Results for "Équateur+souvenir+artisanat"
About 7,164 results.
More options
Many results are in French, the community’s main language. English translations are added over time.
Search results
Non préparation du voyage au Pérou: itinéraire et hébergement...ca pose problème?
Bonjour,
Nous sommes deux amies sur le départ pour le Pérou... Nous préparons notre Voyage à durée indéterminée pour ce fameux pays et continent sur américain...Nous partons dans une semaine et demi...et en faite on a pas encore d'itinéraire... On commence à avoir quelques endroits que l'on veut faire absolument mais disons qu'on veut se laisser l'opportunité d'aller là où on veut quand on veut au fil des rencontres et des projets. Car nous voudrions aussi travailler contre un logement et de quoi manger et non contre un salaire (école, ferme...) donc TOUT EST LIBRE!
Si ce mode de voyage est très adapté à l'inde, mon précédent voyage, pour le Pérou se pose une question: L'ALTITUDE!
Est il nécessaire d'établir quand même un itinéraire qui dessinerait en gros notre périple ou du moins nos envies? Nous partons en octobre, par rapport aux réservations de transport et d'hotel, faut il s'y prendre beaucoup à l'avance? Et pour les sites très touristiques comme Macchu picchu, lignes de nazca...faut il réserver à l'avance ou pouvons nous un peu improviser?
L'idée étant de partir avec des bons plans, des adresses sympas et voir sur place.
Nous souhaitons dormir chez l'habitant le plus possible, car c'est pour nous la meilleure manière de s'intégrer dans le pays et de comprendre comment vivent les gens, appréhender la culture et la langue...et en travaillant en apprendre d'avantage. Est ce courant?en dehors des sites couchsurffing ou hospitalityclub, est ce que les péruvien rencontrés sur place ouvrent facilement la porte de chez eux?
Voilà, il y a forcément des tas d'autres questions...prête à lire tous vos conseils, bons plans, expériences...le reste inchallah
Merci Marina
Nous sommes deux amies sur le départ pour le Pérou... Nous préparons notre Voyage à durée indéterminée pour ce fameux pays et continent sur américain...Nous partons dans une semaine et demi...et en faite on a pas encore d'itinéraire... On commence à avoir quelques endroits que l'on veut faire absolument mais disons qu'on veut se laisser l'opportunité d'aller là où on veut quand on veut au fil des rencontres et des projets. Car nous voudrions aussi travailler contre un logement et de quoi manger et non contre un salaire (école, ferme...) donc TOUT EST LIBRE!
Si ce mode de voyage est très adapté à l'inde, mon précédent voyage, pour le Pérou se pose une question: L'ALTITUDE!
Est il nécessaire d'établir quand même un itinéraire qui dessinerait en gros notre périple ou du moins nos envies? Nous partons en octobre, par rapport aux réservations de transport et d'hotel, faut il s'y prendre beaucoup à l'avance? Et pour les sites très touristiques comme Macchu picchu, lignes de nazca...faut il réserver à l'avance ou pouvons nous un peu improviser?
L'idée étant de partir avec des bons plans, des adresses sympas et voir sur place.
Nous souhaitons dormir chez l'habitant le plus possible, car c'est pour nous la meilleure manière de s'intégrer dans le pays et de comprendre comment vivent les gens, appréhender la culture et la langue...et en travaillant en apprendre d'avantage. Est ce courant?en dehors des sites couchsurffing ou hospitalityclub, est ce que les péruvien rencontrés sur place ouvrent facilement la porte de chez eux?
Voilà, il y a forcément des tas d'autres questions...prête à lire tous vos conseils, bons plans, expériences...le reste inchallah
Merci Marina
Voyage de noces en Polynésie-Française pour mai 2011: budget, hébergement...?
bonjour a tous,
c'est la premiere fois que je m'inscris sur un forum et ca fait drole!!!😊
je suis en train de regarder (de partout!!) pour notre voyage de noces que nous voulons faire en mai 2011! c'est un voyage en polynésie francaise que nous souhaitons faire depuis longtemps et enfin on va pouvoir le concretiser!mais il y a tellement de questions que je me pose que je me suis dit...quoi de mieux qu'un forum sur les voyages pour repondre a toutes mes interrogations!!
Tout d'abord je voudrais savoir le budget qu'il faut prevoir pour le voyage(avion et hotel ou pension) ainsi que pour les excursions et les extras!!!on m'a dit que la vie etait chere!et suivant les agences ca va du simple au double!!savoir s'il faut encore economiser!!!!😛 on souhaite partir environ 3 semaines max et une amie m'a dit qu'en mai c'etait une bonne periode car c'est en basse saison et le bon temps est la! on voudrait vraiment decouvrir un maximum de choses car c'est un endroit qui nous fascine mais on ne sait pas vraiment quoi choisir comme iles...car j'aimerais toutes les faire! faut-il mieux partir avec air france ou air tahiti nui? on est plus attirer par les pensions que les hotels car on a vraiment envie de decouvrir des endroits uniques sans trop de tourisme et pouvoir etre vraiment avec les polynesiens et pas des touristes!!!! on a trouvé un agence sur lyon "objectif australie" qui s'occupe des voyages en polynesie, ils ont l'air bien mais si quelqu'un connait une autre agence (mieux) ou connait celle ci pour nous dire comment il la trouve, ca serait sympa?!ils doivent m'envoyer un catalogue de tourinter pour qu'on commence a regarder avant de prendre rdv avec eux. voila j'espere avoir de nombreuses reponses sur des personnes qui on deja voyager la bas pour me donner vos impressions, des personnes qui vivent la bas pour donner les bons plans et eventuellement des personnes qui organisent des excursions la bas ou des personnes qui vont partir!!!peut etre en mai aussi!!car ca peut etre sympa de voir l'evolution d'un projet commun!!😉 on pensait egalement faire un escale de 2 jours a los angeles vu qu'on y passe obligatoirement!est ce que quelqu'un l'a fait?est ce faisable?
merci par avance! mag🙂
c'est la premiere fois que je m'inscris sur un forum et ca fait drole!!!😊
je suis en train de regarder (de partout!!) pour notre voyage de noces que nous voulons faire en mai 2011! c'est un voyage en polynésie francaise que nous souhaitons faire depuis longtemps et enfin on va pouvoir le concretiser!mais il y a tellement de questions que je me pose que je me suis dit...quoi de mieux qu'un forum sur les voyages pour repondre a toutes mes interrogations!!
Tout d'abord je voudrais savoir le budget qu'il faut prevoir pour le voyage(avion et hotel ou pension) ainsi que pour les excursions et les extras!!!on m'a dit que la vie etait chere!et suivant les agences ca va du simple au double!!savoir s'il faut encore economiser!!!!😛 on souhaite partir environ 3 semaines max et une amie m'a dit qu'en mai c'etait une bonne periode car c'est en basse saison et le bon temps est la! on voudrait vraiment decouvrir un maximum de choses car c'est un endroit qui nous fascine mais on ne sait pas vraiment quoi choisir comme iles...car j'aimerais toutes les faire! faut-il mieux partir avec air france ou air tahiti nui? on est plus attirer par les pensions que les hotels car on a vraiment envie de decouvrir des endroits uniques sans trop de tourisme et pouvoir etre vraiment avec les polynesiens et pas des touristes!!!! on a trouvé un agence sur lyon "objectif australie" qui s'occupe des voyages en polynesie, ils ont l'air bien mais si quelqu'un connait une autre agence (mieux) ou connait celle ci pour nous dire comment il la trouve, ca serait sympa?!ils doivent m'envoyer un catalogue de tourinter pour qu'on commence a regarder avant de prendre rdv avec eux. voila j'espere avoir de nombreuses reponses sur des personnes qui on deja voyager la bas pour me donner vos impressions, des personnes qui vivent la bas pour donner les bons plans et eventuellement des personnes qui organisent des excursions la bas ou des personnes qui vont partir!!!peut etre en mai aussi!!car ca peut etre sympa de voir l'evolution d'un projet commun!!😉 on pensait egalement faire un escale de 2 jours a los angeles vu qu'on y passe obligatoirement!est ce que quelqu'un l'a fait?est ce faisable?
merci par avance! mag🙂
Six mois en Amérique Latine dès novembre avec neuf mille euros en poche
Bonjour à tous,
Enfin j ' ai l' occasion de faire un break de 6 mois dans ma vie !
Point de départ de mon trip : Bogota le 15 Novembre à peu près
je vais prendre 15 jours de cours intensifs d' espagnol dans une école à Quito et quelques cours de salsa, histoire de ne pas être trop perdu sur les pistes de danse par la suite !
Après cette formation indispensable à mes yeux pour profiter pleinement de mon voyage, je descendrais vers l' Argentine en prenant mon temps .
Je pense prendre un vol retour Rio Paris le 15 avril .
Pensez vous que niveau budget , c est suffisant ? je logerais le plus souvent dans les auberges de jeunesse, j éviterais les vols intérieurs, j aime bien manger, faire la fiesta , je suis passionné de trecks .
J' ai peur que les Galapagos plombent un peu mon budget
Niveau climat, est ce que c ' est une bonne idée pour vous de partir du nord en Novembre? je veux absolument prendre mes cours d ' espagnol à Quito , cette ville à l' air vraiment sympa
Si vous avez quelques avis ou suggestions à me donner , j' en serais ravi !
Hasta luego!!!
Norvège 2009: partie 2 des îles Vesteralen à la frontière russe
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR
2ème Partie - ÎLES VESTERÅLEN - FRONTIERE RUSSE
Jour 13 - Di 28/06/2009 - Handelsand - Fiskebol - Stø

08 h 00, réveil en pleine nature après une nuit calme et sans histoire. Météo toujours mitigée. Toilette et maquillage "sauvages" avec les moyens du bord.
Au moment du départ, discussion avec l'un des 2 camping-caristes de l'Orne qui font le trajet inverse.
Arrivée à Fiskebol et attente du bac. Ce ferry permet de passer des îles Lofoten vers les Vesterålen. Des Italiens en camping-car pêchent sur l'appontement et… ça mord ! Peu de véhicules dans la file. Ce ferry a perdu quelque peu de son intérêt depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon de la E10 qui, avec ponts et tunnels, relie maintenant les îles Vesterålen au continent.
10 h 30, embarquement sur le ferry, démesuré par rapport au nombre de voitures. Vaste salon intérieur avec cafétéria où J-J sacrifie au rituel norvégien en mangeant un hot-dog local. 3 niveaux de ponts extérieurs permettent de profiter au mieux du paysage. En arrière, temps gris sur les Lofoten dont les sommets sont pris dans d'épais nuages bas. A quelques kilomètres vers l'avant, grand soleil sur les Vesterålen. La météo norvégienne n'est pas à une bizarrerie près !
11 h 00, débarquement à Melbu (Hadseløya). Arrêt à l'église rouge octogonale de Hadsel. C'est dimanche, il y a une messe, plein de fidèles à l'intérieur, donc pas de visite possible. Quelques personnes quittent momentanément l'office pour téléphoner ou pour se rendre (aux toilettes, sans doute), dans un bâtiment annexe, curieux !
Peu après nous franchissons le pont de Stokmarknes (Langøya). Nous passerons sous ce pont plus tard avec l'Hurtigruten. Ce port est lié à la fondation de l'Hurtigruten en 1881.
En route, halte à Sortland, agglomération importante des Vesterålen. Complété le plein avec du gas-oil détaxé, apparemment, pas de problèmes. Motivés par notre chasse au soleil de minuit, nous quittons la route principale pour suivre la R820 et nous diriger vers le nord de l'île.
12 h 45, peu avant Myre, pique-nique sur une minuscule aire aménagée d'une table et de bancs en bois, face à la mer. Arrivée à Nyksund, au bout d'une route sinueuse et très étroite, tout au nord de Langøya. Ce village de pêcheurs que ses habitants ont dû abandonner dans les années 1970 était devenu fantomatique au fil des années… Ce qui en faisait un intérêt touristique certain, jusqu'à ce qu'une poignée d'acharnés commence à le réhabiliter et ne remette un à un les hangars et les habitations en état. Le village abandonné, ne l'est plus tant que cela et en en passe de (re)devenir très touristique et un rien branché.... Les mouettes, elles, n'ont jamais déserté l'endroit.
Il reste quand même une impression de bout du monde. Sinon, de beaux hangars sur le port et des quais à 2 étages sur pilotis dans un joli cadre naturel. Nous constatons que l'endroit n'est finalement pas vraiment propice à l'observation du soleil de minuit, nous modifions le programme et nous dirigeons vers Stø, située sur la pointe nord-est de l'île.
16 h 45, arrivée au camping de Stø, situé tout au bout du village. Peu fréquenté et très sommaire, mais bel endroit dans une anse à l'écart du port.
Transfert des films et photos sur l'ordinateur. Dîner, soupe et crêpes.
20 h 30, pêche aux bigorneaux, au pied du Home Espace. Un saladier rempli en 5 minutes. Miraculeux !
Le ciel est clair et le soleil brille partout… sauf à notre nord où un long et épais banc de nuages risque de compromettre la soirée.
A 00 h 00, le soleil est bien au-dessus de ce banc de nuages qui n'a pas bougé d'un pouce et restera masqué, dommage. Néanmoins, entre l'horizon et la base des nuages, nous sommes gratifiés d'une belle lumière avec tous les effets possibles de jaune, de rose ou d'orange. Le contre-jour est magnifique et nous restons presque une heure sur les rochers pour admirer le spectacle. Nous n'avons pas tout perdu.
Au loin, vers le nord-est et à 40 km, nous devinons la silhouette des rochers de Bleik sur l'île d'Andøya. La mer et les falaises au lointain dans une légère brume sont devenues roses sous le soleil de minuit. Etonnant !

Jour 14 - Lu 29/06/2009 - Stø - Andenes - Senja Steinfjord

Le temps a changé durant la seconde partie de la nuit. Au réveil, ciel couvert, sommets dans les nuages, légère bruine et température de 9°C. Nous reprenons la route vers Sortland en faisant un crochet par Alsvåg (après Myre).
10 h 45, arrêt à Sortland dans un grand magasin Coop, intégré dans un centre commercial important. Trouvé la bibliothèque pour envoyer un mail, mais l'Internet ne fonctionne pas.
Passage sur le pont de Sortland (sous lequel nous passerons plus tard avec l'Hurtigruten), et nous suivons la rive ouest de l'île d'Hinnøya, avant de franchir le pont de Risøyhamn, sur Andøya (mêmes éléments, même motif pour le pont). La géographie et la circulation sont plutôt complexes dans ces îles. Peu après Risøyhamn, nous passons sur la rive occidentale d'Andøya, face au large.
12 h 45, entre la route peu fréquentée et le bord de mer, nous trouvons un coin de pique-nique au pied des hautes falaises de Nordmela. Nous faisons un sort aux bigorneaux pêchés hier soir, de jolis spécimens ! Et puis, le soleil revient progressivement et il n'y a plus un souffle de vent.
Nous poursuivons en longeant plus ou moins la mer, en traversant des paysages plats, sablonneux et presque désertiques. Nous traversons le village verdoyant de Bleik, avec sa route centrale bordée de hauts arbres de part et d'autre, inhabituel en Norvège.
Après la traversée de Bleik, changement de décor. Nous faisons un arrêt sur une plage de sable absolument blanc. Sans vent, la surface de l'eau est plate comme un miroir. Avec le soleil et de faibles fonds sableux, la mer prend une couleur improbable et difficilement définissable : mélange ou fusion de bleu turquoise et de blanc laiteux. Surprenant !
Une multitude de roches plates émergent à peine, et au fond un énorme pain de sucre jaillit de la mer. Splendide ! Et l'on en vient à penser qu'avec quelques cocotiers, ce pourrait être le paradis. Tout y est, le franc soleil, la mer turquoise, le sable blanc. Eh non, c'est la Norvège !
Juste après cette magnifique plage, la montagne descend en dents de scie jusqu'à la mer au point qu'un tunnel a été creusé pour rejoindre Andenes, à l'extrémité nord d'Andøya et des Vesterålen.
14 h 15, peu de choses à faire dans cette petite ville, si ce n'est chercher la bibliothèque. Après renseignement, nous l'avons trouvée jouxtant l'école. Nous avons rédigé un mail, mais impossible de l'envoyer ! Après plusieurs essais infructueux, la chef-bibliothécaire vient à notre secours et retape notre mail depuis son PC, mais n'a pas pu joindre le texte stocké sur notre clé USB. Elle n'a donc pu envoyer que le texte du mail seul. Très serviable, elle avait surtout envie de parler (!), ou d'entendre parler, français. Son mauvais français mélangé au mauvais anglais de J-J a donné une conversation plutôt surréaliste !
15 h 50, arrivée à l'embarcadère du ferry pour passer sur l'île de Senja. Le départ est dans plus d'une heure, mais il n'y a que 3 ferries par jour en haute saison. Pas question de le rater, sinon c'est demain 9 heures ! Résultat impossible à prévoir à l'avance : 3 voitures, 4 motos et 2 vélos, ça ne se bouscule donc pas !
En attendant, Nelly prépare le goûter sur le parking et fait un cours magistral sur la préparation du café en poudre… immortalisé à jamais en vidéo.
17 h 00, appareillage sur le ferry M/S Lødingen, pas bien grand, ni de la première jeunesse ! Direction Gryllfjord sur la côte ouest de l'île de Senja. 1 heure 40 d'une traversée de rêve, grand soleil, belle visibilité, pas de vent et une mer bleue absolument plate au point que les nuages se reflètent dans l'eau. Vers le nord, difficile de distinguer l'horizon parce qu'il est impossible de séparer la mer du ciel, tout est intensément bleu. Quant à la côte de Senja, très éclairée, elle étale devant nous, sur une cinquantaine de kilomètres, une succession de pointes enneigées. Jamais il n'aurait été possible d'imaginer un tel spectacle en Norvège. Impossible de quitter le pont extérieur du ferry dans de telles conditions. Une traversée idyllique !
18 h 40, arrivée dans le Gryllfjord, toujours sous un généreux soleil. Le fjord est large et peu profond, presqu'en forme de cirque fermé par de hauts sommets qui se découpent sur fond de ciel bleu. Splendide sous un éclairage idéal. En début de soirée, le village de Gryllfjord apparaît illuminé par des couleurs chaudes mettant en valeur chaque maison. Une belle arrivée !
Le ferry accoste au centre du village, et non pas comme souvent au bout d'une route dans un endroit isolé. Pour la première fois, nous voyons des villageois ou des touristes se rassembler sur le quai, pour assister à l'arrivée du bateau. De simples curieux qui n'attendent personne, puisque nous sommes seulement une petite dizaine de passagers étrangers à débarquer.
Là encore, un village du bout du monde, au bout de tout, à l'extrémité ouest de Senja, à l'extrémité de la rive sud du fjord qu'il faut contourner complètement. A l'ombre la majeure partie de l'année au pied de la montagne, sauf l'été bien sûr quand le soleil est le soir au nord. Idyllique l'été, mais l'hiver ? Pour quoi, pour qui ? Difficile de comprendre sans y être né.
Encore plus isolé, le village de Torsken, sur la côte nord de la même montagne, mieux orienté sur la rive d'un autre fjord, mais au bout d'une méchante route longue, sinueuse et très escarpée. Quelques habitations, un appontement, une petite usine de transformation de poisson, c'est tout !
Après Torsken, nous prenons la route vers la côte nord de l'île de Senja, celle face à l'Atlantique, la plus accidentée d'où nous pouvons admirer de beaux paysages de montagnes abruptes et de roches dans l'eau au soleil descendant (ici, impossible de dire couchant !).
Pas (ou si peu), de terrains de camping sur Senja, aussi nous cherchons un coin pour dormir dans la nature cette nuit, si possible, face au soleil de minuit. Cela s'avère difficile, le relief est escarpé, et il y a peu de débouchés intéressants en dehors de la route. Cela devient vite fastidieux et nous gâche quelque peu le plaisir de la découverte de cette île aux paysages magnifiques. Nous roulons, nous roulons, le temps passe (même s'il n'y a pas urgence à cause du jour permanent), nous voudrions bien nous poser quelque part.
21 h 20, nous gravissons un petit col qui mène ensuite vers un tunnel. De ce tunnel, nous débouchons sur l'extrémité du Steinfjord qui semble l'endroit idéal pour passer la nuit. Enfin ! Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique sommairement aménagée en contrebas de la route et juste en bord de mer, face au soleil.
L'endroit rêvé ! Personne d'autre que nous, pas un bruit, même pas une ride sur l'eau, face au soleil qui descend lentement. Idéal ! Dîner au calme sur les tables et bancs en bois : reste des bigorneaux pêchés la veille à Stø, pavés de saumon.
23 h 00, un énorme camping-car occupé par un couple de norvégiens s'installe près de nous. Ils nous prennent en photo face au soleil… descendant !
Et nous passons tout le reste de la soirée à buller face à la mer, sous un ciel clair et bien bleu. La météo est excellente, et cette fois-ci, c'est sûr, nous verrons le soleil à minuit. Malgré l'heure tardive, le soleil est bien haut au-dessus de la mer et brille encore généreusement. S'il ne descend plus, nous le voyons se déplacer lentement vers le nord. A minuit, il brille toujours et à minuit cinq, il passe derrière la rive orientale du fjord. Autour de nous, les montagnes sont copieusement éclairées d'une lumière chaude. Il fait grand jour !
Ces heures-là resterons pour nous un moment exceptionnel et privilégié, qui a lui seul valait tout le voyage et nous venons de vivre, sans aucun doute, la plus belle soirée de notre périple norvégien.
Plage de Bleik - Gryllfjord (Île de Senja)
Jour 15 - Ma 30/06/2009 - Senja Steinfjord - Tromsø
08 h 00, réveil face à la mer toujours aussi calme, pas de vent, toujours du soleil mais il reste encore caché derrière les montagnes. Notre nuit a été plus que tranquille, sans un bruit, sans une alerte, mais finalement très courte et nous avons les têtes de circonstance… Nous serions bien restés plus longtemps dans ce site, face à un tel décor, mais il faut bien avancer, la route est encore longue jusqu'à Kirkenes.
09 h 30, départ et arrêt quelques kilomètres plus loin pour admirer le site de Tungeneset. De hautes falaises verticales plongent de 500 mètres à l'extrémité d'un fjord et se prolongent par une série de pointes acérées. Impressionnant ! (Les qualificatifs vont vite manquer !).
Personne, et si ce point de vue est plutôt bien aménagé, c'est qu'il doit être fréquenté. Depuis la route, un long cheminement en béton et en pente douce permet aux handicapés d'aller presque à la plage. De part et d'autre, un garde-corps en lamelles de bois et puis un local sanitaire aux formes très "design" de grandes dimensions, construit aussi en bois. Ce serait le site spécialement aménagé le plus cher de Norvège (± 3.000.000 de NOK, soit 390.000 € en 2008… ce qui fait grincer certains norvégiens !).
10 h 30, long arrêt au port de Mefjordvær, village de pêcheurs construit au pied de montagnes verticales. De grandes et belles maisons en bois au bord du fjord, une église blanche donnent un air coquet à ce petit port qui semble se vouer au tourisme, on y a même rencontré un français qui y passait ses vacances…
Route jusqu'à Laukvik à la pointe nord de Senja et attente d'un ferry à Botnhamn pour passer sur l'île de Kvaløya. Pique-nique sur le quai.
Cette île de Senja que nous avons effleurée semble particulièrement belle et bizarrement, à l'écart des routes touristiques. Elle est surtout fréquentée par les Norvégiens, et d'après eux, les paysages de Senja sont un résumé des paysages de Norvège. Donc, à visiter plus en détail.
12 h 30, embarquement sur un petit ferry vers Brensholmen en descendant le Malangenfjord durant 45 minutes. Nous vivons là nos dernières heures d'une météo qui nous a favorisés jusqu'alors. Sans le savoir, nous ne reverrons pas le soleil avant longtemps… Le ciel se voile rapidement, le vent se lève et il fait frisquet sur le pont extérieur, ce qui n'empêche pas J-J de profiter du paysage ou de discuter un long moment en "franglais" avec un Norvégien de Stavanger qui venait dans cette région pour la première fois, (il y a plus de 2 000 km de distance entre Stavanger et Tromsø !), il fut aussi question des incursions des Vikings en Normandie et que ce voyage était peut-être pour nous un retour aux sources.
Dès la sortie du ferry, nous voyons un grand renne avec des grands bois déambuler et brouter à travers les maisons. Curieux, il semble bien loin de son biotope habituel, il nous faudra rouler longtemps pour en voir d'autres plus régulièrement vers le nord.
Nous franchissons sur un pont à voie unique pour passer sur Sommarøya, "l'île de l'été". Pause café en surplombant une plage où quelques jeunes se baignent… Il fait un vent glacial et nous sommes en blouson. Nous n'avons rien vu d'extraordinaire sur cette île, sauf un beau paysage d'îlots et de petites plages au sud-ouest, mais sans l'éclairage idoine, cela semble terne.
Nous poursuivons par la côte nord de Kvaløya pour rejoindre Tromsø, la grande ville du Nord, 3ème ville du pays. Le centre ville est situé sur une île au milieu d'un vaste fjord, nous l'atteignons par un réseau de tunnels avec croisements et ronds-points. Nous rejoignons rapidement la bibliothèque, vaste édifice contemporain. A l'intérieur, sur 3 étages très lumineux, les rayonnages sont bien pourvus pour toutes les tranches d'âge : livres, vidéos, DVD, journaux en consultation en norvégien et en anglais, pour les petits et les grands. Et bien sûr, consultation de documents sur PC et des postes pour l'Internet.
