Carnet de voyage - un mois en Islande, août 2013

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
CO
Bonjour a tous les amateurs de recits de voyage et aux amoureux de l'Islande,

Nous sommes une famille (avec 2 enfants de 7 et 9 ans au moment de ce voyage) qui aime voyager et s'extasier devant la beauté du monde. Le temps des vacances, nous cherchons la nature la plus vierge possible, les échanges interhumains les plus simples, loin du matéralisme du quotidien. En 2011-2012 nous avons fait un grand voyage de 13 mois en Amérique du Sud, auquel nous avons consacré notre site, www.geonautesaunouveaumonde.eu . ll nous a donné plus que jamais le goût de la liberté, que nous allons chercher cette fois-ci sur une petite "île de glace et de feu".

Pourquoi l'Islande? Une fois n'est pas coutume, pour notre grand voyage familial 2013 nous restons en Europe. Notre destination est à moins de 4 heures d'avion de Bruxelles, Paris ou Amsterdam. Il n'y a pas de grands monuments des civilisations du passé, et pourtant les superlatifs fusent. Car en Islande, c'est la nature qui fait le spectacle! Et surtout, c'est vide. Le pays entier est moins habité qu'une ville moyenne de par chez nous. Cela tombe bien, c'est ce que nous cherchons: à nous émerveiller, mais si le spectacle est privé ou presque, ce n'est certainement pas pour nous déplaire...

Comment voyage-t-on? Pour être au plus près de la nature, mais aussi pour alléger le budget, car l'Islande est un pays cher, on dort en camping ou bivouac. On ne pensait pas avoir le profil du vieux campeur avant de goûter au plaisir du silence et du ciel étoilé en pleine nature en Amérique du Sud. Maintenant on le sait: peu importe que la maison soit petite (une tente), si le jardin est grandiose et les voisins ouverts et sympas. Pour garder toute notre liberté de mouvement, nous allons nous déplacer en voiture de location. Pour quitter le sentier le plus battu (dans ce cas la route circulaire qui fait le tour de l'île), ce sera un 4x4. Après l'Amérique du Sud, la piste ne nous fait pas peur, les gués et les côtes on connaît, voir les désensablements et les désembourbements. Nous on sait c'est que c'est de rouler à 20km/h sur la tôle ondulée, et si c'est au milieu de beaux paysages, on aime ça!

Après quelques jours à Reykjavik, nous avons parcouru 4000 km en trois semaines de voyage itinérant, dans le sens des aiguilles d'une montre.

Les posts suivants vous raconteront nos differentes etapes et impressions.

voici une carte avec notre itineraire:



A tout a l'heure pour la premiere etape,

Corina pour les Geonautes
CO
Premiere partie: WEEKEND A REYKJAVIK

L'Islande répond aux attentes dès l'atterrissage ce vendredi soir å l'aéroport de Keflavik: il fait 9 degrés et il pleut, une espèce de crachat tout fin. Par contre la nuit tombe dès 23h (pas de nuits presque blanches au mois d'août), et le temps d'arriver au camping en Flybus, nous devons monter la tente dans le noir!

Le lendemain, c'est sous un ciel gris que nous découvrons notre environnement. La fine pluie revient plusieurs fois dans la journée, mais ce n'est pas pour nous décourager. Après une p'tite heure au "jardin d'acclimatation" local (petit zoo avec les animaux du pays et jeux pour enfants), nous allons voir le centre ville.



Aujourd'hui c'est la Gay Pride, donc c'est la fête! Du coup, il y a beaucoup de monde dans les ruelles commerçantes, avec des chapeaux et guirlandes de fleurs aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Reykjavik est une toute petite ville (moins de 150.000 habitants), donc le tour du centre, avec des maisons colorées qui nous rappellent la Norvège, est assez vite fait. Nous goûtons aux "meilleurs hotdogs d'Islande" (mélange porc-agneau semble-t-il) d'après le guide, et nous faisons une ballade vers les port, où les enfants jouent dans une aire de jeux entièrement faite en matériel recyclé des bateaux.





La journée se termine à la piscine termale toute proche du camping. On joue sur les tobbogans et on se prélasse dans les jacuzzis. L'eau thermale partout est vraiment un grand plus de l'Islande! Après encore de la pluie dans la nuit (ouf, la tente est bien étanche!) le dimanche matin le temps s'éclaircit, et nous partons en balade sur le soleil. Arrêt intéressant pour toute la famille au musée national pour une plongée dans l'histoire du pays, puis brunch dans un café du centre. Ensuite nous prenons le bus pour aller à La Perle, dôme de verre qui couvre d'anciens réservoirs d'eau thermale sur les hauteurs de la ville. La vue est dégagée au loin, en on apperçoit même le volcan Snellfessjokull, qu'on approchera ces prochains jours. Puis on descend vers la plage toute artificielle de la ville: le sable blond a été importé, et on chauffe l'eau d'une petite baie à l'eau thermale. Et pour les courageux qui plongent dans l'océan glacé, il y a un hotpot pour se remettre de ses émotions!



N'empêche, les enfants adorent la plage, et seulement avec la promesse (tenue) d'une nouvelle soirée à la piscine à côté du camping qu'on peut quitter l'endroit.

CO
Deuxieme partie: ON THE ROAD AGAIN...

Ce lundi matin nous sommes réveillés par la chaleur...le soleil brille sur un ciel sans nuage. J'appelle l'agence de location pour confirmer la livraison du 4x4 au camping, prévue pour 11h30. Bonne surprise, on me dit qu celui-ci est déjà prêt et ils peuvent nous le déposer dès 10h. Nous prenons donc la route assez rapidement, et après quelques courses en ville, à nous l'Islande rêvée!

Il fait toujours un temps magnifique, et les premiers fjords se dessinent avec des paysages de carte postale. La route serpente entre les prairies où paissent les moutons et les adorables petits chevaux islandais, et parfois semble plonger dans le fjord.



Notre premier arrêt est Glymur, l'une des cascades les plus hautes d'Islande, mais difficile d'accès d'après le guide, au terme d'une marche "pour randonneurs aguerris". Après un picnic, nous voilà officiellement aguerris, car nous avons fait tous les quatre sans problème cette magnifique boucle: traversé la rivière sur un rondin de bois, grimpé jusqu'en face de la cascade (qui s'engouffre dans un beau canyon), puis traversé la rivière dans l'autre sens en amont des chutes les pieds nus dans l'eau glacée, et enfin nous sommes redescendus de l'autre coté au parking. Bravo les enfants, et cela a vallu vraiment la peine, avec des panoramas superbes sur les montagnes et le fjord, jusqu'à l'océan.





