Discussions similar to: installer Norvège
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Cherche emploi en génie mécanique en Norvège
bonjour à tous!! Je souhaite partir dans les mois à venir m'installer en norvege, plus precisement à stavanger, pour me rapprocher de mon amoureux qui a trouvé du travail là bas. malheureusement on ne roule pas sur l'or et je ne peux pas me permettre de rester sans travailler... je suis dans le milieu bancaire, donc je ne pense pas trouver grand chose pour moi dans ce domaine là bas. mais je suis à fait prete à me recycler!! le probleme c'est que du coup je n'ai aucune qualification. savez vous où je peux me renseigner, quels métiers embauchent assez facilement? (la restauration peut être?) quels sont les organismes auprès desquels je dois faire mes démarches pour trouver du travail? autre question primordiale... impossible de trouver un site pour louer un appartement... à croire que je ne peux rien faire à distance... c'est blasant et assez improbable!! c'est un appel du cœur que je vous envoie😉 alors si vous savez qqch, aidez moi s'il vous plait!!!
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Grandes croisières polaires: pourquoi ne nous dit-on pas la vérité... avant? 
Cherchez vous une croisière ou on vous vante fiord de rêve, faune régulière, et moment inoubliable ?

Alors............ passez votre chemin !!!

J'aimerais vous faire part d'un voyage que nous avons fait mon épouse et moi même sur l'ortelius en septembre 2018, affrété par grands espaces pour la grande croisière polaire qui dure 15 jours 'svalbard /groenland/islande.

Et si l'on devait résumé celle ci, elle pourrait se décliner ainsi:

Aimez vous une faune spectaculaire  , ou l'ours polaire est roi et où cétacés, boeufs musqués, et autres merveilles polaire abondent ?

Alors je vous suggère de vous installer tranquillement........ devant votre poste de télévision !!!!

1- ça vous coûtera moins cher 2 - vous verrez les animaux de près, et enfin 3- le programme annoncé correspondra à ce que vous regarderez.

En effet petit 1- le voyage coûte au bas mot environ 10000€ par personne et si vous êtes 2 vous atteindrez vite le prix d'une jolie berline.

Petit 2- contrairement à vos images télé ( sauf exception ) vous ne verrez la faune que....... de très loin , à moins d'avoir un zoom très puissant  ou une bonne paire de jumelles de très bonne qualité. Pourquoi de très loin ?

Eh bien parce qu'on vous explique  ( une fois sur place et après avoir payé,   pas dans la brochure ) que concernant l'ours polaire, et à cause du réchauffement climatique, il n'y a plus de banquise et comme ce magnifique animal dépend de la banquise pour se nourrir, eh bien nous pourrons 'peut être ' le rencontrer prisonnier d'une île où il n'a pu s'enfuir à temps .......

Ça c'est pour le spilsberg. ...

Et lorsque vous serez au Groenland on vous dira que, comme l'ours et le boeuf musqué sont chassés ils se cachent de l'homme. .....

Alors me direz vous, mais comment avez vous occupez votre temps???

Bah...... comme y'avait pas beaucoup à l'extérieur on nous montrait des images à l'intérieur et c'est ainsi que nous avons été  conviés durant tout le voyage ( environ 40 fois) a........ des conférances !!!!!

Bon soyons honnête tout n'était pas négatif, concernant les sorties zodiacs, nous avons pu avancer très près d'un glacier, si vous aimez la randonnée, des haltes sont prévues dans les fiords, et si vous aimez le beau spectacle des ice Berg  (appelés tabulaires) vous en aurez la aussi plein les yeux.

Après, tout dépend de ce que l'on recherche,   certaines personnes sur le bateau était ravis,   nous par contre étions très déçus, frustrés de ne pouvoir admirer cette magnifique faune qui malheureusement fait défaut,   déçu pas simplement et égoïstement pour nous,   mais pour ces pauvres animaux tributaires du réchauffement climatique.

Pour en finir , petit 3, n'espérez pas suivre le programme des navigations et escales, il dépendra certes des conditions météo mais aussi de l'humeur du chef d'expédition, et comme nous, nous avions un nouveau responsable .....Certains choix ( à notre gout) n'ont pas été très judicieux.

Et, un conseil, méfiez vous des résumés fait pour chaque expédition, ils sont souvent fait par guides et  journalistes  (nous avions tout ce beau monde a bord)  .

Ah j'oubliais,   au retour si ça ne vous a pas plus, n'écrivez pas vos doléances. ... de toute facon tout le monde s'en fou et si comme moi vous avez eu une réponse rien est assumé !!!

A bonne entendeur. ..... 
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InterRail de 21 jours en Scandinavie en plein hiver
Interrail en Scandinavie: 1ère étape Copenhague



Après l'interrail Grèce+Balkans de l'été 2013, nous sommes prêts pour un nouveau voyage de 5000 km en train à travers 11 destinations et 4 pays : Danemark, Suède, Norvège et Finlande pour découvrir la Scandinavie en plein hiver. Ce voyage que nous avons surnommé Scandirail16 commence à l’aube d’un des premiers jours de la nouvelle année avec la première étape d’une série: Copenhague. Le premier jour de voyage s’annonce long : 12 heures et 4 trains si tout va bien et que nous ne ratons aucune correspondance (pour certaines nous avons seulement 5 minutes). Partis de Strasbourg, après quelques minutes nous sommes déjà outre-Rhin et le français n’est plus qu’un souvenir. Notre premier changement aura lieu à Offenburg, petite ville du Baden-Württemberg. Etant pile à l’heure, nous pouvons prendre notre correspondance pour Mannheim sans nous presser, aidés entre autres par le fait qu’en Allemagne les quais de départ des trains sont fixes et donc connus d’avance. Avant même d’avoir le temps de nous installer, le contrôleur de la Deutsche Bahn est déjà là pour nous accueillir, en allemand et semble perplexe lorsque nous lui répondons en anglais (qu’il ne semble pas comprendre). Heureusement l’un de nous se débrouille en allemand et nous réussissons à passer la barrière linguistique. Il est à peine plus de 7 heures et, après une courte nuit, nous commençons à nous endormir quand nous arrivons à Mannheim. Là aussi nous avons peu de temps pour changer de train mais, grâce à la précision allemande, nous pouvons prendre notre correspondance sans devoir courir. Une fois dans le train pour Hambourg, où nous attend notre dernier train de la journée, nous pouvons nous relaxer, rattraper un peu de sommeil et boire un cappuccino bien chaud en admirant par la fenêtre les paysages enneigés qui défilent. Vers midi, nous arrivons dans la deuxième ville la plus peuplée d’Allemagne alors qu’une tempête de neige s’abat sur la ville et nous ressentons alors le choc thermique. Cette fois nous avons un peu de temps avant notre correspondance pour Copenhague et profitons de la gare qui ressemble à un centre commercial pour avaler quelque chose de chaud. Il est à peine plus de 13 heures quand notre dernier train arrive, avec une dizaine de minutes de retard (juste pour démentir la précision allemande citée plus haut), avant que nous ne nous transformions en glaçons. Mais ce retard est vite pardonné par la surprise que nous réserve le premier jour de notre InterRail. Arrivés à Puttgarden, une petite gare du nord de l’Allemagne, notre train s’arrête et on nous annonce une attente de vingt minutes avant de pouvoir… embarquer sur le ferry qui nous emmènera au Danemark.



Embarquer sur un bateau tout en restant confortablement assis dans le train, ça n’arrive pas tous les jours ! Pour des raisons de sécurité nous ne pouvons rester dans le train, qui est maintenant dans la cale, tous les passagers sont donc invités à descendre du train pour se rendre dans le bateau. La traversée dure environ 45 minutes et nos compagnons de voyage en profitent pour grignoter un en-cas et dévaliser les différents duty-free. Nous montons sur le pont et affrontons le vent glacial pour prendre des photos du coucher de soleil sur la mer quand le commandant nous annonce l’arrivée imminente et nous invite à retourner dans le train. Nous arrivons dans la capitale danoise peu avant 19h et déposons nos bagages à l’hôtel, à deux pas de la gare avant de sortir pour un dîner en ville. Nous passons devant le Parc Tivoli, nous longeons Stroget, la rue du shopping au centre-ville et peu après la place Kongens Nytorv nous entrons dans la cour intérieure d’une bâtisse élégante qui doit être fort agréable les soirées d’été. Nous entrons chez Banksia, dans une ambiance hygge comme on dit ici (comprenez relax, avec des bougies, une lumière tamisée et une ambiance chaleureuse) où le chef australien nous invite à découvrir la cuisine et les vins de son pays. Ayant déjà testé les spécialités danoises il y a quelques mois, nous tentons un voyage en Océanie, entre kangourou et soupe de crocodile, le tout très raffiné et délicat.



Rassasiés et réchauffés après cette première longue journée de voyage hivernal vers la Scandinavie, nous rentrons à l’hôtel pour profiter d’un sommeil réparateur avant de poursuivre notre périple en direction de Göteborg, en Suède.
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Camping sauvage en Norvège
Bonjour à tous!

Je pars dans une grosse semaine pour 2 semaines en Norvège et je me tatais pour acheter une tente. Deux petites questions : - est ce que les campings "officiels" sont facilement accessible lorsqu'on n'a pas de voiture ? - est il possible de faire du camping sauvage ou de demander à des gens de s'installer dans leur jardin ?

En gros est ce que ça vaut le coup d'investir dans une tente pour ce voyage ?

Merci d'avance :)

Zimir
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Compte rendu d'une croisière en Norvège sur le Costa Luminosa du 16 au 28 juin
Concernant le luminosa, c’est bien évidemment un très beau bateau avec quelques nouveautés bien agréables (cinéma, totems d’achats, golf etc.…) et une décoration plus sobre que le concordia par exemple.

A noter aussi le superbe et immense spa (que ns avons visité seulement). Coté négatif le théâtre trop petit obligeant les passagers a venir s’installer au spectacle en avance afin de disposer d’une place assise.

Coté nourriture, mention bien (pas mal de nouveauté) mais ce n’était pas les meilleurs repas que j’ai eu sur un bateau costa.Question de goût personnel, certainement. Par contre bcp de variété dans les menus au restaurant et une cafeteria de très bonne qualité.

Je ne parlerais pas du coté trop « business » car c’est un peu le coté fatiguant de la croisiere.

Par exemple : « j’ai un problème avec la carte mémoire de mon apn, pourriez vous me renseigner ? » réponse « nous avons de très beau apn a vendre…. » Grrr !

Ou alors les prix plus que prohibitifs dans la galerie marchande. Celle là de détaxe !

Les années précédentes c’était tjrs sympa de ramener un parfum ou une bouteille moins cher qu’en France. Là ce n’était pas le cas.

Par contre aucune mésaventure avec le personnel et une organisation générale de la part de costa au top.

Ah oui, un autre bémol, le club luminosa : pas terrible du tout. C’est meilleur au restaurant.

Je ne parlerais pas de certains passagers, notamment français, qui ont des comportements abjects envers les autres. Certains sont même écœurants ! Comme quoi l’enquête qui dit que les français sont les pires touristes n’est pas erronée. Bref, passons.

Concernant le voyage, les escales, les paysages etc., c’était tout simplement merveilleux !!

Certainement la plus belle de nos 8 croisières effectuées a ce jour. Du moins celle que nous avons préféré.

Première escale à Flam / superbe réveil avec les parois abruptes du fjord qui nous donnent un très bel avant goût de ce qui nous attend en Norvège. Nous ne prendrons pas d’excursions Costa car j’avais réservé par internet un safari sur le fjord sur un véloce petit bateau « fjordheritage ». Dans notre combinaison thermique, nous avons vécu une expérience unique pendant plus de 2 heures et quart remontant le noreafjord et nous mélangeant à la nature enchanteresse des lieux, découvrant une extraordinaire flore et quelques superbes animaux comme des « seals » et autres aigles. Le mauvais temps rendant cette expérience finalement plus envoûtante encore.

Apres être aller déjeuner sur le bateau, nous avons occupés notre après midi en empruntant le flamsbana pour un aller retour ferroviaire jusqu'à mirdal. Même si ce n’est pas comparable à la matinée vécue, nous y verrons de superbes paysages dans une vallée verdoyante et aqueuse au possible (cascade, lacs, rivieres etc…)

Le lendemain, nous arrivons a andalsnes ou nous avions réservé l’excursion costa sur la journée. Déjà, l’arrivée au port est superbe.Un ciel dépourvu de nuage, une mer d’huile et des montagnes « alpines » aux sommets enneigés nous font saliver.

L’excursion nous mènera a l’impressionnant et vertigineux mur des trolls, paroi abrupte de quelques 1000 mètres puis nous emprunterons la route des trolls et ses panoramas difficilement descriptibles jusqu’au sommets ou crépiteront des centaines d’appareils photo immortalisant les lieux.

La suite nous mènera dans des paysages moins sauvages mais tout aussi beau dans de vertes vallées el le long d’immenses et superbes fjords.

Apres une journée en mer occupée a se reposer, à manger, et à profiter du bateau nous arriverons au but de notre voyage : honningsvag et le cap nord !

Le mauvais temps donnera une dimension supplémentaire au paysage lunaire des lieux accentuant la sensation de bout du monde.

Le matin, nous prenons le bus costa pour rejoindre gjsvaer « village » de pécheur.La trentaine de kilomètre effectuée nous subjugue tant le dépaysement est important.Il n’a d’égal que la désolation des lieux. Nous prendrons un petit chalutier pour effectuer un safari aux oiseaux.

Combinaisons thermiques sont appréciées par tous car le froid est vif et le vent cinglant.

Nous approchons de l’endroit tant attendu pour jouir d’un spectacle grandiose. Des milliers de macareux tournoient au dessus de nos têtes dans un ballet aérien magnifique ! Le bateau bouge, le vent nous remue, une dame est malade mais cette virée dans la mer de barents est inoubliable. Cormorans, aigles et « seals » continuent de nous émerveiller.Ca y est c’est deja fini, retour au port.Je suis groggy par cette beauté sauvage !

Retour sur le luminosa pour le déjeuner. L’après midi direction le cap nord.

Le paysage est toujours aussi désolé et envoûtant.Quelques rennes semblent donner un peu de vie à cet univers inhumain et le cap nord apparaît. Ca y est on est au bout du monde, le vent manque nous faire tomber. C’est beau ! Tout simplement ! Nous sommes heureux comme des gosses.Un sentiment de bien être nous envahit. Nous resterons une heure et demie à profiter des lieux bravant des conditions météo pas faites pour des niçois.

Nous retournons au bateau le cœur léger et des images pleins la tête. Le ciel nuageux nous empêchera de voir le soleil de minuit mais ce n’est que partie remise.

Tromso nous accueille lundi matin sous un soleil radieux ! Nous rejoignons le centre ville très agréable et très pittoresque de cette bourgade des hautes latitudes.Le centre polaria nous surprendra agréablement et ravira notre fils.Nous irons ensuite visiter la cathédrale arctique et au vu du merveilleux temps, nous décidons (surtout ma femme) de prendre le téléphérique.

Idée lumineuse car là haut, le spectacle est superbe.Mer, montagne, pics enneigés, îles, architecture urbaine se mélangent pour nous offrir un panorama unique !!

Nous finirons cette escale que l’on ne pensait pas si belle par la visite du joli musée polaire.

La journée ne s’arrêtera que très tard car ce soir là aucun nuage n’empêchera le soleil de minuit de nous émerveiller. C’est tout simple… mais si beau !!

Mardi matin, AIE !! Il pleut, on voit rien.Pour moi c’est la cata car j’attendais cette journée aux Lofoten impatiemment. Et vraiment, on voit rien, la brume masque les splendides panoramas qui devaient inonder nos yeux Cette excursion vers le sud des îles s’annonce mal.

La visite du superbe petit village de nusfjord nous redonne du baume au cœur.Les rorbuer rouges sur pilotis sont extra, le repas le sera un peu moins.Non pas que la nourriture soit mauvaise, mais j’avoue que les affres du tourisme de masse (auquel je participe) m’agace particulièrement en ce jour brumeux et pluvieux.Puis zut, je sors de ce resto sans rien manger et vais me délecter de ce petit village si typique.Tiens même le temps me plait d’un coup ! Je me sentirais presque norvégien.

L’après midi nous irons jusqu'à A visiter ce village musée assez atypique. C’est méga touristique mais ça nous plait.On lâche notre groupe avec guide pour se faire notre propre visite. Le ciel s’éclaircit mais ne dissipe pas les fortes odeurs de cabillaud séchant par milliers sur leurs tréteaux de bois. Le retour vers le bateau s’effectuera par un temps un peu meilleur nous permettant de faire quelques beaux clichés mais nous donnant des regrets.

Bah, puis après tout, si on veut du soleil, il ne faut pas aller en Norvège, fallait retourner en Egypte !

Mercredi : Trondheim. La troisième ville de Norvège est agréable avec notamment ses maisons de bois de toutes les couleurs sur pilotis.Le soleil radieux leur donne encore plus d’éclat !

Nous visiterons également la cathédrale Nidaros et les musées à proximité.Nous flânerons un peu dans les rues commerçantes avant de rentrer au bateau.

GEIRANGER !! Le clou du spectacle !! Aucun nuage, température quasi méditerranéenne et un fjord à couper le souffle !

C’est magnifique ! Voile de la mariée, les sept sœurs, le prétendant ceux qui connaissent se remémoreront avec plaisir. Nous prenons l’excursion « vues de geiranger » qui nous mène au mont dalsnibba à 1500 mètres d’altitude en à peine 15 Kms.

Les superlatifs et les adjectifs de mon vocabulaire sont insuffisants pour décrire la Beauté des lieux. Même les dizaines de bus présent n’arriveront pas à gâcher mon plaisir.

Si vous voulez en savoir plus, allez y !!

Bergen. La mélancolie nous gagne presque car c’est la dernière escale. Nous visitons bryggen, le musée hanséatique, le marché, mangerons sur le pouce et arpenterons les rues de cette agréable et paisible ville.

Il parait qu’il pleut 335 jours par an ici. En ce vendredi de juin, c’est grand beau temps !

J’ai même pris un coup de soleil au sommet du téléphérique.

C’est de ce dernier point de vue sur les hauteurs de bergen que s’achèvera, après une longue et belle ballade à pied pour redescendre, notre périple norvégien.

Une dernière journée en mer nous permettra de nous remettre de toutes nos émotions. Nous profiterons allégrement du confort du bateau avant de débarquer le dimanche matin à Amsterdam.

Cette magnifique croisière s’achève mais il nous reste encore 3 jours de vacances pour visiter Amsterdam, ses canaux, son musée Van gogh, son centre ville, son musée des tropiques, son quartier rouge (hihi), le rijksmuseum, la très émouvante maison d’Anne Franck.

Nous irons également voir les splendides villages de Marken, Volendam et Edam avant de revenir dans la plus belle ville du monde, NISSA LA BELLA !!
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Voyage 30 jours en Scandinavie
Bonjour à tous !

Je viens vers vous pour vous expliquer mon projet afin d'avoir vos retours si vous avez déjà vécu une (des) expériences similaires.

Tout d'abord, ce serait pour partir à 2 (en juillet 2018), au départ de la Belgique avec avion vers Stockolm et une fois sur place, location d'une voiture pour 30 jours afin d'effectuer un road trip Suède-Norvège-Finlande.

Nous aurions le matériel nécessaire pour camper car à ce que j'ai pu lire, le camping sauvage est autorisé dans ces 3 pays.

Comment se déroulerait notre voyage ?

Nous démarrerions donc de Stockolm et nous prendrions la route du Lac Silijan en Suède.

Par la suite, nous nous rendrions vers la côte (ouest) de la Norvège en passant par Oslo.

Une fois sur la côte, nous la remonterions jusqu'au iles Lofoten.

De là, direction le parc Abisko (toujours en Norvège).

Par la suite, direction la Finlande Lapone.

Une fois ce petit coin exploré, nous redescendrions vers le sud de la Finlande en passant par Gammelstad (Suède), Oulu (Finlande), Kuopio (Finlande) pour finir au bord du lac Saimaa.

De là, nous nous rendrions vers Helsinki en passant par Turku.

Puis, ferry d'Helsinki jusqu’à Stockolm et fin du voyage.

Bien évidemment, beaucoup d'étapes sont programmées sur la route.

Le tout serait long de plus ou moins 5800km !!!

Si cela vous intéresse, je peux vous publier notre programme avec villes, kilométrage, distances, ...

Maintenant, mes questions :-D

- Pensez-vous tout d'abord que cela est possible ? - Quel est le budget à prévoir (nous avions pensé à une somme de 6000-8000€) ? - Le camping sauvage est il bien autorisé ? - Les routes sont-elles praticables en été et de plus, est ce qu'il y a beaucoup de péages ?

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire !!!

J'espère que notre projet vous donnera des idées pour vos prochaines vacances :-)
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Voyage en stop en Suède et Norvège
Bonjour a toutes et a tous, j'ai 16 ans et pendant les grandes vacances je vais (avec un ami de 20 ans) faire du stop de la suede pour rejoindre la Norvege, ou nous resterons 1 mois ou plus avec le Wwoof. Nous partirons en tente bivouac sac a dos. Nous aimerions avoir des conseils quand au dodo sous la tente dans ces contrées éloignés. Merci a tous et bonne route les amis :)
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Voyage camping-car en Norvège, mai-juin
bonjour a tous bonne année a tous et surtout une bonne santé apres un long silence mais a cause de problemes de santé, je reviens vers vous pour avoir quelques renseignements sur la norvege que je dois faire en mai juin . je pense que c est une bonne periode . peut t on dormir n importe tout ou doit on aller dans des campings . je vous remercie pour les renseignements amicalement henry56 cool
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Trek au Spitzberg du 20 au 28 juillet 2008
Bonjour à tous !

Voilà, tout est dans le titre, je pars avec un ami, faire un trek au spitzberg du 20 au 28 juillet 2008. J'y suis déjà allé, ait déjà de l'expérience dans les régions polaires, mais j'ai besoin de quelques petits conseils ou vécus concernant un trek à ces dates là. Je n'ai été au spitzberg que pendant la pleine nuit polaire.

Voici quelques idées de ce que j'aimerai faire :

Idée 1 // Faire un trek à pied au départ de Longyerabyen pour aller dans Adventdallen et jusqu'à Templefjord, à pied. Savez-vous si il y a beaucoup de cabanes ouvertes sur cette route ou si il faut installer la tente tout au long du trajet ? Que me conseilleriez vous ?

Idée 2 // Prendre un bateau jusqu'à Ny Alesund (avez vous des sites avec les horaires des bateaux allant jusque là bas), et faire du trekking autour de la station. Que me conseillez vous ?

Merci à vous pour vos éventuels retours !

A bientôt
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Vol avec escale d'une nuit à Oslo
bonjour, En étudiant les vols retour Tromso-Nice et Evenes - Nice je constate qu'il y a quasiment tout le temps une escale d'une nuit complète à Oslo, avec même parfois arrivée très tôt à Oslo (12h30) et départ le lendemain à 9h pour la fin du voyage retour. Avez-vous déjà eu un vol de ce genre? Où avez-vous passé la nuit? Merci de me faire part de votre expérience.
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Lieux d'observation d'aurores boréales en Norvège
Bonjour à tous, Nous partons en Norvège la semaine prochaine afin d'observer des aurores boréales. Nous serons avec notre van chauffé! Nous nous sommes fixés un itinéraire Tromsö, Vestéralen, Lofoten: quelqu'un d'entre-vous peut-il nous indiquer des spots d'observation bien placés dans ces lieux pour observer et photographier avec de beaux premiers plans? Amitiés à tous
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Longyearbyen au mois de décembre
Est ce que quelqu'un(e) à sejourner à longyearbyen au mois de décembre ? Malgré la nuit continue est ce que cette destination vaut un séjour de 4 nuits ? En bref j' aurais besoin d'avoir des avis pour un séjour au mois de décembre car je n'arrive pas à me décider. Merci beaucoup pour vos avis et conseils
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Soleil de minuit en Norvège
Bonjour,

Je projette de partir vers le 20 mai prochain en Norvège avec un retour prévu en France fin juin. Aurais-je la chance de voir le soleil de minuit et à quel niveau de la Norvège. Merci de votre réponse Liselotte
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Itinéraire tranquille en Norvège 10-12 jours en été
Bonjour,

J'envisage de partir en Norvège cet été (début août) avec mon mari et notre fille (qui aura 2 ans 1/2) pour une durée de 10-12 jours.

Je suis particulièrement intéressée par les fabuleux paysages de ce pays, beaucoup moins par les villes (sauf Bergen).

Pour une 1ère fois en Norvège (et de façon plus générale dans un pays scandinave), je pense que la région des fjords est la plus indiquée. Bon, en préparant le voyage j'ai découvert qu'il y avait peut-être encore plus extraordinaire que les fjords : les îles Lofoten ! D'autant que le ciel y a l'air plus bleu (chose à laquelle j'attache de l'importance pour mieux apprécier les paysages)...

Seulement étant donné la durée du voyage, je pense que nous devons faire un choix plutôt que de visiter les 2 régions… N'est-ce pas ?! 🤪

Dans la région des fjords, j'ai repéré (notamment grâce aux carnets de voyage) les endroits suivants :

- Bergen - Cascade de Steinsdalsfossen - Cascade de Vøringsfoss - Hardangerfjord - Gudvanden - Ulvik - Sognefjord (plus spécifiquement l'un de ses bras : le Nærøyfjord) - Flam - Train panoramique Flåmsbana - Solvorn - Eventuellement : Geirangerfjord

Sachant que : - nous comptons louer une voiture - nous voulons un rythme tranquille (minimum 2 nuits à chaque étape)

Comment me conseillez-vous d'articuler le programme ?

Merci pour votre aide ! 🙂

Je n'ai pas poussé les recherches sur un itinéraire aux Lofoten, car je me dis que ce n'est peut-être pas judicieux de rater les fjords... je ne sais pas si j'ai raison...
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Trek de 2 à 3 semaines en Norvège
Bonjour, Je compte partir 2-3 semaines en norvege l ete prochain: fin juillet- debut aout. Je souhaite faire de la randonnee, principalement. Je suis tres proche de la nature. Voir de beaux paysages... Quels coins me conseillez-vous? Possibilite de camping sauvage? Au niveau securite? Fait pas trop froid a cette periode?

Merci
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Lumières nordiques
Amoureux des lumières nordiques nous rêvions de découvrir l'ambiance hivernale: voici le récit d'une dizaine de jours passés entre Trondheim et Tromso en alternant parcours avec l'express côtier et escales prolongées dans les îles Lofoten et Tromso. Et nous avons été gâtés par des lumières sublimes et quelques aurores boréales. Découverte fascinante...

Le carnet de voyages avec toutes les photos est visible ici: http://mjpgouret.free.fr/hivernorvege/norvege.html

05/03/2015: arrivée à 14h30 à Trondheim sous un ciel bas et gris avec quelques flocons de neige éparse. Après la récupération rapide des bagages nous prenons le Flybussen qui rejoint le centre ville en 25 minutes. Le paysage de mer, collines colorées de maisons rouges est caractéristique. Arrêt à 100m de notre hôtel (City living Scholler hôtel, confortable avec en prime une cuisine collective où nous pouvons réchauffer le plat surgelé acheté au supermarché du coin). Une fois les bagages déposés nous partons pour un petit tour dans les rues humides et luisantes tandis que les anciens entrepôts portuaires multicolores se reflètent dans les canaux. Le crépuscule s'installe mais, à cette époque la lumière reste présente jusque 18h créant une atmosphère étrange avec une clarté diffuse. Nous retrouvons avec plaisir cette lumière si particulière et cette ambiance paisible. Quelques courses rapides au supermarché voisin de l'hôtel nous permettent un approvisionnement pour le repas du soir et les en-cas des prochains jours.



06/03/2015: petite promenade matinale dans les rues de Trondheim encore endormie. Avec le jour quelques éclaircies apparaissent éclairant joliment les façades des anciens entrepôts. Nous rejoignons en 25 minutes à pied le quai de l'Hurtigruten et pressons le pas pour éviter l'averse qui s'annonce. Les formalités d'accès au Nordlys sont très rapides. Après l'installation dans notre cabine relativement exigüe (mais nous n'avons pas l'intention d'y passer beaucoup de temps) nous gagnons les ponts pour observer les manœuvres de départ. Jusqu'au dernier moment le chargement de fret se poursuit sans temps mort. Miracle du ciel norvégien, le soleil revient et nous appareillons sous une belle clarté. Nous descendons le large fjord bordé de pentes cultivées parsemées de grandes fermes aux massifs bâtiments toujours colorés. De larges éclaircies déchirent les nuages tandis qu'une petit bise ourle les courtes vagues d'une crête blanche. Mais grâce aux stabilisateurs du bateau aucune sensation de tangage ni de roulis n'est perceptible. De tous côtés apparaissent de nouveaux ilôts qui abritent parfois quelques maisons isolées. Des passages nuageux succèdent aux éclaircies et nous partageons notre temps entre découverte du paysage à partir des coursives et repos dans les confortables fauteuils des salons. Nous doublons le phare de Kjeungskjaer, construction octogonale originale datant de 1880. L'express côtier s'engage ensuite dans un étroit passage avant de rejoindre la mer ouverte de Folla. Le vent forcit et, durant 1h30 environ un lent mouvement de roulis nous provoque une vague nausée amplifiée sans doute par notre estomac qui crie un peu famine. Le calme revenu nous permet de profiter du snack où l'équipage sympathique à qui nous avons confié les bouleversements de notre estomac nous offre un copieux sandwich de pain et de fromage. Après une courte escale nocturne à Rorvik nous regagnons notre cabine où les confortables couchettes nous attendent.



07/03/2015: nous ne voulons pas manquer le passage du cercle polaire prévu entre 7 et 8h et avons programmé le réveil à 6h30. La nuit a été excellente, bercée par le ronronnement et les douces vibrations des machines. Nous avons changé d'atmosphère: le ciel gris laisse percer une lumière blafarde tandis que des pics abrupts recouverts de neige plongent dans la mer ourlée d'écume. Ambiance grand nord garantie. Le cercle polaire est matérialisé par une mappemonde géante plantée sur un ilot rocheux isolé. Peu après nous faisons une courte escale à Ornes, petit village blotti entre d'abruptes falaises enneigées et la mer. La navigation se poursuit sous la bruine et le vent jusque Bodo, grande ville du nord, aux buildings gris. La pluie cesse et nous permet une rapide promenade dans le centre ville aux rue quadrillées, avec des magasins aux vitrines modernes. Le temps n'incite guère à la promenade ni, d'ailleurs, l'ambiance de la ville et nous retournons assez vite vers le bateau pour nous installer dans le salon panoramique où nous allons passer le reste de la traversée. Durant la traversée du Vestfjord le ciel reste très couvert malgré quelques rares éclaircies vite effacées. Dans cette zone ouverte largement aux vents le bateau tangue et roule doucement durant 3h mais aujourd'hui nous résistons vaillamment!!! Après une courte escale à Stamsund l'hôtesse du bord annonce qu'une aurore boréale est visible à tribord: c'est alors l'effervescence généralisée pour gagner les ponts extérieurs. Nous apercevons alors vers l'est une pale lueur verte, malheureusement rapidement cachée par la fumée du bateau puis définitivement par les nuages. A 21 heures nous accostons à Svolvaer, principale ville des Lofoten. En une dizaine de minutes nous rejoignons alors le Scandic Hotel en longeant les rues où subsistent encore des résidus de glace et neige. Une fois les bagages déposés nous retournons pour un petit tour de découverte du port mais la pluie mêlée de neige nous dissuade de poursuivre très longtemps.



08/03/2015: malgré un ciel bien gris les abruptes montagnes enneigées qui dominent la ville se laissent découvrir quand nous ouvrons les rideaux de la chambre. Après un traditionnel et copieux petit déjeuner norvégien nous récupérons la voiture de location puis partons à la découverte de la ville tout en cherchant quelques provisions. Las, notre recherche sera infructueuse, tous les magasins étant fermé en ce dimanche matin. Par contre, nous vérifions rapidement que la météo est fidèle à sa réputation: passer une journée dans les Lofoten, c'est vivre toutes les saisons en accéléré. Et quand la lumière du soleil perce c'est un éblouissement de couleurs qui nous frappe: les façades rouges, jaunes ou vertes scintillent tandis que la neige immaculée brille de mille feux en arrière plan. Nous prenons ensuite la route vers Henningsvaer. L'atmosphère hivernale est particulièrement impressionnante et renforce la sauvagerie de ces montagnes plongeant abruptement dans la mer. Éclaircies et averses de pluie mêlée de neige se succèdent mais sur la petite route côtière peu avant Henningsvaer le soleil brille généreusement et c'est un spectacle de toute beauté qui s'offre à nos yeux: le bleu intense de la mer agités de vagues blanches vient se perdre contre la blancheur étincelante des pentes escarpées. À Henningsvaer, le soleil semble vouloir nous offrir le spectacle avec ces bateaux multicolores accolés aux maisons rouges sur fond de sommets abondamment enneigés. c'est la saison de pêche et les séchoirs sont remplis de morues. La chance semblant nous sourire nous poursuivons vers l'île de Gimsoya où l'alternance de grains et d'éclaircies rend encore plus intenses les jeux de lumières. La fascination est partout: séchoirs à morues, chapelle en bois au bord du fjord, lacs gelés aux reflets bleutés, mouettes chassées par les puissantes déferlantes. Tout au long de la petite route qui contourne l'île nous sommes subjugués par ces paysages. En fin d'après-midi nous rejoignons sous les averses de grêle Kabelvag où nous avons réservé un petit appartement.



09/03/2015: de courtes averses de grêle et de neige ont blanchi le bord de mer et nous découvrons un paysage tout en nuances de blanc et gris au réveil. Les rues de Kabelvag sont désertes et les rares piétons ou voitures qui s'y déplacent donnent une impression très particulière de solitude et de silence. Nous partons à la découverte du minuscule port aux pontons de bois tout enneigés et sur les conseils d'Arvid, notre hôte, grimpons sur la modeste colline dominant la ville sur laquelle est érigée une statue d'un roi viking. Nous vérifions une fois de plus, qu'ici le temps, beau ou mauvais, n'est jamais fermement installé car quelques éclaircies pointent entre les averses de grésil. Après quelques courses au supermarché nous partons en direction de l'île de Vestvagoya. Les routes sont toutes blanches et j'apprécie la sécurité des 4 pneus cloutés de la voiture de location. Bien que le temps soit plus uniformément gris que la veille le plafond est assez élevé pour que les montagnes reblanchies décorent le tableau et la variété des couleurs de la mer est constamment un sujet d'étonnement: du noir d'encre au vert émeraude toutes les nuances de l'eau apparaissent. Nous longeons aussi quelques lacs gelés superficiellement qui offrent mille nuances de gris. À l'approche de Leknes, principale ville de l'île de Vestvagoya, les massifs escarpés laissent de la place à quelques plaines agricoles et les sommets s'amollissent relativement. Un tunnel gratuit de 1,7 kms permet de rejoindre l'île de Flakstadoya. Une petite route longe ensuite le bord de mer vers Myrdal. La neige récente recouvre les plages de sa fine pellicule poudrée, tandis que de l'autre côté du détroit le soleil éclaire joliment les pentes blanchies. Quelques maisons isolées apportent leur note de couleur à ce merveilleux paysage. Myrdal est située au bout du monde après avoir traversé une zone de roches noires à l'aspect sinistre où la route étroite semble bien vulnérable face aux couloirs d'avalanche et aux éboulis de roches écroulées qui semblent vouloir se déverser dans la mer. Ensuite, par une petite route surplombée de raides parois plâtrées d'une épaisse couche de neige nous rejoignons Nusfjord, minuscule port construit de superbes rorbus en bois rouge et d'entrepôts jaunes. Malgré un ciel souvent terne quelques échappées lumineuses au travers des nuages apportent leur note de couleur magique durant des instants fugitifs. Pour terminer nous roulons jusque Flakstad dont l'église en bois rouge est située dans un cadre idyllique partagé entre mer et montagne. Nous déambulons tranquillement autour de l 'église à la recherche de points de vue originaux pour les photos quand une brutale averse de grêle nous contraint à nous abriter dans la voiture. En quelques minutes la route devient complètement blanche et, une nouvelle fois, nous constatons la diversité du temps dans ces îles. Pour le retour nous décidons d'éviter la « grande » route E10 et empruntons la route côtière. Mais le mauvais temps qui s'installe en cette fin de journée nous prive des vues certainement spectaculaires. Nous sommes quand même frappés, tout au long de ce passage par l'isolement et la sévérité des lieux: de hautes montagnes à la roche sombre se perdent directement dans la mer et la neige qui recouvre tout accentue encore cette impression de solitude. Après le dîner, le ciel laisse apercevoir des étoiles et nous sortons donc dans l'espoir d'observer des aurores boréales. Manque de chance, une nouvelle averse de neige vient obscurcir le ciel mais au moment où nous rentrons à l'appartement nos yeux sont attirés par une étrange lueur diffuse qui semble verte. En observant attentivement nous constatons qu'il s'agit bien d'une aurore boréale, d'intensité assez faible mais suffisante pour imprimer sa trace sur l'appareil photo.



11/03/2015: une fine couche de nuages laisse percer le soleil et cette luminosité si particulière teinte le paysage de merveilleuses nuances pastel. Aujourd'hui sera la journée des reflets. Nous remontons la route principale E10 vers le nord. Les averses de la veille ont déposé une fine couche de neige et tout apparaît en teintes douces. Le vent a cessé et à chaque détour de virage les montagnes se mirent dans les étendues composant des tableaux impressionnistes. Tous les sommets sont dégagés et nous découvrons un relief où se côtoient pics escarpés abondamment plâtrés de neige et grandes pentes immaculées, où l'expression « plus blanc que blanc » prend tout son sens. Les arrêts en cours de route sont nombreux tant les images sont tentantes pour la photo: Husvagpollen, Vatterfjordpollen et Sildpollen. La difficulté est toutefois de trouver des aires d'arrêt car les bords de route enneigés laissent peu de place pour la voiture. Et nos semelles collent moins à la route verglacée que les pneus cloutés de la voiture: la vigilance s'impose pour ne pas se retrouver les quatre fers en l'air. Nous quittons la route principale pour la petite route peu fréquentée vers Laukvik et le sentiment de solitude devient total: peu d'habitations, des forêts de bouleaux et quelques bois de conifères au milieu de tourbières. La route longe des lacs gelés parsemés de larges plaques de glace fracturées par le mouvement des eaux; c'est vraiment l'ambiance du grand nord telle que nous en rêvions. Seul le crissement des pneus rompt le silence. Au bord du lac de Vatnfjorden une loutre surprise de notre présence se précipite dans l'eau et se réfugie sous la glace. Nous atteignons Laukvik petit port de pêche où de rares maisons se mirent dans l'eau. Derrière la digue les vagues se brisent contre les rochers tandis qu'au loin apparaissent les massifs enneigés des Vestaralen. Nous déambulons tranquillement autour du port dans un air vif mais sans vent et découvrons les séchoirs à morue en pleine activité. Nous empruntons ensuite la route qui longe le bord de mer dans une zone de marécages puis qui contourne le Grunnforfjorden et Mortfjorden. Les lumières sont extraordianires entre le blanc et le gris bleuté et de multiples pauses photo nous occupent une partie de l'après-midi. Une fois la route E10 rejointe nous retournons vers Svolvaer. La lumière de fin de journée sublime le paysage et nous ne résistons pas à un arrêt sur le belvédère de Austnesfjorden où, malgré la fraîcheur, nous passons un long moment à nous extasier devant tant de merveilles. Avant de quitter les Lofoten nous voulons imprimer dans notre mémoire la magie de l'hiver. En attendant la nuit nous poursuivons jusque Kalle, petit port perdu dans une espèce de bout du monde, puis explorons les petites routes sans issue qui mènent au bord des fjords en rentrant vers Svolvaer. À 21h15, nous montons à bord de l'express côtier Polarlys en direction de Tromso. La nuit est claire, des étoiles parsèment le ciel mais nous ne voyons pas trace d'aurore boréale. Nous attendons sur le pont, un peu transis, l'entrée étroite du Trollfjord que le bateau éclaire de ses puissants projecteurs, puis décidons d'aller dormir car le ciel reste désespérément nuageux.



