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Qu'attendez-vous des croisières? English translation pending
Bonjour,
je suis une passionnée des croisières, j'aime l'ambiance qui rêgne sur les bateaux, la fait de se réveiller chaque jour dans un port différent....
Je suis encore étudiante et en train d'élaborer ma thèse sur ce mode de voyages.
J'aimerais savoir ce que vous pensez des croisières, qu'est ce que vous attendez de ce type de voyage, quels services vous aimeriez voir en plus tel que des concerts, des services pour enfants...?
N'hésitez pas à me donner toutes les idées qui vous passe par la tête!!!!
Merci d'avance pour votre aide😉!
Merci d'avance pour votre aide😉!
Trois mois et demi en Thaïlande, Laos, Cambodge English translation pending
bonjour
le retour est dur, aussi pour rester sur mon nuage, j'ai décidé de vous raconter modestement notre petit périple - j'espère votre indulgence et remercie dès maintenant ceux qui prendons le temps de me lire
pour le pratique nous verrons les détails plus tard !😉
Périple entre novembre 2007 et sevrier 2008
Thaïlande : SURIN et la région d’ISAN, étape à Nong Khai- Laos : passage frontière à Vientiane, Vang Vieng, Luang-Prabang, Phonsavan, Xieng Khuang, Nam Noem, Nong Khiaw, vers le SUD – Savannakhet, Champassak, Paksé Cambodge : Siem Reap Angkor, Phnom Penh, Kompong Cham, , Kep, Kampot, Koh Kong Sihanoukville Et retour en Thaïlande par Trat Bangkok pour 2 jours Cette année vol direct le xx/xx/2007 avec la Thaï - Bangkok chaleur, bruits, odeurs … Contente d être là !! Surin et la fête des éléphants.
La province de Surin se trouve à 457 kilomètres depuis Bangkok. Elle est célèbre pour son Festival des Eléphants. Bien que cette province du Nord Est de la Thaïlande soit dépourvue de plages, elle offre à ses visiteurs de nombreux temples anciens parmi lesquels les fameuses "Citadelles Khmères" qui délimitaient jadis les frontières du royaume d'Angkor. C'est ici l'occasion unique de découvrir une autre facette de la Thaïlande. Vous serez étonné par l'hospitalité des habitants, et par la qualité des hébergements proposés.
Départ le xx/xx/2007 par le train de nuit pour Surin et son festival des éléphants – je suis impatiente …. Alban est au rendez-vous à la gare de surin, nous passerons 4 jours chez lui : nous profitons du trajet jusqu'à son « domaine » pour nous informer dans le détail des festivités de 2008 . Petit changement pour la formule d’hébergement : Alban nous demande de laisser notre bungalow à la disposition de nouveaux clients, no problèm, donc nous aurons une chambre dans la maison d’hôte .Le plus important c’est de retrouver les amis, de faire de nouvelles rencontres ( Grecs, Belges, Béarnais, Varois, Franco/Thaï etc. …. un monde fou chez Alban ) et surtout ! surtout d’aller voir les éléphants …. Le festival = du vendredi xx/xx au dimanche xx/xx : SUPERBE ! Le repas de 400 éléphants en pleine ville, énorme buffet de fruits, couleurs, sourires, soleil et chaleur, ambiance festive joyeuse … et l’impression d’être toute petite au milieu de ces mastodontes qui déambulent au milieu de la foule. Au début je ne profite pas du spectacle, trop inquiète à l’affût de leur masse qui se rapproche mais …… cette inquiétude est éphémère, et me voilà redevenu une gamine, les yeux écarquillés, un feu follet à aller de gauche à droite pour ne rien manquer du moment présent . que du plaisir !!! Le spectacle du dimanche au stade est grandiose – les costumes colorés, un nombre considérable de figurants, une prouesse pour la mise en scène !! Je suis sur un petit nuage !! Voici la première partie du voyage réussie ! ! ! En route pour découvrir une partie de l’Isan que nous n’avions pas fait en 2007 Le xx/xx, nous partons en voiture ( avec chauffeur ) vers Khon Kaen, Mahasarakham, Kalasin, Mukdahan, Sakhon Nakhon : 7 jours pour découvrir ces coins fabuleux, paysages, temples, marchés - 2jours à Mukdahan pour la fête des lumières ;
Mukdahan est situé sur la rive du fleuve en face de Mae Khong Suwannakhet au Laos à 642 kms de Bangkok.. Mukdahan est célèbre pour ses plus beaux paysages le long de la rivière Mae Khong.
La ville n’est pas grande, mais très agréable le long du Mékong une partie très vivante avec son marché de jour, et le soir sur la place centrale un grand marché de nuit le royaume « farfouillette » ! un régal pour les yeux et les papilles ! Le jour de notre arrivée rien ne laisse présager la fête des lumières pour le lendemain, nous nous demandions même si elle aurait lieu ! rien le long du Mékong, rien dans les rues !! bizarre !! Le matin au détour d’une promenade le nez au vent … les yeux rivés sur ce beau et grand fleuve un écho musical nous a fait redescendre sur terre, nous avions devant nous un groupe multicolore… des adultes, des enfants, vieux, jeunes brandissant des fanions jaunes et or, les bras chargés de paquets cadeaux, qui suivaient en rythme « une fanfare » . Curieux et pris par l’ambiance, essayant de deviner le mobile de ce défilé, nous les avons suivis … Notre procession, je dis notre, car nous avions été joyeusement convié à rentrer dans le rang !! a fait le tour du temple un certains nombre de fois …en marchant j’ai essayé de me faire expliquer le pourquoi du comment ? Nada, rien compris, juste une vraie complicité des yeux et du sourire et même un vrai fou rire collégial au moment du jeter de pièces …. Evidemment j’ai compris qu’il fallait les ramasser, heuuuuu quand même !!! mais après ? quoi faire ????? mon désarrois devait être visible et risible car plusieurs de mes voisines étaient pliées en 2 … d’où un embouteillage dans le défilé, un attroupement pour nous observer - Comment vous décrire mon sentiment ? impossible ! de la joie, du bonheur bien sûr, mais aussi un grand moment de liberté, du style : baisse ta garde, oublie tout, profite, personne ne te juge ! un partage sans calcul . La suite de la journée fût tout aussi festive, préparation de la fête du soir . Une multitude de petits commerces de fleurs ont occupé les trottoirs, compositions florales simples ou sophistiquées – une débauche de couleurs artistiquement présentées – Vers 19h30 les gens, par petits groupes familiaux ou amicaux ce sont dirigeaient vers les berges du Mékong, qu’il était doux de voir passer ces personnes jeunes, très jeunes et beaucoup, beaucoup moins jeunes, souriantes, , joyeuses mais recueillies avec leur petit bouquet . J’avais fait moi aussi mon achat floral, surmonté de 3 bougies jaunes !! et je comptais bien aller au bord de l’eau, déposer mon offrande lumineuse ! raté, raté !!! Un vent à décorner etc. …. …… soufflait depuis le début de l’après-midi – nous nous sommes retrouvés à plusieurs sur la rive à tenter d’allumer nos bougies !!! quelques mains anonymes m’ont prêté secours entre 2 regards de connivence, mais rien à faire, peine perdue- mon bouquet est parti, en 2 secondes les bougies étaient éteintes, en 3 minutes tout à coulé dans le clapotis des petites vagues !!! euhhhhh ... mauvais présage ??? Retrouvailles avec nos amis thaï Le xx/xx, nous poursuivons notre route vers Nong Khai, au bord du Mékong – avec juste en face, Vientiane capitale du Laos .
La Province de Nong Khai se situe dans la région nord-est de la Thaïlande où le Pont Mittaphab Thai-Lao, long plus de 1 km, construit en 1994, enjambe le Mékong jetant sur la capitale lao, Vientiane. Les gens de cette province parlent lao tout comme toutes les provinces du Nord-est
Cette étape c’est surtout le plaisir de retrouvailles, car nous connaissons la ville, nous venons retrouver nos amis Obeo et PAI qui partent avec nous au Laos. Comme il nous reste quelques jours avant le rendez vous avec notre chauffeur à Vientiane et pour ne pas encombrer ce charmant coule Franco/thaï de notre présence trop longtemps nous nous installons à l’hôtel . Toujours le même plaisir à faire le marché, très agréable, propre, couvert – un très bon choix pour déguster quelques petits plats au bord du Mékong . Nous essayons de retrouver le nom des plats que nous avions découvert avec nos amis en 2007 mais sans grand succès, donc nous choisissons au « pif » - bon choix, c’est excellent – Vivement que nous retrouvions Pai : avec elle pas de soucis, nous lui laissons carte blanche . Mme Pai est très pointue sur la bouffe . 2 jours / 3 nuits après, Obeo vient nous chercher à l’hôtel . Notre accueil est prévu, l’emploi du temps des jours suivant aussi . Nous voici donc dans une jolie petite maison, toujours au bord du Mékong, comme des coqs en pâte. Il nous a même prévu les massages, chez leur masseuse attitrée, un délice . 2 déplacements prévus = - chez les parents de Pai, en Isan . - à Nan Région qu’Obeo et nous-mêmes souhaitons découvrir, l’occasion aussi de rencontrer Patrick qui s’occupe d’un groupe d’enfants Chez les parents de Pai Le xx/xx, nous partons donc chez les parents de Pai, avec 3 chiens dans le pick-up et oui ils partent en nourrice !!!!! impossible de me souvenir du nom du village DSL … mais c’est en Isan profond, rural, rural et c’est là tout le charme de ce coin . L’accueil est charmant, la maman de Pai est très gentille, nous nous sentons a l’aise. Mek, le petit diable de Pai, arrive de l’école une frimousse à faire fondre un glaçon, des yeux malicieux, un sourire ravageur et nous embrasse comme si nous nous étions quittés la veille ! pourtant depuis février 2007 ….. L’après midi va passé très vite : découvrir le village, aller à la rencontre de ses habitants, surtout 2 mamies accroupies sur leur pas de porte - 2 pommes ridées qui dégageaient une grande tendresse (aie, aie je me demande encore aujourd’hui comment elles font pour rester dans cette position .. moi 10 minutes et j’ai du mal à me relever !!!! ) Chez Pai c’est l’heure de la douche pour Mek, papi et mamie – merveilleux moment de rigolade de douceur aussi ! robinet d’eau dans le jardin, bassine pour le jeune homme ( 5 ans) et en avant ! Qu’elle est belle cette femme, un port de tête majestueux, des épaules magnifiques la classe quoi ! elle dégage de la douceur et aussi une certaine autorité : surprenante ! Le soir il est prévu une sortie au restaurant, tout le monde dans le pick-up – 8 personnes en goguette ! Obeo m’avait prévenu : « tu vas voir, dès la fin du dernier plat le papi va se lever et quitter la table sans un mot « on ne traîne pas à table en Isan !! Effectivement, après un très bon repas, bien arrosé il m’a fait comprendre qu’il souhaitait une cigarette et hop…. Disparu !
Le lieu faisant hotel / restaurant nous passons la nuit sur place, et eux repartent avec Obeo, un rendez vous est fixé pour le lendemain . Nous, nous avons passé une très bonne nuit, super bungalow, literie excellente, décor raffiné – Par contre le p’tit père Obeo n’a pas beaucoup dormi ! à 3h du matin départ en urgence à l’hôpital, M. Papi ne se sent pas bien, il reste en observation . (Les détails : M. papi a un traitement, qu’il prend à son rythme !!! )
Le lendemain en fin de matinée nous partons faire une visite au papi et voir ce qu’il en est . Surprise, il n’est plus dans le service ! étonnement ! mais non, mais non nous sommes en Thaïlande … rien de grave, Papi est installé devant une belle assiette de ??????? dans la gargote devant l’hôpital - Que cela ne tienne, certainement pour nous montrer que tout va bien, une fois arrivé chez lui, papi s’installe à table ! (oh rien, juste quelques escargots en sauce avec un peu de riz !! ) Un personnage ! Escapade à NAN et rencontre avec Patrick
Nan est une ville située à 668km de Bangkok. Sa population dépasse les 24000 habitants. Elle se trouve au cœur de la province qui porte son nom et dont elle est la capitale. Elle s’étale sur la rive droite de la rivière Nan. Son développement industriel et touristique, jusqu’à présent limité, reste lié à une ouverture complète du poste-frontière de la frontière de la province de Nan (Ban Huay Kon à 140 km au nord de Nan) vers le Laos et au-delà vers la Chine, ouverture qui est pour le moment remise à plus tard.
1ou 2 jours avant le départ, Obeo se plonge dans l’examen de la carte routière . Calcul des kms entre Nong Khai et Nan, choix de la route, suivre le Mékong ou « tracer » par une voie plus directe etc ….. il est seul à conduire (ce n’est pas faute de nous proposer de prendre le volant …. Aucun succès, la conduite à gauche GRRRRRRRR, sans parler de l’imprudence des conducteurs que nous croisons !!! Mes + grandes frayeurs !)
Le xx/xx, nous partons 3 jours, et souhaitons profiter au maximum de notre visite chez Patrick, il faut donc perdre le moins de temps possible en transport . Donc, direct NAN en 4H ! cool . quelques arrêts sont prévus – visites de temples, forêt et conservatoire des plus vieux teks etc .. Pour faire court : au lieu de 4H nous mettrons 6H, dans le prévisionnel il manquait 150 kms !! vers la fin du parcours le stress, la fatigue, l’énervement, l’impatience étaient palpable dans l’habitacle – Nous avons rendez-vous avec Patrick et Yves qui nous accueillent avec une bonne bière fraîche hummm ! radical pour oublier notre fatigue -
1ère rencontre, (même s’il y a eu quelques échanges via le forum ) la conversation s’engage rapidement, nous nous sentons à l’aise – J’étais sur la défensive pour cette énième rencontre avec des expats : nous en avons déjà côtoyés, quelques uns ronds, quelques uns adipeux, parlant fort, certains abordant des sujets de conversations récurrents à savoir : - les femmes, - le fric, Ces derniers sont souvent : - donneurs de leçons, - critiques sur notre mode de vie européen… en oubliant qu’ils s’expatrient mais se préservent en gardant en place les avantages et les facilités que procurent l’Europe …. Beaucoup de contradictions entre le discours et les actes …. - négatifs sur les capacités des Thaïs au travail - opportunistes Heureusement nous avons aussi fait de belles rencontres. Me voici devant un Patrick : « fil de fer «, tout en jambe, le visage émacié, qui dégage de la douceur, un regard franc et perçant - d’une grande simplicité - on sent derrière ce font ridé une forte personnalité, de la volonté, et je le constaterais en soirée un verbe haut en tonalité et en couleurs . En moins grand, plus calme, plus jeune, parlant moins fort … Yves le Penseur ! Bref, – Rien à voir avec ma description précédente au contraire ! OUF !! La suite du séjour reste un grand moment pour moi, émotions fortes et diverses . (Je passe sur les soirées « Chang » …non, non rien de grave, juste de bons moments autour d’un verre.) Patrick, Yves sont enseignants. Ils ne se contentent pas de transmettre leur savoir et d’avoir des projets éducatifs, , ils s’occupent activement du devenir de « leurs petits » dans les moindres détails – Les problèmes d’habillement, de fournitures scolaires, des moments de détente, de tendresse, les chagrins .etc … Tout est mis en œuvre pour les enfants et les familles Nous avons devant nous 2 hommes mâtures qui ont choisi de vivre chichement, simplement, honorablement Pas de 4/4 rutilant mais un vieux pick-up pour trimballer les enfants, une jolie maison traditionnelle en bois d’un confort des plus simple mais ouverte à tous . Aucun superflu et des prouesses de gestion pour parvenir à offrir le plus possible aux petits bouts. Le plus petit don est réinjecté pour les enfants.
La visite à l’école est un souvenir vivace – de la joie, des sourires et du travail Une agréable structure - étonnante . Les classes sont bien équipées, supports pédagogiques, tableaux, ABC, chaque niveau est respecté – Une salle de musique qui ne sert pas que de vitrine, nous avons eu droit à un petit concert spontané, émouvant et magique ! Rien de luxueux, simplicité et compétence des adultes concernés. Accueil du directeur, grande accessibilité de la part des enseignants présents ce jour là - impossible chez nous !!!
Il n’y a pas que le boulot, nous allons aussi partager un moment de détente ; un repas est prévu en campagne au bord petit un lac – Ce lieu est en location, c’est le poumon des enfants ! on s’oxygène, on fait trempette, sous la surveillance de Patrick ou d’Yves . Des moments privilégiés, de complicité, d’humour, de tendresse, de découvertes en tous genres, de morale aussi quelquefois …. Tout est fait pour que ces enfants se construisent le mieux possible –
Un repas, quel repas ! des cris, de la joie, des fous rires, des ploufs dans l’eau ! en guise de dessert j’ai joué à la manucure … oui ! oui ! les filles étaient curieuses de la peinture de mes doigts de pieds …. ! facile de faire plaisir les bagages étaient dans la voiture . ( mon matos est des plus minimaliste … le choix de couleurs est restreint) entre celle qui souhaite du rouge, l’autre de l’incolore, une à un pied l’autre juste aux petits doigts, et encore à une main … + une distribution sauvage de quelques petits objets perso .. le moment reste gravé !!! que du bonheur ! Les bonnes choses ont une fin, il a fallu partir et reprendre la route – des adieux tout en pudeur entre les adultes, plus rigolos mais tout aussi émouvants avec les enfants – dans la voiture nous étions très silencieux. Juste que là, Obeo et mon homme avaient réussi à cacher leur émotion derrière l'appareil photos.......... terminé le paravent !
Au moment où j’écris ces lignes, j’ai appris que la location de cet endroit avait pris fin …. Le nerf de la guerre c’est bien le fric !
la suite ... bientôt
Périple entre novembre 2007 et sevrier 2008
Thaïlande : SURIN et la région d’ISAN, étape à Nong Khai- Laos : passage frontière à Vientiane, Vang Vieng, Luang-Prabang, Phonsavan, Xieng Khuang, Nam Noem, Nong Khiaw, vers le SUD – Savannakhet, Champassak, Paksé Cambodge : Siem Reap Angkor, Phnom Penh, Kompong Cham, , Kep, Kampot, Koh Kong Sihanoukville Et retour en Thaïlande par Trat Bangkok pour 2 jours Cette année vol direct le xx/xx/2007 avec la Thaï - Bangkok chaleur, bruits, odeurs … Contente d être là !! Surin et la fête des éléphants.
La province de Surin se trouve à 457 kilomètres depuis Bangkok. Elle est célèbre pour son Festival des Eléphants. Bien que cette province du Nord Est de la Thaïlande soit dépourvue de plages, elle offre à ses visiteurs de nombreux temples anciens parmi lesquels les fameuses "Citadelles Khmères" qui délimitaient jadis les frontières du royaume d'Angkor. C'est ici l'occasion unique de découvrir une autre facette de la Thaïlande. Vous serez étonné par l'hospitalité des habitants, et par la qualité des hébergements proposés.
Départ le xx/xx/2007 par le train de nuit pour Surin et son festival des éléphants – je suis impatiente …. Alban est au rendez-vous à la gare de surin, nous passerons 4 jours chez lui : nous profitons du trajet jusqu'à son « domaine » pour nous informer dans le détail des festivités de 2008 . Petit changement pour la formule d’hébergement : Alban nous demande de laisser notre bungalow à la disposition de nouveaux clients, no problèm, donc nous aurons une chambre dans la maison d’hôte .Le plus important c’est de retrouver les amis, de faire de nouvelles rencontres ( Grecs, Belges, Béarnais, Varois, Franco/Thaï etc. …. un monde fou chez Alban ) et surtout ! surtout d’aller voir les éléphants …. Le festival = du vendredi xx/xx au dimanche xx/xx : SUPERBE ! Le repas de 400 éléphants en pleine ville, énorme buffet de fruits, couleurs, sourires, soleil et chaleur, ambiance festive joyeuse … et l’impression d’être toute petite au milieu de ces mastodontes qui déambulent au milieu de la foule. Au début je ne profite pas du spectacle, trop inquiète à l’affût de leur masse qui se rapproche mais …… cette inquiétude est éphémère, et me voilà redevenu une gamine, les yeux écarquillés, un feu follet à aller de gauche à droite pour ne rien manquer du moment présent . que du plaisir !!! Le spectacle du dimanche au stade est grandiose – les costumes colorés, un nombre considérable de figurants, une prouesse pour la mise en scène !! Je suis sur un petit nuage !! Voici la première partie du voyage réussie ! ! ! En route pour découvrir une partie de l’Isan que nous n’avions pas fait en 2007 Le xx/xx, nous partons en voiture ( avec chauffeur ) vers Khon Kaen, Mahasarakham, Kalasin, Mukdahan, Sakhon Nakhon : 7 jours pour découvrir ces coins fabuleux, paysages, temples, marchés - 2jours à Mukdahan pour la fête des lumières ;
Mukdahan est situé sur la rive du fleuve en face de Mae Khong Suwannakhet au Laos à 642 kms de Bangkok.. Mukdahan est célèbre pour ses plus beaux paysages le long de la rivière Mae Khong.
La ville n’est pas grande, mais très agréable le long du Mékong une partie très vivante avec son marché de jour, et le soir sur la place centrale un grand marché de nuit le royaume « farfouillette » ! un régal pour les yeux et les papilles ! Le jour de notre arrivée rien ne laisse présager la fête des lumières pour le lendemain, nous nous demandions même si elle aurait lieu ! rien le long du Mékong, rien dans les rues !! bizarre !! Le matin au détour d’une promenade le nez au vent … les yeux rivés sur ce beau et grand fleuve un écho musical nous a fait redescendre sur terre, nous avions devant nous un groupe multicolore… des adultes, des enfants, vieux, jeunes brandissant des fanions jaunes et or, les bras chargés de paquets cadeaux, qui suivaient en rythme « une fanfare » . Curieux et pris par l’ambiance, essayant de deviner le mobile de ce défilé, nous les avons suivis … Notre procession, je dis notre, car nous avions été joyeusement convié à rentrer dans le rang !! a fait le tour du temple un certains nombre de fois …en marchant j’ai essayé de me faire expliquer le pourquoi du comment ? Nada, rien compris, juste une vraie complicité des yeux et du sourire et même un vrai fou rire collégial au moment du jeter de pièces …. Evidemment j’ai compris qu’il fallait les ramasser, heuuuuu quand même !!! mais après ? quoi faire ????? mon désarrois devait être visible et risible car plusieurs de mes voisines étaient pliées en 2 … d’où un embouteillage dans le défilé, un attroupement pour nous observer - Comment vous décrire mon sentiment ? impossible ! de la joie, du bonheur bien sûr, mais aussi un grand moment de liberté, du style : baisse ta garde, oublie tout, profite, personne ne te juge ! un partage sans calcul . La suite de la journée fût tout aussi festive, préparation de la fête du soir . Une multitude de petits commerces de fleurs ont occupé les trottoirs, compositions florales simples ou sophistiquées – une débauche de couleurs artistiquement présentées – Vers 19h30 les gens, par petits groupes familiaux ou amicaux ce sont dirigeaient vers les berges du Mékong, qu’il était doux de voir passer ces personnes jeunes, très jeunes et beaucoup, beaucoup moins jeunes, souriantes, , joyeuses mais recueillies avec leur petit bouquet . J’avais fait moi aussi mon achat floral, surmonté de 3 bougies jaunes !! et je comptais bien aller au bord de l’eau, déposer mon offrande lumineuse ! raté, raté !!! Un vent à décorner etc. …. …… soufflait depuis le début de l’après-midi – nous nous sommes retrouvés à plusieurs sur la rive à tenter d’allumer nos bougies !!! quelques mains anonymes m’ont prêté secours entre 2 regards de connivence, mais rien à faire, peine perdue- mon bouquet est parti, en 2 secondes les bougies étaient éteintes, en 3 minutes tout à coulé dans le clapotis des petites vagues !!! euhhhhh ... mauvais présage ??? Retrouvailles avec nos amis thaï Le xx/xx, nous poursuivons notre route vers Nong Khai, au bord du Mékong – avec juste en face, Vientiane capitale du Laos .
La Province de Nong Khai se situe dans la région nord-est de la Thaïlande où le Pont Mittaphab Thai-Lao, long plus de 1 km, construit en 1994, enjambe le Mékong jetant sur la capitale lao, Vientiane. Les gens de cette province parlent lao tout comme toutes les provinces du Nord-est
Cette étape c’est surtout le plaisir de retrouvailles, car nous connaissons la ville, nous venons retrouver nos amis Obeo et PAI qui partent avec nous au Laos. Comme il nous reste quelques jours avant le rendez vous avec notre chauffeur à Vientiane et pour ne pas encombrer ce charmant coule Franco/thaï de notre présence trop longtemps nous nous installons à l’hôtel . Toujours le même plaisir à faire le marché, très agréable, propre, couvert – un très bon choix pour déguster quelques petits plats au bord du Mékong . Nous essayons de retrouver le nom des plats que nous avions découvert avec nos amis en 2007 mais sans grand succès, donc nous choisissons au « pif » - bon choix, c’est excellent – Vivement que nous retrouvions Pai : avec elle pas de soucis, nous lui laissons carte blanche . Mme Pai est très pointue sur la bouffe . 2 jours / 3 nuits après, Obeo vient nous chercher à l’hôtel . Notre accueil est prévu, l’emploi du temps des jours suivant aussi . Nous voici donc dans une jolie petite maison, toujours au bord du Mékong, comme des coqs en pâte. Il nous a même prévu les massages, chez leur masseuse attitrée, un délice . 2 déplacements prévus = - chez les parents de Pai, en Isan . - à Nan Région qu’Obeo et nous-mêmes souhaitons découvrir, l’occasion aussi de rencontrer Patrick qui s’occupe d’un groupe d’enfants Chez les parents de Pai Le xx/xx, nous partons donc chez les parents de Pai, avec 3 chiens dans le pick-up et oui ils partent en nourrice !!!!! impossible de me souvenir du nom du village DSL … mais c’est en Isan profond, rural, rural et c’est là tout le charme de ce coin . L’accueil est charmant, la maman de Pai est très gentille, nous nous sentons a l’aise. Mek, le petit diable de Pai, arrive de l’école une frimousse à faire fondre un glaçon, des yeux malicieux, un sourire ravageur et nous embrasse comme si nous nous étions quittés la veille ! pourtant depuis février 2007 ….. L’après midi va passé très vite : découvrir le village, aller à la rencontre de ses habitants, surtout 2 mamies accroupies sur leur pas de porte - 2 pommes ridées qui dégageaient une grande tendresse (aie, aie je me demande encore aujourd’hui comment elles font pour rester dans cette position .. moi 10 minutes et j’ai du mal à me relever !!!! ) Chez Pai c’est l’heure de la douche pour Mek, papi et mamie – merveilleux moment de rigolade de douceur aussi ! robinet d’eau dans le jardin, bassine pour le jeune homme ( 5 ans) et en avant ! Qu’elle est belle cette femme, un port de tête majestueux, des épaules magnifiques la classe quoi ! elle dégage de la douceur et aussi une certaine autorité : surprenante ! Le soir il est prévu une sortie au restaurant, tout le monde dans le pick-up – 8 personnes en goguette ! Obeo m’avait prévenu : « tu vas voir, dès la fin du dernier plat le papi va se lever et quitter la table sans un mot « on ne traîne pas à table en Isan !! Effectivement, après un très bon repas, bien arrosé il m’a fait comprendre qu’il souhaitait une cigarette et hop…. Disparu !
Le lieu faisant hotel / restaurant nous passons la nuit sur place, et eux repartent avec Obeo, un rendez vous est fixé pour le lendemain . Nous, nous avons passé une très bonne nuit, super bungalow, literie excellente, décor raffiné – Par contre le p’tit père Obeo n’a pas beaucoup dormi ! à 3h du matin départ en urgence à l’hôpital, M. Papi ne se sent pas bien, il reste en observation . (Les détails : M. papi a un traitement, qu’il prend à son rythme !!! )
Le lendemain en fin de matinée nous partons faire une visite au papi et voir ce qu’il en est . Surprise, il n’est plus dans le service ! étonnement ! mais non, mais non nous sommes en Thaïlande … rien de grave, Papi est installé devant une belle assiette de ??????? dans la gargote devant l’hôpital - Que cela ne tienne, certainement pour nous montrer que tout va bien, une fois arrivé chez lui, papi s’installe à table ! (oh rien, juste quelques escargots en sauce avec un peu de riz !! ) Un personnage ! Escapade à NAN et rencontre avec Patrick
Nan est une ville située à 668km de Bangkok. Sa population dépasse les 24000 habitants. Elle se trouve au cœur de la province qui porte son nom et dont elle est la capitale. Elle s’étale sur la rive droite de la rivière Nan. Son développement industriel et touristique, jusqu’à présent limité, reste lié à une ouverture complète du poste-frontière de la frontière de la province de Nan (Ban Huay Kon à 140 km au nord de Nan) vers le Laos et au-delà vers la Chine, ouverture qui est pour le moment remise à plus tard.
1ou 2 jours avant le départ, Obeo se plonge dans l’examen de la carte routière . Calcul des kms entre Nong Khai et Nan, choix de la route, suivre le Mékong ou « tracer » par une voie plus directe etc ….. il est seul à conduire (ce n’est pas faute de nous proposer de prendre le volant …. Aucun succès, la conduite à gauche GRRRRRRRR, sans parler de l’imprudence des conducteurs que nous croisons !!! Mes + grandes frayeurs !)
Le xx/xx, nous partons 3 jours, et souhaitons profiter au maximum de notre visite chez Patrick, il faut donc perdre le moins de temps possible en transport . Donc, direct NAN en 4H ! cool . quelques arrêts sont prévus – visites de temples, forêt et conservatoire des plus vieux teks etc .. Pour faire court : au lieu de 4H nous mettrons 6H, dans le prévisionnel il manquait 150 kms !! vers la fin du parcours le stress, la fatigue, l’énervement, l’impatience étaient palpable dans l’habitacle – Nous avons rendez-vous avec Patrick et Yves qui nous accueillent avec une bonne bière fraîche hummm ! radical pour oublier notre fatigue -
1ère rencontre, (même s’il y a eu quelques échanges via le forum ) la conversation s’engage rapidement, nous nous sentons à l’aise – J’étais sur la défensive pour cette énième rencontre avec des expats : nous en avons déjà côtoyés, quelques uns ronds, quelques uns adipeux, parlant fort, certains abordant des sujets de conversations récurrents à savoir : - les femmes, - le fric, Ces derniers sont souvent : - donneurs de leçons, - critiques sur notre mode de vie européen… en oubliant qu’ils s’expatrient mais se préservent en gardant en place les avantages et les facilités que procurent l’Europe …. Beaucoup de contradictions entre le discours et les actes …. - négatifs sur les capacités des Thaïs au travail - opportunistes Heureusement nous avons aussi fait de belles rencontres. Me voici devant un Patrick : « fil de fer «, tout en jambe, le visage émacié, qui dégage de la douceur, un regard franc et perçant - d’une grande simplicité - on sent derrière ce font ridé une forte personnalité, de la volonté, et je le constaterais en soirée un verbe haut en tonalité et en couleurs . En moins grand, plus calme, plus jeune, parlant moins fort … Yves le Penseur ! Bref, – Rien à voir avec ma description précédente au contraire ! OUF !! La suite du séjour reste un grand moment pour moi, émotions fortes et diverses . (Je passe sur les soirées « Chang » …non, non rien de grave, juste de bons moments autour d’un verre.) Patrick, Yves sont enseignants. Ils ne se contentent pas de transmettre leur savoir et d’avoir des projets éducatifs, , ils s’occupent activement du devenir de « leurs petits » dans les moindres détails – Les problèmes d’habillement, de fournitures scolaires, des moments de détente, de tendresse, les chagrins .etc … Tout est mis en œuvre pour les enfants et les familles Nous avons devant nous 2 hommes mâtures qui ont choisi de vivre chichement, simplement, honorablement Pas de 4/4 rutilant mais un vieux pick-up pour trimballer les enfants, une jolie maison traditionnelle en bois d’un confort des plus simple mais ouverte à tous . Aucun superflu et des prouesses de gestion pour parvenir à offrir le plus possible aux petits bouts. Le plus petit don est réinjecté pour les enfants.
La visite à l’école est un souvenir vivace – de la joie, des sourires et du travail Une agréable structure - étonnante . Les classes sont bien équipées, supports pédagogiques, tableaux, ABC, chaque niveau est respecté – Une salle de musique qui ne sert pas que de vitrine, nous avons eu droit à un petit concert spontané, émouvant et magique ! Rien de luxueux, simplicité et compétence des adultes concernés. Accueil du directeur, grande accessibilité de la part des enseignants présents ce jour là - impossible chez nous !!!
Il n’y a pas que le boulot, nous allons aussi partager un moment de détente ; un repas est prévu en campagne au bord petit un lac – Ce lieu est en location, c’est le poumon des enfants ! on s’oxygène, on fait trempette, sous la surveillance de Patrick ou d’Yves . Des moments privilégiés, de complicité, d’humour, de tendresse, de découvertes en tous genres, de morale aussi quelquefois …. Tout est fait pour que ces enfants se construisent le mieux possible –
Un repas, quel repas ! des cris, de la joie, des fous rires, des ploufs dans l’eau ! en guise de dessert j’ai joué à la manucure … oui ! oui ! les filles étaient curieuses de la peinture de mes doigts de pieds …. ! facile de faire plaisir les bagages étaient dans la voiture . ( mon matos est des plus minimaliste … le choix de couleurs est restreint) entre celle qui souhaite du rouge, l’autre de l’incolore, une à un pied l’autre juste aux petits doigts, et encore à une main … + une distribution sauvage de quelques petits objets perso .. le moment reste gravé !!! que du bonheur ! Les bonnes choses ont une fin, il a fallu partir et reprendre la route – des adieux tout en pudeur entre les adultes, plus rigolos mais tout aussi émouvants avec les enfants – dans la voiture nous étions très silencieux. Juste que là, Obeo et mon homme avaient réussi à cacher leur émotion derrière l'appareil photos.......... terminé le paravent !
Au moment où j’écris ces lignes, j’ai appris que la location de cet endroit avait pris fin …. Le nerf de la guerre c’est bien le fric !
la suite ... bientôt
Egypte (février 2008) IV: en Felouque d'Assouan à Edfou, la montagne de Louxor, les pyramides English translation pending
Pour aller à l'épisode précédent : http://voyageforum.com/voyage/egypte_fevrier_2008_iii_desert_noir_agabat_desert_blanc_D1572398/
J6 (Ven 22/02): Assouan A 7h00, notre taxi est là, ponctuel et nous amène rapidement à l'aéroport. L'enregistrement et les contrôles de bagages se font en un clin d'œil (d'ailleurs un couteau de poche oublié dans un sac à dos voyageant en cabine passera sans aucun problème, on s'en est rendu compte après!) Juste avant l'atterrissage, nous survolons le lac Nasser.

