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Notre trip en Afrique du Sud, destination Le Cap
by Stellenbosch · 2020-02-05 · 32 replies
Vendredi 28 nov, 7h, nous sommes réveillés depuis 1h. En attendant le breakfast de 8h, nous partons sur les hauteurs voir le phare et la côte sauvage, elle est magnifique, les vagues sont toutes argentées par les rayons de soleil. Il n'y a que les cris des oiseaux et le clapotis de l'eau. Nous avons découvert échouée sur le sable une famille de phoques , personne n'a su nous dire ce qui a causer leur mort et une énorme méduse au moins 30 cm de diamètre!







L'air marin a taquiné notre appétit, il fait bon être devant le petit déjeuner. Nous rencontrons un italien qui parle parfaitement le français, c'est un ami de la propriétaire, elle l'a appelé pour qu'il vienne nous faire la causette. Il est en Afrique du Sud depuis 40 ans, il connait bien Toulon, même au bout du monde, nous entendons parler de la France.

Nous les quittons à regrets, nous étions si bien dans ce petit village, mais il nous faut poursuivre notre balade vers Clanwilliam via Velddrif, Eland's Bay, la côte est splendide, pique -nique près de Lambert's Bay, royaume de la langouste, son port de pêche les exporte dans le monde entier; les amateurs de sensations fortes ne seront pas déçus par l'odeur qui y règne!



Nous atteignons Clanwillian , typique ambiance de ville d'Afrique. Pôle de la commercialisation du Rooibos, herbe rouge (ça ne se fume pas) le "thé" sud-africain par excellence, une plante locale dont la décoction, pauvre en tanin et exempte de caféine, est supposée avoir des vertus médicinales, est exportée dans le monde.

Tour de ville, recherche d'un B&B. Dans une rue calme et fleurie, bordée d'agréables maisons, nous remarquons "B&B ELEPHANT RIVER", c'est ici qu'il faut dormir!



Mais il n'y a personne pour nous recevoir, le portail est fermé et les chiens dans le fond du jardin aboient à qui mieux mieux. Au bout de 10 mn d'attente, un ouvrier jardinier qui passait nous fait signe de rester et reprend son chemin... Quelques minutes plus tard, la propriétaire arrive à notre grand étonnement, ce monsieur était allé la prévenir! Elle nous fait visiter les trois lodges et choisir celui qui nous convient. Tarif défiant tout concurrence 500 rands la nuit. Nous ne rencontrons que des personnes avenantes et sympathiques. Après un douche qui n'était pas superflue, tour du quartier et du centre ville à pied.

nous rencontrons une manifestation pour le SIDA

Tout près du lodge, nous avons repéré un resto accueillant et sympathique,

encore une fois les steaks sont énormes 500gr, nous ne le cherchons pas sous les frites, c'est le contraire qui se produit

Il est 21h30, le sommeil se fait sentir, il est vrai que nous sommes debout depuis 6h du matin. J'oublie de vous dire que nous avons un lit à baldaquin!!

Demain, une bonne journée nous attend.
Retour du Pacifica Norvège jusqu'au cap Nord
by Vsylvie · 2017-06-13 · 159 replies
Bonjour tout le monde !! me voici revenue d'une croisière sur costa pacifica partie de hambourg jusqu'au cap nord

Petites "généralités" : pourquoi la norvège ? il y a deux ans, alors que nous étions fâchés contre costa, nous avons essayé MSC partis sur le sinfonia, nous avions passé 3 escales en norvège, et même si le temps n'avait pas été de la partie, je rêvais d'y revenir, avec plus d'escales, et plus longues ...

bref depuis la nouvelle carte de fidélité, et la nouvelle politique "suite" de costa, je me suis réconciliée avec cette compagnie... et je ne le regrette toujours pas ...

l'année dernière j'ai donc réservé une suite "classique", et pour organiser une rencontre, pap et Mme PAP se sont rajoutés ...(bon ils ont pris leur propre cabine hein !!!😉 )après des années d'échanges nous allions enfin nous rencontrer...

grâce à la carte club diamanté, à notre unique croisière de 2016 bookée in extrémiste, et celle de mars, j'ai pu grâce à un savant mic mac d'annulation et de rereservation et de temps passé chez le conseillé de croisière du magica en mars, passer de cabine suite "normale" à une suite samsara avec une très jolie économie de surcroit !!

nous aurons donc la cabine 1018 située à l'avant, et qui est à moins de 20 mètres d'un pont extérieur situé tout à l'avant (bon réservé normalement au personnel, mais utilisé par quelque passagers dont moi 😊) c'est un véritable plus surtout en norvège, car il permet de passer très rapidement de bâbord à tribord, ce qui est génial lors des navigations en norvège .... le bateau :

nous connaissions déjà le pacifica, donc pas de surprise... mais bon de toute façon, ils sont à peu près tous taillés dans le même modèle (du moins dans la disposition) étant en suite nous avions donc le restaurant blue moon réservé pour nous ce restaurant est un véritable plus pour la croisière horaires libres petits déjeuner : bon la j'ai regretté des horaires un peu "restreint" au moins pour les jours de mer, j'aurai aimé un accueil jusqu'à 9H30 au lieu de 9H .... un petit buffet avec produits salés, fruits, fruits secs, yaourt, fromage etc etc cartes sur la table avec grand choix de plats chauds serveurs qui passent très régulièrement pour la commande de boissons jus de fruits pressés, thé café et pour des viennoiseries pains confitures miel dispo sur la table presse en toutes les langues disponibles etc le midi : en général accueil de 12H à 13H30 horaires libres, buffet de hors d'oeuvres fromage et fruits dispo carte normale et toujours dispo filet de boeuf ou gambas

soir : je ne sais plus les horaires mais libres en arrivées ... la maitre d'hôtel repère vite les habitudes, et nous place toujours à la même table avec le même serveur, qui lui aussi repère nos habitudes, ainsi, plus besoin de demander pour les boissons, il se tiendra prêt chaque soir, avec les bonnes bouteilles !! à disposition, le menu du soir de "tout le bateau" le menu du chef, dispo pour ce restaurant et pour les diamants qui ont une partie réservée au "grand restaurant" et toujours filet de boeuf ou gambas si on ne trouve pas notre bonheur !!

le restaurant est calme, le service est plus rapide qu'au restaurant normal, et le fait qu''il n'y ai pas de service, mais qu'on y retrouve quand même nos habitudes quelque soit l'heure on on se présente, (mais qui reste dans une zone de Une DEMI HEURE, de battement, voir 45 min ) est vraiment bien nous y prendrons tous nos repas du soir avec pap et mme pap, ce qui a entrainé des discussions jusque souvent la fermeture... Mais bon à notre décharge, les allemands très nombreux sur cette croisière, mangent tôt, et nous n'arrivions que rarement avant 20 h30

le self, je dirai egal à lui même, lorsque j'y allais en retour d'excursion, je me faisais souvent une assiette que je remontais en cabine pour être tranquille

Comme d'habitude je ne vous parlerai pas des animations, car je ne les pratique pas ..

les spectacles: j'en ai très peu vu mais contrairement aux deux dernières croisières, il y avait des personnes qui contrôlaient les places réservées aux diamants et au suites, ce qui est très bien, car sur le magica et le favolosa il n'y en avait pas, et du coup ces places étaient prisent d'assaut comme avant la on pouvait arriver que quelque minutes avant le spectacle et avoir une place bon je 'ai fait le jongleur .... spectacle qui se veut humoristique, fait par un français je pense, vu l'absence d'accent, mais qui était un peu lourd ..... le début d'un autre le tenor, mais je suis partie rapidement ...

par contre un soir, il était annoncé une magicienne, n'étant qu'à moitié motivée, je me suis présentée 10 min en retard, (je suis allée au pont 5 ou je ne dérangerais personne) et ben pas de magicienne ! mais un duo d'acrobates qui ont fait un spectacle absolument merveilleux !! j'ai vraiment eu les boules, car de un, j'avais raté le début et de deux, je n'étais pas très bien placée, (sur les tabourets de bars tout en haut !!! ) le lendemain, la même magicienne était de nouveau annoncé dans le today en passant j'ai regardé, : c'était un spectacle avec les chanteurs et danseurs du bateau !! 🏴‍☠️ bref c'est le dernier soir qu'elle a décidé de se produire !!

finalement le soir, comme costa ne sait plus faire de desserts dignes de ce nom, nous finissions la soirée à la chocolaterie avec les paps !

sur cette croisière, il y a eu un élément très perturbant, c'était l'absence de "nuit" d'ailleurs je vais faire une lettre de réclamation auprès de costa, car j'ai acheté une croisière de 11 nuits 12 jours, mais je n'ai eu au final que 2nuits ET 3 jours !!!!!! 😄😄😄😄😮😮😮 si il n'y avait pas eu la course des aiguilles sur les montres et les réveils, pour nous rappeler l'heure de nous coucher après avoir essayé en vain de calfeutrer nos fenêtres, nous aurions erré sur le bateau jusqu'à épuisement ... c'est d'ailleurs ce que beaucoup faisaient !! en effet très souvent, impossible de trouver une place à la chocolaterie vers 22H30 !! ni dans les autres bars d'ailleurs !! tous semblaient pris d'assaut pas une foule errant les yeux hagards refusant de se coucher avec un soleil aussi haut dans le ciel .... cette foule se retrouvait aussi à minuit sur les ponts extérieurs à se prendre en photo ou prendre le réveil en photo avec le soleil de minuit en arrière plan ....

le spa : il est disposé de la manière que je préfère, donc pas de problème, les salles et le jaccuzi étaient d'une température convenable et comme costa ne pratique pas la nudité comme msc, il n'y avait pas de festival de fesses et autres avec des allemands qui ne savent pas lire l'heure .... et heureusement, car les allemands étaient en majorité numéraire.... pas trop d'italiens non plus, du coup pas de cris et de conversations haut perchées .... par contre, bizarrement, au "stand thé" pas de petites tasses !! il devait y en avoir 5/6, à peine, ce qui fait que toute la croisière j'ai du verser mon thé dans les verres en plastique réservés pour l'eau ! bof... ça n'a quand même pas le même "charme" ...les buveurs de thé comprendront surement ce que je veux dire ....

voilà pour les généralités, je vais faire ensuite les escales dès que j'aurai chargé les photos, les photos les photos.... je ne sais pas encore combien j'en ai fait, mais ............ je me suis lâchée !!!! 😮difficile de resister et de ne pas mitrailler pour essayer de ramener un petit "bout" de ses merveilleux paysages qui me feront rêver encore quelque temps !!
USA: La tête dans les étoiles à Cap Canaveral
by Jemaflor · 2017-05-14 · 37 replies
En Floride, ce sont des souvenirs d'enfance que j'ai retrouvé avec un grand plaisir. Non, ce ne sont pas ceux concernant Mickey, très présent au Dysney World d'Orlando … mais plutôt ceux évoquant la conquête spatiale et les premiers pas de l'homme sur la lune. J'y ferai allusion dans ce récit illustré qui relate une visite à Cap Canaveral, et plus précisément au Kennedy Space Center. Sur place, on peut ainsi revivre toute l'atmosphère de la fabuleuse épopée scientifique et humaine des fusées lancées vers l'espace.

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La ponctualité étant une qualité même en vacances, nous voici arrivés à l'entrée du Centre des Visiteurs de Cap Canaveral et ce, bien avant l'ouverture. L'immense parking est encore (presque) vide, aussi, aurons-nous la chance de débuter la visite en évitant le flot compact des visiteurs.



Aux portes du site quatre lettres géantes (NASA) trônent sur un globe terrestre, histoire de nous mettre déjà dans l'ambiance. C'est en 1958 que la NASA (les initiales de : Administration Nationale de l'Aéronautique et de l'Espace) a été créée par le Congrès des États-Unis. Son objectif de l'époque ? L'exploration et l'utilisation a des fins pacifiques de l'espace. Puis en 1961, le dynamique président américain John Fitzgerald Kennedy se fait encore plus précis sur les intentions de son pays en effet, il se prononce lors d'un discours historique pour un défi qui semble encore un rêve : « Je pense que cette nation devrait s'engager à envoyer, avant la fin de cette décennie, un homme sur la lune et le ramener sur la Terre sain et sauf ». L'ambitieux programme était donc lancé, aux ingénieurs et aux astronautes de travailler à le réaliser …

L'instigateur de l'épopée spatiale américaine, le président Kennedy se devait de figurer en bonne place en ces lieux. A gauche du globe, son portrait avec un regard orienté vers le ciel est mis en valeur et c'est son nom, évidemment, qui a été choisi pour dénommer ce Centre Spatial, le plus important au monde. Maintenant, l'heure de l'ouverture du Centre ne saurait tarder. Les employés des guichets sont bien en place mais voilà qu'ils se figent, tous au garde à vous, la main posée sur le cœur ... c'est alors que retentit en grande pompes l'hymne national américain. Ici, on est pas peu fier de la réussite du Kennedy Space Center (KSC).

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Passé les guichets d'entrée du KSC, la première attraction proposée est en fait un jardin, pas un jardin botanique mais le Rocket Garden. Un jardin planté de … fusées ! Sept fusées historiques sont ainsi dressées pointant leur tête vers le ciel. L'exposition vous expédie déjà au cœur de l'univers de la grande aventure de l'exploration spatiale. La base de ces engins spatiaux est à hauteur des yeux, ce sont donc les gros réacteurs et leur complexe enchevêtrement de tuyaux qui, de prime abord, captent l'attention puis le regard s'élève ensuite vers le sommet de ces fusées. Il y a là les fusées Mercury-Redstone et Atlas avec leurs zébrures et leur drôle de nez pointu de couleur rouge.



C'est à bord d'une de ces Mercury Redstone qu'Alan Shepard fut envoyé dans l'espace, il était ainsi le premier astronaute américain a effectuer un vol suborbital, nous étions en mai 1961. Puis ce fut au tour de John Glenn de réaliser l'exploit d'un vol en orbite terrestre avec trois révolutions autour de notre planète … l'épopée de l'exploration spatiale américaine venait de débuter. C'en était ainsi terminé de la seule exploitation militaire des fusées, la place était désormais réservée à une utilisation scientifique et pacifique de ces puissants lanceurs avec comme principal objectif, on l'a déjà dit … la lune !



Dans ce jardin des fusées, une seule, la Saturne 1 B est positionnée à l'horizontale. Elle s'étend de toute sa longueur sur près de 70 mètres. Un lanceur qui était destiné à être utilisée comme fusée de rechange dans les programmes Apollo et Skylab.

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Situé au bord de l'océan Atlantique sur la côte est de la Floride, le Kennedy Space Center est immense il s'étend sur plus de 56 000 hectares, un territoire de marécages et de cours d'eau dont une grande partie constitue une Réserve naturelle (Merritt Island National Wildlife Refuge). Aussi, le site de la base de Cap Canaveral est si vaste que pour le parcourir, des bus sont à la disposition des visiteurs. Tous les quarts d'heure, ils quittent l'enceinte du Centre des Visiteurs pour vous balader de sites en sites ainsi on passe des rampes de lancements aux pas de tirs ou des bâtiments d'assemblage des fusées au hall dédié aux missions Saturnes V- Apollo …

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La visite du hall consacré au programme « Lune » de la Nasa a été pour moi un des moments les plus forts de la visite du KSC. C'est là, qu'avec plaisir (et émotion), me sont revenus en mémoire tant de souvenirs vécus alors que j'étais enfant …



L'espace de visite présente mille détails passionnants concernant l'épopée des missions Apollo mais ici, le plus impressionnant est certainement la vue de la gigantesque fusée Saturne V. Elle occupe en effet la plus grande partie de ce hall d'exposition. Pas étonnant, c'est la plus grande de toute l'histoire spatiale, ses dimensions ont de quoi impressionner, jugez plutôt : 110, 6 mètres de long pour un diamètre de 10,1 m. A titre de comparaison, disons que Saturne V a la même hauteur que la Grande Arche de la Défense de Paris ! Les yeux captivés par cet énorme volume on se balade sous le corps principal du lanceur et de ses trois étages. Avec ces rainures qui allongent la perspective cela me donne l'impression de passer sous un ventre de baleine … Bon, il s'agit là plutôt des réservoirs du propulseur, en fait, de colossales bonbonnes de gaz ! Ensuite, juste au-dessus de nos têtes, ce sont d'énormes réacteurs et leurs indéfinis entrelacs de tuyaux que l'on peur observer en détail. Ils permettaient lors du décollage de propulser vers l'espace cette fusée dont la charge totale était de 3038 tonnes, rien que çà !





Que la capsule Apollo, à l'étage supérieur de Saturne V, paraît bien petite en comparaison du volume de l'immense fusée. C'est dans cet habitacle, particulièrement étroit, que les astronautes vivaient leur retour sur Terre … enfin sur mer ! Puisque après leur entrée dans l'atmosphère, les voyageurs de l'espace étaient récupérés au milieu de l'océan. On peut voir leurs trois silhouettes (des reproductions, évidemment) engoncées dans leurs tenues d'astronautes et bien confinés dans cette minuscule cabine.



A droite sur la photo ci-dessus, observez une partie du revêtement extérieur de la capsule, partiellement carbonisé par l'échauffement produit pendant la phase d'entrée dans les couches denses de l'atmosphère. Un moment particulièrement délicat. Avec une vitesse de 39 600 km/h, le bouclier thermique de la base de la capsule devait résister en ces instants à des températures d'environ 2800°C !



Ici, c'est le module lunaire (LM) qui est exposé, suspendu au plafond du hall, comme si il était sur le point d'alunir … Soudainement, cette vision me remet en mémoire un certain 20 juillet 1969. J'étais enfant à l'époque mais comme tout événement extraordinaire, il fait parti de ces moments dont on garde à jamais un souvenir indélébile. Et en y pensant, j'ai l'impression que je m'en souviens comme si c'était hier (enfin presque !). Réveillés pour l'occasion au beau milieu d'une nuit estivale nous avions assistés incrédules et émerveillés à ces premiers pas de l'homme sur la lune. Encore à demi endormi, nous avions vécu l'événement en famille devant notre petit écran. C'était comme un rêve … mais celui-là était bien réel. Certes les images en noir et blanc étaient floues, tremblantes, scintillantes et les communications hachées et nasillardes … mais on distinguait très bien Neil Armstrong, le premier astronaute à poser, un pied puis deux, sur la lune. Après être descendu lentement par l'échelle du LM, il s'était mis à marcher en sautillant sur ce sol poudreux parsemés de blocs pierres. Et puis, il avait prononcé cette phrase devenue historique : « Un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l'humanité ».

L'exploit de cette mission Apollo 11 était diffusé en mondiovision et avait fait évidemment la Une le lendemain des journaux de toute la planète. Sur un mur du hall d'exposition, on peut revivre cette exceptionnelle actualité en parcourant les « Une » des journaux publiés de part le monde. « La fantastique danse SUR LA LUNE » titrait en gros caractères le quotidien français, France Soir.



En observant les détails de la structure du module lunaire, bien d'autres souvenirs me reviennent également à l'esprit … Fasciné par ce programme Apollo et ses missions lunaires, avec mon (grand) frère nous nous étions pris de passion pour ces aventures spatiales … et aussi par la construction de modèles réduits de plusieurs de ces engins spatiaux. Ainsi le module lunaire était une de nos maquettes dont nous étions le plus fiers. Mon frère dessinait les plans, à l'échelle, en se basant sur des photos (celles publiées par le magazine Paris Match étaient les plus précises et les plus esthétiques) et moi de participer à la réalisation des maquettes. Nos matériaux ? Du polystyrène, des baguettes de balsa, du fil de fer, du carton, des feuilles de papier doré, de la colle, de la peinture … et du sable et de la cendre pour imiter le sol lunaire. La reproduction de la capsule Apollo a fait partie également de nos réalisations miniatures … en voyant le détails de ces quatre petits réacteurs latéraux, je me souviens de notre option pour les réaliser : un crayon taillé en cône, un coup de cutter puis de la peinture dorée … ainsi le tour était joué et l'aspect finalement assez réaliste !



Vous l'avez sans doute constaté en me lisant, la visite de cet espace consacré au programme Apollo m'a vraiment enthousiasmé, j'y ai retrouvé tant de souvenirs vécus durant l'époque de notre … Mini Nasa ! C'était en effet le nom que nous avions donné à notre atelier de constructions de maquettes situé dans le grenier de notre maison.

J'aurai pu rester des heures à revivre ces moments dans ce hall du Kennedy Space Center tant il y a à voir … entre autres : des combinaisons d'astronaute, une pierre lunaire ou bien encore cette jeep très spéciale qui a roulé sur la lune, c'était au cours de la mission Apollo 15 en 1971.



Mais j'avoue avoir un peu « survolé » quelques vitrines … la raison ? Pas par manque d'intérêt, vous vous en doutez ! Mais à cause de l'atmosphère glacée du lieu. Mais pourquoi aux USA, poussent-ils si souvent la climatisation à fond ? Pourtant, pas frileux d'ordinaire, j'ai eu l'impression de me « geler » dans ce hall, aussi, j'ai voulu retrouver au bout d'un moment la douce chaleur de l'extérieur ! Au fait, il s'agissait peut être de quelques frissons … d'émotion.

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Poursuivons la visite de l'immense KSC en reprenant un bus. Voilà qu'il nous fait passer à présent devant le VAB. Tiens, c'est un nom que j'avais oublié.



Le VAB ( Vehicle Assembly Building) est ce bâtiment gigantesque où était (et où sont encore) assemblées les fusées. 160 mètres de haut et un drapeau américain décorant la façade qui a la taille paraît-il d'un terrain de basket ! Des dimensions nécessaires pour abriter une Saturne V en position debout. Ici tout est donc géant, on est bien loin des dimensions de notre ancienne Mini Nasa !

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Encore un autre exemple de gigantisme qui nous donne vraiment l'impression d'être un lilliputien parmi un univers de géants.



Observez bien ce véhicule à chenilles, celui utilisé pour le transport des fusées depuis le VAB jusqu'aux aux pas de tir. La comparaison de la taille de ce Crawler Transporter avec la « minuscule » voiture visible à gauche est impressionnante ! On imagine que transporter une saturne V et ses quelques 3000 tonnes nécessitait un véhicule d'exception. Un véritable monstre ... roulant à un train de sénateur : 1,6 km/h en vitesse de croisière, pas de précipitation mais une obligation indispensable, celle avant toute chose d'assurer le transport de son énorme charge. La large voie empruntée par le crawler est en permanence entretenue à l'aide d'engins de travaux public afin d'aplanir la couche de galets accumulée sur 2,13 mètres de profondeur, le gage d'une stabilité faite pour résister à toute épreuve.



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La visite du KSC permet de choisir quelques découvertes en complément du programme classique, moyennant évidemment quelques dollars de plus. Ainsi, mon choix s'est porté sur la visite optionnelle du Launch Control Center, le Centre de contrôle des lancements.



A l'entrée du hall consacré à Saturne V et à Apollo, en introduction, est présenté aux public un film montrant la salle de contrôle telle qu'elle apparaissait sur nos petits écrans de télé lors des missions Apollo. On se souvient de ces vues où lors des lancements, on vivait au rythme du compte à rebours … et après le tir, il y avait là ces moments où les ingénieurs, sourires aux lèvres, se congratulaient chaleureusement au milieu d'un concert d'applaudissements … enfin lorsque tout avait été Ok !

Le bus nous dépose maintenant devant le Launch Control Center. On nous pris d'être discrets lorsque la visite nous fait passer devant une des quatre salles opérationnelles, en effet ici des ingénieurs et techniciens sont en plein travail.



Il n'y a bien sûr aucune activité dans la salle dédiée à la visite. Avec les commentaires du guide et un peu d'imagination on se prend à voir s'animer devant ces alignements de pupitres et d'écrans les ingénieurs de la Nasa.

2 éme partie : Message suivant ...
Balade autour du Bassin d'Arcachon, du Cap Ferret à la Dune du Pilat
by Jemaflor · 2016-03-19 · 52 replies
La Pointe du Cap Ferret et la Dune du Pilat marquent les deux extrémités de l'entrée du Bassin d'Arcachon, à vol d'oiseau (marin) ces deux lieux ne sont séparés que d'environ quatre kilomètres. Mais pour relier ces deux sites, je vous convie à emprunter un trajet beaucoup plus long … celui qui longe les rivages du bassin. C'est assurément le meilleur moyen de découvrir les différents aspects et surtout le charme des bords de cette petite mer intérieure. Les sentiers et les routes nous feront ainsi cheminer de plages en dunes, de marais en près salés et de ports en villages. Je fréquente et apprécie l'atmosphère unique du Bassin d'Arcachon depuis de nombreuses années, en période estivale mais également à d'autres saisons et souvent avec mon appareil photo à portée de mains … vous l'avez compris, le récit sera donc abondamment illustré. --



C’est ici que commence la balade, plus précisément sur la Presqu’île du Cap Ferret. Admirez ce panorama, sans aucun doute un des plus beaux du Bassin d'Arcachon : en toile de fond trône la célèbre Dune du Pilat, la plus haute montagne de sable d’Europe dont le sommet tutoie les 110 mètres. Rien que ça ! Et puis il y a ce plan d'eau, il s'étend entre les deux rives de l’entrée du Bassin , de belles eaux bleues animées en permanence par de forts courants. A marée montante les eaux salées de l’Océan Atlantique viennent à la rencontre des eaux douces de la Leyre (le cours d’eau qui est à l’origine de la formation du Bassin). Et Inversement, à marée descendante, la petite mer intérieure se vide en se diluant parmi les eaux océaniques. Quelques centaines de mètres plus loin, on parvient à La Pointe. Un nom de lieu qui à défaut d’être original signifie parfaitement où l’on se situe … C’est donc l’extrémité de la Presqu’île du Cap Ferret, la fin des terres (enfin des dunes de sable), une langue de terre sablonneuse coincée entre le paisible Bassin et les tumultes de l’Atlantique. L’avancée de sable est léchée, brassée, grignotée ou attaquée (selon la météo du moment) par des courants et des vagues qui s’entrecroisent.



Les vagues, certains en profitent, par temps calme, pour les surfer en bord de plage. Oh, la jolie « gamelle » … avec la planche qui s’envole ! J’ai été chanceux ce jour-là pour saisir ce mouvement, d’autant que c’était ma première prise photo et finalement la meilleure de la série. A vrai dire, la plupart des gens qui arrivent en ce lieu focalise leur regard vers la Dune du Pilat, on ne peut la rater. Elle est haute bien sûr (on l'a dit déjà) mais d’ici on remarque également qu’elle est large, elle s’étend en effet sur environ trois kilomètres de côte. Parmi les petits groupes de visiteurs /spectateurs, il y a toujours un connaisseur qui semble renseigner les autres, son index pointant le banc de sable d’Arguin ou encore l’ourlet blanc posé sur l’horizon formé par les vagues des « passes ». Ces fameuses passes, entre océan et bassin, avec leurs courants anarchiques si difficiles à naviguer pour les marins, ils sont d'ailleurs très redoutées par les pêcheurs locaux. Quant aux très nombreux plaisanciers du Bassin d’Arcachon, par prudence (et raison), ils sont rares à s’y aventurer et restent plus sagement sur les eaux bien plus calmes de leur mer intérieure. Pour vous faire partager le superbe panorama dont on bénéficie depuis La Pointe, je pourrai vous montrer une photo prise en été avec des vacanciers étendus en nombre sur cette plage … mais non, je préfère vous proposer une vue plus nature capturée au printemps. Le vent venait de balayer une partie des nuages chargés de pluie et commençait à faire sécher l’étendue de sable en donnant cet original aspect au graphisme particulièrement photogénique. Le relief du sable de La Pointe jusqu’à celui de la Dune du Pilat était ainsi souligné. Une belle atmosphère à partager, main dans la main et cheveux au vent en humant l’air iodé.



Indissociables des paysages des plages océanes, les blockhaus datant de la dernière guerre sont ici toujours présents … mais pour combien de temps encore ? Peu à peu, les assauts des vagues et des tempêtes les font disparaître. Sapés sur leur base, ils basculent et sont engloutis ensuite dans les sables mouvants. Et dire qu’ils ont résisté aux bombardements mais s’effacent maintenant par la seule action de l’érosion marine, la nature au final sait rependre ces droits ! Bien sûr, personne ne s’en plaindra car il faut reconnaître que ces carcasses de béton armé (c’est le cas de le dire !) ne sont pas vraiment esthétiques … sauf quand des artistes les embellissent avec leur tags très colorés, histoire de donner un peu de gaîté à ces symboles guerriers.





Voici une photo pleine de contrastes entre l’insouciance de ce farniente au soleil vécu par cette personne allongée sur le sable et l’arrière plan constitué par ce témoignage austère de la folie des guerres. Il n’y a pas que les blockhaus qui se trouvent emporté par l’érosion marine, parfois, lors des grandes marées et des tempêtes d’équinoxes, ce sont les dunes ainsi que des pans entiers de sable qui se trouvent happés par les flots.





Mais comme en témoigne cette photo, la puissance des vagues, ses remous et sa frange d'écume agitée de bulles deviennent en été une véritable source de plaisirs. Des baignades bienfaisantes qui s'apparentent à des séances de jacuzzi iodé, on ne peut imaginer plus naturel. Voici une autre image, bien plus paisible avec ces fleurs de dunes. Cela peut paraître surprenant, sur ce sol de sable balayé par les embruns salés, les liserons de dune parviennent à fleurir et apportent au printemps quelques jolies touches colorées.





Depuis le cordon dunaire qui longe l’océan mais également depuis une grande partie de cette extrémité de la Presqu’île, il attire immanquablement le regard des promeneurs. Normal, avec sa colonne blanche et rouge il domine un océan de verdure de ces 57 mètres de hauteur. Je veux évoquer ici le Phare du Cap Ferret. Sa situation est un peu particulière car au pied de ce phare, il n’y a ni port avec des alignements de bateaux de pêche ni une ambiance sonore faite de cris d’oiseaux marins mais juste le silence d’une agréable pinède. Même si ce n’est pas sa fonction première, le phare du Cap est un lieu de visite qu’il ne faut pas manquer, le panorama dont on bénéficie depuis sa lanterne est tout simplement à couper le souffle. Pour en profiter il faut bien sûr gravir les 248 marches de l’escalier en colimaçon, c’est seulement après cet effort que la récompense vous est offerte. Une vue panoramique s’étendant de l’ Océan Atlantique à la Dune du Pilat en balayant des yeux également la Pointe et les vagues qui l’assaillent.





Après ce travelling et l'observation de ce voilier et de ce kakak qui atteignent la pointe de sable, l’attention se porte maintenant vers la conche du Mimbeau, la presqu’île … de la Presqu’île du Cap Ferret. C’est cette langue de sable d’environ huit cents mètres située entre le Bassin et le village des pêcheurs du Ferret. Cette tour n’est pas seulement un remarquable belvédère pour admirer le paysage, c’est avant tout un phare dont le faisceau lumineux (un éclat rouge toutes les 5 secondes) est visible la nuit en mer jusqu’à 50 kilomètres. Depuis 1995, il est entièrement automatisé.



Il faut attendre le crépuscule pour voir sa lanterne s’allumer et pour observer le mouvement circulaire de son faisceau rouge. Lorsque l’atmosphère est un peu brumeuse, il est d’autant mieux visible. L’artifice de cette longue pose photo le montre ainsi en double !



Depuis des années, il attire régulièrement mon objectif photo … je possède donc une longue série de vues de ce phare pris ainsi sous plusieurs angles et en toutes les saisons. En voici un aperçu.



La tour verticale qui se noie parmi les troncs des pins ou encore en partie masquée par les mimosas fleuris en fin d’hiver.



Le phare vu depuis le Bassin avec une pinasse posée sur le sable … à marée basse. Une autre fois, j’ai capturé ce ciel rougeoyant lors d’un coucher de soleil, comme si la luminosité et cette teinte annonçaient la couleur … celle du faisceau lumineux pas encore allumé.



