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Séjour de quinze jours dans l'Ouest américain English translation pending
Salut,
Voila après deux ans de réflexion et la baisse des tarifs incroyable et le cour du $ on a décidé de partir cette année dans l'ouest américain pour 15 jours.
Voici le petit trajet que je pensais réaliser mais le soucis c'est que j'ai du mal à évaluer les distances et le temps.
Donc je pensais faire: 1er jour: Arrivé à San francisco en soirée, petite nuit à l'hôtel pour se remettre du voyage. 2eme et 3eme jour: Visite de San Francisco et la prison d'Alcatraz. 4eme jour: direction Yosemite park avec si possible une petite rando sur place (ou le lendemain) 5eme jour: En route pour Sequoia national park (nuis à Sp) 6eme jour: Visite dans Sequoia national park et Death Valley (nuit à Death Valley) 7eme jour: Death Valley puis direction Las Vegas. (nuit à Vegas) 8eme jour: Visite de Las Vegas (nuit à Vegas) 9eme jour: direction Grand Canyon (nuit à GC) 10eme jour:Retour vers Los Angeles (visite sur le trajet si il y a voir dormir sur la route) 11eme et 12eme jour (visite de Los Angeles) 13 et 14eme jour: Viste des plages et sites touristique. 15eme jour: Retour en France au départ de Los Angeles.
Je me posais la question de savoir s'il ne valait mieux pas passer une journée de plus à San francisco et moins à Los Angeles car au dire de tout le monde SF est plus jolie que LA.
Ensuite est ce qu'au niveau route cela tiens? ou non?
Faut'il prévoir plus de tps ds un endroit ou non. Est ce qu'au lieu d'attendre notre avion à Los Angeles il ne serait pas mieux de descendre jusqu'à San Diego ou non?
Merci pour vos explications et les trajets proposé auparavant qui m'ont beaucoup aidé pour le trajet.
Sab
Donc je pensais faire: 1er jour: Arrivé à San francisco en soirée, petite nuit à l'hôtel pour se remettre du voyage. 2eme et 3eme jour: Visite de San Francisco et la prison d'Alcatraz. 4eme jour: direction Yosemite park avec si possible une petite rando sur place (ou le lendemain) 5eme jour: En route pour Sequoia national park (nuis à Sp) 6eme jour: Visite dans Sequoia national park et Death Valley (nuit à Death Valley) 7eme jour: Death Valley puis direction Las Vegas. (nuit à Vegas) 8eme jour: Visite de Las Vegas (nuit à Vegas) 9eme jour: direction Grand Canyon (nuit à GC) 10eme jour:Retour vers Los Angeles (visite sur le trajet si il y a voir dormir sur la route) 11eme et 12eme jour (visite de Los Angeles) 13 et 14eme jour: Viste des plages et sites touristique. 15eme jour: Retour en France au départ de Los Angeles.
Je me posais la question de savoir s'il ne valait mieux pas passer une journée de plus à San francisco et moins à Los Angeles car au dire de tout le monde SF est plus jolie que LA.
Ensuite est ce qu'au niveau route cela tiens? ou non?
Faut'il prévoir plus de tps ds un endroit ou non. Est ce qu'au lieu d'attendre notre avion à Los Angeles il ne serait pas mieux de descendre jusqu'à San Diego ou non?
Merci pour vos explications et les trajets proposé auparavant qui m'ont beaucoup aidé pour le trajet.
Sab
Deux filles en voyage au Maroc English translation pending
dans 10 jours je pars avec une copine au maroc on a seulement les billets d avion, on atterit a marrakech, nous n avons rien reserver nous sommes deux filles legerement experimenter par les voyages au depart je me suis dit cé bon on verra la bas mais la la pression monte et je me pose la kestion vo mieux t il pas reserver un riad ou hotel ? nous partons une semaine et je pensé rester 2 jours a marrkech et le reste partir vadrouiller un peu le budget é un peu serré donc j avais penser a circuler en bus pour partir a essaouira par exemple 2 jours est ce necessaire ? aller o cascades douzoud puis eventuellement a ouarzazat 2 jours aussi mais la je me pose la question est ce ke ca sera pas un peu difficile et prise de tete pour 1 semaine on ma donné quelques informations mais la plus par du temps on me dit deux nanas sans rien avoir organiser ni reserver ca craint, ensuite j aimeré kon meclaire sur un petit circuit a faire ou eventuellement des points de chute des riads ou hotel sympa pas tres excessif
voila tout les informations peuvent m aider j en suis sure 😛alors n hesiter pas
merci bien bonne journee
Holguin: plus longue plage et ses hôtels? English translation pending
Je voudrais savoir quel est la plus longue plage à Holguin avec le nom de ou des hotels qui sont sur cette plage?
On regarde pas mal les voyages dans ce coin pour le 10 septembre.
Est-ce que les ouragans touchent souvent ce coin ?
Si oui! comment agissent les hotels dans ce temps-là ?
Bien des questions mais j'attends avec impatience votre réponse.
On aime marcher et le dernier voyage, la plage était petite et rien dans les allentours vraiment pour se rendre à pied.
Retour du Nicaragua English translation pending
Voilà 3 jours que nous sommes de retour et un petit carnet pour tous les voyageurs ...
Mercredi 19 avril 2006 : de Nice à San josé de Costa rica
A 6h on se retrouve à l aéroport de Nice ... Stef, Thierry et Chris, l équipe est au complet bisous à nos familles que l on abandonne pour 3 semaines non sans un pincement de coeur, mais l aventure est au rendez-vous et nous voilà partis . Premier vol vers Madrid, arrivée au nouveau terminal 4 très bien conçu changement de zone, le ballet des tapis roulants et escalators et vers midi embarquement à bord de l airbus A340 et décollage pour san josé de costa rica . 11 h de vol environ et c est la descente vers la terre d'amérique latine, de gros cumulus masquent le paysage, la descente est rapide et on passe à travers les nuages ...Enfin le paysage apparait, il fait tres sombre, le temps est à la pluie, tout est trempé et très vert .La saison des pluies serait-elle déjà là ? Débarquement, formalités d'entrée au Costa Rica sans le moindre problème, aéroport très moderne, boutiques, et afluence touristique importante c est notre première vision à peine arrivés . on change quelques dollars en colones et direction la sortie ...Coup d 'oeuil à droite à gauche et Stef repère un paneau avec notre nom L 'agence Poas est au rendez-vous et nous emmène vers notre véhicule loué pour 3 jours . a trois nous avons opté 2 fois pour la location de voiture, les frais étant partagés cela ne revient pas trop cher et nous permet de faire plus de choses ...Un peu de mal à rouver la Coconut guesthouse et finalement à une station d' essence une gentille famille de Ticos nous propose de nous guider Nous les suivons confiants ( famille avec 2 ados ) et nous voici devant notre refuge pour ce soir ...Ils refusent poliment notre invitation à boire un verre et nous voilà installés chez Heike et Reinel couple d autrichiens installés ici .Ils nous donnent quelques conseils, des infos et on se lance à la recherche d'un "soda" pour le repas du soir . De suite nous sommes surpris : toutes les "casa" sont barricadées de grilles de fer forgé, les voiture garrées à l'intérieur meme des maisons, certaines boutiques on meme un petit portique métalique permettant de servir les clients ...Tout cela incite plutot à la méfiance, mais Heike nous a garanti qu' Alajuella est une petite ville très calme On trouve facilement un "soda" et notre première comida sera simple et plutot pretexe à une petite sortie nocturne car avec tout ce qu on se goinffre dans les avions c était meme pas nécéssaire ...retour au Coconut, premier journal de bord en quelques lignes et au lit ;cela fait exactement 26 h que nous sommes levés !
Coconut GH Alajuela : chambre triple 45 $ avec copieux petit déj entrée au Costa Rica : pas de visa rien à payer change à l aéroport : 1$=460 colones
Jueves 20 de abril : De Alajuela à la Fortuna Temps superbe ce matin et réveil plutot matinal 4h30 et il fait déjà bien jour à 5 heures Thierry et moi partons pour un footing sur la route de la vallée centrale Il fait très bon et les ticos sont déjà réveillés Le paysage est très vert et tropical . Après une bonne douche au retour nous voici tous les 3 devant un exellent petit déj servi par Heike C' est plutot un ptit déj germanique avec pain maison, beurre, confiture, charcuterie, fromage jus de fruit et café Ce sera aussi le seul bon pain que nous aurrons pendant ces 3 semaines Heike nous donne quelques conseils pour la conduite : ne jamais laisser notre véhicule sans surveillance avec les affaires à bord, dans la vallée centrale ...On prend la route du volcan Poas vers 8 heures .Rapidement la route s'élève au milieu des plantations de café, dans une végétation digne de la " Suisse des tropiques " après 50 kms environ nous voici devant la barrière d'entrée au parc national du volcan Poas . Nous payons l 'entrée, et garons le véhicule sur le parking gardé par un vigile . Une ballade de 1 kilomètre nous amène face au cratère du volcan Poas : 1, 3 km de diamètre ! avec un lac blanc laiteux d acide sulfurique au centre et d 'importants jets de souffre s 'échappant des flancs du cratère ; le spectacle est sympa et le temps magnifique, ciel bleu azur et temps frais du à l altitude ...Nous suivons ensuite un sentier qui nous mene dans la foret nuageuse jusqu'à un joli lac de cratère vert dominé par un mirador .Les parcs du Costa Rica sont bien amménagés sur le modèle des grands parcs nords-américains Les prix d'entrée sont eux aussi à la hauteur ...La ballade dans la foret est très sympa, plein de plantes de fleurs et d'oiseaux des tropiques .Nous reprenons ensuite la route pour san Miguel ; arret à la cascade de La Paz au bord de la route Tout est très vert et tres luxuriant, pleins de fleurs ...nous ne visiterons pas le parc de la Paz droit d entrée de 25$/personne ! et la cascade peut vraiment s 'admirer du bord de la route . Juste avant san miguel nous bifurquons sur une piste à la recherche de la laguna "Hule" tuyau que j avais obtenu par Otra Terra un membre de VF, parti un an au Costa rica avec sa famille . Le site est très beau et un petit hotel fermé en ce moment domine la lagune . La piste a étté difficille à faire avec notre véhicule de tourisme un 4x4 est préférable ! de retour sur la route principale continuons notre route vers La Fortuna et le volcan Arenal. Le paysage est bordé de haies d'hibiscus et de bougainviliers en fleurs De nombreuses cultures d'ananas, papayes, canne à sucre indienne défilent de chaque coté ...Dans la petite ville très touristique de La Fortuna nous nous installons à l hotel Las Colinas bien placé en centre-ville et réservons par notre hotel l'entrée aux Souces chaudes Baldi pour la soirée . Nous passons à l'agence Poas où nous devrons rendre la voiture demain et négocions avec eux l'autorisation de nous rendre jusqu'à Los Chiles avec le véhicule . Le gérant est OK car un jeune de l agence est libre demain et viendra avec nous ...Il redescendra lui le véhicule à La Fortuna moyenant une petite rétribution .cela nous arrange bien car les bus ne vont pas directement à Los Chiles de la Fortuna sauf des navettes privées partant trop tot et étant bien sur trop chères ! Soirée relaxation dans les sources chaudes Baldi :10 bassins de températures différentes certains étant carrément brulants plus de 60 degrés et un très beau cadre des bars dans l 'eau et des cascades d eau chaudes ... En sortant nous allons vers le lac arenal pour voir le volcan depuis mirador .Nous n'avons aucune peine à trouver la piste qui y mene ; de nombreux touristes sont arrétés en bord de piste et observent le volcan ...Celui-ci est totalement dégagé ce soir, pas un nuage et un superbe ciel tout étoilé .Néanmoins spectacle tout à fait moyen : quelques avalanches de roches rouges vues de loin, rien de formidable à coté des éruptions du Stromboli par exemple . mais l 'activité dépend du moment et n'est pas toujours à son maximum ! Les sources chaudes nous ont carrement claqués et je me suis presque endormi sur les kilomètres du retour à La Fortuna .Autant dire qu'on n'a pas trainé pour s'endormir ...
Entrée parc du Poas : 7$/personne et 2$ pour la voiture Chambre triple hotel Las Colinas 45 $ avec le spetits déj au resto en face inclus Entrée aux sources Baldi : 15$/personne en logeant à l'hotel sinon 25 $ !!!
Viernes 21 de abril : de La Fortuna à San Carlos ( nicaragua)
réveil très matinal vers 5 h ...Il fait jour tres tot et donc on a pris l'habitude de se lever tot Petit déj au resto argentin face à notre hotel . Nous avons donné rendez-vous à Eikel de l'agence vers 10 h pour le départ pour los chiles, aussi profitons nous de ces quelques heures pour donner des nouvelles par internet . nous réglons l'agence Poas ( 65000 col ) et prenons la route Ce matin impossible devoir le volcan Arenal qui est dans les nuages ...La route est tres bonne et plonge vers les basses terrres du nord . Le circuit est valloné et bordé de nombreuses plantations de fruits tropicaux . en 2 heures sommes à Los Chiles petite bourgade au bord du rio Frio . D 'ici on peut rejoindre le parc de Cano negro Nous passons au bureau de la "migracion" payons la taxe portuaire de 1$ et laissons la voiture à eikel qui la ramenera à La Fortuna .Le bateau part vers 13h30 et nous patientons sur les quais en mangeant des petits beignets trempés de miel pour quelques colones ...Le ciel s'est assombri et une brève mais forte averse tropicale s'abat sur le passagers abrités dans les sodas voisines ...Le bateau arrive de San carlos, et nous embarquons sous une nouvelle averse ! La descente du rio frio nous met de suite dans l'ambiance : une végétation exubérante déborde sur la rivière, il y plein d oiseaux qui s'envolent de tous les cotés ...On a meme la tete d'un iguane émmerger à quelques centimetres du bateau et quelques caimans plonger à notre passage . Au bout d'une heure le bateau acoste en rive droite, à un petit ponton et nous voyons un panneau " bienvenidos al Nicaragua " deux soldats jettent un petit coup d'oeil dans le bateau et nous repartons ...Le rio est de plus en plus large, des baraques sur pilotis bordent les rives et soudain on débouche sur le grand lac Cocibolca qui est cet après-midi comme une mer d'huile ...En face quelques baraquements de toles, c'est san Carlos notre village d'entrée au Nicaragua !!! Les formalités d'immigration ont lieu sur le ponton du débarcadère, tout le monde remplit sa fiche assis sur le sac à dos, puis nous passons un par un dans la petite guérite des douaniers qui sont du reste très sympa, sourires et surprise quand ils voient nos passeports européens . Nous payons la taxe d'entrée de 7$ /personne et tombons dès la sortie sur des changeurs munis de grosses liasses de cordobas, la monnaie du pays ...nous leur demandons le taux de change du dollar . Il le proposent à 17 cordobas, mais nous préférons vu l'heure voir si une banque est ouverte, ne connaissant pas le taux exact ...En remontant une des rues on tombe sur la banque BNC avec son habituel garde armé, comme partourt dans tout le pays . Nous changeons 300$ pour 5196 cordoba soit 17, 32 pour 1$ Tiens bizarre les changeurs au noir donnent moins : on se pose la question comment gagnent-ils leur vie ? Direction le petit office du turismo mentionné sur mes notes où deux femmes très gentilles tentent de répondre à toutes nos questions mais notre espagnol étant très rudimentaire la discussion n'est pas très facile . Coup de chance roger ( prononcer rorer ) jeune étudiant nica passant par là et parlant un super français, vient à notre aide . Nous arrivons donc à peine arrivés à san Carlos à négocier 3 jours en panga avec Senora Ortiz pour aller à la réserve de Los Guatuzos puis aux iles solentiname et enfin le batelier nous laissera sur les rives du Cocibolca aux environs du petit village de Cardenas proche de la route panaméricaine ainsi nous pourrons continuer notre périple vers San juan del sur et ometepe ...Nous payons un accompte et donnons rendez-vous a notre capitaine pour le lundi 21 à 10 heures . Remerciemments à l'équipe sympatique de l'office du tourime qui nous a aidé à programmer tout cela ! Il commence à faire nuit lorsque nous partons à la recherche de notre gite pour cette nuit .Le premier guest que nous visitons est peu engageant aussi continuons nous vers le parque central perché en haut du village à la recherche des cabinas Leiko mentionées dans le futé . Beaucoup d'annimation sur le parque central, que nous traversons avec nos sacs à dos, creant l'attraction de la soirée, surtout celle d'un groupoe de jeunes en survet qui font leur gym avec leur prof ...Le leiko dans une rue en descente vers le lac est adopté pour 20$ la triple avec ventilo et douche Nous y passons tous après la suée de cet après-midi puis partons de nuit dans le village à la recherche du repas du soir ...Repas au "granada " poisson du rio bien sur et retour ver l'hotel au milieu d'une nuée de moucherons et de moustiques ...Etablissement de nos moustiquaires re-douche, journal de bord et au lit vers 22h mais demain on se lève vers 5h30 pour chopper le premier bateau vers el Castillo et le rio san juan ...Nuit chaude et humide malgré les 2 ventilos qui tournent à fond!
taxe entrée au Nica : 7 $ Change à la banque BNC de San Carlos : 1 $= 17.32 cordobas repas de poissons pour 3 avec cervezas : 150 cs Panga privée pour 3 jours négociée à 120$/personne bateau de Los Chiles ( costa rica) à San Carlos ( nica) : 4$
Sabado 22 de abril : de San Carlos à El Castillo sur le rio san juan
Bonne nuit finalement malgré la chaleur, A 6h30 sommes déjà sacs au dos en route pour le port distant d'un petit kilometre On achete nos billets et la première lancha partant à 8 h on file déjeuner dans un petit troquet local : bananes, café et quelques biscuits ...A 8h30 la lancha quitte le port pour 3 heures de navigation tres agréable sur le fleuve san Juan qui coule vers la mer des caraibes .Ce fleuve constitue à peu de chose près la frontière entre Costa Rica et Nicaragua ; il sort du lac Cocibolca et coule vers l' atlantique sur près de 250kms En bateau il faut une longue journée pour faire ce trajet et il n'y a qu'un service par semaine . De plus apres el castillo il y a 5 à 6 rapides qui rendent la navigation plus difficille .Que d'oiseaux avons nous pu voir durant ces 3 heures ! Le bateau fait de nombreuses haltes sur les berges pour déposer et prendre des passagers Vers 10h30 arret à Sabalos et après encore une petite heure voici el Castillo petit village plein de charme sur la rive droite du rio . Le village s'étire le long du rio, maisons de bois colorées et toits de toles une seule rue où courrent tous les momes du village et au dessus perché le castello . On s'installe pour 2 nuits à El Albergue un hotel municipal pour 15$/personne petit déj compris .Notre jolie petite chambre tout en bois donne sur un grand balcon commun avec des hamacs et des roking chairs pour se balancer en regardant le fleuve Nous partons à la petite info du village où Melba nous renseigne en espagnol pour notre tour demain au rio bartola vers la reserve indio maiz et surprise un peu plus loin 4 conexions internet dans une petite bicoque à l'ouest du village . J'y trouve des nouvelles de France par eric et envoie quelques messages ...La ruelle du village qui longe le rio nous amène à la soda Vanessa, charmand petit resto sur pilotis au dessus du rio san juan Exellent repas de poisoons grillés avec jugos de frutos ( pina y melon) accompagné de arroz, frjoles ensalata, gateaux maisons, cafes tout ça pour quelques 320 cs soit 6$/pers ! On continue la visite du village jusqu'au terrain de foot ; juste à coté une maison propose des chevaux à louer . retour par le chemin en hauteur qui nous amène au castello .Visite guidée, belle vue des rapides, et histoire du fort de l'imaculada conception construit pour empecher les pirates de remonter le fleuve...Fin d'après-midi sur les hamacs à regarder lavie s'écouler doucement jusqu'au crépuscule : un vrai délice ...Thierry et moi descendons manger au commedor du village et achat d'un gros anaas pour 10 cs que nous dégustons sur le balcon . Douche, lavage de linge, lecture, tri des photos au numérique, bercé par une agréable brise nocturne et s'endormir en regardant le rio san juan quel régal ...
Bateau San carlos - el Castillo :68 cs Repas de midi : 320 cs repas du soir :80cs à 2 1 ananas énorme :10 cs auberge : 15 $/pers avec petit déj inclus entrée au fort : 2$/pers
Mercredi 19 avril 2006 : de Nice à San josé de Costa rica
A 6h on se retrouve à l aéroport de Nice ... Stef, Thierry et Chris, l équipe est au complet bisous à nos familles que l on abandonne pour 3 semaines non sans un pincement de coeur, mais l aventure est au rendez-vous et nous voilà partis . Premier vol vers Madrid, arrivée au nouveau terminal 4 très bien conçu changement de zone, le ballet des tapis roulants et escalators et vers midi embarquement à bord de l airbus A340 et décollage pour san josé de costa rica . 11 h de vol environ et c est la descente vers la terre d'amérique latine, de gros cumulus masquent le paysage, la descente est rapide et on passe à travers les nuages ...Enfin le paysage apparait, il fait tres sombre, le temps est à la pluie, tout est trempé et très vert .La saison des pluies serait-elle déjà là ? Débarquement, formalités d'entrée au Costa Rica sans le moindre problème, aéroport très moderne, boutiques, et afluence touristique importante c est notre première vision à peine arrivés . on change quelques dollars en colones et direction la sortie ...Coup d 'oeuil à droite à gauche et Stef repère un paneau avec notre nom L 'agence Poas est au rendez-vous et nous emmène vers notre véhicule loué pour 3 jours . a trois nous avons opté 2 fois pour la location de voiture, les frais étant partagés cela ne revient pas trop cher et nous permet de faire plus de choses ...Un peu de mal à rouver la Coconut guesthouse et finalement à une station d' essence une gentille famille de Ticos nous propose de nous guider Nous les suivons confiants ( famille avec 2 ados ) et nous voici devant notre refuge pour ce soir ...Ils refusent poliment notre invitation à boire un verre et nous voilà installés chez Heike et Reinel couple d autrichiens installés ici .Ils nous donnent quelques conseils, des infos et on se lance à la recherche d'un "soda" pour le repas du soir . De suite nous sommes surpris : toutes les "casa" sont barricadées de grilles de fer forgé, les voiture garrées à l'intérieur meme des maisons, certaines boutiques on meme un petit portique métalique permettant de servir les clients ...Tout cela incite plutot à la méfiance, mais Heike nous a garanti qu' Alajuella est une petite ville très calme On trouve facilement un "soda" et notre première comida sera simple et plutot pretexe à une petite sortie nocturne car avec tout ce qu on se goinffre dans les avions c était meme pas nécéssaire ...retour au Coconut, premier journal de bord en quelques lignes et au lit ;cela fait exactement 26 h que nous sommes levés !
Coconut GH Alajuela : chambre triple 45 $ avec copieux petit déj entrée au Costa Rica : pas de visa rien à payer change à l aéroport : 1$=460 colones
Jueves 20 de abril : De Alajuela à la Fortuna Temps superbe ce matin et réveil plutot matinal 4h30 et il fait déjà bien jour à 5 heures Thierry et moi partons pour un footing sur la route de la vallée centrale Il fait très bon et les ticos sont déjà réveillés Le paysage est très vert et tropical . Après une bonne douche au retour nous voici tous les 3 devant un exellent petit déj servi par Heike C' est plutot un ptit déj germanique avec pain maison, beurre, confiture, charcuterie, fromage jus de fruit et café Ce sera aussi le seul bon pain que nous aurrons pendant ces 3 semaines Heike nous donne quelques conseils pour la conduite : ne jamais laisser notre véhicule sans surveillance avec les affaires à bord, dans la vallée centrale ...On prend la route du volcan Poas vers 8 heures .Rapidement la route s'élève au milieu des plantations de café, dans une végétation digne de la " Suisse des tropiques " après 50 kms environ nous voici devant la barrière d'entrée au parc national du volcan Poas . Nous payons l 'entrée, et garons le véhicule sur le parking gardé par un vigile . Une ballade de 1 kilomètre nous amène face au cratère du volcan Poas : 1, 3 km de diamètre ! avec un lac blanc laiteux d acide sulfurique au centre et d 'importants jets de souffre s 'échappant des flancs du cratère ; le spectacle est sympa et le temps magnifique, ciel bleu azur et temps frais du à l altitude ...Nous suivons ensuite un sentier qui nous mene dans la foret nuageuse jusqu'à un joli lac de cratère vert dominé par un mirador .Les parcs du Costa Rica sont bien amménagés sur le modèle des grands parcs nords-américains Les prix d'entrée sont eux aussi à la hauteur ...La ballade dans la foret est très sympa, plein de plantes de fleurs et d'oiseaux des tropiques .Nous reprenons ensuite la route pour san Miguel ; arret à la cascade de La Paz au bord de la route Tout est très vert et tres luxuriant, pleins de fleurs ...nous ne visiterons pas le parc de la Paz droit d entrée de 25$/personne ! et la cascade peut vraiment s 'admirer du bord de la route . Juste avant san miguel nous bifurquons sur une piste à la recherche de la laguna "Hule" tuyau que j avais obtenu par Otra Terra un membre de VF, parti un an au Costa rica avec sa famille . Le site est très beau et un petit hotel fermé en ce moment domine la lagune . La piste a étté difficille à faire avec notre véhicule de tourisme un 4x4 est préférable ! de retour sur la route principale continuons notre route vers La Fortuna et le volcan Arenal. Le paysage est bordé de haies d'hibiscus et de bougainviliers en fleurs De nombreuses cultures d'ananas, papayes, canne à sucre indienne défilent de chaque coté ...Dans la petite ville très touristique de La Fortuna nous nous installons à l hotel Las Colinas bien placé en centre-ville et réservons par notre hotel l'entrée aux Souces chaudes Baldi pour la soirée . Nous passons à l'agence Poas où nous devrons rendre la voiture demain et négocions avec eux l'autorisation de nous rendre jusqu'à Los Chiles avec le véhicule . Le gérant est OK car un jeune de l agence est libre demain et viendra avec nous ...Il redescendra lui le véhicule à La Fortuna moyenant une petite rétribution .cela nous arrange bien car les bus ne vont pas directement à Los Chiles de la Fortuna sauf des navettes privées partant trop tot et étant bien sur trop chères ! Soirée relaxation dans les sources chaudes Baldi :10 bassins de températures différentes certains étant carrément brulants plus de 60 degrés et un très beau cadre des bars dans l 'eau et des cascades d eau chaudes ... En sortant nous allons vers le lac arenal pour voir le volcan depuis mirador .Nous n'avons aucune peine à trouver la piste qui y mene ; de nombreux touristes sont arrétés en bord de piste et observent le volcan ...Celui-ci est totalement dégagé ce soir, pas un nuage et un superbe ciel tout étoilé .Néanmoins spectacle tout à fait moyen : quelques avalanches de roches rouges vues de loin, rien de formidable à coté des éruptions du Stromboli par exemple . mais l 'activité dépend du moment et n'est pas toujours à son maximum ! Les sources chaudes nous ont carrement claqués et je me suis presque endormi sur les kilomètres du retour à La Fortuna .Autant dire qu'on n'a pas trainé pour s'endormir ...
Entrée parc du Poas : 7$/personne et 2$ pour la voiture Chambre triple hotel Las Colinas 45 $ avec le spetits déj au resto en face inclus Entrée aux sources Baldi : 15$/personne en logeant à l'hotel sinon 25 $ !!!
Viernes 21 de abril : de La Fortuna à San Carlos ( nicaragua)
réveil très matinal vers 5 h ...Il fait jour tres tot et donc on a pris l'habitude de se lever tot Petit déj au resto argentin face à notre hotel . Nous avons donné rendez-vous à Eikel de l'agence vers 10 h pour le départ pour los chiles, aussi profitons nous de ces quelques heures pour donner des nouvelles par internet . nous réglons l'agence Poas ( 65000 col ) et prenons la route Ce matin impossible devoir le volcan Arenal qui est dans les nuages ...La route est tres bonne et plonge vers les basses terrres du nord . Le circuit est valloné et bordé de nombreuses plantations de fruits tropicaux . en 2 heures sommes à Los Chiles petite bourgade au bord du rio Frio . D 'ici on peut rejoindre le parc de Cano negro Nous passons au bureau de la "migracion" payons la taxe portuaire de 1$ et laissons la voiture à eikel qui la ramenera à La Fortuna .Le bateau part vers 13h30 et nous patientons sur les quais en mangeant des petits beignets trempés de miel pour quelques colones ...Le ciel s'est assombri et une brève mais forte averse tropicale s'abat sur le passagers abrités dans les sodas voisines ...Le bateau arrive de San carlos, et nous embarquons sous une nouvelle averse ! La descente du rio frio nous met de suite dans l'ambiance : une végétation exubérante déborde sur la rivière, il y plein d oiseaux qui s'envolent de tous les cotés ...On a meme la tete d'un iguane émmerger à quelques centimetres du bateau et quelques caimans plonger à notre passage . Au bout d'une heure le bateau acoste en rive droite, à un petit ponton et nous voyons un panneau " bienvenidos al Nicaragua " deux soldats jettent un petit coup d'oeil dans le bateau et nous repartons ...Le rio est de plus en plus large, des baraques sur pilotis bordent les rives et soudain on débouche sur le grand lac Cocibolca qui est cet après-midi comme une mer d'huile ...En face quelques baraquements de toles, c'est san Carlos notre village d'entrée au Nicaragua !!! Les formalités d'immigration ont lieu sur le ponton du débarcadère, tout le monde remplit sa fiche assis sur le sac à dos, puis nous passons un par un dans la petite guérite des douaniers qui sont du reste très sympa, sourires et surprise quand ils voient nos passeports européens . Nous payons la taxe d'entrée de 7$ /personne et tombons dès la sortie sur des changeurs munis de grosses liasses de cordobas, la monnaie du pays ...nous leur demandons le taux de change du dollar . Il le proposent à 17 cordobas, mais nous préférons vu l'heure voir si une banque est ouverte, ne connaissant pas le taux exact ...En remontant une des rues on tombe sur la banque BNC avec son habituel garde armé, comme partourt dans tout le pays . Nous changeons 300$ pour 5196 cordoba soit 17, 32 pour 1$ Tiens bizarre les changeurs au noir donnent moins : on se pose la question comment gagnent-ils leur vie ? Direction le petit office du turismo mentionné sur mes notes où deux femmes très gentilles tentent de répondre à toutes nos questions mais notre espagnol étant très rudimentaire la discussion n'est pas très facile . Coup de chance roger ( prononcer rorer ) jeune étudiant nica passant par là et parlant un super français, vient à notre aide . Nous arrivons donc à peine arrivés à san Carlos à négocier 3 jours en panga avec Senora Ortiz pour aller à la réserve de Los Guatuzos puis aux iles solentiname et enfin le batelier nous laissera sur les rives du Cocibolca aux environs du petit village de Cardenas proche de la route panaméricaine ainsi nous pourrons continuer notre périple vers San juan del sur et ometepe ...Nous payons un accompte et donnons rendez-vous a notre capitaine pour le lundi 21 à 10 heures . Remerciemments à l'équipe sympatique de l'office du tourime qui nous a aidé à programmer tout cela ! Il commence à faire nuit lorsque nous partons à la recherche de notre gite pour cette nuit .Le premier guest que nous visitons est peu engageant aussi continuons nous vers le parque central perché en haut du village à la recherche des cabinas Leiko mentionées dans le futé . Beaucoup d'annimation sur le parque central, que nous traversons avec nos sacs à dos, creant l'attraction de la soirée, surtout celle d'un groupoe de jeunes en survet qui font leur gym avec leur prof ...Le leiko dans une rue en descente vers le lac est adopté pour 20$ la triple avec ventilo et douche Nous y passons tous après la suée de cet après-midi puis partons de nuit dans le village à la recherche du repas du soir ...Repas au "granada " poisson du rio bien sur et retour ver l'hotel au milieu d'une nuée de moucherons et de moustiques ...Etablissement de nos moustiquaires re-douche, journal de bord et au lit vers 22h mais demain on se lève vers 5h30 pour chopper le premier bateau vers el Castillo et le rio san juan ...Nuit chaude et humide malgré les 2 ventilos qui tournent à fond!
taxe entrée au Nica : 7 $ Change à la banque BNC de San Carlos : 1 $= 17.32 cordobas repas de poissons pour 3 avec cervezas : 150 cs Panga privée pour 3 jours négociée à 120$/personne bateau de Los Chiles ( costa rica) à San Carlos ( nica) : 4$
Sabado 22 de abril : de San Carlos à El Castillo sur le rio san juan
Bonne nuit finalement malgré la chaleur, A 6h30 sommes déjà sacs au dos en route pour le port distant d'un petit kilometre On achete nos billets et la première lancha partant à 8 h on file déjeuner dans un petit troquet local : bananes, café et quelques biscuits ...A 8h30 la lancha quitte le port pour 3 heures de navigation tres agréable sur le fleuve san Juan qui coule vers la mer des caraibes .Ce fleuve constitue à peu de chose près la frontière entre Costa Rica et Nicaragua ; il sort du lac Cocibolca et coule vers l' atlantique sur près de 250kms En bateau il faut une longue journée pour faire ce trajet et il n'y a qu'un service par semaine . De plus apres el castillo il y a 5 à 6 rapides qui rendent la navigation plus difficille .Que d'oiseaux avons nous pu voir durant ces 3 heures ! Le bateau fait de nombreuses haltes sur les berges pour déposer et prendre des passagers Vers 10h30 arret à Sabalos et après encore une petite heure voici el Castillo petit village plein de charme sur la rive droite du rio . Le village s'étire le long du rio, maisons de bois colorées et toits de toles une seule rue où courrent tous les momes du village et au dessus perché le castello . On s'installe pour 2 nuits à El Albergue un hotel municipal pour 15$/personne petit déj compris .Notre jolie petite chambre tout en bois donne sur un grand balcon commun avec des hamacs et des roking chairs pour se balancer en regardant le fleuve Nous partons à la petite info du village où Melba nous renseigne en espagnol pour notre tour demain au rio bartola vers la reserve indio maiz et surprise un peu plus loin 4 conexions internet dans une petite bicoque à l'ouest du village . J'y trouve des nouvelles de France par eric et envoie quelques messages ...La ruelle du village qui longe le rio nous amène à la soda Vanessa, charmand petit resto sur pilotis au dessus du rio san juan Exellent repas de poisoons grillés avec jugos de frutos ( pina y melon) accompagné de arroz, frjoles ensalata, gateaux maisons, cafes tout ça pour quelques 320 cs soit 6$/pers ! On continue la visite du village jusqu'au terrain de foot ; juste à coté une maison propose des chevaux à louer . retour par le chemin en hauteur qui nous amène au castello .Visite guidée, belle vue des rapides, et histoire du fort de l'imaculada conception construit pour empecher les pirates de remonter le fleuve...Fin d'après-midi sur les hamacs à regarder lavie s'écouler doucement jusqu'au crépuscule : un vrai délice ...Thierry et moi descendons manger au commedor du village et achat d'un gros anaas pour 10 cs que nous dégustons sur le balcon . Douche, lavage de linge, lecture, tri des photos au numérique, bercé par une agréable brise nocturne et s'endormir en regardant le rio san juan quel régal ...
Bateau San carlos - el Castillo :68 cs Repas de midi : 320 cs repas du soir :80cs à 2 1 ananas énorme :10 cs auberge : 15 $/pers avec petit déj inclus entrée au fort : 2$/pers
Il etait une fois, Pili, Parvat et Tama en Turquie... English translation pending
8 avril 05...
Nous adorons Istanbul, hier visite de la vieille ville, et aujourdhui visite de la rive asiatique et du palais Beylerbeyi avec un tour sur le Bosphore en vapür... Je me regale des bons cafes turcs, des boreks, kebab, pide et puis de la vue... Partout je ne sais ou donner du regard... Les minarets tout fins chantant le muezin (Allaaaaaaaaa ouakbarrr) 5 fois par jour, les cireurs de chaussures a tous les coins de rues, les petites ruelles qui montent et qui descendent a travers les mausolees, palais, mosquees qui rivalisent de finesses les unes avec les autres... Genial Istanbul, vraiment... A tout bientot, un grand merci pour mes 18 mails prives, sorry que je ne prenne le temps d'y repondre personnellement...
En tout cas, on s'amuse comme des petits fous! (enfin, ya des fois... surtout quand on me traite de maman de pili et tama euh...;)) Bon, je resterais bien plus longtemps, mais je prends un temps fou a taper sur ce clavier turc, et puis la vue est plus belle du toit de l'hotel (genial le Sinbad hotel, on recommande!) M'en vais redeguster un p'tit cafe turc sur la terasse avec vue sur le Bosphore.... Gros bisous!!!
9/4
Cappadoce, nous voila! Nous nous sommes installes au petit village de Mustafapasa, tres mignon, tout calme, vraiment tranquille... Acceuillis a la Monastery Pension par Leilah, n'arretant pas de parler turc... Peu apres, Erjan, le manager arrive, il parle parfaitement le francais comme l'anglais et l'espagnol... Quelle dure negociation pour le prix des chambres, mais nous sommes d'accord en restant 3 nuits, il nous fait un tres bon prix... Cette pension comme son nom l'indique, est un ancien monastere joliment amenage en confortable petit hotel... Nos chambres sont des grottes avec sdb eau chaude et chauffage central!
Nous partons explorer les environs, et nous tombons sur notre cul devant le paysage... Des rochers pointus ou en forme de champignons, jaunes, oranges, ocres, mauves, gris, bleus... La roche est tres friable, ces grottes et eglises ont ete creusees bien avant JC... Pili, Tama et moi nous hallucinons...
Il fait super bon ici compare a Istanbul, j'entends un ane braire a tord et a travers, des abeilles bourdonnent autour des abricotiers en fleurs, et plein d'oiseaux pepillent joyeusement... Installee pres d'une vieille eglise en forme en peu comme un champignon, j'ai laisse Tama et Pili et je reve devant ces pierres delirantes...
Je suis vraiment sideree de cette douceur de vivre qu'on rencontre partout... Un paysan passant non loin de moi me lance un joyeux "Meraba" Bonjour! :) Mmmh que je suis bien....
Nous adorons Istanbul, hier visite de la vieille ville, et aujourdhui visite de la rive asiatique et du palais Beylerbeyi avec un tour sur le Bosphore en vapür... Je me regale des bons cafes turcs, des boreks, kebab, pide et puis de la vue... Partout je ne sais ou donner du regard... Les minarets tout fins chantant le muezin (Allaaaaaaaaa ouakbarrr) 5 fois par jour, les cireurs de chaussures a tous les coins de rues, les petites ruelles qui montent et qui descendent a travers les mausolees, palais, mosquees qui rivalisent de finesses les unes avec les autres... Genial Istanbul, vraiment... A tout bientot, un grand merci pour mes 18 mails prives, sorry que je ne prenne le temps d'y repondre personnellement...
En tout cas, on s'amuse comme des petits fous! (enfin, ya des fois... surtout quand on me traite de maman de pili et tama euh...;)) Bon, je resterais bien plus longtemps, mais je prends un temps fou a taper sur ce clavier turc, et puis la vue est plus belle du toit de l'hotel (genial le Sinbad hotel, on recommande!) M'en vais redeguster un p'tit cafe turc sur la terasse avec vue sur le Bosphore.... Gros bisous!!!
9/4
Cappadoce, nous voila! Nous nous sommes installes au petit village de Mustafapasa, tres mignon, tout calme, vraiment tranquille... Acceuillis a la Monastery Pension par Leilah, n'arretant pas de parler turc... Peu apres, Erjan, le manager arrive, il parle parfaitement le francais comme l'anglais et l'espagnol... Quelle dure negociation pour le prix des chambres, mais nous sommes d'accord en restant 3 nuits, il nous fait un tres bon prix... Cette pension comme son nom l'indique, est un ancien monastere joliment amenage en confortable petit hotel... Nos chambres sont des grottes avec sdb eau chaude et chauffage central!
Nous partons explorer les environs, et nous tombons sur notre cul devant le paysage... Des rochers pointus ou en forme de champignons, jaunes, oranges, ocres, mauves, gris, bleus... La roche est tres friable, ces grottes et eglises ont ete creusees bien avant JC... Pili, Tama et moi nous hallucinons...
Il fait super bon ici compare a Istanbul, j'entends un ane braire a tord et a travers, des abeilles bourdonnent autour des abricotiers en fleurs, et plein d'oiseaux pepillent joyeusement... Installee pres d'une vieille eglise en forme en peu comme un champignon, j'ai laisse Tama et Pili et je reve devant ces pierres delirantes...
Je suis vraiment sideree de cette douceur de vivre qu'on rencontre partout... Un paysan passant non loin de moi me lance un joyeux "Meraba" Bonjour! :) Mmmh que je suis bien....
Kreiz Breizh - Au coeur de la Bretagne English translation pending
Kreiz Breizh 2018
Au cœur de la Bretagne
Billet d’été 1
Samedi 21 juillet
Vallée du Faoudel
Pluie matinale et brume n’entament pas mon moral et je choisis de randonner vers un circuit situé dans la vallée du Faoudel, près de Saint Nicolas du Pelem. Quatorze kilomètres annoncés, j’en ferai vingt trois !. Mais voyons d’abord le parcours initial. Je cherche comme toujours le début du sentier et sa balise jaune au cœur du village. Rien. J’hèle un passant passablement endormi et qui n’a pas ses lunettes. Vague explication mais qui me dirige vers la piscine que je retrouve sur mon plan. J’entame le début du chemin sur une petite route bitumée entourée d’un côté du ruisseau et de l’autre de chaos rocheux spectaculaires. Je croise un grand barbu, seul humain rencontré lors de tout mon périple. Un peu plus haut, la vallée laisse serpenter le Faoudel autour des rochers et l’ambiance boisée de pins et hêtres laisse place à la rêverie matinale. Une bruine fraiche glisse sur mon visage et j ‘enfile mon imper Canadien tout en protégeant le sac. Plus loin, je longe de creux chemins, abrité par la dense végétation de fougères, hêtres et végétation luxuriante. Je retrouve peu à peu mon rythme de marche qui laisse les pensées venir à l’esprit. Je trouve un petit hameau où un panonceau indique miel à vendre, trois euros cinquante les deux cent cinquante grammes. L’aubaine ! Je sonne, rien. Je lève la tête par dessus le portail et donne de la voix vers une dame qui nourrit ses poules. Une autre jeune femme apparaît et m’explique que ma vendeuse est partie au village. Pas de chance. Du coup je converse quelques mots (en Anglais) pour apprendre qu’elle est Turque. Non seulement on trouve une flopée d’Anglais dans ce coin, mais de Turquie, ça, je n’avais pas encore vu. Je trouve aussi en cours de chemin de nombreux coins déserts où de ci de là, une ou deux maisons sortent du paysage et de nulle part. Il existe ici un mode de vie que recherchent ses habitants : solitude dans la pierre et le granit, loin des foules et du vacarme incessant des villes et des cités urbaines.
Je me remémore mes marches et parcours passés. Grands treks solitaires dans les contrées éloignées et sauvages du Canada, marches longues sur les sables désertiques de Mauritanie, découvertes spirituelles sur les cimes Himalayennes ou encore les folles escalades du GR 20 Corse. Tout est bien ancré en moi, imprimé et marqué par le corps et l’esprit. Je m’interroge sur le renouvellement de telles aventures. La loi, ou appelons là plutôt la conséquence de ces actes, fait que le physique au fil du temps en prends pour son grade. Les grands aventuriers sont marqués comme par le fer rouge de l’effort, du stress et du dépassement de soi. C’est là qu’il m’apparaît comme un signe d’accomplissement, voire d’achèvement. Ou une fin de cycle qui s’impose d’elle même. Parfois il faut savoir s’écouter, parfois il faut laisser la calèche aller là où va la piste, sans s’en faire plus que de raison. On veut toujours trop maitriser son destin.
J’en suis là dans mes pensées lorsqu’une variante s’affiche par un panneau qui ne figure pas dans la fiche de mon parcours. L’intitulé diffère de celui-ci. Je tourne le dos à la variante et m’engage en m’enfonçant plus avant dans la forêt. Cette petite et légère incartade me vaudra cinq kilomètres de plus ! Et je me retrouve donc hors sentier avec des balises qui restent bien comme celles du début, mais qui me perdent pendant un moment. Je m’aide du GPS du portable mais qui capte un mauvais signal et m’envoie à l’opposé de ma direction de retour. Je m’en aperçois au bout d’un ou deux kilomètres et rebrousse chemin. Puis je finis par déduire que cette variante me déporte plus à l’Ouest de Saint Nicolas du Pelem. Je finis par retrouver un peu plus plus loin les signes du retour vers la bonne direction. Arrêt déjeuner sous le porche du lavoir de Poha. J’imagine l’animation passée lors de ces lavages en plein air, ménagères penchées sur leurs bassines et récipients de bois inclinés vers l’eau qui perce au bas du rocher. Le soleil pointe le bout de ses rayons. Les herbes humides se couchent sur le sentier, telles un parterre royal qui s’offre à mes pieds. Quatre heures de marche sont déjà passées, je sens une douce fatigue me gagner quand je loupe encore une fois le sentier. Ce qui a le don de m’énerver et donc de me stresser, et du coup de me réveiller avec une pêche retrouvée. C’est aussi lors de ces moments que l’on retrouve une énergie que l’on pense avoir perdue. Je passe l’étang de Beaucours, puis une motte féodale, et m’enfonce à nouveau dans les chemins creux jusqu’au village. Mon espoir de voir mes efforts récompensés par un bon thé disparaissent quand au moment de franchir le seuil du bar du coin je m’aperçois que des gueules saoules s’en donne à grands gosiers. Pas pour moi ! Je patiente donc avec ma soif et repars sur la route jusqu'à la voiture. Ces villages se désertifient avec leurs nombreuses maisons en vente, devantures de magasins et boutiques définitivement fermées. Une forme de vie s’efface inexorablement, laissant place au vide, aux déplacements et migrations des êtres. Quelques irréductibles restent, l’échine courbée, soignant leurs jardins ou lopins de terre avec la ferme intention d’y rester jusqu’au bout. On s’ancre, on s’attache, et puis on meurt.
Au cœur de la Bretagne
Billet d’été 1
Samedi 21 juillet
Vallée du Faoudel
Pluie matinale et brume n’entament pas mon moral et je choisis de randonner vers un circuit situé dans la vallée du Faoudel, près de Saint Nicolas du Pelem. Quatorze kilomètres annoncés, j’en ferai vingt trois !. Mais voyons d’abord le parcours initial. Je cherche comme toujours le début du sentier et sa balise jaune au cœur du village. Rien. J’hèle un passant passablement endormi et qui n’a pas ses lunettes. Vague explication mais qui me dirige vers la piscine que je retrouve sur mon plan. J’entame le début du chemin sur une petite route bitumée entourée d’un côté du ruisseau et de l’autre de chaos rocheux spectaculaires. Je croise un grand barbu, seul humain rencontré lors de tout mon périple. Un peu plus haut, la vallée laisse serpenter le Faoudel autour des rochers et l’ambiance boisée de pins et hêtres laisse place à la rêverie matinale. Une bruine fraiche glisse sur mon visage et j ‘enfile mon imper Canadien tout en protégeant le sac. Plus loin, je longe de creux chemins, abrité par la dense végétation de fougères, hêtres et végétation luxuriante. Je retrouve peu à peu mon rythme de marche qui laisse les pensées venir à l’esprit. Je trouve un petit hameau où un panonceau indique miel à vendre, trois euros cinquante les deux cent cinquante grammes. L’aubaine ! Je sonne, rien. Je lève la tête par dessus le portail et donne de la voix vers une dame qui nourrit ses poules. Une autre jeune femme apparaît et m’explique que ma vendeuse est partie au village. Pas de chance. Du coup je converse quelques mots (en Anglais) pour apprendre qu’elle est Turque. Non seulement on trouve une flopée d’Anglais dans ce coin, mais de Turquie, ça, je n’avais pas encore vu. Je trouve aussi en cours de chemin de nombreux coins déserts où de ci de là, une ou deux maisons sortent du paysage et de nulle part. Il existe ici un mode de vie que recherchent ses habitants : solitude dans la pierre et le granit, loin des foules et du vacarme incessant des villes et des cités urbaines.
Je me remémore mes marches et parcours passés. Grands treks solitaires dans les contrées éloignées et sauvages du Canada, marches longues sur les sables désertiques de Mauritanie, découvertes spirituelles sur les cimes Himalayennes ou encore les folles escalades du GR 20 Corse. Tout est bien ancré en moi, imprimé et marqué par le corps et l’esprit. Je m’interroge sur le renouvellement de telles aventures. La loi, ou appelons là plutôt la conséquence de ces actes, fait que le physique au fil du temps en prends pour son grade. Les grands aventuriers sont marqués comme par le fer rouge de l’effort, du stress et du dépassement de soi. C’est là qu’il m’apparaît comme un signe d’accomplissement, voire d’achèvement. Ou une fin de cycle qui s’impose d’elle même. Parfois il faut savoir s’écouter, parfois il faut laisser la calèche aller là où va la piste, sans s’en faire plus que de raison. On veut toujours trop maitriser son destin.
J’en suis là dans mes pensées lorsqu’une variante s’affiche par un panneau qui ne figure pas dans la fiche de mon parcours. L’intitulé diffère de celui-ci. Je tourne le dos à la variante et m’engage en m’enfonçant plus avant dans la forêt. Cette petite et légère incartade me vaudra cinq kilomètres de plus ! Et je me retrouve donc hors sentier avec des balises qui restent bien comme celles du début, mais qui me perdent pendant un moment. Je m’aide du GPS du portable mais qui capte un mauvais signal et m’envoie à l’opposé de ma direction de retour. Je m’en aperçois au bout d’un ou deux kilomètres et rebrousse chemin. Puis je finis par déduire que cette variante me déporte plus à l’Ouest de Saint Nicolas du Pelem. Je finis par retrouver un peu plus plus loin les signes du retour vers la bonne direction. Arrêt déjeuner sous le porche du lavoir de Poha. J’imagine l’animation passée lors de ces lavages en plein air, ménagères penchées sur leurs bassines et récipients de bois inclinés vers l’eau qui perce au bas du rocher. Le soleil pointe le bout de ses rayons. Les herbes humides se couchent sur le sentier, telles un parterre royal qui s’offre à mes pieds. Quatre heures de marche sont déjà passées, je sens une douce fatigue me gagner quand je loupe encore une fois le sentier. Ce qui a le don de m’énerver et donc de me stresser, et du coup de me réveiller avec une pêche retrouvée. C’est aussi lors de ces moments que l’on retrouve une énergie que l’on pense avoir perdue. Je passe l’étang de Beaucours, puis une motte féodale, et m’enfonce à nouveau dans les chemins creux jusqu’au village. Mon espoir de voir mes efforts récompensés par un bon thé disparaissent quand au moment de franchir le seuil du bar du coin je m’aperçois que des gueules saoules s’en donne à grands gosiers. Pas pour moi ! Je patiente donc avec ma soif et repars sur la route jusqu'à la voiture. Ces villages se désertifient avec leurs nombreuses maisons en vente, devantures de magasins et boutiques définitivement fermées. Une forme de vie s’efface inexorablement, laissant place au vide, aux déplacements et migrations des êtres. Quelques irréductibles restent, l’échine courbée, soignant leurs jardins ou lopins de terre avec la ferme intention d’y rester jusqu’au bout. On s’ancre, on s’attache, et puis on meurt.
Trek - Tour des Aiguilles Rouges en 4 jours English translation pending
Bonjour à toutes et tous,
En réponse à un projet de longue date, à savoir l'organisation d'un trek dans les Alpes françaises, notre choix s'est porté sur le trek des Aiguilles Rouges, pour son accessibilité, sa durée (4 jours - on peut faire plus, on peut faire moins), et les paysages qu'il offre tout du long. Et c'est peu de le dire. Ce trek parcourt le grand balcon face au massif du Mt Blanc, offrant une vue imprenable sur les glaciers et les plus hauts sommets de France. Puis il descend dans la vallée de Passy et sa réserve naturelle, riche en faune et en flore. Le tout autour de l'imposant massif des Aiguilles Rouges, qui changent de visage au fil des lumières changeantes.

JOUR 1 - Montée au refuge du Lac Blanc
Distance 5,1 km Dénivelée +851m / -6m
11h30 - Départ du col des Montets, un peu au dessus d'Argentières, en vallée de Chamonix. Départ tardif, car on sait que cette première étape est relativement courte, que les conditions météo sont stables, et que cela nous laissera le temps, arrivés là-haut, de profiter des alentours somptueux !L'itinéraire monte d'entrée, en lacets, dans la forêt. Et très rapidement, une première rencontre avec deux très jeunes bouquetins nous surprend. Nous ne sommes pourtant pas partis depuis bien longtemps, et ils ne sont qu'à 10 mètres de nous. Le sentier est assez fréquenté, nombreux sont des randonneurs qui montent (ou redescendent déjà) au lac Blanc en aller-retour sur la journée.

Après un pique nique pris entre les Aiguilles Rouges et le glacier d'Argentière, nous reprenons le chemin direction les lacs de Chéserys. En montée, nous croisons un nombre incroyable de bouquetins, souvent des jeunes. Le grand lac de Chéserys est connu pour son orientation qui permet d'y admirer le reflet du Mont blanc ! Tout au long de cette étape, le sentier est parfaitement tracé.

Après 850m de dénivelée, par une météo des plus agréables, nous arrivons au refuge du Lac Blanc. Bien installé au bord du petit lac, ce refuge dispose de 40 lits individuels en dortoir de 8-10 lits. Seul un drap-sac est nécessaire pour le couchage. Nous y avons reçu un très agréable accueil, et y avons très bien mangé. Nous avons fait en outre de chouettes rencontres, toute une famille qui finissaient le TMB, deux australiens dont un qui fait le voyage Australie-France tous les ans, juste parce qu'il est littéralement tombé amoureux du massif du Mt Blanc, et une photographe allemande qui finissait elle aussi le TMB, en solitaire.

Après le dîner, les gérants nous orientent vers une petite balade digestive vers un lac, un peu plus haut, où les bouquetins ont l'habitude de venir boire au coucher.

Ce lac, le lac de Persévérance, s'atteint en 15 minutes, et nous y avons effectivement croisé nombre de bouquetins, déjà un peu plus âgés que ceux que nous avons pu voir dans la journée. Le lac lui, est d'un bleu profond, presque noir, niché dans un écrin minéral.


Et puis nous redescendons, la nuit tombante (presque tombée même), pour revenir sur les bords du lac blanc, où l'heure bleue nous attendait. Le vent est totalement tombé, ce qui offrait un miroir quasi-parfait !

JOUR 1 - Montée au refuge du Lac Blanc
Distance 5,1 km Dénivelée +851m / -6m
11h30 - Départ du col des Montets, un peu au dessus d'Argentières, en vallée de Chamonix. Départ tardif, car on sait que cette première étape est relativement courte, que les conditions météo sont stables, et que cela nous laissera le temps, arrivés là-haut, de profiter des alentours somptueux !L'itinéraire monte d'entrée, en lacets, dans la forêt. Et très rapidement, une première rencontre avec deux très jeunes bouquetins nous surprend. Nous ne sommes pourtant pas partis depuis bien longtemps, et ils ne sont qu'à 10 mètres de nous. Le sentier est assez fréquenté, nombreux sont des randonneurs qui montent (ou redescendent déjà) au lac Blanc en aller-retour sur la journée.

Après un pique nique pris entre les Aiguilles Rouges et le glacier d'Argentière, nous reprenons le chemin direction les lacs de Chéserys. En montée, nous croisons un nombre incroyable de bouquetins, souvent des jeunes. Le grand lac de Chéserys est connu pour son orientation qui permet d'y admirer le reflet du Mont blanc ! Tout au long de cette étape, le sentier est parfaitement tracé.

Après 850m de dénivelée, par une météo des plus agréables, nous arrivons au refuge du Lac Blanc. Bien installé au bord du petit lac, ce refuge dispose de 40 lits individuels en dortoir de 8-10 lits. Seul un drap-sac est nécessaire pour le couchage. Nous y avons reçu un très agréable accueil, et y avons très bien mangé. Nous avons fait en outre de chouettes rencontres, toute une famille qui finissaient le TMB, deux australiens dont un qui fait le voyage Australie-France tous les ans, juste parce qu'il est littéralement tombé amoureux du massif du Mt Blanc, et une photographe allemande qui finissait elle aussi le TMB, en solitaire.

Après le dîner, les gérants nous orientent vers une petite balade digestive vers un lac, un peu plus haut, où les bouquetins ont l'habitude de venir boire au coucher.

Ce lac, le lac de Persévérance, s'atteint en 15 minutes, et nous y avons effectivement croisé nombre de bouquetins, déjà un peu plus âgés que ceux que nous avons pu voir dans la journée. Le lac lui, est d'un bleu profond, presque noir, niché dans un écrin minéral.


Et puis nous redescendons, la nuit tombante (presque tombée même), pour revenir sur les bords du lac blanc, où l'heure bleue nous attendait. Le vent est totalement tombé, ce qui offrait un miroir quasi-parfait !

