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Dans le "bus-stop" (Maroc) English translation pending
Le car qui fait la navette aller et retour entre Azilal, Ouaouizerth et Benni Mellal serait presque considéré chez nous comme une épave mécanique. Bringuebalant sur la route défoncée il m'oblige à des hiéroglyphes que je devrai ensuite déchiffrer.
C'est jour de souk à Benni Mellal et le car est déjà bien rempli au sortir de la gare routière. Il fera le plein, et même plus, en cours de route s'arrêtant régulièrement pour charger des voyageurs isolés. Les plus chanceux attendant à l'ombre improbable d'un arbre desséché, les autres assis sur un caillou ou à même la terre brûlante dans la poussière et le soleil de midi au bord de la route. Le "graisseur-encaisseur" descend, remonte, redescend, charge les bagages dans les coffres, encaisse, ne rend pas toujours immédiatement la monnaie. Quelques protestations. "Attends l'arrivée, Inch Allah, ou alors ne me donne pas un billet de deux cents dirhams pour une course qui en vaut quinze!". Le fonctionnaire dénichera finalement l'appoint au fond de ses poches. Au carrefour de Timoulilt une brebis trouvera place sur la galerie et le berger sur l'échelle extérieure.
Plus haut, la gendarmerie est en faction. La circulation des jours de souk augmente les possibilités de bakchich. Discussion avec le chauffeur pris la main dans le sac surchargé. Un carton sort en cliquetant de dessous le siège où est assis l’encaisseur. Il le porte à l’avant du bus. Un peu de son contenu passe dans un sac plastique puis dans les mains du gradé. Son subalterne aura droit au petit billet avec une chaleureuse poignée de main. Le bus repart dans un nuage de fumée, hoquette, tremble et fini par caler. La pente est pourtant douce, l'émotion du chauffeur peut-être...?
Au virage suivant l'homme à la brebis qui avait sauté de son échelle à la vue de la maréchaussée et continué la route à pied mine de rien, reprend son inconfortable position. Dans la montée de Tizi Ghnim le moteur hurle sa souffrance dans l'indifférence générale. Le type à l'extérieur enveloppé de la fumée noire qui émane du pot d'échappement à ses pieds se protège le visage comme il peut avec son chèche. Le claquement régulier dans l'arbre de transmission ne semble pas non plus émouvoir le conducteur qui joue à fond sur les premier et deuxième rapports pour venir à bout de la dure montée. A mon côté un vieillard égrène son chapelet. Peut-être prie-t-il pour qu'il n'y ait pas de voyageur sur le bord de la route qui couperait l'élan trouvé sur un léger faux plat. Mais les voies du seigneur ont leurs limites.
Au milieu de la montée l'équilibriste manifeste la fin de son voyage par de grandes claques sur la vitre arrière que le "graisseur-encaisseur" se charge de transmettre au conducteur. Je me demande s'il était réellement arrivé à destination ou s'il a préféré descendre avant l'asphyxie fatale. Nous repartons dans un démarrage en côte encore laborieux. Le deuxième rapport fini par passer après trois tentatives et autant de craquements douloureux pour le malheureux pignon.
Un bébé cherche désespérément quelques gouttes de lait au sein flétri de sa mère. Elle essaye de le protéger du soleil avec un lambeau du rideau qui pend misérablement devant la vitre sur une ficelle détendue pendant que ses trois frères et sœur se chamaillent sur le siège à côté pour quelques centimètres carrés de skaï lacéré, durci par la crasse et la poussière collées par des années de sueur indigente. Deux militaires provoquent bruyamment quelques rires gênés des jeunes filles assises de l'autre côté de l'allée, un homme -le père ?- se retourne pour les rappeler à l'ordre d'un regard sévère et au franchissement du col le vieux Berliet émet un râle de satisfaction à l'attendu passage de la troisième vitesse qui ne sera plus décrochée jusqu'au carrefour avec la route du lac et d'Azilal.
Je demande l'arrêt devant le café d'Abdslam. Un Coca et une clope s'imposent avant le retour à l'hôtel. Demain je remonte à Anergui.
Juin 2014
C'est jour de souk à Benni Mellal et le car est déjà bien rempli au sortir de la gare routière. Il fera le plein, et même plus, en cours de route s'arrêtant régulièrement pour charger des voyageurs isolés. Les plus chanceux attendant à l'ombre improbable d'un arbre desséché, les autres assis sur un caillou ou à même la terre brûlante dans la poussière et le soleil de midi au bord de la route. Le "graisseur-encaisseur" descend, remonte, redescend, charge les bagages dans les coffres, encaisse, ne rend pas toujours immédiatement la monnaie. Quelques protestations. "Attends l'arrivée, Inch Allah, ou alors ne me donne pas un billet de deux cents dirhams pour une course qui en vaut quinze!". Le fonctionnaire dénichera finalement l'appoint au fond de ses poches. Au carrefour de Timoulilt une brebis trouvera place sur la galerie et le berger sur l'échelle extérieure.
Plus haut, la gendarmerie est en faction. La circulation des jours de souk augmente les possibilités de bakchich. Discussion avec le chauffeur pris la main dans le sac surchargé. Un carton sort en cliquetant de dessous le siège où est assis l’encaisseur. Il le porte à l’avant du bus. Un peu de son contenu passe dans un sac plastique puis dans les mains du gradé. Son subalterne aura droit au petit billet avec une chaleureuse poignée de main. Le bus repart dans un nuage de fumée, hoquette, tremble et fini par caler. La pente est pourtant douce, l'émotion du chauffeur peut-être...?
Au virage suivant l'homme à la brebis qui avait sauté de son échelle à la vue de la maréchaussée et continué la route à pied mine de rien, reprend son inconfortable position. Dans la montée de Tizi Ghnim le moteur hurle sa souffrance dans l'indifférence générale. Le type à l'extérieur enveloppé de la fumée noire qui émane du pot d'échappement à ses pieds se protège le visage comme il peut avec son chèche. Le claquement régulier dans l'arbre de transmission ne semble pas non plus émouvoir le conducteur qui joue à fond sur les premier et deuxième rapports pour venir à bout de la dure montée. A mon côté un vieillard égrène son chapelet. Peut-être prie-t-il pour qu'il n'y ait pas de voyageur sur le bord de la route qui couperait l'élan trouvé sur un léger faux plat. Mais les voies du seigneur ont leurs limites.
Au milieu de la montée l'équilibriste manifeste la fin de son voyage par de grandes claques sur la vitre arrière que le "graisseur-encaisseur" se charge de transmettre au conducteur. Je me demande s'il était réellement arrivé à destination ou s'il a préféré descendre avant l'asphyxie fatale. Nous repartons dans un démarrage en côte encore laborieux. Le deuxième rapport fini par passer après trois tentatives et autant de craquements douloureux pour le malheureux pignon.
Un bébé cherche désespérément quelques gouttes de lait au sein flétri de sa mère. Elle essaye de le protéger du soleil avec un lambeau du rideau qui pend misérablement devant la vitre sur une ficelle détendue pendant que ses trois frères et sœur se chamaillent sur le siège à côté pour quelques centimètres carrés de skaï lacéré, durci par la crasse et la poussière collées par des années de sueur indigente. Deux militaires provoquent bruyamment quelques rires gênés des jeunes filles assises de l'autre côté de l'allée, un homme -le père ?- se retourne pour les rappeler à l'ordre d'un regard sévère et au franchissement du col le vieux Berliet émet un râle de satisfaction à l'attendu passage de la troisième vitesse qui ne sera plus décrochée jusqu'au carrefour avec la route du lac et d'Azilal.