On le voit très distinctement depuis le sommet du phare, juste en contrebas du phare, au bord de la Conche du Mimbeau … le village des pêcheurs (et des ostréiculteurs) constitue l’étape suivante de ma balade. Un alignement de cabanes en bois au charme simple et quelques terrasses invitant à la dégustation de la spécialité locale, les fameuses huîtres. Il faut se laisser tenter, les huîtres sont à apprécier sur place avec un coup d’œil splendide sur le Bassin, la presqu’île du Mimbeau et la dune du Pilat (superbe à marée haute et sous les rayons d’un soleil de fin d’après-midi).



Les cabanes des ostréiculteurs ne sont pas toutes teinte bois. Certaines arborent des teintes jaune, rouge, blanche ou encore des ouvertures bleues, comme celle-ci, la « 70 ». Il en est de même pour les coloris des « Pinasses », les embarcations typiques du Bassin : allure effilée et fond plat particulièrement adaptés à la navigation et aux rivages du Bassin.



J’ai un penchant pour celle-ci avec sa coque rouge (et ses reflets), une belle harmonie avec le sommet du phare. Teinte orangée, L’ « Orange à mer » me plaît bien aussi … pas seulement pour le jeu de mot de son nom, amusant et bien trouvé !





Mais la plus originale est certainement cette pinasse aux couleurs rasta … des teintes et une évocation très cool mais il faut le reconnaître pas vraiment dans l’atmosphère habituelle du Ferret ; ici, les résidents secondaires ou les estivants sont plutôt tendance chic et arborent une décontraction … mesurée.

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Alternative au parc Kruger dans la région Durban/Le Cap?
by Dimelot · 2012-06-19 · 13 replies
Bonjour, Je vais en Afrique du sud 3 semaines à partir du 25 Janvier. J'arrive à Johannesburg et décolle du Cap. Je compte embrayer des l'arrivée sur Durban par un vol avec Kulula. En effet aller à Kruger engendre un cout et une "perte" de temps que je prefere éviter. Je veux absolument voir le Drakensberg et la Garden Route. Aussi après la visite du Drakensberg je prendrai un vol de Durban à Port Elizabeth puis voiture de location pour rejoindre le Cap. J'ai vu qu'il y avait le parc Addo en chemin. Est ce valable pour les big 5? Il y a aussi à l'est de Durban la réserve de Hluhluwe Umfolozi mais cela me semble loin par rapport au Drakensberg. Pouvez vous me donner des suggestions de parc où je puisse voir des animaux autour de Durban ou sur la route de Port Elizabeth au Cap? Merci d'avance
De Nantes à Bayonne en tandem par les voies vertes?
by Bettirumb · 2010-02-14 · 12 replies
Bonjour,

Nous remarquons que la plupart des cyclotouristes effectuent le trajet dans le sens nord => sud ! Y a t'il une raison ? sens du vent ? pentes ? au autre chose ? Nous prévoyons des étapes en chambres d'hotes - avez-vous des conseilsà nous donner ? Comment se passe la traversée à Royan ?

Merci d'avance .

Bon vent
Retour de 32 jours de road-trip entre Johannesburg et Le Cap
by Ericoco · 2019-12-31 · 36 replies
Bonjour à tous. Nous sommes rentrés il y a quelques jours d’un road-trip de 32 jours en Afrique du Sud, entre Johannesburg et le Cap dont 6 jours passés au Kruger. Ci-dessous, en remerciement de ceux qui nous ont aidés pour la préparation du trip et pour ceux qui souhaiteraient faire la même chose, notre parcours et programme. Ce qui suit est notre expérience et notre vécu, ainsi que notre ressenti, rien d’autre je tiens à le préciser pour éviter tout débat qui n’aurait pas lieu d’être. C’est encore tout chaud, vous pouvez me poser des questions, j’y répondrai avec plaisir.

26 novembre : 20h30, on décolle de Nice pour Roissy Charles De Gaulle où nous attend, sous la pluie, le mérou, l’A380 d’Air France, que nous allons prendre pour rejoindre Johannesburg, première étape de notre trip en Afrique du Sud. Pont supérieur, sièges duo, j’ai puisé dans mon stock de miles pour que ce vol vers la nation arc en ciel se déroule au mieux. Un départ à 23h35 et une arrivée à 11h15 locales. Il n’y a qu’une heure (en plus) de décalage horaire entre Paris et Johannesburg. Un vol de plus de onze heures, mais un vol super agréable, l’appareil est quasiment vide de passagers, quelle que soit la classe, du moins sur le pont supérieur.

27 novembre : 11h15, nous nous posons à Tambo, l’aéroport de Johannesburg. Il nous faudra moins de 40 minutes pour quitter l’avion, passer les contrôles, récupérer nos bagages et rejoindre Seto, le chauffeur du taxi que nous avons commandé sur Booking.com pour 22 euros, qui nous attend, pancarte à la main, dans le hall des arrivées. Il n’est même pas 13 heures lorsque nous nous présentons à l’accueil du 12 Décades, notre hôtel du quartier Maboneng, réservé sur Booking.com pour trois nuits. Un hôtel original, construit dans un ancien entrepôt industriel. La chambre, un appartement studio, n’étant pas encore prête nous allons déjeuner au Pata-pata, restaurant qui jouxte l’hôtel. Balade ensuite dans le quartier de Maboneng, qui se résume à une rue de laquelle il ne faut pas sortir pour cause d’insécurité… Récupération de la chambre et après-midi / soirée à Maboneng. Dîner au Maverick Cover, et retour à la chambre pour notre première nuit en Afrique du Sud. Il n’est que 20 heures, mais les rues sont déjà vides et les restaurants ferment, même dans ce quartier touristique…

28 novembre : Première surprise, le jour commence à se lever dès quatre heures du matin… Le soleil, lui, finira de nous réveiller à six heures, en inondant de lumière l’appartement. Impossible de rester davantage au lit, on se lève tôt en Afrique. On décide de se préparer et d’aller petit-déjeuner au Pata-pata en bas de l’hôtel, il ouvre à peine, nous en profitons pour faire un tour du quartier à pied, explorant les rues déconseillées… Aucune mauvaise rencontre, mais nous constatons que la pauvreté est bien présente et que le quartier semble abandonné des pouvoirs publics. Au retour, nous nous arrêterons à l’hôtel pour backpackers « le Curiosity » où nous réserverons un tour de 4 heures, à vélo, de Soweto. 1320 rands pour deux avec déjeuner. 9 heures 30, le taxi, nous récupère au pied de l’hôtel et nous emmène au Lébos Soweto, en plein cœur du quartier du même nom. Un accueil agréable, un guide jeune et dynamique, issu de Soweto, et un petit groupe de dix participants dont deux français sympathiques, et nous voilà partis à pédaler sur les routes de l’un des plus grands et célèbres township Sud-Africains. Sportif, c’est sûr, surtout qu’il fait plus de trente degrés, que ça monte beaucoup et que les chemins ne sont pas toujours nets et goudronnés… Mais une superbe découverte de cet endroit historique, tragique, où nous serons accueillis par les sourires des femmes et des enfants, qui nous conduira jusque devant la maison de naissance de Nelson Mandela. Une visite que nous conseillons à tous ceux qui peuvent pédaler (également possibilité de ne faire que deux heures, ou à pied). 14 heures, le tour se terminera au Lébos Soweto où nous attend un délicieux repas. Taxi retour pour Maboneng, pour une douche et quelques heures de récupération et nous partons, en taxi, dîner au Local Grill à Parktown nord. Un resto donné pour être l’un des meilleurs restos de viande du pays. Un régal pour nous, on s’est fait plaisir. Retour et nuit au 12 Décades.

29 novembre : de nouveau réveillés tôt par le soleil et la chaleur, nous partons petit-déjeuner au Cinamon, une boulangerie de quartier, fréquentée par les locaux, qui se trouve dans une rue proche de Maboneng. Nous nous rendons ensuite en taxi à Constitution Hill où nous allons prendre un bus rouge City tour (15 euros par personne, ticket donnant lieu à des réductions sur les entrées de certains sites). Nous ferons le tour jusqu’au musée de l’Apartheid que nous souhaitons visiter. Un très beau musée qui vous prend aux tripes et duquel on ne ressort pas intact… Nous le conseillons fortement. Pour faire passer le tout, nous irons nous détendre au Gold Reef, parc à thèmes où nous visiterons une mine d’or à plus de 75 mètres sous terre (Vous pouvez ne prendre que le ticket pour la visite de la mine ou un combiné mine plus manèges). Un endroit très sympa, rempli d’enfants des écoles et de quelques (rares) touristes. Repas sur place avant de reprendre le bus rouge pour finir le tour. Nous en profiterons pour visiter Constitution Hill, notre dernier arrêt, avant de rentrer en Uber à Maboneng, un Uber que nous partagerons avec un couple, de New yorkais, rencontré sur place. Soirée à Melville au Hell’s Kitchen, un bar déjanté pour gens déjantés…Pour ceux qui veulent se faire plaisir et s’amuser à peu de frais dans une ambiance festive… Retour à Maboneng en taxi.

30 novembre : Lever tôt, nous retournons au Cinamon pour petit-déjeuner. Retour ensuite à l’hôtel pour fermer les sacs et prendre le taxi qui doit nous conduire à l’aéroport où nous allons récupérer notre voiture de location pour la suite du voyage jusqu’au Cap et dont la première étape sera Graskop. Surprise, la queue est longue au comptoir Budget pour récupérer notre véhicule. Pratiquement une heure pour obtenir les clefs. Mais une bonne surprise nous attend, nous serons surclassés, gratuitement, et la Toyota Corolla réservée se transformera en Suzuki Vitara, un SUV des plus agréables. Pour ceux que ça intéresse, la carte de débit visa sera acceptée sans aucun commentaire, et le permis international, refusé, seul le permis national comptait aux yeux de l’agent de traitement midi, nous prenons enfin la route pour Graskop via Sabie, non sans quelques errements autour de Johannesburg. Nous arriverons à Sabie à 16h00, où nous ferons quelques courses au Spar, puis à 17h30 à Graskop où nous descendrons au Cabine Log, nuit en chalet. Balade en ville et repas à l’hôtel de Graskop ou nous nous ferons arnaquer sur la note. Il nous faudra plusieurs minutes pour obtenir un remboursement sur notre carte bancaire… Vérifiez toujours l’addition, quel que soit votre état après le repas… Là, ils en ont profité et nous n’avons pas apprécié. Nuit au Log Cabines sletters.

01 décembre : 8h00, petit déjeuner à Graskop, plein du VL, et départ pour Le Blyde River canyon, avec un premier stop sur le site « God Window » qui ne se trouve qu’à 1400 mètres du Log Cabine Sletter, notre logement. Peu de monde, ciel bleu, nous monterons jusqu’à la Rain Forest, une jolie balade, pour observer le magnifique panorama. Départ ensuite pour le site des potholes de Blyde River, non sans multiplier les arrêts photos tout au long du trajet. Un site magnifique que celui des potholes, que nous avons beaucoup aimé là aussi, un peu de monde, mais sans plus (nous sommes dimanche). Nous déjeunerons léger sur place avant de reprendre la route pour le site des trois huttes, three Rondavels. Quelques arrêts photos plus tard, nous voici sur place. Peu de monde également, mais un soleil qui tape très fort (pensez aux protections pour la tête, et à la crème solaire). Superbe site que nous mitraillerons de mille façons sans être dérangés. 15 heures 30, il est temps de prendre la route pour Orpen Gate où nous allons faire notre entrée dans le Kruger pour les six prochains jours. Il nous faudra une heure trente pour arriver à Orpen Gate. 17 heures nous enregistrons pour Tamboti, notre camp du jour réservé sur le site San Park. Accueil pas vraiment agréable, mais rapide et efficace. Nous effectuons quelques achats à Orpen camps car nous avons réservé au Tamboti tended camp, où il n’y a rien. On en profite pour réserver une marche pour le lendemain matin, 4h30 puis nous entrons enfin dans le Kruger où sur les deux kilomètres qui sépare Orpen de Tamboti, nous apercevrons gnous, impalas, oiseaux inconnus (de nous) et, surtout, un groupe d’éléphants, au bord et au milieu du chemin premier frissons, premières photos, ça démarre fort… Nous récupérons notre tente, mi toile-mi dure, entièrement équipée au bord de la rivière asséchée où se trouve une bande de babouins joueurs. Le soleil, baisse, première bière sur la terrasse. Seuls au monde, ou presque, heureux d’être là … Nous ne veillerons pas longtemps, la journée a été bien remplie, la fatigue nous rattrape, d’autant plus que le réveil est programmée à quatre heure demain matin…

02 décembre : Réveil à 4 heures du mat pour la marche du matin dans le parc avec les rangers. Nous retrouvons à 4 heures 30, au point de rendez-vous, une jeune ranger qui sera notre chauffeur et notre accompagnatrice pendant la balade ainsi qu’un autre ranger qui nous rejoindra sur place. 20 minutes de route et nous voilà partis pour trois heures de marche dans l’aube naissante. Un autre couple nous accompagne. Nous ne verrons pas de grands animaux, si ce n’est des éléphants, au loin, et des girafes et impalas. L’intérêt de la balade réside plutôt dans le fait de se promener à pied, dans le parc. 8 heures, nous rentrons au camp où nous fermons nos sacs et reprenons la route, cette fois pour Satara. Sur le trajet, nous sillonnerons les routes et chemins du parc Kruger en multipliant les arrêts photos… Éléphants, girafes, zèbres, Impalas, buffles… On s’en donne à cœur joie et on se régale. Nous arriverons à Satara à 16 heures par 39 degrés... Satara, un camp immense, qui nous fera, un peu, regretter notre logement de la veille à Tamboti. Mais la climatisation va nous permettre de passer une bonne nuit et de récupérer…

03 décembre : 30 degrés à 8h00. Nous prenons un café au restaurant de Satara, faisons le plein du VL à la station du camp, et prenons la route pour Olifant, où nous allons passer la nuit. Deux heures et demie de trajet, où nous ne croiserons que six véhicules, en comptant les arrêts photos, pour relier les deux camps. Un super moment où nous verrons girafes, zèbres, éléphants, impalas, gnous, grands coudous… que du bonheur. Le parc est bien vert, il y a beaucoup de bébés partout. Midi, arrivée à Olifant et déjeuner sur la terrasse panoramique du restaurant, une vue incroyable sur la rivière et les hippopotames qui s’y prélassent. Nous sommes seuls. Peut-être à cause de la chaleur il fait 38 degrés… On récupère notre bungalow, face à la rivière et après une douche réparatrice, nous reprenons la piste pour rejoindre Letaba où nous ferons une pause « glaces » au magasin du camp. Peu d’animaux aperçus tout au long du trajet, à part hippos, et impalas, mais il fait 44 degrés à l’ombre… 16h, nous retournons sur Olifant par un circuit différent. Et là, les animaux sont de nouveau présents : éléphants, girafes, zèbres, phacochères, lycaons… 18h00, nous arrivons à Olifant où nous filons sur la terrasse du restaurant boire une bière en regardant le coucher de soleil sur la rivière Magnifique ! tout est dit. Nous terminerons la soirée au restaurant pour fêter l’anniversaire de Corinne, qui aura droit à une danse locale, du personnel, que j’avais informé, un sacré souvenir. Un vent violent, chaud, et soudain, obligera tout le monde à regagner l’intérieur du restaurant le temps que le personnel ferme les baies vitrées, tout s’envole, chaises, verres, une tempête de vent aussi soudaine qu’inattendue qui soufflera toute la nuit sur Olifant…

04 décembre : 8h00, petit déjeuner au restaurant panoramique du camp, mais les choses ont changé. Les nuages ont suivi le vent, le ciel est gris et la température à baissé, et de quelle manière ! De 44 degrés la veille à 17 heures, nous sommes tombés à 18, 17 même à 16 heures 30. L’hiver en été, tout le monde range shorts et tongs et ressort pantalons longs et polaires… Mais pas de quoi nous décourager nous prenons la route pour Satara où nous allons passer une nouvelle nuit avant de descendre vers le sud. Quatre heures de trajet, pauses photos comprises, où nous verrons de nouveau beaucoup d’animaux dont notre premier crocodile. Ni le temps gris, ni le froid, ni la bruine, ne parviendront à gâcher notre plaisir d’être là. Midi, nous déjeunons à Satara, récupérons notre chambre et repartons sillonner les pistes du secteur. Beaucoup d’animaux, là aussi, et même des lions, que nous verrons de loin, avec le zoom de l’appareil photo et les jumelles. Mais aussi nos premières autruches, un énorme phacochère, beaucoup d’éléphants et girafes, zèbres, +++. Nous retournerons à Satara pour 17 heures, étonnés du temps passé… Un peu de repos et repas au restaurant du camp, qui pour le coup, vue la fraîcheur, ressemble à un resto de haute montagne…

05 décembre : Petit déjeuner et départ à 8h30 pour Lover Sabie, notre camp pour la prochaine nuit, après avoir fait le plein. Le ciel est gris et la température à 19… Nous tombons immédiatement sur un groupe d’une centaine de babouins qui squattent la route, quelques photos et nous repartons de nouveau les animaux sont au rendez-vous, nous sommes surpris par le nombre d’éléphants, girafes, zèbres que l’on peut rencontrer. Nous roulons jusqu’à Tshokwane où nous faisons une halte et quelques achats et repartons pour Lower Sabie, où nous arriverons à 13h30. Déjeuner au restaurant avec vue panoramique sur la rivière. Il y a plus de monde qu’à Satara, plus d’enfants aussi, c’est moins intime qu’Olifant ou Tamboti. La pluie vient de faire son apparition et nous récupérons notre tente avec vue sur la rivière… Petite vue, entre deux arbres, il faut le dire. Les abords du logement ne sont pas très agréables, beaucoup moins qu’à Tamboti, l’ensemble est moins joli, moins soigné. Bref, pas vraiment un coup de cœur pour cette tente, qui est pourtant le logement le plus cher de notre séjour au Kruger, mais elle fera l’affaire pour une nuit. 15h00, la pluie s’est arrêtée, nous repartons en safari sur le secteur. Une balade dont nous reviendrons à 18h30 encore beaucoup d’animaux jusqu’au bord de la piste, et même trois jeunes hyènes, nous en rencontrerons une adulte plus tard. Les éléphants occupent les bords et milieu des pistes et nous obligent, plusieurs fois, à stopper. On nous signalera un léopard et des lions, mais nous n’aurons pas la chance de les apercevoir. Oiseaux, phacochères, crocodiles, hippopotames, et même une mangouste… notre tableau de chasse s’étoffe. Dîner au restaurant du camp et repos bien mérité. Le safari ça creuse et sa fatigue…

06 décembre : Petit déjeuner à Lower Sabie d’où nous observons les hippopotames dans la rivière, et départ pour Crocodile Bridge pour notre dernière journée et dernière nuit au Kruger. Nouvelle journée safari en espérant décrocher le Graal, et nous rapprocher du Big Five. Nous n’allons pas être déçus… Dès le départ, phacochères, mangoustes, singes, oiseaux et bien sûr éléphants, girafes, zèbres, impalas, +++, nous accompagnent, mais c’est aux abords de Crocodile Bridge que nous vibrerons vraiment en apercevant en même temps lions et rhinocéros… Un régal. Midi, nous nous enregistrons au camps et allons déjeuner en ville, car il n’y a pas de restaurant à Crocodile Bridge. Nous quittons donc le Kruger par la porte Crocodile bridge et revenons à 14 heures pour récupérer notre bungalow, superbe, avant de reprendre le safari jusqu’à 18 heures. Comme le matin, les animaux sont au rendez-vous, même deux lions qui dorment au milieu de la route… Soirée au bungalow, demain nous partons pour Kosi Bay en traversant le Swaziland. 6 nuits au Kruger nous auront permis d’explorer, un peu, le parc. Nous pensons que la durée idéale se situe à 5 jours où plus.

07 décembre : Bye-bye Kruger, départ à 7 heures pour Kosi Bay, via la traversée du Swaziland. Un parcours, sur Google Map, de 5h30 qui va rapidement se transformer en 7 puis en 9 heures de route, la faute à des travaux routiers au Swaziland qui nous obligeront à emprunter des routes en chantier, pistes de pierres et de poussière où les camions et les fous du volant font la loi. En quittant le Kruger, nous serons impressionnés par l’impressionnante file d’attente de camions et de voitures qui attendent de passer le poste frontière avec le Mozambique. Je dois dire ici, que nous avons failli faire la queue nous aussi, pour rien, mais que grâce à trois vendeurs à la sauvette qui essayaient de nous refourguer des équipements pour la voiture (soi-disant obligatoires au Mozambique), nous avons compris que pour le Swaziland, il fallait tourner avant… Et là, tout roule, peu de circulation et personne à l’immigration. Mais c’est sur la route que cela se gâte, de déviation en déviation, il nous faudra 9 heures pour rejoindre Kosi Bay. Signalons que nous avons subi un contrôle routier à l’entrée du Swaziland et un contrôle de vitesse un peu plus tard. Pour infos : le permis de conduire international, malgré le mauvais état de mon permis rose, n’a pas été demandé par la police et que la border letter ne nous a pas été demandée à la frontière. Nous arrivons au Kosi bay lodge à 17 heures, soirée au restaurant du lodge…

08 décembre : Nous avons réservé une excursion pour 9 heures. Le tour des trois lacs de Kosi Bay, en bateau. Notre guide nous attend devant la réception et nous partons, à pied, pour le premier lac, où se trouve amarré le bateau du lodge. Une belle vedette, dotée de puissants moteurs, rien que pour nous… La balade est superbe, nous naviguons au milieu des chenaux, voyons multitude d’oiseaux, un énorme varan, beaucoup de poissons dans l’eau claire, des flamands roses et des hippopotames dont une femelle, accompagnée d’un bébé, qui va charger dans notre direction nous sommes sidérés par la vitesse de l’animal malgré sa masse. 11 heures, nous stoppons à l’entrée d’un chenal et nous nous mettons à l’eau avec masque et tuba. Nous apercevrons des milliers d’alevins et de petits poissons qui recherchent la protection de la mangrove. Midi, nous traversons le lac 3 pour rejoindre la côte qui donne sur l’océan Indien. Quelques minutes de marche dans le sable et nous voilà sur une plage immense et déserte, où viennent se fracasser les vagues de l’océan. Notre guide repart au bateau et nous donne rendez-vous deux heures plus tard. Le temps pour nous de pique-niquer et de nous baigner, ou du moins de nous tremper, car les vagues sont vraiment très fortes et le courant puissant. Nous rentrerons au lodge à 15 heures où nous profiterons de la piscine privative du chalet jusqu’à l’heure de l’apéro… Une belle journée pour 500 rands/pax. Dîner et dernière soirée au Kosi bay Lodge.

09 décembre : Départ pour Sainte Lucie à 8 heures. Il pleut ce matin sur Kosi bay et sa région, une pluie forte qui nous accompagnera jusqu’à mi-chemin. En route nous bifurquons vers Umkhuse où nous souhaitons effectuer un trail nature de trois heures au départ du lodge. Mal nous en pris, la piste de terre se transformera rapidement en bain de boue à cause des récentes pluies. La voiture glisse, patine et s’en sort, pas grâce à mes talents de conducteurs sur chemin de terre, mais grâce à la qualité motrice du Vitara. Nous ne tenterons pas plus le diable et finirons par faire demi-tour avant de nous retrouver enlisés… Une péripétie que nous laissons derrière nous en retrouvant le bitume et la route pour Sainte Lucie où nous allons passer 2 nuits au Monzi Safari Lodge. Une belle tente réservée sur Booking.com. Nous arrivons à midi et commençons notre séjour par un fish and ship local, aussi bon qu’en Écosse… Balade en ville, un peu de shopping, réservation d’un tour Hippo & Crocos chez Advantage Tour, 240 rands/pax, pour le lendemain matin, et un peu de farniente, complèteront notre journée. Dîner en ville au restaurant la Baraka.

10 décembre : On traîne un peu au lit ce matin. Dehors il pleut et la tente est trop glamour pour que l’on ait envie de la quitter… Petit déjeuner « maison » sur notre terrasse et départ pour la jetée où nous avons rendez-vous à dix heures pour le tour Hippos and Crocos… Une vingtaine de personnes feront la croisière avec nous. La pluie a stoppé mais il y a du vent et il fait frais on se félicite d’avoir pris nos coupe-vent. Malgré le ciel gris et bas, la lumière est belle et nous profitons à fond de la balade. Hippopotames et oiseaux sont au rendez-vous, deux crocodiles aussi. Retour au quai à midi et nous irons déjeuner au restaurant John Dory’s où on se régalera de sushis et poissons. Départ ensuite pour le Cap Vidal. Nous pensions simplement suivre une route pour y arriver, mais non, c’est une réserve et vous réglez un droit d’entrée 173 rands pour deux. On voulait aussi visiter la ferme des crocos, mais on ratera l’entrée et au retour elle sera fermée… Nous passerons quatre heures à arpenter la réserve jusqu’au cap Vidal, en empruntant les pistes de terre, boueuses, et la route principale. L’immense plage de cap Vidal sous la pluie, restera un très beau souvenir de ce voyage. Nous verrons également des animaux, troupeau de buffles, de grands coudous, des zèbres, phacochères, rapaces, et surtout un énorme éléphant, mâle solitaire, qui au bord et au milieu de la route, a roulé des mécaniques à notre encontre, visiblement agacé de notre présence, ou énervé par la pluie. Une petite frayeur, en tout cas, lorsque l’énorme animal a fait mine de s’avancer vers nous à deux reprises, tout en semblant nous observer, avant de reprendre sa route… Retour au Monzi Safari Lodge à 18 heures, il pleut de plus en plus fort, et dîner au Barraca, un chouette établissement juste à côté du lodge, que nous avons choisi car la tempête, résidu des cyclones qui grondent au-dessus de Madagascar, est de plus en plus violente…

11 décembre : La tempête a fait rage toute la nuit, vent et pluie, coupure d’électricité… Nous dormons peu et nous réveillons très tôt pour nous préparer, et reprendre la route pour notre prochaine étape : Pietermaritzburg, via Durban. Il est 8 heures lorsque nous pouvons enfin partir la pluie redouble d’intensité et nous accompagnera tout le long du trajet jusqu’à destination où le soleil fait enfin son apparition. Un trajet ponctué de petites frayeurs dues aux mauvaises conditions météo, à la conduite très, trop, rapide des Sud-Africains, aux comportements imprévisibles de certains et à toutes sortes de choses qui peuvent apparaître devant vous, y compris sur l’autoroute : chiens, chèvres, vaches, voitures arrêtées, personnes, vélos, trous sur la route… j’en passe et des meilleures ! Nous arriverons finalement à destination à 11 heures 45. L’Ascot Inn, réservé sur Booking.com, où nous descendons est très agréable. Le temps de déposer les bagages et nous partons en ville, où nous visitons le musée Thathan Art Gallery au second étage duquel se trouve un ravissant resto salon de thé où nous déjeunerons. Nous passerons ensuite les heures suivantes à nous balader en ville. Dîner et nuit à l’Ascot Inn.

12 décembre : Départ à 7 heures pour Coffee Bay à pas moins de 434 bornes de Pietermaritzburg, la plus longue étape, prévue, de ce road trip. Le temps est agréable, le soleil joue à cache cache-cache entre les nuages. Nous prenons la N2 en direction East London que nous quitterons à Tatham pour bifurquer vers Coffee Bay, pour une dernière heure de route, sous la bruine et dans le brouillard… Il est 14 heures 30 lorsque nous arrivons à l’Océan View que nous avons réservé via Booking.com. Soit 7 heures de voyage, avec une pause repas dans un KFC, quelques errances dans les villes traversées (nous n’avons pas, comme à notre habitude, pris de GPS mais seulement une carte papier). Le plus difficile restant toutefois la circulation des camions (beaucoup de 38 tonnes), qui peinaient à gravir les nombreuses et longues côtes de ce trajet. Un parcours très vallonné, traversant de petites villes qui nous offrira un bel aperçu de la région. Comme la veille, nous aurons quelques frayeurs avec les fous du volant locaux et tout ce qui peut surgir sur une route en Afrique du Sud… Conseil : soyez très vigilants, respectez les limitations de vitesse et le code de la route (stops et feux rouges, la police est très présente), ne collez jamais de trop près le véhicule qui vous précède. Après récupération de la chambre au Sea View, un très bel établissement sur la plage, face à la mer, nous passerons le reste de l’après-midi à nous balader sur l’immense plage de sable et les environs nous sommes seuls, l’hôtel, comme les précédents, est très peu fréquenté, on est tranquille, on profite. Dîner et nuit au Sea View.

13 décembre : départ à 8 heures, après le petit déjeuner, pour Port Elizabeth où nous arriverons vers 14 heures 30 un trajet agréable sur la N2, une belle route qui traverse de beaux paysages, le road-trip comme nous l’apprécions. Nous récupérons notre chambre au B&B St Philippe, réservé sur Booking.com, puis nous partons explorer la ville et le bord de mer jusqu’à l’heure du dîner que nous prendrons rue Stanley, à deux rues du B&B, au restaurant Asadas, où nous serons enchantés par la cuisine proposée.

14 décembre : Départ pour Addo éléphants parc. Nous arriverons sur place à 9 heures, il y a peu de monde. Utilisation de la Wild card pour les frais d’entrée, un tour à la boutique souvenirs, et nous voilà sur les pistes du parc. Nous sommes venus pour les éléphants et nous n’avons pas été déçus, nous en avons aperçus un grand nombre, des troupeaux entiers, autour des points d’eau. Mais, avouons-le, après le Kruger, nous sommes restés, un peu, sur notre faim. Les éléphants mis à part, nous n’avons aperçus qu’un fennec, une tortue, trois zèbres, des phacochères et des lions dormant sous les arbres très, très loin… Tout ça pour vous dire qu’Addo, on y va pour voir les… éléphants. Sinon, à notre avis, le stop n’est pas obligatoire, surtout si vous avez déjà fait ou allez faire le Kruger. De plus, nous avons été déçus par le comportement des automobilistes qui bloquent, carrément, le passage des éléphants, ces derniers paraissant parfois perdus. Un ranger sur place pour mettre un peu d’ordre ne serait pas de trop. Là, parfois, c’est un vrai cirque, à vous de juger. Pour nous, il n’y a pas photo avec le Kruger. 13 heures, nous quittons le parc pour retourner à Port Elisabeth et poursuivre la découverte de la ville. Nous pousserons jusqu’à Sardinia Bay à une vingtaine de kilomètres et découvrirons de superbes panoramas. 19 heures, retour en ville et, comme la veille, dîner à l’Asada, rue Stanley.

15 décembre : Départ pour le parc de Tsitsikamma après le petit déjeuner. Nous partons à 8 heures de Port Elisabeth, pour une arrivée à 10 heures au parc, entrée Storm River Mouth. Utilisation de la Wild card pour les frais d’entrée et nous partons directement pour le pont suspendu. Le soleil est là, le ciel bleu, c’est dimanche et il y a un peu plus de monde que sur les sites visités jusqu’à présent. La balade tient toutes ses promesses, le site est juste magnifique. L’océan se déchaine sous des ponts suspendus et contre rochers et falaises nous avons adoré, la rando nous a pris 1 heure trente aller/retour. Midi, nous déjeunons sur place dans un resto au bord de l’océan puis nous attaquons notre après-midi de trails. Plusieurs sont donnés pour un temps X et un nombre de kilomètres X, nous en combinons 3 pour 10 kilomètres et 3 heures et demies de marche dont un spectaculaire retour par un sentier qui longe l’océan Indien qui gronde. Vous l’avez compris, Tsitsikamma : nous avons aimé. 17 heures, nous quittons le parc pour le village de Storm River où nous avons réservé une nuit, sur Booking.com, au Tsitsikamma Village Inn. Un endroit agréable et reposant à souhaits. Dîner et soirée dans l’un des restaurants du Village Inn. Nous avons beaucoup apprécié cet hôtel et nous le conseillons.

