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Un mois au Laos avec "Les Gros Sacs"! C'est reparti pour un tour!
Hello les voyageurs :)
Les Gros Sacs sont de retour, accrochez vos ceintures 😛
Après notre carnet de voyage "3 semaines au Myanmar avec Les Gros Sacs", nous remettons le couvert avec le Laos cette fois-ci.
Pour rappel, nous sommes actuellement en tour du monde depuis le 1er septembre 2016. Nous avons déjà parcouru le Sri Lanka, le Myanmar, la Thaïlande du Nord, le Laos donc, et nous sommes actuellement au Cambodge
Le contexte : - Du 4 novembre au 3 décembre 2016 - En couple - 4ème destination de notre tour du monde - Les Gros Sacs = Nous = Anaïs & Florent 🙂 - Notre blog si par hasard notre style vous plait : www.lesgrossacs.com - Et si vous aimez les photos, notre instagram : @lesgrossacs - Et tant qu'on y est, si vous voulez rigolez un peu tous les jours, notre page Facebook
Sommaire du carnet : - Descendre le Mékong depuis la frontière Thaïlande/Laos jusqu'à Luang Prabang - Luang Prabang - La Plaine des Jarres (Phonsavan) - Vientiane (pendant le festival That Luang) - Vang Vieng - La boucle de Thakhek en scooter - Le plateau des Bolovens en scooter - Les 4000 îles (Don Khone pour nous) - Traverser la frontière entre Laos et Cambodge (sans payer de bakchich !) - Le bilan (en chiffre et en lettres) - La vidéo - Vos critiques et insultes 😉
Allez c'est parti :)
Les Gros Sacs sont de retour, accrochez vos ceintures 😛
Après notre carnet de voyage "3 semaines au Myanmar avec Les Gros Sacs", nous remettons le couvert avec le Laos cette fois-ci.
Pour rappel, nous sommes actuellement en tour du monde depuis le 1er septembre 2016. Nous avons déjà parcouru le Sri Lanka, le Myanmar, la Thaïlande du Nord, le Laos donc, et nous sommes actuellement au Cambodge
Le contexte : - Du 4 novembre au 3 décembre 2016 - En couple - 4ème destination de notre tour du monde - Les Gros Sacs = Nous = Anaïs & Florent 🙂 - Notre blog si par hasard notre style vous plait : www.lesgrossacs.com - Et si vous aimez les photos, notre instagram : @lesgrossacs - Et tant qu'on y est, si vous voulez rigolez un peu tous les jours, notre page Facebook
Sommaire du carnet : - Descendre le Mékong depuis la frontière Thaïlande/Laos jusqu'à Luang Prabang - Luang Prabang - La Plaine des Jarres (Phonsavan) - Vientiane (pendant le festival That Luang) - Vang Vieng - La boucle de Thakhek en scooter - Le plateau des Bolovens en scooter - Les 4000 îles (Don Khone pour nous) - Traverser la frontière entre Laos et Cambodge (sans payer de bakchich !) - Le bilan (en chiffre et en lettres) - La vidéo - Vos critiques et insultes 😉
Allez c'est parti :)
42 jours dans l'Ouest américain: Le retour
Nous voici fraichement rentrés des Etats-Unis après 6 semaines de vadrouille.
De Seattle à San Francisco.
Etats traversés: Washington, Montana, Wyoming, Utah, Arizona, Nevada, Californie.
Je joins le lien de la préparation du voyage, des discussions que j'avais ouvertes sur VF:
http://voyageforum.com/...s-detaille-d6907423/
puis...
http://voyageforum.com/...le-presque-d7085877/
Au final, l'itinéraire est resté le même et tout s'est déroulé à peu près comme prévu à quelques exceptions près. On a eu beaucoup de chance avec la météo en général mis à part trois jours pluvieux. C'était un long périple, de Seattle à San Francisco, qui peut ne pas convenir à tout le monde, mais qui nous a permis de voir beaucoup de paysages différents, de rencontrer pas mal de monde. Un bilan très positif dans l'ensemble, surtout pour moi qui ai pu parler anglais à ma guise et qui surtout voulais faire ce voyage. Peut être y retournerons-nous, peut être non car il reste beaucoup d'endroits que nous n'avons pas encore visités dans ce vaste monde... Je me vois bien revenir dans l'Utah, pour explorer certains coins , ou encore dans les états du nord du pays. Donc, c'est parti ...
10 juillet
De Roissy à Seattle
Décollage à 7:30 après une nuit très courte passée dans un hôtel à Roissy. On a fait une petite escale à Londres et avons bien sympathisé avec une Américaine de Chicago. On est arrivés à midi à Seattle après avoir traversé le Groendland et le nord-est du Canada. J'adore ces paysages de l'extrême qui me donnent un avant-goût de ce que j'aimerais voir plus tard: la région des pôles...

On récupère la voiture chez Alamo , un SUV modèle Ford Escape du New Mexico. J'ai trouvé le système de location vraiment rapide et efficace.

De Seattle à Ashford
Puis c'est parti pour environ deux heures de route jusqu'à notre 1ère étape: Mt Rainier NP. Nous passons une nuit réparatrice à Ashford à l'entrée du parc après avoir dîné dans un adorable restau typique à 18heures. Epuisés, nous sommes allés nous coucher à... 19h30 ! Gateway Inn (bof !)
11 juillet De Rainier NP à Spokane (Washington)
Nous sommes réveillés aux aurores... Nous nous acquittons de la sommes de $80 pour le pass "America the Beautiful" (pas cher au regard du nombre de parcs visités) et entrons dans le parc. Il ne fait pas beau et nous ne verrons pas le mt Rainier. Nous sommes un peu déçus mais ce parc ne constitue qu'une rapide étape dans notre parcours. Nous nous dirigeons vers le secteur "Paradise" où nous faisons une petite randonnée d'environ deux heures. C'est un endroit fréquenté surtout par les Américains. Nous n'y avons pas rencontré de touristes étrangers. C'est très vert. Des Columbia trees, de magnifiques fleurs. C'est joli, même sous la pluie.

Bon la photo ne donne pas grand chose... Rencontre des 1ers animaux...

Nous quittons le parc dans l'après-midi et poursuivons notre route jusqu'à Spokane. Ville sans intérêt particulier mais nous y avons trouvé les habitants particulièrement chaleureux. La route était belle en sortant du Rainier NP. Les paysages très boisés ont laissé place à un environnement plus sec.

Longue route jusqu'à Spokane où nous faisons quelques achats et où nous passons la 2ème nuit. Econo Lodge Inn. Bien et pas cher. Belle piscine dont nous n'avons pas profité.
http://voyageforum.com/...s-detaille-d6907423/
puis...
http://voyageforum.com/...le-presque-d7085877/
Au final, l'itinéraire est resté le même et tout s'est déroulé à peu près comme prévu à quelques exceptions près. On a eu beaucoup de chance avec la météo en général mis à part trois jours pluvieux. C'était un long périple, de Seattle à San Francisco, qui peut ne pas convenir à tout le monde, mais qui nous a permis de voir beaucoup de paysages différents, de rencontrer pas mal de monde. Un bilan très positif dans l'ensemble, surtout pour moi qui ai pu parler anglais à ma guise et qui surtout voulais faire ce voyage. Peut être y retournerons-nous, peut être non car il reste beaucoup d'endroits que nous n'avons pas encore visités dans ce vaste monde... Je me vois bien revenir dans l'Utah, pour explorer certains coins , ou encore dans les états du nord du pays. Donc, c'est parti ...
10 juillet
De Roissy à Seattle
Décollage à 7:30 après une nuit très courte passée dans un hôtel à Roissy. On a fait une petite escale à Londres et avons bien sympathisé avec une Américaine de Chicago. On est arrivés à midi à Seattle après avoir traversé le Groendland et le nord-est du Canada. J'adore ces paysages de l'extrême qui me donnent un avant-goût de ce que j'aimerais voir plus tard: la région des pôles...

On récupère la voiture chez Alamo , un SUV modèle Ford Escape du New Mexico. J'ai trouvé le système de location vraiment rapide et efficace.

De Seattle à Ashford
Puis c'est parti pour environ deux heures de route jusqu'à notre 1ère étape: Mt Rainier NP. Nous passons une nuit réparatrice à Ashford à l'entrée du parc après avoir dîné dans un adorable restau typique à 18heures. Epuisés, nous sommes allés nous coucher à... 19h30 ! Gateway Inn (bof !)
11 juillet De Rainier NP à Spokane (Washington)
Nous sommes réveillés aux aurores... Nous nous acquittons de la sommes de $80 pour le pass "America the Beautiful" (pas cher au regard du nombre de parcs visités) et entrons dans le parc. Il ne fait pas beau et nous ne verrons pas le mt Rainier. Nous sommes un peu déçus mais ce parc ne constitue qu'une rapide étape dans notre parcours. Nous nous dirigeons vers le secteur "Paradise" où nous faisons une petite randonnée d'environ deux heures. C'est un endroit fréquenté surtout par les Américains. Nous n'y avons pas rencontré de touristes étrangers. C'est très vert. Des Columbia trees, de magnifiques fleurs. C'est joli, même sous la pluie.

Bon la photo ne donne pas grand chose... Rencontre des 1ers animaux...

Nous quittons le parc dans l'après-midi et poursuivons notre route jusqu'à Spokane. Ville sans intérêt particulier mais nous y avons trouvé les habitants particulièrement chaleureux. La route était belle en sortant du Rainier NP. Les paysages très boisés ont laissé place à un environnement plus sec.

Longue route jusqu'à Spokane où nous faisons quelques achats et où nous passons la 2ème nuit. Econo Lodge Inn. Bien et pas cher. Belle piscine dont nous n'avons pas profité.
Retour au Japon pour deux semaines... en duo
Bonjour à tous ! Plus d'un an après, je trouve enfin le temps de poster mon retour sur mon deuxième voyage au Japon.
Après un premier voyage en solitaire d'un peu plus de trois semaines en septembre/octobre 2009, nous avons décidé d'y retourner en couple en avril 2013 car je n'arrêtais pas de bassiner Mme sur le Japon et elle a finalement concédé de m'y accompagner.
À savoir: - lors de mon premier voyage j'avais visité Kyoto (2 jours), Osaka (1 jour) et bien sûr Tokyo (environ 3 semaines avec une journée à Enoshima et une journée à Kamakura). Pour ce deuxième voyage, il fallait bien sûr refaire ces essentiels car Mme n'y étais jamais allée mais il fallait aussi découvrir de nouvelle choses pour que je ne m'ennuie pas 😇 - Mme était enceinte de 4 mois et donc un peu fragile. Il ne fallait donc pas trop forcer sur le planning et aménager des journées sans trop de déplacements. - j'apprécie l'architecture, surtout urbaine, sans en être spécialiste, je ne suis pas fan de manga mais j'aime ce qu'on appelle "la culture geek". Par contre je suis un grand fan de jeux vidéo (sans y passer des heures non plus). Je suis un grand amateur de nourriture et j'aime essayer pleins de nouvelles choses. Mme aime beaucoup l'Asie en général et l'artisanat asiatique plus précisément. Comme moi elle aime découvrir de nouvelles gastronomie et aime beaucoup visiter. Elle aime le shopping sans en être accro.
Préparation du voyage: - billets réservés sur Opodo.fr au départ de Paris le 18/04 avec escale à Dubaï de 2 heures à l'aller et de 10 heures au retour (le temps pour nous de visiter le Burj Khalifa). 546 euros aller-retour, si je me souviens bien, par personne. - après une première expérience concluante en 2009 pour le Japon et en 2011 pour les États-Unis, nous avons décidé de refaire confiance au site Yes Change pour changer nos euros: 1000 euros à un taux pas trop désavantageux à l'époque (1€=141 yen si je me souviens bien alors qu'il était à 121 lors de mon premier voyage 😐).
Visites prévues: Vous le découvrirez au fil du carnet, c'est plus amusant. Par contre je vous préviens, c'est du classique de chez classique 😉
PS: j'en profite pour remercier les forumeurs de VF pour leur aide et leurs conseils juste avant de partir.

Après un premier voyage en solitaire d'un peu plus de trois semaines en septembre/octobre 2009, nous avons décidé d'y retourner en couple en avril 2013 car je n'arrêtais pas de bassiner Mme sur le Japon et elle a finalement concédé de m'y accompagner.
À savoir: - lors de mon premier voyage j'avais visité Kyoto (2 jours), Osaka (1 jour) et bien sûr Tokyo (environ 3 semaines avec une journée à Enoshima et une journée à Kamakura). Pour ce deuxième voyage, il fallait bien sûr refaire ces essentiels car Mme n'y étais jamais allée mais il fallait aussi découvrir de nouvelle choses pour que je ne m'ennuie pas 😇 - Mme était enceinte de 4 mois et donc un peu fragile. Il ne fallait donc pas trop forcer sur le planning et aménager des journées sans trop de déplacements. - j'apprécie l'architecture, surtout urbaine, sans en être spécialiste, je ne suis pas fan de manga mais j'aime ce qu'on appelle "la culture geek". Par contre je suis un grand fan de jeux vidéo (sans y passer des heures non plus). Je suis un grand amateur de nourriture et j'aime essayer pleins de nouvelles choses. Mme aime beaucoup l'Asie en général et l'artisanat asiatique plus précisément. Comme moi elle aime découvrir de nouvelles gastronomie et aime beaucoup visiter. Elle aime le shopping sans en être accro.
Préparation du voyage: - billets réservés sur Opodo.fr au départ de Paris le 18/04 avec escale à Dubaï de 2 heures à l'aller et de 10 heures au retour (le temps pour nous de visiter le Burj Khalifa). 546 euros aller-retour, si je me souviens bien, par personne. - après une première expérience concluante en 2009 pour le Japon et en 2011 pour les États-Unis, nous avons décidé de refaire confiance au site Yes Change pour changer nos euros: 1000 euros à un taux pas trop désavantageux à l'époque (1€=141 yen si je me souviens bien alors qu'il était à 121 lors de mon premier voyage 😐).
Visites prévues: Vous le découvrirez au fil du carnet, c'est plus amusant. Par contre je vous préviens, c'est du classique de chez classique 😉
PS: j'en profite pour remercier les forumeurs de VF pour leur aide et leurs conseils juste avant de partir.

Pffff... Encore un carnet sur Bali et Java...
Ca y est, encore un carnet sur Bali, l'île aux fleurs qui n'a plus rien d'original selon les spécialistes (ou devrais-je plutôt dire les connaisseurs) de l'Indonésie. C'est vrai qu'on entend souvent que Bali est devenu l'image parfaite du tourisme de masse, la destination qui figure sur tous les catalogues des tours-operator.
Pourquoi y aller dès lors ? Sûrement parce que KLM cassait les prix sur le vol pour Denpasar, sûrement car il y a sans doute moyen d'éviter les cars et les hôtels-spa formule all inclusive, sûrement parce que Bali était tout de même sur notre liste des endroits où aller (et pendant qu'il est encore temps vu les messages alarmistes quant à la gestion du tourisme sur l'île), sûrement car nous avions besoin de notre dose d'Asie et qu'en septembre, mousson oblige, Bali restait une valeur sûre en terme de météo.
KLM donc. Un vol sans surprise, avion à l'heure, assez neuf pour avoir un large choix de films, un horaire agréable avec un transit de deux heures seulement à Amsterdam. Bien sûr, la qualité du service ne vaut pas Qatar, Etihad ou Emirates, mais comme dit plus haut, à 680 Euros le Genève-Amsterdam-Denpasar, on ne fait pas trop la fine bouche. Seul bémol, le triple 7 version 300 utilise chaque espace pour entasser ses passagers. Peu de place pour les jambes, siège étroit, heureusement la petite-pilule-miracle-qui-fait-dormir a fait son effet. Un stop d'une heure à Singapour pour remplir les réservoirs et laisser descendre une partie de l'avion et en deux heures supplémentaires nous posons à Denpasar. 20 heures de voyage, c'est loin Bali.
L'arrivée est simple, on va faire la queue pour payer le visa, 25 US $ ou 20 Euros. On reçoit une quittance à montrer à l'Immigration qui va apposer le sésame dans votre passeport. Récupération des bagages et nous voilà dehors en moins de 40 minutes. A la sortie, des dizaines de chauffeurs affichent des pancartes avec autant de noms de clients. Si vous êtes attendus, préparez-vous à de la lecture, il est très facile de ne pas repérer sa petite pancarte.
Pour notre part, notre chauffeur est là, nous l'identifions dans la foule. Direction Taman, un petit village pas très loin d'Ubud, "in the middle of nowhere" comme aime l'appeler Wayan chez qui nous logeons. Wayan et sa femme Ayu tiennent un petit B&B à l'écart des circuits touristiques, pour ceux qui veulent justement vivre Bali autrement. Un petit bugalow au fond du jardin, un lit douillet, une moustiquaire efficace, une incroyable douche en plein air et un splendide jardin tropical. Nous avions trouvé ce petit bijou via le site Airbnb.com et dès notre arrivée, nous savons déjà que nous ne nous sommes pas trompés d'endroit. L'accueil est chaleureux, le couple et leurs deux enfants sont aux petits soins. Nous faisons connaissance autour d'une tasse de thé, le courant passe, surtout que tous parlent un excellent anglais ce qui facilite la communication.
La première nuit est fraîche, le drap immaculé ne sera pas de trop. Le décalage bat son plein vers les 3 heures du matin, nous tenant réveillés et nous permettant d'entendre chiens, criquets, geckos et les habituels coqs, qui comme partout dans le monde chantent au milieu de la nuit. Au petit matin, la fatigue nous permet de regagner quelques heures de sommeil avant un succulent petit-déjeuner, omelette aux légumes et fruits frais au programme. Wayan nous décrit une balade à faire à pied dans les environs, une boucle d'environ une heure à travers la campagne. Un des chiens de la famille va nous servir de guide, si ce n'est pas plutôt le contraire, et nous voila partis au milieu des rizières juste derrière la maison. Pas un Blanc à l'horizon. Nous voyons plusieurs paysans travailler pieds nus dans l'eau et la boue et nous nous approchons pour voir ce dur labeur. Les sourires nous accueillent. La balade dure effectivement une heure, non seulement dans la nature, mais aussi le long d'une petite route entourée d'habitations. Le chien de Wayan semble apprécier faire peur aux poules, il joue à leur courir après.
De retour au B&B, nous décidons de partir pour Ubud. Wayan va donc nous louer un scooter et nous fournir une carte, dessinée à la main, pour trouver notre chemin. La carte en question est indispensable, ici aucun nom de rue, aucun panneau indicateur, par contre beaucoup de carrefours et de routes qui partent à droite ou à gauche. Trouver la route principale pour Ubud n'a pas été si compliqué. Mais ensuite, nous avons dû demander notre chemin deux ou trois fois pour rejoindre la ville. La circulation se fait lentement, mais il faut avouer qu'il vaut mieux être assez habile en deux roues pour se lancer sur les routes balinaises.
Nous atteignons Ubud qui est une ville qui s'étale sur une large distance. Nous laissons le scooter et les casques près d'un supermarché K pour partir à pied le long de Monkey Forest Road. Nous n'allons volontairement pas à la Monkey Forest, car Wayan va nous emmener faire un tour en vélo et nous passerons justement dans une forêt peuplée de singes, mais sans touriste du côté de Sangeh. Ubud, une succession de boutiques, d'hôtels de classe supérieure avec spa, de restaurants, mais aussi des dizaines d'hommes qui vous sollicitent pour un transport en taxi. La haute saison semble être terminée, les touristes ne semblent plus être si nombreux et le travail manque visiblement pour les chauffeurs. A part cela, il est agréable de se promener dans les rues. Nous achetons une carte SIM indonésienne destinée à nos appels locaux. Petit repas dans un restaurant sur Monkey Forest Road, certifié Tripadvisor, puis ce sera le retour vers Taman et notre petit bijou.
Là encore, aucun panneau pour se repérer. Il va falloir se souvenir du trajet aller et demander son chemin à quelques reprises. A l'arrivée vers Taman, il y a de grandes rizières, bien vertes, au milieu desquelles des enfants font voler des cerfs-volants. Nous partons les voir à travers les petits chemins entre les champs. Un beau spectacle dans un splendide paysage. A notre retour, je me décide pour un massage qui sera effectué par une femme du village, venue pour l'occasion. Une heure de relaxation et de plaisir après les 20 heures d'avion d'hier.
Première journée à Bali et nous prenons nos marques. Pour la conduite du 2 roues, pour la nourriture, les gens, l'ambiance. Ca démarre bien !
La seconde nuit n'est pas aussi fraîche que la première et notre sommeil commence à se réguler. Au milieu de la nuit, c'est une belle averse tropicale qui va tout de même nous réveiller, avant de nous bercer. Le matin, la faune s'éveille, toujours les coqs, que la pluie avait rendus silencieux, et les chiens bien sûr. Pour notre petit-déjeuner, Ayu part au fond de son jardin tropical chercher quelques bananes directement sur l'arbre. Elle nous propose un "green pancake", en nous expliquant qu'il s'agit d'une pâte à crêpe mixée avec les feuilles d'une plante locale. Il faut goûter, alors allons-y. Sur l'assiette, le pancake est bien vert et agrémenté de bananes, et il faut encore le parsemer de sucre de palme tiède. Un délice !
Aujourd'hui, Wayan et Ayu sont invités à la cérémonie de mariage d'un cousin. Et ils nous convient à participer à la fête. Wayan va même nous fournir des habits traditionnels balinais, un sarong et une coiffe spéciale afin de respecter les coutumes. Nous devons être au B&B à 13h00 pour nous préparer. Ce qui nous laisse le temps de partir visiter les environs, toujours en scooter. Wayan nous dit qu'il y a un petit lac où ses enfants aiment aller nager, pas très loin, et que dans cette région il y a encore la Monkey Forest de Sangeh. Il nous dessine une nouvelle fois une carte afin que nous ne nous perdions pas sur les petites routes des environs. En peu de temps, nous arrivons vers ce petit lac, au pied d'un temple. L'endroit est assez photogénique. Nous poussons ensuite vers la Monkey Forest de Sangeh. La différence avec Ubud est que l'endroit est géré par une communauté villageoise, à qui profitent les bénéfices tout en fournissant des emplois. Un guide accompagne les visiteurs, mais surtout pour s'assurer que les singes ne soient pas trop dérangeants. Le site est vraiment beau avec une allée splendide et des arbres d'une belle hauteur. Les singes sont là, mais n'ont aucune agressivité. Contrairement à ce qu'on lit au sujet de la Monkey Forest d'Ubud, ici ils ne tentent pas de piquer tout ce qu'ils peuvent. Par contre, sans même prévenir, les voilà sur votre dos, sur votre crâne ou sur vos épaules. Le guide, et lui seul dans un premier temps, peut alors leur donner un biscuit, le temps de faire une photo. Il suffit ensuite de s'accroupir pour que l'animal redescende et aille chercher sa friandise auprès d'un autre visiteur. A la sortie du site, il y a évidemment le passage obligé devant de nombreuses boutiques, mais les sollicitations sont polies et pas agressives.
Fin de matinée, retour chez Wayan, toujours à l'aide de l'excellente carte qu'il m'a préparée. Circuler sur ces petites routes est très agréable, peu ou pas de trafic, allure lente et plein de choses à voir. Comme ces serpents écrasés sur la route, tout gris et long parfois d'un mètre ou plus. Wayan me dit qu'ils viennent des rizières, mais qu'ils ne sont pas dangereux. Les paysans les protègent même, car ils mangent les petits rongeurs qui abîment les plantations.
A 13h00, nous sommes pile au rendez-vous. Wayan et Ayu vont nous préparer pour aller à la cérémonie, car nos habits occidentaux ne seront pas adaptés. Chacun de nous aura donc son sarong, avec la ceinture, et pour ma part, je porterai encore la coiffre balinaise, une espèce de bandana, mais vide sur le milieu du crâne. Nous arrivons au temple où tout se déroule. Le couple de mariés n'est pas encore là, mais la communauté du village est déjà bien présente. Les gens ne nous dévisagent pas, nous sommes accueillis par des sourires et des "Hello". A peine assis, on nous offre du thé et quelques gâteaux balinais. Nous constatons que les femmes se regroupent entre elles, avec les enfants, alors que les hommes partent à l'écart pour jouer aux cartes et boire du vin de palme. Un vin qu'on me fait goûter en me précisant que de l'écorce de noix de coco y a été ajouté afin de la faire fermenter et augmenter le taux d'alcool. Autant le dire, ce n'est pas vraiment fameux.
Les mariés se font attendre, mais vers les 15h00 les voilà qui arrivent. La future épouse est parée d'un magnifique sarong et surtout d'une coiffe faite de métal doré et de vraies fleurs. De plus, elle est super maquillée, yeux, lèvres, fond de teint, faux cils, évidemment c'est la reine du jour. Le marié, lui, porte un veste de velours, un pantalon en soie, le tout dans les tons bleus, avec la traditionnelle ceinture balinaise et un poignard sur le flanc. Les mariés déambulent dans la foule des villageois, un peu dans l'indifférence générale. Puis, les deux familles concernées se regroupent sous un couvert, pour des discussions et des recommandations, avant que les mariés ne signent un registre. Ils iront ensuite devant le temple, pour une cérémonie religieuse, ne regroupant que quelques participants. Puis, il y a aura encore la bénédiction des offrandes. Nous n'avons pas tout compris aux rites du mariage à Bali, mais il semblerait bien que la communauté du village de Taman se regroupait pour assister et être témoin de l'union et non pas pour la fêter. Ni musique, ni chants, juste de la présence. Nous aurons également mangé sur place, avec les doigts, goûtant aux plats préparés pour la circonstance.
Tout au long de l'après-midi, nous aurons eu droit à des sourires. La mariée elle-même viendra nous remercier d'être venus assister à son union et nous avons pu prendre quelques photos avec elle. En milieu d'après-midi, nous avons été rejoints par des Québécois qui ont réservé une chambre chez Wayan, dans des nouveaux bungalows construits plus loin dans son jardin. Des chambres flambantes neuves, également avec une magnifique douche extérieure.
Le soir à table, nous faisons connaissance avec Mike et Isabelle qui ont quitté la Belle Province pour 40 jours de voyage à Bali et peut-être ses environs. Belle journée bien remplie.
Troisième jour à Taman. Aujourd'hui, nous partons visiter en scooter les temples de Gunung Kawi et du Tirta Empul dans la région de Tampaksiring. Départ vers 09h30, direction Ubud. Cette fois-ci, plus besoin de carte, nous maîtrisons le trajet sans souci. Nous avons décidé, sur conseil de Wayan, de passer par Tekallalang pour couper ensuite sur Tampaksiring. Selon lui, la route est plus belle par là. A Ubud, nous passons devant le marché et pour une fois la direction est indiquée.
La route qui monte vers Tekallalang n'est qu'une succession de boutiques et de magasins, vendant surtout de l'artisanat local. A la sortie de Tekallalang, nous atteignons le village de Cekin. Et là, c'est le spectacle garanti. De magnifiques rizières en terrasse directement en face de la route, bien vertes. Nous faisons un stop évidemment et il est même possible de monter dans les terrasses contre une petite donation personnelle. Que ce soit vers la route ou au milieu des rizières, l'endroit est particulièrment photogénique. Nous y restons le temps de finir la balade, avant de repartir. Arrivés à Sebatu, c'est par là normalement que la route tourne pour Tampaksiring. Mais comme à chaque fois, aucun panneau n'indique le chemin à suivre. Il faut donc demander, mais on nous indique toujours la bonne direction avec le sourire.
A peine sur le chemin quittant Sebatu, voilà que nous apercevons un panneau indiquant le Gunung Kawi. Déjà ? Nous nous y rendons et nous visitons ce beau, mais modeste temple. Nous apprendrons plus tard qu'il ne s'agit pas du Gunung Kawi mentionné dans les guides, lequel se trouve bien dans la ville de Tampaksiring. Tampaksiring, où nous avons failli passer à côté du Gunung Kaw que nous voulions voir et qui est indiqué depuis une large avenue. Avant de nous y rendre, nous avons pris notre lunch au bord de la route, dans un petit Warung dont la nourriture était exposée en vitrine. Une assiette de riz, et on y rajoute ce que l'on veut selon la préparation du jour. Simple mais bon, deux assiettes pour 35'000 Rps.
Le "vrai" Gunung Kawi est splendide. Il est en bas d'une longue série d'escaliers, dans un petit vallon où coule une rivière. Sous un couvert, des femmes préparent des offrandes et nous montrent ce qu'elles sont en train de confectionner, acceptant aussi d'être prises en photo. Business is business, mais dommage que le site soit envahi par les vendeurs tout au long de l'entrée et sur une partie de la descente. Sans nous harceler vraiment, ils sont tout de même assez insistants.
Nous aurons ainsi vu les deux Gunung Kawi de la région !
A quelques minutes du Gunung Kawi se trouve le temple de Tirta Empul. Un splendide endroit, très fréquenté au milieu de l'après-midi. Outre les bâtiments du temple, on y trouve aussi des bains publics où les Balinais viennent se purifier dans un bassin qui déverse de l'eau d'une source sacrée découverte en 962. Là encore, le spectacle est au rendez-vous et nous pouvons prendre de splendides photos. Une seule touriste a osé se mettre à l'eau, les autres Occidentaux se contentant de prendre quelques photos. Je ne résiste pas à l'idée de me tremper dans cette eau limpide. Un vestiaire commun permet de se changer et il y a des casiers pour ranger ses affaires. Exclu de se baigner en maillot de bain, il faut garder au minimum le sarong. Et bien je rendrai le mien complètement mouillé à Wayan. L'eau est fraîche sans être froide. Le fond du bassin est rempli de cailloux et le rituel consiste à aller à l'une des fontaines qui déversent l'eau pour se mouiller le crâne. Je me lance donc et je me purifie de l'eau de la source sacrée. Les Balinais sourient en me voyant aller et ressortir de l'eau. Moquerie ? Respect ? Difficile de savoir. En tous les cas, pas de réaction hostile à ma présence dans les bassins.
Retour ensuite sur Taman, via Ubud. Là encore, pas de souci particulier, nous retrouvons notre chemin facilement. La conduite en scooter n'est pas si compliquée, surtout compte tenu du fait que le trafic est lent. D'ailleurs, la moyenne parcourue ne dépasse pas les 30-35 km/h, si on sort des grands axes, que ce soit en voiture ou en 2 roues. Le truc est de bien être attentif à ce qui est autour de soi, de rester bien à gauche de la chaussée et de rouler dans le trafic. Rester bien à gauche est une règle essentielle. Une voiture qui arrive en face et qui veut dépasser ne va pas se soucier de vous si vous êtes au milieu de votre propre voie. C'est à vous de vous pousser ! Et attention aux trous aussi, ils sont rares, car le bitume est bon, mais avec les petites roues des scooters, passer dans un trou à une certaine vitesse serait synonyme de chute et d'ennuis...
En arrivant à Taman, nous nous arrêtons au marché acheter quelques beignets pour toute la famille de Wayan et les occupants de son B&B. Nous faisons aussi le plein d'essence dans une des petites échoppes qui proposent de la benzine au litre, dans des bouteilles d'Absolute Vodka. Avant de regagner notre résidence pour nous remettre de la fatigue de la journée.
KLM donc. Un vol sans surprise, avion à l'heure, assez neuf pour avoir un large choix de films, un horaire agréable avec un transit de deux heures seulement à Amsterdam. Bien sûr, la qualité du service ne vaut pas Qatar, Etihad ou Emirates, mais comme dit plus haut, à 680 Euros le Genève-Amsterdam-Denpasar, on ne fait pas trop la fine bouche. Seul bémol, le triple 7 version 300 utilise chaque espace pour entasser ses passagers. Peu de place pour les jambes, siège étroit, heureusement la petite-pilule-miracle-qui-fait-dormir a fait son effet. Un stop d'une heure à Singapour pour remplir les réservoirs et laisser descendre une partie de l'avion et en deux heures supplémentaires nous posons à Denpasar. 20 heures de voyage, c'est loin Bali.
L'arrivée est simple, on va faire la queue pour payer le visa, 25 US $ ou 20 Euros. On reçoit une quittance à montrer à l'Immigration qui va apposer le sésame dans votre passeport. Récupération des bagages et nous voilà dehors en moins de 40 minutes. A la sortie, des dizaines de chauffeurs affichent des pancartes avec autant de noms de clients. Si vous êtes attendus, préparez-vous à de la lecture, il est très facile de ne pas repérer sa petite pancarte.
Pour notre part, notre chauffeur est là, nous l'identifions dans la foule. Direction Taman, un petit village pas très loin d'Ubud, "in the middle of nowhere" comme aime l'appeler Wayan chez qui nous logeons. Wayan et sa femme Ayu tiennent un petit B&B à l'écart des circuits touristiques, pour ceux qui veulent justement vivre Bali autrement. Un petit bugalow au fond du jardin, un lit douillet, une moustiquaire efficace, une incroyable douche en plein air et un splendide jardin tropical. Nous avions trouvé ce petit bijou via le site Airbnb.com et dès notre arrivée, nous savons déjà que nous ne nous sommes pas trompés d'endroit. L'accueil est chaleureux, le couple et leurs deux enfants sont aux petits soins. Nous faisons connaissance autour d'une tasse de thé, le courant passe, surtout que tous parlent un excellent anglais ce qui facilite la communication.
La première nuit est fraîche, le drap immaculé ne sera pas de trop. Le décalage bat son plein vers les 3 heures du matin, nous tenant réveillés et nous permettant d'entendre chiens, criquets, geckos et les habituels coqs, qui comme partout dans le monde chantent au milieu de la nuit. Au petit matin, la fatigue nous permet de regagner quelques heures de sommeil avant un succulent petit-déjeuner, omelette aux légumes et fruits frais au programme. Wayan nous décrit une balade à faire à pied dans les environs, une boucle d'environ une heure à travers la campagne. Un des chiens de la famille va nous servir de guide, si ce n'est pas plutôt le contraire, et nous voila partis au milieu des rizières juste derrière la maison. Pas un Blanc à l'horizon. Nous voyons plusieurs paysans travailler pieds nus dans l'eau et la boue et nous nous approchons pour voir ce dur labeur. Les sourires nous accueillent. La balade dure effectivement une heure, non seulement dans la nature, mais aussi le long d'une petite route entourée d'habitations. Le chien de Wayan semble apprécier faire peur aux poules, il joue à leur courir après.
De retour au B&B, nous décidons de partir pour Ubud. Wayan va donc nous louer un scooter et nous fournir une carte, dessinée à la main, pour trouver notre chemin. La carte en question est indispensable, ici aucun nom de rue, aucun panneau indicateur, par contre beaucoup de carrefours et de routes qui partent à droite ou à gauche. Trouver la route principale pour Ubud n'a pas été si compliqué. Mais ensuite, nous avons dû demander notre chemin deux ou trois fois pour rejoindre la ville. La circulation se fait lentement, mais il faut avouer qu'il vaut mieux être assez habile en deux roues pour se lancer sur les routes balinaises.
Nous atteignons Ubud qui est une ville qui s'étale sur une large distance. Nous laissons le scooter et les casques près d'un supermarché K pour partir à pied le long de Monkey Forest Road. Nous n'allons volontairement pas à la Monkey Forest, car Wayan va nous emmener faire un tour en vélo et nous passerons justement dans une forêt peuplée de singes, mais sans touriste du côté de Sangeh. Ubud, une succession de boutiques, d'hôtels de classe supérieure avec spa, de restaurants, mais aussi des dizaines d'hommes qui vous sollicitent pour un transport en taxi. La haute saison semble être terminée, les touristes ne semblent plus être si nombreux et le travail manque visiblement pour les chauffeurs. A part cela, il est agréable de se promener dans les rues. Nous achetons une carte SIM indonésienne destinée à nos appels locaux. Petit repas dans un restaurant sur Monkey Forest Road, certifié Tripadvisor, puis ce sera le retour vers Taman et notre petit bijou.
Là encore, aucun panneau pour se repérer. Il va falloir se souvenir du trajet aller et demander son chemin à quelques reprises. A l'arrivée vers Taman, il y a de grandes rizières, bien vertes, au milieu desquelles des enfants font voler des cerfs-volants. Nous partons les voir à travers les petits chemins entre les champs. Un beau spectacle dans un splendide paysage. A notre retour, je me décide pour un massage qui sera effectué par une femme du village, venue pour l'occasion. Une heure de relaxation et de plaisir après les 20 heures d'avion d'hier.
Première journée à Bali et nous prenons nos marques. Pour la conduite du 2 roues, pour la nourriture, les gens, l'ambiance. Ca démarre bien !
La seconde nuit n'est pas aussi fraîche que la première et notre sommeil commence à se réguler. Au milieu de la nuit, c'est une belle averse tropicale qui va tout de même nous réveiller, avant de nous bercer. Le matin, la faune s'éveille, toujours les coqs, que la pluie avait rendus silencieux, et les chiens bien sûr. Pour notre petit-déjeuner, Ayu part au fond de son jardin tropical chercher quelques bananes directement sur l'arbre. Elle nous propose un "green pancake", en nous expliquant qu'il s'agit d'une pâte à crêpe mixée avec les feuilles d'une plante locale. Il faut goûter, alors allons-y. Sur l'assiette, le pancake est bien vert et agrémenté de bananes, et il faut encore le parsemer de sucre de palme tiède. Un délice !
Aujourd'hui, Wayan et Ayu sont invités à la cérémonie de mariage d'un cousin. Et ils nous convient à participer à la fête. Wayan va même nous fournir des habits traditionnels balinais, un sarong et une coiffe spéciale afin de respecter les coutumes. Nous devons être au B&B à 13h00 pour nous préparer. Ce qui nous laisse le temps de partir visiter les environs, toujours en scooter. Wayan nous dit qu'il y a un petit lac où ses enfants aiment aller nager, pas très loin, et que dans cette région il y a encore la Monkey Forest de Sangeh. Il nous dessine une nouvelle fois une carte afin que nous ne nous perdions pas sur les petites routes des environs. En peu de temps, nous arrivons vers ce petit lac, au pied d'un temple. L'endroit est assez photogénique. Nous poussons ensuite vers la Monkey Forest de Sangeh. La différence avec Ubud est que l'endroit est géré par une communauté villageoise, à qui profitent les bénéfices tout en fournissant des emplois. Un guide accompagne les visiteurs, mais surtout pour s'assurer que les singes ne soient pas trop dérangeants. Le site est vraiment beau avec une allée splendide et des arbres d'une belle hauteur. Les singes sont là, mais n'ont aucune agressivité. Contrairement à ce qu'on lit au sujet de la Monkey Forest d'Ubud, ici ils ne tentent pas de piquer tout ce qu'ils peuvent. Par contre, sans même prévenir, les voilà sur votre dos, sur votre crâne ou sur vos épaules. Le guide, et lui seul dans un premier temps, peut alors leur donner un biscuit, le temps de faire une photo. Il suffit ensuite de s'accroupir pour que l'animal redescende et aille chercher sa friandise auprès d'un autre visiteur. A la sortie du site, il y a évidemment le passage obligé devant de nombreuses boutiques, mais les sollicitations sont polies et pas agressives.
Fin de matinée, retour chez Wayan, toujours à l'aide de l'excellente carte qu'il m'a préparée. Circuler sur ces petites routes est très agréable, peu ou pas de trafic, allure lente et plein de choses à voir. Comme ces serpents écrasés sur la route, tout gris et long parfois d'un mètre ou plus. Wayan me dit qu'ils viennent des rizières, mais qu'ils ne sont pas dangereux. Les paysans les protègent même, car ils mangent les petits rongeurs qui abîment les plantations.
A 13h00, nous sommes pile au rendez-vous. Wayan et Ayu vont nous préparer pour aller à la cérémonie, car nos habits occidentaux ne seront pas adaptés. Chacun de nous aura donc son sarong, avec la ceinture, et pour ma part, je porterai encore la coiffre balinaise, une espèce de bandana, mais vide sur le milieu du crâne. Nous arrivons au temple où tout se déroule. Le couple de mariés n'est pas encore là, mais la communauté du village est déjà bien présente. Les gens ne nous dévisagent pas, nous sommes accueillis par des sourires et des "Hello". A peine assis, on nous offre du thé et quelques gâteaux balinais. Nous constatons que les femmes se regroupent entre elles, avec les enfants, alors que les hommes partent à l'écart pour jouer aux cartes et boire du vin de palme. Un vin qu'on me fait goûter en me précisant que de l'écorce de noix de coco y a été ajouté afin de la faire fermenter et augmenter le taux d'alcool. Autant le dire, ce n'est pas vraiment fameux.
Les mariés se font attendre, mais vers les 15h00 les voilà qui arrivent. La future épouse est parée d'un magnifique sarong et surtout d'une coiffe faite de métal doré et de vraies fleurs. De plus, elle est super maquillée, yeux, lèvres, fond de teint, faux cils, évidemment c'est la reine du jour. Le marié, lui, porte un veste de velours, un pantalon en soie, le tout dans les tons bleus, avec la traditionnelle ceinture balinaise et un poignard sur le flanc. Les mariés déambulent dans la foule des villageois, un peu dans l'indifférence générale. Puis, les deux familles concernées se regroupent sous un couvert, pour des discussions et des recommandations, avant que les mariés ne signent un registre. Ils iront ensuite devant le temple, pour une cérémonie religieuse, ne regroupant que quelques participants. Puis, il y a aura encore la bénédiction des offrandes. Nous n'avons pas tout compris aux rites du mariage à Bali, mais il semblerait bien que la communauté du village de Taman se regroupait pour assister et être témoin de l'union et non pas pour la fêter. Ni musique, ni chants, juste de la présence. Nous aurons également mangé sur place, avec les doigts, goûtant aux plats préparés pour la circonstance.
Tout au long de l'après-midi, nous aurons eu droit à des sourires. La mariée elle-même viendra nous remercier d'être venus assister à son union et nous avons pu prendre quelques photos avec elle. En milieu d'après-midi, nous avons été rejoints par des Québécois qui ont réservé une chambre chez Wayan, dans des nouveaux bungalows construits plus loin dans son jardin. Des chambres flambantes neuves, également avec une magnifique douche extérieure.
Le soir à table, nous faisons connaissance avec Mike et Isabelle qui ont quitté la Belle Province pour 40 jours de voyage à Bali et peut-être ses environs. Belle journée bien remplie.
Troisième jour à Taman. Aujourd'hui, nous partons visiter en scooter les temples de Gunung Kawi et du Tirta Empul dans la région de Tampaksiring. Départ vers 09h30, direction Ubud. Cette fois-ci, plus besoin de carte, nous maîtrisons le trajet sans souci. Nous avons décidé, sur conseil de Wayan, de passer par Tekallalang pour couper ensuite sur Tampaksiring. Selon lui, la route est plus belle par là. A Ubud, nous passons devant le marché et pour une fois la direction est indiquée.
La route qui monte vers Tekallalang n'est qu'une succession de boutiques et de magasins, vendant surtout de l'artisanat local. A la sortie de Tekallalang, nous atteignons le village de Cekin. Et là, c'est le spectacle garanti. De magnifiques rizières en terrasse directement en face de la route, bien vertes. Nous faisons un stop évidemment et il est même possible de monter dans les terrasses contre une petite donation personnelle. Que ce soit vers la route ou au milieu des rizières, l'endroit est particulièrment photogénique. Nous y restons le temps de finir la balade, avant de repartir. Arrivés à Sebatu, c'est par là normalement que la route tourne pour Tampaksiring. Mais comme à chaque fois, aucun panneau n'indique le chemin à suivre. Il faut donc demander, mais on nous indique toujours la bonne direction avec le sourire.
A peine sur le chemin quittant Sebatu, voilà que nous apercevons un panneau indiquant le Gunung Kawi. Déjà ? Nous nous y rendons et nous visitons ce beau, mais modeste temple. Nous apprendrons plus tard qu'il ne s'agit pas du Gunung Kawi mentionné dans les guides, lequel se trouve bien dans la ville de Tampaksiring. Tampaksiring, où nous avons failli passer à côté du Gunung Kaw que nous voulions voir et qui est indiqué depuis une large avenue. Avant de nous y rendre, nous avons pris notre lunch au bord de la route, dans un petit Warung dont la nourriture était exposée en vitrine. Une assiette de riz, et on y rajoute ce que l'on veut selon la préparation du jour. Simple mais bon, deux assiettes pour 35'000 Rps.
Le "vrai" Gunung Kawi est splendide. Il est en bas d'une longue série d'escaliers, dans un petit vallon où coule une rivière. Sous un couvert, des femmes préparent des offrandes et nous montrent ce qu'elles sont en train de confectionner, acceptant aussi d'être prises en photo. Business is business, mais dommage que le site soit envahi par les vendeurs tout au long de l'entrée et sur une partie de la descente. Sans nous harceler vraiment, ils sont tout de même assez insistants.
Nous aurons ainsi vu les deux Gunung Kawi de la région !
A quelques minutes du Gunung Kawi se trouve le temple de Tirta Empul. Un splendide endroit, très fréquenté au milieu de l'après-midi. Outre les bâtiments du temple, on y trouve aussi des bains publics où les Balinais viennent se purifier dans un bassin qui déverse de l'eau d'une source sacrée découverte en 962. Là encore, le spectacle est au rendez-vous et nous pouvons prendre de splendides photos. Une seule touriste a osé se mettre à l'eau, les autres Occidentaux se contentant de prendre quelques photos. Je ne résiste pas à l'idée de me tremper dans cette eau limpide. Un vestiaire commun permet de se changer et il y a des casiers pour ranger ses affaires. Exclu de se baigner en maillot de bain, il faut garder au minimum le sarong. Et bien je rendrai le mien complètement mouillé à Wayan. L'eau est fraîche sans être froide. Le fond du bassin est rempli de cailloux et le rituel consiste à aller à l'une des fontaines qui déversent l'eau pour se mouiller le crâne. Je me lance donc et je me purifie de l'eau de la source sacrée. Les Balinais sourient en me voyant aller et ressortir de l'eau. Moquerie ? Respect ? Difficile de savoir. En tous les cas, pas de réaction hostile à ma présence dans les bassins.
Retour ensuite sur Taman, via Ubud. Là encore, pas de souci particulier, nous retrouvons notre chemin facilement. La conduite en scooter n'est pas si compliquée, surtout compte tenu du fait que le trafic est lent. D'ailleurs, la moyenne parcourue ne dépasse pas les 30-35 km/h, si on sort des grands axes, que ce soit en voiture ou en 2 roues. Le truc est de bien être attentif à ce qui est autour de soi, de rester bien à gauche de la chaussée et de rouler dans le trafic. Rester bien à gauche est une règle essentielle. Une voiture qui arrive en face et qui veut dépasser ne va pas se soucier de vous si vous êtes au milieu de votre propre voie. C'est à vous de vous pousser ! Et attention aux trous aussi, ils sont rares, car le bitume est bon, mais avec les petites roues des scooters, passer dans un trou à une certaine vitesse serait synonyme de chute et d'ennuis...
En arrivant à Taman, nous nous arrêtons au marché acheter quelques beignets pour toute la famille de Wayan et les occupants de son B&B. Nous faisons aussi le plein d'essence dans une des petites échoppes qui proposent de la benzine au litre, dans des bouteilles d'Absolute Vodka. Avant de regagner notre résidence pour nous remettre de la fatigue de la journée.
7 juillet 2013 23:00-M6: plage, rap et boxe thaï: vacances de folie à Pattaya
Enquête exclusive
Pattaya en Thaïlande accueille chaque année plus de huit millions de touristes.
Récemment, cette incroyable cité balnéaire, popularisée par des stars du rap, est devenue le lieu de rendez-vous de dizaines de milliers de jeunes français.
Boxe thaï, « runs » en scooters et farniente sous les palmiers :
ici ils peuvent s'offrir un mois de vacances dans un hôtel design pour un prix imbattable, car une fois payé le billet d'avion le logement et la nourriture sont très abordables.
Kathy, une franco-canadienne, a choisi de vivre à Pattaya et travaille pour la police thaïlandaise.
Elle s'occupe de la sécurité des touristes : une mission sensible, notamment à cause de la prostitution.
Bars et gogo-danseuses ont fait la réputation de la ville : dans les années 1960, Pattaya était le point de ralliement des GI's Américains en goguette.
Aujourd'hui encore plus de 10 000 jeunes femmes y vivent du commerce du sexe.
Tous les soirs, Kathy la policière fait sa ronde dans les rues du quartier chaud : rixes entre filles, clients pigeonnés, plus rien ne l'étonne.
Mais pour d'autres, Pattaya est le paradis de la romance.
Les Russes viennent s'y marier au soleil ou passer des vacances en famille ; ils y ont construit des églises orthodoxes et des quartiers entiers leurs sont réservés.
Un document de Carole Isoux et Hervé Bouchaud, production Sable Rouge
Date de rediffusion de l'émission : Prochaine diffusion le lundi 15 juillet 2013 à 00:25 http://www.m6.fr/emission-enquete_exclusive/07-07-2013-plage_rap_et_boxe_thai_vacances_de_folie_a_pattaya-2147528321.html#ixzz2Y7XyfIbT
Date de rediffusion de l'émission : Prochaine diffusion le lundi 15 juillet 2013 à 00:25 http://www.m6.fr/emission-enquete_exclusive/07-07-2013-plage_rap_et_boxe_thai_vacances_de_folie_a_pattaya-2147528321.html#ixzz2Y7XyfIbT
Vingt jours dans le grand Ouest américain en juin 2013
Une fois de plus, et oui c'est déjà mon troisième carnet de voyage aux USA, le but est de vous renseigner le plus objectivement possible pour vous aider dans l'élaboration de votre projet .
Cette fois, c'est décidé, compte tenu des déboires rencontrées l'année dernière avec LOOK VOYAGES et son sous traitant incompétent, VISITEURS AMERIQUES, le tour opérateur c'est moi de A jusqu'à Z. C'est encore plus de boulot dans l'organisation et la préparation, mais on a tout à y gagner et plus question d'engraisser les bons à rien !!. 😠
La première principale difficulté, a été de trouver de la documentation sur cette partie du pays. En effet, peu d'organisme propose des circuits ou autotour, dès le début de cette année 2013, nous avons donc collecté toutes les brochures possibles dans les agences, afin de répertorier au mieux les sites à voir et ainsi élaborer le circuit. Autre difficulté, étrange d'ailleurs, il y a également peu d'ouvrage disponible traitant cette région, le petit futé et lonely planet s'avéreront bien insuffisants, très imprécis et incomplets une fois sur place notamment. Décidément, le guide vert Michelin fait défaut, avec ses propositions de petits circuits locaux si bien détaillés, il m'avait tant séduit en 2010 pour le Sud Ouest, plus touristique certes.
Mais heureusement il y a findus, euh non pardon , internet, ses blogs et forums multiples, il suffit de trouver les bons. Ensuite, restes les sites officiels des lieux choisis, mais là c'est généralement en anglais, et moi, depuis le cours préparatoire la langue de chèque spire.... 😉
Une fois les grandes lignes définies, et notamment les villes d'arrivée et de départ ainsi que les dates, le plus urgent et important selon moi, ce sont les billets d'avion. Là, les autres difficultés d'apprenti voyagiste continuent, et il ne faut pas s'égarer dans la jungle et la foultitude de comparateurs et moteurs de recherche divers et variés pour ne pas dire avariés pour certains. Selon moi, ce ne sont pas ceux qui font le plus de pub qui sont forcément les meilleurs (d'ailleurs s'ils l'étaient, ils n'auraient peut être pas besoin de pub!) . D'autre part, certains sites ne proposent même pas de vols si la ville de retour est différente de celle d'arrivée, ou alors je n'ai pas su les utiliser, après tout c'est possible aussi. D'autres sont vraiment orientés low cost avec des prix annonçés tellement bas qu'on à peine à y croire, seulement voilà, avec 2 voir 3 escales et une arrivée parfois à J+2 (oui oui je l'ai vu) c'est la certitude de commencer son voyage sur les genoux, et moi mes genous (chou, hibou) je vais en avoir besoin, donc ce sera vols directs et puis c'est tout.
Je vais donc tout réserver via expédia et booking.com ( pour certains hôtels) pour nos 20 jours sur place, j'ai bien fais car il n'y aura aucun problème ni anicroche ( un bon point pour ces 2 sites). Je prépare une pochette pour chaque journée, c'est plus pratique pour s'y retrouver. Il faut aussi prendre en compte que certaines réservations sont payées d'avance, d'autres à régler sur place, il faut donc de la rigueur afin de ne pas se gour..
Pour les hôtels, trois critères priment, (toujours selon moi évidemment) l'emplacement le plus en centre ville possible, le parking gratuit (vu les tarifs rencontrés l'année dernière surtout dans les villes, cela n'est pas négligeable) et enfin le petit déjeuner inclus tout au moins pour les jours ou je ne prévois pas de départ à l'heure ou l'on sort les poubelles, c'est à dire avant l'ouverture de la salle (généralement elles ouvrent à 6h00,6h30 parfois 5h30 sur les sites touristiques plutôt dédiés randonneurs et ou photographes voir observateurs de faune comme Yellowstone par exemple).
Premier paramètre et conseil, là bas les hôtels sont plus chers le week end car pris d'assaut surtout dans les grandes villes et sites touristiques, si en plus il y a un événement quelconque dont on a pas forcément connaissance ici, c'est la galère assurée une fois sur place.
Je commence donc par ces réservations, avec mon planning et mon calendrier sous les yeux afin de ne pas arriver la veille du surlendemain de la date retenue.
Ensuite je m'attaque à la voiture, et le plus gros sera fait. Hertz, imposé l'année dernière par les « bons à rien »😎 nous ayant déçu, et après comparaison, je décide de renouveler ma confiance à Alamo. Le plus dur est de s'y retrouver dans les différentes formules proposées et de ne pas se tromper dans la catégorie de bagnole. Surtout la taille du coffre est importante pour sa capacité à accueillir nos bagages qui vont progressivement s'élargir au fil de nos pérégrinations et pas à cause des hamburgers. Je renonce à un comparateur de prix visiblement Allemand, qui dit et redit trop souvent à mon goût qu'il ne sera responsable de rien en cas de problème, pourtant ses prix étaient alléchants. Je vais donc sur le site officiel d'Alamo et prend la formule gold, surtout pour la possibilité d'inscrire ma femme en second conducteur, au cas ou mes problèmes de dos récurrents referaient surface. De plus jusqu'à présent, avec eux, il y a eu la possibilité sur place de choisir sa voiture parmi celles présentes lorsqu'on arrive. Ce sera encore le cas cette année à Seattle, en revanche au retour à Salt lake city, je constaterai l'inverse pour les nouveaux locataires. Je ne vous cache pas que je suis même allé voir les sites des constructeurs afin de connaître au mieux le volume des coffres afin de minimiser les erreurs de choix. Je me décide pour la catégorie dite « chevrolet impala » c'est d'ailleurs ce modèle que l'on choisira sur place, plus question de rouler aux states dans une voiture asiatique, même si eux, visiblement, le font de plus en plus, consommation oblige peut être. La nôtre, presque neuve (2988 miles au compteur) fera entre 8 et 9 litres au cent (kms) c'est encore raisonnable. Je m'agace encore une fois bien sur à cause des frais exorbitants « dits d'abandon »(300 $, mais ils le font tous sauf pour la Californie je crois). Bien sur au comptoir, le préposé dévoué (à son employeur) tentera de nous proposer les assurances supplémentaires (perte de clef, accident, crevaison …) histoire de nous faire peur et gentiment nous forcer la main pour sa commission, mais pas question, l'aventure c'est l'aventure.
Enfin, dans les meilleurs conditions possibles quand même, c'est pourquoi cette année on investit dans un pèse bagage, histoire de ne pas dépasser les fatidiques 23 kgs autorisés par les avionneurs, air france en l'occurrence (ou delta airline d'ailleurs puisqu'il semble qu'ils ne fassent plus qu'un). Petit aparté à ce sujet, j'ai encore trouver l'occasion de m'offusquer :
pour le vol retour direct paris CDG, réservé sur air france, mais « opéré » comme ils disent par delta, et bien, sur la multitude de films proposés dans cet airbus (en plus), aucun de ceux qui étaient susceptibles de m'intéresser étaient en Français ni même sous titré, par contre ils étaient disponibles en russe, espagnols, allemand, sous titré chinois ou japonais, quelle honte, décidément la France compte vraiment pour du beurre au niveau international et c'est pas près de changer.... !!!!!! pardonnez moi mais ça soulage. 😠
Et là, je me dis que la plupart d'entre vous se demande quand je vais réellement commençer à écrire ce pour quoi vous avez ouvert cette page, et bien vos désirs sont des ordres, j'y vais, AVANT QUE VOUS NE PARTIEZ DEFINITIVEMENT. 😏 Et nous avant de partir, dernières vérif, passeports valables, autorisations ESTA (de l'année dernière, encore valides), permis de conduire (y compris international que je viens de refaire mais pas obligatoire), bons de réservations reçus par mail et imprimés et surtout argent liquide
en quantité suffisante, car il y aura encore pas mal de choses à régler sur place, et les commissions de ma banque sur chaque transaction CB en devises étant légalement du vol, je prévois.
Pour rappel, il peut être utile de scanner et s'envoyer sur sa boite mail copies de tous les documents cités ci dessus, au cas où. Tous les hôtels ont internet, et de plus en plus en wifi qui plus est.
Bon ça y est j'y vais promis.
JOUR 1 :
Lundi 3 Juin 2013, décollage pour Seattle😏 à 12h15, 10 heures de vol et décalage horaire de moins 9 une fois sur place. C'est à dire que concrètement parlant, on arrive à l'heure ou on est parti, la journée va être longue. Mais l'euphorie est là et elle se moque bien de la fatigue.
Première étape, l'immigration, et là c'est pas la France, les frontières existent bien et on s'en aperçoit de suite. D'abord les restrictions budgétaires annoncées par le congrès US avant notre départ sont bien réelles et palpables, on fait la queue sans broncher, trois guichets ouverts pour un avion entier qui débarque, c'est comme ça. Arrive notre tour, confiant je me dis qu'avec notre voyage de l'année dernière ça va aller vite, et bien que nenni. Ma prise d'empreintes électronique ne fonctionne pas, malgré l'ironie apparente de cet agent zélé qui accuse son computer, il ne lâche pas l'affaire, et essais après essais, je commence à me dire que son cerveau soupçonneux va imaginer que je me suis mis de la colle ou de l'acide sur le bout des doigts pour passer à travers les mailles du filet, il faudra 10 minutes à sa machine pour constater à contrecoeur que je n'ai rien à me reprocher !!!! OUF.
Bagages récupérés, la navette gratuite nous conduit direct chez Alamo, et les autres aussi d'ailleurs tous regroupés au même endroit.
Notre bon vieux tomtom nous conduit vers l'hôtel, pour un petit « défripage » avant de réellement commencer nos vacances. Un GPS est à mon avis indispensable, les cartes routières, mêmes locales, manquent souvent cruellement de précision.
Bon là, pour débuter mon récit, je prends mes notes prises quotidiennement sur place en fin de journée, avant de préparer (et peaufiner) celle du lendemain. Et oui, nous, un voyage lointain comme celui là ne rime pas avec repos et farniente. Pour ça il faut aller dans un « all inclusive » du bassin Méditerranéen, seule chose capable de probablement « organiser » des agences comme LOOK VOYAGES (là vous pensez que je radotes et que j'insiste lourdement, mais franchement c'est mérité tant pis pour eux)et là, : et là aujourd'hui,30 Juin 2013, JE M'AUTORISE UN PETIT RAJOUT POUR LE FUN: pour vous prouvez ma bonne foi et confirmer leur incompétence, allez sur leur site officiel et regardez la proposition de voyage intitulée: circuit accompagné éclaireur étoile de l'Est: et bien il y a une photo de Chicago pour illustrer le programme alors qu'il n'y va même pas!!!!!: MDR, MDR comptez vraiment pas sur eux pour être éclairé!!!!
notre hôtel est le quality inn & suites seattle center, (tout près d'un best western et d'un travelodge) enfin center fo le dire vite, une bonne paire de chaussures est déjà nécessaire. Nous sommes tout près de la fameuse space needle tower et de son monorail qui datent de 1962, l'expo universelle. D'ailleurs cette ville peu tournée vers le tourisme semble se reposer sur ses acquis très anciens, c'est l'impression que l'on a eu, renforçée quand on voit leurs bus tram électrifiés.
le parking de l'hôtel est à 15 dollars la journée, j'ai pas trouvé mieux, les prix pratiqués sont globalement élevés, ceci dit le petit déjeuner inclus sera l'un des « meilleurs » du séjour (488$ pour 3 nuits!!!). D'ores et déjà, oubliez pour cette région les buffets pantagruelliques du sud ouest.Petit constat, là encore et comme relativement souvent, le rouleau de papier toilette est positionné derrière vous, il faut parfois être à moitié contorsionniste. Vu le gabarit de certains américains, je me dis qu'une webcam pourrai sûrement parfois faire le buz sur la toile comme on dit. Le papier de plus est très fin et se détache mal du rouleau, en plus du lumbago, je ne m'étendrai pas davantage sur l'autre risque encouru à l'usage....
Bon les mains bien propres, on commence en ascenseur extérieur par la space needle à 60 $ avec taxes (ne pas oublier de les rajouter à chaque fois quand on en connaît le taux qui change à chaque état ou presque), on évite le musée du verre voisin localement plébiscité, puis déjà un peu fatigués on empreinte le monorail à 4,5$ les 3 minutes pour rejoindre le soit disant centre. Le terminus donne directement dans un pseudo centre commercial, avec un food court (réunion de différents « fast food du monde ») où je prends chez Charley une pâle copie du cheesesteack de Philadelphie (nostalgie de l'année dernière?)
Heure locale il est pas loin de 20h00, ce qui fait pour nous 5h00 du mat sans dormir bien sur dans la classe éco de l'avion, il est temps d'aller rejoindre Morphée. Seulement voilà, notre chambre est juste en face de la machine à glaçons, et durant au moins 20 minutes non stop j'en entends un qui se sert, je suis à 2 doigts de me lever, mais j'ai peur de le trouver dans sa baignoire au milieu du couloir en pleine séance de cryothérapie....
JOUR 2 :
Au programme, le parc Olympic, le ciel est bleu, on se pointe au petit dej à 7h00, mais petite erreur, le réveil de la chambre n'était pas à l'heure, résultat en réalité il est 6h00 et c'est encore fermé, on patiente. Pour rejoindre Olympie, la capitale et son capitole il y a déjà 100 kms, une fois de plus, méfiance avec les distances.
A l'entrée d'Olympic, on achète le pass annuel à 80$ permettant l'accès à de nombreux national monument (voir le site officiel pour connaître ceux qui l'acceptent), à chaque parc le droit d'entrée tourne autour de 10 à 25 $ par véhicule, il est vite rentabilisé selon vos projets.
De plus on peut le revendre au retour car il est valable un an et supporte deux signatures différentes (celle de votre passeport car on vous le demande à l'entrée pour vérifier la conformité).

On néglige port townsend, car le trajet va être long si on veut faire le tour pour éviter de reprendre la même route.
On grimpe à 1800 mètres se prendre en photo dans la neige.
Pour le midi c'est repas sandwiches sur mesure à Hurricane ridge,
Après le lake Crescent, à Forks, ville de la saga Twilight, notre adolescente exige et impose un arrêt que nous acceptons volontiers. Pour le soir, on prend en route, car l'heure tourne, de quoi manger dans la chambre (équipée d'un micro onde) chez safeaway. La caissière perspicace détecte rapidement que nous ne sommes pas du coin, et est toute contente d'apprendre que nous sommes frenchis, tout en s'interrogeant sur le but de notre présence dans ce trou perdu, j'avais bien envi de lui dire que c'était uniquement pour elle, mais j'ai pas osé.
Tout au long du parcours on alterne avec paysages de montagnes encore enneigés et bords de mer, il fait beau et 79°F, c'est très agréable, sans oublier la hoh rain forest et ses arbres centenaires recouverts de mousse effilochée (appelée si je ne m'abuse mousse espagnole dans les bayous de Louisianne). Le lac quinaut est un peu plus decevant et ne se voit pas bien sauf si on est propriétaire d'un chalet en bordure...Autre petit rappel utile, les degrés Fahreinheit pour convertir en Celsius c'est simple : retirer 32, multiplier par 5 et diviser par 9, ou bien encore plus simple mais moins précis soustraire 30, diviser par 2 et ajouter 10%, voilà ça, c'est fait !!...
Donc on a eu ????? bon cherchez pas votre calculette si vous savez pas compter de tête ça fait 26° c'est plutôt bien.
Autre petit détail à prendre en compte dans votre projet, toute cette région est très montagneuse, et les hivers longs et rigoureux, résultat j'ai du renoncer à Glacier NP, car la route principale ne réouvrait cette année que le 21 Juin, d'où l'utilité de consulter quand même les sites officiels en anglais avant de partir. Ou bien des bons sites comme voyage forum.com (ho quel suceur!!)
Après avoir longé l'océan pacifique sauvage et orageux, on regagne nos pénates à 21h00 après avoir parcourus 520 miles (de 1,609 km encore pour rappel) soit plus de 800 kms, et oui je vous ai prévenu nous sommes en voyage pas en vacances.
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JOUR 3 :
On attaque Seattle en profondeur, et l'on commence en voiture le tour découverte, tel que proposé par les professionnels, visible dans certaines brochures publicitaires, d'ailleurs pour ne pas reculer devant la facilité, je me mets à en suivre un, qui devant nous quitte la colline queen anne et le parc Kerry d'où la vue sur la ville est intéressante. On sillonne la ville étendue et ses quartiers résidentiels sur les hauteurs, un peu comme à San francisco avant de rejoindre le cœur de la cité. On renonce à la visite de la ville souterraine (restes du grand incendie de 1889) toute en anglais (bill speidel's underground tour de 75 mn départ à pioneer square). Le pike market et Rachel, la truie tirelire attirent les badauds, tout comme le personnel de la poissonnerie qui joue au lancer de saumon frais entier dès qu'il y a une commande, ne pas oublier non plus à proximité le premier starbucks du pays de 1971.
Un peu de lèche vitrine sur Alaska way avec arrêt chez ye olde curiosity shop et ses momies
avant que notre miss s'achète un pyjama chirurgien de grey's anatomy, il faut dire que grace hospital est supposé être ici.
Pour le repas du soir c'est chez the crab pot qu'on dépense à bon escient nos dollars. Pour 86 d'entre eux, on se régale de produits frais de la mer copieusement accompagnés, la particularité c'est qu'on vous met une surnappe en plastique, tiens pourquoi donc ?, et bien tout simplement parce que la serveuse va renverser directement sur la table le contenu de votre marmite remplie de moules, palourdes, pinces et pattes de crabe géants, maïs, pdt, on mange avec les doigts planchette de bois et maillet sont fournis, on ne pourra pas finir.
C'est populaire et très fréquenté.
Chose étrange dans cette ville, on a croisé, outre des dealers officiant à la vue de tous en pleine rue, des tas de groupes, couples ou personnes seules à l'aspect bizarre, saouls, drogués, débiles légers ou les trois réunis. En tout cas « leurs ballets » au milieu de la chaussée, ou leurs monologues excentriques et déhanchés ont de quoi surprendre, tout cela sous les yeux de la police bienveillante qui les surveille de loin, les locaux habitués ne relèvent même plus....
JOUR 4 :
Direction le Nord et Vancouver au Canada, mais avant détour au Sud vers le mont Rainier à 100 kms, visible depuis Seattle, soit environ 600 kms à faire donc départ à 7h00. Le pass est valable, là aussi rencontre avec la neige et les cascades, c'est très joli, cependant le prolongement de l'unique paradise road ne réouvre que le 21 juin, mais c'est pas grave on a vu l'essentiel y compris des campeurs ayant planté les sardines sur le parking goudronné, ha ces américains !!

Avant Vancouver, on s'arrête à l'office visitor de Bellingham où le papy de service nous fait savoir que les deux passages frontières qui se profilent sont accessibles aux particuliers contrairement aux indications du bas côté, le temps de passage prévisible est indiqué à vous de choisir, ceci dit on y passe 25 mn. De plus il nous a aussi prévenu que le tunnel d'accès sera à cette heure sur une seule voie dans ce sens, et 3 dans l'autre pour faciliter le flux de la circulation des travailleurs qui quittent la ville. Je précise que le passage frontière avec le voiture de loc ne pose pas de problème particulier en principe, faites vous confirmer quand même lors de la prise en charge.
On fini par rejoindre à 18h45 notre sunset inn and suites en plein quartier homo. En réalité ce sont des appartements, ce que je n'avais pas vu lors de la réservation, (tout comme pour le quartier!!!) on a un F2 avec cuisine entièrement équipée, elle est tellement bien qu'on y mangera 2 fois. (attention, ici comme dans certains états US les supermarchés ne vendent pas de bière, ni alcool, il faut aller dans un « liquorstore » plutôt rare). Par contre, il n'y a pas de salle de petit déjeuner, il faut descendre à la réception se servir et remonter dans son logement c'est étonnant ça aussi.
Pour le premier soir et 46$cad on « mange » à la belle patate. On se prend une bonne poutine améliorée à la smoked meat c'est redoutablement léger à la digestion.

On peut, comme nous, prévoir des devises canadiennes, cependant à part dans certaines stations essence, ils acceptent les US au taux de 1 pour 1 presque partout.
Une activité très florissante ici est le tatouage, et il faut les montrer, à cela s'ajoute le piercing, certains sont même plus troués que percés, les deux cumulés engendrent un défilé de fresques humaines ambulantes assez surprenant.
JOUR 5 :
C'est vent couvert (et même pluvieux), départ 8h30 pour, toujours à l'appui d'un dépliant gratuit (ils pullulent partout), faire le tour de la ville proposé par certains à 30$ par personne.
Le parc Stanley est très beau mais on reviendra !!
Une pose à Gastown s'impose, pour ses commerces de souvenirs (ils sont rares), son horloge qui fume et ses SDF.
Dans la rue commerçante de grandville, l'un d'entre eux se shoote à la seringue tranquillement sur le trottoir devant tout le monde indifférent, les japonais exilés sont omniprésents, fo dire que c'est pas très loin, ils ont même leur radio, beaucoup d'informations sont traduites dans leur langue.
On renonce à l'ascension de la Vancouver lookout, compte tenu de la météo, la vue ne sera pas terrible.
On va ensuite au Nord, voir « LA TRACTION « !!! de la ville, le pont suspendu de Capilano, il y a affluence, il faut bien avouer qu'il n'y a pas grand chose à voir dans cette grande ville pourtant mondialement connue. Montant de la douloureuse pour trois, je vous le donne Emile, 110$, certes le balancement du pont à l'aller et au retour impressionne un peu, mais le reste n'est que promenade sur balcons en bois plus ou moins élevés, ça reste somme toute joli mais vraiment trop cher.

On pousse jusqu'à grouse mountain et son téléphérique qui arrive dans le brouillard, on sait pas trop ce qu'il y a à faire une fois au sommet, le prix varie selon les options avec un plancher à 39$ par personne, les candidats sportifs sont équipés comme des porte avions, le prétexte est tout trouvé pour renoncer là encore, en plus de la météo défavorable
En redescendant, le ciel bleu fait son apparition, du coup on retourne à stanley parc faire quelques belles photos, les pilotes d'hydravions touristiques sourient aussi tout en se frottant probablement les mains et reprennent leurs valses aériennes.
Le soir, on teste le four de notre cuisinière avec de bonnes pizzas surgelées bien sur...
JOUR 6 :
Ce que j'ai reporté hier à cause de la météo, doit être fait aujourd'huy car c'est notre dernier jour au canada, à savoir la célèbre route 99 dite « sea to sky »à faire à l'aller et au retour
première halte à la toute petite station balnéaire de Horseshoe bay et ses départs de ferrys pour les îles, les files d'attente sont impressionnantes malgré l'heure matinale, il faut dire qu'on est Samedi. On enchaîne avec les belles shannon falls à l'accès libre et facile, puis Squamish et Alice lake pas forcément incontournables, et les Brandywine falls vues d'en haut.
On se rapproche du but : Whistler (125 kms de vancouver) en chemin j'aperçois au loin une masse noire près de la route, je la fixe, elle bouge pas, elle bouge toujours pas, ELLE BOUGE
oui c'est bien notre premier ours noir, peut être un grizzli, de petite taille mais c'est trop tard pour le capturer, heu non le picturer (tout nouveau verbe franglais issu du mot picture)
Whistler, très agréable station de ski datant des JO de 2010. En cette saison, les remontées mécaniques font le bonheur des très très nombreux mountains bikers, ils sont innombrables, certains d'entre eux, plus audacieux que les autres (ou moins chanceux) voir les deux sont de simples piétons claudiquant ou avec un bras en écharpe voir aussi les deux. Les rues piétonnes sont blindées de visiteurs, retour à Vancouvert, on aura fait 219 miles en comptant les petits détours motivés par la curiosité. Paradoxe local, tout est écrit en anglais, mais les distances sont en kms.

Bon à savoir, les vêtements, l'essence et le tabac (pour ceux que ça concerne) sont plus chers qu'aux USA.
JOUR 7 :
Départ 6h50 pour rejoindre les USA et on modifie le programme, le canada de ce côté ci, nous déçoit un peu, du coup au lieu de prendre la route 3 (normalement ouverte mais sans certitude absolue), on passe la frontière à Sumas, où bien sur le temps d'attente annoncé n'est pas respecté, et en plus, nous on nous demande d'aller à la case départ, heu non, entrée plutôt, de nous garer et d'aller voir au poste l'agent qui nous passe à la questionnette durant quelques minutes.
Enfin libre de tout mouvement, on fait la route 542 en cul de sac (70 miles AR) pour atteindre le mont Baker, site le plus enneigé d'Amérique du Nord, la fin de la route est fermée, cela n'empêche pas certains surfeurs d'attendre l'ouverture des remontes pentes. On traverse le très beau north cascades NP sous un soleil d'été puis c'est la première grosse bonne surprise du voyage, Winthrop sur la route 20 : c'est une vraie petite ville western comme celles qu'on est venu voir, sauf que celle là imprévue et surprise oblige est encore plus belle, façades, magasins, bikers et motos tout est là c'est parfait, les cartes mémoires chauffent dur. Première surprise, mais aussi première erreur : un chapelier propose des stetsons à 40$, je refuse de me précipiter et je m'en mordrai les doigts, je n'en reverrai aucun à moins de 60 par la suite, je me contente d'un ersatz à 14, car je ne peux résister plus quand même à l'envie de me prendre pour un cowboy. Grand coulée dam (barrage) est décevant. Pour rejoindre Spokane par la 2 je crois, c'est une longue ligne droite à travers des terres agricoles vallonnées et parsemées de tas de pierres ou de rocs ici ou là c'est étrange, bizarre voir lunaire !!
On arrive à Spokane à 19h30 après encore pratiquement 800 kms effectués.On loge au fairbridge inn express, excentré mais avec parking et petit dej . Celui-ci est plus qu'express , il se prend dans le hall sur 4 tables de 2, il n'y a même pas de pain même de mie, le prix est en conséquence 53 euros la nuit.

JOUR 8 :
6h30, destination Boise, capitale de l'Idaho via cœur d'Alène et son lac bordé de belles résidences, puis au sud ouest steptoe butte state parc qui ne vaut pas le détour, certes cette butte domine tous les environs, mais à part des terres agricoles y a rien à voir... la route nous fait poser brièvement les roues en Orégon, à travers nez perçé parc on empreinte la lewis et clark trail (célèbres pionniers explorateurs) pour rejoindre à lowell le confluent de la clearwater river avec la snake river moins beau qu'annoncé. A cause des travaux de voiries et la circulation alternée sur une voie on a perdu pas mal de temps, il est 18h00 mais en réalité ici 19h00 car on vient de franchir le 45° parallèle et il reste encore 230 kms à faire, du coup on abandonne le hell's canyon, pas facile d'accès, sauf si on connaît les petits chemins de traverse non signalés sur les cartes. On arrive finalement à 21h15 heure locale à l'hôtel le Boise hotel conférence center, (chambre correcte pour là encore 53 euros) pour manger on fonce au denny's voisin, c'est ça ou le reste de la boîte de ritz dans la chambre...
JOUR 9 :
Au programme encore une petite étape de 740 kms pour aller à Jackson hole, donc grasse mat et départ à 6h00, on commence par bruneau dunes SP à 7h00, l'entrée est payante à 5$ et l'on doit verser notre obole dans une enveloppe à l'entrée, vu l'heure on tente l'ignoble fraude en risquant l'amende à 25, y a rien à voir ou presque, malgré cela c'est encore rempli de camping cars démesurés, à part entendre les cris des coyottes (sans les voir) circulez....
On enchaîne avec Twin falls en longeant l'oregon trail et thousands springs. Attention car là j'ai pas mal galéré avant de savoir où se trouvaient effectivement les shoshones falls, car ici les mêmes noms se retrouvent à beaucoup d'endroits différents (cette remarque vaut également pour vos réservations d'hôtels, vérifiez bien que c'est la bonne ville dans le bon état)

En réalité tout ce que je veux voir se trouve à twin falls, belle commune résidentielle. D'abord le pont Perrine signalé nul part et pourtant ça vaut le coup d'oeil, il faut prendre la direction de l'I84 et on passe dessus, dans un sens ou dans l'autre vous avez un parking et un accès piéton qui communique avec l'autre côté. Par contre pour les shoshones falls (et le lake dierkes mitoyen) c'est indiqué, il y a quelques kms à faire, l'accès est à 3$ et pour bien voir il faut payer....Localement, elles sont modestement comparées aux chutes du Niagara, surtout de par leur forme, car il faudrai quand même pas pousser mémère dans vous savez quoi, ( les orties pour ceux qui savent pas), mais elles sont belles quand même.On continue avec craters of the moon, autre NM (8$ ou le pass), c'est vrai que cet immense champ de lave est impressionnant mais y a quand même pas de quoi casser 5 pattes à un bison (ou 3 à daffy duck si vous préférez) en 45 mn photos et arrêts promenades compris, le tour est fait, d'ailleurs c'est tant mieux car le chemin est encore long. On avait envisagé de faire à Rexburg le bear world, histoire d'être sur de voir de près des ours, mais la visite du parc en véhicule particulier n'est pas conseillée, et attendre les horaires collectifs imposés risquent de retardé notre progression. Pour ceux que ça intéresse, je précise que ce parc domicilié à Rexburg se trouve en réalité à environ 10,15 kms de la ville, comme c'est le cas pour beaucoup d'autres sites. Par la route 33 et Tétonia, on fait une partie de la scenic téton byway ( il y a aussi beaucoup de routes qualifiées de scénic pas toujours de façon justifiée). En l'occurrence, celle ci permet surtout d'apercevoir yellowstone, c'est pas inintéressant. Après 11 heures de route on accède à Jackson hole, étape à mon sens incontournable, cette ville « huppée » est typiquement western et très fréquentée, spectacle de cowboys dans la rue, les enfants sont ravis, même si les « vedettes » se font attendre, histoire de chauffer la foule et distribuer les tracts publicitaires pour le restaurant sponsor de l'animation.
Notre hotel motel, le ranch inn, petit déjeuner simpliste et parking inclus est idéalement plaçé dans le centre mais au calme (99 euros la nuit).

L'endroit où il faut soit disant diner est le gun barrel ( à l'entrée ou la sortie de la ville selon d'où on vient mais pas dans le centre), c'est un ancien musée reconverti ayant conservé certains objets et animaux empaillés, le cadre et l'ambiance familiale sont agréables, la nourriture fraîche de bonne qualité et bien cuisinée est à soulignée, le prix est en conséquence, 100 $ à trois.
JOUR 10 :
Aujourd'hui on entame l'un des « gros morceaux » du séjour, donc nouvelle grasse matinée et départ à 7h00.
Grand téton est à faire, ( l'entrée valable aussi pour yellowstone 7 jours consécutifs est à 25$ pass accepté) c'est 80 miles pour la traversée panoramique on en sort à 11h15 poses photos comprises, et ascension du signal mountain pour sa vue, et puis c'est yellowstone tant attendu pour ses paysages, geysers et sa fameuse wildlife (faune sauvage) les mises en garde concernant les bisons et les ours sont omniprésentes, les magasins vendent à tour de bras bombes lacrymogènes au poivre et autre sifflet d'alerte, on voit déjà différentes sortes de ce que nous, profanes appelons des biches, 1 puis 2 puis des troupeaux entiers de bisons et des mooses, chaque stationnement anarchique de véhicules indiquent leurs présences.
On approches les premiers mini geysers et bassin d'eau ou boue bouillonnants portant tous un nom.
On rejoint west yellowstone à 18h00 après 200 miles, moins guindée que jackson avec des boutiques plus abordables(dont beaucoup de « teeshirteries »). On loge au yellowstone lodge, parking inclus et au final petit dej aussi mais à 154$ la nuit, la renommée ça se paie.


JOUR 11 :
On planifie le pas évident sillonnage du parc afin de ne rien louper en deux jours, 6h30 direction le fameux old faithfull geyser qui éructe toutes les 92 minutes à 10 près, sur place à 7h45 on apprend que c'est prévu pour 8h20 environ, il fait beau c'est super on s'installe comme d'autres déjà. Seulement voilà, Yellowstone c'est la montagne avec la météo qui va avec, c'est à dire susceptible de changer brusquement en quelques minutes, et bien sur c'est le cas, le ciel se noircit très rapidement et l'orage éclate juste après le geyser impressionnant, tant pis pour la clarté des photos. On fait tous les arrêts possibles et c'est épuisant, il y en a tous les 2 kms. Arrêt, marche, ceinture, demarrage, rearrêt, remarche etc j'en peux plus, mais c'est beau y a rien à dire surtout sous le soleil revenu (comme mathilde), pour le soir j'ai prévu de faire étape à une autre entrée du parc pour éviter les trajets en double, j'ai rien trouvé à silver gate à l'est, je me suis donc rabattu sur Gardiner au Nord. C'est tout petit, il n'y a pratiquement qu'un hotel et un ou deux motels tout au plus, je ne parle pas des commerces, heureusement il y a plusieurs restos, dont le iron horse bar et grille bien décoré et branché où l'on dînera (copieusement pour 40$ à 3) au comptoir sur la terrasse extérieure face à la yellowstone river juste avant que l'orage éclate (encore)
Au yellowstone park travelodge la chambre est correcte avec une belle vue, le matin de bonne heure(évidemment) je surprendrai quelques biches locales en famille sur le parking, ça me change du RER et des scooters aux pots d'échappements trafiqués......
Petit bémol cependant, la « salle » de petit dej étant tellement petite par rapport au nombre de clients lèves tôt pressés d'en découdre avec la nature, faute de concurrence, on boit notre kawa dehors et y fait po chô (41°F) certains touristes chanceux montrent leurs photos prises d'un ours de bonne taille apparemment le matin même mais je ne sais pas où.
JOUR 12 :
On continue l'exploration vers l'Est du plus vieux et plus grand des parcs nationaux, les bassins géothermiques et geysers se succèdent sans jamais toutefois se ressembler c'est vraiment bluffant (désolé j'ai pas trouvé d'autre qualificatif pour l'instant, l'émotion sans doute).
On passe à silver gate, et je comprend pourquoi j'y est pas trouvé d'hébergement, c'est un vrai bled, tout comme un peu plus loin cooke city, plus petit que gardiner, c'est pas peu dire.
Ensuite dilemme, il faut choisir entre le chief joseph byway ou la beartooth car on ne pourra pas faire les deux, j'opte pour la seconde et on a pas été déçu, les chaînes de montagnes enneigées sont magnifiques. A beartooth pass (10947 feet soit 3300 mètres) juste avant d'entrer dans le Montana la température est de 31....
Pas celsius bande d'ignares, ça fait zero ou à peu près et ça se sent.
Le long de la route on constate la présence de nombreux observateurs de la wildlife équipés pour la plupart de monoculaires impressionnants sur trépied. Il faut dire qu'à gardiner, j'ai eu l'occasion d'en tester un, dans quasiment le seul magasin encore ouvert parmi les 4 de la ville. C'était redoutable d'efficacité et de performance, et pour 400$ en plus, il filmait et photographiait (en 5 millions de pixels seulement)
On continue par red lodge où l'unique rue principale (c'est souvent le cas) est en travaux là aussi et fermée à la circulation routière, de toute façon ça a pas l'air terrible, on se fait un nouveau pique nique rapide dans un coin retiré et tranquille bercés par l'écoulement de la rivière (ho c'est bien écrit ça, alors ça vous fait rêver ou pas ????, je fais des efforts pourtant)
Après 280 miles à 16h15, on atteint Cody, la ville fondée par Buffalo bill, comme c'est un peu tôt pour une fois et qu'on a pas envi de faire le muséum 5 en 1 dédié au héros on pousse 30 miles sur la 14 (60AR) jusqu'à Wapiti le long de la shoshone river, c'est beau, y des montagnes, des gorges, des ranchs aux beaux portails d'accès personnalisés ( ou portaux, je sais plus bon allez garçon 1 porto!)
Au retour je fais une pose rapide devant l'entrée d' old train town, pour 3 photos à l'arraché devant l'entrée payante avant que la gardienne ne sorte et me foute un coup de douze, risque encouru selon un blogueur lu avant de partir et qui prétendait que cela ne valait pas le coup et je confirme d'après ce que je vois.
Ce soir à 20h00 au programme c'est rodéo, on prend les billets à 18$ au visitor center, ça évitera de faire la queue.
Nouvel aparté utile : n'hésitez pas à aller dans les visiteurs center où vous trouverez gratuitement toutes documentations et renseignements utiles auprès du personnel dont la moyenne d'âge est très souvent élevée, bénévolat, volontariat ou nécessité de compléter la retraite ? Je ne sais pas mais en tout cas ils sont très serviables et dévoués, même si tous ne sont pas toujours en parfaite possession de leurs facultés physiques.
Dans la rue principale (sheridan) animation cowboy devant l'hotel irma de ce brave buffalo
Notre chambre à 170$ au cody legacy inn and suites est correcte, frigo télé micro onde, lits en bois massif, le hall est sympa aussi, le petit dej non inclus au départ le sera finalement. Il faut diner tôt, on va au Mexicain zapata's pour 50$ on est rassasiés.
Le rodéo (tous les soirs à partir de Juin) est bien, même si le niveau des concurrents me paraît pas très relevé, en tout cas c'est mieux qu'à brice canyon il y a 3 ans. Les ténors sont peut être à Gardiner où j'ai appris lors de notre passage qu'il s'en faisait aussi un durant le week end.
En tout cas l'hymne national chanté par toute l'assistance la main sur le cœur est impressionnant, mes mamies voisines en ont même l'alarme à l'oeil, y a pas à dire ils sont patriotes.
JOUR 13 :
Y a seulement 450 miles au programme, donc départ retardé à 6h30 vers l'étape du soir Hulett
Via lovell, on quitte le Wyoming pour le Montana par la 14 east scenic byway sans plus avant d'arriver à little bighorn NM, pas trop facile non plus à localiser avec précision, compte tenu des homonymes. Là c'est la vaste escroquerie du jour, (10$ pass accepté) évidemment c'est une défaite des braves yankees face aux méchants indiens (uniquement à cause de la cupidité de Custer qui y laissera la vie bien fait : parce que moi quand j'étais petit j'aimais bien LES INDIENS DANS LES FILMS DE COWBOY), alors pas de stèle fastueuse ou autres encensements nombriliques, le seul truc à voir est une pseudo silhouette en ferronnerie, tout le reste ce sont des tombes éparpillées sur le champ de bataille là où les corps des malheureux perdants ont été retrouvés. En une demie heure le tour est fait, escrocs orgueilleux.. !!
Heureusement que des chevaux sauvages (et encore c'est pas sur) bloqueront la circulation, histoire de photographier quelque chose, (peut être dressés pour retenir les pigeons) NDLR :LOL. L'important détour ne vaut vraiment pas le coup. On redescend vers Sheridan, jolie ville avec de beaux magasins dont l'un entièrement dédié à l'univers des cowboys, jeans, chapeaux, vestes, bottes, selles, étriers, éperons, lassos tout y est , c'est blindé et pourtant d'après ce que l'on a pu voir, y a belle lurette que les éleveurs ont troqués leurs chevaux pour des quads, polaris en l'occurrence.On arrive à dévil's tower NP, étrange monolithe surgit du sol (pour sauver sept jeunes filles attaquées par un méchant ours selon la légende indienne), le tour est vite fait, mine de rien le pass est rentabilisé, et on a pas fini.
J'ai pas trouvé d'autre hébergement qu'à Hulett au best western inn, la seule concurrence est un motel, résultat c'est blindé, à part ça y un saloon et une supérette.J'avais lu avant de partir qu'il fallait absolument manger au Pondérosa café, et bien je confirme, car IL N'Y A RIEN D'AUTRE , pour 50$ rien d'extraordinaire, par contre le bar à l'arrière vaut peut être le coup pour les amateurs....c'est peut être ça que voulait dire le rédacteur en question.

JOUR 14 :
Pas beaucoup de kms en théorie, mais des choses à voir... Direction le sud dakota et les badlands, tout d'abord arrêt obligatoire à Deadwood, vraie ville western avec des bâtiments en briques rouges typiques et d'époque, presque tous les magasins sont ouverts bien que l'on soit Dimanche, il y a de nombreux casinos mais aussi le saloon N°10, où s'est fait dessoudé wild bill Hickock. On monte au mont moriah et son cimetière (1$ par personne) se recueillir quelques instants sur sa tombe et celle voisine de son amie, cette brave pute (pardon péripapéti j'sais plus quoi.) de calamity Jane.
Sturgis est célèbre pour sa réunion triannuelle de bikers qui a lieu cette année en Aout je crois, sinon, circulez y a rien à voir à part les tee shirts, casquettes et autres produits dérivés liés à l'évènement.
On se dirige sans grande conviction vers Bear butte SP lorsque je perçois de mon ouie fine et délicate des bruits étranges, tout en voyant au loin, ce qui ressemble à une ligne droite privée à côté du réseau routier : pas de doute possible c'est bien une course de dragsters, BONNE FETE DES PERES, cette fois c'est moi qui impose un arrêt, pour 10$, pendant que mes accompagnatrices totalement incrédules et ébahies devant mon enthousiasme subitement revigoré m'attendent, je fonce en profiter au maximum, et je ne suis pas déçu par ce sturgis dragway pourtant local et tout petit. J'ai le temps de voir quasiment toutes les catégories s'enchaîner et concourir à vitesse grand V c'est le cas de le dire dans un vacarme enchanteur, y compris des moto neige adaptées au bitume, loin d'être les plus lentes. J'assiste à des temps de 5,5 sur 400 mètres ce qui est très correct, à la télé je verrai après des vrais pros faire 4,14 avec des machines sans commune mesure.

Je me force à quitter les lieux. On évite bear butte, copie conforme de steptoe
Au sud de rapid city, par la 44 et pour 15$ ou le pass (définitivement amorti) on accède aux badlands, autre curiosité géologique de la nature, sous le soleil c'est vraiment beau.
La portion de la loop road avec ses 11 miles et ses overlook est superbe.
A la sortie, sur la 90 on s'arrête à Wall et son Wall drug store, centre commercial et ses nombreuses boutiques à prix raisonnables, histoire de relancer le commerce local, on lâche quelques billets verts.
Retour à Rapid city où l'hotel est réservé, cependant cette ville mythique au nom évocateur de l'épopée western est décevante, étendue, son centre ville est ridiculement petit, de plus tout est fermé on est dimanche y compris les restaurants. On mange au seul ouvert, le firehouse (ancienne caserne de pompier) et sa brasserie (brew), bon rapport qualité prix à 60$.
On regagne notre hotel le Alex Johnson, ancien et bien conservé avec un hall digne d'un palace, mais malheureusement c'est tout. Bien plaçé, il faut garer la voiture dans la rue ou le parking public voisin avec un bon gratuit fourni, la chambre est toute petite, pas de place pour une chaise au bureau (fo écrire debout!!!) pas de place pour 3 valises dans 1 chambre pour 4, ampoule grillée, pas de verre à dent, fenêtre qui ferme mal, pas de frigo et cerise sur ce que vous voulez pas de petit dej inclus même sommaire !!! déception et il faut le dire.
D'ailleurs, je ne me suis pas privé dans ma réponse dans le questionnaire de satisfaction systématiquement envoyé par mail par expédia et booking.
JOUR 15 :
Le mont Rushmore, autre grand pôle d'interêt, on y est à 8h10 et on fait bien car à 9h00 c'est blindé et difficile de se prendre en photos, les asiatiques sont aussi bien élevés et respectueux que ceux vus l'année dernière dans l'Est. Le chiffre du jour c'est 166 : nombre de photos prises en une heure à peine, suffisante pour explorer l'ensemble du site. L'entrée est gratuite, mais le parking obligatoire est à 11$ !!!!! A noter qu'à cette heure là le soleil est bien plaçé pour les photos, la promenade d'1 km environ est peut être plus facile à faire dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
Juste à côté de rushmore se trouve la ville de Keystone, endroit également susceptible d'être choisi pour une étape, la petite ville est agréable et touristique, les activités proposées pour les enfants sont assez nombreuses (accrobranche, parcs...) 

On zappe le crazy horse park à 27$ je crois, pour voir une ébauche de sculpture qui sera monumentale une fois terminée mais on ne sait pas quand, faute de subvention. Bien sur à la gloire d'un méchant peau rouge, pas question pour les pouvoirs publics d'aider l'avancement des travaux commencés en 1948 et dont la date d'achèvement dans 30 ans est sans cesse repoussée

On choisi custer state park à 15$ l'entrée (le pass n'est pas accepté) dans le sens nord sud les needles (aiguilles) au milieu des forets de pins du début de la route, parfois à une voie, sont très intéressantes, mais après plus grand chose à voir. La wildlife loop permet d'apercevoir chiens de prairies, elks (biches) et bisons mais après avoir fait Yellowstone : BOF
Custer est une petite ville susceptible d'être choisie pour une étape (bien plus que gardiner et hulett déjà cités), on y constate le prix le plus bas du carburant (3,24 le galon de 3,78 litres)mais évidemment j'en ai pas besoin ou si peu. Concernant l'essence les prix sont libres et varient pas mal de 3,24 donc à 4,29 le plus cher vu, ça peut faire beaucoup au final, sinon le principe expliqué l'année dernière est toujours valable, certaines stations indiquent que le prix baisse si on paie en cash. Il faut d'abord aller à la caisse déposer en espèces ce qu'on veut mettre, ensuite ne pas oublier d'appuyer sur la "qualité" de l'essence qu'on veut mettre et parfois relever un loquet un fer pour activer la pompe.(encore un petit détail pratique dont je vous fais cadeau!)
Ensuite pendant des miles interminables, on traverse d'immenses pâturages vallonnés sans fin
heureusement qu'il y a le régulateur de vitesse, ce qui me permet d'allonger complètement mes jambes jusque sous les pédales et éviter les excès de vitesse, ça détend. ET CE N'EST PAS PLUS DANGEREUX pour le cas ou certains empêcheurs de tourner en rond crieraient déjà au scandale.
Passage à fort Laramie, 243 habitants, moi qui voulait y faire étape il n'y a qu'un motel borgne et même la pompe à essence est fermée et abandonnée, dommage que notre carte michelin ne fasse pas suffisamment la distinction entre les tailles réelles des villes. On ne voit même pas le fort que de toute façon, faute d'engouement, on avait pas l'intention de visiter.
Ensuite c'est Guernsey, 1417 habitants, le seul hotel repéré dans les brochures est abandonné on va prendre une chambre bien payée à 91$ au motel Bunkhouse à l'accueuil chaleureux, on fait les courses à la seule supérette et on pique nique dans la chambre.
JOUR 16 :
Aujourd'hui, on modifie le programme pour aller jusqu'à Denver, ce serai dommage de passer si près sans aller jeter un œil à cette ville connue.
Sur la route, Cheyenne au nom évocateur est décevante. Le centre ville historique est ridiculement petit, pratiquement sans commerce. A part le capitole, et les « sculptures » décoratives de santiags géantes bariolées exposées aux coins des rues, y a vraiment pas grand chose à voir. Le seul attrait de cette ville semble être les frontiers days de Juillet, annuels. Rassemblements et fêtes western avec rodéos, musique et autres.

En route, on voit encore de nombreux magasins « fireworks »entièrement dédiés aux feux d'artifices dont les particuliers américains doivent être très friands.
Denver, de ce que l'on a pu voir, est une grande ville avec ses embouteillages et là encore un centre réduit et concentré autour de la 16th rue piétonne. De nombreux pauvres quémandent sans arrêt, sans être agressifs, d'autres même assis ne tiennent pas droit, d'autres vendent le journal local the voice, un peu comme chez nous ( quoi the voice ou les SDF?)
A 12h00 la place du civic center se transforme en concentration de food trucks très fréquentée
à part les chaînes de magasins classiques, il n'y a que très peu de boutiques de souvenirs, elles sont tenues par des chinois et les prix ne sont pas compétitifs, le tourisme n'est toujours pas une priorité.
On décide de faire étape à Boulder, ville universitaire, dans la grande périphérie afin d'être sur la route pour demain.
Mais là aussi, pas très facile de trouver un hôtel à prix correct, on rejette les offres à 140$ des 2 premiers, du coup on se rabat sur les motels, tous sont complets ou chers. On finit par trouver à 80$ dans un cul de sac retiré mais calme, correct, avec une chambre séparée pour le second lit, frigo, micro onde, grande télé.
Le centre ville piétonnié et fleuri est très agréable, la ville est plutôt huppée, cependant réputée pour ses restaurants, ils y sont à prix abordable, on dîne chez pastajays dans pearl street, resto italien avec pizza dont j'ai choisi les ingrédients très très bonne, le tout pour 47$ à 3.
JOUR 17 :
grasse mat et départ à 8h00 et oui vous avez bien lu. Je me relâche en fin de séjour....
direction les rocky mountains (20$ ou pass), on commence par estes parc, après être passé devant l'historique et renommé stanley hotel on arrive au visitor center et juste à côté le trailhead restaurant avec son magasin rockymountain gateway, il est géant, sur 2 niveaux tous les souvenirs possibles vus jusqu'à maintenant sont réunis et à des prix corrects pour l'endroit
La old fall river road est fermée, la trail ridge road, révèle des paysages ressemblant fortement à nos alpes, la faune en plus (mooses, moutons à cornes..)
A grand lake village on fait un arrêt, c'est très joli, et vu le nombre de chalets individuels éparpillés sur le pourtour, je ne suis visiblement pas le seul à le penser.
On quitte le parc au sud par grandby et la 40, s'il n'y avait pas eu Denver, j'avais envisagé d'y faire étape, ça a pas l'air trop mal mais sans plus. Toujours sur la 40, on se dirige vers salt lake city, la fin approche. Sreamboat springs est une jolie petite ville, on à 89°F, record du séjour, un peu après, Craig paraît bien aussi mais il est un peu tôt pour y faire étape.
La ville de Dinosaur, dont les mérites du parc sont vantés des miles à la ronde est ridicule, 1 seul motel et plein d'après le personnel du visiteur center qui nous informe que Naples, la ville suivante est encore plus petite, ils nous conseillent d'aller à Vernal plus grand (2000 hab). Notre fameuse carte Michelin, ne fait pourtant aucune différence entre elles. Ils n'ont pas de doc à nous donner, car ça change d'état, on passe du Colorado à l'Utah.
N'oubliez pas de respecter les vitesses partout, car même dans les petits bourgs de rien limités à 25, (ce qui peu énerver) vous n'êtes pas à l'abri de tomber sur un shériff y compris en véhicule banalisé.
A vernal, le premier motel nous réclame 99$ ht, puis 92, j'aime pas trop les prix à la tête du client, on en voit un autre à 88ttc, on se pose c'est le lamplighter motel, on a 2 grands lits, télé, frigo, micro onde, mais ce soir pas de pique nique, on traverse la rue principale pour aller au ranch restaurant 711 où pour 40$ on a une soupe de légumes, une salade copieuse et un plat garni que je n'arrive pas à finir, et c'est plutôt rare, ceux qui me connaissent le savent.
Je laisse des frites et des ribs, peut être est ce que j'ai trop apprécié le pain frit tartiné de beurre au miel, hum hum Maya, Maya où es tu ????
JOUR 18 :
Départ 7h00 pour flaming gorge, d'où l'on vient, il y a le choix entre la rive gauche ou droite, j'opte pour la première et j'ai peut être tort, en effet à part un beau point de vue au début, après il faut bien dire qu'il n'y a pas grand chose à voir, et encore moins de gorge.
Aujourd'hui, c'est la journée déception, nous sommes de retour dans le Wyoming et hier soir j'ai épluché le Wyoming official travelers journal 2013 qui recommande dans notre secteur 2 visites alors je fais confiance et on y va.
D'abord le soit disant très beau red desert et ses sands dunes vers Rock springs au Nord, seulement là aussi les cartes sont imprécises. Je m'arrête dans une station service consulter une vraie carte officielle à peine plus utile, on fini par trouver l'entrée indiquée par un panneau sur la 191 juste après reliance (ville sur la carte mais une dizaine de mobils home en réalité!!!!)
Seulement, après quelques centaines de mètres, plus de goudron, une piste poussiéreuse, et surtout plus aucun, aucun panneau malgré les intersections qui se succèdent, et surtout aucune dune de sable rouge à l'horizon....
J'essuie mes lunettes, met celles de soleil mais rien n'y fait, aucun mirage, par contre on est bien en plein désert, et très seuls, après 45 mn d'insistance inutile on rebrousse chemin en espérant ne pas se tromper, car même le GPS est complètement paumé. J'avise deux elks (biches) visiblement du coin, mais malheureusement, elles ne comprennent pas le français, dommage.
Vu cette triste expérience, on renonce à la « pilot butte » également conseillée et normalement pas très loin. Mais obstiné, je me dis que c'est moi qui suis nul, et on décide de faire l'autre recommandation, Kemmerer, ville western incontournable, on s'en délecte à l'avance.
Auparavant, et là bien signalé, il y a fort bridger (200 hab), arrivés devant l'entrée du site, (4$ par pers) vu les baraquements que l'on aperçoit, et le peu d'affluence, on a pas très envie de se faire bai... une seconde fois aussi rapidement en tout cas.
Du coup on fonce au wild west de Kimmerer pour ne rien louper...................
….........
Après plusieurs miles sur la 412, (chemin le plus direct) la route est complètement closed
tout ça parce que 5 ouvriers s'activent sur la voie ferrée, comme si là , comme ailleurs ils n'auraient pas pu faire de la circul alternée, et bien non on doit rebrousser chemin.
Nous nous exécutons gentiment en bons étrangers respectueux, mais un peu véner quand même, ce qui n'est pas du tout le cas d'un « régional de l'étape » qui apprécie la plaisanterie avec beaucoup moins de sérénité que nous.
Celui_ci après avoir échanger quelques politesses verbales avec les travailleurs, remonte dans sa mustang en gesticulant, et là je comprends que ses chevaux sont des pures sang, en quelques secondes à peine il disparaît littéralement de l'horizon faisant fi des 65 miles de limitation.
Il faut dire que le détour obligatoire par la 189 est conséquent.
Nous on s'en fout Kimmerer nous attend, !!!!!!!!!!!???????????????!!!!!!!
!!!!!!!!????
Vous m'avez compris c'est la TROISIEME ARNAQUE DU JOUR, il n'y a rien à voir mais vraiment rien, c'est désert voir même inhabité, on achète nos sandwiches à la supérette et on ose le pique nique sur le terre pleine central, en plus y fait pas très chaud. AFFLIGEANT
je pense que les articles du catalogue officiels sont en réalité écrits par des habitants locaux qui souffrent de la solitude.
Dégouttés, on renonce à fossil butte, de toute façon les os c'est pas notre truc.
On longe le lake bear et ses eaux turquoises avant de rejoindre Logan où je veux faire l'étape, là encore non réservée. Sur cette portion de route, et encore plus qu'ailleurs, soyez vigilants aux écureuils suicidaires qui jouent à la roulette russe. En effet, ils traversent juste, mais juste devant vos roues, probablement pour rejoindre de l'autre côté leurs congénères qui ont misés quelques noisettes sur leurs chances de réussite. Personnellement, j'ai évité de justesse à l'un d'entre eux de devenir à titre posthume martyr du bitume.
A logan on prend une chambre au super 8 (chaîne assez répandue) pour 78$ ttc avec petit dej (la chambre à 2 grands lits est petite mais correcte)
sinon juste avant au best western, 2 blanc becs hilares nous avaient demandé 149 ht, je confirme mon impression, les prix n'étant affichés nul part, ils sont à la tête du client, et quand il est étranger et ne maîtrise pas bien la langue, ils se croient à la chasse et nous pointent avec leurs fusils La ville est assez grande, pour le repas on va chez Texas roadhouse, cantine familiale bruyante où soudainement le personnel se met à danser de la country en rythme, ou bien à pousser des « hiha » (dsl je ne sais ni le faire ni l'écrire) autour d'une table pour apparament un événement spécial, la personne concernée doit alors s'assoeir sur une selle de cheval montée sur un tabouret devant tout le monde, quelle discrétion !! sinon, le principal c'est que pour 35$ on est gavé, c'est pas de la gastronomie, mais c'est pas ce qu'on recherche non plus.
Ma surprise c'est le serveur qui très sérieusement à insisté pour voir mon passeport avant de me servir ma bière des fois que je n'ai pas 21 ans, j'en ai largement 2 fois plus, et à moins d'être gilbert montagné ou andréa bocelli, y a pas photo, encore une aberrance US.
JOUR 19 :
Avant de rejoindre notre dernier lieu de villégiature SALT LAKE CITY par le nord, on visite

antelope island sur le lac salé (9$ par voiture) c'est pas mal mais sans plus, le soleil, le sel, la réverbération de l'eau nuisent aux photos, on approche de très près nos derniers bisons ( c'est la plus grande réserve du pays). La visite libre du fielding garr ranch de 1848 au bout de la route est intéressante. La périphérie de SLC regorge de lotissements résidentiels abritant des petites maisons bien sympathiques. On fait le tour de ville gràce à vous savez quoi , au héritage park village il faut débourser 10$ par personne car en ce moment de nombreuses personnes font l'animation en tenue d'époque.
Les centres de shopping sont rares, modernes et ne recèlent que des magasins de vêtements de marque comme chez nous mais à des prix visiblement plus intéressants vu le nombre de sacs qui augmente à vue d'oeil aux mains de mes deux accompagnatrices
on loge au comfort inn downtown, réservé à 90 euros la nuit petit dej et parking inclus.
C'est le quartier des hôtels, mais à 20 mn de marche du centre. A proximité se trouve un motel super 6 annonçant des chambres à partir de 54$, et un crystal inn à peine plus cher vantant les mérites de son breakfast, à vérifier !!
Pour ce soir, on décide d'aller manger chez le soit disant champion du monde 2012 à las vegas des.......Burgers : lucky 13, seulement, il est situé en face du stade de base ball des Beers, et c'est ce vendredi, soir de match, ça bouchonne. Nouvelle aberrance US, on nous refuse l'entrée car ma fille n'a pas 21 ans, ici on peut conduire à 16 ans, se trimbaler avec des armes, mais à 19 ans on ne peut pas manger en famille avec ses parents au restaurant, je vais finir par réellement penser qu'ils sont bizarres..voir plus
Du coup on va chez « pago » plus sélect, plus petit, plus cher et moins typique où l'on nous demande strictement rien bien qu'ils servent aussi évidemment de l'alcool, on est dans la même ville à quelques centaines de mètres seulement !!!!
JOUR 20:
Grasse mat et petit dej, là aussi on peut se faire cuire ses gaufres soit même, c'est ludique et surtout bon, on l'a rencontré plusieurs fois. Départ à pied à 8h30 (là c'est plus de la relâche c'est carrément du laxisme!!). Visite de l'incontournable temple square des Mormons, tous les accès sont libres sauf le temple réservé aux fidèles. L'assembly hall puis ensuite on voulait accéder au 26° étage du church office pour avoir une belle vue sur l'ensemble du « site » comprenant pas mal de bâtiments mais c'est fermé le week end. Un gentil vigile nous informe qu'on peut quand même monter au 10° du joseph smith mémorial building voisin, d'où la vue est bien aussi. Ce bâtiment ancien est très beau, la déco et le mobilier remarquables. Les luxueux salons de réception sont en effervescence, c'est jour de mariages et de baptèmes, la foule est considérable, le personnel s'active.

