Results for "Pologne+sécurité"
About 3,689 results.
More options
Many results are in French, the community’s main language. English translations are added over time.
Search results
Air China: paiement par carte de crédit
Bonjour à tous,
Je viens de boucler mes achats pour les vols d'aller-retour Genève - Tokyo.
Pour le retour, J'ai choisi AirChina lors du paiement ma carte de crédit (prepaid) ne passait pas. J'ai emprunté la carte de ma mère afin de finaliser l'achat.
Je n'ai pas réfléchi lorsque j'ai aperçu dans les conditions que je devais être capable de présenter la carte utilisée pour le paiement. Est-ce que quelqu'un a déjà été dans ce cas ?
J'ai téléphoné à AirChina Genève afin d'avoir plus d'informations. J'y ai compris que si je n'avais pas la carte, Je devrais certainement payer sur place et que je me ferais rembourser (ce qui ne me plaît pas du tout). J'ai également demandé si je présentais la carte de ma mère (même nom de famille) malgré qu'il me s'agit pas de moi est ce que cela passerait. Elle m'a répondu peut-etre sans être convainquant. De plus, J'ai commandé directement sur leur site et j'ai lu sur ce forum qu'il demandait plus souvent dans ce cas.
Est-ce que quelqu'un a déjà été confronté à cette situation ? Qu'en est-Il avec airchina ?
Un grand merci pour votre patience. Excellente journée.
Amicalement.
Jv
J'ai téléphoné à AirChina Genève afin d'avoir plus d'informations. J'y ai compris que si je n'avais pas la carte, Je devrais certainement payer sur place et que je me ferais rembourser (ce qui ne me plaît pas du tout). J'ai également demandé si je présentais la carte de ma mère (même nom de famille) malgré qu'il me s'agit pas de moi est ce que cela passerait. Elle m'a répondu peut-etre sans être convainquant. De plus, J'ai commandé directement sur leur site et j'ai lu sur ce forum qu'il demandait plus souvent dans ce cas.
Est-ce que quelqu'un a déjà été confronté à cette situation ? Qu'en est-Il avec airchina ?
Un grand merci pour votre patience. Excellente journée.
Amicalement.
Jv
Suite à mon expérience d'avoir visité Paris
bonjour suite a mon experience d'avoir visité Paris , la température n'est pas des plus important, tellement de super musée, d'église a voir, de temple, par contre ne vous fier pas a avoir les bonne information pour le RER ou le métro a prendre des Parisiens, il n'ont pas de fierté et vous donne le 3/4 du temps la mauvaise information...donc pour le contact ont oublie mieux vaux sont ordi ...les resto pret des lieux touristique sont des arnaques, dispendieux et meme pas bon !!! un hot dog 8 euro !!!! un grill cheese la bas un croque monsieur 5 euro!!! meme pas bon, un resto a 30 euro le repas le poulet mal cuit , dur , jamais vue ca de ma vie !!! donc les Parisiens n'ont aucun respect des touriste et sont sans fierté, jamais vue ca dans aucun pays J'ai beaucoup voyagé, (caire-istanbul, jerusalem, tokyo, hong kong, bangkok, katmandhou, dehli, singapour, ho chi min, pekin, phom phen, ventiane, colombo, ragon, ottawa) donc ammené votre lunch , mais Paris c, est super a visité
Retour sur un voyage en Russie
Retour sur un voyage en Russie, (Saint Petersbourg, Repina, Moscou).
Oh, c'est un voyage de 10 jours assez classique pour découvrir la Russie, en choisissant les 2 villes les plus connues de cet immense pays. Un voyage que j'ai fait(63 ans) avec mon épouse(60), et que j'ai construit grâce à ce forum et avec votre aide. Merci.
10 jours du 22 mai au 1er juin, avec une météo clémente, mais un peu fraiche. Et une tornade que nous avons vécue à Moscou, le 29 mai dans l'après midi, alors que nous déambulions dans une rue piétonne de Kitaï Girod. Nous nous sommes réfugiés dans un café, par un vent violent, et une pluie diluvienne. En sortant et rejoignant notre hôtel, nous avons vu des arbres à terre, des branches arrachées, tôles envolées et vitres de fenêtres explosées. Nous apprendrons par la suite qu'il y a eu 6, puis 13, puis 15 morts et des dizaines de blessés. Sur le plan pratique ce voyage a été assez facile à préparer. J'ai acheté les billets d'avion, (773€) avec Air France, au moment où les prix se sont stabilisés avant la hausse. Achat le 26 janvier.
Puis j'ai constitué mon dossier pour les visas que j'ai fait établit par VHS Paris, 122€ . J'ai obtenu l'attestation d'assurance par la MAAF (gratuit), les invitations que l'agence HOFA (logement chez l’habitant à Saint Petersbourg) a facturé 40€. Le Rendez vous chez VHS s'est très bien déroulé, rapide, et j'ai obtenu mon visa 2 semaines après. J'ai acheté nos billets de train SP-Moscou par internet, ainsi que les visites du Kremlin. Le train Sapsan est agréable, silencieux et animé. Très bon voyage de près de 4heures. Et en plus nous avons eu la réduction séniors, ce qui réduit considérablement le coût.
Toujours sur le plan pratique, notre hôte nous a remis le fameux enregistrement, en nous demandant de le garder sur nous; personne ne nous l'a demandé. A l'arrivée, au service immigration, on nous remet un petit coupon, qu'il faut signer et garder dans son passeport, car les hôtels peuvent vous le demander, mais au retour les mêmes services, le récupèrent. En tout cas c'est comme ça que ça s'est passé pour nous. Sur place en 10 jours, aucun enquiquinement administratif. Logements: A Saint Petersbourg chez l'habitant, 6 jours. Trouvé avec l'agence HOFA, l'hôte parlant français et anglais. Très bien placé, du côté des jardins d'été, et près de la Neva. A Moscou, hôtel, 4 jours, bien situé aussi à 2 pas du Kremlin, dans le quartier des théâtres et du conservatoire. A suivre...

10 jours du 22 mai au 1er juin, avec une météo clémente, mais un peu fraiche. Et une tornade que nous avons vécue à Moscou, le 29 mai dans l'après midi, alors que nous déambulions dans une rue piétonne de Kitaï Girod. Nous nous sommes réfugiés dans un café, par un vent violent, et une pluie diluvienne. En sortant et rejoignant notre hôtel, nous avons vu des arbres à terre, des branches arrachées, tôles envolées et vitres de fenêtres explosées. Nous apprendrons par la suite qu'il y a eu 6, puis 13, puis 15 morts et des dizaines de blessés. Sur le plan pratique ce voyage a été assez facile à préparer. J'ai acheté les billets d'avion, (773€) avec Air France, au moment où les prix se sont stabilisés avant la hausse. Achat le 26 janvier.
Puis j'ai constitué mon dossier pour les visas que j'ai fait établit par VHS Paris, 122€ . J'ai obtenu l'attestation d'assurance par la MAAF (gratuit), les invitations que l'agence HOFA (logement chez l’habitant à Saint Petersbourg) a facturé 40€. Le Rendez vous chez VHS s'est très bien déroulé, rapide, et j'ai obtenu mon visa 2 semaines après. J'ai acheté nos billets de train SP-Moscou par internet, ainsi que les visites du Kremlin. Le train Sapsan est agréable, silencieux et animé. Très bon voyage de près de 4heures. Et en plus nous avons eu la réduction séniors, ce qui réduit considérablement le coût.
Toujours sur le plan pratique, notre hôte nous a remis le fameux enregistrement, en nous demandant de le garder sur nous; personne ne nous l'a demandé. A l'arrivée, au service immigration, on nous remet un petit coupon, qu'il faut signer et garder dans son passeport, car les hôtels peuvent vous le demander, mais au retour les mêmes services, le récupèrent. En tout cas c'est comme ça que ça s'est passé pour nous. Sur place en 10 jours, aucun enquiquinement administratif. Logements: A Saint Petersbourg chez l'habitant, 6 jours. Trouvé avec l'agence HOFA, l'hôte parlant français et anglais. Très bien placé, du côté des jardins d'été, et près de la Neva. A Moscou, hôtel, 4 jours, bien situé aussi à 2 pas du Kremlin, dans le quartier des théâtres et du conservatoire. A suivre...