16 décembre : Garden road. Nous quittons, à regrets, le Tsitsikamma Village Inn après le breakfast. Un hôtel, construit comme un petit village de maisons créoles, que nous recommandons. Nous roulons sur la Garden road en direction de Wilderness, notre étape du jour. Nous ferons une pause pour admirer la très belle Plettenberg Bay et une autre à Knysna. Nous arriverons vers midi à Wilderness, où nous rejoindrons directement le départ du Kingfisher trail qui se trouve dans le National Parc de Wilderness. Utilisation de la Wild card pour les frais d’entrée, puis nous nous lançons à l’assaut des 5 km du sentier qui nous conduira jusqu’aux chutes d’eau. Une belle balade sur un sentier bien aménagé, mais qui comporte quand même de nombreux escaliers, montées et pentes. Il est donné pour 3-4 heures de marche, nous le ferons en 3, stops photos compris. Pas mal de monde, surtout des jeunes qui vont se baigner dans l’eau des chutes. 15 heures, nous rejoignons notre B&B du jour, le Whale’s Way Océan Retreat. Un magnifique B&B, réservé sur Booking.com, situé dans un quartier très résidentiel, face à l’océan. Nous irons nous balader sur l’immense plage de sable qui borde la falaise. Un endroit magnifique, sous le vent et le soleil, où nous pourrons admirer la témérité des pêcheurs à pied qui n’hésitent pas à braver les vagues. Nous apercevrons, également, un banc de dauphins jouant sur la crête des vagues. Dîner au Salinas, à Wilderness, un resto de fruits de mer que nous a réservé notre hôte.

17 décembre : nous quittons Wilderness pour Prince Albert. Une longue et belle journée nous attend. Et elle commence par le Montagu Pass, une piste qui n’est autre que l’ancienne route qui relie George à Oudtshoorn la capitale des autruches. Une belle balade en montagne qui débouchera sur la fameuse route 62, équivalent Sud-Africain de la 66 nous ferons d’ailleurs un stop au Smitswinkel, à Oudtshoorn, un diner aux couleurs et à la décoration de la 66… Visite ensuite de la Safari Autruche ferme, où nous ferons le safari de 13 heures (durée 1 heure). Il fait très chaud, 44 degrés, et le vent est brûlant. Le safari est tout de même intéressant. 14 heures 30, départ pour Cango Caves à 30 bornes de là. Nous ferons la visite des grottes de 15 heures nous serons étonnés par la taille des grottes, c’est très beau (durée 1 heure). Départ ensuite pour Prince Albert que nous rejoindrons en franchissant le Swartberg Pass 27 Km de piste qui nous émerveilleront par la beauté des paysages qui s’offriront à nous. Il sera plus de 18 heures lorsque nous arriverons au Saxe Coburg lodge B&B de Prince Albert où nous allons descendre pour les 2 prochaines nuits. Dîner au Rude Chef et nuit à Prince Albert.

18 décembre : Matinée tranquille pour ce que nous avons décidé comme « journée de relâche » après les derniers jours de road-trip. Peu de route prévue aujourd’hui, mais une balade à pied dans Prince Albert après le petit déjeuner. Un peu de shopping, visite du musée local et promenade jusqu’à midi, heure à laquelle nous reprendrons la voiture pour rejoindre la « Olives Farm » pour déjeuner, à 5 Km de Prince Albert. Une ferme d’oliviers, perdue au milieu de nulle part, où nous dégusterons divers produits fabriqués sur place, dont l’huile d’olive, extraordinairement parfumée. Déjeuner au resto de la ferme puis départ en petite balade pour avoir un aperçu du grand Karoo qui nous fera penser au Far-West… Retour au lodge vers 16 heures pour profiter de la piscine et du calme des lieux, puis départ à 18 heures 30, pour le cinéma de Prince Albert, à pied, où nous irons voir le Roi Lion. Un bon film, mais plus que pour le film, c’est pour le cinéma lui-même que nous y allons. Un cinéma avec bar à l’entrée et une salle comme nous n’en avions jamais vue, que ce soit au niveau confort ou déco. Bref, une très belle soirée.

19 décembre : 9 heures, départ pour Matjiesfontein, étape du jour. Une balade à travers le grand Karoo qui nous conduira à ce petit hameau de quelques bâtiments construits autour de la gare, elle-même construite au milieu de nulle part… Un endroit particulier, où nous descendrons au Lord Milner Hôtel. Un établissement d’époque, bâti par un écossais, que l’on dit hanté et qui nous rappellera fortement l’Écosse. Arrivés à 11 heures 30, promenade dans cet endroit insolite, puis déjeuner au Laird Arms, un pub où le personnel est en tenue d’époque. Visite des petits, mais intéressants musées locaux, dont celui des transports. Visite obligée de la gare avec l’arrivée d’un train, si long qu’il nous faudra marcher deux cents mètres en dehors des quais pour arriver à hauteur des locomotives où, surprise, nous constaterons que le conducteur est une conductrice, jeune femme noire aux cheveux blonds… Photos des machines et nous reprenons notre balade, un peu de shopping, un arrêt café et il est déjà 16 heures 30. Surpris que la journée soit si rapidement passée, nous irons profiter des derniers moments de soleil au bord de la piscine. Une journée calme et hors du temps que nous avons apprécié à sa juste valeur après bientôt un mois de road-trip. Dîner et nuit au Lord Milner Hôtel.

20 décembre : Départ à 9 heures de Matjiesfontein pour Hermanus. Nous suivons la N1 jusqu’à Worcester, la vallée de la Breede, la route des vins, du moins une partie. Nous bifurquons vers Robertson où nous irons visiter un chaix, le Mc Grégor, du hameau du même nom. Dégustation de vins blancs, achats, petit tour à Mc Grégor, il est temps de reprendre la route… Sur les hauteurs, des incendies se sont déclarés et un voile de brume couvre la vallée. Nous poursuivons par la N2 en direction du Cap jusqu’à la bifurcation pour Hermanus. Nous y serons à 14 heures 30, et là, c’est le choc. Nous nous attendions à un petit port de pêche et nous nous retrouvons dans une ville balnéaire très fréquentée et très moderne… Nous récupérons notre chambre au Potting Shed, réservé sur Booking, et partons en balade à pied, explorer bord de mer et centre-ville, une promenade qui nous conduira jusqu’à 18 heures. Dîner en ville et nuit au Potting Shed.

21 décembre : Départ à 8 heures 30 pour Cap Agulhas je commettrai l’erreur de ne pas faire le plein avant de partir et de sous-estimer la distance, ce qui fait que nous arriverons à Augulhas grâce aux vapeurs d’essence qui restaient dans le réservoir… Conseil : toujours faire le plein pour s’éviter des sueurs froides et le risque de rester en rade au milieu de nulle part. D’autant plus que nous avons choisi de suivre le bord de mer, la Whale’s Way, ce qui nous offrira de beaux panoramas mais nous obligera à suivre la 316 sur une piste de terre. 11 heures 30, arrivée à Cap Agulhas. Coup de cœur, c’est magnifique. Un peu de monde, de très belles maisons, des restos et un air de station balnéaire très agréable. Mais surtout, le point le plus au sud du continent africain et le point de rencontre de deux océans : l’Indien et l’Atlantique. Un lieu symbolisé par un monument devant lequel chacun veut se faire prendre en photo. Nous jouerons le jeu et attendrons notre tour. Un instant d’émotions. Puis nous tremperons une main dans l’Indien et quelques mètres plus loin, une autre dans l’Atlantique… Nous irons ensuite déjeuner à Agulhas avant d’aller visiter le phare. Très beau, gérer par Sanpark mais la Wilde Card n’est pas acceptée. Nous monterons au sommet, attention pas d’escaliers mais une série d’échelles assez raides. Très belle vue du haut du phare. 15 heures, nous reprenons la route pour Bredasdorp où nous souhaitons visiter le musée des épaves et des naufrages. Un super musée pour ceux que ça intéressent. Retour ensuite sur Hermanus où nous arriverons à 17 heures 45 comme la veille balade en bord de mer, photos, apéro, resto… Nuit au Potting Shed.

22 décembre : départ par la route des baleines pour la région du Cap où nous allons terminer notre road trip. Une route avec des panoramas sublimes qui nous feront multiplier les pauses photos. Arrêt à Betty Bay où nous irons voir les pingouins au Stone point parc, un sentier payant, aménagé en une longue passerelle de bois qui permet l’observation des pingouins. Très sympa, nous avons beaucoup aimé. Un peu de monde, mais nous sommes dimanche à trois jours de noël. Nous poursuivrons ensuite jusqu’ à Stellenbosch, sur la route des vins. Une très jolie ville, avec beaucoup de magasins et restaurants. Nous y déjeunerons et y ferons un peu de shopping avant de reprendre la route pour Cap Town où nous allons passer nos 4 dernières nuits avant le retour en France. Un petit arrêt dans une station-service pour laver la voiture de toute la poussière qui la recouvrait et Cap Town, nous voilà. La première nuit étant au Lagoon Beach, nous nous dirigeons vers Minerton où se trouve l’établissement. Une mini déception que cet hôtel qui ne correspond pas du tout à l’image du petit hôtel sympa que nous en avions. C’est tout à fait le contraire, un établissement immense, sur une plage où règne l’interdiction de baignade (permanente) suite pollution de l’eau… Beaucoup de monde, rien qui nous emballe pour ce premier contact avec Cap Town. C’est finalement le coucher de soleil sur Table Mountain qui nous rendra le sourire… Dîner et nuit au Lagoon Beach Hotel.

23 décembre : 9 heures, départ pour Table Mountain. Trop tard pour éviter la file d’attente et les problèmes de stationnement… Tant pis, nous nous garons tout en bas, sur le premier parking et prenons la navette gratuite jusqu’au téléphérique. 5 minutes plus tard, nous nous délestons de 720 rands pour un aller-retour en direction de la fameuse montagne. Mais d’abord, il faudra faire la queue, 1 heure 30, pour pouvoir embarquer à bord de l’engin. Une nacelle ultra moderne, dont l’intérieur tourne de façon à ce que tout le monde puisse profiter du panorama. Il est midi lorsque nous débarquons, enfin, au sommet. Une bière, deux chips, et nous voilà partis en direction du Beacon point, une randonnée de trois heures A/R. Une autre rando sur le plateau principal et il est déjà l’heure de refaire la queue pour redescendre. Il nous faudra 1 heure et demie pour arriver à la nacelle… 19 heures, nous rejoindrons le Town house Hôtel où nous allons passer les trois dernières nuits. En conclusion, nous dirons que malgré les files d’attente, nous avons été emballés par Table Mountain, un endroit à faire absolument…

24 décembre : Départ pour le cap de bonne espérance. Entrée prise en charge par la Wild Card. Nous y arriverons pour 10 heures et y resterons jusqu’à 15 heures. Arrivés sous un superbe soleil, nous subirons ensuite un violent orage et la brume, puis de nouveau un ciel dégagé. De très belles photos, une rando sur les rochers… Nous avons beaucoup aimé. Pas mal de monde aussi à partir de 14 heures. Nous n’avons pas apprécié la pagaille pour prendre les photos devant le panneau indiquant le cap. Encore moins apprécié la conduite de certains touristes, des français, qui essaient de resquiller et cause des problèmes. Bref, si le site est magnifique, nous avons préféré l’ambiance de Cap Agulhas, un autre public… N’hésitez pas à consacrer plusieurs heures à ce parc. La route pour s’y rendre est sympa et traverse quelques jolies petites villes. Retour en fin d’après-midi à Cap Town où nous espérons réveillonner, mais surprise, tout est prévu pour le 25, le 24 c’est la veille, ce n’est pas Noël nous précise-t-on…

25 décembre : journée de Noël, nous partons visiter l’aquarium des deux océans. Nous avons apprécié la visite de ce musée océanographique. Midi, nous poursuivons avec Waterfront, ses restaurants, ses boutiques à touristes, ses magasins de luxe Déjeuner léger au restaurant Parada, puis balade sur les quais et le Mall Victoria. Il y a énormément de monde, c’est épuisant. Une visite qui nous conduira jusqu’à la fin de la journée, heure à laquelle nous rentrerons au Townhouse Hôtel pour la soirée de Noël.

26 décembre : Une longue journée nous attend, le départ est prévu pour ce soir ou plutôt demain à minuit 10 nous refaisons nos sacs en répartissant les affaires pour équilibrer le poids, puis nous partons pour Stellenbosch où nous avons décidé de passer la dernière journée de notre périple Sud-Africain. Le retour de la voiture est prévu pour 20 heures et l’enregistrement du vol à 22 heures, nous avons le temps… Arrivés à Stellenbosch sous un ciel mitigé, nous irons nous balader dans cette jolie ville avant d’aller déjeuner pour notre dernier « bon repas » en Afrique du Sud. Le temps maussade nous encouragera à reprendre la voiture pour une dernière fois. Nous pousserons jusqu’à Gordon Bay et ferons un stop, au retour, à Strand, le temps de manger une crêpe. Petit tour au bord de mer et il est déjà 18 heures. Notre vol est prévu à 0 heure 40, nous avons le temps, mais le cœur n’y est plus, c’est la fin du voyage, nous nous dirigeons sur l’aéroport pour rendre la voiture au terme d’un périple de 6987 kilomètres. Un retour rapide un petit coup de portière sur la carrosserie, pour une fois nous n’y sommes pour rien, sera relevé par les agents de Budget. Pas de soucis nous sommes assurés. Nous rejoignons le terminal international et nous installons devant la baie vitrée pour passer le temps (merci wifi, ordi et livre…).

27 décembre : Arrivée à Nice, via Paris Charles De Gaulle, à 14 heures 30 la boucle est bouclée.

Si c’était à refaire : nous conserverions le même parcours, mais nous enlèverions une nuit à port Elizabeth pour la placer à Tsitsikamma. Nous visiterions Addo en arrivant à Port Elizabeth plutôt que le lendemain. Nous enlèverions une au Cap pour la placer à Stellenbosch à 40 km de Cap Town.

Notre avis, aimé, pas aimé : Nous avons adoré le Kruger, l’ambiance, les animaux, la magie des lieux, les camps, la liberté de mouvement et la facilité d’accès. Nous avons aimé Johannesburg plus que Cap Town. Même si nous avons trouvé Cap Town plus jolie, nous n’y avons pas aimé l’ambiance. Trop froide, trop touristique, trop guindée par endroit. Nous avons préféré la première partie du voyage à la seconde : celle de Johannesburg à Coffee Bay. La seconde, de Port Elizabeth à Cap Town, bien qu’elle offre des paysages à couper le souffle, nous a moins emballés. Son côté trop propre, trop policé, trop… c’est trop. Nous n’y avons pas retrouvé le parfum d’aventure qui flottait sur la première partie. Pour nous, les deux parties sont clairement deux voyages différents et si nous retournons en Afrique du Sud, ce sera certainement entre Johannesburg et Coffee Bay. Nous avons apprécié la nourriture, pas chère et très bonne, certainement l’un de nos voyages où nous avons le mieux mangé et bu… Le vin est excellent, de très bonne bouteilles à partir de 5 euros, au restaurant… imbattable. Nous avons adoré la gentillesse des Sud-Africains, noirs ou blancs.

Concernant la sécurité : nous n’avons ressenti aucune insécurité quel que soit l’endroit, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Nous avons pu constater qu’il y avait des endroits à ne pas fréquenter, des horaires à respecter, et un bon sens évident à avoir. Mais nous n’avons pas pris plus de précautions que pour nos voyages précédents en Asie, en Amérique Centrale ou ailleurs. Nous n’avons eu aucun souci avec la police, aucun contrôle à part au Swaziland. Aucun problème, non plus sur les routes, près de 7000 bornes quand même, mais il faut rester vigilant, c’est tout. L’Afrique du Sud est idéale pour le road-trip. Le permis international ne nous a été demandé nulle part et même refusé lorsque je l’ai présenté chez Budget ou lors du contrôle au Swaziland. La carte de débit a été acceptée sans problème chez Budget. Nous ne parlerons pas ici des conditions de vie des uns ou des autres, des noirs, des blancs, de l’après Apartheid, ce n’est pas l’objet de ce carnet et de toute façon, nous savons par expérience, que cinq semaines ne suffisent pas pour avoir assez de recul et parler d’un sujet aussi grave et douloureux. Nous nous en tiendrons à ce que je dis plus haut : nous avons trouvé les Sud-Africains très sympas, gentils et serviables.

Argent : Nous sommes partis avec des espèces (une habitude chez nous), change effectué en France. Nous les avons utilisés tout au long du voyage et n’avons jamais retiré de d’argent aux ATM. Nous avons utilisé nos CB en alternance avec les espèces. Chacun sa manière de faire et de voir les choses…

Conclusion : un très beau road-trip, comme nous les aimons, beaucoup de très belles routes, de beaux paysages. Nous avons adoré ce voyage. L’Afrique du Sud est un pays magnifique, nous l’avons découverte au fil des kilomètres et de la route et nous l’avons vraiment appréciée. Toutefois, nous vous devons d’être honnêtes en disant que, le Kruger mis à part, même si le voyage a été magnifique, il nous a manqué la petite étincelle, ce petit truc en plus, rencontré dans d’autres pays, qui fait la différence, la magie d’un voyage… Ce qui n’enlève rien à la beauté du pays. Vous pouvez consulter le carnet définitif, avec photos et plus d'infos, sur notre blog en cliquant le lien suivant :
https://www.1destination2voyages.com/l-afrique-du-sud-en-road-trip-1
Discussion autour du thème du mois de mai 2017: "Le VERT dans tous ses éclats"
by Xrctn · 2017-05-01 · 169 replies
Hello,

C'est ici que l'on se met au vert et que l'on se raconte des histoires à propos du thème du mois de Mai : « Le VERT dans tous ses éclats».

Le concours se trouve là : voyageforum.com/...post=8116290#8116290 et le photorama se trouve ici : goo.gl/...os/jR6TCgQHSeG8fiGR9
Rencontre VF en Casamance, sur la plage du Cap le vendredi 8 février 2013
by Songhai73 · 2012-11-05 · 170 replies
Bonjour aux amoureux de la Casamance et à ceux qui le deviendrons 😏

je vous propose une rencontre début février ...pas encore de datte précise ! selon les intéressés ont verra ...le lieu , les dattes , pique nique ou resto , bisap ou bounouk 😉 précipiter vous sur les billets d'avions et de bateau car descendre vers Zig par bateau c'est un vrai bonheur ! cordialement francia
Retour de croisière sur le Splendida du 27 mai au 7 juin 2015 les fjords de Norvège jusqu'au cap No
by Clau05 · 2015-06-10 · 93 replies
Nous voici de retour de notre treizième croisière en Norvège de HAMBOURG jusqu'au CAP NORD ) , probablement la plus belle ...

Nous connaissions déjà le Splendida de Msc pour l'avoir déjà pris trois fois . Il est toujours aussi beau et aussi grand !

Nous avons pris l'avion à Marseille le 26 mai à 9 heures vol avec une escale à Munich et arrivée à Hambourg vers 14 heures . Nous avons pris un taxi(27 €) pour l'hôtel Holiday inn dans le quartier de Saint Pauli . Bon choix :hôtel proche du métro , très propre , salle de bain superbe , bon accueil et bon petit déjeuner . L'après midi nous avons visité la ville, l'hôtel de ville , l'église St Michaelis, la belle église baroque (on est montés dans le clocher pour une vue à 360 degrés sur la ville ).. Le soir nous avons mangé dans un restaurant , de cuisine allemande, proche de la Reeperbahn , (le quartier chaud sans trop nous y attarder ...)

MERCREDI 27 MAI Après une bonne nuit à l'hôtel et un bon petit déjeuner nous avons visité le quartier d'Altona et Landungsbruccken sur les bords de l'elbe .

A midi départ pour le port . Il était prévu d'embarquer à Hafencity , proche du centre ville ...en fait , changement appris la semaine précédente nous avons embarqué au nouveau port Konprinzkai, à Steinwerder....loin du centre ...27 euros en taxi, le chauffeur du taxi connaissait mal la route .. Nous avons essuyé les platres , les valises sont arrivées très tard , pour certains ers 20 heures !... Beau terminal tout neuf mais loin de tout ... pas question de retouner en ville l'après midi comme je pensais le faire . Pour nous embarquement rapide puisque nous étions en yacht club et après le repas nous avons profité du bateau et du spa .

Une précision sur le PARKING comme je l'avais promis ... il y a un parking gigantesque au pied du bateau , autour de 1200 places . Il y avait environ 150 voitures garées , mais le nombre n'a pas augmenté dans l'après midi , donc il n'a pas été utilisé pour notre croisière . J'espère qu'il sera en fonction pour les croisières suivantes .

Le bateau devait partir à 18 heures , il est parti à 22 heures 30 ..pour attendre des passagers en retard . (Il semble qu'il y ait eu un problème informatique qui a bloqué l'aéroport de Bruxelles ....certains même n' ont eu leurs valises qu'à la première escale à Alesund ....)

Premier soir , spectacle de chansons d'opéra avec des musiciens (piano , violon et violoncelle ) . Nous avons choisi le spectacle à 19 heures et le repas à 20 heures 30 .

JEUDI 28 MAI

Journée en mer , sport , détente, spa ....retrouvailles avec le bateau. Le soir spectacle acrobates , danseurs, jongleurs sur le thème de la nature , avec des costumes très originaux et colorés .
Big 5 pour small 4 ou l'Afrique Australe en famille: Le Cap, Namibie, Botswana, Zimbawe - Partie 2
by 00Alex · 2011-01-10 · 4 replies
la première partie est là: http://voyageforum.com/v.f?post=3855088;search_string=namibie%20botswana%20big%205%20small;14 Aout 2010 (J17) : Etosha (Okaukuejo) - Etosha (Halali NWR Campsite) On se réveil avec le soleil : c’était une erreur, on a un peu foiré l’affaire, on aurait du être parti à cette heure. Petit déjeuner rapide (ça veut dire rusks trempé dans le café ou le lait jusqu’à ce que la texture permette de les croquer sans perdre une dent) puis tour des points d’eau. Au feeling, détour par Gemsbokvlakte juste comme ça, parce que c’est sur le chemin. Au bord du point d’eau, il ya une bonne demi-douzaine de voitures arrêtées, dont quelques voitures de safari, ça doit pas être pour regarder un moineau se désaltérer. Ben nooooon… En effet, quatre lionnes se désaltèrent en jouant dans l’eau, en se mordillant, en sautant. Inutile de dire qu’elles on fait le vide autour d’elle. Après un certain temps, elles partent dans les herbes hautes et se dirigent vers des girafes, elles se divisent de façon à encercler une des girafes : raté, la girafe les a vu (faut dire que de ce côté là, elle est avantagée) et se rapproche de ses congénères. Tranquilles, les lionnes continuent à se disperser à la recherche d’une proie. On finit par les perdre de vue. Direction Olifantsbad, réputé pour sa richesse : un vrai désert, décevant. Nous nous dirigeons alors vers notre second camping Halali, tout en passant par un maximum de points d’eau et de vues sur le pan (Aius, Odongab, Sueda, Salvadora, Rietfontain). Ca et là, nous croiserons des oryxs, Kudus et springboks et notre premier éléphant, qui, solitaire, traversera la route devant nous. Le camping d’Halali est tout simplement moche. Après un pique nique, c’est la douche et l’installation du camp. Certains s’adonnent à la sieste, d’autres, comme Rebecca et moi, se disent : il-faut-quand-même-aller-voir-au-point-d’eau-s’il-n’y-rien-parce-que-ce-serait-trop-bête-qu’il-y-ait-plein-de-bestiaux-et-qu’on-les-rate-par-paresse. Nous voilà en route. Honnêtement, pas grand chose au point d’eau : on peut aller faire la sieste. Maaaaaaaais, au loin, il y a des taches grises qui ressemblent à des éléphants : on va pas faire la sieste. Au bout d’une demi-heure, trois éléphants arrivent au bord de l’eau et commencent à boire, puis quatre, puis cinq, puis six… puis vingt-sept. Oui, oui, à l’apogée de cette baignade-hydration publique, il y aura vingt-sept éléphants de tous âges. Après le boire, c’est le bain façon Babar. Voilà ces éléphants qui s’aspergent joyeusement d’eau et de boue. Vers 15h00, départ pour le game drive de l’après midi (ça y’est, on est devenu des pros, on dit plus ballade-en-bagnole-à-la-recherche-de-bestiaux) qui nous mène vers Goas et Noniams. Nous assistons silencieux à l’apéro de quelques gracieuses girafes. Le soir, nous réitérons l’expérience de l’apéro dinatoire au point d’eau. Décidément, on est abonnés aux rhinos : il y aura jusqu’à quatre rhinos ce soir là. Puis plus rien, une hyène passe fissa. Puis 2 chacals. Puis c’est la calme plat. On va se coucher.

Il y en aura jusqu’à vingt-sept au point d’eau d’Halali

15 Aout 2010 (J18) : Etosha (Halali) - Grootfontein (Roy’s Camp) Lever de bon matin et tour des points d’eau : Batia, Ngobib, Kalkheuwel, Chudob. Toujours nos troupeaux de springboks agrémentés de Kudus et d’oryx. Quelques zèbres s’abreuvent dans la lumière matinale. Quelques chacals les asticotent, mais pas de prédateurs bien sérieux. Bon, faut dire un truc. Après trois jours, les herbivores à Etosha, c’est à peu près comme les pigeons à Paris : y’a qu’à ouvrir les yeux pour en voir, exception faite des éléphants et des rhinos. Du coup, le voyageur devient bêtement exigeant et se met à rêver léopard et autre guépard. Pause café à Namutoni : beaucoup plus chouette que les autres, ce camp. On poste les cartes écrites ces derniers jours. Dernier game drive avant la sortie et hop là, au détour de Dik-Dik Drive, on tombe sur trois lionnes en train de dormir. Elles doivent avoir le ventre plein, car leur activité n’est pas très élevée. On les contemple en espérant les voir de lever et tout ça mais non, elles ne bougent pas. On est quand même rudement contents. Sur la route qui nous mène à la sortie, on est bloqué par un éléphant qui s’est installé au milieu de la chaussé et grignote quelques feuilles à droite ou à gauche. Il semble respirer la joie de vivre. Nous, on est coincé…

Quelques herbivores se désaltèrent à Kalkheuwel

La sieste des lionnes le long de Dik-Dik Drive

Arrêt à Tsumeb qui est plutôt une jolie ville. Plein d’essence et de victuailles. Un jeune garçon essaye de me soutirer quelques dollars pour soutenir son équipe de football locale qui n’existe pas. Il ne sait pas que ce stratagème a fait le tour des forums de voyage traitant de la Namibie, ce dont je l’informe. Il est penaud et je le comprends : si les petites arnaques sans conséquences des enfants sont contrecarrées par internet, rien ne va plus. En même temps, lui donner quelque chose, c’est encourager la mendicité, ce que ne souhaitent pas les voyageurs sud-africains (largement évoqué sur le forum 4x4community). Il est clair que donner de l’argent à un enfant est déstructurant pour la société. En effet, que deviennent les rapports sociaux si l’enfant, ce qu’il y a de plus bas dans l’échelle sociale africaine, peut gagner autant d’argent qu’un adulte qui travaille. Après ces considérations, nous nous mettons en route pour Roy’s Camp qui est un endroit assez chouette. Les emplacements sont spacieux et le tout est joliment boisé. Nos voisins sud-africains nous appellent à la nuit tombée pour nous montrer ce qu’ils appellent des « antelopes », à savoir la plus grosse antilope (une chèvre en mieux si peut dire) d’Afrique australe, qu’il est difficile de voir car elle ne sort que la nuit. Elle fait plusieurs centaines de kilos et peut sauter à 2 mètres de haut. Les proprios sont en revanche moins sympas et avenants. Outre le fait qu’ils sont peu causant, ce que je ne peux pas leur reprocher puisque moi non plus (en même temps je n’ai pas décidé de tenir une guest farm), ils ont une façon étrange de traiter leurs employés. Lorsque Hélène demande à partir de quelle heure il y a de l’eau chaude pour la douche, la tenancière répond qu’il n’y a pas à s’en faire car des « ils » allument le feu sous le donkey dés 4h00 du matin, « eux » vont s’en occuper. C’est vraiment chouette cette vie où des « ils » et des « eux » sans titre ni nom, habillés chichement et mal chaussés, s’occupent de toute la logistique. Encore un endroit où il semble que la page de l’apartheid ait du mal à se tourner.

16 Aout 2010 (J19) : Grootfontein - Grashoek (Living Museum of the Ju/'Hoansi-San) Nous prenons le matin la C44 en direction de Tsumkwe. Nous entrons dans le Bushmanland. Objectif du jour, la visite du Grashoek Living Mueum, un village « traditionnel » destiné à présenter la culture bushman aux visiteurs. Peu après la barrière vétérinaire, nous quittons la piste et obliquons vers le nord en direction de Grashoek. Après quelques kilomètres de piste kalaharienne avec des passages en sable profond et après avoir difficilement croisé un overland truck bougon pas décidé à partager le moindre centimètre de piste, nous arrivons au village. Un guide se dirige vers nous pour savoir quel type de visite nous voulons. Il parle un anglais approximatif mais suffisant. On se met d’accord : tour du village moderne puis activités culturelles. Le tour du village moderne en premier, c’était l’erreur. Nous voilà propulsés dans les arcanes d’une société totalement déstructurée. Les Bushmen étaient des chasseur cueilleurs, peu nombreux puisque quelques dizaines de milliers dans l’immensité du désert du Kalahari. Le jeune état namibien, comme d’ailleurs sont voisin botswanais, a donc décidé de les sédentariser et la chasse est aujourd’hui illégale. L’espoir de l’Etat était que des chasseurs cueilleurs deviendraient éleveurs en une génération : peine perdue, il nous a fallu quelques centaines de milliers d’années, ça peut surement aller plus vite, mais assurer cette transition en 20 ans, c’est illusoire. Les bushmen vivotent donc de pas grand chose (au Botswana, il y a au moins quelques minimas sociaux, mais pas en Namibie) et s’adonnent autant que faire se peut à leur passe-temps favori : l’alcool. Le village est d’une saleté inouïe, jonché de bouteilles de bière, ça file le blues. Notre guide nous explique que le « projet » de « Living Museum », monté avec l’aide d’une ONG allemande, apporte 50 % des revenus au village et permet d’acheter le fuel qui alimente la pompe à eau qui n’est pas encore solaire (c’est pour bientôt). Il nous explique que ce ne fut pas si simple de faire adhérer les villageois au projet. L’idée de danser ou pratiquer l’artisanat devant des étrangers ainsi que les guider dans le bush ne leur plaisait pas, on peut facilement le comprendre. Petit à petit, les habitants ont réalisé que le projet était aussi un moyen de transmettre et donc de préserver leur culture menacée de disparition, ils y ont adhéré. Après le tour, notre guide nous donne rendez vous au « Living Museum » proprement dit, le temps « d’aller revêtir son habit traditionnelle », il se marre, nous aussi, on sait pas trop à quoi s’attendre. L’organisation est un peu chaotique, mais pas trop, juste ce qu’il faut pour que ce soit détendu. On commence par le module « artisanat ». On apprend d’abord à faire du feu avec deux bouts de bois et quelques herbes, je suis bluffé et je ne sais pas s’y arriverais aujourd’hui. Puis, tandis qu’une des filles se fabrique un arc et une flèche, réalisant un de ses plus vieux rêves, l’autre se fait un collier en coquilles d’œuf d’autruche. Seul notre guide parle anglais, les autres ne parlent que San, entendre cette langue à « clicks » est un vrai plaisir et n’est pas sans rappeler le film « Les dieux sont tombés sur la tête ». Après le déjeuner, promenade guidée dans le bush kalaharien. La promenade est émaillée d’arrêts autour de plantes médicinales ou nutritives. Ces bushmen sont incroyables, ils creusent à la base d’un arbre, déterrent un tubercule, que nous goutons tous : super désaltérant. Un autre : on le presse pour en extraire quelques gouttes d’eau qui, me disent ils « sont largement suffisante pour les désaltérer (personnellement, il me faut 3 à 4 litres pour obtenir le même effet). Nous découvrons l’euphorbia, une plante dont le jus toxique est utilisé pour enduire les flèches destinées la chasse : une fois touché, l’animal s’endort. Nous sommes fascinés de découvrir comment il est possible de puiser les maigres ressources nécessaire à la vie dans cette nature ingrate. La journée se clôt par quelques chants et danses qui seront un peu trop vite envoyés pour pouvoir être réellement appréciés. Bon, OK, c’est assez « touristique », mais que signifie touristique dans cette région du monde. Et puis après tout, je suis « pour » les trucs touristiques de ce genre. Personnellement, si 8 touristes japonais dont je ne parle pas la langue devaient débarquer au beau milieu de mon salon pour le visiter, je souhaiterais : 1) être prévenu de leur venue ; 2) en connaître l’heure ; 3) avoir un interprète ; 4) toucher un partie substantielle de ce qu’ils ont payé pour cette visite. A mon sens « l’authentique » est une vision de l’esprit. S’il existe des peuplades reculées qui ont la chance (?) de ne pas être parasitées par notre tourisme, alors laissons les tranquilles ou laissons les ethnologues dont c’est le métier nous écrire d’intelligents ouvrages que nous pourrons prendre plaisir à lire. Nuit au camping communautaire : simple petite clairière équipée de toilettes sèches. La boerwurst n’est pas à tomber, mais le Pinotage de Nederburg se laisse boire. Cette nuit dans le Kalahari est calme et fraiche.