11/03/2015: le ciel est gris au lever du jour alors que l'express côtier fait étape à Harstad mais des éclaircies nous donnent de l'espoir. Le paysage a changé d'aspect: les montagnes acérées ont laissé la place à des massifs arrondis aux pentes douces abondamment enneigées. Par instants de fortes bourrasques de neige balaient le pont du bateau suivies rapidement par des trouées lumineuses. A Finnsness le bateau accoste sous une violente averse de neige puis reprend la mer sous le soleil... Nous débarquons à 14h30 à Tromso et découvrons une ville aux rues chargées de neige ou encombrées de gadoue fondante avec des trottoirs parfois glissants. Après avoir récupéré le véhicule de location à l'agence Hertz située à 10/15 minutes nous prenons ensuite la direction de l'appartement réservé dans un quartier résidentiel de petites villas sur le continent: tout est enneigé et crée un peu une atmosphère de crèche de Noël et nous sommes accueillis très chaleureusement. Nous partons ensuite au supermarché situé à 5 minutes de voiture pour remplir le réfrigérateur.



12/03/2015: un vent violent souffle ce matin et, dans les rues verglacées, c'est la valse des poubelles. Le ciel reste égal à lui-même, ni franchement beau, ni franchement mauvais. Nous partons à la découverte du tour de l'île de Kvaloya. Un long tunnel permet de rejoindre l'île sur laquelle est implantée la ville de Tromso, puis après avoir contourné l'aéroport un pont en dos d'âne rejoint l'île de Kvaloya. Ici, tout est abondamment enneigé et heureusement que de nombreux arrêts de bus ponctuent la route pour faire des pauses photo. Au départ, la route suit le rivage longé la veille par l'express côtier. Sur l'autre rive apparaissent de nombreux massifs enneigés aux sommets arrondis. Tout au long de la route des habitations démontrent que la région est peuplée malgré l'impression ressentie d'un certain isolement. Régulièrement sur le bord du rivage nous voyons des cabanes en bois, le plus souvent rouges, mais également vertes, jaunes ou bleues qui apportent leur touche de couleur. Les teintes de la mer varient constamment en fonction du soleil entre gris et émeraude. Des forêts éparses de maigres bouleaux percent la neige. Dès que la route s'élève de quelques dizaines de mètres l'ambiance devient arctique et le paysage est comme estompé. Des éclaircies bienvenues illuminent l'église de Brensholmen alors que la mer prend une teinte émeraude vive sous un ciel d'encre. À Sommaroy nous vivons des alternances rapprochées d'éclaircies et de grains de grêle balayée à l'horizontale par le vent violent. Le petit port relativement mal abrité est entouré de criques sablonneuses. Ce régime de giboulées va se poursuivre tout au long du contournement sinueux du Nordfjorden durant lequel de brefs jaillissements de lumière composent un tableau presque irréel. Il est un peu tard quand nous atteignons Erstfjordbotn et la délicate lumière qui frole les raides pentes enneigées du fjord semble très fragile et évanescente.



13/03/2015: le ciel sans pluie mais uniformément gris nous dissuade d'aller visiter les Alpes de Lyngen. Nous décidons de découvrir les rives du Malangen fjord. La route est identique à celle d'hier vers l'est de l'île de Kvaloya puis nous bifurquons à Larseng pour emprunter le tunnel payant qui franchit le fjord. Peu après la sortie de celui-ci nous apercevons 2 rennes broutant tranquillement les rares herbes qui commencent à percer la neige. Nullement effrayés par notre présence ils continuent paisiblement pendant que nous les photographions. Nous poursuivons pour rejoindre la rive orientale du Malangen fjord: l'ambiance est très hivernale avec cette pâle lumière qui peine à colorer le paysage. Les bords du fjord sont couverts de forêts de bouleaux et de quelques sapins. La neige abondante, la rareté des véhicules et le ciel sans véritable relief donnent l'impression d'une nature complètement figée et recroquevillée. Pourtant, la vie est présente et tout au long de la route des habitations et des fermes surgissent de la neige au milieu des bois. De tous côtés des massifs montagneux se dressent, tantôt figés dans l'ombre, tantôt éblouissants de blancheur quand une timide éclaircie laisse percer les rayons solaires. À Malangen nous bifurquons pour observer une église en bois. La petite route semble se poursuivre et nous décidons de partir à sa découverte. Elle grimpe, bien modestement, dans la montagne et, de suite, l'ambiance est encore plus hivernale: route blanche, hautes congères de chaque côté, fermes émergeant de vastes champs enneigés, lacs glacés. Cet espace de « hauts » plateaux apparaît encore plus isolé que les rives du fjord. A chaque sortie de la voiture il faut prendre garde de ne pas se retrouver les 4 fers en l'air sur la glace. De retour au bord du fjord nous sommes attirés par un village situé un peu à l'écart et nous décidons d'y chercher un coin de pique-nique. Tout à l'extrémité de la route, près d'un petit phare, des rochers nous accueillent avec un magnifique panorama d'eau et de neige. Après Meistervik nous quittons à nouveau la route principale pour rejoindre l'intérieur où la petite route surplombe le lac Fiskelausvatnet dans une ambiance complètement irréelle: il n'est que 15h45 mais la lumière commence à décliner et ce monde d'altitude (environ 160m) se fige sans bruit, sans couleur si ce n'étaient les traits noirs des arbres rayant la neige tels une peinture au fusain. Après une rapide descente nous rejoignons Storsteinnes dont les installations industrielles surprennent dans ce décor grandiose puis retournons vers Tromso le long du Balsfjorden. En cette fin de journée la conduite réclame de l'attention pour louvoyer entre plaques de neige épaisse fondante et glace vive, sans oublier les gerbes d'eau qui se brisent avec fracas sur le pare-brise lorsque les voitures croisées traversent les larges flaques de fonte.



14/03/2015: le ciel est bas, gris, sans relief et il pleut. Nous patientons jusque 10h, heure à laquelle nos hôtes nous ont invités à partager le breakfast. Nous passons un long moment à évoquer la vie en Norvège. Moment bien sympathique d'autant plus que le temps n'incite pas trop à la promenade. En fin de matinée nous partons à pied vers le centre ville de Tromso distant d'environ 25 minutes. Il faut rester vigilant car certains passages sont tellement verglacés qu'il est difficile d'y tenir debout. Nous nous dirigeons vers la cathédrale arctique, sobre bâtiment de béton minimaliste dominant le fjord face à la ville. Puis nous empruntons le long pont en dos d'âne franchissant le fjord: la vue sur les docks et les quais est spectaculaire mais, malheureusement tout reste gris. Comme beaucoup de villes nordiques le centre est calme mais sans grand intérêt: quelques vieilles maisons en bois du 19 ème siècle jouxtent de modernes bâtisses en béton. Les rues sont encombrées de tas de neige, parfois fondante et il y règne une ambiance qui n'incite pas forcément à la promenade. Dans l'ancienne cathédrale en bois une odeur sympathique de gateau et de café nous accueille. En effet, au fond de l'église un petit bar a été aménagé. La pluie se poursuivant nous visitons le musée Polaria, à l'aspect vieillot et décevant: la logique du parcours nous a échappé et nous avons trouvé les documents de présentation, souvent peu lisibles et peu pertinents. Nous avons eu l'impression de nous retrouver dans un musée très vétuste. En fin d'après midi des éclaircies apparaissent et nous nous préparons pour tenter d'observer des aurores boréales, la météo semblant favorable cette nuit. Vers 21h30, nous constatons que le ciel est complètement dégagé et nous partons donc en voiture essayer de trouver les spots décrits sur le web. De nuit et ne connaissant pas les lieux nous errons un peu avant de décider de nous arrêter dans un endroit dégagé au bord du fjord pas très loin de l'aéroport. Il y a bien quelques lumières de la ville mais nous tentons notre chance. Au bout de quelques minutes une étrange lueur pointe sur l'île de Kvaloya. Nous sortons rapidement de la voiture et, miracle, le panache vert prend de l'ampleur et durant plus d'une demi-heure va nous régaler de ses draperies ondulantes.



15/03/2015: pour notre dernière journée la Norvège éclabousse de lumière ses fjords et ses montagnes enneigées. Tromso resplendit sous le soleil matinal et nous prenons la route en direction des Alpes de Lyngen. Nous suivons la route E8 le long du fjord Balsfjorden. La partie amont du fjord, là où les eaux sont calmes, est glacée. Nous empruntons ensuite une route qui traverse l'intérieur de la péninsule pour rejoindre Breivikeidet. Dès qu'on séloigne de la mer l'ambiance hivernale est encore plus présente avec la route totalement blanche et les petites maisons enfouies sous une neige abondante. Arrivés au bord du fjord nous n'attendrons que quelques minutes pour embarquer sur le ferry qui traverse en une vingtaine de minutes vers Svensby. Les sommets acérés des Alpes de Lyngen éclatent de blancheur: les crêtes rocheuses ourlées de neige percent des pentes abondamment blanchies. Le spectacle est grandiose. Nous longeons le Jaegervatnet, vaste lac glacé dont les reflets forment un camaïeu blanc bleu d'une exceptionnelle pureté. Nous poursuivons vers le nord jusqu'à l'extrémité de la presqu'île de Lenangsoyra et, tout au long de la route, des maisons colorées tranchent avec cet univers blanc et bleu. Les eaux du fjord sont d'un bleu d'azur saturé par la luminosité exceptionnelle. Puis nous rebroussons chemin vers Lyngseidet, principale localité de la péninsule. Nous profitons en permanence de points de vue variés sur le massif montagneux éblouissant tandis qu'au bord du fjord cabanes et maisons apportent leur touche colorée. A Kvalvik, nous profitons du spectacle d'une cavalière qui galope au milieu de grandes gerbes d'eau. C'est ensuite par les routes principales E6 et E8 que nous retournons à Tromso. Durant la soirée, nos hôtes nous invitent à partager un morceau de gâteau et un thé avec eux pour terminer notre séjour de manière très conviviale.



16/03/2015: aux aurores, nous gagnons rapidement l'aéroport d'où nous décollons à 8h30. Il y a foule dans l'aérogare et une longue queue mal ordonnée pour déposer les bagages. Heureusement, nous avions prévu un peu de marge car il nous faut patienter environ 3/4h avant de pouvoir gagner l'embarquement. Le survol de la Norvège sera un agréable prolongement du séjour avec une vision panoramique de l'entrelacs de montagnes, fjords et autres lacs à perte de vue.
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La Norvège, du sud au nord ou... presque!
Voici le récit de notre voyage de cinq semaines en camping-car, depuis la région parisienne jusqu'aux îles Lofoten, en traversant une partie de l'Allemagne, du Danemark, de la Suède et... de la Norvège !

Le récit accompagné de photos et de cartes se trouve ici :

https://sites.google.com/...uleuxvoyagesnorvege/

Ci-dessous, le texte accompagné d'une sélection de photos.



.................................................................................................................................................................. Présentation

Après un séjour en Islande l'été dernier sous un ciel souvent maussade, nous ne pensions pas retourner de sitôt dans un pays du Nord.

Pourtant, quelques mois plus tard, des images de fjords et de glaciers norvégiens vont attirer notre attention et aiguiser une nouvelle fois notre curiosité pour une région nordique.

Nous découvrons alors des paysages éblouissants : fjords saisissants, côtes sublimes, glaciers majestueux et archipels mythiques parmi lesquels les superbes îles Lofoten.

La destination est immédiatement retenue. Reste à préciser l'itinéraire et le mode de déplacement.

Un point est vite fixé : nous souhaitons aller en Norvège sans prendre l'avion, directement depuis chez nous, et de préférence sans avoir à réserver d'hébergements afin d'être libres de nous adapter sur place à la météo.

Dans cette optique, voyager en camping-car nous semble la formule la plus adaptée. Pour le faire au meilleur tarif, la location en Allemagne est nettement plus économique. Nous confions la réservation du véhicule au courtier international CoolDrive.

Une fois l'option camping-car validée, l'itinéraire prend rapidement forme. C'est en voiture que nous rejoindrons d'abord l'Alsace pour une étape en famille puis Hanovre en Allemagne où nous prendrons possession de notre camping-car.

De Hanovre, dans notre maison roulante, nous ferons route vers Hirtshals au Danemark où nous embarquerons sur un ferry à destination de Kristiansand au sud de la Norvège.

Depuis le Sud norvégien, nous prévoyons de réaliser un parcours en forme de grand huit étiré dont le nœud central se situera à hauteur de Trondheim.

La première boucle de ce huit passera, dans les grandes lignes, par Lysefjord, Stavanger, Hardangerfjord, Bergen, Nærøyfjord, Geirangerfjord, la route des Trolls, Ålesund, la route de l'Atlantique et Kristiansund.

Au-delà de Trondheim, tout en suivant le tracé de l'E6, nous passerons le cercle Arctique avant de nous diriger vers Bodø où nous prendrons un ferry à destination des îles Lofoten.

Nous consacrerons sept jours à ces îles, elles constitueront le point le plus au nord de notre itinéraire.

Par la suite, retour vers le sud en longeant la côte via la route 17 avec de nombreuses liaisons en ferry avant de croiser à nouveau la boucle du huit à hauteur de Trondheim.

Nous fermerons le "grand huit" norvégien par les parcs nationaux de Dovrefjell et Jotunheimen avant un passage à Oslo.

Le retour vers la France se fera via la côte suédoise du Bohüslan, le pont de l'Öresund, la capitale danoise Copenhague avant de prendre un dernier ferry vers Puttgarden en Allemagne.

Une carte est sans doute plus parlante ! Oups… ça fait un paquet de kilomètres, probablement 8 000 à 10 000 kilomètres au total !

Pour les parcourir sans avoir à (trop !) rouler, nous avons prévu cinq semaines dont 33 jours de location de camping-car.

Départ le 9 juin, retour le 15 juillet 2014.

Prêts à nous suivre ?

Aller en jaune, retour en rouge

En camping-car… de Lübeck à Kristiansand via la dune de Råbjerg Mile (DK)

J1 à J3 : Du lundi 9 au Mercredi 11 juin 2014

Après deux journées passées en Alsace, c'est enfin le grand départ.

Le camping-car que nous avons réservé en Allemagne sera à notre disposition à Hanovre entre 15 et 17 heures. Depuis la région strasbourgeoise, 570 kilomètres, essentiellement sur autoroutes, nous séparent de la capitale de Basse-Saxe. Mais en Allemagne, le trafic peut être chargé et les ralentissements y sont fréquents. Nous prévoyons donc de la marge en prenant le départ dès 6 heures du matin.

La voiture est pleine à craquer : chaises pliantes, couette, oreillers et linge de lit mais aussi trois caisses d'alimentaire et bien sûr vêtements et chaussures pour faire face à toutes les conditions météo, du maillot de bain à la veste coupe-vent, des tongs aux chaussures de marche… sans oublier ma poêle favorite et quelques bonnes bouteilles de vin d'Alsace !

Après plusieurs jours de chaleur caniculaire (37 à 39 degrés en Alsace), les orages ne tardent pas à croiser notre route. Dès les environs de Francfort, nous essuyons les premières gouttes qui se transforment rapidement en trombes d'eau.

Nous espérons pouvoir échapper au plus fort du mauvais temps en marquant une pause prolongée mais rien n'y fait, on finit par rattraper l'orage et à s'y enfoncer de plus belle.

Malgré ces mauvaises conditions météo, une circulation dense et des ralentissements dûs à des travaux sur l'autoroute, nous arrivons à destination dès 13 heures.

C'est donc avec plus de deux heures d'avance qu'on se présente chez notre loueur, Eubo Caravan Tirge, situé dans la banlieue de Hanovre.

Coup de chance, notre véhicule est déjà prêt.

Nous découvrons alors notre maison roulante, un Pössl 2WIN, 5600 kilomètres au compteur, une sorte de grand fourgon aménagé de moins de 6 mètres de long monté sur un châssis Citroën !

Rien à voir avec le monstre que nous avions loué au Canada !

On vous fait visiter ?

Transférer tout notre barda de la voiture au camping-car, organiser les différents rangements, écouter les explications sur le fonctionnement du véhicule, signer les derniers papiers, prendre le premier déjeuner à bord, faire procéder à quelques réglages de dernière minute… il est presque 16 heures quand enfin… Pössl s'élance.

L'engin se conduit facilement et la position haute est vraiment un plus ! La météo s'est améliorée depuis ce matin, il fait sec avec des températures redevenues plus clémentes après les orages, de l'ordre de 22/24 degrés.

Notre première étape est prévue à Lübeck, à 200 km. Avec déjà plus de 500 km parcourus ce matin, il était difficile d'envisager plus.

D'ailleurs, c'est un peu au radar que nous pénétrons dans Lübeck et après quelques rapides courses, installons Pössl au parking P4 en face de la vieille ville. Il est déjà 18 h 30.

Après le dîner, petite balade sous les derniers rayons de soleil.

L'Innenstadt (centre-ville) est le centre touristique et le quartier le plus ancien de Lübeck. Il se situe sur un îlot au confluent des fleuves Trave et Wakenitz. L'UNESCO a classé ce quartier sur la liste du patrimoine mondial, notamment pour son architecture de briques rouges.

Nuit sur place au bord du fleuve Trave avec vue sur la vieille ville !

Distance parcourue dans la journée : 770 kilomètres

J4 : Jeudi 12 juin 2014

Un passant sans doute éméché a hurlé en pleine nuit, un camping-car a démarré à 3 heures du matin. Bref, la nuit a été loin d'être paisible. Mais puisque nous sommes réveillés, autant en profiter pour nous mettre en route dès 6 heures.

Le but de la journée est de rallier Hirtshals au Danemark où nous avons réservé à 18 heures une traversée en ferry à destination de la Norvège.

En partant de bonne heure, nous devrions même avoir le temps de faire un peu de tourisme au Danemark.

En attendant, nous nous relayons au volant de Pössl.

A 8 h 45, nous passons la frontière entre l'Allemagne et le Danemark.

Sur le coup de midi, nous nous octroyons une pause prolongée ainsi qu'une sieste à l'arrière du camping-car, histoire de récupérer un peu de notre mauvaise nuit. Nous apprécions !

Puis les kilomètres s'enchaînent à nouveau. Pössl se comporte bien sur l'autoroute et se révèle plutôt économe en carburant, ce qui est une bonne surprise.

Il fait très beau mais plus on avance vers le Nord, plus le vent forcit. Le rideau d'arbres le long de l'autoroute ploie sous les rafales. Les pales des éoliennes tournent à plein régime.

Ce vent annonce également une mer démontée et par conséquent une traversée en ferry qui risque d'être houleuse.

Il est 14 h 30 quand nous arrivons à proximité de Hirtshals, ce qui nous laisse effectivement un peu de temps pour jeter un œil à la dune de Rabjerg Mile, à une quarantaine de kilomètres à l'est de cette ville.

Il s'agit d'une dune littorale mobile, la plus grande d'Europe du Nord, que le vent déplace de 18 mètres par an.

A peine sortis du camping-car, le sable soulevé par le vent nous cingle les mollets, pique les yeux et s'infiltre dans nos vêtements.

Seuls quelques téméraires kitesurfeurs semblent être dans leur élément !

Rien ne résiste à la force des éléments, pas même ces cailloux rangés en ligne par le dieu Eole.

La mer est blanche d'écume et pour ne pas être trop exposé, il vaut mieux s'abriter derrière les herbes dunaires.

A ce compte-là, nous ne nous attardons pas davantage dans les courants d'air mais poussons jusqu'à la petite ville de Skagen où tout en arpentant les rues piétonnes du centre, un cornet de glace à la main, nous en oublierions presque l'heure.

Zut, déjà 16 heures ! Or le check-in pour le ferry se fait à partir de 17 heures, nous avons juste le temps d'arriver.

Embarquement immédiat pour un départ comme prévu à 18 heures.

Il y a un peu plus de deux heures de traversée, mais le capitaine (?) annonce un peu de retard à l'arrivée. En raison des mauvaises conditions de mer, la vitesse du navire sera réduite du moins pendant la première heure. Pendant la deuxième heure, la mer est plus calme et le beau temps au rendez-vous à l'arrivée à Kristiansand avec 20 degrés.

Nous n'avons pas de mal à trouver où passer la nuit. J'avais repéré une possibilité de stationnement en bord de mer le long de la promenade côtière.

Petite promenade vespérale… sous le regard de la lune (il est 22 h 30). Sacrée journée encore !

Distance parcourue dans la journée : 610 kilomètres

Notre fidèle "Pössl"



De la vallée de Setesdal à Øygardstølen : de la neige sur les hauteurs !

J5 : Vendredi 13 juin 2014 La nuit a été excellente et réparatrice. Le réveil agrémenté par le piaillement des goélands se fait sous un soleil radieux. Quelle chance !

Malgré tout, la mise en route est un peu laborieuse. D'abord il faut attendre l'ouverture des banques dans le centre-ville afin de faire un peu de change. A 9 heures, c'est chose faite, nous prenons alors la route 9 traversant la belle vallée de Setesdal avec ses forêts de bouleaux et de sapins et ses lacs à chaque virage.

Un nouvel arrêt pour quelques courses (entre autres, un poulet rôti pour ce midi) puis un autre pour les indispensables corvées liées au camping-car (vidanges/remplissage d'eau).

Ça y est, on va véritablement pouvoir rouler ! Pas très vite, d'ailleurs ! Car on se rend immédiatement compte qu'en Norvège, les routes sont étroites, surtout pour un camping-car (pourtant Pössl n'est pas bien gros) et les vitesses limitées (70 km/h sur routes R et F, 40, 50 ou 60 dans et à proximité des agglomérations).

Tout le long de la vallée, de charmants villages aux maisons traditionnelles : Evje, Byggland, Rysstad.

A Rysstad justement, nous quittons la Rv9 pour la Fv337 puis Fv987, des routes de montagne à une seule voie de circulation, ponctuées ça et là d'espaces pour se croiser… heureusement ! Pas très facile de conduire dans ces conditions, surtout qu'il y a du monde et que la route grimpe jusqu'à plus de 1000 mètres d'altitude.

Mais les paysages sont éblouissants !

La région est truffée de lacs d'altitude, encore partiellement gelés, aux couleurs allant du bleu turquoise au vert émeraude.

La neige est encore abondante à cette altitude, une situation que nous n'avions pas anticipée en programmant une randonnée vers le refuge de Øyuvsbu. Dans ce secteur, les congères sont plus hautes que le camping-car. Le parking n'est même pas visible. Bien sûr, la balade tombe à l'eau.

En revanche, nous avions bien noté que quelques kilomètres plus loin se trouvait une belle aire de pique-nique au bord du Roskreppfjord dotée d'un accès WIFI gratuit.

C'est alors le moment de faire la pause déjeuner (zut, le poulet rôti est resté sur le tapis roulant de la caisse du magasin !) puis de donner les premières nouvelles de Norvège à nos proches.

Voici la vue à travers la vitre arrière du camping-car !

La dernière portion de route (Fv986 qui devient Fv500 en changeant de comté !) va tout doucement nous conduire vers Lysebotn en fond de fjord en passant de près de 900 mètres d'altitude au niveau de la mer. Autant dire qu'on va enchaîner des virages en lacets serrés !

Mais nous, on s'arrêtera avant la fin, à 600 mètres d'altitude. La suite de la descente sera pour demain.

Sur le trajet, des torrents, des cascades… et encore des lacs aux couleurs incroyables parsemés d'icebergs !

Soudain, dans un des lacets de la route, apparaît notre destination de ce soir : Øygardstølen ou "nid d'aigle" en norvégien. On comprend vite pourquoi en découvrant l'exceptionnel point de vue qui domine de plus de 600 mètres le Lysefjord ainsi que petit hameau de Lysebotn en contrebas. Vertigineux !

C'est aussi le point de départ de la randonnée de Kjeragbolten.

En repérant un peu les lieux, on rencontre un couple de jeunes Ecossais qui comme nous a l'intention de faire demain cette mythique randonnée. Ils ont planté leur tente en contrebas du nid d'aigle.

Quant à nous, nous prévoyons de passer la nuit sur le parking même si celui-ci n'est censé être qu'un lieu de stationnement de jour. Précisons aussi qu'il est payant dans la journée (100 NOK) comme beaucoup de parkings au départ de lieux de randonnées.

Pour le moment, nous en profitons pour déployer nos chaises pliantes et nous relaxer devant ce panorama d'exception.

Distance parcourue dans la journée : 200 kilomètres

Neige à 1 000 mètres !



Randonnée de Kjeragbolten et croisière sur le Lysefjord

J6 : Samedi 14 juin 2014

Nous voici à l'aube de notre première randonnée en Norvège, l'une des plus mythiques du pays. Il s'agit de Kjeragbolten, un gros rocher ovale coincé dans une crevasse entre deux parois écartées d'environ deux mètres, 1 000 mètres au-dessus du Lysefjord.

Il fait un temps splendide. Nous sommes samedi, parions qu'il y aura du monde !

Mais nous avons l'avantage d'être sur place, alors à 7 heures, c'est parti ! Bien qu'il y ait déjà quelques voitures sur le parking, nous sommes manifestement les seuls à démarrer à cette heure-ci.

Sur le seuil de leur tente, les Ecossais rencontrés hier soir nous font signe. Sur le panneau d'information au début du sentier, le profil du trail donne une bonne idée de ce qui nous attend : un enchaînement de trois "buttes" séparées par une descente et par conséquent une nouvelle montée à chaque fois.

Temps estimé : 6 heures avec 700 mètres de dénivelé !

Ça commence immédiatement très fort à l'aide de chaînes !

Au bout d'une vingtaine de minutes, une fois sur la première crête, nous distinguons les trois premiers poursuivants puis dix minutes plus tard, le couple écossais.

L'effort est intense et les genoux souffrent !

Quelques passages sont un peu délicats mais jamais dangereux grâce à l'installation de cordes et de chaînes.

Nous avançons doucement mais sûrement, toujours seuls. Nos poursuivants n'ont pas l'air de nous rattraper.

Aux crêtes encore partiellement enneigées succèdent des plateaux rocheux couverts de cairns et des mares où se mirent de gros rochers ronds.

Au bout d'une heure, nous croisons quelques randonneurs dont le matériel transporté laisse à penser qu'ils ont campé là-haut. Au bout de deux heures, un couple peu chargé ayant probablement commencé la rando aux aurores.

Tout à coup, se confondant avec la pierre, un cairn un peu particulier retient notre attention ;-) En s'approchant, on dérange ce lagopède alpin.

Il reste de la neige un peu partout mais à partir de la troisième heure, nous devrons traverser plusieurs névés importants.

Vers 10 heures, à hauteur de ce grand panneau indicateur, nos poursuivants se rapprochent. Nous ne sommes plus très loin de notre but.

Les deux Ecossais nous suivent sur une fausse piste mais sans quoi nous aurions sans doute raté cette vue fantastique sur le Lysefjord.

Pendant ce temps, les trois autres, des Asiatiques (une jeune femme et ses parents), plus malins, nous coiffent sur le poteau et atteignent Kjeragbolten les premiers.

Le must, c'est de poser sur le fameux rocher. Mais aucune des personnes présentes n'a le cran pour le faire. Le mieux que j'aie pu tenter, c'est de m'en approcher par le haut.

La vue est tout simplement vertigineuse !

Au moment même où nous quittons les lieux arrive le gros de la troupe. Tout au long du trajet de retour, nous assistons, amusés et effrayés, à une procession ininterrompue de randonneurs, entraînant des embouteillages dans certains passages de chaînes.

Nous ne pouvons que nous féliciter d'avoir démarré tôt.

Les chiffres de cette randonnée : 11,6 km parcourus en 5 heures et demie avec 711 mètres de dénivelé et un point culminant situé à 1031 mètres.

La journée n'est pas finie, loin de là. Nous avons prévu de nous rapprocher dans l'après-midi de notre randonnée de demain, une autre randonnée mythique, celle de Preikestolen.

Le moyen le plus rapide pour le faire, c'est d'emprunter le ferry au départ de Lysebotn (le petit hameau au fond du Lysefjord) à destination de Forsand.

Pour rejoindre Lysebotn, il faut descendre là… c'est-à-dire par Lyseveien, 27 virages en épingles à cheveux, une pente de 10% suivie d'un tunnel, autant dire qu'il faut mettre la bride à Pössl. Descente en seconde ! Impressionnante !

J'avais noté un départ de ferry à 15 h 30 et le suivant à 18 heures. Dès 14 heures, nous faisons la queue sur le quai en compagnie de plusieurs autres véhicules. Au fur et à mesure que l'heure avance, nous voyons plusieurs de ces véhicules sortir de la file, faire demi-tour et repartir par la route. Curieux !

Renseignements pris, il s'avère qu'il y a un seul ferry à 18 heures le samedi, mince ! Tant pis, nous attendrons, car par la route cela représente près de 150 km soit 3 à 4 heures de trajet. Par le ferry, ce sont deux heures de traversée reposantes et divertissantes suivies de moins de 20 km de route.

Alors en attendant, un peu de lecture, une sieste à l'arrière du camping-car et une balade jusqu'à la cascade proche de l'embarcadère pour passer le temps.

A 18 heures, comme prévu, nous embarquons pour deux heures au fil de l'eau, agrémentées de quelques points d'intérêt remarquables commentés par le capitaine du ferry.

Des falaises impressionnantes !

Des cascades dégringolant de près de 1 000 mètres de hauteur !

Le rocher de Kjerag vu d'en bas ! Dire que nous étions là-haut il y a quelques heures !

Une colonie de phoques !

Un avant-goût de ce que nous verrons demain ! Là-haut, le Preikestolen ou rocher de la Chaire, une imposante falaise qui culmine à 604 mètres au-dessus du fjord.

Zoom sur le rocher surmonté d'une plate-forme de 25 x 25 mètres d'où nous contemplerons la vue demain.

Enfin, le clou de la croisière : un défilé rocheux dans lequel le ferry va s'engager à la plus grande surprise des passagers interloqués avant de faire machine arrière au pied de la muraille. Bluffant !

Au pied de cette montagne toute en rondeur, Forsand marque la fin de la traversée pour nous. Nous avons adoré cette croisière !

Il nous reste maintenant une quinzaine de kilomètres à parcourir sur la Rv 13 pour rejoindre Jørpeland. Sur le quai de la marina, un certain nombre de camping-cars sont déjà serrés les uns contre les autres. On n'a pas très envie de se joindre à eux. En passant, j'avais repéré une aire de pique-nique sur la route, un peu avant l'entrée du village. L'endroit nous convient parfaitement.

Encore une journée bien remplie et une première randonnée d'exception en terre viking !

Distance parcourue dans la journée : 40 kilomètres.

Vue sur le Lysefjord

Du Preikestolen (ou Rocher de la Chaire) à… Stavanger

J7 : Dimanche 15 juin 2014

Pressés de nous mesurer au Preikestolen, nous tombons du lit dès 5 h 30… un horaire idéal pour commencer tôt une journée de randonnée sauf que… ce matin le beau temps se laisse désirer. Le ciel est bouché et des nuages bas masquent les sommets.

Mais le temps pourrait changer au cours de la journée… let's wait and see !

En revanche, ce temps libre va nous être très utile pour régler une urgence : faire le plein d'eau et la vidange des eaux sales, sinon ce soir pas de douche !

C'est ainsi que nous nous retrouvons à 6 h 30 à Jørpeland en train de procéder à ces opérations, en tentant de ne pas réveiller les occupants des camping-cars garés sur le port, bien moins matinaux que nous.

Une fois la mission accomplie et malgré une météo incertaine, nous filons vers Preikestolenhytta, distante d'une dizaine de kilomètres et point de départ vers Preikestolen, cette falaise de 604 mètres de hauteur plongeant à pic dans le Lysefjord. Nous l'avions admirée hier depuis le ferry.

La taille du parking (payant off course) laisse augurer de la fréquentation des lieux. Avec plus de 200 000 visiteurs par an, c'est un des sites touristiques majeurs du pays.

Le ciel étant toujours nuageux, nous finissons notre nuit à l'arrière du camping-car.

Vers 9 heures, quelques timides éclaircies annoncent une possible amélioration. Hop, on abrège notre dodo et on décide d'y aller. Entre-temps, le parking a commencé à se remplir sérieusement.

Néanmoins, la file des randonneurs est plus étalée qu'hier, les nuages ayant sans doute fait hésiter beaucoup de monde.

Un chemin empierré aménagé en marches inégales (aïe, les genoux !) nous fait rapidement prendre de la hauteur à travers la forêt avant de dominer une vaste zone boisée ponctuée de petits lacs.

La couleur du ciel s'est bien arrangée depuis ce matin.

Ce paysage verdoyant ne tarde pas à laisser place à un univers plus minéral alors que le sentier longe le bord de la falaise surplombant le Lysefjord.

Le rocher de la Chaire commence à se détacher au loin.

Nous ne sommes évidemment pas tout seuls. D'ailleurs en cours de route, nous reconnaissons un certain nombre de randonneurs croisés la veille, notamment les trois Asiatiques qui nous font un petit coucou.

La montée via Hill Trail nous permet de mieux prendre la mesure de cette étonnante plate-forme rocheuse dont les dimensions font penser à une piste de danse. Vous remarquerez qu'il n'y a aucune barrière de protection nulle part. Certains n'hésitent pas à s'asseoir au bord, les jambes pendant dans le vide. Brrr ! La sécurité du lieu fait débat depuis de nombreuses années mais les autorités locales estiment qu'elles ne sont pas responsables des risques que prennent les touristes.

Le beau temps est vraiment bien installé alors que nous prenons le chemin du retour. Moralité : en Norvège, il vaut mieux ne pas se précipiter et laisser le temps au ciel de se découvrir.

Les chiffres de la randonnée : 7,5 kilomètres en moins de 4 heures avec 400 mètres de dénivelé et un point culminant à 604 mètres.

Une randonnée à ne pas manquer vers un site exceptionnel !

En dehors de la nature, la Norvège compte également quelques jolies villes. Selon nos recherches, Stavanger ne manquerait pas d'atouts. C'est ce que nous avons l'intention de vérifier cet après-midi.

Cap sur la petite localité de Tau où nous laissons le camping-car sur le parking du port. Un tarif de 40 NOK (5 €) permet d'y rester 24 heures, c'est parfait. Le lieu pour passer la nuit est ainsi tout trouvé.

Un ferry à destination de Stavanger est déjà à quai. Nous avons juste le temps de sauter à bord pour une petite demi-heure de navigation.

Le centre-ville de Stavanger s'organise autour d'un joli port.

Du bord de l'eau, des ruelles tranquilles montent vers la vieille cité en bois.

Ce passage en ville est aussi l'occasion de dîner au restaurant. NB Sørensens, l'une des meilleures tables sur le front de mer, nous disait bien mais manque de chance, c'est complet. On nous oriente alors vers Bevaremegvel Restaurant.

Préparés par un chef français, les plats de poissons (saumon et cabillaud) sont délicieux mais l'addition est indiscutablement… norvégienne !

Le ferry nous ramène à Tau vers 22 heures. Encore une journée de "ouf "(comme disent les jeunes) !

Distance parcourue dans la journée : 50 kilomètres.

Le rocher du Preikestolen



De Tau à Odda : des chutes de Låtefossen au glacier Buer

J8 : Lundi 16 juin 2014

Une nouvelle randonnée aujourd'hui? Oui, mais pas tout de suite, ce matin il faut d'abord rouler afin de rejoindre Odda, notre prochaine étape.

Le soleil est toujours de la partie en ce quatrième jour passé en Norvège. On croise très fort les doigts.

Le trajet se fait sur la Rv 13, une route classée "route nationale touristique" traversant la région du Ryfylke entre fjords verdoyants et montagnes abruptes.

Bien qu'il n'y ait que 200 kilomètres jusqu'à Odda, cette distance va nous prendre beaucoup plus de temps que prévu pour plusieurs raisons : - l'étroitesse de la route et la vitesse limitée - l'enchaînement incessant de tunnels - un passage en ferry entre Hjelmeland et Nesvik

Enfin, quelques points d'intérêt sur la route méritent eux aussi un arrêt. A vrai dire, si on s'écoutait, on s'arrêterait à tout bout de champ mais parfois les accotements ne le permettent pas.

Ici, cet îlot au beau milieu d'un fjord pour lequel nous n'avons pas hésité à faire demi-tour afin de le mettre dans la boîte.

Là, les chutes de Låtefossen, dévalant la montagne dans un bruit assourdissant !

En partant à 7 h 30 de Tau, nous avons fini par arriver au parking du glacier Buer vers 13 h 30. Pour une fois, le parking n'est pas payant (du moins pas pour l'instant), un fait rare en Norvège.

Une heure plus tard, après le déjeuner, nous sommes prêts à randonner vers le glacier.

La langue glaciaire de Buer fait partie du Folgefonna qui, avec sa calotte couvrant 168 km2 et une épaisseur de glace de 400 mètres par endroits, est le troisième plus grand champ de glace du pays.

Le sentier commence à longer un torrent où une double haie d'inukshuk, ces empilements de pierre adoptant une forme humaine, nous indiquent la direction à suivre.

Ce torrent glaciaire sera un peu le fil conducteur de la randonnée.

Nous aurons à le traverser à plusieurs reprises par des moyens plus ou moins précaires.

Une passerelle suspendue… même pas peur ;-)

Un petit pont métallique… facile !

Une poutre en bois… ah, ha…moins fière, la randonneuse !

Il y aura encore des cordes, des chaînes, des échelles, bref un parcours amusant mais pas de tout repos… avant de commencer enfin à entrevoir le glacier !

Premier aperçu de la langue glaciaire…

… et coup d'œil sur la vallée laissée derrière nous.

Fin de la randonnée autour de 700 mètres d'altitude. Le torrent devient infranchissable et s'aventurer seul sur le glacier serait risqué.

En revanche, sa contemplation ne présente pas de risque alors on contemple sans modération ses séracs aux reflets bleutés !

Tiens mais qui voilà ? Les trois Asiatiques (papa, maman et leur grande fille) que nous croisons pour la troisième journée consécutive. Ils ont copié notre roadbook ? En tout cas, ils comptent bien tout comme nous faire demain la célèbre randonnée de Trolltunga… de bonne heure, précise la jeune femme, départ prévu à 7 h 30. Comme nous… Au fait, je n'ai pas précisé, mais ils sont Sud-Coréens et viennent de Séoul.

Rendez-vous est pris pour demain !

Les chiffres de notre balade d'aujourd'hui : 5,5 kilomètres en 3 heures aller/retour avec 300 mètres de dénivelé. Une randonnée un peu moins prestigieuse que les précédentes mais ludique et sportive à la fois… bref, très sympa aussi !

Ce soir, nous choisissons un camping pour passer la nuit, en l'occurrence Odda Camping, joliment situé au bord du Sandvinsvatnet et juste au début de la vallée de Buer, avant tout pour pouvoir laver notre linge, car impossible de trouver une laverie en ville.

Le programme de la soirée est donc tout tracé : lavage et séchage du linge, accessoirement un peu d'Internet et surtout dodo de bonne heure car demain nous attaquons un gros morceau, une randonnée de légende à destination de la langue du Troll (Trolltunga) soit 22 kilomètres aller/retour. A suivre…

Distance parcourue dans la journée : 205 kilomètres

Buer Glacier

De la langue du Troll (Trolltunga) aux… rues de Bergen !

J9 : Mardi 17 juin 2014

La nuit fut si paisible dans le camping au bord du lac à Odda que nous émergeons avec difficulté à 7 heures passées. Nous espérions être au point de départ de notre randonnée à 7 h 30, c'est raté.

Le temps de déjeuner, de tout préparer et d'arriver à Skeggedal (à côté de Tyssedal), il est déjà 9 heures quand nous sommes enfin prêts à randonner. Nos nouveaux amis coréens doivent être bien loin déjà !

Nous avons une chance inouïe avec la météo. Il fait toujours un temps magnifique.

Trolltunga, c'est ce rocher en forme de langue tirée, une sorte de plongeoir de pierre dominant de près de 1 000 mètres les eaux du Ringedalsvatnet.

