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Croisière sur le Carnival Glory, départ le 24 janvier 2010 English translation pending
by DanyCapo · 2009-09-02 · 36 replies
Bonjour, nous partons 2 couples sur le Glory le 24 janvier 2010 et aimerions savoir si d'autres francophones seront aussi du voyage, c'est notre 5e croisières et la troisième fois dans l'ouest des Caraiibes. Nous aimerions aussi savoir comment est le bateau? et qu'est-ce qui est vraiment de voir à cosumel, Rotan & Belize?

Merci de vos réponses
Hôtel Royal Decameron Baru à Carthagene English translation pending
by Théoboutte · 2009-09-02 · 488 replies
Y a t'il quelqu'un qui est au courant si le nouveau Royal Decameron Baru ( Cartagène) qui est supposé ouvrir décembre 2009 dans la revue de Nolitour est sur une île ou presqu'île et les excursions proposé.
Carnet de voyage été 2009: New York et l'Ouest américain English translation pending
by Tbouf · 2009-08-26 · 2 replies
Bonjour,

De retour, et comme promis avant notre départ, voici notre carnet de voyage, qui nous a permis de découvrir pendant 25 j New York et l'ouest américain durant le mois de juillet 2009. Vous trouverez d'autres messages sur la préparation de notre voyage dans le forum.

Jeudi 09/07 – L’envol vers les USA

Ca y est ! Nous sommes prêts et le départ s’annonce.

A Bordeaux, le pilote British Airways est aussi impatient que nous, voir plus, car il fait un faux départ : il met les gaz et freine au milieu de sa course d’élan. Demi-tour au milieu de la piste - Un peu de tension et d’inquiétude nous gagne ... Mais il se remet sur le plot de départ comme si il ne s’était rien passé et au GO du starter, remet la gomme et enfin s’envole. Ouf …

RAS sur le vol par la suite. Pas de problème non plus sur le transfert en bus entre Gatwick et Heathrow (le terminal 4 n’est pas tout proche des autres quand même). Ce transfert a quand même permis à Thomas de découvrir les célèbres bus anglais à 2 étages.

Avec le décalage horaire, c’est un peu du n’importe quoi pour les repas (17h30 ?? et 0h00)

A l’arrivée, transfert en bus jusqu’à notre hôtel proche de la Central Station et premier aperçu de Manhattan, de loin et de près en passant par Time Square.

Belle entrée en matière.

Avant de nous coucher à 9h30 (il est 3h30 du matin en France et la journée a été longue), nous décidons quand même du programme du lendemain – La statue de la Liberté pour commencer.

Vendredi 10/07 – J1 à New York

Réveil de bonne heure pour Thomas et Thierry : 05h00 à NY (11h en France, toujours un décalage de 6h mais c’est la dernière fois que je parlerai des heures françaises).

Sylvie et Romain font la grasse matinée en se levant à 6h30.

Je consulte les messages sur mon téléphone et super nouvelle : Romain a eu son brevet avec la mention TB. Very good news (merci papy et mamie). Sylvie fait partager sa joie aux voisins.

On fête immédiatement cela royalement en trinquant avec un verre d’eau (pas de café ni de jus d’orange) complété avec des chocos françaises.

Quelques SMS plus tard pour avertir tout le monde, on file prendre le métro new-yorkais pour aller à la pointe sud de Manhattan. Même pas le temps pour un petit café et nous voila partis sur le premier bateau, vers la grande silhouette si familière. La traversée est magnifique.

Avant d’attaquer la statue, un petit déjeuner au soleil et c’est parti.

Oups …, la queue s’est déjà formée et nous allons attendre presque 2 heures avant de pouvoir rentrer dans le socle de la Grande Dame. Petite déception car on ne pourra pas monter dans la tête qui vient d’ouvrir le 04 juillet après 8 ans d’interruption suite aux attentats des twin tower : il fallait réserver à l’avance car le nombre d’entrée est limité : et mince !!!

Un petit tour par la boutique de souvenirs et on part ensuite vers Ellis Island, superbe visite qui nous fait découvrir ce que pouvait ressentir les migrants souhaitant tenter leur chance aux US. Le retour en bateau nous offre une vue splendide sur Manhattan, avec ses tours et ses bâtiments de style si différents.

Thomas se fait quelques copains à notre descente du bateau et va nous faire un petit spectacle dans la rue avec quelques amis du Bronx.

On remonte ensuite à pied dans les rues animées, en passant a coté de la Bourse de NY et de Wall street, pour aller voir Ground Zero. C’est un grand trou en travaux, ce qui laisse quand même envisager l’ampleur de la catastrophe. On reprend le métro vers la Central Station, magnifique gare en marbre et de nombreux lustres superbes.

Malgré la fatigue de cette première journée, on fait quelques magasins : 1er achat de « Converse » pour Romain et un peu de nourriture pour le soir (on n’a pas la force de ressortir manger) et le petit-déj du lendemain. Retour à l’hôtel pour une petite douche, le diner et DODO.

Samedi 11/07 – J2 à New York

Visite Empire State pour commencer la journée. Vue la longueur des couloirs pour atteindre l’ascenseur, on est super content d’y être allé de bonne heure. Grosse déception car King Kong n’était pas là.

Point de vue magnifique avec un super temps et de la visibilité.

Premier Mc DO : A part la boisson, les portions ne sont pas forcement plus grosses qu’en France et la qualité est équivalente.

Constat confirmé : les américains sont super sympa : par exemple, la caissière de MACY nous fait 10% de réduction en allant nous chercher un bon spécial. Les employés sont en général partout très sympas.

Départ ensuite pour Time Square : quelle animation ! Cela grouille de partout et encore, on est en journée. On est dans la 10ème dimension ! Il y a quelques personnages surprenants.

Deux visites marrantes : Toys’r us et sa grande roue intérieure, et un magasin sur quatre étages entièrement dédié à M&M’s, des colonnes entières de M&M’s, ça nous a fait rêver !!.

On y reviendra un soir car cela doit aussi être impressionnant la nuit.

On laisse l’agitation et la foule pour aller au Musée d’art moderne (MOMA) : des toiles et œuvres très intéressantes.

Retour ensuite à l’hôtel en passant par le Waldorf Astoria où nous sommes rentrés dans le magnifique hall art déco de ce palace de luxe.

La marche a encore été plus longue qu’hier : demain, on circulera le maximum en métro et bus.

Dimanche 12/07 – J3 à New York

Dimanche 12/07 – J3 Messe Gospel à Harlem

Ce matin, comme tous les dimanches (ou presque !!!), nous irons à la messe.

Ici, c’est bien car on a le choix entre celle de 8h et celle de 11h : à l’unanimité (n’est ce pas les enfants ?), ce sera 11h.

Le voyage en bus sera intéressant car il nous permettra de passer très rapidement de Manhattan avec ses buildings à Harlem avec ses immeubles bas et parfois dégradés, alors que l’on est seulement à un bloc de Central Parc et ses maisons aux façades majestueuses. Le contraste est saisissant.

A notre arrivée vers l’église (merci Martine pour l’adresse) , nous nous mettons dans la file d’attente. Les fidèles rentrent d’abord au rez de chaussée et les touristes à l’étage ensuite. Ce moment nous permet de voir arriver quelques fidèles dans des tenues telles qu’on les imaginait. Les femmes ont mis leurs plus belles robes et les hommes leurs costumes, avec parfois un peu de « bling bling ». Il y a également quelques couleurs surprenantes de temps en temps mais cela est très authentique.

La messe sera un grand moment de bonheur : les chants sont magnifiques et il y a beaucoup d’émotion. Le spectacle est également dans la salle. Quelle surprise de voir les personnes danser, se lever, crier pour faire partager leur foi avec les orateurs ou encore se donner des accolades sur certains prêches.

Nous les avons accompagnés en rythmant leurs magnifiques chansons.

Thomas et Romain ont trouvé des enfants jouant à la DS pendant la cérémonie.

Cela va être dur la prochaine fois que nous irons à l’église de leur dire de ne pas bouger.

Cette messe fut un vrai moment de bonheur.

Dimanche 12/07 – J3 Suite de la journée

Après la messe, nous avons été dans Central Parc pour pique-niquer. Le parc est un havre de paix mais avec aussi une foule de sportifs.

Cela va du jogger qui pousse son enfant dans une poussette jusqu’à la personne âgée qui risque de tomber à chaque foulée. Les New-Yorkais sont fanas de sport.

L’après-midi, nous avons visité Guggenheim. L’exposition est consacrée à l’architecte Franck Lloyd Wright, véritable génie qui a conçu le bâtiment du musée Guggenheim. Nous avons tous les quatre étés passionnés par cette visite.

Après cette nourriture culturelle, nous sommes revenus à une réalité plus commerciale : le plus grand magasin de jouet de la ville Schartwz puis Apple Store, magasin qui présente en avant première dans le monde tous les produits Apple : pour Romain et Thierry gros moment d’émotion.

Enfin pour clore cette belle journée, nous sommes partis voir Time Square de nuit (toujours autant de monde et d’animation). Fin de la journée : Ouf !

Lundi 13/07 – J4 – Dernier jour à NY

Pour démarrer la journée, nous partons faire la traversée du pont de Brooklin à pied. C’est marrant d’être au dessus des voitures. Cette balade nous donne également de belles vues sur Manhattan.

Visite ensuite de Chinatown avec ses bazars et son agitation. Il suffit ensuite de traverser une rue et on se retrouve à Little Italy, avec ses cafés italiens (un peu cher le café : 4, 5 dollar le luxe total !mais au moins il est bon !) et ses décorations et peintures aux couleurs vertes, rouges et blanches. .

Cette journée est émouvante, nous avons conscience que nous allons quitter cette ville qui a su nous toucher. Nous aimons ce mélange de races, de conditions sociales : une vraie leçon de tolérance.

Lundi 13/07 – Transfert vers Las Vegas

2ème fouille au corps pour Thierry en 2 vols US. Qu’est-ce qui ne leur plait pas aux douaniers US ? Il a le look terroriste ? Au concours, Romain n’est pas loin derrière : 1 sur 2, pour lui. Les douaniers ont contrôlé avec insistance son sac qui contenait vous vous en doutez des objets très controversés : MP4, oreiller, livres…. Prochain test à San Francisco pour le retour (je devrais peut-être faire un petit excès de vitesse en voiture pour augmenter mon avance mais je ne suis pas sûr que mon coté joueur soit apprécié…)

Sur le vol New-York-Las Vegas, nous avons eu à nos cotés des voisins pittoresques. Deux dames tellement obèses qu’elles étaient coincées dans leurs sièges. Une jeune fille placée à leur droite à coté du hublot se faisait toute petite. Je ne vous dis pas quand celle-ci avait besoin d’aller aux toilettes ! Un monsieur ronflant comme un camion, mais aussi une autre jeune fille largement tatouée qui descendait les apéros comme des coca.

Lundi 13/07 – Arrivée Las Vegas et La voiture

Notre arrivée sur Las Vegas est royale : la ville s’est parée de toutes ses lumières pour nous recevoir. L’aéroport est luxueux. Il est tellement grand qu’il faut prendre un tram pour aller récupérer ses bagages. On est bien dans la ville du jeu : à peine débarqué, on entend déjà le bruit des machines à sous.

On prend également un grand coup de chaud : il fait 40° à 23h30.

Nous prenons possession de la voiture de location et là malgré la fatigue (rappelons qu’il est 1 heure du matin), nous avons eu le droit à un moment d’anthologie avec Thierry et la boîte automatique qui a suscité de bons délires. Qu’est ce que je fais de cette pédale et de ce levier ? Nous avons eu le droit à un tour du parking très comment dire…..haché ! Nous vous rassurons, il conduit maintenant comme un vrai pro.

Mardi 14/07 – Las Vegas et transfert vers Grand Canyon

Depuis que nous sommes arrivés à Las Vegas, le mot mal-bouffe prend toute sa mesure. Nous avons pris notre petit déjeuner sur le mode buffet en libre service. Certaines personnes ont mangé en un repas ce que nous n’avons pas mangé nous à quatre. Nous hallucinons devant les verres de coca dés le matin, la hauteur des gâteaux divers et variés posés dans les assiettes (record = 3 gaufres l’une sur l’autre avec de la confiture et recouvertes de chantilly). Les New Yorkaises étant minces et très élégantes, nous pensions que les médias exagéraient le problème de nutrition dans ce pays : nous pouvons affirmer le contraire. Emilianne, si tu veux travailler aux US, tu n’auras pas de problème à trouver de la clientèle.

Grosse chaleur dès que l’on sort de l’hôtel. Pour se balader en ville, on prendra la voiture la semaine prochaine. Petit tour rapide sur le célèbre Strip en voiture pour avoir une première vue des hôtels et de leurs décors qui semblent en carton pâte, et ensuite première grosse traversée en voiture (4h30) pour rejoindre Grand Canyon via le barrage Hooverdam (les grands œuvres et chantiers sont à la taille du pays)

Passage obligé par la mythique route 66 à Seligman et arrivée à l’hôtel de Tusayan. Super ! Il y a internet (ouf pour le blog) et une piscine : depuis le temps que Thomas voulait se baigner, à peine dans la chambre, il était déjà en maillot. Il avait raison : rien de mieux pour se détendre après les grosses chaleurs !!

Mercredi 15/07 – Grand Canyon

Avant de partir vers le grand canyon, on a réservé pour le tour en hélico : ce sera demain matin.

Arrivée au parc (merci Laurent et Valérie pour la carte d’entrée qui a fonctionnée) et premier point de vue grandiose. On en prend plein « les mirettes ». On passe au Visitor Center pour voir les ballades possibles. Ce sera «Bright Angel Trail », en version intermédiaire, 10 km et 4 à 6h prévue quand même. Super baptême de rando pour Thomas qui sera à la hauteur du défi. Notre petit cabri Romain a fait l’éclaireur loin devant pendant une grande partie de la remontée.

Pendant la descente, on a eu 3 gouttes de pluie qui ont essayé de nous dissuader d’aller plus loin. Peine perdue, et le soleil a de nouveau fait son apparition (près de 30 °). On a bu au moins 3 litres d’eau par personne.

Beaucoup d’écureuils tout au long du parcours : à la fin, on n’y faisait presque plus attention. Pendant le pique-nique, ils devenaient presque menaçants pour trouver de la nourriture.

Cette longue descente puis remontée est une manière très intéressante de découvrir et de retrouver le côté nature du canyon, surtout par rapports aux différents points de vue où il y a parfois beaucoup de monde. Au-delà du canyon, le parc est très sympa avec sa forêt de pins qui sent bon.

Retour à l’hôtel ensuite avec piscine avant d’aller manger et de r��ver d’hélicoptère (on a vu les photos de Guylaine et Pascal sur leur blog et on salive déjà).

Jeudi 16/07 – Grand Canyon – hélico – Mexican Hat

Suite à la rando d’hier, les jambes commencent à se faire sentir.

Départ en hélico ce matin.

Superbe expérience : quelles sensations !!!!

C'était vraiment à faire.

Sylvie a bien entendu été tirée au sort pour être à côté du pilote, pendant que Thierry, Romain et Thomas essayait de compenser (en vain !!) les 250 kg du couple d’américain qui faisaient le vol avec nous.

Après ce voyage, retour sur terre via les navettes du parc qui nous permettent de voir différents points de vue. Nous repartons par la sortie Est et en profitant de la super vue du canyon depuis Desert View avec sa tour « ancienne » (1930 = ancien pour les Américains).

Traversée ensuite des territoires Navajo pour passer Monument Valley et arriver à Mexican Hat. Les paysages sont époustouflants.. Nous avons l’impression d’être au bout du monde, dans un motel au bord de la San Juan River.

Le diner dans un restaurant avec des chanteurs de « country » confirme notre impression.

Vendredi 17/07 – Monument Valley – Lake Powell - Page

Avant de redécouvrir Monument Valley, nous faisons un petit détour pour aller voir Mexican Hat Rock et Goosenecks (méandres de la San Juan River).

Nous partons ensuite directement pour Page.

Sur la route, nous faisons une halte à la plage sur le Lake Powell dans un cadre idyllique. Nous devions rester ½ heure. Nous sommes partis au bout de 3h et encore par ce qu’il faisait vraiment trop chaud (>40°). Moment historique : Sylvie s’est baignée longuement : cela ne lui était plus arrivé depuis 1999 en Dordogne avec Claire et Wilfried. Nous avons fait un concours de plongeon assidu, gagné haut la main par Romain et Thomas.

En soirée, nous avons assisté au coucher de soleil sur d’autres méandres magnifiques, ceux du Colorado à Horseshoe Bend.

L’exceptionnel devient notre quotidien.

Au fait, un défi spécial touristo-français a été lancé par Pauline et Camille. Le but ? Photographier les plaques (d'immatriculations) des 51 états des USA. : nous acceptons de relever le défi (12 plaques déjà trouvées en 3 heures). Résultats dans un peu moins de 3 semaines. Le perdant paiera bien entendu l’apéro.

Demain : Grande Journée avec THE WAVE (à suivre ...)

Samedi 18/07 – The Wave - Page

Nous rappelons pour ceux qui n’auraient pas eu le début de l’histoire que the WAVE est un site naturel dont la roche forme des vagues, comme son nom l’indique (le parfait bilingue aura déjà traduit).

Il faut déjà connaitre ce site qui n’est jamais cité sur les guides touristiques. Mais Thierry, à qui on ne l’a fait pas, a déniché cette visite potentielle en surfant sur le web. Pourquoi potentielle, me direz vous ? Parce que seuls 20 personnes par jour peuvent y rentrer suite à tirage au sort. Et, vous l’avez deviné nous sommes les « lucky » qui ont eu un billet d’entrée. (Vous remarquerez mes progrès fulgurants en anglais).

Malgré la chance, ce site se mérite et pour s’y rendre une randonnée de 4 heures aller-retour est nécessaire. 4 heures oui mais sous 110° fahrenheit soit 43° degré Celsius.

Lever 5h30 et nous voilà donc partis ce matin. Mais surprise avant d’atteindre le lieu de départ il faut emprunter un chemin de terre tout cabossé sur 15 kms (vous l’avez vu sur la photo, nous n’avons pas de 4X4). Cela rappelle, en pire, le chemin pour rejoindre la maison que nous avions loué en Toscane (Gatien, Valérie et Eric verront très bien de quoi je parle). Non, ils ne nous décourageront pas ! Et, on a bien fait de résister : une pure merveille. Les paysages aux alentours sont magnifiques, presque surréalistes et compensent par leur beauté la difficulté du trail. Les cartes des Rangers sont hyper précises et la végétation sur les photos ne change que très peu, pour se repérer il suffit également de suite les "cairns" laissés par les précédents randonneurs et également suivre les traces de pas dans le sable! A part ça, pas de signalisation.

Après quelques petites pauses, 1h45 de marche et après une ultime montée, nous atteignons enfin Le Paradis des yeux et des photographes, et nous tombons en extase devant ce trésor caché de l' Ouest américain !!! Il n'y a pas de mot pour décrire avec justesse la beauté de ce site .... Les photos en parleront mieux que nous. Cerise sur le gâteau, nous étions seuls. Seul un petit lapin nous a salué sur notre passage (c’était peut être un Rangers déguisé !!)

Encore une fois, les garçons ont été à la hauteur. Ils sont prêts pour des trekkings.

Nous rentrons à l’hôtel vers 14h00 assez fatigué ... mais la nuit sera remplie de beaux "wêves" !!!!

Cet après-midi, ce sera repos et détente au bord de la piscine.

Dimanche 19/07 – Page

Ce matin, nous avions prévu de laisser dormir un peu plus les enfants. Mais le sort en a décidé autrement : la femme de ménage a sonné à 8h. Raté Romain pour la grasse matinée !

Cap sur Antelope Canyon : « Lower » en premier et « Upper » ensuite.

Le premier se visite à pied au travers d’un boyau étroit, sculpté par les eaux, aux couleurs ocre, orange et rouges. Il faut parfois se contorsionner entre les parois en faisant attention à ne pas se cogner la tête.

Pas si tranquille que ça le canyon car, en août 1997, suite à un orage violent, 11 touristes, Français pour la plupart, ont trouvé la mort dans ce canyon emportés par un torrent de boue.

Pour « Upper Antelope, c’est visite guidée obligatoire, où nous sommes accompagnés d’un guide Navajo (nom du peuple indien à qui appartient Antelope Canyon - Lower comme Upper). Cela démarre par un tour de pickup 4x4 avec les visiteurs derrière. On a tiré le bon numéro : le guide/chauffeur est à fond sur la piste très sablonneuse. Les enfants sont ravis et ont décollé à plusieurs reprises de leur siège. Cela bougeait tellement que le guide avait conseillé de sortir casquettes et lunettes : cela s’est bien entendu vérifié exact puisque nous avons réussi à rattraper au vol une bouteille d’autres visiteurs mais manqué la casquette d’un enfant. Beaucoup de monde dans ce canyon mais un guide super qui a joué de la flute, nous a indiqué tous les meilleures positions pour faire des photos, quand il ne les prenait pas directement à notre place, avec le résultat au bout (voir photos). Les deux sites sont magnifiques.

Pique nique mémorable dans la voiture avec la clim allumée : il fait vraiment trop chaud dehors !

Nous avons profité de la bonne habitude des américains, qui proposent des box à la fin du repas au restaurant. Nous avons ainsi fini de déguster les pizzas de la veille au soir, réchauffées par le soleil d’Arizona.

Après cela, plongeons pour tout le monde dans le cadre idyllique du Lake Powell pour une nouvelle baignade. Cela va être dur de quitter cet endroit et même Sylvie est d’accord : l’eau à 30° est tout à fait à son goût.

Visite rapide du barrage de Glen Canyon (3 plaques de voitures en +, eh ! eh ! ) puis départ ensuite pour Bryce Canyon et de nouvelles aventures.

Nous ne sommes pas sûrs pendant 2 jours de pouvoir mettre à jour nos commentaires car nous allons dormir dans des parcs nationaux, en compagnie des animaux.

Lundi 20/07 – Bryce Canyon

Arrivée avec quelques averses hier soir (il fait toujours 30° !).

Nous découvrons Bryce Canyon. Vaillamment, nous rechaussons nos chaussures pour faire une nouvelle randonnée. Pour motiver Thomas, nous ne prononçons pas le mot de « randonnée » mais utilisons l’expression « faire une petite promenade », promenade qui va quand même durer plus de 2 heures (je vous rassure, au bout de 5mn, il courait partout et avait une pêche d’enfer). Nous avons eu un orage et de la grêle au milieu de la rando et nous avons pique-niqué une nouvelle fois dans un endroit insolite : une arche formée par la roche. Le dessert a été pris après l’orage dans une sorte de grotte. L’aventure, c’est l’aventure !

Le site est grandiose, avec ses cheminées aux nuances variées, ses ponts, la faune et la flore encore différente de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. Vraiment un endroit splendide!

Nous dormons ce soir dans le lodge à l’intérieur du parc. Les touristes partis, nous pouvons disposer seuls du parc. Un Ranger nous rassure : il n’y a pas d’ours !

Les photos seront mises en lignes plus tard (d'ici 1 à 2 jours).

Nous sommes aujourd’hui à la moitié de notre voyage. Il nous reste encore de belles journées en perspective.

Demain, d'autres points de vue de Bryce et première découverte de Zion.

Mardi 21/07 – Zion

Ballade jusqu’au fond du parc (Bryce Point) où l’on va avoir la plus belle vue sur l’amphithéâtre du parc. En chemin, premières rencontres avec des sortes de biches/cerfs.

Départ ensuite vers Zion avec quelques averses sur la route.

A l’arrivée dans le parc, nous débutons par une petite mise en jambe (1h de ballade).

Le fait de dormir au Lodge nous permet d’aller en voiture jusqu’au milieu du parc environ. Nous sommes arrivés en avance et cela nous permet de choisir notre chalet. Il a un charme fou avec sa petite véranda, son petit banc en bois et sa cheminée intérieure en pierre.

On dépose les affaires et on part pour une nouvelle ballade : Emeralds Pools. Petite déception car il n’y a pas beaucoup d’eau (on s’y attendait un peu quand même) mais la ballade est jolie et nous permet de voir de près d’autres biches (2 heures de plus au compteur pédestre). Heureusement que nous partons demain pour Las Vegas, Thomas demande grâce.

Autour du chalet, nous avons divers animaux qui viennent nous rendre visite : dindons sauvages, écureuils, biches, … et même chenille géante sur les couvertures (Brrrrr....)

Nous avons une fois de plus la sensation d'être au plus proche de la nature. Quelle sérénité !, enfin presque. On vous racontera la nuit plus tard

Logistique

Pour la logistique hôtel/Valises/voiture c'est rodé et nickel. Toutes les réservations sont prêtes, y compris celles non payées à l'avance. Pour l'instant, nous n'avons eu aucune mauvaise surprise sur la qualité des hôtels. Les chambres sont confortables.

En ce qui concerne les valises, chacun prend en charge la sienne. Contrairement à ce que craignions initialement, ce n'est pas la galère de changer régulièrement d'hôtel. Nous avons pris le rythme.

On a trouvé deux laveries, avec sèche-linges dans les hôtels à Mexican Hat et ici à Lone Pine.

Pour les repas, nous pique-niquons souvent en achetant la nourriture dans les petits supermarchés et on complète par les restaurants où on peut avoir quelques surprises quand l'assiette arrive. Soit parfois, on ne comprend pas la carte et nous avons du mal à comprendre certains serveurs qui ont oublié d'enlever leur chewing-gum, soit il y a toujours des assaisonnements ou compléments rajoutés et qui ne sont pas tous du meilleur goût.

Pour l'anglais, on se débrouille même si il y a parfois quelques mots qui nous échappent ou nous posent problème. Même Thomas et moi nous lançons dans des phrases. Romain comprend bien. Thierry comprend pas forcément tout mais assure.

Mercredi 22/07 – Zion/Las Vegas le retour

Malgré l’angoisse de Sylvie par rapport aux bestioles, la nuit s’est bien passée.

Petit déjeuner au lodge et départ en navette jusqu’au fond du parc pour la belle ballade (2h) au bord de la rivière. Pour Thomas ce fut un peu plus qu’au bord : suite à une glissade, il s’est retrouvé les fesses dans l’eau. Avec la température ambiante, il a séché assez rapidement. N’étant pas équipé pour ensuite marcher dans l’eau, on renonce à aller dans les narrows. De même, impossible d’aller faire la rando Angels Landing (4h) car les jambes des enfants demandent grâce.

Retour au lodge pour un pique-nique sur la pelouse avec en dessert un « smoothie » (mélange de jus de fruit et de glaçons, passés au mixeur) aux fruits rouges délicieux, déjà gouté la veille. Départ ensuite vers Las Vegas en traversant des villages typiques à la sortie du parc. La fin de la route est aussi impressionnante par ses paysages mais on commence à s’y habituer.

Nous arrivons à Las Végas où nous logeons cette fois à Luxor, l’hôtel en forme de Pyramide. L’hôtel Circus Circus à coté ressemble presque à un petit hôtel familiale. Le Luxor est démesuré, nous avons notre chambre au 27ème étage (sur 30) avec vue sur l’Excalibur, hôtel en forme de château Disney, un bout de la tour Eiffel, et du New York-New York.

Nous filons nous rafraîchir à la piscine, il faut retrouver de l’énergie pour sortir en soirée voir le strip de la ville. Le « Strip » est le mot qui désigne une bande de route, ici c’est est la rue principale où tous les principaux hôtels se situent Nous découvrons les paillettes, les lumières, les filles en tenues de soirées élégantes (enfin, suivants leurs critères: robes courtes voir très très courtes, avec le maximum de paillettes !). Comme dirait Bigard, on a un sacré lâché de P……. sauvages.

En dehors de cette bande de Lumière, les rues adjacentes sont peu entretenues et laisse apercevoir la misère. Nous sommes surpris de découvrir un nombre relativement important de SDF, ce que nous n’avions pas trouvé pour l’instant dans les autres villes. Les enfants ont fait un lien avec les pertes aux jeux. Est-ce la seule raison ?

Notre ballade nocturne est épuisante : le Strip est long (6km) et on est presque obligé de passer dans les casinos ou l’on finit parfois par se perdre dans les dédales bien entendu mal signalés. Tout est fait pour garder le client. On abrège à minuit à la moitié du strip en rentrant en monorail.

Alors que la moyenne des précipitations est proche du zéro dans cette zone désertique, nous avons eu droit à quelques gouttes de pluie alors qu’il fait 40°.

Jeudi 23/07 – Las Vegas suite

Réveil un peu plus tardif et direction le buffet pour le petit déjeuner : on prend la formule « All you can Eat » pour la journée, ce qui veut dire que l’on peut venir manger autant de fois qu’on le souhaite : Pour nous ce sera 3 repas classiques. Les serveuses débarrassent les assiettes rapidement et Romain a du littéralement s’agripper à la sienne pour la conserver alors que la serveuse la tirait de son côté.

Ce matin, séance de shopping dans Las Vegas Premium Outlet, un grand « Quai des marques ».

Notre Ado trouve pas mal de choses à son goût : Levi’s, Converse, … Cela commençait à être urgent vu le nombre de centimètres manquants en bas de ses pantalons. Nous ne sommes pas en reste non plus : les prix sont moins chers qu’en France et le taux de change rajoute à nos bonnes affaires. On espère que tout rentrera dans les valises pour le retour.

Nouveau rafraichissement à la piscine de l’hôtel.

Séance de bandit manchot : 1cents la partie, 3mn 30s au total et deux réprimandes de la sécurité car les enfants n'ont pas le droit de regarder.

Après le repas, nous décidons quand même de repartir sur le strip pour voir le spectacle du Treasure Island et l’hôtel Venetian. Pour éviter la marche, nous prenons la voiture et, après plusieurs tours et détours involontaires par les entrées d’hôtels et les files réservées aux taxis et aux voituriers, nous finissons par nous garer au self parking du Palazzo. Le spectacle de bateaux est quelconque. Par contre, les décos des casinos sont surprenantes, parfois kitchs, parfois magnifiques.

Vendredi 24/07 – Death Valley/ Lone Pine

Nous quittons Las Vegas sans trop de regrets et nous laissons le mot de la fin à Thomas : "Vegas, ça lasse !"

Départ vers Death Valley, vestige d’un lac asséché entre 2 chaines de montagnes et dont l’altitude est parfois sous le niveau de la mer. Les paysages sont lunaires et la température à l’ombre est sympathique (46°), avec en plus une petite brise chaude : un vrai bonheur !

Petite angoisse lorsque nous sommes pratiquement seuls sur la route et que la voiture présente des signes de fatigue à cause des fortes montées : et si nous tombions en panne …

Nous arrivons ensuite à Lone Pine, petit village au pied de la Sierra Nevada , où on aperçoit un peu de neige sur certains sommets. A notre arrivée au Best Western, nous nous dirigeons vers la laverie (cela commençait à devenir urgent) , puis aussitôt après vers la piscine.

Nous retrouvons comme dans tous les hôtels depuis le début la traditionnelle bible sur la table de chevet. Conseil aux futurs voyageurs : inutile de vous charger !

Repas au centre-ville (on ne risque pas de le rater !) dans un resto au décor dédié aux westerns, le Mt Withney Restaurant : heureuse surprise car les plats sont délicieux.

Samedi 25/07 – Mono Lake/ Lee Vining / Bodie

Réveil en sursaut à 9h36 : le petit déj ferme à 10h

La route vers Lee Vining et Mono lake laisse à l’ouest la Sierra Nevada et le Mt Whitney. Petit détour par la station de ski assez huppée de Mammoth Lake, qui comporte un aéroport et de nombreuses boutiques de luxe.

Arrivée ensuite au Murpheys Lodge, qui sera notre hébergement ce soir. Après le repas, départ pour la ville de Bodie, ancien ville de chercheur d’or, détruite par le feu puis abandonnée et aujourd’hui Monument historique. Il reste 150 maisons en bois, laissées en l’état depuis l’abandon en 1940 environ. Cela représente 5% de la ville à son apogée. Tout a été laissé tel quel (les 3 derniers miles de la route d’accès n’ont même pas été goudronnés) et nous nous sommes projetés à cette époque là. Les américains n’en ont pas fait un parc d’attraction et c’est tout à leur honneur : il n’y a même pas un bar et le magasin de souvenir est réduit à sa plus simple expression. Nous avons apprécié cette visite.

Sur la route du retour vers Lee Vinning, nous tentons la baignade à Mono Lake, avant le village, sans aller jusqu’à South Tuffa qui est visiblement le seul point de baignade autorisé. Nous allons alors tomber au bout du chemin sur une Rangers qui va nous prêter ses jumelles et sa longue vue pour nous faire découvrir la faune de ce lac salé, classé réserve naturelle. Grâce à elle, nous apercevons au loin un nid sur une des concrétions calcaires au milieu du lac ainsi que plusieurs variétés d’oiseaux sauvages. Tant pis pour la baignade, nous préférons prolonger ce moment de quiétude et d’authenticité.

dimanche 26/07 – Yosemite Parc

Surprise à l’extinction des feux : on y voit presque comme en plein jour dans la chambre. Le couvre-lit servira de double-rideaux mais sera quand même insuffisant. C’est notre première nuit difficile. L’hôtel n’est pas à recommander.

Petit déj à Lee Vinning : pas terrible non plus. Cette ville qui sert de point de passage vers Yosemite ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

Le parc de Yosemite nous fait rapidement oublier ces légers désagréments : la montée par le Tioga Pass, ouvert seulement de juin à septembre à cause de la neige, est splendide.

Arrêt baignade et farniente impromptu à Tenaya Lake (superbe panorama à 2500 m d’altitude !) : l’eau est légèrement plus fraiche, lac de montagne oblige ! Seuls trois d’entre nous se sont baignés : devinez qui ne s’est pas baigné, sachant que Thomas a été le premier à l’eau : réponse en photos …

Malheureusement, il a fallu quitter ce havre de paix pour aller voir nos premiers Séquoias mais aussi pour éviter les coups de soleil (n’est ce pas Thierry et Romain !).

Tuolumn Grove sera notre première randonnée : nous découvrons enfin ces arbres géants et mythiques que sont les séquoias. Il ne vaut mieux pas prendre une pigne de pin sur la tête vu la taille de certaines, qui malgré ce que l'on pourrait croire, ne sont pas celles du séquoia. Nous sommes passés dans un tronc de séquoia tombé, formant un tunnel. Les habitants (araignées) n'ont pas apprécié notre visite et nous l'ont fait savoir en se vengeant principalement sur Romain.

Les journées passent vite, de plus en plus vite. Il est déjà temps de rejoindre l’hôtel.

Heureusement, celui-ci n’a rien à voir avec l’établissement de la veille. Le cadre est sympa et nous ne parlons pas de la piscine extérieure dans un environnement paradisiaque. Une fois de plus, plongeon pour tout le monde et ce qui devient habituel, Sylvie nage aussi.

Seul petit bémol dans cet hôtel, pas de connexion Wifi donc pas de mise à jour possible du blog et pas de lecture pour nous de vos messages que nous apprécions beaucoup chaque jour.

Lundi 27/07 – Yosemite Parc Again

Au réveil ce matin, le bras de Romain a doublé de volume : elles n'y sont pas allées de main morte les bestioles.

De nouveau, cap vers Yosemite Parc. Nous nous dirigeons vers Yosemite Village pour faire nos courses pour le pique-nique du midi. Nous bouquinons les différents documents remis à l'entrée du parc pour choisir notre randonnée. Thierry souhaite faire celle de Yosemite Falls : Falls veut dire cascades. Thomas et Sylvie, eux, souhaitent faire celle de Mirror Lake. Romain, lui, est indécis. Comme dans toute bonne démocratie la majorité l'emporte.

Nous voilà partis pour Mirror Lake et à l'arrivée nous nous sommes trouvés à John Muir Trail. Nous nous sommes garés à un parking d'où partaient plusieurs chemins en terre, sans indications. Après avoir mis nos provisions dans des casiers anti-ours, nous sommes partis et bien sûr nous n'avons pas pris le bon chemin. Au lieu de faire une ballade tranquille au bord du lac pour pique-niquer et nous baigner, nous voilà embarqués sur une randonnée classée difficile (1h30 de montée sans discontinuer, 600 marches en granit à gravir pour arriver en haut du 2ème point) mais le résultat sera au rendez-vous : d'abord une cascade grandiose (Vernal Falls) et au dessus, un bassin avec juste en amont des toboggans naturels. Malgré la fraicheur de l'eau, Romain et Thomas n'ont pas résisté. Nous n'irons pas voir la cascade suivante (Nevada falls à 3km) ni le Half Dome (7km) car le temps nous manque (pas les jambes …). Après la descente plus rapide, nous partons vers le sud du parc (Mariposa Grove) pour voir une autre forêt de séquoia. Nous choisissons cette fois de prendre le tram pour faire la visite (il était temps car nous prenons le dernier wagon !). Le site est la plus grande futaie de séquoia géant du parc et la visite sympa (quoiqu'un peu chère !) : cela saute pas mal dans les wagons et Romain a évité les troncs creux..

Un seul regret dans Yosemite : nous n'avons pas vu de bears (ours). Désolé Eric. Par contre, nous avons rencontrés un gray fox mais également des deers et les traditionnels sqirrels, sans compter bien entendu les beers et autres buds : à vos dictionnaires !

Départ ensuite pour OakHurst Lodge avec une petite baignade dans la piscine avant le repas.

Aucune plaque trouvée aujourd'hui : c'est vrai qu'il n'est pas facile de les arracher sans se faire voir. Cela ne va pas être facile de les faire rentrer dans la valise.

Yosemite est un parc magnifique et un lieu de rêve pour les randonneurs.

Mardi 28/07 – Carmel et Monterey

Visite de Carmel, ville dont Clint Eastwood a été maire pendant 3 ans : il y a des arbres partout, il est interdit de les couper. Dans certains quartiers, il n’y a pas de trottoirs pour éviter que les gens s’y promènent à pied. Les maisons sont magnifiques, il doit y avoir au minimum 20 pièces dans chaque maison. Nous avons également joué à retrouver celles des 7 nains car certaines d’entre elles ressemblent à des maisons « Disney ».

Nous visitons la mission San Carlos Borromeo qui a des allures d’hacienda mexicaine.

Nous empruntons ensuite la célèbre «17 miles Drive », route privée à péage, avec entre autre le fameux Pebble Beach Golf. La route serpente près de la côte, entre golfs, pins, cyprès et des propriétés toutes aussi somptueuses les unes que les autres. On a même vu des biches sur les greens. Premiers Sea Lions , les éléphants de mer, également. Nous sommes dans un monde de luxe et de raffinement absolu.

La température a nettement baissé par rapport à Yosemite : nous commençons à ranger les shorts et à sortir les vestes dans un premier temps.

Le soir, nous allons nous promener dans le centre-ville de Monterey, vers Fishermann Wharf où nous voyons les Sea Lions affalés. Le centre-ville, petit port de pêche, a beaucoup de charme.

La piscine de l’hôtel est extérieure et pour la première fois, nous ne prenons pas l’option baignade : il fait trop froid. Nous avons été mal habitués. Quant à l’océan : même pas la peine d’y penser !

Demain cap sur notre dernière destination : San Francisco.

Mercredi 29/07 – Monterey

Ce matin, destination l’aquarium de Monterey. Nous prévoyons d’y passer la matinée avant de partir pour San Francisco. Bilan : nous y arrivons à 10h 30 et nous en repartons à 15h30. L’aquarium est d’une qualité incroyable. Tout est bien conçu : le bâtiment moderne entièrement vitrée est tourné vers la mer. Il offre une grande variété d’espèces mais son atout est d’avoir su le mettre en valeur en alternant le coté éducatif et le coté ludique avec beaucoup d’ateliers interactifs, de bassins tactiles : une référence en terme de lieu de connaissances.

Heureusement que nous ne lisons pas couramment l’anglais sinon nous partions dans la soirée !

Petit pincement au cœur en nous installant dans la voiture : nous réalisons que nous partons pour notre dernière destination. Mais, bon encore quatre jours dont nous comptons profiter au maximum.

Nous arrivons sur San Francisco et passons prés de Silicone Valley. Nous sommes un peu émus de passer à côté de cet endroit mythique. Hewlett et Packard y ont débuté encore étudiants pour fonder leur entreprise, Steve Jobs a commencé dans son garage pour créer le 1er Mac et sa société Apple. Que de sociétés créées par des hommes de génies défilent devant nos yeux : HP, Google, Oracle, Ebay, Yahoo …Petit clin d’œil à nos amis les informaticiens : Pascal, Gatien, Alain, Erics

Nous voyons encore un autre endroit prestigieux : l’université de Stanford que la famille Stanford a crée à la mémoire de leur fils décédé à l’âge de 15 ans. Les bâtiments sont majestueux : quelle différence avec les bâtiments délabrés de la fac de science de Talence. Les universités prestigieuses défilent : Palo Alto, Berkeley.

L’arrivée sur San Francisco enchante Romain par son dédale de routes et lui rappelle, moment de nostalgie, son jeu vidéo « Burn Out » (petit rappel il n’y a pas joué depuis maintenant trois semaines : une éternité !).

Nous nous installons à l’hôtel et grand confort nous n’allons plus bouger pour trois nuits.

Nous mangeons dans un restaurant italien sur Fisherman Wharf et décidons de remettre au lendemain la découverte de la ville. Il est déjà 21h30 et nous sommes fatigués.

