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Croisière de Saint-Pétersbourg à Moscou
by Juju1940 · 2006-11-05 · 2 replies
🙂 Qui a fait une croisière St Petersbourg Moscou? Je voudrai bien la faire en 2007. J'aimerai bien votre avis et votre sentiment sur la compagnie, les excursions.... C'est ma premiere croisière à 66 ans!!!😉 Merci de votre aide!!!!
Barentsburg: un petit morceau d'URSS oublié dans l'Arctique
by Chris51 · 2006-02-19 · 5 replies
23 juillet 2004 - Nous sommes au Spitzberg, par 78° Nord, archipel à la marge du monde, dernières îles avant le pôle, au Nord-Est du Groenland. Après un voyage d’approche en avion via la Norvège, nous avons embarqué il y a quelques jours à bord du Grigoriy Mikheev, un navire russe de l’institut de recherche polaire de Mourmansk.



Réveil un peu vaseux dans nos couchettes ce matin … Nous avons navigué toute la "nuit" (il n'y a pas de nuit ici en cette saison ...) au large de l’avant-terre du Prince Karl pour redescendre vers Longyearbyen. Sur le premier sommeil, de puissantes ondulations de houle ont quelque peu retourné nos estomacs mais une fois « allégés » de ce côté-là, on s’est rendormis. A présent, l’horizontalité est revenue, mais c’est un bruit familier qui nous réveille : de grands coups sourds dans la coque nous indiquent que nous venons d’entrer dans une zone de banquise dérivante.

Nous sommes à l’entrée de l’Isfjord dont les eaux sont envahies par de vastes plaques de banquise venues de Sibérie et qui ont contourné le Spitzberg par le Sud. C’est exceptionnel ici en juillet, mais finalement ça montre que le réchauffement de l’arctique a parfois des ratées …

Nous voici à la passerelle. Les deux hommes de quart sont concentrés sur leur travail. Georgy Zelenin, le second du capitaine, est à la barre, et Sergeï est aux commandes moteur. Sergeï nous explique que ce que nous traversons laborieusement, c’est de la « vieille banquise », comme il dit … De grandes plaques (des « floes ») qui dérivent depuis plusieurs années au gré des courants, qui ont été plusieurs fois brisées, ressoudées en hiver, re-cassées, basculées, prises dans des crêtes de compression, se sont montées les unes sur les autres … D’où cet aspect parfois chaotique et cette épaisseur importante. Georgy essaye de louvoyer entre les plaques pour limiter les chocs, mais lorsqu’un grand « floe » barre la route, il se brise sous la poussée des 2000 tonnes du bateau et bascule sous la coque. Parfois on voit sa tranche bleutée, épaisse de plus d’un mètre, passer sur le côté !

Au bout d’une demi-heure de cette progression lente, on entre dans le Grönfjord, quasiment libre de glaces. Le bateau glisse maintenant en silence sur cette eau calme, et nous voici devant la station russe de Barentsburg, une des trois communautés humaines permanentes du Spitzberg.

Barentsburg, ainsi nommée en souvenir du hollandais Willem Barents, découvreur du Spitzberg en 1596, est une station minière. Elle a été implantée en 1932 par la compagnie soviétique Arktikugol ("Charbon Arctique"). De nos jours, l'exploitation du charbon dans ces lieux est bien entendu une aberration économique, mais c'est pour des raisons stratégiques que les Russes maintiennent cette grosse base permanente au Spitzberg.

Que font donc les russes ici, sur ces terres extrêmes administrées par la Norvège mais dont le statut est international ?

Il faut remonter à la fin de la première guerre mondiale et au traité de Versailles (1919), pour comprendre les origines de cette cohabitation russo-norvégienne au Spitzberg. En 1919 la Russie des Soviets, trop occupée par sa jeune révolution, avait laissé le champ libre à la Norvège qui avait obtenu sans peine la souveraineté sur le "Svalbard" (comme elle l'appelle). Les Soviets n'avaient cependant pas tardé à réagir et à réaffirmer leur revendication sur ces terres polaires. Ils avaient invoqué bien sûr la proximité territoriale, mais aussi l'histoire, leur histoire où, dès le 17ème siècle, les "Pomores", un peuple de trappeurs de la région d'Arkhangelsk, venaient chercher ici des fourrures et de l'ivoire (de morses), pour le compte des monastères orthodoxes de la Grande Russie, sous l'impulsion du Tsar Pierre Le Grand.

C'était trop tard … et les absents ont toujours tort : juste après Versailles, le traité du Svalbard en 1920, avait "internationalisé" l'archipel, tout en le plaçant sous administration norvégienne. L'ensemble des 39 Etats signataires (dont la France … et la Russie) avait dû reconnaître ce statut, mais avait en contrepartie acquis le droit d'y établir des concessions minières ou scientifiques (à l'exclusion de toute activité militaire). C'est sur ce principe subsidiaire que dès 1926, l’URSS de Staline a implanté des bases minières au Spitzberg. A Pyramiden d'abord, au fond d'un fjord abrité situé au Nord-Ouest de Longyearbyen, puis à Barentsburg en 1932. La mine de Pyramiden a fermé en 2000, Barentsburg reste désormais l'unique base russe au Spitzberg, et tout laisse à penser que la Russie la maintiendra coûte que coûte.

Vue depuis le bateau, la station russe de Barentsburg est peu engageante ! La couleur noire du charbon domine un paysage dans lequel s'alignent à flanc de colline de sinistres bâtiments du plus pur style soviétique, de grandes barres de béton, et des installations industrielles et minières semblant dater d'un autre âge !



Pour ce qui nous concerne, ce passage à Barentsburg n’a rien à voir avec nos centres d’intérêt (écologie arctique, faune et flore) au Spitzberg. Mais le bateau bat pavillon russe, Youriy et son équipage sont russes, et c’est donc dans leur langue maternelle qu'ils entrent en contact radio avec les autorités locales pour demander l'autorisation de débarquer. Accord obtenu : nous serons attendus au débarcadère, nous dit-on … mais nous n’avons pas l’autorisation d’amener le navire à quai … Ce n’est pourtant pas la place qui manque : le grand quai minéralier est désert.

Qu’à cela ne tienne : nous mettons donc à l'eau le Zodiac pour parcourir les quelques centaines de mètres qui nous séparent du débarcadère. Un débarcadère encombré d'énormes morceaux d'icebergs (growlers) entre lesquels nous nous faufilons pour amarrer notre grand pneumatique au ponton.



Sur le quai, nous sommes effectivement attendus : deux jeunes gens, Oleg et Kristina, nous souhaitent la bienvenue dans leur monde. La charmante Kristina, qui va nous accompagner, est ukrainienne. Elle est étudiante en langue anglaise à Kiev, mais elle est venue travailler ici d'avril à octobre comme "hôtesse et postière", nous dit-elle en souriant, dans un anglais parfait, avec des sonorités inattendues et chantantes.

La colline est abrupte. A partir du débarcadère, on monte un interminable escalier de bois qui mène à la cité proprement dite, construite sur un replat à mi-pente. Montée laborieuse par ces marches aux planches disjointes, parfois cassées. A plusieurs reprises, on croise des canalisations complètement délabrées. Rien n'est enterré ici, en raison du sous-sol gelé en permanence et aussi sans doute pour faciliter les réparations. D'incroyables faisceaux de cables et des tuyaux de toutes tailles courent partout au dessus du sol, à nu ou dans des coffrages de planches hors d'âge.



Au niveau de certains paliers de ce grand escalier se greffent des chemins de planches à moitié effondrés qui partent à flanc de colline vers des hangars noirs qui semblent presque en ruines. La mine est au dessus de la cité, à flanc de montagne. Le charbon est transporté par des wagonnets suspendus à des cables jusqu'aux installations de tri, de lavage et de stockage en bas de pente, à proximité du quai où les navires sont censés venir le charger en été …

D'après Kristina, ce sont 300 000 tonnes de charbon qui sont produites ici chaque année par l'entreprise russe "Trust Arktikugol". En bas, à proximité du quai, la centrale thermique qui produit l'électricité de la station minière crache une fumée noirâtre.

😕 Ce n'est pas vraiment un club de vacances, Barentsburg ! Dans ce décor sinistre, tout est noir, sale, rouillé, lugubre, délabré … et glacé !

Nous arrivons enfin au niveau de la cité proprement dite, et là c’est le choc ! C'est la machine à remonter le temps : nous voici d’un coup transportés en URSS pendant les années soixante !

Une grande place centrale où trône un buste de Lénine, de grands bâtiments en briques du plus pur style stalinien, d’immenses fresques sur les façades à la gloire de la classe ouvrière triomphante, une cantine, un gymnase orné des anneaux olympiques … Le temps s’est arrêté à Barentsburg … Voyage au pays des oubliés de l’histoire !



