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Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est English translation pending
On trouve en Asie une grande quantité de peuples dont les origines et les liens de parenté ne sont souvent pas évidents. La confusion est d’autant plus grande qu’ils ont une variété de noms aux sonorités assez semblables à premier abord, et qu’un groupe donné se voit attribuer des noms différents suivant le pays où on le rencontre, la date à laquelle on en parle, l’auteur etc…. Meo, Miao, Yao, Hmong, Lao, Taï, Thaï, Qiang, Jurchen, Mandchous, Khitai etc…. la liste et longue ! Comment s’y retrouver ? D’où viennent-ils et comment sont-ils reliés les uns aux autres?
Je ne suis pas ethnologue, mais c’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Au fil de mes lectures, je me suis rendu compte que pratiquement tous les peuples qui se trouvent maintenant en Asie du sud-est sont originaires de la Chine. La plupart des experts, par exemple, font remonter à Taiwan les langues austronésiennes, c.-à-d. malais, langues cham du sud du Vietnam, langues parlées dans le monde Malayo-Polynésien, qui s’étend de Madagascar jusqu’à Hawaï mais dont on trouve encore aujourd’hui quelques traces en Asie du sud-est. Comme référence, il suffit de citer l’excellent « Cambridge History of South-Est Asia », Vol. 1, Part One, « From early times to c. 1500 », 1999 ; page 112 (je traduis):
« Pendant l’étape linguistique proto-Austro-Tai (vers 4500 av. JC ?), il semblerait que des colonisateurs possédant une culture agraire franchirent le détroit de Formose pour atteindre Taiwan. Ils y établirent les langues initiales du groupe Austronésien. Leur population augmenta et se répandit à travers l’île, jusqu’à ce que, un millénaire plus tard peut-être (vers 3500 av. JC ?), leurs descendants linguistiques firent leurs premiers mouvements vers Luzon. » Etc……
Curieusement, je n’étais pas trop porté sur la Chine au départ, mais j’ai fini par me rendre à l’évidence : un minimum de connaissances sur la Chine est essentiel pour comprendre les populations de l’Asie du sud-est et même au-delà. Que s’est-il passé en Chine qui aurait poussé tous ces peuples à se déplacer vers le sud ?
Permettez-moi une plaisanterie ! On peut apporter une réponse simple et rapide à cette question : « Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés ».
Il y a du vrai dans cette réponse, mais nous sommes entre gens un peu moins simplistes que ça, j’en suis sûr, et il doit y avoir plus à dire sur le sujet ! Je me propose de prendre autant de raccourcis que possible sur l’histoire de la Chine, pour en distiller ce qui m’intéresse ici, c.-à-d. les mouvements des peuples dans la sphère géographique chinoise. Ma référence principale (il faut bien commencer quelque part, comme je l’ai dit, ce n’est que récemment que « j’aborde la Chine ») est un livre publié en 2008: « China, A History » (« Chine, Une Histoire ») de John Keay. Ce journaliste britannique a dénoncé le « consensus international, pour ne pas dire la conspiration, de faire de l’histoire de la Chine un sujet aussi rébarbatif et incompréhensible que possible ». Je recommande vivement de le lire (je ne sais pas s’il a été traduit en français).
On me reprochera peut-être ma préférence à (souvent, sauf pour les termes déjà bien acceptés en français) ne pas utiliser les formes féminine ou plurielle pour les noms d’ethnies et de cultures de la Chine et de l’Asie en général. Ces formes n’existent ni en chinois ni dans d’autres langues locales. Je préfère donc dire « les Xia » plutôt que « les Xias ». Le comble, il me semble, est le terme « Laos », introduit il semblerait par des missionnaires Portugais, le « s » final en faisant un nom en portugais. Le problème, à mon avis, c’est que tout le monde prononce se « s » final, qui n’existe pas dans la langue Lao. Que ceux que ma petite manie dérange ajoutent les « s », les « e » et les « es » où ils veulent !
Alors allons-y! Premier chapitre:
Les débuts - Xia
La première dynastie chinoise reconnue, suivant la période des « cinq empereurs » mythiques, fut celle des Xia (2070-1600 av. JC ; chinois traditionnel: 華夏 ; chinois simplifié : 华夏; pinyin: Huáxià). On n’est pas absolument sûr que les Xia aient vraiment existé. La dynastie suivante, celle des Shang, est mieux corroborée. L’évidence archéologique ferait correspondre les Xia à un ensemble de cultures néolithiques et de l’âge du bronze du bassin inférieur du Fleuve Jaune (Huang He), c.-à-d. de la Plaine Centrale de la Chine du nord qui s’étend de la province de Shandong à la province du Shaanxi.
L’histoire de la Chine, presque toujours un produit « officiel » par des gens qui avaient un « agenda », a tendance à idéaliser et à simplifier. En fait, il ne semble pas que le nord de la Chine ait été contrôlé d’une façon uniforme et centralisée par les premières dynasties. Et les développements qui résultèrent en une « culture chinoise » se déroulèrent plutôt sur des territoires plus vastes que ceux des Xia, et auraient impliqué des peuples qui n’étaient probablement pas uniformes d’un point de vue ethnique. En fait, le concept d’ethnies bien séparées ne semble pas « tenir la route », une constatation qui n’est pas unique à l’Asie d’ailleurs. On devrait plutôt parler de culture et d’héritage linguistique. De la même façon, le mot «Han », désignant au départ une dynastie (202 av. JC – 189 après JC), en passa à être utilisé comme une étiquette ethnique et se trouve maintenant être la dénomination officielle de la majorité du peuple chinois, supposée être d’une seule et même ethnie.
Toujours est-il que les peuples de la Plaine Centrale, constituant le noyau des futurs Han, en fait les ancêtres de l'ethnie Han, se désignaient aux derniers siècles av. JC comme « Xia » pour se différencier des peuples « moins Chinois » considérés comme barbares, pour lesquels on usait de termes tels que « Di » ou « Rong ». Les Di ou Rong auraient été assimilés au fil de la très longue dynastie des Zhou (1050 – 256 av. JC). Cela résultait peut-être du sentiment d’avoir une identité privilégiée en tant qu’héritiers du royaume Xia, par des gens qui ont fini par se désigner comme « Xia ». Pour une première fois, avant l’usage du terme « Han », on avait abusé d’un terme désignant une culture pour désigner une population qui n’était pas ethniquement homogène.
Le terme « Xia » était encore utilisé pour désigner la culture « Chinoise », celle du nord, à l’époque ou les Qin (d’un «état » du nord qui correspondait plus ou moins au Shaanxi d’aujourd’hui) commencèrent à unifier le territoire chinois dans un sens moderne. En particulier, le roi Hui de la dynastie Qin conquit le Sichuan (le pays « des quatre rivières », connu jusque là sous les termes de Shu et Ba) au IV-ème siècle av. J-C (on cite la date de 316 av. JC). Le Sichuan tomba donc sous l’influence culturelle Xia, et fut intégré dans l’empire chinois.
Cette consolidation intégra d’autres territoires « non-Xia » : le reste du bassin du Yang Tse, une grande partie de la Chine du sud et la Mongolie Intérieure. L’apogée fut Huangdi, le premier empereur historique, rendu fameux entre autres par l’ armée de terre cuite de sa tombe (dont la chambre centrale n’a pas encore été excavée), et qui régna au III-ème siècle av. J-C. La dynastie Qin ne dura pas longtemps, mais donna la base à partir de laquelle l’empire suivant, celui des Han, se reforma à partir de la fin du III-ème siècle av. J-C.
Voilà donc ma première fournée. J’espère que cela intéressera quelques forumistes, et comme je l’ai dit, je ne suis pas un spécialiste du sujet, donc j’espère bien en apprendre plus de la part de ceux dont la lanterne est plus éclairée que la mienne !
Je ne suis pas ethnologue, mais c’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Au fil de mes lectures, je me suis rendu compte que pratiquement tous les peuples qui se trouvent maintenant en Asie du sud-est sont originaires de la Chine. La plupart des experts, par exemple, font remonter à Taiwan les langues austronésiennes, c.-à-d. malais, langues cham du sud du Vietnam, langues parlées dans le monde Malayo-Polynésien, qui s’étend de Madagascar jusqu’à Hawaï mais dont on trouve encore aujourd’hui quelques traces en Asie du sud-est. Comme référence, il suffit de citer l’excellent « Cambridge History of South-Est Asia », Vol. 1, Part One, « From early times to c. 1500 », 1999 ; page 112 (je traduis):
« Pendant l’étape linguistique proto-Austro-Tai (vers 4500 av. JC ?), il semblerait que des colonisateurs possédant une culture agraire franchirent le détroit de Formose pour atteindre Taiwan. Ils y établirent les langues initiales du groupe Austronésien. Leur population augmenta et se répandit à travers l’île, jusqu’à ce que, un millénaire plus tard peut-être (vers 3500 av. JC ?), leurs descendants linguistiques firent leurs premiers mouvements vers Luzon. » Etc……
Curieusement, je n’étais pas trop porté sur la Chine au départ, mais j’ai fini par me rendre à l’évidence : un minimum de connaissances sur la Chine est essentiel pour comprendre les populations de l’Asie du sud-est et même au-delà. Que s’est-il passé en Chine qui aurait poussé tous ces peuples à se déplacer vers le sud ?
Permettez-moi une plaisanterie ! On peut apporter une réponse simple et rapide à cette question : « Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés ».
Il y a du vrai dans cette réponse, mais nous sommes entre gens un peu moins simplistes que ça, j’en suis sûr, et il doit y avoir plus à dire sur le sujet ! Je me propose de prendre autant de raccourcis que possible sur l’histoire de la Chine, pour en distiller ce qui m’intéresse ici, c.-à-d. les mouvements des peuples dans la sphère géographique chinoise. Ma référence principale (il faut bien commencer quelque part, comme je l’ai dit, ce n’est que récemment que « j’aborde la Chine ») est un livre publié en 2008: « China, A History » (« Chine, Une Histoire ») de John Keay. Ce journaliste britannique a dénoncé le « consensus international, pour ne pas dire la conspiration, de faire de l’histoire de la Chine un sujet aussi rébarbatif et incompréhensible que possible ». Je recommande vivement de le lire (je ne sais pas s’il a été traduit en français).
On me reprochera peut-être ma préférence à (souvent, sauf pour les termes déjà bien acceptés en français) ne pas utiliser les formes féminine ou plurielle pour les noms d’ethnies et de cultures de la Chine et de l’Asie en général. Ces formes n’existent ni en chinois ni dans d’autres langues locales. Je préfère donc dire « les Xia » plutôt que « les Xias ». Le comble, il me semble, est le terme « Laos », introduit il semblerait par des missionnaires Portugais, le « s » final en faisant un nom en portugais. Le problème, à mon avis, c’est que tout le monde prononce se « s » final, qui n’existe pas dans la langue Lao. Que ceux que ma petite manie dérange ajoutent les « s », les « e » et les « es » où ils veulent !
Alors allons-y! Premier chapitre:
Les débuts - Xia
La première dynastie chinoise reconnue, suivant la période des « cinq empereurs » mythiques, fut celle des Xia (2070-1600 av. JC ; chinois traditionnel: 華夏 ; chinois simplifié : 华夏; pinyin: Huáxià). On n’est pas absolument sûr que les Xia aient vraiment existé. La dynastie suivante, celle des Shang, est mieux corroborée. L’évidence archéologique ferait correspondre les Xia à un ensemble de cultures néolithiques et de l’âge du bronze du bassin inférieur du Fleuve Jaune (Huang He), c.-à-d. de la Plaine Centrale de la Chine du nord qui s’étend de la province de Shandong à la province du Shaanxi.
L’histoire de la Chine, presque toujours un produit « officiel » par des gens qui avaient un « agenda », a tendance à idéaliser et à simplifier. En fait, il ne semble pas que le nord de la Chine ait été contrôlé d’une façon uniforme et centralisée par les premières dynasties. Et les développements qui résultèrent en une « culture chinoise » se déroulèrent plutôt sur des territoires plus vastes que ceux des Xia, et auraient impliqué des peuples qui n’étaient probablement pas uniformes d’un point de vue ethnique. En fait, le concept d’ethnies bien séparées ne semble pas « tenir la route », une constatation qui n’est pas unique à l’Asie d’ailleurs. On devrait plutôt parler de culture et d’héritage linguistique. De la même façon, le mot «Han », désignant au départ une dynastie (202 av. JC – 189 après JC), en passa à être utilisé comme une étiquette ethnique et se trouve maintenant être la dénomination officielle de la majorité du peuple chinois, supposée être d’une seule et même ethnie.
Toujours est-il que les peuples de la Plaine Centrale, constituant le noyau des futurs Han, en fait les ancêtres de l'ethnie Han, se désignaient aux derniers siècles av. JC comme « Xia » pour se différencier des peuples « moins Chinois » considérés comme barbares, pour lesquels on usait de termes tels que « Di » ou « Rong ». Les Di ou Rong auraient été assimilés au fil de la très longue dynastie des Zhou (1050 – 256 av. JC). Cela résultait peut-être du sentiment d’avoir une identité privilégiée en tant qu’héritiers du royaume Xia, par des gens qui ont fini par se désigner comme « Xia ». Pour une première fois, avant l’usage du terme « Han », on avait abusé d’un terme désignant une culture pour désigner une population qui n’était pas ethniquement homogène.
Le terme « Xia » était encore utilisé pour désigner la culture « Chinoise », celle du nord, à l’époque ou les Qin (d’un «état » du nord qui correspondait plus ou moins au Shaanxi d’aujourd’hui) commencèrent à unifier le territoire chinois dans un sens moderne. En particulier, le roi Hui de la dynastie Qin conquit le Sichuan (le pays « des quatre rivières », connu jusque là sous les termes de Shu et Ba) au IV-ème siècle av. J-C (on cite la date de 316 av. JC). Le Sichuan tomba donc sous l’influence culturelle Xia, et fut intégré dans l’empire chinois.
Cette consolidation intégra d’autres territoires « non-Xia » : le reste du bassin du Yang Tse, une grande partie de la Chine du sud et la Mongolie Intérieure. L’apogée fut Huangdi, le premier empereur historique, rendu fameux entre autres par l’ armée de terre cuite de sa tombe (dont la chambre centrale n’a pas encore été excavée), et qui régna au III-ème siècle av. J-C. La dynastie Qin ne dura pas longtemps, mais donna la base à partir de laquelle l’empire suivant, celui des Han, se reforma à partir de la fin du III-ème siècle av. J-C.
Voilà donc ma première fournée. J’espère que cela intéressera quelques forumistes, et comme je l’ai dit, je ne suis pas un spécialiste du sujet, donc j’espère bien en apprendre plus de la part de ceux dont la lanterne est plus éclairée que la mienne !
Croisière "Grande Civilisations Antiques" sur le Costa Deliziosa le 22 septembre 2010 English translation pending
Bonjour,
Voici mon premier post.🙂
Je pars faire ma première croisière sur le costa deliziosa le 22 septembre 2010 sur le thème "les grandes civilisations antiques".
J'aurais voulu savoir si quelqu'un du forum la fesait également...
Je vous remercie par avance
Voici mon premier post.🙂
Je pars faire ma première croisière sur le costa deliziosa le 22 septembre 2010 sur le thème "les grandes civilisations antiques".
J'aurais voulu savoir si quelqu'un du forum la fesait également...
Je vous remercie par avance
Peut-on vivre avec 250 euros à Madagascar? English translation pending
Bonjour à tous !
Je suis Belge, jeune diplômée ingénieur spécialisée en conservation de la nature, et une ONG anglaise m'a proposé un job à Fort Dauphin pour 1 an. Cependant, le salaire est très faible pour une expat : 250 €, bien qu'il correspondent à un haut salaire pour les Malgaches. Avec ce montant, peut-on vivre correctement à Madagascar ? J'entends par là avoir un logement décent, manger normalement, et avoir qq loisirs en plus ?
De plus, mon compagnon aimerait m'accompagner, et si possible trouver un job également (il est ingénieur en génie rural). Les 250 € sont-ils encore suffisant pour loger et nourrir 2 personnes ? Peut-il venir vivre facilement avec moi ? Est-il possible de trouver un job depuis Madagascar ou faut-il qu'il reste qq mois en Belgique pour essayer de décrocher qqch depuis l'Europe ?
Si vous habitez à Fort Dauphin, je suis interessée par toutes les informations que vous pourriez me fournir ...
D'avance merci pour tous vos conseils,
Catherine
Hôtel Caribbean World Côtes de Carthage 3 étoiles English translation pending
bonjour
nous partons a deux en septembre pour tunis à HOTEL CARRIBEAN WORLD COTES DE CARTHAGE 3* SUP pouvez vous nous dire ce que nous pouvons faire a tunis et comment est cette hotel merci ED
nous partons a deux en septembre pour tunis à HOTEL CARRIBEAN WORLD COTES DE CARTHAGE 3* SUP pouvez vous nous dire ce que nous pouvons faire a tunis et comment est cette hotel merci ED
Retour de deux semaines au Maroc English translation pending
De retour d'un voyage de 2 semaines au Maroc (hors désert), je me propose de vous faire partager ma modeste expérience (restau - hôtels - trajets - petits pièges ...).
Un mois au Laos en janvier English translation pending
bjr tout le monde ben je vien tout juste de m'inscrir ici mais je comrend rien kelk'unpuet m'aider svp sinon j'aimerai avoir des conseil pour le laos compte partir 1 mois en janvier
Croisière sur le Carnival Liberty du 2 janvier 2010 English translation pending
Bonjour à tous,
Simplement pour dire que nous serons a bord du Carnival Liberty le 2 janvier 2009. Nous avons déja fait les escales Cozumel, Grand Cayman et Ocho Rios... cependant puisque nous y allons cette fois-ci avec fiston, nous désirons faire autre chose avec lui... ce qui va nous faire découvrir les iles d'une autre facon. Notre fils est âgé de 6 ans... avez-vous des suggestions... voici ce que nous avons trouvé pour l'instant... mais je prends toutes les idées possibles... Merci
Cozumel - Dolphin encounter au parc de chankanaab. Nous voulons réserver a l'avance directement avec le park et non par l'entremise de Carnival car c'est beaucoup plus cher
Grand cayman - Nous hésitons beaucoup entre aller passer la journée a la plage seven miles beach ou bien d'aller nager avec les raies a Stingray...
Ocho Rios - Pour cet endroit, nous n'avons pas la moindre idée jusqu'a présent... bien entendu nous avons déjà escaladé les chutes dunns, mais je ne sais pas si ca vaut vraiment la peine d'y aller avec un enfant... Je suis certaine qu'il y a plus intéressant a faire... meme si ce n'est qu'une belle plage ce serait sympa...
Je vous remercie a l'avance pour vos suggestions
Simplement pour dire que nous serons a bord du Carnival Liberty le 2 janvier 2009. Nous avons déja fait les escales Cozumel, Grand Cayman et Ocho Rios... cependant puisque nous y allons cette fois-ci avec fiston, nous désirons faire autre chose avec lui... ce qui va nous faire découvrir les iles d'une autre facon. Notre fils est âgé de 6 ans... avez-vous des suggestions... voici ce que nous avons trouvé pour l'instant... mais je prends toutes les idées possibles... Merci
Cozumel - Dolphin encounter au parc de chankanaab. Nous voulons réserver a l'avance directement avec le park et non par l'entremise de Carnival car c'est beaucoup plus cher
Grand cayman - Nous hésitons beaucoup entre aller passer la journée a la plage seven miles beach ou bien d'aller nager avec les raies a Stingray...
Ocho Rios - Pour cet endroit, nous n'avons pas la moindre idée jusqu'a présent... bien entendu nous avons déjà escaladé les chutes dunns, mais je ne sais pas si ca vaut vraiment la peine d'y aller avec un enfant... Je suis certaine qu'il y a plus intéressant a faire... meme si ce n'est qu'une belle plage ce serait sympa...
Je vous remercie a l'avance pour vos suggestions
Croisière sur le Costa Concordia le 7 novembre 2009 English translation pending
😛Voilà donc la réservation de notre premiere croisiere a été faite cet après midi...depuis que j'en reve!!! Merci à Olivier et Nath pour leurs magnifique blog qui a réussir à convaincre mon mari pour le départ .
Alors départ le 7 novembre 09 pour la Dolce Vita à bord du concordia... si par hasard d'autres personnes du forum ont réservé pour cette date merci de vous manifester...
Allez encore 88 jours à patienter....😛
Découverte de l'Ouest américain à travers quatre États, pendant vingt-cinq jours(1ère partie) English translation pending
Bonjour à tous(tes),
Voilà bientôt 3 semaines que je suis rentrée des USA après un fabuleux voyage de 25 jours en famille. C'était notre 1er long périple en dehors de l'Europe. Après avoir bourlingué un peu partout dans les pays nous environnants, je me suis lancée dans la préparation de ce voyage dans l'Ouest américain qui nous tentait depuis bien longtemps... Et ce fut une réussite totale.
Je voudrais donc commencer par vous remercier, vous les membres de VF qui de part votre site internet, votre intervention quasi quotidienne ou votre récit de voyage, m'ont permis de bénéficier de votre expérience et connaissance du terrain.
Une mention toute particulière:
- à Jean-Pierre Laudet (alias Jipou)(et son site Laudet.fr) qui, pendant des mois, a répondu patiemment à toutes mes questions et envoyé un tas de cartes et documentations intéressantes...
- à Bernard Guichet(alias Zitounet) qui régulièrement m'a encouragée...
- à Patrice Raveneau (alias jdakota)(il saura pourquoi...)
- à Patrick (alias PS131), le roi de la carte google maps, qui m'a suggéré de réserver un vol en avion à partir de Moab, ce qui reste un de nos plus beaux souvenirs!
- à Philippe Schuller (alias Sedonax)et ses interventions toujours très pertinentes, et qui la veille de mon départ, répondait dans l'urgence à une de mes questions...
- à Thierry Lagarde (alias Wavemaster) et Philippe Schuller (Sedonax)(toujours lui) pour leur site internet ouestusa.fr dont je me suis largement inspirée pour tracer notre itinéraire
- à Laurence et Dominique pour leur site Roadtrippin.fr très explicite
- à Annie et André Molinet pour leur site the.wave.free.fr/ qui m'a permis de comprendre toutes les subtilités de l'inscription pour la Wave, autre souvenir mémorable
Quelques jours après le retour (le temps de se reposer - ben oui, ce ne sont pas des vacances...-, de lessiver et ranger tout le barda emporté... - et bon dieu, qu'est-ce qu'il y en a...- , de se remettre du jet-lag... - dur, dur, la rentrée...), j'ai commencé à rédiger un compte-rendu de ce grand et beau voyage. Tout d'abord, très égoïstement : cela me permettait de revivre une 2ème fois ces 25 jours passés beaucoup trop vite sur place... Et puis, je me suis prise au jeu... j'ai étoffé le texte, l'ai truffé de détails (j'espère que ça ne sera pas indigeste!), en pensant que cela pourrait peut-être servir à de futurs voyageurs en quête de renseignements...
Alors, me voilà maintenant en train de poster, comme d'autres, mon carnet de voyage... Je n'ai pas l'humour de Vazyvite, ni le talent d'un écrivain... Les grands experts connaissant le terrain comme leur poche, trouveront sans doute le texte beaucoup trop long (difficile de résumer en quelques lignes, 25 jours vécus intensivement, du lever au coucher de soleil...) , mais peut-être que d'autres préparant leur futur voyage, trouveront intéressant de suivre nos pérégrinations heure par heure...(J'ai volontairement mis l'heure le plus souvent possible, car lors de ma préparation, je me suis souvent demandée si je n'avais pas trop chargé le planning...)
Je vous livre ici les 16 premiers jours : les étapes de San Francisco à Bryce Canyon N.P.
Les 8 autres jours sont décrits sur le post suivant: voyageforum.com/...ost=2865731;#2865731
Le récit n'est malheureusement pas encore illustré, les 6000 photos étant toujours au stade du triage...
Carnet de voyage : notre 1er périple dans l’OUEST AMERICAIN du 27/06/2009 au 21/07/2009 à travers 4 Etats : la Californie, l’Arizona, l’Utah, le Nevada
ITINERAIRE: San Francisco – Côte Pacifique – Los Angeles – Grand Canyon – Page – Monument Valley – Moab – Torrey – Bryce Canyon – Zion – Las Vegas – Death Valley – Yosemite – San Francisco.( Total: 4500 Miles)
METEO: très beau temps partout sauf un orage entre Oatman et Kingman et 2 après-midi nuageuses
Coût pour 4 personnes considérées comme adultes :
Le vol : billets d’avion achetés sur internet 9 mois avant le départ (par l’intermédiaire de CheapTickets) Aller : vol British Airways : Bruxelles- Londres (escale de 3H30)- San Francisco Retour : vol British Airways : San Francisco- Londres (escale de 1H00)- Bruxelles Prix : 4370 $= 2960 € (1€=1, 47$)
L’hébergement : Hôtels, la plupart réservés sur internet 6 à 8 mois avant le départ (et pré-payés avec possibilité d’annulation) Prix : 2500 € pour 23 nuits
Le véhicule de location: Dodge Durango AWD, loué chez Alamo, à l’aéroport de San Francisco, par l’intermédiaire de Autoeurope Prix : 760 €/23 jours (assurances comprises sauf pneus et bris de glace)+ 67 $ pour le plein d’essence
La consommation en essence : 760 $ pour 4500 miles parcourus (540 € pour 7200 Kms) (1€=1, 4$) +/- 13, 5 L/100Kms
Les restos+nourriture+boissons : La moitié des petits- déjeuners étaient compris dans le prix de la chambre Le midi : repas pique nique le plus souvent Le soir : resto Total de tous les repas : 3000 $ (2150 €)
Les activités (4pers.): certaines réservées un peu avant le départ (*) Total: 2670 $ (1900 €)
Pass 1 jour cable car à San Francisco : 44 $/4pers + Parking payant à San Francisco : 90$ Alcatraz* (pour la visite nocturne): 132 $/4pers Universal Studio à L.A. (entrée normale): 236 $/4pers Survol en hélico* au Grand Canyon : 502 $/4pers Entrées des parcs : Pass : 80 $/véhicule Point Lobos (Côte Pacifique) : 8 $/véhicule Pfeiffer Big Sur(Côte Pacifique) : 8 $ + 5 $ pour la beach /véhicule Julia Pfeiffer(Côte Pacifique) : 8 $ /véhicule Upper Antelope Canyon(Lac Powell) : 124 $/4pers (Lower : 25$/pers) The Wave* (Coyote Buttes North/ Vermillon Cliffs) : 5 $(inscription) +28 $/4pers Monument Valley : 20 $/4pers Dead Horse Point : 7 $/véhicule Survol en avion* (3H à partir de Moab, au-dessus de Canyonlands, Capitol Reef, Lac Powell) : 1340 $ /4pers Goblin Valley : 7 $/véhicule Kodachrome Basin : 6$/véhicule Bodie : 20 $/4pers
Coût total par personne* pour un voyage de 25 jours/23 nuits: 2200 € sans les activités 2700 € avec les activités * : sur base des frais d’hébergement et de voiture partagés entre 4 personnes
Après tous ces calculs, je lance le récit...
Sa 27/6: Bruxelles – Londres - S.F ; Nuit à S.F.
Voici ce qui était prévu au planning (5560 Mi-8900 Km) - Décollage de Bruxelles à 9h55 - Escale de 3H30 à Londres, et arrivée à l’aéroport de San Francisco à 16h30, heure locale - Aller chez Alamo pour louer la voiture (764€/23jours) - Au soleil couchant, aller à la Coit Tower ou aux Twin Peaks
Voici ce que nous avons fait - Réveil (enfin, c’est un grand mot…car aucun de nous quatre trop excités par le voyage, n’a vraiment bien dormi…) et départ très matinal pour arriver vers 7H15 à l’aéroport de Bruxelles. C’est notre aimable voisin qui nous y amène avec sa remorque pleine de bagages. - Petit problème au comptoir d’enregistrement à Bruxelles : nous sommes bien enregistrés pour le vol Londres-San Francisco, mais pas pour le vol Bruxelles-Londres et ce dernier affiche complet!! Pourtant, notre ticket électronique prouve bien que nous avons réservé et payé 4 places pour ce vol !! Ça commence bien !! Après 20 minutes d’attente assez nerveuse, on nous attribue des places prévues pour d’autres…qui se rendent uniquement à Londres et n’ont donc pas de correspondance à prendre (dommages collatéraux pour British Airways)…
- Si seulement nos petits soucis du départ avaient pu s’arrêter là... On atterrit à Heathrow… On se promène dans les couloirs, on mange un bout, on prend le métro (et oui, un terminal à Heathrow, c’est légèrement plus grand qu’un terminal à Bruxelles), on arrive enfin devant notre porte d’embarquement pour SF. Un Boeing derrière les vitres semble prêt à décoller… Jusque là tout est normal ! Sauf que du joli Boeing, en dessous de l’aile droite, s’écoule du fuel !!! Sur le tarmac, personne ne s’inquiète… Seul un gars vient tous les quarts d’heure jeter un sac de sable sur la flaque qui ne cesse de s’étendre… Je pense que le gars a bien jeté une dizaine de sacs… Et nous, nous poirotons en regardant ce spectacle qui n’est guère rassurant… Bien entendu, pendant cette attente, British Airways reste muet … On suppose donc que l’avion a été rempli avec trop de fuel et que celui-ci reflue… Finalement, une machine viendra en pomper l’excédent et nous pourrons alors embarquer avec 2H de retard … Nous arrivons donc vers 18H30 à SF après un vol de 11H (avec belle vue sur les glaciers de l’Islande, les icebergs du Groenland et la baie d’Hudson !) Nous passons rapidement la douane et récupérons nos 4 valises (enfin un bon point pour British Airways !)
- La file au comptoir Alamo n’est pas trop longue, nous sommes donc servis assez rapidement. Malheureusement, c’est le week-end de la Gay-Pride à SF. Il y a donc beaucoup de monde en ville et plus beaucoup de voitures disponibles !!! On a pourtant réservé depuis plus de 8 mois, un Dodge Durango 4WD qui devrait nous permettre de parcourir certaines pistes du Far-West… On nous fournit un mini-bus Ford ou quelque chose qui y ressemble en tout cas…Ce n’est pas du tout le modèle qui était prévu. Avec ce genre de véhicule, il nous sera impossible de réaliser l’itinéraire envisagé !! Nous préférons attendre l’arrivée d’un 4x4. Après plus d’1H, nous finissons par dénicher un Dodge Durango qui a une haute garde au sol mais ce n’est pas un vrai 4x4 : seulement un AWD nous assure le responsable ! Nous devons le croire sur parole car nulle part, nous ne voyons indiquer la mention AWD et aucun commutateur commandant l’aide à la descente par frein moteur, ni manuel de conduite dans la boite à gants… Dépités et fatigués, nous quittons l’aéroport à bord de ce véhicule, convaincus qu’il s’agit d’un 4x2 et qu’il nous faudra essayer de l’échanger le lendemain dans une autre agence…Décidemment, le début de ce périple démarre difficilement !! Il nous faut maintenant rallier le centre de SF en évitant d’éventuels problèmes de circulation dus aux manifestations de la Gay-Pride…
- Le trajet se fait sans encombre (ouf !!) mais il est déjà plus de 21H30 quand nous arrivons enfin à notre hôtel (Orchard Garden) très bien situé, juste à côté de la porte de Chinatown. N’ayant pas le courage d’aller la garer nous-mêmes, nous laissons la voiture au valet ! Après tout, nous sommes en Amérique ! Yes ! Et tant pis s’il nous en coûte 40$ ! Le soleil étant couché depuis belle-lurette, nous reportons au lendemain, notre visite à la Coit Tower ou aux Twin Peaks… Là, j’en suis à me demander comment on va faire demain, pour trouver le temps de recaser ces visites et passer dans les autres agences de voitures, vu le planning prévu déjà bien chargé !!
- Malgré notre intense fatigue, nos estomacs crient famine…Pas question d’aller dormir le ventre vide…Nous nous précipitons vers le Lori’s Diner le plus proche (l'endroit idéal pour manger un bon burger, dans un cadre typiquement américain rétro des années 50)... et arpentons à pied nos 1ères rues en pente de SF. Elles auront raison de nous qui regagnerons notre hôtel complètement exténués. Cela faisait 26 heures que nous étions debout…
Di 28/6: S.F. ; Nuit à S.F.
Voici ce qui était prévu au planning (100Km) - 11H-12H15 : messe gospel à la Glide Memorial Church (il faut y arriver 20 min plus tôt) - en voiture, pour faire le circuit 49 Mile Scenic Drive
Voici ce que nous avons fait
Après un rapide déjeuner au Starbucks du coin, nous récupérons notre véhicule et entamons le début de la 49 Mile Scenic Drive, tout en évitant les quartiers Chinatown et Financial District que nous parcourrons à pied le lendemain. Le temps est splendide : ciel bleu, plein soleil, aucune brume à l’horizon, 25°C ! Quelle chance… Nous gravissons les rues pentues de SF, croisons des cable-cars, passons devant la Grace Cathedral de style néo-gothique et le Mark Hopkins Hotel (au croisement Mason/California St) au sommet duquel on peut grimper pour avoir une belle vue d’en haut…mais faute de trouver une place où garer la voiture, nous ne pourrons pas nous y rendre… Et pourtant nous tournerons au moins 4 fois autour du pâté de maisons…Bon, là, il faut bien l’admettre : il est difficile de garer dans le centre de SF en dehors des parkings payants… Nous arrivons au Musée du cable-car (Mason St) mais il n’ouvre qu’à 10H…Nous admirons les très belles maisons victoriennes autour de Union Street ainsi que celle de Haas Lilianthal House .
Mais il est temps de redéposer la voiture au valet de l’hôtel (Bah oui… pour 40$, on peut la lui confier 24H quand même !...) pour rejoindre à pied la Glide Memorial Church (Ellis St) où nous arrivons vers 10H30 et assistons aux 20 dernières minutes de la messe gospel. En fait, suite à la Gay-Pride, les horaires sont complètement modifiés.
Ensuite, nous rallions Market St et jetons un coup d’oeil rapide à la parade de la Gay-Pride qui y défile… (Bof ! Très spécial !!). Nous regardons le retournement à la force des bras, du cable-car sur la plate-forme tournante, au terminus, près du Visitor Center de la Powell Station ; et achetons d’ailleurs nos Muni Pass pour la journée de demain.
Nous rejoignons la place Union Square entourée de grands magasins, grimpons gratuitement au sommet du Westin Saint Francis Hotel grâce aux ascenseurs extérieurs qui nous y propulsent en quelques secondes. De là-haut, nous avons une vue impressionnante sur la baie de SF côté Est. Après, nous nous rendons au 8ème étage du Macy’s pour déguster un cheesecake sur la terrasse de la fameuse Cheesecacke Factory (pas de doute, nous sommes bien aux States !). Il fait délicieusement bon…et même très chaud. Nous n’avons pas mis de crème solaire et on sent bien que l’on commence à cuire !!
Il faut maintenant passer aux choses moins agréables et courir dans les différentes agences Alamo du centre de SF pour essayer de trouver le véhicule idéal, c.-à-d. un 4x4…En vain… Après plus d’1H30 de recherche, nous devons nous résigner : nous ne trouverons pas, ici, de véhicule plus adapté que notre Dodge Durango dégoté la veille à l’aéroport… Il a quand même de bons atouts : il est pratiquement neuf (12000Mi au compteur), il a une haute garde au sol ( très important pour ne pas cogner le bas de caisse dans les pistes caillouteuses), les pneus ainsi que la roue de secours sont en parfait état et nous constatons bien la présence d’un cric pour le cas échéant (bien caché et découvert avec l’aide d’internet)! (J’ai repris la liste des bons conseils de Philippe Schuller alias Sedonax sur VF) Pour être sûrs qu’il s’agit bien d’un AWD, nous décidons d’aller le lendemain demander l’avis d’un garagiste (car aujourd’hui, c’est dimanche).
Après tout ce temps « perdu », il est pressant maintenant de reprendre le cours de la 49 Mile Scenic Drive… Direction Filbert St, la rue la plus pentue de SF (vue plongeante de SF) et Lombart St, la rue la plus tortueuse que nous prendrons plaisir à redescendre 2 fois ! (chacune située au croisement de Hyde Street)
Nous poursuivons la visite par la Coit Tower à Telegraph Hill (belles fresques murales dans le hall) mais nous ne prendrons pas l’ascenseur pour y monter jusqu’au sommet : la vue depuis le bas est déjà pas mal ! Nous empruntons les Filbert Steps à la recherche des jardins suspendus remplis de perroquets sauvages…Mais cela doit être une légende car point de beaux jardins ni de beaux perroquets !! Nous n’y avons vu qu’un vilain corbeau tout déplumé !!! A moins qu’ils ne se trouvent tout à fait dans le bas de la colline… Mais sans être sûrs, nous n’avons pas eu le courage de descendre si bas… Nous reprenons la voiture jusqu’à Ghirardelli Square (ancienne chocolaterie désaffectée, réhabilitée en espace commercial) où nous dégustons une bonne glace…au chocolat bien sûr. Nous longeons la baie à pied quelques instants, il fait alors nettement plus frais : le vent du large souffle !!
Nous remontons en voiture, direction : la marina. Nous dépassons Fort Mason et faisons une halte au Palace of Fines Arts, énorme rotonde aux colonnades élégantes, style gréco-romain. On ne s’attend pas à trouver ici pareil monument ! Le cadre est très bucolique. Deux couples de jeunes mariés s’y font d’ailleurs prendre en photo. Nous n’avons pas le temps d’entrer dans l’Exploratorium dont les expositions scientifiques interactives attirent pourtant les enfants…
En voiture à nouveau, nous longeons le Parc Predisio puis la route panoramique qui conduit à Fort Point. De là, nous avons un point de vue exceptionnel sur le Golden Gate Bridge. Nous reprenons la 49 Mile Scenic Drive qui maintenant longe l’Océan Pacifique. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour admirer d’ici le Golden Gate Bridge…C’est un jour sans brume. Quelle chance !! Dernière halte à Cliff House (nous n’avons pas trouvé le soi-disant musée gratuit des automates !!) et le long de l’immense plage Ocean Beach (rendez-vous des surfeurs). Les points de vue sont grandioses.
Mais il est encore trop tôt pour traverser le pont que nous avons dépassé depuis quelques kilomètres, afin d’aller admirer le soleil couchant de l’autre côté. Nous décidons alors de monter aux Twin Peaks, les 2 collines jumelles situées près de Mission District, à 300 m d’altitude et qui permettent d’avoir une vue à 360° sur SF et sa Baie. Là-haut, nous sommes balayés par un vent glacial. Nous nous empressons d’enfiler nos vestes polaires !! La vue est magnifique et aucunement gâchée par le brouillard pourtant si fréquent à SF mais totalement absent aujourd’hui, pour notre plus grand bonheur.
Sans trainer, nous regagnons alors le fameux GGB que nous voulions traverser plus tôt et ainsi rejoindre Battery Spencer View. D’ici, on domine le pont avec SF en arrière-plan. Au soleil couchant, c’est magnifique !
Il est maintenant presque 20H30 et le soleil est couché. Nous regagnons le centre de SF (5$ pour retraverser le pont dans ce sens-là) en faisant le crochet par Alamo Square et le quartier Haight-Ashburry si délicieux avec leurs typiques maisons victoriennes. Mais il commence à faire noir. Nous reviendrons demain pour faire de splendides photos…
Nous avons même la folie de nous arrêter dans le quartier Mission à la recherche des fresques murales, mais la nuit est complètement tombée et nous ne pourrons plus que les apercevoir succinctement !! Et cela sera notre fatale erreur : quand on se présentera dans les restos pour souper, il sera presque 22H et nous serons refusés partout… Nous devrons à nouveau nous contenter d’un Lori’s Diner… Une fois, c’est bien !!! Mais deux fois, c’est trop… Il parait qu’il y a tant de bons restos à SF !!! Ce sera le seul hic de la journée… Ce soir, nous garerons nous-mêmes notre voiture dans un parking situé tout près de l’hôtel (Stockton St) (25$/jour)
Lu 29/6: S.F. ; Nuit à S.F.
Voici ce qui était prévu au planning à pied/ cable-car pour faire: - Chinatown, - Financial District - Embarcadero - Fisherman’s Wharf - Alcatraz (à 18H45 mais il faut arriver 30 min. à l’avance) (33$/pers.)
Voici ce que nous avons fait
Tout ce qui était prévu (Bon, je l'ai fait court, ce récit pour ce jour!!).
A noter qu’il ne faut pas oublier de visiter, dans Financial District, le musée gratuit (420, Montgomery St) de la Wells Fargo, compagnie exploitant les diligences lors de la ruée vers l’or et qui depuis est devenue une des banques les plus riches du pays. L’ Embarcadero Center est aussi très agréable à traverser le long des passerelles piétonnières en admirant les buildings de Financial District. Ne pas hésiter à entrer dans l’hôtel Hyatt Regency (face au Ferry Building) pour admirer le superbe atrium et prendre les ascenseurs intérieurs pour grimper au dernier étage et se diriger vers les grandes vitres qui offrent une vue extraordinaire sur la baie de SF et sur Market St. De plus, avant de monter dans un cable-car pour Fisherman’s Wharf, nous reprendrons la voiture en début d’après-midi, pour retourner à Alamo Square, à Haight-Ashburry, et dans le quartier Mission revoir les belles fresques murales.
Comme prévu la veille, nous irons dans un garage indépendant à la sortie de la ville. Là, le garagiste bien sympathique nous confirmera que notre véhicule est bien un AWD. Nous quitterons donc ce garage bien plus confiants que la veille… et déciderons de garder ce véhicule sans plus trop nous tracasser… (la suite du périple nous confirmera que nous avons eu raison) Avant de redéposer notre voiture au parking près de l’hôtel, nous ferons une dernière halte dans le Civic Center pour admirer l’hôtel de ville et son impressionnant dôme plus grand que celui du Capitole de Washington.
Bilan des choses non vues à SF : la visite du musée du cable-car, l’Exploratorium, la traversée à pied ou en vélo du GGB, le Golden Gate Park, la Mission Dolores, la traversée du Oakland Bay Bridge et la vue depuis Treasure Island. Mais grâce au fait d’avoir pu circuler en voiture, nous avons pu en seulement 2 jours, voir les principaux quartiers de SF, y compris la très surprenante visite nocturne d’Alcatraz. Au fait, si on revient d’Alcatraz avec la dernière navette du bateau, ne pas trainer en arrivant sur SF si on désire ensuite aller souper. En effet, même à Fisherman’s Wharf pourtant très touristique, les restos ne reçoivent plus de clients après 22H00 !
Ma 30/6: S.F.- San Luis Obispo ; Nuit à San Luis Obispo
Voici ce qui était prévu au planning (240 Mi-390 Km)
Côte Pacifique avec arrêts à : - Gilroy (outlets) ? + Wal-Mart ? - Monterey (Pacific Grove, 17 mile drive), - Point Lobos, - Big Sur, - San Simeon...
Voici ce que nous avons fait
Nous quittons San Francisco par l’autoroute 101 vers San Jose, traversant d’immenses vignobles californiens et la Silicon Valley connue pour être le berceau des technologies de pointe. Beaucoup d’habitants de San Francisco et de ses environs travaillent ici, et empruntent donc chaque matin ce même itinéraire. Le trafic s’en ressent et se trouve ainsi très chargé. Il faut conduire attentivement la voiture. Les nombreux freinages répétés empêchent d’enclencher le cruise control.
L’arrêt dans les outlets de Gilroy fut trèèèèèèèèèès long (2H30)... Difficile de faire moins tant les magasins sont nombreux et les prix alléchants !! Nous en profitons pour acheter la glacière au Wal-Mart du coin et faire le plein de boissons. Remarque : Pour obtenir des bons de réduction très avantageux (allant jusqu’à -20%) dans les outlets, il faut s’enregistrer préalablement sur leur site internet. On peut alors imprimer les coupons ou bien, sur place, se présenter avec le code, à l’information qui délivrera le VIP Coupon Book.
Le temps jouant contre nous, nous passons Monterey sans nous y arrêter, nous faisons une halte rapide à Carmel pour voir la Mission San Carlos de Borromeo, une des plus belles de Californie parait-il. Ensuite nous nous arrêtons à Point Lobos State Reserve (8$/véhicule) pour marcher le long du court sentier Sea Lion Trail (1Km/1H) doté de magnifiques points de vue sur la côte ainsi qu’au loin sur de nombreux otaries se dorant au soleil ! Nous les sentons plus que nous ne les voyons !
Sur la CA1, 15 Mi au sud de Monterey, nous nous arrêtons peu avant le Bixby Creek Bridge. Le panorama vers le sud avec ce pont très photogénique est splendide. Plus loin, nous photographions le Point Sur, énorme rocher volcanique dans la mer.
Vu l’heure avancée, nous sommes obligés de supprimer les randos prévues dans Pfeiffer Big Sur State Park , mais nous empruntons quand même la Sycamore Canyon Rd située 1Mi plus au sud et qui nous conduit à Pfeiffer Beach, endroit bien plaisant et très photogénique aussi. Malheureusement, le ciel s’est obscurci, le soleil a disparu, remplacé par de gros nuages… Nous n’enfilons pas nos maillots !! Et ne nous attardons pas.
Le point de vue dominant la paradisiaque crique de Julia Pfeiffer Burns SP avec sa chute d’eau, est vraiment à ne pas rater. Nous trouvons cet endroit magnifique bien que le ciel soit tout gris…Alors sous le soleil, qu’est-ce que ça doit être !... Nous continuons à longer cette route côtière parsemée de nombreux points de vue tous aussi beaux les uns que les autres (l’Irlande ou la Bretagne en plus intense). Dommage que le beau temps ne soit plus de la partie !!
La nuit finit par tomber bien avant que nous n’atteignons San Simeon… Nous ne verrons donc pas les éléphants de mer de Piedras Blancas, ni le Hearst Castle (mais il n’était quand même pas au programme, sa visite demandant presque 2H), ni Vista Point à Cambria, ni le Morro Rock de Morro Bay. Nous souperons dans un des seuls restos ouverts sur cette route (très cher d’ailleurs !!) et arriverons bien tard au Best Western Royal Oak de San Luis Obispo. Ce n’est quand même pas une raison suffisante pour nous refourguer une chambre au WC bouché !… A ce propos, nous remarquerons partout que, la conception des cuvettes des WC américains rend leur utilisation moins performante que les nôtres… Je ne sais pas si je me fais bien comprendre…
Me 1/7: San Luis Obispo- L.A. ; Nuit à Hollywood
Voici ce qui était prévu au planning (230 Mi- 370 Km) Arrêts à: - Camarillo (outlets) ? + Wal-Mart ? - visite de Venice Beach, - visite de Santa Monica, - vue à partir du Getty Museum (coucher de soleil à 20H10) - vue à partir de Mulholland Drive
Voici ce que nous avons fait
Vers 9h, nous prenons la route vers L.A. sans nous arrêter ni à la Mission de Lompoc, ni à Solvang d’influence danoise, ni aux stations balnéaires très renommées de Santa Barbara et de Malibu. Nous dinons dans un des nombreux fast food (ce n’est pas le choix qui manque ici : burgers, sandwichs, salades, spécialités mexicaines…) et comme d’habitude, ma fille nous demande : « C’est fontaine ici ? », sous entendu : c’est boisson à volonté ?... car il faut savoir qu’aux USA, on peut se resservir autant de fois qu’on le désire (« fontain soda » sur la carte)! Cela est aussi souvent valable le soir, dans les restos, où les serveurs n’hésitent pas remplir à nouveau votre verre vide … Durant toutes les vacances, ma fille fera une cure de « Dr Pepper ». Et nous, très souvent, nous boirons une « lemonade » très désaltérante. Quand les garçons commanderont une bière, ils devront systématiquement montrer leur passeport pour prouver leur âge… (21ans, c’est le minimum légal pour pouvoir boire de l’alcool aux USA!) On fera une pause dans les outtlets de Camarillo où on dépensera encore quelques $...
Ensuite, nous nous dirigeons vers Venice Beach. Le trafic sur l’autoroute devient de plus en plus dense ! Il y a 7 bandes de circulations dans chaque direction!! Et ça dépasse de chaque côté !! Pas de doute, nous sommes en Amérique !! Nous nous promenons quelques instants dans l’ex-Venise américaine, le long des quelques canaux restants bordés d’habitations modernes fantaisistes puis allons nous garer près de la plage. L’Ocean Front Walk bordé de nombreux palmiers est un lieu très animé, nous croisons beaucoup de cyclistes, roller-bladers, artistes de rue, diseuses de bonne aventure… et même des culturistes s’exerçant là devant tous les passants !! Cet endroit nous rappelle de nombreux films et séries vus à la TV… Sur le sable, on passe à côté des fameuses tours de sauvetage et des gardes-côtes, bouées rouges à la main, scrutant la mer… Il ne manque que Pamela ! Nous remontons à pied jusqu’à Santa Monica et son Pier bien connu et repérons même la plaque commémorative dédiée à la route 66 qui aboutissait ici autrefois. Nous nous baladons dans la 3rd Street, une vaste allée piétonne animée de spectacles de rues, et bordée de restos, cafés et boutiques en tout genre (au grand désarroi des garçons qui désespèrent à chaque fois que leur sœur fait mine de rentrer dans l’une d’entre elles…)
Nous reprenons la voiture vers 19H30 et nous dirigeons vers le Getty Museum situé sur les hauteurs. Malheureusement une grille fermée nous en barre l’accès ; du coup, notre projet d’assister là au coucher de soleil tombe à l’eau !! Nous nous dirigeons ensuite vers Beverly Hills et marquons une pause à Rodeo Drive, la rue la plus chic des USA, lieu de tournage de « Pretty Woman ». Que d’élégance !! Nous passerons la soirée un peu plus loin, au Farmers Market et dans l’immense shopping center attenant, « The Grove » qui est à ciel ouvert et où il fait bon flâner, même sans rien acheter.
Avant de rejoindre notre hôtel (Holiday Inn Beverly Garland) situé près de Universal Studios, nous ferons une dernière halte nocturne sur Mulholland Drive, la petite route de crête serpentant sur les hauteurs de L.A. et d’où nous pourrons avoir une vue imprenable sur le Downtown et ses hauts buildings.
Je 2/7: L.A. ; Nuit à Hollywood
Voici ce qui était prévu au planning (40 Km)
A 9H (pour certains): Universal Studios Ou (pour d’autres): L.A. Downtown + Sunset Blvd+ Melrose Ave+ Farmers Market + Beverly Hills( Rodéo Drive ) , Beverly Center + Bel Air+ UCLA+ Getty Center A 17H (tous ensemble): Hollywood Blvd A 18h30 : Hollywood sign + vue depuis Griffith Park
Voici ce que nous avons fait
Après un bon petit déjeuner très varié et copieux (le meilleur du séjour), nous allons finalement tous ensemble passer la journée à Universal Studios. Nous y arrivons un peu avant 10H… Nous trouvons à garer près de l’entrée (12$) et il n’y a pas de grandes files aux caisses pour acheter son ticket d’entrée (67$/pers). Nous bénéficions chacun d’un bon de réduction de 8$ glané sur internet…
Jusque 11H, il n’y a pas grand monde. Ensuite, le parc se remplira mais sans que ça ne soit jamais dérangeant. Nous n’avons jamais attendu plus de 20 minutes pour accéder à une attraction l’après-midi (presque aucune attente le matin). Pour éviter les files aux attractions, il est conseillé de commencer par la partie inférieure du parc (Jurassic Park, Revenge of the Mummy, Special Effects et Backdraft). L’après-midi, nous passons dans la partie supérieure et allons à The Simpsons, Shrek 4D, House of Horrors, puis nous assistons au très bon spectacle aquatique Waterworld (horaire défini) et finissons par la visite guidée des studios à bord d’un bus qui nous emmène pendant plus d’1H à travers différents décors de cinéma. Nous quittons le parc vers 16H45 avec la sensation d’en avoir vu l’essentiel. Nous n’avons seulement pas essayé la nouvelle attraction remplaçant Fear Factor Live. Aucune attraction n’est vraiment à sensations fortes, et moi qui ne suis pas une inconditionnel de ce genre de chose, j’ai finalement passé une bonne journée !!
On repasse une nouvelle fois sur Mulholland Drive pour voir la vue de jour sur Downtown. Puis on gare la voiture au shopping center d’Hollywood. De là, nous partons déambuler sur le Hollywood Boulevard et découvrir les nombreuses étoiles évoquant de grandes stars et qui sont incrustées dans le trottoir. Celle de Mickael Jackson, décédé quelques jours plus tôt, est couverte de fleurs. Comme tout le monde, nous glissons aussi nos mains ou nos pieds dans les empreintes des stars qui sont gravées dans le ciment devant le Man’s Chinese Theater. Je repère dans une rue perpendiculaire (1732, N Las Palmas Ave), le Vivian’s Hotel « minable » qui a servi de décor dans « Pretty Woman ».
Ensuite, en voiture, nous essayons de nous rapprocher du signe HOLLYWOOD, symbole du quartier et situé sur les hauteurs au nord, sur les flancs du Mont Lee. Grâce au plan fléché préalablement, nous le trouvons sans problème…mais plus aucune de ses ampoules ne scintillent dans la nuit… Un mythe s’effondre !! Plutôt que de grimper au Griffith Park comme prévu, nous retournons une fois de plus passer la soirée comme la veille, dans l’immense shopping Center « The Grove », ma fille y ayant repéré l’incontournable magasin Abercrombie (ce drôle de magasin où flotte dans l’air un parfum tenace et où l’on fait ses courses dans la pénombre…Peut-être pour ne pas voir la qualité médiocre de leurs tissus ?... Je vais me faire huer !. Bizarre que toutes les jeunes filles européennes soient dingues de cette marque.) Il devient maintenant urgent d’acheter un sac pour y mettre toute sa nouvelle garde-robe ! Ça en est fini des achats de vêtements ouf !). Demain, nous arrivons au 1er Parc… J’ai hâte…
Ve 3/7: L.A.-Grand Canyon; Nuit à Tusayan
Voici ce qui était prévu au planning (480 Mi-770 Km) Arrêts à: - Barstow (outlets) + Calico ?? - Oatman - Kingman - Seligman - Williams (souper)
Voici ce que nous avons fait
Aujourd’hui, c’est l’étape la plus longue de notre périple : presque 800 Kms nous séparent du Grand Canyon… 8H30 : Nous sortons facilement de L.A. par la route 134 suivie de la 210, sans rencontrer le moindre embouteillage (situation exceptionnelle due au fait que beaucoup d’habitants de L.A. ont déjà quitté la ville la veille au soir pour profiter de leur long week end incluant l’Independance Day). Nous arrivons 2H30 plus tard à Barstow. Là, on se dégourdit un peu les jambes.Devinez où ??...dans les outlets pardi ! Là, même les garçons se laisseront tenter…