Ensuite on se hasarde à la visite de la Beehive house, maison du prophète, mais là c'est guidé... voire même un peu trop téléguidé d'ailleurs...
La charmante sister Frost, ravie d'avoir des Français se confond en excuses de ne pouvoir joindre une sœur francophone disponible pour nous accompagner, complètement décontenancés , on consent quand même (LOL) et gentiment à faire la visite en anglais avec en plus un couple d'australiens et une sœur Brésilienne ( ha ferveur et tolérance quand vous nous tenez !!)
A 12h00 au tabernacle on assiste au récital de l'organiste, c'est vrai que la salle se prête bien à ce type de prestation sonore.
L'après midi on tourne on vire à pied ou en voiture, on tue le temps, je le savais avant de venir, y a pas grand chose à voir ou à faire ici, mais il fait beau et ça relaxe après tant de kms parcourus. J'en connais deux qui font le plein de M§M's car chez nous ils ne sont pas aussi bons et plus chers.(les parfums, les arômes c'est à dire les cochonneries sont introuvables chez nous), cela fera plaisir aux proches.
Pour manger ce soir, ma fille, gentille copilote tout au long du périple, nous a dégotté le Pat's BBQ, lui aussi soit disant primé à de multiples reprises. De l'extérieur ça paie vraiment pas de mine, il faut savoir que c'est un restau, mais on aperçoit des gens qui viennent prendre « de l'emporté » en grande quantité, du coup on y va, et au final c'est très bien, 53$ pour trois assiettes bien remplies garnies au choix avec ribs, poulet, bœuf grillés à souhait et légumes, une fois de plus on ne pourra pas finir.
HONEY PINE, groupe de country nous accompagne en musique, on finit sur une bonne touche (de musique!!) 😉
JOUR 21 :
Cette fois c'est vraiment la fin ; la restitution du véhicule est prévue à midi à l'aéroport, du coup après une dernière gaufre, on file à 8h00 en direction, une nouvelle fois, de Temple square. Because ? et bien parce que le Dimanche c'est le jour du concert de la chorale au grand complet avec orchestre intitulé music and the spoken word qui se déroule selon la saison et l'affluence soit au tabernacle soit au conférence center mais en tout cas à 9h15 pour les répétitions et 9h30 pour le début. Les portes ouvrent à 8h30 et il y a foule, foule, ce sera plein. On ne peut filmer ou photographier que les répèts, sans être un adepte je dois reconnaître que c'est vénérablement beau, environ 260 personnes sur scène c'est pas rien et ça se respecte quelque soit ses convictions religieuses, ça tombe bien moi j'en ai pas.

On file à l'aéroport , le réceptionniste de la voiture fait le tour et constate que je suis un driver hors pair , à l'enregistrement des bagages déjà prés soupesés pas de problème.
Après on erre de boutiques duty free en boutique duty.... afin de dépenser la ferraille et les petits billets.
Un dernier conseil (et oui je pense à vous) : pour les valises trop chargées au retour, pensez à la technique du rouleau pour gagner de la place:pliez et roulez en boudins serrés tous vos vêtements (de toute façon en principe ils sont destinés au lavage) et vous verrez le gain de place mais pas de poids !!!! je ne suis pas magicien !!.
CONCLUSION :
Une fois de plus nous avons fait et vécus un voyage extraordinaire dans ce grand pays aux multiples facettes c'est justement ce qui nous y attire. La population locale rencontrée s'est toujours montré très agréable, courtoise et serviable. Malgré quelques averses, la météo a été bien au delà de nos espérances balayant mes craintes d'avant départ.
Cette façon de voyager renforce le côté aventurier indépendant confirmant l'inutilité des agences de voyage mais nécessitant une préparation sérieuse et rigoureuse bien à l'avance. je rajoute que face au nombre de parcs nationaux ou state parc ou autres encore, pas facile de choisir et de prévoir ce que l'on ira voir: les Américains bon publics s'émerveillent naturellement de tout: un trèfle à 4 feuilles cela devient un parc, si en plus à côté un couteau rouillé est trouvé dans le sol, on rajoute un musée, j'exagère à peine alors renseignez vous du mieux possible avant de partir!!!
Et pour finir : au bout de 3 séjours, et après multiple pliages, repliages, dépliages notre carte Michelin en lambaux est à bout de souffle, elle rend l'âme avant la fin, alors parole de Padawan :
SI AUTRE VOYAGE IL Y AURA, NOUVELLE CARTE IL FAUDRA.....
Salut et bons voyages à tous
Iran - Ira, ira pas...? Qu'est-ce que t'en penses?
Voilà, voilà... J'ai prévu un voyage d'un mois sac à dos dans l'ouest et le nord-ouest de l'Iran, départ début mai.
Option 1: c'est l'idée initiale. Vol sur Ankara, puis train (ou bus) jusqu'à Tabriz. Retour par le même chemin. Avantage: si ça pète pendant que je suis là-bas, je peux repartir sur la Turquie et j'ai un vol de retour. Inconvénient: si ça pète avant de partir, je me retrouve avec un vol sur Ankara et je suis coincé en Turquie.
Option 2: vol sur Téhéran puis remontée dans le nord-ouest par la route, faire une boucle et retour sur Téhéran via l'ouest. L'avantage, c'est que si ça pète avant je peux faire annuler mon vol et partir sur une autre destination (Inde ou Thaïlande par ex.). Inconvénient: si ça pète pendant que j'y suis: plus de vol de retour, je dois passer sur la Turquie et racheter un billet. De plus, la plupart des installations nucléaires, cibles israéliennes prioritaires, sont à proximité (+ou-) de Téhéran.
Question 1: que faire ? option 1 ? option 2 ? ou encore option 3: ça va péter c'est sûr. Autant oublier l'Iran pour cette fois et prendre tout de suite une autre destination ? Question 2: pètera, pètera pas ?
Y a-t-il des analystes de la géopolitique du Moyen-Orient qui arrivent à faire des prédictions sérieuses ?
Qu'en penses-tu ?
Option 1: c'est l'idée initiale. Vol sur Ankara, puis train (ou bus) jusqu'à Tabriz. Retour par le même chemin. Avantage: si ça pète pendant que je suis là-bas, je peux repartir sur la Turquie et j'ai un vol de retour. Inconvénient: si ça pète avant de partir, je me retrouve avec un vol sur Ankara et je suis coincé en Turquie.
Option 2: vol sur Téhéran puis remontée dans le nord-ouest par la route, faire une boucle et retour sur Téhéran via l'ouest. L'avantage, c'est que si ça pète avant je peux faire annuler mon vol et partir sur une autre destination (Inde ou Thaïlande par ex.). Inconvénient: si ça pète pendant que j'y suis: plus de vol de retour, je dois passer sur la Turquie et racheter un billet. De plus, la plupart des installations nucléaires, cibles israéliennes prioritaires, sont à proximité (+ou-) de Téhéran.
Question 1: que faire ? option 1 ? option 2 ? ou encore option 3: ça va péter c'est sûr. Autant oublier l'Iran pour cette fois et prendre tout de suite une autre destination ? Question 2: pètera, pètera pas ?
Y a-t-il des analystes de la géopolitique du Moyen-Orient qui arrivent à faire des prédictions sérieuses ?
Qu'en penses-tu ?
Quelques parcs américains rarement évoqués
Ces parcs dont on parle peu : Joshua Tree, Crater of the Moon, John Day Fossil Bed, Carrizo Plain etc.
Dans mes carnets de voyage 2009 et 2010, j'ai présenté les circuits que nous avons fait dans l'ouest américains, très longs parcours venant en complément de nos 3 premiers voyages, 2005, 2007 et 2008. Mon propos ici n'est pas de raconter ces voyages déjà loin dans notre mémoire et de parler une fois de plus des grands classiques qui foisonnent sur le forum, mais simplement d'apporter quelques éléments sur des parcs beaucoup moins visités que Yellowstone, Monument Valley, Bryce ou le Grand Canyon.
Ces parcs plus à l'écart sont Joshua Trees NP en Californie, Crater of the Moon NM dans l'Idaho, John Day Fossil Bed NM dans l'Oregon, Carrizo Plain NM en Californie, Colorado NM dans le Colorado, Mount Saint Helens NVM dans le Washington, Black Canyon NP dans le Colorado. Je parlerai aussi de quelques lieux comme la réserve indienne des Nez Percés en Idaho. J'en profiterai pour détailler un peu plus certains très peu visités dont j'ai déjà parlé, comme Organ Pipe NM, Lava Bed NM, Tonto National Monument, Cathedral Gorge SP , Redwood NP, Mojave National Preserve et Great Basin NP.
Mais aussi, pour ceux qui veulent voir autre chose, j'ai ajouté : Où, quand, comment assister à un POW WOW ?
CALIFORNIE - Aux portes de Los Angelès, le Joshua Tree National Park
Aux portes de Los Angeles, le Joshua Tree NP offre ses paysages aux confins de 2 déserts, le désert Mojave où l'on trouve les arbres de Josué et le désert du Colorado. En 2008, nous y avons passé une journée dans la chaleur encore supportable du mois de Mai.
Entre Twentynine Palms et Palm Springs ...
Le parc fait 3210 km carrés environ la surface du département du Rhône. Il n'est parcouru que par 100 km de routes formant un Y du nord au sud et quelques centaines de km de pistes plus ou moins carrossables. A chaque entrée se trouve un « Visitor Center » tenu par les rangers. Le principal est celui du nord-ouest où un arrêt s'impose. Cartes et documents y sont remis aux visiteurs, avec une feuille en français pour nous bien utile.
Le parc porte le nom du principal végétal du désert Mojave, le Joshua Tree, ou arbre de Josué, baptisé ainsi par les mormons. Si on le trouve aussi dans la Mojave Desert Preserve voisine, c'est ici, dans la partie nord-ouest du parc, que ces yuccas géants sont les plus grands (jusqu'à 6m) et les plus denses.


Ils forment une forêt parsemée de gros rochers orangés parmi lesquels sont aménagés des sentiers de visite.

On y voit fréquemment différentes espèces de lézards aux couleurs variées, mais aussi des lièvres avec d'immenses oreilles, des roadrunners (Beep-Beep) et parfois des coyotes. Le désert est aussi habité par les serpents à sonnette et d'autres, rouges, qu'on préfère ne pas rencontrer.

Une route monte dans la San Bernardino Mountains à un point de vue nommé Keys View. De là on découvre la vallée de Palm Spring et la faille de San Andreas.

Parmi les multiples petites promenades aménagées, celle de Cap Rock offre un joli parcours botanique.

Vers le sud, la route passe un col et débouche sur un autre désert, celui du Colorado. Les Joshua Trees disparaissent, laissant la place à différentes variétés de plantes des déserts, comme le curieux ocotillo à grandes tiges fleuries de rouge.

A Cholla Cactus Garden est aménagé un jardin bien délimité dans un champ de cactus particuliers : le cholla cactus. A l'entrée, un panneau rappelle de ne surtout pas y toucher, ses épines ont la particularité d'entrer dans la peau et de ne pas pouvoir être ressorties. Le chemin qui sillonne le jardin permet aussi de découvrir les autres végétaux de ce désert.

Près de la sortie sud, à coté du Cottonwood visitor center, une piste conduit au Lost Palms Oasis qui offre un peu d'eau, d'ombre et de fraîcheur dans ce désert aride.

A la sortie nord-est en traversant le visitor center, on peut se promener dans la palmeraie un peu défraîchie de l'oasis de Mara. * **********************************************************************************
IDAHO - Crater of the Moon, sur la route de Yellowstone
C'est vrai que ce parc est une peu perdu dans cet état incertain qu'est l'Idaho. Fin Août 2007, venant de Portland, nous l'avions traversé en allant à Yellowstone. C'est là que nous avions acheté notre première Annual Pass, que nous avions rentabilisé en Mai l'année suivante. Depuis nous avons pu voir que certains envisagent y faire étape entre San Francisco ou Salt Lake City et le Big parc des geysers et des bisons.
Le parc est situé près d'Arco, petite bourgade où fut construite en 1951 la première centrale nucléaire américaine. Craters of the Moon est un National Monument et constitue une réserve naturelle située dans la plaine de la Snake River. La superficie est d'environ 3000 km2 et contient plusieurs coulées de laves dont les plus récentes datent d'à peine 2000 ans – tout juste avant-hier à l'échelle géologique, ce qui explique que par endroit, la lave semble à peine froide.
Le circuit revêtu forme une boucle et ne fait que 7 miles. Il permet d'accéder à 4 points d'intérêts accessibles par de courtes marches et 2 autres pour des randonnées plus importantes. A chaque départ, la longueur de randonnées, la durée et le dénivelé sont indiquées (de ce point de vue, c'est le lieu le mieux informé de tout ce que nous avons visité).
Devil Orchard Nature Trail, offre une promenade de 0.5 mile dans un lieu étrange où la nature tente de reprendre vie sur la lave. On y voit comment les premiers arbres repoussés ont été détruit par les plantes parasites.

Inferno Cone, une colline volcanique, offre de son sommet une vue sur l'ensemble du parc.


A Snow Cone et Spatter cones, on peut monter jusqu'à l'intérieur de petits cratères - un des lieux les plus intéressants.
La promenade qui part vers Dewtrop Cave est des plus surprenantes et du genre à rester ancrée dans la mémoire : ½ mile sur un couloir qui sillonne au milieu de la lave fraiche, noire de noire, pour arriver à des tubes de lave (la lave en fusion refroidit et forme en surface une croûte. Mais sous celle-ci elle continue à couler, laissant ainsi une grotte cylindrique) nommés Indian Tunnel, Boy Scout Cave et Beauty Cave, dans lesquels on peu s'engager (à ses risques et périls)

A certains endroits on a presque l'impression que la lave coule encore. C'est un des parcs les plus marquant que nous ayons visité.

Ah, on est loin des roches rouges de l'Utah, des eaux bleus de Crater Lake, des mousses vertes de la forêt d'Olympic, des sables jaunes des dunes de Death Valley ou des neiges éternelles de Glacier, mais bien au milieu des cratères de la lune.
******************************************************************************
OREGON - Les 3 lits à fossiles de John Day
C'était en 2007 aussi, sur la route de Portland à Yellowstone. Avant l'étape de Crater of the Moon, nous avions prévu de visiter John Day Fossils Beds NM, histoire de meubler la longue route. Dans l'est de l'Oregon, ce national monument est formé de 3 lieux bien distincts, plutôt éloignés les uns des autres car étalés sur environ 100 miles. Pour inclure correctement dans notre trajet, il fallait en éliminer un, ce fut Carlo Unit, le plus au nord, sur les bord de la John Day river (donc je n'en parlerai pas).

Arrivant de Portlands, nous faisons une pose dans la réserve indienne de Warm Spring et en suivant la route 26 vers l'est, nous arrivons au premier site : Painted Hills Unit.
La piste qui y conduit est déjà un spectacle en soi en longeant des collines rouges. A cette époque, nous ne connaissions pas encore le Painted Desert de Petrified Forest : 2 ans plus tard ce dernier nous a donné l'impression de déjà vu, en moins bien !
Entrée, comme dans un grand parc mais le petit visitor center était fermé.

Le point le plus intéressant est le Painted Hills overlook d'où l'on surplombe les collines colorées. En suivant le petit trail, on en découvre les nuances en fonction des angles de vue.

Sur l'autre coté, le Carroll Rim Trail présente des colorations différentes où le noir domine.

Deux autres randonnées partent de ce site, nous serions allés jusqu'au Painted Cave quand le témoin d'essence de notre Pontiac G6 nous fait part de la faiblesse du niveau du réservoir. Nous n'avons aucune idée de la marge restante, donc direction la station la plus proche, en l’occurrence Mitchell. Ce n'est pas une vile fantôme, pas encore, mais maintenant que la route 26 contourne, c'est un peu mort. Il y a un vieil hôtel et une station. La patronne vient nous faire le plein et nous dit soudain «Avez-vous vu Henri ?» Surpris, nous demandons des explications et elle nous fais signe de nous retourner. A quelque mètres de la pompe, dans notre dos, un double grillage et derrière, Henri nous regarde. Il repart au fond de la case avant la photo – notre premier ours américain était en cage, mais nous l'avons vu de très prêt.
Henry
Direction John Day, la ville au creux de la charmante vallée de la rivière du même nom (à 110 km de Mitchell – les distances sont longues ici, trop longues pour un réservoir vide). Cette année là, nous n'avions pas réservé tous nos hôtels – mauvaise surprise, le Best Western est complet, mais il y en a d'autres et le 2ème convient. Le lendemain, 2 hôtels nous refuserons aussi.
Dans le restaurant où nous dinons, un grand tableau sur le mur montre que l'on avait pas cherché que des fossiles le long de la rivière.
Le lendemain, nous revenons 60km en arrière pour visiter la partie la plus importante du John Day Fossil Beds, le Sheep Rock Unit. En fait il y a 4 parties réparties sur les bord de la John Day river, avec divers lieux à visiter.
Au départ la route suit la rivière dans le Picture Gorge, jusque qu'au pied du Sheep Rock qui culmine à plus de 1000m.
C'est là que ce trouve un des visitor centers les plus intéressants que nous ayons vu : les fossiles des différentes époques sont présentés au pied de fresques montrant la faune de l'époque dans l'environnement qui allait les détruire, en particulier les éruptions volcaniques.

On peut aussi voir l'atelier où l'on dégage les fossiles de leur gaine de roc.

Similitude avec le parc de l'Arizona, on voit aussi quelques troncs pétrifiés.
Un peu plus loin, la Blue Basin Area offre un circuit de 1 mile dans les collines vertes – ici, c'est la pierre qui est verte.
Tout au long de ce Island in Time Trail, on peu découvrir des fossiles dans leur lieux de découverte, bien protégés sous des cloches (pour ceux qui connaissent, on peu aussi en voir au Badlands NP).

En continuant la route vers le nord, Cathedral Rock est une curiosité dans un méandre de la rivière.

Enfin à Foree Area, 2 trails partent du même parking : Flood of Fire, avec une vue magnifique sur les falaises de basalte et Story in Stone que nous ne voyons que de loin.

Au mois d'Août, bien que plus au nord que les grands parcs de l'Utah et de l'Arizona, il fait chaud ici où nous ne sommes pas beaucoup plus haut que le niveau de la mer.
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Washington : le Mount St Helens NVM
La visite des parcs nationaux nous conduit souvent à remonter dans le temps, loin, loin dans l'histoire de la planète. Au point que l'on s'embrouille parfois dans l'échelle des temps géologiques sur le nombre de zéro qui définit la date. Je citerai en exemple un texte lu sur un site de voyage bien connu, datant les premiers pétroglyphes à 3 million d'années (avant l'homo sapiens) alors qu'il s'agit de 3000 ans. L'éruption de Crater of the Moon est presque contemporaine par rapport à celle de la caldeira de Yellowstone dont la dernière grande explosion date d'il y a 640 000 ans. Mais quand on parle du Mount St Helens, on revient à l'échelle humaine. J'avais 32 ans quand le 18 mai 1980 le sommet du volcan explosa. La plus grande catastrophe volcanique des USA, et si le nombre de morts fut limité (57), le sommet avait baissé de 400m, déplaçant 2,3 km3 de roche. Les retombées de cendres couvrirent le ¼ nord-ouest du pays de plusieurs centimètres, jusqu'aux portes du Texas. La couverture médiatique de l'évènement fut à l'époque bien faible par rapport à ce qu'elle serait de nos jours. Notons au passage que notre grand Haroun Tazieff avait jugé ce volcan inoffensif.
Dès 1982, le président Reagan fit du volcan un monument national, le Mount St. Helens National Volcanic Monument. Dans cette catégorie de NM est aussi classé le Newberry NVM et son double cratère, 300km plus au sud (voir CV 2010).

Lors d'un court séjour professionnel à Portland en 1997, j'avais fait une approche par le sud, sans vraiment rien voir du volcan.
En 2007 de retour à Portland et mieux organisé, j'y consacrais une journée.Il y a 2 routes possibles, par l'est ou par l'ouest. L'approche par l'est conduit plus prêt du volcan mais ne permet pas de voir la partie béante du cratère. C'est celle de l'ouest, venant de la I5 que nous avons prise à Castle Rock. Il y a 80 km de routes, dans la deuxième moitié, entièrement refaite, avec des ponts neufs. Plusieurs points de vue éloignés jalonne cette 2ème partie : Elk Rock View Point puis Castle Rock View Point. Le temps est couvert à l’aller, nous remettons les vues au retour (à tord, la pluie nous rejoindra sur la route).
Le visitor center de Coldwater Ridge est un arrêt obligatoire. Quand on est face à l'entrée, on voit le volcan derrière. A l'intérieur, les rangers encaissent le payement des droits d'entrée - il semble que les NVM n'était pas inclus dans les droits de l'annual pass, en 2007. Les maquettes et plans complètent la vidéo qui présente l'histoire récente.

Au pied, le Coldwater Lake est un lieu de détente et un point de départ de diverses randonnées.

La route continue jusqu'à Loowit viewpoint et se termine à Johnston Ridge Observatory. En ce début d'après midi de fin Août, le parking n'est pas très encombré.
Du haut, un chemin conduit aux meilleurs points de vue. C'est d'ici qu'on peut voir le volcan, sur le coté béant du cratère. Hélas les nuages en masquent une partie. Sur les flans de la montagne, les coulées de laves sont visibles. Les restes des troncs brisés lors de l'éruption jalonnent le lieu.

Mais la vie a repris. Pour la première fois, nous voyons des paintbrush, des fleurs que les indiens utilisaient pour se nourrir et se soigner mais pas comme peinture, comme le nom pourrait faire penser. La vie animale a repris et les chipmunks sont de retour, toujours près des touristes.

Au point d'observation le mieux orienté, après une brève descente, une plaque porte les noms des 57 victimes de l'éruption du 18 Mai 1980. Une ouverture dans les nuages nous permet de voir le cratère, mais ce sera de courte durée.


Certaines vues montrent ce que qu'à pu être la largeur de coulée de lave dans la vallée.

Pour les marcheurs, le chemin continue jusqu'au Spirit Lake puis vers les randonnées plus conséquentes qui font le tour du volcan. L’accès au cratère lui-même est interdit.

Je conseille un petit tour sur Google Earth pour une vue en relief les plus impressionnantes - 46°12'16.91"N & 122°11'18.78"O
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Colorado : première découverte au Colorado National Monument
C'était en Mai 2005, je venais pour un congrès à Vail, station de ski dans les Montagnes Rocheuses à l'ouest de Denver. C'était une bonne occasion pour prendre une semaine de vacances en couple et visiter … quelque chose. On s'était dit : on loue une voiture et puis on verra, il doit bien y avoir quelque chose à voir dans le secteur ! Pour voir, il y avait à voir et ce fut le premier d'une série de voyages dans le grand West. Un peu de recherche m'avait conduit à programmer quelques lieux incontournables à portée de roues : Arches, Monument Valley et Grand Canyon et pour le retour Mesa Verde et Black Canyon, et en tout premier lieux le Colorado National Monument.
Tout avait mal commencé : à l'arrivée à 21h au petit aéroport de Eagle, nos valises n'avaient pas suivi et la voiture de l'hôtel ne nous attendait pas … Ce n'est que le lendemain midi, à l'arrivée de vol suivant (et oui, un petit aéroport avec 3 vols par jour) que nous avons récupéré nos valises, fracturées par les douanes – nous avions eu le malheur de les fermer à clé. Tout ça pour dire que ce n'est qu'en début d'après-midi que nous somme arrivé à Grand Junction, à l'entrée sud est du parc. Nous prenons chez Budget notre voiture de location, un petite Chevrolet Aveo.
Décidément trop petit, pour les USA
Même si le Colorado NM n'est pas un site exceptionnel, c'était pour nous le premier et sa visite allait beaucoup nous initier pour la suite.
Par cet après-midi de Mai, il n'y avait personne à la guérite à l'entrée sud. Pas grave direz-vous ? Mais si : il n'y avait personne pour nous donner l'indispensable plan du parc. Pour ce qui est de payer, ce fut fait par la suite au visitor center peu avant la sortie.

Le parc est traversé du sud-est au nord-ouest (l'inverse si on rentre par Fruita) par 37 km par la Rim Rock Drive qui serpente entre 1500 et 2000 m. Elle traverse la montagne en tunnel à 4 reprises. Et surtout, 15 lieux d'arrêts sont aménagés aux meilleurs points de vue. Et c'est d'overlook en view points que nous avions progressé, arrêtant à chacun pour admirer les canyons creusé dans le grès coloré : Columbus canyon, Red canyon.


Dans Ute canyon on peu voir Fallen Rock, un gros blocs détaché de la falaise.

Monument canyon contient les points les plus caractéristiques : d'abord Coke Ovens (les fours à coke ?) et ses curieuses formations rocheuses.
Kissing Couple (le couple qui s'embrasse ?) visible de Monument canyon view
de Grand view, on peut voir toute la vallée, du canyon au fleuve Colorado et au loin les monts Book Cliff
Independance Rock est le clou de la visite . Tous les ans il est escaladé lors de l'Independance day. 
Il y a bien d'autres points d'intérêt, accessibles par les sentiers qui partent de la route.
Maintenant, 6 ans plus tard et quelque 70 parcs au compteur, Colorado NM fut une visite initiatique. On y voit un résumé de beaucoup d'autres sites de l'Utah voisin. Et c''était sans doute très bien de le voir en premier.
Quelques heures plus tard, on arrivait à Moab et le lendemain, on passait dans la cour des grands.
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Californie : Carrizo Plain NM – un lieu inconnu !
Un lieu inconnu en effet ! Un National Monument même pas repéré sur la carte générale du www.nps.gov ni sur Google Map. Combien des ratisseurs de Voyage Forum, pourfendeurs de planning mal faits, sauraient le situer. Trop petit pour le voir sur une carte ? Plus de 1000 km2, ça se remarque ! Trop à l'écart des circuits ? Entre San Luis Obispo et Baskerfield, on est en secteur connu.

Début Mai 2008, pour relier Death Valley de Yosemite, la Tioga Pass était fermée. Repus de séquoias par Mariposa Groove, nous avions fait le détour par la côte. Longer le Pacifique, voir la colonie d'éléphants de mer à San Simeon puis traverser la plaine pour arriver aux portes de la mortelle vallée : un National Monument sur la route, on allait pas le rater.

Une erreur de navigation nous avait conduit sur la curieuse Bittewater road où des centaines de petits chipmunks (je suppose) s'enfuyaient de la route sous notre nez.

Une première entrée dans le parc, jusqu'au Soda Lake et malheur, la jauge d'essence passe au rouge. Qu'à cela ne tienne, sur la carte, il y une ville près de l'entrée – demi tour. La ville en question n'est qu'une ferme sur la grille de laquelle est affiché « NO GAS » Renseignement pris, la station la plus proche est à Santa Margarita, 85km. Et bien, notre Toyota Hightlander avait bien des réserves. Tout ça pour dire que nous avions beaucoup de retard lors de notre 2ème entrée dans le parc.
Et nous n'avons pas vu grand chose : un pronghorn, l'antilope américaine, dont nous n'avions vu qu'un seul représentant jusqu'alors, à Yellowstone un an avant.
le Soda Lake, un lac de sel de 12km2, vestige d'un mer préhistorique. Un chemin de planches donne accès au bord du lac.
un chemin carrossable va près du sommet d'une petite colline indiquée Overlook Hill. Le point de vue y est plus panoramique.
pas en avance, nous avons délaissé le Goodwin Education Center servant de visitor center, à l'écart de la route . On aurait pu y avoir un plan plus détaillé et des renseignements pour aller au Painted Rock voisin. De curieux pictographes, vieux de plusieurs milliers d'années sont peints dans un abri rocheux. L'accès est payant depuis 2010.avec une carte détaillée, nous aurions pu allé voir de près la faille de San Andrea qui borde la Carrizo Plain au pied de la Tremblor Range.
Les vagues blanches sont les rebords de la faille de San Andrea
La route vers la sortie sud n'est pas revêtue. Peu après la sortie, en direction de Baskerfield, nous rencontrons pour la première fois une plantation d'éoliennes.
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Colorado – Le Black Canyon of the Gunnison National Park
C'est un nom à rallonge pour ce canyon de la rivière Gunnison, née dans les hauteurs des Rocheuses, qui rejoint le fleuve Colorado à Grand Junction. A l'écart des circuits les plus classiques, mais à 3 heures de Moab et de Cortez, certains font le détour par Montrose pour profiter des paysages de haute montagne entre Durango et Ouray, par la petite ville de Silverton à peine sortie du 19ème siècle ou des stations de ski voisines.

En 2005, c'était la clôture de notre bref périple, entre Durango et Vail notre destination professionnelle. A Coal Bank Pass, la « Million Dollar Highway » passe à 3240m, bien plus haut que tous nos cols du Tour de France dans les Alpes ou les Pyrénées.

Il y a 2 accès dans le parc du Black Canyon, un au nord par 2h de routes secondaires en partant de Montrose et le plus connu au sud, à 20 minutes de la même ville. C'est ce dernier que nous avons pris.

Avant l'arrivée au visitor center, situé au bord du canyon, la route se sépare. Vers l'est, la East Portal road suit la rive gauche jusqu'au début du canyon et accède à la Curecanti National Recreation Area, sur les bords de la rivière. Cette route est une impasse et nécessite de revenir.

L'essentiel de la visite se passe sur la South Rim Road qui donne accès à une douzaine de points de vue et quelques brefs Trails. Le canyon n'est pas très profond, 5-600m, comparé au « GC » visité 2 jours avant. Mais il est très étroit, 300m par endroit, en haut, seulement 12m au niveau de la rivière aux Narrows.

Près du visitor center, la descente est aménagée et protégée pour arrivé au premier Overlook. Elle mène à plusieurs vues sur le canyon, la rivière et un à-pic impressionnant. La couleur général du lieu, des roches, la forêt aussi, explique bien le nom de canyon noir.

Les points de vue se succèdent, certains au bord de la route, d'autres à quelques centaines de mètres : Pulpit Rock, Cross Fissures View, Big Island, Rock Point, Devils Lookout, difficile de situer les photos qui suivent, 6 ans après.

A Chasm View, le canyon est très étroit, mais il semble que c'est sur l'autre rive qu'on en a la meilleure vue.

Le point suivant, Painted Wall View, offre une première vue sur la façade rainurée de la rive droite, que l'on retrouve de face à Cedar Point.

Dragon Point offre une vue sur la continuité de la vallée qui s'élargit par la suite. Sunset View et Warner Point, après 1km de Nature Trail terminent la route.



En partant vers l'est pour rejoindre Vail à travers la montagne, on longe au début la Gunisson River et une série de barrages. Le Blue Mesa Reservoir est la plus large retenue, juste avant la ville de Gunisson.

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Idaho – le Nez Perce National Historical Parc
Quand on parle des « natives », pour beaucoup des habitués du forum, il s'agit des Navajos. Certains y ajoutent les Hoppis voisins quand ils se sont aventurés (c'est parfois une aventure) sur leur terres. Pour les visiteurs du Sud Dakota, on ajoute les Lakotas ou Sioux, descendants des Sitting Bull et Crazy Horse. Quelques autres réserves sont parfois traversées par nos baroudeurs du grand West, celle des Apaches, des Shoshones, des Crows … Mais qui connait la réserve des Nez Percés ?
Lorsque l'on se ballade dans le nord-ouest, du Washington au Montana, on retrouve un peu partout des traces de Lewis and Clark, panneaux informatifs, musées ou lieux baptisés au nom des explorateurs du début du XIXème.

A l'automne 1805, ils rencontrèrent une tribu indienne pacifique, nommée « Nez Perce » par les trappeurs français qui leur servaient de guide.
La suite est l'histoire habituelle des indiens que je vais résumer ici – sympathie au départ, les pasteurs viennent éduquer (évangéliser) les « incultes » - avec les Nez Perces, ça va toujours bien, et puis les chercheurs d'or arrivent et les indiens sont envoyés dans une réserve. Ils le prennent mal et c'est la guerre. Sous la conduite de Cheif Joseph (qui avait passé son enfance chez les missionnaires chrétiens), ils résistèrent puis s'enfuirent vers le Canada. S'ils traversèrent Yellowstone, ils passèrent plus au sud de la Chief Joseph Hwy, une route magnifique que l'on peut recommander pour relier Cody à l'entrée Nord est du parc, par la Dead Indian Pass. Pour terminer l'histoire, ils furent rattrapés juste avant la frontière. Les survivants furent exilés dans le Kansas avant de pouvoir revenir dans l'Idaho...
Cheif Joseph est un des pères fondateurs à coté de Sitting Bull, Geronimo et Red Cloud sur certaines représentations iconoclastes des sculptures du Mont Rushmore.
La réserve indienne des Nez Perces est située dans l'Idaho, au sud Ouest de Missoula (ville du Montana sur la I90). En 2007, c'était notre dernière destination après notre séjour à Yellowstone. La Lolo Creek road franchit la Lolo Pass puis descend le long la rivière qui devient la Clearwater River avant d'arriver dans la réserve.

La carte du National Park Service signale quelques points d'intérêt dès l'entrée dans la réserve. La route sinueuse longe la Clearwater dans une vallée encastrée classée « Scenic road ». Elle passe à coté du Heart of the Monster, formation rocheuse où Lewis & Clark avaient monté leur camp.
Notre destination est Orofino, dont le nom évoque l'or fin trouvé dans les environs. Nous avons réservé une chambre pour 3 nuits au Konkolville Motel – sympa, ils fournissent le steak, on se le fait griller soit même.
Mais qu'il y a-t'il vraiment à voir dans cette réserve et ce National Historical Parc ?

La première visite est pour le Spalding Visitor Center. Situé au nord-ouest de la réserve, c'est le principal point de visite. A notre arrivée, le ranger indien de service termine le montage de la tente proche du bâtiment.

A l'intérieur, le musée contient une intéressante présentation de vêtements traditionnels Nez-Percés.


A coté, le parc de la Lapway mission et du fort du même nom. Sur le mur extérieur de l'église, la pierre tombale du révèrent Spaldin qui vécu avec les Nez Percés de 1836 à 1874. Quelques plaques commémoratives, l'école et les restes de la mission d'origine dans un parc aux grands arbres où il fait bon flâner.

Bon, et les indiens, ils sont où ? Nous partons vers la localité de Nez Perce, au centre de la réserve.

Nous traversons des champs de blé, immenses, vallonnés. Dans certains, la récolte est terminée, dans d'autres elle est en court (on est le 24 août). Certains champs ont été brulés, d'autres sont en feux, d'autres sont déjà labourés – pour une 2ème récolte ?

Les indiens seraient-ils devenus agriculteurs ? Arrivés à Nez Perce (Town), nous trouvons une petite ville d'agriculteurs qui n'a rien d'indienne. Tout ce que nous voyons nous conduit à penser que les indiens ont vendus leurs terres aux colons venus cultiver ce plateau. Parmi eux, sans doute des français, comme le font penser certains villages nommés Ferdinand ou Grangeville et surtout le surprenant Culdesac.

C'est pour le transport du blé que des voies ferrées ont été construites, avec des tunnels et des ponts impressionnants.

Après déjeuner au supermarket du coin, nous repartons par la route 64 pour très vite se retrouver sur un chemin de terre à flan de colline et entamer une descente sur une piste étroite. Les déambulations de l'après midi, entre autre pour trouver une banque, ne nous mettrons pas plus sur la piste des indiens.
Le second jour était consacré à Lewiston, à la frontière du Washington. De l'autre coté de la Snakeriver qui sépare les états, la ville s'appelle Clarkston. On peut dire qu'ils ont laissés leurs empruntes, ceux-là. C'est samedi, une exposition de voitures de collection emplit la Main street

Un petit tour au petit musée où la petite gardienne nous accueille. Brève visite, les peintures extérieures sont les points les plus intéressants.

Mais nous repartons avec quelques infos intéressantes. Le Trading Post (en fin de voyage, on voudrait des souvenirs) se trouve à coté du casino, sur la route d'Orofino. Eh oui, indien = casino. Bon mais à part ça, il a une autre petite Trading Post à Lapway, chez les indiens. Enfin, nous trouvons les indiens, Lapway est la seule localité peuplé par 98% de natives. La ville est tracée en damier, avec tous les équipements nécessaires, terrain de foot, super-marché, station d'essence... à non elle semble abandonnée. Les habitations sont principalement de vieux mobile-homes. Au petit drugstore près du magasin, nous mangeons à coté d'un couple de nez percés qui nous fait un grand sourire en sortant, mais pas de conversation. Devant le centre administratif de la réserve, beau bâtiment qui à l'air de mal vieillir, une stèle porte le vrai nom des Nez-Percés : Nimmipuu, cherchez la correspondance phonétique !

La Trading Post est ce baraquement bleu, du style des autres maisons de Lapway. La tenancière indienne nous demande d’où nous venons, trouvant notre accent doux et agréable (sic). Pendant que nous choisissons quelques babioles (les bijoux de fabrication locale sont très cher), un trappeur canadien négocie la vente des peaux qu'il a apporté.
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Californie – Les tubes de lave de Lava Beds NM
Le Lava Beds NM est un des parcs les moins connus de l'ouest américain. A l’extrême nord-est de la Californie, il est à l'écart des circuits même des plus téméraires. Pourtant il offre de surprenantes visites qu'on ne peut pas faire ailleurs, sauf un petit peu à Crater on the Moon dans l'Idaho : voir des tubes de lave de l'intérieur.
Fin Août 2010, nous y avons fait étape entre Redwood NP et le Crater Lake NP, 2 lieux bien connus de ceux qui s'aventurent au nord de San Francisco. Nous y accédons par le nord, en passant dans l'Oregon, par la country road 10, nommée Hill Road. Avant d'arriver au parc, la route longe le Tule Lake, reserve naturelle dont nous verrons une autre partie en repartant. C'est notre 1er parc payant de l'année, nous commençons par l'achat du Pass Annuel à l'entrée - ici pas d'électricité donc pas de carte bancaire donc payement en espèce.

Une des premières choses que l'on voit est une étendue de lave noire qu'on dirait tout juste éteinte, la Devils Homestead Flow. Plusieurs points de vue sont aménagés.

A Fleener Chimneys, on accède au départ de cette coulée de lave.

Mais nous fonçons vers le Visitor Center, chercher conseils et lampes, ces lampes torches que prête gentiment la jeune ranger à tous les visiteurs. Nous faisons avec elle le point sur les tubes ouverts à la visite cette année et en choisissons un échantillon assez varié pour la journée. On peut aussi acheter des casques, mais ce n'est pas très utile. Un rapide coup d’œil sur le livre d'or pour constater que nous sommes les premiers français à le signer cette année.

Et nous partons voir le plus proche, le Mushpot. Descente vers les antres de la terre. Surprise, en pénétrant dans le tube créé par la lave en fusion, le sol est bien lisse et le chemin tracé par la lave est balisé de part et d'autre de guirlandes lumineuses. Nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, en fait vers une sortie bouchée par la lave refroidie. Les lampes sont inutiles au début, mais bien vite on se retrouve «alone in the dark».



Plus à l'écart nous allons voir aussi la Valentine Cave sur la route qui va vers le sud. Un lieu surprenant où la lave a coulé dans plusieurs directions, à ne pas rater.



Nous revenons pique-niquer sur une table à l'ombre près du Mushpot.
L'attraction principale du parc est constituée d'une douzaine de tubes de lave situés autour d'une boucle d'environ 4 km que l'on parcourt en voiture. Tous ne sont pas ouverts à la visite, la ranger nous avait indiqué ceux qui sont fermés cette année. Pas de guirlande lumineuse, pas de sol bien plat, les tubes que nous visitons sont bien plus rustiques et très surprenants. La promenade se termine toujours au bout de quelques centaines de mètres. Si le sol est lisse dans certains, dans d'autre la marche est difficile et nécessite de bonnes chaussures. Nous descendons ainsi dans Golden Dome, puis Hopkins Chocolate et Sunshine.


Les Garden Bridges sont des tubes de lave effondrés dans lesquels on ne descend pas.

Après Hercules Leg, nous terminons par Juniper.
D'autres tubes de lave peuvent se visiter ailleurs dans le parc, au bout de quelques centaines de mètres, ainsi que des cratères. Pour les marcheurs, des trails de 3 à 13 miles sont balisés dans le parc.
Le secteur est aussi un haut lieu de la Guerre des Modocs. Toujours la même histoire, une tribu indienne qui avait décidé de refuser l'exil dons une lointaine réserve. Pour rester près de leur terre natale, ils s'était réfugiés dans ces lieux inhospitaliers. En 1872-73, 53 indiens tinrent tête à 500-600 soldats commandés par le général Canby qui il y laissa la vie. Les restes de cette guerre sont encore visibles et se visitent en différents endroits comme le Gillems Camp ou le Thomas-Wright Battlefiel. Les descendants du peuple Modoc vivent maintenant en Olkahoma.

Le parc est bordé au nord par le lac Tule qui est une réserve importante pour les oiseaux. Et c'est vrais que des points d'observation aménagés, on en voit des milliers. Une piste longe la rive du lac sur plusieurs kilomètres.

Un peu à l'écart à l'est, dans une section extérieure du parc, le Petroglyph Point Trail accède à plusieurs centaines de gravures vieilles de 6000 ans (?).

Au total, nous avons passé plus de 6h dans le parc, et nous sommes loin d'avoir tout vu.
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Arizona – Organ Pipe Cactus
Trois grands déserts couvrent une partie du sud ouest américains. Le Mojave desert est le plus connu avec sa zone préservée entre Las Vegas et Los Angeles ; c'est aussi celui de la partie ouest du Joshua Tree NP et de la Vallée de la Mort. Il est planté de ces yuccas très caractéristiques que sont les arbres de Josué. Le Great Basin, dans le Nevada, est sans doute le moins connu. Certains ont visité le national parc du même nom, mais cette montagne n'est pas représentative de la terrible région où s'est perdu Steve Fossett. Le Sonoran desert, au sud de l'Arizona, est le pays du cactus saguaro devenu l'emblème de l'état. Un double parc national de part et d'autre de Tucson lui est consacré. Les saguaros sont omniprésents dans ce désert (et certainement pas à Monument Valley comme on est surpris d'en voir dans certains films). Mais il existe une autre sorte de cactus géant baptisé Organ Pipe (tuyau d'orgue) auquel un parc est consacré le long de la frontière mexicaine. Très à l'écart des circuits habituels, même les plus au sud, bien peu le connaissent.
Sur notre route de Los Angeles à Tucson en mai 2009, il constituait une étape importante. Nuit à Gila Bend, petit déjeuner dès l'ouverture et départ vers le sud. Courses à Ajo, ville minière, typée mexicaine, des motels, des markets, une belle église et beaucoup de sociétés d'assurance (?). Sur cette route qui va aussi au Mexique, nous sommes arrêtés à 4 reprises par les border patrols (2 à l'aller 2 beaucoup plus regardante au retour.)
L'Organ Pipe Cactus NM est un grand parc par sa surface (1332 km2), pas par le nombre de ses visiteurs : nous ne sommes pas les seuls ce jours-là mais presque. Il est 9h lorsque nous photographions l'entrée, on va y passer 4h environ.

Au Kris Eggle visitor center, tenu par des rangers d'age canonique (il n'y a pas de retraite pour les rangers) mais bien sympathique, nous achetons notre « annual pass » et discutons sur ce que l'on va visiter.

Une longue piste fait le tour du parc en longeant la frontière, on aurait bien aimé. Mais elle est fermée depuis quelques années pour des raisons de sécurité avec les problèmes d'immigration mexicaine et les trafiquants de drogue.
Nous retenons 3 lieux et commençons par le jardin botanique attenant au visitor center. Cela permet de découvrir les différentes variétés de plantes du secteur, les grands saguaros, les plus rares organ pipe, les cholla cactus (à ne pas approcher de trop près) et les ocotillos. Et beaucoup d'autres bien sûr.


L'Ajo Mountain Drive part en face de la route du visitor center et offre une piste correcte de 34 km en sens unique autour de Diablo Mtns. De la tôle ondulée au départ, à travers un nature du désert, les organ pipe poussent parmi les saguaros omniprésents. Il n'y a pas que des cactus mais aussi de nombreux yuccas en fleur.



La route s’élève dans la Diablo Mountain, et offre des points de vue sur la Sonoyta Valley.

Dans cette partie, nous rencontrons en chemin quelques animaux, un coyote, des sonoran proghorn. Pas le temps de les photographier, ils traversent la piste devant nous et disparaissent dans la nature. Plus loin, une famille de Gambel's Quail, un oiseau marcheur doté d'une curieuse crête sur la tête – traverse plus lentement, difficile à approcher pour prendre en photo, sauf la mère (?) qui passe en dernier.

Un peu de relief, même une bonne montée caillouteuse et la route passe à proximité d'une arche, point de départ d'une courte randonnée dans le Arch canyon.

Tout près, on rencontre un habitant des lieux plus facile à photographier : le « zebra tailed lizard ». Nous ne rencontrons pas de serpent, pourtant il en existe plusieurs variétés plus ou moins sympathiques par ici.

La fin du parcours est un peu fade et, sans originalité, offre un goût de déjà vu

Revenus au visitor center, nous partons sur la North Puerto Blanco Drive. La piste de 85km est barrée au bout de 5 miles par une grille fermée à clé. Au delà, elle continue à sens unique, mais cette partie est actuellement uniquement parcourue par les convois de rangers et border patrols. Nous en verrons un revenir pendant que nous mangeons dans la picnic area aménagée dans ce lieux. Des "ramadas" offrent un peu d'ombre pour déjeuner mais ne protègent pas des soudaines rafales de vent.

L'accès à quelques mines se trouvant barré, d'autres lieux demandant trop de marche pour nous, sans connaître l'emplacement des petroglyphes de service (pas des merveilles d'après les photos), nous prenons la route de Tucson, 230km, l'étape suivante. En route, nous croisons un de ces tourbillons de sable qui se forment dans le désert.

Il s'élève à plus de 30m et si dirige vers la route, traverse avant notre arrivée et s'amenuise par la suite...
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Arizona – Tonto National Monument
Ce petit NM est très rarement visité, même par ceux qui empruntent le célèbre (?) Apache Trail. Ce n'est pourtant qu'à 3 minutes (dixit Google map) du barrage qui retient la Salt River dans le Theodore Roosevelt Lake.

Ce petit NM, disais-je, car il est minuscule, avec seulement 4,5km2, justifie bien un arrêt d'une heure ou deux. Mais nous sommes seuls ce 18 mai 2009 lorsque nous stationnons sur le parking d'un visitor center tout neuf. Il y aura 3 voitures de plus 1h après. Ce n'est donc pas la bousculade.
L’accueil des dames rangers est sympathique. Il nous faut des explications, car il n'y a pas de carte sur le nps.gov. On nous explique que les ruines hautes se visitent avec un guide de novembre à avril et qu'il faut réserver, ce à quoi nous rétorquons que nous n'avons pas l'intention de retraverser l'Atlantique dans 6 mois.
Ensuite, on nous recommande de voir la vidéo et de visiter le musée, ce qui n'est pas notre soucis premier. Nous disons donc que nous voulons d'abord visiter le Lower Cliff Dwelling, et là on nous explique que oui, mais...

mais l'approche des loges dans la falaise est peuplé à cette saison par des "dangerous bees". J'accroche un peu sur le mot "bees", j'ai bien compris qu'il ne s'agit ni de bière ni d'ours et il me faut quelques temps pour penser à des abeilles, des abeilles tueuses ! Et notre dame ranger insiste bien pour que nous n'allions pas plus loin que le panneau placé au milieu du chemin. Et elle ajoute que si par hasard nous rencontrons des serpents à sonnette, il faut éviter de les déranger. Elle ne nous parle pas du Gila Monster, ce gros lézard venimeux qui habite aussi les lieux.
Le chemin revêtu monte lentement vers le Lower Cliff Dwelling, 100m plus haut. Il est équipé de bancs tous les 200m, rarement à l'ombre. La vue sur le lac au nord est de plus en plus belle à mesure que l'on monte, au milieu des cactus saguaros, des yuccas et des ocotillos.


Au bout, un village d'une vingtaine de pièces abrité dans une grotte. Il fut habité par les indiens salados (gens salés !), du XII au XVème siècle ( pour une fois, il ne s'agit pas des anasazis). Mais nous arrivons au barrage, 100 m environ avant l'entrée des ruines, assez près pour une bonne vue de la façade. Nous n'en verrons pas l'intérieur, les abeilles sont là, depuis un moment, quelques unes tournicotent autour de nous.


Pas de rattlesnake à l'aller ni au retour. Nous retrouvons l'ombre du visitor center pour regarder la vidéo et la maquette du Lower Cliff Dwelling, puis la fraicheur climatisée à l'intérieur pour un petit tour du musée sur la culture salado.
Nous ressortons avec un cadeau, la ranger, n'ayant pas de monnaie pour rendre sur notre billet de 100$ et rien pour carte amex, nous offre la casquette que je voulais ajouté à ma collection. Il ne passe pas souvent de français ?
L'aire de piquenique dans le bas du parc est nouvellement équipée, très propre, avec de l'ombre. Ça tombe bien, c'est l'heure.

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Nevada – Cathedral Gorge State Park
Quand on évoque de l'état du Nevada, c'est presque toujours pour parler de Las Vegas, la gigantesque salle de jeux et ses hôtels-casinos du Strip. Parfois, ceux qui en sortent vont voir le Red Rock Canyon voisin ou bien le splendide Valley of Fire State Park. Mais il y a d'autres lieux intéressant dans cet état principalement couvert par le désert du Great Basin En remontant par la route US93, à 260 km au nord de Las Vegas, près de petite ville de Panaca se trouve un parc d'état spectaculaire qui porte le nom de Cathédral Gorge (à ne pas confondre avec Cathedral Valley de Capitol Reef NP ou Cathedral Wash à coté de Lees Ferry ou encore Cathedral Rock dont j'ai parlé plus haut).
Le State Park a deux accès, un au nord vers les points de vue en hauteur, un au sud vers les slot canyons, et les aires de piquenique et de camping. Le 10 juin 2009, c'est par le nord que nous sommes arrivés.
L'entrée nord conduit au lieu nommé Millers Point : un parking, des toilettes et un point de vue couvert d'où on découvre la gorge creusée par l'érosion par ravinement dans la roche constituée d'argile molle de bentonite.

Des marches descendent de l'observatoire vers des points de vue intermédiaires.

De là on peut aussi descendre jusqu'au sentier qui suit le fond du canyon vers les points de visite atteints par l'autre entrée.


Quelques autres randonnées conduisent à d'autres points de vue. L'une d'elle rejoint le camping.
A l'entrée sud est construit un visitor center régional. Lors de notre passage, dans la petite salle de projection était présenté un reportage sur la flore et faune du désert du Great Basin. Peu de renseignements sur le parc lui-même, mais un endroit de fraicheur pour ceux qui font halte ici en été.
La route qui s'engage dans le parc conduit au bout de 2km à un point de retournement, avec quelques place pour stationner. C'est là qu'est située la boite à lettre pour régler les frais d'entrée dans le parc, mais pas de carte ou plan en échange. Au pied des flèches qui parfois font penser à Bryce Canyon, des crevasses dans la falaise ouvrent des passages sinueux où l'on peut se faufiler sur des dizaines de mètres jusqu'à rencontrer le rétrécissement fatal à votre embonpoint.

Cathedral Caves est un des nombreux points de départ de ces multiples ramifications un peu similaires aux slot canyons.


Le soleil qui a bien voulu faire son apparition éclaire et colore les parois des crevasses ce qui donne aussi un air de Antelop Canyon.


Un embranchement de la route conduit au camping et près de l'entrée, une piste mène à une aire de piquenique.
Cathedral Gorge constitue une étape intéressante – 2 heures suffisent – entre Las Vegas et le Great Basin National Park, un NP, le seul en Nevada, bien méconnu des fans de l'ouest américain.
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Californie – les Redwood Parks
Quand on parle des redwoods, il s'agit bien sûr des séquoias et la Californie est le principal état où l'on peut voir ces arbres dont la taille et l'age atteignent des valeurs gigantesques.
Beaucoup de touristes européens les découvrent lors de leur passage au parc national de Yosemite. Là, le circuit-promenade de Mariposa Grove permet de découvrir quelques géants comme le "Grizzly Giant". A proximité de Yosemite, mais rarement au programme de visite se trouvent le Kings Canyon NP où l'on découvre de beau spécimen et le "General Grand" et le Sequoia NP (au moins le nom est clair) où l'on visite le "General Sherman". Mais il existe un autre parc national consacré aux sequoias, ou plutôt une multitude de petits parcs d'état où privé, dont certains ont été regroupé dans le Redwood National Park. Situé près de la cote Pacifique, au nord de la Californie, cette catégorie de séquoias n’atteint pas les diamètres de ceux de l'intérieur, mais elle les dépasse en hauteur. Notre visite fin août 2010 s'est étalée sur 2 jours.
Remontant de San Francisco et de Point Reyes National Seashore, notre première halte fut à Leggett, là où la route 1 rejoint la US 101 qui porte ici le nom de Redwood Hwy. Près de la petite localité se trouve une touffe de séquoia. La piste qui y conduit passe par le péage d'entrée de ce parc (communal ou privé ?). La principale attraction, pour ne pas dire la seule est un "Drive Thru Tree" nommé Chandelier Tree.
C'est un des plus célèbre de ces arbres que l'on peut traverser en voiture, un monstre âgé de 2400 ans, haut de 96 m, dont le tronc de 6,40 m à la base a été creusé en 1930. Il porte ce nom de chandelier en raison de la forme des branches.
Il y a queue cet après midi pour passer en voiture dans le chandelier car chaque passage se ponctue par des photos. Mais on peut faire plusieurs fois en oubliant pas de replier les rétroviseurs, car avec notre Chevrolet Equinox, il n'y a pas beaucoup de marge.

Sur place, un magasin de souvenirs propose une multitude de produits à base de bois de la région (ou d’ailleurs, probablement même de Chine) mais pas en séquoia.
En continuant la US 101 vers le nord, la route 254 se sépare de la higthway 101 et suit sur 33 km "Avenue of the Giants" . Il s'agit de l'ancienne route qui passe à travers la forêt à forte présence de séquoia. Là de multiples attractions se succèdent, taillées dans l'arbre géant qui fut longtemps la richesse locale. Elles ont pour nom "Chimney Tree" (fermé lors de notre passage – donc payant), "One-log house" (pas vu)
A "Shrine Drive Thru Tree", nous avons réédité l'exploit (???) de traverser le tronc d'un arbre, ici c'est plus large mais délicat à la sortie, mais le passage est naturel. Un magasin de souvenir (sans doute), mais aussi un circuit vers des maisons creusées dans les troncs.


Et d'autres lieux jusqu'à la Bull Creek Flats road qui pénètre dans le Humboldt Redwood State Park, vous connaissez ? Mais si : la forêt des Ewoks dans le retour du Jedi !

A la sortie de l'Avenue des Géants, nous logeons à Fortuna, petite ville où l’hôtellerie est plus abordable qu'à Eureka, cité côtière donc touristique.
Nous ne sommes qu'à 50 minutes du Thomas H. Kuchel visitor center, à l'entrée du Redwood National Park. Le temps de récupérer un plan, de discuter avec le ranger sur la promenade la plus à notre portée, de l'état de la piste qui longe la mer et d'apprendre que des baleines sont signalées en face Klamath River Overlook.

Notre première visite est consacrée à Lady Bird Johnson Grove, une petite boucle d'environ 1,5 mile, avec de nombreux points d'infos, dans la fraicheur de la forêt de séquoias.


La forêt est plutôt claire et agréable, quelques gros spécimens se visitent même de l'intérieur.

Après notre petite randonnée matinale, nous continuons vers le Prairie Creek Redwoods SP où nous arrêtons voir le Big Tree, juste une petite promenade jusqu'à un "1500 years old, height 87,50 m, circumference 20,70 m". Il n'y a jamais le recul suffisant pour photographier en entier.
Nous prenons ensuite la piste du NP qui va longer la côte. Hight Bluff Overlook nous offre une vue sur le Pacifique avec toujours un brin de brume et les oiseaux marins .

Après le passage de la rivière Klamath, nous nous rendons à l'overlook en haut des falaise. Quelques touristes regardent au loin avec des jumelles. Effectivement, l'info au visitor center était bonne, il y a 2 baleines au large, assez proches pour bien les voir sortir de l'eau (pas bondir) mais trop loin pour les photographier. Nos jumelles sont de sortie.
La vue sur l'embouchure de la Klamath River est magnifique.

En continuant vers le nord, nous arrêtons à Tree Mystery. Beaucoup de voiture, des cars et un parc d'attraction sur le thème du séquoia. L'attraction n'est pas bon marché. Pour vous faire une idée des géants près de l'entrée, regardez la jeune fille au pied !

Notre dernier parcours sera la piste qui traverse Jedediah Smith Redwood State Park. Une dizaine de kilomètres dans une forêt très sombre, sur une piste très poussiéreuse, tellement que les fougères et le troncs des séquoias prennent des airs fantasmagoriques. Il ne faut pas suivre une autre voiture à moins de 100m. Très vite le pare-brise est aussi couvert de poussière


Au bout le Scout Memorial Grove propose un circuit avec plus de relief que celui du matin.

Globalement, la visite de ce secteur est très délicate à programmer. Des multiples state parcs d'origine, certain sont regroupé dans le national parc, mais le regroupement n'est pas géographique. Ainsi nous avons traversé 4 secteurs séparés du national park et autant de state parks !
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Californie – La Mojave National Preserve
Entre la route qui relie Los Angelès au Grand Canyon et celle qui revient de Las Vegas à Los Angelès, Mojave NP est parfois tentant pour une visite intermédiaire. Mais qu'il y a-t'il à voir ? Le désert Mojave, un des 3 grand déserts du sud-ouest américain s'étend à l'ouest de Las Vegas et la "Preserve" en est la partie protégée par l'administration fédérale. C'est la 3ème plus grande surface, après Death Valley et Yellowstone. Fin mai 2008, nous l'avons traversé pour relier la ville-casino au splendide Joshua Trees NP, pas par la route la plus courte, mais en prenant le chemin des écoliers. En arrivant par la US 15, on passe par Primm, complexe hôtelier et casinos et attraction comme à toutes les frontières du Nevada.

Après le col Mountain Pass à 1742m dont l’ascension est pénible (lente derrière les camions et en pleine chaleur) la route longe la réserve. L'entrée est 23km plus loin, à l'échangeur avec la Cima Road (essence et magasin au carrefour).

Il y a 3 traversées nord-sud avec des ramifications par des pistes facilement carrossables en temps normal, mais uniquement des pistes pour 4x4 dans le sens E-W.
La route s'engage dans la Mojave NP. L'entrée est libre, un panneau affiche avec un plan où l'on peut voir les principales routes, les visitor centers et les principaux trails. La route, rectiligne vers le sud, est bordée de la forêt de Joshua Trees, le Yucca caractéristique du désert Mojave, avec de très beaux spécimens.

A Cima, petite ghost town atteinte après 29 km, on arrive à une voie ferrée, peut-être celle qui reliait autrefois Los Angelès et Las Vegas. La route suit ensuite les rails jusqu'à Kelso où se trouve le principal centre d'information de le réserve. Mais nous prenons les chemins de traverse, en tournant à gauche au bout de 8km vers la Cedar Canyon Road. Au bout de quelques kilomètres, la route devient une piste qui suit le Cedar wash. Le paysage a changé, plus de relief, les arbres de Josué sont plus chétifs.

Nous tournons à droite vers Hole-in-the-Wall. La Black Canyon Road traverse quelques wash heureusement à sec. Nous rencontrons un troupeau de bovidés à grandes cornes, apparemment surpris de voir passer du monde. Ce seront les seuls animaux à 4 pattes que nous rencontrerons

Il y a par là plusieurs camping rustiques et le Black Canyon Group and Equestrian Campground. Il y a surtout le Hole-in-the-Wall information center. Mais pas de voiture, les portes sont fermées. Nous qui espérions des renseignements et un plan de la réserve...

Nous retrouvons une chaussée revêtue et bientôt un carrefour : une route à droite conduit à Providence Mountains State Recreation Area : un parc d'état à l'intérieur de la National Preserve. C'est un détour intéressant. Il y a un visitor center. De là, la vue est superbe.


Le ranger de service nous accueille et nous donne quelques informations. Il nous propose de participer à la visite de Mitchell Cavern, visite guidée qui part peu après, 3-4 personnes attendent l'arrivée du guide. Nous avons probablement tort de ne pas nous joindre à eux. Mais le chemin vers la caverne monte et est en plein soleil...


Le morceau de stalactite exposé dans la salle donne une idée de ce qu'on peu y voir.

Le ranger nous raconte que le secteur, en particulier le camping attenant, était envahi par les serpents à sonnette 15 jours plus tôt. Il sont partis maintenant ? En fait pas tous car un se faufile dans les pierres, à coté des toilettes du parking. Ce sera la première fois .


Plus au sud, nous sortons de la Mojave NP sur la US 40. La traversée la plus courte fait 88km, avec le détour, nous en avons fait 117km. Mais nous n'allons pas nous engager sur la 40, qui va pourtant vers notre destination, mais nous continuons 10km pour rejoindre la localité de Essex sur la National Trails Hightway, nom officiel de la route 66 en Californie.

C'est peut-être une des sections les plus intéressantes de la route 66. De part et d'autre de la route, sur les bas-cotés pentus, les voyageurs du passé ont écrit leur nom avec des pierres.

Plus loin se trouve un fabuleux arbre à godasses, où pendent les chaussures laissées là par les aventuriers de la route mythique.

Nous rejoignons ensuite la Twentynine Palms Hwy et Pioneertown où nous avons réservé la chambre de John Wayne.
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Où, quand, comment assister à un POW WOW ? Après 4 voyages dans l'ouest américain, la tête et l'album photo pleins de rochers rouges, de déserts à cactus, de volcans, de forêts géantes et de hautes montagnes se posait la questions : à part d'autres rochers, d'autres déserts, d'autre volcans, d'autres forêts et d'autres montagnes, que peut-on découvrir de spécifique et de différents. La visite de quelques musées indiens, le passage chez les Navajos, les Apaches, les Lakotas, les Nez-Percés, les Havasupais, les Shoshones, les Paiutes, les Crow, les Blackfeet, les Modoc, les Warm Springs et j'en passe, l'achat de jewelery et autres produits sur le bord de la route ou dans les Trading Post … nous amenaient à penser qu'assister à une fête indienne serait un objectif intéressant. Une fête ou plutôt une cérémonie = un Pow Wow, voilà, nous allons tenter d'assister à un Pow Wow. Les premières recherches nous conduisent à confirmer que ce qui était autrefois un rassemblement religieux ou guerrier entre diverses nations indiennes est maintenant une manifestation festive avec principalement une compétition de danse. Ça nous convient bien, voir les danses indiennes dans les costumes traditionnels. Mais où voir un Pow Wow, un vrai, pas un spectacle pour touristes ?
Comment trouver un Pow Wow ? Une rapide question sur VF avait suscité en autres, 2 réponses indiquant des sites internet de calendrier des Pow Wow, dont celui-ci : http://www.powwows.com/calendar . Il donne la liste des événements programmés par mois et par état.
Mais misère ! Si le calendrier est bien rempli pour les dates passées et à venir à brève échéance, rien pour notre période de voyage, qui n'est que 5 mois plus tard, du moins rien de compatible avec notre circuit à travers 9 états. Même si notre itinéraire est encore largement modifiable, l'avion est réservé et le déroulement des visites est ordonnancé. A regarder les infos des Pow Wow de l'année passée, aux dates compatibles, je me disais que ces fêtes devaient se reproduire à date fixe ou presque. Sans trop diverger de mon circuit de base, j'en trouvais un près de Seattle le dernier week end d'Août, le Muckleshoot Skopabsh Powwow (tout le monde connait ? la tribu Muckleshoot, un des plus important groupe de natives de l'état de Washington basé principalement à Auburn) Le site donnant les coordonnées de l'organisation, je décidais de leur poser directement la question par e-mail. Réponse : la date était avancée d'une semaine, soit avant notre départ de France, "pour éviter tout conflit avec celui de la réserve Yakama". Nouveau mail, cette fois aux Yakama, après avoir vérifier que le lieu restait compatible avec le reste du programme. Réponse positive, le Pow Wow de Yakama Nation Legends Casino se déroule à Toppenish du vendredi au dimanche aux bonnes dates et "Nous serions alors heureux de vous compter parmi nos invités!" Nous inscrivons Toppenish dans notre programme, le samedi 28 Août. Cela nous fait faire un détour de 300km entre Crater Lake NP et Olympic NP, mais ça permet de traverser le Rainier NP qui n'était pas initialement au programme.
Quelques règles à connaître Lu sur un site français (www.4winds.info/events/powwow/index.php) : Pour assurer un bon déroulement du Pow-wow, des règles strictes sont à respecter: L'aire de danse est sacrée et impénétrable sans l'autorisation du Maître de Cérémonie. Les costumes des danseurs ont une importance particulière. Il ne faut donc pas les toucher sans la permission des danseurs. Le Tambour est le Centre du Pow-wow: il ne faut donc pas le toucher, ni s'asseoir près de lui. Si une plume tombe à terre, ELLE NE DOIT JAMAIS ÊTRE RAMASSEE !! De plus les sièges sont réservés aux danseurs et à leur famille
Notre après-midi au Pow Wow Yakama Et le 28 Août, nous nous rendons dans l'état de Washington chez les Yakamas, à Toppenish. Ici il y a des vignes, sur les bords de la Nashes River, chez les récoltants blancs. Et puis il y a la réserve indienne, comme souvent, sur les collines incultivables. Mais comme dans beaucoup d'endroit, il y a un casino géré par les indiens, et c'est justement le casino qui organise le 8ème Pow Wow de la Nation Yakama.
Après un passage à l'hôtel, déposer nos valises et se renseigner sur le lieu, nous nous rendons au site du rassemblement. L'entrée du parking dans un grand pré est gratuite. Nous sommes pas très loin de la grande tente d'où proviennent les sons amplifiés par une sono de campagne. Pour l'atteindre, il faut traverser le parking près d'un camp de tentes traditionnelles et de canadiennes modernes. Des « natives » de tout age mangent ou se parent de vêtements très colorés.
Il est environ 14h et nous arrivons à l'aire centrale : un grand chapiteau, avec des gradins aux extrémités et plusieurs rangs de chaises sur les cotés. Sur l'estrade près de la sono, responsables et commentateurs - le drapeau américain côtoie celui de la nation Yakama.
Au milieu se rassemblent plus d'une centaine de femmes, d'enfants, d'hommes jeunes et moins jeunes.
Au son des chants et des tambours dont on ignore la provenance, ils commencent à danser en faisant le tour de la piste. C'est la grande parade, prélude aux compétitions de danse, car les PowWow modernes sont l’occasion de compétitions de danses traditionnelles. Les vêtements sont très colorés, au point que dans un premier temps ils nous semblent de pacotille. Mais en regardant de plus prêt, nous constatons que loin de là, ces vêtements garnis de plumes, de perles, de clochettes, sont d'une grande richesse. Il nous suffira par la suite d'en voir le prix de quelques éléments à vendre pour comprendre que les compétiteurs doivent y consacrer toutes leurs économies.
Autour de la piste, plusieurs rangs de chaises, la plupart vides – réservées aux familles des danseurs, nous ne sommes pas autorisés à les utiliser, pas plus que les tribunes à chaque extrémité. Difficile d'approcher et pas facile de voir entre les gens debout. A propos des gens, il n'y a que des indiens, presque tous en tenue de fête... non pas tous, il y a des jeunes en jeans et tee shirt. Par la suite nous croiserons des blancs, habitants de la ville ou fermiers du coin, mais certainement qu'il n'y a pas de touristes ici... ah mais si, nous !
Les femmes sont en tête de la parade, nous sommes intrigués par les pas glissés des plus âgées et ceux plus virevoltant des jeunes filles. Les hommes suivent. Difficile de prendre des photos, alors la fonction caméra est utilisée (je sais maintenant comment vous en faire profiter).
Les compétitions débutent par les enfants de 5 ans et moins, les plus p'tits encadrés par la maman, c'est qu'on commence jeune ! Et il y a 1500$ à gagner pour cette catégorie ! Nous les retrouvons à la sortie.
Viennent ensuite les juniors de 6 à 12 ans – ils semblent déjà tout connaître des danses de leurs ainés. Puis les Teen de 13 à 17 ans. Chaque catégorie fait 3 danses …
Ayant toujours des difficultés pour approcher, nous partons voir sous un barnum voisin où se déroule d'autre compétitions; deux groupes face à face chantent et tapent sur des tambourins en alternance. Nous n'arrivons pas bien à comprendre les règles, il y a une histoire de bâton que le chef ramasse par terre avant de passer la main à l'équipe d'en face. Dans un groupe, deux femmes au milieu, une jeune et une grand mère bien gaillarde battent la mesure en faisant de grands gestes. Si nous n'arrivons pas à comprendre les règles, nous avons aussi du mal à comprendre les subtilités des chants.
Nous faisons un tour des stands qui entourent la grande tente , d'un coté ce sont les marchands, avec les bijoux indiens, des vêtements classiques ou des TS, des CD, et les éléments pour faire les tenues des danseurs. De l'autre coté, ce sont de produits à boire et à manger. Pas d'alcool, d'ailleurs nous croisons la police qui surveille. Nous faisons quelques achats, pas de made in china ici, et mangeons une sorte de galette, c'est pas mauvais du tout.
Quand nous retournons au grand chapiteau, les danses des femmes sont terminées … C'est maintenant le tour des seniors – plus de 55 ans – toujours vifs en tout cas. Nous notons plusieurs choses, que nous n'avions pas trop remarqué avant : tous les concurrents portent un numéro, le jury, du moins les notateurs, car il faut bien noter les concurrents, se tiennent au milieu de la piste, chaque notateur suit 2 ou 3 danseurs il y a des réserves d'eau dans la glace au pied des mats centraux. Il faut dire qu'il fait chaud et chaque danse doit être vraiment épuisante. Nous retrouvons les seniors à la sortie.
Maintenant on peut approcher un peu plus et voir d'où viennent les chants. Aux 4 coins de la piste, les drums où 8-9 batteurs frappent en rythme et chantent en cœur, chaque groupe à son tour. Un micro les relie à la sono générale. Pas évidents de distinguer les subtilités des différents chants et de comprendre les variation de rythme de la batterie.
La dernière compétition est celle des adultes 18-54 ans parmi lesquels les jeunes « guerriers » on revêtu des tenues avec une débauche de plumes aux couleurs vives dans le dos (mais que 2 sur la tête). Les danses sont de plus en plus rapides, avec des mouvements tournants et saccadés, des prouesses de gymnastes ... Chaque séquence ne dure pas plus de 3 minutes au bout desquelles les concurrents ressortent épuisés. A l'invite d'une mère indienne, nous terminons l'après midi assis dans les gradins
En fin d'après-midi, c'est la remise des récompenses, pour les musiciens d'abord, puis pour chaque catégorie de danseurs. Enfin, une famille menée par le maitre de cérémonie fait un tour d'honneur, en dansant bien sûr. La piste se vide, la pelouse est comme neuve, les centaines de danseurs qui l'ont piétinée depuis 2 jours n'ont quasiment pas laissés de traces !!! Et demain dimanche, ils recommencent !!! Le soleil rougeoie à l'horizon, nous rentrons à l'hôtel.
Pour notre prochain voyage, en 2012, dans une autre région, nous essaieront aussi d’assister à un Pow Wow, mais il faudra reprendre au début : trouver un lieu et une date compatible avec la base de notre planning.
Nevada – Great Basin National Park
Qui ne connait pas le Nevada ? La Vegas et les hôtels-casinos du Strip, le Cirque du Soleil … Et tous ceux qui en sont sortis, c'était pour une balade au Red Canyon ou à la magnifique Valley of Fire. A part ça, le Nevada, c'est le désert. Il y a pourtant un parc national, un seul exclusivement au Nevada, et bien peu s'y sont aventurés. Il faut dire que le Great Basic National Park, est plutôt isolé. Le désert du Great Basic, c'est le 3ème grand désert du sud ouest américain avec le Mojave Desert en Californie et le Sonoran desert en Arizona. C'est peut être le plus aride et le plus retiré, là où même les plus modernes des aventuriers peuvent se perdent. Le National park est situé à environ 300 miles au nord de Las Vegas, tout près de l'Utah. L'ancienne cité minière de Ely est la ville la plus proche, à 70 miles. L'accès principal est situé au village de Baker (68h) où l'on trouve quelques logements et un minuscule magasin. Le visiter center est aussi à Baker, près de la grand-route, à l'extérieur du parc.

L'entrée du parc est située à environ 8km et elle est gratuite.
Le parc en lui-même n'a rien de vraiment désertique. Les sommets enneigés à près de 4000m apparaissent au-dessus d'une forêt dense. La route qui y pénètre s'élève de 1000m en lacets, sur 20km en offrant quelques beaux points de vue et le point de départ de randonnées montagnardes.


Près du camping au bout de la route, part une piste de randonnée vers le sommet du Wheeler Peek, randonnée qui peut se faire guidée par un ranger. Il y a 900m de dénivelé, avec des vues sur plusieurs lacs et le Rock glacier, ainsi que sur le Bristlecone Pine grove, une touffe de cet arbre qui peut vivre 4700 ans.


Pour les marcheurs moins enthousiastes, une petite promenade botanique offre une brève découverte de la forêt d'altitude à partir du camping. En ce 9 juin 2009, il y a encore de la neige, nous sommes un peu au-dessus de 3000m. Le chemin est souvent un plancher qui enjambe les ruisseaux de neige fondue.


Il y a plusieurs autres entrées à ce parc qui est immense (312 km2), mais qui accueille moins de 100000 visiteurs par an. Des pistes conduisent à des campings et des trails vers des Bristlecone Pine groves. La piste la plus au sud, carrossable qu'en 4x4, conduit à Lexington Arche.
L'entré principale mène aussi au Lehman Caves National Monument, dont le classement au titre des sites nationaux est plus ancien que celui du Great Basin lui-même. Son visitor center est indépendant.

La visite des grottes est guidée et payante. Nous nous inscrivons pour la première possible, celle de 90 minutes, après nous être assurés qu'il y avait très peu de marches à monter. Une ranger accueille le petit groupe et nous guide vers une visite époustouflante. Des milliers, des millions de stalactites et de stalagmites, des petits, des grands, des fins, des gros … du début jusqu'à la fin.

Pas manqué, notre guide nous fait le coup de la panne de courant, mais c'est pour nous montrer ce que laissaient voir les chandelles des premiers explorateurs de ces galeries souterraines.
Lehman Caves est sans doute le lieu le plus intéressant à voir à Great Basin. C'est aussi une plus belles galeries souterraines de l'ouest.
En rentrant à Ely où nous logeons, nous prenons un raccourci dans la montagne par la Osceola road toute proche du parc. La piste carrossable en 4x4 traverse la montagne. Surtout tôle ondulée au départ, la piste grimpe à plus de 2300m pour redescendre vers le village fantôme d'Osceola, là où fut trouvé la plus grosse petite d'or (6000$) du Nevada en 1877. Village fantôme ? Des vieilles cabanes avec une antenne parabolique ! Et il y a du monde au cimetière, des touristes ?

A Ely, le Nevada hôtel est un de ces hôtels-casinos mythiques de la grande époque minière. Certains acteurs comme Gary Cooper ont ici leur étoile dans le trottoir. Lorsque nous arrivons, il y a un rassemblement de motard et une haie de Harley est stationnée devant l'hôtel.


A venir - Wind Cave NP et Jewel Cave NM - Olympic NP ? - Glacier NP ? et quelques dizaines d'autres
Dans mes carnets de voyage 2009 et 2010, j'ai présenté les circuits que nous avons fait dans l'ouest américains, très longs parcours venant en complément de nos 3 premiers voyages, 2005, 2007 et 2008. Mon propos ici n'est pas de raconter ces voyages déjà loin dans notre mémoire et de parler une fois de plus des grands classiques qui foisonnent sur le forum, mais simplement d'apporter quelques éléments sur des parcs beaucoup moins visités que Yellowstone, Monument Valley, Bryce ou le Grand Canyon.
Ces parcs plus à l'écart sont Joshua Trees NP en Californie, Crater of the Moon NM dans l'Idaho, John Day Fossil Bed NM dans l'Oregon, Carrizo Plain NM en Californie, Colorado NM dans le Colorado, Mount Saint Helens NVM dans le Washington, Black Canyon NP dans le Colorado. Je parlerai aussi de quelques lieux comme la réserve indienne des Nez Percés en Idaho. J'en profiterai pour détailler un peu plus certains très peu visités dont j'ai déjà parlé, comme Organ Pipe NM, Lava Bed NM, Tonto National Monument, Cathedral Gorge SP , Redwood NP, Mojave National Preserve et Great Basin NP.
Mais aussi, pour ceux qui veulent voir autre chose, j'ai ajouté : Où, quand, comment assister à un POW WOW ?
CALIFORNIE - Aux portes de Los Angelès, le Joshua Tree National Park
Aux portes de Los Angeles, le Joshua Tree NP offre ses paysages aux confins de 2 déserts, le désert Mojave où l'on trouve les arbres de Josué et le désert du Colorado. En 2008, nous y avons passé une journée dans la chaleur encore supportable du mois de Mai.
Entre Twentynine Palms et Palm Springs ...Le parc fait 3210 km carrés environ la surface du département du Rhône. Il n'est parcouru que par 100 km de routes formant un Y du nord au sud et quelques centaines de km de pistes plus ou moins carrossables. A chaque entrée se trouve un « Visitor Center » tenu par les rangers. Le principal est celui du nord-ouest où un arrêt s'impose. Cartes et documents y sont remis aux visiteurs, avec une feuille en français pour nous bien utile.

Le parc porte le nom du principal végétal du désert Mojave, le Joshua Tree, ou arbre de Josué, baptisé ainsi par les mormons. Si on le trouve aussi dans la Mojave Desert Preserve voisine, c'est ici, dans la partie nord-ouest du parc, que ces yuccas géants sont les plus grands (jusqu'à 6m) et les plus denses.


Ils forment une forêt parsemée de gros rochers orangés parmi lesquels sont aménagés des sentiers de visite.

On y voit fréquemment différentes espèces de lézards aux couleurs variées, mais aussi des lièvres avec d'immenses oreilles, des roadrunners (Beep-Beep) et parfois des coyotes. Le désert est aussi habité par les serpents à sonnette et d'autres, rouges, qu'on préfère ne pas rencontrer.

Une route monte dans la San Bernardino Mountains à un point de vue nommé Keys View. De là on découvre la vallée de Palm Spring et la faille de San Andreas.

Parmi les multiples petites promenades aménagées, celle de Cap Rock offre un joli parcours botanique.

Vers le sud, la route passe un col et débouche sur un autre désert, celui du Colorado. Les Joshua Trees disparaissent, laissant la place à différentes variétés de plantes des déserts, comme le curieux ocotillo à grandes tiges fleuries de rouge.

A Cholla Cactus Garden est aménagé un jardin bien délimité dans un champ de cactus particuliers : le cholla cactus. A l'entrée, un panneau rappelle de ne surtout pas y toucher, ses épines ont la particularité d'entrer dans la peau et de ne pas pouvoir être ressorties. Le chemin qui sillonne le jardin permet aussi de découvrir les autres végétaux de ce désert.

Près de la sortie sud, à coté du Cottonwood visitor center, une piste conduit au Lost Palms Oasis qui offre un peu d'eau, d'ombre et de fraîcheur dans ce désert aride.

A la sortie nord-est en traversant le visitor center, on peut se promener dans la palmeraie un peu défraîchie de l'oasis de Mara. * **********************************************************************************
IDAHO - Crater of the Moon, sur la route de Yellowstone
C'est vrai que ce parc est une peu perdu dans cet état incertain qu'est l'Idaho. Fin Août 2007, venant de Portland, nous l'avions traversé en allant à Yellowstone. C'est là que nous avions acheté notre première Annual Pass, que nous avions rentabilisé en Mai l'année suivante. Depuis nous avons pu voir que certains envisagent y faire étape entre San Francisco ou Salt Lake City et le Big parc des geysers et des bisons.
Le parc est situé près d'Arco, petite bourgade où fut construite en 1951 la première centrale nucléaire américaine. Craters of the Moon est un National Monument et constitue une réserve naturelle située dans la plaine de la Snake River. La superficie est d'environ 3000 km2 et contient plusieurs coulées de laves dont les plus récentes datent d'à peine 2000 ans – tout juste avant-hier à l'échelle géologique, ce qui explique que par endroit, la lave semble à peine froide.Le circuit revêtu forme une boucle et ne fait que 7 miles. Il permet d'accéder à 4 points d'intérêts accessibles par de courtes marches et 2 autres pour des randonnées plus importantes. A chaque départ, la longueur de randonnées, la durée et le dénivelé sont indiquées (de ce point de vue, c'est le lieu le mieux informé de tout ce que nous avons visité).

Devil Orchard Nature Trail, offre une promenade de 0.5 mile dans un lieu étrange où la nature tente de reprendre vie sur la lave. On y voit comment les premiers arbres repoussés ont été détruit par les plantes parasites.

Inferno Cone, une colline volcanique, offre de son sommet une vue sur l'ensemble du parc.


A Snow Cone et Spatter cones, on peut monter jusqu'à l'intérieur de petits cratères - un des lieux les plus intéressants.
La promenade qui part vers Dewtrop Cave est des plus surprenantes et du genre à rester ancrée dans la mémoire : ½ mile sur un couloir qui sillonne au milieu de la lave fraiche, noire de noire, pour arriver à des tubes de lave (la lave en fusion refroidit et forme en surface une croûte. Mais sous celle-ci elle continue à couler, laissant ainsi une grotte cylindrique) nommés Indian Tunnel, Boy Scout Cave et Beauty Cave, dans lesquels on peu s'engager (à ses risques et périls)

A certains endroits on a presque l'impression que la lave coule encore. C'est un des parcs les plus marquant que nous ayons visité.
Ah, on est loin des roches rouges de l'Utah, des eaux bleus de Crater Lake, des mousses vertes de la forêt d'Olympic, des sables jaunes des dunes de Death Valley ou des neiges éternelles de Glacier, mais bien au milieu des cratères de la lune.
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OREGON - Les 3 lits à fossiles de John Day
C'était en 2007 aussi, sur la route de Portland à Yellowstone. Avant l'étape de Crater of the Moon, nous avions prévu de visiter John Day Fossils Beds NM, histoire de meubler la longue route. Dans l'est de l'Oregon, ce national monument est formé de 3 lieux bien distincts, plutôt éloignés les uns des autres car étalés sur environ 100 miles. Pour inclure correctement dans notre trajet, il fallait en éliminer un, ce fut Carlo Unit, le plus au nord, sur les bord de la John Day river (donc je n'en parlerai pas).

Arrivant de Portlands, nous faisons une pose dans la réserve indienne de Warm Spring et en suivant la route 26 vers l'est, nous arrivons au premier site : Painted Hills Unit.

La piste qui y conduit est déjà un spectacle en soi en longeant des collines rouges. A cette époque, nous ne connaissions pas encore le Painted Desert de Petrified Forest : 2 ans plus tard ce dernier nous a donné l'impression de déjà vu, en moins bien !
Entrée, comme dans un grand parc mais le petit visitor center était fermé.

Le point le plus intéressant est le Painted Hills overlook d'où l'on surplombe les collines colorées. En suivant le petit trail, on en découvre les nuances en fonction des angles de vue.

Sur l'autre coté, le Carroll Rim Trail présente des colorations différentes où le noir domine.

Deux autres randonnées partent de ce site, nous serions allés jusqu'au Painted Cave quand le témoin d'essence de notre Pontiac G6 nous fait part de la faiblesse du niveau du réservoir. Nous n'avons aucune idée de la marge restante, donc direction la station la plus proche, en l’occurrence Mitchell. Ce n'est pas une vile fantôme, pas encore, mais maintenant que la route 26 contourne, c'est un peu mort. Il y a un vieil hôtel et une station. La patronne vient nous faire le plein et nous dit soudain «Avez-vous vu Henri ?» Surpris, nous demandons des explications et elle nous fais signe de nous retourner. A quelque mètres de la pompe, dans notre dos, un double grillage et derrière, Henri nous regarde. Il repart au fond de la case avant la photo – notre premier ours américain était en cage, mais nous l'avons vu de très prêt.
HenryDirection John Day, la ville au creux de la charmante vallée de la rivière du même nom (à 110 km de Mitchell – les distances sont longues ici, trop longues pour un réservoir vide). Cette année là, nous n'avions pas réservé tous nos hôtels – mauvaise surprise, le Best Western est complet, mais il y en a d'autres et le 2ème convient. Le lendemain, 2 hôtels nous refuserons aussi.
Dans le restaurant où nous dinons, un grand tableau sur le mur montre que l'on avait pas cherché que des fossiles le long de la rivière.

Le lendemain, nous revenons 60km en arrière pour visiter la partie la plus importante du John Day Fossil Beds, le Sheep Rock Unit. En fait il y a 4 parties réparties sur les bord de la John Day river, avec divers lieux à visiter.
Au départ la route suit la rivière dans le Picture Gorge, jusque qu'au pied du Sheep Rock qui culmine à plus de 1000m.C'est là que ce trouve un des visitor centers les plus intéressants que nous ayons vu : les fossiles des différentes époques sont présentés au pied de fresques montrant la faune de l'époque dans l'environnement qui allait les détruire, en particulier les éruptions volcaniques.

On peut aussi voir l'atelier où l'on dégage les fossiles de leur gaine de roc.

Similitude avec le parc de l'Arizona, on voit aussi quelques troncs pétrifiés.
Un peu plus loin, la Blue Basin Area offre un circuit de 1 mile dans les collines vertes – ici, c'est la pierre qui est verte.
Tout au long de ce Island in Time Trail, on peu découvrir des fossiles dans leur lieux de découverte, bien protégés sous des cloches (pour ceux qui connaissent, on peu aussi en voir au Badlands NP).
En continuant la route vers le nord, Cathedral Rock est une curiosité dans un méandre de la rivière.

Enfin à Foree Area, 2 trails partent du même parking : Flood of Fire, avec une vue magnifique sur les falaises de basalte et Story in Stone que nous ne voyons que de loin.

Au mois d'Août, bien que plus au nord que les grands parcs de l'Utah et de l'Arizona, il fait chaud ici où nous ne sommes pas beaucoup plus haut que le niveau de la mer.
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Washington : le Mount St Helens NVM
La visite des parcs nationaux nous conduit souvent à remonter dans le temps, loin, loin dans l'histoire de la planète. Au point que l'on s'embrouille parfois dans l'échelle des temps géologiques sur le nombre de zéro qui définit la date. Je citerai en exemple un texte lu sur un site de voyage bien connu, datant les premiers pétroglyphes à 3 million d'années (avant l'homo sapiens) alors qu'il s'agit de 3000 ans. L'éruption de Crater of the Moon est presque contemporaine par rapport à celle de la caldeira de Yellowstone dont la dernière grande explosion date d'il y a 640 000 ans. Mais quand on parle du Mount St Helens, on revient à l'échelle humaine. J'avais 32 ans quand le 18 mai 1980 le sommet du volcan explosa. La plus grande catastrophe volcanique des USA, et si le nombre de morts fut limité (57), le sommet avait baissé de 400m, déplaçant 2,3 km3 de roche. Les retombées de cendres couvrirent le ¼ nord-ouest du pays de plusieurs centimètres, jusqu'aux portes du Texas. La couverture médiatique de l'évènement fut à l'époque bien faible par rapport à ce qu'elle serait de nos jours. Notons au passage que notre grand Haroun Tazieff avait jugé ce volcan inoffensif.
Dès 1982, le président Reagan fit du volcan un monument national, le Mount St. Helens National Volcanic Monument. Dans cette catégorie de NM est aussi classé le Newberry NVM et son double cratère, 300km plus au sud (voir CV 2010).
Lors d'un court séjour professionnel à Portland en 1997, j'avais fait une approche par le sud, sans vraiment rien voir du volcan.
En 2007 de retour à Portland et mieux organisé, j'y consacrais une journée.Il y a 2 routes possibles, par l'est ou par l'ouest. L'approche par l'est conduit plus prêt du volcan mais ne permet pas de voir la partie béante du cratère. C'est celle de l'ouest, venant de la I5 que nous avons prise à Castle Rock. Il y a 80 km de routes, dans la deuxième moitié, entièrement refaite, avec des ponts neufs. Plusieurs points de vue éloignés jalonne cette 2ème partie : Elk Rock View Point puis Castle Rock View Point. Le temps est couvert à l’aller, nous remettons les vues au retour (à tord, la pluie nous rejoindra sur la route).
Le visitor center de Coldwater Ridge est un arrêt obligatoire. Quand on est face à l'entrée, on voit le volcan derrière. A l'intérieur, les rangers encaissent le payement des droits d'entrée - il semble que les NVM n'était pas inclus dans les droits de l'annual pass, en 2007. Les maquettes et plans complètent la vidéo qui présente l'histoire récente.
Au pied, le Coldwater Lake est un lieu de détente et un point de départ de diverses randonnées.

La route continue jusqu'à Loowit viewpoint et se termine à Johnston Ridge Observatory. En ce début d'après midi de fin Août, le parking n'est pas très encombré.
Du haut, un chemin conduit aux meilleurs points de vue. C'est d'ici qu'on peut voir le volcan, sur le coté béant du cratère. Hélas les nuages en masquent une partie. Sur les flans de la montagne, les coulées de laves sont visibles. Les restes des troncs brisés lors de l'éruption jalonnent le lieu.
Mais la vie a repris. Pour la première fois, nous voyons des paintbrush, des fleurs que les indiens utilisaient pour se nourrir et se soigner mais pas comme peinture, comme le nom pourrait faire penser. La vie animale a repris et les chipmunks sont de retour, toujours près des touristes.

Au point d'observation le mieux orienté, après une brève descente, une plaque porte les noms des 57 victimes de l'éruption du 18 Mai 1980. Une ouverture dans les nuages nous permet de voir le cratère, mais ce sera de courte durée.


Certaines vues montrent ce que qu'à pu être la largeur de coulée de lave dans la vallée.

Pour les marcheurs, le chemin continue jusqu'au Spirit Lake puis vers les randonnées plus conséquentes qui font le tour du volcan. L’accès au cratère lui-même est interdit.

Je conseille un petit tour sur Google Earth pour une vue en relief les plus impressionnantes - 46°12'16.91"N & 122°11'18.78"O
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Colorado : première découverte au Colorado National Monument
C'était en Mai 2005, je venais pour un congrès à Vail, station de ski dans les Montagnes Rocheuses à l'ouest de Denver. C'était une bonne occasion pour prendre une semaine de vacances en couple et visiter … quelque chose. On s'était dit : on loue une voiture et puis on verra, il doit bien y avoir quelque chose à voir dans le secteur ! Pour voir, il y avait à voir et ce fut le premier d'une série de voyages dans le grand West. Un peu de recherche m'avait conduit à programmer quelques lieux incontournables à portée de roues : Arches, Monument Valley et Grand Canyon et pour le retour Mesa Verde et Black Canyon, et en tout premier lieux le Colorado National Monument.
Tout avait mal commencé : à l'arrivée à 21h au petit aéroport de Eagle, nos valises n'avaient pas suivi et la voiture de l'hôtel ne nous attendait pas … Ce n'est que le lendemain midi, à l'arrivée de vol suivant (et oui, un petit aéroport avec 3 vols par jour) que nous avons récupéré nos valises, fracturées par les douanes – nous avions eu le malheur de les fermer à clé. Tout ça pour dire que ce n'est qu'en début d'après-midi que nous somme arrivé à Grand Junction, à l'entrée sud est du parc. Nous prenons chez Budget notre voiture de location, un petite Chevrolet Aveo.
Décidément trop petit, pour les USAMême si le Colorado NM n'est pas un site exceptionnel, c'était pour nous le premier et sa visite allait beaucoup nous initier pour la suite.
Par cet après-midi de Mai, il n'y avait personne à la guérite à l'entrée sud. Pas grave direz-vous ? Mais si : il n'y avait personne pour nous donner l'indispensable plan du parc. Pour ce qui est de payer, ce fut fait par la suite au visitor center peu avant la sortie.

Le parc est traversé du sud-est au nord-ouest (l'inverse si on rentre par Fruita) par 37 km par la Rim Rock Drive qui serpente entre 1500 et 2000 m. Elle traverse la montagne en tunnel à 4 reprises. Et surtout, 15 lieux d'arrêts sont aménagés aux meilleurs points de vue. Et c'est d'overlook en view points que nous avions progressé, arrêtant à chacun pour admirer les canyons creusé dans le grès coloré : Columbus canyon, Red canyon.


Dans Ute canyon on peu voir Fallen Rock, un gros blocs détaché de la falaise.

Monument canyon contient les points les plus caractéristiques : d'abord Coke Ovens (les fours à coke ?) et ses curieuses formations rocheuses.
Kissing Couple (le couple qui s'embrasse ?) visible de Monument canyon view
de Grand view, on peut voir toute la vallée, du canyon au fleuve Colorado et au loin les monts Book Cliff
Independance Rock est le clou de la visite . Tous les ans il est escaladé lors de l'Independance day. 
Il y a bien d'autres points d'intérêt, accessibles par les sentiers qui partent de la route.
Maintenant, 6 ans plus tard et quelque 70 parcs au compteur, Colorado NM fut une visite initiatique. On y voit un résumé de beaucoup d'autres sites de l'Utah voisin. Et c''était sans doute très bien de le voir en premier.
Quelques heures plus tard, on arrivait à Moab et le lendemain, on passait dans la cour des grands.
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Californie : Carrizo Plain NM – un lieu inconnu !
Un lieu inconnu en effet ! Un National Monument même pas repéré sur la carte générale du www.nps.gov ni sur Google Map. Combien des ratisseurs de Voyage Forum, pourfendeurs de planning mal faits, sauraient le situer. Trop petit pour le voir sur une carte ? Plus de 1000 km2, ça se remarque ! Trop à l'écart des circuits ? Entre San Luis Obispo et Baskerfield, on est en secteur connu.

Début Mai 2008, pour relier Death Valley de Yosemite, la Tioga Pass était fermée. Repus de séquoias par Mariposa Groove, nous avions fait le détour par la côte. Longer le Pacifique, voir la colonie d'éléphants de mer à San Simeon puis traverser la plaine pour arriver aux portes de la mortelle vallée : un National Monument sur la route, on allait pas le rater.

Une erreur de navigation nous avait conduit sur la curieuse Bittewater road où des centaines de petits chipmunks (je suppose) s'enfuyaient de la route sous notre nez.

Une première entrée dans le parc, jusqu'au Soda Lake et malheur, la jauge d'essence passe au rouge. Qu'à cela ne tienne, sur la carte, il y une ville près de l'entrée – demi tour. La ville en question n'est qu'une ferme sur la grille de laquelle est affiché « NO GAS » Renseignement pris, la station la plus proche est à Santa Margarita, 85km. Et bien, notre Toyota Hightlander avait bien des réserves. Tout ça pour dire que nous avions beaucoup de retard lors de notre 2ème entrée dans le parc.
Et nous n'avons pas vu grand chose : un pronghorn, l'antilope américaine, dont nous n'avions vu qu'un seul représentant jusqu'alors, à Yellowstone un an avant.
le Soda Lake, un lac de sel de 12km2, vestige d'un mer préhistorique. Un chemin de planches donne accès au bord du lac.
un chemin carrossable va près du sommet d'une petite colline indiquée Overlook Hill. Le point de vue y est plus panoramique.
pas en avance, nous avons délaissé le Goodwin Education Center servant de visitor center, à l'écart de la route . On aurait pu y avoir un plan plus détaillé et des renseignements pour aller au Painted Rock voisin. De curieux pictographes, vieux de plusieurs milliers d'années sont peints dans un abri rocheux. L'accès est payant depuis 2010.avec une carte détaillée, nous aurions pu allé voir de près la faille de San Andrea qui borde la Carrizo Plain au pied de la Tremblor Range.
Les vagues blanches sont les rebords de la faille de San AndreaLa route vers la sortie sud n'est pas revêtue. Peu après la sortie, en direction de Baskerfield, nous rencontrons pour la première fois une plantation d'éoliennes.

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Colorado – Le Black Canyon of the Gunnison National Park
C'est un nom à rallonge pour ce canyon de la rivière Gunnison, née dans les hauteurs des Rocheuses, qui rejoint le fleuve Colorado à Grand Junction. A l'écart des circuits les plus classiques, mais à 3 heures de Moab et de Cortez, certains font le détour par Montrose pour profiter des paysages de haute montagne entre Durango et Ouray, par la petite ville de Silverton à peine sortie du 19ème siècle ou des stations de ski voisines.

En 2005, c'était la clôture de notre bref périple, entre Durango et Vail notre destination professionnelle. A Coal Bank Pass, la « Million Dollar Highway » passe à 3240m, bien plus haut que tous nos cols du Tour de France dans les Alpes ou les Pyrénées.

Il y a 2 accès dans le parc du Black Canyon, un au nord par 2h de routes secondaires en partant de Montrose et le plus connu au sud, à 20 minutes de la même ville. C'est ce dernier que nous avons pris.

Avant l'arrivée au visitor center, situé au bord du canyon, la route se sépare. Vers l'est, la East Portal road suit la rive gauche jusqu'au début du canyon et accède à la Curecanti National Recreation Area, sur les bords de la rivière. Cette route est une impasse et nécessite de revenir.

L'essentiel de la visite se passe sur la South Rim Road qui donne accès à une douzaine de points de vue et quelques brefs Trails. Le canyon n'est pas très profond, 5-600m, comparé au « GC » visité 2 jours avant. Mais il est très étroit, 300m par endroit, en haut, seulement 12m au niveau de la rivière aux Narrows.

Près du visitor center, la descente est aménagée et protégée pour arrivé au premier Overlook. Elle mène à plusieurs vues sur le canyon, la rivière et un à-pic impressionnant. La couleur général du lieu, des roches, la forêt aussi, explique bien le nom de canyon noir.

Les points de vue se succèdent, certains au bord de la route, d'autres à quelques centaines de mètres : Pulpit Rock, Cross Fissures View, Big Island, Rock Point, Devils Lookout, difficile de situer les photos qui suivent, 6 ans après.

A Chasm View, le canyon est très étroit, mais il semble que c'est sur l'autre rive qu'on en a la meilleure vue.

Le point suivant, Painted Wall View, offre une première vue sur la façade rainurée de la rive droite, que l'on retrouve de face à Cedar Point.

Dragon Point offre une vue sur la continuité de la vallée qui s'élargit par la suite. Sunset View et Warner Point, après 1km de Nature Trail terminent la route.



En partant vers l'est pour rejoindre Vail à travers la montagne, on longe au début la Gunisson River et une série de barrages. Le Blue Mesa Reservoir est la plus large retenue, juste avant la ville de Gunisson.

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Idaho – le Nez Perce National Historical Parc
Quand on parle des « natives », pour beaucoup des habitués du forum, il s'agit des Navajos. Certains y ajoutent les Hoppis voisins quand ils se sont aventurés (c'est parfois une aventure) sur leur terres. Pour les visiteurs du Sud Dakota, on ajoute les Lakotas ou Sioux, descendants des Sitting Bull et Crazy Horse. Quelques autres réserves sont parfois traversées par nos baroudeurs du grand West, celle des Apaches, des Shoshones, des Crows … Mais qui connait la réserve des Nez Percés ?
Lorsque l'on se ballade dans le nord-ouest, du Washington au Montana, on retrouve un peu partout des traces de Lewis and Clark, panneaux informatifs, musées ou lieux baptisés au nom des explorateurs du début du XIXème.

A l'automne 1805, ils rencontrèrent une tribu indienne pacifique, nommée « Nez Perce » par les trappeurs français qui leur servaient de guide.
La suite est l'histoire habituelle des indiens que je vais résumer ici – sympathie au départ, les pasteurs viennent éduquer (évangéliser) les « incultes » - avec les Nez Perces, ça va toujours bien, et puis les chercheurs d'or arrivent et les indiens sont envoyés dans une réserve. Ils le prennent mal et c'est la guerre. Sous la conduite de Cheif Joseph (qui avait passé son enfance chez les missionnaires chrétiens), ils résistèrent puis s'enfuirent vers le Canada. S'ils traversèrent Yellowstone, ils passèrent plus au sud de la Chief Joseph Hwy, une route magnifique que l'on peut recommander pour relier Cody à l'entrée Nord est du parc, par la Dead Indian Pass. Pour terminer l'histoire, ils furent rattrapés juste avant la frontière. Les survivants furent exilés dans le Kansas avant de pouvoir revenir dans l'Idaho...
Cheif Joseph est un des pères fondateurs à coté de Sitting Bull, Geronimo et Red Cloud sur certaines représentations iconoclastes des sculptures du Mont Rushmore.
La réserve indienne des Nez Perces est située dans l'Idaho, au sud Ouest de Missoula (ville du Montana sur la I90). En 2007, c'était notre dernière destination après notre séjour à Yellowstone. La Lolo Creek road franchit la Lolo Pass puis descend le long la rivière qui devient la Clearwater River avant d'arriver dans la réserve.

La carte du National Park Service signale quelques points d'intérêt dès l'entrée dans la réserve. La route sinueuse longe la Clearwater dans une vallée encastrée classée « Scenic road ». Elle passe à coté du Heart of the Monster, formation rocheuse où Lewis & Clark avaient monté leur camp.
Notre destination est Orofino, dont le nom évoque l'or fin trouvé dans les environs. Nous avons réservé une chambre pour 3 nuits au Konkolville Motel – sympa, ils fournissent le steak, on se le fait griller soit même.
Mais qu'il y a-t'il vraiment à voir dans cette réserve et ce National Historical Parc ?

La première visite est pour le Spalding Visitor Center. Situé au nord-ouest de la réserve, c'est le principal point de visite. A notre arrivée, le ranger indien de service termine le montage de la tente proche du bâtiment.

A l'intérieur, le musée contient une intéressante présentation de vêtements traditionnels Nez-Percés.


A coté, le parc de la Lapway mission et du fort du même nom. Sur le mur extérieur de l'église, la pierre tombale du révèrent Spaldin qui vécu avec les Nez Percés de 1836 à 1874. Quelques plaques commémoratives, l'école et les restes de la mission d'origine dans un parc aux grands arbres où il fait bon flâner.

Bon, et les indiens, ils sont où ? Nous partons vers la localité de Nez Perce, au centre de la réserve.

Nous traversons des champs de blé, immenses, vallonnés. Dans certains, la récolte est terminée, dans d'autres elle est en court (on est le 24 août). Certains champs ont été brulés, d'autres sont en feux, d'autres sont déjà labourés – pour une 2ème récolte ?

