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12 jours au Maroc
by Danouck · 2015-05-31 · 41 replies
Bonjour,

Nous faisons appel à vous pour élaborer un circuit cohérent sur 12 jours dans le sud marocain avec si possible une nuit dans le désert.Nous pourrions arriver à Marrakech, mais les billets ne sont pas encore achetés donc on peut encore faire autrement.

Merci pour vos conseils.
Itinéraire 4 ans autour du monde
by Hugojulia208 · 2015-05-31 · 3 replies
Ca y est, j'y suis, j'ai réservé mon premier billet pour le tour du monde qui commencera la semaine prochaine plus précisément dans 4 jours (oui je compte). J'ai préparé un itinéraire qui pourra et sera je pense modifié au gré des coups de coeurs et des rencontres mais je voulais partager mon itinéraire prévu et avoir des avis sur certains pays. Je teins à préciser que je cherche surtout à sortir des sentiers battus et échapper aux hordes de touristes en allant dans des pays peu connus du grand public donc voilà mon itinéraire: Croatie (7 jours) Bosnie (10 jours) Montenegro (8 jours) Albanie (15 jours) Qatar (4 jours) Emirats Arabes Unis (6 jours) Oman (15 jours) Yémen (5 jours) + Socotra (7 jours) Géorgie (12 jours) Azerbaijan (12 jours) Mongolie (20 jours) Chine (31 jours) Vietnam (19 jours) Cambodge (12 jours) Thailande (12 jours) Birmanie (19 jours) Bangladesh (10 jours) Inde (30 jours) Sri Lanka (15 jours) Maldives (7 jours) Indonésie (39 jours) Philippines (30 jours) Palau (14 jours) Papouasie Nouvelle Guinée (21 jours) Salomon Islands (35 jours) Nouvelle Calédonie (13 jours) Australie (21 jours) Tonga (19 jours) Samoa (15 jours) Polynésie Française (32 jours) Pasqua Island (5 jours) Chili (12 jours) Argentine (15 jours) Paraguay (12 jours) Brésil (45 jours) Suriname 10 jours) Guyana (5 jours) Venezuela (35 jours) Colombie (10 jours) Panama (32 jours) Costa Rica (12 jours) Nicaragua (9 jours) Honduras (15 jours) Belize (15 jours) Mexique (19 jours) Caiman Islands (7 jours) Jamaique (23 jours) Mexique (15 jours) Etats Unis (21 jours) Madagascar (18 jours) Mozambique (21 jours) Tanzanie (21 jours) Maroc (14 jours)
Projet surprise au Maroc pour madame
by Voyageludo · 2015-05-20 · 45 replies
Bonjour à tous,

j'envisage de faire une surprise à madame à l'emmenant au Maroc pour effectuer un circuit. Et j'ai besoin de vos avis pour voir si mes prévisions sont réalisables ou non ? Le voyage s'effectuerait au mois Octobre du 17 au 24

Départ de Paris le 17 Octobre avec une arrivée à Marrakech le soir Nuit à l'hôtel le Sindi Sud le 17 au soir Location de voiture puis départ pour Aït Ben Haddou le 18 au matin (188km) Direction Ouarzazate le 18 au soir pour une nuit à l'hôtel Maroc Galacx (31km) Le 19 au matin départ pour Skoura - Kelâat M'gouna - Bou Tharar - Boumalne Dadès - Tinghir (196Km) Nuit à l'hôtel Maison d'hôte Valentine à Tinghir le 19 au soir Le 20 au matin départ pour Erfoud puis Merzouga (200Km) Le 20 au soir nuit dans la désert depuis merzouga (à trouver sur place) Le 21 au matin départ pour Alnif puis Tazzarine (197Km) Le 21 au soir : nuit sous la tente à Tazzarine Le 22 au matin départ pour Zagora puis Foum Zguid (262Km) Nuit à l'hôtel Bab Rimal le 22 au soir Le 23 au matin départ pour Agdz puis Ouarzazate (208Km) Nuit à l'hôtel Maroc Galacx le 23 au soir Le 24 au matin départ pour l'aéroport de Marrakech puis retour en France

Au total cela ferait un circuit d'environ 1500 Km sur la semaine.

Pour les repas du midi et du soir je suppose que l'on peut trouver des auberges un peu partout sur un circuit comme celui ci non ?