A Assouan, un taxi (100 LE, encore commandé par Nabil, une agence de voyage à lui tout seul armé de son portable) nous emmène au Sara Hotel. Nous y avons réservé par internet 2 chambres pour 99 USD (payés sur place en CB et en USD) L'hôtel est excentré mais la vue est magnifique.

On a l'impression d'être les seuls clients...

A 10h00, les chambres sont prêtes et nous déposons nos bagages puis prenons la navette (gratuite) de l'hôtel jusqu'au centre ville d'Assouan. Nous partons en felouque (10 euro pour 2h)

faire un tour vers l'île de Saluga, celle précisément que nous voyons depuis notre hôtel.
Quelle circulation (mais sans bruit ni klaxon)!

Nous y faisons une jolie promenade

et nous amusons des bestioles empaillées du petit musée de l'île (entrée à discrétion)
Par endroits, le Nil se transforme en ruisseau.

Ces maisons de couleur bleue sont caractéristiques des villages nubiens.

Affamés, nous allons manger au restaurant le Panorama situé sur la corniche, recommandé par le Routard. Maître d'hôtel francophone pince sans rire et sympathique mais panorama tout petit entre 2 culs de boite à chaussures dont les diesels tournent même à quai. Heureusement que le vent souffle (le plus souvent) dans la bonne direction. Repas honnête, 150 LE en tout.
Nous profitons d'un petit tour au souk (taxi 10LE) pour acheter des lunettes de soleil à Caroline, qui les a oubliées sur Saluga.

Nous humons et achetons qq épices, charmés à la fois par les odeurs et le talent du vendeur.

Le souk est sympathique, coloré, pas trop grand et les vendeurs pas trop insistants. On a bien aimé.
Un taxi (10LE) nous ramène au musée Nubien (adulte 40LE, étudiant 20LE) qui nous déçoit un peu. Bof, quoi... Bien crevés, nous rentrons à l'hôtel (15LE) et après avoir avalé qq dattes et pâtisseries achetées en ville nous sombrons dans les bras de Morphée, équipés de boule Quiès bien utiles en raison de la musique qui inonde le bar du RDC.
J7(Sam 23/02): Philaé et départ en felouque Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Marion-12 ans- et tout le monde l'a oublié sauf... Marion. Caroline a rêvé qu'elle lui avait souhaité et les autres y ont pensé mais ... hier. La pôvre enfant!
A 7h, le taxi réservé la veille nous emmène à Philaé (50LE A/R) Le ticket office se situe avant l'embarcadère (adulte 40LE, étudiant 20LE) Il n'y a pas encore grand-monde sur l'embarcadère. Un homme nous accoste et pour 60LE (A/R) nous emmène en 10 mn à Philaé sur son petit bateau à moteur.

L'endroit est charmant, quelle riche idée d'avoir reconstruit ce temple sur une petite île. Notre taxi nous ramène à l'hôtel et on vient nous chercher à 10h pour embarquer sur la felouque qui durant 4 jours et 3 nuits va nous faire découvrir la vie du Nil. Quelques km en aval d'Assouan, nous découvrons, ravis, notre felouque et le « bateau-restaurant »- comme l'appelleront les enfants- qui l'accompagne. Nous embarquons sur le Gold Star, battant pavillon britannique (ne me demandez pas pourquoi, chaque felouque a un drapeau « exotique », on trouve de tout sauf le Stars and Stripes) A son bord le capitaine Hassan et son mousse et Karim notre guide anglophone. Sur le bateau resto: le conducteur et le cuisinier Mahmoud. Nous trouvons rapidement nos marques sur la felouque: c'est facile, il suffit de se vautrer nonchalamment!


Après une courte navigation,

nous faisons escale sur une petite île pour nous dégourdir les jambes

et pour déjeuner: délicieux, Mahmoud est un chef! Nous discutons avec le capitaine et lui expliquons que nous avons aussi un bateau à voile (2X plus petit, 10 fois moins lourd!). Nous voilà aussitôt promus capitaines! « You, captain? »
Et me voilà à la barre de la felouque : 10m de long, environ 1, 5 tonnes (?), une dérive lestée de 1m de tirant d'eau et un safran non relevable donc très large qui rend la barre très physique. Il faut s'aider d'un bout pour la contrôler.

La navigation est très agréable, au près donc en tirant des bords (le vent dominant vient du nord à l'inverse du courant, la Nature a bien fait les choses) mais avec un bon courant (je dirais environ 2 à 3 nœuds) qui améliore grandement le cap. Les virements de bord se succèdent rapidement, il y a juste ce qu'il faut de vent pour gonfler une généreuse voile en coton qui doit faire environ 75 m2 (le mât doit faire 10m, la bôme autant et la vergue une quinzaine de mètres)

Quelle élégance!


On rencontre qq beaux bateaux à moteur (pas la majorité!)


Nous découvrons peu à peu la vie du Nil.

Nous naviguons presque jusqu'à la nuit et faisons halte sur une île (pas déserte, chaque pouce de terre fertile dans la vallée du Nil est exploité. On dirait un immense jardin, très soigné. Il faut dire que la pression démographique est importante avec une population de 80 millions d'habitants qu'il faut bien nourrir. Heureusement l'irrigation et l'ensoleillement permettent de faire 3 récoltes par an!) Quartier libre! Nous nous égayons à la découverte des berges du Nil. Il y a toujours des animaux à réconforter!
L'équipage est adorable, vraiment aux petits soins. Une tente toilettes est montée pour la nuit et de l'eau est mise à chauffer pour la toilette (l'eau du Nil, qui sert aussi pour la vaisselle, est à 18°C). Vu la fraicheur ambiante, nous ne ferons qu'une toilette de chat! La felouque en position "nuit"...

J8 (Dim 24/02) : Felouque, marché aux chameaux de Daraw, Kom Ombo La nuit a été un peu agitée, perturbée par le passage des boîtes à chaussures, les aboiements des chiens (bien que Caroline se soit levée 2 fois pour les éloigner), les braiments des ânes, le meuglement des vaches et pour finir le muezzin (il y a des mosquées vraiment partout)

Les nuits suivantes seront beaucoup plus calmes... Ce matin, c'est la pétole mais grâce au courant nous nous laissons dériver à bonne vitesse après avoir pris un bon petit déjeuner (Mahmoud a définitivement conquis le coeur des enfants avec ses bonnes crêpes) A Daraw, c'est le jour du marché aux chameaux, il ne faut pas manquer ça. Je demande à Karim à quoi ils servent de nos jours : beaucoup pour promener les touristes, un peu pour le cinéma et aussi pour aider les fermiers (c'est vrai qu'on en verra qq-uns) Nous traversons le village, ça bouchonne un peu au passage à niveau mais il y a tant de choses à voir!

Nous arrivons dans un vaste enclos avec des dizaines de chameaux.

Palabres...



Le boucher...
Les chameaux s'en vont au marché...

Il semble que le mardi soit le jour du grand marché avec vaches, chèvres, ânes, chameaux...
Les enfants (et nous aussi d'ailleurs) sont souvent désolés des mauvais traitement infligés aux animaux et aux ânes en particulier. « Oh, le pauvre petit âne! » répète d'ailleurs régulièrement Marion. Pour Arnaud, c'est plutôt : « Quand est-ce qu'on mange? » Quant à Caroline « Qu'est ce qu'ils sont collants! » même si le harcèlement est bien moins terrible que nous le craignions. En tout cas, à Daraw, nous sommes parfaitement tranquilles, étant en dehors des circuits les plus fréquentés. Nous faisons un petit tour dans le village pendant que Mahmoud fait ses courses.



Nous rejoignons la felouque et c'est avec un bon petit vent que nous filons jusqu'au temple de Kom Ombo. Arriver ainsi par le fleuve ajoute au charme de l'endroit.

Un guide francophone dépêché par l'agence nous fait visiter le temple pendant que Mahmoud s'active aux fourneaux. Nous mangeons en nous laissant dériver tranquillement sur le Nil puis reprenons la navigation. Mais le vent forcit et la felouque-surtoilée-finit par embarquer un peu d'eau: il est plus sage de nous arrêter pour la nuit. Nous partons avec Fred faire un tour dans les jardins


Délicieux parfum des fleurs de manguier...

(Je n'aime pas parler de champs tellement les surfaces sont petites, soignées et mignonnes)
La vie est belle!


Les gigantesques gréements de felouques se repèrent de loin. Ferler la voile par ce vent n'est pas une sinécure!


Les enfants restent jouer avec Karim, d'abord sagement au Uno

puis ça finit en partie de judo-catch sur les matelas de la felouque transformés en tatami moelleux. Petite promenade vespérale dans les jardins.


Après le repas du soir (Mahmoud nous a vraiment gâtés nous préparant chaque jour toutes sortes de spécialités égyptiennes. Je voue un culte particulier aux aubergines frites!) Karim et les enfants se font une soirée tam tam- bougie dans la petite cabine avant de la felouque.

Nuit très calme sur l'île de Faris.
J9 (Lun 25/02): Felouque, Carrières pharaoniques, Djebel Selsela

Aujourd'hui le vent se lève de bonne heure et la journée promet d'être moins brumeuse que les précédentes. Nous croisons quelques beaux bateaux,

une dahabia,

un sandall...
Il est si fort qu'en moins de 20 mn nous atteignons les carrières pharaoniques de Silsila


que nous visitons en compagnie de Karim.


Le site est magnifique, surplombant le Nil.
Il nous fait découvrir des « chambres avec vue sur le Nil »



Il y a même un locataire!

Puis nous partons pour une randonnée de 2h30

dans le Djebel Selsela

à la recherche de pétroglyphes

Féchô!

Qu'est ce que ça doit être en été, se répète-t-on plusieurs fois par jour...
Le site est truffé de pétroglyphes de toutes époques. On ne peut s'empêcher de se mettre à la place des archéologues qui ont grimpé jusqu'à chaque caillou dans l'espoir de découvrir quelque chose. Quel suspense!
Nous rejoignons la vallée du Nil et sa verdure rafraichissante.


Pendant que je m'appliquais sur mon appareil photo Fred et les enfants ont eu la "joie" de se trouver nez à nez avec un superbe cobra...



Pendant ce temps-là le vent a forci et c'est le batoresto qui vient nous récupérer au bout de notre balade.
Nous déjeunons, traversons le Nil vers un joli village dont nous visitons les alentours.



Briques faites "maison".

Tout est bon dans l'palmier!
Nous avons la visite (malheureusement pas entièrement désintéressée même sur cette île au beau milieu du Nil) de quelques enfants.



La felouque nous rejoint finalement, à la fin d'un chapelet de 4 ou 5 felouques

tirées par un petit remorqueur.

