Bonjour à tous !
Avec mon copain on envisage de partir en Islande courant juin pour 15 jours (surprise les billets d'avion ne sont pas chers avec Icelandair).
L'objectif est de parcourir l'Islande à pied, avec éventuellement des étapes en bus ou en stop si cela est possible/nécessaire.
J'aurais besoin de tous vos conseils pratiques pour randonner dans ce pays et à cette époque-là, sans louer de voiture. Quel matériel est indispensable ? Comment gérer les ravitaillements en eau et en aliments en cours de rando ? Faut-il réserver les éventuelles nuits en camping ou chambre d'hôtes ? Quel itinéraire pour 12 ou 15 jours de trek ? Et les moustiques/moucherons ? Et la langue ? Quelles difficultés peut-on prévoir ?
Également, je suis cavalière et comme l'Islande est un pays de cavaliers j'aimerais pouvoir faire une journée à cheval, comment m'y prendre pour trouver les bons plans ?
Merci de tous vos coneils et expériences vécues !!
A +
Bonjour,
J'ai pour projet de partir avec une amie 15 jours en Islande en juin 2015, en ayant un budget tournant autour de 1000 euros (nourriture, hébergement, vélo, bus et excursions comprises), sachant qu'on ne souhaite pas faire de bivouac, on comptait aller en auberge de jeunesse le soir. Je voulais savoir quel(s) itinéraire(s) vous conseillerez sur une si courte période et ce à petit prix? Est ce faisable? On penser essentiellement utiliser le vélo le bus l'avion et le bateau voire les chevaux (mais on n'a aucune idée du coût d'une journée de balade), on est aussi de bonne marcheuse. Pourriez vous donc nous renseigner sur les endroits à ne pas louper et peut être les prix que vous avez vu pratiquer la bas ?
Merci de votre attention à ce message,
En attendant impatiemment vos réponses,
A et M
J'ai pour projet de partir avec une amie 15 jours en Islande en juin 2015, en ayant un budget tournant autour de 1000 euros (nourriture, hébergement, vélo, bus et excursions comprises), sachant qu'on ne souhaite pas faire de bivouac, on comptait aller en auberge de jeunesse le soir. Je voulais savoir quel(s) itinéraire(s) vous conseillerez sur une si courte période et ce à petit prix? Est ce faisable? On penser essentiellement utiliser le vélo le bus l'avion et le bateau voire les chevaux (mais on n'a aucune idée du coût d'une journée de balade), on est aussi de bonne marcheuse. Pourriez vous donc nous renseigner sur les endroits à ne pas louper et peut être les prix que vous avez vu pratiquer la bas ?
Merci de votre attention à ce message,
En attendant impatiemment vos réponses,
A et M
Bonjour
J'ai prévu de partir pendant 3 semaines en Islande et je voulais avoir des avis et des conseils sur l'itinéraire que nous avons prévu, si il y a des endroits sympas auxquels on n'a pas pensé, etc... Au niveau locomotion, ce sera du stop et le bus, avec hébergement en auberges jeunesse.
Jour 1: Arrivée de Stockholm à Reykjavik, ballade dans la ville
Jour 2 et 3: Landmannalaugar. Randonnées à la journée
Jour 4 : Skaftaell, découverte du parc national
Jour 5: Jökulsarlon. Randonnée sur la berge du lac de glace.
Jour 6: Egilsstadir
Jours 7-8-9: Reyjahlid ( montagne de Vindbelgjararfjall, crevasses chaudes de Grjotagja, solfatares, champs de lave, parc de Jokulsargljufur)
Jour 10: Mytvan (châteaux noirs)
Jour 11: Husavik
Jour 12 - 13: Akreyri
Jour 14 - 15: Dalvik (visite de l'île de Grimsey avec l'observation des baleines, macareux...)
Jour 16 - 17: Varmahild (randonnée équestre)
Jour 18 : Husefel ou Borganes
Jour 18 à 22: Reayjavik et découverte de la péninsule (Blue Lagoon, iles Vestmann, Gullfoss, parc de Pingvellir, Cercle d'Or, geysers...)
Jour 23: Départ direction Copenhague
Jour 1: Arrivée de Stockholm à Reykjavik, ballade dans la ville
Jour 2 et 3: Landmannalaugar. Randonnées à la journée
Jour 4 : Skaftaell, découverte du parc national
Jour 5: Jökulsarlon. Randonnée sur la berge du lac de glace.
Jour 6: Egilsstadir
Jours 7-8-9: Reyjahlid ( montagne de Vindbelgjararfjall, crevasses chaudes de Grjotagja, solfatares, champs de lave, parc de Jokulsargljufur)
Jour 10: Mytvan (châteaux noirs)
Jour 11: Husavik
Jour 12 - 13: Akreyri
Jour 14 - 15: Dalvik (visite de l'île de Grimsey avec l'observation des baleines, macareux...)
Jour 16 - 17: Varmahild (randonnée équestre)
Jour 18 : Husefel ou Borganes
Jour 18 à 22: Reayjavik et découverte de la péninsule (Blue Lagoon, iles Vestmann, Gullfoss, parc de Pingvellir, Cercle d'Or, geysers...)
Jour 23: Départ direction Copenhague
L'Islande... Il y a moins d'un an, rien ne laissait présager que nous partirions en direction de ce pays. Destination totalement inconnue pour nous, l'intérêt s'est pointé lorsque j'ai découvert qu'une compagnie aérienne, en l'occurrence WOW Air, offrait des billets à rabais à partir de Boston, ville des États-Unis.
J'ai effectué quelques recherches sur le net afin d'en connaître davantage sur l'Islande. Je suis littéralement tombée en amour avec ce pays dès que j'ai regardé les photos et vidéos.
L'Islande a tout pour séduire ses visiteurs: terre de feu et de glace, elle offre une multitude de cascades, glaciers, volcans, pseudo-cratères, geysers, grottes, plages, océan, eaux thermales, etc.
Pour les amateurs de plein-air, on y retrouve plusieurs parcs nationaux et sentiers de randonnée. La nature y est très généreuse et les possibilités d'activités sont à l'infini.
Nous avons donc procédé rapidement à l'achat des billets d'avion directement sur le site internet de la compagnie aérienne WOW Air. Notre projet devenait réalité.
Nous avons décidé d'effectuer le voyage en septembre, étant donné que c'est la basse saison et que les prix sont beaucoup plus abordables en cette période de l'année.
En ce qui concerne l'hébergement, plusieurs options s'offraient à nous: camping, ferme, gîte, hôtel, etc. Cependant, nous avons opté pour la location d'un camping-car parce que nous désirions nous déplacer sur l'île sans les contraintes d'un horaire à respecter.
Comme nous étions trois personnes dans cette aventure, mon conjoint Alain, notre plus jeune fille Mélanie ainsi que moi-même, notre choix s'est arrêté sur un camping-car avec toit élevé (VW Transporter).
Nous avons procédé à la location du camping-car, six mois avant notre départ, chez Snail Motorhome Rental, une entreprise familiale qui offre un service hors-pair. Le transport entre l'aéroport et leur centre de location, est également inclus dans le contrat de location ainsi qu'un repas et une nuitée à l'arrivée ou au départ.
Le camping-car est équipé d'une cuisinière à gaz et d'un évier, accessoires de cuisine, assiettes, glacière, ustensiles, draps, édredons, sacs de couchage, oreillers, rideaux, Radio / CD / MP3 / USB, prise 230V pour recharger les appareils électroniques et chauffage autonome.
Le choix des vêtements que nous allions porter a été plus difficile. Étant habitués à voyager dans le Sud, disons que le contenu de notre valise était quelque peu différent du profil habituel. Étant donné les différences climatiques d'une région à une autre, nous avons apporté, entre autres, des vêtements d'hiver (manteau, pantalon, tuque et gants), imperméable, bottes de pluie, chaussures de randonnée.
Nous avons appliqué la méthode de la "pelure d'oignon", en apportant leggings, gilets, veste polar ainsi que veste et pantalon coupe-vent que nous pourrions enlever au besoin, sans oublier le maillot de bain car nous avions l'intention de nous baigner dans les eaux thermales.
La planification de notre itinéraire a été l'élément clé de la réussite de notre voyage. L'Islande possédant de nombreux attraits touristiques, nous avions établi, avant le départ, la liste de toutes les attractions qui nous intéressaient.
Nous avons donc localisé sur Google Map chacune de ces attractions et établi et imprimé l'itinéraire correspondant. Ainsi, nous connaissions déjà le temps prévu pour chaque activité ainsi que la distance et le temps de déplacement entre chaque activité.
Nous avons tenté de réserver une chambre d'hôtel, dans la région de Boston, avec possibilité de stationnement pour une période de 15 jours. Il n'y avait qu'un seul hôtel qui offrait un prix très compétitif, soit le Holiday Inn Express Saugus, mais comme il n'y avait aucune disponibilité et que le prix était très élevé pour le choix d'un autre hôtel et que le prix était également très élevé pour le stationnement directement à l'aéroport, nous avons convenu de nous rendre à proximité de Boston et de prendre l'autobus pour nous rendre ensuite à l'aéroport.
Notre voyage a débuté le 30 août 2015. Nous nous sommes donc dirigés en voiture vers la ville de Salem, au New-Hampshire, plus précisément au Salem Transportation Center situé à la sortie 2 de l'autoroute 93. Il y a 476 espaces de stationnements et ils sont tous gratuits.
Nous avons acheté nos billets d'autobus directement dans le terminal au coût de 24 $US aller-retour par personne et avons entrepris le trajet de 45 minutes en autobus vers l'aéroport international Logan de Boston.
L'enregistrement auprès de la compagnie aérienne a été très rapide. Le vol en direction de Keflavik, d'une durée approximative de 5 heures, s'est très bien déroulé. Il est à noter qu'aucun service de divertissement n'est offert à bord et que les breuvages ainsi que la nourriture sont au frais du passager.
Pour vous donner un exemple, le prix d'un sandwich est de 1700 ISL, soit un peu plus de 17 $ CAD. Donc, si le prix ne vous convient pas, prévoyez manger avant votre départ ou apportez des grignotines.
J'ai effectué quelques recherches sur le net afin d'en connaître davantage sur l'Islande. Je suis littéralement tombée en amour avec ce pays dès que j'ai regardé les photos et vidéos.
L'Islande a tout pour séduire ses visiteurs: terre de feu et de glace, elle offre une multitude de cascades, glaciers, volcans, pseudo-cratères, geysers, grottes, plages, océan, eaux thermales, etc.
Pour les amateurs de plein-air, on y retrouve plusieurs parcs nationaux et sentiers de randonnée. La nature y est très généreuse et les possibilités d'activités sont à l'infini.
Nous avons donc procédé rapidement à l'achat des billets d'avion directement sur le site internet de la compagnie aérienne WOW Air. Notre projet devenait réalité.
Nous avons décidé d'effectuer le voyage en septembre, étant donné que c'est la basse saison et que les prix sont beaucoup plus abordables en cette période de l'année.
En ce qui concerne l'hébergement, plusieurs options s'offraient à nous: camping, ferme, gîte, hôtel, etc. Cependant, nous avons opté pour la location d'un camping-car parce que nous désirions nous déplacer sur l'île sans les contraintes d'un horaire à respecter.
Comme nous étions trois personnes dans cette aventure, mon conjoint Alain, notre plus jeune fille Mélanie ainsi que moi-même, notre choix s'est arrêté sur un camping-car avec toit élevé (VW Transporter).
Nous avons procédé à la location du camping-car, six mois avant notre départ, chez Snail Motorhome Rental, une entreprise familiale qui offre un service hors-pair. Le transport entre l'aéroport et leur centre de location, est également inclus dans le contrat de location ainsi qu'un repas et une nuitée à l'arrivée ou au départ.
Le camping-car est équipé d'une cuisinière à gaz et d'un évier, accessoires de cuisine, assiettes, glacière, ustensiles, draps, édredons, sacs de couchage, oreillers, rideaux, Radio / CD / MP3 / USB, prise 230V pour recharger les appareils électroniques et chauffage autonome.
Le choix des vêtements que nous allions porter a été plus difficile. Étant habitués à voyager dans le Sud, disons que le contenu de notre valise était quelque peu différent du profil habituel. Étant donné les différences climatiques d'une région à une autre, nous avons apporté, entre autres, des vêtements d'hiver (manteau, pantalon, tuque et gants), imperméable, bottes de pluie, chaussures de randonnée.
Nous avons appliqué la méthode de la "pelure d'oignon", en apportant leggings, gilets, veste polar ainsi que veste et pantalon coupe-vent que nous pourrions enlever au besoin, sans oublier le maillot de bain car nous avions l'intention de nous baigner dans les eaux thermales.
La planification de notre itinéraire a été l'élément clé de la réussite de notre voyage. L'Islande possédant de nombreux attraits touristiques, nous avions établi, avant le départ, la liste de toutes les attractions qui nous intéressaient.
Nous avons donc localisé sur Google Map chacune de ces attractions et établi et imprimé l'itinéraire correspondant. Ainsi, nous connaissions déjà le temps prévu pour chaque activité ainsi que la distance et le temps de déplacement entre chaque activité.
Nous avons tenté de réserver une chambre d'hôtel, dans la région de Boston, avec possibilité de stationnement pour une période de 15 jours. Il n'y avait qu'un seul hôtel qui offrait un prix très compétitif, soit le Holiday Inn Express Saugus, mais comme il n'y avait aucune disponibilité et que le prix était très élevé pour le choix d'un autre hôtel et que le prix était également très élevé pour le stationnement directement à l'aéroport, nous avons convenu de nous rendre à proximité de Boston et de prendre l'autobus pour nous rendre ensuite à l'aéroport.
Notre voyage a débuté le 30 août 2015. Nous nous sommes donc dirigés en voiture vers la ville de Salem, au New-Hampshire, plus précisément au Salem Transportation Center situé à la sortie 2 de l'autoroute 93. Il y a 476 espaces de stationnements et ils sont tous gratuits.
Nous avons acheté nos billets d'autobus directement dans le terminal au coût de 24 $US aller-retour par personne et avons entrepris le trajet de 45 minutes en autobus vers l'aéroport international Logan de Boston.
L'enregistrement auprès de la compagnie aérienne a été très rapide. Le vol en direction de Keflavik, d'une durée approximative de 5 heures, s'est très bien déroulé. Il est à noter qu'aucun service de divertissement n'est offert à bord et que les breuvages ainsi que la nourriture sont au frais du passager.
Pour vous donner un exemple, le prix d'un sandwich est de 1700 ISL, soit un peu plus de 17 $ CAD. Donc, si le prix ne vous convient pas, prévoyez manger avant votre départ ou apportez des grignotines.
Bonjour à tous,
Pour mon premier message, je sollicite les amoureux de l'Islande, ceux qui la connaissent bien.
Nous sommes partis en Islande environ 20 jours en mai 2010, et nous en avons fait le tour (hors centre car pas de 4x4, et hors fjords du Nord Ouest). Nous avions fait le tour dans le sens antihoraire (le sud en premier), dormi dans des guesthouses réservées à l'avance, et nous y avions ajouté quelques jours à Reykjavik. C'était super, c'est pourquoi nous avons profité d'une offre pas trop chère pour y retourner.
Nous avons donc 6-6,5 jours sur place à Reykjavik (dans le même hôtel), ainsi qu'une voiture (non 4x4) louée pour tout le séjour.
L'idée serait de visiter des endroits que nous aurions manqués en 2010 sur Reykjavik et ses alentours.
Voici ce que j'avais imaginé très rapidement ;
J01 mardi 01/05/2012 : arrivée à 15h45 Après-midi récup voiture, installation hôtel + balade à Reykjavik (que voir que nous n'aurions déjà fait ? attention jour férié ?)
J02 mercredi 02/05/2012 : Geysir / Gullfoss, parce que c'est trop beau (à compléter par autre chose - Que voir d'autre aux alentours qui soit moins touristique mais tout aussi beau ?)
J03 jeudi 03/05/2012 : Blue Lagoon, parce que c'est vraiment agréable d'y passer une bonne partie de la journée
J04 vendredi 04/05/2012 : Péninsule de Reykjanes (en vrac que nous n'avons à priori pas fait : Kleifarvatn, Seltun, Graenvatn, Gunnuhver, quoi d'autre ?)
J05 samedi 05/05/2012 : Escapade à Jokulsarlon ? 4h30 de route c'est long (surtout qu'on sait qu'on va s'arrêter pour prendre des photos partout... même la 2e fois) mais en 2010 il faisait un temps bof et nous n'avions pas eu le temps de faire la balade en bateau sur le lac. En partant à l'aube, est-ce une bonne idée ? En plus on reprendrait la route 1 d'où on avait vu l'éruption du volcan... donc une même route pour un nouveau paysage ?
J06 dimanche 06/05/2012 : ?? une idée originale ? On peut envisager une excursion ce jour, les prix sont généralement exorbitants, mais pour une journée, c'est à envisager. Que faire de sympa ? Edit : îles Vestmann ? Ca vaut le coup ? Faisable en mai ?
J07 lundi 07/05/2012 : Journée shopping et balade à Reykjavik (musée du Phallus que nous avions raté à Husavik ?, baleines à refaire ou non ?, palais des congrès sur le port qui est aujourd'hui terminé cela vaut-il le coup ?, autre ?) Les magasins sont-ils ouverts le lundi ? Quels restos sont à essayer ?
J08 mardi 08/05/2012 : Départ de Keflavik à 7h40
Les journées sont bien sûr intervertibles, pour éviter la foule, les sites fermés, ou en fonction de la météo. En fait nous aimerions refaire quelques trucs déjà vus mais aussi en découvrir de nouveaux pour avoir envie d'y repartir une 3e fois :) Je ne pourrais pas lister tout ce que nous avons fait sur Reykjavik et autour, mais si vous avez des idées de choses à faire pour un second voyage, voila qui m'intéresse :)
Merci !
Pour mon premier message, je sollicite les amoureux de l'Islande, ceux qui la connaissent bien.
Nous sommes partis en Islande environ 20 jours en mai 2010, et nous en avons fait le tour (hors centre car pas de 4x4, et hors fjords du Nord Ouest). Nous avions fait le tour dans le sens antihoraire (le sud en premier), dormi dans des guesthouses réservées à l'avance, et nous y avions ajouté quelques jours à Reykjavik. C'était super, c'est pourquoi nous avons profité d'une offre pas trop chère pour y retourner.
Nous avons donc 6-6,5 jours sur place à Reykjavik (dans le même hôtel), ainsi qu'une voiture (non 4x4) louée pour tout le séjour.
L'idée serait de visiter des endroits que nous aurions manqués en 2010 sur Reykjavik et ses alentours.
Voici ce que j'avais imaginé très rapidement ;
J01 mardi 01/05/2012 : arrivée à 15h45 Après-midi récup voiture, installation hôtel + balade à Reykjavik (que voir que nous n'aurions déjà fait ? attention jour férié ?)
J02 mercredi 02/05/2012 : Geysir / Gullfoss, parce que c'est trop beau (à compléter par autre chose - Que voir d'autre aux alentours qui soit moins touristique mais tout aussi beau ?)
J03 jeudi 03/05/2012 : Blue Lagoon, parce que c'est vraiment agréable d'y passer une bonne partie de la journée
J04 vendredi 04/05/2012 : Péninsule de Reykjanes (en vrac que nous n'avons à priori pas fait : Kleifarvatn, Seltun, Graenvatn, Gunnuhver, quoi d'autre ?)
J05 samedi 05/05/2012 : Escapade à Jokulsarlon ? 4h30 de route c'est long (surtout qu'on sait qu'on va s'arrêter pour prendre des photos partout... même la 2e fois) mais en 2010 il faisait un temps bof et nous n'avions pas eu le temps de faire la balade en bateau sur le lac. En partant à l'aube, est-ce une bonne idée ? En plus on reprendrait la route 1 d'où on avait vu l'éruption du volcan... donc une même route pour un nouveau paysage ?
J06 dimanche 06/05/2012 : ?? une idée originale ? On peut envisager une excursion ce jour, les prix sont généralement exorbitants, mais pour une journée, c'est à envisager. Que faire de sympa ? Edit : îles Vestmann ? Ca vaut le coup ? Faisable en mai ?
J07 lundi 07/05/2012 : Journée shopping et balade à Reykjavik (musée du Phallus que nous avions raté à Husavik ?, baleines à refaire ou non ?, palais des congrès sur le port qui est aujourd'hui terminé cela vaut-il le coup ?, autre ?) Les magasins sont-ils ouverts le lundi ? Quels restos sont à essayer ?
J08 mardi 08/05/2012 : Départ de Keflavik à 7h40
Les journées sont bien sûr intervertibles, pour éviter la foule, les sites fermés, ou en fonction de la météo. En fait nous aimerions refaire quelques trucs déjà vus mais aussi en découvrir de nouveaux pour avoir envie d'y repartir une 3e fois :) Je ne pourrais pas lister tout ce que nous avons fait sur Reykjavik et autour, mais si vous avez des idées de choses à faire pour un second voyage, voila qui m'intéresse :)
Merci !
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.
Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !
La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :
sites.google.com/site/fabuleuxvoya...
Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.
Bonne découverte et à + 🙂
_
Table des matières :
Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _
Présentation
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.
Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.
Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.
Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.
Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.
Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.
Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.
Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !
J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !
J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie
J0 : Mercredi 27 juin 2013
Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.
Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !
Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?
A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.
Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.
A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !
Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !
J1 : Jeudi 28 juin 2013
Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !
Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !
A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.
Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !
Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.
La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.
Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !
Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !
C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.
Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.
A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !
C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)
Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.
Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !
Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !
Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !
Distance parcourue dans la journée : 220 km

Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013
Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !
Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !
Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.
Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.
En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.
Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.
Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.
Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.
Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.
En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.
Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.
Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.
Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.
Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.
Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.
C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.
En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)
En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.
Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !
Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.
Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.
En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208
J3 : Samedi 30 juin 2013
Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !
Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.
Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.
Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.
Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.
Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.
Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !
Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.
Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419
La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.
En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.
Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.
L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)
De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.
Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.
En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !
Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.
Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.
Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !
Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.
Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.
En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km

Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013
Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.
Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.
Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.
Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.
La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.
A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.
Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.
Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.
Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !
Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !
Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !
Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.
Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.
Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.
Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.
Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !
Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.
Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.
Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.
Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.
A retenir : première journée sans pluie !
Distance parcourue dans la journée : 150 km

Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013
Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.
Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.
800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.
C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.
En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.
Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.
Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !
Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.
Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).
Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !
En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.
Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années
Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.
Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.
Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.
Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.
Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !
Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !
L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.
Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !
Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !
Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.
Distance parcourue dans la journée :

Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013
Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.
En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.
Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.
Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.
Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !
Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.
Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.
Altitude de départ : 180 mètres
Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.
Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée
Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !
Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.
Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.
A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.
Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.
Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !
Altitude d'arrivée : 740 mètres
La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.
Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037
La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !
Fin d'après-midi à Vik.
D'abord sur la plage de Reynisdrangur.
Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.
Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !
Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).
Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.
Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.
A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.
Distance parcourue dans la journée : 215 km

Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013
Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !
En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.
Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".
Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.
Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres
Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.
En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !
Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.
En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.
Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.
La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !
Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.
Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !
Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).
La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.
Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.
Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.
Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !
En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.
Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.
Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !
Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !
Distance parcourue dans la journée : 100 km.

Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013
Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.
Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.
Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?
En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.
Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.
A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres
La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.
11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.
Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.
Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.
A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?
En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.
Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.
Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.
Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.
Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !
De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.
Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)
Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.
En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.
L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.
Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.
Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !
Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !
Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.
Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.
Encore plus abstraite… à la Dali !
Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.
Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.
Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.
Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.
Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.
Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.
On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !
Distance parcourue dans la journée : 240 km.

Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013
Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.
Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.
La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.
Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).
Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !
Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.
Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.
On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.
Ici des eiders à duvet.
Là un arlequin plongeur.
Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.
La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !
Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.
Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.
Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.
Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.
Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.
Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km.
J10 : Samedi 6 juillet 2013
Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !
En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.
Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !
Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.
Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !
A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !
A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !
A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.
Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.
La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.
Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."
Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.
D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.
Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.
Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.
A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.
Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.
Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.
Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.
En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.
Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.
Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.
Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.
Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"
Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.
Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !
Distance parcourue dans la journée : 195 km

Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013
85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !
Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)
Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.
Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.
A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?
C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.
Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.
Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.
Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.
Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.
Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.
Altitude : un peu plus de 300 mètres.
Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.
C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !
Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.
Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)
Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…
En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !
Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !
Distance parcourue dans la journée : 30 km
J12 : Lundi 8 juillet 2013
Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.
En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.
Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.
La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !
Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.
Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.
Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.
Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.
Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".
Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.
D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.
Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.
En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.
Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.
Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.
Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !
Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !
Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.
Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.
La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…
Distance parcourue dans la journée : 140 km

Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013
100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.
Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.
A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.
Au début, il y encore un peu de vert !
Mais bientôt tout n'est plus que cendre…
Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.
Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.
Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.
Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !
Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.
Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.
Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !
Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.
Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.
Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.
A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).
Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.
Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.
Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.
A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.
La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.
Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.
Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.
Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.
Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.
Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.
Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.
Distance parcourue dans la journée : 335 km

Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013
Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).
Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !
Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.
En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.
Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.
Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.
Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.
Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.
Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !
Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.
Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).
Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.
En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.
Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.
En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.
En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.
Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !
Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.
Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !
Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.
Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !
Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !
Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.
Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.
Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !
Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !
Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.

Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013
Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !
Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.
Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.
Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.
Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !
Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !
Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.
Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !
Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.
Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.
Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !
15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.
Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.
Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.
Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)
Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique
En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.
Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.
Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.
En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.
D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.
Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !
Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.
La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.
Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.
Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…
Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.

Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013
9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.
A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.
En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…
Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !
Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.
J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !
Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.
Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !
Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !
Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.
Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.
A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.
Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.
Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.
Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.
Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !
Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.
Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.
Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres
J17 : Samedi 13 juillet 2013
Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.
Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.
Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.
Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)
Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.
Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.
Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !
C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !
Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.
Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !
Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.
Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.
C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plongée. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !
Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.
C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.
Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !
Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.

Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013
Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.
Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.
Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.
Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.
Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.
Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !
Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.
Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.
Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !
Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?
Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?
Je lui laisse la parole :
Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.
La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.
L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement gérable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.
Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.
Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.
Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.
Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.
Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.
Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.
Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !
Finalement nous annulons la deuxième plongée.
Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.
Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.
Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.
Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.
Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres
J19 : Lundi 15 juillet 2013
Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.
Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.
Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.
A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !
Alors, raconte…
Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.
Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.
L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.
Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement
Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.
Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !
Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.
Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.
Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !
Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.
Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.
Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :
… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.
Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.
Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.
Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !
Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.
Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.
Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.
A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.
Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !
Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !
Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres

Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013
Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…
En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.
On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.
A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.
Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.
Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.
Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.
A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.
Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.
Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.
Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.
Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.
Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.
C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.
Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".
Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.
Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.
Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".
Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.
Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.
Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.
Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !
On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.
En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !
La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !
Distance parcourue dans la journée : 185 km.

De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013
Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !
Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?
En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.
Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?
Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.
Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.
C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".
C'est indiscutablement notre cascade préférée !
Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.
Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.
Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.
Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.
Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !
Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.
A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !
Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.
Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.
Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.
Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).
La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.
Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.
Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !
Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)
Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.
Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.
On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet
Distance parcourue dans la journée : 285 km

Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013
"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !
Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.
280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.
Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.
Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.
Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.
La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.
Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !
A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.
Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.
La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.
"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !
Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.
Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.
Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.
Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.
Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.
Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.
Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.
En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.
Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !
Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres
J23 : Vendredi 19 juillet 2013
Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.
A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.
Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.
Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.
Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.
La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.
Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !
Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.
Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !
Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.
Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.
Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.
C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.
Une juste récompense après une journée difficile !
Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.
Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !
Tout est bien qui finit bien !
Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !

Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013
Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.
Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.
Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.
Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.
Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.
Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.
Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.
En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.
Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".
Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !
Bref, pas vraiment de chance, cette fois !
Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.
En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !
Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres
J25 : Dimanche 21 juillet 2013
Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.
A ce propos…
Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.
Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !
Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.
Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.
Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.
Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.
Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.
Ils surgissent bien de terre en bord de mer !
Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.
A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.
Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J
Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !
Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.
Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.
La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.
La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.
Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !
Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.
L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !
Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.
Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013
Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !
Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.
Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !
Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.
A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.
A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.
A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.
Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.
En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.
La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.
En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !
Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.
Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !
Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !
A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.
Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.
Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.
Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.
Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.
Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.
Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.
Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".
Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.
Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !
A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.
Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.
Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.

De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013
Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !
Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.
Je le laisse commenter sa matinée :
"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.
Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.
Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.
Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !
L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.
Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.
Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.
La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.
Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.
Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.
Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.
L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.
Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.
Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.
C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.
Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.
Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.
Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.
Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.
Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…
… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)
… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande
… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville
… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie
… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.
Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.
A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !

Le mot de la fin
Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.
Alors, qu'en est-il ?
A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.
Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.
Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.
En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.
Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.
Nos coups de cœur !
C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.
- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.
- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.
- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.
- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.
- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.
- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.
- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.
Ce qu'on a moins aimé :
- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.
- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.
Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !
A propos de l'itinéraire
Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.
Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.
En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.
A propos du véhicule
Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.
Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.
A propos des hébergements et des réservations
Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.
Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.
Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.
Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.
Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.
Faut-il réserver ou pas ?
La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.
Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).
Ouvrages et sites Internet utiles
Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000
Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :
* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/
* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677
* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home
* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...
* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/
* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...
* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/
* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/
* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html
Un dernier mot…
Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.
Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !
C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.
A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

Voici le récit de 28 jours au pays de glace et de feu !
La version accompagnée de toutes les photos et de cartes de tous nos trajets se trouve ici :
sites.google.com/site/fabuleuxvoya...
Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.
Bonne découverte et à + 🙂
_Table des matières :
Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208 Double ration de Laki Tout autour de Kirkjubaejarklaustur Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles Du lac Myvatn à Husavik Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville Le mot de la fin _
Présentation
Avec ses chutes d'eau puissantes, ses hautes terres dénudées, ses vastes glaciers, ses volcans imprévisibles, ses sources chaudes et ses fjords profonds, l'Islande allait immanquablement susciter notre intérêt.
Néanmoins, l'idée de devoir subir son climat rude et changeant, même en plein été, nous a fait hésiter longtemps.
Mais, cette année, nous sommes prêts à dépasser nos réticences, bien décidés à découvrir enfin les nombreux attraits du pays.
Pour augmenter nos chances d'avoir du beau temps, nous choisissons de partir quatre semaines à partir de fin juin. C'est le début de l'été et les journées sont très longues (pas de nuit). C'est aussi à ce moment-là que les F-roads menant aux Hautes Terres du Centre commencent à être praticables.
Par conséquent, départ le 27 juin et retour le 24 juillet.
Pour nous déplacer partout dans le pays, y compris sur les pistes, nous retenons un 4 x 4 chez Iceland Car Rental.
Dans l'idéal, nous aurions souhaité ne réserver aucun hébergement afin d'adapter notre itinéraire sur place en fonction de la météo. Mais en juillet, c'est la haute saison en Islande, nous avons donc préféré réserver une partie de nos étapes. Pour les nuitées, restantes, nous tenterons de trouver un toit au dernier moment et éventuellement, en dernier ressort, nous pourrons toujours dormir dans notre véhicule choisi suffisamment grand dans ce but.
Notre parcours, très varié, doit nous mener un peu partout en Islande : du Sud au Nord, d'Est en Ouest avec plusieurs incursions au Centre. La durée de notre séjour nous permet de prévoir de petites étapes que nous espérons pouvoir agrémenter de quelques randonnées à la journée… si le temps le permet !
J – 30 : Je commence à surveiller l'ouverture des pistes, plutôt tardive cette année en raison d'un hiver particulièrement long et rude. Parmi celles que nous comptons emprunter durant les premiers jours, les F228, F225 et F206 ont fini par ouvrir quelques jours avant notre départ alors que la F208 est toujours fermée dans sa partie sud. Il faudra se tenir au courant en arrivant !
J – 5 : Je surveille avec anxiété les prévisions météorologiques. Aïe, aïe, aïe…Sur le site islandais de la météo vedur.is, la prédiction à cinq jours n'est pas fameuse. Beaucoup de pluie annoncée pour le jour de notre arrivée et surtout le lendemain. Temps variable pour les jours suivants. Je décide néanmoins de ne pas modifier l'itinéraire, advienne que pourra ! Sur la carte ci-dessous, notre itinéraire définitif :

Premiers jours en Islande : le Cercle d'or… sous la pluie
J0 : Mercredi 27 juin 2013
Notre vol Icelandair décolle ce soir à 22 h 35 à Roissy avec une arrivée prévue à minuit (heure locale) à Reykjavik.
Impatients de partir, nous sommes les premiers à faire la queue pour le check-in dès 19 heures en compagnie de deux professeures de français islandaises qui nous parlent avec enthousiasme de leur pays. "Vous verrez, nous dit l'une d'elle, vous aimerez l'Islande ! Même sous la pluie, vous aimerez… son air frais, ses grands espaces..." Nous l'espérons de tout cœur !
Durant les trois heures trente de voyage, la climatisation souffle tantôt le froid tantôt le chaud, nous obligeant sans cesse à retirer puis à remettre une épaisseur de vêtement. Est-ce un avant-goût de ce que nous réserve l'Islande, une façon de nous habituer à la différence de température entre l'air frais extérieur et la chaleur des intérieurs islandais ?
A l'approche de l'île, les nuages se teintent de rose sous le soleil de minuit. Nous atterrissons finalement sous un ciel nuageux, mais pas plombé. Il ne pleut pas mais les flaques d'eau sur le tarmac témoignent d'averses sans doute récentes.
Déboussolés par tant de clarté, on se croirait plutôt le matin, prêts à prendre un bon petit déjeuner. Au lieu de cela, il est l'heure d'aller dormir… alors, hep taxi, en route vers la ville voisine de Keflavik et l'hôtel que nous avons réservé.
A l'accueil de l'hôtel… personne ! Au bout de cinq minutes, un réceptionniste décoiffé nous indique que nous ne figurons pas sur sa liste. En étudiant avec attention notre voucher, il nous fait remarquer que c'est à l'hôtel voisin (hôtel Keflavik… tout court) que nous sommes attendus. Heureusement il n'y a qu'une centaine de mètres à parcourir à pied et que dehors il fait aussi clair qu'en plein jour (ou presque) !
Arrivés enfin à bon port, il ne reste qu'à trouver le sommeil, il est presque deux heures du matin et les rideaux n'occultent pas grand chose. Ce ne sera pas facile de le trouver !
J1 : Jeudi 28 juin 2013
Premier matin en Islande : il fait 8° C et … il pleut !
Alors autant s'attarder un peu au buffet du petit déjeuner : un buffet gargantuesque où – en plus des classiques – nous nous régalons de saumon fumé, de sandwichs hawaïens, de gâteaux à la crème et de ces fameux "Matarkistan", des barres céréalières islandaises pour lesquelles Hervé va nous faire écumer tous les supermarchés du pays pour en retrouver. Bref, un petit déjeuner qui restera dans les annales !
A 9 heures, comme prévu, le loueur vient nous livrer notre 4 x 4. Surprise ! Sachant que nous souhaitions pouvoir ponctuellement y dormir, il nous a surclassés. Nous nous retrouvons par conséquent avec un Dodge Durango à la place du Grand Cherokee que nous avions réservé.
Tout automatique et bénéficiant d'un grand espace plat une fois les sièges rabattus, avec ses 11 000 km au compteur et sa carrosserie en parfait état, il pourrait être le véhicule idéal mais une consommation plus importante et une hauteur de garde au sol moindre ne plaident pas en sa faveur. De surcroît, il s'agit d'un 4 x 4 permanent ! Mais bon, on n'a guère d'autre choix alors autant l'adopter et faire avec !
Dans l'immédiat, c'est surtout de bons essuie-glaces dont nous avons besoin car il pleut toujours alors que nous nous dirigeons vers notre premier point d'intérêt de la journée : le champ géothermique de Krisuvik.
La randonnée prévue à cet endroit tombe à l'eau (!) mais s'il fallait attendre le beau temps en Islande, on ne ferait jamais rien. Alors c'est sur une passerelle en bois, sans nous salir les chaussures, que nous promenons au-dessus des marmites de boue colorées nimbées de vapeurs soufrées.
Puis de fil en aiguille nous quittons les planches pour grimper au sommet de la colline. Une bonne idée pour la vue… mais pas pour nos godillots, bientôt alourdis par trois kilos de boue glaiseuse. Glissades assurées dans la descente. !
Heureusement, les Islandais ont tout prévu et sur le parking nous attend un ingénieux système de brosses. Notre véhicule encore tout propre nous en est reconnaissant !
C'est alors le moment d'expérimenter le système de climatisation du Dodge. Le trajet se poursuit, chauffage à fond pour tenter de sécher nos vestes ruisselantes.
Après une cinquantaine de kilomètres à travers des champs de lave à perte de vue, la rivière Ölfusa marque l'entrée dans une région plus agricole émaillée de fermes et de hameaux.
A Selfoss, la plus grande ville du sud de l'Islande (6500 habitants), nous finissons de sécher dans le supermarché Kronan tout en faisant nos courses, et dans l'Intersport voisin nous investissons dans un surpantalon imperméable. Un achat de circonstance vu… qu'il pleut encore !
C'est donc toujours sous les gouttes que nous faisons le tour du lac de cratère Kerid avant de rejoindre deux sites majeurs de l'Islande, Geysir et Gullfoss qui, avec Thingvellir (que nous verrons plus tard au cours du voyage) sont regroupés sous le nom de "Cercle d'or". Hum, "Cercle d'eau" serait sans doute plus approprié… ;-)
Que d'eau, que d'eau, que d'eau : elle tombe du ciel et elle jaillit de la terre aussi, comme à Geysir, la zone géothermique la plus visitée du pays. D'ailleurs, c'est de là que vient le terme de "geyser". Pourtant, la vedette du site n'est pas le Grand Geyser qui ne jaillit plus que 2 ou 3 fois par jour, mais le Strokkur, très régulier. En général, on n'attend pas plus de cinq minutes avant de le voir éructer.
Une bulle d'eau bleue gonfle, gonfle comme le lait sur le feu… Puis explose sous la forme d'une majestueuse colonne de 15 à 30 mètres pour le plus grand plaisir des touristes !
Encore de l'eau à Gullfoss, les plus célèbres et les plus spectaculaires chutes d'eau du pays sous la forme d'une double cascade, haute de 32 mètres, plongeant dans un étroit ravin, créant un véritable mur d'écume dans un vacarme assourdissant ! Impressionnant !
Bien rincés, nous n'aspirons qu'à une chose : vite, vite, nous mettre au sec dans notre hôtel à Fludir. Pourtant, à peine arrivés et malgré toute la pluie prise sur la tête tout au long de la journée, nous ne résistons pas à expérimenter le hot pot dans le jardin : un délicieux bain à 38 ° dans lequel nous oublions les contrariétés météorologiques tout en espérant que demain sera moins… humide !
Distance parcourue dans la journée : 220 km

Gjain, Haifoss, Veidivötn : des cascades et des lacs J2 : Vendredi 29 juin 2013
Dans la nuit, j'ai entendu des trombes d'eau s'abattre sur les toits mais ce matin, bonne nouvelle, il ne pleut pas… du moins pas pour l'instant !
Départ avant 9 heures, ciel nuageux, 8° mais la météo est un peu plus optimiste qu'hier. Croisons les doigts !
Direction la Route 32 qui suit le cours de la Thjorsa, le plus long fleuve d'Islande.
Au bout d'une demi-heure, un premier crochet vers Hjalparfoss, de ravissantes chutes dévalant en une double cascade sur des orgues basaltiques.
En regardant le ciel, ce n'est pas encore le grand beau temps mais on sent comme un frémissement d'éclaircie. Ça tombe bien car quelques kilomètres plus loin nous avons prévu une petite randonnée.
Nous laissons la voiture au parking de la ferme de Stöng sur la F327 pour une balade bucolique entre bouleaux nains et bouquets d'angéliques jusqu'à Gjain, une étrange petite vallée où se succèdent cascades et coulées de lave torsadées.
Le soleil est même de la partie au retour, inondant de lumière la vallée en contrebas.
Mais déjà de gros nuages menaçants progressent inexorablement, nous avons tout juste le temps de rejoindre la voiture avant une grosse averse. Pas trop grave ! Pour l'instant, bien à l'abri derrière notre pare-brise, nous poursuivons vers Haifoss sur la F332.
Arrivés à destination, il reste quelques minutes à patienter dans la voiture avant de voir réapparaître le soleil, nous permettant alors d'admirer les chutes sous un coin de ciel bleu.
En face de nous, la rivière Fossa tombe de 122 mètres depuis le rebord du plateau, creusant un canyon austère aux pentes verdies de mousse.
Encore plus austères les paysages que nous abordons ensuite via la F228 en direction de Veidivötn. Une piste caillouteuse dans un décor de cendre et de lave débouche sur un premier lac d'un bleu céleste.
Mais bientôt le ciel devient aussi noir que la terre, annonçant un orage imminent.
Dans cette ambiance apocalyptique, nous passons les deux gués de la piste avec un peu d'appréhension (mais rien de méchant finalement) en nous hâtant vers Tjarnakot - un hameau regroupant quelques cabanes de pêcheurs.
Arrivés à destination… c'est le déluge ! Mais, encore une fois, il suffit de patienter un peu pour voir le retour de belles éclaircies.
Néanmoins, pas question de randonner ici, il y a un vent terrible qui manque de nous jeter à terre à chacune de nos sorties.
C'est donc en voiture que nous décrivons un grand huit autour des lacs, découvrant un étonnant enchevêtrement d'îles, de presqu'îles, d'isthmes, de cratères et de crêtes à perte de vue.
En zoomant, quelques détails stimulent notre imagination… Ici ces sillons jaunes sur les dépôts de théphra comme autant de larmes coulant dans le lac… Là une publicité pour la marque aux chevrons ou encore un froncement de sourcil de quelque troll ;-)
En tout cas, les curiosités géologiques ne manquent pas. Nous sommes dans un bassin volcanique.
Avec un peu d'imagination, on verrait bien un cachalot surgir de ces marécages pétrifiés !
Dans cet univers fantasmagorique, seul le glissement de quelques cygnes chanteurs sur les eaux paisibles d'un lac apporte un peu de douceur à l'ensemble.
Tout à la contemplation de ces paysages uniques, nous ne retrouvons la civilisation que vers 19 heures en ralliant Hrauneyar, une Guesthouse isolée au pied des hautes terres, à l'entrée de la F26 qui traverse le centre du pays et qui en cette fin juin n'est pas encore ouverte de bout en bout.
En revanche, la F208 dont la partie sud était encore fermée avant notre arrivée en Islande est à présent ouverte. Nous pouvons donc envisager de la prendre dans les prochains jours.
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Du Landmannalaugar à la côte sud par les pistes F225 et F208
J3 : Samedi 30 juin 2013
Cinq petits degrés seulement mais 50% de ciel bleu au-dessus de nos têtes, pas de temps à perdre, à 8 h 01 top départ !
Le programme de la journée est encore flou. Ce qui est certain, c'est que nous voulons rejoindre la réserve naturelle du Landmannalaugar et y randonner. Pour le reste, on décidera le moment venu. En tout cas, nous n'avons aucune réservation pour ce soir.
Les 50% de ciel bleu ne résistent pas longtemps à la progression des nuages et c'est sous un ciel couvert que nous nous engageons sur la F225.
Petit à petit, les étendues poussiéreuses, noires comme du charbon, des premiers kilomètres laissent la place à des collines tapissées de mousse vert tendre, égayées par une multitude de petits bouquets roses de silènes acaule.
Puis, l'altitude aidant, les montagnes se parent de zébrures blanches, vestiges d'un hiver long et rigoureux.
Enfin, au bout de deux heures environ, apparaissent les sommets multicolores du Landmannalaugar.
Là, au pied des montagnes, sur un terrain caillouteux, un camping rudimentaire et un refuge autour duquel s'affairent un grand nombre de campeurs, trekkeurs et promeneurs. Bref, une véritable ruche !
Le froid nous saisit en sortant de la voiture. C'est donc bien (trop) couverts que nous nous attaquons immédiatement à la "montagne bleue" ou Blahnukur en islandais.
Pourquoi bleue ? Nous ne tardons pas à le comprendre en prenant un peu de hauteur P419
La montée est raide, en lacets serrés, sur un terrain volcanique instable.
En cours de route, nous sommes photographiés à notre insu ;-) par un jeune couple de Français. Quelques semaines après notre retour, nous aurons la surprise d'apparaître dans leur carnet de voyage.
Au bout d'une heure d'effort, la récompense est au bout du sentier et le panorama grandiose sur les toits de l'Islande. Nous sommes à plus de 900 mètres d'altitude.
L'instant est immortalisé par Nico, à notre demande, cette fois-ci ;-)
De crête en crête, nous pouvons apprécier à loisir tous les détails de ces montagnes colorées avant d'entamer la descente sur quelques névés qui font de la résistance en ce début d'été.
Vers 13 h 30 nous sommes de retour au parking après avoir traversé un gigantesque champ de lave basaltique.
En tout : 3 heures de randonnée et 385 mètres de dénivelé. Une très belle balade, il ne manquait que le soleil !
Autour du refuge, ça grouille toujours de monde. Nous avions envisagé de passer une nuit sur place, mais la météo très moyenne, l'environnement rudimentaire du camping et la surfréquentation des lieux nous font changer d'avis.
Le ciel a l'air beaucoup plus clément au sud. Nous décidons donc, après deux heures de tergiversations, de rejoindre la côte dès ce soir. Direction Kirkjubaejarklaustur (plus simplement Klaustur) par la F208 sud.
Cette piste est réputée être l'une des plus belles d'Islande ! Elle commence par contourner lac Kylingavatn aux reflets magiques. Déroule son ruban de terre entre les méandres des rivières… Se faufile entre les montagnes encore tapissées de neige… Longe ou traverse de nombreux cours d'eau en enchaînant les gués… … tout ça, sous le soleil… youpi !
Mon guide indique à Klaustur un camping sur un joli terrain verdoyant, bien équipé avec cuisine, douches chaudes et laverie. Nous ne cherchons pas d'autre alternative, nous y fonçons illico.
Pour 2 milliers de couronnes, nous posons le Dodge sur un coin de gazon, à côté d'une table de pique-nique, entre un van et une tente. Le soleil brille jusque fort tard, c'est très agréable.
En fin de soirée, nous passons en mode couchage. Toutes les valises sont transférées sur les sièges avant du véhicule. Les banquettes rabattues laissent place à un espace suffisamment long mais pas uniformément plat. Nous étalons nos matelas fins et nos sacs de couchage grand froid. Il n'y a plus qu'à trouver le sommeil. Pas évident sans rideaux et alors qu'il fait jour toute la nuit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km