4 jours à Barcelone avec un petit budget English translation pending
Bonjour, je vous propose de partager mon petit séjour à très petit budget à Barcelone. Ce texte est parsemé de photos et d’extraits des vidéos que j’ai mises en ligne pour vous permettre de mieux visualiser mon itinéraire.
4 jours sur place + trajets + hébergement + entrées aux sites visités + repas pour moins de 160 euros
Pour aller à Barcelone, j’ai voulu tester le bus, pour un prix record (9€ Montpellier Barcelone). Un peu plus de trois heures plus tard j’arrivais à la gare des bus en plein centre de la capitale catalane, pas besoin de transports, je pouvais me rendre à pied à l’Auberge que j’avais choisi en front de mer.
Ce sera la mauvaise surprise du séjour, l’auberge est très sommaire et la propreté laisse un peu à désirer mais pour 9 Euros la nuit avec petit déjeuner elle est plutôt bien placée contre la plage de Barceloneta.
Ma première journée sera consacrée à un tour à pied du centre-ville, le tour du port de Barceloneta, le parc de la ciutadela dans le quartier Ciutat Vella, avec le bâtiment du parlement catalan, les fontaines, le petit lac, les allées fleuries et l’arc de triomphe en brique rouge au bout du Passeig de Lluís Companys. A partir de là nous irons vers le centre-ville en passant devant le musée de la musique, nous visiterons la cathédrale et le quartier gothique qui l’entoure, nous remonterons vers la place de catalogne pour descendre les ramblas en faisant un crochet vers le Mercato central et le musée d’art contemporain. Voir la vidéo de ma première journée à Barcelone
De retour au port nous visiterons l’aquarium de la ville et son étonnant tunnel à requin. Voir l'intégralité de ma vidéo sur l'aquarium de Barcelone
La seconde journée sera consacrée au Barcelone d’Antonio Gaudi. Je me rendrais en métro jusqu’à la célèbre Sagrada familia, il faudra marcher un peu pour rejoindre la Pedrera, un bâtiment très belle époque avec un toit aménagé aux étranges formes et cheminées. Non loin de là, se trouve un autre bâtiment de Gaudi, la casa Batlo, tout en rondeur et formes étranges. Pour voir la vidéo sur le Barcelone de Gaudi, cliquez ici
C’est en prenant le métro que je rendrais ensuite au parc Guel, n’ayant pas réservé et le quota journalier de visiteur étant atteint, je ne pourrais pas aller sur les terrasses inférieures mais cela n’a pas grande importance car un peut aisément en faire le tour et les admirer depuis le reste du parc. J’ai progressivement gravi la colline en passant entre les colonnes et sur le viaduc aux formes de termitière pour arriver au sommet et admirer un un splendide panorama sur toute la ville.
Pour le troisième jour, je me concentrerai sur l’hyper centre, les principaux monuments et les musées. Je commencerai, assez tôt par le musée Picasso, ou on peut assister à la genèse d’un génie grâce à ses premières œuvres. Pour voir ma vidéo sur mon troisième et quatrième jour à barcelone, c'est ici...
Non loin de là se trouve la basilique Santa maria del Mar. Sur le coté de cette cathédrale il y a le Fossar de les Moreres. Une place de Barcelone sur laquelle se trouve un monument aux morts du siège de Barcelone en 1713-1714, dernière bataille de la Guerre de Succession d'Espagne, avec sa flamme éternelle. Pas très loin, je ferai une halte au musée d’histoire de la ville, on y chemine dans des dédales de souterrains et de couloir pour y découvrir les différentes strates de la construction de la ville depuis l’empire romain jusqu’à aujourd’hui, en passant par le moyen-âge. En remontant quelques ruelles, je me retrouve derrière la cathédrale. A l’angle de la rue, il y a un petit restaurant bio, savoureux et bon marché. A quelques mètres de se restaurant, se trouve le musée Mares, je n’ai pas très bien saisi, le sens de ce musée, je vous le résumerais à « une collection de collections en tous genre ». La journée se terminera par une pose apéro à la place d’Espagne et un repas au bord du port à El rey de la Gambas (12€).
La dernière journée débute à la place d’Espagne mais le temps est à la pluie et je vais rapidement au musée national d’art de catalogne. Le musée est gigantesque et est organisé en secteur à partir d’hall central. Le département médiéval est très riche, au premier étage, les œuvres d’arts du XVIIIe à la période contemporaine se succèdent. A la sortie du musée un magnifique soleil est réapparu. J’en profite pour aller voir le site olympique de 1992 puis je redescends vers le musée Miro. C’est lieu étonnant tant pour son architecture que pour les œuvres. Je longe ensuite la crête de la colline pour arriver au château de Montjuic. Il s’agit d’une fortification massive qui offre une vue imprenable sur le port commercial d’un côté et sur la vieille ville de l’autre. Il est temps de redescendre la colline, pour aller boire une bonne sangria fraiche et faire bon repas.
Ma première journée sera consacrée à un tour à pied du centre-ville, le tour du port de Barceloneta, le parc de la ciutadela dans le quartier Ciutat Vella, avec le bâtiment du parlement catalan, les fontaines, le petit lac, les allées fleuries et l’arc de triomphe en brique rouge au bout du Passeig de Lluís Companys. A partir de là nous irons vers le centre-ville en passant devant le musée de la musique, nous visiterons la cathédrale et le quartier gothique qui l’entoure, nous remonterons vers la place de catalogne pour descendre les ramblas en faisant un crochet vers le Mercato central et le musée d’art contemporain. Voir la vidéo de ma première journée à Barcelone
De retour au port nous visiterons l’aquarium de la ville et son étonnant tunnel à requin. Voir l'intégralité de ma vidéo sur l'aquarium de Barcelone
La seconde journée sera consacrée au Barcelone d’Antonio Gaudi. Je me rendrais en métro jusqu’à la célèbre Sagrada familia, il faudra marcher un peu pour rejoindre la Pedrera, un bâtiment très belle époque avec un toit aménagé aux étranges formes et cheminées. Non loin de là, se trouve un autre bâtiment de Gaudi, la casa Batlo, tout en rondeur et formes étranges. Pour voir la vidéo sur le Barcelone de Gaudi, cliquez ici
C’est en prenant le métro que je rendrais ensuite au parc Guel, n’ayant pas réservé et le quota journalier de visiteur étant atteint, je ne pourrais pas aller sur les terrasses inférieures mais cela n’a pas grande importance car un peut aisément en faire le tour et les admirer depuis le reste du parc. J’ai progressivement gravi la colline en passant entre les colonnes et sur le viaduc aux formes de termitière pour arriver au sommet et admirer un un splendide panorama sur toute la ville.
Pour le troisième jour, je me concentrerai sur l’hyper centre, les principaux monuments et les musées. Je commencerai, assez tôt par le musée Picasso, ou on peut assister à la genèse d’un génie grâce à ses premières œuvres. Pour voir ma vidéo sur mon troisième et quatrième jour à barcelone, c'est ici...
Non loin de là se trouve la basilique Santa maria del Mar. Sur le coté de cette cathédrale il y a le Fossar de les Moreres. Une place de Barcelone sur laquelle se trouve un monument aux morts du siège de Barcelone en 1713-1714, dernière bataille de la Guerre de Succession d'Espagne, avec sa flamme éternelle. Pas très loin, je ferai une halte au musée d’histoire de la ville, on y chemine dans des dédales de souterrains et de couloir pour y découvrir les différentes strates de la construction de la ville depuis l’empire romain jusqu’à aujourd’hui, en passant par le moyen-âge. En remontant quelques ruelles, je me retrouve derrière la cathédrale. A l’angle de la rue, il y a un petit restaurant bio, savoureux et bon marché. A quelques mètres de se restaurant, se trouve le musée Mares, je n’ai pas très bien saisi, le sens de ce musée, je vous le résumerais à « une collection de collections en tous genre ». La journée se terminera par une pose apéro à la place d’Espagne et un repas au bord du port à El rey de la Gambas (12€).
La dernière journée débute à la place d’Espagne mais le temps est à la pluie et je vais rapidement au musée national d’art de catalogne. Le musée est gigantesque et est organisé en secteur à partir d’hall central. Le département médiéval est très riche, au premier étage, les œuvres d’arts du XVIIIe à la période contemporaine se succèdent. A la sortie du musée un magnifique soleil est réapparu. J’en profite pour aller voir le site olympique de 1992 puis je redescends vers le musée Miro. C’est lieu étonnant tant pour son architecture que pour les œuvres. Je longe ensuite la crête de la colline pour arriver au château de Montjuic. Il s’agit d’une fortification massive qui offre une vue imprenable sur le port commercial d’un côté et sur la vieille ville de l’autre. Il est temps de redescendre la colline, pour aller boire une bonne sangria fraiche et faire bon repas.
Premier voyage en Iran, trop hâte English translation pending
Bonjour à tous
Je prévois 25 jours en Iran en septembre en solo. Pour un premier voyage dans cette région, je compte faire l'itinéraire classique avec, au début, un petit tour dans le nord ouest. L'idée serait de faire Téhéran, Zanjan, Rasht (+ Masuleh), Ardabil , puis Tabriz où il y a des vols pour Shiraz. J'aurais quelques questions pour cette partie
Zanjan: est-ce jouable et onéreux d'aller à Takht-e Soleyman en taxi en une journée? Route Zanjan-Rasht: y a-t-il un bus qui fase ce trajet Route Rasht-Ardabil: comme je veux voir la Caspeinne (oui, je sais, c'est moche, mais je collectionne les mers!) , le bus longe-t-il la côte ou ai-je intérêt à séjourner à Bandar-e Anzali plutôt qu'à Rasht?
Merci pour vos avis et bonne route à tous
Je prévois 25 jours en Iran en septembre en solo. Pour un premier voyage dans cette région, je compte faire l'itinéraire classique avec, au début, un petit tour dans le nord ouest. L'idée serait de faire Téhéran, Zanjan, Rasht (+ Masuleh), Ardabil , puis Tabriz où il y a des vols pour Shiraz. J'aurais quelques questions pour cette partie
Zanjan: est-ce jouable et onéreux d'aller à Takht-e Soleyman en taxi en une journée? Route Zanjan-Rasht: y a-t-il un bus qui fase ce trajet Route Rasht-Ardabil: comme je veux voir la Caspeinne (oui, je sais, c'est moche, mais je collectionne les mers!) , le bus longe-t-il la côte ou ai-je intérêt à séjourner à Bandar-e Anzali plutôt qu'à Rasht?
Merci pour vos avis et bonne route à tous
Que pensez-vous de ce trajet à vélo dans le Massif Central? English translation pending
Bonjour !
Après quelques hésitations et une discussion dans ce forum (ma douce et moi avons laissé tomber l’idée du Massif l’été dernier), cette fois-ci est la bonne. Les billets d'avion sont achetés, nous serons en voyage à vélo dans le Massif central pour une ballade qui durera un peu moins d’un mois.
Voici le trajet proposé. Il a été élaboré grâce aux précieux conseils de Wegg qui m’a donné tout un coup de main, merci ! J’ai élaboré le trajet dans Openrunner, et il a été divisé en 5 sections, vous n’avez qu’à cliquer sur les liens plus bas pour voir le parcours détaillé. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de l’itinéraire et à faire des suggestions.
On prend l’avion Montréal-Toulouse fin juin. S’il nous reste encore un peu d’énergie une fois que les vélos seront remontés et que nous serons sortis de l’aéroport, on se rendra à Cahors en TER le jour de l’arrivée. Sinon on prendra le train le lendemain, après un dodo dans un camping.
Comme vous tous, on préfère de loin les routes tranquilles, mais on a l’expérience qu’il faut pour rouler « dans le trafic » sans être trop stressés, lorsqu’il le faut ou pour voir de belles choses. On aime les beaux paysages plus que les vieilles pierres, bien qu’il nous arrive de faire des visites lorsqu’on prend une journée d’arrêt ou au hasard de la route. Nous avons fait trois voyages dans les Alpes et on aime bien les montées, sauf lorsque de fortes inclinaisons (plus que 12%) se prolongent.
Voici le trajet plus détaillé : La première section (Cahors-Aurillac) longe le Lot puis se dirige vers le nord-est jusqu’à Aurillac.
Pour la seconde section, j’ai encore deux version du trajet, je me demande encore s’il vaut la peine de pousser jusqu’à Issoire (Aurillac-Issoire) puis de se balader un peu dans le parc de Livradois-Forez jusqu’à La-Chaise-Dieu, ou si on coupe plus au sud en passant à Brioude (Aurillac-Brioude) puis on remonte vers La-Chaise-Dieu ?
La troisième section (Brioude-Langogne) part de Brioude en passant par la Chaise-Dieu, Puy-Mary, fait un détour vers l’est par Les Estables et le lac d’Issarlès pour redescendre vers Langogne.
La quatrième section (Langogne-Florac) part de Langogne vers puis longe La Borne puis l’Altier pour ensuite grimper au Mont-Lozère et ensuite longer le Tarn jusqu’à Florac.
La cinquième section part de Florac pour se terminer à Rodez. Wegg connaissait moins bien ce coin de pays alors n’hésitez pas à me faire part de vos suggestions sur cette section. On prendra ensuite un TER pour retourner à Toulouse.
Au plaisir de vous lire!
Après quelques hésitations et une discussion dans ce forum (ma douce et moi avons laissé tomber l’idée du Massif l’été dernier), cette fois-ci est la bonne. Les billets d'avion sont achetés, nous serons en voyage à vélo dans le Massif central pour une ballade qui durera un peu moins d’un mois.
Voici le trajet proposé. Il a été élaboré grâce aux précieux conseils de Wegg qui m’a donné tout un coup de main, merci ! J’ai élaboré le trajet dans Openrunner, et il a été divisé en 5 sections, vous n’avez qu’à cliquer sur les liens plus bas pour voir le parcours détaillé. N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de l’itinéraire et à faire des suggestions.
On prend l’avion Montréal-Toulouse fin juin. S’il nous reste encore un peu d’énergie une fois que les vélos seront remontés et que nous serons sortis de l’aéroport, on se rendra à Cahors en TER le jour de l’arrivée. Sinon on prendra le train le lendemain, après un dodo dans un camping.
Comme vous tous, on préfère de loin les routes tranquilles, mais on a l’expérience qu’il faut pour rouler « dans le trafic » sans être trop stressés, lorsqu’il le faut ou pour voir de belles choses. On aime les beaux paysages plus que les vieilles pierres, bien qu’il nous arrive de faire des visites lorsqu’on prend une journée d’arrêt ou au hasard de la route. Nous avons fait trois voyages dans les Alpes et on aime bien les montées, sauf lorsque de fortes inclinaisons (plus que 12%) se prolongent.
Voici le trajet plus détaillé : La première section (Cahors-Aurillac) longe le Lot puis se dirige vers le nord-est jusqu’à Aurillac.
Pour la seconde section, j’ai encore deux version du trajet, je me demande encore s’il vaut la peine de pousser jusqu’à Issoire (Aurillac-Issoire) puis de se balader un peu dans le parc de Livradois-Forez jusqu’à La-Chaise-Dieu, ou si on coupe plus au sud en passant à Brioude (Aurillac-Brioude) puis on remonte vers La-Chaise-Dieu ?
La troisième section (Brioude-Langogne) part de Brioude en passant par la Chaise-Dieu, Puy-Mary, fait un détour vers l’est par Les Estables et le lac d’Issarlès pour redescendre vers Langogne.
La quatrième section (Langogne-Florac) part de Langogne vers puis longe La Borne puis l’Altier pour ensuite grimper au Mont-Lozère et ensuite longer le Tarn jusqu’à Florac.
La cinquième section part de Florac pour se terminer à Rodez. Wegg connaissait moins bien ce coin de pays alors n’hésitez pas à me faire part de vos suggestions sur cette section. On prendra ensuite un TER pour retourner à Toulouse.
Au plaisir de vous lire!
Tanzanie: la Grande migration, février 2017 English translation pending
Bonjour à tous,
Comme promis à certains et certaines voici le récit succinct de notre voyage dans les parcs du nord agrémenté de quelques images choisies parmi des centaines d'autres .
J1-20/01/2017
Je tiens avant de commencer à remercier les uns et les autres qui ici et là sur VF nous ont aidé à construire ce voyage. Je pense à Blesl Bernard ( www.safari-tanzanie.net/ ) dont les désaccords et les convergences nous ont permis de nous positionner. Mais nous songeons aussi à Laurence de l'Agence de voyage "Bel Africa" ( www.belafrica.com/ ) dont l’efficacité, la réactivité , la disponibilité et la gentillesse sont à signaler. Je remercie aussi le partenaire de cette agence, Maasaï Wanderings ( maasaiwanderings.com/...anderings/index.html ) pour le soin relatif apporté à l'oraganisation de ce parcours. A Richard notre guide-chauffeur pour son professionnalisme.
Notre projet: visiter les parcs du nord et seulement eux . Prendre le temps de le faire c'est à dire y consacrer autant de temps que notre budget le permettait . Nous désirions voir des animaux dans leur biotope, toutes sortes d'animaux y compris les plus modestes .
En fait ce n'est pas notre premier voyage en Tanzanie encore moins notre tout premier en Afrique. Aussi la recherche des cinq grands n'a pas été notre préoccupation première mais davantage : 1) le spectacle de la grande migration et 2) l'immersion dans les parcs, toute prudence gardée, au plus proche de sa faune. Priorités qui impliquaient des hébergements "intra-muros", de préférence en tente Meru sise dans un site non clôturé et retiré et sauvage...sauvage 🙂 . Bien sur le succès de cette boucle ne dépendait pas que... mais aussi de la météo, des caprices de la faune, de l'âge du capitaine, bref du hasard auquel il faut bien un moment ou autre s'abandonner.
Donc notre itinéraire dans les parcs du nord fut le suivant, dans l'ordre: Tarangire ( 4 nuits), Manyara (1 nuit) Serengeti ( 3 nuits) Ndutu (2 nuits) Ngorongoro (1 nuit) Arusha (1 nuit). Soit 12 nuits dans les parcs ou très proche si l'on excluent la première nuit d'arrivée, et la dernière avant de reprendre l'avion pour l'Europe.
Coût du séjour tout compris environ 900 €/ jours pour deux personnes. C'est cher mais comme déjà dit par ailleurs la Tanzanie est une destination chère et les safaris photos en Tanzanie aussi 🙂 . Et puis ne soyons pas chiche car quand on aime on ne compte plus ! Je dirais donc que c'est 450 € de passion par jour et par personne.
Nous avons voyagé avec KLM pour au moins deux raisons . D'abord le poids autorisé en bagage cabine de 12 kg (donc 24 pour deux) et ensuite le trajet direct à partir d'Amsterdam sur l'aéroport Kilimandjaro (JRO) . Vingt quatre kg consacrés aux matériels photo et d'observation ça ne se refuse pas!
Départ de Roissy CDG le 20/02/17 au petit matin et arrivé dans la soirée à JRO avec 1 stop à Amsterdam. Le transfert à Schipol a été un jeu d'enfant grâce à la très bonne signalétique de l'aéroport. Entre la porte d'arrivée à Schipol et celle d'embarquement un contrôle des passeports plutôt rapide et à allure modérée nous avions une bonne demie heures d'avance sur notre vol. Au retour les contrôles seront plus sévères.
Voilà c'est fini pour aujourd'hui. Suite de notre récit demain . Bonne nuit...
Comme promis à certains et certaines voici le récit succinct de notre voyage dans les parcs du nord agrémenté de quelques images choisies parmi des centaines d'autres .
J1-20/01/2017
Je tiens avant de commencer à remercier les uns et les autres qui ici et là sur VF nous ont aidé à construire ce voyage. Je pense à Blesl Bernard ( www.safari-tanzanie.net/ ) dont les désaccords et les convergences nous ont permis de nous positionner. Mais nous songeons aussi à Laurence de l'Agence de voyage "Bel Africa" ( www.belafrica.com/ ) dont l’efficacité, la réactivité , la disponibilité et la gentillesse sont à signaler. Je remercie aussi le partenaire de cette agence, Maasaï Wanderings ( maasaiwanderings.com/...anderings/index.html ) pour le soin relatif apporté à l'oraganisation de ce parcours. A Richard notre guide-chauffeur pour son professionnalisme.
Notre projet: visiter les parcs du nord et seulement eux . Prendre le temps de le faire c'est à dire y consacrer autant de temps que notre budget le permettait . Nous désirions voir des animaux dans leur biotope, toutes sortes d'animaux y compris les plus modestes .
En fait ce n'est pas notre premier voyage en Tanzanie encore moins notre tout premier en Afrique. Aussi la recherche des cinq grands n'a pas été notre préoccupation première mais davantage : 1) le spectacle de la grande migration et 2) l'immersion dans les parcs, toute prudence gardée, au plus proche de sa faune. Priorités qui impliquaient des hébergements "intra-muros", de préférence en tente Meru sise dans un site non clôturé et retiré et sauvage...sauvage 🙂 . Bien sur le succès de cette boucle ne dépendait pas que... mais aussi de la météo, des caprices de la faune, de l'âge du capitaine, bref du hasard auquel il faut bien un moment ou autre s'abandonner.
Donc notre itinéraire dans les parcs du nord fut le suivant, dans l'ordre: Tarangire ( 4 nuits), Manyara (1 nuit) Serengeti ( 3 nuits) Ndutu (2 nuits) Ngorongoro (1 nuit) Arusha (1 nuit). Soit 12 nuits dans les parcs ou très proche si l'on excluent la première nuit d'arrivée, et la dernière avant de reprendre l'avion pour l'Europe.
Coût du séjour tout compris environ 900 €/ jours pour deux personnes. C'est cher mais comme déjà dit par ailleurs la Tanzanie est une destination chère et les safaris photos en Tanzanie aussi 🙂 . Et puis ne soyons pas chiche car quand on aime on ne compte plus ! Je dirais donc que c'est 450 € de passion par jour et par personne.
Nous avons voyagé avec KLM pour au moins deux raisons . D'abord le poids autorisé en bagage cabine de 12 kg (donc 24 pour deux) et ensuite le trajet direct à partir d'Amsterdam sur l'aéroport Kilimandjaro (JRO) . Vingt quatre kg consacrés aux matériels photo et d'observation ça ne se refuse pas!
Départ de Roissy CDG le 20/02/17 au petit matin et arrivé dans la soirée à JRO avec 1 stop à Amsterdam. Le transfert à Schipol a été un jeu d'enfant grâce à la très bonne signalétique de l'aéroport. Entre la porte d'arrivée à Schipol et celle d'embarquement un contrôle des passeports plutôt rapide et à allure modérée nous avions une bonne demie heures d'avance sur notre vol. Au retour les contrôles seront plus sévères.
Voilà c'est fini pour aujourd'hui. Suite de notre récit demain . Bonne nuit...
Accès à Coyote Buttes South English translation pending
Bonjour à tous,
Ayant l'éventuelle intention de retourner aux USA l'année prochaine et (entre autres) de visiter CBS. Je voulais savoir si la piste qui y mène est du même genre que la Fortymile Ridge Road qui mène au départ de la randonnée de Coyote Gulch. Donc, si l'un d'entre vous a fait les 2, sont-elles similaires ou bien la piste pour CBS est-elle encore plus dure ?
Merci
Ayant l'éventuelle intention de retourner aux USA l'année prochaine et (entre autres) de visiter CBS. Je voulais savoir si la piste qui y mène est du même genre que la Fortymile Ridge Road qui mène au départ de la randonnée de Coyote Gulch. Donc, si l'un d'entre vous a fait les 2, sont-elles similaires ou bien la piste pour CBS est-elle encore plus dure ?
Merci
Voyage à travers le Portugal en camping-car English translation pending
Bonjour à Vous,
Mon épouse , notre berger allemand (super gentil - eh oui ça existe) et moi aimerions traverser en CC le Portugal en 4 à 5 semaines entre avril et mai 2014. Venant de Suisse et ayant déjà pas mal voyagé dans toute l'Europe, de Dubrovnik au Cap Nord, mais pas au Portugal, nous aimerions profiter de votre expérience et avoir quelques bons tuyaux afin de profiter au mieux de notre séjour. Si vous avez un itinéraire nord - sud intéressant, des endroits pittoresques, des ports ou villes pas forcément très touristiques à visiter, des petits plats typiques, des bon vins, nous sommes à votre écoute. Est-il également possible de faire du sauvage ? Malheureusement nous ne parlons pas la langue du pays...
Merci d'avance et bonne route pour cette nouvelle saison 😉
Récit de voyage au Chili en passant par la Patagonie argentine English translation pending
De Buenos Aires à Bariloche
Dès sa descente de taxi au Retiro, terminal de bus de la capitale argentine, elle se dirige vers les nombreux guichets qui affichent tous leurs destinations. Bariloche direct en vingt-cinq heures. Départ douze heures trente. Juste le temps de se restaurer d'un poulet-frites-coca que le départ est annoncé. Assise au premier étage, place panoramique, semi-cama, l'aventure commence. Quelle joie de retrouver cette atmosphère printanière et le soleil qui rend tout plus beau. Elle ne pense déjà plus au brouillard et à la grisaille de sa ville natale dans le sud-ouest de la France. Il fait beau, les gens sont souriants.
A sa droite, deux jeunes touristes belges révisent leurs cours d'espagnol. Elles viennent pour six mois en Argentine perfectionner leur langage et leur première halte se situe dans une ferme près de Bariloche. Elles vont travailler quatre heures par jour en échange de l'hospitalité. La plus jeune semble plus inquiète car elle n'arrête pas de manger des bonbons.
La route est droite, longue, très longue. De chaque côté c'est la pampa avec ses troupeaux de vaches. Des nids de cigognes sont perchés en haut des pylones électriques. Elles parcourent ainsi des centaines de kilomètres sans voir une seule maison. De temps à autre, on devine au loin une estancia abritée par un bosquet d'arbres. Le paysage se déroule ainsi pendant des heures. Cette monotonie n'est entrecoupée que par le vue de pique-boeufs, de poules d'eau, de rapaces, d'autruches, de portails aux croisillons blancs, de plaques indiquant le nom des estancias et de barbelés. Ce grand pays d'élevage est clôturé : d'un côté l'Atlantique, de l'autre la Cordillère des Andes, à l'intérieur des milliers de kilomètres de fil de fer barbelé.
Au petit matin, des haies de peupliers penchés bordent la route, l'herbe est plus verte. La pampa a laissé place à un environnement moins désertique. Au loin, quelques sommets enneigés apparaissent derrière d'immenses forêts. La route devient plus sinueuse et pentue. Le soleil se reflète dans les eaux du lac Nahuel Huapi. Bariloche est en vue.
Cette région de Patagonie ressemble à notre Suisse voisine et doit sa spécialité, le chocolat, aux premiers habitants d'Europe venus s'installer ici au début du vingtième siècle.
Un colectivo (bus de ville) conduit Marie au centre-ville. La fatigue commence à se faire sentir et l'on peut lire sur son visage les traits d'une touriste qui vient de voyager quarante heures non-stop depuis Toulouse-Blagnac. Après un rapide coup d'oeil au plan de la ville, elle se dirige quatre cuadras (carrefours) plus haut vers l'hospedaje San Francisco. La patronne l'accueille avec un large sourire et lui souhaite la bienvenue. Marie n'a qu'une envie : se doucher et dormir.
Au réveil, le lendemain matin, elle allume le poste de télévision et la nouvelle tombe : l'ex Président Kirchner, époux de Cristina, la Présidente actuelle, vient de décéder à El Calafate. Son coeur malade vient de lâcher à l'âge de soixante et un ans. Sur chaque chaîne les images tournent en boucle, montrant tour à tour la Casa Rosada et la foule effondrée venant soutenir la veuve. “Fuerza Cristina” “Nous t'aimons”, autant d'inscriptions accrochées aux grilles du palais présidentiel montrent que le peuple s'identifie à la douleur de cette famille. Des bouquets de fleurs sont déposés sur les trottoirs. Les journalistes interviewent les mères éplorées. On montre aussi l'avion présidentiel qui s'apprête à décoller pour la Patagonie et les silhouettes de Madame Kirchner-mère, de sa soeur et de son épouse. L'Argentine toute entière est frappée par une immense émotion.
Comme pour ajouter à cette peine c'est le jour du recensement national. Consignes sont données de rester chez soi. Les magasins sont fermés, la ville est déserte. Par bonheur, vers vingt heures, les commerces rouvrent et Marie se jette sur la première confiserie venue pour acheter une livre de chocolats. Tout en dégustant les spécialités barilochiennes, elle fait du lèche-vitrine. Les magasins de sport sont nombreux de part et d'autre de la rue Mitre et O'Connor, les deux principales artères de la ville. Dans la journée, elle a eu le loisir de flâner le long du lac, prenant plusieurs photos. Le contraste entre le jaune des genêts et le bleu du lac, avec pour toile de fond un ciel azur rempli de gros nuages blancs, lui donne envie d'immortaliser ce paysage. Elle a également fixé la Cathédrale au style gothique, les chalets en bois bordant le lac, la Place des Armes avec ses canons, l'office du tourisme, ancienne maison coloniale pouvant rappeler l'Alsace. Deux saint-bernard tenus en laisse par leurs maîtres attendent les photographes. Le musée de la Patagonie attire son attention. Demain, elle viendra le visiter.
Aujourd'hui Marie a prévu une randonnée à Los Coihues, malgré la pluie annoncée. Le colectivo n°50 la dépose à une vingtaine de kilomètres plus haut, à l'entrée du parc. Cette balade va lui permettre de découvrir la flore de cette région. Elle emprunte le sentier de randonnée qui longe le lac Guttierez et s'arrête parfois sous les arbres pour se protéger de la pluie fine. Ce sont des coihues ou des robles à petites feuilles persistantes et brillantes semblables à du houx. De beaux chalets en bois bordent le sentier. Etonnée de trouver des bambous à cette altitude, Marie repense à son dernier voyage au Vietnam dans la région de Sapa. La pluie se calme et laisse place à un timide soleil. Elle arrive à un carrefour : à droite, cascade de los Duendes (gnomes), à gauche, Mirador (point de vue). Marie décide d'aller d'abord voir la cascade. La forêt s'épaissit et de longues barbes de vieux dansent sous les mélèzes, signe de bonne santé de la forêt. Cet endroit est magique. Les essences nouvelles éveillent la curiosité de la randonneuse, comme le ciruelillo, sorte de chèvre-feuille aux fleurs orange. Elle aperçoit aussi des chincols, petits oiseaux semblables aux moineaux. Quelques piverts martèlent les troncs d'arbres à la recherche de quelque nourriture. Le bruit de la cascade se fait de plus en plus fort. L'air est frais et humide mais la marche réchauffe Marie et son coeur est léger. Elle se plaît à chantonner et apprécie cette communion avec la nature. Elle aime poser ses mains sur les troncs d'arbres, caresser les mousses et lichens, s'excuser parfois lorsqu'elle est obligée de fouler les herbes. Ce comportement naturel n'est réprimé que par la vue d'un couple qui a fait une halte pour boire un maté. Par politesse, elle accepte gentiment l'invitation à partager cette boisson nationale qu'elle apprécie peu. Ces argentins sont heureux de discuter avec une touriste française.
L'ascension vers le Mirador est plus accidentée, surtout à l'approche du sommet où le sentier se transforme en escalier de marches naturelles de pierres. De magnifiques orchidées jaunes parsèment le chemin. Marie ne peut s'empêcher de pousser un cri d'exclamation lorsqu'elle découvre le panorama. Les cimes enneigées se confondent avec les gros nuages blancs qui se reflètent dans les eaux du
lac. Des condors planent dans le ciel, apparaissant et disparaissant tour à tour derrière les montagnes. Tout ici respire l'harmonie et la paix et un sentiment presque religieux envahit Marie.
CROISIERE EN PATAGONIE CHILIENNE Marie a réservé depuis la France une croisière Navimagreliant Puerto Montt à Puerto Natales, au Chili. Pour bénéficier du tarif basse-saison, elle a un impératif : être sur le lieu du départ le vendredi avant le premier novembre. Elle serait bien restée plus longtemps dans la région des sept lacs pour profiter des forêts d'alerces et d'arrayans, des ciels changeant au gré du vent, des randonnées en montagne et des parrillas le soir au dîner. Lorsqu'elle a traversé la frontière et s'est retrouvée au Chili, Marie s'est sentie envahie de joie : elle était à moitié chez elle. De l'autre côté de la Cordillère, certains paysages lui rappelaient le bocage normand : des pommiers en fleurs, des vaches noires et blanches, de l'herbe verte, des prés clôturés par des haies d'arbres, des maisons en bois. C'est donc le vendredi vingt neuf octobre, vers seize heures, que le bateau largue les amarres.A bord il y a cent vingt cinq personnes, touristes et employés compris. De gros camions ont été chargés à l'aide de puissants ascenseurs. La corne de brume se fait entendre, le drapeau chilien bleu, blanc, rouge étoilé flotte au vent, de grosses cordes de chanvre sont enroulées aux bittes d'amarrage, la cheminée crache une fumée noire. Les touristes, appuyés au bastingage, caméras au poing, immortalisent ces moments d'effervescence. Le bateau prend sa vitesse de croisière et s'élance dans le Seno Reloncavi, baie protégée de chaque côté par des terres. A droite Calbuco, à gauche Hornopiren. La mer est calme, le soleil brille, l'ambiance à bord est décontractée et des affinités se créent entre les voyageurs selon leur pays d'origine. Il y a beaucoup de français, des espagnols, des allemands, des anglais, quelques italiens, des chauffeurs et ouvriers chiliens qui se regroupent à table pour jouer aux cartes. Chacun a retrouvé ses bagages dans les couloirs, au pied des cabines-dortoirs. Deux services de cafétéria assurent la restauration à bord. La nuit commence à tomber. Marie sympathise avec un jeune couple toulousain, Sophie et Cédric, qui achèvent leur tour du monde ici au Chili. Le jour suivant deux animateurs présentent le programme en anglais et en espagnol. Suit un diaporama sur la flore et la faune de la Patagonie. Un écran TV affiche la position du navire et Marie suit avec attention ces indications sur sa carte : 73° de longitude, 45°Sud de latitude (juste à l'opposé de Bordeaux qui se situe à 45° Nord) Nous sommes dans le canal Moraleda. A droite, une multitude d'îles inhabitées, très découpées. A gauche l'Ile Magdalena. Le paysage est de toute beauté. Les mouettes, les goélands et les albatros se détachent sur le gris du ciel, parfois entrecoupé de rayons de soleil. C'est magique, féérique. Après avoir franchi le canal Chacabuco, le bateau arrive dans les eaux plus agitées de l'Océan Pacifique. Les voyageurs ont été prévenus la veille qu'il y aurait beaucoup de tangage et de roulis, surtout dans le golfe de Penas. Marie a prévenu le mal de mer à l'aide de cachets homéopathiques. Les espaces communs se vident peu à peu, les visages palissent et une odeur désagréable envahit les coursives. Marie, amusée, constate que les hommes sont plus sensibles que les femmes à ce phénomène. La soirée s'achève ainsi dans un calme tout relatif. Est-ce l'effet du médicament ou du bercement du bateau, Marie a passé une très bonne nuit. Au petit matin, le micro informe les passagers que le bâtiment a quitté l'Océan et navigue à présent dans le canal Messier, plus calme. De chaque côté de magnifiques fjords et, récompense due à l'avance prise, un arrêt est prévu au pied du glacier Tampanas (48°42 Lat S) Bien emmitouflés dans leurs vêtements chauds, têtes cagoulées, mains gantées, les touristes se précipitent à babord pour admirer le glacier. Une immense bande de glace se jette dans les eaux glacées. Quelques icebergs se sont détachés et dansent sur les vagues. On dirait une glace norvégienne. Malgré l'air glacial qui rougit les visages, on peut lire la joie de partager un spectacle hors du commun. Une escale de deux heures est prévue à Puerto Eden pour ceux qui le désirent. L'occasion sera donnée à Marie de découvrir la flore de l'île Wellington. Les terres sont battues par les vents et seules quelques fétuques poussent aux pieds d'arbustes piquants aux fleurs jaunes, les calafates. Cet arbrisseau donne des baies violettes en automne dont on fait de délicieuses confitures. La tradition dit que celui qui mange ces fruits reviendra en Patagonie! Chaque maison, ou plutôt cabane en bois, a son lopin de terre bien travaillé. La terre est noire, volcanique. Quelques barques colorées sont ancrées au port. Il y a même un collège flambant neuf et l'accès à internet. Tout au long du sentier, des boutiques d'articles artisanaux permettent aux habitants isolés de survivre. Pas de mendicité ici mais de la dignité, la dignité d'un peuple fier. Cet arrêt bi-hebdomadaire permet le ravitaillement de ce petit port de pêche en produits de première nécessité. Le débarquement à Puerto Natales se fait sous la pluie. Les plus jeunes et sportifs projettent de faire un trek de plusieurs jours dans le célèbre Parc de Torres del Paine. Quant à Marie ce sera juste une ville-étape. Elle en profite pour visiter les lieux en fin de journée lorsque la pluie a cessé. Elle revient au port où une famille de majestueux cygnes blancs à cols noirs attire son attention. C'est aujourd'hui le premier novembre, les magasins sont fermés. Sur la route du cimetière elle photographie les petites maisons colorées et leur devant de porte bien clôturé. Les pelouses sont recouvertes de pissenlits formant un épais tapis jaune. Quelques massifs de tulipes et de pivoines la renvoient à son jardin lointain. Là-bas, tout doit être en sommeil et elle apprécie la chance d'être à l'autre bout du monde en ce moment. Le jour suivant, Marie se retrouve deux cents kilomètres plus bas, dans la ville la plus australe du Chili, Punta Arenas. Des maisons aux toits de tôle peints de couleurs vives lui rappellent les ports norvégiens du Spitzberg, à latitude inverse, même paysage. Est-ce par hasard que Marie se sent déboussolée dans ces contrées? Son sens inné de l'orientation lui fait défaut. Elle interprète toujours en sens opposé les plans de son guide et doit demander son chemin aux passants. Elle regrette de ne pas avoir emporté une boussole dans ses bagages. C'est donc après plusieurs kilomètres d'errance que Marie arrive au Residencial Roca, avenue Magellan. C'est une belle bâtisse coloniale pleine de charme, tenue par deux soeurs septuagénaires. La chambre est spacieuse, les plafonds très hauts, le lit confortable. A deux pas se trouve la Place des Armes très animée en cette fin d'après-midi printanière. Un groupe de collégiens en uniforme bleu-marine et blanc posent pour elle au pied de la statue du célèbre navigateur. Des boutiques sur roulettes exposent les articles artisanaux faits de laine du pays : bonnets, pulls, écharpes, porte-clés, bijoux. A l'approche du fameux Détroit de Magellan, Marie ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour ses lointains ancêtres les portugais, découvreurs et aventuriers courageux. Le lendemain une excursion la conduit dans la pingouinerie de Seno Otway, à bord d'un minibus. Une heure de route où elle peut observer les guanacos broutant les herbes de la steppe, des troupeaux de moutons paissant tranquillement, quelques nandous et des condors. Cette région très aride, balayée par des vents violents, est une réserve naturelle pour les manchots de Magellan, reconnaissables à leur double collerette noire. C'est la période de la couvaison et les parents veillent à tour de rôle sur leurs oeufs enfouis au fond des trous, à même le sable. Au loin, un panorama spectaculaire s'offre à ses yeux : les massifs enneigés de la Terre de Feu. LE PERITO MORENO ET LE FITZ ROY Prochaine destination : El Calafate et le Perito Moreno. Après une brève escale à Rio Gallegos, passage obligé pour rejoindre en bus cette région d'Argentine si célèbre grâce à son glacier, Marie arrive au terminal d'El Calafate au milieu de l'après-midi. Elle n'a qu'une centaine de mètres à parcourir pour se rendre à l'albergue du lago argentino. Cet endroit est très touristique et elle n'est pas étonnée de trouver beaucoup de routards. Heureusement, il reste un lit disponible en chambre individuelle, en cellule plutôt. La pièce mesure deux mètres cinquante sur un mètre cinquante à peu près. Une petite fenêtre en hauteur laisse passer un peu de lumière. Les douches et les lavabos communs se trouvent au fond du bâtiment. Il y a une cuisine équipée à la disposition des clients et Marie, lasse des sandwichs jambon–beurre–pain de mie et des poulet-frites va en profiter pour se cuisiner de bons petits plats qui attireront l'odorat du réceptionniste et des co-pensionnaires. Comme à chaque fois qu'elle arrive dans une nouvelle ville, Marie prend l'atmosphère des lieux en arpentant les rues toujours tracées sur le même modèle, en quadrillage. De beaux magasins, restaurants et cafés se trouvent de chaque côté de l'avenue du général San Martin. Elle entre dans un cyber café pour consulter ses mails et envoyer quelques photos à sa famille et à ses amies. Il fait beau, l'air est frais et elle se réjouit d'être là, consciente du privilège qu'elle a. En remontant vers l'auberge, elle s'arrête au terminal pour acheter son billet pour le lendemain à la compagnie Caltur qui assure l'aller-retour pour le Perito Moreno. C'est donc le lendemain à neuf heures que le bus quitte la ville pour une heure de route à destination du mythique glacier. Le soleil brille, une belle journée s'annonce. Marie est stupéfaite à la découverte de l'imposant spectacle qui s'offre à elle du haut des passerelles. Des kilomètres de passerelles bien sécurisées zigzaguent face au monstre de glace, permettant aux visiteurs de le voir sous plusieurs angles. Tout à coup, un bruit d'explosion la stoppe sur place. Un gros bloc vient de se détacher du front, entraînant d'immenses remous dans les eaux du lac. Elle retrouve la même végétation qu'au Chili, à même latitude : les ciruelillos et les calafates. Quelques rouges-gorges sautillant de branche en branche viennent rompre le silence de leur chant aigu. L'atmosphère est irréelle. Ce glacier avance de deux mètres par jour en été, sous l'action du soleil qui réchauffe les glaces, et des vagues qui viennent miner la base de l'édifice. D'énormes icebergs se détachent et flottent à la surface des eaux turquoise. Les rayons du soleil éclairent d'immenses failles verticales d'un bleu électrique. L'ensemble ressemble à une cathédrale ou à un château-fort dont les créneaux se découpent sur le ciel limpide. Des traces brunâtres alternent avec un blanc-bleuté d'une pureté extraordinaire : on dirait un gâteau marbré. Ces strates sont constituées de sédiments et il est facile de dater l'épaisseur de neige compactée. Plus loin on aperçoit une arche et des cavernes. Le dessus ressemble à de la crème chantilly que l'on aurait dressé à l'aide d'une poche à douille. Marie ne peut s'empêcher de méditer devant ce spectacle hors du commun, faisant le vide dans sa tête et prenant toute l'énergie de ce lieu grâce à une respiration contrôlée. Le soir, Marie réserve une excursion pour découvrir les glaciers Onelli, Spagazzini et Perito Moreno depuis le lac Argentine. Arrivée à l'auberge, elle partage son plat de langoustines avec des touristes rencontrés sur le paquebot de croisière, et raconte sa journée passée devant le fabuleux glacier. Certains ont fait aujourd'hui l'excursion sur le lac et en sont revenus vraiment enchantés. Elle aime ces échanges autour d'un bon plat et d'un bon verre de vin argentin. Les conseils et les avis sur telle ou telle destination sont toujours bons à prendre, même si le temps très variable en Patagonie, peut influer sur l'appréciation de chacun. A sept heures du matin, un minibus vient prendre les touristes à l'auberge pour les conduire à Puerto Banderas, lieu de départ de l'excursion. Une longue file d'attente s'étire avant de pénétrer, après acquittement des droits d'entrée au parc, sur les quais. Les visiteurs se répartissent par groupe d'une cinquantaine de personnes dans les nombreux catamarans ancrés au port. A nouveau, Marie entend parler plusieurs langues, et une charmante hôtesse annonce la bienvenue à bord. C'est sous le soleil matinal que le bateau s'élance. Les passagers, cameras et appareils photos en main, se massent sur les plats-bords pour ne rien perdre du spectacle unique qui se déroule sous leurs yeux. A tribord ce sont des montagnes de granit rouge qui contrastent avec le bleu-vert des eaux du lac. Puis, deux heures après ils aperçoivent les premiers îlots de glace. Le glacier Onelli est en vue. Moins impressionnant que le géant mais tout aussi beau. Chacun se plaît à imaginer une forme : un gros palmipède, une baleine, un navire, une maison de Schtroumfs. Les lunettes de soleil haute protection sont indispensables pour éviter les brûlures et une odeur de crème solaire se dégage des visages rougis par le froid. Des cris d'exclamation se font entendre de part et d'autre. Il règne une atmosphère de joie et les amateurs de photos se régalent, prenant cliché sur cliché pour la postérité. Le bateau redémarre et l'hôtesse annonce le prochain glacier aux environs de midi. Frigorifiés par l'air glacial, les passagers rentrent à l'intérieur pour se réchauffer. Marie s'assied près d'une argentine et entame une conversation par politesse. Cette personne suit, avec un groupe de collègues, un stage de formation à El Calafate et en profite pour faire du tourisme dans cette région si belle. Marie apprend beau-coup de choses sur la vie quotidienne des argentins et son interlocutrice semble ravie de discuter avec une française. Un service de boissons et de sandwichs permet aux touristes de se restaurer. Aux abords du second glacier, le Spegazzini, on retrouve la même effervescence. Celui-ci est très imposant, son front mesure plusieurs mètres. Toujours des dizaines d'icebergs d'un blanc immaculé en haut et bleuté à la base. Quand on pense que seule la partie émergée est visible on réalise avec peine que la partie immergée est dix fois supérieure. Ce lac, le plus grand d'Argentine, mesure près de six cents mètres au plus profond. Le passage vers l'Upsala étant bloqué par les glaces, une approche au pied du Perito Moreno est proposée. Une pluie glaciale se met à tomber, obligeant les touristes à regagner la pièce chauffée à l'intérieur. C'est donc en début d'après-midi que Marie fait face à une barrière de soixante mètres de hauteur. La vue d'en bas est encore plus impressionnante. Plusieurs ruptures se produisent dans un bruit d'enfer. Les remous font dangereusement bouger le bateau. Les fenêtres lumineuses ont disparu laissant place à des failles verticales de couleur grise ou noire. L'omelette norvégienne s'est transformée en un redoutable fantôme. Hier, sous le soleil et vu d'en haut, le glacier était féérique, aujourd'hui, sous la pluie et vu d'en bas il est dantesque. Après une bonne nuit Marie prend le bus pour El Chalten, situé à trois heures de route plus au nord. Le même paysage de steppes se déroule : ci et là quelques guanacos et choiques semblables à des autruches, affrontent le vent glacial. Elle regarde la cordillère enneigée se dessinant au loin sur un ciel azuré parsemé de gros nuages blancs, lorsque soudain, le Géant s'offre à elle. Elle l'a déjà vu en photo, mais le voir en vrai la remplit d'une immense joie et du sentiment d'être privilégiée. Cette dent de granit émerge des montagnes et son sommet joue à cache-cache avec les nuages. Le Fitz Roy grossit de plus en plus. Ses couleurs changent au gré de la lumière, passant du gris bleuté au rose tendre. La neige recouvre les flancs, le sommet est dénudé, battu par les vents. L'arrêt du bus devant le Maison d'information du Parc lui permet de se renseigner sur les diverses randonnées à effectuer et, passionnée par les plantes, elle achète un dépliant sur la faune et la flore de cette région. Chaque groupe est accueilli par des animateurs qui donnent les règles à suivre pour respecter l'environnement et signaler le risque de se trouver face à face avec un puma! Les empreintes de daims doivent être signalés également. Des consignes de sécurité sont données afin d'éviter les accidents. El Chalten est un tout petit village s'étendant dans la vallée. Il reçoit des amateurs de randonnées et des andinistes chevronnés de tous les pays. C'est à l' Auberge Patagonia qu'elle trouve un lit dans un dortoir prévu pour quatre personnes. Comme dans toutes les auberges il y a une cuisine équipée, une salle à manger et beaucoup de routards. Ici aussi, les prés regorgent de fleurs jaunes de pissenlits. L'accueil est très chaleureux. Marie partagera sa chambre avec une allemande et deux autrichiens. Après un déjeuner composé d'une soupe de citrouille et de blanc de poulet frit, elle décide de se rendre au Mirador, en direction de la Laguna Capri. Le sentier grimpe sévèrement dès le début. Elle doit s'arrêter pour reprendre sa respiration à plusieurs reprises et elle profite de ces haltes pour se retourner et admirer le village : des toits de tôle de couleur bleue, verte, rouge, jaune rendent ce petit village très gai. Le soleil brille mais un vent glacial souffle. La forêt de hêtres atténue son effet. Au bout de deux heures de marche entrecoupées de pauses, le sentier est à découvert et un spectacle hors du commun s'offre à Marie : un couple de condors plane au-dessus d'elle. Elle s'amuse à les suivre à la jumelle et observe le travail des rémiges. Trois battements d'ailes et la levée des rémiges leur permet de se diriger. Ont-ils aperçu une proie? Leur cercle s'agrandit de plus en plus et ils disparaissent derrière les montagnes. Des mottes buissonnantes, épineuses et flamboyantes parsèment l'herbe rase. Ce sont des mata guanaco. Les fleurs ne s'épanouissent pas, ce sont des boutons en forme d'ogives de couleur rouge-orangé qui contrastent avec le vert des prés, le bleu du ciel et le blanc de la neige au loin. Une barre rocheuse s'élève: le Fitz Roy. Il se dresse, majestueux. Marie a une pensée émue pour Lionel Terray qui l'a gravi en 1952. Quel courage! A côté, elle se sent toute petite. On dirait une canine dressée qui s'élève à près de 3 500 mètres d'altitude. Les indiens l'avaient surnommé “le volcan” en raison des nuages gris qui le recouvrent souvent comme de la fumée qui s'échapperait d'un volcan. Heureusement, cet après-midi, elle peut l'admirer et le photographier dans toute sa splendeur. Lors de la descente vers le village, Marie aperçoit, à flanc de montagne, plusieurs traces blanchâtres, signe qu'il y a au-dessus, posées sur le rebord étroit, des aires de condors ou d'aigles. Les rapaces continuent leur ballet dans le ciel et se jouent des randonneurs. Elle s'arrête plusieurs fois pour se désaltérer à l'eau pure des petits torrents qui dévalent les pentes. Plus bas, elle observe des carpinteros magallanicos, ces piverts au jabot rouge feu, au bec noir et au plumage gris strié de blanc. Habitués aux humains, ils ne daignent même pas arrêter leur martèlement sur les vieux troncs calcinés par les tempêtes. En revenant sous le couvert des hêtres, elle croise Georges, le bordelais septuagénaire qu'elle a rencontré sur le Puerto Eden. Ce vieil homme solitaire, très alerte et jovial, semble ravi de retrouver un visage connu. Ils échangent quelques mots, se racontant leur parcours depuis leur séparation à Puerto Natales, quinze jours auparavant. Les journées sont si intenses ici en Patagonie qu'il leur semble s'être rencontrés dans une autre vie. Tout au long de son voyage Marie croisera ainsi ce qu'elle appelle “des petites étoiles”, des hommes et des femmes remplis d'optimisme, les yeux pétillant des mêmes valeurs qu'elle, une sorte de communauté de gens de bonne volonté. Ces deux-là auraient pu faire un bout de chemin ensemble, mais la timidité et le respect mutuel en ont décidé autrement. Le lendemain, de très bonne heure, Marie opte pour une randonnée vers le Mirador du Cerro Torre. L'approche est plus douce. Le sentier démarre dans les tourbières moelleuses gorgées d'eau. De temps à autre, les montagnes se reflètent dans des petites mares, accentuant la magie des lieux. Sur ce versant mieux exposé au soleil, les anémones et les orchidées foisonnent. Sur la gauche Marie découvre une montagne en forme de pyramide bicolore, noire et blanche. Des cascades gigantesques alimentent plus bas la rivière Fitz Roy, cachée par la végétation. Le chemin devient de plus en plus ardu et serpente à travers les rochers et les souches grises des arbres morts. Arrivée au Mirador, la même émotion indescriptible envahit Marie. A côté du Géant, sur la gauche, un autre massif plus bas et arrondi : le Poincenot. Celui-ci est entièrement recouvert de neige. Ces deux sentinelles veillent amoureusement sur le village. Marie sort le pique-nique de son sac et s'assied, fatiguée, sur l'un des nombreux bancs. Il est midi, le soleil tape fort et toujours ce vent cinglant. Lunettes de soleil, bonnet, coupe-vent, crème solaire sont vraiment indispensables. Son plaisir, à chaque grande halte, c'est d'ôter ses chaussures et chaussettes afin de laisser respirer ses pieds. Le troisième jour, Marie entreprend de gravir le versant opposé, en direction du Mirador du Lago Toro. Le départ du sentier est situé juste à côté de la Maison du Tourisme. Des panneaux de bois balisent le chemin, aucun risque de se perdre. Au pied de la montée même fraîcheur et humidité, même végétation. Au bout d'une heure de marche celle-ci se raréfie, laissant place à un paysage aride. Seules des fétuques jaunâtres poussent ça et là. La montée est de plus en plus difficile, la fatigue et le découragement se font sentir. Le sommet est encore loin et à ce rythme elle pense au retour qui risque de s'avérer trop long. Marie n'aime pas renoncer mais la sagesse lui conseille de faire demi-tour. La descente est plus agréable, moins épuisante pour son coeur qui, à cette altitude, doit travailler deux fois plus. Au loin, toujours les deux sentinelles au garde-à-vous, vues sous un angle différent. En bas, le paisible village semble endormi. Le clocher de l'église sonne midi lorsque Marie arrive, épuisée, à l'auberge Patagonia. Ce midi au menu ce sera ratatouille et beefsteak. L'auberge est vide de touristes, les jeunes partant pour la journée entière et ne revenant que tard le soir, le visage et les bras rougis, fourbus mais heureux. L'après-midi Marie décide d'aller voir les chutes du Chorillo del Salto. Cette promenade suit la petite rivière Las Vueltas. Il n'y a pas d'effort à faire, juste mettre un pied devant l'autre. Le début est une piste caillouteuse et à chaque passage d'un 4x4 un nuage poussiéreux l'oblige à se protéger le visage avec son écharpe en guise de masque. Sur le bord de la rivière, un couple d'oies andines prend le soleil. Le mâle tout blanc excepté son bec et ses pattes noires, les ailes rayées de gris. La femelle toute grise, plus petite. Le couple semble habitué à la fréquentation de cet endroit par les curieux car il ne daigne même pas bouger. Puis l'accès est interdit aux véhicules et la piste se transforme en un agréable sentier qui serpente au milieu d'un épais tapis d'herbe verte parsemé de milliers de fleurs de pissenlits. Ici encore des calafates, des ciruellos (sorte de chèvre-feuille) aux fleurs orange flamboyant, des gaultherias aux baies violettes, un véritable festival de couleurs. Soudain, Marie entend un bruit assourdissant : des tonnes d'eau s'abattent sur les rochers. Haute d'une quinzaine de mètres, la cascade miroite sous l'effet du soleil. A ses pieds, beaucoup de touristes, appareils photos en mains, immortalisent la scène. La roche est grise, brillante, usée par l'écoulement de l'eau. Sur les côtés, le gris des arbres déracinés contraste avec le vert des arbustes en fleurs. Quelques amoureux semblent s'éterniser, assis sur les rochers. C'est rechargée en énergie que Marie regagne le village qu'elle doit quitter ce soir pour une très longue route qui la conduira jusqu'à Chile Chico. RETOUR EN PATAGONIE CHILIENNE C'est donc vers 15H30 que le minibus arrive le 10 novembre à Chile Chico. La traversée sur la célèbre route 40 a été fatigante. Peu ou pas de goudron, un bus en mauvais état pas confortable du tout, un arrêt au petit matin dans une estancia pour le petit déjeuner, un ranch perdu au milieu de nulle part, un lever de soleil magnifique, la terre et le feu. Le passage de la frontière �� los Antiguos avait duré plus d'une heure, les chiliens vérifiant tous les bagages des argentins; puis ce minibus pour elle toute seule. Ici aussi des lacs à perte de vue, des paysages magnifiques. L'aridité a laissé place à une nature généreuse. Marie est très heureuse de retrouver “son” Chili et la gentillesse de ses habitants. L'hôtesse du guichet ne l'avait-elle pas appelée corazon? Ce n'est pas en France que de tels mots affectueux seraient prononcés. Ce n'est pas de la familiarité, seulement un signe d'attention. La voyageuse trouve un hôtel, le Rosaria, juste à côté du port. Marie va se dégourdir les jambes en gravissant la colline qui se dresse derrière le port et où trône une Vierge. Des lycéens argentins en voyage de fin d'année chahutent et interpellent la touriste : “D'où viens-tu? Où vas-tu? Tu viens de quel pays?”. De là-haut Marie voit la petite ville et ses rues quadrillées, les barges ancrées prêtes à larguer les amarres pour Puerto Ibanez, ville située sur l'autre rive du lac Carrera. Ce soir, elle ira au restaurant car dans le bus, contrairement aux habitudes, les repas n'ont pas été servis et elle se sent affamée. Le lendemain matin elle parcourt les rues de la ville et observe l'avance du printemps : les soucis et les pivoines sont en fleurs, les arbustes aussi comme le pommier de japon, le forsythia, le genêt. Près de l'hôtel elle remarque une quantité de plantes en pots. Une jeune femme s'approche, la salue et la conversation est entamée. La même passion les anime : les fleurs et les plantes. Elle s'appelle Marcela. C'est une belle femme d'environ trente cinq ans, ses longs cheveux noirs bouclés encadrent un visage fin, à peine typé. Sa voix est douce, elle est souriante. Marie est invitée à pénétrer à l'intérieur de la serre et s'exclame devant tant d'abondance. Des semis et des boutures partout, bien étiquetés. Marie traduit en français le nom des plantes qu'elle reconnaît. Beaucoup de noms sont semblables car la racine est latine. C'est à regret que les deux amies se séparent car Marie doit faire ses bagages et embarquer sur le Pilchero pour l'autre rive. La route 40 n'a rien à envier à la Carretera Austral si ce n'est la végétation luxuriante. Même ripio, même poussière lorsque le temps est sec. De part et d'autre de la route d'immenses fougères, des bambous, des malcas (sorte de rhubarbes) en fleurs violettes dont les tiges se mangent crues et salées, transportent Marie en forêt tropicale tandis que nous sommes en Patagonie, à environ 47° de latitude Sud. Sur la gauche les sommets enneigés se découpent sur le ciel bleu. La route serpente dangereusement dans un foisonnement de cascades, de torrents, de lacs, de falaises et de plantes géantes. On se croirait dans un conte de fées! Le bus croise des touristes à bicyclette, sacoches bien remplies. Ces fous du cyclo ont bien de la chance de pouvoir s'arrêter quand ils le veulent. Planter la tente dans des lieux aussi magiques et sublimes, seuls, coupés du monde, n'ayant pour compagnie que la nature généreuse, quel luxe! Le bus arrive à Coihaique en pleine nuit. Difficile pour Marie de se repérer dans ce dédale de rues à la recherche d'un hôtel. Heureusement, quelques habitants croisés sur les trottoirs lui indiquent un hospedaje à un kilomètre de là, rue Freire. L'accueil est toujours aussi chaleureux. Elle pénètre dans une salle commune sombre, surchauffée, enfumée. Quelques hommes sont attablés, étonnés de voir ici une gringa. Les locaux, en effet, sont plutôt métissés, bruns de peau et de cheveux. Marie à une chevelure plus blanche que neige, le teint pâle. La maîtresse de maison semble hésiter avant d'accepter de recevoir son hôte. Le patron, quant à lui, conduit directement la touriste dans une cuisine sortie tout droit d'un roman de Victor Hugo. La table de bois brut cirée par la saleté des années est surchargée de récipients, couverts ébréchés et restes de nourriture. Les murs sont tapissés de placards et d'étagères où s'entassent les ustensiles et provisions. L'évier déborde de vaisselle sale et la gazinière n'a pas vu l'éponge depuis des lustres, L'homme propose à Marie de partager son repas. Poliment, elle refuse, ne voulant pas abuser de son hospitalité. Elle sort de son sac à dos un sachet de soupe poulet-vermicelle et un sandwich jambon-fromage. Pour ce soir, ça ira, pense t-elle. Elle est affamée, mais la vue de ce spectacle la rebute un peu. C'est vraiment du typique. Cet hospedaje restera pour longtemps dans les souvenirs de Marie, tant pour la cuisine que pour la chambre : des draps sales, pas de chauffage, des couvertures sentant la crasse et l'humidité. Et la salle-de-bains, impossible d'y entrer tellement c'est sale. Marie fera sa toilette à la lingette. Le lendemain Marie va se promener le long du Rio Simpson pour découvrir l'attraction locale : la tête d'indien. La route est bordée de hauts lupins en fleurs. Le violet mélangé au jaune des cytises est un ravissement pour la touriste. Elle, qui ne peut réussir à faire pousser de lupins dans sa terre trop calcaire, est émerveillée. Ici, la terre est brune, volcanique. La région foisonne de volcans qui se réveillent parfois, projetant leurs cendres à des dizaines de kilomètres. Le rocher de granit apparaît et, avec un peu d'imagination, on peut reconnaître, en effet, le profil d'une tête d'indien. Chaque ville offre ainsi une spécialité touristique à voir ou à goûter. Plus enthousiasmée par la flore que par la vue de ce bloc de granit gris, Marie remonte la route jusqu'au centre ville, en direction de la Place des Armes. Toujours le même schéma: au centre, une statue en bronze d'un général célèbre, ici O'Higgins, des canons, une fontaine, des arbres, des bancs, des marchands ambulants, des étudiants dans leurs costumes bleu-marine, chemises blanches et cravates, des pigeons, des vendeurs de grains, des agents de ville balai en mains, d'autres chargés du stationnement encaissant la taxe. Ici, au Chili, peu de chômage. Chacun à un petit emploi. Excepté aux abords des grandes villes, Marie ne trouvera pas de sans logis. C'est peut-être dû au sens de la famille très développé dans ce pays. Les vieux sont respectés et pris en charge par les enfants et petits-enfants. La solidarité et l'entraide sont encore présents. A aucun moment Marie n'a ressenti de stress venant des chiliens. Ils sont décontractés, très lents, heureux de vivre. Peut-être est-ce dû à leur récente liberté? Sortis d'un régime de dictature sous Pinochet, ils goûtent à la joie d'une liberté durement acquise. Le lendemain matin Marie arrive à Chaiten, petit village situé au bord de la mer. C'est d'ici qu'elle prévoit de rejoindre l'Ile Chiloe en ferry. Dès sa descente de bus elle part, comme à l'habitude, à la recherche d'un hospedaje. Personne dans les rues. Le premier hôtel est fermé. Au deuxième, la propriétaire dit : “Désolée, je n'ai pas d'eau”. Il règne ici une ambiance étrange, inhospitalière. Marie s'enfonce un peu plus dans la ville et tombe sur une épicerie ouverte. “Bonjour Madame, pourriez-vous m'aider, je suis à la recherche d'un hôtel”. “Pas de problème, je vais appeler mon amie Carla, elle va venir vous chercher.” Et la discussion se poursuit. Marie apprend, tout étonnée, que le village a été enseveli en mai 2008, suite à l'éruption du volcan. “Allez voir là-bas” dit l'épicière en tendant son bras, “il ne reste plus rien”. Carla arrive à bord de son puissant 4x4. Elle conduit Marie au Don Carlos, rescapé du sinistre. Un drapeau gris flotte au-dessus d'un échafaudage de bois sur lequel repose une énorme citerne d'eau. Les murs jaunes à l'origine tirent sur une couleur jaune-grisâtre. L'herbe a du mal à pousser, le sol est recouvert de cendres. L'hôtel est très grand, désert. Dans l'immense salon des photos aux murs attirent l'attention de la touriste : celles d'avant et celles d'après la catastrophe. Que vient faire cette étrangère ici doit penser Carla. N'a t-elle pas lu son guide? Si, elle l'a bien lu mais il date de 2008-2009 et l'information n'y figure pas. Marie commence à angoisser d'autant plus que le prochain départ de ferry n'est prévu que dans trois jours. Le volcan Chaiten aperçu au-dessus des montagnes continue de fumer et c'est peu rassurée que l'aventureuse part constater les dégâts occasionnés par l'éruption. Dix centimètres de cendres recouvrent les rues, de larges traces de pneus indiquent que de gros engins sont venus déblayer les lieux. Des amas de cendres s'entassent de part et d'autre du chemin. Les maisons de bois sont englouties, ne laissant apparaître que leurs toits rouges. Les voitures aussi ont été saisies par la coulée dévastatrice. Les câbles électriques arrachés s'agitent au vent. Il règne ici un silence de mort. C'est une ville fantôme, un décor de film d'horreur. Mais que font ces gens ici? Marie apprendra que le gouvernement a relogé les habitants plus loin, hors du danger potentiel et qu'il ne reste que des résistants, des enracinés qui ne veulent pas partir malgré la menace d'une nouvelle éruption. Marie a rencontré deux “Calamity Jane” sorties tout droit d'un western. Elle aura la chance d'apprendre qu'un ferry appareillera le soir même pour Quellon. Les dieux auraient-ils entendu ses prières? La traversée du canal Corcovado durera plus de six heures sur une véritable tôle ondulée, éprouvante. Chiloe la rayonnante, Chiloe la fière, Chiloe la typique, Chiloe la désirée s'offre enfin à Marie. Il y a vingt ans, lors de son précédent voyage au Chili, le couple était allé jusqu'à Puerto Montt et la région des lacs. On leur avait tellement vanté cette île que dans l'imaginaire de Marie sa beauté était devenue inaccessible. La découvrir la remplit d'une immense émotion. Elle n'est pas déçue. La lande parsemée de genêts et de ciruellos en fleurs se déroule sous ses yeux. Des troupeaux de vaches bien grasses paissent tranquillement. L'herbe est riche, bien verte. Le soleil brille et rend tout plus beau. Il pleut souvent dans cette région agricole. Les maisons colorées égayent le paysage et toujours ce ciel patagon d'un bleu soutenu sur lequel se détachent de gros cumulus blancs. La capitale, Castro, s'enorgueillit en son centre d'une belle église tout en bois aux tons pastels de violet et de jaune. Près d'elle le musée régional, en bois également, permet à Marie de mieux connaître l'histoire des chilotes, derniers résistants de la colonie espagnole. Des maquettes de chalupones, ces embarcations creusées dans les troncs d'arbres dont la proue et la poupe sont identiques, sont exposées à côté d'instruments de musique typiques. Marie flâne dans les rues animées et se réjouit de pouvoir goûter aux premières cerises et fraises de l'année. Un vrai régal! Puis elle descend vers les palafitos, ces maisons de pêcheurs construites sur pilotis, qui sont l'attraction de la ville. Côté rue, c'est une succession de façades en bois, aux bardeaux peints en bleu, vert, jaune, framboise. Côté mer, c'est moins joli: des moules sont accrochées aux poteaux qui soutiennent les maisons et une odeur désagréable se dégage des lieux. Plus loin, une locomotive noire aux jantes rouges trône au milieu d'un square fleuri de gaillardes et de lupins aux tons pastels. Des enfants jouent sur la plage recouverte de coquilles. Marie pense à ses petits-enfants et la nostalgie l'envahit.
SANTIAGO - VALPARAISO Marie quitte l'Ile Chiloé pour un long trajet de nuit en direction de Santiago. Elle connaît déjà cette région et préfère gagner du temps en voyageant de nuit, les bus étant confortables et se sentant en sécurité dans ce pays. Aux abords de la capitale, elle sent une vive émotion l'envahir et les souvenirs des trois mois passés dans l'attente d'une décision de justice remontent à la surface. Elle est à la fois impatiente et inquiète. Ne va-t-elle pas être déçue? Le taxi la dépose devant le Residencial Londres 54, recommandé par les jeunes toulousains. On se croirait dans un vieil hôtel anglais avec ses fauteuils dépareillés, son parquet crissant sous les pas, ses salons cosy et ses chambres aux plafonds très hauts. Ambiance très british. Cet hôtel a l'avantage d'être à deux pas du centre, dans un quartier très calme. La température avoisine les trente degrés l'après-midi lorsque Marie gravit le Cerro de la Virgen del Valle à los Andes. Le sentier caillouteux zigzague à travers les cactus, ce sentier qu'elle a gravi vingt ans plus tôt en compagnie de son mari. C'est comme un chemin de croix tellement la montée est rude. Elle avait promis de revenir ici si son voeu était exaucé : adopter Julie. Ici, le paysage n'a pas changé, contrairement à la banlieue de Santiago qui a vu grandir de gigantesques gratte-ciel. C'est épuisée que Marie arrive aux pieds de la statue. Elle sort l'ex-voto de son sac et l'accroche à la grille bleue qui entoure la Vierge. Debout, elle la remercie de tout son coeur et adresse une prière, mélange de bouddhisme et de christianisme, à l'intention de sa fille. Pas de Je vous salue Marie, pas de Notre père, juste un recueillement religieux. C'est le coeur léger qu'elle quitte ce lieu de pèlerinage, redescend vers la ville et apprécie de déguster une glace à la vanille à la terrasse d'un café. Le soir, Marie va se promener dans Ahumada, la principale rue piétonne de la capitale, toujours bondée de monde, avec ses beaux magasins et ses nombreux fast-food, les pollitos, restaurants où l'on trouve des demi-poulets grillés accompagnés de frites (papas fritas), le tout servi avec un énorme verre de coca-cola ou de soda. Il lui est agréable de se fondre dans la foule, de passer pour une véritable chilienne. Le lendemain Marie se dirige vers le Cerro Santa Lucia au pied duquel se dresse toujours l'hôtel Monte Carlo. On dirait qu'il a souffert du récent tremblement de terre, ses murs roses sont fissurés et il semble à l'abandon. La montée matinale de cette colline la renvoie à ses vieux souvenirs et Marie ne peut s'empêcher de penser à sa fille qui trottinait à ses côtés ou juchée sur les épaules de Jean, heureuse d'avoir enfin trouvé une famille. Les décors n'ont pas changé, seule la saison a changé : autrefois c'était l'hiver en plein mois d'août, les arbres dénudés, les massifs dépourvus de fleurs, à présent c'est le printemps, l'équivalent d'un mois de mai en France, et les fleurs abondent. Des jardiniers, tuyau ou balai en mains s'affairent à arroser les massifs ou balayer les allées. D'énormes acanthes en fleurs voisinent avec des cornes de bélier, les céanothes et les bougainvilliers se mêlent aux fleurs violettes des jacarandas (flamboyants bleus-violets), les palmiers se reflètent dans les vitres bleutées des immeubles avoisinants. Une cascade s'écoule dans trois grandes vasques superposées, ajoutant un brin de fraîcheur et d'humidité à cet endroit si romantique. Marie arrive au sommet et redécouvre les créneaux du fort aux briques rouges, retrouve avec émotion l'endroit même où avaient été prises les photos. Rien n'a changé. La colline a résisté au tremblement de terre! Seul le point de vue a changé : la ville semble deux fois plus étendue. Un groupe de jeunes filles, portable en mains, s'amusent à se photographier, assises sur un énorme canon. Marie s'assied sur un banc et médite sur la notion du temps. Pour l'ascension de l'autre célèbre cerro de Santiago, le San Cristobal, Marie emprunte le funiculaire. A plus de trois cents mètres de dénivelé est érigée une immense statue de la Vierge de l'Immaculée Conception qui veille sur la ville, les yeux levés vers le ciel et les mains ouvertes en offrande. Premier arrêt au zoo (c'est ici que Julie avait vu pour la première fois des girafes et des lions). Les jeunes parents accompagnés de leurs enfants excités descendent. Deuxième arrêt, l'esplanade de la Vierge. La statue géante attire de nombreux touristes, croyants ou non. Un jardinier propose gentiment à Marie de la prendre en photo avec, au premier plan, les roses épanouies dont il est si fier, et en arrière plan la statue vénérée. D'ici, la ville semble encore plus étendue et la pollution empêche de discerner clairement les limites de la mégapole noyée sous une fine couche de brume. Prochaine destination : Limache et le foyer Saint-Vincent de Paul. Trois heures de route sont nécessaires pour atteindre les lieux si chers au coeur de Marie. Ce chemin parcouru autrefois dans un autre état d'esprit lui semble long et court à la fois. Long car elle est pressée d'y arriver, court car elle apprécie la nature généreuse en cette saison : les cerisiers croulent sous le poids des cerises et les avocatiers sont en pleine production. Les champs de pommes de terre, de fèves et d'asperges alternent avec les vergers. Cette région agricole, loin de la capitale, convient mieux à Marie. Il est midi lorsque le bus “Golondrinas” stoppe devant la petite Place des Armes. Rien n'a changé. Toujours ces larges trottoirs carrelés qu'elle a foulé pendant trois mois, seule ou accompagnée de Julie. Une joie mêlée de nostalgie envahit la touriste. Une inquiétude aussi (et si le foyer n'existait plus!) Marie dépose ses bagages au petit restaurant faisant face à la place et dans lequel elle vient de se restaurer à la hâte, puis elle part, conduite par ses souvenirs ancrés dans sa mémoire, comme téléguidée, vers la rue Colon, au 349, où se trouvait le Foyer. La statue de bronze du célèbre saint, un enfant dans les bras et deux autres à ses pieds est toujours là, sur le trottoir. Elle reconnaît les grilles, la porte, la cloche. Le coeur battant très fort Marie s'apprête à la saisir lorsque la porte s'ouvre, laissant apparaître deux adolescents. Elle entre dans le hall, s'approche de la jeune secrétaire souriante et se présente. La Mère Supérieure étant absente, c'est Sonia, l'éducatrice qui se souvient très bien de la petite Julita, sordita con ojos azules qui recevra Marie.(...) Ses pas la conduisent machinalement vers le Collège Allemand où elle est restée près de trois mois, en attente du jugement. Elle reconnaît l'enseigne de tôle peinte en vert se dressant en arche au-dessus du portail et sur laquelle est écrit “Farienheim”. La cour est identique, des amarylys en fleur et des acanthes de part et d'autre de l'entrée gravillonnée. La grande baie vitrée et le hall. Son coeur bat très vite. Tout se mêle dans sa tête et son coeur, le passé et le présent se bousculent. Sur la gauche, le bar et derrière le comptoir deux femmes. Marie s'adresse à celle qui l'accueille d'un large sourire, se présente et demande poliment la permission de visiter le parc et de prendre des photos. A gauche la piscine, ses relax blancs et ses parasols, un peu plus loin l'aire de jeux avec le tourniquet et les balançoires sur lesquels Julie passait des heures. Les arbres centenaires aux essences rares reconnaissent Marie et agitent leurs feuilles en guise de bienvenue. Le parc s'étend sur un demi-hectare, bien entretenu. Les bancs se souviennent de cette maman et de cette petite fille qu'ils recevaient souvent. Ils revoient leurs visages se faisant face, les mouvements de leurs lèvres, leurs sourires, leurs câlins. Plus loin, en contrebas, il y avait une vache noire et blanche. Julie arrivait à prononcer le mot “vaca”. Elle n'est plus là. Le bâtiment qui était occupé par les collégiens est vide. Marie se revoit dans sa chambre où elle a commencé, patiemment, à apprendre quelques mots de français à Julie. Elle s'entend lui chantonner à l'oreille droite : “A la claire fontaine...” Que de chemin parcouru depuis ce temps! Il n'y a pas d'hôtel à Limache et Valparaiso n'est qu'à une heure en métro-bus. Un taxi la dépose à l'hôtel Pilcomayo au Cerro Alegre. Marie est encore toute bouleversée par le retour sur ces lieux qu'elle avait dû quitter en pleurs, vingt ans auparavant, les démarches n'aboutissant pas et surtout menacée de radiation par le directeur de l'hôpital. Elle était loin de sa famille et de ses deux garçons qui lui manquaient beaucoup. Elle n'avait pas pu revenir à Noël lorsque la nouvelle était tombée : “Vous pouvez venir chercher Julie”. Mais le bonheur d'avoir enfin une réponse à la question de sa fille l'emporta et elle passa une très bonne nuit. Le lendemain, Marie continue son tourisme et part à la découverte de la ville qui n'a pas changé. Les maisons colorées tapissent les collines qui protègent la baie. Des ascenseurs brinqueballants font la navette entre le bas de la ville et le haut des quartiers les plus beaux, évitant ainsi aux piétons bien des fatigues. C'est un véritable festival de couleurs, entre les murs peints de couleurs vives et les fleurs qui débordent des balcons. Marie est attirée par le musée à ciel ouvert, au cerro Bellavista, où les artistes-peintres rivalisent de créativité. Un vieil homme est en train de peindre les marches d'un escalier d'une marine éclatante, dans un style figuratif plus vrai que nature. Les barques semblent flotter sur l'océan et les mouettes blanches se dessinent sur un ciel azuré. Plus loin, des bancs en demi-lune recouverts de mosaïques invitent au repos. Les lampadaires aussi sont tapissés de mosaïques aux couleurs vives. Ailleurs, ce sont des tags plus ou moins réussis. Les chats et les chiens cohabitent. Un persan gris est allongé sur le rebord d'une fenêtre, se fondant avec le gris des volets et de la grille. Il ne daigne même pas bouger lorsque Marie le prend en photo. Le quartier dégage beaucoup de charme et les touristes sont très nombreux ici. En revenant vers l'hôtel, Marie aperçoit une enseigne “Kfe Havana Club”. Depuis son arrivée en Amérique du Sud elle n'a bu que du café en poudre! Ici, peut-être va-t'elle pouvoir déguster un bon café! Ramon le cubain l'accueille gentiment et lui sert un véritable expresso. Quel régal! Il lui parle de sa femme et de ses enfants laissés à Cuba et son souhait le plus cher c'est de visiter Paris un jour. L'hôtel est ancien. C'est un grand bâtiment à étage où les chambres et les dortoirs se répartissent de chaque côté d'un large couloir moquetté. Une cuisine équipée bien propre est à la disposition des clients. Deux ordinateurs gratuits d'accès meublent le grand salon. Une vieille machine à coudre Singer décore la pièce aux côtés d'un écran télé dernier cri. Des canapés usés invitent au repos dans le coin lecture. Satisfaite de cette première journée, Marie va cuisiner des fèves aux lardons, le tout arrosé d'un bon vin chilien “El Gato” (le chat). COQUIMBO Encore toute bouleversée par sa découverte, Marie continue son trajet vers le Nord, vers la ville natale de sa fille, Coquimbo. Des vignes et des champs d'oliviers s'étendent à perte de vue au départ de Valparaiso, dans la vaste plaine s'étalant entre le Pacifique et la Cordillère. Puis le paysage devient plus aride et la panaméricaine longe l'océan sur plus de trois cents kilomètres, surplombant de magnifiques criques. Les roches rouges, riches en cuivre et recouvertes de cactus, se détachent sur un ciel sans nuages. Il fait de plus en plus chaud et les tongs ont remplacé les chaussures de randonnée. Son sac à dos s'est allégé au fur et à mesure du voyage, surtout à Chaiten où Marie a offert la moitié de ses vêtements à Carla, toute heureuse de recevoir des “marques” françaises. Le bonnet a laissé place à la casquette et les lunettes de soleil sont vraiment indispensables. La climatisation du bus fonctionne à plein régime et les postes de télévision projettent leur DVD sous les yeux attentifs des voyageurs, tantôt en espagnol, tantôt en anglais mais sous-titrés. Marie ne s'assied plus au premier rang, plutôt au milieu ou au fond, depuis qu'un bus de la même compagnie a fait quatorze victimes au sud de Santiago. Elle a vu les images dans sa chambre le soir et, croyant aux signes, elle est devenue prudente. En Amérique du Sud les habitants sont friands de faits divers qui sont repassés en boucle sur les diverses chaînes avec des témoignages plus émouvants les uns que les autres. Ajoutez à cela les Novelas, ces feuilletons romantiques à l'eau de rose, il ne reste pas grand chose à regarder, à part les émissions de cuisine qui, comme en France, ont un réel succès. Coquimbo, petit port de pêche situé à une dizaine de kilomètres au sud de la Serena, capitale de la région, est en vue. Cette ville est abritée par une baie et s'arrondit au pied des collines, ce qui en fait un lieu tranquille et charmant, loin du tumulte de la grande ville touristique. Marie, comme à l'habitude, part à la recherche d'un hôtel en cette fin de journée. Elle ne réserve jamais à l'avance, préférant voir sur place la situation et le confort. Tout près du terminal de bus, dans une rue parallèle, elle trouve un apart-hôtel bien tenu. Elle restera là une bonne semaine pour se reposer et digérer les milliers de kilomètres parcourus. Idéal. La touriste va enfin se poser en vacancière. Le lendemain matin ses pas la guident vers le port de pêche animé. De gros palans lèvent les filets pleins de calamars et de thons qui viennent se déverser à même le quai. Les pêcheurs pèsent et découpent leur butin, rejetant les viscères à l'eau, festin attendu des pélicans et des lions de mer, habitués à recevoir cette manne providentielle. Les grosses têtes de chats à longues moustaches n'ont qu'à ouvrir leur gueule pour engloutir, encore chauds et sanguinolents, les rejets de la pêche. Le vol pataud des pélicans plongeant depuis le quai ne les effraie même pas. Les marchands et les restaurateurs négocient avec les patrons pêcheurs. Chacun semble y trouver son compte et le quai se vide peu à peu, laissant les lions de mer et les pélicans repus jusqu'au lendemain. Les mouettes mangent les miettes en virevoltant au-dessus des barques. Près du terminal pesquero une multitude de restaurants proposent leurs spécialités. Les passants peuvent grignoter à toute heure les crustacés préparés à l'avance et présentés dans des bols en plastique transparent. Moules, crevettes, calamars baignent dans un jus épicé et une odeur de pêche fraîche s'exhale des étals. Chez Juanito, chez Rosa, chez Don Jose. Chaque stand porte le nom de son propriétaire et des tables recouvertes de tissu coloré invitent à la dégustation. Evacuation tsunami. De grosses flèches jaunes indiquent au sol la direction à prendre en cas de raz-de-marée. Marie emprunte l'escalier en zigzag qui grimpe jusqu'au sommet de la colline où se dresse une immense croix en béton, la Croix du 3ème Millénaire. Les hibiscus, les lantanas et les strélitzias débordent des jardins et des géraniums géants et abondamment fleuris retombent en cascade le long des murets. A chaque halte, Marie se retourne pour profiter de la vue sur le petit port; au loin, les sommets enneigés de la cordillère, véritable décor de carte postale. Au Chili, les chiens sont rois. On les trouve partout, seuls ou en bande, même dans les terminaux de bus; ils font partie du paysage et surtout, ils ne sont pas agressifs et aboient rarement. Curieux, ils accompagnent les touristes ou les précèdent pour leur indiquer le chemin. Au pied de la croix un groupe de touristes chiliens pénètre dans la chapelle moderne. Mariage du bois et du béton, statues religieuses, autel épuré, odeur de cierges, recueillement. Le jour suivant Marie décide de grimper jusqu'à la Mosquée récemment construite et parrainée par le roi Mohammed VI pour la paix dans le monde. C'est la seule mosquée du pays, ce pays largement catholique. Trouvant cette construction pour le moins incongrue dans ce paysage et surtout inutile car il n'y a pas de musulmans ici, Marie ne peut s'empêcher de repenser à sa fille et à ses nombreux voyages au Maroc. Les drapeaux chilien et marocain flottent au vent, les voûtes au style mauresque et les mosaïques vertes et blanches ne sont pas sans lui rappeler un petit air de déjà vu. L'Orient et l'Occident cohabitent sous le regard tolérant des coquimbiens. Le sentier redescend, bordé de bananiers, de palmiers et de cannas. Les habitants croisés la renvoient aux origines de sa fille. Il y a peut-être ici des parents, des gens qui l'ont vu naître, qui ont connu sa mère et, inconsciemment, Marie leur trouve une certaine ressemblance. Une fête foraine est installée sur la Costanera. Les manèges, chenilles et auto-tamponneuses attirent les familles entières. Les bambins se promènent aux bras de leurs parents, une énorme glace en main. Les vendeurs de pop corn, glaces et sodas font recette. Les chiliens sont gourmands et heureux de profiter de ces moments de fête en famille. Cette ambiance bon enfant renvoie Marie à sa jeunesse, aux fêtes votives et à la joie de s'amuser sans souci du lendemain. C'est à Coquimbo que Marie prendra son premier bain dans l'océan glacé malgré la chaleur extérieure. Elle préfèrera lézarder, allongée sur la plage de sable gris et rêver à d'autres mers plus chaudes qu'elle a connues par le passé, au Kerala par exemple. La ville n'avait plus d'inconnu pour Marie. Elle avait déjà ses repères quotidiens : le cyber café d'où elle pouvait consulter sa messagerie et envoyer des mails, le supermarché Unimarc où elle faisait ses courses et mangeait parfois à la cafétéria, la Place des Armes qui se préparait à recevoir le gigantesque arbre de Noël enguirlandé, le port et le marché aux poissons, la plage et le jardin public ombragé où elle aimait venir lire les après-midi. Elle se verrait bien vivre ici à trente degrés de latitude sud, sans hiver rigoureux, sans trop de pluie, juste ce qu'il faut pour alimenter les réserves d'eau. Elle se sentait devenir à moitié chilienne par la pensée mais complètement par le coeur. Une excursion à Vicuna, village natal de Gabriela Mistral va permettre à Marie de découvrir la vallée de l'Esqui, ses vignobles taillés hauts comme des treilles, ses paysages à couper le souffle et l'authenticité de l'arrière-pays avec ses maisons en adobe. La tour Bauer a quelque chose de la Tour Eiffel de par sa forme pyramidale, excepté son clocher cubique crénelé et ses murs recouverts de bois. Elle abrite la mairie et l'office du tourisme. Elle apprendra que le pisco sour, cette boisson alcoolisée si typique, se fabrique dans cette région, gardant jalousement son secret. Au loin, les cerros enneigés culminent à plus de cinq mille mètres. Marie avait visité la maison natale de Pablo Neruda à Valparaiso, ici, la visite de la maison de son amie Gabriela, première femme d'Amérique latine à recevoir le prix Nobel de Littérature, l'émeut par-dessus tout. Marie se recueille sur sa tombe à Monte Grande et se promet de lire son oeuvre. LE DESERT D'ATACAMA Copiapo, Caldera, Chanaral, Antofagasta, autant de villes et d'arrêts dans ce Chili du Nord que Marie découvre pour la première fois. Les ports exportant les minerais de cuivre et le salpêtre, la pampa, le tropique du Capricorne, les cactus, les lamas, la sècheresse et une oasis accueillante, perdue dans le désert : San Pedro de Atacama. Sur la place, devant l'église, une fanfare joue et Monsieur le Maire fait un discours. Foule colorée, drapeau atacamène aux couleurs de l'arc-en-ciel, visages burinés, costumes traditionnels. Ici les touristes sont dans le typique. Le petit village d'adobe fourmille de touristes. Marie est fatiguée, ses chevilles sont enflées, son coeur bat trop fort et son crâne va exploser. Est-ce dû à l'altitude, à la chaleur ou au rythme élevé de son voyage? Quelques jours de repos dans un hôtel bien calme vont lui faire du bien. C'est à l'hôtel Cruz d'Atacama qu'elle trouve son bonheur. Situé à l'écart du village, peu fréquenté, cet endroit va lui permettre de se ressourcer. Elle repense à ses précédents arrêts. Antofagasta et la Portada, cette arche naturelle creusée par les vagues dans la roche calcaire, sa place des Armes aux bougainvilliers multicolores et aux quatre fontaines si romantiques, la crèche qui ornait déjà l'Eglise San Francisco, les balades sur les quais où se dresse une immense sculpture de cuivre et les petites plages bondées de monde. Caldera, petit port de pêche non loin de la célèbre Baie des Anglais, avec son église de bois fraîchement repeinte et son monument en hommage à Cousteau, son hôtel Pucara si accueillant. Copiapo, ville sans intérêt si ce n'est son musée minéralogique rempli de trésors. Tous ces souvenirs lui reviennent en mémoire et se bousculent dans sa tête. Ne rien faire, s'allonger sur la chaise longue et boire beaucoup d'eau. Son corps lui rappelle qu'elle aura bientôt soixante deux ans et qu'il serait temps qu'elle apprenne à le ménager. Elle se sent jeune dans son esprit et ce décalage lui déplaît. Un peu de sophrologie, quelques techniques de récupération et tout va rentrer dans l'ordre. Effectivement, le lendemain Marie arpente les rues poussiéreuses de la ville en direction de l'église. Hier, il y avait trop de monde pour s'approcher de cette église qu'elle a déjà peinte en aquarelle d'après photo. Eclatante de blancheur sous le soleil de midi, entourée d'une clôture de briques de terre et de paille séchée, elle-même peinte en blanc, son arcade au linteau surmonté de trois pics au travers de laquelle on aperçoit la porte de bois bleue, entr'ouverte. Le toit de terre et de chaume brun et, à droite, le clocher cubique surmonté d'une croix de travers. Encore plus beau en vrai, pense Marie. Elle pénètre à l'intérieur sombre et frais. La charpente de bois de cactus ressemble à un navire à l'envers. Saint Pierre et la Vierge Marie se côtoient et scintillent sous les cierges allumés. Recueillement, prières, silence. Plus loin, Marie emprunte le passage entre la place et ses vieux caroubiers et le cimetière, où se dresse le marché artisanal très coloré. Des tissages aux motifs incas, des pulls en alpaga, des poteries, des aguachos (carrés de laine tissée aux couleurs vives servant à porter les bébés dans le dos), des souvenirs fabriqués dans la Bolivie voisine, beaucoup plus pauvre. Marie s'arrête devant la boutique d'un potier qui fabrique des ocarinas. Elle l'observe remplissant les moules d'une boule d'argile et trouant l'objet avec adresse et précision pour en faire sortir les notes si harmonieuses. Alfaro est un artiste, après cuisson au four à haute température, ces ocarinas partent comme des petits pains. C'est ici, dans ce marché, que Marie va rencontrer un couple de grenoblois extraordinaire, Christophe et Fabienne, des routards atypiques et courageux. Christophe est paraplégique. Elle aura l'occasion de sympathiser et de partager avec eux quelques moments dits existentiels. Le cimetière, comme tous les cimetières de l'altiplano, est accueillant. Chaque tombe est fleurie d'une couronne de fleurs en papier crépon aux tons brûlés par le soleil. Il fait sec et chaud. Au loin, le volcan Licancabur se dresse majestueusement et veille sur les morts. Le lendemain matin Marie loue un vélo tout terrain et part visiter le Pukara de Quitor et la Gorge du Diable . Dans son sac à dos, de l'eau, des fruits secs et des biscuits, indispensables pour de tels efforts. Elle reprend la route internationale sur trois kilomètres avant de tourner à droite sur un sentier sablonneux qui serpente vers la forteresse inca construite au XIIe siècle. Elle laisse son vélo à l'entrée du site protégé et commence l'ascension des ruines. Elle imagine sans mal la vie d'ici autrefois, paisible, agricole, familiale, rituelle, avant l'arrivée des conquistadores au XVIe siècle et les massacres qui ont suivi. Marie se sent l'âme d'une indienne. Déjà, petite, quand son frère l'obligeait à jouer aux cowboys et aux indiens, elle s'attribuait d'office le rôle d'indien. Elle voue une admiration à la nature et déteste les armes à feu. Les envahisseurs catholiques ont forcé ces habitants à croire et à pratiquer une religion tellement éloignée de la leur qu'ils en ont gardé une peur superstitieuse, mêlant cette nouvelle croyance à leurs rites ancestraux dédiés au Soleil et à la Pachamama. Du sommet de la cité antique dont il ne reste que des blocs de pierre, Marie peut admirer la vaste oasis verdoyante qui s'étale dans la vallée. Quel contraste avec l'aridité environnante! Marie continue en pédalant vers la Gorge du Diable, passage étroit créé par l'érosion de la cordillère de sel. Le sentier longe des haies de bambous et d'arbrisseaux avant de traverser une large rivière au débit peu abondant et heureusement peu profonde. C'est à pied qu'elle franchit le gué en prenant soin de ne pas glisser. L'eau est fraîche, pure et invite à une pause à l'ombre des arbres. Le lendemain Marie partira pour trois jours en excursion en Bolivie, sur le Salar d'Uyuni, à plus de quatre mille cinq cents mètres d'altitude. Elle découvrira des paysages magiques, des lagunes Verte, Blanche, Colorée, qui doivent leur couleur aux algues et aux minéraux présents dans les eaux comme le borax, l'arsenic, le cuivre, le soufre. Elle sera émerveillée à la vue des flamants roses andins aux ailes noires pris dans les glaces, des volcans se reflétant dans les lagunes, des pierres sculptées par la force des vents, de la mer de sel s'étendant à perte de vue, rendant irréel le paysage, de la beauté de la nature à l'état pur.
ARICA Mi décembre Marie arrive à Arica, la ville la plus septentrionale du Chili. La France est paralysée par la neige. Ici, la température constante avoisine les vingt cinq degrés. Cela fait quatre ans que les habitants n'ont pas vu une goutte de pluie. Ville agréable située au bord de la mer, Marie décide de s'y reposer jusqu'à Noël. Le trek en Bolivie a été éprouvant à cause du mal des montagnes, de la poussière et du rythme accéléré du pilote sur les pistes sablonneuses. Cela a été pour elle l'équivalent du Dakar qui d'ailleurs sera accueilli dans la région en Janvier. Ensuite, elle a dû regagner de nuit Antofagasta avant de reprendre la seule route qui suit la côte. Arrêts repos à Tocopilla et à Iquique où elle a pu apprécier la rue Baquedano avec ses vieilles maisons coloniales datant de l'époque du salpêtre, aux teintes pastels et semblant sorties d'un western. C'est là, dans un petit restaurant en terrasse, qu'elle a commandé un gratin de fruits de mer dont elle se souviendra longtemps, tellement il était bon. C'est dans la rue Sotomayor qu'elle s'installe à l'hôtel Jardin del Sol. C'est de loin le meilleur hébergement rapport qualité prix qu'elle trouve depuis bientôt deux mois. Marta, la réceptionniste l'accueille avec un large sourire et lui donne la meilleure chambre à l'étage. Des employées, chiffons et balais en mains, traquent le moindre grain de poussière. Au rez-de-chaussée, une petite cour remplie de plantes vertes abrite Tatiana, la tortue fétiche âgée de quarante ans. Elle est énorme et dort, la nuit, dans une petite maison en bois. Au fond, un local à la disposition des résidents, avec quatre ordinateurs et une vaste documentation sur la région. A l'étage, face à l'escalier, une cuisine équipée très lumineuse va permettre à Marie de se cuisiner de bons petits plats. Les chambres sont situées sur la gauche, dominant la cour, et bien exposées au soleil. Au fond, au-dessus du local informatique, une terrasse couverte avec fauteuils, tables et chaises longues. Les murs sont tapissés de treillis en bois peints en blanc. C'est ici que Marie fera son réveillon. Le centre ville est à deux cuadras seulement. Les magasins bondés de monde en cette période pré-festive, se trouvent de part et d'autre de la rue piétonne du 21 Mai. Ici, ça ressemble à la France, il y a des terrasses de cafés et de restaurants où l'on peut boire et manger à toute heure. Ce sont les vacances scolaires d'été et les familles déambulent joyeusement dans les rues, d'énormes glaces à la main. Plus bas, Marie arrive sur une place où est installée une vieille locomotive à vapeur allemande qui reliait autrefois Arica à la Paz en Bolivie. A côté, un bassin avec des jets d'eau où viennent boire et se baigner des centaines de mouettes. Des palmiers abritent des oiseaux noirs, très laids, qui chantent comme grognent les cochons. En remontant, elle aperçoit la Cathédrale Saint Marc au style gothique, peinte en jaune et blanc. C'est une oeuvre de Gustave Eiffel, les piliers et les arcades sont en fer forgé, de même que le bâtiment abritant le Centre des Arts. (en 1868, il y a eu un terrible tremblement de terre qui a tout détruit dans la ville) Arica est protégée par le Morro, célèbre colline qui vit la victoire des chiliens sur les péruviens lors de la guerre du Pacifique. Un Christ immense y est édifié côtoyant un musée de la guerre et d'antiques canons. De là-haut, Marie a un point de vue superbe sur la ville et sur les plages qui bordent l'océan. Sur une autre colline, moins haute, qui sert de refuge en cas de tsunami, est érigée une statue de la Vierge. Des marchands de fruits et de légumes stationnent aux angles des rues, proposant avocats, bananes, fraises, cerises, tomates à des prix très raisonnables. Marie fera ses courses au supermarché Santa Isabel et achètera à ces commerçants ambulants les meilleurs fruits et légumes de tout son voyage. Elle aura l'occasion de se baigner dans la piscine olympique, sa tentative en mer ayant été repoussée à cause des méduses. De longues promenades sur le port, le long des quais où quelques lions de mer paresseux guettent les restes jetés par les pêcheurs, le long des plages sablonneuses, sur l'ex île Alacran, lui permettent de se refaire une santé. L'air marin, le soleil, la basse altitude conviennent mieux à Marie que les montagnes. Entre montagnes et déserts, elle est arrivée au bout de ce qu'elle voulait : connaître tout le Chili, sur plus de cinq mille kilomètres. Son épine dorsale, la Cordillère des Andes et son ventre, le Pacifique. Elle comprend mieux à présent le caractère de sa fille, tantôt explosif comme les volcans, tantôt doux et charmeur comme la tendre Patagonie, tantôt fier comme l'Ile Chiloé.
CROISIERE EN PATAGONIE CHILIENNE Marie a réservé depuis la France une croisière Navimagreliant Puerto Montt à Puerto Natales, au Chili. Pour bénéficier du tarif basse-saison, elle a un impératif : être sur le lieu du départ le vendredi avant le premier novembre. Elle serait bien restée plus longtemps dans la région des sept lacs pour profiter des forêts d'alerces et d'arrayans, des ciels changeant au gré du vent, des randonnées en montagne et des parrillas le soir au dîner. Lorsqu'elle a traversé la frontière et s'est retrouvée au Chili, Marie s'est sentie envahie de joie : elle était à moitié chez elle. De l'autre côté de la Cordillère, certains paysages lui rappelaient le bocage normand : des pommiers en fleurs, des vaches noires et blanches, de l'herbe verte, des prés clôturés par des haies d'arbres, des maisons en bois. C'est donc le vendredi vingt neuf octobre, vers seize heures, que le bateau largue les amarres.A bord il y a cent vingt cinq personnes, touristes et employés compris. De gros camions ont été chargés à l'aide de puissants ascenseurs. La corne de brume se fait entendre, le drapeau chilien bleu, blanc, rouge étoilé flotte au vent, de grosses cordes de chanvre sont enroulées aux bittes d'amarrage, la cheminée crache une fumée noire. Les touristes, appuyés au bastingage, caméras au poing, immortalisent ces moments d'effervescence. Le bateau prend sa vitesse de croisière et s'élance dans le Seno Reloncavi, baie protégée de chaque côté par des terres. A droite Calbuco, à gauche Hornopiren. La mer est calme, le soleil brille, l'ambiance à bord est décontractée et des affinités se créent entre les voyageurs selon leur pays d'origine. Il y a beaucoup de français, des espagnols, des allemands, des anglais, quelques italiens, des chauffeurs et ouvriers chiliens qui se regroupent à table pour jouer aux cartes. Chacun a retrouvé ses bagages dans les couloirs, au pied des cabines-dortoirs. Deux services de cafétéria assurent la restauration à bord. La nuit commence à tomber. Marie sympathise avec un jeune couple toulousain, Sophie et Cédric, qui achèvent leur tour du monde ici au Chili. Le jour suivant deux animateurs présentent le programme en anglais et en espagnol. Suit un diaporama sur la flore et la faune de la Patagonie. Un écran TV affiche la position du navire et Marie suit avec attention ces indications sur sa carte : 73° de longitude, 45°Sud de latitude (juste à l'opposé de Bordeaux qui se situe à 45° Nord) Nous sommes dans le canal Moraleda. A droite, une multitude d'îles inhabitées, très découpées. A gauche l'Ile Magdalena. Le paysage est de toute beauté. Les mouettes, les goélands et les albatros se détachent sur le gris du ciel, parfois entrecoupé de rayons de soleil. C'est magique, féérique. Après avoir franchi le canal Chacabuco, le bateau arrive dans les eaux plus agitées de l'Océan Pacifique. Les voyageurs ont été prévenus la veille qu'il y aurait beaucoup de tangage et de roulis, surtout dans le golfe de Penas. Marie a prévenu le mal de mer à l'aide de cachets homéopathiques. Les espaces communs se vident peu à peu, les visages palissent et une odeur désagréable envahit les coursives. Marie, amusée, constate que les hommes sont plus sensibles que les femmes à ce phénomène. La soirée s'achève ainsi dans un calme tout relatif. Est-ce l'effet du médicament ou du bercement du bateau, Marie a passé une très bonne nuit. Au petit matin, le micro informe les passagers que le bâtiment a quitté l'Océan et navigue à présent dans le canal Messier, plus calme. De chaque côté de magnifiques fjords et, récompense due à l'avance prise, un arrêt est prévu au pied du glacier Tampanas (48°42 Lat S) Bien emmitouflés dans leurs vêtements chauds, têtes cagoulées, mains gantées, les touristes se précipitent à babord pour admirer le glacier. Une immense bande de glace se jette dans les eaux glacées. Quelques icebergs se sont détachés et dansent sur les vagues. On dirait une glace norvégienne. Malgré l'air glacial qui rougit les visages, on peut lire la joie de partager un spectacle hors du commun. Une escale de deux heures est prévue à Puerto Eden pour ceux qui le désirent. L'occasion sera donnée à Marie de découvrir la flore de l'île Wellington. Les terres sont battues par les vents et seules quelques fétuques poussent aux pieds d'arbustes piquants aux fleurs jaunes, les calafates. Cet arbrisseau donne des baies violettes en automne dont on fait de délicieuses confitures. La tradition dit que celui qui mange ces fruits reviendra en Patagonie! Chaque maison, ou plutôt cabane en bois, a son lopin de terre bien travaillé. La terre est noire, volcanique. Quelques barques colorées sont ancrées au port. Il y a même un collège flambant neuf et l'accès à internet. Tout au long du sentier, des boutiques d'articles artisanaux permettent aux habitants isolés de survivre. Pas de mendicité ici mais de la dignité, la dignité d'un peuple fier. Cet arrêt bi-hebdomadaire permet le ravitaillement de ce petit port de pêche en produits de première nécessité. Le débarquement à Puerto Natales se fait sous la pluie. Les plus jeunes et sportifs projettent de faire un trek de plusieurs jours dans le célèbre Parc de Torres del Paine. Quant à Marie ce sera juste une ville-étape. Elle en profite pour visiter les lieux en fin de journée lorsque la pluie a cessé. Elle revient au port où une famille de majestueux cygnes blancs à cols noirs attire son attention. C'est aujourd'hui le premier novembre, les magasins sont fermés. Sur la route du cimetière elle photographie les petites maisons colorées et leur devant de porte bien clôturé. Les pelouses sont recouvertes de pissenlits formant un épais tapis jaune. Quelques massifs de tulipes et de pivoines la renvoient à son jardin lointain. Là-bas, tout doit être en sommeil et elle apprécie la chance d'être à l'autre bout du monde en ce moment. Le jour suivant, Marie se retrouve deux cents kilomètres plus bas, dans la ville la plus australe du Chili, Punta Arenas. Des maisons aux toits de tôle peints de couleurs vives lui rappellent les ports norvégiens du Spitzberg, à latitude inverse, même paysage. Est-ce par hasard que Marie se sent déboussolée dans ces contrées? Son sens inné de l'orientation lui fait défaut. Elle interprète toujours en sens opposé les plans de son guide et doit demander son chemin aux passants. Elle regrette de ne pas avoir emporté une boussole dans ses bagages. C'est donc après plusieurs kilomètres d'errance que Marie arrive au Residencial Roca, avenue Magellan. C'est une belle bâtisse coloniale pleine de charme, tenue par deux soeurs septuagénaires. La chambre est spacieuse, les plafonds très hauts, le lit confortable. A deux pas se trouve la Place des Armes très animée en cette fin d'après-midi printanière. Un groupe de collégiens en uniforme bleu-marine et blanc posent pour elle au pied de la statue du célèbre navigateur. Des boutiques sur roulettes exposent les articles artisanaux faits de laine du pays : bonnets, pulls, écharpes, porte-clés, bijoux. A l'approche du fameux Détroit de Magellan, Marie ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour ses lointains ancêtres les portugais, découvreurs et aventuriers courageux. Le lendemain une excursion la conduit dans la pingouinerie de Seno Otway, à bord d'un minibus. Une heure de route où elle peut observer les guanacos broutant les herbes de la steppe, des troupeaux de moutons paissant tranquillement, quelques nandous et des condors. Cette région très aride, balayée par des vents violents, est une réserve naturelle pour les manchots de Magellan, reconnaissables à leur double collerette noire. C'est la période de la couvaison et les parents veillent à tour de rôle sur leurs oeufs enfouis au fond des trous, à même le sable. Au loin, un panorama spectaculaire s'offre à ses yeux : les massifs enneigés de la Terre de Feu. LE PERITO MORENO ET LE FITZ ROY Prochaine destination : El Calafate et le Perito Moreno. Après une brève escale à Rio Gallegos, passage obligé pour rejoindre en bus cette région d'Argentine si célèbre grâce à son glacier, Marie arrive au terminal d'El Calafate au milieu de l'après-midi. Elle n'a qu'une centaine de mètres à parcourir pour se rendre à l'albergue du lago argentino. Cet endroit est très touristique et elle n'est pas étonnée de trouver beaucoup de routards. Heureusement, il reste un lit disponible en chambre individuelle, en cellule plutôt. La pièce mesure deux mètres cinquante sur un mètre cinquante à peu près. Une petite fenêtre en hauteur laisse passer un peu de lumière. Les douches et les lavabos communs se trouvent au fond du bâtiment. Il y a une cuisine équipée à la disposition des clients et Marie, lasse des sandwichs jambon–beurre–pain de mie et des poulet-frites va en profiter pour se cuisiner de bons petits plats qui attireront l'odorat du réceptionniste et des co-pensionnaires. Comme à chaque fois qu'elle arrive dans une nouvelle ville, Marie prend l'atmosphère des lieux en arpentant les rues toujours tracées sur le même modèle, en quadrillage. De beaux magasins, restaurants et cafés se trouvent de chaque côté de l'avenue du général San Martin. Elle entre dans un cyber café pour consulter ses mails et envoyer quelques photos à sa famille et à ses amies. Il fait beau, l'air est frais et elle se réjouit d'être là, consciente du privilège qu'elle a. En remontant vers l'auberge, elle s'arrête au terminal pour acheter son billet pour le lendemain à la compagnie Caltur qui assure l'aller-retour pour le Perito Moreno. C'est donc le lendemain à neuf heures que le bus quitte la ville pour une heure de route à destination du mythique glacier. Le soleil brille, une belle journée s'annonce. Marie est stupéfaite à la découverte de l'imposant spectacle qui s'offre à elle du haut des passerelles. Des kilomètres de passerelles bien sécurisées zigzaguent face au monstre de glace, permettant aux visiteurs de le voir sous plusieurs angles. Tout à coup, un bruit d'explosion la stoppe sur place. Un gros bloc vient de se détacher du front, entraînant d'immenses remous dans les eaux du lac. Elle retrouve la même végétation qu'au Chili, à même latitude : les ciruelillos et les calafates. Quelques rouges-gorges sautillant de branche en branche viennent rompre le silence de leur chant aigu. L'atmosphère est irréelle. Ce glacier avance de deux mètres par jour en été, sous l'action du soleil qui réchauffe les glaces, et des vagues qui viennent miner la base de l'édifice. D'énormes icebergs se détachent et flottent à la surface des eaux turquoise. Les rayons du soleil éclairent d'immenses failles verticales d'un bleu électrique. L'ensemble ressemble à une cathédrale ou à un château-fort dont les créneaux se découpent sur le ciel limpide. Des traces brunâtres alternent avec un blanc-bleuté d'une pureté extraordinaire : on dirait un gâteau marbré. Ces strates sont constituées de sédiments et il est facile de dater l'épaisseur de neige compactée. Plus loin on aperçoit une arche et des cavernes. Le dessus ressemble à de la crème chantilly que l'on aurait dressé à l'aide d'une poche à douille. Marie ne peut s'empêcher de méditer devant ce spectacle hors du commun, faisant le vide dans sa tête et prenant toute l'énergie de ce lieu grâce à une respiration contrôlée. Le soir, Marie réserve une excursion pour découvrir les glaciers Onelli, Spagazzini et Perito Moreno depuis le lac Argentine. Arrivée à l'auberge, elle partage son plat de langoustines avec des touristes rencontrés sur le paquebot de croisière, et raconte sa journée passée devant le fabuleux glacier. Certains ont fait aujourd'hui l'excursion sur le lac et en sont revenus vraiment enchantés. Elle aime ces échanges autour d'un bon plat et d'un bon verre de vin argentin. Les conseils et les avis sur telle ou telle destination sont toujours bons à prendre, même si le temps très variable en Patagonie, peut influer sur l'appréciation de chacun. A sept heures du matin, un minibus vient prendre les touristes à l'auberge pour les conduire à Puerto Banderas, lieu de départ de l'excursion. Une longue file d'attente s'étire avant de pénétrer, après acquittement des droits d'entrée au parc, sur les quais. Les visiteurs se répartissent par groupe d'une cinquantaine de personnes dans les nombreux catamarans ancrés au port. A nouveau, Marie entend parler plusieurs langues, et une charmante hôtesse annonce la bienvenue à bord. C'est sous le soleil matinal que le bateau s'élance. Les passagers, cameras et appareils photos en main, se massent sur les plats-bords pour ne rien perdre du spectacle unique qui se déroule sous leurs yeux. A tribord ce sont des montagnes de granit rouge qui contrastent avec le bleu-vert des eaux du lac. Puis, deux heures après ils aperçoivent les premiers îlots de glace. Le glacier Onelli est en vue. Moins impressionnant que le géant mais tout aussi beau. Chacun se plaît à imaginer une forme : un gros palmipède, une baleine, un navire, une maison de Schtroumfs. Les lunettes de soleil haute protection sont indispensables pour éviter les brûlures et une odeur de crème solaire se dégage des visages rougis par le froid. Des cris d'exclamation se font entendre de part et d'autre. Il règne une atmosphère de joie et les amateurs de photos se régalent, prenant cliché sur cliché pour la postérité. Le bateau redémarre et l'hôtesse annonce le prochain glacier aux environs de midi. Frigorifiés par l'air glacial, les passagers rentrent à l'intérieur pour se réchauffer. Marie s'assied près d'une argentine et entame une conversation par politesse. Cette personne suit, avec un groupe de collègues, un stage de formation à El Calafate et en profite pour faire du tourisme dans cette région si belle. Marie apprend beau-coup de choses sur la vie quotidienne des argentins et son interlocutrice semble ravie de discuter avec une française. Un service de boissons et de sandwichs permet aux touristes de se restaurer. Aux abords du second glacier, le Spegazzini, on retrouve la même effervescence. Celui-ci est très imposant, son front mesure plusieurs mètres. Toujours des dizaines d'icebergs d'un blanc immaculé en haut et bleuté à la base. Quand on pense que seule la partie émergée est visible on réalise avec peine que la partie immergée est dix fois supérieure. Ce lac, le plus grand d'Argentine, mesure près de six cents mètres au plus profond. Le passage vers l'Upsala étant bloqué par les glaces, une approche au pied du Perito Moreno est proposée. Une pluie glaciale se met à tomber, obligeant les touristes à regagner la pièce chauffée à l'intérieur. C'est donc en début d'après-midi que Marie fait face à une barrière de soixante mètres de hauteur. La vue d'en bas est encore plus impressionnante. Plusieurs ruptures se produisent dans un bruit d'enfer. Les remous font dangereusement bouger le bateau. Les fenêtres lumineuses ont disparu laissant place à des failles verticales de couleur grise ou noire. L'omelette norvégienne s'est transformée en un redoutable fantôme. Hier, sous le soleil et vu d'en haut, le glacier était féérique, aujourd'hui, sous la pluie et vu d'en bas il est dantesque. Après une bonne nuit Marie prend le bus pour El Chalten, situé à trois heures de route plus au nord. Le même paysage de steppes se déroule : ci et là quelques guanacos et choiques semblables à des autruches, affrontent le vent glacial. Elle regarde la cordillère enneigée se dessinant au loin sur un ciel azuré parsemé de gros nuages blancs, lorsque soudain, le Géant s'offre à elle. Elle l'a déjà vu en photo, mais le voir en vrai la remplit d'une immense joie et du sentiment d'être privilégiée. Cette dent de granit émerge des montagnes et son sommet joue à cache-cache avec les nuages. Le Fitz Roy grossit de plus en plus. Ses couleurs changent au gré de la lumière, passant du gris bleuté au rose tendre. La neige recouvre les flancs, le sommet est dénudé, battu par les vents. L'arrêt du bus devant le Maison d'information du Parc lui permet de se renseigner sur les diverses randonnées à effectuer et, passionnée par les plantes, elle achète un dépliant sur la faune et la flore de cette région. Chaque groupe est accueilli par des animateurs qui donnent les règles à suivre pour respecter l'environnement et signaler le risque de se trouver face à face avec un puma! Les empreintes de daims doivent être signalés également. Des consignes de sécurité sont données afin d'éviter les accidents. El Chalten est un tout petit village s'étendant dans la vallée. Il reçoit des amateurs de randonnées et des andinistes chevronnés de tous les pays. C'est à l' Auberge Patagonia qu'elle trouve un lit dans un dortoir prévu pour quatre personnes. Comme dans toutes les auberges il y a une cuisine équipée, une salle à manger et beaucoup de routards. Ici aussi, les prés regorgent de fleurs jaunes de pissenlits. L'accueil est très chaleureux. Marie partagera sa chambre avec une allemande et deux autrichiens. Après un déjeuner composé d'une soupe de citrouille et de blanc de poulet frit, elle décide de se rendre au Mirador, en direction de la Laguna Capri. Le sentier grimpe sévèrement dès le début. Elle doit s'arrêter pour reprendre sa respiration à plusieurs reprises et elle profite de ces haltes pour se retourner et admirer le village : des toits de tôle de couleur bleue, verte, rouge, jaune rendent ce petit village très gai. Le soleil brille mais un vent glacial souffle. La forêt de hêtres atténue son effet. Au bout de deux heures de marche entrecoupées de pauses, le sentier est à découvert et un spectacle hors du commun s'offre à Marie : un couple de condors plane au-dessus d'elle. Elle s'amuse à les suivre à la jumelle et observe le travail des rémiges. Trois battements d'ailes et la levée des rémiges leur permet de se diriger. Ont-ils aperçu une proie? Leur cercle s'agrandit de plus en plus et ils disparaissent derrière les montagnes. Des mottes buissonnantes, épineuses et flamboyantes parsèment l'herbe rase. Ce sont des mata guanaco. Les fleurs ne s'épanouissent pas, ce sont des boutons en forme d'ogives de couleur rouge-orangé qui contrastent avec le vert des prés, le bleu du ciel et le blanc de la neige au loin. Une barre rocheuse s'élève: le Fitz Roy. Il se dresse, majestueux. Marie a une pensée émue pour Lionel Terray qui l'a gravi en 1952. Quel courage! A côté, elle se sent toute petite. On dirait une canine dressée qui s'élève à près de 3 500 mètres d'altitude. Les indiens l'avaient surnommé “le volcan” en raison des nuages gris qui le recouvrent souvent comme de la fumée qui s'échapperait d'un volcan. Heureusement, cet après-midi, elle peut l'admirer et le photographier dans toute sa splendeur. Lors de la descente vers le village, Marie aperçoit, à flanc de montagne, plusieurs traces blanchâtres, signe qu'il y a au-dessus, posées sur le rebord étroit, des aires de condors ou d'aigles. Les rapaces continuent leur ballet dans le ciel et se jouent des randonneurs. Elle s'arrête plusieurs fois pour se désaltérer à l'eau pure des petits torrents qui dévalent les pentes. Plus bas, elle observe des carpinteros magallanicos, ces piverts au jabot rouge feu, au bec noir et au plumage gris strié de blanc. Habitués aux humains, ils ne daignent même pas arrêter leur martèlement sur les vieux troncs calcinés par les tempêtes. En revenant sous le couvert des hêtres, elle croise Georges, le bordelais septuagénaire qu'elle a rencontré sur le Puerto Eden. Ce vieil homme solitaire, très alerte et jovial, semble ravi de retrouver un visage connu. Ils échangent quelques mots, se racontant leur parcours depuis leur séparation à Puerto Natales, quinze jours auparavant. Les journées sont si intenses ici en Patagonie qu'il leur semble s'être rencontrés dans une autre vie. Tout au long de son voyage Marie croisera ainsi ce qu'elle appelle “des petites étoiles”, des hommes et des femmes remplis d'optimisme, les yeux pétillant des mêmes valeurs qu'elle, une sorte de communauté de gens de bonne volonté. Ces deux-là auraient pu faire un bout de chemin ensemble, mais la timidité et le respect mutuel en ont décidé autrement. Le lendemain, de très bonne heure, Marie opte pour une randonnée vers le Mirador du Cerro Torre. L'approche est plus douce. Le sentier démarre dans les tourbières moelleuses gorgées d'eau. De temps à autre, les montagnes se reflètent dans des petites mares, accentuant la magie des lieux. Sur ce versant mieux exposé au soleil, les anémones et les orchidées foisonnent. Sur la gauche Marie découvre une montagne en forme de pyramide bicolore, noire et blanche. Des cascades gigantesques alimentent plus bas la rivière Fitz Roy, cachée par la végétation. Le chemin devient de plus en plus ardu et serpente à travers les rochers et les souches grises des arbres morts. Arrivée au Mirador, la même émotion indescriptible envahit Marie. A côté du Géant, sur la gauche, un autre massif plus bas et arrondi : le Poincenot. Celui-ci est entièrement recouvert de neige. Ces deux sentinelles veillent amoureusement sur le village. Marie sort le pique-nique de son sac et s'assied, fatiguée, sur l'un des nombreux bancs. Il est midi, le soleil tape fort et toujours ce vent cinglant. Lunettes de soleil, bonnet, coupe-vent, crème solaire sont vraiment indispensables. Son plaisir, à chaque grande halte, c'est d'ôter ses chaussures et chaussettes afin de laisser respirer ses pieds. Le troisième jour, Marie entreprend de gravir le versant opposé, en direction du Mirador du Lago Toro. Le départ du sentier est situé juste à côté de la Maison du Tourisme. Des panneaux de bois balisent le chemin, aucun risque de se perdre. Au pied de la montée même fraîcheur et humidité, même végétation. Au bout d'une heure de marche celle-ci se raréfie, laissant place à un paysage aride. Seules des fétuques jaunâtres poussent ça et là. La montée est de plus en plus difficile, la fatigue et le découragement se font sentir. Le sommet est encore loin et à ce rythme elle pense au retour qui risque de s'avérer trop long. Marie n'aime pas renoncer mais la sagesse lui conseille de faire demi-tour. La descente est plus agréable, moins épuisante pour son coeur qui, à cette altitude, doit travailler deux fois plus. Au loin, toujours les deux sentinelles au garde-à-vous, vues sous un angle différent. En bas, le paisible village semble endormi. Le clocher de l'église sonne midi lorsque Marie arrive, épuisée, à l'auberge Patagonia. Ce midi au menu ce sera ratatouille et beefsteak. L'auberge est vide de touristes, les jeunes partant pour la journée entière et ne revenant que tard le soir, le visage et les bras rougis, fourbus mais heureux. L'après-midi Marie décide d'aller voir les chutes du Chorillo del Salto. Cette promenade suit la petite rivière Las Vueltas. Il n'y a pas d'effort à faire, juste mettre un pied devant l'autre. Le début est une piste caillouteuse et à chaque passage d'un 4x4 un nuage poussiéreux l'oblige à se protéger le visage avec son écharpe en guise de masque. Sur le bord de la rivière, un couple d'oies andines prend le soleil. Le mâle tout blanc excepté son bec et ses pattes noires, les ailes rayées de gris. La femelle toute grise, plus petite. Le couple semble habitué à la fréquentation de cet endroit par les curieux car il ne daigne même pas bouger. Puis l'accès est interdit aux véhicules et la piste se transforme en un agréable sentier qui serpente au milieu d'un épais tapis d'herbe verte parsemé de milliers de fleurs de pissenlits. Ici encore des calafates, des ciruellos (sorte de chèvre-feuille) aux fleurs orange flamboyant, des gaultherias aux baies violettes, un véritable festival de couleurs. Soudain, Marie entend un bruit assourdissant : des tonnes d'eau s'abattent sur les rochers. Haute d'une quinzaine de mètres, la cascade miroite sous l'effet du soleil. A ses pieds, beaucoup de touristes, appareils photos en mains, immortalisent la scène. La roche est grise, brillante, usée par l'écoulement de l'eau. Sur les côtés, le gris des arbres déracinés contraste avec le vert des arbustes en fleurs. Quelques amoureux semblent s'éterniser, assis sur les rochers. C'est rechargée en énergie que Marie regagne le village qu'elle doit quitter ce soir pour une très longue route qui la conduira jusqu'à Chile Chico. RETOUR EN PATAGONIE CHILIENNE C'est donc vers 15H30 que le minibus arrive le 10 novembre à Chile Chico. La traversée sur la célèbre route 40 a été fatigante. Peu ou pas de goudron, un bus en mauvais état pas confortable du tout, un arrêt au petit matin dans une estancia pour le petit déjeuner, un ranch perdu au milieu de nulle part, un lever de soleil magnifique, la terre et le feu. Le passage de la frontière �� los Antiguos avait duré plus d'une heure, les chiliens vérifiant tous les bagages des argentins; puis ce minibus pour elle toute seule. Ici aussi des lacs à perte de vue, des paysages magnifiques. L'aridité a laissé place à une nature généreuse. Marie est très heureuse de retrouver “son” Chili et la gentillesse de ses habitants. L'hôtesse du guichet ne l'avait-elle pas appelée corazon? Ce n'est pas en France que de tels mots affectueux seraient prononcés. Ce n'est pas de la familiarité, seulement un signe d'attention. La voyageuse trouve un hôtel, le Rosaria, juste à côté du port. Marie va se dégourdir les jambes en gravissant la colline qui se dresse derrière le port et où trône une Vierge. Des lycéens argentins en voyage de fin d'année chahutent et interpellent la touriste : “D'où viens-tu? Où vas-tu? Tu viens de quel pays?”. De là-haut Marie voit la petite ville et ses rues quadrillées, les barges ancrées prêtes à larguer les amarres pour Puerto Ibanez, ville située sur l'autre rive du lac Carrera. Ce soir, elle ira au restaurant car dans le bus, contrairement aux habitudes, les repas n'ont pas été servis et elle se sent affamée. Le lendemain matin elle parcourt les rues de la ville et observe l'avance du printemps : les soucis et les pivoines sont en fleurs, les arbustes aussi comme le pommier de japon, le forsythia, le genêt. Près de l'hôtel elle remarque une quantité de plantes en pots. Une jeune femme s'approche, la salue et la conversation est entamée. La même passion les anime : les fleurs et les plantes. Elle s'appelle Marcela. C'est une belle femme d'environ trente cinq ans, ses longs cheveux noirs bouclés encadrent un visage fin, à peine typé. Sa voix est douce, elle est souriante. Marie est invitée à pénétrer à l'intérieur de la serre et s'exclame devant tant d'abondance. Des semis et des boutures partout, bien étiquetés. Marie traduit en français le nom des plantes qu'elle reconnaît. Beaucoup de noms sont semblables car la racine est latine. C'est à regret que les deux amies se séparent car Marie doit faire ses bagages et embarquer sur le Pilchero pour l'autre rive. La route 40 n'a rien à envier à la Carretera Austral si ce n'est la végétation luxuriante. Même ripio, même poussière lorsque le temps est sec. De part et d'autre de la route d'immenses fougères, des bambous, des malcas (sorte de rhubarbes) en fleurs violettes dont les tiges se mangent crues et salées, transportent Marie en forêt tropicale tandis que nous sommes en Patagonie, à environ 47° de latitude Sud. Sur la gauche les sommets enneigés se découpent sur le ciel bleu. La route serpente dangereusement dans un foisonnement de cascades, de torrents, de lacs, de falaises et de plantes géantes. On se croirait dans un conte de fées! Le bus croise des touristes à bicyclette, sacoches bien remplies. Ces fous du cyclo ont bien de la chance de pouvoir s'arrêter quand ils le veulent. Planter la tente dans des lieux aussi magiques et sublimes, seuls, coupés du monde, n'ayant pour compagnie que la nature généreuse, quel luxe! Le bus arrive à Coihaique en pleine nuit. Difficile pour Marie de se repérer dans ce dédale de rues à la recherche d'un hôtel. Heureusement, quelques habitants croisés sur les trottoirs lui indiquent un hospedaje à un kilomètre de là, rue Freire. L'accueil est toujours aussi chaleureux. Elle pénètre dans une salle commune sombre, surchauffée, enfumée. Quelques hommes sont attablés, étonnés de voir ici une gringa. Les locaux, en effet, sont plutôt métissés, bruns de peau et de cheveux. Marie à une chevelure plus blanche que neige, le teint pâle. La maîtresse de maison semble hésiter avant d'accepter de recevoir son hôte. Le patron, quant à lui, conduit directement la touriste dans une cuisine sortie tout droit d'un roman de Victor Hugo. La table de bois brut cirée par la saleté des années est surchargée de récipients, couverts ébréchés et restes de nourriture. Les murs sont tapissés de placards et d'étagères où s'entassent les ustensiles et provisions. L'évier déborde de vaisselle sale et la gazinière n'a pas vu l'éponge depuis des lustres, L'homme propose à Marie de partager son repas. Poliment, elle refuse, ne voulant pas abuser de son hospitalité. Elle sort de son sac à dos un sachet de soupe poulet-vermicelle et un sandwich jambon-fromage. Pour ce soir, ça ira, pense t-elle. Elle est affamée, mais la vue de ce spectacle la rebute un peu. C'est vraiment du typique. Cet hospedaje restera pour longtemps dans les souvenirs de Marie, tant pour la cuisine que pour la chambre : des draps sales, pas de chauffage, des couvertures sentant la crasse et l'humidité. Et la salle-de-bains, impossible d'y entrer tellement c'est sale. Marie fera sa toilette à la lingette. Le lendemain Marie va se promener le long du Rio Simpson pour découvrir l'attraction locale : la tête d'indien. La route est bordée de hauts lupins en fleurs. Le violet mélangé au jaune des cytises est un ravissement pour la touriste. Elle, qui ne peut réussir à faire pousser de lupins dans sa terre trop calcaire, est émerveillée. Ici, la terre est brune, volcanique. La région foisonne de volcans qui se réveillent parfois, projetant leurs cendres à des dizaines de kilomètres. Le rocher de granit apparaît et, avec un peu d'imagination, on peut reconnaître, en effet, le profil d'une tête d'indien. Chaque ville offre ainsi une spécialité touristique à voir ou à goûter. Plus enthousiasmée par la flore que par la vue de ce bloc de granit gris, Marie remonte la route jusqu'au centre ville, en direction de la Place des Armes. Toujours le même schéma: au centre, une statue en bronze d'un général célèbre, ici O'Higgins, des canons, une fontaine, des arbres, des bancs, des marchands ambulants, des étudiants dans leurs costumes bleu-marine, chemises blanches et cravates, des pigeons, des vendeurs de grains, des agents de ville balai en mains, d'autres chargés du stationnement encaissant la taxe. Ici, au Chili, peu de chômage. Chacun à un petit emploi. Excepté aux abords des grandes villes, Marie ne trouvera pas de sans logis. C'est peut-être dû au sens de la famille très développé dans ce pays. Les vieux sont respectés et pris en charge par les enfants et petits-enfants. La solidarité et l'entraide sont encore présents. A aucun moment Marie n'a ressenti de stress venant des chiliens. Ils sont décontractés, très lents, heureux de vivre. Peut-être est-ce dû à leur récente liberté? Sortis d'un régime de dictature sous Pinochet, ils goûtent à la joie d'une liberté durement acquise. Le lendemain matin Marie arrive à Chaiten, petit village situé au bord de la mer. C'est d'ici qu'elle prévoit de rejoindre l'Ile Chiloe en ferry. Dès sa descente de bus elle part, comme à l'habitude, à la recherche d'un hospedaje. Personne dans les rues. Le premier hôtel est fermé. Au deuxième, la propriétaire dit : “Désolée, je n'ai pas d'eau”. Il règne ici une ambiance étrange, inhospitalière. Marie s'enfonce un peu plus dans la ville et tombe sur une épicerie ouverte. “Bonjour Madame, pourriez-vous m'aider, je suis à la recherche d'un hôtel”. “Pas de problème, je vais appeler mon amie Carla, elle va venir vous chercher.” Et la discussion se poursuit. Marie apprend, tout étonnée, que le village a été enseveli en mai 2008, suite à l'éruption du volcan. “Allez voir là-bas” dit l'épicière en tendant son bras, “il ne reste plus rien”. Carla arrive à bord de son puissant 4x4. Elle conduit Marie au Don Carlos, rescapé du sinistre. Un drapeau gris flotte au-dessus d'un échafaudage de bois sur lequel repose une énorme citerne d'eau. Les murs jaunes à l'origine tirent sur une couleur jaune-grisâtre. L'herbe a du mal à pousser, le sol est recouvert de cendres. L'hôtel est très grand, désert. Dans l'immense salon des photos aux murs attirent l'attention de la touriste : celles d'avant et celles d'après la catastrophe. Que vient faire cette étrangère ici doit penser Carla. N'a t-elle pas lu son guide? Si, elle l'a bien lu mais il date de 2008-2009 et l'information n'y figure pas. Marie commence à angoisser d'autant plus que le prochain départ de ferry n'est prévu que dans trois jours. Le volcan Chaiten aperçu au-dessus des montagnes continue de fumer et c'est peu rassurée que l'aventureuse part constater les dégâts occasionnés par l'éruption. Dix centimètres de cendres recouvrent les rues, de larges traces de pneus indiquent que de gros engins sont venus déblayer les lieux. Des amas de cendres s'entassent de part et d'autre du chemin. Les maisons de bois sont englouties, ne laissant apparaître que leurs toits rouges. Les voitures aussi ont été saisies par la coulée dévastatrice. Les câbles électriques arrachés s'agitent au vent. Il règne ici un silence de mort. C'est une ville fantôme, un décor de film d'horreur. Mais que font ces gens ici? Marie apprendra que le gouvernement a relogé les habitants plus loin, hors du danger potentiel et qu'il ne reste que des résistants, des enracinés qui ne veulent pas partir malgré la menace d'une nouvelle éruption. Marie a rencontré deux “Calamity Jane” sorties tout droit d'un western. Elle aura la chance d'apprendre qu'un ferry appareillera le soir même pour Quellon. Les dieux auraient-ils entendu ses prières? La traversée du canal Corcovado durera plus de six heures sur une véritable tôle ondulée, éprouvante. Chiloe la rayonnante, Chiloe la fière, Chiloe la typique, Chiloe la désirée s'offre enfin à Marie. Il y a vingt ans, lors de son précédent voyage au Chili, le couple était allé jusqu'à Puerto Montt et la région des lacs. On leur avait tellement vanté cette île que dans l'imaginaire de Marie sa beauté était devenue inaccessible. La découvrir la remplit d'une immense émotion. Elle n'est pas déçue. La lande parsemée de genêts et de ciruellos en fleurs se déroule sous ses yeux. Des troupeaux de vaches bien grasses paissent tranquillement. L'herbe est riche, bien verte. Le soleil brille et rend tout plus beau. Il pleut souvent dans cette région agricole. Les maisons colorées égayent le paysage et toujours ce ciel patagon d'un bleu soutenu sur lequel se détachent de gros cumulus blancs. La capitale, Castro, s'enorgueillit en son centre d'une belle église tout en bois aux tons pastels de violet et de jaune. Près d'elle le musée régional, en bois également, permet à Marie de mieux connaître l'histoire des chilotes, derniers résistants de la colonie espagnole. Des maquettes de chalupones, ces embarcations creusées dans les troncs d'arbres dont la proue et la poupe sont identiques, sont exposées à côté d'instruments de musique typiques. Marie flâne dans les rues animées et se réjouit de pouvoir goûter aux premières cerises et fraises de l'année. Un vrai régal! Puis elle descend vers les palafitos, ces maisons de pêcheurs construites sur pilotis, qui sont l'attraction de la ville. Côté rue, c'est une succession de façades en bois, aux bardeaux peints en bleu, vert, jaune, framboise. Côté mer, c'est moins joli: des moules sont accrochées aux poteaux qui soutiennent les maisons et une odeur désagréable se dégage des lieux. Plus loin, une locomotive noire aux jantes rouges trône au milieu d'un square fleuri de gaillardes et de lupins aux tons pastels. Des enfants jouent sur la plage recouverte de coquilles. Marie pense à ses petits-enfants et la nostalgie l'envahit.
