de celui-ci se trouvent 3 hommes ; je ne me sens pas à l’aise. Nous traversons des quartiers plus misérables les uns que les autres, des maisons faites de tôles, des gens allongés sur le bord des routes. La noirceur de la nuit fait naître des ombres effrayantes et je m’interroge pour savoir ce qui m’a pris de monter à bord de ce véhicule, seule en compagnie de 4 inconnus qui dodelinent de la tête dans un pays renommé pour ses agressions envers les femmes. Ma paranoïa est au maximum. J’ai l’impression que mon voyage va s’arrêter là. Finalement, je parviens intacte à Mughal Sarai. Là recommence une interminable attente, je suis noyée dans la foule sans aucune place pour me poser. Le quai est immonde de crasse, des grappes de rats se chamaillent le long des voies. Des chiffonnières armées de piques déambulent le long des quais pour ramasser des rebuts jetés aux milieux des excréments. Kishu et moi échangeons de la nourriture : il me nourrit de chips et de tranches de concombres ; je lui offre des madeleines et des wine gums. Il est ravi de ma compagnie. Enfin le train arrive. La même frénésie qu’à Vârânasî s’empare du quai mais cette fois je suis bien décidée à jouer des coudes. Je grimpe dans un compartiment 3ac, Kishu préfère monter en sleeper en raison de la différence de prix. J’ai soudain l’impression que tout s’arrange. Je n’ai pas de réservation mais je m’installe d’autorité sur un siège. Peu de temps après, un contrôleur arrive et je m’acquitte du prix de la place, trop contente de m’en tirer à si bon compte. Le wagon est bondé. Les voyageurs occupent le moindre espace disponible. Pour se rendre aux toilettes, il faut enjamber des corps et des bagages entassés pêle mêle dans les travées. Un indien me propose de partager son repas. Bien que peu tentée, je cède face à son insistance. Considérant qu’il a acquis des droits sur moi, il s’installe sur ma couchette. D’abord assis. Au cours de la nuit, il s’allonge et j’ai le déplaisir de sentir ses mains s’égarer sur moi. Je le chasse à coups de pieds et il finit par capituler. Bien entendu, je passe une nuit blanche. Après un voyage de 15h en train, j’arrive à New Jalpaiguri. Moi qui m’attendais à la fraîcheur, je suis décontenancée par la chaleur ambiante. Je me dirige vers les restaurants en face de la gare pour avaler un petit déjeuner reconstituant. Le restaurant est miteux mais la nourriture me fait du bien. A peine sortie, un bus s’arrête à ma hauteur et me demande si je vais à Darjeeling, Je vais à Mirik mais c’est la même direction. J’embarque sans hésiter. Quelques minutes plus tard, il me dépose à la station de jeeps partagées. Aucune d’entre elle n’est en partance pour Mirik. Changement de plan et en route pour Darjeeling. La jeep attend sous un soleil de plomb de faire le plein de passagers. Nous embarquons plus de personnes qu’il n’y a de places. Un homme prend place debout sur la roue de secours. N’empêche j’apprécie le trajet. J’ai enfin l’impression de respirer, les paysages de montagnes sont magiques, les gens me manifestent une indifférence qui fait plaisir après tant d’attention. L’air sent bon. Darjeeling La ville est un immense bazar parcouru par un ballet incessant de jeeps qui se déplacent dans un bruit incessant de klaxons. Au fur et à mesure que je m’éloigne du centre, les clameurs s’estompent et je retrouve le plaisir ressenti lors du voyage. J’arrive en sueur à l’hôtel Aliment qui surplombe la ville. La chambre que l’on me propose ne me plait pas alors je pars faire le tour de la ville à la recherche de plus de confort. Après avoir vu plusieurs guesthouses, je reviendrai finalement à mon point de départ. L’hôtel Aliment offre l’avantage de réunir le gîte, le couvert et la possibilité de se connecter à internet sous le même toit. Mes vêtements sont trempés de sueur et je suis contente de prendre une douche avant d’aller manger. Dans la salle de restaurant, je suis surprise de constater que les gens attablés portent des vestes matelassées. Très vite, je comprends pourquoi. Dès la nuit tombée, un froid intense me saisit et c’est grelottant que je rejoins ma chambre. Je suis malade comme je ne l’ai jamais été. Mes intestins se tordent convulsivement. Je me vide de toute l’eau que possède mon corps. Je suis fiévreuse et en plus d’avoir la tourista, j’ai chopé une bonne vieille crève. Chaque matin, je me lève à 5h30 pour admirer le lever du soleil sur les montagnes. Les jours me séparant de l’arrivé de Fabienne, je les passe à déambuler en ville. Je savoure ma liberté en me baladant au gré de mes envies je prends le toy train, je vais au cinéma, je visite le bazar, je discute avec les commerçants, je mange des momos. Tout me plait. 28 novembre. Chouette Fabienne arrive aujourd’hui. Je m’inquiète parce que l’hôtel Aliment se trouve à une distance de 20 min à pied du centre ville. Va-t-elle apprécier ? En fin d’après-midi, je décide de l’attendre à la réception. À peine me suis-je installée qu’elle débarque, souriante comme à son habitude. Elle me rassure tout de suite, elle préfère que nous soyons à distance de la cacophonie de la ville. Nous discutons de nos projets et choisissons de partir le lendemain pour le Sikkim. Le soir au resto, nous faisons la connaissance de Charlotte et Valérie, deux Suisses qui ont la même intention que nous. Aussitôt, nous décidons de faire un bout de chemin ensemble. Nous quittons l’hôtel après le petit déjeuner. Nous partageons une jeep en direction de Pelling. Le début du trajet est relativement morne. Nous sommeillons dans la voiture. Nous demandons à allumer la radio et le voyage prend une autre dimension. Nous sommes des gosses en route pour une colonie de vacances. Le conducteur nous fait entendre ses morceaux préférés dont « simple simple » qui va devenir pour quelques jours le tube préféré de Valérie. Nous stoppons en route pour boire un chai. Juste après avoir redémarré nous sommes arrêtés par un panneau « men at work ». Des ouvriers refont la route et pendant ce temps là, rien ne circule. Peu à peu, une file interminable de véhicules s’allonge dans les deux sens. Personne ne regrette son chai ? Interroge Charlotte. C’est vrai que sans cet intermède, nous serions passés de justesse mais la durée du trajet a peu d’importance. Nous sommes bien. A l’hôtel nous faisons la connaissance de John, en provenance d’Alaska, qui se joindra à nous pour une partie du voyage et du sarcastique Nathan, un breton qui nous quittera dès le lendemain. Pendant un temps trop court, nous formerons une chouette équipe pour visiter le Sikkim. Nous nous plaisons si bien ensemble que nous décidons de ne pas nous séparer aussi tôt que prévu et retournons ensemble à Darjeeling. Avant que nos routes se séparent, nous allons manger au resto. L’ambiance devient délirante quand un groupe d’Indiens nous propose de nous joindre à eux pour danser sur l’air de gangnam star. Mirik Ce matin nous partons pour Mirik. Payons trois places pour voyager plus confortablement me dis Fabienne. Je refuse, convaincue que ça ne sert à rien. En effet, nous nous retrouvons à 17 dans une jeep qui peut transporter 12 personnes. Même le chauffeur se retrouve sur les genoux d’un passager. Le soleil ce matin ne s’est pas levé, nous roulons sans visibilité sur les routes de montagne et le chauffeur ne semble pas connaître l’usage du klaxon. Un pneu explose en route, en raison de la surcharge pondérale. Il nous faut une heure pour une réparation de fortune. Le lonely planet décrit Mirik comme l’endroit rêvé pour passer sa lune de miel. Peut-être, à condition de ne pas quitter sa chambre d’hôtel…. C’est une petite localité poussiéreuse dont la principale attraction est constituée par un lac bordé d’une plage artificielle. Autour du lac, les chemins empierrés ont été pillés et nous devons progresser en évitant les cratères béants. Les réverbères sont rouillés et hors service depuis quelques décennies. Les frêles embarcations échouées n’invitent plus au voyage depuis longtemps. Sur la plage, des adolescents se promènent, garçons et filles ensemble, dans une liberté de mœurs inhabituelle en Inde. Sur les hauteurs de Mirik se dresse un temple bouddhiste. Par un heureux hasard, nous arrivons au moment où s’achève une cérémonie. Nous assistons à une envolée de moine et de moinillons tout de safran vêtus. Ce temple fabuleux ne se visite pas mais personne ne nous en interdit l’entrée. Nous entrons, émerveillées par la splendeur du décor. Un moine attend patiemment que nous ayons satisfait notre curiosité pour refermer les portes derrière nous. C’est ici que je me sépare de Fabienne. Elle rejoint John pour participer en sa compagnie à un festival dans le Nagaland tandis que je pars en direction de l’Orissa. Puri Je marche le long de la route principale. J’ai laissé derrière moi le quartier où se rassemblent les touristes occidentaux. La route traverse un bidonville dont les habitants me regardent avec curiosité. Il est rare qu’un blanc déambule dans ce quartier. Mon chemin m’amène à longer un corps jeté à même la route. J’ai un doute. Peut-être est-il juste endormi ? Je vais jusqu’à l’office de tourisme, arrange une visite pour le lendemain et m’en retourne à l’hôtel. Une demi-heure plus tard sur le chemin du retour, mes incertitudes s’envolent : l’homme ne bouge pas même quand des enfants espiègles le poussent du pied. J’embarque à bord d’un minibus. Je suis la seule occidentale parmi une vingtaine de touristes indiens. Mes compagnons de voyage appartiennent à la middle class. Ils me tolèrent mais je sens que je ne suis pas vraiment la bienvenue. Nous partons visiter différents sites au départ de Puri. Tous appliquent des prix hindous/non hindous. L’accès à certains d’entre eux, peu nombreux il est vrai, m’est tout simplement refusé. Tout cela me frustre au plus au point. Au final, je passe une journée en demi-teinte avec une conscience aigue de mon incongruité. Il me restera le souvenir du magnifique temple du soleil à Konarak et celui mitigé des animaux neurasthéniques du zoo de Bhubaneswar. Gudaguda Il suffit de peu de temps pour que la gare de Kakirigumma se vide de toute présence. Léon doit venir me chercher mais personne n’est au rendez-vous. Je m’assois sur mon bagage, décidée à prendre mon mal en patience. - à quelle distance se trouve Gudaguda ? Je demande à une des dernières personnes présentes. 2 km me dit-il. Ce n’est pas la mer à boire ! Tu connais la chandorisai guesthouse ? Je ne risque pas de méprise : c’est le seul hébergement pour touristes à des kilomètres à la ronde. – donnes-moi le numéro de téléphone et je l’appelle, propose-t-il sauf que j’ai oublié de prendre les coordonnées. Qu’importe, il donne quelques coups de fils et me passe ensuite le téléphone : Léon me dit : « je serai là dans cinq minutes ». Une fois dans sa jeep, il m’avoue qu’il a oublié le jour de mon arrivée. Sur le trajet qui mène de la gare à chez lui, tout le monde nous salue joyeusement. La chandorisai guesthouse est une sorte de paradis clos. Les bâtiments s’articulent en forme de U. Le plus grand d’entre eux est une salle spacieuse dans laquelle se répartissent une cuisine, un espace salle à manger et living ; les autres bâtiments sont de petits pavillons qui contiennent les chambres. Tous sont tournés vers le jardin. Pour paraphraser Baudelaire : « ici tout n’est que calme, luxe et volupté ». Dès l’entrée, je suis accueillie avec une boisson fraîche, servie par une magnifique jeune fille souriante. Seule une autre chambre est occupée par un couple de canadiens. Dans le jardin et la maison, sept jeunes filles rieuses se répartissent les différentes tâches. Léon me fait servir un petit déjeuner. L’après-midi, comme il doit se rendre au marché de Koraput, il nous propose de l’accompagner. Le lendemain nous nous rendrons à pied à celui de Kakirigumma. Je discute un peu avec la canadienne. Elle me raconte son amour de l’Inde. Son mari l’accompagne à contrecœur et quitte sa chambre le moins possible. Assez rapidement cependant, ma première impression est gâchée. Je finis par trouver l’atmosphère pesante, je me sens exclue par ces 3 anglophones qui préfèrent ne pas m’adresser la parole que de ralentir le rythme de leurs conversations pour se mettre à ma portée. Ce n’est que lors de nos rares têtes à têtes que la canadienne sort de cette réserve. L’intérêt du lieu montre rapidement ses limites et mes journées s’articulent entre lecture et repas. Insensiblement, je finis par avoir l’impression de devenir invisible aux yeux des autres occupants du lieu. Je ne parviens même plus à me faire servir une boisson lorsque le désir m’en prend. Le troisième jour, la canadienne me propose de visiter les villages alentour. Un chauffeur vient nous chercher. A peine dans la voiture, il nous dit que ce n’est pas le bon moment pour visiter parce que les villageois sont aux champs. Il me dépose à un distributeur parce que j’ai besoin d’argent, nous ramène à la guesthouse et nous donne rendez-vous plus tard dans la journée. L’après-midi, nous nous rendons à pied au village à côté où on peut voir un atelier de poterie. Nous prenons ensuite la voiture pour visiter un autre village que nous traversons à la suite de notre guide. Les villageois nous jettent des regards peu amènes : nous ne sommes visiblement pas les bienvenus. Je suis soulagée de retrouver le confort de la guesthouse. Léon a oublié de m’informer des modalités de rémunération du chauffeur, ce qui ne l’empêchera pas de me le facturer à prix d’or. La veille de mon départ, les canadiens s’en vont et je me retrouve seule avec Leon qui prend alors la peine de communiquer avec moi. Comme quoi, avec de la bonne volonté… Ma prochaine étape est Vishakapatnam et il me suggère de réserver une chambre à l’hôtel orange dont il connait la gérante. Il m’annonce un tarif de 600 roupies. Ça me semble à priori une bonne idée et j’accepte avec reconnaissance. Au final je débourserai 2000 roupies pour une chambre dans laquelle règne une odeur infecte : merci Leon. Vishakapatnam est seulement une escale obligée entre deux parcours en train. Pourquoi ne pas mettre cette journée à profit pour faire quelques achats ? Seulement, dans chaque magasin où je pénètre, je suis prise en charge par une vendeuse ou un vendeur qui me déballe toute sa marchandise. Aucune liberté de se laisser séduire. Après quelques tentatives infructueuses, je renonce. Ils n’ont aucune conception de ce que peut être le lèche vitrine. C’est sans aucun regret que je quitte cette ville nauséabonde en fin d’après-midi pour la dernière étape de ce voyage. Seulement 14h de train et je serai à Chennai. Chennai …. Je redresse les épaules et prend l’air assuré. Une nuée de conducteurs de rickshaws affluent dans ma direction sans que je ne leur fasse l’aumône d’un regard. Je fais le pied de grue à l’arrêt du bus. Ma belle confiance se délite à mesure que le temps passe. Dépitée, je prends place dans un rickshaw. A peine à l’intérieur, un homme s’installe à mes côtés sans aucune autre forme de procès. - Je suis guide à Mammalipuram, m’annonce-t-il le sourire aux dents J’ai bien envie de lui dire de dégager de mon rickshaw mais je ne morfle pas. Et dire que je croyais expérimenter une technique bien rodée pour ne pas me laisser importuner. Qu’importe, à moi la mer et le farniente au soleil. Je ne vais pas me laisser gâcher les quelques journées qu’ils me restent avant mon retour. Dans le bus de Pondichéry, j’entends soudain une voix haut perchée parler français. Devant moi, se trouve un gentil petit couple d’expat. Je souris en entendant le jeune homme dire de manière grandiloquente à sa compagne – la France, c’est moi. N’empêche, ça me fait du bien d’échanger quelques mots dans ma langue. Ils me conseillent de descendre à l’hôtel Bob Marley. A Mammalipuram, je dois faire preuve d’autorité pour me débarrasser de mon compagnon de voyage. Je visite ensuite quelques guesthouses dont Bob Marley pour m’arrêter enfin au Tina Blue Lodge. Mammalipuram est une station balnéaire semblable à tant d’autres, repère de touristes occidentaux, d’hôtels et de restaurants bon marché. J’occupe mon temps à déambuler et à faire du lèche vitrine. Chaque commerçant m’encourage à entrer dans sa boutique. De manière convenue, ils déballent leur marchandise sans grande illusion sur mes achats potentiels. Ils m’offrent le thé, nous bavardons. Nous confrontons nos opinions sur l’Inde et sur l’Europe. Je me sens bien. Un tailleur de pierre me propose de me faire visiter les alentours à moto. Je suis tentée mais sans savoir la contrepartie qu’il sera enclin à me demander, je préfère m’abstenir. Les jours filent rapidement. Je tombe en admiration devant une statue de Boudha. Il me la faut. Je négocie ferme. Finalement je repartirai sans l’avoir achetée en regrettant de ne pas avoir cédé pour quelques dizaines d’euros. Je quitte Mammalipuram comme une reine. Ils sont nombreux sur mon chemin, à sortir sur le pas de leur porte et à me saluer de la main. Le temps me semble long à l’aéroport de Chennai. Une sénégalaise me demande de surveiller ses affaires pendant qu’elle se dégourdit les jambes. J’accepte bien volontiers. Elle me sert dans ses bras à toute occasion mais elle dégage une bonne humeur qui fait plaisir. Nos chemins se séparent à Abu Dhabi. Arrivée à Bruxelles, c’est en vain que j’attendrai mes bagages restés en transit. Je débarque pieds nus dans mes tongs alors qu’il gèle dehors.
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Dans le cadre d'un voyage de deux mois en Inde, qui nous a conduit du Karnataka jusqu'à l'Himachal Pradesh, nous avons passé trois semaines au Gujarat, destination peu touristique et donc ne faisant pas l'objet d'autant de commentaires que d'autres. Pour préparer notre tour du Gujarat, je me suis beaucoup aidé des carnets de voyage postés sur ce forum et, à mon tour, j'ai envie de vous faire partager un peu de notre périple. Nous avons toujours utilisé les bus publics et je dois dire que, même si toutes les inscriptions sont faites en alphabet gujarati, nous n'avons jamais eu de mal à trouver le bon bus, les gens sont très serviables et toujours prêts à aider les étrangers même s'ils ne parlent souvent que quelques mots d'anglais. Nous n'avons rencontré que très peu de touristes étrangers et nous étions vraiment sujets de curiosité pour les locaux qui voulaient tous nous prendre en photo!
Voici donc, étape par étape, le déroulé de notre voyage
AHMEDABAD :
-Samedi 21/02/2015 : Après la matinée sur la plage de Benaulim, nous prenons le taxi à 13h30 pour aller à l'aéroport de Goa car, aujourd'hui, nous prenons l'avion pour Ahmedabad, capitale du Gujarat. L'avion décolle à 16h30 et arrive à 18h. Nous prenons un rickshaw pour nous rendre au vieux centre d'Ahmedabad (200rps). Quand nous y arrivons, il fait nuit. Une amie nous avait recommandé l'hôtel Kozar mais il n'y restait plus qu'un grande chambre très chère et l'hôtel Volga étant plein, nous nous rabattons sur un hôtel que nous indique le conducteur de rickshaw, le "Safar Inn", chambre double correcte pour 890rps. L'hôtel est bien placé (tout près de la Sidi Saiyad Mosque), la chambre est un peu déglinguée mais pas trop bruyante par rapport au quartier où la circulation est assez infernale et il y a une bonne douche chaude et un ventilo en bon état, et même un ascenseur! Que demander de plus ?
Détail étonnant : Le gérant, à notre arrivée, en plus des formulaires habituels d'identité à remplir, nous prend l'empreinte digitale du pouce et nous prend en photo!!! Une fois nos bagages installés dans notre chambre, nous repartons dans les rues sombres et jonchées de détritus, traversons le flux de la circulation intense et marchons le long des trottoirs encombrés d'épaves de voitures et débris en tout genre, pour arriver enfin à l'Hotel ZK (qui est en fait un restaurant musulman, donc non végétarien) sur Relief Road où nous pourrons savourer du très bon poulet. Ouf!
-Dimanche 22/02 : Dans l'hôtel, il y a un room service mais pas pour le petit-déjeuner !!! Nous partons donc à la recherche d'un endroit où prendre ce repas. Nous allons voir au Green House, le resto d'un hôtel très très chic mentionné dans le Routard. Mais, nous ne nous y attarderons pas car l'ambiance très "pincée" du lieu et le prix prohibitif nous font fuir. Heureusement, nous découvrons tout près de là, un petit snack indien bien plus sympa, le "Lucky restaurant" où l'on mange très bien, à toute heure. Nous aurons la surprise d'y remarquer, entre les tables, des groupes de tombeaux enfermés dans des grilles et couvertes de fleurs. Tiens! des jardinières originales, pensons-nous... Mais non, en fait ce restaurant, comme nous aurons l'occasion de l'apprendre plus tard, est construit sur un cimetière et il s'agirait de tombes de saints soufis du 16ème siècle ! vraiment "incredible India !" Tout près, se trouve la petite mosquée "Sidi Saiyad" aux belles fenêtres ciselées. Les femmes n'ont pas le droit d'y entrer quand quelqu'un est en prière à l'intérieur mais, heureusement, comme il n'y a pas de porte, on la voit très bien de l'extérieur. Sur la grande place qui s'étend devant le Bhadra Fort, se tient un grand marché de vêtements, chaussures, etc. La visite du fort est sympa, avec plusieurs escaliers et miradors : on peut monter sur les terrasses d'où l'on a une super vue sur la place et son animation. Nous y sommes tout seuls. En bas du fort se tient un petit temple hindou dédié à la déesse Kali. Aujourd'hui, s'y déroule une cérémonie avec des musiciens pleins de ferveur et d'entrain... Nous passons la vieille porte à trois arches, ancienne entrée du fort, et nous arrivons sur Gandhi Road où se trouve la Jama Masjid, la grande mosquée.