Kristina nous explique que ce sont près de 800 personnes qui vivent ici, été comme hiver, dont 400 environ sont employées directement ou indirectement à l’exploitation du charbon. Les mineurs sont russes et ukrainiens, ils viennent ici généralement pour deux ans, attirés par la promesse de salaires plus importants que dans la mère patrie.

Ici, l’organisation sociale est restée de type soviétique : l’hébergement et les différents aspects de la vie sociale sont entièrement pris en charge par Trust Arktikugol. Les familles sont logées dans les grandes barres de briques et de béton que nous avons vues depuis la mer. On met à leur disposition des appartements avec des services communs, et les célibataires sont hébergés dans des foyers collectifs.

A Barentsburg, il n’y a pas d’argent en circulation : toutes les prestations (logement, repas, culture, sports, etc …) sont précomptées sur la paye et les salaires sont versés dans le pays d’origine. Les enfants (une quarantaine) sont scolarisés sur place.

Il paraît que jusqu'aux années soixante, la cité minière soviétique de Barentsburg bénéficiait de conditions de vie bien meilleures que les stations minières norvégiennes du Spitzberg. La situation a commencé à s'inverser dans les années 80 et, à partir de 1991, les travailleurs de Barentsburg et leurs familles ont subi de plein fouet la chute de l'URSS. La Russie et l'Ukraine en pleine restructuration ont détourné leur intérêt (et leurs crédits ...) de leur station minière arctique.

La marche du temps s'est arrêtée à Barentsburg. Sous le dur climat polaire, les installations se sont rapidement dégradées pour aboutir à ce que nous voyons aujourd'hui.

Tout en parlant, Kristina nous fait parcourir la rue principale de Barentsburg, dallée d'énormes plaques de béton de 5 m sur 5 … Sur la gauche, là-bas, elle nous montre des hangars qui sont, dit-elle, les bâtiments de la ferme qui produit des légumes frais dans une serre chauffée au charbon et entretient un troupeau de vaches en stabulation artificielle, pour fournir du lait à la communauté. Nous demandons à aller voir les vaches mais … « ce n'est pas possible aujourd'hui », nous dit-elle avec un sourire contrit. Bon … et bien comme on ne peut pas repasser demain, on ne verra pas les vaches … !

En remontant la rue, nous arrivons devant un bâtiment en meilleur état que les autres : ce sont les bureaux de la direction locale de Trust Arktikugol. Un peu plus loin, devant "l'Hôtel-Bar-Restaurant-Poste", notre jeune accompagnatrice nous explique qu'elle travaille également ici comme postière (quelques minutes par jour doivent suffire !) Elle nous fait entrer dans son domaine (totalement désert mais chauffé à 28 degrés !) et s'asseoit très officiellement derrière son comptoir en bois verni pour nous proposer des cartes postales, des timbres et des oblitérations … Sans grand succès, car les deux seuls modèles de cartes postales dont elle dispose sont pitoyables et, pour ce qui concerne les timbres, nous ne sommes pas particulièrement philatélistes ...

Un peu dépitée, elle nous dit que nous trouverons certainement des souvenirs qui nous plairont … « à la boutique » !

Kristina nous laisse donc devant "sa" poste lugubre et nous voici partis seuls en balade à travers la station minière. L'immense gymnase attire notre attention, sa façade est ornée d'une grande fresque à la gloire du sport. Nous entrons jeter un coup d'œil à la piscine dont le grand bassin est décoré d'un mélange de coulées de rouille et de moisissures vertes ! Pas très engageant !

On revient faire un tour sur la place centrale que nous avons traversée tout à l’heure, pour saluer le buste de Vladimir Illitch Oulianov, dit Lénine, qui veille impassible sur ce reliquat de son empire.

Puis on va voir la petite chapelle orthodoxe, toute en bois sculpté, sans doute le seul bâtiment à posséder un peu de charme ici. A l'intérieur, des bougies et des offrandes, des morceaux de gâteau dans de petites assiettes, des petits paquets liés par un ruban, des petits mots manuscrits sur des bouts de papier pliés ... témoignent de la ferveur de quelques fidèles.



Depuis la place voisine, Lénine doit faire la gueule : la religion est encore l'opium du peuple !

Notre "tour de ville" se termine par un passage à la boutique, exclusivement destinée aux voyageurs de passage. Il n’y a aucun problème de change ici : à l’entrée, un panneau indique que - hormis le Rouble - toutes les devises sont acceptées !

On y trouve un étonnant bric-à-brac, mélange de souvenirs de la Russie éternelle et de l’URSS des Soviets : des matriochkas de toutes tailles, alignées par centaines sur les étagères, des œufs peints et des bibelots en tous genres qui se disputent le premier prix de kistch, des chapkas de fourrure, des écharpes de grosse laine, d'énormes pulls et chaussettes de médiocre qualité, des T-shirts ornés du marteau et de la faucille ou du sigle « CCCP » en grosses lettres, des pins et des médailles à l’étoile rouge … il y a même des maquettes de Soyouz et de Vostok, et des cendriers à l’effigie de Gagarine qui complètent ce capharnaüm anachronique !



La visite de Barentsburg ne mérite pas qu'on s'y attarde exagérément. Deux heures après notre débarquement, nous voici donc de retour à l'embarcadère, prêts à … revenir au 21ème siècle ! Kristina est là pour nous dire au revoir. Elle a sorti un carnet sur lequel elle fait une petite moisson d'adresses « C’est pour avoir des contacts en France », nous dit-elle. On lui demande : « Est-ce que vous viendrez en France ? ».. « Peut-être, oui, un jour ... C'est au cas où … »

Nous embarquons dans le Zodiac, au milieu des blocs de glace. Il fait un sale temps … une sale mer, noire et hachée, qui va bien avec le décor sinistre de la station minière. Il n'y a que quelques centaines de mètres à parcourir pour rejoindre le Grigoriy Mikheev dans le fjord, mais la moitié d'entre nous vont arriver trempés par les paquets de mer …

Pas nous … ( 😉 hé ! hé ! hé ! ! !) … car ces derniers jours nous avons développé une compétence particulière : savoir observer la mer par rapport au trajet envisagé, et en déduire sans se tromper « le-bon-côté-du-Zodiac-où-il-faut-s'asseoir ! ! ! » Je vous assure qu’on ne boude pas son plaisir lorsque, bien installé sur le "bon" boudin, bien calfeutré dans sa veste de quart, on peut regarder d'un air narquois le (ou la) collègue assis(e) en face qui s'efforce de sourire (jaune) tout en recevant des douches d'eau glacée dans le dos !
Incontournables au Canada (et glaciers) et États-Unis
by Pechet · 2005-09-04 · 17 replies
Bonjour à tous,

Pour commencer notre tour du monde nous pensions Arriver au Canada. Le prochan avion partirait d'Amérique du Sud. Entre temps, nous aimerions visiter le Canada, des glaciers (genre Groenland ou Alaska) puis redescendre vers l'Amérique centrale en visitant donc les Etats Unis. Tout cela avec quelques vols internes (compris dans notre billet tour du monde). Pourriez vous donc nous conseiller sur ce qui est incontournable, le moins cher pour les déplacements, l'hebergement... bref des tuyaus des expérimentés quoi, tous les bons plans mais surtout des conseils qui nous aideront à organiser clairement ce voyage. Nous sommes preneurs de tout... à bon entendeur, merci!
croisiere Moscou/St Pétersbourg
by Micro · 2005-03-07 · 3 replies
Qui a fait cette croisière ? Ns partons fin Août, et ns aimerions avoir des avis sur ceux qui ont fait cette croisière (12 jours) et si le bateau était le M/S ARABELLA, cela serait parfait. Merci à tous
Barbecue dans la banquise
by Chris51 · 2004-10-23 · 14 replies
18 juillet 2004 - Nous sommes au Spitzberg, par 80° de latitude Nord. Un archipel perdu à la marge du monde, au Nord-Est du Groenland, la dernière terre avant le pôle.

Après un voyage d’approche en avion depuis la Norvège, nous avons embarqué il y a quelques jours à bord du Grigoriy Mikheev, un navire scientifique russe de l’institut de recherche polaire de Mourmansk.

Le Grigoriy Mikheev est conçu pour naviguer dans la glace, mais ce soir, tout espoir de passer le détroit d’Hinlopen est définitivement abandonné. La progression dans la banquise est devenue extrêmement lente. Trop lente … Trop de glace … Trop épaisse ...

Le réchauffement de la planète est une réalité, mais le phénomène semble avoir des ratées … Il paraît qu’il n’y a pas eu autant de banquise ici en juillet depuis quinze ans !

Youriy Gorodnik, le capitaine, sait d'ores et déjà que nous allons être bloqués par les glaces flottantes qui couvrent maintenant les 9/10èmes de la surface de la mer. En effet, un quart d'heure plus tard, nous voici carrément coincés. Tout autour de nous, ce n'est pratiquement que de la glace. Devant l’étrave, quelques plaques cassées et basculées par notre dernière avancée montrent leur tranche qui fait plus d'un mètre d'épaisseur ...