Pourquoi je ne serai jamais une "tourdumondiste"
Coucou les voyageurs
Alors ces derniers temps, plusieurs voyageurs au long cours sont venus ici nous expliquer combien ils étaient mal compris par « le commun des mortels », combien ils n'étaient pas chanceux mais volontaires, combien on les fatiguait avec nos questions basiques et bassement matérielles.…
Alors j'ai eu envie de prendre un peu le contre pied en tant que "petite voyageuse bi annuelle" 😉
Et oui parce que du coup quand je les croise au bout du monde les Tourdumondistes, les Tourd'Asieistes, les Toursd'Ameriquesudistes » (parce qu'ils sont partout maintenant et qu'on les rencontre à chaque fois) ben je me sens parfois un peu écrasée de leur sentiment de supériorité quand ils me disent qu'ils voyagent durant 2 ans et que je leur réponds que moi ...je suis là pour 2 semaines !!
Du coup, en 2017, la surprise n'est plus là quand on croise la « famille Ricoréee autour du monde » mais bien quand on trouve des « confrères » qui repartent au TAF la semaine suivante « aaaah vous aussi!! »😛.
Alors je vais les étonner et c'est là où je voulais en venir, mais on peut aussi adorer les voyages et pour autant ne pas les envier, ni rêver d'être à leur place. Oui la sédentarité peut aussi être un choix tout à fait éclairé et non subi.
Donc surtout ne nous plaignez pas, nous les petites gens à la si petite vie (c'est quand même comme ça qu'on se perçoit dans leur regard des fois non ??) parce qu'on peut tout à fait adorer découvrir le monde... et adorer sa vie en France (si si je vous jure) :
Parce que c'est ici que se trouve les gens que j'aime et que je n'envisage pas de les quitter au long cours,
Parce que c'est ici que j'ai mon travail qui donne du sens à ma vie et dans lequel je me sens très utile aux autres,
Parce que c'est ici que règne un vent festif où on prend plaisir à se retrouver autour d'un verre entre amis et en musique,
Parce que c'est ici que j'ai ma maison, mon jardin, mes poules, mes moutons et mes 2 chats 😉 !!
Et parce que non, j'ai pas envie de refaire mon sac ttes les semaines et de ne ressembler à rien pendant des mois (parce que je sais pas vous mais moi quand je pars c'est 0 bijoux, 0 maquillage et 0 brushing!),
que non j'ai pas envie de croiser plein de monde superficiellement mais de ne jamais nouer de relations « profondes » parce qu'il faut partir ailleurs,
parce que non j'ai pas envie de passer mon temps à compter mes sous et calculer si je peux me payer une bière ou si je dois attendre la semaine prochaine eu égard au budget prévisionnel (vu et revu à plusieurs reprises),
Parce que je n'ai aucune envie de chercher des partenaires, ou des sponsorts pour financer mon « rêve de liberté » et de me retrouver au final avec l'impression de créer une entreprise où je vais devoir rendre des comptes,
Parce que non je n'ai pas envie de voir 40 pays avant 50 ans et que je veux garder plein de rêve, d'envie et de curiosité pour mes 30 prochaines années,
Et parce que « au secours le retour » quand on n'a plus de boulot, ni de logement et qu'on a pris l'habitude de faire ce qu'on veut à l'heure qu'on veut (et je parle même pas des gamins qui doivent retourner poser leurs fesses sur les bancs de l'école !!).
Bref, vous l'aurez compris, ma conclusion elle est très simple : vive la vie qu'on s'est choisie 😎 !!
Et de grosses bises à mes voyageurs au long cours préférés; pour leur humilité, leur humour et leur humeur (tjs trés bonne l'humeur 😉 ) j'ai nommé : les Pfyffer, Denis007 et les Grossacs (bon y en a plein d’autres mais je peux pas passer ma vie à regarder tout ça sur le net non plus!!)
Adishatz les amis (et j'ose...merci de noter que, comme d’hab dans mes posts la bonne humeur est ici obligatoire 😄)
Alors ces derniers temps, plusieurs voyageurs au long cours sont venus ici nous expliquer combien ils étaient mal compris par « le commun des mortels », combien ils n'étaient pas chanceux mais volontaires, combien on les fatiguait avec nos questions basiques et bassement matérielles.…
Alors j'ai eu envie de prendre un peu le contre pied en tant que "petite voyageuse bi annuelle" 😉
Et oui parce que du coup quand je les croise au bout du monde les Tourdumondistes, les Tourd'Asieistes, les Toursd'Ameriquesudistes » (parce qu'ils sont partout maintenant et qu'on les rencontre à chaque fois) ben je me sens parfois un peu écrasée de leur sentiment de supériorité quand ils me disent qu'ils voyagent durant 2 ans et que je leur réponds que moi ...je suis là pour 2 semaines !!
Du coup, en 2017, la surprise n'est plus là quand on croise la « famille Ricoréee autour du monde » mais bien quand on trouve des « confrères » qui repartent au TAF la semaine suivante « aaaah vous aussi!! »😛.
Alors je vais les étonner et c'est là où je voulais en venir, mais on peut aussi adorer les voyages et pour autant ne pas les envier, ni rêver d'être à leur place. Oui la sédentarité peut aussi être un choix tout à fait éclairé et non subi.
Donc surtout ne nous plaignez pas, nous les petites gens à la si petite vie (c'est quand même comme ça qu'on se perçoit dans leur regard des fois non ??) parce qu'on peut tout à fait adorer découvrir le monde... et adorer sa vie en France (si si je vous jure) :
Parce que c'est ici que se trouve les gens que j'aime et que je n'envisage pas de les quitter au long cours,
Parce que c'est ici que j'ai mon travail qui donne du sens à ma vie et dans lequel je me sens très utile aux autres,
Parce que c'est ici que règne un vent festif où on prend plaisir à se retrouver autour d'un verre entre amis et en musique,
Parce que c'est ici que j'ai ma maison, mon jardin, mes poules, mes moutons et mes 2 chats 😉 !!
Et parce que non, j'ai pas envie de refaire mon sac ttes les semaines et de ne ressembler à rien pendant des mois (parce que je sais pas vous mais moi quand je pars c'est 0 bijoux, 0 maquillage et 0 brushing!),
que non j'ai pas envie de croiser plein de monde superficiellement mais de ne jamais nouer de relations « profondes » parce qu'il faut partir ailleurs,
parce que non j'ai pas envie de passer mon temps à compter mes sous et calculer si je peux me payer une bière ou si je dois attendre la semaine prochaine eu égard au budget prévisionnel (vu et revu à plusieurs reprises),
Parce que je n'ai aucune envie de chercher des partenaires, ou des sponsorts pour financer mon « rêve de liberté » et de me retrouver au final avec l'impression de créer une entreprise où je vais devoir rendre des comptes,
Parce que non je n'ai pas envie de voir 40 pays avant 50 ans et que je veux garder plein de rêve, d'envie et de curiosité pour mes 30 prochaines années,
Et parce que « au secours le retour » quand on n'a plus de boulot, ni de logement et qu'on a pris l'habitude de faire ce qu'on veut à l'heure qu'on veut (et je parle même pas des gamins qui doivent retourner poser leurs fesses sur les bancs de l'école !!).
Bref, vous l'aurez compris, ma conclusion elle est très simple : vive la vie qu'on s'est choisie 😎 !!
Et de grosses bises à mes voyageurs au long cours préférés; pour leur humilité, leur humour et leur humeur (tjs trés bonne l'humeur 😉 ) j'ai nommé : les Pfyffer, Denis007 et les Grossacs (bon y en a plein d’autres mais je peux pas passer ma vie à regarder tout ça sur le net non plus!!)
Adishatz les amis (et j'ose...merci de noter que, comme d’hab dans mes posts la bonne humeur est ici obligatoire 😄)
Votre avis sur la France
La France (j'allais dire notre pays , c'était oublier que le site VF est canadien, enfin c'est pas loin concernant les francophones, il s'agit de nos cousins😎), donc voilà ma réflexion: que vous ayez beaucoup voyagé ou pas, loin ou pas, à vélo, avec sac à dos (certains diraient bagpacker), en solo, en bivouac sauvage, en fréquentant les hôtels deux ou quatre étoiles, avec agence ou autrement, vous situez la France à quel niveau en matière d’intérêt touristique ou de voyage, car selon son point de vue j'ai constaté que l'on peut faire la différence entre touriste et voyageur?
Je vous livre en matière de préambule mon sentiment, la France c'est le top du top et de plus en France il y a un paradis sur Terre (certains diront que c'est un pays indépendant) la Corse. Je précise je ne suis pas corse, mais lyonnais qui ne jure que par les Vosges.
Au plaisir de vous lire Luc
Sarajevo deux époques
Les Balkans sont une région, où foisonnent les sociétés, zone d'achoppement et de conflits entre les cultures, où longtemps l'empire ottoman a affronté la chrétienté. Les influences ont fluctué au gré des fortunes de guerre. Tous ces pays je les ai visités plus ou moins longuement. Chacun d'entre eux a eu sa période de gloire au cours du millénaire écoulé, et pour la Grèce son apogée remonte encore bien plus loin. L'un d'eux, je le connais assez bien pour y avoir vécu trois ans. J'y ai laissé une partie de mon cœur, l’Albanie, pays dans lequel je me suis forgé des amitiés très fortes et indéfectibles.
La Bosnie je l'ai aussi arpentée à différentes occasions, tout particulièrement au cours d'un long épisode dramatique de son histoire, le siège de Sarajevo. Mes voyages dans ce coin d'Europe, où l'on se sent très loin, plongé dans cette constellation de petits pays, qui chacun a une identité forte, j'en ai fait déjà plusieurs compte-rendus dans les carnets de voyage forum. L'un de ces écrits je ne l'avais jamais publié, car il pourrait s’apparenter quelque part à un voyage dans la guerre. Mais j'ai décidé de vous le soumettre, car il pourra intéresser les amoureux de cette ville extraordinaire qu'est Sarajevo, et que je trouve toujours aussi envoûtante chaque fois que j'y retourne. Donc voici ce texte, et désolé si certains le trouveront très très long et manquant de photos, mais j'espère qu'il donnera envie d'aller visiter ces terres balkaniques qui sont pétries par deux mille ans d'histoire:
Sarajevo deux époques, souvenirs, anecdotes
Sarajevo, cette ville au nom évocateur, qui tient une place particulière dans l'histoire de l'Europe, j'ai eu l'opportunité de la connaître à deux époques relativement rapprochées mais très différentes. La première fois, quatre mois durant le siège en 1994 en pleine guerre de Bosnie, et la seconde en effectuant un bref passage de deux jours en 2008 au cours d'un périple balkanique. Ces deux expériences dans des contextes opposés, me permettent de mettre en exergue tous les contrastes d'atmosphère au gré des circonstances et des événements que cette ville magique a connus. L'été 1994 arrive à grands pas, j'ai programmé mes vacances, j'irai faire de l'alpinisme du côté de la Vanoise. Brutalement à deux jours du départ, changement de destination, on m'informe que je pars à court terme pour Sarajevo dans le cadre des missions de guidage d'avions de combat. A peine le temps de prendre quelques habits, prévenir ma famille et je suis en route pour une formation accélérée afin de me remettre en tête les techniques aéronautiques appropriées. Les cours théoriques et pratiques sont prodigués par de braves Américains qui n'ont jamais imaginé que sur la terre des gens pouvaient parler autre chose que leur langage qui s'apparente plus à une suite d'acronymes et d'onomatopées à peine prononcés qu'à de l'anglais ! Après une injection à haute dose d'une semaine, je prends la direction de la Bosnie, plus spécialement Sarajevo et son siège. Survol des Alpes, je distingue très nettement les montagnes que je voulais grimper à proximité du col du Mont Cenis, mais l'aventure sera différente.
Je suis arrivé sur l'aéroport surchargé de matériels et d'hommes. La première urgence est de trouver à se loger avec mon équipe, nous sommes 7. On déniche un petit réduit, digne des plus minuscules refuges que j'ai connus en montagne. A 7 nous nous empilons sur 6 mètres carrés, mais ça va. Il ne fait pas froid nous sommes en juillet. D'ailleurs on pourrait avoir très, très chaud, car notre réduit est adossé au dépôt de munitions de la légion étrangère, un obus mal placé et nous prenons un billet direct pour la vaporisation. Nous allons vivre dans cet espace réduit quelques semaines, mais l'activité était si intense que lorsque nous le rejoignions nous nous écroulions dans le sommeil.
Ma première sortie dans la ville me permet de saisir immédiatement l'atmosphère qui y règne. Cité complètement bloquée où tout le monde se cache. Les rues sont désertes, la population vit, comme des rats, terrée. Les militaires dans les blindés et engoncés dans leur gilet pare-balles sont les seuls à donner un peu d'animation à la cité. Rarement, toujours furtivement on aperçoit un civil qui presse le pas dans une rue et disparaît bien vite pour éviter d'être tué par une balle qu'elle soit perdue ou non.
La ville de Sarajevo occupe le fond d'une cuvette toute en longueur. Du fait de son développement, les maisons par manque de place ont colonisé les collines environnantes. Des quartiers serrés se pressent tout au long des pentes de cette multitude de buttes raides, qui rentrent carrément dans la ville basse et l'encerclent de toutes parts. En levant les yeux, la première chose qui frappe, ce sont les façades de maisons individuelles qui constellent tous les reliefs environnants. Il ne faut pas de grandes explications pour comprendre, que de toutes ces fenêtres en encorbellement, des multitudes d'yeux vous regardent voire vous surveillent. Elles sont innombrables, les unes sur les autres, tout au long de ces grandes pentes qui tombent dans la ville. Tels de gros yeux inexpressifs mais lourds de menaces dissimulées, elles peuvent à tout moment prêter assistance à l'auteur d'un assassinat, tapi à l'abri de la lumière, son arme de précision à la main. On imagine facilement tous ces guetteurs scrutant l'immobilité de la ville. Combien de snipers, qui vous prennent dans leur croisillon, se cachent derrière ces ouvertures, à dessein pleines de pénombre ? Combien de fois, montant les escaliers de la fameuse patinoire la Skandéria j'ai senti ces regards sur moi. L'impression est étrange et désagréable, mais il ne sert à rien de lever les yeux, cela pourrait juste être pris pour un acte de provocation, et souvent la susceptibilité du tireur est proportionnelle à son taux d'imbibition à la slibovitch, alcool blanc de prune.
Au cours de différentes missions, je suis amené à remonter des rues remplies de carcasses de voitures et de trams bombardés et incendiés, on se croit dans un film de fiction, des spectacles dantesques de rouille et de fer tordu, mais non c'est la réalité. Par endroits, il faut bousculer certains obstacles avec le blindé pour passer sur ces chaussées recouvertes de gravats. Lors de ces déplacements en véhicules, des gens nous regardent à la dérobée. Dans les jardins de nombreuses maisons particulières les voitures sont bâchées et protégées dans un recoin de terrasse, en attendant des jours meilleurs où il y aura de l'essence, des routes en état et plus d'obus qui s’abattent selon une logique parfois difficile à saisir.
Assister au bombardement d'une ville est une expérience étrange. De gros obus frappent de plein fouet des façades qui s'écroulent dans des nuages de fumée. Les obus lorsqu'ils vous survolent, vous réalisez avec précision le danger qu'ils représentent. S'ils font un bruit strident et aigu, cela signifie qu'ils ont une vitesse élevée et qu'ils vont aller frapper plus loin. Par contre s'ils font un bruit plus mat avec des flop flop, cela trahit une vitesse faible et un engin qui commence à tanguer sur son axe, d'où une chute dans les environs. On apprend très vite, en regardant les autres, à réagir. J'ai fait cette découverte sur une colline en présence d'un groupe de Bosniaques, alors que je faisais des repérages concernant le positionnement des différentes forces en présence. La ville était sous le bombardement régulier de canons serbes de gros calibre. Nous nous trouvions sur la trajectoire des obus, mais bien en-deçà de leur point d'impact. Nous les entendions donc nous survoler dans un sifflement strident. Soudain, un bruit beaucoup plus bas, accompagné du fameux flop flop, décrit si souvent par les poilus de la grande guerre, a provoqué une réaction de fuite immédiate de mes interlocuteurs bosniaques. Effectivement un gros obus est tombé beaucoup plus près que les précédents mais à une distance, où le danger restait faible. C'est ce qu'on appelle apprendre par l'expérience ou sur le tas.
Dans la ville de Sarajevo une petite communauté de Croates se trouve prise en otage entre les Serbes et les Bosniaques. Participer à un office religieux parmi ce groupe catholique est très poignant. Même là, il faut se méfier du scoop journalistique, on pourrait rapidement faire croire en juxtaposant sur une même photo un militaire français et une religieuse croate que nous sommes là pour prendre parti en leur faveur. Bien sûr que leur situation nous émeut, bien sûr que dans la mesure de nos moyens nous les pourvoyons en nourriture, mais nous le ferions de la même manière pour les autres communautés, lorsque des êtres humains sont dans la nécessité impérieuse ils méritent une égalité de traitement. Dans cette petite communauté acculée, la ferveur est très importante, jeunes et vieux montrent la même foi. Je me souviens d'une anecdote amusante malgré la situation. Le prêtre de la légion étrangère française célèbre l'office au cours duquel il se réfère aux noces de Cana. Le légionnaire d'origine croate, lui servant d'interprète, traduit par noces de canard, d'où éclat de rire franc de toute la communauté croate. La difficulté et l'incertitude extrêmes n'enlèvent pas à l'être humain son sens de l'humour et son envie de rire. C'est rassurant. Bien que n'étant pas particulièrement pratiquant, ces offices me bouleversaient par la conviction et l'espérance qui émanaient de cette population martyrisée. Le fait d'y penser quinze ans après, je sens toujours monter en moi de l'émotion.
Observateur de cette situation dramatique que vit une population à trois entités et aussi un peu acteur pour essayer d’y remédier, on ne peut qu'éprouver un réel malaise en constatant toute la frénésie de ce qu'on appelle l'information pour contenter le voyeurisme de nos populations occidentales. Il faut dire que c'est tentant, bien installé chez soi le soir à vingt heures de regarder le sacro-saint journal télévisé qui distille sa kyrielle de faits divers sordides. Montrer des obus écraser une cité qui vit ou plutôt survit dans une immense détresse, c'est l'assurance de faire exploser l'audimat. Pourquoi le spectateur qui se cache en chacun de nous est-il si friand de ce genre de spectacle ? Voyeurisme par rapport à la mort, réconfort de voir qu'il y a plus malheureux que nous, oublier ses petits déboires quotidiens professionnels ou sentimentaux ?
J'ai été au cours de mes nombreux déplacements témoin de situations curieuses, que je ne comprenais pas toujours. Sur la fameuse « snipers allée » complètement déserte, un cycliste, seul sur l'immense ruban de goudron, marche recroquevillé son vélo à la main, et semble se protéger derrière le cadre de sa bicyclette, étrange ! Face à lui les hautes façades d'immeubles, desquelles des yeux amis et d’autres hostiles le surveillent, ces derniers prêts à délivrer la mort. Cette scène est surréaliste, le temps semble suspendu. L'hésitation de l'individu, de toute évidence dans une mauvaise situation est angoissante. À chaque instant on s'attend à entendre un bruit sec se répercutant le long des murs et voir l'homme et son vélo s'abattre au sol. Ce spectacle fait véritablement mal par la tension qu'il engendre. En bruit de fond permanent le son des détonations rappelle que la guerre est présente. On s'y adapte au point que l'absence de tir semble anormale. Se réveiller au bruit de la poudre devient une habitude, un peu à la manière du chant des oiseaux au printemps qui accompagne la reprise de conscience au sortir du sommeil. Lorsque je suis rentré en France, la première semaine j'étais réveillé tôt à cause justement de l'absence de ce bruit de fond qui m'avait accompagné durant quatre mois. L'accoutumance est telle, que le retour à la vie normale semble bizarre. Dès mon arrivée chez moi, je suis parti en montagne remonter le canyon de la Niscle dans les Pyrénées espagnoles. Ne plus avoir à porter un gilet pare-balles, ne plus faire attention aux mines, ne plus chercher le sniper embusqué, pouvoir se déplacer sans contrainte sur de grands espaces, cela procure une sensation étrange, comme si le retour à la normale nécessitait une rééducation. En quatre mois de conditions particulières, on s'adapte très fortement à la situation locale et l'on ne réalise pas à quel point cette adaptation formate les actions réflexes. De façon étrange dans ce canyon de la Niscle, qui est une œuvre de la nature titanesque et de grande beauté, je me sentais comme dans un environnement inhabituel par cette absence de dangers. Il faut se réhabituer à la normalité, et je comprends très bien qu'après des expériences extrêmes, ce qui n'a pas été mon cas, cette réadaptation soit très longue, voire impossible.
J'ai lu à plusieurs reprises des comptes-rendus de voyages en zones de guerre. Ces pratiques suscitent des critiques parfois acerbes, le voyeurisme étant considéré comme indécent. Cela me semble logique, et effectivement, je ne sais pas ce que j'aurais ressenti si j'étais venu simplement me promener, attiré par une curiosité malsaine. Je n'étais pas dans ce cas. Je me demande quelle différence existe entre le touriste en zone de guerre et le journaliste qui couvre l’événement ? Ce dernier ne fournit-il pas un document et des photos, choc des images oblige, à des gens curieux de voir plus que de savoir, poussés par ce qu'il faut appeler l'attrait du spectaculaire morbide donc du voyeurisme ? Mon premier réflexe serait de condamner le tourisme en zone de conflit, alors pourquoi permettre les scoops souvent violents des reporters, qui sous couvert d’information visent au sensationnel si possible bien sanguinolent ? Bien sûr, il me sera répondu qu'il s'agit du devoir d'information. Mais s'agit-il vraiment d'information ou d'un business lucratif à la limite de la décence ? Les journalistes, j'en ai croisé un certain nombre durant cette saison en Bosnie. Comme nous tous, ils faisaient leur métier, même si parfois « JT » oblige, contrainte de temps incompressible du 20h, les informations étaient à mon sens un peu arrangées voire beaucoup. L'obus de mortier filmé était peut-être payé et pas forcément attribué au bon camp, d'où l’ire du camp en question. Il nous arrivait même de recevoir des obus après le fameux JT en guise de protestations, tout du moins c'est ce que j'ai ressenti.
Cependant la visite des journalistes était toujours intéressante, révélatrice du mode de fonctionnement de nos sociétés, prises sous le feu des scoops et de l'information immédiate. Cette précipitation à rapporter de l'information, conditionnée par l'urgence du produit à livrer, quelles que soient les conditions de la collecte et la crédibilité des sources, conduit très logiquement à la désinformation ou même dans certains cas à la manipulation. Je me souviens avoir vu certains impacts de balles troublants sur certains véhicules, qui me faisaient penser qu'ils avaient été demandés par les occupants du dit véhicule pour les besoins du sensationnel à médiatiser. Peut-être ai-je l'esprit mal tourné ? En effet lorsque l'on me présente des traces de balles prétendument tirées par un sniper et que je vois des impacts très rapprochés, semblables à une rafale d'arme du style kalachnikov, je me pose des questions ! Mais imaginons le ou la reporter qui couvre l'événement du siège de Sarajevo et qui un soir ne rapporte rien de très spectaculaire pour la ‘grand-messe’ de 20heures, alors que ses concurrents des autres chaînes font un tabac. Il est fort à parier que ce journaliste va se retrouver très rapidement dans un placard à couvrir le fait divers en province. Donc dans cette surenchère de la précipitation, pour ne pas perdre son emploi, on est prêt à tout pour ne pas priver le bon peuple de France de son coup d'adrénaline en mangeant sa soupe devant son téléviseur. Il est important de lui montrer que ça pète, et mon Dieu que ce soit les uns ou les autres qui font péter ça n'a pas d'importance. Cela en a d'autant moins, qu'entre Serbes, Croates et Bosniaques la majorité des spectateurs ne fait pas la différence et puis s'en fout. L'important étant que ça pète autant que dans la série américaine sur laquelle ils vont embrayer dès le JT terminé. Je ne citerai pas les noms de chaînes dont j'ai vu, je dirais même subi les sarcasmes des représentants, qui dans l'anxiété de ne pas avoir suffisamment de matière à transférer par leur antenne satellite, me reprochaient de faire de la rétention d'information. Mais comment se prononcer sur une situation que l'on ne cerne pas complètement, mouvante à souhait, toute erreur d'interprétation pouvant avoir des répercussions graves. Tout particulièrement étaient concernés ceux qui restaient sur le terrain, les représailles n'étaient pas exclues de la part d'une faction que l'on aurait accusée à tort d'une action perpétrée par l'ennemi. Je trouvais dommage d'avoir à considérer les journalistes de mon propre pays comme un danger pour ma sécurité et essayer de les fuir autant que je pouvais. Je me souviens cependant d'un journaliste de Libération qui venait sur les zones de confrontation et qui posait peu de questions, mais cherchait à se faire sa propre idée de la situation. En le regardant, je comprenais qu'il mûrissait son article et qu'il n'était pas pressé. Ce qu'il fournirait serait certainement le fruit de sa conviction après son expérience sur le terrain et non un show médiatique à consommer le soir même.
Vie en zone de danger, comme il est étrange en tant que militaire de vivre dans des endroits où l'on se sent menacé sans être confronté à la guerre telle que nous l'avons tous gravée en nous par la narration des grands massacres entre Occidentaux. En effet, les deux conflagrations mondiales ont conditionné notre vision d'un conflit. Nous imaginons tout d'abord une hécatombe de militaires, comme par exemple sur les plages de Normandie ou dans les tranchées de Verdun ou de la Somme. Cela ne veut pas dire que les civils ont été épargnés dans ces périodes troublées. Là à Sarajevo pour les soldats internationaux, il s'agit plutôt de vie sous menaces multiples, mais non de danger de mort immédiate comme à Omaha Beach. En effet, durant mon séjour pas un seul soldat des forces internationales ne sera tué, tant mieux. Pour se préserver sur les itinéraires que nous empruntons à pied, des levées de terre ont été faites, ce qui permet un abri relatif contre les snipers. Mais par endroits, il y a des interruptions, par exemple aux carrefours, et là, on reste à découvert. C'est le cas en particulier pour accéder à la machine à laver, un petit passage devant le croisillon d'un fusil à lunette, mais on va quand même nettoyer son linge. C'est aussi le cas pour se rendre à une citerne où nous allons puiser de l'eau pour nettoyer les WC, égalité de traitement, quel que soit le grade chacun va chercher son seau pour les toilettes. Cette ambiance sous contrainte, on s'y habitue tellement que parfois cela en devient dangereux. Je me souviens de ce militaire monté en haut de la protection de terre et qui fumait tranquillement sa cigarette sous le regard de snipers. Il m'a de toute évidence pris pour un mauvais coucheur, lorsque je lui ai donné sèchement l'ordre de redescendre fumer à l'abri. Je pourrais relater d'autres anecdotes de ce genre qui me viennent à l'esprit, cependant ne vous y trompez pas cela n'enlève rien à l'extrême compétence et au dévouement sans faille des militaires français. Dans le cadre de ces coalitions aux ordres de l'ONU, on se trouve comme pris dans une énorme machine administrative à la réaction molle, alors que des populations vivent des situations dramatiques. Srebrenica et son massacre en sont la preuve manifeste. Assez vite, en ce qui me concerne je me suis fait une idée du niveau de danger auquel j'étais confronté. Bien sûr cela est statistique en fonction des événements que l'on constate. Comme je l'ai dit, malgré les tirs de tous calibres permanents, en tant que soldats de la force internationale, à la période où je me trouvais à Sarajevo, nous étions peu visés. À d'autres périodes ce n'était plus le cas, mais durant les quatre mois où j'ai été présent, nous n'avons eu à déplorer qu'un seul blessé. Par contre parmi les trois entités, bosniaques, croates et serbes les morts se comptaient par centaines, combattants et civils confondus. On prend rapidement conscience, que sur un même lieu, nous ne sommes pas tous soumis aux mêmes conditions et aux mêmes dangers. Parfois je pensais à Chamonix en été et à sa ronde permanente d'hélicoptères lancés dans des sauvetages souvent périlleux pour aider de nombreux alpinistes, ou malheureusement récupérer les corps de ceux qui y laissent leur vie. Durant les deux mois d'une saison à la « Mecque de l’alpinisme » la liste des blessés et de ceux qui ne reviendront pas est longue. Je ne pouvais m'empêcher de penser que statistiquement durant cet été 1994, le grimpeur dans les Alpes était plus en danger que le militaire plongé dans le siège de Sarajevo. Cette comparaison me troublait beaucoup. Comment l'assouvissement d'une passion peut-elle se révéler plus dangereuse que la participation à ce qu'on appelle une guerre, même s'il s'agit de mission d’interposition ?
Les sorties nocturnes dans la ville pour faire des essais de transmissions avec les avions, alors que les rues ont été rendues aux factions est une expérience pour le moins impressionnante. De nuit comme de jour le travail se fait généralement à partir d'un blindé. Espace carcéral auquel on s'habitue. On a parfois l'impression d'être en immersion dans un milieu glauque, entouré de bruits de tirs, à serpenter parmi des carcasses détruites, parfois des balles de petit calibre claquent sur le blindage. Ne rêve-t-on pas ? Sommes-nous dans un film d'anticipation au centre d'une ville soumise à la plus abominable des insurrections ? Non, il s'agit bien de la réalité. Dans cette ambiance tendue, la voix nasillarde d'un pilote américain, anglais ou français se fait entendre dans les écouteurs et la procédure de guidage commence. Être le maillon d'une énorme machine de guerre ou de paix, selon le point de vue, raccroche à une réalité palpable et par certains côtés est rassurante, surtout lorsqu'on pense être dans le camp des gentils. De toute évidence être le soldat d'un pays démocratique évite les états d'âme. Notre Président, à cette époque s'appelait François Mitterrand, même lorsque l'on n'a pas voté pour lui, l'image d'humanisme qui lui est attachée rassure le soldat engagé sur sa décision.
La vie dans une ville assiégée et affamée par encerclement laisse des souvenirs profonds. Circuler dans un quartier sous bombardement est une situation étrange. Le souffle puissant des déflagrations qui remonte les rues dans un râle rauque est impressionnant. Cela produit un bruit presque épais à la manière d'un gémissement profond et lugubre, canalisé par de hautes façades qui le compriment en lui donnant longueur et gravité. Il se propage accompagné d'une multitude d'échos tout aussi graves qui entretiennent le son. On sait qu'un obus est tombé à proximité, mais on ne voit rien entre les bâtiments, seul ce souffle renseigne sur la proximité de l'explosion. On est d'autant plus surpris, que le sifflement de la munition en vol a été atténué par le bruit du moteur de notre véhicule. Un jour où les tirs étaient particulièrement nourris, j'ai assisté à ce spectacle incompréhensible de civils qui n'avaient pas l'air de paniquer, comme s'il y avait un accord tacite sur le lieu précis du bombardement. Ils restaient sur le pas de leur porte, alors que le bombardement était tout proche. Je n'ai jamais eu d'explications. J'ai vu avec surprise le fameux marché de Sarajevo qui se tenait, même misérablement, alors qu'autour des munitions de gros calibres tombaient.