SANTIAGO - VALPARAISO Marie quitte l'Ile Chiloé pour un long trajet de nuit en direction de Santiago. Elle connaît déjà cette région et préfère gagner du temps en voyageant de nuit, les bus étant confortables et se sentant en sécurité dans ce pays. Aux abords de la capitale, elle sent une vive émotion l'envahir et les souvenirs des trois mois passés dans l'attente d'une décision de justice remontent à la surface. Elle est à la fois impatiente et inquiète. Ne va-t-elle pas être déçue? Le taxi la dépose devant le Residencial Londres 54, recommandé par les jeunes toulousains. On se croirait dans un vieil hôtel anglais avec ses fauteuils dépareillés, son parquet crissant sous les pas, ses salons cosy et ses chambres aux plafonds très hauts. Ambiance très british. Cet hôtel a l'avantage d'être à deux pas du centre, dans un quartier très calme. La température avoisine les trente degrés l'après-midi lorsque Marie gravit le Cerro de la Virgen del Valle à los Andes. Le sentier caillouteux zigzague à travers les cactus, ce sentier qu'elle a gravi vingt ans plus tôt en compagnie de son mari. C'est comme un chemin de croix tellement la montée est rude. Elle avait promis de revenir ici si son voeu était exaucé : adopter Julie. Ici, le paysage n'a pas changé, contrairement à la banlieue de Santiago qui a vu grandir de gigantesques gratte-ciel. C'est épuisée que Marie arrive aux pieds de la statue. Elle sort l'ex-voto de son sac et l'accroche à la grille bleue qui entoure la Vierge. Debout, elle la remercie de tout son coeur et adresse une prière, mélange de bouddhisme et de christianisme, à l'intention de sa fille. Pas de Je vous salue Marie, pas de Notre père, juste un recueillement religieux. C'est le coeur léger qu'elle quitte ce lieu de pèlerinage, redescend vers la ville et apprécie de déguster une glace à la vanille à la terrasse d'un café. Le soir, Marie va se promener dans Ahumada, la principale rue piétonne de la capitale, toujours bondée de monde, avec ses beaux magasins et ses nombreux fast-food, les pollitos, restaurants où l'on trouve des demi-poulets grillés accompagnés de frites (papas fritas), le tout servi avec un énorme verre de coca-cola ou de soda. Il lui est agréable de se fondre dans la foule, de passer pour une véritable chilienne. Le lendemain Marie se dirige vers le Cerro Santa Lucia au pied duquel se dresse toujours l'hôtel Monte Carlo. On dirait qu'il a souffert du récent tremblement de terre, ses murs roses sont fissurés et il semble à l'abandon. La montée matinale de cette colline la renvoie à ses vieux souvenirs et Marie ne peut s'empêcher de penser à sa fille qui trottinait à ses côtés ou juchée sur les épaules de Jean, heureuse d'avoir enfin trouvé une famille. Les décors n'ont pas changé, seule la saison a changé : autrefois c'était l'hiver en plein mois d'août, les arbres dénudés, les massifs dépourvus de fleurs, à présent c'est le printemps, l'équivalent d'un mois de mai en France, et les fleurs abondent. Des jardiniers, tuyau ou balai en mains s'affairent à arroser les massifs ou balayer les allées. D'énormes acanthes en fleurs voisinent avec des cornes de bélier, les céanothes et les bougainvilliers se mêlent aux fleurs violettes des jacarandas (flamboyants bleus-violets), les palmiers se reflètent dans les vitres bleutées des immeubles avoisinants. Une cascade s'écoule dans trois grandes vasques superposées, ajoutant un brin de fraîcheur et d'humidité à cet endroit si romantique. Marie arrive au sommet et redécouvre les créneaux du fort aux briques rouges, retrouve avec émotion l'endroit même où avaient été prises les photos. Rien n'a changé. La colline a résisté au tremblement de terre! Seul le point de vue a changé : la ville semble deux fois plus étendue. Un groupe de jeunes filles, portable en mains, s'amusent à se photographier, assises sur un énorme canon. Marie s'assied sur un banc et médite sur la notion du temps. Pour l'ascension de l'autre célèbre cerro de Santiago, le San Cristobal, Marie emprunte le funiculaire. A plus de trois cents mètres de dénivelé est érigée une immense statue de la Vierge de l'Immaculée Conception qui veille sur la ville, les yeux levés vers le ciel et les mains ouvertes en offrande. Premier arrêt au zoo (c'est ici que Julie avait vu pour la première fois des girafes et des lions). Les jeunes parents accompagnés de leurs enfants excités descendent. Deuxième arrêt, l'esplanade de la Vierge. La statue géante attire de nombreux touristes, croyants ou non. Un jardinier propose gentiment à Marie de la prendre en photo avec, au premier plan, les roses épanouies dont il est si fier, et en arrière plan la statue vénérée. D'ici, la ville semble encore plus étendue et la pollution empêche de discerner clairement les limites de la mégapole noyée sous une fine couche de brume. Prochaine destination : Limache et le foyer Saint-Vincent de Paul. Trois heures de route sont nécessaires pour atteindre les lieux si chers au coeur de Marie. Ce chemin parcouru autrefois dans un autre état d'esprit lui semble long et court à la fois. Long car elle est pressée d'y arriver, court car elle apprécie la nature généreuse en cette saison : les cerisiers croulent sous le poids des cerises et les avocatiers sont en pleine production. Les champs de pommes de terre, de fèves et d'asperges alternent avec les vergers. Cette région agricole, loin de la capitale, convient mieux à Marie. Il est midi lorsque le bus “Golondrinas” stoppe devant la petite Place des Armes. Rien n'a changé. Toujours ces larges trottoirs carrelés qu'elle a foulé pendant trois mois, seule ou accompagnée de Julie. Une joie mêlée de nostalgie envahit la touriste. Une inquiétude aussi (et si le foyer n'existait plus!) Marie dépose ses bagages au petit restaurant faisant face à la place et dans lequel elle vient de se restaurer à la hâte, puis elle part, conduite par ses souvenirs ancrés dans sa mémoire, comme téléguidée, vers la rue Colon, au 349, où se trouvait le Foyer. La statue de bronze du célèbre saint, un enfant dans les bras et deux autres à ses pieds est toujours là, sur le trottoir. Elle reconnaît les grilles, la porte, la cloche. Le coeur battant très fort Marie s'apprête à la saisir lorsque la porte s'ouvre, laissant apparaître deux adolescents. Elle entre dans le hall, s'approche de la jeune secrétaire souriante et se présente. La Mère Supérieure étant absente, c'est Sonia, l'éducatrice qui se souvient très bien de la petite Julita, sordita con ojos azules qui recevra Marie.(...) Ses pas la conduisent machinalement vers le Collège Allemand où elle est restée près de trois mois, en attente du jugement. Elle reconnaît l'enseigne de tôle peinte en vert se dressant en arche au-dessus du portail et sur laquelle est écrit “Farienheim”. La cour est identique, des amarylys en fleur et des acanthes de part et d'autre de l'entrée gravillonnée. La grande baie vitrée et le hall. Son coeur bat très vite. Tout se mêle dans sa tête et son coeur, le passé et le présent se bousculent. Sur la gauche, le bar et derrière le comptoir deux femmes. Marie s'adresse à celle qui l'accueille d'un large sourire, se présente et demande poliment la permission de visiter le parc et de prendre des photos. A gauche la piscine, ses relax blancs et ses parasols, un peu plus loin l'aire de jeux avec le tourniquet et les balançoires sur lesquels Julie passait des heures. Les arbres centenaires aux essences rares reconnaissent Marie et agitent leurs feuilles en guise de bienvenue. Le parc s'étend sur un demi-hectare, bien entretenu. Les bancs se souviennent de cette maman et de cette petite fille qu'ils recevaient souvent. Ils revoient leurs visages se faisant face, les mouvements de leurs lèvres, leurs sourires, leurs câlins. Plus loin, en contrebas, il y avait une vache noire et blanche. Julie arrivait à prononcer le mot “vaca”. Elle n'est plus là. Le bâtiment qui était occupé par les collégiens est vide. Marie se revoit dans sa chambre où elle a commencé, patiemment, à apprendre quelques mots de français à Julie. Elle s'entend lui chantonner à l'oreille droite : “A la claire fontaine...” Que de chemin parcouru depuis ce temps! Il n'y a pas d'hôtel à Limache et Valparaiso n'est qu'à une heure en métro-bus. Un taxi la dépose à l'hôtel Pilcomayo au Cerro Alegre. Marie est encore toute bouleversée par le retour sur ces lieux qu'elle avait dû quitter en pleurs, vingt ans auparavant, les démarches n'aboutissant pas et surtout menacée de radiation par le directeur de l'hôpital. Elle était loin de sa famille et de ses deux garçons qui lui manquaient beaucoup. Elle n'avait pas pu revenir à Noël lorsque la nouvelle était tombée : “Vous pouvez venir chercher Julie”. Mais le bonheur d'avoir enfin une réponse à la question de sa fille l'emporta et elle passa une très bonne nuit. Le lendemain, Marie continue son tourisme et part à la découverte de la ville qui n'a pas changé. Les maisons colorées tapissent les collines qui protègent la baie. Des ascenseurs brinqueballants font la navette entre le bas de la ville et le haut des quartiers les plus beaux, évitant ainsi aux piétons bien des fatigues. C'est un véritable festival de couleurs, entre les murs peints de couleurs vives et les fleurs qui débordent des balcons. Marie est attirée par le musée à ciel ouvert, au cerro Bellavista, où les artistes-peintres rivalisent de créativité. Un vieil homme est en train de peindre les marches d'un escalier d'une marine éclatante, dans un style figuratif plus vrai que nature. Les barques semblent flotter sur l'océan et les mouettes blanches se dessinent sur un ciel azuré. Plus loin, des bancs en demi-lune recouverts de mosaïques invitent au repos. Les lampadaires aussi sont tapissés de mosaïques aux couleurs vives. Ailleurs, ce sont des tags plus ou moins réussis. Les chats et les chiens cohabitent. Un persan gris est allongé sur le rebord d'une fenêtre, se fondant avec le gris des volets et de la grille. Il ne daigne même pas bouger lorsque Marie le prend en photo. Le quartier dégage beaucoup de charme et les touristes sont très nombreux ici. En revenant vers l'hôtel, Marie aperçoit une enseigne “Kfe Havana Club”. Depuis son arrivée en Amérique du Sud elle n'a bu que du café en poudre! Ici, peut-être va-t'elle pouvoir déguster un bon café! Ramon le cubain l'accueille gentiment et lui sert un véritable expresso. Quel régal! Il lui parle de sa femme et de ses enfants laissés à Cuba et son souhait le plus cher c'est de visiter Paris un jour. L'hôtel est ancien. C'est un grand bâtiment à étage où les chambres et les dortoirs se répartissent de chaque côté d'un large couloir moquetté. Une cuisine équipée bien propre est à la disposition des clients. Deux ordinateurs gratuits d'accès meublent le grand salon. Une vieille machine à coudre Singer décore la pièce aux côtés d'un écran télé dernier cri. Des canapés usés invitent au repos dans le coin lecture. Satisfaite de cette première journée, Marie va cuisiner des fèves aux lardons, le tout arrosé d'un bon vin chilien “El Gato” (le chat). COQUIMBO Encore toute bouleversée par sa découverte, Marie continue son trajet vers le Nord, vers la ville natale de sa fille, Coquimbo. Des vignes et des champs d'oliviers s'étendent à perte de vue au départ de Valparaiso, dans la vaste plaine s'étalant entre le Pacifique et la Cordillère. Puis le paysage devient plus aride et la panaméricaine longe l'océan sur plus de trois cents kilomètres, surplombant de magnifiques criques. Les roches rouges, riches en cuivre et recouvertes de cactus, se détachent sur un ciel sans nuages. Il fait de plus en plus chaud et les tongs ont remplacé les chaussures de randonnée. Son sac à dos s'est allégé au fur et à mesure du voyage, surtout à Chaiten où Marie a offert la moitié de ses vêtements à Carla, toute heureuse de recevoir des “marques” françaises. Le bonnet a laissé place à la casquette et les lunettes de soleil sont vraiment indispensables. La climatisation du bus fonctionne à plein régime et les postes de télévision projettent leur DVD sous les yeux attentifs des voyageurs, tantôt en espagnol, tantôt en anglais mais sous-titrés. Marie ne s'assied plus au premier rang, plutôt au milieu ou au fond, depuis qu'un bus de la même compagnie a fait quatorze victimes au sud de Santiago. Elle a vu les images dans sa chambre le soir et, croyant aux signes, elle est devenue prudente. En Amérique du Sud les habitants sont friands de faits divers qui sont repassés en boucle sur les diverses chaînes avec des témoignages plus émouvants les uns que les autres. Ajoutez à cela les Novelas, ces feuilletons romantiques à l'eau de rose, il ne reste pas grand chose à regarder, à part les émissions de cuisine qui, comme en France, ont un réel succès. Coquimbo, petit port de pêche situé à une dizaine de kilomètres au sud de la Serena, capitale de la région, est en vue. Cette ville est abritée par une baie et s'arrondit au pied des collines, ce qui en fait un lieu tranquille et charmant, loin du tumulte de la grande ville touristique. Marie, comme à l'habitude, part à la recherche d'un hôtel en cette fin de journée. Elle ne réserve jamais à l'avance, préférant voir sur place la situation et le confort. Tout près du terminal de bus, dans une rue parallèle, elle trouve un apart-hôtel bien tenu. Elle restera là une bonne semaine pour se reposer et digérer les milliers de kilomètres parcourus. Idéal. La touriste va enfin se poser en vacancière. Le lendemain matin ses pas la guident vers le port de pêche animé. De gros palans lèvent les filets pleins de calamars et de thons qui viennent se déverser à même le quai. Les pêcheurs pèsent et découpent leur butin, rejetant les viscères à l'eau, festin attendu des pélicans et des lions de mer, habitués à recevoir cette manne providentielle. Les grosses têtes de chats à longues moustaches n'ont qu'à ouvrir leur gueule pour engloutir, encore chauds et sanguinolents, les rejets de la pêche. Le vol pataud des pélicans plongeant depuis le quai ne les effraie même pas. Les marchands et les restaurateurs négocient avec les patrons pêcheurs. Chacun semble y trouver son compte et le quai se vide peu à peu, laissant les lions de mer et les pélicans repus jusqu'au lendemain. Les mouettes mangent les miettes en virevoltant au-dessus des barques. Près du terminal pesquero une multitude de restaurants proposent leurs spécialités. Les passants peuvent grignoter à toute heure les crustacés préparés à l'avance et présentés dans des bols en plastique transparent. Moules, crevettes, calamars baignent dans un jus épicé et une odeur de pêche fraîche s'exhale des étals. Chez Juanito, chez Rosa, chez Don Jose. Chaque stand porte le nom de son propriétaire et des tables recouvertes de tissu coloré invitent à la dégustation. Evacuation tsunami. De grosses flèches jaunes indiquent au sol la direction à prendre en cas de raz-de-marée. Marie emprunte l'escalier en zigzag qui grimpe jusqu'au sommet de la colline où se dresse une immense croix en béton, la Croix du 3ème Millénaire. Les hibiscus, les lantanas et les strélitzias débordent des jardins et des géraniums géants et abondamment fleuris retombent en cascade le long des murets. A chaque halte, Marie se retourne pour profiter de la vue sur le petit port; au loin, les sommets enneigés de la cordillère, véritable décor de carte postale. Au Chili, les chiens sont rois. On les trouve partout, seuls ou en bande, même dans les terminaux de bus; ils font partie du paysage et surtout, ils ne sont pas agressifs et aboient rarement. Curieux, ils accompagnent les touristes ou les précèdent pour leur indiquer le chemin. Au pied de la croix un groupe de touristes chiliens pénètre dans la chapelle moderne. Mariage du bois et du béton, statues religieuses, autel épuré, odeur de cierges, recueillement. Le jour suivant Marie décide de grimper jusqu'à la Mosquée récemment construite et parrainée par le roi Mohammed VI pour la paix dans le monde. C'est la seule mosquée du pays, ce pays largement catholique. Trouvant cette construction pour le moins incongrue dans ce paysage et surtout inutile car il n'y a pas de musulmans ici, Marie ne peut s'empêcher de repenser à sa fille et à ses nombreux voyages au Maroc. Les drapeaux chilien et marocain flottent au vent, les voûtes au style mauresque et les mosaïques vertes et blanches ne sont pas sans lui rappeler un petit air de déjà vu. L'Orient et l'Occident cohabitent sous le regard tolérant des coquimbiens. Le sentier redescend, bordé de bananiers, de palmiers et de cannas. Les habitants croisés la renvoient aux origines de sa fille. Il y a peut-être ici des parents, des gens qui l'ont vu naître, qui ont connu sa mère et, inconsciemment, Marie leur trouve une certaine ressemblance. Une fête foraine est installée sur la Costanera. Les manèges, chenilles et auto-tamponneuses attirent les familles entières. Les bambins se promènent aux bras de leurs parents, une énorme glace en main. Les vendeurs de pop corn, glaces et sodas font recette. Les chiliens sont gourmands et heureux de profiter de ces moments de fête en famille. Cette ambiance bon enfant renvoie Marie à sa jeunesse, aux fêtes votives et à la joie de s'amuser sans souci du lendemain. C'est à Coquimbo que Marie prendra son premier bain dans l'océan glacé malgré la chaleur extérieure. Elle préfèrera lézarder, allongée sur la plage de sable gris et rêver à d'autres mers plus chaudes qu'elle a connues par le passé, au Kerala par exemple. La ville n'avait plus d'inconnu pour Marie. Elle avait déjà ses repères quotidiens : le cyber café d'où elle pouvait consulter sa messagerie et envoyer des mails, le supermarché Unimarc où elle faisait ses courses et mangeait parfois à la cafétéria, la Place des Armes qui se préparait à recevoir le gigantesque arbre de Noël enguirlandé, le port et le marché aux poissons, la plage et le jardin public ombragé où elle aimait venir lire les après-midi. Elle se verrait bien vivre ici à trente degrés de latitude sud, sans hiver rigoureux, sans trop de pluie, juste ce qu'il faut pour alimenter les réserves d'eau. Elle se sentait devenir à moitié chilienne par la pensée mais complètement par le coeur. Une excursion à Vicuna, village natal de Gabriela Mistral va permettre à Marie de découvrir la vallée de l'Esqui, ses vignobles taillés hauts comme des treilles, ses paysages à couper le souffle et l'authenticité de l'arrière-pays avec ses maisons en adobe. La tour Bauer a quelque chose de la Tour Eiffel de par sa forme pyramidale, excepté son clocher cubique crénelé et ses murs recouverts de bois. Elle abrite la mairie et l'office du tourisme. Elle apprendra que le pisco sour, cette boisson alcoolisée si typique, se fabrique dans cette région, gardant jalousement son secret. Au loin, les cerros enneigés culminent à plus de cinq mille mètres. Marie avait visité la maison natale de Pablo Neruda à Valparaiso, ici, la visite de la maison de son amie Gabriela, première femme d'Amérique latine à recevoir le prix Nobel de Littérature, l'émeut par-dessus tout. Marie se recueille sur sa tombe à Monte Grande et se promet de lire son oeuvre. LE DESERT D'ATACAMA Copiapo, Caldera, Chanaral, Antofagasta, autant de villes et d'arrêts dans ce Chili du Nord que Marie découvre pour la première fois. Les ports exportant les minerais de cuivre et le salpêtre, la pampa, le tropique du Capricorne, les cactus, les lamas, la sècheresse et une oasis accueillante, perdue dans le désert : San Pedro de Atacama. Sur la place, devant l'église, une fanfare joue et Monsieur le Maire fait un discours. Foule colorée, drapeau atacamène aux couleurs de l'arc-en-ciel, visages burinés, costumes traditionnels. Ici les touristes sont dans le typique. Le petit village d'adobe fourmille de touristes. Marie est fatiguée, ses chevilles sont enflées, son coeur bat trop fort et son crâne va exploser. Est-ce dû à l'altitude, à la chaleur ou au rythme élevé de son voyage? Quelques jours de repos dans un hôtel bien calme vont lui faire du bien. C'est à l'hôtel Cruz d'Atacama qu'elle trouve son bonheur. Situé à l'écart du village, peu fréquenté, cet endroit va lui permettre de se ressourcer. Elle repense à ses précédents arrêts. Antofagasta et la Portada, cette arche naturelle creusée par les vagues dans la roche calcaire, sa place des Armes aux bougainvilliers multicolores et aux quatre fontaines si romantiques, la crèche qui ornait déjà l'Eglise San Francisco, les balades sur les quais où se dresse une immense sculpture de cuivre et les petites plages bondées de monde. Caldera, petit port de pêche non loin de la célèbre Baie des Anglais, avec son église de bois fraîchement repeinte et son monument en hommage à Cousteau, son hôtel Pucara si accueillant. Copiapo, ville sans intérêt si ce n'est son musée minéralogique rempli de trésors. Tous ces souvenirs lui reviennent en mémoire et se bousculent dans sa tête. Ne rien faire, s'allonger sur la chaise longue et boire beaucoup d'eau. Son corps lui rappelle qu'elle aura bientôt soixante deux ans et qu'il serait temps qu'elle apprenne à le ménager. Elle se sent jeune dans son esprit et ce décalage lui déplaît. Un peu de sophrologie, quelques techniques de récupération et tout va rentrer dans l'ordre. Effectivement, le lendemain Marie arpente les rues poussiéreuses de la ville en direction de l'église. Hier, il y avait trop de monde pour s'approcher de cette église qu'elle a déjà peinte en aquarelle d'après photo. Eclatante de blancheur sous le soleil de midi, entourée d'une clôture de briques de terre et de paille séchée, elle-même peinte en blanc, son arcade au linteau surmonté de trois pics au travers de laquelle on aperçoit la porte de bois bleue, entr'ouverte. Le toit de terre et de chaume brun et, à droite, le clocher cubique surmonté d'une croix de travers. Encore plus beau en vrai, pense Marie. Elle pénètre à l'intérieur sombre et frais. La charpente de bois de cactus ressemble à un navire à l'envers. Saint Pierre et la Vierge Marie se côtoient et scintillent sous les cierges allumés. Recueillement, prières, silence. Plus loin, Marie emprunte le passage entre la place et ses vieux caroubiers et le cimetière, où se dresse le marché artisanal très coloré. Des tissages aux motifs incas, des pulls en alpaga, des poteries, des aguachos (carrés de laine tissée aux couleurs vives servant à porter les bébés dans le dos), des souvenirs fabriqués dans la Bolivie voisine, beaucoup plus pauvre. Marie s'arrête devant la boutique d'un potier qui fabrique des ocarinas. Elle l'observe remplissant les moules d'une boule d'argile et trouant l'objet avec adresse et précision pour en faire sortir les notes si harmonieuses. Alfaro est un artiste, après cuisson au four à haute température, ces ocarinas partent comme des petits pains. C'est ici, dans ce marché, que Marie va rencontrer un couple de grenoblois extraordinaire, Christophe et Fabienne, des routards atypiques et courageux. Christophe est paraplégique. Elle aura l'occasion de sympathiser et de partager avec eux quelques moments dits existentiels. Le cimetière, comme tous les cimetières de l'altiplano, est accueillant. Chaque tombe est fleurie d'une couronne de fleurs en papier crépon aux tons brûlés par le soleil. Il fait sec et chaud. Au loin, le volcan Licancabur se dresse majestueusement et veille sur les morts. Le lendemain matin Marie loue un vélo tout terrain et part visiter le Pukara de Quitor et la Gorge du Diable . Dans son sac à dos, de l'eau, des fruits secs et des biscuits, indispensables pour de tels efforts. Elle reprend la route internationale sur trois kilomètres avant de tourner à droite sur un sentier sablonneux qui serpente vers la forteresse inca construite au XIIe siècle. Elle laisse son vélo à l'entrée du site protégé et commence l'ascension des ruines. Elle imagine sans mal la vie d'ici autrefois, paisible, agricole, familiale, rituelle, avant l'arrivée des conquistadores au XVIe siècle et les massacres qui ont suivi. Marie se sent l'âme d'une indienne. Déjà, petite, quand son frère l'obligeait à jouer aux cowboys et aux indiens, elle s'attribuait d'office le rôle d'indien. Elle voue une admiration à la nature et déteste les armes à feu. Les envahisseurs catholiques ont forcé ces habitants à croire et à pratiquer une religion tellement éloignée de la leur qu'ils en ont gardé une peur superstitieuse, mêlant cette nouvelle croyance à leurs rites ancestraux dédiés au Soleil et à la Pachamama. Du sommet de la cité antique dont il ne reste que des blocs de pierre, Marie peut admirer la vaste oasis verdoyante qui s'étale dans la vallée. Quel contraste avec l'aridité environnante! Marie continue en pédalant vers la Gorge du Diable, passage étroit créé par l'érosion de la cordillère de sel. Le sentier longe des haies de bambous et d'arbrisseaux avant de traverser une large rivière au débit peu abondant et heureusement peu profonde. C'est à pied qu'elle franchit le gué en prenant soin de ne pas glisser. L'eau est fraîche, pure et invite à une pause à l'ombre des arbres. Le lendemain Marie partira pour trois jours en excursion en Bolivie, sur le Salar d'Uyuni, à plus de quatre mille cinq cents mètres d'altitude. Elle découvrira des paysages magiques, des lagunes Verte, Blanche, Colorée, qui doivent leur couleur aux algues et aux minéraux présents dans les eaux comme le borax, l'arsenic, le cuivre, le soufre. Elle sera émerveillée à la vue des flamants roses andins aux ailes noires pris dans les glaces, des volcans se reflétant dans les lagunes, des pierres sculptées par la force des vents, de la mer de sel s'étendant à perte de vue, rendant irréel le paysage, de la beauté de la nature à l'état pur.
ARICA Mi décembre Marie arrive à Arica, la ville la plus septentrionale du Chili. La France est paralysée par la neige. Ici, la température constante avoisine les vingt cinq degrés. Cela fait quatre ans que les habitants n'ont pas vu une goutte de pluie. Ville agréable située au bord de la mer, Marie décide de s'y reposer jusqu'à Noël. Le trek en Bolivie a été éprouvant à cause du mal des montagnes, de la poussière et du rythme accéléré du pilote sur les pistes sablonneuses. Cela a été pour elle l'équivalent du Dakar qui d'ailleurs sera accueilli dans la région en Janvier. Ensuite, elle a dû regagner de nuit Antofagasta avant de reprendre la seule route qui suit la côte. Arrêts repos à Tocopilla et à Iquique où elle a pu apprécier la rue Baquedano avec ses vieilles maisons coloniales datant de l'époque du salpêtre, aux teintes pastels et semblant sorties d'un western. C'est là, dans un petit restaurant en terrasse, qu'elle a commandé un gratin de fruits de mer dont elle se souviendra longtemps, tellement il était bon. C'est dans la rue Sotomayor qu'elle s'installe à l'hôtel Jardin del Sol. C'est de loin le meilleur hébergement rapport qualité prix qu'elle trouve depuis bientôt deux mois. Marta, la réceptionniste l'accueille avec un large sourire et lui donne la meilleure chambre à l'étage. Des employées, chiffons et balais en mains, traquent le moindre grain de poussière. Au rez-de-chaussée, une petite cour remplie de plantes vertes abrite Tatiana, la tortue fétiche âgée de quarante ans. Elle est énorme et dort, la nuit, dans une petite maison en bois. Au fond, un local à la disposition des résidents, avec quatre ordinateurs et une vaste documentation sur la région. A l'étage, face à l'escalier, une cuisine équipée très lumineuse va permettre à Marie de se cuisiner de bons petits plats. Les chambres sont situées sur la gauche, dominant la cour, et bien exposées au soleil. Au fond, au-dessus du local informatique, une terrasse couverte avec fauteuils, tables et chaises longues. Les murs sont tapissés de treillis en bois peints en blanc. C'est ici que Marie fera son réveillon. Le centre ville est à deux cuadras seulement. Les magasins bondés de monde en cette période pré-festive, se trouvent de part et d'autre de la rue piétonne du 21 Mai. Ici, ça ressemble à la France, il y a des terrasses de cafés et de restaurants où l'on peut boire et manger à toute heure. Ce sont les vacances scolaires d'été et les familles déambulent joyeusement dans les rues, d'énormes glaces à la main. Plus bas, Marie arrive sur une place où est installée une vieille locomotive à vapeur allemande qui reliait autrefois Arica à la Paz en Bolivie. A côté, un bassin avec des jets d'eau où viennent boire et se baigner des centaines de mouettes. Des palmiers abritent des oiseaux noirs, très laids, qui chantent comme grognent les cochons. En remontant, elle aperçoit la Cathédrale Saint Marc au style gothique, peinte en jaune et blanc. C'est une oeuvre de Gustave Eiffel, les piliers et les arcades sont en fer forgé, de même que le bâtiment abritant le Centre des Arts. (en 1868, il y a eu un terrible tremblement de terre qui a tout détruit dans la ville) Arica est protégée par le Morro, célèbre colline qui vit la victoire des chiliens sur les péruviens lors de la guerre du Pacifique. Un Christ immense y est édifié côtoyant un musée de la guerre et d'antiques canons. De là-haut, Marie a un point de vue superbe sur la ville et sur les plages qui bordent l'océan. Sur une autre colline, moins haute, qui sert de refuge en cas de tsunami, est érigée une statue de la Vierge. Des marchands de fruits et de légumes stationnent aux angles des rues, proposant avocats, bananes, fraises, cerises, tomates à des prix très raisonnables. Marie fera ses courses au supermarché Santa Isabel et achètera à ces commerçants ambulants les meilleurs fruits et légumes de tout son voyage. Elle aura l'occasion de se baigner dans la piscine olympique, sa tentative en mer ayant été repoussée à cause des méduses. De longues promenades sur le port, le long des quais où quelques lions de mer paresseux guettent les restes jetés par les pêcheurs, le long des plages sablonneuses, sur l'ex île Alacran, lui permettent de se refaire une santé. L'air marin, le soleil, la basse altitude conviennent mieux à Marie que les montagnes. Entre montagnes et déserts, elle est arrivée au bout de ce qu'elle voulait : connaître tout le Chili, sur plus de cinq mille kilomètres. Son épine dorsale, la Cordillère des Andes et son ventre, le Pacifique. Elle comprend mieux à présent le caractère de sa fille, tantôt explosif comme les volcans, tantôt doux et charmeur comme la tendre Patagonie, tantôt fier comme l'Ile Chiloé.
Retour de Thaïlande, décembre 2012 English translation pending
Bonjour,
Tout d’abord je vous souhaite à tous une belle année, pleine de voyages et de belles découvertes ! De retour de notre voyage en Thaïlande, voici un « petit » compte rendu afin de partager quelques infos (et pour le plaisir !).
Arrivée le 14 décembre à 6h00 du mat à Suvanaboum. Nous ne souhaitions pas séjourner à Bangkok pour les premières nuits, et après moultes recherches, notre choix s’est porté sur la petite ville de Bang Phli, à 30 km environ de Bangkok (guesthouse : Sananwan palace. Tout plein de catégorie de chambres. 750 bath la cat sup avec clim mais les prix débutent autour de 450 je crois. La guest est agréable, propre, et avec piscine). Bang Phli est à proximité de l’aéroport donc évidemment, ben y a des avions ! Le trafic est variable… il doit y avoir des couloirs aériens empruntés uniquement à certaines heures… Bref, on passe les 2 1ères heures à regarder les avions passer au dessus de la piscine en se marrant …. On dirait bien qu’on a fait un drôle de choix ! Heureusement ça ne dure pas toute la journée. Après quelques heures de glandouille-jet lag au bord de la piscine, on part faire un petit tour. Bang Phli est une chouette ville (merci à Mr Comtois de nous avoir confortés dans notre choix !): des petits restaus de rue, des grands retaus-karaoke pour festoyer, des klongs, de la vie… Nous sommes contents de notre choix qui nous a permis de déconnecter rapidement ! Le lendemain est un samedi et nous découvrons le temple Bang Phli Yai, qui est apparemment réputé, en pleine effervescence. On retrouve avec plaisir les odeurs d’encens, le son des gongs, la foule qui colle des petites feuilles d’or sur les statues de buddha… Un gentil monsieur surpris de voir 2 farangs dans le coin vient nous expliquer que les 3 statues présentent dans le temple viennent d’Ayuthaya (et comme d’hab, c’est le temple le plus important de Thaïlande ;) !). Il y a également à Bang Phli un joli marché tout en bois le long d’un klong, très fréquenté par les touristes Thaï, et le plus grand buddha couché de Thaïlande (oui messieurs dames, plus grand que celui du Wat Po ! Mais certes moins bien mis en valeur). Fin novembre – début décembre je crois, il y a apparemment une grande fête du lotus (Rub Bua) qui doit être une occasion sympa de découvrir la ville.
16 décembre : on part pour Phitsanulok. On sait bien que les trains sont toujours en retard… mais on est têtus et comme le lendemain on va se faire du bus et ben tant pis, c’est parti pour le train ! Le train (450 baths) qui devait donc partir à 10h50 part à 12h00. On devait arriver à 16h00 et avoir un peu de temps pour découvrir « Philok, » mais ce sera arrivée à 18h .Pas grave, le trajet est chouette, et nous donne l’occasion de voir (entre autres) les fameux singes de Lopburi qui envahissent la ville et le temple le long de la voie ferrée. Arrivés à 18h00 donc, on se dirige vers la Lithai guesthouse qui est complète. Direction la Bon Bon guesthouse à 50m. Pas grand-chose à en dire : c’est propre, 450 baths (ventilo et sdb). Pas mal placé car à proximité de la gare, du fleuve, des petits marchés de nuit. On a la flemme de marcher jusqu’au temple principal et on se contente de se balader en ville. On longe la Health road où s’enchainent les cours d’aerobic, les espaces de massages, un marché de nuit (le marché de nuit principal indiqué sur la carte du lonely est fermé, en tous cas ce soir là). Dans un autre petit marché situé à proximité de la gare, on achète une petite chose cuite dans des feuilles de bananiers et surprise : pâte de riz et fraises, miam !
17 décembre : on part pour Loei (4 heures de bus, 150 baths). La route est jolie, plein de pépiniéristes sur les 50 derniers km qui offrent de jolis tapis de fleurs…Arrivés à Loei, on saute dans un songthaew pour rejoindre Chiang Khan (1h15, 35baths). Je dois avouer qu’à lire certains d’entre vous qui disaient que Chiang Khan n’était plus ce qu’elle était je me disais « quelle bande de vieux ronchons…c’était toujours mieux avant » ;) ! Mais arrivés là bas, je comprends mieux… la rue le long du Mékong n’est qu’une succession de boutiques et guesthouses… drôle de première impression. On longe donc cette fameuse rue et finissons par nous poser à la Loogmai guesthouse, une belle maison pleine de charme tenue par une dame peintre qui expose dans la salle principale (chambre très spacieuse avec vue sur le Mékong au rez de chaussée, ventilo et sdb : 550baths. A l’étage il y a également des chambres sans sdb). Comme expliqué dans le lonely, la proprio quitte les lieux à 17h30 et laisse les clefs de la maison. On se balade ensuite en ville, et savourons notre premier coucher de soleil sur le Mékong… la vue sur le Laos en face est vraiment superbe. Le lendemain, nous louons des vélos et partons vers les rapides, que l’on ne voit pas vraiment à cette période car le Mékong est encore bien rempli. Mais la balade est tout de même très agréable. Le soir, nous dînons dans un petit resto dans lequel madame prépare la cuisine en regardant la sitcom thaï du soir, et on adore regarder ces sitcoms ! Après dîner, on est attirés par un bruit de fiesta au loin…. Forcément on approche. Une soirée karaoke bat son plein, et en 10 secondes on est repérés, et conviés à venir danser ! Une bonne soirée au programme, et on dirait qu’on n’est pas trop mauvais en « danse Thaï » ;) !
19 décembre : nous partons pour Sangkhom. Pour cela nous prenons un premier songthaew pour Ban Tad (45 minutes, 20 baths), puis un second pour Pakchom (1h30 environ, 45baths). Pause déjeuner à Pakchom car le fameux petit bus vert ne part qu’à 15h, et c’est reparti (bus environ 1h30, 50baths). La route est superbe. Arrivés à Sangkhom, la Bouy guesthouse où nous souhaitions aller est complète. On réserve pour le lendemain et on se rabat pour la 1ère nuit sur le River Hut juste à côté (200baths le petit bungalow en bambou très simple avec terrasse donnant sur le Mékong). Sangkhom, c’est le gros coup de cœur de notre voyage…. Difficile d’expliquer pourquoi mais nous sommes totalement tombés sous le charme de cette petite ville, son marché, la vue sur le Mékong et ces grandes avancées de sable qui nous donnent l’impression d’être à la plage... Le séjour que nous avions prévu de 2 nuits se transforme en 4 entre balades à vélos, à pied, en voiture pour rejoindre le Wat Pha Tak Sau et profiter du superbe point de vue, glandouille dans le hamac de la terrasse de notre petit bungalow donnant sur le Mékong (280baths, ventilo et sdb)… La Bouy GH est un petit paradis : l’atmosphère chaleureuse, la cuisine de madame Toy, la prorio, délicieuse, et son rire un vrai bonheur ! Bref, on recommande chaudement.
23 décembre : en route pour Nong Khai. Encore une très belle route dans le petit bus vert (une pensée pour monsieur Obeo en passant à Thabo). Même si nous sommes partis nostalgiques de Sangkhom, après 4 jours de grand calme, on est tout de même contents de retrouver un peu d’activité. Les marchés sont sympas, plein de temples (mais pour la plupart fermés…), de belles maisons… et toujours, bien sûr, le Mékong, mais ici en version « promenade de bord de mer » ! On s’installe à la Mutmee (chambre avec sdb et ventilo très jolie – 550 bath, c’est une triple). Le jardin est sympa.
Le lendemain c’est journée vélo pour visiter tout d’abord le fameux parc Salakeawkoo qui vaut vraiment le détour, puis se balader dans la campagne alentours. Dîner du réveillon dans un restau où on choisit nos plats sur photos (personne ne parle anglais et on progresse vraiment difficilement en Thaï… !). Crevettes pèt pèt !!!
25 décembre : après une dernière journée de balade en ville (les temples principaux ont ré-ouvert, chouette ! On a bien aimé le temple Wat Po Chai qui mêle des fresques de scènes de vie actuelle aux fresques traditionnelles), nous faisons nos adieux (enfin, nos au revoir on espère !) au Mékong… On a vraiment adoré ces 3 étapes le long du fleuve qui ont été toutes différentes.
Nous avions envisagé de passer pour le retour par Udon Thani pour aller voir le lac rose mais finalement Bangkok nous titille… ! C’est donc parti pour le bus de nuit. Comme on veut être en forme, on s’offre la 1ère classe VIP (au rdc du bus donc), la classe pour 450 baths !
26 décembre : arrivés à 4h30 à Bangkok, Mochit, on saute dans un taxi meter qui nous mène dans le quartier de Thewet. La Sri Ayuthaya que nous aimons bien est fermée à cette heure bien matinale, nous nous installons donc au Shanti (750bath la chambre ventilo – sdb). Nous n’avions jamais visité le Golden Mount, et décidons donc d’y remédier. Et on ne regrette pas : la vue est vraiment chouette et ce petit îlot de verdure au pied du mont bien agréable. Après une petite balade aux alentours, direction le MBK pour la traditionnelle séquence shopping. Qui sera suivie de la traditionnelle séquence massage !
27 décembre : aujourd’hui sera la journée « insolite ». Attisés par un post sur un autre forum (!), on part pour Koh Kret. Le bus 33 passe juste à côté de Thewet, ça tombe bien ! Nous voilà donc partis pour ¾ d’heure de bus environ (8 baths). Arrivés à Pak Kret, le chauffeur du bus double un sontgthaew et lui fait signe qu’il va lui « larguer » 2 farangs à la prochaine station. Correspondance parfaite donc ! On saute dans le songthaew (6 baths), qui à son tour nous indique le chemin à suivre une fois descendus. Direction l’embarcadère pour la petite traversée en ferry (2 baths !), et c’est parti. Ahhh Koh Kret ! Superbe balade à vélo autour de l’île au milieu des palmiers, marres de lotus, paysages de diverses cultures… le top ! On crève de chaud mais on est heureux ! Après une délicieuse noodle soup, on saute dans un taxi pour nous rendre dans un endroit dont nous avions entendu parler à Chatuchak lors de notre dernier séjour : le V64. Cet endroit tout nouveau (ils vont fêter leur 1er anniversaire le 20/1) est un regroupement d’artistes, dans le quartier de Laksi. Beaucoup de peintres, quelques sculpteurs, on a vraiment beaucoup aimé cet endroit très accueillant dans lequel on peut se balader dans les ateliers, et découvrir de très belles choses. Un vrai plaisir, et on recommande chaleureusement (c’est à proximité du MOCA pour ceux qui souhaiteraient se faire une grande journée « Art contemporain » à Bangkok).
Après cette belle journée, on rentre se balader dans le quartier de Thewet : grignoter des choses étranges au marché, regarder les restos du soir s’installer et les poissons remplis d’herbes griller, faire un petit tour sur le marché aux fleurs, et assister au coucher de soleil sur le Chao Praya en nourrissant les poissons… ça sent déjà la nostalgie !
28 décembre : pffff… ben voilà, fin de l’aventure pour cette fois. Toujours cette petite boule dans la gorge en montant dans le taxi pour l’aéroport…. Mais heureusement une chose est sûre : on reviendra !
J'espère que ces quelques infos seront utiles. Beaux voyages à tous !
Compte rendu d'une croisière sur le MSC Splendida en Méditerranée (février 2012) - 2ème parcours English translation pending
Bonjour à toutes et à tous,
Dans la poursuite des escales du MSC Splendida en Méditerranée….
En décembre 2011, nous avions fait les escales suivantes avec le MSC Splendida :
- Embarquement et Débarquement à Gênes
- Escales : Barcelone, Casablanca, Gibraltar, Valence et Marseille
Le compte-rendu de ces escales et du bateau est consultable ici : http://voyageforum.com/v.f?post=4696604;page=unread#unread
Pour cette nouvelle croisière sur le MSC Splendida qui s’est déroulée du 17 au 24 février 2012, nous avons fait :
- Embarquement et Débarquement à Marseille
- Escales : Gênes, Barcelone, La Valette, La Goulette, et Civitavecchia.
Les préparatifs de cette croisière sont consultables ici :
http://voyageforum.com/v.f?post=4599625;page=unread#unread
Vous trouverez ci-après un compte-rendu progressif de cette nouvelle croisière.
Bonne lecture.
Catherine
Dans la poursuite des escales du MSC Splendida en Méditerranée….
En décembre 2011, nous avions fait les escales suivantes avec le MSC Splendida :
- Embarquement et Débarquement à Gênes
- Escales : Barcelone, Casablanca, Gibraltar, Valence et Marseille
Le compte-rendu de ces escales et du bateau est consultable ici : http://voyageforum.com/v.f?post=4696604;page=unread#unread
Pour cette nouvelle croisière sur le MSC Splendida qui s’est déroulée du 17 au 24 février 2012, nous avons fait :
- Embarquement et Débarquement à Marseille
- Escales : Gênes, Barcelone, La Valette, La Goulette, et Civitavecchia.
Les préparatifs de cette croisière sont consultables ici :
http://voyageforum.com/v.f?post=4599625;page=unread#unread
Vous trouverez ci-après un compte-rendu progressif de cette nouvelle croisière.
Bonne lecture.
Catherine
Récit de notre voyage aux États-Unis en 2011: Rocheuses, geysers, collines et plaines English translation pending
Nous sommes de retour d'un fantastique voyage de trois semaines aux USA et je souhaite remercier tous les membres du forum qui m'ont aidée, directement ou indirectement, à préparer minutieusement les détails de ce périple. En voici donc le compte-rendu, en espérant qu'à mon tour, je puisse aider d'autres voyageurs qui ont l'intention de se rendre dans ces magnifiques contrées.
Pour information, nous sommes une famille belge, résidant à 50 km de Bruxelles : Jean-Luc (59 ans), Brigitte (50 ans), Nicolas (24 ans) et Catherine (21 ans).
C'est en mai 2010 que l'idée d'un voyage dans le Wyoming a germé. Grâce aux conseils et expériences des forumeurs, une boucle au départ de Denver est concoctée. Voici le programme définitif établi :
Départ de Bruxelles le 2 juillet, nuitée à Boulder 3 juillet : traversée de Rocky Mountain par la Trail Ridge Road, nuitée à Steamboat Springs 4 juillet : route et visite de Dinosaur NP, partie Colorado 5 juillet : visite de Dinosaur NP, partie Utah 6 juillet : route vers Moran via Flaming Gorge 7 et 8 juillet : visite et activités à Grand Téton Du 9 au 15 juillet : visite de Yellowstone 16 juillet : route vers Cody via Beartooth and Chief Joseph Highways (musée et Old Trail Town) 17 juillet : route vers Hardin via Bighorn Canyon et Bighorn National Forest (Little Bighorn Battlefield) 18 juillet : route vers Hullett (Devil's Tower) 19 juillet : route vers Wall via Belle Fourche, Spearfish Canyon et Deadwood (Badlands) 20 juillet : route vers Custer (Black Hills) 21 juillet : Mont Rushmore et routes scéniques 22 juillet : route vers Cheyenne via Hot Springs et Fort Laramie 23 juillet : Frontier Days à Cheyenne 24 juillet : route vers Estes Park pour quelques randonnées 25 juillet : route vers Denver, visite de Denver 26 juillet : retour en Belgique
Dès juillet 2010, les réservations des hébergements dans les parcs sont effectuées et déjà il faut "composer" car certains hôtels affichent "complet" dans plusieurs catégories de chambres un an à l'avance (c'est notamment le cas au Old Faithfull Inn) ! Durant les mois qui suivent, les autres hébergements sont choisis (le site http://www.tripadvisor.fr/ constitue un excellent outil et l'expérience de forumeurs qui ont séjourné aux endroits prévus à mon programme me sont d'une grande aide) ; la voiture est réservée et les billets d'avion sont achetés (visite quotidienne de plusieurs sites, notamment http://www.distrivols.fr/ pour obtenir un tarif intéressant- je capitule en décembre en trouvant un tarif de 700 euros par personne chez Go Voyages). Le programme quotidien est établi, les randonnées sélectionnées, les restaurants repérés … Je ne peux m'empêcher d'occuper la plus grande partie de mon temps libre à peaufiner chaque détail de mon roadbook, notamment en consultant les guides (le guide du Routard qui ne s'étend que très brièvement sur le Wyoming), le Fodor's "Montana et Wyoming" et le guide de Jacques Klein "L'ouest américain – Rocheuses et grands parcs), ainsi que les merveilleux outils que constituent les sites http://www.ouestusa.fr/, http://www.roadtrippin.fr/ et les sites officiels des parcs (http://www.nps.gov/index.htm). Je calcule les itinéraires sur http://maps.google.com/, me passionne pour les carnets de voyage des forumeurs et suis les conversations sur VF. J'ai trouvé de merveilleux livres de chevet (les trois tomes de Photographing the Southwest) et je m'endors chaque soir en rêvant à l'ouest américain !
Mais nous voilà déjà la veille de notre départ et, pour plus de sécurité, nous séjournons dès le vendredi 1er juillet aux abords de l'aéroport, au très luxueux hôtel Crowne Plaza Brussels Airport.
Samedi 2 juillet : le grand départ ! A l'aéroport, nous constatons que le vol Bruxelles/Chicago a plus d'une heure de retard (nous devions initialement décoller à 12h50). Quatre bagages à enregistrer et déjà un en "surpoids" au départ (il y en aura trois au retour !). Petit transfert dans un bagage de cabine et c'est réglé. L'hôtesse nous annonce qu'elle ne peut nous enregistrer jusqu'à Denver car les vols sont opérés par deux compagnies différentes (IB pour le vol BRU/ORD – opéré par AA - et AA pour le vol ORD/DEN) et qu'au cas où un retard nous ferait rater le deuxième vol, nous devrions acheter de nouveaux billets. C'est un "détail" d'importance sur lequel Go Voyages n'attire pas l'attention. A courir après les tarifs les plus bas, on se fait parfois "pigeonner". Nous n'aurons pas de problèmes, étant donné le grand laps de temps à l'aéroport de Chicago, mais il vaut mieux être averti. Nous n'aurons pas ce problème au retour, les deux vols étant assurés par Iberia (opérés par AA). Vol long et peu confortable, repas médiocre. Nous bénéficions de trois places au centre et d'une sur le côté (les rangées sont constituées de deux places de chaque côté de l'avion et de trois places au centre) et Nicolas dispose de très peu d'espace car la personne à côté de lui (côté hublot) a une stature imposante. J'aurais souhaité réserver les places dans l'avion plus tôt (ce n'était pas prévu lors de la réservation des billets) mais je n'ai pu le faire que 24h avant le départ … et, à ce moment, il n'y avait presque plus de choix dans les différents vols (j'ai donc pris ce qu'il restait en me disant que ce serait peut-être pire à l'enregistrement). Cette première journée est très longue car quelques mois avant le départ, Go Voyages nous avait déjà fait part d'un changement d'horaire : départ de l'avion Chicago/Denver à 20h30 au lieu de 19h10 et arrivée à 21h55 au lieu de 20h45. Arrivée dans l'immense aéroport de Chicago et longue attente pour notre vol vers Denver. J'avais repéré sur le site de l'aéroport le petit resto Wolfgang Puck To Go (afin de s'attabler confortablement et de faire un repas convenable puisque notre arrivée tardive à Boulder ne nous permettrait pas de fêter notre arrivée au resto). Une dame âgée nous apporte nos premiers hamburgers et contrôle les ID de tous les membres de la famille (!!!) avant d'accepter de nous servir bières et vin (qui n'est même pas bon) : parce que son patron lui a dit de le faire … Jean-Luc et moi n'aurons heureusement plus à justifier notre âge durant le restant du voyage … mais cela deviendra une habitude pour Nico et Cath ! J'avais déjà été surprise – et parfois choquée – de l'âge des personnes qui doivent encore travailler aux USA. Ca me désole de voir une personne voutée nous conduire à notre table au restaurant ou un monsieur qui a largement passé la septantaine soulever nos bagages à la réception. Nous ne sommes pas habitués à ce genre de choses chez nous et j'ai du mal à admettre que des personnes aussi âgées soient encore contraintes de travailler !
Vol vers Denver et son aéroport qui est un des plus modernes et des plus importants du pays (sa gigantesque toiture en téflon symbolise les Rocheuses qui pointent derrière et des tipis du XXIè siècle plantés au milieu de la Grande Prairie). Il est plus de 22 h lorsque nous arrivons à l'agence HERTZ pour la prise du véhicule). Comme je m'y attendais, le préposé nous propose une Mitsubishi Endeavour (voiture renseignée depuis quelques mois sur le site Hertz pour la catégorie SUV Standard alors qu'au départ, j'avais privilégié Hertz car nous avions une "petite" chance d'avoir une Nissan XTerra). Il nous précise que la voiture affiche peu de kilomètres au compteur. Nous prenons l'assurance Roadside qui n'était pas comprise dans le prix de la réservation effectuée sur internet (cette assurance couvre le remplacement des clés- nous ne bénéficions que d'un seul jeu -et le déverrouillage des portières si les clés sont restées à l'intérieur, le remorquage en cas de panne, la livraison d'essence en cas de panne sèche, …). Lorsque je vois le coffre de la voiture, je me dis que nos quatre gros bagages et nos quatre bagages de cabine (+ la glacière, les sacs à dos, …) ne rentreront jamais dans le coffre et nous retournons voir le préposé (qui n'est plus le même) qui nous propose un SUV full size sans supplément de prix. Nous allons donc "visionner" la voiture proposée (je crois me rappeler qu'il s'agissait d'une Chevrolet Tahoe) : le coffre ne me semble pas plus spacieux (lorsque les sièges de la troisième banquette sont rabattus) ; la voiture semble moins "nette" et mon époux me dit qu'il n'éprouve pas l'envie de conduire un tel véhicule … et comme c'est lui qui va conduire le plus souvent, je capitule. Nous retournons donc au guichet pour dire que finalement, nous préférons la Mitsubishi (à chaque fois, changement de papiers !). Pour l'anecdote, nous aurons à faire à trois préposés différents et la troisième, une dame, bien que polie, semblera assez excédée puisque lors d'une vérification des kilomètres dans la Mitsubishi, elle ne se rendra pas compte que mon fils est à l'arrière et, se parlant à elle-même, dira quelque chose comme "Ils vont me rendre folle". OK, on a un peu "chipoté" mais c'est quand même trois semaines que nous passerons dans ce véhicule ! En ne prenant qu'une petite glacière et en organisant bien nos bagages, on s'en tirera au niveau "place" et nous serons finalement satisfaits de la voiture et n'aurons aucun pépin !
Lorsque nous arrivons à l'hôtel à Boulder, il est plus de minuit. La chambre de l'hôtel Hampton Inn est juste décente mais nous tombons de fatigue et nous nous endormons rapidement.
Dimanche 3 juillet : après un petit déjeuner correct, nous organisons nos bagages et quittons l'hôtel. Le temps de rejoindre Estes Park, il est déjà midi lorsque nous nous engageons sur la Trail Ridge Road : la traversée d'Estes Park est laborieuse : beaucoup de circulation (c'est un dimanche ?) dans la ville et vers le parc. Nous achetons notre pass "America The Beautiful" qui permet l'accès pendant un an à tous les parcs nationaux. La route est magnifique ; nous nous arrêtons à de nombreuses reprises et croisons même un troupeau de mule deers. Il y a encore beaucoup de neige (cette route n'est pas accessible pendant l'hiver et ouvre habituellement le dernier week-end de mai mais vu l'hiver prolongé dans l'ouest cette année, elle a été rouverte beaucoup plus tard). Nous devons enfiler nos polars lorsque nous atteignons les hauteurs. Il est plus de 15h lorsque nous parvenons à Grand Lake, où j'ai repéré le Rapids Lodge, restaurant situé au bord d'une rivière. J'avais envisagé de déjeuner (si on peut encore parler de déjeuner à cette heure tardive) le long de la rivière mais le bruit est si assourdissant que nous demandons une table à l'intérieur. J'ai prévu une petite promenade digestive (0,3 miles) vers Adam Falls, jolies chutes proches de Grand Lake.
Nous reprenons la route et il est déjà tard lorsque nous atteignons notre étape, Steamboat Springs. Passage obligé au Walmart, pour l'achat d'un gps, d'une glacière et de quelques victuailles. J'avais prévu une soirée au Strawberry Park Natural Hot Spring (baignade dans des sources chaudes). Il est plus de 20 h lorsque nous quittons l'hôtel pour rejoindre ces sources assez éloignées de l'hôtel. Nous nous égarons et vu l'heure tardive, nous devons malheureusement rebrousser chemin. Nous rejoignons l'hôtel pour une bonne nuit de sommeil car demain, les choses sérieuses commencent …
Lundi 4 juillet : réveil matinal (ce sera un problème épineux durant tout le séjour car mes enfants ne conçoivent pas de se lever tôt durant les vacances … et ils ne savent pas se coucher tôt non plus). Nous trouvons donc un terrain d'entente (enfin, plus ou moins) : réveil à 6h45 pour moi, 7h pour mon mari et 7h30 pour les enfants, l'idéal étant de déjeuner à 8h pour démarrer au plus tard à 9h (ce qui est déjà très tard mais il faudra s'en accommoder !). Le programme de la journée, à savoir la visite de Dinosaur Park, côté Colorado, est serré (j'avais prévu de quitter l'hôtel à 6h30 car plus de 2 h de route nous séparent de Dinosaur mais …). Il est déjà 10h30 lorsque nous empruntons la Harpers Corner Drive. Etant donné le temps sec, nous nous dirigeons de suite vers l'Echo Park Road et la Yampa Bench Road pour parvenir aux trois premiers points de vue (Castle Park Overlook, Harding Hole et Wagon Wheel Overlook) qui sont absolument magnifiques. Nous ne rencontrons aucune autre voiture sur cette piste et profitons seuls de ce décor somptueux. Retour sur l'Echo Park Road et recherche de Picasso Face (grand rocher qui ressemble à un visage déformé qui aurait pu inspirer le maître). Nous le trouvons et nous engageons dans cette randonnée conseillée dans le PTS et expérimentée par d'autres forumeurs. Départ trouvé, passage au-dessus du ruisseau, escalade (Jean-Luc renoncera car il a le vertige). Je poursuis la ballade avec les enfants mais après une trentaine de minutes, de gros nuages gris apparaissent au loin et quelques coups de tonnerre se font entendre. Nous continuons encore un peu mais l'orage paraît se rapprocher et nous décidons de rebrousser chemin ; nous rejoignons la voiture sous de grosses gouttes. Nous quittons l'Echo Park Road à regret (enfin, surtout moi qui ai organisé le programme et qui dois abandonner l'idée de pénétrer dans Whispering Cave et de contempler Steamboat Rock). Nous poursuivons néanmoins sur la Harpers Corner Drive jusqu'à son terme (il ne pleuvra finalement presque pas … zut alors !) et empruntons le Harpers Corner Trail, promenade très agréable avec des points de vue merveilleux. On en prend plein les yeux.
Le retour sur la Harpers Corner Drive se fait au pas de course : j'aurais souhaité m'arrêter aux points de vue que nous n'avions pas fait le matin mais l'heure tardive et le nombre de kilomètres à parcourir pour rejoindre VERNAL ont entamé l'humeur de la troupe (je dois alléger le programme dixit mon mari et les enfants … pff, ça ne va pas être facile : il y a tant de belles choses à voir …). Nous parvenons à l'hôtel Marriott de Vernal : très bel hôtel avec des chambres spacieuses et modernes et … le wc séparé de la salle de bains (mais pourquoi mettent-ils toujours le wc dans la salle de bains ?).
Repas médiocre au Cafe Rio situé à côté de l'hôtel, pourtant recommandé sur Trip Advisor (self service, cuisine mexicaine). Le temps s'est couvert ; la pluie a fait sa réapparition.
Mardi 5 juillet : c'est sous un ciel gris que nous quittons l'hôtel, alors que la visite de Dinosaur Park, côté Utah, est prévue. Arrêt au Visitor Center où le ranger, comme je m'en doutais, nous déconseille d'emprunter des pistes. Je suis contente qu'on ait pu s'aventurer sur la Yampa Road hier ! Pas de shuttle pour le Fossil Discovery Trail aujourd'hui (petit site où on peut voir quelques fossiles de dinosaures, en attendant la réouverture du quarry, cet automne). Nous nous engageons sur la Cub Creek Road et nous arrêtons à Swelter Shelter, pour admirer nos premiers pétroglyphes. La matinée est déjà bien entamée lorsque nous débutons le trail Sound of Silence, mais le temps nuageux nous permet d'enchaîner agréablement les deux randonnées Sound of Silence et Desert Voice alors que ce doit être éprouvant sous le soleil qui tape habituellement à ce moment de la journée. J'avais lu des commentaires mitigés au sujet de ces randonnées mais nous les avons beaucoup appréciées. Le temps s'étant doucement découvert et le soleil ayant fait sa réapparition, nous aurons tous de beaux coups de soleil (nous ne nous étions bien entendu pas protégés puisqu'il faisait gris lorsque nous avons entamé le trail !). Nous pique-niquons au bord de la Green river, en compagnie d'écureuils, poursuivons la Cub Creek Road jusqu'à son terme (en ayant l'occasion d'admirer d'autres pétroglyphes) et terminons par la petite randonnée Box and Hog canyon (en fait nous faisons la Box ou la Hog mais je ne sais pas laquelle, ces deux petites promenades partant chacune d'un côté du parking). Un coup d'œil à la cabine de Josie Bassett, dame qui a vécu en autonomie totale jusqu'à sa mort à plus de 80 ans. Nous entamons le retour sur la même route (pas d'autre choix). Il est plus de 17h lorsque nous revenons au point de départ. Mon programme prévoyait la piste Island Park Road ; le soleil présent cet après-midi a probablement rendu la piste praticable mais il est un peu tard pour envisager de l'emprunter. Le ranger nous avait conseillé ce matin de nous arrêter au National Fieldhouse Museum de Vernal pour voir quelques squelettes de dinosaures mais il est déjà fermé lorsque nous nous y rendons. J'avais aussi envisagé la visite de Fantasy Canyon en soirée mais je ne ferai que l'évoquer … refusé ! Il est vrai que la journée de demain sera longue puisque nous rallions le parc de Grand Téton et que je voudrais m'arrêter à Flaming Gorge. Retour à l'hôtel donc, et repas au Win On Chinese-American Restaurant (après l'expérience mexicaine désastreuse d'hier, ma fille veut absolument tester le chinois). Cadre quelconque mais buffet incroyablement varié et très bon ; il y avait même un buffet mongol qui permettait de choisir ses aliments (crus) qui étaient ensuite cuits sur une plaque par un serveur. Détail cocasse : la caisse se trouve à l'entrée et il faut payer son repas dès la porte de l'établissement franchie.
Mercredi 6 juillet : il est 8h45 lorsque nous quittons Vernal pour notre prochaine étape, Moran, dans le parc de Grand Téton. Arrêt à Flaming Gorge où nous admirons les magnifiques Red and Sheep Creek Canyons. L'étape "déjeuner" est Pinedale, petite ville de montagne au bord des Wind River Mountains. Déjeuner agréable au Patio Grill où nous dégustons de très bon burgers (je crois que je n'oublierai pas de si tôt la voix éraillée de la serveuse qui nous répétait à tout bout de champ "You are very very welcome"). Petite promenade sur la rue principale et coup d'œil dans la grande boutique de cow-boys où nous voyons nos premiers "Stetson". Nous faisons un court arrêt à Jackson Hole pour nous ravitailler chez Smith's et empruntons la Gros Ventre Road pour admirer les fermes en bois de Mormon Row (je les avais vues si souvent en photos … il me tardait de les voir en vrai !). Nous croisons notre premier troupeau de bisons et filons ensuite vers le Signal Mountain Lodge, où nous avons réservé une cabine pour les trois prochaines nuits. Il fait déjà noir et la dame de la réception nous conseille d'ouvrir et de refermer très vite la porte de la cabine car il y a beaucoup de moustiques. Nous allons nous battre avec ces horribles bestioles pendant la plus grande partie de notre séjour dans les parcs du Grand Téton et de Yellowstone ! La cabine (qui est située dans un bâtiment qui comprend trois ailes/cabines) est très simple et bénéficie d'un confort minimum. Le plancher de la salle de bains n'est pas droit (je suppose que le bâtiment bouge à cause de la rigueur de l'hiver) ; ça donne le "tournis" quand on y entre. C'est un des premiers logements que j'ai réservé et je suis un peu déçue … mais je devrai me rendre à l'évidence : les logements dans les parcs sont très basiques alors qu'il faut payer le prix fort ! J'ai prévu de manger au Trapper Grill ce soir : très beau cadre (vue sur le Grand Téton) et repas tout à fait correct.
Jeudi 7 juillet : c'est l'anniversaire de Nicolas et j'ai prévu une journée bien remplie, mais le début sera un peu chahuté. Lever à 5h pour assister au lever du soleil à Oxbow Bend et admirer le reflet du Mont Moran sur les eaux calmes : seul mon mari accepte de m'accompagner. Le soleil n'est pas très présent mais c'est quand même vraiment beau. Au loin, un moose (orgnal) traverse la rivière. Nous voyons des elks en rejoignant la cabine. Réveil des enfants car j'ai réservé une "breakfast cruise" à Colter Bay (départ à 7h30 mais il faut arriver à 6h45). Sur place, la préposée nous avertit que la croisière a malheureusement été supprimée et qu'elle me l'a communiqué par mail (ben oui, mais je n'ai pas consulté mes mails). Nous allons donc prendre notre petit déjeuner au restaurant du Colter Bay, visitons le très intéressant musée d'art et traditions indiens et nous engageons dans une agréable randonnée sur une île boisée dont on fait le tour par le rivage : le Lakeshore trail (magnifiques panoramas sur le lac). Il est encore tôt (nous nous sommes levés de bonne heure) et les enfants ont envie de faire une balade sur le lac : nous louons donc deux kayaks pour deux heures (durée minimum) et passons un très beau moment : le spectacle est grandiose (les eaux du lac scintillent et les montagnes autour sont resplendissantes). Pizza au Leeks Marina & Pizzeria où les pizze sont, paraît-il, excellentes. Bof, est-ce parce que nous avons la chance d'avoir d'excellents restaurants italiens en Belgique, mais je ne les trouve pas terribles, ces pizze !
Le parc de Grand Téton me semblait idéal pour organiser quelques activités inhabituelles (en tout cas, en ce qui nous concerne). J'ai donc réservé une promenade à cheval chez Teton Horseback Adventures, compagnie située à Pacific Creek. Nous nous dirigeons donc vers le ranch et avons la surprise de voir un ours traverser la route devant la voiture. J'avais repéré cette adresse dans le guide du Routard, qui vantait le fait que cette compagnie effectue des balades en petit comité (il n'y aura que nous quatre et le guide), dans de vastes espaces en pleine nature. Et de fait, nous nous promenons dans les sous-bois, escaladons des collines, franchissons des gués … Catherine nous fait bien rire car elle n'arrête pas de se disputer avec son cheval qui est plus jeune et n'en fait qu'à sa tête (il ne suit pas les autres, s'arrête régulièrement pour manger des touffes d'herbes ou des feuilles, …). J'ai quand même une grosse frayeur lorsque, sans comprendre ce qui m'arrive, je me sens projetée en arrière avant de me rabattre sur le cou du cheval – j'ai bien cru que j'allais tomber – notre guide constatera que mon cheval a été effrayé par un castor ! Même si j'avais une petite appréhension au départ de cette excursion (à part moi qui avais fait un stage d'équitation trente ans auparavant et dont je n'avais de toute façon aucun souvenir, sauf celui que je suis allergique à la sueur des chevaux – mais il suffit que j'évite de me frotter le visage avec les mains qui ont touché le cheval - ni mon mari ni les enfants n'avaient pratiqué cette activité), elle a été un excellent moment pour tous. Un seul bémol : les moustiques ! Si j'ai pu les chasser de mes bras et de mon visage (enfin, quelques-uns sont quand même parvenus à leurs fins), ils s'en sont donnés à cœur joie sur mes jambes que je ne pouvais atteindre ! Nico et Cath avaient eu la bonne idée de mettre un pantalon … Jean-Luc et moi étions en shorts !!! Nous avons subi le même sort !
J'avais pensé terminer la journée par la Signal Mountain Summit Road mais le temps s'est couvert (il vaut mieux accéder au sommet par temps clair) et il est déjà tard. Nous allons admirer la jolie Chapel of the Sacred Heart et avons la chance d'apercevoir une femelle orgnal et son petit.
Pour le repas d'anniversaire de Nicolas, nous mangeons au Peaks, "resto chic" du Signal Mountain Lodge (avec toujours la vue sublime sur les montagnes). Catherine et moi prenons du saumon, Jean-Luc et Nicolas un steak. Même si ce n'est pas exceptionnel, c'est notre meilleur repas depuis notre arrivée sur le territoire américain.
Vendredi 8 juillet : cette La journée est encore réservée au parc de Grand Téton et je ne regrette absolument pas le temps passé dans ce parc. Je le trouve magnifique et j'aurais souhaité l'explorer encore davantage … J'espère y revenir un jour. Ce matin, il fait clair et nous en profitons pour monter au sommet de la colline Signal Mountain, à 250 m au-dessus de la vallée. Super point de vue panoramique sur la chaîne des Tétons et Jackson Lake. Au retour, nous verrons une voiture arrêtée dans l'autre sens et apercevrons un ours presque à hauteur de leur portière (je suppose qu'ils n'auront pas baissé la vitre) ; nous le verrons très vite s'éloigner. En route pour le Jenny Lake où j'ai prévu de prendre le shuttle boat pour gagner l'autre rive et faire les randonnées jusqu'à Hidden Falls et Inspiration Point. Beaucoup de monde pour ces randonnées très prisées. Et je ne pense pas qu'il soit possible d'éviter la foule, étant donné que les touristes sont déposés par groupe et qu'il s'agit d'une promenade "aller-retour" … Peut-être qu'en débutant dès 8h … mais nous n'avons pas été assez matinaux ! La cascade est très belle et le panarama depuis Inspiration point sur le lac et les montagnes est de toute beauté. Nous croiserons une marmotte en descendant. Nous empruntons de nouveau le shuttle pour le retour.
Nous continuons à descendre sur la Teton Park Road et nous nous arrêtons au Menor's Ferry Historic Area. Nous visitons la cabine de Bill Menor qui s'installa dans la région en 1864 et construisit un ferryboat qui permettait de traverser la rivière. J'avais lu qu'il était possible d'emprunter le ferry comme au temps des pionniers mais le niveau élevé de l'eau ne permet pas cette activité à notre passage. Tant le ferry que la cabine sont des répliques mais ça vaut le coup d'œil. Nous poursuivons avec la visite de la très jolie chapelle de la Transfiguration.
Mais il est temps de rejoindre Jackson Hole pour notre activité du jour : j'ai réservé "The 8-Mile Whitewater with Riverside BBQ Steak or Trout Dinner" chez Mad River. Il s'agit donc de rafting sur la Snake River : de nouveau une première expérience pour Jean-Luc, Nicolas et moi (Catherine a eu l'occasion d'en faire lors d'un trip aux USA alors qu'elle était étudiante d'échange). Nous voici donc au guichet de la compagnie en short, t-shirt et chaussures de rafting. De nombreux jeunes gens et jeunes filles sont occupés à revêtir des combinaisons (par coquetterie me dis-je …) ; j'avais lu sur le site que short et T-shirt faisaient l'affaire. Et ben non, le port de cette combinaison est obligatoire parce que l'eau est trop froide actuellement. Rentrer dans cette combinaison moulante relève déjà de l'exploit ! Le car nous attend pour rallier notre point de départ. Il y a un brouhaha infernal pendant tout le trajet : ça crie, ça rit, ça chante ! Tous ces jeunes ont l'air bien sympathique mais Jean-Luc et moi, nous dénotons un peu vu notre âge. Nous apprendrons qu'il s'agit d'un voyage entre jeunes Américains d'un groupement catholique (ces jeunes viennent d'états différents). Nous parvenons au lieu d'embarquement où un responsable donne des consignes de sécurité pendant près d'une demi-heure. Je n'y comprends pas grand-chose mais je commence à être inquiète. La Snake River n'est pas le Colorado et je m'imaginais un rafting pas bien méchant, limite petite croisière … Je vais donc chercher à me rassurer auprès d'un autre membre du staff qui parle parfaitement le français (sa mère est française). Il ne me rassure pas du tout : la rivière est très haute cette année, ce n'est pas calme du tout et au moins une embarcation se retourne tous les jours. Mais si on veut y renoncer : pas de problèmes ! On peut rentrer avec le bus et le coût du rafting nous sera remboursé. Jean-Luc me demande si j'ai encore prévu beaucoup de surprises dans ce genre … il n'a plus trop envie … à vrai dire, moi non plus … mais je ne suis pas trop enthousiaste non plus à l'idée d'attendre les enfants en me demandant ce qui se passe, car eux, n'ont pas l'intention de renoncer ! Donc on y va ! On enfile au-dessus de notre combinaison un anorak jaune, un gilet de sauvetage et pour couronner le tout, on porte un casque ! Génial ! En plus, on est ridicules ! Vient l'attribution des places dans l'embarcation : je me porte volontaire pour être au milieu … quand je pensais au milieu, j'imaginais le centre : en longueur … et en largeur. Mais si je ne suis pas ni à la queue ni à la proue du canot, je suis bien sur un bord … et assise sur le bord (pas question de s'installer confortablement sur la banquette !), munie d'une pagaie. A peine partis, notre guide me signale que je ne dois pas m'agripper en permanence à la corde … aurait-il remarqué que je suis un peu stressée – et me demande si je veux changer de place (pour être dans le vrai milieu cette fois). Mais non non, j'y suis j'y reste et je tiens à pagayer comme les autres ! Le passage du premier rapide se fait sans encombres, ça passe au deuxième aussi … je me déride et suis complètement rassurée au passage du "plus méchant". Les jeunes peuvent quitter le canot à un endroit où les eaux sont plus calmes et se laisseront porter par la rivière un moment avant d'être hissés à bord par ceux qui sont restés dans l'embarcation. Nico et Cath tentent l'expérience : sympa mais glacial ! Mis à part les craintes avant le départ, nous prenons finalement beaucoup de plaisir à ce rafting. Le repas qui devait avoir lieu le long de la rivière est remplacé par un repas au siège de Mad River. Le membre français du staff nous explique que le niveau actuel de la rivière rend trop dangereuses les manœuvres de débarquement et d'embarquement. Repas très agréable durant lequel nous sympathisons avec les jeunes qui ont pris part au rafting.
Nous terminons la soirée par un verre au Saloon Million Dollar Cowboy, au bar dont les sièges sont en fait des selles de cheval. Cadre sympa mais avant même de consommer, il faut s'acquitter d'un droit d'entrée pour pénétrer dans l'établissement ! Il fait noir lorsque nous reprenons la route pour Moran et nous évitons de justesse un gros animal (nous n'avons pas pu distinguer ce que c'était). Demain, c'est Yellowstone qui nous attend, objectif principal de notre voyage.
Pour information, nous sommes une famille belge, résidant à 50 km de Bruxelles : Jean-Luc (59 ans), Brigitte (50 ans), Nicolas (24 ans) et Catherine (21 ans).
C'est en mai 2010 que l'idée d'un voyage dans le Wyoming a germé. Grâce aux conseils et expériences des forumeurs, une boucle au départ de Denver est concoctée. Voici le programme définitif établi :
Départ de Bruxelles le 2 juillet, nuitée à Boulder 3 juillet : traversée de Rocky Mountain par la Trail Ridge Road, nuitée à Steamboat Springs 4 juillet : route et visite de Dinosaur NP, partie Colorado 5 juillet : visite de Dinosaur NP, partie Utah 6 juillet : route vers Moran via Flaming Gorge 7 et 8 juillet : visite et activités à Grand Téton Du 9 au 15 juillet : visite de Yellowstone 16 juillet : route vers Cody via Beartooth and Chief Joseph Highways (musée et Old Trail Town) 17 juillet : route vers Hardin via Bighorn Canyon et Bighorn National Forest (Little Bighorn Battlefield) 18 juillet : route vers Hullett (Devil's Tower) 19 juillet : route vers Wall via Belle Fourche, Spearfish Canyon et Deadwood (Badlands) 20 juillet : route vers Custer (Black Hills) 21 juillet : Mont Rushmore et routes scéniques 22 juillet : route vers Cheyenne via Hot Springs et Fort Laramie 23 juillet : Frontier Days à Cheyenne 24 juillet : route vers Estes Park pour quelques randonnées 25 juillet : route vers Denver, visite de Denver 26 juillet : retour en Belgique
Dès juillet 2010, les réservations des hébergements dans les parcs sont effectuées et déjà il faut "composer" car certains hôtels affichent "complet" dans plusieurs catégories de chambres un an à l'avance (c'est notamment le cas au Old Faithfull Inn) ! Durant les mois qui suivent, les autres hébergements sont choisis (le site http://www.tripadvisor.fr/ constitue un excellent outil et l'expérience de forumeurs qui ont séjourné aux endroits prévus à mon programme me sont d'une grande aide) ; la voiture est réservée et les billets d'avion sont achetés (visite quotidienne de plusieurs sites, notamment http://www.distrivols.fr/ pour obtenir un tarif intéressant- je capitule en décembre en trouvant un tarif de 700 euros par personne chez Go Voyages). Le programme quotidien est établi, les randonnées sélectionnées, les restaurants repérés … Je ne peux m'empêcher d'occuper la plus grande partie de mon temps libre à peaufiner chaque détail de mon roadbook, notamment en consultant les guides (le guide du Routard qui ne s'étend que très brièvement sur le Wyoming), le Fodor's "Montana et Wyoming" et le guide de Jacques Klein "L'ouest américain – Rocheuses et grands parcs), ainsi que les merveilleux outils que constituent les sites http://www.ouestusa.fr/, http://www.roadtrippin.fr/ et les sites officiels des parcs (http://www.nps.gov/index.htm). Je calcule les itinéraires sur http://maps.google.com/, me passionne pour les carnets de voyage des forumeurs et suis les conversations sur VF. J'ai trouvé de merveilleux livres de chevet (les trois tomes de Photographing the Southwest) et je m'endors chaque soir en rêvant à l'ouest américain !
Mais nous voilà déjà la veille de notre départ et, pour plus de sécurité, nous séjournons dès le vendredi 1er juillet aux abords de l'aéroport, au très luxueux hôtel Crowne Plaza Brussels Airport.
Samedi 2 juillet : le grand départ ! A l'aéroport, nous constatons que le vol Bruxelles/Chicago a plus d'une heure de retard (nous devions initialement décoller à 12h50). Quatre bagages à enregistrer et déjà un en "surpoids" au départ (il y en aura trois au retour !). Petit transfert dans un bagage de cabine et c'est réglé. L'hôtesse nous annonce qu'elle ne peut nous enregistrer jusqu'à Denver car les vols sont opérés par deux compagnies différentes (IB pour le vol BRU/ORD – opéré par AA - et AA pour le vol ORD/DEN) et qu'au cas où un retard nous ferait rater le deuxième vol, nous devrions acheter de nouveaux billets. C'est un "détail" d'importance sur lequel Go Voyages n'attire pas l'attention. A courir après les tarifs les plus bas, on se fait parfois "pigeonner". Nous n'aurons pas de problèmes, étant donné le grand laps de temps à l'aéroport de Chicago, mais il vaut mieux être averti. Nous n'aurons pas ce problème au retour, les deux vols étant assurés par Iberia (opérés par AA). Vol long et peu confortable, repas médiocre. Nous bénéficions de trois places au centre et d'une sur le côté (les rangées sont constituées de deux places de chaque côté de l'avion et de trois places au centre) et Nicolas dispose de très peu d'espace car la personne à côté de lui (côté hublot) a une stature imposante. J'aurais souhaité réserver les places dans l'avion plus tôt (ce n'était pas prévu lors de la réservation des billets) mais je n'ai pu le faire que 24h avant le départ … et, à ce moment, il n'y avait presque plus de choix dans les différents vols (j'ai donc pris ce qu'il restait en me disant que ce serait peut-être pire à l'enregistrement). Cette première journée est très longue car quelques mois avant le départ, Go Voyages nous avait déjà fait part d'un changement d'horaire : départ de l'avion Chicago/Denver à 20h30 au lieu de 19h10 et arrivée à 21h55 au lieu de 20h45. Arrivée dans l'immense aéroport de Chicago et longue attente pour notre vol vers Denver. J'avais repéré sur le site de l'aéroport le petit resto Wolfgang Puck To Go (afin de s'attabler confortablement et de faire un repas convenable puisque notre arrivée tardive à Boulder ne nous permettrait pas de fêter notre arrivée au resto). Une dame âgée nous apporte nos premiers hamburgers et contrôle les ID de tous les membres de la famille (!!!) avant d'accepter de nous servir bières et vin (qui n'est même pas bon) : parce que son patron lui a dit de le faire … Jean-Luc et moi n'aurons heureusement plus à justifier notre âge durant le restant du voyage … mais cela deviendra une habitude pour Nico et Cath ! J'avais déjà été surprise – et parfois choquée – de l'âge des personnes qui doivent encore travailler aux USA. Ca me désole de voir une personne voutée nous conduire à notre table au restaurant ou un monsieur qui a largement passé la septantaine soulever nos bagages à la réception. Nous ne sommes pas habitués à ce genre de choses chez nous et j'ai du mal à admettre que des personnes aussi âgées soient encore contraintes de travailler !
Vol vers Denver et son aéroport qui est un des plus modernes et des plus importants du pays (sa gigantesque toiture en téflon symbolise les Rocheuses qui pointent derrière et des tipis du XXIè siècle plantés au milieu de la Grande Prairie). Il est plus de 22 h lorsque nous arrivons à l'agence HERTZ pour la prise du véhicule). Comme je m'y attendais, le préposé nous propose une Mitsubishi Endeavour (voiture renseignée depuis quelques mois sur le site Hertz pour la catégorie SUV Standard alors qu'au départ, j'avais privilégié Hertz car nous avions une "petite" chance d'avoir une Nissan XTerra). Il nous précise que la voiture affiche peu de kilomètres au compteur. Nous prenons l'assurance Roadside qui n'était pas comprise dans le prix de la réservation effectuée sur internet (cette assurance couvre le remplacement des clés- nous ne bénéficions que d'un seul jeu -et le déverrouillage des portières si les clés sont restées à l'intérieur, le remorquage en cas de panne, la livraison d'essence en cas de panne sèche, …). Lorsque je vois le coffre de la voiture, je me dis que nos quatre gros bagages et nos quatre bagages de cabine (+ la glacière, les sacs à dos, …) ne rentreront jamais dans le coffre et nous retournons voir le préposé (qui n'est plus le même) qui nous propose un SUV full size sans supplément de prix. Nous allons donc "visionner" la voiture proposée (je crois me rappeler qu'il s'agissait d'une Chevrolet Tahoe) : le coffre ne me semble pas plus spacieux (lorsque les sièges de la troisième banquette sont rabattus) ; la voiture semble moins "nette" et mon époux me dit qu'il n'éprouve pas l'envie de conduire un tel véhicule … et comme c'est lui qui va conduire le plus souvent, je capitule. Nous retournons donc au guichet pour dire que finalement, nous préférons la Mitsubishi (à chaque fois, changement de papiers !). Pour l'anecdote, nous aurons à faire à trois préposés différents et la troisième, une dame, bien que polie, semblera assez excédée puisque lors d'une vérification des kilomètres dans la Mitsubishi, elle ne se rendra pas compte que mon fils est à l'arrière et, se parlant à elle-même, dira quelque chose comme "Ils vont me rendre folle". OK, on a un peu "chipoté" mais c'est quand même trois semaines que nous passerons dans ce véhicule ! En ne prenant qu'une petite glacière et en organisant bien nos bagages, on s'en tirera au niveau "place" et nous serons finalement satisfaits de la voiture et n'aurons aucun pépin !
Lorsque nous arrivons à l'hôtel à Boulder, il est plus de minuit. La chambre de l'hôtel Hampton Inn est juste décente mais nous tombons de fatigue et nous nous endormons rapidement.
Dimanche 3 juillet : après un petit déjeuner correct, nous organisons nos bagages et quittons l'hôtel. Le temps de rejoindre Estes Park, il est déjà midi lorsque nous nous engageons sur la Trail Ridge Road : la traversée d'Estes Park est laborieuse : beaucoup de circulation (c'est un dimanche ?) dans la ville et vers le parc. Nous achetons notre pass "America The Beautiful" qui permet l'accès pendant un an à tous les parcs nationaux. La route est magnifique ; nous nous arrêtons à de nombreuses reprises et croisons même un troupeau de mule deers. Il y a encore beaucoup de neige (cette route n'est pas accessible pendant l'hiver et ouvre habituellement le dernier week-end de mai mais vu l'hiver prolongé dans l'ouest cette année, elle a été rouverte beaucoup plus tard). Nous devons enfiler nos polars lorsque nous atteignons les hauteurs. Il est plus de 15h lorsque nous parvenons à Grand Lake, où j'ai repéré le Rapids Lodge, restaurant situé au bord d'une rivière. J'avais envisagé de déjeuner (si on peut encore parler de déjeuner à cette heure tardive) le long de la rivière mais le bruit est si assourdissant que nous demandons une table à l'intérieur. J'ai prévu une petite promenade digestive (0,3 miles) vers Adam Falls, jolies chutes proches de Grand Lake.
Nous reprenons la route et il est déjà tard lorsque nous atteignons notre étape, Steamboat Springs. Passage obligé au Walmart, pour l'achat d'un gps, d'une glacière et de quelques victuailles. J'avais prévu une soirée au Strawberry Park Natural Hot Spring (baignade dans des sources chaudes). Il est plus de 20 h lorsque nous quittons l'hôtel pour rejoindre ces sources assez éloignées de l'hôtel. Nous nous égarons et vu l'heure tardive, nous devons malheureusement rebrousser chemin. Nous rejoignons l'hôtel pour une bonne nuit de sommeil car demain, les choses sérieuses commencent …
Lundi 4 juillet : réveil matinal (ce sera un problème épineux durant tout le séjour car mes enfants ne conçoivent pas de se lever tôt durant les vacances … et ils ne savent pas se coucher tôt non plus). Nous trouvons donc un terrain d'entente (enfin, plus ou moins) : réveil à 6h45 pour moi, 7h pour mon mari et 7h30 pour les enfants, l'idéal étant de déjeuner à 8h pour démarrer au plus tard à 9h (ce qui est déjà très tard mais il faudra s'en accommoder !). Le programme de la journée, à savoir la visite de Dinosaur Park, côté Colorado, est serré (j'avais prévu de quitter l'hôtel à 6h30 car plus de 2 h de route nous séparent de Dinosaur mais …). Il est déjà 10h30 lorsque nous empruntons la Harpers Corner Drive. Etant donné le temps sec, nous nous dirigeons de suite vers l'Echo Park Road et la Yampa Bench Road pour parvenir aux trois premiers points de vue (Castle Park Overlook, Harding Hole et Wagon Wheel Overlook) qui sont absolument magnifiques. Nous ne rencontrons aucune autre voiture sur cette piste et profitons seuls de ce décor somptueux. Retour sur l'Echo Park Road et recherche de Picasso Face (grand rocher qui ressemble à un visage déformé qui aurait pu inspirer le maître). Nous le trouvons et nous engageons dans cette randonnée conseillée dans le PTS et expérimentée par d'autres forumeurs. Départ trouvé, passage au-dessus du ruisseau, escalade (Jean-Luc renoncera car il a le vertige). Je poursuis la ballade avec les enfants mais après une trentaine de minutes, de gros nuages gris apparaissent au loin et quelques coups de tonnerre se font entendre. Nous continuons encore un peu mais l'orage paraît se rapprocher et nous décidons de rebrousser chemin ; nous rejoignons la voiture sous de grosses gouttes. Nous quittons l'Echo Park Road à regret (enfin, surtout moi qui ai organisé le programme et qui dois abandonner l'idée de pénétrer dans Whispering Cave et de contempler Steamboat Rock). Nous poursuivons néanmoins sur la Harpers Corner Drive jusqu'à son terme (il ne pleuvra finalement presque pas … zut alors !) et empruntons le Harpers Corner Trail, promenade très agréable avec des points de vue merveilleux. On en prend plein les yeux.
Le retour sur la Harpers Corner Drive se fait au pas de course : j'aurais souhaité m'arrêter aux points de vue que nous n'avions pas fait le matin mais l'heure tardive et le nombre de kilomètres à parcourir pour rejoindre VERNAL ont entamé l'humeur de la troupe (je dois alléger le programme dixit mon mari et les enfants … pff, ça ne va pas être facile : il y a tant de belles choses à voir …). Nous parvenons à l'hôtel Marriott de Vernal : très bel hôtel avec des chambres spacieuses et modernes et … le wc séparé de la salle de bains (mais pourquoi mettent-ils toujours le wc dans la salle de bains ?).
Repas médiocre au Cafe Rio situé à côté de l'hôtel, pourtant recommandé sur Trip Advisor (self service, cuisine mexicaine). Le temps s'est couvert ; la pluie a fait sa réapparition.
Mardi 5 juillet : c'est sous un ciel gris que nous quittons l'hôtel, alors que la visite de Dinosaur Park, côté Utah, est prévue. Arrêt au Visitor Center où le ranger, comme je m'en doutais, nous déconseille d'emprunter des pistes. Je suis contente qu'on ait pu s'aventurer sur la Yampa Road hier ! Pas de shuttle pour le Fossil Discovery Trail aujourd'hui (petit site où on peut voir quelques fossiles de dinosaures, en attendant la réouverture du quarry, cet automne). Nous nous engageons sur la Cub Creek Road et nous arrêtons à Swelter Shelter, pour admirer nos premiers pétroglyphes. La matinée est déjà bien entamée lorsque nous débutons le trail Sound of Silence, mais le temps nuageux nous permet d'enchaîner agréablement les deux randonnées Sound of Silence et Desert Voice alors que ce doit être éprouvant sous le soleil qui tape habituellement à ce moment de la journée. J'avais lu des commentaires mitigés au sujet de ces randonnées mais nous les avons beaucoup appréciées. Le temps s'étant doucement découvert et le soleil ayant fait sa réapparition, nous aurons tous de beaux coups de soleil (nous ne nous étions bien entendu pas protégés puisqu'il faisait gris lorsque nous avons entamé le trail !). Nous pique-niquons au bord de la Green river, en compagnie d'écureuils, poursuivons la Cub Creek Road jusqu'à son terme (en ayant l'occasion d'admirer d'autres pétroglyphes) et terminons par la petite randonnée Box and Hog canyon (en fait nous faisons la Box ou la Hog mais je ne sais pas laquelle, ces deux petites promenades partant chacune d'un côté du parking). Un coup d'œil à la cabine de Josie Bassett, dame qui a vécu en autonomie totale jusqu'à sa mort à plus de 80 ans. Nous entamons le retour sur la même route (pas d'autre choix). Il est plus de 17h lorsque nous revenons au point de départ. Mon programme prévoyait la piste Island Park Road ; le soleil présent cet après-midi a probablement rendu la piste praticable mais il est un peu tard pour envisager de l'emprunter. Le ranger nous avait conseillé ce matin de nous arrêter au National Fieldhouse Museum de Vernal pour voir quelques squelettes de dinosaures mais il est déjà fermé lorsque nous nous y rendons. J'avais aussi envisagé la visite de Fantasy Canyon en soirée mais je ne ferai que l'évoquer … refusé ! Il est vrai que la journée de demain sera longue puisque nous rallions le parc de Grand Téton et que je voudrais m'arrêter à Flaming Gorge. Retour à l'hôtel donc, et repas au Win On Chinese-American Restaurant (après l'expérience mexicaine désastreuse d'hier, ma fille veut absolument tester le chinois). Cadre quelconque mais buffet incroyablement varié et très bon ; il y avait même un buffet mongol qui permettait de choisir ses aliments (crus) qui étaient ensuite cuits sur une plaque par un serveur. Détail cocasse : la caisse se trouve à l'entrée et il faut payer son repas dès la porte de l'établissement franchie.
Mercredi 6 juillet : il est 8h45 lorsque nous quittons Vernal pour notre prochaine étape, Moran, dans le parc de Grand Téton. Arrêt à Flaming Gorge où nous admirons les magnifiques Red and Sheep Creek Canyons. L'étape "déjeuner" est Pinedale, petite ville de montagne au bord des Wind River Mountains. Déjeuner agréable au Patio Grill où nous dégustons de très bon burgers (je crois que je n'oublierai pas de si tôt la voix éraillée de la serveuse qui nous répétait à tout bout de champ "You are very very welcome"). Petite promenade sur la rue principale et coup d'œil dans la grande boutique de cow-boys où nous voyons nos premiers "Stetson". Nous faisons un court arrêt à Jackson Hole pour nous ravitailler chez Smith's et empruntons la Gros Ventre Road pour admirer les fermes en bois de Mormon Row (je les avais vues si souvent en photos … il me tardait de les voir en vrai !). Nous croisons notre premier troupeau de bisons et filons ensuite vers le Signal Mountain Lodge, où nous avons réservé une cabine pour les trois prochaines nuits. Il fait déjà noir et la dame de la réception nous conseille d'ouvrir et de refermer très vite la porte de la cabine car il y a beaucoup de moustiques. Nous allons nous battre avec ces horribles bestioles pendant la plus grande partie de notre séjour dans les parcs du Grand Téton et de Yellowstone ! La cabine (qui est située dans un bâtiment qui comprend trois ailes/cabines) est très simple et bénéficie d'un confort minimum. Le plancher de la salle de bains n'est pas droit (je suppose que le bâtiment bouge à cause de la rigueur de l'hiver) ; ça donne le "tournis" quand on y entre. C'est un des premiers logements que j'ai réservé et je suis un peu déçue … mais je devrai me rendre à l'évidence : les logements dans les parcs sont très basiques alors qu'il faut payer le prix fort ! J'ai prévu de manger au Trapper Grill ce soir : très beau cadre (vue sur le Grand Téton) et repas tout à fait correct.
Jeudi 7 juillet : c'est l'anniversaire de Nicolas et j'ai prévu une journée bien remplie, mais le début sera un peu chahuté. Lever à 5h pour assister au lever du soleil à Oxbow Bend et admirer le reflet du Mont Moran sur les eaux calmes : seul mon mari accepte de m'accompagner. Le soleil n'est pas très présent mais c'est quand même vraiment beau. Au loin, un moose (orgnal) traverse la rivière. Nous voyons des elks en rejoignant la cabine. Réveil des enfants car j'ai réservé une "breakfast cruise" à Colter Bay (départ à 7h30 mais il faut arriver à 6h45). Sur place, la préposée nous avertit que la croisière a malheureusement été supprimée et qu'elle me l'a communiqué par mail (ben oui, mais je n'ai pas consulté mes mails). Nous allons donc prendre notre petit déjeuner au restaurant du Colter Bay, visitons le très intéressant musée d'art et traditions indiens et nous engageons dans une agréable randonnée sur une île boisée dont on fait le tour par le rivage : le Lakeshore trail (magnifiques panoramas sur le lac). Il est encore tôt (nous nous sommes levés de bonne heure) et les enfants ont envie de faire une balade sur le lac : nous louons donc deux kayaks pour deux heures (durée minimum) et passons un très beau moment : le spectacle est grandiose (les eaux du lac scintillent et les montagnes autour sont resplendissantes). Pizza au Leeks Marina & Pizzeria où les pizze sont, paraît-il, excellentes. Bof, est-ce parce que nous avons la chance d'avoir d'excellents restaurants italiens en Belgique, mais je ne les trouve pas terribles, ces pizze !
Le parc de Grand Téton me semblait idéal pour organiser quelques activités inhabituelles (en tout cas, en ce qui nous concerne). J'ai donc réservé une promenade à cheval chez Teton Horseback Adventures, compagnie située à Pacific Creek. Nous nous dirigeons donc vers le ranch et avons la surprise de voir un ours traverser la route devant la voiture. J'avais repéré cette adresse dans le guide du Routard, qui vantait le fait que cette compagnie effectue des balades en petit comité (il n'y aura que nous quatre et le guide), dans de vastes espaces en pleine nature. Et de fait, nous nous promenons dans les sous-bois, escaladons des collines, franchissons des gués … Catherine nous fait bien rire car elle n'arrête pas de se disputer avec son cheval qui est plus jeune et n'en fait qu'à sa tête (il ne suit pas les autres, s'arrête régulièrement pour manger des touffes d'herbes ou des feuilles, …). J'ai quand même une grosse frayeur lorsque, sans comprendre ce qui m'arrive, je me sens projetée en arrière avant de me rabattre sur le cou du cheval – j'ai bien cru que j'allais tomber – notre guide constatera que mon cheval a été effrayé par un castor ! Même si j'avais une petite appréhension au départ de cette excursion (à part moi qui avais fait un stage d'équitation trente ans auparavant et dont je n'avais de toute façon aucun souvenir, sauf celui que je suis allergique à la sueur des chevaux – mais il suffit que j'évite de me frotter le visage avec les mains qui ont touché le cheval - ni mon mari ni les enfants n'avaient pratiqué cette activité), elle a été un excellent moment pour tous. Un seul bémol : les moustiques ! Si j'ai pu les chasser de mes bras et de mon visage (enfin, quelques-uns sont quand même parvenus à leurs fins), ils s'en sont donnés à cœur joie sur mes jambes que je ne pouvais atteindre ! Nico et Cath avaient eu la bonne idée de mettre un pantalon … Jean-Luc et moi étions en shorts !!! Nous avons subi le même sort !
J'avais pensé terminer la journée par la Signal Mountain Summit Road mais le temps s'est couvert (il vaut mieux accéder au sommet par temps clair) et il est déjà tard. Nous allons admirer la jolie Chapel of the Sacred Heart et avons la chance d'apercevoir une femelle orgnal et son petit.
Pour le repas d'anniversaire de Nicolas, nous mangeons au Peaks, "resto chic" du Signal Mountain Lodge (avec toujours la vue sublime sur les montagnes). Catherine et moi prenons du saumon, Jean-Luc et Nicolas un steak. Même si ce n'est pas exceptionnel, c'est notre meilleur repas depuis notre arrivée sur le territoire américain.
Vendredi 8 juillet : cette La journée est encore réservée au parc de Grand Téton et je ne regrette absolument pas le temps passé dans ce parc. Je le trouve magnifique et j'aurais souhaité l'explorer encore davantage … J'espère y revenir un jour. Ce matin, il fait clair et nous en profitons pour monter au sommet de la colline Signal Mountain, à 250 m au-dessus de la vallée. Super point de vue panoramique sur la chaîne des Tétons et Jackson Lake. Au retour, nous verrons une voiture arrêtée dans l'autre sens et apercevrons un ours presque à hauteur de leur portière (je suppose qu'ils n'auront pas baissé la vitre) ; nous le verrons très vite s'éloigner. En route pour le Jenny Lake où j'ai prévu de prendre le shuttle boat pour gagner l'autre rive et faire les randonnées jusqu'à Hidden Falls et Inspiration Point. Beaucoup de monde pour ces randonnées très prisées. Et je ne pense pas qu'il soit possible d'éviter la foule, étant donné que les touristes sont déposés par groupe et qu'il s'agit d'une promenade "aller-retour" … Peut-être qu'en débutant dès 8h … mais nous n'avons pas été assez matinaux ! La cascade est très belle et le panarama depuis Inspiration point sur le lac et les montagnes est de toute beauté. Nous croiserons une marmotte en descendant. Nous empruntons de nouveau le shuttle pour le retour.
Nous continuons à descendre sur la Teton Park Road et nous nous arrêtons au Menor's Ferry Historic Area. Nous visitons la cabine de Bill Menor qui s'installa dans la région en 1864 et construisit un ferryboat qui permettait de traverser la rivière. J'avais lu qu'il était possible d'emprunter le ferry comme au temps des pionniers mais le niveau élevé de l'eau ne permet pas cette activité à notre passage. Tant le ferry que la cabine sont des répliques mais ça vaut le coup d'œil. Nous poursuivons avec la visite de la très jolie chapelle de la Transfiguration.
Mais il est temps de rejoindre Jackson Hole pour notre activité du jour : j'ai réservé "The 8-Mile Whitewater with Riverside BBQ Steak or Trout Dinner" chez Mad River. Il s'agit donc de rafting sur la Snake River : de nouveau une première expérience pour Jean-Luc, Nicolas et moi (Catherine a eu l'occasion d'en faire lors d'un trip aux USA alors qu'elle était étudiante d'échange). Nous voici donc au guichet de la compagnie en short, t-shirt et chaussures de rafting. De nombreux jeunes gens et jeunes filles sont occupés à revêtir des combinaisons (par coquetterie me dis-je …) ; j'avais lu sur le site que short et T-shirt faisaient l'affaire. Et ben non, le port de cette combinaison est obligatoire parce que l'eau est trop froide actuellement. Rentrer dans cette combinaison moulante relève déjà de l'exploit ! Le car nous attend pour rallier notre point de départ. Il y a un brouhaha infernal pendant tout le trajet : ça crie, ça rit, ça chante ! Tous ces jeunes ont l'air bien sympathique mais Jean-Luc et moi, nous dénotons un peu vu notre âge. Nous apprendrons qu'il s'agit d'un voyage entre jeunes Américains d'un groupement catholique (ces jeunes viennent d'états différents). Nous parvenons au lieu d'embarquement où un responsable donne des consignes de sécurité pendant près d'une demi-heure. Je n'y comprends pas grand-chose mais je commence à être inquiète. La Snake River n'est pas le Colorado et je m'imaginais un rafting pas bien méchant, limite petite croisière … Je vais donc chercher à me rassurer auprès d'un autre membre du staff qui parle parfaitement le français (sa mère est française). Il ne me rassure pas du tout : la rivière est très haute cette année, ce n'est pas calme du tout et au moins une embarcation se retourne tous les jours. Mais si on veut y renoncer : pas de problèmes ! On peut rentrer avec le bus et le coût du rafting nous sera remboursé. Jean-Luc me demande si j'ai encore prévu beaucoup de surprises dans ce genre … il n'a plus trop envie … à vrai dire, moi non plus … mais je ne suis pas trop enthousiaste non plus à l'idée d'attendre les enfants en me demandant ce qui se passe, car eux, n'ont pas l'intention de renoncer ! Donc on y va ! On enfile au-dessus de notre combinaison un anorak jaune, un gilet de sauvetage et pour couronner le tout, on porte un casque ! Génial ! En plus, on est ridicules ! Vient l'attribution des places dans l'embarcation : je me porte volontaire pour être au milieu … quand je pensais au milieu, j'imaginais le centre : en longueur … et en largeur. Mais si je ne suis pas ni à la queue ni à la proue du canot, je suis bien sur un bord … et assise sur le bord (pas question de s'installer confortablement sur la banquette !), munie d'une pagaie. A peine partis, notre guide me signale que je ne dois pas m'agripper en permanence à la corde … aurait-il remarqué que je suis un peu stressée – et me demande si je veux changer de place (pour être dans le vrai milieu cette fois). Mais non non, j'y suis j'y reste et je tiens à pagayer comme les autres ! Le passage du premier rapide se fait sans encombres, ça passe au deuxième aussi … je me déride et suis complètement rassurée au passage du "plus méchant". Les jeunes peuvent quitter le canot à un endroit où les eaux sont plus calmes et se laisseront porter par la rivière un moment avant d'être hissés à bord par ceux qui sont restés dans l'embarcation. Nico et Cath tentent l'expérience : sympa mais glacial ! Mis à part les craintes avant le départ, nous prenons finalement beaucoup de plaisir à ce rafting. Le repas qui devait avoir lieu le long de la rivière est remplacé par un repas au siège de Mad River. Le membre français du staff nous explique que le niveau actuel de la rivière rend trop dangereuses les manœuvres de débarquement et d'embarquement. Repas très agréable durant lequel nous sympathisons avec les jeunes qui ont pris part au rafting.
Nous terminons la soirée par un verre au Saloon Million Dollar Cowboy, au bar dont les sièges sont en fait des selles de cheval. Cadre sympa mais avant même de consommer, il faut s'acquitter d'un droit d'entrée pour pénétrer dans l'établissement ! Il fait noir lorsque nous reprenons la route pour Moran et nous évitons de justesse un gros animal (nous n'avons pas pu distinguer ce que c'était). Demain, c'est Yellowstone qui nous attend, objectif principal de notre voyage.
Le livre lao ou notre mois au pays des millions d'éléphants English translation pending
Prologue
L'attente et la préparation ont maintenant fait place à l'excitation. Des mois à lire les guides, consulter les sites et les forums sur le net, des heures à collectionner des impressions, des informations des tuyaux et maintenant, dans quelques heures ce sera le départ pour l'aéroport. Avec son lot de petits pincements, les au-revoirs à nos trois enfants (bien qu'à bientôt 18 et 20 ans, peut-on encore parler d'enfants ? ), avec les doutes, les laisser pendant un mois, bien que nos propres parents seront bien présents. Tout va-t-il bien se passer ? Ici à Genève ou sur les chemins poussièreux du Laos ?
Mélange excitant qui ressurgit à chaque départ ...
Une fois n'est pas coutume, pas encore partis et déjà en train de prendre le clavier. Faire son voyage, dans sa tête en premier, le préparer, s'y préparer, commencer à le vivre, et partir. Cette année, j'innove. Non pas tant que l'idée vienne de moi, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des carnets de voyage, des amitiés, toutes virtuelles pour la plupart, bien concrètes pour d'autres, se sont formées. Des amitiés basées sur les mêmes passions, les mêmes envies de découvertes, et bien souvent les mêmes destinations !
Alors, les conseils ont fusé : "on aimerait suivre ton voyage, connaître vos impressions, mais là, en même temps que vous. Et puis le Laos, ça nous intéresse". L'idée du livre lao et ses chapitres a germé. Oui, pourquoi pas. Prendre le temps d'écrire, de retranscrire et de partager notre voyage au jour le jour, ou tout du moins dès que l'occasion se présente (merci le WiFi...) ?
Prologue, chapitre 1, chapitre 2, chapitres ... conclusion, remerciements ... Un livre. Que l'on prépare, que l'on peaufine, que l'on vit et que l'on range une fois terminé dans sa bibliothèque des souvenirs. Mais toujours à disposition pour y replonger. Comme un voyage en quelque sorte ...
Petit retour en arrière. Le Laos ... Coincé entre deux montres du tourisme, la Thaïlande et le Vietnam, ouvert depuis peu et pas encore atteint par le tourisme de masse, réputé pour la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages, comment ne pouvait-il pas nous attirer à lui, comme un aimant ? Comme toute cette si fascinante Asie finalement, mais certainement encore plus que d'autres contrées de l'Extrême-Orient. Est-ce son côté nature et beauté des paysages ? La réputation de son peuple accueillant et souriant ? Son ambiance de calme et de tranquillité ? Un condensé de tout cela, sans aucun doute, comme un besoin de souffler, de mettre une vie occidentale, où le temps rime avec rendement, entre parenthèse l'espace d'un périple.
Les sacs sont prêts, les esprits aussi.
Décollage avec SWISS vers 21h00 pour une courte étape vers Zurich, puis un long vol vers Bangkok. Demain, le chapitre 1 débute ... En route pour le livre lao.
L'attente et la préparation ont maintenant fait place à l'excitation. Des mois à lire les guides, consulter les sites et les forums sur le net, des heures à collectionner des impressions, des informations des tuyaux et maintenant, dans quelques heures ce sera le départ pour l'aéroport. Avec son lot de petits pincements, les au-revoirs à nos trois enfants (bien qu'à bientôt 18 et 20 ans, peut-on encore parler d'enfants ? ), avec les doutes, les laisser pendant un mois, bien que nos propres parents seront bien présents. Tout va-t-il bien se passer ? Ici à Genève ou sur les chemins poussièreux du Laos ?
Mélange excitant qui ressurgit à chaque départ ...
Une fois n'est pas coutume, pas encore partis et déjà en train de prendre le clavier. Faire son voyage, dans sa tête en premier, le préparer, s'y préparer, commencer à le vivre, et partir. Cette année, j'innove. Non pas tant que l'idée vienne de moi, mais c'est vrai qu'au fur et à mesure des carnets de voyage, des amitiés, toutes virtuelles pour la plupart, bien concrètes pour d'autres, se sont formées. Des amitiés basées sur les mêmes passions, les mêmes envies de découvertes, et bien souvent les mêmes destinations !
Alors, les conseils ont fusé : "on aimerait suivre ton voyage, connaître vos impressions, mais là, en même temps que vous. Et puis le Laos, ça nous intéresse". L'idée du livre lao et ses chapitres a germé. Oui, pourquoi pas. Prendre le temps d'écrire, de retranscrire et de partager notre voyage au jour le jour, ou tout du moins dès que l'occasion se présente (merci le WiFi...) ?
Prologue, chapitre 1, chapitre 2, chapitres ... conclusion, remerciements ... Un livre. Que l'on prépare, que l'on peaufine, que l'on vit et que l'on range une fois terminé dans sa bibliothèque des souvenirs. Mais toujours à disposition pour y replonger. Comme un voyage en quelque sorte ...
Petit retour en arrière. Le Laos ... Coincé entre deux montres du tourisme, la Thaïlande et le Vietnam, ouvert depuis peu et pas encore atteint par le tourisme de masse, réputé pour la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages, comment ne pouvait-il pas nous attirer à lui, comme un aimant ? Comme toute cette si fascinante Asie finalement, mais certainement encore plus que d'autres contrées de l'Extrême-Orient. Est-ce son côté nature et beauté des paysages ? La réputation de son peuple accueillant et souriant ? Son ambiance de calme et de tranquillité ? Un condensé de tout cela, sans aucun doute, comme un besoin de souffler, de mettre une vie occidentale, où le temps rime avec rendement, entre parenthèse l'espace d'un périple.
Les sacs sont prêts, les esprits aussi.
Décollage avec SWISS vers 21h00 pour une courte étape vers Zurich, puis un long vol vers Bangkok. Demain, le chapitre 1 débute ... En route pour le livre lao.
Juillet 2010 au pays de l'oncle Sam: compte rendu! English translation pending
Presqu'un an de préparation, beaucoup de temps passé sur le net, sur voyageforum, sur ouestusa.fr; sur roadtrippin.fr, sur les blogs des personnes parties avant nous, des heures à lire mon routard et mon guide bleu...
Et nous voilà enfin, ce 1er juillet 2010, à l'assaut de l'aéroport de Bruxelles, prêts à partir! Une grosse frayeur plus tard, (le billet de mon frangin "n'existait" pas!), merci Govoyage, nous voilà dans l'avion!
Un petit saut à Londres, un grand saut au-dessus de l'Atlantique et les Etats-Unis sont à nous!
Voilà le planning que nous avions prévu (et qui a tantôt été respecté, tantôt pas!):
1er juillet: Vol Bruxelles-NY 2 juilet: NY 3 juillet: NY et vol vers Los Angeles en soirée 4 juillet: LA et Coast Highway 1 vers le nord... 5 juillet: De là où nous en serons vers San Francisco 6 juillet: SF 7 juillet: SF 8 juillet: Route vers Yosémite 9 juillet: Yosémite 10 juillet: Bodie et Mono Lake et route jusque... 11 juillet: Traversée de la Death Valley jusque Las Vegas 12 juillet: LV 13 juillet: Route vers Zion 14 juillet: Zion et départ tard vers Bryce 15 juillet: Bryce 16 juillet: Scénic Drive 12 jusque Torrey 17 juillet: Capitol Reef et route jusque Moab 18-19: Moab (Arches, Canyonlands, ...) 20: Route jusque Canyonlands the Needles et dodo où on peut! 21: Route jusque Monument Valley et visite 22: Route jusque Page et Antelope Canyon 23: Route jusqu'au Grand Canyon 24: Grand Canyon 25-26: Route jusque LA en une ou deux fois et visite de LA brève ou très brève 27: Vol vers NY 28-29-30: NY
Quelques petites précisions:
- Le choix de faire NY en deux fois s'est imposé à nous du fait de nos horaires de vols dans des aéroports différents et du fait de devoir renvoyer mon frangin en Europe avant de repartir vers le Québec avec mon amoureux. Même si c'est choix est passé comme incongru pour certains, nous ne le regrettons pas (sans le conseiller non plus!): les premiers jours nous ont mis l'eau à la bouche sans pour autant nous exténuer pour la suite du voyage.
- Nous avions essayé de placer souvent des étapes de deux voire trois jours au même endroits (histoire d'avoir la sensation d'être en vacances!) mais même comme ça, nous avons parfois eu le sentiment de courir. Il faut dire que nous avons aussi écourter une étape à cause d'un orage et avons donc pris un jour d'avance sur notre programme... ce fut dur sur le moment mais très chouette pour la suite.
- J'avais réservé toutes mes nuits d'hôtel sauf 6 (on aime aussi l'aventure!!!)
C'est parti pour le compte rendu de notre road-trip à trois :
Nous voilà donc en route pour le pays de l'oncle Sam...
Du jeudi 1juillet au samedi 3 juillet :
Nous nous sommes levés à 5h du matin le jeudi 1er juillet, pour être à l'heure à l'aéroport. C'est donc frais comme des gardons que nous étions lorsque la dame de l'enregistrement nous a dit d'un air très sérieux: "Il y a bien une place réservée pour votre frère sur ce vol mais il n'y a aucun billet enregistré à son nom, donc je ne peux rien imprimer tant que vous n'avez pas joint votre agence de voyage"...
Oui, l'annonce fait un effet surprenant. D'autant que vous pouvez toujours essayer de retourner ciel et terre, une agence de voyage ouverte à 7heures du matin, ben, il n'y en a pas beaucoup! Donc, bref, des coups de fil dans tous les sens, une aide inespérée des madames de chez Brussels Airlines et enfin, à 9h35, nous avions ce foutu billet. Il ne restait plus qu'à faire l'enregistrement des bagages, le passage de la douane, les rayons X pour nos sacs à main... autant vous dire qu'on a couru!
On a pas couru pour grand chose d'ailleurs parce, même si le (long) vol s'est très bien passé, ben, les bagages, eux, ne sont jamais arrivés à New York avec nous!
Statistiquement, on était bon pour le quota d'emmerdes du voyage et le reste devait se dérouler tranquillement. Certes, il nous manquait deux trois petites culottes mais nous étions heureux d'être là!
Nous voilà donc dans un taxi. L'arrivée à New York est assez particulière. Aucun de nous trois n'y avait jamais mis les pieds et pourtant, sur la route de Newark à notre hôtel, avant même d'entrer dans Manhattan, la vue des buildings au loin et l'Hudson River à traverser, tout ça parait bien familier. Les images qui défilent devant nos yeux au fil de l'avancée du taxi sont celles vues des centaines de fois dans des films ou décritent dans des livres et même si ce nouveau paysage n'offre pas une réelle découverte, chacun de nous avait envie de se plonger au coeur de la ville et de voir de plus près tous ces bâtiments aux noms bien connus.
Mais avant cela, le taxi nous a déposé devant notre auberge de jeunesse. En passant devant les autres chambres, je me demandais vraiment à quoi allait ressembler la notre car elles paraissaient bien petites ou bien trop grandes et je n'avais l'envie ni de dormir dans un lit superposé dans une chambre de 50, ni de devoir partager un cagibi avec Mathieu et Greg. Toute à mes pensées de savoir si j'avais fait le bon choix dans mes réservations, je regardais les garçons ouvrir la porte. Et là, surprise, une grande chambre mais seulement pour nous trois, une petite salle de bain, une mini cuisine avec frigo, machine à café, four etc et le tout, très propre!
Je pense que ce premier choix a été largement validé par les garçons. Un quartier calme, sûr et une super chambre... Si vous passez à New York, réservez la chambre 206 de la Dexter House!
Le vendredi 2juillet, ce devait être normalement une journée shopping. Vu que nos bagages n'étaient pas encore arrivés, c'est devenu une journée shopping obligatoire! Et là, il faut absolument supprimer tous les clichés qu'on a sur les filles. Dans le premier magasin croisé, j'ai choisi mes fringues en 5minutes (le strict minimum pour survivre sans valise et le moins cher possible!) tandis que les garçons ont essayé le tiers des chaussures de tous les magasins de New York et n'ont pas voulu acheter de t-shirt avant d'avoir trouvé leur marque préférée! Bref, on a fait tout Broadway de la 42th Street à Ground Zero en s'arrêtant tous les 200 mètres et je vous assure que c'est (très très) long. C'était quand même une ballade très chouette car, tout en se perdant dans la ville, nous sommes passés devant quelques bâtiments que j'avais très envie de voir. Dans le désordre: le Flatiron Building, l'Empire State Building vu au loin, la Trinity Church, le pont de Brooklin, ... Le soir, je me suis couchée (et endormie!) comme une loque pendant que les guys allaient boire un verre devant le foot.
Le samedi, nous sommes allés nous promener dans Chinatown (juste après avoir récupéré nos bagages). J'avoue avoir préféré le Chinatown de Bangkok mais mon frère, qui sort d’Europe pour la première fois, a adoré puis il nous reste celui de San Francisco à découvrir. Quelques dim sum plus tard, nous avons rejoint La Guardia pour notre vol vers Los Angeles.
Et nous voilà enfin, ce 1er juillet 2010, à l'assaut de l'aéroport de Bruxelles, prêts à partir! Une grosse frayeur plus tard, (le billet de mon frangin "n'existait" pas!), merci Govoyage, nous voilà dans l'avion!
Un petit saut à Londres, un grand saut au-dessus de l'Atlantique et les Etats-Unis sont à nous!
Voilà le planning que nous avions prévu (et qui a tantôt été respecté, tantôt pas!):
1er juillet: Vol Bruxelles-NY 2 juilet: NY 3 juillet: NY et vol vers Los Angeles en soirée 4 juillet: LA et Coast Highway 1 vers le nord... 5 juillet: De là où nous en serons vers San Francisco 6 juillet: SF 7 juillet: SF 8 juillet: Route vers Yosémite 9 juillet: Yosémite 10 juillet: Bodie et Mono Lake et route jusque... 11 juillet: Traversée de la Death Valley jusque Las Vegas 12 juillet: LV 13 juillet: Route vers Zion 14 juillet: Zion et départ tard vers Bryce 15 juillet: Bryce 16 juillet: Scénic Drive 12 jusque Torrey 17 juillet: Capitol Reef et route jusque Moab 18-19: Moab (Arches, Canyonlands, ...) 20: Route jusque Canyonlands the Needles et dodo où on peut! 21: Route jusque Monument Valley et visite 22: Route jusque Page et Antelope Canyon 23: Route jusqu'au Grand Canyon 24: Grand Canyon 25-26: Route jusque LA en une ou deux fois et visite de LA brève ou très brève 27: Vol vers NY 28-29-30: NY
Quelques petites précisions:
- Le choix de faire NY en deux fois s'est imposé à nous du fait de nos horaires de vols dans des aéroports différents et du fait de devoir renvoyer mon frangin en Europe avant de repartir vers le Québec avec mon amoureux. Même si c'est choix est passé comme incongru pour certains, nous ne le regrettons pas (sans le conseiller non plus!): les premiers jours nous ont mis l'eau à la bouche sans pour autant nous exténuer pour la suite du voyage.
- Nous avions essayé de placer souvent des étapes de deux voire trois jours au même endroits (histoire d'avoir la sensation d'être en vacances!) mais même comme ça, nous avons parfois eu le sentiment de courir. Il faut dire que nous avons aussi écourter une étape à cause d'un orage et avons donc pris un jour d'avance sur notre programme... ce fut dur sur le moment mais très chouette pour la suite.
- J'avais réservé toutes mes nuits d'hôtel sauf 6 (on aime aussi l'aventure!!!)
C'est parti pour le compte rendu de notre road-trip à trois :
Nous voilà donc en route pour le pays de l'oncle Sam...
Du jeudi 1juillet au samedi 3 juillet :
Nous nous sommes levés à 5h du matin le jeudi 1er juillet, pour être à l'heure à l'aéroport. C'est donc frais comme des gardons que nous étions lorsque la dame de l'enregistrement nous a dit d'un air très sérieux: "Il y a bien une place réservée pour votre frère sur ce vol mais il n'y a aucun billet enregistré à son nom, donc je ne peux rien imprimer tant que vous n'avez pas joint votre agence de voyage"...
Oui, l'annonce fait un effet surprenant. D'autant que vous pouvez toujours essayer de retourner ciel et terre, une agence de voyage ouverte à 7heures du matin, ben, il n'y en a pas beaucoup! Donc, bref, des coups de fil dans tous les sens, une aide inespérée des madames de chez Brussels Airlines et enfin, à 9h35, nous avions ce foutu billet. Il ne restait plus qu'à faire l'enregistrement des bagages, le passage de la douane, les rayons X pour nos sacs à main... autant vous dire qu'on a couru!
On a pas couru pour grand chose d'ailleurs parce, même si le (long) vol s'est très bien passé, ben, les bagages, eux, ne sont jamais arrivés à New York avec nous!
Statistiquement, on était bon pour le quota d'emmerdes du voyage et le reste devait se dérouler tranquillement. Certes, il nous manquait deux trois petites culottes mais nous étions heureux d'être là!
Nous voilà donc dans un taxi. L'arrivée à New York est assez particulière. Aucun de nous trois n'y avait jamais mis les pieds et pourtant, sur la route de Newark à notre hôtel, avant même d'entrer dans Manhattan, la vue des buildings au loin et l'Hudson River à traverser, tout ça parait bien familier. Les images qui défilent devant nos yeux au fil de l'avancée du taxi sont celles vues des centaines de fois dans des films ou décritent dans des livres et même si ce nouveau paysage n'offre pas une réelle découverte, chacun de nous avait envie de se plonger au coeur de la ville et de voir de plus près tous ces bâtiments aux noms bien connus.
Mais avant cela, le taxi nous a déposé devant notre auberge de jeunesse. En passant devant les autres chambres, je me demandais vraiment à quoi allait ressembler la notre car elles paraissaient bien petites ou bien trop grandes et je n'avais l'envie ni de dormir dans un lit superposé dans une chambre de 50, ni de devoir partager un cagibi avec Mathieu et Greg. Toute à mes pensées de savoir si j'avais fait le bon choix dans mes réservations, je regardais les garçons ouvrir la porte. Et là, surprise, une grande chambre mais seulement pour nous trois, une petite salle de bain, une mini cuisine avec frigo, machine à café, four etc et le tout, très propre!
Je pense que ce premier choix a été largement validé par les garçons. Un quartier calme, sûr et une super chambre... Si vous passez à New York, réservez la chambre 206 de la Dexter House!
Le vendredi 2juillet, ce devait être normalement une journée shopping. Vu que nos bagages n'étaient pas encore arrivés, c'est devenu une journée shopping obligatoire! Et là, il faut absolument supprimer tous les clichés qu'on a sur les filles. Dans le premier magasin croisé, j'ai choisi mes fringues en 5minutes (le strict minimum pour survivre sans valise et le moins cher possible!) tandis que les garçons ont essayé le tiers des chaussures de tous les magasins de New York et n'ont pas voulu acheter de t-shirt avant d'avoir trouvé leur marque préférée! Bref, on a fait tout Broadway de la 42th Street à Ground Zero en s'arrêtant tous les 200 mètres et je vous assure que c'est (très très) long. C'était quand même une ballade très chouette car, tout en se perdant dans la ville, nous sommes passés devant quelques bâtiments que j'avais très envie de voir. Dans le désordre: le Flatiron Building, l'Empire State Building vu au loin, la Trinity Church, le pont de Brooklin, ... Le soir, je me suis couchée (et endormie!) comme une loque pendant que les guys allaient boire un verre devant le foot.
Le samedi, nous sommes allés nous promener dans Chinatown (juste après avoir récupéré nos bagages). J'avoue avoir préféré le Chinatown de Bangkok mais mon frère, qui sort d’Europe pour la première fois, a adoré puis il nous reste celui de San Francisco à découvrir. Quelques dim sum plus tard, nous avons rejoint La Guardia pour notre vol vers Los Angeles.
Voyage à Agadir: visites, excursions, pêche au gros? English translation pending
Bonjour à tous
Nous partons à Agadir du 13novembre au 21 novembre. Nous voulions avoir quelques conseils de visites, ballades, découvertes à faire aux alentours. Auriez-vous également des adresses pour aller faire de la pêche au gros. Nous ne connaissons pas le Maroc. Nous attendons vos conseils. Merci
Nous partons à Agadir du 13novembre au 21 novembre. Nous voulions avoir quelques conseils de visites, ballades, découvertes à faire aux alentours. Auriez-vous également des adresses pour aller faire de la pêche au gros. Nous ne connaissons pas le Maroc. Nous attendons vos conseils. Merci
Retour de trois semaines dans l'Ouest américain, en septembre 2010 English translation pending
Bonjour à tous,
nous revoilà de 3 semaines ouest usa. Voyage auto tour (los angeles vers san francisco via les parcs de l'ouest), réservation par une agence de paris spécialisé sur l'Amérique. Pour le vol, hôtel, location de voiture. J'avais comparé les prix et j'avais estimé qu'il y avait que les hôtels ou il y avait une différence mais voyant les frais de CB, nous avons fait le choix vers l'agence ou nous pouvons faire du sur mesure.
J'avais projeté ce voyage depuis le mois de Aout 2009. J'ai pas mal lu sur internet pour le fabriquer. J'avais vu aussi ce que les tours opérateurs proposaient et ensuite cela faisait plus de 15 ans que j'avais acheté un magasine géo sur les USA.
Le choix des périodes fut rapide soit juin soit septembre. Pas d'enfants hors scolaire et ensuite les températures. Mais quand nous sommes allés à l'agence fin JANVIER pour réserver, pour le mois de juin trop court pour les choix des réservations et les prix qui commençaient à grimper donc nous sommes partis pour fin aout et septembre 2010 mais nous avons eu droit à notre changement de tarif suite à l'évolution du court de l'euro.
Nous avons tenté the wave pour le tirage au sort premier jour de Mai mais échoué pourtant j'en avais sérieusement envie. Mais le mail de réponse fut désolé.
Nous avions nos Estas suite à un précédent voyage au US mais pour moi j'ai du refaire ma demande renouvellement de passeport entre temps que j'ai eu sans problème.
Donc 30 heures avant départ air france internet pour la confirmation. Mais surprise pour moi je suis rejetée problème de Esta. ça commence bien. On me dit que ça doit être juste un problème technique de ne pas paniquer. Facile quand vous savez que vous pouvez vous faire recaler à l'enregistrement à l'Aéroport.
Maintenant le sport des bagages pour 3 semaines 2 valises pour 23 kg chacune. On y arrive.
le 27 aout 2010
Départ de la maison à 5h30, nous avons 100 km pour atteindre Roissy mais je mets toujours une marge car nous avons de la circulation approchant les abords de paris.
Notre décollage est prévu pour 10h35 présentation 3h avant. Nous déposons notre voiture dans un parking privé que nous avions déjà utilisé les services moins cher qu'un taxi et rien à dire.
Donc je vais à la borne pour faire mon enregistrement et ma carte d'embarcation. Et toujours refusé. La je commence à ne plus rire. Nous allons à l'enregistrement des bagages comme l'hôtesse nous conseille. Personne nous sommes dans les premiers. L'hôtesse passe mon mari, aucun souci. Maintenant à mon tour. Une fois, Deux fois, T.....
rien à faire. Elle voit sa collègue plus confirmée. Qui pour elle tape le numéro de passeport au lieu d'utiliser le code barre mais en rajoutant le numéro en plus qu'il y a sur la première page. Ouf sésame ouvre toi. En fin de compte j'avais rentré un numéro en trop. A savoir prendre que les chiffres en bas de page. ça y est. C'est parti.
Pour le vol un peu de retard mais rien de méchant. Rattrapé sur la durée du vol.
Nous avons droit à nos écrans individuelles et notre choix de programme film ou jeux. Pour nous c'est passé assez vite.
Nous arrivons à l'aéroport de LOS ANGELES. Pendant ces mois au par avant j'avais fait un book maison avec les infos pris sur internet, les astuces et le planning de visite.
Donc nous passons les douanes de l'aéroport et évidement bibi ne passe pas encore une fois. Le douanier voit tout de suite l'erreur et me fait remplir un document vert comme si j'avais un visa. En tout cas heureusement que j'avais imprimé mon acceptation de Esta ça a servie autant en France que aux USA.
Ouf cette fois c'est bon. Mon mari aurait pu faire à deux occasions le voyage tout seul.
On récupère nos valises et maintenant direction la location de voiture. Comme j'avais lu dans le forum recherche des bus par compagnie de location de voiture.
Effectivement le parking est à l'extérieur de l'aéroport.
Nous avons notre voiture après un peu d'attente du monde devant nous.
On montre notre document. Il n'essaye pas de nous vendre d'autres prestation. On signe le document avec l'histoire du plein d'essence à payer à la fin et de revenir avec le réservoir vide.
Maintenant nous partons à la recherche de notre voiture. Rien à voir avec ailleurs. Vous cherchez la catégorie de véhicule, les clefs sont dessus, vous vous servez.
Chouette une new bettle. Pas pour longtemps. On ouvre le coffre pas plus d'une valise on referme. Ensuite voiture plus haute sympa pour le tout terrain. Mais le coffre est visible et j'avais lu sur le forum la mésaventure d'effraction. Nous finirons sur une Ford Focus. Pneu en état, pas trop de kilomètre.
Nous mettons en route le GPS d'abord assez perdu pour les satellites. Mais elle trouve. A la sortie du parking, on nous enregistres. Et c'est parti.
On est assez rapidement dans le bain. Périphérique. Oh la la. Que de Circulation, deux fois plus large que chez nous. Là nous apprécions juliette (surnom de notre GPS).
Direct l'hôtel, à confort inn west sunset blvd. Nous sommes sur la bonne rue mais assez loin. On pose les bagages, direct courses. On ne trouve pas la glacière miracle.
j'avais prévu de visiter l'après midi mais nous sommes déjà le soir, avec la circulation pas facile.
Bon on va directe à Hollywood bld. Mais le plus court fut de passer par ce périphérique.
Nous partons à la recherche des étoiles sur le trottoir que l'on trouve assez facilement. Ensuite j'avais repéré la cour de théâtre chinois. Mais la nuit tombe quand nous arrivons sur place emprunte de main et signature au sol. Pas grave c'est assez éclairé. Le long du trottoir les magasins sont de plus en plus pour Vêtement et autres coquines. Une photo avec ELVIS et Michael JACKSON.
Nous repartons à la voiture. Nous avions pris une rue en perpendiculaire de la sunset bld pour ne pas payer les parkings qui vous attendent. Faire juste attention pour les jours et heures d'interdiction pour le nettoyage de rue.
Un coup de périphérique et à l'hôtel
Saint Jacques de Compostelle, le Chemin de Paris et de Tours à vélo, juillet 2010 English translation pending
La Via Turonensis, ou le Chemin de Saint Jacques de Compostelle de Paris et de Tours
Cette année, c'est a vélo. Changement d'approche plus adapté pour ce chemin qui se perd dans la Beauce, les vignobles Bordelais et les Landes, pour finir en plein pays Basque avec les Pyrénées.
Ultréïa !!!!
Jeudi 15 juillet 2010
Villeparisis-Paris-Palaiseau-Arpajon-La Ferté Allais-Etampes (camping à Ormoy)