Quand on parle de Youriy Gorodnik, n’imaginez pas un « capitaine » en tenue bleu marine et galons dorés ! Youriy c’est un grand gars simple et cordial, toujours en T-shirt à son poste de pilotage ou en gros pull de camionneur s’il doit faire un tour dehors.

Le jour où nous avons embarqué, Youriy nous a dit que nous serions toujours les bienvenus à la passerelle de commande du navire, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. La seule exception peut-être, avait-il ajouté, ce serait au moment de manoeuvres un peu délicates ou dans certaines circonstances exceptionnelles, lorsque l'équipe de quart aurait besoin de toute sa concentration pour faire son travail, par exemple, avait-il dit, « s'il y avait vraiment trop de glace ... »

Depuis que nous sommes partis, nous sommes montés maintes fois à la passerelle, toujours accueillis cordialement. Sommes-nous aujourd'hui dans le genre de circonstances dont parlait Youriy ... ? Vaudrait-il mieux s'abstenir ? Ça se pourrait bien en effet, mais en même temps la tentation est vraiment énorme d'aller voir là-haut comment ça se passe !

Nous montons donc en nous promettant de ne pas déranger, de nous faire aussi petits que possible, mais avec l'espoir de partager avec les deux marins de quart ces moments exceptionnels.

A la porte de la passerelle, nous entrons sur la pointe des pieds ... façon « panthère rose » ! Andreï est debout à la barre et Youriy aux commandes moteur. Andreï nous a vus mais il ne se retourne pas. Nous refermons vite la porte pour ne pas laisser entrer le froid, mais nous restons sur le seuil comme des gamins qui savent confusément qu'ils abusent.

Youriy tourne la tête et nous voit près de la porte. Il nous fait un grand sourire et d'un signe de la main il nous dit d'approcher !

On s'avance à ses côtés, jusqu'au pupitre de commande. Le radar, tout en jaune et noir, montre la côte, les îles du détroit, et la mer saturée de glaces flottantes qui ressemblent à un puzzle anarchique. D’ici, à travers les vitres de la passerelle, à quelques mètres de hauteur, le paysage prend une nouvelle dimension. On reste fascinés, les yeux rivés sur le décor blanc dont les lointains s'évanouissent dans une vapeur glacée. La marge du monde ! C’est ici …

Après avoir tenté à deux reprises de reculer pour reprendre de l'élan et essayer de repartir de toute la puissance des deux moteurs, Youriy renonce, il abaisse les manettes et arrête tout ! On entend le régime des moteurs qui chute et s’évanouit … Le navire s'immobilise dans le grand blanc, en vue de la petite île de Nyströmøya. L'écran du GPS indique 79°40’ Nord.

Aucune inquiétude cependant : ce sont les courants de marée qui ont provoqué cette densité de glace flottante. Les grandes plaques de banquise (les "floes", comme on dit entre initiés), parfois de la taille d'un terrain de foot, se sont accumulés les uns contre les autres jusqu'à tout recouvrir. Youriy est serein : il nous explique qu'on va devoir attendre quelques heures que la marée s'inverse pour nous dégager. En effet, avec l'inversion de la marée, les courants vont "détendre" tout ce pack, les "floes" vont s'écarter, et nous pourrons alors repartir, remonter vers le Nord, vers les eaux libres de l’entrée du détroit où nous avons prévu, demain, de débarquer en zodiac sur l'île de Lågøya, à la rencontre d'une colonie de morses.

Ce blocage était prévisible depuis un moment, et puisque le navire va être à l'arrêt forcé, Youriy a demandé à Clare et Beverley, les deux jeunes cuisinières du Grigoriy Mikheev, de prévoir un barbecue sur le pont à l'avant du bateau, pour le repas du soir !

Clare et Beverley ne sont pas russes, vous l’auriez deviné, non ? Elles sont respectivement anglaise et néo-zélandaise. Quant au maître de la cambuse du bord, le très sympathique Phil, il est australien. C’est très international, l’arctique !

Tout le monde est invité à 20 heures sur le pont avant. Beverley a mis une affichette dans la coursive : « Tonight at 20, special arctic BBQ on foredeck. Don’t forget your party dress and dancing shoes ! »

Soirée surréaliste ! A 20 heures, navire arrêté en pleine banquise et sous un soleil superbe, nous nous retrouvons tous sur le pont, non pas en "party dress" ni en "dancing shoes", mais en anoraks et chaussures tout-terrains. Les trois marins ont empilé les zodiacs pour faire de la place. Ils ont installé des tréteaux et allumé un grand barbecue qui commence à faire rougir ses braises de charbon de bois.

Ce soir, les apéritifs sont offerts : Kir, Whisky ou … Pastis ! (je rassure la ligue anti-alcoolique : il y a aussi des jus de fruits !). Pour les glaçons, on n’est pas allé les chercher bien loin !

En guise d’apéro, certains préfèrent goûter un verre de vin. Phil en épate plus d’un : il a sorti de sa cambuse une caisse de vin rouge du Gers, proche cousin du Madiran ! Excellent, mais à ne pas laisser trop longtemps rafraîchir (la température n’est que de 4 degrés !). Du vin français à bord d’un navire russe au Spitzberg norvégien, servi par un sommelier australien, ce n’est pas vraiment commun ! Ambiance de fête : Tchin-Tchin ! On trinque à la banquise, aux phoques, aux morses, aux ours blancs et à la passion de l’arctique qui nous réunit ici !

Sur les tréteaux, un sympathique buffet d’entrées (froides !) nous attend. Juste à côté, près du bastingage tribord, Beverley armée d’une grande fourchette officie au barbecue : cuisses et ailes de poulet marinées aux épices, saucisses norvégiennes et côtelettes grillées apportent une note olfactive insolite dans l’air pur de l’arctique ! Les ours polaires doivent en être tout émoustillés dans un rayon de 15 km ! (il paraît que c’est à cette distance qu’ils sont capables de sentir la nourriture … )

Nataliya et Olga, les serveuses russes, ne sont pas en reste ! Ce soir pour elles, c’est relâche car tout est en self avec assiettes en carton et gobelets. Et relâche n’est pas un vain mot : la blonde Nataliya, en super forme, entonne son répertoire de chansons russes ! Ce ne sont pas les chœurs de l’Armée Rouge mais bien celui des mordus de l’arctique qui ne tarde pas à lui répondre en reprenant avec un bel ensemble les standards éternels du folklore : « Dans les plaines d’Ukraine », « Kalinka », « Le temps du muguet » … tout y passe, dans une ambiance de fous-rires auxquels les premiers verres de Madiran ne sont peut-être pas totalement étrangers !

Si de là-haut des extra-terrestres nous observent, ils doivent se poser bien des questions en voyant ce navire hérissé d’antennes et de radars, petit point perdu dans la banquise, si loin de toute vie humaine, avec sur le pont des hommes et des femmes de tous âges et de toutes origines qui se marrent en dévorant des cuisses de poulet, en picolant du vin rouge et en chantant des chansons russes !

Chanter, c’est bien, mais Beverley avait dit : « Don’t forget your dancing shoes ! » … Les marins ont apporté leur « sound machine » portatif et, avec l’arrivée des gâteaux et du « champagne », le pont avant se transforme en piste de danse !

En fait de « dancing shoes », c'est une joyeuse troupe en Pataugas, Tecnica ou Aigle qui improvise un « kazatchok » endiablé sous la conduite d’une Nataliya déchaînée !

Au beau milieu de la banquise, c'est une scène incroyable et bon enfant où tout le monde s'amuse, où farandoles et chorégraphies improvisées provoquent des fous rires à se tenir les côtes, le tout ponctué de puissants « Hhaï! Hhaï ! Hhaï ! Ka-zat-chok ! » scandés par le « choeur arctique » complètement déjanté !

Qui a dit qu’il faisait froid dans l’arctique ? C'est à une heure avancée de la nuit et toujours sous un beau soleil doré que s'achève la «boum polaire» ! Une scène inoubliable, vécue au premier degré (et même au degré zéro … !) par des gens simples et vrais.

C’était un dimanche soir dans la banquise, en juillet 2004, à la marge du monde.

Si ça vous dit de repartir dans le détroit d'Hinlopen (Spitzberg) ... mais cette fois-ci en zodiac et avec nos petits amis les pingouins guillemots qui sont au rendez-vous, par milliers ! C'est au pied des falaises d'Alkefjellet et c'est ici http://voyageforum.com/v.f?post=94799#94799
Les vikings sont de retour en Bretagne
by Chris51 · 2004-07-03 · 1 reply
Les vikings ont bien leur place sur ce forum, car ils ont été parmi les plus grands voyageurs de tous les temps ...

Depuis l'Islande et la Scandinavie, ils ont parcouru l'Europe entière du Nord au Sud, la Russie, l'Asie jusqu'à Constantinople et Bagdad ... ils ont colonisé le Groenland et découvert l'Amérique 500 ans avant Christophe Colomb ...