Merci de vos avis sur cette première prévision.
25 jours en Espagne, Portugal et Maroc - Train rapide
by Messacal · 2015-05-14 · 3 replies
Bonjour, En juillet, nous arriverons à Barcelone et repartirons de Malaga: 25 jours en tout de découvertes de la culture espagnole et portuguaise. Nous aimerions visiter Lisbonne, faire un tour de bateau vers le Maroc pour une petite excursion d'un jour, une visite de Gibraltar, apprécier l'architecture, paysages, nager une fois dans la Mer, ... Pour l'Andalousie, on prévoit louer une voiture. Dans notre séjour, on souhaite faire au moins un trajet en train rapide et prendre parfois l'avion pour se déplacer de ville en ville pour éviter des trajets de bus de plus de 4 heures. On pensait faire des arrêts à Madrid, Séville, Grenade et à d'autres endroits selon vos suggestions. Quelles sont les itinéraires à privilégier si je veux au moins un trajet en train rapide (train, avion, auto, bus) et nombres de jours suggérés dans les villes. Merci d'avance!
6 jours au Maroc (Marrakech) en famille avec jeunes enfants
by Kilika · 2015-05-05 · 30 replies
Bonjour, Nous partons au Maroc (arrivee Marrakech) en famille debut Septembre. Mes enfants ont 3 et 5 ans. Nous pensons louer un appartement avec airbnb (premiere experience pour nous) dans une residence avec piscine pour pouvoir ne pas faire que des visites, qui risquent de fatiguer les enfants. Nous restons du samedi matin au vendredi matin sur place, je pensais rester 2 jours a Marrakech avant de partir passer une nuit a Essaouira (bus) et revenir sur Marrakech. Notre budget n'est pas tres extensible mais ayant lu des avis tres mitiges sur Marrakech, je suis preneuse d'infos en tout genre et de conseils pour reussir notre voyage. Nous aimons voyager petit budget, nous meler a la population quand c'est possible, manger comme les locaux, ce genre de choses. Par exemple, quelles autres excursions seraient faisables avec 2 jeunes enfants? Pensez vous que le choix du airbnb soit judicieux (nous n'aimons pas les hotels clubs)? Nous conseillerez vous de plutot louer une voiture (prix du bus*4) ? Une nuit a Essaouira est ce assez, ou y a t'il des excursions a faire de la bas (voiture du coup...)?

Et aussi : un truc original a faire en famille pour mon anniversaire : 30 ans 😮🤪😊 (trucs du genre manger un tajine dans une famille au fin fond de la vallee a Petaouchnock Les 3 Mosquees et dormir a meme le sol au milieu des chevres inclus😛!) Bref, desolee si mes questions paraissent bete ou ont deja ete posees ailleurs, Je vous remercie d'avance pour vos conseils! Merci!🙂

Ps : desolee je n'ai pas d'accents sur mon clavier (UK)
Itinéraires pour voyage de 3-4 mois
by Nodark · 2015-04-30 · 13 replies
Salutations,

J'ouvre un énième topic d'itinéraires pour un voyage si possible "tour du monde" à ma façon, j'ai besoin de vos avis sur les moyens de locomotions les "plus rapides" mais en évitant au maximum le stop. Également un avis sur le trajet J'ai également une question : une fois qu'on arrive a l'aéroport ou a une sortie d'autoroute, difficile de retrouver son couchsurfeur, son auberge de jeunesse, la ville peut être grande ! Sans se faire escroquer par les taxis de plus..

J'ai lu des milliers d'articles et blogs pourtant... Le sac et les vaccins sont OK.

Je précise je compte rester seulement quelques jours par pays/ville.

J'aimerais beaucoup partir rapidement car je suis disponible actuellement. (En théorie de Mai à Aout-Septembre max)

-Je pars de Rhône-Alpes et j'aimerais commencer par du co-voiturage pour monter visiter l'Allemagne (et j'aimerais beaucoup voir un camp de concentration) pas loin de Berlin (ma destination) J'aurais donc aimé par la suite soit visiter la Norvège, ou la Suède mais financièrement je pense que ça se passe par l'avion...Donc je ne sais pas ? Plutôt sur l'Europe de l'Est ? Après, je serais parti vers le Japon directement en Avion, rester quelques semaines, peut-être descendre vers le Vietnam ou Cambodge, par contre je suis pas trop fan de la Thaïlande, beaucoup de gens sont déçus, très touristiques de plus.Voir même l'Australie, et enfin rentrer.

OU ALORS

-Prendre un vol aller simple au Japon, et essayer de rentrer 😄

Comme vous pouvez le voir ce n'est pas du tout fixé, je préfère rester libre sur mes envies, et qui sait peut-être changer après.

Par contre ce sont vraiment les avions, pas envie de prendre des vols pourris c'est pour ça j'aurais bien aimé bien prendre l'avion que depuis des pays développés.

N'hésitez pas :)

PS : J'ai déjà vu quelques pays comme les USA, Maroc, Tunisie, Espagne, Italie, Angleterre, République Tchèque.
Acheter un dromadaire pour randonner au Maroc
by Octave99f · 2015-04-11 · 27 replies
Salut à tous,

J'ai l'intention de partir, en cet été 2015, me promener au Maroc pour voir un peu ce qui s'y passe. Et l'idée d'avoir mon propre dromadaire pendant ce trip me trotte dans la tête depuis un moment.

Ainsi, pour les habitués de ce pays, sauriez-vous s'il est possible d'en acheter un à un caravanier? Et pour quel prix?

Merci pour vos réponses,

À+ sur la route !
Où faire de la randonnée au Maroc?
by San25be · 2015-03-02 · 16 replies
Bonjour à tous,

Je pars le 03/04 au maroc pour 15 jours. Je serai du côté de Taza qui est une région magnifique. Cependant, j'hésite entre 2 possibilités:

1- Faire les randonnées du coin autour du Tazekka, ifrane ...