Kilométrage réalisé: 104.3 km
Météo: soleil et vent de face
Coût du camping (Ormoy la rivière): 5.5 € (tente/vélo/personne)
Ravitaillement: à Etampes
Six heure du matin, ma compagne m’aide à sortir le vélo de l’appartement (deux étages à descendre avec les sacoches chargées) et après quelques bisous, c’est le vrai départ. J’enfourche le vélo, 3, 2, 1 GO !!! Ca roule plutôt bien, mieux que je ne le pensais, moi qui utilise pour la première fois un vélo chargé alors que d’habitude je me balade plutôt à pied avec un carrix. Cette année, c’est une tendinite au tibia, qui est la cause du changement de programme, avec le vélo c’est moins traumatisant.L’équilibre se fait peu à peu et je repense à tous ces gens qui font un tour du monde, ils font corps avec leur machine. Le long du canal de l’Ourcq, les kilomètres défilent. Je croise les campements sauvages des gens du voyage (ma hantise avant) et c’est eux me croisant avec une voiture qui me laisse passer avec gentillesse... A la Tour Saint Jacques, c’est le vrai départ, je touche la coquille au porche d’entrée du parc, et enchaine avec la Cathédrale Notre Dame de Paris, la rue Saint Jacques, la coulée verte que je trouve de peu, et Palaiseau atteint sans difficultés. Pour rejoindre Arpajon par contre, c’est bien plus compliqué: piste boueuse à cause des grosses averses d’hier (marne), je dois nettoyer le vélo à la brosse à dent ! Gros détour ensuite parmi les petites départementales pour rejoindre Etampes, via la Ferté Allais, Boissy le Cuté et sa grosse montée. J'arrive sur les plateaux cultivés avec un vent de face qui me fait pester alors que j’ai déjà fait plus de 90 km. Enfin j’arrive au camping d’Ormoy la rivière (2 km après Etampes) où je m’installe pour la nuit. Le soir je fais la connaissance de Loïc et David qui sont à vélo et avec qui demain je vais aller à Orléans.
Vendredi 16 juillet 2010
Etampes - Orléans
Kilométrage réalisé: 69.9 km
Météo: nuageux et vent de face
Coût du camping : 6 € (tente/vélo/personne), à 3 km sur la piste cyclable le long de la loire, direction Tours
Ravitaillement: Orléans + snack au camping
Belle et dure journée: David, Loïc et moi partons vers 10h30 et montons pour rejoindre « le plat pays ». Au début: c’est monté, petits villages et rivières pleines d’écrevisses, lavoirs. Ensuite c’est durant 60 km, un super vent de face/côté. Dur d’avancer dans ces conditions, la moyenne tombe à 10km/h. Le paysage est splendide mais monotone, champs cultivés à droite, à gauche, en face et derrière…. A l’arrivée à Orléans après un superbe passage en forêt ou la moyenne atteint de nouveau une vitesse raisonnable (20km/h) car abrités du vent, Loïc part rejoindre des amis et je continue jusqu’au camping avec David, à 3 km en longeant sur les bords de la Loire…..
Samedi 17 juillet 2010
Orléans - Beaugency - Blois - Candé sur Beuvron
Kilométrage réalisé: 73.5 km
Météo: nuageux et soleil le soir
Coût du camping : 8.5 € (tente/vélo/personne/électricité), pour le rejoindre traverser le pont et tout droit en montant, juste avant le virage à droite pour Chaumont.
Ravitaillement: au camping
Superbe étape le long des berges de la Loire. C’est par de petits sentiers et le GR, qui longe le fleuve, que je parcours cette étape. D’Orléans à Beaugency, c’est en rive droite. Le Vtt est indispensable car les passages parfois étroit et les épines d’acacias coriaces. Au milieux de superbes propriétés, j’imagine cette vie d’autrefois où la batelerie permettait le transport des marchandises jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les bateaux anciens étaient traditionnellement à fond plat, avec un grand mât et une voile carrée pour prendre le vent dominant d'ouest de Nantes à Orléans, abattable pour passer sous les ponts. On en croise encore quelques uns rénovés, le long des quais. De Beaugency, c’est une piste qui me mène à la centrale nucléaire de de Saint Laurent des Eaux. Sur la digue, une petite route asphaltées, trace ensuite sa voie jusqu’à Blois, entre élevage de poulets et champs de tournesols de l’autre coté. Avec « ABBA » dans les oreilles, je rejoint petit à petit Blois. Il est tôt, je décide de continuer, direction Candé sur Beuvron, en rive gauche cette fois, à 13 km de là. Il me faut moins d’une heure pour y parvenir en longeant le départementale (la piste cyclable ne permet pas de voir la Loire).
Candé sur Beuvron est une petite bourgade sympathique: au début du XIXe siècle, le curé a fait transférer l'église paroissiale depuis le bord du Beuvron à flanc de coteau. Il reste une élégante demeure en son lieu et place. Le château, sis dans le bourg, à l'extrémité nord, a été donné par la famille de La Ville Baugé au diocèse d'Orléans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des jeunes y ont été dissimulés aux autorités d'occupation. Ce château de La Ville Baugé est, depuis 1993, la maison-mère et le séminaire de la Communauté Saint-Martin, société de prêtres fondée à Gênes en 1976 par Mgr Jean-François Guérin.
Dimanche 18 juillet 2010
Candé sur Beuvron -Chaumont -Amboise -Tours -Saint Avertin - Montbazon
Kilométrage réalisé: 69.6 km
Météo: grand beau
Coût du camping : Gratuit pour les pèlerins
Ravitaillement: Montbazon
Toujours le long des berges de la Loire, mais cette fois par de petites départementales de façon à traverser tous ces petits villages avec leurs maisons troglodyte, leurs caves, leur bateaux. Tout ce qui fait le charme de cette région, que je commence a tant aimer. Je ne m’attarde pas à Amboise, trop bruyante, et je dois aligner les kilomètres... Je file vers Tours, où je m’attarde devant la cathédrale, discute avec un couple qui longe la Loire à vélo jusqu'à son débouché sur l’atlantique et file sur Montbazon en ayant bien cherché mon chemin, dans ce labyrinthe de ruelles.
Lundi 19 juillet 2010
Montbazon - Sainte Maure de Touraine - Dangé Saint Romain - Châtellerault - Dissay
Kilométrage réalisé: 79.4 km
Météo: Soleil
Coût du camping : 10.5 € (tente/vélo/personne avec électricité)
Ravitaillement: Dans le centre, au-dessus du camping à 5 minutes
Champs de céréales, la Vienne, Châtellerault… L’étape est sympa, il fait chaud entre les champs de tournesols, maïs, orge: le grenier de la France est bien là. Je me sens petit au milieu de cette France agricole que l’on devrait protéger un peu plus. En passant, le théâtre du Vieux Poitiers est à voir…. Le château de Dissay, quand à lui, du 17ème siècle, se visite en deux heures avec une formidable guide.
Mardi 20 juillet 2010
Dissay - Poitiers - Lusignan - Chenay - Melle
Kilométrage réalisé: 76.6 km
Météo: Soleil
Coût du camping : 5.5 € (tente/vélo/personne)
Ravitaillement: dans le centre ville
Bon c’est joli, les champs à perte de vue, sauf quand ca monte et ca descend tout le temps !!!! Fait super chaud, à chaque village, une super montée sous le soleil. Les premières cloques apparaissent, le nez crame !!! C’est dur car les montés sont vraiment raides. Les quelques personnes rencontrées à vélo, rentrent souvent chez eux et sont à 90% des hollandais. On aperçoit le Futuroscope et c’est la traversée de Poitiers, sympa, par l’arrière pays. Ensuite cela monte dur pour rejoindre Melle, petit ville sympa où je papote avec le gardien du camping.
Mercredi 21 juillet 2010
Melle - Aulnay - Saint jean de Angely - Saintes
Kilométrage réalisé: 75 km
Météo: pluie et orages
Coût du camping : 5.5 € (tente/vélo/personne), au pont en arrivant, prendre à droite, max 1 km
Ravitaillement: dans le centre + banques
Boudiou, je me rappelais plus les « crachins bretons ». Ca mouille et ca fouette, mais au moins il fait chaud ! L’église d’Aulnay vaut le détour et la visite. Après, l’étape reste une succession de champs de maïs, tournesols penchés vers le soleil.
Jeudi 22 juillet 2010
Saintes - Pons - Mirambeau
Kilométrage réalisé: 47,9 km
Météo: nuages et soleil
Coût du camping : 5.5 € (tente/vélo/personne)
Ravitaillement: en face du camping (grosse superette)
Idem hier, rien de bien spécial, de longues lignes droites, des champs et le chemin qu’empruntes les pèlerins à pieds que j’emprunte au début mais qui se relève vite un peu galère a cause justement du fait que l’on roule sur de la paille coupée. Etape dure et longue dans sa difficulté.
Vendredi 23 juillet 2010
Mirambeau - Saint Aubin de Blaye - Blaye - Saint Andre de Cubzac - Port Neuf
Kilométrage réalisé: 72 km
Météo: nuages et averses
Coût du camping : 11 € (tente/vélo/personne). Attention il se situe 3 km avant Saint André de Cubzac, en prenant une route à droite direction Port Neuf
Ravitaillement: à Saint André de Cubzac, sur la gauche une superette avant d’entrer dans le centre « historique ». Gare SNCF
Superbe étape. Quelques montées vite rejointes par les premières vignes, premières descentes, on sent le sud a plein nez, et je m’y sent vraiment bien ! A proximité de Blaye, une piste cyclable me permet de rejoindre la citadelle, quel spectacle, enfin la mer (ou plutôt la Gironde et son estuaire) !
Entre deux averses, « ils appellent ça des entrées d’air maritimes », je continue ma balade. Le k-way Quechua tiens le coup (voir fiche matériel). Je traverse la citadelle à vélo (attention aux pavés) et je rejoint par « les corniches de la Dordogne » où des maisons superbes, des vignes en hauteurs égrènent le paysage et Saint André de Cubzac où des amis doivent me rejoindre demain. Il n’y a pas de mot tant le paysage est magnifique, une pure merveille.
Samedi 24 et Dimanche 25 juillet 2010
Saint Andre de Cubzac - Port neuf
Kilométrage réalisé: 15 km
Météo: super soleil
Deux jours de balade avec des amis le long de la Dordogne. Entre dégustation de Sauternes, flânerie en tout genre, le chemin de Saint Jacques de Compostelle se laisse cette fois découvrir à pied. Il est bon de découvrir les vignes au grés du temps….
Lundi 26 juillet 2010
Port neuf - Saint André de Cubzac - Bordeaux - Gradignan
Kilométrage réalisé: 43.7 km
Météo: grand beau
Coût du camping : 7.5 € (tente/vélo/emplacement), basique mais simple, à la sortie de la ville
Ravitaillement: en direction de Le Barp, 1 ou 2 km après: boulangerie et petite superette.
Apres deux jours de repos, c’est la direction de Bordeaux que je prend aujourd’hui. Après Saint André de Cubzac, le pont Eiffel franchit la Dordogne et reste une petite merveille d’architecture du 20 ème siècle qui trouve assez bien sa place dans ce paysage. Apres quelques petites routes départementales, c’est cette fois les bords de la Garonne que je longe, l’ambiance est chaleureuse, de nombreux étudiants et jeunes y pique-niquent. Changement d’échelle, le pont d’Aquitaine, du haut de ses 53 m, me donne l’impression d’être un lilliputien. Je rejoint le pont de pierre de Bordeaux et entre dans la ville. Cette ville semble si paisible: peu de bruit, peu de voitures, le tram prend son énergie au sol (pas de fil électriques suspendus), et les pistes cyclables sont nombreuses. Je profite de cette ambiance pour regarder les différents monuments, me laissant guider par les coquilles Saint Jacques qui jalonnent mon itinéraire.
Gradignan est rejoint peu à peu, où cela sent bon les Landes. Installation au camping. Une piste cyclable permet de se ravitailler à un kilomètre de la vers le Barp (plein sud) où il y a une excellente boulangerie.
Mardi 27 juillet 2010
Gradignan - Le Barp - Le Muret - Labouheyre - Onesse et Laharie
Kilométrage réalisé: 106 km
Météo: brouillard et soleil
Coût du camping : 8.5 € (tente/velo/emplacement) sur la droite en arrivant a 400 m après le bureaux de tabac. Piscine. Chaleureux….
Ravitaillement: avant le bureau de tabac à l’intersection, petite superette. Resto au camping.
Grosse et belle journée aujourd’hui, dans les landes. Record de kilomètre de ce chemin, il faut prévoir de l’eau (ravitaillement possible a Ychoux, attention la superette ferme a 12h30). Bon c’est vrai, c’est quasi plat, pas de fausses montées comme dans les Beauce, mais on se laisse vite bercer par le chants des milliers de cigales. Les landes ont leur histoires où l’agro-pastoralisme fut important, avant le plantage des pins pour leur exploitation forestière. On découvre ainsi qu’il y a de grands champs de maïs arrosés, qui me valent d’ailleurs quelques douches. Revenons au départ, en plein brouillard. La forêt respire, transpire et la petite piste cyclable empruntés en face du camping et qui me mène plein sud, couvre mes lunettes de rosées. Après 1 km, la départementale est rejointe, et ce sont de longues lignes droites qui me mène au cœur des landes. Le soleil apparaît et il est temps pour moi, a l’apparition de la N10 (une 2X2 voies), de la longer par de petites routes parallèles, défoncées parfois, où ce la sent bon le Sud. Je croise peu de monde et l’esprit divague, se laisse aller, au grès des pauses de ravitaillement en eau et en barre de céréales. Apres plus de 80 km, un feu se dessine a droite, je dirais a vol d’oiseau 10 km, et c’est assez flippant de se dire que s’il me rattrape. Des camions de pompiers me croisent sans rien me dire et les canadairs circonscrivent vite le feu. Ma première idée était de camper a Labouheyre, mais la proximité d’un camp de gens du voyage et l’heure précoce, me dissuade de cette option, j’en profite donc pour boire un coca frais et un café en discutant et en convaincant un monsieur qui se restaure de faire aussi le chemin de Saint jacques. Je rejoint peu à peu Onesse, un petit camping très chaleureux, avec ravitaillement proche possible., piscine et petit resto, où je croise un hollandais qui vient de faire a un chouia près le même parcours que moi.
Mercredi 28 juillet 2010
Onesse et Laharie - Dax - Peyrehorade - Sorde l’Abbaye
Kilométrage réalisé: 76 km
Météo: Grand beau
Coût du camping : 6 €/personne/emplacement
Ravitaillement: petite superette dans le centre de Sorde, à côté de l’église (fermée le mercredi), ou 3km avant à Peyrehorade (tous commerces).
Belle étape mais dure. De Onesse à Dax, je parcours mes 40 derniers kilomètres dans les landes, au milieu des pins. Il fait bon et j’arrive vers 12h30. La traversée s’avère plus pénible que prévu, les abords de cette ville n’ont que peu d’intérêt. Le petit aérodrome annonce le début des réjouissances et le changement peu à peu de paysage: au lieu des pins et des grandes étendues, se dessine de petites routes tortueuses au charme fou, des platanes et autres feuillus. Une très très grosse montée où il me faudra pousser le vélo plus d’une fois, me permet de rejoindre les premières collines et les premières montagnes. L’accompagnateur en montagne que je suis se sent un peu chez lui, et l’envie de grimper aussi. Je rejoint Peyrehorade par une descente de tout ce que j’ai monté...ou presque, en longeant une splendide rivière au nom de la Gave. En longeant cette rivière, je passe à proximité des moulins de Paris, puis rejoint juste avant le centre de Sorde l’Abbaye, le camping municipal où je m’installe. Visite ensuite du centre de l’église. Cette petite bourgade doit d’ailleurs son nom à cette abbaye bénédictine du XIIème siècle.
Jeudi 29 juillet 2010
Sorde l’Abbaye - Saint Jean Pied de Port
Kilométrage réalisé: 63.3 km
Météo: variable et orageux
Coût du camping : 10.25 €/personne/emplacement
Ravitaillement: tous commerces + gare SNCF
Dernière étape de vélo, derniers kilomètres pour terminer ce chemin. Depuis le camping, je traverse la Gave, puis rejoint la D28 qui vient de Peyrehorade. C’est ensuite une succession de montées et de descentes au milieu de collines verdoyantes. Le cœur des Pyrénées se dessine enfin, de plus en plus haut, massif, fort. A Saint Palais, c’est le pays basque et les habitants en sont fiers. Les cotes sont plus raides, les villages plus typiques. Je croise des pèlerins à pieds dans un bar sur le bord de la route. A Ostabat pause, j’avais déjà rejoint ce petit village typique lors de la via Podensis (le chemin du Puy) réalisé en 2006, à la fin du tour du monde. Une petite averse passe, la dépression s’éloigne je repart pour les derniers kilomètres de monté raide. Le truc , c’est qu’ici dans d’aussi beaux paysages, une montée raide, c’est vraiment raide. Je pousse donc, jusqu’au moment où je me rend compte que comme sur les bords de la Dordogne, j’ai bien fait de mettre mon matériel dans des sacoches étanches: c’est une entrée d’air maritimes « basque » !!!! Evidement, ca dure 20 minutes histoire d’affirmer ca particularité. La descente jusqu’à Saint Jean pied de Port et quasi non-stop ensuite, où j’arrive à 12h30. Histoire de me rappeler qu’on est peu de chose, je me fait heurter par une voiture l’arrière des sacoches à 500 m du camping, plus peur que de mal, le matériel un peu tordu (plastique vite redressé). Installation et visite, histoire de me remémorer ces instants déjà partagé avec Jean Jacques en 2006, mon compagnon de route. Le topo avec les cartes se situe sur mon site: www.loloautourdumonde.fr
Cette année, c'est a vélo. Changement d'approche plus adapté pour ce chemin qui se perd dans la Beauce, les vignobles Bordelais et les Landes, pour finir en plein pays Basque avec les Pyrénées.
Ultréïa !!!!
Jeudi 15 juillet 2010
Villeparisis-Paris-Palaiseau-Arpajon-La Ferté Allais-Etampes (camping à Ormoy)