Double ration de Laki J4 : Dimanche 30 juin 2013
Le couchage dans le 4 x 4 a été très inconfortable. Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit. Alors ce matin très tôt nous sommes impatients de quitter l'habitacle, déclenchant malencontreusement l'alarme du Dodge, au grand dam de nos voisins de gazon ! A 8 h tout est plié.
Avec 11° et un ciel bleu à 70%, le programme est vite trouvé. Il faut profiter du beau temps pour aller au Laki.
Le Laki est ce volcan (éteint) qui a donné son nom au Lakagigar, une fissure volcanique de 25 kilomètres de long constituée de plus d'une centaine de cratères alignés.
Son éruption en 1783 a été catastrophique pour l'Islande, mais les perturbations météorologiques et les famines qui ont suivi ont affecté toute l'Europe. En France, l'événement aurait été l'un des déclencheurs de la Révolution française.
La piste menant au Laki est la F206. Elle démarre sur la Route 1 puis cahin-caha laisse derrière elle les verts pâturages de la côte pour rejoindre des reliefs tourmentés de cendres et de laves, témoins d'un cataclysme sans précédent. A plusieurs reprises, elle enfourche des rivières à gué.
A notre étonnement, pour un dimanche, pas un seul véhicule croisé ni rattrapé sur tout le parcours, à croire que nous sommes les seuls à avoir fait le choix du Laki ce matin.
Notre étonnement est encore plus grand quand, en arrivant, sur place nous trouvons une corde et un panneau "Closed" empêchant le passage. Personne ! Pas de touristes, pas de gardien, personne ! Nous sommes perplexes.
Bah, puisque nous sommes là, autant faire tomber la corde et accéder au parking. Il est 10 heures. Nous suivons immédiatement les cairns vers le sommet du Laki pour un panorama à 360°.
Malgré un ciel légèrement voilé… Au nord-est, l'étincelante calotte glaciaire du Vatnajökull et devant nous une première série de cratères. A l'ouest, les lacs Lambavatn et Kambavatn. En continuant vers le sud-ouest… la mythique fissure : un chapelet de cratères alignés tels des muffins à la pistache sortant du four ! Craquants sur le dessus et tendres à l'intérieur !
Dire que, de ces cônes se sont échappés, il y a 230 ans, 14 milliards de m3 de lave basaltique et de gaz qui se sont répandus sur 565 km2 !
Au pied du Laki, nous poursuivons nos observations sur un sentier d'interprétation en 13 stations. Une véritable immersion au cœur d'un cratère !
Pendant ce temps, le parking s'est un peu rempli et deux rangers assurent maintenant l'accueil.
Quant à nous, nous quittons le Laki par la F207 (= boucle du Laki), une variante qui passe par le cratère de Tjarnagigur.
Du parking, si l'on se contente d'aller voir le lac de cratère à pied, dix minutes suffisent mais nous optons pour le tour complet du cratère, soit environ une heure trente de déambulation entre laves, prairies humides et neige sculptée.
Puis, pour finir en beauté et alors que le ciel se dégage en cours d'après-midi, Hervé préconise une nouvelle montée (partielle) au Laki, histoire de capter l'alignement sous une meilleure lumière.
Après cette double ration de Laki, nous prenons définitivement le chemin du retour non sans jeter un œil aux chutes Fagrifoss. Dire que si l'on plante le véhicule dans le gué qui précède, c'est là qu'on atterrit ! Ça fait froid dans le dos !
Mais le Dodge assure vaillamment le passage et nous ramène sur la Route 1 vers 18 heures.
Une question reste en suspens : où allons-nous dormir ? Au camping, comme hier ? Pas vraiment enthousiastes, nous tentons quelques hébergements au passage.
Le premier sur notre route, Hundabakkar a l'air très mignon mais est complet. Le deuxième dans le village, l'hôtel Geirland, a bien une disponibilité mais pour demain soir.
Après ces deux échecs, c'est sans grand espoir que nous faisons une dernière tentative à l'hôtel Laki sur la Route 204. Là, nous sommes tout étonnés d'entendre qu'il reste des disponibilités, soit en chambre, soit en cottage. La chambre, nous la trouvons ordinaire pour le prix. En revanche, coup de cœur pour le cottage. Comme nous avons un peu d'avance sur notre planning, nous décidons d'y passer deux nuits.
A retenir : première journée sans pluie !
Distance parcourue dans la journée : 150 km

Tout autour de Kirkjubaejarklaustur J5 : Lundi 1er juillet 2013
Après quelques 750 km déjà parcourus en 4 jours, aujourd'hui on fait relâche mais pas question de ne rien faire, car avec 11 ° et un grand soleil, il faut en profiter au maximum, ça risque de ne pas durer. Sans aller très loin, les alentours de Kirkjubaejarklaustur méritent qu'on s'y attarde.
Revenons d'abord sur son nom imprononçable qui, une fois décortiqué, devient beaucoup plus limpide : Kirkju = église, Baejar = ferme, Klaustur = couvent. Jadis appelé Kirkjubaer, on lui a ajouté le suffixe "klaustur" en 1186, après la fondation d'un couvent de bénédictines.
800 ans après, ces sœurs (systra en islandais) ont largement inspiré l'histoire des sites de la région.
C'est notamment le cas de Systrafoss (la cascade des sœurs) d'où débute notre première randonnée de la journée.
En suivant un petit sentier entre bouleaux nains et géraniums sauvages, nous quittons le village en contrebas et débouchons sur le haut de la falaise.
Là se niche le Systravatn, le lac des sœurs, où dit-on les nonnes se baignaient jadis. Aujourd'hui, c'est un jeune cygne qui y barbote.
Sur le vaste plateau herbeux avec comme seule compagnie quelques moutons, nous nous laissons aller à la contemplation… des méandres de la rivière Skafta aux falaises rocheuses très loin, à l'est !
Au bout d'une heure de flânerie champêtre, la descente digne d'une piste de ski rouge rejoint Kirkjugolf. Rien à voir avec une quelconque pratique sportive (golf) ni même avec le sol d'une vieille église de l'époque des bénédictines (golf = pavé en islandais). Non, il s'agit bien d'une œuvre de la nature, du sommet affleurant d'une structure alvéolaire de 80 m2 de colonnes de basalte, comme aplanies et cimentées par la mousse, au milieu d'une prairie.
Un dernier arrêt à Sjornarfoss pour un ultime conseil sur la suite de la journée (Sjornar = conseil).
Après ces 6 kilomètres et 140 mètres de dénivelé, que faire de mieux qu'une pause déjeuner au soleil, devant notre petit chalet. Pourvu que le beau temps se maintienne !
En début d'après-midi, c'est reparti, cette fois-ci en direction de Fjardrargljufur, encore un nom imprononçable pour un canyon à la beauté étrange et sombre.
Formées de palagonite et entrecoupées de lave et de roches intrusives, les gorges datent de l'ère glaciaire, il y a deux millions d'années
Un sentier longe la rive sud sur deux kilomètres, permettant à plusieurs occasions des vues vertigineuses sur les gorges.
Changement de décor dans les collines de Landbrotsholar, une vaste zone de pseudo-cratères, formés lors de l'éruption du Laki en 1783, quand la lave en fusion se déversa sur ces marécages et que les gaz explosèrent, formant alors ces monticules semblables à des tumulus effondrés.
Nous découvrons, amusés, les spécificités de toute une série de cratères.Certains présentent un fond herbeux, d'autres sont tapissés de mousses et de fleurs, d'autres encore cachent une cavité humide ou sont coiffés d'une drôle de cheminée.
Bref, une heure et demie de balade ludique, le nez dans les cratères, en oubliant que la menace pouvait venir du ciel. Vite, coupons à travers champs (merci le GPS) pour retrouver la voiture in extremis avant l'orage.
Renonçant à capituler devant les éléments, nous tentons une dernière halte à Systrastapi. Au pire, nous nous contenterons de jeter un œil au rocher des deux sœurs, au mieux nous pourrons en faire le tour !
Yes, on a pu en faire le tour et encore mieux… sous un soleil éclatant !
L'imposant rocher des sœurs marque l'emplacement où deux nonnes auraient été exécutées et enterrées pour avoir couché avec le diable.
Le profil d'une des protagonistes est figée dans la pierre alors que la cascade porte encore la griffe du diable !
Une chaîne permet de monter sur le rocher. Moi, je me dégonfle mais eux l'ont fait ! Chapeau !
Sur ce spectacle s'achève notre journée autour de Klaustur, une journée bien remplie qui finit en apothéose avec un superbe arc-en-ciel sur les prés salés islandais et… sur notre cottage.
Distance parcourue dans la journée :

Vik : randonnée de Thakgil vers le glacier de Myrdal J6 : Mardi 2 juillet 2013
Nous quittons définitivement Klaustur et notre petite maisonnette mais, contrairement à ce que voudrait la logique géographique, pas pour continuer vers l'Est mais pour retourner vers l'Ouest.
En effet, ce soir, nous avons une réservation pour deux nuits à Hrifunes, une guesthouse située au pied de la piste F208 (celle allant au Landmannalaugar), à une quarantaine de km à peine d'ici.
Dans la journée, nous comptons même pousser encore plus à l'ouest, c'est-à-dire jusqu'à Vik d'où j'avais repéré la possibilité de randonner jusqu'au glacier Myrdalsjökull. Avec 90% de ciel bleu et 12 degrés ce matin, c'est le jour idéal pour le faire.
Cinq kilomètres à l'est de Vik, la route 214, une mauvaise piste en terre, quitte la Route circulaire et mène au camping de Thakgil 14 kilomètres plus loin.
Derrière les collines verdoyantes, on commence à entrevoir la calotte glaciaire du Myrdal. Le quatrième plus grand glacier d'Islande couvre 700 km2 et atteint par endroits 750 mètres d'épaisseur. Il abrite sous sa calotte le Katla, un volcan très actif qui connaît en moyenne deux éruptions par siècle. La dernière datant de 1821, les Islandais se préparent à une éruption imminente (en temps géologique). Espérons qu'elle ne soit pas pour aujourd'hui !
Avant de finir en cul-de-sac au camping, la piste vient flirter avec les vastes champs de sable volcanique noir où s'écoulent les eaux de fonte du glacier.
Nous laissons le Dodge près du camping bien que la piste se prolonge en direction du glacier. Les gros 4 x 4 des tour-opérateurs locaux doivent pouvoir l'emprunter. Pour nous, ce sera à pied.
Altitude de départ : 180 mètres
Il fait un temps magnifique et la montée se fait presque sans effort, d'autant qu'un certain nombre de curiosités nous distraient.
Ici, un rhinocéros à la corne menaçante Là, un troll au menton en galoche Ici une flamme torsadée
Là un pluvier doré affairé à protéger son nid !
Au bout de deux heures, nous atteignons les premiers névés… à 600 mètres d'altitude.
Petit à petit, les névés font place à des champs de neige de plus en plus vastes, espacés de quelques pierriers disséminés sur cette immensité blanche comme autant de petits îlots.
A partir de ce moment-là, nous progressons à vue, avec prudence, à la quête d'un lac glaciaire (indiqué par nos sources) en prenant soin de rejoindre un pierrier à chaque occasion.
Ayant l'impression que le lac recherché pouvait se cacher dans le creux visible devant nous, on se hâte dans sa direction.
Mais pour l'instant pas de lac. En revanche, vue spectaculaire sur les langues glaciaires du Myrdalsjökull ! …et sur une cascade éclairée par les couleurs d'un arc-en-ciel !
Altitude d'arrivée : 740 mètres
La quête du lac restera vaine, mais le parcours dans ce cirque glaciaire avec son tapis de neige en dégradés de gris vaut à lui seul le déplacement.
Au retour, derniers gros névés avec la mer à l'horizon ! Les deux sont si proches en Islande ! IG037
La mer, on y court, juste après cette randonnée. En tout : 15 km AR, 5 heures et 560 mètres de dénivelé. Une de nos préférées !
Fin d'après-midi à Vik.
D'abord sur la plage de Reynisdrangur.
Vers l'est, un aperçu de sa longue bande de galets et de sable noir. Vers l'ouest, vue sur les célèbres pitons rocheux.
Ils représentent deux géants, voulant tirer vers la côte un navire à voile. Mais le mauvais temps les a surpris et aussi bien les géants que le bateau ont été pétrifiés !
Puis, dix kilomètres à l'ouest de Vik, au bout de la Route 218, le promontoire rocheux de Dirholaey. Vers l'est, vue sur l'arche naturelle (qu'on devine).
Vers l'ouest, vue sur les falaises de Vik et ses géants de pierre avec, au premier plan, cette imposante colonne de basalte.
Un excellent dîner au Ströndin Bistro vient clore cette très belle journée entre montagne et mer. Arrivée tardive (21 heures) à Hrifunes Guesthouse.
A noter : deuxième journée sans pluie depuis le début de notre voyage.
Distance parcourue dans la journée : 215 km

Vik (bis) : de Hjörleifshöfdi à Reynisfjara J7 : Mercredi 3 juillet 2013
Même météo qu'hier, 80 % de ciel bleu et… 17 degrés, du jamais vu jusqu'à ce jour !
En attendant le petit déjeuner (servi à partir de 8 heures), une petite balade matinale s'impose sur la propriété de la guesthouse, blottie au creux de vertes collines surplombant l'estuaire de la rivière Kudafljot.
Notre chambre (avec lits twin) se trouve au sous-sol de la maison blanche qui comprend une grande cuisine/salon/salle à manger (à disposition si l'on souhaite se faire à manger), une salle de bains et deux WC que se partagent cinq chambres. Décoration chaleureuse et soignée. Hors saison, cette maison est louée en entier tandis qu'en été, elle est louée "à la découpe".
Les deux maisons rouges abritent d'autres chambres encore, ainsi que la cuisine et la salle à manger où la maitresse de maison nous sert le petit déjeuner et, sur demande, le dîner. Comme dans tous les intérieurs islandais, on se déchausse dans l'entrée.
Nous appréhendions un peu le concept de salle de bains partagée, mais au final - car nous aurons l'occasion de l'expérimenter à plusieurs reprises - tout s'est toujours bien passé. De manière générale en Islande, les chambres sont très petites mais les installations sont neuves, de très bonne qualité et très propres
Après cette petite digression, nous voici prêts pour une nouvelle journée à Vik.
En route, petit arrêt rapide au Laufskalavarda, l'emplacement d'une ancienne ferme où la tradition veut que chaque voyageur dépose une pierre sur les cairns déjà existants afin d'assurer le bon déroulement de son voyage. Je rajoute donc notre petit caillou à l'édifice en formulant le même vœu !
Comme hier, notre première halte a lieu à l'est de Vik où une courte piste mène, côté mer, au pied de Hjörleifshöfdi, un promontoire rocheux de palagonite posé tel une île au bord de l'océan.
En gravissant les 232 mètres de dénivelé qui nous séparent du sommet, nous sommes frappés par le contraste saisissant entre les pentes verdies de lupins et la vaste étendue de sable noir, totalement désertique, aux alentours.
Appelée "sandur" en islandais et dans ce cas particulier, Myrdallssandur, cette morne plaine a été formée par la projection de matériaux provenant du volcan caché sous la calotte glaciaire du Myrdallsjökull.
La balade a également un objectif historique. Au sommet se dressent un tumulus ainsi que la tombe de Hjörleifur, Viking norvégien et deuxième colon à s'être installé en Islande, tué en 875. Je signe le livre d'or !
Tout en poursuivant, nous profitons de la vue qui s'étend depuis le glacier Myrdall jusqu'aux aux falaises de Vik. En étant très attentifs, on devine les pitons rocheux de Vik.
Après avoir longé le bord de la falaise dressée telle une proue de navire échoué sur le sable, nous voilà de retour dans les champs de lupins au bout de deux heures !
Petit aparté à propos de ces plantes : originaires d'Ecosse, elles ont été introduites en Islande pour pallier à l'érosion des sols. Si elles ont effectivement reverdi de vastes zones, elles nuisent désormais à la biodiversité de l'île. Comme les moutons ne les mangent pas en raison de leur goût amer, les lupins prolifèrent et bloquent la lumière aux espèces locales (mousses, lichens).
La région de Vik est tout particulièrement concernée par cette question. Ici la petite église du village cernée de lupins.
Autour de Vik, nous avons déjà vu le bord de mer depuis le centre du village ainsi qu'au bout de la Route 218, il manque l'extrémité de la Route 215 à explorer.
Au lieu-dit Reynisfjara, une plage volcanique noire, des falaises percées de grottes de basalte aux formes torturées et sans doute la meilleure vue à la fois sur les pitons rocheux de Reynisdrangur et sur le promontoire et l'arche de Dirholaye.
Après avoir parcouru les environs de Vik en long, en large et en travers, il nous reste une dernière expérience à faire et puisque nous avons quelques heures devant nous, allons-y ! Où ? A la piscine !
En Islande, chaque petite localité possède son Sundlaug (= piscine chauffée). Vik a donc bien sûr la sienne, chauffée mais en plein air. Après avoir acquitté quelques couronnes, l'accès au bain n'est possible qu'après le passage très réglementé par la douche comme le montre de façon très explicite le panneau à l'entrée. En effet, l'eau des piscines n'est pas chlorée, une hygiène irréprochable est donc demandée aux utilisateurs.
Il fait 10°, un soleil radieux et un ciel (encore) bleu ! Trois bassins sont à la disposition des baigneurs : le premier à 28° pour nager, le deuxième à 37° pour chauffer et le dernier à 40° pour bouillir ! Nous ferons l'impasse sur le dernier mais utiliserons sans modération les deux premiers.
Bien ramollis, le retour à la guesthouse se fait aujourd'hui de bonne heure (18 heures), ce qui nous laisse le temps de faire connaissance avec les autres hôtes : un couple islandais, un couple hollandais, deux couples allemands. C'est toute l'Europe réunie autour de la table pour un dîner traditionnel !
Une soirée sympathique qui fait momentanément oublier la pluie qui a commencé à tomber en début de repas !
Distance parcourue dans la journée : 100 km.

Du parc national de Skaftafell à la lagune glaciaire de Jökulsarlon J8 : Jeudi 4 juillet 2013
Notre séjour dans la région de Vik s'achève, nous migrons définitivement vers l'Est mais sans avoir réservé d'hébergement pour la nuit prochaine.
Hum, le bulletin météo n'est guère fameux ce matin : ciel 100% nuageux, pluie et 7 petits degrés seulement.
Dire que nous avons prévu une grande randonnée de 5 à 7 heures dans le parc national de Skaftafell, un projet qui pour l'instant est suspendu aux caprices du ciel. Mais sait-on jamais ?
En effet, en arrivant à l'entrée du parc national de Skaftafell vers 10 heures, les nuages ont l'air d'être un peu moins noirs, les gouttes un peu moins grosses même si l'état du ciel reste très incertain.
Après avoir étudié les différents itinéraires possibles, nous finissons par opter pour les parcours S6 + S5 sur la carte du parc, c'est-à-dire un aller jusqu'à Sjonarnipa Lookout et le retour par Svartifoss.
A 10 h 30, c'est parti. Altitude de départ : 100 mètres
La première partie de la randonnée se fait dans un sous-bois de bouleaux ce qui nous met à l'abri des gouttes tout comme ce lagopède alpin se cachant dans les fourrés.
11 h 30 : A Sjonarnipa Lookout (altitude 320 mètres), grâce à un vent d'Est, le ciel se déchire comme par magie laissant apparaître une trouée de ciel bleu pour la plus grande satisfaction de tous les photographes présents.
Vue spectaculaire sur la langue glaciaire du Skaftafelljökull.
Ce revirement des conditions météo remet en question nos choix initiaux. C'est le moment décisif : soit on revient au point de départ via Svartifoss et en moins d'une heure, la balade est pliée soit on poursuit pour faire un grand tour via Glama. Entre les deux, aucune alternative possible si jamais le temps se dégradait.
A gauche, la facilité, à droite peut-être la galère car on s'engage pour quatre heures au minimum alors s'il devait pleuvoir…! Alors, on y va ou pas ?
En voyant d'autres randonneurs prendre l'option Glama, on finit par céder à la tentation d'un grand tour. Au début, l'ascension est progressive, on a la pêche, tout va bien malgré un ciel de plus en plus menaçant.
Mais bientôt un vent fou latéral vient durcir les conditions.
Je m'accroche à mes bâtons, heureuse d'être lestée par mon sac à dos, sous des rafales de vent qui tentent à chaque instant de me mettre à terre.
Dès que le vent faiblit un peu, nous nous octroyons une petite pause. Un coup de barre… de céréales islandaises… et ça repart ! Laissant certains randonneurs loin derrière, nous atteignons Glama (680 mètres d'altitude) avec brio ! Il est 13 h 30.
Vue sur la coulée de glace s'étirant à nos pieds !
De Glama, le sommet du Kristinartindar (1126 mètres) offre une variante supplémentaire. Une guirlande de petits drapeaux himalayens avertit les éventuels candidats qu'il s'agit là d'un parcours de haute montagne.
Nous laissons par conséquent cette boucle aux marcheurs chevronnés, nous contentant d'admirer la montagne d'en bas sur la traversée d'Ouest en Est entre Glama et Nydrihnaukur (708 mètres)
Le vent chasse les nuages et le soleil darde ses rayons à intervalle régulier, illuminant la vallée de Morsadalur sur le flan Est de notre itinéraire.
En quittant les étendues de lande dénudées, en perdant de l'altitude et en pénétrant dans une zone arbustive plus abritée, nous allons même de tomber la veste.
L'arrivée à Svartifoss se fait en tee-shirt. Devant cette très belle cascade dégringolant sur des orgues basaltiques, il fait si bon et nos pieds sont tellement échauffés que nous ne résistons pas à les plonger dans le torrent.
Retour au parking à 17 heures après une superbe randonnée de 6 heures et demie, 18 km et 1100 mètres de dénivelé cumulé.
Une journée qui est loin d'être terminée puisque nous comptons rallier la lagune de Jökulsarlon, autre incontournable. En plus nous n'avons pas réservé d'hébergement pour ce soir. Ça promet !
Cinquante kilomètres plus à l'est : la fameuse lagune glaciaire dans une ambiance… polaire ! Dire que nous étions en bras de chemise une heure plus tôt, le climat islandais est vraiment imprévisible !
Mais cette grisaille rend la scène encore plus surréaliste : des icebergs d'un bleu lumineux se détachent du glacier à l'arrière-plan, flottent sur la lagune, s'entrechoquent et basculent parfois, puis dérivent inexorablement vers la mer.
Côté océan, ils finissent leur course en beauté. Durant quelques heures, la plage devient une vitrine pour ces œuvres éphémères dignes de Lalique.
Encore plus abstraite… à la Dali !
Fascinés par la beauté de ces sculptures de glace, on y passerait la nuit mais justement, à 19 h 30 il serait temps de se mettre sérieusement à la recherche d'un toit.
Nous décidons de filer directement vers Höfn qui, avec ses 1600 habitants, fait figure de grande ville à l'échelle islandaise. Il y a bien quelques opportunités sur le trajet mais on craint de perdre trop de temps à toutes les passer en revue avec le risque de se faire éconduire.
Néanmoins, une vingtaine de kilomètres avant Höfn, un panneau n'échappe pas à notre attention. "Rooms available" annonce-t-il mais on voit bien que c'est le genre de panneau en place toute l'année et non pas mis à jour quotidiennement.
Sans trop d'espoir, nous tournons malgré tout sur la route 984 en direction du lieu-dit Hoffel et de la guesthouse du même nom. "Sorry, we are fully booked" nous répond la propriétaire. Heureusement, j'ai le réflexe de lui demander si elle savait où nous pourrions trouver une disponibilité.
Un coup de téléphone plus tard, elle nous dirige vers la maison d'une amie : Birkifell Guesthouse qui comporte une cuisine, un salon, une salle de bains que se partagent trois chambres. Deux couples allemands de Leipzig y sont déjà installés. Nous héritons de la dernière chambre, la plus petite avec deux lits twin, mais vu l'heure, on ne va pas faire les difficiles, elle nous conviendra très bien.
Le petit déjeuner se prend sous la forme "make your own breakfast" avec tous les ingrédients fournis (y compris le pain chaud amené à 8 heures le lendemain matin). Petit bonus supplémentaire : le hot pot du hameau est inclus dans le prix.
On a vraiment eu de la chance de trouver si vite et si bien !
Distance parcourue dans la journée : 240 km.

Dans les fjords de l'Est : de Berufjördur à Mjoifjördur par la côte J9 : Vendredi 5 juillet 2013
Alors, que dit la météo ce matin ? Nuages bas, pluie, 11degrés… pas de quoi se réjouir ! Du coup, nous repoussons à 10 heures notre départ, laissant une chance au ciel de pouvoir se découvrir.
Entre temps, la pluie a effectivement faibli. Si randonner est d'ores et déjà exclu, rien n'empêche d'aller jeter un coup d'œil au lac glaciaire du Hoffelsjökull.
La lagune est très belle. Pourtant, à peine avons nous le temps de l'apercevoir qu'elle disparaît dans la brume et sous une pluie battante.
Mais comme en Islande, rien n'est jamais prévisible, voilà qu'en repassant à Hoffel, une brève amélioration va nous permettre de profiter du hot pot (celui compris dans le prix de notre hébergement).
Un cabanon pour se changer, cinq petits bassins ronds (37- 40°) au pied d'un rocher… et c'est le moral qui remonte en flèche ! Même le ciel a l'air moins triste !
Certes il reste couvert alors que nous rejoignons la petite ville de Höfn. Les montagnes à l'arrière-plan sont dans les nuages et le Vatnajökull invisible.
Mais pour l'instant, il ne pleut plus, ce qui nous permet une courte balade entre mer et marécages, derrière le port, l'occasion de nous intéresser à l'avifaune islandaise.
On a été étonnés du nombre d'espèces de canards en Islande, tout particulièrement en mer.
Ici des eiders à duvet.
Là un arlequin plongeur.
Beaucoup d'oiseaux marins aussi. Ici un huîtrier pie.
La météo reste inchangée dans l'après-midi et c'est sous un ciel toujours nuageux que nous continuons notre route vers l'Est, le long d'une côte découpée, battue par les vents et les flots. Un petit air de Bretagne, quoi !
Il est 16 heures quand nous atteignons le petit village de pêcheurs de Djupivogur. Ça tombe bien, c'est l'heure de goûter ou du moins de se réchauffer avec une boisson chaude au Langabud Kaffi.
Depuis Djupivogur, notre destination finale n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau mais comme le Dodge n'est pas encore équipé d'ailes, il faut faire tout le tour du Berufjördur soit une quarantaine de kilomètres encore.
Alors que nous nous enfonçons vers le fond du fjord, les nuages jouent à cache-cache avec les sommets, laissant tour à tour apparaître puis disparaître des reliefs fantomatiques.
Le ciel est toujours gris quand nous arrivons à Berunes Hostel, une auberge de jeunesse (pour gens de tous âges !) où nous avons réservé une cabine… "avec la meilleure vue du coin", nous précise l'aimable gérant.
Pour la vue, il faut se dépêcher car très vite, elle disparaît derrière un rideau de pluie. Heureusement, dans notre cottage bien douillet, nous sommes bien au chaud.
Mais rien qu'en allant du bâtiment principal à notre cabine après le dîner, nous rentrons trempés et toute la nuit durant, la pluie va continuer à tambouriner sur notre toit !
Distance parcourue dans la journée : 180 km.
J10 : Samedi 6 juillet 2013
Pluie encore et toujours au réveil. Pourtant le baromètre indique "change" ! L'espoir est permis !
En attendant, on traîne un peu, en s'attardant au petit déjeuner, en parcourant longuement le net, en étudiant consciencieusement le parcours des jours prochains jusqu'à ce que vers 10 heures quelques rayons diffus arrivent à fendre la couche nuageuse.
Vite, profitons de cette éclaircie momentanée pour reprendre la route !
Notre destination du jour se trouve dans le Mjoifjördur à 135 km seulement. Mais le trajet au gré des fjords (via les Routes 96 et 955) va être le prétexte à nombre de tours et détours. Comme d'habitude, il faudra composer avec l'état du ciel et aujourd'hui avec la force du vent pour improviser des arrêts en conséquence.
Le premier détour est d'ailleurs un coup pour rien : sur la 964, la vallée de Fagridalur est noyée dans la brume, randonner dans ces conditions n'a pas de sens. Poursuivons !
A Breiddalsvik, clic clac, une photo de la plage entre deux gouttes ! Bref, passons !
A Stodvarfjördur, jetons un œil à la collection de minéraux de Petra, un passe-temps amusant mais pas incontournable. Seul avantage : la possibilité de s'abriter de la pluie. Continuons !
A Fakrusfjödur, c'est l'occasion de s'attarder un peu afin de saluer la mémoire des pêcheurs français d'Islande, ceux célébrés dans le roman de Pierre Loti.
Le village a été à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle l'un des principaux ports d'attache des marins français en Islande alors que les campagnes de pêche françaises connaissaient une apogée entre 1880 et 1914. Les dernières goélettes françaises ont gagné Fakrusfjördur jusqu'en 1930.
La mer a exigé un lourd tribut de ces hommes et 49 d'entre eux reposent ici dans ce petit cimetière marin.
Leurs noms sont gravés dans la pierre, accompagnés d'un poème de Cantel. "Elles étaient une centaine, Qui s'en allaient tous les printemps, Au gré des flots, au gré des vents, Là-bas, vers l'Islande lointaine."
Un moment d'émotion dans un décor grandiose magnifié par la brève apparition du soleil.
D'un fjord à l'autre, le spectacle est à la fois permanent et différent au gré du vent apportant son lot d'averses ou d'éclaircies.
Pour sortir apprécier le paysage, il faut veiller à bien retenir les portières de la voiture (le loueur n'a pas manqué de nous avertir), le vent a vite fait de les arracher.
Il vaut mieux être bien couvert aussi, ce mouton l'a bien compris.
A Reydarsfjördur, le fjord le plus controversé depuis qu'une gigantesque aluminerie s'y est installée, notre itinéraire s'écarte de la côte, rentre dans les terres puis une vingtaine de kilomètres plus au nord, se dirige à nouveau vers l'est, sur la 953, en direction de "notre" fjord, le Mjoifjördur où nous avons réservé deux nuits.
Il est déjà 14 h 30, l'heure de nous accorder une pause pique-nique car le trajet jusqu'au bout du fjord est réputé à la fois difficile et pittoresque. La trentaine de kilomètres risquent de nous prendre un certain temps.
Bien que référencée en tant que route – ce qui permet à tout véhicule de l'emprunter – il s'agit bien d'une piste en terre, cahoteuse, grimpant à 600 mètres au dessus du niveau de la mer, flanquée de congères encore bien épaisses pour la saison. Elle n'est praticable que depuis quelques semaines. Au col, la trace laissée par le chasse-neige dans l'épaisseur du manteau neigeux est aussi nette qu'une tranche coupée dans un gâteau glacé.
Alors que la route n'en finit plus de monter, voici enfin la vue de l'autre côté, sur le fjord.
En lacets serrés, palier par palier, tout en suivant le cours d'eau, la piste rejoint ensuite le bord du fjord.
Partout, des eaux tumultueuses dévalent en cascades, creusant des terrasses sur ces falaises verdoyantes.
Enfin, arrivée au niveau de la mer, la route suit la côte jusqu'à Brekkuthorp (Brekka pour faire court) en passant devant cette épave.
Brekka : quelques maisons autour d'un port minuscule, 40 habitants, une école transformée en guesthouse en saison et sur les hauteurs, deux cottages en pin. C'est l'un d'eux que nous avons réservé pour deux nuits.
Entre mer et montagne, sa situation au calme et son aménagement cosy dépassent nos attentes. Nous multiplions les "Whaouh !"
Promis demain, on vous fait visiter car ce soir, nous sommes très occupés… à faire tourner le linge dans la machine, à déguster des moules tout en savourant la vue et à faire une promenade vespérale vers le petit port.
Le ciel relativement dégagé à notre arrivée s'est à nouveau couvert en soirée. Mais à 3 heures du matin, Hervé m'annonce qu'il fait très beau. Alors vivement demain !
Distance parcourue dans la journée : 195 km

Fjords de l'Est : du Mjoifjördur au Borgarfjördur J11 : Dimanche 7 juillet 2013
85 % de ciel bleu au-dessus du fjord et malgré un vent assez fort, la promesse d'une très belle journée en perspective !
Vue depuis notre cottage ! (Le vent crée des vagues dans le fjord)
Alors que nous sommes attablés devant notre petit déjeuner (self catering), un randonneur accompagné de son chien est déjà en train de grimper vers les hauteurs derrière notre cabine.
Nous avons prévu nous aussi de randonner mais sans avoir rien réellement planifié.
A l'extrémité de la rive nord du fjord, nous avions repéré qu'un sentier reliait le phare de Dalantagi au hameau de Skalanes. Peut-être une opportunité ?
C'est donc cette direction que nous prenons aussitôt le petit déjeuner avalé.
Les quinze kilomètres de piste jusqu'au deuxième plus ancien phare d'Islande nous dévoilent nombre de cascades et de vallées inattendues.
Mais le sentier envisagé, escaladant des falaises abruptes, nous semble trop périlleux. Alors, changeant notre fusil d'épaule, nous préférons revenir à Brekka pour suivre les traces de notre randonneur matinal.
Le sentier qu'il a pris relie Mjoifjödur au fjord voisin de Seydisfjördur en 18 km aller/retour soit 8 heures de marche.
Vu l'heure (bientôt midi) nous n'avons pas l'ambition de faire l'intégralité du parcours. La gérante de la guesthouse nous a prévenu qu'il restait beaucoup trop de neige en altitude, nous devrions sans doute nous arrêter bien avant le col. Par conséquent, l'objectif consiste tout simplement à monter le plus haut possible, à profiter de la vue puis à revenir.
Après quelques errements au départ dus à une balise mal placée, nous finissons par trouver les piquets aux extrémités rouges délavées qui nous conduisent à travers une lande buissonneuse jusqu'aux premiers névés dans un cirque glaciaire aux allures pyrénéennes.
Altitude : un peu plus de 300 mètres.
Les toutes premières plaques de neige se traversent facilement mais bientôt, la pente devient trop raide, le parcours trop périlleux sur des névés prêts à céder sous nos pas. Il est plus prudent de nous arrêter là, au pied d'une cascade.
C'est pourtant depuis le haut de la falaise que nous voyons dégringoler notre homme et son chien. Randonneur aguerri, connaissant parfaitement le terrain, cet Islandais vient de boucler la randonnée dans son intégralité. Bravo !
Quant à nous, nous profitons de la vue, du soleil, de la douceur avant de retrouver Brekka où entre temps, le vent est complètement tombé.
Et… il n'y pas que le vent qui soit tombé ;-)
Très belle balade (3 heures AR) malgré un petit goût d'inachevé. Ah ! Que j'aurais aimé voir la vue depuis le col sur le fjord voisin ! Une prochaine fois…
En ce milieu d'après-midi, le thermomètre affiche 19 °. Un record… et troisième journée sans pluie depuis le début du voyage !
Fin d'après-midi à profiter de la terrasse et du confort douillet de notre petit chalet !
Distance parcourue dans la journée : 30 km
J12 : Lundi 8 juillet 2013
Nous quittons Brekka sans réservation pour les deux prochaines nuits, ce qui nous donne une petite marge de manœuvre bienvenue à ce stade de notre parcours.
En effet, le bulletin météo laisse apparaître une journée maussade pour aujourd'hui mais une journée exceptionnellement belle pour demain. Or pour atteindre la caldeira d'Askja, situé à 1000 mètres d'altitude au bout d'une piste réputée longue et difficile, il vaut mieux bénéficier des meilleures conditions. Nous reportons par conséquent notre crochet vers Askja d'une journée en improvisant une étape intermédiaire.
Cap sur Borgarfjördur eystri, le plus septentrional des fjords de l'Est.
La météo est fidèle à ce qui avait été annoncé : 9 degrés, ciel couvert, petit crachin !
Nous sommes donc tout étonnés de trouver du soleil plus au nord, dans la baie de Njardhvik à l'entrée du fjord de Borgar.
Mais cela ne va pas durer. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous atteignons le petit village de Bakkagerdi, le soleil commence déjà à se voiler.
Il est midi, nous nous mettons immédiatement à la recherche d'un hébergement.
Atfheimar Guesthouse, indiquée par le Lonely Planet comme étant la meilleure adresse, est, sans surprise, complète. En revanche, on nous dirige vers Blabjörg Guesthouse où nous trouvons notre bonheur.
Située dans une ancienne usine à poisson entièrement rénovée, la maison flambant neuve offre 11 chambres se partageant 3 salles de bains, une grande cuisine et une salle de séjour avec télé et WIFI. Petit déjeuner sous la forme "make your own".
Certes, notre chambre n'offre pas la vue sur mer mais en arrivant sans prévenir, il ne faut pas être trop exigeant.
D'ailleurs, nous n'avons pas l'intention de nous attarder dans la chambre, nous partons aussitôt vers la passerelle d'observation de Hafnarholmi, au nord-est du village. Car, si nous sommes venus dans ce fjord du bout du monde, c'est pour eux… pour la colonie de macareux.
Ces fascinants petits oiseaux, au bec coloré en période nuptiale, qui creusent des terriers pour abriter leur famille, nichent en nombre ici (10 000 couples). A la mi-journée, beaucoup sont encore en mer mais on tentera de revenir plus tard.
En attendant et tout en conjurant le ciel gris, nous ne résistons pas à l'envie de randonner. La baie solitaire de Brunavik sera l'objectif de notre après-midi.
Le sentier pentu (365 mètres de dénivelé) monte vers la croupe du Brunavikurskard surmontée par les pentes rhyolitiques du Geitfell.
Le temps de reprendre notre souffle devant cette prairie spongieuse aux airs de bodefal bolivien, nous enchaînons avec une descente encore plus escarpée jusqu'à la baie.
Devant les sommets qui se couvrent sérieusement, Hervé propose de ne pas descendre jusqu'à la plage mais je tiens à poursuivre coûte que coûte. Moralité : mon obstination va nous coûter le retour sous une pluie battante. Pas cool !
Bilan : 4 km en 3 heures aller-retour avec 365 mètres de dénivelé mais aussi… 2 vestes, 2 pantalons, 2 paires de chaussures et de chaussettes… trempés !
Il n'y a plus qu'à rentrer à la guesthouse pour nous sécher et attendre des heures meilleures pour espérer revoir les macareux.
Vers 20 heures, le retour du soleil permet une nouvelle sortie, l'occasion de… - jeter un œil à cette maison traditionnelle - aller revoir les macareux - voir les sommets se parer d'une belle lumière orangée.
La météo confirme pour demain une journée exceptionnellement belle, partout en Islande. Alors Askja, nous voilà…
Distance parcourue dans la journée : 140 km

Retour dans les hautes terres : Askja par les pistes F910 et F88 J13 : Mardi 9 juillet 2013
100 % de ciel bleu, 12 degrés (mais beaucoup plus dans la journée) : à 8 heures nous sommes partis.
Direction Askja en longeant d'abord la rive Est de la rivière Jökulsa jusqu'à la Route 1 puis sa rive Ouest jusqu'à Bru par la 923.
A partir de là, les choses sérieuses commencent. Les photos parlent d'elles même.
Au début, il y encore un peu de vert !
Mais bientôt tout n'est plus que cendre…
Seul le panache de poussière d'un 4 x 4 anime de temps à autre cette étendue lunaire.
Puis, après le pont sur la Kreppa, voilà les interminables champs de lave… couronnés par la "Reine des montagnes", le Herdubreid (1682 mètres) visible à des kilomètres à la ronde.
Presque cinq heures seront nécessaires pour boucler le parcours avec une moyenne dépassant à peine les 30 km/heure. Il est 12 h 30 passées quand nous arrivons au refuge de Dreki, juste à temps pour le pique-nique.
Il fait 22 degrés et les rangerettes arborent leur uniforme d'été : short et petit tee-shirt. On dirait des plagistes !
Mais s'il souffle sur Dreki un air estival, plus haut sur le plateau d'Askja (altitude 1080 mètres), c'est encore l'hiver malgré un soleil radieux.
Les voitures doivent s'arrêter bien avant le parking habituel, la piste n'est pas praticable au-delà et le sentier menant aux lacs Öskjuvatn et Viti reste enfoui sous la neige. Heureusement, des piquets rouges guident le randonneur.
Dire que c'est une étendue de scories noires et rouges qu'il faut traverser habituellement, aujourd'hui c'est un tapis blanc qu'on foule jusqu'au cratère !
Ce sont des raquettes qu'il nous aurait fallu car la progression dans la neige n'est pas des plus aisées.
Allez, un dernier petit effort pour grimper sur la berge et admirer enfin les deux lacs.
Quelques précisions sur leur origine. Le cataclysme qui les a formés est récent, puisqu'il date de 1875. Le volcan projeta alors 2 km3 de téphra avec une violence telle que les débris atteignirent l'Europe continentale (notamment la ville de Stockholm). Les cendres empoisonnèrent quantité d'animaux dans tout le nord du pays. Le volcan n'étant pas éteint, une telle catastrophe pourrait se reproduire.
A l'issue de cette éruption, une chambre magmatique s'effondra, formant un cratère de 11 km2 qui se remplit d'eau pour devenir le lac bleu saphir d'Öskjuvatn (à l'arrière-plan sur la photo), le lac le plus profond d'Islande (220 mètres de profondeur).
Durant cette même éruption, un évent forma le cratère Viti, dont le fond est constitué d'un lac géothermique, aux eaux d'un bleu laiteux.
Le maillot de bains est au fond du sac mais la descente dans le cratère Viti est interdite, car trop glissante. Dommage, on aurait bien aimé tester cette eau sulfureuse à 28 degrés.
Alors il n'y a plus qu'à revenir sur nos pas pour retrouver la voiture après une randonnée de 3 heures.
A l'origine, nous avions émis l'hypothèse de dormir au camping de Dreki mais comme il est 16 h 15, nous avons tout le temps de rallier un endroit moins hostile. Une centaine de kilomètres nous séparent de la Route 1 et l'hébergement le plus proche semble être Grimsstadir. Sur place nous devrions trouver soit une chambre en guesthouse si nous avons de la chance, soit un camping aménagé.
La silhouette de la "Reine des montagnes" nous accompagne à nouveau tout au long de notre trajet sur la F88, se dressant tel un phare guidant le voyageur dans ce désert de dunes et de lave.
Au pied de la montagne la plus chère aux Islandais, ces rochers aux allures seychelloises nous retiennent un court instant avant de continuer par monts et par vaux jusqu'à Grimsstadir.
Alors aurons-nous de la chance ? Et bien oui, sur le pas de sa porte, Sigríður est heureuse de nous annoncer qu'il lui reste une chambre. Si ce n'est pas de la chance, ça ! En plus, cet hébergement est idéalement placé pour ce que nous prévoyons de faire demain.
Les propriétaires nous accueillent véritablement dans leur maison où ils louent en B&B leurs trois chambres. Celle que nous occupons est manifestement celle du couple propriétaire comme en témoignent les photos de famille sur les murs. Idem pour la salle de bains, c'est celle de la famille qui est mise à la disposition des hôtes.
Pour ce faire, Sigridur dort dans le bureau, son mari Bragi sur le divan du salon, leur fille et leur petite-fille dans une caravane à côté de la maison. En saison, toute la famille se sacrifie pour accueillir les touristes.
Fin de soirée à profiter de la terrasse et de la véranda de cette charmante demeure. Seul point noir : les mouches qui, avec l'arrivée de la chaleur, s'agglutinent autour et dans les habitations.
Car il fait toujours aussi beau et chaud. Aux dires des Islandais, c'est leur première vraie journée d'été et pour nous la quatrième journée sans pluie depuis le début du voyage.
Distance parcourue dans la journée : 335 km

Jökulsargljufur NP : des chutes de Detifoss aux grottes de Vesturdalur J14 : Mercredi 10 juillet 2013
Ciel couvert à 60 % mais déjà 18 degrés de bon matin (et le thermomètre grimpera encore).
Nous prenons congé de nos hôtes à 8 h 30 après un excellent petit déjeuner au cours duquel ils nous livrent quelques bribes de leur vie sur ce rude plateau en commentant des photos de leur maison enfouie sous 4 mètres de neige l'hiver dernier. Impressionnant !
Leur histoire a même fait la une du site Internet du Monde.
En tout cas, leur vaste propriété est très bien placée, tout particulièrement pour nous qui voulons explorer le parc national de Jökulsarglfur (partie Nord du Vatnajökull NP) avant de rejoindre les berges du lac Myvatn où nous avons réservé trois nuits.
Le parc national s'étend de part et d'autre du canyon de la Jökulsa, second plus long fleuve d'Islande.
Il renferme notamment, dans sa partie sud, la cascade de Detifoss, la plus puissante d'Europe. Mesurant 44 mètres de hauteur, elle voit s'écouler… 193 m3 d'eau par seconde ! Les embruns ainsi créés sont visibles à un kilomètre.
Il est possible d'observer la cascade depuis l'une ou l'autre rive. Néanmoins, la rive ouest offre le point de vue le plus large, alors c'est par la route 862 que nous l'abordons.
Sur le sentier menant du parking aux chutes, je suis intriguée par le ronronnement permanent d'un hélicoptère. Des touristes se seraient-ils fait déposer ? Non, bien sûr, c'est tout simplement le vacarme de la chute.
Cherchant un peu de calme sur les hauteurs, ces rochers propices à une réunion de druides nous invitent à quelques instants de méditation !
Puis, après avoir jeté un coup d'œil à Selfoss (une deuxième cascade), nous avançons vers le centre du parc où nous avons prévu de randonner. La route 862 bitumée jusqu'à Detifoss s'est transformée en piste truffée de nids de poule. Une heure pour parcourir les 20 km est une bonne moyenne.
Dans la large palette de possibilités sur l'ensemble du parc, nous avons retenu les parcours en boucle V5 + V6 dans Vesturdalur (9km, 3 heures).
Il est 11 heures quand nous démarrons du parking de Hljóðaklettar. Il fait 26 degrés, c'est le moment ou jamais de troquer le pantalon contre un short.
En surplomb de la tumultueuse Jökulsa, un petit chemin nous conduit jusqu'aux imposantes formations rocheuses de Karl og Kerling, l'homme et la femme en islandais. Je ne résiste pas à l'envie de les voir de plus près.
Selon la légende, ces pitons de basalte représenteraient un couple de trolls pétrifiés par le lever du jour, alors qu'ils regagnaient leur caverne.
En face, Tröllahellir, la grotte des trolls.
En complétant notre parcours par la variante V6, nous poursuivons dans des paysages champêtres à travers un bois de bouleaux nains tapissé de fleurs.
Un cheminement rythmé par le doux murmure d'un ruisseau ou le calme apaisant d'un étang. Encore une bien belle balade !
Cette "zen attitude" va bientôt nous quitter car nous n'avons plus que très peu de carburant. Heureusement au nord du parc se trouve (en principe) une station d'essence. C'est un peu fébriles que nous roulons à l'économie dans la direction d'Asbyrgi, plein nord.
Mais la route 862 prend fin et toujours pas de pompe à essence, sur la 85, pas plus. Ce n'est qu'en tournant finalement sur la 864 que nous la trouvons. Ouf ! Nous voilà sauvés !
Ainsi ravitaillés, nous pouvons poursuivre cette fois sur la rive Est du parc national. Passant très à distance du canyon, cette piste poussiéreuse (qui est pourtant une route) ne devient réellement intéressante que dans sa partie sud, quand elle se rapproche de la gorge à la hauteur de Hafragilfoss et Detifoss.
Hafraglifoss : encore des chutes ? Oui, mais quelles chutes… époustouflantes !
Et nous revoilà à Detifoss, vue de la rive Est… impressionnante aussi !
Ainsi la boucle est bouclée. Il nous reste à rejoindre notre étape sur les rives du lac Myvatn (le lac des mouches) où nous avons réservé trois nuits, mais pour une question de disponibilité, dans deux hébergements différents.
Ce soir, ce sera une nuit à Vogafjos Guesthouse, sur la rive Est du lac. En dépit de l'appellation de "guesthouse", son organisation et ses prix sont plus proches de ceux d'un hôtel. Nous y sommes cependant accueillis de façon très personnalisée par un employé ayant à cœur de nous détailler, plan à l'appui, tous les incontournables de la région. Il y a donc indéniablement matière à occuper deux journées pleines.
Nous nous installons confortablement dans une très grande chambre (configuration rare en Islande) avec salle de bains privée avant un bon dîner dans leur "Cowshed Cafe" qu'une baie vitrée sépare de l'étable de la ferme mitoyenne. Original !
Après deux jours de beau temps, la pluie finit par s'inviter en soirée. Grrr !
Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres.