Au cours de nos missions il nous arrivait de dialoguer avec des avions alors que nous étions en pleine ville. Un après-midi, alors que nous stationnons sur la petite place de la patinoire, nous allons commencer une séance d'entraînement aux procédures de guidage avec des pilotes. Le lieu où nous nous trouvons est sous le feu permanent des belligérants qui se battent entre eux. Les armes qu'ils utilisent, principalement de petit calibre, ne représentent pas un réel danger pour nous, dans la mesure où nous restons dans notre véhicule blindé. Avant que la séance d'entraînement commence, je donne mes consignes à l'équipage du véhicule. Je leur précise qu'il s'agit d'un entraînement donc en aucun cas nous ne devons prendre de risque inutile. C'est à dire que tout problème technique de transmission qui nécessiterait une intervention extérieure au blindé ne doit pas être pris en compte, sécurité du personnel est prioritaire. Le contact est établi avec un A10 américain. Au début tout se passe bien, puis le contact radio se détériore. J'ai de plus en plus de mal à communiquer avec l'avion. Tout absorbé à mon travail à essayer d'interpréter les paroles de l'aviateur hachées et baignées dans une importante friture, je ne prête plus attention à mon environnement immédiat. Alors subitement la liaison redevient parfaite et la compréhension mutuelle facile. L'avion ayant fini son passage le calme revient dans l'habitacle de notre blindé. Alors discutant avec l'adjudant des transmissions qui m'assiste, je réalise qu'il était sorti sur le toit changer une antenne pour rétablir la communication, alors que partout autour nous entendions les bruits secs des balles qui frappaient les façades et parfois le métal de notre véhicule. Sans chercher à comprendre, régissant à son seul réflexe de technicien, l'adjudant était monté sur le toit pour changer un embout d'antenne restant exposé de longues secondes aux balles qui fusaient dans tous les sens. Il considérait qu'il avait simplement rempli sa mission. Cependant pour le principe, alors qu’il avait fait preuve d’un véritable courage, je lui ai reproché d'être sorti alors que j'avais demandé de limiter les risques. Mais je ne pouvais m'empêcher de penser que si la situation se dégradait et si l’on passait à une phase plus offensive, j'étais entouré de vrais combattants qui iraient jusqu'au bout sans se poser de question. Les périodes de vie en ville alternaient avec les périodes de vie en montagne, sur le fameux mont de Bijelasnica. Lorsqu'on est montagnard, que l'on soit en temps de paix ou de guerre l'attrait de l'ambiance de la montagne reste très fort. Nous logions dans un chalet de bois dans lequel des photos de montagnes prestigieuses étaient accrochées aux murs, en particulier les Tre Cime di Lavaredo et l'Everest. J'ai même trouvé un topo d'escalade écrit en yougoslave. Décor immense autour de ce point haut qui était le départ de la descente de ski des JO de Sarajevo. Quelques soldats français habitent ce lieu. En fonction des missions le nombre varie de cinq à une petite trentaine. Nous y sommes venus pour la première fois au mois d'août, après que les belligérants l'aient quitté suite à des accords internationaux. À notre arrivée nous découvrons un site dévasté, dans un état de grande saleté. Les derniers occupants ayant déféqué au beau milieu des pièces et saccagé le mobilier. Nous prenons donc régulièrement nos quartiers dans ces montagnes et remettons de l'ordre dans ce magnifique refuge. Ma mission principale était la détection de tous les matériels militaires dans les plaines environnantes pour les signaler à l'aviation. En conséquence j'ai passé beaucoup de temps assis tout en haut d'une cime à scruter. Il ne m'était jamais arrivé de rester au sommet d'une montagne une semaine complète. Expérience étonnante et enrichissante, je ne trouvais pas le temps long. Pouvoir assister au cours des jours qui s'écoulent à l'évolution météorologique autour d'un sommet, quel plaisir ! Bien entendu, j'y ai connu tous les temps : beau, chaud, soleil, couvert, venteux, pluvieux, froid et même la neige.
Le site était d'une grande beauté et très sauvage, bien qu'il s'agisse du sommet d'une station de ski. Le dénivelé était important par rapport à la plaine que nous dominions. De ce point, vers le nord, la vue donnait sur les Monts Igman et ensuite embrassait la cuvette de Sarajevo. Certains jours où la brume remplissait les terres basses, de Sarajevo ne surnageaient au-dessus du brouillard que les tours de retransmission détruites, qui comme des statues fracassées, portaient témoignage de la folie des hommes, qui plus bas s'affamaient et s'entretuaient. Il m'arrivait souvent de venir m'isoler seul assis au sommet. Tous les matins au lever du jour j'étais un spectateur assidu de ce moment magique, que tout alpiniste apprécie plus que tout. Pour le montagnard, généralement assister à l'apparition du soleil d'un sommet signifie que l'entreprise de la journée a été un succès puisqu'on est arrivé au but que l'on s'était fixé, donc tout à loisir, l'esprit libre on peut se livrer à ce fantastique spectacle de la nature. Bien évidemment ma situation et les raisons de ma présence étaient bien différentes de la motivation habituelle du grimpeur partant à l'assaut d'une face. Un matin, à cinq heures, alors que la nuit ne va pas tarder à céder la place à la lumière, assis seul, tous les sens en éveil je m'imprègne de ce spectacle dans ce contexte particulier du siège. Sous Bijelasnica une mer de nuages s'étale, de laquelle sortent quelques points hauts des collines enserrant Sarajevo. La distance à la ville amortit le bruit du canon qui est quasi permanent, et le transforme en une rumeur lointaine, sourde et diffuse. Y a-t-il vraiment la guerre ? Ce moment de joie intense que tout alpiniste gardera pour toujours dans son cœur va se produire. À l'est, la clarté se fait de plus en plus nette et les nuages prennent des teintes irisées qui s'étalent du rouge vif au marron sombre presque noir, dans un dégradé continu d'est en ouest. Alors, le soleil perce la couche et apparaît déformé du fait de la distorsion de la lumière traversant l'atmosphère. À cet instant, j'aperçois dans la direction de l'astre du jour deux « bateaux » chevauchant à vive allure cette mer de nuages calme. Enfin, je distingue leurs silhouettes surmontées de leurs doubles dérives caractéristiques. Il s'agit de deux F14 de l'US Navy qui convergent vers ma position, point caractéristique connu de tous les aviateurs de la coalition. Arrivés au pied de la montagne, ils l'escaladent en patrouille serrée au plus près du relief. J'ai tout loisir de les regarder monter vers ma position. L'un des avions me survole de quelques mètres, tandis que le second passe en dessous dans le petit col qui est à ma droite en contrebas. Je peux voir très distinctement les casques de l'équipage de l'aéronef lancé à vive allure. Heureusement que je me suis levé, dire que j'aurais pu rater un tel spectacle, qui restera gravé en moi à jamais. Je ne peux m'empêcher de penser à ma chère maman à laquelle j'ai dit, que j'étais en Italie. Si elle pouvait imaginer « l’enfer » qui est le mien. Je sais que ce genre de réflexion peut choquer, mais c’était bien mon état d’âme à ce moment, confronté à un double spectacle de beauté de la nature au lever du jour et de merveille technologique, le tout dans un environnement de guerre. Les journées étaient bien remplies, entre le travail technique, les visites d'autorités alliées ou serbes, de journalistes et même de troupes tentant des actions tout du moins d'intimidation. Dans ce contexte, pris entre les positions des Serbes et des Bosniaques, ce que nous craignions le plus c'était de nous faire attaquer par une faction, qui essaierait d'en rejeter la faute sur leurs ennemis afin que nous les attaquions à notre tour en guise de représailles. Du fait de cette insécurité, lorsque nous restions peu nombreux, nous prenions des précautions particulières, car nous ne pouvions rester éveillés toute la nuit. Nous déployions autour de notre refuge, des systèmes d'alarme constitués de fils fins reliés à des mines éclairantes. Un soir alors que nous sommes seulement cinq au sommet de cette montagne, réunis pour dîner, une explosion nous indique qu'une mine a été déclenchée. Branle-bas, nous montons rapidement sur le toit, prêts à répliquer en cas d'attaque. Que constatons-nous ? Un gros lièvre qui détale et qui de toute évidence était le responsable du déclenchement de notre alarme. Il est étrange de se retrouver couché à plat ventre sur le toit d'un refuge en montagne un pistolet mitrailleur à la main. L'adrénaline dans ces cas est la même que celle qui inonde lors d'un passage difficile d'escalade, tout l'esprit tendu vers l'action. De plus le groupe réagit comme un seul homme, chacun se positionnant au meilleur endroit prêt à faire front. L'esprit d'équipe dans ces situations lorsqu'il est bien rôdé est un atout indéniable. Je ne dirais pas presque déçus, nous retournons terminer notre dîner.
A deux mille mètres d'altitude, en l'absence de toute lumière parasite, la nuit est magnifique. En Bosnie à l'été 1994, des lumières parasites il n'y en avait pas, le pays n'étant plus approvisionné en électricité. Au mois d'août à l'époque des grands passages d'étoiles filantes, j'ai assisté de mon promontoire à de véritables feux d'artifices. Ce qui était aussi très curieux à regarder, c'était la ligne de démarcation ou ligne de front entre les belligérants. Autant la journée, elle n'était pas matérialisée à travers les forêts qui s'étalaient à nos pieds, la nuit par contre, les lampes de poche et les petits feux ponctuaient très nettement cette ligne qui séparait des hommes en guerre. Un soir j'étais en train de la regarder serpenter au gré des mouvements de terrain. Un avion m'a contacté pour venir étudier la zone. Dès que le bruit de son réacteur, très ténu à peine perceptible du fait de sa hauteur, s'est fait entendre, la ligne de front s'est presque instantanément éteinte. Dans cette quiétude de l'été, il ne fallait pas se fier aux apparences. Les hommes restaient très vigilants et se guettaient, prêts à donner la mort à l'imprudent qui se serait laissé prendre par la douceur de l'été.
Parfois nous étions confrontés à des situations difficiles. Un exemple, à quelques centaines de mètres de notre refuge, se trouvait le cadavre d'un combattant bosniaque en zone serbe. Des tractations par radio sont engagées afin que ses camarades puissent le récupérer. Les Serbes ne s'y opposent pas dans la mesure où, on leur rend la dépouille de l'un des leurs en échange. La réponse du camp adverse est simple : nous ne détenons pas de cadavre serbe, par contre nous avons des prisonniers, nous allons en tuer un, et vous donner son cadavre en échange. La négociation s'est égarée et a traîné quelques jours. Au mois d'août la chaleur aidant, le corps du combattant s'est rapidement métamorphosé et ce sont les soldats français qui sont allés le ramasser afin que les siens puissent lui donner une sépulture décente.
Il m'est arrivé d'avoir à participer à des reconnaissances le long de lignes de crêtes, afin de nous assurer que les différentes factions de combattants respectaient bien le retrait auquel elles s'étaient engagées. Hors le contexte très particulier de cette guerre balkanique, le déplacement en lui-même consistait en une magnifique balade sur une crête aérienne, offrant de toutes parts une vue magnifique sur un pays sauvage, très peu habité. Le probl��me des mines nous préoccupait cependant, et nous faisions attention. Sur ce sol de rocher dénudé, le risque de marcher sur l'une d'elles était faible. Par contre déclencher un système de piège en tirant du pied sur un fil me semblait possible.
Un jour où l'activité aérienne était interrompue pour cause de météo très mauvaise, je suis parti me balader dans le brouillard en pleine montagne avec l'un de mes camarades. Outre le danger inhérent à la montagne par mauvais temps, nous ressentions des impressions fortes à l'idée du contexte général de la région à ce moment. Devant nous, une masse sombre apparaît, nous marquons l'arrêt puis nous approchons. Il s'agit d'une stèle à la mémoire de randonneurs morts de froid après s'être égarés dans le mauvais temps. Cet accident remontait à plusieurs années avant le début de la guerre.
Depuis mon observatoire, j'ai aussi assisté à la destruction totale de la station de ski olympique par les Serbes. En effet, lorsqu'ils se sont retirés de cette zone, afin d'être sûrs que les Bosniaques n'utiliseraient pas les installations, ils ont tout dynamité. Par un bel après-midi, j'ai vu les pylônes des remontées mécaniques plier sous les charges d'explosif. Le feu d'artifice a duré un certain temps, avec en bouquet le dynamitage avec une très forte charge de bunkers qui se trouvaient à quelques mille cinq cents mètres de ma position. Des blocs énormes ont été projetés et un immense panache de fumée s'est élevé tel un geyser. L'onde de choc forte a sérieusement secoué notre bâtiment. Ce soir-là, tout autour dans un ciel clair il n'y avait que désolation et incendies. En contrebas un très bel ensemble hôtelier finissait de se consumer dans la nuit qui s'installait.
Bien que souvent isolé sur mon piton, je savais que très vite l'actualité pouvait me propulser au premier plan, au travers d'une déclaration à des reporters français mais aussi serbes. Il m'est arrivé à ce titre une expérience très intéressante et pleine d'enseignements. Ce jour-là, nous étions assez nombreux au sommet de la montagne, mon équipe, six en comptant le spécialiste du renseignement, un petit détachement de la Légion pour assurer notre sécurité et un détachement de parachutistes qui effectuait une mission spécifique. En tout, nous étions une bonne vingtaine. Un nuage de poussière tout en bas de notre montagne attire mon attention. Un véhicule monte. Lorsque j'arrive à le discerner clairement, je constate qu'il s'agit d'une voiture civile non blindée et non tout terrain, donc ce ne sont pas les journalistes habituels, reconnaissables à leur 4x4 aux vitres blindées. Immédiatement j'interroge le spécialiste du renseignement, qui me dit reconnaître ce véhicule. Il s'agit d'une équipe de télévision serbe venant de Belgrade. Qu'est-ce que cela signifie ? Le chemin est long pour arriver jusqu'à nous le long de ce chemin très caillouteux. Nous avons tout le temps de nous perdre en interrogations. Enfin la voilà cette voiture qui débouche sur l'esplanade devant notre bâtiment. Il s'agit d'une petite auto à la silhouette carrée, bien dans la tradition des véhicules des pays de l'est. En sortent deux journalistes, une femme et un homme à l'aspect assez miteux. Ils ne sont pas armés, donc pas considérés comme hostiles. Leur hostilité résidant cependant dans leur caméra. En effet, ne faisant pas confiance aux journalistes français, il est encore moins question de faire confiance à une équipe serbe, qui vient probablement sur instruction. Je demande à chacun de ne pas communiquer avec les nouveaux arrivants. Ayant enlevé mes différents attributs de grade, de nom et surtout d'appartenance à l'armée de l'air, je les laisse s'approcher. Une fois au contact, j'engage la conversation, et je ne juge pas utile de les empêcher de filmer, dans la mesure où nous ne leur parlons pas, afin d'éviter toute tentative de manipulation. Rapidement ils ne semblent plus motivés pour nous filmer, je pense les avoir découragés. Alors le spécialiste du renseignement attire mon attention sur le nouveau nuage de poussière qui vient à notre rencontre. Très vite les véhicules sont identifiés. Il s'agit de l'un des généraux de l'armée serbe de Bosnie accompagné de certains de ses adjoints. Les véhicules s'arrêtent à proximité de celui des journalistes. Le général et l'un de ses subordonnés descendent du premier ainsi que quelques officiers du second. Les journalistes se sont mis en position pour filmer. Je n'ai aucun mandat pour recevoir qui que ce soit de l'un des camps belligérants. Je me tiens donc en retrait, montrant très clairement que je n'ai pas l'intention d'accueillir cette délégation même si à sa tête se trouve un général. Ce dernier juge vite la situation et entreprend de faire le tour de la position. N'étant pas menaçant, ses adjoints non plus, je ne juge pas utile de leur en interdire l'accès. Cependant je les fais suivre par un légionnaire d'origine yougoslave, lui demandant de se tenir à la distance nécessaire et suffisante pour écouter ce qui se dit. La conversation entre ces officiers serbes est édifiante. En gros le général dit : les Français sont là mais n'en n'ont rien à foutre. Ensuite il revient se camper au milieu du terre-plein et attend que l'un d'entre nous vienne à son contact. J'interdis à quiconque de bouger. Alors le journaliste serbe s'approche et me dit que le général désirerait me parler. Ayant pris précédemment les précautions nécessaires afin que les caractéristiques de mon uniforme ne puissent être utilisées à des fins de propagande proserbe, je m'approche. Le général me tend la main, j'en fais de même. Et commence un grand serrage de mains à la mode communiste sous l'œil de la caméra. Je n'apprécie pas et me mets à tourner, pour perturber la prise de vue. Mon interlocuteur me pose un certain nombre de questions que j'élude et il me fait constater que je suis particulièrement prudent. A l'une d'entre elles je réponds que les montagnes de son pays sont très jolies et que j'apprécie d'avoir à m'y trouver. Il regarde les siens un peu interloqué et sourit. Je ne me sens pas particulièrement à l'aise, d'autant plus que le journaliste essaie de me coller le micro sous le nez. Je parle donc le moins distinctement possible tout en tournant, et la langue anglaise se prête bien à la non-articulation. Nous sommes donc tous à tourner sur ce terre-plein au sommet d'une montagne. Même si cela n'a pas duré très longtemps, j'ai eu l'impression d'une éternité. En effet, mes interlocuteurs sont aguerris beaucoup plus que je ne le suis à l'art de la manipulation et de la désinformation, donc je me sens dans cet entretien en position de vulnérabilité. Le général voyant toute l'hostilité passive que je manifeste à son encontre n'insiste pas trop. Il me dit au-revoir et repart avec ses adjoints. La voiture des journalistes les suit dans la foulée. Je ne pense pas qu'ils puissent exploiter les images qu'ils viennent de faire. Cette visite me semble étrange et surréaliste.
Nous sommes vraiment dans une situation bizarre au milieu de belligérants qui peuvent investir notre position dans la mesure où ils ne sont pas hostiles, mais auxquels nous nous opposerons s'ils sont armés. Alors que je me perds depuis une heure en conjectures sur la signification réelle de cette visite, l'un des parachutistes attire mon attention sur un groupe d'hommes à pied qui monte la pente raide qui conduit à notre position. Nous identifions tout de suite un groupe de combat d'une dizaine de soldats serbes, cette fois armés. Immédiatement je réunis les légionnaires et les parachutistes et les fais se positionner face à la menace. Les intrus constatent que nous réagissons mais continuent leur progression. À ma droite les légionnaires à ma gauche les parachutistes, échelonnés le long de la crête. Les armes sont clairement mises en position de tir. Ils montent toujours. Par contre ils ne lèvent pas leurs armes. J'y suis particulièrement attentif, car s'ils ont ordre d'attaquer il est fort probable que la première balle sera pour moi. La tension monte très clairement. Le lieutenant commandant le détachement de parachutistes positionné à quelques mètres de moi, tenant son pistolet mitrailleur prêt, m'interroge d'un regard insistant et n'attend qu'un signe de ma part pour tirer dans le tas. Pas de panique, mais ça ne va pas tarder à urger! Ils continuent de monter. Même s'ils ne sont pas directement menaçants, il n'est pas question de les laisser arriver avec leurs armes. Ils ne sont plus qu'à deux cents mètres. Les deux chefs de détachements légion et parachutiste guettent la moindre de mes réactions. J'ai clairement conscience de la décision rapide et lourde de conséquences, que je peux être amené à prendre à la moindre évolution de la situation. Les Serbes sentent que cela ne va pas tarder à dégénérer. Nous avons l'avantage de la hauteur, ce qui psychologiquement est confortable. Alors je vois le chef de groupe de combat serbe poser son arme, tous ses hommes en font de même, mais ils continuent de monter. Pour moi, cela est différent par rapport à mes directives. Je demande aux militaires français tout en restant extrêmement vigilants de ne plus les viser directement. Les Serbes arrivent à notre contact. Ils nous demandent de l'eau. Nous leur en offrons. Nous échangeons quelques paroles en restant les uns et les autres sur nos gardes, faisant attention à tout geste mal interprété, car après ces minutes de grosse tension, il faut revenir au calme psychologique. Puis ils repartent par où ils étaient arrivés. Au passage ils récupèrent leurs armes et disparaissent au bas de la montagne. De toute évidence, leur général les a envoyés pour nous tester. Je ne sais pas à quelle réaction il s'attendait. Par contre, je sais qu'il aurait suffi d'un détail, un petit incident, par exemple un soldat serbe qui trébuche en levant malencontreusement son arme de façon menaçante, et que j'interprète comme un déclenchement d'offensive pour que je fasse tirer sur le groupe.
À la fin de ma mission de quatre mois, la passation de consignes à mon successeur m'a une fois de plus amené à vivre une situation chargée en adrénaline. En effet, alors que je le conduisais sur les différents sites environnant Sarajevo à partir desquels nous guidions les avions, il se montra très curieux concernant l'un d'eux. Il s'agissait d'un point haut sur l'une des collines dominant la ville. Sur le mouvement de terrain en face de nous se trouvait une ligne de canons serbes. Afin de les faire désigner aux avions de combat, nous prenions comme point de repère initial une usine dans la vallée sous nos pieds. Cette usine nous ne la voyions pas du fait d'une rupture de pente. Cependant, je savais précisément où elle se situait et j'en connaissais les caractéristiques, car l'aéronavale française m'avait fait parvenir des photos de qualité. Mais mon camarade ne voulant se satisfaire des photos, il me demanda donc que nous allions voir de nos propres yeux cette fameuse usine. Pour ce faire, il fallait passer une petite ligne de crête à partir de laquelle la vue était plongeante sur le fond de la vallée. Je lui dis que cette manœuvre je ne l'avais jamais faite, elle était inutile et de plus fort dangereuse, car considérée à coup sûr comme une provocation par les Serbes. Nous nous dirigeons à pied vers ce lieu, alors que je m'efforce de le convaincre de la stupidité de ce que nous sommes en train d'accomplir. Au moment de passer cette fameuse ligne de crête, un sifflement strident et violent se fait entendre. L'air autour de nous est comme déchiré par une vibration puissante. Nous réalisons immédiatement que nous avons été la cible d'un tir direct. L'obus à pleine vitesse a dû passer dans un rayon d'une dizaine de mètres, mais heureusement un peu au-dessus. Du fait de notre position dominante il a franchi la colline et s'est écrasé loin derrière. Là j'ai dit à mon camarade que je refuse de continuer et je fais demi-tour, il me suit. Un deuxième obus s’abat à une centaine de mètres dans le jardin potager d'une villa en contrebas. Nous nous mettons à courir vers notre véhicule blindé. Une fois que nous sommes à l'intérieur, un troisième obus éclate à proximité et nous recevons quelques pierres projetées par le souffle de la déflagration. De toute évidence les Serbes nous ont fait passer un message, quant aux limites à ne pas dépasser. Je l'ai bien senti depuis quelques mois que je travaille dans ce secteur, qu'il y a un code de comportement non écrit mais bien établi entre eux et nous. S'ils avaient voulu nous tuer je pense que le premier coup aurait été le bon. Cependant plus j'y pense et plus je me dis que ce premier obus est passé très, très près. La moindre erreur de tir de leur part et nous le recevions directement et nous étions transformés en poussière. Ce sont là des expériences uniques, qui lorsque vous les avez vécues, vous marquent pour votre vie. Face à des décisions lourdes de conséquences que l'on peut être amené à prendre, je constate que je ne me pose plus de questions annexes. Toute la réflexion, que chaque militaire a dû avoir en amont concernant le métier des armes, permet de réagir sans état d'âme mais en gardant en tête les principes de démocratie et d'importance de la vie humaine.
Voilà ce que j'ai vécu dans cette ville et ses environs durant quatre mois de l'année 1994. C'est avec beaucoup d'intérêt et une curiosité exacerbée que j'y reviens en mai 2008, au cours d'un périple à travers les Balkans.
Mon arrivée se fait par une route à forte circulation, alors que je connaissais ce pays au travers d'un trafic inexistant hormis les véhicules militaires de la coalition de l'ONU. Donc tout surpris je rentre dans une ville qui n'a plus rien à voir avec celle où j'avais vécu. Très rapidement j'arrive au carrefour où durant quatre mois j'avais connu cette carcasse de tramway tordue et rouillée. Je suis impressionné par l'activité de la ville. Les façades des immeubles gardent les traces de la guerre. Comme il est étrange de voir cette foule dans ces rues dont je garde le souvenir d'un lieu désert, où seules les déflagrations perturbaient le silence pesant. Ce qui me frappe tout de suite une fois de plus, c'est cette foule de constructions escaladant les collines, mélange de maisons de quartiers, de mosquées et de cimetières. Ces derniers ne sont pas cachés par de grands murs afin de les soustraire à la vue. Bien au contraire ces véritables forêts de stèles blanches éclatantes, surgissent un peu partout au gré des reliefs qui enserrent la ville, par groupes plus ou moins importants. Au cours de mon séjour précédent, cette cité, je ne l'avais pas perçue de cette façon, sans doute accaparé à guider des avions à partir de mon blindé.
Après renseignement je vais loger chez l'habitant à mi-chemin du sommet d'une colline, où je me rendais fréquemment pour accomplir ma mission. Lorsque je parle au propriétaire de cet endroit que j'avais fréquenté pendant le siège, je le sens un peu gêné. Il me dira au fil de la conversation qu'à cette époque il était réfugié en Suisse. Il n'a pas à se sentir gêné. En effet, qu'aurait-il bien pu apporter en restant ici durant cette période de terreur ? Le quartier est superbe, constitué de petites rues en pente, délimitées par des maisons très balkaniques, un étage maximum, bien propres, badigeonnées à la chaux. De temps à autre une mosquée aux dimensions réduites, avec un minaret noir en bois dépasse au-dessus des toits. Que ce quartier est esthétique ! Sur une fenêtre deux chats sont langoureusement étalés, l'un d'eux est d'une blancheur immaculée et l'absence de contraste sur le mur blanc est étonnante. Sans délimitation aucune on passe de la rue à l'un des multiples cimetières. Les stèles funéraires relèvent plus de monuments historiques que des froides demeures de défunts que l'on rencontre chez nous. En s'y promenant on ressent tout le poids de l'histoire récente et dramatique, mais aussi et surtout de l'histoire ancienne et multiple, chrétienne et principalement ottomane. Le syncrétisme est palpable dans ce mélange de cultures. Ce qui est étonnant c'est qu'une guerre ait pu éclater. Pourquoi des peuples qui ont de tels points de convergence peuvent arriver à se battre. Des origines différentes qui subsistent malgré le temps et qui resurgissent sous le poids des évolutions géostratégiques, sous la pression de systèmes idéologiques du passé. Des chefs à l'esprit obtus, exacerbent les peurs par rapport à l'autre et tout éclate ? Cette différence culturelle entre orthodoxes, catholiques et musulmans, je l'ai connue en Albanie. Mais les situations ne peuvent se comparer. Dans ce petit pays, quelles que soient les origines religieuses, le voisin n'est pas ressenti comme une menace, même si on s'en moque parfois. Sans doute est-ce là tout le côté néfaste d'un politicien, qui de par son formatage idéologique, entretient des barrières entre les différents groupes, alors que son prédécesseur avait maintenu l'union, certes d'une main de fer. Sans doute est-ce facile de dire ce que je dis, la réalité de la relation humaine étant complexe. Peut-être les groupes d'origine différente ne sont pas vraiment solubles entre eux? Adieu les belles illusions de citoyen du monde, image idyllique que nos démocraties colportent de façon un peu hypocrite. Dans notre pays, la France la fraction ethnique est une réalité qui semble devenir de plus en plus visible. On comprend d'autant mieux, alors que nous sommes un pays encore prospère qui se veut démocratique, pays des droits de l'homme, que dans un pays pauvre régi par des règles sorties du communisme stalinien, les explosions entre groupes soient inévitables. Ces clivages qui montent les hommes les uns contre les autres, n'empêchent pas qu'individuellement ces mêmes hommes soient accueillants et très sensibles, c'est tout le paradoxe de la race humaine.
En tout cas je ne suis pas très optimiste pour le devenir de la Bosnie et de Sarajevo en particulier. Ce que j'y ai vu en 2008 n'est pas très rassurant. J'ai ressenti que si en apparence les frontières n'existaient plus, les différents groupes les situaient toujours avec précision. Si nous, Occidentaux, nous pouvons passer dans les différentes zones de Bosnie, les autochtones semblent beaucoup plus cantonnés par secteur. Par exemple il n'est pas possible de faire le tour de l'aéroport de Sarajevo en bus. De façon inexplicable à première vue, il s'arrête à un endroit et ne va pas plus loin. Cela semble correspondre aux limites de la zone de front que j'ai connue il y a plus de vingt ans.
Ayant donc utilisé le bus jusqu'à son terminus je continue mon tour à pied et je tombe sur le fameux tunnel, dont à l'époque nous ne savions pas s'il s'agissait d'un mythe ou d'une réalité. Que d'émotion cela me procure d'y pénétrer. Ce tunnel permettait aux Bosniaques de rejoindre la ville de Sarajevo en passant sous l'aéroport, car tous les accès terrestres étaient tenus par les Serbes, ou maintenus sous leur menace. De son point d'entrée sous terre je distingue très nettement le bâtiment de l'aéroport dans lequel j'avais été logé au cours de mon dernier mois de présence. Me revient à l'esprit mon installation dans la pièce qui m'avait été attribuée avec mon équipe. La fenêtre détruite ne protégeait pas la pièce des intempéries, mais surtout des tirs éventuels de snipers bien identifiés à proximité. Donc très humblement nous avions mis des sacs de sable dans le trou béant de la fenêtre, laissant un petit espace latéral afin que la lumière entre. Aucun sniper ne nous a jamais tiré dessus. Par contre je n'ai jamais cherché à les narguer. S'il avait été question de les détruire, alors il y aurait eu le choix entre un tir de blindé ou un passage d'avion, mais ce n'était pas à l'ordre du jour. Cependant mon successeur, sans doute plus joueur, s'est amusé à attirer l'attention d'un sniper. De ce fait de temps à autre, il se rappelait à son bon souvenir en lui tirant une balle dans la pièce, rien que pour le « fun ». Je suis content de ne pas avoir goûté ce genre de plaisir !
En regardant les vastes espaces dégagés de cet aérodrome, me reviennent en mémoire les soirées, où alors incorporé dans un régiment de légion je prenais des tours d'officier de service, dont la mission principale la nuit était de suivre la fameuse mission dite de « crossing ». Il s'agissait de gérer le flux de Bosniaques qui traversait en surface la zone de l'aéroport contrôlée par la force internationale. Tous ne pouvant pas emprunter le tunnel, le passage à l'air libre se faisait sous les yeux des Serbes qui avaient une vue directe sur la scène, car ils tenaient les deux extrémités de la piste. Or en vertu d'un accord international, la force militaire de l'ONU avait la responsabilité d'interdire aux Bosniaques de traverser en ce lieu. Il en résultait une situation ubuesque. Les Serbes nous menaçaient de tirer dans le tas si nous n'empêchions pas les Bosniaques de passer. Avec des véhicules blindés coordonnés de la tour de contrôle à l'aide d'intensificateurs de lumière infrarouge nous surveillions les passages. Avec nos blindés nous interceptions les personnes en train de traverser et les ramenions à leur point de départ. Dans une même nuit il n'était pas rare de ramener plusieurs fois la même personne. Et la population essayant de traverser était très diverse, ça allait de la jeune fille en mini-jupe au paysan qui traversait avec sa vache. Bien évidemment cette dernière il n'était pas question de la faire monter dans le blindé, on l'accrochait donc à l'extérieur. Tout ce ballet était observé par les Serbes qui parfois nous appelaient au téléphone pour nous dire d'être plus efficaces, en nous menaçant d'ouvrir le feu au canon si nous n'obtempérions pas. Me trouver là en bordure du terrain d'aviation avec tous ces souvenirs qui me reviennent à l'esprit est très émouvant. Prendre les transports en commun le long de « sniper allée » que cela me semble étonnant. Cette avenue est longue, je n'en avais plus un tel souvenir. Une ville déserte se traverse effectivement plus facilement qu'une ville noyée dans un trafic important. Des grappes humaines dans ces bus, cela prouve que la vie a repris malgré les problèmes qui subsistent. La visite du musée national, qui délimitait quasiment la ligne de front est aussi un moment unique. L'un de ses conservateurs qui y est demeuré tout au long de la guerre, vous montre la position de la ligne de front, qui passait pratiquement dans le petit bout de pelouse attenant au bâtiment.
Je pénètre dans l'enceinte de l'université. Une partie des bâtiments est abandonnée, étant trop endommagée et les réparations tardent. Ce qui est frappant, ce sont ces murs criblés de balles. Ces scènes je les ai aussi beaucoup vues en Croatie, autre pays dévasté par cette guerre de désagrégation de la Yougoslavie. Mais lorsque l'on regarde les façades de nombre de nos cathédrales on y voit les mêmes traces, souvenirs des conflits passés. Une fois dans les bâtiments occupés, un cerbère femme à l'allure peu sympathique me demande ce que je fais en ce lieu. Je lui réponds que je cherche la bibliothèque, qu'elle m'indique. Cela me permet de continuer à me promener pour m'imprégner de l'ambiance de cette université. Beaucoup d'étudiants y circulent l'air empressé, mais il m'est difficile de me faire une idée de l'activité réelle qui y est menée. Nombreux sont ceux qui parlent au moins un peu l'anglais, me semble-t-il.
Cette ville de Sarajevo la nuit est magnifique. Y manger dans un petit restaurant du centre, attablé sur la terrasse en pleine rue piétonne, au milieu d'une foule dense qui déambule, permet de bien prendre le pouls de la population. Beaucoup de jeunes, moins cependant que dans la ville de Prisren, capitale historique du Kosovo, que j'ai traversée la semaine précédente. Un pourcentage non négligeable de jeunes femmes sont voilées. Mais contrairement à ce que l'on voit généralement, ces voilages sont multicolores de tissu de belle qualité et moulants sur tout le corps. Ce que je pensais être le but du voilage, cacher les formes féminines, a ici l'effet inverse et révèle toute la grâce et l'esthétique de la passante. Que faut-il y comprendre ?
