Results for "Ouest+de+la+France"
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Vacances et camping entre Sarlat et Cahors?
bonjour a tous,
cet été nous avons décidé moi et ma petite famille de partir
dans la région de la dordogne et du lot et garonne.
j'aimerai savoir vos expériences en terme de camping, oui nous recherchons
un mobil-home pour ma petite famille.
merci d'avance pour vos futurs contributions.
Vivre à Bordeaux ou Montpellier?
Bonjour à tous j aimerais m installer dans une ville du sud prés de la mer ou l océan.j ai visité pas mal de coins en France et Bordeaux et Montpellier sont les 2 endroits qui m intéressent.Etant donné que je n ai passé que quelques jours la bas j aimerais avoir l avis de ceux qui y habitent et me donner votre ressenti.Je vous remercie d avance A bientôt
Déménagement dans le Languedoc-Roussillon
Bonsoir tous le monde!
Voila je desire depuis quelque temps maintenant changer d'horizons et partir m'installer dans le Lanquedoc Rousillon mais j'hesite sur la ville. J'aimerais une grande ville du style Monptellier Beziers Perpignan mon choix n'etant pas defini j'aimerais quelques conseils de votre part!
J'ai 22ans j'habite dans le Vaucluse et je suis chauffeur routier donc le travail je devrait arriver a trouver dans cette region! Pour le logement sa fait plus d'un ans et demi que je suis dans une residence securiser et j'en suis tres content donc je voudrais retrouver le meme style de logement et je pense que dans ces Villes il doit y'en avoir!!
J'aimerais avoir des avis sur ces villes que je pourrais aller visiter et postuler des mes conges dans 10jours!!
Merci bien d'avances.
Voila je desire depuis quelque temps maintenant changer d'horizons et partir m'installer dans le Lanquedoc Rousillon mais j'hesite sur la ville. J'aimerais une grande ville du style Monptellier Beziers Perpignan mon choix n'etant pas defini j'aimerais quelques conseils de votre part!
J'ai 22ans j'habite dans le Vaucluse et je suis chauffeur routier donc le travail je devrait arriver a trouver dans cette region! Pour le logement sa fait plus d'un ans et demi que je suis dans une residence securiser et j'en suis tres content donc je voudrais retrouver le meme style de logement et je pense que dans ces Villes il doit y'en avoir!!
J'aimerais avoir des avis sur ces villes que je pourrais aller visiter et postuler des mes conges dans 10jours!!
Merci bien d'avances.
Stations balnéaires de l'Hérault
J'ai besoin de vos avis :
J'ai eue l'occasion de passer quelques jours cet été au Cap d'Agde et j'ai apprécié l'ambiance familiale-conviviale de cette station.
Je voudrais connaître vos avis sur les stations de La Grande-Motte, Le Graud du Roi et Palavas les Flots.
Qu'en est-il des tarifs (est-ce que ça se vaut avec le Cap d'Agde) et comment est l'ambiance ?
Merci
Climat à Béziers en mars?
Bonjour,
J'ai l'occasion de passer nos vacances de Mars vers Béziers. Ce serait la 2 eme semaine de Mars. J'ai regardé sur les sites météo, j'ai vu environ 5 ° à cette époque...brrrr.🤪 Nos intentions seraient de visiter les alentours, Carcassonne, balade le long du canal du midi, Montpellier etc...je ne connais pas du tout cette région de France. Pouvez vous me donner des précisions: est ce un 5 ° glacial, un 5 ° pluvieux, neigeux ??? à cette saison. même si c'est très difficile de se prononcer avec le climat qui n'en fait qu'à sa tête ( aujourd'hui 7 décembre, mon linge séche dehors au soleil...si si si dans le Nord de la France 😛 ) Merci d'avance !
J'ai l'occasion de passer nos vacances de Mars vers Béziers. Ce serait la 2 eme semaine de Mars. J'ai regardé sur les sites météo, j'ai vu environ 5 ° à cette époque...brrrr.🤪 Nos intentions seraient de visiter les alentours, Carcassonne, balade le long du canal du midi, Montpellier etc...je ne connais pas du tout cette région de France. Pouvez vous me donner des précisions: est ce un 5 ° glacial, un 5 ° pluvieux, neigeux ??? à cette saison. même si c'est très difficile de se prononcer avec le climat qui n'en fait qu'à sa tête ( aujourd'hui 7 décembre, mon linge séche dehors au soleil...si si si dans le Nord de la France 😛 ) Merci d'avance !
Horaires du transport en commun Pampelune (Espagne) - Bordeaux le 1er mai 2012?
Bonjour à tous,
je ne parle pas espagnol et je ne me débrouille pas très bien en recherches sur le net.😕
je souhaite connaître les horaires de transport en commun de Pampelune vers Bordeaux
j'ai trouvé un SEUL bus avec arrivée à Irun 15h10 et Saint Sebastien 15h30 et je ne réussi pas à trouver un train Irun / Bordeaux
je peux partir le matin de Pampelune et je souhaite arriver le jour même 😏 à Bordeaux le 1er mai 2012 !
_=_=_=_
demande alternative : le 28 avril 2012 de Roncevaux vers St Jean Pied de Port j'ai trouvé le site des bus... mais je n'ai aucun horaire ( ? )
MERCI pour toute aide
je souhaite connaître les horaires de transport en commun de Pampelune vers Bordeaux
j'ai trouvé un SEUL bus avec arrivée à Irun 15h10 et Saint Sebastien 15h30 et je ne réussi pas à trouver un train Irun / Bordeaux
je peux partir le matin de Pampelune et je souhaite arriver le jour même 😏 à Bordeaux le 1er mai 2012 !
_=_=_=_
demande alternative : le 28 avril 2012 de Roncevaux vers St Jean Pied de Port j'ai trouvé le site des bus... mais je n'ai aucun horaire ( ? )
MERCI pour toute aide
Véloroutes dans Tarn-et-Garonne? (France)
Hello les amies cyclistes!!!
on voudrais faire une semaine de vélo itinérant au moi d'avril 2012 dans la vallée du Lot, mais je me aperçois qu'il n'y a que 80 km, alors je pense descendre un peu direction Montauban ou Albi ou encore Toulouse existe t'il des pistes cyclables ???? dans ces directions, en sachant qu'on fait environ 60 km par jour😇😇 qui peut m'aider ?? merci d'avance pour vos réponses
on voudrais faire une semaine de vélo itinérant au moi d'avril 2012 dans la vallée du Lot, mais je me aperçois qu'il n'y a que 80 km, alors je pense descendre un peu direction Montauban ou Albi ou encore Toulouse existe t'il des pistes cyclables ???? dans ces directions, en sachant qu'on fait environ 60 km par jour😇😇 qui peut m'aider ?? merci d'avance pour vos réponses
Voyager à Agde avec trois enfants
Je suis à la recherche d'un camping à Agde. un collègue ma Conseiller Le Camping "les 7 Fonts ". et je voudrais avoir l'avis des internautes qui l'ont déjà visiter : Animations, propreté, situation ……?