Je demande l'arrêt devant le café d'Abdslam. Un Coca et une clope s'imposent avant le retour à l'hôtel. Demain je remonte à Anergui.
Juin 2014
Premières traces atlastiques English translation pending
C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
Maroc express English translation pending
ou CR d'un voyage rapide et trop court au Maroc. 🙂
J'y vais ? J'y vais pas !
L'affaire aura duré 2 mois. Convaincre les troupes, ça va, mais se libérer du travail, c'est plus compliqué. Et puis, deux de mes relations (platoniques 😉) y sont. Ça motive. 🙂
Billets pris le jeudi pour un départ le samedi soir. Je n'ai jamais fait si court. Aller et retour pour Marrakech. L'arrivée est tardive, vers 22h30. Il faut le temps de remplir la petite paperasse administrative (penser au stylo!). Nous sommes attendus: un grand gaillard brandit un écriteau 'Herikles". C'est pour nous. 😎
Pour rejoindre le riad, il faut stationner la voiture au plus pr��s, ce plus près qui est encore un peu loin. On passe plusieurs ruelles, de plus en plus étroites, où circule un monde fou malgré l'heure tardive. Mme n'est pas rassurée dans les rues un peu sombres, mais je suis là. 🙂 Le dépaysement est complet.
Le riad est superbe, tout en sobriété. Nous terminons la journée en prenant un thé sur la terrasse (merci Ali 🙂) et discutant de 1000 choses.


J'y vais ? J'y vais pas !
L'affaire aura duré 2 mois. Convaincre les troupes, ça va, mais se libérer du travail, c'est plus compliqué. Et puis, deux de mes relations (platoniques 😉) y sont. Ça motive. 🙂
Billets pris le jeudi pour un départ le samedi soir. Je n'ai jamais fait si court. Aller et retour pour Marrakech. L'arrivée est tardive, vers 22h30. Il faut le temps de remplir la petite paperasse administrative (penser au stylo!). Nous sommes attendus: un grand gaillard brandit un écriteau 'Herikles". C'est pour nous. 😎
Pour rejoindre le riad, il faut stationner la voiture au plus pr��s, ce plus près qui est encore un peu loin. On passe plusieurs ruelles, de plus en plus étroites, où circule un monde fou malgré l'heure tardive. Mme n'est pas rassurée dans les rues un peu sombres, mais je suis là. 🙂 Le dépaysement est complet.
Le riad est superbe, tout en sobriété. Nous terminons la journée en prenant un thé sur la terrasse (merci Ali 🙂) et discutant de 1000 choses.


Une semaine en amoureux à Marrakech English translation pending
Bonjour à tous,
C'est pas dans mes habitudes de faire ça mais je pense faire la surprise à mon amoueuse de l'amener à Marrakech en mode tout compris. D'habitude, on voyage avec le sac à dos, mais là j'ai envie de changer un peu! :)
Bien sur j'ai parcouru les sites comme Marmara, LastMinute... mais je ne sais pas vraiment vers quoi me diriger!
Si qqn a des bons plans, ou des conseils, je prendrai avec plaisir! :)
Merci! :)
C'est pas dans mes habitudes de faire ça mais je pense faire la surprise à mon amoueuse de l'amener à Marrakech en mode tout compris. D'habitude, on voyage avec le sac à dos, mais là j'ai envie de changer un peu! :)
Bien sur j'ai parcouru les sites comme Marmara, LastMinute... mais je ne sais pas vraiment vers quoi me diriger!
Si qqn a des bons plans, ou des conseils, je prendrai avec plaisir! :)
Merci! :)
Excursion à Marrakech English translation pending
Bonjour
Je suis à la recherches des personnes pour une excursion de 4 jours à Marrakech. et c'est l'occasion pour de découvrir le charme de la ville ensemble surtout pour les personnes qui viennent pour la première foi. cela est à partir du Mardi 06/05/2014.
pour toute personne intéressée contactez moi.
Cordialement
Cordialement
Bivouac à Mhamid ou Merzouga avec enfants? English translation pending
Bonjour à tous,
je prévoie un voyage au Maroc avec mes trois enfants (4,8 et 11 ans) en juillet. Je sais il y fait très chaud....j'aurais aimé leur faire passer une nuit dans le désert, en tente avec allé retour en chameau...c'est surtout pour eux et pour le dépaysement MAIS je voudrais éviter (dans la mesure du possible) le bruit des quads, ou autre 4x4, le monde (bivouacs en rang d'oignons)...etc
Quelqu'un aurait il une bonne adresse? plutot Merzouga ou Mhamid? ou autre, il y a peu être des dunes moins impressionnantes mais plus isolée et moins assaillies par les touristes...
Si vous avez des remarques ou des conseils, je suis preneuse!!
merci d'avance
Partir seule à Marrakech English translation pending
Bonjour,
J'ai prévu d'aller passer 5 jours à Marrakech au mois de septembre. Je pars seule, j'ai quelques contacts là-bas mais sans plus. Est-ce dangeureux de partir toute seule ? J'y suis déjà allée mais en voyage organisé. Merci pour vos réponses.
J'ai prévu d'aller passer 5 jours à Marrakech au mois de septembre. Je pars seule, j'ai quelques contacts là-bas mais sans plus. Est-ce dangeureux de partir toute seule ? J'y suis déjà allée mais en voyage organisé. Merci pour vos réponses.
Idée de trek au Maroc English translation pending
Bonjour
Après multiple recherche sur le forum et sur internet, je n'arrive pas à me décider sur un parcours d'une petite semaine.
J'aimerai avoir votre avis si certains ont déjà parcouru les sentiers autour de Telouet, Megdaz, la vallée de Tessaout, Tizi n’Tichka et plateau du Yaggour.
Est-ce possible de combiner tout cela? En autonomie, le ravitaillement est-il facile?
Merci
Au plaisir de vous lire
Mini-budgets mais "grands" voyages: du soleil dans la tête malgré tout English translation pending
retraites minus, petits salaires, étudiants, on peut avoir des mini-revenus, et avoir dans sa tête de grands projets.
Il est parfois impossible d'épargner pour ces projets et la perspective de la tente plantée dans le jardin de tante Germaine n'est pas toujours folichonne....
certains arrivent à partir : où ? comment ?
d'autres hésitent, ou n'osent pas.... et ne rêvent plus.
et si nous partagions nos expériences là-dessus ? sans exhibitionnisme, mais sans tabous.
Distillery in the Valley of Roses
Hi,
Does anyone know the address of a rose flower distillery in the Valley of Roses / Kelaa M'Gouna? A traditional distillery, not just the tourist shop.
Thanks a bunch!
Nicolas :-)
Does anyone know the address of a rose flower distillery in the Valley of Roses / Kelaa M'Gouna? A traditional distillery, not just the tourist shop.
Thanks a bunch!
Nicolas :-)
Avis sur circuit au Maroc fin juin-début juillet English translation pending
Moi et mon mari voulions des avis pratiques sur un circuit de 2 semaines qu'on vas faire vers la fin de Juin au Maroc:
1- Casa une nuit pour recuper aprés 16 heures de trajet
2- Train de Casa a Marrakech tôt le matin
3- Arrivé à Marrakech a Midi
4- Marrakech-Skoura avec Visite Aït Benhaddou
5- Randonnee soit vers le MGoum où la vallèe des Dades et dormir?
6- Randonnèe Gorges de Toudra et dormir a Midelt si c'est pratique?