Skutustadir, Hverir et Namafjall : pseudo-cratères, sources chaudes et fumerolles J15 : Jeudi 11 juillet 2013
Sur les rives du lac Myvatn… c'est le déluge ce matin et au petit déjeuner le sujet est dans toutes les conversations. Va-t-il seulement y avoir une amélioration dans la journée questionnent les touristes inquiets ? Pas vraiment alors… il faudra faire avec !
Comment ? D'abord repousser l'heure du check out au maximum, en l'occurrence jusqu'à 10 heures.
Ensuite en profiter pour passer un moment à la laverie. Pas de chance, ici on donne son linge à laver chez Daddy's Pizza et on revient le chercher deux heures plus tard.
Un peu de shopping pendant ce temps ? A Reykjhalid, le village voisin (200 habitants), à part la petite supérette, il n'y a rien. Pourtant, c'est ici que nous avons fini par dénicher les fameuses barres de céréales Matarkistan que nous recherchions désespérément dans tous les supermarchés depuis le début de notre voyage. Nous n'avons donc pas perdu notre temps.
Un bain à la piscine ? En plein air ? Avec toute cette eau qui tombe du ciel, non merci !
Une randonnée ? Pas enthousiasmant sous cette pluie diluvienne !
Il nous faudrait un endroit couvert ! Une grotte peut-être ? Justement, il y en a deux, listées dans nos points d'intérêt : Storagja et Grjotagja. Bon, avouons qu'on n'a pas trouvé ça transcendant. Le seul intérêt, c'est que non loin de là, on peut observer un fossé d'effondrement, clairement visible dans le sol. Celui-ci correspond à la frontière entre les plaques eurasienne et américaine, à la limite desquelles se situe l'Islande.
Impressionnantes ces vapeurs s'échappant des entrailles de la terre !
Deux heures se sont ainsi écoulées, il est temps de récupérer notre paquet de linge et comme il pleut toujours, il n'y a rien de mieux à faire que le check in dans notre prochain hôtel. Celui-ci se trouve sur la rive Sud du lac dans le petit hameau de Skutustadir. Nous y avons retenu les deux nuits suivantes.
Il y a moins de 15 kilomètres jusqu'à l'hôtel Gigur, un hôtel de 37 chambres, plutôt prisé par les groupes, principalement de Japonais. Nous emménageons dans une petite chambre avec lits twin (configuration très fréquente en Islande), à la décoration un peu vieillissante mais très bien placé au bord du lac et au pied d'une zone de pseudo-cratères.
Il est 13 heures à peine, le temps est toujours aussi triste alors en attendant, plongeons-nous dans un bon roman de l'Islandais Indridason. Ambiance !
15 heures passées : on dirait que ça s'arrange un peu côté météo, il ne pleut presque plus, vite sortons ! Certes ce n'est pas le grand beau temps mais une courte balade (une petite heure) autour des pseudo-cratères va nous faire le plus grand bien.
Ici aussi, ces phénomènes géologiques ont été formés par des explosions de vapeur provoquées par l'entrée en contact de la lave en fusion avec le lac.
Le ciel laiteux n'étant pas très photogénique, concentrons-nous plutôt sur ce qui se passe au ras du sol.
Côté flore… des véroniques des rochers (Veronica fructicans) et des ? (à identifier)
Côté faune… une famille de canards siffleurs ! Des phalaropes à bec étroit Une sterne arctique
En effet, le lac constitue un excellent terrain d'observation pour les passionnés d'ornithologie.
Après cette petite mise en jambe, la météo étant égale à elle-même, ni pire ni meilleure, nous décidons de rejoindre en voiture le nord-est du lac, riches en sites géothermiques.
Mais 20 kilomètres plus au nord, avec 300 mètres d'altitude supplémentaires, à l'extrémité de la route 863, le site de Krafla est complètement dans "la ouate". On ne voit pas plus loin que le capot de la voiture. Après un rapide coup d'œil au cratère Stora-Viti, hop, demi-tour.
En perdant un peu d'altitude, du côté de Hverir/ Namafjall, nous passons sous la couche nuageuse, c'est sans doute le moment le plus favorable pour explorer cette zone géothermique.
D'abord cantonnés aux sources chaudes et marmites de boue les plus proches du parking par crainte de nous enfoncer dans la glaise collante, nous nous enhardissons peu à peu pour finalement grimper jusqu'au sommet du Namafjall (430 mètres d'altitude) "pour un magnifique panorama" indique notre documentation.
Là-haut, en guise de panorama ce sera… purée de poix !
Mais quand la purée se disloque, elle laisse apparaître une pente aux tons ocres percée de colonnes de vapeur et surmontée d'une cheminée dressée telle une forteresse au-dessus de cette plaine colorée.
La visibilité est même suffisamment bonne pour nous permettre d'assister à l'arrivée d'une interminable caravane de camping-cars. Manifestement, certains n'aiment pas voyager seuls.
Nous, on apprécie la solitude au sommet du Namafjall, mais nos chaussures beaucoup moins ;-) Elles porteront encore pendant quelques jours les stigmates de cette palette de couleurs.
Après cette dure journée côté météo, on aura bien mérité une bonne pizza chez Daddy's ! Il pleut à nouveau en sortant…
Distance parcourue dans la journée : 60 kilomètres.

Du lac Myvatn à Husavik J16 : Vendredi 12 juillet 2013
9 degrés et ciel nuageux à 99 % ! Nous sommes bien décidés à profiter immédiatement du 1 % restant.
A 7 h 50, nous démarrons le Dodge. Dix minutes plus tard nous le garons au pied du Vindelgarfjall (altitude 529 mètres). Or il ne reste déjà plus que 0,5 % de ciel bleu et il y a 250 mètres de dénivelé à gravir ! A la course avec les nuages, nous ne sommes pas sûrs de gagner.
En effet, ils enveloppent rapidement la montagne et quand nous arrivons au sommet à 9 h 04, on n'y voit… rien, nada…
Seuls un tas de cailloux et un livre d'or en guise de repères !
Mais un proverbe islandais ne dit-il pas "Si le temps ne te plaît pas, attends cinq minutes…" alors on attend cinq minutes mais rien ne se passe, dix minutes, rien non plus.
J'en profite pour laisser mes impressions dans le livre d'or. Hervé s'occupe à photographier une fleur enveloppée de rosée. Quelle délicatesse !
Quinze minutes se sont maintenant écoulées et la vue est toujours aussi bouchée. Mais alors qu'on s'apprête à redescendre, tout à coup, à la vingtième minute, le miracle islandais se produit.
Tel un mirage, l'étendue du lac Myvatn nous apparaît… d'abord furtivement puis un peu plus nettement !
Mais rien ne dure jamais longtemps ici. Au cours de la descente, la pluie fait son retour et le temps d'arriver à la voiture, le ciel est durablement plombé. C'est un temps à rouler, alors roulons ! Cinquante kilomètres nous séparent de Husavik, au bord de la mer. Peut-être qu'il y fait meilleur !
Meilleur ? Je crois qu'il y fait encore plus mauvais. La pluie pénétrante nous refroidit jusqu'aux os. Seule solution : nous réfugier au café Gamli Baukur pour trouver un peu de chaleur.
Husavik est devenue la destination prisée des amateurs de cétacés. Plusieurs compagnies y organisent des sorties d'observation. Nous hésitons mais finalement le froid, la pluie et l'éventualité de ne pas en voir nous en dissuadent.
A la place de cette excursion, nous préférons continuer encore un peu plus au nord de Husavik, toujours avec l'espoir qu'il y fasse meilleur, mais aussi parce qu'on y trouve des falaises côtières riches en fossiles.
Quelques spécimens, mélanges de coquillages fossilisés et de lignite, retiennent notre attention.
Mais je suis transie de froid. Pour tenter de nous réchauffer, nous faisons quelques pas sur la plage de galets, tout en découvrant des œuvres de la nature, comme vernies par la pluie.
Seul un nouveau passage au café de Husavik (Skuld Cafe, cette fois) nous fera oublier provisoirement le mauvais temps. Pourtant, en ressortant, on a l'impression d'une légère amélioration, ce qui nous permet un petit tour dans le port.
Mais cette amélioration n'est que passagère, la pluie nous accompagne jusqu'à notre retour à Myvatn où… c'est le comble… il fait beau !
Nous passons alors la soirée sur la péninsule de Höfdi et Kalfaströnd où le soleil de cette fin d'après-midi donne une toute autre teinte au lac, ragaillardit les oiseaux et redonne le sourire aux touristes.
Cette journée aura donc mieux fini qu'elle n'a commencé ! Deuxième nuit à l'hôtel Gigur.
Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres
J17 : Samedi 13 juillet 2013
Cette dernière matinée dans la région du lac Myvatn s'annonce plutôt bien. Il fait beau, avec 50 % de ciel bleu et 9 degrés.
Nous avons encore quelques heures à consacrer aux alentours, ce soir nous avons une réservation à Akureyri pour deux nuits.
Nous espérions monter au Hlidrafjall (771mètres) mais malheureusement la piste repérée ne permet pas de s'approcher de la montagne autant qu'on ne l'espérait. Or ce matin, nous n'avons ni le temps ni la motivation pour faire une longue marche d'approche avant l'ascension proprement dite.
Par conséquent, changement de plan afin de retourner du côté de Krafla que nous avions seulement entraperçu il y a deux jours. Aujourd'hui, nous comptons suivre à pied le parcours de Leirhnjukur (5 kilomètres, 1 h 30)
Le Krafla est un volcan central d'un diamètre de 20 kilomètres, caractérisé par un ensemble de fissures s'étendant sur un axe nord-sud et cachant une immense chambre magmatique. Il s'agit d'une zone active, la dernière éruption date de 1984. L'élévation actuelle du sol laisse entrevoir une éruption prochaine, le site est sous surveillance permanente.
Tous les ingrédients sont réunis pour donner l'impression d'être au commencement du monde.
Les merveilleuses couleurs des sources chaudes ! Les vapeurs odorantes des solfatares ! Des fissures béantes ! Des boursouflures brûlantes ! Un brasier rougeoyant ! Un âtre encore chaud ! Un chaudron fumant !
C'est véritablement un site fascinant et c'est sur ces impressions que se termine notre séjour à Myvatn. Le temps ne nous a guère gâtés, mais il a eu un avantage, celui d'éloigner les mouches qui rendent parfois toute sortie insupportable sans filet de protection. On a au moins échappé à ce fléau !
Il est 10 heures. Cap sur Akureyri mais pas sans un petit arrêt à Godafoss afin de mettre la chute des dieux dans la boîte.
Trois heures plus tard, nous arrivons dans le centre d'Akureyri qui, en dépit de ses 17 000 habitants seulement, est pourtant la deuxième plus grande ville du pays. Un petit tour dans la ville avec son église moderne, son centre pavé et ses maisons colorées et son café "Amour" !
Puis une petite balade dans la réserve naturelle de Krossanborgir au milieu des rochers de granit survolés par des mouettes qui poussent les mêmes piaillements que leurs congénères bretonnes.
Nous continuons encore 22 km plus au nord jusqu'à Hjalteyri pour qu'Hervé repère l'endroit où il a rendez-vous demain. Car si nous avons fait étape à Akureyri, c'est pour lui, parce qu'il a l'intention d'expérimenter la plongée en combinaison étanche dans les eaux froides de l'EyjafJördur.
C'est dans une ancienne fabrique de harengs qu'Erlendur Bogason a installé son centre de plongée. Il est le découvreur d'un cône géant de 55 mètres s'élevant du fond de l'océan et crachant de l'eau bouillante, surnommé Strytan, ainsi que de nombreux autres sites répartis sur l'ensemble du fjord qu'il explore depuis plus de 20 ans. Il y a donc de quoi faire !
Après avoir mis au point avec lui les grandes lignes de la journée de demain, il est temps de rallier notre guesthouse située au sud de la ville, dans le hameau de Leifsstadir, dans une grande maison où nous avons réservé une chambre avec salle de bains privée.
C'est sans doute l'une des plus grandes chambres que nous ayons eue en Islande.
Pour le dîner, nous préférons sortir. A Akureyri, il y a l'embarras du choix mais en nous fiant au guide LP, nous choisissons Bautinn, un bon choix effectivement !
Après plusieurs journées bien arrosées, cette journée sans pluie a été bienvenue, c'est la cinquième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres.

Akureyri : Plongées dans l'Eyjafjördur J18 : Dimanche 14 juillet 2013
Nous avons fait lever notre hôte plus tôt que d'habitude afin de nous servir le petit déjeuner dès 7 heures au lieu de 8. Hervé doit effectivement être sur son lieu de plongée à 8 h 15, or il se trouve à 30 kilomètres de notre hébergement et il faut traverser toute la ville d'Akureyri.
Mais à cette heure-là et a fortiori un dimanche, il n'y a guère de circulation, nous sommes même en avance.
Il fait 8 degrés, le ciel est couvert au dessus du fjord mais au large il fait beau. Le tout est de savoir qui des nuages ou du ciel dégagé aura le dessus.
Hervé est un peu anxieux. Après une initiation de deux heures en fosse à Paris avant de partir, c'est la première fois qu'il plonge en combinaison étanche en mer.
Un peu fébrile, il enfile plusieurs couches successives (caleçon, sous-pull, chaussettes et chaussons en laine) avant de rajouter une sorte de grenouillère. Par dessus l'ensemble, il ajuste l'ultime combinaison dans laquelle il ressemble à un véritable Bibendum.
Avec son bonnet rouge… un petit air de Cousteau !
Je le laisse ensuite entre les mains d'Erlendur en prévoyant d'être de retour vers 15 heures.
Deux plongées successives sont prévues, dont une à proximité de la petite île de Hrisey en compagnie d'une équipe de chercheurs californiens chargés d'étudier la qualité des eaux des fameuses résurgences.
Quant à moi, je monte sur les hauteurs de Kjarnaskogur et pendant que le linge tourne dans le lave-linge du camping, je me promène dans les bois… pendant que le loup n'y est pas !
Puis j'en profite pour refaire une beauté au Dodge. Il faut savoir qu'en Islande, on peut laver gratuitement son véhicule dans toutes les stations service. Je lui offre en plus pour quelques couronnes un nettoyage intérieur. Il brille maintenant comme un sou neuf ! Mais jusqu'à quand ?
Avec toutes ces occupations je n'ai pas vu le temps passer. Il est déjà l'heure d'aller récupérer mon plongeur. Alors comment cela s'est-il passé ?
Je lui laisse la parole :
Après une remontrée de tout le fjord jusqu'à la pointe Nord de l'île de Hrisey, heureusement par mer d'huile, nous voici ancrés à quelques encablures de la côte.
La combinaison qui s'avérait inconfortable sur terre devient un véritable carcan une fois immergée. Tous les mouvements demandent un effort et les amplitudes sont très limitées.
L'insufflation d'air dans la tenue pour permettre l'équilibrage aggrave encore la situation qui devient difficilement gérable d'autant qu'il s'agit d'une plongée très peu profonde et qu'il faut en permanence rééquilibrer.
Bref, les difficultés techniques ont rendu cette première plongée en océan arctique moins agréable que prévu.
Heureusement qu'Erlendur ne me quitte jamais très longtemps, toujours prompt à m'aider car je n'ai manifestement pas assez de lest malgré les 18 kg de plombs accrochés un peu partout sur ma combinaison.
Pour ce qui est du fond, il se compose d'algues rouges et vertes, d'éponges et d'étoiles de mer et ce pour quoi nous venus ici : des résurgences d'eau chaude dissimulées dans des failles.
Les chercheurs introduisent des sondes dans les failles et recueillent des échantillons d'eau pour étude ultérieure.
Au bout d'une demi-heure et après avoir eu mon premier essoufflement sous l'eau après quarante ans de plongée, Erlendur me ramène à la surface en laissant les chercheurs terminer leur travail.
Nous rentrons à la base sur un océan agité. J'ai le mal de mer.
Une fois à terre, tout va mieux ! C'est aussi l'heure du déjeuner. Erlendur nous sert une soupe maison et nous fait goûter de la truite fumée au crottin de cheval. Délicieux !
Finalement nous annulons la deuxième plongée.
Par conséquent, quand je le rejoins à 15 heures, Hervé m'attend déjà depuis plusieurs heures. Mais loin de s'ennuyer, il en a profité pour visiter la salle d'exposition qu'Erlendur est en train d'aménager. Il a ensuite assisté, dans un local voisin, aux répétitions d'un groupe musical pop très connu en Islande.
Pour ne pas rester sur une expérience inachevée, Erlendur lui propose une nouvelle plongée demain matin.
Dans cette perspective, nous réfléchissons immédiatement à une modification d'itinéraire pour les jours prochains. Au lieu du trajet Akureyri-Laugafell-Varmahlid par les pistes F821 et F752, nous improvisons une étape moins longue (Hervé risque d'être fatigué après sa plongée) en passant au nord par la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). De toute façon, la météo ne sera pas au top alors c'est sans regrets que nous abandonnons ce crochet vers les hautes terres.
Une fois le parcours défini, nous poursuivons l'après-midi au soleil à la terrasse d'un café avant de déambuler entre les parterres fleuris du jardin botanique.
Bien que le ciel soit resté couvert en matinée, c'était encore une journée sans pluie, la sixième depuis le début de notre séjour.
Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres
J19 : Lundi 15 juillet 2013
Nouveau réveil matinal et petit-déjeuner à 7 h 30. A 8 h 15, Hervé a rendez-vous avec Erlendur dans le centre-ville d'Akureyri, ce qui m'évite d'avoir à faire le trajet jusqu'au centre de plongée.
Le temps est maussade : 9 degrés et ciel couvert à 99 %. Le 1 % restant ne résistera pas longtemps, un petit crachin islandais va bientôt arroser le fjord.
Je reste alors confortablement installée dans ma chambre à surfer sur Internet avant de fermer les valises et de rejoindre le centre de plongée vers 10 h 30.
A 11 heures précises, le bateau pneumatique rentre au port. Mon plongeur de mari a l'air d'avoir le sourire !
Alors, raconte…
Cette fois-ci, je suis en compagnie d'une jeune plongeuse allemande et d'un plongeur tchèque.
Suite à l'expérience d'hier, je rectifie le lest ce qui me permet d'être beaucoup plus à l'aise et du même coup me réconcilie avec les combinaisons étanches.
L'eau est verte, il fait assez sombre à 15 mètres de profondeur, rendant les prises de vue d'une qualité médiocre. Le flash est impossible à cause du phytoplancton très dense.
Comme promis les poissons loups sont au rendez-vous, escortés par d'innombrables morues toujours en mouvement
Malgré leur aspect patibulaire et leurs dents proéminentes de carnassiers, ce sont des animaux inoffensifs qui vous regardent dans les yeux en attendant leur récompense.
Erlendur a prévu des coquillages, sortes de palourdes géantes que l'on trouve dans la région. Il nous expliquera par la suite que ces mollusques qui ont une croissance extrêmement lente sont probablement les animaux qui ont la plus longue durée de vie sur terre. Les plus gros spécimens ont plus de 200 ans !
Nous nous régalons du spectacle. En faisant le tour d'un massif rocheux, d'autres poissons loups viennent encore à notre rencontre et éclipsent tous les autres habitants des lieux.
Au bout de 50 minutes, c'est avec regrets que nous finissons par remonter à la surface où nous attendent des mouettes bien rangées autour du bateau.
Pour couronner le tout, sur le chemin du retour, notre embarcation croise la route d'une baleine à bosse. Nous sommes comblés !
Après cette belle expérience, nous continuons notre voyage vers d'autres horizons, en l'occurrence vers le Skagafjördur en faisant le tour de la presqu'île des Trolls (Tröllaskagi). Il est presque midi.
Pour ce soir, nous avons fait une réservation de dernière minute sur Internet à Hofsstadir Guesthouse. Quant au trajet, nous ne savons pas trop ce qu'il nous réserve, l'ayant lui aussi décidé tout récemment.
Sous une petite pluie intermittente, le parcours suit le plus souvent la côte, très découpée, nous dévoilant ici ou là :
… des falaises abruptes d'où dévalent des cascades bien fournies, … un phare orange fraîchement repeint, … des fonds de fjords sauvages, … une mer émaillée d'îlots (ici Malmey), … des villages de pêcheurs isolés (Dalvik, Olafsfjördur, Siglufjödur…) dont le plus mignon est sans aucun doute le dernier.
Siglufjördur (1280 habitants) au bord d'un superbe fjord, petit port de pêche naguère prospère, aujourd'hui petite localité paisible où il fait bon faire s'arrêter pour nos capuccino et expresso quotidiens.
Néanmoins, afin de réduire l'isolement de ces villages, la route passe à trois reprises par des tunnels. Le plus long (7 km) entre Olafsfjördur et Siglufjördur date de fin 2010 seulement. Avant, le trajet par les montagnes faisait plus de 50 km, il a été réduit à 15 km grâce à cet aménagement.
Le premier tunnel (3 km) entre Dalvik et Olafsfjördur est lui tout particulièrement impressionnant car très peu éclairé, très étroit, à une voie de circulation seulement. En cas de véhicule en sens inverse, il faut anticiper et se ranger dans des emplacements régulièrement prévus à cet effet. Alors que sur les routes islandaises, le trafic routier est dans l'ensemble très light, ici comme un fait exprès, il y a du monde !
Avec tous ces fjords à contourner et ces tunnels à traverser, il est 15 h 30 quand nous arrivons à destination à Hoffstadir, une jolie guesthouse qui a l'air toute neuve, dominant le delta marécageux du Skagafjördur.
Notre chambre avec lits twin et salle de bains privée n'a pas de vue sur l'estuaire mais donne côté opposé sur le parking et la montagne. En réservant en dernière minute, on ne peut pas tout avoir. Elle est cependant très agréable.
Le ciel est toujours couvert mais bonne nouvelle, il ne pleut plus, on va pouvoir se dégourdir les jambes : d'abord à travers champs et pâturages le long de la rivière puis jusqu'à la petite église perdue au milieu de nulle part, en tout près de 4,5 kilomètres.
A l'heure du dîner, le restaurant de la guesthouse est tout indiqué. Il prône une cuisine "slow food" à base de produits frais issus des fermes et des ports voisins. Le service semble lui aussi slow. En fait, le serveur nous a tout bonnement oublié, ce qui nous permet de contempler à loisir l'estuaire maintenant éclairé par le soleil.
Malgré cette attente, le dîner est à la hauteur, un réel plaisir pour les yeux et les papilles. Et pour se faire pardonner, on nous offrira le vin !
Fin de soirée à fignoler l'itinéraire de demain qui prévoit une nouvelle traversée des hautes terres par la route 35. Espérons que le soleil apparu tardivement aujourd'hui voudra bien nous accompagner tout au long de la journée !
Distance parcourue dans la journée : 190 kilomètres

Nouvelle traversée des hautes terres : Hveravellir et Kerlingarfjöll J20 : Mardi 16 juillet 2013
Grrr ! Ciel 100 % nuageux et malgré les 11 degrés affichés par le thermomètre, ce ne sont pas les meilleures conditions pour traverser les hautes terres, la vue risque d'être limitée. Mais puisque l'hébergement est réservé…
En effet, j'ai réussi à retenir il y a seulement deux jours une hutte à Kerlingarfjöll, un site parmi les plus spectaculaires du pays.
On y accède par la 35, une piste anciennement classée F mais requalifiée "route" depuis que des ponts enjambent tous les fleuves sur son parcours. Elle n'est en revanche pas bitumée, donc interdite aux berlines de location malgré son statut. Longue de 200 kilomètres, elle traverse les déserts centraux depuis les environs de Blönduos jusqu'à Gulfoss en grimpant jusqu'à 700 mètres d'altitude.
A 9 h 20, nous quittons Hofsstadir sous la grisaille. La couche nuageuse est basse, accrochée entre 200 et 500 mètres.
Dans ce contexte, au fil de notre avancée, les paysages apparaissent ou disparaissent au gré de l'altitude et avec elle, c'est notre moral qui grimpe ou qui chute selon le cas. A chaque fois qu'une légère amélioration se dessine, elle est immédiatement suivie d'un nouveau passage dans le brouillard sous une pluie fine.
Le désert semble plus hostile que jamais. On comprend alors mieux pourquoi cette région n'a été découverte qu'à partir du milieu du XIXème siècle puis véritablement explorée de façon approfondie qu'à partir de 1941.
Seuls quelques hors-la-loi en avaient fait leur domaine, trouvant dans ces vallées isolées un abri sûr. Leur souvenir hante encore certains lieux, notamment Hveravellir, première étape sur notre traversée des Highlands, que nous atteignons au bout de deux heures.
A 622 mètres, ce site géothermique fort prisé est aujourd'hui relativement épargné par les nuages et avec un peu de patience, on y verra même poindre une petite éclaircie.
Nous passons vite fait à côté des sources chaudes les plus proches et les plus convoitées (la Blahver, d'un bleu brillant, la Raudhver, d'un rouge brique et l'Öskurholhver qui émet un jet constant de vapeur) pour nous éloigner un peu jusqu'à l'Eyvindurhver, la source d'Eyvindur, éponyme d'un célèbre hors-la-loi qui se serait caché sur ces terres.
Sur un petit monticule se trouvent les ruines d'un abri où il se serait terré avec sa femme Halla. La mémoire collective islandaise continue à transmettre de nombreux récits relatant sa capacité à survivre dans des conditions extrêmes, sans se laisser rattraper par ses poursuivants.
Si sa cachette était sûre, la butte lui permettait sans doute aussi de surveiller efficacement les alentours. En tout cas, on y jouit d'une belle vue sur le désert et les colonnes de vapeur au loin.
Hveravellir possède également un magnifique bassin artificiel chauffé. Mais avec ce temps mitigé, personne n'a l'air tenté. Nous, non plus… alors poursuivons en direction de Kerlingarfjöll.
Situé à 700 mètres d'altitude au bout de la piste F347, le site abrite un refuge, un camping et quelques chalets et huttes au pied d'un massif réunissant une activité géothermique et des formations géologiques étonnantes.
C'est une de ces huttes que nous avons réservée. Bien qu'équipée d'une salle de bains privée, elle est vraiment rudimentaire pour le prix d'un hébergement… de luxe. Bref, un rapport qualité prix déplorable.
Espérons néanmoins que le site en vaille la peine ! Pressés de le savoir, nous prenons immédiatement la piste nous conduisant dans les hauteurs vers "la vallée aux fumerolles".
Depuis le parking, nous suivons, tels des funambules, une crête en dévers sur un sol détrempé et collant dans lequel nos chaussures s'enfoncent jusqu'à la cheville.
Le ciel hésite entre grisaille et éclaircie. Les volutes de vapeur s'échappant des vallons alentour contribuent encore à donner à l'ensemble un air mystérieux.
Un petit pont de bois marque l'entrée de cette vallée aux merveilles et comme dans la chanson d'Yves Duteil, "il ne tient plus guère que par un grand mystère et deux piquets tout droits".
Le soleil a réussi à avoir le dessus (en tout cas, momentanément) et ajoute à la magie des lieux.
Plus on avance, plus on a l'impression de se promener dans un four chaud où cuisent plein de bonnes choses : des petits pains dorés, des brioches blondes, des biscuits marbrés et des moelleux au chocolat.
Là, c'est nettement une charlotte juste démoulée dont on distingue parfaitement la rangée de biscuits à la cuillère.
Même les sommets ont l'air recouverts d'une bonne couche de nappage !
On aurait bien poursuivi notre quête dans cette vallée généreuse, mais les éléments vont vite briser notre délire gourmand. Une bonne pluie va doucher notre enthousiasme et nous ramènera, tout ruisselants et plus vite que prévu, dans notre hutte.
En tout cas, Kerlingarfjöll, avec ses paysages à nuls autres pareils, est assurément un de nos coups de cœur !
La journée se termine par une petite soirée conviviale dans la salle commune du refuge/camping remplie à 95 % de Français (principalement des campeurs) où chacun tente patiemment de faire chauffer sa gamelle pour un dîner bien mérité. Dehors un vent glacial balaie les hautes terres !
Distance parcourue dans la journée : 185 km.

De la montagne à la mer… via Linuvegur (F338) et Kaldidalur (550) J21 : Mercredi 17 juillet 2013
Brrr, avec 6 degrés à peine, de la pluie et un temps complètement bouché, la journée s'annonce encore médiocre !
Dans ces conditions, ce n'est pas la peine de s'attarder à Kerlingarfjöll. Il vaut mieux s'avancer autant que possible afin de se rapprocher des fjords de l'Ouest, avec l'objectif d'arriver à Latrabjarg demain soir. Nous n'avons pas de réservation pour la nuit prochaine ni pour les quatre nuits suivantes. Cela nous donne une plus grande liberté d'organisation mais aussi un peu d'incertitude. Ce soir, nous devrions donc être au bord de la mer mais où ?
En attendant, cap au Sud en continuant la route 35.
Surprise ! Dès que nous passons au-dessous des 500 mètres d'altitude, le plafond nuageux se disloque par endroits et laisse apparaître à l'horizon de belles éclaircies. La journée s'annoncerait-t-elle moins maussade que prévu ?
Déjà au loin scintillent les eaux bleues pâles du lac Hvitavatn et le soleil éclaire les pentes noires des pitons alentour, rehaussant la couleur vert fluo des traînées de mousse sur leurs flancs.
Ce beau temps inespéré nous incite à pousser jusqu'au bout de la 35 afin de revoir la cascade de Gullfoss sous le soleil. Ensuite nous reviendrons sur nos pas pour prendre la F338 vers l'ouest.
C'est vrai qu'elle a une toute autre allure sous le soleil et mérite bien son nom de "cascade d'or".
C'est indiscutablement notre cascade préférée !
Après ce petit détour et un léger retour en arrière, nous nous dirigeons définitivement vers l'Ouest en empruntant la F338, une piste quasi rectiligne construite pour l'entretien d'une ligne à haute tension et appelée Linuvegur (vegur = route, linu = ligne). Longue d'une cinquantaine de kilomètres, c'est une voie très rugueuse réservée aux 4 x 4 en raison de deux gués à franchir dès le début. Il nous faudra deux bonnes heures pour la parcourir.
Malgré la présence des pylônes, cet itinéraire va nous réserver d'heureuses surprises.
Après les premiers kilomètres verdis de lupins, la piste traverse une étendue plus austère, plus dépouillée, plus lunaire alors qu'à l'arrière plan, un pic rocheux perce à travers l'étincelante calotte glaciaire du Langjökull.
Manifestement ici aussi la terre porte les stigmates d'une explosion volcanique d'ampleur comme en témoignent un peu partout ces roches éparpillées, torturées, fracturées.
Seules les mousses et quelques rares bouquets de silène arrivent à coloniser et à égayer cet univers minéral !
Un univers complètement inhabité si ce n'est par les trolls comme on peut l'imaginer en observant les traces de cette longue chevelure d'ébène se déployant sur les flancs du mont Hlödufell.
A moins que les occupantes des lieux ne soient ces pieuvres géantes jaillies des entrailles de la terre !
Quand les motifs géologiques finissent par se faire plus rares, le parcours devient un peu plus monotone. A défaut de compter les moutons, nous nous mettons alors à compter les pylônes et comme ils sont tous numérotés, en arrivant au 500ème, nous savons que nous avons atteint le carrefour avec la route 550.
Au croisement, un refuge de secours tombe plutôt bien. Il est 12 h 30, l'heure du casse-croûte alors si on pouvait se mettre à l'abri du vent... Dans le petit local, nous trouvons même un peu de vinaigre balsamique pour assaisonner notre salade. Toutes les zones isolées d'Islande sont équipées de ce type de refuge où un minimum vital est à disposition pour attendre les secours.
Le trajet se poursuit en remontant la vallée de Kaldidalur sur la route 550 (non bitumée) jusqu'à Husafell. Serpentant au pied d'une série de glaciers, la piste est très belle aussi mais moins remarquable que la précédente. Nous avons largement préféré la Linuvegur.
Au sortir de la petite localité de Husafell, deux séries de chutes (encore !) vont nous donner un prétexte pour une courte halte : Barnafoss, la "chute des enfants" (car des enfants y ont chuté) et Hraunfossar (la chute de lave).
La plus étonnante des deux est celle de Hraufossar avec ses innombrables filets d'eau jaillissant d'une multitude de failles sur un kilomètre et demi.
Un intermède bienvenu alors que nous sommes en route depuis six heures. Pourtant nous ne comptons pas en rester là, nous voulons continuer encore pendant quelques heures en direction de la route 60.
Les paysages sont maintenant plus doux, plus verts, plus agricoles et régulièrement ponctués de colonnes de vapeur témoignant de la présence d'une source chaude autour de laquelle se regroupent une ferme ou un hameau. Une énergie à portée de main !
Mais cette douceur de vivre ne saurait faire oublier ce qui se trame sous la chaussée ! Cratère en formation sur une route islandaise ;-)
Vers 17 heures, on en a plein les roues et en arrivant à la hauteur de Budardalur, on décide de s'y poser. Peu importe que le village et sa seule guesthouse – Dalakot Gueshouse- soient sans charme, il n'est plus question d'aller plus loin.
Après un petit tour en bord de mer (il fait 16 degrés), nous nous attablons au restaurant de la guesthouse qui, ce soir, ne sert que de la pizza. Ça nous convient parfaitement. Mais comme nous sommes dans un trou perdu, la carte n'est qu'en islandais. Nous nous amusons alors à en faire la traduction pour le plus grand plaisir de la patronne et pour les futurs touristes français qui passeraient par là.
On a ainsi appris que… ostur = fromage, skinka = jambon, laukur = oignon sveppir = champignon, olifur = olive, kjuklinkur = poulet
Distance parcourue dans la journée : 285 km

Fjords de l'Ouest : rendez-vous avec les macareux de Latrabjarg J22 : Jeudi 18 juillet 2013
"It's a beautiful day" susurre la radio de bon matin. Pourtant, pour l'instant, c'est loin d'être gagné, le ciel est couvert à 100 %, il fait 9 degrés. La seule bonne nouvelle, c'est qu'il ne pleut pas… en tout cas, pas encore !
Ce soir, nous comptons être à la pointe la plus occidentale de l'Islande, au bord des falaises de Latrabjarg. Nous n'avons aucune réservation.
280 kilomètres nous séparent de notre destination finale alors à 8 heures, nous sommes déjà en route.
Devant nous défilent des prairies bien vertes, encadrées de falaises rocheuses aux faux airs de mesas américaines.
Les péninsules de l'Ouest sont des régions excentrées et isolées. Le trafic routier s'en ressent : pas une seule voiture croisée pendant les deux premières heures. Beaucoup de gens préfèrent le ferry pour se rendre dans cette région reculée.
Les seuls à nous regarder passer, ce sont les chevaux dans leur enclos et les moutons en liberté, toujours prêts à traverser devant nos roues.
La route 60 tournicote de fjord en fjord. Il n'y a pas un souffle de vent et l'océan a pris des allures de lac où se reflètent les flancs des montagnes environnantes.
Mais pour gagner du temps, la route saute parfois d'une rive à l'autre grâce à une digue, évitant ainsi un long détour jusqu'au fond de chaque bras. Si c'est déjà le cas du Gilsfjördur, à terme, plusieurs autres fjords seront ainsi enjambés, ce qui permettra le désenclavement de la région. Des travaux titanesques sont en cours. En témoigne la taille des véhicules de chantier !
A Flokalundur, nous quittons la 60 pour la 62 puis, après avoir longé la rive Ouest du lac Vatnsdalsvatn à la recherche de canards rares (sans succès), nous poursuivons jusqu'au carrefour avec la 612.
Ici nous sommes accueillis par un froid de canard et par un vent à décoiffer les moutons alors que nous apprêtons à jeter un œil à l'épave rouillée du Gardar.
La proue avec ses deux yeux tristes a l'air de faire la moue… un peu comme nous qui, avec ce froid, sommes obligés de pique-niquer dans la voiture, coincés entre le volant et la boîte de vitesse.
"Its a beautiful day" disait la chanson ? A la mi-journée, ce n'est pas encore gagné !
Et plus on avance vers l'Ouest, plus le temps se dégrade : nuages bas, brouillard et crachin persistants accompagnent notre arrivée dans la péninsule de Latrabjarg vers 14 h 30.
Avant toute chose, il est primordial de trouver un hébergement, il n'y en a pas légion dans le coin. Pourtant, à l'entrée de la péninsule, au lieu dit Hnjotur, la première guesthouse sur notre route – Hnjotur Guesthouse - affiche "rooms available" et en moins de deux, nous avons une chambre.
Le patron nous propose une prestation avec ou sans draps fournis. Comme nous avons trimballé nos sacs de couchage depuis le début, autant qu'ils servent enfin. Ce sera donc l'hébergement le moins cher de notre séjour mais pas le plus propre. Mais en n'étant pas trop regardants, c'est une bonne affaire. Cuisine et salle de bains partagées.
Une fois l'esprit tranquille, nous pouvons consacrer notre après-midi à la rencontre avec les macareux. Les falaises qui les abritent sont encore à plus de 20 kilomètres, au bout d'une piste étroite rasant par endroits le flanc de la montagne.
Malgré une bruine persistante et un brouillard tenace, les oiseaux sont au rendez-vous. On peut vraiment les approcher de très près (moins d'un mètre), on pourrait même les toucher si une ligne blanche tracée au sol ne nous tenait à distance raisonnable. Dans ce cas, la météo n'a pas réellement d'importance.
Pris au jeu, nous n'hésitons pas à longer toute la falaise sur un kilomètre mais en réalité les premiers oiseaux ne sont qu'à quelques pas du parking.
Alors était-ce une belle journée ? En voyant la mine réjouie des touristes, on peut le penser.
En tout cas, nous avons passé une excellente après-midi en compagnie de ces adorables oiseaux et fait l'une de nos expériences les plus réjouissantes en Islande, alors peu importe que la pluie redouble d'intensité et tombe à verse toute la soirée et toute la nuit.
Il ne faut parfois pas grand chose pour être heureux !
Distance parcourue dans la journée : 315 kilomètres
J23 : Vendredi 19 juillet 2013
Côté météo, ça ne s'arrange pas : il a plu toute la nuit et il continue encore à pleuvoir par intermittence en ce tout début de matinée.
A 8 heures, nous nous apprêtons à refaire en sens inverse le même trajet qu'hier. Nous sommes effectivement venus jusqu'ici uniquement pour les macareux et n'avons pas l'intention d'explorer davantage les fjords de l'Ouest. De toute manière, le temps a l'air encore plus pourri au nord. Espérons qu'en retournant vers le sud, nous trouverons des cieux plus cléments.
Nous voulions malgré tout commencer par une petite variante en poursuivant la 62 via Patreksfjördur puis la 63 jusqu'aux chutes de Dynjandi avant de refermer la boucle à Flokalundur. Mais les éléments vont contrarier nos projets.
Pourtant, tout commence par une timide éclaircie sur le fjord en quittant Hnjotur.
Une note d'espoir qui motive un premier détour jusqu'à Raudisandur que le guide LP décrit comme "une belle plage aux teintes rougeâtres, un lieu paisible, d'une beauté exceptionnelle". Elle est certes paisible mais noyée dans le brouillard, sa teinte tire plutôt sur le jaunâtre. Dans ces conditions, difficile de l'apprécier à sa juste valeur. Seule la jolie petite église noire nous console d'être venus jusqu'ici.
La suite n'est guère plus engageante. La route 62 – en réalité une piste en terre étroite, frôlant le bord de mer – devient si glissante et si dangereuse sous la pluie et dans le brouillard que nous finissons par abandonner l'idée d'aller jusqu'aux chutes de Dynjandi.
Au carrefour entre la 62 et la 60, nous repiquons immédiatement vers Flokalundur où nous entrevoyons du mieux au point de chausser nos boots dans le but de randonner dans la vallée de Surtrabrangil (fossiles) mais à peine avons nous fait trois pas que la pluie redouble. Nous jetons l'éponge !
Même trouver un bon café relève de l'impossible : dans celui de Brjanslaekur où se sont entassés tous les touristes attendant le ferry, ça ne sent pas la rose et dans le suivant, on ne sert que du jus de chaussettes.
Tant pis, dans ces conditions, on continue à rouler, il n'y a rien d'autre à faire, en dehors d'un nouveau pique-nique dans la voiture, or je déteste manger dans la voiture !
Enfin, après 14 heures, voilà qu'on entrevoit le premier rayon de soleil et comme par miracle, après Brjarkarlundur, la route est sèche. Le moral remonte en flèche.
Et si on restait par là ? J'avais repéré un hébergement et surveillé ses disponibilités : Vogur Country Lodge, isolé au fin fond de la péninsule de Fellströnd. Nous devrions y trouver notre bonheur.
Nous jetons alors nos dernières forces dans le trajet pour y parvenir, car il est encore à plus de 35 kilomètres de la route principale. D'ailleurs, il n'est pas évident à trouver, aucun panneau ne l'indique depuis la route et en arrivant sur place, nous sommes d'abord entrés dans une maison particulière avant de le trouver juste derrière.
C'est un hôtel flambant neuf, réouvert seulement depuis janvier 2013 après une rénovation complète. Nous avons la chance de tomber à la fois sur une grande et belle chambre mais en plus, avec une très belle vue.
Une juste récompense après une journée difficile !
Bien requinqués par cette excellente trouvaille et par une météo qui s'arrange un peu, nous passons la fin de l'après-midi sur la presqu'île de Dagverdarnes à marcher à vue au bord de l'eau, admirant au loin la péninsule de Snaefellsnes précédée par tout un chapelet d'îles et d'îlots.
Les contrariétés météorologiques de la matinée sont alors oubliées et elles le seront définitivement devant l'excellent filet d'agneau servi au restaurant du lodge. Un des nos meilleurs dîners en Islande !
Tout est bien qui finit bien !
Distance parcourue dans la journée : 380 km = notre étape la plus longue !