Les indiens seraient-ils devenus agriculteurs ? Arrivés à Nez Perce (Town), nous trouvons une petite ville d'agriculteurs qui n'a rien d'indienne. Tout ce que nous voyons nous conduit à penser que les indiens ont vendus leurs terres aux colons venus cultiver ce plateau. Parmi eux, sans doute des français, comme le font penser certains villages nommés Ferdinand ou Grangeville et surtout le surprenant Culdesac.

C'est pour le transport du blé que des voies ferrées ont été construites, avec des tunnels et des ponts impressionnants.

Après déjeuner au supermarket du coin, nous repartons par la route 64 pour très vite se retrouver sur un chemin de terre à flan de colline et entamer une descente sur une piste étroite. Les déambulations de l'après midi, entre autre pour trouver une banque, ne nous mettrons pas plus sur la piste des indiens.
Le second jour était consacré à Lewiston, à la frontière du Washington. De l'autre coté de la Snakeriver qui sépare les états, la ville s'appelle Clarkston. On peut dire qu'ils ont laissés leurs empruntes, ceux-là. C'est samedi, une exposition de voitures de collection emplit la Main street

Un petit tour au petit musée où la petite gardienne nous accueille. Brève visite, les peintures extérieures sont les points les plus intéressants.

Mais nous repartons avec quelques infos intéressantes. Le Trading Post (en fin de voyage, on voudrait des souvenirs) se trouve à coté du casino, sur la route d'Orofino. Eh oui, indien = casino. Bon mais à part ça, il a une autre petite Trading Post à Lapway, chez les indiens. Enfin, nous trouvons les indiens, Lapway est la seule localité peuplé par 98% de natives. La ville est tracée en damier, avec tous les équipements nécessaires, terrain de foot, super-marché, station d'essence... à non elle semble abandonnée. Les habitations sont principalement de vieux mobile-homes. Au petit drugstore près du magasin, nous mangeons à coté d'un couple de nez percés qui nous fait un grand sourire en sortant, mais pas de conversation. Devant le centre administratif de la réserve, beau bâtiment qui à l'air de mal vieillir, une stèle porte le vrai nom des Nez-Percés : Nimmipuu, cherchez la correspondance phonétique !

La Trading Post est ce baraquement bleu, du style des autres maisons de Lapway. La tenancière indienne nous demande d’où nous venons, trouvant notre accent doux et agréable (sic). Pendant que nous choisissons quelques babioles (les bijoux de fabrication locale sont très cher), un trappeur canadien négocie la vente des peaux qu'il a apporté.

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Californie – Les tubes de lave de Lava Beds NM
Le Lava Beds NM est un des parcs les moins connus de l'ouest américain. A l’extrême nord-est de la Californie, il est à l'écart des circuits même des plus téméraires. Pourtant il offre de surprenantes visites qu'on ne peut pas faire ailleurs, sauf un petit peu à Crater on the Moon dans l'Idaho : voir des tubes de lave de l'intérieur.
Fin Août 2010, nous y avons fait étape entre Redwood NP et le Crater Lake NP, 2 lieux bien connus de ceux qui s'aventurent au nord de San Francisco. Nous y accédons par le nord, en passant dans l'Oregon, par la country road 10, nommée Hill Road. Avant d'arriver au parc, la route longe le Tule Lake, reserve naturelle dont nous verrons une autre partie en repartant. C'est notre 1er parc payant de l'année, nous commençons par l'achat du Pass Annuel à l'entrée - ici pas d'électricité donc pas de carte bancaire donc payement en espèce.

Une des premières choses que l'on voit est une étendue de lave noire qu'on dirait tout juste éteinte, la Devils Homestead Flow. Plusieurs points de vue sont aménagés.

A Fleener Chimneys, on accède au départ de cette coulée de lave.

Mais nous fonçons vers le Visitor Center, chercher conseils et lampes, ces lampes torches que prête gentiment la jeune ranger à tous les visiteurs. Nous faisons avec elle le point sur les tubes ouverts à la visite cette année et en choisissons un échantillon assez varié pour la journée. On peut aussi acheter des casques, mais ce n'est pas très utile. Un rapide coup d’œil sur le livre d'or pour constater que nous sommes les premiers français à le signer cette année.

Et nous partons voir le plus proche, le Mushpot. Descente vers les antres de la terre. Surprise, en pénétrant dans le tube créé par la lave en fusion, le sol est bien lisse et le chemin tracé par la lave est balisé de part et d'autre de guirlandes lumineuses. Nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, en fait vers une sortie bouchée par la lave refroidie. Les lampes sont inutiles au début, mais bien vite on se retrouve «alone in the dark».



Plus à l'écart nous allons voir aussi la Valentine Cave sur la route qui va vers le sud. Un lieu surprenant où la lave a coulé dans plusieurs directions, à ne pas rater.



Nous revenons pique-niquer sur une table à l'ombre près du Mushpot.
L'attraction principale du parc est constituée d'une douzaine de tubes de lave situés autour d'une boucle d'environ 4 km que l'on parcourt en voiture. Tous ne sont pas ouverts à la visite, la ranger nous avait indiqué ceux qui sont fermés cette année. Pas de guirlande lumineuse, pas de sol bien plat, les tubes que nous visitons sont bien plus rustiques et très surprenants. La promenade se termine toujours au bout de quelques centaines de mètres. Si le sol est lisse dans certains, dans d'autre la marche est difficile et nécessite de bonnes chaussures. Nous descendons ainsi dans Golden Dome, puis Hopkins Chocolate et Sunshine.


Les Garden Bridges sont des tubes de lave effondrés dans lesquels on ne descend pas.

Après Hercules Leg, nous terminons par Juniper.
D'autres tubes de lave peuvent se visiter ailleurs dans le parc, au bout de quelques centaines de mètres, ainsi que des cratères. Pour les marcheurs, des trails de 3 à 13 miles sont balisés dans le parc.Le secteur est aussi un haut lieu de la Guerre des Modocs. Toujours la même histoire, une tribu indienne qui avait décidé de refuser l'exil dons une lointaine réserve. Pour rester près de leur terre natale, ils s'était réfugiés dans ces lieux inhospitaliers. En 1872-73, 53 indiens tinrent tête à 500-600 soldats commandés par le général Canby qui il y laissa la vie. Les restes de cette guerre sont encore visibles et se visitent en différents endroits comme le Gillems Camp ou le Thomas-Wright Battlefiel. Les descendants du peuple Modoc vivent maintenant en Olkahoma.

Le parc est bordé au nord par le lac Tule qui est une réserve importante pour les oiseaux. Et c'est vrais que des points d'observation aménagés, on en voit des milliers. Une piste longe la rive du lac sur plusieurs kilomètres.

Un peu à l'écart à l'est, dans une section extérieure du parc, le Petroglyph Point Trail accède à plusieurs centaines de gravures vieilles de 6000 ans (?).

Au total, nous avons passé plus de 6h dans le parc, et nous sommes loin d'avoir tout vu.
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Arizona – Organ Pipe Cactus
Trois grands déserts couvrent une partie du sud ouest américains. Le Mojave desert est le plus connu avec sa zone préservée entre Las Vegas et Los Angeles ; c'est aussi celui de la partie ouest du Joshua Tree NP et de la Vallée de la Mort. Il est planté de ces yuccas très caractéristiques que sont les arbres de Josué. Le Great Basin, dans le Nevada, est sans doute le moins connu. Certains ont visité le national parc du même nom, mais cette montagne n'est pas représentative de la terrible région où s'est perdu Steve Fossett. Le Sonoran desert, au sud de l'Arizona, est le pays du cactus saguaro devenu l'emblème de l'état. Un double parc national de part et d'autre de Tucson lui est consacré. Les saguaros sont omniprésents dans ce désert (et certainement pas à Monument Valley comme on est surpris d'en voir dans certains films). Mais il existe une autre sorte de cactus géant baptisé Organ Pipe (tuyau d'orgue) auquel un parc est consacré le long de la frontière mexicaine. Très à l'écart des circuits habituels, même les plus au sud, bien peu le connaissent.
Sur notre route de Los Angeles à Tucson en mai 2009, il constituait une étape importante. Nuit à Gila Bend, petit déjeuner dès l'ouverture et départ vers le sud. Courses à Ajo, ville minière, typée mexicaine, des motels, des markets, une belle église et beaucoup de sociétés d'assurance (?). Sur cette route qui va aussi au Mexique, nous sommes arrêtés à 4 reprises par les border patrols (2 à l'aller 2 beaucoup plus regardante au retour.)
L'Organ Pipe Cactus NM est un grand parc par sa surface (1332 km2), pas par le nombre de ses visiteurs : nous ne sommes pas les seuls ce jours-là mais presque. Il est 9h lorsque nous photographions l'entrée, on va y passer 4h environ.

Au Kris Eggle visitor center, tenu par des rangers d'age canonique (il n'y a pas de retraite pour les rangers) mais bien sympathique, nous achetons notre « annual pass » et discutons sur ce que l'on va visiter.

Une longue piste fait le tour du parc en longeant la frontière, on aurait bien aimé. Mais elle est fermée depuis quelques années pour des raisons de sécurité avec les problèmes d'immigration mexicaine et les trafiquants de drogue.
Nous retenons 3 lieux et commençons par le jardin botanique attenant au visitor center. Cela permet de découvrir les différentes variétés de plantes du secteur, les grands saguaros, les plus rares organ pipe, les cholla cactus (à ne pas approcher de trop près) et les ocotillos. Et beaucoup d'autres bien sûr.


L'Ajo Mountain Drive part en face de la route du visitor center et offre une piste correcte de 34 km en sens unique autour de Diablo Mtns. De la tôle ondulée au départ, à travers un nature du désert, les organ pipe poussent parmi les saguaros omniprésents. Il n'y a pas que des cactus mais aussi de nombreux yuccas en fleur.



La route s’élève dans la Diablo Mountain, et offre des points de vue sur la Sonoyta Valley.

Dans cette partie, nous rencontrons en chemin quelques animaux, un coyote, des sonoran proghorn. Pas le temps de les photographier, ils traversent la piste devant nous et disparaissent dans la nature. Plus loin, une famille de Gambel's Quail, un oiseau marcheur doté d'une curieuse crête sur la tête – traverse plus lentement, difficile à approcher pour prendre en photo, sauf la mère (?) qui passe en dernier.

Un peu de relief, même une bonne montée caillouteuse et la route passe à proximité d'une arche, point de départ d'une courte randonnée dans le Arch canyon.

Tout près, on rencontre un habitant des lieux plus facile à photographier : le « zebra tailed lizard ». Nous ne rencontrons pas de serpent, pourtant il en existe plusieurs variétés plus ou moins sympathiques par ici.

La fin du parcours est un peu fade et, sans originalité, offre un goût de déjà vu

Revenus au visitor center, nous partons sur la North Puerto Blanco Drive. La piste de 85km est barrée au bout de 5 miles par une grille fermée à clé. Au delà, elle continue à sens unique, mais cette partie est actuellement uniquement parcourue par les convois de rangers et border patrols. Nous en verrons un revenir pendant que nous mangeons dans la picnic area aménagée dans ce lieux. Des "ramadas" offrent un peu d'ombre pour déjeuner mais ne protègent pas des soudaines rafales de vent.

L'accès à quelques mines se trouvant barré, d'autres lieux demandant trop de marche pour nous, sans connaître l'emplacement des petroglyphes de service (pas des merveilles d'après les photos), nous prenons la route de Tucson, 230km, l'étape suivante. En route, nous croisons un de ces tourbillons de sable qui se forment dans le désert.

Il s'élève à plus de 30m et si dirige vers la route, traverse avant notre arrivée et s'amenuise par la suite...
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Arizona – Tonto National Monument
Ce petit NM est très rarement visité, même par ceux qui empruntent le célèbre (?) Apache Trail. Ce n'est pourtant qu'à 3 minutes (dixit Google map) du barrage qui retient la Salt River dans le Theodore Roosevelt Lake.

Ce petit NM, disais-je, car il est minuscule, avec seulement 4,5km2, justifie bien un arrêt d'une heure ou deux. Mais nous sommes seuls ce 18 mai 2009 lorsque nous stationnons sur le parking d'un visitor center tout neuf. Il y aura 3 voitures de plus 1h après. Ce n'est donc pas la bousculade.
L’accueil des dames rangers est sympathique. Il nous faut des explications, car il n'y a pas de carte sur le nps.gov. On nous explique que les ruines hautes se visitent avec un guide de novembre à avril et qu'il faut réserver, ce à quoi nous rétorquons que nous n'avons pas l'intention de retraverser l'Atlantique dans 6 mois.Ensuite, on nous recommande de voir la vidéo et de visiter le musée, ce qui n'est pas notre soucis premier. Nous disons donc que nous voulons d'abord visiter le Lower Cliff Dwelling, et là on nous explique que oui, mais...

mais l'approche des loges dans la falaise est peuplé à cette saison par des "dangerous bees". J'accroche un peu sur le mot "bees", j'ai bien compris qu'il ne s'agit ni de bière ni d'ours et il me faut quelques temps pour penser à des abeilles, des abeilles tueuses ! Et notre dame ranger insiste bien pour que nous n'allions pas plus loin que le panneau placé au milieu du chemin. Et elle ajoute que si par hasard nous rencontrons des serpents à sonnette, il faut éviter de les déranger. Elle ne nous parle pas du Gila Monster, ce gros lézard venimeux qui habite aussi les lieux.
Le chemin revêtu monte lentement vers le Lower Cliff Dwelling, 100m plus haut. Il est équipé de bancs tous les 200m, rarement à l'ombre. La vue sur le lac au nord est de plus en plus belle à mesure que l'on monte, au milieu des cactus saguaros, des yuccas et des ocotillos.


Au bout, un village d'une vingtaine de pièces abrité dans une grotte. Il fut habité par les indiens salados (gens salés !), du XII au XVème siècle ( pour une fois, il ne s'agit pas des anasazis). Mais nous arrivons au barrage, 100 m environ avant l'entrée des ruines, assez près pour une bonne vue de la façade. Nous n'en verrons pas l'intérieur, les abeilles sont là, depuis un moment, quelques unes tournicotent autour de nous.


Pas de rattlesnake à l'aller ni au retour. Nous retrouvons l'ombre du visitor center pour regarder la vidéo et la maquette du Lower Cliff Dwelling, puis la fraicheur climatisée à l'intérieur pour un petit tour du musée sur la culture salado.

Nous ressortons avec un cadeau, la ranger, n'ayant pas de monnaie pour rendre sur notre billet de 100$ et rien pour carte amex, nous offre la casquette que je voulais ajouté à ma collection. Il ne passe pas souvent de français ?
L'aire de piquenique dans le bas du parc est nouvellement équipée, très propre, avec de l'ombre. Ça tombe bien, c'est l'heure.

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Nevada – Cathedral Gorge State Park
Quand on évoque de l'état du Nevada, c'est presque toujours pour parler de Las Vegas, la gigantesque salle de jeux et ses hôtels-casinos du Strip. Parfois, ceux qui en sortent vont voir le Red Rock Canyon voisin ou bien le splendide Valley of Fire State Park. Mais il y a d'autres lieux intéressant dans cet état principalement couvert par le désert du Great Basin En remontant par la route US93, à 260 km au nord de Las Vegas, près de petite ville de Panaca se trouve un parc d'état spectaculaire qui porte le nom de Cathédral Gorge (à ne pas confondre avec Cathedral Valley de Capitol Reef NP ou Cathedral Wash à coté de Lees Ferry ou encore Cathedral Rock dont j'ai parlé plus haut).
Le State Park a deux accès, un au nord vers les points de vue en hauteur, un au sud vers les slot canyons, et les aires de piquenique et de camping. Le 10 juin 2009, c'est par le nord que nous sommes arrivés.
L'entrée nord conduit au lieu nommé Millers Point : un parking, des toilettes et un point de vue couvert d'où on découvre la gorge creusée par l'érosion par ravinement dans la roche constituée d'argile molle de bentonite.

Des marches descendent de l'observatoire vers des points de vue intermédiaires.

De là on peut aussi descendre jusqu'au sentier qui suit le fond du canyon vers les points de visite atteints par l'autre entrée.


Quelques autres randonnées conduisent à d'autres points de vue. L'une d'elle rejoint le camping.
A l'entrée sud est construit un visitor center régional. Lors de notre passage, dans la petite salle de projection était présenté un reportage sur la flore et faune du désert du Great Basin. Peu de renseignements sur le parc lui-même, mais un endroit de fraicheur pour ceux qui font halte ici en été.

La route qui s'engage dans le parc conduit au bout de 2km à un point de retournement, avec quelques place pour stationner. C'est là qu'est située la boite à lettre pour régler les frais d'entrée dans le parc, mais pas de carte ou plan en échange. Au pied des flèches qui parfois font penser à Bryce Canyon, des crevasses dans la falaise ouvrent des passages sinueux où l'on peut se faufiler sur des dizaines de mètres jusqu'à rencontrer le rétrécissement fatal à votre embonpoint.

Cathedral Caves est un des nombreux points de départ de ces multiples ramifications un peu similaires aux slot canyons.


Le soleil qui a bien voulu faire son apparition éclaire et colore les parois des crevasses ce qui donne aussi un air de Antelop Canyon.


Un embranchement de la route conduit au camping et près de l'entrée, une piste mène à une aire de piquenique.
Cathedral Gorge constitue une étape intéressante – 2 heures suffisent – entre Las Vegas et le Great Basin National Park, un NP, le seul en Nevada, bien méconnu des fans de l'ouest américain.
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Californie – les Redwood Parks
Quand on parle des redwoods, il s'agit bien sûr des séquoias et la Californie est le principal état où l'on peut voir ces arbres dont la taille et l'age atteignent des valeurs gigantesques.

Beaucoup de touristes européens les découvrent lors de leur passage au parc national de Yosemite. Là, le circuit-promenade de Mariposa Grove permet de découvrir quelques géants comme le "Grizzly Giant". A proximité de Yosemite, mais rarement au programme de visite se trouvent le Kings Canyon NP où l'on découvre de beau spécimen et le "General Grand" et le Sequoia NP (au moins le nom est clair) où l'on visite le "General Sherman". Mais il existe un autre parc national consacré aux sequoias, ou plutôt une multitude de petits parcs d'état où privé, dont certains ont été regroupé dans le Redwood National Park. Situé près de la cote Pacifique, au nord de la Californie, cette catégorie de séquoias n’atteint pas les diamètres de ceux de l'intérieur, mais elle les dépasse en hauteur. Notre visite fin août 2010 s'est étalée sur 2 jours.
Remontant de San Francisco et de Point Reyes National Seashore, notre première halte fut à Leggett, là où la route 1 rejoint la US 101 qui porte ici le nom de Redwood Hwy. Près de la petite localité se trouve une touffe de séquoia. La piste qui y conduit passe par le péage d'entrée de ce parc (communal ou privé ?). La principale attraction, pour ne pas dire la seule est un "Drive Thru Tree" nommé Chandelier Tree.
C'est un des plus célèbre de ces arbres que l'on peut traverser en voiture, un monstre âgé de 2400 ans, haut de 96 m, dont le tronc de 6,40 m à la base a été creusé en 1930. Il porte ce nom de chandelier en raison de la forme des branches.
Il y a queue cet après midi pour passer en voiture dans le chandelier car chaque passage se ponctue par des photos. Mais on peut faire plusieurs fois en oubliant pas de replier les rétroviseurs, car avec notre Chevrolet Equinox, il n'y a pas beaucoup de marge.
Sur place, un magasin de souvenirs propose une multitude de produits à base de bois de la région (ou d’ailleurs, probablement même de Chine) mais pas en séquoia.
En continuant la US 101 vers le nord, la route 254 se sépare de la higthway 101 et suit sur 33 km "Avenue of the Giants" . Il s'agit de l'ancienne route qui passe à travers la forêt à forte présence de séquoia. Là de multiples attractions se succèdent, taillées dans l'arbre géant qui fut longtemps la richesse locale. Elles ont pour nom "Chimney Tree" (fermé lors de notre passage – donc payant), "One-log house" (pas vu)
A "Shrine Drive Thru Tree", nous avons réédité l'exploit (???) de traverser le tronc d'un arbre, ici c'est plus large mais délicat à la sortie, mais le passage est naturel. Un magasin de souvenir (sans doute), mais aussi un circuit vers des maisons creusées dans les troncs.


Et d'autres lieux jusqu'à la Bull Creek Flats road qui pénètre dans le Humboldt Redwood State Park, vous connaissez ? Mais si : la forêt des Ewoks dans le retour du Jedi !

A la sortie de l'Avenue des Géants, nous logeons à Fortuna, petite ville où l’hôtellerie est plus abordable qu'à Eureka, cité côtière donc touristique.
Nous ne sommes qu'à 50 minutes du Thomas H. Kuchel visitor center, à l'entrée du Redwood National Park. Le temps de récupérer un plan, de discuter avec le ranger sur la promenade la plus à notre portée, de l'état de la piste qui longe la mer et d'apprendre que des baleines sont signalées en face Klamath River Overlook.

Notre première visite est consacrée à Lady Bird Johnson Grove, une petite boucle d'environ 1,5 mile, avec de nombreux points d'infos, dans la fraicheur de la forêt de séquoias.


La forêt est plutôt claire et agréable, quelques gros spécimens se visitent même de l'intérieur.

Après notre petite randonnée matinale, nous continuons vers le Prairie Creek Redwoods SP où nous arrêtons voir le Big Tree, juste une petite promenade jusqu'à un "1500 years old, height 87,50 m, circumference 20,70 m". Il n'y a jamais le recul suffisant pour photographier en entier.
Nous prenons ensuite la piste du NP qui va longer la côte. Hight Bluff Overlook nous offre une vue sur le Pacifique avec toujours un brin de brume et les oiseaux marins .

Après le passage de la rivière Klamath, nous nous rendons à l'overlook en haut des falaise. Quelques touristes regardent au loin avec des jumelles. Effectivement, l'info au visitor center était bonne, il y a 2 baleines au large, assez proches pour bien les voir sortir de l'eau (pas bondir) mais trop loin pour les photographier. Nos jumelles sont de sortie.
La vue sur l'embouchure de la Klamath River est magnifique.

En continuant vers le nord, nous arrêtons à Tree Mystery. Beaucoup de voiture, des cars et un parc d'attraction sur le thème du séquoia. L'attraction n'est pas bon marché. Pour vous faire une idée des géants près de l'entrée, regardez la jeune fille au pied !

Notre dernier parcours sera la piste qui traverse Jedediah Smith Redwood State Park. Une dizaine de kilomètres dans une forêt très sombre, sur une piste très poussiéreuse, tellement que les fougères et le troncs des séquoias prennent des airs fantasmagoriques. Il ne faut pas suivre une autre voiture à moins de 100m. Très vite le pare-brise est aussi couvert de poussière


Au bout le Scout Memorial Grove propose un circuit avec plus de relief que celui du matin.

Globalement, la visite de ce secteur est très délicate à programmer. Des multiples state parcs d'origine, certain sont regroupé dans le national parc, mais le regroupement n'est pas géographique. Ainsi nous avons traversé 4 secteurs séparés du national park et autant de state parks !
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Californie – La Mojave National Preserve
Entre la route qui relie Los Angelès au Grand Canyon et celle qui revient de Las Vegas à Los Angelès, Mojave NP est parfois tentant pour une visite intermédiaire. Mais qu'il y a-t'il à voir ? Le désert Mojave, un des 3 grand déserts du sud-ouest américain s'étend à l'ouest de Las Vegas et la "Preserve" en est la partie protégée par l'administration fédérale. C'est la 3ème plus grande surface, après Death Valley et Yellowstone. Fin mai 2008, nous l'avons traversé pour relier la ville-casino au splendide Joshua Trees NP, pas par la route la plus courte, mais en prenant le chemin des écoliers. En arrivant par la US 15, on passe par Primm, complexe hôtelier et casinos et attraction comme à toutes les frontières du Nevada.

Après le col Mountain Pass à 1742m dont l’ascension est pénible (lente derrière les camions et en pleine chaleur) la route longe la réserve. L'entrée est 23km plus loin, à l'échangeur avec la Cima Road (essence et magasin au carrefour).

Il y a 3 traversées nord-sud avec des ramifications par des pistes facilement carrossables en temps normal, mais uniquement des pistes pour 4x4 dans le sens E-W.
La route s'engage dans la Mojave NP. L'entrée est libre, un panneau affiche avec un plan où l'on peut voir les principales routes, les visitor centers et les principaux trails. La route, rectiligne vers le sud, est bordée de la forêt de Joshua Trees, le Yucca caractéristique du désert Mojave, avec de très beaux spécimens.

A Cima, petite ghost town atteinte après 29 km, on arrive à une voie ferrée, peut-être celle qui reliait autrefois Los Angelès et Las Vegas. La route suit ensuite les rails jusqu'à Kelso où se trouve le principal centre d'information de le réserve. Mais nous prenons les chemins de traverse, en tournant à gauche au bout de 8km vers la Cedar Canyon Road. Au bout de quelques kilomètres, la route devient une piste qui suit le Cedar wash. Le paysage a changé, plus de relief, les arbres de Josué sont plus chétifs.

Nous tournons à droite vers Hole-in-the-Wall. La Black Canyon Road traverse quelques wash heureusement à sec. Nous rencontrons un troupeau de bovidés à grandes cornes, apparemment surpris de voir passer du monde. Ce seront les seuls animaux à 4 pattes que nous rencontrerons

Il y a par là plusieurs camping rustiques et le Black Canyon Group and Equestrian Campground. Il y a surtout le Hole-in-the-Wall information center. Mais pas de voiture, les portes sont fermées. Nous qui espérions des renseignements et un plan de la réserve...

Nous retrouvons une chaussée revêtue et bientôt un carrefour : une route à droite conduit à Providence Mountains State Recreation Area : un parc d'état à l'intérieur de la National Preserve. C'est un détour intéressant. Il y a un visitor center. De là, la vue est superbe.


Le ranger de service nous accueille et nous donne quelques informations. Il nous propose de participer à la visite de Mitchell Cavern, visite guidée qui part peu après, 3-4 personnes attendent l'arrivée du guide. Nous avons probablement tort de ne pas nous joindre à eux. Mais le chemin vers la caverne monte et est en plein soleil...


Le morceau de stalactite exposé dans la salle donne une idée de ce qu'on peu y voir.

Le ranger nous raconte que le secteur, en particulier le camping attenant, était envahi par les serpents à sonnette 15 jours plus tôt. Il sont partis maintenant ? En fait pas tous car un se faufile dans les pierres, à coté des toilettes du parking. Ce sera la première fois .


Plus au sud, nous sortons de la Mojave NP sur la US 40. La traversée la plus courte fait 88km, avec le détour, nous en avons fait 117km. Mais nous n'allons pas nous engager sur la 40, qui va pourtant vers notre destination, mais nous continuons 10km pour rejoindre la localité de Essex sur la National Trails Hightway, nom officiel de la route 66 en Californie.

C'est peut-être une des sections les plus intéressantes de la route 66. De part et d'autre de la route, sur les bas-cotés pentus, les voyageurs du passé ont écrit leur nom avec des pierres.

Plus loin se trouve un fabuleux arbre à godasses, où pendent les chaussures laissées là par les aventuriers de la route mythique.

Nous rejoignons ensuite la Twentynine Palms Hwy et Pioneertown où nous avons réservé la chambre de John Wayne.
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Où, quand, comment assister à un POW WOW ? Après 4 voyages dans l'ouest américain, la tête et l'album photo pleins de rochers rouges, de déserts à cactus, de volcans, de forêts géantes et de hautes montagnes se posait la questions : à part d'autres rochers, d'autres déserts, d'autre volcans, d'autres forêts et d'autres montagnes, que peut-on découvrir de spécifique et de différents. La visite de quelques musées indiens, le passage chez les Navajos, les Apaches, les Lakotas, les Nez-Percés, les Havasupais, les Shoshones, les Paiutes, les Crow, les Blackfeet, les Modoc, les Warm Springs et j'en passe, l'achat de jewelery et autres produits sur le bord de la route ou dans les Trading Post … nous amenaient à penser qu'assister à une fête indienne serait un objectif intéressant. Une fête ou plutôt une cérémonie = un Pow Wow, voilà, nous allons tenter d'assister à un Pow Wow. Les premières recherches nous conduisent à confirmer que ce qui était autrefois un rassemblement religieux ou guerrier entre diverses nations indiennes est maintenant une manifestation festive avec principalement une compétition de danse. Ça nous convient bien, voir les danses indiennes dans les costumes traditionnels. Mais où voir un Pow Wow, un vrai, pas un spectacle pour touristes ?
Comment trouver un Pow Wow ? Une rapide question sur VF avait suscité en autres, 2 réponses indiquant des sites internet de calendrier des Pow Wow, dont celui-ci : http://www.powwows.com/calendar . Il donne la liste des événements programmés par mois et par état.
Mais misère ! Si le calendrier est bien rempli pour les dates passées et à venir à brève échéance, rien pour notre période de voyage, qui n'est que 5 mois plus tard, du moins rien de compatible avec notre circuit à travers 9 états. Même si notre itinéraire est encore largement modifiable, l'avion est réservé et le déroulement des visites est ordonnancé. A regarder les infos des Pow Wow de l'année passée, aux dates compatibles, je me disais que ces fêtes devaient se reproduire à date fixe ou presque. Sans trop diverger de mon circuit de base, j'en trouvais un près de Seattle le dernier week end d'Août, le Muckleshoot Skopabsh Powwow (tout le monde connait ? la tribu Muckleshoot, un des plus important groupe de natives de l'état de Washington basé principalement à Auburn) Le site donnant les coordonnées de l'organisation, je décidais de leur poser directement la question par e-mail. Réponse : la date était avancée d'une semaine, soit avant notre départ de France, "pour éviter tout conflit avec celui de la réserve Yakama". Nouveau mail, cette fois aux Yakama, après avoir vérifier que le lieu restait compatible avec le reste du programme. Réponse positive, le Pow Wow de Yakama Nation Legends Casino se déroule à Toppenish du vendredi au dimanche aux bonnes dates et "Nous serions alors heureux de vous compter parmi nos invités!" Nous inscrivons Toppenish dans notre programme, le samedi 28 Août. Cela nous fait faire un détour de 300km entre Crater Lake NP et Olympic NP, mais ça permet de traverser le Rainier NP qui n'était pas initialement au programme.
Quelques règles à connaître Lu sur un site français (www.4winds.info/events/powwow/index.php) : Pour assurer un bon déroulement du Pow-wow, des règles strictes sont à respecter: L'aire de danse est sacrée et impénétrable sans l'autorisation du Maître de Cérémonie. Les costumes des danseurs ont une importance particulière. Il ne faut donc pas les toucher sans la permission des danseurs. Le Tambour est le Centre du Pow-wow: il ne faut donc pas le toucher, ni s'asseoir près de lui. Si une plume tombe à terre, ELLE NE DOIT JAMAIS ÊTRE RAMASSEE !! De plus les sièges sont réservés aux danseurs et à leur famille
Notre après-midi au Pow Wow Yakama Et le 28 Août, nous nous rendons dans l'état de Washington chez les Yakamas, à Toppenish. Ici il y a des vignes, sur les bords de la Nashes River, chez les récoltants blancs. Et puis il y a la réserve indienne, comme souvent, sur les collines incultivables. Mais comme dans beaucoup d'endroit, il y a un casino géré par les indiens, et c'est justement le casino qui organise le 8ème Pow Wow de la Nation Yakama.
Après un passage à l'hôtel, déposer nos valises et se renseigner sur le lieu, nous nous rendons au site du rassemblement. L'entrée du parking dans un grand pré est gratuite. Nous sommes pas très loin de la grande tente d'où proviennent les sons amplifiés par une sono de campagne. Pour l'atteindre, il faut traverser le parking près d'un camp de tentes traditionnelles et de canadiennes modernes. Des « natives » de tout age mangent ou se parent de vêtements très colorés.
Il est environ 14h et nous arrivons à l'aire centrale : un grand chapiteau, avec des gradins aux extrémités et plusieurs rangs de chaises sur les cotés. Sur l'estrade près de la sono, responsables et commentateurs - le drapeau américain côtoie celui de la nation Yakama.
Au milieu se rassemblent plus d'une centaine de femmes, d'enfants, d'hommes jeunes et moins jeunes.
Au son des chants et des tambours dont on ignore la provenance, ils commencent à danser en faisant le tour de la piste. C'est la grande parade, prélude aux compétitions de danse, car les PowWow modernes sont l’occasion de compétitions de danses traditionnelles. Les vêtements sont très colorés, au point que dans un premier temps ils nous semblent de pacotille. Mais en regardant de plus prêt, nous constatons que loin de là, ces vêtements garnis de plumes, de perles, de clochettes, sont d'une grande richesse. Il nous suffira par la suite d'en voir le prix de quelques éléments à vendre pour comprendre que les compétiteurs doivent y consacrer toutes leurs économies.
Autour de la piste, plusieurs rangs de chaises, la plupart vides – réservées aux familles des danseurs, nous ne sommes pas autorisés à les utiliser, pas plus que les tribunes à chaque extrémité. Difficile d'approcher et pas facile de voir entre les gens debout. A propos des gens, il n'y a que des indiens, presque tous en tenue de fête... non pas tous, il y a des jeunes en jeans et tee shirt. Par la suite nous croiserons des blancs, habitants de la ville ou fermiers du coin, mais certainement qu'il n'y a pas de touristes ici... ah mais si, nous !
Les femmes sont en tête de la parade, nous sommes intrigués par les pas glissés des plus âgées et ceux plus virevoltant des jeunes filles. Les hommes suivent. Difficile de prendre des photos, alors la fonction caméra est utilisée (je sais maintenant comment vous en faire profiter).
Les compétitions débutent par les enfants de 5 ans et moins, les plus p'tits encadrés par la maman, c'est qu'on commence jeune ! Et il y a 1500$ à gagner pour cette catégorie ! Nous les retrouvons à la sortie.
Viennent ensuite les juniors de 6 à 12 ans – ils semblent déjà tout connaître des danses de leurs ainés. Puis les Teen de 13 à 17 ans. Chaque catégorie fait 3 danses …
Ayant toujours des difficultés pour approcher, nous partons voir sous un barnum voisin où se déroule d'autre compétitions; deux groupes face à face chantent et tapent sur des tambourins en alternance. Nous n'arrivons pas bien à comprendre les règles, il y a une histoire de bâton que le chef ramasse par terre avant de passer la main à l'équipe d'en face. Dans un groupe, deux femmes au milieu, une jeune et une grand mère bien gaillarde battent la mesure en faisant de grands gestes. Si nous n'arrivons pas à comprendre les règles, nous avons aussi du mal à comprendre les subtilités des chants.
Nous faisons un tour des stands qui entourent la grande tente , d'un coté ce sont les marchands, avec les bijoux indiens, des vêtements classiques ou des TS, des CD, et les éléments pour faire les tenues des danseurs. De l'autre coté, ce sont de produits à boire et à manger. Pas d'alcool, d'ailleurs nous croisons la police qui surveille. Nous faisons quelques achats, pas de made in china ici, et mangeons une sorte de galette, c'est pas mauvais du tout.
Quand nous retournons au grand chapiteau, les danses des femmes sont terminées … C'est maintenant le tour des seniors – plus de 55 ans – toujours vifs en tout cas. Nous notons plusieurs choses, que nous n'avions pas trop remarqué avant : tous les concurrents portent un numéro, le jury, du moins les notateurs, car il faut bien noter les concurrents, se tiennent au milieu de la piste, chaque notateur suit 2 ou 3 danseurs il y a des réserves d'eau dans la glace au pied des mats centraux. Il faut dire qu'il fait chaud et chaque danse doit être vraiment épuisante. Nous retrouvons les seniors à la sortie.
Maintenant on peut approcher un peu plus et voir d'où viennent les chants. Aux 4 coins de la piste, les drums où 8-9 batteurs frappent en rythme et chantent en cœur, chaque groupe à son tour. Un micro les relie à la sono générale. Pas évidents de distinguer les subtilités des différents chants et de comprendre les variation de rythme de la batterie.
La dernière compétition est celle des adultes 18-54 ans parmi lesquels les jeunes « guerriers » on revêtu des tenues avec une débauche de plumes aux couleurs vives dans le dos (mais que 2 sur la tête). Les danses sont de plus en plus rapides, avec des mouvements tournants et saccadés, des prouesses de gymnastes ... Chaque séquence ne dure pas plus de 3 minutes au bout desquelles les concurrents ressortent épuisés. A l'invite d'une mère indienne, nous terminons l'après midi assis dans les gradins
En fin d'après-midi, c'est la remise des récompenses, pour les musiciens d'abord, puis pour chaque catégorie de danseurs. Enfin, une famille menée par le maitre de cérémonie fait un tour d'honneur, en dansant bien sûr. La piste se vide, la pelouse est comme neuve, les centaines de danseurs qui l'ont piétinée depuis 2 jours n'ont quasiment pas laissés de traces !!! Et demain dimanche, ils recommencent !!! Le soleil rougeoie à l'horizon, nous rentrons à l'hôtel.
Pour notre prochain voyage, en 2012, dans une autre région, nous essaieront aussi d’assister à un Pow Wow, mais il faudra reprendre au début : trouver un lieu et une date compatible avec la base de notre planning.
Nevada – Great Basin National Park
Qui ne connait pas le Nevada ? La Vegas et les hôtels-casinos du Strip, le Cirque du Soleil … Et tous ceux qui en sont sortis, c'était pour une balade au Red Canyon ou à la magnifique Valley of Fire. A part ça, le Nevada, c'est le désert. Il y a pourtant un parc national, un seul exclusivement au Nevada, et bien peu s'y sont aventurés. Il faut dire que le Great Basic National Park, est plutôt isolé. Le désert du Great Basic, c'est le 3ème grand désert du sud ouest américain avec le Mojave Desert en Californie et le Sonoran desert en Arizona. C'est peut être le plus aride et le plus retiré, là où même les plus modernes des aventuriers peuvent se perdent. Le National park est situé à environ 300 miles au nord de Las Vegas, tout près de l'Utah. L'ancienne cité minière de Ely est la ville la plus proche, à 70 miles. L'accès principal est situé au village de Baker (68h) où l'on trouve quelques logements et un minuscule magasin. Le visiter center est aussi à Baker, près de la grand-route, à l'extérieur du parc.

L'entrée du parc est située à environ 8km et elle est gratuite.
Le parc en lui-même n'a rien de vraiment désertique. Les sommets enneigés à près de 4000m apparaissent au-dessus d'une forêt dense. La route qui y pénètre s'élève de 1000m en lacets, sur 20km en offrant quelques beaux points de vue et le point de départ de randonnées montagnardes.


Près du camping au bout de la route, part une piste de randonnée vers le sommet du Wheeler Peek, randonnée qui peut se faire guidée par un ranger. Il y a 900m de dénivelé, avec des vues sur plusieurs lacs et le Rock glacier, ainsi que sur le Bristlecone Pine grove, une touffe de cet arbre qui peut vivre 4700 ans.


Pour les marcheurs moins enthousiastes, une petite promenade botanique offre une brève découverte de la forêt d'altitude à partir du camping. En ce 9 juin 2009, il y a encore de la neige, nous sommes un peu au-dessus de 3000m. Le chemin est souvent un plancher qui enjambe les ruisseaux de neige fondue.


Il y a plusieurs autres entrées à ce parc qui est immense (312 km2), mais qui accueille moins de 100000 visiteurs par an. Des pistes conduisent à des campings et des trails vers des Bristlecone Pine groves. La piste la plus au sud, carrossable qu'en 4x4, conduit à Lexington Arche.
L'entré principale mène aussi au Lehman Caves National Monument, dont le classement au titre des sites nationaux est plus ancien que celui du Great Basin lui-même. Son visitor center est indépendant.

La visite des grottes est guidée et payante. Nous nous inscrivons pour la première possible, celle de 90 minutes, après nous être assurés qu'il y avait très peu de marches à monter. Une ranger accueille le petit groupe et nous guide vers une visite époustouflante. Des milliers, des millions de stalactites et de stalagmites, des petits, des grands, des fins, des gros … du début jusqu'à la fin.

Pas manqué, notre guide nous fait le coup de la panne de courant, mais c'est pour nous montrer ce que laissaient voir les chandelles des premiers explorateurs de ces galeries souterraines.
Lehman Caves est sans doute le lieu le plus intéressant à voir à Great Basin. C'est aussi une plus belles galeries souterraines de l'ouest.En rentrant à Ely où nous logeons, nous prenons un raccourci dans la montagne par la Osceola road toute proche du parc. La piste carrossable en 4x4 traverse la montagne. Surtout tôle ondulée au départ, la piste grimpe à plus de 2300m pour redescendre vers le village fantôme d'Osceola, là où fut trouvé la plus grosse petite d'or (6000$) du Nevada en 1877. Village fantôme ? Des vieilles cabanes avec une antenne parabolique ! Et il y a du monde au cimetière, des touristes ?

A Ely, le Nevada hôtel est un de ces hôtels-casinos mythiques de la grande époque minière. Certains acteurs comme Gary Cooper ont ici leur étoile dans le trottoir. Lorsque nous arrivons, il y a un rassemblement de motard et une haie de Harley est stationnée devant l'hôtel.


A venir - Wind Cave NP et Jewel Cave NM - Olympic NP ? - Glacier NP ? et quelques dizaines d'autres
Angleterre, Belgique et Pays-Bas en mai 2010
Bonjour tout le monde! 🙂
Voilà, mon voyage est finalement booké alors malheureusement Italie, ce sera pour une autre fois! 😕
Voici l’itinéraire que j’ai préparé. J’aimerais bien avoir vos remarques et vos précieux conseils! Ce sera grandement apprécié!
J1 : Départ de Montréal
J2 : Arrivée à Bruxelles – départ à Amsterdam et arrivée vers 13-14h – restant de la journée consacrée à visiter Amsterdam
J3 : Keukenhof en avant-midi et Amsterdam en après-midi
J4 : Delft
J5 : Amsterdam en avant-midi et départ en après-midi vers Belgique (Anvers ou Bruges ou Bruxelles)
J6 : Bruges (oh la belle Bruges!!!!)
J7 : Gand
J8 : Bruxelles
J9 : départ le matin vers Londres en TGV
J10 : Londres
J11 : Londres
J12 : Windsor (pas nécessairement le J12)
J13 : Londres
J14 : Bath (pas nécessairement le J14)
J15 : Londres
J16 : Londres
J17 : Londres
J18 : Londres en avant-midi et en après-midi départ vers Montréal (déjà???? snif snif 😕)
Je sais que mon temps consacré au Pays-Bas et en Belgique est très court, mais je préfère consacrer plus de temps en Angleterre.
À Amsterdam, je recherche surtout à marcher dans la ville le long des canaux, voir quelques monuments et squares et faire surtout le Rijksmuseum (je ne pense pas faire le musée Van Gogh).
Je me demande aussi si Delft est à voir sachant que j’adore l’architecture et les arts (c’est ce que je recherche dans mes voyages avec aussi des beaux espaces verts pour relaxer et des lieux riches en Histoire). Il s’agit de la ville de Vermeer et ayant vu des photos de cette ville, elle me semble intéressante et belle.
J’ai surtout besoin de vos conseils quant à mon arrivée en Belgique (J5). Premièrement, Anvers vaut-elle la peine d’être vue??? Vaut-il mieux arriver à Bruxelles et ainsi avoir un peu plus de temps pour découvrir la capitale sachant que je veux juste me promener aussi dans cette ville (un peu comme à Amsterdam)? Aussi, je pense m’installer 2 nuits à Bruges (J6 et J7), car les hôtels sont plus abordables (je pars toute seule, donc il est certain que je paierai plus cher).
En ce qui concerne Londres, je préfère lui réserver plus de temps parce que je veux faire qqles musées. Pour l'instant, je prévois un minimum de 6 jours.
Je me demande si des villes comme Oxford et Canterbury valent la peine? Laquelle vous me conseillez le plus?
J’ai vu qu’on peut faire des excursions du genre Windsor / Stonehenge / Bath en 1 seule journée, mais ce n’est pas trop court pour explorer Bath et le château??? 🤪 Et Stonehenge, ça vaut la peine??? Et combien de temps prend la visite de Hampton Court ?
Merci en avance de vos réponses!
😉
Voilà, mon voyage est finalement booké alors malheureusement Italie, ce sera pour une autre fois! 😕
Voici l’itinéraire que j’ai préparé. J’aimerais bien avoir vos remarques et vos précieux conseils! Ce sera grandement apprécié!
J1 : Départ de Montréal
J2 : Arrivée à Bruxelles – départ à Amsterdam et arrivée vers 13-14h – restant de la journée consacrée à visiter Amsterdam
J3 : Keukenhof en avant-midi et Amsterdam en après-midi
J4 : Delft
J5 : Amsterdam en avant-midi et départ en après-midi vers Belgique (Anvers ou Bruges ou Bruxelles)
J6 : Bruges (oh la belle Bruges!!!!)
J7 : Gand
J8 : Bruxelles
J9 : départ le matin vers Londres en TGV
J10 : Londres
J11 : Londres
J12 : Windsor (pas nécessairement le J12)
J13 : Londres
J14 : Bath (pas nécessairement le J14)
J15 : Londres
J16 : Londres
J17 : Londres
J18 : Londres en avant-midi et en après-midi départ vers Montréal (déjà???? snif snif 😕)
Je sais que mon temps consacré au Pays-Bas et en Belgique est très court, mais je préfère consacrer plus de temps en Angleterre.
À Amsterdam, je recherche surtout à marcher dans la ville le long des canaux, voir quelques monuments et squares et faire surtout le Rijksmuseum (je ne pense pas faire le musée Van Gogh).
Je me demande aussi si Delft est à voir sachant que j’adore l’architecture et les arts (c’est ce que je recherche dans mes voyages avec aussi des beaux espaces verts pour relaxer et des lieux riches en Histoire). Il s’agit de la ville de Vermeer et ayant vu des photos de cette ville, elle me semble intéressante et belle.
J’ai surtout besoin de vos conseils quant à mon arrivée en Belgique (J5). Premièrement, Anvers vaut-elle la peine d’être vue??? Vaut-il mieux arriver à Bruxelles et ainsi avoir un peu plus de temps pour découvrir la capitale sachant que je veux juste me promener aussi dans cette ville (un peu comme à Amsterdam)? Aussi, je pense m’installer 2 nuits à Bruges (J6 et J7), car les hôtels sont plus abordables (je pars toute seule, donc il est certain que je paierai plus cher).
En ce qui concerne Londres, je préfère lui réserver plus de temps parce que je veux faire qqles musées. Pour l'instant, je prévois un minimum de 6 jours.
Je me demande si des villes comme Oxford et Canterbury valent la peine? Laquelle vous me conseillez le plus?
J’ai vu qu’on peut faire des excursions du genre Windsor / Stonehenge / Bath en 1 seule journée, mais ce n’est pas trop court pour explorer Bath et le château??? 🤪 Et Stonehenge, ça vaut la peine??? Et combien de temps prend la visite de Hampton Court ?
Merci en avance de vos réponses!
😉
Expérience touristique dans l'Ouest américain
Arrivée depuis peu sur ce forum, je dévore carnets de voyages et discussions, étanchant une soif dont j'ignorais jusqu'alors l'intensité.
Je suis une grande voyageuse… quasi uniquement via les livres, internet et les rêves. Dans la vraie vie, je suis un peu clouée au sol de mon patelin pour de nombreuses raisons qui, je l'espère, ne résisteront pas à ma volonté de faire changer les choses.
Je n'ai pas beaucoup voyagé (même si tout est relatif) et je ne crois pas avoir grand-chose d'intéressant à raconter, mais je voudrais quand même ajouter ma pierre à l'édifice, apporter ma petite contribution à ce site si riche. Du coup je viens y narrer mon dernier voyage : un circuit organisé - des plus touristiques - dans l'ouest américain. Apparemment, à ce que j'ai pu lire, ce genre de voyage n'a guère la cote auprès des habitués de ce forum, férus d'aventure et mettant très fort l'accent sur la différence entre le "touriste" et le "voyageur". Pour ma part, j'y ai trouvé des intérêts divers, ce fut une expérience enrichissante, même si je ne pense pas la renouveler de sitôt.
Donc voilà : J'avais en projet depuis longtemps de partir à la découverte de l'ouest américain. Je pensais que c'était un des coins les plus beaux de la Terre (alors que je ne savais pas grand-chose dessus finalement), je suis fascinée par les indiens depuis toujours, j'aime les grands espaces et j'aspirais à trouver là-bas un panel de paysages suffisamment variés et grandioses pour me rassasier d'horizon, de beauté et de nature pour longtemps, au moins le temps de patienter avant de pouvoir repartir ailleurs…
Donc me voilà avec mon idée, une occasion à célébrer : nos dix ans de mariage, et, par chance, un peu d'argent en poche (3000 euros) : des droits d'auteurs gagnés en marge de nos ressources habituelles et donc non comptés dans le budget familial d'ordinaire assez serré. Mon désir premier était de louer une voiture et d'arpenter les parcs nationaux sac au dos, en campant. Mais l'organisation m'est apparue après recherches assez délicate : nous avons des enfants à faire garder (4), mon mari a peu de congés et il aurait fallu, pour voir tout ce que je voulais, partir au moins 3 semaines/un mois, et encore… Bref. Donc grosse frustration de ma part. Je suis assez inapte aux concessions et déteste faire des choix par défaut... Et puis au milieu de mes tergiversations, arrive dans la boîte aux lettres une pub Voyages Carrefour que j'entrevois à la seconde où je balance tout à la poubelle, avec une promotion sur un circuit de 10 jours "découverte de l'ouest américain" à 1500 euros par personne, tout compris. Je fais souvent confiance aux petits signes de la vie, alors d'emblée je me dis : "Ma foi, pourquoi pas ?!" et je fonce… Je paye les arrhes, fais refaire mon passeport, mon mari fait faire le sien, on s'organise, et fin octobre 2007 : on part.
Me voilà donc, moi la solitaire, la sociophobe, amoureuse du silence et de la liberté (dans le sens : pouvoir faire mes propres choix et suivre mes impulsions, mon mari n'étant jamais un obstacle à mes désidératas), immergée dans un groupe de 37 personnes de tous genres, tous styles, opiniâtrement accrochées à leur place dans le bus et soucieuses du respect scrupuleux du programme du voyage, qu'ils transportent avec eux en permanence, bien à l'abri sous une pochette plastique.
Le départ
Nous partons à Paris la veille du départ. Durant le trajet, on ne parle pas beaucoup. On ne parle pas tellement en général : on se connait par cœur, on n'a guère besoin de mots entre nous. On est tous les deux dans le même état : bouillonnant d'enthousiasme et d'impatience. On n'est pas partis tous les deux depuis tellement longtemps ! On n'est jamais partis plus loin que la Norvège ensemble, et ça remonte à 1994, au temps du lycée... Ce voyage est une première. On se regarde souvent et on rigole comme des gosses.
Comme il est pressé de se mettre dans l'ambiance US, mon mari me propose de faire un détour à EuroDisney. Je ne raffole pas de l'idée : je n'aime par particulièrement cet endroit, et si je vais aux US, il est clair pour moi que ce n'est pas pour l'ambiance et les us et coutumes locales auxquelles j'ai déjà eu l'occasion de goûter et qui m'indiffèrent plus qu'autre chose. J'y vais pour les paysages.
Mais je ne veux pas gâcher notre bonne humeur en faisant la difficile, alors on se retrouve au milieu de groupes de touristes enjoués (comme nous !), des lumières multicolores et d'une ritournelle guillerette qui me file d'emblée mal au crâne, à chercher un endroit où grignoter quelque chose. Il jette son dévolu sur un restau de style country, celui-là même où on avait bu une bière la dernière fois qu'on est venus ici, il y a quoi… 12 ans ? Le menu me rebute d'emblée. Du gras, du sucré… J'aurais préféré du poulet tandoori. Mais bon, allons, je penche pour du chili et un bon vieux coca. Allons-y pour se mettre dans l'ambiance sans rechigner !! J'espérais au moins un fond musical en rapport avec le thème du restau, des petits airs country dansants, mais non, j'ai droit à un "Show" sur le thème d'Halloween, avec ricanements de sorcières et numéros de cirque sur fond de toiles d'araignées. Je prends le parti d'en rire même si, au fond, j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou pour goûter au calme cet exquis temps d'attente qui précède le départ…
J'arrive adroitement à abréger la soirée, plaidant le fait qu'on doit se lever à 5 h, qu'il est tard, blablabla. On roule jusqu'à l'hôtel. On se gare, on monte à la réception et on attend des plombes : un bus a dû arriver avant nous et c'est blindé de mecs qui attendent leur clé en scotchant devant un match de foot (ou de rugby) en buvant de la bière. Et puis finalement c'est à nous. La nana nous cherche dans l'ordi, et nous trouve pas… On se mare : on s'est plantés d'hôtel… Le notre, de la même chaine, est une dizaine de bornes plus loin. Ca, j'aime. Donc on repart, et on finit par trouver notre lit.
Le lendemain, à l'aéroport, autre anecdote: la machine qui valide notre enregistrement (aucun être humain à l'horizon, mais vu le prix de notre voyage, pourrais-je m'en plaindre ?) refuse d'accréditer mon billet. De nombreuses femmes sont dans mon cas. On doit être du même groupe. Ca râle, ça vocifère, ça s'agite. Moi je me mare intérieurement. J'attends. Les choses vont forcément s'arranger, et même si on rate notre avion, il y en aura bien un autre… et si celui-ci se scratche on sera bien content d'avoir été retardés. Bref.
Un être humain, finalement, arrive, une hôtesse très jolie et sophistiquée, mais guère souriante. Elle ouvre le dos de la machine pour lui imposer sa volonté. Il parait qu'un incompétent de l'agence de voyage a fait une balourdise avec les noms de jeunes filles des femmes mariées, et que c'est à cause de ça que ça coince. On nous réenregistre donc manuellement, et ça prend des plombes. Comme les bonnes femmes n'en peuvent plus d'indignation et s'étouffent d'impatience, je les laisse passer devant moi en leur adressant mon plus beau sourire. Mieux, j'essaie d'orienter le sujet sur ce qu'on va voir, là-bas… Mais curieusement ça ne semble pas les passionner.
Finalement, tout s'enchaine bien : j'obtiens mon billet, et nous attendons tranquillement le départ : je fais le plein de bouquins et de thé avant le décollage. J'aime les aéroports : on y croise tellement de gens différents ! Je tape la discute avec un jeune type qui doit avoir mon âge et m'apostrophe en me voyant feuilleter un bouquin d'Amélie Nothomb (il est fan, moi aussi…). Il me raconte qu'il part pour Shanghai… Il est plutôt beau garçon et a l'air très gentil. Je croise des femmes en saris, des groupes de japonais, des hommes seuls à la barbe hirsute, avec des marques de bronzage aux bras et sur les mollets, portant un sac à dos crasseux. Voilà à quoi j'aimerais ressembler… si j'étais un homme célibataire !… J'imagine leur histoire, leur périple. N'est-ce pas extraordinaire, tous ces gens qui se croisent, arrivent et partent dans tous les coins du monde ?…
Nous discutons un peu avec un couple assez atypique : ils sont très grands tous les deux, ont l'air jeune (ils ont quarante ans), un peu "out" mais souriant. Lui plutôt dégarni, elle avec une masse de cheveux… naturellement et étrangement... totalement blancs. Comme moi, elle n'a pas réussi à enregistrer son billet, et une hôtesse le lui a carrément déchiré en lui disant que comme ça il était certain qu'on lui en referait un. C'est d'un prosaïsme !! Ils sont un peu inquiets mais prennent ça avec bonne humeur. Ils s'appellent Gilles et Nathalie, et vont faire le même circuit que nous…
Le voyage en avion est une attraction. Le moment du décollage est toujours un moment fort : nous quittons le sol français… Le retrouvera-t-on ?
Je prends sur moi pour me forcer à respirer le plus calmement possible. Je suis claustrophobe à mes heures et il me faut une dose phénoménale de volonté pour ne pas céder à l'angoisse : je donnerais cher pour qu'on puisse ne serait-ce qu'ouvrir une fenêtre… Etre enfermée dans cette boîte en fer, si haut, avec la perspective d'y rester coincée onze heures n'est pas pour me réjouir. J'essaie de penser à autre chose, imagine les enfants qui, de la terre, la tête renversée en arrière, montrent du doigt cet étrange oiseau blanc qui étincelle, là-haut dans le ciel, en disant à leur mère, comme le ferait mon petit dernier " Oh !! Un n'ayon… !!"
Correspondance à Londres. Nous avons une heure pour changer d'avion, cause retard du premier. Alors, avec mon mari, on ne cherche pas à comprendre : on court. On dépasse des membres du groupe qui rigolent en disant que "ils seront bien obligés de nous attendre". Moi, dans ma petite tête de voyageuse inexpérimentée, je ne suis pas certaine qu'on retarde un Boeing 747 pour trois clampins en retard, alors on continue de courir comme des fous. J'étouffe à moitié de rire en galopant… C'est super grisant. Lorsque je suis partie à Lillehammer, il y a 14 ans maintenant, le train qui m'amenait à Paris s'est arrêté deux heures sur la voie et je suis arrivée à l'aéroport à l'heure pile du décollage théorique : je cavalais exactement de la même façon, sur les tapis roulants, trainant ma valise jusqu'à la porte d'embarquement, sans m'enregistrer ni montrer mon passeport ni rien (suis surprise, en y repensant, que la sécurité ne m'aie pas sauté dessus d'ailleurs…).
Dans l'avion, je cherche des yeux les cheveux blancs de Nathalie : Ni Gilles ni elle ne sont là… J'espère qu'ils nous rejoindront sans encombre.
Décollage. J'ai hérité d'une place au centre de l'avion, loin des hublots. Frustration intense : moi je ne vois rien et les trois quarts de ceux qui ont un hublot ont fermé leur volet pour pouvoir dormir ou regarder un film à l'aise !… La rage !! Du coup je quitte ma place et squatte le hublot près des toilettes, avec un autre couple de jeunes, dont le mec a un énorme appareil photo. On profite de la vue chacun son tour, en se souriant. On s'extasie. Il fait un temps superbe. Nous survolons le Groenland… C'est une grande émotion pour moi.

Le reste du temps, j'écoute les gens parler. On dirait qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils sont à 10 km du sol, qu'ils se fichent de l'endroit qu'ils survolent. Peut-être ont-ils l'habitude ? Moi je raffole de cette sensation d'être perdue dans le ciel, quelque part au-dessus d'un endroit de la Terre que je ne connais pas et que je ne pourrais même pas situer précisément sur une carte : j'ignore où je suis, j'ignore quelle heure il est… Plus de repères spatio-temporels : c'est grisant, jubilatoire !!
Mon mari n'est pas à côté de moi (faute au problème d'enregistrement), il est entre deux dames qui lui font la conversation. Je préfère que ce soit lui que moi ! Pour me ré imprégner un peu de l'anglais, je regarde "Brokeback Mountain" en vo.
Arrive l'Amérique. Le temps toujours magnifique nous permet de profiter amplement de la vue : nous survolons le plateau du Colorado, des Canyons, Las Vegas… Ces couleurs !! C'est magnifique ! La terre est rouge et ridée comme une peau de vieille femme indienne !
Arrivée à Los Angeles
Nous atterrissons à Los Angeles. Le soleil me parait étrange, nimbé d'un halo indéfinissable. Il est 16h et pourtant l'ambiance est crépusculaire : ce sont les incendies qui font rage depuis plusieurs jours déjà. La fumée obstrue l'horizon et ternit le ciel.
Notre guide nous attend. Drôle de gars !! Un grand type extrêmement maigre, avec des cheveux longs et gris, qui a l'air de fumer beaucoup trop. Il mâchouille un chewing-gum en tenant nonchalamment son écriteau… Celui-là, je sens qu'il va me plaire, et ce d'autant plus que mes collègues touristes le regardent d'emblée d'un œil suspicieux.
Certains de nos comparses du groupe (qu'on a commencé à repérer à l'enregistrement et dans l'avion) n'ont pas leurs bagages, qui arriveront avec de la chance lors du prochain vol. Ca râle un max, ça panique ("Mais comment je vais faire sans mon pyjama et ma trousse de toilette ?"). On attend qu'un maximum de monde retrouve sa valise, en s'observant les uns les autres. Certaines affinités apparentes (comme l'âge, tout bêtement) ont créé des petits groupes au milieu de notre troupeau. Mon homme est un animal particulièrement sociable, qui discute avec tous ceux qui croisent son regard. De temps en temps, il revient vers moi pour me prouver qu'il n'oublie pas que je suis là, à l'écart, droite comme un piquet, à observer avec attention la diversité des gens qui passent près de nous… Il me montre, hilare, le gobelet d'un demi-litre de café clair qu'il vient d'acheter, et me décrit avec enthousiasme les aliments qu'il a aperçu derrière la vitrine. L'aéroport entier sent le graillon.
Notre guide – de son prénom : Robert - nous sort de l'aéroport : la chaleur nous tombe dessus. C'est un choc délicieux. Elle est loin, la grisaille d'octobre !! Soudain Robert est pris d'un coup de sang brutal : il bondit et se met à courir comme un dératé derrière un minibus. Ce dernier finit par s'arrêter et on grimpe tous dedans en entassant les valises. On roule à travers la ville. C'est… une ville… américaine… Pas grand-chose à en dire. J'aime pas les villes en général, celle-là ne n'inspire pas plus que les autres. La végétation, seule, m'enthousiasme : des palmiers immenses, des bougainvilliers magnifiques, des lantanas énormes…
Notre hôtel est des plus banals. Robert fait l'appel et nous distribue les clés. Lorsque nous entrons dans notre chambre, nous trouvons tout sans dessus dessous : on dirait qu'un ouragan est passé par là. Les draps du lit sont en vrac, tout traîne par terre… J'imagine fugacement avec quel entrain un couple a dû s'envoyer en l'air pour mettre un tel bazar…
Bref. Donc notre chambre a été nettoyée par une femme de type mexicain, en tablier, qui nous a fait de charmants sourires.
Et puis notre guide nous a conseillé de rester à l'hôtel et d'aller nous coucher tard, cause décalage horaire. Pincez-moi je rêve. Rester à l'hôtel ? Il est fou lui ou quoi ? Apparemment pas tant que ça, vu que c'est ce que tous les membres du groupe ont décidé de faire… sauf nous. Pourtant on n'est pas les plus jeunes.
On saute dans un taxi qui attend devant le Mac Do du coin. On ne sait pas trop où aller, alors on lui dit simplement "We wanna go to the beach, please" et on s'en remet à lui. Au moment de quitter la rue, on a un sursaut d'angoisse : on n'a aucun papier sur nous qui nous aurait permis de retrouver l'hôtel… Pas malin… Heureusement, le chauffeur a repéré l'endroit et nous donne l'adresse.
Le taxi nous dépose à Manhattan Beach. Le soleil a un drôle d'air, perdu dans la fumée lointaine. Cet endroit est bizarre, indéfinissable : le bord de plage est inhabituel, des maisons petites et collées les unes contre les autres, très moches, emmêlées dans les câbles électriques, font face au front de mer. Tout semble construit à la va-vite. Ca ne paye vraiment pas de mine.

Pour moi, l'intérêt de la balade est que nous voilà tous les deux au bord de l'océan Pacifique, pour la première fois. Je fais un zoom arrière mental sur la Terre pour bien visualiser où nous sommes. J'essaie de visualiser la distance qui me sépare de mes enfants, qui doivent dormir profondément à l'instant où j'y pense. Je suis si loin d'eux, et pourtant à l'échelle rien que du système solaire, nous sommes quasi au même endroit… Le temps, l'espace, sont vraiment de drôles de notions, tellement relatives…
Nous marchons sur une jetée au bout de laquelle des hommes de type asiatique pêchent en buvant des cannettes de soda. Il y a des surfeurs dans l'eau, en combinaisons, des mecs musclés et de jolies blondes en lycra qui courent ou qui font du roller. On se croirait dans une série télé, c'est trop bizarre.

Je ne suis pas à l'aise. J'ai mal au ventre, et je réalise avec stupéfaction que j'ai peur. Je ne sais pas pourquoi. J'ai peur et je déteste ça. Néanmoins je ne veux pas céder à cet état d'âme, et on prend le temps de se balader. On s'envoie même une énorme glace (qu'elles sont bonnes, les glaces américaines !) pleine de tout un tas de friandises. Une bombe calorique j'imagine, ça doit être l'enfer ici pour les californiennes qui veulent garder la ligne !!
Retour à l'hôtel par un chemin deux fois plus long qu'à l'aller : le chauffeur du taxi a voulu faire son beurre. Du coup je fais la grosse naïve (je fais ça très bien) et ne paye que ce qui est marqué sur le compteur, sans ajouter de pourboire. Il s'énerve un peu. "Quoi ? Moi pas comprendre… Désolée…" Et on file.
Mon mari veut prendre un café, on ne tient plus debout, on est saoulés de fatigue. On s'est levés à 5 h, on a pris 9 heures de décalage horaire dans la tête : pour nous il est 6h du mat, cela fait pratiquement 24 heures qu'on n'a pas fermé l'œil. On passe au Mac Do à côté de l'hôtel pour y acheter un café : damned ! Tous les membres du groupe sont là, attablés devant des menus maxi best of et des cocas. Il ne manquait que nous! Nous... et Gilles et Nathalie qui sont restés je ne sais où…
Premier jour : Los Angeles
Le lendemain matin, nous faisons la queue au buffet pour déjeuner. Des drôles de trucs, tous très gras et très sucrés. On goûte à tout en rigolant et en suçant soigneusement nos doigts poisseux. Nous retrouvons avec soulagement Gilles et Nathalie : ils ont eu des soucis à cause du billet déchiré et sont arrivés à 3h dans la nuit par le vol d'après le nôtre. Qui plus est, il leur manque une valise, celle de Gilles. Ils prennent cela en souriant, sans râler. Je sens qu'ils vont me plaire, eux aussi !!
Notre bus arrive. Robert nous explique que le chauffeur est arménien. Il ajoute que les arméniens sont des bourreaux de travail et qu'ici, en Californie, ils sont pratiquement plus nombreux que dans leur pays. Beaucoup vivent entre eux au point que certains ne parlent pas anglais alors qu'ils sont nés sur le sol américain. Leaven est attachant. Il amuse la galerie en déblatérant les chapelets d'injures françaises que lui a appris Robert… Toujours souriant, gentil et prévenant, il est aussi calme et pondéré que Robert est speed et nerveux : tous les deux forment un drôle de tandem. Un soir, Leaven nous a offert un coup à boire et, quelque peu éméché, nous a longuement parlé de sa femme et de son fils, morts tous les deux, de sa souffrance et sa solitude qui le rendent " krrrazy !!". Robert écoute, mais ne dit rien. J'aimerais bien en savoir un peu plus sur lui, mais je n'ose rien demander.
Nous quittons donc l'hôtel : nous montons dans le bus et nous installons au fond, comme de vrais "jeunes", devant Gilles et Nathalie. On ignorait, en prenant place, que ces sièges nous seraient, de fait, tacitement attribués jusqu'à la fin du voyage… Robert ironise là-dessus, en nous disant qu'il a déjà eu des petits pépés qui se sont cognés dessus pour une histoire de places. Peut-être, sous couvert de nous raconter une anecdote, anticipe-t-il ce genre de dérapage en mettant le groupe au parfum d'emblée. Il ajoute, la voix tremblante "En plus, ils ont fait ça à Monument Valley… c'est complètement insensé… sur la terre sacrée des indiens… ".
Nous sommes sensés aller visiter la ville. Tout le monde a l'air de bonne humeur et est pressé de commencer à s'en mettre plein la vue. Or, au bout de quelques kilomètres, se met à flotter dans l'air une drôle d'odeurs de caoutchouc brûlé… Et on commence à trouver louche la fumée qui sort du bus, juste sous nos pieds. On s'arrête. Leaven descend et va verser une bouteille d'eau là où ça fume… On repart… On s'arrête à nouveau… il va remplir un seau dans un cours d'eau vaseux et le verse à nouveau sur la fumée. Ca fait un gros "Pchhhh" plein de vapeur… on re-re-roule… on fait du 2 à l'heure. Robert explique qu'il y a un soucis mais qu'il voudrait arriver au moins au bord de la mer pour qu'on puisse faire quelque chose pendant la réparation. On avance à coups de dizaines de mètres, en s'arrêtant tout le temps (je suis sûre qu'on aurait été plus vite à pieds…) et finalement le bus s'arrête près de Venice beach. Robert s'énerve au téléphone, il a des mouvements nerveux, il tire comme un forcené sur un truc qui ressemble fort à un pétard.
Il nous explique que le bus va être réparé sur place (par des collègues de Leaven, arméniens eux aussi) et nous emmène sur la plage. Ca ne ressemble pas aux plages de chez nous. Bon, il y a le sable, les palmiers, mais aussi une vue sur une usine hideuse, tout près, et puis tout semble crasseux. Il y a des graffitis sur les troncs d'arbres, sur les murs, par terre. Les petites boutiques de souvenirs, de tee-shirts, de casquettes, s'alignent en enfilade face à la plage. Elles ressemblent à des stands de kermesse. Un jeune noir avec des rastas et des fringues aux couleurs de la Jamaïque se promène en haranguant les passants. J'aimerais bien savoir de quoi il parle mais je ne comprends pas grand-chose à ce qu'il dit, on dirait un mélange de plusieurs langues, et il parle à toute allure... Il a l'air un peu frappé, mais sympathique. En tout cas il en a, des choses à dire ! Il ne tarit pas une seconde…
Nous avons attendu plus de trois heures et demie que le bus soit prêt à repartir : on a donc eu le temps d'arpenter les lieux. Gilles et Nathalie en ont profité pour acheter quelques fringues pour que Gilles puisse se changer si sa valise met du temps à nous retrouver.
Les meilleures choses sont souvent les plus simples. Je marche dans l'eau du pacifique au milieu de petits oiseaux blancs très vifs qui picorent je ne sais quoi dans le sable. Je leur fais peur parfois pour qu'ils se sauvent et ris comme une gamine. Comme quand j'étais petite, j'écris mon prénom dans le sable en attendant qu'une vague vienne l'effacer, en pensant que c'est comme ça, la vie : on existe, et puis très vite notre nom est oublié…
On découvre un poste de secours : on se croirait vraiment dans "Alerte à Malibu", on s'attendrait presque à voir débouler Pamela Anderson ! L'attraction a d'ailleurs un succès certain et des filles du groupe se font prendre en photo pendues au bras d'un charmant sauveteur imberbe aussi musclé que bronzé.

Les collègues de Leaven mettront trois heures à nous trouver, et 20 minutes à réparer le bus. Certains membres du groupe ne cachent pas leur agacement.
Finalement on aura quand même le temps d'aller marcher sur la "fame avenue", au milieu des étoiles imprimées sur le trottoir. Je mettrais même mes mains dans l'empreinte de celles de Meryl Streep, avec une pensée émue pour "Sur la route de Madison"…
Mis à part le théâtre, cette rue n'a rien d'exceptionnel, et ressemble à n'importe quelle rue d'ailleurs… Je commence à comprendre pourquoi les étrangers aiment tellement Paris : quelle classe, à côté de ce que je vois ici !…
Las Vegas
Direction La Vegas. Le paysage défile. J'aime ce temps de voyage : je passerai des heures dans ce bus à ne rien faire d'autre que me remplir les yeux de la vue, presque sans penser. Juste regarder, et apprécier le temps qui s'écoule si lentement, pour une fois !… Cela m'avait fait cet effet-là au Maroc, dans la vallée du Draa. Je regrettais juste qu'il y ait la clim, car j'aurais aimé être écrasée par la chaleur qui rayonnait du paysage… Rouler, rouler, et me remplir de l'instant, jusqu'à en être saoule.
Robert est un très bon guide, il aime ce qu'il fait et le fait bien. Il est dithyrambique et passionnant. Il nous parle de son pays d'adoption (il est ici depuis 23 ans) avec beaucoup de chaleur et d'enthousiasme. De temps en temps il s'arrête et se grille un pétard. Les gens du groupe gloussent en voyant ça, et se chuchotent des trucs avec des airs de conspirateurs. C'est dingue… Il vient souvent au fond du bus pour parler avec nous. Il nous explique, au passage, qu'il se fait prescrire son herbe en traitement de son hyperactivité. Ca m'étonne pas !… J'aime bien l'odeur, et puis ça me rappelle des souvenirs…
Nous arrivons à Las Vegas de nuit. Ca brille de partout. On loge au "four queens", un hôtel immense à la façade couverte de petites lampes colorées et clignotantes comme celles des fêtes foraines, avec des milliers de chambres (je ne me souviens plus combien). On traverse les salles de jeux pour accéder aux ascenseurs. Il y en a des dizaines, ainsi que des couloirs à n'en plus finir. C'est ahurissant. Des gens de tous les styles sont pendus aux machines à sous : des jeunes, des vieux, des bien fringués, des "craspouilles". Tous ont l'air fasciné, parfois blasé. Certains ont l'air de franchement s'ennuyer. Je les comprends. Je m'ennuierais à mourir si on me demandait de tirer le levier d'un de ces trucs. Il faudrait me payer cher pour que je perde ne serait-ce qu'une minute à ce genre de chose. Même pas envie de m'y frotter "juste pour dire que je l'ai fait".
Robert nous fait visiter la ville. On se promène dans des hôtels : le Bellagio, avec un jardin intérieur superbe, créé par un artiste dont j'ai oublié le nom, le Venezian avec sa place Saint Marc miniature, ses gondoles naviguant sur une eau bleu turquoise empestant le chlore, menés par des gondoliers poussant la chansonnette pour des couples de touristes hilares. Le plafond est un grand ciel bleu peint très réaliste, la lumière reproduit celle du jour. C'est complètement… irréel... Qui plus est je perçois tout à travers un voile opaque de fatigue et un mal de crane lancinant. Ca ressemble à un rêve, c'est fantasmagorique… Les boutiques de luxe se succèdent. Des touristes du monde entier se promènent là, qui la tête en l'air, qui se prenant en photo sur le pont des soupirs, sur fond sonore du "fantôme de l'opéra". C'est trop pour moi. Je suis littéralement épuisée et complètement hermétique à tout ça. Il y a trop de bruit, trop de monde, trop d'attractions, trop de clinquant. Ma tête cogne abominablement. L'attraction du volcan-fontaine cracheur de feu est le comble du kitsch. Je m'endors même, assise sur le bord du trottoir, la tête appuyée contre un tronc d'eucalyptus, pendant que tout le monde s'exclame et filme l'événement. Robert fume, un peu en retrait. Je parle un peu avec lui de ses peintures : pendant la saison morte, il est artiste peintre et expose dans des galeries. Il me fait beaucoup penser à mon grand-père, qui peignait lui aussi, en plus loufoque. J'aime ses réactions vives, la façon dont il joue la provoc en apostrophant les membres du groupe, mi figue-mi raison, avant de s'éclaffer. C'est un artiste, un passionné… Il me plait bien, ce type !!

Ultime attraction : à minuit, toutes les lumières de la rue de notre hôtel s'éteignent brusquement et l'écran géant de plusieurs centaines de mètres qui la couvre sur toute sa longueur diffuse un spot vidéo bruyant et laid d'une vingtaine de minutes. Mon mari est épaté. Moi très lasse, complètement vidée.
Dans cet hôtel immense, perdue au milieu des couloirs qui n'en finissent pas, en cherchant le numéro de ma chambre sur des dizaines de portes semblables, je sens la claustrophobie m'oppresser. Je suis montée me coucher seule : mon mari n'a pas résisté à l'appel du jeu, et n'imagine pas quitter Las Vegas sans avoir tenté sa chance. Il passera une bonne heure à jouer 20 $ en pièces d'1 ct… Il reviendra bredouille, mais content (il est toujours content !). Moi, entre temps, j'ai ouvert grand la fenêtre, ai "plongé dans la vue" pendant un moment, puis suis tombée dans les bras de Morphée sans demander mon reste… Les lits, aux US, sont merveilleusement confortables…
Vallée de feu
De jour, Las Vegas perd le peu de charme qu'on pourrait lui trouver de nuit. De la fenêtre de l'hôtel, nous voyons des dizaines de chantiers d'Hôtels, tous plus énormes les uns que les autres. Il parait que l'un deux va comporter 12 000 chambres… Un record. Pour moi, tout cela dépasse l'entendement…

Nous repartons. La ville s'arrête d'un coup, et on se retrouve enfin, brutalement, seuls en plein désert. La terre et les roches sont grises, à perte de vue. Et puis tout à coup, au détour d'un virage s'amorce une ligne rouge. Nous passons dans la vallée de feu, avec ses rochers si particuliers : rouges aux formes rondes. Les strates de la roche ondulent. C'est magnifique. Je respire à grands traits, j'escalade, je cours, je grimpe, je prends quelques photos. Je me régale. Ici, le regard peut porter tellement loin... Il y a de l'air, du vent, du silence, des couleurs chaudes mais sobres. Ca repose l'esprit… Me voilà dans mon élément. Leaven s'inquiète de me voir grimper partout, puis sourit lorsque Robert lui montre que j'ai les chaussures de rando aux pieds. Le petit groupe de jeunes se marrent lorsque l'un d'entre eux lance dans ma direction : "Eh, regardez, c'est Lara Croft !…"

Zion
Zion est en option dans le programme. Robert nous explique que c'est une ineptie et qu'il faut absolument que nous y passions. Pour cela, tout le monde doit payer 10$. Si l'un d'entre nous refuse, personne n'ira. Il sait y faire : tout le monde paye sans broncher.
On traverse un paysage montagneux magnifique. Les roches sont de toutes les couleurs, les aspen arborent un feuillage jaune flamboyant. Les érables sont rouges, la lumière qui tombe du ciel est superbe, diaphane, presque irréelle. Les rivières et les montagnes se succèdent. Pour moi, c'est un paradis, l'extase complète. J'ouvre les yeux de toutes mes forces, et mon cerveau n'est même plus capable de penser autre chose que "que c'est beau, que c'est beau, QUE C'EST BEAU !!!!"…


Arrêt photo. Je rêve… Je n'avais jamais vu paysage si coloré, à la fois sauvage et accueillant. L'idée de ne faire que traverser sans même prendre le temps d'une petite balade sur un sentier me tord l'estomac. J'imagine même fuguer, m'évaporer quelques heures dans le paysage : ils seraient bien obligés de m'attendre, là, non ?
Pour le coup, au moment du départ, mon mari a, lui, bel et bien disparu. Grincements de dents des autres membres du groupe : "Si ça commence comme ça, qu'il faut tout le temps attendre quelqu'un…" blablabla. Je cours et fonce aux toilettes d'où j'extrais mon homme. On galope vers le bus, on arrive essoufflés.



Bryce Canyon
Après ça, je ne me souviens plus bien de l'ordre dans lequel on a fait les visites, et j'ai la flemme de prendre une carte. Peu importe, de toutes façons.
Nous avons passé la nuit d'avant Bryce Canyon à Saint George. C'est une ville peuplée de mormons. J'ai une de leur bible à la maison et on en avait invité deux à manger chez nous, à l'époque où on est était étudiants. On avait pas mal discuté pour essayer de comprendre leurs idées, leurs croyances. On était allés à leur église voir une bande vidéo raconter leur histoire. Ils étaient très gentils et faisaient des cookies excellents. Ils avaient été ravis de manger de la bonne cuisine (en toute modestie). Ca m'a fait drôle de me retrouver sur leur terrain…
Nous avons dormi dans des petits cabanons en bois aux lits toujours aussi confortables, mais dans lesquels nous avons eu froid. Il fait frisquet, dans ce coin. L'air sent la montagne, l'altitude. Au matin, nous assistons au lever du soleil : il émerge d'une lointaine montagne, au bout de l'interminable route. Tout est silencieux… moment d'éternité…

En arrivant sur le parking, près d' "Inspiration point", Robert nous suggère, afin de nous ménager le plus grand effet de surprise possible, de quitter le bus et de le suivre sur une centaine de mètres en s'empêchant de regarder autre chose que le sol. Je ne savais pas du tout ce que nous allions trouver (c'est vrai, je n'ai fait volontairement aucune recherche sur les sites que nous allions voir, pour ne rien attendre de précis). J'ai donc fait ce qu'il suggérait, amusée et suffisamment motivée pour ne pas tricher. Les mains en œillères, j'ai scruté le bitume jusqu'à-ce qu'il nous dise "Allez-y" et alors là… Ca a été un vrai choc !!
Mon cœur s'est serré dans ma poitrine. J'étais littéralement pétrifiée. Mon mari, lui, avait les larmes aux yeux. On était incapable de dire quoi que ce soit. Autour de nous, les gens s'exclamaient "Whoua !! Ma-gni-fi-que !!"
Jamais je n'aurais cru qu'un paysage pareil puisse exister.
Quel paysage… incroyable !!... Quelle beauté, quelle immensité, quelle profondeur, quelle étrangeté ! Quelles couleurs ! Quelle lumière se dégage de cet endroit ! J'étais subjuguée, fascinée. Que n'aurais-je donné pour pouvoir passer plusieurs jours à arpenter les sentiers que l'on apercevait de loin slalomer entre les rochers et les sapins immenses, dormir à la belle étoile à même le sable et s'éveiller au matin alors que s'enfuit l'ombre de ce cirque extraordinaire…


Lake Powell
Nous avons vu peu de chose du Lake Powell. Le survol en avion était cher, ce n'était pas prévu dans notre budget, donc nous sommes restés au sol. Le temps était maussade, il parait que la vue de l'avion était sympa… Comme il n'y avait rien d'autre à faire, nous avons passé le temps en visitant un supermarché… Marrant, de voir ce que consomment les américains : les galettes pour fajitas vendues par paquets de 100, les sauces pour glaces, les gâteaux flashy version Halloween...
Monument Valley
Monument Valley reste mon plus grand souvenir, tout comme le voyage à travers la réserve indienne. Ce lieu semble avoir une âme et il en émane une ambiance très particulière. J'ai eu l'impression d'y toucher du doigt la notion de "la terre" : terre habitée, terre d'appartenance.
En traversant les territoires indiens, ces steppes vert de gris parsemées de cactées, ces prés immenses où paissent des chevaux en liberté, encadrés de roches sombres, j'étais un peu frappée de stupeur. Le front collé à la vitre, je ne décollais pas du paysage. J'aurais aimé que tout le monde se taise … Ne réalisaient-ils pas où nous étions ?

Sans cesse, je voyais des images de la vie qui avait dû s'écouler ici, il y a seulement quelques siècles. J'allais marcher dans leurs pas, je découvrais leurs terres. Combien étaient passés ici, chassant, vivant, simplement, avant que l'homme blanc vienne les décimer ?… J'avais du mal à respirer, j'avais envie de pleurer, sans tout à fait comprendre pourquoi.
Et puis nous sommes arrivés sur le site par la route où Forest Gump s'est arrêté de courir, un beau jour. Je comprends mieux pourquoi les photos de Monument Valley sont si connues et servent à illustrer tant de CD et de livres. Une ambiance très "spirituelle" de dégage d'ici. J'ai du mal à trouver les mots pour en parler.
Juste avant de descendre, Robert nous annonce que nous avons tous droit à une visite du site en 4 x 4 conduits par des indiens, et un barbecue au pied des roches. Il ajoute "Sauf pour un couple, mais ça va sûrement s'arranger…" et v'là-t-y pas que le couple en question, c’était nous !… Les seuls à pas avoir la carte fidélité carrefour qui donne droit gratuitement à l'excursion et à pas avoir lu le paragraphe détaillant ce point dans le fascicule ! Damned !! … Tout le monde compatit "Oh, c'est ballot !!"
Enfin, tout s'achète, et 40 dollars plus tard on grimpe nous aussi dans les camionnettes 4 x 4 qui nous emmènent au milieu du paysage.
Ce dernier est d'une beauté pénétrante et d'une luminosité incroyable. D'après Robert, les indiens pensaient (et pensent peut-être toujours) que l'humanité a émergé au cœur de cet endroit. Je ne sais pas si c'est vrai, mais l'ambiance qui se dégage de ces lieux est vraiment particulière.

J'ai, une fois encore, l'estomac qui se retourne à l'idée de repartir. Je me jure intérieurement de revenir, un jour, et de rester là le temps au moins de pouvoir y assister à un lever ou coucher de soleil…
Le pique-nique offert par les indiens est bien rodé : on fait la queue pour aller chercher notre plateau repas qui comprend un steak, des haricots, un peu de salade iceberg (comme celle des hamburgers) et une galette de blé. C'est plutôt bon. Pendant que tout le monde s'attarde sur les tables en tapant la causette, je m'éclipse, seule avec mon appareil photo. Je ne sais pas si j'ai le droit de m'éloigner : dans un bouquin j'avais lu que les indiens n'appréciaient pas du tout qu'on sorte des sentiers balisés. Mais je prends le risque. Ils ne vont pas me scalper pour me punir, et vu comme ils sont obèses, je cours sûrement bien plus vite qu'eux !… Je contourne un monolithe immense. Le paysage s'étend, magnifique, éclairé par un soleil radieux. Quelles couleurs !!... Le rouge ocre de la terre se marie à merveille avec le vert de gris des quelques arbustes, le gris clair du tronc des arbres (je ne me souviens plus du nom de la variété : ce sont des troncs très ridés qui se torsadent en poussant). Dans le sable rouge, parfois, il y a des empruntes d'animaux.
J'ai d'ailleurs l'occasion d'apercevoir un chipmunk. Sûrement a-t-il l'habitude des touristes, car il ne semble pas très apeuré. Clic ! Une jolie photo dans la boîte�� Je me lance dans l'ascension d'un terre-plein, à quatre pattes, et admire la vue d'en haut. Je vois arriver un camping-car… Ca alors ! Il est français !! Il s'arrête et le conducteur descend pour grimper juste à côté de moi. On se sourit. Sa femme sort et gueule que c'est dangereux, et que "chériiii redescend s'il te plait… allez arrête tes conneries…" Il soupire et reste là, la main en visière, pour regarder autour de lui. Dépitée, sa femme remonte dans le camping car.
Je finis par retrouver le groupe qui n'a pas bougé, alors que plus d'une heure s'est écoulée depuis que je les ai quittés. On remonte dans les 4x4, direction : la boutique de souvenirs…
Je HAIS les boutiques de souvenirs. Je les hais parce que c'est une arnaque totale : tout est fabriqué en Chine, et puis parce qu'on y passe des heures précieuses que j'aimerais cent mille fois mieux passer à profiter du site, en marchant simplement… Ce gâchis de temps et d'argent m'horripile. Alors je reste à l'extérieur, j'attends en discutant avec Robert ou en observant les symptômes de mes acolytes touristes pris de fièvre acheteuse galopante.
Ce fut un arrachement douloureux, pour moi, de quitter cet endroit.
Un terme me vient, en anglais, qui me semble convenir parfaitement pour le qualifier : "Peacefull"… Maintenant, lorsque j'ai les nerfs en pelote pour une raison ou une autre, que j'ai peur ou que je me sens mal, je replonge mentalement dans la quiétude quasi mystique que j'ai ressentie là-bas. Je me visualise, en haut de ma butte de terre ocre, baignée de soleil et bercée par un vent léger, le regard embrassant ces merveilles de la nature…



Grand Canyon
Sur la route :

Ce que j'ai préféré, lors de notre découverte de Grand Canyon, c'est la découverte, justement. Du parking, nous avons emprunté un petit chemin goudronné à travers bois, où on pouvait admirer quantités de ces arbres fascinant, torsadés aux troncs gris dont j'ai oublié le nom. Et puis d'un seul coup d'un seul, à travers les branches, j'ai commencé à entre-apercevoir de la couleur, de la brume… Encore quelques pas, et VLAN ! D'un seul coup la vue m'a giflée avec une formidable intensité.
J'ai déjà dit que j'aime les grands espaces, je crois. Là-bas, je m'en suis gavée, remplie jusqu'à la lie. A force de respirer tout cet air à grands traits, j'avais la tête qui tournait. J'étais ivre. Ivre d'immensité, ivre de grandeur, ivre d'étonnement… Où que mon regard se pose, j'étais fascinée… émerveillée…

Dans mon euphorie, j'avançais très près du bord du précipice. Je m'imaginais plonger, tête la première, dans cette faille grandiose. Je pense à "Telma et Louise" : chouette endroit, pour se suicider !... J'ai toujours été sensible à l'appel du vide, et l'envie d'oser un vol plané me hantais tellement violemment, perchée sur mon rocher, que je me suis prise calmement par la main pour, raisonnablement, fuir la tentation d'un acte somme toute assez déraisonnable…

La balade fut vraiment agréable, mais elle a duré quoi ? Une heure, une heure trente ? Vraiment pas assez, ça c'est certain. Comme j'aurais aimé prendre le temps de descendre au fond du canyon, d'arpenter le site pendant des jours et des jours, m'en imprégner… Mais non, il fallait se dépêcher car deux gars du groupe ont pris l'option "survol en hélicoptère" et nous avons du les emmener à l'héliport. Pendant ce temps, Robert nous a emmenés voir un film sur grand écran, racontant la découverte du canyon et nous permettant de plonger virtuellement au fond des failles… C'est beau, c'est sûr, mais je me suis sentie complètement ridicule d'être là, devant cet écran, à quelques pas du site réel. Non de non, pourquoi n'y a-t-il aucune option "randonnée" dans ce circuit ? Pas assez cher ? Ah, ça, on ne m'y reprendra plus !…
A la sortie du film, nous nous retrouvons comme par hasard dans une boutique de souvenirs. Je maudits les voyages organisés de toute ma frustration et sors, seule, ruminer mon impuissance.


Calico
Sur la route : Désert Mojave (et un train de 2 km de long tiré par 4 locomotives...)
Robert nous a mis de suite au parfum "Ceux qui trouvent que Calico est un attrape-touriste sont de petits snobinards". Et bien soit, alors j'en suis, sans complexes. Je n'ai pas compris… Calico est sensée être une ville fantôme… Or de la ville d'origine, il ne reste pratiquement rien. Tout est bidon, ou presque. On a droit à la totale : enfilade de boutiques décorées monstrueusement pour Halloween, à l'entrée de laquelle trôle une énorme citrouille gonflable. Entre la petite école en bois style "petite maison dans la prairie" et le petit train de la mine, je ne sais pas ce qui fait le plus kitsch...

Ce qui m'agace, en fait, n'est pas tant cette gabegie d'amusements gentillets, ce toc, ces flonflons… C'est plutôt qu'à cause de tout ça on passe si facilement à côté de l'essentiel !… Comment se plonger dans le passé, essayer d'imaginer ce qu'était réellement la vie, ici, du temps des chercheurs d'or, au milieu de ce tintouin de fête foraine ? Des gens ont vécu ici, ont souffert peut-être. Personnellement, j'aurais mis l'endroit en valeur autrement. Chacun son truc.

Enfin, de toutes façons, je n'ai pas eu beaucoup le temps de me poser des questions : nous avions pour consigne de nous dépêcher afin d'arriver au restaurant avant un car de coréens, sous peine de ne plus rien avoir à manger (!!). Donc à midi tapante tout le monde est dans le bus… Ah, mais non, manquent deux dames à l'appel !! On les attendra 20 minutes : le groupe ne cache pas son animosité, les pauvres sont grillées jusqu'à la fin du séjour ! Et tout ça pour des babioles chinoises à acheter, encore…
Nous arrivons malgré tout au restau avant les coréens. Mais l'ambiance est tendue : une escarmouche éclate entre les deux dames retardataires et un couple genre "je sais tout, j'ai tout vu" (tous les ans ils font un voyage carrefour, depuis 20 ans !), ils se prennent la tête avec virulence pour une histoire de places. Ah, qu'est-ce qu'on se marre !!
Sequoia national park
Nous partons pour la Sierra Nevada : la route se met à grimper au milieu d'une forêt splendide éclairée par les magnifiques couleurs de l'automne. Soudain, nous émergeons en plein soleil : devant nous s'étale, à perte de vue, un mer blanche de nuages. C'est féérique. Du coup on a droit à un arrêt photo non prévu !
Le parc national des séquoias géants mériterait bien sûr qu'on y marche, qu'on y dorme, qu'on y vive, qu'on y passe du temps. Je m'y suis bien plu, pendant les trois heures sur place : 1 heure de balade dans les sentiers balisés, et deux heures de pique-nique pendant lesquelles je me suis sauvée. Partie droit devant moi, j'ai marché silencieusement quelques temps dans la forêt et suis restée longtemps sans bouger, à me faire oublier pour pouvoir observer les chipmunks tout à mon aise.
J'ai pu, à ma manière, profiter de la beauté et de la tranquillité du lieu. C'était tellement… comme j'aime !! Et ce silence peuplé par les seuls bruits de la nature… Il était si bienfaisant qu'il m'a fallu du temps pour réaliser que je n'entendais plus aucun bruit humain : aucun moteur, aucun rire. J'ai compris soudain que je m'étais vraiment beaucoup éloignée, et que je ne savais pas du tout où j'étais. En voulant revenir sur mes pas, je n'ai même pas été fichue, compte tenu de mon pitoyable sens de l'orientation, de savoir dans quelle direction aller… Et puis m'est revenue brusquement la mise en garde que Robert nous avait fait concernant la présence d'ours, par ailleurs spécifiée sur chaque poubelle de l'aire de pique nique. Croiser un animal de cette taille doit être intéressant… mais je n'étais pas tellement rassurée. A vouloir jouer les exploratrices solitaires, je me suis tout bonnement et simplement perdue... Bref. Donc j'ai couru un peu dans tous les sens, au hasard, en essayant de retrouver un chemin. Et puis, après quelques longues minutes, j'ai entendu, venant de très loin, le son du sifflet de Robert qui battait le rappel de son troupeau…
Lorsque je suis arrivée au bus, très en retard, essoufflée, en nage et rouge comme une pivoine, je m'attendais à des remarques acerbes, et j'ai eu la surprise de constater que tout le monde - ou presque - me souriait d'un air attendri : mon mari leur avait expliqué, pendant le repas, avec le regard humide d'affection dont il a le secret (je le connais !), à quel point j'étais sauvage et avais besoin de mon quota de silence et de solitude.
La mer de nuages
Les racines d'un sequoia déraciné


L'intérieur d'un arbre mort


Golden Hills
Ce paysage est fabuleux. Je n'aurais jamais imaginé ça : des collines toutes rondes, à perte de vue, désertes et couvertes d'herbe dorée !! De temps en temps, au creux de ce giron étonnant, surgit un arbre à l'allure fantomatique sur fond de ciel gris. Magnifique.


San Fransisco
Pas grand chose à dire sur San Fransisco, déjà parce que c'est une ville et que je ne sais pas parler des villes en général. C'est chouette parce que ça monte et ça descend tout le temps, les rues sont toutes penchées, et puis à cause de la mer. Et puis j'ai bien aimé la cathédrale Sainte Marie.
C'est très grand, San Fransisco. On a couru pendant une heure, avec Gilles et Nathalie, rien que pour passer du pier 34 au pier 39, alors qu'à vue de nez, sur la carte, ça avait pourtant l'air d'être très proche…
La baie est jolie, dans la brume, et puis j'aime bien les embruns, les lions de mer et leurs "aboiements", les vols de pélicans …
Sinon dans la ville même, je suis tombée nez à nez avec un mec qui se piquait dans un abri de bus… Ca fait bizarre… Et puis je n'étais pas à l'aise, d'une manière générale. La ville, la foule, le bruit, les monuments, aussi intéressant que ce puisse être sûrement, ça me laisse toujours un peu de glace. Je m'y ennuie plus qu'autre chose. Nous trainons tout l'après midi dans les rues, visitons quelques endroits intéressants comme le musée d'art moderne, et faisons les boutiques avec Gilles et Nathalie qui veulent ramener une paire de Converse à chacun de leurs six enfants…
Le lendemain : dernier repas dans une cafet kitsch à souhait. Nous sommes encore avec Gilles et Nathalie. J'en ai mare du thé infect que je bois depuis le début du séjour, alors en guise de dernier en-cas je m'offre un énorme crumble aux pommes tiède avec glace au lait, cacahuètes grillées et montagne de chantilly, histoire de finir les dollars qui nous restent. Mais cette merveille sucrée est à peine entamée qu'on vient nous arracher de nos sièges : Allez, faut pas traîner, on décolle !! Soit… avant que j'aie eu le temps de dire ouf, ni une, ni deux, la serveuse me verse tout dans un gobelet en polystyrène et me file cuiller et serviettes en papier pour la route, avec un grand sourire. Ils ont l'esprit pratique, ces américains.
Le toit de la cathedral Sainte Marie.
Le golden Gate Bridge, évidemment
Contraste...

Robert nous quitte à l'aéroport : nous sommes son dernier groupe de la saison et il s'envole pour Phoenix. Il a les larmes aux yeux. Il ne joue pas la comédie je crois : ce type est un grand sensible, c'est une évidence. Le groupe l'ovationne, et j'applaudis moi aussi avec force : il restera dans ma mémoire. Je lui souhaite une chouette vie…
Pendant le voyage du retour, "Madame je sais tout" est à côté de moi, accaparée pas Madame "Si vous saviez comme j'ai souffert", qui lui raconte sa vie en large et en travers, pendant au moins trois heures. Quoi que je fasse, je ne peux pas ne pas entendre et capte quelques bribes de conversation. L'autre compatit, y va de son petit conseil, flatte et caresse dans le sens du poil, et dès que la malheureuse à tourné le dos, elle se tourne vers moi, et me dit d'un air profondément agacé : "Non mais y'en a vraiment qui pensent qu'on n'a que ça à faire d'écouter leurs petits malheurs… Comme si elle était la seul à avoir des problèmes !... pfff…". Son aveu d'hypocrisie est tellement inattendu, pour moi, que j'en ai la chique coupée… Du coup je ferme les yeux et fais semblant de dormir, des fois qu'elle ait envie de continuer à me parler.
Nous survolons Londres à nouveau : j'ai une pensée pour mes deux petites sœurs qui y sont en vadrouille au même moment : peut-être voient-elles l'avion passer, d'en bas, sans savoir que je suis à l'intérieur ?…
Vol jusqu'en France. Mon mari dort. J'ai, enfin, une place contre un hublot, et lutte pour garder les yeux ouverts. Le soleil filtre entre les nuages, c'est joli, tellement paisible… C'est toujours accueillant, de revoir le sol français : les routes sinueuses, les petits chemins… Rien à voir avec le damier rectiligne qui quadrille le paysage américain. Les champs semblent minuscules, tout y est à échelle humaine, avec un charme désuet. Le contraste est grand.
Tout le monde est fatigué, on se sépare à la va-vite. Mon mari refuse de donner ses coordonnées aux membres du groupe, il joue franc-jeu et leur dit "je sais très bien qu'on ne se recontactera pas". Ils le regardent, un peu gênés… Je me contente de sourire. Nous faisons encore un bout de chemin avec Gilles et Nathalie, avant de les quitter eux aussi. Depuis octobre, on les a revus, deux fois déjà, on partage une amitié basée sur des affinités nombreuses, croisées, et parfois surprenantes… C'est rare ! On a ramené des amis dans nos valises !…
Le temps de rentrer chez nous, nous avons trois heures pour recouvrer nos esprits et réintégrer notre vie quotidienne : les enfants, le travail, la maison… Ca fait tout drôle.
Durant le trajet, on ne parle pas beaucoup. On ne parle pas tellement en général : on se connait par cœur, on n'a guère besoin de mots entre nous. On est tous les deux dans le même état : fatigués, et bien décidés à repartir le plus vite possible.
Je suis une grande voyageuse… quasi uniquement via les livres, internet et les rêves. Dans la vraie vie, je suis un peu clouée au sol de mon patelin pour de nombreuses raisons qui, je l'espère, ne résisteront pas à ma volonté de faire changer les choses.
Je n'ai pas beaucoup voyagé (même si tout est relatif) et je ne crois pas avoir grand-chose d'intéressant à raconter, mais je voudrais quand même ajouter ma pierre à l'édifice, apporter ma petite contribution à ce site si riche. Du coup je viens y narrer mon dernier voyage : un circuit organisé - des plus touristiques - dans l'ouest américain. Apparemment, à ce que j'ai pu lire, ce genre de voyage n'a guère la cote auprès des habitués de ce forum, férus d'aventure et mettant très fort l'accent sur la différence entre le "touriste" et le "voyageur". Pour ma part, j'y ai trouvé des intérêts divers, ce fut une expérience enrichissante, même si je ne pense pas la renouveler de sitôt.
Donc voilà : J'avais en projet depuis longtemps de partir à la découverte de l'ouest américain. Je pensais que c'était un des coins les plus beaux de la Terre (alors que je ne savais pas grand-chose dessus finalement), je suis fascinée par les indiens depuis toujours, j'aime les grands espaces et j'aspirais à trouver là-bas un panel de paysages suffisamment variés et grandioses pour me rassasier d'horizon, de beauté et de nature pour longtemps, au moins le temps de patienter avant de pouvoir repartir ailleurs…
Donc me voilà avec mon idée, une occasion à célébrer : nos dix ans de mariage, et, par chance, un peu d'argent en poche (3000 euros) : des droits d'auteurs gagnés en marge de nos ressources habituelles et donc non comptés dans le budget familial d'ordinaire assez serré. Mon désir premier était de louer une voiture et d'arpenter les parcs nationaux sac au dos, en campant. Mais l'organisation m'est apparue après recherches assez délicate : nous avons des enfants à faire garder (4), mon mari a peu de congés et il aurait fallu, pour voir tout ce que je voulais, partir au moins 3 semaines/un mois, et encore… Bref. Donc grosse frustration de ma part. Je suis assez inapte aux concessions et déteste faire des choix par défaut... Et puis au milieu de mes tergiversations, arrive dans la boîte aux lettres une pub Voyages Carrefour que j'entrevois à la seconde où je balance tout à la poubelle, avec une promotion sur un circuit de 10 jours "découverte de l'ouest américain" à 1500 euros par personne, tout compris. Je fais souvent confiance aux petits signes de la vie, alors d'emblée je me dis : "Ma foi, pourquoi pas ?!" et je fonce… Je paye les arrhes, fais refaire mon passeport, mon mari fait faire le sien, on s'organise, et fin octobre 2007 : on part.
Me voilà donc, moi la solitaire, la sociophobe, amoureuse du silence et de la liberté (dans le sens : pouvoir faire mes propres choix et suivre mes impulsions, mon mari n'étant jamais un obstacle à mes désidératas), immergée dans un groupe de 37 personnes de tous genres, tous styles, opiniâtrement accrochées à leur place dans le bus et soucieuses du respect scrupuleux du programme du voyage, qu'ils transportent avec eux en permanence, bien à l'abri sous une pochette plastique.
Le départ
Nous partons à Paris la veille du départ. Durant le trajet, on ne parle pas beaucoup. On ne parle pas tellement en général : on se connait par cœur, on n'a guère besoin de mots entre nous. On est tous les deux dans le même état : bouillonnant d'enthousiasme et d'impatience. On n'est pas partis tous les deux depuis tellement longtemps ! On n'est jamais partis plus loin que la Norvège ensemble, et ça remonte à 1994, au temps du lycée... Ce voyage est une première. On se regarde souvent et on rigole comme des gosses.
Comme il est pressé de se mettre dans l'ambiance US, mon mari me propose de faire un détour à EuroDisney. Je ne raffole pas de l'idée : je n'aime par particulièrement cet endroit, et si je vais aux US, il est clair pour moi que ce n'est pas pour l'ambiance et les us et coutumes locales auxquelles j'ai déjà eu l'occasion de goûter et qui m'indiffèrent plus qu'autre chose. J'y vais pour les paysages.
Mais je ne veux pas gâcher notre bonne humeur en faisant la difficile, alors on se retrouve au milieu de groupes de touristes enjoués (comme nous !), des lumières multicolores et d'une ritournelle guillerette qui me file d'emblée mal au crâne, à chercher un endroit où grignoter quelque chose. Il jette son dévolu sur un restau de style country, celui-là même où on avait bu une bière la dernière fois qu'on est venus ici, il y a quoi… 12 ans ? Le menu me rebute d'emblée. Du gras, du sucré… J'aurais préféré du poulet tandoori. Mais bon, allons, je penche pour du chili et un bon vieux coca. Allons-y pour se mettre dans l'ambiance sans rechigner !! J'espérais au moins un fond musical en rapport avec le thème du restau, des petits airs country dansants, mais non, j'ai droit à un "Show" sur le thème d'Halloween, avec ricanements de sorcières et numéros de cirque sur fond de toiles d'araignées. Je prends le parti d'en rire même si, au fond, j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou pour goûter au calme cet exquis temps d'attente qui précède le départ…
J'arrive adroitement à abréger la soirée, plaidant le fait qu'on doit se lever à 5 h, qu'il est tard, blablabla. On roule jusqu'à l'hôtel. On se gare, on monte à la réception et on attend des plombes : un bus a dû arriver avant nous et c'est blindé de mecs qui attendent leur clé en scotchant devant un match de foot (ou de rugby) en buvant de la bière. Et puis finalement c'est à nous. La nana nous cherche dans l'ordi, et nous trouve pas… On se mare : on s'est plantés d'hôtel… Le notre, de la même chaine, est une dizaine de bornes plus loin. Ca, j'aime. Donc on repart, et on finit par trouver notre lit.
Le lendemain, à l'aéroport, autre anecdote: la machine qui valide notre enregistrement (aucun être humain à l'horizon, mais vu le prix de notre voyage, pourrais-je m'en plaindre ?) refuse d'accréditer mon billet. De nombreuses femmes sont dans mon cas. On doit être du même groupe. Ca râle, ça vocifère, ça s'agite. Moi je me mare intérieurement. J'attends. Les choses vont forcément s'arranger, et même si on rate notre avion, il y en aura bien un autre… et si celui-ci se scratche on sera bien content d'avoir été retardés. Bref.
Un être humain, finalement, arrive, une hôtesse très jolie et sophistiquée, mais guère souriante. Elle ouvre le dos de la machine pour lui imposer sa volonté. Il parait qu'un incompétent de l'agence de voyage a fait une balourdise avec les noms de jeunes filles des femmes mariées, et que c'est à cause de ça que ça coince. On nous réenregistre donc manuellement, et ça prend des plombes. Comme les bonnes femmes n'en peuvent plus d'indignation et s'étouffent d'impatience, je les laisse passer devant moi en leur adressant mon plus beau sourire. Mieux, j'essaie d'orienter le sujet sur ce qu'on va voir, là-bas… Mais curieusement ça ne semble pas les passionner.
Finalement, tout s'enchaine bien : j'obtiens mon billet, et nous attendons tranquillement le départ : je fais le plein de bouquins et de thé avant le décollage. J'aime les aéroports : on y croise tellement de gens différents ! Je tape la discute avec un jeune type qui doit avoir mon âge et m'apostrophe en me voyant feuilleter un bouquin d'Amélie Nothomb (il est fan, moi aussi…). Il me raconte qu'il part pour Shanghai… Il est plutôt beau garçon et a l'air très gentil. Je croise des femmes en saris, des groupes de japonais, des hommes seuls à la barbe hirsute, avec des marques de bronzage aux bras et sur les mollets, portant un sac à dos crasseux. Voilà à quoi j'aimerais ressembler… si j'étais un homme célibataire !… J'imagine leur histoire, leur périple. N'est-ce pas extraordinaire, tous ces gens qui se croisent, arrivent et partent dans tous les coins du monde ?…
Nous discutons un peu avec un couple assez atypique : ils sont très grands tous les deux, ont l'air jeune (ils ont quarante ans), un peu "out" mais souriant. Lui plutôt dégarni, elle avec une masse de cheveux… naturellement et étrangement... totalement blancs. Comme moi, elle n'a pas réussi à enregistrer son billet, et une hôtesse le lui a carrément déchiré en lui disant que comme ça il était certain qu'on lui en referait un. C'est d'un prosaïsme !! Ils sont un peu inquiets mais prennent ça avec bonne humeur. Ils s'appellent Gilles et Nathalie, et vont faire le même circuit que nous…
Le voyage en avion est une attraction. Le moment du décollage est toujours un moment fort : nous quittons le sol français… Le retrouvera-t-on ?
Je prends sur moi pour me forcer à respirer le plus calmement possible. Je suis claustrophobe à mes heures et il me faut une dose phénoménale de volonté pour ne pas céder à l'angoisse : je donnerais cher pour qu'on puisse ne serait-ce qu'ouvrir une fenêtre… Etre enfermée dans cette boîte en fer, si haut, avec la perspective d'y rester coincée onze heures n'est pas pour me réjouir. J'essaie de penser à autre chose, imagine les enfants qui, de la terre, la tête renversée en arrière, montrent du doigt cet étrange oiseau blanc qui étincelle, là-haut dans le ciel, en disant à leur mère, comme le ferait mon petit dernier " Oh !! Un n'ayon… !!"
Correspondance à Londres. Nous avons une heure pour changer d'avion, cause retard du premier. Alors, avec mon mari, on ne cherche pas à comprendre : on court. On dépasse des membres du groupe qui rigolent en disant que "ils seront bien obligés de nous attendre". Moi, dans ma petite tête de voyageuse inexpérimentée, je ne suis pas certaine qu'on retarde un Boeing 747 pour trois clampins en retard, alors on continue de courir comme des fous. J'étouffe à moitié de rire en galopant… C'est super grisant. Lorsque je suis partie à Lillehammer, il y a 14 ans maintenant, le train qui m'amenait à Paris s'est arrêté deux heures sur la voie et je suis arrivée à l'aéroport à l'heure pile du décollage théorique : je cavalais exactement de la même façon, sur les tapis roulants, trainant ma valise jusqu'à la porte d'embarquement, sans m'enregistrer ni montrer mon passeport ni rien (suis surprise, en y repensant, que la sécurité ne m'aie pas sauté dessus d'ailleurs…).
Dans l'avion, je cherche des yeux les cheveux blancs de Nathalie : Ni Gilles ni elle ne sont là… J'espère qu'ils nous rejoindront sans encombre.
Décollage. J'ai hérité d'une place au centre de l'avion, loin des hublots. Frustration intense : moi je ne vois rien et les trois quarts de ceux qui ont un hublot ont fermé leur volet pour pouvoir dormir ou regarder un film à l'aise !… La rage !! Du coup je quitte ma place et squatte le hublot près des toilettes, avec un autre couple de jeunes, dont le mec a un énorme appareil photo. On profite de la vue chacun son tour, en se souriant. On s'extasie. Il fait un temps superbe. Nous survolons le Groenland… C'est une grande émotion pour moi.

