Un petit tour au Tamil Nadu

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Original post
CH
Au milieu de toute cette morosité, je me lance dans un nouveau carnet indien qui vous changera les idées, je l’espère. Un nouveau séjour de deux semaines pendant les vacances d’hiver, du 21 au 6 mars. Mon 15ème voyage en Inde, mais mon 1er dans le grand sud.

Cette année, ce sera une petite partie du Tamil Nadu, un petit tour de 1000 km à peu près, de Chennai à Chennai (Kanchipuram, Gingee, Tirunmavallai, Chidambaram, Tranquebar, Kumbakonam, Trichy, le Chettinad, Tanjore, Pondichery et Mahabalipuram) avec une amie. Nous avons volontairement zappé Madurai et Rameshvaram, ce sera pour une autre fois, nous n’avions pas envie de faire trop de km et nous avons déjà beaucoup de chose au programme... Comme d’habitude, location d’une voiture avec chauffeur, et nous ne le regrettons pas, tant nous avons vu de lieux, quelquefois bien perdus, que nous n’aurions jamais pu atteindre en transport en commun, ou certainement pas en 14 jours.

J’ai consulté les carnets et blogs de Pagaljavad et Yann55 entre autre et je les remercie pour leurs tuyaux. J’ai eu des conseils d’Aleph, qui quand elle écumait le Tamil Nadu, ne postait pas encore de carnet. J’ai lu et relu les pages sur le Tamil Nadu sur le site Purattatva, un must pour moi depuis toujours. Et cherché, lu et relu, sur internet et sur papier (j’ai un vieux guide bleu de 1984 trouvé sur une brocante que je conserve précieusement et consulte pour chaque voyage car la qualité des guides a bien baissé culturellement depuis …)

A l’aéroport de Chennai, nous faisons connaissance avec notre chauffeur, Pandi. Départ immédiat pour Kanchipuram, à 65 km de là. Chennai sera pour une prochaine fois … Nous arrivons en fin de journée, il fait quasi nuit. Après le dîner, nous nous lançons à l’assaut des petites rues de Kanchipuram pour aller au temple de Kamaskhi, (une forme de Parvati), le plus proche, avec ses gopurams illuminés, son bassin sacré, des familles indiennes.



La photo n'est pas terrible car mon APN ne gère pas bien l'obscurité ...
CA
Bonjour Christine, Impatient de lire la suite de ton carnet et anticiper notre prochain voyage au Tamil Nadu et au Kérala prévu en Janvier 2021. Je ne manquerai pas de te contacter pour infos complémentaires. Bonne rédaction Michel
Michel
AN
En route avec toi. Je suis assez pessimiste sur des futurs voyages avant très longtemps, alors il reste les carnets de la communauté. J’ai d’ailleurs été très surprise de recevoir un mail direct avec mon pseudo, après mon premier post me demandant de ne pas proposer d’itinéraire pour cause de confinement! As tu reçu ce genre d’injonction? Et comment se fait il que cela ne passe pas via site de VF? Comment ont ils eu mon adresse?
CH
Bonjour Anne

Non, je n'ai pas eu (pas encore) ce genre d'injonction. Je vais continuer ce carnet dans l'après-midi. Nous ne proposons pas d'itinéraire, nous rendons compte de notre voyage.
AL
Coucou Christine, Je suis présente moi aussi et je suis bien installée donc vivement la suite mais en douceur , on a le temps de savourer.[;)]
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
RJ
As tu reçu ce genre d’injonction? Et comment se fait il que cela ne passe pas via site de VF? Comment ont ils eu mon adresse?

Tout simplement parce qu'il n'a pas été envoyé par VF ! Après comment ont-ils fait le lien peut-être une fuite de donnée !

En tout cas j'embarque sur une destination que je ne connais pas [:)]
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
CH
Samedi 22 février Kanchipuram

8 h 30, c’est parti pour les nombreux temples de la ville, connue comme la cité des temples. J’avais prévu de les faire dans l’ordre chronologique mais le chauffeur nous propose autre chose, le plus ancien étant un site historique, il ne sera pas fermé pendant les heures officielles de fermeture des temples, qui au Tamil Nadu, sont bien ennuyeuses (de midi ou midi et demi à 16 h) puisqu’il y a essentiellement des temples à visiter.

On commence donc par le Ekambateshwara temple, le plus grand temple de la ville, construit autour d’un vieux manguier et qui a un des plus haut gopuram d’Inde. Temple chola du 9ème siècle, énorme si je compare avec les temples vus en Inde du Nord (en fait, il est tout petit par rapport à ceux de certaines villes, mais nous ne le savons pas encore !). Un nombre incroyable de colonnes, toutes plus travaillées les unes que les autres, des couloirs et corridors nous émerveillent. C’est organisé comme un immense cloître. Tout autour du cloître, un peu surélevé par rapport au couloir de déambulation, des centaines de lingams noirs habillés de tissus (dhotis ?) blancs. Au sol, des peintures colorés, des kolams. Des étranges choses un peu partout, rarement vues dans le nord (des petits véhicules de parades en bois colorés, des guirlandes de fleurs, des énormes branches de bananiers, on verra même des raisins dans un des temples visités ce jour- là. Il est tôt, il y a quelques pèlerins mais peu de monde en réalité dans cet immense endroit. On fait deux fois le tour, on se perd, on prend le temps de s’asseoir vers le manguier et d’observer les rituels religieux.

C’est compliqué pour les photos car il y a peu de lumière dans les intérieurs. C’est magnifique, nous sommes bouches bée.



Dans la cour, attachés à un arbre, des morceaux de bois qui font penser à des berceaux (cela ressemble plutôt à des cagettes mais c’est vraisemblablement fait pour évoquer un berceau. Beaucoup de tissus colorés, de bracelet sont aussi attachés aux branches de l’arbre.



Nous retrouvons Pandi qui nous emmène, en quelques minutes, au temple Vaikunta Perumal, c’est-à-dire un temple Vishnouite car ici, Vishnou s’appelle Perumal. C’est un peu compliqué, j’ai perdu tous mes repères… C’est un temple plus ancien de l’époque Pallava, construit au 8e siècle. On circule dans un cloitre bordé de piliers plus grossiers, mais sculptés en bas de lions debouts. Superbe. Petit temple mais charmant.





Nous n’en finissons plus de retirer et de remettre les chaussures. A chaque fois, un billet est attendu par la marchande de fleurs, la mendiante ou la personne qui est assise à l’entrée. Ce sera à peu près tout ce que nous coutera la visite de la plupart des temples lors de ce voyage et c’est tant mieux, car des temples nous en verrons des dizaines …

Nous « attaquons » le troisième temple de la matinée. Il s’agit du Vadaraja Perumal, construit par les Cholas au milieu du 11e siècle, puis agrandi siècle après siècle, par les Cholas encore, puis par les Vijaynagar de Hampi (le magnifique Mandapa avec les piliers à chevaux cabrés, caractéristique de l’époque Vijaynagar en témoigne). Nous entrons par un grand gopuram, sans personnage, peint en blanc.



Dans la grande cour dallée, un mandapa avec des piliers somptueux, mais c’est dommage que les piliers du mandapa soient reliés par des grilles … cela gâche un peu le coup d’œil.

Les piliers sont tous plus beaux les uns que les autres et nous passerions des heures à détailler chacune des sculptures mais il nous reste à voir à Kanchi. La ville des temples porte bien son nom, ils sont nombreux et tous intéressants.





L’ensemble est très grand, avec un très beau bassin sur la gauche en entrant dont nous faisons le tour, pieds nus, bien entendu. Ce n’est pas toujours confortable, il y a des cailloux, les pierres, quand elles existent sont bouillantes. Nous traînons un long moment dans le temple à faire des photos, à nous reposer à l’ombre, à regarder les déambulations des indiens. Un peu partout, des colonnes sculptées, des petits temples secondaires plus ou moins colorés.





Après le déjeuner , on part au temple Kailashsanatha, le plus ancien, du 7ème ou 8ème siècle construit par les Pallavas, mais sur la route, petit arrêt rapide à Kanchi Kuldi, une ancienne maison traditionnelle avec le toit caractéristique à plusieurs rangées de tuiles, maintenant transformée en musée (en fait, je crois que c’est une famille qui ouvre sa maison) où l’on peut voir des objets anciens, des idoles utilisées dans les maisons, des vieux ustensiles de cuisine, des jeux en bois, une balancelle, des kolams sur le sol rouge, des beaux piliers en bois, ... Visite plutôt agréable et qui nous change des temples. Une petite donation est la bienvenue.

On arrive au temple, le plus côté sur les guides, le Kailashanatha, mais étonnamment, ce ne sera pas celui qui nous plaira le plus. Il y a avant de rentrer des nombreuses chapelles et les sculptures extérieures ont des restes de peintures dans les tons rouges (il faut bien chercher).



Devant, quelques boutiques pour les touristes (vente d’objets en pierre taillée, de trucs étranges pour faire les kolams facilement. Le vendeur est très insistant et ne comprend pas que nous ne voulions pas de son rouleau, très léger, très pratique et peu cher. Ce sont nos voisins qui seraient ébahis de voir nos pas de porte décorés de kolams !

Ici aussi, piliers avec les lions, typiques des Pallavas, mais qui ont été enduits à une ancienne époque. Bien moins joli qu’au temple Vaikunta Perumal. Certains des lions font des grimaces assez terribles.

Mon appareil photo me joue des tours (déjà ! et cela va continuer tout au long du voyage, grrr !, par moment, tout devient très sombre ...). Les statues sont belles mais assez répétitives. Est-ce l’absence de lieu de culte vivant, la trop belle pelouse comme dans tous les sites ASI, mais le charme opère moins.

Nous reprenons la voiture pour aller dans les faubourgs de la ville, quasi à la campagne, pour voir les temples jains de Thiruppauthikundram, dont j’ai lu le plus grand bien ici même sur le forum (je ne sais plus qui racontait sa visite, mais mille merci). Nous sommes dans la partie jain de Kanchi (jaina Kanchi, comme ce matin nous étions dans la Shiva Kanchi, puis la Vishnou Kanchi. Devant le temple des femmes vident des paniers de caillasses qu’elles sortent du temple (le sol d’un bâtiment moderne dans le temple est en train d’être cassé) pendant que leurs deux petits gamins jouent dans le temple avec quelques cailloux. Que n’ai-je amené comme je le faisais il y a longtemps quelques petits jouets pour ces pauvres gamins ! Le temple daterait du 14e siècle et les peintures du plafond, magnifiques, dans les tons orangés, blancs et noirs seraient du 17ème. Nous faisons quelques photos des fresques mais une vieille dame, qui habite vraisemblablement en face vient pour nous ouvrir le temple (et ce n’était pas utile, car l’intérieur est très sombre et moyen) et nous interdit les photos … et elle veille à ce que l’on respecte l’interdiction ! Heureusement qu'on ne le savait pas en entrant ... .







Très joli temple, intéressant pour ses fresques, non mentionnés dans les guides papiers, car trop récent sans doute ! En discutant avec je ne sais qui, Pandi apprend qu’il y a d’autres temples jaïns à une vingtaine de kilomètres et nous propose d’y aller. Ce n’était pas dans mon programme, je n’avais aucune idée du temps qu’il nous faudrait pour voir tous les temples repérés.

Comme il est encore tôt, nous sommes partantes, et comme c’est la direction, je lui demande si on peut voir le puits à degré que j’ai repéré sur l’atlas des stepwells sur internet (si vous ne connaissez pas, extraordinaire base de données sur les stepwells et bassins sacrés- stepwell atlas sur Google). Il demande, cherche et trouve le fameux puits, pas mal du tout, perdu dans la campagne, au milieu de rien. Son toran d’entrée propose le même type de décor que la porte d’entrée de la plupart des temples, à savoir, une femme surmontée de personnages enchâssés dans des cercles. De chaque côté, des créatures mythologiques, le tout surmonté d’une arche avec Lashkmi je pense, entourée d’éléphants. C’est un peu dommage que les cercles aient été récemment peints en blanc et en orange, mais cela disparaîtra avec le temps. Derrière le toran, le puits à degré, qui se termine par deux piliers dressés, avec peints sur les piliers, en blanc et orange également, le signe de Vishnou. Le puits est rempli, nous ne verrons pas les escaliers.



Pour arriver jusqu’ici, nous sommes passés par un ou deux villages où il a demandé son chemin. Nous avons attisé la curiosité d’un autochtone qui nous a suivi en moto (ce ne sera pas la seule fois, j’y reviendrai) et qui nous regarde étonné, photographier le puits. Il indique à Pandi un temple très ancien, dédié à Ganesh (Ganapati au Tamil Nadu) qui serait tout près de là. Nous voici partis, en voiture sur des chemins hasardeux, sablonneux et un peu raides mais cela passe et nous voici en quelques centaines de mètres, devant un vieux temple un peu décati, juste comme on les aime, situé au bord d’un plan d’eau. Il n’est pas encore 16 h et le temple est fermé. Qu’importe, nous en faisons le tour, discutons avec des fidèles qui attendent comme nous l’ouverture du temple (l’un deux, d’une trentaine d’année, venu avec sa mère nous donne quelques explications sur le temple, sur le culte de Ganesh, la signification des sculptures … Le temple est assez mastoc, tout d’une pièce. Des colonnes sculptées peintes en rouge et blanc, à l’extérieur comme à l’intérieur rythment l’ensemble. Certaines sont peintes en violet, tout comme les graffitis des murs extérieurs de la cella, peints eux en jaune, parsemés çà et là de svastikas et de signes de Vishnou. Cela pourrait être assez catastrophique ce mélange de couleur mais non, c’est plutôt pas mal. Les fidèles et le prêtre sont très accueillants, ils ne doivent pas souvent voir occidentaux et la visite est plutôt sympathique.