Après être remontés en voiture (ben oui : il faut grimper pour s’installer dans un 4x4 !), nous hésitons à nous arrêter à la ville-fantôme de Calico. Les rumeurs la traitant de « piège à touristes », nous passons l'étape et poursuivons notre chemin. La conduite automatique et le cruise control enclenché permettent au conducteur d’être relax au volant… Nous traversons le désert de Mojave… La route longue et droite à l’infini fait somnoler ma fille à l’arrière. Quant à moi, l’excitation du voyage, la découverte de nouveaux paysages et la musique entrainante du lecteur CD me tiennent bien éveillée. La compilation spécialement concoctée pour ce trip tourne en boucle dans l’appareil… rien que de bons vieux tubes anglais contant l’Amérique et que même les jeunes connaissent…
Nous passons notre temps à photographier à travers le pare-brise ou dans les rétroviseurs, de gros trucks (camions) rutilants typiquement américains, des camping-cars tellement gigantesques que derrière, ils tractent un énorme 4x4 comme nous nous y mettrions des vélos, des bikers chevauchés par des gars plutôt virils ou les surprenants arbres de Josué qui jalonnent le trajet. Quand nous sortirons de la voiture, lors d’un arrêt à la station essence, nous serons happés par un air chaud insoutenable (drôle de sensation…).
Nous quittons la Californie et entrons en Arizona. Très vite, nous empruntons un vieux tronçon de la mythique Road 66 qui nous conduit jusqu’à Oatman, ancienne ville minière du début du XXème siècle. Les ânes utilisés autrefois dans les mines s’y baladent maintenant librement dans la rue principale, dans un décor de western bien sympathique… Détour à conseiller vraiment !! En quittant ce village typique du Far West, nous avons de beaux points de vue sur les montagnes environnantes, mais nous ne tardons pas à essuyer un violent orage, suivi d’une pluie battante qui nous poursuivra jusqu’à Kingman où de beaux arcs en ciel zèbreront un ciel encore menaçant. Il est presque 18H et nous nous arrêtons au bar avec une vache sur le toit pour grignoter quelque chose en attendant un repas plus conséquent prévu 2H plus tard à Williams… Nous ne le savons pas encore, mais cet en-cas constituera en fait notre seul souper… En effet, nous avons à peine repris l’autoroute devant nous amener à Seligman que nous rencontrons un bouchon qui finalement s’avéra durer 2H… Accident ?? Problème dû à l’orage ??? Nous ne le saurons jamais… Nous aurons bon scruter l’horizon à la jumelle, nous ne comprendrons jamais le pourquoi…
Toujours est-il qu’il est déjà 20H30 quand nous pouvons enfin avancer et nous diriger maintenant vers Seligman que nous atteignons vers 21H30, alors qu’initialement il devait être 19H30… La nuit est tombée depuis longtemps et c’est dans le noir que nous visitons cette petite ville autrefois située sur la légendaire route 66 et qui maintenant est quelque peu ressuscitée, suite à l’intervention des frères Delgadillo qui se sont amusés à recréer un peu l’ambiance d’antan, en exposant des objets d’époque. On peut ainsi admirer de vieilles bagnoles, celles-là mêmes qui ont inspiré le film « Cars » des studios Disney Pixar. Nous serons quelque peu déçus de cette visite…L’ex-route 66 étant remplacée par une nationale à 4 bandes, il est quand même difficile de s’imaginer les lieux à l’époque ! Mais il est vrai que dans le noir, ce n’était pas l’idéal ! Nous ne nous attardons pas trop et poursuivons notre chemin jusqu’à Williams que nous atteignons vers 22H15, soit bien trop tard pour espérer manger dans le resto envisagé ou visiter cette ville typique du Far West… De plus, il nous reste encore 45 minutes de route pour arriver à notre hôtel à Tusayan. Et dire qu’il est prévu demain de se lever avant l’aurore pour aller au Grand Canyon, assister au lever de soleil qui a lieu à 5H15 ! A ce moment, je me dis qu’il va falloir revoir le planning ! A noter que sur cette route 64 toute droite menant à Tusayan mais où la vitesse est assez limitée, nous rencontrerons par deux fois des Rangers garés sur le bas- côté, à cette heure pourtant avancée de la nuit.
Sa 4/7: Grand Canyon ; Nuit à Tusayan
Voici ce qui était prévu au planning (30 Km) A 5H15 : sunrise A 8H30 : survol en hélico (vol prévu à 9H) avec la société Papillon : 125$/pers pour 30 min de vol Visite des principaux points de vue le long de la Hermits Rest Rd Courte rando sur le South Kaibab Trail jusqu’à Cedar Ridge (4.5Km / 2 ou 3H) A 19H50 : sunset à Yaki Point
Voici ce que nous avons fait
Bien évidemment, vu l’arrivée tardive à l’hôtel (Best Western Squire Inn) la veille au soir, j’ai reporté le sunrise au lendemain. Après un sommaire petit déjeuner, nous nous rendons pour 8H30, à l’aérodrome de Tusayan jouxtant notre hôtel. Après les préliminaires concernant les consignes de sécurité, nous montons dans l’hélico et nous installons aux places prédéterminées suivant notre poids. Nous sommes 7 avec le pilote. Un couple de jeunes nous accompagne. Le temps est idéal : ciel bleu et ensoleillé et pas trop chaud pour éviter les turbulences. L’hélico prend vite de l’altitude survolant une forêt luxuriante de sapins, et se dirige droit devant lui. Ne nous étant pas approchés du bord auparavant, nous sommes vierges de toutes impressions… Huit minutes après le décollage, nous arrivons au gouffre que le pilote traverse jusqu’à la rive nord avant de faire demi-tour. On en prend plein les mirettes et on mitraille à tout va. Ce n’est pas pour rien que l’on nomme cette région Grand Canyon. Les deux rives sont éloignées l’une de l’autre d’une bonne vingtaine de Kms et tout au fond, bien loin, on aperçoit le Colorado. C’est lui qui a ainsi façonné ce labyrinthe de canyons et de gorges érodées…Une merveille de la nature !
Vers 9H45, nous sommes de retour sur la terre ferme et reprenons notre véhicule pour nous rendre au Parc situé 9 Mi plus loin. A l’entrée, nous payons 80 $ pour obtenir notre National Parks Pass qui sera valable pour l’entrée de tous les N.P. et Monuments Nationaux. (les S.P. - State Park- restant, eux, payants). Arrivés dans Grand Canyon Village, nous nous perdons un peu dans le dédale de rues et finissons par dénicher le supermarché situé Market Plaza, où nous allons acheter de quoi faire un pique nique. Il est 11H45 quand nous passons devant la gare ; nous y voyons justement l’arrivée du train en provenance de Williams, mais point de locomotive à vapeur comme autrefois! Nous garons notre voiture près du Bright Angel Lodge et montons alors dans une navette gratuite obligatoire, qui dessert les différents points de vue de la Hermits Rest Road longue de 13 Kms. Nous alternerons ainsi marche et navette le long du Rim Trail (sentier au bord du Canyon) et dinerons en contemplant un fabuleux panorama. Nous sommes impressionnés par l'immensité du paysage mais pas totalement séduits: il s'en dégage une sensation de "trop grand", "trop infini", "trop loin"...
Vers 16H, fatigués par les randos et la chaleur, nous décidons d’annuler la descente prévue à l’intérieur du Canyon et rentrons nous reposer et nous rafraichir à la piscine de l’hôtel. Vers 18H, nous retournons au Parc pour assister à Yavapai Point, au magnifique coucher de soleil embrasant la roche de belles couleurs chaudes. Pour une fois nous ne souperons pas trop tard, en face de notre hôtel, dans un restaurant typiquement cow-boy, au Yippee-ei-o Steakhouse et verrons passer le cortège célébrant l’Independance Day, défilant aux couleurs de la Nation.
Di 5/7: Grand Canyon-Page ; Nuit à Page
Voici ce qui était prévu au planning (140 Mi-230 Km) Desert View drive, Arrêts à: - Little Colorado, - Cameron Trading Post - Marble Canyon, - Lee’s Ferry, - rando Cathedral Wash?? (4Kms/2H A-R), - Horseshoe Bend (meilleure luminosité avant 16h), - Barrage Glen Canyon, - Coucher de soleil sur le Lac Powell (à 19H50)
Voici ce que nous avons fait
5H00 : Dans le noir, nous quittons le parking de l’hôtel encore endormi à cette heure très matinale. Il n’y a pas de temps à perdre, le soleil ne va pas nous attendre pour se lever… Nous passons la cahutte de l’entrée du Parc… Personne… Nous rencontrons quelques biches broutant en lisière de forêt, et nous nous dirigeons vers Mather Point …Aie…aie…aie… Le parking est presque plein ; ça va être noir de monde… De toute façon, nous n’avons plus le temps d’attraper une navette pour aller plus loin ! Nous allons jusqu’au point de vue et là, le spectacle est au rendez-vous : les rayons du soleil éclairent progressivement les roches et les buttes qui prennent des teintes de plus en plus colorées. Nous restons là presque 1H à photographier ce tableau. Les gens encore assoupis se font discrets…
6H15 : Nous n’avons pas déjeuné mais nous avons des barres et autres boissons énergisantes. Il fait bon, pas trop chaud et nous sommes en pleine forme. Nous décidons d’entamer la rando annulée la veille. Chargés de nos sacs à dos, nous prenons la navette qui nous conduit au début du sentier South Kaibab Trail. Nous ne sommes pas très nombreux à randonner si tôt…Tant mieux…Nous laissons les quelques personnes partir avant nous et bien vite, nous nous retrouvons seuls devant cette immensité… Que du bonheur ! Nous descendons jusqu’à Cedar Ridge en suivant cet ancien sentier de mines. En chemin, nous croisons beaucoup d’écureuils pas farouches du tout et plutôt espiègles… Lors d’une halte, il y en a même un qui osera s’aventurer dans mon sac resté entrouvert et en ressortira, victorieux, ma barre de céréales entre ses pattes … Il vient de voler mon déjeuner !!! Plus tard, nous remontons vers la Rim et rencontrons des personnes cette fois beaucoup plus nombreuses, entamant seulement la descente, sous un soleil qui déjà se fait sentir... Cette rando faite ainsi à la fraîche à l’intérieur même du Canyon, est assurément le meilleur moment passé dans le Grand Canyon et un de nos excellents souvenirs sur l’ensemble du voyage. Nous ressentons enfin la sensation d'avoir pris le poul de cet immense Grand Canyon.
9H15 : Nous sommes revenus au point de départ et attendons la navette qui doit nous ramener à notre voiture. Elle passe d’abord par Yaki Point, un autre point de vue 3 étoiles sur le Grand Canyon. Mais, tant pis, nous n’avons pas le temps de nous y arrêter si nous voulons profiter du petit déjeuner servi jusque 10H dans notre hôtel. Et maintenant, nous avons l’estomac dans les talons !!!
10H00 pile : Nous arrivons à la salle du petit déjeuner… Il était temps !!
11h30 : Nous quittons l’hôtel plus tard que prévu !! Une dernière fois, nous rallions Grand Canyon Village et tournons maintenant vers l’Est pour visiter les points de vue aménagés le long de la Desert View Drive longue de 40Kms. Les derniers nous offrent une belle vue sur le fleuve Colorado que jusqu’ici nous ne faisions qu’entrapercevoir.
15H30 : Nous sortons du Park par l’entrée Est et entrons sur le territoire indien des Navajos. La route est parsemée de petites échoppes tenues par des Indiens qui vendent ici des bijoux (beaucoup de turquoises) confectionnés par eux. Les filles se régalent ! Les garçons beaucoup moins ! Nous longeons aussi les gorges du Little Colorado creusées par une rivière qui prend sa source à l’est de l’Arizona et qui rejoint le Colorado dans le Grand Canyon. Ces gorges étroites sont magnifiques et méritent une visite ! Un peu plus loin, on s’arrête une nouvelle fois, au grand dam des garçons, pour visiter le Trading Post de Cameron, grand magasin vendant des objets d’art navajo (chers !).
18H : Nous arrivons à Marble Canyon. Malgré l’heure tardive, il fait encore vraiment très chaud. Nous sortons pourtant de la voiture pour admirer les 2 ponts côte à côte : le vieux Navajo Bridge datant de 1929 qui permettait, là, de traverser le Colorado pour passer en Utah, les barrages de Page et Las Vegas n’étant pas encore construits à l’époque, et qui maintenant est devenu piétonnier, et le nouveau pont plus moderne mais construit à l’identique de l’ancien. Passé ce pont, on se dirige vers Lee’s Ferry, en admirant les superbes falaises rouge-orangées de Vermillon Cliffs si belles en cette fin de journée et en passant à côté de rochers impressionnants de par leur taille et leur forme. Vu l’heure avancée, nous sautons la rando prévue Cathedral Wash qui permet de rejoindre le Colorado en suivant un wash (rivière asséchée). Quelques Kms plus loin, nous arrivons à Lee’s Ferry où nous trempons nos pieds dans l’eau et regardons quelques rafts arrivant de Page et d’autres s’apprêtant pour s’élancer demain, plus loin en direction du Grand Canyon… Les garçons auraient vraiment aimé embarquer, pour plusieurs jours, à bord de l’un d’entre eux…Mais le temps nous manque !!
18H45 : Maintenant, il est urgent de faire demi-tour pour rejoindre Page si on veut avoir la chance d’admirer le coucher de soleil sur le Lac Powell programmé pour 19H50. Sur la route, nous dépassons la rando Horseshoe Bend remise à plus tard, repérons notre hôtel (Days Inn), traversons Page sans traîner, passons au-dessus du barrage sans s’arrêter et arrivons enfin à Scenic View, point de vue surplombant le lac et qui offre un beau panorama, surtout au soleil couchant qui teinte le tout en rose. Ensuite, nous irons à l’hôtel nous enregistrer, ferons quelques courses en face, à l’immense Wal-Mart pour la journée du lendemain et souperons au très sympathique Ken’s Old West à l’ambiance cow-boy et country. Voilà qui clôturera une journée bien chargée commencée avant l’aube !
Lu 6/7: Page ; Nuit à Page
Voici ce qui était prévu au planning (130 Mi-185 Km) - piste House Rock Valley pour aller à the Wave, Wire Pass , Buckskin Gulch, - ou/et Paria Movie Set - ou/et Paria Rimrocks (Toadstool hoodoos (à faire tôt le matin ou en fin d’après-midi - et coucher de soleil à Alstrom Point (4H A-R à partir de Page) (à 19H50)
Voici ce que nous avons fait
Aujourd’hui est le jour de la rando dont on parle depuis des mois…THE WAVE… car bien peu ont la veine de pouvoir contempler cette merveille de la nature et les heureux élus s’y sont pris bien à l’avance! En effet, il s’agit d’un site protégé dont seul un nombre limité de personnes y ont accès, 20 par jour très exactement ! Et pour ce faire, il faut participer par internet, à un tirage au sort qui a lieu 4 mois avant le jour J désiré et qui désigne les 10 premiers gagnants…C’est ainsi qu’en mars, nous avons tenté notre chance et avons décroché tous les quatre notre permis !...C’était inespéré car il y avait presque 150 postulants ! Aujourd’hui donc, il était prévu de se lever comme hier, de très bonne heure, pour randonner pendant qu’il fait frais. Oui, mais c’est sans compter avec la fatigue qui commence à se faire sentir !!
Le temps de déjeuner, de s’équiper (remplir de glaçons la glacière et les camel-bags) et de faire le plein d’essence, il est déjà 7H20 quand nous quittons Page !... et 9H30 (Heure Utah) quand nous atteignons le parking du Wire Pass Trailhead où débute cette fameuse rando située à cheval sur l’Arizona et l’Utah. Le temps étant splendide depuis plusieurs jours, les 13 Kms de la piste House Rock Valley menant jusque là sont facilement praticables. Préalablement, nous nous sommes quand même arrêtés brièvement à la Paria Contact Station pour nous assurer de ne pas y rencontrer de problème. (Les Rangers s’apprêtaient à désigner 10 autres heureux gagnants pour le lendemain…) Il fait déjà presque 30° !... Nous remplissons nos sacs à dos d’eau, de barres et boissons énergisantes, chips et sandwichs… Nous nous tartinons de crème solaire… Nous chaussons nos bottines de marche… ajustons casquettes et lunettes de soleil…accrochons notre permis à un sac à dos… Equipés en plus de notre boussole et des plans censés nous guider, nous voilà enfin prêts pour parcourir les 4, 5 Km nous séparant du saint des saints… 800 mètres plus loin, nous nous inscrivons sur le registre disposé à cet effet dans une boîte en fer… Et là, je m’aperçois que j’ai laissé, dans la voiture, les explications concernant la visite des alentours de la Wave… Flûte !... On se tâte… Bah ! On s’en passera… Et puis, non… C’est trop bête… La voiture n’est pas si loin ! Mon fils, courageux, rebrousse chemin pour aller les rechercher… En attendant, les autres se mettent à l’ombre ! Une demi-heure plus tard, il est déjà de retour !... Tous ensemble, nous nous remettons en route, direction plein sud. La rando grimpe régulièrement. Nous suivons sans peine les indications fournies par le BLM. Nous repérons facilement les cairns disposés çà et là. On se retourne assez souvent pour photographier les lieux et ainsi se créer des points de repère pour le retour… (J’avais lu ce truc donné par quelqu’un sur internet !...) La rando est unique…On ne sait où donner de la tête… Les rochers sont si photogéniques ! Tout ici, est déjà si beau, que nous nous demandons bien ce que nous allons découvrir plus tard !... Nous prenons tout notre temps et nous nous arrêtons fréquemment pour admirer les lieux. Arrivés en bas de l’ultime montée, nous décidons de nous installer à l’ombre d’un genévrier, le seul arbre du coin et de pique-niquer pour reprendre des forces, tout en surveillant qu’un serpent ou un scorpion n’apparaisse pas !... Seul, un lézard inoffensif nous tient compagnie… Mais, même lui, je le tiens à l’œil !! Les 350 derniers mètres en montée dans le sable et sous le cagnard sont les plus durs !... Arrivés en haut les premiers, les garçons ne nous attendent plus et découvrent l’entrée principale de la Wave bien avant nous, les filles, qui la contournons sans la voir !… Ils finissent par venir nous rechercher… Et là, le spectacle est à son apogée… The Wave, la vague, porte bien son nom. Et la roche a une multitude de couleurs. Les draperies de grès façonnées par le vent et si fragiles sont vraiment de toute beauté… Je reste là, assise, savourant le tableau ! Les enfants tout excités sont déjà partis explorer les environs immédiats… Ils sont montés sur les rochers à droite et à gauche et prennent des dizaines de photos… avec eux …sans eux… Et puis très vite, un de mes fils décide de s’aventurer encore plus loin pour voir Second Wave, Sand Cove, Melody Arch… Au bout d’1H, l'autre part à sa recherche… en vain… Il revient sans lui… C’est un allemand passant près de nous qui nous dit l’avoir vu grimper et explorer… Finalement, nous restons là bien plus longtemps que prévu. Les quelques personnes croisées sont déjà reparties bien avant nous… Il est presque 14H30 quand nous quittons à regret cet endroit exceptionnel. Oui, mais là, il fait vraiment très, très chaud. De plus, les enfants s’aperçoivent qu’ils n’ont plus grand-chose à boire !... Nous trouvons le chemin du retour sans problème en suivant à nouveau les cairns et en longeant des falaises pour essayer de trouver de l’ombre le plus possible, car autour, pas le moindre petit arbuste où s’abriter. Alors, nous marchons sans nous arrêter. Très vite, les enfants se retrouvent à sec et siphonnent mon camel- bag… J’ai été plus économe qu’eux ! Moi, sentant la fatigue arriver, j’avale un Power Shoot censé me rendre des forces rapidement… Malgré cela, j’ai vraiment du mal à achever les 2 derniers Kms … Je marche comme un automate… Le plus dur est d’arriver à avancer dans le sable : c'est éreintant… et inévitablement, il s’insinue dans mes chaussures, comprimant ainsi considérablement mes pieds déjà échauffés… Arrivée à la voiture, il me faudra une bonne demie- heure pour me ressaisir… Une chose est sûre : cette rando est LA RANDO du voyage…celle dont nous nous souviendrons longtemps…Je n’aurai qu’un regret : celui de ne pas avoir poursuivi les washs de Wire Pass et de Buckskin Gulch. J’aurais aimé traverser ces slots Canyons étroits de moins d’1 mètre et encadrés de hautes falaises.
Il est 16h30 quand nous quittons le parking du Wire Pass Trailhead. Une demie- heure plus tard, nous avons rejoins la route 89. Nous n’avons plus le temps d’aller ni à Old Paria ni aux Toadstool hoodoos.
Arrivés à Big Water, nous enchaînons directement sur la piste devant nous conduire à Alstrom Point, l’un des plus beaux points de vue sur le Lac Powell. Avant d’y arriver, on passe d’abord près de Nipple Bench où les badlands offre un décor désertique, quasi lunaire, impressionnant… Le silence est maître des lieux… Pas un arbre… Nous sommes seuls… D’ailleurs, pendant 3H, nous ne rencontrerons pas âmes qui vivent! Il parait que c’est ici que fut tourné « La planète des singes ». Nous mitraillons l’endroit avant de poursuivre la piste. Nous soulevons derrière nous des nuages de poussière grise… Après une vingtaine de Miles et plusieurs embranchements, nous sommes contents de voir le panneau indiquant « Alstrom Point 5 Miles » car l’heure avance et nous voyons déjà le soleil décliner. Nous arrivons au 1er point de vue non sans mal à cause de nombreux rochers. Nous stoppons là quelques instants pour voir le splendide panorama se teinter de rose mais les garçons n’ont qu’une idée en tête : rallier le 2ème point de vue. J’essaye de les en dissuader…Nous n’avons qu’un AWD, le soleil se couche et la suite de la piste traversée par des bancs de roche est introuvable… Mais rien n’y fait : ils partent à pied pour essayer de la repérer. L’ayant retrouvée, nous poursuivons…cahin caha car les rochers sont de plus en plus difficiles à passer… Souvent l’un d’eux descend pour guider l’autre resté au volant! Et dire qu’il va falloir refaire tout ce chemin en sens inverse !... Je me vois déjà crever un pneu et être contrainte de passer la nuit ici ! J’imagine la tête du gars qui nous a loué la voiture à San Francisco s’il nous voyait à cet instant ! (ça, je le répéterai plus d’une fois au cours des 6 jours à venir…) Victorieusement, nous arrivons enfin au bout. C’est vrai qu’ici c’est encore plus beau. Mais là, le soleil est vraiment au bout de sa course. Il ne faut plus traîner ! Je ne tiens pas à refaire la toute fin de piste dans le noir ! Le retour se fait plus aisément que l’aller : on reconnait les passages difficiles rencontrés peu auparavant. Je suis soulagée quand on arrive enfin à la partie gravillonnée. Il nous faudra alors encore 1H pour rentrer à Page.
Ereintés par cette longue journée, nous nous contenterons d’un souper rapide mais plutôt bon au Denny’s situé près du barrage de Page. Mais pourquoi donc les Américains ont-ils la fâcheuse manie de mettre la clim à fond ??... Certains rentreront à l’hôtel se doucher et se coucher pendant que d’autres (les plus courageux…) iront une nouvelle fois refaire le plein de boissons et chips au Wal-Mart situé juste en face et qui ouvre vraiment tard le soir !!!. Remarque : Les rayons des grandes surfaces sont plein d’aliments qu’on ne trouve pas chez nous : en dehors du fait que tout est à la taille XXL, on y voit aussi des œufs liquides dans des boites en carton semblables à celles du lait , d’énormes gâteaux et biscuits aux couleurs flash, des poudres et pilules en tout genre pour se maintenir en forme… mais aussi des salades à composer soi-même et ça, c’est super bon (on les paye suivant leur poids). Il faut aller y faire un tour pour se rendre compte…
Ma 7/7: Page-Monument Valley ; Nuit à Monument Valley
Voici ce qui était prévu au planning (125 Mi-200 Km) - Upper et Lower Antelope Canyon - Navajo N.M. - à 17-18H : Monument Valley (sunset à 20H45, heure locale)
Voici ce que nous avons fait Une journée passée chez les Indiens : 8H30 : Après une bonne nuit de sommeil, 2 d'entre nous sommes chargés (nous avons été tirés au sort) d’aller à la cahute des Indiens située à la sortie de Page (près des 3 grandes cheminées de l’usine électrique), pour réserver la visite de 11H00 d’Upper Antelope Canyon (25$/pers + 6$/pers pour entrée sur le territoire navajo... C’est cher, ils ne perdent pas le nord, ces indiens ! ) De retour à l’hôtel, nous récupérons les 2 autres qui ont pu ainsi gagner ½ H de sommeil en plus. Après le déjeuner, nous rechargeons les bagages dans la voiture, faisons le check-out et partons visiter Horseshoe Bend situé 2 Mi plus au sud et que nous n’avions pas pu faire l’avant-veille. Il est à peine 10H00 et le soleil ne tape pas encore de trop ! Les 20 minutes de marche nécessaires pour arriver à ce point de vue se font sans problème. Seul le début est en légère montée. Ensuite, un chemin de sable descend petit à petit. Arrivés à son extrémité, nous nous trouvons devant un site vertigineux surplombant un des méandres du Colorado en forme de fer à cheval (d’où le nom). Là-bas, tout au fond, nous apercevons des bateaux qui nous semblent bien petits ! A ne surtout pas rater lors d’une visite au Lac Powell !!!
10H40 : Nous sommes de retour à Antelope Canyon et attendons le départ des 4x4 navajos qui doivent nous mener à ce slot canyon réputé pour son étroitesse et les rais de lumière qui y pénètrent en été quand le soleil est au zénith. Et ça tombe bien : aujourd’hui, c’est grand soleil ! Après 15-20 minutes de trajet sur une piste sablonneuse qui secoue pas mal, nous débarquons des 4x4 et suivons notre guide. Petit (gros !) bémol : nous ne sommes pas seuls. En effet, cet endroit est très prisé des touristes, surtout à cette heure-ci où un mince filet de lumière arrive à s’infiltrer à l’intérieur. Les groupes se suivent à la queue leu leu tout le long des 400 mètres que fait ce canyon.
Mais ne boudons pas notre plaisir : les parois rocheuses sculptées par l’eau ont des formes incroyables et celles irradiées par le soleil dévoilent une superbe palette de couleurs… La scène est de toute beauté et les appareils photo crépitent. Notre guide très sympa nous conseille sur la manière de réussir nos clichés. Au bout d’1H, après avoir fait l’aller-retour tout le long du canyon, nous remontons dans le 4x4 qui nous ramène au point de départ. Encore une visite à ne pas rater, surtout qu’elle ne demande aucun effort ! (A moins que l’on déteste la foule !) Nous n’irons pas de l’autre côté de la route visiter la partie Lower Antelope Canyon qui parait-il est aussi extraordinaire mais ne reçoit pas les rayons du soleil (aussi 25$/pers)
12H40 : Nous retournons une dernière fois à Page pour aller voir le point de vue sur le barrage. Au passage, nous achetons une salade au Denny’s que nous allons déguster au bord du lac (à Chains Area), histoire de mettre les pieds dans de ce magnifique lac que nous n’avons même pas eu le temps d’approcher de près !
14H30 : Il nous faut déjà reprendre la route : Monument Valley nous attend…Mais dans 2 jours, nous reviendrons ici, au Lac Powell... en avion... Nous passons à côté de Navajo N.M. qui contient des ruines d’anciens villages indiens, mais le temps nous presse une fois de plus et nous ne nous y arrêtons pas.
16H30 (heure Arizona) = 17H30 (heure Utah/Navajo) : Nous approchons de Monument Valley. Les 1ères buttes et mesas apparaissent. Elles nous semblent familières ! Surtout pour moi qui, enfant, avait la permission le samedi soir, de regarder la télévision et notamment des productions hollywoodiennes avec des cow-boys et des indiens. Maintenant, je suis ici au cœur de l’action… En effet, ce parc est un lieu mythique dans l’histoire du cinéma : il servit de décor naturel à de nombreux westerns jusque dans les années 60. Après nous être acquittés des 4x 5$ auprès de la Mme Navajo, à la cahute de l’entrée, nous stoppons quelques mètres plus loin pour admirer et photographier bien sûr, le trio de buttes, emblème du parc, à savoir les Mittens et Merrick Buttes, celles-là mêmes vues dans d’innombrables films. Puis, nous nous élançons sur la piste qui contourne de nombreux autres monolithes provenant de l’érosion des mesas leur donnant des formes très variées rappelant parfois l’aspect d’animaux. Ils sont impressionnants de part leur hauteur de plusieurs centaines de mètres ! Le circuit est accessible à tous types de véhicules quand il est sec. Mais il est quand même pas mal défoncé à certains endroits, surtout au début. Avec notre AWD, nous n’avons aucun problème, même avec tout notre barda resté à l’arrière. Il nous faut +/- 2 H pour faire toute la boucle. Nous revenons à temps à l’entrée pour assister là, sur les hauteurs, au magnifique coucher de soleil sur les remarquables buttes Mittens et Merrick. Puis, tout à côté, nous visiterons gratuitement des hogans, ces habitations typiquement indiennes en bois et argile. Ensuite, nous nous dépêcherons d’aller faire le check-in au Goulding Lodge situé dans ce cadre exceptionnel, à quelques Kms de là. Nous arriverons au resto du site vers 21H, peu avant sa fermeture…(accueil, chambre et nourriture pas terribles !)
Petit encarté à propos des douches dans les chambres d’hôtel : dans chaque hôtel, il faut se familiariser avec le système différent de chez nous, permettant de régler la pression de l’eau ainsi que le débit de l’eau chaude… Certains systèmes étant plus opérationnels que d’autres… ou du moins certains étant plus simples d’utilisation que d’autres… Plusieurs fois, nous serons pris de fous rires en entendant le premier se doucher en s’acharnant sur le robinet et en invectivant le pommeau de douche…
Ce soir-là, nous nous endormirons en regardant, à la TV, un DVD loué à la réception…un vieux western (of course !) de John Ford tourné dans ce parc avec le renommé John Wayne. A refaire, nous testerions plutôt le tout nouvel hôtel installé au cœur même du parc, The View Hotel.
Me 8/7: Monument Valley-Moab; Nuit à Moab
Voici ce qui était prévu au planning (165 Mi-265 Km) - Valley of the Gods (boucle de 25Kms/1H30) - Gooseneck - Moki Dugway - Muley Point - ruines indiennes Mule Canyon (3Kms/1H30 A-R) - arrêt à Newspaper rock? - ou Needles et/ou Anticline Overlook?( = énorme détour uniquement pour 2 points de vue!!!!), - près de Moab: Fisher Towers (sunset à 20H45)
Voici ce que nous avons fait
6H00 : Nous nous levons tôt pour assister au lever de soleil depuis le balcon de notre chambre qui a une vue imprenable sur les pitons du Parc. Mais ce sera très bref, car encore fatigués, nous retournerons vite nous recoucher !...
8H30 : Seuls 2 d'entre nous sont debout pour aller visiter le très instructif musée historique du coin, situé à côté de notre chambre. Il s’agit en fait de l’ancien comptoir trading post de Harry Goulding venu s’installer ici en 1923, qui fit du commerce avec les indiens navajos de la région et qui plus tard, réussira à convaincre John Ford de venir à Monument Valley pour y tourner des westerns.
9H15 : Tous ensemble, nous reprenons la route…direction Mexican Hat, petit village perché au-dessus de la San Juan River. Mais auparavant, nous nous retournons pour photographier Monument Valley dans l’autre sens, celui éclairé le matin par le soleil. C’est vraiment la photo à ne pas oublier de faire!!
Nous quittons définitivement l’Arizona et pénétrons en Utah. Il est prévu, ici, de parcourir la région à travers de nombreuses pistes, hors des sentiers battus, pendant les 6 jours à venir. Que d’aventures en perspective ! Les routes 261 et 316 nous mènent jusqu’à Gooseneck, un point de vue splendide sur les méandres de la San Juan River située 300 mètres plus bas et se lovant autour de hautes falaises de couleur… noire (tiens, ça nous change des roches rouges !). Demi-tour pour nous rendre quelques Kms plus loin au début de la piste de Valley of the Gods que nous parcourons dans le sens Est-Ouest. Il s’agit d’un circuit de 25Kms dont l’accès étonnamment libre, nous permet de nous promener à travers une plaine parsemée de buttes à l’instar de Monument Valley, à l’énorme différence près que nous y sommes pratiquement seuls : pendant 1H30, nous ne croiserons que 2 voitures ! A l’issue de ce chemin de terre facilement carrossable, on revient sur la route 261.
En poursuivant la route 261, nous entamons quelques Kms plus loin, une véritable ascension. La route (Moki Dugway), ici, n’est plus goudronnée et grimpe en formant des lacets très étroits à flanc de colline, pour atteindre finalement le plateau de Cedar Mesa à 1700m. Juste après le dernier lacet de la Moki Dugway, on peut accéder par une piste sur la gauche, au point de vue Muley Point Overlook donnant également un bel aperçu des méandres de la San Juan River.
Nous rejoignons rapidement la route 95 d’où, 15 kms plus loin, démarre une piste menant à la rando Mule Canyon. Sur l’ensemble de notre périple, c’est le seul endroit où nous avons le temps de nous arrêter pour voir des ruines indiennes et bien qu’il ne s’agisse que d’anciens greniers, je tiens particulièrement à ne pas les rater… Mettons le contexte : personne, très chaud, des bestioles partout, des arbres en travers de la rando... Au bout de 1Km, nous apercevons une roche percée de trous et qui ressemble aux fameux greniers indiens, appelée House of Fire... On la prend sous tous les angles... 1/2H plus tard, retour à la voiture (cette fois par le bon chemin non semé d’embuches) et là surprise... : il ne s’agit pas du bon rocher, la photo ne correspond pas à celle de mon guide!! Inutile de dire que les enfants ont refusé d’y retourner… Nous avons plié bagage et sommes partis pour Moab sans tarder (avec mouches et moustiques dans la voiture !)
Il est passé 15H quand nous arrivons à Blanding, petit village agricole où nous nous arrêtons pour manger un morceau et faire le plein d’essence. Nous ne nous attardons pas et reprenons la route. Passé Monticello, nous repérons le gros rocher Church Rock et l’embranchement de la route 211(en cul-de-sac) menant 56 Kms plus loin aux Needles !... pas le temps donc de s’y engouffrer (même pour aller jusqu’au News Paper Rock couvert de vieux pétroglyphes indiens). Encore plus loin, nous voyons un autre embranchement également en cul-de-sac, menant aux points de vue Needles et Anticline Overlooks, mais la route pour y arriver est aussi vraiment trop longue: 120Kms/2H A-R pour voir les deux !...et nous y renonçons aussi!
Un peu plus loin, nous marquons une courte halte pour admirer la Wilson Arch. Nous voyons quelques personnes grimper jusqu’à son pied. Vers 17H, nous arrivons enfin à Moab, petite ville touristique très animée, entourée de falaises rouges, et dont la Main Street est bordée de petites boutiques, hôtels, fast food, restos, … et loueurs de 4x4, vélos, rafts, kayaks…En effet, ici, les sportifs sont rois ! Plusieurs parcs sont à visiter aux alentours. Nous nous installons donc ici pour 3 nuits.
Le temps de faire le check-in au Best Western Canyonlands Inn (à ne pas confondre avec l’autre, le Greenwell Inn), nous voilà déjà repartis… direction : route 128. Ma fille, après avoir hésité à rester pour profiter de la piscine, décide de nous suivre… Il n’y a pas de temps à perdre : le soleil se couche à 20H45… La 128 est une route scénique longeant le Colorado. Elle est encaissée entre de hautes falaises rouges. Nous passons à côté de deux magnifiques ranchs aménagés en hôtels 4*. Le cadre est splendide… Nous faisons un petit détour pour nous rapprocher de Castle Rock, un rocher en forme de doigt levé, vu dans beaucoup de pubs. D’ailleurs la région a inspiré beaucoup de cinéastes. John Wayne, encore lui !, joua ici les scènes de « Rio Grande ».
A 32 Kms de la jonction avec la 191, nous voici arrivés à la rando qui nous intéresse, à savoir Onion Creek Road. Il ne s’agit pas d’une rando à pied ; il suffit de suivre en voiture, cette route qui traverse la rivière à de nombreuses reprises. C’est assez ludique mais en cette saison et vu que la région n’a pas essuyé de gros orages depuis longtemps, le niveau de l’eau est vraiment très très bas. Les garçons quittent alors la piste et s’amusent à suivre carrément le lit de la rivière… C’est donc assez sportif…
19H30 : Nous sommes à présent sur la piste menant aux Fisher Towers, d’immenses et abruptes monolithes rouges aux formes dentelées. A cette heure correspondant au soleil couchant, ces tours s’embrasent et se teintent d’un rouge flamboyant se détachant dans un ciel bleu vif. Le tableau est magnifique… Ce n’est pas le premier mais on ne s’en lasse vraiment pas. Les garçons décident de randonner pendant 1H en suivant le chemin partant du parking.
21H45 : De retour à Moab, nous faisons le plein de boissons au City Market drôlement bien achalandé et allons souper au très renommé Moab Brewery à la déco très originale, aux serveurs très sympathiques, aux très bons plats variés et pas hors de prix… vraiment une adresse à recommander ! N’arrivant pas à bout du dessert hyper copieux, nous repartirons de là avec un doggy bag !
Je 9/7: Moab; Nuit à Moab
Voici ce qui était prévu au planning (125 Mi-200 Km) - Sunrise à Mesa Arch dans Island in the Sky (à 6H00) - Survol en avion (2H30) par la société Red Tail (330$/pers) - Island In The Sky - Dead Horse Point - retour à Moab par Shafer Trail+Potash Road+Route 279 (50Kms/3H) - Negro Bill Canyon??(6Kms/3H30 A-R) ou Onion Creek Road?? (en voiture:26Miles/2H A-R)
Voici ce que nous avons fait Nous n’avons pas le courage de nous lever suffisamment tôt pour le sunrise sur Mesa Arch qui a lieu à 6H00 Pour y arriver, il faut compter 1H de route depuis Moab et 15 minutes de marche !!...Il aurait donc fallu quitter Moab vers 4H45 !! Et là, je n’ai réussi à convaincre personne…
Début juin, j’ai réservé chez Red Tail Aviation, un survol en petit avion Cessna à partir de l’aérodrome de Moab. Nous y arrivons vers 8h00. De Moab, il faut compter +/-30 min pour y arriver. Le vol est prévu à 8h30. Le temps est splendide : soleil et ciel bleu avec quelques nuages blancs pas du tout menaçants…Bref, les conditions de vol semblent tellement optimum que j’en oublie malheureusement de donner, préventivement, à chacun un anti-nauséeux… Nous survolons pendant presque 3H, à basse altitude, les régions au- dessus de Canyonlands (Island in the sky + Needles + The Maze), de Capitol Reef N.P. et du Lac Powell jusqu’au Rainbow Bridge. C’est M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E…Le co-pilote voulant lui-même réaliser un reportage photos, le pilote s’arrange pour nous placer sans cesse dans le meilleur angle pour avoir les vues optimales de chaque coin. Les appareils photo mitraillent sans cesse.
Qu’est-ce que Canyonlands ? Imaginez, aux Origines, un immense plateau, dominé par des sommets et des dizaines de cours d'eau dont le Colorado, qui chacun s'attaquent à ce plateau pour le labourer, le creuser, le raviner inexorablement, creusant dans la roche tendre de merveilleux canyons, et créant aussi une multitude d’arches et d’aiguilles rocheuses. Le Colorado pour éviter parfois le combat avec la roche dure, la contourne dans d’innombrables méandres. Le parc de Capitol Reef préserve un autre joyau de la nature : la Waterpocket Fold qui est un plissement gigantesque de la croûte terrestre, serpentant sur 160Km. Ce soulèvement impressionnant de roche multicolore s’est créé il y a 65 millions d’années ! Pour survoler le Lac Powell, nous redescendons vers le sud-ouest et revenons ainsi au-dessus de la région où nous étions encore 2 jours plus tôt. Le barrage construit à Page en 1963, sur le Colorado , a permis la naissance de ce lac artificiel s’étirant sur 300 Km . En effet, pendant 17 ans, les dizaines de canyons en amont se sont remplis peu à peu, d’eau provenant du Colorado et de ses affluents. Le paysage créé ainsi par l’homme est majestueux : d’énormes falaises rouges tombent dans ce lac d’un bleu profond, aux côtes très découpées . Il est dommage que ma fille, ayant le mal de l’air, n’en profitera pas pleinement !! Sans conteste, c’est l’un de nos meilleurs souvenirs… Vu le prix…heureusement !!
Vers 11H30, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers Dead Horse Point SP que nous atteignons 1H plus tard (7$/véhicule). Il s’agit d’un promontoire situé à 600 mètres du vide à partir duquel on a une vue unique sur le plateau creusé d’une multitude de canyons ainsi que sur un méandre très photogénique du Colorado. Bien que nous l’ayons vu d’avion, nous apprécions vraiment ce parc et y restons une bonne heure à contempler la vue. Nous rencontrons aussi une famille habitant près de chez nous et avec laquelle, nous échangeons nos impressions de voyage ! Que le monde est petit !...
Nous reprenons le volant pour nous diriger maintenant vers la partie nord de Canyonlands, c.-à-d. Island in the Sky. Peu après le visitor center, nous nous arrêtons pour contempler le Shafer Trail et ses lacets vertigineux à flancs de montagne que nous comptons emprunter tout à l’heure pour retourner à Moab. Les garçons attendent ce moment depuis longtemps… (depuis qu’ils en ont vu des vidéos sur YouTube…)
Mais pour l’heure, nous partons à la découverte du parc. Nous suivons la route nous menant de point de vue en point de vue mais la magie attendue n’opère pas autant que prévu… Ce matin, les vues depuis l’avion volant à basse altitude étaient tellement extraordinaires que nous restons ici un peu sur notre faim… Peut-être étions-nous blasés ? Peut-être étions-nous fatigués ? Peut-être avions-nous trop le soleil dans les yeux ? Peut-être étions-nous trop pressés ou trop excités à l’idée d’entamer le Shafer Trail ?... Seule la rando jusque Mesa Arch sera appréciée à sa juste valeur...
17H30 : Le moment tant attendu est enfin arrivé : nous voilà à l’entame de la descente de la falaise en suivant cette piste utilisée autrefois à l’époque où les mines d’uranium étaient exploitées. Nous surplombons le vide de plusieurs centaines de mètres et cela sans parapet ! Mais c’est un peu comme les pistes de ski qui, vues de loin, semblent très pentues et qui, une fois que l’on est dedans, semblent nettement plus faciles… C’est donc sans vertige et sans réelle difficulté que nous arrivons en bas…
Nous commençons alors une autre piste, la White Rim Trail, tracée sur la plus basse terrasse du Canyon et espérons aller jusque Musselman Arch. Oui, mais là, les choses se corsent… La piste est vraiment en mauvaise état avec de gros cailloux à franchir…Et la route est encore longue. Nous préférons rebrousser chemin et nous avons bien fait car la suite ne va pas non plus être des plus faciles… En effet, après la descente de Shafer Trail, nous devons prendre la Potash Road censée être une piste en graviers, sans grosses difficultés, même pour des véhicules 4x2… Mais bien au contraire, elle s’avère être cahoteuse, très dégradée avec de nombreux trous et gros cailloux… Même notre AWD haut sur pattes peine un peu et nous devons rouler vraiment lentement en regardant où l’on place les roues pour ne pas toucher le bas de caisse ! Les garçons y prennent un certain plaisir… « Voilà une vraie piste » disent-ils… En définitive, le Shafer Trail nous a semblé bien facile en comparaison de la Potash Road… Nous mettons donc plus de temps que prévu pour parcourir les 13Miles et je suis contente d’arriver aux bassins de décantation des mines de potasse qui marquent la fin de cette piste.
De là, nous prenons alors la route 279 goudronnée, longeant des falaises plongeant dans le Colorado et offrant de splendides paysages. Nous passons à côté de la rando menant à Bowtie et Corona Archs que nous avons survolées en avion ce matin.
21H15 : Nous arrivons à Moab et allons manger près de l’hôtel, au resto italien Pasta Jay’s (très bon plat du jour)
Ve 10/7: Moab ; Nuit à Moab
Voici ce qui était prévu au planning (60 Mi-100 Km) - Arches N.P. (sunset à 20H45)
Voici ce que nous avons fait Ce matin, le ciel est partiellement nuageux. Heureusement que le vol en avion a eu lieu la veille ! Aujourd’hui, pas plus qu’hier, nous n’avons eu le courage de nous lever suffisamment tôt pour le sunrise sur Mesa Arch dans Island in the Sky. La fatigue du voyage se fait sentir…
Au programme : le parc Arches N.P. qui se situe à la sortie nord de Moab. Sur la droite, grimpe une route qui nous y amène. Voilà encore un parc qui a inspiré de nombreux cinéastes et metteurs en scène… Ça promet ! Ce petit parc contient le plus grand nombre d’arches naturelles au monde : 2000 ! dont 90 sont accessibles au public. Elles résultent de l’érosion des falaises et des crêtes rocheuses par la pluie, le froid, le gel dont la puissance est immense, le vent qui transporte du sable… Ces éléments attaquent la paroi de la roche au point le plus fragile, ce qui forme un trou qui augmente avec le temps. L’origine des arches est donc bien différente de celle des ponts naturels résultant de l’action d’un cours d’eau creusant un passage au travers d’une paroi rocheuse lui barrant la route. Les arches sont donc souvent exposées en hauteur pour être érodées tandis que les ponts naturels se retrouvent habituellement bien cachés au fond des canyons là où passent les rivières. Grâce à l'érosion qui poursuit lentement son travail de sape, de nouvelles arches se forment encore pendant que d'autres s'effondrent et meurent définitivement.
9H00 : Comment perdre du temps pourtant si précieux ??? Passés la guérite de l’entrée, nous nous rendons compte qu’il n’y a peut-être plus assez d’essence dans le réservoir. La route goudronnée qui traverse le parc du sud au nord fait quand même 70Kms aller-retour. Nous rebroussons donc chemin et retournons à Moab faire le plein !!! De retour à nouveau dans le parc, nous suivons la Scenic Drive en nous arrêtant aux différents points de vue la jalonnant. A son terme, commence la rando Devil’s Garden Trail. Nous y arrivons plus tard que prévu et le parking est plein… En tournant, nous finissons par trouver une place… A présent, le soleil frappe. C’est donc sac au dos que nous marchons (3Km/1H30 A-R) jusqu'à la plus grande arche du parc, la Landscape Arch, très spectaculaire avec ses 93 mètres de long. Elle est si mince et frêle qu’elle peut s’effondrer à tout instant. D’ailleurs pour la petite histoire, c’est elle qui aurait dû s’appeler Delicate Arch mais il y a eu confusion lors de l’attribution des noms… La chaleur nous accablant, nous renonçons à poursuivre plus loin jusqu’à Double O Arch et faisons demi-tour en passant néanmoins par Pine Tree Arch sous laquelle poussent des arbres. Il a beau faire chaud, il y a beaucoup de monde dans ce coin du parc et notamment des familles avec de jeunes enfants peinant à avancer, équipés pour tout le monde d’une seule bouteille d’eau tiédie par la température ambiante … Nous, nous sommes bien contents de pouvoir nous rafraichir avec de l’eau gardée bien froide grâce à nos poches isothermes enfermées dans nos sacs à dos ! De retour à la voiture, nous rebroussons chemin et nous arrêtons pour pique niquer près de Sand Dune Arch, facile d’accès et qui, comme son nom l’indique, est une arche dans le sable. Là, des enfants en ont fait leur terrain de jeux, et y jouent au football !
Nous poursuivons en voiture jusqu’à la partie dénommée Windows Section… Toujours autant de monde… Il est vrai que c’est un des plus beaux endroits du parc. Un court sentier mène à 3 arches différentes et un autre, plat et pas plus long, nous conduit à Double Arch, un ensemble de 2 arches reliées entre elles et formant un groupe massif impressionnant.
Puis, nous retournons vers l’entrée du parc en nous arrêtant notamment à Park Avenue, un ensemble de rochers de couleur rouge-orange, tellement hauts qu’ils font penser à des buildings longeant une rue… Il est 15H15. Nous décidons de rentrer à l’hôtel et de nous octroyer 2 bonnes heures de repos afin de reprendre des forces pour la rando prévue fin de journée... (piscine pour certains, l’eau du jacuzzi étant bien trop chaude pour pouvoir y entrer !) Nous dégustons aussi une délicieuse salade achetée au City Market.
18h00 : Ragaillardis, nous quittons l’hôtel… Retour à Arches N.P. et plus précisément au parking de Delicate Arch Trail. Il parait que c’est LA rando à ne surtout pas rater même si elle n’est pas des plus faciles ! En effet pour atteindre Delicate Arch, symbole de l’Utah sur toutes les plaques minéralogiques, il faut grimper sur du slickrock pendant 2Kms… Nous voilà prévenus… Moi, après la "balade" de la Wave, plus rien ne m’effraie !... A cette heure, il fait nettement moins chaud. Les garçons prennent rapidement de l’avance. nous, les filles, les voyons déjà au loin gravir la roche nue. Nous les suivons à notre rythme… Ils arrivent au sommet bien avant nous et s’inquiètent car ayant déjà mitraillé l’arche de nombreuses fois, la batterie de leur appareil photo vient de rendre l’âme, et ils comptent maintenant sur le mien ! Sans souci ni fatigue (la Wave m’a vraiment vaccinée), nous les rejoignons et admirons le spectacle avec eux… L’arche est située au bord d’un précipice avec en toile de fond, les montagnes de La Sal Mountains. La scène vaut vraiment le déplacement d’autant plus à cette heure où l’arche est éclairée par la douce lumière d'un beau coucher de soleil. Seules ombres au tableau : un malencontreux nuage qui va accélérer ce coucher de soleil et la foule massée en-dessous de l’arche difficilement délogeable malgré les huées des photographes ! Nous redescendrons en partie dans la pénombre, à la lumière de la lampe de poche que j’avais pris soin d’embarquer et croiserons bien des personnes entamant seulement l’ascension… Je me demande toujours ce qu’elles ont bien pu voir !
Nous souperons vers 21H45 au restaurant Zax Pizza (très bonnes pizzas) d’où nous repartirons avec les foulards semblables à ceux des cow-boys, servant de serviettes !...
Sa 11/7: Moab-Torrey ; Nuit à Torrey
Voici ce qui était prévu au planning (156 Mi-250 Km) - Arrêts à Little Wild Horse Canyon Goblin Valley S.P, Capitol Reef: Fruita Scenic Drive Points de vue Panorama Point, Sunset Pt et Goosenecks ...
Voici ce que nous avons fait
8H30 : Check-out et départ de Moab, le ciel est couvert. Ce soir, nous dormons près du parc de Capitol Reef.
Peu avant 10H30 : Arrivée a Little Wild Horse Canyon. Le temps est toujours un peu orageux. Il tombe d’ailleurs quelques gouttes. On s’arrête donc au visitor center de Goblin Valley. La ranger ne se mouille pas, c’est le cas de le dire. Elle ne conseille ni ne déconseille la rando dans ce slot canyon. On décide malgré tout de pousser jusque là pour voir si d’autres personnes s’y sont aventurées. Il y a 2 voitures sur le parking et on tente notre chance. Bien nous en a pris, la pluie cesse rapidement pour laisser place au soleil. Nous passons 1H à remonter le cours de cette rivière asséchée avant de faire demi-tour. Soit dit en passant, il est très amusant de se faufiler ainsi entre 2 falaises abruptes sans rester coincer.
13H00 : Arrêt rapide (45min) à Goblin Valley State Park (7$). Il fait très (trop) chaud, le soleil est au zénith et ça tape.
Ensuite route vers Torrey. Nous traversons un paysage lunaire, désertique et rocailleux. A partir de Hanksville, on longe les méandres de la Fremont River. On veut s’arrêter à Cainneville pour casser la croûte, à Mesa Farm Market plus exactement, réputé pour ses produits frais « homemade ». Manque de chance, le proprio vient de fermer la boutique (il est alors plus de 15H). En chemin on s’arrête pour regarder le gué qu’il faut passer pour rejoindre Cathedral Valley. Le niveau d’eau n’apparait pas élevé et pour le fun, les garçons veulent s’essayer à le passer. Mais vu l’heure bien avancée, j’arrive à les en dissuader. Arrêt à la Waterfall le long de la route 24. Beaucoup de gens s’y baignent mais l’eau trouble et rougeâtre de la Fremont River rebute ma fille qui décide finalement de ne pas y faire trempette. Arrêt le long de la passerelle en bois, aux pétroglyphes indiens gravés à même la falaise. Ils auraient plus de 1000 ans ! Ce n’est pas pour rien qu’ils sont assez effacés ! Tour rapide au visitor center pour voir la fameuse carte en 3D reconstituant les détails géologiques du parc.
Peu avant 16H00 : Arrivée à Fruita, ville fondée par les Mormons au XIXème siècle qui irriguèrent ici des vergers et où on espère cueillir quelques fruits. Il parait que c’est autorisé ! (le ventre est vide depuis le déjeuner). Malheureusement nous ne voyons que des fruits encore verts sur les arbres. D’autres seraient-ils passés avant nous ?? Même les biches soit disant en grand nombre autour de cet oasis, ne sont pas présentes en abondance. On se dépêche d’aller à la ferme Gifford, pour enfin se restaurer. Bof ! Il ne reste que des glaces. Le ventre vide, nous nous engageons sur la Scenic Drive longeant la Waterpocket Fold, mais les pistes semblent tristounettes : le ciel s’est obscurci complètement. Sans soleil, les rochers on perdu leur belle couleur rouge. On pénètre dans Capitol Gorge en espérant apercevoir quelques desert bighorns… Aucun à l’horizon ! On s’aventure à pied sur le chemin de Pionner Register et moi par manque de chance, je me tords la cheville sur le premier caillou venu… Retour anticipé à la voiture pour mettre de la glace immédiatement (la glacière en est pleine). Les enfants poursuivront sans moi jusqu’au rocher où les pionniers, au XIXème siècle, gravaient leur noms avant de s’aventurer à traverser la Waterpocket Fold, l’immense barrière rocheuse de 100 Mi de long, créée il y a 65 millions d'années. Bref, fin de journée plutôt morose et toujours le ventre vide. Capitol Reef vu du sol ne nous a pas émerveillés, c’était beaucoup plus beau vu d’avion. Le soleil daignera quand même faire une apparition furtive, au lieu-dit Sunset Point. Et là, nous serons enfin subjugués par la palette de couleurs qui nous est offerte au soleil couchant. De plus, nous y serons pratiquement seuls. Quel calme devant ce paysage coloré!