Nous avons souvent navigué de concert avec 1 ou plusieurs autres felouques (toujours avec des Français à bord d'ailleurs) non accompagnées par un bateau à moteur. J'avais préféré choisir la formule avec bateau à moteur, craignant en cas de pétole de ne pas pouvoir être à temps au Caire pour notre vol de retour. En fait, les Egyptiens sont à la fois solidaires et organisés si bien que malgré les caprices météo les autres felouques sont elles-aussi arrivées à temps à leur destination finale. L'avantage du bateau à moteur réside donc plus dans le confort pour les repas et une plus grande autonomie facilitant les excursions à terre. Nous avons vu certaines felouques non assistées par un bateau à moteur naviguer tard le soir ou tôt le matin mais je trouve que l'idée de la voile pure a son charme...


Ce soir est notre dernière soirée sur le Nil et notre équipage est bien décidé à faire la fête aidé par les équipages de 3 ou 4 autres felouques. Une fois la vaisselle terminée, ils rassemblent leurs troupes, réveillent Arnaud déjà endormi, chauffent les tam tam aux flammes d'un grand feu de feuilles de bananiers séchées et en avant!

J10 (Ma 26/02): Edfou, montagne de Louxor, Vallée des Rois La nuit fut courte mais très calme. Nous faisons nos adieux à nos amis de la felouque et du batoresto. Je crois que Karim restera longtemps dans le cœur des enfants, pour sa bonne humeur et sa gentillesse. Nous l'avons aussi apprécié pour ses facultés d'organisation, d'adaptation aux circonstances. La cohésion des 2 équipages faisait vraiment plaisir à voir, de même que l'entraide entre les équipages des différentes felouques.
A 7h30 nous arrivons au temple d'Horus à Edfou que nous visitons avec l'aide d'un guide francophone envoyé par l'agence des Gréements du Nil.


Nous renouons avec le tourisme de masse et c'est un peu brutal d'autant que le guide est ... moyen.
Une bonne centaine de km nous séparent encore de Louxor et comme nous sommes en Moyenne Egypte nous devons faire le trajet en convoi. Nous mâchouillons un peu de canne à sucre (c'est bon!) en attendant le départ. A 9h45, le convoi (5 vans seulement) se met en route, voiture de police en tête qui force tout le monde à s'écarter en roulant bien à gauche. Comment s'étonner alors de la perception des touristes de la part des Egyptiens: un mal nécessaire qui mérite bien de multiples bakchiches pour faire avaler la pilule? Que pensent aussi les habitants de l'oasis de Bahariya quand ils voient arriver les 4X4 à toute vitesse, klaxonnant à tue-tête, frôlant poules, chiens, vieillards et enfants?
Un peu avant midi nous nous faisons déposer à l'hôtel El Fayrouz sur la rive ouest de Louxor, réservé par internet ( 2 chambres avec SDB et petit déj 260 LE): adorable petit hôtel dans un quartier populaire

avec un jardin faisant office de salle à manger et un toit terrasse offrant une belle vue sur la montagne de Louxor d'un côté

et le Nil et le temple de Louxor de l'autre. On s'y sent comme à la maison, on peut y manger à toute heure, c'est bon, copieux et pas cher (300 LE pour 10 repas+ 5 goûters) A 12h30, nous avons nos chambres, pris un bon repas et sommes d'attaque pour aller à l'assaut de la montagne de Louxor. Nous nous faisons déposer en taxi au Ticket Office (10 LE) et montons à pied jusqu'à Deir El Medineh en passant par le petit village

juste au-dessus du Ticket Office.

Nous surplombons le site et cette vue d'ensemble nous contente.


Puis nous grimpons par une série d'escaliers jusqu'au-dessus de Deir El Medineh,

apercevons de loin le Ramesseum et poursuivons le sentier vers le Nord pour finir par surplomber le temple d'Hatchepsout.

La montagne est truffée de trous, certains menant par exemple aux tombes des Nobles,

d'autres ayant été creusés en vain par les archéologues.
Nous arrivons enfin (clandestinement comme l'écrit Caroline dans son carnet de voyage...)

dans la Vallée des Rois.

En effet, en bas une pancarte indique « no climbing » donc mieux vaut faire cette rando dans le même sens que nous sinon les nombreux militaires en faction dans la Vallée des Rois risquent d'intervenir.
Fred va à l'entrée acheter les tickets (adulte 70 LE, étudiants 35 LE pour 3 tombes) pendant que nous nous goinfrons de mandarines. Féchô again!
Nous commençons par une tombe fameuse située non loin de l'entrée, celle de Ramsès III : la foule au moment des soldes.
Changeons de stratégie : allons voir une tombe plus modeste et plus éloignée.

Celle de Toutmosis IV par exemple: pas un chat, c'est mieux mais bien sûr les décorations sont moins riches.
Affinons : allons à la tombe de Toutmosis III (renommée mais éloignée de l'entrée) : bingo. Personne et magnifique avec un graphisme très original.
Photos interdites mais là j'ai craqué (sans flash)
On a adoré.
On a bien aimé cette balade dans la montagne avec la vue plongeant sur les temples, villages et tombes. Nous ne verrons ni Karnak ni le temple de Louxor de peur de faire une « templite » aigüe.
C'est la fin de la journée à la Vallée des Rois et sur le parking un seul taxi nous aborde. 2 autres sont présents mais semblent attendre leurs clients. Hum... nous ne sommes pour une fois pas en position de force pour marchander. En général l'offre est très largement supérieure à la demande. Quand un prix paraît trop élevé il suffit de partir d'un pas décidé et tout s'arrange. Mais là... notre homme nous annonce pour simplement redescendre au ferry un prix de ... 10 euro/personne! Record battu toutes catégories! Finalement, on se met d'accord sur 25 LE en tout. Sacré Mohamed Casanova. « It's my name, my true name, don't forget it! » 'Y a pas d' risque, d'autant plus qu'il s'est arrêté dans un village pour nous faire visiter la boutique de son ami. « Just 5 mn, .... 4 mn, .... 3 mn, ....2 mn, ... 1mn! » On a refusé de descendre de la voiture et il est reparti de bon coeur avec un authentique « Chauffe Marcel! » Plus loin : « Good driver? Good driver, good bakchich! » Sacré Mohamed Casanova! Ce n'est pas toi qui nous fera regretter Louxor.
Encore un bon repas dans le jardin de l'hôtel en compagnie d'un sympathique chat noir (cet hôtel est vraiment parfait) et nous voilà au lit avec nos boules Quiès (absolument indispensable en Egypte, le silence est un luxe d'occidental. Ici il y a du bruit partout, tout le temps, sauf dans le désert)
J11 (Me 27/02) : Pyramides du Caire Après une petite frayeur concernant le taxi réservé la veille (il ne s'est pas réveillé, 120LE) nous arrivons à temps à l'aéroport et atterrissons au Caire. A 10h, nous partons directement de l'aéroport avec Akram un sympathique guide francophone pour visiter les pyramides (85 euro environ pour le van+ le guide, de l'aéroport à l'hotel Osiris avec lequel travaille Akram) (Sylvie il te remercie pour la photo, ça lui a fait très plaisir!)

Journée au triple galop (les sites ferment à 16h) qui nous a permis de voir l'essentiel : d'abord Gizeh (adulte 50 LE, étudiant 25 LE) puis Dachour (dont nous avons visité l'intérieur) (25/15)et enfin Saqqarah (50/25) et les très belles tombes de Nobles.

Rentrés à l'hôtel Osiris, nous abandonnons les enfants pour aller acheter quelques victuailles pour l'avion demain. Absorbés par le spectacle des petites boutiques, nous finissons par perdre notre chemin. Glups! On n'a même pas l'adresse de l'hôtel, pas de téléphone, pas de passeports, les mains dans les poches quoi. Finalement on décide de refaire notre parcours en sens inverse, repérant le magasin de jus de carotte, la poissonnerie, la bagnole bizarre et en 5 mn nous sommes sauvés.
J12 (Jeu 28/02) :Musée égyptien du Caire et retour en France A 14h05, notre avion décolle pour Bruxelles... Comme l'hôtel Osiris est tout près du musée égyptien du Caire, cela nous laisse un peu de temps pour y faire un tour. Akram nous a conseillé d'arriver à 8h45, ¼ h avant l'ouverture afin d'éviter la foule qui arrive vers 9h00. Le guichet des billets est déjà ouvert (adulte 50 LE, étudiant 25 LE) Nous entrons parmi les premiers et montons directement au 1er étage où nous découvrons, seuls, le trésor de Toutankamon. Quelle émotion, pour celui qui a découvert ces merveilles. Sinon, dans un musée, ben oui, c'est beau mais je dois dire que je suis plus émue par la découverte d'un beau caillou. Les enfants sont quand même très impressionnés. Heureusement que Fred est meilleur public que moi et qu'il partage leurs émotions! Nous visitons ensuite tranquillement le 1er étage, la rumeur monte, de plus en plus forte, alors que le RDC se remplit. C'est impressionnant de voir toute cette foule qui s'agglutine. Le musée est immense, très riche, mais très mal fichu. Certaines pièces n'ont pas de légende du tout. Certaines étiquettes sont en Arabe, d'autres en Anglais, en Français. Le tout dégage un charme certain : on imagine bien une scène d'un roman d'Agatha Christie ou d'une Nuit au Musée. En sortant vers 10h30, il y a plus de 150 m de queue pour acheter les tickets! Nous rentrons à l'hôtel Osiris où nous prenons un taxi vers l'aéroport (15 euro). Vol pour Bruxelles puis 300 km jusqu'à Nancy.
CONCLUSION : notre voyage s'est passé à ma grande surprise comme sur des roulettes, malgré un rythme soutenu. Aucun couac, tout le monde a été fiable et à l'heure. Je pense qu'on a découvert l'Egypte de la façon qui nous convient le mieux même si nous avons fait l'impasse sur de nombreux monuments mais on assume! C'est les vacances après tout, pas un cours d'histoire! J'aurais aimé découvrir la région du Fayoum et du Wadi El Rayan plus en détail, je pense qu'il y a moyen d'y passer qq jours passionnants.
Les enfants ont aimé : la felouque et Karim, Agabat et le Désert Blanc, les pyramides Les parents ont aimé : le Wadi Hitan, Agabat et le Désert Blanc, les rives du Nil, les îles, les oiseaux On a tous aimé la nourriture: on a mangé de tout, crudités incluses, sans être malades (à signaler juste une discrète et fugace accélération du transit le lendemain de notre retour en France)
On n'a pas aimé : La façon de rouler (mais alors pas du tout!) La difficulté à avoir des relations autres que mercantiles avec les Egyptiens et le sentiment d'être toujours perçus comme des portefeuilles à pattes (mais peut-on en vouloir à des gens dont le niveau de vie est si différent du nôtre?)
BUDGET : Tout a été réservé à l'avance par internet:
Billets d'avion pour l'Egypte: grâce au site de Gérard (http://www.louxoregypte.be/) -une mine d'informations-, j'ai choisi d'acheter les billets chez Jetairfly, une low cost belge. 1100 euro TTC pour 5 personnes (!!) au départ de Bruxelles pour le Caire via Sharm el Sheik (1h d'escale). Le retour du Caire pour Bruxeles se fera via Louxor... Les repas sont payants alors on a préparé de bons sandwiches. Cie très sympathique, hôtesses charmantes, ponctualité correcte (1/2h de retard à l'escale à Sharm el Sheik, 1h15 au retour à cause d'une passagère qui au dernier moment ne voulait plus rester dans l'avion: il a fallu faire descendre tous les passagers et fouiller l'avion par sécurité) Seul bémol : les horaires de départ (et de retour) peuvent être modifiés (qq jours avant) de qq heures : nous sommes partis à 12h40 au lieu de 6h.
Vols intérieurs avec Egypt Air: à consommer sans modération à condition de prendre les billets bien à l'avance (billets achetés en septembre). Vol Le Caire -Assouan puis vol Louxor-Le Caire pour 5 : 1552 LE (livres egyptiennes) soit 186 Euro TTC pour 10 vols donc!! (incroyable!) Toutes les formalités se font en un clin d'oeil, avions (apparemment...) en bon état, personnel charmant, pas de retard (aurait-on eu de la chance?)
Agence pour le désert: Helal Travel nous a guidé pendant 4 jours (3 nuits) du Wadi Hitan au Désert Noir puis Agabat puis vers le Désert Blanc avec départ et retour au Caire pour 4000 LE soit 500 euro (pour 5 donc, tout compris).
Agence pour la felouque : les Gréments du Nil, agence basée à Louxor, tenue par une française. Organisation impeccable, clarté totale, personnel performant, aux petits soins, très agréable (Sylvie, senmout sur VF vous le confirmera aussi) 875 euro pour 5 (4 jours, 3 nuits)tout compris d'Assouan à Louxor.
Au Total AVION Bruxelles le Caire A/R pour 5 1100 euro 2 vols intérieurs pour 5 186 euro VISAS 60 euro Paris Hotel Caire 63 euro Hotel Osiris Caire 2 nuits 140 euro Hôtel El Fayrouz Louxor 33euro Sara Hotel Assouan 81 euro Restaurant Panorama Assouan 5 repas 20 euro Restaurant hotel Osiris 10 repas 60 euro Restaurant El Fayrouz 10 repas 40 euro Cafétéria aéroport Caire 5 repas 30 euro 3 nuits / 4 jours dans le désert avec Helal Travel avec A/R pour le Caire 500euro felouque 3 nuits/4 jours 875 euro pourboires felouque 60 euro Entrées sites 183 euro Taxis, divers 80 euro Journée pyramides 85 euro TOTAL 3600 euro soit 720 euro/pers.
J6 (Ven 22/02): Assouan A 7h00, notre taxi est là, ponctuel et nous amène rapidement à l'aéroport. L'enregistrement et les contrôles de bagages se font en un clin d'œil (d'ailleurs un couteau de poche oublié dans un sac à dos voyageant en cabine passera sans aucun problème, on s'en est rendu compte après!) Juste avant l'atterrissage, nous survolons le lac Nasser.

A Assouan, un taxi (100 LE, encore commandé par Nabil, une agence de voyage à lui tout seul armé de son portable) nous emmène au Sara Hotel. Nous y avons réservé par internet 2 chambres pour 99 USD (payés sur place en CB et en USD) L'hôtel est excentré mais la vue est magnifique.

On a l'impression d'être les seuls clients...

A 10h00, les chambres sont prêtes et nous déposons nos bagages puis prenons la navette (gratuite) de l'hôtel jusqu'au centre ville d'Assouan. Nous partons en felouque (10 euro pour 2h)

faire un tour vers l'île de Saluga, celle précisément que nous voyons depuis notre hôtel.
Quelle circulation (mais sans bruit ni klaxon)!

Nous y faisons une jolie promenade

et nous amusons des bestioles empaillées du petit musée de l'île (entrée à discrétion)
Par endroits, le Nil se transforme en ruisseau.

Ces maisons de couleur bleue sont caractéristiques des villages nubiens.

Affamés, nous allons manger au restaurant le Panorama situé sur la corniche, recommandé par le Routard. Maître d'hôtel francophone pince sans rire et sympathique mais panorama tout petit entre 2 culs de boite à chaussures dont les diesels tournent même à quai. Heureusement que le vent souffle (le plus souvent) dans la bonne direction. Repas honnête, 150 LE en tout.
Nous profitons d'un petit tour au souk (taxi 10LE) pour acheter des lunettes de soleil à Caroline, qui les a oubliées sur Saluga.

Nous humons et achetons qq épices, charmés à la fois par les odeurs et le talent du vendeur.

Le souk est sympathique, coloré, pas trop grand et les vendeurs pas trop insistants. On a bien aimé.
Un taxi (10LE) nous ramène au musée Nubien (adulte 40LE, étudiant 20LE) qui nous déçoit un peu. Bof, quoi... Bien crevés, nous rentrons à l'hôtel (15LE) et après avoir avalé qq dattes et pâtisseries achetées en ville nous sombrons dans les bras de Morphée, équipés de boule Quiès bien utiles en raison de la musique qui inonde le bar du RDC.
J7(Sam 23/02): Philaé et départ en felouque Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Marion-12 ans- et tout le monde l'a oublié sauf... Marion. Caroline a rêvé qu'elle lui avait souhaité et les autres y ont pensé mais ... hier. La pôvre enfant!
A 7h, le taxi réservé la veille nous emmène à Philaé (50LE A/R) Le ticket office se situe avant l'embarcadère (adulte 40LE, étudiant 20LE) Il n'y a pas encore grand-monde sur l'embarcadère. Un homme nous accoste et pour 60LE (A/R) nous emmène en 10 mn à Philaé sur son petit bateau à moteur.

L'endroit est charmant, quelle riche idée d'avoir reconstruit ce temple sur une petite île. Notre taxi nous ramène à l'hôtel et on vient nous chercher à 10h pour embarquer sur la felouque qui durant 4 jours et 3 nuits va nous faire découvrir la vie du Nil. Quelques km en aval d'Assouan, nous découvrons, ravis, notre felouque et le « bateau-restaurant »- comme l'appelleront les enfants- qui l'accompagne. Nous embarquons sur le Gold Star, battant pavillon britannique (ne me demandez pas pourquoi, chaque felouque a un drapeau « exotique », on trouve de tout sauf le Stars and Stripes) A son bord le capitaine Hassan et son mousse et Karim notre guide anglophone. Sur le bateau resto: le conducteur et le cuisinier Mahmoud. Nous trouvons rapidement nos marques sur la felouque: c'est facile, il suffit de se vautrer nonchalamment!


Après une courte navigation,

nous faisons escale sur une petite île pour nous dégourdir les jambes

et pour déjeuner: délicieux, Mahmoud est un chef! Nous discutons avec le capitaine et lui expliquons que nous avons aussi un bateau à voile (2X plus petit, 10 fois moins lourd!). Nous voilà aussitôt promus capitaines! « You, captain? »
Et me voilà à la barre de la felouque : 10m de long, environ 1, 5 tonnes (?), une dérive lestée de 1m de tirant d'eau et un safran non relevable donc très large qui rend la barre très physique. Il faut s'aider d'un bout pour la contrôler.

La navigation est très agréable, au près donc en tirant des bords (le vent dominant vient du nord à l'inverse du courant, la Nature a bien fait les choses) mais avec un bon courant (je dirais environ 2 à 3 nœuds) qui améliore grandement le cap. Les virements de bord se succèdent rapidement, il y a juste ce qu'il faut de vent pour gonfler une généreuse voile en coton qui doit faire environ 75 m2 (le mât doit faire 10m, la bôme autant et la vergue une quinzaine de mètres)

Quelle élégance!


On rencontre qq beaux bateaux à moteur (pas la majorité!)


Nous découvrons peu à peu la vie du Nil.

Nous naviguons presque jusqu'à la nuit et faisons halte sur une île (pas déserte, chaque pouce de terre fertile dans la vallée du Nil est exploité. On dirait un immense jardin, très soigné. Il faut dire que la pression démographique est importante avec une population de 80 millions d'habitants qu'il faut bien nourrir. Heureusement l'irrigation et l'ensoleillement permettent de faire 3 récoltes par an!) Quartier libre! Nous nous égayons à la découverte des berges du Nil. Il y a toujours des animaux à réconforter!

L'équipage est adorable, vraiment aux petits soins. Une tente toilettes est montée pour la nuit et de l'eau est mise à chauffer pour la toilette (l'eau du Nil, qui sert aussi pour la vaisselle, est à 18°C). Vu la fraicheur ambiante, nous ne ferons qu'une toilette de chat! La felouque en position "nuit"...

J8 (Dim 24/02) : Felouque, marché aux chameaux de Daraw, Kom Ombo La nuit a été un peu agitée, perturbée par le passage des boîtes à chaussures, les aboiements des chiens (bien que Caroline se soit levée 2 fois pour les éloigner), les braiments des ânes, le meuglement des vaches et pour finir le muezzin (il y a des mosquées vraiment partout)

Les nuits suivantes seront beaucoup plus calmes... Ce matin, c'est la pétole mais grâce au courant nous nous laissons dériver à bonne vitesse après avoir pris un bon petit déjeuner (Mahmoud a définitivement conquis le coeur des enfants avec ses bonnes crêpes) A Daraw, c'est le jour du marché aux chameaux, il ne faut pas manquer ça. Je demande à Karim à quoi ils servent de nos jours : beaucoup pour promener les touristes, un peu pour le cinéma et aussi pour aider les fermiers (c'est vrai qu'on en verra qq-uns) Nous traversons le village, ça bouchonne un peu au passage à niveau mais il y a tant de choses à voir!

Nous arrivons dans un vaste enclos avec des dizaines de chameaux.

Palabres...



Le boucher...Les chameaux s'en vont au marché...

Il semble que le mardi soit le jour du grand marché avec vaches, chèvres, ânes, chameaux...
Les enfants (et nous aussi d'ailleurs) sont souvent désolés des mauvais traitement infligés aux animaux et aux ânes en particulier. « Oh, le pauvre petit âne! » répète d'ailleurs régulièrement Marion. Pour Arnaud, c'est plutôt : « Quand est-ce qu'on mange? » Quant à Caroline « Qu'est ce qu'ils sont collants! » même si le harcèlement est bien moins terrible que nous le craignions. En tout cas, à Daraw, nous sommes parfaitement tranquilles, étant en dehors des circuits les plus fréquentés. Nous faisons un petit tour dans le village pendant que Mahmoud fait ses courses.



Nous rejoignons la felouque et c'est avec un bon petit vent que nous filons jusqu'au temple de Kom Ombo. Arriver ainsi par le fleuve ajoute au charme de l'endroit.

Un guide francophone dépêché par l'agence nous fait visiter le temple pendant que Mahmoud s'active aux fourneaux. Nous mangeons en nous laissant dériver tranquillement sur le Nil puis reprenons la navigation. Mais le vent forcit et la felouque-surtoilée-finit par embarquer un peu d'eau: il est plus sage de nous arrêter pour la nuit. Nous partons avec Fred faire un tour dans les jardins


Délicieux parfum des fleurs de manguier...

(Je n'aime pas parler de champs tellement les surfaces sont petites, soignées et mignonnes)
La vie est belle!


Les gigantesques gréements de felouques se repèrent de loin. Ferler la voile par ce vent n'est pas une sinécure!


Les enfants restent jouer avec Karim, d'abord sagement au Uno

puis ça finit en partie de judo-catch sur les matelas de la felouque transformés en tatami moelleux. Petite promenade vespérale dans les jardins.


Après le repas du soir (Mahmoud nous a vraiment gâtés nous préparant chaque jour toutes sortes de spécialités égyptiennes. Je voue un culte particulier aux aubergines frites!) Karim et les enfants se font une soirée tam tam- bougie dans la petite cabine avant de la felouque.