7- Ifrane-Azrou
8- Fez
9- Fez
10- Fez-Volubilis-Moulay Driss Zerhoun
11- Meknes
12- Rabat
13 -Rabat
14 -Casa aéroport-Paris
On aura une voiture de tourisme et on voudrais completer soi la vallée des Dades où la La vallée de Todra. On a besoin d'avis sur ces routes. Si ces routes ne sont pas faisable est-ce que la route de Zaida (au Nord de Midelt) N13- R503-N8 est possible avec une voiture de tourisme et combien d'heures pour la traversée? Combien d'heures faut-il compter pour les randonnée dans les gorges pour des gens en forme? Suggestions pour hébergement aux environs des Gorges qui ne dépasse pas 50 Euro/nuit? On a déjà un guide pour Fez, Marrakech et Rabat. On a déjà l'hotel pour Marrakech, Fez et Casa. Un hôte, grace à ce Forum à Skoura. Merci d'avance pour tous vos avis et suggestions. C'est notre premier voyage au Maroc et on compte revenir de nouveau. On c'est qu'on ne peut pas tous faire dans un voyage.
Séjour seule au Maroc English translation pending
Bonsoir, *
j'ai envie de me rendre au Maroc Djerba ou autres , juste pour me reposer et me balader un peu - quelle conseil pour une personne seule , seule RIAD , et quelle endroit ,
merci pour votre aide frejac
j'ai envie de me rendre au Maroc Djerba ou autres , juste pour me reposer et me balader un peu - quelle conseil pour une personne seule , seule RIAD , et quelle endroit ,
merci pour votre aide frejac
Trip sac à dos d'un mois au Maroc: itinéraire et équipement English translation pending
Bonjour à vous !
J'envisage de partir environ 1 mois voir 40 jours ce n'est pas encore décidé , seul pour un premier voyage au Maroc et plus particulièrement dans l'Atlas. J'ai déjà pas mal voyagé jeunes grâce aux colonies de vacances mais la je veux vraiment prendre mon temps , apprécier les paysages , voyager tranquille (donc exit le toubkal en 2 jours mode sportif).
Je ne sais pas comment géré la duré du voyage et l'itineraire , j'aimerais allé dans les montagnes surtout , donc le haut Atlas et m'essayé au toubkal si je le peux (je n'ai jamais pratiquer vraiment la randonnée mais j'habite a la campagne et je suis un peu sportif) , seulement beaucoup d'autre endroit sont à voir vraiment dans ce joli pays , la cote avec essaouira , le desert avec merzouga , j'aimerai bien découvrir le Saghro , les vallée d'ourika , et les vallée qui descendent du M'goun sont magnifique il parait (vallée de l'ait boughmez)
Globalement que me conseillé entre mi avril et fin mai pour en profiter un maximum , avec un bon climat (éviter le four dans le desert et trop de neige dans le haut-atlas) pour en profiter un maximum ? Je n'aurais surement pas le temps d'allé dans tout les lieux que j'ai cité en 40 jours maximum. Je veux surtout en prendre plein la vue avec de magnifique paysage , découvrir de nouvelle culture et éviter les lieux vraiment trop touristique tout en sachant que c'est quand même mon premier voyage.
Niveau équipement , pour un futur voyage en Amerique du sud (les andes) j'ai acheter un duvet wilsa synthétique pour des temperatures de 0 environ , il est bien nécessaire pour la montagne non ? J'ai également un sac a dos Mille* de 65L+20 mais de seulement 1.5Kg , des chaussure Salom*n mi haute , une veste Lafum* 3en1 avec la membrane climactive et une polaire intégré(450Gr la veste et 400gr la polaire , je laisse la polaire ici et j'emporte seulement la veste vous pensez ?) J'emméne tout ce matériel au Maroc non ? Sachant que je veux faire de la montagne , de la randonnée.
Voila ce sur quoi je m'interroge , je me pose beaucoup de questions pour ce premier voyage en solo , l'itineraire selon la durée de ce voyage , et est-ce que mon matériel est un minimum adapté pour un vadrouillé avec un sac a dos au maroc , merci d'avance !
J'envisage de partir environ 1 mois voir 40 jours ce n'est pas encore décidé , seul pour un premier voyage au Maroc et plus particulièrement dans l'Atlas. J'ai déjà pas mal voyagé jeunes grâce aux colonies de vacances mais la je veux vraiment prendre mon temps , apprécier les paysages , voyager tranquille (donc exit le toubkal en 2 jours mode sportif).
Je ne sais pas comment géré la duré du voyage et l'itineraire , j'aimerais allé dans les montagnes surtout , donc le haut Atlas et m'essayé au toubkal si je le peux (je n'ai jamais pratiquer vraiment la randonnée mais j'habite a la campagne et je suis un peu sportif) , seulement beaucoup d'autre endroit sont à voir vraiment dans ce joli pays , la cote avec essaouira , le desert avec merzouga , j'aimerai bien découvrir le Saghro , les vallée d'ourika , et les vallée qui descendent du M'goun sont magnifique il parait (vallée de l'ait boughmez)
Globalement que me conseillé entre mi avril et fin mai pour en profiter un maximum , avec un bon climat (éviter le four dans le desert et trop de neige dans le haut-atlas) pour en profiter un maximum ? Je n'aurais surement pas le temps d'allé dans tout les lieux que j'ai cité en 40 jours maximum. Je veux surtout en prendre plein la vue avec de magnifique paysage , découvrir de nouvelle culture et éviter les lieux vraiment trop touristique tout en sachant que c'est quand même mon premier voyage.
Niveau équipement , pour un futur voyage en Amerique du sud (les andes) j'ai acheter un duvet wilsa synthétique pour des temperatures de 0 environ , il est bien nécessaire pour la montagne non ? J'ai également un sac a dos Mille* de 65L+20 mais de seulement 1.5Kg , des chaussure Salom*n mi haute , une veste Lafum* 3en1 avec la membrane climactive et une polaire intégré(450Gr la veste et 400gr la polaire , je laisse la polaire ici et j'emporte seulement la veste vous pensez ?) J'emméne tout ce matériel au Maroc non ? Sachant que je veux faire de la montagne , de la randonnée.
Voila ce sur quoi je m'interroge , je me pose beaucoup de questions pour ce premier voyage en solo , l'itineraire selon la durée de ce voyage , et est-ce que mon matériel est un minimum adapté pour un vadrouillé avec un sac a dos au maroc , merci d'avance !
Coûts de la vie ordinaire au Maroc English translation pending
Bonjour les gens.
Bien que je m'y sois rendu déjà plus de trente fois, cela fait maintenant quelques années que je ne suis pas allé au Maroc...
Quelqu'un peut-il donner une liste de prix des "choses ordinaires". le pain, le café, le parking gardé de la moto jour/nuit, les petits taxis, les grands taxis, le tajine, le "wisky Marocain" (thé à la menthe pour ceux qui ignorent...) etc etc. ceci me sera d'une grande utilité pour mon prochain (depuis le temps que j'en rêvais !) départ vers ce pays quiu a gardé un morceau de mon cœur ! 😏
Racisme anti-touriste occidental noir au Maroc? English translation pending
Bonsoir,
Nous projetons de nous rendre en famille au Maroc, à Marrakech, en formule hôtel-club, en juillet 2014.
Nous avons quelques inquiétudes car nous avons beaucoup entendu parler d'un racisme ambiant anti-noir au Maroc.
Je suis d'origine antillaise(noire à peau brune), mon mari est Français blanc, et nos enfants sont donc métis.
Nous aimerions avoir des témoignages de personnes noires ayant fait récemment un séjour touristique au Maroc afin de nous dire si le racisme se porte aussi sur les touristes occidentaux noirs dans le lieu d'hébergement(mauvais accueil à l'hôtel, discourtoisie du personnel, ...)ou dans les lieux publics(insultes marmonnées ou criées, nous avons aussi entendu parler de cailloux jetés, de gestes déplacés, ...).