Merci d'avance.😎
Réserve africaine de Sigean ou autres "safari" en France?
Salut!
J'aimerais faire un vrai safari en AFRIque mais n'ai pas les moyens, j'aimerais savoir si vou avez fait le safari de sIGEan, à la réserve et si c'est bien, si on voit bien les animaux, s'il y a une période préférable.
Sinon connaissez vous d'autres lieux qui propose ce genre de visite en fRANCE? Merci
Sinon connaissez vous d'autres lieux qui propose ce genre de visite en fRANCE? Merci
Tournage-randonnée dans les Pyrénées au départ de Bagnères-de-Bigorre
Salut tout le monde !
Avec des amis nous réalisons depuis quelques mois un long métrage indépendant, essentiellement dans les rues de paris, sauf à la fin, le personnage principal arrive en haut d’une montagne (juste quelques plans à tourner). Nous recherchons donc un lieu avec une/des très belles vues dégagées, qui donne une impression de grande hauteur et des territoires étendus, sans routes, habitations, ou autre installation humaine.
Nous partirons en équipe réduite de 3 personnes, en bonne condition physique et très à l’aise à la marche, je sais lire une carte, mais à part ça nous n’avons pas une très grande expérience de la montagne. Le but serait d’avoir ces points de vue sans marcher trop longtemps, mais tout en étant tranquille.
Notre point de chute seras situé à Bagnères-de-Bigorre, et nous aurons peut être une voiture. On arrive mardi, et on part en rando mercredi ou jeudi.
Donc voilà, si vous avez des idées de rando plutôt facile mais avec des super belles vues c’est super ! Si on peut se croiser pour en papoter et que vous nous prétiez des cartes c’est encore mieux. Si vous n’avez rien à faire et que vous pouvez venir avec nous (on est très gentils) c’est top !
À bientôt, Cyprien
Avec des amis nous réalisons depuis quelques mois un long métrage indépendant, essentiellement dans les rues de paris, sauf à la fin, le personnage principal arrive en haut d’une montagne (juste quelques plans à tourner). Nous recherchons donc un lieu avec une/des très belles vues dégagées, qui donne une impression de grande hauteur et des territoires étendus, sans routes, habitations, ou autre installation humaine.
Nous partirons en équipe réduite de 3 personnes, en bonne condition physique et très à l’aise à la marche, je sais lire une carte, mais à part ça nous n’avons pas une très grande expérience de la montagne. Le but serait d’avoir ces points de vue sans marcher trop longtemps, mais tout en étant tranquille.
Notre point de chute seras situé à Bagnères-de-Bigorre, et nous aurons peut être une voiture. On arrive mardi, et on part en rando mercredi ou jeudi.
Donc voilà, si vous avez des idées de rando plutôt facile mais avec des super belles vues c’est super ! Si on peut se croiser pour en papoter et que vous nous prétiez des cartes c’est encore mieux. Si vous n’avez rien à faire et que vous pouvez venir avec nous (on est très gentils) c’est top !
À bientôt, Cyprien
Albi: un bon endroit pour photo de la Cité épiscopale
Bonjour,
Je viens de passer 2 jours à Albi. C'est une ville qui vaut vraiment le coup de s'y arrêter.
Un tuyau pour les photographes : Hôtel XXXXXXX chambre 310 (Vue imprenable sur la cité épiscopale). Grandes fenêtres et petit rebord intérieur pour bien placer le pieds photo ! (J'ai demandé lors de la réservation une chambre bien située pour les photos)
J'ai mis quelques images sur mon site http://www.phil-photo.fr/ puis choisir Albi/Toulouse Celles de Sainte Cécile et du Pont vieux de nuits sont faites de cette fenêtre
Philhip
XXXXXXXX = Je pense que la publicité est interdite, mais je suis prêt a vous donner tous les renseignements.
Je viens de passer 2 jours à Albi. C'est une ville qui vaut vraiment le coup de s'y arrêter.
Un tuyau pour les photographes : Hôtel XXXXXXX chambre 310 (Vue imprenable sur la cité épiscopale). Grandes fenêtres et petit rebord intérieur pour bien placer le pieds photo ! (J'ai demandé lors de la réservation une chambre bien située pour les photos)
J'ai mis quelques images sur mon site http://www.phil-photo.fr/ puis choisir Albi/Toulouse Celles de Sainte Cécile et du Pont vieux de nuits sont faites de cette fenêtre
Philhip
XXXXXXXX = Je pense que la publicité est interdite, mais je suis prêt a vous donner tous les renseignements.
Trajet Toulouse-Amiens via Paris en avion
bonjour a tous je dois partir a la fin du mois a amiens , jai donc decider de prendre lavion afin d'eviter
10h de train inssuportable .... le probleme qui se pose c'est que je ne connait absolument pas laeroport
de paris ( charles de gaules ) et voila ma question:
Comment peut on faire pour prendre le trin de laeroport jusque a amiens ? y'a t'il des navettes qui parte de l'aeroport ? ou un metro? des bus?
sur mon billet j'ai :
09h16
DE LA GARE DE :CHARLES DE GAULLE 2 TGV
Arrivée à :09h44> 09h54 via
A LA GARE DE :TGV HAUTE PICARDIE
Transporteur :
Numéro du train :5252
Confort2e classe
PériodePériode normale Durée 01h23
Arrivée à :10h39
A LA GARE DE :AMIENS
Transporteur : Autocar
Numéro du train :48004
Confort2e classe
donc voila pouvez vous mexpliquer cela? :s merci
10h de train inssuportable .... le probleme qui se pose c'est que je ne connait absolument pas laeroport
de paris ( charles de gaules ) et voila ma question:
Comment peut on faire pour prendre le trin de laeroport jusque a amiens ? y'a t'il des navettes qui parte de l'aeroport ? ou un metro? des bus?
sur mon billet j'ai :
09h16
DE LA GARE DE :CHARLES DE GAULLE 2 TGV
Arrivée à :09h44> 09h54 via
A LA GARE DE :TGV HAUTE PICARDIE
Transporteur :
Numéro du train :5252
Confort2e classe
PériodePériode normale Durée 01h23
Arrivée à :10h39
A LA GARE DE :AMIENS
Transporteur : Autocar
Numéro du train :48004
Confort2e classe
donc voila pouvez vous mexpliquer cela? :s merci
Echange des langues allemand-francais à Bordeaux
Salut, je suis allemande mais en ce moment j habite a Bordeaux. Je voudrais pratiquer un peu plus le francais en faisant un échange des langues allemand francais de la facon qu on se réjoint de temps en temps pour boire un café et pour parler.