Plus de 22 kilomètres aller/retour nous attendent pour une durée estimée entre 8 et 10 heures. Serons-nous à la hauteur ?

A ce propos, pour commencer à prendre de la hauteur et passer en 1,5 kilomètre du parking (440 mètres) au sommet de Magelibanen (860 mètres), le randonneur a le choix entre un sentier raide à travers la forêt ou la voie directe en suivant la ligne d'un funiculaire désaffectée.

Plus de 2 000 marches à claire-voie sur une pente à plus de 40 % par endroits… non merci ! Nous préférons le plancher des vaches même s'il est escarpé et rugueux.

500 mètres de dénivelé plus tard, nous arrivons au sommet du funiculaire, bien moins essoufflés que ceux qui ont opté pour la montée des marches.

Il est 10 h 30. Les panneaux au sommet de Magelibanen indiquent qu'il reste trois heures trente jusqu'à Trolltunga, ce qui devrait nous faire arriver vers 14 heures.

Un chemin large et agréable nous conduit maintenant dans une vallée occupée par des lacs au bord desquels les Norvégiens ont construit de petites maisons de vacances. Comment font-ils pour y amener tout leur ravitaillement ? Aucune route ne dessert l'endroit et le funiculaire n'est plus en fonction.

Mais ce passage facile est de courte durée. Quand le sentier tourne vers l'est, il faut à nouveau donner un coup de collier pour franchir les 300 mètres de dénivelé qui nous séparent du point culminant.

A mi-pente, un arrêt est bienvenu pour souffler un peu et admirer la vue sur les lacs et le glacier Folgefonna derrière nous.

La récompense est au bout de l'ascension avec ce point de vue saisissant sur le lac Ringedalsvatnet, à plus de 1 000 mètres d'altitude. Il est midi.

Les plus grosses difficultés étant maintenant derrière nous, ce n'est plus qu'une question de distance. Mais il faut pouvoir la tenir tout en… crapahutant sur des rochers, en sautant par-dessus des ruisseaux, en esquivant des flaques de boue, en traversant des névés.

Pour notre information, tout au long du trajet, des pancartes indiquent la distance parcourue et la distance restante Quand le nombre de kilomètres restant devant nous est inférieur à celui laissé derrière nous, ça fait du bien au moral.

Le dernier kilomètre est le plus dur d'autant que le ciel commence à s'assombrir et que l'hypoglycémie nous guette. Vivement qu'on arrive !

Et on y est arrivés… à 13 h 30 soit au bout de 4 heures et demie. Ouf, on est dans les temps ! Quant aux Coréens, ils sont déjà sur le point de quitter les lieux. Contrairement à nous, ils ont tenu leur horaire en débutant à 7 h 30. Chapeau ! Après nous être sustentés, nous faisons comme tout le monde, la queue pour l'incontournable photo sur la langue du Troll. 669 à 678

Il ne fait pas très chaud et on ne s'attarde pas davantage. Pourvu qu'il ne pleuve pas ! A 14 heures, on se remet en route pour le trajet retour, étonnés de rencontrer autant de monde jusque tard dans l'après-midi alors que le ciel devient de plus en plus menaçant.

Le retour est long avec quelques baisses de régime mais avec une friandise par ci, une orange par là, nous tenons le coup.

Pour gagner du temps sur la fin, on tente la variante par les marches du funiculaire mais, on abandonne presque aussitôt, préférant la voie classique par le sentier, plus longue mais plus sûre.

Le dernier kilomètre est à nouveau le plus difficile, on n'en voit plus le bout. Quand le sentier et le funiculaire se rejoignent, Hervé décide de finir la descente par les marches, il en restait 670 (il les a comptées). Il espérait ainsi me coiffer sur le poteau mais c'est moi qui l'ai attendu en bas ;-)

Il est 18 heures… fin de la randonnée ! Bilan : nous avons mis 9 heures, toutes pauses comprises.

Encore une randonnée remarquable à classer dans le top 3 des randonnées en Norvège ! Sans doute l'une des plus marquantes et des plus exigeantes que nous ayons jamais effectuées, toutes destinations confondues.

Nous sommes donc satisfaits et rassurés sur nos capacités mais… lessivés.

Plus le courage de bouger le camping-car ce soir. Nous passons par conséquent la nuit sur place. Alors que nous dînons, il se met à pleuvoir. Serait-ce la fin du beau temps ?

Distance parcourue dans la journée : - en véhicule seulement …15 kilomètres - à pied… 22,4 kilomètres avec un dénivelé de 966 mètres.

J10 : Mercredi 18 juin 2014

Malgré un peu de pluie hier soir, miracle, il fait à nouveau beau avec déjà 13 degrés de bon matin. Aujourd'hui, pas de randonnée prévue, seulement un peu de marche en ville. En effet le projet de cette journée est de rejoindre la ville de Bergen à 200 kilomètres.

Réveil matinal et départ dans la foulée à 6 h 30.

Première étape sur la Rv 13 jusqu'à Kinsarvik où nous arrivons juste à temps pour le ferry de 7 h 40 à destination de Utne puis Kvanndal (durée : 50 minutes).

Nous sommes seulement quatre véhicules à embarquer. Comme les trois autres débarquent à Utne où personne n'embarque, nous restons seuls à bord jusqu'à Kvanndal.

Incroyable, on se croirait en croisière privée !

Nous longeons ensuite le Hardangerfjord dédié à la culture d'arbres fruitiers (le verger de la Norvège) jusqu'à Norheimshund.

Puis notre itinéraire s'écarte du fjord pour se rapprocher de Bergen avec toute une série de ponts, de tunnels et de portions de route… payantes. Mais ne cherchez ni guérite, ni barrière, ici tout est automatisé. Seule une petite caméra photographie votre plaque d'immatriculation.

Pour payer quand vous êtes étranger, le plus simple est de souscrire au Visitor's Payment sur le site Internet Autopass. Attention, il faut une carte de crédit valable plus de trois mois après le jour de sortie prévu, ce qui n'était pas notre cas. Nous n'avons donc pu nous enregistrer que pour la moitié de notre séjour. Par la suite, nous avons voulu payer dans les stations-service indiquées par "KR" (normalement habilitées) mais dans la réalité personne n'a su, voulu ou pu encaisser notre dû. Notre loueur de camping-car devrait donc recevoir une facture du montant des péages restants. Bref, c'est assez pénible comme système.

Revenons à Bergen… où nous sommes arrivés vers 10 h 30, ce qui est plutôt une bonne moyenne pour 200 km dont un passage en ferry. Mais alors que nous pensions la destination presque atteinte, les difficultés de navigation vont mettre nos nerfs à rude épreuve.

Le parking dédié aux camping-cars que j'avais repéré n'existe plus (c'est un chantier maintenant). Au centre-ville la hauteur des parkings est limitée à 1,90 mètre… impossible pour notre Pössl. Nous tournons en rond pendant une heure et étions sur le point de laisser tomber la visite de Bergen quand un Norvégien fort aimable a pu nous indiquer un stationnement à la hauteur de Pössl. Stationnement payant, cela va de soi ;-)

Ouf, nous pouvons enfin consacrer quelques heures à la découverte de la ville, notamment le quartier ancien de Bryggen avec ses entrepôts restaurés ainsi que le marché aux poissons où les poissonniers attirent le chaland dans toutes les langues.

Bryggen, le vieux quai de Bergen, rappelle l'importance commerciale de la ville du XIVème au début du XVIème siècle. De nombreux incendies, dont le dernier en 1955, ont ravagé ces maisons typiques en bois. Leur reconstruction a été fidèle aux modèles et méthodes traditionnels. Ce sont ainsi environ 62 bâtiments qui subsistent dans ce quartier ancien.

Brochettes de poissons et crevettes seront au menu de notre déjeuner.

Mais Bergen n'est qu'une étape, ce soir j'ai prévu de rallier le Nærøyfjord, à 150 kilomètres. Aïe, encore beaucoup de route en perspective !

Pour accélérer le mouvement, nous optons pour l'E16, une route rapide (mais pas une autoroute !) faite d'une succession presque ininterrompue de tunnels. Car les Norvégiens sont les champions pour ce type d'ouvrages. Il n'y a quasiment aucun trajet dans ce pays montagneux sans un ou plusieurs tunnels. Qu'ils soient longs d'une centaine de mètres ou jusqu'à 5, 10, 15 voire 25 kilomètres pour le plus long, ils sont souvent construits à flanc de fjord et permettent de désenclaver des régions entières.

L'arrivée dans le Nærøyfjord se fait sous la pluie.

Il est 19 heures. Après un dernier tunnel de six kilomètres à une seule voie de circulation, nous voici à Bakka, petit hameau isolé au bout d'une route en cul-de-sac. Nous garons Pössl au bord du fjord, sur un coin de pelouse, juste après l'église. Un endroit très calme au bout du monde ou… presque !

Entre deux averses, en guise de balade vespérale, nous poussons à pied jusqu'au bout de la route. C'est là que débute le sentier montant à Rimstigen prévu pour demain matin, en espérant que la pluie ne vienne pas compromettre le projet.

Distance parcourue dans la journée : 330 kilomètres

En chemin vers Trolltunga

Le Nærøyfjord, vu d'en haut et vu d'en bas !

J11 : Jeudi 19 juin 2014

Il a plu toute la nuit et il pleut toujours au réveil. Ce n'est donc pas la peine de se presser, grimper sur les hauteurs de Rimstigen semble compromis.

Néanmoins pas le temps de s'ennuyer car il y a du spectacle sur le ponton de bon matin. Alors qu'il doit faire moins de dix degrés dehors, voilà une jeune femme en maillot de bains en train de faire ses exercices de yoga avant de plonger en compagnie de son mari dans l'eau (sans doute glaciale !) du fjord. Ce sont des Allemands, voyageant dans un van probablement exempt de douche. C'est le fjord qui leur fait office de salle de bains ;-)

Tout à l'observation de leur exhibition, nous n'avons même pas vu que la pluie avait cessé. La randonnée vers Rimstigen est aussitôt remise sur le tapis. Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur ce sentier, sauf qu'il est escarpé, qu'il permet de belles vues sur le fjord et que sa durée est de 4 heures.

Mais il est déjà 9 heures. Or à 12 h 15, nous avons prévu de prendre le ferry à destination de Kaupanger, une alternative aux interminables tunnels de l'E16 et une autre façon d'apprécier ce fjord, le plus étroit du pays.

Nous avons par conséquent un peu plus de deux heures devant nous, pas tout à fait suffisantes pour mener la randonnée à son terme. Le but est donc de grimper pendant environ une heure à une heure et demie, histoire de bénéficier de la vue puis de redescendre afin d'attraper le ferry à l'heure.

Le sentier grimpe effectivement très raide dans la forêt. A chaque lacet nous espérons en sortir pour profiter d'une vue dégagée. Mais un écran de verdure se met sans cesse entre nous et le fjord. Finalement, au bout d'une heure et quart d'ascension, arrivés à 460 mètres d'altitude sans meilleur point de vue, nous en restons là. Le sommet se trouverait à plus de 700 mètres d'altitude.

La vue n'est déjà pas mal, non ?

Après avoir admiré le Nærøyfjord depuis le haut, il est maintenant l'heure de le voir d'en bas au cours d'une traversée en ferry de deux heures et demie entre Gudvangen et Kaupanger.

C'est à Bakka, le petit hameau où nous avons passé la nuit, que le fjord est le plus étroit avec seulement 250 mètres de large. Nous revoyons au passage notre lieu de bivouac, juste à côté du ponton. Sans doute l'un des meilleurs de tout le voyage. 1284

Là Tufto, encore plus isolé à l'extrémité de la route.

Un peu partout des cascades jaillissent de la montagne et se jettent du haut des falaises.

Deux cars de touristes français sont à bord et occupent toutes les meilleures places assises à l'avant du pont.

Mais quand le vent se lève au confluent duNærøyfjord et de l'Aurlandsfjord, ils se retranchent tous dans la cabine, laissant le pont désert.

Alors nous nous empressons de prendre leur siège afin de profiter du calme et de la sérénité de cette fin de croisière.

Il est 14 h 45 quand nous débarquons à Kaupanger.

Tantôt sous le soleil, tantôt sous les nuages, tantôt sous la pluie, chaque vallée se livre sous une lumière différente tout au long des 150 kilomètres qui nous séparent de Loen, notre étape du soir.

A l'approche du parc national de Jostedalsbreen, le glacier brille au soleil et dégringole presque jusque sur la route.

En revanche, à Loen, c'est le crachin et les nuages bas qui nous accueillent.

Après avoir tourné sur la Fv 723, une route longeant le lac Lovatnet et aboutissant dans des vallées glaciaires, nous décidons de ne pas poursuivre plus loin. Les glaciers seront pour demain, du moins si la météo le permet.

Un peu après le camping de Sande, nous trouvons un lieu de bivouac qui nous convient, avec vue sur le lac et les cascades… hélas, à travers un voile de brouillard !

Distance parcourue dans la journée : 165 kilomètres

Le Nærøyfjord vu d'en haut

Du glacier de Kjenndal (Loen) aux fermes de Homlongsetra (Geirangerfjord)

J12 : Vendredi 20 juin 2014

Surprise, il fait plutôt beau ce matin, ce qui va nous permettre d'ajouter un nouveau glacier à notre palmarès. En effet, à l'extrémité de la vallée de Lodalen (Fv 723) deux embranchements mènent vers des langues glaciaires, l'une du Bødalsbreen, l'autre du Kjenndalsbreen.

En première intention, c'est le glacier Bødal que nous avions retenu car il offrait en outre une belle opportunité de randonnée. Malheureusement la petite piste d'accès, sans doute trop étroite, est interdite aux camping-cars. Nous nous rabattons par conséquent sur le Kjenndalsbreen. Le dernier tronçon de la route gravillonnée qui y mène est payant (système d'enveloppe) car privé.

Nuages et éclaircies se partagent le ciel mais le thermomètre n'affiche pas plus de 9 degrés ce matin.

C'est donc bien couverts que nous parcourons le court sentier menant au pied de la coulée de glace. Approcher les glaciers en Norvège est vraiment à la portée de tout le monde, ici la langue glaciaire descend jusqu'à 200/300 mètres d'altitude.

Après cette petite excursion matinale, il est temps quitter Loen non sans repasser une nouvelle fois le long de ce très beau Lovatnet. Sous le soleil, le lac présente maintenant un aspect bien plus avenant.

En cours d'après-midi, nous avons prévu d'être dans le Geirangerfjord, l'un des fjords les réputés du pays, classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous suivons la route 15.

Pour le moment c'est le lac de Stryn qui fait office de décor à notre déjeuner alors que de petites averses viennent rincer de temps à autre notre pare-brise, vite oubliées avec le retour du soleil

En laissant la vallée de Stryn derrière nous, l'impression de beau temps prédomine encore.

Pourtant, chaque virage de cette route 15 nous rapproche un peu plus des nuages.

Et dire que nous voulions faire un détour par la Gamle Strynefjellsvegen ("route de montagne du vieux Stryn ou Rv 258), une route touristique nationale à une seule voie de circulation, traversant un plateau ponctué de cascades et de lacs aux eaux turquoises (dixit notre documentation).

A l'embranchement de cette fameuse route, il faut se rendre à l'évidence. Le détour sous les nuages bas ne vaut pas le coup, prenons plutôt la "nouvelle" route et ses trois tunnels.

A leur sortie, nous débouchons sur un haut plateau à plus de 1000 mètres dans une ambiance hivernale. Cinq degrés seulement au thermomètre, des giboulées de neige, et le lac de Djupvatnet encore partiellement gelé émergeant du brouillard à la faveur d'un coin de ciel bleu. Magnifique et un peu irréel !

A ce stade, on aurait pu faire un nouveau détour sur une route à péage vers le belvédère de Dalsnibba (1500 mètres d'altitude), le point de vue le plus élevé et le plus spectaculaire (paraît-il) donnant sur le Geirangerfjord. Mais avec tous ces nuages, pas la peine !

Alors nous amorçons la descente vers Geiranger en passant de 1 050 mètres au col au niveau zéro dans le fjord, je vous laisse imaginer ! Il vaut mieux avoir de bons freins.

Un petit coup d'œil sur le paysage champêtre à souhait avec ces adorables petits chalets d'alpage à flanc de montagne.

Bonne surprise, à Geiranger, "the weather isn't so bad"… comme diraient les Américains. Voilà qui va nous permettre de compléter notre programme du jour par une randonnée, il est seulement 14 h 30.

Haut lieu du tourisme de croisière, deux paquebots à l'ancre ont déversé un flot de touristes dans les rues du petit village. Mais en prenant la direction de Homlong, personne ou… presque !

A part une famille américaine de l'Ohio et un couple de Français, pas un chat sur le parcours de randonnée entre Homlong et Homlongsetra.

A travers bois et fougères, le sentier suit le bord du fjord en aménageant de jolis points de vue.

Ici on aperçoit en face les lacets de la route des Aigles (Ornevegen) que nous suivrons demain.

Là, l'une des nombreuses cascades de Geiranger

Petite cabane au fond des bois

Enfin le but de la balade : ces fermes abandonnées de Homlongsetra dans un environnement très verdoyant. Nous sommes à 550 mètres d'altitude.

Le sentier continue ensuite en direction de Skagefla mais une petite pluie fine et pénétrante nous fait rebrousser chemin.

Même si au final il n'y aura que quelques gouttes de temps en temps, on a préféré en rester là. En tout : 6 kilomètres, 3 heures aller/retour, avec un gain d'altitude de 510 mètres. Ouf !

Au point de départ de cette randonnée se trouvent plusieurs campings. Nous optons pour le Solhaug Camping, pas pour l'accueil un peu bourru, mais parce qu'il offre lave-linge et sèche-linge.

Distance parcourue dans la journée : 120 kilomètres

Ferme de Homlongsetra

De Geiranger à Ålesund par la route des Aigles et la route des Trolls

J13 : Samedi 21 juin 2014

Une fois de plus, le ciel est plutôt bien ensoleillé ce matin malgré 7 petits degrés seulement. Dans ces conditions, autant profiter encore un peu du fjord de Geiranger, c'est toujours ça de pris. Ça pourrait ne pas durer.

Alors dès 8 heures, nous bougeons le camping-car et prenons la direction de la ferme de Vesterås, point de départ de plusieurs sentiers de randonnée. Parmi les différentes possibilités, nous retenons celui menant à Storseterfossen (sentier F dans la documentation de l'office de tourisme local).

Comme son nom l'indique, c'est une cascade. Tout comme en islandais, les terminaisons des mots norvégiens renseignent sur la nature des éléments avec beaucoup de similitude d'ailleurs.

Petit lexique : vatnet = lac, fossen = cascade, fjell ou fjellet = sommet ou montagne, fjorden = fjord, dal = vallée…

Mais revenons à… notre cascade qui possède un atout supplémentaire. Il paraît qu'on peut passer derrière son rideau d'eau. On a hâte !

C'est parti sur un début de sentier humide sur lequel il faut sans cesse veiller à ne pas marcher sur les crottes de moutons. A ce propos, en voilà quatre qui s'approchent dans l'espoir que nous soyons leurs bergers. Espoir vite déçu ;-)

Ne sont-ils pas mignons avec leurs oreilles en pointe et leurs piercings ?

En poursuivant, la qualité du chemin s'améliore nettement. On se croirait sur l'allée empierrée d'un jardin ou d'un parc.

C'est l'œuvre d'une équipe de maçons népalais. Ils sont chargés de la reconstruction et la sécurisation d'un certain nombre de sentiers norvégiens. Nous ne tardons pas à les voir à la tâche en approchant de la cascade. Ils font un travail de forçats.

Grâce à eux, l'accès à la chute sera facilité. Pour l'instant, il faut se faufiler avec prudence sous la voûte rocheuse à l'aide de chaînes en passant derrière le voile d'eau. Superbe !

Voici la chute d'eau dans son écrin de verdure d'où dépassent des pics aussi pointus que des pains de sucre !

Retour au camping-car vers 10 h 30 après avoir parcouru en tout… 4 kilomètres aller/retour avec 250 mètres de dénivelé en deux heures et demie environ.

Maintenant, mettons-nous au volant pour faire un peu de route et quelle route ! En effet, le trajet sur la route 63 entre Geiranger à Åndalsnes enchaîne des portions panoramiques aux noms évocateurs.

Immédiatement à la sortie de Geiranger, la route grimpe par 11 virages en épingles à cheveux depuis le Geirangerfjord jusqu'au point culminant de la route à 620 mètres d'altitude.

Ce tronçon a été baptisé Ørnevegen ou route des Aigles car l'endroit abritait traditionnellement un grand nombre de ces rapaces.

Voici le panorama qu'on découvre dans le dernier virage (Ørnesvingen), au point le plus élevé de la route.

Le soleil encore bien présent tôt ce matin a progressivement laissé la place aux nuages. Ce temps changeant me rappelle l'Islande. Son fameux proverbe "si le temps ne te plaît pas attends 5 minutes" pourrait devenir ici : "si le temps ne te plaît pas, change de vallée".

En effet, en progressant vers Eidsdal, il fait à nouveau soleil.

Mais les sommets rocheux fraîchement saupoudrés de neige surmontant le lac Eidsvatnet ne laissent augurer rien de bon.

En embarquant sur le ferry à Eidsdal, le beau temps reste sur le quai.

Sur l'autre rive, le tableau est des plus sombres :-(

Les gros cumulus couvrant la vallée ne tardent pas à se rompre pour donner des pluies diluviennes.

On a beau se ménager une pause prolongée pour le déjeuner dans l'espoir de voir la perturbation s'évacuer afin d'aborder la plus belle partie de cette route 63 dans les meilleures conditions, rien n'y fait, elle résiste.

Pourtant, à 700 mètres, au pied du lac Alnesvatnet, on a un court espoir en voyant ce pain de sucre surgir des nuages à la faveur d'un soupçon d'éclaircie.

Mais à 900 mètres, c'est définitivement l'hiver en ce premier jour de l'été. Zéro degré, des averses de neige et un brouillard à couper au couteau. Bref un temps à ne pas mettre un troll dehors !

A ce propos, nous voici arrivés au clou du trajet, là où la route plonge en direction d'Åndalsnes via Trollstigen ou échelle des Trolls, une série de 11 virages en épingles à cheveux avec une pente à 9 % et une seule voie de circulation.

Trollstigen, depuis le premier point de vue. Le deuxième point de vue, plus éloigné, est normalement plus spectaculaire mais pas aujourd'hui.

Le Visitor Center voisin nous sert de refuge un court moment avant d'amorcer la fameuse descente.

Il est 16 heures quand nous atteignons Åndalsnes qui devait être notre point d'arrivée. Sous la pluie, il n'y a pas aucun intérêt à rester ici. Dans l'espoir de trouver un meilleur temps plus à l'ouest, nous décidons de pousser immédiatement jusqu'à Ålesund à 120 kilomètres. En même temps, on aura une nouvelle occasion de dîner au restaurant.

Dans les fjords autour d'Ålesund, un rayon de soleil nous met du baume au cœur. A destination, il ne pleut pas (encore !) mais la couleur du ciel ne laisse pas de doute, il va pleuvoir.

Une fois le camping-car garé à proximité du centre-ville, notre première préoccupation sera de trouver un bon restaurant. XL Diner que j'avais repéré dans le guide LP est déjà complet à 19 heures (samedi oblige), on nous dit de revenir vers 22 heures.

Il reste donc trois heures à tuer avant le dîner mais dépêchons-nous de visiter avant qu'il ne pleuve.

La ville a été presque totalement détruite dans un incendie en 1904. Reconstruits par des architectes norvégiens formés en Allemagne, ses édifices sont alors dotés d'éléments caractéristiques de l'époque (tourelles, flèches, gargouilles) de style Art nouveau.

Avec ses maisons coquettes, ses rues piétonnes et ses quais joliment fleuris, cette cité côtière ne manque pas de charme. Bien que de dimension plus modeste que Bergen, elle est au moins aussi belle.

Le point de vue le plus spectaculaire sur la ville, les montagnes et les îles environnantes s'apprécie depuis la colline d'Aksla. Mais trop tard, il pleut ! Alors il n'y a plus qu'à nous réfugier dans un bar pour une séance d'Internet prolongée.

Le site de la météo norvégien yr.no n'est pas vraiment optimiste pour les deux prochains jours.

En attendant, nous allons aux nouvelles au restaurant vers 21 heures. Chouette, des places se sont libérées. On va enfin pouvoir dîner ! Au menu, un assortiment de morue (bacalhau) – à l'italienne, à la moutarde et au curry – suivi d'un dessert laissé à l'initiative du chef ("Let the chief"). Nous nous régalons.

Une juste récompense après une longue journée de route sous une météo pourrie alors qu'un rayon de soleil nous nargue au travers de la fenêtre.

Distance parcourue dans la journée : 215 kilomètres

Quai à Ålesund

De la route de l'Atlantique à Bølarein : des ponts et des pétroglyphes remarquables !

Dimanche 22 juin 2014

Dès le réveil, la couleur du ciel donne le ton de la journée… grisaille et pluie, pluie et grisaille. Seulement 8 degrés. Dans ce contexte, poursuivre la visite d'Alesund ne vaut pas le coup, profitons-en pour avancer immédiatement.

En réalité pour avancer, il nous faut d'abord "reculer", ç à d rebrousser chemin jusqu'à Vestnes sur la route que nous avons déjà empruntée hier, avant de traverser le Moldefjord en ferry.

Aujourd'hui pas question de rester sur le pont du navire, nous regardons la pluie ruisseler le long des vitres du salon. Quelle tristesse !

De Molde, notre but est de passer par la route de l'Atlantique (Atlanterhavsveien), classée route touristique nationale avec huit ponts remarquables reliant 17 îlots.

Le guide Lonely Planet préconise de rejoindre la côte à Bud. Mais avant, il est temps de chercher un coin sympa où poser notre Pössl pour déjeuner. Trop en ville, trop en pente… à force de tergiverser et avant de succomber à l'hypoglycémie, nous finissons à côté d'un cimetière. Vraiment pas gaie, cette journée !

Le comble, c'est que pendant notre pause, la pluie cesse provisoirement avant de redoubler d'intensité dès qu'on se remet au volant ! Rageant !

De Bud à Vevang, la route traverse des paysages côtiers battus par les vents et aujourd'hui plus encore par la pluie.

C'est après Vevang que débutent les huit kilomètres les plus spectaculaires du parcours. Prouesse d'ingénierie élue "construction du siècle" en Norvège en 2005, cette route a été nommée "le plus beau parcours routier du monde" par le quotidien britannique the Guardian. Elle est la deuxième route la plus visitée de Norvège après Trollstigen. Nous n'allions pas rater ça, même sous la pluie !

Tels des serpents de mer se tortillant d'île en île…

Sur l'île d'Averoy, toujours selon les recommandations du guide LP, nous longeons la côte sud afin de faire un arrêt à la petite église en bois debout de Kvernes. Elle nous apportera les seules touches colorées de la journée.

Une journée qui se termine à Kristiansund où nous improvisons un arrêt en nous dirigeant vers Gamle Byen, la vieille ville, occupant l'île d'Innlandet. Nous nous garons au hasard au pied d'une résidence au bord de l'eau. La pluie nous immobilise dans le camping-car. Nous ne verrons rien d'autre de Kristiansund.

Distance parcourue dans la journée : 220 kilomètres

J15 : Lundi 23 juin 2014

Comme le prévoyait la météo, la perturbation est bien installée au-dessus de nos têtes et risque de nous pourrir encore une partie de la journée.

Le point d'arrivée pour l'étape d'aujourd'hui est prévu un peu avant Steinkjer mais comme nous avons une bonne demi-journée d'avance sur notre planning prévisionnel, il est possible que nous puissions poursuivre au-delà de cette destination. C'est l'un des avantages de se déplacer en camping-car. S'il fait mauvais on roule, s'il fait beau on s'arrête !

Alors pour le moment roulons… en direction de Trondheim mais avec l'intention d'éviter cette ville. En effet, nous y ferons un arrêt pendant la deuxième partie de notre voyage car c'est précisément là que se situe le nœud central de notre parcours en forme de huit étiré.

Premier ferry de la journée entre Kanestraum et Halsa… sous une pluie battante ! Sur la route 39, idem, du moins jusqu'aux environs de Orkanger.

Là, les nuages se font moins denses et la pluie moins soutenue. Ce n'est pas encore la fin du mauvais temps mais on commence à y croire.

Lors du deuxième passage en ferry entre Flakk et Rorvik, nous tentons une sortie sur le pont entre les gouttes. Sur la F v 755 longeant maintenant le bras de mer en face de Trondheim, les averses sont de plus en plus espacées.

Nous progressons doucement entre collines parsemées de fermes rouge sombre et champs verdoyants piquetés de ballots de paille emmaillotés de blanc. Nous n'avions pas imaginé la Norvège aussi agricole !

Quand cette route 755 quitte les rives du fjord et s'enfonce dans les terres, il ne pleut presque plus. Chouette, on va peut-être pouvoir envisager une petite balade.

Autour du lac Elvatnet, plusieurs panneaux signalent le passage possible d'élans, nous saisissons le prétexte et en profitons pour nous arrêter et marcher un peu.

Ah, si on pouvait approcher des élans !

En guise d'élans, nous ne verrons que des moutons mais le sentier que nous suivons au hasard nous mène près d'une maison de vacances superbement située au bord d'un lac.

Le retour du soleil vient nous redonner le sourire pour le restant du trajet.

Il est seulement 15 h 30. Notre point d'arrivée initialement prévu n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres. Il est trop tôt pour nous arrêter. Nous décidons donc de pousser au-delà de Steinkjer, jusqu'à Bølarein où j'avais repéré à la fois un site de pétroglyphes et une possibilité de stationnement pour la nuit.

Du coup, ce ne sont plus 50 mais 100 kilomètres qu'il nous reste à parcourir. Avec le soleil maintenant revenu, c'est un plaisir ! Après avoir rejoint la route de l'Arctique (E 6) un peu avant Steinkjer, nous la quittons presque immédiatement pour privilégier la route 763, parallèle à l'E 6, plus tranquille, longeant la rive Sud du lac Snåsavatnet dans une magnifique forêt de conifères.

Le soleil est toujours au rendez-vous quand nous arrivons à destination à 19 heures.

Un premier sentier en boucle nous conduit immédiatement vers la gravure rupestre d'un renne vieille de 5 000 à 6 000 ans.

Plus loin, c'est une étonnante silhouette de skieur qui est gravée dans la roche. Dommage qu'elle soit presque effacée par les ans. Mais cette reproduction, sur la façade du chalet d'accueil, nous laisse aisément imaginer la rencontre du renne et de cet homme, il y a quelques milliers d'années dans cette même forêt aux pins majestueux.

Ce beau temps inespéré nous donne des ailes. A 20 heures, nous enchaînons avec une deuxième boucle (Bølastien 3,8 km, 1 heure) qui nous conduit à travers une tourbière puis une forêt moussue jusqu'aux rives du lac Snåsavatnet

C'est sur cette image de grande sérénité que se termine cette journée qui finit donc mieux qu'elle n'a commencé. Après avoir glissé 50 couronnes dans une enveloppe, nous avons le parking sous les sapins pour nous tout seuls.

Demain, la route prend nettement la direction du grand Nord !

Distance parcourue dans la journée : 355 kilomètres

Pont de la route de l'Atlantique

Sur la route de l'Arctique jusqu'au glacier oriental du Svartisen

J16 : Mardi 24 juin 2014 Pressés de voir le temps qu'il fait, nous sommes debout avant 5 heures. Le ciel est couvert mais à l'horizon, de belles éclaircies pointent déjà leur nez. En revanche, comme les jours précédents il fait frisquet (8 °). Vestes et pantalons chauds ont remplacé shorts et débardeurs. On n'a pas encore sorti les gants et les bonnets mais ça pourrait venir !

Ce réveil matinal est bienvenu car c'est une longue étape qui nous attend (plus de 350 kilomètres, soit 5 à 6 heures de trajet) assortie d'une randonnée de 3 heures vers le glacier Svartisen. Or son approche nécessite d'abord la traversée d'un lac en bateau dont nous ignorons les horaires. Si nous voulons nous donner une chance, il serait préférable d'arriver sur place en tout début d'après-midi.

Alors, pas de temps à perdre. A 5 h 30, Pössl s'élance... d'abord sur la fin de cette très belle route 763 avant de retrouver l'E 6 un peu plus loin.

Cette E 6 ou route de l'Arctique est un axe majeur en Norvège, elle relie le sud du pays à l'extrême Nord. Ce n'est cependant pas une autoroute, elle a plutôt la taille d'une nationale voire par moments d'une départementale, ce qui signifie vitesse limitée à 80 km/h (sauf rares exceptions) et encore moins dans la traversée des agglomérations.

C'est un axe très emprunté mais, à cette heure, personne devant, personne derrière, c'est comme si nous étions seuls en Norvège ou… presque, ce qui nous laisse un champ de vision bien dégagé.

Justement… Stoooop ! Là dans une clairière, n'est-ce pas un élan avec son petit ? Le temps de faire demi-tour, le petit avait disparu mais maman élan était encore là à nous observer

Un peu plus loin, re… stoooop, cette fois pour des rennes sur le bord de la route ! Mais où est donc le Père Noël ?

Plus on monte vers le nord, plus la vue s'élargit. Les champs laissent la place aux forêts et aux lacs, les sommets s'aiguisent et la ligne des arbres descend plus bas sur les versants des montagnes.

A l'entrée dans le Nordland, le Majavatn nous offre un tableau saisissant où le ciel, l'eau et les montagnes se confondent pour mieux nous impressionner.

Devant ce lac aussi lisse qu'un miroir, une grande sensation de quiétude nous envahit.

Changement de ressenti à Laksforsen, où la bouillonnante chute d'eau fait l'effet d'un brumisateur géant dans un mugissement infernal. Ça réveille !

Bref, avec toutes ces distractions, le voyage passe comme une lettre à la poste. Nous arrivons à Mo I Rana avant midi, presque étonnés d'être déjà arrivés, mais tenaillés par une faim de loup !

Hé, hé, levés depuis 5 heures du matin avec 300 kilomètres sous le capot !

Le premier REMA à l'entrée de la ville tombe à point pour les courses. Son parking fait très bien l'affaire pour déjeuner dans la foulée.

Pas de temps à consacrer à une sieste ou à une pause prolongée aujourd'hui. En effet, si l'on veut se donner une chance d'approcher le glacier Svartisen, il faut poursuivre… une quinzaine de kilomètres sur l'E 6 puis encore autant dans la vallée de Svartisdal.

Ouf, nous arrivons juste à temps pour le départ du bateau à 14 heures. C'est le dernier départ de la journée (plus tard dans la saison, il y en a d'autres dans l'après-midi). Nous avons donc bien fait de partir tôt.

Dans un premier temps, le Svartisen 3 nous fait traverser le lac en une vingtaine de minutes. Nous sommes une quinzaine à bord. Le ciel se voile par intermittence mais il fait beau dans l'ensemble, quoique frais, surtout sur l'eau où gants et bonnets complètent la tenue.

Le bateau nous laisse environ deux heures et demie sur place, il reviendra nous chercher vers 16 h 45.

Les quinze randonneurs déplient aussitôt leurs bâtons de marche et partent à la queue leu leu à l'assaut du versant. Le sentier grimpe de façon régulière et soutenue sur des strates rocheuses. Certains s'attardent près d'une cascade, d'autres cavalent en tête pendant que les derniers papotent en queue de peloton. Bref, plus on gagne en altitude, plus la file s'étire !

Il reste à contourner le lac glaciaire… … avant que ne se dévoile au soleil, scintillante et immaculée, la langue glaciaire du Svartisen.

Mais sa beauté ne saurait faire oublier le mal qui ronge tous les glaciers du monde. De nombreuses marques au sol et d'anciens panneaux sont les témoins d'une perte importante de superficie au cours les dernières décennies.

Formées de deux calottes glaciaires séparées par la vallée de Vesterdalen, le Svartisen reste néanmoins le deuxième plus grand glacier du pays. Malgré une altitude moyenne de 1 500 mètres et une épaisseur de glace de 600 mètres par endroits, ses nombreux bras descendent jusque dans les vallées et forment ainsi les glaciers les plus bas d'Europe continentale.

Le bras oriental descend ici à 500 mètres d'altitude. Dans quelques semaines, notre parcours nous amènera au niveau du bras occidental de ce même glacier qui lui se jette dans l'océan ou… presque. Mais ça, c'est une autre histoire !

Pour le moment et près avoir contemplé la coulée de glace sous toutes les coutures, il est déjà temps de lui tourner le dos pour amorcer la descente.

Le bateau est à l'heure à 16 h 45. Un quart d'heure, plus tard, nous retrouvons notre cher Pössl.

Notre journée aurait dû s'arrêter là sauf qu'Hervé a une envie irrépressible de pizza. La ville de Mo I Rana n'est pas si loin (euh ! à 30 kilomètres tout de même) et on n'est pas à quelques kilomètres près, alors zou, on y retourne !

Si par la même occasion on pouvait faire laver le linge… Mais à l'office de tourisme, on nous confirme qu'on ne peut pas trouver ce service en ville (ni nulle part en Norvège en général) et que la seule solution est de s'adresser à un camping.

La jeune femme se propose de contacter pour nous les campings des alentours. Le plus proche en direction du nord ne possède pas de lave-linge, le suivant a bien un lave-linge mais pas de sèche-linge. Le troisième offre les deux mais se trouve à 60 kilomètres au nord de Mo I Rana. Bah, on n'est plus à ça près !

Après avoir partagé une pizza "Al Pacino" - bonne, sans plus - c'est reparti pour un tour sur l'E6 sur une portion que nous commençons à connaître sur le bout des doigts, en la parcourant pour la troisième fois depuis ce midi.

C'est donc bien tard que nous posons notre camion sur la pelouse du Krokstrand Camping au terme d'une étape un peu folle qui, en raison de nos multiples va-et-vient, sera aussi la plus longue de tout notre séjour en Norvège. Mais c'est sans regrets car on a passé une journée extra et comme il ne fait jamais nuit…

Distance parcourue dans la journée : 485 kilomètres

Glacier Svartisen

Passage du cercle Arctique et embarquement pour Værøy (îles Lofoten)

J17 : Mercredi 25 juin 2014

Aujourd'hui, notre étape doit nous mener à Bodø, port d'embarquement à destination des îles Lofoten. Comme nous avons déjà bien avancé hier, il nous reste seulement 170 kilomètres à parcourir ce matin. Cool !

Nous attendons beaucoup de notre séjour aux Lofoten auquel nous avons prévu de consacrer sept jours. Alors s'il pouvait faire beau…

Pour le moment, c'est loin d'être gagné. La couleur du ciel se décline dans les nuances de gris et le thermomètre ne dépasse pas 8 degrés à 7 h 30.

Cap toujours plus au nord sur cette même route Arctique !

Les épaisses forêts de pins laissent progressivement la place à des bois plus clairsemés, à des arbres de plus en plus rabougris avant leur disparition complète au profit d'une toundra désolée balayée par les vents et encore partiellement recouverte de neige.

Normal, nous venons de franchir à 700 mètres d'altitude la ligne imaginaire du cercle Arctique, 66° 33'45''N

A partir de maintenant, on verra le soleil rester au-dessus de l'horizon et ne jamais se coucher. C'est ce qu'on appelle le soleil de minuit.

Mais, pour l'instant, il manque à l'appel. Pire encore, voilà que la pluie s'invite, elle aussi. On espérait s'en débarrasser en se dirigeant vers l'ouest à Fauske, mais rien à faire, elle nous suit jusqu'au bout ou… presque.

En effet, à Bodø, le ciel est voilé mais il ne pleut pas. Voilà qui est prometteur !

Il est 11 heures, notre ferry ne part qu'à 16 h 30 mais nous préférons placer immédiatement le camping-car dans la queue. Nous avons choisi l'île de Værøy (un seul départ par jour) comme première destination dans l'archipel des Lofoten au contraire de la plupart des touristes qui vont directement à Moskenes (plusieurs départs par jour).

De ce fait, notre véhicule est le deuxième dans la queue alors que plusieurs files à destination de Moskenes sont déjà complètes.