Le tour de péninsule de Snaefellsnes de Stykkisholmur à Arnarstapi J24 : Samedi 20 juillet 2013
Nous sommes si bien au Vogur Country Lodge que nous nous accordons volontiers une grasse matinée jusqu'à 8 h 30 et démarrons seulement une heure plus tard.
Direction le nord de la péninsule de Snaefellsnes, une région dominée par le célèbre glacier du Snaefellsjökull, immortalisé dans le "Voyage au centre de la Terre" de Jules Verne.
Nous n'avons pas de réservation pour ce soir mais quelques projets de visite et/ou de randonnée pour la journée, du moins si la météo nous le permet. En fonction de ce qu'il nous sera possible de faire, nous déciderons du lieu d'hébergement.
Au fait, comment est le ciel ce matin ? Couvert… pour ne pas changer, mais sans pluie… si ça peut nous consoler.
Il n'y a pas de vent non plus, ce qui fait qu'en arrivant à Stykkisholmur à midi, nous sommes tout étonnés de la douceur ambiante (12/14 degrés) nous permettant rapidement d'ôter nos vestes, ce qui n'était pas arrivé depuis des lustres.
Sous un rayon de soleil, le village et son petit port nous font bonne impression et c'est le cœur plein d'entrain que nous gravissons la colline menant au phare de Sugandisey d'où la vue porte sur toute la bourgade.
Sur les hauteurs de la ville, parmi les maisons typiquement marines se détache la silhouette futuriste de l'église. Intrigués, nous allons la voir de près. Son intérieur est étonnant : sobre et clair, il invite au recueillement pendant que l'orgue monumental diffuse ses sonorités chaudes.
En sortant de l'église, il fait toujours aussi doux et c'est enfin l'occasion d'apprécier un pique-nique en plein air, dans une clairière.
Profitons également de ce temps clément pour randonner. Le site de Selvellir a retenu notre attention, c'est une randonnée sans chemin et sans balisage, tiré du guide Rother. Les seuls éléments en notre possession sont les coordonnées du point de destination. L'ouvrage nous vante "un véritable eldorado pour le photographe" au milieu "de rochers de tuff bizarres".
Soit nous n'avons pas atteint le bon site, soit sa photogénie est toute relative. En tout cas, l'endroit atteint ne nous a pas fait l'effet escompté. Pas de rochers remarquables, juste une belle vue… mais surtout plein de mouches envahissantes !
Bref, pas vraiment de chance, cette fois !
Mais plus de chance une heure plus tard en atteignant le village de Hellisandur où arrivés sans réservation à 17 heures, nous prenons la dernière chambre de l'hôtel du même nom – Hellisandur Hotel - une grande chambre avec salle de bains privée, certes au rez-de-chaussée mais il ne faut pas trop en demander.
En revanche, moins de chance avec la météo car à peine arrivés, il se met à pleuvoir tout ce qu'il peut. Décidément, l'Islande n'a pas l'air d'avoir de déficit de ses nappes phréatiques !
Distance parcourue dans la journée : 225 kilomètres
J25 : Dimanche 21 juillet 2013
Aujourd'hui, nous poursuivons notre tour de la péninsule de Snaefellsnes. Nous n'avons pas de réservation pour ce soir. Tout dépendra de ce que nous pourrons faire dans la journée.
A ce propos…
Le vent s'est levé dans la nuit et continue à souffler très fort en ce début de matinée. Il a disloqué les nuages, donnant 30 % de ciel bleu. Manque de chance, notre trajet nous dirige vers les 70 % nuageux et aussitôt partis, la pluie se rajoute au vent.
Au début, ce n'est qu'une petite bruine qui ne nous empêche pas de profiter de la belle plage de Skarsvik et de son lagon bleu turquoise. Ah, si l'eau était chaude, ce serait un sacré spot !
Mais les gouttes s'intensifient et arrivés devant le phare de Svortuloft, nous nous contentons de le photographier depuis la voiture.
Devant celui de Öndverdarnes, nous prenons notre courage à deux mains pour faire un saut jusqu'aux falaises. Bilan : pour quinze minutes de sortie… trempés jusqu'à la moelle, si bien qu'en arrivant à Dritvik, je reste gentiment dans la voiture et envoie Hervé en éclaireur.
Alors ? Il me persuade d'en sortir pour aller admirer l'arche rocheuse, soupeser les pierres de levage et constater les dégâts d'un ancien naufrage.
Nos vestes sont dégoulinantes au retour et nous nous jurons de ne plus quitter la voiture avant qu'elles n'aient séché.
Mais quelques kilomètres plus loin, une nouvelle curiosité aura raison de notre sagesse. Nous enfilons nos vestes trempées afin de voir si les colonnes de pierre de Londrangar surgissent de terre ou des flots.
Ils surgissent bien de terre en bord de mer !
Nous nous engouffrons vite dans la voiture, chauffage à fond, jusqu'au point d'intérêt suivant.
A Arnarstapi, nous étions décidés à ne pas aller plus loin que l'arche rocheuse de Gatklettur, mais d'une colonne rocheuse à l'autre, sous une pluie pénétrante et contre un vent de face, nous nous laissons porter par l'ambiance tempétueuse pour finalement longer toute la falaise jusqu'au petit port.
Le guide LP a raison de préciser que cette balade est encore plus fascinante sous la pluie mais on aurait quand même préféré la faire sous le soleil J
Après un capuccino brûlant, reprenons la route. Dire qu'il y a quelque part au dessus de nos têtes, une couronne glaciaire dont on n'aura pas vu la couleur. A peine si l'on distingue la forme des reliefs !
Un profil féminin? Sans doute celui d'une belle Islandaise.
Nous laissons tomber Budir et sa fameuse église noire mais plus loin, à Ytri-Tunga, impossible de renoncer à l'observation des phoques.
La pluie a momentanément cessé mais atteindre ces veaux de mer se mérite. Il faut se tordre les pieds sur une plage envahie de rochers recouverts d'algues glissantes avant d'apercevoir une petite colonie de quelques sept individus.
La pluie redouble encore d'intensité. Pour nous remonter le moral, au carrefour des routes 54 et 56, nous nous empiffrons d'une portion de frites et d'une glace.
Puis, tout à coup et comme souvent en Islande, à la sortie de la péninsule de Snaefellsnes, le temps s'améliore peu à peu et à l'approche de Borgarnes, le soleil prend le dessus. On n'osait plus y croire !
Nous décidons donc de chercher un hébergement dans cette petite ville. D'après notre documentation, Bjarg Guesthouse serait le meilleur choix. Mais elle est fully booked. Dommage car l'endroit est mignon et sa propriétaire très serviable. Pour nous venir en aide, elle passe plusieurs coups de téléphone avant de nous trouver une disponibilité à l'hôtel Hamar, à 3 kilomètres du centre-ville. Encore mieux (nous le réaliserons plus tard), elle négocie pour nous un bon prix ainsi que l'inclusion du petit déjeuner.
L'hôtel Hamar fait partie de la chaîne Icelandair : il est impeccable avec de grandes chambres très claires. Nous sommes encore bien tombés !
Avec ce beau temps inespéré, vite, il faut improviser une petite randonnée. Après quelques clics sur Internet, nous repérons Hafnarfjall. Nous n'avons pas l'ambition d'atteindre le sommet (850 mètres d'altitude, 750 mètres de dénivelé) d'une part parce qu'il est dans les nuages et d'autre part parce qu'il est déjà 18 heures quand nous démarrons. Nous nous contentons d'une montée raide dans un pierrier pendant une heure afin de savourer les vues sur le fjord et sur Borgarnes sous un soleil radieux.
Ça fait du bien au moral et ça nous réconcilie avec l'Islande ! Mais ce beau temps durera-t-il ? La réponse… demain ;-)
Distance parcourue dans la journée : 205 km

Dernière étape de Thingvellir à Reykjavik J26 : Lundi 22 juillet 2013
Alors le ciel ? Bouché, désespérément bouché… et il bruine en plus, alors qu'il faisait tellement beau hier soir. C'est rageant !
Notre dernière étape doit nous mener à Reykjavik où nous avons réservé un appartement en plein centre-ville pour deux nuits. Mais on espérait faire une dernière visite ou mieux une dernière randonnée avant de rejoindre la capitale.
Bon, dans ces conditions, le plan A – la cascade de Glymur, parcours difficile sur rochers glissants - on oublie ! Le plan B – la vallée d'Hengill à Hverargerdi, 4 heures de randonnée avec baignade dans une rivière chaude – aussi !
Le plan C semble offrir le meilleur compromis : dans le parc national de Thingvellir, on peut trouver de petites balades sur des sentiers bien tracés, voire bitumés. Au pire, on pourrait juste s'arrêter aux points de vue, du moins s'il y a de la vue, car rien n'est moins sûr au moment où nous prenons la route dans un brouillard à couper au couteau.
A Akranes, contourner le fjord par la route 47 ne sert à rien, prenons directement le tunnel.
A sa sortie, le ciel a l'air de vouloir s'éclaircir mais dès que nous tournons vers l'est en direction de Thingvellir, nous retrouvons la purée de poix.
A Thingvellir, haut lieu de l'histoire islandaise mais aussi haut lieu du tourisme en cars, le parking est bondé, la foule se presse au point de vue où l'on ne voit… strictement rien. Mais les mouches, elles, sont à la fête avec tout ce monde.
Pour les Islandais, Thingvellir représente le lieu où les Vikings fondèrent le premier parlement démocratique en 930 et celui où fut proclamée l'indépendance de l'Islande en 1944.
En tant que touristes, nous sommes surtout impressionnés par le cadre, une immense vallée d'effondrement causée par l'écartement des plaques eurasienne et nord-américaine.
La grande faille d'Almannagja (7,7 kilomètres de long sur 40 mètres de large) a un petit air de mur des Lamentations, la verdure en plus et la ferveur en moins.
En dehors d'Almannagja, le parc est truffé d'autres failles, plus petites où la brume et l'eau jouent avec les reflets des amas rocheux !
Soudain, Hervé réalise que la plongée se pratique ici dans la faille de Silfra. On se met alors immédiatement à la recherche du lieu. Nous ne tardons pas à trouver les minibus des clubs de plongée. Malheureusement, pour le jour même, l'activité n'est pas envisageable, les plongées se terminant déjà pour les différents groupes. Dommage qu'on n'ait pas anticipé, mais il réussit à prendre un rendez-vous pour demain avec picking up depuis notre hébergement dans le centre-ville de Reykjavik.
Les nuages se sont un peu levés entre temps, il ne crachote plus et alors que nous nous dirigeons à présent d'un bon pas vers la cascade d'Öxararfoss, nous laissons tomber vestes et polaires. Un bon point !
Les mouches ne nous laissent pas de répit à l'aller mais curieusement au retour elles abandonnent la partie. Le sens du vent, sans doute !
A la sortie du parc national, au bord d'un lac, une chouette table de pique-nique nous tend les bras mais impossible d'y déjeuner, c'est un véritable meeting de mouches.
Alors direction Reykjavik où le temps s'améliore un peu. C'est même sous un petit rayon de soleil que nous finissons nos dernières provisions dans un parc de la ville.
Trouver notre appartement relève ensuite du casse-tête, le centre-ville n'est qu'une succession de rues en impasse ou en sens unique. Après avoir fait trois fois le tour, nous tombons enfin sur le 86/94 Laugavegur où nous avons rendez-vous avec Arnar le propriétaire, entre 15 et 16 heures.
Au quatrième étage d'un immeuble en plein centre-ville, nous prenons possession d'un deux pièces de 67 m2, lumineux et confortable, où nous nous sentons immédiatement comme chez nous. Pendant ce temps, le Dodge est récupéré par le loueur au pied de l'immeuble. Tout est OK.
Après avoir pris nos repères, fait quelques courses pour notre dîner, nous sortons vers 20 h 30 (alors que le soleil vient enfin de triompher des nuages) pour un grand tour à pied par le centre jusqu'au port et au tout nouveau centre de concerts et de conférences.
Baptisé Harpa et inauguré en août 2011, l'édifice très design est posé tel un vaisseau au bord de l'océan, à l'entrée du port.
Sur 60 000 mètres carrés et 43 mètres de haut, il abrite 4 salles principales dont la plus grande peut accueillir jusqu'à 1800 personnes assises, des boutiques et des restaurants. Sa construction s'est étalée de 2007 à 2011. Resté en suspens suite à la crise financière de 2008, le chantier a été repris par les autorités locales et le bâtiment achevé en 2011 pour un budget total avoisinant les 170 millions d'euros.
Sa réalisation a suscité bon nombre de controverses et de polémiques, à l'image de ce qu'en dit l'auteur Arnaldur Indridason dans un de ses romans "La muraille de lave" : "...cette salle de concert gigantesque qui… était un exemple criant et risible de l'égo surdimensionné d'une petite nation".
Imaginée par l'architecte danois d'origine islandaise Olafur Elliasson, sa façade est composée d'une infinité de polyèdres de verre, de formes toutes différentes, évoquant la structure alvéolaire des colonnes de basalte typiquement islandaises.
Une œuvre résolument moderne qui, selon les mots de l'artiste, travaille et magnifie la lumière de Reykjavik : étonnant !
A deux pas de là, une autre œuvre artistique célèbre symbolise, elle, l'histoire et le passé de Reykjavik. Conçu par le sculpteur islandais Jon Gunnar Arnason, "Solfar" ou le Voyageur du Soleil évoque la charpente d'un navire de guerre viking.
Nous terminons là notre balade vespérale alors que le ciel rougeoie à l'horizon, laissant deviner en cette fin du mois de juillet le retour progressif de la nuit. Il est 22 h 30. Le soleil se couchera à 23 h 02.
Distance parcourue dans la journée : 145 km. Distance totale : 5 000 km.

De Thingvellir à Reykjavik : plongée dans la faille de Silfra et balade en ville J27 : Mardi 23 juillet 2013
Réveil matinal sous un grand et beau soleil. Hourrah !
Hervé a rendez-vous à 8 heures avec "Scuba Iceland Dive Team". Direction Thingvellir et plus particulièrement la faille de Silfra.
Je le laisse commenter sa matinée :
"C'est une charmante monitrice qui me conduit à Silfra et me guide dans nos deux plongées. Il n'y a pas d'autres plongeurs avec nous. Avantage énorme d'avoir choisi un club à taille humaine… une plongée en binôme et en plus, nous serons les tout premiers sur place.
Je me retrouve à nouveau emballé dans les couches successives de la combinaison étanche avec des plombs un peu partout.
Nous parcourons les quelques mètres séparant le parking encore vide de l'échelle de mise à l'eau. Puis c'est la descente dans une faille remplie d'eau d'une limpidité hallucinante que les photographies ne rendent pas complètement. Cela me rappelle les Cénotes mexicains.
Quel changement après l'expérience de l'océan Arctique !
L'équilibrage doit être parfait pour ne pas toucher le fond, ce qui soulèverait un nuage de particules, d'où l'intérêt d'être les premiers.
Les couleurs sont incroyables. Les bleus sont d'une profondeur inouïe et les algues vertes semblent fluorescentes.
Nous évoluons dans plusieurs bassins de profondeurs variables avec entre eux des passages qui frôlent la surface.
La balade dans ces paysages uniques dure environ trente minutes puis c'est déjà la sortie… quelques centaines de mètres plus loin.
Le retour est pénible avec 40 kg d'équipement sur le dos.
Sans se changer, nous nous reposons trois quarts d'heure avant la deuxième plongée, en partageant quelques friandises tout en échangeant nos expériences sous-marines.
Les autres clubs arrivent entre temps mais nous arrivons à les doubler in extremis sur l'échelle de mise à l'eau et sommes une nouvelle fois les premiers dans l'eau.
L'itinéraire est un peu différent avec davantage de hauts-fonds où les verts et les bleus se côtoient et se disputent la vedette.
Je n'ai pas vu de faune mais il existerait quelques rares petits poissons.
Cette deuxième plongée dure également trente minutes. Le retour est encore plus pénible à cause des mouches qui se sont réveillées et nous harcèlent sans relâche.
C'est avec des couleurs plein les yeux que je fais le retour vers Reykjavik. Au total, ce fut une expérience magique que je conseille vivement à tout plongeur visitant l'Islande.
Les mêmes parcours en apnée avec une simple combinaison raviront les amateurs pas trop frileux.
Hervé est de retour en fin de matinée. Sa bouille réjouie ne fait pas de doute sur son degré de satisfaction.
Quant à moi, j'ai fait pendant ce temps un premier repérage dans le centre-ville avant d'y retourner ensemble dans l'après-midi.
Il fait un temps merveilleux. Tout le monde est dehors, à déambuler dans les rues piétonnes, à déjeuner en terrasse, à pique-niquer dans les squares, à prendre le soleil dans les parcs et les jardins, à pédaler au bord de l'océan.
Bref, l'Islande revit, les Islandaises arborent leurs petites robes d'été, les enfants sont en culottes courtes, les touristes en bras de chemise et nous, on profite d'une de nos plus belles journées pour…
… jeter un œil à la cathédrale, Hallgrimskirkja, flanquée de hautes colonnes de béton symbolisant les colonnes de basalte si emblématique de l'Islande. Sa construction a duré 34 ans (1940 à 1971)
… contempler les sculptures dans le jardin du musée Einar Jonsson, le plus grand sculpteur d'Islande
… nourrir les oiseaux au bord du lac Tjörnin, au cœur de la ville
… nous remémorer tous les bons moments de notre voyage autour du plan en relief exposé à la mairie
… avant de clore la journée et notre voyage par un très bon repas au Sjavargrillid (Seafood Grill) où l'on aurait presque pu dîner en terrasse tellement il fait bon en cette dernière soirée.
Après plusieurs jours de grisaille, cette très belle journée va nous laisser une impression positive et c'est avec ce souvenir-là que nous quittons l'île de glace et de feu le lendemain.
A Paris, c'est la canicule. En passant de 15 à 35 degrés, nous regrettons vite l'air vif et frais de l'Islande !

Le mot de la fin
Impressions générales "Vous verrez, vous allez aimer l'Islande… même sous la pluie…" nous avaient dit deux Islandaises rencontrées à Roissy au moment de notre départ.
Alors, qu'en est-il ?
A vrai dire, immédiatement après notre retour, notre impression a été plutôt mitigée. Nous étions un peu las après deux semaines sur quatre de grisaille quasi permanente et seulement 7 jours sans pluie sur l'ensemble du voyage.
Par conséquent, il a fallu "digérer" un peu le voyage, laisser reposer la destination, revoir les photos, construire le récit pour en retrouver le meilleur et n'en garder que les bons côtés.
Certes, sur 28 jours, nous avons eu 7 jours sans pluie, seulement. Mais les belles journées ne se sont pas limitées pas à ces sept-là, il y en a eu beaucoup d'autres où de belles éclaircies se sont développées entre les averses. La première quinzaine a été majoritairement ensoleillée et durant la deuxième quinzaine, le soleil est parfois apparu au bon moment, juste à temps pour nous faire apprécier un site.
En étant très optimiste, on peut même considérer que chaque jour, nous avons pu bénéficié de quelques heures de beau temps ou du moins de quelques heures d'amélioration. Dans ce cas, on arrive presque à 100 % de taux de satisfaction. En tout cas, nous avons fait en sorte de profiter du meilleur de chaque jour.
Serions-nous partants pour y retourner ? En ayant sillonné le pays en long en large et en travers pendant un mois, la destination ne sera sans doute pas une priorité dans les prochaines années. Néanmoins, un court séjour en hiver nous plairait bien pour voir des aurores boréales et les paysages islandais sous la neige et la glace. Les cascades de Gullfoss ou de Dettifoss prises dans les glaces doivent être spectaculaires.
Nos coups de cœur !
C'est simple, ils sont directement liés aux conditions météo dans lesquelles on les a abordés. On a adoré tous les endroits où il a fait beau, on a moins apprécié tous les endroits où il a fait gris.
- en tête de liste, Kerlingarfjöll, sa vallée aux fumerolles et la route 35 qui traverse les hautes terres.
- tous les déserts centraux et les pistes qui y mènent : les pistes F228 vers Veidivötn , F910 et F 88 vers Askja, F338 (Linuvegur), F206 vers le Laki, F 225 et F 208 Sud vers le Landmannalaugar.
- le fjord de Mjoifjördur, isolé et sauvage, et notre petit cottage idéalement placé.
- toute la région Sud de Vik à Jökursarlon en passant par Klaustur et Skaftafell avec quelques randonnées remarquables dont celle vers le glacier Myrdal ainsi que le grand tour dans le parc national de Skaftafell.
- les cascades spectaculaires, dont Gullfoss notre préférée.
- hors catégorie, la rencontre si intime avec les macareux a été une expérience particulièrement réjouissante et nous n'avons pas regretté d'avoir fait le long détour pour les voir, même sous un temps maussade.
- enfin, Hervé a été ravi de ses deux expériences de plongées, l'une en mer dans l'Eyjafjördur et l'autre en eau douce, dans la faille de Silfra.
Ce qu'on a moins aimé :
- les sites géothermiques (hormis Kerlingarfjöll) ne nous ont pas vraiment transporté, car nous en avions déjà vus dans nos voyages précédents. La région du lac Myvatn nous a paru un peu surfaite.
- les péninsules de l'Ouest visitées sous un temps très médiocre n'ont pas pu être appréciées à leur juste valeur.
Des regrets ? Non, à part d'avoir manqué de soleil surtout pendant la deuxième quinzaine !
A propos de l'itinéraire
Nous avons finalement parcouru près de 5 000 kilomètres, soit une moyenne de + ou - 200 kilomètres par jour.
Nous l'avons fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, du Sud-Ouest au Sud-Est puis du Nord-Est au Nord-Ouest avec, à plusieurs reprises, des incursions dans le Centre. On aurait aussi pu imaginer le faire dans le sens des aiguilles d'une montre. Cela aurait permis de finir par le Sud et les sites les plus remarquables.
En l'adaptant un peu, ce parcours pourrait être réalisé en trois semaines.
A propos du véhicule
Même si le Dodge Durango n'était pas le véhicule que nous avions choisi, il nous a finalement donné entière satisfaction. Il est très confortable sur les cahots des pistes (véhicule neuf) et passe aisément les gués sans même trop toucher au blocage du différentiel.
Rien à redire sur le loueur Iceland Car Rental.
A propos des hébergements et des réservations
Ce n'est pas un scoop : en Islande, les hébergements sont chers pour des surfaces dans l'ensemble très petites.
Les guesthouses sont un bon compromis mais leurs prestations sont très variables.
Certaines sont de vraies maisons d'hôtes où l'on est accueilli par les maîtres de maison (Hrifunes ou Grimsstadir par ex), d'autres mettent à disposition des locaux mais les propriétaires ou gérants ne sont pas présents en permanence (Birkifell ou Blabjorg). Certaines guesthouses peuvent proposer des chambres avec lits sans draps (Hjontur). Dans tous ces cas, la salle de bains est partagée, ce qui n'est pas un problème car les installations sont en général très récentes et très propres. Il existe une dernière catégorie de guesthouses qui ont une organisation et des prix plus proches de ceux des hôtels (Vogafjos). Dans ce cas, salle de bains privée.
Enfin, quelques guesthouses ou hôtels proposent des cottages. Ce sont ces hébergements-là que nous avons le plus appréciés : Berunes, Laki/Efri-Vik et surtout Solbrekka.
Les réservations ont été faites via booking.com (annulation possible jusqu'à 48 heures avant et paiement sur place) ou farmholidays (paiement immédiat) ou parfois directement par l'intermédiaire du site web de l'hébergeur.
Faut-il réserver ou pas ?
La réservation permet d'avoir l'esprit tranquille mais bloque l'itinéraire en cas de mauvais temps. Sans réserver, on peut mieux mettre en adéquation météo et itinéraire.
Nous avions choisi un compromis en réservant 15 nuitées sur 28. Or nous avons toujours trouvé à nous loger sans réservation, même en plein mois de juillet. Si j'avais à le refaire, je partirais certainement sans aucune réservation (ou très peu).
Ouvrages et sites Internet utiles
Côté papier : - le guide Lonely Planet Islande (bien plus détaillé et complet que le Routard) - le guide de randonnées Rother (merci Esethi !) - la carte Ferdakort Islande au 1 : 500 000
Côté Internet : Des récits de voyages qui m'ont inspirée pour construire notre itinéraire ainsi d'autres sources utiles au voyage :
* Islande terre de glace et de feu sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/
* Un peu partout en Islande voyageforum.com/...ost=5771677;#5771677
* Hautes Terres d'Islande sites.google.com/...sterresdislande/home
* Journal d'un voyage de 23 jours en Islande international-photographer.com/...ande-jo...
* Un véritable guide-photo détaillé de l'Islande www.photovoyage.org/islande/
* Carte de l'Islande pour Garmin : www.ourfootprints.de/...source-island_e.h...
* Webcams islandaises www.livefromiceland.is/
* Météo et conditions routières www.vegagerdin.is/...ditions-and-weather/
* Faune et flore islandaises www.iceland-nh.net/plants/index.html
Un dernier mot…
Alors au final, ce voyage a-t-il été réussi ? Assurément, oui, nous avons fait un très beau voyage et j'encourage vivement tous les amateurs de déserts, de cascades et de volcans à y aller.
Avec un peu plus de soleil, il aurait sans doute basculé dans la liste des "fabuleux" !
C'est avec ce bouquet que s'achève notre récit. S'il vous a plu, n'hésitez pas à nous le dire, ça nous fait toujours grand plaisir. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous serions heureux de vous le donner. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.
A+ pour d'autres fabuleux voyages ! Krikri (texte) et Hervé (photos)

L'un ou l'une d'entre vous a-t-il déjà participé à une randonnée en Islande organisée par ISHESTAR Riding Tours ? Si oui, qu'en avez-vous pensé ? Quel itinéraire fait-il privilégier (nous sommes déjà allés vers l'HEKLA et Landmanalaugar avec une autre prestataire) ? D'avance merci.
Bonjour à tous !
Nous pensons aller en Islande début mai, pendant une dizaine de jours. Je rêve d'y aller depuis des années ! Mais notre budget est un peu serré (max 2000€ tout compris pour 2), et les prix des billets augmentent vite donc on doit se décider rapidement. On compte louer une voiture de base (j'ai trouvé certains modèles à 350€ les 7 jours), et donc rester sur la route 1. On va aussi privilégier le camping. Après pas mal de lectures sur ce forum et sur internet, voici mon idée d’itinéraire : Jour 1 : arrivée tardive à Reykjavik Jour 2 : location de la voiture et visite / randonnées à Thingvellir et Gulfoss. Nuit à Geyser (est-ce possible ?) pour y être seuls le matin (mais peut-être qu’en mai c’est tranquille ?) Jour 3 : Geysir et route vers la peninsule de Vatnsnes (est-ce que Vatnses vaut le coup ?), nuit à Vatnsnes Jour 4 : randonnées dans la région (à définir), nuit vers Akureyri Jour 5 : route vers Myvatn, bains chauds, balades, nuit dans la zone Jour 6 : journée de randonnées autour de Myvatn / volcan Stora Viti / Krafla, nuit dans la zone Jour 7 : longue route vers Hofn ou Jokulsarlon, nuit sur place Jour 8 : visite des glaciers de Breidalon, Jokulsarlon, cascade de Svartifoss, nuit dans la zone Jour 9 : retour vers Reykjavik
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que c’est faisable, et est-ce qu’on rate des sites magnifiques ou originaux sur le chemin ? Sachant qu'on aime beaucoup les sites volcaniques, les fumerolles, les sources chaudes...
Merci d’avance !!!
Yoann
Nous pensons aller en Islande début mai, pendant une dizaine de jours. Je rêve d'y aller depuis des années ! Mais notre budget est un peu serré (max 2000€ tout compris pour 2), et les prix des billets augmentent vite donc on doit se décider rapidement. On compte louer une voiture de base (j'ai trouvé certains modèles à 350€ les 7 jours), et donc rester sur la route 1. On va aussi privilégier le camping. Après pas mal de lectures sur ce forum et sur internet, voici mon idée d’itinéraire : Jour 1 : arrivée tardive à Reykjavik Jour 2 : location de la voiture et visite / randonnées à Thingvellir et Gulfoss. Nuit à Geyser (est-ce possible ?) pour y être seuls le matin (mais peut-être qu’en mai c’est tranquille ?) Jour 3 : Geysir et route vers la peninsule de Vatnsnes (est-ce que Vatnses vaut le coup ?), nuit à Vatnsnes Jour 4 : randonnées dans la région (à définir), nuit vers Akureyri Jour 5 : route vers Myvatn, bains chauds, balades, nuit dans la zone Jour 6 : journée de randonnées autour de Myvatn / volcan Stora Viti / Krafla, nuit dans la zone Jour 7 : longue route vers Hofn ou Jokulsarlon, nuit sur place Jour 8 : visite des glaciers de Breidalon, Jokulsarlon, cascade de Svartifoss, nuit dans la zone Jour 9 : retour vers Reykjavik
Qu’en pensez-vous ? Est-ce que c’est faisable, et est-ce qu’on rate des sites magnifiques ou originaux sur le chemin ? Sachant qu'on aime beaucoup les sites volcaniques, les fumerolles, les sources chaudes...
Merci d’avance !!!
Yoann
Bonjour a tous les amateurs de recits de voyage et aux amoureux de l'Islande,
Nous sommes une famille (avec 2 enfants de 7 et 9 ans au moment de ce voyage) qui aime voyager et s'extasier devant la beauté du monde. Le temps des vacances, nous cherchons la nature la plus vierge possible, les échanges interhumains les plus simples, loin du matéralisme du quotidien. En 2011-2012 nous avons fait un grand voyage de 13 mois en Amérique du Sud, auquel nous avons consacré notre site, www.geonautesaunouveaumonde.eu . ll nous a donné plus que jamais le goût de la liberté, que nous allons chercher cette fois-ci sur une petite "île de glace et de feu".
Pourquoi l'Islande? Une fois n'est pas coutume, pour notre grand voyage familial 2013 nous restons en Europe. Notre destination est à moins de 4 heures d'avion de Bruxelles, Paris ou Amsterdam. Il n'y a pas de grands monuments des civilisations du passé, et pourtant les superlatifs fusent. Car en Islande, c'est la nature qui fait le spectacle! Et surtout, c'est vide. Le pays entier est moins habité qu'une ville moyenne de par chez nous. Cela tombe bien, c'est ce que nous cherchons: à nous émerveiller, mais si le spectacle est privé ou presque, ce n'est certainement pas pour nous déplaire...
Comment voyage-t-on? Pour être au plus près de la nature, mais aussi pour alléger le budget, car l'Islande est un pays cher, on dort en camping ou bivouac. On ne pensait pas avoir le profil du vieux campeur avant de goûter au plaisir du silence et du ciel étoilé en pleine nature en Amérique du Sud. Maintenant on le sait: peu importe que la maison soit petite (une tente), si le jardin est grandiose et les voisins ouverts et sympas. Pour garder toute notre liberté de mouvement, nous allons nous déplacer en voiture de location. Pour quitter le sentier le plus battu (dans ce cas la route circulaire qui fait le tour de l'île), ce sera un 4x4. Après l'Amérique du Sud, la piste ne nous fait pas peur, les gués et les côtes on connaît, voir les désensablements et les désembourbements. Nous on sait c'est que c'est de rouler à 20km/h sur la tôle ondulée, et si c'est au milieu de beaux paysages, on aime ça!
Après quelques jours à Reykjavik, nous avons parcouru 4000 km en trois semaines de voyage itinérant, dans le sens des aiguilles d'une montre.
Les posts suivants vous raconteront nos differentes etapes et impressions.
voici une carte avec notre itineraire:

A tout a l'heure pour la premiere etape,
Corina pour les Geonautes
Nous sommes une famille (avec 2 enfants de 7 et 9 ans au moment de ce voyage) qui aime voyager et s'extasier devant la beauté du monde. Le temps des vacances, nous cherchons la nature la plus vierge possible, les échanges interhumains les plus simples, loin du matéralisme du quotidien. En 2011-2012 nous avons fait un grand voyage de 13 mois en Amérique du Sud, auquel nous avons consacré notre site, www.geonautesaunouveaumonde.eu . ll nous a donné plus que jamais le goût de la liberté, que nous allons chercher cette fois-ci sur une petite "île de glace et de feu".
Pourquoi l'Islande? Une fois n'est pas coutume, pour notre grand voyage familial 2013 nous restons en Europe. Notre destination est à moins de 4 heures d'avion de Bruxelles, Paris ou Amsterdam. Il n'y a pas de grands monuments des civilisations du passé, et pourtant les superlatifs fusent. Car en Islande, c'est la nature qui fait le spectacle! Et surtout, c'est vide. Le pays entier est moins habité qu'une ville moyenne de par chez nous. Cela tombe bien, c'est ce que nous cherchons: à nous émerveiller, mais si le spectacle est privé ou presque, ce n'est certainement pas pour nous déplaire...
Comment voyage-t-on? Pour être au plus près de la nature, mais aussi pour alléger le budget, car l'Islande est un pays cher, on dort en camping ou bivouac. On ne pensait pas avoir le profil du vieux campeur avant de goûter au plaisir du silence et du ciel étoilé en pleine nature en Amérique du Sud. Maintenant on le sait: peu importe que la maison soit petite (une tente), si le jardin est grandiose et les voisins ouverts et sympas. Pour garder toute notre liberté de mouvement, nous allons nous déplacer en voiture de location. Pour quitter le sentier le plus battu (dans ce cas la route circulaire qui fait le tour de l'île), ce sera un 4x4. Après l'Amérique du Sud, la piste ne nous fait pas peur, les gués et les côtes on connaît, voir les désensablements et les désembourbements. Nous on sait c'est que c'est de rouler à 20km/h sur la tôle ondulée, et si c'est au milieu de beaux paysages, on aime ça!
Après quelques jours à Reykjavik, nous avons parcouru 4000 km en trois semaines de voyage itinérant, dans le sens des aiguilles d'une montre.
Les posts suivants vous raconteront nos differentes etapes et impressions.
voici une carte avec notre itineraire:

A tout a l'heure pour la premiere etape,
Corina pour les Geonautes
De retour sur VF après plusieurs mois d'errance entre un road-trip en Afrique du Sud, un contrat en Guadeloupe, un voyage en Tanzanie et un déménagement surprise en Guyane... Je commence, enfin et parallèlement à la préparation de notre prochain voyage en Patagonie, le récit de notre voyage de 3 semaines en Alaska réalisé en Juillet 2018. 🙂
C'est un voyage que nous avons organisé 6 mois en avance.
Après deux longs voyages en Afrique australe nous aurions adoré remettre ça, mais cette année je ne pouvais pas partir plus de 3 semaines et nous nous sommes laissés dire que ce serait bien aussi de voir autre chose et de visiter de nouveaux continents. Qu'a cela ne tienne !
Passionnés de faune sauvage et de grands espaces nous n'avons pas mit longtemps à nous décider et c'est tout naturellement vers le 49ème état des Etats Unis que nous nous sommes tournés. L'Alaska ! L'Alaska et sa faune exceptionnelle qui font rêver bien des amoureux de nature.
Nous avons rapidement prit nos billets d'avions pour Anchorage et en avons profiter pour organiser une escale de 2 jours en Islande afin de visiter la péninsule de Reykjanes que nous n'avions pas pu explorer l'année passée pour cause de tempête de neige.
Nous avons décidé de partir en Juillet plutot qu'en Aout car c'est la période qui semblait la plus sèche (tout est relatif) et la plus propice à l'observation des célèbres grizzlys.
En entamant la préparation de notre voyage, nous nous sommes vite rendu compte qu'organiser un road-trip en Alaska serait très différent de ce que nous connaissions.
Tout d'abord l'Alaska est une destination réputée pour être peu abordable, les locations de voitures via les agences internationales habituelles sont très chères, il y a peu de solution d’hébergement donc il faut réserver longtemps en avance et le rapport qualité prix varie entre mauvais et moyen.
En somme, la façon la plus simple d'y voyager est de louer un camping-car, ce qui n'est pas donné non plus.
En 2017 nous nous étions vraiment beaucoup investis dans l'organisation de notre road-trip de 2 mois en Afrique australe que nous avions commencé à préparer presque 1 an en avance. Cette année nous ne voulions pas nous prendre la tête, nous louerons donc un gros SUV et dormirons dedans pendant 3 semaines comme nous l'avions fait lors de notre tour d'Islande.
C'est une option qui peut paraitre peu confortable mais nous aimons beaucoup la liberté qu'elle offre et cela permet de faire de grosses économies sur l'hébergement pour pouvoir faire plus d'activités ou simplement partir plus longtemps...
Nous nous sommes dépechés de louer un Hyundai Sante Fe (or similar) à Alamo via Happytour et de réserver une journée de bear watching (activité phare et très chère qui s'organise des mois en avance).
Puis, pour des raisons d'hygiènes et de repos obligatoire, nous nous sommes également offert 4 nuits en dur et nous avons acheté quelques guide de voyage, dont The Millepost pour attendre patiemment (ou pas) le jour du départ. 🙂
Au final le seul impératif de notre road-trip était d’être à Homer le 14 Juillet pour le bear watching à Katmai NP et c'est autour de cette date que nous avons élaboré notre programme.
J1 (03/07/18) : Islande, Blue Lagoon
J2 (04/07/18) : Islande, Péninsule de Reykjanes, Reykjavic -> Anchorage
J3 (05/07/18) : Anchorage -> Denali NP
J4 (06/07/18) : Denali NP
J5 (07/07/18) : Denali NP
J6 (08/08/18) : Denali NP
J7 (09/07/18) : Denali NP -> Talkeetna
J8 (10/07/18) : Talkeetna -> Anchorage
J9 (11/07/18) : Anchorage -> Girdwood
J10 (12/07/18) : Girdwood -> Russian River
J11 (13/0718) : Russian River -> Homer
J12 (14/07/18) : Brooks Falls - Katmai NP
J13 (15/07/18) : Homer - Kachemak Bay
J14 (16/07/18) : Homer -> Seward
J15 (17/07/18) : Seward
J16 (18/07/18) : Seward -> Whittiez
J17 (19/07/18) : Whittier -> Valdez
J18 (20/07/18) : Valdez
J19 (21/07/18) : Valdez -> Kenicott
J20 (22/07/18) : Kenicott
J21 (23/07/18) : Kenicott -> Anchorage
J22 (24/07/18) : Départ à 8h pour moi destination Pointe à Pitre et à 16h pour Alison destination Paris.
N'ayant que 19 jours sur place, nous avons fait le choix de nous concentrer sur l'Alaska "continentale" en particulier la très belle péninsule de Kenai et le Denali NP qui était une des principales raisons de notre voyage. 🙂 Le Yukon, et l'Alaska maritime seront donc les destinations de prochains voyages, si la vie le permet !
Le cout total de ce voyage a été d'environ 9000€ à deux et je détaillerai nos différentes dépenses à la fin de ce carnet.
Après ce petit texte d'introduction dont tout le monde se fout, place au récit et aux photos !! 😎

C'est un voyage que nous avons organisé 6 mois en avance.
Après deux longs voyages en Afrique australe nous aurions adoré remettre ça, mais cette année je ne pouvais pas partir plus de 3 semaines et nous nous sommes laissés dire que ce serait bien aussi de voir autre chose et de visiter de nouveaux continents. Qu'a cela ne tienne !
Passionnés de faune sauvage et de grands espaces nous n'avons pas mit longtemps à nous décider et c'est tout naturellement vers le 49ème état des Etats Unis que nous nous sommes tournés. L'Alaska ! L'Alaska et sa faune exceptionnelle qui font rêver bien des amoureux de nature.
Nous avons rapidement prit nos billets d'avions pour Anchorage et en avons profiter pour organiser une escale de 2 jours en Islande afin de visiter la péninsule de Reykjanes que nous n'avions pas pu explorer l'année passée pour cause de tempête de neige.
Nous avons décidé de partir en Juillet plutot qu'en Aout car c'est la période qui semblait la plus sèche (tout est relatif) et la plus propice à l'observation des célèbres grizzlys.
En entamant la préparation de notre voyage, nous nous sommes vite rendu compte qu'organiser un road-trip en Alaska serait très différent de ce que nous connaissions.
Tout d'abord l'Alaska est une destination réputée pour être peu abordable, les locations de voitures via les agences internationales habituelles sont très chères, il y a peu de solution d’hébergement donc il faut réserver longtemps en avance et le rapport qualité prix varie entre mauvais et moyen.
En somme, la façon la plus simple d'y voyager est de louer un camping-car, ce qui n'est pas donné non plus.
En 2017 nous nous étions vraiment beaucoup investis dans l'organisation de notre road-trip de 2 mois en Afrique australe que nous avions commencé à préparer presque 1 an en avance. Cette année nous ne voulions pas nous prendre la tête, nous louerons donc un gros SUV et dormirons dedans pendant 3 semaines comme nous l'avions fait lors de notre tour d'Islande.
C'est une option qui peut paraitre peu confortable mais nous aimons beaucoup la liberté qu'elle offre et cela permet de faire de grosses économies sur l'hébergement pour pouvoir faire plus d'activités ou simplement partir plus longtemps...
Nous nous sommes dépechés de louer un Hyundai Sante Fe (or similar) à Alamo via Happytour et de réserver une journée de bear watching (activité phare et très chère qui s'organise des mois en avance).
Puis, pour des raisons d'hygiènes et de repos obligatoire, nous nous sommes également offert 4 nuits en dur et nous avons acheté quelques guide de voyage, dont The Millepost pour attendre patiemment (ou pas) le jour du départ. 🙂
Au final le seul impératif de notre road-trip était d’être à Homer le 14 Juillet pour le bear watching à Katmai NP et c'est autour de cette date que nous avons élaboré notre programme.
J1 (03/07/18) : Islande, Blue Lagoon
J2 (04/07/18) : Islande, Péninsule de Reykjanes, Reykjavic -> Anchorage
J3 (05/07/18) : Anchorage -> Denali NP
J4 (06/07/18) : Denali NP
J5 (07/07/18) : Denali NP
J6 (08/08/18) : Denali NP
J7 (09/07/18) : Denali NP -> Talkeetna
J8 (10/07/18) : Talkeetna -> Anchorage
J9 (11/07/18) : Anchorage -> Girdwood
J10 (12/07/18) : Girdwood -> Russian River
J11 (13/0718) : Russian River -> Homer
J12 (14/07/18) : Brooks Falls - Katmai NP
J13 (15/07/18) : Homer - Kachemak Bay
J14 (16/07/18) : Homer -> Seward
J15 (17/07/18) : Seward
J16 (18/07/18) : Seward -> Whittiez
J17 (19/07/18) : Whittier -> Valdez
J18 (20/07/18) : Valdez
J19 (21/07/18) : Valdez -> Kenicott
J20 (22/07/18) : Kenicott
J21 (23/07/18) : Kenicott -> Anchorage
J22 (24/07/18) : Départ à 8h pour moi destination Pointe à Pitre et à 16h pour Alison destination Paris.
N'ayant que 19 jours sur place, nous avons fait le choix de nous concentrer sur l'Alaska "continentale" en particulier la très belle péninsule de Kenai et le Denali NP qui était une des principales raisons de notre voyage. 🙂 Le Yukon, et l'Alaska maritime seront donc les destinations de prochains voyages, si la vie le permet !
Le cout total de ce voyage a été d'environ 9000€ à deux et je détaillerai nos différentes dépenses à la fin de ce carnet.
Après ce petit texte d'introduction dont tout le monde se fout, place au récit et aux photos !! 😎


Mars 2015, c'est décidé pour nos congés d'été nous irons en Islande.
L'Islande, en été 😮 ? nous disent certains, dubitatifs.
C'est vrai çà, pourquoi vouloir aller en vacances dans un pays où la météo est peu engageante et souvent capricieuse ? Ou un volcan au nom imprononçable peut paralyser l'espace aérien pendant plusieurs jours ?
Nous répondons aux sceptiques que la météo ne fait pas tout (enfin çà c'est ce que nous pensions avant de partir 😕), que pour les amoureux de grands espaces et les photographes amateurs que nous sommes, l'Islande fait rêver, permettant d'apprécier des paysages grandioses coincés entre glaciers, volcans et parsemés de cascades. Et puis, en Islande il y a des elfes et des trolls, et avec un peu de chances des aurores boréales … bref, que des bonnes raisons pour y aller 😉 😛
Il faut maintenant définir l'itinéraire. Après la lecture de nombreux carnets de voyage et guides, plusieurs lieux nous apparaissent incontournables : Kerlingarfjoll, Myvatn, Landmannalaugar, Skaftafell, sortir de la route 1 et faire de la piste ...
Nous nous arrêtons donc sur l'itinéraire suivant :