2- Faire le Toubkal, mais j'ai peur qu'il y ait trop de neige (beaucoup de neige cette année), auquel cas tout le contenu de mon sac devra être adapté.

D'autre part, je vais prendre des chaussures de marche hautes D4 (Arp... 500), mais je ne sais pas quoi prendre comme 2ème paire chaussures (baskets, de ville ... ?)

Je suis impatient de lire vos avis et d'avance merci 😉
Casa à Dakhla, via Imilchil, Skoura, Tata, Sidi Ifni...
by AmineLoubna · 2015-02-25 · 17 replies
Bonjour,

A l'approche d'un nouveau départ pour le Maroc, je refais appel aux services des membres de VOYAGES FORUM.

L'année dernière, vos conseils ont été précieux et grace à vous, notre voyage n'a été que bonheur, car la préparation avait été de qualité (en partie grace à vous !).

Cette année, l'ambition est grande : CASABLANCA à DAKHLA, via IMILCHIL, SKOURA, TATA, TAFRAOUT, TIZNIT, SIDI IFNI, TANTAN, TARFAYA, El AYOUN ( et retour via AGADIR, ESSAOUIRA, EL JADIDA). Inchallah

Si certains d'entre vous on déjà fait ce parcours ou une partie, vos conseils sont les bienvenues (voir, manger, dormir, rouler...).

La date du ROADTRIP n'est pas fixée mais ça se situera entre juin et septembre.

D'avance merci de votre participation.

Amine et Loubna
Vers les montagnes d'Ijoukak
by Mariespagne · 2015-02-21 · 25 replies
Les montagnes d’Ijoukak dans le haut Atlas marocain février 2015