J espere qu on fait bientot la connaissance!
Revel Saint-Ferréol et Périgord en camping-car du 2 au 18 août 2012
Bonsoir,
Nous envisageons de visiter en camping car (7m) du 2 aout 2012 au 18 aout 2012 les 2 sites suivants:
1/ Revel-Saint Fereol ( 31)
2/ Perigord
merci de vos expériences, circuits, sites à voir, arrets, et visites à ne pas manquer ....
Cordialement
JLVB
Nous envisageons de visiter en camping car (7m) du 2 aout 2012 au 18 aout 2012 les 2 sites suivants:
1/ Revel-Saint Fereol ( 31)
2/ Perigord
merci de vos expériences, circuits, sites à voir, arrets, et visites à ne pas manquer ....
Cordialement
JLVB
Voyage à vélo Nantes-Brest: location de véhicule
Bonsoir à tous
Avec ma petite famille, nous envisageons de faire un voyage à vélo Nantes-Brest l'été prochain.
Notre véhicule motorisé étant trop petit pour emmener la famille, les bagages ainsi que nos vélos je suis à la recherche d'informations.
Une de mes idées :
Est-ce que vous savez si on peut louer un véhicule par exemple à l' entreprise Trucmuche de Paris, et rendre le véhicule à une entreprise de la même enseigne, mais de Nantes ?
Arrivé à Brest, louer à nouveau un véhicule et la rendre à une entreprise de la même enseigne à Paris ?
Chambre d'hôtes aux alentours d'Arcachon?
Bonjour,
Voilà...la destination de nos prochaines vacances est choisie...nous irons visiter la région de Bordeaux et souhaitons habiter 2 semaines en juillet aux alentours d'Arcachon en bordure de mer. Une chambre d'hôte nous enchanterait plus qu'un hôtel impersonnel.
Avez-vous des connaissances qui offrent ce gite dans cette région ?
Merci
Voilà...la destination de nos prochaines vacances est choisie...nous irons visiter la région de Bordeaux et souhaitons habiter 2 semaines en juillet aux alentours d'Arcachon en bordure de mer. Une chambre d'hôte nous enchanterait plus qu'un hôtel impersonnel.
Avez-vous des connaissances qui offrent ce gite dans cette région ?
Merci
Périple de la Normandie au Pays Basque à vélo: budget?
bonjour,
j'ai en projet de longé la côte atlantique par les voie vert.Mais je sais pas quel budget mettre pour hébergement et la nourriture .je voudrais savoir si vous pourrais m'aider.
merci
j'ai en projet de longé la côte atlantique par les voie vert.Mais je sais pas quel budget mettre pour hébergement et la nourriture .je voudrais savoir si vous pourrais m'aider.
merci
Deux semaines de navigation dans le golfe de Gascogne en avril 2012
Bonjour,
Voici mon projet : - 2 semaines de navigation en Avril 2012 : départ le 14 Avril, retour le 28. - Trajet Aller-retour en Espagne depuis la Bretagne (assez intensif comme programme).
Je compte louer un bateau et emmener quelques équipiers qui souhaitent comme moi progresser avec deux semaines de navigation assez intensives. Donc on partagerait les frais de location (~600/700 euros par personne) et la caisse de bord (10 à 15 euros par jour)...
Il est nécessaire d'être déjà assez familier avec la mer et d'être capable de faire des quarts de nuit.
L'objectif est d'être 5 ou 6 sur le bateau. Si vous avez un bateau à disposition et que ce programme vous plait, ce serait évidemment idéal mais ne rêvons pas !
Sinon j'ai 34 ans, pas mal de miles derrière moi mais cette traversée sera une première.
Alban
Voici mon projet : - 2 semaines de navigation en Avril 2012 : départ le 14 Avril, retour le 28. - Trajet Aller-retour en Espagne depuis la Bretagne (assez intensif comme programme).
Je compte louer un bateau et emmener quelques équipiers qui souhaitent comme moi progresser avec deux semaines de navigation assez intensives. Donc on partagerait les frais de location (~600/700 euros par personne) et la caisse de bord (10 à 15 euros par jour)...
Il est nécessaire d'être déjà assez familier avec la mer et d'être capable de faire des quarts de nuit.
L'objectif est d'être 5 ou 6 sur le bateau. Si vous avez un bateau à disposition et que ce programme vous plait, ce serait évidemment idéal mais ne rêvons pas !
Sinon j'ai 34 ans, pas mal de miles derrière moi mais cette traversée sera une première.
Alban
Carte du GR8 reliant Hourtin à Sare?
Bonjour tout le monde.
Nouvellement sur ce site, je suis a la recherche d une carte du GR8 relayant Hourtin a Sare.
Si quelqu un peut me donner l adresse ou je peux la trouver.
Je vous remercie beaucoup.
Christian
Traversée des Pyrénées par la HRP
Je viens de réaliser la traversée de Banyuls à Hendaye par la Haute randonnée Pyrénéenne. Ce fut un fabuleux voyage d'altitude dont j'ai essayé de traduire l'ambiance par ce récit
1er épisode:
Les Pyrénées Orientales
25 août: Banyuls – Fontaine de la Massana + 1140m - 230m 5h30 L'aube à peine naissante, mon compagnon et moi quittons le camping de Banyuls, déterminés mais quand même quelque peu circonspects sur les difficultés qui nous attendent dans cette traversée. La ville rapidement dépassée, c'est par un chemin facile au milieu des vignes et des chênes liège que nous débutons notre grimpette. Je pressentais que cette première heure serait longue et pénible: pourtant, nous sommes partis tôt. Des entrées maritimes accrochent les sommets des Albères et l'air moite est saturé d'humidité, Au bout d'un quart d'heure je suis trempé malgré l'allure d'escargot que je me suis imposé. L'eau claire de la fontaine des chasseurs est la bienvenue pour se rafraîchir et compléter les bouteilles. Quelques réglages du sac et il faut repartir en évitant de penser qu'il est bien lourd et qu'il meurtrit les épaules. Quelques coups d'œil sur l'altimètre permettent de se donner du courage; 400, 500, 600 ….mètres, puis le premier sommet, le pic Sailfort à presque 1000 mètres est bientôt en vue qui offrira un bel emplacement de pique nique. Les brumes s'enroulent autour des roches déchiquetées de la crête et, maintenant, l'air est presque frais. Requinqué après la pause je repars pour parcourir la vaste crête balisée de bornes numérotées en pierre matérialisant la frontière. Nous avions décidé de nous « roder » sur des premières étapes courtes et quand le sentier passe à proximité de la fontaine de la Massana nous cherchons un emplacement adapté pour le bivouac: un douillet replat herbeux dans une clairière bordée d''un maigre ruisseau fera notre bonheur. Montage de la tente, organisation du rangement du contenu du sac, toilette, courte sieste réparatrice occuperont donc facilement la fin de l'après-midi.