Jeudi 30/07 – San Francisco

Nous décidons de ne pas prendre la voiture pour découvrir San Francisco mais les transports en commun. Nous commençons par le Cable Car, sorte d’antique funiculaire sur lequel on peut s’accrocher et rester sur le marchepied. Bonne surprise, le départ est situé à côté de notre hôtel. Nous pouvons ainsi nous installer où on le souhaite. Thierry, Thomas et Romain s’installent le corps à l’extérieur accrochés à une barre et les pieds sur le marchepied. Sylvie aura l’occasion plus tard dans la journée de tester également cette position. La sensation est assez sympa surtout dans les grandes descentes et quand deux Cable Cars se croisent.

Bonne nouvelle également : le temps se réchauffe car la température a varié entre 20° et 25°, sauf le soir où la brume est tombée sur les hauteurs.

Nous découvrons le centre ville de San Francisco en nous rendant à Union Square. Nous allons déambuler à pied. L’un des charmes de la ville tient en ses collines mais la conséquence de ce charme et comme nous l’a indiqué une fidèle auditrice : nous avons parcouru la ville à pied en alternant de bonnes montées...descentes...montées... descentes.... Ce vallonnement nous conduit d’Union Square au Financial Distric jusqu’à Chinatown. Nous faisons un détour pour admirer une tour appelé Transamerica pyramid, le plus haut gratte-ciel de San Francisco. Nous retrouvons également un bâtiment conçu par Franck Lloyd Wright génial architecte dont nous vous avons déjà parlé lors de notre visite à New York. Ceux qui ne connaissent pas encore dépêchez-vous de combler cette lacune on vous le dit il est génial, un vrai visionnaire pour son époque !

Nous nous sommes fait plaisir dans le minuscule quartier français et nous sous sommes arrêtés dans le Café de la presse, au coin de Chinatown : vrais expresso pour les grands et croissants, chocolatine pour les enfants. Un délice !

Ces petits détails commencent à nous manquer avec pour Thierry et Romain, comme autre détail, un bon steak sans sauce.

Nous visitons quelques magasins, dont Macy, où nous déjeunerons (bonne adresse : des pâtes, du poulet grillé, des fruits, des légumes : cela change des hamburgers !!).

Après avoir repris des forces, nous décidons de nous attaquer, toujours à pied, à la Coit Tower (le nom n’a rien à voir avec ce que vous pourriez penser mais provient du nom de la personne qui a financé le bâtiment !) : c’est une tour qui domine la ville. La vue y est magnifique mais avant cela, la montée sur Telegraph Hill l’est aussi : nous admirons au passage la dextérité des conducteurs pour se garer dans les rues en pentes. Nous empruntons les Filbert Steps : un escalier, tantôt en brique, tantôt en bois, qui permet de descendre la colline parmi les arbres, les massifs de fleurs et des maisons en bois.

La journée a été longue : retour à l’hôtel.

Demain visite d’Alcatraz : « The Rock » pour les intimes

Vendredi 31/07 – San Francisco-Alcatraz

Nous avons du mal à démarrer ce matin et nous partons vers 10h 30.

Nous commençons par Lombard St, la seule rue qui serpente en lacets alors que toutes les autres sont droites. Une vraie curiosité à faire à pied mais aussi en voiture. Pour nous aujourd’hui, c’est à pied que nous allons la parcourir (elle est proche de l’hôtel, ouf !). La pente pour y arriver est assez rude, on s’échauffe les muscles. Vu le nombre de voiture qui passent, heureusement au ralenti, je plains les voisins.

Nous prenons un Cable Car au vol en haut de la rue pour rejoindre les «Piers» pour une ballade avant d’aller voir Alcatraz. Repas au Rain Forest, restaurant au décor de jungle : on se croirait chez Disney.

Le départ pour Alcatraz est prévu à 13h45 : nous sommes un peu juste alors nous avons droit à un petit jogging digestif sur les quais : ouf ! Nous sommes arrivés à temps.

Le trajet en bateau permet d’avoir un vue imprenable sur la baie de San Francisco qui est grandiose, ainsi que sur la ville. Il y a du soleil mais le fond de l’air est frais et le haut du Golden Gate est toujours dans le brouillard.

Arrivés sur l’île, nous « chaussons » nos audio guides et nous débutons la visite. La bande son nous fait vivre de façon très vivante la prison et l’histoire de ses locataires dont le célèbre Al Capone.

Après cette visite, nous repartons vers Market Street en trolley bus pour essayer de finir quelques achats. Nouveau Cable Car pris au vol sur Powell Street (sans resquiller, alors qu’il y avait près d’1 heure de queue au terminus ??) qui nous ramène à l’hôtel.

Ce soir, nous commençons à rassembler les affaires dans les sacs pour préparer le retour.

Samedi 01/08 – San Francisco-Sausalito

Dernière journée : Thierry veut en profiter à fond et part en repérage seul dès 8h le matin, laissant le reste de la famille dormir : encore en décalage horaire ?. Visite à nouveau, en famille cette fois, du Pier 39, célèbre quai de San Francisco car il héberge une colonie de Sealions sur ses pontons flottants. Malgré le côté commercial, ce quai a un certain charme.

Après avoir monté la portion sinueuse de Lombard Street à pied, nous la faisons aujourd’hui en voiture.

C’est presque plus compliqué de s’y rendre que de la descendre : les routes pour aller au sommet de la colline sont toutes plus pentues les unes que les autres. Il faut ensuite faire la queue pour descendre au ralenti. L’impression est rigolote.

Nous nous dirigeons ensuite vers Alamo Square pour aller voir un autre symbole de la ville : les Painted Ladies. Le contraste est saisissant entre ces maisons victoriennes en bois aux couleurs pastel et la modernité des gratte-ciels en arrière plan. Le quartier regorge de maisons toutes aussi belles et parfois très luxueuses.

Direction ensuite vers le Golden Gate Bridge, toujours aussi embrumé : il a plus de charme de loin que de près. Nous avons préféré la traversée du Brooklin Bridge à New York.

Nous allons ensuite déjeuner en bord de mer à Sausalito, avec une vue imprenable sur San Francisco et sa baie. Sausalito est une ville agréable, assez huppée, paradis des plaisanciers. On y trouve un peu après le centre villes des maisons flottantes construites initialement par les hippies mais qui aujourd’hui sont de véritables villas pour certaines.

Après un tour sur la côte du Pacifique, nous prenons le chemin de notre dernier hôtel aux USA, près de l’aéroport : toutes les bonnes choses ont une fin.

Fin du voyage

Nous sommes à Bordeaux depuis lundi soir 16 h 10.

Le voyage a été long mais s'est bien passé : aucun retard d’avion. Un peu de bazar quand même à Gatwick avec des files interminables pour passer le contrôle de sécurité. Nous avons très peu dormi dans les différents avions empruntés et mangé un peu à n’importe quelle heure. Nous finissons de récupérer du décalage horaire : 1er nuit OK (la fatigue du voyage !) mais tout le monde debout à 4h du mat la seconde nuit après une nuit blanche pour Sylvie et Thomas.

Comme vous avez peut-être du l’apercevoir au travers de nos articles, notre 1er séjour aux USA a été vraiment passionnant et nous espérons vous avoir fait partager notre plaisir d'être là-bas.

Impressions générales / conclusion Nous sommes rentrés enchantés de ce voyage qui est notre premier aux Etats-Unis.

Nous avons parcouru en voiture 3500kms dans une grande variété de paysages allant de New York à la côte Ouest, des déserts de l'Utah et de l'Arizona aux montagnes de la Sierra Nevada et à la côte pacifique.

Pour un premier voyage, nous ne nous sommes pas contentés d'un circuit classique, déjà par l’escale à New York et le choix délibéré de se passer de la visite de Los Angeles. Nous l'avons émaillé de sites sortant des sentiers battus, dont le fameux Wave et également quelques randos dans les différents parcs, sans compter les kilomètres parcourus à pied dans les villes.

Malgré notre condition physique relativement correcte, nous étions bien contents de nous reposer chaque jour après les différents efforts, soit au bord d’une piscine ou d’un lac par exemple.

Nos impressions générales :

- L'accueil des américains : il suffit de sortir une carte de sa poche (sans rien demander) et il y a toujours quelqu'un qui spontanément vous renseigne. Ils ont également un grand sens du service (resto, commerces, …), sauf à Las Vegas où le côté commercial l’emporte malheureusement. Aucun sentiment « anti Français » ressenti.

- Temps : 25° /30 ° environ à New York Plus de 40° à Las Vegas , Page. Un peu moins au Grand Canyon, à Bryce et Zion . Quelques gouttes de pluie à Bryce et plus étonnant, à Las Vegas malgré les 40°.

Très chaud dans Death Valley (45° à l’ombre) Nettement plus froid à San Francisco (18 à 25°) et encore on a eu de la chance : nous n’avons même pas sortis la polaire emmenée par précaution. C’est marrant, c’est le seul endroit où le rayon souvenirs parka/polaire est plus grand que le rayon Tshirt.

- La voiture : conduite très cool sur des routes extra larges. En revanche, les Américains ne respectent pas plus la vitesse que nous, contrairement à ce qu'on avait lu avant notre départ et la crainte du shérif sortant de n’importe où !

Essence pas chère (entre 2$6 et 3, 4$ le gallon de 3, 8l), routes gratuites, location de voiture sans problème, un peu d’apprentissage pour la boite auto (la position P obligatoire pour pouvoir retirer la clé de contact par exemple) mais bien sympa ensuite sur les routes américaines.

Très pratique, les feux de l’autre coté de la route : plus de torticolis pour regarder la couleur du feu parce qu’un autre véhicule est avancé. On peut également tourner à droite au feu rouge, s’il n’y a personne bien sûr.

Autre truc marrant : les carrefours à 4 stops. Le premier arrivé sera le premier sorti : l’ordre d’arrivée est bien respecté par tous.

De gros Trucks magnifiques croisés et également des chargements très longs. C’est également le cas de camping –cars qui sont immenses, tractés par des pick-up monstrueux et qui remorquent souvent une voiture « classique » en plus. Certains ont même des jets ski et/ou un quad. Je ne vous dis pas la taille des convois sur la route !!. Idem pour les trains de marchandises avec un nombre très important de wagons.

Les infrastructures sont prévues pour donc cela ne pose pas trop de soucis.

Pas d’aire de repos comme en France : on sort de la route aux embranchements et là il y a généralement une station service.

- GPS : bien pratique pour ne pas perdre trop de temps dans les grandes villes. En dehors des grosses agglomérations (SF, Las Vegas), vu le nombre de routes et d’intersections, et malgré l’absence souvent de panneaux indicateurs, il n’y a pas trop de risque de se perdre si on a une carte. Le GPS est quand même très intéressant car il indique à tout moment le temps restant pour sa destination finale, ce qui n’est pas forcément simple à calculer rapidement après conversion des miles.

- Les prestations hôtelières : nous avions réservé à l’avance tous les hébergements. Ils nous ont donné pratiquement entière satisfaction. Etant donné que nous étions 4, nous avons eu de grandes chambres à chaque fois (2 lits Queens – cafetière, sèche cheveu, fer, table à repasser systématiques et souvent frigo + micro-onde). Je comprends maintenant la surprise de certains américains pouvant débarquer dans certains de nos hôtels, à Paris par exemple.

Même dans les plus petits endroits et avec des réservations effectuées par mail (Mexican Hat par exemple), nous n’avons eu aucune mauvaise surprise : nous étions bien attendus. Au fur et à mesure de notre périple, cela a contribué à diminuer nos quelques craintes subsistantes.

- Logement dans les parcs : Nous avons couché dans Bryce Canyon et Zion. Pour Bryce, nous conseillerons plutôt un hébergement à l’entrée du parc. Le logement à l’intérieur (plus cher) ne se justifie par particulièrement. Le Zion Lodge est sympa et permet d’accéder rapidement aux ballades. Il permet également d’amener son véhicule au centre du parc. Les restaurants le soir dans les parcs sont plutôt chers.

- Café : Dur dur de savourer un bon expresso comme en France. Les américains ne sont pas trop adeptes du "Petit noir". La dose minimum pour eux est le gobelet, type McDo, de 250ml .... En plus il faut faire attention pour le boire car il est super chaud quand il est servi : c’est pour pouvoir durer longtemps, longtemps … On peut même le boire à la paille. On a donc parfois fait comme les vrais américains : café acheté à la station service et bu ensuite au volant.

Heureusement quand même, la chaîne "Starbucks Café", que l’on trouve presque partout permet de boire un petit café de temps en temps. Il est un peu plus cher que le gobelet géant : on en a même trouvé à 4$ dans le quartier Little Italy à New York.

- Bud : C’est de la bière (ça c’est pour ceux qui n’ont pas trouvé dans le dictionnaire la traduction) Même moi, j’ai du montrer mon ID (un papier d’identité) pour acheter une bière. Vu mon âge, soit les lunettes de la vendeuse étaient mal réglées, soit elle était très flatteuse.

- Eau : on boit beaucoup, il y a beaucoup de points d’eau partout, même parfois dans certaines randos, et surtout l’eau est potable. Dans les hôtels, il y a des distributeurs de glace partout mais attention, pour les départs en rando, la glace prends plus de volume que l’eau. Pour the Wave, il n’y a pas de point d’eau, nous avons été un peu juste en eau malgré près de 3 l environ par personne.

- Toilettes (restrooms en américain) : il y en a partout et elles sont propres, ce qui change de certains endroits en France.

- Les repas : pique-nique un repas sur deux environ, soit par fatigue de ressortir le soir, soit par souplesse de pouvoir manger n’importe où mais également pour éviter d’aller dans des restos tout le temps. Difficulté à trouver des choses «natures» : il y a toujours une sauce, les yaourts, même estampillés light, ont de la crème incorporée.

Nous n’avons pas acheté de glacière : nous faisions nos achats de nourriture régulièrement. Cela aurait pu être utile car parfois, les sandwichs et boissons étaient un peu chauds.

Pas trop de repas Mc DO mais quand même quelques repas avec de vrais hamburgers dans les restos (steak entre tranches de pain, salade, tomates, oignons, cornichons et assaisonnement à part) : très bons en général.

Les fruits et légumes sont plus chers qu'en France et surtout le prix correspond à une livre. Les prix des articles sont indiqués hors taxe, même en grande surface : c’est le cas pour tous les produits, de la carte postale aux vêtements. C’était difficile pour nous de prévoir le montant exact des achats en arrivant à la caisse.

Beaucoup de personnel dans les restos avec en plus une particularité (de plus en plus connue dans nos activités informatiques) : la spécialisation. Chacun sa fonction : on peut avoir 4 à 5 personnes différentes avec chacune un rôle bien défini (le placeur, le serveur qui prend la commande, le serveur qui apporte les plats, celui qui s’occupe des boissons, celui qui dessert les assiettes) et cela, même dans les restos de moyenne gamme. On voit déjà cela en France dans certaines chaines.

- Internet : le Wifi est présent pratiquement partout. Il est souvent gratuit mais peut être aussi facturé de 10 à 15 $ par jour. On en trouve dans les Mc DO et les Starbuck Café. A New York, notre chambre permettait de capter le réseau du café voisin : cela nous a évité de trimballer le portable et nous a permis de faire les mises à jour du blog plus rapidement. On a même trouvé le Wifi au milieu de Bryce Canyon dans l’épicerie près du lodge.

- Paiements : On trouve partout des distributeurs de billets jusque dans certaines petites épiceries. Certains prennent une commission en $ (on retire 200$ et la en fait le relevé CB est de 203 $)

La formule des chèques de voyage en $ est très pratique, inutile de les changer à la banque car la plupart des commerçants les acceptent (un ou deux ont bien retourné le chèque 4 à 5 fois pour vérifier avant de l’accepter) et rendent la monnaie en $, comme s'il s'agissait d'argent liquide.

Autre particularité : lorsque l’on paye par CB, le ticket que l’on nous remet peut comporter 2 lignes supplémentaires : Une pour le service (tip ou gratuity) et une pour le nouveau total; il ne faut pas oublier de compléter les deux lignes sinon le caissier risquerait de les compléter lui-même.

En fonction de votre carte bancaire, pensez a faire augmenter votre plafond de carte bleu pour ne pas être bloqué sur place. Ce conseil est valable également pendant votre période de préparation car certaines prestations (avion, hôtel, ...) sont parfois à payer d'avance.

- Achats : Quelques achats/Tshirt souvenirs à New York et San Francisco. Pas mal d’achats de vêtements pour les enfants (Converse, Tennis Nike, jeans Levi’s, T shirt) et pour les parents (Ralph Lauren, T.Hilfiger). Les achats ont été faits principalement dans les Outlets à Las Vegas et Mammoth Lake(Ralph Lauren), ainsi que chez MACY (sorte de Galerie Lafayette, plus cher que les outlets mais avec quelques soldes intéressantes).

En gros, entre le prix et le taux de change à un peu moins de 1, 40$ pour 1 €, les réductions sont de 30 à 60% par rapport au prix en France

Dommage que les valises soient limitées en poids et en taille (et le portefeuille aussi) !!

Nos coups de cœur !

Nous avons adoré les endroits suivants (dans le désordre)

- Bryce Canyon et son amphithéâtre.

- Grand Canyon avec notamment la ballade en hélicoptère (à faire absolument)

- Yosemite, ses dômes, ses lacs, ses cascades et ses séquoias.

- Les villes :

o San Francisco, à ne pas manquer, si charmante

o New York, grandiose, à voir absolument.

- Page/Lake Powell pour ses lieux de baignades et Antelope Canyon

- Et bien sûr The Wave, fabuleux

Nos « petits moins » - Zion : pas de chance car la visite s’est effectuée pour nous après les musts que sont Grand Canyon, Antelope Canyon, the Wave et Bryce Canyon. Emerald Pools est un peu décevant en été, Riverside Walk est sympa et nous n’avons pas eu le temps d’aller faire la ballade dans les Narrows ni la fameuse rando « Angels Landing ». Nous conseillerions de le traverser juste ou d’y rester en faisant les ballades (mais cela impose d’avoir du temps).

- Las Vegas : c’est incontournable à voir mais cela manque de charme. Outlets intéressants.

Nos regrets : - ne pas avoir eu plus de temps car il y a plein de choses magnifiques à découvrir et d’activités à faire (randos complémentaires, cheval, rafting, ….)

- ne pas avoir croisé d'ours à Yosemite (on ne dirait sûrement pas ça si on s’était trouvé face à eux)

Conclusion finale

De supers souvenirs partagés à quatre. Nous sommes prêts à repartir pour d’autres périples.

Plein de lieux mythiques que nous avons la chance de découvrir et qui nous reviendront régulièrement à l’esprit au détour des films, des séries américaines, des journaux télévisés et des posters ou affiches.

J'espère que ce carnet vous donnera envie de découvrir les merveilles que nous avons pu voir. N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires et vos questions, nous serons heureux d'y répondre.

Cordialement

Thierry
États-Unis Dream 2009 English translation pending
by Veileen · 2009-08-22 · 129 replies
Introduction :

Et oui, encore un carnet ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire celui des autres voyageurs. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de faire le mien. Avant tout, le but est d’en faire profiter ma famille et mes amis au loin, mais aussi, tout ceux qui auront envie de lire ma longue prose. Je vais d’ailleurs l’éditer par groupe de quelques journées à la fois, ce qui me laissera un peu de temps pour l’insertion des photos... 4 semaines tout de même, du 20/06 au 18/07/09.

Je rappelle qu’évidemment, mes remarques sont toutes personnelles, n’engageant que moi, chacun ayant ses propres avis et ses propres goûts !

J’ai essayé de faire attention à l’orthographe. S’il reste quelques coquilles, veuillez m’en excuser…

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20/06/09

4:50 : Si j’ai oublié quelque chose, c’est trop tard. Le taxi est en avance. Francesco est déjà en bas et je ferme la maison. Je coupe l’électricité et je plonge enfin dans mon rêve ! Des années qu’on y pense mais ce n’était jamais le moment. Il y a 2 ans : la grande décision est prise. Et depuis un an, je prépare nos 4 semaines. Depuis le temps que je rêvasse devant le fabuleux site de Philippe et Thierry : je peux enfin concocter mon mélange special : un zest de ville (ce n’est pas notre truc), une rasade de grands classiques : les fameux “incontournables”, une pincée de wilderness, quelques mythes que la chance nous autorise et un rafraîchissement pour la fin : Yellowstone. En plus, j’ai carte blanche, ce qui m’arrange bien mais me donne une responsabilité supplémentaire (si un rouage grince, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi !)

Pour nous situer un peu, nous n’avons pas l’habitude des grands voyages : quelques petits sauts en Europe, un voyage de noce qui date (Et généralement, on ne se perd pas sur une petite île au soleil). Donc quasi aucune expérience. Alors, pous les septiques et les angoissés qui hésitent entre voyage organisés et se débrouiller par soi-même : franchement, si je l’ai fait : c’est que vous aussi vous pouvez le faire !!!!!! Un peu d’anglais, un zest de patience, internet, une lecture assidue de Voyage Forum et voilà, c’est fait ! Les avions sont réservés, les chambres longuement étudiées sur Trip advisor aussi, passeports et Esta ok.

Et nous voilà tous les 4 (avec Adrien et Nathan mes 2 garçons de 12 et 15 ans quasi révolus) après une nuit très courte, à faire la queue pour s’enregistrer à l’aéroport. Une hôtesse nous évite l’attente et nous fait l’enregistrement sur une machine qui bien évidemment exige plusieurs fois la lecture du passeport avant de daigner cracher les boardings cards. Arrivés à Frankfort, nous profitons des 5:00 d’attente pour prendre le train et faire un saut de puce en ville. Bref, nos premières photos américaines sont… allemandes. J’adore la flammeküche et nous trouvons un resto qui en propose. Super ! Sauf que maintenant, il fait gris.









Retour et cette fois, c’est l’envol pour Los Angeles.







13h00 plus tard et gavés de films récents sur nos écrans individuels, vaguement abrutis de fatique nous récupérons toutes nos valises (ouf…). Un tour aux toilettes de l’aéroport ; mon mari et mon fils me font une drôle de réflexion : d'après eux, elles seraient toutes bouchées : l'aéroport a un sérieux problème !

Nous prenons ensuite la navette pour notre loueur Alamo. 10mn d’attente pour un samedi de juin à 18:00. Je n’en n’espérais pas tant. Accueil très sympa. C’est top : je comprends à peu près tout ce qu’on me dit. Le préposé, sans doute un peu moins, mais il a la courtoisie de ne pas le montrer. Il nous annonce tout de suite vu la quantité de bagages qu’il nous donne un véhicule full size. Génial on nous propose un magnifique 4x4 GMC. Je luis demande si c’est un vrai 4WD et s’il me confirme que je n’aurai qu’à payer le drop off, le plein et la PAI que je souhaite en plus. Sûr que c’est un upgrade gratuit ? Vi Madame ! Banco, je signe tout ce qu’il veut ! Nous nous nous apprêtons à partir. A la dernière seconde, il m’arrête : Non, renseignements pris, ce n’est pas un vrai 4WD : à la place il y a celui-là ou celui-ci. Ce sera celui-ci : un Toyota Sequoia géant.



Il faut s’agripper à la poignée pour grimper. Bon, les pneus sont impecables et y’a bien le bouton à 3 position pour le 4x4. Mon fils n’a pas de mal à ranger ses longues guibolles. Il est certes moins beau (le 4x4, pas le fils…), mais plus spacieux et n’a que 3611 miles au compteur. Sûr que ce monstre change de ma Panda. De toute façon je prends d’autorité le volant (je n’aime pas me faire conduire) et ne le lâcherai que 8100 km plus tard après quelques coups de freins dont se souviendront longtemps le reste de ma famille (ben oui quoi : quand y’a pas d’embrayage, le pied gauche conserve ses réflexes et vient s’écraser volontiers sur le pied droit qui n’en demandait pas tant !

Gps en route et après avoir évidemment manqué l’entrée de l’hôtel La quinta Inn (très correct avec Pti déj) situé à 5mn d’Alamo, et refait le tour du paté de maison (alors c’est vrai qu’on peut tourner à droite au feu rouge ?), et après avoir garé le monstre dans une exceptionnellement petite place (dis, t’es sûr que je peux reculer encore ??) nous nous installons dans notre chambre. Tour aux toilettes : possible que les toilettes soient encore bouchées ?!!! Non, en fait, le niveau d’eau de la cuvette est beaucoup plus haut qu’en Europe. Va bien faloir s’y faire ! Rigolade et éclaboussures garanties !

Force est de constater qu’il nous manque un sac à dos ! Bon, sûrement resté dans le GMC. Les enfants se couchent. Nous retournons à Alamo et après 4 fois la même explication et un brave homme qui fait tout son possible pendant 20mn : rien à faire : le GMC a été loué entre temps . Adieu le sac et les affaires à l’intérieur ! Au moins j’ai expérimenté mon anglais. Retour à l’hôtel. On est crevé et on s’endort vite mais à 4:00 : réveil et plus question de fermer l’oeil. Et cela se reproduira encore longtemps…

21/06

A une heure plus décente et après un copeux petit déjeuner, nous partons. Au moment de ranger les bagages, nous relevons un siège et découvrons tout honteux, le sac à dos manquant ! Tout ça pour ça !

Allez, c’est parti ! En route pour Death Valley. Merveilleux petit GPS qui nous guide sur ces routes pleines de voies. La vitesse est limitée. 2h00 plus tard nous nous arrêtons à Lancaster à notre premier Walmart faire les courses : priorité la fameuse glacière. Ouaouh : qui disait qu’on avait du mal à trouver de la salade et des fruits ! Tout est dispo, très frais et bien conçu pour les touristes que nous sommes : rien à couper, rien à laver… Nous repartons. Quelques petites frayeurs plus tard (nous ne trouverons jamais le manuel d’utilisation du Toyota) : bon, je vous la fait version polie « Mince ! : pourquoi je ne puis-je enlever la clef du contact : ha ! Faut être sur Parking » « Zut ! : pourquoi je peux pas passer en position Drive ? Ha ! y’a la sécurité qui a blogué le frein » : il suffit de freiner fort pour débloquer : dixit un vrai cow-boy : le seul être humain que j’ai trouvé en plein désert devant un passage à niveau avec le chapeau, les bottes et l’accent machonné au chewing gum . Faut dire qu’on est là depuis 20mn à attendre que ce train long comme un jour sans pain finisse de passer. Après 200 km sans un feu rouge, ça fait un peu étrange tout ça !

Nous arrivons enfin à Death Valley. Rassurée, je trouve enfin une station d’essence (au moins 150 km sans en voir une…) et fais mon premier plein, aidée par une charmante caissière aux immenses ongles roses fluo. Bref, j’apprends ma leçon : pour payer, c’est Fastpay avec la carte ou Payinside. Et je mets du Regular (le moins cher fait tout aussi bien l’affaire).



Nous nous installons au premier hôtel réservé : le Stovepipe Wells (la chambre est bof, moins belle que sur le site, mais propre : pour la nuit ça ira). Histoire de se dégourdir les jambes, et vu la chaleur (on doit être autour de 42 ce qui n’est pas si pire finalement pour le coin) nous prenons grand plaisir à nous jeter dans la piscine. Ahhhh que c’est bon ! Surtout dans un décor pareil. Ces, comment dire, “vastitudes” nous éblouissent autant que le soleil. Même avec les lunettes, la clarté est telle que j’ai les yeux qui me brûlent (cela m’arrive régulièrement mais là, c’est presque tous les jours…)

Après la baignade, Nous voulons acheter le National Pass mais la cabane des rangers est fermée. Direction Sand Dunes juste à côté. Nous nous balladons une petite heure dans les dunes. Gaffe aux serpents d’après le magazine, mais là tout va bien Lumière de fin d’après-midi, c’est magnifique !







Nous repartons pour Artiste Drive. Je ferai bien un saut jusqu’à Bad Water



Mais les ombres montent et j’ai peur d’arriver ensuite trop tard pour Artiste Palette la bien nommée ! Que c’est beau !





Retour pour un dodo bien mérité.

22/06

Départ matinal pour Zabriskie Point. Trop tôt pour l’ouverture de la cabane des Rangers. Une lumière rasante sur Sand Dunes et je ne peux m’empêcher de faire quelques photos de plus.





Le soleil est levé quand nous arrivons mais le seul couple déjà présent sur place nous explique que la présence importante d’ombres les a obligé à attendre de toute façon pour les photos. Nous emplissons nos yeux de ce spectacle.









Dante’s view est notre prochain arrêt. Bigre, il fait froid : polaire bienvenue ! Nous croisons un autre jeune couple italien en voyage de noce, et aussi notre première espèce locale : un lézard à corne de désert.







En route pour Las Vegas ! Et quelle route !





Il est trop tôt pour le check’in. Direction l’outlet au Sud du Strip. Notre fils retrouve ses marques favorites : la CB chauffe pour lui bien que les prix ne soient pas si extrordinaires. Nathan ne veut rien, Mon mari Remarque d’un air circonspect la largeur des vêtements (même ceux en S) et moi j’ai le choix entre style mémère ou nymphette. J’abandonne même les idées de chaussures ! Allez direction le Golden Nugget.



Vive le Valet Parking et les bagages apportés dans la chambre ! Ma famille me regarde avec surprise distribuer les billets de 1$. Je leur explique la notion de pourboire aux USA ! Nous sommes fatigués et nous contentions de faire un tour à côté de l’hôtel pour attendre l’heure du diner. Une jolie petite wedding chapel et la Stratosphère qui semble proche devant nous, mais s’éloigne coquinement à chaque pas que nous faisons. Non décidément, il fait trop chaud ! Je propose le buffet du Golden Nugget. Je m’attends à faire la queue, mais non, nous rentrons de suite et Adrien et Nathan se jettent sur tout ce qui semble fris ou pané ; Francesco et moi, sur les crudités, et les fruits ! Différence de génération !

23/06

Déjeuner pantagruélique au buffet ! Mais ce n’est rien à côté des assiettes de certains. Les garcons jettent l’éponge : ils ne peuvent rivaliser ! Du monde, du bruit. J’en ai déjà assez. Je propose de s’éloigner pour la matinée car nous réservons le Strip pour l’après-midi et la soirée. Miracle, les jeunes sont d’accord. Nous partons pour Red Rock Canyon : un excellent apéritif pour l’ouest américain. Des lièvres gambadent.Pour être rouge, c’est rouge ! Nous apprécions la ballade.









Tout est nouveau pour nous, y compris les 8 ou 9 feux (rouges aussi) qui s’alignent devant nous tous les 50mètres au retour. Redéjeuner au buffet pour bénéficier de 2 buffets gratuits pour 2 payés. Vu la circulation en ville, je decide que nous nous déplacerons en taxi. Franchement, ce n’est vraiment pas cher et cela m’a donné l’occasion de discuter avec les chauffeurs. Nous sommes largués devant le Venetian. Nous connaissons Venise et, en clignant les yeux, on pourrait s’y croire.



L'eau est quand même un peu moins bleue dans la vraie Venise ! 😉









Le Paris et son ambiance plus sombre me plaisent moins. Le Caesar est assez beau aussi.



Nous profitons du spectacle des fontaines du Bellagio. Km à pied, chaleur : l’après-midi passé vite. Hamburgers et salade vite fait. Maintenant, photos de nuit !







Re spectable au Bellagio. Nous reprenons un taxi pour la Stratosphère et je m’essaye aux photos sans trépied puisque c’est interdit de grimper avec. Des liftiers s’empressent de nous faire la conversation. Faut dire que ce ne doit pas être réjouissant de passer ses journées dans un ascenseur !



Il y a des fous qui font des manèges suspendus dans le vide. Adrien qui faisait le bravache n’insiste pas. Re taxi pour rentrer et dodo avec pause grands yeux ouverts pendant 1:00 comme d’habitude!

24/06

Ce matin, je veux prendre des sous à l’ATM (nos DAB). Mais celui de l’hôtel ne permet de prendre qu’une somme limitée avec 3$ d’intérêts. Nous sortons à pied à la première banque à côté de l’hôtel. Au moins je récupère un plus gros montant et avec moins de frais. Nous revenons chercher la voiture pour faire nos courses. Le premier “grocery “ donné par le Gps est minable. Finalement je trouve le moyen d’insérer la recherche d’un walmart : il m’en donne un à quelques miles de là. Super : on fait le plein car cet après-midi : départ pour Valley Of Fire ! Je prévois le picnique du soir dans le parc : un de nos plus beaux !

Quelques gouttes lorsque nous quittons Las Vegas. Quelques dollars au Valet parking et 1:30 plus tard, nous arrivons. Je repère un parking avec de superbes trucks. Pour un peu je descendrais bien pour faire quelques photos. Mais j’ai égalementhâte de poursuivre et ne suis pas ma première inspiration. Dommage, je n’aurai aucune photo de camion US avec leurs pots d’échappement en l’air.

Après avoir enfin acheté le fameux pass, nous passons pas mal de temps sur la partie basse du parc







"Scream"



et finissons par la ballade vers White Dome. Dès que nous passons le Visitor Center, le spectacle deviant enchanteur. Mince, si j’avais su, nous serions montés plus vite. Nous déclinons les premiers trails proposés le long de la route pour celui de White Domes.







J’aurais bien voulu tous les faire tellement je suis conquise. Ce dernier se fera hélas dans l’ombre car les nuages se disputent avec le soleil. Au moment où le soleil se couche, nous nous installons sur une aire de picnique et dinons devant un ciel moiré de rose. J’ai vraiment adoré ce parc, surtout la partie haute !





Retour en pleine nuit à Las Vegas. Nous n’avons que survolé cette ville, amusés par l’ambiance, étonnés par ces décors plutôt bien realisés, mais pas franchement conquis, du moins nous, les parents. Las Vegas reste le meilleur souvenir de Nathan. Dernière nuit sur place.

25/06 : Après quelques courants d’air glacés à la sortie de l’ascenseur (ah la clim !!!), un coup d’oeil à la piscine avec son toboggan qui passe dans l’aquarium aux requins (même pas testée : trop de monde…) et un check out rapide, en route pour Grand Canyon ! Sur la route, le Lake Mead et son barrage. Un pont en cours de construction : c’est l’occasion d’essayer mon zoom que je n’ai que depuis peu. Avec le téléconvertisseur, encore plus près !







Route sans encombre pour le Grand Canyon. Nous sommes aux Yavapai Lodge. Le temps une fois de plus est gris et morose. Evidemment, en sortant de la chambre, nous oublions la clé magnétique à l’intérieur. Francesco et Adrien attendent donc avec les bagages, pendant qu’avec Nathan, je vais refaire une autre clé. En sortant du parking, un bus est à l’arrêt depuis un moment devant moi et un autre véhicule qui perd soudain patience. Je vois les feux de recul s’allumer. Il ne m’a pas vu et donne un grand coup d’accélérateur pour démarrer. Sa voiture réagit trop bien. Même pas le temps de klaxonner que me voilà emboutie. Quel fracas ! J’imagine les morceaux de mon Toyota pendant pitoyablement sur le bitume, et le temps que je vais perdre alors que le reste de ma famille m’attend devant la porte fermée de la chambre à 2km de là… Voilà donc le grain de sable dont j’avais peur ! Mais en sortant, surprise : seule la plaque d’immatriculation est par terre et un jeune français blanc de confusion me présente toutes ses excuses. Tout ce bruit et même pas une égratignure ! Costauds les Toyota Sequoia !

Nous empruntons un tournevis au Gift shop (pour rien, car je perdrai cette plaque la semaine suivante au retour d’une piste !) et réparons le dommage.

Quel soulagement ! Reste un autre souci : le ciel gris, gris, gris. A peine installés, Francesco et moi faisons rapidement les 400 mètres pour atteindre la rim : C’est grandiose mais désespérément gris ! J’essaie le zoom sur des geais bleux mais le résultat n’a pas l’air fameux.

Mon mari essaie de me remonter le moral mais l’espoir d’un merveilleux coucher de soleil sur le Grand Canyon s’évanouit aussi vite que tombent les premières gouttes. Nous dinons à la cafétéria : ce sera le pire souvenir culinaire de ces vacances.

26/06 : Toujours après une nuit entrecoupée, nous nous réveillons pour zieuter d’un air anxieux le ciel. Bingo ! Tout bleu. Je presse mon mari qui prépare en vitesse 2 yaourts et quelques cookies à grignoter. Les garçons dorment. Au bord de la Rim, j’ai enfin une lumière correcte pour mon appareil. Je shoote à tout va et nous parcourons la rim après notre petit déjeuner devant ce spectacle de la nature. ] Je repère quelques nuages et je sens que cela va changer rapidement. Nous revenons à la chambre, et une fois prêts à partir, le ciel s’est remis au gris. Pire : l’orage éclate et nous voila coincés dans la voiture près de l’arrêt de bus pour la Hermist Road. Nous nous contenterons des poins de vue de la Hermist Road, la rando prévue étant abandonée. 10mn plus tard, armés de Kway, nous grimpons dans le bus. Certains arrêts sont en travaux mais nous passerons la matinée à arpenter les autres. Parfois un coin de ciel bleu. Mais il ne faut pas rêver. Nous quittons donc Grand Canyon, poursuivis par un orage qui me laisse à peine le temps de préparer les sandwiches avant d’éclater sur nous avec une violence terrible. Certains sont encore en train de faire des photos, s’aggripant à tout et n’importe quoi pour ne pas perdre l’équilibre ! Même en voiture, c’est impressionnant. Nous partons donc pour Page en Arizona. Sur la route encore des points de vue. Ciel bleu et nuages alternent. Nous passons par des vallées aux couleurs improbables et à la poussière tournoyante qui nous empêche de sortir. Enfin, un apercu du lac Powell au loin.C’est le moment d’une petite pause et d’une photo bien sûr. Toujours pressée d’aller voir, je claque la portiere un peu trop vite, hélas, pour le majeur de ma main droite. Me voilà glapissante devant le reste de la famille qui se décompose et n’ose regarder si un morceau git au sol. Non, le doigt n’est que pincé, mais gonfle et prend rapidement une teinte violette. Ayant déjà cassé un doigt, je sais que celui-là ne l’est pas. Un peu de glace (merci la glacière !) me fait passer du stade glapissante au stade gémissante… Après 2 ou 3 jours, je garderai une insensibilité désagréable qui mettra un mois pour disparaître. Tant pis, il faut continuer. Mon mari propose de prendre le volant. Mais maintenant que je maîtrise le pied gauche, on va pas recommencer les coups de frein intempestifs ; je garde donc le volant (avec 9 doigts ; c’est suffisant !)

Le décor est à mon goût : nous passons devant le golf de Page sur fond de pierres roses. Surpris, nous ne comptons pas moins de 7 ou 8 églises d’affilée avant d’arriver à notre motel : le Bashfull Bob. Bob est d’une gentillesse rare. Il nous donne les clés d’un vrai petit appartement où nous allons passer les 5 prochaines nuits. C’est spatieux avec un séjour, 2 chambres, SDB et cuisinette, terrasse des 2 côtés avec barbecue. Les murs sont repeints, la moquette par contre vieillotte, la SDB encore plus, et le mobilier de cuisine moyennement propre. Ce n’est pas le grand luxe, mais tout cela pour 46$ la nuit. Franchement, après un léger désappointement, nous finirons par apprécier les avantages de cette chambre et en garderons un bon souvenir. Allez, c’est parti pour Dîner. Le Ken old west fera l’affaire. Délicieuse viande et bar à salade apprécié avant une bonne nuit (par petits bouts) de repos. C’est que demain, il s’agit d’une journée qui me tient particulièrement à coeur. J’ai téléphone à Paria Outpost pour me faire confirmer l’heure de notre rendez-vous. Nous avons choisi de visiter Coyotte Buttes Sud avec un guide. Ce ne sera ni Susan ni Steve mais leur employé Kurt .Steve m’explique que nous avons bien de la chance car il a plu le matin même et les températures s’étant raffraichies, nous pourrons débuter à 8:00 au lieu des 5:00 prévues par mail quelques mois auparavant. En voilà une bonne nouvelle ! Attention 8:00 chez Paria, c’est 7:00 à Page… (question de fuseau…).

La suite d'ici peu...
Comment se passe la visite au Grand Canyon? English translation pending
by Chris2001zz · 2009-08-17 · 13 replies
Bonjour à tous , je me rends au grand canyon au mois d octobre et aimerai savoir comment se passe la visite de celui-ci sachant que je dors à flagstaff: - dois je m y rendre en voiture? - des bus sont ils obligatoires? - doit on payer un droit d entrer?

Voila mes questions!!! ps: j aimerai aussi aller voir le sky walk es ce indiqué? merci d avance!!!
Jeu des photos (2e épisode) English translation pending
by MengWan · 2009-08-16 · 478 replies
Bon, on en était à une souche "dans le désert" ...

Le désert de Tabernas, où ont été tournés les westerns spaghetti ?

😛
Premier voyage en Italie, douze jours et sans voiture English translation pending
by 2371 · 2009-08-13 · 18 replies
Bonjour, après un premier voyage en Europe au printemps dernier, à Paris, nous récidivons cette fois-ci avec un voyage en Italie au printemps. Notre projet: Florence, Rome, Côte Amalfitaine en 12 jours, sans voiture. Il semble tant à voir autour de Florence que nous songeons à oublier Rome. La lecture de vos commentaires me pistent sur certains pièges à touristes que nous voudrions éviter, par exexple Capri et Pompéi et même la tour de Pise. Nous prévoyons arriver du Québec à Florence via une escale car il n'y a pas de vol direct Montréal-Florence et nous prévoyons revenir à Montréal via Rome. Entre les deux, nous nous déplacerons en train ou en autobus.