Si vous êtes en Bretagne cet été, allez à la rencontre des vikings ! L'abbaye de Daoulas (Finistère) présente une grande exposition qui rassemble des objets d'art et d'archéologie pour évoquer l'aventure unique de ces conquérants des mers, et leur impact sur l'histoire des différentes nations de l'Europe médiévale, dont bien sûr la Bretagne.

De quoi combattre (pacifiquement) un bon nombre d'idées reçues sur la vie quotidienne des vikings, et mieux comprendre leurs incroyables voyages, leur commerce, leurs pratiques culturelles et religieuses ...

Pour avoir un avant goût, vous pouvez voir le site de l'expo et pour commencer à combattre les idées reçues, notre page Au pays des vikings et des sagas

Chris.

"Il est vraiment sage, celui qui a voyagé loin, et qui connait les routes du monde" (Paroles extraites du Hávamál, le livre de sagesse des vikings).
Should we really travel to the U.S. and support authoritarian drift?
by Gaetanop · 2026-01-18 · 13 replies
I’ve visited the U.S. four times myself, including two long road trips. The last one was just this past August...

I won’t be going back. I already felt guilty last August, but recent policies have finally convinced me: the humiliation of Zelensky, authoritarian excesses, Gestapo-like methods for detaining people of foreign origin, the murder of innocent people (a mother shot dead), corruption, insane "tariffs," skyrocketing healthcare costs for Americans, the abduction of foreign figures to secure oil, the requirement to disclose social media accounts, and now... threats and blackmail to forcibly take Greenland—a region that belongs to Denmark and thus the European Union!

The reality is that simply posting this could get me denied entry to the U.S.!

In this context, I just can’t keep spending money there. I loved my trips, but there are so many other countries with stunning landscapes to explore.

So I get why you’d want to travel there. I did, and I loved it. But once a country no longer respects any of the values that made us love it, why go?

How can we even consider traveling to a country that threatens to take one of our territories by force?
Departure time from Terminal 1 for the Rivages de France cruise
by Evajules · 2025-07-31 · 3 replies
Hi everyone, If anyone has already taken this cruise with Rivages de France, departing from Paris Roissy and arriving in Kangerlussuaq, do you remember the departure time from Terminal 1? Thanks, have a great day
Kayaking in the Lofoten Islands, Norway
by Androsace · 2025-06-14 · 3 replies
Thirty-seven years ago, I crossed Lapland on skis in winter... Four years later, I returned by bike to the Lofoten Islands. Now, I’d like to go back to this stunning country by sea kayak—a sport I’ve been practicing for the past 10 years. If it’s possible to meet up with one or more people for this little trip this year, it’s pretty quick to organize. Otherwise, in 2026, I’d love to kayak around Norway as well. If you’d like to join me for part of the route, that’d be awesome. Some sections require solid kayaking skills and excellent physical condition. I’m 58 and retired this year—in September—due to disability. Looking forward to your questions and/or interest in joining! Improvisation is often part of the plan!!
Car insurance validity in the Faroe Islands
by Froesch · 2024-11-27 · 3 replies
Hi,

I read on another forum that there might be an issue with insurance for our vehicles in the Faroe Islands.

Apparently, we wouldn’t be covered once we disembark from the ferry. From what I understand, the DK on our green card no longer applies to the Faroe Islands.

Could anyone confirm this?

Thanks
Biking the Pamir Highway in summer 2025 (Tajikistan)
by Suil · 2024-11-15 · 5 replies
Hi there, I’m looking for 1 or 2 travel companions for the Pamir Highway in summer 2025 (dates to be confirmed). I’m 65 and have quite a bit of bike-travel experience. The route is flexible depending on preferences (Wakhan Corridor, Bartang Valley, etc.). Feel free to get in touch! !
Hurtigruten dans la tempête
by Hyerois83 · 2020-09-04 · 13 replies
Hurtigruten risque de payer cher son redémarrage (prématuré ?) des croisières. Le PDG a du démissionner et maintenant, la compagnie fait l'objet de poursuites judiciaires pour sa gestion de la crise.
Vers la fin des voyages internationaux?
by Lecoeurestun · 2020-06-15 · 107 replies
S'achemine t-on vers la fin des voyages internationaux ? Les pays exigent une assurance qui prenne en charge le COVID et les assurances ne veulent pas couvrir ce risque ou alors, il est à craindre, une assurance d'un montant colossal. Le covid n'a pas disparu et il peut réapparaître. Je ne veux pas être l'oiseau de mauvais augure mais il me semble que nous allons devoir nous adapter.
Avis sur une semaine au Svalbard avec 3 enfants (Norvège)
by Nicorez · 2020-01-14 · 1 reply
Bonsoir,

Nous sommes une famille de cinq: 2 parents et 3 enfants/ados de 16-13-10 ans. Nous sommes grands voyageurs et adeptes des destinations hors des sentiers battus, loin du tourisme de masse, en indépendant, sans groupe et sans guide (quand cela est possible: ça ne l'est pas toujours). Sur les "destinations froides", nous sommes déjà allés (avec ou sans enfants) en Islande, au Groënland et aux Malouines. Nous envisageons de partir 1 semaine mi-avril au Svalbard (Spitzberg). Cependant nous hésitons, notamment à cause du prix très élevé.

1) Pour l'instant, je n'ai pas trouvé d'hébergement adapté. Nous refusons le camping (surtout au Svalbard en avril!). Un hôtel "classique" revient extrêmement cher (1 double + 1 triple = au moins 400 euros la nuit). Les dortoirs avec lits superposés et sanitaires communs semblent limités à 4 lits. Des conseils pour ceux qui y sont allés?

2) Motoneige avec des enfants: j'ai lu des avis très différents! Certaines agences françaises pourtant spécialisées me disent que c'est interdit (même en passager) aux enfants de moins de 14 ans, mais sur internet on trouve des agences locales qui font des tours en motoneige jusqu'à 12 ans, 10 ans voire 8 ans. Un prestataire local, que j'ai contacté, me dit qu'avec lui mon enfant de 10 ans sera enfermé dans une sorte de "side car" totalement hermétique traîné par le motoneige! Par ailleurs, il semble que les excursions en motoneige soient fatigantes, même pour des adultes. Quels sont vos conseils et votre avis? (durée, excursions recommandées, etc)

3) Chiens de traîneaux: sur certains forums, des voyageurs disent qu'il n'y a pas besoin d'aller au Svalbard pour faire du chien de traîneau, on peut en trouver moins cher ailleurs. C'est vrai, mais d'autres écrivent que le chien de traîneau est plus discret, moins bruyant, plus lent et permet un meilleur contact avec la nature, donne de meilleures opportunités de voir de la faune et de mieux en profiter. D'autres enfin écrivent qu'avec des chiens de traîneaux on ne va pas très loin et que le caractère plus sauvage est donc illusoire. Je vous avoue être un peu perdu...

4) Bateau: mi-avril, il semble que le kayak ne soit pas possible et que seules de très rares tours en bateau sont possibles (ex.: Barentsburg). Savez-vous si d'autres excursions en bateau sont possibles à cette période? Celle à Barentsburg vaut-elle la peine?

5) Faune: j'ai bien noté qu'il était extrêmement rare de voir des ours polaires, je ne me fait donc aucune illusion sur ce point. J'ai lu aussi qu'il y avait une colonie de morses sur l'île du Prince Charles, mais qu'elle n'est accessible qu'en été: est-ce bien le cas? Enfin certains voyageurs écrivent qu'ils n'ont vu aucun animal, d'autres écrivent qu'au contraire ils ont pu observer de près des renards, des oiseaux, des rennes, etc. Qui croire?

En conclusion, me conseillez-vous le Svalbard pour 1 semaine en avril avec 3 enfants/ados?
Recherche une destination
by Laly24 · 2019-11-17 · 3 replies
Bonjour, je suis à la recherche d’une destination pour l’été 2020. J’ai un budget de 2000-2200€ pour 4 billets d’avion aller-retour. Nous voudrions partir les 2 dernières semaines de juillet ou les 2 semaines à cheval sur juillet août. Nous avons penser à Bali, le Sri Lanka, le Cambodge, le Vietnam, le Canada... mais sommes ouverts à toutes destinations. Auriez vous des conseils pour découvrir de beaux endroits ?
Croisière en Europe du Nord au départ d'Amsterdam le 25 août 2019
by Cannelle1946 · 2019-05-25 · 42 replies
Nous partons faire le tout du Royaume uni sur le Costa Méditerranéa du 25 août au 8 septembre 2019. Nous aimerions pouvoir partager les taxis aux escales.
Croisière fluviale sur le Danube en français
by Montréal55 · 2019-05-22 · 7 replies
Bonjour membres de la communauté VF ! Je cherche à faire une première croisière fluviale en Europe, et mon choix s'est porté sur le Danube, quelque chose entre Bucarest et Munich. Malheureusement, les compagnies qui nous offrent ce genre de croisières ici, au Québec, sont en général des compagnies anglophones. Pour réaliser une croisière en français, nous devons nous tourner vers des compagnies européennes, qui ne font pas d'offres au Québec. En navigant sur le Web, j'ai trouvé Rivage du Monde, qui opère sur les bateaux MS Amadeus. Curieusement, je ne trouve aucune discussion sur VF concernant ces bateaux, et je m'interroge sur cette absence de commentaires: doit-on y comprendre que "no news, good news" ? Merci à ceux qui ont déjà fait une croisière fluviale sur le Danube en français de m'éclairer sur de bons choix ! P.S. Bien sûr, j'ai aussi trouvé CroisiEurope, mais il me semble que leur flotte date un peu...
8 jours de trek dans le Hornstrandir (Islande)
by Mlefevre · 2018-09-02 · 18 replies
Hello! Voilà une semaine que nous sommes rentrées... Le récit complet en photos, vidéos, avec cartes et traces wikiloc en cliquant ici.