26 août: Fontaine de la Massana – saint Martin de l'Albère + 550m -860m 4h30 C'est en excellente forme, toutes traces de fatigue de la veille effacées, que je me réveille. La brume dessine des figures fantomatiques dans la forêt avant que le soleil ne perce. Le claquement du vent sur la tente et le frissonnement des arbres ont ponctué mon sommeil, à peine troublé par l’ululement d'une chouette. Je repars donc rasséréné sur le sentier qui monte tranquillement vers la crête dentelée sur laquelle les brumes s'effilochent. Un long cheminement de niveau entre forêts et prairies permet d'atteindre le pied du pic Neulos. Devant nous 200 mètres de pente raide, premier véritable test d'aptitude de cette traversée. Je démarre très lentement et petit à petit je prends confiance: malgré la lourdeur du sac je débouche au sommet sans être essoufflé et pressens qu'à ce rythme lent je pourrai franchir les dénivellations plus importantes qui m'attendent. Le sentier descend ensuite gaillardement au milieu de prairies avant de plonger dans une forêt de pins. Arrivés en début d'après midi à Saint Martin d'Albère nous discutons avec un sympathique habitant qui nous propose d'installer notre bivouac au bord de son chemin près d'une fontaine. Nous nous installons donc tranquillement alors que les cumulus enflent rapidement et c'est bien à l'abri de notre tente que nous attendrons la fin de l'orage.
27 août: saint Martin de l'Albère – Las Illas + 615m -715m 5h15 C'est, aujourd'hui', une étape de liaison qui présente peu de points d'intérêt et qui se déroule exclusivement sur de longues pistes et de petites routes au milieu de zones forestières. Je redoute un peu cette journée qui risque d'être fort monotone, d'autant plus que nous devons redescendre à basse altitude vers le col du Perthus et que la chaleur risque d'être éprouvante. Heureusement, une légère tramontane vient tempérer les ardeurs du soleil et la perspective de prochaines étapes plus attrayantes m'aide à « avaler » les heures de marche sans lassitude. Pourquoi donc s'engager dans une telle « aventure » de plus de 40 jours et quitter sa famille et son confort quotidien ? Certains comprendraient mal pourquoi on corse l'affaire en s'y engageant en autonomie avec le poids de la tente, du matelas, du duvet, du réchaud...et des vivres pour 5 à 6 jours. Peut être pour tenir le défi de propos prononcés rapidement un jour d'euphorie: « et si on faisait la HRP ! ». Sans doute, aussi, pour mesurer ses limites, vérifier qu'on est capable d'atteindre un objectif fixé en toute liberté. Mais, plus certainement, pour « voyager » réellement, vagabonder sans autre contrainte que les besoins élémentaires de la vie, échanger avec les personnes rencontrées sans avoir l'œil rivé sur une horloge, être immergé dans la nature et la voir se transformer au jour le jour, découvrir l'évolution progressive des paysages au pas lent du marcheur, être fasciné par le soleil qui réapparaît chaque jour et les couleurs changeantes du ciel. A l'arrivée à Las Illas nous découvrons avec bonheur une aire aménagée et engazonnée qui fera un confortable site pour installer notre bivouac
28 août: Las Illas – Amélie les Bains + 1000m - 1260m 7h30 La vie « à bord » de l'espace réduit de la tente s'organise et chaque matin un ordre immuable, quasi-militaire, s'instaure naturellement pour ranger le sac et plier la tente ce qui nous permet d'être rapidement prêts pour le départ. C'est par un agréable cheminement en forêt en louvoyant de part et d'autre de la frontière que nous atteignons le roc de France, belvédère rocheux au vaste panorama avec, en face de nous, l'imposant massif du Canigou qui sera le but des prochains jours. La suite de l'étape me confirme une des difficultés pressenties de cette traversée: les longues descentes qui éprouvent les genoux, les chevilles et le dos. Heureusement, nous ne sommes pas pressés et c'est avec beaucoup de précautions que nous abordons le raide sentier qui dévale vers Amélie les Bains.
29 août: Amélie les Bains – gîte de Batère + 1270m - 55m 6h15 Au réveil, je constate avec soulagement que toutes les traces de la longue descente de la veille ont disparu durant la nuit. Voilà qui est de bon augure pour la suite de notre périple:repartir chaque jour sans accumulation de fatigue est indispensable pour tenir la distance, d'autant que de rudes journées nous attendent. Partir de 220 mètres pour atteindre le sommet du Canigou à 2784 mètres, nous rentrons dans le vif du sujet ! Le départ est tardif car nous devons attendre l'ouverture des magasins. Avec le sac rempli pour 6 jours d'autonomie et la chaleur pesante il s'agit donc de ne pas se hâter sur le raide sentier qui escalade les pentes abruptes dominant Amélie. La suite de l'étape se déroule sur de longues pistes qui n'offrent pas de panorama très dégagé jusqu'à la tour de Batère. Au-delà, la perspective s'ouvre et le Canigou apparaît, malheureusement englouti par les nuages en cette fin d'après midi.
30 août: gîte de Batère – les Cortalets + 1020m -360m 6h Au petit matin, le cheminement vers le col de la Cirère, au milieu des prairies, est particulièrement agréable avec une large vue sur le Roussillon. Je découvre ensuite une autre dimension de cette traversée qui m'avait un peu échappée à l'examen du topo-guide et des cartes: pour progresser d'est en ouest il ne suffit pas de gravir des cols et des sommets puis d'en redescendre, il faut également parcourir de longs sentiers horizontaux, ou presque, pour contourner les nombreux et parfois profonds vallonnements qui ceinturent les massifs montagneux, C'est particulièrement vrai autour du Canigou où nous naviguons sur d'interminables sentiers balcons sans grande variété. Heureusement, l'itinéraire gravit ensuite une crête redressée puis contourne quelques escarpements rocheux offrant un vaste panorama sur le massif du Canigou.