Le village « traditionnel »

Percer les coquilles d’œuf d’autruche pour en faire un collier

La confection d’un arc

En route dans le bush

Déterrer les précieuses racines gorgées d’eau

Quelques danses…

17 Aout 2010 (J20) : Grashoek - Dobe Départ de bon matin pour Tsumkwe, ville située à la frontière du Botswana où nous arrivons après 2h30 de route et en ayant pris de multiples auto-stoppeurs, dont pas mal écoliers. Les Bushmens nous expliquent qu’ici, les gens n’ont pas de voiture et que les transports en commun sont rares dans le Kalahari. Pour aller au lycée, les enfants doivent parfois compter une journée de route, faite de multiples sauts de puce en minibus ou auto-stop. Rapidement, la voiture déborde. Tsumkwe est une ville assez glauque. Pourtant, j’aime l’ambiance des villes frontières au milieu de nulle part. Mais Tsumkwe, ça ne le fait pas. Les rues sont remplies de Bushmens errant à la recherche d’alcool, dont ils financent l’achat en mendiant ou en vendant pour un prix dérisoire les bijoux qu’ils ont fabriqués. Nous avions dans un premier temps pensé dormir au Tsumkwe Country Lodge. L’endroit ressemble à un camp de prisonniers : barbelés électrifiés montant à 4 mètres, baraquements en taule faisant office de bungalow, sol poussiéreux et emplacement trop proches les uns des autres. Il va falloir trouver autre chose… Nous faisons un bref tour à la boutique « Mi wi a » (ça veut dire merci en San) où nous achetons de l’artisanat bushman. Recommandée par le guide Bradt, cette boutique tenue par un couple de missionnairevend pour un prix raisonnable de l’artisanat bushmen. Les profits réalisés permettent d’acheter de la nourriture pour les communautés environnantes. Certes, c’est plus cher, que les 15 N$ que coute un bracelet vendu dans la rue par une femme enceinte, mais il y a une chance que le bébé qu’elle porte dans le ventre ne soit pas confit dans d’alcool. Après cette étape, nous passons la frontière vers 14h00. Le poste a un côté « bout du monde » : une cabane de chaque côté, quelques tentes et hamacs pour le sommeil des douaniers, une barrière métallique entre les deux pays. Sur le registre, nous sommes le troisième véhicule de la journée et il en passe rarement plus de cinq, parfois aucun. Les douaniers sont dans l’ensemble sympathiques, peut être un peu plus côté botswanais. Le GPS pète un câble : il refuse que nous poursuivions plus à l’est et prétend qu’il n’y a plus de piste, « demi-tour, demi-tour, demi-tour… ». Pauvre appareil, on le plaint et on l’éteint. Ahhh, si on pouvait faire pareil avec les enfants... Les 500 premiers mètres de piste botswanaise sont en sable profond, mais ça passe bien. La piste est ensuite de qualité moyenne. Il se fait tard, il est clair que nous ne pourrons pas atteindre Maun. Il va falloir trouver un endroit pour dormir. De fil en aiguille nous sommes hébergés par Driess et Elsa, un couple de missionnaires qui vivent là avec leurs deux enfants, une grande fille de 4 ans et un bébé de 6 mois. Ils ont installé une pompe à eau qui permet aux Bushmens résidant alentours de ne pas passer la moitié de leur journée à chercher de l’eau. Ils aident aussi les communautés à constituer leur dossier de demande de passeport, ce qui leur permet de maintenir le contact avec les communautés namibiennes. On visite leur petite église. Driess nous dit que l’évangélisation n’est pas sa priorité, on n’a pas de moyen d’en être certains. On n’est pas fans de religion et encore moins d’évangélisation, mais je dois dire qu’il est difficile de rester indifférent au choix de vie de Driess et Elsa qui sont si isolés, à quatre heures de la première ville (Grootfontein ou Maun), sans médecin alors qu’ils ont un petit bébé. Les parents d’Elsa, sont venus leur rendre visite depuis la région du Cap et ont apporté un poisson de mer exquis qu’ils ont réussi à garder surgelé tout au long du trajet. Nous sommes invités à partager ce dîner de fête et somme autorisés à dormir dans la cours de la mission. Pas de vin ce soir, ce n’est pas dans les habitudes de la maison. Leur bébé a une gastro et ils ont un peu de mal à s’en sortir : on leur laisse de l’eau minérale et de quoi faire de l’eau de riz.

18 Aout 2010 (J21) : Dobe – Maun (Maun Rest Camp) Les 120 km de piste jusqu’à Nokaneng sont parcourus en 2h30. La piste est de mauvaise qualité, parfois défoncée et parsemée de nids de poule, parfois pas mal ensablée. Le reste se fait sur une route goudronnée en bon état. Le paysage est assez monotone. Après 3h00 supplémentaires de route, une barrière vétérinaire où nous découvrons un oiseau encastré dans le pare-choc (le policier se marre : les oiseaux morts, je les laisse passer, même si c’est de la viande crue, ouaaaaarf) nous arrivons à Maun Rest Camp, notre destination. Deux bonnes nuits dans un lit douillet avec douche chaude et non rationnée, ça va être bon ! Nous sommes accueillis chaleureusement par Simon et Joyce, la soixantaine, propriétaires des lieux et guides de leur agence de safari. Simon sera notre guide dans Moremi et Chobe et il nous parle du programme des 5 prochains jours, qui nous emmènera de Maun à Kasane. Apéro à base de Chardonnay de chez Chamonix (la version standard, pas la réserve) et bacon grillé.

19 Aout 2010 (J22) : Maun (Maun Rest Camp) Le matin, nous attendons le gars de l’agence qui doit récupérer le 4x4 que nous rendons à Maun. On s’attend à voir arriver 2 gars en auto. Pas du tout : c’est un gars tout seul, à pied, qui se présente, pile à l’heure. On lui offre le café et quelques biscuits et il nous raconte qu’il a quitté Windhoek il y a 48h00 et qu’il est venu… en stop. Il est arrivé hier soir à Maun, a trouvé où dormir et s’est fait bien propret ce matin (polo à l’effigie de la compagnie, badge nominal), puis est venu à pied (6 km) jusqu’au camp. Epatant la Namibie, je comprends pourquoi ça n’était pas si cher de rendre l’auto à Maun. Après un bref tour de la voiture, il rentre à Windhoek et nous dépose en ville en chemin. Le Botswana, ça nous change franchement de la Namibie. A côté, c’est une bouffée d’oxygène. Les dames se promènent en ville avec leur sac à main, les touristes ont leur appareil photo en bandoulière, il n’y a pas de vigile à chaque parking, les maisons ne ressemblent pas à des forteresses. Personne ne nous aborde pour nous vendre quelque noix gravée à notre nom ou autre hippo sculpté. On est transparent : le bonheur ! Les clients des boutiques sont majoritairement noirs, de même que les conducteurs d’auto. On serait resté seulement en Namibie, on n’aurait pas cru ça possible dans cette région du monde. Bon, comparé, à l'Afrique de l'Ouest, les rapports sont beaucoup plus distants. Je comprends que cela puisse être frustrant. Cela dit, après la Namibie, quel bonheur. Après quelques courses, direction l’aéroport où nous déjeunons fort bien chez Hillary’s. En fin de journée, nous attend une surprise que j’ai préparée pour toute la famille : le survol du delta de l’Okavango en avion. L’avion est un Cessna 6 places. Le pilote nous détaille le plan de vol et hop, c’est parti… Sauf que la porte de l’avion ne ferme pas. Il joue du tournevis et du ruban adhésif, mais sans succès. Finalement, il claque la porte et la ferme à clé depuis l’extérieur en passant sa main par la fenêtre… This Is Africa (TIA). Le vol et superbe, ce d’autant plus qu’en raison de multiples contre temps, nous ne décollons qu’en toute fin de journée, à l’heure où la lumière est la plus belle et la plus chaude. Les paysages sont magnifiques : rencontre de la terre et de l’eau, prairies inondées, bras de rivières, lacs… Pour le gibier, c’est pas trop ça : on voit ça et là quelques éléphants, buffles et girafes, mais compte tenu de l’altitude et de la vitesse, pas vraiment le temps de les admirer. Dernier T-bone et on l’accompagne de quelques restes de des vins des derniers jours. Bref, on finit les bouteilles.

Plaines inondées du delta de l’Okavango

Un peu la même chose

Quelques gracieuses girafes, mais comme vous pouvez le constater, on est un peu loin quand même

20 Aout 2010 (J23) : Moremi (Third Bridge) Départ à 7h00 du matin. Simon passe nous chercher. On monte dans le Land Cruiser qui est chargé à bloc et tire une bien lourde remorque. Simon est au volant. Il est accompagné de son assistant, Mr B.

Notre convoi au départ pour Moremi

Deux heures de piste en nous voilà dans le parc. Simon explique la règle de base : lorsqu’il voit un animal intéressant (en même temps, ils sont tous intéressants, il n’y a pas de pigeon gris parisien), il arrête le camion, tout le monde reste silencieux, contemple la nature et, seulement après un moment, on peut parler et il nous explique. Nous avons adoré cette façon de faire, ce calme qui a entouré la nature tout au long de nos cinq jours de safari avec Simon qui par ailleurs n’a jamais été avare d’explications. Pause café au bord d’une sorte de lagon, pas loin de First Bridge. Il s’agit d’une petite plaine immergée dans laquelle broutent des impalas. Le spectacle est magique. Nous rejoignons ensuite notre campement. Il s’agit d’un petit bois non loin de Third Bridge. L’endroit est isolé et calme. Nous sommes seuls. Après un rapide déjeuner, nous laissons non sans culpabilité (mais rassurez vous, cette culpabilité est vite oubliée) Mr Botsalano (Mr B) monter le camp et nous voilà partis dans la région de Third bridge. Et là, juste de l’autre côté du pont : rencontre avec une troupes de lions. Elle est composée de 4 femelles et 2 males. La troupe vient de tuer un buffle et festoie joyeusement. Le buffle est déjà sérieusement entamé. L’essentiel de l’existence des ces gros chats est consacrée à ce qu’un humain qualifierait de « sieste sans fin » , parfois émaillée de périodes d’intense activité consistant en quelques paresseuses roulades dans l’herbe. Exceptionnellement, l’un d’eux se lève et se traine péniblement jusqu’aux restes du pauvre buffle et mange quelques bouchées de tartare. Puis, retour à une sieste bien méritée. Fascinés, nous les observons pendant de longs instants, somme toute assez envieux de cette existence faite de saines activités.

Third Bridge, qui nécessite quelques réparations

En arrière plan, la carcasse du buffle

Après un bon et sain repas de buffle vient une sieste réparatrice et méritée. On les envie, non ?

Direction Fourth bridge où nous apercevons une harde d’éléphants en train de se désaltérer. Au bout d’un certain temps, Simon nous dit « ils vont traverser le bras d’eau, c’est certain, mais où ? ». Le chasseur pense et parle, observe le terrain, puis choisit le meilleur emplacement. Et en effet, au loin, les éléphants commencent à traverser. Ils se rapprochent progressivement. Le moteur est coupé, nous sommes silencieux, ils passent autour de nous en nous ignorant, de vieilles mamies guident la harde, les mères protègent les éléphanteaux parfois très jeunes, il en passera des dizaines… Retour au camp à la tombée de la nuit. Et là, non, je ne rêve pas, un vrai spectacle nous attend. Mr B a transformé notre petit bois en palace. Au milieu, une table est dressée, recouverte d’une nappe blanche. Les verres à vin n’attendent plus que le nectar réparateur. Les tentes sont disposées autour, garnies de matelas douillets et de couettes. Pour les commodités, ont trouve une tente pour les toilettes et une tente douche. Après un brin de toilette, l’apéro est réparateur. Simon et Mr B cuisinent au feu de bois et préparent le premier des dîners qui composeront ce que nous avons résolument appelé le « safari gastronomique ». Au menu : un poulet rôti accompagné de brocolis et d’une sauce à la crème et aux champignons. Parfois, j’en rêve encore la nuit.

Fourth Bridge, coupé en son milieu

La harde d’éléphant traverse le bras d’eau

Ils s’approchent lentement de nous. Nous restons zen

21 Aout 2010 (J24) : Moremi (Third Bridge) Les rugissement ont commencé vers quatre heures du matin, subreptissement, progressivement… Ils se sont rapprochés lentement. Honnêtement, nous n’avons pas fait les fiers, même si Simon nous a répété maintes fois que « hormis avec les babouins, il n’y a jamais d’incident dans une tente fermée ». Lever en fanfare à six heures et demi : « baptême du feu, baptême de feu, les lions ne sont pas loin ». Sans boire et sans manger, nous montons dans le 4x4 et partons à la recherches des félins. Nous tournons une demi-heure. En vieux chasseur, Simon suit les traces sur le sable des pistes. En fait, ils sont à moins de 100 mètres du campement (est ce réellement une bonne nouvelle ?). Monsieur Lion appelait depuis longtemps et ses désirs ont été exaucés ce matin puisque madame Lionne vient d’accourir. Et l’accouplement commence. Je dis commence, parce qu’il durera quatre jours et quatre nuits. Eh oui, ne souriez pas l’air rêveur… Ce au rythme d’une tentative toutes les quinze minutes… Nous les contemplons immobiles. Ils répètent interminablement la même séquence : ils marchent côte à côte, monsieur grimpe sur madame, s’y prend mal, agace madame qui rugit et fait mine de le mordre. Puis ils se reposent dans l’herbe haute et sèche, se redressent, puis marchent côte à côte…

Notre voisin de camp, sympathique, souriant, conciliant et festif. Bon, en vrai, j’avais jamais imaginé que je verrai un jour un lion male d’aussi près

Retour au campement pour un solide petit déjeuner et départ pour le game drive du matin. Il est fructueux : hordes de zèbres, familles de girafes, et une harde d’éléphants en plein repas de feuilles d’acacia. Retour au campement pour la pause de midi qui est suivie d’une douche et d’une petite sieste. C’est dingue, moins ont en fait, plus on est fatigué. Je l’ai toujours dit : y’a pas plus épuisant que les vacances. Le game drive de l’après midi a lieu dans la zone de Xakanaxa. La zone est plus boisée et le gibier est moins visible. Nous y voyons des familles de babouins et de vervet monkey ainsi qu’un troupeau de gnous. J’ai personnellement une fascination pour le gnou. Cet herbivore est relativement peu élégant, mais le côté « punk » de sa crinière lui donne une allure rebelle et malicieuse qui ne me laisse pas indifférent. Chaque arrêt est émaillé des commentaires de Simon sur la vie des animaux rencontrés. Ses connaissances sont impressionnantes. Les espèces ne semblent pas à avoir de secret pour lui (en même temps, je ne suis pas allé vérifier). Nous ne regretterons jamais l’option « Simon ». Seuls, nous aurions vu des animaux sans vraiment comprendre ce que nous observions. Certes, on y a perdu dans le côté « aventure », mais on y a gagné autre chose, et quelle autre chose ! Retour au camp au coucher du soleil. Les lions d’hier ont terminé le buffle. Au menu ce soir : une cottage pie (hachis Parmentier exquis) cuit au feu de bois arrosé d’un Cabernet Sauvignon de chez Spier. Nous n’avions jamais passé des vacances comme ça, à se faire promener et à manger de bonnes choses. Comme notre banquier ne nous le permettra plus avant un bon moment, on en profite bien.

Sympathique petit famille de zèbres dans un sous bois

Non loin, un troupeau de non moins sympathiques gnous

C’est vrai qu’ils ont un look de punk ces gnous

22 Aout 2010 (J25) : Moremi-Third Bridge Dernière journée à Moremi. Les rugissements ont à nouveau commencé vers quatre heures. « On s’y habitue » serait un bien grand mot, mais il faut bien dire que c’est toujours aussi excitant. Nouveau réveil en fanfare : « ils ne sont pas loin, ils ne sont pas loin… ». Départ à l’aube, emmitouflés dans les polaires, coiffés de bonnets, on part à la recherche des lions. Il est là, juste à la sortie du campement, c’est un jeune mâle, seul dans les herbes hautes. Au loin, les babouins crient dans les arbres. Pourtant, ils sont loin. Et tout à coup, nous la voyons, la frayeur de ces braves babouins, une belle lionne d’âge mûr. Elle est en chaleur, elle a entendu le lion appeler, elle accourt… Et de deux, nous voilà partis pour 4 folles journées. Notre campement est maintenant entouré de deux couples de lions en train de s’accoupler répétitivement. Cette deuxième rencontre est aussi magique que la première.

Monsieur et Madame dans le bush…

Solide petit déjeuner, puis game drive dans la région de Third bridge. Beaucoup de troupeaux d’oryx et de kudus, mais aussi des troupeaux d’impalas. Simon débusque des animaux que nous n’aurions jamais vus de nous même. L’âme du chasseur est en lui et on la sent présente à tout instant. Je n’ai pour ma part aucune attraction pour la chasse ni empathie pour les chasseurs, je me contente des bons produits finis de mon boucher. Néanmoins, force est de reconnaître que ce gars sait « lire la nature ». Nous apercevons quelques crocodiles au bord des étangs. L’après-midi est consacré à Mboma Island. Le bush est épais et les animaux moins visibles, mais le paysage est magnifique. Ici, l’eau et la terre se rencontrent, se mélangent et ne font plus qu’un. Au retour, quelques girafes nous saluent au coucher du soleil. Inoubliable.

Sur les routes inondées de MBoma Island

Une girafe nous salue à la tombée du jour

23 Aout 2010 (J26) : Moremi (Third Bridge) - Chobe (Savuti) Simon nous a prévenu : cette journée, vous allez vous en souvenir, mais pas en bien ! Il avait tout à fait raison, ce fut pénible. Chargés comme nous l’étions, il était préférable d’éviter les pistes inondés de North bridge et Khwai. Nous partons donc pour Xakanaxa, puis piste droite et rapide jusqu’à South gate. Après cela, direction Madabe Gate, puis la piste de Sand Ridge. Sans être bien folichonne, cette dernière piste offre de belles vues sur les forêts d’arbustes aux couleurs automnales. On arrive à Savuti vers 15h00. La route a été longue, très longue. Heureusement, je ne conduisais pas. Le départ pour le game drive est quasi immédiat. Honnêtement, j’ai été assez déçu par la région de Savuti. Le gibier était peu dense, mais c’est peut être aussi la fatigue. En discutant, j’ai fini par comprendre que Savuti vivait une période de transition. En effet, depuis que le Savuti Chanel s’est remis à couler sous l’effet de la tectonique des plaques, les autorités du parc on arrêté les pompes électriques qui alimentaient pendant la saison sèche les points d’eau (Pump Pan, Marabu Pan) qui rendirent jadis Savuti célèbre puisque c’est au bord de ces points d’eau que les lions avaient développé une clélèbre technique de chasse à l’éléphant immortalisée dans plusieurs documentaires. Néanmoins, il semble qu’une large partie de la faune n’est pas encore informée et que les prochaines années devraient être fastes si ce n’est tout simplement fabuleuses. Pour notre part, nous avons trouvé que la vue de pans en béton vidés de leur eau et sans animaux autour était un peu déprimante. Bon, OK, c’est qu’une question de point de vu. Toutefois, en bon parisien, je sais apprécier le béton et là, ça n’a pas été le cas. « La » rencontre de la journée a lieu alors que nous rentrons au campement : un léopard allongé sur un rocher. Il est un peu loin, mais non moins élégant. Il nous regarde, impassible. Nous nous extasions devant l’élégance de cet animal. Cette rencontre réjouit notre fin de soirée. Le filet de bœuf botswanais grillé aussi. Une fois de plus, Simon est intarissable. Il nous raconte les grandes chasses des années 70, l’aristocratie français et britannique dans la brousse, les dîners en smoking et robe du soir au beau milieu du delta.

24 Aout 2010 (J27) : - Chobe (Savuti) - Chobe (Ihaha) Aujourd’hui, nous devons rejoindre Ihaha, la route sera à nouveau longue. Avant le départ, Simon nous emmène voir le soleil levant sur les Savuti Marshes. Le spectacle est de toute beauté. On reste là, scotchés comme des ânes, à regarder le disque solaire rougeoyant s’élever au dessus de la brousse parcourue par la petite rivière. Il nous a fallu quatre heures et demi pour rejoindre Ihaha : ce fut un peu longuet, surtout que la première partie de la piste n’a rien de très belle. Un rencontre furtive avec un guépard égaie cette morne route.

Lever de soleil sur les Savuti Marshes. OK, j'avoue, on pourrait être dans le Berry. Mais on y est pas !

Rencontre furtive avec un guépard

S’ensuit une route en voie d’être goudronnée par des ouvriers… Chinois. Complètement décalé ce campound chinois au milieu du Botswana.

Surréaliste le campound chinois au beau milieu de la brousse botswanaise

Enfin, nous entrons à nouveau dans le Chobe et là, là, là… La magie opère. Le spectacle qui s’offre à nous dépasse de loin mes rêves d’Afrique. Au fond de la vallée court la rivière Chobe. De part et d’autre de la rivière, waooooooow, des…milliers d’animaux paissent, broutent et s’abreuvent. Il est difficile de ne pas tomber sous le charme de cette région. On se croirait vraiment dans le Roi Lion. Au sud : les zèbres. Enfin, disons, les troupeaux de centaines de zèbres. Au nord, les buffles. Enfin, les troupeau de centaines de buffles. Certain se plaignent du côté « touristique » de cette partie du Chobe. Restons raisonnables : nous n’avons pas croisé tant de monde que ça. En tous cas, bien moins qu’à Etosha. Ce fut le plus beau game drive du voyage. Nous garderons toujours en mémoire ces hardes d’éléphants s’abreuvant dans la rivière ou encore ce troupeau de buffle traversant la rivière au coucher du soleil. Dernier dîner en compagnie de Simon, dernières histoires de chasse, dernier dîner au feu de bois… Tout a une fin.

La maman de Babar nous regarde l’air goguenard, mais on sent qu’il ne faut pas trop l’embêter

Babar passe...

Toute la famille se désaltère

Quelques buffles méfiants

Un gros male veille, on l'ennuie pas, c'est inutile



Le troupeau de buffles traverse la rivière Chobe en file indienne

25 Aout 2010 (J28) : Chobe (Ihaha) – Kasane (Chobe Safari Lodge) Simon nous dépose de bon matin au Chobe Safari Lodge où nous avons réservé pour une nuit (8 mois avant, c’était pas possible d'en réserver deux). La chambre n’est pas prête et ne le sera pas avant longtemps. Gromffff. Le lieu est vraiment chouette, situé sur une boucle de la rivière Chobe. La terrasse surplombe la rivière : café. Après cela, nous nous promenons dans Kasane, une sympathique petite ville qui respire le calme. Tour au marché : petit mais non moins sympathique. L’après midi, les enfants jouent dans la piscine, glaciale comme il se doit et je ne résiste pas à un dernier game drive (organisé par Bushtracks), certes chouette car le Chobe entre Kasane et Ihaha, c’est forcément chouette, mais dépourvu du charme des journées passées en compagnie de Simon. Tout le monde parle, ça manque de calme et les voitures de safari sont nombreuses, ça manque de solitude. Tout ça ne nous empêchera pas voir une troupe de lionnes, mais entourées de tellement de voitures de safari, qu’elles ont de mal à trouver leur chemin. Le soir, nous dinons sur place. Le buffet est cher et pas bon, une fois n’est pas coutume.

Le dîner des girafes

Là, on ne voit pas les voitures de safari, mais je vous promets que c’était le périph à 18h30

26 Aout 2010 (J29) : Kasane (Water Lily) Comme ils n’avaient qu’une seule nuit de disponible au Chobe Safari Loge, nous avons réservé la seconde nuit au Water Lily, un petit hôtel de Kasane. C’est moins chic mais plus chaleureux. La fin de matinée et le début d’après midi sont consacrés à glander au bord de la piscine, à faire quelques emplettes, musique et tissus notamment. La disquaire me fait écouter les albums qu’elles propose, la musique est diffusées sur la place située devant la boutique, si bien que chacun peut partager ces instants avec moi, heureux ou pas. En fin d’après midi, nous avons réservé une croisière sur le Chobe avec Water Lilly. Nous ne l’avions pas fait la veille parce que la croisière du soir du Chobe Safari Lodge se fait sur un immense bateau avec bar. Ce n’est pas le cas des bateaux du Water Lilly où nous somme une quinzaine à bord. Bon, ça n’est pas une garantie de tranquillité : ça bavarde et ça criaille, mais pas jusqu’au point de nous gâcher la croisière qui est superbe. C’est un peu un safari sur l’eau. On voit des hippos de près, en train de brouter la bonne herbe verte, scrouitch scrouitch. Les crocodiles sont à deux pas. Des buffles puis des éléphants traversent devant le bateau. Les Kudus viennent boire. A la fin de la croisière, le capitaine échoue l’embarcation devant un troupeau d’éléphant et nous admirons le soleil se coucher sur fond d’éléphant. Ca le fait bien.

Un buffle solitaire nous observe

Quelques hippopotames se prélassent lassivement dans la boue. Je suis jaloux.

Maintenant, les hippopotames broutent, toujours aussi lassifs. L'hippopotame : perspective intéressante de réincarnation

Cet oiseau élégant a un nom savant, mais Marabout fait bien l’affaire

Il se confond presque avec l’herbe, c'est coquin

Coucher de soleil sur fond d’éléphants

27 Aout 2010 (J30) : Victoria Falls (Amadeus Garden Guesthouse) Transfert de bon matin vers Victoria Falls. Le transfert est organisé par le Water Lilly et le chauffeur gère le passage de la frontière d’une main de maitre. Il nous dépose en fin de matinée au Amadeus Garden où nous avons réservé deux chambres payées par virement interbancaire à destination d’un compte en Allemagne. Ceux qui ne veulent pas donner d’argent à Robert s’en réjouiront. D’autre pourraient trouver assez limite ce système d’évasion fiscale. L’accueil est chaleureux. Maintenant habitués au rituel, on s’informe sur les conditions locales de sécurité : « Is it safe ? ». « Very very safe ». Ahhhhhh ? Avec tout ce qu’on entend sur le Zimbabwe ? « Mais ne vous promenez pas la nuit ». Mummmmmm. « Ben oui, avec tous les animaux qui traînent dans les rues une fois la nuit tombée ». Conclusion : ça semble plus cool que prévu. Ben oui, c’est étonnant. En fait, les zimbabwéens, qui restent stoïques dans l’adversité, comptent beaucoup sur le tourisme. De leur côté, nos gouvernements tentent de nous dissuader de dépenser nos bons dollars à Robertland. Lorsqu’on discute avec les zimbabwéens, le message est toujours le même : « il faut que le retour des touristes se passe bien pour qu’il y en ait plus l’an prochain et que la fréquentation redevienne normale et qu'on mange de nouveau à notre fin ». La vie est dure au Zimbabwe. Au supermarché, 1 litre d’huile coute 2 US$, une somme que les zimbabwéens qui ne sont pas en contact avec le tourisme auront beaucoup de mal à débourser. Direction les chutes. Une fois soulagés des 90 $US d’entrée (pour 4), nous entreprenons l’exploration du site. Bien que ce ne soit que de l’eau qui coule, comme dans mon bain, je ne regretterai jamais cette visite des chutes. D’abord, le bruit, le grondement, la vapeur. Puis, la vue, ou plutôt, les vues. Difficile d’en décrire le gigantisme. De plus, la bruine qu’elle produit en permanence entretient une petite forêt tropicale avec lianes et tout le tralala. Nous contemplons ces chutes depuis chaque point de vue. Elles sont grandioses. Le rêve d’enfance est exaucé. Photos devant la statue de Livingstone, ça le fait bien. Pour se remettre de ces émotions, rien de tel qu’un « high tea » au Victoria Falls Hotel. On se prendrait presque pour des colons britanniques au dix-neuvième siècle. Il ne manque plus qu’un vieux chasseur, une mamie à bigoudis en robe longue et un ou deux espions. Le thé est accompagné d’exquis scones et autres pâtisseries de l’empire. Depuis la terrasse, la vue sur les gorges n’est pas exceptionnelle, mais on voit le nuage dégagé par les chutes. La soirée est consacrée au rangement des bagages, à la répartition habile des affaires de façon à équilibrer les poids et éviter de payer les excédents de bagages.

Elles sont majestueuses ces chutes

Un nuage s’en dégage

Par moments, un arc en ciel est visible

28 Aout 2010 (J31) : entre Johannesburg et Londres Un dernier petit tour en ville, quelques courses au supermarché. Je trouve quelques sachets de larves de mopane à cuisiner à la maison. Miam miam ! Nous sommes sans cesse abordés par des marchands de souvenirs pour qui la vie est clairement difficile. La pression est élevée, mais sans jamais d’agressivité. Départ pour l’aéroport qui n’est rien autre qu’un cahute améliorée. Changement à Johannesburg puis à Londres.

29 Aout 2010 (J32) : Paris C’est le blues…

Nous avons aimé - Le voyage le plus dépaysant que nous ayons fait. - Des rencontres riches : fermier Damara devenu guide au Spitzkoppe, guide dans les township de Cape Town, fermier Afrikaner perdu dans le veld, Bushmen dans le Kalahari, missionnaire réformé isolé au Botswana, ex-chasseur britannique devenu guide de safari… Et j’en oublie certainement. - Des paysages à couper le souffle, des couchers de soleils interminables et inoubliables (dis, pourquoi leur soleil il est plus joli que le notre ?). - Des campings mythiques perdus dans le rien, des voisins invisibles. - La faune avec un grand « F ». Je ne ferai pas mon difficile. Les bestioles qu’on a vues, on ne les avait croisées qu’au zoo ou à la télé ou jamais. Impalas, springbok, sable antilope, kudus, oryx, girafes, gnous, buffles et zèbres par centaines, hippos, crocos, éléphants, rhinocéros, guépards, lions et lionnes à foison, léopard (un seul, vu de loin, mon seul regret, comme quoi nous avons été bien servis par dame nature, levons lui un verre sinon deux) et plus d’oiseaux que je ne pouvais imaginer. Ce fut initiatique. - Faire connaissance avec l’Afrique australe, qui en 20 ans est passée de l’état de champ de bataille à celui de moteur stable de l’Afrique. - Les ciels bleu-azur sans un nuage, les lumières hivernales. - La bonne viande, le bon vin.