Jusqu'à 16 h 30, comment s'occupe-t-on, me diriez-vous.

Vu l'heure, on commence par préparer le repas, déjeuner et faire la vaisselle. On en profite aussi pour faire un peu de rangement et de nettoyage. Petite promenade sur le quai pour assister à l'arrivée d'un Express Côtier, ce "paquebot" desservant les principaux ports côtiers de Bergen à Kirkenes. Un spectacle à lui tout seul !

En début d'après-midi, on abandonne Pössl pour aller faire un tour en ville. A notre retour, les files d'attente se sont encore étoffées et l'animation ne manque pas.

A côté de nous, un motard suédois démonte sa machine. Derrière nous des Asiatiques arrivent du centre-ville les bras chargés de course. Plus loin des Français racontent leurs péripéties de voyage à des Belges. Puis les caissiers ne tardent pas à encaisser leur dû, le départ se précise, le ferry se remplit.

Ça y est, le navire lève l'ancre. C'est parti pour plus de six heures de navigation.

La mer très calme au départ finit par se former en cours de traversée. En revanche, bonne nouvelle, le voile nuageux se disloque pour laisser la place à un ciel uniformément bleu et à un soleil radieux.

A 20 heures, quand le ferry fait une escale à Røst, il fait un temps magnifique !

Cet archipel formé de 365 îles et skerries offre un contraste surprenant avec ses voisines plus au nord, très escarpées. A part un léger renflement au centre, l'île principale de Røstlandet, est plate comme une crêpe.

Elle attire 2,5 millions d'oiseaux de mer qui viennent nicher partout, y compris aux abords des habitations. Vers 22 h 30, après 6 heures de roulis et de tangage, nous approchons des côtes deVærøy, éblouis par le soleil encore très haut dans le ciel.

Une fois débarqués, nous regagnons aussitôt la côte nord de l'île où une piste en terre finit en cul-de-sac au niveau d'un petit parking. Deux autres voitures sorties du ferry nous ont déjà devancés. Leurs occupants, deux couples norvégiens, sont en train d'installer leur tente dans la lande.

Quant à nous, nous profitons du soleil de minuit avant de tirer les rideaux pour une bonne nuit pendant laquelle il fait aussi clair qu'en plein jour.

Distance parcourue dans la journée : 180 kilomètres

J18 : Jeudi 26 juin 2014

Yessss, le ciel est toujours bleu, le soleil radieux et malgré un petit vent froid, la journée s'annonce exceptionnellement belle sur Værøy.

Avant 9 heures, alors que nos voisins campeurs dorment encore, nous sommes déjà prêts à randonner.

Île montagneuse d'à peine 8 kilomètres de long, hébergeant 2 000 fois plus d'oiseaux de mer que d'êtres humains, Værøy est réputée pour ses plages de sable blanc, ses crêtes élevées, ses hameaux isolés et sa mer cristalline, à l'écart du reste des Lofoten plus touristiques.

Le ferry vers notre destination suivante, Moskenesøya, ne part qu'à 22 h 45. Nous avons donc toute la journée pour vérifier si Værøy est à la hauteur de sa réputation.

L'itinéraire à pied que nous avons choisi d'emprunter part directement du parking où nous sommes garés en direction du village abandonné de Måstad, situé sur la presqu'île Sud.

Le sentier, longeant le versant nord d'une montagne escarpée culminant à plus de 400 mètres, est malheureusement encore à l'ombre à cette heure-ci. Passant tantôt à flanc de falaise (attention au vertige), tantôt sur des rochers, tantôt sur des galets, il n'est pas aisé à fouler.

Il faut en permanence vérifier où l'on met les pieds si l'on ne veut pas se tordre une cheville ou marcher sur des oeufs ! Une fois l'isthme d'Eidet franchi, nous poursuivons au soleil et profitons de la vue merveilleuse sur la côte Est et les sommets de l'île.

Le chemin est maintenant plus large et grossièrement pavé par endroits. C'est le reliquat d'une tentative de liaison entre Måstad et le reste de l'île, avortée en raison de l'assaut répétitif de la mer.

C'est également cet isthme qui permettait aux pêcheurs d'antan de passer leurs barques de la côte Est à la côte Ouest.

Peu après, on commence à apercevoir le village au loin.

A 11 heures, nous atteignons les premières maisons.

Un panneau indique que ce village de pêcheurs comptait jusqu'à 150 habitants. Pour compléter leurs revenus, ils pratiquaient la chasse aux macareux à l'aide de chiens dressés à cet effet, appelés chiens à macareux (puffin dogs). Il subsiste environ 700 spécimens de cette race, tous issus de l'île.

L'endroit étant inaccessible par la route (seul le chemin de pêcheurs était praticable à pied) et également difficilement accessible par la mer en raison de forts courants et souvent du mauvais temps, le village fut abandonné.

Il ne reste aujourd'hui que quelques résidences secondaires.

De Måstad, on peut tenter l'ascension du Mahornet (431 mètres), une montée réservée aux randonneurs sportifs, précise le guide LP.

Aujourd'hui, on ne se sent pas à la hauteur. La sente, à peine visible et en dévers sur le flanc de la montagne, ne nous inspire pas confiance. On se contente des trois premiers lacets afin de bénéficier d'une vue intéressante sur le village avant d'en rester là.

Le retour par le même itinéraire nous fait découvrir des aspects insolites de cette côte auxquels on n'avait pas prêté attention précédemment.

Ici un profil aquilin tourné vers l'océan…

Là, un flotteur géant, ramené par la mer…

Ici et là, des plages aux eaux cristallines dignes des Seychelles, la chaleur en moins ;-)

Au loin, l'île de Moskenesøya où nous serons dès ce soir.

D'ici là, poursuivons la découverte de Værøy, il est à peine 15 heures. Une carte affichée au niveau du parking permet rapidement de faire un point. Après les 15 kilomètres que nous venons de parcourir, nous cherchons quelque chose de light.

Une balade facile de 2 kilomètres vers le phare de Kvalnes nous convient parfaitement.

Aussitôt vu, aussitôt décidé ! Le camping-car est déplacé jusqu'à l'extrémité opposée de l'île. En cours de route, d'autres belles plages !

A travers une prairie fleurie, c'est l'occasion d'observer cette délicate orchidée, Orchis rouge sang !

Le nez en l'air pour suivre le vol des goélands, le nez par terre pour suivre le sautillement des huitriers pie… Les yeux posés sur la ligne de crête ou rivés sur l'horizon… .. chemin faisant jusqu'au phare, nous goûtons à la solitude de Værøy.

Pour finir, il nous reste à jeter un œil sur Sørland, le village principal de l'île, bien emmitouflés et encapuchonnés en raison d'un vent glacial pendant que les enfants de Værøy en petite tenue, s'amusent à des jeux d'eau dans leur jardin. C'est l'été, finalement !

Frigorifiés, nous finissons pas nous réfugier dans le camping-car et à nous placer dès 19 heures dans la queue pour le ferry de 22 h 45. A cette heure, nous sommes les troisièmes de la file (au final sur une dizaine de véhicules seulement).

Popote, dîner et tâches diverses nous occupent jusqu'au départ du ferry qui, avec près d'une heure de retard, se fait ardemment désirer et par la même nous fera arriver bien tard à Moskenes.

Il est plus d'une heure du matin quand nous stationnons Pössl à l'extrémité Sud de l'île de Moskenesøya, après le village et le tunnel de Å, curieusement en même temps que nos voisins campeurs de la nuit dernière.

Sur le parking de Å, tout le monde dort déjà. Nous nous dépêchons d'en faire autant, après une journée à rallonge… inoubliable.

Værøy a été à la hauteur de nos attentes. Espérons qu'il en sera de même des autres îles des Lofoten !

Distance parcourue dans la journée : 20 km en véhicule et autant à pied !

Village de Måstad à Værøy



Moskenesøy : Des rorbuer de Å à… la plage de Kvalvika

J19 : Vendredi 27 juin 2014

Réveillés en fanfare par le raffut des goélands, notre premier coup d'œil va au ciel. Nous sommes immédiatement rassurés, il fait un temps magnifique.

Les six prochains jours seront consacrés à la traversée des îles Lofoten, du sud au nord. Nous n'aurons plus à utiliser de ferry, les îles sont maintenant toutes reliées entre elles par des ponts ou des tunnels sous-marins. L'E 10 qui les traverse d'un bout à l'autre a été classée route touristique nationale.

Semblables à un dragon marin hérissé, les îles Lofoten se présentent comme une chaîne de montagnes boisées surgie de la mer, entrecoupée de lacs et de fjords abritant des baies aux eaux claires et des villages pittoresques.

Nous sommes pour le moment à Moskenesøy, la plus méridionale des Lofoten, plus précisément à la pointe sud, à proximité du village de Å.

Avant de poursuivre plus loin, un petit tour à pied s'impose pour explorer le bout de la péninsule.

Côté mer s'étend le Vestfjord séparant l'archipel du continent d'où surgissent les contreforts de l'île de Varøy.

L'océan est d'un calme impressionnant et le sentiment de solitude à peine rompu par le joyeux piaillement des goélands et le clapotis de la mer juste ridée.

A l'opposé, côté terre, les pêcheurs commencent à s'activer dans le village de Å (qu'on prononce O) mais à cette heure, la localité reste encore préservée des touristes qui la visitent en nombre tous les jours.

Avec sa rangée de rorbuer rouges (ces cabanes traditionnelles de pêcheurs) le long du rivage, avec ses séchoirs à poisson et sa colonie d'oiseaux de mer, c'est l'un des villages les plus typiques de l'archipel.

Mais Moskenesøy, ce sont également des reliefs escarpés aux sommets desquels la vue est époustouflante. C'est le cas des environs de Reine que l'on admire depuis les hauteurs de Reinebringen. Bien que réputée difficile avec 450 mètres de dénivelé pour 1,3 kilomètre seulement, cette randonnée est notre objectif prioritaire.

Pourtant, au pied de la montée, un panneau va immédiatement semer le doute. Est-ce vraiment prudents de nous lancer sur un terrain aussi difficile ?

Stimulés par les magnifiques panoramas vus en photos, nous attaquons la grimpette avec courage mais très vite le doute refait surface. Le terrain est instable, des pierres se dérobent sous nos pieds, la terre s'effrite à notre passage. La montée est verticale à tel point qu'on a l'impression de faire du sur-place. Même en multipliant les pauses, nous n'arrivons pas à récupérer alors que des jeunes nous dépassent en avalant les dénivelés quatre à quatre. Le moral est dans les chaussettes !

Les difficultés se corsent encore avec un ultime passage scabreux sur les racines d'un arbre laissées à nu par un éboulement de terre. Craignant que la suite ne soit pire, nous abdiquons, préférant ne pas prendre davantage de risques. Tant pis pour Reinebringen et ses vues fabuleuses, on se contentera d'admirer le village d'en bas. On a gravi 200 mètres sur les 450 prévus.

Mais pas question de rester sur un échec. Nous planifions immédiatement une nouvelle randonnée pour l'après-midi tout en veillant à rester plus raisonnables dans nos choix. La plage de Bunes, accessible en 1 heure à pied après une traversée du Reinefjord en bateau, aurait pu convenir mais les horaires du navire ne nous arrangent pas.

C'est alors une autre plage que nous retenons, Kvalvika ou plage de la Baleine, située sur la côte nord de Moskenesøy. Si le point de départ de cette nouvelle balade n'est qu'à quelques kilomètres à vol d'oiseau, la configuration de l'île impose un détour afin de contourner son centre montagneux. En outre, des travaux titanesques sur l'E10 ralentissent considérablement le trafic, réduisant la chaussée à une voie imposant une circulation alternée. Mais nous ne sommes pas pressés, ce sont les vacances ! Ce ralentissement nous permet de profiter encore mieux des paysages.

Les belles vues se succèdent tout au long de cette route touristique nationale.

Les ponts aussi participent à l'harmonie des lieux.

Sur le trajet, Hervé s'arrête pour acheter l'objet indispensable aux Lofoten, une canne à pêche, qu'il espère étrenner dès ce soir.

Mais avant cela, allons voir à quoi ressemble cette fameuse plage. Quatre jeunes Français, rencontrés au départ de la randonnée, nous rassurent en qualifiant le parcours de "très chouette".

Après avoir traversé un terrain tourbeux sur des planches, le sentier prend la direction d'un col, tout en laissant derrière lui un fjord échancré d'où surgit une chaine montagneuse et un chapelet d'îlots.

Au bout d'une demi-heure, si l'on commence à apercevoir la plage, il faut compter une bonne demi-heure de plus pour atteindre l'étendue de sable.

Une fois arrivés, quel plaisir de marcher pieds nus sur le sable. Quant à se baigner, c'est une autre histoire. Avec un vent glacial, le froid ressenti nous paraît inférieur à la douzaine de degrés affichés par le thermomètre. Tremper les orteils dans l'eau est déjà un exploit.

Retour au camping-car à 18 heures après une randonnée de 6 kilomètres en 2 heures et demie, pause sur la plage comprise, avec 200 mètres de dénivelé. Très chouette, effectivement et plage magnifique.

Il nous reste alors à rallier le port de Ramberg, sur l'île de Flakstadøy toute proche, où j'avais repéré une possibilité de stationnement pour la nuit ainsi qu'un point d'approvisionnement en eau.

Quelques pêcheurs, Français de surcroît, sont déjà en train de taquiner le poisson. Il n'en faut pas davantage à Hervé pour déployer sa canne et se joindre à eux. Ni une ni deux, mais huit petites morues mordent à l'hameçon. Les plus petites feront le régal des mouettes, les autres gagneront le réfrigérateur en attendant de passer à la poêle demain midi.

Avec un excellent spot de pêche, un point d'eau disponible à volonté et un lieu de stationnement spacieux, le port de Ramberg sera notre abri pour la nuit.

Distance parcourue dans la journée : 50 km

Plage de Kvalvika

Flakstadøy : Des orques entre Nesland et Nusfjord

J20 : Samedi 28 juin 2014

Avec le maintien du beau temps, nous poursuivons notre découverte des Lofoten, aujourd'hui l'île de Flakstadøy qui comme sa voisine Moskenesøy ne manque pas de sommets panoramiques.

Parmi les randonnées possibles, j'avais sélectionné celles vers Volandstinden, Nesheia ou Hestræva, toutes rangées dans la catégorie "difficulté moyenne" malgré leur dénivelé conséquent. Mais après l'expérience d'hier, nous sommes méfiants. Si elles sont toutes du même acabit que celle d'hier vers Reinebringen…

C'est pour cette raison que nous choisissons finalement de relier Nesland à Nusfjord, un parcours classé facile, sur un sentier de bord de mer. Un itinéraire que nous avions écarté au moment de la préparation, Hervé trouvant qu'il manquait de hauteur.

C'est l'occasion de vérifier si son jugement était fondé.

A 8 h 30, nous sommes déjà à pied d'œuvre dans le village de Nesland et dix minutes plus tard, le village laissé derrière nous, a l'air d'une miniature.

Le sentier suit effectivement le bord de mer. Jusque là, pas de difficulté. En outre, le parcours est au soleil et à l'abri du vent, ce qui est un avantage incontestable.

Ajoutez à cela de belles vues sur l'océan ! Ce début est bien plus prometteur qu'il n'y paraissait.

Mais il n'a cependant rien d'une promenade tranquille. De petites montées suivies d'autant de descentes demandent des efforts sans relâche.

Sur une butte, nous nous accordons volontiers une pause devant une mer aussi lisse qu'une nappe d'huile, survolée par quantité d'oiseaux.

Quand, tout à coup, là… au ras de l'eau… Pschiiii ! N'est-ce pas un souffle ?

Pas de doute, c'est un groupe d'orques. D'ailleurs, en prêtant l'oreille et bien qu'elles soient à 200 mètres du rivage, on les entend nettement souffler.

Médusés et tout excités par cette rencontre inattendue, nous suivons leurs gracieuses évolutions. Même les chalutiers en train de pêcher sur le site s'écartent pour les laisser passer.

Quand elles s'éloignent définitivement, nous reprenons le cours de notre randonnée, décidément loin d'être une balade du dimanche.

Bientôt c'est un labyrinthe rocheux qui nous obligera à chercher notre passage, à revenir sur nos pas, à sauter d'un bloc à l'autre avant de nous en extraire par une échelle.

Au bout de deux heures, à l'approche de Nusfjord, la côte rocheuse commence à s'égayer du rouge vif des maisons traditionnelles, d'abord isolées, puis plus serrées autour du port.

Avec ses maisons sur pilotis, ses pontons de bois, ses bateaux de pêche aux couleurs pimpantes, le village est vraiment ravissant. Un véritable tableau de carte postale !

Bref, contrairement à nos a priori, c'est une randonnée qui vaut le coup pour les paysages, les deux beaux villages et surtout pour une possible rencontre avec des mammifères marins. On aurait eu tort de l'écarter !

En tout : 12 kilomètres, 5 heures visite et pauses comprises, 500 mètres de dénivelés cumulés (mine de rien !). Une randonnée, certes facile, mais en raison de deux ou trois difficultés, pas tout à fait une promenade de santé.

En tout cas, à l'issue d'une bonne demi-journée de marche au soleil, nous ressortons avec plaisir short et sandales, l'été norvégien semble de retour.

D'ailleurs même les moutons ressentent le besoin de se rafraîchir les pattes.

Mais, en cours d'après-midi, de retour du côté de Ramberg, l'atmosphère est toute autre : mer agitée, vent et froid +++. Sandales et shorts sont à nouveau rangés.

Alors même que la plage de Ramberg offre tous les attributs d'une grève tropicale, le bonnet de laine est plus approprié que le bonnet de bain.

En revanche, ce temps est idéal pour la pêche et depuis le quai de Ramberg, la prise est aussi bonne que la veille. Deux gros lieus jaunes vont améliorer l'ordinaire et finir à la casserole pour le dîner.

Bien que Ramberg nous plaise beaucoup, nous avons un autre projet pour la fin de soirée : assister au soleil de minuit. Dans cet objectif, il faut trouver un lieu orienté au nord. On n'aura pas à aller bien loin. Peu après la sortie de Ramberg, un spot en bord de mer répond parfaitement à nos attentes. Un motocycliste allemand y a déjà planté sa tente, une voiture y est également garée. Dans notre Pössl, nous leur tiendrons compagnie.

Dans un premier temps, nous restons à l'abri dans le camion, à contempler le ciel que les nuages décorent de traînées d'or. Il est un peu plus de 23 heures.

Vers 23 h 30, nous tentons une courte sortie sous la lumière arctique.

Mais, brrr, le vent est si glacial que nous rajoutons un Kway par-dessus deux vestes polaires et un épais coupe-vent. Malgré toutes ces épaisseurs, le froid nous transperce si bien que notre seul souhait est de vite, vite nous mettre sous la couette sans attendre les douze coups de minuit.

A minuit pile, notre carrosse ne s'est pas transformé en citrouille (ouf !) mais nous avons entendu la voiture garée à côté de nous quitter discrètement les lieux, nous laissant seuls en compagnie du campeur allemand.

Distance parcourue dans la journée : 35 km

Nusfjord

Plongées dans le Vestfjord et pêche à Henningsvær

J21 : Dimanche 29 juin 2014

Si la Norvège est principalement connue pour ses fjords et ses glaciers, elle possède également des fonds sous-marins intéressants, ce qui ne pouvait échapper à mon plongeur de mari.

La plongée avec bouteilles se pratique dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Sud autour de Kristiansand, dans l'Ouest autour de Bodø et bien entendu ici, dans l'archipel des Lofoten, plus particulièrement autour de Ballstad sur l'île de Vestvågøy. C'est là que nous avons repéré le centre de plongée "Lofoten Diving" mais n'avons fait aucune réservation.

C'est donc cette direction que nous prenons ce matin afin d'aller aux renseignements et voir s'il est possible de programmer une ou deux plongées dans les prochains jours.

Je ne vous fais pas de long laïus à propos de météo, il fait toujours aussi beau quoique toujours frais (10 degrés seulement en milieu de matinée).

Ballstad se trouvant sur l'île voisine de Vestvågøy, nous passons, comme si de rien n'était, d'une île à l'autre par un tunnel sous-marin.

Au passage, toujours de belles plages mais aussi des pâturages et des exploitations agricoles. Derrière leur enclos, ces belles vaches Highland nous regardent avec curiosité, à moins que ce soit le contraire ;-)

Le centre de plongée est dirigé par Daniel, secondé pour la saison par Robert, un journaliste, photographe et moniteur de plongée suisse. Ils nous réservent un accueil chaleureux.

Daniel propose à Hervé soit de faire une plongée illico et une autre dans l'après-midi soit d'en faire une première cet après-midi et une deuxième demain matin.

Il s'agit bien sûr de plongée en combinaison étanche, une pratique qu'Hervé a déjà pu expérimenter en Islande l'été dernier.

Après réflexion, nous optons pour la deuxième proposition afin de laisser au plongeur le temps de se préparer mentalement à l'exercice. Rendez-vous est pris pour 15 heures.

Entre-temps, nous poussons jusqu'au port de Ballstad. Tourné vers l'industrie du poisson, la localité n'a cependant pas le charme des autres villages précédemment visités.

Dès 14 heures, le plongeur fébrile nous ramène devant le local de plongée. C'est que la préparation demande plus de temps que la plongée elle-même.

Je laisse la parole au plongeur : " Cette première plongée est une plongée de réadaptation sur un site à cinq minutes en bateau. La mer est calme, l'eau à 9 degrés avec une visibilité de 8 à 10 mètres sans courant. En binôme avec Robert, nous flânons tranquillement à 6/8 mètres de profondeur tout en observant poissons et petits organismes marins : nudibranches, étoiles de mer, éponges, lompe en train de couver ses œufs et... un curieux organisme : le cténophore (macroplancton)

Bref, une plongée toute en minutie et en douceur pour une réadaptation réussie".

Au retour, chargé comme un baudet… mais ravi et impatient de renouveler l'expérience demain matin.

La journée a filé à toute vitesse, il est déjà l'heure de trouver un lieu de bivouac pour la nuit. J'avais noté que le stationnement des camping-cars était toléré en surplomb de la magnifique plage d'Uttakleiv. Ce n'est qu'à 20 kilomètres, on s'y rend sur le champ.

La plage est sublime effectivement.

En plus, à l'extrémité du parking, l'ancienne route contournant la montagne est devenue un chemin de randonnée et un excellent prétexte à une belle promenade.

Distance parcourue dans la journée : 90 km

J22 : Lundi 30 juin 2014

Pas de changement côté météo, il fait invariablement beau et toujours frais (11 degrés). Comme d'habitude et bien qu'il soit déjà 8 h 30, nous sommes les premiers à bouger notre camping-car. C'est à croire que les camping-caristes sont adeptes de grasses matinées.

Retour à Ballstad pour une deuxième plongée, aujourd'hui, sur une épave.

Il s'agit d'un bateau de pêche islandais ultra-moderne, le "Gudrun Gisladottir" qui a heurté un rocher dans le détroit de Napp, entre les îles de Flakstadøy et Vestvågøy le 18 juin 2002. Après plusieurs tentatives de remorquage, les pompes de renflouages sont tombées en panne. Les secours ont été obligés de le laisser sombrer. Le bateau coula le lendemain de l'accident, près de Ballstad, à vingt minutes en bateau du centre de plongée. Il repose sur un lit de sable à 40 mètres de fond.

C'est Hervé qui vous conte la suite :

"Après un briefing très détaillé, c'est avec Daniel et un jeune stagiaire norvégien que je fais équipe aujourd'hui pour une plongée plus engagée le long de la coque du navire entre 35 et 40 mètres de profondeur. Tout le matériel est encore sur place. La cabine de pilotage toujours intacte a été investie par des morues et des éponges.

Visibilité 10 à 12 mètres. Pas de courant.

D'une façon générale, ces deux expériences m'ont permis d'approfondir la pratique de la plongée en combinaison étanche que je pense maintenant maîtriser parfaitement ou… presque ! "

A l'issue de la plongée, Hervé s'offre un bain supplémentaire dans un bac d'eau douce, une façon originale de rincer le matériel. Il a l'air d'apprécier !

Après cet intermède "Lofoten under the sea", nous reprenons la découverte terrestre de l'archipel mais à partir de maintenant, en faisant un peu les choses dans le désordre.

En effet, pour ne pas trop solliciter la résistance du plongeur, nous irons d'abord sur l'île de Austvågøy visiter tranquillement Henningsvær cet après-midi avant de revenir demain pour approfondir l'exploration de Vestvågøy.

Nous traversons Austvågøy par la très belle route 815 en passant au pied du Justadtinden que nous gravirons demain. Ensuite, c'est la 816 qui finit de nous conduire à Henningsvær.

Situées sur un étroit promontoire au pied de pics escarpés, les jolies maisons sur pilotis valent au village le surnom de "Venise des Lofoten", une appellation sans doute un peu exagérée mais un lieu agréable et branché où il fait bon flâner entre cafés et galeries d'art.

On y repère, pour le dîner, le restaurant Fiskekrogen qui nous semble bien alléchant jusqu'à ce que… depuis un ponton voisin, Hervé ne fasse une pêche miraculeuse : cinq gros maquereaux (d'un kilo chacun) et beaucoup d'autres s'il avait insisté. Il en donne deux à un touriste luxembourgeois qui l'observait depuis la fenêtre de sa résidence.

Dans ces circonstances, ce sera dîner maison avec au menu… devinez quoi ? Ce dîner et la nuit à venir ont pour décor la plage de Rorvika, à l'intersection de l'E10 et de la 816, alors qu'une brume épaisse commence à couvrir les sommets. Annoncent-ils un changement météo ?

Distance parcourue dans la journée : 110 km

Cténophore

Vestvågøy : du sommet du Justadtinden à la plage d'Eggum

J23 : Mardi 1er juillet 2014

Les nuages d'hier soir ont-ils pris le dessus ? Non, pas du tout, il fait toujours un temps magnifique en ce premier jour du mois de juillet.

Comme je l'avais précisé antérieurement, nous retournons sur nos pas aujourd'hui jusqu'à Justad afin de randonner.

Comme hier, nous reprenons la 815 presque jusqu'à Leknes, ce qui nous permet de revoir ces mêmes paysages à la fois côtiers et montagneux sous un autre angle.

En passant d'une île à l'autre, ce pont très esthétique mérite un court arrêt.

Pour une fois, nous ne sommes pas très matinaux. Le temps de faire le trajet jusqu'à Justad, il est déjà 10 h 45.

Nous avons retenu la randonnée vers les crêtes du Justadtinden pour deux raisons. Bien que ce soit un parcours long (14 km AR pour 900 mètres de dénivelé), il semblait à notre portée car nous sommes meilleurs en endurance qu'en vitesse. L'abandon à Reinebringen a sérieusement ébranlé notre confiance en nous.

L'auteur du site Internet rando-lofoten parle d'un "festival de panoramas", on ne veut pas rater ça, alors zou, en avant !

Pour commencer, le sentier suit tout en douceur la ligne de crêtes. Au bout d'un quart d'heure de marche, déjà un premier aperçu sur une vaste lande avec la petite ville de Leknes en arrière-plan !

Plus on monte, plus la vue s'élargit, dominant maintenant une zone de lacs et de tourbières. Au fond, le Vestfjord et les contreforts des îles voisines.

Ensuite, le parcours se fait plus raide, en traversant une grande prairie d'altitude avant d'atteindre le sommet, malheureusement un peu couvert. Il est 13 heures.

Mais quelques trouées plus claires vont malgré tout nous permettre d'assister au festival de panoramas.

Sur le chemin du retour, un dernier coup d'œil au Justadtinden.

Arrivée au camping-car à 15 h 15.

Bilan : une très belle randonnée, certes longue (14 km aller/retour), avec un dénivelé cumulé de 900 mètres, mais sans difficulté technique, faite en 4 heures et demie pauses comprises (au lieu des 5 à 6 heures annoncées).

Bref, voilà de quoi regonfler notre ego ;-)

La journée étant déjà bien entamée, on peut dès à présent réfléchir à une destination pour la nuit. Parmi les différents repérages que j'avais faits, j'étais particulièrement attirée par la plage d'Eggum, réputée très belle et par ailleurs idéale pour assister au soleil de minuit. C'est à une trentaine de kilomètres, on y fonce illico.

Pour changer un peu, nous traversons cette fois l'île de Vestvågøya par la E10 avant de tourner vers le nord, en direction d'Eggum.

La piste continue après le village et s'arrête en cul-de-sac à l'entrée de la réserve naturelle. C'est là que le stationnement des camping-cars est permis, moyennant 100 couronnes à payer au café du site. Un contrôle est effectué en fin de soirée, resquilleurs s'abstenir !

C'est un très beau spot très prisé, complété par un bel itinéraire de randonnée entre Eggum et Unstad, l'occasion d'une petite marche postprandiale.

Le chemin suit le bord de mer. Pourtant, ce décor, juste en retrait de la côte, pourrait faire croire à un paysage de montagne.

Le clou du parcours reste cependant cette sculpture, faisant partie du projet "Skulpturlanskap", 33 œuvres d'art modernes et originales, se mariant parfaitement avec le paysage, réparties dans toute la région du Nordland.

Celle-ci, intitulée Hode (ou Head) est l'œuvre du Suisse Markus Raetz. A première vue, une simple tête de granit.

Mais, en tournant autour du socle, vous finissez par voir et avoir la tête à l'envers ;-)

C'est donc un peu tourneboulés, la tête remplie d'un festival d'images, que nous nous retirons dans notre camion pour une soirée sous les rayons du soleil de minuit.

Distance parcourue dans la journée : 80 km

Du sommet de Justadtinden

Mont Hoven (Gimsøy) et retour sur le continent

J24 : Mercredi 24 juillet 2014

Cette dernière journée sur les îles Lofoten promet encore d'être radieuse. Pas un nuage dans le ciel, déjà 12 degrés ce matin mais il fera jusqu'à 18 dans la journée. Chic, ça se réchauffe ! Dès 8 heures, c'est parti pour l'île de Gimsøy !

A sa pointe nord se dresse le mont Hoven (368 mètres), une montagne solitaire et facile à gravir, offrant des vues paradisiaques, paraît-il.

Une randonnée facile (4 km, dénivelé 400 mètres, 2 heures).

Sa silhouette massive qui tranche avec les crêtes acérées du reste des Lofoten inspire confiance.

A ses pieds quelques maisons de vacances dans un cadre bucolique et paisible ! Nous sommes séduits !

Le sentier menant au mont débute près du golf en chantier. Pour cette raison, le début est un peu confus. Mais, une fois sur la trace, l'ascension est aisée et le rapport qualité/effort excellent.

Du sommet du mont Hoven, nous contemplons des panoramas époustouflants. Entre rêve et réalité, nous nous imaginons transportés dans un coin du monde plus exotique.

Nous ne connaissons pas (encore) la Nouvelle-Calédonie maisce marais n'a-t-il pas des airs de famille avec le Cœur de Voh rendu célèbre par le photographe Yann Arthus-Bertrand.

Cette anse de sable blond aux eaux cristallines n'a-t-elle pas tous les attributs d'une plage tropicale des Caraïbes ou de l'océan Indien ?

Avec son eau turquoise, dans laquelle on imaginerait volontiers des bancs coralliens, et sa chaîne montagneuse tombant dans l'océan, on se croirait presque en Polynésie.

Il ne manque que la chaleur ? Oui, mais ça se réchauffe, je vous l'assure.

Quand nous nous arrêtons sur l'E10 (peu après le camping de Lingvaer) pour nous amuser avec nos reflets et ceux des montagnes derrière nous, nous sommes déjà en bras de chemise. Nous n'avons pas encore détaché nos bas de pantalon mais ça ne saurait tarder.

"Miroir, mon beau miroir". Cette drôle d'installation fait elle aussi partie du projet "Skulpturlanskap". Sans titre, œuvre de l'artiste américain Dan Graham, elle sublimise les magnifiques paysages des Lofoten où chacun compose son propre tableau. Nous créons le nôtre.

Quelques heures plus tard, en nous promenant dans la petite ville de Svolvær, la tenue des touristes et des locaux ne trompe pas. En arborant sandales, shorts, petites robes et manches courtes, ils signent le retour de la douceur voire de la chaleur en plein midi.

D'ailleurs partout le long des fjords bordant l'E10 puis la Fv 888, les Norvégiens pratiquent le bain de soleil (à défaut du bain tout court pour l'instant).

A la pointe nord de l'île de Austvågøy, peu après Delp sur la rive du Grunnfjord, nous en faisons autant, un long bain de pied et de soleil avant de nous mettre à la recherche du lieu idéal où passer la nuit tout en étant bien orienté pour profiter le plus longtemps possible des rayons du soleil.

Nous n'aurons pas à chercher bien loin. Moins de 10 kilomètres plus loin, au niveau du hameau de Sande, nous nous dirigeons vers l'église et le cimetière en sachant qu'il y a toujours un parking à proximité de ce type de lieu. Après le cimetière, une trace mène à un ancien terrain de sport au bord d'une plage.

L'endroit est parfaitement orienté et aussitôt adopté. Quant à la plage, elle est le domaine de sternes arctiques, très agressives. Nous comprendrons vite à quoi peut bien servir le bâton surmonté d'un casque de chantier planté à l'entrée de la grève. Hervé met le casque, je brandis le bâton pour nous mettre à l'abri des coups de bec des sternes sur nos têtes. Ainsi protégés nous pouvons nous aventurer jusqu'au bord de l'eau.

On pensait rester seuls dans cette péninsule un peu isolée. Que nenni ! L'emplacement de notre camping-car visible depuis la route en attire bientôt deux autres : un petit camping-car rouge conduit par un papy allemand puis un petit combi qui repartira rapidement. Le premier nous tiendra compagnie pour la soirée.

On pensait veiller jusqu'à minuit mais après 22 heures, on s'effondre. Dans notre demi-sommeil, on entend le camping-car rouge démarrer et quitter les lieux sans doute une fois les douze coups de minuits sonnés.

Quant à nous, en ouvrant un œil puis deux à 2 heures du matin, nous ne sommes pas près d'oublier le spectacle qui s'offre alors à nos yeux à présent grands ouverts.

Un dégradé de rose sur un ciel toujours bleu et un soleil malgré l'heure tardive (ou matinale, c'est comme on veut) toujours aussi brillant.

Distance parcourue dans la journée : 135 km

J25 : Jeudi 3 juillet 2014

Ce matin, c'est une douceur inhabituelle qui nous tire du lit. Surprise, il fait déjà 18 degrés à 8 heures. La hausse des températures a donc bien l'air de se confirmer.

Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, c'est aujourd'hui que nous quittons l'archipel des Lofoten pour retrouver le continent.

Ce séjour a dépassé nos attentes avec un temps splendide durant sept jours consécutifs, des paysages montagneux et côtiers sublimes, de magnifiques randonnées et des lieux de bivouac exceptionnels. Ce fut un enchantement permanent !

Alors, en empruntant pour la dernière fois cette route touristique E10 à destination du ferry de Lødingen, c'est avec un brin de nostalgie que nous voyons disparaître les pics escarpés des Lofoten au profit des monts plus arrondis des Vesteralen.

Un nouveau pincement au cœur en embarquant sur le ferry à destination de Bognes et en faisant définitivement nos adieux au grand Nord ! En prenant résolument la direction du sud, il faut nous rendre à l'évidence, notre voyage entre dans sa phase retour. Dans dix jours, nous serons à Hanovre.

Mais d'ici là, il reste encore beaucoup de découvertes à faire.

En ayant privilégié de petites étapes sur les Lofoten et un rythme cool pour notre Pössl, maintenant qu'il faut rentrer, il va falloir mettre les bouchées doubles. Les vacances, c'est fini pour Pössl. Il va devoir rouler car plus de 200 kilomètres nous séparent de notre destination du soir, dans les environs de Bodø.

Dans l'immédiat, c'est facile, il suffit de suivre la file sortie du ferry et de descendre plein sud par la route Arctique (E 6) jusqu'à Fauske.

Au passage, ces dômes granitiques nous font penser aux reliefs de Yosemite (USA)

Le ciel devient tristounet en progressant vers le Sud. Sur la 80, entre Fauske et Bodø où nous sommes déjà passés il y a huit jours, il pleuviote tout comme la dernière fois.

En optant, un peu avant Bodø, pour la fameuse route Côtière (Kystriksveien ou Rv 17), le temps est à peine meilleur. Il ne pleut plus mais il fait gris sur Saltstraumen et les températures sont paradoxalement inférieures à celles de ce matin plus au nord.

C'est ici qu'on peut observer le maelström le plus puissant du monde. Le phénomène est le plus spectaculaire au moment du changement de marée soit entre 21 et 22 heures aujourd'hui.

Dans le détroit de Saltstraumen, long de 3 kilomètres et large de 150 mètres, la marée provoque le déversement d'un fjord dans un autre. Toutes les six heures, 400 millions de mètres cubes d'eau déferlent à une vitesse de 20 nœuds dans un sens, puis dans un autre, créant d'impressionnants remous et tourbillons.

En attendant, nous pensions nous installer au camping en bord de fjord, mais quand nous découvrons à quoi ressemble le camp, une concentration d'une centaine de mobilhomes et de trailers, nous changeons aussitôt d'avis.

Pendant que je profite discrètement de la buanderie du camp, Hervé tire une nouvelle fois le dîner du fjord, à savoir trois beaux lieus qui lui sautent littéralement dans les bras ou… presque !

Après avoir jeté un coup d'œil aux tourbillons du maelström, nous reprenons la route vers 22 heures afin de trouver un lieu de bivouac plus confidentiel. A proximité du hameau de Valnes, à l'écart de la route 17, nous trouvons notre bonheur : un tout petit parking (2 places max) au bord d'une rivière.

Cette étape de transition n'était pas spécialement exaltante mais néanmoins incontournable pour accéder à partir de demain et pour les trois prochains jours aux plus jolis paysages de la route Côtière. Avec le retour du soleil, espérons-le !

Distance parcourue dans la journée : 325 km

Au sommet du mont Hoven



Sur la route Côtière (Rv 17) : le glacier occidental du Svartisen

J26 : Vendredi 4 juillet 2014

Réveillés à 4 heures du matin par un bruit de portières qui claquent, sans doute d'un véhicule ayant partagé notre emplacement sans qu'on sans aperçoive, on en profite pour démarrer la journée à l'aube.

L'étape prévue aujourd'hui sur la route de la Côte va être extrêmement variée en moyens de locomotion. Par conséquent elle risque aussi d'être plus longue que la normale en raison d'éventuels délais d'attente. Nous utiliserons alternativement - le camping-car pour les quelques 230 kilomètres de route - le ferry à deux reprises, en complément de la route - le bateau pour traverser un fjord (le Holandsfjord en l'occurrence) - le vélo pour aller et revenir du débarcadère au point de départ du trail prévu - enfin, nos pieds pour atteindre la base de la langue glaciaire occidentale du Svartisen.

Le premier bateau traversant le Holandsfjord part à 7 h 45. L'embarcadère se trouvant à 130 kilomètres d'ici, il n'est pas trop tôt de partir à 5 heures.

Sur le trajet, le temps est hésitant. Le ciel bleu azur d'où jaillit tel un feu d'artifice un bouquet de nuages vire progressivement au gris maussade.

A Holand, je m'attendais à un quai envahi de cars de touristes. Or nous trouvons un tout petit embarcadère en bois, très mal indiqué et désert.

A 7 h 45, nous sommes les seuls à faire la traversée du fjord, mais peu s'en est fallu qu'on ne rate le départ du bateau. On était pourtant en avance mais l'endroit que j'avais noté était en réalité le centre des visiteurs, à deux kilomètres de l'embarcadère réel. C'est ballot ! Heureusement un habitant du coin nous a remis sur le droit chemin in extremis.

Juste le temps de garer le camion avant de sauter à bord de l'embarcation et déjà on voit le profil du glacier Svartisen apparaître entre deux sommets.

Une fois débarqués sur la rive opposée, il nous reste à contourner le lac glaciaire, un parcours de 3 kilomètres pas particulièrement attrayant alors la commune a prévu des locations de vélos. Il suffit de se servir dans le lot disponible et on paie au retour sur le bateau. Quelques coups de pédale et le tour est joué.