Nous prenons un rickshaw pour aller voir le beau puits "Dada Hari". Ici, on voit que nous ne sommes pas dans un état touristique, il n'y a pas besoin de négocier, les prix sont vraiment honnêtes : 40rps pour aller au puits et 60rps pour nous conduire jusqu'à l'Ashram de Gandhi, de l'autre côté de la rivière.

dans les profondeurs du puits

derrière le puits, se trouve une très jolie mosquée
Dans l'après-midi, nous suivons la rue bordée d'étals de fruits derrière la Jama Masjid et nous marchons, marchons jusqu'à Astoria Chakia (en demandant souvent notre route) car nous voulons atteindre la gare routière afin de nous renseigner sur les heures de bus pour Patan.
En cours de route, nous pouvons admirer la Rani Sipri Masjid, jolie mosquée finement ciselée mais dans un environnement enfumé, poussiéreux et une circulation intense.
Ahmedabad n'est pas une ville où l'on a trop envie de s'attarder, d'autant plus qu'on sera obligés d'y repasser à la fin de notre tour du Gujarat... Demain, nous partons pour Patan.
PATAN : -Lundi 23/02/2015 : Nous arrivons à la gare routière d'Ahmedabad vers 9h. Un gars bien aimable nous guide jusqu'à l'endroit où stationne le bus pour Patan (la gare routière d'Ahmedabad est très grande). A 9h20, le bus démarre. Comme pratiquement toujours en Inde, les billets se prennent dans le bus directement au contrôleur, nous en avons pour 210rps pour nous deux.
Bien sûr, le plus long sera de sortir d'Ahmedabad et de ses faubourgs. Nous arrivons à Patan à 12h30. La rue où se trouve la gare routière est un vrai capharnaüm : beaucoup de monde et de véhicules, énormément de poussière, de klaxons, d'échoppes ambulantes, etc... Un rickshaw nous conduit pour 20rps à l'hôtel Supreem Palace, qui est tout près mais nous aurions eu du mal à le trouver tout seuls car il est situé dans un renfoncement et rien n'est indiqué en alphabet latin (tout est écrit en gujarati ici). La chambre (500rps) donne sur un jardin public, on n'entend que les oiseaux, en plus, il y a un restaurant fort correct en bas, c'est super !
Après déjeuner, un rickshaw nous conduit à la maison où se trouve le musée des tissages "patola", très minutieuse et compliquée technique de teinture des fils de trame avant tissage. Puis il nous emmène au très célèbre puits "Raniki Vav" aux magnifiques sculptures. Vraiment impressionnant de beauté, bien entretenu au milieu d'un grand parc paisible.


Une fois revenus en ville, nous replongeons dans le tohu-bohu de la rue pour trouver un endroit où changer des euros. Nous trouvons une sorte de galerie marchande avec des boutiques sur trois niveaux (ce genre de galerie commerçante est très courant dans les villes indiennes). Il s'y trouve une bijouterie avec une enseigne Western Union qui fait le change à un bon taux. Après ça, nous déambulons le long de la rue principale bordée d'échoppes où nous espérons dénicher du papier toilette mais c'est une denrée inconnue ici !!! Il y a vraiment très peu de touristes étrangers ici, dans la rue nous sommes la cible de tous les regards. Tous veulent savoir de quel pays nous venons et sont très contents quand nous les prenons en photo, beaucoup nous prennent en photo à leur tour ! Au Gujarat, peu de gens parlent anglais mais ils sont très serviables et on finit toujours par avoir son renseignement...


comme l'avait déjà signalé Parvat dans son carnet, maintenant le tchai se boit à la soucoupe !
-Mardi 24/02 : Nous avions projeté d'aller à Modhera mais finalement, nous décidons de rester tranquillement à Patan. Nous n'avons pas le courage de nous taper encore du bus (1h aller + 1h retour) pour voir un temple alors que nous en avons déjà beaucoup vus et que nous allons en voir beaucoup d'autres au cours de ce voyage... Nous partons donc de bonne heure le long de la rue principale vers le vieux quartier. Il ne fait pas encore trop chaud et il n'y a pas beaucoup de trafic. Les commerçants sont en train d'ouvrir leurs boutiques, les marchands de fruits et légumes installent leurs étals. Dans le vieux quartier, la rue est bordée de belles maisons anciennes en bois avec des balcons travaillés et de toutes petites échoppes au rez-de-chaussée. Les gens sont très souriants et accueillants. Nous passons sous une ancienne porte qui devait être la porte de la ville, autrefois Patan a été capitale du Gujarat. Dans une rue latérale, bordée de boutiques de vêtements de cérémonie et d'échoppes de tailleurs, il y a de très belles maisons aux linteaux sculptés. Sur une place ombragée par un gros banian, derrière une grille, nous découvrons une ferme où des chèvres, des vaches et des moutons paissent tranquillement... dans la rue aussi, il y a des chèvres et des vaches, mais en liberté, celles-là... Nous arrivons à un magnifique temple jaïn. Des groupes de femmes chantent et prient. Dans le quartier, nous croisons beaucoup de groupes de nonnes jaïnes, toutes habillées de blanc, pieds nus et tenant un long bâton à la main. Dans un bâtiment, des moines sont occupés à étudier. Un de leurs attributs est la balayette, genre de plumeau avec lequel ils balaient le sol devant eux pour ne pas écraser d'insecte. Les jaïns sont respectueux de toute forme de vie. En revenant vers l'hôtel, nous retrouvons l'animation du bazar...




les nonnes jaïnes

cricket dans la rue
En fin d'après-midi, nous allons faire un tour à la gare ferroviaire qui se trouve au bout de la rue principale, à l'opposé du vieux quartier. Un train est sur le point de partir. Yannick va voir le conducteur et le prend en photo ainsi que plusieurs voyageurs amusés d'être photographiés. Mais, voilà un policier qui arrive et qui nous demande d'un ton péremptoire si nous avons une autorisation pour prendre des photos dans la gare ! Bien sûr, un attroupement s'est formé autour de nous, tout le monde est très intéressé ! Glup, c'est vrai que dans les gares indiennes il n'y a pas le droit de prendre de photo !..."Mais nous sommes allés demander l'autorisation au conducteur..." "Ah bon, Ok, Ok, vous êtes allés voir le conducteur..." et le voilà qui nous serre la main, tout sourire maintenant. Ouf, nous avons eu peur de devoir effacer les photos !