Nanti de notre portable, nous nous connectons au réseau Wi-fi gratuit de la bibliothèque et après quelques tâtonnements, nous pouvons rédiger et expédier un mail. C'est beau le progrès !
16 h 30, balade en ville, dans les coins parcourus l'hiver dernier. Le 2 Janvier à la même heure, il faisait nuit. Aujourd'hui, tout est complètement différent, les perspectives et les dimensions ne sont plus les mêmes. Cela paraît plus animé, plus vaste.
Storgata, la rue principale était couverte de neige, les trottoirs à moitié envahis par des tas de neige ; aujourd'hui, c'est une longue et large rue où la foule déambule. De grandes maisons en bois coloré bordent cette rue, elles abritent des vitrines un peu surannées. Mais la magie n'opère pas comme lors de notre passage en Janvier, sans la nuit mystérieuse, sans les illuminations des rues et les décors de Noël… Curieux de revoir les mêmes endroits ou les mêmes boutiques sous un éclairage différent !
Nelly retourne dans la même galerie marchande près du port. Ensuite, nous visitons la cathédrale (Domkirke). Construite en 1861, de couleur café au lait et gris, c'est la plus grande église en bois de Norvège. Nous écoutons la fin d'un concert d'orgue donné sur un bel instrument de style néoclassique en bois peint en blanc et or. S'y trouve également une belle galerie de tableaux des portraits des pasteurs successifs.
18 h 15, nous empruntons le Tromsøbrua pour rejoindre le quartier de Tromsdalen où se trouve le terrain de camping. Celui-ci est quasiment complet, et on nous attribue une place de parking avec un petit bout d'herbe en contrebas de la route d'accès. Ce n'est plus le cadre royal d'hier soir !
Nous prenons notre dîner dans la salle commune du camp et après le repas, nous profitons des infrastructures pour transférer films et photos sur l'ordinateur.
Jour 16 - Me 01/07/2009 - Tromsø - Alta

Petit-déjeuner dans la salle commune du camping, car il a plu dans la nuit et l'herbe est détrempée derrière l'Espace. Le temps est bouché et les sommets environnants sont dans les nuages. D'ores et déjà, l'excursion au Storsteinen "le gros rocher", à 420 m d'altitude en téléphérique est compromise, pas de panorama sur Tromsø et les environs !
Nous visitons la Cathédrale Arctique toute proche. Très beau monument blanc contemporain de forme triangulaire voulant rappeler les arêtes d'un iceberg que l'on aperçoit de toute la ville. Belle étude de la diffusion de la lumière à l'intérieur. Grand vitrail triangulaire de 140 m² au fond et un buffet d'orgue moderne à l'opposé. Droit d'entrée de 30 NOK (3.40 €), pour l'entretien et pour une fois justifié.
10 h 40, par un temps mitigé, nous quittons Tromsø par la E8, puis la R91 jusqu'à Breidvikseidet où nous attend le ferry qui nous permet de traverser l'Ullsfjord en 20 minutes. Route de liaison de 20 km pour de nouveau emprunter un autre ferry à Lyngseidet et traverser le Lyngenfjord en 45 minutes. Même si le gain de temps n'est pas significatif, ces 2 ferries successifs permettent d'éviter 150 km de trajet.
Nous pique-niquons dans le salon du 2ème ferry entre Lyngseidet et Olderdalen.
13 h 25, le soleil revenu, nous débarquons du ferry et roulons vers le nord, en longeant le Lyngenfjord avec des vues spectaculaires sur le massif de Lyngen, aux cimes encore bien enneigées plongeant dans l'eau verte du fjord.
Nous voyons le premier panneau indiquant la direction de Kirkenes : 790 km (sans compter le crochet prévu par le Cap Nord !!!). Progressivement, nous abordons le Finnmark. Nous longeons plusieurs fjords. La végétation évolue selon les lieux ou l'altitude, les sapins disparaissent peu à peu, les bouleaux rapetissent et se clarifient, et nous traversons de plus en plus de zones désertiques seulement recouvertes de mousses ou d'arbrisseaux rampants. Vastes paysages de toundra sous un ciel de plus en plus couvert.
Au bord de la route, quelques campements samé (lapons), avec 4x4 et paraboles satellites, et aussi les premiers troupeaux de rennes.
18 h 00, arrivée à Alta, la capitale du Finnmark. Ville déconcertante, toute en longueur avec beaucoup de centres commerciaux peu animés. L'ambiance générale est glaciale, tout comme la température extérieure, 8 à 9°C à cause du vent froid.
19 h 00, installation au camping Alta Strand, au sud de la ville au bord de la rivière Altaelv. Repas de crêpes, soupe, café, Pique-nique très froid.
Transfert des films et photos sur l'ordi dans la salle commune. Discuté avec une suissesse de Neuchâtel, qui revient du Cap Nord où elle a eu très froid et du temps agité. Elle nous donne les prévisions météo : peu engageant.
Paysages du Lyngenfjord
Jour 17 - Je 02/07/2009 - Alta - Honningsvåg - Skarsvåg - Cap Nord

Petit déjeuner dans la salle commune du camping, tant il fait froid et qu'il vente. Puis, départ et plein de gas-oil détaxé à Alta.
La route traverse quelques forêts de bouleaux (de plus en plus rares et de plus en plus chétifs), entrecoupées de plateaux arides, désolés, sans arbres, de vastes zones désertiques à perte de vue, juste agrémentées de larges plaques de neige dans les dépressions du terrain. Il n'y a de végétation qu'au ras du sol, arbrisseaux rampants, bruyère, mousses ou lichens. Vu aussi quelques troupeaux de rennes qui broutent ces maigres plantes tout en marchant. Que ce soit par le paysage ou la météo, nous entrons dans l'antichambre du Cap Nord, et il s'en dégage déjà une profonde impression de désolation. La température extérieure oscille entre 5 et 8°C, et nous subissons de nombreux grains.
Après une longue descente sur le hameau d'Oldenfjord, nous quittons la E6 pour emprunter la E69 qui va nous emmener jusqu'au Cap Nord en suivant le Porsangerfjord, très long (120 km), et très large (20 km), fjord, orienté nord/sud entre Honningsvåg et Lakselv.
Des falaises, où la roche est disposée en strates longues et régulières, tombent à pic dans le fjord et ne laissent juste le passage de la route. Le ciel est bas et le vent est froid et fort. Parfois la mer fume sous les rafales. Les grains violents succèdent aux brèves éclaircies. T° = 5°C. Les approches du Grand Nord ne se font pas sous les meilleurs auspices !
13 h 00, passage du tunnel de Kafjord pour accéder à l'île de Magerøya, l'île du Cap Nord. 6 870 m de longueur, creusé sous la mer jusqu'à 212 m de profondeur, des pentes et rampes de 12% à l'entrée et à la sortie. De la belle ouvrage, chèrement payée (192 NOK, ± 22 € l'aller et autant au retour) ! Le Grand Nord, ça se mérite !
13 h 30, arrivée à Honningsvåg. Pluie, froid, vent, donc pique-nique rapide dans la voiture sur le quai Hurtigruten. (Le MS Vesterålen est en escale). Passage à l'office du tourisme (peu avenant), et à la boutique qui y est accolée. Beaucoup de Français, passagers du paquebot en escale Adriana III, y font leurs achats de souvenirs. Pour notre part, nous achetons des gants en laine (2 Juillet !), qui nous seront bien utiles dans quelques heures.
15 h 30, route vers Skarsvåg, sinueuse, accidentée à travers des hauts plateaux complètement nus, sans un arbre, juste une végétation tapie au ras du sol : Herbe ? Mousse ? Bruyère ? Face à nous, sous un ciel plombé, un paysage noir, de désolation, de bout du monde dans le froid, le crachin et le vent qui cingle.
Installation au Kirkeporten Camping de Skarvåg, le camping le plus septentrional du monde dans le port le plus septentrional du monde. Nous sommes dans une région de superlatifs, toujours le plus au nord… C'est vrai, nous sommes à plus de 71° de latitude Nord.
Il fait froid, il crachine, il y a du vent, nous louons à bon prix une hytte pour 2 nuits pour s'octroyer un peu de confort et nous affranchir des conditions météo. Cela fait 17 jours que nous avons quitté la Normandie, et si nous avons voyagé sans précipitation, nous n'avons jamais perdu de temps non plus. Un petit break nous fera le plus grand bien. Et pendant que la pluie tombe, nous nous accordons une petite sieste réconfortante dans un vrai lit.
Et pour marquer notre arrivée dans le Grand Nord, ce soir, c'est pavé de saumon, vin rosé dans notre hutte bien chauffée.
Nous avions prévu dans notre programme d'effectuer une randonnée pédestre au Knivskjelodden, "la lame de couteau", pour observer tranquillement le soleil à minuit, (18 km de marche aller et retour). En réalité, "la lame de couteau", c'est le véritable Cap Nord géographique situé 1 600 m plus au nord que le Cap Nord touristique hyper fréquenté. En plus de l'intérêt de l'exercice physique, il y a aussi une satisfaction intellectuelle (un peu perverse), à rejoindre cet endroit quasiment ignoré et d'être arrivé encore plus au nord que le touriste lambda.
La climat a vite raison de ces belles intentions, le vent, le crachin, la température (1°C), nous font renoncer à ce projet. La météo est trop incertaine pour s'aventurer seuls sans risques dans la traversée d'une région aussi isolée, d'autant que cela nous aurait pris la majeure partie de… la nuit. L'exploit, certes ; mais le plaisir avant tout ! Et ce soir, les conditions ne sont pas réunies pour que cette randonnée soit agréable. Dommage !
22 h 00, départ pour le Cap Nord (touristique), en roulant dans un paysage de hauts plateaux légèrement vallonnés. Pas un arbre, rien, le vide absolu, le désert du Nord. Sous le ciel bas, c'en est grandiose et sublime de désolation. C'est lunaire, nous roulons dans un environnement de plus en plus hostile avec le sentiment étrange de progresser inexorablement vers une fin. La météo et le paysage nous mettent vraiment en condition : nous nous approchons du bout du monde, du bout de tout.
Mais au bout de la route… nous sommes ramenés à la réalité : l'entrée du site du Cap Nord est payante, et bien payante (ce que nous savions), 215 NOK par personne valable pour 2 visites, soit ± 24 € ! Ce site est pour la Norvège une vraie mine d'or. Où va toute cette manne ? A part le Nordkapphallen, le centre touristique, aucun aménagement spécifique n'a été aménagé pour faciliter la vie des usagers. Parkings en cailloux à peine nivelés ou en terre battue, pas d'installation pour faciliter l'ordinaire des camping-caristes pourtant fort nombreux, rien !
Mais nous y sommes ! Et nous ne sommes pas les seuls : un mur de camping-cars sur 2 ou 3 rangs, déjà des bus déversent leur lot de visiteurs venus des paquebots en escale à Honningsvåg. Et cela ne cesse d'arriver.
Nous supportons facilement notre harnachement vestimentaire : veste polaire, blouson fourré, bonnets et gants en laine. T° = 1°C !
Alors que la majorité des touristes s'engouffre dans le Nordkapphallen, nous allons d'abord à l'écart voir le panorama sur "la lame de couteau" que l'on voulait rejoindre à pied. Le nom est assez bien choisi, il s'agit en effet d'un long cap effilé qui s'avance loin en mer. Devant nous, c'est vraiment le nord du Monde. Plus au nord, il n'y a plus que le Spitzberg et le Pôle ! Nous sommes seuls à contempler ce site, la majorité des touristes qui viennent au cap Nord ignorent sans doute son existence !
Nous sommes arrivés au but ! Nous avons fait 4 800 km pour en arriver là ! Avec le sentiment étrange d'être des privilégiés dans un endroit exceptionnel, au cœur d'un site hors norme. Et pourtant, nous sommes loin d'être les premiers, il y en aura encore bien d'autres après nous, nous n'avons rien fait de surhumain pour en arriver là, mais nous l'avons fait. Cela ne changera rien à la marche du Monde, cela ne changera pas le cours de nos vies, c'est vrai. Mais qu'importe, nous y sommes ! Fiers et heureux de tutoyer les limites de la Terre !
Nous nous dirigeons vers la plate-forme où se trouve le signal du Cap Nord : une armature métallique symbolisant le globe terrestre avec l'équateur, les cercles polaires, les tropiques et les méridiens. Symbolique, mais efficace car tous les visiteurs se précipitent au pied du monument pour se faire photographier et apporter la preuve de leur présence au bout du Monde. Et nous-mêmes, sacrifierons au rituel. Quelques mètres après, c'est le bord de la falaise, un à-pic de 300 m, la mer et plus rien d'autre que le Pôle Nord à 2 100 km au-delà de l'horizon. En fait, c'est vraiment le bout du Monde. C'est attirant et cela attire la foule.
Nous restons un long moment à parcourir ce plateau noir battu par tous les vents du diable, face au large. Nous subissons un petit grain de neige fondue. A l'évidence, il n'y aura pas de soleil à contempler ce soir. Ce qui n'empêche pas les badauds de s'agglutiner le long de la balustrade et d'attendre au plus près l'éclaircie miraculeuse qui ne se produira pas.
Nous visitons le hall touristique, bondé. Ambiance internationale et multilingue, mais beaucoup de Français à cause de l'escale du paquebot Adriana III. On y trouve tout ce qu'il faut pour mettre le touriste à l'aise : une grande boutique de souvenirs, bar, cafétéria, restaurant, bureau de poste ainsi que des gradins permettant, si les conditions sont trop rudes, de contempler le site derrière une grande verrière ; et ce soir, il y a des amateurs !
Un long souterrain en pente douce mène vers une salle de projection et des vitrines où sont exposés des dioramas retraçant l'histoire du Cap, une chapelle, un temple thaï (!?), une salle où est exposée un buste du roi Louis-Philippe (ancien visiteur des lieux). Ce souterrain débouche dans une grotte artificielle avec un bar étagé en gradins où il est de bon ton de boire le champagne face au nord, bien à l'abri derrière une large baie vitrée. L'exploitation commerciale des lieux n'est pas du meilleur goût et s'avère bien décevante par rapport à la symbolique du site. Mais, vu la fréquentation, quel jackpot !
Nous retournons à l'extérieur, près du globe maintenant éclairé. Beaucoup de monde partout. La visibilité est bonne mais le ciel est sombre, donc pas de soleil à espérer.
24 h 00, quelques rayons de soleil réussissent à passer furtivement à travers la masse de nuages et éclairent parcimonieusement la mer. C'est tout pour ce soir. Grosse, très grosse déception !
00 h 30, quelque peu dépités, et quand même frustrés d'un si maigre résultat après tant d'efforts, nous retournons au camping de Skarsvåg. En chemin, la température extérieure tombe à 0°C, et nous savons déjà que demain la météo ne sera pas meilleure !
L'île de Magerøya - Le Cap Nord
Jour 18 - Ve 03/07/2009 - Skarsvåg - Cap Nord
09 h 15, réveil et petit-déjeuner dans la hytte, après une bonne nuit bien au chaud. A l'extérieur, vent, pluie, froid à 3°C.
Dans la matinée, à proximité du port de Skarsvåg, visite et achats à la boutique de Noël, "Nordkapp Jul & Vinterhus", installée dans la maison particulière d'une habitante du village, capharnaüm d'objets divers et variés ayant plus ou moins de rapport avec Noël. Bien sûr, le rouge domine, c'est la couleur préférée des norvégiens et aussi la couleur de Noël. Dans tout le fouillis, Nelly à réussi à trouver avec six mois d'avance quelques décors de Noël à sa convenance ! Ouvert toute l'année, mais ce matin, il n'y a vraiment pas foule.
Retour à la hytte, puis rédaction d'un mail, sélection des photos à joindre, et opération cartes postales… En réalité, bulle et relax. Nous comprenons que nous avions besoin de souffler. Repas : cuisses de canard que Nelly a eu le temps de préparer tranquillement et confortablement. On s'est bien régalé !
15 h 45, balade à pied à la Kirkeporten "la porte de l'église", à l'ouest de Skarsvåg. Un petit chemin grimpe et serpente allègrement avant de redescendre tout autant vers une arche en pierre d'où l'on peut voir l'arrière du plateau du Cap Nord et la pointe du Hornet. La mer bat violemment contre les rochers et explose en larges panaches d'écume. Il pleut, le vent d'ouest est assourdissant et dans les bourrasques, on tient à peine debout au point que nous sommes obligés d'écourter la visite. C'était l'activité du jour, un bon bol d'air !
18 h 00, repas de crêpes… Puis à 18 h 45, départ sous la pluie vers le Cap Nord pour expédier toutes les cartes postales que nous avons rédigées afin qu'elles soient revêtues du tampon spécial du bureau de poste… le plus septentrional du monde.
Nous rencontrons le brouillard en cours de trajet, ce qui nous donne une vision surréaliste du paysage de part et d'autre de la route. Cela devient quelque peu hostile et angoissant. Nous croisons un cycliste solitaire qui revient du Cap et qui émerge de la brume. Une violente bourrasque lui fait faire un écart et manque de le renverser. Ambiance !
19 h 00, tout le plateau du Cap est dans la brume. Beaucoup moins de camping-cars que la veille sur le parking, beaucoup moins de monde dans le Nordkapphallen, qui devient plus respirable. Ce soir la fréquentation est majoritairement coréenne. Nelly en profite pour explorer la boutique sans bousculade, il est vrai que ce n'est pas encore l'heure de pointe.
Personne au pied du globe, que l'on devine plus qu'on ne le voit derrière la grande baie vitrée. En comparaison, le temps hier était radieux.
20 h 00, nous assistons à la projection sur écran panoramique d'un film de 15 minutes résumant le déroulement des saisons dans la région du Cap. Survol plutôt bien fait, avec de belles images et une musique adaptée.
20 h 30, nous nous rendons au pied du globe, nous y sommes quasiment seuls. Vent fort et quelques photos dans la brume.
Sur la route du retour, attendant stoïquement au milieu de nulle part, un type fait du stop. Vu la fréquentation de la route à cette heure et la pluie glaciale, nous le prenons à l'arrière de l'Espace après lui avoir fait un peu de place. On n'a pas tout compris, il nous dit être hongrois et venir de Berlin en vélo. Il est venu ce soir en stop sur le site pour acheter des souvenirs à sa famille et loge dans le même camping que nous. Nous le déposons transi au pied de sa tente. Quel courage !
Conclusion : nous n'avons pas vu le soleil briller à minuit au nord du Monde et nous en sommes bien déçus, car c'était l'un des buts de ce long voyage. La nature qui commande en à décidé autrement. Finalement, le Cap Nord se sera montré à la hauteur de sa réputation. Nous y avons trouvé en plein été des conditions climatiques que nous avons parfois l'hiver en Normandie. Ce qui n'a rien d'étonnant : c'est le nord de la Norvège, à 71° 10' 21'' de latitude nord, à 2 100 km du Pôle. Ce n'est tout de même pas rien !
Jour 19 - Sa 04/07/2009 - Skarsvåg - Honningsvåg - Karasjok
Réveil et petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, puis rangement de celle-ci. Au moment du départ, nous discutons quelques minutes avec un couple d'angevins, montés ici avec chacun leur moto.
09 h 45, départ du camping. Temps bouché, plafond bas, brouillard, vent. Nous roulons sans rien voir. Bifurcation vers Gjesvær, port de pêche (relativement), important à l'ouest de Magerøya. Nous faisons un tour rapide du port et du village où il y a peu d'activité visible. Dans la brume qui se déchire à peine, rien ne semble bien attrayant.
Nous avions prévu de consacrer quelques heures à un "safari oiseaux" à la réserve naturelle de Gjesværstappan située sur un îlot à 15 km à l’ouest du plateau du Cap Nord. Mais vu l'état de la mer aujourd'hui et la brume ambiante, nous renonçons à cette expédition qui aurait pu être spectaculaire.
La visibilité s'améliore ensuite légèrement, mais le ciel reste bien bas. Les derniers kilomètres sur l'île de Magerøya se font dans une ambiance lunaire. Quelle contrée ! Nous nous arrêtons de nouveau à Honningsvåg, c'est la ville la plus importante et le point de rassemblement de toute l'île. C'est un port de pêche actif, une importante escale de l'Hurtigruten, d'ailleurs nous assistons à l'accostage du MS Finnmarken venant du sud. Il y a aussi quelques commerces que Nelly ne manque pas de visiter.
J-J repère la bibliothèque pour expédier un mail, mais celle-ci est fermée le samedi. Tout à côté se trouvent l'église et le cimetière. Par rapport au mois de Janvier dernier où nous étions à la même heure, il fait jour et il ne neige pas, mais il y a autant de vent. Là encore, la nuit hivernale enveloppait la ville d'un côté magique qu'elle n'a plus aujourd'hui.
12 h 30, nous quittons Honningsvåg et nous acquittons du péage avant de reprendre le long tunnel de Kafjord pour rejoindre le continent norvégien. De l'autre côte du tunnel, la météo n'a pas changé. Impossible de pique-niquer à l'extérieur ce midi. Nous prenons juste un casse-croute dans la voiture à Repvåg, port sur une petite presqu'île à l'écart de la E69.
16 h 00, arrêt pour quelques courses dans un magasin REMA 1000 (chaîne de supérettes), à Lakselv, petite agglomération dispersée et sans âme, située à l'extrémité du Porsangerfjord et à l'embouchure de la rivière Lakselv. Arrêt café, au bout d'un petit chemin débouchant sur la rivière.
18 h 00, arrivée à Karasjok après avoir traversé plusieurs plateaux désertiques, puis une grande zone de lacs et de forêts de conifères en parcourant une route de plus en plus rectiligne qui nous donne un avant-goût de la Finlande.
Nous sommes à 18 km de la frontière finlandaise. Cette petite ville est la capitale des Samés (les Lapons), dont elle abrite le Parlement. Hormis une petite église de 1807, bien peu de choses à voir, si ce n'est le Parlement lui-même dont l'architecture moderne s'inspire de la forme conique des tentes laponnes. Visite gratuite (suffisamment rare pour être signalé), mais fermé le samedi. Raté !
Installation au camping, confortable et bien tenu. Dîner dans la salle commune à cause de la température. Ce camping est équipé de Wi-fi, aussi nous envoyons à tous le mail que nous avions rédigé à Skarsvåg, et qui relatait nos exploits au Cap Nord.
Reipvåg
Jour 20 - Di 05/07/2009 - Karasjok (N) - Inari (FIN)
La météo est d'une stabilité exemplaire, donc petit déjeuner dans la salle commune du camping.
Peu après avoir quitté le camping de Karasjok, nous passons sans encombre et sans formalités la frontière finlandaise sans voir aucun garde, ni douanier. Il faut juste avancer la montre d'une heure et se familiariser avec une nouvelle langue, tous les panneaux ou affiches sont bilingues : finlandais et lapon, pas évident au premier abord. Et nous retrouvons la zone euro.
Nous aurions pu rester en Norvège pour rejoindre Kirkenes, mais pour enrichir notre connaissance du monde, nous avons choisi de transiter par le nord de la Finlande. Pour voir… En distance, l'écart entre les deux itinéraires n'est pas significatif. Va donc pour la Finlande…
Contre toute logique, nous nous dirigeons d'abord vers le sud-est en suivant la route 92, une longue ligne droite à perte de vue entre Karasjok et Kaamanen, et bordée à l'infini de forêts de bouleaux et de conifères. Et puis, des lacs, des rivières. Aucun relief pour attirer l'œil.
Nous nous arrêtons en chemin en lisière d'une réserve naturelle pour une courte promenade à pied. Sur des cheminements précaires, nous nous enfonçons dans les bois, parcourus de petits ruisseaux, de zones marécageuses, d'espaces où poussent mousses et lichens. Les moustiques qui s'en donnent à cœur joie depuis notre arrivée nous font vite battre en retraite.
Vers 12 h 30, pique-nique sur un parking à l'écart de la route. Nous dégustons les crevettes achetées hier à Lakselv. Sur les 90 km de trajet jusqu'à Kaamanen, nous n'avons pas vu un seul village, pas une seule maison, que de la forêt.
14 h 00, arrivée à Inari, petite agglomération à l'habitat très dispersé. Nelly fait quelques achats dans un magasin de souvenirs, (en prévision de Noël, il est vrai que la Finlande est le pays du Père Noël, qui réside avec ses rennes à Rovaniemi, 300 km plus au sud).
Le temps froid et maussade n'incite pas à l'exploration des environs.
16 h 00, arrivée au camping d'Inari, dans un joli cadre reposant à l'extrémité du lac d'Inarijärvi (l'un des plus grands lacs de Finlande). Petite plage, appontement, barques ne sont guère fréquentés.
18 h 30, repas de crêpes dans la salle commune.
20 h 00, à cause du vent froid, au lit. Emmitouflée sous la couette dans la voiture, Nelly regarde un film sur le PC. Cette nuit qui s'annonce sera la plus glaciale de tout le voyage.
Au cœur de la forêt finlandaise
Jour 21 - Lu 06/07/2009 - Inari (FIN) - Kirkenes (N)
La nuit, en effet, a été particulièrement glaciale et nous réveillons complètement frigorifiés.
10 h 00, nous quittons le camping et roulons, cette fois-ci vers le nord-est pendant 100 km pour retrouver la Norvège en suivant une petite route qui longe le lac d'Inari à peu de distance. Mais nous ne verrons que rarement ce lac pourtant immense, souvent caché par la forêt.