Nous n’avons pas aimé - L’ambiance sécuritaire à Cape Town et Windhoek. Pourquoi passer ses vacances dans un camp de prisonniers ? Au bout d’un moment, on s’est mis à en rire. Un peu plus et on faisait le concours de la demeure la plus fortifiée. A côté, les maisonnette du township n’ont pas de barbelés et le guide nous dit : « les blancs, ils dépensent leur argent dans la sécurité. Nous, c’est dans l’instruction ». Bref, la sécurité est avant tout un business florissant. - Des vieux démons de l’apartheid encore très (trop ?) présent en Namibie. Employ��s noirs pas très bien traités, baissant la tête quand on leur parle. A Cape Town, c’était pas comme ça. Au Botswana et au Zimbabwe, encore moins. Il reste du chemin à faire. Pour cette raison, je ne retournerai probablement pas tout de suite en Namibie sauf peut être pour aller dans le nord qui semble différent, mais nous n’y sommes pas allés. Il est des gens à qui je ne veux pas donner mon argent. Heureusement, il ne faut pas généraliser : Heidi (Gecko Camp) par exemple ne semblait pas être ainsi. - Le coût déraisonnablement élevé de certaines activités. Comme dit mon maitre FreeFlyd (forum sud’af 4x4community) : les namibiens arrivent à transformer en activité touristique ce qui ne l’est pas.

Et si c’était à refaire ? On ne changerait rien, ou pas grand chose On passerait peut être ne journée de moins à Swakopmund. On tenterait de faire un peu moins de route, mais c’est pas si simple que ça de faire moins de route dans cette région. Et puis voilà.

Et maintenant ? On reviendra (we’ll be back !), pas en Namibie, mais on reviendra, quand notre banquier sera d’accord. Et pour aller où ? On ne sait pas encore. Pour le moment, 3 pistes ou options : - le Mozambique, histoire de plonger dans l’Afrique lusophone, mais ce sera globalement sans faune, y’en a plus ; - le Malawi et la Zambie, ça le fait pas mal semble-t-il. Un grand lac, des beaux paysages, pas trop de monde et l’un des plus beaux parc animaliers d’Afrique (South Luangwa) ; - pourquoi pas le CKGR en Avril, il parait que c’est tout simplement féérique.
Big 5 pour small 4 ou l'Afrique Australe en famille: Le Cap, Namibie, Botswana, Zimbawe - Partie 1
by 00Alex · 2010-12-08 · 33 replies
Big 5 pour small 4 ou l’Afrique Australe en famille : Le Cap, Namibie, Botswana, Zimbawe - Partie 1

La gestation a été longue (moins que celle d’une majestueuse éléphante), mais l’expérience fut telle qu’il m’était difficile de la restituer de façon synthétique. Nous vous livrons donc nos impressions de voyage au jour le jour, les bonnes et les moins bonnes.

Pourquoi cette destination ? C’est compliqué. Non c’est simple. Après les grands parcs du sud-ouest américain en 2008, nous avions décidé de repartir en voyage cet été. Ce qu’on aime comme destination, c’est des endroits où on peut se déplacer en self drive mais qui soient suffisamment dépaysantes. On était partis pour l’Asie (qu’est ce qu’on aurait économisé…), la Malaisie remplissait bien ces critères, mais on n’y campe pas vraiment, et camper, on trouve ça bien chouette. Et là, une de mes collègues me dit : la Namibie, c’est génial ! Tu conduis une voiture, tu campes, c’est beau, y a des tas de bestiaux que t’as jamais vu… Ah oui ? Ca a l’air pas mal cette Namibie. J’avais vu de nombreuses fois la Namibie sur la mappemonde, sa capitale a un nom rigolo et c’est la côte la plus proche de la dernière résidence de l’Empereur, mais tout ça n’était pas suffisant pour retenir mon attention. Alors je vais voir sur le forum et je me plonge dans vos carnets de voyage. J’ai été frappé par leur nombre et leur qualité. Et là, une nouvelle fois mille mercis à Pierre, Ericarole, Voyageur08, Arroukatchee, Grisemotte… J’en oublie surement, qu’ils ne se vexent pas.

Nous, c’est qui ? On est une bande de 4 à nous tous seuls. Rebecca (13 ans), l’ainée, vient d’atteindre l’âge où l’enfant se métamorphose lentement en marmotte et où toute activité physique est une forme d’outrage aux bonnes mœurs. Paradoxalement, Rébecca, éclaireuse, nous fera le feu tous les soirs (je n’en ai pas fait un seul me semble t’il) et sera matin et soir mon assistante personnelle pour le montage et le démontage des tentes. Natacha (9 ans), la cadette qui rêve de vie dans la nature et de voir enfin, pour de vrai, la faune sauvage africaine. Elle sera notre tête chercheuse de bestiaux. Sa petite taille lui confèrera le rôle peu convoité de « rangeuse de coffre » ; j’en profite tout de suite pour vous dire un truc : si vous en avez la possibilité, louez un 4x4 avec des rangements, ça préserve le dos. Hélène, la femme de ma vie, supervise la logistique et les relations publiques de la bande avec le monde extérieur. Enfin, votre serviteur, préposé à la conduite du 4x4 et organisateur du voyage. Scarlett dite Trufus (car c’est une truffe grotesque), notre chat, restera à Paris. Les filles la remplacent par leur Nintendo DS fétiche. Super Mario Bross sera leur compagnon de voyage.

L’organisation Camarades forumistes, vous ne le saviez pas, mais l’organisation, ce fut d’abord vous. Votre aide a été précieuse pour la préparation du séjour, la définition de l’itinéraire, le choix des étapes… Bref, tout ce qui fait qu’un séjour est réussi. J’ai parcouru vos carnets et puisé tous les éléments qui ont permis de bâtir notre voyage. Les décisions furent prises… en novembre. Ca, j’avais jamais fait. Le referais-je ? Pas gagné… 1) Le toit : ce sera majoritairement du camping, parce qu’on aime ça, parce que ça convient au rythme des enfants et en plus, c’est franchement moins cher à 4, même en utilisant les chambres familiales de certains lodges pas trop chers. C’est donc 4x4 avec tentes sur le toit. C’est rigolo comme tout, c’est rapide à plier, mais on est obligé de plier le camp à chaque déplacement. Si je retourne au Botswana, ce sera clairement avec des tentes au sol, surtout depuis que je sais qu’on n’y risque rien. 2) L’itinéraire : on ira voir Cape Town en chemin. Hélène me dit : je veux voir un bout d’Afrique du Sud, c’est dommage de rater ça si on va dans le coin. Elle voulait voir Cape Town et on a vu Cape Town, elle a eu bien raison, c’est mieux que Vesoul. Sans ce détour, je serais resté sur ma faim. Repartir de Victoria Falls ne coute pas plus cher sur British Airways. Je rêvais de voir les chutes depuis ma plus tendre enfance. Les heures passées à rêver de Livingston sont encore là. On décide donc de louer le 4x4 « one way ». Ca coute un peu plus cher, mais pas tant que ça. Vous comprendrez plus tard pourquoi… 3) Le 4x4 : il est loué chez African Track qui offre des prix compétitifs. Les avis des forumistes sont mitigés quant à l’état des véhicules et du matériel de camping. Je les comprends (oui Pierre). Le véhicule fonctionne au diesel (je l’avais spécifiquement demandé et c’est mieux) et est en bon état, mais a quand même 135000 km dans les roues ; on approche de la limite des 150000 km qui s’applique aux loueurs du CARAN. Je note toutefois que le loueur fait des efforts d’entretien. Le matériel de camping est complet mais un peu beaucoup vétuste. Pas de rangement dans le canopy, ce qui oblige a pas mal d’exercice physique quotidien. Bref, on en a eu pour notre argent. Honnêtement, pour la Namibie, ça va. Pour 15 jours dans les parcs du Botswana, j’y réfléchirais à 2 fois. 4) Les réservations : bien que passer par un TO local coute parfois moins cher, j’ai préféré tout organiser seul, question de souplesse et de flânerie. J’aime bien choisir, discuter. Face aux problèmes d’arnaque à la carte de crédit, j’ai pris un abonnement « e-carte bleue » auprès de ma banque. J’étais donc tranquille pour payer mes réservations et autres acomptes sur internet. Les campings « chauds » de Namibie (Sesriem et Etosha) sont réservés en décembre. Ceux du Botswana sont réservés en octobre (merci Ericarole des conseils), puis je suis obligé de changer un peu les dates et alors c’est complet. Et Madame me dit : pourquoi on se prendrait pas un guide au Botswana. On se marrera moins à s’ensabler et à se faire peur, mais on profitera peut être plus de la nature. J’étais plutôt contre (aventuuuuuure, quand tu nous tiens), j’avais vachement envie de jouer avec un 4x4. En réalité, elle a eu mille fois raison. Vous comprendrez pourquoi. 5) Les guides et cartes : guide Lonely Planet Namibie-Botswana et guide Bradt Namibie. Ce dernier est vraiment excellent et son auteur Chris MacIntyre connaît réellement bien la Namibie et ses habitants. J’ai fait connaissance de cette collection et je n’ai pas été déçu. Carte Tracks for Africa (T4A) version papier de la Namibie, en vente sur leur site. Cartes T4A pour GPS Garmin, en vente aussi sur le site T4A.

En gros, début janvier, tout le voyage est ficelé, ça ne m’était jamais arrivé. Ca crée un vide. Il a intérêt à être réussi ce voyage.

29 Juillet 2010 (J1) : Paris - Le Cap On quitte la maison pour Roissy CDG. L’A1 est embouteillée, normal. On avait choisi British Airways car c’était la seule compagnie à offrir un tarif raisonnable pour le périple qu’on voulait faire. J’ai pour règle de faire prendre en charge mes vols multi-segments par une seule compagnie. Comme cela, si un avion est en retard, on ne perd pas le billet de l’avion suivant (« no show »). Justement, l’avion pour Londres est un peu en retard. Le changement à Londres est court, très court. On court, on court… Et on l’attrape à la dernière minute. Ouf !!! Bonne nuit de sommeil dans l’avion. Qu’est ce que c’est bien ces voyages sans décalage horaire.

30 Juillet 2010 (J2) : Le Cap (Dunkley House) Arrivée à Cape Town dans la grisaille matinale. C’est l’hiver. Le chauffeur de notre Guesthouse nous attend. Route vers le centre ville. On longe nos premiers townships. Premiers choc devant ces cabanes entassées au bord de l’autoroute. Notre guesthouse, la « Dunkley House » est ravissante. Elle est située dans Gardens, un quartier central mais résidentiel. Nous avons un petit appartement avec une cuisine petitement mais suffisamment équipée. L'accueil est chaleureux et le personnel n'est pas avare en conseils. Ce fut clairement un excellent choix. La chambre n’est pas encore prête. On part donc se promener à pied en ville. Le site en lui même est sublime, avec les 3 collines ou montagnes autour et la mer au fond. J’adore. La visite du centre ville est rapide tant il est petit. Traversée des « Company Gardens ». On grignote dans Long Street, l’artère commerciale centrale et ses immeubles victoriens à balcon en fer forgé. Achat de quelques livres d’occasion histoire de lire « local » : polars de Deon Mayer et d’Alexander McCall Smith (enquêtes de la célèbre détective botswanaise Mma Ramotswe, de l’agence First Ladies N°1). Promenade à pied dans Bo-Kaap, le quartier des Cape Malay, descendants d’esclaves asiatiques qui appartenaient à la classe des coloured (ni noirs ni blancs) pendant l’apartheid. L’enchevêtrement de maisons multicolores cubiques à flancs de colline est plein de charme. Tour rapide au marché pour touristes de Green Market Square : Natacha achète la vuvuzella de ses rêves. Petit café au soleil. Passage au supermarché (Pickn’Pay), achat du dîner et de son indispensable apéro à base de raisains ancestraux baignés de soleil austral (Shiraz de chez Spier). Retour à la guesthouse avant la nuit. La manager nous a dit : « Cape Town, c’est très sûr… jusqu’à la nuit tombée. Après, vous ne marchez plus dans les rues, vous prenez une auto, soit la votre, soit un taxi ». C’est déconcertant cette ville dont les maisons sont entourées de murs hérissés de pics et doublés d’une clôture électrifiée. Chaque maison est sous contrat avec une entreprise de vigile « armed response », et il y a un vigile privé toute la nuit dans la rue de la guesthouse. Je ne m’habituerai jamais vraiment à cela tout au long de mon séjour. Je trouve cette impression d’enfermement pesante. Comme m’a dit un ami : « après avoir enfermé les Noirs pendant 50 ans, les voilà enfermés à leur tour ».

Le joli quartier de Bo-Kaap et ses maisonnettes multicolores, lieu de vie des Cape Malay

Avenante demeure fortifiée à la mode dite "du Cap"

31 Juillet 2010 (J3) : Le Cap (Dunkley House) Réveil sous les nuages, vent fort et glacial. C’est bien l’hiver, pas de doute. Le petit déjeuner nous réconforte, c’est un festival inoubliable. Visite du Castle of Good Hope le matin. Pas folichon, soyons honnêtes, sauf peut être le petit musée qui expose le mobilier de la Compagnie de Indes ainsi que des toiles représentant Cape Town à différentes époques. Départ en taxi (pratiques et pas chers) pour le Waterfront où nous avons réservé un tour pour Robben Island. Malheur ! Notre tour a été annulé pour cause de vent. Tristes, nous reprenons un taxi pour le centre ville et nous visitons District 6 Museum. Visite très émouvante de ce musée consacré à un quartier rasé dans les années 60 après avoir été décrété « zone blanche ». Beaucoup d’explications sur le fonctionnement quotidien de l’apartheid, les fameux « pass » qui autorisaient la circulation en dehors des townships et des homelands. Retour au Waterfront pour une visite du « Two Oceans Aquarium ». Je dois dire que cet aquarium est très réussi et vaut le détour. Même moi qui ne suis pas fan, j’ai bien aimé. Ballade sur le Waterfront. L’endroit est assez joli. En fait, c’est le lieu de sortie « safe » de la ville. Les parkings sont sûrs et on peut se promener la nuit sans souci. C’est donc devenu le lieu de sorti des classes moyennes et aisées à la recherche de la trilogie shoping-ciné-bouffe. On se choisi un joli resto en terrasse (chauffée s’il vous plait). Bon dîner (ça s’annonce bien la viande par ici) puis retour à l’hôtel en taxi.

1er Aout 2010 (J4) : Le Cap (Dunkley House) Il fait beau, tant mieux. Récupération de la voiture de location. C’est kiki conduit ? Chéri ? Ok, je me lance. De toutes façons, ça m’amuse, je n’ai jamais conduit à gauche. Les 5 premières minutes sont à pisser de rire : les essuie glaces battent la chamade à chaque intersection où me prend la bien étrange idée de changer de cap, puisqu’ils se sont malicieusement substitués aux clignotants. Finalement, je m’y fait assez vite. Trop facile. Direction le Cap de Bonne Espérance. Arrêt à Simon’s Town (Boulder Beach) histoire de saluer dignement les pingouins. C’est la première fois que nous en voyons en liberté. C’est vrai qu’ils sont mignons avec leur dégaine. On les regarde se balader en roulant du popotin, se jeter dans l’océan, nager, en sortir… On reprend l’auto. Nous croisons en chemin une fière troupe de babouins. Ils encerclent l’auto, nous les regardons passer : mères avec des petits sur le dos, gros mâles, jeunes babouins sautilleurs. Ils sont nombreux dans le coin et n’ont pas bonne presse, ce que je comprends vu la taille de leurs dents. Et là, les babouins traversent la route. Mais attention, pas n’importe où. Non non non, la vie du babouin du Cap est très encadrée. Il y a des gens avec des dossards fluorescents sur lequel est écrit « Baboon Monitor ». Trop fort ! Ces gars encadrent l’existence des babouins et tentent de canaliser leur joyeuse errance. En route vers Cape Point. On entre religieusement dans le parc. On gare l’auto, on monte la colline et on arrive enfin en ce lieu mythique, la pointe sud de l’Afrique, que tant de navigateurs ont virée au péril de leur vie. Ca y est, je m’emporte. Bon, OK, c’est qu’une pointe rocheuse et en plus, c’est pas réellement la pointe septentrionale de l’Afrique. Mais tout de même, elle a belle allure. On reste là longtemps, à contempler la rencontre, somme toute bien symbolique, des deux océans, l’Atlantique, bruyant et agité, l’Indien, plus calme. Détour par le cap de Bonne Espérance pour une photo souvenir. Ah, une autruche vient nous rendre visite, on en avait jamais vu en liberté, encore moins sur une plage. Retour par Chapman’s Peak Drive (impressionnant, pas d’autre mot, ne ratez surtout pas cette route) et Hoot Bay au coucher du soleil. Traversée embouteillée des banlieues chics : Camps Bay, Clifton, Sea Point et Green Point. Villas magnifiques dominant la mer, jeunesse dorée à la terrasse des cafés, vie douce. Nouveau dîner au Waterfront.

Manchots du Cap roulant délicatement du popotin sur Boulder Beach

Cape Point, point sud-ouest de l'Afrique, que tant de navigateurs ont viré au péril de leur vie...

Maison, que tu es loin, c'est si bon...

Autruche sortant de son bain au cap de bonne espérance

Hoot Bay au coucher du soleil, vue de Chapman's Peak Drive

2 Aout 2010 (J5) : Le Cap (Dunkley House) Hélène se lève de bon matin pour faire l’ouverture du grossiste en tissus. En effet, Madame en raffole. Belles prises de guerre, parmi lesquelles un tissu à l’effigie de Nelson Mandela et un autre commémorant la coupe du monde de football. Après cette étape, direction le Waterfront pour embarquer en direction de Robben Island. Après un court (45 minutes) trajet en bateau, la visite du pénitencier se fait en bus puis à pieds, guidée par un ancien prisonnier politique. La visite est très émouvante. Notre guide raconte la vie quotidienne et, surtout, comment, l’ANC a organisé au sein de la prison un système s’enseignement qui a permis de former tous les cadres qui dirigent encore aujourd’hui l’Afrique du Sud. Un certain nombre de gardiens ont aussi profité de ce système, ce qui est assez paradoxal mais témoigne de l’ouverture d’esprit de ces hommes. Visite de la célèbre cellule de Nelson Mandela, mais on ne peut pas entrer dedans et écarter les bras comme Matt Damon dans Invictus. Hélène s’entretient avec une américaine d’une cinquantaine d’années, Afrikaner d’origine, qui avait fui l’Afrique du sud de l’apartheid pour échapper aux persécutions dont son mari, communiste pro-ANC, était victime. Elle raconte l’ambiance sinistre de l’époque, les disparitions de militants… C’est son premier retour en Afrique du Sud depuis les années 80, accompagnée de ses 2 filles adolescentes qui voulaient connaître le pays natal de leur maman. Cette visite occupe la plus grande de notre journée. On consacre la dernière heure de soleil à la visite du Jewish Museum et de l’ancienne synagogue.

Une cellule collective dans la prison de Robben Island

La cellule de Nelson Mandela

3 Aout 2010 (J6) : Le Cap – Windhoek (Chameleon Backpacker) La matinée est consacrée à une visite de townships. J’avoue avoir pas mal hésité. Avant d’arriver au Cap, nous étions même plutôt contre, pas chauds pour ce que nous considérions être une grande séance de voyeurisme. Finalement, nous n’avons par regretté, mais alors pas du tout. Je crois que ces quelques heures nous ont permis de comprendre un peu mieux ce pays complexe. Sans cela, nous serions passé à côté d’un gros morceau d’Afrique du Sud. Notre guide nous emmène d’abord à Langa puis à Kayelitsha, tous deux conçus dans les années 1950 pour les besoins de la politique d’apartheid. Résumer cette visite en quelques lignes est impossible. Disons qu’elle permet de comprendre comment fonctionne la société « noire », des plus riches au plus pauvres. On comprend qu’avec la fin de l’apartheid, les gens n’ont pas quitté les townships qui étaient devenus leur lieu de résidence et de vie. C’est là qu’ils ont leur tissu social. Notre guide nous montre où il habite. Le chauffeur de taxi, le réceptionniste de l’hôtel, le serveur du restaurant, le guide touristique, le conducteur de bus… Tous habitent dans ces townships, lesquels ont bien changé au cours de ces 15 dernières années et sont devenus des villes de banlieues (traduction littérale de township). On y voit des quartiers cossus, des rues pavillonnaires où réside la « nouvelle » classe moyenne noire, mais aussi des petites maisons en mauvais état voir des dortoirs sordides où 3 familles vivent dans une seule chambre (one familly, one bed) et ont du mal à payer le loyer mensuel de 20 rands (2 €). Enfin, je réalise que les cabanes de type « bidonville » ne constituent qu’une couche de 50 mètres d’épaisseur entre la route et le township viabilisé. La plupart des maisons ont maintenant l’eau courante, l’électricité et les sanitaires, ce qui n’est pas le cas de ces cabanes (« informal settlement »). La visite est émaillée d’arrêts et de visites : crèches, promenade à pieds… Arrêt obligatoire devant les petits marchands de souvenirs installés dans la rue. Evidemment, nous achetons quelques souvenirs, ça fait partie du jeu et les prix ne sont pas plus élevés qu’autre part. Le temps passe et l’ambiance avec notre guide se détend franchement. Il est encarté à l’ANC mais vote pour l’opposition : « je suis contre le monopartisme » nous dit il.



Le townsihp de Khayelitsha : des maisonnettes en dur, des cabanes, des écoliers en uniforme

Retour à l’hôtel, empaquetage et départ pour l’aéroport. Notre avion pour Windhoek nous fait sourire : brave petit coucou, certes à réaction, mais petit tout de même. Formalités rapides à l’aéroport de Windhoek. Transfert vers le Chamelon Backpackers où une chambre familiale nous attends. Nous sommes trop fatigués pour ressortir : on se commande des pizzas qu’on accompagne de Windhoek Lager. Ce sera une des rares entorses au vin sud-africain. L’auberge est un mélange de guesthouse et d’auberge de jeunesse, le tout entouré de barreaux surmontés de barbelés. L’ensemble est agrémenté de projecteurs qui s’allument dés que quelqu’un sonne, mais je dois dire que le manque de miradors me frustre considérablement. C’est presque comme une œuvre inachevée. L’ensemble du tableau est gaiment complété de petites pancartes du type « N’ouvrez pas la porte aux étrangers » ou encore, « Try the Windhoek expérience: Bring a bag into town and get mugged at kniffe point. It’s free. It’s easy ». Cette ville a l’air sympathique comme tout et mérite certainement le prix de « ville où il fait bon vivre ». Vrai ou pas, cela témoigne, disons, d’un certain état d’esprit.

4 Aout 2010 (J7) : Windhoek - Naukluft (Tsauchab River Camp ) Récupération du 4x4 chez African Tracks où nous sommes accueillis par Valerie. Voir mes commentaires sur le véhicule en début de carnet. On passe bien 2 heures à en faire le tour, c’est notre premier 4x4, il est gros, il est beau, on va bien se marrer. Plein de diesel, plein de courses au centre commercial et on ne perd pas trop de temps dans la ville où il fait bon vivre. Goudron jusqu’à Rehoboth, puis nos premières gravel road. Le paysage est morne en début de parcours puis devient de plus en plus beau et montagneux à mesure que nous nous approchons des montagnes du Naukluft. Après 4 heures de route, nous atteignons le « Ttsauchab River Camp ». L’endroit est idyllique. Nous avons un emplacement isolé auquel nous accédons par une courte piste. Notre emplacement dispose de ses propres sanitaires avec douche et Bible, (comme un motel US) ainsi que de son coin feu avec tables de cuisine. Alors que nous nous apprêtons à allumer les petites bougies disposées autour du camp, un employé surgit de nulle part. Il est venu à pied depuis le bâtiment principal à travers le bush, ces habits et ses chaussures sont en mauvais état et il s’empresse d’allumer nos bougies. Quand on lui pose une question, il baisse les yeux. Ah, tiens, c’est comme ça ici. On a comme l’impression qu’une page a du mal à se tourner. Espérons que ce soit l’exception. On est bien loin de notre guide du Cap, le regard franc, parlant librement de la politique de son pays. Dépliage des tentes : facile. Premier coucher de soleil : magique ! Premier feu : ça réchauffe. Premières grillades : délicieuses ! La voute céleste dépasse tout ce que je pouvais imaginer. On passe un peu de temps à trouver la croix du sud et les pointeurs (facile), beaucoup plus à identifier le scorpion. La voie lactée est visible comme jamais. C’est qu’avec tout ça, il est bien… 19h30. On va se coucher. La nuit est délicieuse, calme et reposante.

Au loin, les Montagnes du Naukluft

Premier camping : le bonheur !

5 Aout 2010 (J8) : Naukluft - Sesriem (NWR Sesriem Campsite) Lever avec le soleil. Le froid matinal, glacial, s’efface avec les premiers rayons de soleil. Le départ est long ce premier matin. Nous manquons cruellement d’organisation. On se tue le dos à tout caser dans le coffre. Je donne raison à Pierre77N : ces véhicules sont franchement mieux lorsque leur coffre est équipé de rangements. Natacha casse ses lunettes. On vote tous que c’est une bien riche idée en l’absence paire de rechange. Très sympa, le fermier nous met un coup de colle, et roule ma poule. Courte route (1h15) pour Sesriem que nous atteignons vers 11h00. C’est vrai que les emplacements de camping sont moches, c’est même un euphémisme. Toutefois, camper au NWR offre 2 avantages de taille : le droit d’entrer dans le parc 1 heure avant le coucher du soleil et le droit d’y rester jusqu’à 1 heure après le coucher du soleil. Pique nique « carré magique » : cheddar-biltong-pain-concombre ! Les filles barbotent dans la piscine qui doit bien être à 15 degrés, facile. Personnellement, je les regarde en bouquinant. Vers 15h00, on se décide à aller à la dune 45. La route vers Sossusvlei, est belle. D’abord distantes, les dunes se rapprochent peu à peu. Escalade de la dune 45 dans la chaude et douce lumière de la fin d’après midi. On est quasiment seuls. C’est un vrai plaisir. On joue dans le sable comme des gamins. Compte tenu des limites de vitesse, c’est quand même une escapade assez longue : 90 km aller-retour à 50 km/h. Retour au soleil couchant, sprinboks, autruches et chacals cheminent le long de la route. Diner au « Sossusvlei lodge », conseillé par de nombreux forumistes, où on se régale de grillades de gibier délicieusement marinées et jamais trop cuites : zèbre, springbok, kudu, oryx, autruche, gnou, impala… Je dois dire que ma curiosité alimentaire et celle de ma fille cadette n’ayant pas de limite, nous goutons et comparons tout. La nuit est, comment dire, pas totalement sereine. Trop de viande. Si j’étais un lion, je crois que je dormirais souvent mal, mais comme j’en suis pas un…

L'irrésistible ascension de la Dune 45 dans la lumière du soir

Le sommet est proche

Le désert à perte de vue

6 Aout 2010 (J9) : Sossusvlei - Camp Gecko Lever aux horreurs (5h00, tout de même), nous plions le camp et arrivons à la barrière juste après l’ouverture. Route dans la nuit, ce qui est une entorse à la règle n°1 régissant la conduite en Afrique : « ne jamais conduire la nuit ». On passe devant la dune 45 et on est bien content de ne pas s’y arrêter : il y a tellement de monde dessus qu’on se croirait dans le métro parisien aux heures de pointe. On arrive après une petite heure au bout du goudron. Dégonflage des pneus (1,6 Bar), on passe le 4x4, boite courte, et on serre les fesses parce que, soyons honnêtes, aucun de nous ne s’est jamais adonné à la pratique du 4x4 dans le sable profond. Etonnement, ça passe… jusqu’à ce que le 4x4 qui nous précédait s’ensable au milieu de la piste. On ralenti et, paf, on s’ensable aussi. Pas fiers… Quelques manœuvres d’avant en arrière, on sort du sable et nous voilà repartis. Youpiii ! On fini par atteindre la parking où il n’y a qu’un seul autre véhicule. Le soleil s’est levé et le spectacle qui s’offre à nous est tout simplement magnifique. Les dunes sont rouge-ocre et le ciel est bleu-azur. Où aller ? On ne sait que choisir. Après eu bref coup d’œil autour de nous, nous jetons notre dévolu sur une belle et majestueuse dune dont on apprendra plus tard qu’elle porte le nom élégant de « Big Daddy ». L’ascension est lente mais superbe. Plus nous montons, plus l’immensité de la mer de sable apparait. Rapidement, nous dominons Dead Vlei sur lequel le soleil se lève peu à peu. Le contraste des couleurs est saisissant. Après environ une heure de marche, on atteint le sommet. Petit dèj et repos bien mérité, puis descente en courant dans le sable jusqu’à Dead Vlei que nous traversons. Il commence à faire chaud, mais ça n’est jamais insupportable. Retour en 4x4 dans le sable profond. On ne s’est pas ensablé, mais je ne peux pas dire qu’il y ait une raison rationnelle à cela. J’avoue que bien souvent, c’est le 4x4 qui a décidé du chemin et je n’ai fais qu’obéir. En tous cas, on s’est rudement bien amusés.

L'imposante dune "Big Daddy"

Vue du sommet de "Big Daddy"

Lever de soleil sur Dead Vlei

Au coeur de Dead Vlei

La traversée de Dead Vlei

Après un bref pique nique au parking, longue route monotone jusque solitaire où nous buvons un café bien mérité accompagné pour les enfants d’un magnum et pour les adultes de, devinez quoi ? Un mythique apfelstrudel ! Deux commentaires : le boulanger (rougeaud, ventru et torse nu au milieu de nulle part) vaut autant le détour que son gâteau ; contre toute attente (super touristique), le gâteau n’est pas mauvais. Encore quelques kilomètres et nous arrivons à Camp Gecko. Notre emplacement est superbe, j’en rêve encore : en haut d’une colline, loin des autres humains, avec une vue fabuleuse sur une immense plaine d’herbes jaunes pailles plantées ça et là d’arbres encore verts. Pas de doute, Karen Blixen pourrait n’être pas loin, il y a de ça. La propriétaire, Heidi a un certain caractère. Venue de Suisse, elle exploite plusieurs milliers d’hectares principalement dédiés à l’élevage. A la nuit tombée, pendant que nous faisons un feu et préparons le dîner, Hélène fait parler Heidi de la vie locale. Heidi n’est pas tendre avec ses voisins fermiers Afrikaners qui ont eu du mal à l’accepter, mais un peu moins de mal quand même qu’à accepter le seul et unique fermier Herero du coin. Elle n’est pas non plus tendre avec l’ethnie majoritaire (Ovambo) qui dirige le pays avec un sens particulier du partage des richesses. Les employés de Heidi, eux, ne baissent pas les yeux quand ils nous parlent…

La photo parle d'elle-même...

Camp Gecko : vue depuis notre emplacement. Out of Africa n'est plus si loin ?

7 Aout 2010 (J10) : Camp Gecko - Swakopmund (Schweizerhaus) Réveil tranquille. On repli le camp, puis direction Swakopmund. En dehors du Kuiseb Pass, la route est morne et longue. Brève pause photo au tropique du capricorne. L’arrivée vers la côte est assez chouette, avec l’apparition de dunes qui se jettent dans l’océan. Nous avions une réservation à la pension Rapmund, mais celle-ci a été négligée suite à une erreur. On nous offre vin et chocolats et on nous installe à l’hôtel Schweizerhaus, beaucoup plus chic. Disons que l’hôtel a un charme tout germanique des années 70 : moquette verte, couvre lits fleuris et, par dessus tout, fresques de Bern et de Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad, soviétique puis russe, mais plus allemande depuis bien longtemps). Chouettes balcons, mais il fait un peu froid pour en jouir pleinement. On fait un tour à la plage, puis dîner au fameux Lighthouse : mouaif, c’est OK, mais je ne suis pas bouleversifié par le contenu de mon assiette. Bon, manger des huitres dans ce lieu improbable, c’était quand même inattendu et amusant.