Nous arrivons enfin aux temples jains (pour lesquels nous avons fait le déplacement jusqu’ici, ) dans un joli village comportant pas mal de maisonnettes anciennes, basses, avec la toiture caractéristique à 5 rangées de tuiles. Des enfants nous suivent pendant que l’on déambule dans le village, les parents sortent sur le pas de la porte et nous sourient. Le temple possède de très belles colonnes sculptées, qui semblent vernies ? ! , du coup, c’est très brillant, même à l’extérieur. Une décision de l’ASI nous dit Pandi. On fait pas mal de photos mais c’est compliqué la lumière n’est pas excellente … et je me rendrai compte plus tard qu’elles sont ratées pour la plupart ! Ici aussi, beaux plafonds peints dans les même tons qu’à Thiruppauthikundram.

Retour à Kanchipuram après une sacrée première journée ...
CH
Dimanche 23 février – Gingee – Tirunvanmalai

Petit-déjeuner identique à la veille, au idli près ! J’essaie le café au lait mais bof, je n’y reviendrai pas. En quittant la ville, au beau milieu des immeubles et de la circulation, un énorme bâtiment en métal qui abrite un ratha, un chariot de procession en bois, qui vu la taille du bâtiment, dépassant les immeubles de 3 ou 4 étages doit être gigantesque. C’est agaçant, mais les chariots sont toujours ou presque, remisés dans des baraquements en métal, complètement opaques et nous ne pouvons pas les voir.



Départ à 8 h 30 tapante pour Gingee, une forteresse commencée par les Cholas au 9ème siècle mais qui s’est surtout développée au 16ème et 17e siècle (les fortifications datent de cette époque), avant d’être conquise par les français, puis par les britanniques. On arrive devant le site à 10 h 30, après avoir vu d’autres escarpements rocheux sur la route, des rizières, un étang avec de superbes lotus, avoir bu un chai masala (le premier et quasi le dernier du voyage ! ici c'est thé au lait ou thé au gingembre mais de masala, pas souvent), acheté des bananes pour le déjeuner (que nous ne sortirons pas du sac, la faute aux singes nombreux sur le site) et de l’eau qui nous sera bien utile pendant la journée …





Je cite Wikipédia pour la partie culturelle « Le Gingee fort est situé sur trois collines : Krishnagiri , Rajagiri et Chandrayandurg . Sur chaque colline se trouve une citadelle séparée et autonome. Elles sont reliées par une muraille ponctuée de bastions et de portes, formant ainsi un immense triangle . Le monument le plus remarquable est le Kalyana Mahal (salle de mariage) de sept étages avec ses deux escaliers intérieurs, mais le complexe comprend également des casernements, une prison, des magasins, des greniers et un temple dédié à la déesse hindoue appelée Chenjiamman. Les fortifications contiennent un étang sacré connu sous le nom d'Aanaikulam. Les murs du fort utilisent les escarpements naturels du terrain accidenté, parsemé d'énormes rochers jusqu'aux flancs des collines ... »

Le ticket d’entrée est à 300 rs pour les étrangers, l’APN à 25, la vidéo à 100. Il y a beaucoup de touristes indiens, c’est dimanche. Beaucoup de groupes scolaires également, c’est plus étonnant pour un dimanche. Nous n’aurions pas l’idée en France, d’emmener nos élèves en sortie le dimanche, et si d’aventure nous l’avions, nous n’aurions guère de succès !

Nous nous baladons un long moment dans l’Inner fort, le fort interne, situé au milieu des 3 rochers (quand Wikipédia parle de collines ...), un espace presque plat, en visitant le Kalya mahal, la grande tour blanche, des étables, les gymnase, des magasins et le grand bassin en partie creusé dans la roche comme certains des bâtiments d’ailleurs.

Vers 11 h 45, (ce n’est pas la bonne heure, mais nous n’avons pas le choix …), on attaque la montée en pleine cagna, heureusement, de temps en temps, le soleil se cache. Les escaliers sont corrects, en granit, cela ne glisse pas, nous sommes sereines. Première étape culturelle (car il y en aura d’autres plus basiques, pour se reposer, admirer la vue, se requinquer …) pour un petit temple sur la droite, sis devant l’énorme rocher de Rajagiri, en granit à la base et en briques pour le vimana. On continue de grimper avant d’atteindre une longue traversée ombragée, assez plate, cela repose, avec un temple sommaire mais vivant sur la droite, fait de bric et de broc, avec des offrandes déposées par les passants, offrandes qui attirent les singes en grand nombre. Nous ne sommes que moyennement rassurées mais cela passe.

On continue la grimpette, discutons un peu avec des familles indiennes qui galèrent encore plus que nous pour monter, avant de reprendre de l’élan. Il y a des belles vues sur la campagne située en contrebas, des rizières,



des puits ronds nombreux, un temple énorme magnifique, un peu comme le Achuyatara temple de Hampi, qui nous avait tant plu.







D'ici, on voit le second rocher, que nous ne gravirons pas ...

On aperçoit enfin la première porte du fort et on se dit que c’est bon, que nous sommes presque arrivées, mais non, il en reste encore au moins trois à passer de ces énormes portes, et elles sont bien distantes les unes des autres. On arrive enfin en vue de la passerelle entre deux rochers, moins impressionnante quand on est dessus que vu d’en bas, mais nous ne sommes pas encore parvenues au sommet ! Encore un peu d’effort, le soleil tape dur. Enfin nous y sommes, faisons quelques photos avec une famille, il y a des singes un peu partout, la vue est très belle mais les bâtiments n’ont rien d’extraordinaire là-haut (un temple tout petit, un ou deux réservoirs à grains ou des habitations pour les soldats. Nous ne nous attardons guère et attaquons tranquillement la descente avec de nombreuses pauses photos et ombre dans les cahutes à soldats emménagées dans les portes.



La ballade est surtout intéressante pour la vue ...

Nous arrivons sur le parking à 15 h 05, les jambes complètements raides, épuisées. Pandi n’est pas là, la voiture non plus … Où est-il passé le bougre. On achète une bouteille d’eau, faisons une petite pause à l’ombre, puis courageusement nous partons en direction du temple vu de là-haut qui se trouve à environ 500 m du parking, sur la droite, mais c’est tout plat, donc cela devrait aller. Nous avons un peu de mal à visiter et à profiter de ce beau et grand temple tant nous sommes fatiguées ! En sortant du temple, surprise, la voiture est là, Pandi, tout sourire s’excuse mais il est allé manger vers 15 h, ne nous voyant pas arriver. Il est diabétique et ne doit pas rester trop longtemps sans manger. Le téléphone tamoul a bien fonctionné … il a demandé à un de ses collègues de nous repérer.

Je m’avise que je n’ai plus ma bouteille d’eau achetée 45 mn plus tôt. Miracle indien, je la retrouve à l’ombre, à l’endroit où je l’avais laissé. Incroyable.

Nous prenons la route pour Tirunmavallai, distante d’environ 45 km. Nous sommes quasi arrivés en ville quand sur notre droite, on voit des gens qui semblent déguisés, un char de procession, des musiciens … Il y a énormément de monde est l’ambiance est à la fête. On s’arrête et c’est parti pour une grosse heure de spectacle et de photos. En fait, nous verrons successivement trois processions différentes, avec beaucoup de monde, « déguisé » ou non. Une ambiance délirante. Nous ne savons pas très bien ce qui se passe, c'est assez dingue, délirant, certaines personnes sont complètement en transe, les yeux dans le vague, hurlantes, tenues en laisse (enfin, un grand tissu tendu autour du ventre qui permet à deux personnes de les contenir un peu).









Certains hommes ont cousu, à même la peau, sur tout le torse et les bras des citrons, que les spectateurs leur arrachent de temps en temps. C’est complètement fou car au milieu, il y a aussi des enfants déguisés, des familles ...











J'ai atteint mon quota de photos mais peux en rajouter dans un autre post si cela intéresse quelqu'un. Encore que, il semblerait que l'on soit limité à 300 pour un carnet et comme j'ai vu énormément de sites ayyanars, il va falloir choisir ...

J’apprendrai, en regardant sur le web que nous avons assistons au festival Mayana Kollai, qui se tient le lendemain de la Shivaratri dans le nord du Tamil Nadu (Chennai, Vellore, Tirunvanmallai …). Nous avons une chance folle de passer par là à ce moment, car je n’avais jamais rien lu ni entendu au sujet de ce festival.

Une explication trouvée sur internet explique le festival : « Après les pujas et les jeûnes pour Mahashivaratri, le Tamil Nadu voit une célébration de l'épouse de Shiva dans les cimetières. Le festival Mayana Kollai (pillage du cimetière) est célébré au milieu des morts. Observé dans les temples d'Angalamman dans les villages des districts nord du Tamil Nadu, ce festival folklorique symbolise l'un des principaux scripts culturels de la vie tamoule selon lequel l'énergie féminine est capable de rajeunir, de récupérer et de revitaliser la vie humaine au-delà de la mort et de la destruction. Les réjouissances impliquent des processions au crématorium avec des divinités sur des palanquins, des dévots dansant avec des visages peints et racontant la vie des dieux à travers des chansons. »

« Étant un carnaval populaire, les célébrations varient à travers la région. Dans certaines villes, Angalamman Mayana Kollai, la divinité visite le lieu de crémation sur son char de cérémonie, tandis que les célébrations du temple de Saidapet sont marquées par des sacrifices. Une femme déguisée en Kali ou Angalamman écorche une volaille, boit son sang, la pend par la bouche et entre en transe pendant que les batteurs jouent. L'ambiance des réjouissances est amplifiée par les transgenres et les femmes qui dansent autour d'elle.
PA
Merci Christine :) Je suis ravie que tu aies le temps d'écrire ton carnet! Quelle chance d'être tombée sur ce festival!!! Waouh :)
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations... (N.Bouvier)
RA
Bonsoir [;)]

On fait pas mal de photos mais c’est compliqué la lumière n’est pas excellente … et je me rendrai compte plus tard qu’elles sont ratées pour la plupart !

Damned

J'ai atteint mon quota de photos mais peux en rajouter dans un autre post si cela intéresse quelqu'un. Encore que, il semblerait que l'on soit limité à 300 pour un carnet et comme j'ai vu énormément de sites ayyanars, il va falloir choisir...

WTF ! Déjà qu'on est confiné sans pouvoir voyager et voilà qu'un carnet de voyage qui nous sort de la torpeur ambiante démarre à peine et tu nous annonce qu'en plus de photos ratés (damned, y'a pas pire que de constater que ses photos sont ratées) il n'y en aura pas autant que le lecteur en souhaiterait

Mon conseil pour détourner cette règle des 300 [:/] c'est de concocter de "petits" albums photos sur Google photos et d'insérer le lien de ces albums photos dans ton message afin de pouvoir les visionner [:P]

J'attends plus du festival Mayana Kollai
"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
FA
les heures officielles de fermeture des temples, qui au Tamil Nadu, sont bien ennuyeuses (de midi ou midi et demi à 16 h) puisqu’il y a essentiellement des temples à visiter.

Effectivement, cela ne facilite pas l'organisation des journées du voyageur. Pour mon voyage de mars-15, j'avais essayé d'utiliser ces plages horaires pour le déjeuner et pour les transports entre villes, mais ce n'est pas toujours possible.

pieds nus, bien entendu. Ce n’est pas toujours confortable, il y a des cailloux, les pierres, quand elles existent sont bouillantes.

Ceci expliquant sans doute la coupure horaire. Car, même avec un tapis de jute, la plante des pieds souffre de l'intense chaleur du sol pendant le pic de température de la journée. Justement de 12h00 à 16h00...

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
PA
Cette année, ce sera une petite partie du Tamil Nadu, un petit tour de 1000 km à peu près, de Chennai à Chennai (Kanchipuram, Gingee, Tirunmavallai, Chidambaram, Tranquebar, Kumbakonam, Trichy, le Chettinad, Tanjore, Pondichery et Mahabalipuram) avec une amie. Nous avons volontairement zappé Madurai et Rameshvaram, ce sera pour une autre fois, nous n’avions pas envie de faire trop de km et nous avons déjà beaucoup de chose au programme...

Je vais suivre avec attention ton carnet parce que tu as visité pas mal d'endroits que je n'ai pas vus et que j'aurais aimé voir (Kanchipuram, Kumbakonam, Gingee, Tiruvanamallai). Comme tu le dis, ce sera pour une autre fois, on ne peut pas tout voir en un seul voyage. C'est dommage pour Rameshwaram et SURTOUT pour Madurai, mais ça te donne l'occasion d'y revenir.
ZE
Rebonjour Christine,

Merci du partage de ce nouveau carnet que je suis avec beaucoup de curiosité ! Notre trajet de 2019 était légèrement différent, il y aura forcément de nouvelles découvertes à faire ; je pense que même si on est déjà allé à un endroit, on peut toujours passer à côté de certaines choses. Ceci me semble particulièrement valable pour l'Inde ! Tu a eu la chance d'assister au festival " Mayana Kollai" et je serai ravie de voir d'avantage de photos de ce festival ! En ce qui concerne le nombre de photos autorisées par carnet , je craignais à un moment donné, que en postant trop de photos avant de finir le carnet, j'aurai des posts sans photos. Bonne idée de Fabrice de faire un carnet no 2 pour éviter ce problème.

Ceci dit, tu auras de la marge : lorsque tu écris ton prochain post regarde bien dans la partie :"ajouter une photo au message..., il y a la phrase : "Depuis le 9.mars 2020 , chaque carnet a un nombre maximal de 500 photos afin de limiter les coûts d'hébergement du site. Votre carnet contient ...photos." Bien pratique aussi cette dernière phrase, ainsi on n'est pas obligé de compter le nombre de photos déjà publiées dans des posts précédents !