Sur le trajet, pas un chat mais… une famille de moutons, sans doute un peu surprise de nous trouver sur son chemin à cette heure matinale. Les petits, très craintifs, se pressent contre leur mère.

Après avoir laissé maman brebis à ses moutons, intéressons-nous au glacier. En suivant les petits cailloux, nous arrivons en bordure de la langue glaciaire, si près qu'on pourrait la toucher.

Fascinante et d'autant plus impressionnante que nous profitons tout seuls de ce spectacle !

Par un étroit cheminement granitique, nous accédons ensuite à une petite cabane surplombant le lac. De la terrasse le regard balaie l'ensemble du site, ce qui permet de réaliser que ce bras occidental du Svartisen rejoint (presque) la mer. Cette particularité lui vaut d'être le glacier le plus bas d'Europe continentale.

Un dernier coup d'œil à la coulée de glace depuis la rive du lac, après une descente un peu glissante sécurisée par des chaînes et balisée de marques rouges.

A 11 heures, le bateau nous attend pour le retour. Non, pas celui-ci - qui est un voilier privé appartenant à une famille belge de Bruxelles - mais le suivant...

Tiens, y a-t-il un capitaine dans le bateau ? Non ? Heureusement que je suis là pour prendre la barre !

Après cette sympathique excursion, c'est reparti sur la route, mais seulement pour une quinzaine de kilomètres. A Forøy la route 17 cède la place à un ferry qui nous dépose à Agskardet dix minutes pus tard. On remet ça une deuxième fois entre Jektvik et Kilboghamn.

Des passages en ferry très agréables permettant de changer de rythme et d'agrémenter la journée de voyage, d'autant qu'il fait à présent très beau.

La deuxième traversée, plus longue que la première (soixante minutes) se double du passage nord-sud du cercle Arctique. Cette fois, le soleil de minuit, c'est bien fini et la descente vers le sud vraiment confirmée.

Mais aujourd'hui nous n'irons guère plus loin. Vers 17 heures, un peu après Stokkvågen, au pied de ce drôle de sommet en forme de sombrero, nous décidons de nous poser.

J'y avais repéré deux possibilités de stationnement. Après avoir testé les deux, nous finissons par revenir à la première, une aire de pique-nique agréablement située en surplomb du fjord, doublée d'un accès aux rochers pour pouvoir pêcher.

L'activité de la soirée est donc toute trouvée pour Hervé. Tandis qu'il lance sa ligne, je déplie ma chaise pour une délicieuse soirée au bord de l'eau.

Les températures grimpent de jour en jour. Avec 20 degrés au thermomètre en cette fin d'après-midi (bien davantage au soleil), la casquette devient indispensable.

Le pêcheur, ici en pleine action, mettra une nouvelle fois un maquereau dans nos assiettes.

C'est par un bivouac solitaire (aucun autre véhicule ne viendra nous rejoindre) que s'achève cette journée très variée en activités.

Distance parcourue dans la journée : 210 km

Glacier occidental du Svartisen



Helgelandsbrua, Torghatten et Trælneshatten : par monts et par ponts sur la Rv 17

J27 : Samedi 5 juillet

Déjà 20 degrés de bon matin, il flotte sur la côte norvégienne un petit air de côte d'Azur. Alors pas le temps de traîner. Par un si beau temps, nous sommes au volant dès 7 heures en poursuivant la route 17.

Notre destination finale devrait être Brønnøysund, à environ 200 kilomètres.

Mais comme hier notre itinéraire ne se fait pas d'une traite, il comprend aujourd'hui trois passages en ferry. C'est la particularité de cette route Côtière qui zigzague entre les fjords et les îles pour notre plus grand plaisir.

Un plaisir d'autant plus grand qu'avec cette météo exceptionnelle, pas besoin de veste ni de bonnet. C'est cheveux au vent que nous goûtons à la brise marine sur le pont du navire.

De Nesna à Levang, de Tjøtta à Forvik, de Horn à Anddalsvåg : si le premier et le dernier parcours représentent de simples sauts de puce d'une quinzaine de minutes, le deuxième en louvoyant entre îles et îlots pendant une heure est une véritable petite croisière.

Aux ferries il faut aussi ajouter des tunnels et surtout des ponts majestueux, monuments d'ingénierie. C'est le cas du très beau pont de Helgeland enjambant le Leirfjord à Sandnessjøen. Il a tout particulièrement inspiré le photographe qui, pour l'appréhender sous toutes les coutures, multiplie les passages.

Malgré tous ces arrêts, nous finissons bon an mal an par arriver à Brønnøysund en début d'après-midi. Trop tôt pour s'arrêter ? Non, car on a une idée derrière la tête.

A l'extrémité de la péninsule se dresse une montagne percée, Torghatten, que nous avons bien envie de gravir mais pas tout de suite. Il fait 27 degrés, pour le moment beaucoup trop chaud pour marcher. Attendons qu'il fasse plus frais !

Alors si on prenait un bain pour se rafraîchir ? Au pied de Torghatten, le camping du même nom possède une plage bordant un lac artificiel. Nous ne pouvons pas résister malgré une eau un peu boueuse. C'est notre premier véritable bain du séjour mais pas le dernier.

En revanche, sur la pelouse en bord de mer, nous alternons bain de soleil et bain d'ombre jusqu'en soirée.

18 heures, c'est la bonne heure pour gravir la montagne percée. On s'attendait à trouver un petit trou dans une paroi. Or on reste scotchés en découvrant une cavité… un tunnel de 35 mètres de haut, 150 mètres de long et 20 mètres de large.

Véritable fenêtre sur les îles et l'océan…

Si la plupart des promeneurs s'arrêtent à l'entrée de la caverne pour revenir ensuite sur leur pas, une boucle est envisageable.

Nous sommes donc sortis par l'extrémité opposée, descendus par une sente très raide à travers une forêt de bouleaux avant de revenir au parking par le bord de mer. Cette option offre l'avantage de pouvoir admirer la montagne à distance. Superbe !

Une très belle randonnée dans un lieu emblématique de la région, un point de repère visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, un lieu mythique, source de contes et de légendes, bref un monument !

En rejoignant plus tard un quai en ville pour la nuit, nous portons un dernier regard à cette montagne sacrée, à l'issue d'une sacrée journée.

Ce soir, on vire la couette tellement il fait chaud. Mais j'ai du mal à dormir entre la chaleur et le vent qui s'est levé en cours de soirée.

A 1 heure du matin, alors que le photographe dort comme un bébé, quelle ne fut ma surprise de voir passer au pied du lit ou presque… le mastodonte Hurtigruten qui fait escale à Brønnøysund toutes les nuits à cette heure-là.

Distance parcourue dans la journée : 190 km.

J28 : Dimanche 6 juillet 2014 Houlà, la chaleur s'installe. Il fait déjà 24 degrés de bon matin et toujours un temps magnifique. C'est parfait car nous avons prévu de randonner dans la matinée avant de continuer notre parcours sur la route Côtière.

La montagne de Trælneshatten, dont le suffixe "hatten" indique un sommet en forme de chapeau, n'a vraisemblablement pas le prestige des pics des Lofoten de sorte qu'Hervé lors de la préparation l'a déclarée "rando moche" et n'est pas très enthousiaste à l'idée de l'entreprendre.

Moi, je suis persuadée qu'au contraire du haut de ses 567 mètres, nous devrions bénéficier d'un panorama exceptionnel sur la montagne percée de Torghatten et les nombreux îlots qui constellent le détroit.

Il ne faut guère plus d'une demi-heure pour rejoindre le point de départ. Pas de chance, les coordonnées que j'avais notées nous conduisent tout droit dans la cour d'une ferme. Mince, mais où est donc le parking ?

Hervé jubile à l'idée que la "rando moche" va tomber à l'eau.

Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Demi-tour et retour sur nos pas de quelques centaines de mètres. Ça y est, cette fois, on y est.

Au fur et à mesure de notre ascension, Hervé révise son jugement pour se rallier à mon opinion.

Oui vraiment, les vues sur la montagne percée de Torghatten, sur les îles du détroit et sur la localité de Brønnøysund valent le déplacement.

Là-haut, autour d'un petit autel en pierre recouvert d'une nappe blanche, autour d'une bougie allumée et d'un bouquet de fleurs des champs, quelques personnes se sont rassemblées. Sont-elles en train de commémorer quelque chose ?

Nous aurons la réponse au cours de la descente en interrogeant un homme qui, lui, est en train de monter, une guitare sur le dos. L'homme est le pasteur de la paroisse, nous sommes le jour du seigneur et il va célébrer l'office du dimanche au sommet de la montagne. D'ailleurs, la file de ses fidèles paroissiens s'étire maintenant tout au long du chemin, certains accompagnés de jeunes enfants alors même que l'aller/retour représente 5 kilomètres, 567 mètres de dénivelé en 3 heures de marche.

Une bonne façon de joindre la foi à l'agréable.

Quant à nous, après nous être bien dépensés et bien sustentés, il va falloir songer à reprendre la route. Notre étape du soir dans les alentours de Steinkjer est encore à plus de 200 kilomètres dont une traversée en ferry entre Vennesund et Holm.

Tout l'après-midi y passe.

Alors, quand la destination approche, nous sommes contents de pouvoir enfin nous poser.

C'est notre deuxième passage dans la région de Steinkjer. A l'aller nous avions passé la nuit sous les sapins de Bølarein. Pour ce deuxième séjour, j'ai choisi Paradisbukta. En norvégien, "bukta" signifie baie. Quant à "paradis", inutile de traduire. Bref, un joli nom pour une base de loisirs et une plage en bord de fjord.

Avec une température ambiante de 28 degrés et une eau de baignade à 22 degrés en surface, ce paradis ne peut mieux tomber. En deux temps trois mouvements, le maillot de bain est enfilé et les brasses enchaînées dans le fjord. Un délice !

A cette heure (19/20 heures) et en cette fin de week-end, il reste encore quelques personnes sur la plage mais quand les derniers baigneurs, promeneurs et pique-niqueurs quittent le site, nous avons ce paradis pour nous tout seuls ou… presque (seulement un autre camping-car sur place).

Distance parcourue dans la journée : 265 km

La montagne percée de Torghatten



De Trondheim à Oslo en passant par le parc national de Dovrefjell

J29 : Lundi 7 juillet 2014 21 degrés à 7 heures et toujours un super temps. C'est inouï ! Aujourd'hui pas de randonnée, enfin si, mais une petite en fin de journée. Dans un premier temps, c'est la visite de Trondheim qui est au programme. A l'aller, nous avions contourné la ville pour éviter d'avoir à parcourir deux fois le même trajet. Cette fois nous comptons bien nous y arrêter.

La troisième plus grande ville du pays étant distante de 120 kilomètres, il vaut mieux y arriver le plus tôt possible. L'entrée en ville avec un camping-car, même de la taille de Pössl, est toujours un peu stressante.

D'ailleurs, il nous faudra presque trois heures pour rejoindre le centre de Trondheim depuis Steinkjer. J'y avais repéré un parking gratuit pour camping-cars mais à cette heure de la matinée, les places occupées depuis la veille n'ont pas encore été libérées. C'est donc sur une place payante que nous sommes obligés de nous garer. A ce compte-là, on aurait pu se garer dans n'importe quelle autre emplacement en centre-ville. Tant pis !

Avec ses rues larges et son centre partiellement piétonnier, la ville est très agréable à visiter et ne manque pas de charme.

De la cathédrale Nidaros, le plus vaste édifice médiéval de Scandinavie…

… jusqu'au quartier historique de Gamle Bybro ("pont de la vieille ville") avec ses pittoresques entrepôts des XVIIIe et XIXe siècles qui rappellent ceux de Bergen, en passant par Torvet, le centre-ville moderne et ses enseignes internationales…

Mine de rien, les kilomètres s'enchaînent sous une chaleur de plus en plus forte, dépassant à présent les 30 degrés. Alors à l'heure de midi, je me verrais bien déjeuner au bord de l'eau. Le quartier de Bakklandet au bord du fleuve Nidalva semble le plus adapté à mes attentes. Malheureusement, nous ne trouvons rien directement au bord de l'eau ou plutôt si… mais trop tard, une fois que nous aurons déjeuné à l'une des tables installées sur le trottoir dans Nedre Bakklandet.

Dommage, le restaurant asiatique "Bryggen Asian Cooking" avait la terrasse dont je rêvais ! Pour une prochaine fois !

Pour le moment, la montée au fort Kristiansten aura définitivement raison de notre résistance. Après la visite du site dominant la ville, nous n'avons qu'une hâte, vite, nous reposer à l'ombre, sur la pelouse du parc de Marinen, au bord du fleuve.

De retour dans un camping-car surchauffé, nous abrégeons le séjour avant le délai fixé par le parcmètre, aspirant à un peu plus de fraîcheur dans les montagnes. Nous serons bientôt servis.

En effet, notre destination du soir est prévue dans les alentours de Dombås, à Hjerkinn exactement, 150 kilomètres plus au sud. En arrivant sur place vers 19 heures, c'est le jour et la nuit avec Trondheim.

Ici fini le ciel bleu ! A plus de 1 000 mètres d'altitude, la chaleur de ces derniers jours est en train de tourner à l'orage et la température plus proche des 15 que des 30 degrés. Nuages menaçants et déjà un peu de pluie couronnent le tableau.

Le parc national de Dovrefjell est connu pour abriter des troupeaux de bœufs musqués. Nous projetons d'aller à leur recherche demain. Nous pourrons soit prendre une navette nous conduisant de Hjerkinn à Snøheim pour tenter d'en approcher par nous-mêmes en sillonnant le coin au hasard, soit nous joindre à un safari guidé dont le rendez-vous est à Hjerkinn, justement.

Il n'est pas nécessaire de réserver d'avance alors nous verrons bien, car la météo n'a pas l'air d'être optimiste pour demain.

Dans l'immédiatement, profitons entre deux averses de grimper vers le point de vue de Snøhetta où un abri très design permet d'admirer le panorama sans souffrir du froid.

Par une piste un peu cahoteuse, Pössl se hisse jusqu'au parking à 1150 mètres. De là nous rejoignons à pieds et par un large sentier le point de vue situé 1 500 mètres plus loin.

Devant nous, un homme et son jeune fils, tout excités, pointent leurs jumelles puis leur index vers un point difficilement visible à l'œil nu.

A plus d'un kilomètre de distance, cette tache pas plus grosse qu'une tête d'épingle… oui, c'est un bœuf musqué !

L'homme, un Norvégien de Trondheim, dit que c'est la première fois qu'il en voit un par ses propres moyens. Jusque là il n'en avait vu que dans le cadre d'un safari guidé.

En zoomant, on peut effectivement voir la bête brouter, tête baissée.

Au sommet, c'est un plaisir de profiter du panorama depuis l'intérieur douillet et très stylisé de cet abri alors que dehors le ciel menace. Deux jeunes Tchèques ont manifestement l'intention de passer la nuit près de la cheminée, devant cette vue exceptionnelle. Ils ont fait le bon choix.

Quant à nous, c'est le parking au pied de la montagne que nous avons choisi pour la nuit tout comme deux camping-cars roumains. De violents orages accompagnés de pluies diluviennes viennent mettre un terme à cette journée de tous les extrêmes.

Le safari aux bœufs musqués tombera-t-il aussi à l'eau ?

J30 : Mardi 8 juillet 2014

Eh, oui, adieu navette, randonnée et safari aux bœufs musqués ! Il a plu toute la nuit et il tombe toujours des seaux d'eau, ce matin. Par conséquent, nous ne sommes pas pressés de mettre le nez dehors. Une fois n'est pas coutume, les deux autres camping-cars quittent les lieux avant nous.

Nous levons finalement le camp vers 10 h 30 alors que les deux jeunes Tchèques rencontrés hier soir descendent de la montagne, tout trempés. Nous les avançons jusqu'à Hjerkinn avant de filer vers le sud.

En effet, il n'y a rien de plus à faire aujourd'hui que de rouler. Nous décidons donc de rejoindre dès à présent notre destination suivante, aux environs de Gjendesheim, où nous avons prévu de faire demain la mythique randonnée de la crête de Bessengen (avec transfert en bateau, 13 km, 7 à 8 heures de marche, 1 000 mètres de dénivelé). Mais quid de la météo ? On avisera le moment venu.

Pour l'instant, nous poursuivons la E 6 vers Dombas, puis vers Otta avec une météo exécrable. A Otta, les panneaux électroniques annoncent que la route E6 est coupée à hauteur de Ringebu pour cause de flooding. Ah oui, c'est à ce point ?

Nous n'avions pas prévu de passer par Ringebu, ces annonces ne nous concernent donc pas directement mais sur notre itinéraire, la Rv 51, nous feront rapidement le même constat.

En effet, sur les rives du fleuve Otta, le niveau de l'eau a atteint sa cote d'alerte. Mais le pire est à venir.

Dans la vallée de la Sjoa, la rivière du même nom est complètement sortie de son lit.

Près de Gjendesheim, le même cours d'eau a encore gonflé, arrivant tout juste à s'engouffrer sous le pont sur lequel passe la route. Au passage, elle a pris des allures de torrent en furie, prêt à emporter la passerelle en bois sur laquelle quelques inconscients, certains avec des enfants dans les bras admirent les eaux tumultueuses sans réaliser le risque.

Le camping voisin a les pieds dans l'eau. Les randonneurs, tout trempés, sans doute surpris par le mauvais temps en montagne, ont investi le bitume et tentent de revenir à leur point de départ par la route. C'est l'apocalypse ou… presque !

Dans ces conditions, inutile de rester ici jusqu'à demain. Même si le soleil revient, les sentiers risquent de ne pas être praticables. Essayons plutôt de poursuivre en espérant trouver meilleur temps encore plus au sud.

Mais ça ne s'arrange pas tout de suite. A 1 389 mètres d'altitude, le plateau de Jotunheimen est dans la grisaille complète.

Je plains "ledebil" qui officie dans ces conditions ;-) Pour votre information, "ledebil" désigne en norvégien, un véhicule d'escorte de chantier. N'empêche que je plains le gars chargé de la circulation par ce temps.

On continue à suivre la route 51 jusqu'au bout sans entrevoir la moindre éclaircie.

Pourtant, après Fagernes, la pluie cède du terrain. Peut-être l'espoir de pouvoir enfin nous dégourdir les jambes. Pour le moment, seul Hervé se dégourdit les bras en profitant d'une courte éclaircie pour improviser une petite partie de pêche au bord d'un lac.

Il n'aura pas le temps d'attraper autre chose que des algues, déjà un nouvel orage vient contrarier nos plans et nous remettre à nouveau derrière le volant.

Encore plus loin, toujours plus loin, après 400 kilomètres et près de 10 heures passées sur la route, nous sommes au bord de la saturation, il faut absolument nous arrêter.

Nous pensons avoir trouvé le coin idéal sur une aire de repos au bord de la E16. Mais l'endroit a l'air d'être un lieu de rendez-vous un peu louche. Après le dîner, c'est donc une dernière fois aujourd'hui que nous déplaçons Pössl. Nous finissons par le garer sur le parking d'un supermarché de la banlieue d'Oslo. Pas très glamour comme bivouac mais faute de mieux…

Bonne nuit, on va se coucher sans demander notre reste !

Distance parcourue dans la journée : 400 km.

Parc national du Dovrefjell



Une journée à Oslo, visite de la capitale

J31 : Mercredi 9 juillet 2014

Plus de trace de la perturbation d'hier, grand ciel bleu, déjà 19 degrés à 7 heures du matin : la journée promet d'être chaude.

Depuis notre parking en banlieue d'Oslo, il reste une vingtaine de kilomètres à peine pour rejoindre le cœur de la capitale, mais pas sans mal ! Une fois de plus, entrer en ville avec un camping-car, en s'orientant avec un GPS de randonnée à l'écran minuscule dans un embrouillaminis de rocades et d'échangeurs, il y a de quoi frôler la crise de nerfs quand on se retrouve à tourner en rond sur un périphérique souterrain en cherchant vainement une sortie. Quand en plus cette voie vous conduit dans une zone portuaire fermée, c'est la goutte qui fait déborder le vase.

Bref, on est à deux doigts de laisser tomber la visite de la capitale quand, je ne sais par quel miracle, on réussit à retomber sur nos pattes et à trouver une place de stationnement au pied de la forteresse d'Akerhus.

Après avoir alimenté le parcmètre jusqu'à 14 heures (22 €), nous sommes prêts pour la visite de la ville du prix Nobel.

D'ailleurs, c'est l'un des tout premiers points d'intérêt sur notre circuit. Le bâtiment plutôt banal n'a pas tout à fait le prestige du prix qu'il consacre tous les ans.

Comme il est à peine 8 heures, rien n'est encore ouvert en ville, nous nous dirigeons alors vers Strandpromenade (traduisez la promenade de la plage).

Du port jouxtant Radhus (la mairie), une allée en planches, bordée de bars et de restaurants, déserte ou presque à cette heure matinale, mène à la plage en traversant un quartier en pleine mutation où de luxueux ensembles architecturaux sont sortis de terre ces dernières années.

Tout au long de la promenade, quelques œuvres modernes en forme de clins d'œil !

Cousteau prêt à plonger dans le fjord ? Une ancre échouée sur le port ? Des boulets ou des seins canons ? Un renne motorisé ? Les sept nains ? Mais où est Blanche-Neige ?

Après avoir sillonné le quartier de long en large, devant l'office de tourisme, il me vient une idée lumineuse. Les principaux points d'intérêt étant dispersés dans la ville et difficilement accessibles à pied dans la durée que nous nous sommes fixée, si on prenait le bus touristique de Cityseeing ?

L'idée est immédiatement retenue et nous voilà promenés dans les rues d'Oslo à bord d'un bus rouge à l'impériale, des écouteurs sur les oreilles, depuis le palais royal en passant par le tremplin olympique jusqu'à la péninsule de Bygddoy et ses nombreux musées.

Premier hopp off devant le parc Vigeland.

Ce parc dédié aux œuvres du sculpteur préféré des Norvégiens, Gustav Vigeland, est l'un des sites les plus visités de la capitale. Il abrite 322 statues, en granit et en bronze de cet artiste, évoquant l'éventail complet des émotions et des activités humaines.

L'œuvre la plus célèbre, Sinataggen, représente un enfant en colère. La pièce maîtresse du sculpteur, intitulée Monolith, coiffe la colline le plus haute du parc. C'est une colonne de granit haute de 14 mètres, représentant un enchevêtrement de 121 corps luttant pour atteindre le sommet. Etonnant !

Hopp on, c'est reparti pour un petit tour en bus et deuxième hopp off à l'opéra.

Ouvert en 2008, conçu par le cabinet d'architectes local Snøhetta (le même qui est à l'origine de l'abri design du Dovrefjell NP), avec ses façades d'un blanc étincelant, il fait penser à un iceberg flottant sur le fjord Ce magnifique bâtiment qui n'est pas sans nous rappeler celui de Reykjavik est la pièce centrale d'un vaste projet de redéveloppement du front de mer. Il devrait compter parmi les constructions modernes les plus emblématiques en Europe.

De fil en aiguille, l'heure tourne mais Oslo nous plaît, on prolongerait bien encore un peu la balade d'autant que nous n'avons pas encore déjeuné. Il est près de 14 heures, on meurt de faim et on commence à en avoir plein les baskets. On se poserait bien quelque part !

Mais avant tout, pour valider la prolongation, il faut remettre des sous dans la tirelire, euh pardon dans le parcmètre. C'est fou ce qu'il est gourmand ! Allez, voilà de quoi tenir jusqu'à 16 h 30.

Ce délai nous laisse le temps de déjeuner au soleil chez Lekter'n, une péniche sur les quais, avant un nouveau passage sur Strandpromenaden. Les rues sont maintenant noires de monde.

A l'extrémité de la promenade, avec une température de plus de 30 degrés, sur les gradins entourant la plage déserts ce matin, la jeunesse dorée d'Oslo n'hésite pas à plonger dans le fjord entre deux bains de soleil sur les planches.

Le maillot de bains est dans le sac, mais devant les corps parfaits de toute cette jeunesse, j'ai peur de faire tache. Quant à Hervé, c'est sans complexe qu'il enfile son maillot et qu'il se jette à l'eau.

C'est sur ce bain rafraîchissant (pour lui) que se termine notre visite d'Oslo, que nous avons bien appréciée, une ville en bord de mer, également proche de la montagne qui n'est pas sans nous rappeler Vancouver.

Nous ne le savons pas encore, mais Oslo sera aussi notre dernière étape en Norvège.

Pourtant, en quittant la capitale, nous avions l'intention de faire étape à Fredrikstad, dont les guides louent le charme du centre historique.

On espérait aussi pouvoir faire un arrêt technique pour le camping-car sur le trajet. Or non seulement on ne trouve aucune aire de vidange en route mais en plus la ville de Fredrikstad ne nous fait pas l'effet escompté.

Alors quand un camping-cariste néerlandais nous indique une aire de service à Strömstad, nous n'hésitons pas à franchir la frontière dès ce soir.

Les routes s'élargissent, les paysages s'aplatissent, les sapins disparaissent. En entrant en Suède, nous avons manifestement changé de monde !

Alors pour voir un peu à quoi ressemble cette fameuse côte suédoise du Bohüslan, comme nous avons presque 48 heures d'avance sur notre planning prévisionnel, nous en profiterons demain pour faire une excursion en bateau vers les îles Koster.

En attendant, nous stationnons en plein centre-ville de la petite ville côtière de Strömstad, point de départ vers les îles en question. Par cette belle et chaude soirée, le front de mer est très animé, chacun profitant de la douceur jusque tard dans la nuit.

Distance parcourue dans la journée : 180 km

Opéra d'Oslo



Suède : des îles Koster à la réserve naturelle de Kullaberg

J32 : Jeudi 10 juillet 2014

Aujourd'hui au programme les îles Koster, de petites îles sans voiture à découvrir à pied ou à vélo à une demi-heure de bateau de Strömstad, au sein du parc national de Kosterhavets.

Après avoir trouvé un parking longue durée pour notre Pössl, nous embarquons vers les îles sur le bateau de 9 h 50 en même temps qu'une foule de touristes. En effet, la destination est très prisée des Suédois et des Scandinaves en général. En revanche, nous ne repérerons absolument personne parlant une langue étrangère connue.

Le ciel est bleu, la mer est belle, le soleil radieux… on ne peut rêver mieux ;-)

Au bout de trente minutes de navigation à louvoyer entre récifs, îles et îlots rocheux, le bateau fait d'abord escale à Koster Nord puis dix minutes plus tard à Koster Sud.

Avec leurs petites maisons rouges, les îles ne manquent pas de charme

Koster Sud, tout le monde descend et se précipite sur les loueurs de vélos. Pas de panique, il y en aura pour tous. La bicyclette est effectivement le moyen le plus pratique de sillonner cette petite île de 4 à 5 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large.

Après avoir enfourché leur destrier, les touristes s'éparpillent tels une nuée de moineaux vers les quatre coins de l'île. Nous commençons par le Nord-Est.

Du débarcadère de Långegärde, nous pédalons bon train en direction de Ekenäs où une première plage nous fait déjà de l'œil. Pour l'instant et en attendant de nous échauffer, nous ne faisons que barboter dans l'eau jusqu'au genou.

A première vue, ces îles ont l'air toutes plates mais ce n'est que pure impression. En réalité, quelques côtes bien senties obligent à forcer sur les pédales (Hervé) ou à pousser sa monture (Krikri).

Alors quand nous atteignons la baie de Kilesand, la baignade devient impérieuse, la sieste aussi, le pique-nique itou !

Après une pause réparatrice, c'est reparti pour quelques tours de roue jusqu'à Kyrkosund puis côté ouest jusqu'à Brevik où de ravissantes petites maisons colorées se serrent autour du port.

De là, encore quelques coups de pédale et nous revoilà au point de départ ou… presque, dans le détroit entre les deux îles, d'où nous observons les nombreux bateaux et leurs occupants ;-)

C'est aussi le moment idéal pour une dernière baignade.

Au pied d'une propriété privée, un thermomètre fixé au ponton indique 32 degrés. En le plongeant dans l'eau, nous avons la surprise d'apprendre qu'elle fait 22 degrés. Dans ces conditions, ce n'est pas étonnant que nous la trouvions si bonne. Elle est plus chaude qu'en Bretagne !

C'est sur cette délicieuse baignade que se termine cette belle et chaude journée dans des îles certes moins prestigieuses que les îles norvégiennes mais non moins authentiques et bien préservées, un archipel ignoré des touristes étrangers mais plébiscité par les connaisseurs scandinaves.

Retour à Strömstad vers 18 heures.

La réussite de la journée ne serait pas complète sans un bon dîner au restaurant. Alors après avoir réglé les tâches d'intendance liées au camping-car, retour sur le front de mer pour un excellent repas de poissons et fruits de mer au "Skagerack Restaurang".

Dernière balade au clair de lune… et nouvelle nuit dans le centre de Strömstad.

Distance parcourue dans la journée : 10 km

J33 : Vendredi 11 juillet 2014

Pössl reprend du service aujourd'hui pour une étape assez chargée (nous souhaitons nous rapprocher de la frontière danoise) mais entrecoupée de quelques points d'intérêt remarquables.

En effet, le parcours se fait sur la E6 (encore et toujours) mais côté suédois c'est une autoroute, ce qui est à la fois un avantage car la vitesse moyenne est bien meilleure qu'en Norvège, mais aussi un inconvénient car le trajet pourrait vite devenir monotone. Pour éviter qu'il ne le devienne, j'ai prévu quelques détours via des chemins de traverse.

Rien à redire côté météo, toujours grand beau temps et déjà 25 degrés à 9 heures.

Première sortie de l'autoroute seulement 30 kilomètres après notre départ. Nous voici à Tanum réputés pour ses célèbres pétroglyphes, des fresques gravées par martelage à la pierre dure sur des dalles de granite à l'époque de l'âge de bronze entre 1800 et 500 avant JC. Afin de les rendre plus visibles aux contemporains, leur tracé a été rehaussé à la peinture rouge.

La fresque la plus emblématique du lieu se trouve à l'entrée du site de Vitlyke (juste en face du musée du même nom) mais afin de garder le meilleur pour la fin, un sentier à travers la forêt nous conduit d'abord sur les hauteurs.

Là, sur la colline, un tumulus funéraire domine la plaine environnante où la vue porte jusqu'à l'océan. Vévé, mon cher Vévé, ne vois-tu rien venir ? Des navires, beaucoup de navires et… des hommes, beaucoup d'hommes

En effet, bateaux et canots sont les motifs les plus fréquents. Vitlyke présente environ 90 bateaux de taille variable de 15 centimètres à 3,6 mètres. Les embarcations servaient non seulement au transport mais étaient aussi utilisées dans le cadre de cultes religieux

Egalement de nombreuses figurations humaines, essentiellement des hommes représentés bras levés, signe de la dimension religieuse des gravures. Ils sont souvent armés d'épées, de haches, d'arcs ou de javelots.

La plus grande fresque, gravée sur une dalle de granite inclinée de 30 à 35 degrés, atteint 7 mètres de haut sur 22 mètres de long.

L'une des gravures les plus remarquables est celle dite "des jeunes mariés" représentant un homme et une femme aux cheveux longs en train de s'embrasser ?

Après cette incroyable balade dans le temps, retour plus terre à terre sur l'autoroute E 6 pour une centaine de kilomètres supplémentaires.

A nouveau on s'en écarte pour faire la pause du déjeuner à Marstrand, une petite ville côtière alliant une partie terrestre et une partie "île". L'île, accessible par un bac, se visite à pied. Elle est aux dires du site scandi.voyage.com, l'un des plus beaux endroits de Suède.

On n'aura pas le temps de le vérifier car on a d'autres projets pour l'après-midi, mais rien que la petite balade jusqu'au port constitue une agréable coupure dans notre journée de voyage. 2063 Après ce court entracte, nouveau retour sur la E 6. On laisse tomber la ville de Göteborg pour donner la priorité à la nature. A 200 kilomètres au sud de Göteborg, la réserve naturelle de Kullaberg a retenu toute notre attention.

Le parc naturel est réputé pour ses falaises vertigineuses, ses étendues balayées par le vent et ses couchers de soleil mémorables. Des sentiers sillonnent la réserve, menant à des grottes et des plages de galets.

Depuis quelques années, au bord d'une de ces plages, une "sculpture" en bois flotté du nom de Nimis entretient la curiosité des visiteurs et crée la controverse auprès de la population et des autorités locales.

N'ayant pas bien approfondi le sujet, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. C'est donc avec un brin d'excitation (et quelques tâtonnements) que nous nous mettons à la recherche de cette fameuse œuvre. Aucune information sur la carte officielle.

Le GPS nous amène à proximité du village d'Arild où quelques locaux nous dévisagent avec suspicion (?)

Après avoir garé Pössl à la croisée d'une piste et d'un sentier de randonnée à la sortie du village, direction la ferme-musée de Himmelstorp en suivant un balisage rouge puis bleu. A hauteur de la ferme, il faut être attentif à l'inscription "N" pour Nimis, peinte en jaune sur une barrière du bâtiment. A travers une belle forêt de feuillus, le sentier longe ensuite la falaise à distance jusqu'à ce qu'une petite sente à peine indiquée descende en pente raide jusqu'à la plage.

Ce que nous découvrons alors est tout simplement stupéfiant.

Bien plus qu'une "sculpture" en bois flotté, nous pénétrons au cœur d'une construction gigantesque faite de 75 tonnes de bois récupéré, un labyrinthe géant menant à des tours d'une quinzaine de mètres de haut pour certaines, dominant la plage et l'océan. Ceux qui ne craignent pas le vertige n'hésitent pas à admirer la vue depuis le sommet.

Mais la création artistique n'est pas du goût de tout le monde dans les environs. Si certains la considèrent comme un bénéfice pour la réserve, d'autres au contraire jugent qu'elle la dénature. Chacun se fera son avis !

Pour la petite histoire, ces constructions sont l'œuvre d'un artiste suédois Lars Vilks qui s'est aussi fait remarquer en 2007 pour les fameux dessins de Mahomet qui ont créés la polémique.

En 1980, l'artiste commence la construction de deux sculptures, Nimis (en bois flotté) et Arx (en pierre). Difficiles d'accès, elles ont été découvertes par les autorités seulement deux années plus tard. Leur destruction est demandée et plusieurs procès ont été intentés contre l'artiste.

En guise de protestation, Lars Vilks déclare en 1986 l'existence et l'indépendance de la micro-nation de Ladonia. Suite à cette démarche, aucune action n'a été menée pour détruire Nimis et Arx.

En tout cas, Nimis nous a littéralement subjugués ! C'est le site le plus incroyable que nous ayons vu au cours de notre voyage.

Encore tout chamboulés par le gigantisme et l'originalité de cette œuvre, nous profitons des derniers rayons de soleil avant de retrouver notre camping-car vers 21 heures

Le village de Arild a l'air charmant, on y ferait bien étape pour la nuit. Ses habitants en revanche, le sont beaucoup moins, plusieurs nous jettent des regards dédaigneux, voire hostiles. Est-ce en raison de notre visite de Nimis, est-ce parce que nous sommes en camping-car ?

Dans ces conditions, on préfère ne pas s'attarder. J'avais noté que le stationnement d'un camping-car était toléré sur le parking du château de Sofiero, à Helsingborg. C'est encore à une petite trentaine de kilomètres mais peu importe, il fait très beau, nous avons tout le temps, nous sommes en vacances !

Sur le trajet, beau coucher de soleil sur un moulin à vent.

Pour la première fois au cours de notre voyage, nous avons besoin d'allumer la lumière à l'intérieur du camping-car au cours du dîner que nous prenons bien tard après une journée intense en émotions et en trajet !

Distance parcourue dans la journée : 465 km

Sur l'île de Koster Sud



Danemark : des canaux de Copenhague aux falaises de Møns Klint

J34 : Samedi 12 juillet 2014

De Helsingborg où nous avons passé la nuit, nous apercevons la côte danoise juste en face. D'ailleurs, en ferry, la ville ne se trouve qu'à 10 kilomètres de sa jumelle Helsingør. Néanmoins, pour ne pas être tributaires des horaires de ferry, nous préférons opter pour la traversée du pont de l'Øresund entre la Suède et le Danemark.

Météo toujours inchangée : grand beau temps, 17 degrés de bon matin.

Après avoir versé 49 euros dans l'escarcelle de la compagnie gestionnaire, la voie est à nous. Soixante mètres au-dessous de nous, les bateaux dans le détroit ont l'air de miniatures.

Après un bref retour sur la terre ferme à hauteur d'un îlot inhabité, le pont enchaîne sur un tunnel de 4 kilomètres.

La fin de parcours vers Copenhague est rapide, la circulation fluide en ce samedi matin. C'est pour une fois sans encombre que nous arrivons au plus près du cœur touristique de la capitale. A 9 h 30, nous alimentons le parcmètre, tout près de Nyhavn, dans un premier temps jusqu'à midi.

Hervé ayant déjà visité Copenhague dans le cadre d'un voyage professionnel, c'est lui qui est chargé de me faire découvrir les principaux points d'intérêt.

D'abord les maisons colorées typiquement danoises qui bordent le vieux canal de Nyhavn, creusé au XVIIIème siècle pour relier le port au centre-ville. Aujourd'hui jalonné de bars et de restaurants, c'est l'un des sites les plus animés et les plus fréquentés.

Visiter Copenhague sans voir la petite Sirène, c'est comme visiter Paris sans la tour Eiffel, c'est impensable. Une foule de touristes jouent des coudes pour approcher la belle et poser à ses côtés. Clic clac, une petite photo et on s'en va.

A travers l'ancienne citadelle du Kastellet, nous rejoignons l'Amalienborg Slot et son palais royal, avant de jeter un œil à l'intérieur en marbre de Marmorkirken.

A l'issue de cette boucle, c'est déjà l'heure de déjeuner. Nous sacrifions à la tradition du smørrebrod, des tartines danoises à base de saumons fumés, harengs marinés et autres spécialités.

Prêts à poursuivre la visite ?

Conquis par le principe du bus à l'impériale testé à Oslo, nous souhaitons réitérer l'expérience, mais optons finalement pour une visite au fil de l'eau par les canaux.

C'est l'occasion de voir l'envers du décor de la petite sirène et plus généralement la ville depuis les canaux.

Mais… en montant dans un bateau semi-couvert (pas facile pour faire des photos), en prenant les dernières places au milieu et non pas près du bord, entourés principalement par des familles accompagnés de petits enfants vite lassés et donc agités et braillards, avec des commentaires distillés au micro et non dans un audioguide, cette croisière devient vite galère. La tête grosse comme une citrouille, on a hâte de retrouver la terre ferme

A peine sortis du bateau, Hervé m'entraîne à l'assaut du ciel admirer la vue depuis le sommet de la flèche en spirale de Vor Frelsers Kirke.

D'abord 400 marches à l'intérieur (facile !) mais quand il faut poursuivre sur une rampe extérieure, je rase les murs avant de faire demi-tour et d'attendre Hervé au pied de l'édifice.

En dépit du vent à faire trembler le sommet, le courageux photographe s'est hissé au sommet pour caresser le globe et me ramener ces images.

C'est par ces vues panoramiques que nous clôturons notre passage à Copenhague alors que le ciel s'assombrit, donnant quelques gouttes au moment où nous quittons la ville.

Pour notre destination du soir, nous n'avons rien prévu de précis. Il nous faut donc trouver un endroit adéquat, de préférence à l'écart de l'autoroute, sur le trajet de la E47 entre Copenhague et Rødby où nous devons prendre demain un ferry pour l'Allemagne.

Après consultation de la carte, un endroit me semble pouvoir correspondre à nos critères : Møns Klint, doté de deux étoiles bleues, correspondant à des paysages "valant le voyage"

Justement, on hésite, ce paysage-là vaut-il vraiment le déplacement de 40 kilomètres depuis l'autoroute (+ autant demain pour en revenir) alors qu'il se met à pleuvoir par intermittence et que nous n'avons strictement aucune idée de ce que peut bien recouvrir le toponyme de "Møns Klint"

Après moultes tergiversations, nous décidons in extremis de faire le détour. A travers une campagne vallonnée, ponctuée de quelques villages aux maisons de briques rouges rappelant un peu le nord de la France, nous atteignons l'extrémité d'une péninsule où la route se termine en cul-de-sac par… un parking à barrière payant.