Ni moi-même, ni mes enfants n'ont vécu le racisme en France où nous vivons depuis toujours;il est pour nous hors de question de le trouver sur notre lieu de vacances.
Merci de vos témoignages positifs ou négatifs.
Ce qu'on ne doit pas rater au Maroc English translation pending
partons , vers le 15 fevrier 2014 , a pres mainte discusion ont part en campingcar car il me semble que c'est la maniere
de voyage le moins cher, ont restera 1 mois et demi, au maroc le reste sera pour la route , mais ont pourra pas tous
faire alors que faut il pas rater des chose a voir au maroc, et pas faire que de la route, pour avoir du reve dans la 😮 en revenant. je sais quec'est pas facile mais quelle est le budjet+- a prevoir vivant normalement 1resto ^par jour et tous les 3jours camping , je suis pensionne et mari musicien
Le Maroc, toujours intéressant pour les retraités français? English translation pending
Bonjour.......
Il semblerait , vu d'ici , en France , qu'il y ait moins de départs pour le Maroc ; pour des retraités, , qu'il y a une 10aine.... d'années...!!!!
Qu'en pensez vous..????
Merci de votre avis
Il semblerait , vu d'ici , en France , qu'il y ait moins de départs pour le Maroc ; pour des retraités, , qu'il y a une 10aine.... d'années...!!!!
Qu'en pensez vous..????
Merci de votre avis
Visiter Ceuta, Tanger, traverser le Rif English translation pending
Bonjour,
Nous partons en Mai 2014 pour un road trip au maroc.
Nous atterrissons à Marrakech pour commencer par la montagne puis le Nord puis la côte jusqu'à Essaouira puis retour Marrakech en 15 jours en voiture de loc.
Nos questions sont : Est ce que ça vaut le coup d'aller jusqu'à Ceuta et Tanger? Y a t'il un vrai attrait touristique? Est-ce dangereux de traverser le Rif en couple à cette époque?
Nous comptions, pour le Nord, faire : Fes, Ceuta, Tanger, Rabat.. Avez vous une idée du temps de route total ou par branche?
Merci pour votre aide et BONS VOYAGES A TOUS
Nous partons en Mai 2014 pour un road trip au maroc.
Nous atterrissons à Marrakech pour commencer par la montagne puis le Nord puis la côte jusqu'à Essaouira puis retour Marrakech en 15 jours en voiture de loc.
Nos questions sont : Est ce que ça vaut le coup d'aller jusqu'à Ceuta et Tanger? Y a t'il un vrai attrait touristique? Est-ce dangereux de traverser le Rif en couple à cette époque?
Nous comptions, pour le Nord, faire : Fes, Ceuta, Tanger, Rabat.. Avez vous une idée du temps de route total ou par branche?
Merci pour votre aide et BONS VOYAGES A TOUS
Maroc: probabilité de tourista échelle de 1 à 10? English translation pending
Bonjour a tous,
Petite question concernant la santé en générale au Maroc.
Nous partons dans 3 semaines, pour 1 mois, avec 3 enfants.
J'aimerais savoir si les problèmes du genre "tourista" sont très courants au Maroc sur une échelle de 1 à 10. Je m'y attends mais j'aimerais bien avoir une idée jusqu'à quel point on doit faire attention...
Merci
J'aimerais savoir si les problèmes du genre "tourista" sont très courants au Maroc sur une échelle de 1 à 10. Je m'y attends mais j'aimerais bien avoir une idée jusqu'à quel point on doit faire attention...
Merci
Marrakech du 5 au 12 avril 2014 English translation pending
bonjour
nous desirons partir a marrakech (4 personnes) 1 semaine du 5 au 12 avril pour des vacances farnientes et nous visons donc un bon hotel sans dépasser notre budget ( max 500 vol+hotel par personne)
j'ai pu voir qu'avril pouvait etre très demandé a cause des vacances scolaires et du bon climat.
faut-il réserver des maintenant ou attendre la dernière minute pour les meilleurs prix?😎
des hotels ou riad à conseillé?(piscine obligatoire hehe)
merci d'avance pour les conseils 😉
nous desirons partir a marrakech (4 personnes) 1 semaine du 5 au 12 avril pour des vacances farnientes et nous visons donc un bon hotel sans dépasser notre budget ( max 500 vol+hotel par personne)
j'ai pu voir qu'avril pouvait etre très demandé a cause des vacances scolaires et du bon climat.
faut-il réserver des maintenant ou attendre la dernière minute pour les meilleurs prix?😎
des hotels ou riad à conseillé?(piscine obligatoire hehe)
merci d'avance pour les conseils 😉
Découvrir le Maroc à moto English translation pending
Bonsoir
Suivant le conseil d'un amis j'arrive sur ce forum afin d'avoir des idées sur un voyage que j'aimerais effectuer prochainement.
Motard depuis déjà quelques années je souhaiterais découvrir d'autres horizons que notre beau pays.
J'envisage de découvrir le Maroc ( car beaucoup autour de moi en parle )mais n'ayant aucune expérience de voyages aussi lointains en moto, je viens ici rechercher des bons plans.
Comment dois je équipé ma moto???, Ténéré 1200 Yam
Quelle est la meilleure période ???
Faut il passer par une organisation ou n'est ce pas un peu imprudent de partir seul
Je n'ai pas une grande expérience de pistes (si ce n'est des chemins chez nous ) mais j'aimerais connaitre
y aurait 'il des motards qui partiraient et accepteraient un "poireau" ???? ici
Quelles sont les meilleurs plans en hébergement
Et toujours le problème n° 1 ça coute cher d'aller si loin ???? je n'ai pas vraiment d'idée , j'ai bien regardé des organisations mais je n'ai pas 2000 ou 2500 € ( c'est les prix que j'ai pus relever à droite à gauche sur le web) à mettre pour 8 -10 jours de moto là bas.
Merci d'avance
Mick
Maroc à moto en avril-mai 2014 English translation pending
Bonjour,
J’envisage en Avril/Mai 2014 sur 15/20 jrs de parcourir le Sud du Maroc.
Bateau Sète/Nador descente jusqu’à Merzouga par les pistes du Rekkam
Merzouga/Mhamid/Foum Zguid petit détour par Aguinan, Tata, Assa, Tan-Tan
Remontée par plage blanche, Tiznit, Tafraoute, Agdz, Jbel Saghro, vallée desRoses, Msemrir/Ait Hani, Rich ou Midelt par Jaffar et remontée sur Nador ou Tanger. Rien n’est figé.
Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas
Impossible de transmettre ce courrier aux autorités marocaines English translation pending
Bonjour à tous; malgré de nb tentatives (office de tourisme, consulat et ministère) mon message ci dessous n'est jamais parvenu a l'un de ces destinataires si un des membres du forum a une adresse je suis preneur !