Le reste du temps, j'écoute les gens parler. On dirait qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils sont à 10 km du sol, qu'ils se fichent de l'endroit qu'ils survolent. Peut-être ont-ils l'habitude ? Moi je raffole de cette sensation d'être perdue dans le ciel, quelque part au-dessus d'un endroit de la Terre que je ne connais pas et que je ne pourrais même pas situer précisément sur une carte : j'ignore où je suis, j'ignore quelle heure il est… Plus de repères spatio-temporels : c'est grisant, jubilatoire !!
Mon mari n'est pas à côté de moi (faute au problème d'enregistrement), il est entre deux dames qui lui font la conversation. Je préfère que ce soit lui que moi ! Pour me ré imprégner un peu de l'anglais, je regarde "Brokeback Mountain" en vo.
Arrive l'Amérique. Le temps toujours magnifique nous permet de profiter amplement de la vue : nous survolons le plateau du Colorado, des Canyons, Las Vegas… Ces couleurs !! C'est magnifique ! La terre est rouge et ridée comme une peau de vieille femme indienne !
Arrivée à Los Angeles
Nous atterrissons à Los Angeles. Le soleil me parait étrange, nimbé d'un halo indéfinissable. Il est 16h et pourtant l'ambiance est crépusculaire : ce sont les incendies qui font rage depuis plusieurs jours déjà. La fumée obstrue l'horizon et ternit le ciel.
Notre guide nous attend. Drôle de gars !! Un grand type extrêmement maigre, avec des cheveux longs et gris, qui a l'air de fumer beaucoup trop. Il mâchouille un chewing-gum en tenant nonchalamment son écriteau… Celui-là, je sens qu'il va me plaire, et ce d'autant plus que mes collègues touristes le regardent d'emblée d'un œil suspicieux.
Certains de nos comparses du groupe (qu'on a commencé à repérer à l'enregistrement et dans l'avion) n'ont pas leurs bagages, qui arriveront avec de la chance lors du prochain vol. Ca râle un max, ça panique ("Mais comment je vais faire sans mon pyjama et ma trousse de toilette ?"). On attend qu'un maximum de monde retrouve sa valise, en s'observant les uns les autres. Certaines affinités apparentes (comme l'âge, tout bêtement) ont créé des petits groupes au milieu de notre troupeau. Mon homme est un animal particulièrement sociable, qui discute avec tous ceux qui croisent son regard. De temps en temps, il revient vers moi pour me prouver qu'il n'oublie pas que je suis là, à l'écart, droite comme un piquet, à observer avec attention la diversité des gens qui passent près de nous… Il me montre, hilare, le gobelet d'un demi-litre de café clair qu'il vient d'acheter, et me décrit avec enthousiasme les aliments qu'il a aperçu derrière la vitrine. L'aéroport entier sent le graillon.
Notre guide – de son prénom : Robert - nous sort de l'aéroport : la chaleur nous tombe dessus. C'est un choc délicieux. Elle est loin, la grisaille d'octobre !! Soudain Robert est pris d'un coup de sang brutal : il bondit et se met à courir comme un dératé derrière un minibus. Ce dernier finit par s'arrêter et on grimpe tous dedans en entassant les valises. On roule à travers la ville. C'est… une ville… américaine… Pas grand-chose à en dire. J'aime pas les villes en général, celle-là ne n'inspire pas plus que les autres. La végétation, seule, m'enthousiasme : des palmiers immenses, des bougainvilliers magnifiques, des lantanas énormes…
Notre hôtel est des plus banals. Robert fait l'appel et nous distribue les clés. Lorsque nous entrons dans notre chambre, nous trouvons tout sans dessus dessous : on dirait qu'un ouragan est passé par là. Les draps du lit sont en vrac, tout traîne par terre… J'imagine fugacement avec quel entrain un couple a dû s'envoyer en l'air pour mettre un tel bazar…
Bref. Donc notre chambre a été nettoyée par une femme de type mexicain, en tablier, qui nous a fait de charmants sourires.
Et puis notre guide nous a conseillé de rester à l'hôtel et d'aller nous coucher tard, cause décalage horaire. Pincez-moi je rêve. Rester à l'hôtel ? Il est fou lui ou quoi ? Apparemment pas tant que ça, vu que c'est ce que tous les membres du groupe ont décidé de faire… sauf nous. Pourtant on n'est pas les plus jeunes.
On saute dans un taxi qui attend devant le Mac Do du coin. On ne sait pas trop où aller, alors on lui dit simplement "We wanna go to the beach, please" et on s'en remet à lui. Au moment de quitter la rue, on a un sursaut d'angoisse : on n'a aucun papier sur nous qui nous aurait permis de retrouver l'hôtel… Pas malin… Heureusement, le chauffeur a repéré l'endroit et nous donne l'adresse.
Le taxi nous dépose à Manhattan Beach. Le soleil a un drôle d'air, perdu dans la fumée lointaine. Cet endroit est bizarre, indéfinissable : le bord de plage est inhabituel, des maisons petites et collées les unes contre les autres, très moches, emmêlées dans les câbles électriques, font face au front de mer. Tout semble construit à la va-vite. Ca ne paye vraiment pas de mine.

Pour moi, l'intérêt de la balade est que nous voilà tous les deux au bord de l'océan Pacifique, pour la première fois. Je fais un zoom arrière mental sur la Terre pour bien visualiser où nous sommes. J'essaie de visualiser la distance qui me sépare de mes enfants, qui doivent dormir profondément à l'instant où j'y pense. Je suis si loin d'eux, et pourtant à l'échelle rien que du système solaire, nous sommes quasi au même endroit… Le temps, l'espace, sont vraiment de drôles de notions, tellement relatives…
Nous marchons sur une jetée au bout de laquelle des hommes de type asiatique pêchent en buvant des cannettes de soda. Il y a des surfeurs dans l'eau, en combinaisons, des mecs musclés et de jolies blondes en lycra qui courent ou qui font du roller. On se croirait dans une série télé, c'est trop bizarre.

Je ne suis pas à l'aise. J'ai mal au ventre, et je réalise avec stupéfaction que j'ai peur. Je ne sais pas pourquoi. J'ai peur et je déteste ça. Néanmoins je ne veux pas céder à cet état d'âme, et on prend le temps de se balader. On s'envoie même une énorme glace (qu'elles sont bonnes, les glaces américaines !) pleine de tout un tas de friandises. Une bombe calorique j'imagine, ça doit être l'enfer ici pour les californiennes qui veulent garder la ligne !!
Retour à l'hôtel par un chemin deux fois plus long qu'à l'aller : le chauffeur du taxi a voulu faire son beurre. Du coup je fais la grosse naïve (je fais ça très bien) et ne paye que ce qui est marqué sur le compteur, sans ajouter de pourboire. Il s'énerve un peu. "Quoi ? Moi pas comprendre… Désolée…" Et on file.
Mon mari veut prendre un café, on ne tient plus debout, on est saoulés de fatigue. On s'est levés à 5 h, on a pris 9 heures de décalage horaire dans la tête : pour nous il est 6h du mat, cela fait pratiquement 24 heures qu'on n'a pas fermé l'œil. On passe au Mac Do à côté de l'hôtel pour y acheter un café : damned ! Tous les membres du groupe sont là, attablés devant des menus maxi best of et des cocas. Il ne manquait que nous! Nous... et Gilles et Nathalie qui sont restés je ne sais où…
Premier jour : Los Angeles
Le lendemain matin, nous faisons la queue au buffet pour déjeuner. Des drôles de trucs, tous très gras et très sucrés. On goûte à tout en rigolant et en suçant soigneusement nos doigts poisseux. Nous retrouvons avec soulagement Gilles et Nathalie : ils ont eu des soucis à cause du billet déchiré et sont arrivés à 3h dans la nuit par le vol d'après le nôtre. Qui plus est, il leur manque une valise, celle de Gilles. Ils prennent cela en souriant, sans râler. Je sens qu'ils vont me plaire, eux aussi !!
Notre bus arrive. Robert nous explique que le chauffeur est arménien. Il ajoute que les arméniens sont des bourreaux de travail et qu'ici, en Californie, ils sont pratiquement plus nombreux que dans leur pays. Beaucoup vivent entre eux au point que certains ne parlent pas anglais alors qu'ils sont nés sur le sol américain. Leaven est attachant. Il amuse la galerie en déblatérant les chapelets d'injures françaises que lui a appris Robert… Toujours souriant, gentil et prévenant, il est aussi calme et pondéré que Robert est speed et nerveux : tous les deux forment un drôle de tandem. Un soir, Leaven nous a offert un coup à boire et, quelque peu éméché, nous a longuement parlé de sa femme et de son fils, morts tous les deux, de sa souffrance et sa solitude qui le rendent " krrrazy !!". Robert écoute, mais ne dit rien. J'aimerais bien en savoir un peu plus sur lui, mais je n'ose rien demander.
Nous quittons donc l'hôtel : nous montons dans le bus et nous installons au fond, comme de vrais "jeunes", devant Gilles et Nathalie. On ignorait, en prenant place, que ces sièges nous seraient, de fait, tacitement attribués jusqu'à la fin du voyage… Robert ironise là-dessus, en nous disant qu'il a déjà eu des petits pépés qui se sont cognés dessus pour une histoire de places. Peut-être, sous couvert de nous raconter une anecdote, anticipe-t-il ce genre de dérapage en mettant le groupe au parfum d'emblée. Il ajoute, la voix tremblante "En plus, ils ont fait ça à Monument Valley… c'est complètement insensé… sur la terre sacrée des indiens… ".
Nous sommes sensés aller visiter la ville. Tout le monde a l'air de bonne humeur et est pressé de commencer à s'en mettre plein la vue. Or, au bout de quelques kilomètres, se met à flotter dans l'air une drôle d'odeurs de caoutchouc brûlé… Et on commence à trouver louche la fumée qui sort du bus, juste sous nos pieds. On s'arrête. Leaven descend et va verser une bouteille d'eau là où ça fume… On repart… On s'arrête à nouveau… il va remplir un seau dans un cours d'eau vaseux et le verse à nouveau sur la fumée. Ca fait un gros "Pchhhh" plein de vapeur… on re-re-roule… on fait du 2 à l'heure. Robert explique qu'il y a un soucis mais qu'il voudrait arriver au moins au bord de la mer pour qu'on puisse faire quelque chose pendant la réparation. On avance à coups de dizaines de mètres, en s'arrêtant tout le temps (je suis sûre qu'on aurait été plus vite à pieds…) et finalement le bus s'arrête près de Venice beach. Robert s'énerve au téléphone, il a des mouvements nerveux, il tire comme un forcené sur un truc qui ressemble fort à un pétard.
Il nous explique que le bus va être réparé sur place (par des collègues de Leaven, arméniens eux aussi) et nous emmène sur la plage. Ca ne ressemble pas aux plages de chez nous. Bon, il y a le sable, les palmiers, mais aussi une vue sur une usine hideuse, tout près, et puis tout semble crasseux. Il y a des graffitis sur les troncs d'arbres, sur les murs, par terre. Les petites boutiques de souvenirs, de tee-shirts, de casquettes, s'alignent en enfilade face à la plage. Elles ressemblent à des stands de kermesse. Un jeune noir avec des rastas et des fringues aux couleurs de la Jamaïque se promène en haranguant les passants. J'aimerais bien savoir de quoi il parle mais je ne comprends pas grand-chose à ce qu'il dit, on dirait un mélange de plusieurs langues, et il parle à toute allure... Il a l'air un peu frappé, mais sympathique. En tout cas il en a, des choses à dire ! Il ne tarit pas une seconde…
Nous avons attendu plus de trois heures et demie que le bus soit prêt à repartir : on a donc eu le temps d'arpenter les lieux. Gilles et Nathalie en ont profité pour acheter quelques fringues pour que Gilles puisse se changer si sa valise met du temps à nous retrouver.
Les meilleures choses sont souvent les plus simples. Je marche dans l'eau du pacifique au milieu de petits oiseaux blancs très vifs qui picorent je ne sais quoi dans le sable. Je leur fais peur parfois pour qu'ils se sauvent et ris comme une gamine. Comme quand j'étais petite, j'écris mon prénom dans le sable en attendant qu'une vague vienne l'effacer, en pensant que c'est comme ça, la vie : on existe, et puis très vite notre nom est oublié…
On découvre un poste de secours : on se croirait vraiment dans "Alerte à Malibu", on s'attendrait presque à voir débouler Pamela Anderson ! L'attraction a d'ailleurs un succès certain et des filles du groupe se font prendre en photo pendues au bras d'un charmant sauveteur imberbe aussi musclé que bronzé.

Les collègues de Leaven mettront trois heures à nous trouver, et 20 minutes à réparer le bus. Certains membres du groupe ne cachent pas leur agacement.
Finalement on aura quand même le temps d'aller marcher sur la "fame avenue", au milieu des étoiles imprimées sur le trottoir. Je mettrais même mes mains dans l'empreinte de celles de Meryl Streep, avec une pensée émue pour "Sur la route de Madison"…
Mis à part le théâtre, cette rue n'a rien d'exceptionnel, et ressemble à n'importe quelle rue d'ailleurs… Je commence à comprendre pourquoi les étrangers aiment tellement Paris : quelle classe, à côté de ce que je vois ici !…
Las Vegas
Direction La Vegas. Le paysage défile. J'aime ce temps de voyage : je passerai des heures dans ce bus à ne rien faire d'autre que me remplir les yeux de la vue, presque sans penser. Juste regarder, et apprécier le temps qui s'écoule si lentement, pour une fois !… Cela m'avait fait cet effet-là au Maroc, dans la vallée du Draa. Je regrettais juste qu'il y ait la clim, car j'aurais aimé être écrasée par la chaleur qui rayonnait du paysage… Rouler, rouler, et me remplir de l'instant, jusqu'à en être saoule.
Robert est un très bon guide, il aime ce qu'il fait et le fait bien. Il est dithyrambique et passionnant. Il nous parle de son pays d'adoption (il est ici depuis 23 ans) avec beaucoup de chaleur et d'enthousiasme. De temps en temps il s'arrête et se grille un pétard. Les gens du groupe gloussent en voyant ça, et se chuchotent des trucs avec des airs de conspirateurs. C'est dingue… Il vient souvent au fond du bus pour parler avec nous. Il nous explique, au passage, qu'il se fait prescrire son herbe en traitement de son hyperactivité. Ca m'étonne pas !… J'aime bien l'odeur, et puis ça me rappelle des souvenirs…
Nous arrivons à Las Vegas de nuit. Ca brille de partout. On loge au "four queens", un hôtel immense à la façade couverte de petites lampes colorées et clignotantes comme celles des fêtes foraines, avec des milliers de chambres (je ne me souviens plus combien). On traverse les salles de jeux pour accéder aux ascenseurs. Il y en a des dizaines, ainsi que des couloirs à n'en plus finir. C'est ahurissant. Des gens de tous les styles sont pendus aux machines à sous : des jeunes, des vieux, des bien fringués, des "craspouilles". Tous ont l'air fasciné, parfois blasé. Certains ont l'air de franchement s'ennuyer. Je les comprends. Je m'ennuierais à mourir si on me demandait de tirer le levier d'un de ces trucs. Il faudrait me payer cher pour que je perde ne serait-ce qu'une minute à ce genre de chose. Même pas envie de m'y frotter "juste pour dire que je l'ai fait".
Robert nous fait visiter la ville. On se promène dans des hôtels : le Bellagio, avec un jardin intérieur superbe, créé par un artiste dont j'ai oublié le nom, le Venezian avec sa place Saint Marc miniature, ses gondoles naviguant sur une eau bleu turquoise empestant le chlore, menés par des gondoliers poussant la chansonnette pour des couples de touristes hilares. Le plafond est un grand ciel bleu peint très réaliste, la lumière reproduit celle du jour. C'est complètement… irréel... Qui plus est je perçois tout à travers un voile opaque de fatigue et un mal de crane lancinant. Ca ressemble à un rêve, c'est fantasmagorique… Les boutiques de luxe se succèdent. Des touristes du monde entier se promènent là, qui la tête en l'air, qui se prenant en photo sur le pont des soupirs, sur fond sonore du "fantôme de l'opéra". C'est trop pour moi. Je suis littéralement épuisée et complètement hermétique à tout ça. Il y a trop de bruit, trop de monde, trop d'attractions, trop de clinquant. Ma tête cogne abominablement. L'attraction du volcan-fontaine cracheur de feu est le comble du kitsch. Je m'endors même, assise sur le bord du trottoir, la tête appuyée contre un tronc d'eucalyptus, pendant que tout le monde s'exclame et filme l'événement. Robert fume, un peu en retrait. Je parle un peu avec lui de ses peintures : pendant la saison morte, il est artiste peintre et expose dans des galeries. Il me fait beaucoup penser à mon grand-père, qui peignait lui aussi, en plus loufoque. J'aime ses réactions vives, la façon dont il joue la provoc en apostrophant les membres du groupe, mi figue-mi raison, avant de s'éclaffer. C'est un artiste, un passionné… Il me plait bien, ce type !!

Ultime attraction : à minuit, toutes les lumières de la rue de notre hôtel s'éteignent brusquement et l'écran géant de plusieurs centaines de mètres qui la couvre sur toute sa longueur diffuse un spot vidéo bruyant et laid d'une vingtaine de minutes. Mon mari est épaté. Moi très lasse, complètement vidée.
Dans cet hôtel immense, perdue au milieu des couloirs qui n'en finissent pas, en cherchant le numéro de ma chambre sur des dizaines de portes semblables, je sens la claustrophobie m'oppresser. Je suis montée me coucher seule : mon mari n'a pas résisté à l'appel du jeu, et n'imagine pas quitter Las Vegas sans avoir tenté sa chance. Il passera une bonne heure à jouer 20 $ en pièces d'1 ct… Il reviendra bredouille, mais content (il est toujours content !). Moi, entre temps, j'ai ouvert grand la fenêtre, ai "plongé dans la vue" pendant un moment, puis suis tombée dans les bras de Morphée sans demander mon reste… Les lits, aux US, sont merveilleusement confortables…
Vallée de feu
De jour, Las Vegas perd le peu de charme qu'on pourrait lui trouver de nuit. De la fenêtre de l'hôtel, nous voyons des dizaines de chantiers d'Hôtels, tous plus énormes les uns que les autres. Il parait que l'un deux va comporter 12 000 chambres… Un record. Pour moi, tout cela dépasse l'entendement…

Nous repartons. La ville s'arrête d'un coup, et on se retrouve enfin, brutalement, seuls en plein désert. La terre et les roches sont grises, à perte de vue. Et puis tout à coup, au détour d'un virage s'amorce une ligne rouge. Nous passons dans la vallée de feu, avec ses rochers si particuliers : rouges aux formes rondes. Les strates de la roche ondulent. C'est magnifique. Je respire à grands traits, j'escalade, je cours, je grimpe, je prends quelques photos. Je me régale. Ici, le regard peut porter tellement loin... Il y a de l'air, du vent, du silence, des couleurs chaudes mais sobres. Ca repose l'esprit… Me voilà dans mon élément. Leaven s'inquiète de me voir grimper partout, puis sourit lorsque Robert lui montre que j'ai les chaussures de rando aux pieds. Le petit groupe de jeunes se marrent lorsque l'un d'entre eux lance dans ma direction : "Eh, regardez, c'est Lara Croft !…"

Zion
Zion est en option dans le programme. Robert nous explique que c'est une ineptie et qu'il faut absolument que nous y passions. Pour cela, tout le monde doit payer 10$. Si l'un d'entre nous refuse, personne n'ira. Il sait y faire : tout le monde paye sans broncher.
On traverse un paysage montagneux magnifique. Les roches sont de toutes les couleurs, les aspen arborent un feuillage jaune flamboyant. Les érables sont rouges, la lumière qui tombe du ciel est superbe, diaphane, presque irréelle. Les rivières et les montagnes se succèdent. Pour moi, c'est un paradis, l'extase complète. J'ouvre les yeux de toutes mes forces, et mon cerveau n'est même plus capable de penser autre chose que "que c'est beau, que c'est beau, QUE C'EST BEAU !!!!"…


Arrêt photo. Je rêve… Je n'avais jamais vu paysage si coloré, à la fois sauvage et accueillant. L'idée de ne faire que traverser sans même prendre le temps d'une petite balade sur un sentier me tord l'estomac. J'imagine même fuguer, m'évaporer quelques heures dans le paysage : ils seraient bien obligés de m'attendre, là, non ?
Pour le coup, au moment du départ, mon mari a, lui, bel et bien disparu. Grincements de dents des autres membres du groupe : "Si ça commence comme ça, qu'il faut tout le temps attendre quelqu'un…" blablabla. Je cours et fonce aux toilettes d'où j'extrais mon homme. On galope vers le bus, on arrive essoufflés.



Bryce Canyon
Après ça, je ne me souviens plus bien de l'ordre dans lequel on a fait les visites, et j'ai la flemme de prendre une carte. Peu importe, de toutes façons.
Nous avons passé la nuit d'avant Bryce Canyon à Saint George. C'est une ville peuplée de mormons. J'ai une de leur bible à la maison et on en avait invité deux à manger chez nous, à l'époque où on est était étudiants. On avait pas mal discuté pour essayer de comprendre leurs idées, leurs croyances. On était allés à leur église voir une bande vidéo raconter leur histoire. Ils étaient très gentils et faisaient des cookies excellents. Ils avaient été ravis de manger de la bonne cuisine (en toute modestie). Ca m'a fait drôle de me retrouver sur leur terrain…
Nous avons dormi dans des petits cabanons en bois aux lits toujours aussi confortables, mais dans lesquels nous avons eu froid. Il fait frisquet, dans ce coin. L'air sent la montagne, l'altitude. Au matin, nous assistons au lever du soleil : il émerge d'une lointaine montagne, au bout de l'interminable route. Tout est silencieux… moment d'éternité…

En arrivant sur le parking, près d' "Inspiration point", Robert nous suggère, afin de nous ménager le plus grand effet de surprise possible, de quitter le bus et de le suivre sur une centaine de mètres en s'empêchant de regarder autre chose que le sol. Je ne savais pas du tout ce que nous allions trouver (c'est vrai, je n'ai fait volontairement aucune recherche sur les sites que nous allions voir, pour ne rien attendre de précis). J'ai donc fait ce qu'il suggérait, amusée et suffisamment motivée pour ne pas tricher. Les mains en œillères, j'ai scruté le bitume jusqu'à-ce qu'il nous dise "Allez-y" et alors là… Ca a été un vrai choc !!
Mon cœur s'est serré dans ma poitrine. J'étais littéralement pétrifiée. Mon mari, lui, avait les larmes aux yeux. On était incapable de dire quoi que ce soit. Autour de nous, les gens s'exclamaient "Whoua !! Ma-gni-fi-que !!"
Jamais je n'aurais cru qu'un paysage pareil puisse exister.
Quel paysage… incroyable !!... Quelle beauté, quelle immensité, quelle profondeur, quelle étrangeté ! Quelles couleurs ! Quelle lumière se dégage de cet endroit ! J'étais subjuguée, fascinée. Que n'aurais-je donné pour pouvoir passer plusieurs jours à arpenter les sentiers que l'on apercevait de loin slalomer entre les rochers et les sapins immenses, dormir à la belle étoile à même le sable et s'éveiller au matin alors que s'enfuit l'ombre de ce cirque extraordinaire…


Lake Powell
Nous avons vu peu de chose du Lake Powell. Le survol en avion était cher, ce n'était pas prévu dans notre budget, donc nous sommes restés au sol. Le temps était maussade, il parait que la vue de l'avion était sympa… Comme il n'y avait rien d'autre à faire, nous avons passé le temps en visitant un supermarché… Marrant, de voir ce que consomment les américains : les galettes pour fajitas vendues par paquets de 100, les sauces pour glaces, les gâteaux flashy version Halloween...
Monument Valley
Monument Valley reste mon plus grand souvenir, tout comme le voyage à travers la réserve indienne. Ce lieu semble avoir une âme et il en émane une ambiance très particulière. J'ai eu l'impression d'y toucher du doigt la notion de "la terre" : terre habitée, terre d'appartenance.
En traversant les territoires indiens, ces steppes vert de gris parsemées de cactées, ces prés immenses où paissent des chevaux en liberté, encadrés de roches sombres, j'étais un peu frappée de stupeur. Le front collé à la vitre, je ne décollais pas du paysage. J'aurais aimé que tout le monde se taise … Ne réalisaient-ils pas où nous étions ?

Sans cesse, je voyais des images de la vie qui avait dû s'écouler ici, il y a seulement quelques siècles. J'allais marcher dans leurs pas, je découvrais leurs terres. Combien étaient passés ici, chassant, vivant, simplement, avant que l'homme blanc vienne les décimer ?… J'avais du mal à respirer, j'avais envie de pleurer, sans tout à fait comprendre pourquoi.
Et puis nous sommes arrivés sur le site par la route où Forest Gump s'est arrêté de courir, un beau jour. Je comprends mieux pourquoi les photos de Monument Valley sont si connues et servent à illustrer tant de CD et de livres. Une ambiance très "spirituelle" de dégage d'ici. J'ai du mal à trouver les mots pour en parler.
Juste avant de descendre, Robert nous annonce que nous avons tous droit à une visite du site en 4 x 4 conduits par des indiens, et un barbecue au pied des roches. Il ajoute "Sauf pour un couple, mais ça va sûrement s'arranger…" et v'là-t-y pas que le couple en question, c’était nous !… Les seuls à pas avoir la carte fidélité carrefour qui donne droit gratuitement à l'excursion et à pas avoir lu le paragraphe détaillant ce point dans le fascicule ! Damned !! … Tout le monde compatit "Oh, c'est ballot !!"
Enfin, tout s'achète, et 40 dollars plus tard on grimpe nous aussi dans les camionnettes 4 x 4 qui nous emmènent au milieu du paysage.
Ce dernier est d'une beauté pénétrante et d'une luminosité incroyable. D'après Robert, les indiens pensaient (et pensent peut-être toujours) que l'humanité a émergé au cœur de cet endroit. Je ne sais pas si c'est vrai, mais l'ambiance qui se dégage de ces lieux est vraiment particulière.

J'ai, une fois encore, l'estomac qui se retourne à l'idée de repartir. Je me jure intérieurement de revenir, un jour, et de rester là le temps au moins de pouvoir y assister à un lever ou coucher de soleil…
Le pique-nique offert par les indiens est bien rodé : on fait la queue pour aller chercher notre plateau repas qui comprend un steak, des haricots, un peu de salade iceberg (comme celle des hamburgers) et une galette de blé. C'est plutôt bon. Pendant que tout le monde s'attarde sur les tables en tapant la causette, je m'éclipse, seule avec mon appareil photo. Je ne sais pas si j'ai le droit de m'éloigner : dans un bouquin j'avais lu que les indiens n'appréciaient pas du tout qu'on sorte des sentiers balisés. Mais je prends le risque. Ils ne vont pas me scalper pour me punir, et vu comme ils sont obèses, je cours sûrement bien plus vite qu'eux !… Je contourne un monolithe immense. Le paysage s'étend, magnifique, éclairé par un soleil radieux. Quelles couleurs !!... Le rouge ocre de la terre se marie à merveille avec le vert de gris des quelques arbustes, le gris clair du tronc des arbres (je ne me souviens plus du nom de la variété : ce sont des troncs très ridés qui se torsadent en poussant). Dans le sable rouge, parfois, il y a des empruntes d'animaux.
J'ai d'ailleurs l'occasion d'apercevoir un chipmunk. Sûrement a-t-il l'habitude des touristes, car il ne semble pas très apeuré. Clic ! Une jolie photo dans la boîte�� Je me lance dans l'ascension d'un terre-plein, à quatre pattes, et admire la vue d'en haut. Je vois arriver un camping-car… Ca alors ! Il est français !! Il s'arrête et le conducteur descend pour grimper juste à côté de moi. On se sourit. Sa femme sort et gueule que c'est dangereux, et que "chériiii redescend s'il te plait… allez arrête tes conneries…" Il soupire et reste là, la main en visière, pour regarder autour de lui. Dépitée, sa femme remonte dans le camping car.
Je finis par retrouver le groupe qui n'a pas bougé, alors que plus d'une heure s'est écoulée depuis que je les ai quittés. On remonte dans les 4x4, direction : la boutique de souvenirs…
Je HAIS les boutiques de souvenirs. Je les hais parce que c'est une arnaque totale : tout est fabriqué en Chine, et puis parce qu'on y passe des heures précieuses que j'aimerais cent mille fois mieux passer à profiter du site, en marchant simplement… Ce gâchis de temps et d'argent m'horripile. Alors je reste à l'extérieur, j'attends en discutant avec Robert ou en observant les symptômes de mes acolytes touristes pris de fièvre acheteuse galopante.
Ce fut un arrachement douloureux, pour moi, de quitter cet endroit.
Un terme me vient, en anglais, qui me semble convenir parfaitement pour le qualifier : "Peacefull"… Maintenant, lorsque j'ai les nerfs en pelote pour une raison ou une autre, que j'ai peur ou que je me sens mal, je replonge mentalement dans la quiétude quasi mystique que j'ai ressentie là-bas. Je me visualise, en haut de ma butte de terre ocre, baignée de soleil et bercée par un vent léger, le regard embrassant ces merveilles de la nature…



Grand Canyon
Sur la route :

Ce que j'ai préféré, lors de notre découverte de Grand Canyon, c'est la découverte, justement. Du parking, nous avons emprunté un petit chemin goudronné à travers bois, où on pouvait admirer quantités de ces arbres fascinant, torsadés aux troncs gris dont j'ai oublié le nom. Et puis d'un seul coup d'un seul, à travers les branches, j'ai commencé à entre-apercevoir de la couleur, de la brume… Encore quelques pas, et VLAN ! D'un seul coup la vue m'a giflée avec une formidable intensité.
J'ai déjà dit que j'aime les grands espaces, je crois. Là-bas, je m'en suis gavée, remplie jusqu'à la lie. A force de respirer tout cet air à grands traits, j'avais la tête qui tournait. J'étais ivre. Ivre d'immensité, ivre de grandeur, ivre d'étonnement… Où que mon regard se pose, j'étais fascinée… émerveillée…

Dans mon euphorie, j'avançais très près du bord du précipice. Je m'imaginais plonger, tête la première, dans cette faille grandiose. Je pense à "Telma et Louise" : chouette endroit, pour se suicider !... J'ai toujours été sensible à l'appel du vide, et l'envie d'oser un vol plané me hantais tellement violemment, perchée sur mon rocher, que je me suis prise calmement par la main pour, raisonnablement, fuir la tentation d'un acte somme toute assez déraisonnable…

La balade fut vraiment agréable, mais elle a duré quoi ? Une heure, une heure trente ? Vraiment pas assez, ça c'est certain. Comme j'aurais aimé prendre le temps de descendre au fond du canyon, d'arpenter le site pendant des jours et des jours, m'en imprégner… Mais non, il fallait se dépêcher car deux gars du groupe ont pris l'option "survol en hélicoptère" et nous avons du les emmener à l'héliport. Pendant ce temps, Robert nous a emmenés voir un film sur grand écran, racontant la découverte du canyon et nous permettant de plonger virtuellement au fond des failles… C'est beau, c'est sûr, mais je me suis sentie complètement ridicule d'être là, devant cet écran, à quelques pas du site réel. Non de non, pourquoi n'y a-t-il aucune option "randonnée" dans ce circuit ? Pas assez cher ? Ah, ça, on ne m'y reprendra plus !…
A la sortie du film, nous nous retrouvons comme par hasard dans une boutique de souvenirs. Je maudits les voyages organisés de toute ma frustration et sors, seule, ruminer mon impuissance.


Calico
Sur la route : Désert Mojave (et un train de 2 km de long tiré par 4 locomotives...)

Robert nous a mis de suite au parfum "Ceux qui trouvent que Calico est un attrape-touriste sont de petits snobinards". Et bien soit, alors j'en suis, sans complexes. Je n'ai pas compris… Calico est sensée être une ville fantôme… Or de la ville d'origine, il ne reste pratiquement rien. Tout est bidon, ou presque. On a droit à la totale : enfilade de boutiques décorées monstrueusement pour Halloween, à l'entrée de laquelle trôle une énorme citrouille gonflable. Entre la petite école en bois style "petite maison dans la prairie" et le petit train de la mine, je ne sais pas ce qui fait le plus kitsch...

Ce qui m'agace, en fait, n'est pas tant cette gabegie d'amusements gentillets, ce toc, ces flonflons… C'est plutôt qu'à cause de tout ça on passe si facilement à côté de l'essentiel !… Comment se plonger dans le passé, essayer d'imaginer ce qu'était réellement la vie, ici, du temps des chercheurs d'or, au milieu de ce tintouin de fête foraine ? Des gens ont vécu ici, ont souffert peut-être. Personnellement, j'aurais mis l'endroit en valeur autrement. Chacun son truc.

Enfin, de toutes façons, je n'ai pas eu beaucoup le temps de me poser des questions : nous avions pour consigne de nous dépêcher afin d'arriver au restaurant avant un car de coréens, sous peine de ne plus rien avoir à manger (!!). Donc à midi tapante tout le monde est dans le bus… Ah, mais non, manquent deux dames à l'appel !! On les attendra 20 minutes : le groupe ne cache pas son animosité, les pauvres sont grillées jusqu'à la fin du séjour ! Et tout ça pour des babioles chinoises à acheter, encore…
Nous arrivons malgré tout au restau avant les coréens. Mais l'ambiance est tendue : une escarmouche éclate entre les deux dames retardataires et un couple genre "je sais tout, j'ai tout vu" (tous les ans ils font un voyage carrefour, depuis 20 ans !), ils se prennent la tête avec virulence pour une histoire de places. Ah, qu'est-ce qu'on se marre !!
Sequoia national park
Nous partons pour la Sierra Nevada : la route se met à grimper au milieu d'une forêt splendide éclairée par les magnifiques couleurs de l'automne. Soudain, nous émergeons en plein soleil : devant nous s'étale, à perte de vue, un mer blanche de nuages. C'est féérique. Du coup on a droit à un arrêt photo non prévu !
Le parc national des séquoias géants mériterait bien sûr qu'on y marche, qu'on y dorme, qu'on y vive, qu'on y passe du temps. Je m'y suis bien plu, pendant les trois heures sur place : 1 heure de balade dans les sentiers balisés, et deux heures de pique-nique pendant lesquelles je me suis sauvée. Partie droit devant moi, j'ai marché silencieusement quelques temps dans la forêt et suis restée longtemps sans bouger, à me faire oublier pour pouvoir observer les chipmunks tout à mon aise.
J'ai pu, à ma manière, profiter de la beauté et de la tranquillité du lieu. C'était tellement… comme j'aime !! Et ce silence peuplé par les seuls bruits de la nature… Il était si bienfaisant qu'il m'a fallu du temps pour réaliser que je n'entendais plus aucun bruit humain : aucun moteur, aucun rire. J'ai compris soudain que je m'étais vraiment beaucoup éloignée, et que je ne savais pas du tout où j'étais. En voulant revenir sur mes pas, je n'ai même pas été fichue, compte tenu de mon pitoyable sens de l'orientation, de savoir dans quelle direction aller… Et puis m'est revenue brusquement la mise en garde que Robert nous avait fait concernant la présence d'ours, par ailleurs spécifiée sur chaque poubelle de l'aire de pique nique. Croiser un animal de cette taille doit être intéressant… mais je n'étais pas tellement rassurée. A vouloir jouer les exploratrices solitaires, je me suis tout bonnement et simplement perdue... Bref. Donc j'ai couru un peu dans tous les sens, au hasard, en essayant de retrouver un chemin. Et puis, après quelques longues minutes, j'ai entendu, venant de très loin, le son du sifflet de Robert qui battait le rappel de son troupeau…
Lorsque je suis arrivée au bus, très en retard, essoufflée, en nage et rouge comme une pivoine, je m'attendais à des remarques acerbes, et j'ai eu la surprise de constater que tout le monde - ou presque - me souriait d'un air attendri : mon mari leur avait expliqué, pendant le repas, avec le regard humide d'affection dont il a le secret (je le connais !), à quel point j'étais sauvage et avais besoin de mon quota de silence et de solitude.
La mer de nuages

Les racines d'un sequoia déraciné



L'intérieur d'un arbre mort



Golden Hills
Ce paysage est fabuleux. Je n'aurais jamais imaginé ça : des collines toutes rondes, à perte de vue, désertes et couvertes d'herbe dorée !! De temps en temps, au creux de ce giron étonnant, surgit un arbre à l'allure fantomatique sur fond de ciel gris. Magnifique.


San Fransisco
Pas grand chose à dire sur San Fransisco, déjà parce que c'est une ville et que je ne sais pas parler des villes en général. C'est chouette parce que ça monte et ça descend tout le temps, les rues sont toutes penchées, et puis à cause de la mer. Et puis j'ai bien aimé la cathédrale Sainte Marie.
C'est très grand, San Fransisco. On a couru pendant une heure, avec Gilles et Nathalie, rien que pour passer du pier 34 au pier 39, alors qu'à vue de nez, sur la carte, ça avait pourtant l'air d'être très proche…
La baie est jolie, dans la brume, et puis j'aime bien les embruns, les lions de mer et leurs "aboiements", les vols de pélicans …
Sinon dans la ville même, je suis tombée nez à nez avec un mec qui se piquait dans un abri de bus… Ca fait bizarre… Et puis je n'étais pas à l'aise, d'une manière générale. La ville, la foule, le bruit, les monuments, aussi intéressant que ce puisse être sûrement, ça me laisse toujours un peu de glace. Je m'y ennuie plus qu'autre chose. Nous trainons tout l'après midi dans les rues, visitons quelques endroits intéressants comme le musée d'art moderne, et faisons les boutiques avec Gilles et Nathalie qui veulent ramener une paire de Converse à chacun de leurs six enfants…
Le lendemain : dernier repas dans une cafet kitsch à souhait. Nous sommes encore avec Gilles et Nathalie. J'en ai mare du thé infect que je bois depuis le début du séjour, alors en guise de dernier en-cas je m'offre un énorme crumble aux pommes tiède avec glace au lait, cacahuètes grillées et montagne de chantilly, histoire de finir les dollars qui nous restent. Mais cette merveille sucrée est à peine entamée qu'on vient nous arracher de nos sièges : Allez, faut pas traîner, on décolle !! Soit… avant que j'aie eu le temps de dire ouf, ni une, ni deux, la serveuse me verse tout dans un gobelet en polystyrène et me file cuiller et serviettes en papier pour la route, avec un grand sourire. Ils ont l'esprit pratique, ces américains.
Le toit de la cathedral Sainte Marie.

Le golden Gate Bridge, évidemment

Contraste...


Robert nous quitte à l'aéroport : nous sommes son dernier groupe de la saison et il s'envole pour Phoenix. Il a les larmes aux yeux. Il ne joue pas la comédie je crois : ce type est un grand sensible, c'est une évidence. Le groupe l'ovationne, et j'applaudis moi aussi avec force : il restera dans ma mémoire. Je lui souhaite une chouette vie…
Pendant le voyage du retour, "Madame je sais tout" est à côté de moi, accaparée pas Madame "Si vous saviez comme j'ai souffert", qui lui raconte sa vie en large et en travers, pendant au moins trois heures. Quoi que je fasse, je ne peux pas ne pas entendre et capte quelques bribes de conversation. L'autre compatit, y va de son petit conseil, flatte et caresse dans le sens du poil, et dès que la malheureuse à tourné le dos, elle se tourne vers moi, et me dit d'un air profondément agacé : "Non mais y'en a vraiment qui pensent qu'on n'a que ça à faire d'écouter leurs petits malheurs… Comme si elle était la seul à avoir des problèmes !... pfff…". Son aveu d'hypocrisie est tellement inattendu, pour moi, que j'en ai la chique coupée… Du coup je ferme les yeux et fais semblant de dormir, des fois qu'elle ait envie de continuer à me parler.
Nous survolons Londres à nouveau : j'ai une pensée pour mes deux petites sœurs qui y sont en vadrouille au même moment : peut-être voient-elles l'avion passer, d'en bas, sans savoir que je suis à l'intérieur ?…
Vol jusqu'en France. Mon mari dort. J'ai, enfin, une place contre un hublot, et lutte pour garder les yeux ouverts. Le soleil filtre entre les nuages, c'est joli, tellement paisible… C'est toujours accueillant, de revoir le sol français : les routes sinueuses, les petits chemins… Rien à voir avec le damier rectiligne qui quadrille le paysage américain. Les champs semblent minuscules, tout y est à échelle humaine, avec un charme désuet. Le contraste est grand.
Tout le monde est fatigué, on se sépare à la va-vite. Mon mari refuse de donner ses coordonnées aux membres du groupe, il joue franc-jeu et leur dit "je sais très bien qu'on ne se recontactera pas". Ils le regardent, un peu gênés… Je me contente de sourire. Nous faisons encore un bout de chemin avec Gilles et Nathalie, avant de les quitter eux aussi. Depuis octobre, on les a revus, deux fois déjà, on partage une amitié basée sur des affinités nombreuses, croisées, et parfois surprenantes… C'est rare ! On a ramené des amis dans nos valises !…
Le temps de rentrer chez nous, nous avons trois heures pour recouvrer nos esprits et réintégrer notre vie quotidienne : les enfants, le travail, la maison… Ca fait tout drôle.
Durant le trajet, on ne parle pas beaucoup. On ne parle pas tellement en général : on se connait par cœur, on n'a guère besoin de mots entre nous. On est tous les deux dans le même état : fatigués, et bien décidés à repartir le plus vite possible.
Séjour à Xi'An en Chine: hôtel, visites, transport au départ de Pékin
Bonjour à tous,
Je prépare un petit circuit (4 personnes) en Chine pout début septembre. Parmi les destinations envisagées : Xi'An. J'aimerais avoir les avis et les conseils de ceux et celles d'entre vous qui y ont déjà séjourné. Tout particulièrement en ce qui concerne les hôtels. Je vise entre 400 et 600 RMB pour 2 personnes par nuit. En avez vous à me conseiller?
Et sinon, tout ce que vous pourrez me dire à propos des incontournables à voir (mis à part bien sûr l'armée en terre), ce que justement on peut éviter, etc....
Combien de temps conseillez vous d'y rester? 2 jours? 3 jours? Bien sûr on ne peut pas y passer une semaine, mais j'aimerais avoir le temps de visiter et de profiter sans devoir tout faire au pas de charge.
Nous serons à Pékin juste avant. Pour aller à Xi'An j'hésite entre l'avion et le train. Là aussi si vous pouviez me donner des avis et informations.
Merci d'avance pour les infos et conseils
Bonne journée à tous
Je prépare un petit circuit (4 personnes) en Chine pout début septembre. Parmi les destinations envisagées : Xi'An. J'aimerais avoir les avis et les conseils de ceux et celles d'entre vous qui y ont déjà séjourné. Tout particulièrement en ce qui concerne les hôtels. Je vise entre 400 et 600 RMB pour 2 personnes par nuit. En avez vous à me conseiller?
Et sinon, tout ce que vous pourrez me dire à propos des incontournables à voir (mis à part bien sûr l'armée en terre), ce que justement on peut éviter, etc....
Combien de temps conseillez vous d'y rester? 2 jours? 3 jours? Bien sûr on ne peut pas y passer une semaine, mais j'aimerais avoir le temps de visiter et de profiter sans devoir tout faire au pas de charge.
Nous serons à Pékin juste avant. Pour aller à Xi'An j'hésite entre l'avion et le train. Là aussi si vous pouviez me donner des avis et informations.
Merci d'avance pour les infos et conseils
Bonne journée à tous
Ah, l’Afrique!: Namibie/Botswana en famille
Ah, l’Afrique!
Carnet destiné pour un rendu optimum, à être consulté avec les photos l'illustrant ici: https://sites.google.com/site/ahlafriquenamibiebotswana/
« Cette année, nous irons en Namibie ! » a déclaré notre cheftaine baroudeuse. « J’ai fait tourner le globe le doigt pointé dessus, comme à la télé et cela s’est arrêté sur ce pays. On n’y peut plus rien ! » On n’a pas gagné au loto pourtant ! Certes, chacun sait dans la maisonnée que l’axe du globe est grippé et que Grisemote a choisi son voyage en lisant à longueur de journées des carnets de voyage. Mais l’Afrique est bonne hôtesse, la Namibie est politiquement stable, loin d’être surpeuplée (ce qui crée souvent des tensions), d’un point de vue sanitaire à la portée d’une famille avec de jeunes enfants (pas de palu l’hiver par exemple) et tellement attrayante qu’Angelina Jolie est venu y accueillir son dernier né, c’est dire si le pays mérite le détour. Les ignorants chroniques que nous étions ont osé poser quand même la question à 2 euros « La Namibie ? c’est où ? » Rédacteur en chef: Gilles Illustrations : Sylvie Merci à tous ceux qui nous ont considérablement aidé pour la construction de notre voyage, autant pour la Namibie que pour le Botswana!
La carte de Namibie et le parcours

Voyage du 6 juillet au 5 août : 6850 kilomètres sous la tente.
Les héros du voyage : - Sylvie dite Grisemote : celle qui connait tout sur tout concernant le voyage (donc, à ne pas la perdre en route, c’est vital) . Organisatrice de bout en bout du voyage, mise en page du carnet. Expression préférée : « Allez, on y va ! »
- Thibaud dit « Thib » : celui qui se laisse porter où le 4x4 l’amène. Expression préférée : « Bof » (ne cherchez pas le verbe, tout est compris dans la monosyllabe)
- Lucas dit « L’encyclopédie » : il connait et reconnaît tout ce qui bouge sur le territoire. Expression préférée : « Tiens, mais qu’est ce que c’est que ça ?»
- Robin dit « mon lapin » : celui qui butine sur tous les sujets. Expression favorite : « Mais où est donc mon zèbre ?! » (peluche adoptée lors du voyage)
- Gilles dit « P’pa », rédacteur et conducteur : Expression préférée : « et si on s’en grillait une ? (une photo bien sûr) »
Windhoek : premières foulées Namibiennes En posant nos pieds sur le sol Namibien, après de longs mois de préparation puis d’attente, nous avons vite compris que nous ne nous étions pas trompés sur le choix de notre destination. Le dépaysement est immédiat. L’air est sec, le ciel définitivement bleu, la terre poussiéreuse et peuplée d’un tas de bestioles en liberté, le chauffeur de notre loueur de voiture (« camping car hire ») qui nous attend à l’aéroport parle anglais, il est résolument noir comme prévu et conduit à gauche prudemment. Peut être n’était-il pas encore habitué ? En tout cas nous non plus.
Le véhicule qui servira à notre périple d’un mois est sagement garé dans une rue de Windhoek, prêt à en découdre, propre comme un sou neuf. L’accueil du loueur est sympathique et très organisé. Tout cela semble trop facile et contraste avec nos premières aventures : le taxi allant à l’aéroport Charles de Gaulle a manqué de percuter un autre véhicule (ah ces portables ! ), il nous a déposé, à notre demande, au terminal II alors que c’était au Terminal I (Chariots, ascenseurs, bus, marche à pied, escaliers, tapis roulants avec 100 kilos de bagages et 15 de fournitures scolaires à distribuer dans les écoles locales, réparties dans les différents sacs à dos des enfants, les nôtres étant déjà complets). Le vol de nuit fut un classique du genre : après le film, chacun se tortille toutes les 10 min pour trouver la position idéale pour dormir (elle n’existe peut être pas après tout ! Mais non, je plaisante, il faut poursuivre les recherches …). Arrivés en terre Africaine à l’aéroport de Johannesburg, après un atterrissage de nuit dans un brouillard épais qui transformait les lumières du sol en halos fantomatiques, nous avons eu nos premières sueurs froides. Comme tous les passagers pour la Namibie, nous avons parcouru l’aéroport plusieurs fois dans le sens de la longueur avec armes et bagages parce que la porte d’embarquement indiquée au panneau d’affichage et celle indiquée par les hôtesses d’embarquement étaient différentes (elles nous dirigeaient vers une porte qui n’existait pas !). Avant de prendre place dans votre véhicule, une personne nous explique consciencieusement toutes les subtilités du 4X4, ce qui n’est pas du luxe pour les conducteurs de Berlingo 2X2 que nous sommes. Le 4X4 Nissan off road s’avérera être un véhicule puissant parfaitement adapté à la situation et qui ne faillira jamais. Les 2 tentes sur le toit semblent assez simples à monter, plutôt spacieuses bien que pour les 3 enfants cela fut peut-être un peu juste. Heureusement, les nuits sont fraiches.

Le fonctionnement des positions 2 roues et 4 roues motrices ainsi que de la démultiplication du 4X4 sont simples à comprendre. Dans l’habitacle, on regrettera cependant le manque de rangement de toutes les petites choses qui font le quotidien. Côté coffre, bien qu’il soit vaste, il fut largement tronqué par la 2ème (et à mon avis indispensable) roue de secours, le bidon d’essence et le bidon d’eau (qui ne nous fut pas vraiment utile). Le matériel de camping loué avec la voiture est largement suffisant et bien adapté (en majorité neuf). Un petit regret : la pompe électrique pour les pneus. Pratique mais super long pour gonfler un pneu. Le fil allume cigare de la prise du coffre arrière n’était pas assez long pour gonfler un des pneus avants : résultat, il fallait gonfler à partir de l’allume cigare avant qui lui disjonctait dès que la pompe était chaude ! Et comment fait-on ensuite pour gonfler le pneu ? à la bouche ? A noter le petit frigo, le compagnon presque indispensable si on veut être un peu autonome sans ravitailler tout le temps. Bref, après un combat acharné où nous sommes sortis vainqueurs mais dubitatifs (comme le loueur d’ailleurs), tout le matos est rentré, en tassant bien, en forçant sur la partie haute du coffre pour fermer (gare d’ailleurs, en tension elle a tendance à s’ouvrir) et en laissant sur le trottoir les plaques de désensablement que l’on nous prêtait mais qui ne rentraient pas. Les dernières recommandations : ne pas conduire de nuit respecter les limitations de vitesse car les pistes sont parfois dangereuses ne pas (ou à nos risques et périls) emprunter certains secteurs Facile, facile et refacile pensons-nous en notre for intérieur. Qui vivra verra…
Le premier carrefour fut le plus dur. « Bon sang d’Anglais, mais pourquoi diantre ne font t-ils jamais comme tout le monde ? » Le gabarit imposant du véhicule plus la conduite à gauche ont permis un début participatif de l’ensemble de l’équipage. Submergé de messages de tous ordres, le conducteur, que je connais bien, a tenté de rassurer tout le monde sur sa maîtrise de la situation en sifflotant avec détachement. Il faut admettre que cela demande un peu de concentration même si la conduite pépère et tolérante des locaux met à l’aise presque de suite.
Le Chameleon hôtel fut trouvé par chance rapidement. Repère de baroudeurs en partance plein de doutes et d’enthousiasme et de revenants qui savent, le regard rêveur (dont il est bien difficile de lire si c’est de la nostalgie ou l’étonnement de s’en être sortis – ce fut du moins un peu notre vision du moment), l’étape ne manque pas de charme. L’ouverture de notre coffre ne passa pas inaperçue, (avec un bon quart de son contenu dégringolé) et fut saluée par un précepte profond édicté par un sage regardant la scène, de retour de 6000 km de pistes (ouf, ils parlent quand même en km !!!!) : « Plus les jours passent et plus le coffre est grand ». Et c’est vrai !
Le jour le plus long !
Le lendemain, après une nuit fraîche, calme et réparatrice, le lever est difficile. L’été austral, qui n’est autre que l’hiver chez eux, ressemble dans la journée à l’été septentrional et à l’hiver la nuit… . de quoi mettre les cervelles à l’épreuve et perturber le biorythme. Les courses de la veille furent effectuées dans un super marché très bien achalandé à l‘intérieur d’une galerie marchande. On trouve de tout, y compris bien sûr des distributeurs de billets. La matinée est consacrée aux derniers détails à acheter dans une ambiance locale plutôt amicale. Ceci dit, les banques sont gardées par des hommes en armes et toutes les fenêtres sont sécurisées avec des barreaux de taille respectable … il n’y a pas de fumée sans feu . Objectif : partir avant 11h00 pour se rendre à Sesriem. Au moins 5 heures de route et il faut arriver avant la nuit (17h30 !) et la fermeture du camping. L’aventure ne fut pas où nous l’avions prévue. Cherchant la C26, notre première piste, nous nous arrêtons sur le début d’une autre piste à quelques kilomètres de Windhoek et j’ai l’imprudence d’arrêter une voiture pour demander ma route. Le conducteur n’a pas l’air de connaître ou bien plus simplement il ne comprend pas mon anglais en cours de rodage en début de parcours. Pendant ce temps, un des 2 passagers sort de la voiture et attaque Sylvie avec un couteau de taille respectable, tentant de lui arracher son sac photo par la fenêtre de la voiture (et pourtant nous avions fait très attention à Windhoek !). Après une lutte acharnée, l’homme coupe les sangles du sac et court jusqu’à la voiture qui l’attend la porte ouverte pour filer. Pendant 10 secondes nous prenons conscience que presque tous les passeports, la carte bleue, la moitié de l’argent tiré la veille et l’appareil photo sont partis. C’est la fin du voyage. De rage, nous passons la première et poursuivons nos agresseurs. Bien nous en a pris. Les rattrapant, le sac fut lancé sur le bas côté et nous avons pu le récupérer avec l’aide de locaux qui avaient vu la scène de loin et qui ont également suivi nos « salopards ». Nous avons eu ainsi la « chance » de retrouver passeports, carte bleue et le zoom (exit, l’appareil photo tout neuf, divers accessoires et l’argent, faut pas rêver quand même). Bilan : les enfants sous le choc de l’attaque, nous : naviguant alternativement entre colère, déception, doutes, ressassant ce que nous aurions pu ou du faire et le sentiment que malgré tout, vu que nous ne sommes pas des Rambos rompus aux techniques de combat, cela aurait pu plus mal tourner. de l’argent perdu plus beaucoup de matériel photo . Heureusement nous avons un deuxième appareil finalement pas si mal (le mien). du temps perdu pour faire notre déclaration à une policière mollassonne aigrie. Nous avons oublié de demander un double pour l’assurance. La police ne répondra jamais à nos multiples appels durant le voyage et 5 mois après nous venons tout juste de réussir à récupérer le procès verbal (et encore grâce à une aide très précieuse qui nous a été apportée ). A savoir !
C’est ce qui peut arriver, assez logiquement, dans une ville, quand ceux qui ont tout rencontrent ceux qui n’ont rien. Ce qui ne les excuse en rien ces hyènes de * $# & et encore, je reste poli !
Le deuxième départ de Windhoek s’effectue vers 13h00. Notre objectif : oublier le mauvais départ au plus vite (ou au moins faire semblant) et arriver avant la nuit. Dur dur.
En piste !

La voiture est facile à conduire sur les gravels roads (pistes), même très caillouteuses, à 80 ou 90 km/h. Le paysage est désertique, vallonné, envoûtant. Des springboks gambadent partout (non, pas des rugbymen). Nous rencontrons nos premiers babouins. Pas le temps cependant de nous arrêter pour des questions de timing.


Nous passons Naos puis Nanchas. L’heure tourne. Nous décidons de ne pas prendre la passe Spreetshoogte et sa pente légendaire pour gagner du temps.

Avec un GPS mais sans carte (au moins cela sert de boussole), nous nous égarons au milieu de nulle part vers KleinAub. La nuit tombe d’un coup. Pas de camping, loin de notre objectif, sur des pistes où déjà de jour une voiture passe toutes les heures, sans avoir mangé le midi, après un début catastrophique qui reste vivace dans les esprits et en mémoire qu’il ne faut pas conduire la nuit, nous roulons avec un je ne sais quoi de tension dans la voiture. Les paroles rassurantes du conducteur qui expliquent que c’est ça l’aventure, qu’il faut savoir goûter avec délectation ces moments rares où nous sommes vraiment seuls au monde, maîtres de notre destin, en dehors de tous nos repères et qui nous feront bien rire ensuite; et bien ces paroles ne semblent pas trouver d’écho favorable dans l’habitacle. Tout le monde est rivé sur les deux cônes de lumière des phares qui éclairent au dernier moment trous, bosses et animaux. « Gary’s Rest Camp » indique un panneau. Go ! Après 20 km à nous demander si nous n’avions pas raté une indication, le camping est indiqué sur une petite piste défoncée à 16 km. C’est long 16 km de nuit à 20 à l’heure quand on ne sait pas ce que l’on va trouver au bout. Pour corser l’affaire, il faut descendre de temps en temps pour ouvrir des barrières à animaux sans trop savoir si nous ne serons pas goûtés, voire appréciés par un prédateur chanceux de passage. La persévérance fut récompensée après plus d’une heure en arrivant enfin au camp de Gary, totalement vide. Un homme en train de dépecer un animal se retourne vers nous un long couteau à la main … Gary, un homme jovial au visage marqué par les années, nous accueille à bras ouverts, tout surpris qu’un client ait pu trouver son camping du bout du monde. On le comprend aisément. Merci Gary de nous avoir réchauffé le cœur en cette sombre journée que tu as éclairé de ton large sourire et de ton sens de l’hospitalité. J’espère que ces quelques lignes t’amèneront d’autres voyageurs pour remplir ton camping et profiter de ta gentillesse.
Je passerais le montage pour la première fois de nos tentes (plutôt simple), le repas préparé spécialement pour nous par la famille de Gary, notre première flambée pour nous réchauffer, pour conclure cette journée de tous les dangers par un spectacle unique, saisissant et de toute beauté : la voie lactée vue du sud, dans un ciel noir d’encre, limpide, (par un froid de canard), d’une netteté exceptionnelle personnellement jamais observée. Nous voulions être dépaysés. Difficile de faire mieux.
Les dunes qui chantent

La nuit fut glaciale. Couvertures, sous couvertures, polaires, rien ne fut de trop pour avoir un peu chaud. En revanche, le soleil chauffe l’atmosphère avec une rapidité déconcertante au petit matin. C’est l’avantage de l’air sec. Nous replions la tente en une bonne demi-heure, nous laissons à Gary pour sa femme instit une partie de nos fournitures scolaires et reprenons le cours du road book.

Piste vers Solitaire puis Sesriem par la passe de Spreetshoogte comme prévu mais avec un jour de retard. Oui, c’est pentu, sans battre des records. En position 4x4, même pas peur.

Le paysage est splendide sans pour autant atteindre des sommets. La piste est très agréable, roulante à souhait, avec des bêtes à cornes à foison qui nous regardent passer. Les voitures inscrivent leur passage dans le paysage par un large panache de poussière. Ceci n’est pas gênant dans la mesure où il n’y a pas pléthore de véhicules.

L’arrivée à Solitaire, la croisée des chemins, fut l’occasion d’un plein d’essence et d’un magnum (non, pas un pistolet ni la rencontre avec un célèbre détective, mais une glace pour les gourmands – insolite n’est-il pas ?). Solitaire porte bien son nom. Cela représente au moins une bonne dizaine de maisons quand même. Le paysage désertique est magnifique, l’équipage retrouve des couleurs. Le camping de Sesriem offre de larges emplacements (réservation obligatoire). Leur accès est sélectif avec certains passages qui traversent des zones de sable mou. Vers 16h00, nous entrons dans le parc de Sossusvlei. La route goudronnée, au milieu de montagnes de sable, est paradoxalement limitée à 60 km/h, ce qui est, avouons le tout net, difficile à tenir. La fermeture du parc étant programmée à 18h00, à la nuit, nous nous arrêtons avant le bout de la route à la dune 45. Idée lumineuse. A la tombée du jour la lumière est chaude et douce. La montée vers le sommet fait l’effet de peser 2 fois plus que notre poids dans le sable. Les scarabées des sables pullulent sous nos pas.

Une fois en haut une surprise nous attendait. Il suffit d’être à plusieurs et de descendre en déplaçant le plus de sable possible pour que la dune gronde comme un cor grave tibétain. Les millions de grains semblent rouler ensemble en émettant sous les minuscules chocs un son qui entre en résonnance et s’amplifie. L’effet n’est pas seulement auditif, la surface entière de la dune vibre à la façon d’une peau de tambour. Incroyable, magique ! Ce sera d’ailleurs la seule que nous parviendrons à faire chanter, et essentiellement sur la partie supérieure. Est-ce à cause de la chaleur du sable, de la taille de l’édifice ou des grains, de la forme de nos postérieurs, toujours est-il que toutes les autres resteront muettes !

Pour conclure la journée dans l’allégresse, rien ne vaut le buffet du Lodge voisin du camping. Signe particulier que nous n’avons pas retrouvé ailleurs, on y mange à volonté toutes sortes de viandes plutôt exotiques, au moins pour nous : koudou, autruche (notre préférée), springbok, zèbre, impala, crocodile, … Un vrai régal ! Vraiment une table qui vaut le détour. A ne pas rater. Le froid n’est pas toujours de rigueur en hiver, à la nuit tombée, de retour au camping (avec des douches chaudes) un vent chaud, violent et sec du désert fit se tordre les tentes toutes la nuit. Cette chaleur nous accompagnera pendant près d’une dizaine de jours. Chance ou phénomène climatique courant ?

Pour voir le lever de soleil sur les dunes de Sossusvleï, très prisé, le réveil dut sonner vers 5h30 du matin. A la façon des pionniers de l’ouest américain, les 4X4 et autres campings cars les plus impatients sont sur la ligne de départ attendant l’ouverture du parc. Le temps de comprendre que c’est déjà le petit matin et de replier les tentes, nous sommes quasiment les derniers à partir. La route n’en est que plus belle. Le large défilé de dunes s’éclaire sous la lumière tamisée des premiers rayons voilés du soleil, . Mais ledit soleil est déjà assez haut lorsque nous arrivons au parking des 5 derniers kilomètres fatidiques, réservés aux 4x4 uniquement. Nous choisissons de ne pas prendre les navettes et d’affronter le sable mou. Pour ce faire, l’opération dégonflage de pneu (1, 6 bar) s’avère longue (10 bonnes minutes). Il y en a de l’air dans un pneu de 4x4 ! Pour notre baptême sur le sable mou, nous sommes restés zens et confiants. Ce n’est pas en lévitant que nous sommes passés, mais en suivant les quelques conseils qui nous ont été prodigués : ne jamais s’arrêter (donc de ne pas coller de voiture devant), éviter les ornières trop importantes et rouler tranquillement au couple en 2ème, position 4x4 long. Plutôt rigolo finalement et pas si difficile tant que rien ne vient perturber cette logique implacable. Vu le nombre de véhicules ensablés, il doit y avoir des pièges auxquels nous avons échappés quand même …

Les dunes au bout de la route valent bien le détour. Elles offrent une vue imprenable sur ce désert minéral aux couleurs chaudes (bien qu’un voile de haute altitude ait considérablement atténué la lumière et donc les couleurs ocre vif des dunes- c’était donc pas la peine de se lever si tôt !). Aux forme arrondies et avenantes, elles dessinent des courbes agréables que l’on ne se lasse pas de regarder.


On a aimé : le vent violent en rafales qui, outre le fait de cingler les jambes, a transformé la dune, fort visitée aux premières lueurs du jour, en dune vierge après le rush des lève- tôt, effaçant toute trace de pas humain et construisant son labyrinthe de motifs. On est peu de chose. Le saut de dune sur les pentes abruptes Le gigantisme de cet endroit enchanteur, reléguant la dune du Pyla au niveau de bac à sable. On a moins aimé : l’endroit est victime de son succès.
Deuxième étape indispensable du lieu à ne pas manquer : Dead Vlei, large vallée à fond plat hérissée de squelettes d’acacias sombres plus ou moins fossilisés sur fond de ciel bleu et entourée de dunes ocre. Etrange, lunaire. Rassurez-vous, si vous la manquez, on la trouve sur de nombreuses cartes postales et guides.


Si dégonfler les pneus est long, le regonflage finit lui aussi par sérieusement gonfler le préposé à l’opération (au moins une demi-heure). La pompe électrique s’avère donc précieuse tant qu’elle fonctionne (voir l’arrivée chez notre loueur).
Naukluft et l’Olive Trail

Pistes et paysages défilent maintenant dans la sérénité. On s’habitue très vite au confort de choisir sa trajectoire sur la piste vu le peu de véhicules que l’on croise. La conduite à gauche n’est vraiment plus un problème. Le camp de Naukluft est vert sur fond de monts caillouteux, plutôt accueillant et plein de Sudafs, au moins le jour où nous y étions, qui viennent chercher l’exotisme.

Gare aux babouins du coin, qui répondent à la devise « ce qui est à toi est à moi ». Seul point noir, la douche (tiède) de nuit dans des sanitaires sans lumières. Pour qui est habitué aux exercices périlleux des douches de camping plus ou moins salubres où les vêtements doivent rester secs et les pieds propres pour se rhabiller, l’endroit est propice aux exploits. Le montage des tentes est maintenant une formalité. Très pratique de pouvoir laisser les sacs de couchages et couvertures à l’intérieur même repliés. C’est beaucoup de temps de gagné. Si d’aventure, comme nous, en vous levant il pleut dans la tente, ne cherchez pas un micro climat ou une pluie de nuit. Il suffit d’ouvrir les ouïes pour faire circuler l’air. Indispensable vu la matière très étanche des parois des tentes.
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Olive Trail, le lendemain, tient toutes ses promesses (il faut néanmoins trouver le départ, nous avons eu du mal !). Après une montée sur des pentes arides, le chemin descend dans un canyon sans eau au milieu de blocs de pierres. On notera un passage technique incontournable au-dessus de bassins d’eau croupie, aidé par des chaînes tendues et finalement assez résistantes, un bel échantillon d’arbres carquois, et des roches aux rayures vertes et tordues par des siècles de tensions tectoniques.

5 heures ont suffi pour terminer la boucle. Biltong (viande séchée) pour tout le monde à l’arrivée pour revigorer les troupes.

Go to Walvis bay !
La piste est belle, aride, avec des zones montagneuses et des successions de virages.

Un régal, mais le tout se termine encore de nuit. Les 100 derniers kilomètres sont parcourus à une allure moyenne de 100 à 110 km/h sur une trace rectiligne, large et un poil piégeuse avec des trous. Sur les pistes il y a une dimension supplémentaire dans la conduite. Il faut analyser l’état de la piste en permanence pour choisir la meilleure trajectoire. Amusant et fatiguant à la longue.

L’arrivée fut une délivrance, dans une chambre d’hôtel super luxe avec douche à volonté : le Lagoon Lodge, tenu par des Lyonnais accueillants. Ce fut ce soir-là que nous avons fait en grande partie le deuil de notre attaque du 1er jour. L’esprit est ainsi fait que dès qu’il y avait un moment de calme, notre pensée (dont celles des enfants) s’attachait à ce qui s’était passé avec tous les regrets de ce que nous aurions dû faire. Ce soir-là donc, nous fîmes avec les enfants une reconstitution du crime avec un stylo comme couteau, pour finalement constater que nous ne nous en étions pas si mal tirés et qu’il n’est pas simple d’agir. Ce fut réparateur pour tous et apaisant pour le reste du voyage !
Walvis Bay : un havre de paix balnéaire
C’est d’abord une ville calme (le repère des Sudafs l’été), aux allures plutôt européennes, apaisante, très bien desservie et dans laquelle on trouve de tout et en abondance. L’idéale pour se ressourcer avant le grand frisson des déserts. Notre hôte français nous donne quelques repères sur les pourboires qui nous sont demandés régulièrement. Pour « garder » la voiture dès que l’on stationne (contre ceux qui la gardent ?) = 5 à 10 N$ Pour les personnes qui nous « aident » à porter les sacs après les courses jusqu’à la voiture = 5 à 10 N$. On hésite au début, mais c’est bien pratique. Le salaire moyen d’un Namibien : 1000 N$. Quand on sait qu’un plein de 4x4 doit être de l’ordre de 800 N$, ça calme. A Walvis, nous n’avons pas trop ressenti de tension dans la ville, mais là aussi, les fenêtres sont barricadées et les voitures rentrées dans le lodge la nuit.
A voir dans le coin : les marais salants bien sûr, avec en toile de fond l’océan.

Les flamants comme à leur habitude posent, nus sous leurs plumes, les pattes dans l’eau à taquiner les vers.

Un stage de conduite improvisé des enfants débuta sur un parking vide près de l’océan (accès uniquement au volant). Commencer sur un gros 4x4, c’est du luxe, surtout qu’en cas de trajectoire ratée la sanction du sable très mou nous guettait. Le niveau 1 fut atteint par tous : trace directe et virages sous contrôle. La largeur des pistes et l’absence quasi-totale d’autres véhicules nous permettra ensuite souvent cette expérience pour la plus grande joie de nos pitchouns.


La lumière fut belle jusqu’au soir, au moment du coucher du soleil lorsque le brouillard recouvrit de son coton en quelques secondes toute la baie, la plongeant dans une ambiance de fog anglais à couper au couteau. Impressionnant ce passage du jour à la nuit et de l’été à l’hiver, de la chaleur au froid en quelques minutes.


la dune 7: ambiance surf et beach boys sur une belle dune à descendre avec des planches si on est équipé. Nos sacs poubelle emmenés pour l’occasion furent un échec cuisant. Ils s’enfoncent trop. En haut, la vue est idéale sur les cordons de dunes avoisinantes et un 360 ° de désert.


Le spitzkoppe: un grain de beauté sur une plaine désertique.
Le lendemain nous rendons notre chambre douillette, la dernière du voyage, ragaillardis, approvisionnés en eau, essence et nourriture pour 3 jours et prêts à affronter le Kaokoland et sa poussière légendaire. Nous dépassons Swakopmund, ville aux charmes plutôt germaniques (comme son nom l’indique) sur une route goudronnée (c’est confortable quand même), puis filons vers Cap Cross et son fameux meeting international d’otaries à fourrure (la plus grande colonie du monde).

Pas de doute, en arrivant on sait immédiatement que l’on ne s’est pas trompé. Le doux parfum qui amuse les narines dès que l’on met le museau dehors nous fait dire que nous n’avons pas les mêmes valeurs chez tous les mammifères de la planète.

Bon sang que c’est entêtant, pourtant elles passent leur temps dans l’eau ! Difficile d’être plus près en tout cas pour les photos.


Les otaries ont bon goût quand même car l’endroit est de toute beauté avec des vagues gigantesques qui s’écrasent sur des roches noires ciselées et des plages de sable. Joueuses, les bestioles, elles semblent prendre plaisir à surfer sur les rouleaux. L’endroit fait des heureux également chez les chacals en nombre impressionnant, qui trouvent visiblement là une nourriture facile.

Nous quitterons le site, que nous baptiserons « El Puantos » au hasard des mots qui nous viendront à l’esprit à ce moment là, pour aller déjeuner quelques kilomètres plus loin en admirant la fureur de l’océan.


Bye l’océan, nous nous enfonçons vers le centre de l’Afrique, avec optimisme, sur une piste enchanteresse et quasiment vide de véhicules, créant sur notre sillage une poussière qui marque la présence d’une activité au milieu de rien. Jubilatoire, non ? Le Spitzkoppe se dessine progressivement à l’horizon.

Gros bloc de granit arrondi aux formes généreuses, il attire irrésistiblement tout bipède normalement constitué qui passe au seuil des parois. Nous nous précipitons donc vers les sommets pour voir le coucher de soleil qui rend la roche orange et lumineuse. En haut : séquence admiration, quiétude - que c’est beau, simplement. Le sol très accrocheur permet de tenir sur des inclinaisons fortes sans prise de main (gare quand même car à la descente c’est finalement plus impressionnant).



Tels des robinsons, de retour sur le plancher des vaches, la tente est montée en 7 minutes (nous nous chronométrons pour battre des records – chacun ayant un rôle précis), le feu allumé et les grillades avancées. Ce camping, au pied des roches, permet d’avoir des espaces tellement larges que nous ne voyons aucun autre campeur (c’est un choix). Seuls sur un rocher, face au planisphère étoilé sans lune, éclairés par la Voie lactée et baignés dans la douce chaleur du vent chaud du désert, nous goûtons la sérénité du lieu, le silence du vent qui frôle les branches des quelques arbustes et tout simplement le plaisir d’être là, face à l’infini céleste et terrestre. ..........................
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Le Brandberg Ugab Camp
Comme tous les matins, nous émergeons des tentes vers 6h15 au lever du soleil. Gloups ! Le repliage de celles-ci commence à être rodé en moins de 10 minutes. On fera mieux.

Ce qui reste long c’est le rangement du coffre. Pour se dégourdir les jambes avant la prochaine étape, nous recherchons les peintures rupestres du coin. A défaut de les trouver, nous ferons une belle échappée assez haut sur un des pans de granit nu si agréable à escalader. Départ pour le BrandBerg après avoir réglé le camping - 215 N$- c’est plutôt très cher pour un endroit que Dame nature a construit et entretenu, sans pratiquement aucun service. Comme c’est géré par une communauté locale, disons que c’est pour une bonne cause.
La piste est belle et sans histoire jusqu’à l’arrivée à Ugab Camp. Nous avions réservé, ce fut fort utile. Le camping est vide, sommaire, mais tellement exotique et convivial, dans un décor magnifique.

Il n’y a qu’un Namibien hilare qui s’active pour notre confort : Eau potable (ce qui vu le coin est un exploit), toilettes et douche (froide) au milieu des arbres.
Les toilettes!
Tant qu’il fait chaud, dans la journée, la douche froide ne pose pas plus de problème que cela. Il est clair que le soir, celui qui s’y essaie imite le hurlement du coyote au fond des canyons. Idée lumineuse, pour passer la fin d’après midi, nous enfourchons notre 4x4 pour suivre un lit de rivière asséché à côté de l’emplacement. Vu la présence de « cubes » (déjections) d’éléphants, (qui d’après le G.O du camp ont dévasté la semaine précédente les toilettes pour trouver de l’eau), nous allons au devant de nos premiers pachydermes. C’est en entrant dans le lit de la rivière, avec du sable super mou que nous avons compris que nous aurions du mal à faire demi-tour.

Impossible de nous arrêter sans risquer immédiatement la sanction de l’ensablement. Après plusieurs centaines de mètres et les encouragements de tous pour que le moteur tienne, un banc de sable traitre nous fut fatal. Arghhhh !!! Démultiplication la plus petite ou branches et marche arrière, rien n’y a fait. Le moral est reparti en même tant que la voiture après avoir tout simplement dégonflé les pneus avec un départ en seconde. Ça calme quand même un peu nos ardeurs de chasseurs tout terrain, car là, il n’y avait personne pour nous aider au cas où ! De retour au camp, des Allemands rencontrés le matin même furent les 2èmes et derniers locataires du camping. Le temps de faire un France/Allemagne au foot et d’être invités par les perdants pour une bière sous les étoiles près du feu et nous capitulons sous la tente, dans un air venteux et toujours chaud.
France - Allemagne dans le camping désert!
Aba Huab Camp
Moins d’une centaine de kilomètres furent nécessaires pour atteindre l’étape d’après. Retour à la civilisation. Le camping est « normal » donc luxueux pour le coin. Cela ne fait pas de mal de temps en temps. Yes ! Des douches chaudes et un bar avec des bières. En retour, c’est plein de monde et les emplacements sont de taille européenne (donc petits). Les activités ne manquent pas dans le secteur : Twyfelfontein: des peintures rupestres en pagaille : Il faut être honnête, pour qui n’est pas un spécialiste de l’art des cavernes, l’affaire est vite répétitive, surtout sous un soleil de plomb, commentée en anglais par une guide charmante mais visiblement lassée du discours et des graffitis (heu pardon, des œuvres des âges farouches). Ce qui nous étonnera le plus fut le langage à clic type bushman qu’elle pratiquait parfois et le tarif d’entrée pour compléter celui du parking, proportionnels au nombre de dessins sur les roches. Et en la matière, les préhistos aimaient visiblement dessiner et gardaient les brouillons.

Les « organs pipes » : orgues basaltiques dans le plus pur style géologique. Classique (1/4 d’heure)

La forêt pétrifiée : c’est pas glorieux, mais nous ne l’avons jamais trouvée. Douche, poulet cuit sur la braise, bière et bras de Morphée.

Sesfontein et Warmquelle : l’oasis au milieu du désert
Le soleil sonne le réveil vers 6h00. Une des bombes anti crevaison s’est crevée par frottement sur du métal dans le coffre. Il faut le savoir, elle ne s’auto répare pas et décore joliment tout ce qui est autour. La deuxième sera conservée dans un chiffon. La route vers Sesfontein est belle, au milieu d’un relief prononcé. La première partie du parcours est giboyeuse à souhait : Springboks, oryx et girafes. La piste est assez roulante mais franchement cassante avec des pentes raides et des cailloux aux angles aigus.

Sur un tronçon ni plus difficile ni plus caillouteux que les autres, notre pneu arrière gauche explose sans préavis. Le pneu qui jusqu’ici paraissait indestructible avec sa carapace de caoutchouc, est fendu sur plusieurs centimètres sans qu’un événement particulier ne se soit passé. Une pierre a dû toucher le crampon d’Achille ! Cela semble irréparable au premier coup d’œil. Ça cogite sec sous les casques, car à ce tarif, nous pouvons crever quasiment n’importe quand ! Heureusement nous avons un deuxième pneu de rechange comme sécurité. Alors que nous paraissions seuls, un homme sort de nulle part et nous propose 20 N$ pour changer la roue. Top là ! A y réfléchir, vu l’état de la route, il n’aurait pas fallu dépasser les 60 km/h pour limiter la probabilité de crever …

L’arrivée au camping de Warmquelle mériterait d’être inscrite au Paris Dakar. La piste est défoncée et très pentue pour descendre dans le lit de la rivière. Sans 4X4, cela semble impraticable. Juste avant, des enfants en guenilles accourent au son du moteur pour nous vendre du bois (du Mopane, le bois usuellement utilisé, rouge très dur et qui fait de supers braises). Ces petits êtres qui se débattent déjà pour « gagner leur vie » laissent une emprunte dans l’esprit de nos enfants confortablement assis dans le 4x4 . Le camping est idéalement placé, près des bains tièdes qui feront office de piscine. Après la cascade qui l’alimente, nous remontons le ruisseau d’eau chaude entouré de verdure sur plusieurs centaines de mètres. La soirée fut calme et réparatrice, baignée dans un vent chaud, éclairée par notre feu et les multiples bougies du camping disposées le long des chemins. Belle ambiance.
Purros : le village du bout du monde

Départ vers 8h30 pour Sesfontein, étape indispensable pour faire le plein de victuailles, d’eau et d’essence pour plusieurs jours ainsi que pour réparer le pneu avant la route de Purros. L’arrivée fut surprenante. Ce n’est pas une ville, ni vraiment un village, c’est juste un regroupement de quelques habitants, avec quand même une station service et un petit magasin très rudimentaire de quelques étals de produits de première nécessité : riz, pâtes, maïs, sel, … Il faut faire avec, mais c’est, comment dire, troublant. Nous partons donc vers Purros avec une seule roue de secours et le minimum vital, mais l’essentiel. Comme pour l’étape précédente, les 40 premiers kilomètres sont un calvaire pour la voiture et surtout les pneus et les amortisseurs.

Après les collines, l’horizon s’élargit sur une plaine immense et totalement désertique, mêlant dunes de sable, dalles rocheuses et monts rocailleux. La piste traverse des zones de sable assez profond ocre ou jaune suivant la couche géologique d’affleurement.


Un régal de conduite. Sur le sable à bonne vitesse on a l’impression de planer. Le paysage, grandiose, enchanteur, bien que totalement dépouillé, abrite quelques girafes, gazelles et surtout des oryx. De quoi vivent-ils ?

L’arrivée à Purros, après 3 ½ heures de piste bien tassées, montre un petit village modeste au bout du monde, très étalé. Il faut dire qu’il y a de la place...


Nous suivons la piste du camping en plein désert, qui nous amène, après le passage sableux d’une rivière à sec, à la réception.

Le camping est vraiment magnifique, presque désert, avec eau potable et douches. Un gros arbre noueux aux branches tentaculaires marque le centre de notre nouveau monde. Un régal !

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. La douche du camping!
Vers 15h30, nous partons à la chasse aux éléphants du désert. Pour cela nous remontons le lit de la rivière à sec, près du camping, ruban de verdure dans un océan minéral. Gare au sable et aux graviers propices à l’ensablement. La position 4x4 est plus que recommandée.

Ce fut le top ! Daktari pendant 2 heures, au milieu des dunes, du Fech Fech, des arbres.

Au détour des coins et recoins du coin, nous sommes tombés nez à nez avec nos premiers éléphants (du désert – plus respectueux des arbres parait-il ), et quelques girafes.


Le safari dut s’arrêter faute de lumière à la tombée de la nuit. Le repas fut grillé avec un feu de mopane et d’épines d’acacia. Elle n’est pas belle la vie ?
Des éléphants dans le camping!
Purros - Opuwo : la piste avec un grand « P »
Après un repliage des tentes exemplaire, pendant que des éléphants taquinaient nos voisins de camping, nous passons au village pour déposer à l’école une partie de notre trésor scolaire. Bon accueil des professeurs et des élèves, un peu décalé avec la rencontre de deux mondes qui se découvrent, dans une vraie école qui se débat pour fonctionner. L’instit n’attend qu’une chose, c’est que nous partions, impatient de voir ce qu’il y avait dans les sacs remis.
Go pour l’aventure d’une piste visiblement très peu fréquentée et jamais décrite dans les carnets de voyage. Une petite inquiétude reste en toile de fond. Pourvu que les pneus et la voiture tiennent car c’est sans filet.
La route est caillouteuse, envoûtante, inoubliable, avec des moments forts : nous découvrons ce qu’est vraiment la tôle ondulée. Nous avons connu un peu le phénomène précédemment, mais là, à basse vitesse, c’est tout simplement in-sou-te-nable. Tout vibre avec une telle intensité que l’on se demande si le véhicule ne va pas tomber en pièces détachées. Nous accélérons et dès que la vitesse dépasse les 70 Km/h, nous volons au-dessus des crêtes de l’ondulation, dans un silence relatif. La direction se fait alors légère et approximative le désert est total, immense. Le paysage est lunaire entre sable et cailloux.
Des arêtes rocheuses se dessinent à l’horizon. Nous observons quelques oryx énigmatiques comme des sphinx, sur fond de « mirage ». M’enfin, mais que font-ils là au milieu de rien ? Vers l’ouest, une sorte de brume au loin brouille la vue de la mer. C’est beau et venimeux à la fois.
Pfffff ! dans un dernier soupir, notre pneu arrière droit vient d’éclater. Aïe Aïe, Aïe ! Cela se complique. Nous avons mangé notre marge de sécurité et nous sommes au taquet encore très loin de tout. C’est toujours aussi beau autour de nous, mais ça commence à jouer des castagnettes avec les genoux dans la tribu. Autre effet « kiss cool », le deuxième pneu de rechange est dans le coffre. Non, pas là, tout au fond et à gauche, de sorte qu’il faut tout vider pour l’extirper. Grrr.
Une voiture de journalistes suddafs rencontrés à Warmquelle arrive à notre hauteur. Comme nous avons de quoi changer, ils redémarrent sans autre forme de procès. Re grrrr . La solidarité joue à plein régime dans le coin. M’en fout, on y arrivera quand même sans vous !
Orupembé, tout le monde descend ! Sur la carte, c’est un village. C’est réconfortant un village. Quoi qu’il arrive on trouve de l’aide. Oui, mais dans le vrai monde, Orupembé c’est 5 maisons. Inutile de recompter, le compte y est, dont une case qui est un bar. Le juste nécessaire quoi. De la maison d’à côté du bar sort une jeune femme, plutôt chic, qui vous sert une bière ou un coca frais ! C’est un autre monde quand même. « Il y a du passage ces derniers temps » nous dit-elle sérieusement. «Une à 2 voitures par jour ». En effet, les affaires sont prospères. Ceci dit, on trouve un point d’eau à Orupembé ce qui en fait un carrefour pour tous les troupeaux du coin.
Il est donc probable que le village doit s’étaler hors de portée de vue. Côté ruminants, à part des cailloux, on a du mal à comprendre ce qu’ils peuvent bien brouter. Mais là encore, les troupeaux sont nombreux et très importants. Il y a à l’évidence une face cachée dans tout cela. En tout cas, l’endroit a retenu la curiosité de nos Sudaf préférés qui nous avaient doublés. Tant mieux, nous passons devant. C’est une sécurité en cas de crevaison et à cause de la poussière, il vaut mieux être les premiers …
Après Orupembé la piste devient encore plus vivante avec le relief qui rend une fois de plus le 4x4 indispensable. Trous, précipices, pentes fortes. Toute la panoplie est déployée pour vous faire passer un très bon moment… tant que tout se passe bien.
Au détour d’un virage, une révélation : une rencontre improbable entre des européens et quelques femmes et enfants Himbas . Nous nous arrêtons, gauches, un peu méfiants et empruntés. Visiblement ils n’ont pas plus l’habitude des peaux blanches que nous des tribus hors du temps et de l’espace. Nous n’avons aucun langage en commun si ce n’est la gestuelle. Les femmes sont naturelles, joyeuses, très bavardes et ne demandent qu’à échanger. Nous arrivons globalement à nous comprendre en mimant les choses.
Elles sont fascinées par les enfants et notamment Robin avec sa chevelure rousse à larges boucles. Terrorisé Robin se cachera dans la voiture entre les pédales et le volant. Il faut dire qu’elles sont impressionnantes avec leur peau et tous leurs vêtements ocres. Elles sont belles, élancées et très élégantes, couvertes de bijoux. Nous leur laissons un bidon d’eau et une couverture, sans aucune demande de leur part. Avons-nous bien fait ? Une belle rencontre marquante pour tous qui a elle seule vaut le détour de Purros. Nous arrivons à un village que nous croyons être Otjiu et son camping. Ereintés, après une journée de piste, nous cherchons le fameux « Campsite ». Erreur, malheur. Nous ne le trouverons pas car il n’existe pas. Ce n’est pas le bon village. Pour marquer quand même le coup, nous nous ensablerons une bonne heure. C’est après avoir regonflé les pneus que nos sauveurs sont arrivés. Un couple joyeux de Suisses baroudeurs en 4x4. « Suivez nous, nous allons à Opuwo. Si vous crevez, nous vous aiderons. Vous n’aurez qu’à faire des appels de phare». L’enfer est pavé des meilleures intensions. On comprend immédiatement ce que veut dire mordre la poussière. Derrière une autre voiture, c’est tout simplement inroulable. C’est pire que le brouillard. Dans les parties de fech fech, il y a dans l’air une telle quantité de poussière en suspension qu’il n’y a pas d’autre alternative que de faire du hors piste ou de s’arrêter. La piste commence à traverser des villages et les arbres sont fréquents. Adios le désert. Nous trouvons avant le coucher du soleil le camping tant attendu (pour éviter de rouler de nuit et ne rien voir). Nous rattrapons donc nos suisses pour leur faire des appels de phares et ainsi décrocher. Rien à faire. Ils ne verront jamais notre signal, nous obligeant par correction à les suivre pour éviter qu’ils ne fassent marche arrière pour nous retrouver.
C’est ainsi que certainement le périple le plus passionnant du voyage se termina au camping du lodge d’Opuwo, un peu déçus de finir de nuit, après 12 heures d’une quête de l’évasion inoubliable. Si c’était à refaire, nous repartirions immédiatement.
Opuwo : le repos des guerriers Le camping du lodge est d’un charme tout britannique avec ses emplacements tout rikiki et ses pelouses moelleuses. L’endroit n’est pas particulièrement attachant mais il est confortable et propice à récupérer notre potentiel pour continuer la route. Opuwo est une ville, une vraie, pleine d’activité, avec tout le nécessaire habituel de nos villes européennes, mais si rare dans la région : éclairage de la rue principale la nuit, hôpital, banques, magasins, supermarchés, poste de police, école et j’en passe … . C’est un carrefour en plein essor avec des constructions qui fleurissent partout. Des Himbas en « costume » côtoient sans complexe des héréros (avec pour les femmes leur chapeau à « cornes de tissu ») et des individus en habits plus conventionnels. Tout ce petit monde très exotique vaque à ses occupations en toute sérénité le long des routes.
Nous en profitons pour refaire le plein de tout et pour tenter de changer les pneus.
Au supermarché, nous rencontrons nos journalistes sudafs de la route de Purros, l’aide de Gary, notre sauveur du camping du premier jour et nos suisses qui ne connaissent pas les appels de phares. Le monde est petit.
Choisissant un des réparateurs de pneu au hasard, le mécano, un grand namibien filiforme, inspecte en dodelinant de la tête mes pneus largement ouverts et à mon avis irréparables. « Je vais les réparer » finit-il par lâcher.
En mon for intérieur je n’y crois pas une seconde, mais comme il semble sûr de lui et qu’en cas d’insuccès je ne paie rien, je tente.
L’homme s’affère sur la gomme en connaisseur : il perce, rabote, cisaille, met de l’essence dans la partie interne. Vache ! Ils sont débrouillards ces africains ai-je pensé. Alors que nous aurions jeté ce pneu, je ne sais pas trop par quelle alchimie, il va réussir à le « ressouder ».
Ensuite il évacue l’essence sans la brûler, met une grosse rustine sur la partie interne, regonfle et se relève satisfait de l’opération. « Voilà ! ».
« Comment ça voilà ? » L’hernie du pneu dépasse de 5 cm, mais le pneu reste bien gonflé. Sur du bitume, je dois pouvoir faire au moins 1 km sans crever et sur piste 100 à 200 mètres. Déconcertant. Impossible de ne pas sourire devant une telle imposture.
Du coup, je téléphone à notre loueur qui nous indique le seul endroit où je pourrai trouver 2 pneus (un supermarché). Avoir une assurance pneu c’est bien, même franchement raisonnable. Mais encore faut-il trouver des pneus ! Par chance, il en restait juste 2 .
Le vendeur n’effectuant aucun montage, je retourne chez mon mécano bricolo en plein après midi. Ce devait être l’heure de la sieste car il fallut presque 2 heures pour monter les 2 pneus. Ce ne fut pas de la mauvaise volonté de sa part, mais visiblement l’affaire est une question de tempo. Quand il est allé chercher le gros démonte pneu qui était à 3 mètres de lui, je me suis surpris à penser « apporte lui et on va gagner facilement 5 minutes ». C’est quand même un autre rythme…
Les lodges ont du bon. La fin d’après midi fut passée à la piscine (froide) devant un panorama imprenable et le repas du soir au restau. Soyons fous !
Les Himbas : rencontre du 3ème type Lever 6h30 pour reprendre les bonnes habitudes. Tentes pliées, douches, petit déjeuner et à 8h00 nous sommes à la réception du lodge pour un programme spécial Himba. Les Himbas, nous explique notre guide bilingue (anglais et Himba - absolument indispensable sinon il n’y a pas d’échange) sont un petit peuple de bergers, fiers, pacifiques, aux traditions aux antipodes des nôtres. Vivant en petites communautés semi-nomades dans des huttes, ils sont en symbiose avec Dame nature qui leur délivre de quoi vivre harmonieusement et sans excès (ce qui est tout le contraire de nous qui sommes en perpétuelle fuite en avant). Après un parcours sur de petites pistes au milieu de la savane, nous rejoignons, avec un couple de hollandais également du voyage, le village «typique» choisi par notre guide. ...
......
Celui-ci n’est effectivement pas fait de carton pâte et ceux qui y logent ne sont pas venus en représentation.
Au milieu de nombreuses femmes de tous les âges qui travaillent et discutent assises sur le sol entourées d’enfants, un vieux chef philosophe pense sur son tabouret. Tous sont habillés de façon traditionnelle mais là aussi, ce n’est visiblement pas un costume d’apparat. Nous sommes accueillis par une cascade de joyeux « Moro moro moro» plutôt chaleureux, après moult explications de notre guide sur les us et coutumes du peuple Himba.
Les femmes sont souvent belles, grandes, élégantes et rayonnantes. Robin cette fois est sur le retrait mais n’est plus effrayé par ces créatures étranges, presque nues et à la fois entièrement habillées d’ocre et de bijoux (quelles fabriquaient lors de notre visite). Avec le guide comme intermédiaire, la discussion s’engage. Deux d’entre elles nous font visiter leur case et nous donnent des explications sur leur mode de vie au quotidien. Par exemple, les Himbas n’utilisent pas l’eau pour se laver mais de la vapeur parfumée avec des plantes aromatiques. Elles s’enduisent d’ocre sur tout le corps (mélange d’hématite et de graisse animale) ce qui leur donne cette couleur si particulière. « Pratique » constatèrent nos pitchouns prêts à adopter cette coutume. N’en déduisez pas que ces gens soient d’une hygiène douteuse, car c’est tout le contraire. D’ailleurs, un parfum plutôt très agréable se dégage de la case et de nos interlocutrices. Ici c’est le culte des enfants. Avec nos trois bambins, elles nous font comprendre que nous sommes des amateurs et que nous ne pouvons en rester là.
En sortant de la case le charme fut toutefois quelque peu rompu. Toutes les femmes étaient en cercle et nous attendaient pour nous vendre leurs bijoux. Finalement, sous ses atours de vieux sage toujours pensif, le chef est peut-être plutôt un commerçant contemplatif !
Hormis la surprise, tout ceci s’est déroulé dans un très bon esprit, « sans obligation d’achat ». De toute façon, comment partir sans bijoux Himbas d’autant que ceux-ci sont originaux, hand made by the Himbas et qu’a priori l’argent ne va pas à un intermédiaire … 
Disons que dans l’histoire, le village visité n’est pas tout à fait innocent en matière de tourisme et que notre guide ne l’a pas choisi vraiment au hasard. En fin de parcours, celui-ci leur donne comme présents du sucre, de la farine, des bonbons pour les enfants et … des glaçons. Cela ressemble à un compromis, que nous espérons raisonnable, pour les aider sans pour autant les rendre dépendants des quelques touristes. Pourvu que cela soit vrai. A suivre …
Cette rencontre fut très marquante pour tous. Merci à notre guide qui semble plus du côté Himba que du côté de l’industrie touristique. Ce fut un très grand moment du voyage, absolument inoubliable.
Bye Bye les Himbas ! Nous continuons notre route vers la ferme aux guépards, étape suivante et très attendue par les enfants.
La ferme aux guépards ou l’auberge des gros chatons En quittant Opuwo, nous quittons également toute l’ambiance si caractéristique du Kaokoland et de ses pistes. Une route en bitume avec certes quelques travaux qui nous obligent à reprendre une piste, nous mène à la Cheetah farm sans encombre et sans charme. Alors que les pistes sont empruntées par tous, troupeaux y compris, les routes ne semblent utilisées que par les voitures et camions. Or dans ce pays, ce n’est pas, loin s’en faut, ce que l’on trouve le plus… Le camping de la ferme aux guépards est large, rudimentaire mais avec le nécessaire et en pleine nature. Que demander de plus.
Le lendemain, comme la visite est à 15h00, nous avons la matinée à tuer. Le coin est assez sauvage, avec des grillages un peu partout autour du camping. Compte tenu de ce que l’on « cultive » ici, nous préférons nous en tenir à un programme assez sage : balade vers les arbres serpents (snake tree), à quelques kilomètres de l’entrée du camp. Pas de doute, on les reconnaît tout de suite. Ils s’enroulent autour d’un arbre hôte à la manière d’un boa. Le simple poinçon d’un ongle suffit à faire couler une sève blanche. L’endroit d’ailleurs dégage une atmosphère étrange que les enfants qualifieront de « jardin de sorcière ».
A 15h00 la dite visite commence. Le propriétaire et son assistant, aux allures de Crocodile Dundee, embarquent tout le groupe présent au rendez-vous du camping (une bonne trentaine de personnes) dans plusieurs gros vieux pickups qui ressemblent à s’y méprendre à des bétaillères, en direction de la ferme habitée. Nous y rencontrons à nouveau notre couple de Hollandais sympas (qui était avec nous chez les Himbas) que nous retrouverons presque tous les soirs dans la suite du voyage sur sa partie Namibienne. Des guépards civilisés, cousins du lion Clarence, se laissent tripatouillés et caressés en allumant leur gros moteur interne à ronrons, pour la plus grande joie de tous (sous haute surveillance quand même). .......................................................
Vient ensuite le repas des gros matous qui n’en sont pas encore à mettre leur serviette autour du cou. Gros chats, gros appétits quand même.
De retour dans les « camions », nous partons pour les terrains de jeu de ceux qui se reposent dans ce havre de paix pour guépards avant d’affronter la vraie savane. L’ambiance est tout autre. Ici, il n’est pas question de tomber du 4X4, ce sont de vrais fauves qui nous entourent, d’autant que le convoi sonne pour eux l’heure du casse croûte. Un apéro ne se refuse pas. Au milieu du parcours le conducteur jette de belles pièces de viandes aux monstres. La lumière est belle, les couleurs automnales, le tout est plutôt très agréable et vaut bien le détour.
Le soir venu, le grand foyer allumé pour faire cuire la viande et nous réchauffer jeta vers le ciel un million de lucioles. A quelques heures de voiture du parc animalier d’Etosha pour le début des hostilités en matière de safari, nous sommes déjà proches de la moitié de l’aventure … 
FIN de la 1ère partie Pour accéder à la partie 2 :http://voyageforum.com/...post=1533449#1533449
Carnet destiné pour un rendu optimum, à être consulté avec les photos l'illustrant ici: https://sites.google.com/site/ahlafriquenamibiebotswana/
« Cette année, nous irons en Namibie ! » a déclaré notre cheftaine baroudeuse. « J’ai fait tourner le globe le doigt pointé dessus, comme à la télé et cela s’est arrêté sur ce pays. On n’y peut plus rien ! » On n’a pas gagné au loto pourtant ! Certes, chacun sait dans la maisonnée que l’axe du globe est grippé et que Grisemote a choisi son voyage en lisant à longueur de journées des carnets de voyage. Mais l’Afrique est bonne hôtesse, la Namibie est politiquement stable, loin d’être surpeuplée (ce qui crée souvent des tensions), d’un point de vue sanitaire à la portée d’une famille avec de jeunes enfants (pas de palu l’hiver par exemple) et tellement attrayante qu’Angelina Jolie est venu y accueillir son dernier né, c’est dire si le pays mérite le détour. Les ignorants chroniques que nous étions ont osé poser quand même la question à 2 euros « La Namibie ? c’est où ? » Rédacteur en chef: Gilles Illustrations : Sylvie Merci à tous ceux qui nous ont considérablement aidé pour la construction de notre voyage, autant pour la Namibie que pour le Botswana!
La carte de Namibie et le parcours

Voyage du 6 juillet au 5 août : 6850 kilomètres sous la tente.
Les héros du voyage : - Sylvie dite Grisemote : celle qui connait tout sur tout concernant le voyage (donc, à ne pas la perdre en route, c’est vital) . Organisatrice de bout en bout du voyage, mise en page du carnet. Expression préférée : « Allez, on y va ! »
- Thibaud dit « Thib » : celui qui se laisse porter où le 4x4 l’amène. Expression préférée : « Bof » (ne cherchez pas le verbe, tout est compris dans la monosyllabe)
- Lucas dit « L’encyclopédie » : il connait et reconnaît tout ce qui bouge sur le territoire. Expression préférée : « Tiens, mais qu’est ce que c’est que ça ?»
- Robin dit « mon lapin » : celui qui butine sur tous les sujets. Expression favorite : « Mais où est donc mon zèbre ?! » (peluche adoptée lors du voyage)
- Gilles dit « P’pa », rédacteur et conducteur : Expression préférée : « et si on s’en grillait une ? (une photo bien sûr) »
Windhoek : premières foulées Namibiennes En posant nos pieds sur le sol Namibien, après de longs mois de préparation puis d’attente, nous avons vite compris que nous ne nous étions pas trompés sur le choix de notre destination. Le dépaysement est immédiat. L’air est sec, le ciel définitivement bleu, la terre poussiéreuse et peuplée d’un tas de bestioles en liberté, le chauffeur de notre loueur de voiture (« camping car hire ») qui nous attend à l’aéroport parle anglais, il est résolument noir comme prévu et conduit à gauche prudemment. Peut être n’était-il pas encore habitué ? En tout cas nous non plus.
Le véhicule qui servira à notre périple d’un mois est sagement garé dans une rue de Windhoek, prêt à en découdre, propre comme un sou neuf. L’accueil du loueur est sympathique et très organisé. Tout cela semble trop facile et contraste avec nos premières aventures : le taxi allant à l’aéroport Charles de Gaulle a manqué de percuter un autre véhicule (ah ces portables ! ), il nous a déposé, à notre demande, au terminal II alors que c’était au Terminal I (Chariots, ascenseurs, bus, marche à pied, escaliers, tapis roulants avec 100 kilos de bagages et 15 de fournitures scolaires à distribuer dans les écoles locales, réparties dans les différents sacs à dos des enfants, les nôtres étant déjà complets). Le vol de nuit fut un classique du genre : après le film, chacun se tortille toutes les 10 min pour trouver la position idéale pour dormir (elle n’existe peut être pas après tout ! Mais non, je plaisante, il faut poursuivre les recherches …). Arrivés en terre Africaine à l’aéroport de Johannesburg, après un atterrissage de nuit dans un brouillard épais qui transformait les lumières du sol en halos fantomatiques, nous avons eu nos premières sueurs froides. Comme tous les passagers pour la Namibie, nous avons parcouru l’aéroport plusieurs fois dans le sens de la longueur avec armes et bagages parce que la porte d’embarquement indiquée au panneau d’affichage et celle indiquée par les hôtesses d’embarquement étaient différentes (elles nous dirigeaient vers une porte qui n’existait pas !). Avant de prendre place dans votre véhicule, une personne nous explique consciencieusement toutes les subtilités du 4X4, ce qui n’est pas du luxe pour les conducteurs de Berlingo 2X2 que nous sommes. Le 4X4 Nissan off road s’avérera être un véhicule puissant parfaitement adapté à la situation et qui ne faillira jamais. Les 2 tentes sur le toit semblent assez simples à monter, plutôt spacieuses bien que pour les 3 enfants cela fut peut-être un peu juste. Heureusement, les nuits sont fraiches.