Le soir après ce bain de foule agréable, dans cette zone bien éclairée, que j'avais connue lugubre et déserte durant de longues nuits, je remonte à ma chambre. Il fait bon. La ville vue de haut est une véritable splendeur. Les collines environnantes enserrent de leurs lumières plongeantes cette cité qui s'étire en longueur. Une multitude de mosquées pointent leurs minarets couronnés d'ampoules. Je longe un grand cimetière aux stèles centenaires, elles débordent de l'autre côté de la rue qui le délimite, en colonisant quelques plates-bandes. On dirait qu’elles ont décidé d’aller se promener en prenant quelque liberté. Toutes ces pierres blanches érigées de facture ottomane, aux formes arrondies et pleines d'harmonie, reflètent la lumière environnante. Il règne en ce lieu une grande quiétude et cette atmosphère prend aux tripes. De telles rencontres faites au hasard vous tombent dessus par surprise et brutalement déclenchent une émotion très forte. Dans ces instants, l'émoi qui monte et vous envahit, procure une forme de béatitude que l'on aimerait garder en soi longtemps. Il me faut m'engager ensuite dans une petite rue en pente raide, pleine de pénombre. Au détour d'un mur, une mosquée au minaret de bois noir luit faiblement, tel un fanal sombre. Cette ville de nuit m'a bouleversé.
Ces deux passages séparés par 15 ans dans Sarajevo m'ont inspiré les quelques pages précédentes. Cette ville dans laquelle des événements capitaux pour l'Europe se sont déroulés au cours de toutes les époques de notre histoire, en particulier l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand héritier du trône d'Autriche par un jeune Serbe le 28 juin 1914, lieu permanent d'affrontement de civilisations et de religions, revêt à mes yeux une grande importance. Elle représente la ville balkanique dans toute sa splendeur et sa complexité historique. Avoir assisté, et participé à mon niveau, à l'un de ses épisodes historiques, l'un sans doute des plus dramatiques, me laisse une impression forte et des images indélébiles. La simple évocation de ce nom, Sarajevo, réveille en moi le souvenir d'une période passée, vécue avec intensité. Cette saison en Bosnie est probablement à l'origine de cette passion balkanique que j'éprouve fortement et que j'ai cultivée à travers d'autres pays, en particulier l'Albanie. D'ailleurs le jour où je changerai de véhicule, nécessairement j'aurai droit à une plaque avec nouvelle immatriculation qui laisse le choix du département. Et si j'en ai la possibilité à la place du 69 dans le coin inférieur droit j'aimerais mettre un aigle albanais, symbole balkanique par excellence, qui transcende les frontières de plusieurs pays.
Sarajevo deux époques, souvenirs, anecdotes
Sarajevo, cette ville au nom évocateur, qui tient une place particulière dans l'histoire de l'Europe, j'ai eu l'opportunité de la connaître à deux époques relativement rapprochées mais très différentes. La première fois, quatre mois durant le siège en 1994 en pleine guerre de Bosnie, et la seconde en effectuant un bref passage de deux jours en 2008 au cours d'un périple balkanique. Ces deux expériences dans des contextes opposés, me permettent de mettre en exergue tous les contrastes d'atmosphère au gré des circonstances et des événements que cette ville magique a connus. L'été 1994 arrive à grands pas, j'ai programmé mes vacances, j'irai faire de l'alpinisme du côté de la Vanoise. Brutalement à deux jours du départ, changement de destination, on m'informe que je pars à court terme pour Sarajevo dans le cadre des missions de guidage d'avions de combat. A peine le temps de prendre quelques habits, prévenir ma famille et je suis en route pour une formation accélérée afin de me remettre en tête les techniques aéronautiques appropriées. Les cours théoriques et pratiques sont prodigués par de braves Américains qui n'ont jamais imaginé que sur la terre des gens pouvaient parler autre chose que leur langage qui s'apparente plus à une suite d'acronymes et d'onomatopées à peine prononcés qu'à de l'anglais ! Après une injection à haute dose d'une semaine, je prends la direction de la Bosnie, plus spécialement Sarajevo et son siège. Survol des Alpes, je distingue très nettement les montagnes que je voulais grimper à proximité du col du Mont Cenis, mais l'aventure sera différente.
Je suis arrivé sur l'aéroport surchargé de matériels et d'hommes. La première urgence est de trouver à se loger avec mon équipe, nous sommes 7. On déniche un petit réduit, digne des plus minuscules refuges que j'ai connus en montagne. A 7 nous nous empilons sur 6 mètres carrés, mais ça va. Il ne fait pas froid nous sommes en juillet. D'ailleurs on pourrait avoir très, très chaud, car notre réduit est adossé au dépôt de munitions de la légion étrangère, un obus mal placé et nous prenons un billet direct pour la vaporisation. Nous allons vivre dans cet espace réduit quelques semaines, mais l'activité était si intense que lorsque nous le rejoignions nous nous écroulions dans le sommeil.
Ma première sortie dans la ville me permet de saisir immédiatement l'atmosphère qui y règne. Cité complètement bloquée où tout le monde se cache. Les rues sont désertes, la population vit, comme des rats, terrée. Les militaires dans les blindés et engoncés dans leur gilet pare-balles sont les seuls à donner un peu d'animation à la cité. Rarement, toujours furtivement on aperçoit un civil qui presse le pas dans une rue et disparaît bien vite pour éviter d'être tué par une balle qu'elle soit perdue ou non.
La ville de Sarajevo occupe le fond d'une cuvette toute en longueur. Du fait de son développement, les maisons par manque de place ont colonisé les collines environnantes. Des quartiers serrés se pressent tout au long des pentes de cette multitude de buttes raides, qui rentrent carrément dans la ville basse et l'encerclent de toutes parts. En levant les yeux, la première chose qui frappe, ce sont les façades de maisons individuelles qui constellent tous les reliefs environnants. Il ne faut pas de grandes explications pour comprendre, que de toutes ces fenêtres en encorbellement, des multitudes d'yeux vous regardent voire vous surveillent. Elles sont innombrables, les unes sur les autres, tout au long de ces grandes pentes qui tombent dans la ville. Tels de gros yeux inexpressifs mais lourds de menaces dissimulées, elles peuvent à tout moment prêter assistance à l'auteur d'un assassinat, tapi à l'abri de la lumière, son arme de précision à la main. On imagine facilement tous ces guetteurs scrutant l'immobilité de la ville. Combien de snipers, qui vous prennent dans leur croisillon, se cachent derrière ces ouvertures, à dessein pleines de pénombre ? Combien de fois, montant les escaliers de la fameuse patinoire la Skandéria j'ai senti ces regards sur moi. L'impression est étrange et désagréable, mais il ne sert à rien de lever les yeux, cela pourrait juste être pris pour un acte de provocation, et souvent la susceptibilité du tireur est proportionnelle à son taux d'imbibition à la slibovitch, alcool blanc de prune.
Au cours de différentes missions, je suis amené à remonter des rues remplies de carcasses de voitures et de trams bombardés et incendiés, on se croit dans un film de fiction, des spectacles dantesques de rouille et de fer tordu, mais non c'est la réalité. Par endroits, il faut bousculer certains obstacles avec le blindé pour passer sur ces chaussées recouvertes de gravats. Lors de ces déplacements en véhicules, des gens nous regardent à la dérobée. Dans les jardins de nombreuses maisons particulières les voitures sont bâchées et protégées dans un recoin de terrasse, en attendant des jours meilleurs où il y aura de l'essence, des routes en état et plus d'obus qui s’abattent selon une logique parfois difficile à saisir.
Assister au bombardement d'une ville est une expérience étrange. De gros obus frappent de plein fouet des façades qui s'écroulent dans des nuages de fumée. Les obus lorsqu'ils vous survolent, vous réalisez avec précision le danger qu'ils représentent. S'ils font un bruit strident et aigu, cela signifie qu'ils ont une vitesse élevée et qu'ils vont aller frapper plus loin. Par contre s'ils font un bruit plus mat avec des flop flop, cela trahit une vitesse faible et un engin qui commence à tanguer sur son axe, d'où une chute dans les environs. On apprend très vite, en regardant les autres, à réagir. J'ai fait cette découverte sur une colline en présence d'un groupe de Bosniaques, alors que je faisais des repérages concernant le positionnement des différentes forces en présence. La ville était sous le bombardement régulier de canons serbes de gros calibre. Nous nous trouvions sur la trajectoire des obus, mais bien en-deçà de leur point d'impact. Nous les entendions donc nous survoler dans un sifflement strident. Soudain, un bruit beaucoup plus bas, accompagné du fameux flop flop, décrit si souvent par les poilus de la grande guerre, a provoqué une réaction de fuite immédiate de mes interlocuteurs bosniaques. Effectivement un gros obus est tombé beaucoup plus près que les précédents mais à une distance, où le danger restait faible. C'est ce qu'on appelle apprendre par l'expérience ou sur le tas.
Dans la ville de Sarajevo une petite communauté de Croates se trouve prise en otage entre les Serbes et les Bosniaques. Participer à un office religieux parmi ce groupe catholique est très poignant. Même là, il faut se méfier du scoop journalistique, on pourrait rapidement faire croire en juxtaposant sur une même photo un militaire français et une religieuse croate que nous sommes là pour prendre parti en leur faveur. Bien sûr que leur situation nous émeut, bien sûr que dans la mesure de nos moyens nous les pourvoyons en nourriture, mais nous le ferions de la même manière pour les autres communautés, lorsque des êtres humains sont dans la nécessité impérieuse ils méritent une égalité de traitement. Dans cette petite communauté acculée, la ferveur est très importante, jeunes et vieux montrent la même foi. Je me souviens d'une anecdote amusante malgré la situation. Le prêtre de la légion étrangère française célèbre l'office au cours duquel il se réfère aux noces de Cana. Le légionnaire d'origine croate, lui servant d'interprète, traduit par noces de canard, d'où éclat de rire franc de toute la communauté croate. La difficulté et l'incertitude extrêmes n'enlèvent pas à l'être humain son sens de l'humour et son envie de rire. C'est rassurant. Bien que n'étant pas particulièrement pratiquant, ces offices me bouleversaient par la conviction et l'espérance qui émanaient de cette population martyrisée. Le fait d'y penser quinze ans après, je sens toujours monter en moi de l'émotion.
Observateur de cette situation dramatique que vit une population à trois entités et aussi un peu acteur pour essayer d’y remédier, on ne peut qu'éprouver un réel malaise en constatant toute la frénésie de ce qu'on appelle l'information pour contenter le voyeurisme de nos populations occidentales. Il faut dire que c'est tentant, bien installé chez soi le soir à vingt heures de regarder le sacro-saint journal télévisé qui distille sa kyrielle de faits divers sordides. Montrer des obus écraser une cité qui vit ou plutôt survit dans une immense détresse, c'est l'assurance de faire exploser l'audimat. Pourquoi le spectateur qui se cache en chacun de nous est-il si friand de ce genre de spectacle ? Voyeurisme par rapport à la mort, réconfort de voir qu'il y a plus malheureux que nous, oublier ses petits déboires quotidiens professionnels ou sentimentaux ?
J'ai été au cours de mes nombreux déplacements témoin de situations curieuses, que je ne comprenais pas toujours. Sur la fameuse « snipers allée » complètement déserte, un cycliste, seul sur l'immense ruban de goudron, marche recroquevillé son vélo à la main, et semble se protéger derrière le cadre de sa bicyclette, étrange ! Face à lui les hautes façades d'immeubles, desquelles des yeux amis et d’autres hostiles le surveillent, ces derniers prêts à délivrer la mort. Cette scène est surréaliste, le temps semble suspendu. L'hésitation de l'individu, de toute évidence dans une mauvaise situation est angoissante. À chaque instant on s'attend à entendre un bruit sec se répercutant le long des murs et voir l'homme et son vélo s'abattre au sol. Ce spectacle fait véritablement mal par la tension qu'il engendre. En bruit de fond permanent le son des détonations rappelle que la guerre est présente. On s'y adapte au point que l'absence de tir semble anormale. Se réveiller au bruit de la poudre devient une habitude, un peu à la manière du chant des oiseaux au printemps qui accompagne la reprise de conscience au sortir du sommeil. Lorsque je suis rentré en France, la première semaine j'étais réveillé tôt à cause justement de l'absence de ce bruit de fond qui m'avait accompagné durant quatre mois. L'accoutumance est telle, que le retour à la vie normale semble bizarre. Dès mon arrivée chez moi, je suis parti en montagne remonter le canyon de la Niscle dans les Pyrénées espagnoles. Ne plus avoir à porter un gilet pare-balles, ne plus faire attention aux mines, ne plus chercher le sniper embusqué, pouvoir se déplacer sans contrainte sur de grands espaces, cela procure une sensation étrange, comme si le retour à la normale nécessitait une rééducation. En quatre mois de conditions particulières, on s'adapte très fortement à la situation locale et l'on ne réalise pas à quel point cette adaptation formate les actions réflexes. De façon étrange dans ce canyon de la Niscle, qui est une œuvre de la nature titanesque et de grande beauté, je me sentais comme dans un environnement inhabituel par cette absence de dangers. Il faut se réhabituer à la normalité, et je comprends très bien qu'après des expériences extrêmes, ce qui n'a pas été mon cas, cette réadaptation soit très longue, voire impossible.
J'ai lu à plusieurs reprises des comptes-rendus de voyages en zones de guerre. Ces pratiques suscitent des critiques parfois acerbes, le voyeurisme étant considéré comme indécent. Cela me semble logique, et effectivement, je ne sais pas ce que j'aurais ressenti si j'étais venu simplement me promener, attiré par une curiosité malsaine. Je n'étais pas dans ce cas. Je me demande quelle différence existe entre le touriste en zone de guerre et le journaliste qui couvre l’événement ? Ce dernier ne fournit-il pas un document et des photos, choc des images oblige, à des gens curieux de voir plus que de savoir, poussés par ce qu'il faut appeler l'attrait du spectaculaire morbide donc du voyeurisme ? Mon premier réflexe serait de condamner le tourisme en zone de conflit, alors pourquoi permettre les scoops souvent violents des reporters, qui sous couvert d’information visent au sensationnel si possible bien sanguinolent ? Bien sûr, il me sera répondu qu'il s'agit du devoir d'information. Mais s'agit-il vraiment d'information ou d'un business lucratif à la limite de la décence ? Les journalistes, j'en ai croisé un certain nombre durant cette saison en Bosnie. Comme nous tous, ils faisaient leur métier, même si parfois « JT » oblige, contrainte de temps incompressible du 20h, les informations étaient à mon sens un peu arrangées voire beaucoup. L'obus de mortier filmé était peut-être payé et pas forcément attribué au bon camp, d'où l’ire du camp en question. Il nous arrivait même de recevoir des obus après le fameux JT en guise de protestations, tout du moins c'est ce que j'ai ressenti.
Cependant la visite des journalistes était toujours intéressante, révélatrice du mode de fonctionnement de nos sociétés, prises sous le feu des scoops et de l'information immédiate. Cette précipitation à rapporter de l'information, conditionnée par l'urgence du produit à livrer, quelles que soient les conditions de la collecte et la crédibilité des sources, conduit très logiquement à la désinformation ou même dans certains cas à la manipulation. Je me souviens avoir vu certains impacts de balles troublants sur certains véhicules, qui me faisaient penser qu'ils avaient été demandés par les occupants du dit véhicule pour les besoins du sensationnel à médiatiser. Peut-être ai-je l'esprit mal tourné ? En effet lorsque l'on me présente des traces de balles prétendument tirées par un sniper et que je vois des impacts très rapprochés, semblables à une rafale d'arme du style kalachnikov, je me pose des questions ! Mais imaginons le ou la reporter qui couvre l'événement du siège de Sarajevo et qui un soir ne rapporte rien de très spectaculaire pour la ‘grand-messe’ de 20heures, alors que ses concurrents des autres chaînes font un tabac. Il est fort à parier que ce journaliste va se retrouver très rapidement dans un placard à couvrir le fait divers en province. Donc dans cette surenchère de la précipitation, pour ne pas perdre son emploi, on est prêt à tout pour ne pas priver le bon peuple de France de son coup d'adrénaline en mangeant sa soupe devant son téléviseur. Il est important de lui montrer que ça pète, et mon Dieu que ce soit les uns ou les autres qui font péter ça n'a pas d'importance. Cela en a d'autant moins, qu'entre Serbes, Croates et Bosniaques la majorité des spectateurs ne fait pas la différence et puis s'en fout. L'important étant que ça pète autant que dans la série américaine sur laquelle ils vont embrayer dès le JT terminé. Je ne citerai pas les noms de chaînes dont j'ai vu, je dirais même subi les sarcasmes des représentants, qui dans l'anxiété de ne pas avoir suffisamment de matière à transférer par leur antenne satellite, me reprochaient de faire de la rétention d'information. Mais comment se prononcer sur une situation que l'on ne cerne pas complètement, mouvante à souhait, toute erreur d'interprétation pouvant avoir des répercussions graves. Tout particulièrement étaient concernés ceux qui restaient sur le terrain, les représailles n'étaient pas exclues de la part d'une faction que l'on aurait accusée à tort d'une action perpétrée par l'ennemi. Je trouvais dommage d'avoir à considérer les journalistes de mon propre pays comme un danger pour ma sécurité et essayer de les fuir autant que je pouvais. Je me souviens cependant d'un journaliste de Libération qui venait sur les zones de confrontation et qui posait peu de questions, mais cherchait à se faire sa propre idée de la situation. En le regardant, je comprenais qu'il mûrissait son article et qu'il n'était pas pressé. Ce qu'il fournirait serait certainement le fruit de sa conviction après son expérience sur le terrain et non un show médiatique à consommer le soir même.
Vie en zone de danger, comme il est étrange en tant que militaire de vivre dans des endroits où l'on se sent menacé sans être confronté à la guerre telle que nous l'avons tous gravée en nous par la narration des grands massacres entre Occidentaux. En effet, les deux conflagrations mondiales ont conditionné notre vision d'un conflit. Nous imaginons tout d'abord une hécatombe de militaires, comme par exemple sur les plages de Normandie ou dans les tranchées de Verdun ou de la Somme. Cela ne veut pas dire que les civils ont été épargnés dans ces périodes troublées. Là à Sarajevo pour les soldats internationaux, il s'agit plutôt de vie sous menaces multiples, mais non de danger de mort immédiate comme à Omaha Beach. En effet, durant mon séjour pas un seul soldat des forces internationales ne sera tué, tant mieux. Pour se préserver sur les itinéraires que nous empruntons à pied, des levées de terre ont été faites, ce qui permet un abri relatif contre les snipers. Mais par endroits, il y a des interruptions, par exemple aux carrefours, et là, on reste à découvert. C'est le cas en particulier pour accéder à la machine à laver, un petit passage devant le croisillon d'un fusil à lunette, mais on va quand même nettoyer son linge. C'est aussi le cas pour se rendre à une citerne où nous allons puiser de l'eau pour nettoyer les WC, égalité de traitement, quel que soit le grade chacun va chercher son seau pour les toilettes. Cette ambiance sous contrainte, on s'y habitue tellement que parfois cela en devient dangereux. Je me souviens de ce militaire monté en haut de la protection de terre et qui fumait tranquillement sa cigarette sous le regard de snipers. Il m'a de toute évidence pris pour un mauvais coucheur, lorsque je lui ai donné sèchement l'ordre de redescendre fumer à l'abri. Je pourrais relater d'autres anecdotes de ce genre qui me viennent à l'esprit, cependant ne vous y trompez pas cela n'enlève rien à l'extrême compétence et au dévouement sans faille des militaires français. Dans le cadre de ces coalitions aux ordres de l'ONU, on se trouve comme pris dans une énorme machine administrative à la réaction molle, alors que des populations vivent des situations dramatiques. Srebrenica et son massacre en sont la preuve manifeste. Assez vite, en ce qui me concerne je me suis fait une idée du niveau de danger auquel j'étais confronté. Bien sûr cela est statistique en fonction des événements que l'on constate. Comme je l'ai dit, malgré les tirs de tous calibres permanents, en tant que soldats de la force internationale, à la période où je me trouvais à Sarajevo, nous étions peu visés. À d'autres périodes ce n'était plus le cas, mais durant les quatre mois où j'ai été présent, nous n'avons eu à déplorer qu'un seul blessé. Par contre parmi les trois entités, bosniaques, croates et serbes les morts se comptaient par centaines, combattants et civils confondus. On prend rapidement conscience, que sur un même lieu, nous ne sommes pas tous soumis aux mêmes conditions et aux mêmes dangers. Parfois je pensais à Chamonix en été et à sa ronde permanente d'hélicoptères lancés dans des sauvetages souvent périlleux pour aider de nombreux alpinistes, ou malheureusement récupérer les corps de ceux qui y laissent leur vie. Durant les deux mois d'une saison à la « Mecque de l’alpinisme » la liste des blessés et de ceux qui ne reviendront pas est longue. Je ne pouvais m'empêcher de penser que statistiquement durant cet été 1994, le grimpeur dans les Alpes était plus en danger que le militaire plongé dans le siège de Sarajevo. Cette comparaison me troublait beaucoup. Comment l'assouvissement d'une passion peut-elle se révéler plus dangereuse que la participation à ce qu'on appelle une guerre, même s'il s'agit de mission d’interposition ?
Les sorties nocturnes dans la ville pour faire des essais de transmissions avec les avions, alors que les rues ont été rendues aux factions est une expérience pour le moins impressionnante. De nuit comme de jour le travail se fait généralement à partir d'un blindé. Espace carcéral auquel on s'habitue. On a parfois l'impression d'être en immersion dans un milieu glauque, entouré de bruits de tirs, à serpenter parmi des carcasses détruites, parfois des balles de petit calibre claquent sur le blindage. Ne rêve-t-on pas ? Sommes-nous dans un film d'anticipation au centre d'une ville soumise à la plus abominable des insurrections ? Non, il s'agit bien de la réalité. Dans cette ambiance tendue, la voix nasillarde d'un pilote américain, anglais ou français se fait entendre dans les écouteurs et la procédure de guidage commence. Être le maillon d'une énorme machine de guerre ou de paix, selon le point de vue, raccroche à une réalité palpable et par certains côtés est rassurante, surtout lorsqu'on pense être dans le camp des gentils. De toute évidence être le soldat d'un pays démocratique évite les états d'âme. Notre Président, à cette époque s'appelait François Mitterrand, même lorsque l'on n'a pas voté pour lui, l'image d'humanisme qui lui est attachée rassure le soldat engagé sur sa décision.
La vie dans une ville assiégée et affamée par encerclement laisse des souvenirs profonds. Circuler dans un quartier sous bombardement est une situation étrange. Le souffle puissant des déflagrations qui remonte les rues dans un râle rauque est impressionnant. Cela produit un bruit presque épais à la manière d'un gémissement profond et lugubre, canalisé par de hautes façades qui le compriment en lui donnant longueur et gravité. Il se propage accompagné d'une multitude d'échos tout aussi graves qui entretiennent le son. On sait qu'un obus est tombé à proximité, mais on ne voit rien entre les bâtiments, seul ce souffle renseigne sur la proximité de l'explosion. On est d'autant plus surpris, que le sifflement de la munition en vol a été atténué par le bruit du moteur de notre véhicule. Un jour où les tirs étaient particulièrement nourris, j'ai assisté à ce spectacle incompréhensible de civils qui n'avaient pas l'air de paniquer, comme s'il y avait un accord tacite sur le lieu précis du bombardement. Ils restaient sur le pas de leur porte, alors que le bombardement était tout proche. Je n'ai jamais eu d'explications. J'ai vu avec surprise le fameux marché de Sarajevo qui se tenait, même misérablement, alors qu'autour des munitions de gros calibres tombaient.
Au cours de nos missions il nous arrivait de dialoguer avec des avions alors que nous étions en pleine ville. Un après-midi, alors que nous stationnons sur la petite place de la patinoire, nous allons commencer une séance d'entraînement aux procédures de guidage avec des pilotes. Le lieu où nous nous trouvons est sous le feu permanent des belligérants qui se battent entre eux. Les armes qu'ils utilisent, principalement de petit calibre, ne représentent pas un réel danger pour nous, dans la mesure où nous restons dans notre véhicule blindé. Avant que la séance d'entraînement commence, je donne mes consignes à l'équipage du véhicule. Je leur précise qu'il s'agit d'un entraînement donc en aucun cas nous ne devons prendre de risque inutile. C'est à dire que tout problème technique de transmission qui nécessiterait une intervention extérieure au blindé ne doit pas être pris en compte, sécurité du personnel est prioritaire. Le contact est établi avec un A10 américain. Au début tout se passe bien, puis le contact radio se détériore. J'ai de plus en plus de mal à communiquer avec l'avion. Tout absorbé à mon travail à essayer d'interpréter les paroles de l'aviateur hachées et baignées dans une importante friture, je ne prête plus attention à mon environnement immédiat. Alors subitement la liaison redevient parfaite et la compréhension mutuelle facile. L'avion ayant fini son passage le calme revient dans l'habitacle de notre blindé. Alors discutant avec l'adjudant des transmissions qui m'assiste, je réalise qu'il était sorti sur le toit changer une antenne pour rétablir la communication, alors que partout autour nous entendions les bruits secs des balles qui frappaient les façades et parfois le métal de notre véhicule. Sans chercher à comprendre, régissant à son seul réflexe de technicien, l'adjudant était monté sur le toit pour changer un embout d'antenne restant exposé de longues secondes aux balles qui fusaient dans tous les sens. Il considérait qu'il avait simplement rempli sa mission. Cependant pour le principe, alors qu’il avait fait preuve d’un véritable courage, je lui ai reproché d'être sorti alors que j'avais demandé de limiter les risques. Mais je ne pouvais m'empêcher de penser que si la situation se dégradait et si l’on passait à une phase plus offensive, j'étais entouré de vrais combattants qui iraient jusqu'au bout sans se poser de question. Les périodes de vie en ville alternaient avec les périodes de vie en montagne, sur le fameux mont de Bijelasnica. Lorsqu'on est montagnard, que l'on soit en temps de paix ou de guerre l'attrait de l'ambiance de la montagne reste très fort. Nous logions dans un chalet de bois dans lequel des photos de montagnes prestigieuses étaient accrochées aux murs, en particulier les Tre Cime di Lavaredo et l'Everest. J'ai même trouvé un topo d'escalade écrit en yougoslave. Décor immense autour de ce point haut qui était le départ de la descente de ski des JO de Sarajevo. Quelques soldats français habitent ce lieu. En fonction des missions le nombre varie de cinq à une petite trentaine. Nous y sommes venus pour la première fois au mois d'août, après que les belligérants l'aient quitté suite à des accords internationaux. À notre arrivée nous découvrons un site dévasté, dans un état de grande saleté. Les derniers occupants ayant déféqué au beau milieu des pièces et saccagé le mobilier. Nous prenons donc régulièrement nos quartiers dans ces montagnes et remettons de l'ordre dans ce magnifique refuge. Ma mission principale était la détection de tous les matériels militaires dans les plaines environnantes pour les signaler à l'aviation. En conséquence j'ai passé beaucoup de temps assis tout en haut d'une cime à scruter. Il ne m'était jamais arrivé de rester au sommet d'une montagne une semaine complète. Expérience étonnante et enrichissante, je ne trouvais pas le temps long. Pouvoir assister au cours des jours qui s'écoulent à l'évolution météorologique autour d'un sommet, quel plaisir ! Bien entendu, j'y ai connu tous les temps : beau, chaud, soleil, couvert, venteux, pluvieux, froid et même la neige.
Le site était d'une grande beauté et très sauvage, bien qu'il s'agisse du sommet d'une station de ski. Le dénivelé était important par rapport à la plaine que nous dominions. De ce point, vers le nord, la vue donnait sur les Monts Igman et ensuite embrassait la cuvette de Sarajevo. Certains jours où la brume remplissait les terres basses, de Sarajevo ne surnageaient au-dessus du brouillard que les tours de retransmission détruites, qui comme des statues fracassées, portaient témoignage de la folie des hommes, qui plus bas s'affamaient et s'entretuaient. Il m'arrivait souvent de venir m'isoler seul assis au sommet. Tous les matins au lever du jour j'étais un spectateur assidu de ce moment magique, que tout alpiniste apprécie plus que tout. Pour le montagnard, généralement assister à l'apparition du soleil d'un sommet signifie que l'entreprise de la journée a été un succès puisqu'on est arrivé au but que l'on s'était fixé, donc tout à loisir, l'esprit libre on peut se livrer à ce fantastique spectacle de la nature. Bien évidemment ma situation et les raisons de ma présence étaient bien différentes de la motivation habituelle du grimpeur partant à l'assaut d'une face. Un matin, à cinq heures, alors que la nuit ne va pas tarder à céder la place à la lumière, assis seul, tous les sens en éveil je m'imprègne de ce spectacle dans ce contexte particulier du siège. Sous Bijelasnica une mer de nuages s'étale, de laquelle sortent quelques points hauts des collines enserrant Sarajevo. La distance à la ville amortit le bruit du canon qui est quasi permanent, et le transforme en une rumeur lointaine, sourde et diffuse. Y a-t-il vraiment la guerre ? Ce moment de joie intense que tout alpiniste gardera pour toujours dans son cœur va se produire. À l'est, la clarté se fait de plus en plus nette et les nuages prennent des teintes irisées qui s'étalent du rouge vif au marron sombre presque noir, dans un dégradé continu d'est en ouest. Alors, le soleil perce la couche et apparaît déformé du fait de la distorsion de la lumière traversant l'atmosphère. À cet instant, j'aperçois dans la direction de l'astre du jour deux « bateaux » chevauchant à vive allure cette mer de nuages calme. Enfin, je distingue leurs silhouettes surmontées de leurs doubles dérives caractéristiques. Il s'agit de deux F14 de l'US Navy qui convergent vers ma position, point caractéristique connu de tous les aviateurs de la coalition. Arrivés au pied de la montagne, ils l'escaladent en patrouille serrée au plus près du relief. J'ai tout loisir de les regarder monter vers ma position. L'un des avions me survole de quelques mètres, tandis que le second passe en dessous dans le petit col qui est à ma droite en contrebas. Je peux voir très distinctement les casques de l'équipage de l'aéronef lancé à vive allure. Heureusement que je me suis levé, dire que j'aurais pu rater un tel spectacle, qui restera gravé en moi à jamais. Je ne peux m'empêcher de penser à ma chère maman à laquelle j'ai dit, que j'étais en Italie. Si elle pouvait imaginer « l’enfer » qui est le mien. Je sais que ce genre de réflexion peut choquer, mais c’était bien mon état d’âme à ce moment, confronté à un double spectacle de beauté de la nature au lever du jour et de merveille technologique, le tout dans un environnement de guerre. Les journées étaient bien remplies, entre le travail technique, les visites d'autorités alliées ou serbes, de journalistes et même de troupes tentant des actions tout du moins d'intimidation. Dans ce contexte, pris entre les positions des Serbes et des Bosniaques, ce que nous craignions le plus c'était de nous faire attaquer par une faction, qui essaierait d'en rejeter la faute sur leurs ennemis afin que nous les attaquions à notre tour en guise de représailles. Du fait de cette insécurité, lorsque nous restions peu nombreux, nous prenions des précautions particulières, car nous ne pouvions rester éveillés toute la nuit. Nous déployions autour de notre refuge, des systèmes d'alarme constitués de fils fins reliés à des mines éclairantes. Un soir alors que nous sommes seulement cinq au sommet de cette montagne, réunis pour dîner, une explosion nous indique qu'une mine a été déclenchée. Branle-bas, nous montons rapidement sur le toit, prêts à répliquer en cas d'attaque. Que constatons-nous ? Un gros lièvre qui détale et qui de toute évidence était le responsable du déclenchement de notre alarme. Il est étrange de se retrouver couché à plat ventre sur le toit d'un refuge en montagne un pistolet mitrailleur à la main. L'adrénaline dans ces cas est la même que celle qui inonde lors d'un passage difficile d'escalade, tout l'esprit tendu vers l'action. De plus le groupe réagit comme un seul homme, chacun se positionnant au meilleur endroit prêt à faire front. L'esprit d'équipe dans ces situations lorsqu'il est bien rôdé est un atout indéniable. Je ne dirais pas presque déçus, nous retournons terminer notre dîner.