Ce n'est pas le relief qui permet d'avoir des points de vue spectaculaires… Les forêts de bouleaux et de conifères semblent tout absorber. En roulant on ne voit rien d'autre que… des bois. Pas de villages, la grande majorité des rares maisons est souvent cachée derrière les arbres. Seuls, au bord de la route, de curieux petits abris pour protéger les boites à lettres signalent l'existence d'une habitation en retrait.
Ce qui semble être un village sur la carte routière ne correspond à rien de visible sur place. Cette partie de la Finlande nous laisse une impression étrange, celle d'un désert verdoyant, sans activité humaine visible. Seuls quelques troupeaux de rennes animent la matinée, nous en voyons quelques beaux spécimens qui débouchent à l'improviste de la forêt et surgissent sur la route inopinément, dangereux ! Nous essayons de photographier ou filmer les plus beaux, ceux qui portent de grands bois, encore faut-il qu'ils soient en train de paître pour y arriver, car ces animaux se déplacent perpétuellement !
Nous voulions voir la Finlande, nous avons vu… une région sablonneuse peu accidentée, la forêt continue de bouleaux et de conifères, quelques lacs, des étangs et des marécages, de grandes routes rectilignes jusqu'à l'ennui. Et nous n'avons rencontré… personne !
12 h 45, enfin, un petit village ! Arrêt au "Market" (supérette), de Näätämö pour quelques achats alimentaires. Même en euros, les tarifs ne sont pas vraiment attractifs. L'intérêt est surtout pour les Norvégiens qui viennent y faire le plein d'alcool à meilleur compte.
Aussitôt après, nous passons la frontière. Personne pour nous demander quoi que ce soit. Nous sommes de nouveau en Norvège. Une longue descente nous permet de rejoindre Neiden.
Pique-nique dans la voiture près de la Skoltefossen, chute d'eau de peu de hauteur mais d'un gros débit de la rivière Neidenelva.
En roulant, nous sommes presque rassurés et soulagés de retrouver les paysages norvégiens, avec leurs montagnes noires et pelées, même si elles sont dans cette région moins abruptes et moins élevées qu'ailleurs.
15 h 30, arrivée à Kirkenes qui est le but ultime de notre voyage avant de reprendre l'Hurtigruten. Pour cela, nous avons parcouru 5 540 km depuis la Normandie. 5 540 km, on n'imagine pas que le bout de la Terre puisse être si loin ! Quel périple !
Bien peu d'animation dans les rues de Kirkenes ! Comparativement à d'autres, c'est une agglomération importante, qui vivait autrefois de l'extraction du fer et qui s'est reconvertie maintenant dans la pêche au crabe royal et à la réparation navale.
Du fait de l'existence des mines de fer et de la proximité de l'U.R.S.S. Kirkenes à payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale lors de l'occupation allemande : destructions, pillages, exactions et incendies y ont été particulièrement sévères. S'il n'en reste plus trace, quelques statues ou monuments érigés par les voisins russes sont là pour rappeler ce passé douloureux.
Kirkenes est maintenant devenue une ville d'échanges avec la Russie toute proche. Il y a des objets russes à vendre dans les boutiques, des femmes russes viennent vendre leurs produits au marché hebdomadaire, les plaques de rues et les panneaux de signalisation sont en double affichage dont le cyrillique et dans les boutiques on parle russe couramment. Etrange, nous avons l'impression de déjà ne plus être en Europe !
Nous parcourrons rapidement la ville et visitons un centre commercial, mais les magasins ferment systématiquement à 16 h 30. On a fait des économies !
17 h 00, arrivée au camping de Kirkenes, à 10 km vers l'aéroport. Comme le temps ne varie pas, nous nous installons dans une hutte pour la soirée et la nuit. L'aménagement du terrain est sommaire.
Jour 22 - Ma 07/07/2009 - Kirkenes - Jakobselv - Kirkenes

Ce jour était prévu comme jour tampon, la marge de sécurité pour compenser un éventuel retard qui aurait pu se produire au cours du voyage : une étape qui s'éternise, un ennui mécanique ou autre. Cette journée permettait rejoindre le bateau sans stress et surtout ne pas le rater.
Le planning prévisionnel concocté avant le départ a pratiquement été respecté tous les jours à quelques kilomètres près… Preuve qu'il avait été bien pensé. Nous venons de parcourir 5 540 km sans hâte, sans précipitation, sans traîner non plus. Jamais nous n'avons eu l'impression de perdre notre temps, jamais nous n'avons eu le sentiment de courir contre la montre. Hormis les activités contrariées par la météo dans le Finnmark, nous avons pu admirer tous les principaux sites que nous avions envie de voir sur notre trajet. Bien sûr, nous ne sommes pas rentrés dans tous les détails, visité tous les musées (en fait, aucun), suivi toutes les manifestations folkloriques, mais nous avons quand même maintenant une vision étendue de la Norvège.
Le Cap Nord était un but que l'on a atteint ; Kirkenes en est un autre où nous sommes aujourd'hui.
Grâce à une si belle organisation, nous nous retrouvons une journée trop tôt à l'embarcadère de l'Hurtigruten, et les occupations paraissant limitées à Kirkenes, nous avons largement le temps de faire une excursion non prévue dans le planning initial.
Quant aux conditions météo, elles n'évoluent guère. Nous n'avons plus vu le soleil depuis l'après-midi du 1er Juillet, la température n'est jamais montée au-dessus de 9°C et le vent du nord souffle continuellement depuis le même soir, il a plu tous les jours. Ce temps désespérément stable dure depuis 6 jours, et ce matin, cela continue… Donc, la journée démarre doucement…
08 h 15, petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, séance de lessive, et un peu de cuisine pour la préparation du pique-nique de midi, rangement et nettoyage de la hytte.
10 h 30, retour à Kirkenes pour se rendre à l'office du tourisme, que l'on avait repéré hier, pour expédier notre mail. Cela se fait rapidement, nous sommes rôdés maintenant à cette pratique. Le clavier Qwerty et les caractères norvégiens n'ont plus de secrets pour nous.
11 h 15, route vers Grense Jakobelv, aux confins de la Norvège. A la sortie d'un rond-point, un immense panneau routier jaune nous indique d'abord en caractères latins et cyrilliques la direction de… Mourmansk. Mourmansk ! 245 km. La destination n'a rien d'exotique, loin s'en faut.
Et ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de se diriger vers Mourmansk… Cela laisse songeur. C'est une fois au pied de ce panneau que nous comprenons que nous sommes vraiment arrivés loin. Encore un pas à faire et nous sommes… en Russie, en Russie ! Que de chemin parcouru depuis Rouen !
A défaut de pénétrer en Russie, (ce que nous est impossible, puisque nous n'avons aucun visa pour le faire), nous allons donc tutoyer la frontière entre les deux pays. 15 km après Kirkenes, nous faisons un léger détour jusqu'au poste frontière de Storskog où nous nous arrêtons. En réalité, à part de grands panneaux bleus multilingues (où il est indiqué "Entrée interdite sauf pour affaires" !), et une échoppe de souvenirs tenue par un Russe, il n'a rien à voir.
Le poste norvégien est lui-même loin en retrait derrière un portail gardé par 2 militaires norvégiens. Pas facile d'accès la Russie ! Quant au poste russe, il est impossible de le voir d'où nous sommes, tant le no man's land doit être important.
Le lieu est hautement symbolique et stratégique. C'est le seul point de passage entre les deux pays. Cet endroit est même vendu comme lieu d'excursion aux passagers d'Hurtigruten en escale. Quelques touristes nous accompagnent, et comme nous, écarquillent les yeux en espérant apercevoir quelque chose d'insolite. Mais rien… L'activité n'y est pas débordante. Visiblement, il n'y a pas beaucoup de volontaires pour passer à l'Est sauf un camion russe qui rentre au pays. Dans l'autre sens, juste une voiture immatriculée en Suisse.
Nous poursuivons sur une petite route tellement fréquentée que des groupes de moutons s'y prélassent au milieu. Puis, nous traversons un vaste plateau, royaume du minéral, camaïeu de larges blocs brun rouge, gris vert, noir, entrecoupés d'une végétation tapissante d’où émergent quelques rares bouleaux qui n'ont guère plus de 1.50 mètre de haut. Quelques lacs gris acier essaient d'animer le décor. Sous le ciel plombé, le paysage est dense, sombre, triste. Un large canyon serpente au milieu de ce plateau, au fond coule la rivière Jakobselv. Pas gai !
Comme au Cap Nord, nous avons ici le sentiment d'arriver au bout du monde, au bout d'un monde. C'est différent, pas tout à fait le bout du monde, mais l'impression d'arriver aux confins non seulement de la Norvège, mais aussi de l'Europe, d'arriver aux confins du monde occidental. La géographie est là, mais il y a aussi le poids de l'Histoire qui influe sur ce que nous ressentons. A quelques kilomètres, c'est l'Est, la Russie, un énorme pays inquiétant, une autre civilisation, d'autres méthodes…
La route se transforme en piste et redescend vers le lit de la rivière Jakobselv qui est à partir d'ici la frontière naturelle avec la Russie. Et maintenant, ça ne rigole plus ! Plusieurs grands panneaux bleus rédigés en norvégien, russe, finlandais et anglais fixent des interdictions strictes. Ce qui déjà, met dans l'ambiance.
Il est interdit :
· De traverser la frontière
· D'avoir des contacts à travers la frontière
· De photographier le personnel militaire russe et les équipements situés en territoire russe
· D'utiliser des téléobjectifs supérieurs à 200 mm et/ou des trépieds
· La pêche dans la rivière ne peut être pratiquée que par des Norvégiens résidant en Norvège
Toute information peut être demandée à la commission de frontière, à la police ou aux gardes frontière
La piste longe maintenant la rivière, et au bout de quelques mètres, les choses se présentent ainsi, un potelet jaune matérialisant le côté norvégien, la rivière Jakobselv, un potelet rayé rouge et vert concrétisant le côté russe. La frontière est l'équidistance ente les deux potelets.
Ceux-ci n'ont pas été plantés au hasard. Conséquence de la seconde guerre mondiale, les frontières entre la Norvège, la Finlande et l'U.R.S.S. ont été rectifiées en 1945. Leur tracé exact à nécessité en son temps la création d'une commission ad-hoc, qui a confirmé contradictoirement chaque point litigieux sur le terrain à l'aide des poteaux, bien mis en évidence et bien entretenus. Apparemment, cette commission est toujours d'actualité.
Nous ne résisterons pas au plaisir de photographier ces poteaux, tant norvégiens que russes (avec un téléobjectif inférieur à 200 mm !), ni de nous faire tirer le portrait près d'un de ces poteaux (norvégien, bien sûr !).
Bien que nous n'ayons rien vu durant notre bref passage, la paranoïa héritée du régime soviétique et la protection de l'espace Schengen font que cette zone est hautement militarisée et doit sans aucun doute être bien surveillée de part et d'autre.
Au fur et à mesure de notre avancée, nous verrons donc quantité de ces potelets sur chaque berge de la rivière. Et de l'autre côté de la Jakobselv, la forêt de bouleaux, les collines noirâtres, c'est la Russie, que nous pourrions presque toucher en tendant le bras tant la rivière est étroite, à peine une trentaine de mètres de largeur. Mais nous sommes bien prévenus, nous n'allons pas nous y risquer.
La conjonction des mises en garde, de la configuration des lieux, de l'austérité du paysage confèrent à cette zone une atmosphère pesante et quelque peu angoissante. Même si ce n'est pas flagrant, il s'en dégage une ambiance particulière, sinistre et inquiétante. Cela est sans doute très subjectif, mais la région n'est pas neutre.
13 h 15, nous arrivons au hameau de Grense Jakobselv, au pied de la chapelle que le roi Oscar II (de Suède-Norvège), fit édifier en 1869 pour (déjà) servir de bastion spirituel contre l'influence orientale et servir d'amer aux pêcheurs des 2 pays qui (déjà) se querellaient sur les zones de pêche.
Ambiance : côté norvégien, une haute colline couronnée d'installations militaires, un estuaire sablonneux et bosselé recouvert d'une végétation rasante, des potelets jaunes bien alignés le long d'une longue plage complètement close, la masse noire des collines russes avec blockhaus, radars et miradors, puis vers le large, l'étendue de la mer de Barents… Nous voilà face à la mer de Barents, face à l'océan Glacial Arctique… Ce ne sont pas des noms qui invitent à l'exotisme !
Quelques mètres encore, nous parvenons à une petite plage battue par le vent, encadrée de gros rochers gris frappés par le violent ressac de la mer de Barents.
Cette fois-ci, nous avons atteint l'extrême limite de ce qu'il était possible d'atteindre, nous ne pouvons plus aller plus loin. Kirkenes, la Russie, la mer de Barents, l'océan Arctique… Des noms qui ne nous sont pas ordinairement familiers… Nous sommes bien parvenus au bout du Monde !
17 h 45, retour au camping de Kirkenes, mais cette nuit nous dormirons dans l'Espace. 19 h 00, dîner dans la salle commune, quelque peu squattée par 3 couples d'allemands, les places sont chères ! Comme à l'accoutumée, la cuisine est fort bien équipée : dans un tiroir, il y a même les couverts à disposition… C'est la Norvège !
Dans les rues de Kirkenes - Le bout du bout... La mer de Barents
A suivre...
1ère Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie
2ème Partie - ÎLES VESTERÅLEN - FRONTIERE RUSSE
Jour 13 - Di 28/06/2009 - Handelsand - Fiskebol - Stø

08 h 00, réveil en pleine nature après une nuit calme et sans histoire. Météo toujours mitigée. Toilette et maquillage "sauvages" avec les moyens du bord.
Au moment du départ, discussion avec l'un des 2 camping-caristes de l'Orne qui font le trajet inverse.
Arrivée à Fiskebol et attente du bac. Ce ferry permet de passer des îles Lofoten vers les Vesterålen. Des Italiens en camping-car pêchent sur l'appontement et… ça mord ! Peu de véhicules dans la file. Ce ferry a perdu quelque peu de son intérêt depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon de la E10 qui, avec ponts et tunnels, relie maintenant les îles Vesterålen au continent.
10 h 30, embarquement sur le ferry, démesuré par rapport au nombre de voitures. Vaste salon intérieur avec cafétéria où J-J sacrifie au rituel norvégien en mangeant un hot-dog local. 3 niveaux de ponts extérieurs permettent de profiter au mieux du paysage. En arrière, temps gris sur les Lofoten dont les sommets sont pris dans d'épais nuages bas. A quelques kilomètres vers l'avant, grand soleil sur les Vesterålen. La météo norvégienne n'est pas à une bizarrerie près !
11 h 00, débarquement à Melbu (Hadseløya). Arrêt à l'église rouge octogonale de Hadsel. C'est dimanche, il y a une messe, plein de fidèles à l'intérieur, donc pas de visite possible. Quelques personnes quittent momentanément l'office pour téléphoner ou pour se rendre (aux toilettes, sans doute), dans un bâtiment annexe, curieux !
Peu après nous franchissons le pont de Stokmarknes (Langøya). Nous passerons sous ce pont plus tard avec l'Hurtigruten. Ce port est lié à la fondation de l'Hurtigruten en 1881.
En route, halte à Sortland, agglomération importante des Vesterålen. Complété le plein avec du gas-oil détaxé, apparemment, pas de problèmes. Motivés par notre chasse au soleil de minuit, nous quittons la route principale pour suivre la R820 et nous diriger vers le nord de l'île.
12 h 45, peu avant Myre, pique-nique sur une minuscule aire aménagée d'une table et de bancs en bois, face à la mer. Arrivée à Nyksund, au bout d'une route sinueuse et très étroite, tout au nord de Langøya. Ce village de pêcheurs que ses habitants ont dû abandonner dans les années 1970 était devenu fantomatique au fil des années… Ce qui en faisait un intérêt touristique certain, jusqu'à ce qu'une poignée d'acharnés commence à le réhabiliter et ne remette un à un les hangars et les habitations en état. Le village abandonné, ne l'est plus tant que cela et en en passe de (re)devenir très touristique et un rien branché.... Les mouettes, elles, n'ont jamais déserté l'endroit.
Il reste quand même une impression de bout du monde. Sinon, de beaux hangars sur le port et des quais à 2 étages sur pilotis dans un joli cadre naturel. Nous constatons que l'endroit n'est finalement pas vraiment propice à l'observation du soleil de minuit, nous modifions le programme et nous dirigeons vers Stø, située sur la pointe nord-est de l'île.
16 h 45, arrivée au camping de Stø, situé tout au bout du village. Peu fréquenté et très sommaire, mais bel endroit dans une anse à l'écart du port.
Transfert des films et photos sur l'ordinateur. Dîner, soupe et crêpes.
20 h 30, pêche aux bigorneaux, au pied du Home Espace. Un saladier rempli en 5 minutes. Miraculeux !
Le ciel est clair et le soleil brille partout… sauf à notre nord où un long et épais banc de nuages risque de compromettre la soirée.
A 00 h 00, le soleil est bien au-dessus de ce banc de nuages qui n'a pas bougé d'un pouce et restera masqué, dommage. Néanmoins, entre l'horizon et la base des nuages, nous sommes gratifiés d'une belle lumière avec tous les effets possibles de jaune, de rose ou d'orange. Le contre-jour est magnifique et nous restons presque une heure sur les rochers pour admirer le spectacle. Nous n'avons pas tout perdu.
Au loin, vers le nord-est et à 40 km, nous devinons la silhouette des rochers de Bleik sur l'île d'Andøya. La mer et les falaises au lointain dans une légère brume sont devenues roses sous le soleil de minuit. Etonnant !

Jour 14 - Lu 29/06/2009 - Stø - Andenes - Senja Steinfjord

Le temps a changé durant la seconde partie de la nuit. Au réveil, ciel couvert, sommets dans les nuages, légère bruine et température de 9°C. Nous reprenons la route vers Sortland en faisant un crochet par Alsvåg (après Myre).
10 h 45, arrêt à Sortland dans un grand magasin Coop, intégré dans un centre commercial important. Trouvé la bibliothèque pour envoyer un mail, mais l'Internet ne fonctionne pas.
Passage sur le pont de Sortland (sous lequel nous passerons plus tard avec l'Hurtigruten), et nous suivons la rive ouest de l'île d'Hinnøya, avant de franchir le pont de Risøyhamn, sur Andøya (mêmes éléments, même motif pour le pont). La géographie et la circulation sont plutôt complexes dans ces îles. Peu après Risøyhamn, nous passons sur la rive occidentale d'Andøya, face au large.
12 h 45, entre la route peu fréquentée et le bord de mer, nous trouvons un coin de pique-nique au pied des hautes falaises de Nordmela. Nous faisons un sort aux bigorneaux pêchés hier soir, de jolis spécimens ! Et puis, le soleil revient progressivement et il n'y a plus un souffle de vent.
Nous poursuivons en longeant plus ou moins la mer, en traversant des paysages plats, sablonneux et presque désertiques. Nous traversons le village verdoyant de Bleik, avec sa route centrale bordée de hauts arbres de part et d'autre, inhabituel en Norvège.
Après la traversée de Bleik, changement de décor. Nous faisons un arrêt sur une plage de sable absolument blanc. Sans vent, la surface de l'eau est plate comme un miroir. Avec le soleil et de faibles fonds sableux, la mer prend une couleur improbable et difficilement définissable : mélange ou fusion de bleu turquoise et de blanc laiteux. Surprenant !
Une multitude de roches plates émergent à peine, et au fond un énorme pain de sucre jaillit de la mer. Splendide ! Et l'on en vient à penser qu'avec quelques cocotiers, ce pourrait être le paradis. Tout y est, le franc soleil, la mer turquoise, le sable blanc. Eh non, c'est la Norvège !
Juste après cette magnifique plage, la montagne descend en dents de scie jusqu'à la mer au point qu'un tunnel a été creusé pour rejoindre Andenes, à l'extrémité nord d'Andøya et des Vesterålen.
14 h 15, peu de choses à faire dans cette petite ville, si ce n'est chercher la bibliothèque. Après renseignement, nous l'avons trouvée jouxtant l'école. Nous avons rédigé un mail, mais impossible de l'envoyer ! Après plusieurs essais infructueux, la chef-bibliothécaire vient à notre secours et retape notre mail depuis son PC, mais n'a pas pu joindre le texte stocké sur notre clé USB. Elle n'a donc pu envoyer que le texte du mail seul. Très serviable, elle avait surtout envie de parler (!), ou d'entendre parler, français. Son mauvais français mélangé au mauvais anglais de J-J a donné une conversation plutôt surréaliste !
15 h 50, arrivée à l'embarcadère du ferry pour passer sur l'île de Senja. Le départ est dans plus d'une heure, mais il n'y a que 3 ferries par jour en haute saison. Pas question de le rater, sinon c'est demain 9 heures ! Résultat impossible à prévoir à l'avance : 3 voitures, 4 motos et 2 vélos, ça ne se bouscule donc pas !
En attendant, Nelly prépare le goûter sur le parking et fait un cours magistral sur la préparation du café en poudre… immortalisé à jamais en vidéo.
17 h 00, appareillage sur le ferry M/S Lødingen, pas bien grand, ni de la première jeunesse ! Direction Gryllfjord sur la côte ouest de l'île de Senja. 1 heure 40 d'une traversée de rêve, grand soleil, belle visibilité, pas de vent et une mer bleue absolument plate au point que les nuages se reflètent dans l'eau. Vers le nord, difficile de distinguer l'horizon parce qu'il est impossible de séparer la mer du ciel, tout est intensément bleu. Quant à la côte de Senja, très éclairée, elle étale devant nous, sur une cinquantaine de kilomètres, une succession de pointes enneigées. Jamais il n'aurait été possible d'imaginer un tel spectacle en Norvège. Impossible de quitter le pont extérieur du ferry dans de telles conditions. Une traversée idyllique !
18 h 40, arrivée dans le Gryllfjord, toujours sous un généreux soleil. Le fjord est large et peu profond, presqu'en forme de cirque fermé par de hauts sommets qui se découpent sur fond de ciel bleu. Splendide sous un éclairage idéal. En début de soirée, le village de Gryllfjord apparaît illuminé par des couleurs chaudes mettant en valeur chaque maison. Une belle arrivée !
Le ferry accoste au centre du village, et non pas comme souvent au bout d'une route dans un endroit isolé. Pour la première fois, nous voyons des villageois ou des touristes se rassembler sur le quai, pour assister à l'arrivée du bateau. De simples curieux qui n'attendent personne, puisque nous sommes seulement une petite dizaine de passagers étrangers à débarquer.
Là encore, un village du bout du monde, au bout de tout, à l'extrémité ouest de Senja, à l'extrémité de la rive sud du fjord qu'il faut contourner complètement. A l'ombre la majeure partie de l'année au pied de la montagne, sauf l'été bien sûr quand le soleil est le soir au nord. Idyllique l'été, mais l'hiver ? Pour quoi, pour qui ? Difficile de comprendre sans y être né.
Encore plus isolé, le village de Torsken, sur la côte nord de la même montagne, mieux orienté sur la rive d'un autre fjord, mais au bout d'une méchante route longue, sinueuse et très escarpée. Quelques habitations, un appontement, une petite usine de transformation de poisson, c'est tout !
Après Torsken, nous prenons la route vers la côte nord de l'île de Senja, celle face à l'Atlantique, la plus accidentée d'où nous pouvons admirer de beaux paysages de montagnes abruptes et de roches dans l'eau au soleil descendant (ici, impossible de dire couchant !).
Pas (ou si peu), de terrains de camping sur Senja, aussi nous cherchons un coin pour dormir dans la nature cette nuit, si possible, face au soleil de minuit. Cela s'avère difficile, le relief est escarpé, et il y a peu de débouchés intéressants en dehors de la route. Cela devient vite fastidieux et nous gâche quelque peu le plaisir de la découverte de cette île aux paysages magnifiques. Nous roulons, nous roulons, le temps passe (même s'il n'y a pas urgence à cause du jour permanent), nous voudrions bien nous poser quelque part.
21 h 20, nous gravissons un petit col qui mène ensuite vers un tunnel. De ce tunnel, nous débouchons sur l'extrémité du Steinfjord qui semble l'endroit idéal pour passer la nuit. Enfin ! Nous nous arrêtons sur une aire de pique-nique sommairement aménagée en contrebas de la route et juste en bord de mer, face au soleil.
L'endroit rêvé ! Personne d'autre que nous, pas un bruit, même pas une ride sur l'eau, face au soleil qui descend lentement. Idéal ! Dîner au calme sur les tables et bancs en bois : reste des bigorneaux pêchés la veille à Stø, pavés de saumon.
23 h 00, un énorme camping-car occupé par un couple de norvégiens s'installe près de nous. Ils nous prennent en photo face au soleil… descendant !
Et nous passons tout le reste de la soirée à buller face à la mer, sous un ciel clair et bien bleu. La météo est excellente, et cette fois-ci, c'est sûr, nous verrons le soleil à minuit. Malgré l'heure tardive, le soleil est bien haut au-dessus de la mer et brille encore généreusement. S'il ne descend plus, nous le voyons se déplacer lentement vers le nord. A minuit, il brille toujours et à minuit cinq, il passe derrière la rive orientale du fjord. Autour de nous, les montagnes sont copieusement éclairées d'une lumière chaude. Il fait grand jour !