Nous continuons la route vers le nord, et le prochain arrêt est le Cratère Eldborg, parfaitement dessiné au-dessus du champs de lave. Puis nous attaquons la péninsule de Snellfesness, et décidons d'aller dormir près de la seule source thermale du coin, histoire de faire un schplouf. Nous arrivons après 20h et la piscine est déja fermée, mais on nous donne la permission de bivouaquer juste à côté. L'endroit est beau, au pied des montagnes et avec vue sur la mer.

La pluie commence timidement à tomber lorsque nous nous couchons, et elle n'arrêtera pas de la nuit et la plupart de la journée du lendemain. En Islande les jours se suivent et ne se ressemblent pas du tout du tout! Ce qui ne nous empêche pas de profiter de la piscine une bonne partie de la journée du lendemain...



On reprend la route quand les estomacs réclament déjà leur dû, donc nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin à Budir. Sur une belle baie habitée par les cormorans, il y a seulement une église en bois noir des plus anciennes d'Islande, et un hôtel assez chic (les prix aussi) qui nous donnera l'occasion de goûter au trio de poissons traditionnels, le requin (pas mauvais), le poisson séché (bizarre, d'un autre temps), et le hareng (excellent).





Un choix se présente: prendre la route qui fait le tour de la péninsule, ou la piste qui coupe dans la montagne, au pied du Glacier Snellfesnessjokull (Jules Vernes l'a choisi comme point de départ de son "Voyage au centre de la Terre "). Renseignements pris, Thomas qui a vraiment très envie de la piste dans la montagne décide de ne pas écouter les conseils de la dame de l'Office du Tourisme et de couper par la montagne. Le brouillard est toujours aussi épais, la visibilité toute aussi nulle. En grimpant là-haut, la piste se faufile entre les cratères secondaies (impression d'abysse des deux côtés), et nous devinons le géant tout proche à travers le brouillard.

Bizarre, il y a deux jours, nous voyions le superbe cône enneigé depuis Reykjavik, à une centaine de km au moins de l'autre côté de l'immense baie, et là nous sommes à côté et nous ne faisons que le deviner. Les langues enneigées du glacier descendent jusqu'à côté de la piste.

Arrivés sur la côte nord de la péninsule, nous faisons route jusqu'au village d'où nous prenons le lendemain le ferry pour les Fjords de l'Ouest. Le camping est accueillant, les enfants adorent dormir dans la tente (ça tombe bien, les hôtels affichent complet) et la pluie a cessé ce soir, donc nous pouvons nous balader sur le port.
CO
Troisieme partie: LES FJORDS DE L'OUEST



Nous prenons ce matin du mercredi 14.08 le ferry depuis la côte nord de la péninsule de Snaefellsness pour rejoindre la région reculée et sauvage des Fjords de l’Ouest. Le bateau traverse l’immense Brejdafyordur, parsemé d’innombrables îlots, et fait une courte escale sur l’île de Flatey, où une dizaine d’habitants se partagent quelques kilomètres carrés avec des milliers d’oiseaux.



Dès les premiers tours de roues dans les Fjords de l’Ouest la pluie est elle aussi du voyage, et le brouillard nous empêche souvent de profiter du paysage. Mais le Géonaute n’est pas homme ou femme à se laisser abattre par une piste mouillée, et nous poursuivons notre but quitte à braver les éléments : le point les plus occidental de l’Islande, et donc de l’Europe, là où on devinerait presque le Groenland caché dans le brouillard à 300km à peine de l’autre côté de ce bout d’Atlantique.

Là se dressent les hautes falaises de Latrabjarg, maison de millions oiseaux, dont les sympathiques et photogéniques macareux. Avec leur tête de clown et leur grand bec rouge, ils sont les stars sous les téléobjectifs de tous les touristes en k-way et aux pieds mouillés, et ils séduisent les enfants qui adorent faire eux aussi la chasse aux clichés à montrer aux copains.



Nous bivouaquons là, au pied des hautes falaises au bord d’une immense plage déserte. Sentiment de bout du monde, sous ce ciel gris avec la pluie qui tombe sur la toile de tente. Mais la Quechua 2Secondes reste étonnamment sèche à l’intérieur, et la voiture a, bien heureusement, l’option sèche-linge super efficace pour nos chaussures et vêtements d’extérieur.

Le lendemain, étonnée de ne plus entendre la pluie au réveil, je découvre un ciel plutôt dégagé (même si pas vraiment bleu), et je décide de faire un balade matinale sur les falaises. Je suis toute seule au royaume des oiseaux qui mènent leur vie et vont à la chasse dans les vagues.

Nous plions bagages après le petit déjeuner, pour poursuivre vers le nord la piste qui serpente le long de la côte. Elle monte parfois sur les hauteurs où subsistent çà et là des taches de neige, pour replonger dans le fjord suivant.

Près d’un petit village, nous partons à la chasse au trésor : au bout d’une petite piste, à peine signalée, se trouve une source chaude qui se verse dans trois petits bassins avec vue imprenable sur le fjord. L’endroit et désert et nous en profitons pendant un long moment. Il résume bien, je trouve, ce qu’on est venus chercher on Islande : du bien-être simplement, seuls dans un superbe cadre naturel.

Plus loin au nord, au creux d’un autre fjord, nous faisons étape aux chutes de Dynjandi, vraiment belles, qui dévalent la falaise en un large voile de dentelle sur une centaine de mètres de hauteur. Dur de décider quelle vue choisir à la sortie de la tente : côté terre, la cascade et les falaises, ou côté mer, l’Atlantique devenu lac d’huile habité par les cygnes et les canards sauvages au fond du fjord.



Sur une presqu’île qui forme un port naturel, Isafjordur c’est quelques rues et un port de pêche, le bourg un peu endormi typique bien loin de la capitale. On y trouve unrestaurant dans une vieille maison en bois où l’on sert d’excellents filets de poisson dorés au beurre dans d’énormes poêles en fonte – on se régale !