Paysages grandiose et magnifique, population accueillante, souriante et avenante . Je me rends depuis 8 ans au Maroc et j'aime de plus en plus le pays et ses habitants. MAIS il y a un bémol : les gendarmes deviennent de plus en plus pressant et cette année, pour la première fois je me suis fait verbaliser!! A l'entrée de Rissani pour un dépassement de vitesse (que je ne conteste pas!)mais plaidant en ma faveur le fait que je dépassé un camion brinquebalant, surchargé et circulant au milieu de la route j, ai effectivement dépassé ce camion en outrepassant la vitesse, sans mettre en danger la vie de personnes!!Les gendarmes Kassimi et Karouachi se sont montrés dépourvus de toutes compréhension malgré mes explications et excuses et, c'est la première fois que, touriste, je suis confronté à pareille situation.J'ai réglé en espèces ma contravention et mon budget vacance s'en est trouvé amputé. Mes amies qui venaient pour la premières fois ont été "choquées" par l'intransigeance de ces deux fonctionnaires. Heureusement d'autres contacts, plus amicaux, avec la maréchaussée locale ont quelques peu atténué l'impression désagréable d'un contrôle tatillon et désagréable.Pour ma part j'aime trop votre pays pour ne pas y revenir mais qu'en est il d'autres personnes confrontés à de pareilles situation? Je n'avais pas raison, certes le code de la route est partout applicable et ce pour les deux parties mais il est facile de constater que d'autres infractions au code de la route se produisent aussi sur place !, un minimum de diplomatie aurait permis de trouver une sortie amiable à une faute sans conséquence pour personnes.
Paysages grandiose et magnifique, population accueillante, souriante et avenante . Je me rends depuis 8 ans au Maroc et j'aime de plus en plus le pays et ses habitants. MAIS il y a un bémol : les gendarmes deviennent de plus en plus pressant et cette année, pour la première fois je me suis fait verbaliser!! A l'entrée de Rissani pour un dépassement de vitesse (que je ne conteste pas!)mais plaidant en ma faveur le fait que je dépassé un camion brinquebalant, surchargé et circulant au milieu de la route j, ai effectivement dépassé ce camion en outrepassant la vitesse, sans mettre en danger la vie de personnes!!Les gendarmes Kassimi et Karouachi se sont montrés dépourvus de toutes compréhension malgré mes explications et excuses et, c'est la première fois que, touriste, je suis confronté à pareille situation.J'ai réglé en espèces ma contravention et mon budget vacance s'en est trouvé amputé. Mes amies qui venaient pour la premières fois ont été "choquées" par l'intransigeance de ces deux fonctionnaires. Heureusement d'autres contacts, plus amicaux, avec la maréchaussée locale ont quelques peu atténué l'impression désagréable d'un contrôle tatillon et désagréable.Pour ma part j'aime trop votre pays pour ne pas y revenir mais qu'en est il d'autres personnes confrontés à de pareilles situation? Je n'avais pas raison, certes le code de la route est partout applicable et ce pour les deux parties mais il est facile de constater que d'autres infractions au code de la route se produisent aussi sur place !, un minimum de diplomatie aurait permis de trouver une sortie amiable à une faute sans conséquence pour personnes.
Concours photo octobre 2013: "Intérieurs" English translation pending
Amis voyageurs-photographes, bonjour, c'est le lancement du Concours photo d'octobre 2013!
Après avoir regardé la liste des thèmes des concours précédents (voir ce lien: http://herikles.free.fr/.VF/VFconcours.html merci Herikles!),
je me suis demandé quels étaient en ce moment mes défis, mes satisfactions, mes plaisirs en tant que voyageur-photographe, ou amateur de photos de voyage... Ce qui correspond le mieux:
"Intérieurs"
tant dans le sens concret d'un lieu, que dans celui plus abstrait d'intimité.
Chambres, ruines, palais, cuisines, cases, tentes, je pense d'abord à des domiciles, mais on peut inclure d'autres intérieurs évocateurs, théâtres fantômes, bureaux administratifs interdits, salles communes inusitées. Je suggère des témoignages visuels de vos rencontres, découvertes, lieux inédits, au-delà du spectacle de la rue. Évidemment halls et chambres d'hôtels, musées, lieux d'expositions publiques et autres endroits infiniment faciles d'accès ne devraient pas figurer à notre concours, en principe. Allons vers l'intime, le caché, voire le secret!
Le règlement du Concours est identique aux précédents :
- 3 photos (maximum) par participant, postées chacune dans un message différent. - N’oubliez pas de numéroter vos photos. - Même si les images doivent parler d’elles même, une légende (localisation, contexte, courte présentation …) est toujours appréciable. - On imagine et on souhaite que vous soyez bien l’auteur des photos présentées.
Dépôt des photos jusqu’au jeudi 24 octobre 2013, 16h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (directement en réponse à ce message)
Début des votes à partir du vendredi 25 jusqu’au mercredi 30 octobre, 18h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (toujours directement en réponse au présent message).
Pour le vote, pensez à bien indiquer :
- Le Pseudo et le numéro de la photo … et votre classement ! - 1ère photo = 3 points, 2ème = 2 pts, 3ème = 1 pt - Tous les membres de VF peuvent voter (même ceux qui n’ont pas déposé de photos). - En cas d’égalité de points pour deux photos, la photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus grand nombre de 1ère places sur le podium ! - Le talentueux gagnant aura le privilège d’organiser le prochain concours photo VF de novembre 2013.
Pour les échanges, les discussions ou les polémiques … utilisez cet espace en suivant ce lien : http://voyageforum.com/v.f?post=6197851;live=1;
Diaporama des photos : (Grand merci à Herikles pour sa contribution et son aide précieuse pour la réalisation du diaporama!): https://picasaweb.google.com/...Gv1sRgCJuukqSqxu...
Au plaisir!
Après avoir regardé la liste des thèmes des concours précédents (voir ce lien: http://herikles.free.fr/.VF/VFconcours.html merci Herikles!),
je me suis demandé quels étaient en ce moment mes défis, mes satisfactions, mes plaisirs en tant que voyageur-photographe, ou amateur de photos de voyage... Ce qui correspond le mieux:
"Intérieurs"
tant dans le sens concret d'un lieu, que dans celui plus abstrait d'intimité.
Chambres, ruines, palais, cuisines, cases, tentes, je pense d'abord à des domiciles, mais on peut inclure d'autres intérieurs évocateurs, théâtres fantômes, bureaux administratifs interdits, salles communes inusitées. Je suggère des témoignages visuels de vos rencontres, découvertes, lieux inédits, au-delà du spectacle de la rue. Évidemment halls et chambres d'hôtels, musées, lieux d'expositions publiques et autres endroits infiniment faciles d'accès ne devraient pas figurer à notre concours, en principe. Allons vers l'intime, le caché, voire le secret!
Le règlement du Concours est identique aux précédents :
- 3 photos (maximum) par participant, postées chacune dans un message différent. - N’oubliez pas de numéroter vos photos. - Même si les images doivent parler d’elles même, une légende (localisation, contexte, courte présentation …) est toujours appréciable. - On imagine et on souhaite que vous soyez bien l’auteur des photos présentées.
Dépôt des photos jusqu’au jeudi 24 octobre 2013, 16h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (directement en réponse à ce message)
Début des votes à partir du vendredi 25 jusqu’au mercredi 30 octobre, 18h, heure de Montréal, 22h, heure de Paris (toujours directement en réponse au présent message).
Pour le vote, pensez à bien indiquer :
- Le Pseudo et le numéro de la photo … et votre classement ! - 1ère photo = 3 points, 2ème = 2 pts, 3ème = 1 pt - Tous les membres de VF peuvent voter (même ceux qui n’ont pas déposé de photos). - En cas d’égalité de points pour deux photos, la photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus grand nombre de 1ère places sur le podium ! - Le talentueux gagnant aura le privilège d’organiser le prochain concours photo VF de novembre 2013.
Pour les échanges, les discussions ou les polémiques … utilisez cet espace en suivant ce lien : http://voyageforum.com/v.f?post=6197851;live=1;
Diaporama des photos : (Grand merci à Herikles pour sa contribution et son aide précieuse pour la réalisation du diaporama!): https://picasaweb.google.com/...Gv1sRgCJuukqSqxu...