Les billets d'avion sont réservés auprès de Icelandair, la voiture est louée auprès de Blue Car Rental. Pour nous accompagner dans cette saga islandaise, nous avons opté pour un 4x4 (indispensable puisque nous emprunterons quelques pistes) Toyota Land Cruiser, les hébergements sont réservés sur Booking.
Pour les hébergements, nous avons fait le choix de guesthouses, farmhouses, cottages en self-catering ou hôtels. Compte tenu des températures, nous n'étions pas tentés par le camping.
Tout est bouclé, il n'y a plus qu'à attendre le 31 août.
🙂Bonjour,
Ca y est, nous avons finalisé une esquisse de notre itinéraire (fin aout). Bien sur, nous ne sommes pas à l'abri de le laisser tomber pour vagabonder au gré de nos émotions, mais voilà ce que cela donne a priori:
** DIMANCHE 21/08/2016 • Arrivée à l'aéroport de KEF à 00h10 • Récupère les bagages + retrait argent + Duty Free (vin hihi) • Fly bus+ vers l'hôtel
** LUNDI 22/08/2016 • Récupère le KUKU CAMPER à 9h00 via le bus n°1 (arrêt départ : Klambartun / arrêt arrivée : Hraubrun + à PIEDS). Trajet environ 20 minutes. Dure environ 1h pour récupérer le véhicule
• DIRECTION : LE CERCLE d'OR Sur le chemin, s'arrêter au magasin Bonus
- THINGVELLIR (trajet env. 40 mins / durée minimum de la visite : +1h) => SNORKELING « into the lagoon » env. 2H30 Rdv au parking Silfra à 11h45 (commence à 12h). Manger avant ! Visite du parc jusqu'à 16h30 maximum
- GEYSIR (trajet env. 40 mins / durée minimum de la visite : 30 mins) 17h15-18h
- GULFOSS (trajet env. 15 mins / durée minimum de la visite : + 1h) 18h15-19h30
repas
• DIRECTION : FLUDIR piscine « secret lagoon » ouverte jusqu'à 22h00 (20€/p)
• DIRECTION : LEIRUBBAKI ou alentours pour bivouac
** MARDI 23/08/2016 • DIRECTION : LANDMANALAUGAR (bus Trex T22 départ Leirubbaki à 8h40 – arrivée à 10h30)
- Sur place : payer emplacements pour tentes + acheter la carte des excursions
- Randonnée : VOLCAN LJOTIPOLLUR (½ journée environ)
- Source d'eau chaude
- Bivouac
** MERCREDI 24/08/2016
- Randonnée : BRENNISTERINSALADA (3h environ) + baignade
- Retour vers Leirubbaki en bus (Bus Trex T22 soit à 14h15 sot à 18h30 (durée environ 1h30 – ou bus Reykjavik excursion dernier départ à 20h00).
- S'il n'est pas trop tard : Se ravitailler à Kirkjubaelaklaudur
** JEUDI 25/08/2016 •DIRECTION : SKAFTAFELL (trajet env. 3H30) et SVARTIFOSS (randonnée cascade d'une durée d'1h30 env.)
•DIRECTION : JOKULSARLON (glaciers à 45 mins env.)
** VENDREDI 26/08/2016 •DIRECTION : VIK (trajet env. 2H30) (les plages noires)
+ carcasse de l'avion (non accessible aux 2x4!) : En partant de VIK, 1.6km après le croisement avec la 222 et 2km avant le pont sur la Jokulsa, il y a une petite piste qui descend à gauche et se dirige vers des champs (environ 3.8km depuis la n°1). Ensuite il suffit de se diriger vers le Sud en suivant les traces jusqu'à l'épave environ 3.8km depuis la n°1). La petite piste est a environ 8km du croisement entre la n°1 et la route de Skogar
- DYRHOLAEY
- REYNISFJARA
• DIRECTION : SKOGAFOSS (cascade – trajet env. 30 mins) • DIRECTION : SELJALANFOSS (cascade – trajet env. 25 mins - durée de la visite : 30 mins) • DIRECTION : HVERASVAEDID (3 km de marche vers le bassin géothermal de Reykjadalur – possibilité de se procurer les cartes gratuitement à l'office du tourisme).
** SAMEDI 27/08/2016 • DIRECTION : HVERAGERDI => Promenade à cheval (Eldhestar – Horse and Hot Springs) départ à 09h00 pour 2h30-3h00 • DIRECTION : REYKJAVIK
- Visite (le port, cadeaux etc.) - Soirée Pubs
** DIMANCHE 28/08/2016 • DIRECTION : BLUE LAGOON Arrivée sur place entre 8h et 8h45 (50 mins de trajet depuis Reykjavik) et repartir à 11h30 (20 mins de trajet vers l'aéroport de KEF). + Massage de 30 mins (à confirmer)
• DIRECTION : KEF Aéroport (rendre le Kuku Camper à 12h00) Départ à 14h50
J'attends vos réactions et avis. Merci beaucoup 😉
Ca y est, nous avons finalisé une esquisse de notre itinéraire (fin aout). Bien sur, nous ne sommes pas à l'abri de le laisser tomber pour vagabonder au gré de nos émotions, mais voilà ce que cela donne a priori:
** DIMANCHE 21/08/2016 • Arrivée à l'aéroport de KEF à 00h10 • Récupère les bagages + retrait argent + Duty Free (vin hihi) • Fly bus+ vers l'hôtel
** LUNDI 22/08/2016 • Récupère le KUKU CAMPER à 9h00 via le bus n°1 (arrêt départ : Klambartun / arrêt arrivée : Hraubrun + à PIEDS). Trajet environ 20 minutes. Dure environ 1h pour récupérer le véhicule
• DIRECTION : LE CERCLE d'OR Sur le chemin, s'arrêter au magasin Bonus
- THINGVELLIR (trajet env. 40 mins / durée minimum de la visite : +1h) => SNORKELING « into the lagoon » env. 2H30 Rdv au parking Silfra à 11h45 (commence à 12h). Manger avant ! Visite du parc jusqu'à 16h30 maximum
- GEYSIR (trajet env. 40 mins / durée minimum de la visite : 30 mins) 17h15-18h
- GULFOSS (trajet env. 15 mins / durée minimum de la visite : + 1h) 18h15-19h30
repas
• DIRECTION : FLUDIR piscine « secret lagoon » ouverte jusqu'à 22h00 (20€/p)
• DIRECTION : LEIRUBBAKI ou alentours pour bivouac
** MARDI 23/08/2016 • DIRECTION : LANDMANALAUGAR (bus Trex T22 départ Leirubbaki à 8h40 – arrivée à 10h30)
- Sur place : payer emplacements pour tentes + acheter la carte des excursions
- Randonnée : VOLCAN LJOTIPOLLUR (½ journée environ)
- Source d'eau chaude
- Bivouac
** MERCREDI 24/08/2016
- Randonnée : BRENNISTERINSALADA (3h environ) + baignade
- Retour vers Leirubbaki en bus (Bus Trex T22 soit à 14h15 sot à 18h30 (durée environ 1h30 – ou bus Reykjavik excursion dernier départ à 20h00).
- S'il n'est pas trop tard : Se ravitailler à Kirkjubaelaklaudur
** JEUDI 25/08/2016 •DIRECTION : SKAFTAFELL (trajet env. 3H30) et SVARTIFOSS (randonnée cascade d'une durée d'1h30 env.)
•DIRECTION : JOKULSARLON (glaciers à 45 mins env.)
** VENDREDI 26/08/2016 •DIRECTION : VIK (trajet env. 2H30) (les plages noires)
+ carcasse de l'avion (non accessible aux 2x4!) : En partant de VIK, 1.6km après le croisement avec la 222 et 2km avant le pont sur la Jokulsa, il y a une petite piste qui descend à gauche et se dirige vers des champs (environ 3.8km depuis la n°1). Ensuite il suffit de se diriger vers le Sud en suivant les traces jusqu'à l'épave environ 3.8km depuis la n°1). La petite piste est a environ 8km du croisement entre la n°1 et la route de Skogar
- DYRHOLAEY
- REYNISFJARA
• DIRECTION : SKOGAFOSS (cascade – trajet env. 30 mins) • DIRECTION : SELJALANFOSS (cascade – trajet env. 25 mins - durée de la visite : 30 mins) • DIRECTION : HVERASVAEDID (3 km de marche vers le bassin géothermal de Reykjadalur – possibilité de se procurer les cartes gratuitement à l'office du tourisme).
** SAMEDI 27/08/2016 • DIRECTION : HVERAGERDI => Promenade à cheval (Eldhestar – Horse and Hot Springs) départ à 09h00 pour 2h30-3h00 • DIRECTION : REYKJAVIK
- Visite (le port, cadeaux etc.) - Soirée Pubs
** DIMANCHE 28/08/2016 • DIRECTION : BLUE LAGOON Arrivée sur place entre 8h et 8h45 (50 mins de trajet depuis Reykjavik) et repartir à 11h30 (20 mins de trajet vers l'aéroport de KEF). + Massage de 30 mins (à confirmer)
• DIRECTION : KEF Aéroport (rendre le Kuku Camper à 12h00) Départ à 14h50
J'attends vos réactions et avis. Merci beaucoup 😉

Hello everyone,
The itinerary was tempting, and we decided to take this cruise with friends. It also gave us a chance to discover this company, which offers many river cruises in a French-speaking atmosphere. The boat is only rated 3 stars, so we knew we wouldn’t have the same comfort or services as usual, but we accepted that. After all, the price is half that of a cruise with Ponant in the same area.
From the booking stage, this company was unlike any other. We later learned that Rivages du Monde isn’t a shipowner but just a service provider.
It operates in a somewhat outdated, old-fashioned, or even backward way, depending on how you see it. Information about the cruise, excursions, and the boat comes in the form of a very brief PDF. Documents, quotes, and invoices are sent by mail.
There’s no personal account on the company’s website, no passenger form to fill out, and no online check-in.
Fifteen days before the balance was due, I received the invoice with its share of surprises. I had to send my credit card details by mail (well, why not?), or pay by check.
The bad surprise was a fuel surcharge. The good one was that we were upgraded from category 3 to category 7, moving from deck 6 to deck 4. Since the information was so lacking, I had no idea what the benefits of this upgrade would be. I almost complained and asked to keep the cabin I had chosen, but I read in some comments that cabins on deck 6 were to be avoided due to loud creaking. So I said nothing.
Booking excursions, which had to be paid at the same time as the balance, was strongly recommended before departure. They were reserved by filling out an A4 sheet after reading a 3- or 4-line description in the PDF. The duration of the excursion and the departure time weren’t indicated. No information about disembarkation—would it be at the dock or by tender?
The boat. The MS Astoria is the oldest passenger ship in the world. Built in 1948, it started its career as a transatlantic liner until 1960. Often restored, it has retained an old-fashioned, vintage charm... or so the ads say. In the end, it didn’t look that old, as it had been modified and refurbished so much. Only its original bell remains in a display case. Its vintage look is more visible on the outside than inside. The outdoor decks are spacious, great for sightseeing. There weren’t too many passengers for the size of the ship. Inside, it’s not very modern or beautiful, but it was decent. A pleasant surprise—it handled the sea better than we expected.
The cabin was outdated and small, as we expected—no desk, no sofa, and two portholes that made it very bright. Well-equipped with new storage furniture, it even had a fridge. The bathroom would have been spacious if it didn’t have a bidet. The bed had a board instead of a proper base, but the mattress was good, and we slept well the whole cruise. Don’t look too closely at the finishing details, but overall, it was better than I expected. On deck 4, the cabin creaked a little at night, but it didn’t bother us. The cabins are different sizes on the plan, but in reality, they all have the same surface area.

Note the strange color of the hot water.

The buffet was tiny, with few choices and very basic, ordinary dishes. A few mixed industrial salads, some fresh salad and cold cuts. For the main course, chicken, pork, some kind of minced meat, or fish. Then potatoes, rice, pasta, or steamed vegetables (always the same ones). For dessert, flavorless pastries in various colors or fresh melon and watermelon salad. That was the sad, single menu for the entire cruise at the buffet. Note that the buffet was only open for 2 hours at lunchtime and 1 hour in the afternoon for a snack.
Tea, coffee, and water were available all day.
The restaurant. The table was nicely set and pretty, but the meals weren’t much better than at the buffet. The “beef fillet in pastry” was like boiled beef stew—it fell apart easily (even though we asked for it rare or at least medium-rare). The “asparagus velouté” was actually leek soup with “hay” that crunched under your teeth. The poire belle Hélène or profiteroles were sad, distant relatives of the well-known desserts—very skimpy. And those were just a few examples.
Drinks were included with meals: still or sparkling bottled water, white, red, or rosé wine, coffee, tea, or herbal tea.
The bar. The servers were nice but far from having the class and know-how you find on other cruise lines. We wanted to try the cocktails, but only once. The margarita was warm, with bottled chemical lemon, no ice, and no salt. The caipirinha was brown! And later, we noticed that in the Singapore Sling, they replaced the Champagne with soda!!! What a skill set!!!
The lectures were very popular. Almost all passengers eagerly attended the talks by the two naturalists.
The musical entertainment was French variety—good-natured and friendly most of the time. A little classical music, chamber music so sad it made you sleepy. Nothing like the pianos and violins you find elsewhere... (Princess or HAL).
The shows. With very limited resources, the dancers did their best. The outfits were very revealing in certain strategic areas, and that was the rule for all themes.
The “red vests.” The atmosphere on board was more like a company outing than a cruise. There was a lot of staff to run the excursions desk, assist and supervise passengers during stops, or act as guides during excursions. These “red vests” behaved like they were on a summer camp—they had a great time and gathered as often as possible to laugh and have fun. They didn’t hesitate to roll their eyes behind passengers’ backs. But the “group leaders” became very authoritarian and directive when addressing passengers.
One evening, our friend asked a “red vest” about the excursion time the next day. That was top-secret information, impossible to get (I’ll come back to that). The “red vest” replied that they wouldn’t tell him because, by the next day, he would have forgotten anyway. That shows the level of respect this staff had for the passengers.
Also worth noting: among the passengers was a man in a wheelchair. For the entire cruise, he couldn’t go ashore. No one ever offered to help his wife get him off the ship.
My perception of this cruise is inevitably shaped by my past experiences. Some passengers shared my opinion, but others were completely satisfied with everything and found the food good. They also swallowed all the bad excuses, cooked up with a security sauce, without question—reassured and delighted that “everything” was done for “their safety,” which is the most important thing, isn’t it?
To be continued—the stops and the organization, even more pitiful than the hospitality...
Bonjour à tous,
Je me permets de soumettre mon itinéraire pour avoir quelques conseils. Nous partons en famille avec pour objectif majeur de faire de belles randonnées en Islande.
J1 : Départ pour Snaefellsnes - Plage cote sud J2 : Snaefellsnes - Rando Viogelmir J3 : Snaefellsnes - Autre rando + Baleine depuis Stykiss (Avez vous des expériences ?) J4 : F550 jusqu'à Thingvellir, Thingvellir, Selfoss (ou autour) J5 : Cote Sud jusqu'à Skaftafell/Hof, Macareux J6 : Iceberg, glacier J7 : Rando Skaftafell J8 : A voir puis retour sur Reyk, retour du 4x4 J9 : Départ bus pour Landmannalaugar J10 : Rando jusqu'à Alftavatn J11 : Rando jusqu'à Botnar J12 : Rando jusqu'à Thorsmork J13 : Rando jusqu'à Skogar, retour en bus J14 : Cercle d'or ou visite de Reyk
Qu'en pensez vous ?
Merci, Guillaume
Je me permets de soumettre mon itinéraire pour avoir quelques conseils. Nous partons en famille avec pour objectif majeur de faire de belles randonnées en Islande.
J1 : Départ pour Snaefellsnes - Plage cote sud J2 : Snaefellsnes - Rando Viogelmir J3 : Snaefellsnes - Autre rando + Baleine depuis Stykiss (Avez vous des expériences ?) J4 : F550 jusqu'à Thingvellir, Thingvellir, Selfoss (ou autour) J5 : Cote Sud jusqu'à Skaftafell/Hof, Macareux J6 : Iceberg, glacier J7 : Rando Skaftafell J8 : A voir puis retour sur Reyk, retour du 4x4 J9 : Départ bus pour Landmannalaugar J10 : Rando jusqu'à Alftavatn J11 : Rando jusqu'à Botnar J12 : Rando jusqu'à Thorsmork J13 : Rando jusqu'à Skogar, retour en bus J14 : Cercle d'or ou visite de Reyk
Qu'en pensez vous ?
Merci, Guillaume
Et bien voilà, craqués nous avons...
- "Rashel, j'peux prendre ta cb ?
- 'moui, pourquoi ?
- Y'a des billets pas chers pour l'Islande !!
324€ par personne, dix minutes d'attente, et le e-billet nous arrive..
- Mais, euh, on a rien prévu ??
- T'inquiètes, on a deux mois pour ça !"
Vous l'avez tous compris, ma petite soeur and I partons en ce mois de novembre prochain pour l'Islande, à pied, bus, (cheval ?) pour un mois.. J'ai déjà pas mal écumé les divers sites, blogs, carnets de voyage à droite, à gauche, virtuellement, à la bibliothèque.. Et j'en reviens à poster ici, sur VF, pour glaner encore de précieux renseignements, apprendre de vos expériences que vous voudrez bien nous partager.. Du coup, j'éditerais ce post au fur et à mesure de mes "découvertes", bons plans, itinéraires...
Première question.. Le Budget
Le budget.. Chose impossible à prévoir quand on ne connaît pas un pays.. J'ai gardé quelques mauvais souvenirs en Norvège concernant mes habitudes de drogué (tabac et alcool je vous rassure ^^). - Transport : Nous allons voyager majoritairement à pied, prendre parfois le bus pour gagner du temps, et faire du stop. Je n'envisage pas pour l'instant la location d'un véhicule (sauf si je dégote des lieux impossibles à accéder autrement.. à voir ultérieurement) - Hébergement : Nous allons camper tous les jours, soit en camping, soit en bivouac.. En me renseignant sur les tarifs, j'estime à 10€/nuit/personne (douche comprise). Le bivouac ayant l'air pas mal toléré dans la plupart du pays, autant en profiter que d'être au plus proche de la nature - Nourriture : Je n'ai, pour l'instant, pas trop cherché les prix pratiqués dans les commerces islandais.. Je prévois une alimentation basée sur des pâtes, des pâtes et encore des pâtes, assortis de fruits et légumes.. Je me doute qu'en ces terres, le prix des fruits et légumes doit être relativement élevé.. - Loisirs : Mise à part quelques locations de vélos, ou d'un guide pour les glaciers...
Mes premières questions sont donc : - mieux vaut-il prendre le buspass pour un mois, ou est-ce plus intéressant de payer au trajet ? - avez vous des prix à nous donner concernant la nourriture et autres extras ? (prix de la viande, légumes, tabac, céréales...) - avez vous des campings à déconseiller, des endroits où le bivouac est déconseillé ?
J'éditerais ce post au fur et à mesure des réponses !!
Cordialement, Dams&Rash
Vous l'avez tous compris, ma petite soeur and I partons en ce mois de novembre prochain pour l'Islande, à pied, bus, (cheval ?) pour un mois.. J'ai déjà pas mal écumé les divers sites, blogs, carnets de voyage à droite, à gauche, virtuellement, à la bibliothèque.. Et j'en reviens à poster ici, sur VF, pour glaner encore de précieux renseignements, apprendre de vos expériences que vous voudrez bien nous partager.. Du coup, j'éditerais ce post au fur et à mesure de mes "découvertes", bons plans, itinéraires...
Première question.. Le Budget
Le budget.. Chose impossible à prévoir quand on ne connaît pas un pays.. J'ai gardé quelques mauvais souvenirs en Norvège concernant mes habitudes de drogué (tabac et alcool je vous rassure ^^). - Transport : Nous allons voyager majoritairement à pied, prendre parfois le bus pour gagner du temps, et faire du stop. Je n'envisage pas pour l'instant la location d'un véhicule (sauf si je dégote des lieux impossibles à accéder autrement.. à voir ultérieurement) - Hébergement : Nous allons camper tous les jours, soit en camping, soit en bivouac.. En me renseignant sur les tarifs, j'estime à 10€/nuit/personne (douche comprise). Le bivouac ayant l'air pas mal toléré dans la plupart du pays, autant en profiter que d'être au plus proche de la nature - Nourriture : Je n'ai, pour l'instant, pas trop cherché les prix pratiqués dans les commerces islandais.. Je prévois une alimentation basée sur des pâtes, des pâtes et encore des pâtes, assortis de fruits et légumes.. Je me doute qu'en ces terres, le prix des fruits et légumes doit être relativement élevé.. - Loisirs : Mise à part quelques locations de vélos, ou d'un guide pour les glaciers...
Mes premières questions sont donc : - mieux vaut-il prendre le buspass pour un mois, ou est-ce plus intéressant de payer au trajet ? - avez vous des prix à nous donner concernant la nourriture et autres extras ? (prix de la viande, légumes, tabac, céréales...) - avez vous des campings à déconseiller, des endroits où le bivouac est déconseillé ?
J'éditerais ce post au fur et à mesure des réponses !!
Cordialement, Dams&Rash
Bonjour à tous,
Nous partons entres amis, 15 jours en Islande au mois d'Aout et nous aimerions vos avis et conseils pour préparer au mieux notre voyage :)
Nous avons déjà nos billets d'avion et un 4x4 qui nous attend sur place.
Notre parcours est déjà quasi tracé ..
Arrivés à l'aéroport puis départ pour Snaefellsjoekull (tour de la péninsule) Hraunfossar / Hraunfossar / Hvitserkur / Godafoss / Akureyri Myvatn (Journée autour du Lac) / Askja (Journée dans le Parc) / Myvatn / Husavik / Seydisfordur / Jokulsarlon / Journée sur le glacier + Laki / Jokulsarlon / Randonnée à Skaftafell / Falaises de Vik + poney sur la plage / Gullfoss / Blue Lagoon/ Visite Reykjavik et départ..
Quels sont pour vous les étapes auxquelles nous n'avons pas pensé? Les lieux à ne pas rater?
Nous envisageons de dormir en auberge de jeunesse ou hôtels très simples. Avez-vous de bonnes adresses?
Merci pour votre aide :)
bonjour!
nous devions partir en Norvège en camion pour ces vacances (a partir du 24 aout) mais le camion nous a laché donc, j'ai décidé de craquer le budget et de partir en Islande.
j 'ai passé pas mal de temps a retourner les sites, et je reste sur l'offre que j'estime la plus interessante sur voyage-sncf.com :
aller retour pour 2persnne paris Reykjavik en vol direct, plus location de voiture (yaris 4 portes) chez hertz 14 jours 1770 euros TOUT COMPRIS. taxes etc...
le premier truc qui me rend dingue, c'ets que je n'ai pas encore acheté mes billets parce que ça fait 3 jours que je vais sur ce site, et que tous les matins, le prix baisse de 100€... donc la j'attends nerveusement que ça baisse encore sachant que ça risque de remonter d'un coup... alors mes questions:
- quel est le prix moyen pour un aller retour plus une loc de voiture pour deux semaines? (savoir si mon voyage est déja trop cher par rapport a la moyenne ou au contraire, intéressant.) - aussi, j'ai entendu dire que voyager en Islande a cette p��riode de l'année n'est pas terrible, voire invivable a cause des moustiques (ils seraient énormes, en nombre démesuré et dangereux) - et enfin je suis preneuse de tous conseil de destination, visite, tour a cheval ou bateau, randonnée a ne pas manquer, spot de courses pas cher, camping, vêtements, matériel indispensanble etc, sachant que je n'ai qu'une semaine pour m'organiser, tout conseil sera le bienvenu!!! merci d'avance!
le premier truc qui me rend dingue, c'ets que je n'ai pas encore acheté mes billets parce que ça fait 3 jours que je vais sur ce site, et que tous les matins, le prix baisse de 100€... donc la j'attends nerveusement que ça baisse encore sachant que ça risque de remonter d'un coup... alors mes questions:
- quel est le prix moyen pour un aller retour plus une loc de voiture pour deux semaines? (savoir si mon voyage est déja trop cher par rapport a la moyenne ou au contraire, intéressant.) - aussi, j'ai entendu dire que voyager en Islande a cette p��riode de l'année n'est pas terrible, voire invivable a cause des moustiques (ils seraient énormes, en nombre démesuré et dangereux) - et enfin je suis preneuse de tous conseil de destination, visite, tour a cheval ou bateau, randonnée a ne pas manquer, spot de courses pas cher, camping, vêtements, matériel indispensanble etc, sachant que je n'ai qu'une semaine pour m'organiser, tout conseil sera le bienvenu!!! merci d'avance!
Salut à tous !!
Voici en "quelques" lignes le résumé de ma traversée de l'Islande par la F35, le style est loin d'être conventionnel et le texte largement perfectible mais ça permet de donner un bon aperçu de ces 10 jours. Pour toute les fautes d'orthographes (oui il y a bien un S à fautes et un à orthographes...) disons que c'est une sorte de jeu pour pimenter la lecture...
Le lien Facebook http://www.facebook.com/album.php?aid=7 … d9c8ee3ae3 permet de voir quelques une des photos et voici un petit film que j'ai fais lors de la traversée: http://www.youtube.com/watch?v=AvmC5HsBgLU
Si vous avez des questions n'hésitez pas je me ferais plaisir d'y répondre !!!
nicolas point hebinger at gmail point com
Jour 1
Je me réveil fatigué, Une fois n’est pas coutume j’arrive tout juste à la gare pour embarquer tout mon chargement, 25 kg de remorque et de vélo et de l’autre côté 15 kg de sacoches et d’équipement je ne me suis jamais autant senti mule !!!! Il fait beau, le soleil éclaire les combes Bourguignonne qui semblent me dire « mais que vas tu faire la haut ! Il pleut, il fait froid ! Pourquoi ne reste tu pas au chaud ici ? » A ce moment je prends réellement conscience que je me dirige droit vers quelque chose qui va inévitablement me transformer. En effet c’est ma première aventure en solitaire. Cela va à l’encontre de ma la vie de tous les jours où le chemin pour aller travailler est toujours le même le bureau toujours à sa place et le papier peint de ce même bureau toujours aussi pourri. Arriver à Roissy Charles de Gaulle, je m’offre gratuitement une petite séance de musculation pour rejoindre le terminal 1. Et oui, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu la présence d’ésprit de prendre un chariot… C’est un peu la course pour l’enregistrement, après une bonne heure d’attente il faut déposer le vélo à un deuxième comptoir et payer le supplément de 28 € à un troisième.. Mais bon je monte dans l’avion avec comme prochain plancher des vaches, le plancher des moutons !!!!
Arrivée en Islande, bizarrement il fait beau (…), ma première vision de l’Islande est une splendide vue aérienne et comme on dit toujours que c’est la première impression qui compte l’aventure démarre plutôt bien. Première étape, arriver au camping le plus rapidement possible, en effet à ce moment j’espère toujours démarrer dès le lendemain matin. Malgré quelques déboires de trajet, dont une navette qui devait allée au camping et qui me laisse en plan à 10 km à pied du camping. Mais heureusement un « gentil » chauffeur islandais me remet sur les rails et j’arrive à 18h au camping de Reykjavik. Je m’installe tranquillement, remonte mon vélo et je prends la décision de remettre mon départ à Lundi car je n’ai pas eu le temps de me ravitailler. De plus c’est le « week-end des commerçants » où ceux ci descendent le rideau pour 2 jours… Heureusement je découvre le 10-11 qui est une chaîne de commerce ouverte 24h/24h et 7/7 jours. Je suis impressionné par le type de tente qui habille le camping. En effet je ne voie que de la petite tente de randonnée, rien à voir avec les caravanes et les mobile home que l’on croise régulièrement dans les Alpes. Ici la plupart des campeurs font de l’itinérant (trek, vélo, auto-stop), j’ai enfin l’impression d’être un peu chez moi au milieu de toute ces nationalités à la recherche terrain de jeu vierge et de grands espaces. Ma première impression concerne le camping qui contrairement aux campings que j’ai pu côtoyer. En France le confort des équipements de campings (caravane, mobilhome) n’a rien à envier à nos habitats classiques, ici il n’y a que de la petite tente, Au passage c’est vrai que la caravane dans l’avion pour 28€ ils ne doivent pas accepter…. Je fais la connaissance de 3 hollandais qui viennent d’achever un trek de 12 jours dans les Fjords de l’Ouest durant lequel ils n’ont eu à essuyer qu’un seul jour de pluie ! On discute un peu de mon parcours et ils me donnent quelques conseils bien utile. Ma 2eme rencontre c’est un anglais d’une vingtaine d’année qui viens de réaliser exactement le même périple que celui que je vais entreprendre. J’écoute attentivement ces remarques et ces conseils (du moins ce que mon anglais me permet de comprendre) peut être un peu trop car je prend un peu peur quand il me parle du vent au centre du pays.
Jour 2 Dimanche 01 Août 2010-08-25
Je me réveil après une excellente nuit, je pense que la journée de transport de la veille et des 2h de décalage avec la France y sont pour quelques choses . Premier objectif de la journée trouvée un magasin pour faire quelques courses. Optimiste je tente un dimanche matin en plein « week-end des commerçants » de mettre la main sur un des fameux magasin Bonus (dont l’enseigne est une tirelire cochon toute rose !!!). Bien évidemment rien n’est ouvert et je dois me rabattre sur une station service dans laquelle je trouverais un peu de pain de mie et de la charcuterie. Un petit détour par le centre ville complètement vide renforce un peu plus mon sentiment de solitude, je décide donc de rentrer au camping, là-bas au moins je me sent moins seul… En passant devant la réception je découvre qu’un magasin ouvert 24h/24h se trouve à moins de 5 min à pied du camping… Cela suffit à me remonter le moral et ni une ni deux je me rends au magasin où forcement j’achète plus que nécessaire ce qui me vaudra un repas du midi beaucoup trop lourd. Mais compte tenu des dix jours de vélos qui m’attendent ce surplus de nourriture est loin d’être perdu.
L’après midi est consacré à l’achat du billet de bus pour BLONDUOS, au tri des affaires que je vais laisser à la consigne du camping de Reykjavik et surtout à une bonne sieste de 2h ! Je décide également de lister précisément toute la nourriture dont je vais avoir besoin (et oui mieux vaut tard que jamais…) Par jour je prévois : 4 chocos pour le petit déjeuner, 4 tranches de pain de mie et 4 tranches de charcuterie pour le midi, et un repas lyophilisés pour le soir. Quelques abricots secs ainsi que 4 barres de céréales pour la journée. Au final j’ai pu acheté qu’une dizaine de barre de céréales ce qui s’avérera beaucoup trop juste mais que je parviendrais à compenser par quelques achats dans les campings. Je décide également de trier mes affaires pour que l’une de mes sacoches ne soit ouverte qu’une fois le matin et qu une fois le soir. J’y entasse toutes mes affaires propres, mon sac de couchage et mon matelas. Cette solution sera la bonne, car malgré le temps rien ne fut mouillé . En fin de journée je retourne me promener le long du port où l’activité à bien augmenté depuis ce matin. Je me surprend à n’avoir envie de rien. Ni d’être ailleurs ni de faire autre chose. J’arrive peut être pendant un court instant à vivre le moment présent si difficile à saisir dans la vie de tous les jours. J’ai toujours un peu d’appréhension quand au départ du lendemain mais mes jambes commencent à fourmillées, elles veulent pédalées. Bizarrement les soirs sont toujours des moments privilégiés où l’appréhension disparaît et où il ne reste plus que l’envie de partir !
Jour 3 Lundi 02 Août 2010-08-27
7h je me réveil sous la pluie. Malgré tout je suis hyper motivé. Je déjeune rapidement et à 7h45 j’enfourche mon vélo direction le terminal de bus BSI pour un départ prévu à 8h30. L’arrivée à BLONDUOS est prévue 13 h, j’ai donc tout le temps de contemplé les paysages Islandais encore et toujours torturés par les éléments ! Quelques touristes asiatiques égaillent également un peu mon trajet avec leur course de part et d’autre du bus pour photographier les chevaux, les montagnes, un arbres, un pylône… J’arrive à BLONDUOS sous le soleil ! J’ai repéré depuis le bus une table de pique-nique sur laquelle je m’empresse de manger mes sandwichs avant le départ. 14h00 je me lance enfin dans ma traversée de l’Islande. Afin d’éviter un peu la circulation j’opte pour la piste 724 au lieu de la route n°1 qui comme j’ai pu le constater tout au long du trajet est quand même « assez » fréquentée. Mon démarrage se fait en 2 temps, car au bout de 500m je suis obligé de réajuster mes sacoches et d’enlever une épaisseur car le cuissard d’hiver et le T-shirt à manche longue son de trop. Les premières impressions sont bonnes la piste est parfaite, le soleil à disparu mais le plafond reste haut et il ne pleut pas .
Je fais ma première « rencontre de la route », c’est un couple de hollandais ayant sensiblement mon âge. Ils se rendent vers les Fjords de l’Ouest après avoir coupé le centre du pays par la piste F35. Nous échangeons pendant 15 min de nos expériences respectives. J’apprends qu ils ont passé plus de 3 mois en Patagonie où ils ont rencontrés la véritable solitude. En effet sur 500 km de leur parcours ils n’ont pas croisé âme qui vive. Je repars admiratif de leur aventure et impatient de faire de nouvelles rencontres. J’arrive à la l’intersection de la piste 724 avec la piste F35. Deux solutions s’offrent à moi soit je tente de rejoindre un camping à 40 km au sud sur la F35 soit je remonte au Nord par la F35 et un bout de la route N°1 pour rejoindre un autre camping à 5 km. J’opte alors pour la deuxième solution. Je pense que si je n’avais pas été seul j’aurais plutôt penché pour la solution la moins raisonnable mais là je décide d’aller au plus court. C’est sous une pluie battante que j’arrive à 18h au camping. Je vais à la rencontre de deux cyclistes qui s’avèrent être un couple de Grenoblois . Dès les premiers phrases je sens qu’ils sont exténués par leur traversée. D’ailleurs ils décident de dormir dans le refuge plutôt que de monter la tente. Il est 20h et je suis déjà couché. J’écrit mes quelques notes de la journée et je m’endors bercé par le bruit de la pluie sur la toile.
Jour 4 : Mardi 03/08/2010
Je me réveil après une nuit moyenne, bien que je me sois couché très tôt la nuit a été assez agitée. Je déjeune et je part rapidement sous un plafond nuageux très bas pour affronter, ce que je pense être une des seules véritable monté de ma traversée (et quelle montée 300 m de D+ …) Malheureusement ces 300 m on suffit à me mettre dans le brouillard du coup la vue est complètement bouchée même sur la piste je ne vois pas à plus de 50 m. Du coup j’en profite pour avancer aidé par le vent qui depuis le début continue à souffler dans mon dos. Le brouillard ne freine pas les 4*4 qui continuent de me dépasser ou de me croiser beaucoup trop vite. Au bout d’une heure j’aperçois émergeant du brouillard un tandem lourdement chargé. Petite présentation en anglais pour se rendre compte que nous sommes tous les trois (enfin les quatre car une petite fille de 11 mois les accompagnes dans la remorque!!!) On discute un peu et j’apprends qu’ils sont sur l’île depuis 1,5 mois tout simplement parce que son métier s’est d’écrire des aventures… ! La petite fille commence à se réveiller il est temps pour eux de repartir et de réactiver la berceuse sur roue. Au moment de partir je leur demande si ils ont un site sur lequel je pourrais lire leur aventure. La réponse ne se fait pas attendre : « - il suffit de taper « Planète D » sur Google… » « - c’est bizarre c’est le titre d’un livre que j’ai lu il y a quelques mois sur un couple partis pendant 2,5 ans faire le tout du monde en tandem » « - Oui c’est nous !! » « - ………. !!!!!!!!! » Du coup on reprend pendant quelques minutes notre discussion mais la petite Lirio sonne à nouveau le départ. Je suis tout excité par cette rencontre car la probabilité les rencontrer une fois dans ma vie est minime et qui plus es au milieu de nul part dans un brouillard à coupé au couteau. Je repart galvanisé par cette rencontré en me demandant ce que la piste va bien pouvoir m’apportée après tout ça. Dans l’immédiat la piste m’apporte surtout un rapide repas sous la pluie et le vent agrémenter d’une petite sieste à l’abris d’un talus. (Et dire que certain s’ennuie à l’ombre d’un cocotier…) Par endroit le brouillard se dissipe un peu pour laisser apparaître quelques centaines de mètres de paysage rapidement engloutis par une nouvelle nappe. La pluie reprend de plus belle, je recommence mon manège, veste de pluie, pantalon de pluie, chaussette gore tex et gants en gore tex …. Dans 2 km je croise un premier camping et je commence à me demander si malgré l’heure (14h) je ne ferais pas mieux de m’arrêter. Le prochain camping est a + de 45 km, la piste commence sérieusement à se dégrader et le brouillard ne semble pas vouloir céder. Je décide de m’arrêter et par la même occasion de laisser un peu ma fierté de côté… Je monte ma tente sous la pluie et après une bonne douche chaude je retrouve le réconfort de mon duvet. Je partage mon après midi entre sieste et lecture. En fin de journée je fais la connaissance de Ramone, un suisse-italien, qui est venu installé sa tente à côté de la mienne. On passe la soirée à discuter à l’abris dans la Guest Hous. On rencontre un groupe d’Allemand et un groupe de Français qui font un circuit à cheval dans le centre du pays et bonne nouvelle ils nous apprennent que 10km au Sud le temps était plutôt dégagé et que c’est seulement en arrivant ici que le brouillard à gâché un peu la fête. Ramone est en Islande depuis 10 jours et comme moi il voyage seul et à vélo. Dans un premier temps on a pensé partir ensemble le lendemain mais finalement on décide d’un commun accord de se retrouver aux différentes étapes afin que chacun puisse garder son autonomie. Il est 22h le jour est toujours là, mais épuisé je quitte la tranquillité de la salle commune pour ma tente et mon sac de couchage.
Jour 5 : Mercredi 04 août 2010
Au réveil je suis un peu dépité, le temps est toujours couvert et froid. Je déjeune rapidement et je pars au moment où Ramone émerge de sa tente . On convient de se retrouver à Hveravellir qui est notre prochaine étape. A peine j’amorce la descente que le ciel se dégage pour laisser apparaître au loin les montagnes et glaciers dans une palette de couleur extraordinaire. Le mariage du blanc et du bleu de la glace avec le noir profond de la lave donne à l’horizon un aspect irréel. D’habitude les cartes postales ont tendances à embellir quelques peu certains paysage mais ici aucun artifice n’est nécessaire pour mettre en beauté ces vastes étendues désertiques. Je roule toute la matinée sous un beau soleil qui me fait totalement oublié les 2 précédentes journées. J’arrive vers 13h à Hveravellir et je tombe tout de suite sous le charme des lieux. Alors que ça ne devais être qu une étape de midi je décide de dormir là se soir et de prendre l’après midi pour visiter les sites alentour. Je mange rapidement et je débute par une petite visite du site principal qui recèle de sources d'eau chaude, de fumeroles et autres bains d’eau bouillante tout ça dans une atmosphère soufré quelques peu dérangeant à la longue. Un peu plus tard je repère sur ma carte un hypothétique point de vue sur le glacier Langjökull situé à environ 15 km par la piste ???? Ni une ni deux j’enfourche mon vélo et me voilà parti en direction du glacier. Je redécouvre le bonheur de rouler sans la remorque et je sent rapidement que physiquement les deux premières journées ont vraiment été bénéfique. J’arrive sous une averse mais la vue est à coupé le souffle ! Je reste un bon moment à contempler le paysage. Mais la pluie et le vent abrègent le spectacle, je repars avant de trop me refroidir. Comme par hasard arrivée en bas de la côte le soleil reviens... Pourtant on m’avait prévenu « Si le temps vous déplaît, attendez juste une minute ».
Je repère un sentier balisé qui va à Hveravellir, histoire de ne pas reprendre la même piste je décide de prendre ce chemin que je parcours à pied car la lave et les rochers m’empêchent de rouler et je ne veux pas risquer de casser quelque chose sur le vélo. En arrivant au camping je tombe sur Ramone qui boit un chocolat chaud !!! On se raconte un peu notre journée et bien que la journée soit assez avancée Ramone décide quand même de se rendre à Kerlingarfjoll ! Pour ma part je profite tranquillement de la soirée pour faire sécher tout mon équipement et faire quelques photos du coucher de soleil. Je me couche frigorifier mais heureux de cette superbe journée.
Jour 6 : Jeudi 05 Août 2010
Ce matin les nuages sont revenus, j’espérait que le beau temps de la veille continu mais c’est un plafond nuageux assez haut qui m’accueille pour le petit déjeuné. Je repars sans regret d Hveravellir qui a su m’apporter une journée exceptionnelle. Au bout d’une heure je commence à apercevoir le glacier Hofsjökull. Pendant plusieurs kilomètres j’ai la chance d’avoir pour moi tout seul, en point de mire, les langues du glaciers éclairées ça et là par des rayons de soleil. Je suis tellement absorbée par cette vision qu’à ce moment je ne pense à rien d’autre et que j’en oublie même la tôle ondulée de la piste qui secoue mon vélo et ma remorque dans tous les sens.
Je m’arrête à l’intersection d’une piste sans nom qui rejoint la base du glacier. Un 4*4 fais les 100 « roues » devant un important guet . Je m’installe confortablement sur mon vélo pour le spectacle. Ne trouvant pas de solution immédiate le conducteur descend, met ses cuissardes et décide de sonder le fond de la rivière à pied. Au moment où il arrive sur la rive opposée, après avoir franchi la partie la plus dangereuse de la rivière, il s’étale de tout son long dans l’eau. Je ne peux m’empêcher de sourire. Cette chute met fin à son projet de traversée du guet. Il rejoins son 4*4, se sèche et repart vaincu « Veni, Vidi, (pas) Vici ». Depuis quelques temps j’aperçois de gros nuages plus au sud, progressivement je me retrouve encerclé par les averses et finalement le cercle se referme. La pluie ne me quittera plus pendant les quatre prochaines heures. Je rejoins Kerlingarfjoll sous une pluie battante. Le site est magnifique mais le temps qui ne s’améliore pas m’empêche de jouir pleinement du spectacle. C’est donc trempé jusqu’aux os que j’arrive au refuge de Kerlingarfjoll. Une fois n’est pas coutume je tombe à nouveau sur Ramone entrain de lire ! Je commence à me dire que l’on a pas finis de se retrouver… J’ai à peine le temps de monter ma tente et de manger que je repars avec Ramone marcher en direction des HotSpot que l’on nous garantie comme étant de « vrai » Hot Spot à 40°C. Je suis vraiment satisfait, car malgré les efforts des précédentes journées je suis en pleine forme et j’arrive à récupérer quasi-instantanément. La randonnée se déroule toujours sous une pluie battante mais la beauté des paysages relèguent la pluie au second plan. Nous arrivons sur le site après 1h30 de marche. Les couleurs sont vraiment irréelles, le jaune du soufre, l’ocre et le rouge de la terre mélangé au blanc et aux bleu des glaciers sont tout simplement magnifiques. Nul par ailleur je n’ai pu voir une diversité de couleur réunie sur un seul site, c’est tout simplement époustouflant. Une fois arrivé je prends conscience que je suis parti beaucoup trop sereins !!! En effet sous mon pantalon de pluie et ma veste en Gore Tex je n’ai rien d’autre qu’un T shirt et 1 caleçon !!! Tant que l’on montais la chaleur était entretenu par l’effort de la marche mais une fois que le rythme a baissé le froid à commencé à sérieusement se faire sentir, mettant fin à mes envies de baignade dans les HotSpot. Rentrée dans une eau à 40°C ne pose aucun soucis mais sortir sous une pluie battante et remettre des habits détrempés était de trop pour moi. Du coup j’accélère volontairement la visite du site et on repart en courant par la piste. Malheureusement Ramone à une jambe douloureuse, séquelle d’une fracture vieille de 2 ans. On doit donc stopper notre course au bout de 2 km. Mais au moins j’aurais pu me réchauffer. Finalement on termine par une marche soutenus avec un vent de face avec encore et toujours de la pluie ! Arrivé au camping je n’arrive même plus à bouger les bras tellement j’ai eu froid !!! Mais une douche chaude et un Pannini frites, dans la salle commune du refuge, me font rapidement oublier les quelques petits désagréments de cette journée.
Jour 7 : Vendredi 06 août 2010
Ce matin je décide de prendre mon temps, Ramone lui veut partir le plus rapidement possible pour rejoindre Geyser qui se trouve à plus de 100 km… Je commence par déjeuner mes 4 chocos habituels devant ma tente puis je remet le couvert avec Ramone au refuge. En effet il est possible de prendre le petit déjeuner pour 1300 Kr. Malgré ses bonnes résolutions Ramone n’est toujours pas près quand je quitte Kerlingarfjoll sous les nuages. La descente est plutôt « animée » en effet l’état de la piste ne me permet pas de maîtriser parfaitement ma monture qui finis une ou deux fois en hors piste. Dans un premier temps j’avais décidé, compte tenu de la grosse journée de la veille, de faire une petite étape pour récupérer un peu. Suite aux conseils du premier couple que j’ai rencontré j’entreprends de dormir près du lac Hvítárvatn face aux deux magnifiques langues glacières. Après avoir rejoins l’intersection entre la F35 et la piste de Kerlingarfjoll , la pluie reprend du service et s’associe à un vent de face ce qui transforme la piste en un parcours de connaisseurs… Après quelques rencontres j’ai confirmation que le site où j’entreprend de passer la nuit est magnifique cela me redonne un peu le moral que le climat commence à faire flancher. J’apprends également qu il faut traverser un guet pour accéder aux rives du lac. Bizarrement cet obstacle me motive, en effet je n’ai encore pas eu l’occasion d’essayer mes sandales ! J’arrive devant le guet, je « chausse » mon équipement aquatique et c’est parti, hormis le fait que cela me rafraîchisse les idées ça passe sans problème jusqu au moment où je me rends compte que la remorque et les sacoches sont à moitié dans l’eau… ! Je n’ai plus qu’à croiser les doigts en espérant que l’on ne m’ai pas menti sur la parfaite étanchéité de celle-ci.
Je rechausse mes baskets et direction le lac. Le site est vraiment magnifique, au premier plan le « camping » et à ma droite un petit refuge sans prétention mais qui s’accorde parfaitement avec la sobriété du site. Au second plan face au lac apparaît à travers les nuages une montagne ??? entourée de deux langues glacières. J’entame mes sandwichs et un couple de français arrive en 4*4. On discute un peu de nos voyages respectifs et ils repartent plein Nord. Peut être que je les recroiserais en France, seulement 6 km séparent nos deux domiciles… Malgré la beauté du site je n’ai pas vraiment le moral, la pluie et le vent sont toujours là et je commence sérieusement à me demander si je ne devrais pas poursuivre ma route. Après ¼ d’h ma décision est prise se soir je dors à Geyser malgré la distance qu’il me reste encore à parcourir cette décision me galvanise et je reprends la piste le sourire aux lèvres. Cette après midi me fera connaître les pires conditions de mon séjour mais je n’en ressort pas affecté outre mesure. J’immortalise la fin de la fin de la piste F35 en photographiant mes pieds à cheval entre la route et la piste. Je m’arrête à Gulfoss par principe mais mon état de fatigue et le temps m’empêchent d’apprécier réellement la grandeur du site. Il est passé 19h quand j’arrive à Geyser épuisé. Une petite surprise m’attends, les douches du camping sont dans la piscine à proximité du magasin de souvenir, je me retrouve donc dans une baignoire de 20 m par 10 m dans une eau à 38° !!!! Je m’y prélasse plus d’une heure, les muscles se détendent et mon esprit refait le parcours de la journée. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir, je sort et je réintègre mes habits mouillés direction ma maison de toile. Un croque monsieur au magasin de souvenir et un repas lyophilisé à l’abris de ma tente seront les deux seules activités de ma soirée. Je m’endors toujours accompagnée par la pluie.
Jour 8 : samedi 07 août 2010
9h30 le réveil est difficile, il a plu toute la nuit et j’ai le moral à zéro. Je remets mes habits encore bien humide de la veille et je déjeune à l’abris des sanitaires. Je ne suis pas pressé de repartir j’en profite donc pour aller visiter le site de Geysir que je n’ais pas eu le courage de parcourir la veille. Il y a déjà énormément de monde sur le site, il faut dire que c’est un des sites du « Triangle d’Or » qui avec Gulfoss et Pingvellir font partis des visites incontournables d’Islande. Le Geyser est impressionnant mais les fumeroles et marmites bouillonnantes alentour font vraiment pâles figures comparés à celles que j’ai pu observer à Hveravellir. Je décide de prendre un peu de hauteur en « escaladant » la colline derrière Geyser. Vers 11h30 miracle !!!! Le vent permet au soleil de se frayer un passage à travers les nuages. Je redescends rapidement au camping pour mettre toute mes affaires à sécher. Je profite de la chaleur émise par les quelques rayons de soleil qui ont été autorisé à traverser le plafond nuageux. Cela fait 3 jours que je n’ai pas vu le soleil et cette éclaircie a le mérite de me remonter le moral. Peux de temps après avoir finis mes sandwichs, mes voisins de camping m’invite chez eux pour manger !!! Par principe j’ai décidé de ne pas refuser une invitation et après ma semaine passée sur le vélo, un deuxième repas ne peux pas me faire de mal. Je suis donc accueilli sous la tonnelle de la caravane par 1 thé chaud et 2 croques monsieur spécialement préparé pour moi !!!! Notre anglais approximatif à tous les trois nous permet de discuter succinctement de nos vacances respectives. J’apprends qu ils sont à la retraite et que chaque année avec leurs petits enfants ils font le tour de l’Islande de camping en camping. La pluie qui redémarre sonne la fin de notre discussion, je rassemble rapidement tous mon équipement, le range à l’abris dans mes sacoches et j’enfourche mon fidèle destrier direction Laugarvatn à contre « couvent »... Le regain de moral apporté par la soleil s’est rapidement estompé et la morosité reprend le dessus. Plutôt que de ne pas avancer j’ai décider pour les deux jours à venir de faire des petites étapes. Laugarvatn aujourd’hui et Pingvellir demain.
Je monte ma tente au camping et je décide d’aller marché un peu sur un petit sentier de randonnée juste à flan de montagne. Je n’arrive pas à apprécier le paysage. Je m’assois sur un banc et je médite pendant une bonne heure avant de rejoindre la station essence pour me réchauffer et me faire berner par un « appétissant » morceau de gâteau qui au goût se révèle être infâme… Mes poils se dressent quand j’aperçois un couple entrain de manger une glace. Comment est ce possible de manger une glace par un temps pareil ?! Mais je relativise rapidement car entre la voiture chauffé et la station essence il y a tout au plus quelques dizaines de mètres qui ne suffisent pas à transformer la glace en chocolat chaud. La soirée est sans intérêt, bien que réchauffer par une bonne douche soufrée je suis contraint de manger mon repas lyophilisé à l’abris de l’abside de ma tente. Vingt minutes après je suis couché…Une journée à oublier.
Jour 9 : Dimanche 08 août 2010
J’ouvre un œil et bizarrement la lumière dans la tente est beaucoup plus intense que d’habitude. J’ouvre progressivement la fermeture éclaire, malgré tout je reste méfiant, je commence à connaître le temps Islandais… Mais là je dois me rendre à l’évidence le temps et magnifique et comble de tout c’est un ciel sans nuages qui m’accueil. Je saute hors de ma tente et m’installe sur ma table en bois personnelle (eh oui c’est le grand luxe aujourd’hui !!!) Je sors mon pot de « Nutella » acheté la veille, en une seconde le couvercle et sur le dos, la seconde suivante mon couteau l’attaque de front. Heureusement que le soleil est là, parce la pâte à tartiner doit sûrement être excellente pour les joins de salle de bain mais pour le petit déjeuner elle repassera… Juste derrière le camping la montagne me fait de l’œil, celle ci ne « semble » pas bien haute et vu que je ne suis toujours pas bien remis de mon étape de l’avant veille je décide d’aller marcher. Il n’y a pas de chemin j’entreprend donc une ascension frontale. Rapidement je me retrouve dans un passage très escarpé, cela commence plus à s’approcher de l’escalade que de la marche. Mais après 15 bonnes minutes je sors de ce passage délicat et je poursuit mon ascension. Souvent en montagne, il est difficile d’évalué le sommet réel puisque régulièrement un nouveau sommet apparaît et encore un autre…Finalement ma « petite » montagne à quand même nécessité 2h de marche avant de laisser apparaître un magnifique cairn au sommet. Depuis le somment j’ai une magnifique vue à 360°. C’est seulement la deuxième fois depuis mon premier coup de pédale de lundi dernier que je peux observer les rayons du soleil sublimer les paysages. Je passe plus d’une heure avec pour seul compagnie « mon » cairn à observer les montagnes et le lac de Laugarvatn. J’improvise une descente, par un chemin encore plus escarpé qu’à l’allée, qui me mène à une minuscule forêt de buisson dont je met plus de vingt minutes à sortir tellement la végétation est dense. Quelques égratignures plus tard je renoues avec mes sandwichs pain, charcuterie, pain et je prends la direction de Pingvellir. Fondé des 930, Pingvellir est considéré comme un des plus vieux parlements du monde. Le site est située à la divergence des plaques tectoniques américaines et européennes.
La circulation est dense sur la piste 365. En effet celle ci est accessible aux véhicules de tourismes et fait parti du circuit du Triangle d’Or. Le soleil a séché la piste et je goutte au joie de la poussière à chaque fois que je croise une voiture. J’arrive à l’office de tourisme de Thingvellir où je manque de vaciller tant la foule est importante et soudaine. Il me faut quelques minutes pour me réhabituer après cette semaine de quasi solitude. J’installe ma tente un peu à l’écart et je médite une bonne partie de l’après midi sur comment terminer mon voyage. En effet il me reste 3 jours avant de retourner à Reykjavik, deux solutions s’offrent à moi : - Je prend le chemin le plus direct soit une cinquantaine de km et lundi soir je suis à Reykjavik - Je fait un détour par Hveragerdisbaer ce qui repousse mon arrivée au Mardi mais qui me permet de poursuivre quelques peu mon périple. Aussi bizarre que cela puisse paraître cette question me travaille une bonne partie de l’après midi. D’un côté je me dis que ça serait dommage de ne pas profiter des jours qu il me reste pour approfondir ma découverte de l’Islande, et d’un autre côté je ne veux pas rallonger mon voyage uniquement pour «amortir » le voyage. Chaque chose a une fin et je doit apprendre à passer à autre chose sans vouloir indéfiniment retarder l’échéance. Je laisse cette question en suspend et je pars à pied pour le site même de Thingvellir situé à quelques kilomètres. En passant par l’office du tourisme je reconnais la vélo de Ramone ! Moi qui pensais ne plus le revoir après que l’avoir quitté à Kerlingarfjoll. Il est entrain de manger un sandwich quand je le salut d’une grande tape dans le dos. On passe une bonne demi heure à relater nos deux derniers jours. Il est 17h 30 et encore une fois Ramone décide de couvrir les 50 derniers kilomètres qui nous sépare de Reykjavik dans la soirée. C’est sa dernière nuit en Islande et il a réservé une chambre dans un hôtel 3 étoiles de la capitale. Après deux nuits dans des cabanes/refuges au milieu de nul part je comprend que la perspective d’un bon lit lui donne des jambes.
Avant de partir il tient absolument à m’offrir quelque chose en échange des pastilles Micropure que je lui avais donné à Hveravellir et qui paraît lui ont « sauvées la vie »… Mon cadeau sera suisse : du Toblerone qui passera de vie à trépas en moins d’une heure… On échange nos adresses mails et je pars à pied visiter l’hémicycle et lui à vélo rejoindre le Blue Lagoon et son lit 3 étoiles.
Au retour de Thingvellir je renoues avec les bienfaits de la marche, découverts 2 ans plutôt lors de ma traversée de la France par le GR5. En effet on prend vraiment le temps de découvrir et d’apprécier le paysage, tout est plus lent, à chaque pas la pensée se met en mouvement. A ce moment se sont les pâtes du dîner qui occupent ma pensée, elles commence à se dessiner dans mon esprit et me font de plus en plus saliver au fur et à mesure que je m’approche de la tente.
C’est repus que je me couche après cette belle journée sous le signe du soleil !!!
Lundi 09 août 2010
Une fois n’est pas coutume c’est la chaleur qui m’oblige à sortir de ma tente !!! Le soleil et le ciel bleu se sont à nouveau associés. La journée s’annonce magnifique. Le temps de ce Lundi m’invite à prolonger mon voyage en direction de Hveragerdisbaer. Je démarre tranquillement avec un léger vent de face mais pas de quoi entraver mon moral. Au bout de quelques kilomètres je m’arrête en bord de route pour admirer le bleu du lac de Thingvallavatn sublimer par les rayons du soleil. Je suis interpellé par la sensation qui me traverse à ce moment. En effet tout est grand, beau, magnifique mais je ne ressens rien de particulier. Est ce l’accumulation des visions toute plus belle les unes que les autres de cette dernière semaine qui banalise ce que je suis entrain d’observer ? Je décide de prendre une photo témoin, pour pouvoir à tête reposée, me repasser l’image et juger de la réelle beauté du site. La route 360 que j’emprunte est beaucoup moins monotone que les paysages désertiques de la F35. En effet chaque virage est sujet à découverte. J’apprécie vraiment cette route qui contraste avec la monotonie de la piste. Après quelques kilomètres je m’arrête méditer une petite dizaine de minute dans une splendide baie sur une plage de sable noir. J’en profite au passage pour manger un Lion qui dans ces moments mériterait sans contestation toutes les étoiles Michelin !!! A midi je découvre un nouveau cadre idyllique. C’est une petite chapelle surplombant le lac qui fera office de point de vue pour mon repas. Hormis ce « putain » de dérailleur qui commence sérieusement à déconner tout se passe pour le mieux. Le soleil brille, les oiseaux chantent !!!!
Pour rejoindre Hveragerdisbaer je suis obligé de reprendre les axes principaux, les paysages deviennent beaucoup moins marqués et c’est le grand retour du vent (de face tant qu’à faire !!!). Les routes que j’empruntent sont sans grand intérêt d’autant que je dois me contenter de 1 m, quand ça n’est pas 50 cm, de bas côté de la route n°1. Finalement je me concentre sur mon objectif qui est d’atteindre le camping.
Le camping est petit mais bien sympa, il est tenu par un gros type chauve, fan de Harley Davidson, dont le bureau fait office de supérette four tout. J’évite de trop regarder sa marchandise de peur qu il essaye de me refourguer sa camelotte. Je monte ma tente et après une petite sieste, direction le magasin Bonus pour faire deux trois courses. Comme à chaque fois après quelques jours de rationnement, en entrant dans le magasin je veux tout acheter, tout manger, mais je ne sais pas quoi choisir, alors je prends, je repose, je repars dans un autre rayon, je n’arrive même plus à savoir ce dont j’ai besoin !!! Je finis par acheter les mêmes saucisses que celles que j’avais détestées à Reykjavik !!! En attendant le repas je parcours un peu la ville que l’on qualifierait en France de village étant donné la faible superficie. La « ville » est vide et pas vraiment structurée. Ici il y a de la place alors on s’étale. Il est difficile de discerné un véritable centre, je suppose que la présence des quelques commerces est le signe que je suis au cœur de la ville. Dans l’ensemble je ne m’y sent pas vraiment à l’aise ce qui me fait envier nos pittoresques villages français.
De retour au camping j’attaque la cuisson des fameuses saucisses qui s’avèrent à nouveau être infâme (en même temps c’est pas comme si je ne le savais pas…) à celles ci j’ajoute quelques pâtes assaisonnées de trois grains de sel sauvés du fond de mon sac. Ce somptueux dîner me laisse un goût de bourrage d’estomac que je complète par un magnifique Kit Kat fondu pour équilibré le tout…
Après ce repas riche en émotion, j’hésite à me coucher tout de suite ou à poursuivre mon exploration de la ville. J’opte pour la deuxième solution et me dirige vers une rivière à la périphérie. Je longe quelques instants la rive et je m’assoie devant une chute d’environ 3 m de haut. Je m’apprête à repartir quand tout à coup je vois un saumon qui tente de remonter la chute !!! Ebahit je reste sur place et le ballet recommence !! Finalement je passe plus d’une heure en compagnie d’un couple d’Allemand à les observer tenter de rejoindre leurs frayères en amont. C’est la première fois que j’ai l’occasion d’observer se phénomène de mes propres yeux et c’est tout simplement époustouflant. Je réintègre ma tente à la nuit tombée ravi de cette petite séance sur la vie des salmonidés.
Mardi 10 août 2010
Je me réveille un peu vaseux, avec des mots de têtes. Je fais rapidement le rapprochement avec ma bonne idée de la veille, de me coucher avec les pieds mouillés suite à ma soirée Saumon !!! J’avale rapidement mon petit déjeuné et après avoir rangé mon campement je décolle pour ma dernière étape. Je sent tout de suite que les derniers 45 km vont être très dure. Le vent a changé de sens pour qu on puisse à nouveau converser en tête à tête !!! Mes jambes me font mal et j’ai l’impression d’être scotché à la route. Pour couronner le tout je commence par une montée de quelques kilomètres qui me permet d’accéder au magnifique « Plateau de la Misère » que je surnomme ainsi en hommage à la grosse heure que je passe à essayer d’avancer tant bien que mal face à un vent d’enfer. Afin que mon bonheur soit entier mon « putain » de dérailleur se met à sauter sans arrêt. Ce qui lui a permis au passage de faire le plein d’insulte pour au moins 1 an… Je découvre les joies du pédalage en descente et les joies de l’observation micrométrique de la route grâce à une vitesse proche de la marche arrière… Passé le « Plateau de la Misère » le vent faibli un peu et les seuls réels désagréments sont l’alternance des largeurs de bas côtés qui varient de 1 m à 30 cm. Une petite photo devant le panneau d’entrée de Reykjavik, un petit détour par l’enseigne au Cochon Rose (Bonus) et à 14h ma boucle est bouclée. Me voici de retour au camping de Reykjavik. Je fête ça avec quelques sandwichs et une bonne sieste. Je consacre le reste de l’après midi à faire un peu de lessive, quelques courses et à nettoyer ma fidèle monture qui a souffert de la poussière de la piste.
Voici en "quelques" lignes le résumé de ma traversée de l'Islande par la F35, le style est loin d'être conventionnel et le texte largement perfectible mais ça permet de donner un bon aperçu de ces 10 jours. Pour toute les fautes d'orthographes (oui il y a bien un S à fautes et un à orthographes...) disons que c'est une sorte de jeu pour pimenter la lecture...