Le fonctionnement des positions 2 roues et 4 roues motrices ainsi que de la démultiplication du 4X4 sont simples à comprendre. Dans l’habitacle, on regrettera cependant le manque de rangement de toutes les petites choses qui font le quotidien. Côté coffre, bien qu’il soit vaste, il fut largement tronqué par la 2ème (et à mon avis indispensable) roue de secours, le bidon d’essence et le bidon d’eau (qui ne nous fut pas vraiment utile). Le matériel de camping loué avec la voiture est largement suffisant et bien adapté (en majorité neuf). Un petit regret : la pompe électrique pour les pneus. Pratique mais super long pour gonfler un pneu. Le fil allume cigare de la prise du coffre arrière n’était pas assez long pour gonfler un des pneus avants : résultat, il fallait gonfler à partir de l’allume cigare avant qui lui disjonctait dès que la pompe était chaude ! Et comment fait-on ensuite pour gonfler le pneu ? à la bouche ? A noter le petit frigo, le compagnon presque indispensable si on veut être un peu autonome sans ravitailler tout le temps. Bref, après un combat acharné où nous sommes sortis vainqueurs mais dubitatifs (comme le loueur d’ailleurs), tout le matos est rentré, en tassant bien, en forçant sur la partie haute du coffre pour fermer (gare d’ailleurs, en tension elle a tendance à s’ouvrir) et en laissant sur le trottoir les plaques de désensablement que l’on nous prêtait mais qui ne rentraient pas. Les dernières recommandations : ne pas conduire de nuit respecter les limitations de vitesse car les pistes sont parfois dangereuses ne pas (ou à nos risques et périls) emprunter certains secteurs Facile, facile et refacile pensons-nous en notre for intérieur. Qui vivra verra…
Le premier carrefour fut le plus dur. « Bon sang d’Anglais, mais pourquoi diantre ne font t-ils jamais comme tout le monde ? » Le gabarit imposant du véhicule plus la conduite à gauche ont permis un début participatif de l’ensemble de l’équipage. Submergé de messages de tous ordres, le conducteur, que je connais bien, a tenté de rassurer tout le monde sur sa maîtrise de la situation en sifflotant avec détachement. Il faut admettre que cela demande un peu de concentration même si la conduite pépère et tolérante des locaux met à l’aise presque de suite.
Le Chameleon hôtel fut trouvé par chance rapidement. Repère de baroudeurs en partance plein de doutes et d’enthousiasme et de revenants qui savent, le regard rêveur (dont il est bien difficile de lire si c’est de la nostalgie ou l’étonnement de s’en être sortis – ce fut du moins un peu notre vision du moment), l’étape ne manque pas de charme. L’ouverture de notre coffre ne passa pas inaperçue, (avec un bon quart de son contenu dégringolé) et fut saluée par un précepte profond édicté par un sage regardant la scène, de retour de 6000 km de pistes (ouf, ils parlent quand même en km !!!!) : « Plus les jours passent et plus le coffre est grand ». Et c’est vrai !
Le jour le plus long !
Le lendemain, après une nuit fraîche, calme et réparatrice, le lever est difficile. L’été austral, qui n’est autre que l’hiver chez eux, ressemble dans la journée à l’été septentrional et à l’hiver la nuit… . de quoi mettre les cervelles à l’épreuve et perturber le biorythme. Les courses de la veille furent effectuées dans un super marché très bien achalandé à l‘intérieur d’une galerie marchande. On trouve de tout, y compris bien sûr des distributeurs de billets. La matinée est consacrée aux derniers détails à acheter dans une ambiance locale plutôt amicale. Ceci dit, les banques sont gardées par des hommes en armes et toutes les fenêtres sont sécurisées avec des barreaux de taille respectable … il n’y a pas de fumée sans feu . Objectif : partir avant 11h00 pour se rendre à Sesriem. Au moins 5 heures de route et il faut arriver avant la nuit (17h30 !) et la fermeture du camping. L’aventure ne fut pas où nous l’avions prévue. Cherchant la C26, notre première piste, nous nous arrêtons sur le début d’une autre piste à quelques kilomètres de Windhoek et j’ai l’imprudence d’arrêter une voiture pour demander ma route. Le conducteur n’a pas l’air de connaître ou bien plus simplement il ne comprend pas mon anglais en cours de rodage en début de parcours. Pendant ce temps, un des 2 passagers sort de la voiture et attaque Sylvie avec un couteau de taille respectable, tentant de lui arracher son sac photo par la fenêtre de la voiture (et pourtant nous avions fait très attention à Windhoek !). Après une lutte acharnée, l’homme coupe les sangles du sac et court jusqu’à la voiture qui l’attend la porte ouverte pour filer. Pendant 10 secondes nous prenons conscience que presque tous les passeports, la carte bleue, la moitié de l’argent tiré la veille et l’appareil photo sont partis. C’est la fin du voyage. De rage, nous passons la première et poursuivons nos agresseurs. Bien nous en a pris. Les rattrapant, le sac fut lancé sur le bas côté et nous avons pu le récupérer avec l’aide de locaux qui avaient vu la scène de loin et qui ont également suivi nos « salopards ». Nous avons eu ainsi la « chance » de retrouver passeports, carte bleue et le zoom (exit, l’appareil photo tout neuf, divers accessoires et l’argent, faut pas rêver quand même). Bilan : les enfants sous le choc de l’attaque, nous : naviguant alternativement entre colère, déception, doutes, ressassant ce que nous aurions pu ou du faire et le sentiment que malgré tout, vu que nous ne sommes pas des Rambos rompus aux techniques de combat, cela aurait pu plus mal tourner. de l’argent perdu plus beaucoup de matériel photo . Heureusement nous avons un deuxième appareil finalement pas si mal (le mien). du temps perdu pour faire notre déclaration à une policière mollassonne aigrie. Nous avons oublié de demander un double pour l’assurance. La police ne répondra jamais à nos multiples appels durant le voyage et 5 mois après nous venons tout juste de réussir à récupérer le procès verbal (et encore grâce à une aide très précieuse qui nous a été apportée ). A savoir !
C’est ce qui peut arriver, assez logiquement, dans une ville, quand ceux qui ont tout rencontrent ceux qui n’ont rien. Ce qui ne les excuse en rien ces hyènes de * $# & et encore, je reste poli !
Le deuxième départ de Windhoek s’effectue vers 13h00. Notre objectif : oublier le mauvais départ au plus vite (ou au moins faire semblant) et arriver avant la nuit. Dur dur.
En piste !

La voiture est facile à conduire sur les gravels roads (pistes), même très caillouteuses, à 80 ou 90 km/h. Le paysage est désertique, vallonné, envoûtant. Des springboks gambadent partout (non, pas des rugbymen). Nous rencontrons nos premiers babouins. Pas le temps cependant de nous arrêter pour des questions de timing.


Nous passons Naos puis Nanchas. L’heure tourne. Nous décidons de ne pas prendre la passe Spreetshoogte et sa pente légendaire pour gagner du temps.

Avec un GPS mais sans carte (au moins cela sert de boussole), nous nous égarons au milieu de nulle part vers KleinAub. La nuit tombe d’un coup. Pas de camping, loin de notre objectif, sur des pistes où déjà de jour une voiture passe toutes les heures, sans avoir mangé le midi, après un début catastrophique qui reste vivace dans les esprits et en mémoire qu’il ne faut pas conduire la nuit, nous roulons avec un je ne sais quoi de tension dans la voiture. Les paroles rassurantes du conducteur qui expliquent que c’est ça l’aventure, qu’il faut savoir goûter avec délectation ces moments rares où nous sommes vraiment seuls au monde, maîtres de notre destin, en dehors de tous nos repères et qui nous feront bien rire ensuite; et bien ces paroles ne semblent pas trouver d’écho favorable dans l’habitacle. Tout le monde est rivé sur les deux cônes de lumière des phares qui éclairent au dernier moment trous, bosses et animaux. « Gary’s Rest Camp » indique un panneau. Go ! Après 20 km à nous demander si nous n’avions pas raté une indication, le camping est indiqué sur une petite piste défoncée à 16 km. C’est long 16 km de nuit à 20 à l’heure quand on ne sait pas ce que l’on va trouver au bout. Pour corser l’affaire, il faut descendre de temps en temps pour ouvrir des barrières à animaux sans trop savoir si nous ne serons pas goûtés, voire appréciés par un prédateur chanceux de passage. La persévérance fut récompensée après plus d’une heure en arrivant enfin au camp de Gary, totalement vide. Un homme en train de dépecer un animal se retourne vers nous un long couteau à la main … Gary, un homme jovial au visage marqué par les années, nous accueille à bras ouverts, tout surpris qu’un client ait pu trouver son camping du bout du monde. On le comprend aisément. Merci Gary de nous avoir réchauffé le cœur en cette sombre journée que tu as éclairé de ton large sourire et de ton sens de l’hospitalité. J’espère que ces quelques lignes t’amèneront d’autres voyageurs pour remplir ton camping et profiter de ta gentillesse.
Je passerais le montage pour la première fois de nos tentes (plutôt simple), le repas préparé spécialement pour nous par la famille de Gary, notre première flambée pour nous réchauffer, pour conclure cette journée de tous les dangers par un spectacle unique, saisissant et de toute beauté : la voie lactée vue du sud, dans un ciel noir d’encre, limpide, (par un froid de canard), d’une netteté exceptionnelle personnellement jamais observée. Nous voulions être dépaysés. Difficile de faire mieux.
Les dunes qui chantent

La nuit fut glaciale. Couvertures, sous couvertures, polaires, rien ne fut de trop pour avoir un peu chaud. En revanche, le soleil chauffe l’atmosphère avec une rapidité déconcertante au petit matin. C’est l’avantage de l’air sec. Nous replions la tente en une bonne demi-heure, nous laissons à Gary pour sa femme instit une partie de nos fournitures scolaires et reprenons le cours du road book.

Piste vers Solitaire puis Sesriem par la passe de Spreetshoogte comme prévu mais avec un jour de retard. Oui, c’est pentu, sans battre des records. En position 4x4, même pas peur.

Le paysage est splendide sans pour autant atteindre des sommets. La piste est très agréable, roulante à souhait, avec des bêtes à cornes à foison qui nous regardent passer. Les voitures inscrivent leur passage dans le paysage par un large panache de poussière. Ceci n’est pas gênant dans la mesure où il n’y a pas pléthore de véhicules.

L’arrivée à Solitaire, la croisée des chemins, fut l’occasion d’un plein d’essence et d’un magnum (non, pas un pistolet ni la rencontre avec un célèbre détective, mais une glace pour les gourmands – insolite n’est-il pas ?). Solitaire porte bien son nom. Cela représente au moins une bonne dizaine de maisons quand même. Le paysage désertique est magnifique, l’équipage retrouve des couleurs. Le camping de Sesriem offre de larges emplacements (réservation obligatoire). Leur accès est sélectif avec certains passages qui traversent des zones de sable mou. Vers 16h00, nous entrons dans le parc de Sossusvlei. La route goudronnée, au milieu de montagnes de sable, est paradoxalement limitée à 60 km/h, ce qui est, avouons le tout net, difficile à tenir. La fermeture du parc étant programmée à 18h00, à la nuit, nous nous arrêtons avant le bout de la route à la dune 45. Idée lumineuse. A la tombée du jour la lumière est chaude et douce. La montée vers le sommet fait l’effet de peser 2 fois plus que notre poids dans le sable. Les scarabées des sables pullulent sous nos pas.

Une fois en haut une surprise nous attendait. Il suffit d’être à plusieurs et de descendre en déplaçant le plus de sable possible pour que la dune gronde comme un cor grave tibétain. Les millions de grains semblent rouler ensemble en émettant sous les minuscules chocs un son qui entre en résonnance et s’amplifie. L’effet n’est pas seulement auditif, la surface entière de la dune vibre à la façon d’une peau de tambour. Incroyable, magique ! Ce sera d’ailleurs la seule que nous parviendrons à faire chanter, et essentiellement sur la partie supérieure. Est-ce à cause de la chaleur du sable, de la taille de l’édifice ou des grains, de la forme de nos postérieurs, toujours est-il que toutes les autres resteront muettes !

Pour conclure la journée dans l’allégresse, rien ne vaut le buffet du Lodge voisin du camping. Signe particulier que nous n’avons pas retrouvé ailleurs, on y mange à volonté toutes sortes de viandes plutôt exotiques, au moins pour nous : koudou, autruche (notre préférée), springbok, zèbre, impala, crocodile, … Un vrai régal ! Vraiment une table qui vaut le détour. A ne pas rater. Le froid n’est pas toujours de rigueur en hiver, à la nuit tombée, de retour au camping (avec des douches chaudes) un vent chaud, violent et sec du désert fit se tordre les tentes toutes la nuit. Cette chaleur nous accompagnera pendant près d’une dizaine de jours. Chance ou phénomène climatique courant ?

Pour voir le lever de soleil sur les dunes de Sossusvleï, très prisé, le réveil dut sonner vers 5h30 du matin. A la façon des pionniers de l’ouest américain, les 4X4 et autres campings cars les plus impatients sont sur la ligne de départ attendant l’ouverture du parc. Le temps de comprendre que c’est déjà le petit matin et de replier les tentes, nous sommes quasiment les derniers à partir. La route n’en est que plus belle. Le large défilé de dunes s’éclaire sous la lumière tamisée des premiers rayons voilés du soleil, . Mais ledit soleil est déjà assez haut lorsque nous arrivons au parking des 5 derniers kilomètres fatidiques, réservés aux 4x4 uniquement. Nous choisissons de ne pas prendre les navettes et d’affronter le sable mou. Pour ce faire, l’opération dégonflage de pneu (1, 6 bar) s’avère longue (10 bonnes minutes). Il y en a de l’air dans un pneu de 4x4 ! Pour notre baptême sur le sable mou, nous sommes restés zens et confiants. Ce n’est pas en lévitant que nous sommes passés, mais en suivant les quelques conseils qui nous ont été prodigués : ne jamais s’arrêter (donc de ne pas coller de voiture devant), éviter les ornières trop importantes et rouler tranquillement au couple en 2ème, position 4x4 long. Plutôt rigolo finalement et pas si difficile tant que rien ne vient perturber cette logique implacable. Vu le nombre de véhicules ensablés, il doit y avoir des pièges auxquels nous avons échappés quand même …

Les dunes au bout de la route valent bien le détour. Elles offrent une vue imprenable sur ce désert minéral aux couleurs chaudes (bien qu’un voile de haute altitude ait considérablement atténué la lumière et donc les couleurs ocre vif des dunes- c’était donc pas la peine de se lever si tôt !). Aux forme arrondies et avenantes, elles dessinent des courbes agréables que l’on ne se lasse pas de regarder.


On a aimé : le vent violent en rafales qui, outre le fait de cingler les jambes, a transformé la dune, fort visitée aux premières lueurs du jour, en dune vierge après le rush des lève- tôt, effaçant toute trace de pas humain et construisant son labyrinthe de motifs. On est peu de chose. Le saut de dune sur les pentes abruptes Le gigantisme de cet endroit enchanteur, reléguant la dune du Pyla au niveau de bac à sable. On a moins aimé : l’endroit est victime de son succès.
Deuxième étape indispensable du lieu à ne pas manquer : Dead Vlei, large vallée à fond plat hérissée de squelettes d’acacias sombres plus ou moins fossilisés sur fond de ciel bleu et entourée de dunes ocre. Etrange, lunaire. Rassurez-vous, si vous la manquez, on la trouve sur de nombreuses cartes postales et guides.


Si dégonfler les pneus est long, le regonflage finit lui aussi par sérieusement gonfler le préposé à l’opération (au moins une demi-heure). La pompe électrique s’avère donc précieuse tant qu’elle fonctionne (voir l’arrivée chez notre loueur).
Naukluft et l’Olive Trail

Pistes et paysages défilent maintenant dans la sérénité. On s’habitue très vite au confort de choisir sa trajectoire sur la piste vu le peu de véhicules que l’on croise. La conduite à gauche n’est vraiment plus un problème. Le camp de Naukluft est vert sur fond de monts caillouteux, plutôt accueillant et plein de Sudafs, au moins le jour où nous y étions, qui viennent chercher l’exotisme.

Gare aux babouins du coin, qui répondent à la devise « ce qui est à toi est à moi ». Seul point noir, la douche (tiède) de nuit dans des sanitaires sans lumières. Pour qui est habitué aux exercices périlleux des douches de camping plus ou moins salubres où les vêtements doivent rester secs et les pieds propres pour se rhabiller, l’endroit est propice aux exploits. Le montage des tentes est maintenant une formalité. Très pratique de pouvoir laisser les sacs de couchages et couvertures à l’intérieur même repliés. C’est beaucoup de temps de gagné. Si d’aventure, comme nous, en vous levant il pleut dans la tente, ne cherchez pas un micro climat ou une pluie de nuit. Il suffit d’ouvrir les ouïes pour faire circuler l’air. Indispensable vu la matière très étanche des parois des tentes.
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Olive Trail, le lendemain, tient toutes ses promesses (il faut néanmoins trouver le départ, nous avons eu du mal !). Après une montée sur des pentes arides, le chemin descend dans un canyon sans eau au milieu de blocs de pierres. On notera un passage technique incontournable au-dessus de bassins d’eau croupie, aidé par des chaînes tendues et finalement assez résistantes, un bel échantillon d’arbres carquois, et des roches aux rayures vertes et tordues par des siècles de tensions tectoniques.

5 heures ont suffi pour terminer la boucle. Biltong (viande séchée) pour tout le monde à l’arrivée pour revigorer les troupes.

Go to Walvis bay !
La piste est belle, aride, avec des zones montagneuses et des successions de virages.

Un régal, mais le tout se termine encore de nuit. Les 100 derniers kilomètres sont parcourus à une allure moyenne de 100 à 110 km/h sur une trace rectiligne, large et un poil piégeuse avec des trous. Sur les pistes il y a une dimension supplémentaire dans la conduite. Il faut analyser l’état de la piste en permanence pour choisir la meilleure trajectoire. Amusant et fatiguant à la longue.

L’arrivée fut une délivrance, dans une chambre d’hôtel super luxe avec douche à volonté : le Lagoon Lodge, tenu par des Lyonnais accueillants. Ce fut ce soir-là que nous avons fait en grande partie le deuil de notre attaque du 1er jour. L’esprit est ainsi fait que dès qu’il y avait un moment de calme, notre pensée (dont celles des enfants) s’attachait à ce qui s’était passé avec tous les regrets de ce que nous aurions dû faire. Ce soir-là donc, nous fîmes avec les enfants une reconstitution du crime avec un stylo comme couteau, pour finalement constater que nous ne nous en étions pas si mal tirés et qu’il n’est pas simple d’agir. Ce fut réparateur pour tous et apaisant pour le reste du voyage !
Walvis Bay : un havre de paix balnéaire
C’est d’abord une ville calme (le repère des Sudafs l’été), aux allures plutôt européennes, apaisante, très bien desservie et dans laquelle on trouve de tout et en abondance. L’idéale pour se ressourcer avant le grand frisson des déserts. Notre hôte français nous donne quelques repères sur les pourboires qui nous sont demandés régulièrement. Pour « garder » la voiture dès que l’on stationne (contre ceux qui la gardent ?) = 5 à 10 N$ Pour les personnes qui nous « aident » à porter les sacs après les courses jusqu’à la voiture = 5 à 10 N$. On hésite au début, mais c’est bien pratique. Le salaire moyen d’un Namibien : 1000 N$. Quand on sait qu’un plein de 4x4 doit être de l’ordre de 800 N$, ça calme. A Walvis, nous n’avons pas trop ressenti de tension dans la ville, mais là aussi, les fenêtres sont barricadées et les voitures rentrées dans le lodge la nuit.
A voir dans le coin : les marais salants bien sûr, avec en toile de fond l’océan.

Les flamants comme à leur habitude posent, nus sous leurs plumes, les pattes dans l’eau à taquiner les vers.

Un stage de conduite improvisé des enfants débuta sur un parking vide près de l’océan (accès uniquement au volant). Commencer sur un gros 4x4, c’est du luxe, surtout qu’en cas de trajectoire ratée la sanction du sable très mou nous guettait. Le niveau 1 fut atteint par tous : trace directe et virages sous contrôle. La largeur des pistes et l’absence quasi-totale d’autres véhicules nous permettra ensuite souvent cette expérience pour la plus grande joie de nos pitchouns.


La lumière fut belle jusqu’au soir, au moment du coucher du soleil lorsque le brouillard recouvrit de son coton en quelques secondes toute la baie, la plongeant dans une ambiance de fog anglais à couper au couteau. Impressionnant ce passage du jour à la nuit et de l’été à l’hiver, de la chaleur au froid en quelques minutes.


la dune 7: ambiance surf et beach boys sur une belle dune à descendre avec des planches si on est équipé. Nos sacs poubelle emmenés pour l’occasion furent un échec cuisant. Ils s’enfoncent trop. En haut, la vue est idéale sur les cordons de dunes avoisinantes et un 360 ° de désert.


Le spitzkoppe: un grain de beauté sur une plaine désertique.
Le lendemain nous rendons notre chambre douillette, la dernière du voyage, ragaillardis, approvisionnés en eau, essence et nourriture pour 3 jours et prêts à affronter le Kaokoland et sa poussière légendaire. Nous dépassons Swakopmund, ville aux charmes plutôt germaniques (comme son nom l’indique) sur une route goudronnée (c’est confortable quand même), puis filons vers Cap Cross et son fameux meeting international d’otaries à fourrure (la plus grande colonie du monde).

Pas de doute, en arrivant on sait immédiatement que l’on ne s’est pas trompé. Le doux parfum qui amuse les narines dès que l’on met le museau dehors nous fait dire que nous n’avons pas les mêmes valeurs chez tous les mammifères de la planète.

Bon sang que c’est entêtant, pourtant elles passent leur temps dans l’eau ! Difficile d’être plus près en tout cas pour les photos.


Les otaries ont bon goût quand même car l’endroit est de toute beauté avec des vagues gigantesques qui s’écrasent sur des roches noires ciselées et des plages de sable. Joueuses, les bestioles, elles semblent prendre plaisir à surfer sur les rouleaux. L’endroit fait des heureux également chez les chacals en nombre impressionnant, qui trouvent visiblement là une nourriture facile.

Nous quitterons le site, que nous baptiserons « El Puantos » au hasard des mots qui nous viendront à l’esprit à ce moment là, pour aller déjeuner quelques kilomètres plus loin en admirant la fureur de l’océan.


Bye l’océan, nous nous enfonçons vers le centre de l’Afrique, avec optimisme, sur une piste enchanteresse et quasiment vide de véhicules, créant sur notre sillage une poussière qui marque la présence d’une activité au milieu de rien. Jubilatoire, non ? Le Spitzkoppe se dessine progressivement à l’horizon.

Gros bloc de granit arrondi aux formes généreuses, il attire irrésistiblement tout bipède normalement constitué qui passe au seuil des parois. Nous nous précipitons donc vers les sommets pour voir le coucher de soleil qui rend la roche orange et lumineuse. En haut : séquence admiration, quiétude - que c’est beau, simplement. Le sol très accrocheur permet de tenir sur des inclinaisons fortes sans prise de main (gare quand même car à la descente c’est finalement plus impressionnant).



Tels des robinsons, de retour sur le plancher des vaches, la tente est montée en 7 minutes (nous nous chronométrons pour battre des records – chacun ayant un rôle précis), le feu allumé et les grillades avancées. Ce camping, au pied des roches, permet d’avoir des espaces tellement larges que nous ne voyons aucun autre campeur (c’est un choix). Seuls sur un rocher, face au planisphère étoilé sans lune, éclairés par la Voie lactée et baignés dans la douce chaleur du vent chaud du désert, nous goûtons la sérénité du lieu, le silence du vent qui frôle les branches des quelques arbustes et tout simplement le plaisir d’être là, face à l’infini céleste et terrestre. ..........................
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Le Brandberg Ugab Camp
Comme tous les matins, nous émergeons des tentes vers 6h15 au lever du soleil. Gloups ! Le repliage de celles-ci commence à être rodé en moins de 10 minutes. On fera mieux.

Ce qui reste long c’est le rangement du coffre. Pour se dégourdir les jambes avant la prochaine étape, nous recherchons les peintures rupestres du coin. A défaut de les trouver, nous ferons une belle échappée assez haut sur un des pans de granit nu si agréable à escalader. Départ pour le BrandBerg après avoir réglé le camping - 215 N$- c’est plutôt très cher pour un endroit que Dame nature a construit et entretenu, sans pratiquement aucun service. Comme c’est géré par une communauté locale, disons que c’est pour une bonne cause.
La piste est belle et sans histoire jusqu’à l’arrivée à Ugab Camp. Nous avions réservé, ce fut fort utile. Le camping est vide, sommaire, mais tellement exotique et convivial, dans un décor magnifique.

Il n’y a qu’un Namibien hilare qui s’active pour notre confort : Eau potable (ce qui vu le coin est un exploit), toilettes et douche (froide) au milieu des arbres.
Les toilettes!Tant qu’il fait chaud, dans la journée, la douche froide ne pose pas plus de problème que cela. Il est clair que le soir, celui qui s’y essaie imite le hurlement du coyote au fond des canyons. Idée lumineuse, pour passer la fin d’après midi, nous enfourchons notre 4x4 pour suivre un lit de rivière asséché à côté de l’emplacement. Vu la présence de « cubes » (déjections) d’éléphants, (qui d’après le G.O du camp ont dévasté la semaine précédente les toilettes pour trouver de l’eau), nous allons au devant de nos premiers pachydermes. C’est en entrant dans le lit de la rivière, avec du sable super mou que nous avons compris que nous aurions du mal à faire demi-tour.

Impossible de nous arrêter sans risquer immédiatement la sanction de l’ensablement. Après plusieurs centaines de mètres et les encouragements de tous pour que le moteur tienne, un banc de sable traitre nous fut fatal. Arghhhh !!! Démultiplication la plus petite ou branches et marche arrière, rien n’y a fait. Le moral est reparti en même tant que la voiture après avoir tout simplement dégonflé les pneus avec un départ en seconde. Ça calme quand même un peu nos ardeurs de chasseurs tout terrain, car là, il n’y avait personne pour nous aider au cas où ! De retour au camp, des Allemands rencontrés le matin même furent les 2èmes et derniers locataires du camping. Le temps de faire un France/Allemagne au foot et d’être invités par les perdants pour une bière sous les étoiles près du feu et nous capitulons sous la tente, dans un air venteux et toujours chaud.
France - Allemagne dans le camping désert!Aba Huab Camp
Moins d’une centaine de kilomètres furent nécessaires pour atteindre l’étape d’après. Retour à la civilisation. Le camping est « normal » donc luxueux pour le coin. Cela ne fait pas de mal de temps en temps. Yes ! Des douches chaudes et un bar avec des bières. En retour, c’est plein de monde et les emplacements sont de taille européenne (donc petits). Les activités ne manquent pas dans le secteur : Twyfelfontein: des peintures rupestres en pagaille : Il faut être honnête, pour qui n’est pas un spécialiste de l’art des cavernes, l’affaire est vite répétitive, surtout sous un soleil de plomb, commentée en anglais par une guide charmante mais visiblement lassée du discours et des graffitis (heu pardon, des œuvres des âges farouches). Ce qui nous étonnera le plus fut le langage à clic type bushman qu’elle pratiquait parfois et le tarif d’entrée pour compléter celui du parking, proportionnels au nombre de dessins sur les roches. Et en la matière, les préhistos aimaient visiblement dessiner et gardaient les brouillons.

Les « organs pipes » : orgues basaltiques dans le plus pur style géologique. Classique (1/4 d’heure)

La forêt pétrifiée : c’est pas glorieux, mais nous ne l’avons jamais trouvée. Douche, poulet cuit sur la braise, bière et bras de Morphée.

Sesfontein et Warmquelle : l’oasis au milieu du désert
Le soleil sonne le réveil vers 6h00. Une des bombes anti crevaison s’est crevée par frottement sur du métal dans le coffre. Il faut le savoir, elle ne s’auto répare pas et décore joliment tout ce qui est autour. La deuxième sera conservée dans un chiffon. La route vers Sesfontein est belle, au milieu d’un relief prononcé. La première partie du parcours est giboyeuse à souhait : Springboks, oryx et girafes. La piste est assez roulante mais franchement cassante avec des pentes raides et des cailloux aux angles aigus.

Sur un tronçon ni plus difficile ni plus caillouteux que les autres, notre pneu arrière gauche explose sans préavis. Le pneu qui jusqu’ici paraissait indestructible avec sa carapace de caoutchouc, est fendu sur plusieurs centimètres sans qu’un événement particulier ne se soit passé. Une pierre a dû toucher le crampon d’Achille ! Cela semble irréparable au premier coup d’œil. Ça cogite sec sous les casques, car à ce tarif, nous pouvons crever quasiment n’importe quand ! Heureusement nous avons un deuxième pneu de rechange comme sécurité. Alors que nous paraissions seuls, un homme sort de nulle part et nous propose 20 N$ pour changer la roue. Top là ! A y réfléchir, vu l’état de la route, il n’aurait pas fallu dépasser les 60 km/h pour limiter la probabilité de crever …

L’arrivée au camping de Warmquelle mériterait d’être inscrite au Paris Dakar. La piste est défoncée et très pentue pour descendre dans le lit de la rivière. Sans 4X4, cela semble impraticable. Juste avant, des enfants en guenilles accourent au son du moteur pour nous vendre du bois (du Mopane, le bois usuellement utilisé, rouge très dur et qui fait de supers braises). Ces petits êtres qui se débattent déjà pour « gagner leur vie » laissent une emprunte dans l’esprit de nos enfants confortablement assis dans le 4x4 . Le camping est idéalement placé, près des bains tièdes qui feront office de piscine. Après la cascade qui l’alimente, nous remontons le ruisseau d’eau chaude entouré de verdure sur plusieurs centaines de mètres. La soirée fut calme et réparatrice, baignée dans un vent chaud, éclairée par notre feu et les multiples bougies du camping disposées le long des chemins. Belle ambiance.
Purros : le village du bout du monde

Départ vers 8h30 pour Sesfontein, étape indispensable pour faire le plein de victuailles, d’eau et d’essence pour plusieurs jours ainsi que pour réparer le pneu avant la route de Purros. L’arrivée fut surprenante. Ce n’est pas une ville, ni vraiment un village, c’est juste un regroupement de quelques habitants, avec quand même une station service et un petit magasin très rudimentaire de quelques étals de produits de première nécessité : riz, pâtes, maïs, sel, … Il faut faire avec, mais c’est, comment dire, troublant. Nous partons donc vers Purros avec une seule roue de secours et le minimum vital, mais l’essentiel. Comme pour l’étape précédente, les 40 premiers kilomètres sont un calvaire pour la voiture et surtout les pneus et les amortisseurs.

Après les collines, l’horizon s’élargit sur une plaine immense et totalement désertique, mêlant dunes de sable, dalles rocheuses et monts rocailleux. La piste traverse des zones de sable assez profond ocre ou jaune suivant la couche géologique d’affleurement.


Un régal de conduite. Sur le sable à bonne vitesse on a l’impression de planer. Le paysage, grandiose, enchanteur, bien que totalement dépouillé, abrite quelques girafes, gazelles et surtout des oryx. De quoi vivent-ils ?

L’arrivée à Purros, après 3 ½ heures de piste bien tassées, montre un petit village modeste au bout du monde, très étalé. Il faut dire qu’il y a de la place...


Nous suivons la piste du camping en plein désert, qui nous amène, après le passage sableux d’une rivière à sec, à la réception.

Le camping est vraiment magnifique, presque désert, avec eau potable et douches. Un gros arbre noueux aux branches tentaculaires marque le centre de notre nouveau monde. Un régal !

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. La douche du camping!Vers 15h30, nous partons à la chasse aux éléphants du désert. Pour cela nous remontons le lit de la rivière à sec, près du camping, ruban de verdure dans un océan minéral. Gare au sable et aux graviers propices à l’ensablement. La position 4x4 est plus que recommandée.

Ce fut le top ! Daktari pendant 2 heures, au milieu des dunes, du Fech Fech, des arbres.

Au détour des coins et recoins du coin, nous sommes tombés nez à nez avec nos premiers éléphants (du désert – plus respectueux des arbres parait-il ), et quelques girafes.


Le safari dut s’arrêter faute de lumière à la tombée de la nuit. Le repas fut grillé avec un feu de mopane et d’épines d’acacia. Elle n’est pas belle la vie ?
Des éléphants dans le camping!Purros - Opuwo : la piste avec un grand « P »
Après un repliage des tentes exemplaire, pendant que des éléphants taquinaient nos voisins de camping, nous passons au village pour déposer à l’école une partie de notre trésor scolaire. Bon accueil des professeurs et des élèves, un peu décalé avec la rencontre de deux mondes qui se découvrent, dans une vraie école qui se débat pour fonctionner. L’instit n’attend qu’une chose, c’est que nous partions, impatient de voir ce qu’il y avait dans les sacs remis.
Go pour l’aventure d’une piste visiblement très peu fréquentée et jamais décrite dans les carnets de voyage. Une petite inquiétude reste en toile de fond. Pourvu que les pneus et la voiture tiennent car c’est sans filet.
La route est caillouteuse, envoûtante, inoubliable, avec des moments forts : nous découvrons ce qu’est vraiment la tôle ondulée. Nous avons connu un peu le phénomène précédemment, mais là, à basse vitesse, c’est tout simplement in-sou-te-nable. Tout vibre avec une telle intensité que l’on se demande si le véhicule ne va pas tomber en pièces détachées. Nous accélérons et dès que la vitesse dépasse les 70 Km/h, nous volons au-dessus des crêtes de l’ondulation, dans un silence relatif. La direction se fait alors légère et approximative le désert est total, immense. Le paysage est lunaire entre sable et cailloux.
Des arêtes rocheuses se dessinent à l’horizon. Nous observons quelques oryx énigmatiques comme des sphinx, sur fond de « mirage ». M’enfin, mais que font-ils là au milieu de rien ? Vers l’ouest, une sorte de brume au loin brouille la vue de la mer. C’est beau et venimeux à la fois.
Pfffff ! dans un dernier soupir, notre pneu arrière droit vient d’éclater. Aïe Aïe, Aïe ! Cela se complique. Nous avons mangé notre marge de sécurité et nous sommes au taquet encore très loin de tout. C’est toujours aussi beau autour de nous, mais ça commence à jouer des castagnettes avec les genoux dans la tribu. Autre effet « kiss cool », le deuxième pneu de rechange est dans le coffre. Non, pas là, tout au fond et à gauche, de sorte qu’il faut tout vider pour l’extirper. Grrr.
Une voiture de journalistes suddafs rencontrés à Warmquelle arrive à notre hauteur. Comme nous avons de quoi changer, ils redémarrent sans autre forme de procès. Re grrrr . La solidarité joue à plein régime dans le coin. M’en fout, on y arrivera quand même sans vous !
Orupembé, tout le monde descend ! Sur la carte, c’est un village. C’est réconfortant un village. Quoi qu’il arrive on trouve de l’aide. Oui, mais dans le vrai monde, Orupembé c’est 5 maisons. Inutile de recompter, le compte y est, dont une case qui est un bar. Le juste nécessaire quoi. De la maison d’à côté du bar sort une jeune femme, plutôt chic, qui vous sert une bière ou un coca frais ! C’est un autre monde quand même. « Il y a du passage ces derniers temps » nous dit-elle sérieusement. «Une à 2 voitures par jour ». En effet, les affaires sont prospères. Ceci dit, on trouve un point d’eau à Orupembé ce qui en fait un carrefour pour tous les troupeaux du coin.
Il est donc probable que le village doit s’étaler hors de portée de vue. Côté ruminants, à part des cailloux, on a du mal à comprendre ce qu’ils peuvent bien brouter. Mais là encore, les troupeaux sont nombreux et très importants. Il y a à l’évidence une face cachée dans tout cela. En tout cas, l’endroit a retenu la curiosité de nos Sudaf préférés qui nous avaient doublés. Tant mieux, nous passons devant. C’est une sécurité en cas de crevaison et à cause de la poussière, il vaut mieux être les premiers …
Après Orupembé la piste devient encore plus vivante avec le relief qui rend une fois de plus le 4x4 indispensable. Trous, précipices, pentes fortes. Toute la panoplie est déployée pour vous faire passer un très bon moment… tant que tout se passe bien.
Au détour d’un virage, une révélation : une rencontre improbable entre des européens et quelques femmes et enfants Himbas . Nous nous arrêtons, gauches, un peu méfiants et empruntés. Visiblement ils n’ont pas plus l’habitude des peaux blanches que nous des tribus hors du temps et de l’espace. Nous n’avons aucun langage en commun si ce n’est la gestuelle. Les femmes sont naturelles, joyeuses, très bavardes et ne demandent qu’à échanger. Nous arrivons globalement à nous comprendre en mimant les choses.
Elles sont fascinées par les enfants et notamment Robin avec sa chevelure rousse à larges boucles. Terrorisé Robin se cachera dans la voiture entre les pédales et le volant. Il faut dire qu’elles sont impressionnantes avec leur peau et tous leurs vêtements ocres. Elles sont belles, élancées et très élégantes, couvertes de bijoux. Nous leur laissons un bidon d’eau et une couverture, sans aucune demande de leur part. Avons-nous bien fait ? Une belle rencontre marquante pour tous qui a elle seule vaut le détour de Purros. Nous arrivons à un village que nous croyons être Otjiu et son camping. Ereintés, après une journée de piste, nous cherchons le fameux « Campsite ». Erreur, malheur. Nous ne le trouverons pas car il n’existe pas. Ce n’est pas le bon village. Pour marquer quand même le coup, nous nous ensablerons une bonne heure. C’est après avoir regonflé les pneus que nos sauveurs sont arrivés. Un couple joyeux de Suisses baroudeurs en 4x4. « Suivez nous, nous allons à Opuwo. Si vous crevez, nous vous aiderons. Vous n’aurez qu’à faire des appels de phare». L’enfer est pavé des meilleures intensions. On comprend immédiatement ce que veut dire mordre la poussière. Derrière une autre voiture, c’est tout simplement inroulable. C’est pire que le brouillard. Dans les parties de fech fech, il y a dans l’air une telle quantité de poussière en suspension qu’il n’y a pas d’autre alternative que de faire du hors piste ou de s’arrêter. La piste commence à traverser des villages et les arbres sont fréquents. Adios le désert. Nous trouvons avant le coucher du soleil le camping tant attendu (pour éviter de rouler de nuit et ne rien voir). Nous rattrapons donc nos suisses pour leur faire des appels de phares et ainsi décrocher. Rien à faire. Ils ne verront jamais notre signal, nous obligeant par correction à les suivre pour éviter qu’ils ne fassent marche arrière pour nous retrouver.
C’est ainsi que certainement le périple le plus passionnant du voyage se termina au camping du lodge d’Opuwo, un peu déçus de finir de nuit, après 12 heures d’une quête de l’évasion inoubliable. Si c’était à refaire, nous repartirions immédiatement.Opuwo : le repos des guerriers Le camping du lodge est d’un charme tout britannique avec ses emplacements tout rikiki et ses pelouses moelleuses. L’endroit n’est pas particulièrement attachant mais il est confortable et propice à récupérer notre potentiel pour continuer la route. Opuwo est une ville, une vraie, pleine d’activité, avec tout le nécessaire habituel de nos villes européennes, mais si rare dans la région : éclairage de la rue principale la nuit, hôpital, banques, magasins, supermarchés, poste de police, école et j’en passe … . C’est un carrefour en plein essor avec des constructions qui fleurissent partout. Des Himbas en « costume » côtoient sans complexe des héréros (avec pour les femmes leur chapeau à « cornes de tissu ») et des individus en habits plus conventionnels. Tout ce petit monde très exotique vaque à ses occupations en toute sérénité le long des routes.
Nous en profitons pour refaire le plein de tout et pour tenter de changer les pneus.
Au supermarché, nous rencontrons nos journalistes sudafs de la route de Purros, l’aide de Gary, notre sauveur du camping du premier jour et nos suisses qui ne connaissent pas les appels de phares. Le monde est petit.
Choisissant un des réparateurs de pneu au hasard, le mécano, un grand namibien filiforme, inspecte en dodelinant de la tête mes pneus largement ouverts et à mon avis irréparables. « Je vais les réparer » finit-il par lâcher.
En mon for intérieur je n’y crois pas une seconde, mais comme il semble sûr de lui et qu’en cas d’insuccès je ne paie rien, je tente.
L’homme s’affère sur la gomme en connaisseur : il perce, rabote, cisaille, met de l’essence dans la partie interne. Vache ! Ils sont débrouillards ces africains ai-je pensé. Alors que nous aurions jeté ce pneu, je ne sais pas trop par quelle alchimie, il va réussir à le « ressouder ».
Ensuite il évacue l’essence sans la brûler, met une grosse rustine sur la partie interne, regonfle et se relève satisfait de l’opération. « Voilà ! ».
« Comment ça voilà ? » L’hernie du pneu dépasse de 5 cm, mais le pneu reste bien gonflé. Sur du bitume, je dois pouvoir faire au moins 1 km sans crever et sur piste 100 à 200 mètres. Déconcertant. Impossible de ne pas sourire devant une telle imposture.
Du coup, je téléphone à notre loueur qui nous indique le seul endroit où je pourrai trouver 2 pneus (un supermarché). Avoir une assurance pneu c’est bien, même franchement raisonnable. Mais encore faut-il trouver des pneus ! Par chance, il en restait juste 2 .
Le vendeur n’effectuant aucun montage, je retourne chez mon mécano bricolo en plein après midi. Ce devait être l’heure de la sieste car il fallut presque 2 heures pour monter les 2 pneus. Ce ne fut pas de la mauvaise volonté de sa part, mais visiblement l’affaire est une question de tempo. Quand il est allé chercher le gros démonte pneu qui était à 3 mètres de lui, je me suis surpris à penser « apporte lui et on va gagner facilement 5 minutes ». C’est quand même un autre rythme…Les lodges ont du bon. La fin d’après midi fut passée à la piscine (froide) devant un panorama imprenable et le repas du soir au restau. Soyons fous !

Les Himbas : rencontre du 3ème type Lever 6h30 pour reprendre les bonnes habitudes. Tentes pliées, douches, petit déjeuner et à 8h00 nous sommes à la réception du lodge pour un programme spécial Himba. Les Himbas, nous explique notre guide bilingue (anglais et Himba - absolument indispensable sinon il n’y a pas d’échange) sont un petit peuple de bergers, fiers, pacifiques, aux traditions aux antipodes des nôtres. Vivant en petites communautés semi-nomades dans des huttes, ils sont en symbiose avec Dame nature qui leur délivre de quoi vivre harmonieusement et sans excès (ce qui est tout le contraire de nous qui sommes en perpétuelle fuite en avant). Après un parcours sur de petites pistes au milieu de la savane, nous rejoignons, avec un couple de hollandais également du voyage, le village «typique» choisi par notre guide. ...
......
Celui-ci n’est effectivement pas fait de carton pâte et ceux qui y logent ne sont pas venus en représentation.
Au milieu de nombreuses femmes de tous les âges qui travaillent et discutent assises sur le sol entourées d’enfants, un vieux chef philosophe pense sur son tabouret. Tous sont habillés de façon traditionnelle mais là aussi, ce n’est visiblement pas un costume d’apparat. Nous sommes accueillis par une cascade de joyeux « Moro moro moro» plutôt chaleureux, après moult explications de notre guide sur les us et coutumes du peuple Himba.
Les femmes sont souvent belles, grandes, élégantes et rayonnantes. Robin cette fois est sur le retrait mais n’est plus effrayé par ces créatures étranges, presque nues et à la fois entièrement habillées d’ocre et de bijoux (quelles fabriquaient lors de notre visite). Avec le guide comme intermédiaire, la discussion s’engage. Deux d’entre elles nous font visiter leur case et nous donnent des explications sur leur mode de vie au quotidien. Par exemple, les Himbas n’utilisent pas l’eau pour se laver mais de la vapeur parfumée avec des plantes aromatiques. Elles s’enduisent d’ocre sur tout le corps (mélange d’hématite et de graisse animale) ce qui leur donne cette couleur si particulière. « Pratique » constatèrent nos pitchouns prêts à adopter cette coutume. N’en déduisez pas que ces gens soient d’une hygiène douteuse, car c’est tout le contraire. D’ailleurs, un parfum plutôt très agréable se dégage de la case et de nos interlocutrices. Ici c’est le culte des enfants. Avec nos trois bambins, elles nous font comprendre que nous sommes des amateurs et que nous ne pouvons en rester là.
En sortant de la case le charme fut toutefois quelque peu rompu. Toutes les femmes étaient en cercle et nous attendaient pour nous vendre leurs bijoux. Finalement, sous ses atours de vieux sage toujours pensif, le chef est peut-être plutôt un commerçant contemplatif !
Hormis la surprise, tout ceci s’est déroulé dans un très bon esprit, « sans obligation d’achat ». De toute façon, comment partir sans bijoux Himbas d’autant que ceux-ci sont originaux, hand made by the Himbas et qu’a priori l’argent ne va pas à un intermédiaire … 
Disons que dans l’histoire, le village visité n’est pas tout à fait innocent en matière de tourisme et que notre guide ne l’a pas choisi vraiment au hasard. En fin de parcours, celui-ci leur donne comme présents du sucre, de la farine, des bonbons pour les enfants et … des glaçons. Cela ressemble à un compromis, que nous espérons raisonnable, pour les aider sans pour autant les rendre dépendants des quelques touristes. Pourvu que cela soit vrai. A suivre …
Cette rencontre fut très marquante pour tous. Merci à notre guide qui semble plus du côté Himba que du côté de l’industrie touristique. Ce fut un très grand moment du voyage, absolument inoubliable.
Bye Bye les Himbas ! Nous continuons notre route vers la ferme aux guépards, étape suivante et très attendue par les enfants.
La ferme aux guépards ou l’auberge des gros chatons En quittant Opuwo, nous quittons également toute l’ambiance si caractéristique du Kaokoland et de ses pistes. Une route en bitume avec certes quelques travaux qui nous obligent à reprendre une piste, nous mène à la Cheetah farm sans encombre et sans charme. Alors que les pistes sont empruntées par tous, troupeaux y compris, les routes ne semblent utilisées que par les voitures et camions. Or dans ce pays, ce n’est pas, loin s’en faut, ce que l’on trouve le plus… Le camping de la ferme aux guépards est large, rudimentaire mais avec le nécessaire et en pleine nature. Que demander de plus.
Le lendemain, comme la visite est à 15h00, nous avons la matinée à tuer. Le coin est assez sauvage, avec des grillages un peu partout autour du camping. Compte tenu de ce que l’on « cultive » ici, nous préférons nous en tenir à un programme assez sage : balade vers les arbres serpents (snake tree), à quelques kilomètres de l’entrée du camp. Pas de doute, on les reconnaît tout de suite. Ils s’enroulent autour d’un arbre hôte à la manière d’un boa. Le simple poinçon d’un ongle suffit à faire couler une sève blanche. L’endroit d’ailleurs dégage une atmosphère étrange que les enfants qualifieront de « jardin de sorcière ».
A 15h00 la dite visite commence. Le propriétaire et son assistant, aux allures de Crocodile Dundee, embarquent tout le groupe présent au rendez-vous du camping (une bonne trentaine de personnes) dans plusieurs gros vieux pickups qui ressemblent à s’y méprendre à des bétaillères, en direction de la ferme habitée. Nous y rencontrons à nouveau notre couple de Hollandais sympas (qui était avec nous chez les Himbas) que nous retrouverons presque tous les soirs dans la suite du voyage sur sa partie Namibienne. Des guépards civilisés, cousins du lion Clarence, se laissent tripatouillés et caressés en allumant leur gros moteur interne à ronrons, pour la plus grande joie de tous (sous haute surveillance quand même). .......................................................
Vient ensuite le repas des gros matous qui n’en sont pas encore à mettre leur serviette autour du cou. Gros chats, gros appétits quand même.
De retour dans les « camions », nous partons pour les terrains de jeu de ceux qui se reposent dans ce havre de paix pour guépards avant d’affronter la vraie savane. L’ambiance est tout autre. Ici, il n’est pas question de tomber du 4X4, ce sont de vrais fauves qui nous entourent, d’autant que le convoi sonne pour eux l’heure du casse croûte. Un apéro ne se refuse pas. Au milieu du parcours le conducteur jette de belles pièces de viandes aux monstres. La lumière est belle, les couleurs automnales, le tout est plutôt très agréable et vaut bien le détour.
Le soir venu, le grand foyer allumé pour faire cuire la viande et nous réchauffer jeta vers le ciel un million de lucioles. A quelques heures de voiture du parc animalier d’Etosha pour le début des hostilités en matière de safari, nous sommes déjà proches de la moitié de l’aventure … 
FIN de la 1ère partie Pour accéder à la partie 2 :http://voyageforum.com/...post=1533449#1533449
Let's go in UK!
Bon, c'est un carnet de voyage qui va se faire au fur et a mesure sachant que le voyage commence mardi 23 mai.
Mardi 23 Mai : J'arrive facilement en stop a l'aeroport de Montpellier pour partir a Londres via Ryan air. L'avion part, je suis cote hublot et je suis assis a cote d'un anglais sympathique mais semblant parler surtout par politesse. Comme je me suis amuse a preparer mon sac la veille, je me suis couche tard ce qui fait que je passe mon voyage a dormir. Je me reveille juste pour l'aterrissage, ce fut l'un de mes trajets les plus courts de ma courte vie de voyageur. Arrive a l'aeroport, je sais que je suis a une trentaine de kilometres de Londres. J'ai des amis pouvant m'y herberger, je commence a faire du stop pour y aller. Il commence a pleuvoir, j'ai l'impressin que ce qu'on dit sur le climat anglais n'est pas exageration. Je suis pris en stop assez vite, le conducteur, un somalien, est plutot sympathique. Au bout de 10 minutes, je vois une vignette sur la boite a gants : Max passenger : 6. J'ai peur de comprendre. "- Are you a taxi driver? Yes Er... Will I have to pay? Yes Well... Er.. How much? 60£"
Erf, 100 euros dans la tete pour aller jusqu'a Londres. Je l'ai senti passer. Surtout que c'est pas un taxi qui fait payer selon la distance, qu'on fasse trois metres ou cent kilometres, ca me coute autant... Je commence a appeler mes contacts sur Londres, pas moyen de les joindre. J'en avais 5 et personne qui daigne repondre...
Finalement, j'arrive a joindre ma cousine une fois qu'on arrive en ville. Elle habite dans le Sud Ouest et nous nous trouvons au Nord est, evidemment. Il nous faut deux heures pour traverser la ville et mon chauffeur joue le guide, je decouvre la tour de londres, big ben, et autres. Je decouvre les grands parcs de Londres, ca fait rever quand meme. Mais bon, temps pourri.
Je retrouve ma cousine a hammersmith, elle vit dans une residence pour jeunes completement delabree. Ils sont a quatre dans 20 metres carre. On m'explique que je n'ai pas le droit d'etre la, que je devrai me cacher du manager de l'etablissement.
Enfin, bon, on me presente les gens de la residence, je retiens quatre des vingt prenoms qu'on me presente. La soiree s'enchaine tranquillement. Bon, petite particularite, tout le monde parle francais, pour ameliorer mon anglais, on a vu mieux...
Euh, la je vais devoir faire vite mais j'elaborerai quand je reviendrai. Le manager a fini par se rendre compte de mon existence mercredi soir et m'a demande, hier, si j'avais dormi dans son etablissement, je nie, evidemment et pars en quete d'un autre logement dans Londres. Je squatte un ordinateur dans une agence pour acceder au net gratuitement et je recherche sur des sites style hospitalityclub et couchsurfing des gens pouvant me loger sur Londres jusqu'a mercredi, jour ou je quitterai Londres pour Birmingham. J'ai rencontre un couple de francais qui vivent sur Londres, dans le quartier juif, hier, dans le bus et sont apparemment pret a m'heberger. Je me la joue homeless guy mais c'est vrai que je suis dans une drole de situation.
Mardi 23 Mai : J'arrive facilement en stop a l'aeroport de Montpellier pour partir a Londres via Ryan air. L'avion part, je suis cote hublot et je suis assis a cote d'un anglais sympathique mais semblant parler surtout par politesse. Comme je me suis amuse a preparer mon sac la veille, je me suis couche tard ce qui fait que je passe mon voyage a dormir. Je me reveille juste pour l'aterrissage, ce fut l'un de mes trajets les plus courts de ma courte vie de voyageur. Arrive a l'aeroport, je sais que je suis a une trentaine de kilometres de Londres. J'ai des amis pouvant m'y herberger, je commence a faire du stop pour y aller. Il commence a pleuvoir, j'ai l'impressin que ce qu'on dit sur le climat anglais n'est pas exageration. Je suis pris en stop assez vite, le conducteur, un somalien, est plutot sympathique. Au bout de 10 minutes, je vois une vignette sur la boite a gants : Max passenger : 6. J'ai peur de comprendre. "- Are you a taxi driver? Yes Er... Will I have to pay? Yes Well... Er.. How much? 60£"
Erf, 100 euros dans la tete pour aller jusqu'a Londres. Je l'ai senti passer. Surtout que c'est pas un taxi qui fait payer selon la distance, qu'on fasse trois metres ou cent kilometres, ca me coute autant... Je commence a appeler mes contacts sur Londres, pas moyen de les joindre. J'en avais 5 et personne qui daigne repondre...
Finalement, j'arrive a joindre ma cousine une fois qu'on arrive en ville. Elle habite dans le Sud Ouest et nous nous trouvons au Nord est, evidemment. Il nous faut deux heures pour traverser la ville et mon chauffeur joue le guide, je decouvre la tour de londres, big ben, et autres. Je decouvre les grands parcs de Londres, ca fait rever quand meme. Mais bon, temps pourri.
Je retrouve ma cousine a hammersmith, elle vit dans une residence pour jeunes completement delabree. Ils sont a quatre dans 20 metres carre. On m'explique que je n'ai pas le droit d'etre la, que je devrai me cacher du manager de l'etablissement.
Enfin, bon, on me presente les gens de la residence, je retiens quatre des vingt prenoms qu'on me presente. La soiree s'enchaine tranquillement. Bon, petite particularite, tout le monde parle francais, pour ameliorer mon anglais, on a vu mieux...
Euh, la je vais devoir faire vite mais j'elaborerai quand je reviendrai. Le manager a fini par se rendre compte de mon existence mercredi soir et m'a demande, hier, si j'avais dormi dans son etablissement, je nie, evidemment et pars en quete d'un autre logement dans Londres. Je squatte un ordinateur dans une agence pour acceder au net gratuitement et je recherche sur des sites style hospitalityclub et couchsurfing des gens pouvant me loger sur Londres jusqu'a mercredi, jour ou je quitterai Londres pour Birmingham. J'ai rencontre un couple de francais qui vivent sur Londres, dans le quartier juif, hier, dans le bus et sont apparemment pret a m'heberger. Je me la joue homeless guy mais c'est vrai que je suis dans une drole de situation.
L'accueil pour un routard Noir en Afrique du Sud
Bonjour,
Je compte me rendre en Afrique du Sud dans quelques semaines. Etant noir moi-même, je me pose beaucoup de questions quant à "l'accueil" du pays.
Ayant déja un peu voyagé sur les 3 continents (Afrique - Asie -Amerique), j'ai bien entendu déja été confronté à des situations plus ou moins confortables, et mon humeur du moment n'est pas vraiment à la prise de tête en voyageant.
En d'autres termes, pourrait-on me refuser une chambre en auberge de jeunesse, en prétextant une raison bidon ? N'aurais-je pas plus de difficultés en sortant de Cap Town ?
Bien conscient que 40 années d'arpatheid ne se désintègrent comme ça pas dans la nature, je redoute quand même un peu ce trip.
Ya-t'il des noirs sur ce forum qui se sont déja rendus en Afrique du Sud ?
Cordialement.
Je compte me rendre en Afrique du Sud dans quelques semaines. Etant noir moi-même, je me pose beaucoup de questions quant à "l'accueil" du pays.
Ayant déja un peu voyagé sur les 3 continents (Afrique - Asie -Amerique), j'ai bien entendu déja été confronté à des situations plus ou moins confortables, et mon humeur du moment n'est pas vraiment à la prise de tête en voyageant.
En d'autres termes, pourrait-on me refuser une chambre en auberge de jeunesse, en prétextant une raison bidon ? N'aurais-je pas plus de difficultés en sortant de Cap Town ?
Bien conscient que 40 années d'arpatheid ne se désintègrent comme ça pas dans la nature, je redoute quand même un peu ce trip.
Ya-t'il des noirs sur ce forum qui se sont déja rendus en Afrique du Sud ?
Cordialement.
Octobre 2014, première fois dans l'Ouest américain
Présentation
Moi, c’est Christophe, bientôt 33 ans, Vendéen, je suis développeur informatique dans le jeu-vidéo. Il y a un an jour pour jour, le 05 Octobre 2014, je partais pour mon premier vrai voyage à l'étranger : 3 semaines dans l'ouest des Etats-Unis ! En voici l’histoire.
Les Préparations
L’aventure commença en Mars/Avril 2014 ou l’envie me prend de partir, faire un break, me changer les idées. Je décide donc de réaliser un rêve que j’ai depuis longtemps, faire un tour aux Etats-Unis et plus particulièrement l’Est, New-York/Washington/Miami. Je n’ai personne pour m’accompagner, c’est la première fois que je m’organise un voyage, je commence donc à regarder ce que propose internet, circuits organisés, tarifs etc…
Mais cela ne me convient pas puis je commence à regarder les blogs pour avoir plus d’infos et découvre qu’il existe des sites/forums qui proposent de placer des annonces pour rencontrer d’autres personnes ayant les même projets. C’est à ce moment que je découvre le site du routard, voyage-forum et d’autres. Peu de personnes proposent l’Est alors je réponds à des annonces pour l’Ouest puis poste la mienne, très vite je rentre en contact avec une dizaine de personnes dont deux sortent très vite du lot, Alexandre et Yoann qui veulent eux aussi faire un road trip dans l’ouest.
Après plusieurs mails et sessions Skype nous nous rencontrons une journée à Bordeaux fin juin, nous discutons, apprenons à nous connaître, parlons des lieux à visiter etc… Nous sommes tous les trois ok pour partir ensemble, je propose un éventuel quatrième compagnon afin d’alléger les prix, ils sont d’accord. Je remis alors une annonce et répondu à d’autres et une personne accepte très vite de nous accompagner : Olivia. Elle prévoit un plus long voyage mais sera sur la côte ouest sur la même période.
Nous continuons nos échanges, préparons un trajet etc… Puis Alexandre se désiste pour des raisons personnelles. Olivia, Yoann et moi décidons alors de rechercher un remplaçant, et rencontrons Séverine. A ce moment-là nous cherchons et réservons les logements, la voiture, les billets d’avions. Mais à une semaine du départ, elle nous annonce qu’elle ne pourra venir, elle a une blessure au pied qui l’oblige à avoir des béquilles, elle ne pourra pas conduire et ne veut pas nous ralentir. Nous serons donc au final que trois et cela ne sera pas plus mal.
Le Trajet
Pour le parcours nous avons décidé de laisser faire nos envies et selon les événements prévus ou imprévus et surtout par rapport aux dates que nous avons fixé, en effet nous avons réservé uniquement dans les grandes villes.
- 05 : Maison – Nantes – Paris – San Francisco - 06-07-08 : San Francisco - 09 : San Francisco – Oakhurst - 10 : Yosemite – Mammoth Lakes - 11 : Mammoth Lakes – Death Valley – Las Vegas - 12 : Las Vegas - 13 : Las Vegas – Springdale - 14 : Zion - Hatch - 15 : Bryce Canyon – Page - 16 : Lac Powell - 17 : Antelope Canyon – Mexican Hat - 18 : Monument Valley – Four Corner – Monticello - 19 : Canyon Land – Moab - 20 : Arches – Flagstaff - 21 : Grand Canyon – Williams - 22 : Williams – Seligman – Bagdad Cafe – Los Angeles - 23/24 : Los Angeles - 25/26 : Los Angeles – Paris – Nantes – Maison
Le départ
Le 05 Octobre 2014, c’est le jour du départ, je me lève très tôt, l’aéroport de Nantes est à une heure de route, c’est ma sœur et mon beau-frère qui m’amène et je dois y être pour 6 H du matin, l’avion décollant à 8 H direction Paris Charles de Gaulle. C’est la première fois que je prends l'avion. Je suis ravi, mais la sensation d'oreilles bouchées après le décollage me perturbe, qu'est-ce qu'il se passe ? Rien de bien méchant me dit ma voisine de siège, c'est l'altitude, il faut juste bailler ou faire sembler et les oreilles se débouchent. Premier point positif, je n'ai pas peur de l'avion et j'aime plutôt ça. Arrivé à Paris, j'attends Yoann, qui lui arrive de Bordeaux une heure après moi, puis nous nous rendons à la porte d’embarquement de notre prochain vol, Il me guide car il connaît déjà et nous patientons calmement. Puis l’heure est enfin arrivé, nous montons à bord du plus gros avion actuellement en circulation : l’A380.

Tout se passe bien, l’avion part à l’heure, pour m’occuper je commence à regarder ce que propose l’écran devant moi, jeux, films, le plan de vol et même une vue de l’avion en vol.

Les repas sont bons, je ferme les yeux pour me reposer mais je n’arrive pas à dormir. Puis je regarde de temps à autre à travers le hublot et là que dire, c’est magnifique, nous sommes au-dessus de l’Islande avec ses montagnes enneigées.

Après 11 heures de vol, le commandant de bord indique qu’il commence la descente, je ne lâche plus le hublot et regarde admirativement les paysages que nous survolons. Des grandes étendues désertiques, des montagnes, des lacs, des villes et puis La Ville : San Francisco et son fameux Golden Gates. Merveilleux, ça y’est enfin j’arrive.


L’atterrissage se passe très bien, nous passons l’immigration assez rapidement, récupérons nos bagages et voilà nous sortons de l’aéroport pour fouler le sol américain, la première fois pour moi, que du bonheur.

A suivre ...
Moi, c’est Christophe, bientôt 33 ans, Vendéen, je suis développeur informatique dans le jeu-vidéo. Il y a un an jour pour jour, le 05 Octobre 2014, je partais pour mon premier vrai voyage à l'étranger : 3 semaines dans l'ouest des Etats-Unis ! En voici l’histoire.
Les Préparations
L’aventure commença en Mars/Avril 2014 ou l’envie me prend de partir, faire un break, me changer les idées. Je décide donc de réaliser un rêve que j’ai depuis longtemps, faire un tour aux Etats-Unis et plus particulièrement l’Est, New-York/Washington/Miami. Je n’ai personne pour m’accompagner, c’est la première fois que je m’organise un voyage, je commence donc à regarder ce que propose internet, circuits organisés, tarifs etc…
Mais cela ne me convient pas puis je commence à regarder les blogs pour avoir plus d’infos et découvre qu’il existe des sites/forums qui proposent de placer des annonces pour rencontrer d’autres personnes ayant les même projets. C’est à ce moment que je découvre le site du routard, voyage-forum et d’autres. Peu de personnes proposent l’Est alors je réponds à des annonces pour l’Ouest puis poste la mienne, très vite je rentre en contact avec une dizaine de personnes dont deux sortent très vite du lot, Alexandre et Yoann qui veulent eux aussi faire un road trip dans l’ouest.
Après plusieurs mails et sessions Skype nous nous rencontrons une journée à Bordeaux fin juin, nous discutons, apprenons à nous connaître, parlons des lieux à visiter etc… Nous sommes tous les trois ok pour partir ensemble, je propose un éventuel quatrième compagnon afin d’alléger les prix, ils sont d’accord. Je remis alors une annonce et répondu à d’autres et une personne accepte très vite de nous accompagner : Olivia. Elle prévoit un plus long voyage mais sera sur la côte ouest sur la même période.
Nous continuons nos échanges, préparons un trajet etc… Puis Alexandre se désiste pour des raisons personnelles. Olivia, Yoann et moi décidons alors de rechercher un remplaçant, et rencontrons Séverine. A ce moment-là nous cherchons et réservons les logements, la voiture, les billets d’avions. Mais à une semaine du départ, elle nous annonce qu’elle ne pourra venir, elle a une blessure au pied qui l’oblige à avoir des béquilles, elle ne pourra pas conduire et ne veut pas nous ralentir. Nous serons donc au final que trois et cela ne sera pas plus mal.
Le Trajet
Pour le parcours nous avons décidé de laisser faire nos envies et selon les événements prévus ou imprévus et surtout par rapport aux dates que nous avons fixé, en effet nous avons réservé uniquement dans les grandes villes.
- 05 : Maison – Nantes – Paris – San Francisco - 06-07-08 : San Francisco - 09 : San Francisco – Oakhurst - 10 : Yosemite – Mammoth Lakes - 11 : Mammoth Lakes – Death Valley – Las Vegas - 12 : Las Vegas - 13 : Las Vegas – Springdale - 14 : Zion - Hatch - 15 : Bryce Canyon – Page - 16 : Lac Powell - 17 : Antelope Canyon – Mexican Hat - 18 : Monument Valley – Four Corner – Monticello - 19 : Canyon Land – Moab - 20 : Arches – Flagstaff - 21 : Grand Canyon – Williams - 22 : Williams – Seligman – Bagdad Cafe – Los Angeles - 23/24 : Los Angeles - 25/26 : Los Angeles – Paris – Nantes – Maison
Le départ
Le 05 Octobre 2014, c’est le jour du départ, je me lève très tôt, l’aéroport de Nantes est à une heure de route, c’est ma sœur et mon beau-frère qui m’amène et je dois y être pour 6 H du matin, l’avion décollant à 8 H direction Paris Charles de Gaulle. C’est la première fois que je prends l'avion. Je suis ravi, mais la sensation d'oreilles bouchées après le décollage me perturbe, qu'est-ce qu'il se passe ? Rien de bien méchant me dit ma voisine de siège, c'est l'altitude, il faut juste bailler ou faire sembler et les oreilles se débouchent. Premier point positif, je n'ai pas peur de l'avion et j'aime plutôt ça. Arrivé à Paris, j'attends Yoann, qui lui arrive de Bordeaux une heure après moi, puis nous nous rendons à la porte d’embarquement de notre prochain vol, Il me guide car il connaît déjà et nous patientons calmement. Puis l’heure est enfin arrivé, nous montons à bord du plus gros avion actuellement en circulation : l’A380.

Tout se passe bien, l’avion part à l’heure, pour m’occuper je commence à regarder ce que propose l’écran devant moi, jeux, films, le plan de vol et même une vue de l’avion en vol.

Les repas sont bons, je ferme les yeux pour me reposer mais je n’arrive pas à dormir. Puis je regarde de temps à autre à travers le hublot et là que dire, c’est magnifique, nous sommes au-dessus de l’Islande avec ses montagnes enneigées.

Après 11 heures de vol, le commandant de bord indique qu’il commence la descente, je ne lâche plus le hublot et regarde admirativement les paysages que nous survolons. Des grandes étendues désertiques, des montagnes, des lacs, des villes et puis La Ville : San Francisco et son fameux Golden Gates. Merveilleux, ça y’est enfin j’arrive.


L’atterrissage se passe très bien, nous passons l’immigration assez rapidement, récupérons nos bagages et voilà nous sortons de l’aéroport pour fouler le sol américain, la première fois pour moi, que du bonheur.