L’après-midi on attaque le « Djup » : route mythique en Islande, elle suit la côte sud du plus grand fjord de l’ouest, l’Isafjardardjup, qui sépare le sud habité de la région du Standir, la péninsule entièrement sauvage du nord. Panoramas grandioses se succèdent, mais j’ai vraiment l’impression de me répéter, car c’est beau partout et tout le temps...



Le guide nous vante une ferme-auberge bien perdue à 100km de la moindre petite ville, et on décide d’y faire étape. L’accueil et chaleureux et cette fois on prend une chambre, on laisse la tente se reposer et sécher. L’après-midi s’achève à la piscine, jacuzzi et sauna au feu de bois, pour terminer la journée avec un excellent dîner arrosé de Malbec argentin.



Les enfants adorent l’endroit, il y a des chevaux, un perroquet du Gabon, un chien et même un renard arctique qui vient se nourrir au restaurant, une plaine de jeux, des sources chaudes dans la nature…et avec Papa, ils s’offrent une sortie à cheval dans la vallée.
CO
Quatrieme partie: SUR LES ROUTES DU NORD

Nous venons de passer deux jours à la ferme Hejdallur, perdue dans les Fjords de l’Ouest, à 100km de la moindre petite ville, à cocooner : bons repas à base de produits locaux, bains dans les sources chaudes et à la piscine, sauna au feu de bois, balade à cheval, observation d’un renard arctique pas farouche qui vit sur la propriété, ballade pour ramasser des myrtilles.



Nous sommes donc prêts à reprendre la route en ce dimanche 18 août avec comme but « la piscine du bout du monde ». Le temps n’est toujours pas super, très couvert, il pleut de temps en temps et les températures restent en dessous des 10 degrés même en pleine journée. Cela ne nous dissuade pas de prendre cette piste qui longe par l’est le Standir, la péninsule sauvage du nord des Westfjords.



A mi-chemin, une ancienne usine à hareng abandonnée et la carcasse d’un bateau, un hôtel et 2-3 maisons font une bonne halte piquenique. Au bout de la piste, un petit port avec une supérette qui fait aussi poste et pompe à essence, et, après une ferme perdue, enfin la piscine alimentée par des sources thermales, posée sur la plage. Peu importe qu’il pleuve et qu’il vente, on est bien au chaud dans le jacuzzi, et on bivouaque juste à, sur un petit tapis d’herbe au-dessus de la plage et à côté de la piscine.



Les enfants jouent au Robinsons à ramasser des bouts de bois rejetés par la mer (il y a énormément de ces troncs d’arbres blanchis venus d’on ne sait où sur les plages du nord) et les moutons viennent la nuit paitre tout près de la tente (apparemment en été le mouton islandais ne dort jamais). De la piscine, on ne voit que les falaises à moitié cachées dans le brouillard et l’immensité de l’océan.



Le lendemain, le temps n’est pas en amélioration : le froid est perçant, il vente et il pleut régulièrement. Nous faisons beaucoup de route, quittons les Fjords de l’Ouest, regagnons la route circulaire numéro 1 qui fait le tour de l’île. Dans l’après-midi, nous nous arrêtons visiter une petite église ancienne et une ferme au toit de tourbe. Comme en Scandinavie, il subsiste par-ci par-là quelques bâtiments conservant cette façon traditionnelle de recouvrir la charpente, à grands frais, car ces toits doivent être entretenus et refaits régulièrement par des spécialistes.





La route grimpe dans les montagnes du nord de l’Islande. On décide de bivouaquer dans une très belle vallée. On plante la tente. Ce n’est que lorsque des flocons de neige commencent à tomber vers 20h qu’on regarde l’altitude sur le GPS : nous sommes à plus de 500m au-dessus du niveau de la mer, et il est clair qu’une tempête de neige s’annonce. On remballe tout pour aller chercher des cieux plus cléments pour passer la nuit.



Nous arrivons à Akureyri, la grande ville du nord, lorsque la nuit commence à tomber. Affamés, nous allons chercher deux énormes pizzas chez Domino Pizza, que nous savourons dans la tente installée dans le camping sur les hauteurs de la ville. Ce sera la nuit la plus froide, les températures descendent à 2 degrés. Heureusement nous avons des bons duvets !



Le mardi 20 nous découvrons la « métropole » du nord, 2ème ville d’Islande, 18.000 habitants : très joliment posée au fond de son fjord, on sent qu’il y fait bon vivre : Les villas montent sur les hauteurs et s’offrent des superbes vues et la piste d’atterrissage de l’aéroport s’avance dans l’eau du fjord. Original. Depuis la route lorsque nous quittons Akureyri en direction de l’est, nous avons une très belle vue sur toute la vallée.



Nous nous dirigeons vers le lac Myvatn, avec un arrêt à Godafoss, la Chute des Dieux, là où les chefs des clans auraient jeté à l’eau les effigient de leurs dieux païens lorsqu’ils ont adopté la religion chrétienne autour de l’an 1000.



Nous arrivons au grand lac du nord pour déjeuner. Vite installés au camping, nous sommes prêts à partir à la découverte de cette région riche en phénomènes volcaniques.
CO
Cinquieme partie: LA REGION DU LAC MYVATN, LA CÔTE NORD A HUSAVIK et L'ASKJA OU LE DESERT LUNAIRE



Le camping est posé juste au-dessus du champ de lave qui s’étend jusqu’au lac Myvatn, au milieu duquel se dressent les pseudo-cratères verdoyants. Le temps s’est éclairci et nous verrons même le soleil cet après-midi (il commençait sérieusement à nous manquer !).



Nous allons crapahuter sur la lave, nous découvrons des failles fumantes et un petit lac chaud dans une grotte de lave, puis nous grimpons jusque sur un cratère tout jeune (2500 ans environ), qui nous offre une belle vue sur le lac et ses îlots si décoratifs.





Après la leçon de géologie in situ, c’est la récré aux bains chauds tous proches. L’eau riche en silicates est bleue turquoise, et ça sent l’oeuf pourri, mais le bain (et sauna) est extrêmement agréable et en prime il y a un superbe coucher de soleil sur le lac. On se répète, mais le thermalisme est vraiment une aubaine en Islande !