LITTLE RANN OF KUTCH :
-Mercredi 25/02/2015 : Depuis Ahmedabad, nous avions téléphoné à Devjibhai Dhamecha qui dirige, avec son fils Ajay, tous deux photographes animaliers, l'Eco Camp à la lisière de la réserve naturelle du Little Rann of Kutch, pour y réserver un séjour de deux nuits. Pour s'y rendre, il faut aller à Dhangadhra.
A la bus station de Patan, on nous a dit qu'il fallait d'abord prendre le bus Deesa-Junagadh, qui part de Patan à 6h45, puis changer de bus à Malvan Chokdi. Nous arrivons donc à la gare routière à 6h30 et là, on nous annonce que le bus, en fait, ne part qu'à 7h ! A 7h, le bus n'est toujours pas là, on commence à s'inquiéter car il n'y en a pas d'autre avant 14h... Ah, voilà un bus, nous nous installons dedans, les gens nous disent qu'il va bien à Junagadh, mais, par acquis de conscience, nous demandons tout de même au chauffeur s'il s'arrête à Malvan Chokdi. Et il nous répond que non ! Panique à bord ! nous descendons en vitesse et juste à ce moment, le bon bus arrive. Ouf, nous voilà enfin installés, il est 7h20... Nous payons 194rps pour aller jusqu'à Malvan. C'est un arrêt au bord de la route, à la bifurcation avec la direction d'Ahmedabad. Le bus arrive 10mn plus tard. Beaucoup de gens descendent là, heureusement, ça nous libère des places. Nous payons 74rps pour les 34kms qui nous séparent de Dhangadhra. A notre arrivée à la gare routière, le propriétaire nous envoie un rickshaw pour nous conduire à son camp qui se trouve à 45kms de là (600rps). En cours de route, nous croisons d'énormes troupeaux de moutons, de chèvres ou de vaches avec des cornes immenses et beaucoup de buffles. Nous arrivons au bout d'un peu plus d'une heure, le camp est accueillant. Nous logerons dans une "kooba", une case ronde en terre au toit de chaume, joliment décorée de motifs au pochoir. On nous sert un bon déjeuner copieux, et du tchai à volonté. Ici, c'est très calme, nous sommes en pleine nature et le vent frais rend l'atmosphère agréable. Munis de paires de jumelles que l'on a gentiment mises à notre disposition, nous allons faire une balade à pied dans le désert de sel qui s'étend tout autour et, déjà, nous avons le plaisir de voir des ânes sauvages (hémiones) et des nilgauts (encore appelés blue bulls).

-Jeudi 26/02 : Ce matin, à 7h30, il fait bien frisquet quand nous partons dans la jeep conduite par Ajay. Nous empruntons d'abord une route qui traverse la campagne. Dans les villages, la journée commence... Nous roulons le long des champs cultivés (cumin, blé, oignons verts, coton). Il y a aussi beaucoup de vaches et buffles, ainsi que chèvres et brebis. Les produits laitiers sont une ressource importante de cette région. Dans un champ, deux femmes sont en train de baratter du lait. Un peu plus loin, après avoir traversé une sorte de savane plantée d'épineux, nous arrivons devant une grande étendue d'eau où s'affairent de grandes quantités de flamants roses, pélicans, spatules, aigrettes, avocettes... Tout ce monde est occupé à pêcher, l'air est rempli de leurs gloussements particuliers. C'est l'une des rares régions de l'Inde où les flamants roses se reproduisent à l'état sauvage. Il y en a plusieurs sortes. Notre guide, qui connait très bien les oiseaux nous les montre sur un livre qu'il a apporté, ainsi que des paires de jumelles mises à notre disposition. Il explique tout très clairement dans un anglais facile à comprendre. Quelques barques sont posées sur l'étendue désertique. Elles appartiennent à des familles de pêcheurs musulmans qui viennent y pêcher des crevettes au moment de la mousson, quand le désert est transformé en lac. Ensuite, nous allons voir les salines. Le Kutch produit 70% du sel indien. Pour pomper l'eau souterraine, il faut creuser des puits de 35m de profondeur, les hommes creusent la glaise à l'aide de houes. Ensuite, l'eau salée est pompée et mise à décanter dans divers bassins successifs. L'évaporation due à l'action du soleil produit le sel qui est récolté à l'aide de grands râteaux comme les paludiers de chez nous. Les femmes portent des cuvettes de 25kgs de sel sur leur tête pour en faire de grands tas que les camions viennent ensuite charger.





Les gérants d'une concession de salines doivent la louer à l'état indien et ils emploient un grand nombre de travailleurs journaliers. C'est un travail très dur. Les journaliers ne sont pas beaucoup payés. Nous pouvons voir quelques huttes où ils vivent avec leurs familles très pauvrement. Quand l'eau recouvre tout pendant la mousson, ils sont employés dans les fermes pour les récoltes, ils déplacent leurs campements au gré du travail. En parcourant le Kutch, on croise beaucoup d'ânes, ce sont les derniers ânes sauvages d'Asie, mais aussi des antilopes cervicapres aux belles et grandes cornes en spirale, et, bien sûr des nilgauts, sortes de bovidés sauvages, ainsi que des chinkara, petites gazelles très rapides. On voit aussi de grands vols de grues, des aigles et plein d'autres oiseaux... La balade a duré 5h30 et était vraiment très intéressante. A l'arrivée, un bon repas savoureux et copieux nous est servi. On est vraiment bien ici. Il y a même une salle de bain attenante à la hutte, avec eau chaude au seau (il y a un grand chauffe-eau à bois) En fin d'après-midi, nous refaisons une grande promenade à pied dans le désert face au camp où nous admirons encore des ânes, des nilgauts, des grues (on ne s'en lasse pas) et le coucher du soleil... Nous ne regrettons vraiment pas d'être venus ici, ce séjour restera un moment fort de notre voyage et le souvenir d'un accueil exceptionnel.
La suite quelques articles plus loin...
-Samedi 21/02/2015 : Après la matinée sur la plage de Benaulim, nous prenons le taxi à 13h30 pour aller à l'aéroport de Goa car, aujourd'hui, nous prenons l'avion pour Ahmedabad, capitale du Gujarat. L'avion décolle à 16h30 et arrive à 18h. Nous prenons un rickshaw pour nous rendre au vieux centre d'Ahmedabad (200rps). Quand nous y arrivons, il fait nuit. Une amie nous avait recommandé l'hôtel Kozar mais il n'y restait plus qu'un grande chambre très chère et l'hôtel Volga étant plein, nous nous rabattons sur un hôtel que nous indique le conducteur de rickshaw, le "Safar Inn", chambre double correcte pour 890rps. L'hôtel est bien placé (tout près de la Sidi Saiyad Mosque), la chambre est un peu déglinguée mais pas trop bruyante par rapport au quartier où la circulation est assez infernale et il y a une bonne douche chaude et un ventilo en bon état, et même un ascenseur! Que demander de plus ?
Détail étonnant : Le gérant, à notre arrivée, en plus des formulaires habituels d'identité à remplir, nous prend l'empreinte digitale du pouce et nous prend en photo!!! Une fois nos bagages installés dans notre chambre, nous repartons dans les rues sombres et jonchées de détritus, traversons le flux de la circulation intense et marchons le long des trottoirs encombrés d'épaves de voitures et débris en tout genre, pour arriver enfin à l'Hotel ZK (qui est en fait un restaurant musulman, donc non végétarien) sur Relief Road où nous pourrons savourer du très bon poulet. Ouf!
-Dimanche 22/02 : Dans l'hôtel, il y a un room service mais pas pour le petit-déjeuner !!! Nous partons donc à la recherche d'un endroit où prendre ce repas. Nous allons voir au Green House, le resto d'un hôtel très très chic mentionné dans le Routard. Mais, nous ne nous y attarderons pas car l'ambiance très "pincée" du lieu et le prix prohibitif nous font fuir. Heureusement, nous découvrons tout près de là, un petit snack indien bien plus sympa, le "Lucky restaurant" où l'on mange très bien, à toute heure. Nous aurons la surprise d'y remarquer, entre les tables, des groupes de tombeaux enfermés dans des grilles et couvertes de fleurs. Tiens! des jardinières originales, pensons-nous... Mais non, en fait ce restaurant, comme nous aurons l'occasion de l'apprendre plus tard, est construit sur un cimetière et il s'agirait de tombes de saints soufis du 16ème siècle ! vraiment "incredible India !" Tout près, se trouve la petite mosquée "Sidi Saiyad" aux belles fenêtres ciselées. Les femmes n'ont pas le droit d'y entrer quand quelqu'un est en prière à l'intérieur mais, heureusement, comme il n'y a pas de porte, on la voit très bien de l'extérieur. Sur la grande place qui s'étend devant le Bhadra Fort, se tient un grand marché de vêtements, chaussures, etc. La visite du fort est sympa, avec plusieurs escaliers et miradors : on peut monter sur les terrasses d'où l'on a une super vue sur la place et son animation. Nous y sommes tout seuls. En bas du fort se tient un petit temple hindou dédié à la déesse Kali. Aujourd'hui, s'y déroule une cérémonie avec des musiciens pleins de ferveur et d'entrain... Nous passons la vieille porte à trois arches, ancienne entrée du fort, et nous arrivons sur Gandhi Road où se trouve la Jama Masjid, la grande mosquée.

Nous prenons un rickshaw pour aller voir le beau puits "Dada Hari". Ici, on voit que nous ne sommes pas dans un état touristique, il n'y a pas besoin de négocier, les prix sont vraiment honnêtes : 40rps pour aller au puits et 60rps pour nous conduire jusqu'à l'Ashram de Gandhi, de l'autre côté de la rivière.

dans les profondeurs du puits

derrière le puits, se trouve une très jolie mosquée
Dans l'après-midi, nous suivons la rue bordée d'étals de fruits derrière la Jama Masjid et nous marchons, marchons jusqu'à Astoria Chakia (en demandant souvent notre route) car nous voulons atteindre la gare routière afin de nous renseigner sur les heures de bus pour Patan.
En cours de route, nous pouvons admirer la Rani Sipri Masjid, jolie mosquée finement ciselée mais dans un environnement enfumé, poussiéreux et une circulation intense.
Ahmedabad n'est pas une ville où l'on a trop envie de s'attarder, d'autant plus qu'on sera obligés d'y repasser à la fin de notre tour du Gujarat... Demain, nous partons pour Patan.PATAN : -Lundi 23/02/2015 : Nous arrivons à la gare routière d'Ahmedabad vers 9h. Un gars bien aimable nous guide jusqu'à l'endroit où stationne le bus pour Patan (la gare routière d'Ahmedabad est très grande). A 9h20, le bus démarre. Comme pratiquement toujours en Inde, les billets se prennent dans le bus directement au contrôleur, nous en avons pour 210rps pour nous deux.
Bien sûr, le plus long sera de sortir d'Ahmedabad et de ses faubourgs. Nous arrivons à Patan à 12h30. La rue où se trouve la gare routière est un vrai capharnaüm : beaucoup de monde et de véhicules, énormément de poussière, de klaxons, d'échoppes ambulantes, etc... Un rickshaw nous conduit pour 20rps à l'hôtel Supreem Palace, qui est tout près mais nous aurions eu du mal à le trouver tout seuls car il est situé dans un renfoncement et rien n'est indiqué en alphabet latin (tout est écrit en gujarati ici). La chambre (500rps) donne sur un jardin public, on n'entend que les oiseaux, en plus, il y a un restaurant fort correct en bas, c'est super !
Après déjeuner, un rickshaw nous conduit à la maison où se trouve le musée des tissages "patola", très minutieuse et compliquée technique de teinture des fils de trame avant tissage. Puis il nous emmène au très célèbre puits "Raniki Vav" aux magnifiques sculptures. Vraiment impressionnant de beauté, bien entretenu au milieu d'un grand parc paisible.