Kilométrage réalisé: 104.3 km
Météo: soleil et vent de face
Coût du camping (Ormoy la rivière): 5.5 € (tente/vélo/personne)
Ravitaillement: à Etampes
Six heure du matin, ma compagne m’aide à sortir le vélo de l’appartement (deux étages à descendre avec les sacoches chargées) et après quelques bisous, c’est le vrai départ. J’enfourche le vélo, 3, 2, 1 GO !!! Ca roule plutôt bien, mieux que je ne le pensais, moi qui utilise pour la première fois un vélo chargé alors que d’habitude je me balade plutôt à pied avec un carrix. Cette année, c’est une tendinite au tibia, qui est la cause du changement de programme, avec le vélo c’est moins traumatisant.L’équilibre se fait peu à peu et je repense à tous ces gens qui font un tour du monde, ils font corps avec leur machine. Le long du canal de l’Ourcq, les kilomètres défilent. Je croise les campements sauvages des gens du voyage (ma hantise avant) et c’est eux me croisant avec une voiture qui me laisse passer avec gentillesse... A la Tour Saint Jacques, c’est le vrai départ, je touche la coquille au porche d’entrée du parc, et enchaine avec la Cathédrale Notre Dame de Paris, la rue Saint Jacques, la coulée verte que je trouve de peu, et Palaiseau atteint sans difficultés. Pour rejoindre Arpajon par contre, c’est bien plus compliqué: piste boueuse à cause des grosses averses d’hier (marne), je dois nettoyer le vélo à la brosse à dent ! Gros détour ensuite parmi les petites départementales pour rejoindre Etampes, via la Ferté Allais, Boissy le Cuté et sa grosse montée. J'arrive sur les plateaux cultivés avec un vent de face qui me fait pester alors que j’ai déjà fait plus de 90 km. Enfin j’arrive au camping d’Ormoy la rivière (2 km après Etampes) où je m’installe pour la nuit. Le soir je fais la connaissance de Loïc et David qui sont à vélo et avec qui demain je vais aller à Orléans.
Vendredi 16 juillet 2010
Etampes - Orléans
Kilométrage réalisé: 69.9 kmMétéo: nuageux et vent de face
Coût du camping : 6 € (tente/vélo/personne), à 3 km sur la piste cyclable le long de la loire, direction Tours
Ravitaillement: Orléans + snack au camping
Belle et dure journée: David, Loïc et moi partons vers 10h30 et montons pour rejoindre « le plat pays ». Au début: c’est monté, petits villages et rivières pleines d’écrevisses, lavoirs. Ensuite c’est durant 60 km, un super vent de face/côté. Dur d’avancer dans ces conditions, la moyenne tombe à 10km/h. Le paysage est splendide mais monotone, champs cultivés à droite, à gauche, en face et derrière…. A l’arrivée à Orléans après un superbe passage en forêt ou la moyenne atteint de nouveau une vitesse raisonnable (20km/h) car abrités du vent, Loïc part rejoindre des amis et je continue jusqu’au camping avec David, à 3 km en longeant sur les bords de la Loire…..
Samedi 17 juillet 2010
Orléans - Beaugency - Blois - Candé sur Beuvron
Kilométrage réalisé: 73.5 kmMétéo: nuageux et soleil le soir
Coût du camping : 8.5 € (tente/vélo/personne/électricité), pour le rejoindre traverser le pont et tout droit en montant, juste avant le virage à droite pour Chaumont.
Ravitaillement: au camping
Superbe étape le long des berges de la Loire. C’est par de petits sentiers et le GR, qui longe le fleuve, que je parcours cette étape. D’Orléans à Beaugency, c’est en rive droite. Le Vtt est indispensable car les passages parfois étroit et les épines d’acacias coriaces. Au milieux de superbes propriétés, j’imagine cette vie d’autrefois où la batelerie permettait le transport des marchandises jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les bateaux anciens étaient traditionnellement à fond plat, avec un grand mât et une voile carrée pour prendre le vent dominant d'ouest de Nantes à Orléans, abattable pour passer sous les ponts. On en croise encore quelques uns rénovés, le long des quais. De Beaugency, c’est une piste qui me mène à la centrale nucléaire de de Saint Laurent des Eaux. Sur la digue, une petite route asphaltées, trace ensuite sa voie jusqu’à Blois, entre élevage de poulets et champs de tournesols de l’autre coté. Avec « ABBA » dans les oreilles, je rejoint petit à petit Blois. Il est tôt, je décide de continuer, direction Candé sur Beuvron, en rive gauche cette fois, à 13 km de là. Il me faut moins d’une heure pour y parvenir en longeant le départementale (la piste cyclable ne permet pas de voir la Loire).
Candé sur Beuvron est une petite bourgade sympathique: au début du XIXe siècle, le curé a fait transférer l'église paroissiale depuis le bord du Beuvron à flanc de coteau. Il reste une élégante demeure en son lieu et place. Le château, sis dans le bourg, à l'extrémité nord, a été donné par la famille de La Ville Baugé au diocèse d'Orléans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des jeunes y ont été dissimulés aux autorités d'occupation. Ce château de La Ville Baugé est, depuis 1993, la maison-mère et le séminaire de la Communauté Saint-Martin, société de prêtres fondée à Gênes en 1976 par Mgr Jean-François Guérin.
Dimanche 18 juillet 2010
Candé sur Beuvron -Chaumont -Amboise -Tours -Saint Avertin - Montbazon
Kilométrage réalisé: 69.6 kmMétéo: grand beau
Coût du camping : Gratuit pour les pèlerins
Ravitaillement: Montbazon
Toujours le long des berges de la Loire, mais cette fois par de petites départementales de façon à traverser tous ces petits villages avec leurs maisons troglodyte, leurs caves, leur bateaux. Tout ce qui fait le charme de cette région, que je commence a tant aimer. Je ne m’attarde pas à Amboise, trop bruyante, et je dois aligner les kilomètres... Je file vers Tours, où je m’attarde devant la cathédrale, discute avec un couple qui longe la Loire à vélo jusqu'à son débouché sur l’atlantique et file sur Montbazon en ayant bien cherché mon chemin, dans ce labyrinthe de ruelles.
Lundi 19 juillet 2010
Montbazon - Sainte Maure de Touraine - Dangé Saint Romain - Châtellerault - Dissay
Kilométrage réalisé: 79.4 kmMétéo: Soleil
Coût du camping : 10.5 € (tente/vélo/personne avec électricité)
Ravitaillement: Dans le centre, au-dessus du camping à 5 minutes
Champs de céréales, la Vienne, Châtellerault… L’étape est sympa, il fait chaud entre les champs de tournesols, maïs, orge: le grenier de la France est bien là. Je me sens petit au milieu de cette France agricole que l’on devrait protéger un peu plus. En passant, le théâtre du Vieux Poitiers est à voir…. Le château de Dissay, quand à lui, du 17ème siècle, se visite en deux heures avec une formidable guide.
Mardi 20 juillet 2010
Dissay - Poitiers - Lusignan - Chenay - Melle
Kilométrage réalisé: 76.6 kmMétéo: Soleil
Coût du camping : 5.5 € (tente/vélo/personne)
Ravitaillement: dans le centre ville
Bon c’est joli, les champs à perte de vue, sauf quand ca monte et ca descend tout le temps !!!! Fait super chaud, à chaque village, une super montée sous le soleil. Les premières cloques apparaissent, le nez crame !!! C’est dur car les montés sont vraiment raides. Les quelques personnes rencontrées à vélo, rentrent souvent chez eux et sont à 90% des hollandais. On aperçoit le Futuroscope et c’est la traversée de Poitiers, sympa, par l’arrière pays. Ensuite cela monte dur pour rejoindre Melle, petit ville sympa où je papote avec le gardien du camping.
Mercredi 21 juillet 2010
Melle - Aulnay - Saint jean de Angely - Saintes
Kilométrage réalisé: 75 kmMétéo: pluie et orages
Coût du camping : 5.5 € (tente/vélo/personne), au pont en arrivant, prendre à droite, max 1 km
Ravitaillement: dans le centre + banques
Boudiou, je me rappelais plus les « crachins bretons ». Ca mouille et ca fouette, mais au moins il fait chaud ! L’église d’Aulnay vaut le détour et la visite. Après, l’étape reste une succession de champs de maïs, tournesols penchés vers le soleil.
Jeudi 22 juillet 2010
Saintes - Pons - Mirambeau
Kilométrage réalisé: 47,9 kmMétéo: nuages et soleil
Coût du camping : 5.5 € (tente/vélo/personne)
Ravitaillement: en face du camping (grosse superette)
Idem hier, rien de bien spécial, de longues lignes droites, des champs et le chemin qu’empruntes les pèlerins à pieds que j’emprunte au début mais qui se relève vite un peu galère a cause justement du fait que l’on roule sur de la paille coupée. Etape dure et longue dans sa difficulté.
Vendredi 23 juillet 2010
Mirambeau - Saint Aubin de Blaye - Blaye - Saint Andre de Cubzac - Port Neuf
Kilométrage réalisé: 72 kmMétéo: nuages et averses
Coût du camping : 11 € (tente/vélo/personne). Attention il se situe 3 km avant Saint André de Cubzac, en prenant une route à droite direction Port Neuf
Ravitaillement: à Saint André de Cubzac, sur la gauche une superette avant d’entrer dans le centre « historique ». Gare SNCF
Superbe étape. Quelques montées vite rejointes par les premières vignes, premières descentes, on sent le sud a plein nez, et je m’y sent vraiment bien ! A proximité de Blaye, une piste cyclable me permet de rejoindre la citadelle, quel spectacle, enfin la mer (ou plutôt la Gironde et son estuaire) !
Entre deux averses, « ils appellent ça des entrées d’air maritimes », je continue ma balade. Le k-way Quechua tiens le coup (voir fiche matériel). Je traverse la citadelle à vélo (attention aux pavés) et je rejoint par « les corniches de la Dordogne » où des maisons superbes, des vignes en hauteurs égrènent le paysage et Saint André de Cubzac où des amis doivent me rejoindre demain. Il n’y a pas de mot tant le paysage est magnifique, une pure merveille.
Samedi 24 et Dimanche 25 juillet 2010
Saint Andre de Cubzac - Port neuf
Kilométrage réalisé: 15 kmMétéo: super soleil
Deux jours de balade avec des amis le long de la Dordogne. Entre dégustation de Sauternes, flânerie en tout genre, le chemin de Saint Jacques de Compostelle se laisse cette fois découvrir à pied. Il est bon de découvrir les vignes au grés du temps….
Lundi 26 juillet 2010
Port neuf - Saint André de Cubzac - Bordeaux - Gradignan
Kilométrage réalisé: 43.7 kmMétéo: grand beau
Coût du camping : 7.5 € (tente/vélo/emplacement), basique mais simple, à la sortie de la ville
Ravitaillement: en direction de Le Barp, 1 ou 2 km après: boulangerie et petite superette.
Apres deux jours de repos, c’est la direction de Bordeaux que je prend aujourd’hui. Après Saint André de Cubzac, le pont Eiffel franchit la Dordogne et reste une petite merveille d’architecture du 20 ème siècle qui trouve assez bien sa place dans ce paysage. Apres quelques petites routes départementales, c’est cette fois les bords de la Garonne que je longe, l’ambiance est chaleureuse, de nombreux étudiants et jeunes y pique-niquent. Changement d’échelle, le pont d’Aquitaine, du haut de ses 53 m, me donne l’impression d’être un lilliputien. Je rejoint le pont de pierre de Bordeaux et entre dans la ville. Cette ville semble si paisible: peu de bruit, peu de voitures, le tram prend son énergie au sol (pas de fil électriques suspendus), et les pistes cyclables sont nombreuses. Je profite de cette ambiance pour regarder les différents monuments, me laissant guider par les coquilles Saint Jacques qui jalonnent mon itinéraire.
Gradignan est rejoint peu à peu, où cela sent bon les Landes. Installation au camping. Une piste cyclable permet de se ravitailler à un kilomètre de la vers le Barp (plein sud) où il y a une excellente boulangerie.
Mardi 27 juillet 2010
Gradignan - Le Barp - Le Muret - Labouheyre - Onesse et Laharie
Kilométrage réalisé: 106 kmMétéo: brouillard et soleil
Coût du camping : 8.5 € (tente/velo/emplacement) sur la droite en arrivant a 400 m après le bureaux de tabac. Piscine. Chaleureux….
Ravitaillement: avant le bureau de tabac à l’intersection, petite superette. Resto au camping.
Grosse et belle journée aujourd’hui, dans les landes. Record de kilomètre de ce chemin, il faut prévoir de l’eau (ravitaillement possible a Ychoux, attention la superette ferme a 12h30). Bon c’est vrai, c’est quasi plat, pas de fausses montées comme dans les Beauce, mais on se laisse vite bercer par le chants des milliers de cigales. Les landes ont leur histoires où l’agro-pastoralisme fut important, avant le plantage des pins pour leur exploitation forestière. On découvre ainsi qu’il y a de grands champs de maïs arrosés, qui me valent d’ailleurs quelques douches. Revenons au départ, en plein brouillard. La forêt respire, transpire et la petite piste cyclable empruntés en face du camping et qui me mène plein sud, couvre mes lunettes de rosées. Après 1 km, la départementale est rejointe, et ce sont de longues lignes droites qui me mène au cœur des landes. Le soleil apparaît et il est temps pour moi, a l’apparition de la N10 (une 2X2 voies), de la longer par de petites routes parallèles, défoncées parfois, où ce la sent bon le Sud. Je croise peu de monde et l’esprit divague, se laisse aller, au grès des pauses de ravitaillement en eau et en barre de céréales. Apres plus de 80 km, un feu se dessine a droite, je dirais a vol d’oiseau 10 km, et c’est assez flippant de se dire que s’il me rattrape. Des camions de pompiers me croisent sans rien me dire et les canadairs circonscrivent vite le feu. Ma première idée était de camper a Labouheyre, mais la proximité d’un camp de gens du voyage et l’heure précoce, me dissuade de cette option, j’en profite donc pour boire un coca frais et un café en discutant et en convaincant un monsieur qui se restaure de faire aussi le chemin de Saint jacques. Je rejoint peu à peu Onesse, un petit camping très chaleureux, avec ravitaillement proche possible., piscine et petit resto, où je croise un hollandais qui vient de faire a un chouia près le même parcours que moi.
Mercredi 28 juillet 2010
Onesse et Laharie - Dax - Peyrehorade - Sorde l’Abbaye
Kilométrage réalisé: 76 kmMétéo: Grand beau
Coût du camping : 6 €/personne/emplacement
Ravitaillement: petite superette dans le centre de Sorde, à côté de l’église (fermée le mercredi), ou 3km avant à Peyrehorade (tous commerces).
Belle étape mais dure. De Onesse à Dax, je parcours mes 40 derniers kilomètres dans les landes, au milieu des pins. Il fait bon et j’arrive vers 12h30. La traversée s’avère plus pénible que prévu, les abords de cette ville n’ont que peu d’intérêt. Le petit aérodrome annonce le début des réjouissances et le changement peu à peu de paysage: au lieu des pins et des grandes étendues, se dessine de petites routes tortueuses au charme fou, des platanes et autres feuillus. Une très très grosse montée où il me faudra pousser le vélo plus d’une fois, me permet de rejoindre les premières collines et les premières montagnes. L’accompagnateur en montagne que je suis se sent un peu chez lui, et l’envie de grimper aussi. Je rejoint Peyrehorade par une descente de tout ce que j’ai monté...ou presque, en longeant une splendide rivière au nom de la Gave. En longeant cette rivière, je passe à proximité des moulins de Paris, puis rejoint juste avant le centre de Sorde l’Abbaye, le camping municipal où je m’installe. Visite ensuite du centre de l’église. Cette petite bourgade doit d’ailleurs son nom à cette abbaye bénédictine du XIIème siècle.
Jeudi 29 juillet 2010
Sorde l’Abbaye - Saint Jean Pied de Port
Kilométrage réalisé: 63.3 kmMétéo: variable et orageux
Coût du camping : 10.25 €/personne/emplacement
Ravitaillement: tous commerces + gare SNCF
Dernière étape de vélo, derniers kilomètres pour terminer ce chemin. Depuis le camping, je traverse la Gave, puis rejoint la D28 qui vient de Peyrehorade. C’est ensuite une succession de montées et de descentes au milieu de collines verdoyantes. Le cœur des Pyrénées se dessine enfin, de plus en plus haut, massif, fort. A Saint Palais, c’est le pays basque et les habitants en sont fiers. Les cotes sont plus raides, les villages plus typiques. Je croise des pèlerins à pieds dans un bar sur le bord de la route. A Ostabat pause, j’avais déjà rejoint ce petit village typique lors de la via Podensis (le chemin du Puy) réalisé en 2006, à la fin du tour du monde. Une petite averse passe, la dépression s’éloigne je repart pour les derniers kilomètres de monté raide. Le truc , c’est qu’ici dans d’aussi beaux paysages, une montée raide, c’est vraiment raide. Je pousse donc, jusqu’au moment où je me rend compte que comme sur les bords de la Dordogne, j’ai bien fait de mettre mon matériel dans des sacoches étanches: c’est une entrée d’air maritimes « basque » !!!! Evidement, ca dure 20 minutes histoire d’affirmer ca particularité. La descente jusqu’à Saint Jean pied de Port et quasi non-stop ensuite, où j’arrive à 12h30. Histoire de me rappeler qu’on est peu de chose, je me fait heurter par une voiture l’arrière des sacoches à 500 m du camping, plus peur que de mal, le matériel un peu tordu (plastique vite redressé). Installation et visite, histoire de me remémorer ces instants déjà partagé avec Jean Jacques en 2006, mon compagnon de route. Le topo avec les cartes se situe sur mon site: www.loloautourdumonde.fr
Inde: la valse des prix English translation pending
Tout augmente dans des proportions folles. Particulièrement tout ce qui est d'ordre touristique. Beaucoup de site gratuits sont devenus payants, les payants sont passés du simple au triple et l'hébergement (hôtels et restaus confondus) ne cesse de grimper. Hier, sur ce forum on me recommande une chouette guesthouse à ... Bundi (très peu touristique) avec des chambres à 300/400 Rs. Et le garçon de me dire c'est un peu chérot !😏😏😏 mais bien. Renseignements pris et recherche, je trouve le site de la guesthouse en question avec les chambres à Rs3400, 4000, 5000. Je réponds donc à ce membre qu'il a dû oublier de mettre le 1 devant. Ben, non, il s'étonne, me dit que je dois me tromper d'établissement, etc... Je l'envoie sur le site pour qu'il identifie la guesthouse "super" (qui appartient tout de même à un Maharadja). Et oui, il s'agissait bien de la même... Scotché, le mec ! http://voyageforum.com/v.f?post=3569635&idl=1314639&idl2=3068681&idl3=11724149186&;#3569635
Le temps (pas très lointain = seulement 2 ans) où l'on payait 500/600Rs une belle chambre et 50 ou 100 un bon repas est bel et bien révolu. J'ai eu beaucoup de mal cette année à trouver un hébergement correct à moins de 800 ou 1000Rs. Et 800 est même une exception. La plupart des chambres de ce standing sont passées à 1200 voire 1500 Rs. Quant aux breakfast, lunch, dinner, c'est dans le même ordre de croissance. Augmentation de 200, 300%. Je n'ose écrire sur ce site à combien de milliers d'euros vont me revenir mes 6 mois en Inde cette année. Ce sera probablement ma dernière année. Je ne peux plus suivre.
Et tout ça, la faute en incombe à qui ? Devinez ma réponse, car pour l'indien de base, les prix ont augmenté, certes, mais pas à ce point. Arrêtez de jeter votre fric par les fenêtres, de comparer sans cesse les prix "indiens" aux prix "européens", l'euro avec la roupie, de vous exprimer en euros quand vous êtes en Inde, alors que la monnaie nationale est la roupie et... d'exhiber vos liasses de Rs1000 !
Carnet de voyage de l'enfant du fleuve English translation pending
J'ai tendance à prendre mes rêves pour la réalité.
Ce matin allait être différent aux autres jours. Au chant du muezzin et des animaux, j'ai pris pour habitude d'écrire, un peu comme un carnet de voyage tenu quotidiennement. Au petit jour, j'écris mes voyages de nuit. Lorsque ma famille dort à mes côté, je monte sur le dos de mon dromadaire avec mes voisins touaregs pour prendre la piste qui mène à Gao, je pousse ma pirogue sur le fleuve Niger partant poser ma tente Songhaï sur une plage de sable blanc près de Tombouctou, ou bien je longe la falaise du pays Dogon à cheval. Le matin je me réveille parfois épuisé, lorsque mon aventure ne s'est pas très bien passée mais malgré tous les moments difficiles, je me réveille la joie au cœur comme si des ailes m'étaient poussées dans la nuit. Ensuite vient la journée et ses tâches quotidiennes, non pas que la vie ne soit pas agréable la journée, mais elle ne m'enchante pas de la même façon. Je ne sais pourquoi mais la vie de la nuit est toujours plus forte d'émotions, plus passionnante que celle du jour. D'après les grands, la vie de la nuit n'est que du rêve, de l'illusion. Et surtout m'ont-ils dit : « il ne faut pas prendre tes rêves pour la réalité » « réveille toi, remets les pieds sur terre » j'ai pourtant les pieds bien à terre dans la vie nocturne, je marche mais je mange, je discute avec d'autres personnes aussi, Il m'arrive même parfois quelques difficultés. Mais voilà que l'autre vie revient, souvent trop tôt et me laisse sur ma faim. Il y a quelques minutes seulement je grelotais, trempé jusque l'os, enroulé dans un morceau de bâche façon nems. La pluie nous frappait moi et mon ami Joloba, enroulé lui aussi dans son plastique, la tempête nous avais trouvés en brousse, alors que nous menions chèvres et moutons jusqu'au Burkina Faso, la transhumance devait durer un mois et demi. Mais cette fois encore, nous n'étions pas arrivés à la falaise de Bandiagara que le soleil levant me sécha en une seconde seulement, et mes yeux s'ouvrirent. Je fus trop déçu cette fois encore. La vie gâche mon rêve alors que mon rêve embellit ma vie. Alors ce matin, je suis allé parler aux grands, pour leur annoncer : « je ne veux plus rêver ma vie ; je veux vivre mes rêves ». « je ne veux plus m'endormir sur mes rêves, définir le rêve uniquement comme une occupation nocturne ». Persuadé que mes rêves sont réalistes et passionnants, le prochain voyage que j'écrirai sera encore le rêve de cette transhumance mais pas celui de cette nuit, mais celui que je m'apprête à vivre. Que les grands lisent, qu'il est possible de vivre ses rêves et ne brisent pas ceux des enfants.
Isa-igjé, l'enfant du fleuve.
Faisons connaissance
Nous somme au Mali, je suis un jeune garçon, né dans une case de terre en brousse. En saison sèche il faut marcher un peu pour trouver le fleuve, mais à la saison des pluies, quand le fleuve aura débordé de son lit, ma case deviendra une île entourée de rizières. Je viendrai avec ma petite pirogue jusque ma porte. Mère nourricière du Mali, le fleuve Niger et le Bani qui viennent se mélanger entre ma case et la grande ville de Mopti, grand port marchand et passager. Cette ville, fondée il y a bien longtemps par les pêcheurs Bozos, était appelé à l'époque « sangha » qui signifie : lieu de rassemblement. Les Peuls ont ensuite eu leurs moments de gloire avec l'empire du Macina et restent aujourd'hui majoritaires dans la région. Aujourd'hui on trouve toujours les Bozos et les Peuls en majorité, mais aussi des Songhaïs, des Bambaras, des Dogons, des Marakas, des Touaregs, des Bobos, et d'autres encore. Chacun a sa langue mais nous avons deux langues plus communes, le bambara et le français, toutefois certains ne parlent aucune des deux langues mais malgré tout, tous ces gens aussi diffèrents soient-ils vivent en paix et harmonie. Je me nomme Isa-igjé Mohamed Maïga. Comme le veut la tradition, au septième jour de ma naissance le chef de village est venu me donner les bénédictions et annoncer mon nom à la communauté, Isa-igjé, "enfant du fleuve" en langue songhaï. Mohamed, le nom du prophète et celui de mon grand père. Maïga le nom de l'ethnie à laquelle j'appartiens.
Hier, un jour comme un autre , et pourtant... A cette saison, les pluies viennent de commencer, tout le village en profite pour rénover ou construire de nouvelles cases. En fin de journée, après avoir mélangé la terre qui servira à refaire le crépis de ma case, je pars pour acheter quelques briques de terre cuite, que l'on fabrique sur la bande de terre qui sépare les deux fleuves. Tant que celle-ci est hors d'eau, avant que les fleuves n'inondent les terres et ne laissent à la surface qu'un maigre attroupement de cases en terre, tous les campements de paille qui ne sont pas sur une bute de terre seront bientôt démontés. Des taxis pirogues attendent au bord du fleuve, mais je préfère la mienne, j'aime à la pousser le plus fort possible avec la grande perche de bambou, elle fend l'eau comme une machette. Depuis un mois l'eau qui arrive de la capitale augmente à vue d'œil... ...jawari ! s'écrie un Peul, au loin. - jawari ! je salue à mon tour d'un bonjour en fulful la langue peule, en reconnaissant difficilement mon amis Joloba notre berger. - J'ai du mal à te reconnaitre habillé comme un blanc, tu as laissé le costume traditionnel ? - Isa-igjé, comment vas tu ? Et ta famille ? Nous nous saluons toujours très joyeusement, ce jeune homme toujours souriant arrive systématiquement à vous transmettre sa bonne humeur. - Où vas-tu ainsi, tu n'es pas à surveiller les animaux ? - Je pars à Mopti vendre le lait. - tu sais, mon ami, que je ne bois que ton lait, les autres me rendent malade. Si c'est pas ton lait, je bois pas. En le flattant ainsi sincèrement, j'espère une récompense. - Tu m'emmène à Mopti avec ta pirogue ? - Allons, nous discuterons en chemin, les briques seront là encore demain. Et nous voici partis pour traverser le Bani, mon ami assis pendant que je pousse, regardant tous les deux en direction de la ville. - Tu ne pars pas au Burkina cette année ? - L'eau n'est pas assez montée, encore une lune. - Mais pourtant regarde, je suis à bout de perche ! Je doit d'ailleurs attraper ma pagaie. - L'année de ma naissance, tu avais quitté fin du mois de juin, tu avais laissé un mouton à mes parents pour fêter mon baptême. Tu attends un mois de plus cette fois ? - Inchallah ! - Tu as préparé ta charrette et ton âne ? - Tss, henhen, pas de charrette, c'est la brousse, il n'y a pas de route, on ne peut pas rouler une charrette. Le "tss, henhen", qui peut être traduit par «non, sûrement pas !», est un des nombreux bruits du vocabulaire peul. Je vous rappelle que notre ami parle plus aux animaux qu'à l'humain. - Mais où mets-tu tes bagages ? - Sur mon âne. - La marmite, le riz ? - Tss, henhen, y'a pas de ça. Avec le vent, nous somme obligés de hausser la voix. Malgré tout, je comprends bien la réponse. - comment ça ! Rien ?... Tu ne manges pas ? - Le lait seulement et le basi. Tout le monde connais les valeurs riches de cette matière qui peut vite me donner des coliques terribles, le basi, c'est le mil pilé, ça remplit bien l'estomac mais... - tous les jours ? Rien d'autre ? - Henhen avec, pour plus de précision, le signe de tête que je vois de dos. Nous arrivons à Mopti, je suis concentré pour garder ma route mais imaginer d'aller au Burkina a pied en suivant un régime uniquement lacto-mil, me perturbe un peu. - Et les tempêtes, tu fais quoi ? - J'ai un morceau de plastique pour me protéger. - Mais ta famille ? - Ha non, je vais seul. La pirogue se cale sur la berge, Joloba se lève, se tourne pour me tendre un sachet rempli de lait. - Il faut prendre ça, je dois aller livrer le lait. - Merci Joloba je vais bien dormir avec ça, à bientôt, bonne chance. Mon compliment a été apprécié, je peux repartir seul dans une lueur de transition entre soleil et lune.
Ce berger n'a pourtant pas l'allure d'un aventurier, et pourtant les conditions de son voyage me paraissent très rudimentaires. Je pousse ma pirogue jusqu'à la maison repensant aux conditions de voyage de mon ami. Marcher jusqu'au Burkina, je ne connais pas la distance, mais je sais quand même que c'est comme Mopti à Bamako, c'est très loin. Il y a quelques temps, j'ai eu besoin de mon âne, lorsqu'il n'y a pas de travail, je le laisse se balader et manger en brousse avec ses copains et les autres troupeaux. Lorsque j'ai eu besoin de ses services, je suis parti à sa recherche. Il ne part généralement pas trop loin et revient même à la maison seul. Il sait qu'il trouvera une tasse de riz ou de blé ce qui me permet de l'attraper. Mais cette fois une femelle avait du « le faire courir » ; ce jour, de village en village, j'ai marché une demie journée sous le soleil en brousse, en vain. Je me souviens bien de cette journée car j'en suis rentré épuisé. Et comment fait-il, avec une bâche pour se protéger d'une tempête, alors que certaines font tomber de très gros arbres ? J'ai mis longtemps pour rejoindre l'autre côté hier soir, je crois, je ne faisais pas attention. Quand je suis arrivé à ma case, j'ai bu le demi-litre de lait, il sentait bon la vache, et me suis allongé rassasié ; j'essayais d'imaginer la scène, Joloba dormant près d'un buisson alors que serpents et scorpions rodent. Ou bien est-ce la tempête qu'il doit craindre le plus, elles peuvent durer quelques heures, la terre craquelée et dure comme la pierre d'une saison très sèche devient rapidement de la boue. Où dort-il à ce moment ? Que peut-il, lui et son plastique, contre la puissance à la limite du surnaturel parfois ? Puis le voyage a commencé, jusqu'au soleil levant. Jusque ce matin où je décide que l'histoire qui va suivre ne sera pas un rêve. Quoique...
Je n'ai jamais eu l'occasion d'aller chez Joloba, lui passe chez moi, ou nos rencontres sont inattendues mais régulières. Mais à quoi bon aller visiter un berger chez lui ? Il y a de très grandes chances pour qu'il soit en brousse avec ses animaux.
Plusieurs années je me suis demandé comment faire pour trouver le temps pour lire, aujourd'hui j'ai trouvé celui d'écrire. Voici donc le début d'un roman tiré d'une histoire, pas encore vécue. Mes anciens professeurs de français se demanderont comment on peut en arriver à écrire un livre avec une moyenne scolaire ne dépassant pas 5/20. On notera toutefois quelques séquelles dans l'orthographe et autre conjugaison qui ne me passionnent toujours pas. Je ne compte donc aujourd'hui que sur mon programme informatique pour résoudre ses lacunes. Je vous demanderais donc de faire preuve d'indulgence pour un ancien cancre et vous promets le travail de correcteur et une rectification éventuelle pour l'écriture d'un livre avant édition. J'AI BESOIN DE VOUS. Je n'ai pas voulu raconter ma vie dans ce livre, ce livre n'est pas le mien. Le personnage est un enfant, cet enfant c'est le mien, le vôtre, c'est moi, c'est vous. Vous avez la naïveté et l’innocence des premières années, vierge de tout avis ou préjugé. Vous voyagez avec Joloba, qui lui est bien réel, avec qui je m'apprête à une transhumance qui nous fera quitter Mopti en juillet pour revenir en novembre (aléatoire cela va sans dire) ; quelles questions lui poseriez-vous ? Qu'aimeriez-vous savoir ? Pour que ce livre soit le nôtre, et non la pensée de l'écrivain, partageons.
willynomad
Ce matin allait être différent aux autres jours. Au chant du muezzin et des animaux, j'ai pris pour habitude d'écrire, un peu comme un carnet de voyage tenu quotidiennement. Au petit jour, j'écris mes voyages de nuit. Lorsque ma famille dort à mes côté, je monte sur le dos de mon dromadaire avec mes voisins touaregs pour prendre la piste qui mène à Gao, je pousse ma pirogue sur le fleuve Niger partant poser ma tente Songhaï sur une plage de sable blanc près de Tombouctou, ou bien je longe la falaise du pays Dogon à cheval. Le matin je me réveille parfois épuisé, lorsque mon aventure ne s'est pas très bien passée mais malgré tous les moments difficiles, je me réveille la joie au cœur comme si des ailes m'étaient poussées dans la nuit. Ensuite vient la journée et ses tâches quotidiennes, non pas que la vie ne soit pas agréable la journée, mais elle ne m'enchante pas de la même façon. Je ne sais pourquoi mais la vie de la nuit est toujours plus forte d'émotions, plus passionnante que celle du jour. D'après les grands, la vie de la nuit n'est que du rêve, de l'illusion. Et surtout m'ont-ils dit : « il ne faut pas prendre tes rêves pour la réalité » « réveille toi, remets les pieds sur terre » j'ai pourtant les pieds bien à terre dans la vie nocturne, je marche mais je mange, je discute avec d'autres personnes aussi, Il m'arrive même parfois quelques difficultés. Mais voilà que l'autre vie revient, souvent trop tôt et me laisse sur ma faim. Il y a quelques minutes seulement je grelotais, trempé jusque l'os, enroulé dans un morceau de bâche façon nems. La pluie nous frappait moi et mon ami Joloba, enroulé lui aussi dans son plastique, la tempête nous avais trouvés en brousse, alors que nous menions chèvres et moutons jusqu'au Burkina Faso, la transhumance devait durer un mois et demi. Mais cette fois encore, nous n'étions pas arrivés à la falaise de Bandiagara que le soleil levant me sécha en une seconde seulement, et mes yeux s'ouvrirent. Je fus trop déçu cette fois encore. La vie gâche mon rêve alors que mon rêve embellit ma vie. Alors ce matin, je suis allé parler aux grands, pour leur annoncer : « je ne veux plus rêver ma vie ; je veux vivre mes rêves ». « je ne veux plus m'endormir sur mes rêves, définir le rêve uniquement comme une occupation nocturne ». Persuadé que mes rêves sont réalistes et passionnants, le prochain voyage que j'écrirai sera encore le rêve de cette transhumance mais pas celui de cette nuit, mais celui que je m'apprête à vivre. Que les grands lisent, qu'il est possible de vivre ses rêves et ne brisent pas ceux des enfants.
Isa-igjé, l'enfant du fleuve.
Faisons connaissance
Nous somme au Mali, je suis un jeune garçon, né dans une case de terre en brousse. En saison sèche il faut marcher un peu pour trouver le fleuve, mais à la saison des pluies, quand le fleuve aura débordé de son lit, ma case deviendra une île entourée de rizières. Je viendrai avec ma petite pirogue jusque ma porte. Mère nourricière du Mali, le fleuve Niger et le Bani qui viennent se mélanger entre ma case et la grande ville de Mopti, grand port marchand et passager. Cette ville, fondée il y a bien longtemps par les pêcheurs Bozos, était appelé à l'époque « sangha » qui signifie : lieu de rassemblement. Les Peuls ont ensuite eu leurs moments de gloire avec l'empire du Macina et restent aujourd'hui majoritaires dans la région. Aujourd'hui on trouve toujours les Bozos et les Peuls en majorité, mais aussi des Songhaïs, des Bambaras, des Dogons, des Marakas, des Touaregs, des Bobos, et d'autres encore. Chacun a sa langue mais nous avons deux langues plus communes, le bambara et le français, toutefois certains ne parlent aucune des deux langues mais malgré tout, tous ces gens aussi diffèrents soient-ils vivent en paix et harmonie. Je me nomme Isa-igjé Mohamed Maïga. Comme le veut la tradition, au septième jour de ma naissance le chef de village est venu me donner les bénédictions et annoncer mon nom à la communauté, Isa-igjé, "enfant du fleuve" en langue songhaï. Mohamed, le nom du prophète et celui de mon grand père. Maïga le nom de l'ethnie à laquelle j'appartiens.
Hier, un jour comme un autre , et pourtant... A cette saison, les pluies viennent de commencer, tout le village en profite pour rénover ou construire de nouvelles cases. En fin de journée, après avoir mélangé la terre qui servira à refaire le crépis de ma case, je pars pour acheter quelques briques de terre cuite, que l'on fabrique sur la bande de terre qui sépare les deux fleuves. Tant que celle-ci est hors d'eau, avant que les fleuves n'inondent les terres et ne laissent à la surface qu'un maigre attroupement de cases en terre, tous les campements de paille qui ne sont pas sur une bute de terre seront bientôt démontés. Des taxis pirogues attendent au bord du fleuve, mais je préfère la mienne, j'aime à la pousser le plus fort possible avec la grande perche de bambou, elle fend l'eau comme une machette. Depuis un mois l'eau qui arrive de la capitale augmente à vue d'œil... ...jawari ! s'écrie un Peul, au loin. - jawari ! je salue à mon tour d'un bonjour en fulful la langue peule, en reconnaissant difficilement mon amis Joloba notre berger. - J'ai du mal à te reconnaitre habillé comme un blanc, tu as laissé le costume traditionnel ? - Isa-igjé, comment vas tu ? Et ta famille ? Nous nous saluons toujours très joyeusement, ce jeune homme toujours souriant arrive systématiquement à vous transmettre sa bonne humeur. - Où vas-tu ainsi, tu n'es pas à surveiller les animaux ? - Je pars à Mopti vendre le lait. - tu sais, mon ami, que je ne bois que ton lait, les autres me rendent malade. Si c'est pas ton lait, je bois pas. En le flattant ainsi sincèrement, j'espère une récompense. - Tu m'emmène à Mopti avec ta pirogue ? - Allons, nous discuterons en chemin, les briques seront là encore demain. Et nous voici partis pour traverser le Bani, mon ami assis pendant que je pousse, regardant tous les deux en direction de la ville. - Tu ne pars pas au Burkina cette année ? - L'eau n'est pas assez montée, encore une lune. - Mais pourtant regarde, je suis à bout de perche ! Je doit d'ailleurs attraper ma pagaie. - L'année de ma naissance, tu avais quitté fin du mois de juin, tu avais laissé un mouton à mes parents pour fêter mon baptême. Tu attends un mois de plus cette fois ? - Inchallah ! - Tu as préparé ta charrette et ton âne ? - Tss, henhen, pas de charrette, c'est la brousse, il n'y a pas de route, on ne peut pas rouler une charrette. Le "tss, henhen", qui peut être traduit par «non, sûrement pas !», est un des nombreux bruits du vocabulaire peul. Je vous rappelle que notre ami parle plus aux animaux qu'à l'humain. - Mais où mets-tu tes bagages ? - Sur mon âne. - La marmite, le riz ? - Tss, henhen, y'a pas de ça. Avec le vent, nous somme obligés de hausser la voix. Malgré tout, je comprends bien la réponse. - comment ça ! Rien ?... Tu ne manges pas ? - Le lait seulement et le basi. Tout le monde connais les valeurs riches de cette matière qui peut vite me donner des coliques terribles, le basi, c'est le mil pilé, ça remplit bien l'estomac mais... - tous les jours ? Rien d'autre ? - Henhen avec, pour plus de précision, le signe de tête que je vois de dos. Nous arrivons à Mopti, je suis concentré pour garder ma route mais imaginer d'aller au Burkina a pied en suivant un régime uniquement lacto-mil, me perturbe un peu. - Et les tempêtes, tu fais quoi ? - J'ai un morceau de plastique pour me protéger. - Mais ta famille ? - Ha non, je vais seul. La pirogue se cale sur la berge, Joloba se lève, se tourne pour me tendre un sachet rempli de lait. - Il faut prendre ça, je dois aller livrer le lait. - Merci Joloba je vais bien dormir avec ça, à bientôt, bonne chance. Mon compliment a été apprécié, je peux repartir seul dans une lueur de transition entre soleil et lune.
Ce berger n'a pourtant pas l'allure d'un aventurier, et pourtant les conditions de son voyage me paraissent très rudimentaires. Je pousse ma pirogue jusqu'à la maison repensant aux conditions de voyage de mon ami. Marcher jusqu'au Burkina, je ne connais pas la distance, mais je sais quand même que c'est comme Mopti à Bamako, c'est très loin. Il y a quelques temps, j'ai eu besoin de mon âne, lorsqu'il n'y a pas de travail, je le laisse se balader et manger en brousse avec ses copains et les autres troupeaux. Lorsque j'ai eu besoin de ses services, je suis parti à sa recherche. Il ne part généralement pas trop loin et revient même à la maison seul. Il sait qu'il trouvera une tasse de riz ou de blé ce qui me permet de l'attraper. Mais cette fois une femelle avait du « le faire courir » ; ce jour, de village en village, j'ai marché une demie journée sous le soleil en brousse, en vain. Je me souviens bien de cette journée car j'en suis rentré épuisé. Et comment fait-il, avec une bâche pour se protéger d'une tempête, alors que certaines font tomber de très gros arbres ? J'ai mis longtemps pour rejoindre l'autre côté hier soir, je crois, je ne faisais pas attention. Quand je suis arrivé à ma case, j'ai bu le demi-litre de lait, il sentait bon la vache, et me suis allongé rassasié ; j'essayais d'imaginer la scène, Joloba dormant près d'un buisson alors que serpents et scorpions rodent. Ou bien est-ce la tempête qu'il doit craindre le plus, elles peuvent durer quelques heures, la terre craquelée et dure comme la pierre d'une saison très sèche devient rapidement de la boue. Où dort-il à ce moment ? Que peut-il, lui et son plastique, contre la puissance à la limite du surnaturel parfois ? Puis le voyage a commencé, jusqu'au soleil levant. Jusque ce matin où je décide que l'histoire qui va suivre ne sera pas un rêve. Quoique...
Je n'ai jamais eu l'occasion d'aller chez Joloba, lui passe chez moi, ou nos rencontres sont inattendues mais régulières. Mais à quoi bon aller visiter un berger chez lui ? Il y a de très grandes chances pour qu'il soit en brousse avec ses animaux.
Plusieurs années je me suis demandé comment faire pour trouver le temps pour lire, aujourd'hui j'ai trouvé celui d'écrire. Voici donc le début d'un roman tiré d'une histoire, pas encore vécue. Mes anciens professeurs de français se demanderont comment on peut en arriver à écrire un livre avec une moyenne scolaire ne dépassant pas 5/20. On notera toutefois quelques séquelles dans l'orthographe et autre conjugaison qui ne me passionnent toujours pas. Je ne compte donc aujourd'hui que sur mon programme informatique pour résoudre ses lacunes. Je vous demanderais donc de faire preuve d'indulgence pour un ancien cancre et vous promets le travail de correcteur et une rectification éventuelle pour l'écriture d'un livre avant édition. J'AI BESOIN DE VOUS. Je n'ai pas voulu raconter ma vie dans ce livre, ce livre n'est pas le mien. Le personnage est un enfant, cet enfant c'est le mien, le vôtre, c'est moi, c'est vous. Vous avez la naïveté et l’innocence des premières années, vierge de tout avis ou préjugé. Vous voyagez avec Joloba, qui lui est bien réel, avec qui je m'apprête à une transhumance qui nous fera quitter Mopti en juillet pour revenir en novembre (aléatoire cela va sans dire) ; quelles questions lui poseriez-vous ? Qu'aimeriez-vous savoir ? Pour que ce livre soit le nôtre, et non la pensée de l'écrivain, partageons.
willynomad
De Nouakchott (Mauritanie) à Diama (Sénégal): comment trouver la piste? English translation pending
Bonjour,
Je pars dans cinq jours pour le Senegal et il me reste une question:
De Nouak au barrage de Diama, j'ai entendu parler d'une piste qui évite Rosso. Est elle praticable en 2*2 (monospace Kia Carnival)? Fait elle gagner beaucoup de temps par rapport à la piste partant de Rosso? Et surtout ou est l'entrée de cette piste?
Merci d'avance.
Ps: si vous avez les points GPS je suis preneur.
De Nouak au barrage de Diama, j'ai entendu parler d'une piste qui évite Rosso. Est elle praticable en 2*2 (monospace Kia Carnival)? Fait elle gagner beaucoup de temps par rapport à la piste partant de Rosso? Et surtout ou est l'entrée de cette piste?
Merci d'avance.
Ps: si vous avez les points GPS je suis preneur.
Voyage entre filles, quel hôtel suggérez-vous ailleurs qu'à Varadero? English translation pending
Allo,
Je suis à penser à une destination pour le printemps prochain pour un voyage avec ma cousine (mai 2010). Étant donné que nous serons 2 filles seules (31 et 35 ans), je veux un endroit autant que possible sécuritaire, c'est pourquoi je pense à Cuba. Toutefois, je ne veux pas retourner à Varadero, j'ai beaucoup aimé mais ça fait déjà 2 années consécutives que j'y vais alors j'aimerais visiter un autre coin.
Je pensais à Holguin pour son décor différent de Varadero mais d'après ce que je lis sur l'endroit, il n'y a pas beaucoup de night life. Est-ce vrai? Nous voulons une plage acceptable (je sais que je ne peux pas m'attendre aux plages de Varadero), bonne nourriture et la possibilité de danser la salsa et le merenge en masse! 🙂 Si ce n'est pas directement à l'hôtel au moins à proximité. Il y a le Sol rio luna mares qui m'intéresse mais je ne sais pas s'il répond à nos attentes.
Des suggestions svp!
Merci
Je suis à penser à une destination pour le printemps prochain pour un voyage avec ma cousine (mai 2010). Étant donné que nous serons 2 filles seules (31 et 35 ans), je veux un endroit autant que possible sécuritaire, c'est pourquoi je pense à Cuba. Toutefois, je ne veux pas retourner à Varadero, j'ai beaucoup aimé mais ça fait déjà 2 années consécutives que j'y vais alors j'aimerais visiter un autre coin.
Je pensais à Holguin pour son décor différent de Varadero mais d'après ce que je lis sur l'endroit, il n'y a pas beaucoup de night life. Est-ce vrai? Nous voulons une plage acceptable (je sais que je ne peux pas m'attendre aux plages de Varadero), bonne nourriture et la possibilité de danser la salsa et le merenge en masse! 🙂 Si ce n'est pas directement à l'hôtel au moins à proximité. Il y a le Sol rio luna mares qui m'intéresse mais je ne sais pas s'il répond à nos attentes.
Des suggestions svp!
Merci
Oman, au rythme du soleil English translation pending
Récit d’un voyage effectué à deux couples (Laurent/Dominique et Fabrice/Michèle) du 29 octobre au 9 novembre.
Mercredi 29 octobre
Lever tôt, vers les 05h00. Petit-déj’ rapide et à 05h45, Fabrice est là pour nous emmener à l’aéroport. Nous enregistrons nos sacs sans souci et nous embarquons dans un 737 de la Lufthansa qui va nous conduire à Francfort, où notre connexion pour Doha et finalement Muscat décolle. 2h30 de transit plus tard dans cet aéroport gigantesque aux contrôles poussés, nous nous présentons à la porte pour le vol suivant. Premier couac au moment de monter dans l’avion pour Doha sur un vol Qatarairways, le système informatique ne reconnaît pas nos billets électroniques. 2o minutes d’énervement pour le personnel au guichet, un peu de stress pour nous quand même, et nous sommes les derniers à monter dans l‘A330. Avion neuf, écran perso avec grand choix de films sur chaque siège, personnel aimable, le vol de 5h45 sera sans histoire. A Doha, l’escale est courte, à peine une heure. Juste le temps de constater que l’aéroport est moderne, bien mieux que celui d’Amman où nous avions transité pour aller en Thaïlande cet été. Une autre A330 nous amène à Muscat en 1h10, il est à moitié vide. Nous posons à l’heure, vers 23h00, et la température est bien agréable (env. 28 °). Vu que nous avions obtenu notre visa au consulat omanais à Genève, nous n’avons pas besoin de faire la longue queue des passagers qui débarquent sans ce tampon dans leur passeport. Nous passons donc rapidement les contrôles douaniers et récupérons nos sacs. A la sortie, taxi. Nous récupérerons notre véhicule de location demain. Il y a un comptoir où vous annoncez votre destination, vous payez et recevez un reçu et le préposé appelle un chauffeur. Les prix sont fixes. Pas de compteur, pas de négociation, pas d’arnaque. Pour 10 RO (tarif de nuit, le jour c’est 7 RO), on nous conduit au Al-Bahjah Hotel, à 20 minutes environ de l’aéroport dans la petite ville de Seeb. C’est un des hôtels les plus proches de l’aéroport à un prix qui nous convenait (30 RO la nuit avec le petit-déj’). Nous étions attendus, vu que j’avais réservé 2 chambres depuis la Suisse afin d’être sûr de pouvoir être logés la première nuit. Un camion qui livre du fuel en pleine nuit juste sous notre fenêtre, de même que l’appel à la première prière vers 04h30 fera que la nuit sera un peu perturbée…
Jeudi 30 octobre
Lever vers les 07h00 et après le petit-dèj’, nous reprenons un taxi direction l’aéroport pour prendre possession de notre voiture de location réservée via le site internet de Qatarairways. Nous effectuons les formalités d’usage et nous touchons une Toyota Landcruiser avec quelque 220'000 km au compteur. Elle sera parfaite tout au long du voyage. Les premiers instants de conduite seront en direction du centre commercial Carrefour, à quelques km de l’aéroport sur l’autoroute qui longe la côte en direction du Nord. On y fait les courses, on achète le matériel de camping dont nous avons besoin (réchaud, jerrycan, grill, charbon, bonbonnes de gaz, etc..). Enfin, le voyage peut commencer ! Direction Nakhal par d’excellentes routes. Nos inquiétudes s’évaporent, il est facile de conduire à Oman. Bon, nous n’avons pas encore testé les pistes … Une fois dans cette ville, nous visitons le splendide fort et nous poussons encore aux sources chaudes de Towarah. Le site n’est pas extraordinaire, mais reste tout de même à voir pour les gens du coin qui le fréquentent. Ils viennent y pique-niquer et s’y baigner dans un petit bassin spécialement aménagé à la sortie de la source. L’eau est chaude et claire, mais il faudrait remonter le cours de ce Wadi pour se retrouver un peu seul. Départ ensuite direction Ar Rustaq pour notre premier Wadi. En chemin, nous prenons notre premier repas dans un restaurant indo-pakistanais à Al Awabi, en face de la station service. Au menu, salade de crudités (ce sera toujours le cas par la suite), poulet frit et riz pour 3, 60 RO pour les 4 ! Comme nous le constaterons par la suite, la quasi-totalité des restaurants dans le Sultanat sont tenus soit par des Indiens, soit par des Pakistanais. Cela tombe bien, nous aimons cette cuisine, faite d’épices ! Continuation pour le Wadi As Sahta. On sort des routes goudronnées pour goûter à nos premières pistes. L’entrée du Wadi est magnifique et le 4x4 n’est pas encore vraiment indispensable. C’est juste plus pratique et plus prudent vu que la piste est faite de gros gravier qui gicle si on roule un peu vite. La nuit tombant rapidement, vers 17h30, il nous faut trouver un coin pour notre première nuit en camping. C’est là que notre guide « Oman Off-Road » va être très utile. Grâce aux indications qui y figurent, on découvre un endroit bien plat, avec le sol souple pour planter nos sardines, sur la route qui monte vers Al Hob, en contrebas sur la gauche, bien après l’école et le terrain de foot. On monte donc le camp, on ramasse du bois pour faire un feu. Ce soir, ce sera grillades d’agneau et tomates, avec du pain omanais (qui ressemble au pain libanais). L’endroit est évidemment calme, vu son isolement, avec ciel étoilé magnifique. Vers 21h00, tout le monde se couche, la journée a été longue. Il fait assez chaud pour dormir hors du sac et pour ne mettre que la première « couche » de notre tente.
Vendredi 31 octobre
Le réveil se fera avec l’arrivée du jour et le lever du soleil, vers les 06h00. Les couleurs de l’imposante paroi rocheuse qui nous fait face sont splendides, d’abord dans les tons roses puis orangés. On met le thé à chauffer, puis on prend le premier repas de la journée fait de pain et de miel, avant de replier le camp. Départ direction Yasab, par une route incroyable. Si la piste est assez conventionnelle au départ, elle prend assez vite une déclinaison impressionnante. Là, pas le choix, la montée se fera en première et avec le 4x4 enclenché. La route n’est pas large, on ne croiserait pas un autre véhicule. Près de la fin de la montée, la piste longe une falaise verticale de plusieurs centaines de mètres (côté montagne, pas côté vallée pour ceux qui auraient un peu peur de conduire dans ces conditions). Il n’y a pas de barrière protectrice côté vallée, juste un petit rebord de terre. Après un col depuis lequel le point de vue est saisissant, la route redescend vers le village de Yasab, tout au bout d’un canyon. Quelques maisons, les habitants dans des cultures, c’est la vie d’un autre temps. On part faire un tour à pied et quelques ados nous rejoignent vêtus de maillots de foot de Barcelone ! Le foot est une deuxième religion dans ce pays, surtout les clubs espagnols, Real Madrid et Barcelone, ou anglais avec Chelsea. Vive la télévision par satellite ! En redescendant, la déclinaison est encore plus impressionnante et il convient d’être prudent au volant. Je ne me rappelle pas avoir déjà parcouru une telle route, et pourtant nous habitons près des Alpes ! Nous prenons la direction d’un autre Wadi, le Bani Awf. La piste principale est bien indiquée, mais quelques embranchements sans indication nous font douter. Finalement, nous ne perdons pas notre chemin. Le Oman Off-Road est très précis avec le kilométrage. Il faut donc souvent remettre le compteur journalier à zéro pour pouvoir se repérer. Avec cette technique, nous n’avons jamais perdu notre chemin. En arrivant sur l‘embranchement avec le Ban Awf, nous constatons que l’essence est au quart. Pas question de partir dans les Wadis sans le plein. Il y a une station à Al Awabi, à 15 km. Nous faisons ce détour pour assurer. L’essence est vraiment bon marché, à 0.120 RO le litre. Heureusement, car le 4x4 consomme tout de même pas mal. Hasard, nous mangeons au même resto que la veille, vu que nous avions été satisfaits. Puis retour dans le Wadi. On remonte la gorge et en fonction des « Highlights » fournis par notre guide (papier, pas humain), nous nous arrêtons devant l’entrée du Little Snake Canyon. Nous partons à pied dans la gorge et nous devons escalader des roches pour descendre le long du ruisseau. Il y a là quelques mares, mais sans suffisamment d’eau pour se baigner. Dans l’une d’elles, Fabrice voit 2 serpents nager, il arrive même à les prendre en photos ! Après 45 min. de marche, la gorge se resserre et là, il y a un peu plus d’eau, jusqu’à la taille. La gorge se prolonge encore, mais on ne voit pas si il y a de l’eau ou non. Fabrice et moi partons explorer cette partie du canyon. Nous aurons bien fait, car peu après, il y a une énorme gouille, toute en longueur, avec du fond. Nous nageons entre les parois de la gorge dans une eau fraîche et propre. Magique ! Au retour vers la voiture, Dominique se retrouve tout près d’un autre serpent. A son arrivée, il part se cacher sous un caillou que je soulève. Je trouve là visiblement une vipère, vu sa tête triangulaire. Apparemment, le nom de ce canyon n’a pas été choisi au hasard ! Nous reprenons la piste qui devient étroite et pentue, vers le Snake Canyon (un autre, pas le LITTLE Snake). Nous ignorons la bifurcation pour le village de Balat Sayt et nous continuons encore un petit bout. Sur notre droite, nous trouvons l’entrée d’une étroite gorge qui mène justement à ce village, à pied. Il y a là quelques terrasses au milieu des palmiers. Ce sera parfait pour la nuit. Nous commençons à monter le camp, lorsque 4 ados nous rejoignent. Ils nous aident à monter les tentes et finalement mis en confiance par ce geste, nous ne voyons pas qu’ils nous volent 2 lampes de poche… Il y a assez de bois ici et nous préparons un bon feu. Au menu ce soir, poivrons grillés, pâtes et melon pour le dessert. Le thé sera de rigueur, comme toujours. Bizarrement on ne trouve que du thé en sachet (principalement du Lipton) et non pas du thé comme en Turquie. Quant à l’alcool, Oman étant un pays musulman pratiquant, il est interdit dans tout le pays. Seuls quelques hôtels accueillant des visiteurs étrangers ont le droit d’en vendre ou d’en servir. Le ciel s’est couvert, nous avons presque eu peur de la pluie. Peur sans fondement, le ciel s’est rapidement dégagé pour laisser la place à un magnifique ciel étoilé.
Samedi 1er novembre
Réveil habituel avec le jour et le soleil au lever. Rangement du camp, préparation du thé, brin de toilettes avec des serviettes humides. Nous voilà prêts, on charge la voiture. Avant de reprendre la route, visite du village de Balad Sayt. Nous empruntons l’étroite gorge par un petit chemin sur la droite. Il y a des marches qui ne se voient pas bien au début et qui mènent jusqu’au village. Aucune difficulté majeure donc malgré que la gorge reste assez impressionnante, étroite et verticale. Il y a eu de l’eau ici. En 15-20 minutes, nous arrivons au bas du village, à la hauteur des cultures en terrasse. Une tour domine les habitations et nous y parvenons en parcourant les ruelles. Depuis là-haut, la vue s’offre sur 360 ° sur tous les alentours. Nous voyons des villageois qui nous font des signes de la main. Aucun signe de rejet ou d’agressivité, l’hospitalité musulmane … En redescendant vers la palmeraie, nous nous dirigeons vers un groupe de femmes qui font la lessive à la main, avant le rinçage dans le falaj (canal d’irrigation) qui se fait en piétinant le linge. Puis nous traversons les cultures en marchant sur les bordures qui séparent les parcelles pour reprendre la gorge et finalement rejoindre notre voiture. La montée du Wadi bani Awf direction Al Hamra sera rude et il faut de nouveau mettre le 4x4 et rouler en première. La route est loin d’être plate, cela secoue pas mal. Mais aucun danger. On prend vite de l’altitude et la vue sur les montagnes et vallées environnantes devient splendide. Au bout de la montée, un col, une route goudronnée et neuve. L’air est frais. Le versant descendant est plus doux et la conduite sur l’asphalte plus confortable. Nous prenons la direction de Nizwa, par de grandes routes larges. Nous avons appelé la Majan GH et 2 chambres nous sont réservées. Arrivant de Al Amra, nous traversons la ville de Nizwa et après 5 km direction Muscat, nous trouvons l’hôtel sur la gauche. Grandes chambres, propres et surtout une douche ! Au tarif de 25 RO la nuit. Après un lavage à fond, nous allons visiter Nizwa et sa magnifique mosquée au cœur de la ville. Nous trouvons notre traditionnel resto indo-pakistanais pour le repas de midi. Curry de mouton, poulet masala, galettes de pain. Les prix sont inversement doux par rapport à la force des épices ! On peut manger avec les doigts, chaque resto et pourvu d’un coin spécial pour se laver les mains après le repas. Nous visitons ensuite le splendide fort, qui jouxte la mosquée. En attendant que les souks s’animent (ils ouvrent dans tout le pays à 16h30 pour l’après-midi, sinon le matin), je vais chez le barbier, une tradition lorsque je voyage dans les pays musulmans. Je ne réussis pas à convaincre Fab d’en faire autant. Rasage, massage de la tête et de la nuque, craquement des doigts et de la nuque, 30 minutes de plaisir pour 1.5 RO. Retour aux souks, mais peu de stands sont ouverts. Il y a néanmoins un souk aux poissons, dont des thons et des espadons de taille plus que respectable. Nous nous posons ensuite sur la terrasse d’un resto turc entre la ville et la GH pour d’abord quelques parties de cartes et ensuite notre repas du soir (4.8 RO pour les 4). Retour à l’hôtel pour une nuit calme et réparatrice.
Dimanche 2 novembre
On prend le rythme : réveil à 06h15. On fait les sacs avant le premier repas du jour. Puis, on retourne aux souks, guère plus animés que la veille. On achète tout de même des dattes et quelque chose d’inconnu pour nous, du sirop de dattes. C’est excellent avec un yaourt. Vient ensuite l’épisode ravitaillement. Nous n’avons rien à manger pour ce soir et nous devons trouver un supermarché. De plus, nous voulons acheter de quoi nous asseoir, car manger par terre dans la poussière, ce n’est pas vraiment le top. On trouvera facilement 2 tapis de sol et 4 petits tabourets en plastique. Mais par contre, pour trouver de la viande, rien, sauf du congelé. On fera Nizwa de long en large, rien, rien, rien ! Finalement, on se rabat sur un resto et on achète des poulets grillés à l’emporter. Le serveur nous rajoute encore des crudités, pour un total de 3 RO. En fait, tous les restos pratiquent la vente à l’emporter. La destination du jour est le plateau de Sayq. Nous descendons donc jusqu’à Birkat al Mawz où la bifurcation pour la montée se prend. Après quelques km, il y a un check-point policier où il faut montrer son permis de conduire. Toute la vallée est utilisée par l’armée, cela doit être la raison de ce contrôle. Le policier note le nombre de personnes qui montent, le type de véhicule en s’assurant que nous avons un 4x4. Les autres types de voiture n’ont pas d’accès. Bizarre, car la route est goudronnée et pas si pentue que cela, en tous les cas bien moins que ce que nous avons déjà vu. Les paysages sont à nouveau splendides. Tout d’un coup, on aperçoit une petite ville, au milieu de nulle part, dans la montagne. Nous nous rendons au Diana Viewpoint à Sayh Qutnah où nous avons l’intention de camper. Il y a là quelques endroits parfaits pour planter sa tente. Le site est sur le bord d’une falaise rocheuse qui offre une vue spectaculaire et exceptionnelle sur les environs. Il est encore tôt dans l’après-midi et nous partons faire une balade à pied sur le chemin mentionné W18A. Il s’agit d’un sentier qui relie des villages entre eux, à flancs de coteaux et longeant ou traversant les cultures en terrasse. Des systèmes d’irrigation (falaj) assurent l’arrivée d’eau. Nous croisons un paysan qui plante à la main des gousses d’ail. Quel travail de titan d’avoir construit toutes ces terrasses avec des pierres, le long d’une pente importante. Nous traversons 2 villages, mais Dominique a mal au genou, les montées et descentes d’escaliers la font souffrir et nous rejoignons la route principale qui surplombe le sentier pour retourner à notre point de départ. Nous aurons tout de même vu quelques touristes qui ont un peu triché en suivant un falaj, et donc en évitant de descendre dans les cultures pour remonter plus loin. La balade aura duré 2 bonnes heures. Nous partons ensuite monter notre camp, à l’extrême gauche du site, tout en mettant de l’eau à bouillir pour le traditionnel thé. Nous sommes pile à l’heure pour assister au coucher de soleil sur les montagnes. Les couleurs du ciel sont splendides et nous prenons de nombreuses photos. Exceptionnels paysages … De nombreux buissons secs nous fourniront du bois pour le feu du soir qui nous réchauffera. Il faut dire que nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude et que l’air est frais. Nous avions pris une polaire, ce sera le seul soir où nous la sortirons. Ce soir, nous dormirons dans nos sacs ! Avant d’aller se coucher, nous rangerons comme d’habitude le camp, en rentrant poubelle et nourriture dans la voiture afin d’éviter que des animaux viennent se servir pendant notre sommeil.
Lundi 3 novembre
La nuit a été fraîche. Le lever du soleil vers 06h15 est également très beau, offrant une luminosité et des couleurs splendides. Thé, petit-déjeuner, puis rangement du camp. Dès que le soleil monte dans le ciel, la température prend l’ascenseur et redevient agréable. Aujourd’hui, direction la mer ! On redescend en plaine, pas de contrôle policier à la sortie. Une belle autoroute gratuite nous ramène vers Muscat et l’aéroport. Nous retraversons toute la ville avec des autoroutes. Les directions sont bien indiquées, par quartier. Muscat est une ville très étendue, divisée en quartiers. Il faut dire que la partie ouest de la ville est construite au milieu de collines et chaque espace permettant de construire est utilisé. C’est le cas à Ruwi, Muttrah et Muscat. Selon les indications du Oman Off-Road, nous trouvons presque du premier coup la route pour nous rendre à Yiti, plage distante d’une 15 de km où nous avons l’intention de nous poser pour la nuit. Il y a là un petit village de pêcheurs et une longue plage déserte, mis à part quelques locaux. L’eau est chaude et limpide. Malheureusement, ce site ne va pas rester intact. Un grand chantier est en cours et le bal des camions est impressionnant. Une marina est en train de se construire et la suite sera des hôtels de luxe, un golf, des spa, bref tout pour le tourisme aisé. Le village de pêcheurs va sans doute disparaître … A la fin de la route goudronnée, il ne faut pas hésiter à partir dans le sable en suivant les traces existantes. On peut aller jusqu’au bout de la plage. On peut facilement planter sa tente ici. L’endroit est trouvé, mais nous réalisons que nous n’avons pas de quoi manger ce soir. Alors retour sur Muscat, au magasin Carrefour City Center le long de l’autoroute avant d’arriver sur Ruwi. Une fois le plein de victuailles fait, on reprend le chemin de Yiti. Baignade, soleil, on passe le reste de l’après-midi à la plage. Le coucher de soleil ne se fera pas dans la mer, mais les couleurs du ciel sont toujours magnifiques. Des pêcheurs ramènent des petits poissons qu’ils font immédiatement cuire après les avoir épicés d’une poudre qui décoiffe ! Vu qu’on leur avait fourni des allumettes, ils nous offrent quelques-unes de leurs prises. C’est bon, mais les lèvres brûlent un peu ! Il faut dire que ces pêcheurs, comme beaucoup de gens vivant de métiers peu rémunérés, sont de souche indienne. D’autres gens du coin improvisent des parties de foot sur le sable dur vu la marée descendante. Le foot est une institution dans ce pays, il y a partout des terrains, des fois même en gravier grossier. Il ne doit faire bon d’être gardien de but … Finalement, nous sortons notre grill pour les saucisses achetées chez Carrefour. A un moment donné, en allant chercher quelque chose à la voiture, ma lampe de poche éclaire deux yeux dans la nuit. Un fennec ! L’animal nous observe à une trentaine de mètres, sans aucun doute attiré par la nourriture. Nous le verrons souvent grâce à nos lampes qui font briller ses yeux. Il sera même rejoint par un complice. La tente est montée dans le sable face à la plage, un peu au vent ce qui la fera bien bouger. Fabrice a assurée en se mettant un peu en retrait, plus à l’abri. Il fait chaud, on pourra dormir hors du sac.
Mardi 4 novembre
Le vent s’est levé pendant la nuit et la tente a été sacrément secouée. Au réveil, surprise : les chaussures que nous avions laissées devant notre petit 4 * ont disparu ! On voit clairement des traces de chat (ou de fennec…) venir jusque devant la tente, en faire le tour. Une petite recherche dans les environs nous permettra de retrouver nos godillons éparpillés dans les environs. Un des nu-pieds de Dominique a par contre été suffisamment rongé pour qu’elle puisse en racheter d’autres … Après ces péripéties, on profite encore un peu de l’ombre pour prendre le thé du matin et plier le camp. Dès que le soleil pointe, la température grimpe immédiatement. Nous retournons au Carrefour de Muscat faire le plein de courses. Sur place, il y a un ou deux vrai coffee shop et on ne résiste pas à l’appel d’un véritable Espresso. Mais avec le prix de 4 Espresso, on prend un repas dans une de nos échoppes indo-pakistanaises… Le but du jour sera le Wadi Dayqah et le Wadi As Sawayh. Nous prenons donc la direction de Qurayat, juste après le Carrefour en revenant vers Ruwi. Avec les indications toujours aussi précises du Oman Off-Road, nous trouvons facilement notre chemin. Première déception : il n’est désormais plus possible de remonter le Wadi Dayqah, un barrage est en cours de construction (et bientôt terminé apparemment) et bloque l’accès à la vallée. Nous nous rabattons donc sur le As Suwayh. Quelques dizaines de mètres avant le village, il y a une grande piscine naturelle, entourée de rochers d’où l’on peut sauter dans l’eau (env. 10-12 mètres de haut). Mais avant d’y piquer une tête, nous décidons de remonter le Wadi à pied pour une belle balade. En regardant le village, il y a deux falaj qui amènent de l’eau, un sur la droite, l’autre sur la gauche des versants. Celui de droite (en regardant le fond de la vallée) est bien plus pratique, car il va plus loin. Ainsi, on marche à plat sans devoir escalader les rochers. Nous ne l’aurons remarqué qu’au retour … puisqu’on remonte le Wadi par la gauche ! Bref, deuxième déception, il n’y a que peu d’eau et donc pas de piscine pour se baigner. Après 2 bonnes heures de promenade dans un cadre grandiose, entouré de montagnes sauvages, on revient donc à l’entrée du village. Et là, baignade dans une eau chaude et douce. Des gens du village viennent nous voir, petites discussions. L’un d’entre eux nous amène dans sa maison pour un café omanais (parfumé à la cardamome) et des dattes. Son père, aveugle et apparemment bien usé par la vie, est là. Il nous explique qu’il devrait l’emmener chez le docteur, mais que cela coûte cher, etc.. Apparemment, il sollicite de l’argent mais sans le dire vraiment. Un peu plus tard, de retour vers notre voiture, nous ferons un don discret. L’endroit sera parfait pour camper cette nuit, donc nous montons les tentes, juste avant la tombée de la nuit. Nous avons acheté une nouvelle lampe à gaz ce matin, elle nous éclaire pour nos parties de carte dans cet endroit de bout du monde.
Mercredi 5 novembre
Y a-t-il encore besoin de le dire, nous nous levons avec le soleil vers 06h15. Avant de prendre le thé du matin, une petite douche naturelle dans la rivière. Il y a un petit bassin avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses qui fait bien l’affaire. Trempette, un peu de savon, re-trempette et voilà ! Petit-déjeuner, paquetage et nous voilà prêts pour le départ, en direction du sud. Nous rejoignons la côte vers Dibbha où la route redevient goudronnée. Pour une fois, nous manquons un site : le Sinkhole (un trou dans le sol avec de l’infiltration d’eau de mer dans lequel on peut se baigner). Nous nous en rendons compte trop loin pour faire demi-tour et nous continuons donc notre route. Un petit stop à White Beach, une large plage au sable blanc. Aucune ombre, quelques déchets sur la plage, l’endroit est beau, mais pourrait être mieux conservé. Il y a bien des poubelles, mais les détritus sont surtout à côté … Apparemment, le Sultan Qaboos développe son pays à la vitesse grand V, amenant des routes, de l’électricité, des écoles, dans les coins les plus reculés. Mais il a encore du boulot avec la propreté et l’environnement. La route du bord de mer est en réfection et nous n’avançons pas vite. Une nouvelle autoroute s’est construite un peu plus haut, nous prenons une piste qui nous y conduit et là on pourra rouler sur du velours … avant de se rendre compte que nous avançons à 100 km/h sur une portion en construction et fermée à la circulation ! Arrivée finalement à Sur, ville côtière. Nous baladons sur la Corniche, d’où on peut admirer le splendide phare. Les bleus du ciel et de l’eau sont magnifiques. Dommage, là-aussi les détritus sont nombreux au bas du muret qui délimite la plage. Nous prenons notre repas, un excellent Fish mix grill, au Sur Beach Restaurant, puis départ vers Jas-al-Jinz où nous espérons planter nos tentes sur les plages où les tortues viennent pondre. A la réserve où les tortues sont visibles la nuit, il n’est désormais plus possible de camper. Une sorte de complexe a été construit, avec chambres, restaurant, etc… au prix de 120 RO la nuit !!!!! Oman va concurrencer Dubaï avec ces prix-là. Nous repartons donc chercher un autre endroit et nous constatons qu’il est difficile de camper dans cette région. En plus, il faudrait laisser le campement pour aller voir les tortues. Bref, ce soir ce sera hôtel. Nous trouvons le Turtle Beach Resort (suivre les indications au rond-point à l’entrée de Jas-al-Hadd). Très bien, avec une belle plage de sable et une eau limpide. Nous logeons dans de petites huttes, les toilettes et douches, propres, sont communes. Le prix : 42 RO pour une chambre double, le repas du soir et celui du matin (formule buffet). La réserve aux tortues n’est qu’à 15 minutes en voiture. Pas d’hésitation, on reste. Après-midi de plage, de parties de carte, avant le repas du soir. Vers 21h00, nous sommes à la réserve où nous payons notre droit d’entrée de 3 RO par personne. Il y a bien une centaines de personnes, mais répartie en plusieurs groupes d’environ quinze. Chaque groupe a 2 guides qui délivrent des informations très intéressantes sur les tortues. Nous aurions bien voulu les voir de manière plus individuelle, mais ce n’est plus possible. Départ donc pour la plage, avec des lampes de poche à lumière douce et rouge. Les photos sont interdites, surtout les flash. La plage est parsemée de cratères, apparemment l’endroit est vraiment fréquenté. Très rapidement, nous trouverons 3 tortues. Leur taille est impressionnante. La première est en train de recouvrir le trou dans lequel elle vient de pondre, avec ses pattes. En se tenant juste derrière (il ne faut pas aller devant elle pour ne pas la stresser), on se prend des giclées de sable. Quelle vigueur dans le geste ! La deuxième que nous verrons a fini son labeur et retourne tranquillement à la mer. Et là, la chance passe par ce coin et nous découvrons une tortue en train de pondre. Elle a creusé son trou et elle dépose au fond une bonne centaine d’œufs, souples et blancs. Spectacle de la vie et de la conservation de l’espèce. Cette tortue a dû faire des milliers de km pour trouver cette plage, et nous sommes là à contempler ce moment simple, pas spectaculaire, mais tellement émouvant. Nous sommes de retour à notre resort vers les 23h00. La nuit est étoilée comme d’habitude et il y a un petit vent du bord de mer qui nous fera passer une bonne nuit.
Jeudi 6 novembre
Le lever du soleil est juste splendide avec des couleurs pastel. Pas de stress ce matin, pas de camp à ranger. Nous prenons le buffet du petit-déjeuner, avant de piquer une tête dans la mer chaude et limpide. Une douche et un peu de toilette plus tard, nous voilà prêts pour la suite du périple. Direction le Wadi Bani Khalid et les dunes de sable du Wahiba Sands. Nous retournons direction Sur, puis Al Kamil par d’excellentes routes goudronnées. La montée jusqu’au bout du Wadi est facile, pas de piste. En arrivant sur les lieux, nous voyons tout de suite que l’endroit est moins sauvage que d’habitude, il y a beaucoup de véhicules sur le parking. Il y a du monde, mais quasi aucun touriste. Nous ne voyons aucune femme. Les hommes pique-niquent, se baignent, discutent. Les grills fument et la viande dégage une odeur alléchante. L’endroit est splendide, avec une énorme piscine naturelle, un petit pont en fer qui enjambe l’eau, quelques constructions pour faire de l’ombre. On peut sauter dans l’eau depuis plusieurs rochers, l’eau est chaude et propre. Nos femmes restent habillées pour se baigner (t-shirts et bermudas), mais elles sont néanmoins dévisagées, pas par agressivité. Les femmes omanaises arrivent enfin, en groupe, accompagnées des enfants. Mais aucune d’entre elles n’ira dans l’eau. Nous profitons du site. Baignade en eau de mer le matin, en eau douce l’après-midi, belle journée … Pas de possibilité de camper ici, il nous faut bouger. Nous redescendons du site et nous arrêtons dans un resto … indien dans le premier village. Ce sera excellent comme d’habitude. La piste qui part dans le Wahiba Sands n’est qu’à quelques km, ce sera parfait pour y arriver avant la nuit. Dès notre entrée sur la piste, nous sommes abordés par un bédouin qui nous dit avoir un campement peu après et qu’il peut nous conduire dans les dunes. Nous hésitons car nous nous voulons rester indépendants. Nous le suivons tout de même pour voir, et à peine sortis de la piste, nous comprendrons rapidement que partir seul et inexpérimenté dans les sables peut vite devenir compliqué. En effet, la conduite dans les sables souples est difficile et le risque de rester bloquer très important. Bref, nous négocions avec ce bédouin, pour qu’il nous conduise dans les dunes, quelque part où nous serons seuls pour installer notre campement. Il prend le volant de notre Land-Cruiser après avoir bien dégonflé les pneus pour augmenter la portance. Il prend de la vitesse et grimpe une dune d’une déclivité incroyable. Le tout en riant comme un fou. Très impressionnant. Il parcourt ensuite les dunes, jouant avec le terrain, les montées, les descentes, avant de trouver un endroit assez plat, où il y a même du bois sec. Ce sera notre camp pour la nuit. Nous sommes isolés au milieu des sables, la piste principale est plusieurs centaines de mètres au-dessous de nous. Notre bédouin part à pied avec l’heure du rendez-vous pour demain matin afin qu’il nous ressorte de là. Sans lui, nous serions restés en bas, près de la circulation, sans vue, ni le sentiment d’espace que nous avons là. Après la montée des tentes, nous assistons au coucher de soleil, donnant au sable des couleurs orangées et ocre, des ombres, des variations de couleur magnifiques. Malheureusement, un vent fort se lève. Les sardines ne tiennent pas dans le sable et nous devons consolider nos tentes. Nous nous mettons à l’abri derrière un monticule de sable pour manger. Nous ramassons le bois sec et avons de quoi faire un bon feu. Le vent ne durera que 2 heures avant de se calmer et disparaître. Nous restons au clair de lune et à la lumière de notre lampe à gaz. Ce sera notre dernière nuit en camping, au milieu des sables du fond de la péninsule arabique.
Vendredi 7 novembre
Nuit très calme, sans mosquée pour nous réveiller. Nous nous levons pour assister au lever du soleil sur les dunes. Comme d’habitude, Michèle sera toujours la première à être debout et à pouvoir voir le spectacle, alors que comme d’habitude, je serai le dernier et je manque toujours la sortie de l’astre. Les couleurs sont plus douces que celles du soir, mais restent grandioses. Comme prévu, notre bédouin, accompagné d’un enfant, arrive à pied pour nous reconduire sur la piste principale. Une fois le camp plié, nous lui confions le volant et il repart dans les dunes, prenant des chemins que nous n’aurions pas osé emprunter. Il maîtrise facilement les difficultés du terrain et passe là où nous n’aurions pas pensé que cela soit possible. Nous nous arrêtons à leur campement où un café omanais nous attend, avec une purée de dattes. Une femme, portant un masque sur le visage est là et nous présente des créations faites de sa main à l’aide d’un métier à tisser. Nous achèterons quelques « babioles », telles que des bracelets, des garde-pages pour des livres, bref un peu d’artisanat local. Nous reprenons la direction de Muscat, qui se trouve à quelque 200 km. En chemin, nous nous arrêtons à Ibra, où nous ne voyons aucun touriste. Il y a un petit souk local, très typique. Nous voyons des artisans travailler le bois, avec des outils basiques, et réaliser des gravures splendides notamment sur des portes, la grande spécialité de tout le pays. Nous arrivons finalement sur Muscat du côté de l’aéroport. Nous commençons à connaître un peu les voies d’accès aux différents quartiers et nous nous retrouvons assez facilement sur la Corniche de Muttrah. Nous avions réservé par téléphone la nuit au Corniche Hôtel (30 RO), juste en face du marché aux poissons. L’établissement aurait bien besoin d’une rénovation, mais bon, pour une nuit cela ira. Après une bonne douche, nous prenons notre traditionnel repas pakistanais sur une terrasse en face du souk aux poissons. Comme d’habitude, ce sera excellent, bon marché. Personne n’aura connu de problèmes gastriques durant ce voyage. Puis, nous faisons toute la Corniche à pied, une splendide balade qui dure quelques km aller-retour. En revenant sur l’hôtel, les souks se sont animés (ils sont ouverts le matin, puis reprennent vers 16h30), et nous les visitons. Il y a surtout de l’artisanat et des habits. On y voit quelques touristes. C’est intéressant, mais cela n’a rien d’exceptionnel, rien à voir avec les souks d’autres pays. Nous avions vu dans le « Petit Futé » l’adresse d’un resto qui sert des spécialités omanaises dans le quartier de Ruwi. Plutôt que de risquer de se perdre avec notre véhicule dans le flot de la circulation, nous optons pour le taxi. Il y a devant le marché aux poissons des minibus qui font office de taxi collectif en direction du quartier de Ruwi. Démarrage quand c’est plein pour 100 Baisal par personne. C’est local, ça fonctionne, départ. Le taxi nous pose vers la gare routière qui est à environ 300 mètres du resto. Facile ! nous allons donc au Bin Ateeq Restaurant où nous mangerons dans un « salon » privé (en fait une pièce avec tapis au sol), par terre, avec des coussins pour nous caler. Il y a différents menus et nous optons pour celui à 7 RO par personne qui est composé de bien 10 plats différents. C’est bon, mais pas vraiment éloigné de ce que nous avons déjà mangé jusqu’à présent. Nous sommes donc un peu déçus, surtout vu le prix par rapport aux autres établissements. Pour rentrer sur la Corniche, on reprend un taxi collectif. Cela ne doit pas être si souvent que des touristes les empruntent, vu les regards amusés des clients et des chauffeurs. La nuit sera bonne dans un vrai lit.
Samedi 8 novembre
Après le petit-déj’, nous partons visiter le plus beau monument du pays, la mosquée Sultan Qaboos. Elle se visite du samedi au mercredi et de 08h00 à 11h00, attention donc à cet horaire. Le site est exceptionnel, à ne manquer sous aucun prétexte. L’extérieur est déjà magnifique, tout en perspective, avec une architecture islamique moderne. La salle des prières est juste incroyable, avec des lustres, des céramiques, des couleurs dans les tons verts. Il est écrit que cette salle peut accueillir jusqu’à 20'000 fidèles. Nous profitons de ces lieux solennels, avant de retourner aux marchés aux poissons de Muttrah. Autre ambiance ! Mais néanmoins à voir aussi. Il y a là de belles pièces, des thons, des espadons, de petits requins et bien d’autres encore. Des « artisans » préparent les poissons dans un coin du marché pour pouvoir les présenter ensuite sur les étals. Ils leur coupent la tête, les queues, lèvent les filets, très intéressant et parfois spectaculaire. Surtout qu’ils font cela à mains nues et avec des couteaux visiblement bien effilés. Direction ensuite le quartier de Muscat, sur la continuité de la Corniche. L’endroit est certes beau, mais il n’y a rien de vraiment spécial à notre goût. Nous partons finalement sur Seeb où nous avons réservé notre dernière nuit omanaise au Al-Bahjah Hotel. C’est le milieu de l’après-midi, la ville est morte, il n’y a personne dans les rues. Nous peinons même à trouver un restaurant d’ouvert. Finalement, nous mangerons dans un … resto pakistanais. C’est toujours aussi excellent et dépaysant car tous les clients sont des gens du crû. Nous nous régalons de curry pour un prix vraiment modique (5, 2 RO pour 4). Il nous faut maintenant penser à ramener notre 4x4 à l’aéroport. Les femmes resteront à l’hôtel pendant que Fab et moi allons faire le plein et laver la voiture. Les car-wash sont très nombreux, il y en a dans presque toutes les stations services. Un employé lave d’abord le véhicule avec un karscher, puis un autre vient le sécher avec une serviette, un troisième s’occupe de l’intérieur (chiffon et aspirateur). Ils lustrent même le bord extérieur des pneus avec un produit pour les rendre brillants. Apparemment, les Omanais sont pointilleux avec la propreté des voitures ! Tous les employés sont des Indiens, une fois de plus, le métier de laveur de voitures ne devant figurer dans les hautes couches sociales du pays. La restitution du véhicule se fera sans souci à l’aéroport et nous revenons à Seeb avec un taxi. La nuit est tombée, les trottoirs se sont remplis, il y a maintenant du monde à l’extérieur. Fab et moi allons chez le barbier nous faire raser une dernière fois avant notre rentrée en Suisse. Nous nous baladons ensuite dans les rues où les magasins de bijoux (en or) et de vêtements pour femme sont très nombreux. On y voit des robes très décolletées, des couleurs vives et aussi de la lingerie fine. Sous leur robe noire pour sortir dans la rue, les Omanaises doivent finalement être assez coquettes. Nous jouons une partie de cartes sur une terrasse et, mauvaise surprise, 2 personnes viennent nous réclamer de l’argent. C’est la 1ère fois que nous sommes confrontés à la mendicité dans ce pays. Dernier repas. Nous aurons vraiment testé la cuisine indo-pakistanaise. A la fin, nous avons abandonné le riz pour le pain, cuit au feu de bois et toujours présenté sous forme de galette. Nous nous sommes aussi habitués à manger avec les doigts (de la main droite). Retour à l’hôtel, dernière partie de cartes, paquetage des sacs, avant une courte nuit.
Dimanche 9 novembre
Lever très tôt, tiens avant le soleil pour une fois, vers 04h00. Le taxi que nous avions commandé la veille à la réception de l’hôtel est à l’heure. Incroyable hasard, alors que les taxis sont si nombreux, c’est le même chauffeur que celui de notre arrivée qui nous reconduit à l’aéroport. Tout comme à Doha pour le voyage aller, nous avons un problème avec nos e-ticket. Qatarairways ? le système informatique ? Nous ne le saurons jamais. Du coup, nous sommes les derniers à embarquer dans l’A319 qui nous ramène à Doha. L’avion est plein. A peine une heure plus tard, nous avons un court transit à Doha, juste le temps de passer au Tax Free Shop, pour foncer à l’embarquement. Cette fois, de nombreux sièges sont vides dans l’A330. A nouveau des écrans personnels, un grand choix de films, le vol sera tranquille. Nous posons à l’heure prévue à Genève, nos bagages sont là. Un retour sans histoire.
Mercredi 29 octobre
Lever tôt, vers les 05h00. Petit-déj’ rapide et à 05h45, Fabrice est là pour nous emmener à l’aéroport. Nous enregistrons nos sacs sans souci et nous embarquons dans un 737 de la Lufthansa qui va nous conduire à Francfort, où notre connexion pour Doha et finalement Muscat décolle. 2h30 de transit plus tard dans cet aéroport gigantesque aux contrôles poussés, nous nous présentons à la porte pour le vol suivant. Premier couac au moment de monter dans l’avion pour Doha sur un vol Qatarairways, le système informatique ne reconnaît pas nos billets électroniques. 2o minutes d’énervement pour le personnel au guichet, un peu de stress pour nous quand même, et nous sommes les derniers à monter dans l‘A330. Avion neuf, écran perso avec grand choix de films sur chaque siège, personnel aimable, le vol de 5h45 sera sans histoire. A Doha, l’escale est courte, à peine une heure. Juste le temps de constater que l’aéroport est moderne, bien mieux que celui d’Amman où nous avions transité pour aller en Thaïlande cet été. Une autre A330 nous amène à Muscat en 1h10, il est à moitié vide. Nous posons à l’heure, vers 23h00, et la température est bien agréable (env. 28 °). Vu que nous avions obtenu notre visa au consulat omanais à Genève, nous n’avons pas besoin de faire la longue queue des passagers qui débarquent sans ce tampon dans leur passeport. Nous passons donc rapidement les contrôles douaniers et récupérons nos sacs. A la sortie, taxi. Nous récupérerons notre véhicule de location demain. Il y a un comptoir où vous annoncez votre destination, vous payez et recevez un reçu et le préposé appelle un chauffeur. Les prix sont fixes. Pas de compteur, pas de négociation, pas d’arnaque. Pour 10 RO (tarif de nuit, le jour c’est 7 RO), on nous conduit au Al-Bahjah Hotel, à 20 minutes environ de l’aéroport dans la petite ville de Seeb. C’est un des hôtels les plus proches de l’aéroport à un prix qui nous convenait (30 RO la nuit avec le petit-déj’). Nous étions attendus, vu que j’avais réservé 2 chambres depuis la Suisse afin d’être sûr de pouvoir être logés la première nuit. Un camion qui livre du fuel en pleine nuit juste sous notre fenêtre, de même que l’appel à la première prière vers 04h30 fera que la nuit sera un peu perturbée…
Jeudi 30 octobre
Lever vers les 07h00 et après le petit-dèj’, nous reprenons un taxi direction l’aéroport pour prendre possession de notre voiture de location réservée via le site internet de Qatarairways. Nous effectuons les formalités d’usage et nous touchons une Toyota Landcruiser avec quelque 220'000 km au compteur. Elle sera parfaite tout au long du voyage. Les premiers instants de conduite seront en direction du centre commercial Carrefour, à quelques km de l’aéroport sur l’autoroute qui longe la côte en direction du Nord. On y fait les courses, on achète le matériel de camping dont nous avons besoin (réchaud, jerrycan, grill, charbon, bonbonnes de gaz, etc..). Enfin, le voyage peut commencer ! Direction Nakhal par d’excellentes routes. Nos inquiétudes s’évaporent, il est facile de conduire à Oman. Bon, nous n’avons pas encore testé les pistes … Une fois dans cette ville, nous visitons le splendide fort et nous poussons encore aux sources chaudes de Towarah. Le site n’est pas extraordinaire, mais reste tout de même à voir pour les gens du coin qui le fréquentent. Ils viennent y pique-niquer et s’y baigner dans un petit bassin spécialement aménagé à la sortie de la source. L’eau est chaude et claire, mais il faudrait remonter le cours de ce Wadi pour se retrouver un peu seul. Départ ensuite direction Ar Rustaq pour notre premier Wadi. En chemin, nous prenons notre premier repas dans un restaurant indo-pakistanais à Al Awabi, en face de la station service. Au menu, salade de crudités (ce sera toujours le cas par la suite), poulet frit et riz pour 3, 60 RO pour les 4 ! Comme nous le constaterons par la suite, la quasi-totalité des restaurants dans le Sultanat sont tenus soit par des Indiens, soit par des Pakistanais. Cela tombe bien, nous aimons cette cuisine, faite d’épices ! Continuation pour le Wadi As Sahta. On sort des routes goudronnées pour goûter à nos premières pistes. L’entrée du Wadi est magnifique et le 4x4 n’est pas encore vraiment indispensable. C’est juste plus pratique et plus prudent vu que la piste est faite de gros gravier qui gicle si on roule un peu vite. La nuit tombant rapidement, vers 17h30, il nous faut trouver un coin pour notre première nuit en camping. C’est là que notre guide « Oman Off-Road » va être très utile. Grâce aux indications qui y figurent, on découvre un endroit bien plat, avec le sol souple pour planter nos sardines, sur la route qui monte vers Al Hob, en contrebas sur la gauche, bien après l’école et le terrain de foot. On monte donc le camp, on ramasse du bois pour faire un feu. Ce soir, ce sera grillades d’agneau et tomates, avec du pain omanais (qui ressemble au pain libanais). L’endroit est évidemment calme, vu son isolement, avec ciel étoilé magnifique. Vers 21h00, tout le monde se couche, la journée a été longue. Il fait assez chaud pour dormir hors du sac et pour ne mettre que la première « couche » de notre tente.
Vendredi 31 octobre
Le réveil se fera avec l’arrivée du jour et le lever du soleil, vers les 06h00. Les couleurs de l’imposante paroi rocheuse qui nous fait face sont splendides, d’abord dans les tons roses puis orangés. On met le thé à chauffer, puis on prend le premier repas de la journée fait de pain et de miel, avant de replier le camp. Départ direction Yasab, par une route incroyable. Si la piste est assez conventionnelle au départ, elle prend assez vite une déclinaison impressionnante. Là, pas le choix, la montée se fera en première et avec le 4x4 enclenché. La route n’est pas large, on ne croiserait pas un autre véhicule. Près de la fin de la montée, la piste longe une falaise verticale de plusieurs centaines de mètres (côté montagne, pas côté vallée pour ceux qui auraient un peu peur de conduire dans ces conditions). Il n’y a pas de barrière protectrice côté vallée, juste un petit rebord de terre. Après un col depuis lequel le point de vue est saisissant, la route redescend vers le village de Yasab, tout au bout d’un canyon. Quelques maisons, les habitants dans des cultures, c’est la vie d’un autre temps. On part faire un tour à pied et quelques ados nous rejoignent vêtus de maillots de foot de Barcelone ! Le foot est une deuxième religion dans ce pays, surtout les clubs espagnols, Real Madrid et Barcelone, ou anglais avec Chelsea. Vive la télévision par satellite ! En redescendant, la déclinaison est encore plus impressionnante et il convient d’être prudent au volant. Je ne me rappelle pas avoir déjà parcouru une telle route, et pourtant nous habitons près des Alpes ! Nous prenons la direction d’un autre Wadi, le Bani Awf. La piste principale est bien indiquée, mais quelques embranchements sans indication nous font douter. Finalement, nous ne perdons pas notre chemin. Le Oman Off-Road est très précis avec le kilométrage. Il faut donc souvent remettre le compteur journalier à zéro pour pouvoir se repérer. Avec cette technique, nous n’avons jamais perdu notre chemin. En arrivant sur l‘embranchement avec le Ban Awf, nous constatons que l’essence est au quart. Pas question de partir dans les Wadis sans le plein. Il y a une station à Al Awabi, à 15 km. Nous faisons ce détour pour assurer. L’essence est vraiment bon marché, à 0.120 RO le litre. Heureusement, car le 4x4 consomme tout de même pas mal. Hasard, nous mangeons au même resto que la veille, vu que nous avions été satisfaits. Puis retour dans le Wadi. On remonte la gorge et en fonction des « Highlights » fournis par notre guide (papier, pas humain), nous nous arrêtons devant l’entrée du Little Snake Canyon. Nous partons à pied dans la gorge et nous devons escalader des roches pour descendre le long du ruisseau. Il y a là quelques mares, mais sans suffisamment d’eau pour se baigner. Dans l’une d’elles, Fabrice voit 2 serpents nager, il arrive même à les prendre en photos ! Après 45 min. de marche, la gorge se resserre et là, il y a un peu plus d’eau, jusqu’à la taille. La gorge se prolonge encore, mais on ne voit pas si il y a de l’eau ou non. Fabrice et moi partons explorer cette partie du canyon. Nous aurons bien fait, car peu après, il y a une énorme gouille, toute en longueur, avec du fond. Nous nageons entre les parois de la gorge dans une eau fraîche et propre. Magique ! Au retour vers la voiture, Dominique se retrouve tout près d’un autre serpent. A son arrivée, il part se cacher sous un caillou que je soulève. Je trouve là visiblement une vipère, vu sa tête triangulaire. Apparemment, le nom de ce canyon n’a pas été choisi au hasard ! Nous reprenons la piste qui devient étroite et pentue, vers le Snake Canyon (un autre, pas le LITTLE Snake). Nous ignorons la bifurcation pour le village de Balat Sayt et nous continuons encore un petit bout. Sur notre droite, nous trouvons l’entrée d’une étroite gorge qui mène justement à ce village, à pied. Il y a là quelques terrasses au milieu des palmiers. Ce sera parfait pour la nuit. Nous commençons à monter le camp, lorsque 4 ados nous rejoignent. Ils nous aident à monter les tentes et finalement mis en confiance par ce geste, nous ne voyons pas qu’ils nous volent 2 lampes de poche… Il y a assez de bois ici et nous préparons un bon feu. Au menu ce soir, poivrons grillés, pâtes et melon pour le dessert. Le thé sera de rigueur, comme toujours. Bizarrement on ne trouve que du thé en sachet (principalement du Lipton) et non pas du thé comme en Turquie. Quant à l’alcool, Oman étant un pays musulman pratiquant, il est interdit dans tout le pays. Seuls quelques hôtels accueillant des visiteurs étrangers ont le droit d’en vendre ou d’en servir. Le ciel s’est couvert, nous avons presque eu peur de la pluie. Peur sans fondement, le ciel s’est rapidement dégagé pour laisser la place à un magnifique ciel étoilé.
Samedi 1er novembre
Réveil habituel avec le jour et le soleil au lever. Rangement du camp, préparation du thé, brin de toilettes avec des serviettes humides. Nous voilà prêts, on charge la voiture. Avant de reprendre la route, visite du village de Balad Sayt. Nous empruntons l’étroite gorge par un petit chemin sur la droite. Il y a des marches qui ne se voient pas bien au début et qui mènent jusqu’au village. Aucune difficulté majeure donc malgré que la gorge reste assez impressionnante, étroite et verticale. Il y a eu de l’eau ici. En 15-20 minutes, nous arrivons au bas du village, à la hauteur des cultures en terrasse. Une tour domine les habitations et nous y parvenons en parcourant les ruelles. Depuis là-haut, la vue s’offre sur 360 ° sur tous les alentours. Nous voyons des villageois qui nous font des signes de la main. Aucun signe de rejet ou d’agressivité, l’hospitalité musulmane … En redescendant vers la palmeraie, nous nous dirigeons vers un groupe de femmes qui font la lessive à la main, avant le rinçage dans le falaj (canal d’irrigation) qui se fait en piétinant le linge. Puis nous traversons les cultures en marchant sur les bordures qui séparent les parcelles pour reprendre la gorge et finalement rejoindre notre voiture. La montée du Wadi bani Awf direction Al Hamra sera rude et il faut de nouveau mettre le 4x4 et rouler en première. La route est loin d’être plate, cela secoue pas mal. Mais aucun danger. On prend vite de l’altitude et la vue sur les montagnes et vallées environnantes devient splendide. Au bout de la montée, un col, une route goudronnée et neuve. L’air est frais. Le versant descendant est plus doux et la conduite sur l’asphalte plus confortable. Nous prenons la direction de Nizwa, par de grandes routes larges. Nous avons appelé la Majan GH et 2 chambres nous sont réservées. Arrivant de Al Amra, nous traversons la ville de Nizwa et après 5 km direction Muscat, nous trouvons l’hôtel sur la gauche. Grandes chambres, propres et surtout une douche ! Au tarif de 25 RO la nuit. Après un lavage à fond, nous allons visiter Nizwa et sa magnifique mosquée au cœur de la ville. Nous trouvons notre traditionnel resto indo-pakistanais pour le repas de midi. Curry de mouton, poulet masala, galettes de pain. Les prix sont inversement doux par rapport à la force des épices ! On peut manger avec les doigts, chaque resto et pourvu d’un coin spécial pour se laver les mains après le repas. Nous visitons ensuite le splendide fort, qui jouxte la mosquée. En attendant que les souks s’animent (ils ouvrent dans tout le pays à 16h30 pour l’après-midi, sinon le matin), je vais chez le barbier, une tradition lorsque je voyage dans les pays musulmans. Je ne réussis pas à convaincre Fab d’en faire autant. Rasage, massage de la tête et de la nuque, craquement des doigts et de la nuque, 30 minutes de plaisir pour 1.5 RO. Retour aux souks, mais peu de stands sont ouverts. Il y a néanmoins un souk aux poissons, dont des thons et des espadons de taille plus que respectable. Nous nous posons ensuite sur la terrasse d’un resto turc entre la ville et la GH pour d’abord quelques parties de cartes et ensuite notre repas du soir (4.8 RO pour les 4). Retour à l’hôtel pour une nuit calme et réparatrice.
Dimanche 2 novembre
On prend le rythme : réveil à 06h15. On fait les sacs avant le premier repas du jour. Puis, on retourne aux souks, guère plus animés que la veille. On achète tout de même des dattes et quelque chose d’inconnu pour nous, du sirop de dattes. C’est excellent avec un yaourt. Vient ensuite l’épisode ravitaillement. Nous n’avons rien à manger pour ce soir et nous devons trouver un supermarché. De plus, nous voulons acheter de quoi nous asseoir, car manger par terre dans la poussière, ce n’est pas vraiment le top. On trouvera facilement 2 tapis de sol et 4 petits tabourets en plastique. Mais par contre, pour trouver de la viande, rien, sauf du congelé. On fera Nizwa de long en large, rien, rien, rien ! Finalement, on se rabat sur un resto et on achète des poulets grillés à l’emporter. Le serveur nous rajoute encore des crudités, pour un total de 3 RO. En fait, tous les restos pratiquent la vente à l’emporter. La destination du jour est le plateau de Sayq. Nous descendons donc jusqu’à Birkat al Mawz où la bifurcation pour la montée se prend. Après quelques km, il y a un check-point policier où il faut montrer son permis de conduire. Toute la vallée est utilisée par l’armée, cela doit être la raison de ce contrôle. Le policier note le nombre de personnes qui montent, le type de véhicule en s’assurant que nous avons un 4x4. Les autres types de voiture n’ont pas d’accès. Bizarre, car la route est goudronnée et pas si pentue que cela, en tous les cas bien moins que ce que nous avons déjà vu. Les paysages sont à nouveau splendides. Tout d’un coup, on aperçoit une petite ville, au milieu de nulle part, dans la montagne. Nous nous rendons au Diana Viewpoint à Sayh Qutnah où nous avons l’intention de camper. Il y a là quelques endroits parfaits pour planter sa tente. Le site est sur le bord d’une falaise rocheuse qui offre une vue spectaculaire et exceptionnelle sur les environs. Il est encore tôt dans l’après-midi et nous partons faire une balade à pied sur le chemin mentionné W18A. Il s’agit d’un sentier qui relie des villages entre eux, à flancs de coteaux et longeant ou traversant les cultures en terrasse. Des systèmes d’irrigation (falaj) assurent l’arrivée d’eau. Nous croisons un paysan qui plante à la main des gousses d’ail. Quel travail de titan d’avoir construit toutes ces terrasses avec des pierres, le long d’une pente importante. Nous traversons 2 villages, mais Dominique a mal au genou, les montées et descentes d’escaliers la font souffrir et nous rejoignons la route principale qui surplombe le sentier pour retourner à notre point de départ. Nous aurons tout de même vu quelques touristes qui ont un peu triché en suivant un falaj, et donc en évitant de descendre dans les cultures pour remonter plus loin. La balade aura duré 2 bonnes heures. Nous partons ensuite monter notre camp, à l’extrême gauche du site, tout en mettant de l’eau à bouillir pour le traditionnel thé. Nous sommes pile à l’heure pour assister au coucher de soleil sur les montagnes. Les couleurs du ciel sont splendides et nous prenons de nombreuses photos. Exceptionnels paysages … De nombreux buissons secs nous fourniront du bois pour le feu du soir qui nous réchauffera. Il faut dire que nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude et que l’air est frais. Nous avions pris une polaire, ce sera le seul soir où nous la sortirons. Ce soir, nous dormirons dans nos sacs ! Avant d’aller se coucher, nous rangerons comme d’habitude le camp, en rentrant poubelle et nourriture dans la voiture afin d’éviter que des animaux viennent se servir pendant notre sommeil.
Lundi 3 novembre
La nuit a été fraîche. Le lever du soleil vers 06h15 est également très beau, offrant une luminosité et des couleurs splendides. Thé, petit-déjeuner, puis rangement du camp. Dès que le soleil monte dans le ciel, la température prend l’ascenseur et redevient agréable. Aujourd’hui, direction la mer ! On redescend en plaine, pas de contrôle policier à la sortie. Une belle autoroute gratuite nous ramène vers Muscat et l’aéroport. Nous retraversons toute la ville avec des autoroutes. Les directions sont bien indiquées, par quartier. Muscat est une ville très étendue, divisée en quartiers. Il faut dire que la partie ouest de la ville est construite au milieu de collines et chaque espace permettant de construire est utilisé. C’est le cas à Ruwi, Muttrah et Muscat. Selon les indications du Oman Off-Road, nous trouvons presque du premier coup la route pour nous rendre à Yiti, plage distante d’une 15 de km où nous avons l’intention de nous poser pour la nuit. Il y a là un petit village de pêcheurs et une longue plage déserte, mis à part quelques locaux. L’eau est chaude et limpide. Malheureusement, ce site ne va pas rester intact. Un grand chantier est en cours et le bal des camions est impressionnant. Une marina est en train de se construire et la suite sera des hôtels de luxe, un golf, des spa, bref tout pour le tourisme aisé. Le village de pêcheurs va sans doute disparaître … A la fin de la route goudronnée, il ne faut pas hésiter à partir dans le sable en suivant les traces existantes. On peut aller jusqu’au bout de la plage. On peut facilement planter sa tente ici. L’endroit est trouvé, mais nous réalisons que nous n’avons pas de quoi manger ce soir. Alors retour sur Muscat, au magasin Carrefour City Center le long de l’autoroute avant d’arriver sur Ruwi. Une fois le plein de victuailles fait, on reprend le chemin de Yiti. Baignade, soleil, on passe le reste de l’après-midi à la plage. Le coucher de soleil ne se fera pas dans la mer, mais les couleurs du ciel sont toujours magnifiques. Des pêcheurs ramènent des petits poissons qu’ils font immédiatement cuire après les avoir épicés d’une poudre qui décoiffe ! Vu qu’on leur avait fourni des allumettes, ils nous offrent quelques-unes de leurs prises. C’est bon, mais les lèvres brûlent un peu ! Il faut dire que ces pêcheurs, comme beaucoup de gens vivant de métiers peu rémunérés, sont de souche indienne. D’autres gens du coin improvisent des parties de foot sur le sable dur vu la marée descendante. Le foot est une institution dans ce pays, il y a partout des terrains, des fois même en gravier grossier. Il ne doit faire bon d’être gardien de but … Finalement, nous sortons notre grill pour les saucisses achetées chez Carrefour. A un moment donné, en allant chercher quelque chose à la voiture, ma lampe de poche éclaire deux yeux dans la nuit. Un fennec ! L’animal nous observe à une trentaine de mètres, sans aucun doute attiré par la nourriture. Nous le verrons souvent grâce à nos lampes qui font briller ses yeux. Il sera même rejoint par un complice. La tente est montée dans le sable face à la plage, un peu au vent ce qui la fera bien bouger. Fabrice a assurée en se mettant un peu en retrait, plus à l’abri. Il fait chaud, on pourra dormir hors du sac.
Mardi 4 novembre
Le vent s’est levé pendant la nuit et la tente a été sacrément secouée. Au réveil, surprise : les chaussures que nous avions laissées devant notre petit 4 * ont disparu ! On voit clairement des traces de chat (ou de fennec…) venir jusque devant la tente, en faire le tour. Une petite recherche dans les environs nous permettra de retrouver nos godillons éparpillés dans les environs. Un des nu-pieds de Dominique a par contre été suffisamment rongé pour qu’elle puisse en racheter d’autres … Après ces péripéties, on profite encore un peu de l’ombre pour prendre le thé du matin et plier le camp. Dès que le soleil pointe, la température grimpe immédiatement. Nous retournons au Carrefour de Muscat faire le plein de courses. Sur place, il y a un ou deux vrai coffee shop et on ne résiste pas à l’appel d’un véritable Espresso. Mais avec le prix de 4 Espresso, on prend un repas dans une de nos échoppes indo-pakistanaises… Le but du jour sera le Wadi Dayqah et le Wadi As Sawayh. Nous prenons donc la direction de Qurayat, juste après le Carrefour en revenant vers Ruwi. Avec les indications toujours aussi précises du Oman Off-Road, nous trouvons facilement notre chemin. Première déception : il n’est désormais plus possible de remonter le Wadi Dayqah, un barrage est en cours de construction (et bientôt terminé apparemment) et bloque l’accès à la vallée. Nous nous rabattons donc sur le As Suwayh. Quelques dizaines de mètres avant le village, il y a une grande piscine naturelle, entourée de rochers d’où l’on peut sauter dans l’eau (env. 10-12 mètres de haut). Mais avant d’y piquer une tête, nous décidons de remonter le Wadi à pied pour une belle balade. En regardant le village, il y a deux falaj qui amènent de l’eau, un sur la droite, l’autre sur la gauche des versants. Celui de droite (en regardant le fond de la vallée) est bien plus pratique, car il va plus loin. Ainsi, on marche à plat sans devoir escalader les rochers. Nous ne l’aurons remarqué qu’au retour … puisqu’on remonte le Wadi par la gauche ! Bref, deuxième déception, il n’y a que peu d’eau et donc pas de piscine pour se baigner. Après 2 bonnes heures de promenade dans un cadre grandiose, entouré de montagnes sauvages, on revient donc à l’entrée du village. Et là, baignade dans une eau chaude et douce. Des gens du village viennent nous voir, petites discussions. L’un d’entre eux nous amène dans sa maison pour un café omanais (parfumé à la cardamome) et des dattes. Son père, aveugle et apparemment bien usé par la vie, est là. Il nous explique qu’il devrait l’emmener chez le docteur, mais que cela coûte cher, etc.. Apparemment, il sollicite de l’argent mais sans le dire vraiment. Un peu plus tard, de retour vers notre voiture, nous ferons un don discret. L’endroit sera parfait pour camper cette nuit, donc nous montons les tentes, juste avant la tombée de la nuit. Nous avons acheté une nouvelle lampe à gaz ce matin, elle nous éclaire pour nos parties de carte dans cet endroit de bout du monde.
Mercredi 5 novembre
Y a-t-il encore besoin de le dire, nous nous levons avec le soleil vers 06h15. Avant de prendre le thé du matin, une petite douche naturelle dans la rivière. Il y a un petit bassin avec de l’eau jusqu’à mi-cuisses qui fait bien l’affaire. Trempette, un peu de savon, re-trempette et voilà ! Petit-déjeuner, paquetage et nous voilà prêts pour le départ, en direction du sud. Nous rejoignons la côte vers Dibbha où la route redevient goudronnée. Pour une fois, nous manquons un site : le Sinkhole (un trou dans le sol avec de l’infiltration d’eau de mer dans lequel on peut se baigner). Nous nous en rendons compte trop loin pour faire demi-tour et nous continuons donc notre route. Un petit stop à White Beach, une large plage au sable blanc. Aucune ombre, quelques déchets sur la plage, l’endroit est beau, mais pourrait être mieux conservé. Il y a bien des poubelles, mais les détritus sont surtout à côté … Apparemment, le Sultan Qaboos développe son pays à la vitesse grand V, amenant des routes, de l’électricité, des écoles, dans les coins les plus reculés. Mais il a encore du boulot avec la propreté et l’environnement. La route du bord de mer est en réfection et nous n’avançons pas vite. Une nouvelle autoroute s’est construite un peu plus haut, nous prenons une piste qui nous y conduit et là on pourra rouler sur du velours … avant de se rendre compte que nous avançons à 100 km/h sur une portion en construction et fermée à la circulation ! Arrivée finalement à Sur, ville côtière. Nous baladons sur la Corniche, d’où on peut admirer le splendide phare. Les bleus du ciel et de l’eau sont magnifiques. Dommage, là-aussi les détritus sont nombreux au bas du muret qui délimite la plage. Nous prenons notre repas, un excellent Fish mix grill, au Sur Beach Restaurant, puis départ vers Jas-al-Jinz où nous espérons planter nos tentes sur les plages où les tortues viennent pondre. A la réserve où les tortues sont visibles la nuit, il n’est désormais plus possible de camper. Une sorte de complexe a été construit, avec chambres, restaurant, etc… au prix de 120 RO la nuit !!!!! Oman va concurrencer Dubaï avec ces prix-là. Nous repartons donc chercher un autre endroit et nous constatons qu’il est difficile de camper dans cette région. En plus, il faudrait laisser le campement pour aller voir les tortues. Bref, ce soir ce sera hôtel. Nous trouvons le Turtle Beach Resort (suivre les indications au rond-point à l’entrée de Jas-al-Hadd). Très bien, avec une belle plage de sable et une eau limpide. Nous logeons dans de petites huttes, les toilettes et douches, propres, sont communes. Le prix : 42 RO pour une chambre double, le repas du soir et celui du matin (formule buffet). La réserve aux tortues n’est qu’à 15 minutes en voiture. Pas d’hésitation, on reste. Après-midi de plage, de parties de carte, avant le repas du soir. Vers 21h00, nous sommes à la réserve où nous payons notre droit d’entrée de 3 RO par personne. Il y a bien une centaines de personnes, mais répartie en plusieurs groupes d’environ quinze. Chaque groupe a 2 guides qui délivrent des informations très intéressantes sur les tortues. Nous aurions bien voulu les voir de manière plus individuelle, mais ce n’est plus possible. Départ donc pour la plage, avec des lampes de poche à lumière douce et rouge. Les photos sont interdites, surtout les flash. La plage est parsemée de cratères, apparemment l’endroit est vraiment fréquenté. Très rapidement, nous trouverons 3 tortues. Leur taille est impressionnante. La première est en train de recouvrir le trou dans lequel elle vient de pondre, avec ses pattes. En se tenant juste derrière (il ne faut pas aller devant elle pour ne pas la stresser), on se prend des giclées de sable. Quelle vigueur dans le geste ! La deuxième que nous verrons a fini son labeur et retourne tranquillement à la mer. Et là, la chance passe par ce coin et nous découvrons une tortue en train de pondre. Elle a creusé son trou et elle dépose au fond une bonne centaine d’œufs, souples et blancs. Spectacle de la vie et de la conservation de l’espèce. Cette tortue a dû faire des milliers de km pour trouver cette plage, et nous sommes là à contempler ce moment simple, pas spectaculaire, mais tellement émouvant. Nous sommes de retour à notre resort vers les 23h00. La nuit est étoilée comme d’habitude et il y a un petit vent du bord de mer qui nous fera passer une bonne nuit.
Jeudi 6 novembre
Le lever du soleil est juste splendide avec des couleurs pastel. Pas de stress ce matin, pas de camp à ranger. Nous prenons le buffet du petit-déjeuner, avant de piquer une tête dans la mer chaude et limpide. Une douche et un peu de toilette plus tard, nous voilà prêts pour la suite du périple. Direction le Wadi Bani Khalid et les dunes de sable du Wahiba Sands. Nous retournons direction Sur, puis Al Kamil par d’excellentes routes goudronnées. La montée jusqu’au bout du Wadi est facile, pas de piste. En arrivant sur les lieux, nous voyons tout de suite que l’endroit est moins sauvage que d’habitude, il y a beaucoup de véhicules sur le parking. Il y a du monde, mais quasi aucun touriste. Nous ne voyons aucune femme. Les hommes pique-niquent, se baignent, discutent. Les grills fument et la viande dégage une odeur alléchante. L’endroit est splendide, avec une énorme piscine naturelle, un petit pont en fer qui enjambe l’eau, quelques constructions pour faire de l’ombre. On peut sauter dans l’eau depuis plusieurs rochers, l’eau est chaude et propre. Nos femmes restent habillées pour se baigner (t-shirts et bermudas), mais elles sont néanmoins dévisagées, pas par agressivité. Les femmes omanaises arrivent enfin, en groupe, accompagnées des enfants. Mais aucune d’entre elles n’ira dans l’eau. Nous profitons du site. Baignade en eau de mer le matin, en eau douce l’après-midi, belle journée … Pas de possibilité de camper ici, il nous faut bouger. Nous redescendons du site et nous arrêtons dans un resto … indien dans le premier village. Ce sera excellent comme d’habitude. La piste qui part dans le Wahiba Sands n’est qu’à quelques km, ce sera parfait pour y arriver avant la nuit. Dès notre entrée sur la piste, nous sommes abordés par un bédouin qui nous dit avoir un campement peu après et qu’il peut nous conduire dans les dunes. Nous hésitons car nous nous voulons rester indépendants. Nous le suivons tout de même pour voir, et à peine sortis de la piste, nous comprendrons rapidement que partir seul et inexpérimenté dans les sables peut vite devenir compliqué. En effet, la conduite dans les sables souples est difficile et le risque de rester bloquer très important. Bref, nous négocions avec ce bédouin, pour qu’il nous conduise dans les dunes, quelque part où nous serons seuls pour installer notre campement. Il prend le volant de notre Land-Cruiser après avoir bien dégonflé les pneus pour augmenter la portance. Il prend de la vitesse et grimpe une dune d’une déclivité incroyable. Le tout en riant comme un fou. Très impressionnant. Il parcourt ensuite les dunes, jouant avec le terrain, les montées, les descentes, avant de trouver un endroit assez plat, où il y a même du bois sec. Ce sera notre camp pour la nuit. Nous sommes isolés au milieu des sables, la piste principale est plusieurs centaines de mètres au-dessous de nous. Notre bédouin part à pied avec l’heure du rendez-vous pour demain matin afin qu’il nous ressorte de là. Sans lui, nous serions restés en bas, près de la circulation, sans vue, ni le sentiment d’espace que nous avons là. Après la montée des tentes, nous assistons au coucher de soleil, donnant au sable des couleurs orangées et ocre, des ombres, des variations de couleur magnifiques. Malheureusement, un vent fort se lève. Les sardines ne tiennent pas dans le sable et nous devons consolider nos tentes. Nous nous mettons à l’abri derrière un monticule de sable pour manger. Nous ramassons le bois sec et avons de quoi faire un bon feu. Le vent ne durera que 2 heures avant de se calmer et disparaître. Nous restons au clair de lune et à la lumière de notre lampe à gaz. Ce sera notre dernière nuit en camping, au milieu des sables du fond de la péninsule arabique.
Vendredi 7 novembre
Nuit très calme, sans mosquée pour nous réveiller. Nous nous levons pour assister au lever du soleil sur les dunes. Comme d’habitude, Michèle sera toujours la première à être debout et à pouvoir voir le spectacle, alors que comme d’habitude, je serai le dernier et je manque toujours la sortie de l’astre. Les couleurs sont plus douces que celles du soir, mais restent grandioses. Comme prévu, notre bédouin, accompagné d’un enfant, arrive à pied pour nous reconduire sur la piste principale. Une fois le camp plié, nous lui confions le volant et il repart dans les dunes, prenant des chemins que nous n’aurions pas osé emprunter. Il maîtrise facilement les difficultés du terrain et passe là où nous n’aurions pas pensé que cela soit possible. Nous nous arrêtons à leur campement où un café omanais nous attend, avec une purée de dattes. Une femme, portant un masque sur le visage est là et nous présente des créations faites de sa main à l’aide d’un métier à tisser. Nous achèterons quelques « babioles », telles que des bracelets, des garde-pages pour des livres, bref un peu d’artisanat local. Nous reprenons la direction de Muscat, qui se trouve à quelque 200 km. En chemin, nous nous arrêtons à Ibra, où nous ne voyons aucun touriste. Il y a un petit souk local, très typique. Nous voyons des artisans travailler le bois, avec des outils basiques, et réaliser des gravures splendides notamment sur des portes, la grande spécialité de tout le pays. Nous arrivons finalement sur Muscat du côté de l’aéroport. Nous commençons à connaître un peu les voies d’accès aux différents quartiers et nous nous retrouvons assez facilement sur la Corniche de Muttrah. Nous avions réservé par téléphone la nuit au Corniche Hôtel (30 RO), juste en face du marché aux poissons. L’établissement aurait bien besoin d’une rénovation, mais bon, pour une nuit cela ira. Après une bonne douche, nous prenons notre traditionnel repas pakistanais sur une terrasse en face du souk aux poissons. Comme d’habitude, ce sera excellent, bon marché. Personne n’aura connu de problèmes gastriques durant ce voyage. Puis, nous faisons toute la Corniche à pied, une splendide balade qui dure quelques km aller-retour. En revenant sur l’hôtel, les souks se sont animés (ils sont ouverts le matin, puis reprennent vers 16h30), et nous les visitons. Il y a surtout de l’artisanat et des habits. On y voit quelques touristes. C’est intéressant, mais cela n’a rien d’exceptionnel, rien à voir avec les souks d’autres pays. Nous avions vu dans le « Petit Futé » l’adresse d’un resto qui sert des spécialités omanaises dans le quartier de Ruwi. Plutôt que de risquer de se perdre avec notre véhicule dans le flot de la circulation, nous optons pour le taxi. Il y a devant le marché aux poissons des minibus qui font office de taxi collectif en direction du quartier de Ruwi. Démarrage quand c’est plein pour 100 Baisal par personne. C’est local, ça fonctionne, départ. Le taxi nous pose vers la gare routière qui est à environ 300 mètres du resto. Facile ! nous allons donc au Bin Ateeq Restaurant où nous mangerons dans un « salon » privé (en fait une pièce avec tapis au sol), par terre, avec des coussins pour nous caler. Il y a différents menus et nous optons pour celui à 7 RO par personne qui est composé de bien 10 plats différents. C’est bon, mais pas vraiment éloigné de ce que nous avons déjà mangé jusqu’à présent. Nous sommes donc un peu déçus, surtout vu le prix par rapport aux autres établissements. Pour rentrer sur la Corniche, on reprend un taxi collectif. Cela ne doit pas être si souvent que des touristes les empruntent, vu les regards amusés des clients et des chauffeurs. La nuit sera bonne dans un vrai lit.
Samedi 8 novembre
Après le petit-déj’, nous partons visiter le plus beau monument du pays, la mosquée Sultan Qaboos. Elle se visite du samedi au mercredi et de 08h00 à 11h00, attention donc à cet horaire. Le site est exceptionnel, à ne manquer sous aucun prétexte. L’extérieur est déjà magnifique, tout en perspective, avec une architecture islamique moderne. La salle des prières est juste incroyable, avec des lustres, des céramiques, des couleurs dans les tons verts. Il est écrit que cette salle peut accueillir jusqu’à 20'000 fidèles. Nous profitons de ces lieux solennels, avant de retourner aux marchés aux poissons de Muttrah. Autre ambiance ! Mais néanmoins à voir aussi. Il y a là de belles pièces, des thons, des espadons, de petits requins et bien d’autres encore. Des « artisans » préparent les poissons dans un coin du marché pour pouvoir les présenter ensuite sur les étals. Ils leur coupent la tête, les queues, lèvent les filets, très intéressant et parfois spectaculaire. Surtout qu’ils font cela à mains nues et avec des couteaux visiblement bien effilés. Direction ensuite le quartier de Muscat, sur la continuité de la Corniche. L’endroit est certes beau, mais il n’y a rien de vraiment spécial à notre goût. Nous partons finalement sur Seeb où nous avons réservé notre dernière nuit omanaise au Al-Bahjah Hotel. C’est le milieu de l’après-midi, la ville est morte, il n’y a personne dans les rues. Nous peinons même à trouver un restaurant d’ouvert. Finalement, nous mangerons dans un … resto pakistanais. C’est toujours aussi excellent et dépaysant car tous les clients sont des gens du crû. Nous nous régalons de curry pour un prix vraiment modique (5, 2 RO pour 4). Il nous faut maintenant penser à ramener notre 4x4 à l’aéroport. Les femmes resteront à l’hôtel pendant que Fab et moi allons faire le plein et laver la voiture. Les car-wash sont très nombreux, il y en a dans presque toutes les stations services. Un employé lave d’abord le véhicule avec un karscher, puis un autre vient le sécher avec une serviette, un troisième s’occupe de l’intérieur (chiffon et aspirateur). Ils lustrent même le bord extérieur des pneus avec un produit pour les rendre brillants. Apparemment, les Omanais sont pointilleux avec la propreté des voitures ! Tous les employés sont des Indiens, une fois de plus, le métier de laveur de voitures ne devant figurer dans les hautes couches sociales du pays. La restitution du véhicule se fera sans souci à l’aéroport et nous revenons à Seeb avec un taxi. La nuit est tombée, les trottoirs se sont remplis, il y a maintenant du monde à l’extérieur. Fab et moi allons chez le barbier nous faire raser une dernière fois avant notre rentrée en Suisse. Nous nous baladons ensuite dans les rues où les magasins de bijoux (en or) et de vêtements pour femme sont très nombreux. On y voit des robes très décolletées, des couleurs vives et aussi de la lingerie fine. Sous leur robe noire pour sortir dans la rue, les Omanaises doivent finalement être assez coquettes. Nous jouons une partie de cartes sur une terrasse et, mauvaise surprise, 2 personnes viennent nous réclamer de l’argent. C’est la 1ère fois que nous sommes confrontés à la mendicité dans ce pays. Dernier repas. Nous aurons vraiment testé la cuisine indo-pakistanaise. A la fin, nous avons abandonné le riz pour le pain, cuit au feu de bois et toujours présenté sous forme de galette. Nous nous sommes aussi habitués à manger avec les doigts (de la main droite). Retour à l’hôtel, dernière partie de cartes, paquetage des sacs, avant une courte nuit.
Dimanche 9 novembre
Lever très tôt, tiens avant le soleil pour une fois, vers 04h00. Le taxi que nous avions commandé la veille à la réception de l’hôtel est à l’heure. Incroyable hasard, alors que les taxis sont si nombreux, c’est le même chauffeur que celui de notre arrivée qui nous reconduit à l’aéroport. Tout comme à Doha pour le voyage aller, nous avons un problème avec nos e-ticket. Qatarairways ? le système informatique ? Nous ne le saurons jamais. Du coup, nous sommes les derniers à embarquer dans l’A319 qui nous ramène à Doha. L’avion est plein. A peine une heure plus tard, nous avons un court transit à Doha, juste le temps de passer au Tax Free Shop, pour foncer à l’embarquement. Cette fois, de nombreux sièges sont vides dans l’A330. A nouveau des écrans personnels, un grand choix de films, le vol sera tranquille. Nous posons à l’heure prévue à Genève, nos bagages sont là. Un retour sans histoire.
Guadeloupe: aller de Sainte-Rose à Basse-Terre English translation pending
Je pars en Guadeloupe, pendant une semaine, le 15 mars prochain avec une copine et nous séjournons à Sainte-Rose. C'est notre premier voyage en Guadeloupe. Notre formule comprend une location de voiture.
En regardant les discussions, nous avons remarqué qu'il était intéressant d'aller aux Saintes et d'y rester 2 jours. Combien de temps nous faut-il pour aller de Sainte-Rose à Basse-Terre en voiture ? Est-ce qu'il vaut mieux prendre le bateau de Pointe-à-Pitre ou descendre en voiture jusqu'à Basse-Terre ? Y a t-il une route plus rapide qu'une autre ?
Nous n'avons pas trop de temps... alors, faut-il préférer visiter Terre-de-haut ou Terre-de-bas ? Nous aimons le côté sauvage mais également le côté typique...
Sur une semaine, quelles sont les sites à ne pas manquer sur Basse-Terre (l'île) ?
Merci de nous donner des idées...
Nous n'avons pas trop de temps... alors, faut-il préférer visiter Terre-de-haut ou Terre-de-bas ? Nous aimons le côté sauvage mais également le côté typique...
Sur une semaine, quelles sont les sites à ne pas manquer sur Basse-Terre (l'île) ?
Merci de nous donner des idées...
Plages girondines en hiver (France) English translation pending
Un matin du mois de janvier 2006, je me lève en même temps que mon frère vers les six heures du matin. Son épouse, raffinement suprême, nous prépare un petit déjeuner confortable. Lui part au boulot et moi marcher deux jours sur le bord de l'océan. Mon frère monte dans sa voiture un peu dubitatif quant à cette idée de remonter jusqu'à la pointe de Grave à pied en hiver, surtout qu'il gèle. Pierrette en nous regardant partir dans la nuit, lui en voiture et moi à pied, rigole, en effet cela fait plus de trente ans qu'elle me prend pour un fou, pas méchant mais fou quand même. Au bout du petit chemin il tourne à droite en direction de Bordeaux et moi je m'engage à gauche vers le centre du village du Porge.
Dès que le bruit du moteur de sa voiture décroît, le silence reprend rapidement tous ses droits. A cette heure matinale le froid mordant et la nuit noire règnent en maîtres. Pas un chat dehors! Au centre près de l'église, une petite route se dirige plein ouest droit sur la mer. Cet itinéraire, qui permet d'atteindre la plage du Porge en une dizaine de kilomètres, est à cette heure et à cette époque totalement désert. Route caractéristique de cette région, les pins m'encerclent et seul l'axe de la chaussée dessine une brèche dans ce mur végétal. Ciel très clair, de nombreuses étoiles, pas de vent, cristaux de givre luisant sur l'asphalte, je me sens prodigieusement bien, tout à fait à ma place. Les conditions de marche sont idéales. Mon pas est alerte. Je marque une petite halte au niveau du pont qui enjambe le canal reliant le lac de Lacanau au Bassin d'Arcachon. L'eau est immobile, tel un miroir reflétant de façon diffuse la clarté hivernale du ciel. Pas un bruit, je prête l'oreille et n'entends pas le moindre bruissement en provenance de l'océan. Bien que le rivage se trouve encore à plus de cinq kilomètres, cela signifie que le calme règne sur la plage. En effet mon frère à bien plus de dix kilomètres donne avec une bonne précision la hauteur de la houle, bien sûr en hiver en l'absence de tout son parasite. M'arracher à la contemplation de ce ruban liquide noir sans une ride me demande un effort. Dans cette quiétude, des scrupules m'assaillent à l'idée de me remettre en marche, de peur de briser ce sortilège par le raclement de mes semelles. Cependant je réussis à rompre le charme et me mets en mouvement.
Rapidement après avoir dépassé les campings déserts, le parking devant la dune est atteint. Plus de dix kilomètres en moins d'une heure trente, c'est un bon début. Une véritable frénésie s'empare de moi, l'envie se fait pressante de passer cette barrière de sable qui m'empêche de voir la mer. Une fois surmonté le dernier pointement de la dune, l'immensité de l'océan, en se révélant d'un coup, produit invariablement la même émotion puissante.