Sur place, un "Geo Center" sorte de palais de la découverte consacré à la géologie, fermé à cette heure tardive, devant lequel quelques rares familles s'attardent encore sur l'aire de jeux pour enfants.

Mais encore ? Les Møns Klint, en français "les falaises de Møn " sont des falaises de craie blanches, prêtes à s'effriter, plongeant à pic dans les eaux tourmentées de la mer Baltique.

Un ciel chargé de nuages éclairant une plage de galets noirs d'encre donnent à l'ensemble une pointe dramatique.

Un petit air des falaises d'Etretat au bout du Danemark !

A l'arrière-plan, une épaisse forêt de feuillus qui servira de décor à notre bivouac.

Le stationnement des véhicules est interdit la nuit devant le Geo Center mais le parking situé au carrefour précédent ne comporte aucune mention restrictive. C'est donc là que nous déplaçons notre camping-car avant de prendre à nouveau notre dîner à la lumière électrique.

Distance parcourue dans la journée : 410 km

Quartier de Nyhavn à Copenhague



Allemagne : de Scharbeutz à Hanovre

J35 : Dimanche 13 juillet 2014

C'est notre dernière journée à bord de Pössl, demain à la même heure, nous devrons l'avoir ramené à Hanovre. Ce soir, nous souhaitons nous rapprocher au maximum des bureaux du loueur.

Le ciel est plutôt couvert et reflète bien notre état d'esprit. Nous sommes un peu tristes que le voyage se termine mais décidés à en profiter jusqu'au bout.

Après avoir retrouvé l'autoroute E47 à l'issue du trajet depuis les Møns Klint, celle-ci nous mène tout droit au ferry de Rødby.

Nous n'avons pas de réservation mais embarquons comme une fleur presque immédiatement. A peine arrivés, nous pénétrons dans le ventre du gigantesque navire à destination de Puttgarden en Allemagne à l'issue d'une traversée de 45 minutes.

Alors que la foule se presse dans les boutiques et restaurants hors taxes répartis sur plusieurs étages, nous avons le pont supérieur pour nous tout seuls ou… presque !

Avec un vent à faire bouger les chaises sur le pont, seules les mouettes sont réellement dans leur élément, ne perdant pas une miette du festin.

Une fois en Allemagne, j'espérais pouvoir prendre un dernier bain dans les eaux de la mer Baltique dans la petite ville côtière de Scharbeutz et me payer une petite corbeille à la plage (Korb am Strand) à la façon des baigneurs locaux.

Mais, avec un temps nuageux, 17 degrés seulement et quelques pluies éparses, ce n'est pas le jour idéal pour faire bronzette. Alors c'est depuis la terrasse d'un restaurant italien que nous contemplons le tableau de tous ces petits paniers plantés dans le sable.

A défaut de pouvoir se baigner ou bronzer, on en profite pour arpenter le front de mer animé de la petite ville, richement doté en boulangeries, pâtisseries, salons de thé et autres Konditoreien, devant lesquelles nous ne pouvons résister à quelques spécialités.

Bien blindés, nous affrontons aussitôt après le rythme effréné des autoroutes allemandes avec leur trafic chargé, leur travaux incessants, leur vitesse illimitée et aujourd'hui leurs véhicules tous ou presque décorés de fanions aux couleurs nationales.

Mais quel est donc l'événement pouvant justifier un tel excès de nationalisme ? La réponse nous viendra presque immédiatement de l'autoradio. L'Allemagne dispute ce soir au Brésil la finale de la coupe du Monde de football contre l'Argentine. Déjà de nombreux véhicules affluent vers le cœur des grandes villes de la région alors qu'au-dessus de nos têtes, le ciel s'assombrit d'heures en heures jusqu'à tourner en orages de grêle violents, obligeant les voitures à rouler au pas ou à se réfugier momentanément sous les ponts.

Nous avions pensé finir l'après-midi à Celle, une petite ville connue pour son centre-ville et sa forteresse pittoresques, située à 40 kilomètres au nord-est de Hanovre, mais en raison de cette météo perturbée, nous préférons tracer jusqu'en banlieue proche de Hanovre.

La sortie n° 56 de l'autoroute A7 nous fait passer juste devant la propriété du loueur dans laquelle nous apercevons, au passage, notre SUV rangé bien sagement à la place où on l'avait laissé.

Trois kilomètres plus loin, nous garons Pössl sur le parking désert du lac de Altwarmbüchen. Les Allemands sont déjà tous devant leur poste.

Après avoir dîné en écoutant le tout début de la finale Allemagne-Argentine, nous ne tardons pas à nous coucher. Dans mon demi-sommeil, j'entends en fin de soirée klaxons et hourras au loin. Je murmure alors à l'oreille d'Hervé : "L'Allemagne a dû gagner la finale". "Et c'est pour ça que tu me réveilles ?" me répond-il en grognant.

J36 : Lundi 14 juillet 2014

Aujourd'hui, au lendemain de la victoire de l'Allemagne à la coupe du Monde de football et en cette journée de fête Nationale en France, c'est pour nous tout simplement le jour de la remise de notre camping-car et la fin de nos vacances.

Après une dernière balade au bord du lac sous un ciel maussade, à donner aux cygnes nos restes de pain, notre périple de plus de 7 000 kilomètres s'achève dans les bureaux du loueur.

Après une courte inspection du véhicule suivie de la signature d'un document attestant que nous le rendons sans dommages, Pössl réintègre son garage et nous notre SUV, dans lequel, après 33 jours à conduire en position très haute, nous avons la désagréable sensation de conduire au ras des pâquerettes.

Une fois nos repères retrouvés, il nous reste près de 600 kilomètres à parcourir avant de retrouver nos pénates provisoires en Alsace pendant que la radio serine à longueur de journée que les Allemands sont devenus, cette nuit, Weltmeister... "les maîtres du monde".

Quand à l'approche de la frontière nous entendons la radio diffuser en français, nous réalisons avec un petit pincement au cœur que cette fois c'est vraiment la fin de notre … fabuleux voyage !

FIN – ENDE (en allemand et danois) – ÄNDE (en suédois) – SLUTTEN (en norvégien) !

Distance parcourue dans la journée : 570 km Distance totale parcourue en camping-car : 7 000 km Distance totale de notre parcours de porte à porte depuis chez nous : 9 300 km en 37 jours

Korb am Strand, plage de Scharbeutz



Le mot de la fin

Impressions générales

Nous sommes rentrés, enchantés par la Norvège, par ses fabuleux paysages de fjords, de glaciers, de lacs, de côtes et d'îles ainsi que par la magie du soleil de minuit.

Certes, le voyage a été dense mais nous n'avons que rarement fait des journées de trajet exclusif, nous avons pu tous les jours y ajouter un élément intéressant (visite ou randonnée).

D'ailleurs si l'on considère la vitesse moyenne, le kilométrage moyen sur la partie faite uniquement en camping-car s'élève à un peu plus de 200 kilomètres par jour. En considérant l'ensemble du voyage de porte à porte depuis chez nous, il atteint 250 kilomètres par jour. Ces chiffres sont finalement très voisins de ceux atteints en Islande, en Namibie, voire en Australie.

C'était le prix à payer pour inclure les îles Lofoten et pouvoir y consacrer sept jours, des journées inoubliables pour lesquelles nous ne regrettons pas d'avoir dû rouler un peu plus, à d'autres moments.

Nos coups de cœur

En haut du tableau, bien sûr, les îles Lofoten avec leurs pics escarpés, leurs grandes plages de sable blanc, leurs randonnées exceptionnelles, leurs parties de pêche miraculeuses et leurs fonds sous-marins étonnants.

Tout aussi prestigieuses, les trois premières randonnées faites dans le sud de la Norvège : Kjeragbolten, Preikestolen et Trolltunga. Difficile de dire laquelle est la plus belle, elles sont incontournables, toutes les trois, chacune avec ses particularités.

Ajoutons aussi les randonnées vers les glaciers les plus bas d'Europe continentale, très faciles d'accès et spectaculaires, les routes panoramiques remarquables, les mini-croisières pittoresques dans les fjords, les villes très agréables.

Bref, nous avons TOUT aimé.

Hors catégorie, le prix de l'originalité va sans conteste au site suédois Nimis, cette gigantesque construction de bois flotté, controversée, s'élevant sur une plage, dans la péninsule de Kullaberg.

Coup de chance avec la météo particulièrement clémente cet été dans le nord de l'Europe, ce qui a participé à faire de ce voyage une réussite.

Un regret ? Juste, un petit… ne pas avoir insisté dans la montée de Reinebringen pour mettre dans la boîte l'extraordinaire vue depuis le sommet.

A propos du véhicule

Ce fut indiscutablement le meilleur choix. Le camping-car nous a assuré une grande liberté, nous permettant d'adapter l'itinéraire à la météo même si finalement, avec un temps globalement très beau, nous avons, à deux ou trois exceptions près, respecté notre planning prévisionnel.

Nous avons essentiellement pratiqué le bivouac libre (j'avais repéré auparavant la majorité des sites qui s'y prêtaient) et très peu utilisé les campings (trois ou quatre fois seulement, pour bénéficier d'un lave-linge).

Comme les dimensions du véhicule étaient inférieures à 6 mètres, les tarifs appliqués pour les traversées en ferry étaient les mêmes que pour une simple voiture. Un avantage considérable !

Sa "petite" taille était aussi un atout pour se garer facilement dans les villes, pour se faufiler sur les routes parfois étroites et pour la facilité des manœuvres en général.

Enfin la consommation a été très raisonnable : de l'ordre de 8 à 8,5 litres au 100 kilomètres, pas plus que celle de notre SUV en sachant que le prix du litre de carburant a été de l'ordre de 1,80 euro à 2 euros.

Louer un camping-car est bien plus économique en Allemagne car les locations de plus de 30 jours sont détaxées. L'offre du courtier Cooldrive était très intéressante.

Après une expérience de location de camping-car au Canada qui ne nous avait pas spécialement enthousiasmés, nous sommes conquis, cette fois-ci, et sans être devenus des inconditionnels de ce mode de déplacement sommes prêts à renouveler l'expérience lors un futur voyage dans un pays qui s'y prête.

Les ouvrages et sites Internet utiles Côté papier : Le guide Lonely Planet Norvège Le guide du Routard Norvège qui consacre aussi un chapitre à la côte suédoise. The Rother Walking Guide Norway South (en anglais) m'a finalement peu servi car il répertorie beaucoup de randonnées longues et des parcours sur plusieurs jours, uniquement dans le sud du pays.

Côté Internet : Des récits de voyage et/ou des sites consacrés à la randonnée : Treks et voyages, le site de Julien, très riche en descriptifs de randonnées. Ce sont ses images qui sont à l'origine de notre désir de Norvège. http://trek.uniterre.com/norvege/

Norway Adventure 2009 Web Journal (en anglais) : Le site d'un jeune couple américain, décrivant un voyage en boucle depuis Trondheim, incluant les îles Lofoten, avec beaucoup de randonnées. http://matt.tracz.org/2009/norway/index.html

Invitation de voyage en Norvège, le récit d'une boucle dans le sud du pays à partir de Bergen, dont quelques randonnées. http://voyages.fal38.free.fr/...page=accueil_nor...

Rando-Lofoten : un site consacré aux îles Lofoten en général dont une documentation remarquable sur un grand nombre de randonnées. Il faut s'inscrire pour avoir accès aux détails des randonnées, n'hésitez pas, c'est extrêmement bien fait. http://rando-lofoten.net/index.php/fr/

Scandi-voyage : pour la partie suédoise du voyage. http://www.scandi-voyage.com/iti_sudouest.php

Des sites utiles aux camping-caristes qui m'ont permis de repérer des lieux de bivouac intéressants ainsi que les indispensables aires de service. http://www.campercontact.com/fr/ http://www.campingcar-infos.com/...cib.php?pays=...

Autres outils intéressants : Office de tourisme de Norvège : http://www.visitnorway.com/fr/ Météo : http://www.yr.no/place/Norway/ Carte : http://ut.no/kart/

Belles images et belles histoires Juste pour le plaisir des yeux… Panoramiques des Lofoten (Ronan Michaux) ! http://nanor44.free.fr/pano/tags/Lofoten.html

Pour le plaisir de lire : le Roman de Bergen de Gunnar Staalesen. Au-delà du roman policier, c'est une véritable fresque sociale dépeignant les relations entre plusieurs familles berguéloises, bourgeoiset ouvrières, sur plusieurs générations entre 1900 et 1999.

Un dernier mot… En un seul mot, ce fut un FABULEUX VOYAGE ! Prêts à y retourner ? Oui, oui certainement afin de compléter avec des contrées encore plus au nord.

Voilà, je vous ai tout dit ou… presque. Si vous avez besoin d'un renseignement complémentaire, nous sommes à votre disposition. Si vous préparez vous-même un voyage en Norvège et que nos données vous ont été utiles, nous serions heureux de le savoir. Si vous avez envie de faire un commentaire, n'hésitez pas ! Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire du livre d'or.

A bientôt pour un autre fabuleux voyage !

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Itinéraire aux îles Lofoten et aux Vesteralen à vélo pour 2 semaines
Bonjour,

Je pars deux semaines cet été avec mon vélo et ma tente.A l'aide des forums, blog et guides, j'ai préparé un itinéraire, j'ai besoin de vos conseils pour la faisabilité de ce parcours en temps, sachant que j'ai ponctué mon itinéraire en fonction des campings (Je suis seule et je ne me sens pas de faire du camping sauvage).

J1Arrivée en avion à Bodo, puis ferry pour Sortland. J2 Sortland - Nyksund j3 Nyksund - Sortland J4 Sortland - Melbu J5 fiskebol - Laukvik (ferry Melbu-fiskebol) j6 Laukvik - Henningsvaer j7 Henningsvaer- stamsund j8 stamsund - ballstad j9 nusfjord - flakstad (ferry stamsund - nusfjord) j10 flakstad - moskenes j11 retour pour Bodo

Et j'ai 2 jours encore avant de prendre l'avion :-)), si vous avez des suggestions je suis partante.

J'ai une autre question le ferry pour Sortland arrive à 3h du matin, y-a-t-il une salle pour se poser au port ? ou il est préférable d'aller dans un camping même à cette heure tardive ?

Merci pour toutes vos futures réponses.
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Fjords de Norvège
bonjour,

je fais une croisière fin juin, je voudrais savoir s'il est possible de faire des excursions par moi même pour éviter les pièges (tarif excessif) par rapport aux prestations. PARCOURS Kristiansand, hellesylt/geiranger, flaam, stavanger, goteborg

merci pour toutes vos informations🙂
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Transports sur l'île de Senja (Norvège)
Bonjour, nous partons en famille cet été dans le nord de la Norvège (Tromso + Senja + Lofoten) et je cherche à savoir quel moyen de transport est le plus adapté pour les transferts dans l'île de Senja : Bus, location de voiture ou taxi ? Nous sommes 5 adultes et souhaitons faire quelques petites randos à pieds ou à vélo. J'ai du mal à obtenir des infos sur les tarifs. Merci si quelqu'un peut m'apporter ces infos.
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Norvège en février: profiter à fond?
Bonjour,

je reviens sur le forum afin de demander des avis, car ce pays m'intéresse beaucoup, et puisque je voulais voir des aurores boreales, et pour ma fête... debut février serait bien.

J'avais pensé au 2 premieres de février. Mais je me demandais si je serai capable de profiter a fond de la Norvege, ou si le fait que les places soient enneigee je sois limité dans mes visites de fjords et de montagnes.

En premier lieu, la region nordique m'interesse beaucoup, Lyngen et les Lofotens. Mais j'ai entendu du bien de Bergen et Alesund, sans compter du fjord Geiranger. Alors je me demandais si cela etait trop loin ou si cela se fait bien par transport en commun...

Devrais-je me louer une voiture? Dans le nord, y a t'il un endroit agreable pour faire une petite escapade de motoneige? on peut louer?

Y a t'il de beaux endroits a voir au centre entre alesund et Lofotens-Lyngen ?

Je voyagerai seul, y a t'il des AJ ou des accomodations pour 1 personne pas trop cher... de l'ordre de 25-35euro par nuit?

PS: je vais probablement atterir a Oslo mais ne compte pas visiter la capitale.

Merci
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La Norvège: au pays des trolls , un voyage pas toujours drôle
Au pays des trolls : la Norvège … un voyage pas toujours drôle ...

Cela faisait un an que nous n'avions pas voyagé en famille donc quand Thomas et Lucie ont proposé un petit voyage, difficile de dire non… Nous disposions de 10 jours , d'obligations financières. Nous leur avons laissé , comme cela s'est toujours fait , de la destinations mais avec quelques contraintes . Leur choix s'est porté sur la Norvège avec le côté historique et le côté Nature, du pas trop chaud pour Tom et pas trop froid pour Lucie, des envies de retrouver l'Islande ( mais on en est très loin) , l'ambiance des chalets Koa des US… Nous savions que cela serait cher mais plein de bonnes intentions pour y pallier, nous ne pouvions imaginer l'impact et l'ampleur que cela allait prendre sur notre voyage…

Ce carnet est un indicatif sur des lieux mais aussi un ressenti personnel. Comme pour le Mexique et la Chine, même si notre avis est très mitigé , je tenais à le publier. Ne prenez pas cela ni comme une plainte mais comme un constat personnel et encore moins comme une agression envers les fans de la Norvège . Pour cette fois , je me contenterai du rendu ' technique ' du voyage.

TRANSPORTS :

- TGV: 65 e AR par personnes et en sus 130 pour nous 4 pour les défaillances d'Air France ( comme d'hab !!!) - Avion : 153 e par personne avec Air France ( c'est la dernière fois !!!) Paris / Oslo direct ( enfin en principe ) - Location de voiture : par www . locationdevoiture.fr avec comme grossiste car del mar et l'agence : hertz : 620 e pour 1à jours modèle break volve V50. Equipée pour télépéage . Location d'un GPS (oublié) 100 e. - Routes et tunnels : impossible d'y échapper et très onéreux : 200 e en tout sur l'itinéraire !! - Ferry : là aussi , impossible de faire autrement … Compter environ pour les trajets de 20mn : 150 kr et jusque 250 pour des traversées de 40 mn - carburant : pour env 2000 km 1700 kr ; le diesel est à env 2e à 2,20

Coups de gueule Air France !!!!!!! 😠😠😠😠😠😠😠 Cinq voyages dans l'année , dont deux par Air France et deux gréves : Air France bien sûr ! Quelle délicatesse : un sms : votre vol de dimanche à 6H35 est annulé et remplacé par le vol de dimanche à 21H10 . Ben voyons … donc dimanche , on arrive à 23h à Paris , nous avons perdu nos billets de TGV , nous n'avons pas d'hôtel, pas de billets TGV pour le lendemain ( qui s'élèvent à 495 e) et nous ne serons pas au travail comme prévu… Hors de moi , je téléphone : la dame compatit !!!!!! Ben , il ne va pas falloir que compatir !!!! C'est non à prendre en charge nos frais de TGv et d'hôtellerie … J'ai mis plus d'une heure ( merci le forfait téléphone ) à réussir à négocier un oslo/ amsterdam/ lyon pour nous rapproche rde chez nous … Mais évidemment , nous en sommes de notre poche pour le billet Lyon / Valence ! Bref ; vous l'avez compris , Air France c'est pour moi une sinistre foutaise , la sncf de l'aérien , une succession d emauvais services et de gréve! Pas étonnant qu'ils soient au bord de la faillite … dorénavant nous nous en passerons !

VISITES

- Bergen Musée Hanséatique 70kr par personne et guide papier 35 ( quasi indispensable) - Jardin des pierres Rosendal : gratuit ( oui, oui, cela arrive) : superbe ! - Le centre du saumon sauvage Laerdal : forfait famille 155 kr : très instructif ; prévoir deux heures - Norsk muséum : tarif famille 260 kr : musée des glaciers . Génial !!! La vision de l'an 2100 fait froid dans le dos. 🙂🙂🙂 - Trondheim : package : cathédrale, musée lapidaire, joyaux de la couronne : famille 300 ( sinon 150 par pers) - Lillehammer : musée de plein air : famille 350 ; parking en sus et à la journée :( 7e … bof pour nous car nous ne sommes pas fan des musées de plein air . Pour les amateurs , surement très bien. - Musée du prix nobel Oslo : 7e par personne : On a adoré !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 🙂🙂🙂 - Musée Much Oslo : gratuit moins 18 ans sinon 15 e par pers

HEBERGEMENTS :

Précisions: pour le hutte ( cabane) amenez duvets mais souvent oreillers fournis.

- Voringfossen : Lisbeth pension . 80 E la nuit Hytte pour 4 personnes au creux d'une valet. Hytte fonctionnelle mais petite . Le strict minimum en affaires cuisine . Accueil peu chaleureux … dans la hutte , un wc avec eau froide. Douche commune mais 30 KR les 3 mn d'eau chaude !!!!!!!!

- Bergen : Lone camping : 135 e Hytte pour 5 pers, beaucoup plus spacieuse et fonctionnelle . Bien situé à 15km de Bergen . le camping est au bord d'un lac mais mal aménagé ce qui lui donne un aspect plutôt moche . Emplacement des hytter très inégaux ( demandez la 7 ou 8 ) . Sans sanitaire. Reservation conseillée. Sanitaire commun propre mais à nouveau eau chaude 30 KR pour 5 mn ( ouf !)

- Flam : Brekke gard hostel : 900 Kr L'emplacement set top car au milieu des champs , prés d'une cascade , au milieu des moutons … dans une vieille ferme restaurée. Cuisine équipée commune . Sanitaires communs . Le gros problème c'est l'insonorisation… zéro… priez pur ne pas avoir le voisin de chambre qui ronfle …

- Hafslo ( Sogndal) 1030 kr avec petit déjeuner : Lygmo Gjestahus 😕 Motel ou hutte . Nous avions une chambre familiale toute chambre ( pas de cuisine mais une douche chaude gratuite) . Se situe au bord de l'eau . demandez à la réception si besoin de chauffage et surveillez votre note … . Le c��té très religieux ( non signalé) m'a mise mal à l'aise …

- Geiranger : Vinje camping : COUP DE COEUR !!! 1030kr 🙂🙂🙂 Hytte superbe pour 4 personnes, magnifiquement aménagée, tout confort, spacieuse, salle de bain privative et eau chaude … Camping très vert coincé entre une cascade et un torrent … On y serait bien resté plus longtemps :)

Frei ( 10 km de Kristiansund) : Vikaneset : 1500 kr 🙂 Notre petite folie du voyage . Ancienne cabane de pêcheurs avec terasse suspendue. Très beau chalet sur deux niveaux, très bien équipé, vues superbes, très calme… mais trop cher pour être notre coups de coeur

Trondheim : hôtel Brattora : 140 e la nuit Situé à Bakklandet avec vue superbe. Idéalement situé au coeur de Trondheim, un hôtel tout neuf et tout design . Grande chambre style très aseptisée , SDB . Mais petit déjeuner en sac plastique … une brique de jus de fruit, un sandwich style avion, un fruit… Très dommage pour un hôtel de ce style.

Oslo Gardemoen ( proche aéroport) : Best Western 120e la nuit Classique quoi… Donné à la réservation pour une chambre familiale mais d'appellation franchement exagérée car un canapé lit pourri en guise de lit qui une fois deplié ne permet plus de déposer deux valises dans la chambre . Nos ados ont preféré dormir au sol pour vous dire l'état de la literie. Attention navette possible pour l'aéroport mais à 75 e AR pour 4 …

ITINERAIRE :

- Valence / Paris/ Oslo - Oslo / Konberg / La route Numedal / Voringfossen - Voringfossen / Bergen - Bergen/ Stedenfossen / Mundheim / Arsnes /Fjord Hardanger / Rosendal / Sundal / Odda /Kinsarvick / Voss/ Flam - Flam / Borgund / Laerdal / Kanpanger / Sogndal - Sogndal / Balestrand / Skei / Fjaerland / Skei / Sandane / Stryn / Geiranger - Geiranger / route des aigles / routes des trolls / Molde / Kristiansund - Kristiansund / Trondheim - Trondheim / Lillehamer /Oslo - Oslo - Oslo / Amsterdam/ Lyon / Valence

GUIDES : - routard : archi nul !!!! 🤪 - guide bleu : je prefére les guides verts avec leurs itinéraires …

CHANGE : GAB bien sûr sans problème partout , tout comme usage de la CB. Taux : 1 euro = 7,4 Kr …. :(

NOUS AVONS AIMES : - Le Geirandger fjord : notre favori loin devant les autres …🙂🙂🙂 - Les routes touristiques comme la route des aigles ou la route des trolls - Le présentation des musées toujours claire, instructives, ludiques. On n'en ressort jamais barbés. - La multitudes de chutes d'eau partout et toujours ... - Les églises en bois debout - Le couchage dans les hytter - La cathédrale de Nidaros

NOUS N'AVONS PAS AIMES : - les tunnels , encore et toujours des tunnels…. On finirait par se prendre pour des taupes :(😕😕 - La froideur des norvégiens à l'image du temps : maussade !😠😠😠

NOUS AVONS DETESTE : - les PRIX !!!!!!!!

LE COUP DE GUEULE : La vie très chère certes mais être pris pour des pompes à fric , c'est vraiment désagréable !!!!!!!🏴‍☠️🏴‍☠️🏴‍☠️🏴‍☠️ Nous connaissions la réputation de la Norvège d'être chère mais devant le fait accompli et le porte-monnaie ouvert… que dis-je éventré… on hallucine ! Ce voyage ne nous a permis aucun écart. Pas de café, de restaurants , de glace ( bon j'avoue , là c'était facile vue les températures extérieures) et les courses quotidiennes pour nous sustenter , sont devenues notre cauchemar :( . Pique nique le midi , riz/ pâtes le soir quand nous avions de quoi chauffer , sinon re-pique nique….Ce n'était pas un séjour gastronomique que nous recherchions mais quand même …

A cela s'est ajouté une impression ( qui en fait est bien une réalité) que tout se monnaye : routes, ponts, tunnels, parking exorbitants, WC, entrée dans une église, et même les douches chaudes des campings !!!!!! et nous a donné très rapidement un sentiment d'exagération , d'exaspération… En tout cas même prévenus c'est dur à encaisser . Il va falloir essayer ne pas garder que cela de notre séjour!

LA METEO : Nous avons eu en moyenne 12 degrés en journée . Beaucoup d'averses , deux longues journées de pluie et une magnifique journée de soleil… Le temps se dégrade aussi vite qu'il ne s'éclaircit. En montagne , parfois de la neige … Bref un pays nordique, le tout étant d'y être préparé et de s'adapter . La seule chose qui nous a handicapée c'est que nous n'avons jamais osé se lancer dans de longues randonnées face à un temps aussi changeant.

LIEN PHOTO : https://www.facebook.com/...e=3&l=8cc174b1ad
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Compte rendu de croisère sur le Costa Pacifica du 30 juin au 16 juillet 2012: Islande, Spitzberg et Norvège
Bonjour,

Modestement, je vais essayer de vous narrer le superbe voyage que mon fils Juju, Madame et moi-meme, venons d'effectuer dans le grand Nord à bord du Costa Pacifica.

Jeudi 28 Juin : Ca y est ! Apres des mois d’attente, c’est le jour J pour le départ de notre plus long voyage : 20 jours pour aller tout près du grand nord. Mon aversion de l avion est telle, qu’une fois encore nous éviterons la voie des airs.

Nous empruntons le TGV qui part de Nice à 14h27 chargés de 4 grosses valises, 2 petits sacs à dos et ma sacoche d’ordinateur. 7 bagages, voilà le chiffre qu’il faudra se rappeler à chaque déplacement pour ne rien oublier.

4 heures de trajet et une heure de retard plus tard, nous arrivons à Lyon ou il fait très chaud. Heureusement, notre hôtel se situe à 100 mètres à peine de la gare. Nous nous installons rapidement et prenons le métro pour nous rendre dans le premier arrondissement ou nous avons réservé dans un bouchon lyonnais.

L’accueil est excellent, le cadre très sympa et le contenu de l assiette à la hauteur de nos attentes.

Une assiette de charcuterie et une andouillette à la ficelle plus tard (sans oublier le pot de Macon) nous sommes repus et avec cette chaleur nous décidons de rentrer nous coucher.
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Escales de croisière à Longyearbyen , Spitzberg (Norvège)
bonjour,

Si le Spitzberg vous intéresse, j'ai « découvert » de nouvelles webcam 360° vraiment interactives à Longyearbyen alors que je recherchais la liste des navires en escale au cours du prochain été. On peut voir que le fjord est loin d'être englacé (l'autre jour j'ai lu un article où l'on signalait que la surface de la banquise était la plus faible pour un mois de février depuis de nombreuses années) et effectivement, voir http://wms.met.no/icechart/ . Cela fait une dizaine d'années maintenant que je suis, certes irrégulièrement, les cartes de glace du côté du Spitzberg et/ou les webcams de Longyearbyen et les premières années, celles-ci affichaient beaucoup de glace sur le fjord au retour de la lumière du jour.

Les liens sont ici La lumière est très belle ce matin🙂
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Carnet de voyage en Norvège (juillet 2011)
Information sur programme : le site des DKP

Parcours en Norvège de Kristiansand à Trondheim Transport = voiture Hébergement = camping (emplacement tente) Monnaie : couronne norvégienne, écrit "NOK" ou "kr" (1€=7,60 kr)

JOUR 1 : 09/07 : Paris/Osnabrück (Allemagne) – 16° à 23° – pluie – 680 kms

C’est le départ depuis Paris en voiture par l’autoroute du nord jusqu’à Cambrai, puis direction Valenciennes. On passe en Belgique vers 12h30, il pleut pas mal depuis le départ. Nous passons à proximité de Mons, Namur et Liège, à 14h30, on entre en Allemagne à hauteur de Aix la Chapelle, le temps s’améliore, puis vers 17h, il est temps de chercher un camping. On est à côté de la ville de Osnabrück. Le camping s’appelle "Niedersachsenhof". On s’installe avec des hollandais et allemands en camping-car. C’est parfait pour passer la nuit, tente montée en 5 minutes. (emplacement 5€ et 4,50€ par personne, douches gratuites)
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Croisière en Norvège sur le MS Nordnorge: de Bergen à Kirkenes en direct


Le 16 juin prochain à 19H45 commencera la diffusion en direct du voyage du MS Nordnorge de l' Hurtigruten depuis le quai de Bergen jusqu'au quai de Kirkenes.... 134H de direct !!!

8 caméras sont prévues par la chaîne NRK pour avoir le plus possible l'impression d'être à bord du navire pendant ces 5 jours pendant lesquels le soleil sera présent 24H/24 dans le nord.

Les images seront visibles en flash à www.nrk.no/hurtigruten à partir de 20H le 16 juin. Vous pouvez vous abonner ici pour recevoir un rappel au début de la diffusion.

+ d'info sur facebook

Depuis quelques semaines, NRK teste ses installations : caméras, transmissions... Ce n'est pas son premier direct du genre : après la cabine du conducteur du Flåmsbana et celle du conducteur du train Bergen - Oslo qui ont remporté un grand succès, on va passer à une autre dimension à la passerelle du MS Nordnorge !!

Je posterai l'heure de passage dans les principaux hauts lieux de la ligne : Vestkapp, Geiranger, Stokksund, Torghatten, les 7 Soeurs (les montagnes, pas les cascades), cercle polaire, arrivée aux Lofoten, Trollfjord, Raftsund, Rysøyrenna, Alpes de Lyngen, Sorøysundet, Finnkirka.... une petite mise en bouche en attendant ?
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Norvège 2009: partie 4 de Bergen à Rouen
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

4ème et dernière Partie - RETOUR DE BERGEN A ROUEN

Jour 29 - Ma 14/07/2009 - Bergen - Førde



Dans l'exigüité retrouvée de l'Espace, nous avons passé une excellente nuit et renoué avec tous nos réflexes de campeurs. Après le petit-déjeuner pris les pieds dans l'eau, juste au bord du lac, nous retournons de nouveau à Bergen, et stationnons au même emplacement qu'hier.

En chemin, près de l'Université, nous visitons l'église catholique de Saint-Jean, construite en briques dans le style néo-classique. Nous dévalons la pente vers le centre de la ville, un petit tour au marché aux poissons, et nous prenons la longue file d'attente pour accéder au funiculaire de Floibanen. La queue est provoquée par les nombreux groupes d'excursionnistes débarqués de plusieurs paquebots.

11 h 20, nous sommes les derniers de la série à pouvoir monter dans un wagon ultra-moderne et de ce fait nous sommes très bien placés pour contempler la ville et le port durant l'ascension. Nous arrivons ainsi en quelques minutes au belvédère du mont Fløyen, l'une des 7 collines enserrant Bergen, à 320 m d'altitude. De là, nous profitons d'un vaste panorama sur les différents quartiers de la ville, sur le port et en arrière-plan sur le fjord. C'est d'autant plus magnifique que le soleil déchire enfin les nuages et nous gratifie d'un très bel éclairage sur les façades blanches et la succession des toits rouges des immeubles.

12 h 10, devant un beau panorama, pique-nique sur un banc le long du sentier qui redescend en ville. Ce sentier serpente au milieu des conifères. Dans les thalwegs les passages sont très sombres et humides. Des gouttes d'eau tombent des arbres dans une ambiance tropicale… bizarre ! L'eau ruisselle sur des mousses abondantes ou au pied des fougères de belle taille.

Nous retraversons le quartier d'Øvre Gaten et Nelly parcourt à nouveau les entrepôts de Bryggen, visite les boutiques, augmentant ainsi son stock de souvenirs… J-J marche vers le quartier de Nordnes. De l'autre côté du bassin de Vågen, il y a de jolies vues sur l'alignement des entrepôts colorés de Bryggen, et en continuant le tour de la presqu'île, on domine un quartier de petites maisons anciennes en bois blanc séparées par un lacis de ruelles pavées.

17 h 10, retour à la voiture et route vers Stavanger. Après la pause de Bergen, nous reprenons maintenant notre itinérance, mais cette fois-ci, en ne faisant que du sud. Pour ce faire, nous suivons la route E39, qui est un itinéraire très fréquenté puisqu'il dessert tout le sud de la Norvège.

18 h 30, nous prenons un énorme ferry à Halhjem, 6 files de véhicules sur le pont inférieur, 2 fois 2 files sur le pont supérieur, un vaste salon, 2 niveaux de coursives extérieures, difficilement fréquentables à cause du vent provoqué par la vitesse du bateau et aussi un peu de pluie.

Quarante minutes plus tard, débarquement à Sandvikvåg. Les norvégiens pourtant si calmes au volant sont toujours pris de frénésie à la sortie des ferries. C'est au plus rapide pour passer devant les nombreux camions qui débarquent en même temps. Sur cette route, il y a beaucoup de circulation et les dépassements sont quasiment impossibles, d'où l'intérêt d'être le premier de la file. Nous ne sommes pas pressés et comprenons vite l'inconvénient de rouler de longs kilomètres derrière un camion.

La E39 sinue maintenant sur une île aux côtes escarpées où il y a peu de possibilité de s'arrêter pour la nuit. Après Leirvik, nous franchissons un pont et un long tunnel sous l'embouchure du Hardangerfjord et nous retrouvons une côte plus hospitalière où nous devrions trouver un emplacement calme pour faire du camping sauvage. Peu après Valevåg, en nous aidant de la cartographie du GPS, nous repérons un chemin menant au fond d'un petit fjord.

Nous avons trouvé l'endroit idéal pour la nuit : un emplacement pour l'Espace à côté d'une hutte de pêcheurs et peu visible de la route, il y a même une table et des bancs pour le repas. Le cadre est d'une tranquillité absolue, les quelques maisons aux alentours se reflètent dans l'eau sombre et lisse du fjord, le soleil au ras des collines enveloppe le cadre de jolies teintes roses. Idéal !

Voilà que trois pêcheurs reviennent au port avec leur canot et comme par hasard sont les usagers de la cabane à côté de l'Espace. Ils viennent vider et nettoyer leur poisson juste au moment où Nelly se lance dans la confection de crêpes pour le dîner. Au fond, rien de méchant, mais la tranquillité dont nous rêvions s'en est trouvée un peu perturbée… Et nous avons quand même mangé nos crêpes sur la table de pique-nique qui dominait le petit port.

Les pêcheurs partis, Nelly a repéré à côté de leur hutte un magnifique tuyau d'arrosage que nous pourrions utiliser pour laver la voiture qui en a grand besoin. A peine le hayon arrière était-il lavé qu'un autre pêcheur arrive en voiture, nous voit, puis va examiner son bateau. Nous avons même discuté quelques minutes avec lui. Bien sûr, il nous a vu utiliser le matériel et l'eau de son confrère. Cela a-t-il une importance en Norvège ? Est-ce anodin ou va-t-il prévenir le propriétaire du tuyau ? Dans l'ignorance et le doute, nous préférons quitter les lieux et éviter tout incident.

Nous levons rapidement le camp et recommençons à rouler. Il se fait déjà tard et au bout de quelques kilomètres après Førde, toujours avec l'aide du GPS nous trouvons une piste qui nous mène sur un terre-plein, face à un petit port de plaisance en pleine nature au fond d'un fjord.

Personne aux environs, il y a de la place et même si ce n'est pas grandiose, nous pourrons dormir tranquillement. Et dans la pénombre qui arrive, nous pouvons mettre l'Espace en configuration nuit.

Vue générale de Bergen depuis le mont Fløyen

Jour 30 - Me 15/07/2009 - Førde - Stavanger - Strand



Averses orageuses durant la nuit et ciel bas pour le petit-déjeuner sur le terre-plein face aux bateaux de plaisance.

09 h 40, départ du campement et route vers Stavanger. A peine une éclaircie et la pluie arrive avant que nous n'embarquions sur un nouveau ferry à Arsvågen. Même bateau qu'hier. Trente minutes de traversée jusqu'à Mortavika. Nous passons ensuite sur plusieurs petites îles reliées entre elles par de longs viaducs ou tunnels.

12 h 00, arrivée à Stavanger, qui est une ville importante vivant autrefois du hareng ou de la sardine et maintenant entièrement tournée vers le pétrole off-shore. Nous arrivons dans le centre ville où il est difficile de stationner et une fois n'est pas coutume, nous utilisons un parking souterrain.

Pique-nique dans le parking (!?) ; d'une part, parce que c'est l'heure, d'autre part, pour nous éviter de nous charger lors de notre visite de la ville. Et heureusement, car le temps de notre repas, une violente averse orageuse s'est abattue sur la ville ! Nous avons ainsi évité d'être trempés.

12 h 30, l'averse passée, nous descendons vers le vieux port, le bassin de Vågen. Il y a une importante manifestation autour d'un vieux gréement suédois, le "Götheborg". Une foule compacte écoute des chants de marins qu'un groupe entonne sur le pont. Il y a aussi un ancien cargo qui intéresse beaucoup de monde.

La rive est du bassin est occupée par d'anciens entrepôts qui ne sont pas sans rappeler ceux de Bergen, occupés par une majorité de cafés et de restaurants dont les terrasses sont vides à cause de la météo. Nous montons au pied d'une imposante tour octogonale dominant la ville. Descente par une rue commerçante où Nelly trouve quelques souvenirs à acheter. Retour par la place de Torget. Nous achetons à un étal une barquette de fraises (500 g = 2.60 €). La vendeuse parle un peu français, vieux souvenirs de la période où elle était fille au pair en 1988 à Paris. A proximité, nous visitons la Cathédrale romane en pierre. L'intérieur est très sombre mais la chaire et différents tableaux ou triptyques sont ornés de statues en bois richement colorés.

Au dessus de Vågen, nous visitons la partie ancienne de la ville. De vieilles maisons en bois, toutes blanches sont accrochées à la pente raide de la colline. Si l'architecture est simple, tout le décor est dans les façades fleuries et les fenêtres qui à elles seules sont une véritable exposition d'objets ou d'ouvrages les plus divers. Tout le quartier est parcouru de ruelles pavées étroites et pentues, de placettes très calmes.