Mardi 3 février: je démarre ce voyage sans entrain; je suis très fatiguée moralement. Je m'endors et suis réveillée par les hôtesses qui vendent les boissons. A cet instant , je me demande ce que je mangerai ce soir sans qu'aucune idée ne surgisse. Je ne peux m’empêcher de penser à ma maman; c'est mon premier voyage depuis son décès. Elle me manque; j'ai les yeux qui commencent à perler. J'entame la lecture du guide du routard sur Marrakech, comme si je découvrais cette ville alors que j'y viens régulièrement. j'épluche le mini plan de la ville rouge. A la sortie de l'aéroport, j’ai failli me faire avoir par un taxi qui voulait 70 dhrs pour me conduire a l'hôtel. Le bus arrive et je ne paye que 30 dhrs. Par contre, je dois reprendre un autre bus pour l'hôtel et là, manque de bol, c’est la foule! vacances scolaires marocaines. Je finis par prendre un petit taxi pour 20 dhrs. Bref, beaucoup d'ennuis pour gagner 20 dhrs (2€). J’arrive a l’hôtel Amine; comme de coutume, la chambre ne me convient pas... pas de balcon comme prévu. On me change sans problème. Je dépose mes trucs et vais de ce pas boire 2 petites bières au bar voisin avant de me restaurer au Diamant vert à côté de l’hôtel (côtes d'agneau, 5€ le plat...miam)! Je rentre ranger ma valise. Il est minuit. Je ne sais ce que je vais faire demain si ce n'est que j'ai organise une rencontre OVS et VF à la brasserie "la Flamme" à Guéliz, il y a 7 inscrits. ♣ Mercredi: 4 février. je fais la grasse matinée et je suis bien reposée. J'ai évidemment loupés le pt.dej! je vais donc boire 2 cafés au diamant vert en surfant....ensuite, balade dans le quartier de Guéliz à la recherche d'un bon plan pour la suite... achat d'une carte GSM, vais voir plusieurs SPA dans le but d’avoir le meilleur massage de Marrakech. Un marchand d’huile d'argan me donne une bonne adresse; il me prend RV pour demain dans un Riad de la kasbah avec hammam et diner compris pour 400 dhrs (40€). A 16h, je vais à ma rencontre OVS mais sur 7, il n'y a qu'un jeune participant marocain...¢a sent le coup fourré. Je ne tarde pas! Je prends le bus pour la place Jemaa el Fna. Je fais quand même faire un petit massage chez Didi comme d'habitude. Le massage est bon mais l'huile de très mauvaise qualité .... je n'irai plus ou alors avec ma propre huile! Je recharge ma clé 3G pour ma tablette mais elle ne fonctionne pas. Je reprends le bus n°1 pour rentrer prés de l'hôtel boire mes bières dans le même bar que hier soir avec la musique live en plus. Je n'ai pas mangé aujourd'hui; je commence à le regretter a cette heure avancée de la nuit. tant pis, me rattraperai demain au Riad!!!!!♣ Jeudi 5 février: je me lève tard et encore fatiguée. Je file boire un café au diamant vert en inspectant mes mails en vitesse. A 11H30, le taxi vient me chercher pour m'emmener au Riad faire le fameux massage du siècle! Je n'ai pas trouvé extraordinaire le hammam mais le massage bien, à la vraie huile d'argan. Au final, un repas m'attendait, super bon et copieux: salade d'aubergines cuites comme j’aime, salade de carottes cuites au citron, salade de chou blanc et de concombre. Un délice! Le plat consistant: tagine de kaftan (petites boulettes à la tomate et aux œufs, je n'arrive pas à finir mon assiette. Pour terminer: orange, bonbons et thé! le tout pour 400 dhrs (40€). Je préfère ne pas prendre de taxi pour rentrer et flâner ainsi des heures dans Marrakech; je passe voir la station des taxis collectifs pour Ijoukak où je me rends dès demain; je vais faire coudre l'ourlet de mon jeans; j’attends en allant boire un jus de pamplemousse sur la place. Je recherche une herboristerie que je connais pour y acheter de l'huile de figue de barbarie pour mes rides! je ne me rappelle plus exactement dans quelle petite rue elle se trouve donc je tourne et je tourne mais je la trouve. Je vais dans un cybercafé pour sortir mon billet de retour sans y arriver car trop tôt. Je fais un tour dans le souk et mon cœur se pince car je vois un objet ovale a trou pour mettre les bougies et j’ai pensé le prendre pour maman mais elle m’a quitté; même chose quand je vois les aimants que je lui ramenais toujours pour mettre sur son frigo. Aussi, un instant j’ai pensé, tiens ça je le raconterai à maman (je ne sais plus pour quoi). C’est encore trop proche et j’ai encore difficile à vivre sans elle. Elle serait contente de lire ces lignes mais qui les lira maintenant! je les écris quand même pour moi et en sa mémoire. Enfin, je fais le tour de la Koutoubia (grande mosquée) avant de reprendre le bus n°1 pour aller prendre un verre a Guéliz mais voyant le monde dans les bus , je reste dedans jusqu'à l'hôtel. J’irai prendre l’apéro dans mon café habituel à coté. Je ne pensais pas souper mais je me laisse tenter par un poulet moutarde au diamant vert. Finalement, je décide de ne pas partir en taxi collectif demain car ce sont des camionnettes vétustes et la route est dangereuse. L'hôtelier du gite d'Ijoukak viendra donc me chercher comme il me l'avait proposé pour 400 dhrs(40€); il y a 100 km.♣ Vendredi 6 février: enfin, je suis levée pour le petit déj. mais pas terrible, je mange une crêpe au miel puis vais prendre un bon café au diamant vert en lisant mes mails. Je suis prête devant l'hôtel à 11H mais Housseine n'arrive qu'à midi...rendez-vous marocain! Nous sortons de la cohue de Marrakech pour prendre la route d'Ijoukak en faisant un petit détour pour admirer la vue à Moulay Brahim, petit village bien actif sortant de nulle part, assez étonnant! Nous rebroussons chemin pour reprendre notre itinéraire passant par ASNI renommé pour son souk. Maintenant, ca devient vraiment très beau, nous sommes sur le plateau du Kik, passons par Ouirgane. Le nouveau lac date de 2007, recouvrant ainsi un village entier. Housseine propose de m'offrir un café et profiter de la terrasse pour faire quelques photos, ceci pour se faire pardonner de son retard! La route reprend, c'est maintenant la vallée d'Agoundis puis Ijoukak. C'est très calme, de ma chambre, j'entends l'oued ruisseler! L'accueil et le service sont irréprochables; la chambre est sommaire mais confortable, le repas du soir compris dans le prix (200 dhrs - 20€) est copieux et délicieux. Je ne regrette pas d'avoir fait appel au proprio du gite pour mon trajet. Voyant l'endroit plaisant, je décide d'y rester 4 nuits et j'établi un programme avec Housseine dont je parlerai au fur et a mesure. Samedi 7 février: dans ce village montagnard, jadis, il y avait des jongleurs et autres artistes qu'on différentiait des autres habitants car ils avaient les cheveux longs; on les appelait des ijoukak d'ou le nom du village berbère Ijoukak! Ce matin, j'ai du mal à me tirer du lit car il fait glacial dans la chambre; je vais déjeuner avant de commencer le treck en montagne avec Housseine. Départ à 10H. Nous faisons une boucle en passant par des endroits merveilleux. A deux reprises, on a pu voir le panorama à 360°. Il y a certains sommets enneigés. Je découvre un arbre que je n'avais jamais vu auparavant: le caroubier; il porte des fruits en forme