Ces heures-là resterons pour nous un moment exceptionnel et privilégié, qui a lui seul valait tout le voyage et nous venons de vivre, sans aucun doute, la plus belle soirée de notre périple norvégien.
Plage de Bleik - Gryllfjord (Île de Senja)Jour 15 - Ma 30/06/2009 - Senja Steinfjord - Tromsø
08 h 00, réveil face à la mer toujours aussi calme, pas de vent, toujours du soleil mais il reste encore caché derrière les montagnes. Notre nuit a été plus que tranquille, sans un bruit, sans une alerte, mais finalement très courte et nous avons les têtes de circonstance… Nous serions bien restés plus longtemps dans ce site, face à un tel décor, mais il faut bien avancer, la route est encore longue jusqu'à Kirkenes.09 h 30, départ et arrêt quelques kilomètres plus loin pour admirer le site de Tungeneset. De hautes falaises verticales plongent de 500 mètres à l'extrémité d'un fjord et se prolongent par une série de pointes acérées. Impressionnant ! (Les qualificatifs vont vite manquer !).
Personne, et si ce point de vue est plutôt bien aménagé, c'est qu'il doit être fréquenté. Depuis la route, un long cheminement en béton et en pente douce permet aux handicapés d'aller presque à la plage. De part et d'autre, un garde-corps en lamelles de bois et puis un local sanitaire aux formes très "design" de grandes dimensions, construit aussi en bois. Ce serait le site spécialement aménagé le plus cher de Norvège (± 3.000.000 de NOK, soit 390.000 € en 2008… ce qui fait grincer certains norvégiens !).
10 h 30, long arrêt au port de Mefjordvær, village de pêcheurs construit au pied de montagnes verticales. De grandes et belles maisons en bois au bord du fjord, une église blanche donnent un air coquet à ce petit port qui semble se vouer au tourisme, on y a même rencontré un français qui y passait ses vacances…
Route jusqu'à Laukvik à la pointe nord de Senja et attente d'un ferry à Botnhamn pour passer sur l'île de Kvaløya. Pique-nique sur le quai.
Cette île de Senja que nous avons effleurée semble particulièrement belle et bizarrement, à l'écart des routes touristiques. Elle est surtout fréquentée par les Norvégiens, et d'après eux, les paysages de Senja sont un résumé des paysages de Norvège. Donc, à visiter plus en détail.
12 h 30, embarquement sur un petit ferry vers Brensholmen en descendant le Malangenfjord durant 45 minutes. Nous vivons là nos dernières heures d'une météo qui nous a favorisés jusqu'alors. Sans le savoir, nous ne reverrons pas le soleil avant longtemps… Le ciel se voile rapidement, le vent se lève et il fait frisquet sur le pont extérieur, ce qui n'empêche pas J-J de profiter du paysage ou de discuter un long moment en "franglais" avec un Norvégien de Stavanger qui venait dans cette région pour la première fois, (il y a plus de 2 000 km de distance entre Stavanger et Tromsø !), il fut aussi question des incursions des Vikings en Normandie et que ce voyage était peut-être pour nous un retour aux sources.
Dès la sortie du ferry, nous voyons un grand renne avec des grands bois déambuler et brouter à travers les maisons. Curieux, il semble bien loin de son biotope habituel, il nous faudra rouler longtemps pour en voir d'autres plus régulièrement vers le nord.
Nous franchissons sur un pont à voie unique pour passer sur Sommarøya, "l'île de l'été". Pause café en surplombant une plage où quelques jeunes se baignent… Il fait un vent glacial et nous sommes en blouson. Nous n'avons rien vu d'extraordinaire sur cette île, sauf un beau paysage d'îlots et de petites plages au sud-ouest, mais sans l'éclairage idoine, cela semble terne.
Nous poursuivons par la côte nord de Kvaløya pour rejoindre Tromsø, la grande ville du Nord, 3ème ville du pays. Le centre ville est situé sur une île au milieu d'un vaste fjord, nous l'atteignons par un réseau de tunnels avec croisements et ronds-points. Nous rejoignons rapidement la bibliothèque, vaste édifice contemporain. A l'intérieur, sur 3 étages très lumineux, les rayonnages sont bien pourvus pour toutes les tranches d'âge : livres, vidéos, DVD, journaux en consultation en norvégien et en anglais, pour les petits et les grands. Et bien sûr, consultation de documents sur PC et des postes pour l'Internet.
Nanti de notre portable, nous nous connectons au réseau Wi-fi gratuit de la bibliothèque et après quelques tâtonnements, nous pouvons rédiger et expédier un mail. C'est beau le progrès !
16 h 30, balade en ville, dans les coins parcourus l'hiver dernier. Le 2 Janvier à la même heure, il faisait nuit. Aujourd'hui, tout est complètement différent, les perspectives et les dimensions ne sont plus les mêmes. Cela paraît plus animé, plus vaste.
Storgata, la rue principale était couverte de neige, les trottoirs à moitié envahis par des tas de neige ; aujourd'hui, c'est une longue et large rue où la foule déambule. De grandes maisons en bois coloré bordent cette rue, elles abritent des vitrines un peu surannées. Mais la magie n'opère pas comme lors de notre passage en Janvier, sans la nuit mystérieuse, sans les illuminations des rues et les décors de Noël… Curieux de revoir les mêmes endroits ou les mêmes boutiques sous un éclairage différent !
Nelly retourne dans la même galerie marchande près du port. Ensuite, nous visitons la cathédrale (Domkirke). Construite en 1861, de couleur café au lait et gris, c'est la plus grande église en bois de Norvège. Nous écoutons la fin d'un concert d'orgue donné sur un bel instrument de style néoclassique en bois peint en blanc et or. S'y trouve également une belle galerie de tableaux des portraits des pasteurs successifs.
18 h 15, nous empruntons le Tromsøbrua pour rejoindre le quartier de Tromsdalen où se trouve le terrain de camping. Celui-ci est quasiment complet, et on nous attribue une place de parking avec un petit bout d'herbe en contrebas de la route d'accès. Ce n'est plus le cadre royal d'hier soir !
Nous prenons notre dîner dans la salle commune du camp et après le repas, nous profitons des infrastructures pour transférer films et photos sur l'ordinateur.
Jour 16 - Me 01/07/2009 - Tromsø - Alta

Petit-déjeuner dans la salle commune du camping, car il a plu dans la nuit et l'herbe est détrempée derrière l'Espace. Le temps est bouché et les sommets environnants sont dans les nuages. D'ores et déjà, l'excursion au Storsteinen "le gros rocher", à 420 m d'altitude en téléphérique est compromise, pas de panorama sur Tromsø et les environs !
Nous visitons la Cathédrale Arctique toute proche. Très beau monument blanc contemporain de forme triangulaire voulant rappeler les arêtes d'un iceberg que l'on aperçoit de toute la ville. Belle étude de la diffusion de la lumière à l'intérieur. Grand vitrail triangulaire de 140 m² au fond et un buffet d'orgue moderne à l'opposé. Droit d'entrée de 30 NOK (3.40 €), pour l'entretien et pour une fois justifié.
10 h 40, par un temps mitigé, nous quittons Tromsø par la E8, puis la R91 jusqu'à Breidvikseidet où nous attend le ferry qui nous permet de traverser l'Ullsfjord en 20 minutes. Route de liaison de 20 km pour de nouveau emprunter un autre ferry à Lyngseidet et traverser le Lyngenfjord en 45 minutes. Même si le gain de temps n'est pas significatif, ces 2 ferries successifs permettent d'éviter 150 km de trajet.
Nous pique-niquons dans le salon du 2ème ferry entre Lyngseidet et Olderdalen.
13 h 25, le soleil revenu, nous débarquons du ferry et roulons vers le nord, en longeant le Lyngenfjord avec des vues spectaculaires sur le massif de Lyngen, aux cimes encore bien enneigées plongeant dans l'eau verte du fjord.
Nous voyons le premier panneau indiquant la direction de Kirkenes : 790 km (sans compter le crochet prévu par le Cap Nord !!!). Progressivement, nous abordons le Finnmark. Nous longeons plusieurs fjords. La végétation évolue selon les lieux ou l'altitude, les sapins disparaissent peu à peu, les bouleaux rapetissent et se clarifient, et nous traversons de plus en plus de zones désertiques seulement recouvertes de mousses ou d'arbrisseaux rampants. Vastes paysages de toundra sous un ciel de plus en plus couvert.
Au bord de la route, quelques campements samé (lapons), avec 4x4 et paraboles satellites, et aussi les premiers troupeaux de rennes.
18 h 00, arrivée à Alta, la capitale du Finnmark. Ville déconcertante, toute en longueur avec beaucoup de centres commerciaux peu animés. L'ambiance générale est glaciale, tout comme la température extérieure, 8 à 9°C à cause du vent froid.
19 h 00, installation au camping Alta Strand, au sud de la ville au bord de la rivière Altaelv. Repas de crêpes, soupe, café, Pique-nique très froid.
Transfert des films et photos sur l'ordi dans la salle commune. Discuté avec une suissesse de Neuchâtel, qui revient du Cap Nord où elle a eu très froid et du temps agité. Elle nous donne les prévisions météo : peu engageant.
Paysages du LyngenfjordJour 17 - Je 02/07/2009 - Alta - Honningsvåg - Skarsvåg - Cap Nord

Petit déjeuner dans la salle commune du camping, tant il fait froid et qu'il vente. Puis, départ et plein de gas-oil détaxé à Alta.
La route traverse quelques forêts de bouleaux (de plus en plus rares et de plus en plus chétifs), entrecoupées de plateaux arides, désolés, sans arbres, de vastes zones désertiques à perte de vue, juste agrémentées de larges plaques de neige dans les dépressions du terrain. Il n'y a de végétation qu'au ras du sol, arbrisseaux rampants, bruyère, mousses ou lichens. Vu aussi quelques troupeaux de rennes qui broutent ces maigres plantes tout en marchant. Que ce soit par le paysage ou la météo, nous entrons dans l'antichambre du Cap Nord, et il s'en dégage déjà une profonde impression de désolation. La température extérieure oscille entre 5 et 8°C, et nous subissons de nombreux grains.
Après une longue descente sur le hameau d'Oldenfjord, nous quittons la E6 pour emprunter la E69 qui va nous emmener jusqu'au Cap Nord en suivant le Porsangerfjord, très long (120 km), et très large (20 km), fjord, orienté nord/sud entre Honningsvåg et Lakselv.
Des falaises, où la roche est disposée en strates longues et régulières, tombent à pic dans le fjord et ne laissent juste le passage de la route. Le ciel est bas et le vent est froid et fort. Parfois la mer fume sous les rafales. Les grains violents succèdent aux brèves éclaircies. T° = 5°C. Les approches du Grand Nord ne se font pas sous les meilleurs auspices !
13 h 00, passage du tunnel de Kafjord pour accéder à l'île de Magerøya, l'île du Cap Nord. 6 870 m de longueur, creusé sous la mer jusqu'à 212 m de profondeur, des pentes et rampes de 12% à l'entrée et à la sortie. De la belle ouvrage, chèrement payée (192 NOK, ± 22 € l'aller et autant au retour) ! Le Grand Nord, ça se mérite !
13 h 30, arrivée à Honningsvåg. Pluie, froid, vent, donc pique-nique rapide dans la voiture sur le quai Hurtigruten. (Le MS Vesterålen est en escale). Passage à l'office du tourisme (peu avenant), et à la boutique qui y est accolée. Beaucoup de Français, passagers du paquebot en escale Adriana III, y font leurs achats de souvenirs. Pour notre part, nous achetons des gants en laine (2 Juillet !), qui nous seront bien utiles dans quelques heures.
15 h 30, route vers Skarsvåg, sinueuse, accidentée à travers des hauts plateaux complètement nus, sans un arbre, juste une végétation tapie au ras du sol : Herbe ? Mousse ? Bruyère ? Face à nous, sous un ciel plombé, un paysage noir, de désolation, de bout du monde dans le froid, le crachin et le vent qui cingle.
Installation au Kirkeporten Camping de Skarvåg, le camping le plus septentrional du monde dans le port le plus septentrional du monde. Nous sommes dans une région de superlatifs, toujours le plus au nord… C'est vrai, nous sommes à plus de 71° de latitude Nord.
Il fait froid, il crachine, il y a du vent, nous louons à bon prix une hytte pour 2 nuits pour s'octroyer un peu de confort et nous affranchir des conditions météo. Cela fait 17 jours que nous avons quitté la Normandie, et si nous avons voyagé sans précipitation, nous n'avons jamais perdu de temps non plus. Un petit break nous fera le plus grand bien. Et pendant que la pluie tombe, nous nous accordons une petite sieste réconfortante dans un vrai lit.
Et pour marquer notre arrivée dans le Grand Nord, ce soir, c'est pavé de saumon, vin rosé dans notre hutte bien chauffée.
Nous avions prévu dans notre programme d'effectuer une randonnée pédestre au Knivskjelodden, "la lame de couteau", pour observer tranquillement le soleil à minuit, (18 km de marche aller et retour). En réalité, "la lame de couteau", c'est le véritable Cap Nord géographique situé 1 600 m plus au nord que le Cap Nord touristique hyper fréquenté. En plus de l'intérêt de l'exercice physique, il y a aussi une satisfaction intellectuelle (un peu perverse), à rejoindre cet endroit quasiment ignoré et d'être arrivé encore plus au nord que le touriste lambda.
La climat a vite raison de ces belles intentions, le vent, le crachin, la température (1°C), nous font renoncer à ce projet. La météo est trop incertaine pour s'aventurer seuls sans risques dans la traversée d'une région aussi isolée, d'autant que cela nous aurait pris la majeure partie de… la nuit. L'exploit, certes ; mais le plaisir avant tout ! Et ce soir, les conditions ne sont pas réunies pour que cette randonnée soit agréable. Dommage !
22 h 00, départ pour le Cap Nord (touristique), en roulant dans un paysage de hauts plateaux légèrement vallonnés. Pas un arbre, rien, le vide absolu, le désert du Nord. Sous le ciel bas, c'en est grandiose et sublime de désolation. C'est lunaire, nous roulons dans un environnement de plus en plus hostile avec le sentiment étrange de progresser inexorablement vers une fin. La météo et le paysage nous mettent vraiment en condition : nous nous approchons du bout du monde, du bout de tout.
Mais au bout de la route… nous sommes ramenés à la réalité : l'entrée du site du Cap Nord est payante, et bien payante (ce que nous savions), 215 NOK par personne valable pour 2 visites, soit ± 24 € ! Ce site est pour la Norvège une vraie mine d'or. Où va toute cette manne ? A part le Nordkapphallen, le centre touristique, aucun aménagement spécifique n'a été aménagé pour faciliter la vie des usagers. Parkings en cailloux à peine nivelés ou en terre battue, pas d'installation pour faciliter l'ordinaire des camping-caristes pourtant fort nombreux, rien !
Mais nous y sommes ! Et nous ne sommes pas les seuls : un mur de camping-cars sur 2 ou 3 rangs, déjà des bus déversent leur lot de visiteurs venus des paquebots en escale à Honningsvåg. Et cela ne cesse d'arriver.
Nous supportons facilement notre harnachement vestimentaire : veste polaire, blouson fourré, bonnets et gants en laine. T° = 1°C !
Alors que la majorité des touristes s'engouffre dans le Nordkapphallen, nous allons d'abord à l'écart voir le panorama sur "la lame de couteau" que l'on voulait rejoindre à pied. Le nom est assez bien choisi, il s'agit en effet d'un long cap effilé qui s'avance loin en mer. Devant nous, c'est vraiment le nord du Monde. Plus au nord, il n'y a plus que le Spitzberg et le Pôle ! Nous sommes seuls à contempler ce site, la majorité des touristes qui viennent au cap Nord ignorent sans doute son existence !
Nous sommes arrivés au but ! Nous avons fait 4 800 km pour en arriver là ! Avec le sentiment étrange d'être des privilégiés dans un endroit exceptionnel, au cœur d'un site hors norme. Et pourtant, nous sommes loin d'être les premiers, il y en aura encore bien d'autres après nous, nous n'avons rien fait de surhumain pour en arriver là, mais nous l'avons fait. Cela ne changera rien à la marche du Monde, cela ne changera pas le cours de nos vies, c'est vrai. Mais qu'importe, nous y sommes ! Fiers et heureux de tutoyer les limites de la Terre !
Nous nous dirigeons vers la plate-forme où se trouve le signal du Cap Nord : une armature métallique symbolisant le globe terrestre avec l'équateur, les cercles polaires, les tropiques et les méridiens. Symbolique, mais efficace car tous les visiteurs se précipitent au pied du monument pour se faire photographier et apporter la preuve de leur présence au bout du Monde. Et nous-mêmes, sacrifierons au rituel. Quelques mètres après, c'est le bord de la falaise, un à-pic de 300 m, la mer et plus rien d'autre que le Pôle Nord à 2 100 km au-delà de l'horizon. En fait, c'est vraiment le bout du Monde. C'est attirant et cela attire la foule.
Nous restons un long moment à parcourir ce plateau noir battu par tous les vents du diable, face au large. Nous subissons un petit grain de neige fondue. A l'évidence, il n'y aura pas de soleil à contempler ce soir. Ce qui n'empêche pas les badauds de s'agglutiner le long de la balustrade et d'attendre au plus près l'éclaircie miraculeuse qui ne se produira pas.
Nous visitons le hall touristique, bondé. Ambiance internationale et multilingue, mais beaucoup de Français à cause de l'escale du paquebot Adriana III. On y trouve tout ce qu'il faut pour mettre le touriste à l'aise : une grande boutique de souvenirs, bar, cafétéria, restaurant, bureau de poste ainsi que des gradins permettant, si les conditions sont trop rudes, de contempler le site derrière une grande verrière ; et ce soir, il y a des amateurs !
Un long souterrain en pente douce mène vers une salle de projection et des vitrines où sont exposés des dioramas retraçant l'histoire du Cap, une chapelle, un temple thaï (!?), une salle où est exposée un buste du roi Louis-Philippe (ancien visiteur des lieux). Ce souterrain débouche dans une grotte artificielle avec un bar étagé en gradins où il est de bon ton de boire le champagne face au nord, bien à l'abri derrière une large baie vitrée. L'exploitation commerciale des lieux n'est pas du meilleur goût et s'avère bien décevante par rapport à la symbolique du site. Mais, vu la fréquentation, quel jackpot !
Nous retournons à l'extérieur, près du globe maintenant éclairé. Beaucoup de monde partout. La visibilité est bonne mais le ciel est sombre, donc pas de soleil à espérer.
24 h 00, quelques rayons de soleil réussissent à passer furtivement à travers la masse de nuages et éclairent parcimonieusement la mer. C'est tout pour ce soir. Grosse, très grosse déception !
00 h 30, quelque peu dépités, et quand même frustrés d'un si maigre résultat après tant d'efforts, nous retournons au camping de Skarsvåg. En chemin, la température extérieure tombe à 0°C, et nous savons déjà que demain la météo ne sera pas meilleure !
L'île de Magerøya - Le Cap NordJour 18 - Ve 03/07/2009 - Skarsvåg - Cap Nord
09 h 15, réveil et petit-déjeuner dans la hytte, après une bonne nuit bien au chaud. A l'extérieur, vent, pluie, froid à 3°C.
Dans la matinée, à proximité du port de Skarsvåg, visite et achats à la boutique de Noël, "Nordkapp Jul & Vinterhus", installée dans la maison particulière d'une habitante du village, capharnaüm d'objets divers et variés ayant plus ou moins de rapport avec Noël. Bien sûr, le rouge domine, c'est la couleur préférée des norvégiens et aussi la couleur de Noël. Dans tout le fouillis, Nelly à réussi à trouver avec six mois d'avance quelques décors de Noël à sa convenance ! Ouvert toute l'année, mais ce matin, il n'y a vraiment pas foule.
Retour à la hytte, puis rédaction d'un mail, sélection des photos à joindre, et opération cartes postales… En réalité, bulle et relax. Nous comprenons que nous avions besoin de souffler. Repas : cuisses de canard que Nelly a eu le temps de préparer tranquillement et confortablement. On s'est bien régalé !
15 h 45, balade à pied à la Kirkeporten "la porte de l'église", à l'ouest de Skarsvåg. Un petit chemin grimpe et serpente allègrement avant de redescendre tout autant vers une arche en pierre d'où l'on peut voir l'arrière du plateau du Cap Nord et la pointe du Hornet. La mer bat violemment contre les rochers et explose en larges panaches d'écume. Il pleut, le vent d'ouest est assourdissant et dans les bourrasques, on tient à peine debout au point que nous sommes obligés d'écourter la visite. C'était l'activité du jour, un bon bol d'air !
18 h 00, repas de crêpes… Puis à 18 h 45, départ sous la pluie vers le Cap Nord pour expédier toutes les cartes postales que nous avons rédigées afin qu'elles soient revêtues du tampon spécial du bureau de poste… le plus septentrional du monde.
Nous rencontrons le brouillard en cours de trajet, ce qui nous donne une vision surréaliste du paysage de part et d'autre de la route. Cela devient quelque peu hostile et angoissant. Nous croisons un cycliste solitaire qui revient du Cap et qui émerge de la brume. Une violente bourrasque lui fait faire un écart et manque de le renverser. Ambiance !
19 h 00, tout le plateau du Cap est dans la brume. Beaucoup moins de camping-cars que la veille sur le parking, beaucoup moins de monde dans le Nordkapphallen, qui devient plus respirable. Ce soir la fréquentation est majoritairement coréenne. Nelly en profite pour explorer la boutique sans bousculade, il est vrai que ce n'est pas encore l'heure de pointe.
Personne au pied du globe, que l'on devine plus qu'on ne le voit derrière la grande baie vitrée. En comparaison, le temps hier était radieux.
20 h 00, nous assistons à la projection sur écran panoramique d'un film de 15 minutes résumant le déroulement des saisons dans la région du Cap. Survol plutôt bien fait, avec de belles images et une musique adaptée.
20 h 30, nous nous rendons au pied du globe, nous y sommes quasiment seuls. Vent fort et quelques photos dans la brume.
Sur la route du retour, attendant stoïquement au milieu de nulle part, un type fait du stop. Vu la fréquentation de la route à cette heure et la pluie glaciale, nous le prenons à l'arrière de l'Espace après lui avoir fait un peu de place. On n'a pas tout compris, il nous dit être hongrois et venir de Berlin en vélo. Il est venu ce soir en stop sur le site pour acheter des souvenirs à sa famille et loge dans le même camping que nous. Nous le déposons transi au pied de sa tente. Quel courage !
Conclusion : nous n'avons pas vu le soleil briller à minuit au nord du Monde et nous en sommes bien déçus, car c'était l'un des buts de ce long voyage. La nature qui commande en à décidé autrement. Finalement, le Cap Nord se sera montré à la hauteur de sa réputation. Nous y avons trouvé en plein été des conditions climatiques que nous avons parfois l'hiver en Normandie. Ce qui n'a rien d'étonnant : c'est le nord de la Norvège, à 71° 10' 21'' de latitude nord, à 2 100 km du Pôle. Ce n'est tout de même pas rien !
Jour 19 - Sa 04/07/2009 - Skarsvåg - Honningsvåg - Karasjok
Réveil et petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, puis rangement de celle-ci. Au moment du départ, nous discutons quelques minutes avec un couple d'angevins, montés ici avec chacun leur moto.09 h 45, départ du camping. Temps bouché, plafond bas, brouillard, vent. Nous roulons sans rien voir. Bifurcation vers Gjesvær, port de pêche (relativement), important à l'ouest de Magerøya. Nous faisons un tour rapide du port et du village où il y a peu d'activité visible. Dans la brume qui se déchire à peine, rien ne semble bien attrayant.
Nous avions prévu de consacrer quelques heures à un "safari oiseaux" à la réserve naturelle de Gjesværstappan située sur un îlot à 15 km à l’ouest du plateau du Cap Nord. Mais vu l'état de la mer aujourd'hui et la brume ambiante, nous renonçons à cette expédition qui aurait pu être spectaculaire.
La visibilité s'améliore ensuite légèrement, mais le ciel reste bien bas. Les derniers kilomètres sur l'île de Magerøya se font dans une ambiance lunaire. Quelle contrée ! Nous nous arrêtons de nouveau à Honningsvåg, c'est la ville la plus importante et le point de rassemblement de toute l'île. C'est un port de pêche actif, une importante escale de l'Hurtigruten, d'ailleurs nous assistons à l'accostage du MS Finnmarken venant du sud. Il y a aussi quelques commerces que Nelly ne manque pas de visiter.
J-J repère la bibliothèque pour expédier un mail, mais celle-ci est fermée le samedi. Tout à côté se trouvent l'église et le cimetière. Par rapport au mois de Janvier dernier où nous étions à la même heure, il fait jour et il ne neige pas, mais il y a autant de vent. Là encore, la nuit hivernale enveloppait la ville d'un côté magique qu'elle n'a plus aujourd'hui.
12 h 30, nous quittons Honningsvåg et nous acquittons du péage avant de reprendre le long tunnel de Kafjord pour rejoindre le continent norvégien. De l'autre côte du tunnel, la météo n'a pas changé. Impossible de pique-niquer à l'extérieur ce midi. Nous prenons juste un casse-croute dans la voiture à Repvåg, port sur une petite presqu'île à l'écart de la E69.