Check in rapide au motel Austin Chuckwagon (chambre très bien et la moins onéreuse du séjour). Et enfin nous nous régalerons d’un bon repas très copieux au Cafe Diablo. Nous n’arriverons pas à avaler entièrement les desserts pourtant délicieux. On n’avait jamais vu des coupes de glace aussi énormes.
Di 12/7: Torrey-Tropic ; Nuit au Ruby’s Inn
Voici ce qui était prévu au planning (165 Mi-265 Km) - Piste Notom Bullfrog Road(31Miles/1H30 entre la route 24 et la bifurcation pour Burr Trail), Strike Valley Overlook (1H), Piste Burr Trail (36Miles/1H30 entre la bifurcation avec la Notom Bullfrog et Boulder) - arrêt à Boulder : musée Anasazi - Route 12 avec incursion ds Hole-in-the-Rock Road ?? Ou Kodachrome Basin?? et Cottonwood Canyon Rd ?? - Près de Tropic : rando Mossy Cave (1, 5Km/1H A-R)
Voici ce que nous avons fait
9H30 : Départ du motel plus tard que prévu. Nous avions tous besoin d’une nuit plus longue que d’habitude. Avant de quitter définitivement Torrey, petite halte au magasin de souvenirs du coin (Trading Post) pour acheter chapeau de cow boy et autres babioles. Heureusement ma cheville n’est pas gonflée et elle tiendra la route pour les randos à venir. Après plusieurs hésitations nous décidons de ne pas faire la Notom Bullfrog Road sans grand intérêt visuellement parlant, mais plutôt de faire le Burr Trail aller- retour en nous disant que les vues sont différentes d’un sens à l’autre. La 1ère partie de la piste (jusqu’à Long Canyon) est goudronnée et est la plus belle. Le soleil est à nouveau présent et les couleurs de la roche sont bien resplendissantes. Nous poursuivons jusqu’aux switchbacks que nous descendons (nous sommes ainsi passés à travers la Waterpocket Fold, vous savez : l'immense barrière rocheuse ) jusqu’au croisement avec la Notom Bullfrog Road avant de faire demi-tour. Nous ne faisons pas le morceau de piste Upper Muley Twist Canyon qui conduit au point de vue Strike Valley Overlook. D’une part, nous n’avons qu’un AWD et pas un vrai 4WD (inutile de prendre un risque) et d’autre part, nous avons tellement bien vu la Waterpocket Fold depuis l’avion que nous ne jugeons plus le point de vue indispensable.
Au retour : pause-dîner d’une heure, au resto situé au début du Burr Trail. Très bons quesadillas…Sur la terrasse en sortant, j’ai la chance d’apercevoir brièvement un oiseau mouche se désaltérant à l’abreuvoir spécialement disposé pour ce genre de volatile. Pas le temps de sortir l’appareil photo, il est déjà parti… Vu l’heure (15H45), nous zappons la visite au musée Anasazi de Boulder et filons sur la route 12 en admirant les paysages jusque Escalante. Cette route est réputée pour être une des plus belles de l’Ouest : c’est une Scenic Byway. Et en effet, elle serpente au sommet d’une crête avec de chaque côté le vide et des points de vue superbes sur des canyons creusés dans la roche blanche et jaune. La pause-café au Kiva Koffehouse bénéficiant de ce cadre splendide, sera annulée : il ouvre jusque 16h et il est …16h15 !
Nous nous engageons alors dans la piste Hole-in-the-Rock Road, très facile jusque Devil’s Garden. Nous nous y promenons au milieu des arches et gros champignons dressés, sur fond de ciel couleur bleu pétant. Nous sommes seuls sur le site. Demi-tour pour reprendre la route 12 jusque Cannonville où nous nous arrêtons pour visiter Kodachrome Basin. Il est 19H, le soleil décline et les couleurs sur les roches multicolores sont splendides. Nous sommes ici aussi pratiquement seuls. Nous parcourons à pied Nature Trail( malheureusement à l’ombre) et Grand Parade Trail et allons en voiture admirer l’énorme monolithe appelé Chimney Rock. Tous ces hauts doigts dressés, sorte de geysers pétrifiés (pour parler « soft » !), disséminés dans le parc sont étranges.
Le reste de la route 12 pour aller jusqu’à l’entrée du parc Bryce Canyon est magnifique : passé Tropic, on aperçoit déjà des hoodoos couleur saumon. Il est trop tard pour entamer la rando Mossy Cave, le soleil est couché. Nous arrivons une fois de plus, tard, à notre hôtel, le Ruby’s Inn. Après le check- in et quelques courses au general store, pour le déjeuner du lendemain, nous filons au resto où nous avons la chance d’obtenir une table rapidement (vu l’heure : presque 22H, il n’y a plus foule). Sachant qu’ici c’est plus l’usine à touristes qu’un resto au menu raffiné, nous choisissons un plat simple qui n’occasionne aucune mauvaise surprise.
La suite sur le post suivant : voyageforum.com/...ost=2865731;#2865731 Elle décrit les étapes suivantes:
Lu 13/7: Bryce Canyon N.P. ; Nuit au Ruby’s Inn
Ma 14/7: Tropic-Zion-L.V. ; Nuit à Las Vegas
- Springdale ( Zion N.P.) - Valley of Fire S.P. ( à faire fin de journée)
Me 15/7: Las Vegas ; Nuit à Las Vegas
Je 16/7: L.V.-Death Valley ; Nuit à Furnace Creek Ranch (ds Death Valley)
- Visite de Death Valley
Ve 17/7: Death Valley-Lee Vining; Nuit à Lee Vining
- Visite Death Valley - Arrêt à Mammouth Lakes?? - Visite Bodie (ville-fantôme) ?? - Coucher de soleil à Mono Lake
Sa 18/7: Lee Vining- Yosémite ; Nuit à Oakhurst
- Visite Bodie (ville-fantôme) - Arrêt à Saddlebag Lake - Tioga Pass : rando Tuolumne Meadows (1H30) arrêt à Tenaya Lake Olmsted Point - Visite Vallée Yosémite - Coucher de soleil à Glacier¨Point
Di 19/7: Yosémite N.P. ; Nuit à El Portal
- rando Mariposa Grove (forêt de séquoias géants) (2.5 à 8 Kms/ 1 à 4H) - rando Panorama Trail ( de Glacier Point à Curry Village :14Kms/6 à 8H) ou Vernal Fall( jusqu’au sommet : 5Kms/3H A-R) ou+Nevada Fall (jusqu’au sommet : 11Kms/6H A-R)
Lu 20/7: Retour à S.F. par Tiburon , Sausalito, Golden Gate Bridge ; Nuit dans l’avion
- Sausalito - décollage à 18H50 (S.F.-Londres- Bruxelles)
Ma 21/7: Arrivée à Bruxelles à 16H30
Voilà bientôt 3 semaines que je suis rentrée des USA après un fabuleux voyage de 25 jours en famille. C'était notre 1er long périple en dehors de l'Europe. Après avoir bourlingué un peu partout dans les pays nous environnants, je me suis lancée dans la préparation de ce voyage dans l'Ouest américain qui nous tentait depuis bien longtemps... Et ce fut une réussite totale.
Je voudrais donc commencer par vous remercier, vous les membres de VF qui de part votre site internet, votre intervention quasi quotidienne ou votre récit de voyage, m'ont permis de bénéficier de votre expérience et connaissance du terrain.
Une mention toute particulière:
- à Jean-Pierre Laudet (alias Jipou)(et son site Laudet.fr) qui, pendant des mois, a répondu patiemment à toutes mes questions et envoyé un tas de cartes et documentations intéressantes...
- à Bernard Guichet(alias Zitounet) qui régulièrement m'a encouragée...
- à Patrice Raveneau (alias jdakota)(il saura pourquoi...)
- à Patrick (alias PS131), le roi de la carte google maps, qui m'a suggéré de réserver un vol en avion à partir de Moab, ce qui reste un de nos plus beaux souvenirs!
- à Philippe Schuller (alias Sedonax)et ses interventions toujours très pertinentes, et qui la veille de mon départ, répondait dans l'urgence à une de mes questions...
- à Thierry Lagarde (alias Wavemaster) et Philippe Schuller (Sedonax)(toujours lui) pour leur site internet ouestusa.fr dont je me suis largement inspirée pour tracer notre itinéraire
- à Laurence et Dominique pour leur site Roadtrippin.fr très explicite
- à Annie et André Molinet pour leur site the.wave.free.fr/ qui m'a permis de comprendre toutes les subtilités de l'inscription pour la Wave, autre souvenir mémorable
Quelques jours après le retour (le temps de se reposer - ben oui, ce ne sont pas des vacances...-, de lessiver et ranger tout le barda emporté... - et bon dieu, qu'est-ce qu'il y en a...- , de se remettre du jet-lag... - dur, dur, la rentrée...), j'ai commencé à rédiger un compte-rendu de ce grand et beau voyage. Tout d'abord, très égoïstement : cela me permettait de revivre une 2ème fois ces 25 jours passés beaucoup trop vite sur place... Et puis, je me suis prise au jeu... j'ai étoffé le texte, l'ai truffé de détails (j'espère que ça ne sera pas indigeste!), en pensant que cela pourrait peut-être servir à de futurs voyageurs en quête de renseignements...
Alors, me voilà maintenant en train de poster, comme d'autres, mon carnet de voyage... Je n'ai pas l'humour de Vazyvite, ni le talent d'un écrivain... Les grands experts connaissant le terrain comme leur poche, trouveront sans doute le texte beaucoup trop long (difficile de résumer en quelques lignes, 25 jours vécus intensivement, du lever au coucher de soleil...) , mais peut-être que d'autres préparant leur futur voyage, trouveront intéressant de suivre nos pérégrinations heure par heure...(J'ai volontairement mis l'heure le plus souvent possible, car lors de ma préparation, je me suis souvent demandée si je n'avais pas trop chargé le planning...)
Je vous livre ici les 16 premiers jours : les étapes de San Francisco à Bryce Canyon N.P.
Les 8 autres jours sont décrits sur le post suivant: voyageforum.com/...ost=2865731;#2865731
Le récit n'est malheureusement pas encore illustré, les 6000 photos étant toujours au stade du triage...
Carnet de voyage : notre 1er périple dans l’OUEST AMERICAIN du 27/06/2009 au 21/07/2009 à travers 4 Etats : la Californie, l’Arizona, l’Utah, le Nevada
ITINERAIRE: San Francisco – Côte Pacifique – Los Angeles – Grand Canyon – Page – Monument Valley – Moab – Torrey – Bryce Canyon – Zion – Las Vegas – Death Valley – Yosemite – San Francisco.( Total: 4500 Miles)
METEO: très beau temps partout sauf un orage entre Oatman et Kingman et 2 après-midi nuageuses
Coût pour 4 personnes considérées comme adultes :
Le vol : billets d’avion achetés sur internet 9 mois avant le départ (par l’intermédiaire de CheapTickets) Aller : vol British Airways : Bruxelles- Londres (escale de 3H30)- San Francisco Retour : vol British Airways : San Francisco- Londres (escale de 1H00)- Bruxelles Prix : 4370 $= 2960 € (1€=1, 47$)
L’hébergement : Hôtels, la plupart réservés sur internet 6 à 8 mois avant le départ (et pré-payés avec possibilité d’annulation) Prix : 2500 € pour 23 nuits
Le véhicule de location: Dodge Durango AWD, loué chez Alamo, à l’aéroport de San Francisco, par l’intermédiaire de Autoeurope Prix : 760 €/23 jours (assurances comprises sauf pneus et bris de glace)+ 67 $ pour le plein d’essence
La consommation en essence : 760 $ pour 4500 miles parcourus (540 € pour 7200 Kms) (1€=1, 4$) +/- 13, 5 L/100Kms
Les restos+nourriture+boissons : La moitié des petits- déjeuners étaient compris dans le prix de la chambre Le midi : repas pique nique le plus souvent Le soir : resto Total de tous les repas : 3000 $ (2150 €)
Les activités (4pers.): certaines réservées un peu avant le départ (*) Total: 2670 $ (1900 €)
Pass 1 jour cable car à San Francisco : 44 $/4pers + Parking payant à San Francisco : 90$ Alcatraz* (pour la visite nocturne): 132 $/4pers Universal Studio à L.A. (entrée normale): 236 $/4pers Survol en hélico* au Grand Canyon : 502 $/4pers Entrées des parcs : Pass : 80 $/véhicule Point Lobos (Côte Pacifique) : 8 $/véhicule Pfeiffer Big Sur(Côte Pacifique) : 8 $ + 5 $ pour la beach /véhicule Julia Pfeiffer(Côte Pacifique) : 8 $ /véhicule Upper Antelope Canyon(Lac Powell) : 124 $/4pers (Lower : 25$/pers) The Wave* (Coyote Buttes North/ Vermillon Cliffs) : 5 $(inscription) +28 $/4pers Monument Valley : 20 $/4pers Dead Horse Point : 7 $/véhicule Survol en avion* (3H à partir de Moab, au-dessus de Canyonlands, Capitol Reef, Lac Powell) : 1340 $ /4pers Goblin Valley : 7 $/véhicule Kodachrome Basin : 6$/véhicule Bodie : 20 $/4pers
Coût total par personne* pour un voyage de 25 jours/23 nuits: 2200 € sans les activités 2700 € avec les activités * : sur base des frais d’hébergement et de voiture partagés entre 4 personnes
Après tous ces calculs, je lance le récit...
Sa 27/6: Bruxelles – Londres - S.F ; Nuit à S.F.
Voici ce qui était prévu au planning (5560 Mi-8900 Km) - Décollage de Bruxelles à 9h55 - Escale de 3H30 à Londres, et arrivée à l’aéroport de San Francisco à 16h30, heure locale - Aller chez Alamo pour louer la voiture (764€/23jours) - Au soleil couchant, aller à la Coit Tower ou aux Twin Peaks
Voici ce que nous avons fait - Réveil (enfin, c’est un grand mot…car aucun de nous quatre trop excités par le voyage, n’a vraiment bien dormi…) et départ très matinal pour arriver vers 7H15 à l’aéroport de Bruxelles. C’est notre aimable voisin qui nous y amène avec sa remorque pleine de bagages. - Petit problème au comptoir d’enregistrement à Bruxelles : nous sommes bien enregistrés pour le vol Londres-San Francisco, mais pas pour le vol Bruxelles-Londres et ce dernier affiche complet!! Pourtant, notre ticket électronique prouve bien que nous avons réservé et payé 4 places pour ce vol !! Ça commence bien !! Après 20 minutes d’attente assez nerveuse, on nous attribue des places prévues pour d’autres…qui se rendent uniquement à Londres et n’ont donc pas de correspondance à prendre (dommages collatéraux pour British Airways)…
- Si seulement nos petits soucis du départ avaient pu s’arrêter là... On atterrit à Heathrow… On se promène dans les couloirs, on mange un bout, on prend le métro (et oui, un terminal à Heathrow, c’est légèrement plus grand qu’un terminal à Bruxelles), on arrive enfin devant notre porte d’embarquement pour SF. Un Boeing derrière les vitres semble prêt à décoller… Jusque là tout est normal ! Sauf que du joli Boeing, en dessous de l’aile droite, s’écoule du fuel !!! Sur le tarmac, personne ne s’inquiète… Seul un gars vient tous les quarts d’heure jeter un sac de sable sur la flaque qui ne cesse de s’étendre… Je pense que le gars a bien jeté une dizaine de sacs… Et nous, nous poirotons en regardant ce spectacle qui n’est guère rassurant… Bien entendu, pendant cette attente, British Airways reste muet … On suppose donc que l’avion a été rempli avec trop de fuel et que celui-ci reflue… Finalement, une machine viendra en pomper l’excédent et nous pourrons alors embarquer avec 2H de retard … Nous arrivons donc vers 18H30 à SF après un vol de 11H (avec belle vue sur les glaciers de l’Islande, les icebergs du Groenland et la baie d’Hudson !) Nous passons rapidement la douane et récupérons nos 4 valises (enfin un bon point pour British Airways !)
- La file au comptoir Alamo n’est pas trop longue, nous sommes donc servis assez rapidement. Malheureusement, c’est le week-end de la Gay-Pride à SF. Il y a donc beaucoup de monde en ville et plus beaucoup de voitures disponibles !!! On a pourtant réservé depuis plus de 8 mois, un Dodge Durango 4WD qui devrait nous permettre de parcourir certaines pistes du Far-West… On nous fournit un mini-bus Ford ou quelque chose qui y ressemble en tout cas…Ce n’est pas du tout le modèle qui était prévu. Avec ce genre de véhicule, il nous sera impossible de réaliser l’itinéraire envisagé !! Nous préférons attendre l’arrivée d’un 4x4. Après plus d’1H, nous finissons par dénicher un Dodge Durango qui a une haute garde au sol mais ce n’est pas un vrai 4x4 : seulement un AWD nous assure le responsable ! Nous devons le croire sur parole car nulle part, nous ne voyons indiquer la mention AWD et aucun commutateur commandant l’aide à la descente par frein moteur, ni manuel de conduite dans la boite à gants… Dépités et fatigués, nous quittons l’aéroport à bord de ce véhicule, convaincus qu’il s’agit d’un 4x2 et qu’il nous faudra essayer de l’échanger le lendemain dans une autre agence…Décidemment, le début de ce périple démarre difficilement !! Il nous faut maintenant rallier le centre de SF en évitant d’éventuels problèmes de circulation dus aux manifestations de la Gay-Pride…
- Le trajet se fait sans encombre (ouf !!) mais il est déjà plus de 21H30 quand nous arrivons enfin à notre hôtel (Orchard Garden) très bien situé, juste à côté de la porte de Chinatown. N’ayant pas le courage d’aller la garer nous-mêmes, nous laissons la voiture au valet ! Après tout, nous sommes en Amérique ! Yes ! Et tant pis s’il nous en coûte 40$ ! Le soleil étant couché depuis belle-lurette, nous reportons au lendemain, notre visite à la Coit Tower ou aux Twin Peaks… Là, j’en suis à me demander comment on va faire demain, pour trouver le temps de recaser ces visites et passer dans les autres agences de voitures, vu le planning prévu déjà bien chargé !!
- Malgré notre intense fatigue, nos estomacs crient famine…Pas question d’aller dormir le ventre vide…Nous nous précipitons vers le Lori’s Diner le plus proche (l'endroit idéal pour manger un bon burger, dans un cadre typiquement américain rétro des années 50)... et arpentons à pied nos 1ères rues en pente de SF. Elles auront raison de nous qui regagnerons notre hôtel complètement exténués. Cela faisait 26 heures que nous étions debout…
Di 28/6: S.F. ; Nuit à S.F.
Voici ce qui était prévu au planning (100Km) - 11H-12H15 : messe gospel à la Glide Memorial Church (il faut y arriver 20 min plus tôt) - en voiture, pour faire le circuit 49 Mile Scenic Drive
Voici ce que nous avons fait
Après un rapide déjeuner au Starbucks du coin, nous récupérons notre véhicule et entamons le début de la 49 Mile Scenic Drive, tout en évitant les quartiers Chinatown et Financial District que nous parcourrons à pied le lendemain. Le temps est splendide : ciel bleu, plein soleil, aucune brume à l’horizon, 25°C ! Quelle chance… Nous gravissons les rues pentues de SF, croisons des cable-cars, passons devant la Grace Cathedral de style néo-gothique et le Mark Hopkins Hotel (au croisement Mason/California St) au sommet duquel on peut grimper pour avoir une belle vue d’en haut…mais faute de trouver une place où garer la voiture, nous ne pourrons pas nous y rendre… Et pourtant nous tournerons au moins 4 fois autour du pâté de maisons…Bon, là, il faut bien l’admettre : il est difficile de garer dans le centre de SF en dehors des parkings payants… Nous arrivons au Musée du cable-car (Mason St) mais il n’ouvre qu’à 10H…Nous admirons les très belles maisons victoriennes autour de Union Street ainsi que celle de Haas Lilianthal House .
Mais il est temps de redéposer la voiture au valet de l’hôtel (Bah oui… pour 40$, on peut la lui confier 24H quand même !...) pour rejoindre à pied la Glide Memorial Church (Ellis St) où nous arrivons vers 10H30 et assistons aux 20 dernières minutes de la messe gospel. En fait, suite à la Gay-Pride, les horaires sont complètement modifiés.
Ensuite, nous rallions Market St et jetons un coup d’oeil rapide à la parade de la Gay-Pride qui y défile… (Bof ! Très spécial !!). Nous regardons le retournement à la force des bras, du cable-car sur la plate-forme tournante, au terminus, près du Visitor Center de la Powell Station ; et achetons d’ailleurs nos Muni Pass pour la journée de demain.
Nous rejoignons la place Union Square entourée de grands magasins, grimpons gratuitement au sommet du Westin Saint Francis Hotel grâce aux ascenseurs extérieurs qui nous y propulsent en quelques secondes. De là-haut, nous avons une vue impressionnante sur la baie de SF côté Est. Après, nous nous rendons au 8ème étage du Macy’s pour déguster un cheesecake sur la terrasse de la fameuse Cheesecacke Factory (pas de doute, nous sommes bien aux States !). Il fait délicieusement bon…et même très chaud. Nous n’avons pas mis de crème solaire et on sent bien que l’on commence à cuire !!
Il faut maintenant passer aux choses moins agréables et courir dans les différentes agences Alamo du centre de SF pour essayer de trouver le véhicule idéal, c.-à-d. un 4x4…En vain… Après plus d’1H30 de recherche, nous devons nous résigner : nous ne trouverons pas, ici, de véhicule plus adapté que notre Dodge Durango dégoté la veille à l’aéroport… Il a quand même de bons atouts : il est pratiquement neuf (12000Mi au compteur), il a une haute garde au sol ( très important pour ne pas cogner le bas de caisse dans les pistes caillouteuses), les pneus ainsi que la roue de secours sont en parfait état et nous constatons bien la présence d’un cric pour le cas échéant (bien caché et découvert avec l’aide d’internet)! (J’ai repris la liste des bons conseils de Philippe Schuller alias Sedonax sur VF) Pour être sûrs qu’il s’agit bien d’un AWD, nous décidons d’aller le lendemain demander l’avis d’un garagiste (car aujourd’hui, c’est dimanche).
Après tout ce temps « perdu », il est pressant maintenant de reprendre le cours de la 49 Mile Scenic Drive… Direction Filbert St, la rue la plus pentue de SF (vue plongeante de SF) et Lombart St, la rue la plus tortueuse que nous prendrons plaisir à redescendre 2 fois ! (chacune située au croisement de Hyde Street)
Nous poursuivons la visite par la Coit Tower à Telegraph Hill (belles fresques murales dans le hall) mais nous ne prendrons pas l’ascenseur pour y monter jusqu’au sommet : la vue depuis le bas est déjà pas mal ! Nous empruntons les Filbert Steps à la recherche des jardins suspendus remplis de perroquets sauvages…Mais cela doit être une légende car point de beaux jardins ni de beaux perroquets !! Nous n’y avons vu qu’un vilain corbeau tout déplumé !!! A moins qu’ils ne se trouvent tout à fait dans le bas de la colline… Mais sans être sûrs, nous n’avons pas eu le courage de descendre si bas… Nous reprenons la voiture jusqu’à Ghirardelli Square (ancienne chocolaterie désaffectée, réhabilitée en espace commercial) où nous dégustons une bonne glace…au chocolat bien sûr. Nous longeons la baie à pied quelques instants, il fait alors nettement plus frais : le vent du large souffle !!
Nous remontons en voiture, direction : la marina. Nous dépassons Fort Mason et faisons une halte au Palace of Fines Arts, énorme rotonde aux colonnades élégantes, style gréco-romain. On ne s’attend pas à trouver ici pareil monument ! Le cadre est très bucolique. Deux couples de jeunes mariés s’y font d’ailleurs prendre en photo. Nous n’avons pas le temps d’entrer dans l’Exploratorium dont les expositions scientifiques interactives attirent pourtant les enfants…
En voiture à nouveau, nous longeons le Parc Predisio puis la route panoramique qui conduit à Fort Point. De là, nous avons un point de vue exceptionnel sur le Golden Gate Bridge. Nous reprenons la 49 Mile Scenic Drive qui maintenant longe l’Océan Pacifique. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour admirer d’ici le Golden Gate Bridge…C’est un jour sans brume. Quelle chance !! Dernière halte à Cliff House (nous n’avons pas trouvé le soi-disant musée gratuit des automates !!) et le long de l’immense plage Ocean Beach (rendez-vous des surfeurs). Les points de vue sont grandioses.
Mais il est encore trop tôt pour traverser le pont que nous avons dépassé depuis quelques kilomètres, afin d’aller admirer le soleil couchant de l’autre côté. Nous décidons alors de monter aux Twin Peaks, les 2 collines jumelles situées près de Mission District, à 300 m d’altitude et qui permettent d’avoir une vue à 360° sur SF et sa Baie. Là-haut, nous sommes balayés par un vent glacial. Nous nous empressons d’enfiler nos vestes polaires !! La vue est magnifique et aucunement gâchée par le brouillard pourtant si fréquent à SF mais totalement absent aujourd’hui, pour notre plus grand bonheur.
Sans trainer, nous regagnons alors le fameux GGB que nous voulions traverser plus tôt et ainsi rejoindre Battery Spencer View. D’ici, on domine le pont avec SF en arrière-plan. Au soleil couchant, c’est magnifique !
Il est maintenant presque 20H30 et le soleil est couché. Nous regagnons le centre de SF (5$ pour retraverser le pont dans ce sens-là) en faisant le crochet par Alamo Square et le quartier Haight-Ashburry si délicieux avec leurs typiques maisons victoriennes. Mais il commence à faire noir. Nous reviendrons demain pour faire de splendides photos…
Nous avons même la folie de nous arrêter dans le quartier Mission à la recherche des fresques murales, mais la nuit est complètement tombée et nous ne pourrons plus que les apercevoir succinctement !! Et cela sera notre fatale erreur : quand on se présentera dans les restos pour souper, il sera presque 22H et nous serons refusés partout… Nous devrons à nouveau nous contenter d’un Lori’s Diner… Une fois, c’est bien !!! Mais deux fois, c’est trop… Il parait qu’il y a tant de bons restos à SF !!! Ce sera le seul hic de la journée… Ce soir, nous garerons nous-mêmes notre voiture dans un parking situé tout près de l’hôtel (Stockton St) (25$/jour)
Lu 29/6: S.F. ; Nuit à S.F.
Voici ce qui était prévu au planning à pied/ cable-car pour faire: - Chinatown, - Financial District - Embarcadero - Fisherman’s Wharf - Alcatraz (à 18H45 mais il faut arriver 30 min. à l’avance) (33$/pers.)
Voici ce que nous avons fait
Tout ce qui était prévu (Bon, je l'ai fait court, ce récit pour ce jour!!).
A noter qu’il ne faut pas oublier de visiter, dans Financial District, le musée gratuit (420, Montgomery St) de la Wells Fargo, compagnie exploitant les diligences lors de la ruée vers l’or et qui depuis est devenue une des banques les plus riches du pays. L’ Embarcadero Center est aussi très agréable à traverser le long des passerelles piétonnières en admirant les buildings de Financial District. Ne pas hésiter à entrer dans l’hôtel Hyatt Regency (face au Ferry Building) pour admirer le superbe atrium et prendre les ascenseurs intérieurs pour grimper au dernier étage et se diriger vers les grandes vitres qui offrent une vue extraordinaire sur la baie de SF et sur Market St. De plus, avant de monter dans un cable-car pour Fisherman’s Wharf, nous reprendrons la voiture en début d’après-midi, pour retourner à Alamo Square, à Haight-Ashburry, et dans le quartier Mission revoir les belles fresques murales.
Comme prévu la veille, nous irons dans un garage indépendant à la sortie de la ville. Là, le garagiste bien sympathique nous confirmera que notre véhicule est bien un AWD. Nous quitterons donc ce garage bien plus confiants que la veille… et déciderons de garder ce véhicule sans plus trop nous tracasser… (la suite du périple nous confirmera que nous avons eu raison) Avant de redéposer notre voiture au parking près de l’hôtel, nous ferons une dernière halte dans le Civic Center pour admirer l’hôtel de ville et son impressionnant dôme plus grand que celui du Capitole de Washington.
Bilan des choses non vues à SF : la visite du musée du cable-car, l’Exploratorium, la traversée à pied ou en vélo du GGB, le Golden Gate Park, la Mission Dolores, la traversée du Oakland Bay Bridge et la vue depuis Treasure Island. Mais grâce au fait d’avoir pu circuler en voiture, nous avons pu en seulement 2 jours, voir les principaux quartiers de SF, y compris la très surprenante visite nocturne d’Alcatraz. Au fait, si on revient d’Alcatraz avec la dernière navette du bateau, ne pas trainer en arrivant sur SF si on désire ensuite aller souper. En effet, même à Fisherman’s Wharf pourtant très touristique, les restos ne reçoivent plus de clients après 22H00 !
Ma 30/6: S.F.- San Luis Obispo ; Nuit à San Luis Obispo
Voici ce qui était prévu au planning (240 Mi-390 Km)
Côte Pacifique avec arrêts à : - Gilroy (outlets) ? + Wal-Mart ? - Monterey (Pacific Grove, 17 mile drive), - Point Lobos, - Big Sur, - San Simeon...
Voici ce que nous avons fait
Nous quittons San Francisco par l’autoroute 101 vers San Jose, traversant d’immenses vignobles californiens et la Silicon Valley connue pour être le berceau des technologies de pointe. Beaucoup d’habitants de San Francisco et de ses environs travaillent ici, et empruntent donc chaque matin ce même itinéraire. Le trafic s’en ressent et se trouve ainsi très chargé. Il faut conduire attentivement la voiture. Les nombreux freinages répétés empêchent d’enclencher le cruise control.
L’arrêt dans les outlets de Gilroy fut trèèèèèèèèèès long (2H30)... Difficile de faire moins tant les magasins sont nombreux et les prix alléchants !! Nous en profitons pour acheter la glacière au Wal-Mart du coin et faire le plein de boissons. Remarque : Pour obtenir des bons de réduction très avantageux (allant jusqu’à -20%) dans les outlets, il faut s’enregistrer préalablement sur leur site internet. On peut alors imprimer les coupons ou bien, sur place, se présenter avec le code, à l’information qui délivrera le VIP Coupon Book.
Le temps jouant contre nous, nous passons Monterey sans nous y arrêter, nous faisons une halte rapide à Carmel pour voir la Mission San Carlos de Borromeo, une des plus belles de Californie parait-il. Ensuite nous nous arrêtons à Point Lobos State Reserve (8$/véhicule) pour marcher le long du court sentier Sea Lion Trail (1Km/1H) doté de magnifiques points de vue sur la côte ainsi qu’au loin sur de nombreux otaries se dorant au soleil ! Nous les sentons plus que nous ne les voyons !
Sur la CA1, 15 Mi au sud de Monterey, nous nous arrêtons peu avant le Bixby Creek Bridge. Le panorama vers le sud avec ce pont très photogénique est splendide. Plus loin, nous photographions le Point Sur, énorme rocher volcanique dans la mer.
Vu l’heure avancée, nous sommes obligés de supprimer les randos prévues dans Pfeiffer Big Sur State Park , mais nous empruntons quand même la Sycamore Canyon Rd située 1Mi plus au sud et qui nous conduit à Pfeiffer Beach, endroit bien plaisant et très photogénique aussi. Malheureusement, le ciel s’est obscurci, le soleil a disparu, remplacé par de gros nuages… Nous n’enfilons pas nos maillots !! Et ne nous attardons pas.
Le point de vue dominant la paradisiaque crique de Julia Pfeiffer Burns SP avec sa chute d’eau, est vraiment à ne pas rater. Nous trouvons cet endroit magnifique bien que le ciel soit tout gris…Alors sous le soleil, qu’est-ce que ça doit être !... Nous continuons à longer cette route côtière parsemée de nombreux points de vue tous aussi beaux les uns que les autres (l’Irlande ou la Bretagne en plus intense). Dommage que le beau temps ne soit plus de la partie !!
La nuit finit par tomber bien avant que nous n’atteignons San Simeon… Nous ne verrons donc pas les éléphants de mer de Piedras Blancas, ni le Hearst Castle (mais il n’était quand même pas au programme, sa visite demandant presque 2H), ni Vista Point à Cambria, ni le Morro Rock de Morro Bay. Nous souperons dans un des seuls restos ouverts sur cette route (très cher d’ailleurs !!) et arriverons bien tard au Best Western Royal Oak de San Luis Obispo. Ce n’est quand même pas une raison suffisante pour nous refourguer une chambre au WC bouché !… A ce propos, nous remarquerons partout que, la conception des cuvettes des WC américains rend leur utilisation moins performante que les nôtres… Je ne sais pas si je me fais bien comprendre…
Me 1/7: San Luis Obispo- L.A. ; Nuit à Hollywood
Voici ce qui était prévu au planning (230 Mi- 370 Km) Arrêts à: - Camarillo (outlets) ? + Wal-Mart ? - visite de Venice Beach, - visite de Santa Monica, - vue à partir du Getty Museum (coucher de soleil à 20H10) - vue à partir de Mulholland Drive
Voici ce que nous avons fait
Vers 9h, nous prenons la route vers L.A. sans nous arrêter ni à la Mission de Lompoc, ni à Solvang d’influence danoise, ni aux stations balnéaires très renommées de Santa Barbara et de Malibu. Nous dinons dans un des nombreux fast food (ce n’est pas le choix qui manque ici : burgers, sandwichs, salades, spécialités mexicaines…) et comme d’habitude, ma fille nous demande : « C’est fontaine ici ? », sous entendu : c’est boisson à volonté ?... car il faut savoir qu’aux USA, on peut se resservir autant de fois qu’on le désire (« fontain soda » sur la carte)! Cela est aussi souvent valable le soir, dans les restos, où les serveurs n’hésitent pas remplir à nouveau votre verre vide … Durant toutes les vacances, ma fille fera une cure de « Dr Pepper ». Et nous, très souvent, nous boirons une « lemonade » très désaltérante. Quand les garçons commanderont une bière, ils devront systématiquement montrer leur passeport pour prouver leur âge… (21ans, c’est le minimum légal pour pouvoir boire de l’alcool aux USA!) On fera une pause dans les outtlets de Camarillo où on dépensera encore quelques $...
Ensuite, nous nous dirigeons vers Venice Beach. Le trafic sur l’autoroute devient de plus en plus dense ! Il y a 7 bandes de circulations dans chaque direction!! Et ça dépasse de chaque côté !! Pas de doute, nous sommes en Amérique !! Nous nous promenons quelques instants dans l’ex-Venise américaine, le long des quelques canaux restants bordés d’habitations modernes fantaisistes puis allons nous garer près de la plage. L’Ocean Front Walk bordé de nombreux palmiers est un lieu très animé, nous croisons beaucoup de cyclistes, roller-bladers, artistes de rue, diseuses de bonne aventure… et même des culturistes s’exerçant là devant tous les passants !! Cet endroit nous rappelle de nombreux films et séries vus à la TV… Sur le sable, on passe à côté des fameuses tours de sauvetage et des gardes-côtes, bouées rouges à la main, scrutant la mer… Il ne manque que Pamela ! Nous remontons à pied jusqu’à Santa Monica et son Pier bien connu et repérons même la plaque commémorative dédiée à la route 66 qui aboutissait ici autrefois. Nous nous baladons dans la 3rd Street, une vaste allée piétonne animée de spectacles de rues, et bordée de restos, cafés et boutiques en tout genre (au grand désarroi des garçons qui désespèrent à chaque fois que leur sœur fait mine de rentrer dans l’une d’entre elles…)
Nous reprenons la voiture vers 19H30 et nous dirigeons vers le Getty Museum situé sur les hauteurs. Malheureusement une grille fermée nous en barre l’accès ; du coup, notre projet d’assister là au coucher de soleil tombe à l’eau !! Nous nous dirigeons ensuite vers Beverly Hills et marquons une pause à Rodeo Drive, la rue la plus chic des USA, lieu de tournage de « Pretty Woman ». Que d’élégance !! Nous passerons la soirée un peu plus loin, au Farmers Market et dans l’immense shopping center attenant, « The Grove » qui est à ciel ouvert et où il fait bon flâner, même sans rien acheter.
Avant de rejoindre notre hôtel (Holiday Inn Beverly Garland) situé près de Universal Studios, nous ferons une dernière halte nocturne sur Mulholland Drive, la petite route de crête serpentant sur les hauteurs de L.A. et d’où nous pourrons avoir une vue imprenable sur le Downtown et ses hauts buildings.
Je 2/7: L.A. ; Nuit à Hollywood
Voici ce qui était prévu au planning (40 Km)
A 9H (pour certains): Universal Studios Ou (pour d’autres): L.A. Downtown + Sunset Blvd+ Melrose Ave+ Farmers Market + Beverly Hills( Rodéo Drive ) , Beverly Center + Bel Air+ UCLA+ Getty Center A 17H (tous ensemble): Hollywood Blvd A 18h30 : Hollywood sign + vue depuis Griffith Park
Voici ce que nous avons fait
Après un bon petit déjeuner très varié et copieux (le meilleur du séjour), nous allons finalement tous ensemble passer la journée à Universal Studios. Nous y arrivons un peu avant 10H… Nous trouvons à garer près de l’entrée (12$) et il n’y a pas de grandes files aux caisses pour acheter son ticket d’entrée (67$/pers). Nous bénéficions chacun d’un bon de réduction de 8$ glané sur internet…
Jusque 11H, il n’y a pas grand monde. Ensuite, le parc se remplira mais sans que ça ne soit jamais dérangeant. Nous n’avons jamais attendu plus de 20 minutes pour accéder à une attraction l’après-midi (presque aucune attente le matin). Pour éviter les files aux attractions, il est conseillé de commencer par la partie inférieure du parc (Jurassic Park, Revenge of the Mummy, Special Effects et Backdraft). L’après-midi, nous passons dans la partie supérieure et allons à The Simpsons, Shrek 4D, House of Horrors, puis nous assistons au très bon spectacle aquatique Waterworld (horaire défini) et finissons par la visite guidée des studios à bord d’un bus qui nous emmène pendant plus d’1H à travers différents décors de cinéma. Nous quittons le parc vers 16H45 avec la sensation d’en avoir vu l’essentiel. Nous n’avons seulement pas essayé la nouvelle attraction remplaçant Fear Factor Live. Aucune attraction n’est vraiment à sensations fortes, et moi qui ne suis pas une inconditionnel de ce genre de chose, j’ai finalement passé une bonne journée !!
On repasse une nouvelle fois sur Mulholland Drive pour voir la vue de jour sur Downtown. Puis on gare la voiture au shopping center d’Hollywood. De là, nous partons déambuler sur le Hollywood Boulevard et découvrir les nombreuses étoiles évoquant de grandes stars et qui sont incrustées dans le trottoir. Celle de Mickael Jackson, décédé quelques jours plus tôt, est couverte de fleurs. Comme tout le monde, nous glissons aussi nos mains ou nos pieds dans les empreintes des stars qui sont gravées dans le ciment devant le Man’s Chinese Theater. Je repère dans une rue perpendiculaire (1732, N Las Palmas Ave), le Vivian’s Hotel « minable » qui a servi de décor dans « Pretty Woman ».
Ensuite, en voiture, nous essayons de nous rapprocher du signe HOLLYWOOD, symbole du quartier et situé sur les hauteurs au nord, sur les flancs du Mont Lee. Grâce au plan fléché préalablement, nous le trouvons sans problème…mais plus aucune de ses ampoules ne scintillent dans la nuit… Un mythe s’effondre !! Plutôt que de grimper au Griffith Park comme prévu, nous retournons une fois de plus passer la soirée comme la veille, dans l’immense shopping Center « The Grove », ma fille y ayant repéré l’incontournable magasin Abercrombie (ce drôle de magasin où flotte dans l’air un parfum tenace et où l’on fait ses courses dans la pénombre…Peut-être pour ne pas voir la qualité médiocre de leurs tissus ?... Je vais me faire huer !. Bizarre que toutes les jeunes filles européennes soient dingues de cette marque.) Il devient maintenant urgent d’acheter un sac pour y mettre toute sa nouvelle garde-robe ! Ça en est fini des achats de vêtements ouf !). Demain, nous arrivons au 1er Parc… J’ai hâte…
Ve 3/7: L.A.-Grand Canyon; Nuit à Tusayan
Voici ce qui était prévu au planning (480 Mi-770 Km) Arrêts à: - Barstow (outlets) + Calico ?? - Oatman - Kingman - Seligman - Williams (souper)
Voici ce que nous avons fait
Aujourd’hui, c’est l’étape la plus longue de notre périple : presque 800 Kms nous séparent du Grand Canyon… 8H30 : Nous sortons facilement de L.A. par la route 134 suivie de la 210, sans rencontrer le moindre embouteillage (situation exceptionnelle due au fait que beaucoup d’habitants de L.A. ont déjà quitté la ville la veille au soir pour profiter de leur long week end incluant l’Independance Day). Nous arrivons 2H30 plus tard à Barstow. Là, on se dégourdit un peu les jambes.Devinez où ??...dans les outlets pardi ! Là, même les garçons se laisseront tenter…
Après être remontés en voiture (ben oui : il faut grimper pour s’installer dans un 4x4 !), nous hésitons à nous arrêter à la ville-fantôme de Calico. Les rumeurs la traitant de « piège à touristes », nous passons l'étape et poursuivons notre chemin. La conduite automatique et le cruise control enclenché permettent au conducteur d’être relax au volant… Nous traversons le désert de Mojave… La route longue et droite à l’infini fait somnoler ma fille à l’arrière. Quant à moi, l’excitation du voyage, la découverte de nouveaux paysages et la musique entrainante du lecteur CD me tiennent bien éveillée. La compilation spécialement concoctée pour ce trip tourne en boucle dans l’appareil… rien que de bons vieux tubes anglais contant l’Amérique et que même les jeunes connaissent…
Nous passons notre temps à photographier à travers le pare-brise ou dans les rétroviseurs, de gros trucks (camions) rutilants typiquement américains, des camping-cars tellement gigantesques que derrière, ils tractent un énorme 4x4 comme nous nous y mettrions des vélos, des bikers chevauchés par des gars plutôt virils ou les surprenants arbres de Josué qui jalonnent le trajet. Quand nous sortirons de la voiture, lors d’un arrêt à la station essence, nous serons happés par un air chaud insoutenable (drôle de sensation…).
Nous quittons la Californie et entrons en Arizona. Très vite, nous empruntons un vieux tronçon de la mythique Road 66 qui nous conduit jusqu’à Oatman, ancienne ville minière du début du XXème siècle. Les ânes utilisés autrefois dans les mines s’y baladent maintenant librement dans la rue principale, dans un décor de western bien sympathique… Détour à conseiller vraiment !! En quittant ce village typique du Far West, nous avons de beaux points de vue sur les montagnes environnantes, mais nous ne tardons pas à essuyer un violent orage, suivi d’une pluie battante qui nous poursuivra jusqu’à Kingman où de beaux arcs en ciel zèbreront un ciel encore menaçant. Il est presque 18H et nous nous arrêtons au bar avec une vache sur le toit pour grignoter quelque chose en attendant un repas plus conséquent prévu 2H plus tard à Williams… Nous ne le savons pas encore, mais cet en-cas constituera en fait notre seul souper… En effet, nous avons à peine repris l’autoroute devant nous amener à Seligman que nous rencontrons un bouchon qui finalement s’avéra durer 2H… Accident ?? Problème dû à l’orage ??? Nous ne le saurons jamais… Nous aurons bon scruter l’horizon à la jumelle, nous ne comprendrons jamais le pourquoi…
Toujours est-il qu’il est déjà 20H30 quand nous pouvons enfin avancer et nous diriger maintenant vers Seligman que nous atteignons vers 21H30, alors qu’initialement il devait être 19H30… La nuit est tombée depuis longtemps et c’est dans le noir que nous visitons cette petite ville autrefois située sur la légendaire route 66 et qui maintenant est quelque peu ressuscitée, suite à l’intervention des frères Delgadillo qui se sont amusés à recréer un peu l’ambiance d’antan, en exposant des objets d’époque. On peut ainsi admirer de vieilles bagnoles, celles-là mêmes qui ont inspiré le film « Cars » des studios Disney Pixar. Nous serons quelque peu déçus de cette visite…L’ex-route 66 étant remplacée par une nationale à 4 bandes, il est quand même difficile de s’imaginer les lieux à l’époque ! Mais il est vrai que dans le noir, ce n’était pas l’idéal ! Nous ne nous attardons pas trop et poursuivons notre chemin jusqu’à Williams que nous atteignons vers 22H15, soit bien trop tard pour espérer manger dans le resto envisagé ou visiter cette ville typique du Far West… De plus, il nous reste encore 45 minutes de route pour arriver à notre hôtel à Tusayan. Et dire qu’il est prévu demain de se lever avant l’aurore pour aller au Grand Canyon, assister au lever de soleil qui a lieu à 5H15 ! A ce moment, je me dis qu’il va falloir revoir le planning ! A noter que sur cette route 64 toute droite menant à Tusayan mais où la vitesse est assez limitée, nous rencontrerons par deux fois des Rangers garés sur le bas- côté, à cette heure pourtant avancée de la nuit.
Sa 4/7: Grand Canyon ; Nuit à Tusayan
Voici ce qui était prévu au planning (30 Km) A 5H15 : sunrise A 8H30 : survol en hélico (vol prévu à 9H) avec la société Papillon : 125$/pers pour 30 min de vol Visite des principaux points de vue le long de la Hermits Rest Rd Courte rando sur le South Kaibab Trail jusqu’à Cedar Ridge (4.5Km / 2 ou 3H) A 19H50 : sunset à Yaki Point
Voici ce que nous avons fait
Bien évidemment, vu l’arrivée tardive à l’hôtel (Best Western Squire Inn) la veille au soir, j’ai reporté le sunrise au lendemain. Après un sommaire petit déjeuner, nous nous rendons pour 8H30, à l’aérodrome de Tusayan jouxtant notre hôtel. Après les préliminaires concernant les consignes de sécurité, nous montons dans l’hélico et nous installons aux places prédéterminées suivant notre poids. Nous sommes 7 avec le pilote. Un couple de jeunes nous accompagne. Le temps est idéal : ciel bleu et ensoleillé et pas trop chaud pour éviter les turbulences. L’hélico prend vite de l’altitude survolant une forêt luxuriante de sapins, et se dirige droit devant lui. Ne nous étant pas approchés du bord auparavant, nous sommes vierges de toutes impressions… Huit minutes après le décollage, nous arrivons au gouffre que le pilote traverse jusqu’à la rive nord avant de faire demi-tour. On en prend plein les mirettes et on mitraille à tout va. Ce n’est pas pour rien que l’on nomme cette région Grand Canyon. Les deux rives sont éloignées l’une de l’autre d’une bonne vingtaine de Kms et tout au fond, bien loin, on aperçoit le Colorado. C’est lui qui a ainsi façonné ce labyrinthe de canyons et de gorges érodées…Une merveille de la nature !
Vers 9H45, nous sommes de retour sur la terre ferme et reprenons notre véhicule pour nous rendre au Parc situé 9 Mi plus loin. A l’entrée, nous payons 80 $ pour obtenir notre National Parks Pass qui sera valable pour l’entrée de tous les N.P. et Monuments Nationaux. (les S.P. - State Park- restant, eux, payants). Arrivés dans Grand Canyon Village, nous nous perdons un peu dans le dédale de rues et finissons par dénicher le supermarché situé Market Plaza, où nous allons acheter de quoi faire un pique nique. Il est 11H45 quand nous passons devant la gare ; nous y voyons justement l’arrivée du train en provenance de Williams, mais point de locomotive à vapeur comme autrefois! Nous garons notre voiture près du Bright Angel Lodge et montons alors dans une navette gratuite obligatoire, qui dessert les différents points de vue de la Hermits Rest Road longue de 13 Kms. Nous alternerons ainsi marche et navette le long du Rim Trail (sentier au bord du Canyon) et dinerons en contemplant un fabuleux panorama. Nous sommes impressionnés par l'immensité du paysage mais pas totalement séduits: il s'en dégage une sensation de "trop grand", "trop infini", "trop loin"...
Vers 16H, fatigués par les randos et la chaleur, nous décidons d’annuler la descente prévue à l’intérieur du Canyon et rentrons nous reposer et nous rafraichir à la piscine de l’hôtel. Vers 18H, nous retournons au Parc pour assister à Yavapai Point, au magnifique coucher de soleil embrasant la roche de belles couleurs chaudes. Pour une fois nous ne souperons pas trop tard, en face de notre hôtel, dans un restaurant typiquement cow-boy, au Yippee-ei-o Steakhouse et verrons passer le cortège célébrant l’Independance Day, défilant aux couleurs de la Nation.
Di 5/7: Grand Canyon-Page ; Nuit à Page
Voici ce qui était prévu au planning (140 Mi-230 Km) Desert View drive, Arrêts à: - Little Colorado, - Cameron Trading Post - Marble Canyon, - Lee’s Ferry, - rando Cathedral Wash?? (4Kms/2H A-R), - Horseshoe Bend (meilleure luminosité avant 16h), - Barrage Glen Canyon, - Coucher de soleil sur le Lac Powell (à 19H50)
Voici ce que nous avons fait
5H00 : Dans le noir, nous quittons le parking de l’hôtel encore endormi à cette heure très matinale. Il n’y a pas de temps à perdre, le soleil ne va pas nous attendre pour se lever… Nous passons la cahutte de l’entrée du Parc… Personne… Nous rencontrons quelques biches broutant en lisière de forêt, et nous nous dirigeons vers Mather Point …Aie…aie…aie… Le parking est presque plein ; ça va être noir de monde… De toute façon, nous n’avons plus le temps d’attraper une navette pour aller plus loin ! Nous allons jusqu’au point de vue et là, le spectacle est au rendez-vous : les rayons du soleil éclairent progressivement les roches et les buttes qui prennent des teintes de plus en plus colorées. Nous restons là presque 1H à photographier ce tableau. Les gens encore assoupis se font discrets…
6H15 : Nous n’avons pas déjeuné mais nous avons des barres et autres boissons énergisantes. Il fait bon, pas trop chaud et nous sommes en pleine forme. Nous décidons d’entamer la rando annulée la veille. Chargés de nos sacs à dos, nous prenons la navette qui nous conduit au début du sentier South Kaibab Trail. Nous ne sommes pas très nombreux à randonner si tôt…Tant mieux…Nous laissons les quelques personnes partir avant nous et bien vite, nous nous retrouvons seuls devant cette immensité… Que du bonheur ! Nous descendons jusqu’à Cedar Ridge en suivant cet ancien sentier de mines. En chemin, nous croisons beaucoup d’écureuils pas farouches du tout et plutôt espiègles… Lors d’une halte, il y en a même un qui osera s’aventurer dans mon sac resté entrouvert et en ressortira, victorieux, ma barre de céréales entre ses pattes … Il vient de voler mon déjeuner !!! Plus tard, nous remontons vers la Rim et rencontrons des personnes cette fois beaucoup plus nombreuses, entamant seulement la descente, sous un soleil qui déjà se fait sentir... Cette rando faite ainsi à la fraîche à l’intérieur même du Canyon, est assurément le meilleur moment passé dans le Grand Canyon et un de nos excellents souvenirs sur l’ensemble du voyage. Nous ressentons enfin la sensation d'avoir pris le poul de cet immense Grand Canyon.
9H15 : Nous sommes revenus au point de départ et attendons la navette qui doit nous ramener à notre voiture. Elle passe d’abord par Yaki Point, un autre point de vue 3 étoiles sur le Grand Canyon. Mais, tant pis, nous n’avons pas le temps de nous y arrêter si nous voulons profiter du petit déjeuner servi jusque 10H dans notre hôtel. Et maintenant, nous avons l’estomac dans les talons !!!
10H00 pile : Nous arrivons à la salle du petit déjeuner… Il était temps !!
11h30 : Nous quittons l’hôtel plus tard que prévu !! Une dernière fois, nous rallions Grand Canyon Village et tournons maintenant vers l’Est pour visiter les points de vue aménagés le long de la Desert View Drive longue de 40Kms. Les derniers nous offrent une belle vue sur le fleuve Colorado que jusqu’ici nous ne faisions qu’entrapercevoir.
15H30 : Nous sortons du Park par l’entrée Est et entrons sur le territoire indien des Navajos. La route est parsemée de petites échoppes tenues par des Indiens qui vendent ici des bijoux (beaucoup de turquoises) confectionnés par eux. Les filles se régalent ! Les garçons beaucoup moins ! Nous longeons aussi les gorges du Little Colorado creusées par une rivière qui prend sa source à l’est de l’Arizona et qui rejoint le Colorado dans le Grand Canyon. Ces gorges étroites sont magnifiques et méritent une visite ! Un peu plus loin, on s’arrête une nouvelle fois, au grand dam des garçons, pour visiter le Trading Post de Cameron, grand magasin vendant des objets d’art navajo (chers !).
18H : Nous arrivons à Marble Canyon. Malgré l’heure tardive, il fait encore vraiment très chaud. Nous sortons pourtant de la voiture pour admirer les 2 ponts côte à côte : le vieux Navajo Bridge datant de 1929 qui permettait, là, de traverser le Colorado pour passer en Utah, les barrages de Page et Las Vegas n’étant pas encore construits à l’époque, et qui maintenant est devenu piétonnier, et le nouveau pont plus moderne mais construit à l’identique de l’ancien. Passé ce pont, on se dirige vers Lee’s Ferry, en admirant les superbes falaises rouge-orangées de Vermillon Cliffs si belles en cette fin de journée et en passant à côté de rochers impressionnants de par leur taille et leur forme. Vu l’heure avancée, nous sautons la rando prévue Cathedral Wash qui permet de rejoindre le Colorado en suivant un wash (rivière asséchée). Quelques Kms plus loin, nous arrivons à Lee’s Ferry où nous trempons nos pieds dans l’eau et regardons quelques rafts arrivant de Page et d’autres s’apprêtant pour s’élancer demain, plus loin en direction du Grand Canyon… Les garçons auraient vraiment aimé embarquer, pour plusieurs jours, à bord de l’un d’entre eux…Mais le temps nous manque !!
18H45 : Maintenant, il est urgent de faire demi-tour pour rejoindre Page si on veut avoir la chance d’admirer le coucher de soleil sur le Lac Powell programmé pour 19H50. Sur la route, nous dépassons la rando Horseshoe Bend remise à plus tard, repérons notre hôtel (Days Inn), traversons Page sans traîner, passons au-dessus du barrage sans s’arrêter et arrivons enfin à Scenic View, point de vue surplombant le lac et qui offre un beau panorama, surtout au soleil couchant qui teinte le tout en rose. Ensuite, nous irons à l’hôtel nous enregistrer, ferons quelques courses en face, à l’immense Wal-Mart pour la journée du lendemain et souperons au très sympathique Ken’s Old West à l’ambiance cow-boy et country. Voilà qui clôturera une journée bien chargée commencée avant l’aube !
Lu 6/7: Page ; Nuit à Page
Voici ce qui était prévu au planning (130 Mi-185 Km) - piste House Rock Valley pour aller à the Wave, Wire Pass , Buckskin Gulch, - ou/et Paria Movie Set - ou/et Paria Rimrocks (Toadstool hoodoos (à faire tôt le matin ou en fin d’après-midi - et coucher de soleil à Alstrom Point (4H A-R à partir de Page) (à 19H50)
Voici ce que nous avons fait