A deux mille mètres d'altitude, en l'absence de toute lumière parasite, la nuit est magnifique. En Bosnie à l'été 1994, des lumières parasites il n'y en avait pas, le pays n'étant plus approvisionné en électricité. Au mois d'août à l'époque des grands passages d'étoiles filantes, j'ai assisté de mon promontoire à de véritables feux d'artifices. Ce qui était aussi très curieux à regarder, c'était la ligne de démarcation ou ligne de front entre les belligérants. Autant la journée, elle n'était pas matérialisée à travers les forêts qui s'étalaient à nos pieds, la nuit par contre, les lampes de poche et les petits feux ponctuaient très nettement cette ligne qui séparait des hommes en guerre. Un soir j'étais en train de la regarder serpenter au gré des mouvements de terrain. Un avion m'a contacté pour venir étudier la zone. Dès que le bruit de son réacteur, très ténu à peine perceptible du fait de sa hauteur, s'est fait entendre, la ligne de front s'est presque instantanément éteinte. Dans cette quiétude de l'été, il ne fallait pas se fier aux apparences. Les hommes restaient très vigilants et se guettaient, prêts à donner la mort à l'imprudent qui se serait laissé prendre par la douceur de l'été.
Parfois nous étions confrontés à des situations difficiles. Un exemple, à quelques centaines de mètres de notre refuge, se trouvait le cadavre d'un combattant bosniaque en zone serbe. Des tractations par radio sont engagées afin que ses camarades puissent le récupérer. Les Serbes ne s'y opposent pas dans la mesure où, on leur rend la dépouille de l'un des leurs en échange. La réponse du camp adverse est simple : nous ne détenons pas de cadavre serbe, par contre nous avons des prisonniers, nous allons en tuer un, et vous donner son cadavre en échange. La négociation s'est égarée et a traîné quelques jours. Au mois d'août la chaleur aidant, le corps du combattant s'est rapidement métamorphosé et ce sont les soldats français qui sont allés le ramasser afin que les siens puissent lui donner une sépulture décente.
Il m'est arrivé d'avoir à participer à des reconnaissances le long de lignes de crêtes, afin de nous assurer que les différentes factions de combattants respectaient bien le retrait auquel elles s'étaient engagées. Hors le contexte très particulier de cette guerre balkanique, le déplacement en lui-même consistait en une magnifique balade sur une crête aérienne, offrant de toutes parts une vue magnifique sur un pays sauvage, très peu habité. Le probl��me des mines nous préoccupait cependant, et nous faisions attention. Sur ce sol de rocher dénudé, le risque de marcher sur l'une d'elles était faible. Par contre déclencher un système de piège en tirant du pied sur un fil me semblait possible.
Un jour où l'activité aérienne était interrompue pour cause de météo très mauvaise, je suis parti me balader dans le brouillard en pleine montagne avec l'un de mes camarades. Outre le danger inhérent à la montagne par mauvais temps, nous ressentions des impressions fortes à l'idée du contexte général de la région à ce moment. Devant nous, une masse sombre apparaît, nous marquons l'arrêt puis nous approchons. Il s'agit d'une stèle à la mémoire de randonneurs morts de froid après s'être égarés dans le mauvais temps. Cet accident remontait à plusieurs années avant le début de la guerre.
Depuis mon observatoire, j'ai aussi assisté à la destruction totale de la station de ski olympique par les Serbes. En effet, lorsqu'ils se sont retirés de cette zone, afin d'être sûrs que les Bosniaques n'utiliseraient pas les installations, ils ont tout dynamité. Par un bel après-midi, j'ai vu les pylônes des remontées mécaniques plier sous les charges d'explosif. Le feu d'artifice a duré un certain temps, avec en bouquet le dynamitage avec une très forte charge de bunkers qui se trouvaient à quelques mille cinq cents mètres de ma position. Des blocs énormes ont été projetés et un immense panache de fumée s'est élevé tel un geyser. L'onde de choc forte a sérieusement secoué notre bâtiment. Ce soir-là, tout autour dans un ciel clair il n'y avait que désolation et incendies. En contrebas un très bel ensemble hôtelier finissait de se consumer dans la nuit qui s'installait.
Bien que souvent isolé sur mon piton, je savais que très vite l'actualité pouvait me propulser au premier plan, au travers d'une déclaration à des reporters français mais aussi serbes. Il m'est arrivé à ce titre une expérience très intéressante et pleine d'enseignements. Ce jour-là, nous étions assez nombreux au sommet de la montagne, mon équipe, six en comptant le spécialiste du renseignement, un petit détachement de la Légion pour assurer notre sécurité et un détachement de parachutistes qui effectuait une mission spécifique. En tout, nous étions une bonne vingtaine. Un nuage de poussière tout en bas de notre montagne attire mon attention. Un véhicule monte. Lorsque j'arrive à le discerner clairement, je constate qu'il s'agit d'une voiture civile non blindée et non tout terrain, donc ce ne sont pas les journalistes habituels, reconnaissables à leur 4x4 aux vitres blindées. Immédiatement j'interroge le spécialiste du renseignement, qui me dit reconnaître ce véhicule. Il s'agit d'une équipe de télévision serbe venant de Belgrade. Qu'est-ce que cela signifie ? Le chemin est long pour arriver jusqu'à nous le long de ce chemin très caillouteux. Nous avons tout le temps de nous perdre en interrogations. Enfin la voilà cette voiture qui débouche sur l'esplanade devant notre bâtiment. Il s'agit d'une petite auto à la silhouette carrée, bien dans la tradition des véhicules des pays de l'est. En sortent deux journalistes, une femme et un homme à l'aspect assez miteux. Ils ne sont pas armés, donc pas considérés comme hostiles. Leur hostilité résidant cependant dans leur caméra. En effet, ne faisant pas confiance aux journalistes français, il est encore moins question de faire confiance à une équipe serbe, qui vient probablement sur instruction. Je demande à chacun de ne pas communiquer avec les nouveaux arrivants. Ayant enlevé mes différents attributs de grade, de nom et surtout d'appartenance à l'armée de l'air, je les laisse s'approcher. Une fois au contact, j'engage la conversation, et je ne juge pas utile de les empêcher de filmer, dans la mesure où nous ne leur parlons pas, afin d'éviter toute tentative de manipulation. Rapidement ils ne semblent plus motivés pour nous filmer, je pense les avoir découragés. Alors le spécialiste du renseignement attire mon attention sur le nouveau nuage de poussière qui vient à notre rencontre. Très vite les véhicules sont identifiés. Il s'agit de l'un des généraux de l'armée serbe de Bosnie accompagné de certains de ses adjoints. Les véhicules s'arrêtent à proximité de celui des journalistes. Le général et l'un de ses subordonnés descendent du premier ainsi que quelques officiers du second. Les journalistes se sont mis en position pour filmer. Je n'ai aucun mandat pour recevoir qui que ce soit de l'un des camps belligérants. Je me tiens donc en retrait, montrant très clairement que je n'ai pas l'intention d'accueillir cette délégation même si à sa tête se trouve un général. Ce dernier juge vite la situation et entreprend de faire le tour de la position. N'étant pas menaçant, ses adjoints non plus, je ne juge pas utile de leur en interdire l'accès. Cependant je les fais suivre par un légionnaire d'origine yougoslave, lui demandant de se tenir à la distance nécessaire et suffisante pour écouter ce qui se dit. La conversation entre ces officiers serbes est édifiante. En gros le général dit : les Français sont là mais n'en n'ont rien à foutre. Ensuite il revient se camper au milieu du terre-plein et attend que l'un d'entre nous vienne à son contact. J'interdis à quiconque de bouger. Alors le journaliste serbe s'approche et me dit que le général désirerait me parler. Ayant pris précédemment les précautions nécessaires afin que les caractéristiques de mon uniforme ne puissent être utilisées à des fins de propagande proserbe, je m'approche. Le général me tend la main, j'en fais de même. Et commence un grand serrage de mains à la mode communiste sous l'œil de la caméra. Je n'apprécie pas et me mets à tourner, pour perturber la prise de vue. Mon interlocuteur me pose un certain nombre de questions que j'élude et il me fait constater que je suis particulièrement prudent. A l'une d'entre elles je réponds que les montagnes de son pays sont très jolies et que j'apprécie d'avoir à m'y trouver. Il regarde les siens un peu interloqué et sourit. Je ne me sens pas particulièrement à l'aise, d'autant plus que le journaliste essaie de me coller le micro sous le nez. Je parle donc le moins distinctement possible tout en tournant, et la langue anglaise se prête bien à la non-articulation. Nous sommes donc tous à tourner sur ce terre-plein au sommet d'une montagne. Même si cela n'a pas duré très longtemps, j'ai eu l'impression d'une éternité. En effet, mes interlocuteurs sont aguerris beaucoup plus que je ne le suis à l'art de la manipulation et de la désinformation, donc je me sens dans cet entretien en position de vulnérabilité. Le général voyant toute l'hostilité passive que je manifeste à son encontre n'insiste pas trop. Il me dit au-revoir et repart avec ses adjoints. La voiture des journalistes les suit dans la foulée. Je ne pense pas qu'ils puissent exploiter les images qu'ils viennent de faire. Cette visite me semble étrange et surréaliste.
Nous sommes vraiment dans une situation bizarre au milieu de belligérants qui peuvent investir notre position dans la mesure où ils ne sont pas hostiles, mais auxquels nous nous opposerons s'ils sont armés. Alors que je me perds depuis une heure en conjectures sur la signification réelle de cette visite, l'un des parachutistes attire mon attention sur un groupe d'hommes à pied qui monte la pente raide qui conduit à notre position. Nous identifions tout de suite un groupe de combat d'une dizaine de soldats serbes, cette fois armés. Immédiatement je réunis les légionnaires et les parachutistes et les fais se positionner face à la menace. Les intrus constatent que nous réagissons mais continuent leur progression. À ma droite les légionnaires à ma gauche les parachutistes, échelonnés le long de la crête. Les armes sont clairement mises en position de tir. Ils montent toujours. Par contre ils ne lèvent pas leurs armes. J'y suis particulièrement attentif, car s'ils ont ordre d'attaquer il est fort probable que la première balle sera pour moi. La tension monte très clairement. Le lieutenant commandant le détachement de parachutistes positionné à quelques mètres de moi, tenant son pistolet mitrailleur prêt, m'interroge d'un regard insistant et n'attend qu'un signe de ma part pour tirer dans le tas. Pas de panique, mais ça ne va pas tarder à urger! Ils continuent de monter. Même s'ils ne sont pas directement menaçants, il n'est pas question de les laisser arriver avec leurs armes. Ils ne sont plus qu'à deux cents mètres. Les deux chefs de détachements légion et parachutiste guettent la moindre de mes réactions. J'ai clairement conscience de la décision rapide et lourde de conséquences, que je peux être amené à prendre à la moindre évolution de la situation. Les Serbes sentent que cela ne va pas tarder à dégénérer. Nous avons l'avantage de la hauteur, ce qui psychologiquement est confortable. Alors je vois le chef de groupe de combat serbe poser son arme, tous ses hommes en font de même, mais ils continuent de monter. Pour moi, cela est différent par rapport à mes directives. Je demande aux militaires français tout en restant extrêmement vigilants de ne plus les viser directement. Les Serbes arrivent à notre contact. Ils nous demandent de l'eau. Nous leur en offrons. Nous échangeons quelques paroles en restant les uns et les autres sur nos gardes, faisant attention à tout geste mal interprété, car après ces minutes de grosse tension, il faut revenir au calme psychologique. Puis ils repartent par où ils étaient arrivés. Au passage ils récupèrent leurs armes et disparaissent au bas de la montagne. De toute évidence, leur général les a envoyés pour nous tester. Je ne sais pas à quelle réaction il s'attendait. Par contre, je sais qu'il aurait suffi d'un détail, un petit incident, par exemple un soldat serbe qui trébuche en levant malencontreusement son arme de façon menaçante, et que j'interprète comme un déclenchement d'offensive pour que je fasse tirer sur le groupe.
À la fin de ma mission de quatre mois, la passation de consignes à mon successeur m'a une fois de plus amené à vivre une situation chargée en adrénaline. En effet, alors que je le conduisais sur les différents sites environnant Sarajevo à partir desquels nous guidions les avions, il se montra très curieux concernant l'un d'eux. Il s'agissait d'un point haut sur l'une des collines dominant la ville. Sur le mouvement de terrain en face de nous se trouvait une ligne de canons serbes. Afin de les faire désigner aux avions de combat, nous prenions comme point de repère initial une usine dans la vallée sous nos pieds. Cette usine nous ne la voyions pas du fait d'une rupture de pente. Cependant, je savais précisément où elle se situait et j'en connaissais les caractéristiques, car l'aéronavale française m'avait fait parvenir des photos de qualité. Mais mon camarade ne voulant se satisfaire des photos, il me demanda donc que nous allions voir de nos propres yeux cette fameuse usine. Pour ce faire, il fallait passer une petite ligne de crête à partir de laquelle la vue était plongeante sur le fond de la vallée. Je lui dis que cette manœuvre je ne l'avais jamais faite, elle était inutile et de plus fort dangereuse, car considérée à coup sûr comme une provocation par les Serbes. Nous nous dirigeons à pied vers ce lieu, alors que je m'efforce de le convaincre de la stupidité de ce que nous sommes en train d'accomplir. Au moment de passer cette fameuse ligne de crête, un sifflement strident et violent se fait entendre. L'air autour de nous est comme déchiré par une vibration puissante. Nous réalisons immédiatement que nous avons été la cible d'un tir direct. L'obus à pleine vitesse a dû passer dans un rayon d'une dizaine de mètres, mais heureusement un peu au-dessus. Du fait de notre position dominante il a franchi la colline et s'est écrasé loin derrière. Là j'ai dit à mon camarade que je refuse de continuer et je fais demi-tour, il me suit. Un deuxième obus s’abat à une centaine de mètres dans le jardin potager d'une villa en contrebas. Nous nous mettons à courir vers notre véhicule blindé. Une fois que nous sommes à l'intérieur, un troisième obus éclate à proximité et nous recevons quelques pierres projetées par le souffle de la déflagration. De toute évidence les Serbes nous ont fait passer un message, quant aux limites à ne pas dépasser. Je l'ai bien senti depuis quelques mois que je travaille dans ce secteur, qu'il y a un code de comportement non écrit mais bien établi entre eux et nous. S'ils avaient voulu nous tuer je pense que le premier coup aurait été le bon. Cependant plus j'y pense et plus je me dis que ce premier obus est passé très, très près. La moindre erreur de tir de leur part et nous le recevions directement et nous étions transformés en poussière. Ce sont là des expériences uniques, qui lorsque vous les avez vécues, vous marquent pour votre vie. Face à des décisions lourdes de conséquences que l'on peut être amené à prendre, je constate que je ne me pose plus de questions annexes. Toute la réflexion, que chaque militaire a dû avoir en amont concernant le métier des armes, permet de réagir sans état d'âme mais en gardant en tête les principes de démocratie et d'importance de la vie humaine.
Voilà ce que j'ai vécu dans cette ville et ses environs durant quatre mois de l'année 1994. C'est avec beaucoup d'intérêt et une curiosité exacerbée que j'y reviens en mai 2008, au cours d'un périple à travers les Balkans.
Mon arrivée se fait par une route à forte circulation, alors que je connaissais ce pays au travers d'un trafic inexistant hormis les véhicules militaires de la coalition de l'ONU. Donc tout surpris je rentre dans une ville qui n'a plus rien à voir avec celle où j'avais vécu. Très rapidement j'arrive au carrefour où durant quatre mois j'avais connu cette carcasse de tramway tordue et rouillée. Je suis impressionné par l'activité de la ville. Les façades des immeubles gardent les traces de la guerre. Comme il est étrange de voir cette foule dans ces rues dont je garde le souvenir d'un lieu désert, où seules les déflagrations perturbaient le silence pesant. Ce qui me frappe tout de suite une fois de plus, c'est cette foule de constructions escaladant les collines, mélange de maisons de quartiers, de mosquées et de cimetières. Ces derniers ne sont pas cachés par de grands murs afin de les soustraire à la vue. Bien au contraire ces véritables forêts de stèles blanches éclatantes, surgissent un peu partout au gré des reliefs qui enserrent la ville, par groupes plus ou moins importants. Au cours de mon séjour précédent, cette cité, je ne l'avais pas perçue de cette façon, sans doute accaparé à guider des avions à partir de mon blindé.
Après renseignement je vais loger chez l'habitant à mi-chemin du sommet d'une colline, où je me rendais fréquemment pour accomplir ma mission. Lorsque je parle au propriétaire de cet endroit que j'avais fréquenté pendant le siège, je le sens un peu gêné. Il me dira au fil de la conversation qu'à cette époque il était réfugié en Suisse. Il n'a pas à se sentir gêné. En effet, qu'aurait-il bien pu apporter en restant ici durant cette période de terreur ? Le quartier est superbe, constitué de petites rues en pente, délimitées par des maisons très balkaniques, un étage maximum, bien propres, badigeonnées à la chaux. De temps à autre une mosquée aux dimensions réduites, avec un minaret noir en bois dépasse au-dessus des toits. Que ce quartier est esthétique ! Sur une fenêtre deux chats sont langoureusement étalés, l'un d'eux est d'une blancheur immaculée et l'absence de contraste sur le mur blanc est étonnante. Sans délimitation aucune on passe de la rue à l'un des multiples cimetières. Les stèles funéraires relèvent plus de monuments historiques que des froides demeures de défunts que l'on rencontre chez nous. En s'y promenant on ressent tout le poids de l'histoire récente et dramatique, mais aussi et surtout de l'histoire ancienne et multiple, chrétienne et principalement ottomane. Le syncrétisme est palpable dans ce mélange de cultures. Ce qui est étonnant c'est qu'une guerre ait pu éclater. Pourquoi des peuples qui ont de tels points de convergence peuvent arriver à se battre. Des origines différentes qui subsistent malgré le temps et qui resurgissent sous le poids des évolutions géostratégiques, sous la pression de systèmes idéologiques du passé. Des chefs à l'esprit obtus, exacerbent les peurs par rapport à l'autre et tout éclate ? Cette différence culturelle entre orthodoxes, catholiques et musulmans, je l'ai connue en Albanie. Mais les situations ne peuvent se comparer. Dans ce petit pays, quelles que soient les origines religieuses, le voisin n'est pas ressenti comme une menace, même si on s'en moque parfois. Sans doute est-ce là tout le côté néfaste d'un politicien, qui de par son formatage idéologique, entretient des barrières entre les différents groupes, alors que son prédécesseur avait maintenu l'union, certes d'une main de fer. Sans doute est-ce facile de dire ce que je dis, la réalité de la relation humaine étant complexe. Peut-être les groupes d'origine différente ne sont pas vraiment solubles entre eux? Adieu les belles illusions de citoyen du monde, image idyllique que nos démocraties colportent de façon un peu hypocrite. Dans notre pays, la France la fraction ethnique est une réalité qui semble devenir de plus en plus visible. On comprend d'autant mieux, alors que nous sommes un pays encore prospère qui se veut démocratique, pays des droits de l'homme, que dans un pays pauvre régi par des règles sorties du communisme stalinien, les explosions entre groupes soient inévitables. Ces clivages qui montent les hommes les uns contre les autres, n'empêchent pas qu'individuellement ces mêmes hommes soient accueillants et très sensibles, c'est tout le paradoxe de la race humaine.
En tout cas je ne suis pas très optimiste pour le devenir de la Bosnie et de Sarajevo en particulier. Ce que j'y ai vu en 2008 n'est pas très rassurant. J'ai ressenti que si en apparence les frontières n'existaient plus, les différents groupes les situaient toujours avec précision. Si nous, Occidentaux, nous pouvons passer dans les différentes zones de Bosnie, les autochtones semblent beaucoup plus cantonnés par secteur. Par exemple il n'est pas possible de faire le tour de l'aéroport de Sarajevo en bus. De façon inexplicable à première vue, il s'arrête à un endroit et ne va pas plus loin. Cela semble correspondre aux limites de la zone de front que j'ai connue il y a plus de vingt ans.
Ayant donc utilisé le bus jusqu'à son terminus je continue mon tour à pied et je tombe sur le fameux tunnel, dont à l'époque nous ne savions pas s'il s'agissait d'un mythe ou d'une réalité. Que d'émotion cela me procure d'y pénétrer. Ce tunnel permettait aux Bosniaques de rejoindre la ville de Sarajevo en passant sous l'aéroport, car tous les accès terrestres étaient tenus par les Serbes, ou maintenus sous leur menace. De son point d'entrée sous terre je distingue très nettement le bâtiment de l'aéroport dans lequel j'avais été logé au cours de mon dernier mois de présence. Me revient à l'esprit mon installation dans la pièce qui m'avait été attribuée avec mon équipe. La fenêtre détruite ne protégeait pas la pièce des intempéries, mais surtout des tirs éventuels de snipers bien identifiés à proximité. Donc très humblement nous avions mis des sacs de sable dans le trou béant de la fenêtre, laissant un petit espace latéral afin que la lumière entre. Aucun sniper ne nous a jamais tiré dessus. Par contre je n'ai jamais cherché à les narguer. S'il avait été question de les détruire, alors il y aurait eu le choix entre un tir de blindé ou un passage d'avion, mais ce n'était pas à l'ordre du jour. Cependant mon successeur, sans doute plus joueur, s'est amusé à attirer l'attention d'un sniper. De ce fait de temps à autre, il se rappelait à son bon souvenir en lui tirant une balle dans la pièce, rien que pour le « fun ». Je suis content de ne pas avoir goûté ce genre de plaisir !
En regardant les vastes espaces dégagés de cet aérodrome, me reviennent en mémoire les soirées, où alors incorporé dans un régiment de légion je prenais des tours d'officier de service, dont la mission principale la nuit était de suivre la fameuse mission dite de « crossing ». Il s'agissait de gérer le flux de Bosniaques qui traversait en surface la zone de l'aéroport contrôlée par la force internationale. Tous ne pouvant pas emprunter le tunnel, le passage à l'air libre se faisait sous les yeux des Serbes qui avaient une vue directe sur la scène, car ils tenaient les deux extrémités de la piste. Or en vertu d'un accord international, la force militaire de l'ONU avait la responsabilité d'interdire aux Bosniaques de traverser en ce lieu. Il en résultait une situation ubuesque. Les Serbes nous menaçaient de tirer dans le tas si nous n'empêchions pas les Bosniaques de passer. Avec des véhicules blindés coordonnés de la tour de contrôle à l'aide d'intensificateurs de lumière infrarouge nous surveillions les passages. Avec nos blindés nous interceptions les personnes en train de traverser et les ramenions à leur point de départ. Dans une même nuit il n'était pas rare de ramener plusieurs fois la même personne. Et la population essayant de traverser était très diverse, ça allait de la jeune fille en mini-jupe au paysan qui traversait avec sa vache. Bien évidemment cette dernière il n'était pas question de la faire monter dans le blindé, on l'accrochait donc à l'extérieur. Tout ce ballet était observé par les Serbes qui parfois nous appelaient au téléphone pour nous dire d'être plus efficaces, en nous menaçant d'ouvrir le feu au canon si nous n'obtempérions pas. Me trouver là en bordure du terrain d'aviation avec tous ces souvenirs qui me reviennent à l'esprit est très émouvant. Prendre les transports en commun le long de « sniper allée » que cela me semble étonnant. Cette avenue est longue, je n'en avais plus un tel souvenir. Une ville déserte se traverse effectivement plus facilement qu'une ville noyée dans un trafic important. Des grappes humaines dans ces bus, cela prouve que la vie a repris malgré les problèmes qui subsistent. La visite du musée national, qui délimitait quasiment la ligne de front est aussi un moment unique. L'un de ses conservateurs qui y est demeuré tout au long de la guerre, vous montre la position de la ligne de front, qui passait pratiquement dans le petit bout de pelouse attenant au bâtiment.
Je pénètre dans l'enceinte de l'université. Une partie des bâtiments est abandonnée, étant trop endommagée et les réparations tardent. Ce qui est frappant, ce sont ces murs criblés de balles. Ces scènes je les ai aussi beaucoup vues en Croatie, autre pays dévasté par cette guerre de désagrégation de la Yougoslavie. Mais lorsque l'on regarde les façades de nombre de nos cathédrales on y voit les mêmes traces, souvenirs des conflits passés. Une fois dans les bâtiments occupés, un cerbère femme à l'allure peu sympathique me demande ce que je fais en ce lieu. Je lui réponds que je cherche la bibliothèque, qu'elle m'indique. Cela me permet de continuer à me promener pour m'imprégner de l'ambiance de cette université. Beaucoup d'étudiants y circulent l'air empressé, mais il m'est difficile de me faire une idée de l'activité réelle qui y est menée. Nombreux sont ceux qui parlent au moins un peu l'anglais, me semble-t-il.
Cette ville de Sarajevo la nuit est magnifique. Y manger dans un petit restaurant du centre, attablé sur la terrasse en pleine rue piétonne, au milieu d'une foule dense qui déambule, permet de bien prendre le pouls de la population. Beaucoup de jeunes, moins cependant que dans la ville de Prisren, capitale historique du Kosovo, que j'ai traversée la semaine précédente. Un pourcentage non négligeable de jeunes femmes sont voilées. Mais contrairement à ce que l'on voit généralement, ces voilages sont multicolores de tissu de belle qualité et moulants sur tout le corps. Ce que je pensais être le but du voilage, cacher les formes féminines, a ici l'effet inverse et révèle toute la grâce et l'esthétique de la passante. Que faut-il y comprendre ?
Le soir après ce bain de foule agréable, dans cette zone bien éclairée, que j'avais connue lugubre et déserte durant de longues nuits, je remonte à ma chambre. Il fait bon. La ville vue de haut est une véritable splendeur. Les collines environnantes enserrent de leurs lumières plongeantes cette cité qui s'étire en longueur. Une multitude de mosquées pointent leurs minarets couronnés d'ampoules. Je longe un grand cimetière aux stèles centenaires, elles débordent de l'autre côté de la rue qui le délimite, en colonisant quelques plates-bandes. On dirait qu’elles ont décidé d’aller se promener en prenant quelque liberté. Toutes ces pierres blanches érigées de facture ottomane, aux formes arrondies et pleines d'harmonie, reflètent la lumière environnante. Il règne en ce lieu une grande quiétude et cette atmosphère prend aux tripes. De telles rencontres faites au hasard vous tombent dessus par surprise et brutalement déclenchent une émotion très forte. Dans ces instants, l'émoi qui monte et vous envahit, procure une forme de béatitude que l'on aimerait garder en soi longtemps. Il me faut m'engager ensuite dans une petite rue en pente raide, pleine de pénombre. Au détour d'un mur, une mosquée au minaret de bois noir luit faiblement, tel un fanal sombre. Cette ville de nuit m'a bouleversé.
Ces deux passages séparés par 15 ans dans Sarajevo m'ont inspiré les quelques pages précédentes. Cette ville dans laquelle des événements capitaux pour l'Europe se sont déroulés au cours de toutes les époques de notre histoire, en particulier l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand héritier du trône d'Autriche par un jeune Serbe le 28 juin 1914, lieu permanent d'affrontement de civilisations et de religions, revêt à mes yeux une grande importance. Elle représente la ville balkanique dans toute sa splendeur et sa complexité historique. Avoir assisté, et participé à mon niveau, à l'un de ses épisodes historiques, l'un sans doute des plus dramatiques, me laisse une impression forte et des images indélébiles. La simple évocation de ce nom, Sarajevo, réveille en moi le souvenir d'une période passée, vécue avec intensité. Cette saison en Bosnie est probablement à l'origine de cette passion balkanique que j'éprouve fortement et que j'ai cultivée à travers d'autres pays, en particulier l'Albanie. D'ailleurs le jour où je changerai de véhicule, nécessairement j'aurai droit à une plaque avec nouvelle immatriculation qui laisse le choix du département. Et si j'en ai la possibilité à la place du 69 dans le coin inférieur droit j'aimerais mettre un aigle albanais, symbole balkanique par excellence, qui transcende les frontières de plusieurs pays.
Frémissement touristique à Madagascar
Cet article ce matin http://www.rfi.fr/afrique/20170104-reportage-touristes-toujours-plus-nombreux-madagascar
Plus 15% en 2016 et plus 22% dans les parcs nationaux (ce qui montre qu'il y a bien une hausse du tourisme et pas seulement des arrivées à Mada en cumulant tous les types de voyageurs). A 280 000 personnes, c est toujours très très modeste. Mais cela va plutot dans le bon sens alors tant mieux.
Cela marque probablement que la stabilité politique et un petit mieux économique portent qq fruits avec par exemple une insécurité (et particulièrement les crimes violents vis à vis des vahiny) qui a diminué par rapport à 2015 où la situation était fort détériorée. Aussi de la comm positive qui provient des évènements qui ont eu lieu à Mada cette année et qui ont été plutot salués comme bien organisés comme la francophonie.
Bien entendu, ce n est pas rose, tout n est pas réglé, il reste de l'insécurité, le meurtre de Ste Marie l'a montré et la consultation de la presse le démontre aussi.
Mais bon, un petit mieux dans une période où il est plutot de bon ton d'insister sur ce qui ne va pas (à Mada ou ailleurs d'ailleurs), il ne faut pas se priver.
Plus 15% en 2016 et plus 22% dans les parcs nationaux (ce qui montre qu'il y a bien une hausse du tourisme et pas seulement des arrivées à Mada en cumulant tous les types de voyageurs). A 280 000 personnes, c est toujours très très modeste. Mais cela va plutot dans le bon sens alors tant mieux.
Cela marque probablement que la stabilité politique et un petit mieux économique portent qq fruits avec par exemple une insécurité (et particulièrement les crimes violents vis à vis des vahiny) qui a diminué par rapport à 2015 où la situation était fort détériorée. Aussi de la comm positive qui provient des évènements qui ont eu lieu à Mada cette année et qui ont été plutot salués comme bien organisés comme la francophonie.
Bien entendu, ce n est pas rose, tout n est pas réglé, il reste de l'insécurité, le meurtre de Ste Marie l'a montré et la consultation de la presse le démontre aussi.
Mais bon, un petit mieux dans une période où il est plutot de bon ton d'insister sur ce qui ne va pas (à Mada ou ailleurs d'ailleurs), il ne faut pas se priver.
Trois semaines en Corée
Bonjour à toutes et à tous. Je vais ici commencer mon carnet de voyage en Corée du sud, où nous avons passé, moi, ma femme Magali et notre fille Romane, nos vacances d'été 2016. De bien belles vacances encore une fois. Ceci n'engage que moi, vous vous en douterez.
Comme les années précédentes, les préparatifs ont débutés tôt dans l'année et quand nous arrivons sur place, tout les hébergements sont déjà réservés ainsi que la location de voiture que nous utiliserons durant près de deux semaine.
Pourquoi avons nous choisis la Corée du sud ? Et bien pour commencer, parce que l'Asie exerce sur moi une attirance magnétique. Et nous sommes tombés dernièrement dans le piège de "la vague coréenne", de ses dramas, son cinéma, sa pop joyeuse et acidulée et de tout le dynamisme qu'il leur a fallu déployer depuis 50 ans pour sortir du cycle infernal de la pauvreté et se hisser parmi les premiers pays développés au monde. Pour toutes ces raisons et surement d'autres, nous avons choisis cette belle destination.
Une fois les billets d'avion achetés, nous ne pouvons plus faire demi-tour et les locations d'hébergements s’égrènent dans les mois qui suivent. Nous finirons avec cinq points de chute inégalement répartis sur le territoire, comme vous pourrez le constater sur la capture d'écran que j'ai réalisé. Pour nous rendre de l'un à l'autre nous utiliserons la voiture de location. Le trajet a vaguement la forme d'un "8".
Comme les années précédentes, les préparatifs ont débutés tôt dans l'année et quand nous arrivons sur place, tout les hébergements sont déjà réservés ainsi que la location de voiture que nous utiliserons durant près de deux semaine.
Pourquoi avons nous choisis la Corée du sud ? Et bien pour commencer, parce que l'Asie exerce sur moi une attirance magnétique. Et nous sommes tombés dernièrement dans le piège de "la vague coréenne", de ses dramas, son cinéma, sa pop joyeuse et acidulée et de tout le dynamisme qu'il leur a fallu déployer depuis 50 ans pour sortir du cycle infernal de la pauvreté et se hisser parmi les premiers pays développés au monde. Pour toutes ces raisons et surement d'autres, nous avons choisis cette belle destination.
Une fois les billets d'avion achetés, nous ne pouvons plus faire demi-tour et les locations d'hébergements s’égrènent dans les mois qui suivent. Nous finirons avec cinq points de chute inégalement répartis sur le territoire, comme vous pourrez le constater sur la capture d'écran que j'ai réalisé. Pour nous rendre de l'un à l'autre nous utiliserons la voiture de location. Le trajet a vaguement la forme d'un "8".