A la prochaine !
Gabriele
CH
Tirunmavaillai suite

A la demande générale de mes quelques lecteur s[;)], je fais un post de photos de Mayana Kollai

Les enfants, bien déguisés







Ceux-ci ont perdu tous leurs citrons ! Ouie, ça doit faire mal

Des scènes qui étaient vraiment étonnantes, je vous assure que certains étaient vraiment "partis" je ne sais où













Des photos posées (bon d'accord, j'aurais pu faire mieux comme ils posaient mais je n'allais pas leur demander de se déplacer loin du camion ou des bus qui stationnaient par là, faute de pouvoir circuler [;)])













Et pour finir, quelques vues plus générales que vous ayez une idée de l'ambiance.





Après ce moment assez intense, nous partons à la recherche d'un hôtel. J'en avais repéré plusieurs sur Booking, tous situé près du grand temple. Le premier est le bon, AC Residency Inn, pour 2000 rs sans petit dej. Un peu cher mais très correct.

Après une petite bière, on décide de trouver à manger, mais pas grand chose dans le coin ... Pandi nous avait assuré qu’il y avait plein de stands de nourriture vers le grand temple mais c’était sans compter sur l’heure déjà tardive. On finit dans un bouiboui en bord de route sur une grande avenue, spécialisé dans le prêt à emporter car il y a de nombreux clients qui attendent. On se retrouve avec chacune un dosa recouvert de sauce, à manger avec les doigts car ici, point de couverts. On a encore faim car le dosa aux pommes de terre bien nourrissant, comme on a l’habitude dans le nord ne court pas les rues au Tamil Nadu. On reprend chacune deux utthapams de base. C’est bon, folklorique et pas cher car on s’en tire pour 160 rs pour deux avec une bouteille d’eau minérale.

Etonnamment, nous avons encore de l’énergie et partons pour une visite nocturne du grand temple Arulmigu Arunachaleswarar, dédié à Shiva, situé au pied d’une grande colline, que nous ne grimperons pas demain comme je l’avais plus ou moins prévu pour admirer le temple vu d’en haut. Après cette journée sportive à Gingee, ce ne serait pas raisonnable de recommencer une grimpette, il faut garder de l’énergie pour la suite du voyage. C’est immense, il y a quatre grands gopurams, d’autres plus petits, tout blanc, deux grands bassins, des temples secondaires, des colonnes magnifiques … Le temple ferme à 22 h 30 donc on traîne un bon moment.

CH
Bonsoir Fabrice

Merci de me suivre et de tes explications toujours lumineuses. Je n'avais pas pensé à la fermeture 12 h -16 h pour cause de chaleur, mais tu as raison, car on a visité Gangokondacholapuram pendant l'heure de fermeture, étant site Unesco, c'était possible et là, même sur les tapis de jute, c'était horrible pour les pieds !

Nous avons bien entendu, la plupart du temps, utilisé ces temps de fermeture pour rallier une autre ville. Je suis un peu comme toi, je n'aime pas perdre du temps en voyage.

Christine
CH
Bonsoir Pagal

Merci de me suivre sur ce carnet. J'ai beaucoup utilisé le tien, que j'ai lu et relu pour la partie Chettinad ... C'est sûr que je retournerai au Tamil Nadu pour voir ce qui est plus au sud et à l'ouest. J'ai vraiment beaucoup aimé, je ne connaissais pas l'Inde du sud et c'est vrai que c'est plus cool et le spectacle de la dévotion m'a scotché.

J'ai adoré Kumbakonam. Pour ce carnet, je vais privilégier les endroits qui ne sont encore pas trop "chroniqués", même si bien sûr, j'ai adoré les grands temples de Chidambaram, Gangakondacholapuram, Tanjore, et Pondi - Mahabalipuram mais tout a déjà été dit et montré sur ces lieux.

Christine
CH
Bonsoir

Je vais essayer d'arriver à tenir sur les 300 photos mais je garde ton idée d'album Google dans un coin de la tête. Il faut juste que j' y arrive ... mais cela devrait le faire !

Je vais sélectionner ce qui a peu été montré sur VF et si j'ai le temps ensuite (cela devrait vu le confinement mais je suis quand même en télétravail) je ferai des albums Google avec les temples plus connus et sans doute les sites ayyanars car j'ai vraiment flashé la dessus. Je voudrais bien finir ce journal, pas comme le Karnataka que j'ai laissé tomber en cours de route.

Christine
AN
Incroyables images ce festival! Comment ces Indiens vont ils supporter cette crise? La vie quotidienne, leurs modes de vie, les fêtes religieuses et autres, les festivals de toutes sortes! Je suis pessimiste car je me demande si les voyages en Inde ne se feront plus que via les carnets pendant plusieurs années. Bonne suite en tout cas dans la rédaction de ce carnet ci.
RA
Bonsoir [;)]

Whaaaaoooow C'est super [:P]

Moi qui avais écrit un pamphlet sur l'Inde qui débutait par ces mots :

Tous mabouls, même les Tamouls

Je vais le corriger en :

Tous mabouls, surtout les Tamouls

le dosa aux pommes de terre bien nourrissant, comme on a l’habitude dans le nord ne court pas les rues au Tamil Nadu.

Les Masala Dosa, comme les Idli, se trouvent très fréquemment en Inde du Sud et au Tamil Nadu plus particulièrement. Par contre dans le Nord j'ai beaucoup regretté leur quasi absence.

visite nocturne du grand temple Arulmigu Arunachaleswarar (...) C’est immense, il y a quatre grands gopurams, d’autres plus petits, tout blanc, deux grands bassins, des temples secondaires, des colonnes magnifiques

Hé ! Mais y'a pas de photos !



"Nous ne sommes plus une communauté d'être humains qui se parlent mais un conglomérat de grappes de consommateurs en niches, séparés les uns des autres par des obsessions diverses et innombrables. Nous sommes de l'ère de la désintégration." Marc Moulin (1942-2008) in Humoeurs
CH
Bonsoir

Ben dans le nord, j'en trouve souvent des masalas dosas, des Uttapams dans les restos qui indiquent South indian (moins souvent des idlis par contre) et là au Tamil Nadu, j'ai souvent vu des plain dosas, mais pas des masalas ...

C'est comme le chai masala, j'ai eu un mal fou à en trouver, et ce n'était pas faute de demander à chaque fois. Normal tea, c'est à dire thé au lait sucré.

Pour les photos, c'était voulu, avec l'histoire des 300 photos ... Je ferai demain un nouveau post qui parlera un peu du temple de Tirunmavallai (car nous y sommes retournée de jour, tu penses bien et je mettrai quelques photos.)

Christine
FA
Je n'avais pas pensé à la fermeture 12 h -16 h pour cause de chaleur

La douleur de ma plante de pied m'a rendu imaginatif. Parce qu'en mars, c'était déjà un supplice avant 12h00 et peu après 16h00.

De même que si je garde des souvenirs assez précis de mes visites, c'est parce que j'explore les villes beaucoup par la marche (les pieds ont de la mémoire [;)]), suivant en cela l'exemple de mon père quand il baladait sa petite famille. Très efficace dans les centres historiques des cités italiennes, mais il aurait évidemment renoncé dans les mégapoles modernes, notamment à Delhi, Mumbai, ou Chennai.

A ma connaissance, cette coupure horaire est une spécificité propre au Tamil Nadu.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
ZE
Bonsoir Christine, Très belles photos du festival Mayana Kollai !

Pour le nombre de photos , tu peux mettre 500 photos dans ton carnet; c'est écrit dans le bas de la page quand tu écris ton texte ! "Depuis le 9.mars 2020 , chaque carnet a un nombre maximal de 500 photos ....."! Il y a aussi le décompte des photos que tu as déjà publiées !
Gabriele
GB
Merci pour ce nouveau carnet dans le sud. Je vais le suivre avec attention, mon voyage date déjà de 4 ans, suis sure que tu vas nous faire découvrir des lieux hors des sentiers battus. Quelle chance d'avoir pu assister à ce festival !
CH
Bonjour

Je pense que tu as droit à 500 photos car tu as commencé ton carnet le 15 février. Il y a une formule qui dit que pour des raisons de coûts d'hébergement du site, à partir du 9 mars, les carnets ne pourront contenir que 300 photos.

Les carnets commencés avant ont un peu plus de latitude mais plus les nouveaux. Pas de regret, je suis rentrée le 7 mars au soir, je n'allais pas démarrer illico, je me débrouillerai si vous ne (clin d'oeil à Ragamuffin) ne rajoutez pas trop de photos.

Je continue ce soir ...
ZE
Bonjour Christine, Mince alors pour ton carnet à toi ! J'ai plus de chance pour le nombre de photos pour le mien . En attendant la suite promise... !
Gabriele
CH
Merci de me suivre Gisèle. Pour les lieux hors des sentiers battus que tu n'aurais pas vu, j'espère car je te sais très pointue quand tu prépares un voyage.

Je continue ...

Lundi 24 février : de Tirunmavallai à Chidambaram

Nous sommes un peu courbatues malgré le Doliprane mais bien moins que lors de la montée à Palitana. Nous prenons un petit déjeuner occidental à l’Asian Cake, sur la route du temple. Quasi en face, à même le trottoir ou plutôt sur une placette, devant le mur extérieur du temple, des hommes sont en train de préparer un immense motif, religieux j’imagine. Sur un treillage en roseau d’une vingtaine de m2, ils clouent des morceaux de roseaux artistiquement. Il y a des objets plus petits, déjà finis contre le mur. Des structures pour les chariots de processions, des décorations pour les temples ?? Nous ne le saurons jamais.



Nous arrivons très vite au temple, bien animé ce matin, même si il est encore tôt. De jour, nous remarquons que les gopurams ne sont pas tous blancs, deux ont une teinte gris bleuté assez discrète. Ils côtoient plusieurs mandapas à colonnades en pierre naturelle, quelquefois noires de la graisse des offrandes et différents éléments colorés (Nandi, Ganesh, monstres divers) qui sont répartis un peu partout dans l’enceinte. C’est immense, cela fait comme des petits quartiers avec des petits temples ou oratoires un peu partout. Au centre, le temple principal. C’est très beau et raffiné mais les photos sont interdites, comme cela sera le cas bien souvent dans les grands temples. Les colonnes ressemblent à celles vu à Hampi, avec des chevaux cabrés. Certaines dalles du plafond sont travaillées avec de jolis motifs floraux ou géométriques, toutes les poutres le sont finement. Quelle frustration de ne pouvoir cliquer sur ces merveilles ! Tout autour du sanctuaire, des chapelles secondaires avec soit des lingams en veux-tu en voilà, soit les Sapta Matrika, Shiva, Parvati peut-être.

Nous passons un long moment assises sous le beau et grand mandapa de Ganesh, à regarder les rituels des dévôts devant un petit temple de Ganesh. La technique est différente de ce que nous avons observé à Kanchipuram devant le temple de Ganesh : ils commençaient avec les mains au- dessus de la tête, descendaient les mains, puis serraient les poings et se tapaient deux ou trois fois sur les côtés de la tête, puis croisaient les mains, se tapaient sur les joues, joignaient les mains, faisaient une génuflexion rapide . Tout ça, en 15 à 20 seconde chrono. La technique de prière ici, très différente, est-ce parce qu’on ne voit pas la statue comme c’était le cas à Kanchi ? En tout cas, les femmes s’agenouillent et touchent le sol avec le front deux ou trois fois avant de se relever. Les hommes, quant à eux, se couchent sur le sol, avec des techniques qui varient d’un fidèle à l’autre au niveau des gestes des bras et des actions sur la tête. Il y a encore beaucoup à découvrir dans cet immense temple… Une maquette est bien utile pour comprendre les lieux.



On visite un petit musée consacré au saint local, le sage Ramana Maharshi (jolies photos du début du 20e siècle, quand il est tout jeune). Aujourd’hui Tirunvanmallai a un grand ashram, le sri ramanasraman, qui attire des centaines de dévôts, indiens comme occidentaux. On tournicote dans le temple encore un moment, (il a y des raisins pendus à des dais ressemblant à ce qu’on a vu ce matin en construction, ornés de feuilles de manguier, et ce sur plusieurs m2 .

On rentre à l’hôtel en passant devant un « autel » fleuri consacré à ce qu’on comprends être la première ministre du Tamil Nadu, déjà vue en photo à Kanchipuram de nombreuses fois. C’est son anniversaire, les supporters de son parti le lui souhaitent un peu partout (on reverra cela à divers endroits mais je vous ferai grâce des quelques photos que j'ai du phénomène.) En rentrant, quelques recherches sur internet me montrent que c’est en réalité la ministre en chef du bien-être social et des repas nutritifs à midi, nommée Dr V. Saroja. C'est nos ministres qui seraient contents d'être fêtés comme cela !!



On quitte Tirunmavallai à 11 h tapante pour s’arrêter, 10 km plus loin, dans la campagne, pour voir un temple Ayyanar, le premier d’une grande série, que j’ai repéré lors de recherches sur Google. C’est à Kannamadai, dans une réserve forestière. Il faut quitter la route principale par un petit chemin, en passant sous une arche colorée (qui indique le temple). A à peine 200 m de la route principale, on arrive au site sacré, et il va falloir se déchausser, même si on va devoir marcher sur des cailloux et un sol très irréguliers et cracra …

Il y a un petit temple moderne bleu et jaune, assez croquignolet, un auvent en béton coloré et carrelé au sol, beaucoup de grands chevaux colorés, des éléphants, des hommes, des policiers avec carabines, des chiens, quelques Nandi en pierre noire.