d'haricots que les habitants consommaient jadis. Je hume les différentes plantes, thym sauvage, lavande...et cerise sur le gâteau: les amandiers sont en fleurs! Nous passons dans deux petits villages perchés dans la montagne. Je me mets à chanter "Pourtant que la montagne est belle" de J. Ferrat en pensant à un de mes petit fils qui chante si bien cette chanson! Je me sens étrangement très bien. Beaucoup de pauses photos. Midi, pic nique (pomme, bananes). Le périple dure 5 H. Qui a dit que le paradis n'existait pas. Il est dans tous ces endroits que je visite à travers le monde. En rentrant, je bois un thé à la menthe sur la terrasse et m'endors sur la banquette jusqu'au coucher du soleil. Maintenant, je vais souper (tagine kaftan) puis regarder peut être un film avant de m'endormir en songeant aux vertus de la montagne. Après la douche, j'ai fait sécher mon slip sur le catalyseur a gaz ; il a cramé, je l'ai vu a temps mais il est à la poubelle♣ Dimanche 8 février: après le petit déjeuner, je lis mes mails et bouquine un peu le guide du routard étant toujours émerveillée de ces envoutantes montagnes. A midi, nous partons quelques kilomètres plus loin visiter la kasbah N'Gouge en passant par un petit village berbère; j'y achète des clous de girofle. Cette kasbah a été construite en 1920 par le caïd du village pour aller s'y mettre au frais en été. Il avait 50 femmes. Dans ce village, il régnait une ambiance moyenâgeuse malgré l'époque (1920). Ce Caïd décèdera avant la fin de la construction de sa kasbah. Ses héritiers ont commencé la rénovation pour en faire une auberge mais les travaux sont arrêtés. Elle n'aura finalement jamais été habitée. il n'y a que le gardien et ses 2 chiens... Pour l’anecdote, la grand’mère d’Housseine a été une des femmes du Caïd. Plus bas dans le village, le long de la rivière, on découvre la kasbah Taft N'Jacob. C'est là que le Caïd résidait avec son harem. Elle ne peut être visitée entièrement, il y a des oubliettes. Une partie a été rénovée dans les années 40 et est habitée par une de ses filles. Quelques kilomètres plus loin, on voit des morceaux de remparts de Tinmel, une ville oubliée par le temps datant du 12ème siècle, fondée par Mohamed Ben Tomer. Elle était occupée par les Almohades mais vers 1260, elle fut détruite par les Mérinides. On y voit de loin le cimetière (20000) tombes. Les habitants de cette ville ne pratique pas l'Islam des Musulmans, ce sont des Chiites. Ils vénèrent le cousin du prophète Mahomet: Ali. Ils ont modifiés plusieurs règles du coran, bien que le coran qu'ils lisent n'est en rien changé. ils seraient plus guerriers! (d'après les dires d'un musulman). Un peu plus loin, on aperçoit la mosquée de Tinmel, datant du 12ème également. On peut la visiter. Elle n'a plus de toiture. On y trouve toujours des poutres originales par endroit ainsi que quelques motifs religieux. Sa particularité relevant du Chiisme est que sur certains piliers, toujours visibles, on y trouve la croix de David (juive) et le coquillage de St. Jacques de Compostelle!!! Housseine me prête un livre que je vais commander car il explique très bien ce que je tente de décrire: Bibliothèque du voyageur, Maroc, GUIDES GALLIMARD (bien décrit et illustré). En rentrant, je demande à Housseine de me laisser à l’entrée du village et je regagne l'auberge a pied (1,5 km) à mon aise. Je mange une excellente tagine de chevreau aux pruneaux et carottes. Un délice! En sortant de table, les franches de mon écharpe crament sur le petit gaz... décidemment.... je vais dormir♣! Lundi 9 février: ce matin, je vais visiter une usine abandonnée où l'on extrayait des pierres contenant, entre autre du cuivre, pour envoyer en France. L'usine datant de 1910 employait 1200 ouvriers; elle a cessé ses activités en 1957. Le gardien me montre deux minéraux sortant de cette montagne, une pierre verte et une autre bleue. Hasseine me dit qu’il devait y avoir autre chose que du cuivre dans ces pierres. Ensuite, visite d'une petite distillerie d'huiles essentielles (mon dada). J'achète des flacons d'huile de thym, de lavande et de sauge ainsi que de l'hydrolat de lavande. Après-midi, je fais le meilleur gommage de toute ma vie dans le petit hammam privé du gite, chauffé au feu de bois depuis le matin. C'est Rachida, la cousine, qui viendra me frotter avec énergie (un peu trop d’ailleurs). Fin d'après-midi, Housseine m'emmène dans le petit bled en face, dans sa famille, pour me faire voir comment ils font leur pain de façon traditionnelle. Apres la séance photo, on le dégustera bien croustillant avec de l'huile d'olive et un thé. Le soir ce sera le couscous à l'honneur avant de passer ma dernière nuit dans ce gite ou il n'y a rien à redire et pourtant je suis difficile! ♣ Mardi 10 février: départ pour Agadir en passant par le tizi'n'Test. Cette route que je voulais faire depuis longtemps. J’ai préféré faire le trajet avec Housseine pour apprécier le paysage et s'arrêter à ma guise pour contempler la vue tout a fait exceptionnelle. Et aussi pour ma sécurité! Nous arrivons au sommet du Tizi‘n’Test à 2100 m d'altitude passant par une rue bordée de chêne du Haut-Atlas qui sont différents des nôtres; ils sont plus petits, ont de toutes petites feuilles non dentelées. Petite pause thé à l'auberge belle vue qui porte bien son nom. Nous entamons ensuite la descente et commençons à voir tout doucement les arganiers qui se font de plus en plus nombreux. Les chèvres sont, bien entendu, au rendez-vous ; certaines sont perchées dans ceux-ci. Housseine me dépose, comme prévu, a Oulad Berhil, première ville après la descente. Il me trouve un taxi collectif qui déchargera les passagers à Inezgane. Je paye 2 places pour être seule à l'avant, non coincée. Housseine s'est arrangé avec lui pour qu'il me conduise après jusqu’à mon hôtel à Agadir. Mon trajet d'Ijoukak à Agadir me coute 80€. Je suis ravie de ce séjour a Ijoukak. Je dors à l'hôtel Tulip Inn oasis à 200 mètres de la mer; le luxe à petit prix (27€ la single avec pet dej, balcon, vue mer, vue piscine, vue montagne. Agadir rime avec sortie donc soirée ambiance. ♣ Mercredi 11 février: matinée relax à l'hôtel puis rien que du bonheur à la plage ensoleillée; je suis d'un zen inhabituel... je suis bien. Je terminerai la journée par deux heures de massage!♣ Jeudi 12 février: je vais diner avec un copain français, Daniel, que je vois de temps en temps a Agadir quand nos dates concordent. Nous allons vers Tamghoute à 19 km. Après-midi, je fais une bonne balade les pieds dans l'eau. Le soir, tentant l'aventure gastronomique, je me lance dans un resto libanais... pas bon... cher... malade au retour!!! Je fais ma valise durant trois heures car je n'ai droit qu'a dix kilos et je sens bien que ça ne va pas le faire; je fais et redéfait, rempli au maximum les "heureusement" grandes poches de mon anorak.♣ Mercredi 13 février: départ a 7 heures. Ryanair enregistre mon bagage à main gratuitement (exceptionnel)!!! Je suis toujours contente de rentrer pour voir ma famille mais cette fois, j'ai un goût de trop peu!!!