Une fois revenus en ville, nous replongeons dans le tohu-bohu de la rue pour trouver un endroit où changer des euros. Nous trouvons une sorte de galerie marchande avec des boutiques sur trois niveaux (ce genre de galerie commerçante est très courant dans les villes indiennes). Il s'y trouve une bijouterie avec une enseigne Western Union qui fait le change à un bon taux. Après ça, nous déambulons le long de la rue principale bordée d'échoppes où nous espérons dénicher du papier toilette mais c'est une denrée inconnue ici !!! Il y a vraiment très peu de touristes étrangers ici, dans la rue nous sommes la cible de tous les regards. Tous veulent savoir de quel pays nous venons et sont très contents quand nous les prenons en photo, beaucoup nous prennent en photo à leur tour ! Au Gujarat, peu de gens parlent anglais mais ils sont très serviables et on finit toujours par avoir son renseignement...


comme l'avait déjà signalé Parvat dans son carnet, maintenant le tchai se boit à la soucoupe !
-Mardi 24/02 : Nous avions projeté d'aller à Modhera mais finalement, nous décidons de rester tranquillement à Patan. Nous n'avons pas le courage de nous taper encore du bus (1h aller + 1h retour) pour voir un temple alors que nous en avons déjà beaucoup vus et que nous allons en voir beaucoup d'autres au cours de ce voyage... Nous partons donc de bonne heure le long de la rue principale vers le vieux quartier. Il ne fait pas encore trop chaud et il n'y a pas beaucoup de trafic. Les commerçants sont en train d'ouvrir leurs boutiques, les marchands de fruits et légumes installent leurs étals. Dans le vieux quartier, la rue est bordée de belles maisons anciennes en bois avec des balcons travaillés et de toutes petites échoppes au rez-de-chaussée. Les gens sont très souriants et accueillants. Nous passons sous une ancienne porte qui devait être la porte de la ville, autrefois Patan a été capitale du Gujarat. Dans une rue latérale, bordée de boutiques de vêtements de cérémonie et d'échoppes de tailleurs, il y a de très belles maisons aux linteaux sculptés. Sur une place ombragée par un gros banian, derrière une grille, nous découvrons une ferme où des chèvres, des vaches et des moutons paissent tranquillement... dans la rue aussi, il y a des chèvres et des vaches, mais en liberté, celles-là... Nous arrivons à un magnifique temple jaïn. Des groupes de femmes chantent et prient. Dans le quartier, nous croisons beaucoup de groupes de nonnes jaïnes, toutes habillées de blanc, pieds nus et tenant un long bâton à la main. Dans un bâtiment, des moines sont occupés à étudier. Un de leurs attributs est la balayette, genre de plumeau avec lequel ils balaient le sol devant eux pour ne pas écraser d'insecte. Les jaïns sont respectueux de toute forme de vie. En revenant vers l'hôtel, nous retrouvons l'animation du bazar...




les nonnes jaïnes

cricket dans la rue
En fin d'après-midi, nous allons faire un tour à la gare ferroviaire qui se trouve au bout de la rue principale, à l'opposé du vieux quartier. Un train est sur le point de partir. Yannick va voir le conducteur et le prend en photo ainsi que plusieurs voyageurs amusés d'être photographiés. Mais, voilà un policier qui arrive et qui nous demande d'un ton péremptoire si nous avons une autorisation pour prendre des photos dans la gare ! Bien sûr, un attroupement s'est formé autour de nous, tout le monde est très intéressé ! Glup, c'est vrai que dans les gares indiennes il n'y a pas le droit de prendre de photo !..."Mais nous sommes allés demander l'autorisation au conducteur..." "Ah bon, Ok, Ok, vous êtes allés voir le conducteur..." et le voilà qui nous serre la main, tout sourire maintenant. Ouf, nous avons eu peur de devoir effacer les photos !

LITTLE RANN OF KUTCH :
-Mercredi 25/02/2015 : Depuis Ahmedabad, nous avions téléphoné à Devjibhai Dhamecha qui dirige, avec son fils Ajay, tous deux photographes animaliers, l'Eco Camp à la lisière de la réserve naturelle du Little Rann of Kutch, pour y réserver un séjour de deux nuits. Pour s'y rendre, il faut aller à Dhangadhra.
A la bus station de Patan, on nous a dit qu'il fallait d'abord prendre le bus Deesa-Junagadh, qui part de Patan à 6h45, puis changer de bus à Malvan Chokdi. Nous arrivons donc à la gare routière à 6h30 et là, on nous annonce que le bus, en fait, ne part qu'à 7h ! A 7h, le bus n'est toujours pas là, on commence à s'inquiéter car il n'y en a pas d'autre avant 14h... Ah, voilà un bus, nous nous installons dedans, les gens nous disent qu'il va bien à Junagadh, mais, par acquis de conscience, nous demandons tout de même au chauffeur s'il s'arrête à Malvan Chokdi. Et il nous répond que non ! Panique à bord ! nous descendons en vitesse et juste à ce moment, le bon bus arrive. Ouf, nous voilà enfin installés, il est 7h20... Nous payons 194rps pour aller jusqu'à Malvan. C'est un arrêt au bord de la route, à la bifurcation avec la direction d'Ahmedabad. Le bus arrive 10mn plus tard. Beaucoup de gens descendent là, heureusement, ça nous libère des places. Nous payons 74rps pour les 34kms qui nous séparent de Dhangadhra. A notre arrivée à la gare routière, le propriétaire nous envoie un rickshaw pour nous conduire à son camp qui se trouve à 45kms de là (600rps). En cours de route, nous croisons d'énormes troupeaux de moutons, de chèvres ou de vaches avec des cornes immenses et beaucoup de buffles. Nous arrivons au bout d'un peu plus d'une heure, le camp est accueillant. Nous logerons dans une "kooba", une case ronde en terre au toit de chaume, joliment décorée de motifs au pochoir. On nous sert un bon déjeuner copieux, et du tchai à volonté. Ici, c'est très calme, nous sommes en pleine nature et le vent frais rend l'atmosphère agréable. Munis de paires de jumelles que l'on a gentiment mises à notre disposition, nous allons faire une balade à pied dans le désert de sel qui s'étend tout autour et, déjà, nous avons le plaisir de voir des ânes sauvages (hémiones) et des nilgauts (encore appelés blue bulls).

-Jeudi 26/02 : Ce matin, à 7h30, il fait bien frisquet quand nous partons dans la jeep conduite par Ajay. Nous empruntons d'abord une route qui traverse la campagne. Dans les villages, la journée commence... Nous roulons le long des champs cultivés (cumin, blé, oignons verts, coton). Il y a aussi beaucoup de vaches et buffles, ainsi que chèvres et brebis. Les produits laitiers sont une ressource importante de cette région. Dans un champ, deux femmes sont en train de baratter du lait. Un peu plus loin, après avoir traversé une sorte de savane plantée d'épineux, nous arrivons devant une grande étendue d'eau où s'affairent de grandes quantités de flamants roses, pélicans, spatules, aigrettes, avocettes... Tout ce monde est occupé à pêcher, l'air est rempli de leurs gloussements particuliers. C'est l'une des rares régions de l'Inde où les flamants roses se reproduisent à l'état sauvage. Il y en a plusieurs sortes. Notre guide, qui connait très bien les oiseaux nous les montre sur un livre qu'il a apporté, ainsi que des paires de jumelles mises à notre disposition. Il explique tout très clairement dans un anglais facile à comprendre. Quelques barques sont posées sur l'étendue désertique. Elles appartiennent à des familles de pêcheurs musulmans qui viennent y pêcher des crevettes au moment de la mousson, quand le désert est transformé en lac. Ensuite, nous allons voir les salines. Le Kutch produit 70% du sel indien. Pour pomper l'eau souterraine, il faut creuser des puits de 35m de profondeur, les hommes creusent la glaise à l'aide de houes. Ensuite, l'eau salée est pompée et mise à décanter dans divers bassins successifs. L'évaporation due à l'action du soleil produit le sel qui est récolté à l'aide de grands râteaux comme les paludiers de chez nous. Les femmes portent des cuvettes de 25kgs de sel sur leur tête pour en faire de grands tas que les camions viennent ensuite charger.