Vos conseils, coups de coeur et choses à éviter nous aiderons à bien planifier notre première incursion en sol italien.

Merci

2371
Budget pour un an ou plus en Asie du Sud-Est? English translation pending
by Silba1984 · 2009-08-13 · 16 replies
Bonjour,

Voici notre programme: Un séjour de 6 mois en Australie pour économiser (fruit picking, ...) Pour par la suite faire les touristes en Asie du Sud Est jusqu'à épuisement de notre budget.

J’ai déjà voyagé et je peux être très économe en ce qui concerne le logement, la bouffe, … c’est pourquoi j’aimerais connaitre votre budget mensuel moyens pour l’Asie. Je suis presque sur que cette question à déjà été posé mais je précise :

Nous dormirons dehors, ou dans des backpakers low cost, et le fait de manger des pates (ou autres truc pas cher) tout les jours nous est très familier. D’après votre expérience pouvez-vous me donner une fourchette. Merci.

Autre chose, nous voudrions faire le tour de l’Asie du Sud Est en moto. Est ce une formule intéressante ?, le passage des frontières est il compliqué avec un véhicule ?

Vaut il mieux louer des motos plutôt que les achetées ? Qu’est ce qui est le plus économique ? Quelqu’un aurait il eu une expérience de ce type ?

La moto nous semble un excellent moyens de transport pour sortir des sentiers battu, et faire des rencontres (dormir chez l’habitant, offrir notre travail pour un bol de riz, découvrir une culture préservée de toute influence touristique ou occidentale, …) Mais cette vision est peut être un idéaliste…bref. Qu’en pensée vous ? a t-on les mêmes perspectives avec les bus ou autres moyens de transports ? Et puis c’est un gage de liberté sur les destinations que nous souhaitons visiter.

D’après vous : Ennuis technique, mécanicien, cout de l’essence, cout de la moto ? Problème administratifs ? Pouvez-vous débattre de ses différents points pour que je me fasse mon idée ! Merci.

Enfin le dernier point qui m’intéresse : Obtenir son Master diving. Quel spot priviligier, quelle ecole de plongée, et a quel prix dois je m’attendre a payer pour obtenir se diplôme ?

Merci d’avance pour vos réponses. Basile.
Découverte de l'Ouest américain à travers quatre États, pendant vingt-cinq jours(1ère partie) English translation pending
by Bastinj · 2009-08-08 · 41 replies
Bonjour à tous(tes),

Voilà bientôt 3 semaines que je suis rentrée des USA après un fabuleux voyage de 25 jours en famille. C'était notre 1er long périple en dehors de l'Europe. Après avoir bourlingué un peu partout dans les pays nous environnants, je me suis lancée dans la préparation de ce voyage dans l'Ouest américain qui nous tentait depuis bien longtemps... Et ce fut une réussite totale.

Je voudrais donc commencer par vous remercier, vous les membres de VF qui de part votre site internet, votre intervention quasi quotidienne ou votre récit de voyage, m'ont permis de bénéficier de votre expérience et connaissance du terrain.

Une mention toute particulière:

- à Jean-Pierre Laudet (alias Jipou)(et son site Laudet.fr) qui, pendant des mois, a répondu patiemment à toutes mes questions et envoyé un tas de cartes et documentations intéressantes...

- à Bernard Guichet(alias Zitounet) qui régulièrement m'a encouragée...

- à Patrice Raveneau (alias jdakota)(il saura pourquoi...)

- à Patrick (alias PS131), le roi de la carte google maps, qui m'a suggéré de réserver un vol en avion à partir de Moab, ce qui reste un de nos plus beaux souvenirs!

- à Philippe Schuller (alias Sedonax)et ses interventions toujours très pertinentes, et qui la veille de mon départ, répondait dans l'urgence à une de mes questions...

- à Thierry Lagarde (alias Wavemaster) et Philippe Schuller (Sedonax)(toujours lui) pour leur site internet ouestusa.fr dont je me suis largement inspirée pour tracer notre itinéraire

- à Laurence et Dominique pour leur site Roadtrippin.fr très explicite

- à Annie et André Molinet pour leur site the.wave.free.fr/ qui m'a permis de comprendre toutes les subtilités de l'inscription pour la Wave, autre souvenir mémorable

Quelques jours après le retour (le temps de se reposer - ben oui, ce ne sont pas des vacances...-, de lessiver et ranger tout le barda emporté... - et bon dieu, qu'est-ce qu'il y en a...- , de se remettre du jet-lag... - dur, dur, la rentrée...), j'ai commencé à rédiger un compte-rendu de ce grand et beau voyage. Tout d'abord, très égoïstement : cela me permettait de revivre une 2ème fois ces 25 jours passés beaucoup trop vite sur place... Et puis, je me suis prise au jeu... j'ai étoffé le texte, l'ai truffé de détails (j'espère que ça ne sera pas indigeste!), en pensant que cela pourrait peut-être servir à de futurs voyageurs en quête de renseignements...

Alors, me voilà maintenant en train de poster, comme d'autres, mon carnet de voyage... Je n'ai pas l'humour de Vazyvite, ni le talent d'un écrivain... Les grands experts connaissant le terrain comme leur poche, trouveront sans doute le texte beaucoup trop long (difficile de résumer en quelques lignes, 25 jours vécus intensivement, du lever au coucher de soleil...) , mais peut-être que d'autres préparant leur futur voyage, trouveront intéressant de suivre nos pérégrinations heure par heure...(J'ai volontairement mis l'heure le plus souvent possible, car lors de ma préparation, je me suis souvent demandée si je n'avais pas trop chargé le planning...)

Je vous livre ici les 16 premiers jours : les étapes de San Francisco à Bryce Canyon N.P.

Les 8 autres jours sont décrits sur le post suivant: voyageforum.com/...ost=2865731;#2865731

Le récit n'est malheureusement pas encore illustré, les 6000 photos étant toujours au stade du triage...

Carnet de voyage : notre 1er périple dans l’OUEST AMERICAIN du 27/06/2009 au 21/07/2009 à travers 4 Etats : la Californie, l’Arizona, l’Utah, le Nevada

ITINERAIRE: San Francisco – Côte Pacifique – Los Angeles – Grand Canyon – Page – Monument Valley – Moab – Torrey – Bryce Canyon – Zion – Las Vegas – Death Valley – Yosemite – San Francisco.( Total: 4500 Miles)

METEO: très beau temps partout sauf un orage entre Oatman et Kingman et 2 après-midi nuageuses

Coût pour 4 personnes considérées comme adultes :

Le vol : billets d’avion achetés sur internet 9 mois avant le départ (par l’intermédiaire de CheapTickets) Aller : vol British Airways : Bruxelles- Londres (escale de 3H30)- San Francisco Retour : vol British Airways : San Francisco- Londres (escale de 1H00)- Bruxelles Prix : 4370 $= 2960 € (1€=1, 47$)

L’hébergement : Hôtels, la plupart réservés sur internet 6 à 8 mois avant le départ (et pré-payés avec possibilité d’annulation) Prix : 2500 € pour 23 nuits

Le véhicule de location: Dodge Durango AWD, loué chez Alamo, à l’aéroport de San Francisco, par l’intermédiaire de Autoeurope Prix : 760 €/23 jours (assurances comprises sauf pneus et bris de glace)+ 67 $ pour le plein d’essence

La consommation en essence : 760 $ pour 4500 miles parcourus (540 € pour 7200 Kms) (1€=1, 4$) +/- 13, 5 L/100Kms

Les restos+nourriture+boissons : La moitié des petits- déjeuners étaient compris dans le prix de la chambre Le midi : repas pique nique le plus souvent Le soir : resto Total de tous les repas : 3000 $ (2150 €)

Les activités (4pers.): certaines réservées un peu avant le départ (*) Total: 2670 $ (1900 €)

Pass 1 jour cable car à San Francisco : 44 $/4pers + Parking payant à San Francisco : 90$ Alcatraz* (pour la visite nocturne): 132 $/4pers Universal Studio à L.A. (entrée normale): 236 $/4pers Survol en hélico* au Grand Canyon : 502 $/4pers Entrées des parcs : Pass : 80 $/véhicule Point Lobos (Côte Pacifique) : 8 $/véhicule Pfeiffer Big Sur(Côte Pacifique) : 8 $ + 5 $ pour la beach /véhicule Julia Pfeiffer(Côte Pacifique) : 8 $ /véhicule Upper Antelope Canyon(Lac Powell) : 124 $/4pers (Lower : 25$/pers) The Wave* (Coyote Buttes North/ Vermillon Cliffs) : 5 $(inscription) +28 $/4pers Monument Valley : 20 $/4pers Dead Horse Point : 7 $/véhicule Survol en avion* (3H à partir de Moab, au-dessus de Canyonlands, Capitol Reef, Lac Powell) : 1340 $ /4pers Goblin Valley : 7 $/véhicule Kodachrome Basin : 6$/véhicule Bodie : 20 $/4pers

Coût total par personne* pour un voyage de 25 jours/23 nuits: 2200 € sans les activités 2700 € avec les activités * : sur base des frais d��hébergement et de voiture partagés entre 4 personnes

Après tous ces calculs, je lance le récit...

Sa 27/6: Bruxelles – Londres - S.F ; Nuit à S.F.

Voici ce qui était prévu au planning (5560 Mi-8900 Km) - Décollage de Bruxelles à 9h55 - Escale de 3H30 à Londres, et arrivée à l’aéroport de San Francisco à 16h30, heure locale - Aller chez Alamo pour louer la voiture (764€/23jours) - Au soleil couchant, aller à la Coit Tower ou aux Twin Peaks

Voici ce que nous avons fait - Réveil (enfin, c’est un grand mot…car aucun de nous quatre trop excités par le voyage, n’a vraiment bien dormi…) et départ très matinal pour arriver vers 7H15 à l’aéroport de Bruxelles. C’est notre aimable voisin qui nous y amène avec sa remorque pleine de bagages. - Petit problème au comptoir d’enregistrement à Bruxelles : nous sommes bien enregistrés pour le vol Londres-San Francisco, mais pas pour le vol Bruxelles-Londres et ce dernier affiche complet!! Pourtant, notre ticket électronique prouve bien que nous avons réservé et payé 4 places pour ce vol !! Ça commence bien !! Après 20 minutes d’attente assez nerveuse, on nous attribue des places prévues pour d’autres…qui se rendent uniquement à Londres et n’ont donc pas de correspondance à prendre (dommages collatéraux pour British Airways)…

- Si seulement nos petits soucis du départ avaient pu s’arrêter là... On atterrit à Heathrow… On se promène dans les couloirs, on mange un bout, on prend le métro (et oui, un terminal à Heathrow, c’est légèrement plus grand qu’un terminal à Bruxelles), on arrive enfin devant notre porte d’embarquement pour SF. Un Boeing derrière les vitres semble prêt à décoller… Jusque là tout est normal ! Sauf que du joli Boeing, en dessous de l’aile droite, s’écoule du fuel !!! Sur le tarmac, personne ne s’inquiète… Seul un gars vient tous les quarts d’heure jeter un sac de sable sur la flaque qui ne cesse de s’étendre… Je pense que le gars a bien jeté une dizaine de sacs… Et nous, nous poirotons en regardant ce spectacle qui n’est guère rassurant… Bien entendu, pendant cette attente, British Airways reste muet … On suppose donc que l’avion a été rempli avec trop de fuel et que celui-ci reflue… Finalement, une machine viendra en pomper l’excédent et nous pourrons alors embarquer avec 2H de retard … Nous arrivons donc vers 18H30 à SF après un vol de 11H (avec belle vue sur les glaciers de l’Islande, les icebergs du Groenland et la baie d’Hudson !) Nous passons rapidement la douane et récupérons nos 4 valises (enfin un bon point pour British Airways !)

- La file au comptoir Alamo n’est pas trop longue, nous sommes donc servis assez rapidement. Malheureusement, c’est le week-end de la Gay-Pride à SF. Il y a donc beaucoup de monde en ville et plus beaucoup de voitures disponibles !!! On a pourtant réservé depuis plus de 8 mois, un Dodge Durango 4WD qui devrait nous permettre de parcourir certaines pistes du Far-West… On nous fournit un mini-bus Ford ou quelque chose qui y ressemble en tout cas…Ce n’est pas du tout le modèle qui était prévu. Avec ce genre de véhicule, il nous sera impossible de réaliser l’itinéraire envisagé !! Nous préférons attendre l’arrivée d’un 4x4. Après plus d’1H, nous finissons par dénicher un Dodge Durango qui a une haute garde au sol mais ce n’est pas un vrai 4x4 : seulement un AWD nous assure le responsable ! Nous devons le croire sur parole car nulle part, nous ne voyons indiquer la mention AWD et aucun commutateur commandant l’aide à la descente par frein moteur, ni manuel de conduite dans la boite à gants… Dépités et fatigués, nous quittons l’aéroport à bord de ce véhicule, convaincus qu’il s’agit d’un 4x2 et qu’il nous faudra essayer de l’échanger le lendemain dans une autre agence…Décidemment, le début de ce périple démarre difficilement !! Il nous faut maintenant rallier le centre de SF en évitant d’éventuels problèmes de circulation dus aux manifestations de la Gay-Pride…

- Le trajet se fait sans encombre (ouf !!) mais il est déjà plus de 21H30 quand nous arrivons enfin à notre hôtel (Orchard Garden) très bien situé, juste à côté de la porte de Chinatown. N’ayant pas le courage d’aller la garer nous-mêmes, nous laissons la voiture au valet ! Après tout, nous sommes en Amérique ! Yes ! Et tant pis s’il nous en coûte 40$ ! Le soleil étant couché depuis belle-lurette, nous reportons au lendemain, notre visite à la Coit Tower ou aux Twin Peaks… Là, j’en suis à me demander comment on va faire demain, pour trouver le temps de recaser ces visites et passer dans les autres agences de voitures, vu le planning prévu déjà bien chargé !!

- Malgré notre intense fatigue, nos estomacs crient famine…Pas question d’aller dormir le ventre vide…Nous nous précipitons vers le Lori’s Diner le plus proche (l'endroit idéal pour manger un bon burger, dans un cadre typiquement américain rétro des années 50)... et arpentons à pied nos 1ères rues en pente de SF. Elles auront raison de nous qui regagnerons notre hôtel complètement exténués. Cela faisait 26 heures que nous étions debout…

Di 28/6: S.F. ; Nuit à S.F.

Voici ce qui était prévu au planning (100Km) - 11H-12H15 : messe gospel à la Glide Memorial Church (il faut y arriver 20 min plus tôt) - en voiture, pour faire le circuit 49 Mile Scenic Drive

Voici ce que nous avons fait

Après un rapide déjeuner au Starbucks du coin, nous récupérons notre véhicule et entamons le début de la 49 Mile Scenic Drive, tout en évitant les quartiers Chinatown et Financial District que nous parcourrons à pied le lendemain. Le temps est splendide : ciel bleu, plein soleil, aucune brume à l’horizon, 25°C ! Quelle chance… Nous gravissons les rues pentues de SF, croisons des cable-cars, passons devant la Grace Cathedral de style néo-gothique et le Mark Hopkins Hotel (au croisement Mason/California St) au sommet duquel on peut grimper pour avoir une belle vue d’en haut…mais faute de trouver une place où garer la voiture, nous ne pourrons pas nous y rendre… Et pourtant nous tournerons au moins 4 fois autour du pâté de maisons…Bon, là, il faut bien l’admettre : il est difficile de garer dans le centre de SF en dehors des parkings payants… Nous arrivons au Musée du cable-car (Mason St) mais il n’ouvre qu’à 10H…Nous admirons les très belles maisons victoriennes autour de Union Street ainsi que celle de Haas Lilianthal House .

Mais il est temps de redéposer la voiture au valet de l’hôtel (Bah oui… pour 40$, on peut la lui confier 24H quand même !...) pour rejoindre à pied la Glide Memorial Church (Ellis St) où nous arrivons vers 10H30 et assistons aux 20 dernières minutes de la messe gospel. En fait, suite à la Gay-Pride, les horaires sont complètement modifiés.

Ensuite, nous rallions Market St et jetons un coup d’oeil rapide à la parade de la Gay-Pride qui y défile… (Bof ! Très spécial !!). Nous regardons le retournement à la force des bras, du cable-car sur la plate-forme tournante, au terminus, près du Visitor Center de la Powell Station ; et achetons d’ailleurs nos Muni Pass pour la journée de demain.

Nous rejoignons la place Union Square entourée de grands magasins, grimpons gratuitement au sommet du Westin Saint Francis Hotel grâce aux ascenseurs extérieurs qui nous y propulsent en quelques secondes. De là-haut, nous avons une vue impressionnante sur la baie de SF côté Est. Après, nous nous rendons au 8ème étage du Macy’s pour déguster un cheesecake sur la terrasse de la fameuse Cheesecacke Factory (pas de doute, nous sommes bien aux States !). Il fait délicieusement bon…et même très chaud. Nous n’avons pas mis de crème solaire et on sent bien que l’on commence à cuire !!

Il faut maintenant passer aux choses moins agréables et courir dans les différentes agences Alamo du centre de SF pour essayer de trouver le véhicule idéal, c.-à-d. un 4x4…En vain… Après plus d’1H30 de recherche, nous devons nous résigner : nous ne trouverons pas, ici, de véhicule plus adapté que notre Dodge Durango dégoté la veille à l’aéroport… Il a quand même de bons atouts : il est pratiquement neuf (12000Mi au compteur), il a une haute garde au sol ( très important pour ne pas cogner le bas de caisse dans les pistes caillouteuses), les pneus ainsi que la roue de secours sont en parfait état et nous constatons bien la présence d’un cric pour le cas échéant (bien caché et découvert avec l’aide d’internet)! (J’ai repris la liste des bons conseils de Philippe Schuller alias Sedonax sur VF) Pour être sûrs qu’il s’agit bien d’un AWD, nous décidons d’aller le lendemain demander l’avis d’un garagiste (car aujourd’hui, c’est dimanche).

Après tout ce temps « perdu », il est pressant maintenant de reprendre le cours de la 49 Mile Scenic Drive… Direction Filbert St, la rue la plus pentue de SF (vue plongeante de SF) et Lombart St, la rue la plus tortueuse que nous prendrons plaisir à redescendre 2 fois ! (chacune située au croisement de Hyde Street)

Nous poursuivons la visite par la Coit Tower à Telegraph Hill (belles fresques murales dans le hall) mais nous ne prendrons pas l’ascenseur pour y monter jusqu’au sommet : la vue depuis le bas est déjà pas mal ! Nous empruntons les Filbert Steps à la recherche des jardins suspendus remplis de perroquets sauvages…Mais cela doit être une légende car point de beaux jardins ni de beaux perroquets !! Nous n’y avons vu qu’un vilain corbeau tout déplumé !!! A moins qu’ils ne se trouvent tout à fait dans le bas de la colline… Mais sans être sûrs, nous n’avons pas eu le courage de descendre si bas… Nous reprenons la voiture jusqu’à Ghirardelli Square (ancienne chocolaterie désaffectée, réhabilitée en espace commercial) où nous dégustons une bonne glace…au chocolat bien sûr. Nous longeons la baie à pied quelques instants, il fait alors nettement plus frais : le vent du large souffle !!

Nous remontons en voiture, direction : la marina. Nous dépassons Fort Mason et faisons une halte au Palace of Fines Arts, énorme rotonde aux colonnades élégantes, style gréco-romain. On ne s’attend pas à trouver ici pareil monument ! Le cadre est très bucolique. Deux couples de jeunes mariés s’y font d’ailleurs prendre en photo. Nous n’avons pas le temps d’entrer dans l’Exploratorium dont les expositions scientifiques interactives attirent pourtant les enfants…

En voiture à nouveau, nous longeons le Parc Predisio puis la route panoramique qui conduit à Fort Point. De là, nous avons un point de vue exceptionnel sur le Golden Gate Bridge. Nous reprenons la 49 Mile Scenic Drive qui maintenant longe l’Océan Pacifique. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour admirer d’ici le Golden Gate Bridge…C’est un jour sans brume. Quelle chance !! Dernière halte à Cliff House (nous n’avons pas trouvé le soi-disant musée gratuit des automates !!) et le long de l’immense plage Ocean Beach (rendez-vous des surfeurs). Les points de vue sont grandioses.

Mais il est encore trop tôt pour traverser le pont que nous avons dépassé depuis quelques kilomètres, afin d’aller admirer le soleil couchant de l’autre côté. Nous décidons alors de monter aux Twin Peaks, les 2 collines jumelles situées près de Mission District, à 300 m d’altitude et qui permettent d’avoir une vue à 360° sur SF et sa Baie. Là-haut, nous sommes balayés par un vent glacial. Nous nous empressons d’enfiler nos vestes polaires !! La vue est magnifique et aucunement gâchée par le brouillard pourtant si fréquent à SF mais totalement absent aujourd’hui, pour notre plus grand bonheur.

Sans trainer, nous regagnons alors le fameux GGB que nous voulions traverser plus tôt et ainsi rejoindre Battery Spencer View. D’ici, on domine le pont avec SF en arrière-plan. Au soleil couchant, c’est magnifique !

Il est maintenant presque 20H30 et le soleil est couché. Nous regagnons le centre de SF (5$ pour retraverser le pont dans ce sens-là) en faisant le crochet par Alamo Square et le quartier Haight-Ashburry si délicieux avec leurs typiques maisons victoriennes. Mais il commence à faire noir. Nous reviendrons demain pour faire de splendides photos…

Nous avons même la folie de nous arrêter dans le quartier Mission à la recherche des fresques murales, mais la nuit est complètement tombée et nous ne pourrons plus que les apercevoir succinctement !! Et cela sera notre fatale erreur : quand on se présentera dans les restos pour souper, il sera presque 22H et nous serons refusés partout… Nous devrons à nouveau nous contenter d’un Lori’s Diner… Une fois, c’est bien !!! Mais deux fois, c’est trop… Il parait qu’il y a tant de bons restos à SF !!! Ce sera le seul hic de la journée… Ce soir, nous garerons nous-mêmes notre voiture dans un parking situé tout près de l’hôtel (Stockton St) (25$/jour)

Lu 29/6: S.F. ; Nuit à S.F.

Voici ce qui était prévu au planning à pied/ cable-car pour faire: - Chinatown, - Financial District - Embarcadero - Fisherman’s Wharf - Alcatraz (à 18H45 mais il faut arriver 30 min. à l’avance) (33$/pers.)

Voici ce que nous avons fait

Tout ce qui était prévu (Bon, je l'ai fait court, ce récit pour ce jour!!).

A noter qu’il ne faut pas oublier de visiter, dans Financial District, le musée gratuit (420, Montgomery St) de la Wells Fargo, compagnie exploitant les diligences lors de la ruée vers l’or et qui depuis est devenue une des banques les plus riches du pays. L’ Embarcadero Center est aussi très agréable à traverser le long des passerelles piétonnières en admirant les buildings de Financial District. Ne pas hésiter à entrer dans l’hôtel Hyatt Regency (face au Ferry Building) pour admirer le superbe atrium et prendre les ascenseurs intérieurs pour grimper au dernier étage et se diriger vers les grandes vitres qui offrent une vue extraordinaire sur la baie de SF et sur Market St. De plus, avant de monter dans un cable-car pour Fisherman’s Wharf, nous reprendrons la voiture en début d’après-midi, pour retourner à Alamo Square, à Haight-Ashburry, et dans le quartier Mission revoir les belles fresques murales.

Comme prévu la veille, nous irons dans un garage indépendant à la sortie de la ville. Là, le garagiste bien sympathique nous confirmera que notre véhicule est bien un AWD. Nous quitterons donc ce garage bien plus confiants que la veille… et déciderons de garder ce véhicule sans plus trop nous tracasser… (la suite du périple nous confirmera que nous avons eu raison) Avant de redéposer notre voiture au parking près de l’hôtel, nous ferons une dernière halte dans le Civic Center pour admirer l’hôtel de ville et son impressionnant dôme plus grand que celui du Capitole de Washington.

Bilan des choses non vues à SF : la visite du musée du cable-car, l’Exploratorium, la traversée à pied ou en vélo du GGB, le Golden Gate Park, la Mission Dolores, la traversée du Oakland Bay Bridge et la vue depuis Treasure Island. Mais grâce au fait d’avoir pu circuler en voiture, nous avons pu en seulement 2 jours, voir les principaux quartiers de SF, y compris la très surprenante visite nocturne d’Alcatraz. Au fait, si on revient d’Alcatraz avec la dernière navette du bateau, ne pas trainer en arrivant sur SF si on désire ensuite aller souper. En effet, même à Fisherman’s Wharf pourtant très touristique, les restos ne reçoivent plus de clients après 22H00 !

Ma 30/6: S.F.- San Luis Obispo ; Nuit à San Luis Obispo

Voici ce qui était prévu au planning (240 Mi-390 Km)

Côte Pacifique avec arrêts à : - Gilroy (outlets) ? + Wal-Mart ? - Monterey (Pacific Grove, 17 mile drive), - Point Lobos, - Big Sur, - San Simeon...

Voici ce que nous avons fait

Nous quittons San Francisco par l’autoroute 101 vers San Jose, traversant d’immenses vignobles californiens et la Silicon Valley connue pour être le berceau des technologies de pointe. Beaucoup d’habitants de San Francisco et de ses environs travaillent ici, et empruntent donc chaque matin ce même itinéraire. Le trafic s’en ressent et se trouve ainsi très chargé. Il faut conduire attentivement la voiture. Les nombreux freinages répétés empêchent d’enclencher le cruise control.

L’arrêt dans les outlets de Gilroy fut trèèèèèèèèèès long (2H30)... Difficile de faire moins tant les magasins sont nombreux et les prix alléchants !! Nous en profitons pour acheter la glacière au Wal-Mart du coin et faire le plein de boissons. Remarque : Pour obtenir des bons de réduction très avantageux (allant jusqu’à -20%) dans les outlets, il faut s’enregistrer préalablement sur leur site internet. On peut alors imprimer les coupons ou bien, sur place, se présenter avec le code, à l’information qui délivrera le VIP Coupon Book.

Le temps jouant contre nous, nous passons Monterey sans nous y arrêter, nous faisons une halte rapide à Carmel pour voir la Mission San Carlos de Borromeo, une des plus belles de Californie parait-il. Ensuite nous nous arrêtons à Point Lobos State Reserve (8$/véhicule) pour marcher le long du court sentier Sea Lion Trail (1Km/1H) doté de magnifiques points de vue sur la côte ainsi qu’au loin sur de nombreux otaries se dorant au soleil ! Nous les sentons plus que nous ne les voyons !

Sur la CA1, 15 Mi au sud de Monterey, nous nous arrêtons peu avant le Bixby Creek Bridge. Le panorama vers le sud avec ce pont très photogénique est splendide. Plus loin, nous photographions le Point Sur, énorme rocher volcanique dans la mer.

Vu l’heure avancée, nous sommes obligés de supprimer les randos prévues dans Pfeiffer Big Sur State Park , mais nous empruntons quand même la Sycamore Canyon Rd située 1Mi plus au sud et qui nous conduit à Pfeiffer Beach, endroit bien plaisant et très photogénique aussi. Malheureusement, le ciel s’est obscurci, le soleil a disparu, remplacé par de gros nuages… Nous n’enfilons pas nos maillots !! Et ne nous attardons pas.

Le point de vue dominant la paradisiaque crique de Julia Pfeiffer Burns SP avec sa chute d’eau, est vraiment à ne pas rater. Nous trouvons cet endroit magnifique bien que le ciel soit tout gris…Alors sous le soleil, qu’est-ce que ça doit être !... Nous continuons à longer cette route côtière parsemée de nombreux points de vue tous aussi beaux les uns que les autres (l’Irlande ou la Bretagne en plus intense). Dommage que le beau temps ne soit plus de la partie !!

La nuit finit par tomber bien avant que nous n’atteignons San Simeon… Nous ne verrons donc pas les éléphants de mer de Piedras Blancas, ni le Hearst Castle (mais il n’était quand même pas au programme, sa visite demandant presque 2H), ni Vista Point à Cambria, ni le Morro Rock de Morro Bay. Nous souperons dans un des seuls restos ouverts sur cette route (très cher d’ailleurs !!) et arriverons bien tard au Best Western Royal Oak de San Luis Obispo. Ce n’est quand même pas une raison suffisante pour nous refourguer une chambre au WC bouché !… A ce propos, nous remarquerons partout que, la conception des cuvettes des WC américains rend leur utilisation moins performante que les nôtres… Je ne sais pas si je me fais bien comprendre…

Me 1/7: San Luis Obispo- L.A. ; Nuit à Hollywood

Voici ce qui était prévu au planning (230 Mi- 370 Km) Arrêts à: - Camarillo (outlets) ? + Wal-Mart ? - visite de Venice Beach, - visite de Santa Monica, - vue à partir du Getty Museum (coucher de soleil à 20H10) - vue à partir de Mulholland Drive

Voici ce que nous avons fait

Vers 9h, nous prenons la route vers L.A. sans nous arrêter ni à la Mission de Lompoc, ni à Solvang d’influence danoise, ni aux stations balnéaires très renommées de Santa Barbara et de Malibu. Nous dinons dans un des nombreux fast food (ce n’est pas le choix qui manque ici : burgers, sandwichs, salades, spécialités mexicaines…) et comme d’habitude, ma fille nous demande : « C’est fontaine ici ? », sous entendu : c’est boisson à volonté ?... car il faut savoir qu’aux USA, on peut se resservir autant de fois qu’on le désire (« fontain soda » sur la carte)! Cela est aussi souvent valable le soir, dans les restos, où les serveurs n’hésitent pas remplir à nouveau votre verre vide … Durant toutes les vacances, ma fille fera une cure de « Dr Pepper ». Et nous, très souvent, nous boirons une « lemonade » très désaltérante. Quand les garçons commanderont une bière, ils devront systématiquement montrer leur passeport pour prouver leur âge… (21ans, c’est le minimum légal pour pouvoir boire de l’alcool aux USA!) On fera une pause dans les outtlets de Camarillo où on dépensera encore quelques $...

Ensuite, nous nous dirigeons vers Venice Beach. Le trafic sur l’autoroute devient de plus en plus dense ! Il y a 7 bandes de circulations dans chaque direction!! Et ça dépasse de chaque côté !! Pas de doute, nous sommes en Amérique !! Nous nous promenons quelques instants dans l’ex-Venise américaine, le long des quelques canaux restants bordés d’habitations modernes fantaisistes puis allons nous garer près de la plage. L’Ocean Front Walk bordé de nombreux palmiers est un lieu très animé, nous croisons beaucoup de cyclistes, roller-bladers, artistes de rue, diseuses de bonne aventure… et même des culturistes s’exerçant là devant tous les passants !! Cet endroit nous rappelle de nombreux films et séries vus à la TV… Sur le sable, on passe à côté des fameuses tours de sauvetage et des gardes-côtes, bouées rouges à la main, scrutant la mer… Il ne manque que Pamela ! Nous remontons à pied jusqu’à Santa Monica et son Pier bien connu et repérons même la plaque commémorative dédiée à la route 66 qui aboutissait ici autrefois. Nous nous baladons dans la 3rd Street, une vaste allée piétonne animée de spectacles de rues, et bordée de restos, cafés et boutiques en tout genre (au grand désarroi des garçons qui désespèrent à chaque fois que leur sœur fait mine de rentrer dans l’une d’entre elles…)

Nous reprenons la voiture vers 19H30 et nous dirigeons vers le Getty Museum situé sur les hauteurs. Malheureusement une grille fermée nous en barre l’accès ; du coup, notre projet d’assister là au coucher de soleil tombe à l’eau !! Nous nous dirigeons ensuite vers Beverly Hills et marquons une pause à Rodeo Drive, la rue la plus chic des USA, lieu de tournage de « Pretty Woman ». Que d’élégance !! Nous passerons la soirée un peu plus loin, au Farmers Market et dans l’immense shopping center attenant, « The Grove » qui est à ciel ouvert et où il fait bon flâner, même sans rien acheter.

Avant de rejoindre notre hôtel (Holiday Inn Beverly Garland) situé près de Universal Studios, nous ferons une dernière halte nocturne sur Mulholland Drive, la petite route de crête serpentant sur les hauteurs de L.A. et d’où nous pourrons avoir une vue imprenable sur le Downtown et ses hauts buildings.

Je 2/7: L.A. ; Nuit à Hollywood

Voici ce qui était prévu au planning (40 Km)

A 9H (pour certains): Universal Studios Ou (pour d’autres): L.A. Downtown + Sunset Blvd+ Melrose Ave+ Farmers Market + Beverly Hills( Rodéo Drive ) , Beverly Center + Bel Air+ UCLA+ Getty Center A 17H (tous ensemble): Hollywood Blvd A 18h30 : Hollywood sign + vue depuis Griffith Park

Voici ce que nous avons fait

Après un bon petit déjeuner très varié et copieux (le meilleur du séjour), nous allons finalement tous ensemble passer la journée à Universal Studios. Nous y arrivons un peu avant 10H… Nous trouvons à garer près de l’entrée (12$) et il n’y a pas de grandes files aux caisses pour acheter son ticket d’entrée (67$/pers). Nous bénéficions chacun d’un bon de réduction de 8$ glané sur internet…

Jusque 11H, il n’y a pas grand monde. Ensuite, le parc se remplira mais sans que ça ne soit jamais dérangeant. Nous n’avons jamais attendu plus de 20 minutes pour accéder à une attraction l’après-midi (presque aucune attente le matin). Pour éviter les files aux attractions, il est conseillé de commencer par la partie inférieure du parc (Jurassic Park, Revenge of the Mummy, Special Effects et Backdraft). L’après-midi, nous passons dans la partie supérieure et allons à The Simpsons, Shrek 4D, House of Horrors, puis nous assistons au très bon spectacle aquatique Waterworld (horaire défini) et finissons par la visite guidée des studios à bord d’un bus qui nous emmène pendant plus d’1H à travers différents décors de cinéma. Nous quittons le parc vers 16H45 avec la sensation d’en avoir vu l’essentiel. Nous n’avons seulement pas essayé la nouvelle attraction remplaçant Fear Factor Live. Aucune attraction n’est vraiment à sensations fortes, et moi qui ne suis pas une inconditionnel de ce genre de chose, j’ai finalement passé une bonne journée !!

On repasse une nouvelle fois sur Mulholland Drive pour voir la vue de jour sur Downtown. Puis on gare la voiture au shopping center d’Hollywood. De là, nous partons déambuler sur le Hollywood Boulevard et découvrir les nombreuses étoiles évoquant de grandes stars et qui sont incrustées dans le trottoir. Celle de Mickael Jackson, décédé quelques jours plus tôt, est couverte de fleurs. Comme tout le monde, nous glissons aussi nos mains ou nos pieds dans les empreintes des stars qui sont gravées dans le ciment devant le Man’s Chinese Theater. Je repère dans une rue perpendiculaire (1732, N Las Palmas Ave), le Vivian’s Hotel « minable » qui a servi de décor dans « Pretty Woman ».

Ensuite, en voiture, nous essayons de nous rapprocher du signe HOLLYWOOD, symbole du quartier et situé sur les hauteurs au nord, sur les flancs du Mont Lee. Grâce au plan fléché préalablement, nous le trouvons sans problème…mais plus aucune de ses ampoules ne scintillent dans la nuit… Un mythe s’effondre !! Plutôt que de grimper au Griffith Park comme prévu, nous retournons une fois de plus passer la soirée comme la veille, dans l’immense shopping Center « The Grove », ma fille y ayant repéré l’incontournable magasin Abercrombie (ce drôle de magasin où flotte dans l’air un parfum tenace et où l’on fait ses courses dans la pénombre…Peut-être pour ne pas voir la qualité médiocre de leurs tissus ?... Je vais me faire huer !. Bizarre que toutes les jeunes filles européennes soient dingues de cette marque.) Il devient maintenant urgent d’acheter un sac pour y mettre toute sa nouvelle garde-robe ! Ça en est fini des achats de vêtements ouf !). Demain, nous arrivons au 1er Parc… J’ai hâte…

Ve 3/7: L.A.-Grand Canyon; Nuit à Tusayan

Voici ce qui était prévu au planning (480 Mi-770 Km) Arrêts à: - Barstow (outlets) + Calico ?? - Oatman - Kingman - Seligman - Williams (souper)

Voici ce que nous avons fait

Aujourd’hui, c’est l’étape la plus longue de notre périple : presque 800 Kms nous séparent du Grand Canyon… 8H30 : Nous sortons facilement de L.A. par la route 134 suivie de la 210, sans rencontrer le moindre embouteillage (situation exceptionnelle due au fait que beaucoup d’habitants de L.A. ont déjà quitté la ville la veille au soir pour profiter de leur long week end incluant l’Independance Day). Nous arrivons 2H30 plus tard à Barstow. Là, on se dégourdit un peu les jambes.Devinez où ??...dans les outlets pardi ! Là, même les garçons se laisseront tenter…

Après être remontés en voiture (ben oui : il faut grimper pour s’installer dans un 4x4 !), nous hésitons à nous arrêter à la ville-fantôme de Calico. Les rumeurs la traitant de « piège à touristes », nous passons l'étape et poursuivons notre chemin. La conduite automatique et le cruise control enclenché permettent au conducteur d’être relax au volant… Nous traversons le désert de Mojave… La route longue et droite à l’infini fait somnoler ma fille à l’arrière. Quant à moi, l’excitation du voyage, la découverte de nouveaux paysages et la musique entrainante du lecteur CD me tiennent bien éveillée. La compilation spécialement concoctée pour ce trip tourne en boucle dans l’appareil… rien que de bons vieux tubes anglais contant l’Amérique et que même les jeunes connaissent…

Nous passons notre temps à photographier à travers le pare-brise ou dans les rétroviseurs, de gros trucks (camions) rutilants typiquement américains, des camping-cars tellement gigantesques que derrière, ils tractent un énorme 4x4 comme nous nous y mettrions des vélos, des bikers chevauchés par des gars plutôt virils ou les surprenants arbres de Josué qui jalonnent le trajet. Quand nous sortirons de la voiture, lors d’un arrêt à la station essence, nous serons happés par un air chaud insoutenable (drôle de sensation…).

Nous quittons la Californie et entrons en Arizona. Très vite, nous empruntons un vieux tronçon de la mythique Road 66 qui nous conduit jusqu’à Oatman, ancienne ville minière du début du XXème siècle. Les ânes utilisés autrefois dans les mines s’y baladent maintenant librement dans la rue principale, dans un décor de western bien sympathique… Détour à conseiller vraiment !! En quittant ce village typique du Far West, nous avons de beaux points de vue sur les montagnes environnantes, mais nous ne tardons pas à essuyer un violent orage, suivi d’une pluie battante qui nous poursuivra jusqu’à Kingman où de beaux arcs en ciel zèbreront un ciel encore menaçant. Il est presque 18H et nous nous arrêtons au bar avec une vache sur le toit pour grignoter quelque chose en attendant un repas plus conséquent prévu 2H plus tard à Williams… Nous ne le savons pas encore, mais cet en-cas constituera en fait notre seul souper… En effet, nous avons à peine repris l’autoroute devant nous amener à Seligman que nous rencontrons un bouchon qui finalement s’avéra durer 2H… Accident ?? Problème dû à l’orage ??? Nous ne le saurons jamais… Nous aurons bon scruter l’horizon à la jumelle, nous ne comprendrons jamais le pourquoi…

Toujours est-il qu’il est déjà 20H30 quand nous pouvons enfin avancer et nous diriger maintenant vers Seligman que nous atteignons vers 21H30, alors qu’initialement il devait être 19H30… La nuit est tombée depuis longtemps et c’est dans le noir que nous visitons cette petite ville autrefois située sur la légendaire route 66 et qui maintenant est quelque peu ressuscitée, suite à l’intervention des frères Delgadillo qui se sont amusés à recréer un peu l’ambiance d’antan, en exposant des objets d’époque. On peut ainsi admirer de vieilles bagnoles, celles-là mêmes qui ont inspiré le film « Cars » des studios Disney Pixar. Nous serons quelque peu déçus de cette visite…L’ex-route 66 étant remplacée par une nationale à 4 bandes, il est quand même difficile de s’imaginer les lieux à l’époque ! Mais il est vrai que dans le noir, ce n’était pas l’idéal ! Nous ne nous attardons pas trop et poursuivons notre chemin jusqu’à Williams que nous atteignons vers 22H15, soit bien trop tard pour espérer manger dans le resto envisagé ou visiter cette ville typique du Far West… De plus, il nous reste encore 45 minutes de route pour arriver à notre hôtel à Tusayan. Et dire qu’il est prévu demain de se lever avant l’aurore pour aller au Grand Canyon, assister au lever de soleil qui a lieu à 5H15 ! A ce moment, je me dis qu’il va falloir revoir le planning ! A noter que sur cette route 64 toute droite menant à Tusayan mais où la vitesse est assez limitée, nous rencontrerons par deux fois des Rangers garés sur le bas- côté, à cette heure pourtant avancée de la nuit.