16 h 00, arrêt pour quelques courses dans un magasin REMA 1000 (chaîne de supérettes), à Lakselv, petite agglomération dispersée et sans âme, située à l'extrémité du Porsangerfjord et à l'embouchure de la rivière Lakselv. Arrêt café, au bout d'un petit chemin débouchant sur la rivière.
18 h 00, arrivée à Karasjok après avoir traversé plusieurs plateaux désertiques, puis une grande zone de lacs et de forêts de conifères en parcourant une route de plus en plus rectiligne qui nous donne un avant-goût de la Finlande.
Nous sommes à 18 km de la frontière finlandaise. Cette petite ville est la capitale des Samés (les Lapons), dont elle abrite le Parlement. Hormis une petite église de 1807, bien peu de choses à voir, si ce n'est le Parlement lui-même dont l'architecture moderne s'inspire de la forme conique des tentes laponnes. Visite gratuite (suffisamment rare pour être signalé), mais fermé le samedi. Raté !
Installation au camping, confortable et bien tenu. Dîner dans la salle commune à cause de la température. Ce camping est équipé de Wi-fi, aussi nous envoyons à tous le mail que nous avions rédigé à Skarsvåg, et qui relatait nos exploits au Cap Nord.
ReipvågJour 20 - Di 05/07/2009 - Karasjok (N) - Inari (FIN)
La météo est d'une stabilité exemplaire, donc petit déjeuner dans la salle commune du camping.
Peu après avoir quitté le camping de Karasjok, nous passons sans encombre et sans formalités la frontière finlandaise sans voir aucun garde, ni douanier. Il faut juste avancer la montre d'une heure et se familiariser avec une nouvelle langue, tous les panneaux ou affiches sont bilingues : finlandais et lapon, pas évident au premier abord. Et nous retrouvons la zone euro.
Nous aurions pu rester en Norvège pour rejoindre Kirkenes, mais pour enrichir notre connaissance du monde, nous avons choisi de transiter par le nord de la Finlande. Pour voir… En distance, l'écart entre les deux itinéraires n'est pas significatif. Va donc pour la Finlande…
Contre toute logique, nous nous dirigeons d'abord vers le sud-est en suivant la route 92, une longue ligne droite à perte de vue entre Karasjok et Kaamanen, et bordée à l'infini de forêts de bouleaux et de conifères. Et puis, des lacs, des rivières. Aucun relief pour attirer l'œil.
Nous nous arrêtons en chemin en lisière d'une réserve naturelle pour une courte promenade à pied. Sur des cheminements précaires, nous nous enfonçons dans les bois, parcourus de petits ruisseaux, de zones marécageuses, d'espaces où poussent mousses et lichens. Les moustiques qui s'en donnent à cœur joie depuis notre arrivée nous font vite battre en retraite.
Vers 12 h 30, pique-nique sur un parking à l'écart de la route. Nous dégustons les crevettes achetées hier à Lakselv. Sur les 90 km de trajet jusqu'à Kaamanen, nous n'avons pas vu un seul village, pas une seule maison, que de la forêt.
14 h 00, arrivée à Inari, petite agglomération à l'habitat très dispersé. Nelly fait quelques achats dans un magasin de souvenirs, (en prévision de Noël, il est vrai que la Finlande est le pays du Père Noël, qui réside avec ses rennes à Rovaniemi, 300 km plus au sud).
Le temps froid et maussade n'incite pas à l'exploration des environs.
16 h 00, arrivée au camping d'Inari, dans un joli cadre reposant à l'extrémité du lac d'Inarijärvi (l'un des plus grands lacs de Finlande). Petite plage, appontement, barques ne sont guère fréquentés.
18 h 30, repas de crêpes dans la salle commune.
20 h 00, à cause du vent froid, au lit. Emmitouflée sous la couette dans la voiture, Nelly regarde un film sur le PC. Cette nuit qui s'annonce sera la plus glaciale de tout le voyage.
Au cœur de la forêt finlandaiseJour 21 - Lu 06/07/2009 - Inari (FIN) - Kirkenes (N)
La nuit, en effet, a été particulièrement glaciale et nous réveillons complètement frigorifiés.10 h 00, nous quittons le camping et roulons, cette fois-ci vers le nord-est pendant 100 km pour retrouver la Norvège en suivant une petite route qui longe le lac d'Inari à peu de distance. Mais nous ne verrons que rarement ce lac pourtant immense, souvent caché par la forêt.
Ce n'est pas le relief qui permet d'avoir des points de vue spectaculaires… Les forêts de bouleaux et de conifères semblent tout absorber. En roulant on ne voit rien d'autre que… des bois. Pas de villages, la grande majorité des rares maisons est souvent cachée derrière les arbres. Seuls, au bord de la route, de curieux petits abris pour protéger les boites à lettres signalent l'existence d'une habitation en retrait.
Ce qui semble être un village sur la carte routière ne correspond à rien de visible sur place. Cette partie de la Finlande nous laisse une impression étrange, celle d'un désert verdoyant, sans activité humaine visible. Seuls quelques troupeaux de rennes animent la matinée, nous en voyons quelques beaux spécimens qui débouchent à l'improviste de la forêt et surgissent sur la route inopinément, dangereux ! Nous essayons de photographier ou filmer les plus beaux, ceux qui portent de grands bois, encore faut-il qu'ils soient en train de paître pour y arriver, car ces animaux se déplacent perpétuellement !
Nous voulions voir la Finlande, nous avons vu… une région sablonneuse peu accidentée, la forêt continue de bouleaux et de conifères, quelques lacs, des étangs et des marécages, de grandes routes rectilignes jusqu'à l'ennui. Et nous n'avons rencontré… personne !
12 h 45, enfin, un petit village ! Arrêt au "Market" (supérette), de Näätämö pour quelques achats alimentaires. Même en euros, les tarifs ne sont pas vraiment attractifs. L'intérêt est surtout pour les Norvégiens qui viennent y faire le plein d'alcool à meilleur compte.
Aussitôt après, nous passons la frontière. Personne pour nous demander quoi que ce soit. Nous sommes de nouveau en Norvège. Une longue descente nous permet de rejoindre Neiden.
Pique-nique dans la voiture près de la Skoltefossen, chute d'eau de peu de hauteur mais d'un gros débit de la rivière Neidenelva.
En roulant, nous sommes presque rassurés et soulagés de retrouver les paysages norvégiens, avec leurs montagnes noires et pelées, même si elles sont dans cette région moins abruptes et moins élevées qu'ailleurs.
15 h 30, arrivée à Kirkenes qui est le but ultime de notre voyage avant de reprendre l'Hurtigruten. Pour cela, nous avons parcouru 5 540 km depuis la Normandie. 5 540 km, on n'imagine pas que le bout de la Terre puisse être si loin ! Quel périple !
Bien peu d'animation dans les rues de Kirkenes ! Comparativement à d'autres, c'est une agglomération importante, qui vivait autrefois de l'extraction du fer et qui s'est reconvertie maintenant dans la pêche au crabe royal et à la réparation navale.
Du fait de l'existence des mines de fer et de la proximité de l'U.R.S.S. Kirkenes à payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale lors de l'occupation allemande : destructions, pillages, exactions et incendies y ont été particulièrement sévères. S'il n'en reste plus trace, quelques statues ou monuments érigés par les voisins russes sont là pour rappeler ce passé douloureux.
Kirkenes est maintenant devenue une ville d'échanges avec la Russie toute proche. Il y a des objets russes à vendre dans les boutiques, des femmes russes viennent vendre leurs produits au marché hebdomadaire, les plaques de rues et les panneaux de signalisation sont en double affichage dont le cyrillique et dans les boutiques on parle russe couramment. Etrange, nous avons l'impression de déjà ne plus être en Europe !
Nous parcourrons rapidement la ville et visitons un centre commercial, mais les magasins ferment systématiquement à 16 h 30. On a fait des économies !
17 h 00, arrivée au camping de Kirkenes, à 10 km vers l'aéroport. Comme le temps ne varie pas, nous nous installons dans une hutte pour la soirée et la nuit. L'aménagement du terrain est sommaire.
Jour 22 - Ma 07/07/2009 - Kirkenes - Jakobselv - Kirkenes

Ce jour était prévu comme jour tampon, la marge de sécurité pour compenser un éventuel retard qui aurait pu se produire au cours du voyage : une étape qui s'éternise, un ennui mécanique ou autre. Cette journée permettait rejoindre le bateau sans stress et surtout ne pas le rater.
Le planning prévisionnel concocté avant le départ a pratiquement été respecté tous les jours à quelques kilomètres près… Preuve qu'il avait été bien pensé. Nous venons de parcourir 5 540 km sans hâte, sans précipitation, sans traîner non plus. Jamais nous n'avons eu l'impression de perdre notre temps, jamais nous n'avons eu le sentiment de courir contre la montre. Hormis les activités contrariées par la météo dans le Finnmark, nous avons pu admirer tous les principaux sites que nous avions envie de voir sur notre trajet. Bien sûr, nous ne sommes pas rentrés dans tous les détails, visité tous les musées (en fait, aucun), suivi toutes les manifestations folkloriques, mais nous avons quand même maintenant une vision étendue de la Norvège.
Le Cap Nord était un but que l'on a atteint ; Kirkenes en est un autre où nous sommes aujourd'hui.
Grâce à une si belle organisation, nous nous retrouvons une journée trop tôt à l'embarcadère de l'Hurtigruten, et les occupations paraissant limitées à Kirkenes, nous avons largement le temps de faire une excursion non prévue dans le planning initial.
Quant aux conditions météo, elles n'évoluent guère. Nous n'avons plus vu le soleil depuis l'après-midi du 1er Juillet, la température n'est jamais montée au-dessus de 9°C et le vent du nord souffle continuellement depuis le même soir, il a plu tous les jours. Ce temps désespérément stable dure depuis 6 jours, et ce matin, cela continue… Donc, la journée démarre doucement…
08 h 15, petit-déjeuner bien au chaud dans la hutte, séance de lessive, et un peu de cuisine pour la préparation du pique-nique de midi, rangement et nettoyage de la hytte.
10 h 30, retour à Kirkenes pour se rendre à l'office du tourisme, que l'on avait repéré hier, pour expédier notre mail. Cela se fait rapidement, nous sommes rôdés maintenant à cette pratique. Le clavier Qwerty et les caractères norvégiens n'ont plus de secrets pour nous.
11 h 15, route vers Grense Jakobelv, aux confins de la Norvège. A la sortie d'un rond-point, un immense panneau routier jaune nous indique d'abord en caractères latins et cyrilliques la direction de… Mourmansk. Mourmansk ! 245 km. La destination n'a rien d'exotique, loin s'en faut.
Et ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de se diriger vers Mourmansk… Cela laisse songeur. C'est une fois au pied de ce panneau que nous comprenons que nous sommes vraiment arrivés loin. Encore un pas à faire et nous sommes… en Russie, en Russie ! Que de chemin parcouru depuis Rouen !
A défaut de pénétrer en Russie, (ce que nous est impossible, puisque nous n'avons aucun visa pour le faire), nous allons donc tutoyer la frontière entre les deux pays. 15 km après Kirkenes, nous faisons un léger détour jusqu'au poste frontière de Storskog où nous nous arrêtons. En réalité, à part de grands panneaux bleus multilingues (où il est indiqué "Entrée interdite sauf pour affaires" !), et une échoppe de souvenirs tenue par un Russe, il n'a rien à voir.
Le poste norvégien est lui-même loin en retrait derrière un portail gardé par 2 militaires norvégiens. Pas facile d'accès la Russie ! Quant au poste russe, il est impossible de le voir d'où nous sommes, tant le no man's land doit être important.
Le lieu est hautement symbolique et stratégique. C'est le seul point de passage entre les deux pays. Cet endroit est même vendu comme lieu d'excursion aux passagers d'Hurtigruten en escale. Quelques touristes nous accompagnent, et comme nous, écarquillent les yeux en espérant apercevoir quelque chose d'insolite. Mais rien… L'activité n'y est pas débordante. Visiblement, il n'y a pas beaucoup de volontaires pour passer à l'Est sauf un camion russe qui rentre au pays. Dans l'autre sens, juste une voiture immatriculée en Suisse.
Nous poursuivons sur une petite route tellement fréquentée que des groupes de moutons s'y prélassent au milieu. Puis, nous traversons un vaste plateau, royaume du minéral, camaïeu de larges blocs brun rouge, gris vert, noir, entrecoupés d'une végétation tapissante d’où émergent quelques rares bouleaux qui n'ont guère plus de 1.50 mètre de haut. Quelques lacs gris acier essaient d'animer le décor. Sous le ciel plombé, le paysage est dense, sombre, triste. Un large canyon serpente au milieu de ce plateau, au fond coule la rivière Jakobselv. Pas gai !
Comme au Cap Nord, nous avons ici le sentiment d'arriver au bout du monde, au bout d'un monde. C'est différent, pas tout à fait le bout du monde, mais l'impression d'arriver aux confins non seulement de la Norvège, mais aussi de l'Europe, d'arriver aux confins du monde occidental. La géographie est là, mais il y a aussi le poids de l'Histoire qui influe sur ce que nous ressentons. A quelques kilomètres, c'est l'Est, la Russie, un énorme pays inquiétant, une autre civilisation, d'autres méthodes…
La route se transforme en piste et redescend vers le lit de la rivière Jakobselv qui est à partir d'ici la frontière naturelle avec la Russie. Et maintenant, ça ne rigole plus ! Plusieurs grands panneaux bleus rédigés en norvégien, russe, finlandais et anglais fixent des interdictions strictes. Ce qui déjà, met dans l'ambiance.
Il est interdit :
· De traverser la frontière
· D'avoir des contacts à travers la frontière
· De photographier le personnel militaire russe et les équipements situés en territoire russe
· D'utiliser des téléobjectifs supérieurs à 200 mm et/ou des trépieds
· La pêche dans la rivière ne peut être pratiquée que par des Norvégiens résidant en Norvège
Toute information peut être demandée à la commission de frontière, à la police ou aux gardes frontière
La piste longe maintenant la rivière, et au bout de quelques mètres, les choses se présentent ainsi, un potelet jaune matérialisant le côté norvégien, la rivière Jakobselv, un potelet rayé rouge et vert concrétisant le côté russe. La frontière est l'équidistance ente les deux potelets.
Ceux-ci n'ont pas été plantés au hasard. Conséquence de la seconde guerre mondiale, les frontières entre la Norvège, la Finlande et l'U.R.S.S. ont été rectifiées en 1945. Leur tracé exact à nécessité en son temps la création d'une commission ad-hoc, qui a confirmé contradictoirement chaque point litigieux sur le terrain à l'aide des poteaux, bien mis en évidence et bien entretenus. Apparemment, cette commission est toujours d'actualité.
Nous ne résisterons pas au plaisir de photographier ces poteaux, tant norvégiens que russes (avec un téléobjectif inférieur à 200 mm !), ni de nous faire tirer le portrait près d'un de ces poteaux (norvégien, bien sûr !).
Bien que nous n'ayons rien vu durant notre bref passage, la paranoïa héritée du régime soviétique et la protection de l'espace Schengen font que cette zone est hautement militarisée et doit sans aucun doute être bien surveillée de part et d'autre.
Au fur et à mesure de notre avancée, nous verrons donc quantité de ces potelets sur chaque berge de la rivière. Et de l'autre côté de la Jakobselv, la forêt de bouleaux, les collines noirâtres, c'est la Russie, que nous pourrions presque toucher en tendant le bras tant la rivière est étroite, à peine une trentaine de mètres de largeur. Mais nous sommes bien prévenus, nous n'allons pas nous y risquer.
La conjonction des mises en garde, de la configuration des lieux, de l'austérité du paysage confèrent à cette zone une atmosphère pesante et quelque peu angoissante. Même si ce n'est pas flagrant, il s'en dégage une ambiance particulière, sinistre et inquiétante. Cela est sans doute très subjectif, mais la région n'est pas neutre.
13 h 15, nous arrivons au hameau de Grense Jakobselv, au pied de la chapelle que le roi Oscar II (de Suède-Norvège), fit édifier en 1869 pour (déjà) servir de bastion spirituel contre l'influence orientale et servir d'amer aux pêcheurs des 2 pays qui (déjà) se querellaient sur les zones de pêche.
Ambiance : côté norvégien, une haute colline couronnée d'installations militaires, un estuaire sablonneux et bosselé recouvert d'une végétation rasante, des potelets jaunes bien alignés le long d'une longue plage complètement close, la masse noire des collines russes avec blockhaus, radars et miradors, puis vers le large, l'étendue de la mer de Barents… Nous voilà face à la mer de Barents, face à l'océan Glacial Arctique… Ce ne sont pas des noms qui invitent à l'exotisme !
Quelques mètres encore, nous parvenons à une petite plage battue par le vent, encadrée de gros rochers gris frappés par le violent ressac de la mer de Barents.
Cette fois-ci, nous avons atteint l'extrême limite de ce qu'il était possible d'atteindre, nous ne pouvons plus aller plus loin. Kirkenes, la Russie, la mer de Barents, l'océan Arctique… Des noms qui ne nous sont pas ordinairement familiers… Nous sommes bien parvenus au bout du Monde !
17 h 45, retour au camping de Kirkenes, mais cette nuit nous dormirons dans l'Espace. 19 h 00, dîner dans la salle commune, quelque peu squattée par 3 couples d'allemands, les places sont chères ! Comme à l'accoutumée, la cuisine est fort bien équipée : dans un tiroir, il y a même les couverts à disposition… C'est la Norvège !
Dans les rues de Kirkenes - Le bout du bout... La mer de BarentsA suivre...
1ère Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie
Colombie: retour après quatre semaines de voyage
Bonjour à tous;
tout d'abord, je tiens à remercier Yop, FDB, Cocuy et Lilie82 entre autre qui m'ont aider à préparer ce voyage dans les meilleures conditions😉😉.
Que dire de la Colombie?? un pays tout simplement extraordinaire🙂🙂🙂...A part le Chili et la Bolivie (prévue pour l'année prochaine), j'ai eu la chance de visiter la plupart des pays d'amsud, et je dois dire que c'est la 1ere fois que j'en reviens aussi conquis.
Sécurité?? Chance ou expérience..je ne sais pas mais on ne s'est jamais senti en insécurité dans ce pays. C'est super safe, il y a des militaires partout sur les routes, des policiers partout dans les villes, bref on a trouvé ce pays super tranquile. Pour connaitre le venez ou le Brésil, je peux vous dire que la Colombie est un pays où il fait tres bon vivre (On a meme rencontré des venezueliens venus s'y réfugier après s'être fait auparavant enlever dans leur pays). Sur qu'il a des coins à éviter dans chaque ville, mais ceux-ci sont bien identifiés donc pourqu'oi s'y attarder!!
Les colombiens? enchanteurs, sympas, accueillants, toujours prets à vous rendre service, le tout avec le sourire...Dans chaque posada, on a été traité et conseillé comme des rois. Au fur et à mesure du voyage, nous avons été bluffés, charmés et finallement très impressionés par les colombiens. On a pu échanger avec un tas de gens, du taxi jusqu'au policier, en passant par les guides, directeurs d'hotel, touristes colombiens...bref, un seul mot me vient à l'esprit: chapeau les gars et merci pour tout. L'ambiance? de la musique partout, la bonne bouffe dans la plupart de recoins..pour les célibataires, de jolies nanas un peu partout aussi...
Paysage? Ce que nous avons le plus aimé, la zona cafetera, de Manizales à la Vallée del Cocora. Que de paysages grandioses...toutes les nuances du vert y passent...cela ressemble à une cordilière tropicale bien différente des andes Equatoriennnes ou Péruviennes que je connaissais déjà. On a bien aimé également les villages de Villa de Leyva "la charmeuse" et de Barichara "l'authentique". Les petites déceptions: Providencia (surtout quand on connait Los Roques au venez) sympa, mais 2 jours tout au plus...plus un spot de plongée que de plages assez banales somme toute. Cartagene est à voir mais pas à revoir...tres (trop) bondés de touristes et de taxis klaxonnant dans tous les sens...Des villes coloniales bien plus charmantes, il y en a plein en Amsud (Cuenca, Cuzco, Ouro Preto, Villa de Leyva, Antigua, San Cristobal ...et j'en oublis surement). Disons que'il vaut mieux commencer par Cartagene avant de visiter les autres lol!
Voila, pour les grandes idées. On nous a dit aussi grand bien de Medellin, du Parc Tayrona voire meme des llanos, tout au long du voyage..peut-être pour un prochain voyage. En conclusion, on a trouvé ce pays vraiment attachant et c'est avec beaucoup d'émotions que nous en sommes partis et cela serait avec grand plaisir que nous y retournerions. Encore un grand merci à tous les colombiens!
Gunner
tout d'abord, je tiens à remercier Yop, FDB, Cocuy et Lilie82 entre autre qui m'ont aider à préparer ce voyage dans les meilleures conditions😉😉.
Que dire de la Colombie?? un pays tout simplement extraordinaire🙂🙂🙂...A part le Chili et la Bolivie (prévue pour l'année prochaine), j'ai eu la chance de visiter la plupart des pays d'amsud, et je dois dire que c'est la 1ere fois que j'en reviens aussi conquis.
Sécurité?? Chance ou expérience..je ne sais pas mais on ne s'est jamais senti en insécurité dans ce pays. C'est super safe, il y a des militaires partout sur les routes, des policiers partout dans les villes, bref on a trouvé ce pays super tranquile. Pour connaitre le venez ou le Brésil, je peux vous dire que la Colombie est un pays où il fait tres bon vivre (On a meme rencontré des venezueliens venus s'y réfugier après s'être fait auparavant enlever dans leur pays). Sur qu'il a des coins à éviter dans chaque ville, mais ceux-ci sont bien identifiés donc pourqu'oi s'y attarder!!
Les colombiens? enchanteurs, sympas, accueillants, toujours prets à vous rendre service, le tout avec le sourire...Dans chaque posada, on a été traité et conseillé comme des rois. Au fur et à mesure du voyage, nous avons été bluffés, charmés et finallement très impressionés par les colombiens. On a pu échanger avec un tas de gens, du taxi jusqu'au policier, en passant par les guides, directeurs d'hotel, touristes colombiens...bref, un seul mot me vient à l'esprit: chapeau les gars et merci pour tout. L'ambiance? de la musique partout, la bonne bouffe dans la plupart de recoins..pour les célibataires, de jolies nanas un peu partout aussi...
Paysage? Ce que nous avons le plus aimé, la zona cafetera, de Manizales à la Vallée del Cocora. Que de paysages grandioses...toutes les nuances du vert y passent...cela ressemble à une cordilière tropicale bien différente des andes Equatoriennnes ou Péruviennes que je connaissais déjà. On a bien aimé également les villages de Villa de Leyva "la charmeuse" et de Barichara "l'authentique". Les petites déceptions: Providencia (surtout quand on connait Los Roques au venez) sympa, mais 2 jours tout au plus...plus un spot de plongée que de plages assez banales somme toute. Cartagene est à voir mais pas à revoir...tres (trop) bondés de touristes et de taxis klaxonnant dans tous les sens...Des villes coloniales bien plus charmantes, il y en a plein en Amsud (Cuenca, Cuzco, Ouro Preto, Villa de Leyva, Antigua, San Cristobal ...et j'en oublis surement). Disons que'il vaut mieux commencer par Cartagene avant de visiter les autres lol!
Voila, pour les grandes idées. On nous a dit aussi grand bien de Medellin, du Parc Tayrona voire meme des llanos, tout au long du voyage..peut-être pour un prochain voyage. En conclusion, on a trouvé ce pays vraiment attachant et c'est avec beaucoup d'émotions que nous en sommes partis et cela serait avec grand plaisir que nous y retournerions. Encore un grand merci à tous les colombiens!
Gunner
Pourquoi les Canadiens et les Américains ne préfèrent t-il pas la Martinique à Cuba ou la République Dominicaine?
Les touristes américains et canadiens qui viennent en martinique ne représentent que 1% des touristes qui viennent en martinique...
95% des touristes de martinique sont francais...
Je me demandais pourquoi les quebecois ne viennent pas en martinique?
on parle francais en martinique pourtant!!
qu est-ce qui manque à la martinique pour que vous veniez en nombre en martinique?
Je me demandais aussi comment se fait il que les américains adorent venir en france( preuve que la langue francaise n est pas une barriere pour eux) et que ces memes americains ne viennent jamais en martinique pourtant à 2 pas de chez eux??
que manque t il a la martinique pour attirer les américains et les quebecois en martinique (qui est une ile magnifique) ??
J aimerai comprendre car je ne comprend pas...
😕
Bus - itinéraire au Panama
Étant donné qu'on était loin du sujet initial du prix des billets d'avions, voici la suite de:
http://voyageforum.com/voyage/avion_pas_cher_montreal_panama_D3344546/
Voici un lien qui peut vous aidez:
http://thebusschedule.com
Il semble y avoir des bus directs Panama - El Valle de Anton.
Pour le retour, vous pouvez sans problème dormir à El Valle et prendre un bus (il y en a plusieurs par jours) jusqu'au village (petite ville) au coin de la route de El Valle et de la Panaméricaine. Beaucoup bus pour David (ou Santiago) passent à cet endroit. Si vous voulez être plus safe, prenez un bus indiqué "Santiago" ou "David" sur le pare-brise (ou même "Penonomé" à la limite). Si vous prenez un "Santiago" ou un "Pénonomé", vous devrez évidement changer de bus.