Le mercredi 21 août nous faisons une boucle à partir de Myvatn. D’abord tout près, nous allons marcher entre les boues bouillonnantes et les geysers, puis sur un champ de lave qui fume encore par endroits, après la dernière éruption de 1987. Ma fille s’étonne que cela fume toujours alors que c’était « il y a si longtemps ». Eh oui, « longtemps » à l’échelle d’un petit bout de 7 ans n’est rien à l’échelle de la nature… Expérience inédite pour tous, en tout cas, nous avons déjà vu beaucoup de volcans de par le monde, mais jamais nous n’avions encore marché sur de la lave encore fumante.



Malgré la pluie (encore !), nous faisons le tour du cratère secondaire Viti, avec son lac turquoise laiteux, tout proche de l’imposant volcan Krefla, à peine endormi, qui nourrit une impressionnante usine géothermique.

Nous continuons la route vers le parc national Jokulsargliufur. Il s’agit d’un canyon sculpté dans le champ de lave par une soudaine rivière créée par la fonte de glaciers suite à une éruption volcanique sous la glace. Le long du canyon, trois cascades dont Dettifoss, la plus puissante (en débit) d’Europe. Des paysages sauvages, témoins de la force avec laquelle l’eau, le feu et la roche peuvent se heurter dans la nature.

Puis, apres avoir lu dans le guide une belle description de la côte aux alentours d’Husavik, nous roulons une nouvelle fois vers la mer. Et nous ne serons pas déçus : nous longeons de très belles plages de sable noir, des falaises verdoyantes, avec les montagnes enneigés en toile de fond. Nous nous arrêtons pour dîner dans le petit port de Husavik.



En repartant, le soleil couchant habille le paysage et les nuages d’une lumière irréelle, de couleurs sublimes. Nous sommes subjugués ! Vraiment, dès que le soleil est présent, l’Islande s’habille de couleurs incroyables - dommage qu’on le voit si peu !





Le jeudi 22, après un dernier petit tour sur le bord du lac Myvatn pour admirer les bizarres formations de lave et les pseudo-cratères, nous attaquons l’Expédition : aujourd’hui nous allons à l’Askja, à travers 100 km de pistes (aller) réputées difficiles « véhicules non-4x4 s’abstenir à tout prix ».

Mais notre Suzuki est vaillant, à travers les étendues désertiques, les vents de sable, la caillasse des champs de lave et les gués ou l’eau arrive jusqu’au milieu des portières, il nous amènera à bon port. Le paysage est noir, complètement aride. Pas un mouton, pas même un brin d’herbe. Le vent balaye la poussière grise à travers des étendues qui semblent sans fin. Il crée une espèce de brouillard gris qui cache presque les montagnes qui se dessinent au loin. « Lunaire » est le seul mot qui peut décrire ce paysage.



Nous arrivons au parking au pied du volcan Askja, l’un des plus majestueux d’Islande, à 1000m d’altitude, vers 16h30. Nous entamons la marche d’approche des cratères, toujours à travers le désert noir. Au dernier moment, après une petite montée, le paysage merveilleux apparaît et nous laisse bouche bée : le grand lac bleu dans le large cratère de l’Askja et, à nos pieds, le petit lac turquoise laiteux de son cratère secondaire Viti.



En passant sur des plaques de vieille neige, en faisant bien attention car c’est raide, on peut descendre dans le petit cratère, et même s’y baigner. En quelques minutes toute la famille est en maillot de bain, toujours prête à faire trempette, surtout dans un cadre aussi spécial. Mais la surprise ne sera pas des plus agréables, car l’eau est à peine tiède et dehors il fait bien froid. Donc on se rhabille en grelottant au bout de quelques brasses, mais au moins on pourra dire que ça aussi, on l’aura fait !

Retour à la voiture vers 19h et lutte avec la porte du coffre qui ne veut plus s’ouvrir à cause du sable qui a bloqué la serrure. Il est assez tard, mais on décide quand même de décoller de là, car une nuit forcément froide en tente dans ce désert minéral ne nous enchante guère. On opte pour une autre piste, que le guide vante comme étant plus facile. Les gués sont moins profonds, certes, mais la caillasse, les virages serrés entre les formations de lave, les passages sablonneux et la tôle ondulée sont terribles, on se croirait dans une étape du Dakkar sur les pires pistes d’Amérique du Sud! Le soleil décline et la nuit tombe, il y a pas un chat, pas une voiture (on est les seuls rigolos à prendre la route à cette heure-là!). Rouler sur la lune c’est déjà bizarre, mais rouler sur la lune la nuit l’est encore bien plus, croyez-nous! Le pilote est encore une fois excellent, mais la copilote devra quand même aller sonder pieds nus un gué un peu large, car un passage à gué de jour OK, mais un passage à gué sans savoir où l’on pose ses roues n’est vraiment pas prudent…

Ces presque 100km retour furent une petite éternité, et nous nous laissons gagner par un grand sentiment de victoire et aussi de soulagement quand nous apercevons enfin les lumières du hameau perdu où nous passerons la nuit. C’est une ferme aux maisonnettes en bois aux toits de tourbe, et c’est dans une de ces bâtisses hors du temps que nous mangeons nos pâtes ce soir. Fin d’une journée bien chargée en émotions…

CH
Très sympa et qui fait plaisir à lire à une semaine du départ vers l 'Islande !

Félicitations pour ce voyage familial bien intense

En attente de la suite cool [;)]
chris06
CO
Merci Christian!

J'espere que vous aurez une meteo plus clemente que nous, mais dans tout les cas c'est sûr, vous en prendrez plein les yeux! Bon voyage!

Corina
CO
Sixieme partie: LES FJORDS DE L'EST

A la fin de l’épisode précédent, nous venions de retrouver les petites lumières au bout du tunnel, ou plutôt de la piste, après une dure journée dans le désert pour aller à l’Askja; nous étions donc arrivés à la nuit tombée à la ferme Mödrudalur .



Après une nuit réparatrice, on découvre notre environnement : des maisons au toit de tourbe dans une belle vallée près du ruisseau, et des jeux pour enfants. Il y a donc tout pour nous rendre heureux, mais le « scoop » comme dirait Andréas est le spectacle de trois renardeaux arctiques qui jouent à côté de la ferme, faisant les stars sous les téléobjectifs des paparazzis de passage.



La salle prévue pour les repas des campeurs est une maisons traditionnelle en pierre, à moitié enterrée, à la charpente en bois et le toit en tourbe – sympa de vivre, le temps des repas, comme on vivait autrefois en Islande.