Bonne lecture!

Marie

Texte seul:

RECIT ISLANDE HORNSTRANDIR 2018 Après plusieurs voyages en Islande, un peu effrayée par le boom touristique depuis quelques années, je décidai cette fois de visiter le Hornstrandir, cette péninsule un peu oubliée au nord des fjords du Nord-Ouest. Située à 300 km du Groenland, elle flirte avec le cercle arctique. Classée réserve naturelle depuis 1975, sans habitants permanents depuis 80 ans, cette région est très différente du reste de l’Islande. On n’y accède qu’en (petit) bateau ou à pied (mais au prix de plusieurs jours de marche) La presqu’île fut autrefois habitée par des fermiers et des pêcheurs. Aujourd’hui leurs descendants y viennent passer quelques semaines en été et le reste de l’année, les montagnes, baies, plages et ruisseaux sont rendus aux renards polaires, qui sont ici protégés (alors qu’ils sont chassés partout ailleurs en Islande) A l’époque, on se déplaçait entre fermes à pied ou à cheval, ou plus facilement si la météo le permettait en bateau. Aujourd’hui, 2 compagnies (Borea, et Sjoferdir/Westtours) desservent différentes baies du Hornstrandir, avec des rotations régulières mais des bateaux de faible capacité, si bien qu’il faut jongler avec les dates et les destinations pour établir son itinéraire, sachant qu’un aléa météo est toujours possible. Une fois rendu au Hornstrandir, c’est à pied, sur un terrain difficile, avec des sentiers pas toujours tracés ni même toujours cairnés. Il faut avoir le pied sûr (sentiers parfois vertigineux, éboulis instables, mousses profondes, gués innombrables et marécages à gogo) et un GPS est fortement recommandé, surtout par temps de brouillard (qui ne manquera pas d’arriver sur une rando de plusieurs jours, sauf chance exceptionnelle !) Pour la préparation et avoir une vue d’ensemble, j’ai utilisé la carte papier Ferdakort au 1/100000. Prévue au départ avec mes filles Caroline et Marion, la randonnée se fera finalement à 5 avec Muriel et Sophie (Hohl et Ablette 74 sur VF) Pour des raisons de souplesse (et de prix) j’ai loué (à prix d’or !) une voiture à l’aéroport de Keflavik, qui restera « à quai » au port de Isafjordur pendant les 8 jours de notre randonnée dans le Hornstrandir. Pas le plus petit modèle mais presque si bien que nous mettrons 2 sacs sur la galerie de toit gonflable emportée pour l’occasion. Après avoir hésité à organiser un ravitaillement à mi-parcours (possible via les compagnies de bateau mais un peu aléatoire selon la météo), nous décidons finalement d’emporter toute la bouffe nécessaire aux 8 jours de trek, afin de rester libres de notre parcours. Nous avons donc chacune un sac d’environ 12 kg, un peu moins pour Sophie et un peu plus pour Muriel. Nous porterons peu d’eau (1/2l/pers) car il y en a partout (même plus qu’il n’en faut !) et il est inutile de la filtrer ou de la traiter. J0 15/08/2018 Après un vol sans histoire, nous atterrissons vers 16h00 et filons chez Blue Car rental récupérer la voiture. En route vers Hafnafjordur, où j’ai réservé une chambre pour 4 (sans sanitaires privés, 140 €) au Lava Hostel. A quelques km de l’aéroport, je réalise que le réservoir noté comme plein lors de la remise de la voiture, ne contient qu’un 1/3 de sa capacité. Retour au guichet de Blue Car, où je dois insister pour faire rectifier le voucher. Pas d’excuses, l’employée est aussi agréable que lors du pick-up… A 1,70 €/l, il n’y a pas de petits profits…. Au Lava Hostel, au moment de payer par CB en couronnes islandaises, nouvelle tentative d’arnaque de 30 € ! Les temps ont bien changé en Islande…la faute à booking.com parait-il…. Je suis bien contente de savoir que dès demain soir, nous serons perdus dans la nature loin de tout ! Nous trouvons une bouteille de gaz quasi pleine laissée par un client précédent alors que Sophie nous rejoint. Elle est arrivée hier, a dormi à Reykjavik dans une autre auberge de jeunesse où elle a aussi trouvé du gaz pour elle et Muriel. Voilà une bonne chose de faite ! On profite des dernières heures de soleil pour aller faire un tour en bord de mer dans les environs de Hafnafjordur. J1 16/08/2018 Chaleur étouffante et isolation nulle, la nuit aurait pu être meilleure au Lava Hostel de Hafnafjordur… Nous sommes les premières levées car Muriel arrive ce matin à 8h à Keflavik. En route affublées de nos sacs poubelles ! Après d’interminables tours et détours le long des fjords du nord-ouest, un bref arrêt pour admirer des phoques et un bel arc en ciel sur la petite île de Vigur, nous arrivons vers 16h00 à Isafjordur. Passage chez Borea pour confirmer la traversée aller, puis chez West tours pour récupérer les vouchers pour la traversée retour, nous déposons les sacs au port et Marion va garer la voiture au grand parking proche du Musée Maritime (sur les conseils de Boréa, il semble qu’on ne peut pas la laisser au port ?) Eh non Sophie, notre bateau est le p’tit blanc ! En plus de nous 5, un ranger (qui travaille plus au sud et vient découvrir le coin pendant 2 ou 3 jours) avec sa copine, et un couple qui a une maison d’été à Saebol. La dame nous explique que son père est né à Fjlotavik (où nous irons demain) et que les grandes bottes qu’elle porte y sont recommandées ! Il nous faut 1h30 à 20 nœuds de moyenne (séance tape-cul alors que la mer est relativement calme) pour arriver sous un ciel bien bas dans la baie d’Adalvik, à l’extrême ouest du Hornstrandir. Nous embarquons dans le zodiac pour les dernières dizaines de mètres et débarquons sous le regard curieux de quelques enfants qui passent ici leurs grandes vacances avec leur famille. La journée a été longue, surtout pour Muriel qui a quitté l’Alsace ce matin aux aurores, il est presque 19h00, alors nous posons les tentes sur la zone de bivouac située à quelques centaines de mètres du hameau de Latrar. Le jeune couple Islandais fait de même. Un peu plus tard arrivent 2 néerlandophones très timides ou carrément misanthropes (mais hyper bavards, ils parlent TOUT le temps) et un Français, tous bien crevés et les pieds trempés après leur 1ère étape (ils viennent de Heysteri via Saebol) J2 17/08/2018 Il a plu cette nuit mais pas de vent, nous avons bien dormi ! Les prévisions pour la semaine à venir ne sont pas folichonnes, en particulier pour cette journée qui finalement débute avec quelques trouées de ciel bleu. Nous suivons d’abord une piste sur 1 ou 2 km puis ma trace GPS nous la fait quitter pour grimper sur la montagne : après avoir ronchonné après cette piste (à quoi bon marcher là où on pourrait rouler !), nous voilà désormais hors sentier et sans cairn : l’aventure commence ! Mais c’est plus fatigant ! Soulagement après un premier ressaut quand nous repérons un cairn, ma trace trouvée sur wikiloc est juste, nous sommes sur la bonne piste ! Nous traversons ensuite un haut plateau austère, très minéral, parfois égayé de quelques boutons d’or ou mousses fluorescentes, guidées par une succession de cairns bien visibles. Nous voilà en surplomb de la baie de Fjlotavik. Nous faisons une petite pause pic nic à l’abri de gros rochers, dérangeant à peine un lagopède en parure estivale. Arrivées au niveau de la mer, comme annoncé par la dame sur le bateau, Fjlotavik porte bien son nom, c’est hyper sploutch. Nous enfilons nos crocs afin de garder sèches nos chaussures de marche. Gare à la gadoue, qui a vite fait de capturer nos précieux escarpins ! Nous abandonnons finalement le sentier en dévers (pas facile en crocs !) pour patauger directement au fond de la vallée. Assez fun finalement pour qui ne craint pas l’eau glacée ! Des chaussettes néoprène auraient été parfaites, en plus des crocs… Nous longeons le lac sur plusieurs km, qui nous semblent d’autant plus longuets que la pluie menace (jusqu’ici nous avons été épargnées !) Après 5 bons km à patauger, nous posons les tentes dans la zone de bivouac : le sol est détrempé et le simple appui d’une chaussure fait apparaitre de l’eau… Mais il n’y a aucun endroit moins humide à moins de plusieurs heures de marche ! L’été a été exceptionnellement pourri cette année et ça se voit ! Par goût et par habitude, j’avais envisagé de plutôt éviter les zones de bivouac (qui sont en fait des zones avec quelques emplacements assez plats pour poser une tente et avec des toilettes sèches, sans autre équipement) mais je réalise qu’il est très difficile de trouver des coins propices en dehors du bord de mer. Dès qu’on grimpe dans la montagne, le sol est soit humide, soit caillouteux, soit pentu, et souvent les 3 à la fois ! Le temps de monter les tentes, la pluie arrive et va durer toute la nuit, soutenue… Les « Hollandais » arrivent un peu plus tard et s’installent aussi. Pas de nouvelles du Français parti ce matin avant nous (nous apprendrons plus tard qu’il a dormi à Atlastadir, mais je n’ai pas pensé à lui demander s’il avait franchi l’énorme gué qui permet de traverser le lac de Fjlotsvatn plutôt que d’en faire le tour. Les rangers contactés par Muriel avant le voyage nous avaient recommandé de l’éviter en cette fin d’été très humide) Bref, mauvaise nuit à « faire la planche » sur nos matelas gonflables en veillant à ne pas trop laisser tremper les couettes en duvet dans l’eau qui sourd à travers le tapis de sol… D’ordinaire je prends tjs une feuille de polycree pour mettre sous la tente mais cette fois j’avais pris une tente bien costaude avec un tapis de sol qui résiste normalement à l’herbe mouillée par la pluie – mais pas à un marécage !) Sophie plus prévoyante a bien dormi au