Sa 4/7: Grand Canyon ; Nuit à Tusayan

Voici ce qui était prévu au planning (30 Km) A 5H15 : sunrise A 8H30 : survol en hélico (vol prévu à 9H) avec la société Papillon : 125$/pers pour 30 min de vol Visite des principaux points de vue le long de la Hermits Rest Rd Courte rando sur le South Kaibab Trail jusqu’à Cedar Ridge (4.5Km / 2 ou 3H) A 19H50 : sunset à Yaki Point

Voici ce que nous avons fait

Bien évidemment, vu l’arrivée tardive à l’hôtel (Best Western Squire Inn) la veille au soir, j’ai reporté le sunrise au lendemain. Après un sommaire petit déjeuner, nous nous rendons pour 8H30, à l’aérodrome de Tusayan jouxtant notre hôtel. Après les préliminaires concernant les consignes de sécurité, nous montons dans l’hélico et nous installons aux places prédéterminées suivant notre poids. Nous sommes 7 avec le pilote. Un couple de jeunes nous accompagne. Le temps est idéal : ciel bleu et ensoleillé et pas trop chaud pour éviter les turbulences. L’hélico prend vite de l’altitude survolant une forêt luxuriante de sapins, et se dirige droit devant lui. Ne nous étant pas approchés du bord auparavant, nous sommes vierges de toutes impressions… Huit minutes après le décollage, nous arrivons au gouffre que le pilote traverse jusqu’à la rive nord avant de faire demi-tour. On en prend plein les mirettes et on mitraille à tout va. Ce n’est pas pour rien que l’on nomme cette région Grand Canyon. Les deux rives sont éloignées l’une de l’autre d’une bonne vingtaine de Kms et tout au fond, bien loin, on aperçoit le Colorado. C’est lui qui a ainsi façonné ce labyrinthe de canyons et de gorges érodées…Une merveille de la nature !

Vers 9H45, nous sommes de retour sur la terre ferme et reprenons notre véhicule pour nous rendre au Parc situé 9 Mi plus loin. A l’entrée, nous payons 80 $ pour obtenir notre National Parks Pass qui sera valable pour l’entrée de tous les N.P. et Monuments Nationaux. (les S.P. - State Park- restant, eux, payants). Arrivés dans Grand Canyon Village, nous nous perdons un peu dans le dédale de rues et finissons par dénicher le supermarché situé Market Plaza, où nous allons acheter de quoi faire un pique nique. Il est 11H45 quand nous passons devant la gare ; nous y voyons justement l’arrivée du train en provenance de Williams, mais point de locomotive à vapeur comme autrefois! Nous garons notre voiture près du Bright Angel Lodge et montons alors dans une navette gratuite obligatoire, qui dessert les différents points de vue de la Hermits Rest Road longue de 13 Kms. Nous alternerons ainsi marche et navette le long du Rim Trail (sentier au bord du Canyon) et dinerons en contemplant un fabuleux panorama. Nous sommes impressionnés par l'immensité du paysage mais pas totalement séduits: il s'en dégage une sensation de "trop grand", "trop infini", "trop loin"...

Vers 16H, fatigués par les randos et la chaleur, nous décidons d’annuler la descente prévue à l’intérieur du Canyon et rentrons nous reposer et nous rafraichir à la piscine de l’hôtel. Vers 18H, nous retournons au Parc pour assister à Yavapai Point, au magnifique coucher de soleil embrasant la roche de belles couleurs chaudes. Pour une fois nous ne souperons pas trop tard, en face de notre hôtel, dans un restaurant typiquement cow-boy, au Yippee-ei-o Steakhouse et verrons passer le cortège célébrant l’Independance Day, défilant aux couleurs de la Nation.

Di 5/7: Grand Canyon-Page ; Nuit à Page

Voici ce qui était prévu au planning (140 Mi-230 Km) Desert View drive, Arrêts à: - Little Colorado, - Cameron Trading Post - Marble Canyon, - Lee’s Ferry, - rando Cathedral Wash?? (4Kms/2H A-R), - Horseshoe Bend (meilleure luminosité avant 16h), - Barrage Glen Canyon, - Coucher de soleil sur le Lac Powell (à 19H50)

Voici ce que nous avons fait

5H00 : Dans le noir, nous quittons le parking de l’hôtel encore endormi à cette heure très matinale. Il n’y a pas de temps à perdre, le soleil ne va pas nous attendre pour se lever… Nous passons la cahutte de l’entrée du Parc… Personne… Nous rencontrons quelques biches broutant en lisière de forêt, et nous nous dirigeons vers Mather Point …Aie…aie…aie… Le parking est presque plein ; ça va être noir de monde… De toute façon, nous n’avons plus le temps d’attraper une navette pour aller plus loin ! Nous allons jusqu’au point de vue et là, le spectacle est au rendez-vous : les rayons du soleil éclairent progressivement les roches et les buttes qui prennent des teintes de plus en plus colorées. Nous restons là presque 1H à photographier ce tableau. Les gens encore assoupis se font discrets…

6H15 : Nous n’avons pas déjeuné mais nous avons des barres et autres boissons énergisantes. Il fait bon, pas trop chaud et nous sommes en pleine forme. Nous décidons d’entamer la rando annulée la veille. Chargés de nos sacs à dos, nous prenons la navette qui nous conduit au début du sentier South Kaibab Trail. Nous ne sommes pas très nombreux à randonner si tôt…Tant mieux…Nous laissons les quelques personnes partir avant nous et bien vite, nous nous retrouvons seuls devant cette immensité… Que du bonheur ! Nous descendons jusqu’à Cedar Ridge en suivant cet ancien sentier de mines. En chemin, nous croisons beaucoup d’écureuils pas farouches du tout et plutôt espiègles… Lors d’une halte, il y en a même un qui osera s’aventurer dans mon sac resté entrouvert et en ressortira, victorieux, ma barre de céréales entre ses pattes … Il vient de voler mon déjeuner !!! Plus tard, nous remontons vers la Rim et rencontrons des personnes cette fois beaucoup plus nombreuses, entamant seulement la descente, sous un soleil qui déjà se fait sentir... Cette rando faite ainsi à la fraîche à l’intérieur même du Canyon, est assurément le meilleur moment passé dans le Grand Canyon et un de nos excellents souvenirs sur l’ensemble du voyage. Nous ressentons enfin la sensation d'avoir pris le poul de cet immense Grand Canyon.

9H15 : Nous sommes revenus au point de départ et attendons la navette qui doit nous ramener à notre voiture. Elle passe d’abord par Yaki Point, un autre point de vue 3 étoiles sur le Grand Canyon. Mais, tant pis, nous n’avons pas le temps de nous y arrêter si nous voulons profiter du petit déjeuner servi jusque 10H dans notre hôtel. Et maintenant, nous avons l’estomac dans les talons !!!

10H00 pile : Nous arrivons à la salle du petit déjeuner… Il était temps !!

11h30 : Nous quittons l’hôtel plus tard que prévu !! Une dernière fois, nous rallions Grand Canyon Village et tournons maintenant vers l’Est pour visiter les points de vue aménagés le long de la Desert View Drive longue de 40Kms. Les derniers nous offrent une belle vue sur le fleuve Colorado que jusqu’ici nous ne faisions qu’entrapercevoir.

15H30 : Nous sortons du Park par l’entrée Est et entrons sur le territoire indien des Navajos. La route est parsemée de petites échoppes tenues par des Indiens qui vendent ici des bijoux (beaucoup de turquoises) confectionnés par eux. Les filles se régalent ! Les garçons beaucoup moins ! Nous longeons aussi les gorges du Little Colorado creusées par une rivière qui prend sa source à l’est de l’Arizona et qui rejoint le Colorado dans le Grand Canyon. Ces gorges étroites sont magnifiques et méritent une visite ! Un peu plus loin, on s’arrête une nouvelle fois, au grand dam des garçons, pour visiter le Trading Post de Cameron, grand magasin vendant des objets d’art navajo (chers !).

18H : Nous arrivons à Marble Canyon. Malgré l’heure tardive, il fait encore vraiment très chaud. Nous sortons pourtant de la voiture pour admirer les 2 ponts côte à côte : le vieux Navajo Bridge datant de 1929 qui permettait, là, de traverser le Colorado pour passer en Utah, les barrages de Page et Las Vegas n’étant pas encore construits à l’époque, et qui maintenant est devenu piétonnier, et le nouveau pont plus moderne mais construit à l’identique de l’ancien. Passé ce pont, on se dirige vers Lee’s Ferry, en admirant les superbes falaises rouge-orangées de Vermillon Cliffs si belles en cette fin de journée et en passant à côté de rochers impressionnants de par leur taille et leur forme. Vu l’heure avancée, nous sautons la rando prévue Cathedral Wash qui permet de rejoindre le Colorado en suivant un wash (rivière asséchée). Quelques Kms plus loin, nous arrivons à Lee’s Ferry où nous trempons nos pieds dans l’eau et regardons quelques rafts arrivant de Page et d’autres s’apprêtant pour s’élancer demain, plus loin en direction du Grand Canyon… Les garçons auraient vraiment aimé embarquer, pour plusieurs jours, à bord de l’un d’entre eux…Mais le temps nous manque !!

18H45 : Maintenant, il est urgent de faire demi-tour pour rejoindre Page si on veut avoir la chance d’admirer le coucher de soleil sur le Lac Powell programmé pour 19H50. Sur la route, nous dépassons la rando Horseshoe Bend remise à plus tard, repérons notre hôtel (Days Inn), traversons Page sans traîner, passons au-dessus du barrage sans s’arrêter et arrivons enfin à Scenic View, point de vue surplombant le lac et qui offre un beau panorama, surtout au soleil couchant qui teinte le tout en rose. Ensuite, nous irons à l’hôtel nous enregistrer, ferons quelques courses en face, à l’immense Wal-Mart pour la journée du lendemain et souperons au très sympathique Ken’s Old West à l’ambiance cow-boy et country. Voilà qui clôturera une journée bien chargée commencée avant l’aube !

Lu 6/7: Page ; Nuit à Page

Voici ce qui était prévu au planning (130 Mi-185 Km) - piste House Rock Valley pour aller à the Wave, Wire Pass , Buckskin Gulch, - ou/et Paria Movie Set - ou/et Paria Rimrocks (Toadstool hoodoos (à faire tôt le matin ou en fin d’après-midi - et coucher de soleil à Alstrom Point (4H A-R à partir de Page) (à 19H50)

Voici ce que nous avons fait

Aujourd’hui est le jour de la rando dont on parle depuis des mois…THE WAVE… car bien peu ont la veine de pouvoir contempler cette merveille de la nature et les heureux élus s’y sont pris bien à l’avance! En effet, il s’agit d’un site protégé dont seul un nombre limité de personnes y ont accès, 20 par jour très exactement ! Et pour ce faire, il faut participer par internet, à un tirage au sort qui a lieu 4 mois avant le jour J désiré et qui désigne les 10 premiers gagnants…C’est ainsi qu’en mars, nous avons tenté notre chance et avons décroché tous les quatre notre permis !...C’était inespéré car il y avait presque 150 postulants ! Aujourd’hui donc, il était prévu de se lever comme hier, de très bonne heure, pour randonner pendant qu’il fait frais. Oui, mais c’est sans compter avec la fatigue qui commence à se faire sentir !!

Le temps de déjeuner, de s’équiper (remplir de glaçons la glacière et les camel-bags) et de faire le plein d’essence, il est déjà 7H20 quand nous quittons Page !... et 9H30 (Heure Utah) quand nous atteignons le parking du Wire Pass Trailhead où débute cette fameuse rando située à cheval sur l’Arizona et l’Utah. Le temps étant splendide depuis plusieurs jours, les 13 Kms de la piste House Rock Valley menant jusque là sont facilement praticables. Préalablement, nous nous sommes quand même arrêtés brièvement à la Paria Contact Station pour nous assurer de ne pas y rencontrer de problème. (Les Rangers s’apprêtaient à désigner 10 autres heureux gagnants pour le lendemain…) Il fait déjà presque 30° !... Nous remplissons nos sacs à dos d’eau, de barres et boissons énergisantes, chips et sandwichs… Nous nous tartinons de crème solaire… Nous chaussons nos bottines de marche… ajustons casquettes et lunettes de soleil…accrochons notre permis à un sac à dos… Equipés en plus de notre boussole et des plans censés nous guider, nous voilà enfin prêts pour parcourir les 4, 5 Km nous séparant du saint des saints… 800 mètres plus loin, nous nous inscrivons sur le registre disposé à cet effet dans une boîte en fer… Et là, je m’aperçois que j’ai laissé, dans la voiture, les explications concernant la visite des alentours de la Wave… Flûte !... On se tâte… Bah ! On s’en passera… Et puis, non… C’est trop bête… La voiture n’est pas si loin ! Mon fils, courageux, rebrousse chemin pour aller les rechercher… En attendant, les autres se mettent à l’ombre ! Une demi-heure plus tard, il est déjà de retour !... Tous ensemble, nous nous remettons en route, direction plein sud. La rando grimpe régulièrement. Nous suivons sans peine les indications fournies par le BLM. Nous repérons facilement les cairns disposés çà et là. On se retourne assez souvent pour photographier les lieux et ainsi se créer des points de repère pour le retour… (J’avais lu ce truc donné par quelqu’un sur internet !...) La rando est unique…On ne sait où donner de la tête… Les rochers sont si photogéniques ! Tout ici, est déjà si beau, que nous nous demandons bien ce que nous allons découvrir plus tard !... Nous prenons tout notre temps et nous nous arrêtons fréquemment pour admirer les lieux. Arrivés en bas de l’ultime montée, nous décidons de nous installer à l’ombre d’un genévrier, le seul arbre du coin et de pique-niquer pour reprendre des forces, tout en surveillant qu’un serpent ou un scorpion n’apparaisse pas !... Seul, un lézard inoffensif nous tient compagnie… Mais, même lui, je le tiens à l’œil !! Les 350 derniers mètres en montée dans le sable et sous le cagnard sont les plus durs !... Arrivés en haut les premiers, les garçons ne nous attendent plus et découvrent l’entrée principale de la Wave bien avant nous, les filles, qui la contournons sans la voir !… Ils finissent par venir nous rechercher… Et là, le spectacle est à son apogée… The Wave, la vague, porte bien son nom. Et la roche a une multitude de couleurs. Les draperies de grès façonnées par le vent et si fragiles sont vraiment de toute beauté… Je reste là, assise, savourant le tableau ! Les enfants tout excités sont déjà partis explorer les environs immédiats… Ils sont montés sur les rochers à droite et à gauche et prennent des dizaines de photos… avec eux …sans eux… Et puis très vite, un de mes fils décide de s’aventurer encore plus loin pour voir Second Wave, Sand Cove, Melody Arch… Au bout d’1H, l'autre part à sa recherche… en vain… Il revient sans lui… C’est un allemand passant près de nous qui nous dit l’avoir vu grimper et explorer… Finalement, nous restons là bien plus longtemps que prévu. Les quelques personnes croisées sont déjà reparties bien avant nous… Il est presque 14H30 quand nous quittons à regret cet endroit exceptionnel. Oui, mais là, il fait vraiment très, très chaud. De plus, les enfants s’aperçoivent qu’ils n’ont plus grand-chose à boire !... Nous trouvons le chemin du retour sans problème en suivant à nouveau les cairns et en longeant des falaises pour essayer de trouver de l’ombre le plus possible, car autour, pas le moindre petit arbuste où s’abriter. Alors, nous marchons sans nous arrêter. Très vite, les enfants se retrouvent à sec et siphonnent mon camel- bag… J’ai été plus économe qu’eux ! Moi, sentant la fatigue arriver, j’avale un Power Shoot censé me rendre des forces rapidement… Malgré cela, j’ai vraiment du mal à achever les 2 derniers Kms … Je marche comme un automate… Le plus dur est d’arriver à avancer dans le sable : c'est éreintant… et inévitablement, il s’insinue dans mes chaussures, comprimant ainsi considérablement mes pieds déjà échauffés… Arrivée à la voiture, il me faudra une bonne demie- heure pour me ressaisir… Une chose est sûre : cette rando est LA RANDO du voyage…celle dont nous nous souviendrons longtemps…Je n’aurai qu’un regret : celui de ne pas avoir poursuivi les washs de Wire Pass et de Buckskin Gulch. J’aurais aimé traverser ces slots Canyons étroits de moins d’1 mètre et encadrés de hautes falaises.

Il est 16h30 quand nous quittons le parking du Wire Pass Trailhead. Une demie- heure plus tard, nous avons rejoins la route 89. Nous n’avons plus le temps d’aller ni à Old Paria ni aux Toadstool hoodoos.

Arrivés à Big Water, nous enchaînons directement sur la piste devant nous conduire à Alstrom Point, l’un des plus beaux points de vue sur le Lac Powell. Avant d’y arriver, on passe d’abord près de Nipple Bench où les badlands offre un décor désertique, quasi lunaire, impressionnant… Le silence est maître des lieux… Pas un arbre… Nous sommes seuls… D’ailleurs, pendant 3H, nous ne rencontrerons pas âmes qui vivent! Il parait que c’est ici que fut tourné « La planète des singes ». Nous mitraillons l’endroit avant de poursuivre la piste. Nous soulevons derrière nous des nuages de poussière grise… Après une vingtaine de Miles et plusieurs embranchements, nous sommes contents de voir le panneau indiquant « Alstrom Point 5 Miles » car l’heure avance et nous voyons déjà le soleil décliner. Nous arrivons au 1er point de vue non sans mal à cause de nombreux rochers. Nous stoppons là quelques instants pour voir le splendide panorama se teinter de rose mais les garçons n’ont qu’une idée en tête : rallier le 2ème point de vue. J’essaye de les en dissuader…Nous n’avons qu’un AWD, le soleil se couche et la suite de la piste traversée par des bancs de roche est introuvable… Mais rien n’y fait : ils partent à pied pour essayer de la repérer. L’ayant retrouvée, nous poursuivons…cahin caha car les rochers sont de plus en plus difficiles à passer… Souvent l’un d’eux descend pour guider l’autre resté au volant! Et dire qu’il va falloir refaire tout ce chemin en sens inverse !... Je me vois déjà crever un pneu et être contrainte de passer la nuit ici ! J’imagine la tête du gars qui nous a loué la voiture à San Francisco s’il nous voyait à cet instant ! (ça, je le répéterai plus d’une fois au cours des 6 jours à venir…) Victorieusement, nous arrivons enfin au bout. C’est vrai qu’ici c’est encore plus beau. Mais là, le soleil est vraiment au bout de sa course. Il ne faut plus traîner ! Je ne tiens pas à refaire la toute fin de piste dans le noir ! Le retour se fait plus aisément que l’aller : on reconnait les passages difficiles rencontrés peu auparavant. Je suis soulagée quand on arrive enfin à la partie gravillonnée. Il nous faudra alors encore 1H pour rentrer à Page.

Ereintés par cette longue journée, nous nous contenterons d’un souper rapide mais plutôt bon au Denny’s situé près du barrage de Page. Mais pourquoi donc les Américains ont-ils la fâcheuse manie de mettre la clim à fond ??... Certains rentreront à l’hôtel se doucher et se coucher pendant que d’autres (les plus courageux…) iront une nouvelle fois refaire le plein de boissons et chips au Wal-Mart situé juste en face et qui ouvre vraiment tard le soir !!!. Remarque : Les rayons des grandes surfaces sont plein d’aliments qu’on ne trouve pas chez nous : en dehors du fait que tout est à la taille XXL, on y voit aussi des œufs liquides dans des boites en carton semblables à celles du lait , d’énormes gâteaux et biscuits aux couleurs flash, des poudres et pilules en tout genre pour se maintenir en forme… mais aussi des salades à composer soi-même et ça, c’est super bon (on les paye suivant leur poids). Il faut aller y faire un tour pour se rendre compte…

Ma 7/7: Page-Monument Valley ; Nuit à Monument Valley

Voici ce qui était prévu au planning (125 Mi-200 Km) - Upper et Lower Antelope Canyon - Navajo N.M. - à 17-18H : Monument Valley (sunset à 20H45, heure locale)

Voici ce que nous avons fait Une journée passée chez les Indiens : 8H30 : Après une bonne nuit de sommeil, 2 d'entre nous sommes chargés (nous avons été tirés au sort) d’aller à la cahute des Indiens située à la sortie de Page (près des 3 grandes cheminées de l’usine électrique), pour réserver la visite de 11H00 d’Upper Antelope Canyon (25$/pers + 6$/pers pour entrée sur le territoire navajo... C’est cher, ils ne perdent pas le nord, ces indiens ! ) De retour à l’hôtel, nous récupérons les 2 autres qui ont pu ainsi gagner ½ H de sommeil en plus. Après le déjeuner, nous rechargeons les bagages dans la voiture, faisons le check-out et partons visiter Horseshoe Bend situé 2 Mi plus au sud et que nous n’avions pas pu faire l’avant-veille. Il est à peine 10H00 et le soleil ne tape pas encore de trop ! Les 20 minutes de marche nécessaires pour arriver à ce point de vue se font sans problème. Seul le début est en légère montée. Ensuite, un chemin de sable descend petit à petit. Arrivés à son extrémité, nous nous trouvons devant un site vertigineux surplombant un des méandres du Colorado en forme de fer à cheval (d’où le nom). Là-bas, tout au fond, nous apercevons des bateaux qui nous semblent bien petits ! A ne surtout pas rater lors d’une visite au Lac Powell !!!

10H40 : Nous sommes de retour à Antelope Canyon et attendons le départ des 4x4 navajos qui doivent nous mener à ce slot canyon réputé pour son étroitesse et les rais de lumière qui y pénètrent en été quand le soleil est au zénith. Et ça tombe bien : aujourd’hui, c’est grand soleil ! Après 15-20 minutes de trajet sur une piste sablonneuse qui secoue pas mal, nous débarquons des 4x4 et suivons notre guide. Petit (gros !) bémol : nous ne sommes pas seuls. En effet, cet endroit est très prisé des touristes, surtout à cette heure-ci où un mince filet de lumière arrive à s’infiltrer à l’intérieur. Les groupes se suivent à la queue leu leu tout le long des 400 mètres que fait ce canyon.

Mais ne boudons pas notre plaisir : les parois rocheuses sculptées par l’eau ont des formes incroyables et celles irradiées par le soleil dévoilent une superbe palette de couleurs… La scène est de toute beauté et les appareils photo crépitent. Notre guide très sympa nous conseille sur la manière de réussir nos clichés. Au bout d’1H, après avoir fait l’aller-retour tout le long du canyon, nous remontons dans le 4x4 qui nous ramène au point de départ. Encore une visite à ne pas rater, surtout qu’elle ne demande aucun effort ! (A moins que l’on déteste la foule !) Nous n’irons pas de l’autre côté de la route visiter la partie Lower Antelope Canyon qui parait-il est aussi extraordinaire mais ne reçoit pas les rayons du soleil (aussi 25$/pers)

12H40 : Nous retournons une dernière fois à Page pour aller voir le point de vue sur le barrage. Au passage, nous achetons une salade au Denny’s que nous allons déguster au bord du lac (à Chains Area), histoire de mettre les pieds dans de ce magnifique lac que nous n’avons même pas eu le temps d’approcher de près !

14H30 : Il nous faut déjà reprendre la route : Monument Valley nous attend…Mais dans 2 jours, nous reviendrons ici, au Lac Powell... en avion... Nous passons à côté de Navajo N.M. qui contient des ruines d’anciens villages indiens, mais le temps nous presse une fois de plus et nous ne nous y arrêtons pas.

16H30 (heure Arizona) = 17H30 (heure Utah/Navajo) : Nous approchons de Monument Valley. Les 1ères buttes et mesas apparaissent. Elles nous semblent familières ! Surtout pour moi qui, enfant, avait la permission le samedi soir, de regarder la télévision et notamment des productions hollywoodiennes avec des cow-boys et des indiens. Maintenant, je suis ici au cœur de l’action… En effet, ce parc est un lieu mythique dans l’histoire du cinéma : il servit de décor naturel à de nombreux westerns jusque dans les années 60. Après nous être acquittés des 4x 5$ auprès de la Mme Navajo, à la cahute de l’entrée, nous stoppons quelques mètres plus loin pour admirer et photographier bien sûr, le trio de buttes, emblème du parc, à savoir les Mittens et Merrick Buttes, celles-là mêmes vues dans d’innombrables films. Puis, nous nous élançons sur la piste qui contourne de nombreux autres monolithes provenant de l’��rosion des mesas leur donnant des formes très variées rappelant parfois l’aspect d’animaux. Ils sont impressionnants de part leur hauteur de plusieurs centaines de mètres ! Le circuit est accessible à tous types de véhicules quand il est sec. Mais il est quand même pas mal défoncé à certains endroits, surtout au début. Avec notre AWD, nous n’avons aucun problème, même avec tout notre barda resté à l’arrière. Il nous faut +/- 2 H pour faire toute la boucle. Nous revenons à temps à l’entrée pour assister là, sur les hauteurs, au magnifique coucher de soleil sur les remarquables buttes Mittens et Merrick. Puis, tout à côté, nous visiterons gratuitement des hogans, ces habitations typiquement indiennes en bois et argile. Ensuite, nous nous dépêcherons d’aller faire le check-in au Goulding Lodge situé dans ce cadre exceptionnel, à quelques Kms de là. Nous arriverons au resto du site vers 21H, peu avant sa fermeture…(accueil, chambre et nourriture pas terribles !)

Petit encarté à propos des douches dans les chambres d’hôtel : dans chaque hôtel, il faut se familiariser avec le système différent de chez nous, permettant de régler la pression de l’eau ainsi que le débit de l’eau chaude… Certains systèmes étant plus opérationnels que d’autres… ou du moins certains étant plus simples d’utilisation que d’autres… Plusieurs fois, nous serons pris de fous rires en entendant le premier se doucher en s’acharnant sur le robinet et en invectivant le pommeau de douche…

Ce soir-là, nous nous endormirons en regardant, à la TV, un DVD loué à la réception…un vieux western (of course !) de John Ford tourné dans ce parc avec le renommé John Wayne. A refaire, nous testerions plutôt le tout nouvel hôtel installé au cœur même du parc, The View Hotel.

Me 8/7: Monument Valley-Moab; Nuit à Moab

Voici ce qui était prévu au planning (165 Mi-265 Km) - Valley of the Gods (boucle de 25Kms/1H30) - Gooseneck - Moki Dugway - Muley Point - ruines indiennes Mule Canyon (3Kms/1H30 A-R) - arrêt à Newspaper rock? - ou Needles et/ou Anticline Overlook?( = énorme détour uniquement pour 2 points de vue!!!!), - près de Moab: Fisher Towers (sunset à 20H45)

Voici ce que nous avons fait

6H00 : Nous nous levons tôt pour assister au lever de soleil depuis le balcon de notre chambre qui a une vue imprenable sur les pitons du Parc. Mais ce sera très bref, car encore fatigués, nous retournerons vite nous recoucher !...

8H30 : Seuls 2 d'entre nous sont debout pour aller visiter le très instructif musée historique du coin, situé à côté de notre chambre. Il s’agit en fait de l’ancien comptoir trading post de Harry Goulding venu s’installer ici en 1923, qui fit du commerce avec les indiens navajos de la région et qui plus tard, réussira à convaincre John Ford de venir à Monument Valley pour y tourner des westerns.

9H15 : Tous ensemble, nous reprenons la route…direction Mexican Hat, petit village perché au-dessus de la San Juan River. Mais auparavant, nous nous retournons pour photographier Monument Valley dans l’autre sens, celui éclairé le matin par le soleil. C’est vraiment la photo à ne pas oublier de faire!!

Nous quittons définitivement l’Arizona et pénétrons en Utah. Il est prévu, ici, de parcourir la région à travers de nombreuses pistes, hors des sentiers battus, pendant les 6 jours à venir. Que d’aventures en perspective ! Les routes 261 et 316 nous mènent jusqu’à Gooseneck, un point de vue splendide sur les méandres de la San Juan River située 300 mètres plus bas et se lovant autour de hautes falaises de couleur… noire (tiens, ça nous change des roches rouges !). Demi-tour pour nous rendre quelques Kms plus loin au début de la piste de Valley of the Gods que nous parcourons dans le sens Est-Ouest. Il s’agit d’un circuit de 25Kms dont l’accès étonnamment libre, nous permet de nous promener à travers une plaine parsemée de buttes à l’instar de Monument Valley, à l’énorme différence près que nous y sommes pratiquement seuls : pendant 1H30, nous ne croiserons que 2 voitures ! A l’issue de ce chemin de terre facilement carrossable, on revient sur la route 261.

En poursuivant la route 261, nous entamons quelques Kms plus loin, une véritable ascension. La route (Moki Dugway), ici, n’est plus goudronnée et grimpe en formant des lacets très étroits à flanc de colline, pour atteindre finalement le plateau de Cedar Mesa à 1700m. Juste après le dernier lacet de la Moki Dugway, on peut accéder par une piste sur la gauche, au point de vue Muley Point Overlook donnant également un bel aperçu des méandres de la San Juan River.

Nous rejoignons rapidement la route 95 d’où, 15 kms plus loin, démarre une piste menant à la rando Mule Canyon. Sur l’ensemble de notre périple, c’est le seul endroit où nous avons le temps de nous arrêter pour voir des ruines indiennes et bien qu’il ne s’agisse que d’anciens greniers, je tiens particulièrement à ne pas les rater… Mettons le contexte : personne, très chaud, des bestioles partout, des arbres en travers de la rando... Au bout de 1Km, nous apercevons une roche percée de trous et qui ressemble aux fameux greniers indiens, appelée House of Fire... On la prend sous tous les angles... 1/2H plus tard, retour à la voiture (cette fois par le bon chemin non semé d’embuches) et là surprise... : il ne s’agit pas du bon rocher, la photo ne correspond pas à celle de mon guide!! Inutile de dire que les enfants ont refusé d’y retourner… Nous avons plié bagage et sommes partis pour Moab sans tarder (avec mouches et moustiques dans la voiture !)

Il est passé 15H quand nous arrivons à Blanding, petit village agricole où nous nous arrêtons pour manger un morceau et faire le plein d’essence. Nous ne nous attardons pas et reprenons la route. Passé Monticello, nous repérons le gros rocher Church Rock et l’embranchement de la route 211(en cul-de-sac) menant 56 Kms plus loin aux Needles !... pas le temps donc de s’y engouffrer (même pour aller jusqu’au News Paper Rock couvert de vieux pétroglyphes indiens). Encore plus loin, nous voyons un autre embranchement également en cul-de-sac, menant aux points de vue Needles et Anticline Overlooks, mais la route pour y arriver est aussi vraiment trop longue: 120Kms/2H A-R pour voir les deux !...et nous y renonçons aussi!

Un peu plus loin, nous marquons une courte halte pour admirer la Wilson Arch. Nous voyons quelques personnes grimper jusqu’à son pied. Vers 17H, nous arrivons enfin à Moab, petite ville touristique très animée, entourée de falaises rouges, et dont la Main Street est bordée de petites boutiques, hôtels, fast food, restos, … et loueurs de 4x4, vélos, rafts, kayaks…En effet, ici, les sportifs sont rois ! Plusieurs parcs sont à visiter aux alentours. Nous nous installons donc ici pour 3 nuits.

Le temps de faire le check-in au Best Western Canyonlands Inn (à ne pas confondre avec l’autre, le Greenwell Inn), nous voilà déjà repartis… direction : route 128. Ma fille, après avoir hésité à rester pour profiter de la piscine, décide de nous suivre… Il n’y a pas de temps à perdre : le soleil se couche à 20H45… La 128 est une route scénique longeant le Colorado. Elle est encaissée entre de hautes falaises rouges. Nous passons à côté de deux magnifiques ranchs aménagés en hôtels 4*. Le cadre est splendide… Nous faisons un petit détour pour nous rapprocher de Castle Rock, un rocher en forme de doigt levé, vu dans beaucoup de pubs. D’ailleurs la région a inspiré beaucoup de cinéastes. John Wayne, encore lui !, joua ici les scènes de « Rio Grande ».

A 32 Kms de la jonction avec la 191, nous voici arrivés à la rando qui nous intéresse, à savoir Onion Creek Road. Il ne s’agit pas d’une rando à pied ; il suffit de suivre en voiture, cette route qui traverse la rivière à de nombreuses reprises. C’est assez ludique mais en cette saison et vu que la région n’a pas essuyé de gros orages depuis longtemps, le niveau de l’eau est vraiment très très bas. Les garçons quittent alors la piste et s’amusent à suivre carrément le lit de la rivière… C’est donc assez sportif…

19H30 : Nous sommes à présent sur la piste menant aux Fisher Towers, d’immenses et abruptes monolithes rouges aux formes dentelées. A cette heure correspondant au soleil couchant, ces tours s’embrasent et se teintent d’un rouge flamboyant se détachant dans un ciel bleu vif. Le tableau est magnifique… Ce n’est pas le premier mais on ne s’en lasse vraiment pas. Les garçons décident de randonner pendant 1H en suivant le chemin partant du parking.

21H45 : De retour à Moab, nous faisons le plein de boissons au City Market drôlement bien achalandé et allons souper au très renommé Moab Brewery à la déco très originale, aux serveurs très sympathiques, aux très bons plats variés et pas hors de prix… vraiment une adresse à recommander ! N’arrivant pas à bout du dessert hyper copieux, nous repartirons de là avec un doggy bag !

Je 9/7: Moab; Nuit à Moab

Voici ce qui était prévu au planning (125 Mi-200 Km) - Sunrise à Mesa Arch dans Island in the Sky (à 6H00) - Survol en avion (2H30) par la société Red Tail (330$/pers) - Island In The Sky - Dead Horse Point - retour à Moab par Shafer Trail+Potash Road+Route 279 (50Kms/3H) - Negro Bill Canyon??(6Kms/3H30 A-R) ou Onion Creek Road?? (en voiture:26Miles/2H A-R)

Voici ce que nous avons fait Nous n’avons pas le courage de nous lever suffisamment tôt pour le sunrise sur Mesa Arch qui a lieu à 6H00 Pour y arriver, il faut compter 1H de route depuis Moab et 15 minutes de marche !!...Il aurait donc fallu quitter Moab vers 4H45 !! Et là, je n’ai réussi à convaincre personne…

Début juin, j’ai réservé chez Red Tail Aviation, un survol en petit avion Cessna à partir de l’aérodrome de Moab. Nous y arrivons vers 8h00. De Moab, il faut compter +/-30 min pour y arriver. Le vol est prévu à 8h30. Le temps est splendide : soleil et ciel bleu avec quelques nuages blancs pas du tout menaçants…Bref, les conditions de vol semblent tellement optimum que j’en oublie malheureusement de donner, préventivement, à chacun un anti-nauséeux… Nous survolons pendant presque 3H, à basse altitude, les régions au- dessus de Canyonlands (Island in the sky + Needles + The Maze), de Capitol Reef N.P. et du Lac Powell jusqu’au Rainbow Bridge. C’est M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E…Le co-pilote voulant lui-même réaliser un reportage photos, le pilote s’arrange pour nous placer sans cesse dans le meilleur angle pour avoir les vues optimales de chaque coin. Les appareils photo mitraillent sans cesse.

Qu’est-ce que Canyonlands ? Imaginez, aux Origines, un immense plateau, dominé par des sommets et des dizaines de cours d'eau dont le Colorado, qui chacun s'attaquent à ce plateau pour le labourer, le creuser, le raviner inexorablement, creusant dans la roche tendre de merveilleux canyons, et créant aussi une multitude d’arches et d’aiguilles rocheuses. Le Colorado pour éviter parfois le combat avec la roche dure, la contourne dans d’innombrables méandres. Le parc de Capitol Reef préserve un autre joyau de la nature : la Waterpocket Fold qui est un plissement gigantesque de la croûte terrestre, serpentant sur 160Km. Ce soulèvement impressionnant de roche multicolore s’est créé il y a 65 millions d’années ! Pour survoler le Lac Powell, nous redescendons vers le sud-ouest et revenons ainsi au-dessus de la région où nous étions encore 2 jours plus tôt. Le barrage construit à Page en 1963, sur le Colorado , a permis la naissance de ce lac artificiel s’étirant sur 300 Km . En effet, pendant 17 ans, les dizaines de canyons en amont se sont remplis peu à peu, d’eau provenant du Colorado et de ses affluents. Le paysage créé ainsi par l’homme est majestueux : d’énormes falaises rouges tombent dans ce lac d’un bleu profond, aux côtes très découpées . Il est dommage que ma fille, ayant le mal de l’air, n’en profitera pas pleinement !! Sans conteste, c’est l’un de nos meilleurs souvenirs… Vu le prix…heureusement !!

Vers 11H30, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers Dead Horse Point SP que nous atteignons 1H plus tard (7$/véhicule). Il s’agit d’un promontoire situé à 600 mètres du vide à partir duquel on a une vue unique sur le plateau creusé d’une multitude de canyons ainsi que sur un méandre très photogénique du Colorado. Bien que nous l’ayons vu d’avion, nous apprécions vraiment ce parc et y restons une bonne heure à contempler la vue. Nous rencontrons aussi une famille habitant près de chez nous et avec laquelle, nous échangeons nos impressions de voyage ! Que le monde est petit !...

Nous reprenons le volant pour nous diriger maintenant vers la partie nord de Canyonlands, c.-à-d. Island in the Sky. Peu après le visitor center, nous nous arrêtons pour contempler le Shafer Trail et ses lacets vertigineux à flancs de montagne que nous comptons emprunter tout à l’heure pour retourner à Moab. Les garçons attendent ce moment depuis longtemps… (depuis qu’ils en ont vu des vidéos sur YouTube…)

Mais pour l’heure, nous partons à la découverte du parc. Nous suivons la route nous menant de point de vue en point de vue mais la magie attendue n’opère pas autant que prévu… Ce matin, les vues depuis l’avion volant à basse altitude étaient tellement extraordinaires que nous restons ici un peu sur notre faim… Peut-être étions-nous blasés ? Peut-être étions-nous fatigués ? Peut-être avions-nous trop le soleil dans les yeux ? Peut-être étions-nous trop pressés ou trop excités à l’idée d’entamer le Shafer Trail ?... Seule la rando jusque Mesa Arch sera appréciée à sa juste valeur...

17H30 : Le moment tant attendu est enfin arrivé : nous voilà à l’entame de la descente de la falaise en suivant cette piste utilisée autrefois à l’époque où les mines d’uranium étaient exploitées. Nous surplombons le vide de plusieurs centaines de mètres et cela sans parapet ! Mais c’est un peu comme les pistes de ski qui, vues de loin, semblent très pentues et qui, une fois que l’on est dedans, semblent nettement plus faciles… C’est donc sans vertige et sans réelle difficulté que nous arrivons en bas…

Nous commençons alors une autre piste, la White Rim Trail, tracée sur la plus basse terrasse du Canyon et espérons aller jusque Musselman Arch. Oui, mais là, les choses se corsent… La piste est vraiment en mauvaise état avec de gros cailloux à franchir…Et la route est encore longue. Nous préférons rebrousser chemin et nous avons bien fait car la suite ne va pas non plus être des plus faciles… En effet, après la descente de Shafer Trail, nous devons prendre la Potash Road censée être une piste en graviers, sans grosses difficultés, même pour des véhicules 4x2… Mais bien au contraire, elle s’avère être cahoteuse, très dégradée avec de nombreux trous et gros cailloux… Même notre AWD haut sur pattes peine un peu et nous devons rouler vraiment lentement en regardant où l’on place les roues pour ne pas toucher le bas de caisse ! Les garçons y prennent un certain plaisir… « Voilà une vraie piste » disent-ils… En définitive, le Shafer Trail nous a semblé bien facile en comparaison de la Potash Road… Nous mettons donc plus de temps que prévu pour parcourir les 13Miles et je suis contente d’arriver aux bassins de décantation des mines de potasse qui marquent la fin de cette piste.

De là, nous prenons alors la route 279 goudronnée, longeant des falaises plongeant dans le Colorado et offrant de splendides paysages. Nous passons à côté de la rando menant à Bowtie et Corona Archs que nous avons survolées en avion ce matin.

21H15 : Nous arrivons à Moab et allons manger près de l’hôtel, au resto italien Pasta Jay’s (très bon plat du jour)

Ve 10/7: Moab ; Nuit à Moab

Voici ce qui était prévu au planning (60 Mi-100 Km) - Arches N.P. (sunset à 20H45)

Voici ce que nous avons fait Ce matin, le ciel est partiellement nuageux. Heureusement que le vol en avion a eu lieu la veille ! Aujourd’hui, pas plus qu’hier, nous n’avons eu le courage de nous lever suffisamment tôt pour le sunrise sur Mesa Arch dans Island in the Sky. La fatigue du voyage se fait sentir…

Au programme : le parc Arches N.P. qui se situe à la sortie nord de Moab. Sur la droite, grimpe une route qui nous y amène. Voilà encore un parc qui a inspiré de nombreux cinéastes et metteurs en scène… Ça promet ! Ce petit parc contient le plus grand nombre d’arches naturelles au monde : 2000 ! dont 90 sont accessibles au public. Elles résultent de l’érosion des falaises et des crêtes rocheuses par la pluie, le froid, le gel dont la puissance est immense, le vent qui transporte du sable… Ces éléments attaquent la paroi de la roche au point le plus fragile, ce qui forme un trou qui augmente avec le temps. L’origine des arches est donc bien différente de celle des ponts naturels résultant de l’action d’un cours d’eau creusant un passage au travers d’une paroi rocheuse lui barrant la route. Les arches sont donc souvent exposées en hauteur pour être érodées tandis que les ponts naturels se retrouvent habituellement bien cachés au fond des canyons là où passent les rivières. Grâce à l'érosion qui poursuit lentement son travail de sape, de nouvelles arches se forment encore pendant que d'autres s'effondrent et meurent définitivement.