Le lien Facebook http://www.facebook.com/album.php?aid=7 … d9c8ee3ae3 permet de voir quelques une des photos et voici un petit film que j'ai fais lors de la traversée: http://www.youtube.com/watch?v=AvmC5HsBgLU
Si vous avez des questions n'hésitez pas je me ferais plaisir d'y répondre !!!
nicolas point hebinger at gmail point com
Jour 1
Je me réveil fatigué, Une fois n’est pas coutume j’arrive tout juste à la gare pour embarquer tout mon chargement, 25 kg de remorque et de vélo et de l’autre côté 15 kg de sacoches et d’équipement je ne me suis jamais autant senti mule !!!! Il fait beau, le soleil éclaire les combes Bourguignonne qui semblent me dire « mais que vas tu faire la haut ! Il pleut, il fait froid ! Pourquoi ne reste tu pas au chaud ici ? » A ce moment je prends réellement conscience que je me dirige droit vers quelque chose qui va inévitablement me transformer. En effet c’est ma première aventure en solitaire. Cela va à l’encontre de ma la vie de tous les jours où le chemin pour aller travailler est toujours le même le bureau toujours à sa place et le papier peint de ce même bureau toujours aussi pourri. Arriver à Roissy Charles de Gaulle, je m’offre gratuitement une petite séance de musculation pour rejoindre le terminal 1. Et oui, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu la présence d’ésprit de prendre un chariot… C’est un peu la course pour l’enregistrement, après une bonne heure d’attente il faut déposer le vélo à un deuxième comptoir et payer le supplément de 28 € à un troisième.. Mais bon je monte dans l’avion avec comme prochain plancher des vaches, le plancher des moutons !!!!
Arrivée en Islande, bizarrement il fait beau (…), ma première vision de l’Islande est une splendide vue aérienne et comme on dit toujours que c’est la première impression qui compte l’aventure démarre plutôt bien. Première étape, arriver au camping le plus rapidement possible, en effet à ce moment j’espère toujours démarrer dès le lendemain matin. Malgré quelques déboires de trajet, dont une navette qui devait allée au camping et qui me laisse en plan à 10 km à pied du camping. Mais heureusement un « gentil » chauffeur islandais me remet sur les rails et j’arrive à 18h au camping de Reykjavik. Je m’installe tranquillement, remonte mon vélo et je prends la décision de remettre mon départ à Lundi car je n’ai pas eu le temps de me ravitailler. De plus c’est le « week-end des commerçants » où ceux ci descendent le rideau pour 2 jours… Heureusement je découvre le 10-11 qui est une chaîne de commerce ouverte 24h/24h et 7/7 jours. Je suis impressionné par le type de tente qui habille le camping. En effet je ne voie que de la petite tente de randonnée, rien à voir avec les caravanes et les mobile home que l’on croise régulièrement dans les Alpes. Ici la plupart des campeurs font de l’itinérant (trek, vélo, auto-stop), j’ai enfin l’impression d’être un peu chez moi au milieu de toute ces nationalités à la recherche terrain de jeu vierge et de grands espaces. Ma première impression concerne le camping qui contrairement aux campings que j’ai pu côtoyer. En France le confort des équipements de campings (caravane, mobilhome) n’a rien à envier à nos habitats classiques, ici il n’y a que de la petite tente, Au passage c’est vrai que la caravane dans l’avion pour 28€ ils ne doivent pas accepter…. Je fais la connaissance de 3 hollandais qui viennent d’achever un trek de 12 jours dans les Fjords de l’Ouest durant lequel ils n’ont eu à essuyer qu’un seul jour de pluie ! On discute un peu de mon parcours et ils me donnent quelques conseils bien utile. Ma 2eme rencontre c’est un anglais d’une vingtaine d’année qui viens de réaliser exactement le même périple que celui que je vais entreprendre. J’écoute attentivement ces remarques et ces conseils (du moins ce que mon anglais me permet de comprendre) peut être un peu trop car je prend un peu peur quand il me parle du vent au centre du pays.
Jour 2 Dimanche 01 Août 2010-08-25
Je me réveil après une excellente nuit, je pense que la journée de transport de la veille et des 2h de décalage avec la France y sont pour quelques choses . Premier objectif de la journée trouvée un magasin pour faire quelques courses. Optimiste je tente un dimanche matin en plein « week-end des commerçants » de mettre la main sur un des fameux magasin Bonus (dont l’enseigne est une tirelire cochon toute rose !!!). Bien évidemment rien n’est ouvert et je dois me rabattre sur une station service dans laquelle je trouverais un peu de pain de mie et de la charcuterie. Un petit détour par le centre ville complètement vide renforce un peu plus mon sentiment de solitude, je décide donc de rentrer au camping, là-bas au moins je me sent moins seul… En passant devant la réception je découvre qu’un magasin ouvert 24h/24h se trouve à moins de 5 min à pied du camping… Cela suffit à me remonter le moral et ni une ni deux je me rends au magasin où forcement j’achète plus que nécessaire ce qui me vaudra un repas du midi beaucoup trop lourd. Mais compte tenu des dix jours de vélos qui m’attendent ce surplus de nourriture est loin d’être perdu.
L’après midi est consacré à l’achat du billet de bus pour BLONDUOS, au tri des affaires que je vais laisser à la consigne du camping de Reykjavik et surtout à une bonne sieste de 2h ! Je décide également de lister précisément toute la nourriture dont je vais avoir besoin (et oui mieux vaut tard que jamais…) Par jour je prévois : 4 chocos pour le petit déjeuner, 4 tranches de pain de mie et 4 tranches de charcuterie pour le midi, et un repas lyophilisés pour le soir. Quelques abricots secs ainsi que 4 barres de céréales pour la journée. Au final j’ai pu acheté qu’une dizaine de barre de céréales ce qui s’avérera beaucoup trop juste mais que je parviendrais à compenser par quelques achats dans les campings. Je décide également de trier mes affaires pour que l’une de mes sacoches ne soit ouverte qu’une fois le matin et qu une fois le soir. J’y entasse toutes mes affaires propres, mon sac de couchage et mon matelas. Cette solution sera la bonne, car malgré le temps rien ne fut mouillé . En fin de journée je retourne me promener le long du port où l’activité à bien augmenté depuis ce matin. Je me surprend à n’avoir envie de rien. Ni d’être ailleurs ni de faire autre chose. J’arrive peut être pendant un court instant à vivre le moment présent si difficile à saisir dans la vie de tous les jours. J’ai toujours un peu d’appréhension quand au départ du lendemain mais mes jambes commencent à fourmillées, elles veulent pédalées. Bizarrement les soirs sont toujours des moments privilégiés où l’appréhension disparaît et où il ne reste plus que l’envie de partir !
Jour 3 Lundi 02 Août 2010-08-27
7h je me réveil sous la pluie. Malgré tout je suis hyper motivé. Je déjeune rapidement et à 7h45 j’enfourche mon vélo direction le terminal de bus BSI pour un départ prévu à 8h30. L’arrivée à BLONDUOS est prévue 13 h, j’ai donc tout le temps de contemplé les paysages Islandais encore et toujours torturés par les éléments ! Quelques touristes asiatiques égaillent également un peu mon trajet avec leur course de part et d’autre du bus pour photographier les chevaux, les montagnes, un arbres, un pylône… J’arrive à BLONDUOS sous le soleil ! J’ai repéré depuis le bus une table de pique-nique sur laquelle je m’empresse de manger mes sandwichs avant le départ. 14h00 je me lance enfin dans ma traversée de l’Islande. Afin d’éviter un peu la circulation j’opte pour la piste 724 au lieu de la route n°1 qui comme j’ai pu le constater tout au long du trajet est quand même « assez » fréquentée. Mon démarrage se fait en 2 temps, car au bout de 500m je suis obligé de réajuster mes sacoches et d’enlever une épaisseur car le cuissard d’hiver et le T-shirt à manche longue son de trop. Les premières impressions sont bonnes la piste est parfaite, le soleil à disparu mais le plafond reste haut et il ne pleut pas .
Je fais ma première « rencontre de la route », c’est un couple de hollandais ayant sensiblement mon âge. Ils se rendent vers les Fjords de l’Ouest après avoir coupé le centre du pays par la piste F35. Nous échangeons pendant 15 min de nos expériences respectives. J’apprends qu ils ont passé plus de 3 mois en Patagonie où ils ont rencontrés la véritable solitude. En effet sur 500 km de leur parcours ils n’ont pas croisé âme qui vive. Je repars admiratif de leur aventure et impatient de faire de nouvelles rencontres. J’arrive à la l’intersection de la piste 724 avec la piste F35. Deux solutions s’offrent à moi soit je tente de rejoindre un camping à 40 km au sud sur la F35 soit je remonte au Nord par la F35 et un bout de la route N°1 pour rejoindre un autre camping à 5 km. J’opte alors pour la deuxième solution. Je pense que si je n’avais pas été seul j’aurais plutôt penché pour la solution la moins raisonnable mais là je décide d’aller au plus court. C’est sous une pluie battante que j’arrive à 18h au camping. Je vais à la rencontre de deux cyclistes qui s’avèrent être un couple de Grenoblois . Dès les premiers phrases je sens qu’ils sont exténués par leur traversée. D’ailleurs ils décident de dormir dans le refuge plutôt que de monter la tente. Il est 20h et je suis déjà couché. J’écrit mes quelques notes de la journée et je m’endors bercé par le bruit de la pluie sur la toile.
Jour 4 : Mardi 03/08/2010
Je me réveil après une nuit moyenne, bien que je me sois couché très tôt la nuit a été assez agitée. Je déjeune et je part rapidement sous un plafond nuageux très bas pour affronter, ce que je pense être une des seules véritable monté de ma traversée (et quelle montée 300 m de D+ …) Malheureusement ces 300 m on suffit à me mettre dans le brouillard du coup la vue est complètement bouchée même sur la piste je ne vois pas à plus de 50 m. Du coup j’en profite pour avancer aidé par le vent qui depuis le début continue à souffler dans mon dos. Le brouillard ne freine pas les 4*4 qui continuent de me dépasser ou de me croiser beaucoup trop vite. Au bout d’une heure j’aperçois émergeant du brouillard un tandem lourdement chargé. Petite présentation en anglais pour se rendre compte que nous sommes tous les trois (enfin les quatre car une petite fille de 11 mois les accompagnes dans la remorque!!!) On discute un peu et j’apprends qu’ils sont sur l’île depuis 1,5 mois tout simplement parce que son métier s’est d’écrire des aventures… ! La petite fille commence à se réveiller il est temps pour eux de repartir et de réactiver la berceuse sur roue. Au moment de partir je leur demande si ils ont un site sur lequel je pourrais lire leur aventure. La réponse ne se fait pas attendre : « - il suffit de taper « Planète D » sur Google… » « - c’est bizarre c’est le titre d’un livre que j’ai lu il y a quelques mois sur un couple partis pendant 2,5 ans faire le tout du monde en tandem » « - Oui c’est nous !! » « - ………. !!!!!!!!! » Du coup on reprend pendant quelques minutes notre discussion mais la petite Lirio sonne à nouveau le départ. Je suis tout excité par cette rencontre car la probabilité les rencontrer une fois dans ma vie est minime et qui plus es au milieu de nul part dans un brouillard à coupé au couteau. Je repart galvanisé par cette rencontré en me demandant ce que la piste va bien pouvoir m’apportée après tout ça. Dans l’immédiat la piste m’apporte surtout un rapide repas sous la pluie et le vent agrémenter d’une petite sieste à l’abris d’un talus. (Et dire que certain s’ennuie à l’ombre d’un cocotier…) Par endroit le brouillard se dissipe un peu pour laisser apparaître quelques centaines de mètres de paysage rapidement engloutis par une nouvelle nappe. La pluie reprend de plus belle, je recommence mon manège, veste de pluie, pantalon de pluie, chaussette gore tex et gants en gore tex …. Dans 2 km je croise un premier camping et je commence à me demander si malgré l’heure (14h) je ne ferais pas mieux de m’arrêter. Le prochain camping est a + de 45 km, la piste commence sérieusement à se dégrader et le brouillard ne semble pas vouloir céder. Je décide de m’arrêter et par la même occasion de laisser un peu ma fierté de côté… Je monte ma tente sous la pluie et après une bonne douche chaude je retrouve le réconfort de mon duvet. Je partage mon après midi entre sieste et lecture. En fin de journée je fais la connaissance de Ramone, un suisse-italien, qui est venu installé sa tente à côté de la mienne. On passe la soirée à discuter à l’abris dans la Guest Hous. On rencontre un groupe d’Allemand et un groupe de Français qui font un circuit à cheval dans le centre du pays et bonne nouvelle ils nous apprennent que 10km au Sud le temps était plutôt dégagé et que c’est seulement en arrivant ici que le brouillard à gâché un peu la fête. Ramone est en Islande depuis 10 jours et comme moi il voyage seul et à vélo. Dans un premier temps on a pensé partir ensemble le lendemain mais finalement on décide d’un commun accord de se retrouver aux différentes étapes afin que chacun puisse garder son autonomie. Il est 22h le jour est toujours là, mais épuisé je quitte la tranquillité de la salle commune pour ma tente et mon sac de couchage.
Jour 5 : Mercredi 04 août 2010
Au réveil je suis un peu dépité, le temps est toujours couvert et froid. Je déjeune rapidement et je pars au moment où Ramone émerge de sa tente . On convient de se retrouver à Hveravellir qui est notre prochaine étape. A peine j’amorce la descente que le ciel se dégage pour laisser apparaître au loin les montagnes et glaciers dans une palette de couleur extraordinaire. Le mariage du blanc et du bleu de la glace avec le noir profond de la lave donne à l’horizon un aspect irréel. D’habitude les cartes postales ont tendances à embellir quelques peu certains paysage mais ici aucun artifice n’est nécessaire pour mettre en beauté ces vastes étendues désertiques. Je roule toute la matinée sous un beau soleil qui me fait totalement oublié les 2 précédentes journées. J’arrive vers 13h à Hveravellir et je tombe tout de suite sous le charme des lieux. Alors que ça ne devais être qu une étape de midi je décide de dormir là se soir et de prendre l’après midi pour visiter les sites alentour. Je mange rapidement et je débute par une petite visite du site principal qui recèle de sources d'eau chaude, de fumeroles et autres bains d’eau bouillante tout ça dans une atmosphère soufré quelques peu dérangeant à la longue. Un peu plus tard je repère sur ma carte un hypothétique point de vue sur le glacier Langjökull situé à environ 15 km par la piste ???? Ni une ni deux j’enfourche mon vélo et me voilà parti en direction du glacier. Je redécouvre le bonheur de rouler sans la remorque et je sent rapidement que physiquement les deux premières journées ont vraiment été bénéfique. J’arrive sous une averse mais la vue est à coupé le souffle ! Je reste un bon moment à contempler le paysage. Mais la pluie et le vent abrègent le spectacle, je repars avant de trop me refroidir. Comme par hasard arrivée en bas de la côte le soleil reviens... Pourtant on m’avait prévenu « Si le temps vous déplaît, attendez juste une minute ».
Je repère un sentier balisé qui va à Hveravellir, histoire de ne pas reprendre la même piste je décide de prendre ce chemin que je parcours à pied car la lave et les rochers m’empêchent de rouler et je ne veux pas risquer de casser quelque chose sur le vélo. En arrivant au camping je tombe sur Ramone qui boit un chocolat chaud !!! On se raconte un peu notre journée et bien que la journée soit assez avancée Ramone décide quand même de se rendre à Kerlingarfjoll ! Pour ma part je profite tranquillement de la soirée pour faire sécher tout mon équipement et faire quelques photos du coucher de soleil. Je me couche frigorifier mais heureux de cette superbe journée.
Jour 6 : Jeudi 05 Août 2010
Ce matin les nuages sont revenus, j’espérait que le beau temps de la veille continu mais c’est un plafond nuageux assez haut qui m’accueille pour le petit déjeuné. Je repars sans regret d Hveravellir qui a su m’apporter une journée exceptionnelle. Au bout d’une heure je commence à apercevoir le glacier Hofsjökull. Pendant plusieurs kilomètres j’ai la chance d’avoir pour moi tout seul, en point de mire, les langues du glaciers éclairées ça et là par des rayons de soleil. Je suis tellement absorbée par cette vision qu’à ce moment je ne pense à rien d’autre et que j’en oublie même la tôle ondulée de la piste qui secoue mon vélo et ma remorque dans tous les sens.
Je m’arrête à l’intersection d’une piste sans nom qui rejoint la base du glacier. Un 4*4 fais les 100 « roues » devant un important guet . Je m’installe confortablement sur mon vélo pour le spectacle. Ne trouvant pas de solution immédiate le conducteur descend, met ses cuissardes et décide de sonder le fond de la rivière à pied. Au moment où il arrive sur la rive opposée, après avoir franchi la partie la plus dangereuse de la rivière, il s’étale de tout son long dans l’eau. Je ne peux m’empêcher de sourire. Cette chute met fin à son projet de traversée du guet. Il rejoins son 4*4, se sèche et repart vaincu « Veni, Vidi, (pas) Vici ». Depuis quelques temps j’aperçois de gros nuages plus au sud, progressivement je me retrouve encerclé par les averses et finalement le cercle se referme. La pluie ne me quittera plus pendant les quatre prochaines heures. Je rejoins Kerlingarfjoll sous une pluie battante. Le site est magnifique mais le temps qui ne s’améliore pas m’empêche de jouir pleinement du spectacle. C’est donc trempé jusqu’aux os que j’arrive au refuge de Kerlingarfjoll. Une fois n’est pas coutume je tombe à nouveau sur Ramone entrain de lire ! Je commence à me dire que l’on a pas finis de se retrouver… J’ai à peine le temps de monter ma tente et de manger que je repars avec Ramone marcher en direction des HotSpot que l’on nous garantie comme étant de « vrai » Hot Spot à 40°C. Je suis vraiment satisfait, car malgré les efforts des précédentes journées je suis en pleine forme et j’arrive à récupérer quasi-instantanément. La randonnée se déroule toujours sous une pluie battante mais la beauté des paysages relèguent la pluie au second plan. Nous arrivons sur le site après 1h30 de marche. Les couleurs sont vraiment irréelles, le jaune du soufre, l’ocre et le rouge de la terre mélangé au blanc et aux bleu des glaciers sont tout simplement magnifiques. Nul par ailleur je n’ai pu voir une diversité de couleur réunie sur un seul site, c’est tout simplement époustouflant. Une fois arrivé je prends conscience que je suis parti beaucoup trop sereins !!! En effet sous mon pantalon de pluie et ma veste en Gore Tex je n’ai rien d’autre qu’un T shirt et 1 caleçon !!! Tant que l’on montais la chaleur était entretenu par l’effort de la marche mais une fois que le rythme a baissé le froid à commencé à sérieusement se faire sentir, mettant fin à mes envies de baignade dans les HotSpot. Rentrée dans une eau à 40°C ne pose aucun soucis mais sortir sous une pluie battante et remettre des habits détrempés était de trop pour moi. Du coup j’accélère volontairement la visite du site et on repart en courant par la piste. Malheureusement Ramone à une jambe douloureuse, séquelle d’une fracture vieille de 2 ans. On doit donc stopper notre course au bout de 2 km. Mais au moins j’aurais pu me réchauffer. Finalement on termine par une marche soutenus avec un vent de face avec encore et toujours de la pluie ! Arrivé au camping je n’arrive même plus à bouger les bras tellement j’ai eu froid !!! Mais une douche chaude et un Pannini frites, dans la salle commune du refuge, me font rapidement oublier les quelques petits désagréments de cette journée.
Jour 7 : Vendredi 06 août 2010
Ce matin je décide de prendre mon temps, Ramone lui veut partir le plus rapidement possible pour rejoindre Geyser qui se trouve à plus de 100 km… Je commence par déjeuner mes 4 chocos habituels devant ma tente puis je remet le couvert avec Ramone au refuge. En effet il est possible de prendre le petit déjeuner pour 1300 Kr. Malgré ses bonnes résolutions Ramone n’est toujours pas près quand je quitte Kerlingarfjoll sous les nuages. La descente est plutôt « animée » en effet l’état de la piste ne me permet pas de maîtriser parfaitement ma monture qui finis une ou deux fois en hors piste. Dans un premier temps j’avais décidé, compte tenu de la grosse journée de la veille, de faire une petite étape pour récupérer un peu. Suite aux conseils du premier couple que j’ai rencontré j’entreprends de dormir près du lac Hvítárvatn face aux deux magnifiques langues glacières. Après avoir rejoins l’intersection entre la F35 et la piste de Kerlingarfjoll , la pluie reprend du service et s’associe à un vent de face ce qui transforme la piste en un parcours de connaisseurs… Après quelques rencontres j’ai confirmation que le site où j’entreprend de passer la nuit est magnifique cela me redonne un peu le moral que le climat commence à faire flancher. J’apprends également qu il faut traverser un guet pour accéder aux rives du lac. Bizarrement cet obstacle me motive, en effet je n’ai encore pas eu l’occasion d’essayer mes sandales ! J’arrive devant le guet, je « chausse » mon équipement aquatique et c’est parti, hormis le fait que cela me rafraîchisse les idées ça passe sans problème jusqu au moment où je me rends compte que la remorque et les sacoches sont à moitié dans l’eau… ! Je n’ai plus qu’à croiser les doigts en espérant que l’on ne m’ai pas menti sur la parfaite étanchéité de celle-ci.
Je rechausse mes baskets et direction le lac. Le site est vraiment magnifique, au premier plan le « camping » et à ma droite un petit refuge sans prétention mais qui s’accorde parfaitement avec la sobriété du site. Au second plan face au lac apparaît à travers les nuages une montagne ??? entourée de deux langues glacières. J’entame mes sandwichs et un couple de français arrive en 4*4. On discute un peu de nos voyages respectifs et ils repartent plein Nord. Peut être que je les recroiserais en France, seulement 6 km séparent nos deux domiciles… Malgré la beauté du site je n’ai pas vraiment le moral, la pluie et le vent sont toujours là et je commence sérieusement à me demander si je ne devrais pas poursuivre ma route. Après ¼ d’h ma décision est prise se soir je dors à Geyser malgré la distance qu’il me reste encore à parcourir cette décision me galvanise et je reprends la piste le sourire aux lèvres. Cette après midi me fera connaître les pires conditions de mon séjour mais je n’en ressort pas affecté outre mesure. J’immortalise la fin de la fin de la piste F35 en photographiant mes pieds à cheval entre la route et la piste. Je m’arrête à Gulfoss par principe mais mon état de fatigue et le temps m’empêchent d’apprécier réellement la grandeur du site. Il est passé 19h quand j’arrive à Geyser épuisé. Une petite surprise m’attends, les douches du camping sont dans la piscine à proximité du magasin de souvenir, je me retrouve donc dans une baignoire de 20 m par 10 m dans une eau à 38° !!!! Je m’y prélasse plus d’une heure, les muscles se détendent et mon esprit refait le parcours de la journée. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir, je sort et je réintègre mes habits mouillés direction ma maison de toile. Un croque monsieur au magasin de souvenir et un repas lyophilisé à l’abris de ma tente seront les deux seules activités de ma soirée. Je m’endors toujours accompagnée par la pluie.
Jour 8 : samedi 07 août 2010
9h30 le réveil est difficile, il a plu toute la nuit et j’ai le moral à zéro. Je remets mes habits encore bien humide de la veille et je déjeune à l’abris des sanitaires. Je ne suis pas pressé de repartir j’en profite donc pour aller visiter le site de Geysir que je n’ais pas eu le courage de parcourir la veille. Il y a déjà énormément de monde sur le site, il faut dire que c’est un des sites du « Triangle d’Or » qui avec Gulfoss et Pingvellir font partis des visites incontournables d’Islande. Le Geyser est impressionnant mais les fumeroles et marmites bouillonnantes alentour font vraiment pâles figures comparés à celles que j’ai pu observer à Hveravellir. Je décide de prendre un peu de hauteur en « escaladant » la colline derrière Geyser. Vers 11h30 miracle !!!! Le vent permet au soleil de se frayer un passage à travers les nuages. Je redescends rapidement au camping pour mettre toute mes affaires à sécher. Je profite de la chaleur émise par les quelques rayons de soleil qui ont été autorisé à traverser le plafond nuageux. Cela fait 3 jours que je n’ai pas vu le soleil et cette éclaircie a le mérite de me remonter le moral. Peux de temps après avoir finis mes sandwichs, mes voisins de camping m’invite chez eux pour manger !!! Par principe j’ai décidé de ne pas refuser une invitation et après ma semaine passée sur le vélo, un deuxième repas ne peux pas me faire de mal. Je suis donc accueilli sous la tonnelle de la caravane par 1 thé chaud et 2 croques monsieur spécialement préparé pour moi !!!! Notre anglais approximatif à tous les trois nous permet de discuter succinctement de nos vacances respectives. J’apprends qu ils sont à la retraite et que chaque année avec leurs petits enfants ils font le tour de l’Islande de camping en camping. La pluie qui redémarre sonne la fin de notre discussion, je rassemble rapidement tous mon équipement, le range à l’abris dans mes sacoches et j’enfourche mon fidèle destrier direction Laugarvatn à contre « couvent »... Le regain de moral apporté par la soleil s’est rapidement estompé et la morosité reprend le dessus. Plutôt que de ne pas avancer j’ai décider pour les deux jours à venir de faire des petites étapes. Laugarvatn aujourd’hui et Pingvellir demain.
Je monte ma tente au camping et je décide d’aller marché un peu sur un petit sentier de randonnée juste à flan de montagne. Je n’arrive pas à apprécier le paysage. Je m’assois sur un banc et je médite pendant une bonne heure avant de rejoindre la station essence pour me réchauffer et me faire berner par un « appétissant » morceau de gâteau qui au goût se révèle être infâme… Mes poils se dressent quand j’aperçois un couple entrain de manger une glace. Comment est ce possible de manger une glace par un temps pareil ?! Mais je relativise rapidement car entre la voiture chauffé et la station essence il y a tout au plus quelques dizaines de mètres qui ne suffisent pas à transformer la glace en chocolat chaud. La soirée est sans intérêt, bien que réchauffer par une bonne douche soufrée je suis contraint de manger mon repas lyophilisé à l’abris de l’abside de ma tente. Vingt minutes après je suis couché…Une journée à oublier.
Jour 9 : Dimanche 08 août 2010
J’ouvre un œil et bizarrement la lumière dans la tente est beaucoup plus intense que d’habitude. J’ouvre progressivement la fermeture éclaire, malgré tout je reste méfiant, je commence à connaître le temps Islandais… Mais là je dois me rendre à l’évidence le temps et magnifique et comble de tout c’est un ciel sans nuages qui m’accueil. Je saute hors de ma tente et m’installe sur ma table en bois personnelle (eh oui c’est le grand luxe aujourd’hui !!!) Je sors mon pot de « Nutella » acheté la veille, en une seconde le couvercle et sur le dos, la seconde suivante mon couteau l’attaque de front. Heureusement que le soleil est là, parce la pâte à tartiner doit sûrement être excellente pour les joins de salle de bain mais pour le petit déjeuner elle repassera… Juste derrière le camping la montagne me fait de l’œil, celle ci ne « semble » pas bien haute et vu que je ne suis toujours pas bien remis de mon étape de l’avant veille je décide d’aller marcher. Il n’y a pas de chemin j’entreprend donc une ascension frontale. Rapidement je me retrouve dans un passage très escarpé, cela commence plus à s’approcher de l’escalade que de la marche. Mais après 15 bonnes minutes je sors de ce passage délicat et je poursuit mon ascension. Souvent en montagne, il est difficile d’évalué le sommet réel puisque régulièrement un nouveau sommet apparaît et encore un autre…Finalement ma « petite » montagne à quand même nécessité 2h de marche avant de laisser apparaître un magnifique cairn au sommet. Depuis le somment j’ai une magnifique vue à 360°. C’est seulement la deuxième fois depuis mon premier coup de pédale de lundi dernier que je peux observer les rayons du soleil sublimer les paysages. Je passe plus d’une heure avec pour seul compagnie « mon » cairn à observer les montagnes et le lac de Laugarvatn. J’improvise une descente, par un chemin encore plus escarpé qu’à l’allée, qui me mène à une minuscule forêt de buisson dont je met plus de vingt minutes à sortir tellement la végétation est dense. Quelques égratignures plus tard je renoues avec mes sandwichs pain, charcuterie, pain et je prends la direction de Pingvellir. Fondé des 930, Pingvellir est considéré comme un des plus vieux parlements du monde. Le site est située à la divergence des plaques tectoniques américaines et européennes.
La circulation est dense sur la piste 365. En effet celle ci est accessible aux véhicules de tourismes et fait parti du circuit du Triangle d’Or. Le soleil a séché la piste et je goutte au joie de la poussière à chaque fois que je croise une voiture. J’arrive à l’office de tourisme de Thingvellir où je manque de vaciller tant la foule est importante et soudaine. Il me faut quelques minutes pour me réhabituer après cette semaine de quasi solitude. J’installe ma tente un peu à l’écart et je médite une bonne partie de l’après midi sur comment terminer mon voyage. En effet il me reste 3 jours avant de retourner à Reykjavik, deux solutions s’offrent à moi : - Je prend le chemin le plus direct soit une cinquantaine de km et lundi soir je suis à Reykjavik - Je fait un détour par Hveragerdisbaer ce qui repousse mon arrivée au Mardi mais qui me permet de poursuivre quelques peu mon périple. Aussi bizarre que cela puisse paraître cette question me travaille une bonne partie de l’après midi. D’un côté je me dis que ça serait dommage de ne pas profiter des jours qu il me reste pour approfondir ma découverte de l’Islande, et d’un autre côté je ne veux pas rallonger mon voyage uniquement pour «amortir » le voyage. Chaque chose a une fin et je doit apprendre à passer à autre chose sans vouloir indéfiniment retarder l’échéance. Je laisse cette question en suspend et je pars à pied pour le site même de Thingvellir situé à quelques kilomètres. En passant par l’office du tourisme je reconnais la vélo de Ramone ! Moi qui pensais ne plus le revoir après que l’avoir quitté à Kerlingarfjoll. Il est entrain de manger un sandwich quand je le salut d’une grande tape dans le dos. On passe une bonne demi heure à relater nos deux derniers jours. Il est 17h 30 et encore une fois Ramone décide de couvrir les 50 derniers kilomètres qui nous sépare de Reykjavik dans la soirée. C’est sa dernière nuit en Islande et il a réservé une chambre dans un hôtel 3 étoiles de la capitale. Après deux nuits dans des cabanes/refuges au milieu de nul part je comprend que la perspective d’un bon lit lui donne des jambes.
Avant de partir il tient absolument à m’offrir quelque chose en échange des pastilles Micropure que je lui avais donné à Hveravellir et qui paraît lui ont « sauvées la vie »… Mon cadeau sera suisse : du Toblerone qui passera de vie à trépas en moins d’une heure… On échange nos adresses mails et je pars à pied visiter l’hémicycle et lui à vélo rejoindre le Blue Lagoon et son lit 3 étoiles.
Au retour de Thingvellir je renoues avec les bienfaits de la marche, découverts 2 ans plutôt lors de ma traversée de la France par le GR5. En effet on prend vraiment le temps de découvrir et d’apprécier le paysage, tout est plus lent, à chaque pas la pensée se met en mouvement. A ce moment se sont les pâtes du dîner qui occupent ma pensée, elles commence à se dessiner dans mon esprit et me font de plus en plus saliver au fur et à mesure que je m’approche de la tente.
C’est repus que je me couche après cette belle journée sous le signe du soleil !!!
Lundi 09 août 2010
Une fois n’est pas coutume c’est la chaleur qui m’oblige à sortir de ma tente !!! Le soleil et le ciel bleu se sont à nouveau associés. La journée s’annonce magnifique. Le temps de ce Lundi m’invite à prolonger mon voyage en direction de Hveragerdisbaer. Je démarre tranquillement avec un léger vent de face mais pas de quoi entraver mon moral. Au bout de quelques kilomètres je m’arrête en bord de route pour admirer le bleu du lac de Thingvallavatn sublimer par les rayons du soleil. Je suis interpellé par la sensation qui me traverse à ce moment. En effet tout est grand, beau, magnifique mais je ne ressens rien de particulier. Est ce l’accumulation des visions toute plus belle les unes que les autres de cette dernière semaine qui banalise ce que je suis entrain d’observer ? Je décide de prendre une photo témoin, pour pouvoir à tête reposée, me repasser l’image et juger de la réelle beauté du site. La route 360 que j’emprunte est beaucoup moins monotone que les paysages désertiques de la F35. En effet chaque virage est sujet à découverte. J’apprécie vraiment cette route qui contraste avec la monotonie de la piste. Après quelques kilomètres je m’arrête méditer une petite dizaine de minute dans une splendide baie sur une plage de sable noir. J’en profite au passage pour manger un Lion qui dans ces moments mériterait sans contestation toutes les étoiles Michelin !!! A midi je découvre un nouveau cadre idyllique. C’est une petite chapelle surplombant le lac qui fera office de point de vue pour mon repas. Hormis ce « putain » de dérailleur qui commence sérieusement à déconner tout se passe pour le mieux. Le soleil brille, les oiseaux chantent !!!!