Retour des lacs italiens: des centaines de réfugiés à Come (juillet 2016)
Bonjour,
j'ai voyagé au nord de l'Italie dans la région des lacs italiens. j'ai eu mon train de Milan pour Come qui avait 50 minutes de retard. Arrivé à Come, je devais prendre un bus pour Menaggio, j'ai raté la correspondance et dû attendre 1h30 à la gare de Come. il y a énormément de réfugiés qui sont autour de la gare. je pensais que c'était seulement à Calais. selon les dires des italiens, la Suisse a fermé sa frontière, du coup, lorsque les réfugiés sont pris en Suisse, ils sont renvoyés dans le premier pays ou ils ont mis pied à terre en l'occurence l'Italie. donc retour à l'expéditeur.
voilà, j'ai été assez surpris surtout que c'était le soir lorsque je suis arrivé à la gare.
un journal anglais consacre un article:
http://www.dailymail.co.uk/news/article-3689928/We-don-t-want-refugees-George-Clooney-s-super-rich-Lake-Como-neighbours-say-Italian-idyll-RUINED-migrants-doorstep-Switzerland-closes-border.html
3 semaines en Ukraine (Kiev, Lviv, Odessa)
J'entame ce carnet pour un voyage de 3 semaines en Ukraine, entre Kiev, Lviv, et Odessa. Notre but, comme souvent, n'est pas de courir un marathon touristique mais de prendre notre temps, nous imprégner de l'atmosphère d'une ville, flâner, se poser, etc.
Je ne détaillerai peut-être pas chaque journée si ça va faire beaucoup 😛
EDIT : vous pouvez retrouver le résumé de mes aventures, plus de photos et infos pratiques sur mon blog www.lasourisglobe-trotteuse.eu/ukraine/
Nous sommes partis jeudi, depuis Roissy avec la compagnie Ukraine International Airlines. À savoir qu'il est impossible d'imprimer sa carte d'embarquement lorsqu'on part de Paris, nous avons donc du poireauter 45 mn au comptoir alors que nous n'enregistrions pas de bagage. Le couac est surtout venu après, au contrôle des passeports... deux fois que je fais du non-Schengen à Roissy et deux fois que c'est la merde ! Juste deux personnes pour contrôler, une longe file d'attente, ça n'avance pas... En Europe il n'y a que là que j'ai vu ça. Du coup la moitié de l'avion se retrouve bloquée dans la queue, l'avion est sympa et nous attend, nous partirons donc avec 40 mn de retard et pas mal de gens stressés pour leur correspondance. Beaucoup d'étrangers qui trouvaient ça inadmissibles, je suis d'accord avec eux et en tant que Français j'avais honte 😕 Petite parenthèse, on va critiquer Ryanair et Beauvais mais en deux ans d'utilisation régulière des deux je n'ai jamais eu un merdier pareil ! On peut imprimer sa carte d'embarquement et donc s'éviter de poireauter encore au comptoir, et la gestion des contrôles aux frontières est mieux foutue à Beauvais. Fin de la parenthèse.
À bord pas de repas inclus il faut payer, un peu abusé vu le prix du billet (il s'agit de la compagnie nationale et pas de low-cost) mais heureusement ce n'est pas cher. Rien à dire de plus, le vol se passe bien. Ce ne sont pas les prestations d'Air France mais peu importe, on arrive à bon port. on passe assez rapidement l'immigration.
Je précise que le taux de change à l'aéroport est très avantageux, plus qu'en ville en fait ! Vous pouvez donc sans souci changer vos euros (ou autres).
Nous prenons le bus pour la gare centrale. Expérience typique, il s'agit d'un assez vieux tacot qui va très lentement (nous ne saurons pas à combien, le compteur kilométrique ne fonctionnant pas !) On met environ 1h pour arriver, les banlieues de Kiev sont vraiment moches mais c'est le cas de toutes les grandes villes, celles de Paris ne sont pas folichonnes non plus (je précise car souvent cette image des banlieues soviétiques choque les gens).
La gare n'est pas en plein centre, notre hôte Airbnb nous appelle une voiture type Uber, on teste la conduite locale (on respecte pas les feux, on double n'importe comment, on va super vite...) et on arrive à bon port.
Il est déjà presque 22h heure locale ! On ressort manger dans un resto géorgien repéré en arrivant, vraiment délicieux, on aime bien ce type de cuisine !
Hier vu la chaleur que nous supportons mal nous ne sommes pas sortis tôt... nous étions aussi fatigués car la veille nous avons fait une quasi nuit blanche (toujours du stress avant de partir en voyage et surtout de Roissy). Après un repas dans un "bar à lait" (petite cantine vraiment pas chère et plats faits maison) nous allons nous balader tranquillement en ville, en passant d'abord par le marché couvert de Bessarabie, puis par l'avenue principale Khreschatik (ça s'écrit et se prononce plus simplement en cyrillique 😛) et les rues derrière, vers la "maison des chimères" à la décoration particulière. Partout des kiosques vendent boissons fraîches, cafés, glaces...