Seulement deux vieux chevaux en terra cotta, minés par un nid de serpent énorme (ou une fourmilière géante), qui a éclaté les chevaux par le milieu.

Tout autour du site, des lances plantées dans le sol, le traditionnel arbre à souhaits avec ses tissus colorés (ici, pas de berceaux mais des sacs plastiques contenant on ne sait quoi).





Et bien entendu, le féroce Ayyanar, avec ses gros yeux, et sa moustache caractéristique. Ici, il est tout sourire …



J'aime mieux quand il est ancien et patiné par le temps, et vous ?



On donne une petite donation (2 x 20 rs ) aux deux prêtres, qui indiquent à Pandi un ancien temple de Vishnou – Perumal qui serait intéressant à voir sur notre route.

Petit topo trouvé sur internet, par une française passionnée par les temples Ayyanar pour expliciter Ayyanar. Je sais que bcp d'entre vous connaissent déjà, mais pour ceux pour qui c'est nouveau, cela peut servir

« Ayyanar, dieu guerrier protecteur des villages au Tamil Nadu (Etat du sud de l’Inde), est souvent représenté chevauchant un cheval blanc, escorté de Karuppu Sami, son lieutenant armé d'un sabre, et de 21 divinités associées au culte ayyanar. Il est aussi fréquemment représenté assis entre ses deux femmes. Les temples et sanctuaires Ayyanar se trouvent en général en marge des villages, dans des bois sacrés à proximité des réservoirs d’eau. La nuit, Ayyanar et son escorte veillent, repoussant les démons et les esprits maléfiques qui menacent le village. Les prêtres qui officient dans ces sanctuaires sont de la caste des potiers, Velar, et non des brahmanes. Leur charge est héréditaire. Avec de l'argile, les potiers modèlent les grandes statues de chevaux, d'éléphants et de dieux que l’on peut voir à l'entrée ou dans l'enceinte du temple. Au printemps, à l’occasion de rituels en rapport avec la nature et la fertilité, les villageois apportent au sanctuaire des offrandes en terre cuite peinte (chevaux, éléphants, vaches, et parfois des statuettes qui les représentent). Des tridents et des lances, sur lesquels sont placés des citrons en offrande au dieu, sont partie intégrante de ces sanctuaires. Les temples de Karuppu Sami, l’une des 21 divinités mâles vénérées dans les campagnes du Tamil Nadu, se trouvent en marge des villages. Ces temples n’ont pas de gopurams et sont composés de statues de grande taille de dieux aux gros yeux, brandissant des armes (arc, flèches, épée, sabre…). On y trouve également les statues des 7 déesses Kannimaar (7 vierges) ainsi que des statues d’animaux (chien de chasse, lion, cheval) » https://sylvielannes-photography.blogspot.com/2015/01/guardian-deities-of-tamil-nadu-india.html

On fait une pause clope sous la frondaison d’un arbre car il est midi et ça tape dur … avant de prendre la voiture et de s’arrêter juste après l’arche colorée, car en face, il me semble voir une chose intéressante, en tout cas très colorée. Me voilà partie pour dénicher un temple « fourmilière » Ant hill, la montagne des fourmis nous explique Pandi.

Etrange ! Vénéré semble-t-il car il y a des offrandes et pas mal de sacs plastiques et déchets tout autour, signe que les gens viennent. Un sari en tissu coloré orange et rouge ceint une énorme fourmilière. Au sommet, des colliers de citrons encore frais, devant 4 lances plantées dans le sol, sur le pic du milieu de chaque lance, un citron ! Drôle d’endroit.

On fait le petit détour pour Adhirangam Ranganathaswamy Temple, ce qui nous donne l’occasion de passer devant des récoltes de cacahouètes. Je descends dans le champ, bien humide, sur une terre rouge et collante (bonjour les chaussures !) et nous discutons avec l’aide de Pandi avec les paysans qui sont bien déçus par la qualité de la récolte. Peu de cacahouètes sous chaque pied (les cacahouètes poussent sous terre, un peu comme les pommes de terre. La partie extérieure est assez courte, 15 à 20 cm, comme le cumin.



Nous voici arrivés au temple, et Pandi semble déçu, il attendait mieux, mais nous sommes ravies, c’est dans son jus, assez grand, ancien, serein et surtout nous sommes bien accueillies et les photos sont permises. Les colonnes sont peintes en rouge et blanc, le temple est peint en blanc mais les sculptures qui sont dans les loges sont laissées en pierre brute, il y a quelques arbres dans l’enceinte, dont le traditionnel arbre à vœux, plein d’épisodes du Ramayana sculptés, une énorme balance pour peser les bébés ou jeunes enfants lors de leur première présentation au temple (les parents offriront leur poids en nourriture pour le temple.



Le temple est situé dans un petit village situé à 27 km de Tirunmavallai (pancarte en quittant les lieux). Il est 14 heures et nous n’avons pas encore déjeuné. Cela devient une habitude …

Dans une petite ville sur la route, Pandi se renseigne auprès des locaux pour savoir où trouver un bon endroit pour manger. Il se gare sur la route principale et nous voici partis dans une ruelle. Là, un resto très bon, où nous dégusterons, sur une feuille de bananier un poulet -œuf dur - byriani délicieux et copieux et des parathas, très bonnes galettes à la pâte feuilletée avec du levain. Comme tout est prêt à l’avance, manger prend peu de temps et 15 mn après notre entrée, nous sommes de retour dans la grande rue où nous dégottons une boutique où une charmante dame vend des gâteaux délicieux au lait confit pendant que son mari prépare le chai (10 rs le chai, 10 chaque gâteau …) Thé au lait mais pas masala … je n’aurai de cesse d’en demander, un peu partout mais sans succès ! Dommage, pour moi, l’Inde, c’était le royaume du Chai masala.

Nous repartons par les petites routes jusqu’à Chidambaram, avec des surprises qui seront l’occasion d’arrêts photos : des centaines de canard dans un grand fossé, mais c’est un élevage car quelques centaines de mètres plus loin, nous tombons sur des centaines de canetons gardée par une femme sur le bord de la route. Vous avez déjà mangé du canard en Inde ?? Moi jamais. Un peu plus loin, des arbres à noix de cajou, un étang avec des nénuphars ou des lotus (ce sera l’année des lotus, tous différents selon les endroits, des hauts, des plus bas, des gros, des petits, des roses pales, des blancs, des fuschias … une page lotus s’imposera dans le livre photo à venir. Pas de photos pour vous, suis limitée ... Nous arrivons à Chidambaram vers 17 h. L’hôtel Saradha ram, repéré sur Booking est très bien pour 1000 rs avec le petit déjeuner. On a même un balcon où je pourrai fumer tranquillement sans avoir à redescendre. On part immédiatement pour le temple de Shiva Nataraja, Shiva en tant que seigneur de la danse, de Chidambaram, une merveille encore. Chidambaram fut la capitale des Cholas au 10e siècle, moment où ils ont érigé ce temple, qu’ils ont rénové et agrandi jusqu’au 13e siècle, puis les Vijaynagars s’en sont mêlé et ont ajouté leur patte (que l’on adore, avec les chevaux cabrés, les sculptures plus vivantes) il est situé en plein milieu de la ville. Pandi nous dépose dans la grande rue, d’où part une rue couverte remplie de boutiques menant au Gopuram est, coloré, marquant l’entrée principale (dans tous les temples, l’entrée principale est située à l’est).



A l’entrée, un guide local nous alpague et nous nous laissons tenter par le prix annoncé, 200 rs. Comme il n’est pas un vrai guide, il ne rentre pas avec nous dans les différents temples, nous disant que c’est privé … La visite est rapide mais nous repérons les différents endroits que nous explorerons seules après la speed visit. Un petit tour au bord du bassin qui va fermer nous dit-il,



puis traversée de la cour tout droit pour arriver à un sanctuaire, puis à gauche toute, et cela à toute vitesse … A la fin de la visite, il nous demande finalement 400 rs (2 x 200), on râle un peu et donnons 300. Il semble content ! Et ce n’est pas la ruine, d’autant que tous les temples sont gratuits et que nous sommes avares en donation...

Le pseudo guide parti, nous recommençons tranquillement l'exploration de ce temple grandiose et immense, et comme d’habitude, interdiction de photographier à l’intérieur des nombreux sanctuaires, tous plus beaux les uns que les autres. C’est frustrant. Le sanctuaire principal est tellement compliqué (on descend des escaliers pour arriver dans les couloirs de déambulation, on monte des escaliers pour arriver à certains sanctuaires) que je me mets à faire des croquis dans le carnet pour comprendre et me rappeler son organisation. Je dessine vaguement, je suis frustrée de ne pas pouvoir faire mieux, pour garder en mémoire ces merveilles. Le temple a 9 gopurams, 4 énormes et cinq plus petits mais néanmoins imposants. C’est la démesure de l’Inde dans toute sa splendeur. Ils diffèrent tous et représentent des scènes religieuses que le pseudo guide nous a expliqué. Il faudrait pouvoir rester des heures pour profiter de toutes les scènes, admirer les vêtements des statues, regarder les 108 postures de Shiva dansant …. J’ai cherché des photos de l’intérieur sur internet mais rien, une seule photo, pas extraordinaire. Cela restera un souvenir …

J’ai noté rapidement sur mon carnet, in situ « centaines de colonnes autour du sanctuaire central, à l’étage, des plus petites hypertravaillées, pas 1 cm de libre sur la surface, un peu plus bas, immenses et larges colonnes, 4 à fois plus larges que les habituelles, somptueux".

On se perd, on sort du sanctuaire principal et en passant devant une porte, nous suivons des pèlerins pour voir un nouveau sanctuaire pensons-nous, mais nous sommes à nouveau dans le même espace, que l’on ne reconnaît pas immédiatement, étant arrivées complètement à l’opposé. C’est énorme, il y a plusieurs entrées, des espaces souterrains, des centaines de fidèles … et des boîtes à donation qu’on nous invite à remplir, mais nous passons en faisant mine de ne pas comprendre. On passe deux heures à déambuler dans le temple. On tombe par hasard, vers le gopuram nord vers un superbe mandapa (on peut rentrer) avec un escalier avec des éléphants superbes. Impossible de faire le tour du mandapa pour bien prendre les éléphants, c’est une vraie friche avec des ronces, des dizaines de bouteilles de plastique vides ( les photos en témoignent …) et nous sommes pieds nus !



J'ai oublié de vous montrer le bordel devant le mandapa aux 1000 piliers, cela vaut le coup ... C'est aussi cela l'Inde, même dans ces temples extraordinaires ...



Un peu avant la sortie du temple, une estrade avec des danseuses, assez jeunes, voire pour certaines encore très jeunes, sans doute une école de danse.





On regarde un moment le spectacle avant de rentrer à l’hôtel à pied en 15 mn. Nous avons atteint les 15 000 pas aujourd’hui, soit 9 km, même avec le trajet en voiture !
MA
superbe !

je t'invite à regarder cette video sur le temple Kailasa Nathar à Kanchipuram (on peut activer le sous titrage)

(j'y été encore il y a une vingtaine de jours...)

https://www.youtube.com/watch?v=jt-LPseotCI&t=49s
MA
On rentre à l’hôtel en passant devant un « autel » fleuri consacré à ce qu’on comprends être la première ministre du Tamil Nadu, déjà vue en photo à Kanchipuram de nombreuses fois. C’est son anniversaire, les supporters de son parti le lui souhaitent un peu partout (on reverra cela à divers endroits mais je vous ferai grâce des quelques photos que j'ai du phénomène.) En rentrant, quelques recherches sur internet me montrent que c’est en réalité la ministre en chef du bien-être social et des repas nutritifs à midi, nommée Dr V. Saroja. C'est nos ministres qui seraient contents d'être fêtés comme cela !!



le 24 fevrier c'etait l'anniversaire de Jayalalithaa dit Amma (mere) , ancienne premier ministre de Tamil Nadu, decédée fin 2016, ancienne star du cinema et bien aimée de (presque) tous Tamils...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jayalalithaa

Mark
CH
Bonjour Mark

Merci pour la vidéo et le correctif pour la ministre. C'est bien plus logique. Mon anglais approximatif m'a fait comprendre de travers les explications de notre chauffeur. J'avais bien compris au départ qu'il s'agissait d'un premier ministre, mais en regardant l'organigramme du gouvernement le premier ministre étant un homme.... et Pandi m'ayant souvent parlé de la ministre du bien être social j'ai fait un amalgame malheureux.

Christine
MA
Bonjour Christine, Je viens de commencer la lecture de ton carnet et d'emblée c'est la joie car tu me ramènes à l'émerveillement de mon premier voyage en Inde où j'avais passé 4 mois dans le sud. Je crois que tu es un peu fâchée car je ne t’ai guère aidée pour la préparation de ce voyage. Je t’ai répondu que mes souvenirs étaient très anciens et très probablement obsolètes 12 ans plus tard. En plus quand tu m’as sollicité tu te souviens que j’allais bien mal ? Ma première question est : as-tu une photo de ton chauffeur Pandi ? Le mien s’appelait Pandi Il était assez mince et portait de petites lunettes rondes qui lui donnaient un air très intello. Il était adorable. Et comme il me l’a dit en fin de voyage, c’est moi qui lui ai fait découvrir tout plein de lieux inconnus de lui - et de beaucoup de gens - à cette époque. Dont les fameux sites d’ayyanars. Moi aussi j’avais potassé mon voyage avec le Guide Bleu qui était alors une référence sur le plan culturel.