Après le déjeuner, nous reprenons la route vers l’est. C’est bon de sentir de nouveau le bitume sous les roues. Le vent est toujours fort, mais la vue sur les vallées est dégagée et des panoramas de toute beauté défilent autour de nous. Egilsstadir est la (plus) grande ville de l’est, mais nous n’y faisons qu’une étape « technique » : essence et supermarché. Puis, en passant un col, nous prenons une spectaculaire route en lacets qui descend dans le fjord Seydisfjördur. Des cascades dévalent les versants verdoyants de tous les côtés. Le village au fond du fjord est le port d’arrivée du ferry hebdomadaire qui vient du Danemark via les Iles Féroë. (D’ailleurs c’est décidé: nous reviendrons un jour en Islande avec notre propre véhicule – camping-car ou similaire – par ce ferry et nous y passerons tout l’été, pour en profiter sans se presser. Avis aux amateurs, c’est le pays idéal pour le voyage en camping-car, et le camping-car est le moyen idéal pour découvrir l’Islande : on peut bivouaquer partout, on se déplace à son rythme sans se soucier des réservations et des prix élevés des hébergements, on a toujours son petit confort avec soi en cas de mauvais temps). Mais aujourd’hui nous ne sommes pas venus ici pour le ferry, mais pour passer la nuit dans ce cadre naturel exceptionnel.



Une fois n’est pas coutume, nous trouvons une chambre libre à l’auberge de jeunesse qui est installée dans le bâtiment de l’ancien hôpital. Nous profitons sans modération des parties communes super accueillantes. Il y a une belle cuisine (Ikea, what else ?!) et un salon-salle à manger avec des coussins colorés qui invitent à l’apéro, aux jeux de société et plus si affinités. Par contre on dort beaucoup moins bien qu’en tente – il y a du passage et on s’était déshabitués de ces bruits, seul le vent nous réveille parfois lorsqu’on dort en tente.

Le lendemain nous décidons d’aller explorer les environs du lac Lagarfljot, tout en longueur, qui se termine à Egilsstadir. Nous nous arrêtons d’abord à une ferme écologique (vu qu’Andréas est fan) où l’on cultive en plein champs salades, betteraves, blé, orge, etc., comme quoi dans l’est de l’Islande en tout cas, les cultures sont possibles aussi en dehors des serres. Il est vrai que dans cette partie du pays les températures sont plus clémentes (il fait 14 degrés aujourd’hui) et le soleil plus généreux qu’au nord. Mais la ferme fonctionne en grande partie grâce aux stagiaires et aux woofers; on en conclut que même sous ces latitudes l’agriculture n’est pas une super affaire.

Puis nous passons à travers la seule vraie forêt d’Islande, elle-même replantée de zéro au 20e siècle. Tout comme l’île de Pâques, l’Islande ne comptait plus un seul arbre il y a 150 ans. Des efforts de reforestation sont en cours, et ce bois est aménagé pour des balades dans tous les sens pour les islandais en mal de sapins. Nous, il ne nous impressionne pas vraiment, et nous allons de l’autre côté du lac pour voir des cascades dans un canyon de basalte. Les orgues basaltiques sont la représentation de la façon dont le basalte se fracture, ressemblant aux tuyaux d’un orgue. La particularité de Hengifoss est que la roche basaltique derrière la cascade est coupée par des rayures rouges : des strates d’argiles et de roches ferreuses.



Après la balade vers les cascades, on quitte les bords du lac et on se dirige une nouvelle fois vers la mer. Thomas décide de couper par une piste « F » (pour 4x4 uniquement). Séquence «rallye dans la montagne» au programme, avec passages raides et très caillouteux. Mais on retrouve avec beaucoup de soin de la part du conducteur et sans aventures particulières le goudron, et on longe gentiment une nouvelle fois le relief des fjords.



Nous faisons étape à Berunes, une ferme-auberge-camping posée entre la montagne et la mer dans un cadre superbe, avec sa petite église en bois et tôle ondulée et son cimetière aux vieilles pierres. Parmi nos compagnons de camping, une japonaise qu’on avait doublé plus tôt sur la route voyageant seule à vélo. Chapeau bas, Madame !



Peu après Berunes les Fjords de l’Est se terminent, pour laisser place au paysage quelque peu différent du sud de l’Islande. On vous en parlera bientôt…

CO
Septieme partie: ENTRE L'OCEAN ET LA MER DE GLACE

Nous arrivons à Höfn à l’heure du déjeuner, sous la pluie. Que fait le Géonaute quand il ne peut pas se promener et visiter ? Il mange ! Et vu que Höfn est la capitale de la pêche de la langoustine en Islande, on s’installe dans le restaurant le plus vanté du guide pour goûter ces crustacés à toutes les sauces ! On se régale !



Dans l’après-midi le ciel se dégage et à peine reprenons-nous la route que nous découvrons des langues de glace qui descendent de l’énorme glacier Vatnajökull. Nous décidons de prendre la première à droite et d’aller voir ça de plus près. La piste débouche sur un parking avec vue imprenable sur un petit lac où flottent les icebergs et sur l’énorme langue de glace qui descend des nuages. Spectacle saisissant, au milieu des montagnes si vertes tout autour et à peine à quelques kilomètres de la mer.



Puis nous prenons un chemin sur le côté et au bout d’une bonne demi-heure de grimpette nous arrivons au-dessus du lac glaciaire. Les icebergs flottent à nos pieds. Le panorama s’étend jusqu’à la mer. Nous entendons le glacier craquer. Nous sommes complètement seuls. Sous nos pieds la mousse est incroyablement épaisse et d’un vert presque fluorescent. Il y a des myrtilles partout. La nature semble trop généreuse, elle gâte tous nos sens. Moment de plénitude…



Retour sur la route 1 un peu plus tard. Nous faisons étape au camping d’un hôtel qui a servi d’école auparavant. Dans la salle prévue pour les repas il y a un piano, et tous les hôtes doivent se farcir ce soir une vingtaine d’interprétations d’"Au clair de la lune" par les enfants :)



Le lundi 26 nous sommes réveillés par le soleil : une fois n’est pas coutume, le ciel est bleu et il n’y a même pas de vent. Je suis toute excitée d’aller découvrir l’objectif de la journée sous le soleil : peu de kilomètres à l’ouest de notre hébergement nous passons la matinée sur les bords du lac Jökulsarlon, LE lac bleu aux icebergs qui se cassent de la langue glaciaire et flottent lentement vers la mer, avec laquelle le lac communique par un court canal. Une fois arrivés dans l’océan, les icebergs sort portés par les vagues une nouvelle fois vers la terre, et viennent s’échouer sur la plage de sable noir.