Nous ferons plus tard une pause dans un café sympa, pour gouter aux limonades maison et à la bière locale (dur de trouver des limonades maison en France...).
Nous reprenons la flânerie pour aller voir la Porte d'Or, dans un style très byzantin, avant d'aller voir le très bel opéra et d'acheter des places pour dimanche, et nous dirigeons vers les MAGNIFIQUES églises Sainte-Sophie, la plus ancienne, et Saint-Michel-aux-toits-d'or, en fait un superbe monastère ! Nous ne les visiterons pas aujourd'hui mais ça fait longtemps que je rêvais de les voir et même si ça fait bête je me suis sentie envahie d'une certaine émotion !




Nous redescendons ensuite la descente Saint-André, le "Montmartre local", où on peut aussi admirer la superbe église baroque Saint-André (de l'architecte italien Rastrelli), malheureusement en partie en travaux (là aussi j'en rêvais donc un peu déçue des échafaudages mais en fait on voyait plutôt bien de loin). L'endroit est vraiment sympa et vivant !


Plus bas nous arrivons sur une grande place où se tient un concert ou du moins une animation musicale. Nous prenons un verre dans un "café-bus" (ancien bus aménagé en café) vraiment très sympa !



Puis nous retournons manger dans l'espèce de bar à lait (c'est une mini chaine) avant de se balader tranquillement pour rejoindre le métro.
Mon avis sur la ville : et bien c'est vraiment très sympa et joli ! Je ne m'attendais pas à aimer autant en fait, l'hyper-centre est vraiment pas mal, avec de très beaux bâtiments, des statues en fonte un peu originales qui jalonnent le parcours, il y a de grands axes mais derrière c'est souvent tranquille. Les gens ne font pas la gueule contrairement aux clichés ! Les églises sont magnifiques et rien que pour ça, ça vaut le déplacement ! Il faut savoir que Kiev est la capitale historique du monde orthodoxe russe, la Rus' de Kiev, et que bon nombre de Russes viennent voir ses églises.
Il y a justement peu de touristes (après la Croatie, on respire !) et d'un côté c'est dommage que ce pays ne soit pas plus connu, car il y a vraiment des merveilles à découvrir !
La vie sur place n'est vraiment pas chère ! Pour les petits budgets le bar à lait c'est très bien, on en a eu pour 4€ à deux ! (sans manger énormément il est vrai, mais ça vous donne une idée).
Nous alternerons avec des endroits plus chers (tout étant relatif, nous ne dînerons pas au resto pour oligarques).
Je ne détaillerai peut-être pas chaque journée si ça va faire beaucoup 😛
EDIT : vous pouvez retrouver le résumé de mes aventures, plus de photos et infos pratiques sur mon blog www.lasourisglobe-trotteuse.eu/ukraine/
Nous sommes partis jeudi, depuis Roissy avec la compagnie Ukraine International Airlines. À savoir qu'il est impossible d'imprimer sa carte d'embarquement lorsqu'on part de Paris, nous avons donc du poireauter 45 mn au comptoir alors que nous n'enregistrions pas de bagage. Le couac est surtout venu après, au contrôle des passeports... deux fois que je fais du non-Schengen à Roissy et deux fois que c'est la merde ! Juste deux personnes pour contrôler, une longe file d'attente, ça n'avance pas... En Europe il n'y a que là que j'ai vu ça. Du coup la moitié de l'avion se retrouve bloquée dans la queue, l'avion est sympa et nous attend, nous partirons donc avec 40 mn de retard et pas mal de gens stressés pour leur correspondance. Beaucoup d'étrangers qui trouvaient ça inadmissibles, je suis d'accord avec eux et en tant que Français j'avais honte 😕 Petite parenthèse, on va critiquer Ryanair et Beauvais mais en deux ans d'utilisation régulière des deux je n'ai jamais eu un merdier pareil ! On peut imprimer sa carte d'embarquement et donc s'éviter de poireauter encore au comptoir, et la gestion des contrôles aux frontières est mieux foutue à Beauvais. Fin de la parenthèse.
À bord pas de repas inclus il faut payer, un peu abusé vu le prix du billet (il s'agit de la compagnie nationale et pas de low-cost) mais heureusement ce n'est pas cher. Rien à dire de plus, le vol se passe bien. Ce ne sont pas les prestations d'Air France mais peu importe, on arrive à bon port. on passe assez rapidement l'immigration.
Je précise que le taux de change à l'aéroport est très avantageux, plus qu'en ville en fait ! Vous pouvez donc sans souci changer vos euros (ou autres).
Nous prenons le bus pour la gare centrale. Expérience typique, il s'agit d'un assez vieux tacot qui va très lentement (nous ne saurons pas à combien, le compteur kilométrique ne fonctionnant pas !) On met environ 1h pour arriver, les banlieues de Kiev sont vraiment moches mais c'est le cas de toutes les grandes villes, celles de Paris ne sont pas folichonnes non plus (je précise car souvent cette image des banlieues soviétiques choque les gens).
La gare n'est pas en plein centre, notre hôte Airbnb nous appelle une voiture type Uber, on teste la conduite locale (on respecte pas les feux, on double n'importe comment, on va super vite...) et on arrive à bon port.
Il est déjà presque 22h heure locale ! On ressort manger dans un resto géorgien repéré en arrivant, vraiment délicieux, on aime bien ce type de cuisine !
Hier vu la chaleur que nous supportons mal nous ne sommes pas sortis tôt... nous étions aussi fatigués car la veille nous avons fait une quasi nuit blanche (toujours du stress avant de partir en voyage et surtout de Roissy). Après un repas dans un "bar à lait" (petite cantine vraiment pas chère et plats faits maison) nous allons nous balader tranquillement en ville, en passant d'abord par le marché couvert de Bessarabie, puis par l'avenue principale Khreschatik (ça s'écrit et se prononce plus simplement en cyrillique 😛) et les rues derrière, vers la "maison des chimères" à la décoration particulière. Partout des kiosques vendent boissons fraîches, cafés, glaces...





Nous ferons plus tard une pause dans un café sympa, pour gouter aux limonades maison et à la bière locale (dur de trouver des limonades maison en France...).
Nous reprenons la flânerie pour aller voir la Porte d'Or, dans un style très byzantin, avant d'aller voir le très bel opéra et d'acheter des places pour dimanche, et nous dirigeons vers les MAGNIFIQUES églises Sainte-Sophie, la plus ancienne, et Saint-Michel-aux-toits-d'or, en fait un superbe monastère ! Nous ne les visiterons pas aujourd'hui mais ça fait longtemps que je rêvais de les voir et même si ça fait bête je me suis sentie envahie d'une certaine émotion !




Nous redescendons ensuite la descente Saint-André, le "Montmartre local", où on peut aussi admirer la superbe église baroque Saint-André (de l'architecte italien Rastrelli), malheureusement en partie en travaux (là aussi j'en rêvais donc un peu déçue des échafaudages mais en fait on voyait plutôt bien de loin). L'endroit est vraiment sympa et vivant !


Plus bas nous arrivons sur une grande place où se tient un concert ou du moins une animation musicale. Nous prenons un verre dans un "café-bus" (ancien bus aménagé en café) vraiment très sympa !



Puis nous retournons manger dans l'espèce de bar à lait (c'est une mini chaine) avant de se balader tranquillement pour rejoindre le métro.
Mon avis sur la ville : et bien c'est vraiment très sympa et joli ! Je ne m'attendais pas à aimer autant en fait, l'hyper-centre est vraiment pas mal, avec de très beaux bâtiments, des statues en fonte un peu originales qui jalonnent le parcours, il y a de grands axes mais derrière c'est souvent tranquille. Les gens ne font pas la gueule contrairement aux clichés ! Les églises sont magnifiques et rien que pour ça, ça vaut le déplacement ! Il faut savoir que Kiev est la capitale historique du monde orthodoxe russe, la Rus' de Kiev, et que bon nombre de Russes viennent voir ses églises.
Il y a justement peu de touristes (après la Croatie, on respire !) et d'un côté c'est dommage que ce pays ne soit pas plus connu, car il y a vraiment des merveilles à découvrir !
La vie sur place n'est vraiment pas chère ! Pour les petits budgets le bar à lait c'est très bien, on en a eu pour 4€ à deux ! (sans manger énormément il est vrai, mais ça vous donne une idée).
Nous alternerons avec des endroits plus chers (tout étant relatif, nous ne dînerons pas au resto pour oligarques).
Road trip de la "grosse pomme" au Mont Rushmore et autres
arrivés dimanche 22 au soir après 2 très courtes nuit le jet lag nous assome à 16h
lundi matin 7H30 départ pour le brooklyn bridge avec en 1 ère agression la douce odeur des voitures puis les cyclistes électrifiés escaladant le pont en sprint et en danseuses et les runners que les simples touristes dérangent
des touristes il y en a: les jeunes mariés chinois
et leurs parents selfistes

ont ils eux aussi attachés des cadenas pur sceller leur amour ?
et dans 3 ans viendront ils les décrocher ?
sinon vue agréable

l agitation de manhattan nous inquiète nous retournons au boboland de brooklyn direction the mosaic house

sur les fenêtres des voisins des affiches pour bernie sanders
nous repartons direction bushwick entre morgan et jefferson changement de lieu changement de decor

croisement knickerbookers troutman c est vivant et tranquille avec même un bistrot français

nous picqueniquons au parc marie thésère c est le grand calme ça joue au basket ça courre ça promène les toutous on coin de paradis

nous remonter troutman direction jefferson street où s est créé le bushwick collective tous les murs sont peints

le streetart règne en maitre
madame a du prendre 150 photos
6 heures de marche en plein soleil nous sommes cassés retour à l hotel douche sieste et relevés 18h30 pour les Brooklyn heights

croisés 50 personnes dont 20 français !!!

pluie du soir désespoir nous rentrons nous coucher
lundi matin 7H30 départ pour le brooklyn bridge avec en 1 ère agression la douce odeur des voitures puis les cyclistes électrifiés escaladant le pont en sprint et en danseuses et les runners que les simples touristes dérangent
des touristes il y en a: les jeunes mariés chinois
et leurs parents selfistes
ont ils eux aussi attachés des cadenas pur sceller leur amour ?
et dans 3 ans viendront ils les décrocher ?sinon vue agréable

l agitation de manhattan nous inquiète nous retournons au boboland de brooklyn direction the mosaic house

sur les fenêtres des voisins des affiches pour bernie sanders
nous repartons direction bushwick entre morgan et jefferson changement de lieu changement de decor

croisement knickerbookers troutman c est vivant et tranquille avec même un bistrot français

nous picqueniquons au parc marie thésère c est le grand calme ça joue au basket ça courre ça promène les toutous on coin de paradis

nous remonter troutman direction jefferson street où s est créé le bushwick collective tous les murs sont peints

le streetart règne en maitre
madame a du prendre 150 photos6 heures de marche en plein soleil nous sommes cassés retour à l hotel douche sieste et relevés 18h30 pour les Brooklyn heights

croisés 50 personnes dont 20 français !!!