Avant de quitter Stavanger, nous achetons des crevettes qu'un pêcheur vend à bord de son chalutier. De tout notre voyage, ce sera la seule fois où nous aurons l'occasion de le faire.

15 h 15, départ en ferry pour rejoindre en 30 minutes le village de Tau situé sur l'autre rive du fjord. Encore un gros ferry très fréquenté. 2 ponts de véhicules.

16 h 15, nous nous arrêtons à l'écart de la route au bout d'une piste repérée sur le GPS en bordure du Høgsfjord entre Strand et Jørpeland pour le goûter. L'endroit en bordure de plage nous convient bien pour y pratiquer le camping sauvage.

A mesure, plusieurs véhicules s'arrêteront près de nous pour les mêmes raisons : camping-car belge, fourgon aménagé allemand, van hollandais, gros 4x4 BMW (dans lequel un couple d'Allemands passera la nuit), à croire que tous ces gens avaient le même GPS que nous et jusqu'à un Tchèque qui voulait nous faire déménager pour planter sa tente à l'emplacement de notre Espace. Peut-être n'avait-il pas compris que nous dormions dans notre véhicule ? Non mais !

A partir de ce moment, nous jouerons à cache-cache avec les averses orageuses pour tout le reste de la soirée, perturbant le café, la sieste, le repas du soir… Dur, la pire journée du voyage, Tout est trempé et nous avec.

22 h 00, une timide accalmie et la marée descendante nous a permis de faire notre 3ème pêche aux bigorneaux à proximité immédiate du campement. En quelques minutes, J-J en ramène de beaux spécimens que nous ferons cuire aussitôt… sous l'orage !

Extinction des feux, soirée gâchée par la pluie qui continuera une bonne partie de la nuit. La randonnée prévue demain au site du Preikestolen ne se présente pas sous les meilleurs auspices.

Jour 31 - Je 16/07/2009 - Strand - Preikestolen - Flekkefjord



07 h 30, la nuit a été humide, réveil et petit déjeuner se déroulent au bord du fjord sous un ciel encore bien maussade. Effectivement, la pluie arrive avant que nous ayons terminé le rangement de notre matériel dans la voiture.

09 h 40, nous arrivons au point de départ de la randonnée au Preikestolen haut lieu du tourisme norvégien. Déjà de nombreux véhicules stationnent sur le vaste parking, voitures, camping-cars et plusieurs bus, (encore une manne financière !). Une pluie fine continue de tomber, nous obligeant à revêtir K-Way et pantalon imperméable (pratique pour marcher !).

Il s'agit de gravir 335 m de dénivelé sur une longueur de 3 800 m permettant d'accéder à un promontoire dominant de 604 m le Lysefjord. Le ton est donné dès les premiers pas. Le début de la marche s'avère tout de suite ardu sur un chemin très pentu fait de pierres et de rochers très irréguliers rendant la marche difficile.

Donc, départ en montée, une zone plus plate mais marécageuse, une 2ème forte montée, nouveau plat aussitôt suivi d'une 3ème montée très escarpée pour franchir un petit col. Nous sommes alors à mi-parcours, s'en suit une montée plus douce sur de grands rochers plats à découvert, la pente s'accentue sur la fin du parcours avec quelques passages aménagés : pont en encorbellement, chaînes, etc…

Ce site attire les foules en saison et effectivement, nous ne sommes pas les seuls à faire cette randonnée, une longue procession grimpe tant bien que mal, tandis que les plus matinaux ou les plus sportifs redescendent déjà. Ultra convivial et ultra international.

Finalement la pluie s'arrête rapidement, nous obligeant à ôter K-Way et pantalon, rendant ainsi la randonnée plus agréable. En fin de parcours avec l'altitude nous sommes cernés par de légers bancs de brume qui s'effilochent au gré du vent.

12 h 00, arrivée incertaine à cause de la visibilité intermittente à travers les nuages à proximité du site. Dans les éclaircies fugitives, nous devinons, loin en contrebas la surface argentée du fjord. Et enfin, les nuages se déchirent complètement et le soleil luit lorsque nous arrivons en vue du profil caractéristique et abrupt du Preikestolen.

Avant même d'arriver, nous sommes déjà impressionnés par les dimensions du site. Ce rocher en surplomb sur trois côtés, domine du haut de ses 600 m le Lysefjord en un à-pic vertigineux. Incroyable ! De loin, nous voyons une multitude de silhouettes évoluer près du bord. Comment oser s'approcher aussi près du vide ? A ce spectacle, les frissons nous montent le long des jambes !

Lieu unique par ses caractéristiques, mais aussi à cause de sa fréquentation. A notre tour, nous arrivons sur une plate forme carrée d'environ 30 m de côté en saillie par rapport à la falaise. Le vide absolu sur 3 côtés, attirant, fascinant, effrayant ! Il n'y a aucune sécurité, aucun garde-corps, et malgré tout beaucoup de touristes se risquent à s'approcher du bord avec plus ou moins de détermination. Les plus fous sont assis, les jambes pendantes dans le vide, d'autres debout, les pieds à quelques centimètres du vide, les moins téméraires rampent sur le dernier mètre, n'avançant que la tête, histoire de se faire peur. Il y a beaucoup de monde qui se suit, se croise, s'invective dans toutes les langues et pourtant, il n'y aurait jamais eu d'accident dans cet endroit dangereux où la moindre erreur serait fatale.

Nelly habituellement sujette au vertige ne pourra résister à l'attirance du vide et contre toute attente, rampera, elle aussi, sur la roche pour contempler le fjord, 600 m plus bas.

Pour compléter sur la dangerosité de l'endroit, il est utile de préciser qu'une faille importante (Largeur ± 50 cm à la surface, profondeur ?), divise cette plate-forme en deux parties. Dans un jour, dans un mois, dans un an, dans mille siècles la partie surplombant le fjord ne manquera pas de s'effondrer… Mais aujourd'hui, cette faille n'inquiète personne, pas même nous ! Nous irons même jusqu'à consommer tranquillement notre pique-nique sur la partie qui risque l'effondrement !

Nous gravissons encore quelques mètres, c'est un peu acrobatique, mais nous avons alors une vue dominante sur la plate-forme du Preikestolen et de sa fréquentation, les touristes qui arrivent par grappes, ceux qui restent et qui testent leurs émotions, ceux qui repartent. Et de là, nous voyons les berges du fjord qui tombent brutalement dans l'eau argentée qui scintille au soleil 600 mètres en contrebas. La réputation du site n'est pas usurpée !

14 h 00, nous entamons le retour avec les mêmes difficultés qu'à l'aller, mais à l'envers. Une procession sans fin se déroule dans les deux sens. Que de monde pour réaliser ce parcours qui est loin d'être facile. Tout ce que la Norvège compte de touristes doit être là aujourd'hui : bébés, enfants, grands ou petits, jeunes ou vieux, alertes ou éclopés, tout le monde y va, même les chiens !

Après le petit col, la première descente est particulièrement malaisée, à sauter de roche en roche en cherchant toujours où poser le pied. Tout cela est assez physique et éprouvant.

16 h 00, retour sur le parking. Alors que nous quittons les lieux, d'autres visiteurs continuent à arriver… Cette petite balade, que nous avons rajoutée au programme initial, nous aura finalement pris la majeure partie de la journée. Mais le détour en valait la peine.

17 h 00, nous embarquons à Oanes pour traverser le Høgsfjord. Nous empruntons ainsi le dix-neuvième et dernier ferry de ce périple norvégien. Une courte navigation de 15 minutes nous amène à Laukvik, d'où nous gagnerons la côte sud du pays (Sørlandet).

Nous traversons d'abord une région de collines arrondies, faite de vastes espaces sauvages et désolés ; de gros blocs rocheux sont éparpillés çà et là, sans raison apparente. C'est lunaire. Déroutant ! C'est aussi une grosse région d'élevage de bovins et de moutons.

A priori, nous avons encore deux petites journées à musarder dans le Sørlandet avant de reprendre le ferry qui doit nous ramener au Danemark, soit 250 km jusqu'à Kristiansand. Alors que Nelly passe un long moment à filmer un de ces panoramas, J-J consulte machinalement le "road-book" pour étudier la poursuite du parcours et trouver un lieu pour se poser le soir. Pour réaliser soudainement que l'embarquement sur le ferry est en réalité fixé au lendemain après-midi… !!! Stupeur !

Nous sommes vraiment déconnectés ! Autre pays, autre rythme, autre mode de vie, ce voyage nous fait perdre le fil du temps. Nous ne pensions pas être arrivés si vite au terme de notre périple norvégien, il nous manque une journée pour le terminer tranquillement…

Il est 18 h 00, il nous reste 250 km à parcourir pour arriver à Kristiansand où nous devons être au plus tard demain à 15 h 00 ! Et en Norvège, impossible de rouler vite ! Donc, plus de temps à perdre !

Dommage, car en se rapprochant de la côte, vers Brusand, nous suivons un itinéraire grandiose dans un cadre minéral impressionnant. De nouveau, la route sinue à flanc de falaise laissant de belles échappées vers la mer. Beaucoup de montées, de descentes, de virages serrés. Mais nous ne pouvons plus flâner, il faut rouler et faire le maximum de chemin ce soir. Nous traversons sans presque ralentir, des villages ou des ports blottis dans des fjords encaissés comme Åna-Sira qui visiblement aurait mérité une visite.

20 h 10, peu après Flekkefjord, nous nous arrêtons au camping d'Egenes. L'emplacement que l'on nous propose est en réalité une place de parking à une centaine de mètres à l'extérieur du camping, mais gros avantage, idéalement située au bord d'un lac (Parking situé en bord de route, accessible au public dans la journée, mais… réservé la nuit aux clients du camping. C'est la Norvège !). Les parties communes du terrain sont quelque peu éloignées, mais c'est calme et le cadre nous plait.

Quelques véhicules passeront la nuit sans rien dire sur les autres parkings avoisinants. Une famille balte (le couple et une adolescente), s'installe derrière nous, ils vont dormir à trois dans un break !

Le rocher du Preikestolen

Jour 32 - Ve 17/07/2009 - Flekkefjord - Kristiansand (N) - Hirsthals (DK)



06 h 55, réveil matinal pour ce dernier jour en Norvège. Cela fait 32 jours que nous avons quitté Rouen et nous sommes surpris que cela se termine si vite, tant ce voyage aura été inédit, dépaysant, enrichissant, et allant de découvertes en découvertes sans jamais nous lasser.

09 h 30, malgré le fait que nous soyons maintenant limités par le temps, nous faisons un écart d'une trentaine de kilomètres vers la pointe de Lindesnes, le point le plus sud du pays à 57°58' N. Ainsi, nous aurons balisé les limites cardinales de la Norvège : le Cap Nord en voiture (71°10' N) ; l'est au port de Vardø (31°06' E), l'ouest en passant le Steinfjordsundet (04°44' E) avec l'Hurtigruten.

Vers la pointe de Lindesnes, la route serpente à travers un paysage maritime en suivant des baies tranquilles ou en contournant de petits fjords, les berges sont verdoyantes et peu escarpées. Dans plusieurs petits ports que nous traversons nous voyons de curieux hangars à bateaux : un alignement d'abris sur pilotis aux toits pentus. Sous chaque abri, un petit bateau à moteur. Sur le plan architectural, l'ensemble (peint en rouge orangé), est beau à regarder mais au niveau de l'utilisation rationnelle de l'espace, ce n'est guère efficace !

A notre arrivée au bout de la pointe, un panneau routier nous indique : Nordkapp 2 518 Km !

Nous escaladons la roche pour parvenir sur un promontoire au pied du phare de Lindesnes, une petite tour blanche surmontée d'une lanterne rouge, qui marque pour les navigateurs, l'extrême sud de la Norvège ainsi que la séparation entre la mer du Nord et le Skagerrak.

De ce lieu, on découvre une superbe vue sur la côte très découpée et un enchevêtrement de rochers de granit rose battus par la houle du large. Un peu plus haut, les vestiges de l'ancien phare (1822), construction massive hexagonale ; également aux alentours, les vestiges plus ou moins camouflés des constructions allemandes de la Seconde Guerre Mondiale.

10 h 50, arrivée à Mandal, petit port et station balnéaire, ici c'est la Côte d'Azur norvégienne ! Nous parcourons le centre de la ville, quelques ruelles pavées bordées de maisons blanches fleuries et décorées. Ces maisons blanches semblent être caractéristiques du sud de la Norvège. Quelques échoppes et quelques chalands donnent un peu d'animation au quartier et aux quais voisins. Pique-nique sur un banc public face au port.

13 h 00, arrivée à Kristiansand. Nous parcourons le centre historique pour faire les derniers achats de souvenirs (oui, oui, il en manquait !). La ville a été bâtie en 1641 par le roi Christian IV (d'où le nom), sur un plan rigoureusement géométrique. A partir d'une large rue commerçante toutes les artères se coupent à angle droit. De belles façades néo-classiques entourent la place centrale.

14 h 10, nous nous présentons à l'embarcadère de la compagnie norvégienne Color Lines pour prendre le ferry qui doit nous ramener au Danemark. Nous stationnons sur un vaste terre-plein qui se remplit rapidement. Une douzaine de longues files d'attente sont complètement occupées par des voitures, caravanes, camping-cars et camions. C'est le week-end et visiblement, les Norvégiens partent aussi en vacances. Comment tout cela va-t-il entrer dans le ferry ?

Le soleil qui avait largement brillé jusque là, disparaît brutalement laissant la place à d'��pais nuages. L'embarquement commence à 16 h 00 sur le Super Speed One, un navire à grande vitesse, un engin énorme ! 11 ponts dont 1 pont camion et camping-cars et 2 ponts voitures, tout le reste à l'avenant.

Le bateau est quasiment complet, ce sont les vacances et il y a beaucoup d'excitation à bord. Beaucoup de monde partout qui se croise dans tous les sens et c'est déjà très bruyant. Des cris, des pleurs, des groupes de jeunes qui chantent. Pas une place assise tranquille et confortable ! Une véritable ambiance de kermesse qui nous donne le tournis. Nous avions perdu l'habitude d'autant d'agitation. Tant bien que mal, nous arrivons à trouver une place dans l'atrium, au cœur d'un brouhaha assourdissant, puis en fin de trajet, nous émigrerons dans la brasserie beaucoup plus calme alors que le service est terminé.

16 h 40, appareillage de Kristiansand et derniers regards vers la Norvège qui s'éloigne. Le bateau file 26 nœuds, la côte s'estompe rapidement. Cap sur le Danemark. A cause de la vitesse, il y a peu d'emplacements fréquentables sur le pont arrière, il y fait vite froid. Par contre, malgré la vitesse et le vent qui forcit, le bateau reste très confortable à la mer.

19 h 45, accostage du Super Speed One à Hirtshals au Danemark. Cohue dans les escaliers et les ascenseurs pour rejoindre les ponts véhicules. Vu le nombre, l'évacuation des voitures s'éternise mais se déroule dans le calme. Sur l'aire d'embarquement, des centaines de véhicules attendent pour faire le trajet inverse. Impressionnant !

20 h 15, arrivée au Hirtshals Camping, juste à la sortie de la ville, un grand terrain sans arbres en bordure de plage. Beaucoup de grandes caravanes en stationnement prolongé comme nous l'avions déjà vu à Århus ou en Suède. L'emplacement est bien exposé au vent frais de nord-est, aussi nous ne trainons pas pour le dîner.

Hangars à bateaux - Presqu'île de Lindesnes

Jour 33 - Sa 18/07/2009 - Hirtshals (DK) - Skagen (DK)

08 h 15, le vent fort d'est et le temps couvert nous obligent à changer la voiture de sens pour que nous puissions bénéficier de la protection relative du hayon pour prendre notre petit-déjeuner.

10 h 00, grosse averse orageuse alors que nous sommes à la douche dans un local assez éloigné de la voiture.

10 h 30 départ pour Skagen à l'extrémité de la pointe du Jutland. La pluie se calme durant le trajet, mais reprendra dès notre arrivée dans la ville et ne s'arrêtera plus de la journée.

Skagen est un port réputé du Danemark, fréquenté autrefois par les peintres impressionnistes pour la qualité de sa lumière… ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Nous visitons la ville et surtout la rue principale (St Laurentiivej), sous la pluie. Ce qui n'empêche pas de nombreux badauds et nous-mêmes de s'arrêter à chacune des nombreuses vitrines qui la bordent.

Visite de l'église, et puisque la pluie ne cesse pas, nous nous offrons le premier restaurant de ce voyage : une pizzeria danoise tenue par des turcs, dont l'efficacité du service n'est pas la première préoccupation…

16 h 45, nous nous rendons à la pointe de Grenen. Sur le parking, le vent se lève et la pluie redouble de violence, nous empêchant de descendre de l'Espace. Nous restons bloqués pendant deux heures que nous mettrons à profit pour faire la sieste.

Lors d'une brève et relative accalmie, J-J grimpe sur un blockhaus sur la dune, au bout d'une longue plage de sable, on devine de fortes vagues à travers un nuage d'embruns. Ca souffle, et retour rapide à la voiture ! Aucun espoir d'amélioration pour ce soir. Une journée de perdue !

18 h 00, repli sur le camping de Poul Egg, vaste terrain plat entrecoupé de quelques haies, où selon la mode danoise, beaucoup de grosses caravanes sont stationnées. Nous trouvons une place à l'écart. Nous devons attendre la fin d'une grosse averse pour commencer nos manipulations de bagages et notre installation. Si l'abri Décathlon nous abrite du vent, il n'est pas suffisant lorsqu'il pleut.

Pour la 1ère fois, nous devons installer la grande bâche bleue pour nous protéger des trombes d'eau qui s'abattent sur nous. Notre agencement suscite la curiosité et l'étonnement de nos voisins danois confortablement à l'abri sous l'auvent de leur grosse caravane. C'est vrai, notre installation ne fait pas riche, mais elle a le mérite d'être efficace, puisque Nelly peut préparer ses crêpes tranquillement et que nous pouvons les déguster assis sous cet abri de fortune.

Néanmoins, nous baignons dans l'humidité permanente. Nous n'éprouvons aucun intérêt à prolonger la soirée, et comme il pleut toujours, nous laissons l'Espace tel quel pour la nuit, c'est-à-dire hayon ouvert, abri Décathlon et bâche bleue en place pour la nuit et dormons ainsi.

Jour 34 - Di 19/07/2009 - Skagen (DK) - Herford (D)

Malgré que le hayon soit resté ouvert, nous avons passé une excellente nuit. Après le repli de tout le matériel encore humide, nous quittons le camping pour retourner à la pointe de Grenen, et miracle, il ne pleut plus !

La pointe de Grenen est un lieu particulier. A l'extrémité du Jutland, au nord-est du Danemark, cette pointe sableuse sépare le Skagerrak (mer du Nord), du Kattegat (mer Baltique). Les différences de fond et de salinité de ces deux mers, les courants de marée et le régime des vents créent des phénomènes de remous souvent très violents autour de cette pointe. Ce spectacle naturel et la vue de deux mers différentes à droite et à gauche ne manque pas d'attirer les foules au bout de cette pointe.

Nous marchons ainsi pendant un kilomètre le long de la plage sud (côté Kattegat, Baltique), dans un paysage de dunes. Pas de vent, mer calme, beaucoup de cargos à l'horizon, et quelques bancs de goélands et de sternes piaillent autour de nous. Et même configuration lorsque nous passons sur la plage nord (Skagerrak, mer du Nord).

A l'extrémité de l'éperon sableux qui meurt lentement dans la mer, nous assistons à la rencontre de deux régimes de vagues différents, mais rien de violent ce matin car il n'y a pas de vent. Tout juste un gros clapot et le bruit qui va avec, mais en cas de gros temps, cela doit être très spectaculaire. Nous prenons plusieurs photos au bout de la pointe, Nelly ayant un pied dans chaque mer… pour peu de temps, les méduses ayant le dernier mot !

De nombreux marcheurs arrivent progressivement et se regroupent à la limite incertaine du sable et de l'eau. Puis, nous assistons à l'arrivée du premier transport en commun de la pointe de Grenen : un énorme tracteur agricole avec des pneus très larges remorquant une cabine où ont pris place les touristes les moins courageux.

10 h 30, retour à Skagen et stationnement sur le port. Promenade dans les rues avoisinantes bordées de petits jardinets très soignés et de maisons de pêcheurs, basses, couvertes de tuiles et aux façades jaune foncé. C'est bien, mais finalement, nous ne trouvons pas cela exceptionnel. Serions-nous complètement blasés ou est-ce le manque de luminosité ? C'est sûrement le manque de lumière !

12 h 00, nous écoulons nos dernières couronnes danoises dans une boulangerie de la rue Saint-Laurent en achetant des petits pains (presque) français. Nous quittons Skagen et mettons durablement le cap au sud en roulant sous les averses intermittentes, puis arrêt pique-nique sur une aire de l'autoroute en profitant d'une brève éclaircie, mais le vent reste froid.

15 h 30, nous nous accordons une pause café après que Nelly ait conduit durant 2 heures sur l'autoroute.

16 h 30, passage de la frontière allemande. Gros bouchons pour passer l'Elbtunnel à Hambourg, puis direction Hanovre pour éviter les travaux de l'autoroute entre Hambourg et Brème. Mais gros bouchons, sans doute à cause des violents orages que nous subissons depuis Hambourg.

19 h 30, nous quittons l'autoroute avant Hanovre pour essayer de trouver un terrain de camping, mais sans renseignements précis, difficile de trouver et de s'orienter efficacement.

20 h 30, nous abandonnons nos recherches stériles et reprenons l'autoroute après Hanovre.

21 h 30, après des lieux de pique-nique idylliques en Norvège, nous nous arrêtons sur une aire d'autoroute pour faire chauffer une boite de saucisses lentilles…

23 h 00, arrêt sur l'aire de Herford pour prendre un peu de repos. Depuis Hambourg, les conditions de conduites sont difficiles à cause des orages successifs, de la pluie, de la nuit, des zones de travaux et du trafic intense qui demande beaucoup d'attention. Nous sommes fatigués… Sur l'aire d'autoroute, il est délicat de mettre l'Espace en configuration camping-car, alors nous nous endormons sur les sièges en abaissant les dossiers…

Danemark - Skagen - La pointe de Grenen sépare le Skagerak du Kattegatt

Jour 35 - Lu 20/07/2009 - Herford (D) - Namur (B) - ROUEN

03 h 30, réveil de J-J. Trouvé le sommeil pendant 4 heures, mais après impossible de se rendormir.

04 h 30, reprise de la route jusqu'à 06 h 30. Toujours beaucoup de trafic, des zones de travaux dangereuses et des pluies intermittentes. Nelly continue de dormir. Nouvel arrêt sur une aire de repos, 100 km avant Dortmund et sommeil jusqu'à 09 h 00.

09 h 15, petit-déjeuner sur l'aire. Nelly, peut-être pas bien réveillée, mais toujours déphasée, croit que c'est aujourd'hui son anniversaire… Nous réaliserons plus tard que c'est le lendemain.

12 h 00, arrêt à Namur en Belgique pour déjeuner. Rapide tour dans le centre de la ville. C'est lundi, et il y a peu de restaurants ouverts qui soient à notre convenance. Nous nous contenterons d'une salade dans un petit snack.

14 h 40, reprise de la route, puis passage de la frontière française où nous retrouvons le soleil.

17 h 00, arrivée à Rouen. Fin du périple.

BILAN

Pays traversés : 6 (B – D – DK – S – N – FIN)

Kilométrage de Rouen au Cap Nord : 4.831 km Kilométrage de Rouen à Kirkenes : 5.686 Kilométrage total Rouen/Rouen : 7.895

Auquel il faut ajouter : Croisière côtière Hurtigruten : 2.463 km (1.330 milles nautiques) Soit un voyage de : 10.358 Km

Passages en ferry en Norvège : 19

Consommation totale de gas-oil : 621.94 l Consommation moyenne : 7.75 l/100 km (véhicule chargé + coffre de toit)

Nuits en Espace en terrain de camping : 22 Nuits en Espace en camping sauvage : 4 Nuits en hytter (hutte) : 4 Nuits à bord de l’Hurtigruten : 5

Nombre de photos : 3.870 Nombre de prises vidéo : 2.500 qui permettront de réaliser au retour 4 heures de montage photo/vidéo (fractionnables… évidemment ! Ouf…).

Donc, ce n'était, bien sûr, pas l'expédition du siècle. Mais ce voyage de longue haleine, s'est déroulé sans stress et sans aucun incident, grâce à une sérieuse préparation et une bonne anticipation. Nous avons parcouru un vaste pays en évoluant toujours dans des sites grandioses et des paysages somptueux qui nous laissent un impérissable souvenir. Nous espérons bientôt y revenir dans les mêmes conditions.

1ère Partie -- 2ème Partie -- 3ème Partie

Ambiance des îles Lofoten - Le port de Nusfjord
Open
Norvège 2009: partie 3 de Kirkenes à Bergen (Hurtigruten)
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

3ème Partie - KIRKENES - BERGEN A BORD DE L'HURTIGRUTEN

Jour 23 - Me 08/07/2009 - Kirkenes - Båtsfjord



07 h 15, réveil une heure trop tôt, à cause du déréglage du réveil du téléphone ; sûrement des séquelles du changement d'heure en Finlande. Température fraîche et ciel bas, cela continue. Petit-déjeuner dans la salle commune avec les mêmes Allemands que la veille au soir.

09 h 00, départ du camping et tour dans Kirkenes pour faire des photos des chalutiers russes à quai, mais la lumière n'est guère favorable. Tour dans un énorme super marché SPAR, démesuré par rapport à la zone de chalandise de la région, à moins qu'il ne soit largement fréquenté par la clientèle russe. Etonnant !

09 h 30, arrivée à l'embarcadère Hurtigruten à l'est de la ville. Au moins, nous ne sommes pas en retard ! Nous sommes les premiers de la file d'attente. Discussion avec un agent de la sécurité, qui comprend un peu le français parce qu'il a été légionnaire à Calvi il y a de nombreuses années. Il nous avoue que la semaine passée la température était montée à 26°C ! Nous en sommes loin ce matin.

Bientôt, au fond du fjord apparaît la silhouette familière d'un bateau Hurtigruten, puis l'on distingue les couleurs noir, rouge et blanc des superstructures

09 h 45, ponctuel, le MS Richard With accoste au quai. La plupart des passagers débarquent, soit pour reprendre l'avion, soit pour partir en excursion le temps de l'escale. Nous avions vécu ce rituel en janvier dernier.

Durant ce temps Nelly, toujours optimiste, croit voir le soleil ! Réalité ou illusion ? Depuis une semaine que nous l'attendons ! Tout juste le voile nuageux est-il moins épais dans quelques endroits du ciel.

Nous savions qu'il y avait des Français à bord, un excursionniste s'approche de nous : "Alors 76, d'où venez- vous ? Le Havre, Rouen, Dieppe ?". Nous discutons quelques instants. Il s'agit d'un couple de havrais qui partent en balade au poste frontière de Storskog, que nous avions vu hier. Quelques instants plus tard : "Ah, des Normands ! Que faites-vous ici ?". Là, il s'agit de parisiens dont le mari est né dans le Pays de Caux. Hasard des rencontres fortuites de voyages.

Il y a beaucoup d'activité sur le quai entre les passagers qui débarquent et qui croisent ceux qui arrivent, beaucoup de manipulation de bagages, et aussi d'incessantes allées et venues de clarks déchargeant de nombreuses palettes de fret ou en ramenant d'autres à bord.

10 h 45, nous nous enregistrons à la réception du bord et faisons la connaissance de L…, l'accompagnateur du groupe de Français.

11 h 00, début de l'embarquement des véhicules, 2 motos et 6 voitures. J-J entre le premier à bord au volant de l'Espace. L'opération se fait au compte-gouttes, véhicule par véhicule au moyen d'un ascenseur qui fait la liaison entre le quai et le garage situé au pont n°2 du bateau. La manœuvre est longue du fait des sécurités devant et derrière la voiture.

Grâce à ce système d'ascenseur, (il en existe un autre pour le fret stocké sur le pont n°1), les bateaux d'Hurtigruten sont autonomes lors de leurs nombreuses escales. Les portes hydrauliques sont manœuvrées par le personnel du bord sans aucune aide extérieure, idem pour la passerelle piétons. Chacune de ces passerelles est évidemment réglable en permanence pour tenir compte des différentes hauteurs de quai et surtout des fluctuations de la marée lors des plus longues escales. Ingénieux.

Le Richard With (que j'écrirai dorénavant, RW), peut embarquer 45 véhicules bien tassés dans un garage aux dimensions réduites. Impossible d'y accéder en cours de croisière.

Nous retrouvons l'accompagnateur français qui fait un briefing pour son groupe et comme nous ne pouvons récupérer notre cabine qu'à 12 h 30, nous faisons le tour du propriétaire. Nous ne sommes pas dépaysés par rapport à notre croisière hivernale. Si le RW est plus ancien, et dispose d'un pont de moins, les aménagements sont à peu près disposés de la même façon.

Nous repérons rapidement tous les endroits stratégiques du bord, la salle à manger, la boutique de souvenirs sur le pont 4, la coursive qui fait tout le tour du bateau sur le pont 5, une plateforme bain de soleil sur le pont 6 équipées de 2 jacuzzis, sur le pont 7 le grand salon panoramique sur l'avant et le sun-deck à l'arrière.

Alors que nous explorons la coursive extérieure, les nuages se déchirent soudainement et alors que nous n'osions plus l'espérer, le soleil apparaît miraculeusement. Les nuages se dispersent en quelques minutes et le soleil luit généreusement. Incroyable ! Nous vivions dans la grisaille et le froid ininterrompus depuis une semaine et nous voila subitement inondés de lumière et enveloppés d'une relative chaleur qui nous fait grand bien, y compris et surtout au moral.

12 h 00, déjeuner, buffet de poisson bien sûr. Nous débutons notre cure de produits de la mer…

Après le repas, nous prenons possession de notre cabine, sur l'avant du pont 3 à tribord. Nous retrouvons la même disposition et les mêmes dimensions que sur le MS Trollfjord l'hiver dernier. Là encore, pas de dépaysement.

12 h 45, appareillage de Kirkenes. Nous sommes montés sur l'avant du pont 5 pour assister à la manœuvre. Lentement le RW se déhale du quai, exécute un demi-tour sur place, et se dirige vers l'embouchure du Bøkfjord. C'est pour nous, le début d'une nouvelle aventure au cœur de notre voyage, un cabotage de 6 jours vers Bergen… Cap au sud !

Le soleil brille généreusement mais la température reste plutôt fraîche. L'eau du fjord a pris une belle teinte bleu soutenu en décalage complet avec la couleur brune des berges. J-J a déjà pris son quart sur la passerelle, à l'avant du pont 5, en parka fourrée et casquette vissée sur la tête.

Le bateau a maintenant atteint sa vitesse de croisière. De part et d'autre, les rives du fjord défilent. C'est un paysage vallonné, très minéral qui sera la constante du cabotage le long des côtes du Finnmark : le paroxysme de la désolation, rien d'autre que cette roche brunâtre sur laquelle visiblement rien ne pousse, rien ne dépasse. Toute la côte paraît scalpée par le vent. L'hiver dernier, la neige nous avait masqué la réalité de cette désolation, tout était blanc bleu, maintenant tout est brun, rien que brun. Caboter l'été le long du Finnmark fait encore mieux comprendre la rudesse du climat de cette région, l'âpreté du paysage et les difficultés qui en découlent pour vivre.

Après avoir doublé le phare de Bøkfjord, Le RW aborde la pleine mer, la mer de Barents et met cap au nord-est vers le port de Vardø. Bien à l'abri à l'arrière du pont 7, face au soleil, Nelly se détend ou s'adonne à la lecture… Aujourd'hui, le sun-deck est encore peu fréquenté mais au fil des jours, il deviendra de plus en plus encombré et les fauteuils de moins en moins accessibles.

Nous arrivons en vue de l'île de Hornøya, à l'extrémité de la péninsule de Varanger. C'est le point le plus oriental de la Norvège, à 31°10' Est, soit à la même longitude que le Caire en Egypte.

Avant de pénétrer dans le port de Vardø, le RW contourne une presqu'île plate où sont groupées plusieurs maisons multicolores serrées les unes contre les autres. Des habitations en arrière plan, s'étagent sur une colline dénudée dominée par deux énormes radômes vert de gris ou blanc, sans doute vestige de la guerre froide entre les pays de l'O.T.A.N. et l'U.R.S.S. Le Finnmark était en première ligne puisqu'à cet endroit 50 km séparent les 2 pays, bon nombre d'antennes devaient à l'époque s'intéresser aux mouvements de navires entre l'U.R.S.S. et l'Atlantique.

16 h 15, escale ensoleillée d'une heure à Vardø. La plupart des passagers débarquent pour visiter une citadelle du XVIIIème siècle à quelques pas du quai, emmenés au son du tambour par deux hommes en costume d'époque. Tous les Allemands du bord suivent sans se poser de questions…

Nous préférons explorer la ville jusqu'à l'église reconstruite en 1958. La nef a une forme triangulaire très dépouillée et le clocher triangulaire minimaliste est très élancé. Toute la ville a été complètement détruite lors de la Seconde Guerre et reconstruite selon un plan orthogonal très aéré, autour d'une large rue centrale déserte laissant une impression de vide et de tristesse, presque inquiétante. L'hôtel de ville est un écrasant cube rouge recouvert d'une toiture noire à 4 pentes. Tout cela visiblement manque de cohérence.

17 h 15, l'escale s'achève et le RW reprend sa route, longeant la presqu'île de Varanger. C'est une région sauvage où les vagues et le vent sculptent le paysage depuis des millénaires. De temps à autre, nous croisons un chalutier russe, le pont arrière encombré d'énormes casiers et de boules multicolores, partant à la pêche au crabe royal. Il y a quelques décennies les soviétiques ont voulu expérimenter l'élevage de ce crabe, originaire de Sibérie, dans la région de Mourmansk. Quelques crabes, plus malins que d'autres se sont échappés des élevages et ont colonisé les côtes du Finnmark, au détriment des espèces endémiques. Désastre écologique, mais manne pour les Norvégiens.

20 h 00, courte escale d'une demi-heure à Båtsfjord, port bien abrité au bout du fjord du même nom. Ce port vit essentiellement du crabe royal. Nous faisons quelques pas sur le quai sous le soleil qui descend de plus en plus. En janvier, le même quai était complètement recouvert de neige et les superstructures des chalutiers russes amarrés dans le port étaient entièrement recouvertes d'une épaisse couche de glace, donnant une idée de ce que doivent être les conditions de travail sur ces bateaux en période hivernale dans ces régions.

20 h 30, repas servi à la table que l'on nous attribue pour toute la croisière. Menu : Potage, filet de saumon, glace. Nous dînons à côté d'une française et sa petite fille. Pas un mot, ni bonjour. Tant pis !

22 h 15, très courte escale d'un quart d'heure à Berlevåg. Nous restons à bord car le port se situe en dehors de l'agglomération. Sous un ciel parfaitement pur, le soleil descend lentement illuminant le paysage de teintes rosées et de jolis contre-jours. Nous sommes au nord de la Norvège, il fait jour, absolument jour. Et ce soir, c'est certain, nous verrons le soleil à minuit au-dessus de l'horizon.

Après cette escale, nous croisons à peu de distance le MS Nordstjernen ("Etoile Polaire"). C'est le plus petit et le plus ancien bateau de la compagnie. Il navigue sans relâche depuis 1956, soit 53 ans, pour le plus grand bonheur des nostalgiques qui se bousculent pour naviguer dans une ambiance et un confort quelque peu surannés. Instants magiques où la vieille coque prend des reflets dorés sous le soleil.

23 h 30, nous sommes sur le pont 5, complètement emmitouflés, sweat polaire, parka fourrée, écharpe, gants en laine. Il n'y a pas un souffle de vent, mais avec la vitesse du bateau, il fait plutôt frisquet ! Pour rien au monde nous ne voudrions rater ce moment. Voir le soleil à minuit en plein nord au-dessus de l'horizon. Minuit ! Il fait grand jour. Le soleil est là à quelques degrés au-dessus de la mer. L'air est si pur, le temps si clair malgré l'heure et la hauteur du soleil ; le ciel rougeoie à peine. Etonnant !

Accoudés au bastingage, nous restons de longs moments à contempler en silence ce spectacle hors normes : voir le soleil la nuit en plein nord. Enfin ! Enfin, nous l'avons ce soleil que l'on attendait tant ! Et nous sommes presque seuls pour en profiter, et c'est tant mieux ! Mais, c'est tout de même surprenant que ce phénomène intéresse si peu de monde.

C'est plutôt le froid qui nous chasse de la passerelle. Le bateau file 15 nœuds (± 28 km/h), et le soleil ne nous réchauffe plus. Satisfaits, nous regagnons la cabine, éclairée comme en pleine journée. Les rideaux tirés devant le hublot ne donneront qu'une vague pénombre pour nous endormir et finir notre nuit.

Minuit à l'extrême nord de la Norvège

Jour 24 - Je 09/07/2009 - Havøysund - Hammerfest -Tromsø



Malgré le jour permanent, il faut bien dormir. Et dans notre sommeil, nous avons raté les courtes escales de Mehamn (le port… le plus septentrional du parcours à 71°02' N), et Kjøllfjord. Il faut préciser que l'état de la mer, le confort et le silence à bord font que l'on ne perçoit pas les arrêts du bateau aux escales. La dextérité de l'équipage y est également pour beaucoup.

06 h 30, nous n'avons pas senti que nous repartions de l'escale de Honningsvåg, au sud de Magerøya, l'île du Cap Nord. Déjà (ou encore, puisqu'il ne s'est pas couché), le soleil brille et éclaire le rivage.

Nous reprenons le chemin de la salle à manger pour le petit-déjeuner. En dehors du café un peu clair, il y en a pour tous les goûts : charcuterie, viande, poisson (eh, oui !), œufs, fruits, plusieurs sortes de pain, etc, etc, etc… Tout à discrétion. C'est un grand moment de la journée et ne nous en privons pas.

08 h 15, en principe courte escale d'un quart d'heure à Havøysund. Grand beau temps durant cette escale. Sous un franc soleil, il fait presque chaud sur la passerelle. Tous les environs sont éclairés par une lumière incomparable. Vu l'heure matinale et la brièveté de l'arrêt, J-J est le seul à descendre et faire quelques pas sur le quai pour refaire les mêmes photos que l'hiver dernier, mais avec beaucoup plus de lumière : une enfilade de maisons multicolores accrochées à la colline face au bateau. Il faut faire vite.

Finalement, il y a un grand nombre de palettes de poisson à embarquer (du colin salé séché, écrit en français sur les caisses), et le RW appareillera avec une demi-heure de retard. Quelques minutes après avoir quitté Havøysund, nous croisons le MS Trollfjord. A chaque rencontre, les bateaux de la compagnie se saluent à grands coups de sirène. En janvier, nous étions à la même heure et au même endroit à bord du Trollfjord dans la nuit polaire. Quel contraste avec les heures lumineuses que nous vivons aujourd'hui !

Bien que cela ne soit pas prévu dans l'organisation du bord, nous nous octroyons un second petit-déjeuner (plus léger que le précédent) : un petit café et un gâteau avant de gagner le sun-deck pour une séance de bronzage et de lecture ou de reprendre son quart de veille à l'avant du pont 5.

11 h 15, escale à Hammerfest après avoir contourné l'île de Melkøya et son gigantesque terminal gazier dont la vision de jour paraît bien moins impressionnante que la nuit. Hammerfest est la ville la plus importante du Finnmark (7 000 habitants !), et doit sa prospérité actuelle à ce terminal.

Quittant le bord, nous marchons jusqu'à l'église reconstruite en haut de la ville. Comme dans tout le Finnmark, la seconde guerre mondiale a fait des ravages considérables et l'église d'Hammerfest ressemble à s'y méprendre à celle que nous avons vu hier à Vardø, une grande nef triangulaire et un clocher également triangulaire très élancé. L'intérieur est très lumineux, un grand vitrail triangulaire surplombe l'autel.