Le jour vient de se lever. Toujours la même curiosité quant au détail devant ce spectacle, quelle est la hauteur de la houle? Sans doute la déformation due aux séances de pêche. Je dévale la pente et commence à peiner dans le sable en direction de la partie de la plage léchée par les vagues. En effet, sur cette bande mouillée toujours étroite à marée haute et souvent très large à marée basse, la progression est facile et particulièrement agréable, car le sol est ferme et la caresse des vagues omniprésente. Devant moi vers le nord la visibilité faible, du fait de l'humidité et du sable en suspension, me donne l'impression de me diriger vers nulle part. Je trouve à l'air un peu de cet aspect qu'il prend souvent en Afrique. La vue, qui ne porte pas très loin, est rapidement noyée dans un brouillard diffus de couleur brun clair. Il ne me reste plus qu'à remonter vers le nord sur soixante dix kilomètres avec pour seuls éléments le ciel le sable et l'eau. En effet à ma droite la dune masque la forêt. Cette absence de repère donne un caractère très étrange à la marche.
A vrai dire, les oiseaux sont les seuls jalons rendant un peu de matérialité à ces trois éléments sable, ciel et eau qui s'entremêlent sans laisser distinguer de limite bien nette entre eux. Des mouettes et des petits oiseaux dont j'ignore le nom peuplent la grève. Les premières sont en grandes bandes, qui au fur et à mesure que je m'approche, s'éloignent en petits vols et se reposent sur la plage un peu plus loin, m'accompagnant . Après une succession de quelques bonds de faible ampleur, voyant que l'intrus n'a pas l'intention de s'arrêter, par un large mouvement courbe, elles me survolent et viennent se positionner derrière moi. Quant aux petits oiseaux, ils s'affairent d'un pas court et rageur en se pressant juste au ras des vagues. Leur long bec fouille le sable en permanence à la frange des flots.