sec… Muriel a surnagé comme nous… J3 18/08/2018 Petit rayon de soleil miraculeux au réveil qui permet de faire sécher la tente intérieure sur les toilettes ( ! ) Nous rechaussons nos crocs pour encore 1 ou 2 km afin de rejoindre, moyennant quelques traversées de rivières, le pied de la falaise qui doit nous mener au fjord suivant. Il nous semble impossible de passer par là et nous sommes rassurées quand nous rejoignons un balisage de piquets, qui pas de doute, mène au pied de ce mur ! Finalement en posant un peu les mains, ça passe ! On apprécie d’avoir du beau temps car ce passage ne doit vraiment pas être rassurant dans le brouillard ! Nous découvrons émerveillées, sous un soleil de fin d’été qui peine à réchauffer l’atmosphère, la baie de Hloduvik. Loin vers le nord, nous distinguons quelques icebergs, énormes, qui dérivent sur la mer du Groenland ! J’en suis toute émue (j’adoore les icebergs, ces masses de glace formées par la neige tombée il y a des centaines d’années, qui voyagent au gré des vents et des courants, et vouées à disparaitre lentement…nostalgie…) Il arrive que des ours polaires ayant dérivé sur la glace atteignent le nord de l’Islande. Ils sont systématiquement abattus, ce qui est rare heureusement (la dernière fois en 2016) Une houle paisible vient mourir sur la plage de galets, où nous descendons pour contourner la montagne de Alsfell, figure emblématique de la baie. C’est alors que nous apercevons 2 puis 3 petits renardeaux qui fouillent les algues à la recherche de poissons. Trop mignons (les renards, pas les poissons crevés) ! Muriel et Sophie, levées plus tôt que nous avant-hier avaient déjà aperçu fugitivement un renard à Adalvik. Ceux-ci sont absolument indifférents à notre présence et nous passons un long moment à les observer. Nous continuons à longer la baie, envahie d’énormes grumes venues de Sibérie (inépuisable source de bois si précieux dans cette contrée où les plus grands arbres – des saules arctiques-ne dépassent pas quelques dizaines de cm. Les feux sont interdits dans le Hornstrandir mais à vrai dire, ça manque de petit bois ! Ici comme partout, en l’absence de bétail, la végétation égaye le paysage. L’angélique si graphique est partout ! Il y a aussi profusion de myrtilles et de camarines, du moins là où il n’y a pas trop de renards car ils sont omnivores ! Oiseaux, œufs, baies, mollusques, poissons, petits rongeurs, toute calorie est bonne à engloutir avant le long hiver…Nous avons vu une vingtaine de renards, toujours près de la mer et/ou des falaises à oiseaux. Nous passons en contrebas de l’abri d’urgence (qui surplombe la zone de bivouac) qui a vraiment des allures de capsule extra-terrestre sous ces jolis nuages lenticulaires, et marchons encore une centaine de mètres après le gué qui nous sera ainsi épargné demain. Les « Hollandais » arrivent peu après nous et se posent au « camping ». Croisé un couple tout à l’heure, sinon personne d’autre aujourd’hui. Nous profitons du grand beau temps pour une toilette approfondie dans la belle rivière que nous venons de traverser. A l’est au-delà des qq maisons du petit hameau de Budir (désert en cette fin d’été), nous devinons le sentier escarpé où nous irons demain. Festival de cirrus en soirée, signe de changement de temps ! J4 19/08/2018 Très bonne nuit sans vent ! Après quelques minutes de marche, nous apercevons toute une colonie de phoques qui se prélassent sur des rochers où ils se sont hissés à marée haute. Trop drôle de les voir arquer leur corps musculeux quand une vague taquine cherche à les rafraichir : avachis mais l’œil aux aguets, hop, un petit coup de rein quand la vaguelette arrive, parfait timing ! Pas âme qui vive à Budir, l’été se termine… Nous grimpons à gauche de la cascade et après un long cheminement (balisé) à flanc dans une superbe vallée d’altitude surplombant l’océan, et le franchissement d’un 2ème petit col, nous découvrons la baie de Hornvik. Le beau temps se maintient, quelle chance ! Je suis ravie de pouvoir admirer le cap Horn, il est si souvent pris dans les brumes… Après une pause pic nic et même une petite sieste (oui il fait bon et pour une fois on peut s’allonger) sur une plate-forme en bois sans doute dédiée à l’observation des renards arctiques, nous terminons la descente jusqu’à la mer, et nous faisons à proximité de rochers à oiseaux la rencontre de plusieurs renards à peine effarouchés par notre présence ! Il y a en a de partout, on ne sait sur lequel focaliser notre attention, tous plus mignons les uns que les autres ! Plus loin, un passage un peu acrobatique, sécurisé par des cordes, nous permet après avoir dépassé un nouvel abri d’urgence, de rejoindre la zone de bivouac et la cabane des rangers. Il y a également une tente mess et quelques autres grosses tentes qui doivent rester là tout l’été (pour des scientifiques, des tours operators ?) 1 tente et 3 personnes au camping, sinon personne… Je prévois de faire demain le tour du Hornbjarg (les falaises du cap Horn) si bien que nous continuons pour aller camper de l’autre côté de la baie. Il nous faut pour cela traverser une large rivière, et nous choisissons de remonter un peu en amont pour éviter le goulet étroit et profond qu’elle forme juste avant la mer. Nous traversons un étrange désert de sable noir, où se mêlent eau douce et eau salée, et arrivons finalement à la rivière Hafnaros proprement dite. Traversée facile, eau à mi-cuisse, peu de courant, quelques sables +/- mouvants à la fin donc ne pas mettre les crocs mais rester pieds-nus. Au loin, nous apercevons les néerlandophones, qui coupent au plus court vers le goulet. Nous regagnons ensuite la mer en longeant d’étranges formations rocheuses faites d’orgues de basaltes horizontalisés. Puis nous longeons la mer sur un sentier souvent effondré, qui nous font lui préférer les galets de la « plage ». Nous rencontrons la rangerette qui rentre de balade et nous installons sur la zone de bivouac, bientôt rejointes par les Flamands (oui poussée par la curiosité, j’ai fait le 1er pas pour leur demander comment était le gué : jusqu’aux hanches avec du courant donc on a bien fait de faire un détour en amont) Sophie a la visite en soirée d’un petit renard curieux…Et un phoque roupille en contrebas. J5 20/08/2018 Temps clair mais nuageux ce matin, après encore une nuit paisible (c’est la 1ère fois que je campe plusieurs jours d’affilée avec aussi peu de vent, sans mettre mes boules Quiès ! Incroyable pour cette région !) En route pour le symbole du Hornstrandir, les hautes falaises du Hornbjarg. Après avoir dépassé une jolie maison (habitée cette fois), nous percevons le bruit d’un éboulement qui nous vient de l’autre côté de la baie. Au téléobjectif, je distingue les roches se fracassant dans la mer : gloups ! Nous n’irons pas trop près du bord ! A mi-pente, nous rencontrons encore 2 ou 3 renards, encore endormis… Nous voilà parvenues au Cap Horn, ravies d’avoir finalement bénéficié jusqu’à présent d’une météo tout-à-fait correcte, en dépit des prévisions. Il a plu certes, mais toujours quand nous étions sous la tente… Mais la rando continue, il nous faut longer une falaise escarpée, dont la découpe à contre-jour la rend encore plus impressionnante. La grimpette sur des hautes marches de terre glissante au milieu des angéliques n’est pas de tout repos, mais la vue depuis la crête de Midfell est grandiose. On aperçoit la rivière traversée hier et à droite de la baie la cabane des rangers. Au sud-est reflets mystérieux sur l’océan d’un calme inhabituel… Quelle peut donc être cette île ??? Peut-être la péninsule de Skagi vue dans sa largeur ? Bizarre… Encore un énorme iceberg ! Selon la lumière, ils apparaissent et disparaissent en quelques minutes…. Encore un passage un peu acrobatique avant de rejoindre le petit lac au pied du Kalfatindar. Gros plan sur le gué franchi hier. Il y a très peu d’oiseaux, la meilleure époque est le printemps, lors qu’ils nichent par milliers dans les falaises. Le temps se gâte et nous renonçons à l’ascension du Kalfatindar. Voilà le phare de Latravik ! Qui fait aussi refuge (avec douches !) Pour la 1ère fois, la pluie nous rattrape ! Légère et sans vent…et passagère ! Gros numéro de charme de la part de cette adorable bestiole rencontrée en chemin ! Semi-déception en arrivant au phare (je n’aime pas rompre le charme en retournant même brièvement à la « civilisation ») : il est fermé. Le coin est sale, des déchets trainent par ci par là et il n’y a pas d’eau à proximité immédiate. Pas envie de camper là… Pendant que nous hésitons, Marion trouve le code pour ouvrir le boitier contenant la clé ! Ah ces jeunes ! On ne résiste pas à l’envie d’une petite visite du refuge (et du phare) : tout est hiverné, les matelas sur la tranche, l’eau fermée et il y fait plus froid que dehors. Bref, on referme soigneusement et on marche un peu plus loin pour trouver une zone propice au bivouac. A peine avons- nous tourné le dos au refuge qu’un hélicoptère rouge surgit de derrière la falaise ! Aussitôt, on se sent coupable, aurions-nous déclenché un système d’alarme quelconque ? La coïncidence est tout de même incroyable ? Il se pose à une centaine de mètres du phare ! Nous sommes dans nos petits souliers… 4 ou 5 personnes toutes vêtues de combinaisons orange et bleues en descendent et se dirigent vers le phare… on n’ose plus bouger ! Bref, après avoir un peu trainé dans le coin, fait quelques photos, tout le monde rembarque et l’hélicoptère redécolle vers