Les gérants d'une concession de salines doivent la louer à l'état indien et ils emploient un grand nombre de travailleurs journaliers. C'est un travail très dur. Les journaliers ne sont pas beaucoup payés. Nous pouvons voir quelques huttes où ils vivent avec leurs familles très pauvrement. Quand l'eau recouvre tout pendant la mousson, ils sont employés dans les fermes pour les récoltes, ils déplacent leurs campements au gré du travail. En parcourant le Kutch, on croise beaucoup d'ânes, ce sont les derniers ânes sauvages d'Asie, mais aussi des antilopes cervicapres aux belles et grandes cornes en spirale, et, bien sûr des nilgauts, sortes de bovidés sauvages, ainsi que des chinkara, petites gazelles très rapides. On voit aussi de grands vols de grues, des aigles et plein d'autres oiseaux... La balade a duré 5h30 et était vraiment très intéressante. A l'arrivée, un bon repas savoureux et copieux nous est servi. On est vraiment bien ici. Il y a même une salle de bain attenante à la hutte, avec eau chaude au seau (il y a un grand chauffe-eau à bois) En fin d'après-midi, nous refaisons une grande promenade à pied dans le désert face au camp où nous admirons encore des ânes, des nilgauts, des grues (on ne s'en lasse pas) et le coucher du soleil... Nous ne regrettons vraiment pas d'être venus ici, ce séjour restera un moment fort de notre voyage et le souvenir d'un accueil exceptionnel.
La suite quelques articles plus loin...
L’Inde ça commence par un chien prisonnier de la circulation, coincé contre le parapet central d’une 2X2 voies. Sa première tentative de traversée est repoussée par un bus. Deuxième tentative, deuxième bus. L’animal se glisse sous le châssis, yeux terrifiés. Une roue arrière lui happe une patte, immédiatement lui broie le corps et finit par lui faire éclater la tête.
Ca ne serait probablement pas très moral de s’attarder sur ce drame animalier, car depuis ½ heure et notre sortie de l’aéroport de Chennai, c’est le drame indien (humain !) que nous touchons du doigt. La misère qui longe la route, des cubes de béton qui tiennent lieu de maison, - des taudis -, et la vie qui se déroule sur un tapis d’immondices. 3 heures de taxi (carnet pratique à suivre) nous amènent à Pondichéry où la France a laissé quelques pans de sa culture. Le quartier français est agréable à arpenter. Les rues y sont relativement propres, relativement calmes, l’architecture souvent plaisante. Le quartier musulman (pas cité par le Lonely Planet qui nous guide) est lui aussi reposant et assez charmant. Au hasard de nos flâneries, nous tombons sur un chantier de rénovation d’une belle bâtisse ancienne. Les ouvrières portent des récipients remplis de gravier sur la tête. Ce pays, possesseur de l’arme atomique, d’une flopée de satellites, de chercheurs compétents, ne sait pas offrir une brouette à ses ouvriers. La ville moderne, 100% indienne, est toute proche. Les Indiens ont probablement inventé le klaxon et ils le font savoir, tout le temps. Autour du klaxon, ils ont ingénieusement construit des bus, des voitures, des camions, des motos (rarement plus de 150CC). Bien que la ville soit modeste en taille, la densité de population, l’absence de feux tricolores ou de stop font de la rue indienne le lieu d’une sacrée pagaille, un tintamarre plutôt joyeux. Dans le genre, le carrefour de la Bahadur shastu street avec la Mahatma Gandhi road est un must, spectacle garanti, peut-être plus encore à l’heure de sortie des écoles. Plus généralement c’est ça que nous avons aimé à Pondichéry, déambuler dans les rues sans véritable but, se gaver de ce spectacle inconnu sous nos latitudes occidentales. Le capharnaüm de la circulation est une attraction à lui seul : 3, 4 et jusqu’à 5 personnes sur un scooter, 10 enfants et un chauffeur dans un rickshaw, des carrioles, des voitures parfois de luxe, des vaches et là-dedans d’intrépides piétons. Dans la rue nous avons aussi aimé nous arrêter dans les bouis-bouis, pour, comme les indiens, profiter d’un café ou d’un thé au lait pour trois fois rien, quitte à le regretter un peu plus tard, au moment de courir vers les toilettes. Malheureusement les terrasses sont rarissimes et c’est debout qu’il faut le plus souvent profiter de la pause-café. D’autres échoppes, ou parfois des carrioles, proposent pour guère plus cher des samossas, brochettes ou petits plats. A Pondi nous avons aimé ceux de la plage où la promenade est bien agréable et très fréquentée le soir venu (1 petit plat pour 30 RPS, café ou thé pour 13 RPS avec 100RPS=1.50€).
Voilà. La rue, ce côté apocalyptique, ce grouillement, c’est ce que nous avons aimé au cours de nos premières heures indiennes. Et c’est cela même –augmenté tout de même de la misère et de la crasse exhibées à leur comble- qui doucement allait nous imprégner, nous emplir jusqu’à l’écœurement.
Trichy, à 5 heures de bus au sud-ouest de Pondi, est comme le reste, chaotique. C’est ici que je suis tombé malade, à ne plus rien pouvoir avaler. C’est vraiment dommage que cette cuisine orientale rende parfois malade à devenir repoussante car elle est le plus souvent savoureuse et nous avons apprécié la plupart des restos essayés (avec ou sans l’aide du LP). En ce qui me concerne, je peux même dire que de tous les pays que j’ai visité, l’Inde est celui où je me suis le plus régalé. Cette très temporaire indigestion ne nous a pas empêchés de visiter la ville. Le Rock fort temple, au pied duquel foisonnent notamment les boutiques à textiles, s’offre après une petite grimpette. Jolie vue de la ville au sommet, certes, mais on est quand même dubitatifs quant aux termes employés par le LP - « époustouflant »-, bon…, on peut rester mesuré non ? Au cours de la montée le monde tourne parfois à l’envers, et ce sont les touristes indiens qui insistaient pour nous prendre en photo. Ça, c’était un moment vraiment sympathique. Pour ma part le temple de sri Ranganathaswamy ne m’a pas transcendé. Il faut que je me rende à l’évidence : bien que curieux en matière de religion, l’hindouisme et ses kitschissimes édifices me laissent froid. Cette appréciation est évidemment (comme l’ensemble de ce journal) toute personnelle et Coralie, qui m’accompagne, a quant à elle plutôt aimé. Un indien francophone, armé d’un gros accent difficile à décrypter, nous a initiés à Shiva, Vishnu et quantité de leurs comparses. Ça avait l’air intéressant mais, je me répète, je suis un peu hermétique. J’ai déjà un peu de mal avec notre Trinité alors pensez bien que les Dieux qui se réincarnent à l’infini, ça m’épuise. Le tour à l’église de Lourdes ne s’impose pas, mais c’est tout près de là que nous avons pris le bus de ville pour rejoindre notre hôtel. Nous avons choisi d’excursionner une journée à Tanjavore en gardant notre base de Trichy, pourtant peu reluisante. Il s’agit là aussi de découvrir un temple hindou (Brihadishwara), mais cette fois-ci le charme du lieu opère mieux. Probablement parce que les statuettes, monochromes, qui ornent les édifices sont beaucoup moins kitsch ( ?). Par contre vous pouvez vous dispenser de la visite du Palais, un peu plus loin dans la ville (ville bruyante, polluée, crade…rien de neuf). Cette visite frise le foutage de gueule.
De Trichy nous avons rejoint Maduraï le 22 décembre, lendemain du jour de la fin du monde si l’on en croit les mauvais traducteurs des tablettes mayas. Ici en Inde, c’est tous les jours l’apocalypse, à Maduraï comme ailleurs. Une petite semaine après notre arrivée, l’Inde nous semble être le pays du trop : · Trop de monde · Trop de bruit · Trop de pollution · Trop de crasse · Trop de puanteur · Trop de misère Et quand il vous semble que vous avez choisi le bon hôtel –clean, calme, personnel à l’écoute- ben non, re-mauvaise pioche, un groupe électrogène démarre tôt sous votre fenêtre, très tôt le matin, et c’est la petite goutte de « trop » pour votre coéquipière qui là, pète un plomb, se demande ce qu’elle fout là, c’est quoi ce pays de tarés, quand est-ce qu’on rentre. Ce qu’on peut faire dans ce cas-là c’est prendre sur soi, se dire que ce pays ne peut pas se résumer à ça. Alors on espère, malgré le manque de signaux rassurants, on prend effectivement sur soi, et on replonge dans la rue –crasse évidemment- qui mène au temple de Sri Meenakshi. On se déchausse, on entre par l’une des 4 portes, on parcourt différentes salles et couloirs, on croise du monde, beaucoup de monde dont pas mal en pèlerinage, mais ça ne nous bouleverse pas. Nous quittons donc Maduraï sans regret et plein d’attente de notre prochaine étape.
Au cours des 2 premières heures de notre périple vers Munnar, le paysage est identique à ce qu’il a été depuis Chennai. : plat, désespérément. Les rares reliefs aperçus jusque-là tiennent plus, comme le souligne ma belge accompagnatrice, du terril que de la véritable montagne. Mais bientôt, ouf, la route s’élève, s’élève encore, parfois vertigineusement. Le paysage prend de nouvelles couleurs, le visage de Coralie aussi, la température devient douce. Le bus se traîne à 20 km/h, si, si, sur ces pentes abruptes mais l’essentiel est ailleurs : nous changeons doucement de pays. Et c’est vrai administrativement aussi, puisqu’une barrière en bois, frontière désuète, nous indique que nous quittons le Tamil Nadu pour le Kérala. A Munnar le sort semble s’acharner, tous les hôtels que nous visitons sont complets pour plusieurs jours. Cette fois nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes : 2 jours avant Noël, les indiens sont nombreux à prendre des vacances et eux aussi aspirent au calme qui manque tant aux villes. Nous trouvons à nous loger à 7 km de Munnar. A 4000 RPS (60 euros tout de même !!), on s’attendait à un confort en proportion. Non. Nous sommes en Inde et pour 60 euros, votre balcon surplombe un tas d’immondices odorants… Au-delà de ces déboires et malgré ce que je viens d’écrire, Munnar aura été un grand bol d’air. Enfin…toutes proportions gardées hein ! Munnar est une petite ville encombrée, sale et bruyante, mais dans une certaine mesure. Acceptable. Surtout, il y a autour de Munnar les jolies plantations de thé, des montagnes qui ont de la gueule. On ne vous conseillera jamais assez de louer un scooter et de prendre la route par vous-même (plutôt que de louer un rickshaw), puis les routes transversales. Au hasard vous tomberez sur quelques très beaux paysages, une rivière où les hommes et les femmes sont affairés à laver dans la rivière le linge des grands hôtels, une petite fête de village, une terrasse riquiqui où le thé se boit en compagnie des chèvres. Loin du tumulte, loin des touristes, nous avons vécu là nos meilleures heures indiennes, 2 jours à sillonner la région au guidon de notre engin.
Personnellement j’appréhendais beaucoup le retour dans la plaine, mais côté ouest cette fois-ci. Kochi est en effet une grosse ville. Mais, au sein de la pagaille habituelle, fort Cochin est un quartier plutôt calme. A toute médaille son revers, fort Cochin est très touristique et, par exemple, nombre des restaurants ne sont fréquentés que par les occidentaux (et les prix s’en ressentent, la cuisine aseptisée aussi). Pour autant les indiens ne sont pas absents de la ville. Ils s’agglutinent au plus près de la mer où les échoppes (en-cas, jus de fruits..) sont légion. Nous avons goûté là notre premier concert hard-rock indien, ça déménage, loin des mélodies à l’eau de rose entendues dans les bus. La mer c’est aussi l’occasion pour des flopées de parents de laisser les enfants jouer dans l’eau ou sur le sable. Cela reste intrigant tout de même, si loin de notre culture, de le faire à quelques mètres d’une eau saumâtre, puante de pollution. On peut facilement échapper au flot de touristes, par exemple en rejoignant à pieds le quartier juif. La balade n’a rien d’exceptionnel mais c’est la vie de tous les jours qui se déroule là, et si on voyage, c’est aussi pour être témoin de ça. Le quartier juif en lui-même est à nouveau très touristique, et c’est l’endroit qu’il vous faut si vous souhaitez ramener quelques antiquités en France (toujours très pratique en sac à dos). Notez que le palais et la synagogue sont fermés le vendredi et le samedi, nous on ne l’avait pas noté. La pierre tombale vedette de l’église St François ne ressemble pas à grand-chose. Il n’empêche : un amoureux du voyage ne peut pas passer à proximité de la tombe de Vasco de Gama sans lui rendre un petit hommage. Il n’y a que des bonnes raisons d’aller faire un tour sur Vypeen island, à 5mn de ferry de fort Cochin. Il y a d’abord une jolie promenade à y faire en front de mer, étonnamment propre et bien aménagée (le contraste est saisissant avec le « versant » fort Cochin). Ici les pêcheurs ne mettent pas en action les grands filets chinois pour amuser les touristes, car il n’y en a pas. En continuant on se perd dans des ruelles étroites où voitures et scooters n’ont apparemment pas droit de cité. Le quartier est franchement bourgeois, calme. En rejoignant la route principale, le bus nous amène pour des clopinettes à Cheraï beach. Le temps d’y arriver on s’étonne du nombre d’églises et on traverse nombre de canaux, comme un premier aperçu des backwaters, notre prochaine étape. La plage est elle aussi étonnamment propre. Cependant si les détritus vous manquent, il suffit de s’approcher des quelques cabanons qui vendent des en-cas (5RPS, une misère), à déguster sous un parasol. La mer n’est pas turquoise mais ni les indiens ni les occidentaux n’hésitent à s’y baigner. Et si je n’avais pas oublié mon maillot, je n’aurais pas hésité. Avant de quitter fort Cochin nous avons visité un lieu d’expo de la biennale. Les artistes « art contemporain » prouvent que l’Inde ne se contente pas des traditions et des clichés, comme auparavant les hards-rockers.
Allepey est une petite ville, bruyante en son centre comme les autres. Les canaux y sont très pollués mais, pour profiter pleinement des backwaters, il ne faut pas s’éloigner de beaucoup. Nous avons loué ici une barque et son rameur pour 8 heures. Les éloges du LP sont cette fois-ci justifiées et, après avoir suivi le chemin qu’empruntent tous les bateaux, notre embarcation se faufile dans les plus petits canaux, loin du bruit des moteurs. Un vrai chouette moment, bucolique à souhait, même si le passage des touristes à quelques mètres de leurs habitations semble parfois incommoder les autochtones (on se met facilement à leur place). On profite donc un peu gênés du quotidien des habitants, rien de très exaltant au fond, le train-train des gens qu’on devine modestes : · . Martine lave son linge à la rivière · . Martine lave sa vaisselle à la rivière · . Martine lave ses cheveux à la rivière · . Martine papotte avec les voisins près de la rivière · . Martine a même pas peur des serpents de la rivière Nous avons (très très bien) déjeuné dans une gargote située sur un minuscule îlot émergeant d’un « étang » splendide, étonnamment ignoré des autres bateaux, le top. Le soir, la plage d’Allepey est semble-t-il le lieu de rendez-vous de toute la population locale. Jeunes, moins jeunes et familles se retrouvent là dans une ambiance très bon enfant. Quelques touristes sont noyés dans la foule indienne, curieuse de notre présence. Les échanges sont sympathiques. On s’aperçoit au fil de notre séjour que l’inde n’est pas si caricaturale qu’on veut bien le croire depuis l’occident. Il y a par exemple une vraie classe moyenne en Inde, des gens qui, sans rouler sur l’or, ont un niveau de vie « correct ». Et même si la misère n’est jamais loin, on côtoie beaucoup de ces gens-là qui, notamment, ont les moyens de se payer quelques jours de vacances dans leur propre pays (qui ne résume donc pas à une classe de très riches et une classe de pauvres). Un chiffre lu dans le journal est éloquent : 54% des habitants de Dehli ont un portable ! Les jeunes se baladent souvent les écouteurs d’un MP3 aux oreilles. En marchant de notre logement vers le centre-ville, nous sommes passés devant une grande église, à l’heure où la messe commençait. Nous nous sommes invités. L’église est remplie. On se déchausse à l’entrée, hommes à gauche, femmes voilées à droite. Beaucoup de chants, plutôt agréables. Une statue de Jésus (et quelques autres) est dévoilée au bout de 10 minutes, de façon très théâtrale. Chacun se recueille. C’est assez émouvant au fond de voir cette foule unie dans la communion, dans une célébration à la fois proche de la nôtre (catholique) et en même temps très éloignée (indienne).
Pour rejoindre le sud du Kérala depuis Allepey, nous avons choisi l’option bateau. Bonne pioche. Ça n’est évidemment pas la solution la plus rapide puisque la croisière dure 8 heures mais c’est assurément la plus agréable. On passe par différents paysages et par moments on se croirait en pleine jungle. Un chouette périple dans les backwaters pour une somme très modique. A ne pas manquer si vous êtes dans le coin. C’est sur ce bateau que nous nous sommes rendus compte de la quantité d’illuminés (occidentaux) qui viennent en Inde pour s’extasier gourou, méditer gourou, et même lui faire coucou au gourou (c’est du côté des backwaters que vit la grosse dame, vue à la télé c’est dire, qui vous prend dans ses bras pour quelques secondes, certes, mais en réalité pour une éternité de spiritualité). Nombre de ces jeunes gens ont ici cette gourou-attitude, une quête de l’essentiel si je comprends bien qui me laisse tout de même perplexe, un peu plus encore lorsque l’on voit ces mêmes jeunes gens consulter internet sur leur portable en sirotant un Coca Cola. C’est étrange il me semble de chercher la sérénité, la plénitude, dans un pays rongé par la misère et la corruption, envahi de détritus et de vacarme même si l’Inde, évidemment, ne se résume pas à ça.
Je n’ai pas grand-chose à dire sur Kollam où nous avons débarqué avant de poursuivre vers le sud. Un petit mot tout de même pour signaler la malhonnêteté des conducteurs de rickshaws qui vous assurent, sur la tête de leur descendance, qu’il n’existe pas de bus pour Varkala et que le mieux est d’y aller…en rickshaw ! Heureusement, ce genre de comportement est rarissime en Inde, mais pas à Kollam.
Le bus vous dépose en une petite heure et pour quelques roupies au village de Varkala. De là un rickshaw vous dépose près de la falaise où se concentrent les hôtels à touristes, les restaurants à touristes, les boutiques à touristes. Que dire de Varkala (je parle ici du quartier de la falaise) ? C’est un endroit pour oublier l’Inde quand on en est fatigué. C’est un endroit où vous mangerez à l’occidentale, où vous trouverez facilement une bière fraîche ce qui n’est pas gagné en Inde. C’est un endroit doté d’une promenade en bord de falaise, en bord de terrasses, à laquelle on peut trouver un certain charme. C’est un endroit qui garde de l’Inde, tout de même, une mer chaude, des cocotiers, des saisonniers indiens. C’est un endroit où on trouve beaucoup de bouquinistes car de prime abord il n’y a pas grand-chose d’autre à faire à Varkala qu’à filer à la plage au pied de la falaise, et alterner lecture et baignade. En ce qui me concerne c’est un endroit où, rapidement, l’Inde me manque. Pour la retrouver un peu, on peut marcher au hasard des ruelles, derrière les hôtels de 1ère ligne. On trouve là quelques bouis-bouis indiens mais qui tous, tout de même, font quelques concessions aux occidentaux qui font vivre le quartier. Pour la retrouver mieux, l’Inde, on peut prendre un bus depuis Temple junction pour la ville qui ne casse rien mais où les indiens vivent et mangent – ouf- indien. Et pour la trouver belle, l’Inde, vous poursuivrez vers le nord la promenade qui longe la mer (qui reste donc sur votre gauche). Bientôt les falaises s’effacent, la foule de touristes et la foultitude de restaurants aussi. Quelques baraques de pêcheurs. Filets étendus sur le sable. Une terrasse. Enfin, une vraie terrasse. Comme on aime, idéale pour prendre un thé, il faudra vous y faire, devant la mer. Et puis, en poursuivant, de temps en temps une autre terrasse, quelques hôtels clairsemés aux bungalows noyés dans la palmeraie. Et devant, LA plage d’Odayam. Des touristes certes, mais pas de grandes concentrations. Et puis des indiens, pour la plupart pêcheurs, dont la seule préoccupation est de ramener sur la plage, à la force des bras et par équipes d’une vingtaine de personnes, les filets déposés un peu plus tôt à plusieurs centaines de mètres du rivage. Une technique de pêche étonnante et rudimentaire à laquelle on peut participer, les bras supplémentaires n’étant pas de trop. En poursuivant le long de la mer, on remonte sur des falaises où les indiens ont repris leurs (mauvaises) habitudes : balancer leurs ordures n’importe où. Mais si on insiste sur ce chemin, on aperçoit une nouvelle plage. Avant d’y parvenir on tombe sur un petit hôtel, le « 8 wonders » au moment où ma coéquipière tombe, elle, sur les fesses et assez douloureusement sur le poignet. Une des 2 jeunes propriétaires, sympathique hollandaise, nous dépanne d’un peu de glace à appliquer sur la blessure. C’est l’occasion de discuter et d’apprendre qu’elles ont racheté cet ensemble de bungalows alors en ruine il y a 4 mois, ont ouvert il y a un mois. Et, miraculeusement, dans cet endroit relativement isolé en bordure d’un petit village, sans publicité, sans site internet, les touristes sont présents. Et, à lire le livre d’or, particulièrement enchantés de leur séjour. Un bel endroit qu’on recommande et qui fait rêver les routards qui, un jour, souhaitent eux aussi accueillir les touristes dans leur propre gîte, quelque part sur cette planète. Il n’y a pas grand-chose à faire, je vous l’ai dit, à Varkala, si ce n’est se reposer. Alors nous sommes revenus plusieurs fois sur la plage d’Odayam pour observer les pêcheurs, comprendre leur technique, vérifier que leur prise, cette fois encore, est bien maigre, et puis aussi pour profiter du soleil et jouer avec les rouleaux que font les vagues comme dans une lessiveuse, version essorage.
La route qui mène en 2 heures à Trivandrum, capitale du Kerala, n’est pas particulièrement agréable. Voilà une ville qui n’a pas grand-chose à offrir aux touristes mais qui nous a bien plu. Nous avons donc marché au hasard des rues, découvert le petit Connemara market. La visite du zoo fait une balade pas désagréable mais les conditions de vie de certains animaux font peine à voir.
Pour rejoindre Chennaï, nous avons choisi le train. 17 heures de voyage en classe 2AC (la deuxième en partant de la plus confortable). A ce prix vous partagez avec 3 autres voyageurs et quelques cafards un « compartiment ». Les couchettes sont dures, les draps et couvertures sont fournis. Le « super fast » de 17h10 laisse largement le temps d’admirer le paysage si vous avez la chance d’être assis devant une fenêtre propre, ce qui n’est pas gagné. Plats et boissons sont proposés par des vendeurs ambulants dans le train. Ce long voyage nous a permis d’échanger avec un jeune indien installé depuis 5/6 ans aux USA. Une vision intéressante de son propre pays par quelqu’un qui connait aussi le mode de vie occidental. Le paysage défile, les détritus longent sans fin la voie ferrée. Chennaï : Ville chaotique, sale, bruyante. Bidonvilles. Canaux servant de décharges. Le contraste est saisissant entre Tamil Nadu où nous sommes de retour et Kérala d’où nous venons. L’impression (définitive ?) que le Tamil Nadu n’offre pas de répit en terme de crasse, de vacarme, de misère (avec, comme exception confirmant la règle, les quartiers français et musulman de Pondichéry). Au Kérala, même si tout est très loin d’être parfait les efforts en terme de propreté sont encore timides mais réels, les gens paraissent globalement plus riches, le pays plus calme. Il faut tout de même reconnaître à l’administration de Chennaï un grand sens de l’humour : l’immense gare routière Moffusil est ISO-9001, fallait oser.
Nous voici au terme de notre voyage, à Mamallapuram, qui affiche moins de 15.000 habitants, donc relativement calme. En s’approchant de la mer on s’interroge beaucoup sur les indiens et cette espèce de complaisance à vivre à proximité immédiate, quand ce n’est pas sur les détritus : l’accès à la plage est juste immonde, ce qui n’empêche pas les pêcheurs de réparer ici leurs filets, trier les poissons. Même si c’est là que nous logeons, le quartier touristique offre peu d’intérêt avec sa succession d’hôtels, de restaurants branchés et de boutiques. Malheureusement les temples ne nous ont guère plus ému (et là on s’interroge sur la surenchère de superlatifs employés par les guides, LP comme routard). En attendant notre avion de retour pour Paris nous avons tout de même apprécié le calme du patio de notre hôtel, les balades autour des temples et même le long de la plage en allant vers le nord, devant les beaux Resorts parce qu’ailleurs c’est juste dégueu. Au sud du temple du rivage, nous sommes tombés sur une foule de toute évidence en pèlerinage. Un joli moment à voir ces femmes et surtout ces jeunes hommes jouer dans quelques dizaines de centimètres d’eau de mer alors que, de toute évidence, ils ne savent pas nager.
Nos 27 jours passés dans le sud de l’Inde du sud prennent fin. Mes (nos) sentiments sont très partagés et contrastés. Quand on marche dans la rue indienne, on est souvent heurté, choqué ou attristé par la crasse parfois immonde, la puanteur abjecte, le vacarme assourdissant, l’insupportable misère. Mais, dans la même rue, quelques mètres plus loin, les alléchantes odeurs des épices cuisinés vous invitent à pénétrer dans une cantine et vous régaler sous les yeux bienveillants des serveurs toujours trop nombreux. Pour moi, l’Inde est pareille à sa rue : souvent incompréhensible, indigeste, horripilante, mais aussi parfois aguicheuse, souriante, étonnante… et délicieusement épicée.
(Le carnet pratique suit)Chouhibou