31 août: les Cortalets – Mariailles + 680m - 1075m 5h45 Ce matin, je vis un de ces moments privilégiés que procurent les bivouacs en altitude. Alors que le soleil inonde généreusement de ses rayons le sommet du Canigou, une mer de nuages s'étale à nos pieds. C'est un spectacle dont je ne me lasse jamais. L'ascension du Canigou, sommet emblématique de la Catalogne est presque une formalité sur un large sentier bien tracé au milieu des rhododendrons puis des pierriers. Du sommet le panorama est exceptionnel. Pour descendre, il faut emprunter un raide couloir de gradins rocheux sans difficulté mais dont la hauteur est suffisante pour que l'impression de vide soit palpable. Je m'y engage donc avec précaution, attentif, les muscles tendus pour éviter d'être déséquilibré par le poids du sac. Puis, petit à petit, la confiance s'installe et je prends un grand plaisir à cette désescalade d'une bonne centaine de mètres. La pente s'apaise ensuite et le sentier, parfois bien caillouteux, serpente dans une zone d'alpages puis contourne quelques inévitables vallons avant d'atteindre Mariailles. Le temps menaçant nous incite à nous installer dans la maison forestière et la fin de la journée confirmera nos craintes par quelques belles averses.
1er septembre: Mariailles – Mantet + 860m - 1030m 5h Au cours d'une randonnée de cette durée il est inévitable de composer avec les conditions météorologiques. La pluie dans la soirée d'hier, le pessimisme du gardien du gîte et les nuages d'altitude qui zèbrent le ciel matinal nous incitent à modifier notre itinéraire pour éviter les hauts plateaux où l'orientation serait très délicate par temps de brouillard. Nous redescendons donc vers la vallée, ce qui nous permet de découvrir les villages de Py et de Mantet aux solides maisons de pierre confortablement blottis sur des pentes ensoleillées de part et d'autre du col de Mantet. Nos réserves de vivres étant limitées nous décidons de passer la nuit au gîte « chez Cazenave » où nous retrouvons 2 autres comparses randonneurs qui parcourent aussi la HRP et sont partis de Banyuls le même jour que nous. Magie des rencontres... Ce sera l'occasion d'une fort sympathique soirée animée par nos hôtes Angéline et Richard qui nous racontent avec verve l'histoire de leur famille et du vignoble catalan.
2 septembre: Mantet – col de Tirapitz + 1640m - 500m 6h30 J’apprécie beaucoup les départs matinaux. C'est généralement le matin que je me sens au mieux de ma forme et je reste toujours fasciné comme un enfant par ces premiers rayons de soleil qui embrasent les hauts sommets avant de venir progressivement caresser les flancs des vallées. Dans un périple comme celui-ci c'est également un moyen d'arriver assez tôt à l'étape afin de profiter calmement de la fin de la journée et, aussi, souvent, d'éviter les orages. C'est donc dès l'aube, qu'aujourd'hui encore, nous remontons d'un pas régulier et lent le long vallon qui mène à la porteille de Mantet. C'est un vrai plaisir de sentir, qu'une fois les muscles échauffés, la progression s'effectue avec un effort minimal et de parcourir le chemin sans autre préoccupation que d'observer le paysage. Arrivés en début d'après midi au refuge d'Ull de Ter nous nous sentons en bonne forme, il fait beau et nous décidons de continuer plus loin: ce sera du temps de gagné pour l'étape du lendemain qui s'annonce longue. C'est donc d'un pas de sénateur que je m'engage pour 500 mètres de dénivellation supplémentaire. La perspective d'une belle nuit en haute altitude me motive et c'est sans peine que j'arrive à l'orry blotti dans la pente sous le col de Tirapitz à l'abri du vent qui balaye les crêtes. Pour y pénétrer il faut ramper dans un étroit tunnel et il fait un noir d'encre à l'intérieur. Mon premier réflexe de claustrophobe incurable est de ressortir de ce « trou à rat » et de chercher un emplacement pour ma tente. Mais le terrain est tellement pentu que la partie est perdue et, en outre, à 2700 mètres la température risque d'être très fraîche... Je me fais violence, allume ma lampe frontale pour examiner l'intérieur qui, avec un peu de lumière, prend une apparence plus accueillante. Finalement, une fois bien installé, je finis par trouver cet abri relativement confortable d'autant plus que le vent souffle dehors avec violence. Dans la soirée une souris grassouillette tente de flairer nos provisions et bien vite nous installons une étagère de fortune inaccessible. Sa curiosité la poussera quand même à tenter de visiter nos sacs à plusieurs reprises durant la nuit.
3 septembre: col de Tirapitz – Eyne + 610m - 1650m 6h Nous quittons notre abri sommaire au lever du jour pour un long parcours de crêtes. Les brumes et les rafales de vent ont rafraichi la température et, pour la première fois depuis Banyuls, je sors gants et cagoule. Des hardes d'isards gambadent joyeusement dans les pentes herbeuses. Le décor est grandiose, les éclairages changeant à chaque instant sous l'effet des brumes balayées par le vent. Mais, au sommet du Noufonts, les bourrasques de vent rabattent les nuages qui nous cachent brutalement toute visibilité. Une lecture un peu rapide de la boussole, un examen sommaire de la carte qui s'obstine à se replier sous le vent, le sac lourd qui nous presse d'avancer et nous voilà partis dans la mauvaise direction. Quelques cairns, des traces de passage nous incitent à descendre jusqu'à ce qu'une éclaircie opportune nous fasse comprendre notre erreur. Il ne reste plus qu'à remonter péniblement au sommet pour reprendre la bonne direction, à nouveau évidente car, entretemps, le ciel s'est dégagé. Arrivés au col de Nuria nous bifurquons dans la vallée d'Eyne pour une longue descente au milieu des prairies où paissent vaches et chevaux. Dans le village nous apprenons avec désespoir qu'il n'y a pas de ravitaillement, Il faudra attendre le lendemain en espérant que les commerces du prochain village seront ouverts le dimanche. Sur les conseils d'un habitant nous poursuivons notre route sur le sentier archéologique pour trouver un champ accueillant où dresser nos tentes rapidement car l'averse menace.