A suivre ...
An 80-Day Tour of Southern Africa
An 80-Day Tour of Southern Africa
Back in South Africa
January 12, 2013, 5:30 AM, Flight BA043 London-Cape Town
Directly below, Windhoek glittered like a tangle of fairy lights still lit and tossed into a box.
The horizon, edged in purple, was setting up a backup fireworks display, and suddenly, like a cherry on the platter and with unbearable intensity, in less than two minutes the entire sun revealed a gray dam and then a vast, untouched massif.
A few more minutes and the glare to the east of the plane was total. In Africa, the sun is swift.
We still had a France to cross before landing, but it felt as if we were already there. To the west, the raking light revealed what looked like acne and long, swollen scars in a desert region that might be the Swartkloofberg. Further still, straight as far as the eye could see, the two parallel tracks of a dirt road.
At 11,500 meters altitude and 940 km/h, we had a sense of stillness until the Orange River appeared, an incongruous serpent, gray edged with green.
The first South African settlements were dotted with trees providing shade, then rivers highlighted by continuous lines of vegetation.
Water and shade that make life possible.
We’ll return here by the backroads.
Half an hour from Cape Town, the plane tilted toward the sea, crossing plantations (likely citrus) and then an explosion of cultivated greenery in circles on either side of an unruly river. Finally, the coastline was no longer just sand and water—a frothy hem, a suture?
A peninsula came into view, forming two magnificent bays, and... a flight attendant firmly instructed me to return to my seat: we’d arrived!
The Colors of Cape Town
The city was dressed up as I like them—deserted, fluid, free of its vendors.
In the parking lot of the endless beach next to the commercial port north of the city, about two hundred people were unloading their goods in front of their pickups or combis, none of which were from this century: mixed-race, ageless Black people, and white folks who looked like they’d stepped out of another era.
After a few minutes, intrigued, I played a game: first looking at the merchandise, then imagining who was selling it, and finally looking at who was actually manning the stall. Tall Black vendors were selling what they often sell in Europe—leather, sunglasses, watches; mixed-race folks offered discount bundles, and the tanned older white people seemed to have emptied their attics.
We left with an antique tin kettle for morning tea over an open fire, a pack of five exercise books (that’s 600 pages to fill), Bill Bryson’s earliest stories in English, some snoek rillettes (a local fish), and—never seen before—tuna biltong and snoek biltong.
In so-called advanced countries, Sunday is for sports: white cyclists dressed like pros sweating diligently, Black street vendors running in loops at red lights to sell trash bags that day; white golfers losing their balls, which a scantily clad Black man retrieves from the water; under the sails of kite surf boards, it’s all blondes, and in the foam, joyful splashes from a bunch of Black kids.
Searching for an unusual spot for lunch, we drove through the fishing port looking for a dive and, at the end of a dead-end road with no warning, we arrived at the Shimmy Beach Club—quite the program.
The place, open for just three weeks, aims to be ultra-trendy. You could be in San Francisco, Lisbon’s docks, or St. Barth. This time, the "visible" staff was diverse, but the clientele was exclusively white, except for one mixed-race couple.
For this Sunday lunch, the women had pulled out all the stops, and local starlets—who’d make ours look tame—were turning the terrace into a frenzy.
At Cape Town’s port, the girls have *port*. The trend seems to be crochet dresses over swimsuits.
For two hours, a team of employees watered and raked the sand, starting over when they finished. A child in a floaty pink dress and a gold headband, but a future adventurer, stepped onto the freshly raked artificial beach sand for the first time.
A lanky mixed-race man dragged a hose across the ground, followed by a white woman—enchanted?—who then started watering the sand herself, carelessly splashing the glass terrace her colleague had just swept. I suspect a tacit work arrangement to keep everyone employed.
A galleon packed with tourists (are there any in the hold? Does it take tourists to Robben Island?) left the port. A helicopter took off in its wake. Trawlers returned, cutting through a ballet of catamarans, their waterlines well above the water: a bad catch.
If there’s one country where you can’t pretend to ignore skin color, it’s this one. The question is in everyone’s mind, and here more than anywhere else, it’s a decisive economic and political factor.
Columbine of Brittany
200 km north of Cape Town and 9,000 km south of the Breton coast, but on the same cold ocean, we camped on the shore of the Columbine Cape Nature Reserve, sheltered by a rocky chaos that, at first light tomorrow, would transport us to Perros-Guirec.
Our first encounter with wild animals wouldn’t end well for them: it was crayfish season, and they were the size of lobsters at Lorient’s fish market. Bought for R60 (5.5 €) a pair from kids in Pater Noster, they’d end up between two rocks, over a fire. But first, we had to pair the Chenin blanc with some snoek biltong.
With no wood, I lit a fire at dawn with dried seaweed and kelp, as if petrified; it gave off a smell of court-bouillon and... tires. Two hundred fathoms away, on an outpost, an army of cormorants stood at attention, unmoved among the frolicking seals.
At the reserve’s exit, the guard spoke French; Patrick Mwanba had arrived from Congo three years earlier to study, but the cost of living here forced him to drop out. He’d like to return home because life is cheaper there, but the war made him hesitate.
Ding ding dong! Vroom! Arf arf, Woof! Buzz! (A night from hell!)
I’d long planned to visit Calvinia, the center of a region known for extensive sheep farming. An excellent provincial museum, run by an enthusiastic curator, kept us too late to start the drive north.
So we camped in a tiny, charming campsite set up in the garden of a house. A few trees, a patch of resilient grass, and a view of a pretty lit-up steeple—what else?
Well, it turned out to be a sound-and-light show, with the pretty steeple chiming the hours and half-hours. Then suddenly, we were in the VIP stands of the Karoo-Kalahari Truck Race: roaring trucks paraded under our canvas windows, and we realized we were on the main road through town. To top it off, we enjoyed an uninterrupted canine cacophony, from the *arf arf* of little dogs to the *woof* of a mastiff. Oh, and some mosquitoes—the first ones—insisted on keeping us company in the tent, and we hadn’t yet bought the arsenal to neutralize them.
I walked through Calvinia at night; the house gardens weren’t fenced, nor did they have the «Armed Response» signs so common in the country.
The Kalahari Trails
(No, no, I haven’t converted to hiking.)
North of Calvinia, in the south of the Northern Cape, small towns follow one another up to Upington, about a hundred kilometers apart—welcome havens. Between them, with no trees in sight, we stopped in the shade of a motionless cloud: the temperature exceeded 40°C in mid-January.
We were almost out of the High Karoo and into a region of pans drying up, until the first red dunes appeared, precursors of the Kalahari. In the sparse veld vegetation, gatherings of quiver trees in the kopjes, and a caravan of camels without a handler or packs, marching in perfect formation across a pan (no, I hadn’t overdone the Windhoek at the last stop, and no, I wasn’t dehydrated enough to hallucinate).
The historic part of these towns, European in style, was built on the same plans as those in the American Midwest or the Australian Outback: a grid of streets wide enough to turn a wagon pulled by eight pairs of oxen. The architecture was Dutch-inspired, tropicalized with awnings.
Then came more recent housing, functional in style, where the wealthier mixed-race people—who make up the majority of this state—lived, and further on, the township, an assemblage of corrugated iron and plastic, like everywhere else.
Orange, Right Bank
North of Augrabies Falls National Park, on the other side of the Orange River, stretches a rugged and wild territory the size of fifty Groix islands, crisscrossed by a few tracks—the Riemvasmaak.
The inhabitants were driven out half a century ago for a military base, and as soon as President Mandela was elected, he made it a symbol by allowing the exiled populations to return. Several ethnic groups live here on almost nothing, in government-built shacks.
A community camp is set up in a small cirque at the end of a canyon that, while not in the history books, offers a good descent. By mid-afternoon, the air was at 44°C, but luckily there was a spring... except it was a hot spring, with water at 38°C. And they haven’t invented a reversible spring yet. Once the birds and baboons had settled in, in absolute silence and far from any light pollution, we enjoyed the stars like nowhere else (well, that’s what they claim in the region).
The Orange didn’t choose the easy path: arriving from Lesotho, it was almost at the ocean. The terrain to the south and north of this massif seemed easier to cross. Was it to avoid the curse of the Okavango, whose waters disappear into the sands without ever seeing the sea, that it chose this rocky route, thinking that at least the granite wouldn’t steal its water?
I Love You, I Eat You
In the dry bed of the Auob, it lay panting, head raised, alert, between its paws but head-to-tail, a tawny springbok, motionless.
A few minutes earlier, their story had been written in a lightning-fast chase, captured in photos by the driver of the car that alerted us.
It would be a long time before it started eating at the groin without breaking its surveillance.
Earlier, there was a lion lounging in the shade and hundreds of antelopes: springboks and gemsboks (oryx) in herds, hartebeests and steenboks alone. Strange pairs, apart several times, formed by a springbok and a gemsbok.
A few solitary jackals moved slightly sideways, looking furtive. Ostriches, alone, looking a bit dazed.
It was a lucky morning in the Kgalagadi (KTP).
In and Out
Kgalagadi, Nossob Camp.
We were at the very end of the almost-empty camp, ten meters from the fence, whose structure wouldn’t resist an elephant (though there aren’t any here), but it was electrified.
At dusk, on the other side, ten meters away, three lions passed in a row, as if on parade, seemingly focused on their goal and indifferent to the camp, though they glanced at it.
A jackal had gotten into the camp and was trying to get out without success while scavenging. I offered it two pieces of snoek biltong (Don’t feed the animals!) from three meters away—it smelled strong and had bones (bones in biltong!). When it passed by again, it sniffed but didn’t dare approach. Curled up in the chair, motionless, by the faint moonlight, I finally saw it come closer, grab the nearest piece, and move ten meters away to enjoy it (how many jackals know the finer points of sea biltong?). A little reassured, it came back for the second piece.
Another Morning
By morning, the jackal was gone, but our luck hadn’t left us. Two cheetahs again, who found me in the way and slowly moved toward a calmer shadow. Enough birds of prey to form a squadron, but they’re solitary hunters. Two ostriches busy with their dozen unruly chicks. And while we’re at it, a group of four Kalahari lions, sprawled under a thorny bush. Lots of oryx crossing the dunes and herds of red hartebeest. Kori bustards and secretary birds.
It was the first time the Kgalagadi had spoiled us so much.
Back in South Africa
January 12, 2013, 5:30 AM, Flight BA043 London-Cape Town
Directly below, Windhoek glittered like a tangle of fairy lights still lit and tossed into a box.
The horizon, edged in purple, was setting up a backup fireworks display, and suddenly, like a cherry on the platter and with unbearable intensity, in less than two minutes the entire sun revealed a gray dam and then a vast, untouched massif.
A few more minutes and the glare to the east of the plane was total. In Africa, the sun is swift.
We still had a France to cross before landing, but it felt as if we were already there. To the west, the raking light revealed what looked like acne and long, swollen scars in a desert region that might be the Swartkloofberg. Further still, straight as far as the eye could see, the two parallel tracks of a dirt road.
At 11,500 meters altitude and 940 km/h, we had a sense of stillness until the Orange River appeared, an incongruous serpent, gray edged with green.
The first South African settlements were dotted with trees providing shade, then rivers highlighted by continuous lines of vegetation.
Water and shade that make life possible.
We’ll return here by the backroads.
Half an hour from Cape Town, the plane tilted toward the sea, crossing plantations (likely citrus) and then an explosion of cultivated greenery in circles on either side of an unruly river. Finally, the coastline was no longer just sand and water—a frothy hem, a suture?
A peninsula came into view, forming two magnificent bays, and... a flight attendant firmly instructed me to return to my seat: we’d arrived!
The Colors of Cape Town
The city was dressed up as I like them—deserted, fluid, free of its vendors.
In the parking lot of the endless beach next to the commercial port north of the city, about two hundred people were unloading their goods in front of their pickups or combis, none of which were from this century: mixed-race, ageless Black people, and white folks who looked like they’d stepped out of another era.
After a few minutes, intrigued, I played a game: first looking at the merchandise, then imagining who was selling it, and finally looking at who was actually manning the stall. Tall Black vendors were selling what they often sell in Europe—leather, sunglasses, watches; mixed-race folks offered discount bundles, and the tanned older white people seemed to have emptied their attics.
We left with an antique tin kettle for morning tea over an open fire, a pack of five exercise books (that’s 600 pages to fill), Bill Bryson’s earliest stories in English, some snoek rillettes (a local fish), and—never seen before—tuna biltong and snoek biltong.
In so-called advanced countries, Sunday is for sports: white cyclists dressed like pros sweating diligently, Black street vendors running in loops at red lights to sell trash bags that day; white golfers losing their balls, which a scantily clad Black man retrieves from the water; under the sails of kite surf boards, it’s all blondes, and in the foam, joyful splashes from a bunch of Black kids.
Searching for an unusual spot for lunch, we drove through the fishing port looking for a dive and, at the end of a dead-end road with no warning, we arrived at the Shimmy Beach Club—quite the program.
The place, open for just three weeks, aims to be ultra-trendy. You could be in San Francisco, Lisbon’s docks, or St. Barth. This time, the "visible" staff was diverse, but the clientele was exclusively white, except for one mixed-race couple.
For this Sunday lunch, the women had pulled out all the stops, and local starlets—who’d make ours look tame—were turning the terrace into a frenzy.
At Cape Town’s port, the girls have *port*. The trend seems to be crochet dresses over swimsuits.
For two hours, a team of employees watered and raked the sand, starting over when they finished. A child in a floaty pink dress and a gold headband, but a future adventurer, stepped onto the freshly raked artificial beach sand for the first time.
A lanky mixed-race man dragged a hose across the ground, followed by a white woman—enchanted?—who then started watering the sand herself, carelessly splashing the glass terrace her colleague had just swept. I suspect a tacit work arrangement to keep everyone employed.
A galleon packed with tourists (are there any in the hold? Does it take tourists to Robben Island?) left the port. A helicopter took off in its wake. Trawlers returned, cutting through a ballet of catamarans, their waterlines well above the water: a bad catch.
If there’s one country where you can’t pretend to ignore skin color, it’s this one. The question is in everyone’s mind, and here more than anywhere else, it’s a decisive economic and political factor.
Columbine of Brittany
200 km north of Cape Town and 9,000 km south of the Breton coast, but on the same cold ocean, we camped on the shore of the Columbine Cape Nature Reserve, sheltered by a rocky chaos that, at first light tomorrow, would transport us to Perros-Guirec.
Our first encounter with wild animals wouldn’t end well for them: it was crayfish season, and they were the size of lobsters at Lorient’s fish market. Bought for R60 (5.5 €) a pair from kids in Pater Noster, they’d end up between two rocks, over a fire. But first, we had to pair the Chenin blanc with some snoek biltong.
With no wood, I lit a fire at dawn with dried seaweed and kelp, as if petrified; it gave off a smell of court-bouillon and... tires. Two hundred fathoms away, on an outpost, an army of cormorants stood at attention, unmoved among the frolicking seals.
At the reserve’s exit, the guard spoke French; Patrick Mwanba had arrived from Congo three years earlier to study, but the cost of living here forced him to drop out. He’d like to return home because life is cheaper there, but the war made him hesitate.
Ding ding dong! Vroom! Arf arf, Woof! Buzz! (A night from hell!)
I’d long planned to visit Calvinia, the center of a region known for extensive sheep farming. An excellent provincial museum, run by an enthusiastic curator, kept us too late to start the drive north.
So we camped in a tiny, charming campsite set up in the garden of a house. A few trees, a patch of resilient grass, and a view of a pretty lit-up steeple—what else?
Well, it turned out to be a sound-and-light show, with the pretty steeple chiming the hours and half-hours. Then suddenly, we were in the VIP stands of the Karoo-Kalahari Truck Race: roaring trucks paraded under our canvas windows, and we realized we were on the main road through town. To top it off, we enjoyed an uninterrupted canine cacophony, from the *arf arf* of little dogs to the *woof* of a mastiff. Oh, and some mosquitoes—the first ones—insisted on keeping us company in the tent, and we hadn’t yet bought the arsenal to neutralize them.
I walked through Calvinia at night; the house gardens weren’t fenced, nor did they have the «Armed Response» signs so common in the country.
The Kalahari Trails
(No, no, I haven’t converted to hiking.)
North of Calvinia, in the south of the Northern Cape, small towns follow one another up to Upington, about a hundred kilometers apart—welcome havens. Between them, with no trees in sight, we stopped in the shade of a motionless cloud: the temperature exceeded 40°C in mid-January.
We were almost out of the High Karoo and into a region of pans drying up, until the first red dunes appeared, precursors of the Kalahari. In the sparse veld vegetation, gatherings of quiver trees in the kopjes, and a caravan of camels without a handler or packs, marching in perfect formation across a pan (no, I hadn’t overdone the Windhoek at the last stop, and no, I wasn’t dehydrated enough to hallucinate).
The historic part of these towns, European in style, was built on the same plans as those in the American Midwest or the Australian Outback: a grid of streets wide enough to turn a wagon pulled by eight pairs of oxen. The architecture was Dutch-inspired, tropicalized with awnings.
Then came more recent housing, functional in style, where the wealthier mixed-race people—who make up the majority of this state—lived, and further on, the township, an assemblage of corrugated iron and plastic, like everywhere else.
Orange, Right Bank
North of Augrabies Falls National Park, on the other side of the Orange River, stretches a rugged and wild territory the size of fifty Groix islands, crisscrossed by a few tracks—the Riemvasmaak.
The inhabitants were driven out half a century ago for a military base, and as soon as President Mandela was elected, he made it a symbol by allowing the exiled populations to return. Several ethnic groups live here on almost nothing, in government-built shacks.
A community camp is set up in a small cirque at the end of a canyon that, while not in the history books, offers a good descent. By mid-afternoon, the air was at 44°C, but luckily there was a spring... except it was a hot spring, with water at 38°C. And they haven’t invented a reversible spring yet. Once the birds and baboons had settled in, in absolute silence and far from any light pollution, we enjoyed the stars like nowhere else (well, that’s what they claim in the region).
The Orange didn’t choose the easy path: arriving from Lesotho, it was almost at the ocean. The terrain to the south and north of this massif seemed easier to cross. Was it to avoid the curse of the Okavango, whose waters disappear into the sands without ever seeing the sea, that it chose this rocky route, thinking that at least the granite wouldn’t steal its water?
I Love You, I Eat You
In the dry bed of the Auob, it lay panting, head raised, alert, between its paws but head-to-tail, a tawny springbok, motionless.
A few minutes earlier, their story had been written in a lightning-fast chase, captured in photos by the driver of the car that alerted us.
It would be a long time before it started eating at the groin without breaking its surveillance.
Earlier, there was a lion lounging in the shade and hundreds of antelopes: springboks and gemsboks (oryx) in herds, hartebeests and steenboks alone. Strange pairs, apart several times, formed by a springbok and a gemsbok.
A few solitary jackals moved slightly sideways, looking furtive. Ostriches, alone, looking a bit dazed.
It was a lucky morning in the Kgalagadi (KTP).
In and Out
Kgalagadi, Nossob Camp.
We were at the very end of the almost-empty camp, ten meters from the fence, whose structure wouldn’t resist an elephant (though there aren’t any here), but it was electrified.
At dusk, on the other side, ten meters away, three lions passed in a row, as if on parade, seemingly focused on their goal and indifferent to the camp, though they glanced at it.
A jackal had gotten into the camp and was trying to get out without success while scavenging. I offered it two pieces of snoek biltong (Don’t feed the animals!) from three meters away—it smelled strong and had bones (bones in biltong!). When it passed by again, it sniffed but didn’t dare approach. Curled up in the chair, motionless, by the faint moonlight, I finally saw it come closer, grab the nearest piece, and move ten meters away to enjoy it (how many jackals know the finer points of sea biltong?). A little reassured, it came back for the second piece.
Another Morning
By morning, the jackal was gone, but our luck hadn’t left us. Two cheetahs again, who found me in the way and slowly moved toward a calmer shadow. Enough birds of prey to form a squadron, but they’re solitary hunters. Two ostriches busy with their dozen unruly chicks. And while we’re at it, a group of four Kalahari lions, sprawled under a thorny bush. Lots of oryx crossing the dunes and herds of red hartebeest. Kori bustards and secretary birds.
It was the first time the Kgalagadi had spoiled us so much.
Entre besoin et possibilité(s)
Salut.
Je me suis dit, qui mieux que des routards pour me conseiller ? me soutenir peut-être ?
Bon, je résume, je suis parvenu sur le site en faisant une recherche du genre "tout plaquer pour partir, c'est faisable ?".
En gros, j'ai une vie qui rime à rien, pas de métier, pas d'argent, pas de désirs particuliers, aucune vie sociale, des milliers d'euros de dettes (que je cherche pas à "fuir", je serais ravi de rembourser tout ça), santé physique minable ne me permettant pas de travailler, un âge "trop avancé" pour "rentrer dans les cases" du système français (au delà de 25 ans t'es plus un jeune, donc t'as plus "droit" à rien, écoles, formations, bourses, etc), pas vraiment de réussites personnelles dans le passé, financièrement, amoureusement, familialement c'est un désastre, bref, où que je me tourne, c'est le mur, la falaise, le black out, le border line.
J'ai perdu le fil, pas trouvé les bonnes personnes ou, au mieux, je n'ai pas su les garder. En gros, j'en suis à une espèce de "point zéro" glauque.
Donc là ma question existentielle se résume à rester en europe et frôler un genre de suicide, qu'il soit réel ou social ou les deux, ou me barrer, tirer un trait, partir du principe qu'on a qu'une vie et que son seul intérêt est qu'elle soit... intéressante (ben oui, hein), riche en émotions, porteuse de désirs, d'espoirs.
Là, au point où j'en suis, demain je pourrais me casser le cou dans ma baignoire, personne s'en rendrait compte avant plusieurs semaines. Il y a une réalité particulièrement mal aisée à assimiler quand on la découvre, c'est que l'intérêt qu'on porte aux autres n'est pas forcément réciproque. Oui je sais, 38 ans c'est tard pour piger ça.
Bon, en gros, je sais pas comment faire pour partir, sauver ma peau, en quelque sorte. Là j'en peux plus. Je me demande même plus si c'est raisonnable ou quoi. Bien sûr que ça ne l'est pas, à un tas de niveaux. Mais ça fait 20 ans que j' "essaie", ben rien à faire, je rentre pas dans les cases, dans le moule, ce système, cette société, me vomissent allégrement à chaque fois que je tente de m'y insérer. Ce n'est même pas du désespoir, c'est un constat simple et lucide. Comme a dit Coluche "la société ne veut pas de moi, qu'elle se rassure je ne veux pas d'elle".
En gros, histoire, vécu ou quoi, là je suis paumé, partir, oui, mais où, comment et surtout pourquoi faire ? Tout ce que je sais c'est qu'ils 'agit d'une question de survie, mentale, émotionnelle, morale.... Donc, je ne cherche pas à philosopher, tout ce que je sais c'est que je ne sais rien, mais je n'ai pas du avoir la bonne éducation, ou les bonnes expériences, toujours est-il que je ne sais pas "comment" faire.
Voilà, petite bouteille à la mer, merci de me partager vos anecdotes, vos astuces, vos solutions. Et désolé pour le ton déprimatif, mais tout est relatif ^^
Bon, je résume, je suis parvenu sur le site en faisant une recherche du genre "tout plaquer pour partir, c'est faisable ?".
En gros, j'ai une vie qui rime à rien, pas de métier, pas d'argent, pas de désirs particuliers, aucune vie sociale, des milliers d'euros de dettes (que je cherche pas à "fuir", je serais ravi de rembourser tout ça), santé physique minable ne me permettant pas de travailler, un âge "trop avancé" pour "rentrer dans les cases" du système français (au delà de 25 ans t'es plus un jeune, donc t'as plus "droit" à rien, écoles, formations, bourses, etc), pas vraiment de réussites personnelles dans le passé, financièrement, amoureusement, familialement c'est un désastre, bref, où que je me tourne, c'est le mur, la falaise, le black out, le border line.
J'ai perdu le fil, pas trouvé les bonnes personnes ou, au mieux, je n'ai pas su les garder. En gros, j'en suis à une espèce de "point zéro" glauque.
Donc là ma question existentielle se résume à rester en europe et frôler un genre de suicide, qu'il soit réel ou social ou les deux, ou me barrer, tirer un trait, partir du principe qu'on a qu'une vie et que son seul intérêt est qu'elle soit... intéressante (ben oui, hein), riche en émotions, porteuse de désirs, d'espoirs.
Là, au point où j'en suis, demain je pourrais me casser le cou dans ma baignoire, personne s'en rendrait compte avant plusieurs semaines. Il y a une réalité particulièrement mal aisée à assimiler quand on la découvre, c'est que l'intérêt qu'on porte aux autres n'est pas forcément réciproque. Oui je sais, 38 ans c'est tard pour piger ça.
Bon, en gros, je sais pas comment faire pour partir, sauver ma peau, en quelque sorte. Là j'en peux plus. Je me demande même plus si c'est raisonnable ou quoi. Bien sûr que ça ne l'est pas, à un tas de niveaux. Mais ça fait 20 ans que j' "essaie", ben rien à faire, je rentre pas dans les cases, dans le moule, ce système, cette société, me vomissent allégrement à chaque fois que je tente de m'y insérer. Ce n'est même pas du désespoir, c'est un constat simple et lucide. Comme a dit Coluche "la société ne veut pas de moi, qu'elle se rassure je ne veux pas d'elle".
En gros, histoire, vécu ou quoi, là je suis paumé, partir, oui, mais où, comment et surtout pourquoi faire ? Tout ce que je sais c'est qu'ils 'agit d'une question de survie, mentale, émotionnelle, morale.... Donc, je ne cherche pas à philosopher, tout ce que je sais c'est que je ne sais rien, mais je n'ai pas du avoir la bonne éducation, ou les bonnes expériences, toujours est-il que je ne sais pas "comment" faire.
Voilà, petite bouteille à la mer, merci de me partager vos anecdotes, vos astuces, vos solutions. Et désolé pour le ton déprimatif, mais tout est relatif ^^
Kawai et sérénité au pays des momiji (Japon, novembre 2011)
Vous aviez découvert notre itinéraire, et quelques adresses, ici : le voyage en un clin d'oeil
Pour ceux d'entres vous qui ont envie d'un peu de lecture, voici le récit détaillé de nos aventures.
Pour les amateurs de photos, j'ai mis une première sélection ici : Au pays des momiji, une photo par jour
Voici également quelques photos de momiji : nihon no momiji
Et pour les gourmands, 3 messages sur ce que j'ai mangé pendant le voyage : sélection de repas japonais, repas au ryokan, douceurs japonaises, ma collection de kit-kat
Voici les photos des chats japonais : nihon no neko
Bonne lecture ! 🙂
Kawai et sérénité au pays des momiji - Novembre 2011 -
De retour du Japon... Par quoi commencer ? Par la gentillesse des japonais ? La propreté des rues ? Ou peut-être par les quartiers complètement fous et kawai, ou encore les temples aux jardins zen et magnifique ?
Commençons par le commencement. En revenant de Chine, en septembre 2009, nous nous étions dit que nous prochain voyage asiatique serait au Japon. Nous avons depuis longtemps envie de découvrir ce pays, et de mon côté j'adore les cerisiers en fleurs, les sakura, objets d'un véritable culte au Japon. Nous prenons donc nos billets pour un voyage en avril 2011, pour pique-niquer sous les sakura pour mon anniversaire. Les événements en décideront autrement, nous annulons notre voyage au dernier moment... Mais nous ne tardons pas à reprendre des billets d'avion, pour cette fois-ci profiter des momiji, les érables aux couleurs dorées et flamboyantes.
Chapitre 1. TOKYO Arrivée à Tokyo
Le 10 novembre 2011, nous nous envolons donc, en classe affaire (ça sert de savoir jouer la comédie pour avoir des places côte à côte et bien placées), en direction de Tokyo. Le 11 novembre 2011, nous atterrissons à Tokyo, et découvrons pour la première fois ce monde tellement différent du nôtre. Nous découvrons les bonzaï géants dans les jardins, les distributeurs de canettes de boissons chaudes (qu'on peut acheter avec sa carte de métro), nos premiers sushis, le panda ou le raton laveur qui dit de faire attention à ses doigts sur les portes du métro, le bateau du futur créé par Leiji Matsumoto, créateur d’Albator, et surtout la gentillesse et la politesse des gens que nous croisons.
Nous passons cette première journée dans le brouillard du décalage horaire, et sous la pluie, Tokyo prend un aspect irréel... Nous allons à Odaiba, quartier de Tokyo construit sur la mer, petite ville artificielle. Nous dégustons nos premiers sushis, dans un restaurant avec vue sur le port. Nous allons ensuite jusqu'au musée des sciences, le Miraikan, rendre visites aux robots, aux technologies du futur. Très chouette musée, très interactif, et très instructif. Toujours sous la pluie, et de nuit (la nuit tombe très tôt, 16h30, à cette époque) nous rentrons ensuite à l'hôtel pour une bonne nuit de sommeil (même si entre le décalage horaire et le soleil qui se lève à 6h, la nuit ne fut pas si bonne que ça...)
Il ne pleut plus ! Nous profitons de cette première journée pour visiter différents quartiers de Tokyo, en commençant par le temple Sensoji qui se trouve tout près de notre hôtel. Beaucoup de monde, peut-être parce que nous sommes samedi. De l'encens qui brûle, des moines qui prient, des japonais se prenant en photos après avoir faire un prière devant l'autel, un spectacle de singe savant, des boutiques souvenirs... Quelle animation ! Nous visitons ensuite les jardins du Palais Impérial, très joli, très belle promenade. Nous terminons cette grande journée par une belle vue sur Tokyo de nuit depuis la tour Mori Tower.
Retrouvailles
Le lendemain, nous avons rendez-vous avec un ami français qui vit maintenant tous dans la banlieue de Tokyo avec sa femme japonaise. Nous visitons le quartier Omotesando, boutiques de luxe, boutiques de mode, le Champs-Elysées japonais... Nous allons ensuite déjeuner dans le quartier Harakuju dans un restaurant attenant à une galerie d'art moderne (Design Festa), ambiance street art, on se croirait à Londres ou à New-York. Les okonomiyaki (sorte de crêpe à base d’œuf et de chou) sont très bon.
Nous traversons ensuite la rue Takeshita dori, sorte de Carnaby Street en cent fois plus délirant, pour arriver dans le parc Yoyogi. Ce parc est surprenant de par sa population le dimanche ! D'un côté, autour du lac, les cosplayers, déguisés en toutes sortes de personnage de dessin animés ou tout simplement habiller de façon complètement délirante, de l'autre côté, le sanctuaire de Meiji Jingu très calme, reposant, accueillant en ce jour de Shichi Go San (fête du passage à l’âge de 7 ans, 5 ans ou 3 ans) des jeunes enfants en kimonos accompagnés de leur parents élégamment vêtus. Le Japon est vraiment un pays très contrasté !
Tokyo Safari
Lundi matin, David Michaud, journaliste photographe français installé depuis plusieurs années à Tokyo, vient nous chercher à notre hôtel pour nous faire découvrir, en vélo, un Tokyo très agréable. Nous commençons notre balade par un petit tour dans Asakusa, le quartier de notre hôtel. David nous y indique les bons restaurants. Ensuite, après une balade dans le quartier des kappa, sorte de divinité de l’eau, nous arrivons dans Taito, puis nous partons à la découverte d’Ameyoko et de ses nombreuses échoppes de bric et de broc installé sous les voix de chemin de fer. Quelle animation ! Dans cette espèce de marché on peut aussi bien y trouver des chaussures soldées que du matériel électronique, en passant par du poisson ou de délicieuses brochettes de fruits frais (nous nous laissons tenter par ces dernières).
Nous reprenons ensuite nos vélos pour aller en direction du quartier Yanaka en traversant le Parc Ueno. Yanaka est un quartier très agréable, « dédié » aux chats ! Il y a des boutiques sur le thème des chats, des sculptures de chats sur le toit des maisons, et bien sur de vrais chats dans les rues ! Nous nous arrêtons pour prendre un café, ou un thé accompagné d’une douceur japonaise. Nous continuons ensuite notre balade dans Yanaka en traversant le cimetière, très calme, à la recherche des chats y résidant. Nous repartons ensuite vers le Parc Ueno, pour une petite balade, toujours en vélo, autour du lac, avant d’arriver, en passant par de sympathiques petites rues, à un très joli temple exposant de magnifiques décorations en chrysanthèmes.
Nous quittons cet aspect de Tokyo faisant penser à un petit village pour nous diriger vers Akihabara, la ville électrique. Quel contraste, le changement de décor est impressionnant ! Beaucoup d’animation, des salles d’arcade pour jeux vidéo en tous genres, des boutiques d’électronique, de robotique, de retro gaming, des maid tentant d’attirer les passants (mâles bien sûr) dans leur café… Avant de continuer, nous nous arrêtons dans une petite gargote pour déguster un bon ramen au comptoir. C’est bon, c’est chaud, ça fait du bien !
Pour changer de décor, David nous emmène dans un temple dédié à l’argent, pour gérer sa fortune. Des hommes d’affaire viennent y faire des offrandes ou y prier pour s’assurer la réussite de leur contrat.!
Il est déjà 16 heures, le soir commence à tomber… Mais la journée n’est pas finie pour autant ! David nous emmène ensuite à un super spot photo, Ochanomizu, ou nous pouvons voir plusieurs trains se croiser sur différentes voies ferrés au-dessus du fleuve. La vue est vraiment sympa. Nous traversons ensuite, toujours sur nos vélos (on commence à avoir mal aux fesses ou aux mollets) différents quartiers, passant devant des boutiques d’instruments de musique, des bouquinistes, devant l’université de Meiji qui se trouve dans une grande tour. Nous nous arrêtons prendre un thé glacé ou un café dans la cafétéria de l’entreprise Tokyo Center, entreprise d’agronomie très intéressante puisque ses locaux sont transformés en culture en tous genres ! Des plants de tomates séparent les salles de réunion, les stagiaires ont comme première tâche de faire pousser des salades… C’est vraiment agréable de se poser dans ce cadre très reposant. La nuit est tombée entre temps, et c’est dans un Tokyo illuminé que nous reprenons nos vélos pour rentrer à l’hôtel, en passant par Nihon Bashi (et le pont où se trouve le point zéro de Tokyo) et Asakusa Bashi.
En rentrant à l’hôtel, nous voyons beaucoup de monde avec à la main des espèces de râteau en bambou très décoré, plus ou moins grand. Il s’agit de la fête Tori no Ichi , la fête des râteaux du bonheur ! Ces « râteaux » sont censés ratisser le bonheur pour le faire entrer dans la maison pour l’année à venir. Intrigués, nous décidons de suivre David jusqu’au sanctuaire Otori. Quelle animation ! Une foule impressionnante, des échoppes pour manger dans la rue, d’immenses stands pour acheter son « râteau », et tous ces gens qui entre dans le temple en faisant bien sagement la queue… On ne regrette pas d’être venus. http://lejapon.fr/...-otori-a-asakusa.htm Sur ces notes festives, nous quittons David, après l’avoir chaleureusement remercié pour cette super journée, et nous rentrons nous coucher.
Kawaguchiko, à la recherche du Mont Fuji
Nous voulons voir le Mont Fuji. Le Mont Fuji, c'est quand même l'emblème du Japon, et puis il est toujours très beau sur les photos dans les livres... Alors nous prenons le bus en direction du Kawaguchico, un lac au pied du Mont Fuji San. On décide donc de bouder le téléphérique et de monter à pied au point de vue, ça nous réchauffera. Un embranchement, 2 indications en japonais... Mes faibles connaissances en kanji me permettent de reconnaître 3 signes sur le panneau : ciel, au-dessus, et montagne. Le ciel au-dessus de la montagne ? C'est sûrement la bonne direction, tant pis si je n'ai rien compris aux 20 autres idéogrammes. Par chance, c'est en effet la bonne direction qui nous emmène à un magnifique point de vue tout en faisant une très belle balade sous les momiji, les érables s'étant parés pour l'occasion de leurs magnifiques couleurs or et rouge. Au détour d'une clairière, les arbres sont moins serrés, et on aperçoit le Mont Fuji caché par un nuage (donc en réalité on n'aperçoit pas grand-chose). Quelques photos, et nous repartons bien vite pensant arriver au point de vue pendant que le nuage s'éloigne (c'est qu'il y a un peu de vent). Malheureusement, ce stupide nuage est bien resté plus d'une heure devant le Mont Fuji. Nous aussi du coup, c'est qu'on veut le voir. On attend donc le bon vouloir du nuage en mangeant des biscuits et en admirant la vue de l'autre côté, sur le lac Kawaguchi (très belle aussi d'ailleurs). Enfin le nuage bouge ! Après une trentaine de photos pour marquer le coup, on entame la descente, c'est qu'on commence à avoir vraiment froid et faim. Sauf que nous ne sommes plus en ville, et qu'on arrive trop tard, les restaurants sont fermés. Mais au Japon, ce n'est pas un problème, il nous suffit d'aller au combini, petite superette ouverte tout le temps, pour y acheter deux bento, chauffés au micro-onde par la caissière, que nous mangeons au bord du lac en regardant les japonais se prendre en photos devant le beau paysage. Sur le chemin du retour, pour rejoindre la gare routière, après avoir découvert le jardin d'un joli petit temple, nous nous rendons compte qu'on voit très bien le Mont Fuji depuis un angle de la route, et le nuage a maintenant complètement disparu. Ça ne nous a pas empêché de passer une très bonne journée.
De retour à Tokyo, nous visitons, de nuit, le quartier de Shinjuku, puisque la gare routière se trouve là. Nous nous dirigeons, entourés de hauts buildings illuminés, vers Tokyo Metropolitan Government Office, la tourrappelant Notre-Dame avec ses deux tours. La vue du haut de cette tour sur Tokyo est vraiment chouette. Nous suivons ensuite les conseils de David, et nous allons dîner dans un restaurant de yakitoris. Nous sommes ensuite d'attaque pour nous balader dans les rues du Golden Gay aux multitudes de bar très intimes, réservés souvent à des groupes d'habitués, amis du patron.
Dernier jour à Tokyo
Quel temps magnifique aujourd'hui, le ciel est merveilleusement bleu ! Nous suivons encore un conseil de David, et rejoignons l'embarcadère de la rivière Sumida (pas celui à touristes, celui un peu plus loin, sans personne) pour prendre un bateau qui nous emmènera, à travers divers paysages tokyoïtes, jusqu'à Odaiba que nous avons envie de voir sous le soleil. Nous accostons juste à côté du bateau d'Albator ! Après une petite balade sur le quai, nous arrivons à... la Statue de la Liberté ! Nous quittons ensuite Odaiba, en train cette fois-ci pour rejoindre le Parc Hama Rikyu, magnifique jardin dans lequel il fait bon pique-nique au soleil, ou déambuler tranquillement. Nous voulons retourner à Akihabara, pour aller au café neko conseillé par David... On passe donc une heure en compagnie de gentils et magnifiques matous, qui de leur côté savaient bien que l'heure du repas n'allait plus tarder, ils étaient donc bien réveillés. Cette dernière journée à Tokyo était vraiment sympathique.
Chapitre 2. KYOTO Arrivée à Kyoto
Dernier petit déjeuner à Tokyo, dernier trajet de notre hôtel au métro... Nous arrivons bien en avance à la gare de Tokyo. Nous posons donc nos valises, et achetons deux magnifiques bento pour notre repas du midi. Au bout de 50 minutes de trajet en Shinkansen, on aperçoit par la fenêtre, le Mont Fuji ! Qu'on voit d'ailleurs beaucoup mieux que lors de notre escapade au Kawaguchico, le temps est clair aujourd'hui. Après une après midi plutôt tranquile (lessive, repérage des temples sur la carte…) nous partons diner dans la gare de Kyoto.
Temples de Kyoto
Pour notre première journée à Kyoto, il fait beau. Nous avons une longue liste de temples à visiter, alors on compte bien profiter du beau temps aujourd'hui. Nous prenons le bus jusqu'au Ginkaku-ji, le Pavillon d'Argent, au magnifique jardin. Très belle entrée en matière, ce temple nous plaît beaucoup. Vraiment, les jardins japonais sont magnifiques ! On a l’impression d’être en pleine nature alors que chaque pierre est à sa place au millimètre prêt. C’est reposant et magnifique. Nous parcourons ensuite le Chemin des Philosophes, le long duquel nous croisons quelques adorables chats, pour rejoindre, en passant par la porte Sanmon, le temple Nanzen-ji, complexe de plusieurs petits temples.
Nous reprenons ensuite un bus pour aller au Kiyomizu-dera, magnifique temple construit en hauteur de la ville, et reposant sur une structure en bois très aérée, comme s'il lévitait. Pour y arriver, délaissant la rue principale et toutes ses boutiques à touristes, nous empruntons une petite rue traversant un immense cimetière à flanc de colline. Balade fort sympathique, d'autant plus que nous y croisons des chats. (merci du conseil masterpo ! 😉)
Le soir commence à tomber, nous déambulons un peu dans le quartier de Gion, à l'affût des maïkos, apprenties geishas, qui sont bien difficile à photographier. Puis nous remontons dans les hauteurs, en passant par des petites rues sinueuses, pour visiter le Kodai-ji, éclairé de façon vraiment spectaculaire. Lumière tamisée, mettant en valeur les bâtiments, le jardin sec et son dragon géant, et surtout les arbres, les magnifiques momiji se reflétant dans l'eau... Splendide ! Et très émouvant aussi. Un des meilleurs moments de notre séjour à Kyoto.
Nous décidons de dîner dans le coin, avant de reprendre le bus pour rentrer à l'hôtel. Très bonne décision, nous découvrons un très bon restaurant de teppanyaki, yakisoba, okonomiyaki... Bref, que de délicieux plats cuits sur plaque chauffante, sorte de pierrade japonaise. Nous nous régalons tellement que nous y reviendrons pour notre dernier repas à Kyoto une semaine plus tard. C'est ce qu'on appelle une journée bien remplie !
Journée pluvieuse, journée de musée !
Ça y est, la pluie annoncée est arrivée. Profitons-en pour visiter un musée. Notre choix se porte sur le musée du manga, la bande dessinée japonaise, qui est tellement intéressant que nous y restons toute la matinée (on aurait pu y rester plus longtemps si on savait lire le japonais, dans ce musée on peut lire les œuvres exposées). Nous apprenons beaucoup sur l'origine du manga, des histoires racontées en image, qui remonte à une époque où les troubadours japonais accompagnaient leur récit avec des kamishibai, rouleaux imagés. C'est vraiment marrant de retrouver en livre, en livre culte même, les dessins animés qu'on regardait quand on était enfant sur la 5 ou dans le club Dorothée ! Nous mangeons ensuite dans la cafétéria du musée, pas de la grande cuisine mais le lieu est sympa, les murs étant couverts de dédicaces de dessinateurs de BD, aussi bien japonaise que francophone.
Nous passons l’après-midi dans les rues marchandes, et couvertes, puisqu’il pleut toujours, de Terramachi, et nous en profitons pour faire quelques petits achats, et visiter quelques boutiques de manga.
En fin de journée, il ne pleut plus, et nous nous baladons sur les rives de la rivières Kamo, en longeant les maison de Pontocho, c’est calme, c’est agréable. C’est d’ailleurs dans ce quartier que nous dinons de délicieux sashimis. Après diner, nous retournons vers la rivières. Attiré par le son de djembé, nous nous approchons, et nous faisons ainsi la connaissance d’un groupe de jeunes japonais jouant du djembé à la lumière d’un réverbère, au bord de la rivière ! Ils nous entrainent dans leur rythme, nous jouons un peu avec eux, la barrière de la langue n’est vraiment pas un problème, nous passons un super moment en leur compagnie !
Le sanctuaire des renards
Le lendemain, le soleil est revenu, nous décidons alors de visiter le sanctuaire Fushimi Inari, et de nous balader dans les collines sur les quatre kilomètres de chemin formés par une longue succession de torii (sorte de portails) en bois vermillon. C'est franchement chouette, on se croirait dans un autre monde. Le chemin jusqu'au sommet est ponctuée de petits autels entourés de statues de renards avec chacun leur bavette rouge, signe de leur pouvoir. Entre le vert de la forêt et de la mousse, et le rouge des bavoirs des renards et des torii, nous voyageons dans un monde de couleur qui semble hors du temps.
Nous retournons ensuite dans le centre de Kyoto pour visiter le château Nijo. Nous n'avons plus beaucoup de temps pour la visite, mais nous pouvons quand même bien en profiter. Ce château est vraiment beau, et très intéressant, avec son parquet « chantant » (le bruit du parquet quand on marche est censé prévenir lorsque quiconque entrait dans le château).
Nara
Nous partons de bon matin sur les chemins et les voies ferrées (en train) en direction de Nara, « la ville où les pigeons sont des daims » d’après Lewis Trondheim. Je ne pouvais pas manquer ça ! Arrivés à la gare, nous nous dirigeons donc vers le grand parc, et à peine arrivés nous croisons nos premiers daims. Qu’ils sont mignons ! Nous passons devant la pagode du temple Kofuku-ji, qui, avec ses cinq étages, est l’une des plus grandes du Japon. Un peu plus loin, je trouve une boutique qui vend des biscuit pour donner aux daims. Alors bien sûr, j’en achète. Grave erreur ! Un daim, c’est comme un chat qui sait bien reconnaitre un sachet de whiskas, j’avais à peine payé que plusieurs daims sont arrivés vers moi, me poussant, tirant mon manteau avec leur dents ! Et moi, je ne donne pas les gâteaux pour rien, je veux pouvoir les caresser. Sauf que les daims veulent uniquement manger à l’œil, alors ils me donnent des coups de tête. Bref, on s’est bien amusé, mais finalement c’est pas si mignon, un daim ! Nous continuons notre chemin dans le parc, en essayant d’aurénavant d’éviter les daims en plein milieu de la route, pour aller visiter les temples. Le temple Todai-ji, abritant, dans la plus grande structure en bois du monde, le plus grand bouddha en bronze du monde, est vraiment intéressant. Mais j’aime surtout beaucoup le sanctuaire shinto de Kasuga Taisha, le temple des lanternes. Des milliers de lanternes en métal, richement ouvragées, sont suspendues le long des bâtiments. C’est magnifique. Cela doit être encore plus beau le soir, lorsqu’elles sont toutes éclairées. Après déjeuner, nous nous baladons tranquillement dans le parc entre les daims, les sanctuaires shinto qui semblent perdus dans la foret, et le très joli petit lac avec ses momiji. Nous reprenons ensuite le chemin du retour, et nous dinons de tonkatsu dans l’un des nombreux restaurants de la gare de Kyoto.
Encore des temples !
Aujourd’hui, le ciel est d’un bleu magnifique, et le soleil brille de tous ces feux. C’est la journée que nous attendions pour aller visiter le Kinkaku-ji, le Pavillon d’Or. Ce bâtiment recouvert d’or brille au soleil et se reflète dans l’eau de l’étang sous les belles couleurs des momiji. Il y a du monde, mais on comprend pourquoi, c’est franchement magnifique ! Nous visitons ensuite le temple Ryoan-ji, très joli, avant de continuer notre chemin en direction du Ninna-ji. Thomas nous l’avais conseillé, et il a eu raison. J’aime vraiment beaucoup ce temple très calme, très zen, avec ses magnifiques momiji d’un rouge profond et le gazouillis des oiseaux… Le château est vraiment intéressant également.
Nous reprenons ensuite un bus pour traverser complétement la ville d’est en ouest, et nous arrivons au temple Tenryu-ji. Le temple, avec son magnifique jardin, l’étang, les carpes et les momiji est franchement splendide. Mais que de monde ! Après la visite des jardin, nous nous dirigeons vers la foret de bambous juste à côté. La lumière, filtrée par ces immenses bambous, y est douce et tamisée… Nos pas nous emmène jusqu’au petit temple Nonomiya. Avec la musique traditionnelle, accompagnée des chants des moines, il dégage de ce temple perdu dans la forêt une atmosphère vraiment particulière. Nous nous baladons ensuite au crépuscule au bord de la rivière, c’est très calme, très agréable.
Journée shopping
Aujourd’hui, nous allons nous offrir une journée plus tranquille, et faire quelques achats souvenirs. Nous visitons d’abord le temple Kennin-ji, dans Gion. Très beau temple avec ses magnifiques peintures de dragon. Nous allons ensuite au sanctuaire shinto Heianjingu. En cette période de la fête Shichi Go San nous croisons beaucoup de famille bien habillée, le père en costume noir, la mère et les jeunes enfants en kimono. Nous partons ensuite nous promener dans le quartier Shinbashi. Ses petites rues ombragées, cet homme qui pêche dans la rivière, et qui me montre le joli poisson multicolore qu’il vient d’attraper, ce vieil homme qui promène son chien sous les arbres d’automne… L’atmosphère de ce quartier nous fait vraiment penser aux manga de Taniguchi. Nous nous rendons ensuite dans la boutique de katana que nous a conseillé le personnel de notre hôtel. Les sabres exposés sont vraiment beaux. Et puis ce sont des vrais, pour les pratiquants de l’iaido. Un client est d’ailleurs en train d’essayer un sabre dans le petit jardin derrière la boutique, en faisant de magnifiques mouvements avec la lame. Après déjeuner, nous nous arrêtons un moment pour regarder un entrainement de base-ball avant d’aller au Kyoto Art Craft Center, immense boutique d’artisanat, pour quelques achats supplémentaires, puis nous rentrons tranquillement à l’hôtel pour y déposer nos emplettes. En fin de journée, nous retournons vers la gare pour diner au « train de sushis ». Nous nous arrêtons en chemin au magasin Todobashi, immense magasin d’électronique, de jouets, de tout en fait. Nous sommes impressionnés par le rayon « téléphones portables », non pas pour les téléphones d’ailleurs, mais plutôt pour tous les accessoires qui vont avec ! Entre les coques de toutes les couleurs, les pendentifs, les tatouages pour portables…. Je vais avoir le plus beau téléphone de France une fois rentrée, moi !
Entre singes et temples, dernier jour à Kyoto
Pour notre dernière journée à Kyoto, nous vérifions le tableau de météo des momiji affichés dans le hall de l’hôtel, et nous suivons les conseils la femme de notre ami : nous allons au Tofuku-ji. Ce temple n’est pas dans notre guide de voyage, mais si elle, qui est de Kyoto, nous le conseille, et s’il est sur le panneau des « spot momiji » de l’hôtel, il doit valoir le détour. Arrivé sur place, pourtant peu de temps après l’ouverture, il y a déjà foule ! Que des japonais bien sûr ! Mais nous ne regrettons pas, bien au contraire. D’une part même s’ils sont nombreux, les japonais restent très courtois, ne se bousculent pas, et ça c’est agréable. Et d’autres part, les momiji y sont vraiment splendides ! Les couleurs varient de l’or au rouge sombre en passant par l’orangé, l’ocre et le vermillon… Nous repartons avec des couleurs plein les yeux, et de magnifiques photos !
Les daims ne nous ayant pas suffit, nous décidons d’aller à Iwatayama Koen, un colline au nord-ouest de Kyoto qui est en fait un lieu d’habitat pour les singes japonais, qui y vivent en liberté. La balade à travers la forêt pour arriver au sommet est très agréable, et la vue d’en haut, sur Kyoto, est superbe ! Mais l’intérêt de cette montagne, ce sont les singes, qui se baladent tranquillement sans nous prêter la moindre attention. Ils s’intéressent seulement aux humains qui sont à l’intérieur de la petite maison, derrière le grillage, et qui leur donnent à manger des cacahuètes ou des morceaux de fruit. Bien sûr, nous n’y résistons pas, et nous achetons deux sachets de cacahuètes. C’est impressionnant de voir leur réaction quand ils prennent le fruit avec la main. Et les bébés sont si mignons ! Bref, nous passons encore un très bon moment, Kyoto réserve de bonnes surprises.
Nous reprenons le bus pour rejoindre le centre de Kyoto, et au lieu de faire un changement nous finissons le trajet à pied le long de la rivière Kamo pour rejoindre le temple Chion. Nous arrivons un peu tard pour le visiter en entier, mais le premier jardin, prêt de l’entrée, est vraiment très joli, avec son petit étang, ses statues, et surtout la superbe lumière du soleil couchant. Nous continuons alors notre route en direction du Kiyomizu-dera. Nous avons déjà visité ce magnifique temple le jour de notre arrivée à Kyoto, mais pour notre dernier soir, nous voulons terminer ce séjour en beauté et le visiter de nuit, avec un éclairage qui le met vraiment bien en valeur. La encore nous ne sommes pas tout seuls ! Mais vraiment, ça vaut le coup. Ces arbres flamboyants, éclairés par la lumière ambrée, sous lesquels des milliers de flash scintillent… C’est franchement grandiose ! Et le temple n’est pas en reste d’ailleurs, il est également très bien mis en valeur par les éclairages. Avant de rentrer à l’hôtel pour notre dernière nuit, nous dinons dans ce délicieux restaurant de teppanyaki que nous avions découvert la semaine précédente. C’est toujours aussi bon !
Chapitre 3. HIROSHIMA et MIYAJIMA Miyajima
Après un dernier mister donut à la gare de Kyoto nous prenons le shinkansen pour Hiroshima. Après avoir posé nos valises à l'hôtel, et après avoir mangé et acheté de nouveau kit-kat (aux agrumes cette fois ci) dans la gare, nous partons en direction du port d'où nous prendrons le ferry pour Miyajima, l'île où cohabitent les hommes et les dieux. En guise de dieux nous avons surtout rencontré des daims, prêts à tout pour voler la nourriture de touristes, ou manger carrément les papiers qu'ils ont dans les mains ! Mais on nous avait bien dit à Nara que les daims sont les envoyés des dieux...
Nous apprenons en arrivant sur l'île qu'elle est jumelée avec le Mont Saint Michel ! Comme le Mont, le Torii de Miyajima, grand portique de bois vermillon, est accessible à marée basse, et semble flotter sur l'eau à marée haute. Nous allons d'ailleurs directement le voir, et puisque la marée est basse, nous allons à pied sous le Torii. Ses immenses pieds, craquelés par l'eau salée, sont couverts de petits coquillages, ou de pièces de monnaies. Entre les daims et les touristes, cet immense Torii sorti de l'eau est vraiment impressionnant. Après une petite balade pour voir la Pagode, nous retournons au bord de l'eau. La nuit tombe doucement, le froid aussi ! Mais nous tenons bon, le dîner dans notre ryokan n'est qu'à 19 heures, et la marée est en train de monter. Le Torri illuminé "flottant" sur la mer est franchement magnifique, nous avons bien fait de rester.
Nous allons ensuite à notre ryokan pour nous réchauffer. Un ryokan, c'est un établissement traditionnel. Et c'est magnifique ! Nous avons une grande chambre au sol de tatami, avec sur la table basse du thé et des biscuits, des yukata (sorte de kimono, en coton) à disposition... Et pas de lit ! Nos futon seront installés quand nous irons dîner. D'ailleurs le dîner à lui seul vaut le déplacement. Nous dégustons une dizaine de plats différents, tous délicieux, tous très fins, tous très bien présentés. Un vrai délice pour les yeux et les papilles ! Notre repas préféré, à n'en pas douter. De retour dans nos chambres, nous découvrons nos futon tout prêts pour la nuit. Mais avant de se coucher, c'est l'heure du bain ! Nous enfilons nos yukata, et nous nous dirigeons vers la salle de bain privative. Heureusement, la patronne du ryokan nous avait expliqué comment faire (non, se laver au Japon, ce n'est pas si simple, c'est tout un art !). Dans la première pièce, on se déshabille. Ensuite on passe dans la seconde pièce, très chaude, contenant le bain. D'abord ont se lave bien, assis sur un petit tabouret, avec les gel douche et shampoing mis à disposition. Ensuite on se rince bien, c'est qu'il ne faut pas salir l'eau du bain qui resservira aux autres personnes. En ensuite, on se plonge dans l'eau très chaude, et on s'y prélasse langoureusement. Que du bonheur ! Et après un bon bain chaud comme ça, on dort bien.
Le Mont Misen
Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner au ryokan, nous entamons l'ascension du Mont Misen, point culminant de l'île. La balade en forêt entre les momiji est vraiment très agréable. Mais ça monte ! Au bout de quelques temps, nous rejoignons les gens qui sont montés en téléphérique... Nous faisons une pause kit-kat / cigarette (chacun son pécher mignon) devant un joli petit temple avant de terminer l'ascension. La vue au sommet sur l'île, sur la mer intérieure, sur Hiroshima, est vraiment splendide ! Le ciel est bleu et bien dégagé, nous avons de la chance ! Après une autre pause kit-kat, nous redescendons par un chemin plus long à travers la foret. La balade est toujours très sympa. Arrivés en bas, nous sommes surpris par la foule ! Nous étions bien tranquille dans la montagne, au point d'en oublier qu'un samedi à Miyajima, c'est comme un samedi au Mont Saint Michel, blindé de monde ! Tous les restaurants sont pleins, et malgré nos kit-kat, nous avons grand faim. On s'arrête alors dans une petite échoppe qui vend des brochettes de poisons, vraiment très bonnes. Et en dessert, on s'offre des momiji manju, gâteaux moelleux en forme de feuille d'érable, et fourrés de crème, de confiture... J'adore ! Après déjeuner, plutôt que de rentrer tout de suite à Hiroshima, nous partons à l'opposé du Torri par rapport à l'embarcadère, et nous nous trouvons un coin tranquille pour faire une bonne sieste au soleil. Fin novembre, ça fait du bien. C'est donc enchantés par notre séjour sur l'île que nous rentrons en fin d'après-midi à Hiroshima. Quel contraste d'ailleurs ! Nous étions en pleine nature sur une île magnifique, et nous nous retrouvons en centre-ville d'Hiroshima à écouter un concours de chants a capella dans la rue ! Certains chanteurs sont d'ailleurs plutôt doués ! Nous continuons quand même notre chemin pour trouver un restaurant... Ah tiens un mister donut ! Je sais où je vais prendre mon dessert moi !
Hiroshima
Pour le dernier jour à Hiroshima, nous nous dirigeons vers le Musée de la Paix. Nous passons d'abord devant le Bomb Dome, seul bâtiment ayant survécu à l'explosion de la bombe nucléaire, le 6 août 1945. Une grue posée sur le toit démembré, se découpant sur le ciel bleu, offre une magnifique message d'espoir. Des grues, nous en voyons plein, mais en papier, des milliers d'origami, offert par les enfants du monde, au Monument de la paix dédié aux enfants, construit en commémoration de ce jeune enfant décédé en 1955 à 12 ans d'une leucémie, séquelle des radiations de la bombe qui l'ont touché 10 ans plus tôt. Une croyance dit que si quelqu'un plie 1000 petites grues en papier, son vœux se réalisera. Malheureusement, cet enfant sur son lit d'hôpital est décédé avant d'avoir réussi à en créer 1000... Oui, les dieux de Miyajima sont bien loin... Le musée en lui-même, racontant d'abord l'histoire d'Hiroshima, puis les conséquence de la bombe, est très intéressant bien qu'un peu orienté (et très dur, surtout au dernier étage)
Bon allons nous changer les idées maintenant. Nous retournons dans le centre pour manger de délicieux tempura. Après ce bon repas, nous nous baladons un peu dans les rues commerçantes, et nous visitons une salle d'arcade. Une de plus ? Peut-être, mais d'une part celle-ci n'est pas enfumée, et d'autre part, une salle d'arcade un dimanche après-midi, entre les parents qui y emmènent leurs enfants, les turfistes qui parient sur des courses de chevaux virtuelles, et ce jeune homme, lunette de soleil et long manteau noir, qui explose les scores du jeu de danse... Franchement on s'est bien amusé !
Notre court séjour à Hiroshima touche à sa fin, nous partons prendre notre dernier Shinkansen du voyage. C'est de nuit que nous arrivons à Osaka, et qu'un gentil couple japonais nous aide à acheter notre billet de métro, et nous guide entre les stations de métro jusqu'à notre hôtel, aidé par un acteur de kabuki parlant anglais. Ils sont vraiment sympa les japonais !
Chapitre 4. OSAKA et KOYA-SAN Koya-san
Nous ne nous éternisons pas à Osaka, et dès le lendemain matin nous prenons un train en direction de Koya-San, la montagne sacrée abritant le monastère fondé par le moine Kukai, au retour de son voyage en Chine, il y a de ça bien longtemps. Après une heure de train, nous entrons dans la foret, puis montons à flanc de montagne… On prend ensuite un funiculaire pour finir l’ascension. L’époque des pèlerin qui montaient à pied jusqu’au somment semble bien loin ! Après avoir posé nos affaires dans le temple dans lequel nous dormirons cette nuit, nous partons à la découverte de la ville qui s’est construite ici. Nous commençons par visiter l’immense cimetière Okuno-in. Il est vraiment impressionnant ! Entre les immenses stupa et les arbres gigantesques, on se sent vraiment tout petit, comme si ce cimetière avait été créé par une espèce maintenant disparue, par des géants ayant à une époque reculée habité sur terre…De toutes petites statuettes trouvent parfois refuge au creux des racines de ces arbres millénaires… Nous arrivons ainsi devant le temple Torodo, le temple des lanternes, dans lequel repose le moine Kukai. Des centaines de lanternes brillent dans la pénombre, c’est reposant, c’est sublime… Une fois sorti du cimetière, nous visitons le temple Karakuyado, à l’intérieur duquel des panneaux de bois peints sur les murs racontent l’histoire de Ishidomaru qui devint à Koya-san disciple de son père sans rien savoir de leur lien de parenté. L’histoire est bien illustrée, et très émouvante.
De retour dans notre temple, le Rengejo-in, nous assistons à la cérémonie du soir appelée Ajikan. Il s’agit d’un méditation du bouddhisme ésotérique qui dure le temps que met le bâton d’encens à bruler… Longtemps… Et on est mal assis… Et il fait froid… Mais rien que pour cette atmosphère particulière, nous sommes contents d’y avoir assisté. D’autant plus que le prêtre, qui parle anglais, nous explique beaucoup de chose sur sa religion, et sur cette cérémonie en particulier. Nous allons ensuite dîner dans une autre salle du temple, en compagnie du couple d’australiens venu en touristes également. Le repas, cuisine végétarienne de cette région, cuisine préparée par les moines, appelée cuisine shojin, est vraiment excellent. Les mets sont très fins, très variés, et puis c’est sympa de manger par terre sur les tatamis. Nous sommes 4 occidentaux rapidement affalés par terre à la mode romaine ! Nous profitons ensuite des bains chauds communs. Nous n’étions que deux femmes, l’australienne et moi, nous nous sommes réparti le créneau horaire pour profiter de la salle de bain en solitaire. Et j’en ai bien profité ! Une immense baignoire d’eau bien chaude pour moi toute seule, que c’est agréable ! Nous ne tardons pas ensuite à nous coucher, il n’est pas si tard mais demain le réveil sera très matinal…
Cérémonie bouddhiste et ville electrique
5h45, c’est en effet très matinal ! Mais la cérémonie du matin étant à 6 heures, nous n’avons pas trop le choix. C’est donc pas super bien réveillés, et un peu frigorifiés, que nous allons participer à la cérémonie Otsunome, cérémonie avec des chants en sanscrit. Vraiment, c’est une expérience très particulière, mais très prenante avec ces chants en continu. J’ai beaucoup apprécié. Nous prenons ensuite le petit déjeuner, toujours en cuisine shojin, et toujours aussi délicieux et aussi bien présenté, avant de reprendre la visite de Koya-san.
Nous allons d’abord jusqu’à la porte Daimon, immense portique de bois, abritant deux divinités, qui accueillaient les pèlerins qui arrivaient à pied de la vallée. D’ailleurs un pèlerin des temps modernes, surement monté en funiculaire, chante dans un coin… Nous visitons ensuite Kondo, un complexe de plusieurs temples et pagodes, tous construits sur une architecture différente. Il n’y a pas un chat, seul un pèlerin solitaire nous accompagne sous les cyprès et le chant des oiseaux. C’est vraiment calme et reposant. Et en plus, il y a des momji ! Nos pas nous mènent ensuite au mausolée des Tokugawa. Ces deux mausolées identiques et côte à côte respirent la sérénité, tout comme le chat du guichetier, ou la gentille japonaise qui a ramassé un scarabée sur le chemin pour le remettre dans la nature, pour qu’il ne soit pas écrasé par un humain inconscient… Notre séjour au Mont Koya touche à sa fin, nous repartons vers la civilisation, en reprenant le train vers Osaka.
De retour à Osaka, nous nous dirigeons vers le port, où nous nous baladons un moment avant de visiter l’aquarium. Franchement cet aquarium vaut le détour. Très bien construit, nous avons l’impression de nous enfoncer progressivement dans la mer. Nous croisons d’abord quelques loutres ou manchot, puis des dauphins, et plus bas, dans les profondeurs, nous faisons la connaissance d’un requin baleine, et d’Alfred la raie Manta. Tout en bas, sur le sable au fond de l’océan, nous découvrons les araignées de mer, et les méduses translucides. La salle « kawai » de l’aquarium, ne présentant que des espèces de poissons très mignonnes, vaut aussi le détour, c’est très japonais ! Et puis j’ai pu caresser un requin et une raie ! Alors la raie, c’est un peu visqueux, ou gluant, pas très agréable à caresser… Par contre le requin est plus rugueux et un peu mou, c’est marrant ! Nous retournons sur le port pour une petite balade de nuit avant de retourner au centre d’Osaka, et nous croisons un pécheur qui partage gentiment ses prises avec un chat des environs.
Nous allons ensuite à Den Den Town, ville électrique. Quel contraste avec la sérénité du Mont Koya où nous étions le matin même ! Nous faisons quelques achats avant d’aller manger des takoyaki à Dotonbori, du côté du pont Ebi Subashi. Ce quartier est surprenant, complétement décalé… Nous y croisons, vers 21 heures, des salarymen complètement saouls sortant d’un bar entre collègues, mais s’arrêtant quand même devant un petit autel shinto à l’angle d’une rue pour une rapide prière avant de continuer leur route en titubant…
Histoire et modernité
Il fait un temps magnifique pour notre dernier jour, un beau ciel bleu et 18 degrés ! C’est le cœur léger que nous nous dirigeons vers le château d’Osaka. L’architecture est magnifique, et les jardins, avec leur belles couleurs d’automne, le sont tout autant. Nous visitons l’intérieur du château transformé en musée et racontant l’histoire des Summer War et du Winter Siege, guerres entre les clans Tokugawa et Toyotomi. C’est vraiment très intéressant. Et la vue sur Osaka depuis le dernier étage du château est très belle. Comme le ciel est dégagé, nous allons ensuite au sommet du Sky Building à Umeda. Quelle surprise en arrivant à son pied de voir un marché de noël allemand ! Les japonais en sont fous, et se font prendre en photos avec les occidentaux qui tiennent les stands ! Mais « jingle bells » remasterisé et chanté en japonais, ça fait quand même bizarre… La tour, par son architecture, est impressionnante. Et la vue depuis le sommet, d’abord de jour, puis sous le soleil couchant, et enfin de nuit, pour voir la ville s’illuminer, est vraiment chouette.
Nous passons ensuite la soirée dans le quartier Americamura. J’aime beaucoup l’ambiance de ce quartier « américain », ambiance un peu décalée… Nous trouvons juste à temps un magasin Mandarake, temple du collectionneur, du jouet, du manga. Nous y trouvons, en vrac, des minis Godzilla, des 45 tours de génériques de dessins animés (mais pas chantés par Dorothée), un déguisement d’Albator, et plein de figurines en tout genre. Nous y passons un très bon moment !
Dernier jour
Le voyage touche à sa fin, nous prenons l’avion aujourd’hui.
Nous dépensons nos derniers yens en achetant des kit-kat au thé vert et deux bento de sushi pour manger avant notre vol.
Nous survolons la Sibérie gelée. Des formes se découpent, en blanc sur la terre noire… comme des monstres géants, comme si nous survolions un tableau surréaliste en noir et blanc d’un peintre fou…
Et nous voici de retour à Paris, avec nos kit-kat, notre katana, et tous nos souvenirs en image. Le Japon est vraiment un pays très attachant, nous avons un sacré pincement au cœur en quittant ce pays…
Voici les photos des chats japonais : nihon no neko
Bonne lecture ! 🙂
Kawai et sérénité au pays des momiji - Novembre 2011 -
De retour du Japon... Par quoi commencer ? Par la gentillesse des japonais ? La propreté des rues ? Ou peut-être par les quartiers complètement fous et kawai, ou encore les temples aux jardins zen et magnifique ?
Commençons par le commencement. En revenant de Chine, en septembre 2009, nous nous étions dit que nous prochain voyage asiatique serait au Japon. Nous avons depuis longtemps envie de découvrir ce pays, et de mon côté j'adore les cerisiers en fleurs, les sakura, objets d'un véritable culte au Japon. Nous prenons donc nos billets pour un voyage en avril 2011, pour pique-niquer sous les sakura pour mon anniversaire. Les événements en décideront autrement, nous annulons notre voyage au dernier moment... Mais nous ne tardons pas à reprendre des billets d'avion, pour cette fois-ci profiter des momiji, les érables aux couleurs dorées et flamboyantes.
Chapitre 1. TOKYO Arrivée à Tokyo
Le 10 novembre 2011, nous nous envolons donc, en classe affaire (ça sert de savoir jouer la comédie pour avoir des places côte à côte et bien placées), en direction de Tokyo. Le 11 novembre 2011, nous atterrissons à Tokyo, et découvrons pour la première fois ce monde tellement différent du nôtre. Nous découvrons les bonzaï géants dans les jardins, les distributeurs de canettes de boissons chaudes (qu'on peut acheter avec sa carte de métro), nos premiers sushis, le panda ou le raton laveur qui dit de faire attention à ses doigts sur les portes du métro, le bateau du futur créé par Leiji Matsumoto, créateur d’Albator, et surtout la gentillesse et la politesse des gens que nous croisons.
Nous passons cette première journée dans le brouillard du décalage horaire, et sous la pluie, Tokyo prend un aspect irréel... Nous allons à Odaiba, quartier de Tokyo construit sur la mer, petite ville artificielle. Nous dégustons nos premiers sushis, dans un restaurant avec vue sur le port. Nous allons ensuite jusqu'au musée des sciences, le Miraikan, rendre visites aux robots, aux technologies du futur. Très chouette musée, très interactif, et très instructif. Toujours sous la pluie, et de nuit (la nuit tombe très tôt, 16h30, à cette époque) nous rentrons ensuite à l'hôtel pour une bonne nuit de sommeil (même si entre le décalage horaire et le soleil qui se lève à 6h, la nuit ne fut pas si bonne que ça...)
Il ne pleut plus ! Nous profitons de cette première journée pour visiter différents quartiers de Tokyo, en commençant par le temple Sensoji qui se trouve tout près de notre hôtel. Beaucoup de monde, peut-être parce que nous sommes samedi. De l'encens qui brûle, des moines qui prient, des japonais se prenant en photos après avoir faire un prière devant l'autel, un spectacle de singe savant, des boutiques souvenirs... Quelle animation ! Nous visitons ensuite les jardins du Palais Impérial, très joli, très belle promenade. Nous terminons cette grande journée par une belle vue sur Tokyo de nuit depuis la tour Mori Tower.
Retrouvailles
Le lendemain, nous avons rendez-vous avec un ami français qui vit maintenant tous dans la banlieue de Tokyo avec sa femme japonaise. Nous visitons le quartier Omotesando, boutiques de luxe, boutiques de mode, le Champs-Elysées japonais... Nous allons ensuite déjeuner dans le quartier Harakuju dans un restaurant attenant à une galerie d'art moderne (Design Festa), ambiance street art, on se croirait à Londres ou à New-York. Les okonomiyaki (sorte de crêpe à base d’œuf et de chou) sont très bon.
Nous traversons ensuite la rue Takeshita dori, sorte de Carnaby Street en cent fois plus délirant, pour arriver dans le parc Yoyogi. Ce parc est surprenant de par sa population le dimanche ! D'un côté, autour du lac, les cosplayers, déguisés en toutes sortes de personnage de dessin animés ou tout simplement habiller de façon complètement délirante, de l'autre côté, le sanctuaire de Meiji Jingu très calme, reposant, accueillant en ce jour de Shichi Go San (fête du passage à l’âge de 7 ans, 5 ans ou 3 ans) des jeunes enfants en kimonos accompagnés de leur parents élégamment vêtus. Le Japon est vraiment un pays très contrasté !
Tokyo Safari
Lundi matin, David Michaud, journaliste photographe français installé depuis plusieurs années à Tokyo, vient nous chercher à notre hôtel pour nous faire découvrir, en vélo, un Tokyo très agréable. Nous commençons notre balade par un petit tour dans Asakusa, le quartier de notre hôtel. David nous y indique les bons restaurants. Ensuite, après une balade dans le quartier des kappa, sorte de divinité de l’eau, nous arrivons dans Taito, puis nous partons à la découverte d’Ameyoko et de ses nombreuses échoppes de bric et de broc installé sous les voix de chemin de fer. Quelle animation ! Dans cette espèce de marché on peut aussi bien y trouver des chaussures soldées que du matériel électronique, en passant par du poisson ou de délicieuses brochettes de fruits frais (nous nous laissons tenter par ces dernières).
Nous reprenons ensuite nos vélos pour aller en direction du quartier Yanaka en traversant le Parc Ueno. Yanaka est un quartier très agréable, « dédié » aux chats ! Il y a des boutiques sur le thème des chats, des sculptures de chats sur le toit des maisons, et bien sur de vrais chats dans les rues ! Nous nous arrêtons pour prendre un café, ou un thé accompagné d’une douceur japonaise. Nous continuons ensuite notre balade dans Yanaka en traversant le cimetière, très calme, à la recherche des chats y résidant. Nous repartons ensuite vers le Parc Ueno, pour une petite balade, toujours en vélo, autour du lac, avant d’arriver, en passant par de sympathiques petites rues, à un très joli temple exposant de magnifiques décorations en chrysanthèmes.
Nous quittons cet aspect de Tokyo faisant penser à un petit village pour nous diriger vers Akihabara, la ville électrique. Quel contraste, le changement de décor est impressionnant ! Beaucoup d’animation, des salles d’arcade pour jeux vidéo en tous genres, des boutiques d’électronique, de robotique, de retro gaming, des maid tentant d’attirer les passants (mâles bien sûr) dans leur café… Avant de continuer, nous nous arrêtons dans une petite gargote pour déguster un bon ramen au comptoir. C’est bon, c’est chaud, ça fait du bien !
Pour changer de décor, David nous emmène dans un temple dédié à l’argent, pour gérer sa fortune. Des hommes d’affaire viennent y faire des offrandes ou y prier pour s’assurer la réussite de leur contrat.!
Il est déjà 16 heures, le soir commence à tomber… Mais la journée n’est pas finie pour autant ! David nous emmène ensuite à un super spot photo, Ochanomizu, ou nous pouvons voir plusieurs trains se croiser sur différentes voies ferrés au-dessus du fleuve. La vue est vraiment sympa. Nous traversons ensuite, toujours sur nos vélos (on commence à avoir mal aux fesses ou aux mollets) différents quartiers, passant devant des boutiques d’instruments de musique, des bouquinistes, devant l’université de Meiji qui se trouve dans une grande tour. Nous nous arrêtons prendre un thé glacé ou un café dans la cafétéria de l’entreprise Tokyo Center, entreprise d’agronomie très intéressante puisque ses locaux sont transformés en culture en tous genres ! Des plants de tomates séparent les salles de réunion, les stagiaires ont comme première tâche de faire pousser des salades… C’est vraiment agréable de se poser dans ce cadre très reposant. La nuit est tombée entre temps, et c’est dans un Tokyo illuminé que nous reprenons nos vélos pour rentrer à l’hôtel, en passant par Nihon Bashi (et le pont où se trouve le point zéro de Tokyo) et Asakusa Bashi.
En rentrant à l’hôtel, nous voyons beaucoup de monde avec à la main des espèces de râteau en bambou très décoré, plus ou moins grand. Il s’agit de la fête Tori no Ichi , la fête des râteaux du bonheur ! Ces « râteaux » sont censés ratisser le bonheur pour le faire entrer dans la maison pour l’année à venir. Intrigués, nous décidons de suivre David jusqu’au sanctuaire Otori. Quelle animation ! Une foule impressionnante, des échoppes pour manger dans la rue, d’immenses stands pour acheter son « râteau », et tous ces gens qui entre dans le temple en faisant bien sagement la queue… On ne regrette pas d’être venus. http://lejapon.fr/...-otori-a-asakusa.htm Sur ces notes festives, nous quittons David, après l’avoir chaleureusement remercié pour cette super journée, et nous rentrons nous coucher.
Kawaguchiko, à la recherche du Mont Fuji
Nous voulons voir le Mont Fuji. Le Mont Fuji, c'est quand même l'emblème du Japon, et puis il est toujours très beau sur les photos dans les livres... Alors nous prenons le bus en direction du Kawaguchico, un lac au pied du Mont Fuji San. On décide donc de bouder le téléphérique et de monter à pied au point de vue, ça nous réchauffera. Un embranchement, 2 indications en japonais... Mes faibles connaissances en kanji me permettent de reconnaître 3 signes sur le panneau : ciel, au-dessus, et montagne. Le ciel au-dessus de la montagne ? C'est sûrement la bonne direction, tant pis si je n'ai rien compris aux 20 autres idéogrammes. Par chance, c'est en effet la bonne direction qui nous emmène à un magnifique point de vue tout en faisant une très belle balade sous les momiji, les érables s'étant parés pour l'occasion de leurs magnifiques couleurs or et rouge. Au détour d'une clairière, les arbres sont moins serrés, et on aperçoit le Mont Fuji caché par un nuage (donc en réalité on n'aperçoit pas grand-chose). Quelques photos, et nous repartons bien vite pensant arriver au point de vue pendant que le nuage s'éloigne (c'est qu'il y a un peu de vent). Malheureusement, ce stupide nuage est bien resté plus d'une heure devant le Mont Fuji. Nous aussi du coup, c'est qu'on veut le voir. On attend donc le bon vouloir du nuage en mangeant des biscuits et en admirant la vue de l'autre côté, sur le lac Kawaguchi (très belle aussi d'ailleurs). Enfin le nuage bouge ! Après une trentaine de photos pour marquer le coup, on entame la descente, c'est qu'on commence à avoir vraiment froid et faim. Sauf que nous ne sommes plus en ville, et qu'on arrive trop tard, les restaurants sont fermés. Mais au Japon, ce n'est pas un problème, il nous suffit d'aller au combini, petite superette ouverte tout le temps, pour y acheter deux bento, chauffés au micro-onde par la caissière, que nous mangeons au bord du lac en regardant les japonais se prendre en photos devant le beau paysage. Sur le chemin du retour, pour rejoindre la gare routière, après avoir découvert le jardin d'un joli petit temple, nous nous rendons compte qu'on voit très bien le Mont Fuji depuis un angle de la route, et le nuage a maintenant complètement disparu. Ça ne nous a pas empêché de passer une très bonne journée.
De retour à Tokyo, nous visitons, de nuit, le quartier de Shinjuku, puisque la gare routière se trouve là. Nous nous dirigeons, entourés de hauts buildings illuminés, vers Tokyo Metropolitan Government Office, la tourrappelant Notre-Dame avec ses deux tours. La vue du haut de cette tour sur Tokyo est vraiment chouette. Nous suivons ensuite les conseils de David, et nous allons dîner dans un restaurant de yakitoris. Nous sommes ensuite d'attaque pour nous balader dans les rues du Golden Gay aux multitudes de bar très intimes, réservés souvent à des groupes d'habitués, amis du patron.
Dernier jour à Tokyo
Quel temps magnifique aujourd'hui, le ciel est merveilleusement bleu ! Nous suivons encore un conseil de David, et rejoignons l'embarcadère de la rivière Sumida (pas celui à touristes, celui un peu plus loin, sans personne) pour prendre un bateau qui nous emmènera, à travers divers paysages tokyoïtes, jusqu'à Odaiba que nous avons envie de voir sous le soleil. Nous accostons juste à côté du bateau d'Albator ! Après une petite balade sur le quai, nous arrivons à... la Statue de la Liberté ! Nous quittons ensuite Odaiba, en train cette fois-ci pour rejoindre le Parc Hama Rikyu, magnifique jardin dans lequel il fait bon pique-nique au soleil, ou déambuler tranquillement. Nous voulons retourner à Akihabara, pour aller au café neko conseillé par David... On passe donc une heure en compagnie de gentils et magnifiques matous, qui de leur côté savaient bien que l'heure du repas n'allait plus tarder, ils étaient donc bien réveillés. Cette dernière journée à Tokyo était vraiment sympathique.
Chapitre 2. KYOTO Arrivée à Kyoto
Dernier petit déjeuner à Tokyo, dernier trajet de notre hôtel au métro... Nous arrivons bien en avance à la gare de Tokyo. Nous posons donc nos valises, et achetons deux magnifiques bento pour notre repas du midi. Au bout de 50 minutes de trajet en Shinkansen, on aperçoit par la fenêtre, le Mont Fuji ! Qu'on voit d'ailleurs beaucoup mieux que lors de notre escapade au Kawaguchico, le temps est clair aujourd'hui. Après une après midi plutôt tranquile (lessive, repérage des temples sur la carte…) nous partons diner dans la gare de Kyoto.
Temples de Kyoto
Pour notre première journée à Kyoto, il fait beau. Nous avons une longue liste de temples à visiter, alors on compte bien profiter du beau temps aujourd'hui. Nous prenons le bus jusqu'au Ginkaku-ji, le Pavillon d'Argent, au magnifique jardin. Très belle entrée en matière, ce temple nous plaît beaucoup. Vraiment, les jardins japonais sont magnifiques ! On a l’impression d’être en pleine nature alors que chaque pierre est à sa place au millimètre prêt. C’est reposant et magnifique. Nous parcourons ensuite le Chemin des Philosophes, le long duquel nous croisons quelques adorables chats, pour rejoindre, en passant par la porte Sanmon, le temple Nanzen-ji, complexe de plusieurs petits temples.
Nous reprenons ensuite un bus pour aller au Kiyomizu-dera, magnifique temple construit en hauteur de la ville, et reposant sur une structure en bois très aérée, comme s'il lévitait. Pour y arriver, délaissant la rue principale et toutes ses boutiques à touristes, nous empruntons une petite rue traversant un immense cimetière à flanc de colline. Balade fort sympathique, d'autant plus que nous y croisons des chats. (merci du conseil masterpo ! 😉)
Le soir commence à tomber, nous déambulons un peu dans le quartier de Gion, à l'affût des maïkos, apprenties geishas, qui sont bien difficile à photographier. Puis nous remontons dans les hauteurs, en passant par des petites rues sinueuses, pour visiter le Kodai-ji, éclairé de façon vraiment spectaculaire. Lumière tamisée, mettant en valeur les bâtiments, le jardin sec et son dragon géant, et surtout les arbres, les magnifiques momiji se reflétant dans l'eau... Splendide ! Et très émouvant aussi. Un des meilleurs moments de notre séjour à Kyoto.
Nous décidons de dîner dans le coin, avant de reprendre le bus pour rentrer à l'hôtel. Très bonne décision, nous découvrons un très bon restaurant de teppanyaki, yakisoba, okonomiyaki... Bref, que de délicieux plats cuits sur plaque chauffante, sorte de pierrade japonaise. Nous nous régalons tellement que nous y reviendrons pour notre dernier repas à Kyoto une semaine plus tard. C'est ce qu'on appelle une journée bien remplie !
Journée pluvieuse, journée de musée !
Ça y est, la pluie annoncée est arrivée. Profitons-en pour visiter un musée. Notre choix se porte sur le musée du manga, la bande dessinée japonaise, qui est tellement intéressant que nous y restons toute la matinée (on aurait pu y rester plus longtemps si on savait lire le japonais, dans ce musée on peut lire les œuvres exposées). Nous apprenons beaucoup sur l'origine du manga, des histoires racontées en image, qui remonte à une époque où les troubadours japonais accompagnaient leur récit avec des kamishibai, rouleaux imagés. C'est vraiment marrant de retrouver en livre, en livre culte même, les dessins animés qu'on regardait quand on était enfant sur la 5 ou dans le club Dorothée ! Nous mangeons ensuite dans la cafétéria du musée, pas de la grande cuisine mais le lieu est sympa, les murs étant couverts de dédicaces de dessinateurs de BD, aussi bien japonaise que francophone.
Nous passons l’après-midi dans les rues marchandes, et couvertes, puisqu’il pleut toujours, de Terramachi, et nous en profitons pour faire quelques petits achats, et visiter quelques boutiques de manga.
En fin de journée, il ne pleut plus, et nous nous baladons sur les rives de la rivières Kamo, en longeant les maison de Pontocho, c’est calme, c’est agréable. C’est d’ailleurs dans ce quartier que nous dinons de délicieux sashimis. Après diner, nous retournons vers la rivières. Attiré par le son de djembé, nous nous approchons, et nous faisons ainsi la connaissance d’un groupe de jeunes japonais jouant du djembé à la lumière d’un réverbère, au bord de la rivière ! Ils nous entrainent dans leur rythme, nous jouons un peu avec eux, la barrière de la langue n’est vraiment pas un problème, nous passons un super moment en leur compagnie !
Le sanctuaire des renards
Le lendemain, le soleil est revenu, nous décidons alors de visiter le sanctuaire Fushimi Inari, et de nous balader dans les collines sur les quatre kilomètres de chemin formés par une longue succession de torii (sorte de portails) en bois vermillon. C'est franchement chouette, on se croirait dans un autre monde. Le chemin jusqu'au sommet est ponctuée de petits autels entourés de statues de renards avec chacun leur bavette rouge, signe de leur pouvoir. Entre le vert de la forêt et de la mousse, et le rouge des bavoirs des renards et des torii, nous voyageons dans un monde de couleur qui semble hors du temps.
Nous retournons ensuite dans le centre de Kyoto pour visiter le château Nijo. Nous n'avons plus beaucoup de temps pour la visite, mais nous pouvons quand même bien en profiter. Ce château est vraiment beau, et très intéressant, avec son parquet « chantant » (le bruit du parquet quand on marche est censé prévenir lorsque quiconque entrait dans le château).
Nara
Nous partons de bon matin sur les chemins et les voies ferrées (en train) en direction de Nara, « la ville où les pigeons sont des daims » d’après Lewis Trondheim. Je ne pouvais pas manquer ça ! Arrivés à la gare, nous nous dirigeons donc vers le grand parc, et à peine arrivés nous croisons nos premiers daims. Qu’ils sont mignons ! Nous passons devant la pagode du temple Kofuku-ji, qui, avec ses cinq étages, est l’une des plus grandes du Japon. Un peu plus loin, je trouve une boutique qui vend des biscuit pour donner aux daims. Alors bien sûr, j’en achète. Grave erreur ! Un daim, c’est comme un chat qui sait bien reconnaitre un sachet de whiskas, j’avais à peine payé que plusieurs daims sont arrivés vers moi, me poussant, tirant mon manteau avec leur dents ! Et moi, je ne donne pas les gâteaux pour rien, je veux pouvoir les caresser. Sauf que les daims veulent uniquement manger à l’œil, alors ils me donnent des coups de tête. Bref, on s’est bien amusé, mais finalement c’est pas si mignon, un daim ! Nous continuons notre chemin dans le parc, en essayant d’aurénavant d’éviter les daims en plein milieu de la route, pour aller visiter les temples. Le temple Todai-ji, abritant, dans la plus grande structure en bois du monde, le plus grand bouddha en bronze du monde, est vraiment intéressant. Mais j’aime surtout beaucoup le sanctuaire shinto de Kasuga Taisha, le temple des lanternes. Des milliers de lanternes en métal, richement ouvragées, sont suspendues le long des bâtiments. C’est magnifique. Cela doit être encore plus beau le soir, lorsqu’elles sont toutes éclairées. Après déjeuner, nous nous baladons tranquillement dans le parc entre les daims, les sanctuaires shinto qui semblent perdus dans la foret, et le très joli petit lac avec ses momiji. Nous reprenons ensuite le chemin du retour, et nous dinons de tonkatsu dans l’un des nombreux restaurants de la gare de Kyoto.
Encore des temples !
Aujourd’hui, le ciel est d’un bleu magnifique, et le soleil brille de tous ces feux. C’est la journée que nous attendions pour aller visiter le Kinkaku-ji, le Pavillon d’Or. Ce bâtiment recouvert d’or brille au soleil et se reflète dans l’eau de l’étang sous les belles couleurs des momiji. Il y a du monde, mais on comprend pourquoi, c’est franchement magnifique ! Nous visitons ensuite le temple Ryoan-ji, très joli, avant de continuer notre chemin en direction du Ninna-ji. Thomas nous l’avais conseillé, et il a eu raison. J’aime vraiment beaucoup ce temple très calme, très zen, avec ses magnifiques momiji d’un rouge profond et le gazouillis des oiseaux… Le château est vraiment intéressant également.
Nous reprenons ensuite un bus pour traverser complétement la ville d’est en ouest, et nous arrivons au temple Tenryu-ji. Le temple, avec son magnifique jardin, l’étang, les carpes et les momiji est franchement splendide. Mais que de monde ! Après la visite des jardin, nous nous dirigeons vers la foret de bambous juste à côté. La lumière, filtrée par ces immenses bambous, y est douce et tamisée… Nos pas nous emmène jusqu’au petit temple Nonomiya. Avec la musique traditionnelle, accompagnée des chants des moines, il dégage de ce temple perdu dans la forêt une atmosphère vraiment particulière. Nous nous baladons ensuite au crépuscule au bord de la rivière, c’est très calme, très agréable.
Journée shopping
Aujourd’hui, nous allons nous offrir une journée plus tranquille, et faire quelques achats souvenirs. Nous visitons d’abord le temple Kennin-ji, dans Gion. Très beau temple avec ses magnifiques peintures de dragon. Nous allons ensuite au sanctuaire shinto Heianjingu. En cette période de la fête Shichi Go San nous croisons beaucoup de famille bien habillée, le père en costume noir, la mère et les jeunes enfants en kimono. Nous partons ensuite nous promener dans le quartier Shinbashi. Ses petites rues ombragées, cet homme qui pêche dans la rivière, et qui me montre le joli poisson multicolore qu’il vient d’attraper, ce vieil homme qui promène son chien sous les arbres d’automne… L’atmosphère de ce quartier nous fait vraiment penser aux manga de Taniguchi. Nous nous rendons ensuite dans la boutique de katana que nous a conseillé le personnel de notre hôtel. Les sabres exposés sont vraiment beaux. Et puis ce sont des vrais, pour les pratiquants de l’iaido. Un client est d’ailleurs en train d’essayer un sabre dans le petit jardin derrière la boutique, en faisant de magnifiques mouvements avec la lame. Après déjeuner, nous nous arrêtons un moment pour regarder un entrainement de base-ball avant d’aller au Kyoto Art Craft Center, immense boutique d’artisanat, pour quelques achats supplémentaires, puis nous rentrons tranquillement à l’hôtel pour y déposer nos emplettes. En fin de journée, nous retournons vers la gare pour diner au « train de sushis ». Nous nous arrêtons en chemin au magasin Todobashi, immense magasin d’électronique, de jouets, de tout en fait. Nous sommes impressionnés par le rayon « téléphones portables », non pas pour les téléphones d’ailleurs, mais plutôt pour tous les accessoires qui vont avec ! Entre les coques de toutes les couleurs, les pendentifs, les tatouages pour portables…. Je vais avoir le plus beau téléphone de France une fois rentrée, moi !
Entre singes et temples, dernier jour à Kyoto
Pour notre dernière journée à Kyoto, nous vérifions le tableau de météo des momiji affichés dans le hall de l’hôtel, et nous suivons les conseils la femme de notre ami : nous allons au Tofuku-ji. Ce temple n’est pas dans notre guide de voyage, mais si elle, qui est de Kyoto, nous le conseille, et s’il est sur le panneau des « spot momiji » de l’hôtel, il doit valoir le détour. Arrivé sur place, pourtant peu de temps après l’ouverture, il y a déjà foule ! Que des japonais bien sûr ! Mais nous ne regrettons pas, bien au contraire. D’une part même s’ils sont nombreux, les japonais restent très courtois, ne se bousculent pas, et ça c’est agréable. Et d’autres part, les momiji y sont vraiment splendides ! Les couleurs varient de l’or au rouge sombre en passant par l’orangé, l’ocre et le vermillon… Nous repartons avec des couleurs plein les yeux, et de magnifiques photos !
Les daims ne nous ayant pas suffit, nous décidons d’aller à Iwatayama Koen, un colline au nord-ouest de Kyoto qui est en fait un lieu d’habitat pour les singes japonais, qui y vivent en liberté. La balade à travers la forêt pour arriver au sommet est très agréable, et la vue d’en haut, sur Kyoto, est superbe ! Mais l’intérêt de cette montagne, ce sont les singes, qui se baladent tranquillement sans nous prêter la moindre attention. Ils s’intéressent seulement aux humains qui sont à l’intérieur de la petite maison, derrière le grillage, et qui leur donnent à manger des cacahuètes ou des morceaux de fruit. Bien sûr, nous n’y résistons pas, et nous achetons deux sachets de cacahuètes. C’est impressionnant de voir leur réaction quand ils prennent le fruit avec la main. Et les bébés sont si mignons ! Bref, nous passons encore un très bon moment, Kyoto réserve de bonnes surprises.
Nous reprenons le bus pour rejoindre le centre de Kyoto, et au lieu de faire un changement nous finissons le trajet à pied le long de la rivière Kamo pour rejoindre le temple Chion. Nous arrivons un peu tard pour le visiter en entier, mais le premier jardin, prêt de l’entrée, est vraiment très joli, avec son petit étang, ses statues, et surtout la superbe lumière du soleil couchant. Nous continuons alors notre route en direction du Kiyomizu-dera. Nous avons déjà visité ce magnifique temple le jour de notre arrivée à Kyoto, mais pour notre dernier soir, nous voulons terminer ce séjour en beauté et le visiter de nuit, avec un éclairage qui le met vraiment bien en valeur. La encore nous ne sommes pas tout seuls ! Mais vraiment, ça vaut le coup. Ces arbres flamboyants, éclairés par la lumière ambrée, sous lesquels des milliers de flash scintillent… C’est franchement grandiose ! Et le temple n’est pas en reste d’ailleurs, il est également très bien mis en valeur par les éclairages. Avant de rentrer à l’hôtel pour notre dernière nuit, nous dinons dans ce délicieux restaurant de teppanyaki que nous avions découvert la semaine précédente. C’est toujours aussi bon !
Chapitre 3. HIROSHIMA et MIYAJIMA Miyajima
Après un dernier mister donut à la gare de Kyoto nous prenons le shinkansen pour Hiroshima. Après avoir posé nos valises à l'hôtel, et après avoir mangé et acheté de nouveau kit-kat (aux agrumes cette fois ci) dans la gare, nous partons en direction du port d'où nous prendrons le ferry pour Miyajima, l'île où cohabitent les hommes et les dieux. En guise de dieux nous avons surtout rencontré des daims, prêts à tout pour voler la nourriture de touristes, ou manger carrément les papiers qu'ils ont dans les mains ! Mais on nous avait bien dit à Nara que les daims sont les envoyés des dieux...
Nous apprenons en arrivant sur l'île qu'elle est jumelée avec le Mont Saint Michel ! Comme le Mont, le Torii de Miyajima, grand portique de bois vermillon, est accessible à marée basse, et semble flotter sur l'eau à marée haute. Nous allons d'ailleurs directement le voir, et puisque la marée est basse, nous allons à pied sous le Torii. Ses immenses pieds, craquelés par l'eau salée, sont couverts de petits coquillages, ou de pièces de monnaies. Entre les daims et les touristes, cet immense Torii sorti de l'eau est vraiment impressionnant. Après une petite balade pour voir la Pagode, nous retournons au bord de l'eau. La nuit tombe doucement, le froid aussi ! Mais nous tenons bon, le dîner dans notre ryokan n'est qu'à 19 heures, et la marée est en train de monter. Le Torri illuminé "flottant" sur la mer est franchement magnifique, nous avons bien fait de rester.
Nous allons ensuite à notre ryokan pour nous réchauffer. Un ryokan, c'est un établissement traditionnel. Et c'est magnifique ! Nous avons une grande chambre au sol de tatami, avec sur la table basse du thé et des biscuits, des yukata (sorte de kimono, en coton) à disposition... Et pas de lit ! Nos futon seront installés quand nous irons dîner. D'ailleurs le dîner à lui seul vaut le déplacement. Nous dégustons une dizaine de plats différents, tous délicieux, tous très fins, tous très bien présentés. Un vrai délice pour les yeux et les papilles ! Notre repas préféré, à n'en pas douter. De retour dans nos chambres, nous découvrons nos futon tout prêts pour la nuit. Mais avant de se coucher, c'est l'heure du bain ! Nous enfilons nos yukata, et nous nous dirigeons vers la salle de bain privative. Heureusement, la patronne du ryokan nous avait expliqué comment faire (non, se laver au Japon, ce n'est pas si simple, c'est tout un art !). Dans la première pièce, on se déshabille. Ensuite on passe dans la seconde pièce, très chaude, contenant le bain. D'abord ont se lave bien, assis sur un petit tabouret, avec les gel douche et shampoing mis à disposition. Ensuite on se rince bien, c'est qu'il ne faut pas salir l'eau du bain qui resservira aux autres personnes. En ensuite, on se plonge dans l'eau très chaude, et on s'y prélasse langoureusement. Que du bonheur ! Et après un bon bain chaud comme ça, on dort bien.
Le Mont Misen
Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner au ryokan, nous entamons l'ascension du Mont Misen, point culminant de l'île. La balade en forêt entre les momiji est vraiment très agréable. Mais ça monte ! Au bout de quelques temps, nous rejoignons les gens qui sont montés en téléphérique... Nous faisons une pause kit-kat / cigarette (chacun son pécher mignon) devant un joli petit temple avant de terminer l'ascension. La vue au sommet sur l'île, sur la mer intérieure, sur Hiroshima, est vraiment splendide ! Le ciel est bleu et bien dégagé, nous avons de la chance ! Après une autre pause kit-kat, nous redescendons par un chemin plus long à travers la foret. La balade est toujours très sympa. Arrivés en bas, nous sommes surpris par la foule ! Nous étions bien tranquille dans la montagne, au point d'en oublier qu'un samedi à Miyajima, c'est comme un samedi au Mont Saint Michel, blindé de monde ! Tous les restaurants sont pleins, et malgré nos kit-kat, nous avons grand faim. On s'arrête alors dans une petite échoppe qui vend des brochettes de poisons, vraiment très bonnes. Et en dessert, on s'offre des momiji manju, gâteaux moelleux en forme de feuille d'érable, et fourrés de crème, de confiture... J'adore ! Après déjeuner, plutôt que de rentrer tout de suite à Hiroshima, nous partons à l'opposé du Torri par rapport à l'embarcadère, et nous nous trouvons un coin tranquille pour faire une bonne sieste au soleil. Fin novembre, ça fait du bien. C'est donc enchantés par notre séjour sur l'île que nous rentrons en fin d'après-midi à Hiroshima. Quel contraste d'ailleurs ! Nous étions en pleine nature sur une île magnifique, et nous nous retrouvons en centre-ville d'Hiroshima à écouter un concours de chants a capella dans la rue ! Certains chanteurs sont d'ailleurs plutôt doués ! Nous continuons quand même notre chemin pour trouver un restaurant... Ah tiens un mister donut ! Je sais où je vais prendre mon dessert moi !
Hiroshima
Pour le dernier jour à Hiroshima, nous nous dirigeons vers le Musée de la Paix. Nous passons d'abord devant le Bomb Dome, seul bâtiment ayant survécu à l'explosion de la bombe nucléaire, le 6 août 1945. Une grue posée sur le toit démembré, se découpant sur le ciel bleu, offre une magnifique message d'espoir. Des grues, nous en voyons plein, mais en papier, des milliers d'origami, offert par les enfants du monde, au Monument de la paix dédié aux enfants, construit en commémoration de ce jeune enfant décédé en 1955 à 12 ans d'une leucémie, séquelle des radiations de la bombe qui l'ont touché 10 ans plus tôt. Une croyance dit que si quelqu'un plie 1000 petites grues en papier, son vœux se réalisera. Malheureusement, cet enfant sur son lit d'hôpital est décédé avant d'avoir réussi à en créer 1000... Oui, les dieux de Miyajima sont bien loin... Le musée en lui-même, racontant d'abord l'histoire d'Hiroshima, puis les conséquence de la bombe, est très intéressant bien qu'un peu orienté (et très dur, surtout au dernier étage)
Bon allons nous changer les idées maintenant. Nous retournons dans le centre pour manger de délicieux tempura. Après ce bon repas, nous nous baladons un peu dans les rues commerçantes, et nous visitons une salle d'arcade. Une de plus ? Peut-être, mais d'une part celle-ci n'est pas enfumée, et d'autre part, une salle d'arcade un dimanche après-midi, entre les parents qui y emmènent leurs enfants, les turfistes qui parient sur des courses de chevaux virtuelles, et ce jeune homme, lunette de soleil et long manteau noir, qui explose les scores du jeu de danse... Franchement on s'est bien amusé !
Notre court séjour à Hiroshima touche à sa fin, nous partons prendre notre dernier Shinkansen du voyage. C'est de nuit que nous arrivons à Osaka, et qu'un gentil couple japonais nous aide à acheter notre billet de métro, et nous guide entre les stations de métro jusqu'à notre hôtel, aidé par un acteur de kabuki parlant anglais. Ils sont vraiment sympa les japonais !
Chapitre 4. OSAKA et KOYA-SAN Koya-san
Nous ne nous éternisons pas à Osaka, et dès le lendemain matin nous prenons un train en direction de Koya-San, la montagne sacrée abritant le monastère fondé par le moine Kukai, au retour de son voyage en Chine, il y a de ça bien longtemps. Après une heure de train, nous entrons dans la foret, puis montons à flanc de montagne… On prend ensuite un funiculaire pour finir l’ascension. L’époque des pèlerin qui montaient à pied jusqu’au somment semble bien loin ! Après avoir posé nos affaires dans le temple dans lequel nous dormirons cette nuit, nous partons à la découverte de la ville qui s’est construite ici. Nous commençons par visiter l’immense cimetière Okuno-in. Il est vraiment impressionnant ! Entre les immenses stupa et les arbres gigantesques, on se sent vraiment tout petit, comme si ce cimetière avait été créé par une espèce maintenant disparue, par des géants ayant à une époque reculée habité sur terre…De toutes petites statuettes trouvent parfois refuge au creux des racines de ces arbres millénaires… Nous arrivons ainsi devant le temple Torodo, le temple des lanternes, dans lequel repose le moine Kukai. Des centaines de lanternes brillent dans la pénombre, c’est reposant, c’est sublime… Une fois sorti du cimetière, nous visitons le temple Karakuyado, à l’intérieur duquel des panneaux de bois peints sur les murs racontent l’histoire de Ishidomaru qui devint à Koya-san disciple de son père sans rien savoir de leur lien de parenté. L’histoire est bien illustrée, et très émouvante.
De retour dans notre temple, le Rengejo-in, nous assistons à la cérémonie du soir appelée Ajikan. Il s’agit d’un méditation du bouddhisme ésotérique qui dure le temps que met le bâton d’encens à bruler… Longtemps… Et on est mal assis… Et il fait froid… Mais rien que pour cette atmosphère particulière, nous sommes contents d’y avoir assisté. D’autant plus que le prêtre, qui parle anglais, nous explique beaucoup de chose sur sa religion, et sur cette cérémonie en particulier. Nous allons ensuite dîner dans une autre salle du temple, en compagnie du couple d’australiens venu en touristes également. Le repas, cuisine végétarienne de cette région, cuisine préparée par les moines, appelée cuisine shojin, est vraiment excellent. Les mets sont très fins, très variés, et puis c’est sympa de manger par terre sur les tatamis. Nous sommes 4 occidentaux rapidement affalés par terre à la mode romaine ! Nous profitons ensuite des bains chauds communs. Nous n’étions que deux femmes, l’australienne et moi, nous nous sommes réparti le créneau horaire pour profiter de la salle de bain en solitaire. Et j’en ai bien profité ! Une immense baignoire d’eau bien chaude pour moi toute seule, que c’est agréable ! Nous ne tardons pas ensuite à nous coucher, il n’est pas si tard mais demain le réveil sera très matinal…
Cérémonie bouddhiste et ville electrique
5h45, c’est en effet très matinal ! Mais la cérémonie du matin étant à 6 heures, nous n’avons pas trop le choix. C’est donc pas super bien réveillés, et un peu frigorifiés, que nous allons participer à la cérémonie Otsunome, cérémonie avec des chants en sanscrit. Vraiment, c’est une expérience très particulière, mais très prenante avec ces chants en continu. J’ai beaucoup apprécié. Nous prenons ensuite le petit déjeuner, toujours en cuisine shojin, et toujours aussi délicieux et aussi bien présenté, avant de reprendre la visite de Koya-san.
Nous allons d’abord jusqu’à la porte Daimon, immense portique de bois, abritant deux divinités, qui accueillaient les pèlerins qui arrivaient à pied de la vallée. D’ailleurs un pèlerin des temps modernes, surement monté en funiculaire, chante dans un coin… Nous visitons ensuite Kondo, un complexe de plusieurs temples et pagodes, tous construits sur une architecture différente. Il n’y a pas un chat, seul un pèlerin solitaire nous accompagne sous les cyprès et le chant des oiseaux. C’est vraiment calme et reposant. Et en plus, il y a des momji ! Nos pas nous mènent ensuite au mausolée des Tokugawa. Ces deux mausolées identiques et côte à côte respirent la sérénité, tout comme le chat du guichetier, ou la gentille japonaise qui a ramassé un scarabée sur le chemin pour le remettre dans la nature, pour qu’il ne soit pas écrasé par un humain inconscient… Notre séjour au Mont Koya touche à sa fin, nous repartons vers la civilisation, en reprenant le train vers Osaka.
De retour à Osaka, nous nous dirigeons vers le port, où nous nous baladons un moment avant de visiter l’aquarium. Franchement cet aquarium vaut le détour. Très bien construit, nous avons l’impression de nous enfoncer progressivement dans la mer. Nous croisons d’abord quelques loutres ou manchot, puis des dauphins, et plus bas, dans les profondeurs, nous faisons la connaissance d’un requin baleine, et d’Alfred la raie Manta. Tout en bas, sur le sable au fond de l’océan, nous découvrons les araignées de mer, et les méduses translucides. La salle « kawai » de l’aquarium, ne présentant que des espèces de poissons très mignonnes, vaut aussi le détour, c’est très japonais ! Et puis j’ai pu caresser un requin et une raie ! Alors la raie, c’est un peu visqueux, ou gluant, pas très agréable à caresser… Par contre le requin est plus rugueux et un peu mou, c’est marrant ! Nous retournons sur le port pour une petite balade de nuit avant de retourner au centre d’Osaka, et nous croisons un pécheur qui partage gentiment ses prises avec un chat des environs.
Nous allons ensuite à Den Den Town, ville électrique. Quel contraste avec la sérénité du Mont Koya où nous étions le matin même ! Nous faisons quelques achats avant d’aller manger des takoyaki à Dotonbori, du côté du pont Ebi Subashi. Ce quartier est surprenant, complétement décalé… Nous y croisons, vers 21 heures, des salarymen complètement saouls sortant d’un bar entre collègues, mais s’arrêtant quand même devant un petit autel shinto à l’angle d’une rue pour une rapide prière avant de continuer leur route en titubant…
Histoire et modernité
Il fait un temps magnifique pour notre dernier jour, un beau ciel bleu et 18 degrés ! C’est le cœur léger que nous nous dirigeons vers le château d’Osaka. L’architecture est magnifique, et les jardins, avec leur belles couleurs d’automne, le sont tout autant. Nous visitons l’intérieur du château transformé en musée et racontant l’histoire des Summer War et du Winter Siege, guerres entre les clans Tokugawa et Toyotomi. C’est vraiment très intéressant. Et la vue sur Osaka depuis le dernier étage du château est très belle. Comme le ciel est dégagé, nous allons ensuite au sommet du Sky Building à Umeda. Quelle surprise en arrivant à son pied de voir un marché de noël allemand ! Les japonais en sont fous, et se font prendre en photos avec les occidentaux qui tiennent les stands ! Mais « jingle bells » remasterisé et chanté en japonais, ça fait quand même bizarre… La tour, par son architecture, est impressionnante. Et la vue depuis le sommet, d’abord de jour, puis sous le soleil couchant, et enfin de nuit, pour voir la ville s’illuminer, est vraiment chouette.
Nous passons ensuite la soirée dans le quartier Americamura. J’aime beaucoup l’ambiance de ce quartier « américain », ambiance un peu décalée… Nous trouvons juste à temps un magasin Mandarake, temple du collectionneur, du jouet, du manga. Nous y trouvons, en vrac, des minis Godzilla, des 45 tours de génériques de dessins animés (mais pas chantés par Dorothée), un déguisement d’Albator, et plein de figurines en tout genre. Nous y passons un très bon moment !
Dernier jour
Le voyage touche à sa fin, nous prenons l’avion aujourd’hui.
Nous dépensons nos derniers yens en achetant des kit-kat au thé vert et deux bento de sushi pour manger avant notre vol.
Nous survolons la Sibérie gelée. Des formes se découpent, en blanc sur la terre noire… comme des monstres géants, comme si nous survolions un tableau surréaliste en noir et blanc d’un peintre fou…
Et nous voici de retour à Paris, avec nos kit-kat, notre katana, et tous nos souvenirs en image. Le Japon est vraiment un pays très attachant, nous avons un sacré pincement au cœur en quittant ce pays…
Un mois seule en Inde par amour du pays
UN MOIS SEULE EN INDE PAR AMOUR DU PAYS
https://voyageforum.com/discussion/mois-seule-en-inde-par-amour-pays-d3872411/