Là encore, la légende est superflue

8 Aout 2010 (J11) : Swakopmund (Schweizerhaus) Lever de bon matin, petit déjeuner d’inspiration largement germanique : charcuteries, œufs, fromage, pain noir… Direction Walvis Bay pour une croisière avec Levo Tour. La croisière est sympa. Quelques otaries font des pitreries autour du bateau. L’une d’elles finit même par monter à bord et les enfants (et les grands) se font une joie de la caresser, c’est pas tous les jours. Nous voyons aussi quelques pélicans et des dauphins qui jouent longuement avec l’étrave, mais pas de baleine. La croisière se termine par un repas d’huitres arrosées d’un mousseux sud-africain. Bon, j’ai trouvé cette croisière sympa. Les enfants, eux, ont adoré. C’est l’essentiel. J’ai pu discuter avec le capitaine, un gars de 30 ans descendant de Voortrekkers Sud Africains qui est né à Walvis Bay et n’a jamais quitté cette petite ville. Il me parle de sa communauté et m’explique très naturellement qu’ici, les communautés ne se mélangent pas et préfèrent vire « à part » les unes des autres Quand je lui demande comment il voit l’avenir de la Namibie, il me corrige : « South West Africa !». Bien étrange pays et bien intéressantes personnes. Pendant ce temps, Hélène s’est adonnée à son hobby : la rencontre. Et, comme elle me l’a fait très justement remarqué : c’est où le meilleur endroit pour des rencontres le dimanche matin ? La messe pardi ! Je ne raconterais pas à sa place la matinée dense qu’elle a vécu, entre une église Réformée de Hollande pleine à craquer d’Afrikaners qui l’ont accueillie très chaleureusement (welcome sister Helen) et des églises Luthérienne et Catholique moins remplies mais plus « mélangées ». L’après midi est passée à glander à la plage. On ne se baigne pas, mais on a vu une bande de retraités allemands nager courageusement. Une des activités est d’éviter les multiples vendeurs de souvenirs et autres noix avec nom gravé dessus. Par moment, ça devient même un peu lourdingue. Dîner dans un restaurant tout à fait surprenant : le Kupferpfanne. La déco est celle d’un musée : meubles anciens (ou y ressemblant), tableaux de la forêt noire… On se croirait chez un antiquaire munichois. On y mange plutôt bien : carpaccio de kudu, goulash et autres bonnes spécialités germaniques. Hormis le kudu, on a du mal à se souvenir qu’on est en Afrique.

Une colonie d'otaries dans le lagon de Walvis Bay

L'un des membres de la colonie nage à côté du bateau. Il semble heureux...

Je n'avais jamais vu une otarie de si près. La texture est étrange.

Tout plein de flamands dans le lagon

Une plate-forme de prospection. Rassurez-vous, aucun gisement exploitable de pétrole n'a été trouvé. La Namibie a donc une petite chance de rester stable.

9 Aout 2010 (J12) : Swakopmund (Schweizerhaus) La gente féminine, c’est dire toute la bande sauf moi, voulait une deuxième journée à Swakopmund, histoire de glander tranquille. On se ballade donc dans les rues de cette ville dont l’architecture est un curieux croisement entre Disneyland et les châteaux des rois de Bavière. Follement décalé, c’est plutôt intriguant. On offre aux filles le tee-shirt des Springbok dont elles rêvaient, puis petit tour au vivarium où on admire, bien protégés par une vitre (fais pas le fier) quelques vipères du désert, black mamba ou boomslang. C’est l’heure du déjeuner du caméléon. Fou rire collectif quand on le regarde attraper (pfouitch) des mouches avec sa grande langue. Promenade sur la jeté, slalom entre les marchands de colifichets désœuvrés en cette morte saison. Je rentre dans une boutique de fringues à la recherche de chaussures plus adaptées que les miennes et là crac, qu’est ce que je vois trôner sur le comptoir : un drapeau de l’ancienne Afrique du Sud, celle de l’apartheid, qui occupait la Namibie jusqu’en 1990, année de son indépendance. Assez gonflé me dis je. Mais ce n’est qu’un hors d’œuvre. Le plat de résistance fut servi chez Peter’s Antiques : parmi toutes les jolies statuettes africaines, que vois je ? Des portraits, tableaux et poupées d’un certain Adolf H… Bref, si le côté décalé de Swakopmund est amusant, il ne faut quand même pas trop creuser. En toute bonne foi, je ne regrette pas de m’y être arrêté, mais nous y sommes restés un jour de trop.

On se croirait effectivement en Allemagne

Une église Luthérienne !

10 Aout 2010 (J13) : Swakopmund - Spitzkoppe (Community Camp) Après un plein de bouffe au Pick’n Pay et une ultime réparation sur les lunettes de notre cadette, départ pour le Spitzkoppe. Le trajet est court. On prend en stop une vendeuse de pierres semi-précieuses que nous déposons au village proche du Spitzkoppe. Après une rapide vérification, nous ne partageons pas de langage commun, la barrière linguistique interdit donc tout échange verbal. Le Spitzkoppe est un endroit assez magique. Après s’être trouvé un bel emplacement de camping, on se promène dans les éboulis en faisant attention à ne pas rester coincés (conseil indirect d’Ericarole). L’impression de solitude est grande, mais agérable et reposante. Apéro mythique au couché du soleil, assis sur les rochers rougeoyants. Sentiment de plénitude. On ne s’en lasse pas de ces couchers de soleil, on n’en avait jamais vu d’aussi beaux, d’aussi longs, d’aussi rouges... Et ce disque solaire visible jusqu’à la dernière seconde, c’était pour nous du jamais vu. Dîner sous les étoiles. Hélène a décidé de faire un ragout, histoire de changer du traditionnel T-bone grillé. L’expérience est intéressante et la conclusion : c’est pas facile de cuisiner au feu de bois… Nuit altérée par des rafales de vent violentes qui font claquer les toiles des tentes. Le vent ne sera pas notre copain dans cette partie de la Namibie. Toutefois, on apprendra que c’est le copain des populations autochtones. En effet, le fort vent qui souffle à la fin de l’hiver transporte les pollens et est donc essentiel à la reproduction des plantes dans cette région assez aride.

Le Spitzkoppe au soleil tombant. Pour en percevoir la majesté, comparez sa taille à celle du 4x4

Et maintenant, comparez là avec celle de modestes humains...

11Aout 2010 (J14) : Spitzkoppe - Twyfelfontein (Mowani Mountain camp : camping) Nous avons rendez vous à 7h00 avec James, guide Damara, pour l’ascension d’un des Pondock, qui sont les petits sommets voisins du Grosse Spitzkoppe. On n’y aurait pas pensé tous seuls, mais à l’accueil, on nous a proposé cette activité. La ballade commence par un tour du massif en auto afin d’atteindre l’arrière. Ce trajet se fait au lever du soleil sur la brousse : c’est beau. L’ascension dure 1h15 et est émaillée de commentaires de notre guide sur la faune et la flore locale. L'ascension est superbe, facile, mais trop exposée à mon goût : lors de certains passages (faciles), une glissage aurait été fatale et nous n'étions pas encordés. Depuis le sommet, la vue est assez chouette, mais c’est tellement venteux qu’on n’en profite pas à 100%. Redescente par le même chemin, puis James nous emmène sur la piste du retour voir quelques peintures rupestres (pictogrammes). Il y en a peu, mais elles sont très émouvantes : girafes, rhino (qui est orienté dans la direction des points d’eau), springboks… Toutes ces peintures datent de l’époque où la région était sillonnée par des groupes de Bushmen avant qu’ils ne se fixent dans le Kalahari. Pour fêter cette ascension, comme le veut la tradition, nous buvons un coca avec notre guide qui nous raconte la dure vie des Damaras de la région. L’élevage difficile, le faible prix auquel les bêtes durement élevées sont vendues, les longs trajets que les enfants font pour aller à l’école. Clairement, de savoir que nos dollars vont directement à la communauté (y compris une partie du salaire du guide) et pas dans les poches de n’importe qui est assez rassurant. Nous prenons la route pour Twyfelfontain vers 12h30 et cette route est longue : 4h00 environ. En chemin, alors que nous traversons un lit de rivière asséché qui rend la piste sablonneuse, nous sommes arrêtés par 3 gars dont la voiture routière immatriculée à Johannesburg a quitté la piste. Il va falloir les sortir de là, je n’ai jamais tracté avec un 4x4. A cet endroit, la piste est étroite et n’autorise pas les croisements. Selon la loi de Murphy, c’est justement à cet instant qu’un 4x4 tirant une remorque arrive en face. Le conducteur descend. Afrikaner de la soixantaine, il s’approche lentement de moi pour me donner quelques conseils. Pendant ce temps, son épouse en tailleur rose bonbon se réfugie à l’ombre d’un arbre. Les conseils se révèlent fort utile « tu te mets en 4x4 low gear et tu tractes super lentement, parce que tes mousquetons sont pourris (merci mon loueur) et vont péter au moindre à coup ». Merci Monsieur. Il s’approche des 3 gars dont je dois tracter l’auto et qui sont Khosa. Tout de suite, la langue d’échange est l’Afrikaans, pas l’anglais. Ce fut une découverte pour moi : ici, tout le monde parle Afrikaans. Bon, plusieurs namibiens ont fini par me dire, seulement après qu’on ait pas mal causé et qu’un peu de confiance se soit installée : « la langue officielle, en Namibie, c’est l’anglais, justement pour que ce ne soit ni l’afrikaans, langue des ex-colonisateurs sud-africains toujours installés sur place, ni la langue d’une des ethnies autochtones. Considérant que la politique d’enseignement de l’anglais n’est en place que depuis 10 ans, la majorité de la population devrait être anglophone dans 20 ans ». Nous les sortons du sable. Super !!! On est trop forts. Instants de joie collective et moult congratulations mutuelles. Nous arrivons au camping du Mowani Mountain Camp (merci Pierre du conseil) en fin de journée. Le site est somptueux, sorte de savane entourée de montagnes rougeâtres et l’emplacement assez luxueux (comme d’habitude), mais envahi de mouches à mopane qui ruinent un peu la fin de notre journée. Fort beau coucher de soleil agrémenté d’une syrah de chez Spier. La nuit est venteuse, mais on s’y habitue.

Sur les routes du Damaraland...

Coucher de soleil au Mowani Mountain "Camping"

12 Aout 2010 (J15) : Twyfelfontein – Kamanjab (Ojitototongwe Farm) Rangement matinal rapide afin d’aller voir les gravures rupestres. Elles sont belles, mais on n’est pas bouleversés, peut être parce qu’on en a déjà vu aux Etats-Unis et aussi parce qu’on a vu des peintures hier. La visite est un peu rapide, le guide ne connaît finalement pas grand chose et répète les trucs qu’il a appris par cœur. Le problème, c’est qu’on a du mal à faire l’impasse sur un patrimoine mondial de l’UNESCO quand on est à 5 kilomètres. On aurait du : pas besoin de tout voir. Route pour Kamanjab. Après 4h00 de piste (trop de voiture ces 2 derniers jours, j’en ai un peu assez), nous arrivons à Ojitototongwe Farm et ses célèbres guépards. L’arrivée est assez marrante : accueil par une girafe en semi-liberté. Je n’en avais jamais vu d’aussi près et c’est vrai que c’est rigolo comme tout quand elle descend sa grosse bouille pour regarder dans l’auto. Sur le portail il est marqué : « Défense d’entrer : sonnez et attendez qu’on vienne ». Et il est sage d’obtempérer, car les 4 guépards qui se promènent dans l’enclos aménagé autour de la maison, bien que certainement sages et sympathiques, pourraient oublier qu’ils le sont et décider de se nourrir de quelques savoureux voyageurs. Nous nous installons à notre emplacement de camping qui est plutôt agréable. La végétation est principalement constituée d’arbres feuillus qui, en cette fin d’hiver, se sont teints en rouge, jaune et orange, tandis que d’autres restent verts. Le dégradé de couleur est chouette et n’est pas sans rappeler l’été indien au Québec, sans toutefois en atteindre l’intensité. A 15h00, le propriétaire vient nous chercher. La visite commence par son jardin habité par quatre beaux guépards apprivoisés. Nous sommes accompagnés d’un plein camion d’overlanders italiens. Le boss donne les consignes : pas de lunettes de soleil, on évite de regarder l’animal dans les yeux et on ne laisse pas traîner son sac. Demander à des italiens de rester plus de 5 minutes sans lunettes de soleil, c’est comme demander à un parisien d’être souriant le lundi matin. Aucun ne se fait croquer. Natacha est la première autorisée à caresser un guépard et j’avoue que c’est assez impressionnant. L’un des Italiens laisse traîner son sac et crac, un guépard se l’approprie et décide jouer avec. Le propriétaire tente de récupérer le sac, « minou minou minou, on va rendre le sac son maitre préféré ? ». Et s’il ne veut pas le rendre, il se passe quoi ? Puis, on monte sur les camions : tous les overlanders sur un gros camion et les voyageurs individuels sur un petit bakkie. Direction l’enclos où résident les guépards en semi-liberté. On assiste au dîner des félins auxquels les fils du propriétaire lancent de grosses pièces de viande qui sont attrapées au vol et vite emportées dans la brousse. La visite se termine par l’enclos dans lequel résident une mère et ses quatre petits. C’est vrai qu’ils sont mignons, mais je ne prends pas le risque de glisser une quelconque partie de mon corps au travers du grillage. Au total, c’est vrai que l’activité est touristique, mais elle est assez unique et je dois dire que je ne me suis pas du tout ennuyé : aucuns regrets de la part des grands et ovation de la part des petits. Ce soir, travers de porc sauce BBQ arrosés d’un pinotage de chez Nederburg.

De près, le guépard ressemble vraiment à un gros chat. Sur l'herbe grasse et verte d'un jardin au milieu de la brousse, c'est un peu surréaliste

Natacha passe en premier : l'expérience est unique

Bataille de gros chats dans un jardin namibien

Le dîner des guépards en semi-liberté

Les bébés du printemps dernier

13 Aout 2010 (J16) : Kamanjab - Etosha (Okaukuejo NWR Campsite) Nous décidons d’aller à Etosha par la route goudronnée de façon à faire un arrêt courses à Outjo. C’est vendredi et la ville est très animée. Normal, c’est jour de paye (on l’a pas inventé, on a demandé). Slalom entre les vendeurs de bibelots (médaille de bronze), courses au supermarché et déjeuner à la pâtisserie allemande : y’a rien de tel qu’une forêt noire ou un feuilleté à la viande de kudu pour se remonter le moral. Pour info, j’ai mangé un nombre de trucs crémeux hallucinant et je n’ai jamais été malade, c’était presque frustrant car du coup, je n’ai pas perdu 1 kg du voyage. La même chose en Afrique de l’ouest, c’était la gastro garantie le lendemain. Nous entrons vers 14h00 dans le mythique parc d’Etosha. Bon, elles sont où les troupes de lions, y sont où les léopards et les rhinos ? On espère cette visite riche. Elle l’est. Notre route vers le camping est émaillée de rencontres avec des troupeaux de zèbres et de springbok. Nous récupérons notre emplacement de camping. Les emplacements ne correspondent pas au plan donc on met pas mal de temps à trouver le notre (TIA : This Is Africa baby). Le camping est assez laid mais c’est pas grave, vu qu’on ne va pas s’y éterniser. On part à la recherche des animaux après avoir consulté le cahier du camp qui recense les dernières rencontres au dessus du lot. Pour être honnête, ce cahier ne nous a jamais servi puisque les bestiaux se déplacent en même temps que les humains. Direction ouest, d’abord Wolfsnes, qui est vide (gronffff), puis Okondeka, où nous nous installons tranquillement : kudus, oryx, zèbres, gnou… Pas de prédateur. Le soleil se couche et on a juste le temps de de rentrer au camp avant la fermeture de la porte. Hop, le Cabernet Sauvignon (Nederburg, bof, le choix est meilleur en Afrique du sud qu’en Namibie), jambon, fromage et pain et on va s’installer au point d’eau illuminé. Il y a du monde, pas mal de monde, mais il y règne un silence religieux. On entendrait une mouche voler. On se passera des chips, trop bruyants les crouich crouich… On se trouve un banc, et on contemple, zen. Un éléphant se désaltère, c’est à cet instant la seule forme de vie. Après 10 minutes, clop clop clop, arrive un troupeau de zèbres. Ils sont méfiants. On sent que la nuit n’est pas leur moment de prédilection. Ils sont sur leurs gardes, méfiants. Au moindre bruit, ils relèvent tous la tête, prêts à partir… Ils resteront au point d’eau le temps minimum nécessaire à s’hydrater, puis repartiront tel un seul homme. Arrive alors un rhinocéros : on en croit pas nos yeux. C’est la première fois qu’on en voit un en chair et en os. C’est vraiment un animal à l’allure presque préhistorique, avec sa peau qui ressemble à une carapace et ses tous petits yeux. Un éléphant, un rhino, un point d’eau : c’est presque la seule incompatibilité d’humeur du règne animal dans cette région du monde. Ils se cherchent, font mine d’attaquer sans jamais le faire. Chacun reste dans sa zone et mais s’excite dés qu’il sent son périmètre vital (large selon moi) menacé. L’éléphant part. Un second rhino arrive. On le verra de très, très près. Nous resterons longtemps à les contempler.

Euh, faut que vous avoue un truc. J'ai pas beaucoup de photos d'Etosha. Ben oui, c'est un fait. D'abord, nous avons oublié d'en prendre parce que nous ne faisions que regarder. D'un certain côté, c'est bon signe. Ensuite, les quelques photos que nous avons faites n'étaient pas terribles. Bon, vous verez, je me suis rattrapé côté Botswana.

La suite est là : http://voyageforum.com/v.f?post=3990834;search_string=namibie;
Espagne/Portugal: circuit en terre ibérique (juillet 2007)
by Stef2Mars · 2007-08-22 · 47 replies
Jeudi 19 juillet : cap sur l’Espagne Anne et moi arrivons vers 19h à l’aéroport et nous découvrons le tout récent MP2, le terminal low cost de Marseille, inauguré un an auparavant. Décor sommaire, couleurs vert pomme et cramoisi… Bref, on n’est pas là pour visiter. Il n’y a pas de file d’attente, nous en profitons pour faire enregistrer les bagages que nous portons et déposons nous-mêmes sur le tapis roulant. On peut alors se poser tranquillement dans le hall et se remplir la panse de nos sandwiches. Nous avons devant nous assez de temps pour nous diriger vers l’autre terminal, le vrai si j’ose dire, où nous pouvons trouver les magazines qui nous occuperont pendant la bonne heure et demi de voyage qui se présente devant nous.

21h. C’était l’heure prévue du départ, mais nous sommes encore en train d’attendre sagement l’embarquement. Une fois installés à bord du 737 de Ryanair, le commandant de bord s’adresse aux passagers… en espagnol puis en anglais. On ne se sent déjà plus chez nous. Une demi-heure plus tard, l’avion quitte enfin le tarmac de Marignane, salue la Bonne Mère, et prend la direction de Madrid. Les vacances peuvent commencer.

Il est 23h environ lorsque le vol 5447 se pose sur la piste de Barajas. L’aéroport de la banlieue madrilène nous semble immense. L’appareil roule si longtemps après l’atterrissage que l’on se prend à imaginer qu’il pourrait emprunter l’autoroute et nous déposer directement à l’hôtel. Utopie.

Nos bagages rapidement récupérés, nous entamons alors une longue marche à travers les longs couloirs de l’aéroport, suivant les indications pour rejoindre la station de métro. Plantés devant les machines automatiques multilingues, nous tentons vainement de nous procurer nos titres de transport. Nous bidouillons l’engin cinq bonnes minutes avant que celui-ci daigne nous délivrer les précieux sésames. Joie de courte durée, nous restons bloqués aux tourniquets car les tickets ne sont pas les bons. On se décide à faire la queue au guichet – car oui il est 23h30 et un guichet est ouvert – jusqu’au moment où un agent nous interpelle pour nous proposer son aide. Quelques palabres hispano-anglaises plus tard, il parvient patiemment à nous faire comprendre que les tickets de métro au départ de Barajas sont majorés d’un euro. Il prend l’initiative de changer les titres via la machine et nous le remercions…

Trois lignes de métro plus tard, il est minuit bien entamé quand nous tombons nez à nez sur l’énorme porte en bois de l’Hostal Miralva, situé au 32 de la calle Valverde. Bien que située à quelques pas de Gran Via, les « Champs-Elysées » espagnols, nous ne sommes guère rassurés par cette sombre artère animée par quelques poivrots et vitrines de sex-shops. Nous sonnons, et au 1er étage de cet immeuble nous accueille un homme grisonnant. Là encore, nos lacunes en espagnol font défaut, c’est donc dans un anglais scolaire que se fait la discussion. Dans le hall, nous rencontrons deux touristes français arrivés de Paris, dont l’un nous dit : « Prévoyez de la crème solaire, ça bombarde ici ! ». Je lui rétorque en plaisantant que l’on vient de Marseille, et que par conséquent le soleil, nous, on a l’habitude. Le gérant nous remet les clés et nous découvrons notre chambre pour les quatre prochaines nuits. Un lit double, une armoire, une table, deux chaises et un lavabo, le strict minimum. Les toilettes et la salle de bains sont à l’autre bout du couloir. Les douches sont interdites après minuit, ça tombe bien, il est 1h du mat passé et j’avais envie de me rafraîchir, tant pis, demain il fait jour…

J’aurai pu finir ce récit du premier soir sur un « nous nous couchâmes et nous endormîmes paisiblement », hélas… Tous les bruits émanant de la rue se firent entendre dans la chambre. Des cris, des chants, des jeunes parlant bruyamment en passant sous notre fenêtre, et le ballet incessant des voitures qui semblaient rouler dans notre lit. Cette première nuit madrilène fut un concerto de nuisances sonores, à tel point que je ne saurais vous dire à quelle heure nous avons réussi à rejoindre Morphée…

Vendredi 20 juillet : à nous Madrid ! La nuit passée, agitée et peu réparatrice, nous a semblé bien courte. Malgré ça, le programme de ce premier jour dans la capitale espagnole ne nous a pas laissé le loisir de garder le lit davantage. La douche prise et un petit dej rapidement avalé, nous voici partis à la conquête de Madrid.

La ville est bien desservie par les transports en commun et ce jusqu’à tard dans la soirée. Le métro, associé à la marche à pied, est à mon avis le meilleur moyen de découvrir la capitale espagnole. A Gran Via, la station la plus proche de notre hébergement, nous déboursons 9€ chacun pour acheter des pass bus/métro pour « 3 dias ». Vu le tarif d’un ticket à l’unité et le programme chargé qui nous attend les jours à venir, il est clair que nous les rentabiliserons assez rapidement.

Nous inaugurons nos tickets pour nous rendre à la station Banco de España près de laquelle se trouve la Plaza de Cibeles. Désirant me rapprocher pour faire quelques clichés de la fontaine qui se trouve en son centre, je contourne la place, mais je me rends compte qu’il n’y a en réalité aucun accès. J’aurai bien tenté d’y parvenir en traversant la grande avenue, mais, devant la présence de quelques policiers réglant la dense circulation, je me ravise. Je viens à peine d’arriver, et je n’ai pas – déjà – envie de me faire remarquer. Je me contente donc de zoomer sur la fontaine en question, avec en fond l’imposant Hôtel des Postes.

Nous poursuivons notre balade via le Paseo del Prado qui, comme son nom l’indique, est tout proche du fameux musée qui sera l’objet d’une incontournable visite pour Anne. Après s’être arrêtés quelques instants devant le Monumento del Dos de Mayo, nous arrivons devant le Ritz. Notre curiosité nous pousse à pénétrer le luxueux établissement pour admirer la beauté des lieux. Devant tant de richesses, on se dit que nous sommes dans un autre monde auquel nous n’appartenons pas, et puis, de toute façon, on en a pas vraiment envie. Quelques instants plus tard, nous arrivons à l’autre célèbre fontaine de Madrid, celle de Neptune. Bis repetita, pas moyen de s’en approcher, le zoom s’impose.

Un peu plus loin, nous apercevons bientôt la Gare d’Atocha, devenue tristement célèbre suite aux attentats qui y furent perpétrés le 11 mars 2004. Sans raison aucune, nous décidons de nous y rendre. Et quelle ne fut pas notre surprise d’y découvrir un magnifique jardin tropical au cœur duquel vaquaient une centaine de tortues. L’escalator nous hisse au dernier étage de la gare, et nous y découvrons une vue encore plus impressionnante sur ce bel espace vert qui se dresse au milieu du bâtiment. J’immortalise l’image. La faim commence à se faire sentir. Nous nous arrêtons au premier restaurant que nous croisons dans la gare, essayons tant bien que mal de décrypter la carte, et commandons de quoi grignoter : croquettes frites au jambon, calamars frits et patates baignant dans une sauce épicée. Pas très équilibré comme repas, je vous l’accorde, juste de quoi caler l’estomac jusqu’au soir.

Nous prenons ensuite la direction du Buen Retiro, le plus beau parc de la capitale d’après les guides. Allées ombragées, fontaines, statues, parterres de fleurs, ruisseaux, tout est fait pour rendre agréable une balade qui vous fait oublier pour un temps le bruit de la ville. Un petit lac, où glissent quelques cygnes noirs, et duquel jaillit un jet d’eau, borde le Palais de Cristal, jolie demeure de verre qui semble-t-il accueille quelques expositions temporaires. En avançant, nous tombons sur un plan d’eau où les Madrilènes aiment à flâner sur les barques en location. Nous sommes déjà à la sortie du parc et nous reconnaissons la Puerta de Alcala.

Anne commence à se sentir fatiguée, sans doute la chaleur cumulée au manque de sommeil. Nous décidons de faire une courte halte à la Plaza de Toros de Las Ventas. Il s’agit des arènes de Madrid, les plus grandes d’Espagne, que nous ne manquerons pas de visiter ultérieurement. Après quelques photos, nous retournons à l’hôtel. Je prends le temps de recharger la batterie de mon numérique, puis je repars tout seul à l’affût d’autres clichés, Anne préférant rester se reposer. Mon plan de la ville en main, je prends le métro jusqu’à la station Anton Martin. Non sans avoir demandé mon chemin auprès de quelques passants, j’arrive enfin dans le quartier de Santa Ana, histoire d’admirer quelques belles façades de boutiques faites d’azulejos. Je tombe par hasard sur une statue de Garcia Lorca. Restos, pubs et autres cafés se succèdent au fur et à mesure des rues. Je me promène au feeling et shoote tout ce qui peut faire une belle photo. J’arrive sans le vouloir à la Puerta del Sol, le cœur de la ville, dont une partie est en travaux. Des commerces qui grouillent de monde, je fais un petit tour des environs puis m’engouffre dans le métro pour échapper à la foule et rejoindre Anne à l’hôtel.

En soirée, Anne à nouveau d’attaque, nous quittons notre chambre et empruntons à pieds Gran Via jusqu’à Cibeles où nous étions le matin même. Mais la balade est bien plus agréable, la température plus clémente, et le soleil couchant éclaire les bâtiments d’une jolie lumière couleur ocre. Nous nous rendons ensuite à la Plaza de España, qui ne paye pas de mine, mais au milieu de laquelle trône un monument à Cervantès qui veille sur ses deux plus illustres personnages, Don Quichotte et Sancho Panza.

La journée a été longue et fatigante, et celle qui nous attend le lendemain le sera au moins tout autant. Pour rejoindre l’hôtel, nous remontons sans nous presser Gran Via, animée par la foule et les néons des enseignes. Un dernier crochet par le Burger King pour un dîner léger conclura qui cette journée bien remplie. Et ce n’est que le début…

Samedi 21 juillet : Royal Madrid

Epuisés par la veille et apaisés par un semblant de calme nocturne revenu miraculeusement dans Valverde, nous avons passé une nuit – presque – digne de ce nom. Et il fallait au moins ça pour affronter la journée qui se préparait.

Le rituel matinal douche petit dej rapidement expédié, nous prenons la direction du métro pour nous rendre à Puerta del Sol. Anne n’a pas manqué de se munir de son guide Michelin qui propose un gymkhana à travers les rues de la ville. Après avoir longé la Calle Mayor, nous bifurquons sur notre gauche vers l'une des arches donnant accès à la Plaza Mayor. Nous restons un petit moment sur cette vaste place et sous les arcades qui la borde. Suivant approximativement les indications du guide vert, nous avons ainsi déambulé dans la ville. De nombreuses façades recouvertes d’azulejos multicolores représentant Madrid, Séville ou Cordoue se dévoilaient sur notre passage. Notre balade nous a conduit tour à tour devant la Iglesia de San Miguel, la Plaza de la Villa, et la Iglesia San Francisco el Grande où nous sommes furtivement entrés alors même qu’un mariage était célébré. Il est déjà 14h. Le temps passe vite lorsque l’on ne s’ennuie pas. Nous passons en revue plusieurs restos et dès que nous en avons assez de chercher, nous rentrons et prenons place. Anne se délecte d’une omelette au jambon et au fromage pendant que je déguste une belle tranche de saumon grillé. Puis nous sortons et passons devant la Catedral de San Isidro, mais elle est fermée. Tant pis. Fin de l’itinéraire balisé par Bibendum…

Retour donc à la Puerta del Sol, à la recherche de la statue de l’Ours et l’Arbousier, symbole de la ville de Madrid. Nous le trouvons rapidement et quelques photos plus tard, nous partons sans tarder pour la visite du fameux Palacio Real. Nous déboursons les 8€ chacun que coûte l’entrée et quelques minutes après, alors même que nous arrivons devant les marches du palais, une pancarte nous informe qu’il y est strictement interdit de photographier. J’ai quand même réussi à prendre quelques clichés avant de me faire reprendre de volée par les agents de sécurité qui veillaient au bon déroulement des visites et à l’application inflexible du règlement. Je n’ai donc pas joué longtemps avec le feu, conscient de ne pas faire le poids face aux fidèles sujets de sa majesté Juan Carlos. Anne s’amusait de me voir ronger mon frein, passant de salles en salles, le numérique éteint autour du cou.

Nous avons flâné deux bonnes heures dans et autour du palais, et avons logiquement enchaîné avec la Catedral Nostra Señora de la Almudena qui fait face à l’ancienne résidence royale. Grand édifice à la déco assez contemporaine qui m’a bien plu, je multiplie les photos. Puis nous faisons une halte dans le Jardin de Sabatini. Petites fontaines et allées soigneusement taillées, ce petit coin de verdure adossé au palais ne manque pas de charme. A peine franchie la grille pour sortir, j’aperçois sur le trottoir d’en face une boutique Häagen-Dasz. J’en fait part à Anne dont je sais qu’elle raffole de leurs crèmes glacées. La chaleur et notre gourmandise sont deux excellentes raisons pour y faire un arrêt. Les glaces englouties, il est presque 19h30, nous regagnons nos pénates.

En cette douce soirée, nous n’avons rien fait d’exceptionnel. Comme la veille, nous sommes allés manger au fast food – pour la ligne on verra en rentrant en France – et nous avons été prendre quelques photos de nuit. La Puerta de Toledo, joliment illuminée, et la Iglesia San Francisco el Grande, bien mise en valeur par les éclairages, se sont révélés bien photogéniques. Déjà 23h30 passé, le métro nous ramène à notre chambre. Une nouvelle journée pleine de découvertes s’achève, une autre nous guette le lendemain…

Dimanche 22 juillet : métro, Prado, Rastro, zoo, dodo

En cette fin de semaine, le soleil est toujours au rendez-vous. Il fait très chaud mais on n’est quand même pas en droit de s’en plaindre. La nuit à été relativement calme, à signaler juste un « Hijo de p… » qui a fusé dans Valverde et qui a provoqué un petit fou rire chez Anne.

Aujourd’hui sera une journée un peu spéciale. Anne et moi décidons de programmes séparés, tout du moins pour la matinée. Pendant que je chinerai au cœur du Rastro, un gigantesque marché aux puces dominical qui s’étale dans les ruelles jouxtant la Calle de Toledo, Anne s’en ira contempler les trésors exposés au Musée du Prado, d’autant plus que c’est gratuit le dimanche et fermé le lundi. Vous l’aurez bien compris, je n’aime pas les musées d’arts. Les raisons ? Je ne suis pas fana d’art, qu’il soit classique ou contemporain, ni du genre à m’extasier devant une sculpture ou une toile. Et puis, l’idée même de passer une ou deux heures au milieu de ces chefs d’œuvres qui me sont totalement indifférents me rebute.