Nuit très calme sur l'île de Faris.
J9 (Lun 25/02): Felouque, Carrières pharaoniques, Djebel Selsela

Aujourd'hui le vent se lève de bonne heure et la journée promet d'être moins brumeuse que les précédentes. Nous croisons quelques beaux bateaux,

une dahabia,

un sandall...
Il est si fort qu'en moins de 20 mn nous atteignons les carrières pharaoniques de Silsila


que nous visitons en compagnie de Karim.


Le site est magnifique, surplombant le Nil.
Il nous fait découvrir des « chambres avec vue sur le Nil »



Il y a même un locataire!

Puis nous partons pour une randonnée de 2h30

dans le Djebel Selsela

à la recherche de pétroglyphes

Féchô!

Qu'est ce que ça doit être en été, se répète-t-on plusieurs fois par jour...
Le site est truffé de pétroglyphes de toutes époques. On ne peut s'empêcher de se mettre à la place des archéologues qui ont grimpé jusqu'à chaque caillou dans l'espoir de découvrir quelque chose. Quel suspense!
Nous rejoignons la vallée du Nil et sa verdure rafraichissante.


Pendant que je m'appliquais sur mon appareil photo Fred et les enfants ont eu la "joie" de se trouver nez à nez avec un superbe cobra...



Pendant ce temps-là le vent a forci et c'est le batoresto qui vient nous récupérer au bout de notre balade.
Nous déjeunons, traversons le Nil vers un joli village dont nous visitons les alentours.



Briques faites "maison".

Tout est bon dans l'palmier!
Nous avons la visite (malheureusement pas entièrement désintéressée même sur cette île au beau milieu du Nil) de quelques enfants.



La felouque nous rejoint finalement, à la fin d'un chapelet de 4 ou 5 felouques

tirées par un petit remorqueur.

Nous avons souvent navigué de concert avec 1 ou plusieurs autres felouques (toujours avec des Français à bord d'ailleurs) non accompagnées par un bateau à moteur. J'avais préféré choisir la formule avec bateau à moteur, craignant en cas de pétole de ne pas pouvoir être à temps au Caire pour notre vol de retour. En fait, les Egyptiens sont à la fois solidaires et organisés si bien que malgré les caprices météo les autres felouques sont elles-aussi arrivées à temps à leur destination finale. L'avantage du bateau à moteur réside donc plus dans le confort pour les repas et une plus grande autonomie facilitant les excursions à terre. Nous avons vu certaines felouques non assistées par un bateau à moteur naviguer tard le soir ou tôt le matin mais je trouve que l'idée de la voile pure a son charme...


Ce soir est notre dernière soirée sur le Nil et notre équipage est bien décidé à faire la fête aidé par les équipages de 3 ou 4 autres felouques. Une fois la vaisselle terminée, ils rassemblent leurs troupes, réveillent Arnaud déjà endormi, chauffent les tam tam aux flammes d'un grand feu de feuilles de bananiers séchées et en avant!

J10 (Ma 26/02): Edfou, montagne de Louxor, Vallée des Rois La nuit fut courte mais très calme. Nous faisons nos adieux à nos amis de la felouque et du batoresto. Je crois que Karim restera longtemps dans le cœur des enfants, pour sa bonne humeur et sa gentillesse. Nous l'avons aussi apprécié pour ses facultés d'organisation, d'adaptation aux circonstances. La cohésion des 2 équipages faisait vraiment plaisir à voir, de même que l'entraide entre les équipages des différentes felouques.
A 7h30 nous arrivons au temple d'Horus à Edfou que nous visitons avec l'aide d'un guide francophone envoyé par l'agence des Gréements du Nil.


Nous renouons avec le tourisme de masse et c'est un peu brutal d'autant que le guide est ... moyen.
Une bonne centaine de km nous séparent encore de Louxor et comme nous sommes en Moyenne Egypte nous devons faire le trajet en convoi. Nous mâchouillons un peu de canne à sucre (c'est bon!) en attendant le départ. A 9h45, le convoi (5 vans seulement) se met en route, voiture de police en tête qui force tout le monde à s'écarter en roulant bien à gauche. Comment s'étonner alors de la perception des touristes de la part des Egyptiens: un mal nécessaire qui mérite bien de multiples bakchiches pour faire avaler la pilule? Que pensent aussi les habitants de l'oasis de Bahariya quand ils voient arriver les 4X4 à toute vitesse, klaxonnant à tue-tête, frôlant poules, chiens, vieillards et enfants?
Un peu avant midi nous nous faisons déposer à l'hôtel El Fayrouz sur la rive ouest de Louxor, réservé par internet ( 2 chambres avec SDB et petit déj 260 LE): adorable petit hôtel dans un quartier populaire

avec un jardin faisant office de salle à manger et un toit terrasse offrant une belle vue sur la montagne de Louxor d'un côté

et le Nil et le temple de Louxor de l'autre. On s'y sent comme à la maison, on peut y manger à toute heure, c'est bon, copieux et pas cher (300 LE pour 10 repas+ 5 goûters) A 12h30, nous avons nos chambres, pris un bon repas et sommes d'attaque pour aller à l'assaut de la montagne de Louxor. Nous nous faisons déposer en taxi au Ticket Office (10 LE) et montons à pied jusqu'à Deir El Medineh en passant par le petit village

juste au-dessus du Ticket Office.

Nous surplombons le site et cette vue d'ensemble nous contente.


Puis nous grimpons par une série d'escaliers jusqu'au-dessus de Deir El Medineh,

apercevons de loin le Ramesseum et poursuivons le sentier vers le Nord pour finir par surplomber le temple d'Hatchepsout.

La montagne est truffée de trous, certains menant par exemple aux tombes des Nobles,

d'autres ayant été creusés en vain par les archéologues.
Nous arrivons enfin (clandestinement comme l'écrit Caroline dans son carnet de voyage...)

dans la Vallée des Rois.

En effet, en bas une pancarte indique « no climbing » donc mieux vaut faire cette rando dans le même sens que nous sinon les nombreux militaires en faction dans la Vallée des Rois risquent d'intervenir.
Fred va à l'entrée acheter les tickets (adulte 70 LE, étudiants 35 LE pour 3 tombes) pendant que nous nous goinfrons de mandarines. Féchô again!
Nous commençons par une tombe fameuse située non loin de l'entrée, celle de Ramsès III : la foule au moment des soldes.
Changeons de stratégie : allons voir une tombe plus modeste et plus éloignée.

Celle de Toutmosis IV par exemple: pas un chat, c'est mieux mais bien sûr les décorations sont moins riches.
Affinons : allons à la tombe de Toutmosis III (renommée mais éloignée de l'entrée) : bingo. Personne et magnifique avec un graphisme très original.
Photos interdites mais là j'ai craqué (sans flash)On a adoré.
On a bien aimé cette balade dans la montagne avec la vue plongeant sur les temples, villages et tombes. Nous ne verrons ni Karnak ni le temple de Louxor de peur de faire une « templite » aigüe.
C'est la fin de la journée à la Vallée des Rois et sur le parking un seul taxi nous aborde. 2 autres sont présents mais semblent attendre leurs clients. Hum... nous ne sommes pour une fois pas en position de force pour marchander. En général l'offre est très largement supérieure à la demande. Quand un prix paraît trop élevé il suffit de partir d'un pas décidé et tout s'arrange. Mais là... notre homme nous annonce pour simplement redescendre au ferry un prix de ... 10 euro/personne! Record battu toutes catégories! Finalement, on se met d'accord sur 25 LE en tout. Sacré Mohamed Casanova. « It's my name, my true name, don't forget it! » 'Y a pas d' risque, d'autant plus qu'il s'est arrêté dans un village pour nous faire visiter la boutique de son ami. « Just 5 mn, .... 4 mn, .... 3 mn, ....2 mn, ... 1mn! » On a refusé de descendre de la voiture et il est reparti de bon coeur avec un authentique « Chauffe Marcel! » Plus loin : « Good driver? Good driver, good bakchich! » Sacré Mohamed Casanova! Ce n'est pas toi qui nous fera regretter Louxor.
Encore un bon repas dans le jardin de l'hôtel en compagnie d'un sympathique chat noir (cet hôtel est vraiment parfait) et nous voilà au lit avec nos boules Quiès (absolument indispensable en Egypte, le silence est un luxe d'occidental. Ici il y a du bruit partout, tout le temps, sauf dans le désert)
J11 (Me 27/02) : Pyramides du Caire Après une petite frayeur concernant le taxi réservé la veille (il ne s'est pas réveillé, 120LE) nous arrivons à temps à l'aéroport et atterrissons au Caire. A 10h, nous partons directement de l'aéroport avec Akram un sympathique guide francophone pour visiter les pyramides (85 euro environ pour le van+ le guide, de l'aéroport à l'hotel Osiris avec lequel travaille Akram) (Sylvie il te remercie pour la photo, ça lui a fait très plaisir!)

Journée au triple galop (les sites ferment à 16h) qui nous a permis de voir l'essentiel : d'abord Gizeh (adulte 50 LE, étudiant 25 LE) puis Dachour (dont nous avons visité l'intérieur) (25/15)et enfin Saqqarah (50/25) et les très belles tombes de Nobles.