Les contempler permet de constater que les ondulations de la mer au contact du rivage prennent des formes multiples. La grosse masse d'eau qui déferle d'un coup sur le sable, l'écume qui remonte plus ou moins lentement, la petite risée qui s'étale de manière imperceptible parfois sur une grande distance, et chacun de ces mouvements entraîne de la part de ces volatiles de faible taille une course plus ou moins longue, plus ou moins précipitée. Après quelques kilomètres, je dirais presque malheureusement, dans le lointain la station balnéaire de Lacanau commence à se dessiner, faisant disparaître le côté irréel de cette randonnée, en me rendant des supports tangibles auxquels le regard peut s'accrocher. Cependant la ville grossit lentement, comme si elle avançait avec moi. Puis je distingue une personne au bord de l'eau.

Je rentre dans le bourg. Il est dix heures, déjà plus de vingt kilomètres. Je m'arrête boire un café dans le seul bar ouvert. Avec mon sac à dos je suscite de la curiosité par ce matin froid du début de janvier. Rapidement je réalise que le rythme a été rapide et de fait j'envisage d'aller jusqu'à Hourtin ce soir. Mais vais-je y trouver de l'eau? Ne pas se louper car l'eau de mer même pas la peine d'y mettre des pastilles d'épuration, elle ne se boit pas. Je prends trois litres supplémentaires et c'est reparti.