En redescendant vers la ville, nous nous arrêtons dans un square où nous pouvons admirer à flanc de coteau un superbe kiosque à musique en bois bleu électrique. Les Norvégiens se transformeraient-ils en dahus pour danser ? Des motifs en bois représentant des ours blancs ponctuent le décor.

Les rues du centre sont bordées de boutiques et même de grands magasins de mode, et du monde circule dans les rues. Près du port, autour d'un bassin et d'un jet d'eau, des Norvégiens papotent sur des bancs, d'autres consomment sur une terrasse ensoleillée. Scènes plutôt inhabituelle dans les petites villes de Norvège.

12 h 45, appareillage. Nous déjeunons au fond du restaurant à la poupe du bateau et par les larges baies vitrés, et dans le contre-jour, nous voyons Hammerfest s'éloigner doucement.

15 h 45, très courte escale à Øksfjord après avoir navigué dans un long détroit entre plusieurs grandes îles. Nous ne débarquons pas dans ce port situé au milieu d'un fjord. Le quai est au pied du village. Une église avec un clocher massif domine le village.

18 h 00, Nelly s'est trouvé un fauteuil à l'écart dans le salon panoramique et lit tranquillement, levant les yeux de temps à autre vers le paysage qui défile. Un curieux nuage ou un banc de brume flotte au ras de la mer, laissant libre le sommet des montagnes. D'autant plus surprenant que ce nuage se déplace avec nous, malgré la vitesse du bateau, nous ne le rattraperons jamais.

19 h 00, escale de 45 minutes à Skervøy. Cela nous laisse le temps de nous rendre jusqu'à l'église de ce petit port de pêche. C'est un bel édifice en bois blanc construit sur plusieurs niveaux à cause de la pente, au milieu d'une vaste pelouse et entouré de grands bouleaux, dans un cadre verdoyant que nous n'avions plus vu depuis longtemps et qui nous fait oublier la rudesse des paysages du Finnmark.

Du parvis de l'église, nous contemplons le panorama, les toitures du village au premier plan. Brièvement le soleil perce les nuages et éclaire fortement la masse imposante rouge et blanche du RW, ce qui contraste avec les montagnes sombres en arrière-plan restée à l'ombre sous de gros nuages bourgeonnants.

20 h 30, dîner servi à table. Au menu : Emincé de renne, rôti de porc aux ananas et sauce chutney, boule de glace avec nappage de fruits rouges.

Après avoir mis un peu d'ordre dans les films et photos sur le PC, nous montons vers 22 h 30 au bar du pont 7, où un pianiste et une chanteuse mettent un peu d'animation. A travers les baies vitrées, on peut voir le paysage défiler. Il fait grand jour, et J-J culpabilise de ne pas assurer son quart sur la passerelle ! Et pour cause !

23 h 15, Personne sur le pont 5 et pourtant ! Le RW fait route vers Tromsø qui apparaît dans le lointain. La ville construite sur une île au milieu d'un fjord est sombre à cette heure tardive. Le soleil, au nord, émerge à peine des montagnes environnantes. Ses rayons sont justes suffisants pour éclairer le grand pont de Tromsøbrua et la Cathédrale Arctique qui se détachent des sommets avoisinants restés dans l'ombre.

Miracle de l'instant que ce coup de projecteur juste focalisé sur les deux principaux symboles architecturaux de la ville. Pourvu que le soleil ne descende pas trop vite derrière les sommets, pourvu qu'un nuage intempestif ne vienne pas écourter trop tôt cette vision insolite à pareille heure.

23 h 30, escale à Tromsø, la capitale du Nord, point de départ de toutes les anciennes expéditions vers le Pôle. Même si nous connaissons bien maintenant cette ville (c'est notre 3ème passage), nous la parcourons avec plaisir. Le soleil est trop bas pour éclairer les rues et il ne fait pas bien chaud. Et nous sommes surpris par l'animation relative de Storgata à pareille heure. Nous déambulons jusqu'à la petite église catholique peinte en marron foncé. Un kiosque à musique situé à proximité est peint de la même couleur ainsi que l'ancien hôtel de ville.

00 h 30, le 10 Juillet, nous redescendons vers le port. Miraculeusement, le soleil n'illumine que la Cathédrale Arctique et le pont qui enjambe le Tromsesundet. Une douce lumière rose enveloppe la Cathédrale, ordinairement blanche. Le soleil rasant cisèle le tablier et chaque pile du pont qui se détachent de l'arrière-plan de montagne et se reflètent dans l'eau calme et sombre du chenal. Quel spectacle !

Retour à bord et dans la cabine. Nous ne rendrons même pas compte de l'appareillage du RW à 01 h 30.

Minuit à Tromsø - Le pont et la Cathédrale Arctique

Jour 25 - Ve 10/07/2009 - Finnsnes - Svolvær - Stamsund (Lofoten)



En appareillant de Tromsø nous quittons définitivement le Grand Nord, et la route du RW s'oriente nettement vers le Sud.

04 h 30, brève escale à Finnsnes. J-J se lève de bon matin pour tenter de refaire les photos prises l'hiver dernier dans ce petit port.

Le 2 Janvier 2009, la croisière se déroulait sous un ciel maussade. Vers 11 heures, le jour pointait à peine et nous avions bénéficié d'une embellie inattendue lors de cette escale. Il avait abondamment neigé toute la nuit, quelques petits glaçons flottaient même à la surface de l'eau. Une timide lumière éclairait alors le paysage enveloppé d'une épaisse couche de neige fraîche. Le village de Finnsnes prenait des allures de carte de Noël, avec ses petites maisons aux toits blancs disséminées au milieu des sapins givrés.

D'une de ces huttes couverte de neige au bord du fjord, nous avions tiré le sujet de notre carte de vœux pour 2009. La même hutte photographiée un petit matin de Juillet n'a plus la même allure, ni la même poésie. Malgré l'heure matinale, il fait très clair et sous autant de lumière le village a perdu tout le charme que nous lui avions trouvé l'hiver dernier… Néanmoins, vers le nord-est, un joli contre jour sur le grand pont qui relie l'île de Senja au continent et à l'opposé, vers le sud-ouest, le sommet des montagnes encore enneigées est déjà fortement éclairé.

07 h 45, le RW arrive en avance à Harstad, la plus grande ville de l'archipel des Vesterålen et J-J rate l'entrée dans ce port. Le RW accoste derrière le MS Lofoten qui termine de charger du fret. A peine le temps de quitter la couchette et déjà sur le quai ! L'escale est courte, quelques pas seulement aux abords immédiats du port.

08 h 45, appareillage en retard, ce qui sera la constante de la journée au programme bien rempli. A partir de maintenant le RW va louvoyer entre les différentes îles, îlots et récifs des Vesterålen et des Lofoten en empruntant des chenaux étroits, en passant sous de nombreux ponts, mais toujours en traversant des paysages grandioses.

Le RW fait route vers l'escale suivante en empruntant le chenal étroit et tortueux de Risøyrenna, dragué entre les bancs de sable qui relient les îles d'Andøya et Hinnøya. Dragué en permanence depuis 1922, ce chenal a permis de réduire considérablement le trajet de l'Hurtigruten. Paraissant ne pas ralentir, le RW slalome entre les ducs d'Albe qui balisent le chenal. De part et d'autre, sur des fonds sableux peu profonds, la mer prend une teinte turquoise digne des mers caraïbes.

10 h 45, escale à Risøyhamn, un village, un hameau qui permet de ravitailler l'île d'Andøya. La place est mesurée et le bateau se livre à une manœuvre étonnante en faisant d'abord demi-tour sur place, puis en abordant le quai en marche arrière. Déconcertant ! Il faut dire que les accostages se font toujours bâbord à quai et que le capitaine doit tenir compte de cette contrainte dans ses manœuvres de port.

Nous arrivons dans une région très touristique. Il était déjà monté beaucoup de monde à Tromsø et là c'est un important groupe de randonneurs suréquipés qui attendent sur le quai. Sans doute débarqueront-ils ultérieurement dans une île des Lofoten ? La fréquentation du sun deck du pont 7 s'en ressentira fortement, de même que la queue pour débarquer aux principales escales de la journée.

Inhabituel, le retard sur l'horaire s'aggrave, cette fois-ci à cause d'un important chargement de palettes de tourbe (extraite sur Andøya et à destination de Molde), qui prendra beaucoup de temps.

11 h 30, appareillage et manœuvre inverse. Le bateau se déhale d'abord en marche arrière, puis fait demi-tour sur lui-même avant de faire cap au sud. Quelle dextérité de la part de l'équipage !

A peine avons-nous quitté l'appontement que nous passons sous le pont de Risøyhamn que nous avions franchi en voiture le 29 Juin dernier. Tous les passagers lèvent la tête vers le ciel et se demandent avec inquiétude si la cheminée du RW ne va pas toucher le tablier du pont. Mais non, nous passerons sans encombre. Déjà, nous sommes en vue du pont de Sortland que nous avions également franchi avec l'Espace. Nous déjeunons durant l'escale et ne débarquons pas. Puis, le RW poursuit son chemin.

15 h 00, escale à Stokmarknes. Une jeune fille blonde en costume folklorique attend au pied de la coupée et chante sans se lasser durant toute l'escale des airs norvégiens ; hélas, le succès… et l'argent ne sont pas au rendez-vous ! Fait-elle cela tous les jours à chaque passage de bateau ?

Stokmarknes est la mère patrie de l'Hurtigruten. C'est dans ce port que le capitaine Richard Whith créa en 1881 la "Vesteraalen Dampkibsselkab", et jeta les bases d'un service régulier de cabotage le long des côtes de Norvège pour ravitailler les comptoirs les plus isolés du nord du pays. Le développement constant de ce service évoluera des années plus tard vers le concept Hurtigruten, où se mêlent service public et croisière touristique.

Un musée est consacré à l'histoire de la ligne et un ancien bateau de la compagnie au sec sur un terre-plein attirent les visiteurs, mais le temps imparti est bien court pour que nous puissions visiter cela sereinement. D'autant qu'une autre préoccupation soucie J-J : se réserver dès le départ la meilleure place à l'avant du pont 5 pour les deux attractions de la journée à ne manquer sous aucun prétexte, le chenal de Raftsundet et l'entrée dans le Trollfjord.

A peine avons-nous quitté Stokmarknes que le ciel se couvre rapidement de gros nuages menaçants. Le vent se lève et quelques petites gouttes de pluie commencent à tomber par intermittence, et la luminosité du paysage s'en ressent. Dommage !

16 h 30, beaucoup de monde commence à se rassembler sur l'avant de la coursive. Nous sommes rivés au bastingage lorsque commence la navigation dans le Raftsundet. Il s'agit d'un chenal quasi rectiligne de 25 km de long (dont 17 km particulièrement étroits), séparant Hinnøya et Austgåvøya (Vesterålen et Lofoten). Quelques mètres séparent à cet endroit les deux archipels.

A droite, les Lofoten sont une enfilade de sommets vertigineux plongeant brutalement dans les eaux grises du chenal, tandis qu'à gauche, côté Vesterålen, les berges sont moins escarpées puisqu'une route longe ce chenal sur toute sa longueur. Face à nous dans le lointain, un camaïeu de montagnes grises couronnées de neige. Le RW glisse sur l'eau calme du Raftsundet. Silence sur le pont. Chaque spectateur profite de paysage exceptionnel. Les montagnes sont si proches du bateau.

17 h 15, arrive le moment fort de la journée, l'entrée dans leTrollfjord qui est l'attraction de toute croisière estivale des bateaux de l'Hurtigruten. Lentement, le RW pénètre dans ce fjord de l'île d'Austvågøy, long d'à peine 2 km et large seulement d'une petite centaine de mètres. Spontanément, le silence se fait sur la passerelle. Sur la gauche, l'à-pic de la montagne surplombant le fjord est impressionnant, à droite, c'est à peine moins escarpé, et un cirque montagneux ferme l'extrémité du fjord. Comment le bateau peut-il entrer, et surtout ressortir d'une nasse pareille ?

Le silence est tel qu'on entend le chuintement de la coque glissant sur l'eau plate et verte du fjord. Longeant la rive de près, le RW paraît bien frêle en proportion des montagnes qui l'entourent. Le fond du fjord s'élargit quelque peu permettant au bateau de faire demi-tour. A l'évidence, l'espace sera suffisant pour que le bateau effectue sa giration sur place. En avant, lente !

Mais le capitaine peaufine sa manœuvre. Imperceptiblement le bateau pivote et mètre après mètre, l'étrave se rapproche de la paroi rocheuse. Sur la passerelle pourtant bondée de spectateurs, plus un bruit. Le bateau progresse toujours avec d'infinies précautions, ralentit encore, l'étrave semblant effleurer la roche. En tendant le bras, il semble possible de toucher la paroi rocheuse. Incroyable ! Chacun retient son souffle. Cela semble durer une éternité. Presqu'à toucher la montagne, le RW reste absolument immobile quelques minutes. D'ailleurs, le bulbe d'étrave touche-t-il la roche sous la surface de l'eau ? Cela n'est pas impossible ! Dans un silence absolu, les passagers restent médusés par la hardiesse de la manœuvre et la dextérité du capitaine qui a réussi à amener sans le moindre choc, sans le moindre à-coup, son bateau aussi près des rochers.

Le capitaine, surement très fier de nous avoir fait preuve de son talent, remet en route. Peu à peu, l'étrave pivote pour gagner progressivement l'axe du fjord. Le RW reprend son cap et achève ses derniers milles dans le Raftsundet, alors que les passagers, étonnés et satisfaits se dispersent.

19 h 15, très en retard, le RW fait escale à Svolvær, la capitale des Lofoten. Beaucoup de passagers débarquent définitivement, d'autres montent à bord pour regagner le continent. Plusieurs autocars attendent les excursionnistes pour une visite sans doute trop rapide des Lofoten, ils nous rejoindront à l'escale suivante de Stamsund. Nous préférons marcher en ville, Nelly à lécher les vitrines et J-J à chercher à prendre le cliché idéal, mais ce soir, pas de soleil !

20 h 00, à cause du départ des nombreux excursionnistes, service unique pour le dîner. Et ce soir, rien ne va. Nous trouvons difficilement une place à l'arrière du restaurant, le service à table est d'une longueur inhabituelle et le menu en dessous de ce que nous étions habitués : émincé de porc (?), filet de cabillaud, boule de glace et fondant au chocolat. Bof !

21 h 00, nous sommes encore à table lorsque le RW appareille avec une heure et demie de retard. A peine avons-nous quitté le quai, que le MS Midnatsol qui va vers le nord prend notre place. Le ciel s'éclaircit quelque peu, nous permettant d'admirer les sommets des îles.

22 h 30, dernière escale aux Lofoten, à Stamsund. Le port étant éloigné du village, nous ne débarquons pas et restons sur la coursive du pont 5 à regarder l'activité sur le quai : départ ou arrivée de passagers, allées et venues des chariots élévateurs qui manipulent du fret entre la cale du bateau et l'entrepôt du quai où sont stockées les marchandises en transit.

23 h 00, les autocars reviennent et les excursionnistes débarqués à Svolvær regagnent le bord sans précipitation. Le RW appareille avec un retard d'une heure trente, pour rejoindre Bodø après une traversée de quatre heures du Vestfjorden. Fjord est-il le terme qui convient ? Il s'agit d'un large bras de mer entre les Lofoten et le continent. Sans protection vers l'ouest, les coups de vent peuvent y être sévères et la mer bien inconfortable. Cela ne sera pas le cas ce soir !

Demi-tour au fond du Trollfjord... à toucher la roche !

Jour 26 - Sa 11/07/2009 - Ørnes - Brønnøysund - Rorvik



La nuit a été fort paisible puisque nous ne nous sommes pas rendus compte de la longue escale de Bodø où le RW a pu recaler son horaire. Le calme de notre cabine est dû au fait qu'elle est située à tribord, donc à l'opposé du quai. Nous échappons ainsi aux bruits de manutention lors des transferts de fret entre le bateau et les entrepôts.

Un soleil déjà ardent, entré par le hublot de la cabine, nous oblige à nous lever tôt, et à 07 h 00, nous faisons l'ouverture de la salle à manger pour le petit-déjeuner, alors que le RW fait escale à Ørnes. De notre table, nous surplombons un petit port de pêche et fond, nous devinons la silhouette des montagnes dans le contre-jour.

Après le départ, nous restons sur la coursive extérieure. Avec le soleil matinal, la température nous paraît agréablement douce. Nous naviguons vers le sud et cela commence à se sentir. Nous avons abandonné la veste polaire et le blouson fourré, ce matin nous sommes en T-shirt.

Aujourd'hui notre bateau suivra un trajet presque parallèle à la route 17, la route que nous avions emprunté durant 3 jours dans le sens inverse, il ya maintenant 3 semaines. Le RW trace son chemin en contournant une multitude d'îles et d'îlots, le spectacle évoluant après chaque virage. Une lumière étincelante inonde le paysage : sur la gauche, les montagnes enneigées en arrière-plan, des petits hameaux ou des fermes isolées parsèment la côte, au centre l'eau bleue des chenaux, puis à droite, des îles verdoyantes. La côte est magnifique, le paysage varié et nous ne savons plus où donner du regard.

Au débouché d'un chenal, nous croisons le MS Vesterålen. Grand échange de coups de sirènes… Nous croisons également plusieurs ferries ou catamarans rapides qui desservent les ports les plus reculés de cette côte compliquée.

09 h 20, nous approchons du Cercle Polaire. Face à nous, une grande sphère métallique sur un îlot symbolise cette ligne fictive à 66°33' N. Le RW marque l'instant par un long coup de sirène.

10 h 00, les passagers sont conviés à l'extérieur du pont 7 pour le traditionnel baptême du passage de la ligne. Le staff du bateau est déguisé en vikings. Et c'est le commandant, lui même, qui se charge de verser dans le dos des volontaires une copieuse louche de glaçons, et il ne fait pas semblant. Sans hésiter, ni réfléchir, simplement parce que cela est prévu, tous les passagers allemands se feront ainsi baptiser sans discuter. L'ambiance est aux rires, cris d'effroi et hurlements de surprise. Chacun sera récompensé par un verre d'aquavit et un joli diplôme attestant du passage du Cercle Polaire. Pour notre part, nous sommes restés spectateurs de ce cérémonial. Cette petite fête tout juste achevée le ciel se couvre rapidement, le vent se lève sous les nuages et se renforce dans les passes entre les plus hautes îles.

11 h 00, escale de vingt minutes à Nesna. Le temps est moins radieux qu'il y a trois semaines lorsque nous y avions campé, et pêché nos premiers bigorneaux norvégiens. C'est un port d'à peine mille habitants et la "gare maritime" est en proportion, un petit bâtiment en bois de couleur rouge sang flanqué de trois jolies lucarnes.

12 h 30, escale à Sandnessjøen. Le port, tout en longueur, est situé sur une sorte de chenal créé par un alignement d'îles qui font protection contre la houle et le vent du large. L'activité du port est liée aux ferries qui relient ces îles et les expéditions de poisson.

C'est la première longue escale de la journée (1 heure), et la plupart des passagers ont des fourmis dans les jambes, d'autant que le quai se trouve en pleine ville. Tout le monde débarque ensemble et se retrouve en même temps à arpenter l'unique et courte rue commerçante de cette petite ville qui est vite parcourue. Retour à la queue leu leu par les quais…

Le bateau continue vers le sud en longeant la longue chaîne montagneuse de Sept Sœurs, qui culmine à environ 1.000 m en moyenne. Haut lieu de la mythologie norvégienne, l'alignement nord-sud de sept sommets au profil quasi identique est particulièrement impressionnant et il est logique que cette perspective remarquable soit au cœur de nombreuses légendes. Mais au moment de notre passage, un ciel terne ne met pas en valeur ce site.

Toujours sous la grisaille, nous arrivons vers 16 h 15 à Brønnøysund, dans une configuration semblable à celle du port précédent de Sandnessjøen : une agglomération s'étalant le long d'un chenal protégé par des îles basses.

Quelques petits commerces sont établis sur le quai et draine une partie de la clientèle du bateau. Rapide tour dans la ville sans cachet particulier jusqu'à un petit port de plaisance. Sur le quai une plaque indique que la ville est précisément au milieu de la Norvège, à 860 km du Cap Nord et de la Pointe de Lindesnes au sud, à vol d'oiseau bien sûr (parce que par la route ou par la mer, c'est largement plus).

Dès la sortie du port, le RW passe sous un pont complètement en courbe et qui dessert les îles situées de l'autre côté du chenal. Nous avions utilisé ce pont pour nous rendre au camping de Torghatten. Nous naviguons au plus près (quelques dizaines de mètres), de ces îles basses et sommes maintenant en vue du camping que nous avions fréquenté le 23 juin. Ce jour là, à la même heure, c'était le MS Lofoten que l'on apercevait du camping se dirigeant vers le sud.

17 h 30, de la passerelle, nous voyons bien maintenant le rocher de Torghaten avec son profil particulier de "chapeau de gendarme". Ce "rocher" est le seul sommet remarquable (160 m), dominant un vaste semis d'îles basses et de récifs dangereux pour la navigation. Mais le capitaine va modifier la route du RW pour que nous puissions admirer la curiosité naturelle qu'est un trou situé au milieu de ce rocher, à 112 m de hauteur. Dans des temps immémoriaux, la mer dont le niveau était beaucoup plus élevé aurait usé la roche plus tendre à cet endroit et creusé une cavité qui se serait complètement effondrée. Aujourd'hui, nous pouvons voir ce phénomène dans son ensemble, mais le 23 juin nous étions "montés" dans le trou, qui vu de l'intérieur était vraiment très impressionnant.

Difficile de faire des prévisions météo en Norvège tant les conditions changent rapidement. L'épaisse couche nuageuse qui nous suivait depuis la fin de matinée disparaît sans prévenir et laisse place en fin d'après-midi à un ciel limpide. Et c'est tant mieux car le RW se fraie un passage entre le continent et une succession de petites îles. La route est sinueuse et certains passages sont si étroits que sur la coursive, J-J se demande comment le bateau va passer. Depuis la démonstration à l'intérieur du Trollfjord, il n'y a pas de doute à avoir sur la dextérité du capitaine. Et bien sûr, chacun de ces goulets est franchi sans encombre.

Nous longeons des petites îles de très près, avec de modestes fermes isolées. Des enfants font des signes de la main à notre passage auxquels le commandant répond par un léger coup de sirène. Le soleil à l'ouest éclaire les paysages d'une jolie couleur orangée très douce. Un agréable moment passé presque seul sur la passerelle.

Nouvel avatar météo, le soleil se voile de nouveau pour laisser place à un épais banc de brume peu avant l'escale de Rorvik. C'est à n'y rien comprendre tant cela est imprévisible !

C'est dans ce port de Rorvik que nous avions réveillonné le 31 Décembre 2009, à bord du MS Trollfjord. S'il faisait bien plus froid, les quelques flocons de neige épars ne nous avaient guère gênés pour admirer tous les feux d'artifice tirés depuis les jardins à flanc de colline. Ce soir, c'est brouillard !

20 h 30, escale d'une heure où nous n'avons pas pu débarquer à cause du repas du Commandant et du dîner d'adieu. En effet, la majorité des passagers débarque demain matin à Trondheim, et ce repas a été avancé d'une journée pour qu'ils puissent en profiter. Pendant que nous sirotons un verre de crémant offert par la compagnie, le commentateur du bord fait les présentations en portant un toast à l'égard des passagers qui nous quittent. D'abord le Commandant et tout le staff de la passerelle, chaleureusement applaudis et ensuite, au garde à vous, toute l'équipe de la cuisine et du restaurant, ovationnés aussi par les passagers.

La carte est rédigée en quatre langues dont le français : Coquilles Saint-Jacques, tranche de bœuf aux oignons rouges confits, pommes de terre sautées, crème au citron et groseilles. Le repas aura duré tout le temps de l'escale et à 20 h 30, le RW quitte le quai. De sous le pont de Rorvik, la silhouette fantomatique du MS Nordkapp émerge de l'épais banc de brume et vient prendre notre place à quai.

Vu les conditions de visibilité, nous descendons dans la cabine faire les transferts de films et photos sur le PC. Nous regardons pendant un long moment les films pris depuis plusieurs jours. A 23 h 30, en jetant un œil furtif par le hublot, nous réalisons que non seulement le brouillard a complètement disparu, mais qu'un soleil rougeoyant est en train de plonger dans la mer.

Vite, nous repartons sur le pont 5. Plus de brume et le soleil flirte avec l'horizon, il est plus rouge et bientôt il va disparaître, ce que nous n'avions plus vu depuis plusieurs semaines. Et second choc, même si l'heure est tardive, il fait relativement sombre et la pénombre nous entoure. Ca aussi, nous avions oublié.



Jour 27 - Di 12/07/2009 - Tondheim - Kristiansund - Molde



06 h 00, réveil pour ne pas rater l'entrée à Trondheim, située loin dans le Trodheimfjord. Mais le RW accoste avec un quart d'heure d'avance, et du coup l'arrivée est quelque peu escamotée.

06 h 30, soleil éclatant, J-J rend à pied en ville, à une quinzaine de minutes de marche du quai Hurtigruten, pour faire des photos dans les meilleures conditions.

06 h 45, arrivée sur le pont de Bakke Bru qui enjambe la Nidelva. Malgré l'heure, le soleil illumine les façades colorées des entrepôts de la rive ouest. L'air est pur, les couleurs nettes et contrastées. L'ensemble, avec en arrière plan le Gamle Bybru et le clocher de la Cathédrale est absolument photogénique, et J-J mitraille… Quand, arrivé sur l'ancien pont… damned ! Plus de batteries !

Retour quelque peu dépité, en passant par la Cathédrale, la rue principale Munkgata, la place du marché et la gare ferroviaire. Il est tôt, c'est dimanche, il n'y a personne dans les rues. La promenade est agréable. L'urbanisme norvégien est souvent déroutant. De belles façades de style Art Déco, alternent avec des immeubles plus contemporains en verre et alu.

08 h 15, retour sur le quai pour voir MS Finnmarken remonter le fjord, et aborder le quai Hurtigruten après une savante manœuvre. Tout en marche arrière, le Finnmarken pénètre dans l'étroit bassin et va accoster derrière le RW. La distance entre les deux bateaux ne doit pas excéder 10 m, et c'est un véritable créneau que le Finnmarken réalise sans hésitation pour gagner le quai. Décidemment, les commandants de la compagnie sont très forts !

08 h 30, petit-déjeuner bien mérité, bain de soleil, puis visite du Finnmarken. C'est un grand bateau dont l'architecture et l'organisation sont similaire à ce que nous connaissons. Les différences notables sont une piscine à l'arrière du pont supérieur et une vaste plate-forme en gradins à la proue du bateau permettant au plus grand nombre d'admirer confortablement le paysage.

Pendant ce temps, le RW s'est rempli de passagers. Essentiellement des groupes de norvégiens organisés pour des excursions de la journée jusqu'à Molde. Et tous ces gens âgés se sont empressés d'occuper les meilleures places du pont panoramique ou du sun deck et passer tout leur temps à bavarder plutôt qu'à regarder le paysage !

10 h 00, le RW quitte le quai à l'heure prévue et entame la descente du Trondheimfjord. Durant presque deux heures nous naviguons entre les rives en pente douce du fjord. La région est fertile et de nombreuses fermes imposantes se sont installées près des berges verdoyantes pour y pratiquer l'élevage.

A l'embouchure du fjord, nous laissons le phare d'Agdenes à bâbord pour de nouveau faire cap vers le sud-ouest et continuons à naviguer au calme entre îles et continent. Et comme tous les après-midi depuis le début de cette croisière le ciel se voile de nouveau pour notre arrivée à Kristiansund. La ville, importante, est construite sur 3 îles reliées par des ponts. De la coursive, il est difficile de discerner à l'avance où se trouve le quai. Une heure d'escale, c'est suffisant pour que la majorité des passagers veuille débarquer en même temps ! La sortie du bateau est un peu fastidieuse et nous marchons jusqu'au môle situé en centre ville.

Kristiansund a beaucoup vécu de la pêche au cabillaud et de l'exportation de morue salée et séchée en Europe du Sud. Sur le môle, la statue en bronze d'une marchande de poissons confirme la vocation première de ce port. Les temps changent et Kristiansund vit maintenant davantage de la maintenance et du ravitaillement des plates-formes pétrolières implantées au large.

17 h 00, le RW s'éloigne de la ville en empruntant un dédale de chenaux avant de retrouver le large. Quelques rayons de soleil bienvenus réussissent à passer à travers la couche de nuages donnant à tout le paysage une curieuse teinte plombée. Un groupe de passagers est parti en excursion pour parcourir la Route de l'Atlantique, un itinéraire touristique empruntant une multitude de ponts pour passer d'une île à l'autre, et ils nous rejoindrons à l'escale de Molde. C'est pour cette raison que ce soir, le dîner est fixé à 19 h 00 : Potage au potiron, filet de flétan, mousse de fruits.

20 h 45, escale à Molde, petite ville située dans un large fjord, le Romsdalfjorden, fermé au sud par une vaste chaîne de 87 sommets enneigés. La ville s'étage sur une colline en pente douce et vue du bateau, elle paraît bien agréable et aérée. C'est la 3ème fois que nous y passons. Un peu d'animation dans la rue principale : un festival de jazz réputé commence demain, et les préparatifs vont bon train.

Cette ville est aussi connue pour être "la cité des roses". C'est sans doute pour cette raison que nous retrouvons alignées sur le quai toutes les palettes de tourbe que nous avions vues embarquer à Risøyhamn dans les Vesterålen. Le ciel est lumineux et la promenade sur le quai, avec le large fjord et les montagnes enneigées en arrière-plan, est des plus agréables.

21 h 30, alors que le RW commence juste sa manœuvre d'appareillage, le MS Polarlys arrive pour prendre sa place à quai, juste devant le RW qui continue à s'éloigner du quai. Les 2 bateaux, l'un derrière l'autre, manœuvrent ensemble à quelques mètres près, la proue du RW presque à toucher la poupe du Polarlys. Epoustouflant !

Et puis, le RW plutôt que de gagner directement le milieu du fjord, va se déhaler bien parallèlement au Polarlys. Y a-t-il 10 mètres entre les 2 deux bateaux ? Ce sont 122 mètres et 11 000 tonnes dont il faut maîtriser parfaitement la trajectoire, ce n'est pas rien. Au terme de la manœuvre, les deux passerelles de commandement qui débordent de la coque sont presque à se toucher ! Notre capitaine nous a apporté la preuve de son professionnalisme, du grand art !

23 h 10, le soleil tombe dans l'eau. Et cette nuit… il fera nuit !

Le départ de Molde... bord à bord avec le MS Polarlys

Jour 28 - Lu 13/07/2009 - Florø - Bergen



L'obscurité complète a fait que nous avons raté les escales de Ålesund, Torvik et Maløy.

C'est le dernier jour de la croisière et le rythme va être un peu bousculé pour préparer l'arrivée à Bergen. Nous devons libérer rapidement les cabines, donc faire les bagages dès le début de matinée et les sortir dans les couloirs. Cette contrainte va conditionner notre vie à bord jusqu'au débarquement, en gardant à portée de mains vêtements, appareil photo, ordinateur, etc…

07 h 45, dernière escale de la croisière à Florø. Un village à flanc de coteau dominé par une belle église en bois blanc dotée d'un superbe clocher. J-J débarque juste pour faire 2 photos, car le temps est trop limité pour aller au-delà des abords du débarcadère qui ne semblent pas caractéristiques.

Sous le soleil, le RW navigue au large de côtes plus basses ou d'îles plates abritant quelques maisons. En milieu de matinée, le bateau semble se diriger droit vers un groupe d'îles et d'îlots. Peu à peu, un passage semble se dessiner. Pas bien grand ! En décrivant une large courbe le bateau se présente face à l'étroit chenal entre deux îles, large d'une centaine de mètres, et qu'il franchit rapidement. Vu de la passerelle, c'est très impressionnant de voir le bateau passer à aussi vive allure dans un passage aussi étroit. Une fois de plus le Capitaine fait preuve de beaucoup d'assurance pour mener son navire.

Une demi-heure plus tard, bis repetita… Il va falloir passer au milieu de l'archipel de Sula, face à l'embouchure du Sognefjord. De loin le passage paraît encore plus étroit que le précédent. Le bateau ne ralentit pas sa vitesse. Brrr… On peut supposer que le capitaine sait ce qu'il fait et qu'il sait viser juste, car non seulement le Steinsundet est très étroit, mais de plus, il comporte plusieurs courbes.

A droite, un îlot de quelques mètres de hauteur, balisé par un petit phare avec une toiture octogonale rouge, à gauche la pointe basse d'une ile plus importante également balisé par un feu, et après une légère courbe, un troisième phare matérialise la sortie de chenal.

Cette passe est si étroite, qu'en sens inverse, un chalutier attend que nous ayons repris le large pour y entrer à son tour. Avec assurance, notre capitaine navigue sans ralentir à une dizaine de mètres de la roche côté tribord. C'est stupéfiant ! Au second phare, le bateau vire légèrement et continue sa route sans encombre. Ce capitaine est vraiment très, très fort. Il joue véritablement avec son bateau et en fait ce qu'il veut. Quelle maîtrise !

C'est habituel, en fin de matinée le ciel se couvre de gros nuages.

11 h 30, à cause du débarquement qui approche, l'horaire du déjeuner est avancé. Dernier buffet, où nous nous régalons encore une dernière fois de poisson et de fruits de mer. Il y en a une telle variété préparée de multiples façons. Comme l'hiver dernier, nous venons de faire une bonne cure de saumon. Y a pire !

Nous entrons dans le long fjord qui mène à Bergen. Il commence à pleuvoir… Tous les passagers se réunissent dans le salon panoramique du pont 7. A travers les grandes baies vitrées, chacun observe les berges du fjord. Nous quittons les fjords sauvages pour naviguer dans un fjord qui s'urbanise et s'industrialise à mesure que nous progressons. La grande ville approche.

A cause de la pluie, impossible de faire des photos sur la coursive, alors J-J se replie dans un salon plus calme pour rédiger l'un dernier mail du voyage et le charger sur une clé USB pour l'envoyer plus tard depuis une bibliothèque.

14 h 30, les collines qui enserrent Bergen sont largement construites de maisons multicolores, les hangars s'alignent sur les berges, quelques paquebots sont amarrés aux quais. Le RW ralentit, fait demi-tour et s'approche lentement du quai, au pied de l'Hurtigrutenterminalen, un bâtiment ultra-moderne et fonctionnel servant de gare maritime.

Le débarquement des passagers, bien organisé, se fait pont par pont. Depuis le pont 5, une large passerelle (genre aéroport), permet de gagner directement le terminal, retrouver les bagages et rejoindre un moyen de transport.

Pendant ce temps, J-J est descendu au pont 2 pour récupérer l'Espace. Comme prévu, il va falloir attendre que tous les autres véhicules aient quitté le bateau, ce qui est un long exercice de patience. La manutention n'est guère rapide puisqu'elle se fait voiture par voiture à l'aide d'un ascenseur qui permet de retrouver le niveau du quai. Première voiture garée en tête à Kirkenes, l'Espace est forcément la dernière à sortir à Bergen au bout d'1 h 50 d'attente.

Avant que notre voiture retrouve la terre ferme, Nelly s'est morfondue toute seule avec tous les bagages à main dans le terminal vidé de la majorité des passagers.

Sous la pluie battante, nous quittons l'emprise du terminal Hurtigruten et nous retrouvons, un peu désorientés, au cœur de Bergen. Entièrement pris en charge, nous avons vécu à bord du Richard With, six jours d'insouciance, désormais il va falloir vite reprendre nos habitudes de touristes itinérants et précaires !

16 h 10, pour éviter de nous rendre dans un terrain de camping éloigné de la ville, nous faisons d'abord un passage par le "Bobil Senter" (Bobil = camping-car, en norvégien), de Damsgårdsveien, connu de tous les camping-caristes. En réalité, c'est juste une aire asphaltée sans aucun équipement au milieu des entrepôts et des hangars du port. Triste à mourir ! Cet endroit n'est pas fait pour nous. Son seul avantage est qu'il permet de rejoindre le centre ville à pied, résolvant ainsi les problèmes de stationnement. Nous garons la voiture à proximité, sur une place gratuite, nous évitant également de passer plusieurs fois sous le même portique de péage urbain. Que d'économies !

Sous une légère pluie, nous rejoignons le centre en passant sur le grand pont de Puddefjordsbroen, surplombant le port, puis en traversant l'université. Du parvis de l'église catholique Saint-Jean, nous dominons tout le centre ville, qu'il faut ensuite rejoindre en descendant une forte pente. Nous trouvons au fond d'un grand jardin public la bibliothèque, d'où nous pouvons envoyer le mail relatant notre croisière. Cette formalité accomplie, nous nous rendons sur le port de Vågen, au marché au poisson de Torget.

Cette attraction locale est le point de convergence de tout ce que Bergen peut compter comme touristes. Et la réputation n'est pas usurpée. De jeunes poissonniers érudits et multilingues accrochent le client avec un savoir-faire extraordinaire et proposent à la vente et à la dégustation toutes sortes de produits de la mer. (Ces vendeurs semblent sortir tout droit d'une école de commerce, plutôt que du pont d'un chalutier… Et peut-être effectuent-ils un stage de vente ; en tous cas, ils sont très habiles et convaincants… !). Bien sûr, les alignements de saumons frais, de lieus, de flétans, de harengs, steaks de baleine, pattes de crabes royaux et autres attirent l'œil et c'est plutôt agréable à regarder. S'il y a du poisson frais sur les étals, il y a aussi beaucoup de produits transformés en usine. L'authenticité du lieu reste à démontrer, la seule certitude, ce sont les prix… exorbitants. Au milieu de ces étals, il y a aussi des stands qui proposent des sandwiches de saumon ou de crevettes bien appétissants que l'on peut consommer sur place. Le prix de vente est beaucoup moins digeste…

Nous déambulons dans le quartier de Bryggen, à qui Bergen doit sa renommée. Un alignement de bâtiments colorés en bois, séparés par des ruelles étroites, qui du temps de la Hanse servaient d'entrepôts, d'ateliers, d'habitations. Aujourd'hui, la plupart abritent des restaurants ou des boutiques de souvenirs. Nelly est à la recherche de la bonne affaire…

Nous poursuivons dans le quartier de Øvregaten, au-dessus de Bryggen. Des petites rues pavées partent à l'assaut de la colline, bordées de maisons blanches en bois dont les fenêtres sont toujours décorées d'objets divers qui doivent sans doute refléter la personnalité des occupants.

De retour sur le quai de Vågen, nous discutons avec un couple de Choletais très bavards qui circulent dans Bergen en vélo. Ils sont arrivés par la Suède en camping-car et pensent aller aux Lofoten, et bien sûr, sont stationnés au "Bobil Senter".

La pluie menace, et en rejoignant la voiture nous sommes pris sous un violent orage. Déjà bien trempés, nous nous abritons dans le hall d'un bâtiment de l'Université en attendant une accalmie. Nous sommes dans un piteux état en arrivant à la voiture.

20 h 00, arrivée à Nettsun à une vingtaine de kilomètres du centre de Bergen, au camping de Grimen, juste en bordure d'un petit lac. On nous attribue un emplacement plutôt étriqué où il y a juste assez de place pour l'Espace et la table de camping qui se trouve à moins d'un mètre de la berge du lac.

Grandeur et décadence ! Après avoir mené une vie de nantis à bord de l'Hurtigruten, dès ce soir nous retrouvons notre statut de manants. Après le luxe et le confort, c'est la misère. Il va falloir retrouver nos réflexes de campeurs, préparer les repas à l'arrière de l'Espace, dîner en plein air, déplacer tous les sacs et installer notre couchage, etc, etc…

Il y a encore quelques heures, nous avions toute une équipe de blondes pour nous servir ; ce soir, il va falloir tout faire avec une seule brune !

Sous un ciel plutôt bas, nous dinons au bord du lac, et c'est bien aussi.

Le petit matin à Florø

A suivre…

1ère Partie -- 2 ème Partie -- 4ème Partie

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