Rentrés à l'hôtel Osiris, nous abandonnons les enfants pour aller acheter quelques victuailles pour l'avion demain. Absorbés par le spectacle des petites boutiques, nous finissons par perdre notre chemin. Glups! On n'a même pas l'adresse de l'hôtel, pas de téléphone, pas de passeports, les mains dans les poches quoi. Finalement on décide de refaire notre parcours en sens inverse, repérant le magasin de jus de carotte, la poissonnerie, la bagnole bizarre et en 5 mn nous sommes sauvés.
J12 (Jeu 28/02) :Musée égyptien du Caire et retour en France A 14h05, notre avion décolle pour Bruxelles... Comme l'hôtel Osiris est tout près du musée égyptien du Caire, cela nous laisse un peu de temps pour y faire un tour. Akram nous a conseillé d'arriver à 8h45, ¼ h avant l'ouverture afin d'éviter la foule qui arrive vers 9h00. Le guichet des billets est déjà ouvert (adulte 50 LE, étudiant 25 LE) Nous entrons parmi les premiers et montons directement au 1er étage où nous découvrons, seuls, le trésor de Toutankamon. Quelle émotion, pour celui qui a découvert ces merveilles. Sinon, dans un musée, ben oui, c'est beau mais je dois dire que je suis plus émue par la découverte d'un beau caillou. Les enfants sont quand même très impressionnés. Heureusement que Fred est meilleur public que moi et qu'il partage leurs émotions! Nous visitons ensuite tranquillement le 1er étage, la rumeur monte, de plus en plus forte, alors que le RDC se remplit. C'est impressionnant de voir toute cette foule qui s'agglutine. Le musée est immense, très riche, mais très mal fichu. Certaines pièces n'ont pas de légende du tout. Certaines étiquettes sont en Arabe, d'autres en Anglais, en Français. Le tout dégage un charme certain : on imagine bien une scène d'un roman d'Agatha Christie ou d'une Nuit au Musée. En sortant vers 10h30, il y a plus de 150 m de queue pour acheter les tickets! Nous rentrons à l'hôtel Osiris où nous prenons un taxi vers l'aéroport (15 euro). Vol pour Bruxelles puis 300 km jusqu'à Nancy.
CONCLUSION : notre voyage s'est passé à ma grande surprise comme sur des roulettes, malgré un rythme soutenu. Aucun couac, tout le monde a été fiable et à l'heure. Je pense qu'on a découvert l'Egypte de la façon qui nous convient le mieux même si nous avons fait l'impasse sur de nombreux monuments mais on assume! C'est les vacances après tout, pas un cours d'histoire! J'aurais aimé découvrir la région du Fayoum et du Wadi El Rayan plus en détail, je pense qu'il y a moyen d'y passer qq jours passionnants.
Les enfants ont aimé : la felouque et Karim, Agabat et le Désert Blanc, les pyramides Les parents ont aimé : le Wadi Hitan, Agabat et le Désert Blanc, les rives du Nil, les îles, les oiseaux On a tous aimé la nourriture: on a mangé de tout, crudités incluses, sans être malades (à signaler juste une discrète et fugace accélération du transit le lendemain de notre retour en France)
On n'a pas aimé : La façon de rouler (mais alors pas du tout!) La difficulté à avoir des relations autres que mercantiles avec les Egyptiens et le sentiment d'être toujours perçus comme des portefeuilles à pattes (mais peut-on en vouloir à des gens dont le niveau de vie est si différent du nôtre?)
BUDGET : Tout a été réservé à l'avance par internet:
Billets d'avion pour l'Egypte: grâce au site de Gérard (http://www.louxoregypte.be/) -une mine d'informations-, j'ai choisi d'acheter les billets chez Jetairfly, une low cost belge. 1100 euro TTC pour 5 personnes (!!) au départ de Bruxelles pour le Caire via Sharm el Sheik (1h d'escale). Le retour du Caire pour Bruxeles se fera via Louxor... Les repas sont payants alors on a préparé de bons sandwiches. Cie très sympathique, hôtesses charmantes, ponctualité correcte (1/2h de retard à l'escale à Sharm el Sheik, 1h15 au retour à cause d'une passagère qui au dernier moment ne voulait plus rester dans l'avion: il a fallu faire descendre tous les passagers et fouiller l'avion par sécurité) Seul bémol : les horaires de départ (et de retour) peuvent être modifiés (qq jours avant) de qq heures : nous sommes partis à 12h40 au lieu de 6h.
Vols intérieurs avec Egypt Air: à consommer sans modération à condition de prendre les billets bien à l'avance (billets achetés en septembre). Vol Le Caire -Assouan puis vol Louxor-Le Caire pour 5 : 1552 LE (livres egyptiennes) soit 186 Euro TTC pour 10 vols donc!! (incroyable!) Toutes les formalités se font en un clin d'oeil, avions (apparemment...) en bon état, personnel charmant, pas de retard (aurait-on eu de la chance?)
Agence pour le désert: Helal Travel nous a guidé pendant 4 jours (3 nuits) du Wadi Hitan au Désert Noir puis Agabat puis vers le Désert Blanc avec départ et retour au Caire pour 4000 LE soit 500 euro (pour 5 donc, tout compris).
Agence pour la felouque : les Gréments du Nil, agence basée à Louxor, tenue par une française. Organisation impeccable, clarté totale, personnel performant, aux petits soins, très agréable (Sylvie, senmout sur VF vous le confirmera aussi) 875 euro pour 5 (4 jours, 3 nuits)tout compris d'Assouan à Louxor.
Au Total AVION Bruxelles le Caire A/R pour 5 1100 euro 2 vols intérieurs pour 5 186 euro VISAS 60 euro Paris Hotel Caire 63 euro Hotel Osiris Caire 2 nuits 140 euro Hôtel El Fayrouz Louxor 33euro Sara Hotel Assouan 81 euro Restaurant Panorama Assouan 5 repas 20 euro Restaurant hotel Osiris 10 repas 60 euro Restaurant El Fayrouz 10 repas 40 euro Cafétéria aéroport Caire 5 repas 30 euro 3 nuits / 4 jours dans le désert avec Helal Travel avec A/R pour le Caire 500euro felouque 3 nuits/4 jours 875 euro pourboires felouque 60 euro Entrées sites 183 euro Taxis, divers 80 euro Journée pyramides 85 euro TOTAL 3600 euro soit 720 euro/pers.
Comment payer son billet oneworld moins cher? English translation pending
Hello à tous,
J'apporte comme Gloon en son temps ma petite pierre à la recherche du meilleur prix pour les billets tour du monde via OneWorld explorer (formule continent).
Je vous décris mon expérience, sachant que la première d'entre toutes est que les réponses apportées et les choses possibles sont extrêmement variable d'une compagnie à l'autre voire d'un interlocuteur à l'autre.
Donc pour moi et par rapport à ce que j'ai pu lire dans le forum : Les billets oneworld sont nettement moins chers en passant par UK => Archi vrai : 2850€ en France vs 1709 livres en Angleterre (environ 2200€) hors taxes d'aéroport Il n'est absolument pas utile d'aller à Londres (bon je me suis fait un WE sympa là-bas mais sans pouvoir conclure) puisque j'ai traité au final avec American airlines (agence de Londres, numéro sur le site OneWorld) depuis Paris et j'ai payé avec ma carte française ! J'ai d'abord essayé British Airways à Londres (nul), ils n'ont eu de cesse de me dire d'aller voir des agences spécialisées car c'était trop compliqué pour eux. Toutes les agences que j'ai contactées (Trailfinders, STA Travel) applique une comm de 100 livres par billet (soit environ 1800 livres toujours plus intéressant que le tarif français). American airlines appliquent eux un comm de 45 livres pour émission de billets. Au final, pour 2 adultes et 1 enfant j'ai payé avec les taxes d'aéroport 5460 livres soit (merci la chute du cours de la livre !) 7200 euros (soit pour un adulte environ 2550€ avec les taxes d'aéroport soit quand même presque 600€ d'économie par billet par rapport à OneWorld en France). les billets sont intégralement remboursable jusqu'à 3 semaines avant le départ, et jusqu'à un jour moyennant une petite pénalité.
Qqes surprises sur mon parcours que je croyais avoir blindé avant de contacter les compagnies : La règle, 4 segments par continent (hormis l'Europe avec 2 segments) et un total ne pouvant excéder 20 segments (aérien ou terrestre). On m'a même expliqué qu'un segment correspond à un changement d'aéroport (y compris dans la même ville !!!!). Ex. Vous arrivez à Orly et repartez de Roissy = 1 segment. Je pense que ça se tente malgré tout, mais attention aux mauvaises surprises. Avec la formule continent, il n'est pas possible de voler de Auckland à Papeete, je l'ai donc déclaré comme segment terrestre (j'acheterai le billet par Air NZ pour 300€) ce qui ne pose pas de problème. Mon retour de Buenos Aires - Londres, pas de vol direct donc cela faisait 2 segments (BA - Madrid - Londres). En cherchant un peu avec AA, on a trouvé un BA - Sao Paolo - Londres où l'on ne sort pas de l'avion pendant l'escale et qui donc ne compte que pour un segment 😕!!!!
Au final, le départ de la famille le 2 septembre et pour 11 mois : Londres - Le CAP - Durban // Johannesbourg - Victoria falls - Johannesbourg - Hong-Kong - Bangkok - Bombay // Dehli - Tokyo - Sydney - Christchurch // Papeete - Ile de Pâques - Santiago - Punta Arenas // Iguacu - Buenos Aires - Londres
Bon tant que je n'aurai pas les billets entre les mains je ne serai pas entièrement rassuré, mais ça s'annonce pas mal 😎
Marc
Qqes surprises sur mon parcours que je croyais avoir blindé avant de contacter les compagnies : La règle, 4 segments par continent (hormis l'Europe avec 2 segments) et un total ne pouvant excéder 20 segments (aérien ou terrestre). On m'a même expliqué qu'un segment correspond à un changement d'aéroport (y compris dans la même ville !!!!). Ex. Vous arrivez à Orly et repartez de Roissy = 1 segment. Je pense que ça se tente malgré tout, mais attention aux mauvaises surprises. Avec la formule continent, il n'est pas possible de voler de Auckland à Papeete, je l'ai donc déclaré comme segment terrestre (j'acheterai le billet par Air NZ pour 300€) ce qui ne pose pas de problème. Mon retour de Buenos Aires - Londres, pas de vol direct donc cela faisait 2 segments (BA - Madrid - Londres). En cherchant un peu avec AA, on a trouvé un BA - Sao Paolo - Londres où l'on ne sort pas de l'avion pendant l'escale et qui donc ne compte que pour un segment 😕!!!!
Au final, le départ de la famille le 2 septembre et pour 11 mois : Londres - Le CAP - Durban // Johannesbourg - Victoria falls - Johannesbourg - Hong-Kong - Bangkok - Bombay // Dehli - Tokyo - Sydney - Christchurch // Papeete - Ile de Pâques - Santiago - Punta Arenas // Iguacu - Buenos Aires - Londres
Bon tant que je n'aurai pas les billets entre les mains je ne serai pas entièrement rassuré, mais ça s'annonce pas mal 😎
Marc
Expatriation aux Philippines English translation pending
Bonjour à tous,
Je me jette à l'eau...je suis à la recherche de renseignements dans le but de partir vivre aux Philippines. j'ai fait pas mal de recherche sur le forum..donc je recherche des contacts avec des personnes qui vivent aux Philippines et qui peuvent me donner des renseignements sur les démarches à prévoir...mon départ n'a pas encore de date fixée...peut-être fin 2008...nous avons, ma futur femme et moi, l'intention de nous installer sur Baguio. Ma future vit à Quezon City pour l'instant... Je ne me suis encore jamais rendu aux Philippines mais je connais plusieurs pays asiatiques... Je remercie d'avance ceux qui vont me prévenir de bien peser le pour et le contre...c'est déjà fait ! Je ne pars pas là-bas dans le but de travailler...Ah oui, j'ai 43 ans...je suis pensionné..ma pension est un peu faible pour vivre décemment en France...c'est un choix et j'espère n'heurter personne dans mes propos. Je ne recherche pas de renseignement sur le cout de la vie...uniquement sur les démarches à entreprendre, surtout au niveau administratif...visa, mariage et banques...des conseils pour éviter certaines erreurs... Peut-être aussi des expats habitants sur Baguio... Tous les conseils seront les bienvenus... Je vous remercie d'avance et peut-être à un de ces jours pour boire un petit coup... Exceed.
Je me jette à l'eau...je suis à la recherche de renseignements dans le but de partir vivre aux Philippines. j'ai fait pas mal de recherche sur le forum..donc je recherche des contacts avec des personnes qui vivent aux Philippines et qui peuvent me donner des renseignements sur les démarches à prévoir...mon départ n'a pas encore de date fixée...peut-être fin 2008...nous avons, ma futur femme et moi, l'intention de nous installer sur Baguio. Ma future vit à Quezon City pour l'instant... Je ne me suis encore jamais rendu aux Philippines mais je connais plusieurs pays asiatiques... Je remercie d'avance ceux qui vont me prévenir de bien peser le pour et le contre...c'est déjà fait ! Je ne pars pas là-bas dans le but de travailler...Ah oui, j'ai 43 ans...je suis pensionné..ma pension est un peu faible pour vivre décemment en France...c'est un choix et j'espère n'heurter personne dans mes propos. Je ne recherche pas de renseignement sur le cout de la vie...uniquement sur les démarches à entreprendre, surtout au niveau administratif...visa, mariage et banques...des conseils pour éviter certaines erreurs... Peut-être aussi des expats habitants sur Baguio... Tous les conseils seront les bienvenus... Je vous remercie d'avance et peut-être à un de ces jours pour boire un petit coup... Exceed.
Mali English translation pending
Echange universitaire au Mali pour trois étudiantes françaises; étudiantes en tourisme. Etudiantes touristes?
Pérégrinations et découvertes en Terres Africaines. Impressions et anecdotes d'une année entre bonheur et p'tits désagréments sur fond de choc culturel.
Au programme: cours à l'université de Bamako et stages au sein d'entreprises culturelles.
Le directeur du département tourisme, Cissé, que visiblement, cela emmerdait de s’occuper de nous, nous a foutu dans les pattes d’Eké. Eké est un ancien étudiant et il était censé nous guider un peu, notamment dans notre recherche de maison. Alors la première chose qu’il a faite, a été de nous présenter un de ses très bons amis : Basuru. On s’est donc retrouvé dans une espèce de bidonville, non loin de la fac, chez le fameux Basuru. Un être exceptionnel, un grand homme de culture, un marabout de génie.
On a rapidement compris que dans ce cas précis, la culture désignait plutôt la culture de la terre, Basuru était en fait un grand cultivateur… Il n’en était pas moins un marabout de génie ! Il nous a tiré les cories à toute les quatre. Tout son talent nous a sauté à la figure lorsqu’il a vu dans le lancer de cories d’Anne-Sophie qu’elle rêvait souvent d’hommes lui faisant l’amour ! C’est tellement vrai qu’on en eu le souffle coupé !
Alors, avant le lancer de cories, on a toutes fait un vœu et pour que celui-ci se réalise, il fallait payer (évidemment) et réaliser des incantations (incantation n’est pas le terme réellement approprié mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur le mot qui convient !) Je devais donc sacrifier un poulet, Anne-Sophie devait faire cuire un igname, le manger et en jeter les épluchures sur la route (comme si c’était pas déjà assez crade…), Audrey devait faire la même chose avec un œuf, elle devait également se frotter avec des noix de cola avant de les abandonner dans un trou qui se trouvait devant chez Basuru…, Adéline devait faire des infusions avec des plantes de la montagne et se laver avec. Basuru a gentiment proposé à Audrey d’aller se laver avec les noix de cola dans la « pièce » mitoyenne, proposition qu’Audrey a décliné aussi net ! Et je crois que les noix de cola ont simplement et rapidement terminé dans le trou. On a donc payé et attendu Basuru qui était parti en quête du poulet et autres herbes de la montagne…. On a attendu longtemps, en pleine chaleur et en compagnie de nombreuses mouches. C’était formidablement agréable et on eu beau chercher toutes les excuses possibles et imaginables pour se casser, on a rien trouver de vraiment convaincant et on a été obligé de rester là à attendre…
Finalement, Basuru est revenu. Adéline s’est retrouvé avec mon poulet, Anne-Sophie a hérité des œufs, Audrey de l’igname et moi des herbes de la montagne…. Un marabout de génie je vous dis !
Le directeur du département tourisme, Cissé, que visiblement, cela emmerdait de s’occuper de nous, nous a foutu dans les pattes d’Eké. Eké est un ancien étudiant et il était censé nous guider un peu, notamment dans notre recherche de maison. Alors la première chose qu’il a faite, a été de nous présenter un de ses très bons amis : Basuru. On s’est donc retrouvé dans une espèce de bidonville, non loin de la fac, chez le fameux Basuru. Un être exceptionnel, un grand homme de culture, un marabout de génie.
On a rapidement compris que dans ce cas précis, la culture désignait plutôt la culture de la terre, Basuru était en fait un grand cultivateur… Il n’en était pas moins un marabout de génie ! Il nous a tiré les cories à toute les quatre. Tout son talent nous a sauté à la figure lorsqu’il a vu dans le lancer de cories d’Anne-Sophie qu’elle rêvait souvent d’hommes lui faisant l’amour ! C’est tellement vrai qu’on en eu le souffle coupé !
Alors, avant le lancer de cories, on a toutes fait un vœu et pour que celui-ci se réalise, il fallait payer (évidemment) et réaliser des incantations (incantation n’est pas le terme réellement approprié mais je n’arrive pas à mettre le doigt sur le mot qui convient !) Je devais donc sacrifier un poulet, Anne-Sophie devait faire cuire un igname, le manger et en jeter les épluchures sur la route (comme si c’était pas déjà assez crade…), Audrey devait faire la même chose avec un œuf, elle devait également se frotter avec des noix de cola avant de les abandonner dans un trou qui se trouvait devant chez Basuru…, Adéline devait faire des infusions avec des plantes de la montagne et se laver avec. Basuru a gentiment proposé à Audrey d’aller se laver avec les noix de cola dans la « pièce » mitoyenne, proposition qu’Audrey a décliné aussi net ! Et je crois que les noix de cola ont simplement et rapidement terminé dans le trou. On a donc payé et attendu Basuru qui était parti en quête du poulet et autres herbes de la montagne…. On a attendu longtemps, en pleine chaleur et en compagnie de nombreuses mouches. C’était formidablement agréable et on eu beau chercher toutes les excuses possibles et imaginables pour se casser, on a rien trouver de vraiment convaincant et on a été obligé de rester là à attendre…
Finalement, Basuru est revenu. Adéline s’est retrouvé avec mon poulet, Anne-Sophie a hérité des œufs, Audrey de l’igname et moi des herbes de la montagne…. Un marabout de génie je vous dis !
Quelle île choisir aux Philippines pour plonger? English translation pending
Bonjour, nous partons 10 jours fin juin pour plonger au Philippines.Nous avons pensé aller à Cebu à Moal Boal, mais nous voulons avoir vos opinions sur cet endroit, ainsi que sur les autres îles, pour la plongée et nous voulons savoir avec quel club de plongée est-il mieux de plonger ? Nous sommes 2 plongeurs advanced et voulons faire autant de plongées avancées que de plongées open water, mais sans toutefois ne faire que du peu profond. Les pours et les contres ?
Alors opinions, expériences, quelle île choisir, quel club, etc? Hotel à recommander ?
Merci!
Alors opinions, expériences, quelle île choisir, quel club, etc? Hotel à recommander ?
Merci!
Hôtel Casa Marina Reef Resort à Puerto Plata English translation pending
Bonjour,
Je pars le 12 mars à l'hotel Casa Marina Reef à Puerto Plata en République dominicaine avec Promovacances. J'ai lu des bonnes et des moins bonnes critiques sur la propreté, des chambres, de la plage, des piscines, des sanitaires, bref, j'ai eu un voyage en promo, mais j'ai un peu peur de ce que je vais y trouver. Si quelqu'un connait, merci de me donner des informations exactes, y a t-il vraiment des avions qui survollent l'hôtel toute la journée ???
Merci par avance😕
PHILOU
Tour du monde "à la force des mollets" English translation pending
http://www.jeangabrielchelala.com/index1.html
étonnant qd meme ce gros sac a dos !!! pas de casque ? pas de gants ?
étonnant qd meme ce gros sac a dos !!! pas de casque ? pas de gants ?
Voyage romancé à Hué (Vietnam) English translation pending
Bonjour,
En 2004, je suis allée au Vietnam. A mon retour, j’ai écrit ce texte qui reprend la partie du voyage qui s’est déroulée à Hué pendant le Festival franco-vietnamien. J’y reprends mon vécu mais de façon romancée, c’est-à-dire que l’histoire est complètement fictive mais basée sur l’existant : les lieux, les personnes (dont j’ai changé les noms …), du ressenti. Le texte s’intitule « My », un prénom qui signifie beauté. Il raconte l’histoire d’une femme, Clélia Rivière qui se trouve à Hué pour écrire un guide touristique sur la ville. Comme c’est l’époque du festival franco-vietnamien de Hué, elle rencontre deux artistes, l’un Français, l’autre vietnamien qui rivalisent à tous les niveaux (art, civilisation, amour). Le récit est entrelardé d’extraits du guide touristique que la femme est en train d’écrire, ce qui permet au lecteur d’apprendre en même temps l’Histoire du lieu dans lequel se situe l’action.
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
* **
Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
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Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
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Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
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Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
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Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
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Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
* **
Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
* **
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Film: "Into The Wild" English translation pending
J'viens de voir la présentation du nouveau film de seann pen qui "a l'air" pas mal du tout, c Into The Wild.
Un jeune qui part a la découverte du monde et de lui même. Histoire vrai dont l'issue est bien sombre...c juste un ressenti en ayant vu la bande annonce, a voir il sort le 9 janvier prochain...
Aller sur Dugi Otok en camping-car? (Croatie) English translation pending
Bonjour,
est il possible d'aller en camping car sur Dugi Otok et y séjourner plusieurs jours
Merci de vos conseils jeanlucvb🙂
est il possible d'aller en camping car sur Dugi Otok et y séjourner plusieurs jours
Merci de vos conseils jeanlucvb🙂
Arnaque aux bijoux en Thaïlande: un rabatteur français English translation pending
l histoire d estelle et olivier ce 16 decembre 2007; dernier jour en thailande a bangkok...
depart de l hotel a midi...direction kao san road pour acheter un tee shirt convenable pour la visite de wat prah kao...arrives au bout de la rue, recherche du parcours approprie pour se rendre a l entree du temple.un peu derouté par cette jungle routiere...effectivement nous avons l'air perdu...un thai, sois disant prof d anglais nous aborde de maniere tres symphatique...un autre couple d etranger cherchant son chemin aussi est pres de nous...quelle chance ils ont eu d eviter la discussion avec ce "fameux" prof anglais. tres sympathique de prime a bord, il nous indique le chemin pour l entree du fameux temple...puis il engage la conversation sur d autres parcours a faire...petit un, un temple particulier: watsomanat; petit 2: un festival pour le roi sous le nom de watin; et enfin troisieme etape: le fameux SNP, export center. et comme par hasard un tuk tuk fait son apparition...le prof negociant le prix pour nous..."quelle aubaine"... nous nous sommes donc rendu a l etape numero un: le temple. et la, a l entree un francais, suivit d une anglo saxonne, nous ont emboite le pas. et sans preambule particulier; le francais s est adresse a nous: genre "ha" vous etes francais...etc...et il s est "sympathiquement" incruste dans notre visite, nous expliquant qu il connaissait bien le thailande...de la il a meme fait le "guide" touristique en nous donnant des explications sur le fonctionnement des temples et des defunts thais incineres...entre temps, la "touriste" anglosaxonne avait disparu...reflexion a posteriori pigeons anglofrancais ou anglosaxon...?car ils ont fait leur apparition en meme temps, voir cote a cote. pour info, j avais une certaine discussion avec mon mari, ce qui m a fait preter attention a leur apparition cote a cote...que malheureusement je n ai pas su interpreter... donc dans le temple le gars a ete tres sympa, nous racontant un peu sa vie, originaire de nantes, travaillant durant l ete sur les marches, prospectant durant notre hiver les fringues et autres choses qu il pouvait vendre en france, ainsi que les bijoux: a savoir 3 pieces maxi pour une valeur de 5000 euros max.facture a l appui, de ses voyages au laos et en indonesie, de ses enfants, etc...nous parlant aussi d autres magasins en dehors du fameux mbk, pour faire des achats vraiment competitifs...puis nous rejoignons notre tuk tuk, un certain temps s etait ecoule et nous pensions abuser du temps imparti de la ballade... et la notre "chauffeur" nous incite à nous rendre directement a l etape numero 3, a savoir snp, alors que la seconde etape prevoyait un "festival".on s est dit, en toute naivete, c est peut etre plus court comme ca pour lui et apres il nous emmene au festival...question de geographie routiere... et la il nous depose a la fameuse bijouterie snp.perso je ne m attendais pas a ca.peut etre que mon anglais n est pas au point, certainement meme, mais je n avais pas compris ca.je pensais, vu la maniere dont ca avait ete expose par le soit disant prof d anglais, qu il s agissait d un centre commercial...la suite, nous la connaissons tous: achat de bijoux a une valeur dix fois surevaluee... ce que nous devons vous dire c est que l an dernier, nous avons ete accostes de la meme maniere dans un autre temple, mais cette fois, d abord par un thai puis aussi par un francais, mais lui lyonnais... en y repensant, les deux thais portaient une grosse bague, certie d une pierre, a leur doigt... et en y repensant encore, que nous avons ete stupides... mais nous ne tenons pas a en rester la, je vous adresse la copie d une lettre envoyee a plusieurs personnes victimes de ce nantais: dont je remets la photo en ligne...avis aux dupes... une precision tout de meme, nous n avons pas pris cette photo nous meme.nous l avons trouvee par hasard en "sautant" de lien en lien sur les sujets relatifs a cette arnaque. je ne vous fait pas part de notre stupeur quand nous avons decouvert cette photo...!
http://www.geocities.com/..._francais_Nyon_1.jpg Bonjour,
Mon mari et moi sommes également victimes d'une arnaque aux bijoux. De fil en aiguille, parcourant plusieurs sites nous sommes tombés sur la description avec photo de ce fameux francais...qui nous rapelle étrangement le votre... Même si nous ne pouvons nous faire rembourser, nous ne tenons pas à en rester la. Nous avons déjà entrepris des démarches auprès de la police française, de l'ambassade thailandaise, du ministère des affaires étrangères en france, du ministère du commerce en thailande, d'une lettre adressée au roi, ainsi qu' à quelques journaux étrangers en thailande. Même si cela n'abouti à pas grand chose, c'est déjà une manière de réagir face à cette escroquerie...Si celà perdure depuis aussi longtemps c'est que personne n'a peut être jamais entrepris les démarches... Je vous sollicite pour vous joindre à nous comme témoins et victimes...c' est certainement de la naïveté mais nous aimons à croire que l'union fait la force... C'est un pays fabuleux, et c'est vraiment dommage que son image et la découverte de sa culture et de sa population(chaque rencontre pouvant devenir intéressée et devenir paranoïaque) soit atteinte par ce genre de pratique... Nous ne vous demandons que votre soutient en tant que victime dans nos démarches, comme vous le savez l'union fait la force...plus qu'une question d'argent, c 'est une question de principe!
La colère est en nous tous car chacun d'entre nous s'est fait duper. et à postériori on se dit que l'on à vraiment été naif....oui c'est vrai, pourquoi, comment...la question n'est plus là... La question est: avez vous envie d'en rester là...?n'avez vous pas envie de réagir face a cette ignominie? A quoi celà vous engage t il? je comprends cette question car mon mari et moi même nous la posons. Cela nous engage à la reconnaisance d'un préjudice, plus morale que financier. Pourquoi devrions nous porter ce "fardeau" à la place des vrais coupables...?
Dans l'attente de votre réaction et/ou votre soutien pour appuyer nos démarches....
Estelle et Olivier
estelle.ruaberchera@hotmail.fr guyot_olivier@yahoo.fr
depart de l hotel a midi...direction kao san road pour acheter un tee shirt convenable pour la visite de wat prah kao...arrives au bout de la rue, recherche du parcours approprie pour se rendre a l entree du temple.un peu derouté par cette jungle routiere...effectivement nous avons l'air perdu...un thai, sois disant prof d anglais nous aborde de maniere tres symphatique...un autre couple d etranger cherchant son chemin aussi est pres de nous...quelle chance ils ont eu d eviter la discussion avec ce "fameux" prof anglais. tres sympathique de prime a bord, il nous indique le chemin pour l entree du fameux temple...puis il engage la conversation sur d autres parcours a faire...petit un, un temple particulier: watsomanat; petit 2: un festival pour le roi sous le nom de watin; et enfin troisieme etape: le fameux SNP, export center. et comme par hasard un tuk tuk fait son apparition...le prof negociant le prix pour nous..."quelle aubaine"... nous nous sommes donc rendu a l etape numero un: le temple. et la, a l entree un francais, suivit d une anglo saxonne, nous ont emboite le pas. et sans preambule particulier; le francais s est adresse a nous: genre "ha" vous etes francais...etc...et il s est "sympathiquement" incruste dans notre visite, nous expliquant qu il connaissait bien le thailande...de la il a meme fait le "guide" touristique en nous donnant des explications sur le fonctionnement des temples et des defunts thais incineres...entre temps, la "touriste" anglosaxonne avait disparu...reflexion a posteriori pigeons anglofrancais ou anglosaxon...?car ils ont fait leur apparition en meme temps, voir cote a cote. pour info, j avais une certaine discussion avec mon mari, ce qui m a fait preter attention a leur apparition cote a cote...que malheureusement je n ai pas su interpreter... donc dans le temple le gars a ete tres sympa, nous racontant un peu sa vie, originaire de nantes, travaillant durant l ete sur les marches, prospectant durant notre hiver les fringues et autres choses qu il pouvait vendre en france, ainsi que les bijoux: a savoir 3 pieces maxi pour une valeur de 5000 euros max.facture a l appui, de ses voyages au laos et en indonesie, de ses enfants, etc...nous parlant aussi d autres magasins en dehors du fameux mbk, pour faire des achats vraiment competitifs...puis nous rejoignons notre tuk tuk, un certain temps s etait ecoule et nous pensions abuser du temps imparti de la ballade... et la notre "chauffeur" nous incite à nous rendre directement a l etape numero 3, a savoir snp, alors que la seconde etape prevoyait un "festival".on s est dit, en toute naivete, c est peut etre plus court comme ca pour lui et apres il nous emmene au festival...question de geographie routiere... et la il nous depose a la fameuse bijouterie snp.perso je ne m attendais pas a ca.peut etre que mon anglais n est pas au point, certainement meme, mais je n avais pas compris ca.je pensais, vu la maniere dont ca avait ete expose par le soit disant prof d anglais, qu il s agissait d un centre commercial...la suite, nous la connaissons tous: achat de bijoux a une valeur dix fois surevaluee... ce que nous devons vous dire c est que l an dernier, nous avons ete accostes de la meme maniere dans un autre temple, mais cette fois, d abord par un thai puis aussi par un francais, mais lui lyonnais... en y repensant, les deux thais portaient une grosse bague, certie d une pierre, a leur doigt... et en y repensant encore, que nous avons ete stupides... mais nous ne tenons pas a en rester la, je vous adresse la copie d une lettre envoyee a plusieurs personnes victimes de ce nantais: dont je remets la photo en ligne...avis aux dupes... une precision tout de meme, nous n avons pas pris cette photo nous meme.nous l avons trouvee par hasard en "sautant" de lien en lien sur les sujets relatifs a cette arnaque. je ne vous fait pas part de notre stupeur quand nous avons decouvert cette photo...!
http://www.geocities.com/..._francais_Nyon_1.jpg Bonjour,
Mon mari et moi sommes également victimes d'une arnaque aux bijoux. De fil en aiguille, parcourant plusieurs sites nous sommes tombés sur la description avec photo de ce fameux francais...qui nous rapelle étrangement le votre... Même si nous ne pouvons nous faire rembourser, nous ne tenons pas à en rester la. Nous avons déjà entrepris des démarches auprès de la police française, de l'ambassade thailandaise, du ministère des affaires étrangères en france, du ministère du commerce en thailande, d'une lettre adressée au roi, ainsi qu' à quelques journaux étrangers en thailande. Même si cela n'abouti à pas grand chose, c'est déjà une manière de réagir face à cette escroquerie...Si celà perdure depuis aussi longtemps c'est que personne n'a peut être jamais entrepris les démarches... Je vous sollicite pour vous joindre à nous comme témoins et victimes...c' est certainement de la naïveté mais nous aimons à croire que l'union fait la force... C'est un pays fabuleux, et c'est vraiment dommage que son image et la découverte de sa culture et de sa population(chaque rencontre pouvant devenir intéressée et devenir paranoïaque) soit atteinte par ce genre de pratique... Nous ne vous demandons que votre soutient en tant que victime dans nos démarches, comme vous le savez l'union fait la force...plus qu'une question d'argent, c 'est une question de principe!
La colère est en nous tous car chacun d'entre nous s'est fait duper. et à postériori on se dit que l'on à vraiment été naif....oui c'est vrai, pourquoi, comment...la question n'est plus là... La question est: avez vous envie d'en rester là...?n'avez vous pas envie de réagir face a cette ignominie? A quoi celà vous engage t il? je comprends cette question car mon mari et moi même nous la posons. Cela nous engage à la reconnaisance d'un préjudice, plus morale que financier. Pourquoi devrions nous porter ce "fardeau" à la place des vrais coupables...?
Dans l'attente de votre réaction et/ou votre soutien pour appuyer nos démarches....
Estelle et Olivier
estelle.ruaberchera@hotmail.fr guyot_olivier@yahoo.fr
Faire venir une Chinoise en France pour y habiter? English translation pending
bonjour a tous, je suis francais et je suis trés amoureux d'une gentille chinoise vivant a shenzhen.. nous voudrions vivre ensemble et j'aimerais la faire venir en france... je voudrais savoir comment mis prendre pour ce satané visa, sachant que le marriage avec elle ne me fait pas peur...au contraire cela nous plairait beaucoup.. mon idée de base aurait était de la faire venir avec un visa touristique ici pour 3 mois, et éventuellement arriver a nous marrier en france avant la fin du delai.. il est aussi possible, je pense, qu'une fois en france elle puisse s'inscrire dans une école pour aprendre le francais, par example. mon problème concerne les visas, lequel éssayer d'avoir, les démarches a suivre, les formalités et les papiers necessaires en chine et en france... pour moi toutes suggestions, conseils et avis sont les bienvenus.. si vous avez réussis a faire venir une gentille femme de chine en france et vous marrier ici avec, vos récis et conseils me seront précieux.. merci a tous et a toutes de votre attention Niko
Les voyages en avion: applaudissements à l'atterrissage! English translation pending
Le groupe "Pour l'interdiction d'applaudir à l'atterrissage" rencontre un succès grandissant jour après jour...
Pour ceux qui sont sur facebook, rejoignez le !
C'est vrai quoi c'est horripilant les gens qui applaudissent à peine l'avion a touché le sol...c'est pas une parodie de Gad Elmaleh, cela existe dans la réalité...
Pour ceux qui sont sur facebook, rejoignez le !
C'est vrai quoi c'est horripilant les gens qui applaudissent à peine l'avion a touché le sol...c'est pas une parodie de Gad Elmaleh, cela existe dans la réalité...
Avis sur itinéraire de 24 jours aux Etats-Unis English translation pending
Bonjour,
Avec ma femme, nous partons en voyage de noce qux Etats-Unis.
je souhaiterais savoir ce que vous pensez du planning qu'on s'est fait :
Date Ville Hôtel 02-juin-08 vol Paris Los Angeles Comfort West Sunset** 03-juin-08 Los Angeles Comfort West Sunset** 04-juin-08 Death Valley Furnace Creek Ranch*** 05-juin-08 Las Vegas Excalibur***(sur le strip) 06-juin-08 Las Vegas Excalibur***(sur le strip) 07-juin-08 Grand Canyon Yavapai lodge West** (dans le parc) 08-juin-08 Page Quality Inn** 09-juin-08 Monument Valley BW Wetherhill** 10-juin-08 Moab Comfort Suites*** 11-juin-08 Moab Comfort Suites*** 12-juin-08 Moab Comfort Suites*** 13-juin-08 Bryce Canyon Bryce Valley Inn** 14-juin-08 Bryce Canyon Bryce Valley Inn** 15-juin-08 Salt Lake City BW Garden Inn** 16-juin-08 Yellowstone / West Yellowstone Holiday Inn Sunspree Resort***(hors parc) 17-juin-08 Yellowstone / West Yellowstone Holiday Inn Sunspree Resort***(hors parc) 18-juin-08 Yellowstone / West Yellowstone Holiday Inn Sunspree Resort***(hors parc) 19-juin-08 Twin Falls (Idaho) Comfot Inn** 20-juin-08 Carlin proche Elko (Nevada) Comfort Inn** 21-juin-08 Lake Tahoe Quality Inn** 22-juin-08 San Francisco Handlery**** 23-juin-08 San Francisco Handlery**** 24-juin-08 vol retour 25-juin-08 arrivée en France
On s'est inspiré des conseils d'une agence qui nous a dit qu'il serait dommage de ne pas faire Yellowstone. Cela nous fait de la route, mais il parait que ça vaut le coup.
Si il y en a qui sont allés dans les hôtels cités, merci de bien vouloir nous dire ce qu'ils en ont pensé.
Date Ville Hôtel 02-juin-08 vol Paris Los Angeles Comfort West Sunset** 03-juin-08 Los Angeles Comfort West Sunset** 04-juin-08 Death Valley Furnace Creek Ranch*** 05-juin-08 Las Vegas Excalibur***(sur le strip) 06-juin-08 Las Vegas Excalibur***(sur le strip) 07-juin-08 Grand Canyon Yavapai lodge West** (dans le parc) 08-juin-08 Page Quality Inn** 09-juin-08 Monument Valley BW Wetherhill** 10-juin-08 Moab Comfort Suites*** 11-juin-08 Moab Comfort Suites*** 12-juin-08 Moab Comfort Suites*** 13-juin-08 Bryce Canyon Bryce Valley Inn** 14-juin-08 Bryce Canyon Bryce Valley Inn** 15-juin-08 Salt Lake City BW Garden Inn** 16-juin-08 Yellowstone / West Yellowstone Holiday Inn Sunspree Resort***(hors parc) 17-juin-08 Yellowstone / West Yellowstone Holiday Inn Sunspree Resort***(hors parc) 18-juin-08 Yellowstone / West Yellowstone Holiday Inn Sunspree Resort***(hors parc) 19-juin-08 Twin Falls (Idaho) Comfot Inn** 20-juin-08 Carlin proche Elko (Nevada) Comfort Inn** 21-juin-08 Lake Tahoe Quality Inn** 22-juin-08 San Francisco Handlery**** 23-juin-08 San Francisco Handlery**** 24-juin-08 vol retour 25-juin-08 arrivée en France
On s'est inspiré des conseils d'une agence qui nous a dit qu'il serait dommage de ne pas faire Yellowstone. Cela nous fait de la route, mais il parait que ça vaut le coup.
Si il y en a qui sont allés dans les hôtels cités, merci de bien vouloir nous dire ce qu'ils en ont pensé.
Bravo à ceux qui viennent en Birmanie English translation pending
Je viens de rentrer en Birmanie apres un voyage de dix jours et j'ai eu l'agreable surprise d'enfin voir des touristes profiter du temps superbe qu'il fait et de ce pays merveilleux. Je m'incline devant ces gens qui ont compris que leur presence est plus souhaitable ici qu'a se plaindre du systeme devant leur tele.
Pour tous ceux qui ont le coeur et la presence d'esprit de venir, je dis bravo et a bientot. Le systeme est une chose (une bande de connards a l'uniforme couleur caca), le peuple une autre.
dadoo
dadoo
Fragments de voyage I/II: d'Istanbul à Jakarta par la route English translation pending
J'entreprends un périple de 3 mois et plus jusqu'aux portes de l'Asie. Je vous livrerai en vrac mes impressions sous forme de carnet de bord, d'anecdotes, d'émotions brutes et aussi des informations pratiques. J'essaierai autant que possible d'écrire sur le vif et de vous envoyer quelques photos.
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction Kilyos
SUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎
Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Pour passer directement au chapitre II des fragments de voyage le 21 février 2012 c'est ici : Fragments de voyage II : Istanbul-Téhéran-Lahore-Chengdu-Bangkok-Jakarta par la route
fraternellement Eric mosquée de Soleyman le Magnifique