9H00 : Comment perdre du temps pourtant si précieux ??? Passés la guérite de l’entrée, nous nous rendons compte qu’il n’y a peut-être plus assez d’essence dans le réservoir. La route goudronnée qui traverse le parc du sud au nord fait quand même 70Kms aller-retour. Nous rebroussons donc chemin et retournons à Moab faire le plein !!! De retour à nouveau dans le parc, nous suivons la Scenic Drive en nous arrêtant aux différents points de vue la jalonnant. A son terme, commence la rando Devil’s Garden Trail. Nous y arrivons plus tard que prévu et le parking est plein… En tournant, nous finissons par trouver une place… A présent, le soleil frappe. C’est donc sac au dos que nous marchons (3Km/1H30 A-R) jusqu'à la plus grande arche du parc, la Landscape Arch, très spectaculaire avec ses 93 mètres de long. Elle est si mince et frêle qu’elle peut s’effondrer à tout instant. D’ailleurs pour la petite histoire, c’est elle qui aurait dû s’appeler Delicate Arch mais il y a eu confusion lors de l’attribution des noms… La chaleur nous accablant, nous renonçons à poursuivre plus loin jusqu’à Double O Arch et faisons demi-tour en passant néanmoins par Pine Tree Arch sous laquelle poussent des arbres. Il a beau faire chaud, il y a beaucoup de monde dans ce coin du parc et notamment des familles avec de jeunes enfants peinant à avancer, équipés pour tout le monde d’une seule bouteille d’eau tiédie par la température ambiante … Nous, nous sommes bien contents de pouvoir nous rafraichir avec de l’eau gardée bien froide grâce à nos poches isothermes enfermées dans nos sacs à dos ! De retour à la voiture, nous rebroussons chemin et nous arrêtons pour pique niquer près de Sand Dune Arch, facile d’accès et qui, comme son nom l’indique, est une arche dans le sable. Là, des enfants en ont fait leur terrain de jeux, et y jouent au football !

Nous poursuivons en voiture jusqu’à la partie dénommée Windows Section… Toujours autant de monde… Il est vrai que c’est un des plus beaux endroits du parc. Un court sentier mène à 3 arches différentes et un autre, plat et pas plus long, nous conduit à Double Arch, un ensemble de 2 arches reliées entre elles et formant un groupe massif impressionnant.

Puis, nous retournons vers l’entrée du parc en nous arrêtant notamment à Park Avenue, un ensemble de rochers de couleur rouge-orange, tellement hauts qu’ils font penser à des buildings longeant une rue… Il est 15H15. Nous décidons de rentrer à l’hôtel et de nous octroyer 2 bonnes heures de repos afin de reprendre des forces pour la rando prévue fin de journée... (piscine pour certains, l’eau du jacuzzi étant bien trop chaude pour pouvoir y entrer !) Nous dégustons aussi une délicieuse salade achetée au City Market.

18h00 : Ragaillardis, nous quittons l’hôtel… Retour à Arches N.P. et plus précisément au parking de Delicate Arch Trail. Il parait que c’est LA rando à ne surtout pas rater même si elle n’est pas des plus faciles ! En effet pour atteindre Delicate Arch, symbole de l’Utah sur toutes les plaques minéralogiques, il faut grimper sur du slickrock pendant 2Kms… Nous voilà prévenus… Moi, après la "balade" de la Wave, plus rien ne m’effraie !... A cette heure, il fait nettement moins chaud. Les garçons prennent rapidement de l’avance. nous, les filles, les voyons déjà au loin gravir la roche nue. Nous les suivons à notre rythme… Ils arrivent au sommet bien avant nous et s’inquiètent car ayant déjà mitraillé l’arche de nombreuses fois, la batterie de leur appareil photo vient de rendre l’âme, et ils comptent maintenant sur le mien ! Sans souci ni fatigue (la Wave m’a vraiment vaccinée), nous les rejoignons et admirons le spectacle avec eux… L’arche est située au bord d’un précipice avec en toile de fond, les montagnes de La Sal Mountains. La scène vaut vraiment le déplacement d’autant plus à cette heure où l’arche est éclairée par la douce lumière d'un beau coucher de soleil. Seules ombres au tableau : un malencontreux nuage qui va accélérer ce coucher de soleil et la foule massée en-dessous de l’arche difficilement délogeable malgré les huées des photographes ! Nous redescendrons en partie dans la pénombre, à la lumière de la lampe de poche que j’avais pris soin d’embarquer et croiserons bien des personnes entamant seulement l’ascension… Je me demande toujours ce qu’elles ont bien pu voir !

Nous souperons vers 21H45 au restaurant Zax Pizza (très bonnes pizzas) d’où nous repartirons avec les foulards semblables à ceux des cow-boys, servant de serviettes !...

Sa 11/7: Moab-Torrey ; Nuit à Torrey

Voici ce qui était prévu au planning (156 Mi-250 Km) - Arrêts à Little Wild Horse Canyon Goblin Valley S.P, Capitol Reef: Fruita Scenic Drive Points de vue Panorama Point, Sunset Pt et Goosenecks ...

Voici ce que nous avons fait

8H30 : Check-out et départ de Moab, le ciel est couvert. Ce soir, nous dormons près du parc de Capitol Reef.

Peu avant 10H30 : Arrivée a Little Wild Horse Canyon. Le temps est toujours un peu orageux. Il tombe d’ailleurs quelques gouttes. On s’arrête donc au visitor center de Goblin Valley. La ranger ne se mouille pas, c’est le cas de le dire. Elle ne conseille ni ne déconseille la rando dans ce slot canyon. On décide malgré tout de pousser jusque là pour voir si d’autres personnes s’y sont aventurées. Il y a 2 voitures sur le parking et on tente notre chance. Bien nous en a pris, la pluie cesse rapidement pour laisser place au soleil. Nous passons 1H à remonter le cours de cette rivière asséchée avant de faire demi-tour. Soit dit en passant, il est très amusant de se faufiler ainsi entre 2 falaises abruptes sans rester coincer.

13H00 : Arrêt rapide (45min) à Goblin Valley State Park (7$). Il fait très (trop) chaud, le soleil est au zénith et ça tape.

Ensuite route vers Torrey. Nous traversons un paysage lunaire, désertique et rocailleux. A partir de Hanksville, on longe les méandres de la Fremont River. On veut s’arrêter à Cainneville pour casser la croûte, à Mesa Farm Market plus exactement, réputé pour ses produits frais « homemade ». Manque de chance, le proprio vient de fermer la boutique (il est alors plus de 15H). En chemin on s’arrête pour regarder le gué qu’il faut passer pour rejoindre Cathedral Valley. Le niveau d’eau n’apparait pas élevé et pour le fun, les garçons veulent s’essayer à le passer. Mais vu l’heure bien avancée, j’arrive à les en dissuader. Arrêt à la Waterfall le long de la route 24. Beaucoup de gens s’y baignent mais l’eau trouble et rougeâtre de la Fremont River rebute ma fille qui décide finalement de ne pas y faire trempette. Arrêt le long de la passerelle en bois, aux pétroglyphes indiens gravés à même la falaise. Ils auraient plus de 1000 ans ! Ce n’est pas pour rien qu’ils sont assez effacés ! Tour rapide au visitor center pour voir la fameuse carte en 3D reconstituant les détails géologiques du parc.

Peu avant 16H00 : Arrivée à Fruita, ville fondée par les Mormons au XIXème siècle qui irriguèrent ici des vergers et où on espère cueillir quelques fruits. Il parait que c’est autorisé ! (le ventre est vide depuis le déjeuner). Malheureusement nous ne voyons que des fruits encore verts sur les arbres. D’autres seraient-ils passés avant nous ?? Même les biches soit disant en grand nombre autour de cet oasis, ne sont pas présentes en abondance. On se dépêche d’aller à la ferme Gifford, pour enfin se restaurer. Bof ! Il ne reste que des glaces. Le ventre vide, nous nous engageons sur la Scenic Drive longeant la Waterpocket Fold, mais les pistes semblent tristounettes : le ciel s’est obscurci complètement. Sans soleil, les rochers on perdu leur belle couleur rouge. On pénètre dans Capitol Gorge en espérant apercevoir quelques desert bighorns… Aucun à l’horizon ! On s’aventure à pied sur le chemin de Pionner Register et moi par manque de chance, je me tords la cheville sur le premier caillou venu… Retour anticipé à la voiture pour mettre de la glace immédiatement (la glacière en est pleine). Les enfants poursuivront sans moi jusqu’au rocher où les pionniers, au XIXème siècle, gravaient leur noms avant de s’aventurer à traverser la Waterpocket Fold, l’immense barrière rocheuse de 100 Mi de long, créée il y a 65 millions d'années. Bref, fin de journée plutôt morose et toujours le ventre vide. Capitol Reef vu du sol ne nous a pas émerveillés, c’était beaucoup plus beau vu d’avion. Le soleil daignera quand même faire une apparition furtive, au lieu-dit Sunset Point. Et là, nous serons enfin subjugués par la palette de couleurs qui nous est offerte au soleil couchant. De plus, nous y serons pratiquement seuls. Quel calme devant ce paysage coloré!

Check in rapide au motel Austin Chuckwagon (chambre très bien et la moins onéreuse du séjour). Et enfin nous nous régalerons d’un bon repas très copieux au Cafe Diablo. Nous n’arriverons pas à avaler entièrement les desserts pourtant délicieux. On n’avait jamais vu des coupes de glace aussi énormes.

Di 12/7: Torrey-Tropic ; Nuit au Ruby’s Inn

Voici ce qui était prévu au planning (165 Mi-265 Km) - Piste Notom Bullfrog Road(31Miles/1H30 entre la route 24 et la bifurcation pour Burr Trail), Strike Valley Overlook (1H), Piste Burr Trail (36Miles/1H30 entre la bifurcation avec la Notom Bullfrog et Boulder) - arrêt à Boulder : musée Anasazi - Route 12 avec incursion ds Hole-in-the-Rock Road ?? Ou Kodachrome Basin?? et Cottonwood Canyon Rd ?? - Près de Tropic : rando Mossy Cave (1, 5Km/1H A-R)

Voici ce que nous avons fait

9H30 : Départ du motel plus tard que prévu. Nous avions tous besoin d’une nuit plus longue que d’habitude. Avant de quitter définitivement Torrey, petite halte au magasin de souvenirs du coin (Trading Post) pour acheter chapeau de cow boy et autres babioles. Heureusement ma cheville n’est pas gonflée et elle tiendra la route pour les randos à venir. Après plusieurs hésitations nous décidons de ne pas faire la Notom Bullfrog Road sans grand intérêt visuellement parlant, mais plutôt de faire le Burr Trail aller- retour en nous disant que les vues sont différentes d’un sens à l’autre. La 1ère partie de la piste (jusqu’à Long Canyon) est goudronnée et est la plus belle. Le soleil est à nouveau présent et les couleurs de la roche sont bien resplendissantes. Nous poursuivons jusqu’aux switchbacks que nous descendons (nous sommes ainsi passés à travers la Waterpocket Fold, vous savez : l'immense barrière rocheuse ) jusqu’au croisement avec la Notom Bullfrog Road avant de faire demi-tour. Nous ne faisons pas le morceau de piste Upper Muley Twist Canyon qui conduit au point de vue Strike Valley Overlook. D’une part, nous n’avons qu’un AWD et pas un vrai 4WD (inutile de prendre un risque) et d’autre part, nous avons tellement bien vu la Waterpocket Fold depuis l’avion que nous ne jugeons plus le point de vue indispensable.

Au retour : pause-dîner d’une heure, au resto situé au début du Burr Trail. Très bons quesadillas…Sur la terrasse en sortant, j’ai la chance d’apercevoir brièvement un oiseau mouche se désaltérant à l’abreuvoir spécialement disposé pour ce genre de volatile. Pas le temps de sortir l’appareil photo, il est déjà parti… Vu l’heure (15H45), nous zappons la visite au musée Anasazi de Boulder et filons sur la route 12 en admirant les paysages jusque Escalante. Cette route est réputée pour être une des plus belles de l’Ouest : c’est une Scenic Byway. Et en effet, elle serpente au sommet d’une crête avec de chaque côté le vide et des points de vue superbes sur des canyons creusés dans la roche blanche et jaune. La pause-café au Kiva Koffehouse bénéficiant de ce cadre splendide, sera annulée : il ouvre jusque 16h et il est …16h15 !

Nous nous engageons alors dans la piste Hole-in-the-Rock Road, très facile jusque Devil’s Garden. Nous nous y promenons au milieu des arches et gros champignons dressés, sur fond de ciel couleur bleu pétant. Nous sommes seuls sur le site. Demi-tour pour reprendre la route 12 jusque Cannonville où nous nous arrêtons pour visiter Kodachrome Basin. Il est 19H, le soleil décline et les couleurs sur les roches multicolores sont splendides. Nous sommes ici aussi pratiquement seuls. Nous parcourons à pied Nature Trail( malheureusement à l’ombre) et Grand Parade Trail et allons en voiture admirer l’énorme monolithe appelé Chimney Rock. Tous ces hauts doigts dressés, sorte de geysers pétrifiés (pour parler « soft » !), disséminés dans le parc sont étranges.

Le reste de la route 12 pour aller jusqu’à l’entrée du parc Bryce Canyon est magnifique : passé Tropic, on aperçoit déjà des hoodoos couleur saumon. Il est trop tard pour entamer la rando Mossy Cave, le soleil est couché. Nous arrivons une fois de plus, tard, à notre hôtel, le Ruby’s Inn. Après le check- in et quelques courses au general store, pour le déjeuner du lendemain, nous filons au resto où nous avons la chance d’obtenir une table rapidement (vu l’heure : presque 22H, il n’y a plus foule). Sachant qu’ici c’est plus l’usine à touristes qu’un resto au menu raffiné, nous choisissons un plat simple qui n’occasionne aucune mauvaise surprise.

La suite sur le post suivant : voyageforum.com/...ost=2865731;#2865731 Elle décrit les étapes suivantes:

Lu 13/7: Bryce Canyon N.P. ; Nuit au Ruby’s Inn

Ma 14/7: Tropic-Zion-L.V. ; Nuit à Las Vegas

- Springdale ( Zion N.P.) - Valley of Fire S.P. ( à faire fin de journée)

Me 15/7: Las Vegas ; Nuit à Las Vegas

Je 16/7: L.V.-Death Valley ; Nuit à Furnace Creek Ranch (ds Death Valley)

- Visite de Death Valley

Ve 17/7: Death Valley-Lee Vining; Nuit à Lee Vining

- Visite Death Valley - Arrêt à Mammouth Lakes?? - Visite Bodie (ville-fantôme) ?? - Coucher de soleil à Mono Lake

Sa 18/7: Lee Vining- Yosémite ; Nuit à Oakhurst

- Visite Bodie (ville-fantôme) - Arrêt à Saddlebag Lake - Tioga Pass : rando Tuolumne Meadows (1H30) arrêt à Tenaya Lake Olmsted Point - Visite Vallée Yosémite - Coucher de soleil à Glacier¨Point

Di 19/7: Yosémite N.P. ; Nuit à El Portal

- rando Mariposa Grove (forêt de séquoias géants) (2.5 à 8 Kms/ 1 à 4H) - rando Panorama Trail ( de Glacier Point à Curry Village :14Kms/6 à 8H) ou Vernal Fall( jusqu’au sommet : 5Kms/3H A-R) ou+Nevada Fall (jusqu’au sommet : 11Kms/6H A-R)

Lu 20/7: Retour à S.F. par Tiburon , Sausalito, Golden Gate Bridge ; Nuit dans l’avion

- Sausalito - décollage à 18H50 (S.F.-Londres- Bruxelles)

Ma 21/7: Arrivée à Bruxelles à 16H30
Voyage au Cambodge du 1er septembre au 31 octobre 2009 English translation pending
by Derafe · 2009-08-05 · 15 replies
Bonjour,

Nous sommes deux personnes à partir pour un trip sac à dos au Cambodge pendant 1 mois. Pour la première semaine je pensais commencer par visiter Phnom-Penh et le temple Angkor mais après je ne sais pas trop quoi faire et ou aller (tellement de choses à visiter !!!) Quelqu'un pourrait-il me donner un petit itineraire qui nous permetrait de decouvrir toutes les merveilles du Cambodge ? Pour aider un pti peu on cherche à faire ce voyage un peu à la roots et donc eviter les lieux trop tourisitique... On cherche à decouvrir le Cambodge dans toutes sa splendeur ainsi que ces habitants...Nous voulions aussi faire un petit detour par le Vietnam mais pas sur qu'avec le Visa on puisse se le permettre...

Je vous remercie pour vos messages,

Cambodgement votre

Adrien
Possible ou trop dangereux de voyager en Iran en ce moment? English translation pending
by Stille · 2009-08-04 · 57 replies
Bonjour,

Tout est dans mon titre.. J'espère que la question n'a pas été abordée récemment, je n'ai rien trouvé dessus. 

Concernant les régions où j'aimerais aller, c'est Téhéran et ses alentours, notamment le nord-est puisque j'envisage d'arriver depuis la Turquie puis Arménie...

Merci
Burkina Faso: traitement alternatif préventif du paludisme? English translation pending
by Calderito · 2009-08-04 · 15 replies
Bonjour,

Je pars trois mois au Burkina Faso ((du 03/09 au 01/12/09) en compagnie de mon ami dans le cadre de ma formation de travailleur social. Je serais du côté de Bobo Dioulasso, à Samandéni plus précisement. Je me suis quelque peu renseignée sur les traitement préventifs anti-paludique et les effets secondaires annoncés me laissent perplexe... Le lariam semble avoir des effets secondaires assez violents et la doxyciline provoque une photo-sensibilisation. Quant à la malarone, il semble qu'elle ne fait qu'attenuer les effets du paludisme lorsqu'il est contracté. Je suis intéressée par un traitement alternatif à base d'huiles essentielles mais j'avoue m'y connaître très peu. J'ai entendu parler du niaouli, du rhus taratana, du ravintsara ou encore du calendula. Pour ce qui est des moustiques, j'ai entendu parler de l'eucalyptus citronné ou encore du géranium bourbon.Dans le cas d'un traitement curatif, l'artémisia annua semble donner de bon résultat mais il me semble difficile de pouvoir s'en procurer en France. Est-ce possible sur place?

Je ne sais pas réellement quelle huile peut entrer en intéraction avec une autre. Si certains d'entre vous sont déjà partis pour une telle période et que vous avez privilégié ce type de traitement préventif, je serais heureuse d'avoir de plus amples informations!!!

Merci pour vos réponses

Merci et à bientôt!
Avis sur itinéraire d'un mois dans l'Ouest américain en juillet 2010? English translation pending
by Lilizigzag · 2009-08-02 · 16 replies
Bonjour à tous !

Nous avons comme projet, avec 3 amies (22 - 23 ans) de partir un mois dans l'ouest américain en juillet 2010. Après plusieurs brouillons d'itinéraire, nous pensons opter pour celui qui suit. Qu'en pensez-vous? C'est notre premier voyage aux USA et vos conseils pourraient nous être précieux ;-)

Notre projet :

28 juin :

== > matinée : vol

== > aprem : arrivée fin d'aprem à Los Angeles

== > soirée : hôtel repos

29 juin :

== > matinée : repos

== > aprem : courses

== > soirée : coucher de soleil à Santa Monica

30 juin :

== > matinée : Hollywood Boulevard/Beverly Hills

== > aprem : Beverly Hills/Hollywood Boulevard

== > soirée : guindaille sur Sunset Boulevard

1er juillet :

== > matinée : mini grasse mat + recherche des lieux de tournage (Beverly Hills et charmed)

== > aprem : panneau Hollywood + promenade le long de la plage , Bronzette

== > soirée : ?????????

2 juillet :

== > matinée : Universal Studios

== > aprem : Universal Studios

== > soirée : repos hôtel

3 juillet :

== > matinée : ?????????

== > aprem : ??????????

== > soirée : ???????????

4 juillet :

== > matinée : voyage vers Palm Springs (175 km – 2h ; compter 3h le temps de sortir de Los Angeles et pour les arrêts photos/pipi/clope )

== > aprem : promenade dans Palm Springs / piscine hôtel

== > soirée : guindaille pour la fête nationale

5 juillet :

== > matinée : dodo

== > aprem : promenade dans Palm Springs , Piscine hôtel

== > soirée : repos car route tôt le lendemain

6 juillet :

== > matinée : voyage vers le Grand Canyon ( 663 km .... 6h30 de voyage ; compter 7h – 8h avec les arrêts )

== > aprem : pause à Seligman ( 500 km de Palm Springs – 165 km de Grand Canyon Village )

== > soirée : arrivée et installation à l'hôtel - dodo

7 juillet :

== > matinée : découverte du grand canyon

== > aprem : découverte du grand canyon – tour en hélico ?

== > soirée : coucher de soleil sur le canyon

8 juillet :

== > matinée : voyage tôt vers Monument Valley ( 289 km – 3h30 ; compter 4h30 )

== > fin de matinée et aprem : découverte de Monument Valley (cheval, voiture, à pieds)

== > soirée : coucher de soleil sur Monument Valley

9 juillet :

== > matinée : voyage vers Page ( 233 km – 3h30 ; compter 4h30 )

== > aprem : Lake Powell

== > soirée : ?????????

10 juillet :

== > matinée : Antelope Canyon

== > aprem : Horseshoe bend

== > soirée : repos

11 juillet :

== > matinée : voyage tôt pour Bryce Canyon ( 247 km – 3h ; compter 4h )

== > fin de matinée et aprem : découverte de Bryce Canyon

== > soirée : coucher de soleil sur Bryce Canyon

12 juillet :

== > matinée : voyage tôt pour Zion National Park ( 140 km – 2h ; compter 3h )

== > fin de matinée et aprem : découverte de Zion

== > soirée : coucher de soleil sur Zion

13 juillet :

== > matinée : dodo

== > aprem : voyage vers Las Vegas ( 273 km – 3h ; compter 4h )

== > soirée : installation à l'hôtel + casino

14 juillet :

== > matinée : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

== > aprem : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

== > soirée : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

15 juillet :

== > matinée : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

== > aprem : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

== > soirée : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

16 juillet :

== > matinée : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

== > aprem : découverte de Las Vegas ; casinos : chapelles ; shopping ; discothèque

== > soirée : repos

17 juillet :

== > fin de matinée : voyage vers Lone Pine ( ?, mais il nous faut une étape sur la route de Yosemite, sinon c'est trop long ) ( 383 km – 5h ; on peut prendre notre temps pour traverser la Vallée de la Mort )

== > aprem : voyage vers Lone Pine

== > fin d'aprem et soirée : installation à l'hôtel

18 juillet :

== > matinée : voyage tôt pour Yosemite ( 321 km – 4h ; compter 5h )

== > aprem : découverte de Yosémite

== > soirée : coucher de soleil sur Yosémite

19 juillet :

== > matinée : découverte de Yosémite

== > aprem : découverte de Yosémite

== > soirée : repos

20 juillet :

== > matinée : voyage vers San Francisco ( 305 km – 3h30 ; compter 4h30 )

== > aprem : arrivée à San Francisco – installation à l'hôtel

== > soirée : balade ?

21 juillet :

== > matinée : visite d'Alcatraz

== > aprem : Alamo Square + Height Ashbury

== > soirée : ???????

22 juillet :

== > matinée : Lombard Street + le port avec les phoques

== > aprem : Sausalito

== > soirée : guindaille

23 juillet :

== > matinée : repos

== > aprem : voyage vers Carmel ( 200 km – 2h ; compter 3h – 3h30 )

== > fin de matinée et soirée : installation à l'hôtel

24 juillet :

== > matinée : plage

== > aprem : plage

== > soirée : coucher de soleil

25 juillet :

== > matinée : plage

== > aprem : plage

== > soirée : coucher de soleil

26 juillet :

== > fin de matinée : voyage vers Morro Bay (?) ( à mi-chemin de Malibu – 250 km sur la Cabrillo Highway – prendre notre temps )

== > aprem : voyage vers Morro Bay (?)

== > fin d'aprem et soirée : installation à l'hôtel – coucher de soleil

27 juillet :

== > matinée : voyage vers Malibu ( 350 km sur la Cabrillo Highway, la Pacific Coast Highway et d'autres routes ; /!\ !!! ce ne sont pas les routes toutes faites de google earth quand on demande l'itinéraire ; ce sont les routes pour rester le plus possible près de la côte ; va falloir gérer l'itinéraire et étudier les cartes... )

== > aprem : voyage vers Malibu ; peu de km en une journée, mais on peut prendre notre temps le long de la côte, surtout sur la Pacific Coast Highway, à partir de 50 km avant Malibu : falaises, plages

== > soirée : coucher de soleil à Malibu

28 juillet :

== > matinée : plage

== > aprem : plage

== > soirée : coucher de soleil

29 juillet :

== > matinée : plage

== > aprem : plage

== > soirée : coucher de soleil

30 juillet :

== > matinée : en fonction de l'heure de l'avion : départ pour l'aéroport de Los Angeles (40 km) – rendre voiture – avion retour :'( :'( :'(

== > aprem : idem

== > soirée : idem

Voilà, je sais que pour certains, nous nous attardons à Los Angeles ou Las Vegas, mais nous avons aussi envie de prendre notre temps, de nous reposer, de flaner, … (C’est les vacances quand même ) Cependant, ceci vous semble t-il correct ? Pensez-vous que nous prenons assez notre temps pour les différents parcs ? (Grand canyon, Monument valley, Antelope canyon, Bryce, Zion, Yosemite)

Autre réflexion / question : nous nous sommes rendues chez Connections un peu par hasard, et ils nous ont proposé un projet qui ne nous semblait pas si bête… Nous ne voulons absolument pas un voyage organisé ou en groupe, mais ils nous ont proposé un voyage à la carte, totalement personnalisé et indépendant. C’est-à-dire qu’ils s’occupent de réserver les hôtels, vols et éventuellement voiture avec leurs prix et leurs promotions mais nous pouvons leur soumettre nos hôtels… Qu’en pensez-vous ? Est-ce que cela peut être avantageux financièrement ? Nous pensions que ça pouvait être rassurant et que cela pouvait être un gain de temps… Mais au départ, nous comptions tout organiser nous-mêmes…

D’avance merci !!!

PS : pour ceux qui sauraient nous donner un avis, voici quelques hôtels que nous avons sélectionné :

grand canyon village : le Canyon Plaza ou le Quality Inn los angeles : le Drive crowne plaza san francisco : Oasis Inn las vegas : nous voulions le treasure island mais il est déjà complet ! nous pensons au flamingo...
Dormir à Tikal? (Guatemala) English translation pending
by Cla27 · 2009-08-01 · 26 replies
Bonjour, je voulais savoir si c'était interessant et réalisable de dormir directement à Tikal le soir, pour le matin être au lever du soleil dans le site? connaissez vous des hotels, auberges dans Tikal? merci par avance pour vos réponsess
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 14 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (10) Iran et fin English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 1 reply
Le grand Iwan Frontière iranienne.

Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.

Route de Kermân

L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…

Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?

Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.

Dans la rue

La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l’occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…

Le bazar de Kermân

Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…

Voyage organisé Flicasseries.

Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi

Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…

Chiraz

La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.

Persépolis.

Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.

Mélancolie Pasdaranes

Route d’Ispahan.

Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.

Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…

Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.

Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !

Téhéran.

À l���inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Père et fils au Pérou! English translation pending
by PiscoSour · 2009-07-30 · 5 replies
Père et fils au Pérou – du 28 septembre au 18 octobre 2008

Comme j'ai souvent consulté ce site pour préparer mon voyage, je tiens à partager mon expérience du Pérou avec les autres membres. Bonne lecture !

Infos générales (septembre 2008)

Taux de change : 1$ US = 2, 9 PEN (Nuevo Sol) ou 6, 90 Bolivianos

Vols Vol aller-retour Montréal Lima : 1035, 00$ par personne Vol Lima-Arequipa (LAN) : 182, 00$ par personne Vol Cuzco-Lima (LAN) : 174, 00 par personne

Hôtels Lima : San Antonio Abad, Miraflores, 55, 00$ la double avec transfert de l’aéroport et petit-déjeuner. Arequipa : Posada Nueva España, 90 soles la double avec transfert de l’aéroport et petit-déjeuner. Puno : Tambo Real, 90 soles, négociée à 81 soles la double avec transfert du terminus d’autobus et petit-déjeuner.

Guide de voyage utilisé : Lonely Planet, édition 2007

28/09/2008 dimanche : Montréal – Mexico – Lima Réveil à 4h00. Départ de Montréal pour le Pérou à 8h00 (avec transfert de cinq heures à Mexico). Vol avec Air Canada. Le vol s’est bien passé, mais nous avons été déçus du service offert par Air Canada. En effet, il n’y avait aucun repas sur un vol de plus de cinq heures! Nous avons été mieux servis avec LAN Peru qui offrait même une collation sur un vol de une heure. Arrivée à Mexico à 12h00. Comme nous avions un transfert de 5h00 à Mexico, nous nous sommes rendus jusqu’au Zocalo en métro. Le métro de Mexico est vraiment très abordable et très sécuritaire. Le passage revient à environ 0, 20$ pour un passage. Le réseau de métro est très développé et très efficace. Il y a même une station juste à côté de l’aéroport. Nous avons fait deux transferts avant d’arriver au Zocalo, une place immense entourée d’édifices coloniaux et d’une impressionnante cathédrale avec au centre un grand drapeau mexicain. Nous sommes restés sur la place environ une heure avant de repartir vers 15h00 pour l’aéroport, car notre vol pour Lima partait à 17h50. Nous avons eu un peu de difficulté à prendre notre vol pour Lima, car le vol avec LAN avait été annulé et remplacé par un vol sur Aéro Mexico. Très bon service et repas fourni par Aéro Mexico. Arrivée à Lima vers 23h50 (1 heure de moins qu’à Montréal). Il est préférable d’avoir un chauffeur qui vous attend lorsque vous arrivez à Lima la nuit et il est déconseillé de choisir un taxi au hasard lorsque vous arrivez à cet aéroport (risque de vol et d’agression). Je ne conseillerais pas non plus de louer une voiture et de quitter l’aéroport, car la ville est immense et le risque de se perdre est très élevé (surtout la nuit). Le transfert de l’aéroport vers Miraflores dure environ 25 minutes au cours desquelles le chauffeur passe par des quartiers plus ou moins sûrs. Les Péruviens conduisent d’une façon assez particulière. Aucune règle du code routier (ou presque) n’est respectée et les chauffeurs ne laissent de chance à personne, pas même aux piétons. Soyez donc prudents lorsque vous traversez une intersection! Arrivée à l’hôtel vers 1h00 du matin. Hôtel très correct et abordable pour le quartier. Draps et salle de bains propres. Bon petit déjeuner avec jus d’orange frais, pain, œufs, café et fruits. Pour la première nuit, il n’y a pas vraiment d’autre choix que d’aller à Miraflores ou dans le Centro de Lima. En effet, il n’y a aucun hôtel près de l’aéroport qui est situé près de quartiers assez pauvres.

29/09/2008 lundi : Lima-Arequipa Réveil à 7h00. Déjeuner ver 8h00. Nous avons quitté l’hôtel vers 9h00 pour retourner à l’aéroport prendre notre vol vers Arequipa (vol réservé avant le départ sur le site Internet de LAN). Conduite assez folle dans Lima et beaucoup de circulation! Environ 30 min ou un peu plus pour retourner à l’aéroport. Prix du taxi vers l’aéroport : 40 soles. Départ pour Arequipa à 11h20. Arrivée à 12h45. Paysage magnifique du haut des airs. Très désertique et beaucoup de montagnes. Le chauffeur de notre hôtel, la Posada Nueva España, nous attendait à l’aéroport d’Arequipa. Arrivée à l’hôtel 10 minutes plus tard (la ville est beaucoup plus petite que Lima et il y a moins de circulation). L’hôtel n’est pas directement situé dans le centre-ville, mais de l’autre côté de la rivière. Il faut environ 10 minutes de marche pour atteindre la Plaza de Armas où se trouve la cathédrale. La promenade est sympathique, nous passons le Puente Bolognesi d’où nous avons une très belle vue sur la ville, le Misti et le Chachani. Nous avons pris un repas très correct dans une polleria de la calle Bolognesi. Soupe, salade, poulet, frites et bière (Arequipeña) pour environ 15 soles par personne. Nous nous sommes ensuite dirigés vers la Plaza de Armas, une place magnifique avec fontaine, palmiers, cathédrale et immeubles construits en sillar (pierre volcanique blanche). Visite du Monasterio de Santa Catalina (le plus grand couvent du monde) avec guide francophone. Visite très intéressante de ce complexe immense datant du 16e siècle. Souper à la crêperie Zig Zag (consillé dans le Lonely Planet). Attention, l’enseigne du restaurant n’est pas très visible de la rue, nous l’avons cherchée durant plus d’une demi-heure et personne dans la rue ne savait où le restaurant se trouvait. La crêperie est située juste en face du Monasterio Santa Catalina, à côté de l’Alliance française d’Arequipa. Retour à notre chambre vers 21h00 et coucher vers 22h00.

30/09/2008 mardi : Arequipa : Mansion del Fundador, Molino de Sabandia, museo Santury et mirador de Yanahuara Réveil vers 7h00 et déjeuner vers 8h00 sur la terrasse de Posada Nueva España (terrasse très fleurie et très jolie). Petit-déjeuner compris constitué de pain, d’œufs, de café et d’un jus de fruit. Départ vers 9h00 pour une visite des alentours de la ville en compagnie du très sympathique Joseph et de son fils qui travaillent tous deux à la Posada Nueva España. Nous nous sommes rendus tout d’abord à la Mansion del Fundador, nommée ainsi en l’honneur du fondateur d’Arequipa, Don Garci Manuel de Carbajal. Une belle demeure avec meubles d’époque. Très peu de touristes et pas de visite guidée. Nous étions toutefois avec notre ami Joseph qui, avec son réel talent de conteur, s’est fait un grand plaisir de nous raconter l’histoire de la ville. Si vous passez par cet hôtel, que je vous recommande vivement, vous saluerez Joseph de ma part et de la part de mon père Gilles qu’il appelait « mi hermano ». Joseph a rendu notre séjour vraiment très agréable. Il nous a fait visité la ville, il nous a parlé en détail du Canyon del Colca, il nous a conseillé les meilleures compagnies de bus pour s’y rendre (Andalucia et Reina), a acheté pour nous nos billets de bus pour Puno et nous a même réservé une chambre à Puno dans l’hôtel de l’un de ses amis. Je recommande donc vivement cet hôtel. Les chambres sont simples, mais très propres. La salle de bain est entièrement rénovée et les chambres sont toutes situées autour d’un magnifique patio où le déjeuner est servi chaque matin. Les hôtes sont très accueillants et l’un d’eux est Français d’origine (Chrisitan). Ils sont très aimables et faciliteront votre séjour au Pérou. Après avoir visité la Mansion del Fundador, nous sommes partis vers le Molino de Sabandia, un ancien moulin situé aux alentours d’Arequipa. Je vous conseille de vous y rendre seulement si vous êtes à Arequipa pour quelques jours. Le site est enchanteur, mais il n’y a pas grand chose à voir. Il est possible de faire de l’équitation, car un petit ranch se trouve juste à côté du moulin. Nous sommes ensuite repartis pour Arequipa où nous nous sommes arrêtés au mirador de Yanahuara qui offre une superbe vue sur la ville et sur le Misti. La visite de ce mirador peut se faire très rapidement et vaut réellement le détour. Par la suite, Joseph nous a proposé de faire un arrêt à la Picanteria La Capitaña, son restaurant préféré. Si vous passez à Arequipa, je vous conseille de vous y arrêter. Il s’agit d’une cafeteria où l’on mange des mets typiques d’Arequipa sur des tables de bois en compagnie de Péruviens. La nourriture est très bonne et vraiment économique. Joseph a commandé presque tous les plats offerts par le restaurant ainsi que de la Chicha et cela n’a pas coûté plus de 30 soles pour trois personnes (tous les plats, beaucoup de Chicha ainsi qu’un digestif à l’anis). Ce fut vraiment une expérience intéressante de pouvoir échanger avec des Péruviens durant le repas et de goûter à la nourriture traditionnelle d’Arequipa. J’ai particulièrement aimé le Rocotto Relleno, un piment rouge farci servi avec un Pastel de patata (Gâteau aux pommes de terre). En après-midi, nous sommes partis visiter le Museo Santury où l’on peut voir la Juanita, la momie d’une jeune Inca retrouvée su sommet du volcan Ampato. La momie est très bien conservée et la visite guidée vaut vraiment la peine (environ 1 heure avec le film et la visite). Après, nous avons bu une Cuzqueña sur une terrasse devant la cathédrale. Nous avons assisté à un magnifique couché de soleil en dégustant notre bière. L’ambiance était vraiment agréable et le sillar blanc des édifices prenait des teintes mauves et orangées avec le coucher du soleil. Arequipa est une ville où il fait assez chaud durant la journée, mais dès que le soleil se couche, il faut bien se couvrir, car la température chute rapidement. Après l’apéritif, nous avons mangé du Pollo a la plancha (poulet et frites) dans un petit resto de la calle Bolognesi avant de retourner à l’hôtel.

01/10/2008 Mercredi : Arequipa – Cabanaconde (Canyon del Colca) Réveil à 4h30 du matin pour partir vers le Canyon del Colca. Un taxi est passé nous chercher à l’hôtel vers 5h30, car notre bus (de la compagnie Andalucia) partait à 6h00. Nous avions laissé nos sacs à dos à l’hôtel pour partir avec de petits sacs de jour contenant le strict minimum. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pour nos sorties vers Copacabana et Machu Picchu. En effet, lorsqu’on part seulement pour un jour ou deux, il est beaucoup plus simple d’avoir un petit sac à dos plutôt que de porter un sac lourd et encombrant. Le trajet vers Cabanaconde est assez long. Cela prend de cinq à six heures, mais les paysages sont magnifiques. Il ne faut pas avoir peur de la vitesse et des hauteurs, car les chauffeurs de bus péruviens conduisent comme des dingues et passent à quelques centimètres de précipices profonds de plusieurs centaines de mètres. Le bus d’Arequipa à Cabanaconde fait environ trois arrêts. Le premier en banlieue d’Arequipa, le deuxième à Chivay et le troisième à la Cruz del Condor (site trop touristique). De plus, il s’arrête à de nombreuses reprises entre Chivay et Cabanaconde pour prendre de nouveaux passagers ou pour les laisser débarquer. Une fois arrivés à Cabanaconde, nous avons commencé à chercher un hôtel. Nous nous sommes dirigés vers l’hôtel La Posada del Conde que nous avions trouvé dans le Lonely Planet (60 soles avec petit-déjeuner pour 2 personnes, très propre, très correct). Bien sûr, il y a moins cher, mais le choix est assez limité dans ce petit village. Nous avons ensuite mangé quelque chose au petit restaurant de l’hôtel et discuté avec le serveur, Eduardo, qui a été très sympathique et nous a donné plusieurs conseils pour effectuer des randonnées dans le Canyon et aux alentours. Il a même pris la peine de nous dessiner une carte géographique de la région ! Comme nous avions prévu passer seulement une nuit dans le Canyon, nous n’avions pas le temps de descendre à l’oasis de Sangalle (ce que nous n’avons pas regretté, car cela nous a laissé le temps d’aller faire un tour en Bolivie, à Copacabana). Nous avons donc décidé de faire une randonnée dans le haut du canyon et de nous diriger vers les deux miradors situés près du village : Achachiua et San Miguel. Les deux miradors sont situés dans des directions opposées. Achachiua se trouve à environ 20 minutes du centre du village. De là, on a une magnifique vue sur le Canyon et sur l’oasis situé au fond. Toutefois, si vous disposez de peu de temps, je vous suggère de vous rendre directement au Mirador de San Miguel (tournez à gauche au cimetière qui se trouve au milieu de nulle part et marchez vers le canyon. Vous trouverez le sentier assez facilement). Ce mirador est un peu plus loin, mais les paysages sont splendides! Un long sentier longe le canyon et la vue est vraiment incroyable. À cet endroit, on peut également voir l’oasis au fond du canyon. On peut faire une longue randonnée à partir de ce mirador. On peut descendre dans le Canyon ou marcher jusqu’à la Cruz del Condor. Comme il était déjà assez tard, nous avons seulement fait une randonnée (environ 3 heures de marche aller-retour) dans le haut du Canyon et nous sommes revenus à la tombée de la nuit vers 19h00. Il est important de faire de bonnes réserves d’eau, car on se déshydrate rapidement à cette altitude et sous ce soleil (nous avons d’ailleurs manqué de liquide). Au mirador de San Miguel, nous avons vu les deux seuls condors du voyage. Il était à peu près 17h00 et nous avons vu les deux grands volatiles planer près de nous juste au-dessus du canyon. Le spectacle a été vraiment impressionnant ! Il y a peu, voire pas de restaurants à Cabanaconde. Vous mangerez probablement dans le restaurant de votre hôtel et c’est ce que nous avons fait au retour de notre randonnée dans le haut du canyon.