C’est ma première rentrée de voyage sans aller voir directement ma maman pour lui raconter mes aventures et lui faire lire mon récit. Je lui dédie tout spécialement et c'est en sa mémoire que je continuerai a écrire mon ressenti du voyage.♣♣♣♣. Marie.
Itinéraire tour du monde sur deux ans - un vrai casse-tête
by Jblord · 2015-01-07 · 4 replies
Bonjour,

Alors me voilà de retour le nez dans les cartes géographiques et dans mon fichier Excel intitulé "Itinéraires". Le voyage n'est pas pour tout de suite, mais cet aspect me hante, si bien que j'y reviens régulièrement. Après m'être concentrée sur de nombreux scénarios, je m'y perds un peu. Il faut dire que, comme dans la plupart des projets, on a quelques contraintes. Au final, étant donné qu'on veut voyager le plus possible par voie terrestre, c'est la saison hivernale qui me cause le plus de problèmes.

D'abord, on risque de partir du Québec, en début juillet (pour des raisons d'assurances, et à la fin de l'année scolaire). Comme on sera 5, et que le budget est limité, j'essaie d'éviter l'achat de billets d'avions vers l'Europe en haute saison.

1re option : J'ai évalué la possibilité de passer la première année à sillonner les routes de l'Amérique, du nord au sud, en véhicule de camping (mais je crois qu'en un an, c'est un peu serré). De plus, ça ne semble pas tout simple de vendre son véhicule une fois là-bas.

2e option : Même chose, en camping-car, mais seulement l'Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique), de juillet à la mi-septembre. En retournant au Québec avant de repartir, on aura peut-être plus de facilité à vendre le véhicule, ou de s'arranger avec des amis pour qu'ils le reprennent. Les billets d'avion vers l'Europe (ou possiblement des billets de croisière de "repositionnement") seront aussi moins chers à ce moment. Les possibilités intéressantes sont nombreuses en Europe, en automne, mais on ne pourra pas nous permettre d'y passer de nombreux mois. Ensuite, avec l'hiver qui arrive, j'avoue être un peu coincée. Pour le passage vers l'est, tant le voyage en Trans-Mongolien (par la Russie et la Mongolie jusqu'à la Chine) que la traversée des pays en "-stan" par la Turquie risque d'être rude pendant la saison froide.

Ensuite, l'Asie, que nous avons visité sur plusieurs mois déjà, nous fait très envie. On a considéré aller passer quelques mois en Afrique, durant l'hiver (du nord) mais là, je crois que ça ferait monter considérablement les coûts.

Voilà, j'en suis là. À moins qu'il y ait un continent que j'ignore, en l'Europe et l'Asie, où il fait toujours bon, je fais du sur place. Vous qui avez sans doute beaucoup étudié les cartes, les périodes propices et la météo locale, avez-vous des suggestions et des pistes de solutions?

Merci à l'avance!
Itinéraire 3 semaines 1/2 en Turquie
by Jordane · 2014-12-15 · 8 replies
Bonjour à tous!

Nous rêvons depuis plusieurs années de visiter la Turquie! 😏 Je suis en train de préparer ce grand voyage pour 2016. Oui je sais, c'est encore loin 😛, mais les préparatifs font déjà voyager en quelque sorte 😉, alors ça nous fait patienter 😎.

Nous comptons partir en vols secs et nous organiser sur place en ce qui concerne les hôtels et les transports intérieurs. Est-ce faisable en Turquie (nous avons l'habitude de l'Asie ou cela se fait très aisément).