4 septembre: Eyne – Estany Sec + 810m - 210m 6h Ce matin, tout est humide autour de nous. La réputation d'ensoleillement de la Cerdagne serait-elle usurpée? Quand je préparais cette traversée des Pyrénées j'avais évidemment envisagé que la météo nous jouerait quelques mauvais tours. Et il n'est évidemment pas possible d'attendre sur place le retour incertain du beau temps. Il faut donc plier la tente bien mouillée, protéger son sac et se mettre en route malgré la fine bruine qui commence à tomber. Cette étape se déroule essentiellement sur de petites routes et des pistes donc la gêne causée par la pluie sera minime. Notre principale préoccupation est autre: il s'agit de savoir si nous trouverons du ravitaillement; c'est donc avec soulagement que nous apercevons une supérette ouverte à Bolquère. Les sacs bien remplis, nous reprenons notre cheminement sur une longue piste rectiligne et monotone au milieu de la forêt de pins sous un ciel sans couleur. La piste s'interrompt brutalement pour découvrir un décor de lacs glaciaires environnés de prairies et de blocs de granit à proximité du lac des Bouillouses. Quelques belles éclaircies nous incitent à poursuivre jusqu'au bord de l'Estany Sec, décor de rêve pour un bivouac. Mais les averses me laisseront à peine le temps de monter ma tente avant d'effacer brutalement le bleu du ciel. Je suis évidemment assez déçu de ne pas pouvoir profiter de ce superbe emplacement. La pluie ne laissera aucun répit dans la soirée m'empêchant même de faire chauffer mon repas; je me contenterai donc d'un modeste sandwich au jambon avant de m'endormir un peu inquiet sur l'évolution pour le lendemain.
5 septembre: Estany Sec – Cortal Rosso + 1120m - 1105m 7h30 La pluie a cessé dans la nuit et, au réveil, un brouillard diffus enveloppe les lacs. Mon premier souci est évidemment d'interroger le ciel mais il se montre réticent à répondre et laisse planer le doute sur l'évolution. Il faut alors parier pour choisir le bon itinéraire et on ne gagne pas à tous les coups... Aujourd'hui, le choix est entre traversée du Carlit ou contournement. Si le temps s'aggrave la traversée risque d'être compliquée et l'orientation délicate, mais le contournement rallongerait de manière importante l'itinéraire. Donc, nous parions sur le retour du beau temps et...nous gagnons. De fugitives éclaircies illuminent la montagne et les nuages déchirés par le vent ne cessent de se reformer tandis que nous nous rapprochons de la longue arête rocheuse qui défend le sommet. Mais, le vent finit par avoir le dessus et nous gravissons les derniers ressauts sous le soleil. Il reste ensuite à descendre le raide et impressionnant couloir d'éboulis et de pierrailles qui parcourt toute la face ouest: grâce à la pluie le terrain s'est ameubli et cette longue descente sera finalement plus aisée que la pente ne le laissait craindre. Le décor change au pied du couloir et nous découvrons un superbe panorama de ruisseaux et de lacs entourés de pelouses aux tons déjà mordorés. La journée est loin d'être finie car il faut encore remonter vers la portella de Lanos sous le chaud soleil de l'après midi. Au pied du col une vaste cuvette herbeuse bien ensoleillée où paissent quelques chevaux nous invite à installer le bivouac. Dans la soirée, les chevaux curieux viendront nous distraire avec le tintement de leurs cloches.
A suivre......
1er épisode:
Les Pyrénées Orientales
25 août: Banyuls – Fontaine de la Massana + 1140m - 230m 5h30 L'aube à peine naissante, mon compagnon et moi quittons le camping de Banyuls, déterminés mais quand même quelque peu circonspects sur les difficultés qui nous attendent dans cette traversée. La ville rapidement dépassée, c'est par un chemin facile au milieu des vignes et des chênes liège que nous débutons notre grimpette. Je pressentais que cette première heure serait longue et pénible: pourtant, nous sommes partis tôt. Des entrées maritimes accrochent les sommets des Albères et l'air moite est saturé d'humidité, Au bout d'un quart d'heure je suis trempé malgré l'allure d'escargot que je me suis imposé. L'eau claire de la fontaine des chasseurs est la bienvenue pour se rafraîchir et compléter les bouteilles. Quelques réglages du sac et il faut repartir en évitant de penser qu'il est bien lourd et qu'il meurtrit les épaules. Quelques coups d'œil sur l'altimètre permettent de se donner du courage; 400, 500, 600 ….mètres, puis le premier sommet, le pic Sailfort à presque 1000 mètres est bientôt en vue qui offrira un bel emplacement de pique nique. Les brumes s'enroulent autour des roches déchiquetées de la crête et, maintenant, l'air est presque frais. Requinqué après la pause je repars pour parcourir la vaste crête balisée de bornes numérotées en pierre matérialisant la frontière. Nous avions décidé de nous « roder » sur des premières étapes courtes et quand le sentier passe à proximité de la fontaine de la Massana nous cherchons un emplacement adapté pour le bivouac: un douillet replat herbeux dans une clairière bordée d''un maigre ruisseau fera notre bonheur. Montage de la tente, organisation du rangement du contenu du sac, toilette, courte sieste réparatrice occuperont donc facilement la fin de l'après-midi.
26 août: Fontaine de la Massana – saint Martin de l'Albère + 550m -860m 4h30 C'est en excellente forme, toutes traces de fatigue de la veille effacées, que je me réveille. La brume dessine des figures fantomatiques dans la forêt avant que le soleil ne perce. Le claquement du vent sur la tente et le frissonnement des arbres ont ponctué mon sommeil, à peine troublé par l’ululement d'une chouette. Je repars donc rasséréné sur le sentier qui monte tranquillement vers la crête dentelée sur laquelle les brumes s'effilochent. Un long cheminement de niveau entre forêts et prairies permet d'atteindre le pied du pic Neulos. Devant nous 200 mètres de pente raide, premier véritable test d'aptitude de cette traversée. Je démarre très lentement et petit à petit je prends confiance: malgré la lourdeur du sac je débouche au sommet sans être essoufflé et pressens qu'à ce rythme lent je pourrai franchir les dénivellations plus importantes qui m'attendent. Le sentier descend ensuite gaillardement au milieu de prairies avant de plonger dans une forêt de pins. Arrivés en début d'après midi à Saint Martin d'Albère nous discutons avec un sympathique habitant qui nous propose d'installer notre bivouac au bord de son chemin près d'une fontaine. Nous nous installons donc tranquillement alors que les cumulus enflent rapidement et c'est bien à l'abri de notre tente que nous attendrons la fin de l'orage.