PARFUMS D'ORIENT ISTANBOULIOTES
19-20-21-22-23-24 octobre Lyon-Strasbourg-Bâle-Istanbul
Des rues bruyantes et bigarrées. Des gens partout qui s'affairent, un ballet continu ponctué de coups de klaxons et des sirenes des bateaux, rythmé par l'appel du Muezzin, répercuté tel un écho dans toutes les mosquées majestueuses de la cité. Quel meilleur endroit pour commencer ce voyage si ce n'est Istanbul, carrefour et porte de l'Orient. C'est ma 4eme fois ici et je m'y sens bien, une ville attachante. Le soleil est de la partie. Je me balade dans le vieil Istanbul. A Eminonu, des gens qui pêchent, le pont de Galata est hérissé de cannes à pêche. Sur des bateaux amarrés le long des quais, des hommes font frire le poisson que l'on peut déguster dans des pains avec des oignons au bord de la Corne d'Or. Je me perds dans les ruelles qui remontent vers le grand bazar. Bain de foule. Des tas de drapeaux turcs pendent aux fenêtres, d'autres recouvrent des pans entiers de murs. Tout cela se passe dans tout le pays. Des manifs se déroulent un peu partout. Hommage aux soldats martyrs tombés au combat dans l'est. A la TV, des images passent en boucle, des généraux revanchards sont propulsés sur le devant de la scene. A qui profite cette inflation de violence ? une chose est sûre, pas à la population kurde de Turquie.
Pêcheurs sur les quais d'Eminonu au fond la mosquée de Suleiman le Magnifique
Infos pratiques
Arrivée à l'aéroport Ataturk
prendre le métro (jeton 1, 30 YTL) jusqu'à Aksaray, puis le Tramway (jeton 1, 30 YTL) direction Sultanahmet ou Taksim
Arrivée à l'aéroport de Sabiha Gocken
prendre la navette ( à droite en sortant 3 YTL) E10 jusqu'à l'embarcadère de Kadikoy, puis le ferry (jeton 1, 10 YTL) jusqu'à Eminonu. Ensuite prendre le Tramway, soit direction Taksim (de l'autre coté du pont de Galata) soit direction Aksaray/Sultanahmet
Pour se loger, pléthore d'hôtels bon marché du coté de Sultanahmet derriere la Mosquée Bleue.
Pour manger : Eviter le quartier de Sultanahmet
Pour le change : changer le strict minimum a l'aéroport, taux plus avantageux autour du Grand Bazar
Pour aller au bord de la Mer Noire
Prendre un bus (du coté d'Eminonu) direction Sariyer sur le Bosphore, ensuite prendre un Dolmus direction KilyosSUR LA ROUTE DE LA SOIE...QUELQUE PART ENTRE SIVAS ET TERCAN
Istanbul-Erzurum 24-25 octobre
Aujourd'hui, je trace sur Erzurum. Il pleut légerement. Je me rend à l'immense otogar au nord d'Istanbul et je prend le bus de 16h. Cela m'arrange car j'ai ma demande de visa iranien à déposer au plus vite et ensuite, sachant qu'il faut 10 jours pour l'obtenir, je compte visiter l'est. Bus de nuit. 1375 kms à parcourir. Mon voisin ne parle pas Anglais, nous communiquons par gestes et par bribes de mots turcs pris dans mon lexique🙂. La TV diffuse le match de foot Besiktas-Liverpool, les Turcs sont fondus de football, ca tombe bien moi aussi.😏 A l'aube, en consultant ma carte, je réalise que nous empruntons la route de la Soie, route mythique pour bien des voyageurs, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet étaient passés par ici en 1953. Nous roulons au milieu d'une vallée entourée de puissantes montagnes, la végétation est rare, quelques troupeaux de moutons paissent. Le climat doit être rude en hiver. Et premiere émotion : nous croisons l'Euphrate (en Turc : Firat). Depuis mon enfance, je suis fasciné par les grands fleuves, mon voyage qui s'annonce en sera parsemé. Et hop🙂 une photo pour immortaliser l'instant.
Arrivée à Erzurum fin de matinée. Il fait beau, une chance car la température peut descendre très bas en cette période de l'année. Il y a une station de ski pas loin d'ici. Je me rend au consulat en marchant😎. Accueil austere mais correct, j'avais préparé les formulaires mais il n'en veut pas et je dois m'y coller une nouvelle fois. Puis il faut aller courir jusque dans le centre à la banque Oyak pour payer les frais de visa, heureusement un chauffeur de taxi qui m'avait vu poirauter devant le bureau, m'attend et m'amène sans hésiter à la banque puis fait le retour. Apparemment, il a l'habitude de la procédure😉
Passage éclair dans cette ville, je prendrai plus de temps dans 10 jours pour la visiter. Maintenant, je file sur Malatya. Bus de nuit. Jamais bu autant de thé et autant les mains parfumées d'eau de cologne🙂🙂.
Otogar de Malatya à 2h du matin, je décide de finir la nuit ici, il y a des sièges confortables😉. J'irai chercher un hôtel le matin.
Mes 4 premieres nuits
1 à l'aéroport/1 à l'hôtel /1 dans le bus/1 dans l'otogar de Malatya, vive les voyages😎Infos pratiques Trajet Istanbul-Erzurum 55 YTL par la compagnie Esadas Trajet Erzurum-Malatya 40YTL par la compagnie Bingol 1 Bouteille d'eau 1l : 0, 50YTL 1 pide ou galette : 0, 30 YTL Demande de visa iranien : 2 photos/2 formulaires remplis a la main/copies des pages importantes du passeport/60 euros ou 103 YTL payables a la banque Oyak
Interpol lance un appel pour identifier un pédophile au Vietnam et Cambodge English translation pending
Je viens de voir cet article çi-dessous faire suivre, encore un détraqué dans la nature .
L'identité et la nationalité de l'homme soupçonné de ces abus sexuels sur des enfants, dont les plus jeunes sont âgés de six ans et les plus grands sont adolescents, n'ont pas pu être déterminées. Selon Interpol, l'homme voyagerait autour du monde pour assouvir ses penchants. «Nous avons essayé par tous les moyens possibles de l'identifier et de le traduire en justice mais nous sommes maintenant convaincus que sans l'aide du public, ce prédateur sexuel pourra continuer à violer et à abuser sexuellement des enfants», a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Ronald K. Noble, cité par Interpol. . Suite ICI .
L'identité et la nationalité de l'homme soupçonné de ces abus sexuels sur des enfants, dont les plus jeunes sont âgés de six ans et les plus grands sont adolescents, n'ont pas pu être déterminées. Selon Interpol, l'homme voyagerait autour du monde pour assouvir ses penchants. «Nous avons essayé par tous les moyens possibles de l'identifier et de le traduire en justice mais nous sommes maintenant convaincus que sans l'aide du public, ce prédateur sexuel pourra continuer à violer et à abuser sexuellement des enfants», a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Ronald K. Noble, cité par Interpol. . Suite ICI .
Voyage en Birmanie? English translation pending
Ayant acheter mes billets d'avion pour la Birmanie : départ le 04/11 et retour le 26/11 un membre peut-il me renseigner si je dois tenter ce voyage sans trop de risques vu les évènements.
Si une personne a des renseignements, peut-elle m'indiquer quels sont les horaires du couvre-feu et si les pagodes de Rangoon et mandalay sont autorisées à la visite
merci à tous
PADDY
merci à tous
PADDY
Kirghizistan: attention au CBT Jalal-Abat English translation pending
Bonjour,
Nous revenons d'un voyage d'un mois entre Ouzbékistan et Kirghizistan. Je tenais à vous raconter mes mésaventures avec les services du CBT à Jalal-Abat.
Nous nous étions mis d'accord le jeudi pour le lundi pour que le CBT organise une voiture 4x4 pour effectuer le trajet Jalal-Abat >> Kazarman (route réputée très mauvaise et qui nécessite donc un véhicule spécial). Le CBT nous affirme qu'il n'y a aucun problème et nous donne rendez-vous pour le lundi 23/07 au bureau du CBR pour un départ immédiat.
Nous la rappellerons plusieurs fois pour confirmer que tout sera ok. Je lui demande notamment que ce passera-t-il si le chauffeur peine à trouver d'autres voayageurs. Le CBT m'assure qu'il n'y a pas de problème et que le coût sera de 600 soms par persoone (nous sommes deux), dans tous les cas.
Nous nous rendons donc expressément depuis Osh à Jalal-Abat pour y passer la nuit le dimanche soir. Le lundi à 9h, le CBT est fermé et personne ne se pointe avant 9h30. Pas de 4x4. Le CBT ne s'excuse pas. Vers 10h30 arrive la 4x4 avec un seul passager (il en faudrait 5 au total pour partir). Le chauffeur n'a pas trouvé d'autres passagers et le CBT nous demande maintenant 1000 soms pour partir!
Nos plaintes au CBT serviront à rien. Visiblement ils en ont rien à faire. Il faut payer le prix fort pour partir, un point c'est tout.
Bien sûr nous avons refusé de rentrer dans leur combine afin qu'ils comprennent que l'on ne peut pas abuser des touristes de la sorte. Aucune excuse pour les problèmes de logistique nous ont été présentées. Nous avons rempli sur place un formulaire exprimant notre mécontentement mais je suis sûr que ça ne servira à rien. Le CBT dort sur ses lauriers et n'a aucun sens du service.
Nous avons dû changer complètement d'itinéraire (nous sommes passés par la vallée de Suusamir) et avons perdu 48h dans notre voyage.
Notre conseil: ne faites pas confiance au CBT de Jalal-Abat et éviter absolument leurs services (notamment pour le trajet Jalal-Abat > Kazarman.
Bon voyage à tous. Nos récits de voyage sur http://tinyearth.blogspot.com/
Nous revenons d'un voyage d'un mois entre Ouzbékistan et Kirghizistan. Je tenais à vous raconter mes mésaventures avec les services du CBT à Jalal-Abat.
Nous nous étions mis d'accord le jeudi pour le lundi pour que le CBT organise une voiture 4x4 pour effectuer le trajet Jalal-Abat >> Kazarman (route réputée très mauvaise et qui nécessite donc un véhicule spécial). Le CBT nous affirme qu'il n'y a aucun problème et nous donne rendez-vous pour le lundi 23/07 au bureau du CBR pour un départ immédiat.
Nous la rappellerons plusieurs fois pour confirmer que tout sera ok. Je lui demande notamment que ce passera-t-il si le chauffeur peine à trouver d'autres voayageurs. Le CBT m'assure qu'il n'y a pas de problème et que le coût sera de 600 soms par persoone (nous sommes deux), dans tous les cas.
Nous nous rendons donc expressément depuis Osh à Jalal-Abat pour y passer la nuit le dimanche soir. Le lundi à 9h, le CBT est fermé et personne ne se pointe avant 9h30. Pas de 4x4. Le CBT ne s'excuse pas. Vers 10h30 arrive la 4x4 avec un seul passager (il en faudrait 5 au total pour partir). Le chauffeur n'a pas trouvé d'autres passagers et le CBT nous demande maintenant 1000 soms pour partir!
Nos plaintes au CBT serviront à rien. Visiblement ils en ont rien à faire. Il faut payer le prix fort pour partir, un point c'est tout.
Bien sûr nous avons refusé de rentrer dans leur combine afin qu'ils comprennent que l'on ne peut pas abuser des touristes de la sorte. Aucune excuse pour les problèmes de logistique nous ont été présentées. Nous avons rempli sur place un formulaire exprimant notre mécontentement mais je suis sûr que ça ne servira à rien. Le CBT dort sur ses lauriers et n'a aucun sens du service.
Nous avons dû changer complètement d'itinéraire (nous sommes passés par la vallée de Suusamir) et avons perdu 48h dans notre voyage.
Notre conseil: ne faites pas confiance au CBT de Jalal-Abat et éviter absolument leurs services (notamment pour le trajet Jalal-Abat > Kazarman.
Bon voyage à tous. Nos récits de voyage sur http://tinyearth.blogspot.com/
Voyageurs, êtes-vous heureux? English translation pending
En parcourant les différents messages de ce forum que je consulte plus que ne fréquente depuis maintenant 2 ans, j'ai la désagréable impression de lire un nombre incalculable de temoignages de gens aigris, tristes pour qui le voyage serait une libération, un moyen d'echapper au "mechant Occident qui mange tout vilain pas beau egoiste"
Ne voyagez vous que pour fuire votre quotidien? Est ce que ça marche? Ne trouvez vous pas surprenant de vouloir fuire et de cracher sur un systeme que les 90 % de la planete nous envie?
Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas un mechant neo liberal, non, je rale aussi, je suis plutot dubitatif (le mot est faible) quant au virement securitaire de notre chere France ... mais voila, je suis globalement heureux ici ... est ce mal? Et le pire, c'est que ça ne m'empeche pas du tout d'avoir envie de voyager loin de la ... mais je ne le fais pas pour fuire.
Bref, ça m'est passé par la tete, pour ceux qui se sentiraient visés, ne le prenez pas mal, je m'interroge juste...
😎
Ne voyagez vous que pour fuire votre quotidien? Est ce que ça marche? Ne trouvez vous pas surprenant de vouloir fuire et de cracher sur un systeme que les 90 % de la planete nous envie?
Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas un mechant neo liberal, non, je rale aussi, je suis plutot dubitatif (le mot est faible) quant au virement securitaire de notre chere France ... mais voila, je suis globalement heureux ici ... est ce mal? Et le pire, c'est que ça ne m'empeche pas du tout d'avoir envie de voyager loin de la ... mais je ne le fais pas pour fuire.
Bref, ça m'est passé par la tete, pour ceux qui se sentiraient visés, ne le prenez pas mal, je m'interroge juste...
😎
Recherches contacts de classes francophones/instituteurs en Thaïlande/Vietnam/Cambodge/Laos English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis en train de donner un cadre beaucoup plus global à mon voyage de 6 mois en Asie du Sud Est (départ novembre prochain), en phase avec mes engagements et convictions personnelles.
Je suis donc en train de monter une association dont l'objectif est de sensibiliser à l'action écologique (écologie dans le sens global: environnement, société etc.) car il me semble que le noeud du problème réside dans le passage de la sensibilisation à l'action. Et ce en activant des leviers très divers: le témoignage, la participation, l'engagement, l'art, l'éducation..
Le voyage constitue la première étape, dans laquelle je serais une observatrice itinérante (et surtout pas un experte: en effet, l'idée est de reconquérir notre capacité de sentir, voir, écouter etc..et AGIR!), observatrice des créativités déployées en termes d'écologie, mais aussi autour du thème de l'éco-tourisme.
Mon premier outil (avant de monter des évènements de sensibilisation ici à mon retour) serait un blog à double entrée: adulte et enfants.
Concernant les enfants, j'aimerais mettre en correspondance des classes ici, avec des classes francophones en Thailande, Vietnam, Laos, Cambodge. Pour que les enfants échangent entre eux, découvrent l'autre dans sa vie (autant ici qu'en Asie), avec un thème central qui serait l'apprentissage de comportements écologiques.
QUESTION: avez-vous des contacts dans l'éducation avec qui je pourrais me mettre en relation, et proposer cet échange?
Vos idées, suggestions sont les bienvenues.
Un grand merci Zineb
Je suis en train de donner un cadre beaucoup plus global à mon voyage de 6 mois en Asie du Sud Est (départ novembre prochain), en phase avec mes engagements et convictions personnelles.
Je suis donc en train de monter une association dont l'objectif est de sensibiliser à l'action écologique (écologie dans le sens global: environnement, société etc.) car il me semble que le noeud du problème réside dans le passage de la sensibilisation à l'action. Et ce en activant des leviers très divers: le témoignage, la participation, l'engagement, l'art, l'éducation..
Le voyage constitue la première étape, dans laquelle je serais une observatrice itinérante (et surtout pas un experte: en effet, l'idée est de reconquérir notre capacité de sentir, voir, écouter etc..et AGIR!), observatrice des créativités déployées en termes d'écologie, mais aussi autour du thème de l'éco-tourisme.
Mon premier outil (avant de monter des évènements de sensibilisation ici à mon retour) serait un blog à double entrée: adulte et enfants.
Concernant les enfants, j'aimerais mettre en correspondance des classes ici, avec des classes francophones en Thailande, Vietnam, Laos, Cambodge. Pour que les enfants échangent entre eux, découvrent l'autre dans sa vie (autant ici qu'en Asie), avec un thème central qui serait l'apprentissage de comportements écologiques.
QUESTION: avez-vous des contacts dans l'éducation avec qui je pourrais me mettre en relation, et proposer cet échange?
Vos idées, suggestions sont les bienvenues.
Un grand merci Zineb
Mariage d'un Marocain en Suisse English translation pending
bonjours, je suis un marocain résidant au maroc, je connais une fille suisse et on veut se marrier en suisse, est ce quelqu'un pourrait me donner des renseignements sur les procedures à suivre, et est ce que je peux me marrier en suisse si j'obtient un visa tourist pour la suisse..
merci
Brésil: quelques conseils pour voyager tranquillement English translation pending
Voici quelques astuces pour voyager tranquillement au Brésil :
1) Assurez-vous d’avoir votre passeport en ordre. 2) Prenez toujours votre carte d’identité nationale car elle vous sera exigée par votre ambassade en cas de problème sur place. 3) Vous avez droit à 90 jours de visa touristique en arrivant mais vous pouvez le faire faire prolonger de 90 jours au service passeport de la Policia Federal située dans chaque grande ville et capitale d’état. Il vous en coûtera +/- 23 Reals de taxe que vous devrez payer dans une banque et retournez avec votre reçu pour récupérer votre passeport prolongé de 90 jours. « Lors de votre entrée sur le territoire brésilien, vous recevez un papier cacheté par la Policia Federal avec votre date d’entrée sur le territoire. Ne le perdez surtout pas car il vous sera demandé lors de la prolongation des 90 jours sur place et lorsque vous allez quittez le territoire brésilien. » 4) Pour un séjour de plus de deux mois, je vous conseille d’aller dans une Banco do Brasil pour faire faire votre CPF qui est un numéro fiscal qui vous sera exigé pour presque tout. Exemple : Garantie d’appareil, Activation d’une carte de Gsm pré payé, payement on-line d’un billet d’avion d’une ligne intérieur Gol via le net autre que par Americain Express, etc…
Pour chaque pays étranger, il existe un code fiscal pour le CPF (exemple : Belgique 086). Vous pourrez imprimer le formulaire d’inscription avec le code fiscal de votre pays d’origine sur ce lien : http://www.receita.fazenda.gov.br/Aplicacoes/ATCTA/CpfEstrangeiro/fcpf.asp
Une fois la première année passée, n’oubliez pas de refaire revalider votre CPF à partir de août jusqu’à novembre sur le site Web de la Receita Federal http://www.receita.fazenda.gov.br
Si vous êtes sur place, beaucoup de Cyber Cafés vous proposerons de faire votre déclaration annuelle du CPF pour la modique somme de 1 Real !!! Si non, il vous en coûtera 4, 50 Reals dans une Banco do Brasil, Correio, Caixa Federal.
N.B. : « Petit conseil perso » : Lors de votre demande de CPF à Banco do Brasil, ils vont vous demandez pourquoi vous voulez avoir ce CPF ? Vous répondez tout simplement que c’est pour ouvrir un compte ou immatriculer un véhicule même si c’est pas votre cas car après cela, vous serrez tranquille car sans le CPF vous ne faites pas grand-chose au Brésil. Vous trouverez votre fiche d’inscription à faire valider par Banco do Brasil avec une taxe de 4, 50 Reals à payer en espèces sur place et vous rendre après à la Receita Federal pour faire valider votre inscription. Une adresse facultative au Brésil (maison d’un ami, hôtel où vous résidez, etc…) vous sera exigée pour la réception de votre carte CPF via la poste dans les 30 jours qui suivent la validation de votre inscription. En attendant, gardez le reçu avec votre numéro car vous pourriez déjà en faire usage.
5) Prenez une carte pré payé pour téléphone mobile chez un revendeur (tous sauf Vivo qui n'est pas compatible avec les Gsm). Elle vous coûtera 19 Reals en moyenne selon l’opérateur de votre choix. Mais attention ! Ne laissez pas le revendeur enregistrer votre numéro Imei de votre Gsm européen car vous ne pourrez plus qu’utiliser le réseau avec lequel le revendeur a fiché votre numéro d’Imei ! Faites uniquement l’inscription de la carte SIM pré payé et glissez la vous-même dans votre téléphone mobile. À chaque fois que vous allez changer de zone téléphonique, allez acheter une nouvelle carte SIM (appelé "CHIP") avec un numéro local car si non, pour chaque appel reçu, vous serrez facturé comme en étant en roaming étant donné que vous ne serrez plus dans le même préfixe ! Exemple: Esperito Santo (préfixe 27) et São Paulo Interior (Préfixe 16 ou 19).
Les opérateurs brésiliens font régulièrement des promotions, donc à vous de choisir la meilleure.
Pour les sms vers l’Europe, prenez l’opérateur Claro car c’est le seul qui va vous les facturer au prix d’un sms national. 0, 30 Real/sms au lieu de 1, 50 Real en moyenne avec les autres opérateurs.
Pour les communications vers l’Europe, prenez une carte pré payé (cartão pre pago 21) d’Embratel car c’est le moins chers que vous trouverez pour appeler vos amis ou votre famille en Europe. Vous en trouverez au Correio (la Poste) ou achetez un micro casque et des crédits Skype 0ut et appelez l’Europe pour 4 Euros Cents la minute via Internet.
Pour les communications nationales, composez le 0 + choix de l’opérateur, plus le préfixe plus le numéro du correspondant. Exemple : Mr X à Rio : 0xx(21) 123456789
Pour les communications locales, le choix de l’opérateur n’est pas nécessaire et pour les communications internationales le 00xx + le code du pays est exigé.
6) Pour les retraits d’argent local, utilisez Master Card, Maestro, Cirrus, Visa, Americain Express dans les distributeurs HSBC (1000Reals maxi), Bradesco (600 Reals maxi), Banco 24 horas (500Reals maxi).
Pour le cours du change du jour, consultez http://www.x-rates.com/d/BRL/table.html
Pour les transferts via la Western Union, n’importe quelle Banco do Brasil vous offrira ce service. Mais attention ! Encore une fois, faites faire votre CPF avant d’encaisser votre dû de la Western Union car si non, vous devriez attendre des heures pour l’encaisser uniquement sous présentation de votre passeport !
Inutile de vous rappelez aussi qu’il va de soit d’être extrêmement prudent avec vos retraits d’argent car les banques des grandes villes restent la cible favorite des pickpockets et des agresseurs ! Petit conseil : Retirez par 500Reals et gardez une partie planquée à l’hôtel et l’autre en petites coupures de 1, 2, 5, 10 Reals dans une poche bien fermée.
Évitez de répondre avec gentillesse aux mendiants ou autres personnes vous interpellant en rue car vous serrez vite une proie facile pour eux surtout lorsqu’ils verront que vous n’êtes pas du coin dû à votre accent et aussi, évitez de porter des bijoux ou autres objets de valeurs et ceci, surtout dans les grande villes...
7) Pour ce qui est des transports en communs, le Brésil n’est vraiment pas chers du tout ! Il vous coûtera une moyenne de 15 centimes de Real du Km. Mais parfois, pour 20 ou 30 Reals en plus, vous pouvez vous rendre à votre destination en avion plutôt qu’en Bus.
En ville, pour économiser, faites appel à une « moto taxi » qui est 4x mois chers qu’un taxi normal ou empreintez les transports en communs comme les bus, le métro.
8) Visa de tourisme : Le visa pour le Brésil n’est pas nécessaire dans les cas de voyages touristique ou d’affaires, pour un séjour n’excédant pas 90 jours, pour les ressortissants des pays suivants: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chili, Corée du Sud, Costa Rica, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Honduras, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Luxembourg, Macao (*), Maroc, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ordre S.M. Malte, Paraguay, Pays Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume Unis, Saint Marin, Saint Siège, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Surinam, Thaïlande, Trinité et Tobago, Tunisie, Turquie et Uruguay.
Le séjour peut être prolongé de 90 jours, avec l'autorisation préalable de la Police Fédérale brésilienne. Les démarches doivent être faites au Brésil, auprès de la Police Fédérale. Le séjour ne peut pas excéder 180 jours par an.
Un passeport d'une validité minimum de 6 mois à compter de votre entrée au Brésil.
9) Shopping : Prenez un minimum de vêtements quand vous partez car le Brésil est très bon marché pour tout ce qui n’est pas importé. Chemises, Costumes, Cravates, Bermudas, Shorts, T-shirts, Vestes en Cuir, Pantalons classiques, Mocassins. N.B. : Chaussures de sport de marques américaines et Jeans de marques américaines, À ÉVITER !!! Plus chers qu’en Europe !!!
10) Nourritures : Je vous conseille de fréquenter des «Churrascaria» qui sont des restaurants grils brésiliens où vous payez un forfait et des serveurs passent en continu avec de grands morceaux de viandes grillés. Si non, je vous conseille d’essayer la « Pastel » qui est de la viande de bœuf, poulet, jambon, fromage, etc… enrobés dans une pâte feuilletée et cuite dans l’huile. C’est délicieux ! Vous pouvez aussi trouver toutes sortes de snacks et fast foods pour un prix très démocratique ! N.B. : Évitez les marchants ambulants qui vendent des brochettes cuitent au barbecue car la qualité de la viande et sa provenance n’est jamais sûr !!!
11) Régions à visiter sans vaccins quelconques : Je vous conseille de voyager en dehors de Rio de Janeiro et de São Paulo pour plus de sécurité et plus de calme car ce sont deux grandes métropoles où il faut quand même être bien habitué et bien savoir ce qu’il ne faut faire et pas faire avant de s’y aventurer ! Je vous conseillerais vivement le littoral Sud (de décembre à mai), Sud-Est (toute l’année) et Nord-Est (toute l’année) du Brésil avec les états de Rio Grande do Sul, Santa Catarina avec sa célèbre plage de Camburiu, la ville balnéaire de Buzios (le St Tropez du Brésil) dans l’état de Rio de Janeiro, la ville à l’ambiance nocturne de Franca dans l’état de São Paulo, la ville historique de Vila Velha dans l’état du Esperito Santo, la ville de Salvador avec son plus vieux port de tout le pays, les états du Recife et Maranhão où vous pourriez trouver des plages et des dunes de sables blancs comme si vous étiez sur une île du Pacifique. Conseil Perso: Évitez vraiment la région de Goiânia-Goiás Velho car elle n’est vraiment pas très accueillante du tout et voir même très raciste envers les étrangers européens ou autres et ceci ne reflète vraiment pas la bonne image qu’on peut avoir de ce si beau pays qui est le Brésil !!!
Voilà, j’espère que ces conseils personnels vous porteront chance et j’espère que tout comme moi vous saurrez appréciez la beauté de ce pays et l’accueille chaleureux de ses habitants…
1) Assurez-vous d’avoir votre passeport en ordre. 2) Prenez toujours votre carte d’identité nationale car elle vous sera exigée par votre ambassade en cas de problème sur place. 3) Vous avez droit à 90 jours de visa touristique en arrivant mais vous pouvez le faire faire prolonger de 90 jours au service passeport de la Policia Federal située dans chaque grande ville et capitale d’état. Il vous en coûtera +/- 23 Reals de taxe que vous devrez payer dans une banque et retournez avec votre reçu pour récupérer votre passeport prolongé de 90 jours. « Lors de votre entrée sur le territoire brésilien, vous recevez un papier cacheté par la Policia Federal avec votre date d’entrée sur le territoire. Ne le perdez surtout pas car il vous sera demandé lors de la prolongation des 90 jours sur place et lorsque vous allez quittez le territoire brésilien. » 4) Pour un séjour de plus de deux mois, je vous conseille d’aller dans une Banco do Brasil pour faire faire votre CPF qui est un numéro fiscal qui vous sera exigé pour presque tout. Exemple : Garantie d’appareil, Activation d’une carte de Gsm pré payé, payement on-line d’un billet d’avion d’une ligne intérieur Gol via le net autre que par Americain Express, etc…
Pour chaque pays étranger, il existe un code fiscal pour le CPF (exemple : Belgique 086). Vous pourrez imprimer le formulaire d’inscription avec le code fiscal de votre pays d’origine sur ce lien : http://www.receita.fazenda.gov.br/Aplicacoes/ATCTA/CpfEstrangeiro/fcpf.asp
Une fois la première année passée, n’oubliez pas de refaire revalider votre CPF à partir de août jusqu’à novembre sur le site Web de la Receita Federal http://www.receita.fazenda.gov.br
Si vous êtes sur place, beaucoup de Cyber Cafés vous proposerons de faire votre déclaration annuelle du CPF pour la modique somme de 1 Real !!! Si non, il vous en coûtera 4, 50 Reals dans une Banco do Brasil, Correio, Caixa Federal.