Note : À Chivay, à Cruz del Condor et à Cabanaconde, vous serez harcelés par des agents touristiques qui vous demanderont de payer environ 70 soles pour vous procurer le billet touristique vous donnant le droit d’accès aux attraits du canyon. Pour l’achat du billet, c’est à vous de voir, mais vous aurez deux choix : payer le billet pour qu’on vous laisse tranquille ou refuser. Si vous décidez de refuser, je vous avertis tout de suite : vous aurez droit à une longue discussion avec l’agent qui voudra vous obliger à payer le droit d’entrée. Vous devrez vous expliquer longuement avec lui pour éviter de payer. Cela peut être assez pénible, mais c’est tout à fait possible. Si vous décidez de ne pas payer, et c’est ce que j’ai fait, on vous laissera tranquille après dix longues minutes de discussion. La même chose se reproduira à la Cruz del Condor et à la sortie du bus à Cabanaconde. Pour ma part, je ne suis pas débarqué du bus à Cruz del Condor (trop de touristes) et j’ai réussi à m’échapper de l’agent de Cabanaconde en suivant l’employée d’un petit hôtel qui voulait me faire visiter une chambre. Une fois le bus reparti, plus aucun agent n’est présent pour vous harceler et vous pouvez randonner à votre guise dans le Canyon. La plupart des touristes ne sont pas intéressés à payer près de 25 $ US pour accéder à un site naturel et à de simples villages… D’ailleurs, la plupart des touristes que j’ai rencontrés ont fait comme moi et n’ont pas payé le droit d’entrée. J’imagine que d’ici quelques années, il sera impossible de dépasser Chivay sans billet.

02/10/2008 jeudi : Cabanaconde (Canyon del Colca) – Chivay – Arequipa Réveil vers 6h00. Nous avons fait une autre randonnée rapide vers le mirador de San Miguel (environ 2 heures aller-retour). Puis nous avons repris le bus vers Chivay. Je vous conseille d’acheter votre billet de bus assez tôt le matin, car je crois qu’il n’y a que trois bus par jour (7h00, 9h00 et 11h00 si je me souviens bien). Les billets peuvent être achetés sur la petite place centrale de Cabanaconde, près de l’église. Le prix du billet est de 15 soles jusqu’à Arequipa, mais vous pouvez descendre à Chivay et reprendre un bus plus tard dans la journée avec le même billet. Le dernier bus pour Arequipa est à 16h00.

Nous avons donc pris le bus de 9h00 et, après trois heures de trajet, nous sommes arrivés à Chivay vers midi. Après avoir mangé, nous sommes partis en taxi vers les sources thermales de La Caleta (environ 10 soles). Le site compte environ cinq ou six piscines d’eau chaude, mais ce jour là, seulement deux piscines étaient ouvertes. L’eau est très chaude et la vue sur le Canyon est superbe ! Nous avons apprécié cette pause qui a été l’un des seuls moments de vraie détente de tout notre voyage ! Nous y sommes restés entre deux et trois heures et nous sommes partis vers 15h00 pour prendre le bus de 16h00 pour Arequipa. Arrivée à Arequipa vers 19h00 et retour à la Posada Nueva España pour une dernière nuit.

03/10/2008 vendredi : Arequipa – Puno - Sillustani Réveil vers 6h00 et déjeuner sur la terrasse de notre hôtel. Départ d’Arequipa vers 8h30 avec Cruz del Sur (billet acheté par Joseph de la Posada Nueva España durant notre visite du Canyon au prix de 51 soles par personne). Arrivée à Puno vers 13h30. À mon arrivée à Puno, j’ai été atteint du mal d’altitude. Maux de tête, nausée et manque de coordination, etc. Joseph, de la Posada Nueva España nous avait réservé un hôtel à Puno (Tambo Real, 90 soles la nuit, négocié à 81 pour deux personnes avec petit déjeuner, très propre, très correct.) En arrivant, j’ai immédiatement bu un maté de coca et j’ai pris des médicaments contre le mal d’altitude (Diamox) qui m’avaient été prescrits par la Clinique du voyageur à Montréal. Je vous conseille d’en apporter à titre préventif, car les symptômes du mal d’altitude sont vraiment désagréables. En après-midi, nous nous sommes rendus en taxi vers Sillustani. Il était déjà tard, nous avons donc été obligés d’y aller en taxi. Comme le site est assez loin du centre de Puno, le coût du trajet aller-retour est assez cher (environ 70 soles), mais il vaut la peine. Le site, constitué d’anciennes tours funéraires circulaires, est situé sur un promontoire sur les rives du Lago Umayo. Là-haut, le vent est glacial. Je vous suggère donc de vous munir d’une bonne veste pour profiter de la visite. Aussi, la visite est assez difficile en raison de l’altitude. Un long escalier taillé dans la pierre donne accès au site et, avec l’altitude, il est assez long et pénible à gravir. Si cela est possible, je vous suggère donc de vous acclimater à l’altitude avant d’entreprendre sa visite (ce que je n’ai pas fait, faute de temps!). Il est possible de louer les services d’un guide sur place, mais comme il était déjà tard, nous avons fait le tour du site sans guide (environ une heure). Notre chauffeur de taxi nous attendait et, sur la route menant à Puno, il a fait un arrêt dans l’une des nombreuses petites maisons « traditionnelles » ou des familles de paysans vous accueillent pour vous faire visiter leur maison et vous apprendre davantage sur leur mode de vie. Il s’agit bien sûr de lieux touristiques, mais les familles qui vivent dans ces petites maisons sont authentiques et très sympathiques. Pour quelques sols, ils vous feront visiter leurs maisons et vous montreront de quelle façon ils cultivent la terre et répondront à toutes vos questions sur le tissage de la laine d’alpaca. Nous sommes ensuite revenus à l’hôtel vers 18h00 où un employé avait acheté pour nous des billets d’autobus pour Copacabana (15 soles par personne).

04/10/2008 samedi : Puno – Copacabana – Isla del Sol Réveil à 5h45, déjeuner et départ en taxi vers le terminal d’autobus. Départ pour Copacabana à 7h30. Attention : comme à Arequipa, il y a deux terminaux d’autobus à Puno. Il est donc important d’indiquer à votre chauffeur de taxi quelle est la destination de votre autobus. Sinon, il risque de vous déposer au mauvais terminal… Arrivée à Copacabana vers 11h30 (il faut reculer sa montre de une heure en Bolivie). À votre arrivée, il est important d’acheter tout de suite votre billet d’autobus de retour pour Puno (ou autre destination). Les autobus se remplissent vite et il sera peut-être difficile de trouver un billet à la dernière minute. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait. Dès que nous sommes arrivés, nous avons acheté notre billet de retour pour le lendemain (une journée est suffisante pour la visite de l’Isla del Sol). L’homme qui nous a vendu le billet nous a également proposé un forfait pour la visite de l’Isla del Sol. Nous avons négocié à 55$ un forfait comprenant une nuit pour deux personnes dans un hôtel de l’île avec petit-déjeuner (Hotel Inti Kala à Yumami), l’aller-retour en bateau et le billet de bus de retour pour Puno. Nous n’avons pas regretté l’achat de ce forfait, mais je crois qu’il est possible de visiter l’Isla del Sol pour beaucoup moins. En effet, le coût du transport en bateau depuis Copacabana vers l’Isla del Sol coûte moins de 2$. De plus, il y a un grand choix d’hébergement sur l’île et les prix sont vraiment très abordables (moins de 20 $ avec petit-déjeuner). Il est donc plus économique d’y aller sans forfait et de négocier les prix de la chambre directement sur l’île. Pour ce qui est de l’hôtel Inti Kala, je vous le recommande fortement. Il est situé au sommet de l’île à Yumami. De là-haut, la vue sur le lac Titicaca est magnifique et les couchers de soleil sont à couper le souffle! Les chambres ne sont pas chauffées, mais il y a de très épaisses couvertures de laine d’alpaca dans tous les lits (comme dans tous les hôtels du Pérou). De plus, il n’y a pas vraiment d’eau chaude. Alors, oubliez la douche chaude en arrivant le soir… Malgré ces détails, le détour par la Bolivie et l’Isla del Sol vaut vraiment la peine. Les paysages sont incroyables et la vue sur la cordillère bolivienne est magnifique. Je vous conseille donc fortement de faire un détour par cette île qui m’a beaucoup plus impressionné que Taquile.

Une fois arrivés sur l’île (départ de Copacabana vers 13h30, arrivée sur l’île à 15h30), la montée d’un long escalier nous attendait. La montée dure plus d’une heure et avec l’altitude, elle est parfois assez ardue! À notre arrivée au sommet, nous nous sommes dirigés vers notre hôtel et nous avons ensuite entrepris une promenade vers le petit site archéologique situé au sud de l’île, le Templo del Sol. Le site n’est pas très difficile à trouver, mais malgré cela nous nous sommes égarés ! Nous avons rencontré des paysans qui nous ont indiqué le mauvais chemin et nous nous sommes finalement rendus jusqu’à la pointe sud de l’île et au retour, la nuit commençait déjà à tomber. Nous avons assisté à un magnifique coucher de soleil sur les sommets enneigés de la Cordillère bolivienne et nous avons même fini par trouver le Templo sel Sol. Toutefois, comme il était déjà tard, nous ne l’avons pas visité. Nous sommes revenus à l’hôtel et nous avons mangé de la truite pour le souper. La truite est vraiment la spécialité culinaire des villages situés sur les rives du lac Titicaca. Elle est toujours excellente et le coût d’un repas est toujours très abordable.

05/10/2008 dimanche : Isla del Sol – Copacabana Réveil vers 6h00. Déjeuner vers 7h00 et départ pour le nord de l’Isla del sol vers 8h00. Nous avons entamé une randonnée qui dure entre quatre et cinq heures vers l’extrémité nord de l’île. La marche en altitude est assez difficile et il y a quelques montées. Toutefois, les paysages sont vraiment incroyables. L’île est assez étroite de sorte que l’on a une vue magnifique sur le lac, et ce, peu importe le côté où se pose notre regard. À cet endroit, l’eau du lac est d’un bleu profond et au loin, on peut apercevoir différentes chaînes de montagnes. Sur la route, on croise quelques bergers avec leurs troupeaux de moutons, des chiens errants et peu de touristes. C’est vraiment une très jolie promenade ! Un moment fort de notre voyage ! C’est, je crois, l’un de mes meilleurs souvenirs du Pérou avec le Canyon del Colca et le Machu Picchu. Je vous conseille donc de faire un détour vers la Bolivie et l’Isla del Sol si vous passez dans la région du Lac Titicaca. À mi chemin, des paysans de la Communauté Challa vous demanderont de payer votre droit d’entrée à la partie nord de l’île. C’est un peu ridicule, car vous avez déjà payé votre entrée sur l’île à la sortie du bateau devant le grand escalier. Mais il y a deux communautés sur l’Isla del Sol : Yumami et Challa. Vous devez donc payer un droit d’entrée aux deux… Mais, le prix n’étant pas trop élevé (10 Bolivianos) nous avons payé et nous avons poursuivi notre chemin vers le petit site archéologique situé près de la pointe nord (Chinkana, Roca Sagrada et Mesa de Sacrificios). Vers midi, nous sommes arrivés au port du nord ou l’on trouve un joli village pittoresque devant lequel il y a une très belle petite plage (pas de baignade, car l’eau est trop froide!). Nous avons mangé dans un petit restaurant (encore de la truite!) puis nous avons pris le bateau pour retourner au port du sud vers 13h30. Nous sommes arrivés au port du sud vers 14h00 et nous avons dû attendre jusqu’à 16h30 pour reprendre le bateau vers Copacabana vers 17h30. Nous avons trouvé un bel hôtel très propre mais encore équipé d’une douche électrique (Wendy Mar, Av. 16 de Julio Esq. Potosi) vraiment pas cher (nous l’avons négocié pour environ 12 $ la nuit). Nous sommes partis manger et nous sommes revenus à l’hôtel pour nous coucher assez tôt.

06/10/2008 lundi : Copacabana – Puno Réveil vers 6h30. Comme notre autobus de retour vers Puno était seulement à 13h30, nous avons eu le temps de faire la montée du Calvario, une petite montagne qui domine Copacabana et le lac Titicaca sur laquelle se trouve un chemin de croix avec, au sommet un monument dédié à la Vierge de Copacabana. La montagne ne semble pas très haute, mais attention, car la montée, à 4 000 m d’altitude est assez éprouvante! Pour une personne en bonne forme physique, il faut compter environ une heure de montée. La vue qu’on a du sommet vaut cependant la peine. D’un côté, on peut voir toute la ville de Copacabana et de l’autre, le lac Titicaca avec au loin l’Isla del Sol et l’Isla de la Luna. Pour redescendre, c’est une autre histoire… Cela prend entre 15 et 20 minutes! Après avoir fait cette montée, nous avons eu le temps de nous balader dans la ville pour faire quelques achats dans les nombreuses boutiques de souvenirs. Nous avons visité la basilique de Nuestra Señora de Copacabana. Nous avons mangé dans l’un des petits restaurants situés face au lac. Les restaurants ne servent que de la truite, mais la nourriture est excellente et pas très coûteuse. Environ 8 Bolivianos pour un repas complet constitué d’une truite, de frites, de salade et d’une grosse bière bolivienne. Vers 13h30, nous avons repris l’autobus pour revenir sur nos pas à Puno. Arrivée vers 15h30, heure péruvienne. Nous sommes allés au marché d’artisanat de Puno qui est situé près du quai d’embarquement pour les îles Uros. Nous avons fait quelques achats et nous avons réservé un billet d’embarquement pour la visite des Uros et de Taquile le lendemain. Nous avons négocié le billet de bateau aller-retour, l’entrée sur les Uros et sur Taquile, le transport aller-retour du port à l’hôtel pour environ 30 soles par personne, ce qui doit revenir environ au même prix que de s’organiser soi-même.

07/10/2008 mardi : Puno – Islas Uros – Isla Taquile – Puno Réveil vers 5h30, déjeuner et départ vers 7h00 pour les îles Uros et Taquile. Départ sous la pluie et par une température glaciale (il fait froid à Puno !). Il fallait absolument être habillé chaudement (tuque et gants) et porter un imperméable. De plus, nous avions un parapluie qui a été très utile et qui nous a souvent évité d’être détrempés. Même s’il a plu rarement durant notre voyage, je vous suggère quand même d’apporter un mini-parapluie lors de votre voyage au Pérou. Il faut compter environ 20 minutes de bateau pour se rendre jusqu’aux Uros. En chemin, le capitaine s’arrête pour nous montrer le Yavari, l’ancien bateau à vapeur qui naviguait autrefois sur le lac. À l’arrivée sur les Uros, les habitants nous attendaient pour nous accueillir très chaleureusement. Les Uros sont des îles TRÈS touristiques, mais il s’agit tout de même d’une expérience inoubliable qu’il ne faut pas rater. Il s’agit d’un lieu unique au monde, et ce sera sans doute de la seule fois où vous marcherez sur des îles entièrement faites de roseaux. Le seul fait de marcher sur ces îles est une expérience en soi. Nous y sommes restés environ une heure. Nous avons eu droit à une petite présentation faite par le chef de l’île où nous nous trouvions et qui était traduite par notre guide, car le chef ne parlait que l’Aymara, je crois. Il nous a expliqué de quelle façon les îles étaient fabriquées et les principaux produits à la base de leur alimentation (poisson, pain et roseaux). Nous avons même pu goûter aux roseaux ! Après la présentation, nous sommes partis faire une promenade vers une autre île à bord d’un bateau fait de roseaux. Sur la deuxième île, plusieurs habitants nous attendaient pour nous vendre des produits d’artisanat. Notre bateau est ensuite reparti pour un trajet d’environ 2h30 pour l’île de Taquile. À notre arrivée, une montée d’environ une heure nous attendait. Comme nous étions déjà habitués à l’altitude, elle ne fut pas trop pénible. À l’arrivée au sommet de l’île, on peut visiter le petit village et voir les habitants en costumes traditionnels (ceintures tressées, tuques rouges pour les hommes mariés, tuques rouges et blanches pour les célibataires, robes noires pour les femmes mariées). J’ai été un peu déçu par Taquile, car j’ai trouvé l’endroit trop touristique. En effet, il y avait plus de touristes que d’habitants. Si vous devez choisir une île du lac Titicaca, je vous suggère plutôt de vous rendre à l’Isla del Sol en Bolivie et de ne visiter que les Uros du côté péruvien. Il y a également l’île d’Amantani, mais je ne peux rien dire à son sujet, car je ne l’ai pas visitée. Après être resté une demie heure sur la place principale du village, nous sommes partis manger de la truite dans un restaurant où notre guide nous fait une petite présentation sur les coutumes et costumes des habitants de l’île. Après être redescendus du l’autre côté de l’île par un escalier comptant plus de 500 marches, nous sommes repartis vers Puno à 15h00. Il faisait très froid, il pleuvait et le lac était très agité. La traversée a duré plus de trois heures et fut assez pénible pour ceux qui souffraient du mal de mer… Retour à Puno vers 18h30.

08/10/2008 mercredi : Puno – Cuzco Réveil vers 6h30. Petit-déjeuner et taxi jusqu’au terminal de bus de Puno. Bus Puno-Cuzco avec Cruz del Sur (41 soles). Départ à 8h30 et arrivée à 15h00. À notre arrivée au terminal de bus de Cuzco, plusieurs représentants nous attendaient pour nous faire visiter des chambres d’hôtel. Comme le transport en taxi vers l’hôtel était payé, nous sommes partis avec un représentant pour visiter une chambre de L’Hostal Huyanapata situé derrière la cathédrale (75 soles la nuit avec petit déjeuner). Nous avons finalement choisi une chambre dans cet hôtel qui était très correct et situé à quelques minutes à pieds de la Plaza de Armas. Soirée pluvieuse et froide. Nous avons mangé dans un restaurant situé face à la cathédrale le menu suivant qui vous donnera une petite idée du prix moyen d’un repas complet à Cuzco :

Pisco sour, soupe et pain, Rocotto Relleno, dessert et thé : 25 soles. Pisco sour, soupe et pain, Alpaca a la plancha, dessert et thé : 25 soles.

09/10/2008 jeudi : Cuzco – Pisaq – Cuzco Réveil vers 6h00. Petit-déjeuner et départ pour l’achat du billet de train pour Aguas Calientes (Machu Picchu Pueblo) et du Boleto Turistico. C’est la première chose que je vous conseille de faire à votre arrivée à Cuzco, car les places de train se vendent très rapidement. Nous avons donc acheté directement au bureau de Peru Rail le billet de train au prix de 180$ pour deux personnes (aller : Ollantaytambo/Aguas Calientes, Vista Dome) – retour : Aguas Calientes/Cuzco, Backpacker) Nous sommes également passés au bureau du tourisme pour l’achat du Boleto Turistico au coût de 120 soles par personnes. Nous nous sommes ensuite redu au petit terminal d’autobus pour prendre le bus vers Pisaq. Environ 4 soles par personne pour 45 minutes de trajet. À Cuzco, plusieurs chauffeurs de taxi vous proposeront de vous faire visiter plusieurs sites de la région pour environ 100 soles. Toutefois, il est beaucoup plus économique et très facile d’y aller soi-même. À Pisaq, nous avons pris un taxi qui nous a amenés au sommet de la montagne où se trouvent les ruines. Environ 20 soles pour 15 minutes de trajet. Comme le site de Pisaq est très vaste, je vous conseille vraiment d’y monter en taxi et de conserver votre énergie pour la visite du site qui dure environ trois heures avec la descente à pied jusqu’au village. La visite de ce site est très impressionnante. C’est d’ailleurs le site le plus impressionnant après le Machu Picchu, selon moi. Un long sentier à flanc de montagne traverse plusieurs ruines et la descente permet d’admirer la Cordillère des Andes et de voir le village de Pisaq à vol d’oiseau. Retour à Cuzco vers la fin de la journée.

10/10/2008 vendredi : Cuzco – Tambomachay – Puka Pukara – Qenko – Saqsaqwaman – Cuzco Réveil vers 6h00. Il y a plusieurs façons de faire la visite des sites de Tambomachay, Puka Pukara, Qenko et Saqsaqwaman, mais la plus simple et la moins onéreuse consiste à prendre le bus en direction de Pisaq et de demander au chauffeur d’arrêter à Tambomachay. À partir de ce site, vous pouvez revenir à pied par la route et visiter les autres sites au passage. Le Boleto Turistico est nécessaire pour l’entrée sur chacun de ces sites. La route menant de Cuzco à Pisaq sur laquelle vous marcherez pour visiter tous ces sites est toutefois très passante. En effet, de nombreux autobus touristiques effectuent le trajet entre Cuzco et Pisaq et la balade à pied est plus ou moins agréable. Les paysages sont très beaux, mais la circulation automobile rend le trajet un peu dangereux. Pour ce qui est des sites eux mêmes, nous avons préféré Tambomachay pour ses fontaines qui sont encore en fonction et Saqsaqwaman pour l’immensité des blocs qui composent ses fortifications. Un guide (qui parlait uniquement espagnol) nous a accompagné tout au long de notre visite pour environ 30 soles. La visite fut donc très intéressante et nous en avons appris beaucoup sur le peuple Inca. Saqsaqwaman .est à mon avis l’un des sites les plus impressionnants avec Machu Picchu et Pisaq. Pour faire la visite de tous ces sites, comptez un peu plus d’une demie journée (de 8h00 à 14h00) et n’oubliez pas d’avoir avec vous de l’eau et de la nourriture, car on ne peut pas faire de provisions sur les sites.

11/10/2008 samedi : Cuzco – Moray – Salinas de Maras – Ollantaytambo Départ vers 7h00 pour Moray. Pour nous y rendre, nous avons pris le bus en direction d’Urubamba et nous avons demandé au chauffeur de nous déposer à l’embranchement de la route de Maras (tel que conseillé dans le Lonely Planet). À cet endroit, quelques chauffeurs de taxi attendent pour se rendre sur les sites archéologiques avec des touristes. Nous avons conclu une entente avec un chauffeur pour un trajet (aller seulement) vers Maras et les Salinas pour environ 45 soles. Il faut environ compter une heure pour visiter Moray (Boleto Turistico nécessaire). Le site n’est pas un incontournable, mais la visite est tout de même assez impressionnante. Il s’agit essentiellement de cultures en terrasses de forme concentrique qui étaient utilisées par les Incas pour mener diverses expériences d’agriculture. Après une heure de visite, nous sommes partis pour les Salinas de Maras. Ce site est vraiment impressionnant et vaut le détour. Il en coûte 5 soles par personne pour le visiter et la visite dure environ une heure. Après avoir visité le site, nous sommes descendus à pied jusqu’à la route qui mène d’Urubamba à Ollantaytambo (environ une heure de marche). De là, il est possible de prendre un autobus pour quelques soles en direction d’Ollantaytambo. Ollantaytambo est un petit village qui vaut la peine d’être visité. Il s’agit en fait de la seule ville qui a conservé le plan de la ville Inca d’origine avec des rues très étroites et des canaux qui amènent l’eau. La ville est entourée par les montagnes et, de chaque côté, on peut voir les deux forteresses d’Ollantaytambo. Pour visiter la plus importante des deux forteresses, il est nécessaire d’avoir le Boleto Turistico, mais l’entrée est libre pour la visite de la seconde. La vue sur la Olantaytambo et sur les montagnes environnantes est vraiment incroyable du haut des deux forteresses. Ollantaytambo étant la dernière gare avant d’arriver à Aguas Calientes, c’est une ville où il y a beaucoup de touristes et où il peut être difficile de trouver un hôtel, même en basse saison. De fait, tous les hôtels mentionnés dans le Lonely Planet étaient complets lorsque nous sommes arrivés. Nous avons trouvé un hôtel situé près de la gare (El Bosque, 20 $ petit déjeuner inclus). Toutefois, comme l’hôtel est situé près de la gare, il y a beaucoup de va et vient et de bruit lorsque les trains arrivent. Toutefois, pour dormir une nuit avant de prendre le train, c’était tout à fait correct.

12/10/2008 dimanche : Ollantaytambo – Aguas Calientes Réveil à 6h00 et départ pour une marche vers la seconde forteresse d’Ollantaytambo. Nous avons gravi environ la moitié de la montagne pour nous rendre à la seconde forteresse (entrée gratuite) où nous avons mangé en admirant le paysage et le village. Il paraît qu’on peut monter jusqu’au sommet de la montagne (c’est ce que des Péruviens rencontrés la veille nous avaient affirmé), mais comme le train pour Aguas Caliente partait à 10h30 nous n’avons pas eu le temps de nous y rendre. Vers 9h00, nous sommes revenus à l’hôtel pour prendre le petit-déjeuner avant de partir pour la gare qui est située tout près. Le trajet vers Aguas Calientes dure environ deux heures et les paysages sont magnifiques (Vista Dome non nécessaire selon moi). Tout le long du trajet, on peut voir la rivière et on aperçoit même le Chemin de l’Inca et des randonneurs. Plus le train avance et plus la végétation est dense. Arrivée à Aguas Calientes vers 12h30. La ville est vraiment minuscule et il n’est pas nécessaire de prendre un taxi pour se rendre au centre. Il suffit de marcher, de suivre la foule de touristes, de traverser le marché d’artisanat et la rivière. On arrive ensuite au centre constitué essentiellement d’une seule artère principale où se trouvent tous les hôtels et les restaurants. Dès notre arrivée, un serveur péruvien nous a abordés pour nous demander si nous cherchions un hôtel. Au départ, j’étais assez méfiant et je ne voulais pas de son aide. Toutefois, je me suis rapidement rendu compte qu’il était très sympathique et très serviable. Il voulait évidemment un pourboire, mais pour l’obtenir, il nous a réellement aidés. Nous avons visité avec lui trois ou quatre hôtels et aucun n’avait de chambre disponible. Je vous conseille donc de réserver votre chambre à l’avance si vous y allez en haute saison. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous avons trouvé un hôtel (Hostal El Tumi, esq. Pachacutec y Tupac Inca Yupanqui) très convenable pour environ 20$ la nuit sans petit-déjeuner (je ne suis plus certain du prix). Nous sommes ensuite partis manger sur la rue principale d’Aguas Calientes et, pour remercier notre ami péruvien, nous avons choisi de manger dans son restaurant. Nous avons discuté avec lui et nous lui avons demandé où nous pouvions acheter nos billets pour le Machu Picchu. Il est venu avec nous jusqu’à la billetterie qui se trouve sur la rue principale d’Aguas Calientes où nous avons acheté deux billets pour le lendemain pour 122 soles par personne. Il nous a ensuite conduits à la station de bus où nous avons aussi acheté deux billets pour le premier départ (5h00 du matin) au coût de 12 $. (Si vous souhaitez vous rendre tôt au site de Machu Picchu, il est impératif d’acheter votre billet la veille, car il est impossible de se procurer un billet sur le site. Les billets ne sont vendus qu’à Cuzco et à Aguas Caliente.) Après avoir mangé et acheté nos billets, nous disposions de l’après-midi et de la soirée. Nous avons décidé de tenter l’ascension du Putucusi, une montagne située près d’Aguas Calientes. Je conseille vraiment aux amateurs de randonnée de gravir cette montagne. La montée dure environ trois heures et il faut être en bonne condition physique (en raison de l’altitude) et être équipé de bons souliers de marche. Il faut apporter avec soi de bonnes réserves d’eau et surtout ne pas avoir le vertige, car il est nécessaire de gravir plusieurs très longues échelles faites de bois. Soyez très prudents, car les échelles sont très longues, assez rudimentaires et peuvent parfois être très glissantes. Vous serez toutefois rapidement récompensés, car, vers la moitié du trajet, le paysage se révèle et on peut voir le petit village d’Aguas Calientes situé au bas de la montagne. Ensuite, un très long escalier taillé dans la pierre permet d’accéder au sommet où l’on peut voir le Machu Picchu situé juste en face. La vue sur le site est vraiment spectaculaire et il est intéressant de voir le site sous un nouvel angle. Nous nous sommes reposés environ 30 minutes au sommet du Putucusi avant de redescendre. À l’arrivée, nous étions épuisés, couverts de sueur et assoiffés. Nous nous sommes arrêtés dans le premier restaurant pour boire une Cuzqueña bien fraîche et manger. Nous n’avons pas eu le temps d’aller nous baigner dans les sources thermales, car il était trop tard. Nous sommes donc retournés à l’hôtel, mais avant, nous avons fait quelques provisions (jus, eau, sandwich, etc.) pour la journée du lendemain. Nous nous sommes couchés vers 21h00, car il fallait se lever tôt. Nous avons toutefois très mal dormi en raison du bruit. Comme tous les hôtels sont situés sur la rue principale, près des bars et les restaurants, il y a vraiment beaucoup de bruit la nuit. J’ai eu droit à tous les succès du groupe The Police à partir de minuit, et ce jusqu'à 3h00 du matin…

13/10/2008 lundi : Aguas Calientes – Machu Picchu – Cuzco Réveil vers 4h00 du matin pour la journée la plus importante de tout voyage au Pérou : la visite du Machu Picchu ! 🙂 Aussitôt levés du lit, nous nous sommes dirigés vers l’arrêt d’autobus. À cette heure, nous pensions être les premiers arrivés. Toutefois, environ une quarantaine de touristes nous avaient déjà devancés ! Nous avons ainsi attendu jusqu’à l’arrivée du premier bus vers 5h00 du matin. Comme il y avait déjà 40 personnes devant nous, nous n’avons pas pu monter dans le premier bus. Nous sommes donc montés à bord du deuxième bus qui suivait immédiatement derrière. À 5h00 du matin, il y avait au moins 300 touristes qui attendaient en ligne derrière nous ! Ainsi, si vous souhaitez être les premiers arrivés sur le site, il vaut mieux arriver à l’arrêt du bus vers 4h00 du matin. Le bus met environ une demi-heure avant de grimper jusqu’au site et il faut environ 15 minutes avant de passer le guichet. Une fois sur le site, le spectacle est grandiose ! L’ensemble est vraiment vaste et d’une beauté incroyable. Aucune photo ou film ne peut rivaliser avec l’expérience de la visite. Je pensais être déçu, car j’avais souvent vu le Machu Picchu à la télé ou en photo. Aussi, le fait de me retrouver sur le site le plus touristique du Pérou ne m’enchantait pas. Toutefois, je n’ai vraiment pas été déçu. De 6h45 à 10h00, j’ai pu profiter du site et m’y promener sans rencontrer une masse de touristes. J’ai pu prendre plusieurs photos sans touristes, ce qui devient impossible vers 12h00. Ainsi, si vous souhaitez profiter du site en paix, mieux vaut arriver tôt ! Par ailleurs, la visite ne saurait être complète sans l’ascension du Wayna Picchu. Toutefois, seulement 400 touristes sont autorisés à y grimper à chaque jour. Pour pouvoir y monter, il faut se procurer un billet auprès d’un gardien qui se trouve près de l’entrée Wayna Picchu. C’est d’ailleurs la première chose que nous avons fait en arrivant. Nous nous sommes dirigés vers l’entrée et nous avons attendu en file pendant environ 45 minutes. Nous avions le choix de commencer l’ascension à 7h00 ou à 10h00. Nous avons décidé de prendre un billet pour 10h00. Ainsi entre 6h45 et 10h00, nous avons pu faire le tour du site de Machu Picchu en toute tranquillité. À 10h00, nous avons commencé l’ascension du Wayna Picchu. Pour gravir la montagne, il faut monter un long escalier taillé à même la pierre. La montée dure environ 1h30 et il ne faut pas avoir le vertige, surtout au sommet du site où de petits escaliers incas permettent d’accéder aux temples. La vue sur la région et sur le site est vraiment incroyable ! Nous sommes restés au sommet durant environ 1h00 et nous sommes redescendus vers 13h00. Nous avons fait un autre petit tour sur le site qui était envahi par les touristes. Nous sommes ensuite repartis en autobus vers 14h00 pour ne pas rater le train pour Cuzco qui partait à 17h00.

14/10/2008 mardi : Cuzco Journée plutôt tranquille pour faire quelques achats au marché d’artisanat. Comme il nous restait encore du temps, nous en avons profité pour visiter quelques sites inclus dans le Boleto Turistico : le monument à Pachacuteq, le Museo historico Regional, le museo del sitio Qoricnacha et le Qoricancha (non inclus avec le Boleto). Le Qoricancha n’étant pas inclus dans le Boleto Turistico, vous devrez payer quelques soles pour le visiter. Même s’il a été en grande partie démoli par les Espagnols, ce site est incontournable. Comme il s’agissait du temple le plus important de l’empire Inca, sa visite est essentielle et vous permettra d’admirer des pierres finement ciselées et des murs construits à la perfection.

15/10/2008 mercredi : Cuzco – Lima – Miraflores Réveil vers 7h00 et départ vers 8h00 en taxi vers l’aéroport pour notre vol de retour à Lima à 10h00 (vol réservé avant le voyage sur le site Internet de LAN.) Arrivée à Lima vers 11h00 où le même chauffeur qu’à l’arrivée nous attendait pour nous conduire à l’hôtel San Antonio Abad de Miraflores. Nous avons profité de cette journée pour visiter Miraflores : le centre commercial Larcomar avec vue sur l’océan Pacifique, les casinos, le Parque El Amor, la cathédrale de Miraflores, le Parque Kennedy, etc. Nous avons pu voir les nombreux parapentistes qui pratiquent leur sport près de l’océan et nous sommes descendus sur la plage pour voir les nombreux surfeurs qui nous ont proposé leurs services pour des cours de surf. Nous avons pris un verre au très beau restaurant La Rosa Nautica, qui se trouve sur une jetée d’où on peut admirer l’océan, les surfeurs, les falaises et les parapentistes.

16/10/2008 jeudi : Lima – Centro et souper avec Christian au Cordon Bleu Réveil vers 7h00 pour une journée réservée à la visite du Centro de Lima. Nous avons pris le petit déjeuner à l’hôtel et nous sommes partis en taxi (30 soles) pour rejoindre le Centro qui est assez loin de Miraflores (compter 20 minutes en taxi). Arrivée à la Plaza de Armas où nous avons pu admirer la cathédrale et le Palacio de Gobierno. Nous avons attendu qu’il soit midi pour assister au changement de garde qui s’effectue sous haute surveillance policière devant le Palacio de Gobierno. Le « spectacle » dure environ une heure. Des musiciens, vêtus d’uniformes militaires traditionnels interprètent plusieurs des hymnes péruviens tandis que des gardes défilent d’un pas saccadé et selon un protocole très précis pour prendre la relève de ceux qui surveillaient l’entrée. Après avoir assisté au changement de garde, nous nous sommes dirigés vers le Monasterio de San Franciso, un monastère franciscain célèbre pour ses catacombes et sa bibliothèque. La visite guidée, en espagnol, vaut vraiment la peine et permet de mieux comprendre l’origine de cet endroit qui est l’un des premiers cimetières de Lima. Les catacombes, où sont regroupés des milliers d’ossements, sont vraiment impressionnantes. Après cette visite, nous avons visité rapidement le Parque de la Muralla qui présente les ruines de l’ancienne muraille qui ceinturait autrefois Lima. Nous sommes ensuite revenus à l’hôtel pour nous préparer pour le souper. À 19h00 nous avions rendez-vous avec mon ami péruvien Chrisitan que j’ai connu à Montréal, mais qui est retourné vivre au Pérou. Nous l’avons rencontré à l’école d’hôtellerie où il étudie, Le Cordon Bleu de Miraflores, où nous avons mangé le repas le plus gastronomique de notre voyage.

17/10/2008 vendredi : Lima – Pachacamac et spectacle au Brisas del Titicaca Aujourd’hui, pour notre derrière journée complète à Lima, nous sommes partis très tôt pour visiter le site de Pachacamac, situé en banlieue de Lima. Le site est intéressant, mais ce n’est pas un incontournable. Les pyramides sont situées dans un cadre très désertique et sont en mauvais état de conservation. De la plus haute pyramide, la vue est très belle et on peut apercevoir le Pacifique. L’entrée au site n’est pas très chère (environ 10 soles) et il est facile de s’y rendre avec les transports publics. Vous n’avez qu’à vous rendre à l’intersection d’Angamos et de la route Panaméricaine. De là de nombreux minibus partent en direction de Pachacamac. Le coût du trajet est très abordable (1.20 soles) et le trajet dure environ 20 minutes. Il faut environ 2 heures pour faire le tour du site à pieds. Apportez de l’eau, car il fait beaucoup plus chaud qu’à Lima. Vers l’heure du midi, nous sommes revenus à Miraflores. Dans l’après-midi, nous avons fait quelques achats au Mercado Indio de Miraflores. Nous sommes ensuite revenus nous reposer à l’hôtel, car nous avions rendez-vous en soirée avec mon ami Christian pour une soirée à Las Brisas del Titicaca, une extraordinaire salle de spectacle. Nous l’avons tout d’abord rencontré dans son appartement situé près du Centro. Nous avons mangé du Pollo a la brasa et nous avons discuté avec sa sœur et son ami. Vers 21h30, nous sommes partis voir le spectacle. Je vous conseille vraiment d’aller faire un tour dans cette « peña » si vous voulez avoir un aperçu de la grande richesse des danses et de la musique péruvienne. De 22h00 à 3h00, les danseurs se sont succédés sans arrêt! Nous avons assisté à des marineras, à des sayas, des morenadas, etc. Les danseurs étaient exceptionnels et ils étaient accompagnés d’un orchestre « live ». Le coût du spectacle est un peu cher (je crois que c’était quelque chose comme 45 soles) et il faut réserver, car c’est toujours complet. Mais je vous le conseille vivement! Après le spectacle, nous sommes revenus à la chambre vers 3h30. Une courte nuit nous attendait, car il nous devions nous lever vers 5h30 pour prendre l’avion de retour…

18/10/2008 samedi : Lima –Montréal Après avoir dormi seulement 2 heures, nous nous sommes réveillés vers 5h30. Nous avons terminé de préparer nos bagages, nous avons pris le petit déjeuner et nous avons quitté l’hôtel en taxi vers 7h30. Départ de l’avion à 10h40. Transfert à Miami vers 17h00. Arrivée à Montréal à 23h15. Conclusion : un magnifique voyage !
Condensé de notre périple: vingt-quatre jours dans l’Ouest américain English translation pending
by Brihen · 2009-07-29 · 46 replies
Bonjour,

Après avoir écumé le forum et ses précieux conseils pendant de longs mois, nous sommes enfin partis pour ce merveilleux voyage. Merveilleux…. il le fût. Nous avons découvert des paysages à se pâmer, des couleurs indescriptibles, des décors incroyablement variés et des américains super sympa et accueillants.

Ceci n’est pas un récit complet et journalier de notre périple, mais juste un petit compte rendu de nos impressions sur ce fabuleux voyage.

Avant tout propos, un super grand Merci :

- aux co-auteurs (Thierry Lagarde et Philippe Schuler) du site OuestUSA (ma bible) :
http://ouestusa.fr/

et plus particulièrement à Philippe (alias Sedonax) pour sa grande disponibilité, ses connaissances sans faille et tous les judicieux conseils qu’il m’a prodigués.

- aux forumeurs : Aissia et André, Alexvanille, Dommm63, Fred XIII, Frisoulette, Grisemote, Itat, Kathsin, Krikri6792, Laurence49b, Lespartiate, leTigre, Mlefevre, Monkiwi, PSI31, Virginath, Vnoa, , Vasyvite (à l’humour parfois un peu grinçant ! 😛) pour leur site, leur récit, leur aide très appréciés.

- et à tous les autres que je ne peux nommer, qui, par leurs récits, leurs questions ou leurs réponses, m’ont aussi grandement aidé.

Les présentations : Petit groupe de ch’tis composé : d’un couple d’amis (JM et N), de notre fille (Isa) et de nous-mêmes (Bribri et Riri) – C’est le 1er voyage aux USA pour tous, sauf Isa.

Circuit effectué du 21 mai au 14 juin 2009 : San Francisco – Monterey – Los Angeles – Grand Canyon – Page – Monument Valley – Moab – Torrey – Bryce –Zion – Las Vegas – Death Valley - Yosemite – San Francisco.

Kilométrage parcourus : 6000 km environ

Préparation du voyage : une bonne année !! Et oui, j’suis pas rapide !

Documentation :

- Guide « National géographic » : San Francisco

- Guide du routard

- Guide Michelin : l’Ouest Américain

- Guide bleu « Hachette » : les grands parcs

- divers sites et récits « Internet »

- le forum et ses « gentils » forumeurs

Je pense que vous comprendrez mieux maintenant pourquoi plus d’un an de préparatif a été nécessaire, il a fallu le temps de les dévorer ces guides !

Réservations :

1/ Le vol : billets d’avion achetés sur Internet environ 10 mois avant le départ et sièges réservés dès que cela fût possible.

Aller : vol direct Roissy/San Francisco – Air France

Retour : vol avec escale à Minneapolis – Northwest Airlines.

2/L’hébergement :

Hôtels, bungalows et B and B réservés sur Internet au moins 6 mois avant le départ (et presque 1 an avant pour ceux situés dans les parcs) - J’ai noté, in fine, quelques appréciations à ce sujet.