Vous n'attendrez pas très longtemps. Par contre, n'oubliez pas la crème solaire... 😛
Boca del Toro: Iles bien agréable. La plage de Red Frog est très bien. J'ai entendu dire que Isla Bastimentos (je ne suis aller que sur Isla Colon) est très agréable, plus tranquille et moins chère. Je n'ai pas tenté le snorkeling à cet endroit.
Si vous avez du temps (3-4 jours), je suggère San Blas pour décompresser. Chercher des photos sur le net des iles à cet endroit😛. Par contre, je conseillerais de voir à la dernière minute en fonction de la météo (genre Plan A et Plan B de prêt).
Tout près de Santa Clara, il y a une plage publique, pas tellement loin du Breezes (resort) qui est très bien (avec 2-3 resto sur place). Le problème est qu'elle n'est pas bien déservit au niveau du transport publique. Disons que de la Panam, c'est une marche de 30-45min à mon avis...pour l'aller et le retour. De mémoire, elle ferme à 6h.
Playa Blanca peut aussi être très bien, je n'y suis cependant jamais allé.
La communauté Emberas: Ça me semble effectivement plutôt "arrangé" pour les resorts du coin.
http://voyageforum.com/voyage/avion_pas_cher_montreal_panama_D3344546/
Voici un lien qui peut vous aidez:
http://thebusschedule.com
Il semble y avoir des bus directs Panama - El Valle de Anton.
Pour le retour, vous pouvez sans problème dormir à El Valle et prendre un bus (il y en a plusieurs par jours) jusqu'au village (petite ville) au coin de la route de El Valle et de la Panaméricaine. Beaucoup bus pour David (ou Santiago) passent à cet endroit. Si vous voulez être plus safe, prenez un bus indiqué "Santiago" ou "David" sur le pare-brise (ou même "Penonomé" à la limite). Si vous prenez un "Santiago" ou un "Pénonomé", vous devrez évidement changer de bus.
Vous n'attendrez pas très longtemps. Par contre, n'oubliez pas la crème solaire... 😛
Boca del Toro: Iles bien agréable. La plage de Red Frog est très bien. J'ai entendu dire que Isla Bastimentos (je ne suis aller que sur Isla Colon) est très agréable, plus tranquille et moins chère. Je n'ai pas tenté le snorkeling à cet endroit.
Si vous avez du temps (3-4 jours), je suggère San Blas pour décompresser. Chercher des photos sur le net des iles à cet endroit😛. Par contre, je conseillerais de voir à la dernière minute en fonction de la météo (genre Plan A et Plan B de prêt).
Tout près de Santa Clara, il y a une plage publique, pas tellement loin du Breezes (resort) qui est très bien (avec 2-3 resto sur place). Le problème est qu'elle n'est pas bien déservit au niveau du transport publique. Disons que de la Panam, c'est une marche de 30-45min à mon avis...pour l'aller et le retour. De mémoire, elle ferme à 6h.
Playa Blanca peut aussi être très bien, je n'y suis cependant jamais allé.
La communauté Emberas: Ça me semble effectivement plutôt "arrangé" pour les resorts du coin.
Seule en Colombie et au Vénézuela...
Bonjour,
Alors voilà, je me suis pas mal renseignée sur la Colombie et le Vénézuela, et j'ai lu tous les messages du forum sur le sujet, et pourtant je n'arrive toujours pas à me faire une idée précise de la sécurité sur place tant les avis divergent...
J'ai 20 ans et je souhaite partir seule: atterrissage à Bogotà, puis Cali, Medellin, Carthagène, pour ensuite passer la frontière en bus au nord (San Marta en Colombie jusqu'à Maracaibo ou Caracas directement...?) et passer deux semaines au Vénézuela.
Au Vénézuela, je ne compte pas m'attarder à Caracas, mais plutôt passer par Mérida, Chichiriviche (et parc de Maroccoy) , Choroni , et pourquoi pas Isla Margarita ( donc plutôt plage, je compte retourner visiter le reste du pays accompagnée cette fois..)
Bon alors si vous avez tenu le coup et lu jusqu'ici ;) voilà mes questions: en sachant que je ne suis pas du tout du genre à me balader avec des signes extérieurs de richesse, que je ne bois pas d'alcool, et que je serai hébergée tout au long de mon voyage chez des locaux ( site internet couchsurfing) , est-ce raisonnable de partir seule?
Les trajets en bus risquent-ils d'être un problème?
Et pour finir...je suis châtain clair-blonde, aux yeux bleux et j'ai un peu peur de ne pas vraiment passer innaperçue..me conseillez vous de me teindre les cheveux avant de partir? (question un peu bizarre, mais qui vaut la peine d'être posée!)
Voilà voilà, merci d'avance pour vos réponses!
Lou
Au Vénézuela, je ne compte pas m'attarder à Caracas, mais plutôt passer par Mérida, Chichiriviche (et parc de Maroccoy) , Choroni , et pourquoi pas Isla Margarita ( donc plutôt plage, je compte retourner visiter le reste du pays accompagnée cette fois..)
Bon alors si vous avez tenu le coup et lu jusqu'ici ;) voilà mes questions: en sachant que je ne suis pas du tout du genre à me balader avec des signes extérieurs de richesse, que je ne bois pas d'alcool, et que je serai hébergée tout au long de mon voyage chez des locaux ( site internet couchsurfing) , est-ce raisonnable de partir seule?
Les trajets en bus risquent-ils d'être un problème?
Et pour finir...je suis châtain clair-blonde, aux yeux bleux et j'ai un peu peur de ne pas vraiment passer innaperçue..me conseillez vous de me teindre les cheveux avant de partir? (question un peu bizarre, mais qui vaut la peine d'être posée!)
Voilà voilà, merci d'avance pour vos réponses!
Lou
Deux semaines de rêve aux Seychelles
LE VOYAGE
Nous avons tout organisé nous mêmes, vols direct par air seychelles, très bien. Nous arrivons à Mahé et poireautons un peu car le prochain vol pour Praslin est déjà plein, nous prendrons le suivant. On monte à bord du "petit coucou", il fait une chaleur éprouvante là-dedans! C'est la 1ère fois que je monte dans un mini avion comme celui là, et je dois dire que je ne suis pas du tout rassurée, les sensations sont bien différentes à bord d'un boeing 😉 Mais la vue depuis là haut fait vite oublier le stress! Une fois dans le ciel on a une vue panoramique magnifique sur Mahé et les petites îles environnantes, puis sur Praslin. Après quelques minutes de vol, nous atterrissons à Praslin, on récupère les bagages à une vitesse affolante, et taxi direction la jetée. Une petite averse tropicale nous accueille à la jetée pendant qu'on attend le bateau pour la Digue. La fatigue du voyage commence à se faire sentir, et la faim aussi... On débarque à la Digue, avec nos grosses valises, les conducteurs de chars à boeufs se dirigent vers nous, on leur dit qu'on va d'abord aller manger, ils n'insistent pas... Après avoir bien mangé dans le take-away le plus proche, c'est parti pour le char à boeuf qui nous mène à notre location: anse sévère bungalow. Les chemins sont bien agréables, et la lenteur du char à boeuf nous fait apprécier d'autant plus la beauté des paysages...
LE BUNGALOW
Nous arrivons au bungalow, que j'ai réservé comme ça sur un coup de tête, après avoir eu une conversation au téléphone avec la propriétaire, sans savoir à quoi il ressemble. D'autant plus qu'à l'époque, je n'avais jamais réussi à trouver avis ni photos sur internet 🤪 C'est donc hyper stressés à l'idée d'avoir fait une bêtise que nous arrivons à anse sévère. Le char à boeuf s'arrête devant une jolie maison posée sur une petite pelouse juste au bord d'une plage immaculée. Nous sommes interloqués. Non c'est pas possible que ce soit là, ce serait trop beau... Mais si nous dit le conducteur, c'est bien là! Mon mari se met presque à bégayer, mais c'est tout, tout, toute la maison, que pour nous? Oui oui... Hum... La femme de ménage nous accueille, tout sourire... Et alors là on se met à nager en plein rêve... On dépose les bagages, et je file me rafraîchir dans le lagon, bleu turquoise... La plage est déserte, le sable blanco de chez blanco, il y a même 2 cocotiers qui se couchent vers la mer, et ces fameux rochers gris au bord de l'eau...
LA DIGUE
Nous louons tout de suite 2 vtt, pour se ballader plus rapidement dans l'île. Dès le 1er jour, je ne sais plus à quel propos, mais on s'engueule avec mon mari, devant le loueur de vélo. Pas une engueulade affreuse non, mais juste un énervement, auquel on réagit en bon européen surbooké par une année de boulot, excédé au moindre grain de sable... Et là Daniel, le loueur de vélo, me regarde d'un drôle d'air et me dit: "mais pourquoi tu cries? C'est pas grave! Ya pas de raison de crier! Vous avez de la chance, vous êtes aux Seychelles. Vous êtes en vacances là, faut pas se disputer comme ça... Regardes, il fait beau, il fait chaud, prenez les vélos et allez vous promenez, mais ça ne sert à rien de crier..." Et là je me sens tout à fait stupide 😊 et je comprend toute la portée de ce qu'il vient de me dire... Je vais essayer de me transformer en seychelloise jusqu'à la fin des vacances... Zen, zen, zen, rien n'est grave, ya pas de problème, on a tout notre temps... Et plus une seule dispute pendant les 2 semaines 😉 Les ballades autour et au coeur de l'île sont une merveille, cette île a une ambiance complètement magique, les habitants nous disent bonjour, ils sourient, tout le monde est tranquille... Les plages sont toutes plus fabuleuses les unes que les autres...
LA VISITE DE L UNION ESTATE
Est-ce l'excitation du fait de savoir que nous allions voir l'anse source d'argent? Toujours est-il que ce matin là, je suis tombée du lit à 5h30! A peine le jour commence à se lever, nous enfourchons nos bicyclettes direction l'union reserve. De toutes façons, nous avions prévu de s'y rendre tôt: il faut payer l'entrée en euros cash, hors nous avons dépensé tous nos euros, et vu la "course aux euros" içi, impossible de s'en procurer! Il se trouve que sur internet avant notre départ, j'ai lu qu'en arrivant avant 8h, les grilles du parc restant ouvertes, ce qui nous est confirmé par les autochtones... pas bien, mais on rentre sans payer! Il était hors de question de rater ce parc pour 8 euros de monnaie qui nous manquent! J'ai même proposé hier à la dame du guichet de payer plus cher l'entrée mais en roupies, c'est NON!!! Ni vu ni connu, il est à peine 7h quand nous entrons dans la réserve. Première surprise agréable: le sol est relativement plat, c'est moins fatigant à vélo, parce que là depuis quelques jours, moi je n'en peux plus de toutes ces côtes... Un tour vite fait, on passe devant le cimetière qui date de l'époque des colons... On ne me l'aurait pas dit je l'aurais deviné: les tombes sont effectivement très très anciennes, ça se voit!! En tournant à gauche, nous arrivons à l'enclos des tortues géantes. Elles ont entre 30 et 90 ans nous dit le panneau. Je ne suis pas spécialiste, mais effectivement elles sont géantes ces tortues. Mon mari s'approche du muret et passe sa main. Je rêve! Une tortue s'approche, et... elle lève la tête, on jurerait un chat en train de quémander une caresse! Je fais de même... ouhhhhhhh comme c'est bizarre la peau d'une tortue! Séance photos calins-tortues. Il est 8h, il fait déjà super chaud! Nous continuons la ballade. Chacun pédale à son rythme, donc bien sûr je suis à la traîne! Je rejoins Seb qui me dit "Tu as vu la plantation de vanille?" euh ben non... j'l'ai pas vu pourquoi c'était où? On repasse devant cette fameuse plantation... Ah oui effectivement il y a bien un panneau! Mais heureusement, parce que jamais je n'aurais deviné que ces grandes feuilles vertes enroulées en lianes étaient de la vanille! Nous pédalons encore un peu, suivant les indications pour se rendre à source d'argent. Nous passons devant de jolis payages, une roche de granit immense, presque une petite montagne, surgie de nulle part au milieu des cocotiers... Plus loin ce sont des étangs entourés d'une végétation dense... Ah ca y est nous y sommes! Le panneau indique source d'argent, il y a un parking à vélo, et le sol devient sablonneux... Mon coeur se met à battre très fort! Depuis tant d'années j'en rêve de cette plage!!! Je revois encore mon père qui me dit avant notre départ: "surtout, ramènes moi une photo où on te voit sur cette plage près des rochers!". Ces rochers que l'on voit partout, sur les magazines, les brochures des hôtels, les guides de voyages, les documents de l'office du tourisme... Je dis à Seb le fond de ma pensée: oui je suis surexcitée à l'idée de voir à quoi elle ressemble en vrai cette plage, mais j'ai peur d'être un peu déçue... Tout le monde en dit du bien, dans les mag, dans les guides, dans les forums... ne serait-ce pas un peu trop, tout cet engouement autour de cette plage? Toute à ces pensées, je quitte mes claquettes pour avancer plus facilement, maintenant, le sentier est carrément en sable. On passe sous une arche de granit, qu'on dirait posée là pour "faire beau" au dessus du chemin! On passe les gros rochers... et nous y voila, oui ca y est, je suis sur la plage source d'argent!!! J'ai ma petite larme à l'oeil, parce oui c'est beau, oui c'est magique, oui c'est comme l'ont décrit les autres voyageurs avant moi... Des magnifiques crabes bleus se cachent sous le sable. Mais la chaleur est insupportable, vite un plongeon dans le lagon, avec mon masque et mon tuba... Et oui là aussi c'est vrai, le site a dû souffrir de la pollution: pas un poisson en vue! Plus le jour s'éclaire et plus c'est beau; la lumière sur la roche, les reflets turquoises du lagon qui se révèlent, le vert des cocotiers qui s'illumine... J'attend que le soleil soit suffisamment haut pour prendre des photos, et là impossible de s'arrêter. L'appareil qui va sous l'eau, et même le numérique, je vais dans l'eau avec, de toutes façons il n'y a pas une vague dans le lagon! On entend les vagues qui s'écrasent contre la barrière de corail au loin, on voit l'écume, mais là, dans le lagon, on dirait une baignoire géante! Ca y est le soleil tape, je suis éblouie, mais je regarde autour de moi, pour ne pas perdre une miette de ce paysage irréel, cet amas de roches de granit posées les unes contre les autres, ces cocotiers surgis de nulle part, la couleur de l'eau... Non les photos des magazines n'étaient pas truquées, les dégradés du lagon, c'est vraiment comme ça! Jamais de ma vie, moi qui suis pourtant très "photos", je n'ai mitraillé un site de la sorte... Et la plage est encore déserte, même à 11h!!! Je ne trouve pas les mots pour décrire l' atmosphère magique qui se dégage de cet endroit, la luminosité de cette plage, les couleurs changeantes du lagon... Mais bon à un moment il faut bien sortir de l'eau, surtout que mon nez est déjà tout rouge (penses à tes coups de soleil ma chérie...). Nous partons donc nous sécher à l'ombre d'un cocotier, un peu plus loin, avec une vue d'ensemble imprenable sur le site. (euh oui encore quelques photos...). Quelques minutes plus tard, nous repartons à bicyclette et arrivons devant la maison de planteur, c'est dans cette maison que fût tourné le film Emmanuelle, mais de nos jours elle est plus connue pour servir de quartiers d'été au président de la république des seychelles. Elle est beaucoup plus grande que je ne l'avais imaginé, mais aussi belle que sur les photos: immense toit de feuilles de latanier, balcon en bois tout autour, jolie pelouse fleurie... En la contournant, nous repassons devant les tortues: deux d'entres elles s'accouplent, serait-ce l'atmosphère "Emmanuelle" qui hantent les esprits? Amusés, nous les photographions. Un peu plus loin, nous voici arrivés à "l'usine" d'huile de coco (en plein air bien sûr!). Tandis que les employés débourrent la noix, un boeuf tourne autour d'une meule pour en extraire l'huile. Parce que la noix de coco quand elle tombe de l'arbre, forcément elle n'est pas comme au supermarché: 2 à 3 fois plus volumineuse, entourée d'une espèce d'écorce qu'on appelle la bourre. Il y a là un grand tas de noix de coco et quelques pieux sur lesquels il faut taper avec la noix pour la débourrer. Nous discutons avec un employé seychellois qui nous explique le principe. Seb essaie... plusieurs fois sans succès... mais finit par débourrer 3 noix! L'employé nous explique que chacun d'entre eux doit faire 1000 cocos par jour, à sa guise le matin, sur une journée entière, peu importe qu'il ait finit en 4 ou 8h, chacun fait 1000 cocos par jour, sous un soleil de plomb. Je m'amuse de voir autant de cocos en un seul endroit, et l'employé me précise que c'est très peu, il m'explique qu'avant l'arrivée du tourisme, l'île était entièrement recouverte de cocotiers, qu'il y avait beaucoup plus de travail et d'huile importée. Je reste pantoise devant une telle remarque, me demandant si ce seychellois peut imaginer à quoi ressemble une station touristique européenne remplie de gratte-ciels... mais je me sens un peu coupable finalement d'être là: c'est si beau, le gouvernement seychellois parviendra-t-il à préserver toutes ces richesses naturelles? Enchantés de ce contact encore une fois si facile avec les habitants de cette île, nous repartons avec nos noix de cocos dans le panier à l'arrière des vélos. Nous quittons le parc la tête remplie de souvenirs magiques...
GRANDE ANSE ET LE LOUTIER COCO
Il paraît que la plage de Grand Anse est magnifique, mais on dit aussi que c'est fatigant d'y accéder! C'est vrai que sur la Digue, c'est les pieds ou le vélo, le char à boeuf étant réservé aux petites distances et surtout aux routes plates... Effectivement, partis de l'opposé de l'île, il nous faut plus d'une heure pour arriver à bon port. Bon une heure ça va, si ce n'était cette chaleur insupportable après avoir pédalé sur ces routes pentues (voir marché en traînant le vélo...) C'est donc logiquement complètement assoiffés que nous arrivons à Grand Anse... Mais là Ohh miracle, j'aperçois un bar-restaurant, le loutier coco indique le panneau. En plus c'est trop beau, la plage est immense, les rouleaux de l'océan indien sont turquoises... et là, se trouve une paillote, trop charmante!!! Pieds dans le sable, nous "entrons" sous les feuilles de lataniers, un peu d'ombre ouf!!! Mais surtout j'ai SOIF, très soif. A boire, n'importe quoi mais donnez moi quelque chose à boire! On s'installe sur les rondins de bois tandis que la serveuse donne un coup de "feuille fraîche" pour balayer les grains de sable sur notre table. Et là aïe ça se corse, je demande un coca, Seb une bière. Tout sourire, la serveuse nous annonce que la bière est fraîche, mais pas les autres boissons, elles n'ont pas encore été mises dans le frigo! Même pas de l'eau? Non, même pas... Oui oui oui, mais moi j'ai horreur de la bière! Mais là le problème, c'est qu'il est 10h et il doit faire dans les 30°c déjà, je viens de me taper une heure de côte à vélo, moi qui me fatigue déjà avec 4 étages d'escaliers... Je ne comprends pas bien comment c'est possible ça, le bar est ouvert depuis 9h, on est sous l'équateur... et les boissons n'ont pas été mises dans le frigo!!!! Mais comme aux Seychelles rien n'est grave et rien n'est sujet à énervement, et comme surtout je suis complètement déshydratée, je me rabats sur un soda chaud.... Beurk mais bon, je retrouve la sensation de ma langue contre mon palais! La serveuse nous indique que pour 12h30 il y a un buffet barbecue créole. Hum hum, attends ils nous proposent des boissons chaudes, ils croient pas que je vais venir manger ce midi, et puis quoi encore??!! Sauf que après s'être perdus une heure dans la jungle (sentier mal indiqué ou sommes pas doués?!) avant d'atteindre la plage de Petite Anse, on est de nouveau assoiffés! Et la plage de Petite Anse, c'est 400 mètres de sable sans ombre!!! Et justement, au retour, quand on arrive à Grand Anse, (en 5 minutes cette fois ci on a trouvé le sentier...) il est proche de 12h30, on a soif et faim aussi, et Grand Anse, ça veut dire 3 ou 4 km avant de trouver un endroit où se restaurer et se désaltérer... Nous voici donc attablés de nouveau sur ces rondins, un coca frais entre les mains cette fois ci... De la musique créole, le bruit des vagues, le sable frais sous nos pieds, et de l'OMBRE!!! Les serveurs chantent et dansent, les serveuses rient... et l'un d'entre eux annonce au micro que "la bouffe is ready". C'est pieds nus que nous allons choisir nos plats. On prend de tout, à part le poisson et le poulet d'ailleurs, on ne connaît pas grand chose! On goûte donc à ces saveurs inconnues, je tombe bien sûr sur un piment, et c'est un vrai celui là! J'ai commandé 3 bouteilles d'eau durant le repas, dont 2 après ce piment!! Des crudités, inconnues pour nous, ont pourtant un goût semblable à "nos" crudités habituelles... Tout est délicieux: entrées, poissons, sauces, légumes.... D'ailleurs le repas est si bon que la glace proposée en dessert paraît un peu "minable", mais de toutes façons on n'a plus faim (le buffet est à volonté, mais en goutant déjà une fois de chaque plat...) Est ce le cadre très "nature", l'ambiance excellente, les plats délicieux, ou encore le fait que nous avons vu cet endroit un peu à la manière dont on regarde une oasis perdue en plein désert... En tous cas, j'en ai encore l'eau à la bouche rien que de repenser à ce repas! (Et tu vois, tu ne voulais pas y manger parce qu'ils n'avaient pas mis les boissons au frais...) Après 4 jours de bonheur, nous reprenons le bateau direction Praslin
PRASLIN
Arrivés à l'hirondelle, le guest house est plutôt bien. Bon rien à voir avec la location que nous venons de quitter, mais je crois qu'il n'y a pas d'équivalent à cette merveille... L'hirondelle est face à côte d'or. Cette plage vaut sa réputation, elle est magnifique, et super agréable pour se baigner, et... à mon grand étonnement quasi déserte! Nous mangeons des hamburgers, attablés au resto de plage du paradise sun, éblouis de soleil et de sable blanc, face à chauve-souris island... Nous avons d'ailleurs choisi le bon côté de l'île car Grande anse est couverte d'algues à cette époque... Dès le 1er jour, nous trouvons l'ambiance de Praslin bien différente, plus "friquée". Nous louons une petite jeep et partons à la découverte de Praslin, ses plages, ses chemins montagneux, la vallée de mai... La côte qui mène à anse la blague nous laissera des souvenirs mémorables, nous avons été obligés de se mettre en position 4*4 pour ne pas caler... Malgré l'ambiance un peu plus "rupin", nous apprécions cette île. Les plages y sont toutes plus désertes les une que les autres (à part anse lazio, qui nous a paru "surpeuplée", enfin surpeuplée dans une moindre mesure, c'est juste qu'elle n'était pas déserte comme les autres 😉) Une journée entière à faire du snorkelling autour d'un îlot rocheux nous aura valu des coups de soleil mémorables, qui nous auront obligés à rester la journée entière du lendemain dans notre bungalow, une journée gâchée à cause de mon inconscience, ne pas avoir mis de crème sous les tropiques, quelle imbécile 😠 Après 4 jours, direction Mahé, on reprend le petit coucou, j'ai nettement moins peur cette fois-ci 😎
MAHE
Nous louons une voiture aussi, la circulation est plus dense qu'à Praslin, mais c'est loin d'être le périph, nous arrivons sans encombre à notre hôtel, après avoir conduit sur des routes aux bas-côtés impressionnants! 😮 Le tour de l'île nous ravira également par son lot de découvertes, entre les plages (désertes pour la plupart là aussi) et les routes extrêmement pentues et souvent très étroites... Parmi nos meilleurs souvenirs: la plage de Port Launay, d'un calme olympien, un sable d'une douceur incroyable, une eau plate... C'est celle que nous avons le plus apprécié avec celle de côte d'or pour se baigner. La paisible anse Gaulettes, sous l'auberge lazare picault, nous a beaucoup plu aussi, même si elle est moins pratique pour la baignade. La petite cascade sur les hauteurs de Port Glaud était bien sympa aussi, et la route pour y accéder m'aura valu une petite frousse quand même 😄 Le sud de l'île était complètement désert, mis à part un pauvre policier qui remontait à pied une énorme côte en plein soleil, et que nous avons pris en stop ruisselant de sueur... Le petit marché et la minuscule capitale Victoria sont charmants aussi, et tout petits, tout petits... Les couchers de soleil depuis la baie de Beauvallon sont magnifiques, même si nous avons trouvé la plage en elle-même très quelconque... La vue vers Silhouette est très belle depuis ce point de vue.
LA DIGUE LA DIGUE LA DIGUE, PLEBISCITEE!