A Peine rentrée de mon voyage en Inde de janvier que je programme de visiter le Rajasthan avec comme but la «Camel fair» à Pushkar.Rajasthan: second état d’Inde par sa superficie; à l’est des monts Aravalli. Capitale: Jaipur. Guerriers aux longues moustaches et turbans multicolores étaient de farouches combattants, défendant leur indépendance contre les musulmans. Leur grande gloire était de se lancer dans un dernier assaut fatal, vêtus de la robe jaune du sacrifice. En même temps, derrière les remparts, leurs femmes s’immolaient sur un bûcher voulant mourir libres plutôt qu’être au pouvoir de l’ennemi. Ce passé de sang et de bravoure résonne encore dans les murs des forts et des palais. DEPART de Belgique le 26 octobre 2010 à 10H: je quitte mon patelin car le voyage en Inde du Nord comprenant le Rajasthan et le Punjab démarre aujourd'hui pour un mois. La personne qui m’emmène à la gare est quelque peu énervée donc je m'empresse de me rendre sur le quai où je fais un peu d'exercices vu qu'en portant mes bagages, je viens déjà de me coincer une vertèbre. Bon, ça y est, le train est là, je m'arrête à Bruxelles centrale exprès car j'y ai toujours vu des escalators donc mieux pour mon dos. Pas de chance, aujourd'hui, c’est jour d'entretien ce qui m’oblige à grimper les marches pour atteindre le quai n°5. On annonce que le train pour l'aéroport aura du retard «problème de locomotive» toutefois vite réglé. Le contrôleur vient me demander pour payer «la taxe Diabolo» de 2,05€, je lui demande s’il blague et bien non, c’est pour payer le nouveau tunnel. Arrivée à l’aéroport, on n'accepte pas mes 2 bagages à l’enregistrement sous peine d'une taxe de 45 dollars. Je décide d'aller les scotcher ensemble ce qui me coûtera 10€. Bon début de journée! Je suis en avance et téléphone à mon chéri qui commence à s'inquiéter de mon silence. L'avion pour Londres est prévu à 15H25 mais le vol est retardé à 17H30 «problème de moteur». Il faut se rendre à l’évidence que ma correspondance Londres-Delhi à 17H est loupée! Je verrai à Londres si j’ai un autre vol. En attendant, j'ai reçu un voucher de 8€ pour me restaurer. Je m’en vais boire une bonne bière avec une tartine au poulet. Je fais internet 1/4h pour 3€. Départ imminent : 18H. Je ne vois ni le décollage ni l'atterrissage car je dors au point de ne pas avoir ma collation. Arrivée à Londres, je me dis que voici le moment où tout va se décider. British Airways me propose un de leur vol faisant escale à Bombay et arrivant à Delhi le lendemain après-midi. Le personnel de l’aéroport ne parle pas un mot de français. Je fais comprendre que ce vol ne m'intéresse pas. On me trouve un autre vol avec Virgin Atlantic à 22H. J'accepte. Du terminal 5, je vais au terminal 3 (10 min de bus). Très grand aéroport. Beaucoup de boutiques. Marche de 20 min pour arriver à la porte où on embarque à 21H25. Le récit pour l'Europe se termine ici..... Le 27 octobre 2010 à 23 h: Je m’envole donc avec Virgin Atlantic, assise au hublot à côté d'une indienne; le discours est réduit à "bonjour", ni l'une ni l'autre n'avions envie de parler mais plutôt de manger, dormir et arriver. On nous sert un excellent repas végétarien. Je tente de voir un film à l’ordi mais le bruit des moteurs est trop fort. Je dors en gigotant beaucoup. Je m’éveille à l'odeur du déjeuner chaud. Je replonge aussitôt et m’éveille à l'atterrissage. Bon vol. J’attends mes bagages mais le tapis défile et rien. Ceux-ci n'ont pas suivi. Durant 3H, je discute tant bien que mal avec les responsables bagagistes. Raj, de l’agence Milna qui s’est occupée de mes réservations, traduisait par téléphone. Evidemment, le taxi qui m’attendait n’est plus là quand je sors. Je prends un taxi-prépaie pour me rendre à l‘hôtel SMYLE INN dans le quartier Paharganj. Un gars de Milna me livre les roupies commandées. Je profite pour lui montrer ma minuscule chambre atroce. Il y a des trous entre les vitres et le plâtre donc bonjour les moustiques et ma moustiquaire, bien sûr, est dans les bagages. Le matelas est haut de 3 cm. Hors de question de rester là et vais en face, à l’hôtel MY INN où j'ai une belle chambre. Je m’endors tard car j'ai dû aller acheter des habits puis j'ai rendez-vous en soirée avec un étudiant en langue française avec qui je communique depuis six mois. Après avoir été acheté une petite culotte que j’ai oubliée lors des mes achats «ça fait bien avec un jeune gars que je vois pour la première fois! Nous discutons devant un thaï masala à l’hôtel. Nous découvrons que nous avons une connaissance à Delhi en commun: Raj de l‘agence Milna. Je reverrai ce jeune étudiant en fin de séjour. J’ai deux autres rendez-vous; un est remis à plus tard et l’autre, je ne l’ai pas trouvé; vu que la carte indienne de mon mobile est périmée, je ne peux l’appeler. Je démarre le circuit demain matin à 10H. Jeudi 28 octobre 2010: Je me lève en catastrophe à 9H45; je me suis endormie tard la veille; le taxi est là. Il m'attend. Nous partons. Il est garé loin et marche vite dans ses vieilles petites rues du vieux Delhi. Je l'arrête un instant pour acheter une crème de jour vu que je n'ai toujours pas mes bagages. Quelques mètres plus loin, je pars sur le côté de la chaussée et m'étale de tout mon long; comme la dernière fois que je suis venue à Delhi, c'était le 1er jour aussi! Comme parfois, les choses dans la vie se reproduisent… J'ai des égratignures aux 2 genoux et aux 2 mains; j'ai surtout très mal mon pied droit qui s'est tordu. Comme toujours, un attroupement d'indiens pour m'aider à me relever alors que je restais figée à terre me disant "non, ce n'est pas possible, pas encore ". Le chauffeur me donne du sparadrap et, comme si rien n'était, nous partons. C'est ainsi que se termine mon mini séjour à Delhi. En route pour la 1ère destination soit la ville de MANDAWA qui se trouve dans la région duSHEKHAVATI à 250 kilomètres de DELHI. La voiture correspond à ce que j'avais demandé une «tata indigo»; elle est propre; le chauffeur doit avoir 35 ans, s'appelle Kamur. A peine dans la voiture, je m'endors jusque midi. Nous passons dans un petit village typique où j’achète des pommes, des bananes et un jus d'orange. On ne s’attarde et démarre pour la suite du parcours. Vers 15H, Kamur me demande si je veux un thé; j'accepte mais une fois là, je vois que c'est le grand resto à touristes; le thé coûte 50 roupies. Je ne suis pas radine mais connaissant le prix ailleurs, je me contente d'aller aux toilettes. Je dois attendre le chauffeur car lui, mange. Je croise un car de français mais je n'ai pas envie de leur parler. Je suis un peu déprimée car j'ai très mal au pied. Je marche à peine. J’ai peur pour mon séjour! Enfin, Kamur a fini. Nous partons. Je lui demande de m'arrêter dans une pharmacie pour acheter une pommade mais se contente de me dire "after". Après 1H de route, nous arrivons à JHUNHUNU. J'ai prévu de visiter un des plus beaux temples du Rajasthan "le TEMPLE de RANI SATI" qui est très fréquenté par les indiens et très peu visité par les touristes; effectivement, j'étais la seule. C'est un haut lieu de pèlerinage hindou qui a lieu au mois d'août/septembre et des milliers de fidèles y viennent. Il y a 800 chambres dans la cour pour accueillir les pèlerins. Il a la particularité d'avoir pratiquer "le SATI" qui est le rituel de la veuve qui s'immole sur le bûcher après la mort de son mari. C'est immense. C’est beau. Joliment décoré de scènes de la vie de Rani Sati (la reine du sacrifice). Je suis éblouie par ce sanctuaire. Je marche très difficilement. Je bois un thé dans le temple. En sortant, j'aperçois une sorte d’officine. Je n'ai rien à perdre. J'explique mon cas. La personne me regarde, ne touche pas mon pied, et me donne des pilules homéopathiques. Je ne paye rien. Bizarre. A peine prises, il me semble que mon pied va déjà mieux. Psychologique ou non? Je suis très étonnée de voir que la nuit tombe déjà et qu'il n'est que 17H30. Nous partons; le chauffeur ne trouve pas le puits que je demande. Par contre, il m'arrête voir un petit temple à 200 mètres du premier. Maintenant, il est 18H, il fait noir. Il y a encore 1H de voiture pour Mandawa et le chemin est très chaotique. J'aperçois le SHEKHAWATI Hôtel en haut de la petite ville; il parait sympa. Un garçon à la réception parle français. Il propose de me guider le lendemain matin. J'accepte. Mais déjà le soir même, nous descendons au village chercher ma pommade que je n'ai toujours pas acheté ainsi que tout un attirail pour les moustiques car toujours pas de bagages et donc pas de moustiquaires ni de produit répulsif. Et là, il y a des moustiques. Dans la chambre, je tire les draps et je trouve une bête rampante dans le lit. Le patron constate par lui-même et me change immédiatement de chambre. Le Skehavali hôtel est propre et le service excellent, aux petits soins pour leurs clients. La cuisine est succulente. De retour à l'hôtel, je soupe sur la terrasse qui est sur le toit; repas délicieux; j'ai choisi du mouton curry en sauce et deux galettes de pain fourrées. Je prends une bière de 660 ml. Elles sont grandes ici mais elle s'est bue quand même. Je rencontre un couple de français et nous échangeons quelques mots. Je rentre, me douche, vais dormir; il est 23H. Vendredi 29 octobre : je me lève tôt. J'ai bien dormi. Je suis au petit déj. à 8H. Omelette et toast avec 2 bons cafés. Avec le petit guide de l'hôtel, nous commençons la visite de MANDAWA. On commence par la grande particularité du Shekhavati, soit la visite des Haveli qui sont d‘anciennes demeures qui appartenaient à de riches commerçants partis pour la plupart dans les villes de Bombay et Calcutta. Très peu sont encore habitées par les descendants mais souvent par des gardiens. Elles sont pour la plupart très délabrées mais on retrouve les dessins faits à l'époque représentant toutes sortes de scènes soit religieuses soit des animaux ou autres. On les distingue par leur façade dessinée. On entre dans la 1ère cour décorée qui était la cour des hommes où souvent se réglaient les négociations. La 2ème cour appartenait aux femmes où elles participaient à tous les travaux ménagers. A l’étage, les chambres hébergeaient les commerçants de passage. Je visite quatre havelis à Mandawa. Je me régale ensuite à visiter le fort médiéval où je passe un bon moment côté historique; j'ai renoncé au côté transformé en hôtel. J’y vois une chambre de Maharaja que je trouve toute petite et mignonne. Je découvre aussi la salle de danse avec ses petits balcons. Il y en a aussi dans certaines havelis. Le petit guide me conduire chez son père qui est artiste peintre mais la visite fut de courte durée. J’ai envie d’un thé et il est très étonné quand je demande de le boire au même titre que les indiens sur une chaise à trois pieds et demi; il propose que je le boive à l'hôtel. Je suis têtue, il n'insiste pas. J'achète des bananes et une pomme. Je rentre à l'hôtel où le chauffeur m‘attend. Toujours pas de bagages. Il est midi, nous partons pour visiterNAWALGARH, une petite ville aux multiples havelis également. Il y en a plus de 5000 dans la région. Le petit guide du matin s'est déjà mis en rapport avec un copain qui attendait sur le chemin près du village. Il parle français aussi. C'est une région où les jeunes et les enfants parlent volontiers français. Je m'étais concoctée un petit itinéraire que nous ne respecterons qu'à moitié car ces havelis sont plus grandes et surtout un musée-haveli me prendra beaucoup de temps. Le premier est le Choti Haveli. Le suivant est le Murarka haveli, très grand et très bien entretenu; j'y ai même vu la cour aux bestiaux. Ensuite, le Podar Haveli muséum qui vaut vraiment le coup d'être vu même si l'entrée coûte 100 roupies. Je demande au guide, qui croyait avoir fini son travail, de voir le haveli des huit frères qui possédait chacun la leur. Original. Elles sont délabrées. Puis, le Khedeval Bhavan recommandé par le routard comme une des plus belles havelis; je n'ai vu que l'extérieur assez minable! Il me restait sur la liste le temple de Ganga Mai. Le guide ne veut pas y aller disant que c'est fermé mais, j’avais lu qu’en demandant à l'arrière du temple, on nous ouvrirait. Ce fut le cas. Pas très intéressant. Il est 17H, je libère le guide. Au départ, je pensais aller aussi à DUNDLOOD, RAMGARH, MAHANSAR et SIKAR mais ça y est, j'en ai vu assez. Après, c'est trop. Par contre, je profite d'être dans les heures des offices religieux pour assister à une cérémonie au temple de Mandawa. Mon chauffeur est rentré seul à l'hôtel. En rentrant, je me laisse séduire par une paire de sandales car toujours pas de bagages. Je cherche internet mais c'est en panne partout. Au retour, je passe devant l'hôtel où je devais loger en premier mais que Milna a changé; il est luxueux et avait des chambres libres à 600 roupies. Toutefois, je ne regrette pas celui où je suis. Pour souper, je monte à la terrasse sur le toit et je déguste une spécialité de la région, un plat végétarien succulent "mandorri" je pense! Je vois arriver mon chauffeur à ma table "pour ne pas me laisser seule, comme il dit", c’est gentil et sympa mais pas de dialogue vu qu'il parle anglais et ne fait pas d‘effort pour me comprendre. Quoiqu’il insiste sur quelque chose, je dis «yes» au hasard. Pas de surprise. J'ai dû bien répondre. Je rentre, me douche, rédige ce texte et me couche. Le départ demain est prévu à 9H. Samedi 30 octobre 2010 : 7H du matin et déjà réveillée, en pleine forme. Je m'habille et vais prendre le petit déj. à la terrasse. Ma première préoccupation est de demander au garçon si mes bagages sont arrivés; il me répond par la négative mais voyant ma tête, rigole et dit «oui, ils sont arrivés à 3H du matin». Ouf....Comme le jour avant, je prends 2 cafés et une omelette. Du toit, j'observe la vie paisible des habitants qui se mettent en train. Certains regardent le passage; les femmes font le ménage; les chiens jouent entre eux; les petits marchands déambulent à vélo en criant pour vendre je ne sais quoi. Hier, j'ai eu la visite d'un corbeau qui m'a piqué le beurre; il est de retour et repique le beurre. Il est 8H. Je salue le garçon. Je termine de ranger mes affaires et rédige ces quelques mots puis je pars à 9H. La première escale sera FATEHPUR à 30 km d'ici. Mon souhait en arrivant là est de visiter UNE HAVELI que NADINE LEPRINCE a achetée en 1999 pour en faire un centre culturel puisqu'elle même est artiste-peintre. Elle a fait retaper cette haveli datant de 1802, qui est maintenant resplendissante. Dans les pièces qui ont été épargnées par les pigeons et l'humidité, les peintures sont restées authentiques. Le gardien de Nadine LEPRINCE est d’origine française. Il regrette que la municipalité ne rénove pas les autres havelis pour attirer le tourisme. Il me fait visiter les lieux en m’expliquant d’abord que si les portes sont petites pour entrer dans les havelis, c'est pour saluer le maître en entrant: vrai ou faux? Les guides de Mandawa m'avait dit que c'est parce que les gens étaient petits à l’époque! Je ne les avais pas crus… Le gardien m'apprend que toutes les fresques représentant des animaux datent des mongols. Il me dit aussi que les petits morceaux de miroirs, servant à la décoration des œuvres, viennent du Val St Lambert à Liège en Belgique. Par contre, les guides de Mandawa me l’avaient dit mais j’ai cru qu’ils disaient cela parce que je suis belge! A savoir que la cristallerie du Val St Lambert existe encore à l’heure actuelle Je ne visiterais rien d'autre à FATEHPUR car je me suis bien attardée et il faut prendre la route car il est déjà midi. A 13H, nous arrivons à DESHNOKE: le TEMPLE DE KARNI MATRA dit le temple des rats". Quel horreur! J'étais pétrifiée sur place jusqu'au moment où un petit rat; heureusement car les autres sont gros est passé sur mon pied. Ils sont là à jouer, manger, boire du lait. Les fidèles les vénèrent parce que la Sainte femme Karni Matra a renoncé à croire aux Dieux humains vu que malgré ses prières "Yama" le dieu de la mort n'a pas pu sauver un jeune enfant. Heureusement que je n'ai pas écrasé un rat sinon j'aurais dû le remplacer par un rat en or ou en argent. Je n'ai pas, non plus, rencontré un rat blanc qui aurait été signe de bon augure. Ce n'est pas le temple que je choisirais pour rester de longs moments assise à terre pour méditer. La visite fut assez brève pour une fois. En sortant, je m’empresse de désinfecter mes pieds avec des lingettes au citron. En quittant ce temple, je demande au chauffeur de faire une halte à la FERME AUX CHAMEAUX à 7 km de Bîkaner. Il n'a pas l'air de connaître puisqu'il demande le chemin. Nous trouvons mais devons attendre 15H pour faire la visite qui n’est pas du tout spectaculaire. En sortant, je déguste un thé au lait de chamelle. Le chauffeur est content car la visite est finie mais déchante quand je lui demande de me conduire visiter le site DEVI KUND à 7 km de Bîkaner. Evidemment, je l’aurais juré, il ne connait pas non plus lui qui se vantait connaitre tout le Rajasthan. Après s’être renseigné, nous arrivons sur ce lieu de crémation où j’admire les superbes cénotaphes, pour la plupart en marbre blanc, des maharajas et leur famille. Le gardien m’ouvre une petite porte qui donne sur le "lac de la déesse" où résident des poissons à moustaches, énormes au point que je demande s'ils mangent aussi les humains. La réponse est négative mais j'aime mieux ne pas m'y baigner. Il est 19H quand nous arrivons à BIKANER. Le chauffeur a du mal à trouver l'hôtel MARUDHAR HERITAGE. Je range mes sacs puis vais manger à l'extérieur un thalli végétarien exquis avant de rentrer me doucher, taper ces quelques lignes puis me coucher. Demain matin, j'ai l'intention de visiter le fort mais aurais-je le temps? J'ai du mal à m'endormir à cause de drôles de bêtes sur le mur. Dimanche 31 Octobre 2010 : 8H, je commande toasts au fromage et café au service room. Je suis prête à 9H pour la visite du JUNAGARTH FORT. J’arrive trop tôt; on me laisse juste visiter le musée en attendant l’ouverture; ce musée n’est pas extraordinaire. 10H, les portes du fort s’ouvrent. La particularité de ce fort est qu'il n'est pas construit en hauteur du tout; ça doit être le seul, je pense! Je loue un autoguide en français, plus cher mais quel luxe! Il n'y a qu'à suivre les flèches et tout est expliqué; ça permet de faire la visite à l’aise et de revenir en arrière autant de fois qu‘on veut, d‘avoir toutes les explications en français. Je mets 2H pour visiter l'intérieur du fort qui est remarquablement bien entretenu et en parfait état. Sa beauté est inexplicable. Il est vrai que j'ai lu dans le guide du routard que c'est le plus beau du Rajasthan. Il a été initié au 16ème siècle parle Raja Rai Sing. J'ai beaucoup aimé les grandes cours, les salles richement décorées, la chambre du Maharaja et ses miroirs pour lui permettre de voir qui arrivait. Son lit est très simple car depuis qu'un Maharaja a été assassiné, ligoté dans son lit, ils avaient des lits simples pour pouvoir se débattre au cas où! Départ pour JAISALMER; j'avais encore des choses à voir mais le chauffeur, qui est toujours pressé de partir, dit qu'il faut 7H pour faire la route. Préférant rouler le jour, je renonce à ce qu'il me reste à faire. Midi. La grand-route est fermée. Nous traversons un dédale de ruelles poussiéreuses. La route bétonnée reprise, nous roulons jusqu'à 14H. Je m'endors. Le chauffeur s'arrête à une de ses étapes habituelles évidemment pour prendre un café et manger. Moi, j'ai prévu une banane, une pomme et le reste des toasts bacon du matin. Bref, je prends quand même un café mais je regrette car il est super mauvais. Après réclamation, on me le remplace par identiquement le même. L'addition arrive: 100 roupies. Je refuse. Le serveur me montre la carte. C'est le prix. Je refuse quand même. Le chauffeur discute et je paye la moitié mais toujours en discutant. Je redis pour la 2ème fois au chauffeur de ne pas m'arrêter dans les endroits à touristes, que je suis habituée à manger et à boire "local". Il me dit "yes". Nous reprenons la route. Quel ne fut pas mon étonnement en voyant que JAISALMER est annoncé à 45 km; il n'est que 16H. J'aurais eu le temps de finir mes visites à Bîkaner. Je ne suis pas contente sur lui. Il me dit quelque chose que je ne comprends évidemment pas et insiste pour que je dise "OK". Je lui répète que je ne comprends pas. Nous arrivons à JAISALMER "la cité dorée ou la ville d'or du désert". Maintenant, je comprends ce que le chauffeur tentait de m'expliquer à tout prix depuis Mandawa. En fait, un de ses amis nous attendait à Jaisalmer pour m'accompagner en tant que guide. Je refuse lui expliquant que je me débrouille seule et que j'aime traîner à ma guise. Ils ne sont contents aucun des deux. Puisque nous sommes arrivés plus tôt que prévu, je descends au lac artificiel "LE GADI SAGAR". C'est un endroit reposant et agréable, propice à la méditation. Je me suis régalée avec mon petit "moi" toute seule. Je me suis retrouvée à faire du pédalo au milieu du lac! J’apprécie d’autant plus que le soleil va bientôt se coucher. Je photographie les poissons à moustaches. Ils sont voraces. Après ce tour, je monte une petite rue et me retrouve à boire un thé dans un petit bar dominant le lac. J’y suis reçue comme une reine régnant sur son lac! Le garçon demande de revenir demain car il a reçu un bon pourboire! Je dis peut-être»! Il est 18H. Je rejoins le chauffeur qui me dit «now hôtel» d’un ton autoritaire. J'ai des appréhensions concernant l’hôtel SHAHI PALACE car le gardien de Nadine Leprince m'a dit qu’il était crado. Je suis agréablement surprise car hôtel propre, bien tenu, personnel sympa; la terrasse est superbe, éclairée à la bougie et petites lampes rouges, et en prime vue sur la forteresse. La nourriture est très bonne. J'ai repris mouton/riz cuisiné autrement. D'un coup, je reçois 5 sms de mon chéri Alain. Cette fois, c'est le mien qui bloque. Je lui téléphone 3 minutes pour 50 roupies (-de 1€)! Maintenant, il est temps d’aller un peu ranger puis me doucher. Demain, j'ai donné congé au chauffeur jusque 15H. Je prévois visiter le fort à pied. A ce moment de mon voyage, je peux dire que le temps passe très vite. Je râle sur moi de ne pas savoir l'anglais mais on ne peut pas être doué en tout! Lundi 1er novembre 2010: 8H; je me réveille. J'ai bien dormi. Finalement, je décide de ne pas faire la forteresse aujourd'hui mais plutôt la vieille ville. Je déjeune. J'emporte avec moi quelques jouets et des chaussures pour enfants que j‘ai emmené de Belgique. Je rencontre deux gamins à qui je donne un jouet. Le reste a suivi rapidement car il a appelé ses copains en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Ils ont tout pris y compris les lignes de chocolat qui étaient prévues pour Praveen, l’étudiant de Delhi, mais qu’il n’a pas su avoir compte tenu du retard des bagages. Je ne peux pas continuer à les emmener. Il fait très chaud ici. Tout ça me fait un sac en moins à porter, je me sens plus légère. J'arrive à l'entrée de la vieille ville pour visiter trois havelis et déambuler dans les rues. J'accepte toutefois l’aide d’un jeune homme car c'est un peu le souk ici et finalement, je me dis que pour m’y retrouver, ça va être un casse-tête. Il ne met pas longtemps à me casser les pieds pour me faire voir tel ou tel magasin. Je n'arrête pas de lui répéter que je ne veux rien acheter mais visiter. Il parle et comprend le français. Donc pas d'excuses. Je le garde avec moi un moment. Il me conduit voir deux havelis. En premier, je visite est le PATWON-KI-HAVELI, qui est magnifique, encore meublé au premier étage avec des collections de toutes sortes d’objets. A noter que le jeune guide m’avait dit que cette haveli n’était pas bien. Bien sûr, là, il n'a pas de commission. En second, je visite le NATHMAL-JIKI-HAVELI qui appartenait à deux frères, moins intéressante que la première. Le jeune m'attend pendant que je visite à mon aise. Ça l'agace. Il arrive quand même à me conduire dans un magasin d'état, me faisant croire que c'est un musée. Ils sont rusés. Je m'arrête pour manger une bricole. Le jeune me dit d'un ton irrité "viens ça va être fermé" en parlant de la troisième haveli. Il m‘ennuie. Je lui dis que je continue seule en m’offrant au passage un jus d'ananas frais; je sympathise avec le serveur qui se débrouille un peu en français. C’est une ville touristique donc les jeunes savent le français comme moi je sais l'anglais. C'est toujours ça! On s'en sort toujours avec beaucoup de gestes, de la volonté et parfois le dictionnaire quand même! Il m'explique comment me rendre à la troisième haveli, le SALIM-SINGH-Ki-HAVELI, qui appartenait à un tyran. Je fais la visite guidée avec un bel indien aux cheveux et aux yeux noirs comme du charbon tranchant sur ses habits blancs. Nous sympathisons. A la fin de la visite, je lui demande où est le centre ayurvédique. Il m'y emmène; je prends rendez-vous pour le soir. Maintenant, je rentre à l'hôtel car j'ai rendez-vous avec le chauffeur à 15H et il est déjà 14H30. Le bel hidalgo se propose de me ramener à l'hôtel avec sa moto. Je me retrouve donc encore une fois sur une moto en Inde. Il y a des choses qui se réitèrent par rapport au voyage de janvier! J'arrive mais le chauffeur n'est pas encore là, je profite de remonter quelques minutes à la chambre. 15H, nous partons pour une petite excursion à la recherche des TEMPLES JAINS. A 10 km de Jaisalmer, le temple de LODRUVA est splendide et est protégé par deux cobras! On voit le trou par où ils rentrent. Tous les jours, on leur donne du lait. Quelques kilomètres plus loin, il y a le site d’AMAR SAGAR où nous faisons une halte pour admirer les merveilleux temples. La dernière visite pour aujourd’hui sera le site MAHARAJA BAGH où il y a des cénotaphes à l’infini. Je suis bien placée pour admirer le coucher du soleil à 18H. Un jeune homme me tient compagnie en voulant me vendre le livre du Kamasutra. L'excursion terminée, je me rends à mon rendez-vous ayurvédique. Le massage dure 2H au lieu d'une heure prévue car il trouve des nœuds partout. C'est spécial comme massage. Ça débloque les énergies et les nœuds. En plein milieu du massage, le bel hidalgo à la moto fait son apparition et veut assister à la séance; je refuse bien entendu. Le taxi m'attend. Je rentre à l'hôtel pour téléphoner à mon chéri puis mange du poulet tandoori; c'est délicieux. Je rentre me doucher, rédiger ces lignes, ranger mon fouillis habituel et m’endort. Mardi 2 novembre 2010:J'ai eu une migraine cette nuit et elle m'incommode encore ce matin. Je me force à manger un peu car je n'ai jamais faim avec la migraine. Bon ça peut aller quand même. Au déjeuner, je constate que nous sommes quatre femmes seules! Je rejoins le chauffeur qui me conduit au pied de la FORTERESSE de JAISAILMER. Il ne peut pas monter jusqu'au dessus et comme je n'ai pas envie de me fatiguer dès le matin, j’y vais en rickshaw. Je suis maintenant au cœur même du fort. Je commence par visiter deux temples Jains, merveilleusement décorés. Je ne peux pas emmener ma bouteille d'eau à l'intérieur. Tout à coup, je ne me sens pas très bien. Je suis barbouillée à cause de mes médicaments pour la migraine. J'ai le cœur qui bat très vite. Je me retrouve en pleine crise de tachycardie aux portes du désert! Je bois un coca et de fil en aiguille, je me retrouve face à un centre de massage ayurvédique. Je ne me fais pas trop prier après le thé offert par la maison. J’accepte 1H de massage, fait très consciencieusement par une indienne. Je me sens mieux. Il est presque midi et il me reste 1/2H pour visiter les deux autres temples Jains qui n’étaient pas ouverts avant 11H. Dans un temple, il y a des chauves-souris! Ces temples sont d’une immense beauté. Je poursuis ma visite comptant visiter le palais mais des jeunes hommes me disent qu’il n’est pas très beau et que celui de Jodhpur est mieux. Je n'ai quand même pas trop envie de le faire donc j'opte pour leur avis qui m'arrange. Je continue mon chemin parmi les vaches, les taureaux, les vendeurs de tout et de rien. Tout ça me plait. Mais on ne fait pas un grand chemin en Inde sans être accostée. Encore un prétexte pour m'arrêter. Je me laisse embarquer à aller boire un thé à la terrasse d'un resto. Je suis bien accueillie par deux jeunes avec qui je discute à bâtons rompus. C'est quand même fou, eux en anglais moi en français, chacun mélangeant un peu de chaque langue. Je me sens bien. Ils m'ont bien installée sur un matelas et je vois toute la ville. Un français venant de Bourgogne dormait chez eux et est venu me parler un moment. On n'est jamais seule en Inde. Le serveur téléphone au taxi pour qu'il vienne me chercher au pied du fort plutôt qu’à l'hôtel, comme prévu. Je le rejoins à 15H pour faire une excursion vers les VILLAGES FANTOMES. Epoustouflant. C'est fabuleux de voir plus de 700 maisons abandonnées. Je demande au taxi de me laisser marcher er m’attendre plus loin près du temple abandonné. Je n'ai jamais entendu unsilence pareil. Rien. Pas un bruit. Calme plat. J’aimerais m'asseoir et méditer mais une vipère pourrait ne pas être loin donc je m'abstiens. Quelle n'est pas ma surprise en entendant de la musique moderne à tue-tête. C‘est mon chauffeur. Non mais, il le fait exprès, un endroit ainsi…Je l'aurais tué mais j'en ai encore besoin! Il y a un deuxième village fantôme près d'un fort. Il ne connaît pas plus que le premier mais se renseigne et y arrivons. Il y a une bande de 3 mètres de sable; la voiture ne passe pas. J'y vais à pied. Il faut vraiment le vouloir!!! Je suis encore épatée par ce paysage désertique. En revenant, je m'amuse avec deux enfants sympas. Il est 17H30, je rentre en passant par le lac artificiel où je vais visiter un petit musée et boire un thé, hé oui encore, à cet endroit qui m'avait plu deux jours plus tôt. Le soir, je retourne faire un massage ayurvédique mais ça ne se passe pas bien. Le masseur arrête à tout moment soit pour téléphoner, soir pour voir un client qui arrive, enfin toujours pour quelque chose. Un moment, je profite qu’il est de nouveau occupé à autre chose pour me rhabiller et partir. Je refuse de le payer. Il n'est pas content. Moi non plus. Je rentre à l'hôtel boire une bière, manger et discuter en français avec une anglaise. Demain, je pars à 9H30 pour Jodhpur. Bon souvenir de Jaisalmer. Mercredi 3 novembre 2010:8H30, j'ai déjà pris ma douche et le petit-déjeuner. Départ à 9H30 pour JODHPUR. En chemin, je demande de m'arrêter pour prendre un thé. Il s'arrête et prend un aussi mais ne le boit pas disant qu'il n'est pas bon. Trop tard, j'ai bu le mien! On verra! Il n'est pas marrant ce chauffeur. Il ne s'arrête jamais pour me faire voir quelque chose ou me laisser prendre une photo. En fait, je crois qu’il ne connaît rien à part le chemin qui relie les grandes villes. Heureusement que je suis bien documentée et tenace sinon je ne verrais pas grand chose. Il est 13H quand nous arrivons à JODHPUR, 2ème grande ville du Rajasthan, appelée «ville bleue». Les maisons sont peintes en bleu pour éloigner les moustiques et garder la fraicheur; tradition datant des brahmanes (prêtres). Il n'y a que 18 jours dans l'année où il n'y a pas de soleil à JODHPUR. Cette ville est trépidante. Le chauffeur est furieux de ne pas trouver de parking près de l'hôtel. Il téléphone à Raj de chez MILNA pour lui dire qu’il ne me conduira pas le lendemain à la forteresse. C'est vrai que c'est la foire ici, aux deux sens du terme puisqu'il y a la préparation de la fête de DIWALI. Il y a du trafic et les gens sont fort excités à l'approche de cette fête. Il y a des lumières partout... Et déjà les pétards retentissent. Le chauffeur viendra donc me chercher demain à 16H, à ma demande, pour me conduire à MANDORE, petite ville à 10 km sûrement moins agitée. Je range ma chambre puis à 15H, je vais visiter la vieille ville. Là, ne circule que piétons, vélos et rickshaws. Le guide du routard indiquait qu'il n'y avait pas de touristes là-bas; il ne s'est pas trompé; j'étais la seule et me suis demandée un court instant ce que je faisais là. Je vire et revire dans les ruelles. Tout le monde me salue, veut me donner la main. Je suis la créature rare du coin! Je distribue des jouets aux enfants et vite une émeute s’est formée à mes côtés. Pas bien méchant! C’est un peu St. Nicolas! Après avoir bu un thé dans une gargote, je pars à la découverte de la TOUR DE L’HORLOGE et du SADAR BAZAR. Toujours aucun touriste juste sur la fin où je croise un petit groupe de français. C’est quand même une grande ville et je suis étonnée. Je me balade encore, fais des photos, mange des spécialités épicées. C'est vraiment le délire ici. Ils préparent la fête avec vigueur. C'est vrai que c’est la nouvelle année pour eux. Je suis fatiguée et traîne encore un peu la migraine donc tente de rentrer à l'hôtel à pied puis en rickshaws car je ne sais plus le chemin. Je me douche et essaye de m'endormir tôt. Demain, j'irai visiter la forteresse. Je me sentirais moins bête rare! Je suis déçue du chauffeur; je me fais comprendre par tout le monde sauf par lui à cause de sa mauvaise volonté, son empressement et de ce fait, ne prend pas le temps de comprendre. Tant pis pour lui à la fin du voyage! Je m’endors vers 20H mais suis réveillée à 3H du matin en sentant quelque chose se promener sur moi. Quel horreur, c’est une grosse bêbête de 3 cm de long avec une carapace et des longues antennes. Elle est dans le lit. Je me bats avec pour la tuer. J'y arrive. Une autre surgit. Ca devait être le couple. Tuée aussi. Oh, je pense ne plus dormir cette fin de nuit! J'ai une moustiquaire mais pas bien mise puisqu'il n'y a rien pour l'accrocher donc je fais avec les moyens du bord mais pas bien apparemment!!! Il est 7H30 chez nous, comme mon chéri se lève tôt, je lui téléphone; j'ai toujours beaucoup de joie à entendre sa voix. Je l'aime. Il me manque mais je sais qu'ici, il ne pourrait pas être bien. C'est vraiment spécial l'Inde! A cet instant, je m’interroge si un mois ne sera pas trop long? Mais ça doit être un sentiment passager à cause des bêtes et la fatigue. Ma chambre ressemble à un champ de bataille. Comment je fais pour avoir un bazar ainsi à moi seule et en rien de temps? Je range un peu. Il est 5H et m’endors un peu. Jeudi 4 novembre 2010: A 8H, au déjeuner, je parle avec une anglaise: n'y aurait-il que les anglais qui voyagent? La dame me dit qu’ils n'ont pas de mérite à parler anglais, c'est leur langue maternelle. Après le petit déj, à croire ou à ne pas croire: en rentrant à la chambre, je rate une marche dans le couloir et me voilà à mesurer celui-ci de long en large; il n'y a qu'en Inde que je tombe; j'ai fait une de ses mascarades avant de tomber, mal à la main et à la jambe! Je me couche un peu, prends des comprimés homéopathiques. Me voilà repartie. Achat d'eau. Négociation du rickshaw puisque mon chauffeur ne veut pas m’y conduire; quoi qu’en arrivant là, les autres touristes étaient avec leur taxi ou bus. Non mais.... à déduire sur son pourboire, enfin on verra! Forteresse de MEHRANGARH, j'arrive!!! Le guide du routard dit que c'est la plus belle forteresse du Rajasthan, je confirme; elle est magnifique; j'ai rarement vu quelque chose du genre aussi beau. C'est comme si l'histoire ne s’était pas vraiment arrêtée, que quelqu'un va arriver, qu'on va être de la partie. Je m'évade dans le rêve en me replonge dans l'histoire des marahajas, des combats, des femmes derrière leurs "puschas" qui sont ces fenêtres à trous dont elles voient tout sans être vues. Je suis éblouie en voyant les diverses salles du palais si bien entretenues. Ce qui m'interpelle le plus, ce sont les empreintes des mains, toujours visibles, que les femmes ont laissé avant de s’adonner au «sati». Équipée du guide oral, j‘écoute les explications compréhensibles pour tout un chacun. Tout ce que j'ai vu dans ma documentation avant de partir est décrypté dans les moindres détails. Je passe 3H dans cette forteresse sans perdre une minute à flâner. Je termine en me faisant disputer par le chauffeur du rickshaw à qui j’ai dit que j'en avais pour 2H. Il n'a jamais dû visiter la forteresse sinon il saurait que 3H est le temps min pour une visite correcte. Je n'ai pas eu assez de temps pour me balader sur les remparts, dommage! A 1 km de là, sur le chemin du retour, on s'arrête au JASWANT THADA au bord d'un mini lac. C'est un grand cénotaphe tout en marbre blanc, datant de 1899, érigé à la mémoire du maharadjah Jaswan Singh. Lieu toujours destiné aux crémations actuellement. A l’intérieur, on découvre des objets personnels du Maharaja, des photographies. On peut aisément imaginer cet endroit à l’époque! Continuation du périple vers le PALAIS UMAID BHAWAN qui comporte 350 pièces. Le maharaja Umaid Singh le fit construire pour donner du travail aux habitants car, à cette époque, régnait la famine. Ce n'est pas possible de tout visiter car une partie est restaurée en hôtel de luxe et l'autre en appartements personnels du maharaja de Jodhpur. Le chauffeur du rickshaw dit de me dépêcher car j'ai mis trop de temps à la forteresse. Je n'ai que faire de ce qu'il dit et je continue à prendre mon temps. Il me ramène à 15H. Je fais internet à l'hôtel en attendant mon chauffeur attitré. Encore à ma demande, excursion vers MANDORE à 9 km de Jodhpur; lui ne propose toujours rien. Je préviens RAJ de Milna que je ne suis pas satisfaite des services du taxi. Raj lui parle mais "le driver" invente et raconte n'importe quoi! Il n'aura pas de pourboire, c'est quasi décidé. Nous partons quand même pourMANDORE. Il ne connait pas!!! Doit encore demander le chemin. A croire qu'il fait le Rajasthan pour la première fois. Je me promène 2H dans ce Garden magnifique avec les singes qui me dévisagent. J'ai retiré mes lunettes, je porte mon sac sur le ventre et n'ose pas les prendre en photo. Mais, ils sont beaux avec leur tête noire et leurs poils blancs. Ils sont joueurs. Hop, ils sautent d'une branche à l'autre! Ils retournent un tonneau en faisant un chahut de tous les diables. Je les admire; un vieux monsieur me dépasse en me disant qu'ils mordent. Oust, je décampe. De toute façon, il fait presque noir. Mieux vaut les laisser entre-eux… Je fais quand même fait la promenade pour aller voir les cénotaphes des reines et admirer le coucher du soleil de là. Je voulais encore allez voir quelques villages VISHNOIS mais j'abandonne car Kamur ne connaitra pas encore. Je décide de rentrer à l'hôtel manger une spécialité râjasthâni, bien épicée. Je parle au patron des bestioles venues me tenir compagnie la nuit; il met un serpentin d’encens dans la chambre. Demain, départ pourMONT ABU à la rencontre des ours! Ce sera la DIWALI "nouvel an hindou et le retour du Dieu Rama" qui revient d’une victoire contre le démon; tout le monde l'attend, c'est pourquoi, il y a des lumières partout. Je vais fêter ça; je ne sais pas encore avec qui. Vendredi 5 novembre 2010. Je me lève à 7H45 comme souvent. Me douche et hop, au petit-déjeuner. L'anglaise rencontrée le jour avant demande si elle peut se joindre à ma table, ce que j'accepte avec grand plaisir. Elle est sympa. Elle a toujours voulu venir en Inde et là, elle y est pour deux mois, sans aucune réservation. C'est ce que je ferai la prochaine fois. Nous papotons toujours tandis que le chauffeur m’attend depuis 1/2H mais je m'en fous, ce qui n'est pas mon genre habituellement. Mais lui, il m'énerve, alors... Pas de scrupules! La rencontre avec l'anglaise est mieux. 10H, nous démarrons pour RANAKPUR où il y a les plus beaux temples JAINS. Je dors un peu dans la voiture. Après 2H30, lemont ARAWELLI commence à se dessiner. Un peu plus tard, arrivée à RANAKPUR où se pointent CINQ TEMPLES JAINS fascinants. Tout est d'une élégance, d'une perfection, d’une finesse et d'une propreté impeccables. Je commence par le plus petit avant d'arriver dans le spectaculaire Temple d'ADINATH ou de CHAUMUKHA. Chaumukha veut dire "4 faces". Il est interdit d’entrer dans ces temples Jains avec boisson, cigarettes ou chaussures. C'est le plus grand temple Jain de l'INDE. Il a été construit au 15ème siècle sur une durée de 50 ans. Tout de marbre blanc, en plein milieu de la forêt, s'étendant sur 1500 m², haut de 33 mètres, 29 salles et 1444 piliers décorés de manière inimaginable. Un des piliers n'est pas droit volontairement car il n'y a que Dieu qui est parfait, donc il fallait une faille à cette merveille! J'ai cherché lequel mais ne l'ai pas trouvé… L'architecture du temple Jain est basée sur des règles cosmiques précises; tout est réglé en fonction du mandala. Il existe encore une petite communauté Janaïste dans ce site. Leur religion ne leur permet pas de nuire aux animaux à tel point que les femmes mettent un voile sur leur figure et les hommes un masque afin de ne pas avaler involontairement un insecte. Ils pratiquent la non-violence, ne possèdent pas d'armes ce qui fait qu’ils n’ont jamais été persécutés au fil du temps. Ils sont respectés des indiens de croyance différence. Ils sont peu nombreux; on en compte 4 millions en Inde dont un million au Rajasthan. Ils recherchent la libération de l'âme en la libérant de son karma. Les cinq règles sont: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger la nuit afin de ne pas avaler un insecte sans le voir. Ils sont tolérants. Je termine la visite en me posant la question : pourquoi ces temples sont-ils construits si loin de tout? Comment les gens y arrivaient-ils? A moins qu'ils aient été tous moines résidant au temple? Aurais-je une réponse? On reprend la route en s'arrêtant pour que le chauffeur mange et partons pour leMONT ABU, appelé aussi le MONT DE LA SAGESSE avec son étrange rocher qui ressemble à un crapaud! Le paysage est spectaculaire; la route est de mieux en mieux et on commence l'ascension vers le Mont Abu. Le chemin est pittoresque. Il y a des singes partout. Une pancarte annonce aussi des tigres et des ours. Mais je n’en verrai sûrement pas car avec le bruit des pétards de la Diwali, ils doivent être cachés au fin fond de la foret. Au SRI GANESH Hôtel, Je visionne ma chambre puis vais manger. J'invite le chauffeur à venir à ma table pour la fête! Le chien de la maison s'invite aussi, restant toute la soirée à mes pieds. Nous discutons en anglais. Dictionnaire en main, papier, bic et surtout beaucoup de gestes. Pétards et feux d'artifice partout. Bruit intense. A 11H, je suis au lit avec mon MP3. A 5H du matin; ca pète toujours. Je me rendors. J'ai bien dormi protégée sous ma moustiquaire. Samedi 6 novembre 2010 :8H du matin, je rédige ces lignes. Pétards encore. Je pense que je suis enrhumée. Il fait froid ici. Nous sommes à 1200 mètres d'altitude. Je bois un bon café, un lassis (yaourt+banane) et un jus d'ananas. A 10H, je libère la chambre et commence ma visite par un MUSEE SPIRITUEL où on me propose une expérience de méditation que j’accepte! Étonné? Ce n'est pas terrible mais ça me plait. Il y a des milliers d'indiens qui viennent à Mont Abu pour ce jour de l'an. Ils sont contents. Pour eux, c'est jour de sortie voire vacances pour certains. Ici personne ne mendie, ce sont des indiens aisés. Ils sourient en me voyant, veulent me toucher la main, me prendre en photo. Pour eux, c'est un honneur! Comment ne pas se sentir bien voyant ces gens heureux autour de moi? Je descends au lac NAKKI (lac des crocodiles) faire le tour en barque, refusant le pédalo cette fois. Je ne vois pas de croco, tant mieux. Ensuite, je vais sur le grand bateau en béton boire deux thés délicieux. On dit que c'est le toit du bateau Titanic!!! Comment savoir si c'est vrai ou si c’est une légende! Je veux voir un petit temple le RAGHUNATHYI mais il est fermé. Je prends beaucoup de temps à faire à photographier les indiens qui me le demande car ici ils peuvent louer des costumes dignes de maharajas et maharanis pour passer la journée. Il est 13H et le chauffeur m'attend mais je prends le temps quand même d’aller manger un thalli: plusieurs petits plats végétariens sur un plateau. Après-midi, je le prie d’aller aux TEMPLES de DELWARA à 3 km. Très beau site. Je dois laisser ma caméra à l'entrée mais j’achèterai un petit livre à la sortie pour garder ce souvenir. Je suis vraiment de plus en plus épatée de la finesse du travail. Le premier des cinq temples le VIMALA VASAHI, bâti en 1031, n'a que 240 piliers mais ce qui fait sa splendeur, ce sont les 52 petits plafonds, tous différents! Incroyable travail! En entrant, il y a un "smosan" qui est une représentation symbolique de la montagne sacrée: je pense bien que c'est le triangle en argent que je vois mais je n'en suis pas sûr car normalement il devait être entouré de statues d'éléphants, que je n'ai pas vues. On y trouve une impressionnante statue d'Adinath tout en marbre blanc. Le deuxième sera le LUNA VASAHI, bâti en 1230, est aussi impressionnant; on y trouve une statue de Néminath, toute noire. Au plafond central, 64 danseurs dans 64 pauses différentes sont sculptés. Je verrai encore un troisième où là, le Dieu est tout en or. Il y a des milliers d'indiens qui viennent visiter ce site. Nous sommes maximum dix touristes à traîner à cet endroit. A se demander où les touristes vont! Il est maintenant 15H et la prochaine étape est UDAIPUR. Je garde un merveilleux souvenir du MONT ABU! Un jour de plus là m'aurait bien plu. Après 3H de route, arrivée àUDAIPUR à 290 km de Jodhpur. Ca commence mal, le taxi ne peut pas entrer dans la vieille ville et devons porter les bagages jusqu'au NIWAS hôtel. Je suis au 5ème étage, sur la terrasse, pas d'ascenseur. Je ne descends pas pour souper et mange très bien à la terrasse. Dimanche 7 novembre 2010: Je m'éveille à 8H30, rédige ces lignes et me prépare pour la visite de la vieille ville, à pied. En fait, je quitte ma chambre à 11H. Je commence par faire recharger mes piles et acheter une bouteille d'eau. Je vérifie le prix sur l'étiquette et «plouf», voilà mes lunettes de soleil tombées dans la mini rigole où les égouts passent. Je les récupère à la main. Elles sont crado et puent. En plus, je m’éclabousse les chaussettes et chaussures. Bon début de journée après avoir fait 100 mètres! Il y a trop longtemps qu'il ne m'était arrivé quelque chose! Un peu plus loin, j'arrive au JAGDISH TEMPLE, construit en 1651, dédié à Vishnou. A l'entrée, deux grandes statues d'éléphants. Il y a beaucoup de Sâdhus qui sont des hommes démunis de tout, ne vivant que de ce qu'on leur donne à manger. Ils aiment être pris en photo pour recevoir une pièce. Dans le sanctuaire, il y a une statue noire représentant Vishnou. Voyant que je suis intéressée, un indien me dit qu'il y a un office à 18H30. Je promets d'y aller. Je change de la monnaie puis visite un atelier de peinture sur soie et sur os de chameau. C’est très joli et très cher. Je me restaure avec un beignet local, un gâteau et du thé à l’entrée du City Palace. Je me répète mais j'adore le thé masala. J'espère pouvoir le refaire chez moi… Le CITY PALACE est le plus grand palais du Rajasthan. Il a été construit vers 1560 et a été régulièrement agrandi au fil du temps jusqu'à la fin du 19ème siècle. Ce palais est séparé en trois parties. Une aile toujours habitée par le maharaja actuel qui y passe trois mois par an, puis six mois à Londres et trois mois à Mumbay. Une autre aile fait office d'hôtel. La troisième est celle qu'on peut visiter. Je me muni toujours d’un autoguide; par contre, la taxe pour l'appareil photo est trop chère, donc pas de photos. Les cours du palais sont superbes. On retrouve comme d’habitude la cour des hommes et la cour des femmes, la zanana où seul le Maharaja peut entrer; les énuques servent d'intermédiaire. Je suis surprise par la salle aux miroirs, c'est d'une beauté! Ils aimaient se regarder les maharajas. Dans la salle des audiences, il y a les "Jhalis" petits balcons d’où les femmes pouvaient suivre les discussions sans être vues. Les vitraux d'une salle proviennent de Belgique, sûrement aussi du Val St. Lambert; les pavés de décoration proviennent du Portugal et de Hollande. Le marbre utilisé ici est local. J'imagine mal comment ils transportaient tout cela à l'époque et j'imagine encore moins comment ils pouvaient bâtir des bâtiments d'une telle importance. On remarque aussi que les couloirs du palais sont étroits et les marches irrégulières, ce qui est volontaire pour ne pas donner de l'élan à l'ennemi qui pourrait s'introduire…Dans ce palais, on fait souvent référence au Dieu Rama (Dieu du soleil); sa femme est Sita; ils ont deux enfants. Il s'est passé un drame dans ce palais; cette histoire m'a marqué: «une jeune fille du Maharaja avait été promise par son père à deux prétendants, le maharaja de Jaipur et celui de Jodhpur. Ne pouvant faire son choix, elle s'empoissonna". La visite dure plus de 2H dans un brouhaha terrible car les nombreux indiens en visite sont bruyants. Je rends l'écouteur et sors faire quelques photos à l’extérieur du palais avant de retrouver le chauffeur qui me conduit, à ma demande, aux jardins de SAHELION-ki-BARI où il y a une atmosphère sereine. C'est un havre de paix où les dames de la famille royale venaient se promener. Il y a 4 bassins. C’est agréable d'entendre le bruit des fontaines, fonctionnant toujours au moyen du système hydraulique élaboré en 1700 (unique à l'époque). Les gens sourient, se promènent. La balade dure peu mais est bénéfique. Si je me presse un peu, c'est qu'il fait noir à 18H et je veux encore aller au MEMORIAL PRATAP, érigé sur la colline de Modi Magri. Il y a un monde fou. Je me balade et fais la visite du petit musée. J’aimerais voir le son et lumière mais il faut repayer et attendre 1H. Je suis fatiguée et prend le chemin du retour. J'ai oublié d'aller à l'office de 18H30 au Jagdish temple. Je ne peux pas tout faire. Je rentre, mange, n'ai plus la force de rien. Je me suis endormie sur ma chaise au resto. Je file dans mon lit. Lundi 8 novembre 2010: il est 7H, je m’éveille, rédige ces lignes après ma douche, range mes bagages. J'ai mal la jambe et le bas du dos. Après le petit déj, je fais un massage ayurvédique et j’achète de l'huile qui j’espère soulagera ma jambe, enfin normalement! Je ne visiterai pas tout ce que j'avais prévu car j'ai besoin de me reposer un peu. A midi, je mange dans un hôtel renseigné par le guide du routard "Ambrai restaurant, au-dessus de l’hôtel Baba". Je ne suis pas déçue, c’est bon et en plus, j'ai vue directe sur le temple hindou Jasdish. Je suis juste surprise du prix du coca light:40 roupies (1€) cher! Ensuite, je prends un rickshaw; Il m'emmène le long du lac et je profite pour faire une petite balade en bateau sur le lac PICHOLA; je ne vois pas de crocodiles or il y en a. J'embarque avec tous indiens en vacances. Ils sont contents que je sois avec eux. Il va sans dire que les photos vont bon train de part et d‘autre! Les indiens en vacances dans une de leur ville sont toujours heureux, bien habillés et ne demandent jamais rien d'autre que des photos et de quel pays on vient. Le gars du rickshaws veut m'arnaquer me comptant 400 roupies les 2H. Il en aura 100 et pas de discussion; il ne rouspète pas trop car un policier est juste à côté de nous. D'un côté, je regrette un peu de ne pas avoir pris le bateau à l'embarcadère du City Palace où le tour aurait été plus grand avec vue du palais au milieu du lac de plus près mais d'un autre côté, j'ai vécu un bon moment avec les indiens sur le grand bateau traditionnel ! J'abandonne l'idée d'aller au zoo Garden. Il reste juste assez de temps pour boire un thé à l'entrée du City Palace où je suis allée hier; il est délicieux et coûte cinq roupies (soit 9 cents). A 15H, nous démarrons et arrivons à 17H30 àCHITTORGARH où le PADMINI Hôtel est clean ainsi que la chambre. Il y a un grand jardin. Je m'y installe directement et quoi de mieux qu'une bonne bière et un papad (petite crêpe craquante). Le régime ne sera pas encore pour aujourd'hui! Le garçon me fait remarquer que sous ma chaise, il y a un petit chiot qui s'est installé. Il ne me quitte pas, me regarde avec des yeux craquants, trop mignon; je voudrais l’emmener. Le moment de l’apéro était agréable. Je mange, ne déballe pas mes habits, tape ces lignes et m'endors. Mardi 9 novembre 2010: éveil à 3H du matin découvrant la bouteille d'huile de massage renversée dans le lit; je me suis endormie en me massant la jambe. Je pouvais bien mettre tout ce temps à la choisir! Il ne me reste plus qu'à en retrouver. J'ai été dormir tôt et me voilà en pleine nuit en train de terminer mon récit. J'espère me rendormir un peu car demain matin, rendez-vous à 9H pour la visite du fort qui est gigantesque paraît-il! C'est une belle grande chambre, propre, dommage que j'ai sali les draps avec l'huile. Voilà, une bien courte nuit dans une si belle chambre. A 9H, petit déj et à 10H, visite de la FORTERESSE DE CHITTOR. Le tour est long donc je vais de temples en palais avec la voiture. La forteresse, bâtie au 7ème, fait 13 km de circonférence. Les bâtiments sont éparpillés. Il y a sept portes pour arriver à l'entrée. La "Rama Pol" est la dernière et la plus belle; je la photographie en sortant. Le temple de SAMADHISVARA sera le premier site. Il est tout en ruine mais on imagine la beauté de celui-ci à l'époque. Je pense à ces batailles qui ont eu lieu ici. En 1303, vivait ici la reine Padmini et son mari. La beauté de la reine Padmini était célèbre et attira le Sultan de Delhi qui demanda au mari de la contempler. Celui-ci accepta pour éviter une guerre mais à la condition que ce soit par le biais d'un miroir où l'image de la reine reflèterait. Il accepta mais mécontent, en sortant, et par traîtrise, le Sultan de Delhi fit le mari prisonnier. Les Rajpoutes voulant sauver leur roi se firent tous tuer. Au même moment, eu lieu à cet endroit le premier DJOBAR, qui veut dire que la reine et 3000 autres femmes se firent brûler sur un bûcher pour ne pas survivre à leurs époux. Deux autres Djohars eurent encore lieu sur ce site. Les Rajpoutes mettaient leur robe jaune-safran pour partir au combat quand ils savaient qu'ils ne reviendraient certainement pas. Là, je suis en plein dans l'histoire du fort.... Je continue ma visite par le musée archéologique qui possède des objets ayant été retrouvés sur le site. Ensuite, j’entre dans un temple Jain puis le temple de Meera. Le bâtiment célèbre la «tour de la Victoire» comporte 9 étages et 157 marches; je réfléchi beaucoup avant d'y entrer; finalement, je me décide mais j’en ressors après 5 min; je n'ai pas été plus haut que le 1er étage. J'arrive au temple de Shiva où je rencontre un très jeune Brahmane qui parle un peu français et veut étudier la langue française. Je lui donne mon traducteur qui va trop lentement pour moi et trois livres que j'ai dans la voiture, destinés à ma copine de Delhi. Il reçoit un livre sur la méditation indienne, l'Alchimiste et la prophétie des Andes. Il m'emmène voir la fontaine sacrée où la vache a reçu la première goutte d'eau dans sa bouche d'où depuis le lac est sacré. Ensuite, je passe voir le Palais de Padmini avant de terminer au temple de Kalika Mata, dédié à Kali. Il y a encore beaucoup à voir mais voilà déjà près de 4H que je déambule dans la forteresse et j'en ai assez. Direction BUNDI, à 120 km de Chittorgarh, avec arrêt aux fameuses cascades Bemlatts Fall dont Manu (contact VF) m'a tant vanté. Je ne sais pas si c'est le bon endroit mais il n'y a pas d'eau qui coule dans le petit lac. C'est un site archéologique. Manu m’a dit qu’elles se trouvent à 30 km de Bundi et on en a encore bien fait 60 km après donc j'ai vraiment un doute sur l’endroit! À vérifier près de Manu. Et moi qui avais déjà pris mes affaires pour piquer une tête, raté! Déçue de ne pas avoir vu la cascade, on reprend le chemin de Bundi pour y arriver à 18H. Je dors dans à HAVELI KATKOUN, richement décorée, restaurée en hôtel. La chambre est très bien. Tout est grillagé pour les singes. Ils sautent sur le grillage. Il y en a des centaines. J'ai un peu peur d’aller demain au fort. BUNDI se trouve à 165 km d'Ajmer. On l'appelait autrefois "la cité des sources" pour les nombreux puits "baolis" qu'elle possédait. Je fais un massage de jambes, achète des produits ayurvédiques, mange et dodo. Mercredi 10 novembre 2010: je me réveille à 6H du matin mais me rendort un peu. Après le petit déj, le chauffeur qui devait me conduire au fort me dit que ce n’est pas possible en voiture et me laisse au pied du palais. Je n'irai donc pas au fort car je m’aperçois que pour une fois, il a raison et il faut y aller à pied; pour moi, c'est impossible. Déjà, le Palais, ça grimpe. J'arrive, après trois pauses, à l'entrée du GARTH PALACE. Il faut dire que la vue est belle; on voit les maisons peintes en bleu lavande. C'est plus grand que je ne pensais. Un guide parlant français insiste pour me guider; je refuse. Heureusement, car je suis restée 4H dans ce palais. C'est pourtant un des moins bien conservé mais j'ai eu la chance de rencontrer un couple de français; nous avons bien discuté. Eux avaient l’intention de monter au Fort mais voyant le chemin pour y grimper, ont renoncé. Je ne citerai pas les salles car finalement c'est toujours la même chose; je commence à en avoir assez des palais et des forts. C'est très fatiguant 15 jours de visites intensives surtout que ça grimpe tout le temps, des escaliers, des descentes, des montées et ma jambe qui me fait toujours mal. Je descends aussi difficilement que pour monter tellement les pierres sont lisses, glissantes et mal foutues. Ouf, je suis en bas! Je n'ai pas aperçu de singes au Palais. Ils sont au Fort. Je m'offre un thai masala dans le petit bar où le patron, artiste-peintre, a six doigts à une main. En rentrant à l'hôtel, un jeune homme devant une boutique m'invite à prendre un thai, ce que j'accepte puisqu'il parle un peu français et que j'aime les contacts. Le thé se boit un peu plus loin chez lui où en fait c'est un petit hébergement. J’y rencontre là deux espagnols, une dame de Tarragone, qui parle catalan et un homme au look "fun «de Madrid qui parle français; le moment est agréable. Le jeune homme m'invite à faire un tour sur sa moto le soir au bord du lac; j'accepte pour m'en tirer mais je n'irai pas à ce rendez-vous; tout d'un coup, je ne le sens pas et je préfère ne pas prendre de risques. Je rentre à l'hôtel 10 min. Il est déjà 15H. Je repars pour aller au puits et au marché. Je trouve d'abord la poste pour envoyer une carte à Dédé, un ami de Reims, mais je ne sais pas s'il l’a recevra! A force de tourner et de virer, j’arrive au marché où je m'achète un ananas, qu’on me coupe et met dans du journal. Je le mange en marchant et ne fais pas trop attention où je vais me disant que je prendrai un taxi pour rentrer à l'hôtel où que je sois. Quelle erreur!!! Je me suis embringuée dans des ruelles de plus en plus étroites sans m’en rendre compte. Il y avait beaucoup d’enfants qui voulaient être pris en photos. Je les photographie mais il en arrive toujours de plus en plus. Je continue cette séance de cinéma tout en avançant dans ces ruelles où les gens sont de plus en plus sales. Voyant que je m‘égare bien, je demande aux enfants si on arrive au Palais en continuant au bout de ces ruelles; le palais étant mon point de repère car l’hôtel n’est pas loin. Ils confirment et m'emmènent. Dieu du ciel…, je me retrouve à grimper de nouveau alors que je n'ai jamais descendu en partant. J'arrive sur la grand-route de Chittoor à Bundi. Les gosses demandent des roupies, je refuse. Ils s'excitent, tirent sur ma bouteille d'eau, dansent autour de moi un rituel de singe, font des grimaces, disent je me demande bien quoi! Je commence à paniquer et me fâche. Ils s'en vont en me lançant des pierres. J'ai de la chance car un groupe d'enfants ainsi, ça peut être fatal!!! Je suis au bord de cette rue où camions et bus passent à toute allure. Il n'y a pas de trottoir. Je sais que je suis loin de l’hôtel puisque je suis passée par là en arrivant de Chittorgarh. Evidemment, pas de taxis aux alentours. Rien. Pas même un tuc-tuc. Je redescends une volée d'escaliers un peu plus loin car je vois le lac artificiel et mon hôtel est en face. Je me rends vite compte que ça va être la même galère que je viens de vivre et remonte ma volée d'escaliers. Que les marches sont hautes ici! Je n'en peux plus. Je transpire sans arrêt. Je marche. J'arrive au lac. Je pense pouvoir le contourner vers la gauche mais il n'y a pas de rue, je dois faire marche arrière et repartir. Sur le pont, je suis à bout. Il reste 1 km mais je ne peux plus avancer. Il passe un tuc-tuc quand même envoyé par les Dieux. Je le prends. Les Dieux auraient pu me l'envoyer plus tôt. Je n'ai donc pas vu le "baori" (puits) mais vécut l'ambiance rurale et vu le lac artificiel. Je rentre à l'hôtel pour récupérer un bagage que le chauffeur devait déposer. Bien entendu, il a mal compris et pas de bagage! Pour m'en sortir, je fais appel à un interprète sinon j'y étais toujours. Ca y est, c'est arrangé, il arrive en courant me donner le bagage qui est dans la voiture. Je bois un thaï (un de plus!). Je me rends au massage bien mérité. Après celui-ci, je mange du mouton et fais internet. Je m'énerve un peu car ma fille ne répond jamais à mes emails et c'est agaçant. Je m'inquiète en plus. Je téléphone à mon ex-mari qui s'affole de mon coup de fil et qui fait téléphoner ma fille. Tout va bien mais elle doit être très occupée à "autre chose" comme dit mon chéri à qui je téléphone aussi. La visite des Palais et des Forts est terminée sauf à Jaipur (Amber). Demain, départ pour Puskhar où règne là une autre ambiance: le festival des chameaux (la CAMEL FAIR). En terminant ces lignes, je vois un énorme lézard sur l’armoire; je n'ai jamais vu un si gros. En fait, la nuit j'ai cru sentir quelque chose de mouillé sur le lit mais en allumant, rien n'était mouillé, maintenant je sais: j'ai dû mettre la main sur le lézard. Qu'en faire? Je réfléchi, le regarde. Lui aussi me regarde avec ses petits yeux. Il est beau mais il ressemble à un dinosaure en miniature. Je n’ai jamais vu de lézard ayant cette allure. Je tente de l'attraper avec une boite pour le sortir mais n'y arrive pas. Il est parti au-dessus de la garde-robe puis ailleurs puisque je ne le vois même plus là. Je ne sais pas où il est. Vais-je pouvoir dormir sachant qu'il peut encore venir sur mon lit? Et toujours rien pour accrocher la moustiquaire. Je l'ai pris en photo. On dit que ça porte chance… pour autant que ce soit vraiment un lézard! Jeudi 11 novembre 2010, direction PUSHKAR, mignonne petite ville sainte au bord du désert, de 15000 habitants, 11km d'Ajmer et 150km de Jaipur. C’était ici le RV des hippies du monde dans les années 1970. La vie ici est restée assez baba cool. C'est un havre de paix sauf à la «Camel fair» qui a lieu à l'occasion de la Kartnik Purnima (anniversaire de la mort de Brahmâ), liée à la pleine lune. C’est la plus grande foire de chameaux de l'Inde. Les nomades du désert du Thar et les paysans du coin y débarquent pour acheter et vendre des chameaux et des chevaux. Pendant le festival, femmes et hommes mettent leurs plus beaux habits traditionnels. On y voit les beaux turbans colorés des hommes et les plus beaux saris colorés des femmes; elles mettront tous leurs bijoux. Avant d’arriver à Pushkar, je prévoyais visiter la mosquée d'un grand Saint à AJMER mais il pleut à seau et je renonce. En direction de PUSHKAR, le paysage est majestueux, ce ne sont que montagnes tout autour. C'est de celles-ci que descendent les nomades avec leurs dromadaires et chevaux pour la Camel fair; ils pourront ainsi les vendre pour acheter des marchandises. Ils en achèteront aussi. Nous trouvons avec difficultés le PARAMOUT PALACE. Un hôtel est vite un palace en Inde. L’accueil est bon enfant. Je suis à l'aise. La chambre est propre mais les robinets coulent et le chauffe eau est archaïque. Comme prévu, là, je libère définitivement le chauffeur pour continuer seule mon périple. Je lui donne, malgré ce que j’ai dit, un bon pourboire pour le fait qu’il conduisait prudemment!!! Il est content. J'ai toujours très mal la jambe et un peu dans le dos. Je mange un plat végétarien et vais me reposer. Ah ça y est, je vois un lézard mais nettement plus petit que celui d’hier. Je mets ma moustiquaire de façon folklorique; pourquoi n’y a-t-il pas de crochets?? Mes attaches autocollantes ne tiennent pas ce qui fait que je reçois la moustiquaire sur la tête en pleine nuit. C'est décidé la prochaine fois, je prends le petit marteau que j‘ai hérité de mon père qui fait tournevis en même temps ainsi que des petits crampons. Au moins, après moi, les autres en profiteront!!! A 19H, je descends marcher, faire internet et acheter une bombe pour moustiques. Je ne résiste pas à un jus d'ananas frais. C’est l’heure de manger, toujours végétarien; il n'y a ni viande, ni œuf, ni alcool à Pushkar cause que c’est une ville Sainte où près de 2000 pèlerins par jour viennent de toute l’Inde. C'est un haut lieu de l'hindouisme. Il est dit dans les Védas (textes sacrés) que pour achever le parcours mystique qui purifie leur âme, les pèlerins doivent faire 4 pèlerinages et se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il y a 400 temples dont l’unique temple de toute l'INDE dédié au Dieu Brahma, créateur de l'univers. Une version de l'histoire sacrée dit qu’au 12ème siècle, Brahmâ tua un démon et lâcha 3 pétales de lotus; là apparurent 3 lacs d'où le nom «Push» signifiant fleur et «kar» signifiant main qui fit donc «PUSHKAR». De l’hôtel, j'aperçois le lac sacré. La mousson fut bonne cette année donc le lac n'est pas à sec. Il y a 52 gaths (escaliers qui descendent au lac). On dit que se baigner dans le lac à cette période porte chance, mais je n'irais pas, j'ai déjà eu de la chance avec le lézard!!! Il y a des moustiques car on passe avec un camion pour asperger les rues d'un répulsif. Il est tard; j’attends demain pour aller voir les dromadaires. Je me réjouis. L’ambiance ne doit pas être triste. En fait, à l'hôtel, mon palace quoi, il y a beaucoup de français. Ici, je dois voir Jacques de Bruxelles et Martine de France; j'espère avoir plus de chance qu'avec Manu que j'ai loupé à Delhi! Voyant le garçon de chambre de l'hôtel boiter, le lui explique que j'ai aussi mal à la jambe, il m’explique qu’en fait, lui c’est la polio! J'ai l'air con... Il me conseille de me rendre dans un temple à 80 km de Pushkar où il s'y passe des miracles; c'est là que tous les handicapés vont. Lui y est allé alors qu'il était en chaise roulante ne sachant ni marcher ni faire aller un bras, il en est ressorti en marchant mal mais en marchant et son bras fonctionnait normalement. Je n'aurais pas le temps d'y aller sinon j'aurais tenté l'expérience! Vendredi 12 novembre 2010, je m'éveille à 8H et n'ai toujours pas de douche. A la guerre comme à la guerre, eau froide, et en avant pour le petit-déj. Ensuite visite de la ville. J’ai la chance de ne pas devoir chercher le temple consacré à Brahmâ car il est sur le chemin du lac sacré. La visite est sereine. Je fais une offrande. J'aperçois la statue de Brahmâ à 4 têtes. Je suis des indiens qui se rendent dans un autre petit temple souterrain! Voilà, j'ai vu le seul temple hindou dédié à ce Dieu. Maintenant, je dois trouver le lac; je marche derrière des gens croyant qu‘ils y vont certainement. Mais on monte une route sableuse ! Pour le lac, c’est mauvais signe… Renseignements pris, ce sont des pèlerins qui se rendent au temple situé en-haut de la montagne. Je fais demi-tour; ce n’est pas mon intention de monter là-haut! En rebroussant chemin, je m'arrête pour boire un thaï masala. Petit mais bon. Je le paye, attends ma monnaie mais il ne veut pas; j'attends encore en insistant; il ne veut toujours pas; je m'en vais emmenant une bouteille d'eau. Oh là là, il m'a vite rendu la monnaie!!! Cet arrêt m'aura permis d'être à l'abri pendant l'averse. En chemin, je tombe sous le charme d'un foulard bleu, un de plus, je l'achète pour 50 roupies (-de 1€). Par contre, je marchande un sac à main mais sans résultat. On verra demain. Enfin, je vois des pèlerins se purifiant dans le lac. Il est interdit de photographier mais je fais quand même une ou deux photos en vitesse. Je m'assois sur les ghâts. Je reste un long moment en pleine méditation. Je me sens bien là. On dit que les cendres de Gandhi ont été éparpillées dans ce lac...Je viens de me renseigner: non ce n'est pas lui car c'est dans le Gange... Je suis attirée par les beaux singes à tête noire. Les uns jouent, d'autres donnent à boire à leur bébé et puis, sur le mur, un couple d'amoureux main dans la main, tête contre tête. C'est attendrissant. Ils s'aiment. Ils ne se quitteront pas de tout le temps que je reste là pendant que les autres courent et mangent des cacahuètes. Je me découvre une nouvelle passion: les singes. Un petit qui n'a pas encore de poils est accroché sous le ventre de sa maman; on dirait la tête d'un bébé humain. Quand ils ont un peu de poils et sont un rien plus gros, ils vont sur le dos de leur maman. En tout cas, les mères s'occupent bien de leurs petits. Un homme s'est approché un peu trop d'un bébé singe et la mère lui a montré les dents. Je ne voudrais pas lui prendre son bébé… En remontant la rue, je bois un jus de bambou. Je tombe par hasard sur un resto indiqué dans le routard le Shiva Juice; j’y mange une pizza succulente; ça me plait la nourriture végétarienne. En chemin, un coiffeur me propose un massage gratuit de la tête "pas pour de l'argent" comme il dit! Je rentre. Il me fait n'importe quoi sur le cuir chevelu pendant 5 minutes puis me demande 450 roupies. Je refuse puisqu’il a dit que c'était gratuit! Il rouspète mais je m'en vais quand même sans rien lui donner. Je ne lui ai rien demandé après tout et en plus, c'était du n'importe quoi! J’ai envie de revoir le lac à un endroit différent. Il est 15H, Il est temps d’aller voir les chameaux. J'y arrive facilement. La ville est petite. Ce sont les chevaux qui sont à l‘entrée du site; ils sont bien peignés et lissés. J’admire un cheval blanc aux yeux bleus, ça doit être une race du Rajasthan car au final, j’en ai vu plusieurs. Je confirme par la même occasion que Théodore, un âne que je connais en Espagne, est bien un âne indien. Je me laisse tenter pour faire un tour en chameau mais sur la charrette. Quel problème pour grimper dessus. Le gamin va chercher une chaise et hop, j‘y suis. Un jeune homme parlant un peu français m'accompagne voir les bébés dromadaires que j'aurais bien trouvé toute seule mais c'est ça l'Inde! Il veut ensuite que je lui paye un sac de farine. Je lui donne 20 roupies car je sais que ce n'est pas vrai. Je retourne seule faire un tour sur le site. C'est magnifique tous ces dromadaires décorés, tatoués. J’admire un homme qui coupe les cils et la moustache à son dromadaire; normal, chacun veut que son animal soit le plus beau pour le concours de beauté, concours de la plus belle moustache, etc… pour le vendre au meilleur prix. Les tentes commencent à se mettre en place. Les nomades font des feux de bois, cuisent leur pain, font du thé. L'ambiance est sereine. Le soir tombant, certains dromadaires sont attachés par une patte et d‘autres partent, je ne sais où. Je téléphone à Jacques (contact VF) pour savoir s'il est arrivé à Pushkar. En fait, il était aussi à la foire, essayant de m'appeler mais mon GSM reste éteint car il m'envoie des pubs sans arrêt et la batterie se décharge trop vite. On a du mal à se trouver mais ça y est, je le vois. Nous somme ensemble pour photographier le coucher de soleil. La rencontre est sympa. On discute beaucoup «voyage» en l'occurrence l'Inde! Il fait nuit; on va prendre l’apéro puis souper à mon hôtel où les prix sont plus raisonnables que vers la foire. On se reverra sûrement demain soir. Il est 2H30 du matin! Le temps passe très vite ici. Je n'imagine pas que j'en suis déjà à ce stade de mon séjour... Samedi 13 novembre 2010: 10H. Je bois 2 thés à la terrasse en parlant avec un couple de français. Il est 11H et je suis encore fatiguée. Je me remets au lit et dors jusqu'à 14H. J'en avais vraiment besoin. Je vais ensuite déambuler dans les rues de la ville; il est trop tôt pour aller à la foire. Je tombe face au restaurant «Om Shiva» où nous voulions aller manger le soir avec Jacques (buffet libre à 80 roupies). Je jette un œil en buvant un délicieux lassis mixte. Je mange aussi 2 bananes. Je n'ai pas envie de me fatiguer bêtement donc je prends un pouce-pouce pour aller à la foire aux chameaux. Je commence par m’attarder longuement m'attarder près des chevaux. Il y en a de toutes sortes; beaucoup plus qu'hier. Je fais beaucoup de photos d’animaux et leurs maîtres. Les nomades sont bien sympathiques, la plupart ont tout leur nécessaire sous la tente. Ils cuisinent. Je leur demande pour les photographier; ils acceptent mais veulent aussi m'inviter à leur repas que je refuse malgré que ça a l'air bon mais j'ai peur de l'hygiène. Ils cuisent le pain sur les crottes de chameaux; ils se font cuire aussi légumes et pommes de terre. Il va faire noir d'autant plus qu’aujourd’hui, il n'y a pas de soleil. Ce qui veut dire qu’il est grand temps d’aller voir les chameaux qui sont aussi plus nombreux qu‘hier. Je passe entre-eux. Ils me regardent. Ils sont marrants. Je me sens bien avec eux. Ils me relaxent. Une cafétéria en hauteur semble m’appeler, je me laisse tenter pour un thé. Je dois partir, il est 18H et il fait noir. Ce qui est désagréable sur le site, ce sont les enfants qui demandent des roupies et ne vous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas. Avec moi, pas de chances! Il faut encore arriver à se fâcher pour que certains partent mais d'autres restent et rient. A la longue, ça devient pénible la mendicité. J’ai rendez-vous avec Jacques à 18H30. Nous partons en direction du restaurant "Om Shiva". A peine avais-je fais 4 mètres que je suis projetée en avant, surprise, je venais de recevoir une corne de vache dans la fesse. Jacques pense que ça va remettre mon nerf sciatique en place mais c'est l'autre fesse! Je n'ai pas eu mal mais c'est surprenant. Cela m’était déjà arrivé une fois dans mon pays, mais dans le bras; les vaches ne m'aiment pas...Nous faisons 4 mètres qu'il se met à pleuvoir à seau. On ira prendre un verre en attendant que ça passe. En chemin, on est bloqué. L'averse a créé une inondation importante sur la route et devons prendre un pouce-pouce. Le buffet du resto est bien achalandé. Avec Jacques, on se salue promettant de rester en contact. Je n'ai pas pu voir Martine (contact VF) vu ses problèmes et le manque de temps aussi. Je rentre prendre une douche puis reçois un sms de Jacques qui m’informe que suite aux inondations, il a dû prendre un cyclo-rickshaws pour rentrer à son hôtel un peu éloigné. Il craignait que le véhicule ne se verse dans le fossé à cause des trous; trop tard, il a culbuté! (il n’a rien). Départ demain matin en bus pour Ajmer où je prends le train qui m’emmènera à JAIPUR. Je regrette ne pas pouvoir rester encore un jour à Puskhar pour le début du festival qui commence le jour de mon départ, le 14 au lieu du 13 comme je pensais. Bon souvenir de Pushkar et du pré-festival. Dimanche 14 novembre 2010: après déjeuner, je trouve le pouce-pouce réservé le jour avant; je n’aurais pas cru qu'il viendrait. Il est 9H pile. Il me conduit à l'arrêt des bus qui vont àAJMER. Je ne visite pas cette ville. Ce bus là n'est pas pire que ceux qu'on rencontre au Maroc. J'ai une place assise, je paye 7 roupies (12 cents). Un indien a embarqué dans le bus avec l'intention de me conduire à bon port à la gare et de toucher sa commission, comme si je ne savais pas me débrouiller seule… Il a reçu le prix du bus. Je ne lui ai rien demandé moi. Il n'a pas discuté car à ce moment, le jeune de l'hôtel, celui qui voulait m'emmener au «temple miracle» m'appelle… Il m’attend à la gare pour me dire au-revoir. Amoureux de moi? Pas de chance, j'aime mon chéri! Je bois quand 2 cafés avec lui puis je me dirige vers le quai n°1 comme m’a renseigné un militaire. En attendant dans la salle d'attente, une grosse dame vient me trouver pour voir mon ticket. Elle ne s'y retrouve pas et appelle du renfort qui ne s'y retrouve pas plus. Cinq minutes après, je me rends compte que je lui ai donné mon voucher d'hôtel. On a bien rigolé. Changement, c’est le quai N°3. Mon train arrive. Je m'installe, bois un thé, mange du poulet-riz, m'endort un peu. 2H plus tard, le train arrive à JAIPUR, appelée la ville rose. C'est la capitale du Rajasthan où vivent près de 2.000.000 d'habitants. Elle est située à 259 km de Delhi. Je saute dans le premier rickshaw venu sinon c'est pénible aux gares. L'hôtel ATITHI est grand, la fenêtre de la chambre donne sur un mur; je demande à changer. On m’installe dans une autre chambre mais le matelas est trop fin; je réclame et on m'installe un matelas supplémentaire. Je fais un peu sur internet. Je téléphone à mon contact de Jaipur qui est à Delhi. Il veut m'envoyer son frère demain avec une voiture, je refuse car ce frère ne parle pas français. Il est trop tard pour visiter. Je soupe dans un joli resto situé une ruelle plus loin. Ensuite, je rentre à l'hôtel et voilà, la journée finie. Lundi 15 novembre 2010, à 9H, visite du CITY PALACE, munie d’un autoguide. A signaler la «salle des armes» où celles-ci sont représentées en grand nombre, témoignant de l'aspect guerrier et combattant des Rajpoutes. On y trouve une des ses épées du Maharaja pesant 5 kilos. Je les imagine à cheval, avec armures et boucliers ou en habits avec de jolis rubans multicolores et de longues moustaches, le tout accompagné d'épées, révolvers, poignards. Je m’évade… La salle des audiences est très bien conservée. On y voit l’immense trône du Maharaja Madho Singh II; c’était un géant de 2 mètres, pesant 225 kgs. Cette salle semble toujours d'actualité tellement tout est resté authentique notamment le plafond dont la peinture est nickel malgré ses 200 ans d'âge! En hauteur, il y a les «djarokas», fenêtres en marbre et à trous d'où les femmes suivaient toutes les discussions sans être vues. La cour des femmes est également magnifique avec ses quatre grandes portes représentant les saisons. Dans le hall des audiences, on voit 2 énormes jarres de 345 kilos servant à transporter l'eau du Gange pour les ablutions rituelles du Maharaja lors de ses voyages notamment à Londres en 1902; elles peuvent contenir 8500 litres d'eau. Dans le «palais de Lune», de 7 étages, résident encore le Maharaja actuel et sa famille. Le drapeau de 5 couleurs flotte au sommet quand il est présent; il est levé quand la Maharani est présente. Le rez-de-chaussée est transformé en musée. Je mange sous un arbre 2 «rôtis» (galette farine/eau) et un thé. Je donne 20 rps; il rouspète; il veut plus; connaissant le prix, je m'en vais. Je prends ensuite une glace au lait; au moment où je mords dedans, il dit 20 rps alors que c'est 5 pour les indiens; je rends la glace avec un morceau en moins! Je me dirigé vers le Jantar Manhar; l'observatoire qui a été construit en 1727 et dont les travaux ont duré 7 ans. Un appareil n'a jamais été achevé. Chef d'œuvre astronomique, c’est le plus grand des 5 observatoires fondés en Inde: Delhi, Mathura, Ujjain, Bénarès. L'engin le plus spectaculaire est le cadran solaire qui mesure 28 mètres de haut/47 mètres de long. J'ai pu y lire l'heure en suivant les explications. J'étais juste à 1/2H près! Je loue un autoguide mais c'est trop compliqué à comprendre! Je me creuse les méninges, sans succès! Je bois un Coca puis je me rends, en pousse-pousse, direction Hawar Mahal (Palais des Vents). Je l'avais déjà vu lors d'un précédent voyage avec Jet Air, il y a 16 ans, mais cette fois, je visite aussi l'intérieur. C'est le symbole de la ville. D’architecture rajpoute, il fut construit par un roi-poète en 1799. C'est une énorme façade à 5 étages percés de 953 fenêtres à trous pour que les femmes puissent suivre les manifestations dans la rue puisqu'elles n'avaient pas le droit d'y aller. On dirait un nid d'abeilles; ce sont des alvéoles. L'intérieur est moins spectaculaire que l'extérieur. Je suis montée tout en haut. En sortant, un jeune homme guète les touristes qui essayent de prendre une photo de l’immense façade, vient les interpeller pour aller chez lui, en face, d’où la vue sur le palais des vents est superbe, gratuitement ajoute t‘il! On sent l'arnaque mais j'y vais pour la photo. Effectivement, superbe vue sur le Palais des Vents. Il a été dit dans le routard qu'il fallait se méfier, des jeunes attiraient les routardes et les violaient. Moi, j'ai eu droit à une démonstration de bijoux; j'ai du mal à m'en tirer mais prétexte que je vais réfléchir et revenir demain. Je profite qu'un autre touriste arrive sur la terrasse pour m'évader! Je prends un rickshaw pour faire ma dernière visite de la journée, le musée Surabhi Manson, trouvé avec toutes les difficultés du monde, qui représente tous les rubans de différentes classes. Au ruban, on pouvait reconnaître à quel rang appartenait le porteur. Les turbans mesurent de 9 à 40 mètres de long et ils leurs faut 10 min pour le faire. Il y en a de toutes les sortes. Après, visite du magasin de livres, cartes etc... Puis invitation au restaurant. J'ai regardé la carte, non merci, une autre fois! Je me contente d'aller manger dans le petit resto sympa de hier soir. Je n'aime pas celui de l'hôtel. A peine ma douche prise, le rickshaw qui devait passer me prendre le matin me fait appeler dans la chambre pour me dire qu'on s'est loupé ce matin (sans blague) mais OK pour «Amber» demain. J'accepte; je lui avais promis en arrivant à la gare. Je n'ai pas le temps d'aller à Samode. Mardi 16 novembre 2010: je suis prête pour aller voir le Fort d'Amber; cela me tient à cœur puisque c'est là que je suis tombée amoureuse à fond de l'Inde, en visitant le temple de ma déesse Kali. Le rickshaw est au rendez-vous; il ne veut pas dire son prix disant que je jugerai d'après ses services. OK mais je n'aime pas trop ça. Nous partons àAMBER à 10 km de Jaipur. Nous passons par le pire des petits quartiers; je n'ai jamais vu autant de cochons en rue ni de chèvres. En plus, ça ne sent pas très bon et je fais des bonds dans la charrette tellement les rues sont en mauvais état. A peine arrivé sur la grand route, le chauffeur s'arrête à une station essence et me demande 200 rps; je refuse mais insistant, je lui en donne 100 que je compte bien décompter au final. Nous redémarrons. Plus loin, sur la route où ne passent que des véhicules à toute vitesse, le type s'arrête et annonce que sa course sera de 400 roupies+l'essence. On verra selon ses services. Il me dépose devant le fort me donnant 1H; je lui rappelle «slow»; il me laisse 2H. J'y vais; il verra bien; je reviens 2H30 plus tard. Je n'ai pas jugé utile de faire la montée à dos d'éléphant pour 400 roupies (env. 7 €), il faut dix minutes pour la monter à pied et j'ai mieux vu les éléphants pour les photographier. De plus, j'ai lu que ces animaux sont maltraités et qu’il vaut mieux ne pas encourager cette association. LE FORT D’AMBER date de 1592 et fut complété en 1727; il se trouve sur une colline dominant le lac Maotha. Les fortifications font 9 km. Ce n'est que collines aux alentours. Le fort domine tout sauf la forteresse de Jaigarth. Certaines salles dont la salle des audiences sont encore en très bon état. Dans celle-ci, on peut imaginer le maharaja trôner au milieu. Dans une autre salle, le Diwan-i-Khass (salle des audiences privées), on y trouve une décoration à base de pierres semi-précieuses et une foule de mini-miroirs. Ce sera un des rares palais du Rajasthan où il y a un jardin fleuri magnifique que les femmes pouvaient voir de leur balcon privé. C'est aussi le seul où j'ai trouvé un hammam turc avec un bassin et un peu plus loin des latrines. Il y a 12 passages secrets menant aux appartements des 12 favorites du Maharaja. Les 300 autres concubines vivent à l'extérieur. Les hommes qui lisent ceci doivent se dire qu'ils en avaient de la chance les Maharajas. Je termine cette visite. En sortant je vois l'indication "tunnel"; je descends dans ce souterrain accompagnée d'un militaire. Encore ces grandes marches! Pas pour rien que personne n'y va et en plus pour ne rien voir de particulier puisque ce sont des passages secrets. Ensuite, je cherche letemple de Kali& puisque je voulais absolument y retourner. Il est à l'entrée!!! J’arrive au moment de ma fermeture. J'ai eu bon supplié, rien à faire, on ne m'ouvre pas la porte : fermé jusqu'à 16H. Je redescends vraiment triste de n'avoir pu retourner dans ce petit temple au point que j'en avais les larmes aux yeux. Le rickshaw pressé et moi démarrons. 3 km plus loin, il faut tourner à droite pour le «FORT DE JAIGARTH». Là ça va se corser l'histoire! Il ne veut pas… Moi je veux. Il dit que le fort n'est pas bien! J'insiste que je veux. Il prétend qu'on ne peut y arriver en rickshaw et qu'il n'a d'essence assez. Dans ce cas, je descends du véhicule. Finalement, il me récupère en acceptant mais fait demi-tour après quelques mètres et s'arrête me demandant 300 roupies en plus pour y aller. Je refuse. Cette fois, je descends définitivement. Je me retrouve dans un endroit où il n’y a nul autre taxi; c’est à pied que j’arrive à la bifurcation. Là, problème, plusieurs types en moto attendent proposant leur service pour faire la montée à un prix horrifiant. Je signale que ça monte très fort pendant 9 kilomètres. Je sens l'arnaque à fond… Un car de touristes indiens tourne à ce moment pour y aller, donc roulant très lentement, et portière ouverte. Je fais un signe, le type aussi et je saute dans le bus en marche comme quoi, mes jambes sont encore en bon état parfois. Je suis sauvée me dis-je. Les touristes indiens sont heureux de m'avoir dans leur bus. Je m'assois où je peux vers le début du car. On croit arriver au ciel en faisant cette montée mais j'ai bien cru vraiment aller au ciel!!!! Mon Dieu. Rue étroite, montante, croisement d'autres véhicules dont des bus, le ravin à gauche. J'ai tellement peur que je ne décide de ne pas redescendre pas en engin motorisé. La forteresse est absolument magnifique, dominant tout d'où un paysage inimaginable. En fait, les rickshaws y accèdent puisqu'il y en avait. Dans cette forteresse, se trouve le «canon Jaivana», fondu ici en 1720, de 6 mètres de long et pesant 50 tonnes. Quatre éléphants étaient nécessaires pour le faire tourner mais il n'a jamais servi sauf pour son coup d'essai! Vive le guide du routard, car je lis qu'il y a un sentier qui descend du fort vers la forteresse d'Amber où je pourrais prendre un bus. Ah, je voulais voir le fort d'Amber et bien, je l'ai vu et revu. J'entame ce sentier en pierre qui descend vers Amber tout en me renseignant d'abord s'il n'y a pas de singes. Je suis accompagnée presque tout le chemin par un ou l'autre jeune homme en promenade. Je n'ai eu aucun problème et ai beaucoup discuté en chemin. Cette descente permet d’admirer ce beau paysage que j'ai dans la tête depuis 16 ans, soit la première fois que j'y suis allée. Cette muraille dans les collines est fabuleuse. En fait, maintenant, il est 16H, le temple de Kali a rouvert ses portes. Cette fois, j'y rentre sans problème. Je me recueille un court instant. Le Brahmane me met un point rouge sur le front. J'aurais dû être plus attentive le matin car je lis qu’il y avait une puja (brève cérémonie) à 10H du matin. Maintenant, je me rends à l'arrêt de bus pour rentrer à Jaipur; il est 5H passé. Le bus arrive déjà rempli d'indiens. Plus un siège de libre. Je fais le chemin assise à terre. Je me lève juste pour prendre une photo au niveau du lac Man Sagar où se dresse le Palais Jal Mahal. Nous sommes à 10 km de Jaipur mettons 1H10 pour le trajet. Toujours assise à terre, les indiennes me regardent car ce n'est pas les indiennes qui feraient ça avec leur beau sari. Je termine ma course en cyclo-rickshaws qui me fait faire un tour de ville pour me ramener à l’hôtel alors qu‘on était à 5 min. Je l'engueule mais il est content quand même. Toutefois, je regrette un peu de ne pas lui avoir donné plus; ils ont tellement de mal à se faire un peu d'argent, en galérant quand même! Bon trop tard, il est parti. Je rentre souper à l'hôtel pour ne pas perdre trop de temps en soirée mais il y a quand même un long délai d'attente. Je vais faire mes sacs. Demain, je pars à 5H du matin. Le train est à 8H mais c'est tellement compliqué que je préfère partir tôt! Ce séjour à Jaipur aura été fort chargé. Je me demande où je trouve cette force et cette énergie car, en plus, je ne dors pas beaucoup la nuit et encore moins de la journée bien sûr! Demain destination ALWAR. Je crois que ce sera repos, enfin, je crois! Mercredi 17 novembre 2010: déjà 20 jours que je suis en Inde, je pars pour la gare à 6H du matin. Je suis tôt car le train est à 8H, qui en plus a du retard. J'attends sur la mauvaise voie car ils annoncent un changement de voie au dernier moment que je n'ai pas compris vu mes faibles compétences en hindi ou anglais! J’ai failli le rater. Dans le compartiment, les gens sont sympas. On bavarde jusqu'au moment où je tombe endormie. J'ai dû ronfler car tout le monde rit quand je m’éveille. J'arrive à ALWAR à 11H et me rend directement à l'hôtel. Cette petite ville est à 170 km de Delhi. L’hôtel ALWAR n'a pas de restaurant donc je sors pour aller manger. En circulant dans les petites rues, j'entends de la musique: une fête. Je vais voir. On me voit arriver dans la foule indienne à 100% et on me donne la place d'honneur! Pas embêtée d'avoir mis les pieds là, me voilà bien maintenant!!! J'apprends qu'en fait, on marie dix couples en même temps, et je vois apparaître deux par deux les futurs maris tandis que les femmes sont cachées totalement derrière un voile, entourées des femmes d'honneur. On me propose à manger mais j'essaie petit à petit de m'éclipser car je vois des billets de 100 roupies au cou de chaque marié; je me dis que je vais être de la revue. Avec tout ça, je ne sais plus où je suis. Je marche. Il pleut à seau. J'ai faim. Je dois mettre de l'argent sur mon GSM. J'essaie de revenir par mes propres moyens mais n'y arrivant pas, c'est encore sur une moto que je fini ma course. Je finis la soirée dans ma chambre. J'ai heureusement une belle chambre avec le wifi gratuit qui me fait passer le temps. J'entends la musique des mariages. Jeudi 18 novembre 2010: je me réveille tôt. J'ai mal dormi et mal partout. C'est dommage d'avoir des belles chambres et de ne pas y mettre des matelas confortables. Malgré que je double mon matelas avec celui du 2ème lit, je sens la ferraille. Aujourd'hui, il va faire bon. C’est à la gare que je compte déposer mes sacs mais changement d'avis au dernier moment, le réceptionniste accepte que je les laisse à l'hôtel et accepte également que je vienne prendre une douche le soir. De ce fait, je lui laisse un pourboire. Je commence mon périple par le Palace d‘Alwar. Le musée est très grand. Je vois un tigre mal empaillé, c'est très gros: une patte à lui vaut mes 2 jambes. Il y a encore des tigres dans la forêt d'Alwar, j'ai vu le panneau. Je vois aussi un ours brun dans la vitrine; il me fixe et m’impressionne au point que je pense qu’il va sortir de la vitrine. On m’avait dit que si je croise un ours, il faut le regarder dans les yeux pour l'impressionner!!! Je m'imagine mal le faire, entendant ses grognements. Il y a des collections de toutes sortes comme dans les autres salles du musée. Je suis sidérée devant la collection de livres allant du minuscule au plus gros, souvent livres religieux. Ceux-ci sont écrits en lettre d'or pour certains et à l'encre de chine pour d'autres, en sanscrit, quelle finesse!!! En sortant du musée, un gamin me suit, j'ai bon lui dire de partir, il reste, s'accroche; je démissionne. Il reste avec moi. Il me conduit au début de la forêt pour me montrer un temple hors du commun, en tête de cobra. On longeant le passage, on repère des singes agressifs. Je veux les photographier mais un me montre ses dents. Je cache mon appareil. Il est méfiant et se retourne pour voir si je ne le prends pas en traite puis fait mine de revenir en arrière. Le gamin me fait signe de ne pas le fixer; c'est vrai, j'avais oublié. Le fort se trouve très haut, impossible pour moi d'y aller. Le gamin insiste pour avoir 150 roupies!! Non. Il descend à 50 roupies! Non. Je finis par lui en donner 20. Il a été les donner directement à son père qui tenait une échoppe à manger. Quand il a vu que je regardais, il a fait mine de prendre à manger! Il avait entre 10 et 11 ans et ne va plus à l'école; peut-être n'y est-il jamais allé. Je descends le chemin tout doucement en mangeant un mixte végétal dans un plat fabriqué en feuilles séchées. J'arrive direct au temple Jagannath que j'ai prévu au programme; le temple est ouvert mais le lieu où se trouve le Dieu est fermé; deux gardiennes sont gentilles et l'ouvrent; je les prends en photo et blaguons un peu. En reprenant mon chemin, je goûte un petit gâteau bien sucré mais bon. En continuant, j'arrive au Circus qui est en fait, au-dessus, un temple dédié à Rama. C'est fermé aussi mais le Sâdhu me laisse rentrer voir ce qui est visible; lui n'ouvre pas le tabernacle. Je reste un long moment assise sur une pierre au circus. En me baladant, j'arrive dans un immense parc où il y a une serre magnifique et visitable. Je pense que je suis peut-être au réservoir de la ville; en tout cas, ce n'est pas le parc «Nehru» car je l'ai vu après. Dans le parc, les enfants demandent "monnaie, monnaie"; Après un refus catégorique, ils demandent un autographe sur un billet de 10 roupies. Pas moyen de se reposer. Je vais rentrer. C'est surprenant de voir toutes ses artères en pleine ébullition. Je finis par prendre un cyclo-rickshaws car à force de tourner, je suis fatiguée. Il est 5H. Je rentre à l’hôtel où sont mes bagages pour prendre une douche, comme prévu avec le réceptionniste. Le patron refuse. Je reprends mon pourboire du matin au garçon. Je m'en vais d’abord à pied puis en Pousse-pousse. Je suis donc en avance de 5H! Je mets mes bagages à la consigne de la gare et vais manger dans une gargote. En mangeant, je vois trois rats dont un court sur la table voisine. Je continue à manger contrecœur mais je dois arrêter, je suis dégoutée. Je retourne à la gare mais j'ai encore des heures devant moi. Je bois des cafés. Je marche. Je regarde les trains arrivés et repartir. Le fourbi que provoque l’arrivée d’un train. Les gares indiennes n'ont plus de secret pour moi. Je sais comment trouver son quai, son wagon, sa place, être à la bonne place où le wagon s'arrête. Je sais tout! Je fais un peu d'anglais par écrit avec mon dictionnaire quand deux jeunes viennent mettre l’anglais en pratique. Je dis toujours, on n'est jamais seul (e) en Inde. En fait, Jacques m'a donné des nouvelles de Pushkar, il paraît qu'il y fait noir de monde; beaucoup de touristes ce qui l'ennuie pour ses photos! J‘aurais dû rester un jour de plus à Pushkar; j’ai raté la course aux chameaux. Par contre, j'aurais pu me passer d'Alwar qui d'après certains sur VF trouvaient cette ville formidable. Je trouve les gens encore plus racoleurs qu'ailleurs; ils vous dévisagent au point du malaise; de plus, ce n'est pas possible de circuler au gré des ruelles comme tant le disent. Il y a de la circulation. Je crois ne pas me tromper si je dis que j'étais la seule touriste dans la ville. Les devants de certains rickshaws sont faits avec d'anciens camions ou tracteurs. Les gens me regardent comme si j'étais une martienne. Je ne me suis pas sentie bien dans cette ville. Pour en revenir au train. Le mien arrive, avec 45 minutes de retard. Je n'ai pas fait attention que Raj de l'agence Milna m'a réservé en A3 n’y comprenant pas grand-chose, maintenant, ça aussi je connais! Mon fils m'a dit avant de partir de bien dormir «si j'y arrive»; j'avais été affirmative connaissant mes nuitées antérieures. Je me suis trouvée dans un AC tiers qui sont des compartiments, non fermés, de six places et deux places en face. Pas de tentures pour séparer et encore moins de cloison avec porte. Bon, je trouve ma place N°9, c'est en bas. Ils sont déjà tous couchés. Impossible de me tenir assise à cause de la banquette au-dessus de moi. Plus de place pour mettre mes sacs. Une énorme dame qui dormait au-dessus de moi s'est levée pour faire place. Je n'avais pas envie de traficoter leurs sacs moi-même. Bref, sur le coup, je téléphone à MILNA et lui demande pourquoi il m'a réservé dans cette classe. Il prétend qu’il n'y avait plus place en A2. Je le crois puisque sur le ticket, la date de réservation indique le «22/10» alors qu'on peut les réserver 3 mois à l'avance. Je lui ferai la remarque. Il me donne le conseil de voir s'il n'y a pas un lit libre où se trouvent les 2 places puis demander au contrôleur si la place restera libre jusqu’à la fin du voyage. Après vérification, j’ai la confirmation que cette place reste libre et peux y rester. Tout le monde a coupé ses lumières et beaucoup ronflent. Moi, je fais un remue-ménage comme seul mon chéri peut comprendre. Je vois des bestioles. Je mets de la bombe pour insecte et de la citronnelle sur moi. Ah, il y a de l'odeur dans mon compartiment. Voyant qu'il est plus de minuit et que je ne peux pas dormir, je prends un somnifère et m‘endors directement. Vendredi 19 novembre 2010: Je me réveille à 8H à l'arrêt du train, descends sur le quai chercher un thé. Le bois puis me rendors jusqu'à midi. Les omelettes arrivent, je prends une et commence à ranger la couchette et mes affaires. Je fais un peu d'ordi mais m'endors dessus. J'ai passé 16H dans le train. J'arrive à AMRITSAR; je bois un café à la gare puis je prends un rickshaw pour aller au SHARMA Guets Housse. Il me demande 50 roupies. En arrivant devant une rue, il me dit qu'il ne peut pas aller plus loin. Or, comme je suis têtue et vois justement un autre rickshaw qui passe. Je ne quitte donc pas son véhicule et lui dit de demander à la police le droit de passage. Il n'a jamais voulu le faire. C'est moi qui l'ai demandé via un signe; ce fut accepté. Arrivée spectaculaire à l'hôtel puisqu'il fait un scandale. Je tiens bon, pas une roupie de plus, il y a 2 km. Ma chambre est au 3ème étage. Toujours ces grandes marches fatigantes. Cette chambre a besoin d'un bon coup de peinture! Je la nettoie avec un gant de chirurgien et une vieille chaussette; je préfère car j’y dors 3 nuits! Après ce nettoyage, je pars à la recherche d’un restaurant. Dans les rues, il n'y a qu'échoppes avec des cadres du temple d'Or, des gurus, etc... C'est Lourdes de chez nous quoi! Je trouve un resto bien et décide de changer le style de hier à savoir celui des rats... Les rations sont énormes; je mange végétarien. Je jette un coup d'œil au temple d'Or, de loin, car je le réserve pour demain. Toutefois, en arpentant le coin, je découvre la "cour dortoir" où les pèlerins sont acceptés pour dormir gratuitement; ils sont couchés sur un sac ou un drap avec une couverture, un oreiller et les voilà qui dorment. La cour est pleine. Il y a aussi des chambres aux étages. Je rentre faire ce résumé; il est 1H du matin. Je commence par dire qu'AMRITSAR est la ville sacrée des sikhs par excellence. Là où tous les pèlerins se rassemblent lors des fêtes comme c'est le cas aujourd'hui. C'est la 2ème plus grande ville du Pendjab avec un million d'habitants. La ville est peuplée et polluée. Elle reçoit les hindous et les musulmans sans problème. Cette ville est très fertile. De ce fait, les sikhs sont dans une catégorie aisée d'indiens qui ont le plus haut revenu moyen par habitant de tout le pays. Tous les sikhs ont le même nom de famille "Singh" qui veut dire lion. L'état civil doit se régaler! Il y a eu ici des milliers de morts parmi les civils suite à la guerre qui dura 11 ans. C'est la seule religion hindoue qui ne croit qu'en un seul Dieu. Elle date du 15ème siècle. Les sikhs ont comme règles de ne jamais se couper la barbe ni les cheveux, d'avoir un peigne sous le turban, avoir un bracelet à la main droite, avoir une épée, un sabre ou un poignard de défense autour de la taille. Ils sont loyaux, droits, obéissants, généreux, pardonnent, sont hospitaliers et supportent l'injustice. Ils croient au karma et à la réincarnation mais rien n’y met un terme, contrairement au bouddhisme. Leur Dieu est créateur, conservateur et destructeur; il est dans l'âme de tout un chacun. Samedi 20 novembre 2010: 11H je quitte l'hôtel. Je me rends au TEMPLE D’OR mais surprise que j'avais oubliée: aujourd'hui est un jour de fête pour les Sikhs; ils fêtent le «GURU NANAK», né en 1469, qui est le fondateur du sikhisme. Les festivités commencent trois jours avant. Voilà pourquoi j'ai trouvé tant de monde hier soir dans la cour qui sert aussi de dortoir. Aujourd'hui, donc jour J, le «Granth Sahib», livre sacré, sort du temple couvert de guirlandes, escorté par des gardes brandissant le drapeau sikh. Dès l'aube, les fidèles processionnent. Il y avait au moins 30 groupes d'enfants soit jouant un instrument, soit représentant une scène de combat avec une arme, le tout au son d'une musique spécifique. On offre à manger aux passants. Je reçois chappattis avec des «dags», pois chiches à la crème indienne. Je préfère faire des films plus que des photos pour la circonstance. Je bois un café puis vais voir le défilé. 3H debout. Ensuite, je rentre dans l'enceinte du temple mais ne vais pas encore au temple d'Or aujourd'hui car il y a une file d'attente à ne pas en finir; j’ai rendez-vous à 15H avec les taxis qui vont à «WAGAH BORDER» dans le village d'ATTARI à 30 km d'Amritsar. Je prends un taxi collectif, nous étions 8 avec le chauffeur. Il nous dépose au pied de la rampe, précisant qu’il sera là au final du spectacle. Je suis les indiens et me retrouve dans les gradins avec eux. Je peux aller au VIP en tant que touristes mais dans la foule, je n'ai pas vu l'endroit. Toujours est-il que j'étais dans l'ambiance très chaude et excitante des indiens! Par contre, je n'ai rien vu. J’aurais pu être à un match de foot ou rugby que ça aurait été la même chose. Par contre, je vois la descente des 2 drapeaux: le Pakistanais et l'Indien. Normal, ils sont en hauteur! En sortant de la cérémonie, je ne vois pas le taxi mais après tout le bazar mené autour de moi, on me l'a retrouvé. Il était bien où il avait dit et les autres passagers étaient déjà là aussi. J'ai dû louper une instruction. Il m'a bien engueulé et les autres ont ri. Il a rouspété un bon moment. Je ne comprends pas ce qu'il dit mais ce n'est sûrement pas des compliments. Il se venge en roulant comme un fou Je termine en précisant qu'aujourd'hui, je n'ai pas besoin de transférer mes photos car j'ai perdu mon appareil. J'ai espéré un moment l'avoir oublié dans le taxi mais un indien et mon copain de Delhi lui ont téléphoné et il a déjà fouillé 2 fois sans le retrouver. Il devait être sur mes genoux et en sortant, sera tombé. J'ai horreur de perdre. Bien que je comptais acheter un neuf, ça aurait pu encore attendre quelques jours. Dimanche 21 novembre 2010, je ressens la fatigue car je ne me réveille plus si tôt le matin. Il est 10H45 quand je quitte l'hôtel pour me diriger tout droit acheter, en tout cas voir dans un premier temps, un nouvel appareil photo. Je suis séduite par le Samsung qui me convient bien et est à un prix tout à fait raisonnable. Je l'ai vite en main car il est assez simple mais quand même plus sophistiqué que l'ancien. Je suis contente. Je me dirige vers le temple d'Or pour aller refaire de nouvelles photos. J'aurais juste perdu le cortège de hier car à la frontière, je n'ai rien su faire comme photos puisque je n'ai rien vu. Aujourd'hui, je vais pénétrer dans le fameux temple d'Or qui fut détruit par les Afghans en 1757 et reconstruit en 1765, embelli ultérieurement de feuilles d'or. Pour entrer dans l'enceinte du temple, pavée tout de marbre blanc, il est obligatoire de se déchausser et de passer ses pieds dans un bassin d'eau et en principe, laver ses mains mais ça je l'ai su après. Moi je les ai lavées en sortant. Il est 13H15 et je fais la file 1H1/2 pour passer la passerelle de marbre longue de 60 mètres et qui mène au temple d'or proprement dit "le Harmandir Sahib". Le pavillon est couvert d'une plaque en cuivre doré et date de 1764. Toute la journée, des prêtres chantent et les musiciens jouent des hymnes du livre sacré; ils se relaient régulièrement. Quand ce fût mon tour d'y rentrer, je suis restée sidérée de la beauté de ce temple, c'est majestueux; on ne peut être qu'en extase devant cette merveille. Il y a un guru dans la salle du bas, à qui on jette énormément d'argent ou des offrandes. Au second étage, il y a un autre guru qui, à mon avis, reçois moins d'argent et au troisième étage, encore un autre. De là, la vue est sublime. On voit les pèlerins sur la passerelle. Celle-ci supportera le poids des âmes pieuses et les autres iront en enfer. En fait, je suis restée 8 H dans l'enceinte et j'ai toujours vu la passerelle pleine à craquer; ça n'arrête pas. Je redescends mais m'inquiète de ne pas avoir vu le livre sacré donc je me mets dans un coin pour relire ma documentation. C'est au 2ème étage que je dois remonter pour le découvrir, bien à sa place, posé sur un tissu inséré de pierres semi-précieuses. Il est géant ce livre. Tous les soirs à 22H, il y a la cérémonie de transfère du livre sacré sur un palanquin, du temple au siège du comité directeur, pour le ramener le lendemain à 5H du matin. La version originale du Granth Sahib a été brûlée en 1984 par l'armée indienne. Cinq mois plus tard, le 31 octobre, Indira Gandhi, premier ministre de l'Inde, était assassinée par 2 gardes sikhs, en représailles. En sortant définitivement du temple pour repasser la passerelle en sens inverse, je profite pour faire quelques photos avant de retourner dans la cour d'où on voit le temple d'or qui semble flotter sur une île. Je déambule dans les couloirs de la cour. Je bois du thé qu'on m’offre. Je vais visiter le musée où se trouvent des tableaux relatant les évènements historiques sanglants. Les sikhs ont dû faire face aux hindous et aux musulmans avec cruauté. Quelques photos sont franchement parlantes puisqu'on y voit des sikhs tués, souvent fort défigurés. Puis il y a de plus belles photos de gurus. En sortant, je tombe tout à fait par hasard sur les cuisines et vais manger avec les pèlerins, assise à terre. On me verse du riz dans un bol et une sauce dans l'autre avec des chapatis. Ils servent 10000 repas par jour gratuitement. En allant me rechausser, je vois une cabane où des gens se font soigner. Bien entendu, je m’arrête; on me fait de l'accu pression sur les doigts de main et pied gauches pour soigner ma jambe droite! On verra, c'est une expérience. (À ce moment, j’en déduis que ce traitement n’a pas marché). Maintenant, il fait noir. Je vais me redéchausser pour prendre en photo le temple. Je l’admire sous toutes les lumières qui reflètent dans le bassin sacré. C'est royalement beau. On est saisi par les milliers de lumière qui, de plus, reflètent sur l'eau. Il y a des milliers de personnes qui se trouvent là en cet instant. A 19H, il y a un énorme feu d'artifice qui sera renouvelé puisque je l'ai encore entendu après. Le bassin d'eau est entouré de petites bougies où certains pèlerins font des ablutions. Il y en a qui garde leur poignard pendant le bain. On voit d'énormes carpes grises et rouges. Je n'ai pas jugé utile de faire d'autres visites sur Amritsar. J'ai préféré l'ambiance du temple. Je remange un bout et bois un verre de lait avant de rentrer à l'hôtel préparer mes sacs et rédiger ces lignes. Demain matin, départ pourDELHI à 5H. Il faudra donc se lever très tôt... J'ai eu des nouvelles de Jacques qui est à Pushkar et qui m'annonce aujourd'hui, qu'on lui a volé sa petite caméra qu'il venait d'acheter «lui» pour 400 euros. Pour lui qui adore photographier, ce n'est pas marrant du tout. Lundi 22 novembre, je me lève à 3H du matin pour prendre le taxi à 4H et le train à 5H. Il part pile à l'heure et je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas en première classe alors que j'ai payé des mois à l'avance. Encore une fois, l'agence n'a pas réservé directement! Pourquoi? On le devine... J'arrive à DELHI et vais directement à l’hôtel MY INN où le chauffeur du Rajasthan devait déposer mon bagage; évidemment, pas de bagage! Encore toute une histoire...Je téléphone à Milna qui le contacte. Le verdict est qu’il l'a laissé à son agence alors que je lui ai expliqué 1000 fois que c'était à l'hôtel où il est venu me chercher le premier jour. J'ai vraiment été trop généreuse dans le pourboire, finalement il ne le méritait pas… à part qu'il m'a ramenée entière... Bref, après 2H, un gars de l’agence m’amène mon bagage. Heureusement, car je vais voir ma copine Chavti à qui je dois remettre des livres qui sont dans ce bagage. Le lit de la chambre n'est pas fait. On me dit à midi après maintes demandes de ma part, qu'il sera fait dans l'heure qui suit. Je rentre à 21H et toujours pas de lit fait, pas de drap de lit, pas de serviette de bain sans compter que j’ai nettoyé la chambre comme souvent, à quatre pattes avec une vieille chaussette! En fait, plus tu te fâches avec les indiens, plus ils prennent du plaisir et continuent... Ils rigolent même quand tu les engueules, je connais un qui fait cela et il est bien belge; mon Loulou si tu te reconnais dis le!!! (Petit-fils). La journée n’a pas été intéressante; j'aurais dû aller dormir chez ma copine comme elle l'avait proposé. La nuit tombe, je cherche un endroit pour manger. Tout à coup, une enseigne m'attire comme un aimant "bar- restaurant". Je m’offre 2 bières et un resto; je rouspète car j'ai demandé "non space" et c'est "space"... Le patron me dit qu'il s'occupera spécialement de moi demain, mais irais-je???? Mardi 23 novembre 2010, je commence ma journée en me disputant avec le garçon d'étage car il m'apporte un thé et un toast grillé à un prix trop élevé... au final, il a gain de cause car il m'apporte la carte! Je ne m'attarde pas trop car j'ai beaucoup à faire aujourd'hui. Il y a certains sites que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter donc c'est le moment, j'ai une journée complète. Je prends un rickshaw pour me conduire à HUMAYUM’S TOMB; je devrais plutôt dire, je voudrais prendre un rickshaw car ils ne veulent pas m'y conduire: trop loin. Sauf un qui voulait bien mais pour faire la journée à un prix de fou. Comme ça dure une éternité pour se mettre d'accord sur un prix correct, je descends et prends un cyclo-rishwach jusqu'à la place Connaught car il ne peut pas aller plus loin. Là, je trouve un qui m'accepte pour une somme dérisoire mais ils sont malins: une fois en chemin, ils s'arrêtent et proposent d’attendre à l‘entrée. Je commence par aller voir l'INDIA GHAT que j'avais déjà aperçue plusieurs fois de loin. Son arc de triomphe mesure 42 mètres de haut et y sont inscrits le nom des 85000 indiens morts pendant la première guerre mondiale et la guerre afghane en 1919. Je ne peux pas apercevoir les noms car c'est interdit de passer en dessous de l'arc où brûle «l'Amar Jawan Jyoti» c'est à dire la flamme éternelle du souvenir. Je fais quelques photos puis visite de «Humayn's Tomb» où là, le chauffeur dit qu'il va travailler un peu et reviendra dans 1H. Il ne me connaît pas, en effet, j'ai mis 2H30. Je l'avais prévenu. Praeven, l'étudiant français viendra me rejoindre après ses cours à 14H. Humayum's tomb est le mausolée de l’empereur Humayum’s, né en 1508, qui fit une chute mortelle en 1556 dans sa bibliothèque, se trébuchant sur une marche descellée. Comme quoi, il faut regarder où l'on met les pieds. C'est le fils de Bâbur e le père d'Akbar. Il régna dix ans. Ce monument est classé comme une des plus beaux de Delhi et fut créé par sa veuve en 1564. Il a servi de modèle pour construire le Taj Mahal. Il est dressé sur une plateforme; il est en grès rouge et a des sculptures en marbre. Il comporte quatre étages. Il y a aussi deux autres mausolées où il y a trois tombeaux dans l’un et deux dans l’autre. Tout autour, un grand jardin où j'ai eu beaucoup de plaisir à me balader dans les petites allées; en fait, c'est un carré lui-même divisé en carrés de verdure, séparés par de petits canaux. Il y a quatre fontaines dont le bruit que fait l'eau est reposant. On est loin de la foule. Si je n’avais pas rendez-vous avec Praeven et Le rickshaws, j'y serais restée davantage. J'y rencontre deux couples de français avec qui je papote un moment. A 14H, Praeven me téléphone qu'il est arrivé. Je termine donc cette visible plaisante. Je propose à ce jeune homme, qui n'a pas beaucoup d'idées, d'aller visiter le PURANA QUILA: il accepte mais je ne suis pas sûr que ça l'emballe; tant pis. Il n'avait jamais visité ce lieu alors qu'il a 20 ans et habite Delhi. Cet endroit aurait été le refuge des croyants lors d'un grand massacre. Nous commençons par le musée archéologique et là, j'ai vu que ce n'était pas sa tasse de thé; il a passé toute la visite à téléphoner. Moi j'aime beaucoup et je m'inquiétais de savoir ce que voulait dire les lettres inscrites après la date. Il me renseigne que ça signifie après ou avant JC. J'ai eu un peu de mal à comprendre; pourquoi JC, en Inde, alors que leur religion est beaucoup plus ancienne que le christianisme. Pourquoi se réfèrent-ils à JC? Je reste avec mon point d'interrogation… Nous poursuivons le chemin. J'annonce à mon jeune ami que c’est un parcours de 2 km. Il souffle; ça ne doit pas beaucoup l'amuser. Nous avons bavardé tout en marchant et je ne me suis finalement pas trop intéressée au bâtiment en lui-même. Il faut dire que j'en ai un peu marre des visites. Là, c'est le dernier site que je visite en Inde; pour cette fois. Ma jambe me fait toujours mal. Je quitte le jeune homme qui a certainement mieux à faire. Je ne trouve pas de rickshaw qui veut bien me ramener à Main Bazar où j'ai mon hôtel. C'est trop loin et il y a beaucoup de trafic. Je décide d'avancer à pied jusqu'à la porte de l'Inde. C'est loin et fatiguant après avoir visité toute la journée. Je traverse une grand-route pour prendre un raccourci mais j'ai bien cru que ma dernière heure était arrivée, quel trafic et quelle vitesse en plus! Ceci dit, j'arrive au lieu dit et ai un véhicule qui me ramène en m'arrêtant deux fois devant des magasins; Ce soir, je vais souper avec Jacques qui m'invite dans un bon restaurant pour le quartier. Après ce repas, nous partons chacun de notre côté faire nos valises respectives. Lui part au Népal. Moi, je rentre en Belgique. Je vais me coucher à 1H du matin pour me lever à 2H. Le chauffeur de Milna, celui qui m’a amené l’argent en début de séjour, vient me chercher à 3H pour me conduire à l'aéroport. Voilà le tour est bouclé. Un mois d'aventures. J'ai passé un fabuleux séjour. J'ai fait un bon circuit sur mesure, que j'avais établi. Je crois avoir fait ce qu'il y a d'important dans le Nord. S'il y a une suite à l'Inde, ce sera le Sud. En voyant certaines photos anciennes, je pense que l'Inde ne change pas. On retrouve les mêmes habits, les mêmes bâtiments, les mêmes scènes de vie. On pourrait croire que le temps s'est arrêté. Pour moi, en tout cas, le temps a passé vite. Je remercie mon compagnon de me faire confiance et me permettre de vivre ma passion. MARIE
BUDJET Avion 535€ (Bruxelles/Londres/Delhi) A/R. British Airways Voiture Rajasthan 440 € (400€+40€ pourboire) Taxi, bus, pousse-pousse 47€ avec train pour Bruxelles compris Les pourboires bagages, etc 11€ Les divers trains+réservation faite par milna 48€ Retour aéroport - milna 15€ Soit un total de déplacement de 1096 € Frais HOTELS +Réserv milna: 428€ FRAIS BOISSONS+NOURRITURE: 182€ FRAIS VISITES: 68€ FRAIS VISA 90€ (avec trajets trains pour Bruxelles) FRAIS PERSONNELS DIVERS: 168€ FRAIS MASSAGES: 47€ FRAIS MEDICAMENTS ET PRODUITS: 39€ FRAIS encre, copies, guide du routard guide et dico anglais: 45€ FRAIS téléph et internet: 64€ FRAIS Pressing 3€ TOTAL 2230 €
https://voyageforum.com/discussion/mois-seule-en-inde-par-amour-pays-d3872411/