Ca ne serait probablement pas très moral de s’attarder sur ce drame animalier, car depuis ½ heure et notre sortie de l’aéroport de Chennai, c’est le drame indien (humain !) que nous touchons du doigt. La misère qui longe la route, des cubes de béton qui tiennent lieu de maison, - des taudis -, et la vie qui se déroule sur un tapis d’immondices. 3 heures de taxi (carnet pratique à suivre) nous amènent à Pondichéry où la France a laissé quelques pans de sa culture. Le quartier français est agréable à arpenter. Les rues y sont relativement propres, relativement calmes, l’architecture souvent plaisante. Le quartier musulman (pas cité par le Lonely Planet qui nous guide) est lui aussi reposant et assez charmant. Au hasard de nos flâneries, nous tombons sur un chantier de rénovation d’une belle bâtisse ancienne. Les ouvrières portent des récipients remplis de gravier sur la tête. Ce pays, possesseur de l’arme atomique, d’une flopée de satellites, de chercheurs compétents, ne sait pas offrir une brouette à ses ouvriers. La ville moderne, 100% indienne, est toute proche. Les Indiens ont probablement inventé le klaxon et ils le font savoir, tout le temps. Autour du klaxon, ils ont ingénieusement construit des bus, des voitures, des camions, des motos (rarement plus de 150CC). Bien que la ville soit modeste en taille, la densité de population, l’absence de feux tricolores ou de stop font de la rue indienne le lieu d’une sacrée pagaille, un tintamarre plutôt joyeux. Dans le genre, le carrefour de la Bahadur shastu street avec la Mahatma Gandhi road est un must, spectacle garanti, peut-être plus encore à l’heure de sortie des écoles. Plus généralement c’est ça que nous avons aimé à Pondichéry, déambuler dans les rues sans véritable but, se gaver de ce spectacle inconnu sous nos latitudes occidentales. Le capharnaüm de la circulation est une attraction à lui seul : 3, 4 et jusqu’à 5 personnes sur un scooter, 10 enfants et un chauffeur dans un rickshaw, des carrioles, des voitures parfois de luxe, des vaches et là-dedans d’intrépides piétons. Dans la rue nous avons aussi aimé nous arrêter dans les bouis-bouis, pour, comme les indiens, profiter d’un café ou d’un thé au lait pour trois fois rien, quitte à le regretter un peu plus tard, au moment de courir vers les toilettes. Malheureusement les terrasses sont rarissimes et c’est debout qu’il faut le plus souvent profiter de la pause-café. D’autres échoppes, ou parfois des carrioles, proposent pour guère plus cher des samossas, brochettes ou petits plats. A Pondi nous avons aimé ceux de la plage où la promenade est bien agréable et très fréquentée le soir venu (1 petit plat pour 30 RPS, café ou thé pour 13 RPS avec 100RPS=1.50€).
Voilà. La rue, ce côté apocalyptique, ce grouillement, c’est ce que nous avons aimé au cours de nos premières heures indiennes. Et c’est cela même –augmenté tout de même de la misère et de la crasse exhibées à leur comble- qui doucement allait nous imprégner, nous emplir jusqu’à l’écœurement.
Trichy, à 5 heures de bus au sud-ouest de Pondi, est comme le reste, chaotique. C’est ici que je suis tombé malade, à ne plus rien pouvoir avaler. C’est vraiment dommage que cette cuisine orientale rende parfois malade à devenir repoussante car elle est le plus souvent savoureuse et nous avons apprécié la plupart des restos essayés (avec ou sans l’aide du LP). En ce qui me concerne, je peux même dire que de tous les pays que j’ai visité, l’Inde est celui où je me suis le plus régalé. Cette très temporaire indigestion ne nous a pas empêchés de visiter la ville. Le Rock fort temple, au pied duquel foisonnent notamment les boutiques à textiles, s’offre après une petite grimpette. Jolie vue de la ville au sommet, certes, mais on est quand même dubitatifs quant aux termes employés par le LP - « époustouflant »-, bon…, on peut rester mesuré non ? Au cours de la montée le monde tourne parfois à l’envers, et ce sont les touristes indiens qui insistaient pour nous prendre en photo. Ça, c’était un moment vraiment sympathique. Pour ma part le temple de sri Ranganathaswamy ne m’a pas transcendé. Il faut que je me rende à l’évidence : bien que curieux en matière de religion, l’hindouisme et ses kitschissimes édifices me laissent froid. Cette appréciation est évidemment (comme l’ensemble de ce journal) toute personnelle et Coralie, qui m’accompagne, a quant à elle plutôt aimé. Un indien francophone, armé d’un gros accent difficile à décrypter, nous a initiés à Shiva, Vishnu et quantité de leurs comparses. Ça avait l’air intéressant mais, je me répète, je suis un peu hermétique. J’ai déjà un peu de mal avec notre Trinité alors pensez bien que les Dieux qui se réincarnent à l’infini, ça m’épuise. Le tour à l’église de Lourdes ne s’impose pas, mais c’est tout près de là que nous avons pris le bus de ville pour rejoindre notre hôtel. Nous avons choisi d’excursionner une journée à Tanjavore en gardant notre base de Trichy, pourtant peu reluisante. Il s’agit là aussi de découvrir un temple hindou (Brihadishwara), mais cette fois-ci le charme du lieu opère mieux. Probablement parce que les statuettes, monochromes, qui ornent les édifices sont beaucoup moins kitsch ( ?). Par contre vous pouvez vous dispenser de la visite du Palais, un peu plus loin dans la ville (ville bruyante, polluée, crade…rien de neuf). Cette visite frise le foutage de gueule.
De Trichy nous avons rejoint Maduraï le 22 décembre, lendemain du jour de la fin du monde si l’on en croit les mauvais traducteurs des tablettes mayas. Ici en Inde, c’est tous les jours l’apocalypse, à Maduraï comme ailleurs. Une petite semaine après notre arrivée, l’Inde nous semble être le pays du trop : · Trop de monde · Trop de bruit · Trop de pollution · Trop de crasse · Trop de puanteur · Trop de misère Et quand il vous semble que vous avez choisi le bon hôtel –clean, calme, personnel à l’écoute- ben non, re-mauvaise pioche, un groupe électrogène démarre tôt sous votre fenêtre, très tôt le matin, et c’est la petite goutte de « trop » pour votre coéquipière qui là, pète un plomb, se demande ce qu’elle fout là, c’est quoi ce pays de tarés, quand est-ce qu’on rentre. Ce qu’on peut faire dans ce cas-là c’est prendre sur soi, se dire que ce pays ne peut pas se résumer à ça. Alors on espère, malgré le manque de signaux rassurants, on prend effectivement sur soi, et on replonge dans la rue –crasse évidemment- qui mène au temple de Sri Meenakshi. On se déchausse, on entre par l’une des 4 portes, on parcourt différentes salles et couloirs, on croise du monde, beaucoup de monde dont pas mal en pèlerinage, mais ça ne nous bouleverse pas. Nous quittons donc Maduraï sans regret et plein d’attente de notre prochaine étape.
Au cours des 2 premières heures de notre périple vers Munnar, le paysage est identique à ce qu’il a été depuis Chennai. : plat, désespérément. Les rares reliefs aperçus jusque-là tiennent plus, comme le souligne ma belge accompagnatrice, du terril que de la véritable montagne. Mais bientôt, ouf, la route s’élève, s’élève encore, parfois vertigineusement. Le paysage prend de nouvelles couleurs, le visage de Coralie aussi, la température devient douce. Le bus se traîne à 20 km/h, si, si, sur ces pentes abruptes mais l’essentiel est ailleurs : nous changeons doucement de pays. Et c’est vrai administrativement aussi, puisqu’une barrière en bois, frontière désuète, nous indique que nous quittons le Tamil Nadu pour le Kérala. A Munnar le sort semble s’acharner, tous les hôtels que nous visitons sont complets pour plusieurs jours. Cette fois nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes : 2 jours avant Noël, les indiens sont nombreux à prendre des vacances et eux aussi aspirent au calme qui manque tant aux villes. Nous trouvons à nous loger à 7 km de Munnar. A 4000 RPS (60 euros tout de même !!), on s’attendait à un confort en proportion. Non. Nous sommes en Inde et pour 60 euros, votre balcon surplombe un tas d’immondices odorants… Au-delà de ces déboires et malgré ce que je viens d’écrire, Munnar aura été un grand bol d’air. Enfin…toutes proportions gardées hein ! Munnar est une petite ville encombrée, sale et bruyante, mais dans une certaine mesure. Acceptable. Surtout, il y a autour de Munnar les jolies plantations de thé, des montagnes qui ont de la gueule. On ne vous conseillera jamais assez de louer un scooter et de prendre la route par vous-même (plutôt que de louer un rickshaw), puis les routes transversales. Au hasard vous tomberez sur quelques très beaux paysages, une rivière où les hommes et les femmes sont affairés à laver dans la rivière le linge des grands hôtels, une petite fête de village, une terrasse riquiqui où le thé se boit en compagnie des chèvres. Loin du tumulte, loin des touristes, nous avons vécu là nos meilleures heures indiennes, 2 jours à sillonner la région au guidon de notre engin.
Personnellement j’appréhendais beaucoup le retour dans la plaine, mais côté ouest cette fois-ci. Kochi est en effet une grosse ville. Mais, au sein de la pagaille habituelle, fort Cochin est un quartier plutôt calme. A toute médaille son revers, fort Cochin est très touristique et, par exemple, nombre des restaurants ne sont fréquentés que par les occidentaux (et les prix s’en ressentent, la cuisine aseptisée aussi). Pour autant les indiens ne sont pas absents de la ville. Ils s’agglutinent au plus près de la mer où les échoppes (en-cas, jus de fruits..) sont légion. Nous avons goûté là notre premier concert hard-rock indien, ça déménage, loin des mélodies à l’eau de rose entendues dans les bus. La mer c’est aussi l’occasion pour des flopées de parents de laisser les enfants jouer dans l’eau ou sur le sable. Cela reste intrigant tout de même, si loin de notre culture, de le faire à quelques mètres d’une eau saumâtre, puante de pollution. On peut facilement échapper au flot de touristes, par exemple en rejoignant à pieds le quartier juif. La balade n’a rien d’exceptionnel mais c’est la vie de tous les jours qui se déroule là, et si on voyage, c’est aussi pour être témoin de ça. Le quartier juif en lui-même est à nouveau très touristique, et c’est l’endroit qu’il vous faut si vous souhaitez ramener quelques antiquités en France (toujours très pratique en sac à dos). Notez que le palais et la synagogue sont fermés le vendredi et le samedi, nous on ne l’avait pas noté. La pierre tombale vedette de l’église St François ne ressemble pas à grand-chose. Il n’empêche : un amoureux du voyage ne peut pas passer à proximité de la tombe de Vasco de Gama sans lui rendre un petit hommage. Il n’y a que des bonnes raisons d’aller faire un tour sur Vypeen island, à 5mn de ferry de fort Cochin. Il y a d’abord une jolie promenade à y faire en front de mer, étonnamment propre et bien aménagée (le contraste est saisissant avec le « versant » fort Cochin). Ici les pêcheurs ne mettent pas en action les grands filets chinois pour amuser les touristes, car il n’y en a pas. En continuant on se perd dans des ruelles étroites où voitures et scooters n’ont apparemment pas droit de cité. Le quartier est franchement bourgeois, calme. En rejoignant la route principale, le bus nous amène pour des clopinettes à Cheraï beach. Le temps d’y arriver on s’étonne du nombre d’églises et on traverse nombre de canaux, comme un premier aperçu des backwaters, notre prochaine étape. La plage est elle aussi étonnamment propre. Cependant si les détritus vous manquent, il suffit de s’approcher des quelques cabanons qui vendent des en-cas (5RPS, une misère), à déguster sous un parasol. La mer n’est pas turquoise mais ni les indiens ni les occidentaux n’hésitent à s’y baigner. Et si je n’avais pas oublié mon maillot, je n’aurais pas hésité. Avant de quitter fort Cochin nous avons visité un lieu d’expo de la biennale. Les artistes « art contemporain » prouvent que l’Inde ne se contente pas des traditions et des clichés, comme auparavant les hards-rockers.
Allepey est une petite ville, bruyante en son centre comme les autres. Les canaux y sont très pollués mais, pour profiter pleinement des backwaters, il ne faut pas s’éloigner de beaucoup. Nous avons loué ici une barque et son rameur pour 8 heures. Les éloges du LP sont cette fois-ci justifiées et, après avoir suivi le chemin qu’empruntent tous les bateaux, notre embarcation se faufile dans les plus petits canaux, loin du bruit des moteurs. Un vrai chouette moment, bucolique à souhait, même si le passage des touristes à quelques mètres de leurs habitations semble parfois incommoder les autochtones (on se met facilement à leur place). On profite donc un peu gênés du quotidien des habitants, rien de très exaltant au fond, le train-train des gens qu’on devine modestes : · . Martine lave son linge à la rivière · . Martine lave sa vaisselle à la rivière · . Martine lave ses cheveux à la rivière · . Martine papotte avec les voisins près de la rivière · . Martine a même pas peur des serpents de la rivière Nous avons (très très bien) déjeuné dans une gargote située sur un minuscule îlot émergeant d’un « étang » splendide, étonnamment ignoré des autres bateaux, le top. Le soir, la plage d’Allepey est semble-t-il le lieu de rendez-vous de toute la population locale. Jeunes, moins jeunes et familles se retrouvent là dans une ambiance très bon enfant. Quelques touristes sont noyés dans la foule indienne, curieuse de notre présence. Les échanges sont sympathiques. On s’aperçoit au fil de notre séjour que l’inde n’est pas si caricaturale qu’on veut bien le croire depuis l’occident. Il y a par exemple une vraie classe moyenne en Inde, des gens qui, sans rouler sur l’or, ont un niveau de vie « correct ». Et même si la misère n’est jamais loin, on côtoie beaucoup de ces gens-là qui, notamment, ont les moyens de se payer quelques jours de vacances dans leur propre pays (qui ne résume donc pas à une classe de très riches et une classe de pauvres). Un chiffre lu dans le journal est éloquent : 54% des habitants de Dehli ont un portable ! Les jeunes se baladent souvent les écouteurs d’un MP3 aux oreilles. En marchant de notre logement vers le centre-ville, nous sommes passés devant une grande église, à l’heure où la messe commençait. Nous nous sommes invités. L’église est remplie. On se déchausse à l’entrée, hommes à gauche, femmes voilées à droite. Beaucoup de chants, plutôt agréables. Une statue de Jésus (et quelques autres) est dévoilée au bout de 10 minutes, de façon très théâtrale. Chacun se recueille. C’est assez émouvant au fond de voir cette foule unie dans la communion, dans une célébration à la fois proche de la nôtre (catholique) et en même temps très éloignée (indienne).
Pour rejoindre le sud du Kérala depuis Allepey, nous avons choisi l’option bateau. Bonne pioche. Ça n’est évidemment pas la solution la plus rapide puisque la croisière dure 8 heures mais c’est assurément la plus agréable. On passe par différents paysages et par moments on se croirait en pleine jungle. Un chouette périple dans les backwaters pour une somme très modique. A ne pas manquer si vous êtes dans le coin. C’est sur ce bateau que nous nous sommes rendus compte de la quantité d’illuminés (occidentaux) qui viennent en Inde pour s’extasier gourou, méditer gourou, et même lui faire coucou au gourou (c’est du côté des backwaters que vit la grosse dame, vue à la télé c’est dire, qui vous prend dans ses bras pour quelques secondes, certes, mais en réalité pour une éternité de spiritualité). Nombre de ces jeunes gens ont ici cette gourou-attitude, une quête de l’essentiel si je comprends bien qui me laisse tout de même perplexe, un peu plus encore lorsque l’on voit ces mêmes jeunes gens consulter internet sur leur portable en sirotant un Coca Cola. C’est étrange il me semble de chercher la sérénité, la plénitude, dans un pays rongé par la misère et la corruption, envahi de détritus et de vacarme même si l’Inde, évidemment, ne se résume pas à ça.
Je n’ai pas grand-chose à dire sur Kollam où nous avons débarqué avant de poursuivre vers le sud. Un petit mot tout de même pour signaler la malhonnêteté des conducteurs de rickshaws qui vous assurent, sur la tête de leur descendance, qu’il n’existe pas de bus pour Varkala et que le mieux est d’y aller…en rickshaw ! Heureusement, ce genre de comportement est rarissime en Inde, mais pas à Kollam.
Le bus vous dépose en une petite heure et pour quelques roupies au village de Varkala. De là un rickshaw vous dépose près de la falaise où se concentrent les hôtels à touristes, les restaurants à touristes, les boutiques à touristes. Que dire de Varkala (je parle ici du quartier de la falaise) ? C’est un endroit pour oublier l’Inde quand on en est fatigué. C’est un endroit où vous mangerez à l’occidentale, où vous trouverez facilement une bière fraîche ce qui n’est pas gagné en Inde. C’est un endroit doté d’une promenade en bord de falaise, en bord de terrasses, à laquelle on peut trouver un certain charme. C’est un endroit qui garde de l’Inde, tout de même, une mer chaude, des cocotiers, des saisonniers indiens. C’est un endroit où on trouve beaucoup de bouquinistes car de prime abord il n’y a pas grand-chose d’autre à faire à Varkala qu’à filer à la plage au pied de la falaise, et alterner lecture et baignade. En ce qui me concerne c’est un endroit où, rapidement, l’Inde me manque. Pour la retrouver un peu, on peut marcher au hasard des ruelles, derrière les hôtels de 1ère ligne. On trouve là quelques bouis-bouis indiens mais qui tous, tout de même, font quelques concessions aux occidentaux qui font vivre le quartier. Pour la retrouver mieux, l’Inde, on peut prendre un bus depuis Temple junction pour la ville qui ne casse rien mais où les indiens vivent et mangent – ouf- indien. Et pour la trouver belle, l’Inde, vous poursuivrez vers le nord la promenade qui longe la mer (qui reste donc sur votre gauche). Bientôt les falaises s’effacent, la foule de touristes et la foultitude de restaurants aussi. Quelques baraques de pêcheurs. Filets étendus sur le sable. Une terrasse. Enfin, une vraie terrasse. Comme on aime, idéale pour prendre un thé, il faudra vous y faire, devant la mer. Et puis, en poursuivant, de temps en temps une autre terrasse, quelques hôtels clairsemés aux bungalows noyés dans la palmeraie. Et devant, LA plage d’Odayam. Des touristes certes, mais pas de grandes concentrations. Et puis des indiens, pour la plupart pêcheurs, dont la seule préoccupation est de ramener sur la plage, à la force des bras et par équipes d’une vingtaine de personnes, les filets déposés un peu plus tôt à plusieurs centaines de mètres du rivage. Une technique de pêche étonnante et rudimentaire à laquelle on peut participer, les bras supplémentaires n’étant pas de trop. En poursuivant le long de la mer, on remonte sur des falaises où les indiens ont repris leurs (mauvaises) habitudes : balancer leurs ordures n’importe où. Mais si on insiste sur ce chemin, on aperçoit une nouvelle plage. Avant d’y parvenir on tombe sur un petit hôtel, le « 8 wonders » au moment où ma coéquipière tombe, elle, sur les fesses et assez douloureusement sur le poignet. Une des 2 jeunes propriétaires, sympathique hollandaise, nous dépanne d’un peu de glace à appliquer sur la blessure. C’est l’occasion de discuter et d’apprendre qu’elles ont racheté cet ensemble de bungalows alors en ruine il y a 4 mois, ont ouvert il y a un mois. Et, miraculeusement, dans cet endroit relativement isolé en bordure d’un petit village, sans publicité, sans site internet, les touristes sont présents. Et, à lire le livre d’or, particulièrement enchantés de leur séjour. Un bel endroit qu’on recommande et qui fait rêver les routards qui, un jour, souhaitent eux aussi accueillir les touristes dans leur propre gîte, quelque part sur cette planète. Il n’y a pas grand-chose à faire, je vous l’ai dit, à Varkala, si ce n’est se reposer. Alors nous sommes revenus plusieurs fois sur la plage d’Odayam pour observer les pêcheurs, comprendre leur technique, vérifier que leur prise, cette fois encore, est bien maigre, et puis aussi pour profiter du soleil et jouer avec les rouleaux que font les vagues comme dans une lessiveuse, version essorage.
La route qui mène en 2 heures à Trivandrum, capitale du Kerala, n’est pas particulièrement agréable. Voilà une ville qui n’a pas grand-chose à offrir aux touristes mais qui nous a bien plu. Nous avons donc marché au hasard des rues, découvert le petit Connemara market. La visite du zoo fait une balade pas désagréable mais les conditions de vie de certains animaux font peine à voir.
Pour rejoindre Chennaï, nous avons choisi le train. 17 heures de voyage en classe 2AC (la deuxième en partant de la plus confortable). A ce prix vous partagez avec 3 autres voyageurs et quelques cafards un « compartiment ». Les couchettes sont dures, les draps et couvertures sont fournis. Le « super fast » de 17h10 laisse largement le temps d’admirer le paysage si vous avez la chance d’être assis devant une fenêtre propre, ce qui n’est pas gagné. Plats et boissons sont proposés par des vendeurs ambulants dans le train. Ce long voyage nous a permis d’échanger avec un jeune indien installé depuis 5/6 ans aux USA. Une vision intéressante de son propre pays par quelqu’un qui connait aussi le mode de vie occidental. Le paysage défile, les détritus longent sans fin la voie ferrée. Chennaï : Ville chaotique, sale, bruyante. Bidonvilles. Canaux servant de décharges. Le contraste est saisissant entre Tamil Nadu où nous sommes de retour et Kérala d’où nous venons. L’impression (définitive ?) que le Tamil Nadu n’offre pas de répit en terme de crasse, de vacarme, de misère (avec, comme exception confirmant la règle, les quartiers français et musulman de Pondichéry). Au Kérala, même si tout est très loin d’être parfait les efforts en terme de propreté sont encore timides mais réels, les gens paraissent globalement plus riches, le pays plus calme. Il faut tout de même reconnaître à l’administration de Chennaï un grand sens de l’humour : l’immense gare routière Moffusil est ISO-9001, fallait oser.
Nous voici au terme de notre voyage, à Mamallapuram, qui affiche moins de 15.000 habitants, donc relativement calme. En s’approchant de la mer on s’interroge beaucoup sur les indiens et cette espèce de complaisance à vivre à proximité immédiate, quand ce n’est pas sur les détritus : l’accès à la plage est juste immonde, ce qui n’empêche pas les pêcheurs de réparer ici leurs filets, trier les poissons. Même si c’est là que nous logeons, le quartier touristique offre peu d’intérêt avec sa succession d’hôtels, de restaurants branchés et de boutiques. Malheureusement les temples ne nous ont guère plus ému (et là on s’interroge sur la surenchère de superlatifs employés par les guides, LP comme routard). En attendant notre avion de retour pour Paris nous avons tout de même apprécié le calme du patio de notre hôtel, les balades autour des temples et même le long de la plage en allant vers le nord, devant les beaux Resorts parce qu’ailleurs c’est juste dégueu. Au sud du temple du rivage, nous sommes tombés sur une foule de toute évidence en pèlerinage. Un joli moment à voir ces femmes et surtout ces jeunes hommes jouer dans quelques dizaines de centimètres d’eau de mer alors que, de toute évidence, ils ne savent pas nager.
Nos 27 jours passés dans le sud de l’Inde du sud prennent fin. Mes (nos) sentiments sont très partagés et contrastés. Quand on marche dans la rue indienne, on est souvent heurté, choqué ou attristé par la crasse parfois immonde, la puanteur abjecte, le vacarme assourdissant, l’insupportable misère. Mais, dans la même rue, quelques mètres plus loin, les alléchantes odeurs des épices cuisinés vous invitent à pénétrer dans une cantine et vous régaler sous les yeux bienveillants des serveurs toujours trop nombreux. Pour moi, l’Inde est pareille à sa rue : souvent incompréhensible, indigeste, horripilante, mais aussi parfois aguicheuse, souriante, étonnante… et délicieusement épicée.
(Le carnet pratique suit)Chouhibou
5 février 2012 : prochaine destination, pour les vacances d'hiver, je pars avec mon fils dans le Kerala.
Un peu d'organisation s'impose, Yanis n'a que 8 ans.
Voici l'ébauche de notre périple :
trajet : 25 février
Cochin : nuits du 25 et du 26 février - journée du 26 février
trajet : 27 février
Munnar : nuits du 27, 28 et 29 février - journées du 28 et 29 février
trajet : 1er mars
Peruyar-Kumily : nuits du 1er mars et du 2 mars - journée du 2 mars
trajet : 3 mars - bus kumily - Kottayam - Kumarakom
Kumarakom - Allepey - Quilon : backwaters : nuits du 3, 4 mars - journées du 3, 4 et 5 mars - départ à 11:30am le 3 mars
Varkala : nuits du 5, 6, 7 mars - journées du 6, 7 mars
trajet : 8 mars
Trivandrum - Kovalam: nuits du 8, 9 et du 10 mars - journées du 9 et 10 mars
trajet : 11 mars
11/11/2011
Enfin, c'est le jour J! Cette fois je pars avec ma meilleure amie Christine, une super voisine France, et sa meilleure amie Sarah. Aucune des trois n'ont encore mis un pied en Inde... Je suis excitée comme une puce, je n'en pouvais plus d'attendre ce jour j. En général je pars seule, et là je vais jouer au tour leader 🙂 J'ai passé un temps fou, mais tellement agréable, à organiser leur premier voyage. France et Sarah sont parties ce matin, elles atterrissent ce soir, Christine et moi partons cette après midi, nous arriverons demain matin. Je suis un peu inquiète que Sarah et France arrivent seules à Delhi, j'espère qu'elles ne se feront pas arnaquées avec le taxi vers l'hôtel. 12/11 Ca y est!!! Toutoubidou!!!!!!!! Ali, ami à moi, nous attend à la sortie de l'aéroport, en route vers Paharganj'. Je lui offre une bouteille vin rouge, et sacré non d'une pipe, il n'a pas ma daupata (foulard assorti à ma plus belle robe indienne que j'avais oublié chez lui la fois passée). Enfin bon tant pis, c'est super gentil à lui d'être venu nous accueillir. Après un bon p'tit chai, on rejoint le smyle inn, ou nous attendent France et Sarah. Quel bonheur de se retrouver! Nous voilà toutes réunies, le voyage peut commencer...
(France, Sarah, Christine et moi)
Achat de shalwar kemiz (robe pantalon et foulard), ticket de train pour Agra, je réserve un guest house et demande qu'on viennent nous chercher à la gare... Super trajet, c'est marrant de les regarder toutes les trois avoir leurs premiers regards sur l'Inde. Elles se sentent à l'aise, flashent sur les saris tout colorés des femmes...
Arrivées à Agra, un rickshawallah avec mon nom sur une pancarte nous attend. On se serre toutes les quatre avec nos sacs à dos, et 5' plus tard, nous voilà à la tourist rest house. Les chambres sont grandes et super clean, le patio à l'ombre des bananiers et palmiers est tout mignon, par contre la bouffe est pas transcendante du tout...
13/11 On loue un taxi pour Fathepur Sikri. Ancienne capitale moghol du 16eme siècle, construite par l'empereur Akbar, elle n'a été utilisée qu'une dizaine d'année au profit d'Agra. Elle est donc très bien conservée.