Nous avons grandement apprécié les 3 îles, Mahé pour ses paysages, Praslin pour ses plages... Mais l'ambiance de la Digue est quasi indescriptible, magique, incomparable... Ca restera notre gros gros coup de coeur, et si nous devions un jour revenir aux Seychelles, nul doute que notre étape à la digue serait beaucoup plus longue... Désolée d'avoit été si longue, et merci à ceux qui auront eu la patience d'aller jusqu'au bout 😉
Nous avons tout organisé nous mêmes, vols direct par air seychelles, très bien. Nous arrivons à Mahé et poireautons un peu car le prochain vol pour Praslin est déjà plein, nous prendrons le suivant. On monte à bord du "petit coucou", il fait une chaleur éprouvante là-dedans! C'est la 1ère fois que je monte dans un mini avion comme celui là, et je dois dire que je ne suis pas du tout rassurée, les sensations sont bien différentes à bord d'un boeing 😉 Mais la vue depuis là haut fait vite oublier le stress! Une fois dans le ciel on a une vue panoramique magnifique sur Mahé et les petites îles environnantes, puis sur Praslin. Après quelques minutes de vol, nous atterrissons à Praslin, on récupère les bagages à une vitesse affolante, et taxi direction la jetée. Une petite averse tropicale nous accueille à la jetée pendant qu'on attend le bateau pour la Digue. La fatigue du voyage commence à se faire sentir, et la faim aussi... On débarque à la Digue, avec nos grosses valises, les conducteurs de chars à boeufs se dirigent vers nous, on leur dit qu'on va d'abord aller manger, ils n'insistent pas... Après avoir bien mangé dans le take-away le plus proche, c'est parti pour le char à boeuf qui nous mène à notre location: anse sévère bungalow. Les chemins sont bien agréables, et la lenteur du char à boeuf nous fait apprécier d'autant plus la beauté des paysages...
LE BUNGALOW
Nous arrivons au bungalow, que j'ai réservé comme ça sur un coup de tête, après avoir eu une conversation au téléphone avec la propriétaire, sans savoir à quoi il ressemble. D'autant plus qu'à l'époque, je n'avais jamais réussi à trouver avis ni photos sur internet 🤪 C'est donc hyper stressés à l'idée d'avoir fait une bêtise que nous arrivons à anse sévère. Le char à boeuf s'arrête devant une jolie maison posée sur une petite pelouse juste au bord d'une plage immaculée. Nous sommes interloqués. Non c'est pas possible que ce soit là, ce serait trop beau... Mais si nous dit le conducteur, c'est bien là! Mon mari se met presque à bégayer, mais c'est tout, tout, toute la maison, que pour nous? Oui oui... Hum... La femme de ménage nous accueille, tout sourire... Et alors là on se met à nager en plein rêve... On dépose les bagages, et je file me rafraîchir dans le lagon, bleu turquoise... La plage est déserte, le sable blanco de chez blanco, il y a même 2 cocotiers qui se couchent vers la mer, et ces fameux rochers gris au bord de l'eau...
LA DIGUE
Nous louons tout de suite 2 vtt, pour se ballader plus rapidement dans l'île. Dès le 1er jour, je ne sais plus à quel propos, mais on s'engueule avec mon mari, devant le loueur de vélo. Pas une engueulade affreuse non, mais juste un énervement, auquel on réagit en bon européen surbooké par une année de boulot, excédé au moindre grain de sable... Et là Daniel, le loueur de vélo, me regarde d'un drôle d'air et me dit: "mais pourquoi tu cries? C'est pas grave! Ya pas de raison de crier! Vous avez de la chance, vous êtes aux Seychelles. Vous êtes en vacances là, faut pas se disputer comme ça... Regardes, il fait beau, il fait chaud, prenez les vélos et allez vous promenez, mais ça ne sert à rien de crier..." Et là je me sens tout à fait stupide 😊 et je comprend toute la portée de ce qu'il vient de me dire... Je vais essayer de me transformer en seychelloise jusqu'à la fin des vacances... Zen, zen, zen, rien n'est grave, ya pas de problème, on a tout notre temps... Et plus une seule dispute pendant les 2 semaines 😉 Les ballades autour et au coeur de l'île sont une merveille, cette île a une ambiance complètement magique, les habitants nous disent bonjour, ils sourient, tout le monde est tranquille... Les plages sont toutes plus fabuleuses les unes que les autres...
LA VISITE DE L UNION ESTATE
Est-ce l'excitation du fait de savoir que nous allions voir l'anse source d'argent? Toujours est-il que ce matin là, je suis tombée du lit à 5h30! A peine le jour commence à se lever, nous enfourchons nos bicyclettes direction l'union reserve. De toutes façons, nous avions prévu de s'y rendre tôt: il faut payer l'entrée en euros cash, hors nous avons dépensé tous nos euros, et vu la "course aux euros" içi, impossible de s'en procurer! Il se trouve que sur internet avant notre départ, j'ai lu qu'en arrivant avant 8h, les grilles du parc restant ouvertes, ce qui nous est confirmé par les autochtones... pas bien, mais on rentre sans payer! Il était hors de question de rater ce parc pour 8 euros de monnaie qui nous manquent! J'ai même proposé hier à la dame du guichet de payer plus cher l'entrée mais en roupies, c'est NON!!! Ni vu ni connu, il est à peine 7h quand nous entrons dans la réserve. Première surprise agréable: le sol est relativement plat, c'est moins fatigant à vélo, parce que là depuis quelques jours, moi je n'en peux plus de toutes ces côtes... Un tour vite fait, on passe devant le cimetière qui date de l'époque des colons... On ne me l'aurait pas dit je l'aurais deviné: les tombes sont effectivement très très anciennes, ça se voit!! En tournant à gauche, nous arrivons à l'enclos des tortues géantes. Elles ont entre 30 et 90 ans nous dit le panneau. Je ne suis pas spécialiste, mais effectivement elles sont géantes ces tortues. Mon mari s'approche du muret et passe sa main. Je rêve! Une tortue s'approche, et... elle lève la tête, on jurerait un chat en train de quémander une caresse! Je fais de même... ouhhhhhhh comme c'est bizarre la peau d'une tortue! Séance photos calins-tortues. Il est 8h, il fait déjà super chaud! Nous continuons la ballade. Chacun pédale à son rythme, donc bien sûr je suis à la traîne! Je rejoins Seb qui me dit "Tu as vu la plantation de vanille?" euh ben non... j'l'ai pas vu pourquoi c'était où? On repasse devant cette fameuse plantation... Ah oui effectivement il y a bien un panneau! Mais heureusement, parce que jamais je n'aurais deviné que ces grandes feuilles vertes enroulées en lianes étaient de la vanille! Nous pédalons encore un peu, suivant les indications pour se rendre à source d'argent. Nous passons devant de jolis payages, une roche de granit immense, presque une petite montagne, surgie de nulle part au milieu des cocotiers... Plus loin ce sont des étangs entourés d'une végétation dense... Ah ca y est nous y sommes! Le panneau indique source d'argent, il y a un parking à vélo, et le sol devient sablonneux... Mon coeur se met à battre très fort! Depuis tant d'années j'en rêve de cette plage!!! Je revois encore mon père qui me dit avant notre départ: "surtout, ramènes moi une photo où on te voit sur cette plage près des rochers!". Ces rochers que l'on voit partout, sur les magazines, les brochures des hôtels, les guides de voyages, les documents de l'office du tourisme... Je dis à Seb le fond de ma pensée: oui je suis surexcitée à l'idée de voir à quoi elle ressemble en vrai cette plage, mais j'ai peur d'être un peu déçue... Tout le monde en dit du bien, dans les mag, dans les guides, dans les forums... ne serait-ce pas un peu trop, tout cet engouement autour de cette plage? Toute à ces pensées, je quitte mes claquettes pour avancer plus facilement, maintenant, le sentier est carrément en sable. On passe sous une arche de granit, qu'on dirait posée là pour "faire beau" au dessus du chemin! On passe les gros rochers... et nous y voila, oui ca y est, je suis sur la plage source d'argent!!! J'ai ma petite larme à l'oeil, parce oui c'est beau, oui c'est magique, oui c'est comme l'ont décrit les autres voyageurs avant moi... Des magnifiques crabes bleus se cachent sous le sable. Mais la chaleur est insupportable, vite un plongeon dans le lagon, avec mon masque et mon tuba... Et oui là aussi c'est vrai, le site a dû souffrir de la pollution: pas un poisson en vue! Plus le jour s'éclaire et plus c'est beau; la lumière sur la roche, les reflets turquoises du lagon qui se révèlent, le vert des cocotiers qui s'illumine... J'attend que le soleil soit suffisamment haut pour prendre des photos, et là impossible de s'arrêter. L'appareil qui va sous l'eau, et même le numérique, je vais dans l'eau avec, de toutes façons il n'y a pas une vague dans le lagon! On entend les vagues qui s'écrasent contre la barrière de corail au loin, on voit l'écume, mais là, dans le lagon, on dirait une baignoire géante! Ca y est le soleil tape, je suis éblouie, mais je regarde autour de moi, pour ne pas perdre une miette de ce paysage irréel, cet amas de roches de granit posées les unes contre les autres, ces cocotiers surgis de nulle part, la couleur de l'eau... Non les photos des magazines n'étaient pas truquées, les dégradés du lagon, c'est vraiment comme ça! Jamais de ma vie, moi qui suis pourtant très "photos", je n'ai mitraillé un site de la sorte... Et la plage est encore déserte, même à 11h!!! Je ne trouve pas les mots pour décrire l' atmosphère magique qui se dégage de cet endroit, la luminosité de cette plage, les couleurs changeantes du lagon... Mais bon à un moment il faut bien sortir de l'eau, surtout que mon nez est déjà tout rouge (penses à tes coups de soleil ma chérie...). Nous partons donc nous sécher à l'ombre d'un cocotier, un peu plus loin, avec une vue d'ensemble imprenable sur le site. (euh oui encore quelques photos...). Quelques minutes plus tard, nous repartons à bicyclette et arrivons devant la maison de planteur, c'est dans cette maison que fût tourné le film Emmanuelle, mais de nos jours elle est plus connue pour servir de quartiers d'été au président de la république des seychelles. Elle est beaucoup plus grande que je ne l'avais imaginé, mais aussi belle que sur les photos: immense toit de feuilles de latanier, balcon en bois tout autour, jolie pelouse fleurie... En la contournant, nous repassons devant les tortues: deux d'entres elles s'accouplent, serait-ce l'atmosphère "Emmanuelle" qui hantent les esprits? Amusés, nous les photographions. Un peu plus loin, nous voici arrivés à "l'usine" d'huile de coco (en plein air bien sûr!). Tandis que les employés débourrent la noix, un boeuf tourne autour d'une meule pour en extraire l'huile. Parce que la noix de coco quand elle tombe de l'arbre, forcément elle n'est pas comme au supermarché: 2 à 3 fois plus volumineuse, entourée d'une espèce d'écorce qu'on appelle la bourre. Il y a là un grand tas de noix de coco et quelques pieux sur lesquels il faut taper avec la noix pour la débourrer. Nous discutons avec un employé seychellois qui nous explique le principe. Seb essaie... plusieurs fois sans succès... mais finit par débourrer 3 noix! L'employé nous explique que chacun d'entre eux doit faire 1000 cocos par jour, à sa guise le matin, sur une journée entière, peu importe qu'il ait finit en 4 ou 8h, chacun fait 1000 cocos par jour, sous un soleil de plomb. Je m'amuse de voir autant de cocos en un seul endroit, et l'employé me précise que c'est très peu, il m'explique qu'avant l'arrivée du tourisme, l'île était entièrement recouverte de cocotiers, qu'il y avait beaucoup plus de travail et d'huile importée. Je reste pantoise devant une telle remarque, me demandant si ce seychellois peut imaginer à quoi ressemble une station touristique européenne remplie de gratte-ciels... mais je me sens un peu coupable finalement d'être là: c'est si beau, le gouvernement seychellois parviendra-t-il à préserver toutes ces richesses naturelles? Enchantés de ce contact encore une fois si facile avec les habitants de cette île, nous repartons avec nos noix de cocos dans le panier à l'arrière des vélos. Nous quittons le parc la tête remplie de souvenirs magiques...
GRANDE ANSE ET LE LOUTIER COCO
Il paraît que la plage de Grand Anse est magnifique, mais on dit aussi que c'est fatigant d'y accéder! C'est vrai que sur la Digue, c'est les pieds ou le vélo, le char à boeuf étant réservé aux petites distances et surtout aux routes plates... Effectivement, partis de l'opposé de l'île, il nous faut plus d'une heure pour arriver à bon port. Bon une heure ça va, si ce n'était cette chaleur insupportable après avoir pédalé sur ces routes pentues (voir marché en traînant le vélo...) C'est donc logiquement complètement assoiffés que nous arrivons à Grand Anse... Mais là Ohh miracle, j'aperçois un bar-restaurant, le loutier coco indique le panneau. En plus c'est trop beau, la plage est immense, les rouleaux de l'océan indien sont turquoises... et là, se trouve une paillote, trop charmante!!! Pieds dans le sable, nous "entrons" sous les feuilles de lataniers, un peu d'ombre ouf!!! Mais surtout j'ai SOIF, très soif. A boire, n'importe quoi mais donnez moi quelque chose à boire! On s'installe sur les rondins de bois tandis que la serveuse donne un coup de "feuille fraîche" pour balayer les grains de sable sur notre table. Et là aïe ça se corse, je demande un coca, Seb une bière. Tout sourire, la serveuse nous annonce que la bière est fraîche, mais pas les autres boissons, elles n'ont pas encore été mises dans le frigo! Même pas de l'eau? Non, même pas... Oui oui oui, mais moi j'ai horreur de la bière! Mais là le problème, c'est qu'il est 10h et il doit faire dans les 30°c déjà, je viens de me taper une heure de côte à vélo, moi qui me fatigue déjà avec 4 étages d'escaliers... Je ne comprends pas bien comment c'est possible ça, le bar est ouvert depuis 9h, on est sous l'équateur... et les boissons n'ont pas été mises dans le frigo!!!! Mais comme aux Seychelles rien n'est grave et rien n'est sujet à énervement, et comme surtout je suis complètement déshydratée, je me rabats sur un soda chaud.... Beurk mais bon, je retrouve la sensation de ma langue contre mon palais! La serveuse nous indique que pour 12h30 il y a un buffet barbecue créole. Hum hum, attends ils nous proposent des boissons chaudes, ils croient pas que je vais venir manger ce midi, et puis quoi encore??!! Sauf que après s'être perdus une heure dans la jungle (sentier mal indiqué ou sommes pas doués?!) avant d'atteindre la plage de Petite Anse, on est de nouveau assoiffés! Et la plage de Petite Anse, c'est 400 mètres de sable sans ombre!!! Et justement, au retour, quand on arrive à Grand Anse, (en 5 minutes cette fois ci on a trouvé le sentier...) il est proche de 12h30, on a soif et faim aussi, et Grand Anse, ça veut dire 3 ou 4 km avant de trouver un endroit où se restaurer et se désaltérer... Nous voici donc attablés de nouveau sur ces rondins, un coca frais entre les mains cette fois ci... De la musique créole, le bruit des vagues, le sable frais sous nos pieds, et de l'OMBRE!!! Les serveurs chantent et dansent, les serveuses rient... et l'un d'entre eux annonce au micro que "la bouffe is ready". C'est pieds nus que nous allons choisir nos plats. On prend de tout, à part le poisson et le poulet d'ailleurs, on ne connaît pas grand chose! On goûte donc à ces saveurs inconnues, je tombe bien sûr sur un piment, et c'est un vrai celui là! J'ai commandé 3 bouteilles d'eau durant le repas, dont 2 après ce piment!! Des crudités, inconnues pour nous, ont pourtant un goût semblable à "nos" crudités habituelles... Tout est délicieux: entrées, poissons, sauces, légumes.... D'ailleurs le repas est si bon que la glace proposée en dessert paraît un peu "minable", mais de toutes façons on n'a plus faim (le buffet est à volonté, mais en goutant déjà une fois de chaque plat...) Est ce le cadre très "nature", l'ambiance excellente, les plats délicieux, ou encore le fait que nous avons vu cet endroit un peu à la manière dont on regarde une oasis perdue en plein désert... En tous cas, j'en ai encore l'eau à la bouche rien que de repenser à ce repas! (Et tu vois, tu ne voulais pas y manger parce qu'ils n'avaient pas mis les boissons au frais...) Après 4 jours de bonheur, nous reprenons le bateau direction Praslin
PRASLIN
Arrivés à l'hirondelle, le guest house est plutôt bien. Bon rien à voir avec la location que nous venons de quitter, mais je crois qu'il n'y a pas d'équivalent à cette merveille... L'hirondelle est face à côte d'or. Cette plage vaut sa réputation, elle est magnifique, et super agréable pour se baigner, et... à mon grand étonnement quasi déserte! Nous mangeons des hamburgers, attablés au resto de plage du paradise sun, éblouis de soleil et de sable blanc, face à chauve-souris island... Nous avons d'ailleurs choisi le bon côté de l'île car Grande anse est couverte d'algues à cette époque... Dès le 1er jour, nous trouvons l'ambiance de Praslin bien différente, plus "friquée". Nous louons une petite jeep et partons à la découverte de Praslin, ses plages, ses chemins montagneux, la vallée de mai... La côte qui mène à anse la blague nous laissera des souvenirs mémorables, nous avons été obligés de se mettre en position 4*4 pour ne pas caler... Malgré l'ambiance un peu plus "rupin", nous apprécions cette île. Les plages y sont toutes plus désertes les une que les autres (à part anse lazio, qui nous a paru "surpeuplée", enfin surpeuplée dans une moindre mesure, c'est juste qu'elle n'était pas déserte comme les autres 😉) Une journée entière à faire du snorkelling autour d'un îlot rocheux nous aura valu des coups de soleil mémorables, qui nous auront obligés à rester la journée entière du lendemain dans notre bungalow, une journée gâchée à cause de mon inconscience, ne pas avoir mis de crème sous les tropiques, quelle imbécile 😠 Après 4 jours, direction Mahé, on reprend le petit coucou, j'ai nettement moins peur cette fois-ci 😎
MAHE
Nous louons une voiture aussi, la circulation est plus dense qu'à Praslin, mais c'est loin d'être le périph, nous arrivons sans encombre à notre hôtel, après avoir conduit sur des routes aux bas-côtés impressionnants! 😮 Le tour de l'île nous ravira également par son lot de découvertes, entre les plages (désertes pour la plupart là aussi) et les routes extrêmement pentues et souvent très étroites... Parmi nos meilleurs souvenirs: la plage de Port Launay, d'un calme olympien, un sable d'une douceur incroyable, une eau plate... C'est celle que nous avons le plus apprécié avec celle de côte d'or pour se baigner. La paisible anse Gaulettes, sous l'auberge lazare picault, nous a beaucoup plu aussi, même si elle est moins pratique pour la baignade. La petite cascade sur les hauteurs de Port Glaud était bien sympa aussi, et la route pour y accéder m'aura valu une petite frousse quand même 😄 Le sud de l'île était complètement désert, mis à part un pauvre policier qui remontait à pied une énorme côte en plein soleil, et que nous avons pris en stop ruisselant de sueur... Le petit marché et la minuscule capitale Victoria sont charmants aussi, et tout petits, tout petits... Les couchers de soleil depuis la baie de Beauvallon sont magnifiques, même si nous avons trouvé la plage en elle-même très quelconque... La vue vers Silhouette est très belle depuis ce point de vue.
LA DIGUE LA DIGUE LA DIGUE, PLEBISCITEE!
Nous avons grandement apprécié les 3 îles, Mahé pour ses paysages, Praslin pour ses plages... Mais l'ambiance de la Digue est quasi indescriptible, magique, incomparable... Ca restera notre gros gros coup de coeur, et si nous devions un jour revenir aux Seychelles, nul doute que notre étape à la digue serait beaucoup plus longue... Désolée d'avoit été si longue, et merci à ceux qui auront eu la patience d'aller jusqu'au bout 😉
Sortir un camping-car du port de Buenos Aires?
bonjour a vous tous, voila je lance un appel à l'aide car j'ai mon van qui doit arrivé en container sur le port de buenos aires, vendredi prochain (le 9 avril).
je viens de recevoir 2 devis, de societés qui peuvent s'occuper de faire les démarches de sortie du véhicule. Elles me demande pas loin de 2000 usdollard. Au havre, on m'a dit que ça me couterai 400, 500 dollard max ...... ça fait une sacrée difference. Je trouve ça carrement hors de prix et je ne m'attendais pas à une somme pareil. Cela compromet beaucoup de chose pour moi. Je ne peux pas payer autant et mon van se trouve deja en mer à l'heure qu'il est.......
J'aurais voulu avoir des retours d'expériences de gens qui ont déja fait ces démarches. est on obligé de passer par ces sociétés ou peux t on faire les démarches soit meme, sachant que j'ai tout mon temps? j'entend d'un coté que l'on ne peux pas faire cela soit meme et de l'autre, une personne m'a dit qu'il y a 2 ans, il a pu sortir son camping car du port de buenos aires pour 300 ou 400 dollard. Je suis vraiment perdu car en plus de ça, je ne parle pas espagnol...... (vous allez me dire c'est un peu con mais j'y vais pour apprendre la langue aussi 🙂 ) au secours!
je viens de recevoir 2 devis, de societés qui peuvent s'occuper de faire les démarches de sortie du véhicule. Elles me demande pas loin de 2000 usdollard. Au havre, on m'a dit que ça me couterai 400, 500 dollard max ...... ça fait une sacrée difference. Je trouve ça carrement hors de prix et je ne m'attendais pas à une somme pareil. Cela compromet beaucoup de chose pour moi. Je ne peux pas payer autant et mon van se trouve deja en mer à l'heure qu'il est.......
J'aurais voulu avoir des retours d'expériences de gens qui ont déja fait ces démarches. est on obligé de passer par ces sociétés ou peux t on faire les démarches soit meme, sachant que j'ai tout mon temps? j'entend d'un coté que l'on ne peux pas faire cela soit meme et de l'autre, une personne m'a dit qu'il y a 2 ans, il a pu sortir son camping car du port de buenos aires pour 300 ou 400 dollard. Je suis vraiment perdu car en plus de ça, je ne parle pas espagnol...... (vous allez me dire c'est un peu con mais j'y vais pour apprendre la langue aussi 🙂 ) au secours!
Un mois au Pérou et en Bolivie: avis sur itinéraire?
Bonjour
Nous partons avec ma femme 1 mois en septembre pour visiter Pérou et Bolivie (avant d'aller au Chili). Après réflexion, notre itinéraire prévisionnel est le suivant, est-ce jouable sans trop courir? J1 Arrivée à Lima J2 Départ vers Pisco J3 Nazca si les vols sont possibles J4-8 Arequipa et Canyon de colca J9-14 Cuzco et Machu Pichu J15-17 Puno et Lac Titicaca, 3 jours c'est trop? J18 Transfert à La Paz (en bus?) J19 La Paz J20-22 Sucre J23-25 Potosi J26-29 Uyuni, ca suffit pour faire le Salar et finir à San Pedro de Atacama?
Nous partons avec ma femme 1 mois en septembre pour visiter Pérou et Bolivie (avant d'aller au Chili). Après réflexion, notre itinéraire prévisionnel est le suivant, est-ce jouable sans trop courir? J1 Arrivée à Lima J2 Départ vers Pisco J3 Nazca si les vols sont possibles J4-8 Arequipa et Canyon de colca J9-14 Cuzco et Machu Pichu J15-17 Puno et Lac Titicaca, 3 jours c'est trop? J18 Transfert à La Paz (en bus?) J19 La Paz J20-22 Sucre J23-25 Potosi J26-29 Uyuni, ca suffit pour faire le Salar et finir à San Pedro de Atacama?
Ouverture de la ligne aérienne Paris-Lima par LAN Perú
LAN PERU, membre de l'alliance oneworld, ouvrira la ligne Paris-Lima via Madrid avec ses propres avions à partir de la seconde moitié de l'année 2010. Cette operation sera realisé par un Boeing 767-300ER.
Cette operation marque ainsi la réintroduction des vols à destination de Lima, Pérou, au départ de Paris-CDG. Ce sera aussi la première fois qu'une compagnie aérienne péruvienne fera des operations en France.
C'est une excellente nouvelle pour tous les touristes français, péruviens et européens car Lima restait la seule grande capitale latino-américaine qui ne comptait pas avec une liaison aérienne directe avec Paris.
À Lima les passagers pourront faire des correspondances avec toutes les destinations de LAN au Pérou ainsi que Quito, La Paz, Guayaquil et Santa Cruz de la Sierra. Il reste à confirmer si la ligne Lima-Île-de-Pâques-Papeete est finalement ouverte pour pouvoir aussi offrir cette option aux passagers français qui se rendent à Tahiti.
À noter aussi que les Boeing 767-300ER de LAN proposent des écrans PTV pour tous les passagers, même en classe Economy, et la classe Premium Business propose des fauteuils-lit (180°).
Cette operation marque ainsi la réintroduction des vols à destination de Lima, Pérou, au départ de Paris-CDG. Ce sera aussi la première fois qu'une compagnie aérienne péruvienne fera des operations en France.
C'est une excellente nouvelle pour tous les touristes français, péruviens et européens car Lima restait la seule grande capitale latino-américaine qui ne comptait pas avec une liaison aérienne directe avec Paris.
À Lima les passagers pourront faire des correspondances avec toutes les destinations de LAN au Pérou ainsi que Quito, La Paz, Guayaquil et Santa Cruz de la Sierra. Il reste à confirmer si la ligne Lima-Île-de-Pâques-Papeete est finalement ouverte pour pouvoir aussi offrir cette option aux passagers français qui se rendent à Tahiti.
À noter aussi que les Boeing 767-300ER de LAN proposent des écrans PTV pour tous les passagers, même en classe Economy, et la classe Premium Business propose des fauteuils-lit (180°).