Pour rejoindre Hveragerdisbaer je suis obligé de reprendre les axes principaux, les paysages deviennent beaucoup moins marqués et c’est le grand retour du vent (de face tant qu’à faire !!!). Les routes que j’empruntent sont sans grand intérêt d’autant que je dois me contenter de 1 m, quand ça n’est pas 50 cm, de bas côté de la route n°1. Finalement je me concentre sur mon objectif qui est d’atteindre le camping.
Le camping est petit mais bien sympa, il est tenu par un gros type chauve, fan de Harley Davidson, dont le bureau fait office de supérette four tout. J’évite de trop regarder sa marchandise de peur qu il essaye de me refourguer sa camelotte. Je monte ma tente et après une petite sieste, direction le magasin Bonus pour faire deux trois courses. Comme à chaque fois après quelques jours de rationnement, en entrant dans le magasin je veux tout acheter, tout manger, mais je ne sais pas quoi choisir, alors je prends, je repose, je repars dans un autre rayon, je n’arrive même plus à savoir ce dont j’ai besoin !!! Je finis par acheter les mêmes saucisses que celles que j’avais détestées à Reykjavik !!! En attendant le repas je parcours un peu la ville que l’on qualifierait en France de village étant donné la faible superficie. La « ville » est vide et pas vraiment structurée. Ici il y a de la place alors on s’étale. Il est difficile de discerné un véritable centre, je suppose que la présence des quelques commerces est le signe que je suis au cœur de la ville. Dans l’ensemble je ne m’y sent pas vraiment à l’aise ce qui me fait envier nos pittoresques villages français.
De retour au camping j’attaque la cuisson des fameuses saucisses qui s’avèrent à nouveau être infâme (en même temps c’est pas comme si je ne le savais pas…) à celles ci j’ajoute quelques pâtes assaisonnées de trois grains de sel sauvés du fond de mon sac. Ce somptueux dîner me laisse un goût de bourrage d’estomac que je complète par un magnifique Kit Kat fondu pour équilibré le tout…
Après ce repas riche en émotion, j’hésite à me coucher tout de suite ou à poursuivre mon exploration de la ville. J’opte pour la deuxième solution et me dirige vers une rivière à la périphérie. Je longe quelques instants la rive et je m’assoie devant une chute d’environ 3 m de haut. Je m’apprête à repartir quand tout à coup je vois un saumon qui tente de remonter la chute !!! Ebahit je reste sur place et le ballet recommence !! Finalement je passe plus d’une heure en compagnie d’un couple d’Allemand à les observer tenter de rejoindre leurs frayères en amont. C’est la première fois que j’ai l’occasion d’observer se phénomène de mes propres yeux et c’est tout simplement époustouflant. Je réintègre ma tente à la nuit tombée ravi de cette petite séance sur la vie des salmonidés.
Mardi 10 août 2010
Je me réveille un peu vaseux, avec des mots de têtes. Je fais rapidement le rapprochement avec ma bonne idée de la veille, de me coucher avec les pieds mouillés suite à ma soirée Saumon !!! J’avale rapidement mon petit déjeuné et après avoir rangé mon campement je décolle pour ma dernière étape. Je sent tout de suite que les derniers 45 km vont être très dure. Le vent a changé de sens pour qu on puisse à nouveau converser en tête à tête !!! Mes jambes me font mal et j’ai l’impression d’être scotché à la route. Pour couronner le tout je commence par une montée de quelques kilomètres qui me permet d’accéder au magnifique « Plateau de la Misère » que je surnomme ainsi en hommage à la grosse heure que je passe à essayer d’avancer tant bien que mal face à un vent d’enfer. Afin que mon bonheur soit entier mon « putain » de dérailleur se met à sauter sans arrêt. Ce qui lui a permis au passage de faire le plein d’insulte pour au moins 1 an… Je découvre les joies du pédalage en descente et les joies de l’observation micrométrique de la route grâce à une vitesse proche de la marche arrière… Passé le « Plateau de la Misère » le vent faibli un peu et les seuls réels désagréments sont l’alternance des largeurs de bas côtés qui varient de 1 m à 30 cm. Une petite photo devant le panneau d’entrée de Reykjavik, un petit détour par l’enseigne au Cochon Rose (Bonus) et à 14h ma boucle est bouclée. Me voici de retour au camping de Reykjavik. Je fête ça avec quelques sandwichs et une bonne sieste. Je consacre le reste de l’après midi à faire un peu de lessive, quelques courses et à nettoyer ma fidèle monture qui a souffert de la poussière de la piste.
Bonjour,
Cela fait plusieurs années que nous rêvons de partir à la découverte de cette île du nord. Après avoir découvert d'autres régions du monde (ouest américain, Norvège, Egypte, Croatie....), nous nous lançons enfin dans l'organisation de ce road-trip familial.
Celui-ci est assez classique puisque nous allons suivre la route 1 mais l'objectif est également de sortir le plus possible de ce tracé pour aller à la découverte de chaque région traversée. Voici l'itinéraire prévu. Comme vous pourrez le voir, nous avons fait une croix sur les fjords de l'ouest (ce sera l'occasion de revenir) et du centre de l'île.
Jour 1 : Lyon> Genève > Reykjavik Jour 2 : Reykjavik : péninsule de Reykjanes + Reykjavik Jour 3 : Reykjavik > Cercle d'Or Jour 4 : Cercle d'Or > Vik Jour 5 : Vik : Iles Vestmann + alentours de Vik Jour 6 : Vik : région de Vik Jour 7 : Vik > Kálfafell Jour 8 : Kálfafell : randonnées Jour 9 : Kálfafell > Djúpivogur : arrêt à Jokulsarlon Jour 10 : Djúpivogur > Egilstadirr Jour 11 : Egilstadirr Jour 12 : Egilstadir Jour 13 : Egilstadirr > Mývatn Jour 14 : Mývatn : Husavik + Detifoss Jour 15 : Mývatn : Askja Jour 16 : Mývatn Jour 17 : Mývatn > Siglufjörður Jour 18 : Siglufjörður > Thingeyrar Jour 19 : Thingeyrar > Grundarfjörður (péninsule de Snæfellsjökull) Jour 20: Grundarfjörður (péninsule de Snæfellsjökull) Jour 21 : Grundarfjörður > Reykjavik Jour 22 : Reykjavik > Lyon
Voici les quelques questions que nous nous posons : - Cercle d'Or : sur 2 demie-journées, est-ce que nous avons le temps de faire tous les sites dont une rando à Thingvellir NP ? - Cercle d'Or > Vik : est-il possible d'inclure la visite des iles Vestmann dans cette journée ou est-il préférable de prévoir une nuit en route ? - pour se rendre dans les fjords de l'Est, nous avons prévu une étape intermédiaire après Kalfafell. Est-elle utile ? Ne faudrait-il pas la prévoir plus vers Höfn ? - pour se rendre à Askja : quelle est la meilleure option pour faire Askja : 1/ depuis les fjords de l'Est par la route F910 puis F88 vers Myvatn 2/ depuis Myvatn : un aller-retour par la F88. J'ai lu que la F88 pouvait être un peu difficile pour les non expérimentés. Quel est votre avis ? - Myvatn : nous avons prévu 4 nuits au même endroit pour avoir le temps de bien découvrir la région. Est-ce la meilleure option ou faut-il changer de lieu en fonction des visites (exemple : aller dormir vers Husavik pour les sorties baleines) ? - pour rejoindre la péninsule de Snæfellsness, nous avons prévu 2 haltes pour couper la route qui semble assez longue. Ce n'est peut-être pas nécessaire, ce qui nous permettrait d'ajouter une journée de plus sur une autre étape.
Pour la location de voiture, je suis preneur de vos bons tuyaux. J'ai commencé mais recherches mais je trouve les prix très chers. Si vous connaissez des loueurs locaux, je suis preneurs.
N'hésitez pas, si vous avez des conseils, des tuyaux...à partager. Merci par avance.😉
Cela fait plusieurs années que nous rêvons de partir à la découverte de cette île du nord. Après avoir découvert d'autres régions du monde (ouest américain, Norvège, Egypte, Croatie....), nous nous lançons enfin dans l'organisation de ce road-trip familial.
Celui-ci est assez classique puisque nous allons suivre la route 1 mais l'objectif est également de sortir le plus possible de ce tracé pour aller à la découverte de chaque région traversée. Voici l'itinéraire prévu. Comme vous pourrez le voir, nous avons fait une croix sur les fjords de l'ouest (ce sera l'occasion de revenir) et du centre de l'île.
Jour 1 : Lyon> Genève > Reykjavik Jour 2 : Reykjavik : péninsule de Reykjanes + Reykjavik Jour 3 : Reykjavik > Cercle d'Or Jour 4 : Cercle d'Or > Vik Jour 5 : Vik : Iles Vestmann + alentours de Vik Jour 6 : Vik : région de Vik Jour 7 : Vik > Kálfafell Jour 8 : Kálfafell : randonnées Jour 9 : Kálfafell > Djúpivogur : arrêt à Jokulsarlon Jour 10 : Djúpivogur > Egilstadirr Jour 11 : Egilstadirr Jour 12 : Egilstadir Jour 13 : Egilstadirr > Mývatn Jour 14 : Mývatn : Husavik + Detifoss Jour 15 : Mývatn : Askja Jour 16 : Mývatn Jour 17 : Mývatn > Siglufjörður Jour 18 : Siglufjörður > Thingeyrar Jour 19 : Thingeyrar > Grundarfjörður (péninsule de Snæfellsjökull) Jour 20: Grundarfjörður (péninsule de Snæfellsjökull) Jour 21 : Grundarfjörður > Reykjavik Jour 22 : Reykjavik > Lyon
Voici les quelques questions que nous nous posons : - Cercle d'Or : sur 2 demie-journées, est-ce que nous avons le temps de faire tous les sites dont une rando à Thingvellir NP ? - Cercle d'Or > Vik : est-il possible d'inclure la visite des iles Vestmann dans cette journée ou est-il préférable de prévoir une nuit en route ? - pour se rendre dans les fjords de l'Est, nous avons prévu une étape intermédiaire après Kalfafell. Est-elle utile ? Ne faudrait-il pas la prévoir plus vers Höfn ? - pour se rendre à Askja : quelle est la meilleure option pour faire Askja : 1/ depuis les fjords de l'Est par la route F910 puis F88 vers Myvatn 2/ depuis Myvatn : un aller-retour par la F88. J'ai lu que la F88 pouvait être un peu difficile pour les non expérimentés. Quel est votre avis ? - Myvatn : nous avons prévu 4 nuits au même endroit pour avoir le temps de bien découvrir la région. Est-ce la meilleure option ou faut-il changer de lieu en fonction des visites (exemple : aller dormir vers Husavik pour les sorties baleines) ? - pour rejoindre la péninsule de Snæfellsness, nous avons prévu 2 haltes pour couper la route qui semble assez longue. Ce n'est peut-être pas nécessaire, ce qui nous permettrait d'ajouter une journée de plus sur une autre étape.
Pour la location de voiture, je suis preneur de vos bons tuyaux. J'ai commencé mais recherches mais je trouve les prix très chers. Si vous connaissez des loueurs locaux, je suis preneurs.
N'hésitez pas, si vous avez des conseils, des tuyaux...à partager. Merci par avance.😉
Ce qui compte ce n'est pas la destination mais le voyage dit-on et pourtant...
Après quelque pays parcourus, nous voilà en Islande. Pays de glace, soufré, pays de mes rêves.
Un pays rude, c'est vrai. 3 semaines le temps de s'imprégner réellement n'auront pas suffi.
Et puis là, la déception...la première raison, c'est bien sur le tourisme de masse et ses dérives.
Comment échapper à ces foules d'aoutiens venus cliquer sur un appareil dont ils n'utiliseront probablement que très rarement ces instants capturés. Je me pose la question à maintes reprises. En rentrant je tombe sur un reportage intitulé "l'islande destination phare en europe" (http://www.francetvinfo.fr/decouverte/vacances/lislande-destination-phare-en-europe_1795406.html). S'échapper, parcourir des chemins inconnus, voila la seule issue, au prix de maintes efforts.
L'accueil des islandais me surprend. J'ai en tête une belle anecdote. Fin d'AM, nous roulons en quête d'une brasserie locale que le LP nous décrit. On arrive harassés, un peu perdus et là une dame sort de l'entrepot, ouvre la porte à toute volée et nous hurle véritablement et simplement "CLOSED" et referme sa porte sans attendre son reste. Surpris, je me dis : quel peuple !! Difficile de généraliser mais quand même...
Et puis que dire des prix exorbitants pratiqués par les gentils islandais. La faute à la crise nous dit-on. Oui sans doute mais on est quand même de belles vaches à lait.
On se reprend car un voyage quoi qu'on en dise c'est toujours bien. Ces paysages grandioses, terre de glaces, pays de mes rêves, plus si sûr. Je retournerai sans doute à Yellowstone ou à Lanzarote car ces payasages lunaires me fascinent mais sans doute plus chez les vikings.
Bien à vous
Arnaud
Bonjour,
Nous partons à 2 en juillet prochain pour 3 semaines, on souhaite faire le tour de l'Islande et quelques incursions dans les terres (Landmannalaugar, Kerlingarfjöll notamment) et nous dormirons en toile de tente (ou à l'arrière du 4x4 à l'occasion si cela est possible, mais j'imagine qu'il ne faut pas rêver !)
Les billets d'avion sont achetés il reste maintenant à réserver le 4x4, alors là même après avoir parcouru pas mal de sujets sur le forum et avoir visité les sites de Geysir, Rental car etc. j'ai vraiment du mal à me repérer, je me sens même carrément empotée ! Je regarde lesquels sont indiqués 4x4 et le prix indiqué, au delà de ça je ne sais comment faire un choix futé et j'aimerais m'y pencher sérieusement car c'est vraiment LE très gros poste de dépense du voyage !
Je vois sur le forum que le Gran Vitara revient souvent dans les messages mais dans la mesure où nous ne sommes que 2 avec des bagages limités (habitués aux treks donc matériel de camping assez peu volumineux) peut-être peut-on se tourner vers des modèles plus petits et donc moins onéreux ? Ou prendre un modèle moins "moderne" ?
Par exemple chez Blue Car Rental Car je vois que le Gran Vitara manuel est à près de 2800€ (pour les 3 semaines), ils proposent aussi un Jimny 4x4 manuel (ancien modèle) pour environ 2000€. La différence est significative, mais est-ce une "mauvaise économie" ? Avez-vous en tête d'autres modèles de 4x4 dans ces prix et suffisants pour 2 personnes ?
Mille mercis :)
Nous partons à 2 en juillet prochain pour 3 semaines, on souhaite faire le tour de l'Islande et quelques incursions dans les terres (Landmannalaugar, Kerlingarfjöll notamment) et nous dormirons en toile de tente (ou à l'arrière du 4x4 à l'occasion si cela est possible, mais j'imagine qu'il ne faut pas rêver !)
Les billets d'avion sont achetés il reste maintenant à réserver le 4x4, alors là même après avoir parcouru pas mal de sujets sur le forum et avoir visité les sites de Geysir, Rental car etc. j'ai vraiment du mal à me repérer, je me sens même carrément empotée ! Je regarde lesquels sont indiqués 4x4 et le prix indiqué, au delà de ça je ne sais comment faire un choix futé et j'aimerais m'y pencher sérieusement car c'est vraiment LE très gros poste de dépense du voyage !
Je vois sur le forum que le Gran Vitara revient souvent dans les messages mais dans la mesure où nous ne sommes que 2 avec des bagages limités (habitués aux treks donc matériel de camping assez peu volumineux) peut-être peut-on se tourner vers des modèles plus petits et donc moins onéreux ? Ou prendre un modèle moins "moderne" ?
Par exemple chez Blue Car Rental Car je vois que le Gran Vitara manuel est à près de 2800€ (pour les 3 semaines), ils proposent aussi un Jimny 4x4 manuel (ancien modèle) pour environ 2000€. La différence est significative, mais est-ce une "mauvaise économie" ? Avez-vous en tête d'autres modèles de 4x4 dans ces prix et suffisants pour 2 personnes ?
Mille mercis :)
Bonjour à tous,
Nous partons 5 jours à Reykjavik, où nous logeons dans un Airbnb. On est avec notre fille de 10 ans. Pour etre libres, je vais louer une voiture pour relier la vile et faire les incontournables (Blue Lagoon et Cercle d'or). Ma question est de savoir quels sont les plus beaux lieux à visiter en "day-trip"? Je pense qu'on peut y consacrer 2 jours. J'hésite à prendre une excursion, vu que c'est vraiment cher. En meme temps on aimerait bien faire une randonnée sur un glacier ou des caves de lave. Auriez-vous des conseils des endroits à visiter absoluement, et où prendre un guide seul? Merci bcp!
We stayed in Iceland from August 27 to September 13, 2023. Actually, this was our second trip to the island.
During our first visit, we rented a camper van from Snail Motorhome Rental, a family-run business that provided outstanding service.
Unfortunately, we discovered that this company no longer exists.
So, we rented a camper van through a third party, specifically via the Nordic Travel Group website.
We chose City Car Rental, located near Keflavik Airport, because the rental cost was really appealing.
Apart from the quality of the sleeping bags and the size of the pillows we rented, our experience with this company was very positive.
We noticed a significant increase in tourism since our last trip in 2015.
Several sites have been redeveloped, and parking is now paid in many places.
Accommodations have multiplied, not only near major cities but also in remote areas.
One notable advantage, however, was discovering the wide variety of food products available in supermarkets. In 2015, the selection was very limited.
I invite you to continue reading this travel journal and watch the videos that will let you explore this destination, which has everything to charm outdoor enthusiasts.
Videos are embedded throughout the summary. Click on the image to start the video.
To jump to a specific post, here are the relevant links:
Hlauptungufoss, Midfoss and Bruarfoss Geysir, Blesi and Strokkur Gullfoss Brúarhlöð Canyon Faxafoss Kiðjabergsvöllur – Belvedere Kerið Crater Reykjadalur Valley – Hike to the hot springs Seljalandsfoss Gljúfrabúi Waterfall Seljavallalaug – One of Iceland’s oldest geothermal pools Skógafoss – Fimmvörðuháls hiking trail (partial) Kvernufoss Plane wreck at Solheimasandur Dyrhólaey Peninsula Reynisfjara Beach – Puffins and seals Vík í Mýrdal Fjaðrárgljúfur Canyon Skaftafell National Park – Svartifoss, Magnusarfoss & Hundafoss Svínafellsjökull Glacier Hofskirkja Church Fjallsárlón Glacial Lagoon (West) Fjallsárlón Glacial Lagoon (East) Jökulsárlón Glacial Lagoon Litlanefsfoss and Hengifoss Rjúkandi (Rjúkandafoss) Stuðlagil Canyon Selfoss and Dettifoss Krafla – Viti Crater Lake Krafla – Leirhnjúkur Lava Field Hverir Geothermal Site (Námafjall) Hverir – Hverarönd Geothermal Site – Blue Lagoon Grjótagjá – Hot Spring Cave Stóragjá – Hot Spring Cave Goðafoss Akureyri Zipline Hofsós – Pool by the Skagafjörður Fjord Víðimýrarkirkja Church Hvítserkur Rock – The Troll of Northwest Iceland Gislahellir (Gisli's Cave) Dynjandi (Fjallfoss) – One of Iceland’s most beautiful waterfalls Hellulaug (Natural hot spring pool) Stykkishólmur – Stykkishólmshöfn Port Kirkjufell & Kirkjufellsfoss Ólafsvík – Bugsfoss Lóndrangar Basalt Columns Arnarstapi Ytri-Tunga Farm – Seal watching Deildartunguhver Hot Spring Hraunfossar & Barnafoss Exploring Reykjavik Reykjavik – Whale Safari – Whale watching Raufarholshellir Lava Tunnel Gígvatnsvatn Lake (Green Lake/Graenevatn) Seltún Geothermal Site (Krýsuvík) Kleifarvatn Lake Blue Lagoon Thermal Spa Gunnuhver Geothermal Site Reykjanes Peninsula – Reykjanesviti Lighthouse Reykjanes Peninsula – Valahnúkamöl – Reykjanestá Ægissíðufoss Super Jeep excursion to Landmannalaugar Hiking in Landmannalaugar Scenery along the way
During our first visit, we rented a camper van from Snail Motorhome Rental, a family-run business that provided outstanding service.
Unfortunately, we discovered that this company no longer exists.
So, we rented a camper van through a third party, specifically via the Nordic Travel Group website.
We chose City Car Rental, located near Keflavik Airport, because the rental cost was really appealing.
Apart from the quality of the sleeping bags and the size of the pillows we rented, our experience with this company was very positive.
We noticed a significant increase in tourism since our last trip in 2015.
Several sites have been redeveloped, and parking is now paid in many places.
Accommodations have multiplied, not only near major cities but also in remote areas.
One notable advantage, however, was discovering the wide variety of food products available in supermarkets. In 2015, the selection was very limited.
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Bonjour à tous!
Mon compagnon et moi même prévoyons de partir en Islande pendant 7 jours (du 21 septembre au 27 septembre), pays que nous ne connaissons pas! Nous souhaitons louer un appart'hôtel (pas cher et pratique) à Reykjavik et visiter en étoile. Nous pensons donc louer une voiture mais quel type à cette époque? De plus avez vous d'autres idées, des avis ou conseils pour rendre notre séjour agréable et riche? Que pensez-vous de notre itinéraire (sachant que nous partirons et rentrerons depuis Reykjavik)...
Mercredi 21 Arrivèé à l'aéroport vers 15h45 - prise de la voiture Route vers l'Hôtel reykjavik Installation et balade à pied en ville
Jeudi 22 Départ pour le cercle d'or Parc National de Thingvellir Chutes de Gullfoss (les Chutes d’Or) Geysir où se trouve Strokkur Retour à l'hôtel
Vendredi 23 Départ pour Vik Le champ de lave d’Eldhraun Falaises de Reynisfjara et de Dyrholaey Chutes d’eau de Seljalandsfoss Chutes d'eau de Skogafoss Retour à l'hotel
Samedi 24 Départ pour Selfoss Visite de Stokkseyri (musée et plage) Arrêt à Eyrarbakki (village pecheurs) Retour à Reykjavik - voiture à l'hotel Visite de la ville et de ses richesses
Dimanche 25 Départ pour la Péninsule de Snaefellsnes Baie de Breidafjördur (Olafsvik) Arrêt à Borgarnes Retour en ville - deposer la voiture Visite de Reykjavik
Lundi 26 Départ pour le lac Kleifarvatn Arrêts à Grindavík Blue lagoon - source chaude Passage par Hafnir et longer la cote Dépose valises à l'hôtel (à Keflavik) et restitution de la voiture à l'aéroport Retour à l'hôtel et nuit
Mardi 27 Petit dej à l'hotel tôt Départ pour aéroport (décollage à 7h30)
Merci de votre aide et de vos conseils avisés....
Mon compagnon et moi même prévoyons de partir en Islande pendant 7 jours (du 21 septembre au 27 septembre), pays que nous ne connaissons pas! Nous souhaitons louer un appart'hôtel (pas cher et pratique) à Reykjavik et visiter en étoile. Nous pensons donc louer une voiture mais quel type à cette époque? De plus avez vous d'autres idées, des avis ou conseils pour rendre notre séjour agréable et riche? Que pensez-vous de notre itinéraire (sachant que nous partirons et rentrerons depuis Reykjavik)...
Mercredi 21 Arrivèé à l'aéroport vers 15h45 - prise de la voiture Route vers l'Hôtel reykjavik Installation et balade à pied en ville
Jeudi 22 Départ pour le cercle d'or Parc National de Thingvellir Chutes de Gullfoss (les Chutes d’Or) Geysir où se trouve Strokkur Retour à l'hôtel
Vendredi 23 Départ pour Vik Le champ de lave d’Eldhraun Falaises de Reynisfjara et de Dyrholaey Chutes d’eau de Seljalandsfoss Chutes d'eau de Skogafoss Retour à l'hotel
Samedi 24 Départ pour Selfoss Visite de Stokkseyri (musée et plage) Arrêt à Eyrarbakki (village pecheurs) Retour à Reykjavik - voiture à l'hotel Visite de la ville et de ses richesses
Dimanche 25 Départ pour la Péninsule de Snaefellsnes Baie de Breidafjördur (Olafsvik) Arrêt à Borgarnes Retour en ville - deposer la voiture Visite de Reykjavik
Lundi 26 Départ pour le lac Kleifarvatn Arrêts à Grindavík Blue lagoon - source chaude Passage par Hafnir et longer la cote Dépose valises à l'hôtel (à Keflavik) et restitution de la voiture à l'aéroport Retour à l'hôtel et nuit
Mardi 27 Petit dej à l'hotel tôt Départ pour aéroport (décollage à 7h30)
Merci de votre aide et de vos conseils avisés....
J'ai hésité longtemps avant d'écrire sur le forum car la dernière fois que j'ai voulu avoir des conseils sur des points à ne pas manquer et des idées pour un voyage, je me suis davantage fait critiquer sur mon choix d'itinéraire et sur les dates de mes vacances que j'ai reçu de conseils pertinents sur ce sur quoi j'avais besoin d'un coup de main. J'avais été hyper déçue du résultat, surtout que j'ai passé un super voyage au final, mais bon, je retente le coup! :)
Je pars en Islande du 10 au 21 mai prochain. Nous avons loué un 4x4 avec une tente sur le toît. Je suis pleinement consciente que les F roads sont fermées à cette époque et qu'il n'est donc pas utile d'avoir un 4x4, mais on ne sait jamais et c'est notre première fois, on ne sait pas trop à quoi s'attendre donc ça nous sécurise, ne perdez pas votre temps à commenter là dessus :)
Mes questions sont surtout par rapport à l'itinéraire à adopter. C'est certain que puisqu'on roule avec notre hébergement, nous avons une belle flexibilité, et nous n'avons pas de problème à faire de la route, mais nous sommes ouvertes aux propositions? Ça vaut la peine de faire toute la Ring road ou on devrait se concentrer sur le sud et l'ouest? ou autre chose?
Pour vous donner une idée, nous sommes deux filles 23-24 ans, c'est la première fois qu'on essaie ce genre de voyage avec la tente et l'auto, et on a hyper hâte! C'est certain qu'on veut économiser pour donc on évite les tours organisés, mais c'est aussi en partie pour pouvoir se permettre de payer une ou deux expériences qui en valent la peine. Par exemple le snorkelling de la faille de silfra est quelque chose qui m'intéresserait vraiment beaucoup. J'avais regardé une activité de paragliding, mais le prix est vraiment trop abusif malheureusement. Si vous avez des suggestions d'activités payantes ou non, elles sont les bienvenues! On aimerait faire un peu de randonnée aussi, si vous en avez des belles à proposer!
Au niveau des bagages, j'ai l'impression que ceux-ci seront constitués essentiellement de vêtements de sport/plein air, est-ce que c'est une idée préconçue que j'ai? À cette époque, au niveau des chaussures, est-ce que des bottes sont le meilleur choix? Au niveau des manteaux, est-ce que je ferais mieux d'en amener plusieurs pour m'adapter à la météo? On vient de montréal, on pratique des sport d'hiver, on est clairement équipées comme il faut, mais j'ai l'impression que je ne sais pas à quoi m'attendre sur ce que seront nos journées donc des conseils à ce niveau seraient les bienvenues également
En espérant avoir des conseils pertinents! Bonne journée :)
Je pars en Islande du 10 au 21 mai prochain. Nous avons loué un 4x4 avec une tente sur le toît. Je suis pleinement consciente que les F roads sont fermées à cette époque et qu'il n'est donc pas utile d'avoir un 4x4, mais on ne sait jamais et c'est notre première fois, on ne sait pas trop à quoi s'attendre donc ça nous sécurise, ne perdez pas votre temps à commenter là dessus :)
Mes questions sont surtout par rapport à l'itinéraire à adopter. C'est certain que puisqu'on roule avec notre hébergement, nous avons une belle flexibilité, et nous n'avons pas de problème à faire de la route, mais nous sommes ouvertes aux propositions? Ça vaut la peine de faire toute la Ring road ou on devrait se concentrer sur le sud et l'ouest? ou autre chose?
Pour vous donner une idée, nous sommes deux filles 23-24 ans, c'est la première fois qu'on essaie ce genre de voyage avec la tente et l'auto, et on a hyper hâte! C'est certain qu'on veut économiser pour donc on évite les tours organisés, mais c'est aussi en partie pour pouvoir se permettre de payer une ou deux expériences qui en valent la peine. Par exemple le snorkelling de la faille de silfra est quelque chose qui m'intéresserait vraiment beaucoup. J'avais regardé une activité de paragliding, mais le prix est vraiment trop abusif malheureusement. Si vous avez des suggestions d'activités payantes ou non, elles sont les bienvenues! On aimerait faire un peu de randonnée aussi, si vous en avez des belles à proposer!
Au niveau des bagages, j'ai l'impression que ceux-ci seront constitués essentiellement de vêtements de sport/plein air, est-ce que c'est une idée préconçue que j'ai? À cette époque, au niveau des chaussures, est-ce que des bottes sont le meilleur choix? Au niveau des manteaux, est-ce que je ferais mieux d'en amener plusieurs pour m'adapter à la météo? On vient de montréal, on pratique des sport d'hiver, on est clairement équipées comme il faut, mais j'ai l'impression que je ne sais pas à quoi m'attendre sur ce que seront nos journées donc des conseils à ce niveau seraient les bienvenues également
En espérant avoir des conseils pertinents! Bonne journée :)
Bonjour à tous,
Je pars avec mon frère en Islande au mois de septembre. On arrive le jeudi 4/10 et on repart le 15/10 au petit matin.
Comme c'est notre baptême Islandais, on va sûrement faire la célèbre rando Langmannalaugar-Skoga sur 6 jours à partir du jeudi 5, et donc essayer de choper un bus le mercredi 10 pour rentrer sur Reykavik dans la soirée. Ce qui fait qu'il nous restera 4 jours avant notre départ et sûrement qu'on profiter du dernier jour pour aller glander dans le Blue Lagoon.
Après cette longue intro, j'ai plusieurs questions : La première qui revient tout le temps (désolé, mais je suis un peu perdu entre tous les choix possible, je ne fais pas vraiment de rando...), le choix du sac de couchage pour un debut septembre. J'ai vu sur les forums que le plus craignos en Islande n'est pas forcèment le froid, mais l'humidité. Cependant quelle temperature-confort du sac faudrait-il ? J'ai un vieux Diosaz +5 de chez Decath' et j'ai un peu peur de me cailler les miches quand même. J'aurais un matelas autogonflant, et une couverture de survie pour l'isolation et le vent au cas où)
La seconde, que pouvons-nous faire dans l'ile en 3 jours depuis Reykavik (après Langmannalaugar-Skoga donc). En rando, en bus, en voiture, en vélo, à cheval, en peniche... Je me rends pas vraiment compte des distances, du coup c'est assez difficile pour moi de faire un itineraire. Mais j'avais penser louer une voiture, aller voir Geysir, puis dans la meme journée remonter vers Snaefells, et essayer de faire une ballade de 2 jours par exemple. J'avais pensé au volcan Hekla également... je voudrais bien optimiser ces 3 derniers jours pour encore voir de belles choses. Donc toutes vos idées sont les bienvenues !
Voilà, j'ai sûrement des milliers d'autres questions. Mais je vais aller trouver d'autres personnes à embêter pour ça.
Merci d'avance à ceux qui me répondront, et aussi à ceux qui auront pris le temps de me lire.
Je pars avec mon frère en Islande au mois de septembre. On arrive le jeudi 4/10 et on repart le 15/10 au petit matin.
Comme c'est notre baptême Islandais, on va sûrement faire la célèbre rando Langmannalaugar-Skoga sur 6 jours à partir du jeudi 5, et donc essayer de choper un bus le mercredi 10 pour rentrer sur Reykavik dans la soirée. Ce qui fait qu'il nous restera 4 jours avant notre départ et sûrement qu'on profiter du dernier jour pour aller glander dans le Blue Lagoon.
Après cette longue intro, j'ai plusieurs questions : La première qui revient tout le temps (désolé, mais je suis un peu perdu entre tous les choix possible, je ne fais pas vraiment de rando...), le choix du sac de couchage pour un debut septembre. J'ai vu sur les forums que le plus craignos en Islande n'est pas forcèment le froid, mais l'humidité. Cependant quelle temperature-confort du sac faudrait-il ? J'ai un vieux Diosaz +5 de chez Decath' et j'ai un peu peur de me cailler les miches quand même. J'aurais un matelas autogonflant, et une couverture de survie pour l'isolation et le vent au cas où)
La seconde, que pouvons-nous faire dans l'ile en 3 jours depuis Reykavik (après Langmannalaugar-Skoga donc). En rando, en bus, en voiture, en vélo, à cheval, en peniche... Je me rends pas vraiment compte des distances, du coup c'est assez difficile pour moi de faire un itineraire. Mais j'avais penser louer une voiture, aller voir Geysir, puis dans la meme journée remonter vers Snaefells, et essayer de faire une ballade de 2 jours par exemple. J'avais pensé au volcan Hekla également... je voudrais bien optimiser ces 3 derniers jours pour encore voir de belles choses. Donc toutes vos idées sont les bienvenues !
Voilà, j'ai sûrement des milliers d'autres questions. Mais je vais aller trouver d'autres personnes à embêter pour ça.
Merci d'avance à ceux qui me répondront, et aussi à ceux qui auront pris le temps de me lire.
Chers amis voyageurs,
Je termine cette année mes études en journalisme et j'ai comme projet de partir en Islande afin de réaliser un reportage sur la transhumance qui a lieu chaque année au mois de septembre. L'idée est d'accompagner à cheval un éleveur et de filmer cette transhumance. Je cherche donc à entrer en contact avec des éleveurs ou toute personne suceptible de m'aider sur place. J'ai un bon niveau équestre et plusieurs expériences en randonnée (Argentine, Mongolie, Jordanie).
Merci d'avance pour vos précieux conseils,
Louise
Louise
Bonjour,
Nous partons avec des amis pour 2 semaines en Islande du 7 au 22 juillet. On aimerait faire:
Keflavik - Reykjavik (arrivée à Reykjavik et achat des billet de bus) ensuite aller à Geysir, visiter un peu le Landmannalaugar, voire les glaciers, passer 2 ou 3 jours à coté du lac Myvatn, voire les baleines à Husavik et ensuite retour à Reykjavik.
Comme on a tous une vingtaine d'année et un petit budget impossible de louer une voiture, donc j'aimerai savoir à peu près combien il faut compter en bus, et s'il y a des forfait qu'on pourrait prendre.
Est-ce qu'il faut réserver l'excursion pour les baleines à l'avance? Y a t il des bungalows qu'on peut louer à coté du lac Myvatn? Si oui à quel prix? Et enfin y a t il assez d'endroit ou acheter à manger ou faut-il acheter en gros avant de quitter Reykjavik?
Voilà, merci d'avance pour votre aide!!!
Nous partons avec des amis pour 2 semaines en Islande du 7 au 22 juillet. On aimerait faire:
Keflavik - Reykjavik (arrivée à Reykjavik et achat des billet de bus) ensuite aller à Geysir, visiter un peu le Landmannalaugar, voire les glaciers, passer 2 ou 3 jours à coté du lac Myvatn, voire les baleines à Husavik et ensuite retour à Reykjavik.
Comme on a tous une vingtaine d'année et un petit budget impossible de louer une voiture, donc j'aimerai savoir à peu près combien il faut compter en bus, et s'il y a des forfait qu'on pourrait prendre.
Est-ce qu'il faut réserver l'excursion pour les baleines à l'avance? Y a t il des bungalows qu'on peut louer à coté du lac Myvatn? Si oui à quel prix? Et enfin y a t il assez d'endroit ou acheter à manger ou faut-il acheter en gros avant de quitter Reykjavik?
Voilà, merci d'avance pour votre aide!!!
Hello!
Voilà une semaine que nous sommes rentrées...
Le récit complet en photos, vidéos, avec cartes et traces wikiloc en cliquant ici.