Enfin, c'est le jour J! Cette fois je pars avec ma meilleure amie Christine, une super voisine France, et sa meilleure amie Sarah. Aucune des trois n'ont encore mis un pied en Inde... Je suis excitée comme une puce, je n'en pouvais plus d'attendre ce jour j. En général je pars seule, et là je vais jouer au tour leader 🙂 J'ai passé un temps fou, mais tellement agréable, à organiser leur premier voyage. France et Sarah sont parties ce matin, elles atterrissent ce soir, Christine et moi partons cette après midi, nous arriverons demain matin. Je suis un peu inquiète que Sarah et France arrivent seules à Delhi, j'espère qu'elles ne se feront pas arnaquées avec le taxi vers l'hôtel. 12/11 Ca y est!!! Toutoubidou!!!!!!!! Ali, ami à moi, nous attend à la sortie de l'aéroport, en route vers Paharganj'. Je lui offre une bouteille vin rouge, et sacré non d'une pipe, il n'a pas ma daupata (foulard assorti à ma plus belle robe indienne que j'avais oublié chez lui la fois passée). Enfin bon tant pis, c'est super gentil à lui d'être venu nous accueillir. Après un bon p'tit chai, on rejoint le smyle inn, ou nous attendent France et Sarah. Quel bonheur de se retrouver! Nous voilà toutes réunies, le voyage peut commencer...
(France, Sarah, Christine et moi)Achat de shalwar kemiz (robe pantalon et foulard), ticket de train pour Agra, je réserve un guest house et demande qu'on viennent nous chercher à la gare... Super trajet, c'est marrant de les regarder toutes les trois avoir leurs premiers regards sur l'Inde. Elles se sentent à l'aise, flashent sur les saris tout colorés des femmes...
Arrivées à Agra, un rickshawallah avec mon nom sur une pancarte nous attend. On se serre toutes les quatre avec nos sacs à dos, et 5' plus tard, nous voilà à la tourist rest house. Les chambres sont grandes et super clean, le patio à l'ombre des bananiers et palmiers est tout mignon, par contre la bouffe est pas transcendante du tout...
13/11 On loue un taxi pour Fathepur Sikri. Ancienne capitale moghol du 16eme siècle, construite par l'empereur Akbar, elle n'a été utilisée qu'une dizaine d'année au profit d'Agra. Elle est donc très bien conservée.