Aujourd’hui est le jour de la rando dont on parle depuis des mois…THE WAVE… car bien peu ont la veine de pouvoir contempler cette merveille de la nature et les heureux élus s’y sont pris bien à l’avance! En effet, il s’agit d’un site protégé dont seul un nombre limité de personnes y ont accès, 20 par jour très exactement ! Et pour ce faire, il faut participer par internet, à un tirage au sort qui a lieu 4 mois avant le jour J désiré et qui désigne les 10 premiers gagnants…C’est ainsi qu’en mars, nous avons tenté notre chance et avons décroché tous les quatre notre permis !...C’était inespéré car il y avait presque 150 postulants ! Aujourd’hui donc, il était prévu de se lever comme hier, de très bonne heure, pour randonner pendant qu’il fait frais. Oui, mais c’est sans compter avec la fatigue qui commence à se faire sentir !!
Le temps de déjeuner, de s’équiper (remplir de glaçons la glacière et les camel-bags) et de faire le plein d’essence, il est déjà 7H20 quand nous quittons Page !... et 9H30 (Heure Utah) quand nous atteignons le parking du Wire Pass Trailhead où débute cette fameuse rando située à cheval sur l’Arizona et l’Utah. Le temps étant splendide depuis plusieurs jours, les 13 Kms de la piste House Rock Valley menant jusque là sont facilement praticables. Préalablement, nous nous sommes quand même arrêtés brièvement à la Paria Contact Station pour nous assurer de ne pas y rencontrer de problème. (Les Rangers s’apprêtaient à désigner 10 autres heureux gagnants pour le lendemain…) Il fait déjà presque 30° !... Nous remplissons nos sacs à dos d’eau, de barres et boissons énergisantes, chips et sandwichs… Nous nous tartinons de crème solaire… Nous chaussons nos bottines de marche… ajustons casquettes et lunettes de soleil…accrochons notre permis à un sac à dos… Equipés en plus de notre boussole et des plans censés nous guider, nous voilà enfin prêts pour parcourir les 4, 5 Km nous séparant du saint des saints… 800 mètres plus loin, nous nous inscrivons sur le registre disposé à cet effet dans une boîte en fer… Et là, je m’aperçois que j’ai laissé, dans la voiture, les explications concernant la visite des alentours de la Wave… Flûte !... On se tâte… Bah ! On s’en passera… Et puis, non… C’est trop bête… La voiture n’est pas si loin ! Mon fils, courageux, rebrousse chemin pour aller les rechercher… En attendant, les autres se mettent à l’ombre ! Une demi-heure plus tard, il est déjà de retour !... Tous ensemble, nous nous remettons en route, direction plein sud. La rando grimpe régulièrement. Nous suivons sans peine les indications fournies par le BLM. Nous repérons facilement les cairns disposés çà et là. On se retourne assez souvent pour photographier les lieux et ainsi se créer des points de repère pour le retour… (J’avais lu ce truc donné par quelqu’un sur internet !...) La rando est unique…On ne sait où donner de la tête… Les rochers sont si photogéniques ! Tout ici, est déjà si beau, que nous nous demandons bien ce que nous allons découvrir plus tard !... Nous prenons tout notre temps et nous nous arrêtons fréquemment pour admirer les lieux. Arrivés en bas de l’ultime montée, nous décidons de nous installer à l’ombre d’un genévrier, le seul arbre du coin et de pique-niquer pour reprendre des forces, tout en surveillant qu’un serpent ou un scorpion n’apparaisse pas !... Seul, un lézard inoffensif nous tient compagnie… Mais, même lui, je le tiens à l’œil !! Les 350 derniers mètres en montée dans le sable et sous le cagnard sont les plus durs !... Arrivés en haut les premiers, les garçons ne nous attendent plus et découvrent l’entrée principale de la Wave bien avant nous, les filles, qui la contournons sans la voir !… Ils finissent par venir nous rechercher… Et là, le spectacle est à son apogée… The Wave, la vague, porte bien son nom. Et la roche a une multitude de couleurs. Les draperies de grès façonnées par le vent et si fragiles sont vraiment de toute beauté… Je reste là, assise, savourant le tableau ! Les enfants tout excités sont déjà partis explorer les environs immédiats… Ils sont montés sur les rochers à droite et à gauche et prennent des dizaines de photos… avec eux …sans eux… Et puis très vite, un de mes fils décide de s’aventurer encore plus loin pour voir Second Wave, Sand Cove, Melody Arch… Au bout d’1H, l'autre part à sa recherche… en vain… Il revient sans lui… C’est un allemand passant près de nous qui nous dit l’avoir vu grimper et explorer… Finalement, nous restons là bien plus longtemps que prévu. Les quelques personnes croisées sont déjà reparties bien avant nous… Il est presque 14H30 quand nous quittons à regret cet endroit exceptionnel. Oui, mais là, il fait vraiment très, très chaud. De plus, les enfants s’aperçoivent qu’ils n’ont plus grand-chose à boire !... Nous trouvons le chemin du retour sans problème en suivant à nouveau les cairns et en longeant des falaises pour essayer de trouver de l’ombre le plus possible, car autour, pas le moindre petit arbuste où s’abriter. Alors, nous marchons sans nous arrêter. Très vite, les enfants se retrouvent à sec et siphonnent mon camel- bag… J’ai été plus économe qu’eux ! Moi, sentant la fatigue arriver, j’avale un Power Shoot censé me rendre des forces rapidement… Malgré cela, j’ai vraiment du mal à achever les 2 derniers Kms … Je marche comme un automate… Le plus dur est d’arriver à avancer dans le sable : c'est éreintant… et inévitablement, il s’insinue dans mes chaussures, comprimant ainsi considérablement mes pieds déjà échauffés… Arrivée à la voiture, il me faudra une bonne demie- heure pour me ressaisir… Une chose est sûre : cette rando est LA RANDO du voyage…celle dont nous nous souviendrons longtemps…Je n’aurai qu’un regret : celui de ne pas avoir poursuivi les washs de Wire Pass et de Buckskin Gulch. J’aurais aimé traverser ces slots Canyons étroits de moins d’1 mètre et encadrés de hautes falaises.
Il est 16h30 quand nous quittons le parking du Wire Pass Trailhead. Une demie- heure plus tard, nous avons rejoins la route 89. Nous n’avons plus le temps d’aller ni à Old Paria ni aux Toadstool hoodoos.
Arrivés à Big Water, nous enchaînons directement sur la piste devant nous conduire à Alstrom Point, l’un des plus beaux points de vue sur le Lac Powell. Avant d’y arriver, on passe d’abord près de Nipple Bench où les badlands offre un décor désertique, quasi lunaire, impressionnant… Le silence est maître des lieux… Pas un arbre… Nous sommes seuls… D’ailleurs, pendant 3H, nous ne rencontrerons pas âmes qui vivent! Il parait que c’est ici que fut tourné « La planète des singes ». Nous mitraillons l’endroit avant de poursuivre la piste. Nous soulevons derrière nous des nuages de poussière grise… Après une vingtaine de Miles et plusieurs embranchements, nous sommes contents de voir le panneau indiquant « Alstrom Point 5 Miles » car l’heure avance et nous voyons déjà le soleil décliner. Nous arrivons au 1er point de vue non sans mal à cause de nombreux rochers. Nous stoppons là quelques instants pour voir le splendide panorama se teinter de rose mais les garçons n’ont qu’une idée en tête : rallier le 2ème point de vue. J’essaye de les en dissuader…Nous n’avons qu’un AWD, le soleil se couche et la suite de la piste traversée par des bancs de roche est introuvable… Mais rien n’y fait : ils partent à pied pour essayer de la repérer. L’ayant retrouvée, nous poursuivons…cahin caha car les rochers sont de plus en plus difficiles à passer… Souvent l’un d’eux descend pour guider l’autre resté au volant! Et dire qu’il va falloir refaire tout ce chemin en sens inverse !... Je me vois déjà crever un pneu et être contrainte de passer la nuit ici ! J’imagine la tête du gars qui nous a loué la voiture à San Francisco s’il nous voyait à cet instant ! (ça, je le répéterai plus d’une fois au cours des 6 jours à venir…) Victorieusement, nous arrivons enfin au bout. C’est vrai qu’ici c’est encore plus beau. Mais là, le soleil est vraiment au bout de sa course. Il ne faut plus traîner ! Je ne tiens pas à refaire la toute fin de piste dans le noir ! Le retour se fait plus aisément que l’aller : on reconnait les passages difficiles rencontrés peu auparavant. Je suis soulagée quand on arrive enfin à la partie gravillonnée. Il nous faudra alors encore 1H pour rentrer à Page.
Ereintés par cette longue journée, nous nous contenterons d’un souper rapide mais plutôt bon au Denny’s situé près du barrage de Page. Mais pourquoi donc les Américains ont-ils la fâcheuse manie de mettre la clim à fond ??... Certains rentreront à l’hôtel se doucher et se coucher pendant que d’autres (les plus courageux…) iront une nouvelle fois refaire le plein de boissons et chips au Wal-Mart situé juste en face et qui ouvre vraiment tard le soir !!!. Remarque : Les rayons des grandes surfaces sont plein d’aliments qu’on ne trouve pas chez nous : en dehors du fait que tout est à la taille XXL, on y voit aussi des œufs liquides dans des boites en carton semblables à celles du lait , d’énormes gâteaux et biscuits aux couleurs flash, des poudres et pilules en tout genre pour se maintenir en forme… mais aussi des salades à composer soi-même et ça, c’est super bon (on les paye suivant leur poids). Il faut aller y faire un tour pour se rendre compte…
Ma 7/7: Page-Monument Valley ; Nuit à Monument Valley
Voici ce qui était prévu au planning (125 Mi-200 Km) - Upper et Lower Antelope Canyon - Navajo N.M. - à 17-18H : Monument Valley (sunset à 20H45, heure locale)
Voici ce que nous avons fait Une journée passée chez les Indiens : 8H30 : Après une bonne nuit de sommeil, 2 d'entre nous sommes chargés (nous avons été tirés au sort) d’aller à la cahute des Indiens située à la sortie de Page (près des 3 grandes cheminées de l’usine électrique), pour réserver la visite de 11H00 d’Upper Antelope Canyon (25$/pers + 6$/pers pour entrée sur le territoire navajo... C’est cher, ils ne perdent pas le nord, ces indiens ! ) De retour à l’hôtel, nous récupérons les 2 autres qui ont pu ainsi gagner ½ H de sommeil en plus. Après le déjeuner, nous rechargeons les bagages dans la voiture, faisons le check-out et partons visiter Horseshoe Bend situé 2 Mi plus au sud et que nous n’avions pas pu faire l’avant-veille. Il est à peine 10H00 et le soleil ne tape pas encore de trop ! Les 20 minutes de marche nécessaires pour arriver à ce point de vue se font sans problème. Seul le début est en légère montée. Ensuite, un chemin de sable descend petit à petit. Arrivés à son extrémité, nous nous trouvons devant un site vertigineux surplombant un des méandres du Colorado en forme de fer à cheval (d’où le nom). Là-bas, tout au fond, nous apercevons des bateaux qui nous semblent bien petits ! A ne surtout pas rater lors d’une visite au Lac Powell !!!
10H40 : Nous sommes de retour à Antelope Canyon et attendons le départ des 4x4 navajos qui doivent nous mener à ce slot canyon réputé pour son étroitesse et les rais de lumière qui y pénètrent en été quand le soleil est au zénith. Et ça tombe bien : aujourd’hui, c’est grand soleil ! Après 15-20 minutes de trajet sur une piste sablonneuse qui secoue pas mal, nous débarquons des 4x4 et suivons notre guide. Petit (gros !) bémol : nous ne sommes pas seuls. En effet, cet endroit est très prisé des touristes, surtout à cette heure-ci où un mince filet de lumière arrive à s’infiltrer à l’intérieur. Les groupes se suivent à la queue leu leu tout le long des 400 mètres que fait ce canyon.
Mais ne boudons pas notre plaisir : les parois rocheuses sculptées par l’eau ont des formes incroyables et celles irradiées par le soleil dévoilent une superbe palette de couleurs… La scène est de toute beauté et les appareils photo crépitent. Notre guide très sympa nous conseille sur la manière de réussir nos clichés. Au bout d’1H, après avoir fait l’aller-retour tout le long du canyon, nous remontons dans le 4x4 qui nous ramène au point de départ. Encore une visite à ne pas rater, surtout qu’elle ne demande aucun effort ! (A moins que l’on déteste la foule !) Nous n’irons pas de l’autre côté de la route visiter la partie Lower Antelope Canyon qui parait-il est aussi extraordinaire mais ne reçoit pas les rayons du soleil (aussi 25$/pers)
12H40 : Nous retournons une dernière fois à Page pour aller voir le point de vue sur le barrage. Au passage, nous achetons une salade au Denny’s que nous allons déguster au bord du lac (à Chains Area), histoire de mettre les pieds dans de ce magnifique lac que nous n’avons même pas eu le temps d’approcher de près !
14H30 : Il nous faut déjà reprendre la route : Monument Valley nous attend…Mais dans 2 jours, nous reviendrons ici, au Lac Powell... en avion... Nous passons à côté de Navajo N.M. qui contient des ruines d’anciens villages indiens, mais le temps nous presse une fois de plus et nous ne nous y arrêtons pas.
16H30 (heure Arizona) = 17H30 (heure Utah/Navajo) : Nous approchons de Monument Valley. Les 1ères buttes et mesas apparaissent. Elles nous semblent familières ! Surtout pour moi qui, enfant, avait la permission le samedi soir, de regarder la télévision et notamment des productions hollywoodiennes avec des cow-boys et des indiens. Maintenant, je suis ici au cœur de l’action… En effet, ce parc est un lieu mythique dans l’histoire du cinéma : il servit de décor naturel à de nombreux westerns jusque dans les années 60. Après nous être acquittés des 4x 5$ auprès de la Mme Navajo, à la cahute de l’entrée, nous stoppons quelques mètres plus loin pour admirer et photographier bien sûr, le trio de buttes, emblème du parc, à savoir les Mittens et Merrick Buttes, celles-là mêmes vues dans d’innombrables films. Puis, nous nous élançons sur la piste qui contourne de nombreux autres monolithes provenant de l’érosion des mesas leur donnant des formes très variées rappelant parfois l’aspect d’animaux. Ils sont impressionnants de part leur hauteur de plusieurs centaines de mètres ! Le circuit est accessible à tous types de véhicules quand il est sec. Mais il est quand même pas mal défoncé à certains endroits, surtout au début. Avec notre AWD, nous n’avons aucun problème, même avec tout notre barda resté à l’arrière. Il nous faut +/- 2 H pour faire toute la boucle. Nous revenons à temps à l’entrée pour assister là, sur les hauteurs, au magnifique coucher de soleil sur les remarquables buttes Mittens et Merrick. Puis, tout à côté, nous visiterons gratuitement des hogans, ces habitations typiquement indiennes en bois et argile. Ensuite, nous nous dépêcherons d’aller faire le check-in au Goulding Lodge situé dans ce cadre exceptionnel, à quelques Kms de là. Nous arriverons au resto du site vers 21H, peu avant sa fermeture…(accueil, chambre et nourriture pas terribles !)
Petit encarté à propos des douches dans les chambres d’hôtel : dans chaque hôtel, il faut se familiariser avec le système différent de chez nous, permettant de régler la pression de l’eau ainsi que le débit de l’eau chaude… Certains systèmes étant plus opérationnels que d’autres… ou du moins certains étant plus simples d’utilisation que d’autres… Plusieurs fois, nous serons pris de fous rires en entendant le premier se doucher en s’acharnant sur le robinet et en invectivant le pommeau de douche…
Ce soir-là, nous nous endormirons en regardant, à la TV, un DVD loué à la réception…un vieux western (of course !) de John Ford tourné dans ce parc avec le renommé John Wayne. A refaire, nous testerions plutôt le tout nouvel hôtel installé au cœur même du parc, The View Hotel.
Me 8/7: Monument Valley-Moab; Nuit à Moab
Voici ce qui était prévu au planning (165 Mi-265 Km) - Valley of the Gods (boucle de 25Kms/1H30) - Gooseneck - Moki Dugway - Muley Point - ruines indiennes Mule Canyon (3Kms/1H30 A-R) - arrêt à Newspaper rock? - ou Needles et/ou Anticline Overlook?( = énorme détour uniquement pour 2 points de vue!!!!), - près de Moab: Fisher Towers (sunset à 20H45)
Voici ce que nous avons fait
6H00 : Nous nous levons tôt pour assister au lever de soleil depuis le balcon de notre chambre qui a une vue imprenable sur les pitons du Parc. Mais ce sera très bref, car encore fatigués, nous retournerons vite nous recoucher !...
8H30 : Seuls 2 d'entre nous sont debout pour aller visiter le très instructif musée historique du coin, situé à côté de notre chambre. Il s’agit en fait de l’ancien comptoir trading post de Harry Goulding venu s’installer ici en 1923, qui fit du commerce avec les indiens navajos de la région et qui plus tard, réussira à convaincre John Ford de venir à Monument Valley pour y tourner des westerns.
9H15 : Tous ensemble, nous reprenons la route…direction Mexican Hat, petit village perché au-dessus de la San Juan River. Mais auparavant, nous nous retournons pour photographier Monument Valley dans l’autre sens, celui éclairé le matin par le soleil. C’est vraiment la photo à ne pas oublier de faire!!
Nous quittons définitivement l’Arizona et pénétrons en Utah. Il est prévu, ici, de parcourir la région à travers de nombreuses pistes, hors des sentiers battus, pendant les 6 jours à venir. Que d’aventures en perspective ! Les routes 261 et 316 nous mènent jusqu’à Gooseneck, un point de vue splendide sur les méandres de la San Juan River située 300 mètres plus bas et se lovant autour de hautes falaises de couleur… noire (tiens, ça nous change des roches rouges !). Demi-tour pour nous rendre quelques Kms plus loin au début de la piste de Valley of the Gods que nous parcourons dans le sens Est-Ouest. Il s’agit d’un circuit de 25Kms dont l’accès étonnamment libre, nous permet de nous promener à travers une plaine parsemée de buttes à l’instar de Monument Valley, à l’énorme différence près que nous y sommes pratiquement seuls : pendant 1H30, nous ne croiserons que 2 voitures ! A l’issue de ce chemin de terre facilement carrossable, on revient sur la route 261.
En poursuivant la route 261, nous entamons quelques Kms plus loin, une véritable ascension. La route (Moki Dugway), ici, n’est plus goudronnée et grimpe en formant des lacets très étroits à flanc de colline, pour atteindre finalement le plateau de Cedar Mesa à 1700m. Juste après le dernier lacet de la Moki Dugway, on peut accéder par une piste sur la gauche, au point de vue Muley Point Overlook donnant également un bel aperçu des méandres de la San Juan River.
Nous rejoignons rapidement la route 95 d’où, 15 kms plus loin, démarre une piste menant à la rando Mule Canyon. Sur l’ensemble de notre périple, c’est le seul endroit où nous avons le temps de nous arrêter pour voir des ruines indiennes et bien qu’il ne s’agisse que d’anciens greniers, je tiens particulièrement à ne pas les rater… Mettons le contexte : personne, très chaud, des bestioles partout, des arbres en travers de la rando... Au bout de 1Km, nous apercevons une roche percée de trous et qui ressemble aux fameux greniers indiens, appelée House of Fire... On la prend sous tous les angles... 1/2H plus tard, retour à la voiture (cette fois par le bon chemin non semé d’embuches) et là surprise... : il ne s’agit pas du bon rocher, la photo ne correspond pas à celle de mon guide!! Inutile de dire que les enfants ont refusé d’y retourner… Nous avons plié bagage et sommes partis pour Moab sans tarder (avec mouches et moustiques dans la voiture !)
Il est passé 15H quand nous arrivons à Blanding, petit village agricole où nous nous arrêtons pour manger un morceau et faire le plein d’essence. Nous ne nous attardons pas et reprenons la route. Passé Monticello, nous repérons le gros rocher Church Rock et l’embranchement de la route 211(en cul-de-sac) menant 56 Kms plus loin aux Needles !... pas le temps donc de s’y engouffrer (même pour aller jusqu’au News Paper Rock couvert de vieux pétroglyphes indiens). Encore plus loin, nous voyons un autre embranchement également en cul-de-sac, menant aux points de vue Needles et Anticline Overlooks, mais la route pour y arriver est aussi vraiment trop longue: 120Kms/2H A-R pour voir les deux !...et nous y renonçons aussi!
Un peu plus loin, nous marquons une courte halte pour admirer la Wilson Arch. Nous voyons quelques personnes grimper jusqu’à son pied. Vers 17H, nous arrivons enfin à Moab, petite ville touristique très animée, entourée de falaises rouges, et dont la Main Street est bordée de petites boutiques, hôtels, fast food, restos, … et loueurs de 4x4, vélos, rafts, kayaks…En effet, ici, les sportifs sont rois ! Plusieurs parcs sont à visiter aux alentours. Nous nous installons donc ici pour 3 nuits.
Le temps de faire le check-in au Best Western Canyonlands Inn (à ne pas confondre avec l’autre, le Greenwell Inn), nous voilà déjà repartis… direction : route 128. Ma fille, après avoir hésité à rester pour profiter de la piscine, décide de nous suivre… Il n’y a pas de temps à perdre : le soleil se couche à 20H45… La 128 est une route scénique longeant le Colorado. Elle est encaissée entre de hautes falaises rouges. Nous passons à côté de deux magnifiques ranchs aménagés en hôtels 4*. Le cadre est splendide… Nous faisons un petit détour pour nous rapprocher de Castle Rock, un rocher en forme de doigt levé, vu dans beaucoup de pubs. D’ailleurs la région a inspiré beaucoup de cinéastes. John Wayne, encore lui !, joua ici les scènes de « Rio Grande ».
A 32 Kms de la jonction avec la 191, nous voici arrivés à la rando qui nous intéresse, à savoir Onion Creek Road. Il ne s’agit pas d’une rando à pied ; il suffit de suivre en voiture, cette route qui traverse la rivière à de nombreuses reprises. C’est assez ludique mais en cette saison et vu que la région n’a pas essuyé de gros orages depuis longtemps, le niveau de l’eau est vraiment très très bas. Les garçons quittent alors la piste et s’amusent à suivre carrément le lit de la rivière… C’est donc assez sportif…
19H30 : Nous sommes à présent sur la piste menant aux Fisher Towers, d’immenses et abruptes monolithes rouges aux formes dentelées. A cette heure correspondant au soleil couchant, ces tours s’embrasent et se teintent d’un rouge flamboyant se détachant dans un ciel bleu vif. Le tableau est magnifique… Ce n’est pas le premier mais on ne s’en lasse vraiment pas. Les garçons décident de randonner pendant 1H en suivant le chemin partant du parking.
21H45 : De retour à Moab, nous faisons le plein de boissons au City Market drôlement bien achalandé et allons souper au très renommé Moab Brewery à la déco très originale, aux serveurs très sympathiques, aux très bons plats variés et pas hors de prix… vraiment une adresse à recommander ! N’arrivant pas à bout du dessert hyper copieux, nous repartirons de là avec un doggy bag !
Je 9/7: Moab; Nuit à Moab
Voici ce qui était prévu au planning (125 Mi-200 Km) - Sunrise à Mesa Arch dans Island in the Sky (à 6H00) - Survol en avion (2H30) par la société Red Tail (330$/pers) - Island In The Sky - Dead Horse Point - retour à Moab par Shafer Trail+Potash Road+Route 279 (50Kms/3H) - Negro Bill Canyon??(6Kms/3H30 A-R) ou Onion Creek Road?? (en voiture:26Miles/2H A-R)
Voici ce que nous avons fait Nous n’avons pas le courage de nous lever suffisamment tôt pour le sunrise sur Mesa Arch qui a lieu à 6H00 Pour y arriver, il faut compter 1H de route depuis Moab et 15 minutes de marche !!...Il aurait donc fallu quitter Moab vers 4H45 !! Et là, je n’ai réussi à convaincre personne…
Début juin, j’ai réservé chez Red Tail Aviation, un survol en petit avion Cessna à partir de l’aérodrome de Moab. Nous y arrivons vers 8h00. De Moab, il faut compter +/-30 min pour y arriver. Le vol est prévu à 8h30. Le temps est splendide : soleil et ciel bleu avec quelques nuages blancs pas du tout menaçants…Bref, les conditions de vol semblent tellement optimum que j’en oublie malheureusement de donner, préventivement, à chacun un anti-nauséeux… Nous survolons pendant presque 3H, à basse altitude, les régions au- dessus de Canyonlands (Island in the sky + Needles + The Maze), de Capitol Reef N.P. et du Lac Powell jusqu’au Rainbow Bridge. C’est M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E…Le co-pilote voulant lui-même réaliser un reportage photos, le pilote s’arrange pour nous placer sans cesse dans le meilleur angle pour avoir les vues optimales de chaque coin. Les appareils photo mitraillent sans cesse.
Qu’est-ce que Canyonlands ? Imaginez, aux Origines, un immense plateau, dominé par des sommets et des dizaines de cours d'eau dont le Colorado, qui chacun s'attaquent à ce plateau pour le labourer, le creuser, le raviner inexorablement, creusant dans la roche tendre de merveilleux canyons, et créant aussi une multitude d’arches et d’aiguilles rocheuses. Le Colorado pour éviter parfois le combat avec la roche dure, la contourne dans d’innombrables méandres. Le parc de Capitol Reef préserve un autre joyau de la nature : la Waterpocket Fold qui est un plissement gigantesque de la croûte terrestre, serpentant sur 160Km. Ce soulèvement impressionnant de roche multicolore s’est créé il y a 65 millions d’années ! Pour survoler le Lac Powell, nous redescendons vers le sud-ouest et revenons ainsi au-dessus de la région où nous étions encore 2 jours plus tôt. Le barrage construit à Page en 1963, sur le Colorado , a permis la naissance de ce lac artificiel s’étirant sur 300 Km . En effet, pendant 17 ans, les dizaines de canyons en amont se sont remplis peu à peu, d’eau provenant du Colorado et de ses affluents. Le paysage créé ainsi par l’homme est majestueux : d’énormes falaises rouges tombent dans ce lac d’un bleu profond, aux côtes très découpées . Il est dommage que ma fille, ayant le mal de l’air, n’en profitera pas pleinement !! Sans conteste, c’est l’un de nos meilleurs souvenirs… Vu le prix…heureusement !!
Vers 11H30, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers Dead Horse Point SP que nous atteignons 1H plus tard (7$/véhicule). Il s’agit d’un promontoire situé à 600 mètres du vide à partir duquel on a une vue unique sur le plateau creusé d’une multitude de canyons ainsi que sur un méandre très photogénique du Colorado. Bien que nous l’ayons vu d’avion, nous apprécions vraiment ce parc et y restons une bonne heure à contempler la vue. Nous rencontrons aussi une famille habitant près de chez nous et avec laquelle, nous échangeons nos impressions de voyage ! Que le monde est petit !...
Nous reprenons le volant pour nous diriger maintenant vers la partie nord de Canyonlands, c.-à-d. Island in the Sky. Peu après le visitor center, nous nous arrêtons pour contempler le Shafer Trail et ses lacets vertigineux à flancs de montagne que nous comptons emprunter tout à l’heure pour retourner à Moab. Les garçons attendent ce moment depuis longtemps… (depuis qu’ils en ont vu des vidéos sur YouTube…)
Mais pour l’heure, nous partons à la découverte du parc. Nous suivons la route nous menant de point de vue en point de vue mais la magie attendue n’opère pas autant que prévu… Ce matin, les vues depuis l’avion volant à basse altitude étaient tellement extraordinaires que nous restons ici un peu sur notre faim… Peut-être étions-nous blasés ? Peut-être étions-nous fatigués ? Peut-être avions-nous trop le soleil dans les yeux ? Peut-être étions-nous trop pressés ou trop excités à l’idée d’entamer le Shafer Trail ?... Seule la rando jusque Mesa Arch sera appréciée à sa juste valeur...
17H30 : Le moment tant attendu est enfin arrivé : nous voilà à l’entame de la descente de la falaise en suivant cette piste utilisée autrefois à l’époque où les mines d’uranium étaient exploitées. Nous surplombons le vide de plusieurs centaines de mètres et cela sans parapet ! Mais c’est un peu comme les pistes de ski qui, vues de loin, semblent très pentues et qui, une fois que l’on est dedans, semblent nettement plus faciles… C’est donc sans vertige et sans réelle difficulté que nous arrivons en bas…
Nous commençons alors une autre piste, la White Rim Trail, tracée sur la plus basse terrasse du Canyon et espérons aller jusque Musselman Arch. Oui, mais là, les choses se corsent… La piste est vraiment en mauvaise état avec de gros cailloux à franchir…Et la route est encore longue. Nous préférons rebrousser chemin et nous avons bien fait car la suite ne va pas non plus être des plus faciles… En effet, après la descente de Shafer Trail, nous devons prendre la Potash Road censée être une piste en graviers, sans grosses difficultés, même pour des véhicules 4x2… Mais bien au contraire, elle s’avère être cahoteuse, très dégradée avec de nombreux trous et gros cailloux… Même notre AWD haut sur pattes peine un peu et nous devons rouler vraiment lentement en regardant où l’on place les roues pour ne pas toucher le bas de caisse ! Les garçons y prennent un certain plaisir… « Voilà une vraie piste » disent-ils… En définitive, le Shafer Trail nous a semblé bien facile en comparaison de la Potash Road… Nous mettons donc plus de temps que prévu pour parcourir les 13Miles et je suis contente d’arriver aux bassins de décantation des mines de potasse qui marquent la fin de cette piste.
De là, nous prenons alors la route 279 goudronnée, longeant des falaises plongeant dans le Colorado et offrant de splendides paysages. Nous passons à côté de la rando menant à Bowtie et Corona Archs que nous avons survolées en avion ce matin.
21H15 : Nous arrivons à Moab et allons manger près de l’hôtel, au resto italien Pasta Jay’s (très bon plat du jour)
Ve 10/7: Moab ; Nuit à Moab
Voici ce qui était prévu au planning (60 Mi-100 Km) - Arches N.P. (sunset à 20H45)
Voici ce que nous avons fait Ce matin, le ciel est partiellement nuageux. Heureusement que le vol en avion a eu lieu la veille ! Aujourd’hui, pas plus qu’hier, nous n’avons eu le courage de nous lever suffisamment tôt pour le sunrise sur Mesa Arch dans Island in the Sky. La fatigue du voyage se fait sentir…
Au programme : le parc Arches N.P. qui se situe à la sortie nord de Moab. Sur la droite, grimpe une route qui nous y amène. Voilà encore un parc qui a inspiré de nombreux cinéastes et metteurs en scène… Ça promet ! Ce petit parc contient le plus grand nombre d’arches naturelles au monde : 2000 ! dont 90 sont accessibles au public. Elles résultent de l’érosion des falaises et des crêtes rocheuses par la pluie, le froid, le gel dont la puissance est immense, le vent qui transporte du sable… Ces éléments attaquent la paroi de la roche au point le plus fragile, ce qui forme un trou qui augmente avec le temps. L’origine des arches est donc bien différente de celle des ponts naturels résultant de l’action d’un cours d’eau creusant un passage au travers d’une paroi rocheuse lui barrant la route. Les arches sont donc souvent exposées en hauteur pour être érodées tandis que les ponts naturels se retrouvent habituellement bien cachés au fond des canyons là où passent les rivières. Grâce à l'érosion qui poursuit lentement son travail de sape, de nouvelles arches se forment encore pendant que d'autres s'effondrent et meurent définitivement.
9H00 : Comment perdre du temps pourtant si précieux ??? Passés la guérite de l’entrée, nous nous rendons compte qu’il n’y a peut-être plus assez d’essence dans le réservoir. La route goudronnée qui traverse le parc du sud au nord fait quand même 70Kms aller-retour. Nous rebroussons donc chemin et retournons à Moab faire le plein !!! De retour à nouveau dans le parc, nous suivons la Scenic Drive en nous arrêtant aux différents points de vue la jalonnant. A son terme, commence la rando Devil’s Garden Trail. Nous y arrivons plus tard que prévu et le parking est plein… En tournant, nous finissons par trouver une place… A présent, le soleil frappe. C’est donc sac au dos que nous marchons (3Km/1H30 A-R) jusqu'à la plus grande arche du parc, la Landscape Arch, très spectaculaire avec ses 93 mètres de long. Elle est si mince et frêle qu’elle peut s’effondrer à tout instant. D’ailleurs pour la petite histoire, c’est elle qui aurait dû s’appeler Delicate Arch mais il y a eu confusion lors de l’attribution des noms… La chaleur nous accablant, nous renonçons à poursuivre plus loin jusqu’à Double O Arch et faisons demi-tour en passant néanmoins par Pine Tree Arch sous laquelle poussent des arbres. Il a beau faire chaud, il y a beaucoup de monde dans ce coin du parc et notamment des familles avec de jeunes enfants peinant à avancer, équipés pour tout le monde d’une seule bouteille d’eau tiédie par la température ambiante … Nous, nous sommes bien contents de pouvoir nous rafraichir avec de l’eau gardée bien froide grâce à nos poches isothermes enfermées dans nos sacs à dos ! De retour à la voiture, nous rebroussons chemin et nous arrêtons pour pique niquer près de Sand Dune Arch, facile d’accès et qui, comme son nom l’indique, est une arche dans le sable. Là, des enfants en ont fait leur terrain de jeux, et y jouent au football !
Nous poursuivons en voiture jusqu’à la partie dénommée Windows Section… Toujours autant de monde… Il est vrai que c’est un des plus beaux endroits du parc. Un court sentier mène à 3 arches différentes et un autre, plat et pas plus long, nous conduit à Double Arch, un ensemble de 2 arches reliées entre elles et formant un groupe massif impressionnant.
Puis, nous retournons vers l’entrée du parc en nous arrêtant notamment à Park Avenue, un ensemble de rochers de couleur rouge-orange, tellement hauts qu’ils font penser à des buildings longeant une rue… Il est 15H15. Nous décidons de rentrer à l’hôtel et de nous octroyer 2 bonnes heures de repos afin de reprendre des forces pour la rando prévue fin de journée... (piscine pour certains, l’eau du jacuzzi étant bien trop chaude pour pouvoir y entrer !) Nous dégustons aussi une délicieuse salade achetée au City Market.
18h00 : Ragaillardis, nous quittons l’hôtel… Retour à Arches N.P. et plus précisément au parking de Delicate Arch Trail. Il parait que c’est LA rando à ne surtout pas rater même si elle n’est pas des plus faciles ! En effet pour atteindre Delicate Arch, symbole de l’Utah sur toutes les plaques minéralogiques, il faut grimper sur du slickrock pendant 2Kms… Nous voilà prévenus… Moi, après la "balade" de la Wave, plus rien ne m’effraie !... A cette heure, il fait nettement moins chaud. Les garçons prennent rapidement de l’avance. nous, les filles, les voyons déjà au loin gravir la roche nue. Nous les suivons à notre rythme… Ils arrivent au sommet bien avant nous et s’inquiètent car ayant déjà mitraillé l’arche de nombreuses fois, la batterie de leur appareil photo vient de rendre l’âme, et ils comptent maintenant sur le mien ! Sans souci ni fatigue (la Wave m’a vraiment vaccinée), nous les rejoignons et admirons le spectacle avec eux… L’arche est située au bord d’un précipice avec en toile de fond, les montagnes de La Sal Mountains. La scène vaut vraiment le déplacement d’autant plus à cette heure où l’arche est éclairée par la douce lumière d'un beau coucher de soleil. Seules ombres au tableau : un malencontreux nuage qui va accélérer ce coucher de soleil et la foule massée en-dessous de l’arche difficilement délogeable malgré les huées des photographes ! Nous redescendrons en partie dans la pénombre, à la lumière de la lampe de poche que j’avais pris soin d’embarquer et croiserons bien des personnes entamant seulement l’ascension… Je me demande toujours ce qu’elles ont bien pu voir !
Nous souperons vers 21H45 au restaurant Zax Pizza (très bonnes pizzas) d’où nous repartirons avec les foulards semblables à ceux des cow-boys, servant de serviettes !...
Sa 11/7: Moab-Torrey ; Nuit à Torrey
Voici ce qui était prévu au planning (156 Mi-250 Km) - Arrêts à Little Wild Horse Canyon Goblin Valley S.P, Capitol Reef: Fruita Scenic Drive Points de vue Panorama Point, Sunset Pt et Goosenecks ...
Voici ce que nous avons fait
8H30 : Check-out et départ de Moab, le ciel est couvert. Ce soir, nous dormons près du parc de Capitol Reef.
Peu avant 10H30 : Arrivée a Little Wild Horse Canyon. Le temps est toujours un peu orageux. Il tombe d’ailleurs quelques gouttes. On s’arrête donc au visitor center de Goblin Valley. La ranger ne se mouille pas, c’est le cas de le dire. Elle ne conseille ni ne déconseille la rando dans ce slot canyon. On décide malgré tout de pousser jusque là pour voir si d’autres personnes s’y sont aventurées. Il y a 2 voitures sur le parking et on tente notre chance. Bien nous en a pris, la pluie cesse rapidement pour laisser place au soleil. Nous passons 1H à remonter le cours de cette rivière asséchée avant de faire demi-tour. Soit dit en passant, il est très amusant de se faufiler ainsi entre 2 falaises abruptes sans rester coincer.
13H00 : Arrêt rapide (45min) à Goblin Valley State Park (7$). Il fait très (trop) chaud, le soleil est au zénith et ça tape.
Ensuite route vers Torrey. Nous traversons un paysage lunaire, désertique et rocailleux. A partir de Hanksville, on longe les méandres de la Fremont River. On veut s’arrêter à Cainneville pour casser la croûte, à Mesa Farm Market plus exactement, réputé pour ses produits frais « homemade ». Manque de chance, le proprio vient de fermer la boutique (il est alors plus de 15H). En chemin on s’arrête pour regarder le gué qu’il faut passer pour rejoindre Cathedral Valley. Le niveau d’eau n’apparait pas élevé et pour le fun, les garçons veulent s’essayer à le passer. Mais vu l’heure bien avancée, j’arrive à les en dissuader. Arrêt à la Waterfall le long de la route 24. Beaucoup de gens s’y baignent mais l’eau trouble et rougeâtre de la Fremont River rebute ma fille qui décide finalement de ne pas y faire trempette. Arrêt le long de la passerelle en bois, aux pétroglyphes indiens gravés à même la falaise. Ils auraient plus de 1000 ans ! Ce n’est pas pour rien qu’ils sont assez effacés ! Tour rapide au visitor center pour voir la fameuse carte en 3D reconstituant les détails géologiques du parc.
Peu avant 16H00 : Arrivée à Fruita, ville fondée par les Mormons au XIXème siècle qui irriguèrent ici des vergers et où on espère cueillir quelques fruits. Il parait que c’est autorisé ! (le ventre est vide depuis le déjeuner). Malheureusement nous ne voyons que des fruits encore verts sur les arbres. D’autres seraient-ils passés avant nous ?? Même les biches soit disant en grand nombre autour de cet oasis, ne sont pas présentes en abondance. On se dépêche d’aller à la ferme Gifford, pour enfin se restaurer. Bof ! Il ne reste que des glaces. Le ventre vide, nous nous engageons sur la Scenic Drive longeant la Waterpocket Fold, mais les pistes semblent tristounettes : le ciel s’est obscurci complètement. Sans soleil, les rochers on perdu leur belle couleur rouge. On pénètre dans Capitol Gorge en espérant apercevoir quelques desert bighorns… Aucun à l’horizon ! On s’aventure à pied sur le chemin de Pionner Register et moi par manque de chance, je me tords la cheville sur le premier caillou venu… Retour anticipé à la voiture pour mettre de la glace immédiatement (la glacière en est pleine). Les enfants poursuivront sans moi jusqu’au rocher où les pionniers, au XIXème siècle, gravaient leur noms avant de s’aventurer à traverser la Waterpocket Fold, l’immense barrière rocheuse de 100 Mi de long, créée il y a 65 millions d'années. Bref, fin de journée plutôt morose et toujours le ventre vide. Capitol Reef vu du sol ne nous a pas émerveillés, c’était beaucoup plus beau vu d’avion. Le soleil daignera quand même faire une apparition furtive, au lieu-dit Sunset Point. Et là, nous serons enfin subjugués par la palette de couleurs qui nous est offerte au soleil couchant. De plus, nous y serons pratiquement seuls. Quel calme devant ce paysage coloré!
Check in rapide au motel Austin Chuckwagon (chambre très bien et la moins onéreuse du séjour). Et enfin nous nous régalerons d’un bon repas très copieux au Cafe Diablo. Nous n’arriverons pas à avaler entièrement les desserts pourtant délicieux. On n’avait jamais vu des coupes de glace aussi énormes.
Di 12/7: Torrey-Tropic ; Nuit au Ruby’s Inn
Voici ce qui était prévu au planning (165 Mi-265 Km) - Piste Notom Bullfrog Road(31Miles/1H30 entre la route 24 et la bifurcation pour Burr Trail), Strike Valley Overlook (1H), Piste Burr Trail (36Miles/1H30 entre la bifurcation avec la Notom Bullfrog et Boulder) - arrêt à Boulder : musée Anasazi - Route 12 avec incursion ds Hole-in-the-Rock Road ?? Ou Kodachrome Basin?? et Cottonwood Canyon Rd ?? - Près de Tropic : rando Mossy Cave (1, 5Km/1H A-R)
Voici ce que nous avons fait
9H30 : Départ du motel plus tard que prévu. Nous avions tous besoin d’une nuit plus longue que d’habitude. Avant de quitter définitivement Torrey, petite halte au magasin de souvenirs du coin (Trading Post) pour acheter chapeau de cow boy et autres babioles. Heureusement ma cheville n’est pas gonflée et elle tiendra la route pour les randos à venir. Après plusieurs hésitations nous décidons de ne pas faire la Notom Bullfrog Road sans grand intérêt visuellement parlant, mais plutôt de faire le Burr Trail aller- retour en nous disant que les vues sont différentes d’un sens à l’autre. La 1ère partie de la piste (jusqu’à Long Canyon) est goudronnée et est la plus belle. Le soleil est à nouveau présent et les couleurs de la roche sont bien resplendissantes. Nous poursuivons jusqu’aux switchbacks que nous descendons (nous sommes ainsi passés à travers la Waterpocket Fold, vous savez : l'immense barrière rocheuse ) jusqu’au croisement avec la Notom Bullfrog Road avant de faire demi-tour. Nous ne faisons pas le morceau de piste Upper Muley Twist Canyon qui conduit au point de vue Strike Valley Overlook. D’une part, nous n’avons qu’un AWD et pas un vrai 4WD (inutile de prendre un risque) et d’autre part, nous avons tellement bien vu la Waterpocket Fold depuis l’avion que nous ne jugeons plus le point de vue indispensable.
Au retour : pause-dîner d’une heure, au resto situé au début du Burr Trail. Très bons quesadillas…Sur la terrasse en sortant, j’ai la chance d’apercevoir brièvement un oiseau mouche se désaltérant à l’abreuvoir spécialement disposé pour ce genre de volatile. Pas le temps de sortir l’appareil photo, il est déjà parti… Vu l’heure (15H45), nous zappons la visite au musée Anasazi de Boulder et filons sur la route 12 en admirant les paysages jusque Escalante. Cette route est réputée pour être une des plus belles de l’Ouest : c’est une Scenic Byway. Et en effet, elle serpente au sommet d’une crête avec de chaque côté le vide et des points de vue superbes sur des canyons creusés dans la roche blanche et jaune. La pause-café au Kiva Koffehouse bénéficiant de ce cadre splendide, sera annulée : il ouvre jusque 16h et il est …16h15 !
Nous nous engageons alors dans la piste Hole-in-the-Rock Road, très facile jusque Devil’s Garden. Nous nous y promenons au milieu des arches et gros champignons dressés, sur fond de ciel couleur bleu pétant. Nous sommes seuls sur le site. Demi-tour pour reprendre la route 12 jusque Cannonville où nous nous arrêtons pour visiter Kodachrome Basin. Il est 19H, le soleil décline et les couleurs sur les roches multicolores sont splendides. Nous sommes ici aussi pratiquement seuls. Nous parcourons à pied Nature Trail( malheureusement à l’ombre) et Grand Parade Trail et allons en voiture admirer l’énorme monolithe appelé Chimney Rock. Tous ces hauts doigts dressés, sorte de geysers pétrifiés (pour parler « soft » !), disséminés dans le parc sont étranges.
Le reste de la route 12 pour aller jusqu’à l’entrée du parc Bryce Canyon est magnifique : passé Tropic, on aperçoit déjà des hoodoos couleur saumon. Il est trop tard pour entamer la rando Mossy Cave, le soleil est couché. Nous arrivons une fois de plus, tard, à notre hôtel, le Ruby’s Inn. Après le check- in et quelques courses au general store, pour le déjeuner du lendemain, nous filons au resto où nous avons la chance d’obtenir une table rapidement (vu l’heure : presque 22H, il n’y a plus foule). Sachant qu’ici c’est plus l’usine à touristes qu’un resto au menu raffiné, nous choisissons un plat simple qui n’occasionne aucune mauvaise surprise.
La suite sur le post suivant : voyageforum.com/...ost=2865731;#2865731 Elle décrit les étapes suivantes:
Lu 13/7: Bryce Canyon N.P. ; Nuit au Ruby’s Inn
Ma 14/7: Tropic-Zion-L.V. ; Nuit à Las Vegas
- Springdale ( Zion N.P.) - Valley of Fire S.P. ( à faire fin de journée)
Me 15/7: Las Vegas ; Nuit à Las Vegas
Je 16/7: L.V.-Death Valley ; Nuit à Furnace Creek Ranch (ds Death Valley)
- Visite de Death Valley
Ve 17/7: Death Valley-Lee Vining; Nuit à Lee Vining
- Visite Death Valley - Arrêt à Mammouth Lakes?? - Visite Bodie (ville-fantôme) ?? - Coucher de soleil à Mono Lake
Sa 18/7: Lee Vining- Yosémite ; Nuit à Oakhurst
- Visite Bodie (ville-fantôme) - Arrêt à Saddlebag Lake - Tioga Pass : rando Tuolumne Meadows (1H30) arrêt à Tenaya Lake Olmsted Point - Visite Vallée Yosémite - Coucher de soleil à Glacier¨Point
Di 19/7: Yosémite N.P. ; Nuit à El Portal
- rando Mariposa Grove (forêt de séquoias géants) (2.5 à 8 Kms/ 1 à 4H) - rando Panorama Trail ( de Glacier Point à Curry Village :14Kms/6 à 8H) ou Vernal Fall( jusqu’au sommet : 5Kms/3H A-R) ou+Nevada Fall (jusqu’au sommet : 11Kms/6H A-R)
Lu 20/7: Retour à S.F. par Tiburon , Sausalito, Golden Gate Bridge ; Nuit dans l’avion
- Sausalito - décollage à 18H50 (S.F.-Londres- Bruxelles)
Ma 21/7: Arrivée à Bruxelles à 16H30
Voyager à vélo en Sardaigne avec des enfants de 5 et 7 ans? English translation pending
Sujet peu abordé dans les forum, voyager à vélo avec des enfants de 5-7 ans: trop grands pour les remorques, trop petits pour les grandes distances à vélo !!!!!
Nous sommes parents de 3 enfants de 9 ans, 6 ans 1/2 , et 5 ans.
Nous partons en Sardaigne, 10 jours "velo/bivouac" à la toussaint, du nord au sud.
Le grand a son vélo, il nous a suivi dans le massif central, donc pas de soucis.
Mais les deux schtroumpfs ????
Plusieurs solutions me viennent en tête: - 10 jours au chenil...mais s'ils ne s'entendent pas avec les autres bêtes ??? - mettre de l'engrais dans leur bol de nesquik pour qu'ils poussent... trop risqué, risque d'intoxication ! - leur raccourcir les jambes....aucun chirurgien n'a accepté !? - un tandem ou un pino bien sûr, c'est merveilleux, ils participent .... euh 1500/2000€ X2 , faut pas décon....dans un an ou deux ils réclameront leur indépendance ces petits sauvageons.... - la trail gator ou le demi-vélo, mais oui....... et puis une scoliose avant l'adolescence ..... - le followme, une attache de 4kg apparemment stable et solide ... - un siege enfant .....manque de confort incompatibles avec les bagages ???
Chers parents sans grande fortune, comment faites-vous avec vos adorables têtes blondes ????? Mac Giver, si vous parcourez ce forum, aidez moi ???? Bill Gates si vous parcourez ce forum, aidez moi $$$$
Merci à tous pour vos idées. Je vous aime... surtout si vous trouvez une solution !!!
Alexis.
Plusieurs solutions me viennent en tête: - 10 jours au chenil...mais s'ils ne s'entendent pas avec les autres bêtes ??? - mettre de l'engrais dans leur bol de nesquik pour qu'ils poussent... trop risqué, risque d'intoxication ! - leur raccourcir les jambes....aucun chirurgien n'a accepté !? - un tandem ou un pino bien sûr, c'est merveilleux, ils participent .... euh 1500/2000€ X2 , faut pas décon....dans un an ou deux ils réclameront leur indépendance ces petits sauvageons.... - la trail gator ou le demi-vélo, mais oui....... et puis une scoliose avant l'adolescence ..... - le followme, une attache de 4kg apparemment stable et solide ... - un siege enfant .....manque de confort incompatibles avec les bagages ???
Chers parents sans grande fortune, comment faites-vous avec vos adorables têtes blondes ????? Mac Giver, si vous parcourez ce forum, aidez moi ???? Bill Gates si vous parcourez ce forum, aidez moi $$$$
Merci à tous pour vos idées. Je vous aime... surtout si vous trouvez une solution !!!
Alexis.
27 jours dans l'Ouest américain à l'écart des villes English translation pending
Ça commence par le lointain souvenir d’une séance de cinéma scolaire, je n’avais pas 10 ans. Le film, c'était Les Cheyennes de John Ford. Depuis plus de trente ans je traine des images de roches rouges, d'indiens et de grands espaces. Des images qui se sont modifiées au fil du temps et qui se sont nourries de visions plus récentes de ces paysages mythiques. Et puis le moment est venu -35 ans plus tard !- tout naturellement, de traverser l'Atlantique pour les voir de près, pour les toucher. Après un voyage à Bali en mai 2008 nous décidons qu'en 2009 ce sera l'ouest américain, pour un premier voyage aux USA...
Après avoir parcouru le forum comme un fou, je fais une première ébauche de notre voyage dès septembre 2008, une boucle n'intégrant que des parcs, à l'écart des villes. Nous sommes des urbains et nous avons envie de nature et de grands espaces.
En octobre je trouve des billets d'avion à un prix correct Londres-Denver avec British Airways. Nous ferons donc une boucle passant par Denver, c'est simple les vacances non?
Dans la foulée, on loue un SUV chez Hertz et je réserve les nuits d'hôtels et de B&B au fur et à mesure de la validation de notre périple.
Cela fait maintenant une semaine que nous sommes de retour et je vous propose de partager 27 jours d'un voyage tout simplement merveilleux...
Je voudrais avant tout remercier les membres du forum qui ont fait l’effort de répondre à mes questions : dommm063, vazyvite, oliv2019, mcd8, frozenmad, NicoGb, fredfly, JMBr73, krikri6792, Madikéra, fredXIII, fredtignes et je dois en oublier! Une mention particulière à Lhommée qui m’a fourni de précieux renseignements par MP.
Merci aussi au site http://www.ouestusa.fr/ qui nous a donné de superbes envies de balades. On (mon épouse 41 ans, ma fille de 13 ans et moi 45 au compteur) avait envie de marcher (petites randos, 10 km est notre format idéal).
Pour commencer un résumé de notre voyage :
4 états parcourus : Colorado, Wyoming, Utah et le nord de l’Arizona.
7500 km au compteur (dont 300 km de pistes environ).
16 parcs visités.
un bon nombre de petites randonnées.
Une seule ville au programme : Denver.
Il a fait très chaud, entre 38° et 43° après notre séjour au Wyoming. On le savait, ce n’était pas une surprise. Bon, franchement, on a beau le savoir, il faut subir cette chaleur sur place pour réaliser combien ça peut calmer nos velléités de marcheurs. Du coup on a modifié le programme de certaines journées pour faire sieste/piscine aux heures les plus chaudes, notamment à Page où c’était la fournaise.
D’un point de vue pratique aucun accroc, tout s’est déroulé au mieux. Les hôtels étaient comme je le disais plus haut tous réservés par avance. C’était un choix fait dans l’optique de ne pas perdre de temps à chercher sur place, c’est un gros avantage à mon sens en juillet à proximité des parcs et la réservation anticipée permet également d’obtenir des tarifs parfois intéressants. De plus on savait plus ou moins où on mettrait les pieds grâce à vos retours d’expérience et à trip advisor. L’inconvénient c’est être d’être tenu à respecter l’itinéraire pour ce qui est des villes étapes, il faut donc viser juste en préparant son voyage (ce qui a été notre cas), on a moins de liberté au niveau du timing. Donc il n’y a pas de formule idéale, chacun fait suivant son feeling ! On avait visé le moyen de gamme+ (entre 100 et 200$/nuit pour 3 avec 2 queen beds) dans des best western et autres du même style et des B&B plutôt sympa.
Pou la voiture la voiture la aussi ça s’est bien passé. Comme pour les hôtels, le check in est super efficace (ils se sont juste trompé sur mon nom en tant que second conducteur sur les papiers, on fera faire la rectification le lendemain). On avait fait le choix de Hertz pour son réseau étendu et son efficacité en termes d’assistance, avec un tarif de 1100 € toutes assurances incluses pour 28 jours. Surprise à l’aéroport de Denver, le préposé ne nous propose qu’un seul véhicule dans leur gamme mid SUV un Ford Explorer. Comme je ne suis pas un spécialiste de 4x4 je ne savais pas à quoi m’attendre… On le trouve tout seul sur le parking immense (il y a une pénurie de SUV chez Hertz ?) avec intérieur cuir et 11 000 miles au compteur. Un mois et 7500km plus tard on peut vous dire que c’est très confortable, assez grand pour 3 ou 4. C’est un vrai 4x4 avec position low et high dont le seul défaut est la faiblesse relative de sa garde au sol… ça me vaudra une grosse frayeur sur Cathedral Valley mais je vous raconterai ça plus loin dans mon récit...
Sinon, un mot sur les américains, pour vous dire que ce sont des gens vraiment charmants, souriants et efficaces. Là bas c’est la courtoisie qui prévaut et donc si vous êtes comme eux, calme et souriant, tout ne peut que bien se passer…
Je voudrai aussi rassurer ceux qui hésitent à y aller en individuel (il y en a quelques un sur le forum…). Le voyage aux USA (l’ouest pour notre expérience) est d’un accès extrêmement facile pour peu que vous parliez un peu la langue, ça n’a rien d’une aventure comme on peut deviner les craintes de certains ici ou là en lisant les posts. Allez-y et comme nous vous n’aurez qu’une envie… y retourner !
Je vous propose un descriptif au jour le jour, d’après nos notes, j’espère que ça pourra servir à certains… n’hésitez pas à me contacter par mp si vous avez des questions. Je ferai mention des hôtels systématiquement pour mémoire (ma mémoire car j’utile aussi ce CR pour entretenir mes souvenirs) et des restos qui étaient sympas. Je glisserai également des photos, histoire de rendre le récit plus digeste…
Voilà, ça commence:

1er juillet
Après un premier vol Paris-Londres qui prend du retard on se retrouve avec 45 minutes pour faire la correspondance avec le Londres-Denver. Gros coup de chaud donc ! On court, on stress en regardant notre montre pendant qu’on fait la queue pour passer la sécurité et sa fouille… On se remet à courir dans l’aéroport pour rejoindre notre terminal… Arrivés sur place on a le temps de regarder une pendule : on avait oublié l’heure de décalage ! On avait donc 1h45 devant nous, on est dégoutés d’être aussi nuls mais on rigole, ça commence bien les vacances !
On fait un vol sans histoire et on arrive à Denver à l’heur prévue. Bien entendu on n’a pas rempli le dos de la carte verte et l’agent de l’immigration nous les rend sans un mot en cochant en rouge les 3 cases non remplies… on est bon pour retourner derrière la ligne… bienvenue aux states !
Après ça on retrouve tous nos bagages (ouf, la malchance tourne…) et on prend la navette Hertz qui nous attend (voir plus haut).
On rejoindra de nuit le « La Quinta Inn » de l’aéroport sans trop se perdre. On a juste eu du mal à comprendre le truc qui consiste à inscrire le nom de la route sous laquelle on passe sur le pont au dessus de nous (suis-je bien clair ?). Pour nous, avec notre « logique française » c’était le nom de l’artère où on était. Après on s’y est vite fait et c’est très pratique à l’arrivée. Ca nous a juste valu de faire 3 fois le Pena Boulevard entre l’aéroport et l’hôtel, sachant que le road book était au fond d’une valise, sinon ça n’aurait pas été drôle !
Au passage, on n’avait pas pris de GPS et ça ne nous a absolument pas manqué mais encore une fois on n’a pas fait de villes…
2 juillet
Une grosse journée de voiture nous attend avec une étape Denver-Thermopolis. On s’arrête à Hell's Half Acre après avoir traversé des plaines immenses. Ces paysages de plaines sont un premier choc visuel avec des ciels tout aussi immenses qui les complètent.