Le paysage est de carte postale et on ne se lasse pas d’admirer les formes bleutées et parfois noirâtres des icebergs qui se miroites dans le bleu du lac. On observe les énormes glaçons pris par le courant dans le canal dévaler à toute vitesse vers la mer, ou tourner en cercle, en fonction de courants. Des lions de mer (otaries) jouent au milieu de ce spectacle.



De l’autre côté du pont de la Route 1, côté plage, les enfants (et non seulement) grimpent sur les gros blocs aux forment bizarres échoués sur le sable noir. Les photographes sont nombreux à profiter des beaux reflets de la glace et de la mer. Bref, un lieu vraiment extraordinaire, et en même temps bien différents du Perito Moreno, l’autre glacier star que nous avons vu en Amérique du Sud. Le front de glace du Vatnajökull (plus grand glacier d’Europe, quand même, le guide le dit aussi grand que la Corse !) n’est pas aussi impressionnant que celui du Perito et il n’y a pas les craquements des blocs qui se détachent, mais ici il y a le cheminement des icebergs vers la mer et la plage sur laquelle ils échouent.





Après avoir profité pendant un bon moment de Jökulsarlon, nous nous arrêtons pour déjeuner un peu plus loin au bord d’un autre lac, vers lequel descend une autre coulée de glace, plus grandiose et plus belle que la précédente. Ce lac n’est pas bleu, mais bien gris. La vue le temps du piquenique est néanmoins tout autant à couper le souffle (mais pas l’appétit !).



Le ciel se couvre peu après le déjeuner (les belles choses ont la vie courte en Islande côté météo), et nous plantons la tente au camping-étape du jour une nouvelle fois sous la pluie…
CO
Huitieme partie: CRATERES TOUS VERTS ET PLAGES TOUTES NOIRES

La pluie a cogné contre la toile de tente une bonne partie de la nuit, mais lorsqu’on ouvre un œil vers 9h on découvre un beau ciel bleu.



On se mobilise car l’objectif de la journée est ambitieux, et (record !) on arrive à décoller sur le coup de 10h30. Pas assez vite apparemment, car la pluie nous rattrape dans le Parc National Skaftafell tout proche, et nous devons aller voir les cascades du coin sous la pluie. Pas grave, de toute manière avec nos schtroumfs nos objectifs randonnée ne sont pas très ambitieux.



En quittant le parc une nouvelle belle éclaircie gagne du terrain, ce qui nous donne un peu d’espoir lorsque nous nous engageons sur la piste des Cratères de Laki.



C’est une autre piste « F » de montagne, réservée aux 4x4. Les gués ne se font pas beaucoup attendre, et j’ai le privilège d’aller les sonder (à pied dans l’eau gelée), mais bon, c’est le rôle de la copilote et je l’assume (note perso : prévoir un dog allemand pour les prochains voyages afin de sonder les gués entre autres). Pire que les gués, ce sont les flaques (énormes) qui se sont formées suite aux pluies. L’eau et marron donc on ne peut pas en deviner la profondeur, et comme ça ne donne pas du tout envie à la copilote de patauger dedans, on se prend sans s’y attendre la plus grande profondeur d’eau de tout le voyage dans une telle flaque. On a l’impression d’en avoir jusqu’au capot (mais c’est sûrement juste une impression), en tout cas on se voit plonger (et heureusement en ressortir aussi vite) et le radiateur fume un peu pour se remettre de ses émotions.



Le cadre, ce sont des champs de lave recouverts de mousse et la piste noire qui serpente au milieu de ce paysage un peu irréel. Au bout d’une 50aine de kilomètres de piste on arrive à la rangée de pseudo-cratères de Laki, longue de 25km environ, créée suite au plus grand déversement de lave de l’histoire de l’Islande, qui aurait tué 20% de la population à la fin du 18ème siècle.



On entame la grimpette sur l’un des plus hauts des cratères sous une pluie fine. Mais, comme pour nous récompenser, lorsque nous arrivons là-haut la pluie cesse et le ciel se dégage en partie, nous laissant admirer la vue jusqu’assez loin. Nous sommes conquis par ce vert presque fluorescent qui couvre la lave, par les cratères, les montagnes et les lacs qui se dessinent à perte de vue. C’est difficile à décrire, mais en tout cas c’est un paysage sauvage de toute beauté, la nature à son état le plus pur. L'un des moments le plus forts du voyage.





On reprend la piste de sable noir (cela rappelle beaucoup à Thomas le volcan Lonquimay au Chili, cette sensation de rouler sur la lune seuls au monde) pour faire une boucle, qui nous offre un arrêt supplémentaire à un petit lac de cratère un peu plus bas dans la rangée, et serpente entre les formations de lave et des mini-cratères sur et dans lesquelles les enfants jouent à sauter et à s’enfoncer dans la mousse incroyablement épaisse et moelleuse.



Après une longue mais très belle journée de piste, nous arrivons à Kirkjubaejarklaustur (rien que ça!), où nous passons la nuit. On dirait que ce n’était pas assez de piste pour nous, car le lendemain nous rempilons un tout petit peu plus loin, une nouvelle piste vers l’intérieur, pour voir cette fois la faille tectonique de l’Eldgja.



Mais cette piste-là est bonne et il n’y a qu’un seul gué, donc c’est « les doigts dans le nez ». Par contre sur place le brouillard empêche une vue très dégagée, et le pilote à mal au dos (faux mouvement en se rasant le matin, comme quoi il plus dangereux de se raser que de parcourir les pires pistes de l’intérieur et de randonner sur les volcans en Islande !), donc les balades sont limitées à un coup d’œil au fond de la faille et une très belle cascade un peu plus loin.

Une nouvelle fois sur la route 1 nous longeons la mer, des marécages d’un côté, des hautes falaises de l'autre, les cascades dévalent les versants, le paysage est très vert.

Nous arrivons à Vik, village très joliment situé aux pieds des montagnes, avec son église perchée sur les hauteurs, et près d’une immense plage de sable noir qui se termine d’un côté par de gros rochers de basalte très menaçants qui sortent de la mer.