Je fais le trajet avec Anne jusqu’aux portes du Prado, puis attrape une rame qui me dépose à la station La Latina. Sur place, le marché est déjà en pleine effervescence. Des centaines de personnes défilent devant le déballage de fringues et de babioles de toutes sortes. Par excès de prudence, je mets mon sac à dos devant moi, car qui dit foule, dit éventuellement pickpockets. Puis je m’engouffre dans l’allée gorgée de monde. Je ne suis pas venu dans le but d’acheter quoi que ce soit, juste déambuler, regarder, fouiller un peu à l’affût d’une éventuelle bonne affaire. Je repartirai finalement en début d’après-midi la besace vide et le porte-monnaie intact. Entre temps, j’aurai assisté à une descente de police un peu musclée, destinée à déloger les quelques vendeurs à la sauvette qui s’étaient invités à la fête.

J’avais entrepris de faire le marché dans son intégralité, mais l’heure et la fatigue ont finalement eu raison de mon envie de continuer. En plus, je n’ai fait que descendre les rues, ce qui m’obligerait à tout remonter. La station de Puerta de Toledo tombe à pic. Je me rends ainsi à Las Ventas, lieu de rendez-vous convenu avec Anne. Devant l’imposante bâtisse, je ne me lasse pas de prendre à nouveau quelques clichés de ce lieu qui décidément m’inspire pas mal. Anne m’envoie un texto me disant qu’elle en a terminé avec les Velasquez, Goya et consort. Je l’attends donc devant les arènes que nous avions prévu de visiter, bien que nous ne soyons pas des aficionados des corridas, loin s’en faut.

Trente minutes plus tard, Anne débarque et nous achetons nos tickets. Je pensais que la visite des arènes incluait l’entrée au musée taurin, mais je le cherche encore… La guide nous accueille par une grand porte latérale. Nous sommes apparemment le seul couple de français parmi les touristes. Ce qui est parfait puisque la demoiselle qui va nous faire la visite s’exprime magnifiquement… en anglais et en italien. Peu importe, nous parvenons à comprendre les infos qu’elle nous délivre au fur et à mesure que nous découvrons l’intérieur des arènes, une très belle enceinte de 25.000 places. La promenade d’une trentaine de minutes retrace l’histoire du lieu, agrémentée de quelques anecdotes. Temple de la tauromachie madrilène, les murs sont ornés de plaques commémoratives. Ici les plus grands se sont produits, certains mêmes y ont semble-t-il laissé leur vie… La visite s’achève sur une démonstration fictive d’estocade avec la muleta, et on nous invite même à poser pour une photo avec les accessoires de la mise à mort. Ca sera sans nous…

A Puerta del Sol, à quelques stations de là, nous trouvons un petit resto. Une ardoise à l’entrée affiche une promotion plat et boisson, nous n’hésitons pas longtemps, il fait faim. La chaleur qui règne dehors contraste avec l’accueil glacial qui nous est réservé. Vous savez, quand vous rentrez quelque part et que vous avez presque l’impression de déranger… Nous commandons chacun un bon plat de pâtes que nous avalons rapidement. Toujours aussi indifféremment, la serveuse nous enlève nos assiettes vides et nous apporte la note. On a bien mangé mais pour le sourire, on repassera. Et pour le pourboire aussi…

Je suggère à Anne de passer une après-midi tranquille, il n’en a rien été… Grâce au Téléférico, qui permet d’avoir une vue aérienne sur une bonne partie de la ville, nous arrivons dans l’immense parc de Casa del Campo. Là-bas, à l’écart du centre ville, il y a de quoi se distraire avec un parc d’attraction et un zoo. Grande adepte de sensations fortes, Anne salive devant les montagnes russes du haut desquels des hurlements déboulent jusqu’à nos oreilles. Je lui dis que si elle veut enfourcher une de ces machines infernales, qu’elle ne compte pas sur moi pour la suivre.

Pas très chaud pour aller voir les animaux non plus, la suite de la journée s’est quand même déroulée au parc zoologique. Que vous dire ? Des pingouins, des girafes, des rhinocéros, des ours, des singes, des lions… Un zoo quoi ! Ah si, une petite originalité : un tigre blanc, à qui je n’ai pas manqué de tirer le portrait. Passée en revue toute la faune présente, la visite s’est conclue par un sympathique show de dauphins façon Marineland, devant un public d’enfants et de parents conquis. Alors que ma chère et tendre m’abandonnait quelques minutes pour faire un tour de l’aquarium, je l’attendais à l’extérieur, reposant mes pauvres pieds quelques instants. Pause de courte durée, puisqu’il nous fallait encore rejoindre le centre ville. Nous avions prévu de repartir comme nous étions arrivés, via le téléphérique, mais le courage nous manquant pour remonter toute la route, nous nous sommes dirigés vers la station de métro la plus proche.

En soirée, nous squattons une nouvelle fois notre fast foot attitré sur Gran Via. Pendant que nous avalons nos hamburgers, la batterie presque vide de mon numérique recharge dans les toilettes. Qu’est-ce que je ne ferais pas pour quelques photos. J’ai envie de faire des images de nuit et je m’imagine mal tomber en rade avec mon appareil. Et pour la troisième fois depuis notre arrivée en terre madrilène, nous repartons vers… Las Ventas. Quand je vous disais que ce lieu à la gloire de la tauromachie m’inspirait. Et plongé dans la nuit, il est très joliment éclairé. Jolie de nuit l’est tout autant la Plaza Mayor que nous atteignons un peu plus tard pour finir la journée en beauté. Une journée une fois encore épuisante, mais malgré tout riche de découvertes. C’est un peu ça nos vacances, des voyages où l’on ne se repose pas vraiment…

Lundi 23 juillet : d’une capitale à l’autre

Nous vivons déjà notre dernier jour dans la capitale espagnole. Nos dernières heures même, puisque l’autocar qui doit nous emmener à Lisbonne part à 16h00 pétantes. Les bagages bouclés, nous demandons à pouvoir les laisser à l’hôtel pour quelques heures. Le gérant accepte, ouvre une porte dans le couloir et y entrepose nos sacs. Coût de l’utilisation du placard... enfin, de la consigne : 2€ par personne ! Bon, on ne va pas faire la fine bouche, ça nous rend service et surtout ça nous offre un peu de temps libre.

Sans tarder, nous achetons un ticket de métro pour la journée, et direction Santiago Bernabeu. Bien que supporter du Barça depuis l’époque Romario, je ne pouvais pas passer à côté de ce temple du football. Le « Bernabeu Tour », comme ils l’appellent, regroupe la visite du stade, de ses infrastructures et du musée. Le prix est un peu prohibitif, 15€ tout de même, mais quand on aime le foot, on ne compte pas. Un ascenseur nous amène dans les tribunes du haut desquelles on a une vue globale du stade. Les sièges sont bleus et les travées oranges. Après avoir traversé des couloirs tapissés de photos des stars de l’équipe – dont notre Zizou national – nous arrivons au musée. Un vrai lieu de culte pour les socios du Réal Madrid. Portraits des présidents successifs, maillot dédicacé par Di Stefano, histoire de la construction du stade, palmarès détaillé, photos et vidéos des grandes heures du club, trophées en tout genre, et en point d’orgue, une vitrine animée dans laquelle sont fièrement alignées les neuf Coupes d’Europe des Clubs Champions. Même le blaugrana qui sommeille en moi ne peut rester indifférent. Bon, pas trop longtemps tout de même, la visite continue… Nous arrivons ensuite dans la partie basse du stade, au bord de la pelouse. D’ici on peut clairement lire l’inscription « REAL MADRID CF » qui s’affiche en lettres blanches sur la tribune bleue qui nous fait face. Je shoote sous tous les angles, encore et encore. Un dernier détour par la salle de presse, interview imaginaire oblige, et nous quittons les lieux satisfaits, une centaine de clichés au compteur.

Il ne nous reste que très peu de temps, juste assez pour nous rendre à la station voisine de la Plaza de Castilla où se dresse la Puerta de Europa. Il s’agit en fait de deux tours de verre, inclinées – volontairement, pas comme celle de Pise – l’une vers l’autre. Une construction insolite et moderne qui vaut bien quelques photos. Il est déjà 14h20, on file à l’hôtel.

Un rapide « Adios » pour le gérant – et surtout pour sa chambre infernale – nous fonçons vers la Estacion del Sur où nous devons prendre notre autocar. Il est environ 15h30, nous n’avons pas encore eu le temps de manger et nos estomacs commencent à se manifester. Je laisse Anne sur le quai surveiller l’affichage des départs et, quelques sous en poche, je pars en quête de nourriture. Dans le hall je trouve une cafétéria. Je rentre et une caissière me remet une feuille avec des cases à cocher. Evidement je ne comprends rien de ce qui est inscrit sur le bout de papier. Dans l’urgence et devant la nonchalance du personnel, je perds rapidement patience et m’en vais. Il est déjà 15h45, Anne doit s’impatienter là-haut sur le quai. Je tombe enfin sur une sandwicherie. Je commande ce que je pense être à notre goût, m’équipe d’une bouteille d’eau et remonte l’escalier. Il est 15h55, le numéro du quai est déjà affiché. Je retrouve Anne, apparemment soulagée de me voir enfin réapparaître, et on rejoint notre car. Bagages en soute, papiers en règle, on peut embarquer. Il était moins une, au propre comme au figuré. Encore essoufflé, je raconte mon parcours du combattant à Anne qui m’avoue avoir commencé à s’affoler de ne pas me voir revenir à temps. Enfin, nous sommes dans le car avec de quoi nous restaurer, c’est bien là l’essentiel.

Ensuite, que vous raconter du trajet en lui-même. Rien de bien intéressant à vrai dire. Le chauffeur nous passe un premier film. Il s’agit du fameux « Maman, j’ai encore raté l’avion » en version originale et sous-titré en portugais. On est déjà dans l’ambiance. On ne comprend pas grand chose, mais comme on connaît déjà l’histoire, ce n’est pas bien gênant. S’ensuit un Bud Spencer - Therence Hill, un monument du 7ème art, qui nous intéresse déjà beaucoup moins. Pour conclure cette belle soirée cinématographique, nous visionnons une vidéo intitulée « Marradas 2006 ». Intrigués, on commence à regarder. Il s’agit en fait de lâcher de taureaux dans de petits villages. Une sorte de vidéo gag à la sauce portugaise. Ca nous amuse une demi-heure, puis ça commence à nous barber. On en mangera pour deux plombes. Remarquez, ça aurait pu être pire. Je me souviens que lors de mon escapade autrichienne en novembre 2004, le chauffeur avait eu le bon goût de nous proposer la fameuse saga avec Romi Schneider. Ca peut être pire, si si !

Avec tout ça, nous n’avons même pas vu le franchissement de la frontière hispano-portugaise. C’est par l’interminable pont Vasco de Gama que nous enjambons le Tage et devinons les lumières de Lisbonne. Nous avions prévu d’arriver à notre hôtel aux alentours de minuit. Mais le chauffeur s’est un peu attardé lors des deux poses – ce qui lui a d’ailleurs valu une belle engueulade avec l’un des passagers – et il est minuit passé à nos montres quand l’autocar dépose les premiers voyageurs à la gare routière d’Oriente. On commence déjà à paniquer, imaginant trouver porte close à l’auberge. Un quart d’heure plus tard, on arrive enfin à notre destination finale, Sete Rios. Le car tout juste stationné, je fais remarquer à Anne que la pendule digitale du quai affiche 23h15. Etonnés, nous récupérons nos effets en soute et essayons de trouver une autre horloge. C’est en effet la bonne heure. Tout d’un coup, je crois me souvenir avoir lu qu’il y a une heure de décalage horaire entre la France et la côte ouest du Portugal, détail qui m’était totalement sorti de l’esprit. Anne me prend pour un fou, elle ne me croit pas vraiment. Et pourtant, c’est bien la réalité qui se confirme au fur et à mesure de notre avancée vers la station de métro. Du coup, nous n’avons plus de retard mais de l’avance. Nous voilà soulagés. Nous découvrons le métro lisboète pour nous rendre à la station Avenida. Impossible de se tromper, ici il n’existe que quatre lignes, ce qui est très peu en comparaison du tentaculaire réseau madrilène.

Station Avenida. L’hôtel Danubio Residential ne se situe qu’à quelques dizaines de mètres. Nous sommes dans les temps. Au 49 de la rua de Salitre, un petit mot à notre attention, scotché sur la porte, nous invite à sonner. Une souriante demoiselle vient nous ouvrir. L’anglais hésitant, nous la suivons. Elle nous fait entrer et nous présente une feuille. C’est un mot signé de Léo, le gérant, qui explique que la jeune femme doit nous remettre les clés, nous indiquer notre chambre, et que lui-même sera présent le lendemain matin pour régler les formalités. Nous remercions notre hôtesse et sans tarder entrons dans notre chambre. Elle n’est pas très grande, et le lit occupe quasiment les trois quarts de la pièce. Notre fenêtre donne sur une petite cour intérieure où du linge est étendu. Le silence semble régner en maître, ce qui augure enfin de quelques nuits sereines. Un lit et du calme, c’est tout ce dont on a besoin. Curieux, nous faisons discrètement un petit tour du propriétaire. Les sanitaires sont repérés, la salle de bain également, et il y a même une cuisine collective avec un frigo. Nous ne tardons pas à aller nous coucher, la belle Lisbonne nous attend demain…

Mardi 24 juillet : Bom dia Lisboa !

La nuit fut d’un calme olympien. Anne et moi avons très bien dormi, et sommes frais pour affronter la journée. Nous faisons la connaissance de Léo qui nous explique le fonctionnement de l’auberge. Il est plus cool et plus sympathique que le tenancier de Valverde. On échange aisément en anglais. Dans le couloir, il nous montre un plan de la ville affiché sur le mur, sur lequel il a noté de précieux renseignements sur les balades à faire, les divers moyens de transports ainsi que les tarifs, et les coins à éviter la nuit. Nous voulons lui régler les nuitées par carte mais il n’a pas porté l’appareil adéquat. Il nous faudra donc repasser ce soir à 21h pour lui payer notre dû.

Mais avant de commencer à visiter la ville, un autre impératif nous attend. Il nous faut absolument rallier la gare ferroviaire pour acheter les billets de train pour Porto. Le petit dej devra patienter, nous prenons un ticket de métro aller-retour direction Oriente. Pour cela nous devons emprunter trois des quatre lignes de métro, Oriente étant au nord-est de la ville. Une bonne demi-heure plus tard, nous découvrons les lieux. Une gare hyper moderne, très design. Nous cherchons un guichet ouvert, qui nous est gentiment indiqué par un vigile. Nous accueille une personne qui pratique la langue de Shakespeare. Ouf ! Anne, moi et le portugais ça fait trois. Mais pas trop besoin de baragouiner, nous lui montrons une feuille, une simulation éditée avant notre départ via internet, avec le jour, l’horaire et le train désiré. On s’en tire avec 39€ à deux, exactement le budget prévu. Mission accomplie. Et le petit dej dans tout ça ? J’y viens. On repère une sorte de boulangerie, « Croissanterie de Paris » la bien nommée. On y commande deux viennoiseries, un café et un chocolat chaud. La note : 3, 50€. On est surpris de payer si peu cher.

Rassasiés, nous nous engouffrons dans le métro direction l’avenida de la Liberdade où débutera notre programme de la journée. Cette large avenue ombragée, aux trottoirs en mosaïques, est très agréable à emprunter. Elle descend jusqu’à la jolie Praça dos Restauradores. En continuant, se dresse à notre droite la très belle façade du Musée des Arts Sacrés. Devant nous se trouve la Praça Dom Pedro IV, dite « Rossio ». Enfin, en tournant à gauche, nous tombons sur la Praça da Figueira, point de départ de nombreux carris, les fameux tramways « d’époque » qui font la renommée de Lisbonne.

Les rues de la Baixa, la ville basse, sont parfaitement quadrillées. Difficile de s’y perdre, qui plus est avec un plan entre les mains. Nous prenons la rua Augusta qui nous emmène tout droit vers la Praça do Comercio, au bord du Tage. Avant de continuer notre expédition pédestre qui promet d’être bien éreintante, nous entrons dans un troquet pour manger. Là aussi, comme à Madrid sur la Puerta del Sol, l’accueil n’est pas très chaleureux. On commande une salade et deux petits sandwiches, à l’omelette pour Anne, au jambon cru pour moi. On se déleste des 12, 20€ demandés, ni plus ni moins. Les piécettes viendront avec les sourires, ça ne sera encore pas pour cette fois.

Nous poursuivons notre itinéraire par la rua do Ouro jusqu’à atteindre l’elevador de Santa Justa. La présence de cette tour de métal en pleine rue peut surprendre le visiteur. Mais ce n’est en aucun cas une machine inutile, juste destinée à amuser le touriste. C’est un ascenseur qui permet d’accéder sans peine au Bairro Alto, le quartier haut de la ville. J’oubliais de vous le préciser, mais Lisbonne est bâtie sur sept collines, ce qui lui vaut de nombreuses artères pentues. Ce type d’ascenseur et autres funiculaires dispersés dans la ville sont donc très utiles pour passer facilement d’un quartier à l’autre. Au sommet, une terrasse de café nous permet de jouir d’une belle vue sur Lisbonne. Anne et moi retraçons aisément du doigt le chemin parcouru jusqu’ici. Une fois franchie la passerelle, nous arrivons devant le couvent du Carmo. Sa particularité réside dans le fait que, lors du terrible tremblement de terre qui frappa la ville en 1755 – un peu de culture ça ne fait pas de mal – le toit s’est effondré tandis que les arches de la voûte sont restées intactes. J’aurai bien aimé faire quelques photos de ce couvent à ciel ouvert, mais il a été transformé en musée. Payer l’entrée juste pour un cliché, je tire ma révérence.

Nous continuons notre route, admirant quelques façades d’azulejos au passage. Nous tentons de rejoindre le Miradouro Santa Catarina, sensé nous offrir une vue panoramique sur la ville. Hélas, une fois trouvé nous ne pouvons y accéder pour cause de travaux. Qu’à cela ne tienne, nous remontons encore et arrivons devant un petit jardin au milieu duquel on a laissé pousser ce qui semble être un cyprès qui, paraît-il, date d’avant le séisme de 1755. Ses branches sont si larges et si longues qu’il est soutenu tout autour par des tiges de fer. C’est un insolite coin d’ombre pour les habitants du quartier qui viennent s’asseoir sur les bancs disposés à l’abri du soleil. Nous osons déranger un couple d’amoureux afin de leur glaner quelques infos. Toujours en anglais, nous leur demandons de nous indiquer un point de vue panoramique sur la ville, mais les coins qu’ils nous proposent sont beaucoup trop éloignés. Nous les quittons par des « Thanks » et des « Gracias » encore tenaces, nous avons encore du mal à nous adapter aux « Obligado » en vigueur ici. La suite est simple. Nous étions sur les hauteurs de la ville, il nous restait plus qu’à redescendre. A travers les fraîches ruelles du Bairro Alto, nous avons tenté de regagner la Baixa, chose qui ne fut pas de tout repos. Les plans dont nous étions équipés ne mentionnaient pas toutes les minuscules artères que nous traversions. La gentillesse des lisboètes, toujours enclins à nous orienter, est à signaler. Jamais nous n’avons hésité à demander notre route.

Arrivés à destination, nous nous présentons à un kiosque Carris sur la Praça da Figueira. Petit conseil : acheter un ticket à bord de l’ « electrico » vous coûtera 1, 30€ tandis qu’en kiosque, pour le même tarif, vous avez l’aller retour. Nous avions décidé de faire une balade dans le célèbre Tram 28, très prisé des touristes, qui traverse tous les quartiers de la cité, de la Baixa au Bairro Alto, en passant par l’Alfama. Pour seulement 3€, on s’est offert une belle balade de plus d’une heure. Ce moyen de transport est à la fois insolite et impressionnant. Il serpente dans les rues étroites, frôlant parfois de quelques centimètres les façades et les voitures. Sur les trottoirs, les gens se plaquent contre les murs dès qu’ils entendent la sonnerie du tram retentir.

Nous avons rendez-vous à 21h avec Léo. Alors que j’envisage de reprendre prudemment le chemin inverse du matin même pour regagner l’auberge, Anne veut faire du free style. Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai suivi et résultat des courses, on s’est un peu paumé. Certes, on parvient à retrouver rapidement notre route, mais ceci au détriment d’un petit détour en pente raide qui nous a bien fait suer. Nous arrivons juste à temps et, venant à bout d’une carte bancaire quelque peu capricieuse, nous refermons enfin le chapitre des transactions financières.

A partir de là, nous n’avons plu le courage de retourner dans le centre ville à la recherche d’un endroit pour grailler. Sur les bons conseils de Léo, nous traversons Salitre pour nous rendre au « Mimosa do Salitre », un petit bistrot planté juste en face du Danubio. Le patron nous accueille sympathiquement. Un bar, où nous avons un peu plus tard aperçu Léo en train de vider quelques verres en compagnie d’autres personnes, semble être le coin animé de la maison. Anne et moi, installés un peu à l’écart, commentons le menu. Je me suis laissé tenté une nouvelle fois par du saumon, Anne a choisi de l’espadon. Le tout accompagné de patates dont je ne suis pas arrivé à bout. Un bon repas. Le patron nous a entendu parlé, il a reconnu la langue de Molière. Il est venu parler un peu avec nous dans un français plus que correct. Surpris d’une telle maîtrise de notre langue, il nous a expliqué que lorsqu’il était au collège, dans les années 70, il était possible d’apprendre le français en plus du portugais. Et comme beaucoup émigraient vers la France, ça leur était d’une très grande utilité. La discussion terminée, nous l’avons remercié et quitté l’établissement pour regagner notre chambre. On n’a pas veillé très tard, on profitera de « Lisbon by night » une autre fois…

Mercredi 25 juillet : Belém by day, Belém by night

Que les nuits dans Salitre sont plaisantes ! Avec les journées que l’on passe et celles qui nous attendent, il est important que nous dormions bien. Et à Lisbonne c’est le cas. Aujourd’hui, nous avons décidé de quitter le centre ville pour Belém. Et ce pour quelques visites de choix : le Monument des Découvertes, la Tour de Belém et le Monastère des Jéromites. Et accessoirement pour apercevoir le fameux Pont du 25 Avril, avec lequel nous jouons à cache-cache depuis la veille.

La douche prise, nous retournons chez Mimosa – Anne et moi le surnommons ainsi – prendre le premier repas du jour. Café, chocolat et croissants tout chauds que nous prenons le temps de déguster. Un petit détour par notre chambre pour nous équiper d’un sac à dos et d’une bouteille fraîche, et nous prenons le chemin de la Praça Figueira. C’est d’ici que part le Tram 15 qui nous déposera à Belém. Nous y sommes une trentaine de minutes plus tard. Une colonne, au sommet de laquelle nous pensons reconnaître Vasco de Gama, se dresse au milieu d’un parc que nous traversons pour atteindre le fleuve. Nous pouvons enfin admirer le Pont du 25 Avril, le petit frère jumeau du célèbre Golden Gate de San Francisco. Sur l’autre rive, on devine la silhouette du Cristo Rei, réplique elle aussi miniaturisée du Corcovado qui domine la baie de Rio de Janeiro. Je me prends un instant à rêver de destinations encore plus lointaines. Mais pour l’heure, c’est Lisbonne qui nous tend les bras.

Nous longeons les quais du Tage pour arriver au Monument des Découvertes. Cette sculpture, en forme de proue de navire, est dédiée aux grands navigateurs portugais. Anne tente de me « culturiser » en m’énumérant les noms des personnages figés dans la pierre. Ne me demandez pas les noms, j’ai juste le souvenir d’un roi, d’un écrivain – ou poète – et d’un peintre. Une immense carte du monde s’étale sur le sol. Elle retrace les multiples expéditions qui, partant de Lisbonne, ont atteint les quatre coins du globe. Nous continuons pour atteindre enfin la fameuse Tour de Belém. Il est presque midi et demi et le soleil se fait cruellement sentir. Avant de patienter pour la visite de la tour, je repère quelques arrosages automatiques au milieu de la pelouse environnante. Anne n’ose pas y aller, mais moi je n’hésite pas longtemps pour m’en approcher et me rafraîchir un peu avant de gagner la file d’attente. Une passerelle de planches permet d’accéder à l’entrée. A l’intérieur, la température est plus que clémente. Arrivés au premier étage de la tour qui en compte cinq – ou six, mes souvenirs sont flous – nous faisons le tour de la terrasse et pénétrons les échauguettes présentes à chaque angle. Nous devons ensuite patienter un bon quart d’heure sous une chaleur caniculaire avant d’accéder aux étages supérieurs. Une à une, nous avalons les marches, faisant une courte halte à chacun des étages, jusqu’à arriver au tout dernier. Après avoir posé pour la postérité sur le balcon d’arcades avec vue sur la terrasse, Anne et moi redescendons et quittons la tour, plus d’une heure après y être entrés.

La cafétéria toute proche est un don du ciel, la pause repas est la bienvenue. Pour une vingtaine d’euros, nous nous calons les estomacs jusqu’au soir. Car la journée est loin d’être terminée. Belém est un coin plaisant malgré la chaleur, alors nous envisageons déjà de revenir le soir même, au frais, pour une balade au clair de lune, le long du Tage.

Il nous faut revenir sur nos pas, le monastère étant situé de l’autre côté de la voie ferrée, à mi-chemin entre les deux monuments précédemment visités. Nous arrivons devant un bâtiment tout en longueur. Il abrite le Musée de la Marine. A sa droite, nous trouvons l’entrée du monastère, et les guichets permettant l’accès au fameux cloître, qualifié d’immanquable par la majorité des guides feuilletés avant le départ. C’est par ce dernier que nous débutons. Un lieu qui respire le calme. Dans les allées, nous prenons le temps d’admirer les magnifiques arcades ciselées de style manuélin. Le centre du cloître est occupé par une verte pelouse et une petite fontaine. Tout cela ajouté à un ciel dégagé permet de figer quelques belles images. On peut accéder au réfectoire qui révèle des azulejos où le bleu et le jaune dominent. Puis, un escalier dessert le sommet du Largo dos Jeronimos. Cette église, où l’on entrera quelques minutes plus tard, renferme le tombeau de l’incontournable Vasco de Gama.

La visite aussitôt achevée nous sortons, et aux premières personnes que nous croisons, demandons le chemin de la fameuse Antiga Confeitaria de Belém. Cette pâtisserie, qui date de 1837, est vantée par les Lisboètes du monde entier – et les membres de Voyage Forum – comme étant la plus célèbre de la ville. Depuis le départ, je n’avais cessé de parler à Anne de leur spécialité, la pasteis de Belém. Et comme je savais son amour pour les petites douceurs, elle ne s’est pas fait prier pour que l’on s’en aille déguster quelques-unes unes de ces merveilles. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, il s’agit de petits gâteaux de flanc saupoudrés de cannelle et de sucre glace. Un délice pour les papilles ! Après cette pause gourmande et l’achat de quelques cartes postales, nous avons attendu le tram pour rallier le centre ville.

Demain, c’est la dernière journée à Lisbonne, et il y a encore pas mal de choses que nous souhaitons voir. Pour tout coordonner, nous poussons la porte de l’office du tourisme sur le Rossio et nous tentons de soutirer quelques précieuses infos auprès d’une hôtesse. Après Santiago Bernabeu à Madrid, j’ai bien envie de voir ce que renferme l’Estadio da Luz, le stade du mythique Benfica. Je demande donc les horaires à la jeune fille qui se vante de tout connaître du club. Apparemment une inconditionnelle des rouges et blancs. Il faudra donc que je sois sur place à 10h30 le lendemain. Anne semble avoir atteint son quota footbalistique pour la semaine, elle préfère réserver sa matinée pour une séance de lèche-vitrines dans la Baixa. Elle meurt d’envie aussi d’aller voir de plus près le Cristo Rei, ce que nous ferons ensemble dans l’après-midi.

Le planning du jeudi en partie réglé, nous partons un peu à l’aventure vers le quartier de l’Alfama, que nous n’avons pas encore eu le loisir de découvrir. En partant de la Baixa, nous grimpons difficilement les pentes abruptes, ou chaque fin de rue est une petite victoire. Nous demandons notre chemin à plusieurs reprises, le plan que nous suivons n’indique évidemment pas grand chose de ce dédale de ruelles. Entre temps, la batterie de mon numérique a rendu l’âme et j’enrage de ne pouvoir photographier ce qui nous entoure. Nous montons jusqu’à l’entrée du château et stagnons devant une boutique où j’achète un azulejo qui m’a tapé dans l’œil. Nous gardons la visite du château pour demain. Et puis sans photos à faire, à quoi bon. En plus du stade et le Christ, c’est encore une sacrée journée qui se dessine.

Mais on n’y est pas encore. Nous rattrapons la Baixa et c’est dans un Mc Do que le dîner se fait. Comme à Madrid, je profite d’une prise de courant libre pour donner un second souffle à mon appareil photo. Nous avions furtivement imaginé une balade sur les rives du Tage la nuit tombée. Et bien, nous avons concrétisé l’idée. En effet, les transports en commun fonctionnent jusqu’à une heure du matin, autant en profiter. A bord du Tram 15, nous avons foncé, et ce n’est pas peu dire vu la vitesse à laquelle roulait l’engin. On s’est arrêtés cette fois à deux pas du Pont du 25 Avril, afin de l’admirer de plus près et de nuit. Mais nous sommes déçus car les éclairages ne mettent pas spécialement en avant cette œuvre du génie civil. Même les photos ne sont pas terribles, dommage. Puis, comme nous l’avions fait sous le cagnard plusieurs heures auparavant, nous avons suivi le cours du fleuve jusqu’au Monuments des Découvertes et la Torre de Belém, pour le coup désertés des nuées de touristes. La balade aurait pu être des plus agréables sans quelques énormes blattes rencontrées le long des quais, bestioles qui ont un tantinet gâché le côté romantique de la soirée.

C’est par un ultime passage devant le Monastère des Jéromites que s’est achevée cette virée nocturne. Minuit et demi. Le dernier tram nous convie à son bord. Avec Anne on se remémore la journée écoulée. On est fous, mais après tout c’est bien le but que l’on s’est fixé de découvrir tant de choses en si peu de temps. Quand va t-on un peu se reposer ? Sûrement pas demain…

Jeudi 26 juillet : Aux pieds du Cristo Rei

Je ne vous parle plus des nuits. On dort très bien, rien à signaler. Mimosa nous sert encore un petit déjeuner toujours aussi copieux. Je quitte Anne en bas de Salitre. Je la regarde descendre Avenida de la Liberdade avant de disparaître dans le métro.