Au plaisir!
Road trip marocain en octobre English translation pending
Bonjour,
Je prépare actuellement un voyage au Maroc avec 3 amis en Octobre. Je voudrai avoir quelques conseils du forum sur les endroits où s'arrêter, les auberges recommendables, etc. Nous démarrons le 7 octobre à Marrakech pour terminer le 23 à Marrakech aussi, avec quelques étapes obligatoires au milieu (famille, aéroport, etc.). Je précise que je suis moi-même marocain résidant en Allemagne, mes amis étant allemands et italiens. Cela dit, je n'ai encore jamais traverser l'Atlas et aurais besoin d'avis de connaisseurs :-)
- Lundi 7/10: arrivée à Marrakech, récupération de la voiture de location. On sera deux à ce moment-là, ma copine et moi-même. Le 3ème arrivant le vendredi 11 à Marrakech même. L'idée est donc de bien visiter Marrakech en profondeur puis éventuellement de faire une journée dans la vallée de l'Ourika ou Asni. Qu'en dites vous? Peut-être aussi aller passer une nuit vers Demnate et voir les cascades d'Ouzoud.
- Vendredi 11/10: arrivée du 3ème voyageur, départ pour Casablanca où atterit dans la nuit la 4ème personne. J'ai prévu de passer 2 nuits et une journée à Casablanca. Connaissant la ville assez bien, je pense que cela suffit pour les endroits clés: Médina/Port/Mosquée Hassan 2 + Corniche.
- Dimanche 13 matin: départ pour Salé (Rabat), où mes parents habitent, pour les festivités de l'Aid qui doit tomber soit le 14 soit le 15.
- Mercredi 16: départ très tôt pour l'incontournable ville de Fès pour deux journées et une nuit. Question qui va être récurrente pour toutes les étapes suivantes: Où s'arrêter en chemin pour la pause déjeuner ou pause photos/café/clope. C'est le genre d'infos qui me manquent en général car quand je vais à Fes sans touristes à bord je ne cherche pas forcèment les endroits les plus authentiques pour faire mes pauses... Malheureusement d'ailleurs. En rédigeant cette partie je me rends compte qu'il serait plus judicieux de tracer les deux d'autoroute pour arriver à Fes et bien profiter de la ville jusqu'au lendemain.
- Jeudi 17: départ en direction du Sud-Est, l'objectif étant de passer la nuit du Vendredi au Samedi sur les dunes de Merzouga. J'ai donc pensé à la ville de Midelt pour la nuit intermédiaire. Ca nous permettra de rouler tranquillement via Ifrane, Azrou, la forêt de cèdres, Timahdit puis d'arriver à Midelt en fin de journée. Avez-vous d'autres propositions pour passer la nuit? Connaissez-vous de bonnes auberges dans le coin? Ou s'arreter pour manger?
- Vendredi 18: étape Midelt - Merzouga, l'objectif étant d'arriver avant 16h au pieds des dunes pour partir en dromadaire avec le guide. Quel serait votre parcours type de la journée?
- Samedi 19: retour à l'auberge et départ en direction de la nationale N10 en coupant par la R702 reliant Erfoud et Tinejdad. Vu que l'objectif est de profiter un peu du paysage, mais aussi d'être à Marrakech le dimanche après-midi, je pense m'arrêter au niveau de Skoura. On pourra donc rouler tranquillement en s'arretant a Tinghir, Todgha et Dadès, puis d'arriver tranquillement en fin de journée sur Skoura. Est-ce une bonne idée de passer la nuit là bas? Y a-t-il de bonnes adresses dans le coin? Quels sont les endroits (en dehors de la N10) ou l'on peut s'aventurer pour prendre quelques photos et admirer le paysage.
- Dimanche 20: étape Skoura - Marrakech, avec arrêt Ait BenHaddou et déjeuner sur le col. J'ai entendu parler d'un bon restaurant tout en haut, c'est lequel?
- Lundi 21: départ d'un de mes covoyageurs de Marrakech.
- Mardi 22: départ avec les deux restants direction Essaouira pour deux jours / une nuit. Avez-vous de bonnes adresses là aussi?
- Mercredi 23: retour en fin de journée sur Marrakech, remise de la Logan de location.
- Jeudi 24: je rentre chez mes parents pour mes deux derniers jours au Maroc. Mes deux amies restantes profiteront de ces deux jours pour se perdre toutes seules dans les ruelles de Marrakech.
- Samedi 26: Fin du voyage.
J'ai veillé à ce que le programme ne soit pas trop chargé, tout en gardant un bon rythme sportif qui prenne en compte les contraintes et envies de chacun. J'ai donc laissé tomber Tanger/Chefchaouen.
Qu'en pensez-vous?
Merci d'avance pour vos conseils, Mehdi
Je prépare actuellement un voyage au Maroc avec 3 amis en Octobre. Je voudrai avoir quelques conseils du forum sur les endroits où s'arrêter, les auberges recommendables, etc. Nous démarrons le 7 octobre à Marrakech pour terminer le 23 à Marrakech aussi, avec quelques étapes obligatoires au milieu (famille, aéroport, etc.). Je précise que je suis moi-même marocain résidant en Allemagne, mes amis étant allemands et italiens. Cela dit, je n'ai encore jamais traverser l'Atlas et aurais besoin d'avis de connaisseurs :-)
- Lundi 7/10: arrivée à Marrakech, récupération de la voiture de location. On sera deux à ce moment-là, ma copine et moi-même. Le 3ème arrivant le vendredi 11 à Marrakech même. L'idée est donc de bien visiter Marrakech en profondeur puis éventuellement de faire une journée dans la vallée de l'Ourika ou Asni. Qu'en dites vous? Peut-être aussi aller passer une nuit vers Demnate et voir les cascades d'Ouzoud.
- Vendredi 11/10: arrivée du 3ème voyageur, départ pour Casablanca où atterit dans la nuit la 4ème personne. J'ai prévu de passer 2 nuits et une journée à Casablanca. Connaissant la ville assez bien, je pense que cela suffit pour les endroits clés: Médina/Port/Mosquée Hassan 2 + Corniche.
- Dimanche 13 matin: départ pour Salé (Rabat), où mes parents habitent, pour les festivités de l'Aid qui doit tomber soit le 14 soit le 15.
- Mercredi 16: départ très tôt pour l'incontournable ville de Fès pour deux journées et une nuit. Question qui va être récurrente pour toutes les étapes suivantes: Où s'arrêter en chemin pour la pause déjeuner ou pause photos/café/clope. C'est le genre d'infos qui me manquent en général car quand je vais à Fes sans touristes à bord je ne cherche pas forcèment les endroits les plus authentiques pour faire mes pauses... Malheureusement d'ailleurs. En rédigeant cette partie je me rends compte qu'il serait plus judicieux de tracer les deux d'autoroute pour arriver à Fes et bien profiter de la ville jusqu'au lendemain.
- Jeudi 17: départ en direction du Sud-Est, l'objectif étant de passer la nuit du Vendredi au Samedi sur les dunes de Merzouga. J'ai donc pensé à la ville de Midelt pour la nuit intermédiaire. Ca nous permettra de rouler tranquillement via Ifrane, Azrou, la forêt de cèdres, Timahdit puis d'arriver à Midelt en fin de journée. Avez-vous d'autres propositions pour passer la nuit? Connaissez-vous de bonnes auberges dans le coin? Ou s'arreter pour manger?
- Vendredi 18: étape Midelt - Merzouga, l'objectif étant d'arriver avant 16h au pieds des dunes pour partir en dromadaire avec le guide. Quel serait votre parcours type de la journée?