Paysage de carte postale, mais pas de place à l’auberge de jeunesse, donc nous plantons de nouveau notre tente pour la nuit.





Couchés sous un ciel chargé d’étoiles (mais pas d’aurore boréale, et on ne va pas la guetter toute la nuit non plus…), nous nous réveillons sous la grisaille. Sur la route, toujours en direction de l’ouest, le brouillard est si épais que nous ne voyons presque rien du paysage.

Nous allons quand même voir sous la pluie deux belles cascades, Skogarfoss et Seljalandfoss, qui est la seule qui permet à ce qu’on passe derrière, et les enfants se prennent au jeu de la chasse au trésor caché derrière la chute d’eau. Le comble, c’est qu’on trouve le trésor : multitude de pièces jetées par les touristes dans la rivière qui part du bassin de la cascade. Les enfants veulent bien comprendre qu’on le laisse là pour les autres enfants chercheurs de trésor qui suivront.



Une pizza plus tard, un choix difficile s’impose. Renseignements pris, le temps s’annonce pourri pour tout le week-end, avec des chutes de neige même prévues à partir de 200-300m d’altitude. Nous décidons de laisser tomber le Landmannalaugar, la Mecque de la randonnée en montagne en Islande, et de nous contenter du Cercle d’Or et d’un peu de repos/cocooning avant la fin des vacances.

Nous dénichons, avec l’aide de la gérante d’une auberge de jeunesse affichant complet, une maison d’hôtes toute neuve près de Geysir. On se pose un peu, et ça fait du bien !
VO
Bonjour,

A trois semaines du départ ... nous rêvons !

avez vous un nom ou des coordonnées pour : (après Latrarbjarg) ou serait-ce Polurinn

Près d’un petit village, nous partons à la chasse au trésor : au bout d’une petite piste, à peine signalée, se trouve une source chaude qui se verse dans trois petits bassins avec vue imprenable sur le fjord.
HO
Bonjour,

Beau parcours en famille, marqué par des moments parfois épiques (pistes d'Askja et du Laki) !

On aurait pu se croiser au jokulsarlon le 26/08, nous y étions au même moment, en cette magnifique journée ensoleillée. Nous avons fait le tour dans le sens antihoraire et le soleil nous a accompagnés pendant encore 4 à 5 jours.

A bientôt pour la suite...
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
CO
Bonsoir,

oui c'est bien Polurinn! ;)

Bonnes vacances à vous Corina
VO
Bonsoir et merci.

Nous avons visité plusieurs fois l'Islande mais jamais encore le Nord-Ouest. Nous avons donc relevé au travers des récits de nombreux points.

Il nous tarde de nous plonger dans tous ces "hot-spots".

Cordialement

Michel

Album 2004 : http://voyageur78s.over-blog.com/album-1964861.html
CO
Neuvième et dernière partie: LE SUD-OUEST, UN CONCENTRE D'ISLANDE



A la fin du dernier billet, on avait décidé de se poser et de faire une croix sur un dernier parc national à cause de la météo, qui s’annonçait peu favorable. On s’est bien posé un peu, il a venté comme jamais et il a neigé en plein mois d’août, mais nous avons revu nos plans sages et visité non pas un mais deux parcs nationaux !

Commençons là où nous avions laissé l’histoire. Nous avons pris des chambres dans une maison d’hôtes près d’une ferme entre Geysir et Gullfoss. Nous nous y sentons très bien, car la maison est très accueillante, tout est neuf et il n’y a pas foule, nous pouvons même nous offrir le luxe d’occuper deux chambres, une pour les parents, une autre pour les enfants.



La première nuit il pleut beaucoup, mais le lendemain le soleil fait son apparition. Nous partons visiter le coin : d’abord la cascade Gullfoss (Les Chutes d’Or, je vous laisse en juger sur photo), puis Geysir, le champ de geysers, piscines bouillantes et autres fumerolles.



Celui dont le petit nom est devenu le nom du lieu et le nom générique de ce phénomène géologique dans le monde entier, est un vieux puits maintenant tout calme. Dans le passé, après les grandes éruptions volcaniques, il a fait parler de lui, envoyant haut dans le ciel l’eau bouillante. Mais tout près de Geysir il y a Strokkur, qui se manifeste toutes les 5-10 minutes de façon assez impressionnante, le jet monte à 10-15 mètres, et les touristes sont conquis. Le Ministère du Tourisme islandais doit lui verser gros en royalties….Les enfants adorent le spectacle du geyser, les parents se rappellent Yellowstone, beaucoup plus impressionnant.



Avec Gullfoss et Geysir, Pingvellir (prononcer « thingvellir ») forme le Cercle d’Or, le petit tour que le touriste pressé peut faire depuis Reykjavik pour se faire une idée de la nature islandaise. A la base il ne faisait même pas partie de notre programme, mais en nous posant dans le coin nous nous sommes dit que ça valait quand même la peine d’y jeter un coup d'œil. Le Parc National Pingvellir est un champ de lave coupé par une fissure de l’écorce terrestre, au bord d’un lac. On dit que la délimitation des plaques américaine et eurasienne se fait à cet endroit-là. Il y a bien une jolie faille, et il est connu que l’Islande est posée à l’endroit où les deux plaques se rejoignent (ou se séparent, c’est selon…), mais comme pour les branches d’un arbre, dur de dire laquelle est la plus haute, là aussi pourquoi pile cette fissure et pas l’une des nombreuses autres dans le coin ? A mon avis ça arrangeait bien tout le monde qu’elle soit là, car Pingvellir n’est pas un champ de lave comme un autre, c’est aussi le site historique de l’assemblée du premier parlement d’Islande et d’Europe, avant l’an 1000.



En arrivant à Pingvellir il pleut et il vente comme jamais, on a l’impression qu’on va se faire emporter par les bourrasques. Il y a un jeune couple qui y fait faire ses photos de mariage sous la pluie, elle a les épaules nus, mais ils ont l’air très amoureux, ça doit tenir chaud. Quant à nous, avec la meilleure volonté du monde, nous ne tenons pas longtemps (le temps quand même pour Andréas d’escalader quelques blocs de basalte dans la faille). En regardant la photo ci-dessous, vous aurez du mal à imaginer la tempête que nous avons dû affronter pour la prendre...