27 août: saint Martin de l'Albère – Las Illas + 615m -715m 5h15 C'est, aujourd'hui', une étape de liaison qui présente peu de points d'intérêt et qui se déroule exclusivement sur de longues pistes et de petites routes au milieu de zones forestières. Je redoute un peu cette journée qui risque d'être fort monotone, d'autant plus que nous devons redescendre à basse altitude vers le col du Perthus et que la chaleur risque d'être éprouvante. Heureusement, une légère tramontane vient tempérer les ardeurs du soleil et la perspective de prochaines étapes plus attrayantes m'aide à « avaler » les heures de marche sans lassitude. Pourquoi donc s'engager dans une telle « aventure » de plus de 40 jours et quitter sa famille et son confort quotidien ? Certains comprendraient mal pourquoi on corse l'affaire en s'y engageant en autonomie avec le poids de la tente, du matelas, du duvet, du réchaud...et des vivres pour 5 à 6 jours. Peut être pour tenir le défi de propos prononcés rapidement un jour d'euphorie: « et si on faisait la HRP ! ». Sans doute, aussi, pour mesurer ses limites, vérifier qu'on est capable d'atteindre un objectif fixé en toute liberté. Mais, plus certainement, pour « voyager » réellement, vagabonder sans autre contrainte que les besoins élémentaires de la vie, échanger avec les personnes rencontrées sans avoir l'œil rivé sur une horloge, être immergé dans la nature et la voir se transformer au jour le jour, découvrir l'évolution progressive des paysages au pas lent du marcheur, être fasciné par le soleil qui réapparaît chaque jour et les couleurs changeantes du ciel. A l'arrivée à Las Illas nous découvrons avec bonheur une aire aménagée et engazonnée qui fera un confortable site pour installer notre bivouac
28 août: Las Illas – Amélie les Bains + 1000m - 1260m 7h30 La vie « à bord » de l'espace réduit de la tente s'organise et chaque matin un ordre immuable, quasi-militaire, s'instaure naturellement pour ranger le sac et plier la tente ce qui nous permet d'être rapidement prêts pour le départ. C'est par un agréable cheminement en forêt en louvoyant de part et d'autre de la frontière que nous atteignons le roc de France, belvédère rocheux au vaste panorama avec, en face de nous, l'imposant massif du Canigou qui sera le but des prochains jours. La suite de l'étape me confirme une des difficultés pressenties de cette traversée: les longues descentes qui éprouvent les genoux, les chevilles et le dos. Heureusement, nous ne sommes pas pressés et c'est avec beaucoup de précautions que nous abordons le raide sentier qui dévale vers Amélie les Bains.
29 août: Amélie les Bains – gîte de Batère + 1270m - 55m 6h15 Au réveil, je constate avec soulagement que toutes les traces de la longue descente de la veille ont disparu durant la nuit. Voilà qui est de bon augure pour la suite de notre périple:repartir chaque jour sans accumulation de fatigue est indispensable pour tenir la distance, d'autant que de rudes journées nous attendent. Partir de 220 mètres pour atteindre le sommet du Canigou à 2784 mètres, nous rentrons dans le vif du sujet ! Le départ est tardif car nous devons attendre l'ouverture des magasins. Avec le sac rempli pour 6 jours d'autonomie et la chaleur pesante il s'agit donc de ne pas se hâter sur le raide sentier qui escalade les pentes abruptes dominant Amélie. La suite de l'étape se déroule sur de longues pistes qui n'offrent pas de panorama très dégagé jusqu'à la tour de Batère. Au-delà, la perspective s'ouvre et le Canigou apparaît, malheureusement englouti par les nuages en cette fin d'après midi.
30 août: gîte de Batère – les Cortalets + 1020m -360m 6h Au petit matin, le cheminement vers le col de la Cirère, au milieu des prairies, est particulièrement agréable avec une large vue sur le Roussillon. Je découvre ensuite une autre dimension de cette traversée qui m'avait un peu échappée à l'examen du topo-guide et des cartes: pour progresser d'est en ouest il ne suffit pas de gravir des cols et des sommets puis d'en redescendre, il faut également parcourir de longs sentiers horizontaux, ou presque, pour contourner les nombreux et parfois profonds vallonnements qui ceinturent les massifs montagneux, C'est particulièrement vrai autour du Canigou où nous naviguons sur d'interminables sentiers balcons sans grande variété. Heureusement, l'itinéraire gravit ensuite une crête redressée puis contourne quelques escarpements rocheux offrant un vaste panorama sur le massif du Canigou.
31 août: les Cortalets – Mariailles + 680m - 1075m 5h45 Ce matin, je vis un de ces moments privilégiés que procurent les bivouacs en altitude. Alors que le soleil inonde généreusement de ses rayons le sommet du Canigou, une mer de nuages s'étale à nos pieds. C'est un spectacle dont je ne me lasse jamais. L'ascension du Canigou, sommet emblématique de la Catalogne est presque une formalité sur un large sentier bien tracé au milieu des rhododendrons puis des pierriers. Du sommet le panorama est exceptionnel. Pour descendre, il faut emprunter un raide couloir de gradins rocheux sans difficulté mais dont la hauteur est suffisante pour que l'impression de vide soit palpable. Je m'y engage donc avec précaution, attentif, les muscles tendus pour éviter d'être déséquilibré par le poids du sac. Puis, petit à petit, la confiance s'installe et je prends un grand plaisir à cette désescalade d'une bonne centaine de mètres. La pente s'apaise ensuite et le sentier, parfois bien caillouteux, serpente dans une zone d'alpages puis contourne quelques inévitables vallons avant d'atteindre Mariailles. Le temps menaçant nous incite à nous installer dans la maison forestière et la fin de la journée confirmera nos craintes par quelques belles averses.
1er septembre: Mariailles – Mantet + 860m - 1030m 5h Au cours d'une randonnée de cette durée il est inévitable de composer avec les conditions météorologiques. La pluie dans la soirée d'hier, le pessimisme du gardien du gîte et les nuages d'altitude qui zèbrent le ciel matinal nous incitent à modifier notre itinéraire pour éviter les hauts plateaux où l'orientation serait très délicate par temps de brouillard. Nous redescendons donc vers la vallée, ce qui nous permet de découvrir les villages de Py et de Mantet aux solides maisons de pierre confortablement blottis sur des pentes ensoleillées de part et d'autre du col de Mantet. Nos réserves de vivres étant limitées nous décidons de passer la nuit au gîte « chez Cazenave » où nous retrouvons 2 autres comparses randonneurs qui parcourent aussi la HRP et sont partis de Banyuls le même jour que nous. Magie des rencontres... Ce sera l'occasion d'une fort sympathique soirée animée par nos hôtes Angéline et Richard qui nous racontent avec verve l'histoire de leur famille et du vignoble catalan.