- Samedi 19: retour à l'auberge et départ en direction de la nationale N10 en coupant par la R702 reliant Erfoud et Tinejdad. Vu que l'objectif est de profiter un peu du paysage, mais aussi d'être à Marrakech le dimanche après-midi, je pense m'arrêter au niveau de Skoura. On pourra donc rouler tranquillement en s'arretant a Tinghir, Todgha et Dadès, puis d'arriver tranquillement en fin de journée sur Skoura. Est-ce une bonne idée de passer la nuit là bas? Y a-t-il de bonnes adresses dans le coin? Quels sont les endroits (en dehors de la N10) ou l'on peut s'aventurer pour prendre quelques photos et admirer le paysage.
- Dimanche 20: étape Skoura - Marrakech, avec arrêt Ait BenHaddou et déjeuner sur le col. J'ai entendu parler d'un bon restaurant tout en haut, c'est lequel?
- Lundi 21: départ d'un de mes covoyageurs de Marrakech.
- Mardi 22: départ avec les deux restants direction Essaouira pour deux jours / une nuit. Avez-vous de bonnes adresses là aussi?
- Mercredi 23: retour en fin de journée sur Marrakech, remise de la Logan de location.
- Jeudi 24: je rentre chez mes parents pour mes deux derniers jours au Maroc. Mes deux amies restantes profiteront de ces deux jours pour se perdre toutes seules dans les ruelles de Marrakech.
- Samedi 26: Fin du voyage.
J'ai veillé à ce que le programme ne soit pas trop chargé, tout en gardant un bon rythme sportif qui prenne en compte les contraintes et envies de chacun. J'ai donc laissé tomber Tanger/Chefchaouen.
Qu'en pensez-vous?
Merci d'avance pour vos conseils, Mehdi
Problème de places dans une location de voiture (Maroc) English translation pending
Bonjour à tous
Nous partons au Maroc en mars à 6 "filles" 😎: 3 adultes, 1 ado et 2 enfants (8 et 10 ans).
Je suis habituée des bus locaux, mais là je trouvais sympa l'idée de louer une voiture pour faire ce qu'on veut, quand on veut, comme on veut. Petit problème: nous sommes 6 comme je l'ai dit, pour des voitures "de base" à 5 places. Pour des modèles plus grands, les prix flambent carrément😕! Bon, on est pas regardantes, et quitte à être serrées dans un bus, on peut l'être dans la voiture, là n'est pas le problème...
Mais je me demande quelle sera la tolérance appliquée par les gendarmes qu'on ne manquera pas de croiser, si mes filles sont attachées ensembles sur 1 seul siège😠... même si c'est couramment pratiqué par les marocains! Et puis le loueur de voiture va-t-il accepter ça, par rapport à l'assurance?... Quelqu'un a-t-il déjà eu de genre de "dilemme", quelles solutions a-t-il trouvé, quelles réactions cela a-t-il suscité, a-t-il eu des soucis?
Merci par avance pour toute info utile!🙂
Maroc 1 semaine, quoi faire English translation pending
Bonjour
Je désire passer une semaine au Maroc en Décembre avec ma maman qui est assez âgée, mais encore en pleine forme.
Que me conseillez vous de faire? elle voudrait profiter du soleil et visiter un peu le pays?
Merci de vos conseils
Jean Max
Retour d'un mois au Maroc avec deux enfants English translation pending
Bonjour à tous!
Voici une dizaine de jours que nous sommes rentrés d'un superbe voyage au Maroc avec nos 2 filles de 4 et 7 ans. Nous avons les têtes pleines de souvenirs fabuleux! Je voudrais juste rassurer les parents qui hésiteraient éventuellement sur le choix d'une destination: voyager au Maroc avec des petits est très facile, les gens sont très chaleureux et protecteurs dès qu'ils voient des enfants... c'est vraiment un pays où on est jamais seul! Nous sommes partis en sac à dos avec un Lonely Planet (une mine d'or!) et faisant face à trop de contraintes pendant l'année, on avait rien voulu planifier! On avait un vol aller-retour pour Tanger où on avait juste réservé une chambre d'hôtes (Maison Hassania...magnifique et les hôtes charmants! bien que pas donné par rapport à ce qu'on a payé ensuite, c'est à recommander pour souffler et se faire un peu plaisir;-)). Puis on a mis le cap sur Legzira plage, au sud d'Agadir. Voyage en train couchette (1ère classe) jusque Marrakech puis bus pour Agadir puis taxi pour Legzira (on avait plus le courage de prndre encore un bus!) Très beau bien que très humide, voire froid le soir (pull indispensable). On y a passé une semaine: hotel beach club, bof, puis petit appart au confort rudimentaire mais face à la mer pour 200dh la nuit (c'était le ramadan, les prix ont dû fort grimper ensuite)! Le propriétaire est Mustapha qui tient le restaurant "Les Arches". Ensuite bus pour Marrakech (7heures très dures à cause des petites routes toute la 1ère partie) qui nous a accueillis sous 48°C!! Intenable...on y a passé qu'une nuit. On avait réservé une voiture dans une agence locale in extremis avant l'Aïd (car après c'était juste impossible à trouver sans avoir réservé longtemps à l'avance), et on est donc partis le lendemain dans la vallée des Aït Bouguemez ou vallée heureuse. on était basés à Agouti, au gîte Flilou (parfait!), d'où on a exploré la région, marché, etc. C'est magnifique, les paysages sont grandioses! ... mais la voiture est indispensable et il faut se méfier des pistes, nombreuses et sur lesquelles on ne roule pas plus vite qu'à 20km/h, et parfois un peu dangereuses en tous cas si comme nous on a une petite voiture basique! On avait une bonne carte mais elle indiquait parfois des routes goudronnées comme pistes et l'inverse! Mieux vaut demander aux gens car le pays se modernise vite! Ensuite on a quitté les coins "perdus" pour Rabat (on a beaucoup aimé), Meknès (très beau mais très chaud), puis Azrou dans le Moyen Atlas, où on a pu voir les singes magot en liberté avec les enfants, super et très beaux paysages, bien que fort pollué par endroits.
Sauf pendant les 5 jours dans le haut atlas, on a pris des bus (CTM) et des trains. C'est tout à fait faisable avec des enfants bien que les voyages soient assez éprouvants (prévoir des distances pas trop longues, si possible le train, la 1ère classe étant beaucoup plus confortable que la 2ème et les places étant numérotées on est sûrs d'être assis! Pendant un voyage Rabat-Meknes, court heureusement, on a passé un temps infini assis sur nos sacs à côté des toilettes, c'était moyen avec les enfants:-(). Point de vue santé, on avait juste une bonne pharmacie et une bonne assurance en cas de souci, mais on en a eu aucun! Vu que les enfants touchent à tout, je leur faisais se laver les mains tout le temps et j'avais des lingettes, très très pratiques pendant les voyages ou les visites où on a pas toujours un robinet et du savon à portée de main. On a mangé de tout, y compris des crudités (difficile de faire autrement vu que les salades accompagnent beaucoup de plats), et on a rien eu! Pour le reste, on a pas souffert du ramadan si ce n'est que moins de choses sont ouvertes et qu'il faut parfois chercher un peu pour trouver un snack ou un restaurant. Au contraire, les touristes ont afflué de partout après l'Aïd, et on a regretté le calme de nos débuts dans le pays! Concernant enfin les hôtels, on a eu quelques fois la possibilité de prendre 2 chambres, mais la plupart du temps on avait une chambre de trois lits et on avait un matelas de camping sur lequel dormait une des filles. On avait aussi des sacs à viande (draps de camping), dont on a pas eu besoin souvent mais qu'on était contents d'avoir les qques fois où on en a eu besoin! Dernière chose, mais peut-être la plus importante: on a fait notre itinéraire en fonction des températures, très élevées à l'intérieur des terres. C'est évidement une donnée indispensable si on veut faire un voyage réussi car à partir de 40°C, visiter c'est difficile pour les adultes mais les enfants ne tiennent simplement pas (les miens en tous cas!).