A Peine rentrée de mon voyage en Inde de janvier que je programme de visiter le Rajasthan avec comme but la «Camel fair» à Pushkar.Rajasthan: second état d’Inde par sa superficie; à l’est des monts Aravalli. Capitale: Jaipur. Guerriers aux longues moustaches et turbans multicolores étaient de farouches combattants, défendant leur indépendance contre les musulmans. Leur grande gloire était de se lancer dans un dernier assaut fatal, vêtus de la robe jaune du sacrifice. En même temps, derrière les remparts, leurs femmes s’immolaient sur un bûcher voulant mourir libres plutôt qu’être au pouvoir de l’ennemi. Ce passé de sang et de bravoure résonne encore dans les murs des forts et des palais. DEPART de Belgique le 26 octobre 2010 à 10H: je quitte mon patelin car le voyage en Inde du Nord comprenant le Rajasthan et le Punjab démarre aujourd'hui pour un mois. La personne qui m’emmène à la gare est quelque peu énervée donc je m'empresse de me rendre sur le quai où je fais un peu d'exercices vu qu'en portant mes bagages, je viens déjà de me coincer une vertèbre. Bon, ça y est, le train est là, je m'arrête à Bruxelles centrale exprès car j'y ai toujours vu des escalators donc mieux pour mon dos. Pas de chance, aujourd'hui, c’est jour d'entretien ce qui m’oblige à grimper les marches pour atteindre le quai n°5. On annonce que le train pour l'aéroport aura du retard «problème de locomotive» toutefois vite réglé. Le contrôleur vient me demander pour payer «la taxe Diabolo» de 2,05€, je lui demande s’il blague et bien non, c’est pour payer le nouveau tunnel. Arrivée à l’aéroport, on n'accepte pas mes 2 bagages à l’enregistrement sous peine d'une taxe de 45 dollars. Je décide d'aller les scotcher ensemble ce qui me coûtera 10€. Bon début de journée! Je suis en avance et téléphone à mon chéri qui commence à s'inquiéter de mon silence. L'avion pour Londres est prévu à 15H25 mais le vol est retardé à 17H30 «problème de moteur». Il faut se rendre à l’évidence que ma correspondance Londres-Delhi à 17H est loupée! Je verrai à Londres si j’ai un autre vol. En attendant, j'ai reçu un voucher de 8€ pour me restaurer. Je m’en vais boire une bonne bière avec une tartine au poulet. Je fais internet 1/4h pour 3€. Départ imminent : 18H. Je ne vois ni le décollage ni l'atterrissage car je dors au point de ne pas avoir ma collation. Arrivée à Londres, je me dis que voici le moment où tout va se décider. British Airways me propose un de leur vol faisant escale à Bombay et arrivant à Delhi le lendemain après-midi. Le personnel de l’aéroport ne parle pas un mot de français. Je fais comprendre que ce vol ne m'intéresse pas. On me trouve un autre vol avec Virgin Atlantic à 22H. J'accepte. Du terminal 5, je vais au terminal 3 (10 min de bus). Très grand aéroport. Beaucoup de boutiques. Marche de 20 min pour arriver à la porte où on embarque à 21H25. Le récit pour l'Europe se termine ici..... Le 27 octobre 2010 à 23 h: Je m’envole donc avec Virgin Atlantic, assise au hublot à côté d'une indienne; le discours est réduit à "bonjour", ni l'une ni l'autre n'avions envie de parler mais plutôt de manger, dormir et arriver. On nous sert un excellent repas végétarien. Je tente de voir un film à l’ordi mais le bruit des moteurs est trop fort. Je dors en gigotant beaucoup. Je m’éveille à l'odeur du déjeuner chaud. Je replonge aussitôt et m’éveille à l'atterrissage. Bon vol. J’attends mes bagages mais le tapis défile et rien. Ceux-ci n'ont pas suivi. Durant 3H, je discute tant bien que mal avec les responsables bagagistes. Raj, de l’agence Milna qui s’est occupée de mes réservations, traduisait par téléphone. Evidemment, le taxi qui m’attendait n’est plus là quand je sors. Je prends un taxi-prépaie pour me rendre à l‘hôtel SMYLE INN dans le quartier Paharganj. Un gars de Milna me livre les roupies commandées. Je profite pour lui montrer ma minuscule chambre atroce. Il y a des trous entre les vitres et le plâtre donc bonjour les moustiques et ma moustiquaire, bien sûr, est dans les bagages. Le matelas est haut de 3 cm. Hors de question de rester là et vais en face, à l’hôtel MY INN où j'ai une belle chambre. Je m’endors tard car j'ai dû aller acheter des habits puis j'ai rendez-vous en soirée avec un étudiant en langue française avec qui je communique depuis six mois. Après avoir été acheté une petite culotte que j’ai oubliée lors des mes achats «ça fait bien avec un jeune gars que je vois pour la première fois! Nous discutons devant un thaï masala à l’hôtel. Nous découvrons que nous avons une connaissance à Delhi en commun: Raj de l‘agence Milna. Je reverrai ce jeune étudiant en fin de séjour. J’ai deux autres rendez-vous; un est remis à plus tard et l’autre, je ne l’ai pas trouvé; vu que la carte indienne de mon mobile est périmée, je ne peux l’appeler. Je démarre le circuit demain matin à 10H. Jeudi 28 octobre 2010: Je me lève en catastrophe à 9H45; je me suis endormie tard la veille; le taxi est là. Il m'attend. Nous partons. Il est garé loin et marche vite dans ses vieilles petites rues du vieux Delhi. Je l'arrête un instant pour acheter une crème de jour vu que je n'ai toujours pas mes bagages. Quelques mètres plus loin, je pars sur le côté de la chaussée et m'étale de tout mon long; comme la dernière fois que je suis venue à Delhi, c'était le 1er jour aussi! Comme parfois, les choses dans la vie se reproduisent… J'ai des égratignures aux 2 genoux et aux 2 mains; j'ai surtout très mal mon pied droit qui s'est tordu. Comme toujours, un attroupement d'indiens pour m'aider à me relever alors que je restais figée à terre me disant "non, ce n'est pas possible, pas encore ". Le chauffeur me donne du sparadrap et, comme si rien n'était, nous partons. C'est ainsi que se termine mon mini séjour à Delhi. En route pour la 1ère destination soit la ville de MANDAWA qui se trouve dans la région duSHEKHAVATI à 250 kilomètres de DELHI. La voiture correspond à ce que j'avais demandé une «tata indigo»; elle est propre; le chauffeur doit avoir 35 ans, s'appelle Kamur. A peine dans la voiture, je m'endors jusque midi. Nous passons dans un petit village typique où j’achète des pommes, des bananes et un jus d'orange. On ne s’attarde et démarre pour la suite du parcours. Vers 15H, Kamur me demande si je veux un thé; j'accepte mais une fois là, je vois que c'est le grand resto à touristes; le thé coûte 50 roupies. Je ne suis pas radine mais connaissant le prix ailleurs, je me contente d'aller aux toilettes. Je dois attendre le chauffeur car lui, mange. Je croise un car de français mais je n'ai pas envie de leur parler. Je suis un peu déprimée car j'ai très mal au pied. Je marche à peine. J’ai peur pour mon séjour! Enfin, Kamur a fini. Nous partons. Je lui demande de m'arrêter dans une pharmacie pour acheter une pommade mais se contente de me dire "after". Après 1H de route, nous arrivons à JHUNHUNU. J'ai prévu de visiter un des plus beaux temples du Rajasthan "le TEMPLE de RANI SATI" qui est très fréquenté par les indiens et très peu visité par les touristes; effectivement, j'étais la seule. C'est un haut lieu de pèlerinage hindou qui a lieu au mois d'août/septembre et des milliers de fidèles y viennent. Il y a 800 chambres dans la cour pour accueillir les pèlerins. Il a la particularité d'avoir pratiquer "le SATI" qui est le rituel de la veuve qui s'immole sur le bûcher après la mort de son mari. C'est immense. C’est beau. Joliment décoré de scènes de la vie de Rani Sati (la reine du sacrifice). Je suis éblouie par ce sanctuaire. Je marche très difficilement. Je bois un thé dans le temple. En sortant, j'aperçois une sorte d’officine. Je n'ai rien à perdre. J'explique mon cas. La personne me regarde, ne touche pas mon pied, et me donne des pilules homéopathiques. Je ne paye rien. Bizarre. A peine prises, il me semble que mon pied va déjà mieux. Psychologique ou non? Je suis très étonnée de voir que la nuit tombe déjà et qu'il n'est que 17H30. Nous partons; le chauffeur ne trouve pas le puits que je demande. Par contre, il m'arrête voir un petit temple à 200 mètres du premier. Maintenant, il est 18H, il fait noir. Il y a encore 1H de voiture pour Mandawa et le chemin est très chaotique. J'aperçois le SHEKHAWATI Hôtel en haut de la petite ville; il parait sympa. Un garçon à la réception parle français. Il propose de me guider le lendemain matin. J'accepte. Mais déjà le soir même, nous descendons au village chercher ma pommade que je n'ai toujours pas acheté ainsi que tout un attirail pour les moustiques car toujours pas de bagages et donc pas de moustiquaires ni de produit répulsif. Et là, il y a des moustiques. Dans la chambre, je tire les draps et je trouve une bête rampante dans le lit. Le patron constate par lui-même et me change immédiatement de chambre. Le Skehavali hôtel est propre et le service excellent, aux petits soins pour leurs clients. La cuisine est succulente. De retour à l'hôtel, je soupe sur la terrasse qui est sur le toit; repas délicieux; j'ai choisi du mouton curry en sauce et deux galettes de pain fourrées. Je prends une bière de 660 ml. Elles sont grandes ici mais elle s'est bue quand même. Je rencontre un couple de français et nous échangeons quelques mots. Je rentre, me douche, vais dormir; il est 23H. Vendredi 29 octobre : je me lève tôt. J'ai bien dormi. Je suis au petit déj. à 8H. Omelette et toast avec 2 bons cafés. Avec le petit guide de l'hôtel, nous commençons la visite de MANDAWA. On commence par la grande particularité du Shekhavati, soit la visite des Haveli qui sont d‘anciennes demeures qui appartenaient à de riches commerçants partis pour la plupart dans les villes de Bombay et Calcutta. Très peu sont encore habitées par les descendants mais souvent par des gardiens. Elles sont pour la plupart très délabrées mais on retrouve les dessins faits à l'époque représentant toutes sortes de scènes soit religieuses soit des animaux ou autres. On les distingue par leur façade dessinée. On entre dans la 1ère cour décorée qui était la cour des hommes où souvent se réglaient les négociations. La 2ème cour appartenait aux femmes où elles participaient à tous les travaux ménagers. A l’étage, les chambres hébergeaient les commerçants de passage. Je visite quatre havelis à Mandawa. Je me régale ensuite à visiter le fort médiéval où je passe un bon moment côté historique; j'ai renoncé au côté transformé en hôtel. J’y vois une chambre de Maharaja que je trouve toute petite et mignonne. Je découvre aussi la salle de danse avec ses petits balcons. Il y en a aussi dans certaines havelis. Le petit guide me conduire chez son père qui est artiste peintre mais la visite fut de courte durée. J’ai envie d’un thé et il est très étonné quand je demande de le boire au même titre que les indiens sur une chaise à trois pieds et demi; il propose que je le boive à l'hôtel. Je suis têtue, il n'insiste pas. J'achète des bananes et une pomme. Je rentre à l'hôtel où le chauffeur m‘attend. Toujours pas de bagages. Il est midi, nous partons pour visiterNAWALGARH, une petite ville aux multiples havelis également. Il y en a plus de 5000 dans la région. Le petit guide du matin s'est déjà mis en rapport avec un copain qui attendait sur le chemin près du village. Il parle français aussi. C'est une région où les jeunes et les enfants parlent volontiers français. Je m'étais concoctée un petit itinéraire que nous ne respecterons qu'à moitié car ces havelis sont plus grandes et surtout un musée-haveli me prendra beaucoup de temps. Le premier est le Choti Haveli. Le suivant est le Murarka haveli, très grand et très bien entretenu; j'y ai même vu la cour aux bestiaux. Ensuite, le Podar Haveli muséum qui vaut vraiment le coup d'être vu même si l'entrée coûte 100 roupies. Je demande au guide, qui croyait avoir fini son travail, de voir le haveli des huit frères qui possédait chacun la leur. Original. Elles sont délabrées. Puis, le Khedeval Bhavan recommandé par le routard comme une des plus belles havelis; je n'ai vu que l'extérieur assez minable! Il me restait sur la liste le temple de Ganga Mai. Le guide ne veut pas y aller disant que c'est fermé mais, j’avais lu qu’en demandant à l'arrière du temple, on nous ouvrirait. Ce fut le cas. Pas très intéressant. Il est 17H, je libère le guide. Au départ, je pensais aller aussi à DUNDLOOD, RAMGARH, MAHANSAR et SIKAR mais ça y est, j'en ai vu assez. Après, c'est trop. Par contre, je profite d'être dans les heures des offices religieux pour assister à une cérémonie au temple de Mandawa. Mon chauffeur est rentré seul à l'hôtel. En rentrant, je me laisse séduire par une paire de sandales car toujours pas de bagages. Je cherche internet mais c'est en panne partout. Au retour, je passe devant l'hôtel où je devais loger en premier mais que Milna a changé; il est luxueux et avait des chambres libres à 600 roupies. Toutefois, je ne regrette pas celui où je suis. Pour souper, je monte à la terrasse sur le toit et je déguste une spécialité de la région, un plat végétarien succulent "mandorri" je pense! Je vois arriver mon chauffeur à ma table "pour ne pas me laisser seule, comme il dit", c’est gentil et sympa mais pas de dialogue vu qu'il parle anglais et ne fait pas d‘effort pour me comprendre. Quoiqu’il insiste sur quelque chose, je dis «yes» au hasard. Pas de surprise. J'ai dû bien répondre. Je rentre, me douche, rédige ce texte et me couche. Le départ demain est prévu à 9H. Samedi 30 octobre 2010 : 7H du matin et déjà réveillée, en pleine forme. Je m'habille et vais prendre le petit déj. à la terrasse. Ma première préoccupation est de demander au garçon si mes bagages sont arrivés; il me répond par la négative mais voyant ma tête, rigole et dit «oui, ils sont arrivés à 3H du matin». Ouf....Comme le jour avant, je prends 2 cafés et une omelette. Du toit, j'observe la vie paisible des habitants qui se mettent en train. Certains regardent le passage; les femmes font le ménage; les chiens jouent entre eux; les petits marchands déambulent à vélo en criant pour vendre je ne sais quoi. Hier, j'ai eu la visite d'un corbeau qui m'a piqué le beurre; il est de retour et repique le beurre. Il est 8H. Je salue le garçon. Je termine de ranger mes affaires et rédige ces quelques mots puis je pars à 9H. La première escale sera FATEHPUR à 30 km d'ici. Mon souhait en arrivant là est de visiter UNE HAVELI que NADINE LEPRINCE a achetée en 1999 pour en faire un centre culturel puisqu'elle même est artiste-peintre. Elle a fait retaper cette haveli datant de 1802, qui est maintenant resplendissante. Dans les pièces qui ont été épargnées par les pigeons et l'humidité, les peintures sont restées authentiques. Le gardien de Nadine LEPRINCE est d’origine française. Il regrette que la municipalité ne rénove pas les autres havelis pour attirer le tourisme. Il me fait visiter les lieux en m’expliquant d’abord que si les portes sont petites pour entrer dans les havelis, c'est pour saluer le maître en entrant: vrai ou faux? Les guides de Mandawa m'avait dit que c'est parce que les gens étaient petits à l’époque! Je ne les avais pas crus… Le gardien m'apprend que toutes les fresques représentant des animaux datent des mongols. Il me dit aussi que les petits morceaux de miroirs, servant à la décoration des œuvres, viennent du Val St Lambert à Liège en Belgique. Par contre, les guides de Mandawa me l’avaient dit mais j’ai cru qu’ils disaient cela parce que je suis belge! A savoir que la cristallerie du Val St Lambert existe encore à l’heure actuelle Je ne visiterais rien d'autre à FATEHPUR car je me suis bien attardée et il faut prendre la route car il est déjà midi. A 13H, nous arrivons à DESHNOKE: le TEMPLE DE KARNI MATRA dit le temple des rats". Quel horreur! J'étais pétrifiée sur place jusqu'au moment où un petit rat; heureusement car les autres sont gros est passé sur mon pied. Ils sont là à jouer, manger, boire du lait. Les fidèles les vénèrent parce que la Sainte femme Karni Matra a renoncé à croire aux Dieux humains vu que malgré ses prières "Yama" le dieu de la mort n'a pas pu sauver un jeune enfant. Heureusement que je n'ai pas écrasé un rat sinon j'aurais dû le remplacer par un rat en or ou en argent. Je n'ai pas, non plus, rencontré un rat blanc qui aurait été signe de bon augure. Ce n'est pas le temple que je choisirais pour rester de longs moments assise à terre pour méditer. La visite fut assez brève pour une fois. En sortant, je m’empresse de désinfecter mes pieds avec des lingettes au citron. En quittant ce temple, je demande au chauffeur de faire une halte à la FERME AUX CHAMEAUX à 7 km de Bîkaner. Il n'a pas l'air de connaître puisqu'il demande le chemin. Nous trouvons mais devons attendre 15H pour faire la visite qui n’est pas du tout spectaculaire. En sortant, je déguste un thé au lait de chamelle. Le chauffeur est content car la visite est finie mais déchante quand je lui demande de me conduire visiter le site DEVI KUND à 7 km de Bîkaner. Evidemment, je l’aurais juré, il ne connait pas non plus lui qui se vantait connaitre tout le Rajasthan. Après s’être renseigné, nous arrivons sur ce lieu de crémation où j’admire les superbes cénotaphes, pour la plupart en marbre blanc, des maharajas et leur famille. Le gardien m’ouvre une petite porte qui donne sur le "lac de la déesse" où résident des poissons à moustaches, énormes au point que je demande s'ils mangent aussi les humains. La réponse est négative mais j'aime mieux ne pas m'y baigner. Il est 19H quand nous arrivons à BIKANER. Le chauffeur a du mal à trouver l'hôtel MARUDHAR HERITAGE. Je range mes sacs puis vais manger à l'extérieur un thalli végétarien exquis avant de rentrer me doucher, taper ces quelques lignes puis me coucher. Demain matin, j'ai l'intention de visiter le fort mais aurais-je le temps? J'ai du mal à m'endormir à cause de drôles de bêtes sur le mur. Dimanche 31 Octobre 2010 : 8H, je commande toasts au fromage et café au service room. Je suis prête à 9H pour la visite du JUNAGARTH FORT. J’arrive trop tôt; on me laisse juste visiter le musée en attendant l’ouverture; ce musée n’est pas extraordinaire. 10H, les portes du fort s’ouvrent. La particularité de ce fort est qu'il n'est pas construit en hauteur du tout; ça doit être le seul, je pense! Je loue un autoguide en français, plus cher mais quel luxe! Il n'y a qu'à suivre les flèches et tout est expliqué; ça permet de faire la visite à l’aise et de revenir en arrière autant de fois qu‘on veut, d‘avoir toutes les explications en français. Je mets 2H pour visiter l'intérieur du fort qui est remarquablement bien entretenu et en parfait état. Sa beauté est inexplicable. Il est vrai que j'ai lu dans le guide du routard que c'est le plus beau du Rajasthan. Il a été initié au 16ème siècle parle Raja Rai Sing. J'ai beaucoup aimé les grandes cours, les salles richement décorées, la chambre du Maharaja et ses miroirs pour lui permettre de voir qui arrivait. Son lit est très simple car depuis qu'un Maharaja a été assassiné, ligoté dans son lit, ils avaient des lits simples pour pouvoir se débattre au cas où! Départ pour JAISALMER; j'avais encore des choses à voir mais le chauffeur, qui est toujours pressé de partir, dit qu'il faut 7H pour faire la route. Préférant rouler le jour, je renonce à ce qu'il me reste à faire. Midi. La grand-route est fermée. Nous traversons un dédale de ruelles poussiéreuses. La route bétonnée reprise, nous roulons jusqu'à 14H. Je m'endors. Le chauffeur s'arrête à une de ses étapes habituelles évidemment pour prendre un café et manger. Moi, j'ai prévu une banane, une pomme et le reste des toasts bacon du matin. Bref, je prends quand même un café mais je regrette car il est super mauvais. Après réclamation, on me le remplace par identiquement le même. L'addition arrive: 100 roupies. Je refuse. Le serveur me montre la carte. C'est le prix. Je refuse quand même. Le chauffeur discute et je paye la moitié mais toujours en discutant. Je redis pour la 2ème fois au chauffeur de ne pas m'arrêter dans les endroits à touristes, que je suis habituée à manger et à boire "local". Il me dit "yes". Nous reprenons la route. Quel ne fut pas mon étonnement en voyant que JAISALMER est annoncé à 45 km; il n'est que 16H. J'aurais eu le temps de finir mes visites à Bîkaner. Je ne suis pas contente sur lui. Il me dit quelque chose que je ne comprends évidemment pas et insiste pour que je dise "OK". Je lui répète que je ne comprends pas. Nous arrivons à JAISALMER "la cité dorée ou la ville d'or du désert". Maintenant, je comprends ce que le chauffeur tentait de m'expliquer à tout prix depuis Mandawa. En fait, un de ses amis nous attendait à Jaisalmer pour m'accompagner en tant que guide. Je refuse lui expliquant que je me débrouille seule et que j'aime traîner à ma guise. Ils ne sont contents aucun des deux. Puisque nous sommes arrivés plus tôt que prévu, je descends au lac artificiel "LE GADI SAGAR". C'est un endroit reposant et agréable, propice à la méditation. Je me suis régalée avec mon petit "moi" toute seule. Je me suis retrouvée à faire du pédalo au milieu du lac! J’apprécie d’autant plus que le soleil va bientôt se coucher. Je photographie les poissons à moustaches. Ils sont voraces. Après ce tour, je monte une petite rue et me retrouve à boire un thé dans un petit bar dominant le lac. J’y suis reçue comme une reine régnant sur son lac! Le garçon demande de revenir demain car il a reçu un bon pourboire! Je dis peut-être»! Il est 18H. Je rejoins le chauffeur qui me dit «now hôtel» d’un ton autoritaire. J'ai des appréhensions concernant l’hôtel SHAHI PALACE car le gardien de Nadine Leprince m'a dit qu’il était crado. Je suis agréablement surprise car hôtel propre, bien tenu, personnel sympa; la terrasse est superbe, éclairée à la bougie et petites lampes rouges, et en prime vue sur la forteresse. La nourriture est très bonne. J'ai repris mouton/riz cuisiné autrement. D'un coup, je reçois 5 sms de mon chéri Alain. Cette fois, c'est le mien qui bloque. Je lui téléphone 3 minutes pour 50 roupies (-de 1€)! Maintenant, il est temps d’aller un peu ranger puis me doucher. Demain, j'ai donné congé au chauffeur jusque 15H. Je prévois visiter le fort à pied. A ce moment de mon voyage, je peux dire que le temps passe très vite. Je râle sur moi de ne pas savoir l'anglais mais on ne peut pas être doué en tout! Lundi 1er novembre 2010: 8H; je me réveille. J'ai bien dormi. Finalement, je décide de ne pas faire la forteresse aujourd'hui mais plutôt la vieille ville. Je déjeune. J'emporte avec moi quelques jouets et des chaussures pour enfants que j‘ai emmené de Belgique. Je rencontre deux gamins à qui je donne un jouet. Le reste a suivi rapidement car il a appelé ses copains en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Ils ont tout pris y compris les lignes de chocolat qui étaient prévues pour Praveen, l’étudiant de Delhi, mais qu’il n’a pas su avoir compte tenu du retard des bagages. Je ne peux pas continuer à les emmener. Il fait très chaud ici. Tout ça me fait un sac en moins à porter, je me sens plus légère. J'arrive à l'entrée de la vieille ville pour visiter trois havelis et déambuler dans les rues. J'accepte toutefois l’aide d’un jeune homme car c'est un peu le souk ici et finalement, je me dis que pour m’y retrouver, ça va être un casse-tête. Il ne met pas longtemps à me casser les pieds pour me faire voir tel ou tel magasin. Je n'arrête pas de lui répéter que je ne veux rien acheter mais visiter. Il parle et comprend le français. Donc pas d'excuses. Je le garde avec moi un moment. Il me conduit voir deux havelis. En premier, je visite est le PATWON-KI-HAVELI, qui est magnifique, encore meublé au premier étage avec des collections de toutes sortes d’objets. A noter que le jeune guide m’avait dit que cette haveli n’était pas bien. Bien sûr, là, il n'a pas de commission. En second, je visite le NATHMAL-JIKI-HAVELI qui appartenait à deux frères, moins intéressante que la première. Le jeune m'attend pendant que je visite à mon aise. Ça l'agace. Il arrive quand même à me conduire dans un magasin d'état, me faisant croire que c'est un musée. Ils sont rusés. Je m'arrête pour manger une bricole. Le jeune me dit d'un ton irrité "viens ça va être fermé" en parlant de la troisième haveli. Il m‘ennuie. Je lui dis que je continue seule en m’offrant au passage un jus d'ananas frais; je sympathise avec le serveur qui se débrouille un peu en français. C’est une ville touristique donc les jeunes savent le français comme moi je sais l'anglais. C'est toujours ça! On s'en sort toujours avec beaucoup de gestes, de la volonté et parfois le dictionnaire quand même! Il m'explique comment me rendre à la troisième haveli, le SALIM-SINGH-Ki-HAVELI, qui appartenait à un tyran. Je fais la visite guidée avec un bel indien aux cheveux et aux yeux noirs comme du charbon tranchant sur ses habits blancs. Nous sympathisons. A la fin de la visite, je lui demande où est le centre ayurvédique. Il m'y emmène; je prends rendez-vous pour le soir. Maintenant, je rentre à l'hôtel car j'ai rendez-vous avec le chauffeur à 15H et il est déjà 14H30. Le bel hidalgo se propose de me ramener à l'hôtel avec sa moto. Je me retrouve donc encore une fois sur une moto en Inde. Il y a des choses qui se réitèrent par rapport au voyage de janvier! J'arrive mais le chauffeur n'est pas encore là, je profite de remonter quelques minutes à la chambre. 15H, nous partons pour une petite excursion à la recherche des TEMPLES JAINS. A 10 km de Jaisalmer, le temple de LODRUVA est splendide et est protégé par deux cobras! On voit le trou par où ils rentrent. Tous les jours, on leur donne du lait. Quelques kilomètres plus loin, il y a le site d’AMAR SAGAR où nous faisons une halte pour admirer les merveilleux temples. La dernière visite pour aujourd’hui sera le site MAHARAJA BAGH où il y a des cénotaphes à l’infini. Je suis bien placée pour admirer le coucher du soleil à 18H. Un jeune homme me tient compagnie en voulant me vendre le livre du Kamasutra. L'excursion terminée, je me rends à mon rendez-vous ayurvédique. Le massage dure 2H au lieu d'une heure prévue car il trouve des nœuds partout. C'est spécial comme massage. Ça débloque les énergies et les nœuds. En plein milieu du massage, le bel hidalgo à la moto fait son apparition et veut assister à la séance; je refuse bien entendu. Le taxi m'attend. Je rentre à l'hôtel pour téléphoner à mon chéri puis mange du poulet tandoori; c'est délicieux. Je rentre me doucher, rédiger ces lignes, ranger mon fouillis habituel et m’endort. Mardi 2 novembre 2010:J'ai eu une migraine cette nuit et elle m'incommode encore ce matin. Je me force à manger un peu car je n'ai jamais faim avec la migraine. Bon ça peut aller quand même. Au déjeuner, je constate que nous sommes quatre femmes seules! Je rejoins le chauffeur qui me conduit au pied de la FORTERESSE de JAISAILMER. Il ne peut pas monter jusqu'au dessus et comme je n'ai pas envie de me fatiguer dès le matin, j’y vais en rickshaw. Je suis maintenant au cœur même du fort. Je commence par visiter deux temples Jains, merveilleusement décorés. Je ne peux pas emmener ma bouteille d'eau à l'intérieur. Tout à coup, je ne me sens pas très bien. Je suis barbouillée à cause de mes médicaments pour la migraine. J'ai le cœur qui bat très vite. Je me retrouve en pleine crise de tachycardie aux portes du désert! Je bois un coca et de fil en aiguille, je me retrouve face à un centre de massage ayurvédique. Je ne me fais pas trop prier après le thé offert par la maison. J’accepte 1H de massage, fait très consciencieusement par une indienne. Je me sens mieux. Il est presque midi et il me reste 1/2H pour visiter les deux autres temples Jains qui n’étaient pas ouverts avant 11H. Dans un temple, il y a des chauves-souris! Ces temples sont d’une immense beauté. Je poursuis ma visite comptant visiter le palais mais des jeunes hommes me disent qu’il n’est pas très beau et que celui de Jodhpur est mieux. Je n'ai quand même pas trop envie de le faire donc j'opte pour leur avis qui m'arrange. Je continue mon chemin parmi les vaches, les taureaux, les vendeurs de tout et de rien. Tout ça me plait. Mais on ne fait pas un grand chemin en Inde sans être accostée. Encore un prétexte pour m'arrêter. Je me laisse embarquer à aller boire un thé à la terrasse d'un resto. Je suis bien accueillie par deux jeunes avec qui je discute à bâtons rompus. C'est quand même fou, eux en anglais moi en français, chacun mélangeant un peu de chaque langue. Je me sens bien. Ils m'ont bien installée sur un matelas et je vois toute la ville. Un français venant de Bourgogne dormait chez eux et est venu me parler un moment. On n'est jamais seule en Inde. Le serveur téléphone au taxi pour qu'il vienne me chercher au pied du fort plutôt qu’à l'hôtel, comme prévu. Je le rejoins à 15H pour faire une excursion vers les VILLAGES FANTOMES. Epoustouflant. C'est fabuleux de voir plus de 700 maisons abandonnées. Je demande au taxi de me laisser marcher er m’attendre plus loin près du temple abandonné. Je n'ai jamais entendu unsilence pareil. Rien. Pas un bruit. Calme plat. J’aimerais m'asseoir et méditer mais une vipère pourrait ne pas être loin donc je m'abstiens. Quelle n'est pas ma surprise en entendant de la musique moderne à tue-tête. C‘est mon chauffeur. Non mais, il le fait exprès, un endroit ainsi…Je l'aurais tué mais j'en ai encore besoin! Il y a un deuxième village fantôme près d'un fort. Il ne connaît pas plus que le premier mais se renseigne et y arrivons. Il y a une bande de 3 mètres de sable; la voiture ne passe pas. J'y vais à pied. Il faut vraiment le vouloir!!! Je suis encore épatée par ce paysage désertique. En revenant, je m'amuse avec deux enfants sympas. Il est 17H30, je rentre en passant par le lac artificiel où je vais visiter un petit musée et boire un thé, hé oui encore, à cet endroit qui m'avait plu deux jours plus tôt. Le soir, je retourne faire un massage ayurvédique mais ça ne se passe pas bien. Le masseur arrête à tout moment soit pour téléphoner, soir pour voir un client qui arrive, enfin toujours pour quelque chose. Un moment, je profite qu’il est de nouveau occupé à autre chose pour me rhabiller et partir. Je refuse de le payer. Il n'est pas content. Moi non plus. Je rentre à l'hôtel boire une bière, manger et discuter en français avec une anglaise. Demain, je pars à 9H30 pour Jodhpur. Bon souvenir de Jaisalmer. Mercredi 3 novembre 2010:8H30, j'ai déjà pris ma douche et le petit-déjeuner. Départ à 9H30 pour JODHPUR. En chemin, je demande de m'arrêter pour prendre un thé. Il s'arrête et prend un aussi mais ne le boit pas disant qu'il n'est pas bon. Trop tard, j'ai bu le mien! On verra! Il n'est pas marrant ce chauffeur. Il ne s'arrête jamais pour me faire voir quelque chose ou me laisser prendre une photo. En fait, je crois qu’il ne connaît rien à part le chemin qui relie les grandes villes. Heureusement que je suis bien documentée et tenace sinon je ne verrais pas grand chose. Il est 13H quand nous arrivons à JODHPUR, 2ème grande ville du Rajasthan, appelée «ville bleue». Les maisons sont peintes en bleu pour éloigner les moustiques et garder la fraicheur; tradition datant des brahmanes (prêtres). Il n'y a que 18 jours dans l'année où il n'y a pas de soleil à JODHPUR. Cette ville est trépidante. Le chauffeur est furieux de ne pas trouver de parking près de l'hôtel. Il téléphone à Raj de chez MILNA pour lui dire qu’il ne me conduira pas le lendemain à la forteresse. C'est vrai que c'est la foire ici, aux deux sens du terme puisqu'il y a la préparation de la fête de DIWALI. Il y a du trafic et les gens sont fort excités à l'approche de cette fête. Il y a des lumières partout... Et déjà les pétards retentissent. Le chauffeur viendra donc me chercher demain à 16H, à ma demande, pour me conduire à MANDORE, petite ville à 10 km sûrement moins agitée. Je range ma chambre puis à 15H, je vais visiter la vieille ville. Là, ne circule que piétons, vélos et rickshaws. Le guide du routard indiquait qu'il n'y avait pas de touristes là-bas; il ne s'est pas trompé; j'étais la seule et me suis demandée un court instant ce que je faisais là. Je vire et revire dans les ruelles. Tout le monde me salue, veut me donner la main. Je suis la créature rare du coin! Je distribue des jouets aux enfants et vite une émeute s’est formée à mes côtés. Pas bien méchant! C’est un peu St. Nicolas! Après avoir bu un thé dans une gargote, je pars à la découverte de la TOUR DE L’HORLOGE et du SADAR BAZAR. Toujours aucun touriste juste sur la fin où je croise un petit groupe de français. C’est quand même une grande ville et je suis étonnée. Je me balade encore, fais des photos, mange des spécialités épicées. C'est vraiment le délire ici. Ils préparent la fête avec vigueur. C'est vrai que c’est la nouvelle année pour eux. Je suis fatiguée et traîne encore un peu la migraine donc tente de rentrer à l'hôtel à pied puis en rickshaws car je ne sais plus le chemin. Je me douche et essaye de m'endormir tôt. Demain, j'irai visiter la forteresse. Je me sentirais moins bête rare! Je suis déçue du chauffeur; je me fais comprendre par tout le monde sauf par lui à cause de sa mauvaise volonté, son empressement et de ce fait, ne prend pas le temps de comprendre. Tant pis pour lui à la fin du voyage! Je m’endors vers 20H mais suis réveillée à 3H du matin en sentant quelque chose se promener sur moi. Quel horreur, c’est une grosse bêbête de 3 cm de long avec une carapace et des longues antennes. Elle est dans le lit. Je me bats avec pour la tuer. J'y arrive. Une autre surgit. Ca devait être le couple. Tuée aussi. Oh, je pense ne plus dormir cette fin de nuit! J'ai une moustiquaire mais pas bien mise puisqu'il n'y a rien pour l'accrocher donc je fais avec les moyens du bord mais pas bien apparemment!!! Il est 7H30 chez nous, comme mon chéri se lève tôt, je lui téléphone; j'ai toujours beaucoup de joie à entendre sa voix. Je l'aime. Il me manque mais je sais qu'ici, il ne pourrait pas être bien. C'est vraiment spécial l'Inde! A cet instant, je m’interroge si un mois ne sera pas trop long? Mais ça doit être un sentiment passager à cause des bêtes et la fatigue. Ma chambre ressemble à un champ de bataille. Comment je fais pour avoir un bazar ainsi à moi seule et en rien de temps? Je range un peu. Il est 5H et m’endors un peu. Jeudi 4 novembre 2010: A 8H, au déjeuner, je parle avec une anglaise: n'y aurait-il que les anglais qui voyagent? La dame me dit qu’ils n'ont pas de mérite à parler anglais, c'est leur langue maternelle. Après le petit déj, à croire ou à ne pas croire: en rentrant à la chambre, je rate une marche dans le couloir et me voilà à mesurer celui-ci de long en large; il n'y a qu'en Inde que je tombe; j'ai fait une de ses mascarades avant de tomber, mal à la main et à la jambe! Je me couche un peu, prends des comprimés homéopathiques. Me voilà repartie. Achat d'eau. Négociation du rickshaw puisque mon chauffeur ne veut pas m’y conduire; quoi qu’en arrivant là, les autres touristes étaient avec leur taxi ou bus. Non mais.... à déduire sur son pourboire, enfin on verra! Forteresse de MEHRANGARH, j'arrive!!! Le guide du routard dit que c'est la plus belle forteresse du Rajasthan, je confirme; elle est magnifique; j'ai rarement vu quelque chose du genre aussi beau. C'est comme si l'histoire ne s’était pas vraiment arrêtée, que quelqu'un va arriver, qu'on va être de la partie. Je m'évade dans le rêve en me replonge dans l'histoire des marahajas, des combats, des femmes derrière leurs "puschas" qui sont ces fenêtres à trous dont elles voient tout sans être vues. Je suis éblouie en voyant les diverses salles du palais si bien entretenues. Ce qui m'interpelle le plus, ce sont les empreintes des mains, toujours visibles, que les femmes ont laissé avant de s’adonner au «sati». Équipée du guide oral, j‘écoute les explications compréhensibles pour tout un chacun. Tout ce que j'ai vu dans ma documentation avant de partir est décrypté dans les moindres détails. Je passe 3H dans cette forteresse sans perdre une minute à flâner. Je termine en me faisant disputer par le chauffeur du rickshaw à qui j’ai dit que j'en avais pour 2H. Il n'a jamais dû visiter la forteresse sinon il saurait que 3H est le temps min pour une visite correcte. Je n'ai pas eu assez de temps pour me balader sur les remparts, dommage! A 1 km de là, sur le chemin du retour, on s'arrête au JASWANT THADA au bord d'un mini lac. C'est un grand cénotaphe tout en marbre blanc, datant de 1899, érigé à la mémoire du maharadjah Jaswan Singh. Lieu toujours destiné aux crémations actuellement. A l’intérieur, on découvre des objets personnels du Maharaja, des photographies. On peut aisément imaginer cet endroit à l’époque! Continuation du périple vers le PALAIS UMAID BHAWAN qui comporte 350 pièces. Le maharaja Umaid Singh le fit construire pour donner du travail aux habitants car, à cette époque, régnait la famine. Ce n'est pas possible de tout visiter car une partie est restaurée en hôtel de luxe et l'autre en appartements personnels du maharaja de Jodhpur. Le chauffeur du rickshaw dit de me dépêcher car j'ai mis trop de temps à la forteresse. Je n'ai que faire de ce qu'il dit et je continue à prendre mon temps. Il me ramène à 15H. Je fais internet à l'hôtel en attendant mon chauffeur attitré. Encore à ma demande, excursion vers MANDORE à 9 km de Jodhpur; lui ne propose toujours rien. Je préviens RAJ de Milna que je ne suis pas satisfaite des services du taxi. Raj lui parle mais "le driver" invente et raconte n'importe quoi! Il n'aura pas de pourboire, c'est quasi décidé. Nous partons quand même pourMANDORE. Il ne connait pas!!! Doit encore demander le chemin. A croire qu'il fait le Rajasthan pour la première fois. Je me promène 2H dans ce Garden magnifique avec les singes qui me dévisagent. J'ai retiré mes lunettes, je porte mon sac sur le ventre et n'ose pas les prendre en photo. Mais, ils sont beaux avec leur tête noire et leurs poils blancs. Ils sont joueurs. Hop, ils sautent d'une branche à l'autre! Ils retournent un tonneau en faisant un chahut de tous les diables. Je les admire; un vieux monsieur me dépasse en me disant qu'ils mordent. Oust, je décampe. De toute façon, il fait presque noir. Mieux vaut les laisser entre-eux… Je fais quand même fait la promenade pour aller voir les cénotaphes des reines et admirer le coucher du soleil de là. Je voulais encore allez voir quelques villages VISHNOIS mais j'abandonne car Kamur ne connaitra pas encore. Je décide de rentrer à l'hôtel manger une spécialité râjasthâni, bien épicée. Je parle au patron des bestioles venues me tenir compagnie la nuit; il met un serpentin d’encens dans la chambre. Demain, départ pourMONT ABU à la rencontre des ours! Ce sera la DIWALI "nouvel an hindou et le retour du Dieu Rama" qui revient d’une victoire contre le démon; tout le monde l'attend, c'est pourquoi, il y a des lumières partout. Je vais fêter ça; je ne sais pas encore avec qui. Vendredi 5 novembre 2010. Je me lève à 7H45 comme souvent. Me douche et hop, au petit-déjeuner. L'anglaise rencontrée le jour avant demande si elle peut se joindre à ma table, ce que j'accepte avec grand plaisir. Elle est sympa. Elle a toujours voulu venir en Inde et là, elle y est pour deux mois, sans aucune réservation. C'est ce que je ferai la prochaine fois. Nous papotons toujours tandis que le chauffeur m’attend depuis 1/2H mais je m'en fous, ce qui n'est pas mon genre habituellement. Mais lui, il m'énerve, alors... Pas de scrupules! La rencontre avec l'anglaise est mieux. 10H, nous démarrons pour RANAKPUR où il y a les plus beaux temples JAINS. Je dors un peu dans la voiture. Après 2H30, lemont ARAWELLI commence à se dessiner. Un peu plus tard, arrivée à RANAKPUR où se pointent CINQ TEMPLES JAINS fascinants. Tout est d'une élégance, d'une perfection, d’une finesse et d'une propreté impeccables. Je commence par le plus petit avant d'arriver dans le spectaculaire Temple d'ADINATH ou de CHAUMUKHA. Chaumukha veut dire "4 faces". Il est interdit d’entrer dans ces temples Jains avec boisson, cigarettes ou chaussures. C'est le plus grand temple Jain de l'INDE. Il a été construit au 15ème siècle sur une durée de 50 ans. Tout de marbre blanc, en plein milieu de la forêt, s'étendant sur 1500 m², haut de 33 mètres, 29 salles et 1444 piliers décorés de manière inimaginable. Un des piliers n'est pas droit volontairement car il n'y a que Dieu qui est parfait, donc il fallait une faille à cette merveille! J'ai cherché lequel mais ne l'ai pas trouvé… L'architecture du temple Jain est basée sur des règles cosmiques précises; tout est réglé en fonction du mandala. Il existe encore une petite communauté Janaïste dans ce site. Leur religion ne leur permet pas de nuire aux animaux à tel point que les femmes mettent un voile sur leur figure et les hommes un masque afin de ne pas avaler involontairement un insecte. Ils pratiquent la non-violence, ne possèdent pas d'armes ce qui fait qu’ils n’ont jamais été persécutés au fil du temps. Ils sont respectés des indiens de croyance différence. Ils sont peu nombreux; on en compte 4 millions en Inde dont un million au Rajasthan. Ils recherchent la libération de l'âme en la libérant de son karma. Les cinq règles sont: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger la nuit afin de ne pas avaler un insecte sans le voir. Ils sont tolérants. Je termine la visite en me posant la question : pourquoi ces temples sont-ils construits si loin de tout? Comment les gens y arrivaient-ils? A moins qu'ils aient été tous moines résidant au temple? Aurais-je une réponse? On reprend la route en s'arrêtant pour que le chauffeur mange et partons pour leMONT ABU, appelé aussi le MONT DE LA SAGESSE avec son étrange rocher qui ressemble à un crapaud! Le paysage est spectaculaire; la route est de mieux en mieux et on commence l'ascension vers le Mont Abu. Le chemin est pittoresque. Il y a des singes partout. Une pancarte annonce aussi des tigres et des ours. Mais je n’en verrai sûrement pas car avec le bruit des pétards de la Diwali, ils doivent être cachés au fin fond de la foret. Au SRI GANESH Hôtel, Je visionne ma chambre puis vais manger. J'invite le chauffeur à venir à ma table pour la fête! Le chien de la maison s'invite aussi, restant toute la soirée à mes pieds. Nous discutons en anglais. Dictionnaire en main, papier, bic et surtout beaucoup de gestes. Pétards et feux d'artifice partout. Bruit intense. A 11H, je suis au lit avec mon MP3. A 5H du matin; ca pète toujours. Je me rendors. J'ai bien dormi protégée sous ma moustiquaire. Samedi 6 novembre 2010 :8H du matin, je rédige ces lignes. Pétards encore. Je pense que je suis enrhumée. Il fait froid ici. Nous sommes à 1200 mètres d'altitude. Je bois un bon café, un lassis (yaourt+banane) et un jus d'ananas. A 10H, je libère la chambre et commence ma visite par un MUSEE SPIRITUEL où on me propose une expérience de méditation que j’accepte! Étonné? Ce n'est pas terrible mais ça me plait. Il y a des milliers d'indiens qui viennent à Mont Abu pour ce jour de l'an. Ils sont contents. Pour eux, c'est jour de sortie voire vacances pour certains. Ici personne ne mendie, ce sont des indiens aisés. Ils sourient en me voyant, veulent me toucher la main, me prendre en photo. Pour eux, c'est un honneur! Comment ne pas se sentir bien voyant ces gens heureux autour de moi? Je descends au lac NAKKI (lac des crocodiles) faire le tour en barque, refusant le pédalo cette fois. Je ne vois pas de croco, tant mieux. Ensuite, je vais sur le grand bateau en béton boire deux thés délicieux. On dit que c'est le toit du bateau Titanic!!! Comment savoir si c'est vrai ou si c’est une légende! Je veux voir un petit temple le RAGHUNATHYI mais il est fermé. Je prends beaucoup de temps à faire à photographier les indiens qui me le demande car ici ils peuvent louer des costumes dignes de maharajas et maharanis pour passer la journée. Il est 13H et le chauffeur m'attend mais je prends le temps quand même d’aller manger un thalli: plusieurs petits plats végétariens sur un plateau. Après-midi, je le prie d’aller aux TEMPLES de DELWARA à 3 km. Très beau site. Je dois laisser ma caméra à l'entrée mais j’achèterai un petit livre à la sortie pour garder ce souvenir. Je suis vraiment de plus en plus épatée de la finesse du travail. Le premier des cinq temples le VIMALA VASAHI, bâti en 1031, n'a que 240 piliers mais ce qui fait sa splendeur, ce sont les 52 petits plafonds, tous différents! Incroyable travail! En entrant, il y a un "smosan" qui est une représentation symbolique de la montagne sacrée: je pense bien que c'est le triangle en argent que je vois mais je n'en suis pas sûr car normalement il devait être entouré de statues d'éléphants, que je n'ai pas vues. On y trouve une impressionnante statue d'Adinath tout en marbre blanc. Le deuxième sera le LUNA VASAHI, bâti en 1230, est aussi impressionnant; on y trouve une statue de Néminath, toute noire. Au plafond central, 64 danseurs dans 64 pauses différentes sont sculptés. Je verrai encore un troisième où là, le Dieu est tout en or. Il y a des milliers d'indiens qui viennent visiter ce site. Nous sommes maximum dix touristes à traîner à cet endroit. A se demander où les touristes vont! Il est maintenant 15H et la prochaine étape est UDAIPUR. Je garde un merveilleux souvenir du MONT ABU! Un jour de plus là m'aurait bien plu. Après 3H de route, arrivée àUDAIPUR à 290 km de Jodhpur. Ca commence mal, le taxi ne peut pas entrer dans la vieille ville et devons porter les bagages jusqu'au NIWAS hôtel. Je suis au 5ème étage, sur la terrasse, pas d'ascenseur. Je ne descends pas pour souper et mange très bien à la terrasse. Dimanche 7 novembre 2010: Je m'éveille à 8H30, rédige ces lignes et me prépare pour la visite de la vieille ville, à pied. En fait, je quitte ma chambre à 11H. Je commence par faire recharger mes piles et acheter une bouteille d'eau. Je vérifie le prix sur l'étiquette et «plouf», voilà mes lunettes de soleil tombées dans la mini rigole où les égouts passent. Je les récupère à la main. Elles sont crado et puent. En plus, je m’éclabousse les chaussettes et chaussures. Bon début de journée après avoir fait 100 mètres! Il y a trop longtemps qu'il ne m'était arrivé quelque chose! Un peu plus loin, j'arrive au JAGDISH TEMPLE, construit en 1651, dédié à Vishnou. A l'entrée, deux grandes statues d'éléphants. Il y a beaucoup de Sâdhus qui sont des hommes démunis de tout, ne vivant que de ce qu'on leur donne à manger. Ils aiment être pris en photo pour recevoir une pièce. Dans le sanctuaire, il y a une statue noire représentant Vishnou. Voyant que je suis intéressée, un indien me dit qu'il y a un office à 18H30. Je promets d'y aller. Je change de la monnaie puis visite un atelier de peinture sur soie et sur os de chameau. C’est très joli et très cher. Je me restaure avec un beignet local, un gâteau et du thé à l’entrée du City Palace. Je me répète mais j'adore le thé masala. J'espère pouvoir le refaire chez moi… Le CITY PALACE est le plus grand palais du Rajasthan. Il a été construit vers 1560 et a été régulièrement agrandi au fil du temps jusqu'à la fin du 19ème siècle. Ce palais est séparé en trois parties. Une aile toujours habitée par le maharaja actuel qui y passe trois mois par an, puis six mois à Londres et trois mois à Mumbay. Une autre aile fait office d'hôtel. La troisième est celle qu'on peut visiter. Je me muni toujours d’un autoguide; par contre, la taxe pour l'appareil photo est trop chère, donc pas de photos. Les cours du palais sont superbes. On retrouve comme d’habitude la cour des hommes et la cour des femmes, la zanana où seul le Maharaja peut entrer; les énuques servent d'intermédiaire. Je suis surprise par la salle aux miroirs, c'est d'une beauté! Ils aimaient se regarder les maharajas. Dans la salle des audiences, il y a les "Jhalis" petits balcons d’où les femmes pouvaient suivre les discussions sans être vues. Les vitraux d'une salle proviennent de Belgique, sûrement aussi du Val St. Lambert; les pavés de décoration proviennent du Portugal et de Hollande. Le marbre utilisé ici est local. J'imagine mal comment ils transportaient tout cela à l'époque et j'imagine encore moins comment ils pouvaient bâtir des bâtiments d'une telle importance. On remarque aussi que les couloirs du palais sont étroits et les marches irrégulières, ce qui est volontaire pour ne pas donner de l'élan à l'ennemi qui pourrait s'introduire…Dans ce palais, on fait souvent référence au Dieu Rama (Dieu du soleil); sa femme est Sita; ils ont deux enfants. Il s'est passé un drame dans ce palais; cette histoire m'a marqué: «une jeune fille du Maharaja avait été promise par son père à deux prétendants, le maharaja de Jaipur et celui de Jodhpur. Ne pouvant faire son choix, elle s'empoissonna". La visite dure plus de 2H dans un brouhaha terrible car les nombreux indiens en visite sont bruyants. Je rends l'écouteur et sors faire quelques photos à l’extérieur du palais avant de retrouver le chauffeur qui me conduit, à ma demande, aux jardins de SAHELION-ki-BARI où il y a une atmosphère sereine. C'est un havre de paix où les dames de la famille royale venaient se promener. Il y a 4 bassins. C’est agréable d'entendre le bruit des fontaines, fonctionnant toujours au moyen du système hydraulique élaboré en 1700 (unique à l'époque). Les gens sourient, se promènent. La balade dure peu mais est bénéfique. Si je me presse un peu, c'est qu'il fait noir à 18H et je veux encore aller au MEMORIAL PRATAP, érigé sur la colline de Modi Magri. Il y a un monde fou. Je me balade et fais la visite du petit musée. J’aimerais voir le son et lumière mais il faut repayer et attendre 1H. Je suis fatiguée et prend le chemin du retour. J'ai oublié d'aller à l'office de 18H30 au Jagdish temple. Je ne peux pas tout faire. Je rentre, mange, n'ai plus la force de rien. Je me suis endormie sur ma chaise au resto. Je file dans mon lit. Lundi 8 novembre 2010: il est 7H, je m’éveille, rédige ces lignes après ma douche, range mes bagages. J'ai mal la jambe et le bas du dos. Après le petit déj, je fais un massage ayurvédique et j’achète de l'huile qui j’espère soulagera ma jambe, enfin normalement! Je ne visiterai pas tout ce que j'avais prévu car j'ai besoin de me reposer un peu. A midi, je mange dans un hôtel renseigné par le guide du routard "Ambrai restaurant, au-dessus de l’hôtel Baba". Je ne suis pas déçue, c’est bon et en plus, j'ai vue directe sur le temple hindou Jasdish. Je suis juste surprise du prix du coca light:40 roupies (1€) cher! Ensuite, je prends un rickshaw; Il m'emmène le long du lac et je profite pour faire une petite balade en bateau sur le lac PICHOLA; je ne vois pas de crocodiles or il y en a. J'embarque avec tous indiens en vacances. Ils sont contents que je sois avec eux. Il va sans dire que les photos vont bon train de part et d‘autre! Les indiens en vacances dans une de leur ville sont toujours heureux, bien habillés et ne demandent jamais rien d'autre que des photos et de quel pays on vient. Le gars du rickshaws veut m'arnaquer me comptant 400 roupies les 2H. Il en aura 100 et pas de discussion; il ne rouspète pas trop car un policier est juste à côté de nous. D'un côté, je regrette un peu de ne pas avoir pris le bateau à l'embarcadère du City Palace où le tour aurait été plus grand avec vue du palais au milieu du lac de plus près mais d'un autre côté, j'ai vécu un bon moment avec les indiens sur le grand bateau traditionnel ! J'abandonne l'idée d'aller au zoo Garden. Il reste juste assez de temps pour boire un thé à l'entrée du City Palace où je suis allée hier; il est délicieux et coûte cinq roupies (soit 9 cents). A 15H, nous démarrons et arrivons à 17H30 àCHITTORGARH où le PADMINI Hôtel est clean ainsi que la chambre. Il y a un grand jardin. Je m'y installe directement et quoi de mieux qu'une bonne bière et un papad (petite crêpe craquante). Le régime ne sera pas encore pour aujourd'hui! Le garçon me fait remarquer que sous ma chaise, il y a un petit chiot qui s'est installé. Il ne me quitte pas, me regarde avec des yeux craquants, trop mignon; je voudrais l’emmener. Le moment de l’apéro était agréable. Je mange, ne déballe pas mes habits, tape ces lignes et m'endors. Mardi 9 novembre 2010: éveil à 3H du matin découvrant la bouteille d'huile de massage renversée dans le lit; je me suis endormie en me massant la jambe. Je pouvais bien mettre tout ce temps à la choisir! Il ne me reste plus qu'à en retrouver. J'ai été dormir tôt et me voilà en pleine nuit en train de terminer mon récit. J'espère me rendormir un peu car demain matin, rendez-vous à 9H pour la visite du fort qui est gigantesque paraît-il! C'est une belle grande chambre, propre, dommage que j'ai sali les draps avec l'huile. Voilà, une bien courte nuit dans une si belle chambre. A 9H, petit déj et à 10H, visite de la FORTERESSE DE CHITTOR. Le tour est long donc je vais de temples en palais avec la voiture. La forteresse, bâtie au 7ème, fait 13 km de circonférence. Les bâtiments sont éparpillés. Il y a sept portes pour arriver à l'entrée. La "Rama Pol" est la dernière et la plus belle; je la photographie en sortant. Le temple de SAMADHISVARA sera le premier site. Il est tout en ruine mais on imagine la beauté de celui-ci à l'époque. Je pense à ces batailles qui ont eu lieu ici. En 1303, vivait ici la reine Padmini et son mari. La beauté de la reine Padmini était célèbre et attira le Sultan de Delhi qui demanda au mari de la contempler. Celui-ci accepta pour éviter une guerre mais à la condition que ce soit par le biais d'un miroir où l'image de la reine reflèterait. Il accepta mais mécontent, en sortant, et par traîtrise, le Sultan de Delhi fit le mari prisonnier. Les Rajpoutes voulant sauver leur roi se firent tous tuer. Au même moment, eu lieu à cet endroit le premier DJOBAR, qui veut dire que la reine et 3000 autres femmes se firent brûler sur un bûcher pour ne pas survivre à leurs époux. Deux autres Djohars eurent encore lieu sur ce site. Les Rajpoutes mettaient leur robe jaune-safran pour partir au combat quand ils savaient qu'ils ne reviendraient certainement pas. Là, je suis en plein dans l'histoire du fort.... Je continue ma visite par le musée archéologique qui possède des objets ayant été retrouvés sur le site. Ensuite, j’entre dans un temple Jain puis le temple de Meera. Le bâtiment célèbre la «tour de la Victoire» comporte 9 étages et 157 marches; je réfléchi beaucoup avant d'y entrer; finalement, je me décide mais j’en ressors après 5 min; je n'ai pas été plus haut que le 1er étage. J'arrive au temple de Shiva où je rencontre un très jeune Brahmane qui parle un peu français et veut étudier la langue française. Je lui donne mon traducteur qui va trop lentement pour moi et trois livres que j'ai dans la voiture, destinés à ma copine de Delhi. Il reçoit un livre sur la méditation indienne, l'Alchimiste et la prophétie des Andes. Il m'emmène voir la fontaine sacrée où la vache a reçu la première goutte d'eau dans sa bouche d'où depuis le lac est sacré. Ensuite, je passe voir le Palais de Padmini avant de terminer au temple de Kalika Mata, dédié à Kali. Il y a encore beaucoup à voir mais voilà déjà près de 4H que je déambule dans la forteresse et j'en ai assez. Direction BUNDI, à 120 km de Chittorgarh, avec arrêt aux fameuses cascades Bemlatts Fall dont Manu (contact VF) m'a tant vanté. Je ne sais pas si c'est le bon endroit mais il n'y a pas d'eau qui coule dans le petit lac. C'est un site archéologique. Manu m’a dit qu’elles se trouvent à 30 km de Bundi et on en a encore bien fait 60 km après donc j'ai vraiment un doute sur l’endroit! À vérifier près de Manu. Et moi qui avais déjà pris mes affaires pour piquer une tête, raté! Déçue de ne pas avoir vu la cascade, on reprend le chemin de Bundi pour y arriver à 18H. Je dors dans à HAVELI KATKOUN, richement décorée, restaurée en hôtel. La chambre est très bien. Tout est grillagé pour les singes. Ils sautent sur le grillage. Il y en a des centaines. J'ai un peu peur d’aller demain au fort. BUNDI se trouve à 165 km d'Ajmer. On l'appelait autrefois "la cité des sources" pour les nombreux puits "baolis" qu'elle possédait. Je fais un massage de jambes, achète des produits ayurvédiques, mange et dodo. Mercredi 10 novembre 2010: je me réveille à 6H du matin mais me rendort un peu. Après le petit déj, le chauffeur qui devait me conduire au fort me dit que ce n’est pas possible en voiture et me laisse au pied du palais. Je n'irai donc pas au fort car je m’aperçois que pour une fois, il a raison et il faut y aller à pied; pour moi, c'est impossible. Déjà, le Palais, ça grimpe. J'arrive, après trois pauses, à l'entrée du GARTH PALACE. Il faut dire que la vue est belle; on voit les maisons peintes en bleu lavande. C'est plus grand que je ne pensais. Un guide parlant français insiste pour me guider; je refuse. Heureusement, car je suis restée 4H dans ce palais. C'est pourtant un des moins bien conservé mais j'ai eu la chance de rencontrer un couple de français; nous avons bien discuté. Eux avaient l’intention de monter au Fort mais voyant le chemin pour y grimper, ont renoncé. Je ne citerai pas les salles car finalement c'est toujours la même chose; je commence à en avoir assez des palais et des forts. C'est très fatiguant 15 jours de visites intensives surtout que ça grimpe tout le temps, des escaliers, des descentes, des montées et ma jambe qui me fait toujours mal. Je descends aussi difficilement que pour monter tellement les pierres sont lisses, glissantes et mal foutues. Ouf, je suis en bas! Je n'ai pas aperçu de singes au Palais. Ils sont au Fort. Je m'offre un thai masala dans le petit bar où le patron, artiste-peintre, a six doigts à une main. En rentrant à l'hôtel, un jeune homme devant une boutique m'invite à prendre un thai, ce que j'accepte puisqu'il parle un peu français et que j'aime les contacts. Le thé se boit un peu plus loin chez lui où en fait c'est un petit hébergement. J’y rencontre là deux espagnols, une dame de Tarragone, qui parle catalan et un homme au look "fun «de Madrid qui parle français; le moment est agréable. Le jeune homme m'invite à faire un tour sur sa moto le soir au bord du lac; j'accepte pour m'en tirer mais je n'irai pas à ce rendez-vous; tout d'un coup, je ne le sens pas et je préfère ne pas prendre de risques. Je rentre à l'hôtel 10 min. Il est déjà 15H. Je repars pour aller au puits et au marché. Je trouve d'abord la poste pour envoyer une carte à Dédé, un ami de Reims, mais je ne sais pas s'il l’a recevra! A force de tourner et de virer, j’arrive au marché où je m'achète un ananas, qu’on me coupe et met dans du journal. Je le mange en marchant et ne fais pas trop attention où je vais me disant que je prendrai un taxi pour rentrer à l'hôtel où que je sois. Quelle erreur!!! Je me suis embringuée dans des ruelles de plus en plus étroites sans m’en rendre compte. Il y avait beaucoup d’enfants qui voulaient être pris en photos. Je les photographie mais il en arrive toujours de plus en plus. Je continue cette séance de cinéma tout en avançant dans ces ruelles où les gens sont de plus en plus sales. Voyant que je m‘égare bien, je demande aux enfants si on arrive au Palais en continuant au bout de ces ruelles; le palais étant mon point de repère car l’hôtel n’est pas loin. Ils confirment et m'emmènent. Dieu du ciel…, je me retrouve à grimper de nouveau alors que je n'ai jamais descendu en partant. J'arrive sur la grand-route de Chittoor à Bundi. Les gosses demandent des roupies, je refuse. Ils s'excitent, tirent sur ma bouteille d'eau, dansent autour de moi un rituel de singe, font des grimaces, disent je me demande bien quoi! Je commence à paniquer et me fâche. Ils s'en vont en me lançant des pierres. J'ai de la chance car un groupe d'enfants ainsi, ça peut être fatal!!! Je suis au bord de cette rue où camions et bus passent à toute allure. Il n'y a pas de trottoir. Je sais que je suis loin de l’hôtel puisque je suis passée par là en arrivant de Chittorgarh. Evidemment, pas de taxis aux alentours. Rien. Pas même un tuc-tuc. Je redescends une volée d'escaliers un peu plus loin car je vois le lac artificiel et mon hôtel est en face. Je me rends vite compte que ça va être la même galère que je viens de vivre et remonte ma volée d'escaliers. Que les marches sont hautes ici! Je n'en peux plus. Je transpire sans arrêt. Je marche. J'arrive au lac. Je pense pouvoir le contourner vers la gauche mais il n'y a pas de rue, je dois faire marche arrière et repartir. Sur le pont, je suis à bout. Il reste 1 km mais je ne peux plus avancer. Il passe un tuc-tuc quand même envoyé par les Dieux. Je le prends. Les Dieux auraient pu me l'envoyer plus tôt. Je n'ai donc pas vu le "baori" (puits) mais vécut l'ambiance rurale et vu le lac artificiel. Je rentre à l'hôtel pour récupérer un bagage que le chauffeur devait déposer. Bien entendu, il a mal compris et pas de bagage! Pour m'en sortir, je fais appel à un interprète sinon j'y étais toujours. Ca y est, c'est arrangé, il arrive en courant me donner le bagage qui est dans la voiture. Je bois un thaï (un de plus!). Je me rends au massage bien mérité. Après celui-ci, je mange du mouton et fais internet. Je m'énerve un peu car ma fille ne répond jamais à mes emails et c'est agaçant. Je m'inquiète en plus. Je téléphone à mon ex-mari qui s'affole de mon coup de fil et qui fait téléphoner ma fille. Tout va bien mais elle doit être très occupée à "autre chose" comme dit mon chéri à qui je téléphone aussi. La visite des Palais et des Forts est terminée sauf à Jaipur (Amber). Demain, départ pour Puskhar où règne là une autre ambiance: le festival des chameaux (la CAMEL FAIR). En terminant ces lignes, je vois un énorme lézard sur l’armoire; je n'ai jamais vu un si gros. En fait, la nuit j'ai cru sentir quelque chose de mouillé sur le lit mais en allumant, rien n'était mouillé, maintenant je sais: j'ai dû mettre la main sur le lézard. Qu'en faire? Je réfléchi, le regarde. Lui aussi me regarde avec ses petits yeux. Il est beau mais il ressemble à un dinosaure en miniature. Je n’ai jamais vu de lézard ayant cette allure. Je tente de l'attraper avec une boite pour le sortir mais n'y arrive pas. Il est parti au-dessus de la garde-robe puis ailleurs puisque je ne le vois même plus là. Je ne sais pas où il est. Vais-je pouvoir dormir sachant qu'il peut encore venir sur mon lit? Et toujours rien pour accrocher la moustiquaire. Je l'ai pris en photo. On dit que ça porte chance… pour autant que ce soit vraiment un lézard! Jeudi 11 novembre 2010, direction PUSHKAR, mignonne petite ville sainte au bord du désert, de 15000 habitants, 11km d'Ajmer et 150km de Jaipur. C’était ici le RV des hippies du monde dans les années 1970. La vie ici est restée assez baba cool. C'est un havre de paix sauf à la «Camel fair» qui a lieu à l'occasion de la Kartnik Purnima (anniversaire de la mort de Brahmâ), liée à la pleine lune. C’est la plus grande foire de chameaux de l'Inde. Les nomades du désert du Thar et les paysans du coin y débarquent pour acheter et vendre des chameaux et des chevaux. Pendant le festival, femmes et hommes mettent leurs plus beaux habits traditionnels. On y voit les beaux turbans colorés des hommes et les plus beaux saris colorés des femmes; elles mettront tous leurs bijoux. Avant d’arriver à Pushkar, je prévoyais visiter la mosquée d'un grand Saint à AJMER mais il pleut à seau et je renonce. En direction de PUSHKAR, le paysage est majestueux, ce ne sont que montagnes tout autour. C'est de celles-ci que descendent les nomades avec leurs dromadaires et chevaux pour la Camel fair; ils pourront ainsi les vendre pour acheter des marchandises. Ils en achèteront aussi. Nous trouvons avec difficultés le PARAMOUT PALACE. Un hôtel est vite un palace en Inde. L’accueil est bon enfant. Je suis à l'aise. La chambre est propre mais les robinets coulent et le chauffe eau est archaïque. Comme prévu, là, je libère définitivement le chauffeur pour continuer seule mon périple. Je lui donne, malgré ce que j’ai dit, un bon pourboire pour le fait qu’il conduisait prudemment!!! Il est content. J'ai toujours très mal la jambe et un peu dans le dos. Je mange un plat végétarien et vais me reposer. Ah ça y est, je vois un lézard mais nettement plus petit que celui d’hier. Je mets ma moustiquaire de façon folklorique; pourquoi n’y a-t-il pas de crochets?? Mes attaches autocollantes ne tiennent pas ce qui fait que je reçois la moustiquaire sur la tête en pleine nuit. C'est décidé la prochaine fois, je prends le petit marteau que j‘ai hérité de mon père qui fait tournevis en même temps ainsi que des petits crampons. Au moins, après moi, les autres en profiteront!!! A 19H, je descends marcher, faire internet et acheter une bombe pour moustiques. Je ne résiste pas à un jus d'ananas frais. C’est l’heure de manger, toujours végétarien; il n'y a ni viande, ni œuf, ni alcool à Pushkar cause que c’est une ville Sainte où près de 2000 pèlerins par jour viennent de toute l’Inde. C'est un haut lieu de l'hindouisme. Il est dit dans les Védas (textes sacrés) que pour achever le parcours mystique qui purifie leur âme, les pèlerins doivent faire 4 pèlerinages et se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il y a 400 temples dont l’unique temple de toute l'INDE dédié au Dieu Brahma, créateur de l'univers. Une version de l'histoire sacrée dit qu’au 12ème siècle, Brahmâ tua un démon et lâcha 3 pétales de lotus; là apparurent 3 lacs d'où le nom «Push» signifiant fleur et «kar» signifiant main qui fit donc «PUSHKAR». De l’hôtel, j'aperçois le lac sacré. La mousson fut bonne cette année donc le lac n'est pas à sec. Il y a 52 gaths (escaliers qui descendent au lac). On dit que se baigner dans le lac à cette période porte chance, mais je n'irais pas, j'ai déjà eu de la chance avec le lézard!!! Il y a des moustiques car on passe avec un camion pour asperger les rues d'un répulsif. Il est tard; j’attends demain pour aller voir les dromadaires. Je me réjouis. L’ambiance ne doit pas être triste. En fait, à l'hôtel, mon palace quoi, il y a beaucoup de français. Ici, je dois voir Jacques de Bruxelles et Martine de France; j'espère avoir plus de chance qu'avec Manu que j'ai loupé à Delhi! Voyant le garçon de chambre de l'hôtel boiter, le lui explique que j'ai aussi mal à la jambe, il m’explique qu’en fait, lui c’est la polio! J'ai l'air con... Il me conseille de me rendre dans un temple à 80 km de Pushkar où il s'y passe des miracles; c'est là que tous les handicapés vont. Lui y est allé alors qu'il était en chaise roulante ne sachant ni marcher ni faire aller un bras, il en est ressorti en marchant mal mais en marchant et son bras fonctionnait normalement. Je n'aurais pas le temps d'y aller sinon j'aurais tenté l'expérience! Vendredi 12 novembre 2010, je m'éveille à 8H et n'ai toujours pas de douche. A la guerre comme à la guerre, eau froide, et en avant pour le petit-déj. Ensuite visite de la ville. J’ai la chance de ne pas devoir chercher le temple consacré à Brahmâ car il est sur le chemin du lac sacré. La visite est sereine. Je fais une offrande. J'aperçois la statue de Brahmâ à 4 têtes. Je suis des indiens qui se rendent dans un autre petit temple souterrain! Voilà, j'ai vu le seul temple hindou dédié à ce Dieu. Maintenant, je dois trouver le lac; je marche derrière des gens croyant qu‘ils y vont certainement. Mais on monte une route sableuse ! Pour le lac, c’est mauvais signe… Renseignements pris, ce sont des pèlerins qui se rendent au temple situé en-haut de la montagne. Je fais demi-tour; ce n’est pas mon intention de monter là-haut! En rebroussant chemin, je m'arrête pour boire un thaï masala. Petit mais bon. Je le paye, attends ma monnaie mais il ne veut pas; j'attends encore en insistant; il ne veut toujours pas; je m'en vais emmenant une bouteille d'eau. Oh là là, il m'a vite rendu la monnaie!!! Cet arrêt m'aura permis d'être à l'abri pendant l'averse. En chemin, je tombe sous le charme d'un foulard bleu, un de plus, je l'achète pour 50 roupies (-de 1€). Par contre, je marchande un sac à main mais sans résultat. On verra demain. Enfin, je vois des pèlerins se purifiant dans le lac. Il est interdit de photographier mais je fais quand même une ou deux photos en vitesse. Je m'assois sur les ghâts. Je reste un long moment en pleine méditation. Je me sens bien là. On dit que les cendres de Gandhi ont été éparpillées dans ce lac...Je viens de me renseigner: non ce n'est pas lui car c'est dans le Gange... Je suis attirée par les beaux singes à tête noire. Les uns jouent, d'autres donnent à boire à leur bébé et puis, sur le mur, un couple d'amoureux main dans la main, tête contre tête. C'est attendrissant. Ils s'aiment. Ils ne se quitteront pas de tout le temps que je reste là pendant que les autres courent et mangent des cacahuètes. Je me découvre une nouvelle passion: les singes. Un petit qui n'a pas encore de poils est accroché sous le ventre de sa maman; on dirait la tête d'un bébé humain. Quand ils ont un peu de poils et sont un rien plus gros, ils vont sur le dos de leur maman. En tout cas, les mères s'occupent bien de leurs petits. Un homme s'est approché un peu trop d'un bébé singe et la mère lui a montré les dents. Je ne voudrais pas lui prendre son bébé… En remontant la rue, je bois un jus de bambou. Je tombe par hasard sur un resto indiqué dans le routard le Shiva Juice; j’y mange une pizza succulente; ça me plait la nourriture végétarienne. En chemin, un coiffeur me propose un massage gratuit de la tête "pas pour de l'argent" comme il dit! Je rentre. Il me fait n'importe quoi sur le cuir chevelu pendant 5 minutes puis me demande 450 roupies. Je refuse puisqu’il a dit que c'était gratuit! Il rouspète mais je m'en vais quand même sans rien lui donner. Je ne lui ai rien demandé après tout et en plus, c'était du n'importe quoi! J’ai envie de revoir le lac à un endroit différent. Il est 15H, Il est temps d’aller voir les chameaux. J'y arrive facilement. La ville est petite. Ce sont les chevaux qui sont à l‘entrée du site; ils sont bien peignés et lissés. J’admire un cheval blanc aux yeux bleus, ça doit être une race du Rajasthan car au final, j’en ai vu plusieurs. Je confirme par la même occasion que Théodore, un âne que je connais en Espagne, est bien un âne indien. Je me laisse tenter pour faire un tour en chameau mais sur la charrette. Quel problème pour grimper dessus. Le gamin va chercher une chaise et hop, j‘y suis. Un jeune homme parlant un peu français m'accompagne voir les bébés dromadaires que j'aurais bien trouvé toute seule mais c'est ça l'Inde! Il veut ensuite que je lui paye un sac de farine. Je lui donne 20 roupies car je sais que ce n'est pas vrai. Je retourne seule faire un tour sur le site. C'est magnifique tous ces dromadaires décorés, tatoués. J’admire un homme qui coupe les cils et la moustache à son dromadaire; normal, chacun veut que son animal soit le plus beau pour le concours de beauté, concours de la plus belle moustache, etc… pour le vendre au meilleur prix. Les tentes commencent à se mettre en place. Les nomades font des feux de bois, cuisent leur pain, font du thé. L'ambiance est sereine. Le soir tombant, certains dromadaires sont attachés par une patte et d‘autres partent, je ne sais où. Je téléphone à Jacques (contact VF) pour savoir s'il est arrivé à Pushkar. En fait, il était aussi à la foire, essayant de m'appeler mais mon GSM reste éteint car il m'envoie des pubs sans arrêt et la batterie se décharge trop vite. On a du mal à se trouver mais ça y est, je le vois. Nous somme ensemble pour photographier le coucher de soleil. La rencontre est sympa. On discute beaucoup «voyage» en l'occurrence l'Inde! Il fait nuit; on va prendre l’apéro puis souper à mon hôtel où les prix sont plus raisonnables que vers la foire. On se reverra sûrement demain soir. Il est 2H30 du matin! Le temps passe très vite ici. Je n'imagine pas que j'en suis déjà à ce stade de mon séjour... Samedi 13 novembre 2010: 10H. Je bois 2 thés à la terrasse en parlant avec un couple de français. Il est 11H et je suis encore fatiguée. Je me remets au lit et dors jusqu'à 14H. J'en avais vraiment besoin. Je vais ensuite déambuler dans les rues de la ville; il est trop tôt pour aller à la foire. Je tombe face au restaurant «Om Shiva» où nous voulions aller manger le soir avec Jacques (buffet libre à 80 roupies). Je jette un œil en buvant un délicieux lassis mixte. Je mange aussi 2 bananes. Je n'ai pas envie de me fatiguer bêtement donc je prends un pouce-pouce pour aller à la foire aux chameaux. Je commence par m’attarder longuement m'attarder près des chevaux. Il y en a de toutes sortes; beaucoup plus qu'hier. Je fais beaucoup de photos d’animaux et leurs maîtres. Les nomades sont bien sympathiques, la plupart ont tout leur nécessaire sous la tente. Ils cuisinent. Je leur demande pour les photographier; ils acceptent mais veulent aussi m'inviter à leur repas que je refuse malgré que ça a l'air bon mais j'ai peur de l'hygiène. Ils cuisent le pain sur les crottes de chameaux; ils se font cuire aussi légumes et pommes de terre. Il va faire noir d'autant plus qu’aujourd’hui, il n'y a pas de soleil. Ce qui veut dire qu’il est grand temps d’aller voir les chameaux qui sont aussi plus nombreux qu‘hier. Je passe entre-eux. Ils me regardent. Ils sont marrants. Je me sens bien avec eux. Ils me relaxent. Une cafétéria en hauteur semble m’appeler, je me laisse tenter pour un thé. Je dois partir, il est 18H et il fait noir. Ce qui est désagréable sur le site, ce sont les enfants qui demandent des roupies et ne vous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas. Avec moi, pas de chances! Il faut encore arriver à se fâcher pour que certains partent mais d'autres restent et rient. A la longue, ça devient pénible la mendicité. J’ai rendez-vous avec Jacques à 18H30. Nous partons en direction du restaurant "Om Shiva". A peine avais-je fais 4 mètres que je suis projetée en avant, surprise, je venais de recevoir une corne de vache dans la fesse. Jacques pense que ça va remettre mon nerf sciatique en place mais c'est l'autre fesse! Je n'ai pas eu mal mais c'est surprenant. Cela m’était déjà arrivé une fois dans mon pays, mais dans le bras; les vaches ne m'aiment pas...Nous faisons 4 mètres qu'il se met à pleuvoir à seau. On ira prendre un verre en attendant que ça passe. En chemin, on est bloqué. L'averse a créé une inondation importante sur la route et devons prendre un pouce-pouce. Le buffet du resto est bien achalandé. Avec Jacques, on se salue promettant de rester en contact. Je n'ai pas pu voir Martine (contact VF) vu ses problèmes et le manque de temps aussi. Je rentre prendre une douche puis reçois un sms de Jacques qui m’informe que suite aux inondations, il a dû prendre un cyclo-rickshaws pour rentrer à son hôtel un peu éloigné. Il craignait que le véhicule ne se verse dans le fossé à cause des trous; trop tard, il a culbuté! (il n’a rien). Départ demain matin en bus pour Ajmer où je prends le train qui m’emmènera à JAIPUR. Je regrette ne pas pouvoir rester encore un jour à Puskhar pour le début du festival qui commence le jour de mon départ, le 14 au lieu du 13 comme je pensais. Bon souvenir de Pushkar et du pré-festival. Dimanche 14 novembre 2010: après déjeuner, je trouve le pouce-pouce réservé le jour avant; je n’aurais pas cru qu'il viendrait. Il est 9H pile. Il me conduit à l'arrêt des bus qui vont àAJMER. Je ne visite pas cette ville. Ce bus là n'est pas pire que ceux qu'on rencontre au Maroc. J'ai une place assise, je paye 7 roupies (12 cents). Un indien a embarqué dans le bus avec l'intention de me conduire à bon port à la gare et de toucher sa commission, comme si je ne savais pas me débrouiller seule… Il a reçu le prix du bus. Je ne lui ai rien demandé moi. Il n'a pas discuté car à ce moment, le jeune de l'hôtel, celui qui voulait m'emmener au «temple miracle» m'appelle… Il m’attend à la gare pour me dire au-revoir. Amoureux de moi? Pas de chance, j'aime mon chéri! Je bois quand 2 cafés avec lui puis je me dirige vers le quai n°1 comme m’a renseigné un militaire. En attendant dans la salle d'attente, une grosse dame vient me trouver pour voir mon ticket. Elle ne s'y retrouve pas et appelle du renfort qui ne s'y retrouve pas plus. Cinq minutes après, je me rends compte que je lui ai donné mon voucher d'hôtel. On a bien rigolé. Changement, c’est le quai N°3. Mon train arrive. Je m'installe, bois un thé, mange du poulet-riz, m'endort un peu. 2H plus tard, le train arrive à JAIPUR, appelée la ville rose. C'est la capitale du Rajasthan où vivent près de 2.000.000 d'habitants. Elle est située à 259 km de Delhi. Je saute dans le premier rickshaw venu sinon c'est pénible aux gares. L'hôtel ATITHI est grand, la fenêtre de la chambre donne sur un mur; je demande à changer. On m’installe dans une autre chambre mais le matelas est trop fin; je réclame et on m'installe un matelas supplémentaire. Je fais un peu sur internet. Je téléphone à mon contact de Jaipur qui est à Delhi. Il veut m'envoyer son frère demain avec une voiture, je refuse car ce frère ne parle pas français. Il est trop tard pour visiter. Je soupe dans un joli resto situé une ruelle plus loin. Ensuite, je rentre à l'hôtel et voilà, la journée finie. Lundi 15 novembre 2010, à 9H, visite du CITY PALACE, munie d’un autoguide. A signaler la «salle des armes» où celles-ci sont représentées en grand nombre, témoignant de l'aspect guerrier et combattant des Rajpoutes. On y trouve une des ses épées du Maharaja pesant 5 kilos. Je les imagine à cheval, avec armures et boucliers ou en habits avec de jolis rubans multicolores et de longues moustaches, le tout accompagné d'épées, révolvers, poignards. Je m’évade… La salle des audiences est très bien conservée. On y voit l’immense trône du Maharaja Madho Singh II; c’était un géant de 2 mètres, pesant 225 kgs. Cette salle semble toujours d'actualité tellement tout est resté authentique notamment le plafond dont la peinture est nickel malgré ses 200 ans d'âge! En hauteur, il y a les «djarokas», fenêtres en marbre et à trous d'où les femmes suivaient toutes les discussions sans être vues. La cour des femmes est également magnifique avec ses quatre grandes portes représentant les saisons. Dans le hall des audiences, on voit 2 énormes jarres de 345 kilos servant à transporter l'eau du Gange pour les ablutions rituelles du Maharaja lors de ses voyages notamment à Londres en 1902; elles peuvent contenir 8500 litres d'eau. Dans le «palais de Lune», de 7 étages, résident encore le Maharaja actuel et sa famille. Le drapeau de 5 couleurs flotte au sommet quand il est présent; il est levé quand la Maharani est présente. Le rez-de-chaussée est transformé en musée. Je mange sous un arbre 2 «rôtis» (galette farine/eau) et un thé. Je donne 20 rps; il rouspète; il veut plus; connaissant le prix, je m'en vais. Je prends ensuite une glace au lait; au moment où je mords dedans, il dit 20 rps alors que c'est 5 pour les indiens; je rends la glace avec un morceau en moins! Je me dirigé vers le Jantar Manhar; l'observatoire qui a été construit en 1727 et dont les travaux ont duré 7 ans. Un appareil n'a jamais été achevé. Chef d'œuvre astronomique, c’est le plus grand des 5 observatoires fondés en Inde: Delhi, Mathura, Ujjain, Bénarès. L'engin le plus spectaculaire est le cadran solaire qui mesure 28 mètres de haut/47 mètres de long. J'ai pu y lire l'heure en suivant les explications. J'étais juste à 1/2H près! Je loue un autoguide mais c'est trop compliqué à comprendre! Je me creuse les méninges, sans succès! Je bois un Coca puis je me rends, en pousse-pousse, direction Hawar Mahal (Palais des Vents). Je l'avais déjà vu lors d'un précédent voyage avec Jet Air, il y a 16 ans, mais cette fois, je visite aussi l'intérieur. C'est le symbole de la ville. D’architecture rajpoute, il fut construit par un roi-poète en 1799. C'est une énorme façade à 5 étages percés de 953 fenêtres à trous pour que les femmes puissent suivre les manifestations dans la rue puisqu'elles n'avaient pas le droit d'y aller. On dirait un nid d'abeilles; ce sont des alvéoles. L'intérieur est moins spectaculaire que l'extérieur. Je suis montée tout en haut. En sortant, un jeune homme guète les touristes qui essayent de prendre une photo de l’immense façade, vient les interpeller pour aller chez lui, en face, d’où la vue sur le palais des vents est superbe, gratuitement ajoute t‘il! On sent l'arnaque mais j'y vais pour la photo. Effectivement, superbe vue sur le Palais des Vents. Il a été dit dans le routard qu'il fallait se méfier, des jeunes attiraient les routardes et les violaient. Moi, j'ai eu droit à une démonstration de bijoux; j'ai du mal à m'en tirer mais prétexte que je vais réfléchir et revenir demain. Je profite qu'un autre touriste arrive sur la terrasse pour m'évader! Je prends un rickshaw pour faire ma dernière visite de la journée, le musée Surabhi Manson, trouvé avec toutes les difficultés du monde, qui représente tous les rubans de différentes classes. Au ruban, on pouvait reconnaître à quel rang appartenait le porteur. Les turbans mesurent de 9 à 40 mètres de long et ils leurs faut 10 min pour le faire. Il y en a de toutes les sortes. Après, visite du magasin de livres, cartes etc... Puis invitation au restaurant. J'ai regardé la carte, non merci, une autre fois! Je me contente d'aller manger dans le petit resto sympa de hier soir. Je n'aime pas celui de l'hôtel. A peine ma douche prise, le rickshaw qui devait passer me prendre le matin me fait appeler dans la chambre pour me dire qu'on s'est loupé ce matin (sans blague) mais OK pour «Amber» demain. J'accepte; je lui avais promis en arrivant à la gare. Je n'ai pas le temps d'aller à Samode. Mardi 16 novembre 2010: je suis prête pour aller voir le Fort d'Amber; cela me tient à cœur puisque c'est là que je suis tombée amoureuse à fond de l'Inde, en visitant le temple de ma déesse Kali. Le rickshaw est au rendez-vous; il ne veut pas dire son prix disant que je jugerai d'après ses services. OK mais je n'aime pas trop ça. Nous partons àAMBER à 10 km de Jaipur. Nous passons par le pire des petits quartiers; je n'ai jamais vu autant de cochons en rue ni de chèvres. En plus, ça ne sent pas très bon et je fais des bonds dans la charrette tellement les rues sont en mauvais état. A peine arrivé sur la grand route, le chauffeur s'arrête à une station essence et me demande 200 rps; je refuse mais insistant, je lui en donne 100 que je compte bien décompter au final. Nous redémarrons. Plus loin, sur la route où ne passent que des véhicules à toute vitesse, le type s'arrête et annonce que sa course sera de 400 roupies+l'essence. On verra selon ses services. Il me dépose devant le fort me donnant 1H; je lui rappelle «slow»; il me laisse 2H. J'y vais; il verra bien; je reviens 2H30 plus tard. Je n'ai pas jugé utile de faire la montée à dos d'éléphant pour 400 roupies (env. 7 €), il faut dix minutes pour la monter à pied et j'ai mieux vu les éléphants pour les photographier. De plus, j'ai lu que ces animaux sont maltraités et qu’il vaut mieux ne pas encourager cette association. LE FORT D’AMBER date de 1592 et fut complété en 1727; il se trouve sur une colline dominant le lac Maotha. Les fortifications font 9 km. Ce n'est que collines aux alentours. Le fort domine tout sauf la forteresse de Jaigarth. Certaines salles dont la salle des audiences sont encore en très bon état. Dans celle-ci, on peut imaginer le maharaja trôner au milieu. Dans une autre salle, le Diwan-i-Khass (salle des audiences privées), on y trouve une décoration à base de pierres semi-précieuses et une foule de mini-miroirs. Ce sera un des rares palais du Rajasthan où il y a un jardin fleuri magnifique que les femmes pouvaient voir de leur balcon privé. C'est aussi le seul où j'ai trouvé un hammam turc avec un bassin et un peu plus loin des latrines. Il y a 12 passages secrets menant aux appartements des 12 favorites du Maharaja. Les 300 autres concubines vivent à l'extérieur. Les hommes qui lisent ceci doivent se dire qu'ils en avaient de la chance les Maharajas. Je termine cette visite. En sortant je vois l'indication "tunnel"; je descends dans ce souterrain accompagnée d'un militaire. Encore ces grandes marches! Pas pour rien que personne n'y va et en plus pour ne rien voir de particulier puisque ce sont des passages secrets. Ensuite, je cherche letemple de Kali& puisque je voulais absolument y retourner. Il est à l'entrée!!! J’arrive au moment de ma fermeture. J'ai eu bon supplié, rien à faire, on ne m'ouvre pas la porte : fermé jusqu'à 16H. Je redescends vraiment triste de n'avoir pu retourner dans ce petit temple au point que j'en avais les larmes aux yeux. Le rickshaw pressé et moi démarrons. 3 km plus loin, il faut tourner à droite pour le «FORT DE JAIGARTH». Là ça va se corser l'histoire! Il ne veut pas… Moi je veux. Il dit que le fort n'est pas bien! J'insiste que je veux. Il prétend qu'on ne peut y arriver en rickshaw et qu'il n'a d'essence assez. Dans ce cas, je descends du véhicule. Finalement, il me récupère en acceptant mais fait demi-tour après quelques mètres et s'arrête me demandant 300 roupies en plus pour y aller. Je refuse. Cette fois, je descends définitivement. Je me retrouve dans un endroit où il n’y a nul autre taxi; c’est à pied que j’arrive à la bifurcation. Là, problème, plusieurs types en moto attendent proposant leur service pour faire la montée à un prix horrifiant. Je signale que ça monte très fort pendant 9 kilomètres. Je sens l'arnaque à fond… Un car de touristes indiens tourne à ce moment pour y aller, donc roulant très lentement, et portière ouverte. Je fais un signe, le type aussi et je saute dans le bus en marche comme quoi, mes jambes sont encore en bon état parfois. Je suis sauvée me dis-je. Les touristes indiens sont heureux de m'avoir dans leur bus. Je m'assois où je peux vers le début du car. On croit arriver au ciel en faisant cette montée mais j'ai bien cru vraiment aller au ciel!!!! Mon Dieu. Rue étroite, montante, croisement d'autres véhicules dont des bus, le ravin à gauche. J'ai tellement peur que je ne décide de ne pas redescendre pas en engin motorisé. La forteresse est absolument magnifique, dominant tout d'où un paysage inimaginable. En fait, les rickshaws y accèdent puisqu'il y en avait. Dans cette forteresse, se trouve le «canon Jaivana», fondu ici en 1720, de 6 mètres de long et pesant 50 tonnes. Quatre éléphants étaient nécessaires pour le faire tourner mais il n'a jamais servi sauf pour son coup d'essai! Vive le guide du routard, car je lis qu'il y a un sentier qui descend du fort vers la forteresse d'Amber où je pourrais prendre un bus. Ah, je voulais voir le fort d'Amber et bien, je l'ai vu et revu. J'entame ce sentier en pierre qui descend vers Amber tout en me renseignant d'abord s'il n'y a pas de singes. Je suis accompagnée presque tout le chemin par un ou l'autre jeune homme en promenade. Je n'ai eu aucun problème et ai beaucoup discuté en chemin. Cette descente permet d’admirer ce beau paysage que j'ai dans la tête depuis 16 ans, soit la première fois que j'y suis allée. Cette muraille dans les collines est fabuleuse. En fait, maintenant, il est 16H, le temple de Kali a rouvert ses portes. Cette fois, j'y rentre sans problème. Je me recueille un court instant. Le Brahmane me met un point rouge sur le front. J'aurais dû être plus attentive le matin car je lis qu’il y avait une puja (brève cérémonie) à 10H du matin. Maintenant, je me rends à l'arrêt de bus pour rentrer à Jaipur; il est 5H passé. Le bus arrive déjà rempli d'indiens. Plus un siège de libre. Je fais le chemin assise à terre. Je me lève juste pour prendre une photo au niveau du lac Man Sagar où se dresse le Palais Jal Mahal. Nous sommes à 10 km de Jaipur mettons 1H10 pour le trajet. Toujours assise à terre, les indiennes me regardent car ce n'est pas les indiennes qui feraient ça avec leur beau sari. Je termine ma course en cyclo-rickshaws qui me fait faire un tour de ville pour me ramener à l’hôtel alors qu‘on était à 5 min. Je l'engueule mais il est content quand même. Toutefois, je regrette un peu de ne pas lui avoir donné plus; ils ont tellement de mal à se faire un peu d'argent, en galérant quand même! Bon trop tard, il est parti. Je rentre souper à l'hôtel pour ne pas perdre trop de temps en soirée mais il y a quand même un long délai d'attente. Je vais faire mes sacs. Demain, je pars à 5H du matin. Le train est à 8H mais c'est tellement compliqué que je préfère partir tôt! Ce séjour à Jaipur aura été fort chargé. Je me demande où je trouve cette force et cette énergie car, en plus, je ne dors pas beaucoup la nuit et encore moins de la journée bien sûr! Demain destination ALWAR. Je crois que ce sera repos, enfin, je crois! Mercredi 17 novembre 2010: déjà 20 jours que je suis en Inde, je pars pour la gare à 6H du matin. Je suis tôt car le train est à 8H, qui en plus a du retard. J'attends sur la mauvaise voie car ils annoncent un changement de voie au dernier moment que je n'ai pas compris vu mes faibles compétences en hindi ou anglais! J’ai failli le rater. Dans le compartiment, les gens sont sympas. On bavarde jusqu'au moment où je tombe endormie. J'ai dû ronfler car tout le monde rit quand je m’éveille. J'arrive à ALWAR à 11H et me rend directement à l'hôtel. Cette petite ville est à 170 km de Delhi. L’hôtel ALWAR n'a pas de restaurant donc je sors pour aller manger. En circulant dans les petites rues, j'entends de la musique: une fête. Je vais voir. On me voit arriver dans la foule indienne à 100% et on me donne la place d'honneur! Pas embêtée d'avoir mis les pieds là, me voilà bien maintenant!!! J'apprends qu'en fait, on marie dix couples en même temps, et je vois apparaître deux par deux les futurs maris tandis que les femmes sont cachées totalement derrière un voile, entourées des femmes d'honneur. On me propose à manger mais j'essaie petit à petit de m'éclipser car je vois des billets de 100 roupies au cou de chaque marié; je me dis que je vais être de la revue. Avec tout ça, je ne sais plus où je suis. Je marche. Il pleut à seau. J'ai faim. Je dois mettre de l'argent sur mon GSM. J'essaie de revenir par mes propres moyens mais n'y arrivant pas, c'est encore sur une moto que je fini ma course. Je finis la soirée dans ma chambre. J'ai heureusement une belle chambre avec le wifi gratuit qui me fait passer le temps. J'entends la musique des mariages. Jeudi 18 novembre 2010: je me réveille tôt. J'ai mal dormi et mal partout. C'est dommage d'avoir des belles chambres et de ne pas y mettre des matelas confortables. Malgré que je double mon matelas avec celui du 2ème lit, je sens la ferraille. Aujourd'hui, il va faire bon. C’est à la gare que je compte déposer mes sacs mais changement d'avis au dernier moment, le réceptionniste accepte que je les laisse à l'hôtel et accepte également que je vienne prendre une douche le soir. De ce fait, je lui laisse un pourboire. Je commence mon périple par le Palace d‘Alwar. Le musée est très grand. Je vois un tigre mal empaillé, c'est très gros: une patte à lui vaut mes 2 jambes. Il y a encore des tigres dans la forêt d'Alwar, j'ai vu le panneau. Je vois aussi un ours brun dans la vitrine; il me fixe et m’impressionne au point que je pense qu’il va sortir de la vitrine. On m’avait dit que si je croise un ours, il faut le regarder dans les yeux pour l'impressionner!!! Je m'imagine mal le faire, entendant ses grognements. Il y a des collections de toutes sortes comme dans les autres salles du musée. Je suis sidérée devant la collection de livres allant du minuscule au plus gros, souvent livres religieux. Ceux-ci sont écrits en lettre d'or pour certains et à l'encre de chine pour d'autres, en sanscrit, quelle finesse!!! En sortant du musée, un gamin me suit, j'ai bon lui dire de partir, il reste, s'accroche; je démissionne. Il reste avec moi. Il me conduit au début de la forêt pour me montrer un temple hors du commun, en tête de cobra. On longeant le passage, on repère des singes agressifs. Je veux les photographier mais un me montre ses dents. Je cache mon appareil. Il est méfiant et se retourne pour voir si je ne le prends pas en traite puis fait mine de revenir en arrière. Le gamin me fait signe de ne pas le fixer; c'est vrai, j'avais oublié. Le fort se trouve très haut, impossible pour moi d'y aller. Le gamin insiste pour avoir 150 roupies!! Non. Il descend à 50 roupies! Non. Je finis par lui en donner 20. Il a été les donner directement à son père qui tenait une échoppe à manger. Quand il a vu que je regardais, il a fait mine de prendre à manger! Il avait entre 10 et 11 ans et ne va plus à l'école; peut-être n'y est-il jamais allé. Je descends le chemin tout doucement en mangeant un mixte végétal dans un plat fabriqué en feuilles séchées. J'arrive direct au temple Jagannath que j'ai prévu au programme; le temple est ouvert mais le lieu où se trouve le Dieu est fermé; deux gardiennes sont gentilles et l'ouvrent; je les prends en photo et blaguons un peu. En reprenant mon chemin, je goûte un petit gâteau bien sucré mais bon. En continuant, j'arrive au Circus qui est en fait, au-dessus, un temple dédié à Rama. C'est fermé aussi mais le Sâdhu me laisse rentrer voir ce qui est visible; lui n'ouvre pas le tabernacle. Je reste un long moment assise sur une pierre au circus. En me baladant, j'arrive dans un immense parc où il y a une serre magnifique et visitable. Je pense que je suis peut-être au réservoir de la ville; en tout cas, ce n'est pas le parc «Nehru» car je l'ai vu après. Dans le parc, les enfants demandent "monnaie, monnaie"; Après un refus catégorique, ils demandent un autographe sur un billet de 10 roupies. Pas moyen de se reposer. Je vais rentrer. C'est surprenant de voir toutes ses artères en pleine ébullition. Je finis par prendre un cyclo-rickshaws car à force de tourner, je suis fatiguée. Il est 5H. Je rentre à l’hôtel où sont mes bagages pour prendre une douche, comme prévu avec le réceptionniste. Le patron refuse. Je reprends mon pourboire du matin au garçon. Je m'en vais d’abord à pied puis en Pousse-pousse. Je suis donc en avance de 5H! Je mets mes bagages à la consigne de la gare et vais manger dans une gargote. En mangeant, je vois trois rats dont un court sur la table voisine. Je continue à manger contrecœur mais je dois arrêter, je suis dégoutée. Je retourne à la gare mais j'ai encore des heures devant moi. Je bois des cafés. Je marche. Je regarde les trains arrivés et repartir. Le fourbi que provoque l’arrivée d’un train. Les gares indiennes n'ont plus de secret pour moi. Je sais comment trouver son quai, son wagon, sa place, être à la bonne place où le wagon s'arrête. Je sais tout! Je fais un peu d'anglais par écrit avec mon dictionnaire quand deux jeunes viennent mettre l’anglais en pratique. Je dis toujours, on n'est jamais seul (e) en Inde. En fait, Jacques m'a donné des nouvelles de Pushkar, il paraît qu'il y fait noir de monde; beaucoup de touristes ce qui l'ennuie pour ses photos! J‘aurais dû rester un jour de plus à Pushkar; j’ai raté la course aux chameaux. Par contre, j'aurais pu me passer d'Alwar qui d'après certains sur VF trouvaient cette ville formidable. Je trouve les gens encore plus racoleurs qu'ailleurs; ils vous dévisagent au point du malaise; de plus, ce n'est pas possible de circuler au gré des ruelles comme tant le disent. Il y a de la circulation. Je crois ne pas me tromper si je dis que j'étais la seule touriste dans la ville. Les devants de certains rickshaws sont faits avec d'anciens camions ou tracteurs. Les gens me regardent comme si j'étais une martienne. Je ne me suis pas sentie bien dans cette ville. Pour en revenir au train. Le mien arrive, avec 45 minutes de retard. Je n'ai pas fait attention que Raj de l'agence Milna m'a réservé en A3 n’y comprenant pas grand-chose, maintenant, ça aussi je connais! Mon fils m'a dit avant de partir de bien dormir «si j'y arrive»; j'avais été affirmative connaissant mes nuitées antérieures. Je me suis trouvée dans un AC tiers qui sont des compartiments, non fermés, de six places et deux places en face. Pas de tentures pour séparer et encore moins de cloison avec porte. Bon, je trouve ma place N°9, c'est en bas. Ils sont déjà tous couchés. Impossible de me tenir assise à cause de la banquette au-dessus de moi. Plus de place pour mettre mes sacs. Une énorme dame qui dormait au-dessus de moi s'est levée pour faire place. Je n'avais pas envie de traficoter leurs sacs moi-même. Bref, sur le coup, je téléphone à MILNA et lui demande pourquoi il m'a réservé dans cette classe. Il prétend qu’il n'y avait plus place en A2. Je le crois puisque sur le ticket, la date de réservation indique le «22/10» alors qu'on peut les réserver 3 mois à l'avance. Je lui ferai la remarque. Il me donne le conseil de voir s'il n'y a pas un lit libre où se trouvent les 2 places puis demander au contrôleur si la place restera libre jusqu’à la fin du voyage. Après vérification, j’ai la confirmation que cette place reste libre et peux y rester. Tout le monde a coupé ses lumières et beaucoup ronflent. Moi, je fais un remue-ménage comme seul mon chéri peut comprendre. Je vois des bestioles. Je mets de la bombe pour insecte et de la citronnelle sur moi. Ah, il y a de l'odeur dans mon compartiment. Voyant qu'il est plus de minuit et que je ne peux pas dormir, je prends un somnifère et m‘endors directement. Vendredi 19 novembre 2010: Je me réveille à 8H à l'arrêt du train, descends sur le quai chercher un thé. Le bois puis me rendors jusqu'à midi. Les omelettes arrivent, je prends une et commence à ranger la couchette et mes affaires. Je fais un peu d'ordi mais m'endors dessus. J'ai passé 16H dans le train. J'arrive à AMRITSAR; je bois un café à la gare puis je prends un rickshaw pour aller au SHARMA Guets Housse. Il me demande 50 roupies. En arrivant devant une rue, il me dit qu'il ne peut pas aller plus loin. Or, comme je suis têtue et vois justement un autre rickshaw qui passe. Je ne quitte donc pas son véhicule et lui dit de demander à la police le droit de passage. Il n'a jamais voulu le faire. C'est moi qui l'ai demandé via un signe; ce fut accepté. Arrivée spectaculaire à l'hôtel puisqu'il fait un scandale. Je tiens bon, pas une roupie de plus, il y a 2 km. Ma chambre est au 3ème étage. Toujours ces grandes marches fatigantes. Cette chambre a besoin d'un bon coup de peinture! Je la nettoie avec un gant de chirurgien et une vieille chaussette; je préfère car j’y dors 3 nuits! Après ce nettoyage, je pars à la recherche d’un restaurant. Dans les rues, il n'y a qu'échoppes avec des cadres du temple d'Or, des gurus, etc... C'est Lourdes de chez nous quoi! Je trouve un resto bien et décide de changer le style de hier à savoir celui des rats... Les rations sont énormes; je mange végétarien. Je jette un coup d'œil au temple d'Or, de loin, car je le réserve pour demain. Toutefois, en arpentant le coin, je découvre la "cour dortoir" où les pèlerins sont acceptés pour dormir gratuitement; ils sont couchés sur un sac ou un drap avec une couverture, un oreiller et les voilà qui dorment. La cour est pleine. Il y a aussi des chambres aux étages. Je rentre faire ce résumé; il est 1H du matin. Je commence par dire qu'AMRITSAR est la ville sacrée des sikhs par excellence. Là où tous les pèlerins se rassemblent lors des fêtes comme c'est le cas aujourd'hui. C'est la 2ème plus grande ville du Pendjab avec un million d'habitants. La ville est peuplée et polluée. Elle reçoit les hindous et les musulmans sans problème. Cette ville est très fertile. De ce fait, les sikhs sont dans une catégorie aisée d'indiens qui ont le plus haut revenu moyen par habitant de tout le pays. Tous les sikhs ont le même nom de famille "Singh" qui veut dire lion. L'état civil doit se régaler! Il y a eu ici des milliers de morts parmi les civils suite à la guerre qui dura 11 ans. C'est la seule religion hindoue qui ne croit qu'en un seul Dieu. Elle date du 15ème siècle. Les sikhs ont comme règles de ne jamais se couper la barbe ni les cheveux, d'avoir un peigne sous le turban, avoir un bracelet à la main droite, avoir une épée, un sabre ou un poignard de défense autour de la taille. Ils sont loyaux, droits, obéissants, généreux, pardonnent, sont hospitaliers et supportent l'injustice. Ils croient au karma et à la réincarnation mais rien n’y met un terme, contrairement au bouddhisme. Leur Dieu est créateur, conservateur et destructeur; il est dans l'âme de tout un chacun. Samedi 20 novembre 2010: 11H je quitte l'hôtel. Je me rends au TEMPLE D’OR mais surprise que j'avais oubliée: aujourd'hui est un jour de fête pour les Sikhs; ils fêtent le «GURU NANAK», né en 1469, qui est le fondateur du sikhisme. Les festivités commencent trois jours avant. Voilà pourquoi j'ai trouvé tant de monde hier soir dans la cour qui sert aussi de dortoir. Aujourd'hui, donc jour J, le «Granth Sahib», livre sacré, sort du temple couvert de guirlandes, escorté par des gardes brandissant le drapeau sikh. Dès l'aube, les fidèles processionnent. Il y avait au moins 30 groupes d'enfants soit jouant un instrument, soit représentant une scène de combat avec une arme, le tout au son d'une musique spécifique. On offre à manger aux passants. Je reçois chappattis avec des «dags», pois chiches à la crème indienne. Je préfère faire des films plus que des photos pour la circonstance. Je bois un café puis vais voir le défilé. 3H debout. Ensuite, je rentre dans l'enceinte du temple mais ne vais pas encore au temple d'Or aujourd'hui car il y a une file d'attente à ne pas en finir; j’ai rendez-vous à 15H avec les taxis qui vont à «WAGAH BORDER» dans le village d'ATTARI à 30 km d'Amritsar. Je prends un taxi collectif, nous étions 8 avec le chauffeur. Il nous dépose au pied de la rampe, précisant qu’il sera là au final du spectacle. Je suis les indiens et me retrouve dans les gradins avec eux. Je peux aller au VIP en tant que touristes mais dans la foule, je n'ai pas vu l'endroit. Toujours est-il que j'étais dans l'ambiance très chaude et excitante des indiens! Par contre, je n'ai rien vu. J’aurais pu être à un match de foot ou rugby que ça aurait été la même chose. Par contre, je vois la descente des 2 drapeaux: le Pakistanais et l'Indien. Normal, ils sont en hauteur! En sortant de la cérémonie, je ne vois pas le taxi mais après tout le bazar mené autour de moi, on me l'a retrouvé. Il était bien où il avait dit et les autres passagers étaient déjà là aussi. J'ai dû louper une instruction. Il m'a bien engueulé et les autres ont ri. Il a rouspété un bon moment. Je ne comprends pas ce qu'il dit mais ce n'est sûrement pas des compliments. Il se venge en roulant comme un fou Je termine en précisant qu'aujourd'hui, je n'ai pas besoin de transférer mes photos car j'ai perdu mon appareil. J'ai espéré un moment l'avoir oublié dans le taxi mais un indien et mon copain de Delhi lui ont téléphoné et il a déjà fouillé 2 fois sans le retrouver. Il devait être sur mes genoux et en sortant, sera tombé. J'ai horreur de perdre. Bien que je comptais acheter un neuf, ça aurait pu encore attendre quelques jours. Dimanche 21 novembre 2010, je ressens la fatigue car je ne me réveille plus si tôt le matin. Il est 10H45 quand je quitte l'hôtel pour me diriger tout droit acheter, en tout cas voir dans un premier temps, un nouvel appareil photo. Je suis séduite par le Samsung qui me convient bien et est à un prix tout à fait raisonnable. Je l'ai vite en main car il est assez simple mais quand même plus sophistiqué que l'ancien. Je suis contente. Je me dirige vers le temple d'Or pour aller refaire de nouvelles photos. J'aurais juste perdu le cortège de hier car à la frontière, je n'ai rien su faire comme photos puisque je n'ai rien vu. Aujourd'hui, je vais pénétrer dans le fameux temple d'Or qui fut détruit par les Afghans en 1757 et reconstruit en 1765, embelli ultérieurement de feuilles d'or. Pour entrer dans l'enceinte du temple, pavée tout de marbre blanc, il est obligatoire de se déchausser et de passer ses pieds dans un bassin d'eau et en principe, laver ses mains mais ça je l'ai su après. Moi je les ai lavées en sortant. Il est 13H15 et je fais la file 1H1/2 pour passer la passerelle de marbre longue de 60 mètres et qui mène au temple d'or proprement dit "le Harmandir Sahib". Le pavillon est couvert d'une plaque en cuivre doré et date de 1764. Toute la journée, des prêtres chantent et les musiciens jouent des hymnes du livre sacré; ils se relaient régulièrement. Quand ce fût mon tour d'y rentrer, je suis restée sidérée de la beauté de ce temple, c'est majestueux; on ne peut être qu'en extase devant cette merveille. Il y a un guru dans la salle du bas, à qui on jette énormément d'argent ou des offrandes. Au second étage, il y a un autre guru qui, à mon avis, reçois moins d'argent et au troisième étage, encore un autre. De là, la vue est sublime. On voit les pèlerins sur la passerelle. Celle-ci supportera le poids des âmes pieuses et les autres iront en enfer. En fait, je suis restée 8 H dans l'enceinte et j'ai toujours vu la passerelle pleine à craquer; ça n'arrête pas. Je redescends mais m'inquiète de ne pas avoir vu le livre sacré donc je me mets dans un coin pour relire ma documentation. C'est au 2ème étage que je dois remonter pour le découvrir, bien à sa place, posé sur un tissu inséré de pierres semi-précieuses. Il est géant ce livre. Tous les soirs à 22H, il y a la cérémonie de transfère du livre sacré sur un palanquin, du temple au siège du comité directeur, pour le ramener le lendemain à 5H du matin. La version originale du Granth Sahib a été brûlée en 1984 par l'armée indienne. Cinq mois plus tard, le 31 octobre, Indira Gandhi, premier ministre de l'Inde, était assassinée par 2 gardes sikhs, en représailles. En sortant définitivement du temple pour repasser la passerelle en sens inverse, je profite pour faire quelques photos avant de retourner dans la cour d'où on voit le temple d'or qui semble flotter sur une île. Je déambule dans les couloirs de la cour. Je bois du thé qu'on m’offre. Je vais visiter le musée où se trouvent des tableaux relatant les évènements historiques sanglants. Les sikhs ont dû faire face aux hindous et aux musulmans avec cruauté. Quelques photos sont franchement parlantes puisqu'on y voit des sikhs tués, souvent fort défigurés. Puis il y a de plus belles photos de gurus. En sortant, je tombe tout à fait par hasard sur les cuisines et vais manger avec les pèlerins, assise à terre. On me verse du riz dans un bol et une sauce dans l'autre avec des chapatis. Ils servent 10000 repas par jour gratuitement. En allant me rechausser, je vois une cabane où des gens se font soigner. Bien entendu, je m’arrête; on me fait de l'accu pression sur les doigts de main et pied gauches pour soigner ma jambe droite! On verra, c'est une expérience. (À ce moment, j’en déduis que ce traitement n’a pas marché). Maintenant, il fait noir. Je vais me redéchausser pour prendre en photo le temple. Je l’admire sous toutes les lumières qui reflètent dans le bassin sacré. C'est royalement beau. On est saisi par les milliers de lumière qui, de plus, reflètent sur l'eau. Il y a des milliers de personnes qui se trouvent là en cet instant. A 19H, il y a un énorme feu d'artifice qui sera renouvelé puisque je l'ai encore entendu après. Le bassin d'eau est entouré de petites bougies où certains pèlerins font des ablutions. Il y en a qui garde leur poignard pendant le bain. On voit d'énormes carpes grises et rouges. Je n'ai pas jugé utile de faire d'autres visites sur Amritsar. J'ai préféré l'ambiance du temple. Je remange un bout et bois un verre de lait avant de rentrer à l'hôtel préparer mes sacs et rédiger ces lignes. Demain matin, départ pourDELHI à 5H. Il faudra donc se lever très tôt... J'ai eu des nouvelles de Jacques qui est à Pushkar et qui m'annonce aujourd'hui, qu'on lui a volé sa petite caméra qu'il venait d'acheter «lui» pour 400 euros. Pour lui qui adore photographier, ce n'est pas marrant du tout. Lundi 22 novembre, je me lève à 3H du matin pour prendre le taxi à 4H et le train à 5H. Il part pile à l'heure et je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas en première classe alors que j'ai payé des mois à l'avance. Encore une fois, l'agence n'a pas réservé directement! Pourquoi? On le devine... J'arrive à DELHI et vais directement à l’hôtel MY INN où le chauffeur du Rajasthan devait déposer mon bagage; évidemment, pas de bagage! Encore toute une histoire...Je téléphone à Milna qui le contacte. Le verdict est qu’il l'a laissé à son agence alors que je lui ai expliqué 1000 fois que c'était à l'hôtel où il est venu me chercher le premier jour. J'ai vraiment été trop généreuse dans le pourboire, finalement il ne le méritait pas… à part qu'il m'a ramenée entière... Bref, après 2H, un gars de l’agence m’amène mon bagage. Heureusement, car je vais voir ma copine Chavti à qui je dois remettre des livres qui sont dans ce bagage. Le lit de la chambre n'est pas fait. On me dit à midi après maintes demandes de ma part, qu'il sera fait dans l'heure qui suit. Je rentre à 21H et toujours pas de lit fait, pas de drap de lit, pas de serviette de bain sans compter que j’ai nettoyé la chambre comme souvent, à quatre pattes avec une vieille chaussette! En fait, plus tu te fâches avec les indiens, plus ils prennent du plaisir et continuent... Ils rigolent même quand tu les engueules, je connais un qui fait cela et il est bien belge; mon Loulou si tu te reconnais dis le!!! (Petit-fils). La journée n’a pas été intéressante; j'aurais dû aller dormir chez ma copine comme elle l'avait proposé. La nuit tombe, je cherche un endroit pour manger. Tout à coup, une enseigne m'attire comme un aimant "bar- restaurant". Je m’offre 2 bières et un resto; je rouspète car j'ai demandé "non space" et c'est "space"... Le patron me dit qu'il s'occupera spécialement de moi demain, mais irais-je???? Mardi 23 novembre 2010, je commence ma journée en me disputant avec le garçon d'étage car il m'apporte un thé et un toast grillé à un prix trop élevé... au final, il a gain de cause car il m'apporte la carte! Je ne m'attarde pas trop car j'ai beaucoup à faire aujourd'hui. Il y a certains sites que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter donc c'est le moment, j'ai une journée complète. Je prends un rickshaw pour me conduire à HUMAYUM’S TOMB; je devrais plutôt dire, je voudrais prendre un rickshaw car ils ne veulent pas m'y conduire: trop loin. Sauf un qui voulait bien mais pour faire la journée à un prix de fou. Comme ça dure une éternité pour se mettre d'accord sur un prix correct, je descends et prends un cyclo-rishwach jusqu'à la place Connaught car il ne peut pas aller plus loin. Là, je trouve un qui m'accepte pour une somme dérisoire mais ils sont malins: une fois en chemin, ils s'arrêtent et proposent d’attendre à l‘entrée. Je commence par aller voir l'INDIA GHAT que j'avais déjà aperçue plusieurs fois de loin. Son arc de triomphe mesure 42 mètres de haut et y sont inscrits le nom des 85000 indiens morts pendant la première guerre mondiale et la guerre afghane en 1919. Je ne peux pas apercevoir les noms car c'est interdit de passer en dessous de l'arc où brûle «l'Amar Jawan Jyoti» c'est à dire la flamme éternelle du souvenir. Je fais quelques photos puis visite de «Humayn's Tomb» où là, le chauffeur dit qu'il va travailler un peu et reviendra dans 1H. Il ne me connaît pas, en effet, j'ai mis 2H30. Je l'avais prévenu. Praeven, l'étudiant français viendra me rejoindre après ses cours à 14H. Humayum's tomb est le mausolée de l’empereur Humayum’s, né en 1508, qui fit une chute mortelle en 1556 dans sa bibliothèque, se trébuchant sur une marche descellée. Comme quoi, il faut regarder où l'on met les pieds. C'est le fils de Bâbur e le père d'Akbar. Il régna dix ans. Ce monument est classé comme une des plus beaux de Delhi et fut créé par sa veuve en 1564. Il a servi de modèle pour construire le Taj Mahal. Il est dressé sur une plateforme; il est en grès rouge et a des sculptures en marbre. Il comporte quatre étages. Il y a aussi deux autres mausolées où il y a trois tombeaux dans l’un et deux dans l’autre. Tout autour, un grand jardin où j'ai eu beaucoup de plaisir à me balader dans les petites allées; en fait, c'est un carré lui-même divisé en carrés de verdure, séparés par de petits canaux. Il y a quatre fontaines dont le bruit que fait l'eau est reposant. On est loin de la foule. Si je n’avais pas rendez-vous avec Praeven et Le rickshaws, j'y serais restée davantage. J'y rencontre deux couples de français avec qui je papote un moment. A 14H, Praeven me téléphone qu'il est arrivé. Je termine donc cette visible plaisante. Je propose à ce jeune homme, qui n'a pas beaucoup d'idées, d'aller visiter le PURANA QUILA: il accepte mais je ne suis pas sûr que ça l'emballe; tant pis. Il n'avait jamais visité ce lieu alors qu'il a 20 ans et habite Delhi. Cet endroit aurait été le refuge des croyants lors d'un grand massacre. Nous commençons par le musée archéologique et là, j'ai vu que ce n'était pas sa tasse de thé; il a passé toute la visite à téléphoner. Moi j'aime beaucoup et je m'inquiétais de savoir ce que voulait dire les lettres inscrites après la date. Il me renseigne que ça signifie après ou avant JC. J'ai eu un peu de mal à comprendre; pourquoi JC, en Inde, alors que leur religion est beaucoup plus ancienne que le christianisme. Pourquoi se réfèrent-ils à JC? Je reste avec mon point d'interrogation… Nous poursuivons le chemin. J'annonce à mon jeune ami que c’est un parcours de 2 km. Il souffle; ça ne doit pas beaucoup l'amuser. Nous avons bavardé tout en marchant et je ne me suis finalement pas trop intéressée au bâtiment en lui-même. Il faut dire que j'en ai un peu marre des visites. Là, c'est le dernier site que je visite en Inde; pour cette fois. Ma jambe me fait toujours mal. Je quitte le jeune homme qui a certainement mieux à faire. Je ne trouve pas de rickshaw qui veut bien me ramener à Main Bazar où j'ai mon hôtel. C'est trop loin et il y a beaucoup de trafic. Je décide d'avancer à pied jusqu'à la porte de l'Inde. C'est loin et fatiguant après avoir visité toute la journée. Je traverse une grand-route pour prendre un raccourci mais j'ai bien cru que ma dernière heure était arrivée, quel trafic et quelle vitesse en plus! Ceci dit, j'arrive au lieu dit et ai un véhicule qui me ramène en m'arrêtant deux fois devant des magasins; Ce soir, je vais souper avec Jacques qui m'invite dans un bon restaurant pour le quartier. Après ce repas, nous partons chacun de notre côté faire nos valises respectives. Lui part au Népal. Moi, je rentre en Belgique. Je vais me coucher à 1H du matin pour me lever à 2H. Le chauffeur de Milna, celui qui m’a amené l’argent en début de séjour, vient me chercher à 3H pour me conduire à l'aéroport. Voilà le tour est bouclé. Un mois d'aventures. J'ai passé un fabuleux séjour. J'ai fait un bon circuit sur mesure, que j'avais établi. Je crois avoir fait ce qu'il y a d'important dans le Nord. S'il y a une suite à l'Inde, ce sera le Sud. En voyant certaines photos anciennes, je pense que l'Inde ne change pas. On retrouve les mêmes habits, les mêmes bâtiments, les mêmes scènes de vie. On pourrait croire que le temps s'est arrêté. Pour moi, en tout cas, le temps a passé vite. Je remercie mon compagnon de me faire confiance et me permettre de vivre ma passion. MARIE
BUDJET Avion 535€ (Bruxelles/Londres/Delhi) A/R. British Airways Voiture Rajasthan 440 € (400€+40€ pourboire) Taxi, bus, pousse-pousse 47€ avec train pour Bruxelles compris Les pourboires bagages, etc 11€ Les divers trains+réservation faite par milna 48€ Retour aéroport - milna 15€ Soit un total de déplacement de 1096 € Frais HOTELS +Réserv milna: 428€ FRAIS BOISSONS+NOURRITURE: 182€ FRAIS VISITES: 68€ FRAIS VISA 90€ (avec trajets trains pour Bruxelles) FRAIS PERSONNELS DIVERS: 168€ FRAIS MASSAGES: 47€ FRAIS MEDICAMENTS ET PRODUITS: 39€ FRAIS encre, copies, guide du routard guide et dico anglais: 45€ FRAIS téléph et internet: 64€ FRAIS Pressing 3€ TOTAL 2230 €
Cherche les paroles des chansons de Rokia Traoré, chanteuse malienne
Bonjour à tous :)
Je cherche les paroles des chansons de Rokia Traoré. J'ai trouvé une discussion de 2004, mais il n'y avait pas des paroles, alors je cherche toujours ;) Peut-être il y a quelqu'un qui pourrait m'envoyer (ici ou par courriel) les paroles des chansons de cette artiste? Malheuresement ici en Pologne c'est impossible d'achéter les disques de Rokia, alors je suis limité au youtube et autres choses comme ça :( Je suis surtout interressé aux chansons du premier disque, "Mouneïssa".
Merci en avance, Michal
PS. Comme vous pouvez voir, je viens de Pologne et français n'est pas ma langue maternelle, alors excusez-moi pour les erreurs - je voudrais profiter de ce forum pour améliorer mon français aussi :)
Je cherche les paroles des chansons de Rokia Traoré. J'ai trouvé une discussion de 2004, mais il n'y avait pas des paroles, alors je cherche toujours ;) Peut-être il y a quelqu'un qui pourrait m'envoyer (ici ou par courriel) les paroles des chansons de cette artiste? Malheuresement ici en Pologne c'est impossible d'achéter les disques de Rokia, alors je suis limité au youtube et autres choses comme ça :( Je suis surtout interressé aux chansons du premier disque, "Mouneïssa".
Merci en avance, Michal
PS. Comme vous pouvez voir, je viens de Pologne et français n'est pas ma langue maternelle, alors excusez-moi pour les erreurs - je voudrais profiter de ce forum pour améliorer mon français aussi :)