pluie du soir désespoir nous rentrons nous coucher
Cash ou carte bancaire aux États-Unis?
Bonjour a tous , on part pour notre road trip le 24 mai dans l'ouest americain pour 15 jours , et on est en train de se demander combien de cash on doit emporter la bas .
En fait , pour qu'on ai une idée de ce que l'on doit emporter , on voudrait savoir ce que l'on peut payer en carte bancaire ( hôtels , station services , resto ect .. ) et le montant des frais si on paye en carte bancaire.
Est-ce que vous pouvez nous rappeller un peu le fonctionnement pour les pourboires : par exemple , au resto, si c'est mieux de payer en carte avec le pourboire inclus ou tout payer en cash ?
Dans l'ouest americain , est-ce qu'on trouve facilement des distributeurs de billets ?
Pour mettre l'essence , est-ce qu'il est préferable de payer en cash ? Si oui , faut-il aller payer avant ?
Puis il nous du cash pour faire des courses aussi ( bouteilles d'eau ect.... )
Merci a tous d'avance 😉
Est-ce que vous pouvez nous rappeller un peu le fonctionnement pour les pourboires : par exemple , au resto, si c'est mieux de payer en carte avec le pourboire inclus ou tout payer en cash ?
Dans l'ouest americain , est-ce qu'on trouve facilement des distributeurs de billets ?
Pour mettre l'essence , est-ce qu'il est préferable de payer en cash ? Si oui , faut-il aller payer avant ?
Puis il nous du cash pour faire des courses aussi ( bouteilles d'eau ect.... )
Merci a tous d'avance 😉
Quel pays choisir entre Australie et Amérique Centrale?
Bonjour à tous les voyageurs. Je suis un lycéen de 17 ans ayant la chance de pouvoir partir un an dans le pays de mon choix. Je dois donc établir une liste des 5 pays dans lesquels je préférerais vivre, et mon choix est pour l'instant orienté sur l'Amérique du sud pour sa culture, plus précisément l'Uruguay ou peut être l'Argentine. Seulement je ne connais pas très bien chaques pays et malgré une longue documentation je n'ai pas trouvé de personnes jugeant les pays sur les mêmes critères que moi, à savoir que comme je serais logé, nourrit et au lycée le coût de la vie n'est pas ce qui déterminera ma décision. J'en viens donc à vous demander : quel serait selon vous les pays avec une culture riche et intéressante ? Où il fait bon-vivre (et assez chaud) ? Quels sont les pays qui bougent le plus ?
Je parle ici d'Amérique du sud mais je suis ouvert à toutes propositions ( les échanges avec la Chine, le Paraguay, la Nouvelle-Zelande sont impossibles)
IMPORTANT: Je ne peux pas choisir la destination à l'intérieur du pays, je sais simplement que je serais dans une famille relativement aisée.
En attente d'une réponse.
Léo
Nouveau Costa club et sondage
bonjour
je viens de recevoir un sondage de COSTA pour me demander tout le bien que je pensais du nouveau COSTA CLUB
Je vous incite a prendre 5mn et à répondre aussi a ce sondage
Ce nouveau COSTA CLUB est scandaleux pour les clients fiedeles depuis de nombreuses années... 😠😠😠
Votre état d'esprit au quotidien et dans votre vie après votre / vos voyages (ce que ça a changé)
Salut chers amis voyageurs.
Alors voilà la question que je vous pose car j'ai également envie de savoir comment vous vivez la chose. Quel est votre état d'esprits, vos pensées, mentalités... après avoir voyagé, que ce soit de 1 semaine ou 3 ans l'opinion de chacun a son intérêt.
Personnelement quand je suis rentré de voyage (7 mois en tout dont 6 mois en Nouvelle Zélande) j'ai déjà été heureux de revoir mes proches, ça m'a fait tellement bizarre de revoir mon petit coin des landes... et le soir repartir se coucher dans sa chambre.... Personnelement y a eu le début ou j'ai vécu de bon moment comme de mauvais (quelques prises de tête avec certains amis), l'impression de vivre en décalé et la frustration que les gens ne peuvent comprendre ce que l'on a vécu (et subit 😏). Et puis il y a eu de bonnes choses, comme le fait que j'ai réussi à être pris à une formation ou il y avait 1 place pour 10, et à ce moment là ma nouvelle mentalité m'a beaucoup aidé. Au fur et à mesure je me suis tout de même remis dans le bain du train train quotidien à reprendra la routine, malgré tout ça peu parfois être agréable.
Dans mon état d'esprit ce voyage a pas mal changé qui je suis et aussi de comment je veux que ma vie soit. Je suis bien plus positif qu'avant et ai plus de volonté, je sais également que j'ai pour l'instant envie de profiter de ma jeunesse pour continuer à voyager entre 2 boulots et justement faire en sorte que ça puisse se faire.
Par contre il y a des moments ou j'ai de gros coups de blues du voyage, il y a des moments où je me refais des scène de mon voyage et où j'ai beaucoup de nostalgie...
Il y tout de même un point noir dans tout ça, c'est que parfois je me pose encore beaucoup de question sur ma vie et je me sens perdu... Parfois des choix compliqué à faire quand on a envie de combiner une vie professionnel et une vie de voyage et de passion.
Mais malgré quelques petits problèmes j'ai vraiment l'impression que voyager m'a ouvert des portes, certaines choses que je n'imaginais qu'en rêve m'ont l'air à porter de main même si ce n'est pas simple à acquérir.
Voilà, maintenant c'est à vous de raconter vos pensées de voyageurs :)
Alors voilà la question que je vous pose car j'ai également envie de savoir comment vous vivez la chose. Quel est votre état d'esprits, vos pensées, mentalités... après avoir voyagé, que ce soit de 1 semaine ou 3 ans l'opinion de chacun a son intérêt.
Personnelement quand je suis rentré de voyage (7 mois en tout dont 6 mois en Nouvelle Zélande) j'ai déjà été heureux de revoir mes proches, ça m'a fait tellement bizarre de revoir mon petit coin des landes... et le soir repartir se coucher dans sa chambre.... Personnelement y a eu le début ou j'ai vécu de bon moment comme de mauvais (quelques prises de tête avec certains amis), l'impression de vivre en décalé et la frustration que les gens ne peuvent comprendre ce que l'on a vécu (et subit 😏). Et puis il y a eu de bonnes choses, comme le fait que j'ai réussi à être pris à une formation ou il y avait 1 place pour 10, et à ce moment là ma nouvelle mentalité m'a beaucoup aidé. Au fur et à mesure je me suis tout de même remis dans le bain du train train quotidien à reprendra la routine, malgré tout ça peu parfois être agréable.
Dans mon état d'esprit ce voyage a pas mal changé qui je suis et aussi de comment je veux que ma vie soit. Je suis bien plus positif qu'avant et ai plus de volonté, je sais également que j'ai pour l'instant envie de profiter de ma jeunesse pour continuer à voyager entre 2 boulots et justement faire en sorte que ça puisse se faire.
Par contre il y a des moments ou j'ai de gros coups de blues du voyage, il y a des moments où je me refais des scène de mon voyage et où j'ai beaucoup de nostalgie...
Il y tout de même un point noir dans tout ça, c'est que parfois je me pose encore beaucoup de question sur ma vie et je me sens perdu... Parfois des choix compliqué à faire quand on a envie de combiner une vie professionnel et une vie de voyage et de passion.
Mais malgré quelques petits problèmes j'ai vraiment l'impression que voyager m'a ouvert des portes, certaines choses que je n'imaginais qu'en rêve m'ont l'air à porter de main même si ce n'est pas simple à acquérir.
Voilà, maintenant c'est à vous de raconter vos pensées de voyageurs :)
Deux amoureux aux USA...
Bonjour à tous,
Je m'appelle Laurie, j'ai 26 ans, je suis en couple avec Flo et pour nos 5 ans d'amour, nous souhaiterions réaliser THE voyage, le rêve ultime, les States!!! J'ai organisé l'année dernière un circuit de 9 jours en Europe mais là, c'est un peu plus compliqué niveau organisation!
Je souhaiterais donc soumettre à vos yeux avertis notre planning pour 15 jours en octobre 2016, sur la côte ouest des USA:
05/10 : PARIS - LOS ANGELES Ce jour, rien de prévu de particulier, on récupère les bagages, la voiture de loc, on prend possession de la chambre d'hôtel.
06/10 : VISITE DE LOS ANGELES (ville) Visite de la ville et tout ce que vous connaissez (Hollywood, walk of fame...)
07/10 : LOS ANGELES (plage et studio) J'aimerais prendre la matinée pour aller voir les plages célèbres aux alentours (Santa Barbara, Malibu - a priori, ça ne vaut pas le coup de s'y attarder plus que ça, comparé à toutes les merveilles à voir je veux dire!). L'après-midi, j'aimerai aller voir les studios, si ça rentre dans le budget... sinon, ce sera shopping :)
08/10 : LOS ANGELES - ARRET CALICO - NUIT A LAUGHLIN Calico serait plus une ville étape, un arrêt de quelques heures le temps de visiter et de manger et de repartir vers Laughlin... devrait-on pousser jusqu'aux abords du Grand Canyon???
09/10 : LAUGHLIN - VISITE GRAND CANYON - PAGE Départ le matin vers le Grand Canyon (3 heures de route), on visite le Grand Canyon dans la journée (survol en hélicoptère si le budget le permet) et en fin de journée, dodo autour de Page.
10/10 : ANTELOPE CANYON - LAC POWELL - PAGE Départ le matin vers Antelope Canyon (2 à 3 heures de visite), puis après-midi, visite du Lac Powell (petite croisière ou canoë ce serait top si le budget suit toujours...) Glen Canyon et Horseshoe bend et retour à Page pour dormir.
11/10 : MONUMENT VALLEY - CANYONLAND Départ le matin vers Monument Valley (4/5 heures suffisent pour voir l'essentiel?) puis en début ou en milieu d'après-midi, visite ou seulement arrêt photo pour Canyonland? Nuit autour de Canyonland. Faut-il scinder cette journée en deux?
12/10 : ARCHES - BRYCE CANYON Départ le matin vers le parc Arches et l'après-midi Bryce Canyon. Nuit autour de Bryce Canyon Faut-il scinder cette journée en deux?
13/10 : ZION - LAS VEGAS Départ le matin vers le parc Zion, et route vers Las Vegas. Nuit à Las Vegas.
14/10 : LAS VEGAS - VALLEE DU FEU - LAS VEGAS Découverte de la vallée du feu le matin et après-midi et nuit à Las Vegas
15/10 : LAS VEGAS - VALLEE DE LA MORT - FRESNO Mauvaise surprise ici, j'espérais enchainer la vallée de la mort avec Mammoth Lake et Yosémite, mais pas de route qui les relie. Du coup, on redescend sur Fresno après avoir vu la vallée de la mort, le détour vers le Lac vaut certainement le coup mais rallonge la route déjà longue de cette journée.
16/10: YOSEMITE Départ de Fresno le matin direction Yosemite, et nuit à l'extérieur du parc (Mariposa) car la nuit dans le parc est hors de prix
17/10 : YOSEMITE Départ de Mariposa le matin, visite du parc Yosemite et retour à Mariposa le soir
18/10 : SAN FRANCISCO (la ville) On part de Mariposa le matin, direction San Francisco pour une après-midi découverte de la ville. On nous a conseillé de rendre la voiture de loc à notre arrivée dans la ville et de poursuivre avec les transports en commun ou à pied.
19/10 : SAN FRANCISCO (la ville + alcatraz) Découverte de la ville le matin et Alcatraz l'après-midi si le budget le permet.
20/10 : SAN FRANCISCO - PARIS Pour des raisons budgétaires, nous repartons un jeudi (vol moins cher et une nuit d'hôtel en moins). Perso, je serai bien restée une journée de plus mais mon loulou me dit qu'il n'a pas encore planté d'arbre à sous!
Que pensez-vous de ce premier jet? Cela vous parait-il raisonnable (heure de route vs heure de visite)? Des étapes à écourter selon vous, ou à rallonger?
Pour le budget, nous aimerions être autour de 2000 EUR par personne, est-ce réalisable? Ci-dessous, une première estimation: - Logement : 1200 EUR (souvent des motels, pas dans les parcs directement) - Vol : nous en avions vu à 1300 EUR A/R mais à l'époque, nous n'étions qu'au commencement et nous n'avons pas acheté. Aujourd'hui, on tourne autour de 1600 EUR A/R, on espère que ça puisse rebaisser. - Location voiture: autour de 400 EUR. Mon loulou avait flashé sur une Mustang, mais on tombe à 500 EUR... à voir. Et on compte +/- 300 EUR d'essence. - Entrées parcs: on prendra certainement le pass annuel à 80 USD + autres entrées à payer qui ne sont pas comprises dans le pass (+/- 200 EUR) - Passeport + ESTA : 200 EUR pour nous deux
- Budget extra qu'on peut se construire jusqu'en octobre : on essaye d'économiser +/- 1000 EUR pour les repas et pour les extras (souvenirs, hélico GC, croisière Lac Powell...).
Je reste pour l'instant large dans mes explications et si mon parcours vous parait correct, j'entrerai dans les détails (choix des hôtels, visite...)
Merci d'avance à tous de m'avoir lu et pour vos réponses avisées :)
Lau & Flo
Je m'appelle Laurie, j'ai 26 ans, je suis en couple avec Flo et pour nos 5 ans d'amour, nous souhaiterions réaliser THE voyage, le rêve ultime, les States!!! J'ai organisé l'année dernière un circuit de 9 jours en Europe mais là, c'est un peu plus compliqué niveau organisation!
Je souhaiterais donc soumettre à vos yeux avertis notre planning pour 15 jours en octobre 2016, sur la côte ouest des USA:
05/10 : PARIS - LOS ANGELES Ce jour, rien de prévu de particulier, on récupère les bagages, la voiture de loc, on prend possession de la chambre d'hôtel.
06/10 : VISITE DE LOS ANGELES (ville) Visite de la ville et tout ce que vous connaissez (Hollywood, walk of fame...)
07/10 : LOS ANGELES (plage et studio) J'aimerais prendre la matinée pour aller voir les plages célèbres aux alentours (Santa Barbara, Malibu - a priori, ça ne vaut pas le coup de s'y attarder plus que ça, comparé à toutes les merveilles à voir je veux dire!). L'après-midi, j'aimerai aller voir les studios, si ça rentre dans le budget... sinon, ce sera shopping :)
08/10 : LOS ANGELES - ARRET CALICO - NUIT A LAUGHLIN Calico serait plus une ville étape, un arrêt de quelques heures le temps de visiter et de manger et de repartir vers Laughlin... devrait-on pousser jusqu'aux abords du Grand Canyon???
09/10 : LAUGHLIN - VISITE GRAND CANYON - PAGE Départ le matin vers le Grand Canyon (3 heures de route), on visite le Grand Canyon dans la journée (survol en hélicoptère si le budget le permet) et en fin de journée, dodo autour de Page.
10/10 : ANTELOPE CANYON - LAC POWELL - PAGE Départ le matin vers Antelope Canyon (2 à 3 heures de visite), puis après-midi, visite du Lac Powell (petite croisière ou canoë ce serait top si le budget suit toujours...) Glen Canyon et Horseshoe bend et retour à Page pour dormir.
11/10 : MONUMENT VALLEY - CANYONLAND Départ le matin vers Monument Valley (4/5 heures suffisent pour voir l'essentiel?) puis en début ou en milieu d'après-midi, visite ou seulement arrêt photo pour Canyonland? Nuit autour de Canyonland. Faut-il scinder cette journée en deux?
12/10 : ARCHES - BRYCE CANYON Départ le matin vers le parc Arches et l'après-midi Bryce Canyon. Nuit autour de Bryce Canyon Faut-il scinder cette journée en deux?
13/10 : ZION - LAS VEGAS Départ le matin vers le parc Zion, et route vers Las Vegas. Nuit à Las Vegas.
14/10 : LAS VEGAS - VALLEE DU FEU - LAS VEGAS Découverte de la vallée du feu le matin et après-midi et nuit à Las Vegas
15/10 : LAS VEGAS - VALLEE DE LA MORT - FRESNO Mauvaise surprise ici, j'espérais enchainer la vallée de la mort avec Mammoth Lake et Yosémite, mais pas de route qui les relie. Du coup, on redescend sur Fresno après avoir vu la vallée de la mort, le détour vers le Lac vaut certainement le coup mais rallonge la route déjà longue de cette journée.
16/10: YOSEMITE Départ de Fresno le matin direction Yosemite, et nuit à l'extérieur du parc (Mariposa) car la nuit dans le parc est hors de prix
17/10 : YOSEMITE Départ de Mariposa le matin, visite du parc Yosemite et retour à Mariposa le soir
18/10 : SAN FRANCISCO (la ville) On part de Mariposa le matin, direction San Francisco pour une après-midi découverte de la ville. On nous a conseillé de rendre la voiture de loc à notre arrivée dans la ville et de poursuivre avec les transports en commun ou à pied.
19/10 : SAN FRANCISCO (la ville + alcatraz) Découverte de la ville le matin et Alcatraz l'après-midi si le budget le permet.
20/10 : SAN FRANCISCO - PARIS Pour des raisons budgétaires, nous repartons un jeudi (vol moins cher et une nuit d'hôtel en moins). Perso, je serai bien restée une journée de plus mais mon loulou me dit qu'il n'a pas encore planté d'arbre à sous!
Que pensez-vous de ce premier jet? Cela vous parait-il raisonnable (heure de route vs heure de visite)? Des étapes à écourter selon vous, ou à rallonger?
Pour le budget, nous aimerions être autour de 2000 EUR par personne, est-ce réalisable? Ci-dessous, une première estimation: - Logement : 1200 EUR (souvent des motels, pas dans les parcs directement) - Vol : nous en avions vu à 1300 EUR A/R mais à l'époque, nous n'étions qu'au commencement et nous n'avons pas acheté. Aujourd'hui, on tourne autour de 1600 EUR A/R, on espère que ça puisse rebaisser. - Location voiture: autour de 400 EUR. Mon loulou avait flashé sur une Mustang, mais on tombe à 500 EUR... à voir. Et on compte +/- 300 EUR d'essence. - Entrées parcs: on prendra certainement le pass annuel à 80 USD + autres entrées à payer qui ne sont pas comprises dans le pass (+/- 200 EUR) - Passeport + ESTA : 200 EUR pour nous deux
- Budget extra qu'on peut se construire jusqu'en octobre : on essaye d'économiser +/- 1000 EUR pour les repas et pour les extras (souvenirs, hélico GC, croisière Lac Powell...).
Je reste pour l'instant large dans mes explications et si mon parcours vous parait correct, j'entrerai dans les détails (choix des hôtels, visite...)
Merci d'avance à tous de m'avoir lu et pour vos réponses avisées :)
Lau & Flo
2e, 3e, et 4e séjour à Rome, entre classiques et hors des sentiers battus (et petit budget)
Bonjour à tous !
Après la Sicile, nous avons effectué un séjour d'une semaine (6 jours plein) à Rome. Compte rendu de ce deuxième séjour à Rome en couple (j'y suis déjà allée avant avec l'école et les parents, mais ça commence à dater). Nous y avons passé 8 jours l'an dernier on on avait surtout fait les "classiques" (forum, Colisée, le centre, le Trastevere, pas mal d'églises aussi, le musée du forum de Trajan, mais pas pu rentrer dans Saint-Pierre-de-Rome car trop de monde donc on l'avait admiré de l'extérieur…)
Vous pouvez découvrir tous mes articles sur la ville éternelle sur mon blog (une vingtaine d'articles illustrés)
http://www.lasourisglobe-trotteuse.eu/rome/
Là le but était de compléter et de sortir un peu des sentiers battus. L'idée était surtout de balader un peu jusqu'à la tombée du jour (17h environ en cette saison, et n'étant pas des lève-tôt c'est vite arrivé) et de visiter des musées ensuite, mais pour être honnête Rome est une ville crevante et on était pas en forme alors après plusieurs heures de balade on n'était pas trop motivé à piétiner encore dans de grands musées (c'est ce qui nous crève le plus, piétiner, faire du sur place à lire des panneaux et admirer les œuvres).
Comme nous voyageons à petit budget, nous avons eu la chance de trouver un studio à 30€/nuit mais à ce prix là c'était bien sûr hors du centre... Pas trop problématique car il était relié au métro Vittorio Emanuele (quartier de Termini) en 15 minutes par un petit train avec passages fréquents (le seul hic c'est l'arrêt de la ligne à 22h50, un peu tôt si on veut profiter de sortir le soir, mais il y a le bus sinon, puis bus de nuit). Le studio c'est vraiment pour les Routard et les petits budgets, il s'agit plus d'une dépendance de maison converti en studio, très humide et salle de bain pas pratique (pas de bac ou rideau de douche) avec une fuite de l'arrivée d'eau (encore plus d'humidité...), mais bon c'était propre, calme, donc très bien pour dormir, car on allait pas à Rome pour passer du temps dans l'appart. On cherchait quelque chose de calme pour passer la nuit, et pas trop mal desservi en transports, donc mission accomplie.
Déjà les impressions globales, qui confirment celles de l'an dernier : ville bien sûr très belle et riche en patrimoine, avec plein de choses à voir, on ne sait plus où donner de la tête et il faudrait bien un moins pour tout voir (et encore, vu le nombre de musées...). Malheureusement le point de noir de la ville concerne les transports : deux pauvres lignes de métro pour 3 millions d'habitants (si on compare avec l'agglo de Barcelone, de taille équivalente, ça fait pleurer), qui ne passent même pas en plein centre, des trams lents qui ne passent pas non plus en plein centre, des bus bondés (mais fréquents, c'est au moins ça), difficile de trouver un plan des bus, aucun horaire affiché, pas de temps d'attente, dans le tram il y a des panneaux censés indiquer les arrêts mais ça ne marche jamais... bref, tout à revoir, et une vraie galère pour se déplacer ! Il en résulte une trop grosse circulation automobile, beaucoup de pollution... même les quartiers soi-disant piétons ne le sont pas vraiment, toujours une voiture ou un scooter pour vous souler alors que la rue fait 2m de large...
Si le centre est plutôt propre et entretenu, ce n'est pas toujours le cas des quartiers extérieurs que nous avons pu voir... tags très fréquents et poubelles qui débordent, notamment dans le quartier de San Lorenzo (même les journaux locaux en font les gros titres), quelques endroits glauques vers la gare de Termini. Mais bon globalement c'est une belle ville, même les quartiers extérieures respectent une unité architecturale et ne comportent pas trop d'horreurs en béton (bon on n'a pas été partout...)
Un peu déçus au niveau de la nourriture aussi. Avec la Sicile juste avant, impossible de pas comparer, on mange mieux là-bas 😛 Même en s'éloignant du centre touristique (où les restos à touristes nous faisaient pas envie) les cartes ne sont pas si variées que ça, poisson quasi inexistant, et dès qu'on sort des pâtes et des pizzas c'est cher... et bon vu notre appétit on n'avait pas envie de se ruiner. C'est personnel bien sûr, mais les quelques spécialités romaines ne nous faisaient pas envie (tripes et abats, non merci !). Bon au final là où on a le mieux mangé c'est dans la petite trattoria ne notre quartier 😉 Pour les petits budgets, on trouve les buffet aperitivi, formule boisson (cocktails et bières inclus) et buffet à volonté. On a trouvé entre 6 et 9€, ça soulage le porte-feuille et ça peut permettre de faire un meilleur repas le lendemain.
N'ayant pas internet dans le studio je n'ai pas pu poster un compte rendu chaque jours de nos visites, je le fais donc là et ce sera un peu long 😮 Articles et photos à venir sur mon blog...
............................................................................................................................................................
Samedi : départ d'Orly avec Easy jet à 17h35 (de mémoire), avion en retard, apparemment c'est fréquent... Arrivés à Fiumiccino, on traverse une partie de l'aéroport pour prendre un bus en direction de Termini. Moins cher que le train Leonardo Express (14€ pour 35 mn, le bus a mis le même temps, pour 5€... au retour il en mettra 45 car il était 18h, mais vu l'écart de prix, on préfère cette solution) Le bus laisse sur le côté de la gare et non devant. On a trouvé une petite Tavola calda pour prendre deux parts de pizzas, avant de prendre le petit train qui nous emmène à l'appart. En arrivant on voit un Carrefour Market ouvert 7j/7 et 24h/24h, et une Tavola calda avec les mêmes horaires. Pratique !
Dimanche : premier dimanche du mois, gratuité de nombreux sites et musées. On décide de faire le musée étrusque et la galerie nationale d'art moderne (art du XIXe et début XXe siècle) musées peu fréquentés des touristes mais qui nous intéressent. Ils sont tous deux situés dans la villa Borghese non loin l'un de l'autre. On se balade dans le parc avant et on passe 3h en tout dans les musées (jusqu'à la fermeture). On ressort complètement vanné avec mal au dos et aux jambes (aie pour un premier jour). Les musées sont en tout cas riches et intéressants et on est content de les avoir vus. On ne sait pas trop où aller ensuite pour dîner, on veut éviter le centre, trop touristique et sans intérêt pour manger, on cherche les endroits où sortent les romains. On prend le tram jusqu'au métro puis métro jusqu'au quartier Monti, pas loin de la gare Termini, réputé animé. On n'a pas très faim en fait, on finit dans une pizzeria, mais finalement pas mal de touristes aussi… c'est bon mais on a mangé mieux, notamment à Trapani en Sicile où j'avais mangé exactement la même pizza (gorgonzola speck). Le temps de manger finalement il n'y a plus de métro (il ferme à 22h30 jusqu'à la fin du mois…) et on n'a pas le temps de marcher pour récupérer le dernier train pour rentrer dans notre quartier. On ne sait pas où passent les autres bus (enfin, un seul) vu qu'on n'a pas de plan… on glande donc dans un bar en attendant l'heure du bus de nuit (minuit), et on se rend à pied jusqu'à la piazza Venezia d'où il part, en flânant sur la via dei Fori imperiali pour faire des photos de nuit, après avoir fait le tour du Colisée de nuit (l'an dernier on l'avait vu que de jour). On trouve donc assez tard en fait, on a mal aux pieds et on est crevé.
Lundi : On s'est concentré sur les quartiers de l'Esquilin, Vinimale et Quirinale. Arrivée sur la place Vittorio Emanuele, qui comme le Routard indique a perdu de son prestige pour rassembler des boutiques plutôt "bas de gamme" comme le reste du quartier (il en faut, moi-même je ne vais pas dans les boutiques de luxe). On retourne voir Santa Maria Maggiore, vue l'an dernier mais malgré le matraquage de photos rien ne vaut la réalité pour les églises ! On part ensuite voir Santa Pudenzia et sa belle mosaïque très ancienne. On se balade à pied, jusqu'aux Quatre Fontaines (ça rappelle les Quatro Canti de Palerme) et l'église qui va avec (j'avoue qu'on a tellement fait d'églises que là je me rappelle plus de tous les noms…). On descend voir le palais Barberini, fermé le lundi, mais on accède au petit jardin derrière, et le palais est vraiment beau. On descend jusqu'à la place du même nom pour voir la fontaine. Malheureusement la place n'est pas agréable à cause du flux de voitures… On remontre vers le Quirinale, on s'arrête dans un jardin, on veut voir l'église Saint André du Quirinale mais c'est fermé le lundi, aie ! On reste sur la place devant le palais du Quirinale et on admire le coucher de soleil. On redescend doucement vers la fontaine de Trévi qui doit être remise en service le lendemain. Plus d'échafaudage mais il n'y a pas encore l'eau. Il y a beaucoup de monde ! On est fatigué, j'ai besoin de faire une pause pipi, on se dirige vers un des rares McDo du centre parce que dans le coin il n'y a que des attrape-touristes et ça nous plait pas… La pause est bienvenue même si McDo c'est pas le top (toilettes qui donnent envie de vomir)… on comptait aller visiter le musée du Capitole mais le temps de se poser et d'y aller, c'est trop juste… et en fait on n'a pas la foi de piétiner encore dans un musée. On finit donc par une balade nocturne en se dirigeant piazza di Spagna en passant par une église où est enterré Poussin. On se retrouve entre au bord du Tibre non loin du mausolée d'Auguste. On voulait voir l'Ara Pacis (autel de la paix d'Auguste) mais la caisse ferme une heure avant… tant pis, on voit un peu de l'extérieur vu qu'il se trouve dans un bâtiment en verre. On visite les quelques églises du coin, dont San Girolamo Dei Croati avec de très belles fresques (mais il y avait la messe alors pas trop l'occasion de voir les détails), et San Rocco all'Augusteo et une située sur via del Corso (San Carlo al Corso), toute en dorure. Magnifique ! Après la piazza di Spagna et ses escaliers et église en travaux, on file directement manger dans un buffet à volonté (formule avec boisson, un cocktail dans notre cas) à 9€, où on avait déjà été l'an dernier. Cela nous suffit. Il est plus tôt que la vieille, ça nous permettra de rentrer sans louper le dernier métro et train…
Mardi : Avant de partir nous avions découvert l'existence du quartier Coppédé, se style Liberty (branche italienne de l'Art nouveau) et éclectique. Aimant beaucoup ce style, et souhaitant changer des immeubles classiques de Rome, nous voulions absolument voir ça ! Le quartier est situé à l'est de la villa Borghese, hors du centre donc. En fait c'est pas bien grand, c'est surtout la piazza Mincio et ce qui est autour, mais on a pris le soin d'admirer les détails et de faire plein de photos ! Direction ensuite vers la villa Torlonia un peu plus loin, agréable jardin où se trouvent trois pavillons ayant appartenu à Mussolini (entre autres) et qui se visitent, dont la Casina celle civette (maison des chouettes) de style Liberty et qui rappelle un peu ce qu'on trouve à Barcelone… et la superbe Casino Nobile, avec une très belle déco intérieure tout en fresque (on y a passé une heure). Après toutes ces visites on était crevé, on repart vers le boulevard principal du quartier, on s'arrête boire un coup et manger un petit truc, puis ensuite on reprend le tram 3 jusqu'au quartier étudiant de San Lorenzo pour tester une adresse de burgers "à l'italienne" notée dans le Routard. Bon, mais je m'attendais à ce que la sauce fromagère ait plus de gout. On fait un tour du quartier pour voir un peu et repérer quelques adresses de restos, c'est un quartier animé où sortent les jeunes romains, loin de attrape-touristes du centre…
Mercredi : On avait réservé pour la galerie Borghese. Avant de visiter, on repasser par piazza del Populo et Piazza di Spagna, les quelques rues autour notamment la fameuse via Margutta qu'on avait zappé l'an dernier, on va voir l'église de la Trinité des Monts et le palais Zuccari, avec sa porte et fenêtres grotesques, puis on se dirige vers la galerie Borghese, pas si près que ça… il faut retirer les billets 30 min avant, on stresse un peu, on trouverait ça plus logique de pouvoir imprimer directement ses billets et se présenter à l'heure dite… on les a, ouf ! Pendant la demi heure qu'il reste avant la visite, on va voir les jardins et on se pose au café de la galerie, finalement pas cher… et c'est parti pour 2h de visite merveilleuse à admirer les statues du Bernin, Canova, et les belles toiles de la Pinacothèque. D'ailleurs on avait lu que c'était limité à 30 min mais ce n'est plus le cas, du moins pas à ce moment là (en saison peut-être ?). 2h ce n'est quand même pas assez pour tout admirer en détail… On ressort, il fait bien nuit, on est fatigué, la fatigue se cumule sur les jours et mine de rien on marche pas mal… on repart récupéré le tram 3 avec une pause bière et on retourne à San Lorenzo, où on finit dans un bar proposant une formule buffet à volonté et boisson, pour 6€. On n'a pas très faim donc ça nous convient, on mange même plus qu'on ne l'aurait voulu vu que c'est à volonté…
Jeudi : Après un certain temps de transport on arrive vers le Vatican, on voudrait pouvoir visiter Saint-Pierre vu que l'an dernier il y avait trop de monde donc on n'a pas pu. Là on ne fait la queue que 10 min donc super ! On passe au moins 1h30 à l'intérieur à admirer tous les détails et faire plein de photos ! En ressortant il fait déjà sombre et on a déjà mal au pied de piétiner comme ça, mais on marchera encore des heures dans le centre, quartier qu'on a déjà vu l'an dernier mais on va dire qu'on avait envie de le revoir parce que c'est beau, tout simplement… et tant pis s'il fait nuit. On refait donc un parcours du Vatican à la piazza Navona (mal éclairée…). Là vient la galère, on a mal aux pieds, on aimerait s'asseoir et manger quelque chose de sucré, et pour moi faire une pause pipi, mais il n'y a que des attrape-touristes qui nous bottent pas du tout, aucun salon de thé sympa, ambiance vraiment trop touristique. Même impression que l'an dernier, beau quartier mais devenu plus musée à touristes qu'autre chose… on va quand même boire un cappuccino au café Sant'Eustacchio, réputé pour être un des meilleurs de la ville, et en effet c'était bon ! On le boit au comptoir par contre, ce qui ne nous repose pas les jambes ! On achète un paquet de café moulu à ramener pour tester un espresso chez nous ! On fait ensuite une "tournée" des églises (celles qu'on avait pas vues l'an dernier, c'est qu'il y en a plein…), on est fatigué, alors on finit par s'incruster à la messe juste pour se reposer assis, hum ! On repart ensuite voir la fontaine de Trévi enfin en eau (et plein de monde autour…) on admire un bon moment, puis on repart prendre bus et métro et train pour rentrer directement dans notre quartier tester la petite Trattoria d'à côté. Ce sera notre meilleur repas, je prendre des pâtes aux truffes et fruits de mer, juste excellent, pour 13€, je suis trop contente ! Excellent tiramisu aussi.
Vendredi : On prend le tram pour se rendre à la station "Piramide" vers le Testaccio, visiter le curieux "cimetière acatholique" où sont enterrés tous ceux qui ne sont pas catholiques, dont beaucoup d'anglais, notamment le poète John Keats, et allemands. Petite curiosité qu'on souhaitait voir, de même que la pyramide, qui abrite un mausolée (on ne pouvait pas rentrer). On va ensuite faire un tour du quartier Testaccio, avec sa curieuse colline d'amphores qui date de l'époque romaine. On fait une pause à Linari, la pâtisserie connue du quartier avec plein de bonnes choses ! Les prix n'ont vraiment rien à voir avec ceux du centre… le quartier vit plutôt la nuit mais il reste agréable, typiquement italien et pas touristique, on voit les romains, c'est appréciable. On reprend le tram jusqu'à la basilique San Clemente qu'on visite, on prend le temps de faire des photos même si c'est interdit ! (on trouve ce genre d'interdiction absurde…). On va voir pour visiter les souterrains, le Routard 2016 (hum) indique 5€, et bien c'est 10 !! Foutage de gueule, surtout que pas mal de guides expliquent ne pas trouver ça exceptionnel… pas mal d'inflation à Rome sur les sites touristiques…
On reprend un bus pour retourner voir San Giovanni in Laterano (Saint-Jean-de-Latran) un peu plus loin, située au milieu d'un horrible carrefour à bagnoles… On l'avait vue l'an dernier mais n'étant pas loin on voulait revoir… puis ensuite pour finir la journée, chose que je ne voulais pas rater : on retourne au salon de thé Pompi, le "roi du tiramisu" connu des romains, déjà testé, et approuvé, l'an dernier. Après un temps de pause on reprend le tram jusqu'à San Lorenzo pour tester un resto que j'avais repéré. Pour être honnête c'était bon mais on était un peu déçu des quantités et j'ai pris un plat normalement parfumé à la truffe, et ça ne se sentait pas du tout… On rentre et comme on a peur d'avoir faim dans la nuit on finit à la Tavola Calda du quartier prendre un part de pizza al taglio.
Samedi : Jour du départ, on est loin de l'aéroport, le train qu'on prend d'habitude est coupé, on stresse un peu… sachant qu'on va rentrer tard on décide quand même de faire un vrai repas, on retourne donc à la Trattoria de quartier prendre des pâtes all'amatricciana et carbonara (sans crème, ça c'est la version française…) et pour 7€ l'assiette c'est très bon ! On retourne chercher nos affaires et on part, sacs sur le dos (aie) en direction de la basilique San Lorenzo et son cimetière monumental. On n'a pas trop le temps de s'attarder (puis mon dos ne peut pas porter un sac bien longtemps…) on y passe 1h, c'est vraiment un endroit agréable (oui on aime bien flâner dans certains cimetières), on visite vite fait la basilique (pas exceptionnelle selon moi) avant de reprendre deux tram jusqu'à Termini puis le bus pour Fiumicino...
Après la Sicile, nous avons effectué un séjour d'une semaine (6 jours plein) à Rome. Compte rendu de ce deuxième séjour à Rome en couple (j'y suis déjà allée avant avec l'école et les parents, mais ça commence à dater). Nous y avons passé 8 jours l'an dernier on on avait surtout fait les "classiques" (forum, Colisée, le centre, le Trastevere, pas mal d'églises aussi, le musée du forum de Trajan, mais pas pu rentrer dans Saint-Pierre-de-Rome car trop de monde donc on l'avait admiré de l'extérieur…)
Vous pouvez découvrir tous mes articles sur la ville éternelle sur mon blog (une vingtaine d'articles illustrés)
http://www.lasourisglobe-trotteuse.eu/rome/
Là le but était de compléter et de sortir un peu des sentiers battus. L'idée était surtout de balader un peu jusqu'à la tombée du jour (17h environ en cette saison, et n'étant pas des lève-tôt c'est vite arrivé) et de visiter des musées ensuite, mais pour être honnête Rome est une ville crevante et on était pas en forme alors après plusieurs heures de balade on n'était pas trop motivé à piétiner encore dans de grands musées (c'est ce qui nous crève le plus, piétiner, faire du sur place à lire des panneaux et admirer les œuvres).
Comme nous voyageons à petit budget, nous avons eu la chance de trouver un studio à 30€/nuit mais à ce prix là c'était bien sûr hors du centre... Pas trop problématique car il était relié au métro Vittorio Emanuele (quartier de Termini) en 15 minutes par un petit train avec passages fréquents (le seul hic c'est l'arrêt de la ligne à 22h50, un peu tôt si on veut profiter de sortir le soir, mais il y a le bus sinon, puis bus de nuit). Le studio c'est vraiment pour les Routard et les petits budgets, il s'agit plus d'une dépendance de maison converti en studio, très humide et salle de bain pas pratique (pas de bac ou rideau de douche) avec une fuite de l'arrivée d'eau (encore plus d'humidité...), mais bon c'était propre, calme, donc très bien pour dormir, car on allait pas à Rome pour passer du temps dans l'appart. On cherchait quelque chose de calme pour passer la nuit, et pas trop mal desservi en transports, donc mission accomplie.
Déjà les impressions globales, qui confirment celles de l'an dernier : ville bien sûr très belle et riche en patrimoine, avec plein de choses à voir, on ne sait plus où donner de la tête et il faudrait bien un moins pour tout voir (et encore, vu le nombre de musées...). Malheureusement le point de noir de la ville concerne les transports : deux pauvres lignes de métro pour 3 millions d'habitants (si on compare avec l'agglo de Barcelone, de taille équivalente, ça fait pleurer), qui ne passent même pas en plein centre, des trams lents qui ne passent pas non plus en plein centre, des bus bondés (mais fréquents, c'est au moins ça), difficile de trouver un plan des bus, aucun horaire affiché, pas de temps d'attente, dans le tram il y a des panneaux censés indiquer les arrêts mais ça ne marche jamais... bref, tout à revoir, et une vraie galère pour se déplacer ! Il en résulte une trop grosse circulation automobile, beaucoup de pollution... même les quartiers soi-disant piétons ne le sont pas vraiment, toujours une voiture ou un scooter pour vous souler alors que la rue fait 2m de large...
Si le centre est plutôt propre et entretenu, ce n'est pas toujours le cas des quartiers extérieurs que nous avons pu voir... tags très fréquents et poubelles qui débordent, notamment dans le quartier de San Lorenzo (même les journaux locaux en font les gros titres), quelques endroits glauques vers la gare de Termini. Mais bon globalement c'est une belle ville, même les quartiers extérieures respectent une unité architecturale et ne comportent pas trop d'horreurs en béton (bon on n'a pas été partout...)
Un peu déçus au niveau de la nourriture aussi. Avec la Sicile juste avant, impossible de pas comparer, on mange mieux là-bas 😛 Même en s'éloignant du centre touristique (où les restos à touristes nous faisaient pas envie) les cartes ne sont pas si variées que ça, poisson quasi inexistant, et dès qu'on sort des pâtes et des pizzas c'est cher... et bon vu notre appétit on n'avait pas envie de se ruiner. C'est personnel bien sûr, mais les quelques spécialités romaines ne nous faisaient pas envie (tripes et abats, non merci !). Bon au final là où on a le mieux mangé c'est dans la petite trattoria ne notre quartier 😉 Pour les petits budgets, on trouve les buffet aperitivi, formule boisson (cocktails et bières inclus) et buffet à volonté. On a trouvé entre 6 et 9€, ça soulage le porte-feuille et ça peut permettre de faire un meilleur repas le lendemain.
N'ayant pas internet dans le studio je n'ai pas pu poster un compte rendu chaque jours de nos visites, je le fais donc là et ce sera un peu long 😮 Articles et photos à venir sur mon blog...
............................................................................................................................................................
Samedi : départ d'Orly avec Easy jet à 17h35 (de mémoire), avion en retard, apparemment c'est fréquent... Arrivés à Fiumiccino, on traverse une partie de l'aéroport pour prendre un bus en direction de Termini. Moins cher que le train Leonardo Express (14€ pour 35 mn, le bus a mis le même temps, pour 5€... au retour il en mettra 45 car il était 18h, mais vu l'écart de prix, on préfère cette solution) Le bus laisse sur le côté de la gare et non devant. On a trouvé une petite Tavola calda pour prendre deux parts de pizzas, avant de prendre le petit train qui nous emmène à l'appart. En arrivant on voit un Carrefour Market ouvert 7j/7 et 24h/24h, et une Tavola calda avec les mêmes horaires. Pratique !
Dimanche : premier dimanche du mois, gratuité de nombreux sites et musées. On décide de faire le musée étrusque et la galerie nationale d'art moderne (art du XIXe et début XXe siècle) musées peu fréquentés des touristes mais qui nous intéressent. Ils sont tous deux situés dans la villa Borghese non loin l'un de l'autre. On se balade dans le parc avant et on passe 3h en tout dans les musées (jusqu'à la fermeture). On ressort complètement vanné avec mal au dos et aux jambes (aie pour un premier jour). Les musées sont en tout cas riches et intéressants et on est content de les avoir vus. On ne sait pas trop où aller ensuite pour dîner, on veut éviter le centre, trop touristique et sans intérêt pour manger, on cherche les endroits où sortent les romains. On prend le tram jusqu'au métro puis métro jusqu'au quartier Monti, pas loin de la gare Termini, réputé animé. On n'a pas très faim en fait, on finit dans une pizzeria, mais finalement pas mal de touristes aussi… c'est bon mais on a mangé mieux, notamment à Trapani en Sicile où j'avais mangé exactement la même pizza (gorgonzola speck). Le temps de manger finalement il n'y a plus de métro (il ferme à 22h30 jusqu'à la fin du mois…) et on n'a pas le temps de marcher pour récupérer le dernier train pour rentrer dans notre quartier. On ne sait pas où passent les autres bus (enfin, un seul) vu qu'on n'a pas de plan… on glande donc dans un bar en attendant l'heure du bus de nuit (minuit), et on se rend à pied jusqu'à la piazza Venezia d'où il part, en flânant sur la via dei Fori imperiali pour faire des photos de nuit, après avoir fait le tour du Colisée de nuit (l'an dernier on l'avait vu que de jour). On trouve donc assez tard en fait, on a mal aux pieds et on est crevé.
Lundi : On s'est concentré sur les quartiers de l'Esquilin, Vinimale et Quirinale. Arrivée sur la place Vittorio Emanuele, qui comme le Routard indique a perdu de son prestige pour rassembler des boutiques plutôt "bas de gamme" comme le reste du quartier (il en faut, moi-même je ne vais pas dans les boutiques de luxe). On retourne voir Santa Maria Maggiore, vue l'an dernier mais malgré le matraquage de photos rien ne vaut la réalité pour les églises ! On part ensuite voir Santa Pudenzia et sa belle mosaïque très ancienne. On se balade à pied, jusqu'aux Quatre Fontaines (ça rappelle les Quatro Canti de Palerme) et l'église qui va avec (j'avoue qu'on a tellement fait d'églises que là je me rappelle plus de tous les noms…). On descend voir le palais Barberini, fermé le lundi, mais on accède au petit jardin derrière, et le palais est vraiment beau. On descend jusqu'à la place du même nom pour voir la fontaine. Malheureusement la place n'est pas agréable à cause du flux de voitures… On remontre vers le Quirinale, on s'arrête dans un jardin, on veut voir l'église Saint André du Quirinale mais c'est fermé le lundi, aie ! On reste sur la place devant le palais du Quirinale et on admire le coucher de soleil. On redescend doucement vers la fontaine de Trévi qui doit être remise en service le lendemain. Plus d'échafaudage mais il n'y a pas encore l'eau. Il y a beaucoup de monde ! On est fatigué, j'ai besoin de faire une pause pipi, on se dirige vers un des rares McDo du centre parce que dans le coin il n'y a que des attrape-touristes et ça nous plait pas… La pause est bienvenue même si McDo c'est pas le top (toilettes qui donnent envie de vomir)… on comptait aller visiter le musée du Capitole mais le temps de se poser et d'y aller, c'est trop juste… et en fait on n'a pas la foi de piétiner encore dans un musée. On finit donc par une balade nocturne en se dirigeant piazza di Spagna en passant par une église où est enterré Poussin. On se retrouve entre au bord du Tibre non loin du mausolée d'Auguste. On voulait voir l'Ara Pacis (autel de la paix d'Auguste) mais la caisse ferme une heure avant… tant pis, on voit un peu de l'extérieur vu qu'il se trouve dans un bâtiment en verre. On visite les quelques églises du coin, dont San Girolamo Dei Croati avec de très belles fresques (mais il y avait la messe alors pas trop l'occasion de voir les détails), et San Rocco all'Augusteo et une située sur via del Corso (San Carlo al Corso), toute en dorure. Magnifique ! Après la piazza di Spagna et ses escaliers et église en travaux, on file directement manger dans un buffet à volonté (formule avec boisson, un cocktail dans notre cas) à 9€, où on avait déjà été l'an dernier. Cela nous suffit. Il est plus tôt que la vieille, ça nous permettra de rentrer sans louper le dernier métro et train…
Mardi : Avant de partir nous avions découvert l'existence du quartier Coppédé, se style Liberty (branche italienne de l'Art nouveau) et éclectique. Aimant beaucoup ce style, et souhaitant changer des immeubles classiques de Rome, nous voulions absolument voir ça ! Le quartier est situé à l'est de la villa Borghese, hors du centre donc. En fait c'est pas bien grand, c'est surtout la piazza Mincio et ce qui est autour, mais on a pris le soin d'admirer les détails et de faire plein de photos ! Direction ensuite vers la villa Torlonia un peu plus loin, agréable jardin où se trouvent trois pavillons ayant appartenu à Mussolini (entre autres) et qui se visitent, dont la Casina celle civette (maison des chouettes) de style Liberty et qui rappelle un peu ce qu'on trouve à Barcelone… et la superbe Casino Nobile, avec une très belle déco intérieure tout en fresque (on y a passé une heure). Après toutes ces visites on était crevé, on repart vers le boulevard principal du quartier, on s'arrête boire un coup et manger un petit truc, puis ensuite on reprend le tram 3 jusqu'au quartier étudiant de San Lorenzo pour tester une adresse de burgers "à l'italienne" notée dans le Routard. Bon, mais je m'attendais à ce que la sauce fromagère ait plus de gout. On fait un tour du quartier pour voir un peu et repérer quelques adresses de restos, c'est un quartier animé où sortent les jeunes romains, loin de attrape-touristes du centre…
Mercredi : On avait réservé pour la galerie Borghese. Avant de visiter, on repasser par piazza del Populo et Piazza di Spagna, les quelques rues autour notamment la fameuse via Margutta qu'on avait zappé l'an dernier, on va voir l'église de la Trinité des Monts et le palais Zuccari, avec sa porte et fenêtres grotesques, puis on se dirige vers la galerie Borghese, pas si près que ça… il faut retirer les billets 30 min avant, on stresse un peu, on trouverait ça plus logique de pouvoir imprimer directement ses billets et se présenter à l'heure dite… on les a, ouf ! Pendant la demi heure qu'il reste avant la visite, on va voir les jardins et on se pose au café de la galerie, finalement pas cher… et c'est parti pour 2h de visite merveilleuse à admirer les statues du Bernin, Canova, et les belles toiles de la Pinacothèque. D'ailleurs on avait lu que c'était limité à 30 min mais ce n'est plus le cas, du moins pas à ce moment là (en saison peut-être ?). 2h ce n'est quand même pas assez pour tout admirer en détail… On ressort, il fait bien nuit, on est fatigué, la fatigue se cumule sur les jours et mine de rien on marche pas mal… on repart récupéré le tram 3 avec une pause bière et on retourne à San Lorenzo, où on finit dans un bar proposant une formule buffet à volonté et boisson, pour 6€. On n'a pas très faim donc ça nous convient, on mange même plus qu'on ne l'aurait voulu vu que c'est à volonté…
Jeudi : Après un certain temps de transport on arrive vers le Vatican, on voudrait pouvoir visiter Saint-Pierre vu que l'an dernier il y avait trop de monde donc on n'a pas pu. Là on ne fait la queue que 10 min donc super ! On passe au moins 1h30 à l'intérieur à admirer tous les détails et faire plein de photos ! En ressortant il fait déjà sombre et on a déjà mal au pied de piétiner comme ça, mais on marchera encore des heures dans le centre, quartier qu'on a déjà vu l'an dernier mais on va dire qu'on avait envie de le revoir parce que c'est beau, tout simplement… et tant pis s'il fait nuit. On refait donc un parcours du Vatican à la piazza Navona (mal éclairée…). Là vient la galère, on a mal aux pieds, on aimerait s'asseoir et manger quelque chose de sucré, et pour moi faire une pause pipi, mais il n'y a que des attrape-touristes qui nous bottent pas du tout, aucun salon de thé sympa, ambiance vraiment trop touristique. Même impression que l'an dernier, beau quartier mais devenu plus musée à touristes qu'autre chose… on va quand même boire un cappuccino au café Sant'Eustacchio, réputé pour être un des meilleurs de la ville, et en effet c'était bon ! On le boit au comptoir par contre, ce qui ne nous repose pas les jambes ! On achète un paquet de café moulu à ramener pour tester un espresso chez nous ! On fait ensuite une "tournée" des églises (celles qu'on avait pas vues l'an dernier, c'est qu'il y en a plein…), on est fatigué, alors on finit par s'incruster à la messe juste pour se reposer assis, hum ! On repart ensuite voir la fontaine de Trévi enfin en eau (et plein de monde autour…) on admire un bon moment, puis on repart prendre bus et métro et train pour rentrer directement dans notre quartier tester la petite Trattoria d'à côté. Ce sera notre meilleur repas, je prendre des pâtes aux truffes et fruits de mer, juste excellent, pour 13€, je suis trop contente ! Excellent tiramisu aussi.
Vendredi : On prend le tram pour se rendre à la station "Piramide" vers le Testaccio, visiter le curieux "cimetière acatholique" où sont enterrés tous ceux qui ne sont pas catholiques, dont beaucoup d'anglais, notamment le poète John Keats, et allemands. Petite curiosité qu'on souhaitait voir, de même que la pyramide, qui abrite un mausolée (on ne pouvait pas rentrer). On va ensuite faire un tour du quartier Testaccio, avec sa curieuse colline d'amphores qui date de l'époque romaine. On fait une pause à Linari, la pâtisserie connue du quartier avec plein de bonnes choses ! Les prix n'ont vraiment rien à voir avec ceux du centre… le quartier vit plutôt la nuit mais il reste agréable, typiquement italien et pas touristique, on voit les romains, c'est appréciable. On reprend le tram jusqu'à la basilique San Clemente qu'on visite, on prend le temps de faire des photos même si c'est interdit ! (on trouve ce genre d'interdiction absurde…). On va voir pour visiter les souterrains, le Routard 2016 (hum) indique 5€, et bien c'est 10 !! Foutage de gueule, surtout que pas mal de guides expliquent ne pas trouver ça exceptionnel… pas mal d'inflation à Rome sur les sites touristiques…
On reprend un bus pour retourner voir San Giovanni in Laterano (Saint-Jean-de-Latran) un peu plus loin, située au milieu d'un horrible carrefour à bagnoles… On l'avait vue l'an dernier mais n'étant pas loin on voulait revoir… puis ensuite pour finir la journée, chose que je ne voulais pas rater : on retourne au salon de thé Pompi, le "roi du tiramisu" connu des romains, déjà testé, et approuvé, l'an dernier. Après un temps de pause on reprend le tram jusqu'à San Lorenzo pour tester un resto que j'avais repéré. Pour être honnête c'était bon mais on était un peu déçu des quantités et j'ai pris un plat normalement parfumé à la truffe, et ça ne se sentait pas du tout… On rentre et comme on a peur d'avoir faim dans la nuit on finit à la Tavola Calda du quartier prendre un part de pizza al taglio.
Samedi : Jour du départ, on est loin de l'aéroport, le train qu'on prend d'habitude est coupé, on stresse un peu… sachant qu'on va rentrer tard on décide quand même de faire un vrai repas, on retourne donc à la Trattoria de quartier prendre des pâtes all'amatricciana et carbonara (sans crème, ça c'est la version française…) et pour 7€ l'assiette c'est très bon ! On retourne chercher nos affaires et on part, sacs sur le dos (aie) en direction de la basilique San Lorenzo et son cimetière monumental. On n'a pas trop le temps de s'attarder (puis mon dos ne peut pas porter un sac bien longtemps…) on y passe 1h, c'est vraiment un endroit agréable (oui on aime bien flâner dans certains cimetières), on visite vite fait la basilique (pas exceptionnelle selon moi) avant de reprendre deux tram jusqu'à Termini puis le bus pour Fiumicino...
Relier Palerme et Trapani
Bonjour,
Nous envisageons un petit séjour en Sicile en octobre. L'idée c'est d'atterrir à Palerme et repartir de Trapani. Nous ne trouvons pas d'infos précises (horaires et tarifs) sur comment relier les deux villes. Je précise que louer une voiture n'est pas une option donc merci de ne pas proposer cela. Apparemment le train est très lent et pas fiable...
Quelqu'un pour me renseigner ?
Merci
Nous envisageons un petit séjour en Sicile en octobre. L'idée c'est d'atterrir à Palerme et repartir de Trapani. Nous ne trouvons pas d'infos précises (horaires et tarifs) sur comment relier les deux villes. Je précise que louer une voiture n'est pas une option donc merci de ne pas proposer cela. Apparemment le train est très lent et pas fiable...
Quelqu'un pour me renseigner ?
Merci
Dimanche 16 août grosses perturbations à Bangkok
bonjour a tous
Le 12 aout avait lieu la fete des meres, pour l'anniversaire de la reine.
Une enorme mobilisation nationale s'est creee pour celebrer l'evenement ce dimanche 16 aout:
BIKE FOR MOM
Des centaines de milliers de thais vont descendre dans les rues: dans chaque ville des parcours sont bloques et perturberont la circulation toute la journee.
Ainsi a Bangkok 17 grandes arteres sont fermees pour un trajet de 50km de 9 a 19h.
Pour les touristes en transit, il vaut donc mieux repousser d'un jour votre deplacement si vous aviez prevu de rejoindre une autre province. Victory monument ( depart des vans et bus) sera totalement perturbe par cette manifestation.
Il s'agit , ce jour-la de rouler a velo pour la reine et ne pas polluer sa ville.
En province, renseignez-vous sur le trajet choisi et bloque.
De plus, un certain nombre de sites ne seront pas accessibles, et bon nombre fermes.
Bonne fin de vacances
MSC Fantasia Dubaï - Gênes 25 mars 2017
bonsoir à tous.
Je me permet donc d'ouvrir le fil de cette croisière qui sera surement passionnante en rencontres puisque nous sommes déjà plusieurs inscrits. Nous avons beaucoup de temps pour la préparer , mais c'est déjà du "bon" temps car cela fera durer le plaisir!
Je me permet donc d'ouvrir le fil de cette croisière qui sera surement passionnante en rencontres puisque nous sommes déjà plusieurs inscrits. Nous avons beaucoup de temps pour la préparer , mais c'est déjà du "bon" temps car cela fera durer le plaisir!