A nouveau cette impression fascinante de se diriger vers le néant. Je me sens merveilleusement bien. Nous sommes vendredi, je pense à tous ces gens qui s'empilent dans les villes alors que j'ai le privilège de me trouver seul dans cette nature immense. La France est le plus beau pays du monde, de telles sensations pourquoi vouloir les chercher de l'autre côté de la planète, alors que si près on se sent tellement loin. La plus concrète impression de vie, c'est cette adaptation à la nature. Je suis comme le renard, l'après-midi est bien entamée et dans moins de deux heures il fera nuit, je sais que je vais rejoindre le couvert de la forêt et me coucher à même la mousse. Attendre sans anxiété la tombée de la nuit qui va entraîner une longue immobilité, et faire corps avec la nature, ce sont à mon sens les plus sublimes récompenses du promeneur solitaire.
Apparaît le village, je repasse la dune et marche les derniers kilomètres sur le chemin qui emprunte la vieille piste allemande du mur de l'Atlantique. Une fois parmi les maisons, je retourne sur la plage pour une dernière salutation à l'astre du jour, puis recherche sans trop y croire un bistrot.
J'ai de la chance, je tombe sur une petite épicerie faisant débit de boissons. J'en profite pour boire un chocolat chaud et acheter une brique de soupe. Le patron me demande si je suis sur le chemin de Compostelle, car il y a une variante qui longe la côte girondine, le départ se situant en Hollande. D'ailleurs je me souviens avoir interrogé trois jeunes marcheurs, assis au pied de l'église du Porge. Ils venaient de Belgique et allaient à Saint-Jacques. Pour ma part je me rendais seulement à la boulangerie pour acheter du pain. Par solidarité envers les pèlerins, je leur ai offert à chacun un gros gâteau, qu'ils se sont empressés d'engloutir. Le chien voyant que je l'avais oublié me jeta un regard implorant, mais en réalité je n'avais pas osé l'inclure, sachant que le sucre lui ferait du mal.
Donc, revenons à notre tenancier. Après quelques échanges, nous nous saluons. Je sors de l'épicerie et me mets à la recherche d'un point de chute pour la nuit. Il ne va pas falloir traîner si je veux monter ma tente de jour. Juste à la sortie du village une petite bosse touffue, j'enjambe la craste en bordure de route et rejoins le sommet. Superbe, une petite surface plane et moussue enserrée entre les arbres me dévoile tous ses secrets. Je me souviens du conseil de mon frère, s'assurer de ne pas stationner sur les sentes de passage des sangliers, parce que lorsqu'ils déboulent, ils foncent, tente ou pas. Très vite je suis installé, la soupe chauffe, je me sens bien dans mon sac de couchage, le mot gemütlich me vient à l'esprit pour décrire la sensation que je ressens dans mon petit chez moi. J'ai emporté une méthode de grec et je m'en donne à cœur joie. Par moment au cours de la journée dans ma marche sans repère je déclamais de grandes phrases de mon petit livre afin de les mémoriser plus facilement. Une fois la soupe chaude, je l'engouffre en me brûlant.
Normalement je devrais m'écrouler de sommeil, mais comme souvent lorsque l'effort a été important, plus de quarante cinq kilomètres, le repos tarde à venir. L'hiver les nuits dehors ne sont jamais très confortables, en particulier du fait de la condensation dans la toile de tente, tout particulièrement dans une forêt. Mais cela n'entame en rien ma joie et mon plaisir. Enfin je m'endors puis au jour naissant j'ouvre les yeux.
Tout est calme, pas le moindre bruit émis par la civilisation. Je bois directement à la brique le reste de soupe, plie tout et repars parmi les pins. Je me trouve sur le chemin de Saint-Jacques en sens inverse. Mais son parcours, d'une part est pénible à cause du sable instable sous les pieds, et d'autre part il ne passe pas assez près de la grève à mon goût. Donc virage à gauche vers l'ouest et sus à la dune. Vite, vite le sommet, oui la mer est toujours là! Je dévale et cours vers l'eau.

Aujourd'hui les vagues sont plus conséquentes. Que ce spectacle de l'océan désert est grandiose! La mer vide de bateau me rappelle l'Albanie. A nouveau le miracle se produit, je marche vers nulle part, que cette sensation est étrange et agréable! Je perds la notion des distances et du temps. La commune de Montalivet est à une vingtaine de kilomètres. Après trois heures de marche face au flou, à nouveau le regard se pose sur des repères et l'enchantement change de nature. La plage n'est pas uniforme en matière de déclivité. Par endroits elle est vraiment plate et l'eau se retire très loin. Je marche parmi une foison de petites mares et de petits bras d'eau, parfois il me faut sauter, je dois même enlever mes chaussures pour traverser une petite rivière au courant vif.
La marée descendante découvre de larges portions de sable et je vais me perdre parmi les baïnes. Les multitudes de petites rigoles ont creusé le sable à la manière de grands canyons en miniature. Avec à peine un peu d'imagination, je me prends à l'idée d'être au hublot d'un avion survolant une région particulièrement érodée à perte de vue.
Vers midi je suis au village. Un bistrot est ouvert, une foule compacte s'y agglutine et joue au tiercé. L'ambiance est survoltée, j'aime le contraste, comme le sucré salé d'une bonne cuisine. Je me sens bien dans cette cohue d'anciens qui s'affairent sur leur bulletin dans la perspective de ramasser le pactole. Moi, mon pactole je le ramasse depuis hier à pleines jambes et à plein regard. Je reste un bon moment, toujours fasciné par cette frénésie joyeuse déclenchée par le jeu d'argent.
La localité suivante, Soulac, se trouve à une quinzaine de kilomètres. La fatigue commence à se faire sentir. La côte change de configuration. Elle n'est plus rectiligne mais s'incurve en mouvements amples. Le sable est parsemé de gros blocs compacts et sombres. La dune semble s'élever. Je décide de la rejoindre afin de profiter d'une perspective différente. J'emprunte un petit chemin qui enchaîne montées et descentes interminablement. Le sable fin et sec rend la marche pénible, tout particulièrement lors des montées. Brutalement je bute sur un parking. L'entrée en ville se fait par une longue allée rectiligne.
Arrivé au centre, je me pose la question, vais-je à l'hôtel? Le premier sur mon chemin est fermé. En face se trouve la gare. Il est quinze heures, pas de train avant demain matin, c'est le Far West. Je prends froid, la fatigue aidant je sors mon portable et appelle Sainte Pierrette qui, une grosse heure après, apparaît toute souriante et m'emporte dans sa belle voiture bien chauffée. L'atlantique en Gironde j'adore!
PS: Je ne suis pas allé jusqu'à la Pointe de Grave. En effet bien souvent je m'arrête avant la fin de ce que je prévois, car ce goût d'inachevé m'évite la douleur du rêve qui disparaît avec le dernier pas. Par exemple lorsque j'ai traversé les Pyrénées, au départ m'étant trempé dans la Méditerranée, je me suis arrêté à dix kilomètres de l'Océan, car là un grand rêve prenait fin et la tristesse m'envahissait. Je me souviens de ma petite enfance, lorsque je fréquentais assidûment les Alpes avec mon père, je contemplais nombre de belles parois.
Celle qui me fascinait le plus était la splendide et très esthétique face sud de la Meije, qui jaillit sur huit cents mètres. Puis un jour, à vingt deux ans, j'en ai caressé le rocher fauve. Cette montagne qui avait bercé tous les rêves les plus fous de mon enfance, qui représentait la consécration de l'alpiniste, je venais d'en faire l'escalade. Assis au sommet, après quelques secondes d'exaltation, un sentiment de tristesse m'avait saisi. Que restait-il de mon beau rêve maintenant qu'il était devenu réalité? Saurais-je m'inventer un autre but pour peupler mes rêves à venir? Je pense souvent à la citation de Saint-Exupéry que je cite hélas avec approximation: seule compte la démarche, car c'est elle qui dure et non le but qui n'est qu'illusion du voyageur qui va de crête en crête pensant que l'objectif seul est important.
Dès que le bruit du moteur de sa voiture décroît, le silence reprend rapidement tous ses droits. A cette heure matinale le froid mordant et la nuit noire règnent en maîtres. Pas un chat dehors! Au centre près de l'église, une petite route se dirige plein ouest droit sur la mer. Cet itinéraire, qui permet d'atteindre la plage du Porge en une dizaine de kilomètres, est à cette heure et à cette époque totalement désert. Route caractéristique de cette région, les pins m'encerclent et seul l'axe de la chaussée dessine une brèche dans ce mur végétal. Ciel très clair, de nombreuses étoiles, pas de vent, cristaux de givre luisant sur l'asphalte, je me sens prodigieusement bien, tout à fait à ma place. Les conditions de marche sont idéales. Mon pas est alerte. Je marque une petite halte au niveau du pont qui enjambe le canal reliant le lac de Lacanau au Bassin d'Arcachon. L'eau est immobile, tel un miroir reflétant de façon diffuse la clarté hivernale du ciel. Pas un bruit, je prête l'oreille et n'entends pas le moindre bruissement en provenance de l'océan. Bien que le rivage se trouve encore à plus de cinq kilomètres, cela signifie que le calme règne sur la plage. En effet mon frère à bien plus de dix kilomètres donne avec une bonne précision la hauteur de la houle, bien sûr en hiver en l'absence de tout son parasite. M'arracher à la contemplation de ce ruban liquide noir sans une ride me demande un effort. Dans cette quiétude, des scrupules m'assaillent à l'idée de me remettre en marche, de peur de briser ce sortilège par le raclement de mes semelles. Cependant je réussis à rompre le charme et me mets en mouvement.
Rapidement après avoir dépassé les campings déserts, le parking devant la dune est atteint. Plus de dix kilomètres en moins d'une heure trente, c'est un bon début. Une véritable frénésie s'empare de moi, l'envie se fait pressante de passer cette barrière de sable qui m'empêche de voir la mer. Une fois surmonté le dernier pointement de la dune, l'immensité de l'océan, en se révélant d'un coup, produit invariablement la même émotion puissante.

Le jour vient de se lever. Toujours la même curiosité quant au détail devant ce spectacle, quelle est la hauteur de la houle? Sans doute la déformation due aux séances de pêche. Je dévale la pente et commence à peiner dans le sable en direction de la partie de la plage léchée par les vagues. En effet, sur cette bande mouillée toujours étroite à marée haute et souvent très large à marée basse, la progression est facile et particulièrement agréable, car le sol est ferme et la caresse des vagues omniprésente. Devant moi vers le nord la visibilité faible, du fait de l'humidité et du sable en suspension, me donne l'impression de me diriger vers nulle part. Je trouve à l'air un peu de cet aspect qu'il prend souvent en Afrique. La vue, qui ne porte pas très loin, est rapidement noyée dans un brouillard diffus de couleur brun clair. Il ne me reste plus qu'à remonter vers le nord sur soixante dix kilomètres avec pour seuls éléments le ciel le sable et l'eau. En effet à ma droite la dune masque la forêt. Cette absence de repère donne un caractère très étrange à la marche.
A vrai dire, les oiseaux sont les seuls jalons rendant un peu de matérialité à ces trois éléments sable, ciel et eau qui s'entremêlent sans laisser distinguer de limite bien nette entre eux. Des mouettes et des petits oiseaux dont j'ignore le nom peuplent la grève. Les premières sont en grandes bandes, qui au fur et à mesure que je m'approche, s'éloignent en petits vols et se reposent sur la plage un peu plus loin, m'accompagnant . Après une succession de quelques bonds de faible ampleur, voyant que l'intrus n'a pas l'intention de s'arrêter, par un large mouvement courbe, elles me survolent et viennent se positionner derrière moi. Quant aux petits oiseaux, ils s'affairent d'un pas court et rageur en se pressant juste au ras des vagues. Leur long bec fouille le sable en permanence à la frange des flots.

Les contempler permet de constater que les ondulations de la mer au contact du rivage prennent des formes multiples. La grosse masse d'eau qui déferle d'un coup sur le sable, l'écume qui remonte plus ou moins lentement, la petite risée qui s'étale de manière imperceptible parfois sur une grande distance, et chacun de ces mouvements entraîne de la part de ces volatiles de faible taille une course plus ou moins longue, plus ou moins précipitée. Après quelques kilomètres, je dirais presque malheureusement, dans le lointain la station balnéaire de Lacanau commence à se dessiner, faisant disparaître le côté irréel de cette randonnée, en me rendant des supports tangibles auxquels le regard peut s'accrocher. Cependant la ville grossit lentement, comme si elle avançait avec moi. Puis je distingue une personne au bord de l'eau.

Je rentre dans le bourg. Il est dix heures, déjà plus de vingt kilomètres. Je m'arrête boire un café dans le seul bar ouvert. Avec mon sac à dos je suscite de la curiosité par ce matin froid du début de janvier. Rapidement je réalise que le rythme a été rapide et de fait j'envisage d'aller jusqu'à Hourtin ce soir. Mais vais-je y trouver de l'eau? Ne pas se louper car l'eau de mer même pas la peine d'y mettre des pastilles d'épuration, elle ne se boit pas. Je prends trois litres supplémentaires et c'est reparti.

A nouveau cette impression fascinante de se diriger vers le néant. Je me sens merveilleusement bien. Nous sommes vendredi, je pense à tous ces gens qui s'empilent dans les villes alors que j'ai le privilège de me trouver seul dans cette nature immense. La France est le plus beau pays du monde, de telles sensations pourquoi vouloir les chercher de l'autre côté de la planète, alors que si près on se sent tellement loin. La plus concrète impression de vie, c'est cette adaptation à la nature. Je suis comme le renard, l'après-midi est bien entamée et dans moins de deux heures il fera nuit, je sais que je vais rejoindre le couvert de la forêt et me coucher à même la mousse. Attendre sans anxiété la tombée de la nuit qui va entraîner une longue immobilité, et faire corps avec la nature, ce sont à mon sens les plus sublimes récompenses du promeneur solitaire.
Apparaît le village, je repasse la dune et marche les derniers kilomètres sur le chemin qui emprunte la vieille piste allemande du mur de l'Atlantique. Une fois parmi les maisons, je retourne sur la plage pour une dernière salutation à l'astre du jour, puis recherche sans trop y croire un bistrot.
J'ai de la chance, je tombe sur une petite épicerie faisant débit de boissons. J'en profite pour boire un chocolat chaud et acheter une brique de soupe. Le patron me demande si je suis sur le chemin de Compostelle, car il y a une variante qui longe la côte girondine, le départ se situant en Hollande. D'ailleurs je me souviens avoir interrogé trois jeunes marcheurs, assis au pied de l'église du Porge. Ils venaient de Belgique et allaient à Saint-Jacques. Pour ma part je me rendais seulement à la boulangerie pour acheter du pain. Par solidarité envers les pèlerins, je leur ai offert à chacun un gros gâteau, qu'ils se sont empressés d'engloutir. Le chien voyant que je l'avais oublié me jeta un regard implorant, mais en réalité je n'avais pas osé l'inclure, sachant que le sucre lui ferait du mal.
Donc, revenons à notre tenancier. Après quelques échanges, nous nous saluons. Je sors de l'épicerie et me mets à la recherche d'un point de chute pour la nuit. Il ne va pas falloir traîner si je veux monter ma tente de jour. Juste à la sortie du village une petite bosse touffue, j'enjambe la craste en bordure de route et rejoins le sommet. Superbe, une petite surface plane et moussue enserrée entre les arbres me dévoile tous ses secrets. Je me souviens du conseil de mon frère, s'assurer de ne pas stationner sur les sentes de passage des sangliers, parce que lorsqu'ils déboulent, ils foncent, tente ou pas. Très vite je suis installé, la soupe chauffe, je me sens bien dans mon sac de couchage, le mot gemütlich me vient à l'esprit pour décrire la sensation que je ressens dans mon petit chez moi. J'ai emporté une méthode de grec et je m'en donne à cœur joie. Par moment au cours de la journée dans ma marche sans repère je déclamais de grandes phrases de mon petit livre afin de les mémoriser plus facilement. Une fois la soupe chaude, je l'engouffre en me brûlant.
Normalement je devrais m'écrouler de sommeil, mais comme souvent lorsque l'effort a été important, plus de quarante cinq kilomètres, le repos tarde à venir. L'hiver les nuits dehors ne sont jamais très confortables, en particulier du fait de la condensation dans la toile de tente, tout particulièrement dans une forêt. Mais cela n'entame en rien ma joie et mon plaisir. Enfin je m'endors puis au jour naissant j'ouvre les yeux.
Tout est calme, pas le moindre bruit émis par la civilisation. Je bois directement à la brique le reste de soupe, plie tout et repars parmi les pins. Je me trouve sur le chemin de Saint-Jacques en sens inverse. Mais son parcours, d'une part est pénible à cause du sable instable sous les pieds, et d'autre part il ne passe pas assez près de la grève à mon goût. Donc virage à gauche vers l'ouest et sus à la dune. Vite, vite le sommet, oui la mer est toujours là! Je dévale et cours vers l'eau.

Aujourd'hui les vagues sont plus conséquentes. Que ce spectacle de l'océan désert est grandiose! La mer vide de bateau me rappelle l'Albanie. A nouveau le miracle se produit, je marche vers nulle part, que cette sensation est étrange et agréable! Je perds la notion des distances et du temps. La commune de Montalivet est à une vingtaine de kilomètres. Après trois heures de marche face au flou, à nouveau le regard se pose sur des repères et l'enchantement change de nature. La plage n'est pas uniforme en matière de déclivité. Par endroits elle est vraiment plate et l'eau se retire très loin. Je marche parmi une foison de petites mares et de petits bras d'eau, parfois il me faut sauter, je dois même enlever mes chaussures pour traverser une petite rivière au courant vif.
La marée descendante découvre de larges portions de sable et je vais me perdre parmi les baïnes. Les multitudes de petites rigoles ont creusé le sable à la manière de grands canyons en miniature. Avec à peine un peu d'imagination, je me prends à l'idée d'être au hublot d'un avion survolant une région particulièrement érodée à perte de vue.
Vers midi je suis au village. Un bistrot est ouvert, une foule compacte s'y agglutine et joue au tiercé. L'ambiance est survoltée, j'aime le contraste, comme le sucré salé d'une bonne cuisine. Je me sens bien dans cette cohue d'anciens qui s'affairent sur leur bulletin dans la perspective de ramasser le pactole. Moi, mon pactole je le ramasse depuis hier à pleines jambes et à plein regard. Je reste un bon moment, toujours fasciné par cette frénésie joyeuse déclenchée par le jeu d'argent.
La localité suivante, Soulac, se trouve à une quinzaine de kilomètres. La fatigue commence à se faire sentir. La côte change de configuration. Elle n'est plus rectiligne mais s'incurve en mouvements amples. Le sable est parsemé de gros blocs compacts et sombres. La dune semble s'élever. Je décide de la rejoindre afin de profiter d'une perspective différente. J'emprunte un petit chemin qui enchaîne montées et descentes interminablement. Le sable fin et sec rend la marche pénible, tout particulièrement lors des montées. Brutalement je bute sur un parking. L'entrée en ville se fait par une longue allée rectiligne.
Arrivé au centre, je me pose la question, vais-je à l'hôtel? Le premier sur mon chemin est fermé. En face se trouve la gare. Il est quinze heures, pas de train avant demain matin, c'est le Far West. Je prends froid, la fatigue aidant je sors mon portable et appelle Sainte Pierrette qui, une grosse heure après, apparaît toute souriante et m'emporte dans sa belle voiture bien chauffée. L'atlantique en Gironde j'adore!
PS: Je ne suis pas allé jusqu'à la Pointe de Grave. En effet bien souvent je m'arrête avant la fin de ce que je prévois, car ce goût d'inachevé m'évite la douleur du rêve qui disparaît avec le dernier pas. Par exemple lorsque j'ai traversé les Pyrénées, au départ m'étant trempé dans la Méditerranée, je me suis arrêté à dix kilomètres de l'Océan, car là un grand rêve prenait fin et la tristesse m'envahissait. Je me souviens de ma petite enfance, lorsque je fréquentais assidûment les Alpes avec mon père, je contemplais nombre de belles parois.
Celle qui me fascinait le plus était la splendide et très esthétique face sud de la Meije, qui jaillit sur huit cents mètres. Puis un jour, à vingt deux ans, j'en ai caressé le rocher fauve. Cette montagne qui avait bercé tous les rêves les plus fous de mon enfance, qui représentait la consécration de l'alpiniste, je venais d'en faire l'escalade. Assis au sommet, après quelques secondes d'exaltation, un sentiment de tristesse m'avait saisi. Que restait-il de mon beau rêve maintenant qu'il était devenu réalité? Saurais-je m'inventer un autre but pour peupler mes rêves à venir? Je pense souvent à la citation de Saint-Exupéry que je cite hélas avec approximation: seule compte la démarche, car c'est elle qui dure et non le but qui n'est qu'illusion du voyageur qui va de crête en crête pensant que l'objectif seul est important.
De l'Alsace à l'Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan) en été 2007 English translation pending
De l'Alsace aux Tien-Shan (Monts célestes) en passant par
Minsk, Moscou, l'Ouzbékistan, le Tajikistan, les Pamirs...
Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.
Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!
Je vous propose ce carnet de note différé, accompagné d'images.
Jour après jour...
Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.
Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!
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Jour après jour...