Hell's Half Acre mérite un petit détour si vous passez dans le coin :

On poursuit notre chemin par Boysen Reservoir et la Wind River :

Tout ça sous un ciel bien plombé comme vous pouvez le voir!
Et puis on arrive à Thermopolis, terme (et thermes) de notre étape du jour. On dort au Best Western qui est situé juste à l’entrée du parc.
Perdu! c'est pas nous sur la photo...
La piscine de l’hotel est alimentée par une source chaude, l’inconvénient c’est que ça sent l’œuf pourri dans tout le coin, mais on s’y fait vite !

3 juillet
De Thermopolis à Yellowstone. Réveil à 6 heures grâce au décalage horaire, à fond la forme ! On passe par Cody et là on se retrouve avec la route barrée. Derrière la barrière surveillée par la police, on aperçoit une sorte de défilé. On se gare comme on peu sur un bout de parking et on fonce voir ce qui se passe :

On ne sait pas si c'est le défilé du 4 juillet qui a lieu le 3 ou si c’est une sorte de répétition générale mais c’est bien sympa et on reste là une bonne heure à voir passer toute la communauté :

Non vous ne rêvez pas, ce sont bien des skieurs…




70 photos plus tard on reprend notre route 14 vers l’entrée Est de Yellowstone. C’est de plus en plus beau avec toujours des nuages bas qui nous accompagnent fidèlement. On entre ensuite dans le parc dans un paysage de montagne et au détour d’un virage, on voit des fumées derrière le parapet de la route :
Là on est excités comme des puces de voir des fumerolles pour la première fois de notre vie !
On longe le lac un bon moment pour rejoindre notre Western Cabin à Canyon Lodge Village

Une fois les valises posées, il est 16h et on va faire la visite du Canyon qui est juste à côté:

voilà, c'est tout pour aujourd'hui! à suivre...
Après avoir parcouru le forum comme un fou, je fais une première ébauche de notre voyage dès septembre 2008, une boucle n'intégrant que des parcs, à l'écart des villes. Nous sommes des urbains et nous avons envie de nature et de grands espaces.
En octobre je trouve des billets d'avion à un prix correct Londres-Denver avec British Airways. Nous ferons donc une boucle passant par Denver, c'est simple les vacances non?
Dans la foulée, on loue un SUV chez Hertz et je réserve les nuits d'hôtels et de B&B au fur et à mesure de la validation de notre périple.
Cela fait maintenant une semaine que nous sommes de retour et je vous propose de partager 27 jours d'un voyage tout simplement merveilleux...
Je voudrais avant tout remercier les membres du forum qui ont fait l’effort de répondre à mes questions : dommm063, vazyvite, oliv2019, mcd8, frozenmad, NicoGb, fredfly, JMBr73, krikri6792, Madikéra, fredXIII, fredtignes et je dois en oublier! Une mention particulière à Lhommée qui m’a fourni de précieux renseignements par MP.
Merci aussi au site http://www.ouestusa.fr/ qui nous a donné de superbes envies de balades. On (mon épouse 41 ans, ma fille de 13 ans et moi 45 au compteur) avait envie de marcher (petites randos, 10 km est notre format idéal).
Pour commencer un résumé de notre voyage :
4 états parcourus : Colorado, Wyoming, Utah et le nord de l’Arizona.
7500 km au compteur (dont 300 km de pistes environ).
16 parcs visités.
un bon nombre de petites randonnées.
Une seule ville au programme : Denver.
Il a fait très chaud, entre 38° et 43° après notre séjour au Wyoming. On le savait, ce n’était pas une surprise. Bon, franchement, on a beau le savoir, il faut subir cette chaleur sur place pour réaliser combien ça peut calmer nos velléités de marcheurs. Du coup on a modifié le programme de certaines journées pour faire sieste/piscine aux heures les plus chaudes, notamment à Page où c’était la fournaise.
D’un point de vue pratique aucun accroc, tout s’est déroulé au mieux. Les hôtels étaient comme je le disais plus haut tous réservés par avance. C’était un choix fait dans l’optique de ne pas perdre de temps à chercher sur place, c’est un gros avantage à mon sens en juillet à proximité des parcs et la réservation anticipée permet également d’obtenir des tarifs parfois intéressants. De plus on savait plus ou moins où on mettrait les pieds grâce à vos retours d’expérience et à trip advisor. L’inconvénient c’est être d’être tenu à respecter l’itinéraire pour ce qui est des villes étapes, il faut donc viser juste en préparant son voyage (ce qui a été notre cas), on a moins de liberté au niveau du timing. Donc il n’y a pas de formule idéale, chacun fait suivant son feeling ! On avait visé le moyen de gamme+ (entre 100 et 200$/nuit pour 3 avec 2 queen beds) dans des best western et autres du même style et des B&B plutôt sympa.
Pou la voiture la voiture la aussi ça s’est bien passé. Comme pour les hôtels, le check in est super efficace (ils se sont juste trompé sur mon nom en tant que second conducteur sur les papiers, on fera faire la rectification le lendemain). On avait fait le choix de Hertz pour son réseau étendu et son efficacité en termes d’assistance, avec un tarif de 1100 € toutes assurances incluses pour 28 jours. Surprise à l’aéroport de Denver, le préposé ne nous propose qu’un seul véhicule dans leur gamme mid SUV un Ford Explorer. Comme je ne suis pas un spécialiste de 4x4 je ne savais pas à quoi m’attendre… On le trouve tout seul sur le parking immense (il y a une pénurie de SUV chez Hertz ?) avec intérieur cuir et 11 000 miles au compteur. Un mois et 7500km plus tard on peut vous dire que c’est très confortable, assez grand pour 3 ou 4. C’est un vrai 4x4 avec position low et high dont le seul défaut est la faiblesse relative de sa garde au sol… ça me vaudra une grosse frayeur sur Cathedral Valley mais je vous raconterai ça plus loin dans mon récit...
Sinon, un mot sur les américains, pour vous dire que ce sont des gens vraiment charmants, souriants et efficaces. Là bas c’est la courtoisie qui prévaut et donc si vous êtes comme eux, calme et souriant, tout ne peut que bien se passer…
Je voudrai aussi rassurer ceux qui hésitent à y aller en individuel (il y en a quelques un sur le forum…). Le voyage aux USA (l’ouest pour notre expérience) est d’un accès extrêmement facile pour peu que vous parliez un peu la langue, ça n’a rien d’une aventure comme on peut deviner les craintes de certains ici ou là en lisant les posts. Allez-y et comme nous vous n’aurez qu’une envie… y retourner !
Je vous propose un descriptif au jour le jour, d’après nos notes, j’espère que ça pourra servir à certains… n’hésitez pas à me contacter par mp si vous avez des questions. Je ferai mention des hôtels systématiquement pour mémoire (ma mémoire car j’utile aussi ce CR pour entretenir mes souvenirs) et des restos qui étaient sympas. Je glisserai également des photos, histoire de rendre le récit plus digeste…
Voilà, ça commence:

1er juillet
Après un premier vol Paris-Londres qui prend du retard on se retrouve avec 45 minutes pour faire la correspondance avec le Londres-Denver. Gros coup de chaud donc ! On court, on stress en regardant notre montre pendant qu’on fait la queue pour passer la sécurité et sa fouille… On se remet à courir dans l’aéroport pour rejoindre notre terminal… Arrivés sur place on a le temps de regarder une pendule : on avait oublié l’heure de décalage ! On avait donc 1h45 devant nous, on est dégoutés d’être aussi nuls mais on rigole, ça commence bien les vacances !
On fait un vol sans histoire et on arrive à Denver à l’heur prévue. Bien entendu on n’a pas rempli le dos de la carte verte et l’agent de l’immigration nous les rend sans un mot en cochant en rouge les 3 cases non remplies… on est bon pour retourner derrière la ligne… bienvenue aux states !
Après ça on retrouve tous nos bagages (ouf, la malchance tourne…) et on prend la navette Hertz qui nous attend (voir plus haut).
On rejoindra de nuit le « La Quinta Inn » de l’aéroport sans trop se perdre. On a juste eu du mal à comprendre le truc qui consiste à inscrire le nom de la route sous laquelle on passe sur le pont au dessus de nous (suis-je bien clair ?). Pour nous, avec notre « logique française » c’était le nom de l’artère où on était. Après on s’y est vite fait et c’est très pratique à l’arrivée. Ca nous a juste valu de faire 3 fois le Pena Boulevard entre l’aéroport et l’hôtel, sachant que le road book était au fond d’une valise, sinon ça n’aurait pas été drôle !
Au passage, on n’avait pas pris de GPS et ça ne nous a absolument pas manqué mais encore une fois on n’a pas fait de villes…
2 juillet
Une grosse journée de voiture nous attend avec une étape Denver-Thermopolis. On s’arrête à Hell's Half Acre après avoir traversé des plaines immenses. Ces paysages de plaines sont un premier choc visuel avec des ciels tout aussi immenses qui les complètent.

Hell's Half Acre mérite un petit détour si vous passez dans le coin :

On poursuit notre chemin par Boysen Reservoir et la Wind River :

Tout ça sous un ciel bien plombé comme vous pouvez le voir!
Et puis on arrive à Thermopolis, terme (et thermes) de notre étape du jour. On dort au Best Western qui est situé juste à l’entrée du parc.
Perdu! c'est pas nous sur la photo...La piscine de l’hotel est alimentée par une source chaude, l’inconvénient c’est que ça sent l’œuf pourri dans tout le coin, mais on s’y fait vite !