Bonne lecture!
Marie
Texte seul:
RECIT ISLANDE HORNSTRANDIR 2018 Après plusieurs voyages en Islande, un peu effrayée par le boom touristique depuis quelques années, je décidai cette fois de visiter le Hornstrandir, cette péninsule un peu oubliée au nord des fjords du Nord-Ouest. Située à 300 km du Groenland, elle flirte avec le cercle arctique. Classée réserve naturelle depuis 1975, sans habitants permanents depuis 80 ans, cette région est très différente du reste de l’Islande. On n’y accède qu’en (petit) bateau ou à pied (mais au prix de plusieurs jours de marche) La presqu’île fut autrefois habitée par des fermiers et des pêcheurs. Aujourd’hui leurs descendants y viennent passer quelques semaines en été et le reste de l’année, les montagnes, baies, plages et ruisseaux sont rendus aux renards polaires, qui sont ici protégés (alors qu’ils sont chassés partout ailleurs en Islande) A l’époque, on se déplaçait entre fermes à pied ou à cheval, ou plus facilement si la météo le permettait en bateau. Aujourd’hui, 2 compagnies (Borea, et Sjoferdir/Westtours) desservent différentes baies du Hornstrandir, avec des rotations régulières mais des bateaux de faible capacité, si bien qu’il faut jongler avec les dates et les destinations pour établir son itinéraire, sachant qu’un aléa météo est toujours possible. Une fois rendu au Hornstrandir, c’est à pied, sur un terrain difficile, avec des sentiers pas toujours tracés ni même toujours cairnés. Il faut avoir le pied sûr (sentiers parfois vertigineux, éboulis instables, mousses profondes, gués innombrables et marécages à gogo) et un GPS est fortement recommandé, surtout par temps de brouillard (qui ne manquera pas d’arriver sur une rando de plusieurs jours, sauf chance exceptionnelle !) Pour la préparation et avoir une vue d’ensemble, j’ai utilisé la carte papier Ferdakort au 1/100000. Prévue au départ avec mes filles Caroline et Marion, la randonnée se fera finalement à 5 avec Muriel et Sophie (Hohl et Ablette 74 sur VF) Pour des raisons de souplesse (et de prix) j’ai loué (à prix d’or !) une voiture à l’aéroport de Keflavik, qui restera « à quai » au port de Isafjordur pendant les 8 jours de notre randonnée dans le Hornstrandir. Pas le plus petit modèle mais presque si bien que nous mettrons 2 sacs sur la galerie de toit gonflable emportée pour l’occasion. Après avoir hésité à organiser un ravitaillement à mi-parcours (possible via les compagnies de bateau mais un peu aléatoire selon la météo), nous décidons finalement d’emporter toute la bouffe nécessaire aux 8 jours de trek, afin de rester libres de notre parcours. Nous avons donc chacune un sac d’environ 12 kg, un peu moins pour Sophie et un peu plus pour Muriel. Nous porterons peu d’eau (1/2l/pers) car il y en a partout (même plus qu’il n’en faut !) et il est inutile de la filtrer ou de la traiter. J0 15/08/2018 Après un vol sans histoire, nous atterrissons vers 16h00 et filons chez Blue Car rental récupérer la voiture. En route vers Hafnafjordur, où j’ai réservé une chambre pour 4 (sans sanitaires privés, 140 €) au Lava Hostel. A quelques km de l’aéroport, je réalise que le réservoir noté comme plein lors de la remise de la voiture, ne contient qu’un 1/3 de sa capacité. Retour au guichet de Blue Car, où je dois insister pour faire rectifier le voucher. Pas d’excuses, l’employée est aussi agréable que lors du pick-up… A 1,70 €/l, il n’y a pas de petits profits…. Au Lava Hostel, au moment de payer par CB en couronnes islandaises, nouvelle tentative d’arnaque de 30 € ! Les temps ont bien changé en Islande…la faute à booking.com parait-il…. Je suis bien contente de savoir que dès demain soir, nous serons perdus dans la nature loin de tout ! Nous trouvons une bouteille de gaz quasi pleine laissée par un client précédent alors que Sophie nous rejoint. Elle est arrivée hier, a dormi à Reykjavik dans une autre auberge de jeunesse où elle a aussi trouvé du gaz pour elle et Muriel. Voilà une bonne chose de faite ! On profite des dernières heures de soleil pour aller faire un tour en bord de mer dans les environs de Hafnafjordur. J1 16/08/2018 Chaleur étouffante et isolation nulle, la nuit aurait pu être meilleure au Lava Hostel de Hafnafjordur… Nous sommes les premières levées car Muriel arrive ce matin à 8h à Keflavik. En route affublées de nos sacs poubelles ! Après d’interminables tours et détours le long des fjords du nord-ouest, un bref arrêt pour admirer des phoques et un bel arc en ciel sur la petite île de Vigur, nous arrivons vers 16h00 à Isafjordur. Passage chez Borea pour confirmer la traversée aller, puis chez West tours pour récupérer les vouchers pour la traversée retour, nous déposons les sacs au port et Marion va garer la voiture au grand parking proche du Musée Maritime (sur les conseils de Boréa, il semble qu’on ne peut pas la laisser au port ?) Eh non Sophie, notre bateau est le p’tit blanc ! En plus de nous 5, un ranger (qui travaille plus au sud et vient découvrir le coin pendant 2 ou 3 jours) avec sa copine, et un couple qui a une maison d’été à Saebol. La dame nous explique que son père est né à Fjlotavik (où nous irons demain) et que les grandes bottes qu’elle porte y sont recommandées ! Il nous faut 1h30 à 20 nœuds de moyenne (séance tape-cul alors que la mer est relativement calme) pour arriver sous un ciel bien bas dans la baie d’Adalvik, à l’extrême ouest du Hornstrandir. Nous embarquons dans le zodiac pour les dernières dizaines de mètres et débarquons sous le regard curieux de quelques enfants qui passent ici leurs grandes vacances avec leur famille. La journée a été longue, surtout pour Muriel qui a quitté l’Alsace ce matin aux aurores, il est presque 19h00, alors nous posons les tentes sur la zone de bivouac située à quelques centaines de mètres du hameau de Latrar. Le jeune couple Islandais fait de même. Un peu plus tard arrivent 2 néerlandophones très timides ou carrément misanthropes (mais hyper bavards, ils parlent TOUT le temps) et un Français, tous bien crevés et les pieds trempés après leur 1ère étape (ils viennent de Heysteri via Saebol) J2 17/08/2018 Il a plu cette nuit mais pas de vent, nous avons bien dormi ! Les prévisions pour la semaine à venir ne sont pas folichonnes, en particulier pour cette journée qui finalement débute avec quelques trouées de ciel bleu. Nous suivons d’abord une piste sur 1 ou 2 km puis ma trace GPS nous la fait quitter pour grimper sur la montagne : après avoir ronchonné après cette piste (à quoi bon marcher là où on pourrait rouler !), nous voilà désormais hors sentier et sans cairn : l’aventure commence ! Mais c’est plus fatigant ! Soulagement après un premier ressaut quand nous repérons un cairn, ma trace trouvée sur wikiloc est juste, nous sommes sur la bonne piste ! Nous traversons ensuite un haut plateau austère, très minéral, parfois égayé de quelques boutons d’or ou mousses fluorescentes, guidées par une succession de cairns bien visibles. Nous voilà en surplomb de la baie de Fjlotavik. Nous faisons une petite pause pic nic à l’abri de gros rochers, dérangeant à peine un lagopède en parure estivale. Arrivées au niveau de la mer, comme annoncé par la dame sur le bateau, Fjlotavik porte bien son nom, c’est hyper sploutch. Nous enfilons nos crocs afin de garder sèches nos chaussures de marche. Gare à la gadoue, qui a vite fait de capturer nos précieux escarpins ! Nous abandonnons finalement le sentier en dévers (pas facile en crocs !) pour patauger directement au fond de la vallée. Assez fun finalement pour qui ne craint pas l’eau glacée ! Des chaussettes néoprène auraient été parfaites, en plus des crocs… Nous longeons le lac sur plusieurs km, qui nous semblent d’autant plus longuets que la pluie menace (jusqu’ici nous avons été épargnées !) Après 5 bons km à patauger, nous posons les tentes dans la zone de bivouac : le sol est détrempé et le simple appui d’une chaussure fait apparaitre de l’eau… Mais il n’y a aucun endroit moins humide à moins de plusieurs heures de marche ! L’été a été exceptionnellement pourri cette année et ça se voit ! Par goût et par habitude, j’avais envisagé de plutôt éviter les zones de bivouac (qui sont en fait des zones avec quelques emplacements assez plats pour poser une tente et avec des toilettes sèches, sans autre équipement) mais je réalise qu’il est très difficile de trouver des coins propices en dehors du bord de mer. Dès qu’on grimpe dans la montagne, le sol est soit humide, soit caillouteux, soit pentu, et souvent les 3 à la fois ! Le temps de monter les tentes, la pluie arrive et va durer toute la nuit, soutenue… Les « Hollandais » arrivent un peu plus tard et s’installent aussi. Pas de nouvelles du Français parti ce matin avant nous (nous apprendrons plus tard qu’il a dormi à Atlastadir, mais je n’ai pas pensé à lui demander s’il avait franchi l’énorme gué qui permet de traverser le lac de Fjlotsvatn plutôt que d’en faire le tour. Les rangers contactés par Muriel avant le voyage nous avaient recommandé de l’éviter en cette fin d’été très humide) Bref, mauvaise nuit à « faire la planche » sur nos matelas gonflables en veillant à ne pas trop laisser tremper les couettes en duvet dans l’eau qui sourd à travers le tapis de sol… D’ordinaire je prends tjs une feuille de polycree pour mettre sous la tente mais cette fois j’avais pris une tente bien costaude avec un tapis de sol qui résiste normalement à l’herbe mouillée par la pluie – mais pas à un marécage !) Sophie plus prévoyante a bien dormi au sec… Muriel a surnagé comme nous… J3 18/08/2018 Petit rayon de soleil miraculeux au réveil qui permet de faire sécher la tente intérieure sur les toilettes ( ! ) Nous rechaussons nos crocs pour encore 1 ou 2 km afin de rejoindre, moyennant quelques traversées de rivières, le pied de la falaise qui doit nous mener au fjord suivant. Il nous semble impossible de passer par là et nous sommes rassurées quand nous rejoignons un balisage de piquets, qui pas de doute, mène au pied de ce mur ! Finalement en posant un peu les mains, ça passe ! On apprécie d’avoir du beau temps car ce passage ne doit vraiment pas être rassurant dans le brouillard ! Nous découvrons émerveillées, sous un soleil de fin d’été qui peine à réchauffer l’atmosphère, la baie de Hloduvik. Loin vers le nord, nous distinguons quelques icebergs, énormes, qui dérivent sur la mer du Groenland ! J’en suis toute émue (j’adoore les icebergs, ces masses de glace formées par la neige tombée il y a des centaines d’années, qui voyagent au gré des vents et des courants, et vouées à disparaitre lentement…nostalgie…) Il arrive que des ours polaires ayant dérivé sur la glace atteignent le nord de l’Islande. Ils sont systématiquement abattus, ce qui est rare heureusement (la dernière fois en 2016) Une houle paisible vient mourir sur la plage de galets, où nous descendons pour contourner la montagne de Alsfell, figure emblématique de la baie. C’est alors que nous apercevons 2 puis 3 petits renardeaux qui fouillent les algues à la recherche de poissons. Trop mignons (les renards, pas les poissons crevés) ! Muriel et Sophie, levées plus tôt que nous avant-hier avaient déjà aperçu fugitivement un renard à Adalvik. Ceux-ci sont absolument indifférents à notre présence et nous passons un long moment à les observer. Nous continuons à longer la baie, envahie d’énormes grumes venues de Sibérie (inépuisable source de bois si précieux dans cette contrée où les plus grands arbres – des saules arctiques-ne dépassent pas quelques dizaines de cm. Les feux sont interdits dans le Hornstrandir mais à vrai dire, ça manque de petit bois ! Ici comme partout, en l’absence de bétail, la végétation égaye le paysage. L’angélique si graphique est partout ! Il y a aussi profusion de myrtilles et de camarines, du moins là où il n’y a pas trop de renards car ils sont omnivores ! Oiseaux, œufs, baies, mollusques, poissons, petits rongeurs, toute calorie est bonne à engloutir avant le long hiver…Nous avons vu une vingtaine de renards, toujours près de la mer et/ou des falaises à oiseaux. Nous passons en contrebas de l’abri d’urgence (qui surplombe la zone de bivouac) qui a vraiment des allures de capsule extra-terrestre sous ces jolis nuages lenticulaires, et marchons encore une centaine de mètres après le gué qui nous sera ainsi épargné demain. Les « Hollandais » arrivent peu après nous et se posent au « camping ». Croisé un couple tout à l’heure, sinon personne d’autre aujourd’hui. Nous profitons du grand beau temps pour une toilette approfondie dans la belle rivière que nous venons de traverser. A l’est au-delà des qq maisons du petit hameau de Budir (désert en cette fin d’été), nous devinons le sentier escarpé où nous irons demain. Festival de cirrus en soirée, signe de changement de temps ! J4 19/08/2018 Très bonne nuit sans vent ! Après quelques minutes de marche, nous apercevons toute une colonie de phoques qui se prélassent sur des rochers où ils se sont hissés à marée haute. Trop drôle de les voir arquer leur corps musculeux quand une vague taquine cherche à les rafraichir : avachis mais l’œil aux aguets, hop, un petit coup de rein quand la vaguelette arrive, parfait timing ! Pas âme qui vive à Budir, l’été se termine… Nous grimpons à gauche de la cascade et après un long cheminement (balisé) à flanc dans une superbe vallée d’altitude surplombant l’océan, et le franchissement d’un 2ème petit col, nous découvrons la baie de Hornvik. Le beau temps se maintient, quelle chance ! Je suis ravie de pouvoir admirer le cap Horn, il est si souvent pris dans les brumes… Après une pause pic nic et même une petite sieste (oui il fait bon et pour une fois on peut s’allonger) sur une plate-forme en bois sans doute dédiée à l’observation des renards arctiques, nous terminons la descente jusqu’à la mer, et nous faisons à proximité de rochers à oiseaux la rencontre de plusieurs renards à peine effarouchés par notre présence ! Il y a en a de partout, on ne sait sur lequel focaliser notre attention, tous plus mignons les uns que les autres ! Plus loin, un passage un peu acrobatique, sécurisé par des cordes, nous permet après avoir dépassé un nouvel abri d’urgence, de rejoindre la zone de bivouac et la cabane des rangers. Il y a également une tente mess et quelques autres grosses tentes qui doivent rester là tout l’été (pour des scientifiques, des tours operators ?) 1 tente et 3 personnes au camping, sinon personne… Je prévois de faire demain le tour du Hornbjarg (les falaises du cap Horn) si bien que nous continuons pour aller camper de l’autre côté de la baie. Il nous faut pour cela traverser une large rivière, et nous choisissons de remonter un peu en amont pour éviter le goulet étroit et profond qu’elle forme juste avant la mer. Nous traversons un étrange désert de sable noir, où se mêlent eau douce et eau salée, et arrivons finalement à la rivière Hafnaros proprement dite. Traversée facile, eau à mi-cuisse, peu de courant, quelques sables +/- mouvants à la fin donc ne pas mettre les crocs mais rester pieds-nus. Au loin, nous apercevons les néerlandophones, qui coupent au plus court vers le goulet. Nous regagnons ensuite la mer en longeant d’étranges formations rocheuses faites d’orgues de basaltes horizontalisés. Puis nous longeons la mer sur un sentier souvent effondré, qui nous font lui préférer les galets de la « plage ». Nous rencontrons la rangerette qui rentre de balade et nous installons sur la zone de bivouac, bientôt rejointes par les Flamands (oui poussée par la curiosité, j’ai fait le 1er pas pour leur demander comment était le gué : jusqu’aux hanches avec du courant donc on a bien fait de faire un détour en amont) Sophie a la visite en soirée d’un petit renard curieux…Et un phoque roupille en contrebas. J5 20/08/2018 Temps clair mais nuageux ce matin, après encore une nuit paisible (c’est la 1ère fois que je campe plusieurs jours d’affilée avec aussi peu de vent, sans mettre mes boules Quiès ! Incroyable pour cette région !) En route pour le symbole du Hornstrandir, les hautes falaises du Hornbjarg. Après avoir dépassé une jolie maison (habitée cette fois), nous percevons le bruit d’un éboulement qui nous vient de l’autre côté de la baie. Au téléobjectif, je distingue les roches se fracassant dans la mer : gloups ! Nous n’irons pas trop près du bord ! A mi-pente, nous rencontrons encore 2 ou 3 renards, encore endormis… Nous voilà parvenues au Cap Horn, ravies d’avoir finalement bénéficié jusqu’à présent d’une météo tout-à-fait correcte, en dépit des prévisions. Il a plu certes, mais toujours quand nous étions sous la tente… Mais la rando continue, il nous faut longer une falaise escarpée, dont la découpe à contre-jour la rend encore plus impressionnante. La grimpette sur des hautes marches de terre glissante au milieu des angéliques n’est pas de tout repos, mais la vue depuis la crête de Midfell est grandiose. On aperçoit la rivière traversée hier et à droite de la baie la cabane des rangers. Au sud-est reflets mystérieux sur l’océan d’un calme inhabituel… Quelle peut donc être cette île ??? Peut-être la péninsule de Skagi vue dans sa largeur ? Bizarre… Encore un énorme iceberg ! Selon la lumière, ils apparaissent et disparaissent en quelques minutes…. Encore un passage un peu acrobatique avant de rejoindre le petit lac au pied du Kalfatindar. Gros plan sur le gué franchi hier. Il y a très peu d’oiseaux, la meilleure époque est le printemps, lors qu’ils nichent par milliers dans les falaises. Le temps se gâte et nous renonçons à l’ascension du Kalfatindar. Voilà le phare de Latravik ! Qui fait aussi refuge (avec douches !) Pour la 1ère fois, la pluie nous rattrape ! Légère et sans vent…et passagère ! Gros numéro de charme de la part de cette adorable bestiole rencontrée en chemin ! Semi-déception en arrivant au phare (je n’aime pas rompre le charme en retournant même brièvement à la « civilisation ») : il est fermé. Le coin est sale, des déchets trainent par ci par là et il n’y a pas d’eau à proximité immédiate. Pas envie de camper là… Pendant que nous hésitons, Marion trouve le code pour ouvrir le boitier contenant la clé ! Ah ces jeunes ! On ne résiste pas à l’envie d’une petite visite du refuge (et du phare) : tout est hiverné, les matelas sur la tranche, l’eau fermée et il y fait plus froid que dehors. Bref, on referme soigneusement et on marche un peu plus loin pour trouver une zone propice au bivouac. A peine avons- nous tourné le dos au refuge qu’un hélicoptère rouge surgit de derrière la falaise ! Aussitôt, on se sent coupable, aurions-nous déclenché un système d’alarme quelconque ? La coïncidence est tout de même incroyable ? Il se pose à une centaine de mètres du phare ! Nous sommes dans nos petits souliers… 4 ou 5 personnes toutes vêtues de combinaisons orange et bleues en descendent et se dirigent vers le phare… on n’ose plus bouger ! Bref, après avoir un peu trainé dans le coin, fait quelques photos, tout le monde rembarque et l’hélicoptère redécolle vers le Hornbjarg. Ouf ! Ils n’étaient pas là pour nous ! S’agissait-il d’une virée touristique, d’un entrainement des sauveteurs ? Mystère ?! Alors que nous installons les tentes, les Flamands passent et continuent vers la baie de Hornvik via le col de Kyskard. Grosse journée car ils ont aussi gravi le Kalfatindar. En soirée, nous avons encore la visite de renards curieux ! Ils viennent nous voir jusque dans la tente ! J6 21/08/2018 Encore une nuit paisible, posées sur 20 cm de moelleuse mousse… Pas de renard ce matin, un timide rayon de soleil… La grimpette jusqu’au col de Kyrskard est bien raide et la descente vers le gué de la baie de Hornvik ne l’est pas moins ! Brève rencontre avec un couple de Strasbourgeois (les pieds dans l’eau glacée du gué, la conversation ne s’est pas éternisée…) dont je me rends compte après-coup que nous nous connaissons, au moins virtuellement par email (Hello Guy !) Nous repassons par la zone de bivouac où arrive en même temps que nous le Français solitaire rencontré au début de la randonnée. Il vient du fjord de Veidileysufjordur -où nous serons ce soir, et a dû se résoudre à faire demi-tour car le passage obligé dans la mer lui a semblé trop profond. Il va donc aujourd’hui jusqu’à Hloduvik puis vers Hesteyri où il reprendra son bateau. En effet, pour faire une boucle et ne pas repasser par les mêmes chemins, j’ai choisi de passer par ce fjord. Ensuite il faut passer dans la mer sur une centaine de mètres en contrebas d’une falaise trop escarpée avant de continuer soit directement vers Hesteyri (mais sur ma carte aucun sentier n’est indiqué) soit vers le nord et Hloduvik. Je reste confiante car je pense qu’à marée basse, le passage doit être possible puisque figurant sur ma carte. Nous poursuivons vers le col de Hafnaskard par un sentier bien tracé offrant de superbes vues sur la péninsule de Hornbjarg. On aperçoit même encore quelques icebergs ! Vue époustouflante sur le fjord de Veidileysufjordur depuis le col ! Si grand que la descente va s’avérer interminable ! Nous arrivons enfin à la zone de bivouac, où nous retrouvons nos 2 flamands. Il y a une autre tente avec 2 gars à peine entrevus. Tous reprennent le bateau ici demain matin. Je n’ai pas pu trouver les horaires de marée pour le fjord (si tant est qu’ils existent !) aussi je pose quelques marques pour repérer le marnage. A priori, la mer devrait être basse demain vers 10h00… On aperçoit à droite la falaise noire en contrebas de laquelle il nous faut passer dans la mer. J7 22/08/2018 Comme annoncé par le couple de Strasbourgeois, la journée s’annonce maussade mais pour le moment il ne pleut pas et il n’y a pas de vent. Pas de ressac. Le fond de l’air est frais si bien que l’eau parait moins fraiche : conditions idéales pour faire trempette donc ! Après quelques tâtonnements, il s’avère qu’il n’y a d’autre solution que d’y aller carrément. Marion ouvre la marche avec de l’eau au-dessus du nombril. C’est au début du gué que c’est le plus profond, après c’est plus facile. Avec l’aide efficace de Caroline et Marion qui transportent nos sacs « à la népalaise », nous venons finalement assez facilement à bout de ce gué, plus impressionnant que dangereux. Le plus dur est de descendre dans l’eau sans glisser et seul avec un sac à dos c’est difficile. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous rhabillons quand arrive un couple d’Islandais qui s’apprête à franchir le gué dans l’autre sens. Selon eux la marée basse serait plutôt à midi. Mais le marnage ne m’a pas semblé très important donc je pense que la hauteur d’eau n’aurait pas été très différente, peut-être jusqu’aux hanches mais pas moins, sauf grand coefficient de marée. Une fois rhabillées, la pluie s’invite et ne nous quittera plus de la journée. Mon appareil photo restera donc dans son sac étanche ! 3 photos ce jour-là. De toute façon nous n’avons vu que de la caillasse et des nuages et avons navigué au GPS : pas de sentier, un unique cairn au niveau du col. Des éboulis très instables à la descente du col puis de la mousse gorgée d’eau. Dire que nous aurions pu avoir ce temps-là plusieurs jours de suite ! Nous mesurons la chance que nous avons eue jusqu’à présent : nos chaussures restées sèches jusqu’à ce matin -une gageure dans le Hornstrandir, sont trempées ! Nous arrivons sous la pluie dans la baie de Hornvik où nous avions profité quelques jours plus tôt d’un soleil insolent. Rencontre sympathique avec 2 Français dont l’un est guide dans une agence de trekking franco-islandaise. Demain ils continuent sur Hornvik d’où ils vont rayonner sur quelques jours avant de reprendre le bateau. Visite « à domicile » d’un ou deux renards. J8 23/08/2018 Dernière étape aujourd’hui jusqu’à Hesteyri d’où nous repartons en bateau demain après-midi. Le temps est bouché mais il ne pleut pas. Le sentier est parfaitement balisé et monte tranquillement jusqu’au col de Kjaransvikurskard. Il nous faut descendre un peu avant d’apercevoir le fjord de Hesteyri. Petite pause pic nic écourtée par l’arrivée des nuages qui descendent vers nous… La descente nous semble interminable ! Elle est très bien cairnée (certains cairns ont une pierre horizontale qui indique la direction) mais il n’y a pas de véritable sentier et on n’avance pas… Voilà enfin le village de Hesteyri, une dizaine de maisons éparpillées. Sophie s’arrête à « la maison du docteur » négocier une chambre, tandis que nous continuons jusqu’au « camping » situé au sud du hameau. Nous installons les tentes, sous l’œil curieux de quelques phoques et nous retrouvons pour un chocolat chaud, des crêpes et des gâteaux ! Nous sommes les seules clientes. En fait le café est virtuellement fermé, c’est déjà la fin de la saison. L’homme qui s’en occupe a succédé à sa mère et vient pour les mois d’été. Le reste de l’année il est ingénieur du son à Hambourg. Ses grands-parents sont nés et ont vécu ici. Il nous propose d’assister ce soir à la projection d’un film islandais tourné ici, un thriller dont l’histoire a l’air assez compliquée. Un bateau doit arriver ce soir avec les spectateurs, venu tout exprès de Bolungarvik (une bonne heure de navigation) De fait peu avant 20h, une poignée d’humains débarquent du petit bateau. La projection a lieu dans l’ancienne école. Nous sommes trop crevées pour nous concentrer sur un film en islandais sous-titré en anglais et restons au chaud sous nos couettes. Après la projection, la petite équipe s’est retrouvée au café se réchauffer avec une soupe de poisson, pousser la chansonnette et rigoler un bon coup avant de repartir en bateau dans la nuit vers Bolungarvik. Brrr… Marion a trouvé ce film « I remember you » en version française : http://www.televostfr.co/i-remember-you-vf-streaming On se félicite de ne pas l’avoir regardé sur place ! On aurait trop mal dormi ! J9 24/08/2018 Notre bateau est ce soir à 17h00, donc nous trainons un peu « au lit » ce matin. Puis nous rejoignons Sophie au café qui s’est régalée d’un petit déjeuner pantagruélique. Nous partons ensuite pour une petite balade vers Stekkeyri : une cheminée de pierre située à 1 ou 2 km au nord de Hesteyri nous intrigue. Une colonie de phoques se prélasse sur les rochers…. Stekkeyri est une ancienne usine baleinière, créée par les Norvégiens à la fin du 18ème siècle, rachetée par des islandais, transformée en ferme d’élevage de harengs en 1922 quand la chasse à la baleine fut interdite puis démantelée (les habitations en bois ont été démontées) après la 2ème guerre mondiale. On identifie encore les 3 aires de découpage des cétacés et quelques cuves. L’endroit est assez glauque (et encore plus si on a vu le film !) mais pas dénué d’un certain charme. Nouvelle pause avec les phoques sur le chemin du retour. On ne s’en lasse pas ! Pas de renards par contre à Hesteyri, il se dit que quelqu’un les aurait tué l’hiver dernier ! Le reste de la journée se passe au café où on nous annonce que le bateau partira plus tôt, à 16h00. Cette fois c’est Sjoferdir qui nous ramène à Isafjordur : le personnel est amical et le bateau confortable, accueille aussi 2 couples d’allemands venus juste pour l’après-midi à Hesteyri. Le patron du café profite du départ de ses derniers clients pour aller faire un tour en bateau avec son amie allemande. Un p’tit coup de Zodiac pour rejoindre le bateau et c’est parti pour une heure de navigation tranquille (à 20 nœuds mais sans taper !) A mesure que nous nous éloignons du Hornstrandir, le ciel s’éclaircit. Une bande de nuages reste accrochée sur les montagnes que nous quittons. Nous accostons, récupérons la voiture et je dépose Sophie et les filles à la petite maison louée à Isafjordur avant de déposer Muriel à l’aéroport prendre son avion vers Reykjavik puisqu’elle reste encore une semaine en Islande. Bonne douche, bon resto et mauvaise nuit : trop mangé et trop chaud ! J10-J11 le retour 25/08/18 Nous nous mettons en route dès 7h00 car Sophie a son avion cet après-midi vers 17h00. Finalement nous sommes très en avance et en profitons pour faire un tour à Reykjavik, en particulier pour visiter le Harpa que nous ne connaissions pas encore. Quel contraste avec la semaine écoulée ! Et ça construit encore de partout ! Nous déposons Sophie à l’aéroport puis allons nous poser dans notre guesthouse réservée à Keflavik. Notre avion décolle demain à 7h40, retour sans histoire…. Merci Muriel, Sophie, Caroline et Marion pour votre courage et votre bonne humeur ! J’ai adoré découvrir ce coin perdu en votre compagnie !
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Bonne lecture!
Marie
Texte seul:
RECIT ISLANDE HORNSTRANDIR 2018 Après plusieurs voyages en Islande, un peu effrayée par le boom touristique depuis quelques années, je décidai cette fois de visiter le Hornstrandir, cette péninsule un peu oubliée au nord des fjords du Nord-Ouest. Située à 300 km du Groenland, elle flirte avec le cercle arctique. Classée réserve naturelle depuis 1975, sans habitants permanents depuis 80 ans, cette région est très différente du reste de l’Islande. On n’y accède qu’en (petit) bateau ou à pied (mais au prix de plusieurs jours de marche) La presqu’île fut autrefois habitée par des fermiers et des pêcheurs. Aujourd’hui leurs descendants y viennent passer quelques semaines en été et le reste de l’année, les montagnes, baies, plages et ruisseaux sont rendus aux renards polaires, qui sont ici protégés (alors qu’ils sont chassés partout ailleurs en Islande) A l’époque, on se déplaçait entre fermes à pied ou à cheval, ou plus facilement si la météo le permettait en bateau. Aujourd’hui, 2 compagnies (Borea, et Sjoferdir/Westtours) desservent différentes baies du Hornstrandir, avec des rotations régulières mais des bateaux de faible capacité, si bien qu’il faut jongler avec les dates et les destinations pour établir son itinéraire, sachant qu’un aléa météo est toujours possible. Une fois rendu au Hornstrandir, c’est à pied, sur un terrain difficile, avec des sentiers pas toujours tracés ni même toujours cairnés. Il faut avoir le pied sûr (sentiers parfois vertigineux, éboulis instables, mousses profondes, gués innombrables et marécages à gogo) et un GPS est fortement recommandé, surtout par temps de brouillard (qui ne manquera pas d’arriver sur une rando de plusieurs jours, sauf chance exceptionnelle !) Pour la préparation et avoir une vue d’ensemble, j’ai utilisé la carte papier Ferdakort au 1/100000. Prévue au départ avec mes filles Caroline et Marion, la randonnée se fera finalement à 5 avec Muriel et Sophie (Hohl et Ablette 74 sur VF) Pour des raisons de souplesse (et de prix) j’ai loué (à prix d’or !) une voiture à l’aéroport de Keflavik, qui restera « à quai » au port de Isafjordur pendant les 8 jours de notre randonnée dans le Hornstrandir. Pas le plus petit modèle mais presque si bien que nous mettrons 2 sacs sur la galerie de toit gonflable emportée pour l’occasion. Après avoir hésité à organiser un ravitaillement à mi-parcours (possible via les compagnies de bateau mais un peu aléatoire selon la météo), nous décidons finalement d’emporter toute la bouffe nécessaire aux 8 jours de trek, afin de rester libres de notre parcours. Nous avons donc chacune un sac d’environ 12 kg, un peu moins pour Sophie et un peu plus pour Muriel. Nous porterons peu d’eau (1/2l/pers) car il y en a partout (même plus qu’il n’en faut !) et il est inutile de la filtrer ou de la traiter. J0 15/08/2018 Après un vol sans histoire, nous atterrissons vers 16h00 et filons chez Blue Car rental récupérer la voiture. En route vers Hafnafjordur, où j’ai réservé une chambre pour 4 (sans sanitaires privés, 140 €) au Lava Hostel. A quelques km de l’aéroport, je réalise que le réservoir noté comme plein lors de la remise de la voiture, ne contient qu’un 1/3 de sa capacité. Retour au guichet de Blue Car, où je dois insister pour faire rectifier le voucher. Pas d’excuses, l’employée est aussi agréable que lors du pick-up… A 1,70 €/l, il n’y a pas de petits profits…. Au Lava Hostel, au moment de payer par CB en couronnes islandaises, nouvelle tentative d’arnaque de 30 € ! Les temps ont bien changé en Islande…la faute à booking.com parait-il…. Je suis bien contente de savoir que dès demain soir, nous serons perdus dans la nature loin de tout ! Nous trouvons une bouteille de gaz quasi pleine laissée par un client précédent alors que Sophie nous rejoint. Elle est arrivée hier, a dormi à Reykjavik dans une autre auberge de jeunesse où elle a aussi trouvé du gaz pour elle et Muriel. Voilà une bonne chose de faite ! On profite des dernières heures de soleil pour aller faire un tour en bord de mer dans les environs de Hafnafjordur. J1 16/08/2018 Chaleur étouffante et isolation nulle, la nuit aurait pu être meilleure au Lava Hostel de Hafnafjordur… Nous sommes les premières levées car Muriel arrive ce matin à 8h à Keflavik. En route affublées de nos sacs poubelles ! Après d’interminables tours et détours le long des fjords du nord-ouest, un bref arrêt pour admirer des phoques et un bel arc en ciel sur la petite île de Vigur, nous arrivons vers 16h00 à Isafjordur. Passage chez Borea pour confirmer la traversée aller, puis chez West tours pour récupérer les vouchers pour la traversée retour, nous déposons les sacs au port et Marion va garer la voiture au grand parking proche du Musée Maritime (sur les conseils de Boréa, il semble qu’on ne peut pas la laisser au port ?) Eh non Sophie, notre bateau est le p’tit blanc ! En plus de nous 5, un ranger (qui travaille plus au sud et vient découvrir le coin pendant 2 ou 3 jours) avec sa copine, et un couple qui a une maison d’été à Saebol. La dame nous explique que son père est né à Fjlotavik (où nous irons demain) et que les grandes bottes qu’elle porte y sont recommandées ! Il nous faut 1h30 à 20 nœuds de moyenne (séance tape-cul alors que la mer est relativement calme) pour arriver sous un ciel bien bas dans la baie d’Adalvik, à l’extrême ouest du Hornstrandir. Nous embarquons dans le zodiac pour les dernières dizaines de mètres et débarquons sous le regard curieux de quelques enfants qui passent ici leurs grandes vacances avec leur famille. La journée a été longue, surtout pour Muriel qui a quitté l’Alsace ce matin aux aurores, il est presque 19h00, alors nous posons les tentes sur la zone de bivouac située à quelques centaines de mètres du hameau de Latrar. Le jeune couple Islandais fait de même. Un peu plus tard arrivent 2 néerlandophones très timides ou carrément misanthropes (mais hyper bavards, ils parlent TOUT le temps) et un Français, tous bien crevés et les pieds trempés après leur 1ère étape (ils viennent de Heysteri via Saebol) J2 17/08/2018 Il a plu cette nuit mais pas de vent, nous avons bien dormi ! Les prévisions pour la semaine à venir ne sont pas folichonnes, en particulier pour cette journée qui finalement débute avec quelques trouées de ciel bleu. Nous suivons d’abord une piste sur 1 ou 2 km puis ma trace GPS nous la fait quitter pour grimper sur la montagne : après avoir ronchonné après cette piste (à quoi bon marcher là où on pourrait rouler !), nous voilà désormais hors sentier et sans cairn : l’aventure commence ! Mais c’est plus fatigant ! Soulagement après un premier ressaut quand nous repérons un cairn, ma trace trouvée sur wikiloc est juste, nous sommes sur la bonne piste ! Nous traversons ensuite un haut plateau austère, très minéral, parfois égayé de quelques boutons d’or ou mousses fluorescentes, guidées par une succession de cairns bien visibles. Nous voilà en surplomb de la baie de Fjlotavik. Nous faisons une petite pause pic nic à l’abri de gros rochers, dérangeant à peine un lagopède en parure estivale. Arrivées au niveau de la mer, comme annoncé par la dame sur le bateau, Fjlotavik porte bien son nom, c’est hyper sploutch. Nous enfilons nos crocs afin de garder sèches nos chaussures de marche. Gare à la gadoue, qui a vite fait de capturer nos précieux escarpins ! Nous abandonnons finalement le sentier en dévers (pas facile en crocs !) pour patauger directement au fond de la vallée. Assez fun finalement pour qui ne craint pas l’eau glacée ! Des chaussettes néoprène auraient été parfaites, en plus des crocs… Nous longeons le lac sur plusieurs km, qui nous semblent d’autant plus longuets que la pluie menace (jusqu’ici nous avons été épargnées !) Après 5 bons km à patauger, nous posons les tentes dans la zone de bivouac : le sol est détrempé et le simple appui d’une chaussure fait apparaitre de l’eau… Mais il n’y a aucun endroit moins humide à moins de plusieurs heures de marche ! L’été a été exceptionnellement pourri cette année et ça se voit ! Par goût et par habitude, j’avais envisagé de plutôt éviter les zones de bivouac (qui sont en fait des zones avec quelques emplacements assez plats pour poser une tente et avec des toilettes sèches, sans autre équipement) mais je réalise qu’il est très difficile de trouver des coins propices en dehors du bord de mer. Dès qu’on grimpe dans la montagne, le sol est soit humide, soit caillouteux, soit pentu, et souvent les 3 à la fois ! Le temps de monter les tentes, la pluie arrive et va durer toute la nuit, soutenue… Les « Hollandais » arrivent un peu plus tard et s’installent aussi. Pas de nouvelles du Français parti ce matin avant nous (nous apprendrons plus tard qu’il a dormi à Atlastadir, mais je n’ai pas pensé à lui demander s’il avait franchi l’énorme gué qui permet de traverser le lac de Fjlotsvatn plutôt que d’en faire le tour. Les rangers contactés par Muriel avant le voyage nous avaient recommandé de l’éviter en cette fin d’été très humide) Bref, mauvaise nuit à « faire la planche » sur nos matelas gonflables en veillant à ne pas trop laisser tremper les couettes en duvet dans l’eau qui sourd à travers le tapis de sol… D’ordinaire je prends tjs une feuille de polycree pour mettre sous la tente mais cette fois j’avais pris une tente bien costaude avec un tapis de sol qui résiste normalement à l’herbe mouillée par la pluie – mais pas à un marécage !) Sophie plus prévoyante a bien dormi au sec… Muriel a surnagé comme nous… J3 18/08/2018 Petit rayon de soleil miraculeux au réveil qui permet de faire sécher la tente intérieure sur les toilettes ( ! ) Nous rechaussons nos crocs pour encore 1 ou 2 km afin de rejoindre, moyennant quelques traversées de rivières, le pied de la falaise qui doit nous mener au fjord suivant. Il nous semble impossible de passer par là et nous sommes rassurées quand nous rejoignons un balisage de piquets, qui pas de doute, mène au pied de ce mur ! Finalement en posant un peu les mains, ça passe ! On apprécie d’avoir du beau temps car ce passage ne doit vraiment pas être rassurant dans le brouillard ! Nous découvrons émerveillées, sous un soleil de fin d’été qui peine à réchauffer l’atmosphère, la baie de Hloduvik. Loin vers le nord, nous distinguons quelques icebergs, énormes, qui dérivent sur la mer du Groenland ! J’en suis toute émue (j’adoore les icebergs, ces masses de glace formées par la neige tombée il y a des centaines d’années, qui voyagent au gré des vents et des courants, et vouées à disparaitre lentement…nostalgie…) Il arrive que des ours polaires ayant dérivé sur la glace atteignent le nord de l’Islande. Ils sont systématiquement abattus, ce qui est rare heureusement (la dernière fois en 2016) Une houle paisible vient mourir sur la plage de galets, où nous descendons pour contourner la montagne de Alsfell, figure emblématique de la baie. C’est alors que nous apercevons 2 puis 3 petits renardeaux qui fouillent les algues à la recherche de poissons. Trop mignons (les renards, pas les poissons crevés) ! Muriel et Sophie, levées plus tôt que nous avant-hier avaient déjà aperçu fugitivement un renard à Adalvik. Ceux-ci sont absolument indifférents à notre présence et nous passons un long moment à les observer. Nous continuons à longer la baie, envahie d’énormes grumes venues de Sibérie (inépuisable source de bois si précieux dans cette contrée où les plus grands arbres – des saules arctiques-ne dépassent pas quelques dizaines de cm. Les feux sont interdits dans le Hornstrandir mais à vrai dire, ça manque de petit bois ! Ici comme partout, en l’absence de bétail, la végétation égaye le paysage. L’angélique si graphique est partout ! Il y a aussi profusion de myrtilles et de camarines, du moins là où il n’y a pas trop de renards car ils sont omnivores ! Oiseaux, œufs, baies, mollusques, poissons, petits rongeurs, toute calorie est bonne à engloutir avant le long hiver…Nous avons vu une vingtaine de renards, toujours près de la mer et/ou des falaises à oiseaux. Nous passons en contrebas de l’abri d’urgence (qui surplombe la zone de bivouac) qui a vraiment des allures de capsule extra-terrestre sous ces jolis nuages lenticulaires, et marchons encore une centaine de mètres après le gué qui nous sera ainsi épargné demain. Les « Hollandais » arrivent peu après nous et se posent au « camping ». Croisé un couple tout à l’heure, sinon personne d’autre aujourd’hui. Nous profitons du grand beau temps pour une toilette approfondie dans la belle rivière que nous venons de traverser. A l’est au-delà des qq maisons du petit hameau de Budir (désert en cette fin d’été), nous devinons le sentier escarpé où nous irons demain. Festival de cirrus en soirée, signe de changement de temps ! J4 19/08/2018 Très bonne nuit sans vent ! Après quelques minutes de marche, nous apercevons toute une colonie de phoques qui se prélassent sur des rochers où ils se sont hissés à marée haute. Trop drôle de les voir arquer leur corps musculeux quand une vague taquine cherche à les rafraichir : avachis mais l’œil aux aguets, hop, un petit coup de rein quand la vaguelette arrive, parfait timing ! Pas âme qui vive à Budir, l’été se termine… Nous grimpons à gauche de la cascade et après un long cheminement (balisé) à flanc dans une superbe vallée d’altitude surplombant l’océan, et le franchissement d’un 2ème petit col, nous découvrons la baie de Hornvik. Le beau temps se maintient, quelle chance ! Je suis ravie de pouvoir admirer le cap Horn, il est si souvent pris dans les brumes… Après une pause pic nic et même une petite sieste (oui il fait bon et pour une fois on peut s’allonger) sur une plate-forme en bois sans doute dédiée à l’observation des renards arctiques, nous terminons la descente jusqu’à la mer, et nous faisons à proximité de rochers à oiseaux la rencontre de plusieurs renards à peine effarouchés par notre présence ! Il y a en a de partout, on ne sait sur lequel focaliser notre attention, tous plus mignons les uns que les autres ! Plus loin, un passage un peu acrobatique, sécurisé par des cordes, nous permet après avoir dépassé un nouvel abri d’urgence, de rejoindre la zone de bivouac et la cabane des rangers. Il y a également une tente mess et quelques autres grosses tentes qui doivent rester là tout l’été (pour des scientifiques, des tours operators ?) 1 tente et 3 personnes au camping, sinon personne… Je prévois de faire demain le tour du Hornbjarg (les falaises du cap Horn) si bien que nous continuons pour aller camper de l’autre côté de la baie. Il nous faut pour cela traverser une large rivière, et nous choisissons de remonter un peu en amont pour éviter le goulet étroit et profond qu’elle forme juste avant la mer. Nous traversons un étrange désert de sable noir, où se mêlent eau douce et eau salée, et arrivons finalement à la rivière Hafnaros proprement dite. Traversée facile, eau à mi-cuisse, peu de courant, quelques sables +/- mouvants à la fin donc ne pas mettre les crocs mais rester pieds-nus. Au loin, nous apercevons les néerlandophones, qui coupent au plus court vers le goulet. Nous regagnons ensuite la mer en longeant d’étranges formations rocheuses faites d’orgues de basaltes horizontalisés. Puis nous longeons la mer sur un sentier souvent effondré, qui nous font lui préférer les galets de la « plage ». Nous rencontrons la rangerette qui rentre de balade et nous installons sur la zone de bivouac, bientôt rejointes par les Flamands (oui poussée par la curiosité, j’ai fait le 1er pas pour leur demander comment était le gué : jusqu’aux hanches avec du courant donc on a bien fait de faire un détour en amont) Sophie a la visite en soirée d’un petit renard curieux…Et un phoque roupille en contrebas. J5 20/08/2018 Temps clair mais nuageux ce matin, après encore une nuit paisible (c’est la 1ère fois que je campe plusieurs jours d’affilée avec aussi peu de vent, sans mettre mes boules Quiès ! Incroyable pour cette région !) En route pour le symbole du Hornstrandir, les hautes falaises du Hornbjarg. Après avoir dépassé une jolie maison (habitée cette fois), nous percevons le bruit d’un éboulement qui nous vient de l’autre côté de la baie. Au téléobjectif, je distingue les roches se fracassant dans la mer : gloups ! Nous n’irons pas trop près du bord ! A mi-pente, nous rencontrons encore 2 ou 3 renards, encore endormis… Nous voilà parvenues au Cap Horn, ravies d’avoir finalement bénéficié jusqu’à présent d’une météo tout-à-fait correcte, en dépit des prévisions. Il a plu certes, mais toujours quand nous étions sous la tente… Mais la rando continue, il nous faut longer une falaise escarpée, dont la découpe à contre-jour la rend encore plus impressionnante. La grimpette sur des hautes marches de terre glissante au milieu des angéliques n’est pas de tout repos, mais la vue depuis la crête de Midfell est grandiose. On aperçoit la rivière traversée hier et à droite de la baie la cabane des rangers. Au sud-est reflets mystérieux sur l’océan d’un calme inhabituel… Quelle peut donc être cette île ??? Peut-être la péninsule de Skagi vue dans sa largeur ? Bizarre… Encore un énorme iceberg ! Selon la lumière, ils apparaissent et disparaissent en quelques minutes…. Encore un passage un peu acrobatique avant de rejoindre le petit lac au pied du Kalfatindar. Gros plan sur le gué franchi hier. Il y a très peu d’oiseaux, la meilleure époque est le printemps, lors qu’ils nichent par milliers dans les falaises. Le temps se gâte et nous renonçons à l’ascension du Kalfatindar. Voilà le phare de Latravik ! Qui fait aussi refuge (avec douches !) Pour la 1ère fois, la pluie nous rattrape ! Légère et sans vent…et passagère ! Gros numéro de charme de la part de cette adorable bestiole rencontrée en chemin ! Semi-déception en arrivant au phare (je n’aime pas rompre le charme en retournant même brièvement à la « civilisation ») : il est fermé. Le coin est sale, des déchets trainent par ci par là et il n’y a pas d’eau à proximité immédiate. Pas envie de camper là… Pendant que nous hésitons, Marion trouve le code pour ouvrir le boitier contenant la clé ! Ah ces jeunes ! On ne résiste pas à l’envie d’une petite visite du refuge (et du phare) : tout est hiverné, les matelas sur la tranche, l’eau fermée et il y fait plus froid que dehors. Bref, on referme soigneusement et on marche un peu plus loin pour trouver une zone propice au bivouac. A peine avons- nous tourné le dos au refuge qu’un hélicoptère rouge surgit de derrière la falaise ! Aussitôt, on se sent coupable, aurions-nous déclenché un système d’alarme quelconque ? La coïncidence est tout de même incroyable ? Il se pose à une centaine de mètres du phare ! Nous sommes dans nos petits souliers… 4 ou 5 personnes toutes vêtues de combinaisons orange et bleues en descendent et se dirigent vers le phare… on n’ose plus bouger ! Bref, après avoir un peu trainé dans le coin, fait quelques photos, tout le monde rembarque et l’hélicoptère redécolle vers le Hornbjarg. Ouf ! Ils n’étaient pas là pour nous ! S’agissait-il d’une virée touristique, d’un entrainement des sauveteurs ? Mystère ?! Alors que nous installons les tentes, les Flamands passent et continuent vers la baie de Hornvik via le col de Kyskard. Grosse journée car ils ont aussi gravi le Kalfatindar. En soirée, nous avons encore la visite de renards curieux ! Ils viennent nous voir jusque dans la tente ! J6 21/08/2018 Encore une nuit paisible, posées sur 20 cm de moelleuse mousse… Pas de renard ce matin, un timide rayon de soleil… La grimpette jusqu’au col de Kyrskard est bien raide et la descente vers le gué de la baie de Hornvik ne l’est pas moins ! Brève rencontre avec un couple de Strasbourgeois (les pieds dans l’eau glacée du gué, la conversation ne s’est pas éternisée…) dont je me rends compte après-coup que nous nous connaissons, au moins virtuellement par email (Hello Guy !) Nous repassons par la zone de bivouac où arrive en même temps que nous le Français solitaire rencontré au début de la randonnée. Il vient du fjord de Veidileysufjordur -où nous serons ce soir, et a dû se résoudre à faire demi-tour car le passage obligé dans la mer lui a semblé trop profond. Il va donc aujourd’hui jusqu’à Hloduvik puis vers Hesteyri où il reprendra son bateau. En effet, pour faire une boucle et ne pas repasser par les mêmes chemins, j’ai choisi de passer par ce fjord. Ensuite il faut passer dans la mer sur une centaine de mètres en contrebas d’une falaise trop escarpée avant de continuer soit directement vers Hesteyri (mais sur ma carte aucun sentier n’est indiqué) soit vers le nord et Hloduvik. Je reste confiante car je pense qu’à marée basse, le passage doit être possible puisque figurant sur ma carte. Nous poursuivons vers le col de Hafnaskard par un sentier bien tracé offrant de superbes vues sur la péninsule de Hornbjarg. On aperçoit même encore quelques icebergs ! Vue époustouflante sur le fjord de Veidileysufjordur depuis le col ! Si grand que la descente va s’avérer interminable ! Nous arrivons enfin à la zone de bivouac, où nous retrouvons nos 2 flamands. Il y a une autre tente avec 2 gars à peine entrevus. Tous reprennent le bateau ici demain matin. Je n’ai pas pu trouver les horaires de marée pour le fjord (si tant est qu’ils existent !) aussi je pose quelques marques pour repérer le marnage. A priori, la mer devrait être basse demain vers 10h00… On aperçoit à droite la falaise noire en contrebas de laquelle il nous faut passer dans la mer. J7 22/08/2018 Comme annoncé par le couple de Strasbourgeois, la journée s’annonce maussade mais pour le moment il ne pleut pas et il n’y a pas de vent. Pas de ressac. Le fond de l’air est frais si bien que l’eau parait moins fraiche : conditions idéales pour faire trempette donc ! Après quelques tâtonnements, il s’avère qu’il n’y a d’autre solution que d’y aller carrément. Marion ouvre la marche avec de l’eau au-dessus du nombril. C’est au début du gué que c’est le plus profond, après c’est plus facile. Avec l’aide efficace de Caroline et Marion qui transportent nos sacs « à la népalaise », nous venons finalement assez facilement à bout de ce gué, plus impressionnant que dangereux. Le plus dur est de descendre dans l’eau sans glisser et seul avec un sac à dos c’est difficile. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous rhabillons quand arrive un couple d’Islandais qui s’apprête à franchir le gué dans l’autre sens. Selon eux la marée basse serait plutôt à midi. Mais le marnage ne m’a pas semblé très important donc je pense que la hauteur d’eau n’aurait pas été très différente, peut-être jusqu’aux hanches mais pas moins, sauf grand coefficient de marée. Une fois rhabillées, la pluie s’invite et ne nous quittera plus de la journée. Mon appareil photo restera donc dans son sac étanche ! 3 photos ce jour-là. De toute façon nous n’avons vu que de la caillasse et des nuages et avons navigué au GPS : pas de sentier, un unique cairn au niveau du col. Des éboulis très instables à la descente du col puis de la mousse gorgée d’eau. Dire que nous aurions pu avoir ce temps-là plusieurs jours de suite ! Nous mesurons la chance que nous avons eue jusqu’à présent : nos chaussures restées sèches jusqu’à ce matin -une gageure dans le Hornstrandir, sont trempées ! Nous arrivons sous la pluie dans la baie de Hornvik où nous avions profité quelques jours plus tôt d’un soleil insolent. Rencontre sympathique avec 2 Français dont l’un est guide dans une agence de trekking franco-islandaise. Demain ils continuent sur Hornvik d’où ils vont rayonner sur quelques jours avant de reprendre le bateau. Visite « à domicile » d’un ou deux renards. J8 23/08/2018 Dernière étape aujourd’hui jusqu’à Hesteyri d’où nous repartons en bateau demain après-midi. Le temps est bouché mais il ne pleut pas. Le sentier est parfaitement balisé et monte tranquillement jusqu’au col de Kjaransvikurskard. Il nous faut descendre un peu avant d’apercevoir le fjord de Hesteyri. Petite pause pic nic écourtée par l’arrivée des nuages qui descendent vers nous… La descente nous semble interminable ! Elle est très bien cairnée (certains cairns ont une pierre horizontale qui indique la direction) mais il n’y a pas de véritable sentier et on n’avance pas… Voilà enfin le village de Hesteyri, une dizaine de maisons éparpillées. Sophie s’arrête à « la maison du docteur » négocier une chambre, tandis que nous continuons jusqu’au « camping » situé au sud du hameau. Nous installons les tentes, sous l’œil curieux de quelques phoques et nous retrouvons pour un chocolat chaud, des crêpes et des gâteaux ! Nous sommes les seules clientes. En fait le café est virtuellement fermé, c’est déjà la fin de la saison. L’homme qui s’en occupe a succédé à sa mère et vient pour les mois d’été. Le reste de l’année il est ingénieur du son à Hambourg. Ses grands-parents sont nés et ont vécu ici. Il nous propose d’assister ce soir à la projection d’un film islandais tourné ici, un thriller dont l’histoire a l’air assez compliquée. Un bateau doit arriver ce soir avec les spectateurs, venu tout exprès de Bolungarvik (une bonne heure de navigation) De fait peu avant 20h, une poignée d’humains débarquent du petit bateau. La projection a lieu dans l’ancienne école. Nous sommes trop crevées pour nous concentrer sur un film en islandais sous-titré en anglais et restons au chaud sous nos couettes. Après la projection, la petite équipe s’est retrouvée au café se réchauffer avec une soupe de poisson, pousser la chansonnette et rigoler un bon coup avant de repartir en bateau dans la nuit vers Bolungarvik. Brrr… Marion a trouvé ce film « I remember you » en version française : http://www.televostfr.co/i-remember-you-vf-streaming On se félicite de ne pas l’avoir regardé sur place ! On aurait trop mal dormi ! J9 24/08/2018 Notre bateau est ce soir à 17h00, donc nous trainons un peu « au lit » ce matin. Puis nous rejoignons Sophie au café qui s’est régalée d’un petit déjeuner pantagruélique. Nous partons ensuite pour une petite balade vers Stekkeyri : une cheminée de pierre située à 1 ou 2 km au nord de Hesteyri nous intrigue. Une colonie de phoques se prélasse sur les rochers…. Stekkeyri est une ancienne usine baleinière, créée par les Norvégiens à la fin du 18ème siècle, rachetée par des islandais, transformée en ferme d’élevage de harengs en 1922 quand la chasse à la baleine fut interdite puis démantelée (les habitations en bois ont été démontées) après la 2ème guerre mondiale. On identifie encore les 3 aires de découpage des cétacés et quelques cuves. L’endroit est assez glauque (et encore plus si on a vu le film !) mais pas dénué d’un certain charme. Nouvelle pause avec les phoques sur le chemin du retour. On ne s’en lasse pas ! Pas de renards par contre à Hesteyri, il se dit que quelqu’un les aurait tué l’hiver dernier ! Le reste de la journée se passe au café où on nous annonce que le bateau partira plus tôt, à 16h00. Cette fois c’est Sjoferdir qui nous ramène à Isafjordur : le personnel est amical et le bateau confortable, accueille aussi 2 couples d’allemands venus juste pour l’après-midi à Hesteyri. Le patron du café profite du départ de ses derniers clients pour aller faire un tour en bateau avec son amie allemande. Un p’tit coup de Zodiac pour rejoindre le bateau et c’est parti pour une heure de navigation tranquille (à 20 nœuds mais sans taper !) A mesure que nous nous éloignons du Hornstrandir, le ciel s’éclaircit. Une bande de nuages reste accrochée sur les montagnes que nous quittons. Nous accostons, récupérons la voiture et je dépose Sophie et les filles à la petite maison louée à Isafjordur avant de déposer Muriel à l’aéroport prendre son avion vers Reykjavik puisqu’elle reste encore une semaine en Islande. Bonne douche, bon resto et mauvaise nuit : trop mangé et trop chaud ! J10-J11 le retour 25/08/18 Nous nous mettons en route dès 7h00 car Sophie a son avion cet après-midi vers 17h00. Finalement nous sommes très en avance et en profitons pour faire un tour à Reykjavik, en particulier pour visiter le Harpa que nous ne connaissions pas encore. Quel contraste avec la semaine écoulée ! Et ça construit encore de partout ! Nous déposons Sophie à l’aéroport puis allons nous poser dans notre guesthouse réservée à Keflavik. Notre avion décolle demain à 7h40, retour sans histoire…. Merci Muriel, Sophie, Caroline et Marion pour votre courage et votre bonne humeur ! J’ai adoré découvrir ce coin perdu en votre compagnie !
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