Je répète donc que c'est vraiment à faire, il y a des tonnes de choses à découvrir au Maroc, les gens sont adorables, dans leur très grande majorité, avec les familles, les paysages sont fabuleux!
N'hésitez pas si vous avez des questions!
Voici une dizaine de jours que nous sommes rentrés d'un superbe voyage au Maroc avec nos 2 filles de 4 et 7 ans. Nous avons les têtes pleines de souvenirs fabuleux! Je voudrais juste rassurer les parents qui hésiteraient éventuellement sur le choix d'une destination: voyager au Maroc avec des petits est très facile, les gens sont très chaleureux et protecteurs dès qu'ils voient des enfants... c'est vraiment un pays où on est jamais seul! Nous sommes partis en sac à dos avec un Lonely Planet (une mine d'or!) et faisant face à trop de contraintes pendant l'année, on avait rien voulu planifier! On avait un vol aller-retour pour Tanger où on avait juste réservé une chambre d'hôtes (Maison Hassania...magnifique et les hôtes charmants! bien que pas donné par rapport à ce qu'on a payé ensuite, c'est à recommander pour souffler et se faire un peu plaisir;-)). Puis on a mis le cap sur Legzira plage, au sud d'Agadir. Voyage en train couchette (1ère classe) jusque Marrakech puis bus pour Agadir puis taxi pour Legzira (on avait plus le courage de prndre encore un bus!) Très beau bien que très humide, voire froid le soir (pull indispensable). On y a passé une semaine: hotel beach club, bof, puis petit appart au confort rudimentaire mais face à la mer pour 200dh la nuit (c'était le ramadan, les prix ont dû fort grimper ensuite)! Le propriétaire est Mustapha qui tient le restaurant "Les Arches". Ensuite bus pour Marrakech (7heures très dures à cause des petites routes toute la 1ère partie) qui nous a accueillis sous 48°C!! Intenable...on y a passé qu'une nuit. On avait réservé une voiture dans une agence locale in extremis avant l'Aïd (car après c'était juste impossible à trouver sans avoir réservé longtemps à l'avance), et on est donc partis le lendemain dans la vallée des Aït Bouguemez ou vallée heureuse. on était basés à Agouti, au gîte Flilou (parfait!), d'où on a exploré la région, marché, etc. C'est magnifique, les paysages sont grandioses! ... mais la voiture est indispensable et il faut se méfier des pistes, nombreuses et sur lesquelles on ne roule pas plus vite qu'à 20km/h, et parfois un peu dangereuses en tous cas si comme nous on a une petite voiture basique! On avait une bonne carte mais elle indiquait parfois des routes goudronnées comme pistes et l'inverse! Mieux vaut demander aux gens car le pays se modernise vite! Ensuite on a quitté les coins "perdus" pour Rabat (on a beaucoup aimé), Meknès (très beau mais très chaud), puis Azrou dans le Moyen Atlas, où on a pu voir les singes magot en liberté avec les enfants, super et très beaux paysages, bien que fort pollué par endroits.
Sauf pendant les 5 jours dans le haut atlas, on a pris des bus (CTM) et des trains. C'est tout à fait faisable avec des enfants bien que les voyages soient assez éprouvants (prévoir des distances pas trop longues, si possible le train, la 1ère classe étant beaucoup plus confortable que la 2ème et les places étant numérotées on est sûrs d'être assis! Pendant un voyage Rabat-Meknes, court heureusement, on a passé un temps infini assis sur nos sacs à côté des toilettes, c'était moyen avec les enfants:-(). Point de vue santé, on avait juste une bonne pharmacie et une bonne assurance en cas de souci, mais on en a eu aucun! Vu que les enfants touchent à tout, je leur faisais se laver les mains tout le temps et j'avais des lingettes, très très pratiques pendant les voyages ou les visites où on a pas toujours un robinet et du savon à portée de main. On a mangé de tout, y compris des crudités (difficile de faire autrement vu que les salades accompagnent beaucoup de plats), et on a rien eu! Pour le reste, on a pas souffert du ramadan si ce n'est que moins de choses sont ouvertes et qu'il faut parfois chercher un peu pour trouver un snack ou un restaurant. Au contraire, les touristes ont afflué de partout après l'Aïd, et on a regretté le calme de nos débuts dans le pays! Concernant enfin les hôtels, on a eu quelques fois la possibilité de prendre 2 chambres, mais la plupart du temps on avait une chambre de trois lits et on avait un matelas de camping sur lequel dormait une des filles. On avait aussi des sacs à viande (draps de camping), dont on a pas eu besoin souvent mais qu'on était contents d'avoir les qques fois où on en a eu besoin! Dernière chose, mais peut-être la plus importante: on a fait notre itinéraire en fonction des températures, très élevées à l'intérieur des terres. C'est évidement une donnée indispensable si on veut faire un voyage réussi car à partir de 40°C, visiter c'est difficile pour les adultes mais les enfants ne tiennent simplement pas (les miens en tous cas!).
Je répète donc que c'est vraiment à faire, il y a des tonnes de choses à découvrir au Maroc, les gens sont adorables, dans leur très grande majorité, avec les familles, les paysages sont fabuleux!
N'hésitez pas si vous avez des questions!
Chamelier à M'hamid English translation pending
Bonjour.
Toujours en vue d une rando ddébut mars. Je penche pour une mehare de 8 jours au départ de m hamid (j ai déjà fait 7 jours de rando avec chameaux depuis m hamid il y a 10 ans).
Je trouve des prix très élevés sur le net et je voudrais avoir des expériences récentes.
1) combien demande par jour les agences locales de m hamid?
2) les prix réel dur place sont-ils très différents de creux fut nets
2) nous serons 4 donc il faut je pense 1chamelier et 3 dromadaires. Auriez-vous une idée du budget pour 8 jours de rando.
Merci de votre aide
Ps. Tous les liens reçus via ce forum donnent des tarifs bien trop chers
Merci de votre aide
Ps. Tous les liens reçus via ce forum donnent des tarifs bien trop chers
Sept jours à Marrakech English translation pending
Bonjour,
Je suis un peu d'avance, mais je vais passer une semaine dans un hôtel de Marrakech le 1er juin 2014. Je ne connais pas vraiment la ville et ce qu'il y a à faire. J'aimerais donc savoir ce que vous me conseillez de faire durant mes 7 jours? Je suis prêt à louer une voiture et même à coucher 1 ou 2 nuits dans un autre hôtel si certaines choses valent le détour. J'aimerais également faire une excursion en dromadaire dans le désert. Est-ce qu'il y a des possibilités prêt de Marrakech?
Merci beaucoup.
Je suis un peu d'avance, mais je vais passer une semaine dans un hôtel de Marrakech le 1er juin 2014. Je ne connais pas vraiment la ville et ce qu'il y a à faire. J'aimerais donc savoir ce que vous me conseillez de faire durant mes 7 jours? Je suis prêt à louer une voiture et même à coucher 1 ou 2 nuits dans un autre hôtel si certaines choses valent le détour. J'aimerais également faire une excursion en dromadaire dans le désert. Est-ce qu'il y a des possibilités prêt de Marrakech?
Merci beaucoup.