le Hornbjarg. Ouf ! Ils n’étaient pas là pour nous ! S’agissait-il d’une virée touristique, d’un entrainement des sauveteurs ? Mystère ?! Alors que nous installons les tentes, les Flamands passent et continuent vers la baie de Hornvik via le col de Kyskard. Grosse journée car ils ont aussi gravi le Kalfatindar. En soirée, nous avons encore la visite de renards curieux ! Ils viennent nous voir jusque dans la tente ! J6 21/08/2018 Encore une nuit paisible, posées sur 20 cm de moelleuse mousse… Pas de renard ce matin, un timide rayon de soleil… La grimpette jusqu’au col de Kyrskard est bien raide et la descente vers le gué de la baie de Hornvik ne l’est pas moins ! Brève rencontre avec un couple de Strasbourgeois (les pieds dans l’eau glacée du gué, la conversation ne s’est pas éternisée…) dont je me rends compte après-coup que nous nous connaissons, au moins virtuellement par email (Hello Guy !) Nous repassons par la zone de bivouac où arrive en même temps que nous le Français solitaire rencontré au début de la randonnée. Il vient du fjord de Veidileysufjordur -où nous serons ce soir, et a dû se résoudre à faire demi-tour car le passage obligé dans la mer lui a semblé trop profond. Il va donc aujourd’hui jusqu’à Hloduvik puis vers Hesteyri où il reprendra son bateau. En effet, pour faire une boucle et ne pas repasser par les mêmes chemins, j’ai choisi de passer par ce fjord. Ensuite il faut passer dans la mer sur une centaine de mètres en contrebas d’une falaise trop escarpée avant de continuer soit directement vers Hesteyri (mais sur ma carte aucun sentier n’est indiqué) soit vers le nord et Hloduvik. Je reste confiante car je pense qu’à marée basse, le passage doit être possible puisque figurant sur ma carte. Nous poursuivons vers le col de Hafnaskard par un sentier bien tracé offrant de superbes vues sur la péninsule de Hornbjarg. On aperçoit même encore quelques icebergs ! Vue époustouflante sur le fjord de Veidileysufjordur depuis le col ! Si grand que la descente va s’avérer interminable ! Nous arrivons enfin à la zone de bivouac, où nous retrouvons nos 2 flamands. Il y a une autre tente avec 2 gars à peine entrevus. Tous reprennent le bateau ici demain matin. Je n’ai pas pu trouver les horaires de marée pour le fjord (si tant est qu’ils existent !) aussi je pose quelques marques pour repérer le marnage. A priori, la mer devrait être basse demain vers 10h00… On aperçoit à droite la falaise noire en contrebas de laquelle il nous faut passer dans la mer. J7 22/08/2018 Comme annoncé par le couple de Strasbourgeois, la journée s’annonce maussade mais pour le moment il ne pleut pas et il n’y a pas de vent. Pas de ressac. Le fond de l’air est frais si bien que l’eau parait moins fraiche : conditions idéales pour faire trempette donc ! Après quelques tâtonnements, il s’avère qu’il n’y a d’autre solution que d’y aller carrément. Marion ouvre la marche avec de l’eau au-dessus du nombril. C’est au début du gué que c’est le plus profond, après c’est plus facile. Avec l’aide efficace de Caroline et Marion qui transportent nos sacs « à la népalaise », nous venons finalement assez facilement à bout de ce gué, plus impressionnant que dangereux. Le plus dur est de descendre dans l’eau sans glisser et seul avec un sac à dos c’est difficile. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous rhabillons quand arrive un couple d’Islandais qui s’apprête à franchir le gué dans l’autre sens. Selon eux la marée basse serait plutôt à midi. Mais le marnage ne m’a pas semblé très important donc je pense que la hauteur d’eau n’aurait pas été très différente, peut-être jusqu’aux hanches mais pas moins, sauf grand coefficient de marée. Une fois rhabillées, la pluie s’invite et ne nous quittera plus de la journée. Mon appareil photo restera donc dans son sac étanche ! 3 photos ce jour-là. De toute façon nous n’avons vu que de la caillasse et des nuages et avons navigué au GPS : pas de sentier, un unique cairn au niveau du col. Des éboulis très instables à la descente du col puis de la mousse gorgée d’eau. Dire que nous aurions pu avoir ce temps-là plusieurs jours de suite ! Nous mesurons la chance que nous avons eue jusqu’à présent : nos chaussures restées sèches jusqu’à ce matin -une gageure dans le Hornstrandir, sont trempées ! Nous arrivons sous la pluie dans la baie de Hornvik où nous avions profité quelques jours plus tôt d’un soleil insolent. Rencontre sympathique avec 2 Français dont l’un est guide dans une agence de trekking franco-islandaise. Demain ils continuent sur Hornvik d’où ils vont rayonner sur quelques jours avant de reprendre le bateau. Visite « à domicile » d’un ou deux renards. J8 23/08/2018 Dernière étape aujourd’hui jusqu’à Hesteyri d’où nous repartons en bateau demain après-midi. Le temps est bouché mais il ne pleut pas. Le sentier est parfaitement balisé et monte tranquillement jusqu’au col de Kjaransvikurskard. Il nous faut descendre un peu avant d’apercevoir le fjord de Hesteyri. Petite pause pic nic écourtée par l’arrivée des nuages qui descendent vers nous… La descente nous semble interminable ! Elle est très bien cairnée (certains cairns ont une pierre horizontale qui indique la direction) mais il n’y a pas de véritable sentier et on n’avance pas… Voilà enfin le village de Hesteyri, une dizaine de maisons éparpillées. Sophie s’arrête à « la maison du docteur » négocier une chambre, tandis que nous continuons jusqu’au « camping » situé au sud du hameau. Nous installons les tentes, sous l’œil curieux de quelques phoques et nous retrouvons pour un chocolat chaud, des crêpes et des gâteaux ! Nous sommes les seules clientes. En fait le café est virtuellement fermé, c’est déjà la fin de la saison. L’homme qui s’en occupe a succédé à sa mère et vient pour les mois d’été. Le reste de l’année il est ingénieur du son à Hambourg. Ses grands-parents sont nés et ont vécu ici. Il nous propose d’assister ce soir à la projection d’un film islandais tourné ici, un thriller dont l’histoire a l’air assez compliquée. Un bateau doit arriver ce soir avec les spectateurs, venu tout exprès de Bolungarvik (une bonne heure de navigation) De fait peu avant 20h, une poignée d’humains débarquent du petit bateau. La projection a lieu dans l’ancienne école. Nous sommes trop crevées pour nous concentrer sur un film en islandais sous-titré en anglais et restons au chaud sous nos couettes. Après la projection, la petite équipe s’est retrouvée au café se réchauffer avec une soupe de poisson, pousser la chansonnette et rigoler un bon coup avant de repartir en bateau dans la nuit vers Bolungarvik. Brrr… Marion a trouvé ce film « I remember you » en version française :
http://www.televostfr.co/i-remember-you-vf-streaming On se félicite de ne pas l’avoir regardé sur place ! On aurait trop mal dormi ! J9 24/08/2018 Notre bateau est ce soir à 17h00, donc nous trainons un peu « au lit » ce matin. Puis nous rejoignons Sophie au café qui s’est régalée d’un petit déjeuner pantagruélique. Nous partons ensuite pour une petite balade vers Stekkeyri : une cheminée de pierre située à 1 ou 2 km au nord de Hesteyri nous intrigue. Une colonie de phoques se prélasse sur les rochers…. Stekkeyri est une ancienne usine baleinière, créée par les Norvégiens à la fin du 18ème siècle, rachetée par des islandais, transformée en ferme d’élevage de harengs en 1922 quand la chasse à la baleine fut interdite puis démantelée (les habitations en bois ont été démontées) après la 2ème guerre mondiale. On identifie encore les 3 aires de découpage des cétacés et quelques cuves. L’endroit est assez glauque (et encore plus si on a vu le film !) mais pas dénué d’un certain charme. Nouvelle pause avec les phoques sur le chemin du retour. On ne s’en lasse pas ! Pas de renards par contre à Hesteyri, il se dit que quelqu’un les aurait tué l’hiver dernier ! Le reste de la journée se passe au café où on nous annonce que le bateau partira plus tôt, à 16h00. Cette fois c’est Sjoferdir qui nous ramène à Isafjordur : le personnel est amical et le bateau confortable, accueille aussi 2 couples d’allemands venus juste pour l’après-midi à Hesteyri. Le patron du café profite du départ de ses derniers clients pour aller faire un tour en bateau avec son amie allemande. Un p’tit coup de Zodiac pour rejoindre le bateau et c’est parti pour une heure de navigation tranquille (à 20 nœuds mais sans taper !) A mesure que nous nous éloignons du Hornstrandir, le ciel s’éclaircit. Une bande de nuages reste accrochée sur les montagnes que nous quittons. Nous accostons, récupérons la voiture et je dépose Sophie et les filles à la petite maison louée à Isafjordur avant de déposer Muriel à l’aéroport prendre son avion vers Reykjavik puisqu’elle reste encore une semaine en Islande. Bonne douche, bon resto et mauvaise nuit : trop mangé et trop chaud ! J10-J11 le retour 25/08/18 Nous nous mettons en route dès 7h00 car Sophie a son avion cet après-midi vers 17h00. Finalement nous sommes très en avance et en profitons pour faire un tour à Reykjavik, en particulier pour visiter le Harpa que nous ne connaissions pas encore. Quel contraste avec la semaine écoulée ! Et ça construit encore de partout ! Nous déposons Sophie à l’aéroport puis allons nous poser dans notre guesthouse réservée à Keflavik. Notre avion décolle demain à 7h40, retour sans histoire…. Merci Muriel, Sophie, Caroline et Marion pour votre courage et votre bonne humeur ! J’ai adoré découvrir ce coin perdu en votre compagnie !