N.B. : « Petit conseil perso » : Lors de votre demande de CPF à Banco do Brasil, ils vont vous demandez pourquoi vous voulez avoir ce CPF ? Vous répondez tout simplement que c’est pour ouvrir un compte ou immatriculer un véhicule même si c’est pas votre cas car après cela, vous serrez tranquille car sans le CPF vous ne faites pas grand-chose au Brésil. Vous trouverez votre fiche d’inscription à faire valider par Banco do Brasil avec une taxe de 4, 50 Reals à payer en espèces sur place et vous rendre après à la Receita Federal pour faire valider votre inscription. Une adresse facultative au Brésil (maison d’un ami, hôtel où vous résidez, etc…) vous sera exigée pour la réception de votre carte CPF via la poste dans les 30 jours qui suivent la validation de votre inscription. En attendant, gardez le reçu avec votre numéro car vous pourriez déjà en faire usage.
5) Prenez une carte pré payé pour téléphone mobile chez un revendeur (tous sauf Vivo qui n'est pas compatible avec les Gsm). Elle vous coûtera 19 Reals en moyenne selon l’opérateur de votre choix. Mais attention ! Ne laissez pas le revendeur enregistrer votre numéro Imei de votre Gsm européen car vous ne pourrez plus qu’utiliser le réseau avec lequel le revendeur a fiché votre numéro d’Imei ! Faites uniquement l’inscription de la carte SIM pré payé et glissez la vous-même dans votre téléphone mobile. À chaque fois que vous allez changer de zone téléphonique, allez acheter une nouvelle carte SIM (appelé "CHIP") avec un numéro local car si non, pour chaque appel reçu, vous serrez facturé comme en étant en roaming étant donné que vous ne serrez plus dans le même préfixe ! Exemple: Esperito Santo (préfixe 27) et São Paulo Interior (Préfixe 16 ou 19).
Les opérateurs brésiliens font régulièrement des promotions, donc à vous de choisir la meilleure.
Pour les sms vers l’Europe, prenez l’opérateur Claro car c’est le seul qui va vous les facturer au prix d’un sms national. 0, 30 Real/sms au lieu de 1, 50 Real en moyenne avec les autres opérateurs.
Pour les communications vers l’Europe, prenez une carte pré payé (cartão pre pago 21) d’Embratel car c’est le moins chers que vous trouverez pour appeler vos amis ou votre famille en Europe. Vous en trouverez au Correio (la Poste) ou achetez un micro casque et des crédits Skype 0ut et appelez l’Europe pour 4 Euros Cents la minute via Internet.
Pour les communications nationales, composez le 0 + choix de l’opérateur, plus le préfixe plus le numéro du correspondant. Exemple : Mr X à Rio : 0xx(21) 123456789
Pour les communications locales, le choix de l’opérateur n’est pas nécessaire et pour les communications internationales le 00xx + le code du pays est exigé.
6) Pour les retraits d’argent local, utilisez Master Card, Maestro, Cirrus, Visa, Americain Express dans les distributeurs HSBC (1000Reals maxi), Bradesco (600 Reals maxi), Banco 24 horas (500Reals maxi).
Pour le cours du change du jour, consultez http://www.x-rates.com/d/BRL/table.html
Pour les transferts via la Western Union, n’importe quelle Banco do Brasil vous offrira ce service. Mais attention ! Encore une fois, faites faire votre CPF avant d’encaisser votre dû de la Western Union car si non, vous devriez attendre des heures pour l’encaisser uniquement sous présentation de votre passeport !
Inutile de vous rappelez aussi qu’il va de soit d’être extrêmement prudent avec vos retraits d’argent car les banques des grandes villes restent la cible favorite des pickpockets et des agresseurs ! Petit conseil : Retirez par 500Reals et gardez une partie planquée à l’hôtel et l’autre en petites coupures de 1, 2, 5, 10 Reals dans une poche bien fermée.
Évitez de répondre avec gentillesse aux mendiants ou autres personnes vous interpellant en rue car vous serrez vite une proie facile pour eux surtout lorsqu’ils verront que vous n’êtes pas du coin dû à votre accent et aussi, évitez de porter des bijoux ou autres objets de valeurs et ceci, surtout dans les grande villes...
7) Pour ce qui est des transports en communs, le Brésil n’est vraiment pas chers du tout ! Il vous coûtera une moyenne de 15 centimes de Real du Km. Mais parfois, pour 20 ou 30 Reals en plus, vous pouvez vous rendre à votre destination en avion plutôt qu’en Bus.
En ville, pour économiser, faites appel à une « moto taxi » qui est 4x mois chers qu’un taxi normal ou empreintez les transports en communs comme les bus, le métro.
8) Visa de tourisme : Le visa pour le Brésil n’est pas nécessaire dans les cas de voyages touristique ou d’affaires, pour un séjour n’excédant pas 90 jours, pour les ressortissants des pays suivants: Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chili, Corée du Sud, Costa Rica, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Honduras, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Luxembourg, Macao (*), Maroc, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande, Ordre S.M. Malte, Paraguay, Pays Bas, Philippines, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume Unis, Saint Marin, Saint Siège, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Surinam, Thaïlande, Trinité et Tobago, Tunisie, Turquie et Uruguay.
Le séjour peut être prolongé de 90 jours, avec l'autorisation préalable de la Police Fédérale brésilienne. Les démarches doivent être faites au Brésil, auprès de la Police Fédérale. Le séjour ne peut pas excéder 180 jours par an.
Un passeport d'une validité minimum de 6 mois à compter de votre entrée au Brésil.
9) Shopping : Prenez un minimum de vêtements quand vous partez car le Brésil est très bon marché pour tout ce qui n’est pas importé. Chemises, Costumes, Cravates, Bermudas, Shorts, T-shirts, Vestes en Cuir, Pantalons classiques, Mocassins. N.B. : Chaussures de sport de marques américaines et Jeans de marques américaines, À ÉVITER !!! Plus chers qu’en Europe !!!
10) Nourritures : Je vous conseille de fréquenter des «Churrascaria» qui sont des restaurants grils brésiliens où vous payez un forfait et des serveurs passent en continu avec de grands morceaux de viandes grillés. Si non, je vous conseille d’essayer la « Pastel » qui est de la viande de bœuf, poulet, jambon, fromage, etc… enrobés dans une pâte feuilletée et cuite dans l’huile. C’est délicieux ! Vous pouvez aussi trouver toutes sortes de snacks et fast foods pour un prix très démocratique ! N.B. : Évitez les marchants ambulants qui vendent des brochettes cuitent au barbecue car la qualité de la viande et sa provenance n’est jamais sûr !!!
11) Régions à visiter sans vaccins quelconques : Je vous conseille de voyager en dehors de Rio de Janeiro et de São Paulo pour plus de sécurité et plus de calme car ce sont deux grandes métropoles où il faut quand même être bien habitué et bien savoir ce qu’il ne faut faire et pas faire avant de s’y aventurer ! Je vous conseillerais vivement le littoral Sud (de décembre à mai), Sud-Est (toute l’année) et Nord-Est (toute l’année) du Brésil avec les états de Rio Grande do Sul, Santa Catarina avec sa célèbre plage de Camburiu, la ville balnéaire de Buzios (le St Tropez du Brésil) dans l’état de Rio de Janeiro, la ville à l’ambiance nocturne de Franca dans l’état de São Paulo, la ville historique de Vila Velha dans l’état du Esperito Santo, la ville de Salvador avec son plus vieux port de tout le pays, les états du Recife et Maranhão où vous pourriez trouver des plages et des dunes de sables blancs comme si vous étiez sur une île du Pacifique. Conseil Perso: Évitez vraiment la région de Goiânia-Goiás Velho car elle n’est vraiment pas très accueillante du tout et voir même très raciste envers les étrangers européens ou autres et ceci ne reflète vraiment pas la bonne image qu’on peut avoir de ce si beau pays qui est le Brésil !!!
Voilà, j’espère que ces conseils personnels vous porteront chance et j’espère que tout comme moi vous saurrez appréciez la beauté de ce pays et l’accueille chaleureux de ses habitants…
Flashback: Shivaratri en 2006 (Inde) English translation pending
Omkareswar, 2006
Cette ile me fascine..Apres un mois à découvrir le Gujarat et redécouvrir le Rajasthan, la Shivaratri approche..
Et pour vivre cette fête, quel meilleur endroit que ce village sacré?
C'est une petite île en forme de OM, située sur la Narmada, une rivière sacrée; non seulement elle est en forme de OM, mais en plus se trouve sur cette île un des douze
"jotirlingams", les douze lingams naturels..
le lingam étant la représentation physique de l'énergie de Shiva, ce lieu est donc deux fois sacré..
Om shanti shanti shanti..
Comme un signe du ciel, ce Ganesh offert par un pèlerin sur la route d'Omkar, dans le bus..et une fois arrivé, la Ganesh Guesthouse..
Tres tranquille..
Une bonne douche, une sieste (apres 9 heures de bus, j'ai le dos légèrement en compote); et le soir tombe sur Omkar, au son des mantras diffusés par haut parleurs du haut des toits des temple, et le village tellement animé! La Shivaratri a commencé, de ce soir a demain soir, j'ai pu voir le lingam, faire la puja, beaucoup moins aggressive qu'à Pushkar- mais je crois plutot que cette fois c'etait moi qui étais pret à la faire, je me suis laissé alpaguer tellement docilement.. C'était fou, le temple s'étale sur trois étages, on a l'impression que la rue rentre dans le temple tellement il est grand; des autels partouts, et le fameux lingam..à peine le temps de verser du lait dessus, des fleurs, de la toucher, et au suivant! faut dire qu'il y a beaucoup de monde!
Les pèlerins dorment partout Sur les ghats, par terre, sur les toits des dharamsalas; sur des nattes, trois bouts de toile pour toit; ils viennent des alentours, Indore principalement, mais il y a aussi des gens de Bombay, Delhi, Calcutta..des feux s'allument un peu partout, les femmes chantent, les enfants jouent dans une atmosphère détendue mais ou se laisse percevoir une légère électricité..Tout le village n'est plus qu'un immense campement..
La musique s'accélère, le mantra "om namah Shivaya" est répété en boucle pendant des heures, des chants de louanges également..
Ce soir je ne dormirais pas, c'est tellement beau!
Vraiment ce village dégage quelquechose de mystique; plus petit que ce à quoi je m'attendai, mais plus joli aussi, et les maisons sur l'île
peintes de couleurs bleues et vertes pastels
Ici, les gamins ne m'abordent pas du "Hello" ou "Namastey" habituel; tous saluent du "Hari Om"..
le lendemain
Attention! il va falloir penser à ne pas manger aujourdhui!
-en direct de la Shivratri, Omkareswar, Madhya Pradesh -et bien oui Sita, il semblerait que la ville soit restée éveillée toute la nuit au son des chants dévotionnels, cloches, conques, tambours.. inutile de rappeler que c'est l'un des lieux qui, proportionnellement à sa taille, acceuille le plus de pèlerins à cette occasion.. -Tout à fait Ramesh; rappelons que cette île en forme de OM abrite l'un des douze Jyotirlingams, énergie matérialisée de Shiva, aussi n'est-ce pas étonnant de voir débarquer autant de monde.. des milliers de gens affluent depuis trois jours, et ça continue; -soulignons, Sita, que tout a été mis en place pour acceuillir ce flot: un dispositif de barrières pour canaliser l'accès au pont, et diriger la foule; les toits des dharamsalas ouverts à tous, quant aux policiers, malgré une tension compréhensible (200 000 pèlerins pour un village de 5000 habitants) et quelques claques à droite à gauche, on ne peut leur reprocher que leur zèle.. -Et oui Ramesh, le village se prépae depuis un mois pour cet évènement; c'est compréhensible lorsqu'on sait que la moitié des profits annuels de ce village sont réalisés en cette seule journée...marchands de fleurs, de prasads, colliers, lingams, statues, tatoueurs, tchai-wallah, dhaba-wallah, tout le monde y trouve son compte.. -Sans oublier les brahmanes, Sita; dans le temple principal, ils sont au minimum deux par autel (des autels il y en a des dizaines: pour Ganesh, Nandi, Kali, Parvati, Hanuman, Narmada...)et ce matin pour la première puja, leurs assiettes débordaient déjà de roupies, en pièces et en billet..aujourdhui on ne compte pas! -On ne compte pas, Ramesh, car c'est le jour consacré au Seigneur; mais je voudrais soulever une question sur un phénomène culturel que je ne comprends pas: on vient des quatres coins du pays pour faire ses offrandes au lingam naturel, expression physique de l'unité sexuelle masculin/féminin (Shiva/Shakti) de Shiva, et par extension, de toute chose; ce qui m'amène à poser cette question: comment se fait-il que le sexe soit autant tabou dans un pays ou le lingam est vénéré partout? -Hé bien, Sita, de la part d'une femme cette question pourrait paraitre déplacée; toutefois elle n'est pas illégitime; je pense qu'il serait bon d'obtenir un éclairage extérieur en demandant leur avis aux nombreux occidentaux venus pour l'occasion: "Excuse me sir, what do you think of relation between lingam symbolism and sexuality in India? -"I don't care, i'm from Israel" -Peut importe, Ramesh; pour ma part je pense que les gens ne font pas attention au symbole sexuel, mais plutot à la presence divine; dont l'union du féminin et du masculin n'est qu'un des aspects..mais nous n'avons plus le temps pour cette question, nous l'aborderons la prochaine fois. en direct de la shivaratri mela, Omkareswar
LA RELIGION EST UNE FETE une fete immense, l'amour déborde de chaque coeur, exubérant chant de liberté; dans la dévotion à son dieu, le fidèle remplit la coupe de l'Union. Les enfants crient de tout les cotés, courent, rient, se baignent et se rejouissent; les parents se font beaux, parfois solennellement, parfois plus "souples" ; les femmes mettent leurs plus beaux saris, et des fillettes de trois quatre ans, pieds nus, incarnations de Shiva shankar, déambulent avec à la main une assiette d'argent et une bougie et s'arretent devant moi, les yeux grands ouverts, "Hari OM" de leur petite voix.. je reste bouche bée devant ces apparitions; un indien passe, leur touche les pieds, passe ses mains au dessus de la flamme avant de les ramener à son visage, et laisse une roupie en repartant.. Sur les ghats, les familles s'amusent; on y mange, on y prie, on fait la lessive et on joue; la diversité de l'Inde est là, jusqu'à ces gujarati de Dwarka avec leurs anneaux-toupies dans le nez; des rajpoutes et leurs turbans colorés; bombay, Hyderabad, Calcutta, Delhi, Bhopal, Indore.. 200 000 personnes qui se pressent dans un débordement de couleurs..
LA RELIGION EST UN BUSINESS
Plus tard dans la hutte d'un sadhu, un vieil hommes aux lunettes épaisses
Sa hutte: une dalle de pierre, un toit de chaume, lisse et propre, 10 m2, rien
par terre mais le nécessaire pour la cuisine ainsi qu'une natte accroché au mur;
dehors, une terrasse naturelle qui donne sur la Narmada et le barrage démoniaque qui veut l'assécher..
Apres un tchai et une conversation a batons rompus sur ce barrage arrive un pandit;
il se met a sortir de son vetement des liasses de billets, deux, trois, quatre!
Si c'est ça sa reçette du jour, c'est bon plan d'etre pandit!
arrivent alors d'autres gens; je ne parle pas hindi, donc je me retire; mais le sadhu me retient, et
me donne une noix de coco; je descendrai la casser sur les ghats en offrande à la Narmada; sur le chemin du retour, je me retourne,
je le vois debout, au dessus de moi, sur le surplomb; il lève ses mains et me lançe un puissant "hari OM!"
En haut des escaliers qui mènent au sommet de l'île, un tres vieux temples, sur trois étages lui aussi, un lingam par étage,
des cabanes de sadhus et de pelerins partout, un chemin-du-pays-d'oz qui mène à la sangam (la ou la riviere se retrouve),
des mendiants, juste une image de shiva et un plateau, des singes, des anes, des babas, des ashrams..et tout ça dans une foret hivernale, sous un soleil de plomb!
Des gens super surpris de voir un blanc;
Les regards fiers des femmes...
Des israeliens, dont certains que je n'ai jamais vus quitter la guesthouse, fumant shilom sur shilom dans l'hotel; une jeune qui sort
tout les matins en minishorts sous les regards choqués de la maitresse de maison, et ceux, lubriques, du personnel ravi de l'aubaine;*
un vieux baba français un peu perdu, habillé en violet, qui ne parle pas un mot d'hindi et ne fait que cracher sur les indiens;
un autre baba indien, un "natbaba", tres posé, humble, qui sort avec une française déjantée; une allumée mystique belge sur le point de craquer nerveusement
et une anglaise qui doit etre rapatriée apres une crise d'hystérie panique face à la foule..(ben oui c'est pas goa..)
Bah, il faut apprendre à ne pas se laisser déborder; j'avoue que la première fois, deux ans auparavant, le début a été difficile; meme là, tout le monde veut savoir qui c'est ce blanc, d'ou il vient, comment il s'appelle, quel est son métier, s'il est marié, pourquoi il est pas marié (loll), s'il a une petite amie, s'il aime le tchai, pourquoi il vient à Omkar, s'il connait quelquechose ou si c'est juste un bouffon? s'il veut manger quelquechose, boire quelquechose, visiter la maison, voir les enfants d'untel ou le village d'untel, et combien ça fait un euro en roupies?
Apres une journée éprouvante, la nuit retour au temple dans une procession dense, animée, surexcitée..tout le monde est mouillé car pour cette visite, il faut y aller avec de l'eau de la Narmada..deux heures pour faire deux cents metres, deux heures pour revenir au fameux lingams; les chants et mantras reprennent, plus entetants que jamais, et une légère sensation d'engourdissement, d'hypnoser.. Une nuit à écouter les chants, a rencontrer des dizaines de gens, et au matin la tete qui tourne...
quelques heures apres, je me reveille de ma courte nuit pour m'apercevoir que le village est vide... tout le monde est parti, aussi vite qu'ils sont arrivés..sur l'ile des bulldozers ont détruits l'artere menant au temple, pour l'élargir en vue des projets de développements de l'état MP; le rythme langoureux de l'Inde rurale reprend ses droits..
Omkar, L'ile aux mysteres, l'île de Shiva maitre des illusions; Maya est nue, les arbres sont morts Mais Shakti n'attends qu'un signe de son amant pour se reveiller; Et peu importe ce putain de barrage de merde (qui risque de faire perdre son caractere sacré à l"ile) ce que je cherchais en Inde, je l'ai un peu trouvé ce jour saint.. Tout existe dans OM..
Tout existe, meme ces culs de jattes, ces éclopés, ces vieilles mendiantes alignées l'une apres l'autre sur deux cents metres, mendiant des poignées de lentilles; ces familles qui vivent dans des trous sous le pont, ces fillettes-puja; Tout existe, des regards noirs, crasseux, ignorants et souriants, aux regards clairs et propres, cultivés mais méprisants; Tout existe, et les pauvres donnent aux pauvres...
et la belge allumée, lors d'une baignade dans la Narmada en compagnie d'un pote japonais: "qu'est-ce que tu penses de Shiva?" je n'ai pas su lui répondre, et je trouvais la question trop personnelle; le soir je connaissais ma réponse:
"Shiva, c'est cette rivière qui rejoint la mer, le cycle sans fin de l'eau Shiva, c'est le soleil qui provoque la secheresse Mais fait croitre les plantes; Le mouvement des saisons, du jour et de la nuit; Shiva, c'est soudain le chant d'un oiseau qui interromps le cours de tes pensées; Le rocher sur lequel tu trébuches, te rendant attentif Shiva le grand destructeur, n'a de but que de détruire l'égo Nataraja par sa danse cosmique distrait Maya, et l'illusion s'efface"
Une bonne douche, une sieste (apres 9 heures de bus, j'ai le dos légèrement en compote); et le soir tombe sur Omkar, au son des mantras diffusés par haut parleurs du haut des toits des temple, et le village tellement animé! La Shivaratri a commencé, de ce soir a demain soir, j'ai pu voir le lingam, faire la puja, beaucoup moins aggressive qu'à Pushkar- mais je crois plutot que cette fois c'etait moi qui étais pret à la faire, je me suis laissé alpaguer tellement docilement.. C'était fou, le temple s'étale sur trois étages, on a l'impression que la rue rentre dans le temple tellement il est grand; des autels partouts, et le fameux lingam..à peine le temps de verser du lait dessus, des fleurs, de la toucher, et au suivant! faut dire qu'il y a beaucoup de monde!
Les pèlerins dorment partout Sur les ghats, par terre, sur les toits des dharamsalas; sur des nattes, trois bouts de toile pour toit; ils viennent des alentours, Indore principalement, mais il y a aussi des gens de Bombay, Delhi, Calcutta..des feux s'allument un peu partout, les femmes chantent, les enfants jouent dans une atmosphère détendue mais ou se laisse percevoir une légère électricité..Tout le village n'est plus qu'un immense campement..
La musique s'accélère, le mantra "om namah Shivaya" est répété en boucle pendant des heures, des chants de louanges également..
Ce soir je ne dormirais pas, c'est tellement beau!
Vraiment ce village dégage quelquechose de mystique; plus petit que ce à quoi je m'attendai, mais plus joli aussi, et les maisons sur l'île
peintes de couleurs bleues et vertes pastels
Ici, les gamins ne m'abordent pas du "Hello" ou "Namastey" habituel; tous saluent du "Hari Om"..le lendemain
Attention! il va falloir penser à ne pas manger aujourdhui!
-en direct de la Shivratri, Omkareswar, Madhya Pradesh -et bien oui Sita, il semblerait que la ville soit restée éveillée toute la nuit au son des chants dévotionnels, cloches, conques, tambours.. inutile de rappeler que c'est l'un des lieux qui, proportionnellement à sa taille, acceuille le plus de pèlerins à cette occasion.. -Tout à fait Ramesh; rappelons que cette île en forme de OM abrite l'un des douze Jyotirlingams, énergie matérialisée de Shiva, aussi n'est-ce pas étonnant de voir débarquer autant de monde.. des milliers de gens affluent depuis trois jours, et ça continue; -soulignons, Sita, que tout a été mis en place pour acceuillir ce flot: un dispositif de barrières pour canaliser l'accès au pont, et diriger la foule; les toits des dharamsalas ouverts à tous, quant aux policiers, malgré une tension compréhensible (200 000 pèlerins pour un village de 5000 habitants) et quelques claques à droite à gauche, on ne peut leur reprocher que leur zèle.. -Et oui Ramesh, le village se prépae depuis un mois pour cet évènement; c'est compréhensible lorsqu'on sait que la moitié des profits annuels de ce village sont réalisés en cette seule journée...marchands de fleurs, de prasads, colliers, lingams, statues, tatoueurs, tchai-wallah, dhaba-wallah, tout le monde y trouve son compte.. -Sans oublier les brahmanes, Sita; dans le temple principal, ils sont au minimum deux par autel (des autels il y en a des dizaines: pour Ganesh, Nandi, Kali, Parvati, Hanuman, Narmada...)et ce matin pour la première puja, leurs assiettes débordaient déjà de roupies, en pièces et en billet..aujourdhui on ne compte pas! -On ne compte pas, Ramesh, car c'est le jour consacré au Seigneur; mais je voudrais soulever une question sur un phénomène culturel que je ne comprends pas: on vient des quatres coins du pays pour faire ses offrandes au lingam naturel, expression physique de l'unité sexuelle masculin/féminin (Shiva/Shakti) de Shiva, et par extension, de toute chose; ce qui m'amène à poser cette question: comment se fait-il que le sexe soit autant tabou dans un pays ou le lingam est vénéré partout? -Hé bien, Sita, de la part d'une femme cette question pourrait paraitre déplacée; toutefois elle n'est pas illégitime; je pense qu'il serait bon d'obtenir un éclairage extérieur en demandant leur avis aux nombreux occidentaux venus pour l'occasion: "Excuse me sir, what do you think of relation between lingam symbolism and sexuality in India? -"I don't care, i'm from Israel" -Peut importe, Ramesh; pour ma part je pense que les gens ne font pas attention au symbole sexuel, mais plutot à la presence divine; dont l'union du féminin et du masculin n'est qu'un des aspects..mais nous n'avons plus le temps pour cette question, nous l'aborderons la prochaine fois. en direct de la shivaratri mela, Omkareswar
LA RELIGION EST UNE FETE une fete immense, l'amour déborde de chaque coeur, exubérant chant de liberté; dans la dévotion à son dieu, le fidèle remplit la coupe de l'Union. Les enfants crient de tout les cotés, courent, rient, se baignent et se rejouissent; les parents se font beaux, parfois solennellement, parfois plus "souples" ; les femmes mettent leurs plus beaux saris, et des fillettes de trois quatre ans, pieds nus, incarnations de Shiva shankar, déambulent avec à la main une assiette d'argent et une bougie et s'arretent devant moi, les yeux grands ouverts, "Hari OM" de leur petite voix.. je reste bouche bée devant ces apparitions; un indien passe, leur touche les pieds, passe ses mains au dessus de la flamme avant de les ramener à son visage, et laisse une roupie en repartant.. Sur les ghats, les familles s'amusent; on y mange, on y prie, on fait la lessive et on joue; la diversité de l'Inde est là, jusqu'à ces gujarati de Dwarka avec leurs anneaux-toupies dans le nez; des rajpoutes et leurs turbans colorés; bombay, Hyderabad, Calcutta, Delhi, Bhopal, Indore.. 200 000 personnes qui se pressent dans un débordement de couleurs..
LA RELIGION EST UN BUSINESS
Plus tard dans la hutte d'un sadhu, un vieil hommes aux lunettes épaisses
Sa hutte: une dalle de pierre, un toit de chaume, lisse et propre, 10 m2, rien
par terre mais le nécessaire pour la cuisine ainsi qu'une natte accroché au mur;
dehors, une terrasse naturelle qui donne sur la Narmada et le barrage démoniaque qui veut l'assécher..
Apres un tchai et une conversation a batons rompus sur ce barrage arrive un pandit;
il se met a sortir de son vetement des liasses de billets, deux, trois, quatre!
Si c'est ça sa reçette du jour, c'est bon plan d'etre pandit!
arrivent alors d'autres gens; je ne parle pas hindi, donc je me retire; mais le sadhu me retient, et
me donne une noix de coco; je descendrai la casser sur les ghats en offrande à la Narmada; sur le chemin du retour, je me retourne,
je le vois debout, au dessus de moi, sur le surplomb; il lève ses mains et me lançe un puissant "hari OM!"
En haut des escaliers qui mènent au sommet de l'île, un tres vieux temples, sur trois étages lui aussi, un lingam par étage,
des cabanes de sadhus et de pelerins partout, un chemin-du-pays-d'oz qui mène à la sangam (la ou la riviere se retrouve),
des mendiants, juste une image de shiva et un plateau, des singes, des anes, des babas, des ashrams..et tout ça dans une foret hivernale, sous un soleil de plomb!
Des gens super surpris de voir un blanc;
Les regards fiers des femmes...
Des israeliens, dont certains que je n'ai jamais vus quitter la guesthouse, fumant shilom sur shilom dans l'hotel; une jeune qui sort
tout les matins en minishorts sous les regards choqués de la maitresse de maison, et ceux, lubriques, du personnel ravi de l'aubaine;*
un vieux baba français un peu perdu, habillé en violet, qui ne parle pas un mot d'hindi et ne fait que cracher sur les indiens;
un autre baba indien, un "natbaba", tres posé, humble, qui sort avec une française déjantée; une allumée mystique belge sur le point de craquer nerveusement
et une anglaise qui doit etre rapatriée apres une crise d'hystérie panique face à la foule..(ben oui c'est pas goa..)Bah, il faut apprendre à ne pas se laisser déborder; j'avoue que la première fois, deux ans auparavant, le début a été difficile; meme là, tout le monde veut savoir qui c'est ce blanc, d'ou il vient, comment il s'appelle, quel est son métier, s'il est marié, pourquoi il est pas marié (loll), s'il a une petite amie, s'il aime le tchai, pourquoi il vient à Omkar, s'il connait quelquechose ou si c'est juste un bouffon? s'il veut manger quelquechose, boire quelquechose, visiter la maison, voir les enfants d'untel ou le village d'untel, et combien ça fait un euro en roupies?
Apres une journée éprouvante, la nuit retour au temple dans une procession dense, animée, surexcitée..tout le monde est mouillé car pour cette visite, il faut y aller avec de l'eau de la Narmada..deux heures pour faire deux cents metres, deux heures pour revenir au fameux lingams; les chants et mantras reprennent, plus entetants que jamais, et une légère sensation d'engourdissement, d'hypnoser.. Une nuit à écouter les chants, a rencontrer des dizaines de gens, et au matin la tete qui tourne...
quelques heures apres, je me reveille de ma courte nuit pour m'apercevoir que le village est vide... tout le monde est parti, aussi vite qu'ils sont arrivés..sur l'ile des bulldozers ont détruits l'artere menant au temple, pour l'élargir en vue des projets de développements de l'état MP; le rythme langoureux de l'Inde rurale reprend ses droits..