3 juillet
De Thermopolis à Yellowstone. Réveil à 6 heures grâce au décalage horaire, à fond la forme ! On passe par Cody et là on se retrouve avec la route barrée. Derrière la barrière surveillée par la police, on aperçoit une sorte de défilé. On se gare comme on peu sur un bout de parking et on fonce voir ce qui se passe :

On ne sait pas si c'est le défilé du 4 juillet qui a lieu le 3 ou si c’est une sorte de répétition générale mais c’est bien sympa et on reste là une bonne heure à voir passer toute la communauté :

Non vous ne rêvez pas, ce sont bien des skieurs…




70 photos plus tard on reprend notre route 14 vers l’entrée Est de Yellowstone. C’est de plus en plus beau avec toujours des nuages bas qui nous accompagnent fidèlement. On entre ensuite dans le parc dans un paysage de montagne et au détour d’un virage, on voit des fumées derrière le parapet de la route :
Là on est excités comme des puces de voir des fumerolles pour la première fois de notre vie !On longe le lac un bon moment pour rejoindre notre Western Cabin à Canyon Lodge Village

Une fois les valises posées, il est 16h et on va faire la visite du Canyon qui est juste à côté:

voilà, c'est tout pour aujourd'hui! à suivre...
Séjour de douze jours en Corse en septembre English translation pending
Bonjour,
Nous partons tout début septembre pour notre première fois en Corse pour 12 jours. Nous arrivons à Ajaccio. L'objectif : visites et repos, tempérées par un bébé !
Nous comptons couper notre séjour en deux : - une partie entre Calvi et l'Ile Rousse pour découvrir la Balagne. - une partie près d'Ajaccio pour visiter le coin et ce qu'il y a autour de Porto. 1ère question : Est-ce facile de rayonner autour d'ajaccio jusque Porto pour des visites sur une journée ?
J'ai commencé à regarder les hôtels pour notre "première partie" et j'ai repéré dans notre gamme de prix : - Hôtel Funtana Marina - Ile Rousse. - Hôtel Les Aloès - Calvi. - Hôtel St Joseph - Algajola. - Hôtel Stella Mare - Algajola. 2ème question : vos avis sur ces choix ?
Avez-vous de bons plans logement sur la Balagne ou plus au sud vers Ajaccio ? Je trouve que les prix restent élevés en septembre pour des gammes d'hôtels qui restent assez modestes...
Au plaisir de vous lire.
Yamen.
Nous partons tout début septembre pour notre première fois en Corse pour 12 jours. Nous arrivons à Ajaccio. L'objectif : visites et repos, tempérées par un bébé !
Nous comptons couper notre séjour en deux : - une partie entre Calvi et l'Ile Rousse pour découvrir la Balagne. - une partie près d'Ajaccio pour visiter le coin et ce qu'il y a autour de Porto. 1ère question : Est-ce facile de rayonner autour d'ajaccio jusque Porto pour des visites sur une journée ?
J'ai commencé à regarder les hôtels pour notre "première partie" et j'ai repéré dans notre gamme de prix : - Hôtel Funtana Marina - Ile Rousse. - Hôtel Les Aloès - Calvi. - Hôtel St Joseph - Algajola. - Hôtel Stella Mare - Algajola. 2ème question : vos avis sur ces choix ?
Avez-vous de bons plans logement sur la Balagne ou plus au sud vers Ajaccio ? Je trouve que les prix restent élevés en septembre pour des gammes d'hôtels qui restent assez modestes...
Au plaisir de vous lire.
Yamen.
Carnet de voyage: Californie, Arizona et Utah en juin 2009 Partie 2 English translation pending
De retour depuis 1 mois je continue a revivre quotidiennement ce voyage en enviant beaucoup celles et ceux qui sont sur le départ.
Cette deuxième partie de mon carnet de voyage est consacrée à ce que je considère maintenant comme étant les plus belles routes et les plus belles régions que j'ai parcourues dans le Sud-Ouest



Du pied de la montée du Moki Dugway, déjà évoquée, jusqu'à notre arrivée à Page 6 jours plus tard nous découvrirons une région réellement splendide. Paysages somptueux, calmes et reposants, loin des foules au moins en cette période de l'année.
Bryce Canyon bien qu'étant un peu plus fréquenté lors de notre passage nous a réellement séduits.
De plus l'ambiance si particulière, sereine et détendue des petites villes telles que Torrey et Escalante nous ont agréablement surpris. No-Stress et accueil sympa de rigueur.
Mes seuls regrets demeurent de n'avoir pas eu le temps de visiter Cathedral Valley, Coyote Buttes North et South. Ceci nécessitera donc de revenir dans ce fabuleux terrain de découvertes que constitue le sud de l'Utah et le nord de l'Arizona de part et d'autre de leur frontière.
De plus la visite de Kodachrome Basin, le passage à Grosvenor Arch suivis de la descente du Cottonwood Canyon Road pour arriver en soirée à Page nous ont contraint à renoncer à visiter Yellow Rock, White Rock, Toadstool et Wahwaeap Hoodoos pourtant en bordure de la route 89.
Je suis seul responsable de ces manquements, puisque j'ai préparé le Road Book, et j'ai donc expliqué à mon épouse que je prendrais toutes mes responsabilités. En guise de punition je me condamne à retourner très rapidement sur place afin d'effacer ces erreurs.
18 juin, En fin d'après midi nous quittons à regret Factory Butte car le ciel est bien gris et des coups de tonnerre se font entendre. Et puis il est l'heure de partir à la recherche d'un motel pour la nuit et d'un resto.
A l'approche de Fruita quelques gouttes de pluie nous attendent et c'est de notre voiture que nous contemplerons le Navajo Dome.

A quelques miles de Torrey nous passons jeter un premier coup d'œil sur Capitol Reef depuis Goosenecks Viewpoint situé à gauche de la route 24

Le soleil nous revient et nous reprenons la route de Torrey.

A l'entrée de la ville, un Best Western semble nous attendre. L'équipage menace de sédition, pas un café d'avalé depuis ce matin et les estomacs commencent à se manifester.
Nous nous arrêtons et je laisse au fond de ma petite tête l'idée de faire halte au Chuck Wagon.
Après nous être installés nous profiterons d'un coucher de soleil depuis la terrasse des chambres qui donnent sur l'arrière du motel.

Nous prendrons notre repas dans le cabanon situé en face de l'hôtel et pompeusement nommé Pizzeria. A oublier rapidement.
Ensuite petit tour à Torrey et visite de l'épicerie du Chuck-Wagon. Je jette un coup d'œil au motel, vraiment il à l'air sympa……….bon, une autre fois peut être.
19 juin, au petit matin nous sommes réveillés par tout un groupe de motard qui se prépare à rejoindre Mexican-Hat sur leur Harley

Au programme aujourd'hui, visite de Capitol reef et de la Scenic Road jusqu'à Egyptian Temple, grimpette du Cassidy Arch Trail, les Petroglyphs et la promenade de Hickman-Bridge.
Après un court arrêt à Fruita et son Visitor Center nous descendons la Scenic Road jusqu'au parking de l'entrée du Cassidy Arch trail.
Les enfants s'amusent avec un reste de boue dans le Wash

Après la récréation, il est 10h30 et le soleil se fait déjà bien sentir lorsque nous entamons notre ballade.

Le sentier grimpe régulièrement et sans grande difficultés. La vue sur la vallée est superbe et nous sommes quasiment seuls. Encore un dôme avant d'arriver sur l'Arch qui aurait servie de repaire au célèbre Cassidy. Il devait quand même avoir fait de sérieuses "bètises" pour devoir venir se planquer dans un coin pareil.


Il fait très chaud sur cette dalle rocheuse, pas un coin d'ombre et nous redescendons rapidement.
Retour à Fruita dans l'oasis de verdure pour notre pique-nique avant de reprendre la route vers Egyptian Temple.

Impressionnant et étrange et surveillé par une drôle de créature!

Il est l'heure de remonter vers la route 24 pour nous approcher des Petroglyphs et revoir en passant la toute petite école créée par les premiers fermiers Mormons.
Plein soleil, il est 16h00 et certains Petroglyphs sont difficiles a apercevoir depuis la passerelle en bois qui permet de les approcher.
Tiens un visiteur célèbre (homonyme ?) s'est permis d'orner ces magnifiques dessins d'un graffiti.
D'autres ont semble t'il prit ces représentations pour des extra terrestres et les ont copieusement arrosé de plomb !!


Direction Hickman-Bridge, belle ballade également qui commence en bordure de la route 24 le long de la Fremont River.
Arrivés sur le plateau nous contemplons longuement les amas de roches éruptives noires et le contraste qu'elles donnent au Navajo Dome/Knobs.

En face c'est la Pyramide !

Nous poursuivons notre chemin vers Hickman-Bridge quand nous rencontrons deux couples de Texans installés à l'ombre de deux petites arches/passerelles en bordure du sentier.
Nous engageons la conversation, le temps de se désaltérer, et nous comprenons rapidement que nous sommes en train de faire une bourde.
Les deux hommes avaient vendu à leurs épouses respectives ces petites arches comme étant le fameux Hickman-Bridge !!

Trop pressés de redescendre prendre une bière sans doute.
Heureusement pour nous les Texans ne sont plus (toujours) armés de nos jours et c'est en traînant les pieds qu'ils nous ont accompagnés jusqu'au pied de la vraie arche.

20 juin, nous prenons ce matin la direction d'Escalante et c'est à Torrey que nous quittons la route 24 pour la 12.

Sur le chemin nous visiterons le petit musée du Anasazi Indian State Park qui mérite le détour et quelques instants d'attention. Trop pressés de filer vers le point fort de la journée: Burr Trail si souvent évoqué avant le voyage.
Arrivés à Boulder nous obliquons vers l'est et entrons immédiatement sur cette route.
L'entrée est sympa, belle ferme avec en arrière plan une majestueuse Sand-stone.

Mais le temps n'est pas de la partie, quelques gouttes de pluie et un ciel bien chargé. Nous savons que la première partie du trail est goudronnée et nous décidons d'aller au moins au bout de ce tronçon.
Avant d'y accéder nous admirerons longuement une perspective du Long Canyon.

La traversée du Long Canyon est très agréable, aux parois abruptes succéderont bientôt des roches aux formes tourmentées de presque Hoodos.

Puis nous avons la visite d'une très jolie "Antelope" qui nous gratifiera de quelques bonds gracieux sur la route et dans les rochers avant de s'arrêter pour nous observer longuement.

La fin de la partie goudronnée nous amène dans un paysage qui rappelle quelque peu les monticules du Painted Desert entre Flagstaff et Gallup.

Une longue portion de piste assez monotone s'ensuivra avant que nous arrivions aux abords du Switchback et du point de jonction entre le Burr Trail et le Nottom Bullfrog.
Mais avant cela le décor prend des allures fantasmagoriques sous le ciel voilé.



Nous approchons les contreforts du Waterpocket et nous retrouvons finalement en haut du Switchback.

Nous nous répétons que cet endroit doit être fabuleux avec un grand soleil, le ciel bleu et la vue dégagée. Nous profitons quand même du paysage avant de descendre jusqu'au carrefour du Nottom Bullfrog.

Rien de bien périlleux dans cette descente.

Le ciel devient de plus en plus menaçant et nous abandonnons l'idée de poursuivre notre route vers le Lac Powell.
Nous rebroussons chemin et de retour à Boulder nous reprenons la 12 vers le sud pour Escalante par une magnifique route de crête sur laquelle nous arrêterons pour déguster un vrai café au Kiwakoffeehouse. Excellente adresse pour les amateurs de café.!

Nous nous installerons pour 3 nuits au Prospector Inn, choisi un peu au hasard et quelques instants après avoir posé nos valises nous ne regretterons pas d'avoir quitté rapidement la piste du Burr Trail. L'orage qui menaçait s'est enfin produit et ce sont des trombes d'eau qui se sont abattues dans les rues.

Dans la soirée un occupant du motel arrivera sur le parking, son SUV couvert de boue et nous dira avoir connu la peur de sa vie alors qu'il était dans les parages de Devil's Garden lorsque l'orage l'a surpris et que la piste s'est transformée en patinoire en quelques minutes.
Ca tombe bien, Devil's Garden et Hole in the Rock c'est demain pour nous !!
Repas au Cow Boy Blues, ambiance relax et Fajitas correctes.
20 juin, au réveil la météo est rassurante, soleil au rendez-vous et absence de nuages aujourd'hui.
Nous prenons la route de Hole in the Rock avec dans l'idée de visiter Devil's Garden et de nous promener dans les parages de Dry Fork / Slot Canyon et de Peek a Boo.
La piste est bien sèche malgré l'orage de la veille au soir et il ne reste qu'un peu d'eau dans le fond des Wash que nous traversons sans difficultés.
Arrivés à Devil's Garden nous passons beaucoup de temps a arpenter ce site, nous sommes seuls et nous profitons pleinement du paysage.

Au-delà des rochers aux formes spectaculaires j'ai bien aimé la petite promenade faite dans le canyon qui se trouve en contrebas de Devil's garden et ensuite la perspective sur ce même canyon une fois remonté sur la dalle rocheuse.

Poursuite de la piste qui au-delà de Devil's Garden se transforme en véritable tôle ondulée, ça secoue vraiment et pendant 2 ou 3 miles. Nous essayons tout, rouler à gauche, à droite , au milieu, lentement, plus vite……ça secoue toujours autant.
La piste se divise et nous prenons à gauche pour arriver après environ 2 miles au parking du Dry Fork.
Là nous sommes surpris car il y a déjà un dizaine de 4X4. Un pupitre métallique attire notre attention et nous y trouvons les permis de bivouac ainsi qu'une liste d'inscription pour les marcheurs de la journée. Disciplinés nous nous inscrivons avant de descendre vers les Slot Canyon que l'on devine de notre point de départ.

Nous parcourons quelques centaines de mètres dans le Slot, il y fait frais et le début du parcours est le plus impressionnant car les murailles sont plus élevées.
Nous avions l'idée de poursuivre par le Peek a Boo mais malheureusement mon épouse ne supporte pas la chaleur, elle est essoufflée, elle frissonne puis a trop chaud.
Coup de chaleur, insolation….après lui avoir laissé le temps de se reposer et de se rafraichir nous décidons d'abréger notre parcours d'autant plus que la remontée vers le parking l'angoisse sérieusement. Lentement nous rejoindront la voiture et rentrons à Escalante.
Je suis tout content de voir mon épouse se remettre.
Ce sera une première alerte.
21 juin, aujourd'hui c'est le tant attendu Bryce Canyon. Nous quittons Escalante après le petit déjeuner et par la route n°12 nous traversons Henrieville, Cannonville et Tropic.
Cette route est bien agréable et les 50 miles qui nous séparent de Bryce sont vite avalés.

A l'entrée de Bryce quelques vieux tacots se sont donnés rendez-vous et se font entendre.
Klaxons enroués et d'époque.

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce parc.
Je me contenterais de confirmer, grandiose, impressionnant et les couleurs…


Nous parcourons l'agréable Navajo Loop avant le pique nique.

Ensuite, compte tenu de la forte chaleur et des évènements de la veille, nous visiterons les différents points de vue avec notre voiture.


Avant de reprendre la route n°12 nous nous arrêterons au Ruby's Inn General Store pour faire quelques emplettes et chercher un petit souvenir.
Retour à Escalante pour y déguster l'excellente pizza et les très bon Capuccino de l'Escalante Outfitters.
Demain, c'est le Cottonwood Canyon Road et nous avons hâte d'y être🙂
Cette deuxième partie de mon carnet de voyage est consacrée à ce que je considère maintenant comme étant les plus belles routes et les plus belles régions que j'ai parcourues dans le Sud-Ouest



Du pied de la montée du Moki Dugway, déjà évoquée, jusqu'à notre arrivée à Page 6 jours plus tard nous découvrirons une région réellement splendide. Paysages somptueux, calmes et reposants, loin des foules au moins en cette période de l'année.
Bryce Canyon bien qu'étant un peu plus fréquenté lors de notre passage nous a réellement séduits.
De plus l'ambiance si particulière, sereine et détendue des petites villes telles que Torrey et Escalante nous ont agréablement surpris. No-Stress et accueil sympa de rigueur.
Mes seuls regrets demeurent de n'avoir pas eu le temps de visiter Cathedral Valley, Coyote Buttes North et South. Ceci nécessitera donc de revenir dans ce fabuleux terrain de découvertes que constitue le sud de l'Utah et le nord de l'Arizona de part et d'autre de leur frontière.
De plus la visite de Kodachrome Basin, le passage à Grosvenor Arch suivis de la descente du Cottonwood Canyon Road pour arriver en soirée à Page nous ont contraint à renoncer à visiter Yellow Rock, White Rock, Toadstool et Wahwaeap Hoodoos pourtant en bordure de la route 89.
Je suis seul responsable de ces manquements, puisque j'ai préparé le Road Book, et j'ai donc expliqué à mon épouse que je prendrais toutes mes responsabilités. En guise de punition je me condamne à retourner très rapidement sur place afin d'effacer ces erreurs.
18 juin, En fin d'après midi nous quittons à regret Factory Butte car le ciel est bien gris et des coups de tonnerre se font entendre. Et puis il est l'heure de partir à la recherche d'un motel pour la nuit et d'un resto.
A l'approche de Fruita quelques gouttes de pluie nous attendent et c'est de notre voiture que nous contemplerons le Navajo Dome.

A quelques miles de Torrey nous passons jeter un premier coup d'œil sur Capitol Reef depuis Goosenecks Viewpoint situé à gauche de la route 24

Le soleil nous revient et nous reprenons la route de Torrey.

A l'entrée de la ville, un Best Western semble nous attendre. L'équipage menace de sédition, pas un café d'avalé depuis ce matin et les estomacs commencent à se manifester.
Nous nous arrêtons et je laisse au fond de ma petite tête l'idée de faire halte au Chuck Wagon.
Après nous être installés nous profiterons d'un coucher de soleil depuis la terrasse des chambres qui donnent sur l'arrière du motel.

Nous prendrons notre repas dans le cabanon situé en face de l'hôtel et pompeusement nommé Pizzeria. A oublier rapidement.
Ensuite petit tour à Torrey et visite de l'épicerie du Chuck-Wagon. Je jette un coup d'œil au motel, vraiment il à l'air sympa……….bon, une autre fois peut être.
19 juin, au petit matin nous sommes réveillés par tout un groupe de motard qui se prépare à rejoindre Mexican-Hat sur leur Harley

Au programme aujourd'hui, visite de Capitol reef et de la Scenic Road jusqu'à Egyptian Temple, grimpette du Cassidy Arch Trail, les Petroglyphs et la promenade de Hickman-Bridge.
Après un court arrêt à Fruita et son Visitor Center nous descendons la Scenic Road jusqu'au parking de l'entrée du Cassidy Arch trail.
Les enfants s'amusent avec un reste de boue dans le Wash

Après la récréation, il est 10h30 et le soleil se fait déjà bien sentir lorsque nous entamons notre ballade.

Le sentier grimpe régulièrement et sans grande difficultés. La vue sur la vallée est superbe et nous sommes quasiment seuls. Encore un dôme avant d'arriver sur l'Arch qui aurait servie de repaire au célèbre Cassidy. Il devait quand même avoir fait de sérieuses "bètises" pour devoir venir se planquer dans un coin pareil.


Il fait très chaud sur cette dalle rocheuse, pas un coin d'ombre et nous redescendons rapidement.
Retour à Fruita dans l'oasis de verdure pour notre pique-nique avant de reprendre la route vers Egyptian Temple.

Impressionnant et étrange et surveillé par une drôle de créature!

Il est l'heure de remonter vers la route 24 pour nous approcher des Petroglyphs et revoir en passant la toute petite école créée par les premiers fermiers Mormons.
Plein soleil, il est 16h00 et certains Petroglyphs sont difficiles a apercevoir depuis la passerelle en bois qui permet de les approcher.
Tiens un visiteur célèbre (homonyme ?) s'est permis d'orner ces magnifiques dessins d'un graffiti.
D'autres ont semble t'il prit ces représentations pour des extra terrestres et les ont copieusement arrosé de plomb !!


Direction Hickman-Bridge, belle ballade également qui commence en bordure de la route 24 le long de la Fremont River.
Arrivés sur le plateau nous contemplons longuement les amas de roches éruptives noires et le contraste qu'elles donnent au Navajo Dome/Knobs.

En face c'est la Pyramide !

Nous poursuivons notre chemin vers Hickman-Bridge quand nous rencontrons deux couples de Texans installés à l'ombre de deux petites arches/passerelles en bordure du sentier.
Nous engageons la conversation, le temps de se désaltérer, et nous comprenons rapidement que nous sommes en train de faire une bourde.
Les deux hommes avaient vendu à leurs épouses respectives ces petites arches comme étant le fameux Hickman-Bridge !!

Trop pressés de redescendre prendre une bière sans doute.
Heureusement pour nous les Texans ne sont plus (toujours) armés de nos jours et c'est en traînant les pieds qu'ils nous ont accompagnés jusqu'au pied de la vraie arche.

20 juin, nous prenons ce matin la direction d'Escalante et c'est à Torrey que nous quittons la route 24 pour la 12.

Sur le chemin nous visiterons le petit musée du Anasazi Indian State Park qui mérite le détour et quelques instants d'attention. Trop pressés de filer vers le point fort de la journée: Burr Trail si souvent évoqué avant le voyage.
Arrivés à Boulder nous obliquons vers l'est et entrons immédiatement sur cette route.
L'entrée est sympa, belle ferme avec en arrière plan une majestueuse Sand-stone.

Mais le temps n'est pas de la partie, quelques gouttes de pluie et un ciel bien chargé. Nous savons que la première partie du trail est goudronnée et nous décidons d'aller au moins au bout de ce tronçon.
Avant d'y accéder nous admirerons longuement une perspective du Long Canyon.

La traversée du Long Canyon est très agréable, aux parois abruptes succéderont bientôt des roches aux formes tourmentées de presque Hoodos.

Puis nous avons la visite d'une très jolie "Antelope" qui nous gratifiera de quelques bonds gracieux sur la route et dans les rochers avant de s'arrêter pour nous observer longuement.

La fin de la partie goudronnée nous amène dans un paysage qui rappelle quelque peu les monticules du Painted Desert entre Flagstaff et Gallup.

Une longue portion de piste assez monotone s'ensuivra avant que nous arrivions aux abords du Switchback et du point de jonction entre le Burr Trail et le Nottom Bullfrog.
Mais avant cela le décor prend des allures fantasmagoriques sous le ciel voilé.



Nous approchons les contreforts du Waterpocket et nous retrouvons finalement en haut du Switchback.

Nous nous répétons que cet endroit doit être fabuleux avec un grand soleil, le ciel bleu et la vue dégagée. Nous profitons quand même du paysage avant de descendre jusqu'au carrefour du Nottom Bullfrog.

Rien de bien périlleux dans cette descente.

Le ciel devient de plus en plus menaçant et nous abandonnons l'idée de poursuivre notre route vers le Lac Powell.
Nous rebroussons chemin et de retour à Boulder nous reprenons la 12 vers le sud pour Escalante par une magnifique route de crête sur laquelle nous arrêterons pour déguster un vrai café au Kiwakoffeehouse. Excellente adresse pour les amateurs de café.!

Nous nous installerons pour 3 nuits au Prospector Inn, choisi un peu au hasard et quelques instants après avoir posé nos valises nous ne regretterons pas d'avoir quitté rapidement la piste du Burr Trail. L'orage qui menaçait s'est enfin produit et ce sont des trombes d'eau qui se sont abattues dans les rues.

Dans la soirée un occupant du motel arrivera sur le parking, son SUV couvert de boue et nous dira avoir connu la peur de sa vie alors qu'il était dans les parages de Devil's Garden lorsque l'orage l'a surpris et que la piste s'est transformée en patinoire en quelques minutes.
Ca tombe bien, Devil's Garden et Hole in the Rock c'est demain pour nous !!
Repas au Cow Boy Blues, ambiance relax et Fajitas correctes.
20 juin, au réveil la météo est rassurante, soleil au rendez-vous et absence de nuages aujourd'hui.
Nous prenons la route de Hole in the Rock avec dans l'idée de visiter Devil's Garden et de nous promener dans les parages de Dry Fork / Slot Canyon et de Peek a Boo.
La piste est bien sèche malgré l'orage de la veille au soir et il ne reste qu'un peu d'eau dans le fond des Wash que nous traversons sans difficultés.
Arrivés à Devil's Garden nous passons beaucoup de temps a arpenter ce site, nous sommes seuls et nous profitons pleinement du paysage.

Au-delà des rochers aux formes spectaculaires j'ai bien aimé la petite promenade faite dans le canyon qui se trouve en contrebas de Devil's garden et ensuite la perspective sur ce même canyon une fois remonté sur la dalle rocheuse.

Poursuite de la piste qui au-delà de Devil's Garden se transforme en véritable tôle ondulée, ça secoue vraiment et pendant 2 ou 3 miles. Nous essayons tout, rouler à gauche, à droite , au milieu, lentement, plus vite……ça secoue toujours autant.
La piste se divise et nous prenons à gauche pour arriver après environ 2 miles au parking du Dry Fork.
Là nous sommes surpris car il y a déjà un dizaine de 4X4. Un pupitre métallique attire notre attention et nous y trouvons les permis de bivouac ainsi qu'une liste d'inscription pour les marcheurs de la journée. Disciplinés nous nous inscrivons avant de descendre vers les Slot Canyon que l'on devine de notre point de départ.

Nous parcourons quelques centaines de mètres dans le Slot, il y fait frais et le début du parcours est le plus impressionnant car les murailles sont plus élevées.
Nous avions l'idée de poursuivre par le Peek a Boo mais malheureusement mon épouse ne supporte pas la chaleur, elle est essoufflée, elle frissonne puis a trop chaud.
Coup de chaleur, insolation….après lui avoir laissé le temps de se reposer et de se rafraichir nous décidons d'abréger notre parcours d'autant plus que la remontée vers le parking l'angoisse sérieusement. Lentement nous rejoindront la voiture et rentrons à Escalante.
Je suis tout content de voir mon épouse se remettre.
Ce sera une première alerte.
21 juin, aujourd'hui c'est le tant attendu Bryce Canyon. Nous quittons Escalante après le petit déjeuner et par la route n°12 nous traversons Henrieville, Cannonville et Tropic.
Cette route est bien agréable et les 50 miles qui nous séparent de Bryce sont vite avalés.

A l'entrée de Bryce quelques vieux tacots se sont donnés rendez-vous et se font entendre.
Klaxons enroués et d'époque.

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce parc.
Je me contenterais de confirmer, grandiose, impressionnant et les couleurs…


Nous parcourons l'agréable Navajo Loop avant le pique nique.

Ensuite, compte tenu de la forte chaleur et des évènements de la veille, nous visiterons les différents points de vue avec notre voiture.