Je n’ai qu’un vague souvenir de Kanchipuram que j’avais découverte en compagnie de ce compagnon de voyage cinglé trouvé sur voyageforum. Tout avait été super AVANT le voyage et ce n’est que peu de jours après le début de notre périple que j’ai découvert que je voyageais avec un cinglé. Entre autres, il ne supportait pas de dormir dans le noir et allumait la lumière sitôt que j’étais endormi. Ce qui me réveillait. Alors j’allais éteindre. Ce qui le réveillait à son tour. Dès que j’étais endormi, il rallumait la lumière c’était sans fin. J’avais remarqué qu’il s’endormait toujours avec son ordinateur allumé posé sur une chaise à côté de lui et qu’il remuait beaucoup sur son matelas avant de prendre sommeil. Un jour j’ai compris : Il se masturbait en regardant des films porno scatologiques abominables. Je raconte cela ici : Donc il m’a fait visiter Kanchipuram à toute allure en prétendant qu’il n’y avait rien à y voir d’intéressant. Depuis, j’ai toujours eu envie d’y retourner. J’ai quelques photos - pas terribles -. Ça date de 12 ans… Tu me dis si ça a changé… En tous cas les tiennes me rappellent quelques souvenirs. Pour ton appareil numérique, je pense qu’il a beaucoup souffert de la chaleur et c’est pour ça que tu as eu des problèmes.

J’ai un stock impressionnant de photos et de textes accumulés toutes ces années de voyage. Et vous me donnez envie de publier ici à nouveau, mais ça risque de dater. Quoique dans certains secteurs l’Inde n’a pas changé… Mais je voudrais aussi profiter de ces journées de couvre-feu pour reprendre mon blog que j’ai complètement abandonné depuis 3 ans et demi. Depuis que j’ai ouvert mon premier récit de voyage ici : Périple dans les régions himalayennes de l’Ouest. Choix difficile : Voyage Forum ou mon blog ? Tu en penses quoi Anne ? Toi tu as fait le choix de renvoyer toujours à ton blog...
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MA
Quelle chance d'avoir pu assister à ce festival ! j'adore J'avais connu un peu la même chose à Allepey il y a quelques années dans la partie North Canal. Une procession impressionnante sortant d'un temple. Ceux là étaient "déguisés" comme tu dis très différemment avec beaucoup de plumes et ressemblaient à des Indiens d'Amérique du sud. J'avais été très impressionné et même inquiété par des personnes en transe. Et comme j'étais sorti juste pour faire des courses, j'avais bêtement laissé mon appareil photo dans ma chambre. De toutes façons c'était le soir, la nuit a commencé à tomber, pas d'éclairage public, ce qui a rendu l'atmosphère encore plus étrange et inquiétante car les personnes en transes devenaient violentes et les gens partout s s'éloignaient et semblaient avoir peur. Alors je suis parti moi aussi. Comme un âne, je n'ai demandé à personne de quoi il s'agissait. Je ne l'ai jamais su, je ne l'ai jamais revu nulle part ailleurs. A cette époque la Stalingrad South Canal Holidays guesthouse n'existait pas et je n'ai pu glaner aucun renseignement dans la mienne.
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MA
Bonjour

Je pense que tu as droit à 500 photos car tu as commencé ton carnet le 15 février. Il y a une formule qui dit que pour des raisons de coûts d'hébergement du site, à partir du 9 mars, les carnets ne pourront contenir que 300 photos.

Les carnets commencés avant ont un peu plus de latitude mais plus les nouveaux. Pas de regret, je suis rentrée le 7 mars au soir, je n'allais pas démarrer illico, je me débrouillerai si vous ne (clin d'oeil à Ragamuffin) ne rajoutez pas trop de photos.

Je continue ce soir ...

Ouh là ! Et moi qui viens d'en rajouter 4 sans intérêt ...
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
CH
Bonjour Jean-Marie

C'est pas grave mais il ne faut pas trop recommencer [;)]. C'est bête cette restriction car c'est sympa de voir les compléments photos des autres lecteurs. Passer de 500 à 300, c'est une sacrée baisse.
MA
Vous avez déjà mangé du canard en Inde ?? Moi jamais.

Moi non plus ! et jen demande pourtant partout. Il y a au Kérala, des élevages de canards phénoménaux. je me souviens d'une video qu'on m'avait envoyée à la mousson dernières où des canards par centaines de milliers étaient évacués. J'ai beau demander ce qu'ils en font je n'obtiens jamais de réponses. En revanche, dans le village où j'habite la petite boutique où j'achète mes légumes et mes oeufs de ferme bio -soi-disant, j'ai pas contrôlé - vend des oeufs de canard ceux-là bio assurément vu leur état - pleins de fientes et de boue ). J'en achète régulièrement, mais souvent il y en a un voire deux pourri(s) dans le lot. Preuve qu'ils sont ramassés dans leur environnement - bien cachés- et pas pondus en batteries...
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MA
On rentre à l’hôtel en passant devant un « autel » fleuri consacré à ce qu’on comprends être la première ministre du Tamil Nadu, déjà vue en photo à Kanchipuram de nombreuses fois. C’est son anniversaire, les supporters de son parti le lui souhaitent un peu partout (on reverra cela à divers endroits mais je vous ferai grâce des quelques photos que j'ai du phénomène.) En rentrant, quelques recherches sur internet me montrent que c’est en réalité la ministre en chef du bien-être social et des repas nutritifs à midi, nommée Dr V. Saroja. C'est nos ministres qui seraient contents d'être fêtés comme cela !!

Mais elle est morte au moment de la démonétisation en novembre 2016 ! Même qu'ici, les gens qui la détestaient car ils disaient qu'elle était corrompue jusqu'à la moelle, racontaient qu'elle avait eu une crise cardiaque en apprenant la nouvelle car elle perdait ses millions qui n'avaient plus aucune valeur.
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MA
Ayant pris ton carnet en cours de route, j'ai fait des réponses au fur et à mesure de ma lecture, donc désolé pour la première Ministre du Tamil Nadu déjà déclarée décédée par Marco. Mais il est toujours là ? Je vois 26 mars 3h du mat... Super s'il a pu revenir !!!
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
MA
Passer de 500 à 300, c'est une sacrée baisse.

Baisse ? Tu es sûre que c'est ça que tu as voulu écrire ?
Je rencontrai sur mon chemin tant de difficultés Qu’elles furent toutes surmontées MIRZA GHALIB poète urdu (1796 -1869) https://www.telling-india-pictures.com https://youpic.com/marien
CH
Je continue mon récit. Ce confinement a du bon ... j'ai un peu plus de temps que d'habitude [;)]

Mardi 25 février : Picharavam - Gangakondacholapuram et Tranquebar

Lever matinal car nous devons découvrir en barque, la mangrove de Picharavam, distante d’une quinzaine de kilomètres et Pandi a fixé le départ à 7 h 45, pour y être à l’ouverture et ne pas perdre trop de temps. Il a vérifié les horaires sur internet, tout va bien.

Petit déjeuner à volonté pris à 7 h dans le resto de l’hôtel, buffet très varié. Pour 1000 rs, cet hôtel est vraiment une affaire !

Nous arrivons vers 8 h 25, mais surprise, les guichets pour les barques sont désespérément clos. Une famille indienne attend avec nous … il fait déjà très chaud. Enfin, il est 9 h, les employés arrivent, sans se presser. On aurait voulu prendre 2 heures (600 rs pour une barque 4 personnes) mais impossible en cette saison, le niveau de l’eau est trop bas, impossible d’accéder à certains canaux. On prend 1 h et heureusement … 340 rs pour une heure, + 2 fois 100 rs pour l’entrée du parc naturel + 25 pour les photos.

Le batelier n’en fait qu’à sa tête, nous raconte comme il peut , dans un anglais encore plus approximatif que le nôtre, qu’il a transporté un acteur de Kollywood pendant 3 heures, nous montre les selfies qu’il a fait avec ledit acteur, des extraits des films dans lequel l’acteur a tourné … tout cela en manoeuvrant la barque qui tangue entre les racines des palétuviers. Episode « Sil ». Il arrête la barque pour nous montrer un animal qui serait entre les racines, il doit connaître le coin, et n’a de cesse de nous montrer ce fameux sil, sans doute une espèce de ragondin dont nous n’avons que faire. Il insiste, « sil, sil, sil » .Le problème, c’est qu’il faut se mettre debout et que la barque n’est pas très stable quand deux personnes sont debout. Entre les vidéos et l’épisode Sil, je fulmine et fini par être un peu désagréable en lui disant que c’est notre voyage et qu’on voudrait bien avancer au lieu de faire du sur place. Il me demande mon appareil photo (a-t-il vu quelque chose digne d’une photo ??). Non, c’est juste pour nous photographier … et après cela, ce sera le fou rire du voyage, quand nous verrons ma tête, avec les yeux prêts à lui tirer dessus.

Une mangrove, et bien que dire, c’est spécial, très vert, les arbres ont les pieds dans l’eau, des racines comme des branches, c’est pareil partout et il n’y a pas d’animaux à voir. J’en avais lu du bien et je tenais à cette visite mais perte de temps et d’argent à mon sens. Vu un pêcheur sur une barque tout au début et une femme dans l’eau jusqu’au cou qui pêchait aux pieds ou aux mains je ne sais quoi (ai revu ce genre de technique vers Pondicherry, Pandi m’a dit crevettes mais y-a-t-il des crevettes dans une mangrove ?). Les canaux se ressemblent tous et le batelier est vraiment nul, pas un mot sur la mangrove, l’écosystème spécifique, il n’en a que pour son acteur de Kollywood !



Départ pour Gangakondacholapuram, (oui, c’est le nom de ce village, autrefois capitale des Cholas (ils ont souvent changé de capitale ces Cholas), qui abrite un temple inscrit à l’Unesco, le temple Brhasivasra, édifié en 1025. La route est en cours de réfection, pour passer en 4 voies et c’est assez épique. Nous traversons des villes et des villages quasi tous identiques, un mix de baraques basses aux toits de chaume et de grosses maisons modernes. Nous arrivons vers midi et demi, l’heure à laquelle les temples sont fermés mais selon Pandi, ce n’est pas grave, il n’y a rien à voir à l’intérieur, c’est l’extérieur, avec les grandes sculptures, le vimana pyramidal, et l’énorme Nandi à l’entrée qui sont intéressants. Au centre d’un enclos, l’énorme temple. Les murs sont imposants, les sculptures monumentales. Elles sont très nombreuses sur le vimana, puis vont en s’espaçant jusqu’à l’entrée du temple.

A côté du monstre, d’autres petits temples tout aussi jolis et ornés. Beaucoup de scolaires très respectueux et silencieux, quelques touristes occidentaux. Un sol brulant, dur pour les pieds. A chacune des portes du temple (est- ouest, nord et sud, deux gigantesques dvarapalas (gardiens) de plusieurs mètres de haut.

Les dieux connus (Ganesh, Shiva dans toutes les positions – dansant, en yogi, en androgyne, en vainqueur de la mort, Parvati).



On devine des traces de peinture rouge, le temple devait être coloré en rouge, à partir du second niveau.

C’est un site Unesco, mais c’est gratuit (pour combien de temps encore ?) Après quelques photos d’un groupe de jeunes lycéennes en tenue devant l’énorme Nandi, un petit clic sur la tête de lion marquant l’entrée d’un puits à degré fermé, on quitte le site vers 13 h 15.



Il va falloir penser à manger … Pandi nous fait découvrir l’egg paratha ou Kothu Paratha en tamoul dans un bouiboui de bord de route. C’est un délice et nous recommanderons souvent ce plat copieux et bon marché. Sur une plaque de fer, qui sert à cuire les parathas, les pains feuilletés du sud de l’Inde (les parathas dans le nord sont fort différents), le cuisinier fait sauter des oignons (toujours), des tomates, des œufs, rajoute pas mal d’épices et des parathas déjà cuits (quelquefois) ou qu’il va cuire exprès. Il fait sauter le tout énergiquement et ensuite, avec un instrument spécial, ou ici pour la première fois, avec deux verres en métal, il va couper le tout en touts petit morceaux et refait sauter.





On reprend la route. Nous allons au bord de la mer (qui n’était qu’à quelques kilomètres de Picharavam, le détour pour Gangakondacholapuram nous a éloigné), pour aller à Tranquebar, ancien comptoir danois.

20 km avant l’arrivée, arrêt photo pour un grand moustachu torse nu, bijouté comme un dieu (qu’il est !), le pied posé sur un lion, entouré de cobras. Qui est-ce ? Ce n’est pas Ayyanar assure Pandi … mais Muniswaran, une divinité populaire dans le nord du Tamil Nadu, une forme de Shiva, considérée soit comme un dieu féroce, soit un dieu paisible ! Ceux qui adorent sa forme féroce lui offrent des sacrifices d’animaux (poulet/mouton pour bonne vie et bonne santé selon Pandi – confirmation sur Wikipédia).

Photos de maisons de paille et de chaume, d’un enterrement (ici, le mort est sur une remorque couverte, souvent tirée par un tracteur, et les gens du cortège jettent des fleurs sur la route.) Nous arrivons à Tranquebar (Tharamgambadi en tamoul) et nous nous installons dans un joli quartier datant de l’époque coloniale, à la Raja Guest house, une belle maison jaune, bien décorée. Belle et grande chambre climatisée avec un balcon, mais chère (2500 rs sans petit déj). A Tranquebar, il n’y a guère le choix... Le jeune qui nous accueille n’est pas sympa, il nous donne un code pour la wifi tout en sachant pertinemment que cela ne marchera pas ! On a une bouilloire électrique, une table et des fauteuils sur la terrasse, cela ira bien pour une nuit ! On laisse Pandi se reposer et on part, à pied, à la découverte de cet ancien comptoir danois, un avant- goût de Pondicherry, qui sera une de nos dernières étapes.