Circuit de trois semaines à Bali avec trois enfants en été 2010
Bonjour,
Nous souhaitons partir en aout prochain à Bali avec nos 3 enfants ( 7 ans, 5 ans et 22 mois) et faire un circuit de 3 semaines sur bali, et finir par Lombok et Gili. J'ai contacté bali authentique qui m'a proposé un idée de circuit qui a l'air très sympa et complète. Cependant je suis dubitative sur le nombre de changement d'hotels ( 10 hotels) car avec 3 enfants jeunes, c'est quand même une autre gestion et je me dis qu'il serait bien de passer au moins 2 ou 3 nuits sur une étape. Avez vous déjà expérimenté ce type de circuit avec des jeunes enfants? que suggérez vous au niveau du rythme des étapes? pour Ubud, on me propose 4 nuits. ça vaut il le coup avec des enfants ? les distances sont elles importantes? et pour finir faut -il mieux un guide francophone ( on aime pas trop l'idée du voyage méga organisé avec planning milimétré...) par rapport aux enfants ou un chauffeur parlant anglais suffit-il amplement ? merci beaucoup pour votre aide.
Kohana
Nous souhaitons partir en aout prochain à Bali avec nos 3 enfants ( 7 ans, 5 ans et 22 mois) et faire un circuit de 3 semaines sur bali, et finir par Lombok et Gili. J'ai contacté bali authentique qui m'a proposé un idée de circuit qui a l'air très sympa et complète. Cependant je suis dubitative sur le nombre de changement d'hotels ( 10 hotels) car avec 3 enfants jeunes, c'est quand même une autre gestion et je me dis qu'il serait bien de passer au moins 2 ou 3 nuits sur une étape. Avez vous déjà expérimenté ce type de circuit avec des jeunes enfants? que suggérez vous au niveau du rythme des étapes? pour Ubud, on me propose 4 nuits. ça vaut il le coup avec des enfants ? les distances sont elles importantes? et pour finir faut -il mieux un guide francophone ( on aime pas trop l'idée du voyage méga organisé avec planning milimétré...) par rapport aux enfants ou un chauffeur parlant anglais suffit-il amplement ? merci beaucoup pour votre aide.
Kohana
Que faire face à un chien agressif qui en veut à vos mollets?
L'aboiement soudain d'un gros chien qui vous attend caché au coin d'une propriété met quelquefois mon muscle cardiaque à rude épreuve et me paralyse quelques secondes. Une belle bordée d'injures suffit souvent à me soulager et je reprends la route en bougonnant. Mais que faire quand le portail de la propriété est ouvert et que le molosse qui vous a bien vite rattrapé s'en prend à vos jolis mollets ?
Merci de me faire connaître vos "trucs" efficaces (mais admissibles par la SPA !)
De retour après un mois au Vénézuela (et en Colombie)
Bonjour à tous
Je rentre à peine de trois semaines au Venezuela et de 9 jours en Colombie, ou plutôt à Bogotá. Je voulais vous faire partager certaines de mes impressions, sachant que j'ai lu beaucoup de choses sur ces pays via ce site. Comme j'ai bénéficié de conseils, un retour, aussi subjectif et partiel soit-il, me semblait sympa.
9 Jours à Caracas, 10 jours à la campagne, dans l'Etats de Falcon et de Yaracuy, 3 jours dans l'Ouest, prés de Puerto Ordaz. Nous sommes partis à trois (hommes) hors du circuit touristique, rencontrer des amis et des contacts fait via la Belgique.
Caracas
J'ai aimé mais... Il y a un problème d'organisation et de surpopulation difficilement supportable : Metro bondé, embouteillages, pollution à cause des voitures et des déchets. Il ne fait pas "bon vivre" à Caracas, selon certains standards en tous les cas. Coût de la vie... Assez impressionnants, surtout si l'on utilise le taux officiel. Les prix de la nourriture et du logement sont identiques ou supérieurs à ceux de la Belgique Nous logions dans une coopérative de jeunes près de la Ciudad Universtaria, un havre de paix et de sympathie, à 25 bfs la nuit, au confort très rudimentaire mais propre et calme (enfin, dehors c'est Caracas, alors le calme est relatif) Certains usagers de ce forum affirmaient que les Vénézuéliens, notamment à Caracas, ne sont pas sympathiques voire agressifs. Je ne suis pas d'accord avec eux, même si je dois reconnaïtre que la surpopulation entraîne - pour les employés des services (Metro, autocar, hôpitaux, chaine de resto...)- pas mal de stress au boulot et que en effet, l'employé(e) n'est pas toujours, dans le cadre de son travail, tout sourire. Mais hors de cela, les Vénézueliens sont vachement chaleureux, drôles et loquasses. J'y reviendrai. Sécurité : Aucun problème. Jamais un soucis, même pas une remarque. J'ai un peu flippé avant, ayant lu tout ce que l'on écrivait sur Caracas, la ville la plus dangereuse du monde doù sortir indemne relève du miracle. Le sentiment d'insécurité est réel, ainsi que les problèmes d'insécurité, mais de là a dresser un tableau aussi noir que celui que j'ai pu lire, il y a là un phénomène manifeste d'exagération. Bon on est trois mecs et on s'est souvent baladé ensemble, on n'a pas traversé le centre ville avec des liasses de billets dans la main au milieu de la nuit, mais on n'est pas resté cloîtré loin de là. Si certaines appréhendent le pays pour des raisons de sécurité, je vous conseille d'y aller tranquille, vigilants certainement, mais sans peur au ventre. Ambiance : J'ai adoré aussi l'ambiance de Caracas, on à été reçu à Catia, surtout dans les quartiers populaires, les gens sont super actifs, super bavards, super dynamiques, super entreprenants. Ils se passent en permanence une foule d'activité culturelles et politiques très accessibles, dans la rue, foire du livre, manifestation pour le Honduras, concerts de Daniel Viglieti , Course dans les parcs, projection de cinéma, ... Cette ville bouillante se meut, avec, en toile de fond une énorme chaîne de montagne qui touche la ville : la réserve naturelle d'Avila : Majestueuse, tropicale, haute, verte, super visible, énorme - encore plus énorme que la ville ( je vous dit pas l'impression, énorme sur encore plus énorme). Chaque fois que je levais mes yeux vers le nord, j'étais impressionné. J'ai aimé enfin comment les gens sont impliqués politiquement, c'est incroyable comment les gens parlent sans cesse politique, mais d'une façon super réelle, avec des débats importants, dont les sujets sont conséquents et à propos desquelles ils vous demandent un avis aussi tranché que le leur : pour ou contre Chavez, pour ou contre la nationalisation de telle banque, qu'est ce que l'on pense des sept bases US en Colombie... Du gros riches de quartier Country Club au ket des rues de Petare, ils ont tous un avis, en générale exprimé de façon folklorique. Enfin, et pour moi c'est important : la nourriture est délicieuses, les viandes, les jus de fruits, les arepas...
L'Etat de Yaracuy
Magnifique. Nous étions dans la municipalité de Camunare, chez une amie qui gère une TV locale. Cette commune se situe près de Chivacova, dans une vaste plaine agricole entre deux chaînes de montagne ou l'on cultive le café et dans ses montatgnes, la culture qui domine est la culture vaudou. Dans la plaine c'est la culture bien catholique :-), ayant pour symbole une femme aux seins nus qui chevauche un tapir. Sisi, une statue dans chaque village. La région est verte et humide, elle ne compte pas un seul immeuble de plus de deux étages mais de petits village colorés et agités. On s'est baladé dans ces villages, on s'est baigné dans les rivières, on a visité les exploitations agricoles où les paysans nous expliquaient tout en parlant super vite sans que l'on ne comprenne rien mais on ne pouvait rester insensibles à leur enthousiasme, et puis cela finissait toujours par des fruits offerts cueillis directement du champs. Les prix dans cette région sont nettement plus bas, mais l'offre est plus limitée. On a logé dans la posada de Camunare, super cheel, pour 40 Bfs la nuit.
Voilà, je conseil vraiment à tout le monde ce pays magnifique et en perpétuel mouvement, je n'en aie vu qu'une infime partie, mais j'ai hâte d'y retourner pour voir le reste. Lors des trajets en bus ( dont les prix sont dérisoires mais le confort très appréciable) j'ai vu des paysages incroyables que j'ai hâte d'explorer. Mais pour moi c'est surtout les Vénézueliens qui sont incroyables, le contexte actuel, la richesse de leurs histoires, leur musiques, leurs discussions informelles, leur indépendances d'esprit, leur humour, leur accent, leur apathie parfois... Bogotá, je donnerai mes impressions une prochaine fois
Si vous avez l'une ou l'autre question, j'y répondrai avec plaisir.
Je rentre à peine de trois semaines au Venezuela et de 9 jours en Colombie, ou plutôt à Bogotá. Je voulais vous faire partager certaines de mes impressions, sachant que j'ai lu beaucoup de choses sur ces pays via ce site. Comme j'ai bénéficié de conseils, un retour, aussi subjectif et partiel soit-il, me semblait sympa.
9 Jours à Caracas, 10 jours à la campagne, dans l'Etats de Falcon et de Yaracuy, 3 jours dans l'Ouest, prés de Puerto Ordaz. Nous sommes partis à trois (hommes) hors du circuit touristique, rencontrer des amis et des contacts fait via la Belgique.
Caracas
J'ai aimé mais... Il y a un problème d'organisation et de surpopulation difficilement supportable : Metro bondé, embouteillages, pollution à cause des voitures et des déchets. Il ne fait pas "bon vivre" à Caracas, selon certains standards en tous les cas. Coût de la vie... Assez impressionnants, surtout si l'on utilise le taux officiel. Les prix de la nourriture et du logement sont identiques ou supérieurs à ceux de la Belgique Nous logions dans une coopérative de jeunes près de la Ciudad Universtaria, un havre de paix et de sympathie, à 25 bfs la nuit, au confort très rudimentaire mais propre et calme (enfin, dehors c'est Caracas, alors le calme est relatif) Certains usagers de ce forum affirmaient que les Vénézuéliens, notamment à Caracas, ne sont pas sympathiques voire agressifs. Je ne suis pas d'accord avec eux, même si je dois reconnaïtre que la surpopulation entraîne - pour les employés des services (Metro, autocar, hôpitaux, chaine de resto...)- pas mal de stress au boulot et que en effet, l'employé(e) n'est pas toujours, dans le cadre de son travail, tout sourire. Mais hors de cela, les Vénézueliens sont vachement chaleureux, drôles et loquasses. J'y reviendrai. Sécurité : Aucun problème. Jamais un soucis, même pas une remarque. J'ai un peu flippé avant, ayant lu tout ce que l'on écrivait sur Caracas, la ville la plus dangereuse du monde doù sortir indemne relève du miracle. Le sentiment d'insécurité est réel, ainsi que les problèmes d'insécurité, mais de là a dresser un tableau aussi noir que celui que j'ai pu lire, il y a là un phénomène manifeste d'exagération. Bon on est trois mecs et on s'est souvent baladé ensemble, on n'a pas traversé le centre ville avec des liasses de billets dans la main au milieu de la nuit, mais on n'est pas resté cloîtré loin de là. Si certaines appréhendent le pays pour des raisons de sécurité, je vous conseille d'y aller tranquille, vigilants certainement, mais sans peur au ventre. Ambiance : J'ai adoré aussi l'ambiance de Caracas, on à été reçu à Catia, surtout dans les quartiers populaires, les gens sont super actifs, super bavards, super dynamiques, super entreprenants. Ils se passent en permanence une foule d'activité culturelles et politiques très accessibles, dans la rue, foire du livre, manifestation pour le Honduras, concerts de Daniel Viglieti , Course dans les parcs, projection de cinéma, ... Cette ville bouillante se meut, avec, en toile de fond une énorme chaîne de montagne qui touche la ville : la réserve naturelle d'Avila : Majestueuse, tropicale, haute, verte, super visible, énorme - encore plus énorme que la ville ( je vous dit pas l'impression, énorme sur encore plus énorme). Chaque fois que je levais mes yeux vers le nord, j'étais impressionné. J'ai aimé enfin comment les gens sont impliqués politiquement, c'est incroyable comment les gens parlent sans cesse politique, mais d'une façon super réelle, avec des débats importants, dont les sujets sont conséquents et à propos desquelles ils vous demandent un avis aussi tranché que le leur : pour ou contre Chavez, pour ou contre la nationalisation de telle banque, qu'est ce que l'on pense des sept bases US en Colombie... Du gros riches de quartier Country Club au ket des rues de Petare, ils ont tous un avis, en générale exprimé de façon folklorique. Enfin, et pour moi c'est important : la nourriture est délicieuses, les viandes, les jus de fruits, les arepas...
L'Etat de Yaracuy
Magnifique. Nous étions dans la municipalité de Camunare, chez une amie qui gère une TV locale. Cette commune se situe près de Chivacova, dans une vaste plaine agricole entre deux chaînes de montagne ou l'on cultive le café et dans ses montatgnes, la culture qui domine est la culture vaudou. Dans la plaine c'est la culture bien catholique :-), ayant pour symbole une femme aux seins nus qui chevauche un tapir. Sisi, une statue dans chaque village. La région est verte et humide, elle ne compte pas un seul immeuble de plus de deux étages mais de petits village colorés et agités. On s'est baladé dans ces villages, on s'est baigné dans les rivières, on a visité les exploitations agricoles où les paysans nous expliquaient tout en parlant super vite sans que l'on ne comprenne rien mais on ne pouvait rester insensibles à leur enthousiasme, et puis cela finissait toujours par des fruits offerts cueillis directement du champs. Les prix dans cette région sont nettement plus bas, mais l'offre est plus limitée. On a logé dans la posada de Camunare, super cheel, pour 40 Bfs la nuit.
Voilà, je conseil vraiment à tout le monde ce pays magnifique et en perpétuel mouvement, je n'en aie vu qu'une infime partie, mais j'ai hâte d'y retourner pour voir le reste. Lors des trajets en bus ( dont les prix sont dérisoires mais le confort très appréciable) j'ai vu des paysages incroyables que j'ai hâte d'explorer. Mais pour moi c'est surtout les Vénézueliens qui sont incroyables, le contexte actuel, la richesse de leurs histoires, leur musiques, leurs discussions informelles, leur indépendances d'esprit, leur humour, leur accent, leur apathie parfois... Bogotá, je donnerai mes impressions une prochaine fois
Si vous avez l'une ou l'autre question, j'y répondrai avec plaisir.
Précautions d'usage pour visiter la Colombie seul?
bonjour a tous je souhaite aller en Colombie pendant 3 semaines, j'ai beaucoup d'avis partager sur y aller ou ne pas y aller.
Je suis tout à fait conscient des danger réel dans ce pays, ce n'est pas mon premier séjour en Amérique du sud je suis aller deux fois au Brésil qui est réputé peu sur aussi.
J'en suis revenu en un seul morceau en ayant un peu de bon sens et respectant les consignes élémentaires de prudence et en évitant d'avoir le comportement du gringo: signes ostentatoire de richesse, vêtement de marque, sortir son appareil photo a la moindre occasion...
En restant vigilant : prendre les compagnie de taxi le soir , éviter de suivre des inconnus, ne pas se déplacer seul passer une certaine heure etc.
Le Brésil reste trois crans en dessous de la Colombie en terme de violence je suis d'accord, mais j'aimerai avoir le témoignage de voyageur qui ont visité ce pays seul.
Pour faire la part des choses, entre Hyper médiatisation de la violence, et l'ignorance du routard qui pense qu'il passe entre les gouttes...
Je ne suis pas inconscient.
Si vous pouvez me donner des élément de réponse afin que je puisse prendre une décision sage et mesurer.
merci bien laurent
Je suis tout à fait conscient des danger réel dans ce pays, ce n'est pas mon premier séjour en Amérique du sud je suis aller deux fois au Brésil qui est réputé peu sur aussi.
J'en suis revenu en un seul morceau en ayant un peu de bon sens et respectant les consignes élémentaires de prudence et en évitant d'avoir le comportement du gringo: signes ostentatoire de richesse, vêtement de marque, sortir son appareil photo a la moindre occasion...
En restant vigilant : prendre les compagnie de taxi le soir , éviter de suivre des inconnus, ne pas se déplacer seul passer une certaine heure etc.
Le Brésil reste trois crans en dessous de la Colombie en terme de violence je suis d'accord, mais j'aimerai avoir le témoignage de voyageur qui ont visité ce pays seul.
Pour faire la part des choses, entre Hyper médiatisation de la violence, et l'ignorance du routard qui pense qu'il passe entre les gouttes...
Je ne suis pas inconscient.
Si vous pouvez me donner des élément de réponse afin que je puisse prendre une décision sage et mesurer.
merci bien laurent
Région de Rurrenabaque en Bolivie
Bonjour,
c'est pour 2010 mais je rêve🙂, je revois mon espagnol et je cherche des conseils avisés sur la région de Rurrenabaque :
les bonnes agences, ce qu'il ne faut pas rater ( 4-5 jours sur place).
Qui a fait la liaison Coroico-Rurrenabaque via Guanay ( 4x4 + pirogue, bivouac ?) Une agence "Terra Andina" organiserai ce genre de chose...
Merci
Tour du monde de septembre 2009 à septembre 2010
Bonjour,
Après moult péripéties, mon ami et moi-même sommes enfin dans la dernière ligne droite avant notre départ pour un Tour du monde. Nous décollons le 21 septembre prochain de Londres, pour visiter Népal, Inde, Thailande, Cambodge, Vietnam (peut-être Laos), Nouvelle-Zélande, AUstralie, Chili, Pérou, Bolivie, Argentine (ce qui reste assez classique, j'en conviens, mais largement de quoi en avoir plein les yeux, la tête et le coeur !)
Hé oui, nous avons finalement abandonné le Tibet (mais merci à tous ceux du forum qui ont pris le temps de me répondre en détail sur le sujet !)
Nous avons construit un site internet pour l'occasion http://tipiman.net/an-nou-ay/ où nous essayons de mettre des infos pour aider ceux qui souhaitent aussi partir à l'aventure. Et nous le mettrons bien sur à jour au fil du voyage.
N'hésitez pas à nous poser vos questions ! Nous essaierons d'y répondre au mieux, car nous avons apprécié l'aide qui nous a été apportée par d'autres globe-trotteurs !
Peut-être aurons-nous l'occasion de croiser certains d'entre vous quelquepart là-bas .... 😉
à plus!
Après moult péripéties, mon ami et moi-même sommes enfin dans la dernière ligne droite avant notre départ pour un Tour du monde. Nous décollons le 21 septembre prochain de Londres, pour visiter Népal, Inde, Thailande, Cambodge, Vietnam (peut-être Laos), Nouvelle-Zélande, AUstralie, Chili, Pérou, Bolivie, Argentine (ce qui reste assez classique, j'en conviens, mais largement de quoi en avoir plein les yeux, la tête et le coeur !)
Hé oui, nous avons finalement abandonné le Tibet (mais merci à tous ceux du forum qui ont pris le temps de me répondre en détail sur le sujet !)
Nous avons construit un site internet pour l'occasion http://tipiman.net/an-nou-ay/ où nous essayons de mettre des infos pour aider ceux qui souhaitent aussi partir à l'aventure. Et nous le mettrons bien sur à jour au fil du voyage.
N'hésitez pas à nous poser vos questions ! Nous essaierons d'y répondre au mieux, car nous avons apprécié l'aide qui nous a été apportée par d'autres globe-trotteurs !
Peut-être aurons-nous l'occasion de croiser certains d'entre vous quelquepart là-bas .... 😉
à plus!
Y a-t-il un historien dans la salle?
Y a-t-il un historien dans la salle?
Un ami curieux d'en savoir plus me charge de poser cette question! Je vous la transmets :
" Je m'intéresse à la vie quotidienne au 13 - 14 ème siècle au Maroc. us et coutumes, artisans, petits commerces dans la rue, vie quotidienne du petit peuple, etc... Par exemple ustensiles de cuisine, (comme le tajine en terre cuite était-il déja utilisé? Sans doute oui? ) Que pouvait on voir de très caractéristique dans une petite rue, dans la médina, sur un port, sur un marché? Vendeurs à la sauvette, boutiques, bouibouis? animaux, etc... Y avait-il des écrivains publics (on en voit aujourd'hui qui tiennent boutique dans les médinas, par exemple, or il y a 6 ou 7 siècles, ceux qui savaient lire et écrire devaient être moins nombreux!) Vous allez me répondre qu'il aurait fallu y être ! ! ! ! ! ! On sait que le thé a été introduit au 17ème siècle, qu'auparavant on buvait des tisanes, infusions de menthe, plantes médicinales ... Sait-on dans quels récipients, tasses, verres?.... Petite bouilloire métallique, comme aujourd'hui? On peut essayer d'imaginer, en extrapolant ce qu'on voit aujourd'hui, oui, mais encore? D'avance merci si vous avez des infos, des pistes... "
J'ajoute pour ma part cette question subsidiaire (si j'ai relayé les questions de cet ami avide de savoir, c'est, je l'avoue, qu'elles m'intéressent aussi! Question donc : Y avait-il dans les rues, ailleurs, des diseurs/diseuses de bonne aventure, charlatans ou pas, qui vous disent l'avenir (le cas échéant à partir de quoi? quel support? cates? main? autre? ), comme l'image classique des bohémiennes qui vous lisent dans les lignes de la main, des devins, des sages, des astronomes, par exemple, ou des "chamans" ou quelque chose d'approchant?????? Ne dit-on pas que les marins sont supersticieux... sans doute partout sur cette terre... alors dans un port par exemple? Peut-être telle ethnie plus que d'autres, qui auraient cette réputation, l'auraient gardée peut-être??? Et dans nos campagnes on trouve encore en cherchant bien des rebouteux, des guérisseurs...
" Je m'intéresse à la vie quotidienne au 13 - 14 ème siècle au Maroc. us et coutumes, artisans, petits commerces dans la rue, vie quotidienne du petit peuple, etc... Par exemple ustensiles de cuisine, (comme le tajine en terre cuite était-il déja utilisé? Sans doute oui? ) Que pouvait on voir de très caractéristique dans une petite rue, dans la médina, sur un port, sur un marché? Vendeurs à la sauvette, boutiques, bouibouis? animaux, etc... Y avait-il des écrivains publics (on en voit aujourd'hui qui tiennent boutique dans les médinas, par exemple, or il y a 6 ou 7 siècles, ceux qui savaient lire et écrire devaient être moins nombreux!) Vous allez me répondre qu'il aurait fallu y être ! ! ! ! ! ! On sait que le thé a été introduit au 17ème siècle, qu'auparavant on buvait des tisanes, infusions de menthe, plantes médicinales ... Sait-on dans quels récipients, tasses, verres?.... Petite bouilloire métallique, comme aujourd'hui? On peut essayer d'imaginer, en extrapolant ce qu'on voit aujourd'hui, oui, mais encore? D'avance merci si vous avez des infos, des pistes... "
J'ajoute pour ma part cette question subsidiaire (si j'ai relayé les questions de cet ami avide de savoir, c'est, je l'avoue, qu'elles m'intéressent aussi! Question donc : Y avait-il dans les rues, ailleurs, des diseurs/diseuses de bonne aventure, charlatans ou pas, qui vous disent l'avenir (le cas échéant à partir de quoi? quel support? cates? main? autre? ), comme l'image classique des bohémiennes qui vous lisent dans les lignes de la main, des devins, des sages, des astronomes, par exemple, ou des "chamans" ou quelque chose d'approchant?????? Ne dit-on pas que les marins sont supersticieux... sans doute partout sur cette terre... alors dans un port par exemple? Peut-être telle ethnie plus que d'autres, qui auraient cette réputation, l'auraient gardée peut-être??? Et dans nos campagnes on trouve encore en cherchant bien des rebouteux, des guérisseurs...
Seule au Pérou comme premier grand voyage
Bonjour à tous et à toutes😉
Je m'arrête en effet à partir au Pérou, début août, pour un mois et demi... mon premier grand voyage, seule avec mon sac telle une tortue et sa carapace... enfin, j'y transporterai ma maison le temps de ce périple mais aurais malgré tout qq difficultés pour y rentrer dedans... 😏 Un premier message donc pour me présenter: Valérie, 29 ans, en mode "reconstruction" (et grande flippée😛)... mais qui se sent prête aujourd'hui à explorer de nouvelles contrées, à s'enrichir de nouvelles expériences, ici et là!... à grandir quoi!
Tous les conseils sont les bienvenus...
J'pense que vous me recroiserez un p'tit peu partout ici, j'vous remercie en tout cas, d'faire vivre ce forum... une bonne préparation physique et psychologique que de s'y balader... j'me sens déjà un pied dans l'avion!
Belle journée à vous et à bientôt
Je m'arrête en effet à partir au Pérou, début août, pour un mois et demi... mon premier grand voyage, seule avec mon sac telle une tortue et sa carapace... enfin, j'y transporterai ma maison le temps de ce périple mais aurais malgré tout qq difficultés pour y rentrer dedans... 😏 Un premier message donc pour me présenter: Valérie, 29 ans, en mode "reconstruction" (et grande flippée😛)... mais qui se sent prête aujourd'hui à explorer de nouvelles contrées, à s'enrichir de nouvelles expériences, ici et là!... à grandir quoi!
Tous les conseils sont les bienvenus...
J'pense que vous me recroiserez un p'tit peu partout ici, j'vous remercie en tout cas, d'faire vivre ce forum... une bonne préparation physique et psychologique que de s'y balader... j'me sens déjà un pied dans l'avion!
Belle journée à vous et à bientôt