D'où venait-il?...Où allait-il le jeune sadhu?
Quels dieux espérait-il rencontrer sur la plage nauséabonde de Puri où des tortues marines venaient s'échouer pour mourir elles aussi? Son histoire resterait secrète à jamais.
Les reins couverts d'un lunghi, il gisait dans la douceur du sable, bras étendus, face à la mer.
Seul l'océan indifférent et magnifique aurait pu entendre son secret et l'engloutir tout aussitôt dans ses profondeurs. Aucun papier, aucune trace matérielle, rien ne pouvait l'identifier. Déjà inconnu au monde des vivants avant de disparaître.
Ascétique et lumineux, pacifié et quasi nu, il s'offrait aux vagues emportant à l'infini son dernier regard, son dernier sommeil. Les paupières fermées sur des rêves toujours recommencés. L'om, son esprit purifié par le sel et le souffle des vents du large, déjà prêt à d'autres renaissances et à d'autres vies. Aucune marque de coups ou de blessure sur son corps inanimé en attente de la crémation brutale.
Mourir, rêver sûrement. Dormir et mourir face à l'océan, était-ce son projet? Ou bien l'épuisement, la faim, quelque mal secret l'avaient-ils forcé à s'étendre sur cette plage désertée à la nuit tombante? S'était-il laissé mourir en accueillant cette fin comme un commencement?
La mort l'avait-elle pris à son insu alors qu'il s'était allongé simplement pour se reposer?
Les questions se bousculaient dans ma tête à la vue de cet homme jeune, endormi du sommeil de la mort sur cette plage en plein midi, à quelques mètres de la joie tapageuse des indiens de Kolkata en vacances, non loin des immondices des égouts de Puri qui se déversaient dans la mer et des carcasses de tortues qui jonchaient le rivage.
Sidérés, nous restions silencieux devant ce gisant. Près de lui, immobile et songeur, un vieux sadhu le contemplait. En mimant le sommeil, nous lui avions demandé si le jeune-homme dormait. Montrant le ciel, il nous fît comprendre qu'il était parti vers un autre monde.
Savait-il obscurément l'heure de sa mort ce jeune errant et avait-il choisi de revenir une dernière fois en Orissa au temple le plus sacré de l'Inde, celui de Jagannat, maître de l'Univers qui, autrefois, entraînait les pèlerins à se jeter sous les immenses roues de son char pour les voir mourir sous ses yeux et hâter ainsi leur Libération?
Certes, la mort sous le regard des vagues est moins cruelle. Sa confiance aveugle envers le dieu Jagannat avide d'immolations avait-il donné la sérénité à l'errant pour son dernier voyage?
Violence et douceur se mêlent dans l'Hindouisme et les histoires de leurs dieux sont foisonnantes de guerres, de sexe et de sang. Réelles ou fictives, celles de notre monde occidental n'ont rien à leur envier dans la cruauté.
Je l'imagine cet errant, venant de Bubaneswar, la ville des sadhus où les temples pullulent.
Longtemps il s'est assis en yogi au pied des murs de l'enceinte du Lingaraj où seuls les hindouistes peuvent pénétrer. Jeune parmi les autres errants, tous vieillards chenus et impassibles, enveloppés de leurs loques orange, indifférents à la chaleur, au bruit, à la pollution, à la foule criarde, en attente de la roupie improbable ou du riz qui viendra remplir leur gamelle....Et lui, fils de brahmane ou de dalit, rêvant peut-être à une amoureuse abandonnée dans son village ou à sa mère ravagée d'inquiétude au moment des adieux. Elle lui a demandé : Et si tu es malade, qui te soignera? et il a ri d'un grand rire qui résonne encore aux oreilles de sa mère : Je ne serai jamais malade, mère!
Elle a glissé dans son baluchon des dosas frais, le suppliant de revenir bientôt, le priant de prendre quelques roupies cachées dans un pli de son sari....Il les a refusées ces roupies, qu'en aurait-il fait dans son errance au long des routes et des plages où il désirait cheminer dans le plus total dénuement à la recherche de l'Eveil....Il savait que sa gamelle finirait toujours par se remplir, il ne craignait pas la faim. Il irait dans le temple de Parvati où prêtres et mendiants peuvent se régaler des prasad, les nourritures offertes à la déesse, il irait dans le sanctuaire de Tribuvaneswar, le maître des trois mondes, se griser des vapeurs de marijuna qui émanent de la statue du dieu arrosée tous les jours de bhang. Rassasié et un peu titubant, il continuerait sa route vers Puri, vers le Jagannat Mandir à une soixantaine de kilomètres de Bubaneswar.
Il traverserait des villages où d'autres errants le conduiraient vers des endroits de repos et des temples où trouver de la nourriture. Des maisons sont parfois prévues en Inde pour héberger les sadhus.
Dès que ce serait possible, il choisirait de marcher le long de la mer car il aime sentir le sable sous ses pieds nus et le vent tiède sur sa peau après une journée de moiteur et de soleil.
L'odeur marine de varech et de pourriture deviendrait plus intense le soir et lui donnerait une sorte de nausée. A-t-il ressenti cette envie de vomir à l'approche des eaux fétides qui s'écoulent des égouts de Puri vers la mer?...les nourritures avariées des temples l'ont-elles lentement empoisonné et s'est-il étendu pour dissiper les contractions douloureuses qui lui traversaient le ventre?
Peut-être s'est-il peu à peu enfoncé dans la mort comme le disque rouge du soleil couchant dans la mer. A-t-il vu le ciel embrasé avant de perdre conscience? A-t-il entendu au loin les cris d'excitation des enfants et des jeunes filles qui fêtent sur la plage la fin du jour?
Son visage paisible laisse penser que la mort est venue pendant son sommeil et qu'il n'a pas souffert. En m'éloignant, j'ai préféré penser cela. Bercé par la houle de la mer, il s'est endormi pour ne plus se réveiller, pour ne plus jamais sentir les premières lueurs de l'aube caresser ses paupières fermées.
Le vieux sadhu s'est éloigné lui aussi. Il allait sans doute ameuter des gens du village pour transporter le corps vers les lieux de crémation. Je ne sais pas qui achètera le bois à brûler pour le bûcher.
Il n'y aurait pas d'intervention de la police. Personne ne le réclamerait, personne ne le pleurerait puisqu'il ne pouvait être identifié. Sa mort n'était qu'une fatalité, un simple passage vers une autre vie. Rien ne s'efface plus vite que les traces d'un corps sur le sable. Mais la vision de cet homme endormi dans la mort sur cette plage en Inde me hante toujours.
Puri en Orissa, Inde, février 2011.
Puri en Orissa, Inde, février 2011.