Puis, nous allons défier le mauvais temps par un bon bain chaud et un hammam à la piscine du coin. Les bourrasques sont impressionnantes, mais nous on se prélasse dans l’eau à 40 degrés…

Le soir à la météo ils disent que sur les hauteurs (à partir de 200m), c’est tempête de neige. Ahhhh on est bien au chaud dans la maison...

Le samedi matin nous nous réveillons avec un beau soleil. Au loin, les cimes sont effectivement parsemées d’un fin voile blanc, mais c’est une belle journée dont nous décidons de profiter en allant quand même jusqu’au Parc Landmanalaugar.

Nous montons une nouvelle fois vers les Highlands (ou l’intérieur), région hostile et peu peuplée, avec des champs de lave à perte de vue. Sur la route nous passons à côté de pas mois de 4 centrales hydroélectriques (75% de l’énergie électrique en Islande). En nous engageant sur la piste, nous entrons de nouveau dans un monde de beauté minérale.



Les montagnes noires sont couvertes de cette mousse verte fluorescente incroyable, superbe contraste sur le fond d’un ciel très bleu. Les pics enneigés définissent l’horizon. En nous approchant du site, les montagnes colorées se dessinent dans des nuances d’ocre. Landmanalaugar est une plaine d’altitude avec sources chaudes et fumerolles entourée de montagne à la roche nue, colorée suivant ses composants : fer, argile, basalte...



Les gens y campent avant ou après le trek de 3-4 jours vers le sud, l’un des plus connus et courus du monde. Nous, nous nous contentons cette fois d’une ballade de deux heures autour du site. Le trek, ce sera pour la prochaine fois, promis! Sous ce magnifique soleil, nous profitons pleinement de l’explosion de couleurs, c’est assez grandiose. Nous ne regrettons certainement pas d’avoir fait le déplacement, nous en avons pris plein les yeux, et je ne parle pas que de la poussière parfois balayée par le vent...

La neige fraîche de la nuit dernière a été balayée par les bourrasques formant des petits tapis blancs moelleux çà et là. Bataille de boules de neige au mois d’août, ce n’est pas donné à tout le monde, on s’en donne à cœur joie ! Expériences insolites et en même temps plaisirs simples, elles sont le grain de sel de notre voyage, ce sont nos récompenses pour être venus les chercher jusqu’ici...



Dimanche 1er septembre, dernier jour en Islande (nous partons ce lundi 2, mais on ne fait que rendre la voiture de location et prendre l’avion le lundi). Dernière centaine de kilomètres et quelques du périple (4000 km au total quand même !), dans un brouillard épais et une pluie coriace. Lorsque nous nous aventurons hors de la voiture pendant quelques minutes pour jeter un œil à un champ géothermique sur la Péninsule de Reykjanes, la pluie nous frappe telle de la grêle et nous mouille jusqu’à l’os. Au rayon paysages c’est clairement fermé aujourd’hui, allons nous consoler ailleurs !

Comme une grande partie des touristes en Islande, malgré le prix élevé et l’effet marketing maximum, nous allons passer l’après-midi au Blue Lagoon. Deux tiers eau de mer, un tiers eau douce, venue des profondeurs de la terre et chargée en silicates et algues microscopiques, l’étendue bleue laiteuse du Blue Lagoon au milieu du champ de lave est un phénomène unique. Des jeunes et jolies employées font essayer masques et peelings directement dans l’eau. Dans de gros bacs, la boue blanche riche en silicates est à disposition, et on se tartine sans modération, en espérant d’en sortir rajeuni de dix ans. Bon, pour les dix ans on repassera, mais en tout cas on se détend bien dans le bain chaud comme la soupe, au sauna et au hammam. On en sort avec une peau de bébés, contents de notre après-midi et de la fin des vacances.



Et voilà, c’était le récit de trois semaines et demie sur cette île aux paysages sauvages et grandioses, qui arrive à préserver sur un territoire relativement petit une nature majestueuse et généreuse qui nous a rappelé plus d’une fois les grands espaces d’Amérique du Sud. Pour le petit bémol, je ne sais pas si c’est toujours comme ça on nous n’avons pas été très chanceux, il a plu vraiment beaucoup et il a fait frais et parfois froid. Avec une météo plus clémente, ce pays serait tout simplement trop beau pour être vrai...Les islandais, respectueux de l’environnement, sont fiers de leur pays et partagent généreusement ses beautés naturelles avec les visiteurs (les sites et parcs nationaux ne sont jamais payants), à condition qu’on les respecte comme ils les respectent.

Quant à moi, j'ai écrit cette série de récits car je crois que le voyage est toujours plus beau lorsqu’on le partage. J’espère que vous avez été indulgents pour les gaucheries de style et autres fautes de français, et que j’ai pu vous apporter quelques secondes de rêve et d’envie d’ailleurs, où que ce soit.

Corina pour les Géonautes
HO
Merci pour la fin du parcours et pour les belles photos du landmannalaugar.

C'est toujours un plaisir de retourner en Islande par le biais de nouveaux récits [;)]
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
KR
Merci pour le partage. Ça donne envie!!![:P]
JU
Magnifique...je compte aller visiter l'Islande très vite. Faut déjà que je m'achète des vêtements et chaussures adaptés pour une bonne randonnée.
AT
Très beau compte rendu, riche en belles photos [:)]

Vous avez fait un très beau parcours. 3 semaines est une très bonne durée... j'aimerai pouvoir en faire de même en une seule fois [;)]

Le coté "seul au monde au milieu de paysages grandioses" a certains endroits ressort bien de votre récit, c'est ce que j'ai toujours aimé en Islande.

La prochaine fois nous prévoyons uniquement les Fjords du NO, sur une durée d'une petite dizaine de jours, histoire de pouvoir vraiment en profiter et de découvrir les endroits les plus isolés.
DA
Merci pour ce beau carnet. Nous partons dans 3 jours, espérons que cela soit aussi bien que vous mais avec un peu moins de pluie [:)]
Blog perso : http://www.itinerario.fr - 2 jours à Copenhague / Mars 2016 : http://www.itinerario.fr/copenhague-week-end-de-deux-jours-mois-de-mars
CO
Bon voyage, profitez-en bien!

Quant à nous, nous sommes prêts à risquer de nouveau cette année de subir la pluie pour des paysages grandioses : destination l'Irlande!

You might also like