Mon trajet n’est pas long. L’Estadio da Luz ne se trouve qu’à quelques stations de métro de là. A peine sorti, j’aperçois le stade. Une fois passé le tunnel sous l’autoroute, j’entame le tour de l’enceinte en vue d’une quelconque indication. Je m’arrête un instant devant la statue d’Eusebio, le légendaire joueur originaire du Mozambique qui écrivit les plus belles pages de l’histoire du Benfica et de la sélection nationale portugaise. Un peu plus loin, j’arrive devant le monumental aigle qui orne la devanture du stade. La porte 18 est enfin la bonne. Je suis surpris de ne trouver personne devant l’entrée, la visite est sensée débuter dans un petit quart d’heure. J’entre, et la dame à l’accueil me dit que la visite a commencé… à 10h. Dans ma tête, je maudis quelques secondes la fille de l’office du tourisme. A cause d’elle je dois attendre 11h pour la visite suivante, et Anne va m’attendre désespérément. C’est alors que la personne fait appel à l’un de ses collègues qui se débrouille un peu en français, et à qui j’explique la situation. Il me rassure, me proposant de prendre part à la visite en cours. Ils n’ont encore visité que le musée, que l’on me propose de faire à la fin. Je n’ai pas trop le choix, j’accepte. J’intègre le groupe et la visite suit son cours. La jeune guide ne distille presque aucun commentaire, se contentant de nous ouvrir les portes et d’attendre que chacun prennent ses photos. Ainsi se déroule l’itinéraire. Je fais connaissance avec un sympathique portugais résidant en Suisse, qui me traduit les rares infos que l’on nous donne. La balade n’est pas d’un très grand intérêt, on est bien loin des Santiago Bernabeu et autres Nou Camp. Dans la salle de presse, on nous présente Vitoria, un aigle royal… en chair et en plume. Je l’avais déjà vu à la télé. Quand le Benfica joue un match en Ligue des Champions, l’aigle est lâché. Il fait plusieurs tours dans le stade jusqu’à descendre sur le logo posé sur la pelouse et ainsi former l’emblème du club, sous les applaudissements des 65.000 spectateurs. Tandis que la visite touche à sa fin dans boutique souvenir, on m’accompagne comme convenu au musée où je prends quelques photos des trophées. Sur les murs de l’accueil, mon regard s’arrête sur les fanions qui sont affichés sur le mur. Parmi ceux de tant de grands clubs, je reconnais celui de mon OM adoré. Je me rappelle du coup la douloureuse confrontation européenne entre les deux équipes en 1990, la main de Vata et l’injuste élimination marseillaise…

Pas le temps d’être nostalgique. Il est déjà 11h45 quand je quitte les lieux. J’envoie un texto à Anne avant d’attraper mon métro. A la station de Cais de Sobré je la retrouve. On achète les tickets pour le bateau qui doit nous emmener vers Cacilhas, sur l’autre rive du Tage. La traversée est rapide, un petit quart d’heure. Pendant que je lui raconte ma mésaventure du stade, Anne me montre ses quelques achats de la matinée. Nous débarquons sur les lieux et, avant d’entreprendre quelque expédition que ce soit, on cherche à se ravitailler en victuailles. Pas de souci, quelques snacks sont présents, on en choisi un qui fait des sandwichs. Après info, c’est le bus 101 qui nous emmènera jusqu’au Cristo Rei quelques instants plus tard.

Nous descendons au terminus. La statue est de dos, nous allons vers le piédestal. Des panneaux, dont l’un en français, explique l’histoire de cette œuvre. L’idée a germé dans la tête d’un portugais après qu’il soit passé par Rio de Janeiro, et la construction était suspendue à la condition que le pays soit épargné par la guerre, ce qui fut en effet le cas. Le résultat est remarquable. Mais avant de se hisser au sommet, nous avons prit le temps de savourer nos sandwichs devant un tableau de rêve. Devant nous, à portée de regard, le Pont du 25 Avril est plus beau que jamais. Je reste bouche bée devant l’image que j’immortalise à de multiples reprises. Anne se remémore San Francisco qu’elle a visité quelques années auparavant avec son frère. Aux pieds du Christ, on domine toute la ville : la Praça do Comercio, les merveilles de Belém, et le Tage qui termine sa course dans l’Atlantique. On est très surpris de découvrir si peu de touristes, le point de vue y est si beau. Nous ne nous attardons pas indéfiniment. Il faut regagner l’autre rive et partir à la conquête de l’Alfama et du Castello Saõ Jorge. Bus 101, puis bateau vers Cais do Sobré, le chemin est le même dans l’autre sens.

Un petit détour par la Catédral Sé, devant laquelle le défilé des trams a captivé notre attention un bon moment, et nous voici à São Jorge. La balade du château est très plaisante. Dans le jardin, une vieille dame assise sur un banc nous gratifie de sa très jolie voix. Ces petits airs en portugais s’accordent parfaitement avec la quiétude du lieu. Contre quelques piécettes, la vieille dame nous envoie un baiser. Alors que le soleil disparaît au fur et à mesure de la balade, le ciel rougit derrière la colline, nous offrant une image de carte postale. Le Pont du 25 Avril profite des derniers rayons pour se mettre en valeur.

Petite anecdote maintenant. La promenade nous a conduit devant un grand escalier qui descendait sur un petit mirador. Je l’emprunte, Anne me suit quelques mètres derrière. Arrivé le premier en bas, j’aperçois un couple en train de se bécoter. Je lance à Anne un « Ah ! On n’est pas seuls ! » à voix haute, persuadé que les deux tourtereaux ne comprendraient pas. Puis Anne me rejoint sur la petite esplanade pour admirer la vue sur la ville. Quelques minutes plus tard, les amoureux s’apprêtent à remonter les marches lorsque le garçon nous envoie en se marrant « Voilà, vous êtes seuls maintenant » !… Moralité : où que vous soyez dans le monde, faites attention à ce que vous dites, il est toujours possible qu’un compatriote ne soit pas loin…

Le tour des remparts terminé, nous avons erré dans l’Alfama, quartier au cœur duquel résonnaient quelques notes de fado. Un repas copieux nous attendait pas très loin. Puis, depuis la Praça do Comercio, nous avons lentement remonté les rues pavées de la Baixa jusqu’à notre auberge, afin de profiter une dernière fois de la douceur de la ville. C’est ainsi que nous avons fait nos adieux à la ville. Nous repartirons les yeux pleins d’images, la tête pleine de souvenirs. Demain matin, c’est vers Porto que l’aventure se poursuivra. Mais en attendant, Lisbonne est belle…

Vendredi 27 juillet : direction Porto

Notre train est prévu pour 9h39. On ne s’attarde donc pas trop en ce vendredi matin. Juste le temps de prendre une douche et de vérifier que nous n’oublions rien dans notre chambre. Léo n’est pas là. Nous lui laissons un petit mot pour le remercier de son hospitalité.

Terminus de la ligne Amarelha, station Oriente. 9h et des poussières. Nous avons le ventre vide. Mais nous avions décidé de nous rendre à la gare au plus vite et de manger ensuite. Nous retrouvons avec plaisir la croissanterie testée avec succès quelques jours auparavant. Café, chocolat, croissants. Rituel immuable. On ne change pas une équipe qui gagne. Suivant les panneaux, nous trouvons notre quai. Le train ne tarde pas. Nous cherchons notre voiture, puis nos sièges. Je peste un peu contre quelques personnes plantées sans raison dans l’allée centrale et je rejoins Anne. Lisbonne est déjà derrière nous…

La musique dans les oreilles, nous ne prêtons guère attention au paysage qui défile. On se prend à quelques éclats de rire quand le « Confessions Nocturnes » de Fatal Bazooka déboule dans les écouteurs, devant le regard pas du tout amusé des passagers. Depuis que nous avons quitté Marseille, je n’ai pas rechargé mon portable, il s’est vidé, puis éteint. Dans les toilettes, il y a une prise. Juste le temps de constater qui n’y a pas eu d’appel ou de message urgent, je regagne mon fauteuil rassuré. Je tente de trouver le sommeil, bercé par le balancement du wagon, en vain. Il est midi passé, Porto n’est plus très loin. Nous voyons bientôt l’écume blanche des rouleaux de l’océan dévaler sur notre gauche. La gare de Vila Nova de Gaia nous semble annoncée. Nous semble en effet car, entre l’écrit et la prononciation portugaise, nous avons parfois du mal à associer les deux. Je me penche vers la fenêtre et un panneau me confirme l’info. Le train franchit le Douro et nous reconnaissons les arcades métalliques du Pont Pia Maria, nous arrivons à Campanha.

Bagages en main et sur le dos, nous partons en quête de tickets de métro. Une fois de plus, nous sommes désemparés face à la machine. Un couple de compatriotes devant nous semble tout aussi évasif. Comme à Lisbonne, on a du mal à comprendre les multiples options existantes. Pour nous compliquer davantage la tâche déjà ardue, le métro de Porto est divisé en plusieurs zones de tarification. Pour le moment, on se contentera du centre ville, car notre hôtel se situe seulement à quelques stations de là. Par chance, le distributeur permet d’afficher les explications en français. Nous comprenons vaguement qu’il faut acheter une carte à 0, 50€ que l’on devra recharger avant chaque déplacement. Les tickets enfin en mains, nous pouvons rallier Bolhão.

Nous trouvons sans peine le Solar Residential São Gabriel au cœur de la rua Alegria. Une dame nous accueille avec le sourire, elle parle notre langue. Les formalités d’usage expédiées, nous prenons l’ascenseur jusqu’au 4ème étage. Anne et moi sommes très étonnés de la qualité des lieux. On se demande même si on ne s’est pas trompé d’adresse, c’est vous dire. Arrivés dans la chambre, notre surprise se confirme. C’est dans un petit nid douillet que nous passerons les deux nuits à venir. Propre, silencieux, climatisé, salle de bain privée. On se rappelle alors notre chambre madrilène il y a moins d’une semaine, incomparable. Avant de quitter l’hôtel, nous passons à l’accueil où nous apprenons que les petits déjeuners sont inclus. Que demande le peuple ?

A quelques dizaines de mètres de l’hôtel se dresse une superbe église dont les façades sont entièrement recouvertes d’azulejos bleus et blancs, et qui représentent des scènes bibliques. Je prends quelques photos de cet édifice peu commun et suggère à Anne d’y entrer un peu plus tard. Pour le moment, nous avons faim et l’urgence est à la quête d’un coin pour nous restaurer. La Via Catarina, une vaste galerie commerciale qui s’étale sur plusieurs niveaux, fera notre bonheur. Une supérette, quelques boutiques de mode, et surtout une flopée de petits snacks accolés les uns aux autres. On n’a que l’embarras du choix. C’est un fast food que nous squattons le temps d’un repas pas très équilibré.

Puis, sans trop savoir où l’on va, nous empruntons quelques rues et arrivons devant l’hôtel de ville. A deux pas se trouve un point tourisme, nous y allons. Un bon plan de la ville entre les mains et quelques infos récoltées, nous pouvons commencer à parcourir la cité. Nous sommes sur la Praça da Liberdade, en bas de laquelle se trouve la Igreja dos Congregados. Cette fois, nous entrons. C’est l’heure de la messe. Nous jetons rapidement un œil et, sans bruit, nous quittons le lieu de prière. A notre gauche se trouve la gare de São Bento, dont le hall est tapissé de fresques d’azulejos. Malheureusement, les murs sont en restauration et nous ne pouvons profiter pleinement des mosaïques qui aimeraient bien s’offrir à nos yeux.

Alors que nous quittons la gare, un escalier nous invite à monter jusqu’à la Catédral Sé que nous apercevons. Sur l’un des côtés de l’édifice, des angelots peints sur des azulejos aguichent mon numérique. L’intérieur est un peu tristounet. Le cloître attenant mérite un peu plus le détour. Là encore, les carreaux bleus et blancs sont rois et décorent admirablement les allées. Il est déjà 17h30 passé, nous quittons Sé sous un soleil de plomb. En contre bas, les enfants du quartier ont réquisitionné la fontaine dans laquelle ils pataugent allègrement en maillot de bain. Nous les envions grandement. C’est ici le point de départ de notre descente vers le Douro. Sans vraiment suivre le plan, nous empruntons les ruelles où la chaleur est moindre.

Nous prenons le temps de découvrir ce que cache ce labyrinthe à l’abri du soleil. Quelques drapeaux rouges et verts, symbole de fierté nationale, se mêlent au linge immaculé qui sèche sur les balcons. Les rares commerces semblent vivre au ralenti. Devant une minuscule épicerie, quelques gamins tout sourire s’amusent à prendre la pose pour un cliché. Je shoote tout en avançant. Le peu de lumière qui s’infiltre ici m’inspire pour des photos en noir et blanc. Le résultat qui apparaîtra sur l’écran de mon ordi quelques jours plus tard me donnera raison.

Il est presque 19h lorsque nous arrivons sur la Praça da Ribeira. Le Douro est devant nous. Sur l’autre rive, c’est Vila Nova de Gaia et ses caves de Porto. Le Pont Dom Luis nous permet d’y accéder. Le soleil nous offre un peu de répit, il s’éclipse doucement à l’horizon alors que nous longeons tranquillement le fleuve. Amarrées à nos pieds, les « barcos rabelos », qui servaient jadis au transport des vins, ne sont désormais plus qu’une attraction touristique. Nous avons fait pas mal de chemin depuis l’hôtel, il nous faut penser au retour et au dîner. Sur la route qui nous ramène vers Alegria, Anne et moi planifions quelque peu le programme du lendemain. Dans Via Catarina, une copieuse assiette de pâtes conclura la soirée, avant de regagner notre chambre pour une nuit des plus paisibles…

Samedi 28 juillet : gros bisous caniculaires

Avant-dernier jour de notre escapade ibérique. Il faut profiter au maximum pour ne rien regretter. Anne est bien décidée à ramener du Porto à ses proches. Et je commence à la connaître, quand elle a une idée en tête, elle ne l’a pas ailleurs… Alors qu’elle s’attarde dans une boutique à la recherche du précieux breuvage, je l’abandonne quelques minutes pour errer dans le Mercado de Bolhão. Mon attention ne tarde pas à se porter sur une céramique du coq de Barcelos, animal à l’origine d’une légende lusitanienne et qui est devenu l’un des emblèmes de la nation. Anne, depuis Lisbonne, est tombée sous le charme du volatile, et a déjà acheté un porte-clés et un dessous de plat à son effigie. Sûr de lui faire plaisir, je me procure la statuette que je lui offrirai à notre retour à Marseille. Anne me rejoint peu après, deux belles bouteilles dans les mains. Nous ramenons les précieux achats à l’hôtel et pouvons enfin partir pour effectuer les visites prévues.

C’est par la Torre de Clérigos que nous débutons notre circuit. Un escalier sans fin, trop étroit pour une circulation à double sens, nous donne difficilement accès aux divers étages puis au somment de la gigantesque tour. La vue y est imprenable. Les toits des maisons tout en bas s’alignent et s’entremêlent jusqu’au Douro qui s’allonge sous nos yeux. Juste le temps de saisir quelques images, nous ne restons guère longtemps, car le peu de place ne permet pas une grande liberté de déplacement. Qui plus est, une multitude de touristes affluent via l’escalier et nous avons bien du mal à atteindre les marches. Au prix de politesses internationalement échangées, nous touchons enfin au but.

Nous poursuivons par la Igreja do Carmo et la Igreja das Carmelitas, deux églises accolées l’une à l’autre. La première est ouverte. Une porte de verre automatisée nous accueille, c’est très moderne. L’intérieur est richement orné de dorures. Mais une fois de plus, nous arrivons en pleine messe et nous faisons demi-tour par crainte de perturber la cérémonie. Devant la seconde, nous trouvons porte close. Anne et moi prenons la direction du Douro. Il est presque 14h, nous sommes devant le Palacio da Bolsa - Palais de la Bourse pour les non-lusitanophones – que nous souhaitons visiter. Mais un imprévu va faire son apparition. A l’accueil, un panneau me décourage totalement. Les photos ne sont pas permises. Et il en est de même pour la Igreja São Francisco toute proche. S’en est trop ! Si c’est ainsi, ce sera sans moi. Anne et moi nous mettons d’accord et partons. Sur le parvis de São Francisco, je prends quelques photos de la façade de l’église. Queues de pies et tailleurs sont de sortie. Une mariée se fait désirer. Nous patientons quelques minutes, espérant l’apercevoir. Mais la chaleur est intenable, nous partons.

Nous ne sommes qu’à quelques minutes à pied de la Ribeira. Tables et chaises sont déployées sur les terrasses en bordure du fleuve. Nous profitons d’un repas dans un resto sur les quais de la Ribeira, à quelques mètres du Douro. Mon envie de poisson ayant atteint son paroxysme, je commande des sardines, un plat qui me faisait de l’œil depuis notre arrivée au Portugal. Anne se régalant quant à elle d’un poulet en sauce accompagné de pommes frites. Bien que nous soyons à l’abri sous un parasol, le soleil est impitoyable. Anne avait envisagé dans l’après-midi de filer vers la plage de Matosinhos, facilement accessible depuis Porto par les transports en commun, mais finalement elle se ravise. Elle qui est assez frileuse risque fort de ne pas apprécier l’eau glaciale de l’Atlantique. Et si c’est pour cuire sur le sable sans pouvoir piquer une tête dans les vagues, la frustration risque d’être terrible.

14h30. En guise de digestif, nous convenons d’une balade sur le Douro. En moins d’une heure, nous passons sous les six ponts que compte la ville, dont les deux arches métalliques que sont Dom Luis et Maria Pia. La vue depuis l’embarcation nous permet de découvrir la cité sous un autre angle. Nous glissons tout au long de la Ribeira et de ses façades multicolores. Cette balade est très agréable car non seulement nous profitons du paysage, mais la fraîcheur qui nous étreint sur le bateau est inestimable.

Nous décidons ensuite de prendre le métro pour nous rendre au Estadio do Dragão. Après avoir visité les antres du Réal à Madrid et du Benfica à Lisbonne, je compte bien accrocher un nouveau stade à mon palmarès, celui du FC Porto. A l’office du tourisme, il nous avait été précisé que les visites en période estivale étaient organisées toutes les heures de 14h à 18h les week-ends. Malgré ça, nous sommes arrivés devant la porte 18 et nous n’avons trouvé personne, hormis deux policiers qui nous ont informé qu’aucune visite n’était prévue pour la journée, pour des raisons inexpliquées. Il faudra revenir demain. Anne en à marre et souhaite rentrer à l’hôtel. J’improvise un programme jusqu’à 20h puis la rejoindrai à notre chambre. Nous nous séparons dans le métro, et tandis qu’elle rejoint Alegria, je décide de me rendre à l’Estadio do Bessa, le stade du second club de Porto, le Boavista.

Petite parenthèse pour vous parler du métro de Porto. Paradoxalement, il est beaucoup plus grand et plus étendu que celui de Lisbonne, pourtant capitale du pays. Les couloirs ainsi que les quais sont très larges et très clairs. Et surtout, ne vous avisez pas de gruger. Les contrôleurs ainsi que les policiers vous attendent très souvent à la sortie pour le contrôle de billets. J’emprunte donc une rame qui me dépose dans la proche banlieue et demande mon chemin aux rares personnes que je croise. Puis j’aperçois quelques supporters attablés dans un bar, maillots à damiers blancs et noirs sur les épaules, le stade n’est pas loin. La présence des forces de l’ordre et de quelques badauds aux abords de l’enceinte sportive m’intrigue. Je ne tarde pas à comprendre que le soir même, un match amical de pré-saison va opposer ici même les deux équipes de la ville. Ce qui explique aussi que le Dragão n’ai pu nous ouvrir ses portes. Je fais quelques clichés, notamment d’une énorme panthère noire menaçante – animal symbolisant le Boavista - qui veille devant les guichets.

Je retrouve Anne à notre chambre et nous partons vers Via Catarina. Même snack que le veille. Le troquet voisin diffuse le derby, et quelques fanas crient et applaudissent lorsque le FC Porto ouvre le score. On reste sur place pour flâner un peu dans les boutiques qui sont encore ouvertes. Il est presque 22h, mais pas question d’aller se coucher. C’est notre dernière soirée et les lumières de la ville n’attendent que nous. Bien que la nuit soit déjà tombée, la température elle, reste assez élevée. Nous marchons jusqu’à arriver devant la Catédral Sé que je voulais photographier de nuit, puis nous arrivons sur la partie haute du Pont Dom Luis. Ici passent les rames du métro qui font vibrer la construction métallique, et sur les bords les piétons peuvent déambuler. La hauteur est vertigineuse mais la vue est superbe. Les lumières de la Ribeira et de Nova Vila de Gaia se reflètent dans le Douro. Nous nous hissons jusqu’au Mosteiro da Serra do Pilar, sans aucun doute l’un des plus beaux points de vue sur Porto. Demain nous ferons la même visite de jour. Sur le retour, notre regard éberlué s’arrête quelques secondes sur un écran digital. Il est minuit et il fait 27°, sans commentaire. Une dernière halte par São Bento vidée de la foule, et Alegria n’est plus très loin.

Dimanche 29 juillet : retour à la réalité

Dernier jour de la semaine, mais surtout dernier jour du voyage. On a tellement visité que ces dix jours sont passés terriblement vite. Mais l’heure n’est pas encore à la nostalgie. Il nous reste encore une petite journée à bonifier pour parfaire notre séjour.

Les bagages sont prêts. Une consigne gratuite nous permet de les laisser à l’hôtel pour quelques heures. Nous passons une énième fois devant l’église d’azulejos, et décidons enfin d’y entrer. Et devinez quoi ? Et bien, c’est la messe ! Et là je manque de peu de réaliser LA photo du séjour. Près de la porte, un peu à l’écart des fidèles, deux vieilles dames sont agenouillées à même le sol, en pleine prière. L’église est pleine à craquer. Je m’avance de quelques pas et me retourne. La photo en noir et blanc est absolument à faire. Mais j’hésite, trop peut-être. Je regarde en direction des vieilles dames, et l’une d’entre elles croise mon regard. Elle a compris que je veux faire une photo. Elle continue de prier. Et là, un peu honteux de vouloir immortaliser un moment de recueillement si intime, j’éteins le numérique et quitte les lieux, l’estomac noué. Anne ne comprend pas que je puisse agir de la sorte, mais l’image à faire était si belle. Je l’ai encore vaguement en tête au moment où je rédige ces quelques lignes. Mais je ne pourrai pas vous la faire partager…

Nous continuons ce dimanche comme nous avions terminé le samedi, par le Pont Dom Luis. Et la vue panoramique qui la veille s’était avérée magique de nuit s’est confirmée très différente par les couleurs mais tout aussi belle en plein jour. Les « barcos rabelos », toutes voiles dehors, laissent apparaître les noms des chais : Martinez, Graham’s, Càlem… Puis nous retournons une dernière fois vers Via Catarina pour un repas rapide et un détour à « Modelo », la supérette, qui à notre grande surprise est ouverte le dimanche. Nous achetons de quoi confectionner quelques sandwiches pour le soir.

14h30. C’est avec un peu d’avance que nous arrivons aux portes du Dragão. Nous faisons un tour de l’enceinte pour quelques photos et, une demi-heure plus tard, on nous accueille enfin pour la visite guidée. Et là, c’est le drame. Photos interdites ! Je suis dégoûté ! Dans un musée ou une église, passe encore que le flash de l’appareil photo puisse porter atteinte aux œuvres conservées. Mais dans un stade, de quoi ont-ils peur ? Que mon numérique n’abîme les murs ? Les sièges ? La pelouse ? Ma naïveté ne dure qu’un instant, c’est purement pour des raisons mercantiles que l’on nous prive de clichés. En effet, le photographe attitré du club est sensé nous suivre et immortaliser les visiteurs durant la visite. Bien qu’énervé par cette pratique consistant à dépouiller le touriste à tout prix, Anne et moi prenons quand même part à la visite guidée, que je qualifierai sans retenue de… merdique ! Certes, nous avons approché le vert gazon, découverts les vestiaires et eu droit aux quelques anecdotes sur l’histoire du club. Le tout chapeauté par un agent de sécurité dont la présence n’avait pour autre but que de nous dissuader à garder éteint les numériques… J’ai eu quelques fois l’occasion de voler quelques images en échappant à la vigilance du pitbull, mais je n’en ai rien fait de peur de me faire virer du groupe. Au bout d’une demi-heure, nous arrivons dans une pièce où l’on nous invite à s’asseoir. Et voilà que le photographe nous fait défiler sur un écran ses œuvres. Je suis certain que ma fille de sept ans avec un jetable aurait fait de plus beaux clichés. Parmi les visiteurs, un client s’est manifesté pour acheter celles où l’on voyait sa figure, son bras, son orteil… Ok, j’exagère un peu. Toujours est-il que le pigeon en question s’est vu réclamer tout de même la modique somme de 30€ pour six misérables tirages. Ultime foutage de gueule, nous croyons poursuivre la visite après cette pause quand le guide nous annonce que celle-ci vient de toucher à sa fin. Mais où est passé le musée ? Nous ne verrons pas l’ombre d’un trophée ! Circulez, y’a rien à voir !

Autant vous dire que je suis sorti de la visite totalement frustré. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. En face du stade se dresse un grand bâtiment qui semble abriter une galerie commerciale. Nous y allons, car nous n’avons plus rien de prévu, et il nous reste un peu de temps à tuer avant de récupérer les bagages et de tracer vers l’aéroport. Sur trois ou quatre étages s’empilent de nombreuses boutiques. Guère intéressé par une séance de lèche-vitrines, je cherche un point de vue qui me permettra de faire quelques photos du stade. Nous montons au dernier étage. Il y a là-haut un Pizza Hut avec une baie vitrée. L’occasion est trop bonne. Le resto est désert, il semble fermé. A l’entrée un vigile vient à notre rencontre. Quelques mots en anglais pour lui demander de nous laisser entrer juste pour quelques secondes. Il accepte. Et voici que je découvre une vue imprenable sur le Dragão que je shoote une bonne dizaine de fois. Je tiens ma petite revanche. Anne et moi remercions le personnel du resto et partons. Ce seront les derniers clichés du séjour. Sur la route de l’hôtel, nous faisons une halte dans un cybercafé. J’expédie quelques mails et consulte un peu les news. Je présente à Anne une vidéo du rapace benfiquiste qu’un internaute à mis en ligne sur YouTube. Sur VF, j’ai quelques réponses qui sont tombées… sur Madrid et Lisbonne. J’y répondrai tranquillement à mon retour.

L’aventure touche à sa fin, ou presque. Car un dernier contretemps nous attendait à l’aéroport. Notre vol est prévu pour 20h30 heure locale, nous sommes dans les temps. Arrivés au terminal sans encombre via un ultime trajet en métro, l’enregistrement des bagages ne pose aucun souci. Anne, de peur de voir ses bouteilles de Porto se briser dans sa valise, décide de les garder dans son sac à dos. Elle sait pertinemment, elle qui voyage par les airs plus régulièrement que moi, que l’on à pas le droit de transporter du liquide dans un bagage à main. Elle est têtue ma chère Anne, mais pas autant que le douanier lors du passage au portique de sécurité. Alors que j’ai franchi le détecteur avec succès, je découvre Anne furax devant l’imperturbable contrôleur qui lui interdit l’accès de l’avion avec ses spiritueux. Alors qu’il fouille son vanity-case de fond en comble, elle lui assène : « mais oui, cherchez bien, je planque ma dose de cocaïne !». Je tente alors de calmer Anne, devant l’agent qui lui ne bronche pas, par méconnaissance du français ou juste par zénitude absolue. Mais il invite ma chère Anne à faire enregistrer son bagage à main contenant tout de même près de 150€ de Porto !

Passée cette courte frayeur qui au final trouvera sa place au rayon des petites anecdotes du voyage, nous embarquons à bord de l’appareil. Alors que la nuit est prête à tomber, l’avion s’envole dans le ciel portugais. Nous laissons dans notre sillage bien plus qu’un coucher de soleil. A notre retour, nous déballerons sur notre écran le millier d’images qui illustrera à merveille tout ce qui a rendu ce voyage unique et mémorable. Les moments inoubliables, les émotions ressenties, les sourires partagés. Puis je me lancerai à l’écriture du récit de ce séjour, en essayant de transmettre au mieux le vécu de cette escapade en terre ibérique…
Les assurances au Maroc
by Tiznit · 2005-08-16 · 3 replies
1/ Peut-on emmener en cap-car une mobylette qui n'est plus assurée pour la vendre au Maroc ?

2/ au retour du séjour si la carte verte d'assurance du c/car n'est plus valide, peut-on ressortir sans problèmes(est-ce que les douaniers la demandent???) sinon à l'expirationde la date de validité il faut demander la nouvelle à la Cie.d'assurances, mais ça complique les choses.
Comment assurer son véhicule pour la Russie?
by Zouillette · 2006-04-18 · 3 replies
Bonjour,

Nous allons au Cap Nord en moto cet été. Notre moto est assurée par notre assurance nationale pour tous les pays que nous traversons sauf la Russie.

Savez-vous si certaines assurances françaises assurent des véhicules pour la Russie? Ou si on peut souscrire une assurance en rentrant en Russie? Et combien ca coute?

Merci pour les infos
Norvège à moto: Nordkapp Van Van Summer Rally 2013
by Todd26 · 2012-07-21 · 19 replies
Nous préparons pour l'été 2013 un rallye moto-touriste avec le Cap Nord comme but ultime.

Actuellement les candidats-participants déclarés viennent d'Espagne, De France, de Suisse et du Royaume-Uni.

Tel que prévu à ce jour, le "tour" proprement dit (limité à 15 jours) est le suivant :





Sur fond vert : les étapes (détails de l'itinéraire sur demande).

Ce rallye s'adressanrt aux propriétaires de Suzuki VanVan RV-125 s'effectuera avec un véhicule d'assistance-maintenance (outillage, pièces, consommables)

Mes craintes concernent la longueur des étapes prévues (de 300 à 350 km journaliers) Nous serions très intéressés par vos expériences personnelles, avis, suggestions et critiques. Merci de votre aide.

A vous lire...

Cordial salut ! Georges
Afrique du Sud: Manyeleti Private Réserve - Saint Lucia Marine réserve-Sundown Lion Park
by Simba · 2005-06-26 · 24 replies
Bonjour,

Avide de remettre le Cap sur l'Afrique du Sud (09.05)... Je souhaiterais avoir les avis et/ou expériences de voyageurs sur 3 lieux précis ...Histoire de me mettre encore plus l'eau aux babines.😉

1) Manyeleti Private Reserve (entre Timbavati et Sabi Sand - Le long du Kruger NP)

J'ai opté pour cette réserve privée, pour son faible développement des infrastructures touristiques et l'assurance donc d'éviter l'enfilade des 4 x 4 pour les safaris photos.

Y a t-il des Vfistes qui ont eu la chance de la découvrir et qui pourraient me faire part de leurs expériences en son sein ? Faune recensée ? Bush Walking - Birds Watching ?

(Merci déjà à PAPOP pour ses précieuses infos en mp)

2) St Lucia Marine Reserve :

Le safari bateau de nuit sur l'estuaire, à travers la Mangrove afin d'approcher les crocodiles et Hippos, vaut-il le coup ? Ou il n'apporte rien de plus que le même fait de jour ?

3) Sundown Lion Park (près de Pilanesberg)

Est ce réellement intéressant ?

Merci pour vos réponses 🙂
Voyage aux États-Unis avec deux passeports dont un comporte un visa américain
by Ritinha10 · 2017-10-10 · 2 replies
Bonjour à tous,

J'ai la double nationalité cap-verdienne et récemment française. Dans mon passeport cap-verdien j'ai un visa pour les Etats-Unis valable jusqu'à juillet 2018 et j'aimerai en fin d'année m'y rendre. Puis-je toujours utiliser le passeport cap-verdien avec son visa pour entrer aux USA ou dois-je plutôt utiliser le passeport français ? Mon souci est de ne pas créer de confusion pour l'agent de l'immigration car je suis également sur liste d'attente pour un visa immigrant (carte verte) qui a été demandé avec le passeport cap-verdien (je n'ai pas encore informé ces derniers que j'ai été naturalisée française). Je vous remercie d'avances pour vos réponses.😏
Livre "La couleur des rêves" sur les terres sauvages de la Nouvelle-Zélande
by Cod11 · 2010-02-07 · 0 replies
Bonjour,

Rose Tremain - La couleur des rêves

Cap sur les terres encore sauvages de la Nouvelle-Zélande, à l’époque où les premiers colons débarquent sur cette terre aurifère, chassant les Maoris, annihilant Aotearoa. C’est le couple formé par Joseph et Harriett Balckstone qui est la colonne vertébrale de ce roman.
Trajet de Toulouse à Compiègne?
by Jlucnet · 2009-01-31 · 2 replies
Vous passeriez par où, en utilisant au max les voies vertes ou vélo routes ? j'envisage à priori un passage par l'ouest : canal latéral à la garonne, remontée vers la Rochelle mais ensuite, je ne connais pas bien. merci d'avance

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