3/ Véhicule de location:

Beaucoup d’hésitation quant au choix du véhicule : 4/4 ? pas 4/4 ?....Vu le peu de pistes empruntées pour ce 1er voyage, l’idée du 4/4 a été abandonnée (merci forum). Aucun regret. Vu les Km à parcourir dans un laps de temps assez court, ’il n’aurait pas été possible de sortir des sentiers battus : sniff sniff

Notre demande : Van 7 places - réservé par le biais de elocationde voiture. A recommander - Prix très intéressant par rapport aux offres des 7 ou 8 concurrents sélectionnés. Plein d’essence inclus + 5 conducteurs + toutes assurances comprises (dont bien sur SLI Ø1.000.000 $) sauf pneus/bris de glaces et sans la PAI que nous avons pris en sus,

Agence ALAMO – Bush Street à San Francisco : Aucun problème– En moins d’1/4 d’heure tout était bouclé à mon grand étonnement ! (J’avais lu pas mal d’appréciations négatives à leur encontre.)

Véhicule obtenu : van 7 places, « KIA » en excellent état pour ne pas dire neuf et super confortable (un peu gourmand peut être…. Mai vu le coût de l’essence le budget n’en a pas trop souffert)

4/ Activités : bookées un peu avant le départ pour quelques unes, le reste réservé sur place

Coût/personne en euros:

Billets d’avion : 760, 86

Shuttle Aéroport/hôtel : 14, 41

Location van : 171, 53 + Assurance PAI : 23, 04

Hôtels 702, 72

Essence + nourriture + pass/park + entrées diverses : 664, 91

Soit un total de : 2337, 47 euros/personne

Auxquels s’ajoutent quelques « extra »:

- Visite d’Alcatraz

- Los Angeles, visite de la ville

- Hélicoptère grand canyon

- Survol Lac Powell

- Croisière Lac Powell

- Antélope Canyon (upper)

- Survol Canyonland

- 4/4 dans Canyonland (Tag a Long)

Nous avions changé nos euros par l’intermédiaire de « Yes Change » et effectué des retraits aux distributeurs

Les repas :

- Les petits-déjeuners étaient parfois compris, sinon toujours moyen de manger à prix raisonnable dans les environs

- Pour les déjeuners, la plupart du temps : pique nique sinon petits restaurants très simples (genre Eklectica à Moab – pour ceux qui connaissent (on a aimé)

- Quant au repas du soir, sans faire de grand tralala, on s’est parfois offert de bons petits restau. (Avec prix raisonnables !)

Petite parenthèse : On mange mal aux USA ? -Dans la plupart des restaus fréquentés les repas étaient légers et savoureux, mais certes, copieux ; il faut juste (merci forum) ne commander qu’un seul plat !

Petit condensé du voyage :

- San francisco : on n’a, hélas pas tout découvert mais on a adoré et on y retournera Petite mention* pour la messe gospel du dimanche. (merci Sédonax) - Dégustation de thé au jardin japonais (tout petit jardin mais très beau) - pique nique de crabes sur Fisherman’s, - petite bière au 52ème étage : whouaaaa .. et tout et tout et tout…..





- La Rte n° 1 de MONTEREY à LOS ANGELES : côte sauvage, très agréable et joliment fleurie, (découverte sans le soleil hélas) avec ses lions de mer, ses roches, ses oiseaux, …..un petit air de Bretagne, beaucoup de Km, mais décor aidant, cela n’a pas paru long.







- Grand Canyon (rim Sud) et ses divers points de vue. Epoustouflant. En prime nous nous sommes offert le survol en hélico : à couper le souffle (le prix aussi d'ailleurs ! 😕)







- La croisière sur le Lac Powell « antélope canyon » : on a trouvé ça bien, malgré les avis négatifs glanés par ci par là. L’alliance de la roche et de l’eau était du plus bel effet.



- Le survol du Lac Powell : superbe le lac vu du ciel, avec des dégradés de bleus whouaaaa ! !







- La petite virée dans Antélope canyon (upper) sur le coup de midi : une petite merveille.

- Horseshoes Bend : whouaaaaaaaaa : un petit bijou, un éblouissement, ceci dit sans exagération. Pourquoi est-ce si peu connu ? (en dehors du forum bien sûr)



- Les toadstool hoodoo : on a adoré ces champignons, tantôt d’un blanc pur, tantôt rouges, le site est vraiment très beau, charmante balade et très facile de surcroît.





- Cathédral wash : sympa : on s’est amusé comme des petits fous, un peu casse g….. parfois ! on n’a plus 20 ans.



- Monument Valley : quelle immensité et quelle quiétude (on était presque seuls) : c’est Quand Qu’ils nous repassent un western à la télé ?



- Goosenecks : même si le site nous est apparu en noir et blanc (toujours pas de soleil) on a bien aimé, dommage, impossible de fixer le tout sur une photo, il va falloir faire « un petit montage »

- Canyonland : the needles, hélas nous n'avons pu en découvrir qu'une infime partie, faute de temps.....



Canyonland : Island in the sky et la virée en 4/4 (Shaffer trail etc…) 4 h dans un petit paradis avec chauffeur/guide Apache : trop trop bien !





- Le survol de Canyonland : quel spectacle ! et là aussi des couleurs vanille/chocolat/caramel : on en mangerait











- Arches : superbe parc, vaut le détour, hélas nous n’avons pas pu tout voir c’est immense et nous avons perdu pas mal de temps avec la petite « folie » de nos hommes : ils sont montés là haut….. sur double arche !! et impossible de redescendre, j’ai bien cru qu’on allait dormir là. Inutile de vous dire que c’était l’attraction du coin.





Pour avoir une idée de la grandeur, cherchez le "petit bonhomme" en bas au milieu de la photo......

- Mill creek : petit coin de fraîcheur, un peu de détente les pieds dans l’eau, sympa.



- Le rodéo de Moab : un vrai rodéo (pas le truc à touristes). On a aimé le spectacle comme l’ambiance et « chapeau » les américains pour le respect pendant l’hymne national !

- Les paysages de la scenic drive n° 12 : là, changement de décor, paysage lunaire, on ne compte plus les arrêts photos !





- Capitol Reef (partie sud) : encore quelques roches rouges..... petite virée dans Capitol Gorge, puis arrêt pique nique à Fruita « le repos des yeux » après toutes ces couleurs flamboyantes. Décor bucolique, prairies, vergers, quelques animaux, une ancienne maison de pionnier……Petite pause bien agréable….







- Le Burr trail (partiellement parcouru) à ne pas manquer non plus……avec ses roches taillées au couteau



- Devil's garden : un autre petit détour bien agréable



- Bryce oh bryce : notre coup de cœur, surtout la balade Queen garden/Navajo trail: whouaaaaaaa, des formes extravagantes et quelles couleurs ! des dégradés de crème, de jaune, d’orange, du blanc, tout celà ponctué de vert (les pins). Encore un miracle de la nature, un ravissement.













- Kodakrome basin : un petit bémol pour ce parc. Serait-on blasé ! ou peut être le temps, très couvert et orageux ne nous a pas permis d’apprécier ?





- Zion : ici plus de verdure, plus de fraîcheur (relative) on ne peut que vibrer en le parcourant, rivière, écureuils, végétation, petite trempette dans les Narrows. A découvrir car ce parc ne ressemble ni aux Alpes, ni aux Pyrénées : c’est Zion,



- Valley of Fire : là aussi des couleurs magnifiques, des roches rougeoyant sous le soleil (il avait daigné faire son apparition) Nous avons bien apprécié. Avons fait une petite rencontre avec la famille « scorpion » sur la white dôme. Brrrrrrrr : ce genre de bébête on n’aime pas trop. !









- Las Vegas : On est bien content de l’avoir vue, ………..enfin une partie, mais c’est suffisant pour nous.







- Death Valley : Dante view : dantesque : (elle facile celle là) là aussi autres paysages, autres curiosités, un régal pour les yeux







- Mono Lake : Extra ces concrétions qui se reflètent dans le lac, ça donne un effet particulier, ’irréel, un peu fantomatique ! –très beau –

- Bodie : Nous avons adoré cette petite « ghost town » enfin, ce qu’il en reste. Au vu des intérieurs : maison, hôtel, saloons, école, notre imagination a bien gambadé. – à voir absolument.









- Yosemite : verdoyant, apaisant, relaxant – belles cascades – et cerise sur le gâteau : rencontre avec les ours (pas trop près quand même, mais pas si loin que ça, si si, vrai de vrai, whououaaaaaa ! extra





Climat : Le temps ne fût pas toujours très ensoleillé, au moins on n’a pas souffert de la chaleur, même à Death Valley !! Faut le faire. Nous avions acheté une glacière, mais elle a peu servi. Par ailleurs, nous avons même eu très froid à San Francisco, (J’ai cherché des gants, mais n’en ai pas trouvés – bon j’en rajoute, mais c’est pas loin de la vérité – 12° maxi !) Enfin, bref pas de pluie même si parfois l’orage grondait au loin, c’est le principal.

Les points forts :

- San Francisco - les survols – Horseshoes – Antélope C. - Bryce –Valley of fire - les ours à Yosemite…. Etc... (Je ne vais pas tout re-citer)

- L’extrême gentillesse des américains, leur grande disponibilité……..chapeau : on a du pain sur la planche pour arriver à leur cheville….. J’avais quelques idées préconçues avant le départ, honte à moi !

- - La possibilité de rouler « cool » et pas d’incivilités sur la route ! ça change

En fait pourquoi perdre du temps à essayer d’extraire les points forts : TOUT LE VOYAGE FUT UN ENCHANTEMENT

Les regrets :

Nous n’avons pu voir :

- Havasupai : je ne sais si le site à retrouvé sa splendeur ?– De toute façon même sans ce flash flood nous n’aurions pas pu y aller (plus de chambre disponible un an avant !!)

- la cottonwood : pas possible ce jour là avec notre véhicule (dixit rangers)

The wave : Nous avons été tiré au sort mais pour les 3 dernières places…… nous étions 5 ! Quel regret. Une très vilaine pensée m’est passée par la tête : « et si on y allait quand même à 3 »….. Mais, bien vite j’ai retrouvé la raison : nous sommes 5, c’est 5 ou rien. Inutile de vous dire que notre refus a fait des heureux

- CBS et white pockets : grand regret aussi, nous n’avons pu le faire pour d’autres raisons

- Wahweap hoodoos : il aurait fallu louer un 4/4 mais de toute façon : nous n'avions pas suffisamment de temps disponible

- Pas rencontré Lolo (Laurence49b) ni leSpartiate et sa jupette à Moab Brewery : sniff sniff….Quel dommage !

-

Une seule chose me console : nous y retournerons.

J’espère pouvoir mettre en ligne un rendre compte un peu plus étoffé de notre voyage, mais je ne peux le promettre, d’autant qu’il va falloir préparer le prochain

Brigitte

Appréciations Hôtel :

San Francisco : Hôtel Grant - 753 Bush st (merci forum)

Hôtel simple mais très correct et propre - super bien situé.

Très bon accueil – Petit déjeuner : bon et copieux. (J’ai lu le contraire quelque part ! pas compris)

Monterey : Howard Johnson Express – 1240 Munras Avenue

Rien à redire en ce qui concerne l’hôtel - Pour le petit déj : on avait l’impression d’être constamment surveillé comme si nous dévorions comme des ogres … : désagréable.

Los Angeles : Hollywood city – 1215 N western Avenue

Nous étions dans le bâtiment annexe – Petit problème : la minceur des cloisons.(ou était-ce seulement un voisin très bruyant ?)

Petit déjeuner correct - Emplacement : bof

Grand Canyon : Bright Angel Lodge

On a adoré – chambres et literie confortables – Emplacement : le rêve, chambres le long de la rim

Petit déjeuner non compris

Page : Day inn and suites – 961 N – Hwy 89

Rien à redire, tout était parfait. Accueil peut être un peu impersonnel mais ce ne fût pas un problème

Très bon petit déjeuner.

Monument Valley : Cabins in campground (Goulding’s Lodge) (merci Monkiwi)

Très agréable bungalow doté de tout le confort avec » presque » la vue sur Monument Valley

Rien à redire –on a beaucoup aimé le cadre -Petit déjeuner non compris



Moab : La quinta Inn – 815 S Main St

Rien à redire – tout était parfait – Très bon petit déjeuner

Torrey : Formely Wonderland Inn

Très bon accueil – Motel confortable – Petit déjeuner non compris

Tropic : Bed ans Breakfast « Bryce trails B and B – 1001 W Bryce way

Superbes chambres - grand confort – calme - Accueil chaleureux – petits déjeuners pantagruéliques.



Overton : BW the north shore inn at lake mead –

Nous devions loger à Zion, mais avons changé pour ce “trou” afin d’être plus près de Valley of Fire le lendemain matin - L’hôtel était très correct – bon petit déjeuner –

Quant à l’emplacement : Bof, difficile de trouver un restaurant : il y avait juste un Mac Do – (ou alors on a mal cherché !

Las Vegas : Bill’s gamblin hall and saloon – 3595 Las Vegas Bd S

Très bon rapport qualité/prix - et hôtel très bien situé - Rien à redire – Petit déjeuner non compris

Death valley : Furnace creek ranch

Motel très confortable face golf - Petit déjeuner non compris

Yosemite « est » hôtel Virginia Creek Settlement – 70847 Hwy 395

Petit motel très confortable situé dans un cadre bucolique – très bon accueil - Rien à redire – bon repas le soir

Petit déjeuner non compris



Yosemite « sud » OaKhurst - BW yosemite Gateway Inn – 40530 N hway 41

Très bon hôtel – chambres confortables – coin kitch – Petit déjeuner non compris

San Francisco (Airport) Millbrae : Millwood inn and suites

Motel correct – navettes pour aéroport - Petit déjeuner compris mais comme notre avion décollait tôt…… pas de petit dej.
Avis sur itinéraire dans l'Ouest américain du 15 septembre au 7 octobre 2009 English translation pending
by Sebontheroad · 2009-07-22 · 9 replies
Bonjour,

Voilà l'ouest américain est à la mode en ce moment... Et comme je suis sur le continent autant en profiter aussi

Avec d'autres "forumistes", nous sommes en train de planifier un road trip du 15 septembre au 7 octobre (soit 21-22 jours) Départ de Los Angeles et retour à LA

Après lu pas mal de post, j'ai une ébauche de l'itinéraire et j'aimerai savoir s'il tient la route Après en fonction des réponses, on pourra modifier le trajet alors si vous des propositions ou des conseils, n'hésitez pas..

Pour une location de voiture pour 21 jours, si une bonne âme a un bon plan... sinon à combien pensez vous que ça reviendrait ? combien d'essence même si c'est dure à évaluer comme ça ?

Pour l'hébergement, ce sera plutôt camping, excepté dans les grandes villes... j'ai vu que pas mal de camping n'avait pas de douche. Avez vous des bonnes combines ? Sinon comme on a prévu de camper si vous avez trouver des petites perles pas trop cher. Faut il réserver à ce moment de l'année aussi ? combien de temps avant ?

Bon voilà l'itinéraire : 15, 16 sept LA - Los Angeles 17, 18 San Francisco 19 Yosemite 20 Monolake, Bodie 21, 22 Death Valley 23 Las Vegas 24, 25 Zion 26, 27 Bryce canyon 28, 29 Capitol Reef 30 Arches 31, 1 août Canyon Land 2 Monument Valley 3 Valley of God, Mucky Dugway, Goosenecks, Muley Pont 4 Lake Powell 5 Antelope Canyon et Horse Shoe Bend 6 Grand Canyon 7 Las Vegas 8 LA

Pour la météo, à ce moment de l'année, comment est elle ?

Si vous avez des conseils, des suggestions.. je pense qu'on pouvait aussi faire la boucle zion, bryce, captitol, arches, monument valley... dans l'autre sens, qu'en pensez vous ?? lequel est le mieux.. si vous pensez qu'il faut rajouter un jour ou en enlever un pour certaines étapes, dites le moi et surtout pourquoi.

Voila merci d'avance à tous les voyageur qui m'aideront Sébastien
Improvisation Nomade English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-21 · 8 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Première Partie : France

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !

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Rapport de voyage de randonnée en Islande 2009 English translation pending
by Willemspie · 2009-07-15 · 17 replies
32 jours sur place du 12 juin au 13 juillet 2009 Infos generales - -- - Temps: bien meilleur que prevu. 20 jours de temps superbe (doux, soleil, en T-shirt, parfois vent) contre 5 de temps execrable - Pas mal de touristes, deja mi-juin. La plupart voyagent en vehicule de location et se retouvent tous sur le meme circuit. - Budget: 750 euros sur place, dont plus de la moitie en transport. - Nourriture: supermarches Bonus. Pas plus cher qu'en Belgique. Les Samkaup, 10/11, ... sont beaucoup plus chers. A Reykjavik, Akureyri, restos bon marche. A Reykjavik, thailandais Nudluhusid dans la rue commercante au-dessus du Bonus (7 ou 8 euros). A Akureyri, thailandais Krum Siam (buffet 8 euros). - Camping: souvent belles prairies. Mais peu de toilettes et douches. Tres frequentes, surtout vacanciers islandais. 800 a 1000 kr par personne. Reykjavik: tres bien, dans un parc. Beaux campings dans la nature: Skaftafell, Tungudalur a Isafjordur, Hanrar a Akuryyri, aussi au lac Myvatn - Vols interieurs Air Iceland. Tres bon marche si achat longtemps a l'avance sur le Net (moins de 30 euros le vol, bien moins que le bus). Bus: cher.

RANDOS

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1°) Skogar Lannmanalaugar. Tres frequente en haute saison. La partie Skogar Thorsmork en vaut la peine mais, en debut de saison, il y a un passge de 10 metres de neige tres raide delicat. J'ai fait du camping sauvage plusieurs nuits bien qu'interdit. 25 heures de temps reel de marche au total. A Skogar, suivre la riviere en haur des chutes, on passe de nombreuses autres cascades, tres beau. Un refuge en tres mauvais etat a 4 heures de Skogar (il y en a un autre moderne mais je n'y suis pas alle). A Thorsmork le pont pietonnier n'est plus operationnel, il faut demander a un vehicule de vous traverser. 2°) Hvitarnes Hveratellir. Facile, tres tranquille, grands espaces possible en 48 heures (pour les bus). Refuges vides ici. 3°) Asbyrgi Dettifoss. Possible en 24 heures (pour les bus), si on fait du camping sauvage (interdit). Fin superbe, prendre le chemin dit difficile par la corde (pas tres difficile en fait). 4°) Hornstrandir. Vraiment exceptionnel. Peu de monde, meme personne en dehors des points touristiques comme Hornvik et Hesteyri. Il faut reserver le bateau aller et retour au depart d'Isafjordur. www.vesturferdir.is. J'ai fait Hesteyri dimanche soir a Hrafnfjordur samedi midi, y compris un detour sur la calotte glaciaire de Drankajokull. Mon meilleur conseil de ce voyage.

Pierre
De retour de 18 jours dans l'Ouest américain English translation pending
by Itat · 2009-07-13 · 103 replies
De retour de 18 jours dans l’Ouest américain. Tout d’abord, merci à tous ceux qui donnent de bons conseils sur ce forum et aux concepteurs de sites sur les Etats-Unis, bien connus ici. C’est si facile de construire son voyage avec de telles mines d’informations !

Maintenant le voyage point par point dans l’ordre chronologique, les points forts, les points faibles, les hôtels etc… 18 jours ça passe vite, trop vite, j’aurais bien aimé que ça dure un peu plus longtemps avant le retour dans mon cher pays, rester plus longtemps dans certains endroits, en découvrir d’autres… Ca sera pour plus tard, je l’espère !

Au fait, des photos suivront sans doute dans la partie carnet de voyages du site. Même si je ne suis pas photographe, ni pro, ni amateur ! Donc ne pas s’attendre à de la haute qualité !

Los Angeles :

Arrivée à destination avec 30 minutes de retard (vol Air France), le vol s’est bien passé, le survol du Groenland a été un beau moment, la baie d’Hudson et ses icebergs aussi, puis enfin les Etats-Unis !

Les formalités à l’aéroport se passent assez vite, problème nos valises arrivent en dernier… Donc finalement on sort assez tard de l’aéroport, direction Alamo en prenant la navette. Et là premier mécontentement (le gros point noir du voyage !! voir plus tard !) concernant Alamo : une attente interminable, seulement 2 guichets d’ouverts (1h30 !!), alors qu’on avait déjà réservé la voiture plusieurs mois à l’avance. Finalement, c’est notre tour, le monsieur nous demande si on est d’accord de ne pas payer le supplément jeune conducteur et de prendre à la place de notre Pontiac G6 un mini SUV (Nissan Rogue). Nous sommes d’accord ! A dépenser de l’argent, autant que ce ne soit pas dans des taxes, mais dans le choix d’un beau véhicule ! (du coup Alamo se rattrape sur le premier sentiment négatif, mais ça sera de courte durée…)

Universal Studios (VIP Tour) : seul point négatif, que tout soit en anglais de A à Z donc des fois on a du mal à comprendre… Mais sinon, c’est super ! Ca nous a permis de faire toutes les attractions, car la queue en ce mardi 23 juin dans certaines attractions est assez impressionnante. Ma préférée : Jurassic Park. La visite des studios et des ateliers est assez intéressante, mais là encore la langue est une barrière pour tout comprendre.

Warner Bros Studios Tour : là encore c’était très bien, mis à part la barrière de la langue. Je ne comprends pas qu’ils n’aient pas encore songés à des traductions comme à Disneyland Paris, m’enfin on est en Amérique ! Dans certaines parties, interdiction de prendre des photos, et interdiction de filmer tout court. Mouais…

Griffith : une merveille, la vue sur la ville est super, on voit aussi le signe Hollywood sans les poteaux télégraphiques et autres fils électriques. D’ailleurs après Griffith on s’approchera au maximum des lettres ! L’intérieur de l’observatoire est intéressant.

Beverly Hills : C’est cossu, de belles villas, de belles pelouses… C’est vraiment à expérimenter.

Hollywood, Walk Of Fame : beaucoup de monde, c’est fatigant, on photographie l’étoile de Michael, sans savoir qu’il va mourir le lendemain… On visite le musée de cire, celui de Paris est mieux.

Michael : le jeudi 25 je vais faire un petit tour sur internet pour vérifier ma boîte mail et Qu’est ce que j’apprends, la mort de Michael à Los Angeles ! On décide de se rendre à UCLA, guidés par les hélicoptères. Une foule pas si impressionnante que ça, en fait il y a plus de journalistes que de fans ou de curieux.

Hôtel Best Western Sunset Plaza : un bel hôtel avec une belle piscine et une belle vue sur Downtown. Un petit déjeuner copieux en buffet compris dans le prix. Seul bémol, on donnait sur Sunset Boulevard et on entendait la circulation des voitures. A l’accueil, bien élevés mais sans plus, on dira « un peu coincés ».

Avis sur Los Angeles : 12/20 comme je m’y attendais, ville très étendue avec beaucoup de circulation. Non, il n’y a pas rien à voir dans cette ville, par contre je comprends qu’on n’aime pas. Je suis content d’y être allé et de ne pas avoir été pressé par le temps, je suis loin d’avoir tout vu. Par contre j’étais quand même content d’en partir car pour moi ce que j’attendais le plus du voyage c’était les Parcs Nationaux (je suis plus nature que ville) ! Mention spéciale au Griffith Observatory.

La suite au prochain numéro…
Voyager au Japon pour vous? English translation pending
by Coqvol · 2009-07-10 · 9 replies
Bonjour à tous,

J'ai la chance d'être présent depuis quelques mois dans ce forum et J'écoute avec intérêt des opinions sur le voyage au Japon et le Japon même.

Maintenant, j'ai envie de savoir de plus en plus ce qu'attendent du voyage au Japon les personnes non-residentes comme vous probablement et amateurs du Japon sans-doute ?

Tokyo moderne ? Sanctuaire et Temple ? Repas ? paysage ? Histoire ? Culture ? gens ? Hébergement sur tatami ? Bain thermal ? Manga ? Akiba ? Dessin animé ? Film ? Litérature ? Patrimoine ? Tradition ? Théâtre ? Sport etc ?

A partir de ça, je voudrais connaitre beaucoup plus avec vous mon pays. Chaqu'un ses gôuts, dite-le-moi.

Merci par avance.
Mon premier voyage en trike: Bras - Silhac - Bras (France) English translation pending
by Yvesg83 · 2009-07-05 · 6 replies
Dimanche 24 mai 2009:

C’est dur de partir et de quitter le confort de la maison… A 11h je me décide enfin et fait demi-tour après 100m: impossible de passer sur le grand plateau. Arrêt au stand pour régler la fourchette du dérailleur: ça commence fort. Après 5mn de réglage c’est reparti et cette fois-ci c’est la bonne, je quitte enfin Bras. Il me faudra presque1h30 pour faire les 10 bornes qui me séparent de St Maximin mais ça je le savais depuis mon petit week-end de 3 jours le 1er mai et ça me convient: le trike en cyclo-camping c’est pas rapide. Par contre ce qui est nouveau par rapport au 1er mai c’est la canicule; 3 semaines avant je me suis fait avoir par le rapport entre le soleil et la position allongée du trike et cette fois-ci j’ai pris la crème solaire donc pas de soucis mais pour la chaleur j’ai rien, y'a pas la clim' sur un trike.

Après un petit arrêt pour casser la croûte à St Maximin je repars vers 13h15 en direction de Rians et je sais que ça va être dur: c’est tout droit ou presque, en plein soleil quasiment sans ombre et ça monte presque tout le temps, régulièrement certes mais ça monte quand même. Après plus d’une heure à ce régime là je jette l’éponge: ça circule beaucoup en cet après-midi de retour de week-end de l’ascension, les 38, 05 et autres 74 ou 73 ont visiblement quitté la plage moins tôt que prévu et semblent pressés de rattraper le retard, le cagnard frappe sans pitié, le bitume dégage une chaleur insupportable et malgré des arrêts au moindre coin d’ombre il me paraît urgent d’attendre. Je m’éloigne un peu de la route m’arrête à l’ombre d’un arbre et fais une pause d’une heure trente environ.

Quand je redémarre je sais que j'ai encore 3km à en ch… mais qu'une fois dans la grande ligne droite (la seule de tout le Var) qui avoisine les 4, 5km tout devrait s'arranger. Sauf qu'en voiture ou à moto le relief apparaît différemment et je m'aperçois que la fameuse ligne droite descend sur 1km environ puis remonte sur 3, 5…

J’arrive à Rians vers 17h, mon objectif (St Paul les Durance) n’est plus qu’à 13km et comme ça descend jusque là en suivant la vallée de l’Abéou je n’hésite pas, ça devrait le faire facilement. Finalement c'était pas si simple cette "descente" faite de faux plats tantôt montants tantôt descendants et je suis quand même content d’arriver à la Durance: après environ 45km je suis plus très frais. Je vois de suite la pancarte indiquant le camping sauf que quand j’y arrive la personne à qui je m’adresse me dit que le camping est fermé depuis 2 ans, que c’est devenu une résidence de loisirs avec des mobil homes mais que comme "on n'est pas des sauvages vous pouvez plantez la tente où vous voulez, les blocs sanitaires fonctionnent toujours et l'eau de la douche est chaude". Merci beaucoup m'sieur parce que je me voyais pas continuer ce soir.

J'ai à peine commencé à sortir la tente qu'un autre cyclo-voyageur arrive à son tour; il est hollandais et arrive de l'autre pays du fromage avec Nice pour destination; pas de bol je suis tombé sur le seul hollandais au monde qui ne parle pas français (j'exagère peut être un peu d'accord) et je passe donc la soirée à travailler mon anglais.

Lundi 25 mai 2009:

Réveil à 7h pour mon voisin et moi, habillage, p'tit déj', pliage de la tente, rangement des affaires et à 8h30 je suis prêt à partir. Jusqu'au pont de Mirabeau ça descend et ça fait du bien de commencer la journée comme ça. Le problème c'est qu'après ça grimpe jusqu'à Grambois ou presque; je me fais déposer par tous les vélos qui passent quelque soit l'âge ou le sexe du "moteur" mais je garde le moral. A 11h pause pain au chocolat à Grambois; 17 km en 2 heures et demie on est loin de la performance mais tout va bien: je n'ai mal nulle part si ce n'est au dessus du genou gauche, côté mécanique pas de souci à part une vis qui maintient le dossier qui s'est barrée mais avec un hauban sur deux je tiendrai bien jusqu'à Buis les Baronnies où Serge devrait pouvoir me trouver une solution. Je repars vers 11h30 en sachant que les prochains kilomètres seront les plus durs depuis le départ avec l'ascension du col de l'Aire Deï Masco perché à 696m soit, en gros un dénivelé de 400m sur 10km.

Au début c'est plus un faux plat montant qu'une vraie montée, je vais pas vite mais ça va et je ne m'arrête qu'à chaque borne kilométrique pour souffler un peu et boire un coup. Mais après Vitrolles en Lubéron les choses se corsent: il reste 250m à grimper sur 4 km en plein cagnard maintenant et je trouve mes limites et celles de mon plateau de 26 dents; pour le Ventoux on attendra un peu je crois. Alors je compte les traits des lignes de rive: chaque trait fait 3m, entre 2 traits il y a 3, 50m et tous les 25 traits je m'arrête pour souffler; ben 25 traits même si ça ne fait que 162, 50m c'est parfois très très long…

Au sommet du col, après la traditionnelle photo souvenir (mon 1er col en tricycle) je file dans la descente vers Céreste. Il est 14h15 quand j'y arrive et je décide m'accorder une pause d'au moins 2h avant de repartir vers Rustrel où j'espère arriver ce soir. Après le casse croûte je me tape la sieste sur un banc jusqu'à 16h où je me trouve un café pour un petit rafraîchissement bien mérité.

A 16h30 c'est reparti: descente vers Apt puis après 4km sur la nationale petite route à droite très sympa et très vallonnée (je peste à chaque fois que ça descend parce que ça veut dire que ça va remonter après alors qu'une route toute plate aurait été le rêve absolu mais c'est le jeu) avec une tendance à la montée quand même puisqu'on remonte la vallée du Calavon. Après avoir étudié un peu plus la carte je décide de ne pas passer par Rustrel mais par Oppedette.

Sauf que les 2 derniers km avant Oppedette font passer de moins de 400m à 525 et en fin de journée après le col quelques heures plus tôt c'est vraiment dur. Aussi quand au bar où je m'arrête je demande à la dame s'il y a un camping dans ce magnifique décor et qu'elle me répond qu'il faut faire 6km de plus je décide de trouver un coin pour dormir sur place: 50km c'est assez pour aujourd'hui. Un tandem avec une remorque débarque et le couple qui en descend étant alsacien la discussion est plus facile que la veille et on va planter nos tentes au dessus des gorges d'Oppedette. Le repas face aux gorges à discuter de transport écologique avant d'aller se coucher est un souvenir inoubliable.

Mardi 26 mai 2009:

Lever 6h00 et départ à 7h30 aujourd'hui pour essayer d'aller "plus vite" que le soleil. Jusqu'à Simiane il y a 6km qui m'en paraissent 12 (ça monte fort avant de redescendre) mais quand j'arrive à la boulangerie le café/pain au chocolat me redonnent le moral. Des clients me disent que jusqu'à St Christol je vais en ch… Il y a plus de 200m à grimper sur un peu plus de 4km mais après ça devrait être plat. Et c'est à ce moment là que les nuages menaçants qui approchaient depuis le matin décident de craquer: enfilage de la veste de pluie que je quitterai rapidement, c'était juste passager, ouf. Dans la montée je reprends le comptage des traits pour marquer mes pauses mais par lots de 50 cette fois-ci, c'est déjà mieux que la veille pour une pente à peine inférieure et finalement j'arrive sans gros souci à St Christol après avoir vu apparaître le majestueux Ventoux dans le paysage.

Après une petite pause je repars en direction de Sault mais là c'est un régal puisque ça descend quasiment tout le temps. Il est l'heure de déjeuner, le bar face au Ventoux est ouvert et donc je m'arrête pour un sandwich bien mérité au milieu de plein de cyclistes venus se frotter au Géant de Provence. A 14h15 je repars pour essayer d'être avant ce soir à Buis les Baronnies ce qui ce matin ne me paraissait pas gagné d'avance mais maintenant largement faisable malgré le col de Fontaube (155m sur 4km puis 3, 5km quasiment plats) qui m'attend à Savoillan.

Jusque là ça descend et peu après 15h j'attaque le col et je m'aperçois rapidement que la DDE locale a complètement déliré. A la bifurcation pour le col il est indiqué à 7km mais après à peine 200m je suis déjà à la borne n°1 de la D41 que j'emprunte. Mais ce n'est pas tout: 100m après une 2ème borne visiblement plus vieille mais aussi marquée du n°1. Et ce n'est toujours pas tout: tous les km le phénomène va se reproduire mais avec de plus en plus d'écart entre le nouveau bornage et l'ancien ce qui fait que je franchirai le col après la borne n°7 du nouveau bornage mais après la borne n°8 de l'ancien; étonnant non? Ceci dit à mon grand étonnement ce col est passé tout seul en moins d'1h15 et vers 16h30 j'ai rejoint la D5 ce qui me permet d'être à l'atelier de Serge avant 17h.

Je suis heureux de le voir; il est débordé mais résout mon petit problème technique de vis qui joue la fille de l'air en la remplaçant (ainsi que l'autre toujours là) par un boulon complet monté au frein filet et avec un écrou nylstop; le trike se sera désintégré autour que les boulons seront encore là: merci Serge. A 19h direction le camping pour une douche bien mérité après les 70km d'aujourd'hui.

Mercredi 27 mai 2009:

Je retourne voir Serge et après un café il fait quelques réglages sur mon trike. Pour ma part je vais faire un tour à la recherche d'une boulangerie, je flâne au marché, apprécie le concert tzigane puis retourne voir Serge. Pour rejoindre la vallée du Rhône il me conseille de passer par le col d'Ey (718m) puis le col de la Sausse (791m) pour dormir à Bourdeaux tout en me prévenant que je vais en ch… dans le 2ème col, je crois même déceler un doute quant au fait que je serai le soir même à Bourdeaux.

A 11h00 je pars en direction du col d'Ey (320m en 5km) où je vais déjà beaucoup souffrir: il fait très chaud et j'accuse un peu le coup après les 3 premiers jours. Au sommet je prends le temps de souffler et je me permets même de faire sécher mon linge avant de repartir. La route descend jusqu'à la D94 où une aire de pique-nique me tend les bras pour la pause de midi; à plus de 14h… Je repars vers 15h30 pour le col de la Sausse: 500m à grimper en 13km environ avec plus de 400m sur les 8 derniers: ça va pas rigoler. Jusqu'à St Ferréol Trente pas ça avance tranquillement dans de longs faux plats montants mais il est déjà 17h quand j'y arrive et le plus dur est à venir.

Les choses sérieuses commencent dans les gorges de Trente pas et se corsent peu à peu jusqu'au sommet. Comme le paysage est magnifique je prends des photos dans tous les sens et ces 2h d'ascension (pour 8km) entrecoupés par une petite pause tous les km passeront finalement assez vite. A 19h j'arrive au sommet avec un mistral à décorner les cocus, je fais vite la photos d'usage, j'enfile le coupe-vent et me lance dans la descente de 20km qui s'offre à moi. 45mn plus tard je suis au camping de Bourdeaux. Après mon installation je vais au village me manger une pizza devant la finale de la Champion's League dans une ambiance chaleureuse et passionnée bienvenue après une journée de 60km bien seul.

Jeudi 28 mai 2009:

Aujourd'hui c'est mon anniversaire et si mes calculs sont bons je devrais arriver ce soir chez mon copain d'enfance qui est le prétexte de ce petit voyage. Comme je n'avais aucune idée de mon rythme potentiel je ne l'ai même pas prévenu, on verra bien. Je sais que le début de la journée va être cool puisque les 50 premiers kilomètres consistent à partir de Bourdeaux à rejoindre la vallée de la Drôme à Crest puis à la suivre jusqu'au Rhône à La Voulte.

Effectivement tout se passe comme prévu: mis à part une belle côte peu après Saou qui passera somme toute sans souci. La route entre Crest et Livron est un peu trop fréquentée à mon goût et surtout la partie bitumée à droite de la ligne de rive parfois un peu étroite à mon goût mais les kilomètres défilent vite (pour moi) et avant midi j'ai parcouru les 50kms prévus.

A propos de la façon de circuler en vélo j'ai noté un truc: lorsque je circule sur la même voie que les voitures les automobilistes généralement laissent un bon espace pour doubler (pas forcément les 1, 50m obligatoires mais 1m c'est déjà pas mal. Par contre si je roule sur la partie bitumée à droite la ligne de rive (lorsqu'elle est assez large) ils semblent considérer que nous sommes sur 2 routes différentes et ne font aucun effort pour s'écarter. Dommage…

A La Voulte je m'arrête dans un kebab pour prendre quelques forces car je sais que le final jusqu'à chez mon pote est un vrai mur à escalader. A 13h30 c'est reparti en direction de St Laurent du Pape pour remonter la vallée de l'Eyrieux jusqu'à Dunière avant de bifurquer en direction de Silhac (ma destination finale).

Au début tout va bien, je remonte l'Eyrieux certes mais la pente n'est pas terrible. Par contre cette vallée est une horreur pour les vélos: la ville industrielle du Cheylard qui se trouve 50km plus haut génère un trafic de camions incroyable et entre eux et les voitures qui roulent comme des malades je ne me suis jamais senti autant en danger que dans cette portion là. A tel point qu'à plusieurs reprises j'ai été jusqu'à rouler le plus à gauche possible de la voie de droite pour clairement signifier au véhicule qui arrivait que c'est moi qui décidait de l'endroit où il pourrait me doubler.

Vers 15h je suis à Dunières au pied du "mur final": jusqu'à chez mon pote qui habite 7km avant Silhac il y a 8 km qui se décompose ainsi: 4, 5km pour monter de 200m, redescente de presque 1km pour perdre 50m puis 2, 5km de montée pour reprendre 250m jusqu'à la Combe de Reynier où il habite. Et encore ça c'est si je me plante pas de route: je n'ai pris cet itinéraire qu'une fois, c'était en voiture et dans l'autre sens… Par précaution j'arrête un cycliste qui commençait son effort (le pauvre) pour lui demander confirmation et forcément on parle vélo couché…

En fait ça monte bien sur les premiers 4, 5km pas de surprise mais en y allant régulièrement avec une pause tous les km ça va, ça descend bien sur presque 1km après mais alors la suite… Les derniers 2, 5km sont de la folie pour moi… Quand j'aperçois la maison de mon copain de l'autre côté de la combe je me rend compte que le plus dur reste à faire: 200m à grimper sur moins de 2 bornes avec des passages à près de 15%. La cagnard donne à plein, et je dois rouler à moins de 3km/h en cherchant l'ombre du moindre rocher ou arbre bordant la route. Sur cette première partie de voyage j'ai d'ailleurs noté que les montées sont toujours en plein soleil; vous me direz que quand on va vers le nord c'est un peu logique…

Finalement j'arrive à destination où je vais me reposer 3 jours en cueillant des cerises, des fraises, débroussaillant la colline, briser de la roche au marteau piqueur pour faire une terrasse… Finalement le vélo c'est pas si fatigant…

Lundi 1er juin 2009:

Après ces 3 jours, ma foi fort agréables, il est temps de prendre le chemin du retour. Avec mes hôtes nous avons étudié les différentes options et c'est la plus dure que j'ai retenue pour rejoindre les Gorges de l'Ardèche. Plutôt que de passer par Privas je vais rallier Le Cheylard puis franchir le col de Mézilhac (1119m) avant de rallier Aubenas. L'option par Privas semblait plus facile mais en consultant attentivement le dénivelé (merci openrunner) je suis arrivé à la conclusion que seuls les 12 derniers kilomètres du col de Mézihlac seraient vraiment durs, mais comme on n'y est pas encore revenons dans la combe de Reynier.

Je quitte mes amis peu après 10h en direction de Silhac; ça monte très fort au début (pas top pour s'échauffer) mais après ça se calme un peu et en moins de 45 minutes j'ai parcouru les 7km qui me séparent de Silhac où je prends la direction de Chalencon. J'ai à peine parcouru quelques centaines de mètres que je suis arrêté par une dame qui me dit que de tels efforts méritent bien une récompense et demande à son mari en train de cueillir des cerises dans un de ses arbres de descendre le panier pour m'en proposer. Je sors mon quart qui est vite plein et après avoir discuté un peu avec mes bienfaiteurs je reprends l'ascension vers Chalencon où j'arrive rapidement.

Arrêt à la boulangerie pour acheter du pain, et j'entame la descente vers la vallée de l'Eyrieux. La route est étroite, sacrément défoncée et descend raide donc ça secoue grave. J'ai les boules en pensant que tout ça sera largement remonté lors de l'ascension du col de Mézilhac mais y'a pas le choix. Arrivé au niveau de l'Eyrieux à Pont de Chervil je prends la direction du Cheylard. Elle est plus large que la première partie et comme on est le lundi de Pentecôte y'a pas de camions pour l'encombrer. C'est un long faux plat montant jusqu'au Cheylard ou j'arrive vers 14h. Petit arrêt repas devant l'église, puis café et à 15h30 départ pour les 22km de l'ascension du col de Mézilhac (689m à monter…).

D'après mes pronostics jusqu'à Dornas à 10km de là ça devrait être assez facile et si j'y trouve un camping je prévois d'y passer la nuit. Et effectivement c'est facile comme ascension 230m sur 10km, c'est presque un plaisir et à 17h je suis à Dornas. Alors que j'y arrive j'aperçois à ma plus grande joie l'indication du camping à 700m de là. Comme le fléchage ne paraît pas des plus clairs je demande à une dame si le camping est bien dans la direction du col et après m'avoir répondu oui elle ajoute: - mais bougez pas de là la petite va aller chercher mon mari. - heu oui pourquoi? - parce que ça fait un moment qu'il me parle de ces engins là et qu'il voudrait les voir de plus près…

Voilà le mari qui arrive, la conversation se prolonge un verre à la main dans le salon puis par un accompagnement jusqu'au camping pour quelques photos du trike sans ses bagages en vue d'une auto construction et après la douche et la lessive par un succulent repas chez eux. Après cette petite étape de reprise (à peine 45km) ça fait du bien.