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Des grès rouges de Sedona aux granits du Yosemite
by Yéti74300 · 2018-08-31 · 14 replies
Bonjour,

Nouveau périple à l’ouest pour les récidivistes Savoyards qui partent à la recherche d’un peu de soleil et de chaleur après un hiver qui aura été marqué par un bon enneigement, mais aussi par une météo déplorable.

Nos étapes : J1 : Las Vegas J 2-J3 : Sedona J4 : Holbrook J5-J8 : Farmington J9-J11 : Moab J12-J13 : Grand Canyon J14 : Yuka Valley J15-J17 : Death Valley J18-J21 : Yosemite J22-J24 : San Francisco

Lundi 14 Mai – Las Vegas Départ à 13 H 15 de Genève sur A321 de British Airways. Après 2 H 30 d’escale à Londres, nous repartons pour Las Vegas sur un B770-400 qui n’est plus de première jeunesse si l’on en juge par l’état des sièges. Et dire que l’on a 10 heures à passer dedans….🙁 Le temps dégagé nous permet d’admirer les étendues glacées du Groenland.



Nous arrivons à 19 H 20 à Las Vegas et nous passons l’immigration en moins de 20 minutes. Compte tenu de la faible affluence, les machines automatiques ne sont même pas en service. Nous récupérons nos bagages et passons la douane sans problème. Nous prenons la navette pour nous rendre chez Alamo avec encore un léger doute sur une éventuelle double facturation, due à l’imprécision des documents reçus suite à la procédure « skip the counter » pour laquelle j’avais initié un post le 4 Mai. Merci à tous ceux qui y ont contribué. Mais pas de soucis de ce côté : nous ne paierons pas deux fois la location.😉 A noter qu’il n’y avait pas d’attente au comptoir. Nous arrivons directement sur le parking où trois véhicules sont disponibles. Hélas, pas de Jeep Renegade comme l’an passé ni de vrai 4x4. Nous optons pour une Nisssan Murano AWD avec 9 700 miles au compteur ce véhicule est très bien équipé : sièges électriques, caméra de recul, cartographie (mais sans programmation possible car on n’a pas pris l’option GPS). Bref, un beau véhicule….enfin….pour le moment….🤪 Nous mettons notre Tom Tom en service et en route pour l’hôtel Tuscany situé sur Flamingo Road. Malgré l’heure tardive, nous décidons de ressortir, et nous marchons jusqu’au Strip pour aller voir les fontaines du Bellagio.

Mardi 15 Mai – Sedona Départ 10 H 30 pour Sedona par Kingman, Seligman, Williams et Flagstaff, par l’autoroute 40. Nous faisons une halte au Hoover Dam pour constater que le niveau du Colorado est très bas, bien que nous soyons au printemps.



En arrivant à Sedona, nous achetons le Pass annuel à 80 USD donnant accès à tous les parcs nationaux. Installation au Desert Quail Inn. Il nous reste un peu de temps avant le coucher du soleil pour aller faire quelques photos de Cathedral Rock à Crescent Moon. Le coin est bien fréquenté par des familles qui viennent se balader et se baigner dans ce lieu calme.





Les principaux lieux touristiques de Sedona nécessitent un permis spécial (Red rocks pass), mais le pass national America the beautiful est accepté. Le soir, à Sedona, il est difficile de trouver un resto ouvert après 20 H 30.

Mercredi 16 Mai Départ 9 H pour la rando de Devil’s bridge. La piste d’accès au départ du trailhead est bien défendue par un aménagement destiné à dissuader tous les conducteurs ne disposant pas d’un véhicule avec une very high clearance. Nous faisons demi-tour pour accéder, par la route, à un autre départ du trailhead qui, du coup, est un peu moins long. Nous atteignons le pont naturel en 1 H 15 après 2,5 miles de sentier. L’endroit est également très prisé et chacun attend sagement son tour pour faire sa photo souvenir au milieu de l’arche.





L’après-midi, nous faisons le point de vue d’Airport mesapuis nous nous rendons à Chapel of holy cross.





Nous terminons la journée en profitant des belles couleurs du soir le long de la route 179.









Repas au restaurant Silver saddle avec un bon rapport qualité/prix.

Jeudi 17 Mai – Holbrook Départ pour Holbrook avec une halte en cours de route pour la visite de Meteor crater. Celui-ci a été formé il y a 50 000 ans par la chute d’une météorite de 45 mètres de diamètre. Des forages effectués durant plusieurs années au fond du cratère n’ont jamais permis de retrouver de fragments de cette météorite qui a dû être pulvérisée lors de l’impact.





Le cratère a été utilisé comme site d’entrainement par les astronautes de la mission Apollo 11.



Installation au Brad’s Desert Inn. En guise d’accueil, il y a sur le lit quelques bonbons, mais aussi….des bouchons d’oreilles….tiens tiens… Nous en aurons rapidement l’explication et l’utilité : à proximité de l’hôtel passent deux voies de chemin de fer. Elles sont empruntées de jour, mais aussi de nuit par des trains circulant dans les deux sens et traversant l’agglomération à grands coups de sirène. Ces trains sont impressionnants, avec leurs trois ou quatre locos à l’avant, parfois encore deux à l’arrière et leurs 100 à 120 wagons.





Pour ceux qui seraient tentés….

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