2 septembre: Mantet – col de Tirapitz + 1640m - 500m 6h30 J’apprécie beaucoup les départs matinaux. C'est généralement le matin que je me sens au mieux de ma forme et je reste toujours fasciné comme un enfant par ces premiers rayons de soleil qui embrasent les hauts sommets avant de venir progressivement caresser les flancs des vallées. Dans un périple comme celui-ci c'est également un moyen d'arriver assez tôt à l'étape afin de profiter calmement de la fin de la journée et, aussi, souvent, d'éviter les orages. C'est donc dès l'aube, qu'aujourd'hui encore, nous remontons d'un pas régulier et lent le long vallon qui mène à la porteille de Mantet. C'est un vrai plaisir de sentir, qu'une fois les muscles échauffés, la progression s'effectue avec un effort minimal et de parcourir le chemin sans autre préoccupation que d'observer le paysage. Arrivés en début d'après midi au refuge d'Ull de Ter nous nous sentons en bonne forme, il fait beau et nous décidons de continuer plus loin: ce sera du temps de gagné pour l'étape du lendemain qui s'annonce longue. C'est donc d'un pas de sénateur que je m'engage pour 500 mètres de dénivellation supplémentaire. La perspective d'une belle nuit en haute altitude me motive et c'est sans peine que j'arrive à l'orry blotti dans la pente sous le col de Tirapitz à l'abri du vent qui balaye les crêtes. Pour y pénétrer il faut ramper dans un étroit tunnel et il fait un noir d'encre à l'intérieur. Mon premier réflexe de claustrophobe incurable est de ressortir de ce « trou à rat » et de chercher un emplacement pour ma tente. Mais le terrain est tellement pentu que la partie est perdue et, en outre, à 2700 mètres la température risque d'être très fraîche... Je me fais violence, allume ma lampe frontale pour examiner l'intérieur qui, avec un peu de lumière, prend une apparence plus accueillante. Finalement, une fois bien installé, je finis par trouver cet abri relativement confortable d'autant plus que le vent souffle dehors avec violence. Dans la soirée une souris grassouillette tente de flairer nos provisions et bien vite nous installons une étagère de fortune inaccessible. Sa curiosité la poussera quand même à tenter de visiter nos sacs à plusieurs reprises durant la nuit.
3 septembre: col de Tirapitz – Eyne + 610m - 1650m 6h Nous quittons notre abri sommaire au lever du jour pour un long parcours de crêtes. Les brumes et les rafales de vent ont rafraichi la température et, pour la première fois depuis Banyuls, je sors gants et cagoule. Des hardes d'isards gambadent joyeusement dans les pentes herbeuses. Le décor est grandiose, les éclairages changeant à chaque instant sous l'effet des brumes balayées par le vent. Mais, au sommet du Noufonts, les bourrasques de vent rabattent les nuages qui nous cachent brutalement toute visibilité. Une lecture un peu rapide de la boussole, un examen sommaire de la carte qui s'obstine à se replier sous le vent, le sac lourd qui nous presse d'avancer et nous voilà partis dans la mauvaise direction. Quelques cairns, des traces de passage nous incitent à descendre jusqu'à ce qu'une éclaircie opportune nous fasse comprendre notre erreur. Il ne reste plus qu'à remonter péniblement au sommet pour reprendre la bonne direction, à nouveau évidente car, entretemps, le ciel s'est dégagé. Arrivés au col de Nuria nous bifurquons dans la vallée d'Eyne pour une longue descente au milieu des prairies où paissent vaches et chevaux. Dans le village nous apprenons avec désespoir qu'il n'y a pas de ravitaillement, Il faudra attendre le lendemain en espérant que les commerces du prochain village seront ouverts le dimanche. Sur les conseils d'un habitant nous poursuivons notre route sur le sentier archéologique pour trouver un champ accueillant où dresser nos tentes rapidement car l'averse menace.
4 septembre: Eyne – Estany Sec + 810m - 210m 6h Ce matin, tout est humide autour de nous. La réputation d'ensoleillement de la Cerdagne serait-elle usurpée? Quand je préparais cette traversée des Pyrénées j'avais évidemment envisagé que la météo nous jouerait quelques mauvais tours. Et il n'est évidemment pas possible d'attendre sur place le retour incertain du beau temps. Il faut donc plier la tente bien mouillée, protéger son sac et se mettre en route malgré la fine bruine qui commence à tomber. Cette étape se déroule essentiellement sur de petites routes et des pistes donc la gêne causée par la pluie sera minime. Notre principale préoccupation est autre: il s'agit de savoir si nous trouverons du ravitaillement; c'est donc avec soulagement que nous apercevons une supérette ouverte à Bolquère. Les sacs bien remplis, nous reprenons notre cheminement sur une longue piste rectiligne et monotone au milieu de la forêt de pins sous un ciel sans couleur. La piste s'interrompt brutalement pour découvrir un décor de lacs glaciaires environnés de prairies et de blocs de granit à proximité du lac des Bouillouses. Quelques belles éclaircies nous incitent à poursuivre jusqu'au bord de l'Estany Sec, décor de rêve pour un bivouac. Mais les averses me laisseront à peine le temps de monter ma tente avant d'effacer brutalement le bleu du ciel. Je suis évidemment assez déçu de ne pas pouvoir profiter de ce superbe emplacement. La pluie ne laissera aucun répit dans la soirée m'empêchant même de faire chauffer mon repas; je me contenterai donc d'un modeste sandwich au jambon avant de m'endormir un peu inquiet sur l'évolution pour le lendemain.
5 septembre: Estany Sec – Cortal Rosso + 1120m - 1105m 7h30 La pluie a cessé dans la nuit et, au réveil, un brouillard diffus enveloppe les lacs. Mon premier souci est évidemment d'interroger le ciel mais il se montre réticent à répondre et laisse planer le doute sur l'évolution. Il faut alors parier pour choisir le bon itinéraire et on ne gagne pas à tous les coups... Aujourd'hui, le choix est entre traversée du Carlit ou contournement. Si le temps s'aggrave la traversée risque d'être compliquée et l'orientation délicate, mais le contournement rallongerait de manière importante l'itinéraire. Donc, nous parions sur le retour du beau temps et...nous gagnons. De fugitives éclaircies illuminent la montagne et les nuages déchirés par le vent ne cessent de se reformer tandis que nous nous rapprochons de la longue arête rocheuse qui défend le sommet. Mais, le vent finit par avoir le dessus et nous gravissons les derniers ressauts sous le soleil. Il reste ensuite à descendre le raide et impressionnant couloir d'éboulis et de pierrailles qui parcourt toute la face ouest: grâce à la pluie le terrain s'est ameubli et cette longue descente sera finalement plus aisée que la pente ne le laissait craindre. Le décor change au pied du couloir et nous découvrons un superbe panorama de ruisseaux et de lacs entourés de pelouses aux tons déjà mordorés. La journée est loin d'être finie car il faut encore remonter vers la portella de Lanos sous le chaud soleil de l'après midi. Au pied du col une vaste cuvette herbeuse bien ensoleillée où paissent quelques chevaux nous invite à installer le bivouac. Dans la soirée, les chevaux curieux viendront nous distraire avec le tintement de leurs cloches.
A suivre......