A aujourd'hui, notre itinéraire serait le suivant:

Istanbul: 3 jour - Palais Topkapi - Sainte Sophie - La Mosquée Bleue - Le Grand Bazar - Le Bazar Egyptien ou marché aux épices - Le Palais Dolmabahçe - Le Palais de Beylerbeyi - La citerne basilique Pergame: 1 jour - Asclépiéion - Acropole Ephèse: 1 jour Pamukkalé: 1 à 2 jours Dalyan: 1 jour Kas, Kalekoy et Simena et ville engloutie de Kekova: 2 jours Myra et sa nécropole: 1 jour Aspendos: 1 jour Uchisar, Vallée de Gorëme, Urgup: 6 jours Nemrut Dagi: 1 jour

Ce qui fait un total de 19 jours de visites auxquels il faut ajouter les temps de transports entre les sites et éventuellement le retour à Istanbul pour prendre le vol retour (car bien moins cher de faire France/IST/France que de faire par exemple France/IST - ANK/France).

Que pensez-vous de l'itinéraire? Avez-vous des recommandations sur ces endroits? Sur d'autres endroits? Pourriez-vous m'aider quant aux modes de transports entre les différents sites? Existe-t-il des bus de nuit pour les longues distances? Nous voyagerons avec notre fille qui aura 6 ans 1/2, mais qui suit très bien et adore voyager et découvrir et aime beaucoup les différents modes de transport.

Au départ, nous souhaitions faire ce voyage en camping-car, mais depuis la France, il faut au minimum 5 jours de trajet aller et 5 jours retour... ce qui mangerait 10 jours de nos vacances...!!! Du coup, nous privilégierons les transports locaux après avoir atterri à Istanbul.

Dans l'attente de vos suggestions,

Bon voyage à tous... ou bons préparatifs!!! 😎
Maroc: que du plaisir, comme d'habitude!
by Trostang · 2014-12-11 · 257 replies
Bonjour à tous, Tout juste rentré d'un voyage de plus de 2 mois au Maroc, je tiens à rassurer tous ceux qui se posent encore des questions. Allez-y tranquillement, tout va bien. L'accueil a été encore plus chaleureux cette année, les annulations étaient tellement nombreuses, les Marocains étaient vraiment heureux de rencontrer les Européens qui avaient fait le voyage....C'étaient surtout les Français , les grands absents cet automne. Mais, les choses semblaient avoir évoluer entre octobre et décembre.Cette semaine à Marrakech, on était nombreux, alors que le 2 octobre c'était très calme. Dans le sud les camping-caristes étaient bien présents sur le bord de mer. Bon voyage à ceux qui partent bientôt.
Itinéraire Andalousie fin d'année 2014
by Thejasmine · 2014-11-20 · 37 replies
Bonjour, Nous allons partir deux semaines en Andalousie (arrivée à Séville) du 19 décembre au 1er janvier. Pourriez-vous m'aider à faire mon itinéraire sachant que nous allons bien entendu visiter Séville, Cordoba et Grenade. Que pourrions-nous rajouter à cela ? Nous pensons louer une voiture si c'est indispensable sinon le train ne nous dérange pas. Nous sommes preneurs de toute info concernant l'itinéraire, les hôtels, les restos, où faire la fête, etc... Une petite question supplémentaire : le 24 décembre (soir du réveillon de Noël) les restos de Cordoba seront-ils ouverts ou bien doit-on choisir un hôtel avec resto et s'assurer que eux seront ouverts ? Et le 31 décembre est-ce mieux d'être déjà à Séville ou bien de s'arrêter près de Séville et de passer le réveillon dans un village ???? Merci d'avance pour votre aide.
Faut-il annuler ses vacances au Maroc?
by Hornak · 2014-09-23 · 295 replies
J'ouvre ce sujet qui va faire beaucoup parler: Faut-il annuler ses prochaines vacances au Maroc? Suite aux frappes françaises en Irak, aux menaces d'EI et à l’enlèvement du touriste français en Algérie, de nombreux touristes doivent aujourd'hui se poser la question. Est-il bien prudent de se rendre au Maroc ? La menace est-elle réelle ? Quelles sont les zones à éviter ? Faut-il avoir peur de ces 1000 djihadistes marocains ? Tombons-nous dans leur jeu, dans la peur qu'il souhaite diffuser ?

Merci pour votre contribution.
Relier Foum Zguid - Mhamid par une piste
by PhilRaz · 2014-09-18 · 21 replies
Bonjour, J'envisage de partir fin mars, début avril au Maroc et louer un Duster 4 x 4. J'ai un road book pour une partie mais j'aimerais relier Foum Zguid - Mhamid par une piste. Si quelqu'un peut me renseigner sur la faisabilité, voire me donner une trace gps pour mettre sur mon Garmin Etrex Merci Philippe
Itinéraire et conseils pour voyage d'un mois au Sénégal (2 jeunes femmes)
by Hopiwalpi · 2014-08-13 · 20 replies
Bonjour nous sommes 2 jeunes femmes de 22 ans et nous arrivons au Sénégal en novembre pour un mois afin de découvrir le pays. Nous souhaitons visiter le Sénégal de façon itinérante (pas les moyens de prendre un guide), nous aimerions avoir une idée d'itinéraire pour profitez au mieux du séjour. Pendant se séjour nous souhaiterions rencontrer des gens grâce au site internet couchsurfing, nous avons prévu 1 nuit d'hotel pour notre arrivée et notre départ. Pensez vous qu'il nous sera possible de trouver sur place un endroit ou dormir tout au long de notre séjour ? Cordialement Axelle
Premières traces atlastiques
by Leflâneur · 2014-07-24 · 7 replies
C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.

VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya

Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.

A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.

A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.

Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.

Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.

Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.

Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.

Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.

Maison de la famille Fouzal.

La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.

Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.

Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.

Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.

Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.

Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.

C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.

Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.

Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?

La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !

Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .

« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».

Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.

Ce qui était dit devait être fait.

Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...

TAGHIA

Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.

C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.

Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.

C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.

J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.

Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.

Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !

Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.

Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,

Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.

D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.

Jbel Timghazine

Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.

Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.

Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?

J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !

J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !

En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,

Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.

J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !

Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !

Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.

Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !

Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …

Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !

Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.

D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.

Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !

Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.

- Salamaleikoum.

- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?

Tilla taghbalout ? »

Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.

Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.

Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.

Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.

Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.

Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !

Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.

Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.

Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.

Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !

Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.

Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.

Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.

Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.

La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.

Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?

L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.

J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !

Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.

Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …

Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.

AQQA N’WAROUGHOULT

Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.

Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...

Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.

Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !

Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !

Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.

Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.

J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !

Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.

A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !

Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.

Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.

OUSSIKIS

Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…

Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.

Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.

La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.

Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter

Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.

Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.

De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.

Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.

Si j’avais …

Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.

Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.

Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.

Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.

Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.

A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !

« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !

Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.

Marrakech

J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?

Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.

Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?

Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.

Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.

A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.

Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.

Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.

J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.

C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
Informations erronnées dans le Routard du Maroc, 2014
by LydieT · 2014-07-15 · 26 replies
Cette année le Routard 2014 m'a déçu au Maroc (l'année dernière c'était le Lonely Planet à Bali).

Des informations erronées sur la route et tout autant pour les adresses. Nous y étions fin mai, peu de touristes permettent l'erreur, on a le temps et il y a des places pour se loger, mais en pleine saison ? Je voulais donc dire ici les plus flagrantes, bien sûr cette opinion et la mienne et n'engage que moi.

Info routes : p 487 à 7km du col de Tizi-n-Tichka Jusqu'au village de Telouet, la route est goudronnée avec le fait est des passages endommagés comme le dit le routard. Mais pas jusqu'à Aït Benhaddou; Après le village cela devient une très mauvaise piste avec par endroits des restes de goudron. La piste est dangereuse, sans aucun signalement difficilement accessible sans un bon véhicule. Du village de Tighirt jusqu'à Aït Benhaddou, la première tranche de la route nouvellement goudronnée est facile mais ce n'est que 1/5ème du parcours Les autorités annoncent la fin de la réfection totale du tronçon si tout va bien pour 2016. Ce qui est dommage car la vallée de l'Ounila est magnifique et les villageois se sont beaucoup impliqués et on beaucoup investit pour travailler avec les touristes qui pour la plus part abandonnent et font demi-tour à la mine de sel.

P596 Attention la route de Rissani à Tanshikt est en très mauvais état avec de nombreux nids de poule. Une énorme circulation de poids lourds Très difficile et fatigante. Mais comme le dit le Routard là aussi des paysages exceptionnels.

Hébergements :

A Boulmane du Dadès: "l'Auberge Argana" fût une grosse déception, contrairement à ce que dit le guide 2014, l'intérieur est ancien et défraîchi. Aucun point de vue sur le toit qui n'est pas praticable. Vue de l'extérieur, l'aspect général est quelconque. Nous avons donc traversé la route, et trouvé "Chez Pierre" tout ce que nous cherchions. Celui-ci figurait sur le routard de 2011 que j'avais acheté et heureusement pour moi il leur restait une chambre l'hôtel affiche souvent complet et j'ai trouvé exactement ce qu'indiquait le guide de cette année-là.

A Nekob: L'Auberge Kasbah Ennakhil, beaucoup à dire elle est au bord d'une route très passante de jour comme de nuit et fréquentée de manière intensive par des poids lourds. A l'écart du village, on ne peut s'y rendre à pied. Idem pour une promenade dans la palmeraie qui est en train de disparaitre asséchée. Le routard signale la douche qui bien que jolie est totalement inefficace, de plus elle était sale. Ayant vu que les groupes fréquentaient cet endroit donc j'avais réservé une suite calme dans la Kasbah, aucun problème jusqu'à 22h quand un groupe de 48 néerlandais a pointé son nez à la fin de notre repas. On leur a donné des chambres mitoyennes aux nôtres et nous avons été réveillés à 1h quand ils sont montés se coucher et se sont levés à 6h et nous aussi... Leur accueil très commercial ne m'a pas paru chaleureux.
Portugal, Maroc et Bénin
by Lestamalous · 2014-06-29 · 10 replies
bonjour nous sommes des nouveaux y si bientôt le départ pour le Portugal et ensuite le Maroc pour 6 mois environs Et bientôt si possible le bénin, merci a tous de converser avec nous pour ce voyage si vous avez fait de meme et si vous avez des conseille nous voyageons en caravane de 6m50 , c'est je vous l'assure super j attend des nouvelles merci a bientôt lestamalous 😎

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