Beaucoup d’églises, toutes blanches, des rues au cordeau avec des trottoirs, c’est propre et désert !





Cela fait très colonial comme ambiance. Comptoir danois depuis 1620, Tranquebar a ensuite été cédé aux anglais. Dans le petit musée du fort consacré à l’aventure danoise, on apprend qu’ils ont mis 2 années pour arriver jusqu’ici. Une carte bien faite nous montre toutes leurs étapes. Le fort danois est bien petit, au bord de la mer et pas très intéressant mais vaut la visite pour l’esprit du lieu et le prix, modique (50 pour 1 + 25 APN).

Le musée de la marine, tout à côté, à l’angle d’une rue est bien plus intéressant, avec de nombreux objets d’époques coloniales et cartes. On y a acheté de vieilles poupées en bois. Les enfants jouaient avec cela nous explique la dame et faisaient leurs dents dessus d’où les bras cassés. On déambule dans la ville coloniale et la ville indienne, assez petites toutes les deux. On repère un bouiboui qui fera l’affaire pour le repas de ce soir, de toute façon, il n’y a pas grand choix ici, à part le resto de l’hôtel très chic sis sur la plage, Bungalow on the beach, de la chaîne Neenrana Hôtel . On rentre dans cet hôtel pour y boire une bière mais non, pas d’alcool ! Il est encore tôt pour dîner et nous faisons les filles intéressées et demandons le menu en disant qu’on reviendra mais c’est très très cher, et si en plus il n’y a pas de bière ce n’est pas la peine. On se contentera du boui boui… C’est joli, il y a une piscine, des arbres dans le jardin, la plage à proximité.

On assiste à la sortie de l’école privée protestante, des dizaines, voire centaines de filles en tenues passent joyeusement le grand portail.



Puis repartons nous balader en attendant l'heure du dîner.

Egg parathas dans le bouiboui et fruits sur notre terrasse. Nous sommes les seules clientes de la guesthouse, c'est calme.

Mercredi 26 février : Tranquebar

Petit café et gâteaux apportés de France pour le petit déj et c’est parti, à 7 h, pour une promenade à pied dans les rues quasi désertes de Tranquebar jusqu’au petit port où une vingtaine de barque viennent d’arriver.

Nous assistons au débarquement du poisson, stockés dans des grandes caisses en plastique. Des femmes viennent en choisir et repartent avec des grosses bassines en métal sur la tête. La montée dans le sable avec au moins 10 kg de poissons sur la tête n’a pas l’air évidente Nous observons ce manège un moment.







En repartant, nous découvrons la criée de Tranquebar, sous un petit hangar bondé (il était complètement désert 30 mn plus tôt) mais là, ça hurle dans tous les coins. Crier comme une poissonnière prend bien son sens ici. Il y a beaucoup de femmes, les poissons sont soit encore dans des caisses ou des bassines métalliques, soit à même le sol de béton. Le bruit est impressionnant. Il y a différentes sortes de poissons, des rouges, des jaunes, des argentés, des rayés, des argentés avec des ailerons jaunes.



AL
Tranquebar , j'aime cet endroit. Je logeais à l'hôtel du Tamil Nadu mais depuis il a hélas fermé. Tu n'as pas de belles maisons tamouls restaurées ? J'allais tous les matins acheté mon poisson , crevettes, calamars à la criée et je les amenais dans un boui boui qui me les cuisinait pour le soir ..un régal !! La baignade, seule, au milieu des vagues, c'était génial .(les vagues me rappellent ma jeunesse à l'océan !!) Le chic restaurant , c'est cher et vraiment pas terrible n'aies pas de regrets!!
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir... Paulo Coelho
CH
Oh, je n'ai pas de regret du tout. L'egg paratha était délicieux. Je n'aime guère les cadres trop ampoulés et les buffets des restos pour touristes (un bus de français arrivait quand nous sommes passées, donc j'imagine que le buffet était de mise !)

Mercredi 26 février partie 1 : le temple des remariages

Après l'épisode "retour de pêche", à 8 h30, nous partons pour le temple des remariages, ou plutôt, des renouvellement de mariage, l’Abirami Amman temple, à une dizaine de km. Le traditionnel éléphant du temple nous accueille.



A partir des 60 ans de l’un ou l’autre membre du couple, on renouvelle ici, en compagnie de sa famille, grande ou petite, ses vœux de mariage. On peut le faire aussi pour les 70 ans ou 80 ans. La cérémonie dure entre 2 et 3 h, de la réception du couple à l’entrée, la pooja avec la vache,



la pooja du feu,



celle de l’eau …



Nous avons eu la chance d’assister à différents remariages (il y en a au moins une quarantaine au moment où nous sommes dans le temple) et de voir tous les aspects du cérémonial. Au début, un peu intimidées d’être là au milieu de ces réjouissances familiales, on avance timidement mais tout le monde est tout sourire, prêtres inclus.



Nous sentons que nous sommes les bienvenues, on nous interpelle, on nous veut sur les photos de famille, on vient nous chercher pour voir une cérémonie particulière. Les appareils photos tournent à plein régime, les nôtres comme ceux des familles réunies. C’est un endroit et un moment extraordinaires !

Tout le monde est habillé magnifiquement, les vieux mariés portent des énormes colliers de fleurs,







il y a des petits feux au sol un peu partout, avec des familles assises par terre, devant un prêtre, cela fleure bon l’encens , la musique est partout, les sons des cloches par-dessus.









L’ambiance est incroyable. Un monsieur, ami d’un couple et organisateur de leur remariage nous explique tout et nous convie à la cérémonie de l’eau, qui a lieu à l’extérieur du temple, à l’arrière.

Les vieux mariés sont assis sur une chaise, et toute la famille vient leur verser, chacun son tour un pot d’eau sur la tête. Bon heureusement, entre le pot et la tête, il y a un espèce de plat percé, ce qui fait que l’eau tombe comme à travers une douche et pas directement du pot !









Nous serons sur de nombreuses photos car notre présence est de bon augure, nous sommes censée porter bonheur. Nous posons derrière plusieurs couples,





mangeons des offrandes sucrées offertes par les invités (semoule jaune sucrée, sucre candy). Il y a devant chacune des cérémonies, des petits tas d'offrandes et de cadeaux, toujours des fruits en nombre, un sari pour la dame, une chemise neuve pour le monsieur.



Il y a beaucoup de mariage aujourd’hui car c’est un jour faste niveau astrologique. On nous explique qu’il y aura plein de mariages en ville aujourd’hui, en raison de ce jour faste. Nous en croiserons plusieurs. Nous quittons à regret le temple après deux heures de déambulations incroyables.
CH
Suite du 26 février

On part pour Kumbakonam que l’on atteint vers 13 h. J’ai repéré, sur le très bon blog des Lamprier, Un endroit où aller (Yann55 sur VF), une chaine d’hôtel, Raya, qui fera l’affaire à tous les niveaux. J’ai choisi le Raya Inn, où pour 1200 roupies + 112 de taxes, nous avons une belle chambre climatisée très propre, une grande salle de bains et la wifi. Nous partons manger dans le resto situé au 1er étage du Raya Grand, le Rice and Spicy, situé en face du bassin Mahamam, un très grand bassin, avec plein de templions colorés avec des personnages comme sur les gopurams tout autour. Comme d’habitude par ici, le bassin est fermé par des grilles. Dommage pour la vue et les photos.

Il est 14 h, les temples sont fermés, il fait une chaleur accablante mais nous n’allons pas nous terrer à l’hôtel. On fait le tour du bassin pour essayer de descendre, car il y a des gens sur les escaliers. Mauvais choix du sens, l’ouverture était quasi en face du resto, enfin du coup, on a admiré les templions et trouvé des délicieux gâteaux au lait vendus comme d’habitude 10 rs pièce ! Un régal.

Un couple de jeune marié s’approche du bassin avec des jeunes filles. Je les photographie de loin en usant du zoom mais les filles s’approchent, discutent et nous invitent à nous approcher. Les jeunes mariés font des offrandes d’herbes dans l’eau (quel rituel ? nous verrons souvent des dames vendre ces brassées d’herbe aux abords des temples, je n’ai jamais vu cela dans le nord non plus).





Il fait vraiment très chaud et en attendant l’ouverture des temples (ils sont nombreux à être intéressants d’après le guide bleu) à 16 h, on se fait un après-midi shopping pour profiter de la clim. Les rues sont très commerçantes, agréables, les vendeurs et vendeuses sympathiques et nous passons un bon moment à essayer des tuniques. Dans un grand magasin à plusieurs étages, petite pause au rayon mercerie, puis quincaillerie. Je repars avec une cuillère à trous, deux petites boîtes en métal, plusieurs m de rubans pour 160 roupies soit 2,05 euros !

Au bord de la rue, un atelier de couture avec une femme qui prépare des décorations pour les chariots des temples.





Après cette frénésie d’achats, il est temps de commencer les visites culturelles, il est 16 h 15, les temples sont enfin ouverts. Nous allons au plus lointain, le Sarangapani temple qui a un énorme gopuram de 53 m de haut (la plus haute tour de la ville), 11 étages de sculptures très osées, les femmes sont très très nues …





Le bas des gopurams est en pierre sculptée. Pour supporter un tel poids, les gopurams et leurs sculptures sont en briques, recouvertes d’un enduit épais, qui est repeint tous les 12 ans.

Un peu avant ce temple, nous nous arrêtons devant un énorme chariot en bois, toujours caché dans un abri métallique, mais on le devine grâce à une petite grille. Tout à côté, un chariot plus petit, non couvert, que l’on admire sans retenue.

J’ai lu sur internet que deux des chars de ce temple sont les 3èmes plus grand du Tamil Nadu , pesant chacun 300 tonnes. Où est donc parqué le second car il ne peut s’agir du petit non couvert. Les chariots sont tirés par des centaines de fidèles, autour du temple, deux fois par an, en avril mai et janvier. Tant pis !

Le temple Sarangapani , dédié à Vishnou daterait des Cholas mais a été agrandi et magnifié par les Vijaynagar au 15ème puis par les Nayaks au 17e. A l’intérieur, des colonnes avec des chevaux cabrés. J’ai aussi noté mandapas bordéliques ? En regardant les photos, je vois qu’effectivement, contre un joli mandapa, il y a tout un tas de déchets, de tôles entassées. C’est étrange que les lieux de cultes n’aient pas plus d’attention et de respect pour leur environnement.

Juste à côté, un autre temple dont je n’ai pas noté le nom mais il s’agit peut-être d’une extension du Sarangapani. Un beau bassin, avec les gopurams qui se reflètent.



Un peu plus loin, le marché, des chariots dans la rue, avec des armatures en roseau et bambous, sur lesquelles seront accrochés les tissus colorés. Une fête se prépare on dirait …





Un petit chai et cela repart … Pour accéder au temple de Kumbeshwara, il faut passer par un ancien bazar, dont le plafond est décoré de mandala comme dans les temples.

Au bout de l’allée du bazar, le mandapa du temple, avec des piliers relativement simple, mais des plafonds très colorés, c’est plaisant. Un éléphant est là pour bénir les fidèles, des vieux messieurs réparent des chevaux de processions en bois et papier mâché avec du papier journal et des bandes plâtrées,

à coté un tout petit bassin, le gopuram, les cocotiers. C’est charmant.



Le temple est très coloré. Les piliers sont en pierre naturelle jusqu’au niveau des chapiteaux, et là c’est une débauche de couleurs, vert, jaunes, rose, bleu … les plafonds et les sols sont peints. Il y a aussi pas mal de bordel dans un coin (du tissu coloré, des cordes, des structures en roseaux comme celles vu à Tirunmavallai), des festivités se préparent, mais cela ne semble pas pour aujourd’hui…

Le temple doit dater, pour les parties les plus anciennes des Cholas, car on retrouve des colonnes avec des lions massifs, typiques de l’architecture de cette dynastie.

Retour en ville par le marché, avec achat de petites boites métalliques percées pour faire des kolams, que nous utiliserons avec du sucre glace sur des gâteaux au chocolat.

Nous cherchons le temple de Nagehswara, et tombons par hasard, sur un superbe temple du 17e siècle, l’un de nos préférés à Kumbakonam, pas indiqué sur le guide bleu. Sans doute que l’architecture Nayak n’a pas d’intérêt pour les auteurs. Pourtant ce temple vaut vraiment le coup. Bref, le Rama Swamy Temple nous plaît beaucoup, et cerise sur le gâteau, après avoir réglé 100 roupies pour les deux APN, nous pouvons faire toutes les photos que nous voulons et nous nous en donnons à cœur joie mais les résultats ne sont pas fameux, il va falloir que j’apprenne à faire des photos dans les lieux peu éclairé ! Les colonnes sont à tomber, même si elles ne sont pas Cholas ou même Vijaynagar. Elles sont sculptées de bas en haut, sans un cm d’oublié.





A l’arrière du temple, après avoir fait la circumbulation par la gauche, on tombe sur un grand espace, où sur trois côtés, chacun des côtés séparés en trois bandes horizontales, une longue bande dessinée, très colorée, relatant le Ramayana.



On ressort dans une circulation infernale, il est 19 h est tout le monde est de sortie en ville. On cherche un moment le temple en forme de chariot, le Nageswhara, et heureusement qu’on a Google Maps.