Omkar, L'ile aux mysteres, l'île de Shiva maitre des illusions; Maya est nue, les arbres sont morts Mais Shakti n'attends qu'un signe de son amant pour se reveiller; Et peu importe ce putain de barrage de merde (qui risque de faire perdre son caractere sacré à l"ile) ce que je cherchais en Inde, je l'ai un peu trouvé ce jour saint.. Tout existe dans OM..
Tout existe, meme ces culs de jattes, ces éclopés, ces vieilles mendiantes alignées l'une apres l'autre sur deux cents metres, mendiant des poignées de lentilles; ces familles qui vivent dans des trous sous le pont, ces fillettes-puja; Tout existe, des regards noirs, crasseux, ignorants et souriants, aux regards clairs et propres, cultivés mais méprisants; Tout existe, et les pauvres donnent aux pauvres...
et la belge allumée, lors d'une baignade dans la Narmada en compagnie d'un pote japonais: "qu'est-ce que tu penses de Shiva?" je n'ai pas su lui répondre, et je trouvais la question trop personnelle; le soir je connaissais ma réponse:
"Shiva, c'est cette rivière qui rejoint la mer, le cycle sans fin de l'eau Shiva, c'est le soleil qui provoque la secheresse Mais fait croitre les plantes; Le mouvement des saisons, du jour et de la nuit; Shiva, c'est soudain le chant d'un oiseau qui interromps le cours de tes pensées; Le rocher sur lequel tu trébuches, te rendant attentif Shiva le grand destructeur, n'a de but que de détruire l'égo Nataraja par sa danse cosmique distrait Maya, et l'illusion s'efface"
Qui connait eDreams? English translation pending
Qui a déjà reservé via edreams?
Suivi de la commande....quelle fut votre satisfaction?
Merci
De Lyon à Bamako en voiture English translation pending
Bonjour,
J'envisage de faire ce voyage début 2008, avec une berline via le Maroc et la Mauritanie. Pouvez vous m'indiquer l'itinéraire qui vous semble idéal à cette période en précisant les villes étapes que vous privilégiez.
Merci.
Mariage franco-indien en France? English translation pending
Bonjour,
Ma future épouse est indienne et nous souhaitons nous marier en France. Ma future épouse souhaite demander un "visa pour mariage avec un ressortissant français", elle doit donc fournir le certificat de publication des bans lors de la demande de visa. Le problème est que ma Mairie refuse de publier les bans sans avoir rencontrer ma future épouse auparavant. Mais cette rencontre ne peut avoir lieu sans que ma future épouse n'obtienne le visa. Nous tournons en rond.
Pour résumer, il semblerait que le mariage franco-indien est impossible en France.
La derniere option serait que ma future épouse vienne en France avec un visa touristique, mais apparemment il est quasiment impossible de l'obtenir.
Est-ce que quelqu'un à dejà vécu ca ? avez-vous des infomations ?
Merci d'avance
Ma future épouse est indienne et nous souhaitons nous marier en France. Ma future épouse souhaite demander un "visa pour mariage avec un ressortissant français", elle doit donc fournir le certificat de publication des bans lors de la demande de visa. Le problème est que ma Mairie refuse de publier les bans sans avoir rencontrer ma future épouse auparavant. Mais cette rencontre ne peut avoir lieu sans que ma future épouse n'obtienne le visa. Nous tournons en rond.
Pour résumer, il semblerait que le mariage franco-indien est impossible en France.
La derniere option serait que ma future épouse vienne en France avec un visa touristique, mais apparemment il est quasiment impossible de l'obtenir.
Est-ce que quelqu'un à dejà vécu ca ? avez-vous des infomations ?
Merci d'avance
Voyager un an seule avec enfants English translation pending
Bonjour!
Je prépare un voyage de 10 mois à partir d'octobre 07 avec mes trois enfants de 12, 8 et 8 ans. J'ai eu l'occasion de voyager avec eux à Madagascar plusieurs fois, à Mayotte, en Namibie. Pour cette fois ci l'Inde, l'Asie du SE, et l'Océanie, sont au programme, mais il me faut encore affiner l'histoire....je passe bcp de temps sur les posts de ces régions-là.
Je trouve plein de blogs de voyages en famille très chouettes, je m'en sers beaucoup pour piocher des idées et des pistes de réflexion, mais je n'en ai trouvé aucun de famille monoparentale...suis-je folle à ce point? Je ne crois pas. Il suffit d'avoir les pieds sur terre, le sens des responsabilités et plein d'audace!
Je compte passer au moins un mois dans chaque pays, pour ne pas courir comme des dingues. Plutôt nous imprégner d'ambiances qui nous plaisent et profiter des rencontres sur le chemin.
Avez vous déjà fait ce genre d'expérience? Même sur un temps plus court? Si oui, les idées et les tuyaux sont les bienvenus...
Cécile
http://cecileetsestroisbambinsenvoyage.over-blog.com/
Je prépare un voyage de 10 mois à partir d'octobre 07 avec mes trois enfants de 12, 8 et 8 ans. J'ai eu l'occasion de voyager avec eux à Madagascar plusieurs fois, à Mayotte, en Namibie. Pour cette fois ci l'Inde, l'Asie du SE, et l'Océanie, sont au programme, mais il me faut encore affiner l'histoire....je passe bcp de temps sur les posts de ces régions-là.
Je trouve plein de blogs de voyages en famille très chouettes, je m'en sers beaucoup pour piocher des idées et des pistes de réflexion, mais je n'en ai trouvé aucun de famille monoparentale...suis-je folle à ce point? Je ne crois pas. Il suffit d'avoir les pieds sur terre, le sens des responsabilités et plein d'audace!
Je compte passer au moins un mois dans chaque pays, pour ne pas courir comme des dingues. Plutôt nous imprégner d'ambiances qui nous plaisent et profiter des rencontres sur le chemin.
Avez vous déjà fait ce genre d'expérience? Même sur un temps plus court? Si oui, les idées et les tuyaux sont les bienvenus...
Cécile
http://cecileetsestroisbambinsenvoyage.over-blog.com/