Mardi 2 juin 2009:

Lever tranquille à 7h30, pour un départ prévu à 9h mais qui sera retardé d'une demi heure pour cause de discussion avec mon voisin belge faisant un tour de France à vélo et qui a une étape de 150km prévue aujourd'hui puis avec un couple de retraité en fourgon aménagé mais adepte du voyage en tandem et qui envisage de passer au vélo couché.

Bon aller faut rouler maintenant et si les 5 kilomètres pour débuter seront juste un peu plus dur que la montée depuis le Cheylard mais sommes toute raisonnables les 7km restant à partir de Sardige devraient être nettement plus costauds. Mon calcul s'avère juste je vais finalement mettre 3h pour parcourir les 12km, encouragé par tous ceux qui me doublent (dont le couple de tandemistes) ou me croisent notamment les motards qui ne manquent jamais de me saluer et de me soutenir.

Au sommet je fais la photo qui s'impose avant de plonger dans la descente de 30 bornes jusqu'à Aubenas ou je cherche un peu ma route à cause des tronçons interdits aux vélos pour lesquels on ne flèche pas les itinéraires à suivre (interdire est plus facile que guider?). Petit arrêt au McDo (oui je sais c'est pas bien) pour me sustenter avant de reprendre la route pour rejoindre les Gorges de l'Ardèche.

Le soleil tape fort et lorsque je passe à Vogüé (prononcer Vogoué) un thermomètre affiche 35°c, je me disais aussi… Au pied d'une petite montée alors que je fais une petite pause à l'ombre je suis dépassé, enrhumé serait plutôt le mot juste par un papy de 70 ans fier comme Artaban sur son VTC équipé d'un moteur Bionix sur la roue avant et d'un autre sur la roue arrière. Sans doute pas très légal mais diablement efficace.

Après une petite pause "diabolo-citron" à Ruoms je repars en direction de Vallon Pont d'Arc. Je croise un couple en vélo les salue et continue lorsque 200m plus loin je m'aperçois que le monsieur a fait demi-tour, m'a rattrapé (aucun mérite…) et on commence à causer des trikes en anglais (il est hollandais) et en roulant à 20km/h jusqu'au carrefour suivant où il refait demi-tour.

J'arrive à Vallon Pont d'Arc vers 17h et vais m'installer au camping tranquillement, puis après la douche je me trouve un plat de lasagne avant d'aller prendre une glace dans Vallon Pont d'Arc. Je m'installe à une terrasse de café pour regarder tranquillement France-Nigéria puis regagne mon camping pour un repos bien mérité après les 80km parcourus aujourd'hui. Demain les Gorges de l'Ardèche m'attendent et je sais que ce ne sera pas qu'une partie de plaisir; je ne sais pas encore que la nuit ne va pas se passer tout à fait comme prévu...

Nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin 2009:

Vous trouvez bizarre un chapitre consacré à la nuit? Vous allez voir que même si je n'ai pas fait un seul kilomètre la nuit de 2 au 3 juin 2009 mérite bien un chapitre pour elle toute seule… Donc après ma soirée à Vallon Pont d'Arc je rentre au camping et me couche à 23h30. Comme il fait assez chaud je n'ai pas monté le double toit et ai laissé la porte de la tente grande ouverte pour pouvoir dormir la tête dans les étoiles.

Vers 0h30/1h00 (c'est une évaluation) je suis dérangé dans mon sommeil par des bruits de plastique et j'entraperçoit une forme qui s'enfuit, interprétant le tout comme un chat ou un chien qui fouillerait un sac plastique. Je me tourne de l'autre côté et me rendors.

A 3h du matin (cette fois j'en suis sûr) je sors du duvet pour aller satisfaire un besoin naturel et cherche dans une semi obscurité mes sandales que j'ai laissé devant la tente. Ne les trouvant pas je sors la frontale et dois me rendre à l'évidence: elles ont disparu. Je sors de la tente pieds nus et balaie les environs du faisceau de ma lampe: rien. Enfin si, ma trousse de toilette que j'avais aussi laissée devant la tente s'est déplacée de 4m… J'élargis le rayon de mes recherches et vais vérifier la présence de mes chaussures de vélo que j'avais glissées sous le tapis de sol: P….! Il en manque une…

Je commence à me dire que pour faire les Gorges de l'Ardèche le lendemain je vais avoir l'air un peu c.. avec une seule chaussure avant de la retrouver à 10m de la tente ainsi qu'une des 2 sandales. Je retrouve un peu le sourire et après un petit tour aux toilettes je retourne me coucher non sans avoir tout rentré dans la tente et fermé celle-ci: l'expérience est le nom qu'on donne à nos erreurs disait Oscar Wilde…

Vous croyez que la nuit va se terminer tranquillement? Que nenni, le meilleur est à venir, enfin le meilleur… A 3h30 alors que je suis tranquillement dans les bras de Morphée (qui, hélas est un homme je le rappelle) je prends un coup de patte en plein milieu du front avec seulement l'épaisseur de la porte de la tente entre elle et moi. Oui j'ai bien dit (et écrit) un coup de patte: porté bien à plat, un coup franc et massif mais heureusement sans griffes.

En 3/10° de seconde je me suis réveillé avec un état de conscience de 15 (sur 15 maximum) sur l'échelle de Glasgow, j'ai regardé l'heure, j'ai enfilé un short, j'ai ouvert la porte, j'ai pris la lampe, je l'ai allumée et j'ai bondi dehors prêt à affronter je ne sais quel adversaire. Bon c'est vrai j'exagère un peu mais un coup de patte à travers la tronche en plein sommeil je peux vous dire que ça réveille bien, essayez vous verrez.

L'adversaire est là, à 5m de moi, magnifique dans le faisceau de ma lampe, bien campé sur ses 4 pattes, éblouissant la nuit par son pelage roux flamboyant vous l'aurez compris c'est un renard adulte qui me fixe sans rien dire. P….., je suis pas dans la m…. Nous nous regardons, les yeux dans les yeux, sans bouger. Alors c'est toi qui cherches à bouffer? Heu, monseigneur Goupil qu'est-ce qu'on fait maintenant?

N'insiste pas, je n'ai aucune intention de t'apprivoiser et de t'emmener avec moi lui dis-je tout en me disant qu'avec la chance que j'ai y'a un gamin qui va débarquer en me demandant de lui dessiner un mouton, ce serait complet et je ne sais pas dessiner les moutons. En plus je ne suis pas aviateur et mon trike n'est pas tombé en panne dans le désert et y'a pas de rose dans le coin. On ne voit bien qu'avec le cœur et l'essentiel est invisible avec les yeux tu parles, l'essentiel c'est bien avec les yeux que je le vois et je sais pas quoi faire. Parce que c'est un renard étonnant cet exemplaire là: d'ordinaire un renard en présence d'un homme il cherche qu'un chose: se carapater mais celui-là c'est un modèle spécial, inventé que pour moi, lorsque j'avance il recule et si je recule ben… il avance (et donc comment veux-tu, comment veux-tu que je… dorme).

Mon compagnon au poil de carotte, entame alors un étrange manège: il commence à tourner autour de la tente (et donc de moi) toujours à 5m environ. Je le suis avec le faisceau de la lampe en priant St Duracell, Ste Varta et Stevie Wonder réunis pour que les piles durent vraiment plus longtemps… Plus sérieusement pendant ce temps je cogite à 100 à l'heure: que faire? Attaquer franchement? Oui, enfin visiblement il a super faim et m'approcher de sa gueule ne me tente pas plus que ça. Prendre le téléphone et faire le 18? Pour dire quoi aux pompiers à 3h30 du matin? Excusez-moi de vous réveiller mais y'a un renard il fait rien que m'embêter? Réveiller les voisins? Ils s'en foutent, eux ils dorment…

Je me résous à prendre le téléphone, je regarde l'heure 3h40, déjà 10mn que ça dure… J'ai le téléphone mais je ne fais pas le numéro: une corrida depuis 10mn avec un renard les pompiers croiront que je me fous de leur g….. A 3h45 Goupil décide qu'il est temps d'en finir… et s'en va. Comme ça, d'un coup…

J'attends une dizaine de minutes pour voir s'il ne revient pas. Bon aller cette fois dodo. Et cette fois la nuit se déroulera normalement jusqu'au réveil à 7h du matin. Je regrette juste de ne pas avoir pris quelques photos.

Mercredi 3 juin 2009:

Après cette nuit agitée je commence par chercher ma 2° sandale toujours aux abonnés absents. Je la trouve à plus de 30m de la tente avec la sangle coupée: le salaud il me l'a vraiment bouffée. En regardant plus attentivement celle que j'avais retrouvée dans la nuit je m'aperçois que la sangle n'est pas coupée mais entaillée en plusieurs endroits. Je fonce vérifier les chaussures de vélo, ouf celle qu'il m'avait emprutée n'a rien.

Après le rangement du camp je passe à la réception prévenir le responsable du camping. Vous êtes sûr que c'est pas un blaireau? Ben oui on s'est regardé pendant un quart d'heure ça créé des liens et ça permet d'imprimer facilement. Je lui montre les sandales: ah oui ça c'est pas un blaireau… On se disait bien qu'il y avait un souci puisque ça fait plusieurs matins qu'on trouve des sacs poubelles éventrés mais on pensait que c'était un blaireau…

Je commence à me dire que le blaireau c'est ce matin que je l'ai en face de moi et lui suggère de voir avec la préfecture ce qu'il faut faire, parce que si un gamin essaie de donner à manger au "gentil renard" ça peut mal se finir. D'autant plus qu'apparemment la semaine d'avant y'avait une "bande de jeunes" qui avait la mauvaise habitude de se coucher tard, bourrés en laissant la bouffe du repas du soir dehors et maître Goupil doit avoir pris un abonnement à ce resto si sympa et trouver que l'adresse est bonne. C'est vrai que c'est plus facile que de chasser.

Bon après le petit déjeuner pris au bar du camping je pars pour les Gorges de l'Ardèche à 9h30, le soleil commence déjà à taper, ça promet… Les premiers kilomètres tout va bien: je suis le cours de l'Ardèche dans le sens du courant et à son niveau donc globalement ça descend. Je prends la photo obligatoire du Pont d'Arc et continue.

Lorsque je coupe le ruisseau du Tiourre ça se gâte. C'est à cet endroit là que la route s'élève pour continuer sur le plateau qui surplombe le canyon qu'a creusé l'Ardèche. Et elle s'élève de 250m sur 3km environ avec des passages à plus de 15%… Pour faire ces 3km je vais mettre près d'une heure… Pas reluisant je sais… Et c'est pas fini.

Parce que les Gorges de l'Ardèche à partir de là c'est une succession de descentes dans des combes pour en remonter; à chaque fois moins haut c'est vrai mais à chaque fois ça remonte quand même. Heureusement que le paysage est magnifique et que les arrêts photos s'imposent régulièrement (comment ça prétexte bidon parce qu'en fait je suis épuisé? J'en vois qui rigolent devant leur écran mais j'ai les noms…).

Finalement j'arrive à St Martin d'Ardèche vers 14h30, j'ai mis 5h pour traverser les Gorges (40km environ), je pense que d'autres ont fait nettement mieux… Je décide de tirer jusqu'à Pont St Esprit à 10km de là par la N86 (pas le choix mais après les Gorges de l'Ardèche ça fait bizarre…) pour y faire la pause déjeuner. Je me tâte pour la suite mais finalement décide de continuer sur Bagnols sur Cèze qui doit être une charmante petite ville avec un camping accueillant.

Tu parles… Lorsque du sommet de la côte je découvre Bagnols, je crois d'abord que j'ai roulé tellement vite que je suis arrivé à Nîmes (rêve mon garçon, rêve…) et je décide illico de ne pas m'y arrêter. "Grâce" à la centrale de Marcoules la ville a explosé démographiquement et c'est "trop gros" pour moi. Noyé dans le flot de la circulation j'ai hâte d'en sortir le plus vite possible. Un mec en camionnette fait ronfler son moteur dans mon dos, sans doute pour que j'avance plus vite, ma seule réponse est de me déporter à gauche de ma voie: il patientera.

La police nationale m'ayant dit qu'il y a avait un camping à Laudun-l'Ardoise j'y "fonce" par la route de Nîmes beaucoup trop fréquentée à mon goût et y arrive à 19h15. C'est le camping le plus cher de mon parcours (le seul 3 étoiles) à l'affichage (10€) mais celui où je paierai le moins cher finalement (5€) sans négocier quoi que ce soit. Le temps passé à discuter avec son propriétaire le soir y est sans doute pour quelque chose. Je ne plante même pas la tente, je déplie le matelas autogonflant sur une terrasse de mobil-home: on est 3 clients dans le camping, ça ne gène personne.

Le soir je vais au village manger une pizza pour prendre des forces pour le lendemain: après les 70km d'aujourd'hui j'aimerais bien me rapprocher le plus possible de chez moi demain et atteindre Pertuis si c'est possible ce qui me ferait frôler les 100km distance jamais atteinte pour l'instant. J'avais d'abord prévu de passer par les Alpilles mais comme la météo annonce de fortes pluies pour samedi les Baux de Provence ce sera pour une autre fois. J'espère que les renards dorment aussi…

Jeudi 4 juin 2009:

Lever à 6h00 pour un départ à 7h00 après avoir salué mon hôte. Il m'a indiqué la façon la plus directe de gagner St Laurent des Arbres et je commence donc par des petites routes à travers la campagne. Je fais un petit détour pour éviter d'avoir à franchir une colline ce qui me fait passer par un chemin de terre que n'appréciera pas mon porte-bagages (dessoudé à 2 endroits) mais me retrouve rapidement à St Laurent des Arbres où je m'arrête pour prendre un café.

Pour aligner des bornes plus facilement je prends la N580 pour les 25km les moins drôles de mon parcours jusqu'à la sortie d'Avignon que je contourne par la rocade (j'aurais pu gagner du temps en traversant la ville mais j'avais peur de me perdre un peu). Sur ces 25km je vais me retrouver au milieu du flot de voiture avec ceci dit un souvenir impérissable de la descente sur Avignon par la N100 à des vitesses que je vous raconte pas, de toutes façons je n'ai pas de compteur…

A 10h00 je suis en Avignon, je m'arrête dans une zone commerciale pour me sustenter un peu. Mon prochain objectif c'est de rallier Cavaillon avant le déjeuner. La N7 est large, la circulation y est moindre et c'est presque agréable. J'arrive à Cavaillon avant midi, la brasserie du centre commercial à la sortie de la ville tombe à point. Je vais m'y reposer 1h30 pour prendre des forces pour l'après-midi. J'ai fait 55km ce matin et je me dis que pour Pertuis qui n'est plus qu'à une grosse quarantaine de km ça devrait le faire.

A 13h30 je reprends la route qui est large, pas trop fréquentée à mon goût même si je la trouve un peu lassante. Par contre une vraie bonne surprise: je trouve que je roule bien (enfin à mon niveau). Je me suis penché sur la carte à Cavaillon et j'ai changé mes plans: au lieu de passer par Pertuis je vais bifurquer à Mallemort, puis tirer par des petites routes (enfin…) sur Peyrolles en Provence par La Roque d'Anthéron et Le Puy Ste Réparade. Je ne pense pas arriver à Peyrolles ce soir mais cet itinéraire m'assure quasiment d'être chez moi demain soir ce que je n'aurais certainement pas parié hier matin.

Il n'est même pas 15h30 quand j'arrive à Mallemort et que je m'engage sur une petite route très sympa (quasiment pas fréquentée). Plus je roule plus je suis étonné d'avancer aussi vite, les kilomètres défilent sans fatigue ni douleur et je me prends à rêver que je dormirai peut être ce soir à Peyrolles. A La Roque d'Anthéron une pause "diabolo-citron" s'impose et lorsque le patron me dit qu'il y a plus de 15km pour Le Puy Ste Réparade je me dis que je vais sans doute commencer à ralentir dans cette portion, ça peut pas durer…

Tu parles, en moins d'une heure j'y suis et tout va toujours très bien alors que je dois approcher les 90km. Je me dis que quand ça rigole comme ça faut pas laisser refroidir la machine, allez on continue direction Peyrolles où j'arrive peu avant 18h. Je m'arrête pour boire un coup puis après m'être rendu compte qu'il n'y avait aucun camping et étant toujours en bonne forme je décide de pousser jusqu'à Jouques à 6km de là. A la sortie de Peyrolles y'a une bonne côte mais à mon grand étonnement elle passe sans soucis.

A Jouques, 30mn plus tard, pas de camping non plus. Comme je ne suis plus à 12 ou 13km près je ne m'arrête même pas et mets le cap sur Rians ou j'arrive vers 20h00. Le problème c'est que là il faut impérativement que je trouve un camping, non pas parce que je suis fatigué (la forme est toujours là et je ne me l'explique toujours pas) mais parce que la nuit arrive. Je ne suis plus qu'à 35km de la maison mais même si vu le relief qui m'en sépare et la forme que je semble avoir ce serait jouable ce soir, je n'ai aucune chance d'y arriver avant la nuit donc l'arrêt c'est maintenant ou… Ou rien c'est maintenant quitte à dormir dans un champ ou sous un porche d'église. J'ai beau cherché, aucun camping n'est indiqué, pourtant j'étais quasiment sûr qu'il y en avait un à Rians.

"Ca avance vachement bien votre truc et en plus c'est marrant!!!" me lance un jeune qui bricole une bagnole avec un copain. On vous a doublé tout à l'heure vous venez de loin?". "Ce matin j'étais à 30km au nord d'Avignon" "Ah ouais quand même..." Avant que mes chevilles n'enflent trop j'enchaîne: "Et là, après plus de 100 bornes, j'aimerais bien trouver un camping". "Ben c'est facile, y'en a un ici, à 200m vous prenez à gauche et à partir de là c'est fléché, c'est juste à côté du stade." "Merci!!!"

5 minutes après je suis au camping, toujours sans douleur, et je m'installe à côté de 2 couples de retraités, cyclistes en camping-car qui viennent passer quelques jours ici à enchaîner les balades de 60 à 80 km. Evidemment on passe une bonne heure à parler vélo couché. Après quoi je vais me balader dans le village en espérant trouver quelque chose d'ouvert. Peine perdue, même pas un bar qui ferait un peu nocturne. Je rentre au camping, pour mon dernier soir ce sera pain et saucisson tant pis. Je décide de ne pas monter la tente, la pluie n'est annoncée que pour demain après midi et normalement je serai arrivé à la maison.

Un mois après je n'ai toujours pas compris comment j'avais pu faire une telle étape en étant même pas fatigué le soir. Après vérification ce jour là j'ai fait environ 133km en 13h dont 3h30 de pauses environ soit une moyenne de 14km/h sur le temps de roulage. Dans un premier temps je me suis dit que ça descendait tout le temps (c'était mon impression) donc que je n'avais aucun mérite mais après vérification si ça descendait effectivement jusqu'à Avignon, à partir de là ça n'a pas cesser de monter ou presque D'après openrunner je suis monté de 823m et descendu seulement de 474m; ramené sur plus de 130km ça ne fait pas grand-chose mais globalement ça montait. Mon prochain voyage m'en dira sans doute plus.

Vendredi 5 juin 2009:

J'avais prévu de ne me lever qu'à 7h vu que je suis à moins de 35km de chez moi mais à 6h00 du matin pétantes des gouttes de pluie me réveillent et je bats en retraite dans le bloc sanitaire. Je range mes affaires, et attends un peu que la pluie s'arrête. A 7h00 je décolle, je ne reverrai pas la pluie. Je sais que je vais commencer par monter un peu avant de me retrouver dans la longue ligne droite prise le 1er jour dans l'autre sens et qu'après il n'y aura plus aucune montée. Je mets 1h15 pour les 9 km qui me séparent du sommet de la côte qui clôture la ligne droite (je paie sans doute un peu les efforts de la veille) et fonce dans la descente qui m'emmène à St Maximin 14km plus loin et où j'arrive à 8h45.

Et là d'un coup j'ai le blues. Je n'ai plus que 10 bornes à faire et je sais que mon voyage sera fini dans 45mn si je pars tout de suite alors je traîne. Je m'installe à la terrasse d'un café et je prends mon petit déjeuner tranquillement

A 10h je pars mais je m'arrête au jardin public un peu plus loin et fais une pause de 15mn. Pas fatigué mais toujours pas envie de rentrer…

Bon aller, faut que je m'y résolve, les vacances sont finies, je prends la route de Bras où j'arrive à 11h pour m'apercevoir que je suis à la porte de chez moi parce que j'ai oublié de partir avec mes clefs. Comme je n'ai prévenu personne de mon avancée plus rapide que prévu pour ne pas inquiéter mes proches au cas où j'aurais 2mn de retard je vais attendre une heure de plus devant ma porte.

Epilogue:

Mon parcours total approche les 700km pour 9 jours et un peu plus de 2h de route ce qui n'a rien d'une performance, on le sait tous. Ceci dit ce premier voyage m'a pleinement satisfait parce que… je l'ai fait. Avec des moments de moins bien, des moments de mieux, mais je l'ai fait. J'ai rencontré plein de gens sympas et je n'ai qu'une hâte: recommencer.

Un seul regret: ne pas avoir fait le parcours prévu par les Alpilles puisqu'en fait il n'a pas plu. Comme dit le vieux proverbe breton: qui trop regarde la météo passe sa vie au bistrot.

Ah au fait au sujet de mon renard de Vallon Pont d'Arc, et bien vous me croirez si vous voulez mais depuis, rien. Pas une carte postale, pas une lettre, pas un e-mail, pas un coup de fil… rien! Après la nuit qu'on a passé ensemble il aurait pu faire un effort, non? Y'a des partenaires nocturnes je vous jure, de vrais goujats!!!

Pour ceux que ça intéressent:

Le tracé est là:
http://www.openrunner.com/...d=292111&lang=fr

Les photos sont là: http://picasaweb.google.com/yvesg83/VoyageEnArdecheDu24MaiAu05Juin2009#
À quoi reconnaît-on un touriste à Paris en été? English translation pending
by Fzoo · 2009-07-05 · 85 replies
Le titre dit tout!! 🤪

Sur la rue, quand il fait 26c à Paris en été, comment reconnaître un touriste d'un banlieusard ou d'un provincial??

Le reconnaît-on à ses sandales (made in China), à son étiquette de vol d'avion sur sa casquette des Mets de NY (YUL867), à ses bermudas à mi-cuisses(et son petit bedon rond), à son accent (américain, espagnol ou même si léger😛, québécois?), parce qu'il donne un pourboire même si tout cela est déjà compris dans l'addition, parce qu'il est gentil avec tout le monde même Odette, ou pour quoi au juste? 😇

Allez-y comme vous le sentez car, comme vous l'avez si bien décrypté, ce sujet peut aussi être délirant...

Au plaisir de vous (dé)lire...

"OO" +++

ps: la démarche se veut bien évidemment anthropologique avant tout... 😎
Traversée en bateau Marseille-Tunis English translation pending
by Mnra1 · 2009-07-04 · 38 replies
Bonjour; Dans 1 mois je pars, pour la premiere fois, au bled en bateau, avec ma petite famille, et j'aimerais vous poser quelques questions:L'aller à bor du cathage et le retour à bord du mediterannée 1)Que pensez vous de ces deux bateaux? 2)Malheureusement lors de la réservation il n'y avait plus de cabines donc nous devrons nous contenter des fauteuils.Est ce que c'est des fauteuils qu'on peux allonger?Comment ils sont disposes?comment c'est niveau confort? 3)J'ai une fille de 3 ans , y at-il des occupations pour les enfants? 4)y a t il des problemes particulier lors de l'embarquement et le debarquement?Combien ça peut durer? Je vous remercie tous par avance.
Ne dites pas à ma mère que je visite l'Iran... (suite et fin) English translation pending
by Vazyvite · 2009-06-27 · 38 replies
Suite de la 1ère partie ( http://voyageforum.com/...ost=2685231;#2685231 ) qui allait de Téhéran à Shiraz puis Yazd et maintenant nous voici à Ispahan.

Samedi 16 Mai 2009 :

Je descends à l'épicerie juste en bas pour faire les courses pour le petit-déjeuner. Nous restons ici 4 nuits. Jus d'orange, fromage à tartiner, de la feta locale, confiture de cerise et du thé. Coup de bol, il y a une boulangerie juste en face et je remonte mon pain brûlant. Cette fois bien sûr, je le paye. A 500 rials ( soit 3 centimes d'euros 😎 ), on flambe pas le budget !

8h30 : Nous repartons vers la place de l'Imam. Nous voyons la coupole et une rue déserte semble pouvoir y mener sans passer par la grande avenue comme hier soir. Bonne pioche car nous arrivons par derrière avec une superbe vue dégagée.



C'est la seule façon de voir cette magnifique coupole d'aussi près car depuis la place, elle est beaucoup plus en retrait. Nous faisons le tour par des ruelles désertes mais on s'y retrouve après quelques détours pour débouler sur la place.



Les prix n'ont plus rien à voir avec le LP et nous ne payons que 5.000 rials/personne pour la Mosquée de l'Imam au lieu des 30.000 annoncés.

Entrée de la Mosquée :



La 1ère chose à faire quand tu arrives dans la cour .... c'est de t'asseoir et fermer ta grande bouche pendant 10mn 😎





Bon d'accord, faut aimer le bleu 😛 Le seul petit regret c'est que le soleil est déjà bien haut même à 9h00 et la lumière douce du matin a déjà disparu.

Les intérieurs sont grandioses et aussi décorés que l'extérieur :



Sur cette même place, comme si cela ne suffisait pas, se trouve une autre merveille, la Mosquée Lotfollah :



Ici pas de cour, juste un couloir dans la pénombre qui conduit à cette coupole qui sort du bleu habituel.



Bon, à la sortie, on se fait encore harponner par un marchand de tapis. C'est "Zizou le Nomade" qui parle français et incontournable sur la zone. On ne peut pas le rater ! Soyons francs, il connait la mosquée de l'Imam par coeur et nous donne des détails intéressants et inconnus dans les guides. On s'échappe rapidement sous un faux prétexte pour s'éviter le thé dans le magasin. Je sais que Mauricette sera le maillon faible et après t'arrives plus à sortir 😇

Encore un ancien professeur de français qui nous aborde. On papote .... pour finir par annoncer qu'il fait guide à 10€ de l'heure. Tu sais quoi ? Ca commence à me gaver Ispahan, mine de rien ! Tant pis mais on se remet donc en position "Touriste sur le qui-vive" pour couper court à toutes ces discussions stériles qui n'ont qu'un but : Te fourguer un truc 🏴‍☠️

Nous rentrons donc dans le bazar qui donne également sur la place. Même si on trouve des épices, c'est moins typique qu'ailleurs sur cette partie. Le tourisme fait son oeuvre aussi.





Mauricette se jette sur l'eau de rose, des boutons de roses séchées. On craque aussi pour du gaz. Je te rassure, on ne s'est pas acheté une bonbonne de Butane mais des nougats iraniens avec de la pistache. ( http://ashrafi-gaz.com/ )

Alors qu'on revient sur la place, encore un rabatteur ... et c'est le frère de celui d'hier soir. Une vraie petite mafia dis donc. Lui, il est dans les nappes et pas le temps de réagir, un moment d'inattention et il a chopé Mauricette qui zieute depuis ce matin sur toutes celles qu'on voit partout. Allez c'est parti pour son magasin avec une démonstration de la fabrication artisanale grâce à des tampons qui sont appliqués 1 par 1 avec chacun un motif. C'est assez compliqué et le prix dépend du nombre de tampons utilisés et des couleurs appliquées. Ca commence à 9€ jusqu'à 28€.

Bon, on s'échappe et on verra + tard. Avantage, c'était à côté d'un beau restaurant au 1er étage. C'est presque plein et à 90% d'iraniens. Ah enfin !



C'est aussi la 1ère fois qu'on va tester un repas sur ces "divans". On enlève ses chaussures donc il est fortement conseillé de ne pas venir avec tes chaussettes minables et trouées ! Le décor est traditionnel et très joli. Nous commandons un ragoût, des boulettes de viande, pain, olives, yaourt et un dessert. 2 boissons + thé à la fin = 205.000 rials. C'était très bon et le service aimable et rapide.

Les magasins sont maintenant fermés et il fait chaud .... Retour à l'appart pour une sieste. Pas la peine de traîner dans le vide.

17h30 : Pas très loin se trouve le palais du Chehel Sotun dans un grand parc.



20 immenses colonnes de bois et un plafond décoré. Attention la caisse ferme à 18h30 et on doit sortir à 19h00.

Nous revoilou sur la place de l'Imam mais le palais Ali Qapu est déjà fermé. Les gens arrivent en cette fin de journée pour pique-niquer et surtout manger des glaces. Qu'est ce qu'ils peuvent en manger ici ! Nous avons résisté depuis le début mais nous sommes ici pour 3 jours et au pire, c'est le meilleur moment pour se risquer une Tourista, non ? 😎

Les clients nous aident à choisir entre les parfums, les options .... et on craque pour ce qui nous fait envie depuis le début. Une glace à la rose avec des petits vermicelles et un sirop au citron. On s'installe sur la pelouse, le soir tombe, les gens s'installent un peu partout ... On se regarde en souriant.

Ce petit déclic si délicieux, quand tu es à l'étranger, vient d'arriver ! Cette place magnifique est devant nous, les 2 coupoles prennent les derniers rayons du soleil et : - Si on m'avait dit, il y a 1 mois, que je mangerais tranquillement une glace à Ispahan ?

Nous sommes comme chez nous, quand tu vas te balader un soir d'été en ville pour prendre l'air et manger une glace en terrasse. Nous sommes en totale confiance, on commence à piger les détails de la vie de tous les jours, on se débrouille avec les bus, les taxis. Plus ce stress de l'inconnu, les gens sont charmants. On est dedans quoi et tout baigne !

Alors qu'on tente de se faire expliquer les différences entre les dizaines de marques de nougats et de prix dans un magasin, un jeune entre et nous traduit les explications du patron. On comprend que le prix dépend du % de pistaches entre 24 et 48%. A vérifier donc avant d'acheter. Le gars nous propose de discuter et prendre un thé pas très loin. C'est à l'Azadegan, citée dans le LP et qu'on avait l'intention de tester d'ailleurs, ça tombe bien car pas évidente à trouver au fond d'une ruelle et dans une cour pas très avenante au 1er abord.



La déco est assez délirante. Un côté mixte et un autre réservé aux seuls hommes. On discute de la politique, de la vie de tous les jours et .... de son boulot de vendeur de tapis. C'est pas vrai, ça commence vraiment à me saouler !!!!! En plus, on se méfie pas ici. On est tellement abordés toute la journée par des gens heureux de pouvoir parler avec des étrangers ou simplement dire Bonjour, qu'on dit oui à tout ! L'autre zigoto est parti avec son histoire à 2 balles de son oncle qui fait des nappes. On lui dit qu'on y a eu droit ce matin et que pour rester poli, on n'a pas que ça à faire en gros. On est même à 2 doigts de s'en foutre un maximum, pour tout dire 🤪

Nous restons sur la place de l'Imam pour dîner au restaurant Bastani. Autant se le dire, de toutes façons, t'as pas trop le choix en fait sur les restaus dans le coin, même si c'est touristique. Il est conseillé par le LP et comme hier soir, c'est la guerre atomique ! Il doit y avoir 60 ou 70 tables .... et 1 seule occupée. Ca fiche un peu la trouille, les restaus le soir, y'a jamais personne. Les groupes restent à leurs hôtels je pense. Les iraniens sont chez eux ou pique-niquent. Bref, c'est à chaque fois la misère !

Le serveur doit sortir de la même école d'hôtellerie que celui d'hier et lève aussi les yeux parce qu'on veut juste un plat et pas d'entrées, pas de desserts.

Alors faisons le bilan et un conseil : Ne jamais commencer son circuit par Ispahan !

Par certains côtés, on se croirait au Maroc ou en Tunisie avec les marchands et les rabatteurs qui te prennent la tête dès que tu es sur la place de l'Imam. Aujourd'hui, assez peu de contacts avec les gens. Les gens sont sans doute + habitués ici . Et les 2 restaurants à touriste avec un service et une attitude désagréable ( qu'on soit en Iran ou pas d'ailleurs )

Allez dodo et je préviens Mauricette qu'on ne va plus tourner autour du pot avec les rabatteurs et qu'on s'en débarassera en 2mn chrono désormais. Et comme disait le philosophe Rambo : Ils l'auront voulu leur P...... de Guerre !

A suivre ....
Livre: "Kuyatè, la force du serment" (Mali) English translation pending
by Hery · 2009-06-27 · 9 replies
« On dirait qu’une faculté qui nous semblait inaliénable, la mieux assurée de toutes venait de nous faire défaut : la faculté d’échanger nos expériences. » (Walter Benjamin, Le Narrateur)

Drissa Diakité : Kuyatè, La Force du Serment. Aux origines du griot mandingue. L’Harmattan, Paris / La Sahélienne, Bamako. 2009.

Kuyatè, la force du serment repose opportunément la problématique de la tradition orale comme source de l’histoire africaine. Au moment où les fétichistes de l’écriture reviennent à la charge, arguant que le passé lointain de l’Afrique est absent du fait de la non-existence de document écrit (sic), Kuyatè, la force du serment apporte la magistrale démonstration que la parole ancienne est en pays mandingue un merveilleux réservoir de connaissances historiques, de savoir-faire et de savoir-être.

Le titre Kuyatè réfère aux griots (jeli, en bamana), ces détenteurs par excellence de la mémoire historique chez les peuples mandingues ; les Kuyatè (Kouyaté) sont les tout premiers à exercer la jeliya, « fonction de griots » : dans la plupart des versions de l’épopée de Soundiata, le jeune héros est en compagnie de son jeli qui recevra plus tard le patronyme de Kuyatè. L’histoire suggère que de tous les temps, les sociétés Mande on eu des jeli. Drissa Diakité nous donne à lire un récit captivant relatant les principaux événements qui ont conduit à l’avènement de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Il met en scène plusieurs figures historiques : Soundiata Keïta, Soumaworo Kanté, l’adversaire de et vaincu par Soundiata, Tiramagan Traoré, l’un des généraux de Soundjata, Fakoli Kourouma, Kamadian Kamara, etc. et porte un éclairage nouveau sur le rôle des grands clans constitutifs du Manden.

Avec force, Kuyatè retrace en quelque sorte la genèse des héros fondateurs de l’empire du Mali au XIIIe siècle. Au cours des siècles qui suivirent, d’autres personnalités emblématiques poursuivront cette grande aventure humaine jusqu’au-delà des limites du continent africain.

A recommander vivement à tous ceux et celles qui s’intéressent à l’aire culturelle Mande en général, ainsi qu’au Mali et son histoire glorieuse en spécial.

Drissa DIAKITÉ est historien, professeur à l’ÉNSup de Bamako de 1982 à 1996, ancien doyen de la faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Bamako. Il a publié de nombreux travaux consacrés à l’histoire de l’Afrique et du Mali (dont une contribution pour l’ouvrage actuel, Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine à l’usage du président Sarkozy, réponse au révoltant discours politique du Président français, tenu à l’Université Cheikh-Anta-Diop/Dakar, à l’occasion de sa première visite officielle en Afrique).
Turquie du 31 mai au 13 juin 2009 en autocar English translation pending
by Capucine18 · 2009-06-25 · 88 replies
😉31/05 : Ingwiller/Ancone (Italie)/en mer 1 heure du matin l'autocar de la Sté Mugler, basée à Ingwiller (67), est là. Mickael est notre chauffeur jusqu'à Lugano. En cours de route nous prenons des passagers, ainsi que notre conducteur pour tout le circuit soient 19 passagers et François. La traversée de la Suisse est sans problème, tout le monde dort. Les couvertures douillettes fournies par Mugler sont les bienvenues, il fait un peu frais. A Lugano, Mickael part pour l'Alsace en train et François prend le volant. Nous longeons le lac de Lugano puis passage en Italie. Arrêt petit déj dans un resto d'autoroute. La pluie est du voyage, rien de bien agréable avec une circulation très dense sur l'autoroute qui contourne Milan, Parme, Modène, Bologne. Nous arrivons le long de l'Adriatique. Mais l'horizon se confond avec la mer et la pluie redouble. A chaque villes importantes, François nous fait un commentaire bref mais intéressant 50 kms avant Ancone, STOP. Arrêt déjeuner dans un resto route. Le repas est compris dans le prix du voyage. Il faut donc prendre garde à ce qu'aucune autre personne s'intercalle dans notre groupe. François à la caisse et devinez Capucine qui fait la "police" à l'arrière car ils ne vont pas vite pour choisir leur repas nos alsaciens ! et les italiens commencent à s'énerver. Tout celà me rappelle de bons moments! Bon, tout le monde à table. Le repas est rapide car nous avons hate d'être en vue d'Ancone et de notre ferry. La pluie redouble, les derniers kilomètres se font prudemment car il y a beaucoup de circulation : campings cars, caravanes, camions, etc...qui se dirigent comme nous vers le port. "ANCONE - porto - ferries", c'est pour nous. Il est là l' EUROPA PALACE de la MINOAN LINE. Nous attendons sagement François qui est parti chercher les documents de passage. Rapides les formalités ! Il nous distribue nos boarding pass avec le n° de cabine. Le bateau est assez imposant : 214 m de long, 22 m de large. Nous embarquons avec un petit bagage. Le gros des valises reste en soutes. Dans un bruit assourdissant, les véhicules s'engouffrent dans les entrailles du bateau. Nous sommes le seul car français. Après un bref contrôle des tickets, nous allons à la réception où l'on nous remets nos cartes de cabines. Un employé nous dirige vers nos cabine au pont 7, en extérieure. Celle-ci est assez spacieuse et est composé de 4 lits dont 2 supperposés, d'une table et d'un fauteuil, la cabine de douche n'est pas très grande : douche, lavabo et wc, climatisation, grandement suffisant pour une nuit ! Une douche et me voilà partie explorer le bateau. Il peut transporter 1922 passagers et il y a 732 lits. Les routards sont assez nombreux ainsi que les chauffeurs routiers. Ils couchent soit en cabine soit dans une salle aménagée de fauteuils inclinables. Les aménagements sont les mêmes que sur les bateaux de croisières mais en plus petit : une très belle réception avec au moins 2 personnes parlant français, 2 bars/salons, 2 boutiques, un casino, une discothèque, un écran géant TV, un self service et un restaurant "A la Carte". Le ferry a été construit en 2002 à Gêne. Je prends quelques photos, je retourne à la cabine. Bernard, malgré l'étroitesse de la douche ( le "Monsieur" 1, 90 m / 120 kgs) est propre comme un sou neuf . Nous décidons d'aller boire un verre avant le dîner à 19 h 30. Attention ! changement d'heure nous sommes en Grèce donc + 1 heure. A 18 h le bateau lève l'ancre et vogue la galère. Le dîner au restaurant se déroule très bien, le menu est correct. Le personnel ne parle pas un mot de français mais nous sommes habitués et nous avons l'eau et le vin, d'ailleurs bien bon, sans soucis. Le restaurant est très bien, très lumineux et nous admirons la mer en dînant. Le repas terminé nous partons tous nous coucher, demain réveil à 7 H et depuis ce matin 1 h c'est long ! Bonne nuit. Capucine 18

1 Le Lac de Lugano 2 l'embarquement à Ancone 3 4 5 6 notre cabine au pont 7 7 la réception 8 Déco de la réception 9 10 : bars / salons 11 Notre cocktail 12 l'entrée du resto 13 14 le restaurant "A la Carte" 15 la piscine 16 le port d'Ancone vue du bateau sous la pluie
Un jour et demi dans Yosemite English translation pending
by Hellokitty15 · 2009-06-23 · 19 replies
Bonjour à tous,

Je sais qu'il y a de nombreux messages via la fonction Rechercher sur VF, mais là je suis vraiment paumée et j'ai besoin de vous !!!

C'est notre premier voyage aux USA, et on veut en voir le plus possible, malheureusement, nous n'aurons que 15 jours au total.

Nous commencons par SF ( 2jours) puis nous partons sur Yosemite ...

Yosemite: que faire sur 1.5 jours ? Nous ne sommes pas des randonneurs, plutot des promeneurs du dimanche. Nous avons choisi de dormir au curry village le premier soir, puis sur Bridgeport le dernier soir ( à l'est de Yosemite afin de filler vers Death Valley via Mono Lake, Bodie...).

Je dis 1.5 jours car nous partirons le mardi matin de SF, et j'ai lu qu'il fallait compter environ 4 heures pour venir de SF...

J'ai egalement lu qu'une journée pourrait suffir sur Yosemite, via la Tioga Pass et les principaux centre d'interets: Glacier Point, Yosemite Falls, Tulonme Meadows..est ce vrai ?

Merci de votre aide, car je suis complètement perdue pour l'organisation de mon parcours dans Yosemite...

De plus, de vos réponses pourrait dépendre le fait de rester un peu plus longtemps sur SF (2.5 jours au lieu de 2)

Merci

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