Beau et grand temple mais interdiction de faire des photos, même à l'extérieur et c’est bien dommage car les escaliers du mandapa de l’entrée sont superbes. Quel dommage pensons-nous désespérée car les roues énormes et les chevaux cabrés ou les éléphants sont superbes (je ne sais même plus si ce sont des éléphants ou des chevaux, compliqué sans photo souvenir !) mais nous reverrons ce type d’escalier dans d’autres temples (mais nous ne le savons pas encore …)

On revient vers l’hôtel Raya Grand. La circulation est de plus en plus dense, rien à voir avec l’après midi. On prend une bière au bar, à l’étage, bien caché, comme d’habitude et comme d’habitude, nous sommes les seules femmes. Repas au restaurant Sathar, dans le même hôtel.
CH
Jeudi 27 février : environs de Kumbakonam

Levée 7 h, comme d’habitude. Quelles vacances ! Petit déjeuner très varié (idli, dosa, pongal kaseri, sambar et autres sauces … ) au Rice’ n spice car rien à notre hôtel. La petite balade dans les rues très calmes est bien agréable, cela change de l'animation d’hier soir,

A 8 h 30, départ pour Darasuram, un autre site Unesco, à 4 km de Kumbakonam, où nous visitons deux temples cholas magnifiques, en forme de chariot tiré par des chevaux. Le plus grand, l’Airavatesvara temple, du 12e siècle, une réplique à échelle réduite des temples de Tanjore et Gangakondacholapuram est consacré à Shiva.

Plus la peine de retourner au temple Nageshwara quand on reviendra à Kumbakonam la semaine prochaine, on l’a notre roue !

Le plus petit, indépendant, dans une autre enceinte est dédié à Parvati. On rencontre un indien très cultivé, passionné et passionnant qu’on retrouvera plusieurs fois dans la journée dans des autres temples. Il prend le temps de nous expliquer la symbolique des choses, des dieux, le cycle de la vie « nous sommes des bactéries » est son mantra préféré. Pour lui tout est vivant, on peut représenter les dieux sous forme animale car les animaux sont des êtres vivants. Site splendide.



En y réfléchissant après coup et en regardant les photos, c’est vraiment mon préféré des trois temples vivants Cholas inscrits à l’Unesco et haut la main, sans hésiter.

On devine encore les fresques dans les tons rouges





La suite du programme est Swamimalai, un gros village situé à quelques kilomètres, pour voir les artisans du bronze qui travaillent à la cire perdue.

C’était sans compter sur l’initiative de Pandi de nous faire découvrir le Murugan temple, le Swaminathaswamy de son petit nom, situé à Swamimalai. Très grand temple à deux étages, très coloré à l’intérieur (les plafonds et les colonnes. Une particularité de ce temple, le sanctuaire principal au premier étage après deux volées d’escaliers vraiment très raides. Les hommes qui prient devant la divinité semblent bien inspiré. Un jeune étudiant avec ses livres de cours a l’air de demander de l’aide à la divinité pour ses examens ...



Nous arrivons devant un grand atelier de sculpteurs que Pandi connaît. La fabrique est dans son jus. Il y a plusieurs ateliers, chacun dédié à une des opérations (la sculpture à la cire, les moules en terre ou en béton, le coulage du métal). Des hommes amalgament des morceaux de cire qui sont malaxés auparavant par un jeune trisomique, qui ne peut sans doute pas faire plus), avant de les sculpter. Pour les très gros objets, dont des statues d’hommes politiques, ils utilisent des moules en terre cuite. Dans un coin, des hommes travaillent un métal argenté qu’ils découpent, percent, rayent.









En quittant Swamimalai, petit arrêt au Vellai Pillayar temple, sis dans le village de Thiruvallanchuzhi, consacré à Ganesh, un beau temple dont les murs extérieurs sont peints en rouge et blanc.



Juste après le petit gopuram d’entrée, une longue allée sablonneuse, traversée sans chaussure, bordée de cocotiers mène à un mandapa d’entrée, à deux étages, l’un en pierre brute, sans aucune sculpture, le second coloré et orné de divers dieux, Shiva et ses fils Ganesh et Murugan, que nous repérons grâce à leur véhicule.



C’est très tranquille et super joli avec toute cette végétation, ces couleurs. Dans la première partie du temple, de superbes, nombreuses et gigantesques lampes à huile noires de graisse côtoient les colonnes sculptées simplement. Le temple est bien plus grand que ce que nous imaginions au départ, il y a en fait plusieurs bâtiments, avec plusieurs enceintes et la visite dure une grosse demi –heure.



Beaucoup de colonnes, des jalis avec des swastikas. Aucune idée de l’époque de construction, mes recherches sur internet n’ont rien donné à ce sujet.

Vers midi, nous reprenons la route, pour nous arrêter peu après devant un temple ayyanar sis devant un immense entrepôt de riz où des hommes déchargent des sacs de jute. Devant Ayyanar, des monceaux de riz, encore dans leurs cosses.



Vers Tanjore (que nous visiterons au retour du Chettinad), nous nous arrêtons dans un resto sur le bord de la route. Il est 14 h, il nous reste 45 km avant d’arriver à Trichy. Arrivée à Trichy vers 16 h, recherche de bières pour ce soir à la guesthouse. Nous allons directement au grand temple de Sri Ramgan, le Sri Ranganatha Swamy temple, consacré à Vishnou et situé sur une île de la Kaveri - Cauvery.

Le temple très ancien a été constamment agrandi et remanié par les diverses dynasties de la région, les 21 gopurams ont été construits entre le 14e et le 17e siècle. La guesthouse étant loin, pas la peine d’y aller maintenant. Pendant qu'on roule, Pandi nous annonce que nous sommes dans la première enceinte, mais cela ne ressemble pas du tout à un temple, il y a des maisons, un marché, des grandes rues … En fait, il y a sept enceintes dans ce temple, dont 3 avec des maisons, réservées aux brahmanes, des boutiques, un marché, tout cela entre les gopurams.

Les photos de Sriramgam seront pour le prochain post consacré à Trichy. Nous allons en effet faire une première visite ce jour et y retourner longuement le lendemain. Très beau et grand temple qui mérite d'y passer quelques heures.

La Guesthouse Tranquility porte bien son nom, elle est perdue dans la campagne, à 8 km du Sriramgam, au bout de l'île, au milieu des cocotiers. C’est joliment décoré avec des objets ethniques de toute l’Inde, le propriétaire, guide, voyage beaucoup. La wifi est bonne, surtout vers notre chambre car le boitier est sur la terrasse devant notre porte. Une petite bière sur notre petite terrasse, puis repas dans le jardin servi par deux jeunes filles, l’une étudiante en biologie, parlant bien anglais, l’autre plus jeune et plus timide. Elles habitent la maison d'à côté et s'occupent du service du dîner, cuisiné par leur maman.
FA
c’est vraiment mon préféré des trois temples vivants Cholas inscrits à l’Unesco et haut la main, sans hésiter.

Sur le seul plan esthétique, je suis d'accord. Par contre, je n'y ai pas rencontré la vie religieuse de celui de Thanjavur.

Dans ce temple de Darasuram, il semble que tu n'aies pas vu les fresques murales dans un pavillon sur le côté de l'enceinte. Pavillon grillagé et généralement fermé : je ne me souviens plus comment j'y ai eu accès, d'autant que j'ignorais son existence.

Fabrice
S'exposer à l'Etranger lointain amène à mieux connaître et comprendre sa propre Culture.
YA
Bonjour Christine, Je viens de m'apercevoir que tu avais commencé à écrire ton récit de voyage au Tamil Nadu... Je ne l'avais pas encore vu !!! Il faut dire qu'en ce moment, je ne suis pas beaucoup l'actualité du forum. Je vois que Kumbakonam t'a bien plu. Pour nous, ç'a été vraiment un coup de coeur... C'est bizarre que les touristes occidentaux ne s'y arrêtent pas plus (tant mieux !) car c'est vraiment une ville intéressante, avec des habitants charmants et de très beaux temples en ville et alentours, comme ceux que tu as visités à Darasuram et Gangaikondacholapuram (oui, j'y suis arrivée ! Il faut dire que nous nous étions entraînés à prononcer ce nom pour demander quel était le bon bus à la gare routière. Au Tamil Nadu, il y a vraiment des bus pour desservir tous les villages, nous avons tout visité en bus locaux ). Le temple de Darasuram a pour nous aussi été notre préféré... Tu as eu vraiment de la chance d'assister au festival avec les gens en transe et les citrons cousus sur le torse. C'est ça ce qui est formidable en Inde, il y a toujours quelque-chose qui se passe auquel on ne s'attend pas... Pour notre part, nous avions eu la chance d'être là-bas au moment de Pongal et, à Tanjore, c'était quelque-chose ! Mais tu as dû voir ça dans notre blog ... As-tu vu le grand char de cérémonie près du temple de Sarangapani à Kumbakonam ? On pouvait même monter dedans ! A côté, il y avait une bonne buvette à tchai... C'est drôle que tu dises ne pas avoir trouvé de tchai dans le sud. A propos des chariots de cérémonie, si tu as l'occasion un jour d'aller à Udupi, tous les soirs de décembre à mai, il y a une procession avec un char qui fait le tour du temple, tiré par les pèlerins. Encore quelque-chose à laquelle nous ne nous attendions pas en allant là-bas ! Mais j'arrête de te bassiner avec mes souvenirs... J'attends plutôt la suite de ton récit qui me remet dans l'ambiance... Bonne journée Anne
Anne Mes récits de voyages : www.unendroitoualler.fr
CH
Bonjour Anne

Merci de me suivre. Pour le chai, il y en avait mais pas de chai masala, j'ai vraiment demandé à chaque fois et c'était un sourire désolé, mais non, normal chai mais pas masala et sans les épices, ben c'est moins bon.

Pour le grand chariot, je l'ai entraperçu dans son abri métallique, qui pour une fois avait une fenêtre grillagée. Mais il était enfermé ... En face, un chariot un peu plus petit à l'extérieur sans protection particulière (cf photo sur post Kumbakonam)

Je continue mon carnet ...

Vendredi 28 février : Trichy

Réveillées vers 6 h 20, et pourtant pas par le bruit de la rue, ici c’est vraiment le bout du monde… on traîne sur la terrasse avec un Nescafé (pour le prix, nous avons une bouilloire) en attendant le copieux petit déjeuner. Confiture de bananes à la cardamome maison, uttapams et sauces variées, toasts, fromage, fruits frais, jus de pastèque, café à gogo…

Nous allons passer la journée à Sriramgam et Trichy, sans faire de kilomètres pour une fois.

1er arrêt au bord de la Cauvery à Amma Mandapa, un lieu où les pèlerins viennent se purifier avant d’aller au temple. Beaucoup de monde, tant vers le temple (coiffeurs ou plutôt tondeurs de cheveux, prêtres qui font des pujas, éléphant sacré …) qu’au bord de l’eau.







La plage de sable est d’une saleté repoussante, il y a plein de trucs qui traînent partout, dont beaucoup de vêtements car dans la tradition, il faut se débarrasser de ses vieux habits et, au lieu d’utiliser les immenses panières en métal (d’au moins 1,5 m de hauteur) qui sont disposées ça et là, les indiens laissent les vêtements sur la plage et dans l’eau et les panières, contraire à leurs pratiques, restent désespérément vides !

Le bord de l’eau épouvantablement sale n’est pas du tout photogénique, comme le bord des rivières sacrées du nord et on se demande comment ils peuvent se purifier dans un tel lieu ! D’après Pandi, après un certain rituel, ils doivent jeter les vêtements dans lequel ils ont effectué ce rituel, mais, ne peuvent pas mettre le plus vieux, le plus moche ou le plus pourri, car il y a une idée de sacrifice et sacrifier un vieux truc n’est pas un sacrifice. Nous remontons vers le temple où les activités religieuses ne manquent pas.



Différentes selon les endroits, des processions chantées avec des brocs d’eau vers un templion , des kolams, des pujas par ci par là et toujours la bénédiction des fidèles par l’éléphant sacré, un sacré expert pour attraper les billets.

Quelques kilomètres en voiture pour visiter, à Sriramgam, un grand temple de Shiva, le Jambukeskwara temple, encore une merveille.

Sous le mandapa aux 1000 colonnes (ou peut-être 500, ou moins mais on les appelle souvent comme cela !), une vieille Ambassador,

une étable à vache,

un tas de bordel sur les côtés (sacs de riz, joncs,



petits chariots de processions en forme d’animaux divers en piteux état, mais qui feront l’affaire lors des cérémonies, masqués en partie par les tissus colorés et les fleurs.) Nous discutons longuement de religion avec un jeune couple d’indiens parlant très bien l’anglais, même avec leur petite fille de 2 ou 3 ans. Les colonnes datent de l’époque Nayak (17e et 18e et n’ont sans doute guère de valeur pour les auteurs du guide bleu 1984 mais on les adore).









A l’extérieur, un immense bassin entouré de colonnades sur deux étages. Rare.

On repart pour une 3ème visite, le Rock fort de Trichy – Tiruchipally, visible à des kilomètres à la ronde. Je n'ai même pas pensé à prendre une photo de loin depuis l'auto !



Je me faisais un peu une montagne de la montée au Rock fort car il est midi et que cela doit taper mais en fait, à part sur la fin, les 260 marches taillées à l’intérieur du rocher, sont assez faciles à monter (enfin n’exagérons pas !), d’une part parce que nous sommes à l’ombre comme dans un tunnel (quel travail de titan, car c’est très haut, énorme) et d’autre part car il y a des choses à voir dans la montée (des temples creusés, eux aussi très grands) ce qui occasionne des pauses bienvenues. Par contre, pas de photo et c'est très surveillé !

Sur une plateforme au soleil, il y a un arbre à souhaits avec les traditionnels berceaux-cagettes, très colorés et décorés de motifs, assez rare pour être signalé.

La dernière montée est plus compliquée, car les marches, peintes en rouge et blancs sont très irrégulières, souvent en dévers, mais pas très hautes, sauf les dernières. Là aussi , plus de 200 marches. Là-haut, belle vue sur Trichy normalement mais le ciel est laiteux et la vue pas époustouflante.

Nous redescendons tranquillement vers la sortie, où la voiture nous attend à l’ombre.



Pandi nous emmène à pied en quelques minutes aux grottes Pallavas, sculptées dans le rocher. Très belles sculptures des trois principaux dieux, Shiva, Brahma et Vishnou, de Ganesh , Parvati et Laskhmi.



Un peu de shopping dans un mall climatisé, puis c’est l’heure de l’egg paratha, il y a bien 2 jours que nous n’en avons pas eu ! On se régale dans un bouiboui populaire.

A 16 heures, on arrive au grand temple de Srirangam, juste pour l'ouverture



La suite dans le prochain post, j'ai atteint mon quota de photos. J'aurais pu limiter car certaines en intérieur ne sont pas très nettes mais j'avais envie de faire un peu "documentaire"
YA
Bonjour Christine, Nous aussi avons souvent vu de ces petits "berceaux" ou parcs d'enfants ressemblant à des cagettes miniatures accrochés aux arbres près des temples. Je pense que ce peut être des sortes d'offrandes faites par des couples désirant un enfant. J'avais essayé de demander à des indiens qui se trouvaient là et ils m'ont répondu évasivement "for babies"...

Bonne journée... ensoleillée Anne
Anne Mes récits de voyages : www.unendroitoualler.fr
CH
Bonsoir Anne

Oui, oui, j'avais bien compris. Je l'ai vaguement expliqué dans un des premiers messages. Le dépôt des berceaux sur les arbres à souhaits comme je les appelle est évident. Au Gujarat, lesdits berceaux étaient très différents, ils ressemblaient vraiment aux berceaux traditionnels de cet état mais je n'arrive pas à les retrouver dans mon stock de photos pour les joindre.

Trichy suite

A peine entré dans le temple, après avoir réglé le droit photo, un petit tour sur la gauche pour aller sur le toit du temple (20 rs pour l’accès) d’où l’on a une sacrée belle vue sur les gopurams.



Si on m'avait dit un jour que j'allais apprécier ces "gâteaux à la crème", je ne l'aurais pas cru. Pas attirée au départ par l'Inde du sud car je croyais, à tort, que tout était coloré comme cela (c'est d'ailleurs ce que l'on voit le plus sur les guides papiers)



Mais que fait cet ours sur le Gopuram. A moins que j'ai la berlue, il semble bien s'agir d'un ours !



On refait le tour de la veille avec un droit photo cette fois-ci (pour les quelques endroits autorisés …)





et découvrons des coins qui nous avaient échappé, dont deux sublimes mandapas (comment avons-nous pu les rater ?), un avec des escaliers avec un énorme éléphant, caché sous terre et découvert il y a quelques années seulement, suite à des inondations. Jusqu'à cette découverte, il n'y avait, nous a-t-on dit, que le dessus du crâne qui dépassait !



Du coup, comme ils ont creusé toute la cour, il a fallu mettre des escaliers au mandapa le plus récent, datant de la période Vijaynagar (16eme) car il y avait une sacrée différence de niveau du sol.

Ce mandapa a des colonnes superbes, toujours le principe des chevaux cabrés. Sur une, un portugais perce le flanc d’un homme avec une dague, qui ressort de l’autre côté.

On traîne un peu partout dans le temple pour attendre 18 h 30 et le début de la procession.

Il s’agit d’un seul char, décoré de fleur, porté par les prêtres du temple. Avant le char, l’éléphant sacré et deux chevaux.



Tout ce petit monde doit faire le tour de l’enceinte (cela dure 1 heure environ, tant c’est grand, et que les arrêts sont nombreux pour des prières). Derrière le char, à nouveau des prêtres qui chantent.

Nous ne suivons pas la procession , comme la plupart des gens, qui s’en retournent vers la sortie, mais pour rejoindre le gopuram suivant et la voiture, c’est la cohue, nous sommes au coude à coude pendant un long moment.

Retour à Tranquility. Ce soir, nous sommes seules à la guesthouse. On récupère le linge déposé ce matin, buvons notre bière bien fraîche sur la terrasse avant de redescendre dans le jardin dîner sous l’œil des deux filles et de leurs parents.

Demain, nous partons pour le Chettinad...
YA
Bonjour Chris, nous aussi étions arrivés à Trichy au moment de la procession du "Golden Elephant". C'était notre première fois en Inde et n'avions jamais vu de cérémonie de ce genre. Nous avions été vraiment impressionnés par la ferveur des spectateurs, certains s'allongeaient sur la route devant les porteurs de l'éléphant ... Et aussi par l'accueil que nous avions eu : les brahmanes nous invitaient à nous joindre à la procession, les musiciens étaient fiers que nous les prenions en photo et se tournaient vers nous... nous n'avions encore jamais vu ça et nous en étions vraiment surpris... Ce festival avait duré trois soirs de suite, avec, à la fin le "floatting festival", un radeau sur lequel trônait un sanctuaire tout illuminé et les rameurs qui le manoeuvraient avec de longues perches et qui étaient si nombreux qu'ils tombaient à l'eau de temps en temps ! Bonne journée Anne

Je ne peux pas insérer de photo, alors je mets l'adresse du l'image, il suffit de cliquer dessus pour la voir :

https://www.unendroitoualler.fr/wp-content/uploads/2019/05/DSF3819.jpg https://www.unendroitoualler.fr/wp-content/uploads/2019/05/DSF4046.jpg
Anne Mes récits de voyages : www.unendroitoualler.fr
CH
Bonsoir Anne

Cela a du être des moments incroyables. Ces événements imprévus sont ce qui fait le sel du voyage.

A tous les lecteurs silencieux ...

Je continue mon carnet. J'ai trié avec bien du mal les photos que je voulais mettre pour cette journée, et bien trop de choses vues ce jour là, du coup, je vais faire deux posts... le premier est consacré uniquement aux temples ayyanars, donc des terres cuites à gogo.

Samedi 29 février : de Trichy à Pudukkottai, 50 km en ligne droite, un peu plus par les petites routes, et des découvertes incroyables (partie 1)

Nous quittons Tranquility vers 8 h 30, après un copieux petit déjeuner. Aujourd’hui, nous partons pour le Chettinad, une région regorgeant de vieux palais délabrés ou non, propriété de riches marchands chettiars, une communauté de commerçants ayant fait fortune en Asie du Sud –est. J’ai lu beaucoup de choses sur ce coin un peu à part du Tamil Nadu et j’en attends beaucoup. J’ai préparé un itinéraire qui nous fera découvrir des temples ayyanars (merci Google maps), des temples traditionnels, des temples creusés dans la roche, des fresques millénaire, des maisons palais, des artisans et bien d’autres choses encore.

1er arrêt au km 30 (depuis Trichy, donc un peu plus de Sriramgam) juste au bord de la grande route pour le sanctuaire ayyanar de Pudhuvai Kattu, que je n’avais pas prévu, repéré en passant car vraiment au bord de la route, sur le côté droit, en face d’une usine et d’une station essence. Très bien, des chevaux anciens en grand nombre, des modernes aussi, mais déjà patinés par le temps, un temple en béton, les traditionnelles lances avec les citrons piqués, des statuettes noires de graisse, un prêtre torse nu qui fait tranquillement une puja. Dans un coin, un gros amoncellement de chevaux brisés, cela doit être la poubelle mais impossible de rien ramasser, les dons au temple restent au temple…







Un peu plus loin, nous arrivons, au sanctuaire ayyanar de Sengidi Karuppar un peu avant Kulathur un peu plus éloigné de la route que le précédent, mais à peine. Il y a eu une fête hier (raté, tant pis) et cela se voit.





Il paraît que le vendredi est un jour où l’on fête plus particulièrement Ayyanar. Un peu partout, au pied des chevaux peints en blanc, très expressifs pour la plupart, beaucoup plus que sur le site précédent), des assiettes, des gobelets, des papiers, … et des plumes de poulets, du sang séché… Il y a eu des sacrifices. Entre les chevaux, des vaches de plus petites tailles, en grand nombre, quelques ayyanars en terre cuite, un éléphant bleu d’une belle facture, les éternelles statues noires, les lances, et incrongru au milieu de ce bois sacré, juste au-dessus de la pierre sacrée faisant office de temple, un lampadaire à deux branches.









Nous sommes complètement excités par ce spectacle (Pandi autant que nous, qui ne s’était jamais arrêté sur ce site). Les chevaux, par endroit, font plus d’1,80 m car ils dépassent Cathy d’une tête.

J’ai prévu un arrêt quelques kilomètre plus loin pour un autre site ayyanar mais Pandi, qui a appelé un copain chauffeur pour lui parler de ses découvertes a une surprise pour nous. Ledit chauffeur, puisque nous sommes des passionnées, lui a recommandé un autre site, qui vaut le détour. On repart un peu en arrière sur quelques kilomètres avant de partir dans la pampa.

En passant, on assiste à un drôle de spectacle : dans la campagne, au milieu des broussailles, des dizaines d’hommes et de femmes sont alignés, certains quasi accroupis. Pandi nous explique qu’ils chassent le lapin ou plutôt qu’ils attrapent les lapins sauvages au vol. Ils sont très serrés, d’accord, mais comment font-ils pour attraper les lapins ? Je n'ai pas de photo ...

On roule sur un chemin de terre, au milieu de nulle part, et on arrive devant deux allées de chevaux et vaches en terre cuite, certains très abimés, mais immenses.





Quelques-uns ont encore quelques couleurs, des motifs géométriques en jaune, bleu, vert ou rouge. A leurs pieds, par endroits, des statuettes d’Ayyanar en terre cuite et des pierres noires. L’allée se termine en arc de cercle, et au centre, il y a un temple sommaire, sans toit, comme la plupart du temps, quelques marches d’escaliers mènent à une plateforme de deux mètres carré maximum où trône une statue noire d’Ayyanar, vêtue d’un tissus blanc orné de rayures jaune et rouge.



Un peu plus loin, ce qui ressemble à une poubelle de bonhommes montés sur des chevaux, mais je n’en suis pas si sûre en regardant les photos car même si beaucoup jonchent le sol, cassés, il y en a pas mal en bon état, et même plutôt récents, vu l’état des couleurs. C’est saisissant, magnifique.

Nous ne restons pas longtemps seuls, une bande de gamins arrive d’on ne sait où et nous accompagnent un moment dans notre promenade.



Nous avons du mal à quitter ce lieu, magique, dont je ne saurai pas le nom, ordre du copain chauffeur ami de Pandi.

Un 4ème site ayyanar sur la même route, repéré en direct sur Google maps qui fonctionne hors ligne. Il n’y a pas de nom sur la carte, juste ayyanar forest Karuppar. On se gare pile en face de l’indication de Google mais on a un peu de mal à le trouver, on s’enfonce dans les broussailles. Pour se repérer, c’est juste à côté de ce qui ressemble à une crèche ou un jardin d’enfant (un jardin d’enfant perdu au milieu de nulle part, sur la route nationale !) qu’il faut contourner. Bel endroit là aussi mais je galère un peu car il faut retirer les chaussures sur tous les sites ayyanars comme dans les temples, et c’est pas de la tarte … il y a des épines, des cailloux, des saletés. Demain, je prends des chaussettes, c’est décidé, même si je n’ai que mes chaussettes spéciales pour l’avion, que j’essaie de faire durer. Selon Pandi, si il n’y a personne, on peut conserver les chaussures mails le problème c’est qu’il y a toujours quelqu’un qui débarque d’on ne sait où. Là, un prêtre à barbe blanche, torse nu, arrive tranquillement … Le site est bien plus sommaire que tous ceux vus ce matin mais ne manque pas de charme, perdu au milieu des bois.



Les chevaux, les vaches, les statues noires (qui ont des colliers de fleurs quasi frais autour du cou, certainement mis la veille).

Certains chevaux ont de beaux motifs géométriques bleus.



Ils n’ont pas tous la même forme, comme c’est souvent le cas. Ici, plusieurs potiers ont dû opérer car il y a des styles très différents, certains sont très élancés, d’autres plus patauds, certains rient à pleines dents, d’autres sont plus sérieux. Quelques vaches bien décorées (fleurs en terre cuite sur le front, yeux bien globuleux, ornements sur le poitrail) complètent l’ensemble.

On reprend la route pour quelques kilomètres. A notre droite, on devine les montagnes ou rochers des Narthamalai ou Sittanavasal. Je ne suis jamais venue par ici mais j’ai tant regardé d’images sur internet, passé du temps à décider si oui ou non, cela valait le coup d’aller voir un relief jain sur un rocher ou s’il valait mieux prendre du temps pour un Xème ayyanars, j’ai l’impression que je connais la région ! Bref, quelques kilomètres après le jardin d’enfant, nous voici encore avec un autre bois sacré ancien, pas encore celui que j’ai prévu. J’aurais du zoomer encore plus sur Google maps … Il s’agit d’un ayyanar sans nom nommé Kattu Ayannar forest temple, (ce qui ne veut rien dire, à part sanctuaire ayanar forêt temple, à 50 m de la route, dans les broussailles





Il vaut le détour, avec un grand éléphant moderne tout repeint de neuf, en face, un très haut cheval flanqué de guerriers en shorts bleus, aux ventres et à la poitrine bien rebondis



A suivre ...
GB
Silencieuse mais continue de te suivre avec attention. Merci pour ces temples Ayannar, en ai vu seulement deux lors de mon voyage en 2016 (je n'avais pas fait beaucoup de recherche à cette époque sur ces temples). Un nouveau voyage dans le Chettinad est à prévoir rapidement. Attends avec impatience la suite… Merci.

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