Avant de reprendre la route n°12 nous nous arrêterons au Ruby's Inn General Store pour faire quelques emplettes et chercher un petit souvenir.
Retour à Escalante pour y déguster l'excellente pizza et les très bon Capuccino de l'Escalante Outfitters.
Demain, c'est le Cottonwood Canyon Road et nous avons hâte d'y être🙂
Avis sur circuit en Californie English translation pending
Bonjour à tous,
Je viens de m'inscrire sur le site pour avoir vos avis ! Je l'utilisais depuis mal de temps car c'est une mine d'informations, et comme je prévois un voyage en Californie début septembre, je voulais avoir quelques avis éclairés sur la question donc je poste carrément notre projet (nous sommes 5).
Je précise que nous avons quelques passages obligés dans la voyage : nous allons voir un ami qui vit à San Diego, et nous récupérons d'autres amis à Los Angeles au bout de quelques jours.
Voilà le programme tel qu'il est aujourd'hui :
Vendredi 28 : Arrivée à Los Angeles le vendredi 28 août à 15h20, puis direction San Diego direct.
Samedi 29 / Dimanche 30 / Lundi 31 : Visite de San Diego (quelques idées de trucs à pas rater ? 3 jours c'est trop ?)
Mardi 1er : On loue une voiture à l'aéroport de San Diego. Départ pour Joshua Tree, visite dans la journée, départ pour Los Angeles en fin de journée, nuit à LA.
Mercredi 2 : Los Angeles, on récupère des amis à l'aéroport dans l'après midi, nuit à Los Angeles.
Jeudi 3 : à l'aube on prend la route 101 vers San Francisco, quelques pauses rapides possibles sur la route, disons qu'on y met 10h, on arrive donc en fin d'après midi à San Francisco (vers 17h - 18h si on décolle à 7h ou 8h). Fin de journée à San Francisco.
Vendredi 4 : San Francisco
Samedi 5 : matin à San Francisco puis départ pour Sequoia vers midi, on y arrive en fin de journée. Nuit dans le coin.
Dimanche 6 : Sequoia Park dès l'aube. Départ en milieu d'après midi pour Fresno. On rend la voiture de loc. A 20h30 vol Fresno-Las Vegas (par Allegiant Air, quelqu'un connait ? 29 dollars le vol :D). Arrivée 21h15. On reprend une voiture de loc. Visite rapide et nuit à Las Vegas (on s'est dit que ça valait pas le coup d'y passer plus que la nuit...).
Lundi 7 : départ le matin pour le Grand Canyon. On y arrive vers 14h. On descend au fond y passer la nuit (si c'est pas trop tard pour réserver le ranch...).
Mardi 8 : à l'aube on remonte. Retour en début d'après midi (je précise que je connais pas le topo de la rando du Grand Canyon, c'est un truc qu'on doit toujours regarder). Départ pour Phoenix, où on arrive en fin de journée. Nuit à Phoenix.
Mercredi 9 : Visite de Phoenix (parait-il qu'on peut avoir une belle vue panoramique depuis un sommet). On rend la voiture, puis vol Phoenix - San Diego, départ 20h05 arrivée 21h18.
Jeudi 10 / Vendredi 11 : San Diego
Samedi 12 : Retour Los Angeles pour rentrer en France.
J'ai aussi pensé à rallonger la boucle en rentrant à San Diego un jour plus tard, pour faire la route 101 en 2 jours au lieu d'un seul et flâner un peu, passer la nuit quelque part, ça vaut le coup ou pas ? 2 jours à San Francisco ça suffit ? 1 jour à Sequoia ? la descente au fond du Grand Canyon ça vaut le coup ? Sinon on avait pensé à Bryce Canyon.
J'ai fait ce planning en regardant les distances sur google maps (je me suis fait peur !) : on a shunté death valley qui parait inaccessible pour notre circuit. J'ai prit 2 vols intérieurs pour enlever un peu de voiture.
Ca vous semble comment ? Il y a des choses qui manquent absolument dans notre programme ? (j'imagine que oui mais sur 15 jours il faut faire des choix...)
Je vous remercie de vos conseils en tout cas, je sais pour avoir lu certains topics que vous êtes tous calés sur la question ;-)
A+
Kasha
Je viens de m'inscrire sur le site pour avoir vos avis ! Je l'utilisais depuis mal de temps car c'est une mine d'informations, et comme je prévois un voyage en Californie début septembre, je voulais avoir quelques avis éclairés sur la question donc je poste carrément notre projet (nous sommes 5).
Je précise que nous avons quelques passages obligés dans la voyage : nous allons voir un ami qui vit à San Diego, et nous récupérons d'autres amis à Los Angeles au bout de quelques jours.
Voilà le programme tel qu'il est aujourd'hui :
Vendredi 28 : Arrivée à Los Angeles le vendredi 28 août à 15h20, puis direction San Diego direct.
Samedi 29 / Dimanche 30 / Lundi 31 : Visite de San Diego (quelques idées de trucs à pas rater ? 3 jours c'est trop ?)
Mardi 1er : On loue une voiture à l'aéroport de San Diego. Départ pour Joshua Tree, visite dans la journée, départ pour Los Angeles en fin de journée, nuit à LA.
Mercredi 2 : Los Angeles, on récupère des amis à l'aéroport dans l'après midi, nuit à Los Angeles.
Jeudi 3 : à l'aube on prend la route 101 vers San Francisco, quelques pauses rapides possibles sur la route, disons qu'on y met 10h, on arrive donc en fin d'après midi à San Francisco (vers 17h - 18h si on décolle à 7h ou 8h). Fin de journée à San Francisco.
Vendredi 4 : San Francisco
Samedi 5 : matin à San Francisco puis départ pour Sequoia vers midi, on y arrive en fin de journée. Nuit dans le coin.
Dimanche 6 : Sequoia Park dès l'aube. Départ en milieu d'après midi pour Fresno. On rend la voiture de loc. A 20h30 vol Fresno-Las Vegas (par Allegiant Air, quelqu'un connait ? 29 dollars le vol :D). Arrivée 21h15. On reprend une voiture de loc. Visite rapide et nuit à Las Vegas (on s'est dit que ça valait pas le coup d'y passer plus que la nuit...).
Lundi 7 : départ le matin pour le Grand Canyon. On y arrive vers 14h. On descend au fond y passer la nuit (si c'est pas trop tard pour réserver le ranch...).
Mardi 8 : à l'aube on remonte. Retour en début d'après midi (je précise que je connais pas le topo de la rando du Grand Canyon, c'est un truc qu'on doit toujours regarder). Départ pour Phoenix, où on arrive en fin de journée. Nuit à Phoenix.
Mercredi 9 : Visite de Phoenix (parait-il qu'on peut avoir une belle vue panoramique depuis un sommet). On rend la voiture, puis vol Phoenix - San Diego, départ 20h05 arrivée 21h18.
Jeudi 10 / Vendredi 11 : San Diego
Samedi 12 : Retour Los Angeles pour rentrer en France.
J'ai aussi pensé à rallonger la boucle en rentrant à San Diego un jour plus tard, pour faire la route 101 en 2 jours au lieu d'un seul et flâner un peu, passer la nuit quelque part, ça vaut le coup ou pas ? 2 jours à San Francisco ça suffit ? 1 jour à Sequoia ? la descente au fond du Grand Canyon ça vaut le coup ? Sinon on avait pensé à Bryce Canyon.
J'ai fait ce planning en regardant les distances sur google maps (je me suis fait peur !) : on a shunté death valley qui parait inaccessible pour notre circuit. J'ai prit 2 vols intérieurs pour enlever un peu de voiture.
Ca vous semble comment ? Il y a des choses qui manquent absolument dans notre programme ? (j'imagine que oui mais sur 15 jours il faut faire des choix...)
Je vous remercie de vos conseils en tout cas, je sais pour avoir lu certains topics que vous êtes tous calés sur la question ;-)
A+
Kasha
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (10) Iran et fin English translation pending
Le grand Iwan
Frontière iranienne.
Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.
Route de Kermân
L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…
Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?
Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.
Dans la rue
La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l��occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…
Le bazar de Kermân
Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…
Voyage organisé Flicasseries.
Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi
Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…
Chiraz
La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.
Persépolis.
Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.
Mélancolie Pasdaranes
Route d’Ispahan.
Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.
Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…
Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.
Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !
Téhéran.
À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Une dizaine d’Afghans s’agitaient quelques kilomètres avant la frontière. Soudain, deux pick-up sortirent du désert et vinrent se coller au bus qui stoppa sur un signe des kalachnikovs. Sans comprendre, on saisit les traits sur les visages qui trahissent l’émotion. Impatience, angoisse et échange de sourires de compassion pour se souhaiter bonne chance. On devine aussi qu’ils gagnent l’Iran illégalement avec des passeurs de frontière. En échange d’une poignée de billets donnée de la main à la main, ils sautent dans des pick-up qui partent en trombe dans ces fossés et ces carrières de pierres qui jalonnent le désert. Autant d’Afghans qui émigrent chaque jour pour chercher l’argent disparu de leur propre pays. C’est ainsi sur toutes les frontières du monde entre des pays qui ne possèdent pas les mêmes richesses… dans une page de l’histoire. Entre deux montagnes de roches infranchissables, de barbelés et de mines, la ville frontière de Taftan s’étend dans une vallée balayée par les vents de sable. À peine arrivés dans un carrefour entre deux pistes qui semble être le centre de ce village fantôme, nous sommes assaillis par des hommes qui veulent échanger leur argent contre le nôtre et en tirer un petit bénéfice. Un euro vaut 76 roupies pakistanaises, et 1.500.000 rials iraniens. J’ai 3.200 roupies, combien dois-je obtenir de rials ? Tout absorbé par mes calculs, je ne prêtais pas attention au drame qui se jouait à côté de moi. Un des hommes, un peu trop sûr de lui, prit une gifle qui claqua comme un coup de fusil, décochée par l’une des deux petites Japonaises qui nous suivaient depuis Quetta, profitant d’une présence occidentale pour traverser ces contrées tribales et machistes. Tous ces hommes s’emportèrent alors comme une volée de chasseurs sur une perdrix et j’ai bien cru, un moment, qu’ils allaient la pendre. La fatigue de ces nuits sans sommeil conjuguée à l’angoisse de cette ambiance frontalière, à l’extrémité du monde, où la corruption et le trafic dominent, avaient eu raison de ses nerfs. Sa main était partie toute seule mais je crois qu’elle rêvait, depuis longtemps, de rabattre l’orgueil de ces hommes, pour toutes les femmes qui souffrent en silence. Sans se démonter, elle continua de hurler, fièrement, sous les menaces de l’homme, qui finit par laisser tomber, appelant tous les diables que son langage lui permettait sous la surveillance du Très Haut. Les autres hommes riaient dans leur moustache, se moquaient de l’imprudent qui venait de perdre son honneur et traitèrent dorénavant avec respect et admiration la toute petite femme sous son voile mauve qui la gênait tant. A la douane, des militaires, aussi bruts dans leurs gestes et leurs paroles que des SS sous Hitler, suspectèrent nos sacs et plus particulièrement nos livres. Enfin, nous traversions le portait métallique qui nous séparait de la Perse. Des voitures neuves attendaient devant pour rejoindre Zehidan, la première ville de l’Est iranien, par une route asphaltée impeccable qui traçait une droite rectiligne dans la plaine de sable s’étendant à tout l’horizon. C’en était fini des pistes chaotiques et modelées par les paysages tropicaux de l’Asie, des bus sans fenêtre dont les moteurs semblent s’épuiser définitivement à chaque vallon… À Zehidan, les Japonaises prennent un bus pour Mechhed 600 km au nord. Nous leur souhaitons bonne chance et, surtout, leur conseillons de se reposer afin d’être plus détendues lors d’une prochaine mésaventure. Elles paraissaient si fatiguées... À nouveaux seuls, apaisés d’avoir franchi cet obstacle, nous prenons une chambre dans le premier hôtel venu. La porte fermée, nous sortons de nos sacs la liasse de billets cachée depuis Quetta où le change était plus favorable. Elle n’a pas disparu, évaporée dans la soute moite du bus qui traversait la nuit. Une grosse somme d’argent. Nécessaire pour un mois en Iran où les banques ne sont pas connectées au réseau international. Les élastiques sautent, la liasse large d’une main s’envole dans les airs. Nous sommes recouverts de centaines de billets verts et gris. On est riches, mon gars ! Le sommeil, alors, ne tarde pas à venir nous prendre. Nous aviserons demain pour la suite. Demain seulement, nous réaliserons dans quel nouveau monde nous sommes rendus, à quelle atmosphère nous devrons nous mêler, avec quel degré d’hospitalité, la population iranienne nous recevra chez elle pendant notre séjour.
Route de Kermân
L’Iran n’apparaît pas. Huit heures dans le bus sans croiser un chameau, dans un désert de cyclones et un fond de montagnes immenses et stériles jusqu’aux neiges éternelles qui les recouvrent, sans doute à une centaine de kilomètres, sur la frontière afghane. Le bus fonce à toute allure mais il semble, dans l’immensité, qu’on soit immobiles. La journée passe, autant de kilomètres parcourus sans que l’Iran ne veuille se montrer. Elle est un mirage. Un conte des mille et une nuits, imaginé par des âmes égarées trop longtemps sous le soleil atterrant de ce désert… Le paysage devient ennuyeux. Un relais, une voiture arrêtée sur le côté, restent visibles pendant plusieurs minutes, voire une dizaine de minutes, avant de passer dernière nous. Nous roulons pourtant à vive allure. Dire que le Suisse rencontré à Lahore venait de parcourir ce désert du Lout à vélo ! Que certains le font à pied, jusqu’en Chine, comme Bernard Olivier ! Et que d’autres, pour tenter de rentrer dans le livre des records, tournent en moto autour de l’Iran, sans s’arrêter, à part la nuit, pendant plusieurs semaines… Le chauffeur glisse un DVD. Le film commence. Pas de cinéma iranien qui nous aurait intéressés, non, un film français. Taxi avec Samy Naceri. Un film français au fond du désert sud de l’Iran. À plus de 5.000 km de chez nous. Ce n’est pas une coïncidence au moment où la France nous manque singulièrement. Juste en sortant d’Asie, passés le désert du Baloutchistan, notre pays nous appelle… Le film a sans doute été vendu pour faire la promo des voitures, puisqu’en Iran, il n’y a de neuf que Peugeot. Il y en a beaucoup. J’espère pour eux qu’elles n’ont pas été sabotées comme le film que la censure défigure chaque fois qu’il y apparaît une femme dévoilée… Enfin, c’est amusant de voir que l’humour peut être internationalisé car on entend les gens rire. À un check point sur la route, des militaires antipathiques cherchent dans nos yeux un doute, un signe qui les inciterait à nous fouiller. Nous n’avons presque rien à nous reprocher. Pas d’alcool, pas de drogue, pas de photo de femmes impudiques. Mais nous avons quelque chose de plus interdit encore. De plus dangereux dans la lutte d’un peuple sans liberté. Un livre. Un livre d’Omar Khayyâm. Ses plus beaux poèmes revus et corrigés par Hedayat : une hérésie…
Quel homme n’a jamais transgressé Ta loi, dis ? Une vie sans péché, quel goût a-t-elle, dis ? Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, Quelle est la différence entre Toi et moi, dis ?
Heureusement, leurs noms n’apparaissent pas sur la couverture. Et, j’imagine que les militaires, pour la plupart, se contentent de regarder les images à défaut de pouvoir lire notre alphabet. Le bus repart enfin et, à la tombée de la nuit, nous franchissons le dernier col avant d’arrivée à l’oasis. Le désert parsemé de touffes d’herbe déjà jaunies se transforme alors en prairies, en cultures verdoyantes et en jardins sublimes éclaboussés de fontaines. Le mot paradis vient du farsi et veut dire jardin… Il n’y a en effet rien de plus beau et de plus rassurant qu’une oasis aux couleurs éclatantes dans un désert brûlé par le soleil. 18 degrés en sortant du bus et une pluie fine qui, poliment, nous accueille, avec ce goût, qui rappelle celui connu sous nos latitudes. Ce goût oublié depuis que nous errons sous les tropiques… Du fond de mon sac, je ressors un vieux pull chiffonné et échange mes claquettes contre des chaussures fermées, prêt à patauger dans les rues de la ville. Nous devons avoir quelques heures d’avance sur le temps, car nous remontons en principe avec le soleil et le printemps… Nous visitons plusieurs hôtels. Il ne semble pas qu’on essaie de nous arnaquer. Pourtant les prix ont doublé, triplé même, pour un standing identique. Finalement, nous choisissons une chambre double honorable, de plain-pied, qui donne sur une large cour ombragée par d’énormes platanes, près de la vieille ville. Notre hôte, un Arménien, s’empresse de nous servir le thé. Il sait que sa réputation dépendra de nous, quelque peu, qui allons continuer de voyager et semer son adresse au delà des frontières, parmi les voyageurs qui, si il nous donne satisfaction, finiront chez lui. La douche est chaude et les robinets brillants. Ce n’est plus un seau d’eau fraîche qu’on se jette à petit baquet dans une salle de bain inclinée sur un orifice béant. Ce n’est plus, non plus, des toilettes à la turque qui affermissent les cuisses, cependant, il n’y a toujours pas de papiers... Au coin de l’hôtel, l’odeur de mouton gras et parfumé vient nous allécher, puis dans des draps frais, nous nous endormons dans l’oasis de Kerman, pour une deuxième nuit iranienne, dans le murmure des contes de Schéhérazade.
Dans la rue
La première chose qu’on remarque en Iran, ce sont ces immenses peintures qui recouvrent des façades entières de bâtiments. La barbe épaisse, l’air grave et l’œil bienveillant sous de lourdes paupières broussailleuses, le visage de l’ayatollah Khomeyni, guide de la révolution islamique, mesure souvent une dizaine de mètres de haut et semble peser sur les villes. Il est l’âme d’une population qui s’est révoltée pour reprendre son destin en main. Il est l’âme du peuple perse, de toute son histoire, des fiers Darios et Xerxès, des sassanides qui dominèrent de l’Inde à l’Arabie, de l’invasion arabe qui répandit la loi du prophète, du culte des martyres Ali et Hussein des chiites, aux grands poètes, astrologues ou sufis Ferdowsi, Nezami, Djalal al-Din Rumi et Omar Khayyâm, des apogées Samanides et Seldjoukides, des villes légendaires de Samarkand et d’Ispahan, de l’histoire contemporaine du moderniste Rezâ Chah, du nationaliste Mossadegh et de sa première victoire économique sur les pays riches, enfin de l’insurrection qui renversa le dernier Chah, absolutiste aux mains de l’hégémonie occidentale, contre la prise de pouvoir des religieux depuis un quart de siècle qui risque de se voir renversée à son tour par les maîtres d’un monde qui ne se veut qu’américain. La deuxième chose qu’on observe, c’est le style vestimentaire. Ce ne sont plus les couleurs des saris de l’Inde, les grandes barbes et turbans des bergers du Pakistan. Mis à part les religieux dans leur longue tunique blanche et leur barbe noire, et les vieilles dames toutes en noires, voûtées, la population s’habille à l��occidentale. Les messieurs sont rasés en chemises et pantalons de toile grise pour les commerçants. En smoking pour les hommes d’affaires. Les jeunes femmes portent des jeans et des petits talons. Un voile obligatoire cache leurs cheveux mais elles lui donnent un style, une transparence et le tirent en arrière le plus possible laissant une frange sur le front qui met en valeur leur visage et leurs yeux maquillés. Les jeunes hommes en jean baskets laissent apparaître leurs muscles souvent gonflés par le body-building sous des tee-shirts moulants. Ils font hurler le moteur de leur voiture et passent avec de la musique qui carillonne aux oreilles devant les sorties des écoles, comme ça se fait chez nous. Bref l’attitude vestimentaire montre que les jeunes Iraniens ont attrapé le virus des marques et la folie de la mode, des corps qu’on met en valeur, des attraits matériels et modernes qui les font remarquer, et enfin des artifices occidentaux : belles voitures, poupées de luxe et consommation. On dirait notre monde. Celui où je retourne... Si encore je n’étais pas pressé ! Une musique a retenu particulièrement mon attention à Ispahan alors que j’étais invité par des jeunes que j’avais rencontrés. Dans leur voiture qui fonçait dans la ville, ils ont passé une musique et chanté, dans une ambiance électrique qui me rappelait certains concerts de hip hop, façon iranienne. Les instruments sont les milliers de poings, lourds, abattus sur des poitrines gonflées, en un rythme sourd, comme les battements d’un cœur géant, amplifiés d’un chant religieux, hurlé à la mémoire d’Hussein le martyre et une énergie vibrante de foi. Impressionnant comme la jeune génération, très nombreuse comme dans beaucoup de pays encore sous-développés, a gardé avec la foi, les valeurs absolues dictées par la religion, une communion pour partager les diverses espérances sociales, économiques et politiques. Ils n’ont pas du tout le pessimisme européen, la morosité ambiante de la France. Ils sont baignés dans une espèce d’euphorie optimiste, une confiance sans borne dans la destiné de leur pays. Nous sommes plus avancés mais eux vont plus vite… J’exagère sans doute mais laissez-moi continuer. Les Iraniens s’enrichissent grâce à l’abondance de pétrole sur leur terre qui va de paire avec le développement économique et l’accroissement de la population. De plus, la reconnaissance et la solidarité récente des pays de l’Islam leur donnent en parallèle cette énergie et cette assurance si puissantes que rien, j’ai l’impression, ne pourra étouffer…
Le bazar de Kermân
Centre de la ville, il débute sur la place centrale qu’entoure un jardin public puis s’enfonce par la porte immense, l’Iwan, décorée de dessins et de reliefs en céramique de cette fameuse couleur turquoise de Mechhed, très chère à l’Iran. Des kilomètres de galeries transpercées par le soleil qui diffuse une lumière tamisée, douce et délicate. Des ruelles s’échappent sur les côtés, des places aux croisements que le soleil inonde, d’autres quartiers du bazar, d’autres commerces, toujours reliés par ces galeries qui parfois s’enfoncent plus profondément dans la terre, parfois s’ouvrent sur une cour intérieure ou un jardin fleuri de fontaines. Sortis du bazar par une ouverture sur la cour d’une mosquée cachée dans le cœur de la ville faite d’une immense place dallée, entourée d’arcades recouvertes d’arabesques, de céramiques d’un bleu pur, de minarets élégamment cerclés de briques rouges, de remparts discrets cannelés et moulés dans la terre sableuse et la paille qui donne une teinte ocre et qui reflète et met en valeur les véritables couleurs des décorations. Au centre de la place, une fontaine agréable où se baignent les pigeons autour de quelques croyants débarbouillés qui s’apprêtent à la prière. Des pins parasols, immenses, s’élèvent ici et là. Ils abritent du soleil ardent, protègent un espace de verdure, un banc. Nous sommes assis depuis une heure dans le calme et la réflexion qu’éveillent en nous les découvertes de la Perse. Les villes d’Iran sont des petits bijoux de finesse, de couleurs et d’architecture arabe du désert. Les dômes des mosquées en bulbes semblent vouloir s’envoler comme des ballons, les pointes des minarets, à l’inverse, s’élancent finement et se détachent du ciel au-dessus de la ville. Les places sont agencées de façon claire et simple. On sent la justesse qui les compose. Les traits d’un peintre merveilleux. Quelques couleurs bien distinctes. La parcimonie. La beauté naturelle. L’équilibre. L’art perse. La céramique, les vases, les moindres objets sont décorés très finement et très précisément dans une multitude de traits et d’arabesques qui se révèlent quand on s’approche et qui donnent aussi une illusion, un éclat, une étrange et jolie apparence, quand on s’en éloigne. Tout est donc une opposition entre la beauté naturelle, la simplicité d’un ensemble grandiose, représenté par les dimensions des iwans, des mosquées, par l’étendue du désert, et la finesse et la précision des arabesques, des céramiques, des objets d’art, des pierreries minutieuses et foisonnantes de richesses délicates et minuscules. L’élégance de l’ensemble se reflète aussi sur les commerces. Un marchand d’étoffes disposera ses effets avec dévotion autour de lui, dans une profusion qui n’altérera pas la beauté des lieux mais qui au contraire, se fondra dans le paysage et lui octroiera plus de valeur. Dans le quartier des bijouteries, espace réservé aux plus beaux et plus riches commerces du bazar, tout ne sera que brillance, reflets et diamants étincelants qui vous laisseront les mêmes sensations que celles d’un rêve dans la caverne d’Ali Baba… Enfin, dans le bazar des épices, ce sont des allées silencieuses de pains de sucre, de sacs de riz, d’amoncellements d’amandes et de pistaches, de noisettes et de graines de melons, des bassines pleines d’abricots secs ou de gingembre, des assiettes de cuivre avec de la cannelle, du curry, du poivre, du safran et des graines de pavot, ainsi que des quantités de petites coupes d’anis, de vanille, de cumin, de clous de girofle et d’innombrables herbes et racines imprégnant l’air d’arômes exaltants. Dominant ces amoncellements, les maîtres de ces couleurs sont assis, les jambes croisées comme des bouddhas… Le cœur et l’âme des habitants sont sans doute construits de la même manière, dans cette opposition. Une attitude claire et sincère dans les relations, un esprit simple et serein dans la conscience populaire, dans l’hospitalité, les valeurs acquises, contre un foisonnement et une diversité dans d’autres domaines, certainement spirituels, que quelques semaines ne suffisent malheureusement pas à déceler…
Voyage organisé Flicasseries.
Ai-je le droit de dire que l’imbécillité policière et militaire est internationale ? J’ai franchement l’impression que l’uniforme emprisonne la raison. Trois heures du matin. Accident sur la route. Des militaires font la circulation et nous envoient, nous et des dizaines de bus et de camions, sur une piste qui longe la route. Bientôt celle-ci se révèle impraticable. Les ornières sont profondes. Le dessous des bahuts touche, le sable est mou ; ils s’enlisent. Nous progressons dans les phares qui s’entrecroisent, évitons ceux qui tentent un demi-tour, à tâtons, pour éviter les trop gros trous. Nous dépassons quantité de moins chanceux qui sont tombés dans un fossé, qui se sont retournés en essayant de remonter sur la route et qui se sont coincés dans le sable entre deux dunes. Une heure de perdue. Les hommes descendent des bus et s’agitent dans tous les sens, mêlant leur ombre aux lumières aveuglantes. Des groupes se forment pour pousser. Partout, les gens et les moteurs grondent. Ça bouge aussi dans notre bus. Nous devons descendre à notre tour. Seulement les hommes. Femmes et enfants restent à l’intérieur. Il fait très froid. Le centre de l’Iran est un plateau désertique : le Kuh-e Rud, dont les pics peuvent dépasser 4.000 mètres d’altitude. Notre chauffeur va tenter de franchir le fossé, de passer l’accotement et de remonter sur la route au-dessus de nous, sur la gauche. Avec un bus, je pense que c’est impossible. Mais, il se prépare, tourne ses roues, prend son élan, patine, monte un peu, puis s’incline de façon à prendre la pente de travers... Il monte encore… Est près de se renverser… Moi, j’hallucine. Je ne voudrais pas être à la place des femmes et des enfants à l’intérieur. Aussi loin que porte la vue, les phares des bus et des camions sillonnent ce désert où nous ont conduit les militaires. Ça ronfle, ça patine, ça hurle. Notre chauffeur tente l’impossible. Une accélération, un coup de volant, le bus s’élève sur une roue, fléchit et, dans un coup de maître, donne l’impulsion juste qui lui fait franchir l’accotement dans un froissement de tôle terminé par un choc sous la carcasse. Le bus est sur la route. Il ne s’est pas renversé. Miracle. Les hommes sourient, applaudissent. On peut repartir. Nous sommes les seuls. Jusqu’à quelle heure l’ensemble des véhicules restera coincé ? Combien d’entre eux vont se retourner et s’enliser dans ces rudes montagnes, rendues glaciales par la nuit ? Comment se fait-il que des personnes aient pris cette décision imbécile et irresponsable ? Trois fois cette nuit-là, les policiers nous font signe de nous arrêter. Policiers et militaires sont omniprésents en Iran et ne sont pas diplomates. Ils montent dans le bus, réveillent femmes et enfants en éclairant leur visage, choisissent quelques personnes, les font descendre et les fouillent scrupuleusement ainsi que leurs bagages. Jamais vu des gens aussi méprisants et sauvages, nous dévisageant méchamment avec l’air de dire, mon boulot est intéressant, j’empêche les citoyens de se compromettre… Dans un train, en Inde, une bande de militaires a picolé toute la soirée. Dans la nuit, l’un d’eux, chancelant, vient pisser dans notre compartiment sur le jeune Allemand qui dort au-dessous de nous, sur la paillasse la plus basse, et sur ses affaires. Réveillé, Daoud repousse le militaire égaré, malgré ses protestations ridicules, son air fier et son uniforme. Renvoyé dans le couloir, c’est à peine s’il ne réveille pas ses confrères pour nous mettre dehors en criant comme un forcené. Dire que c’est eux qui sont censés faire respecter les lois. Moi, ils me font peur. On n’est pas en sécurité partout où ils sont présents. Les gens baissent le regard. Pourtant, ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont peur. Plus de police pour plus de sécurité : un euphémisme. Taxi
Après cette nuit sans sommeil, nous arrivons à la station de bus au petit matin et devons atteindre le centre ville pour y trouver une chambre. Rituel maint fois reproduit. Négocier un taxi, négocier le prix d’une chambre… Une perte de temps bien nécessaire pour ceux, comme nous, qui voyagent avec peu d’argent. Dans la rue, les taxis attendent. L’un d’eux, jeune excité, empêche toute concurrence en abaissant son prix de façon exagérée. On aurait dû se méfier… On lui demande de nous emmener dans un certain hôtel. Un que nous savons modeste et que des voyageurs croisés ces derniers jours nous ont conseillé. Lui, évidemment, dit qu’il ne connaît pas ce nom, que ça doit être fermé, et réussit à nous déposer devant un autre hôtel… Je descends donc, pour demander le prix, bien plus cher, et surtout, me renseigner pour l’hôtel que nous cherchons. Ce qui est grave, c’est que le monsieur de l’accueil me confirme que l’autre est fermé ! Incroyable, il a fermé dans la nuit. Pendant ce temps, Daoud est dans la voiture. Le jeune chauffeur a sorti un seau et semble laver ses vitres. J’explique à Daoud, en remontant, comme ces gens mentent sans scrupule. On est fatigués et on aimerait aujourd’hui que ce soit plus facile. On est las de toujours se battre, de devoir faire attention à ne pas se faire arnaquer, de toujours devoir négocier… Mais, pourquoi le coffre est-il ouvert ? Et le gars derrière, que fait-il ? Je suis certain que ce mec est en train de nous voler. En une seconde, on se précipite hors de la voiture pendant que lui ferme le coffre promptement et fait signe qu’on peut y aller. C’est ça, mon gars. Prends-nous pour des jambons. On ouvre le coffre et nous apercevons que les affaires ont été bousculées et qu’il a cherché à nous voler… Après vérification, rien ne semble manquer. Il n’a pas eu assez de temps. Il fait l’innocent et ne comprend pas l’anglais. Quand ça les arrange… La voiture repart. Nos décisions se ressentent de notre nuit sans sommeil. Et surtout, on est trop las pour se fâcher vraiment alors on lui dit simplement de nous déposer en ville et de partir. Quand même, il essaie de nous demander plus d’argent que prévu, il proteste, il claque la porte. Je te jure. Le petit con… Quelques semaines plus tard, Daoud s’aperçoit qu’il a égaré 40 dollars qu’il avait mis de côté. Les 40 dollars qui étaient dans la sacoche de son sac dans le coffre de la voiture à ce moment-là. Daoud se fâche. Il pense comme moi. Ne cherchons plus, c’est le taxi de Chiraz. C’est écœurant de se faire voler. Il n’y aurait pas eu autant de kilomètres à faire pour calmer notre colère que nous l’aurions retrouvé…
Chiraz
La ville est très jolie. Le fort, le bazar magnifique, les mosquées… Derrière une rivière de sable, un mausolée est à l’intérieur muré d’une multitude d’éclats de glace merveilleusement disposés. Dans la calme bibliothèque qui l’accole, nous choisissons un des nombreux textes de foi et admirons l’écriture calligraphiée à défaut de pouvoir la comprendre… Une demoiselle vient nous saluer. Elle s’enquiert discrètement de nos recherches et de nos identités avant de se présenter elle-même puis enfin, nous signale gentiment et avec un grand sourire que nous sommes installés dans la partie réservée aux femmes… Dans le bazar de Chiraz, en son milieu, une petite cour intérieure s’ouvre aux quatre coins, sur le labyrinthe des galeries. Je le signale quoique n’ayant aucun mot pour décrire cette simple place. Encore une fois, il faut la voir pour imaginer sa pure beauté, son atmosphère tranquille, tout ce que l’Orient nous montre d’élégance et de plaisir de vivre… Au retour de nos balades à travers la ville, nous ralentissons le pas, nous pesons nos mots, nos bras se croisent dans notre dos, nous sommes teintés de cette nonchalance tranquille, de ce souffle spirituel de sérénité, de cette légèreté émotionnelle qui émanent de ces murs, de ces places et de ce peuple… Pourtant, nous approchons d’un an de voyage et notre désir de rentrer ne peut plus être étouffé. Chaque nuit, mes rêves me font revivre les douces journées avec ma famille. Je ne peux penser sans angoisse à la distance et aux temps qui me séparent de mes frères et de mes parents. Le beau temps n’y fait rien. La richesse des lieux, le mouvement, les mystères résolus et les découvertes non plus. Je suis las de voyager. Je suis las de ne pas être dans un chez moi, de promener ma maison sur mon dos, d’avoir à faire chaque jour avec les soucis d’alimentation, de logement et de transport. J’ai l’impression d’avoir déjà tout vu et une minute de trop dans un lieu m’exaspère. J’étouffe. Des efforts me sont nécessaires pour m’intéresser aux gens et aux choses que je regarde avec dédain. Il faut pourtant être patient. Quelque 5.000 km nous en séparent encore. Et de n’être pas suffisamment ouverts et motivés peut d’autant plus nous créer des problèmes comme avant-hier… À la fraîche, nous nous asseyons en terrasse dans la fumée des narguilés avec un thé brûlant et très sucré. Ne sommes-nous pas bien ? Perdus dans ce monde, dans ce désert où personne ne nous connaît. Patience ! et la récompense n’en sera que plus grande. Patience, et le voyage sera terminé pour toujours ! Chaque jour, un de nous deux devient plus renfermé, moins souriant. Chaque jour, un de nous deux prend l’initiative de motiver l’autre. Chacun notre tour, nous nous laissons aller à la mélancolie. Seul, ces moments auraient été difficiles. Penser à celle qui nous attend… Ou qui ne nous attend plus… Personne ne devrait nous attendre. Sans nous l’avouer, nous abrégeons nos souffrances en repartant plus vite. Plus vite vers le nord. Plus vite encore. Plus vite les transports... Entre temps, au contraire, notre nonchalance domine. On s’exerce à cette souffrance qu’est la nostalgie. On reste sages et tranquilles dans notre rôle jusqu’au soir où l’angoisse serre le ventre quand les pensées s’emmêlent et sillonnent toutes dans la même direction, pour une nuit animée de rêves annonciateurs de retour.
Persépolis.
Une terrasse le long d’une falaise dans les sèches vallées du Zagros. Des monuments du Vème siècle avant J-C élevés par Darios à l’époque achéménide où les arts du monde grec rencontraient ici ceux de l’Orient. Je ne sais pourquoi les ruines de Persépolis sont si connues. Il me semble que ces temples n’ont pas eu le temps d’accueillir les héros sculptés avant qu’Alexandre ne vienne brûler l’ensemble sur sa route. Enfin, ce qu’il en reste est un chantier de pierres énormes, quelques colonnes encore debout, une ou deux gravures que l’érosion n’a pas terminé d’effacer et des statues de dieux animaux dont les trompes et les cornes n’ont pas eu le temps d’être assemblées à l’ébauche du corps. Non vraiment, je n’ai ni la connaissance, ni le réel intérêt pour l’architecture qui me permettrait d’éprouver de l’adoration devant ces pierres. Pour moi, elles ne contiennent pas, si vous écoutez tout bas, l’histoire des temps qui les ont élevées. Elles ne me parlent pas. Je ne comprends pas leur langage… Assis sur la partie supérieure qui domine l’ensemble, nous passons un moment à regarder les touristes. Eléments d’analyse sociologique de notre temps qui m’intéressent. Mais là, ce qui nous absorbe, c’est seulement l’attitude de gens que nous connaissons bien puisqu’ils viennent de chez nous. Les mimiques de nos retraités. Les petits couples de septuagénaires qui se donnent toujours la main, ceux qui sont seuls et cherchent une compagnie, les comiques qui ne s’expriment qu’avec des boutades, les grincheux qui râlent tout le temps, tous ces visages européens. Nous les étudions comme sujets d’examen et cela semble les ennuyer d’être à leur tour éléments d’observations… Moi, je me dissimulerais bien, discrètement, dans leur bus, calé au fond de la soute où je m’endormirais volontiers. Et après de longs rêves, je m’éveillerais juste devant chez moi. Au lieu de ça, le sac sur le dos sous le soleil du sud de l’Iran, et trop radins pour acheter, trop cher une bouteille d’eau, nous sortons de Persépolis et devons négocier un transport pour aller plus loin, vers un autre carrefour, une autre ville, sans jamais savoir ce que nous trouverons demain.
Mélancolie Pasdaranes
Route d’Ispahan.
Cette fois-ci encore, des heures de bus pour parcourir les longues distances qui séparent les villes, avec quelques pauses pour grignoter dans les restaurants un peu sales du bord des routes. Pas la même saleté qu’en Inde où la densité de la population fait que les aliments n’ont pas le temps de pourrir. Le sandwich à l’agneau pas cuit mêlé de quelques oignons aura du mal à être digéré. Encore faut-il avoir faim ! Pas bon à manger mais alors à vomir… Ces nuits de bus sans sommeil ne seront jamais récupérées. Les arrêts, les check-points, le bruit du moteur pour passer les montagnes, les virages, les gens, les enfants, la vidéo… Quelle est la part du temps passé, en voyage, dans les transports ? Certainement pas dérisoire. Des journées de bus nous attendent encore pour rejoindre Téhéran, Tabriz, puis l’Est de la Turquie avant de la traverser. Toujours en bus, des journées et des journées. Encore faut-il avoir à rêver ! Encore faut-il pouvoir lire dans un bus ! Avoir le sommeil facile et le repos instantané. Cependant, dans ce bus, sur la route d’Ispahan, le temps ne va bientôt plus compter. Nous rencontrons un personnage que nous ne nous lasserons pas d’écouter. Ingénieur en électronique, il travaille dans l’industrie et parle très bien anglais, ce qui est aussi fréquent en Iran qu’en France... Qui plus est, il a un point de vue sur la politique, le social, l’histoire et la religion qu’il va nous développer tout au long de la nuit. Nous bavardons dans un premier temps de nos impressions sur l’Iran puis, finalement, nous lui avouons notre désapprobation concernant la présence trop nombreuse de militaires, la propagande sur les martyrs de guerre dont les visages sont partout en posters sur les murs des maisons et sur les pare-brise des voitures… Alors, il nous raconte sa version concernant ces martyrs… « Vous, les Français, vous pouvez vous vanter d’avoir eu une politique étrangère qui a toujours soutenu Saddam Hussein depuis la guerre en Iran jusqu’à sa chute en 2003. L’Irak est depuis longtemps votre client en armement, tous les armements, du chimique au nucléaire. Quand Saddam a attaqué l’Iran, ces armes ont détruit sans pitié des villes iraniennes entières dont la population civile est maintenant entassée dans les cimetières. Allez visiter celui d’Ispahan vendredi, toute la ville y sera. Et comprenez pourquoi l’Iran pleurera toujours ses martyrs tant que le monde ne reconnaîtra pas cette ignominie. Si vous remettez les choses dans leur contexte historique, que vous ne connaissez peut être pas, vous allez mieux comprendre ce qui influence directement la situation actuelle. À l’époque de cette guerre, dans le début des années 80, vos pays occidentaux ont favorisé un dictateur mégalomane et sans scrupule – Saddam – parce qu’ils craignaient les nouveaux chefs issus de la vague de la révolution khomeyniste qui ne voulaient plus se plier aux exigences américaines. Avez-vous entendu parler de la révolution verte ? La révolution islamique si vous préférez. Ecoutez-moi encore un peu si vous désirez savoir. Quand la monarchie absolue du dernier Chah a été renversée lors de la révolution, le peuple a, dans le même temps, fait s’écrouler la cinquième puissance militaire mondiale, créée de toutes pièces par les Américains. L’Iran devait servir de chien de garde contre l’Union soviétique de l’époque de la guerre froide et contre les pays du Proche et du Moyen Orient qui possèdent le pétrole. Évidemment, cette insurrection n’arrangea pas les intérêts américains et la déception fut grande alors, dans les obscurs couloirs de la CIA. La suite est facile à deviner. On ne contredit pas l’Amérique. Alors, la CIA organisa des coups d’état pour renverser le nouvel homme fort du pays, Khomeyni, qui n’aboutirent pas mais qui se terminèrent par une prise d’otage des citoyens américains de l’ambassade par les moudjahidins. Cette situation dura longtemps et s’envenima encore. Les pro-américains et les démocrates iraniens furent progressivement « mis de côté » pendant que, parallèlement, la communauté internationale désapprouvait définitivement cette révolution dont le sort ne dépendait plus que d’elle-même. Et puis, le con de Saddam en a profité pour nous attaquer. C’était le bon moment pour ses rêves de grandeur. Et la communauté internationale ferma les yeux sur ses crimes qui firent le nombre de morts par gaz chimique le plus important de tous les temps à travers le monde. Malheureusement pour lui, l’attaque d’un ennemi extérieur a renforcé le sentiment patriotique de la population et il lui fut impossible de nous envahir. Au contraire, nous menacions bientôt l’Irak à notre tour et comptions renverser Saddam pour libérer nos frères chiites prisonniers du dictateur. Une fois encore, c’est l’aide occidentale à l’Irak qui ne nous permit pas de mener à bien notre projet sinon nous aurions éliminé définitivement un dictateur et la population irakienne ne connaîtrait pas aujourd’hui une telle injustice... Non, la guerre se stabilisa sur ses positions pendant 7 années. Sept années qui firent s’effondrer notre économie déjà fragile, qui diminuèrent et appauvrirent notre population. Tout cela sans accéder à la moindre aide extérieure. Bien au contraire, puisque les Américains mirent en place un embargo qui s’est durci à mesure des années et qui nous empêcha d’accéder à la moindre aide extérieure. On ne contredit pas l’Amérique même si c’est tout un peuple à l’autre extrémité du monde qui le désire. Vous comprenez maintenant pourquoi, lors de manifestations dans notre pays, la haine contre l’Occident est sensible. Nous sommes aujourd’hui complètement autonomes, revitalisés par l’argent du pétrole mais aussi par l’énergie bénéfique de l’islam qui se transmet à travers le monde, et plus rien ne nous empêche de dénoncer l’hégémonie dévastatrice occidentale et peut-être même un jour d’aller plus loin... » La nuit passe dans le bus mais nous ne dormons pas. Ces accusations parfois abusives semblent tellement proches de la réalité. Nous ne trouvons pas les arguments pour relativiser l’injustice qui fait trembler ses lèvres. Nous ne pouvons qu’écouter respectueusement sa version dramatique des faits, tout en sachant seulement que, Occidentaux, Iraniens ou Chinois : nous ne sommes que des hommes et nos bassesses, dans tous les niveaux hiérarchiques, ne sont plus à démontrer... Après une pause bienvenue pour déjeuner, le monsieur reprend de lui-même son bavardage. Nous ne sommes qu’au milieu de la nuit et il lui reste du temps pour nous convaincre tout à fait. Il nous sent réceptifs, intéressés, bien que parfois sceptiques, ce qui l’encourage à développer totalement ses opinions et tenter de nous les faire partager... « Rejeter la religion catholique fut la meilleure chose que vous ayez faite, vous les Français, car après avoir apporté une richesse extraordinaire, elle finissait par abolir complètement l’esprit critique des individus, les avilir dans un système de servitude sous la dépendance d’un clergé avide, éloigné de Dieu lui-même. Nous avons fait le contraire. La religion nous manquait. Et je vais vous expliquer pourquoi. Cela aussi est facile à comprendre car tout s’explique grâce à l’Histoire. Depuis deux siècles, la société européenne, et les sociétés qui en sont nées, semblent ne connaître qu’une seule foi positive : le culte du progrès matériel, avec la croyance qu’il n’y a d’autre but dans la vie que de la rendre toujours plus facile et indépendante de la nature. Votre Dieu n’est plus spirituel. Il s’appelle le progrès. Et vos prêtres sont devenus des hommes politiques ou des acteurs de cinéma et vos églises des télévisions. Le désir insatiable de pouvoir et de plaisir a conduit aux guerres mondiales avec l’horreur que vous connaissez car il n’y a plus, dans votre société, de morale ou d’accord sur le bien et le mal. Plus de limite. Et tout est encore conduit aujourd’hui par la règle de l’opportunisme, du capitalisme. Vos problèmes ne sont pas résolus. L’insatisfaction occidentale est évidente, sa décadence culmine dans une illusion confortable, dépendante de la richesse, la richesse assise sur les autres peuples qui n’apporte pourtant pas le vrai bonheur. La vie occidentale est confuse et malheureuse parce qu’il n’y a plus de véritable communion entre les hommes, parce que vos gratte-ciel, vos machines et vos télévisions ne peuvent rien faire pour restaurer l’intégrité brisée de vos âmes. Dieu vous a quittés et le progrès technique sans lui ne développe que l’individualisme amer et avide. Jamais plus de Bach et de Beethoven ne s’élèveront parmi vous mais certainement de nouveaux Hitler et Bush qui se valent dans mon cœur. Votre société a une culture égocentrique et vous exigez qu’elle devienne la seule réalité possible. Vous exigez de laïciser les pays musulmans car vous croyez en ce sens de l’évolution. Mais vous vous trompez encore. Et on ne vous laissera pas faire. Il n’y a ni église, ni clergé, ni hiérarchie dans l’islam qui puisse nous oppresser. Et puis l’islam n’est pas seulement une religion mais, est, à la fois, pouvoir politique, communauté et manière de vivre. Les musulmans ont une unité profonde quels que soient leurs origines et ils sont unis à travers le monde dans leur manière de penser et de distinguer le juste du faux. Les Occidentaux pensent que l’islam demeure une survivance des siècles passés, un signe d’arriération sociale et politique qui va disparaître, mais pour nous, dans le système violent et dévastateur de la mondialisation provoquée et dirigée par l’Occident, c’est au contraire une unité de rapprochement conservatrice, un mouvement d’avant-garde et un levier porteur de libération ! » Cette fois, le monsieur a fini. Oui, parce qu’on arrive. Il aura convaincu très certainement quelqu’un : lui-même. C’est déjà pas mal. Quand tu cherches une réponse à tes questions, le principal ce n’est pas d’avoir La réponse mais c’est d’en avoir Une. Le bonheur est dans la certitude. Pour notre part, on va commencer par digérer tout ça et essayer de savoir s’il y a des petites choses où il pourrait bien avoir raison quand même… Et puis, comme on ne l’a pas vraiment contrarié, le monsieur nous aide, en arrivant dans sa ville, puisque c’est la nuit, à trouver le bon bus pour le centre. Ensuite, il nous invite à aller visiter le cimetière dont il nous parlait. Mais bien que cela paraisse intéressant, nous en avons assez entendu pour le moment. Daoud est d’accord avec moi ; cherchons plutôt des personnes qui pourraient avoir un avis qui nous ferait moins peur. Nous avons comme dans l’idée que ce monsieur va un peu trop loin et que tous les Iraniens ne seront pas d’accord avec lui, bien que, malheureusement, il doive en représenter une bonne partie… Ispahan. Une semaine plus tard.
Ce matin en me levant, je me suis demandé ce que j’allais faire. Cinq minutes… Puis, suis descendu déjeuner chez Hassan, dans un café iranien où est servi le thé et où les gens fument le narghilé. Le thé n’était pas encore trop fort et le cake juste chaud. Hassan ne me fait plus payer depuis que nous travaillons tous les deux, lui à l’anglais et moi au farsi et à l’alphabet arabe, l’écriture qui marche à reculons. Je l’ai vu un jour faire de la calligraphie et je m’y suis intéressé. Depuis, nous sommes devenus amis et je passe des journées entières à travailler la langue arabe avec ce jeune professeur improvisé. J’aime bien Hassan. Il est droit. Il est sincère. Il est vrai. Quand il est arrivé de son village dans cette ville et dans ce commerce, il a commencé par nettoyer les gamelles. Maintenant avec la même allure : survêtement et chaussures en cuir, il est devenu responsable. Tout le monde le respecte ici bien qu’il soit modeste. Il devrait me donner, en plus, des leçons d’humilité… Hassan ne parle pas beaucoup. Il ne rit pas beaucoup non plus mais garde un petit rictus au coin de ses lèvres. Il m’apprend beaucoup de choses sur l’Iran, aussi sur les Kurdes dont il fait partie. Puis, il met une cassette dans le lecteur, musique traditionnelle, contemporaine, classique, ûd iranienne ou kurde, toujours choisie avec subtilité… Ce ne sont pas des sentiments passionnels, des émotions fugaces qu’expriment les musiques que me fait écouter Hassan, mais réellement des airs sans âge, sans violence, des airs de la vie dans sa simplicité, dans ses valeurs immuables et fondamentales comme le rythme du vent dans le désert, la sensation des grands espaces et la contemplation d’un éternel présent… J’aime ces musiques et ça lui donne beaucoup de plaisir de me voir les apprécier. Des personnes entrent dans cet espace sonore, des sportifs, des hommes d’affaires, des religieux : Personne ne prête attention aux mélodies sacrées. Si, peut-être, les visages ensanglantés des martyrs, figés dans la contemplation, sur les tapis muraux, autour d’aigles royaux, de chevaux volants et de princesses célestes… Shaddy a ouvert son café Internet un peu plus loin dans la rue. Elle est avec sa sœur Soufia. Toutes deux me sourient de façon entendue. Je monte leur dire bonjour. Une poignée de main. La bise se fera seulement le jour des adieux, en cachette. Nous avons passé la soirée ensemble hier, dans les rues de la ville, avec Minah et Nahib, leurs cousines. Soufia, qui préfère qu’on l’appelle Zizi même après lui avoir donné la signification française, est étudiante. Elle a donc plus de temps à nous consacrer et parle mieux anglais que sa sœur et ses cousines qui ne le parlent pas du tout. Ensemble, nous avons visité la très belle église arménienne d’Ispahan puis le musée qui se trouve à côté. L’histoire arménienne est passionnante. Cette petite famille orthodoxe du Caucase, au pied du mont Ararat où s’est perché Noé, est entourée de musulmans géorgiens, turcs, tchétchènes, azerbaïdjanais et iraniens… Le musée insiste sur le génocide perpétré par les Turcs à la fin de l’ère ottomane. De tristes images qui rappellent celles de l’holocauste et que les Turcs ne veulent pas reconnaître bien que ce soit le sujet d’une opposition importante à leur entrée dans l’Europe… En sortant de ce musée, nous allons dans un jardin public. Nous sommes allongés dans l’herbe quand la police arrive en civil. Trop près d’une demoiselle ! Les policiers nous demandent nos contrats de mariage. Soufia leur dit qu’on est ses cousins venus de France. Perplexes, ils nous demandent nos papiers et, ne constatant rien de répréhensible, exigent seulement que Zizi replace son voile trop largement tiré en arrière... Pas facile de trouver des couples non mariés en Iran, pas facile d’empêcher Cupidon de tirer ses flèches pourtant et d’étouffer la liberté de cette jeunesse qui se veut moderne au plus grand désarroi des Pasdarans, les gardiens de la révolution…
Avec Daoud, nous partons en taxi de l’autre côté de la ville, à l’extrémité du bazar que nous voulons remonter tranquillement jusqu’au centre. On nous dépose en banlieue d’Ispahan. Quoique le mot banlieue soit tellement péjoratif en France qu’il en devient trop fort pour décrire cette partie de la ville iranienne. La banlieue d’Ispahan ne rassemble pas les minorités, ni les citoyens du pays qui ont peu d’argent pour vivre. Elle n’est pas faite d’immeubles fermés sur eux-mêmes mais des mêmes maisons un peu plus petites qu’en ville. Les différences sociales dans la population iranienne n’ont pas les proportions que nous avons atteintes… Donc à l’extrémité d’Ispahan, nous commençons par nous promener dans le marché aux légumes entre l’entrée du bazar et la mosquée du Vendredi. C’est le seul à l’air libre, le long des rues sableuses. Nous y retrouvons les regards perçants et les gestes centenaires des commerçants, leur voix attrayante et, leur béret français. Une mode datée de la vieille époque de Reza Chah et de son voisin Atatürk qui se préoccupaient principalement de moderniser leur pays en l’occidentalisant. Il faut croire que le béret français tient une place importante dans le développement d’un peuple… Dans le bazar, les heures creuses sont en début d’après-midi. Les commerçants mangent tranquillement, boivent le thé et s’allongent sur leurs étoffes pour piquer un roupillon. Nous marchons pour la première fois dans le silence et le calme à travers un bazar. Celui-ci fait plus de deux kilomètres rien qu’en allant tout droit. Une ville à lui tout seul. Il s’ouvre comme toujours sur des jardins, des mosquées, des cours intérieures et des petites places avec des fontaines où l’on ne peut s’empêcher d’entrer pour se poser quelques instants. Une pelouse, des arbres, le silence et, tout autour, la beauté persane. En revenant dans le bazar, l’agitation a repris. J’ai, par réflexe, une hésitation en me mêlant à la foule. Une hésitation en souvenir des samedis noirs, en France, dans les grandes surfaces. Je hais les grandes surfaces : l’abondance de camelotes manufacturées, le choix entre tous ces produits qui n’ont de différence que la marque, les rayons surchargés, la classification, la publicité alléchante, mensongère parfois et surtout la lumière éclatante qui rayonne. Aussi, je hais l’attente devant les caisses dans un cérémonial silencieux qui prépare la sortie du portefeuille pas assez lourd pour qu’on puisse acheter tous les produits qu’on nous fait miroiter. Un habitant du Tiers-monde serait époustouflé en entrant dans ces magasins immenses, ces villes de rayons symétriques. Pénurie : non ! Surproduction : ah là d’accord ! Mon anxiété s’évacue rapidement. Nous sommes dans le charme d’un bazar oriental. Sombres petites échoppes pleines d’artisanat. En face, disposées dans un patio, les soies les plus luxueuses d’Asie. À côté, l’atelier d’un fabricant de cordes. Puis, une niche de textiles multicolores de Kâchmar. Dans les ruelles transversales, des maroquiniers imprègnent l’air de l’odeur aigre de cuir. Dans des renfoncements, on entend le bruit des machines à coudre cachées derrière des broderies. Plus loin, des chaudronniers martèlent du cuivre, du bronze, du laiton, symphonie curieuse, mélodie de la créativité artisanale. Les Iraniens ont une capacité de concentration qui leur permet de nouer, à la main, et au moyen d’innombrables fils de laine colorée, fil après fil, millimètre après millimètre, des tapis d’une perfection ahurissante. Ce n’est pas par hasard qu’ils sont les plus beaux du monde. Pourrait-on trouver ailleurs ce recueillement profond, cette absorption tranquille dans l’occupation ? Verrait-on ailleurs pareils yeux, sombres profondeurs pour lesquelles le temps qui passe signifie si peu. Des rues, encore des rues entières d’artisanat, de bruits et parfois de silence là où des peintres copient des images de vieux livres sur des pages blanches, trait après trait, ombre après ombre. Le temps passe et les peintres, les calligraphes restent penchés sur leur travail, étrangers au présent. Le temps passe. Dans les rues voisines, la pacotille occidentale pénètre dans les boutiques et progresse obstinément. Le temps passe pour nous aussi, sous ces dômes protégés du soleil et dans ces ruelles qui s’entrecroisent, fraîches, agréables et remplies de merveilles. Aveuglés par le soleil, nous débouchons sur une place en clignant des yeux. Un mirage de beauté et d’espace. Longue de cinq cents mètres, agrémentée de toutes parts de jardins, de fontaines, la place Meidun-é Eman Khomeyni est entourée d’arcades et ouverte par de grands iwans disposés sur les axes croisés de la cour, se reflétant sur la pièce d’eau centrale. Ces Iwans sont surmontés d’alvéoles comme des nids d’abeilles en arc brisé, avec des stalactites de céramique, des façades de faïence turquoise et verte où des inscriptions en kufique blanche - l’écriture arabe la plus ancienne - se découpent dans la brique au-dessus de mille arabesques. Au-dessus encore, flottent, dans l’espace, les immenses dômes de la mosquée royale. La ville d’Ispahan dans toute sa grandeur, telle qu’elle est depuis des siècles, relatée par tant de marchands et d’explorateurs comme la ville la plus belle du monde.
Dans la soirée, Zizi, Minah, Shadi et Nahib marchent avec nous dans la ville, à la fraîche, comme tout Ispahan. Elles sont bien habillées, se donnent la main, leur voile couvre juste le derrière de la tête et elles matent les mecs en balançant leur petit sac à main. Plus habitués à ces comportements, nous sommes tout émoustillés de nous faire reluquer et d’être en compagnie d’élégantes jeunes femmes. Les trottoirs sont bondés, les magasins brillent, tout le monde est classe. Demain, je vais m’acheter une paire de basket ! Depuis le temps que je traîne ces chaussures de montagne. Bien qu’elles aient traversé avec moi les Alpes, il faudra que nous nous séparions un jour. Et puis ces fringues distendues, ces deux tee-shirts portés depuis un an et cette barbe trop longue. Nous sommes des clochards parmi la foule et cependant, joliment accompagnés… Voici le pont Khadju, une des dernières merveilles de la ville et de la floraison artistique persane. Un pont piétonnier que les gens traversent pour recueillir, dans le vent léger, les fines gouttelettes qu’un jet d’eau envoie du milieu du fleuve, comme une pluie de diamants, réverbérée par les projecteurs. Partout, c’est propre, c’est fin, c’est beau, c’est géant, c’est Ispahan !
Téhéran.
À l’inverse d’Ispahan la merveilleuse, Téhéran est la plus triste ville qu’on ait vue. Les rues sont bouchées de voitures. Les façades noires. Les hauts immeubles dissemblables. Les longues avenues rectilignes n’ont rien de plaisant pour les yeux. Aucune zone piétonne, aucun arbre. Pas même de vieux quartiers ou de centre ville. C’est triste, triste, triste. Pour couronner le tout, notre hôtel est sale et bruyant. Toute la journée, je marche dans ces rues à la recherche des quelques beaux quartiers, des universités, des petits parcs séparés par des avenues commerciales, toujours dans le bruit des klaxons et dans la pollution. C’est décourageant. Il n’y a vraiment rien de beau, ni même d’historique et surtout ce n’est pas une ville faite pour les piétons. Elle est trop étendue. J’arrive près du Lalé parc. Enfin, un peu de verdure. D’ailleurs, toute la population est là ! J’espère qu’ils n’ont pas fait autant de kilomètres que moi pour venir ici. Et surtout, maintenant je dois retourner… Il faudra attendre encore une longue journée que des amis iraniens, Saman et Susan, les amis des amis qui nous ont aidés à avoir le visa lorsqu’on était au Pakistan, viennent nous chercher et nous emmènent en voiture. Plus d’une heure pour traverser la ville dans l’autre sens. Ce n’est peut être pas plus rapide en voiture mais c’est plus reposant. Et on peut parler. Susan travaille dans une banque et apprend le français pendant ses heures perdues avec l’espoir un jour d’aller en France. Saman, son grand frère, est ingénieur en informatique. À l’inverse du monsieur rencontré dans le bus allant à Ispahan il y a une semaine et qui avait des opinions politiques très conservatrices comme j’ai pu en transmettre quelques unes, Susan et Saman sont, eux, des libéraux modernistes. Sans être pro-américains, ils ne veulent plus de ce régime islamique. « Si l’Occident pouvait nous sortir de cette dictature, si nos dirigeants faisaient l’erreur d’agresser Israël. Alors, tout serait à nouveau possible… En attendant, nous n’avons aucune liberté ici, nos choix de vie sont dictés, tout comme nos opinions. Les écrivains, les journalistes, les opposants au pouvoir, tous se cachent ou émigrent. Les femmes n’ont aucun droit alors que, de plus en plus, elles aimeraient s’émanciper. Nous souhaiterions tellement former une nation ouverte au monde entier, républicaine et laïque avec une vraie démocratie. » Ces mots sont chuchotés mêmes si nous sommes dans une voiture et que personne ne peut nous entendre et, quand ils prononcent le mot démocratie, leurs yeux ne peuvent s’empêcher de briller. Les élections iraniennes sont dans peu de temps mais les réformes sont inenvisageables puisque le futur président ne peut être élu que s’il est déjà accepté par le congrès de religieux… La première visite sera, en l’occurrence, le King palace, le château du roi, l’ex-propriété du Chah d’Iran qui est devenu un musée depuis qu’il a été déchu et s’est enfui d’Iran. Le palace, d’architecture assez simple, est situé sur les hauteurs de Téhéran au pied des montagnes enneigées qui culminent à plus de cinq mille mètres, la chaîne d’Elbourz. À l’intérieur du palais, sont disposées les richesses du roi qui n’ont pas été vendues, c’est-à-dire peu de choses, des cadeaux que lui ont fait les nations occidentales, quelques photos de famille… Le lieu est surtout symbolique. Toujours guidés par Saman et Susan, nous entrons dans un restaurant, sur les hauteurs qui dominent la ville. Elle s’étend à perte de vue, dans un amoncellement d’immeubles modernes, jusqu’au désert. Une télécabine part directement de Téhéran et monte à plus de trois mille mètres d’altitude pour atteindre un air plus respirable. Les citadins vont se balader l’été en famille et faire du ski l’hiver. Enfin, pour digérer l’incontournable brochette d’agneau, nous allons marcher dans deux différents parcs de la ville, seuls espaces vivables – les Iraniens eux-mêmes le disent – avant de nous faire déposer à notre hôtel dans un des endroits les plus malfamés de la ville. Téhéran nous déplaît, nous décidons de partir le lendemain à la première heure.
Rajasthan, juillet 2009 English translation pending
Bonjour à tous,
Je rentre d'un premier voyage de 15 jours dans le Rajasthan avec ma mère (j'ai 24 ans) et je vous fais donc un "résumé" de notre périple, qui nous laisse des souvenirs et des images inoubliables! Je sais à quel point ce forum nous a aidé à préparer notre voyage, et j'espère que mon récit donnera des conseils/idées aux prochains voyageurs.
Petites précisions : - C'était notre premier voyage en Inde - On a choisi l'option location de voiture avec un chauffeur, qui s'est avéré être fabuleux. On ne saurait combien le remercier! Son nom est Ishak Khan, contact au ishak_raj@yahoo.co.in. Et pour être complet, on a payé 400€ pour 14 jours. - On a toujours choisi des hôtels propres, avec climatisation, et les chambres étaient toujours spacieuses. Ishak nous a beaucoup aidé et conseillé dans nos choix et grâce à lui et ses connaissances on a eu l’occasion d’avoir des bons prix. On ne prenait jamais en compte les vues par la fenêtre, et la luminosité dans la chambre, car en juillet il fait nuit à 19h30 et jour à 5h30, et à part pour dormir, on ne restait pas longtemps dans les chambres:
- Notre trousse à pharmacie pour éviter les tracas : 1) Savarine pour le paludisme. On a hésité, mais c’est le fait d’être en période de mousson et l’idée d’aller dans les villages excentrés qui nous a convaincue de nous la faire prescrire. Par ailleurs, on n’a eu aucun effet secondaire. 2) lactéol en cas de troubles digestifs. Mais si on s’en tient à des légumes cuits, à bien peler les fruits, et qu’on mange végétarien les premiers jours, aucun souci ! 3) un gel savon sans rinçage pour se laver régulièrement les mains. Je m’en sers dans le métro parisien, donc ça m’a semblé être idéal pour l’Inde. - Un petit + qui s’avérera indispensable pour les voyageurs d’été : Un vaporisateur d’eau type Evian ou Vittel. On le trimballait partout, et ça permet d’éviter les coups de chaud lorsque la température monte. 4) Anti moustique bien sûr.
Jour 1 : 30 juin - Delhi Arrivée à Delhi à 6h20 du matin. (Vol British Airways, escale à Londres) Il pleut le temps que l'on atterrisse, on s'y attendait, c'est la période de mousson. Enfin, le temps que l'on récupère nos bagages, et c'est déjà fini et malgré les nuages, il fait déjà une trentaine de degré de si bon matin. Ishak nous attend à l'aéroport et nous conduit dans son ambassador resplendissante avec deux colliers de fleurs en cadeau de bienvenue ! On fait connaissance et déjà on rigole bien tous les trois. La première étape est de passer à l’hôtel (Hôtel Grand Godwin - 2000 Roupies on aurait pu négocier mieux, mais le premier jour, dur de s'y mettre d'emblée!). Puis on part visiter à notre rythme la Grande Mosquée, le Red Fort, le mausolée de Humayun, le Raj ghat. La grande Mosquée nous laissera un souvenir mitigé, surtout les hommes à l’entrée qui nous parlaient comme des chiens pour nous faire payer « le passe droit » pour l’appareil photo. Ils étaient vraiment désagréables, et on n’a toujours pas compris pourquoi... Enfin, sinon tout est très beau, il y a très peu de touristes, basse saison oblige. La première impression qui nous vient à l’esprit est assez étrange. On pensait arriver avec l’idée qu'il faudrait être le moins "voyeur" possible (faire attention quand on prend des photos, être discrètes etc...) mais en fait, c'est la situation inverse qui se produit. Tout le monde n'arrête pas de nous prendre en photo avec leur téléphone portable, les femmes et les hommes c'est la folie! Et de même ils adorent qu'on photographie en famille. On ne peut pas s’asseoir deux minutes quelque part sans qu’une vingtaine de personnes se posent en arc de cercle autour de nous ! C’est assez déroutant, mais on s’y est fait petit à petit. C’est donc ça pour moi la première chose marquante : les indiens sont très curieux, posent plein de questions, regardent, sont tellement spontanés ! On est déjà émerveillé par les saris magnifiques des femmes : couleurs vives, elles sont toutes belles et tellement féminines ! Vers 17h, on rentre à l'Hôtel, épuisées entre le voyage et les premières visites. On passera la soirée à digérer l'atmosphère et la multitude de choses vues dans la journée...
Jour 2 - Delhi - Agra Bonne nuit de sommeil, petit déjeuner sur la terrasse du toit de l’hôtel. J’essaye les plats indiens, mais je crois que pour le matin, je ne m’y ferais pas. Je m’en tiens donc au sucré 🙂. Ensuite départ vers 8h30 pour Agra. On s'arrête sur le chemin à Mathura où se tient le lieu de naissance de Krishna. Puis on arrive à Agra en début d’après midi. Après un déjeuner végétarien, on visite le Fort d’Agra. Le fort mongol est très beau, les bâtiments de pierre rouge et marbre blanc s’alternent de façon harmonieuse.Toujours pas de touristes à l’horizon et par contre toujours autant de curieux autour de nous, mais on commence à s’habituer ! On rigole beaucoup avec les gens, ils sont très ouverts vers nous, si seulement on pouvait accueillir les touristes à Paris de la même manière au lieu de les ignorer ! L’Hôtel choisi à Agra est le Taj Plaza. 1500 Roupies pour une chambre très correcte avec clim + petit déj. Ils veulent nous vendre une vue sur le Taj Mahal dans une chambre à 2000 Roupies, mais franchement, on ne tient pas à passer la journée à la fenêtre de la chambre d’hôtel, on préfère le voir en vrai ! Le soir on va faire un tour dans un marché nocturne. On craque sur des petites chaussures en cuir. Les vitres des magasins sont entièrement couvertes de gros moustiques à ma grande horreur. Je suis une proie très convoitée par ces bestioles, donc je dégaine mon Moustiguard en prévention !
Jour 3 - Agra - Fatehpur Sikri - Jaïpur Le réveil sonne à 5h30. On se prépare rapidos et on part à la découverte du Taj Mahal. Il fait bon se promener à cette heure, les rabatteurs ne sont pas encore trop réveillés ! Bon, l’entrée n’est pas donnée (750 Roupies par personne) mais c’est vraiment fabuleux, on ne se lasse pas de regarder ce palais à l’architecture parfaite. Le temps est mitigé, ce qui donne une ambiance particulière : le Taj blanc se démarque encore plus devant les gros nuages noirs... Les groupes de touristes commencent à pointer leur bout du nez vers 8h30, on décide donc de rentrer à l’hôtel, on prend un petit déjeuner et on retrouve Ishak. On passe voir le Baby Taj, impressionnant pour ses détails, surtout que là pour le coup, il n’y a personne, on est les deux seules à déambuler dans ce petit palais. Puis l’étape suivante de la journée est Fatehpur Sikri. On quitte Agra avec le souvenir du Taj Mahal dans les yeux, et on part pour ce site fortement recommandé par tous les visiteurs. On arrive sur les coups de 12h, il commence à faire très chaud, mais bon, on tient le coup ! Une chose totalement inattendue : Fatehpur Sikri recevait le même jour un pèlerinage à la Mosquée, donc c’est la cohue sur le site : marchands, pèlerins, familles, enfants, tous les mondes s’activent autour de nous, c’est assez impressionnant ! L’ambiance est assez oppressante, enfin c’est surtout la multitude de guides qui nous harcèlent qui est oppressante ! On a beau leur dire que l’on ne veut pas d’explications, on veut juste se balader, ils n’arrivent pas à comprendre que même s’ils donnaient des explications gratuites on n’en voudrait pas… On préfère être libre d’aller où on veut, s’arrêter quand on veut…bref « no guide » devient l’expression favorite de ma mère, et on doit malheureusement les renvoyer balader assez durement pour se faire comprendre... Dans le fort proprement, vu que l’entrée est payante (contrairement à la mosquée), c’est beaucoup plus calme, il n’y a quasiment personne. Au bout de deux heures, on redescend avec un bus du gouvernement au parking où Ishak nous attend patiemment. On devait passer la nuit à Barathpur, pour partir pour Jaipur le lendemain, mais vu qu’il n’est pas trop tard, et que l’été, il n’y a pas grand-chose à voir à Barathpur (les oiseaux du parc sont absents), Ishak nous propose de rouler directement vers Jaïpur. On s’arrête sur la route pour admirer un joli coucher de soleil et on roule au milieu des motos, des rickshaws, des camions, des moutons, des chameaux, oui oui on est bien sur l’autoroute 😉 On arrive dans la soirée à Jaïpur. On passera les prochaines nuits à l’hôtel Anuraag Villa - 1300 Roupies par nuit avec petit déj. L’hôtel est dans un quartier paisible de Jaipur (Bani Parc) et possède un grand jardin, où on peut se prélasser. Petit havre de paix bien agréable !
Jour 4 - Jaipur
Aujourd’hui journée tranquille de prévue. On commence un peu à saturer des visites de forts et de palais. Ils sont bien sûr tous très beaux, mais on a besoin de faire un petit break. On décide donc de faire une sortie au cinéma bien connu : le Raj Mandir. Le cinéma est absolument magnifique, la salle est immense, le plafond est comparable à de la meringue. A l’intérieur, on est les seules occidentales, les gens nous regardent en souriant. Une jeune fille dans la queue pour les billets (queue pour la gente féminine bien sûr) n’en revient pas que l’on aille voir un film dont on ne comprendra pas la langue ! Elle nous explique que c’est un film comique, qui était très attendu, ce qui explique le monde présent à la séance! Lorsque l’on achète les billets on a les places attitrées, on va donc s’asseoir à notre siège et la salle plonge dans le noir sous un tonnerre d’applaudissements. Quelques bandes annonces et le film démarre. A la moindre cascade de l’acteur principal ou au moindre pas de danse de l’actrice, toute la salle est en ébullition. L’ambiance est vraiment extra ! Malgré les dialogues en hindi, on n’a aucun mal à saisir l’histoire et les anecdotes, les acteurs exagèrent toutes leurs mimiques et les situations sont loufoques et faciles à comprendre. Après 3 heures de spectacle (avec un petit entracte au milieu) on sort après avoir passé un très bon moment. On retrouve Ishak qui nous accompagne dans le vieux Jaipur, la ville rose proprement dite. Les rues sont très belles, les couleurs magnifiques, et on déambule dans les rues, grimpe un escalier et arrive à un petit magasin de bijoux en argent. Le vendeur adore la France, d’ailleurs son magasin se nomme « le Maître des bijoux », bien écrit en français. On discute, il nous parle de Bordeaux et de son vin, on choisit une jolie bague et des boucles d’oreille et on repart pour retrouver Ishak qui doit nous emmener dans une manufacture de tissus, « Rainbow Textile ». Après une centaine de déballage, une quarantaine d’essayages, plusieurs tasses de chaï entrecoupées de sessions de marchandage bouclées par une belle poignée de main, on repart avec moult saris, tissus et vêtements. On ne se lasserait jamais d’admirer tous ces beaux tissus avec ses belles couleurs… On sort du magasin aux anges, et le soleil commençant à se coucher, on fait un passage au bord du lake palace. Les familles pique-niquent, la température est plus agréable et les couleurs du ciel et du palace en mettent plein à la vue… On retourne à l’hôtel en croisant sur le chemin des chameaux, des éléphants, on est en plein centre ville, tout va bien, on est en Inde… Jaipur n’est pas la ville préférée des voyageurs. Mais c’est la ville de résidence de notre chauffeur, donc je crois qu’il nous a transmis l’affection qu’il possède pour la capitale du Rajasthan.
Jour 5 - Jaipur
Réveil puis petit déj léger dans le jardin de l’hôtel. A côté de notre table, un yogi indien, vraisemblablement client de l’hôtel, fait son pranayama (yoga de respiration) devant la petite statue d’un Bouddha en marbre blanc. A 8h30, Ishak arrive, il fait déjà chaud, la journée promet d’être rude côté température. On passe à côté du palais des vents, d’après notre chauffeur, c’est l’heure idéale pour le prendre en photo, puis direction le fort d’Amber qui surplombe Jaïpur. A deux kms du fort (avant l’ascension de la colline), on s’arrête au bord de la route déserte, pour prendre quelques photos de la forteresse. A peine sortie de la voiture, on voit surgir de nulle part (des buissons ???) des charmeurs de serpents et des marchands de babioles. Décidément, ils sont vraiment sans relâche les indiens et ils nous étonneront toujours ! Arrivées au fort, on commence par visiter le petit temple, où a lieu la célébration d’un mariage. Comme d’habitude, ils sont enchantés et très fiers lorsqu’on leur demande si on peut les prendre en photo. Les mariés sont magnifiques, lui en blanc, elle en rouge. Ensuite on visite le fort proprement dit, qui est, comme cité dans tous les guides et les forums, vraiment beautiful. Tout est travaillé, les pièces, les petites cours, les murs, les plafonds, c’est impressionnant. D’ailleurs, tout comme au Taj Mahal, l’endroit comporte plus d’occidentaux que d’habitude. Il y a la possibilité de monter sur des éléphants, mais leurs mines tristounettes nous convainquent de nous passer de l’aventure. Ishak nous expliquera qu’ils ne sont pas bien traités par les propriétaires et que « sometimes they get crazy with tourists ! ». Ah ok, on a bien fait de s’en passer 😕 On fait un passage à la fin de la visite à la galerie d’art contemporain. De magnifiques tableaux y sont exposés et on discute simplement avec les jeunes qui tiennent la galerie. On aime la musique qu’ils passent en fond sonore, donc ils décident d’essayer de nous graver un CD. Malheureusement l’ordinateur fait un caprice, on devra trouver le CD par nous même, enfin ça sera assez simple car ce sont les bien connus Gayatri Mantra. On quitte finalement le fort d’Amber, et retourne sur Jaïpur. On prend un lunch léger, puis après quelques emplettes d’ordre logistique (timbres à la poste, carte mémoire pour l’appareil photo…) on part visiter le City Palace. On laisse de côté l’observatoire astronomique car c’est impossible pour nous de rester plantée debout sous ce soleil plombant. Le palace du Maharaja nous séduit avec les portes des quatre saisons puis on enchaîne avec le tombeau de la famille royale. On est les seules à visiter (on commence à avoir l’habitude d’avoir un site touristique pour nous toutes seules) et on croisera juste un groupe d’adolescents qui joue aux cartes sur le marbre blanc du mausolée et un troupeau de quatre ou cinq ânes qui traversent le site le plus naturellement du monde.
En fin d’après midi, on repasse au « Rainbow Textile », pour récupérer des pantalons faits sur mesure pour ma maman. Et « comme par hasard » le staff est justement en train de plier soigneusement des étoles en soie dans le magasin lorsque l’on arrive. Ils viennent de les recevoir. On s’est littéralement écroulées sur le sol, et c’est reparti pour un déballage, essayage, marchandage, on boit du chaï, on rigole… on est ressorti du magasin avec les pantalons de ma maman et en prime huit magnifiques étoles en soie fine! Enfin, on verra par la suite (dans d’autres villes, Delhi, Udaipur…) que la manufacture où nous a emmenées Ishak faisait des tissus vraiment de bonne qualité et à un prix tout à fait raisonnable. On rentre à l’hôtel et Ishak nous fait une surprise : Il nous invite à dîner dans sa famille ! On est super contente, et on se met sur notre 31 ! Il vient nous chercher à 20h pétante. Sa maison est assez spacieuse, il nous présente à sa femme Amvin et deux de ses fils. Ishak est le seul à parler anglais donc tout le monde est un peu réservé, c’est normal. L’accueil est chaleureux, on va sur la terrasse, qui est en fait le toit de la maison puis c’est le temps du repas. On installe une nappe sur le sol ainsi que tous les plats : poulet, lentilles, riz basmati, chapati et frites pour les enfants ! Tout est bien sûr succulent et on comprend qu’ils ont mis le frein sur les épices pour nous, merci ! Plus tard dans la soirée, plusieurs personnes de la famille rendront visite, tout le monde est adorable avec nous. On rentre à l’hôtel se coucher vers 23h, la tête pleine de souvenirs touchants et de jolies rencontres.
Jour 6 - Jaïpur - Village d’Ishak Jour 7 - Village de la grand-mère d’Ishak
Réveil à 5h du matin. On bondit du lit, car on a prévu de tenter un cours de yoga à 6h dans un collège que l’on a repéré à 200 mètres de l’hôtel (cité dans le lonely planet). On se prépare, mais une fois arrivée au centre, aucun signe de vie, quelqu’un devant le bâtiment nous annonce que l’on est dimanche donc, c’est fermé aujourd’hui. Snif, on repart bredouille et on se recouche quelques temps. Deuxième réveil, on quitte l’hôtel vers 8h30, direction le village d’Ishak. On est très impatientes de quitter les grandes villes pour découvrir la vie à la campagne râjasthâni. On arrive au village après plus d’une heure de route, et déjà une vingtaine d’enfants nous entourent. Le bruit que des touristes étaient ici à fait le tour du village ! On arrive chez la mère d’Ishak puis il nous présente à toute la famille. On boit du chaï, distribue des carambars aux enfants, il fait très chaud à l’extérieur, on reste donc dans la maison. On joue avec les enfants, puis on comprend qu’ils sont en fait très impatients de nous montrer le temple du village, ils sont très fiers de nous y emmener. Dans la salle principale, un groupe de chanteurs s’exercent, on s’installe, on écoute, c’est très beau. On fait un tour dans le village et l’heure du départ a déjà sonné. On doit partir au village de la grand-mère d’Ishak, à 30 Kms, c’est là que l’on passe la nuit. La grand-mère d’Ishak est un phénomène, du haut de ses plus de 88 ans. On n’entend qu’elle dans la ferme où la famille toute entière habite : le fils qui est le chef de famille, sa femme et leur ribambelle d’enfants. L’aînée est Shameen qui parle le mieux l’anglais. C’est elle qui sera à nos petits soins tout le temps du séjour. Dès notre arrivée, ils insistent pour que l’on ne reste pas une nuit mais deux. On accepte avec joie, on est tellement bien accueillies ici ! Quelques souvenirs en vrac de ses 2 jours fabuleux :
- Dormir sur le toit d’une maison au fond de la campagne râjasthâni et se réveiller au lever du soleil à 5h du matin. - Shameen nous montrant ses tenues et bijoux pour son mariage prévu 3 mois plus tard. Elle était tellement heureuse de ce mariage d’amour (et non d’arrangement, elle l’a bien précisé) ! On était très émues de partager ses moments et ses confidences. - Shameen nous dessinant des tatouages au henné à minuit à la lueur d’une ampoule, toujours sur le toit de la maison - Les sessions « toilette matinale » dans le coin salle de bain, en pleine nature ! - Les préparations des repas et de l’inconditionnel chaï - Le charmeur de serpent qui nous a rendu visite - La danse matinale du paon et sa majestueuse roue ! - Les balades au clair de lune, quand la chaleur tombe enfin.
Jour 8 - Ajmer - Pushkar
Départ le matin vers 9h, on a les larmes aux yeux derrière nos lunettes de soleil… La rencontre avec cette famille me marquera à vie, et reste certainement le plus beau souvenir de ce voyage… Mais notre périple continue et toutes les bonnes choses ont une fin ! Sur la route, Ishak nous explique qu’il va rester encore avec nous quelques jours mais que la fin du voyage se fera avec Singh, un autre chauffeur. On était au courant, il nous avait prévenues lors de la réservation par internet. On retrouve donc Singh, on fera la route à 4 pendant encore deux jours. Singh est très gentil, plus jeune et a des faux airs de mafioso avec ses grandes lunettes de soleil R*B*, qui nous fait beaucoup rigoler. On stoppe à Ajmer, pour la visite de 2 mosquées dont une en ruine où on se reposera un peu (enfin jusqu’à ce qu’une trentaine de personnes se présentent en arc de cercle autour de nous, pour nous parler et nous regarder !) On reprend la route, pour passer l’après midi à Pushkar. Derrière la montagne se cache cette petite ville sacrée pour les hindous. Cet avis n’engage que nous, mais on a trouvé que la partie « business » avait pris beaucoup de place dans la religion. Les prêtres nous font réciter des mantras au bord des ghâts, enfiler un bracelet au poignet droit et ensuite ils négocient sec pour que tu fasses l’offrande la plus importante possible… Enfin, on relativise et en rigole, c’est mieux ainsi ! On trouve des CDs des Gayatri Mantras et on traverse la ville pour arriver au temple de Brahma. On est pas rentré dedans, découragé par le monde, et ma maman a eu un coup de chaud (certainement au bord des ghats, il faut bien garder quelque chose sur la tête). On retrouve Singh et Ishak, et on reprend la route : direction Jodhpur. (On devait passer la nuit à Pushkar, mais on rattrape la nuit supplémentaire passée au village). Arrivée à Jodhpur à l’hôtel Durag Villas Guest House, chambre sans fenêtre mais spacieuse, 800 Roupies, personnel adorable.
Jour 9 - Jodhpur - Ranakpur
Le matin, Singh nous emmène visiter le fort qui surplombe la ville bleue. On passe trois heures dans la magnifique forteresse. Le plaisir est un peu gâché par la chaleur, Singh nous annonce qu’il fait 48° aujourd’hui, on est totalement abasourdie par sa nouvelle, je crois avoir atteint la température maximale supportée par mon corps ! Après le fort, on redescend dans la ville, il est 13h, la chaleur est intenable. On décide de déjeuner dans un endroit climatisé, puis direction le cinéma, deuxième session ! Au moins, il y a des ventilos, et on profite un peu de la fraîcheur en attendant que le soleil quitte son zénith ! Nos chauffeurs rigolent et nous emmènent donc voir notre 2e film indien. L’ambiance est plus calme qu’à Jaipur, mais on a passé un bon moment. On sort à 18h, la température a baissé, ouf ! On retrouve Singh et Ishak, qui nous annonce qu’il doit retourner à Jaipur pour son business. Séquence émotion, on quitte un ami plus qu’un simple chauffeur, il est tellement formidable ! Enfin, pour nous remonter le moral, Singh nous emmène au marché de la Clock Tower (hihihihi il sait comment réconforter les femmes : shopping !). Le marché est très animé, la population locale a attendu que le soleil se couche pour sortir et faire ses emplettes ! On dévalise un marchant d’épices puis on se balade, ça fait du bien de marcher un peu. On revient à la voiture et on prend la route pour Ranakpur. La route est plus pénible que d’habitude, on arrive à l’hôtel, totalement épuisées, on mange une mangue et s’étale dans nos lits ! Hôtel : Ranakpur Hill Resort, chambre luxueuse, 1800 Roupies.
Jour 10 - Ranakpur - Udaipur
Réveil en douceur, aujourd’hui, on a le temps ! Première bonne nouvelle : le ciel est couvert, la température est beaucoup plus supportable. On prend un petit déj dans les jardins puis on fait un plongeon dans la piscine de l’Hôtel. Ca fait du bien ! On aurait bien fait un petit massage mais le spécialiste est en congé, tant pis, ça sera pour Udaipur ! A 12h, on va visiter le temple Jain de Ranakpur. Il y règne une belle atmosphère, très paisible, les idoles jains nous observent avec leurs yeux en miroirs, et les gens sont respectueux et calmes. Rien à voir avec lé frénésie de certaines mosquées ou temples hindous. On reprend la route tranquillement, direction Udaipur. Sur la route, la pluie nous surprend, la mousson arrive enfin dans le Rajasthan. Les visages des indiens s’apaisent, la sécheresse est une vraie source d’angoisse dans les endroits désertiques. Plus on s’approche d’Udaipur, plus les paysages changent, plus verts, plus montagneux. On arrive à Udaipur, déjeune tranquillement et fait un saut à l’Hôtel. C’est le Swaroop Villas, très bel hôtel, avec piscine, le manager est un ami d’Ishak et nous reçoit comme des princesses. On a une belle chambre à 1500 Roupies. On fait un plongeon dans la piscine, puis à 17h, on retrouve Singh qui nous emmène expérimenter les massages ayurvédiques. Grand moment de décompression, fini les tensions, les fatigues, le massage à 4 mains (deux masseuses) est fabuleux. En soirée, Singh nous propose un spectacle de danses râjasthâni. Les danseuses sont impressionnantes, et leurs costumes magnifiques. On rentre à l’hôtel sous la pluie, après une journée bien décompressante.
Jour 11 - Udaipur - Khempur
Au réveil, l’option piscine est éliminée, car il ne cesse de pleuvoir. Mais honnêtement, c’est presque agréable ! On ne doit retrouver Singh qu’à midi, donc on décide de se refaire faire un massage, à l’hôtel cette fois-ci. On n’aura pas l’occasion de profiter autant en France (8 fois plus cher!) ! Après ce moment de détente, on retrouve Singh. La pluie a finalement cessée, donc il nous emmène au jardin des demoiselles d’honneur. On admire la fontaine de lotus, les palmiers, les énormes bougainvillées et profite des effluves de jasmin. Puis direction le lac des amoureux, Fateh Sagar. On prend le bateau pour l’île au centre qui consiste à un jardin, dont la vue est très agréable. Plus tard, on décide de rendre visite à une école d’art. Des étudiants nous présentent différentes peintures sur soie, les détails sont impressionnants ! On choisit quelques petits tableaux, dur dur, il y en a tellement et ils sont tous beaux ! En guise de lunch, on teste les Thalis végétariens à 99 Roupies.
En fin d’après midi, on part pour Khempur, autre petit village, situé à une heure de route. Sur le chemin, les prés sont gorgés d’eau de pluie. On aura vécu tous les climats dans la région ! Arrivée à Khempur, on négocie une suite sans clim à 800 Roupies. On restera dans un hôtel héritage (Ravla Khempur), où ils élèvent les magnifiques chevaux Marwari. Etant cavalière passionnée, je succombe à leurs petites oreilles en croissant de lune ! On passe la soirée dans le village, rencontre avec les enfants, puis on se pose avec Singh sur la terrasse de l’hôtel. Les employés s’installent avec nous (on est les seuls clients) et commence à chanter et jouer de la musique râjasthâni ! Instant magique !
Jour 12 - Khempur - Udaipur
Le matin, j’arrive à convaincre ma maman de faire une ballade à cheval. On ne refera pas ça de sitôt ! Nos hôtes nous préparent deux magnifiques petits chevaux, et nous voilà parties pour deux heures de promenade. Les palefreniers ne nous quitte pas d’un sabot, ma maman est rassurée. On croise des enfants qui vont à l’école, les paysans dans les champs et des femmes à l’entrée de leur maison. Tout le monde nous salue et nous sourit. Sur les coups de midi, on dit au revoir à nos hôtes vraiment chaleureux, et on repart pour Udaipur. Vu que le soleil n’est pas au rendez vous, on ne retourne pas à l’hôtel qui a une piscine, mais un autre, plus proche du centre d’Udaipur, le Hôtel Hill Lake. On a une chambre négociée à 1000 Roupies, car on ne veut pas de petit déjeuner (on est accro aux mangues et ananas achetés sur le marché depuis plusieurs jours 🙂. ) On arrive sur les coups de 16h30 au city palace, qui ferme à 17h30. On se décide à la visiter : un guide nous harcèle disant qu’avec lui, en une heure c’est faisable, par contre toutes seules, il y en a pour trois heures…mais bien sûr ! Le palace est très beau, les salles colorées avec les vitraux et bien décorées. Tout brille ! On devait aller au son et lumière, mais la pluie tombe par intermittence, ça n’est pas bien grave, on rentre à l’Hôtel et profite de sa terrasse sur le toit pour dîner. C’est très agréable, la vue est géniale ! Singh nous dit au revoir, car il doit partir dès maintenant avec la voiture pour Delhi, pour nous récupérer demain à l’aéroport.
Jour 13 - Udaipur - Delhi
Aujourd’hui nous sommes livrées à nous-mêmes et on a prévu une journée shopping à Udaipur, avant de reprendre l’avion pour Delhi à 18h. On part dans la matinée, la ville est très animée. Les klaxons des motos et rickshaws rythment notre balade. On fait nos emplettes « cadeaux pour les amis », difficiles de marcher tranquillement, l’activité est débordante ! Enfin, on rentre à l’Hôtel, et passe le temps qui nous reste à surfer sur internet dans le cyber café au sous sol. A 16h, un ami d’Ishak (qui contrôle notre séjour à distance) vient nous chercher à l’hôtel pour nous amener à l’aéroport intérieur d’Udaipur. Le vol est court, et on assiste à un coucher de soleil vu du ciel, les couleurs sont magnifiques ! On arrive à Delhi, attendues par Singh qui a traversé le Rajasthan en 24 heures pour nous récupérées. Il nous amène à l’hôtel négocié par Ishak : le Hôtel Bill Palace. C’est bizarre car il est très mal noté sur internet, mais on a été parfaitement bien reçu. Chambre à 2000 Roupies, très propre, rien à dire, vraiment. On dit au revoir pour de bon à Singh cette fois-ci, qui a été vraiment dévoué et adorable avec nous.
Jour 14 - Delhi
C’est notre dernière journée en Inde. Elle était un peu dédiée au transit Udaipur - Delhi, au cas où on aurait un problème quelconque avec le vol intérieur ou autre. Du coup, on a quartier libre, notre vol n’est que cette nuit à 2h du matin.
On passe la matinée dans notre chambre, à regarder Harry Potter en Hindi à la télévision. C’est très rigolo, mises à part les innombrables coupures de publicités. Les chaînes indiennes sont impressionnantes pour ça !
Vers midi, on décide d’aller vers Connaught Place pour se balader. On demande à l’hôtel un rickshaw. Il arrive et commence à nous emmener à destination. C’est alors que deux autres rickshaws (qui attendaient aux alentours de l’hôtel également), déboîtent à gauche et à droite et nous font une queue de poisson! Ouhlala, dans quelle galère on s’est mises! Notre rickshaw est forcé de s’arrêter et les deux autres bonhommes commencent à être violent verbalement avec lui, ils lui prennent les clefs de son véhicule et nous demandent de monter avec eux. On est totalement effarées, et on ne bouge pas, hésitant à appeler la police! Notre conducteur est mort de trouille et nous dit finalement de monter avec eux. On est pas très rassurées mais on s’exécute (on aurait pas du, mais dans ces cas là, on ne réfléchit pas trop!) en précisant bien que l’on veut aller à Connaught Place... Evidemment au bout de dix minutes de trajet dans le nouveau rickshaw, il nous dépose dans un magasin où il touche une commission et pas du tout à l’endroit voulu. Il nous pose au milieu de nulle part disant qu’il faut rentrer dans l’échoppe. Il m’agace tellement, on rentre dans le magasin pour qu’il nous laisse tranquille et on ressort illico. Vu nos têtes enragées, personne ne nous embête pour nous vendre un bout de tissu. On se retrouve seule au bord de la route, sans savoir où on est, avec comme seul plan nos guides...On commence à marcher, et après une dizaine d’arrêts, et 1, 5 km de marche on arrive enfin à Connaught Place! Je crois qu’à chaque fois que l’on demandait à quelqu’un le chemin, on n’avait jamais 2 fois la même direction... bref, on ne peut vraiment faire confiance à personne dans cette ville! On passe l’après midi à déambuler autour de la place et pour le retour, le choix est vite fait : le métro !! On découvre un métro ultra moderne et climatisé, quand même mieux que les rickshaws arnaqueurs et où on suffoque au milieu de la pollution... En trois stations, on arrive aux alentours de l’hôtel, que l’on trouve facilement. On restera le début de soirée à l’accueil, rencontrant d’autres touristes, qui souvent arrivaient juste en Inde. C’était sympa de répondre à leurs questions et de discuter. Vers 22h, on prend un taxi par l’hôtel, direction l’aéroport, l’international cette fois ! La fin du séjour approche !
On rentre à Paris, comblées par ce voyage. Une certitude : nous retournerons en Inde ! Bien sûr, la culture est tellement différente, ça n’est pas toujours facile, mais l’expérience est extraordinaire, unique. Comme le disent tous les voyageurs, il y a un « avant » et un « après l’Inde ». Après, sur la façon dont on a organisé notre voyage, on ne regrette rien, que ce soit le choix du chauffeur, la durée, l’itinéraire.Le seul bémol serait la période, je pense que c’est plus agréable l’automne ou l’hiver, mais on ne choisit pas toujours ces congés, et je pense que l’on a su adapter notre rythme quotidien au climat. Mais en même temps, l’avantage de cette période là, c’est qu’il y a beaucoup moins de touristes et même dans certains lieux, pas du tout ! A travers notre voyage, on se découvre un peu soi même, et aussi notre relation mère - fille a été extra. Je souhaite à toutes les jeunes filles d’emmener toutes leurs mamans dans une telle aventure !
Je rentre d'un premier voyage de 15 jours dans le Rajasthan avec ma mère (j'ai 24 ans) et je vous fais donc un "résumé" de notre périple, qui nous laisse des souvenirs et des images inoubliables! Je sais à quel point ce forum nous a aidé à préparer notre voyage, et j'espère que mon récit donnera des conseils/idées aux prochains voyageurs.
Petites précisions : - C'était notre premier voyage en Inde - On a choisi l'option location de voiture avec un chauffeur, qui s'est avéré être fabuleux. On ne saurait combien le remercier! Son nom est Ishak Khan, contact au ishak_raj@yahoo.co.in. Et pour être complet, on a payé 400€ pour 14 jours. - On a toujours choisi des hôtels propres, avec climatisation, et les chambres étaient toujours spacieuses. Ishak nous a beaucoup aidé et conseillé dans nos choix et grâce à lui et ses connaissances on a eu l’occasion d’avoir des bons prix. On ne prenait jamais en compte les vues par la fenêtre, et la luminosité dans la chambre, car en juillet il fait nuit à 19h30 et jour à 5h30, et à part pour dormir, on ne restait pas longtemps dans les chambres:
- Notre trousse à pharmacie pour éviter les tracas : 1) Savarine pour le paludisme. On a hésité, mais c’est le fait d’être en période de mousson et l’idée d’aller dans les villages excentrés qui nous a convaincue de nous la faire prescrire. Par ailleurs, on n’a eu aucun effet secondaire. 2) lactéol en cas de troubles digestifs. Mais si on s’en tient à des légumes cuits, à bien peler les fruits, et qu’on mange végétarien les premiers jours, aucun souci ! 3) un gel savon sans rinçage pour se laver régulièrement les mains. Je m’en sers dans le métro parisien, donc ça m’a semblé être idéal pour l’Inde. - Un petit + qui s’avérera indispensable pour les voyageurs d’été : Un vaporisateur d’eau type Evian ou Vittel. On le trimballait partout, et ça permet d’éviter les coups de chaud lorsque la température monte. 4) Anti moustique bien sûr.
Jour 1 : 30 juin - Delhi Arrivée à Delhi à 6h20 du matin. (Vol British Airways, escale à Londres) Il pleut le temps que l'on atterrisse, on s'y attendait, c'est la période de mousson. Enfin, le temps que l'on récupère nos bagages, et c'est déjà fini et malgré les nuages, il fait déjà une trentaine de degré de si bon matin. Ishak nous attend à l'aéroport et nous conduit dans son ambassador resplendissante avec deux colliers de fleurs en cadeau de bienvenue ! On fait connaissance et déjà on rigole bien tous les trois. La première étape est de passer à l’hôtel (Hôtel Grand Godwin - 2000 Roupies on aurait pu négocier mieux, mais le premier jour, dur de s'y mettre d'emblée!). Puis on part visiter à notre rythme la Grande Mosquée, le Red Fort, le mausolée de Humayun, le Raj ghat. La grande Mosquée nous laissera un souvenir mitigé, surtout les hommes à l’entrée qui nous parlaient comme des chiens pour nous faire payer « le passe droit » pour l’appareil photo. Ils étaient vraiment désagréables, et on n’a toujours pas compris pourquoi... Enfin, sinon tout est très beau, il y a très peu de touristes, basse saison oblige. La première impression qui nous vient à l’esprit est assez étrange. On pensait arriver avec l’idée qu'il faudrait être le moins "voyeur" possible (faire attention quand on prend des photos, être discrètes etc...) mais en fait, c'est la situation inverse qui se produit. Tout le monde n'arrête pas de nous prendre en photo avec leur téléphone portable, les femmes et les hommes c'est la folie! Et de même ils adorent qu'on photographie en famille. On ne peut pas s’asseoir deux minutes quelque part sans qu’une vingtaine de personnes se posent en arc de cercle autour de nous ! C’est assez déroutant, mais on s’y est fait petit à petit. C’est donc ça pour moi la première chose marquante : les indiens sont très curieux, posent plein de questions, regardent, sont tellement spontanés ! On est déjà émerveillé par les saris magnifiques des femmes : couleurs vives, elles sont toutes belles et tellement féminines ! Vers 17h, on rentre à l'Hôtel, épuisées entre le voyage et les premières visites. On passera la soirée à digérer l'atmosphère et la multitude de choses vues dans la journée...
Jour 2 - Delhi - Agra Bonne nuit de sommeil, petit déjeuner sur la terrasse du toit de l’hôtel. J’essaye les plats indiens, mais je crois que pour le matin, je ne m’y ferais pas. Je m’en tiens donc au sucré 🙂. Ensuite départ vers 8h30 pour Agra. On s'arrête sur le chemin à Mathura où se tient le lieu de naissance de Krishna. Puis on arrive à Agra en début d’après midi. Après un déjeuner végétarien, on visite le Fort d’Agra. Le fort mongol est très beau, les bâtiments de pierre rouge et marbre blanc s’alternent de façon harmonieuse.Toujours pas de touristes à l’horizon et par contre toujours autant de curieux autour de nous, mais on commence à s’habituer ! On rigole beaucoup avec les gens, ils sont très ouverts vers nous, si seulement on pouvait accueillir les touristes à Paris de la même manière au lieu de les ignorer ! L’Hôtel choisi à Agra est le Taj Plaza. 1500 Roupies pour une chambre très correcte avec clim + petit déj. Ils veulent nous vendre une vue sur le Taj Mahal dans une chambre à 2000 Roupies, mais franchement, on ne tient pas à passer la journée à la fenêtre de la chambre d’hôtel, on préfère le voir en vrai ! Le soir on va faire un tour dans un marché nocturne. On craque sur des petites chaussures en cuir. Les vitres des magasins sont entièrement couvertes de gros moustiques à ma grande horreur. Je suis une proie très convoitée par ces bestioles, donc je dégaine mon Moustiguard en prévention !
Jour 3 - Agra - Fatehpur Sikri - Jaïpur Le réveil sonne à 5h30. On se prépare rapidos et on part à la découverte du Taj Mahal. Il fait bon se promener à cette heure, les rabatteurs ne sont pas encore trop réveillés ! Bon, l’entrée n’est pas donnée (750 Roupies par personne) mais c’est vraiment fabuleux, on ne se lasse pas de regarder ce palais à l’architecture parfaite. Le temps est mitigé, ce qui donne une ambiance particulière : le Taj blanc se démarque encore plus devant les gros nuages noirs... Les groupes de touristes commencent à pointer leur bout du nez vers 8h30, on décide donc de rentrer à l’hôtel, on prend un petit déjeuner et on retrouve Ishak. On passe voir le Baby Taj, impressionnant pour ses détails, surtout que là pour le coup, il n’y a personne, on est les deux seules à déambuler dans ce petit palais. Puis l’étape suivante de la journée est Fatehpur Sikri. On quitte Agra avec le souvenir du Taj Mahal dans les yeux, et on part pour ce site fortement recommandé par tous les visiteurs. On arrive sur les coups de 12h, il commence à faire très chaud, mais bon, on tient le coup ! Une chose totalement inattendue : Fatehpur Sikri recevait le même jour un pèlerinage à la Mosquée, donc c’est la cohue sur le site : marchands, pèlerins, familles, enfants, tous les mondes s’activent autour de nous, c’est assez impressionnant ! L’ambiance est assez oppressante, enfin c’est surtout la multitude de guides qui nous harcèlent qui est oppressante ! On a beau leur dire que l’on ne veut pas d’explications, on veut juste se balader, ils n’arrivent pas à comprendre que même s’ils donnaient des explications gratuites on n’en voudrait pas… On préfère être libre d’aller où on veut, s’arrêter quand on veut…bref « no guide » devient l’expression favorite de ma mère, et on doit malheureusement les renvoyer balader assez durement pour se faire comprendre... Dans le fort proprement, vu que l’entrée est payante (contrairement à la mosquée), c’est beaucoup plus calme, il n’y a quasiment personne. Au bout de deux heures, on redescend avec un bus du gouvernement au parking où Ishak nous attend patiemment. On devait passer la nuit à Barathpur, pour partir pour Jaipur le lendemain, mais vu qu’il n’est pas trop tard, et que l’été, il n’y a pas grand-chose à voir à Barathpur (les oiseaux du parc sont absents), Ishak nous propose de rouler directement vers Jaïpur. On s’arrête sur la route pour admirer un joli coucher de soleil et on roule au milieu des motos, des rickshaws, des camions, des moutons, des chameaux, oui oui on est bien sur l’autoroute 😉 On arrive dans la soirée à Jaïpur. On passera les prochaines nuits à l’hôtel Anuraag Villa - 1300 Roupies par nuit avec petit déj. L’hôtel est dans un quartier paisible de Jaipur (Bani Parc) et possède un grand jardin, où on peut se prélasser. Petit havre de paix bien agréable !
Jour 4 - Jaipur
Aujourd’hui journée tranquille de prévue. On commence un peu à saturer des visites de forts et de palais. Ils sont bien sûr tous très beaux, mais on a besoin de faire un petit break. On décide donc de faire une sortie au cinéma bien connu : le Raj Mandir. Le cinéma est absolument magnifique, la salle est immense, le plafond est comparable à de la meringue. A l’intérieur, on est les seules occidentales, les gens nous regardent en souriant. Une jeune fille dans la queue pour les billets (queue pour la gente féminine bien sûr) n’en revient pas que l’on aille voir un film dont on ne comprendra pas la langue ! Elle nous explique que c’est un film comique, qui était très attendu, ce qui explique le monde présent à la séance! Lorsque l’on achète les billets on a les places attitrées, on va donc s’asseoir à notre siège et la salle plonge dans le noir sous un tonnerre d’applaudissements. Quelques bandes annonces et le film démarre. A la moindre cascade de l’acteur principal ou au moindre pas de danse de l’actrice, toute la salle est en ébullition. L’ambiance est vraiment extra ! Malgré les dialogues en hindi, on n’a aucun mal à saisir l’histoire et les anecdotes, les acteurs exagèrent toutes leurs mimiques et les situations sont loufoques et faciles à comprendre. Après 3 heures de spectacle (avec un petit entracte au milieu) on sort après avoir passé un très bon moment. On retrouve Ishak qui nous accompagne dans le vieux Jaipur, la ville rose proprement dite. Les rues sont très belles, les couleurs magnifiques, et on déambule dans les rues, grimpe un escalier et arrive à un petit magasin de bijoux en argent. Le vendeur adore la France, d’ailleurs son magasin se nomme « le Maître des bijoux », bien écrit en français. On discute, il nous parle de Bordeaux et de son vin, on choisit une jolie bague et des boucles d’oreille et on repart pour retrouver Ishak qui doit nous emmener dans une manufacture de tissus, « Rainbow Textile ». Après une centaine de déballage, une quarantaine d’essayages, plusieurs tasses de chaï entrecoupées de sessions de marchandage bouclées par une belle poignée de main, on repart avec moult saris, tissus et vêtements. On ne se lasserait jamais d’admirer tous ces beaux tissus avec ses belles couleurs… On sort du magasin aux anges, et le soleil commençant à se coucher, on fait un passage au bord du lake palace. Les familles pique-niquent, la température est plus agréable et les couleurs du ciel et du palace en mettent plein à la vue… On retourne à l’hôtel en croisant sur le chemin des chameaux, des éléphants, on est en plein centre ville, tout va bien, on est en Inde… Jaipur n’est pas la ville préférée des voyageurs. Mais c’est la ville de résidence de notre chauffeur, donc je crois qu’il nous a transmis l’affection qu’il possède pour la capitale du Rajasthan.
Jour 5 - Jaipur
Réveil puis petit déj léger dans le jardin de l’hôtel. A côté de notre table, un yogi indien, vraisemblablement client de l’hôtel, fait son pranayama (yoga de respiration) devant la petite statue d’un Bouddha en marbre blanc. A 8h30, Ishak arrive, il fait déjà chaud, la journée promet d’être rude côté température. On passe à côté du palais des vents, d’après notre chauffeur, c’est l’heure idéale pour le prendre en photo, puis direction le fort d’Amber qui surplombe Jaïpur. A deux kms du fort (avant l’ascension de la colline), on s’arrête au bord de la route déserte, pour prendre quelques photos de la forteresse. A peine sortie de la voiture, on voit surgir de nulle part (des buissons ???) des charmeurs de serpents et des marchands de babioles. Décidément, ils sont vraiment sans relâche les indiens et ils nous étonneront toujours ! Arrivées au fort, on commence par visiter le petit temple, où a lieu la célébration d’un mariage. Comme d’habitude, ils sont enchantés et très fiers lorsqu’on leur demande si on peut les prendre en photo. Les mariés sont magnifiques, lui en blanc, elle en rouge. Ensuite on visite le fort proprement dit, qui est, comme cité dans tous les guides et les forums, vraiment beautiful. Tout est travaillé, les pièces, les petites cours, les murs, les plafonds, c’est impressionnant. D’ailleurs, tout comme au Taj Mahal, l’endroit comporte plus d’occidentaux que d’habitude. Il y a la possibilité de monter sur des éléphants, mais leurs mines tristounettes nous convainquent de nous passer de l’aventure. Ishak nous expliquera qu’ils ne sont pas bien traités par les propriétaires et que « sometimes they get crazy with tourists ! ». Ah ok, on a bien fait de s’en passer 😕 On fait un passage à la fin de la visite à la galerie d’art contemporain. De magnifiques tableaux y sont exposés et on discute simplement avec les jeunes qui tiennent la galerie. On aime la musique qu’ils passent en fond sonore, donc ils décident d’essayer de nous graver un CD. Malheureusement l’ordinateur fait un caprice, on devra trouver le CD par nous même, enfin ça sera assez simple car ce sont les bien connus Gayatri Mantra. On quitte finalement le fort d’Amber, et retourne sur Jaïpur. On prend un lunch léger, puis après quelques emplettes d’ordre logistique (timbres à la poste, carte mémoire pour l’appareil photo…) on part visiter le City Palace. On laisse de côté l’observatoire astronomique car c’est impossible pour nous de rester plantée debout sous ce soleil plombant. Le palace du Maharaja nous séduit avec les portes des quatre saisons puis on enchaîne avec le tombeau de la famille royale. On est les seules à visiter (on commence à avoir l’habitude d’avoir un site touristique pour nous toutes seules) et on croisera juste un groupe d’adolescents qui joue aux cartes sur le marbre blanc du mausolée et un troupeau de quatre ou cinq ânes qui traversent le site le plus naturellement du monde.
En fin d’après midi, on repasse au « Rainbow Textile », pour récupérer des pantalons faits sur mesure pour ma maman. Et « comme par hasard » le staff est justement en train de plier soigneusement des étoles en soie dans le magasin lorsque l’on arrive. Ils viennent de les recevoir. On s’est littéralement écroulées sur le sol, et c’est reparti pour un déballage, essayage, marchandage, on boit du chaï, on rigole… on est ressorti du magasin avec les pantalons de ma maman et en prime huit magnifiques étoles en soie fine! Enfin, on verra par la suite (dans d’autres villes, Delhi, Udaipur…) que la manufacture où nous a emmenées Ishak faisait des tissus vraiment de bonne qualité et à un prix tout à fait raisonnable. On rentre à l’hôtel et Ishak nous fait une surprise : Il nous invite à dîner dans sa famille ! On est super contente, et on se met sur notre 31 ! Il vient nous chercher à 20h pétante. Sa maison est assez spacieuse, il nous présente à sa femme Amvin et deux de ses fils. Ishak est le seul à parler anglais donc tout le monde est un peu réservé, c’est normal. L’accueil est chaleureux, on va sur la terrasse, qui est en fait le toit de la maison puis c’est le temps du repas. On installe une nappe sur le sol ainsi que tous les plats : poulet, lentilles, riz basmati, chapati et frites pour les enfants ! Tout est bien sûr succulent et on comprend qu’ils ont mis le frein sur les épices pour nous, merci ! Plus tard dans la soirée, plusieurs personnes de la famille rendront visite, tout le monde est adorable avec nous. On rentre à l’hôtel se coucher vers 23h, la tête pleine de souvenirs touchants et de jolies rencontres.
Jour 6 - Jaïpur - Village d’Ishak Jour 7 - Village de la grand-mère d’Ishak
Réveil à 5h du matin. On bondit du lit, car on a prévu de tenter un cours de yoga à 6h dans un collège que l’on a repéré à 200 mètres de l’hôtel (cité dans le lonely planet). On se prépare, mais une fois arrivée au centre, aucun signe de vie, quelqu’un devant le bâtiment nous annonce que l’on est dimanche donc, c’est fermé aujourd’hui. Snif, on repart bredouille et on se recouche quelques temps. Deuxième réveil, on quitte l’hôtel vers 8h30, direction le village d’Ishak. On est très impatientes de quitter les grandes villes pour découvrir la vie à la campagne râjasthâni. On arrive au village après plus d’une heure de route, et déjà une vingtaine d’enfants nous entourent. Le bruit que des touristes étaient ici à fait le tour du village ! On arrive chez la mère d’Ishak puis il nous présente à toute la famille. On boit du chaï, distribue des carambars aux enfants, il fait très chaud à l’extérieur, on reste donc dans la maison. On joue avec les enfants, puis on comprend qu’ils sont en fait très impatients de nous montrer le temple du village, ils sont très fiers de nous y emmener. Dans la salle principale, un groupe de chanteurs s’exercent, on s’installe, on écoute, c’est très beau. On fait un tour dans le village et l’heure du départ a déjà sonné. On doit partir au village de la grand-mère d’Ishak, à 30 Kms, c’est là que l’on passe la nuit. La grand-mère d’Ishak est un phénomène, du haut de ses plus de 88 ans. On n’entend qu’elle dans la ferme où la famille toute entière habite : le fils qui est le chef de famille, sa femme et leur ribambelle d’enfants. L’aînée est Shameen qui parle le mieux l’anglais. C’est elle qui sera à nos petits soins tout le temps du séjour. Dès notre arrivée, ils insistent pour que l’on ne reste pas une nuit mais deux. On accepte avec joie, on est tellement bien accueillies ici ! Quelques souvenirs en vrac de ses 2 jours fabuleux :
- Dormir sur le toit d’une maison au fond de la campagne râjasthâni et se réveiller au lever du soleil à 5h du matin. - Shameen nous montrant ses tenues et bijoux pour son mariage prévu 3 mois plus tard. Elle était tellement heureuse de ce mariage d’amour (et non d’arrangement, elle l’a bien précisé) ! On était très émues de partager ses moments et ses confidences. - Shameen nous dessinant des tatouages au henné à minuit à la lueur d’une ampoule, toujours sur le toit de la maison - Les sessions « toilette matinale » dans le coin salle de bain, en pleine nature ! - Les préparations des repas et de l’inconditionnel chaï - Le charmeur de serpent qui nous a rendu visite - La danse matinale du paon et sa majestueuse roue ! - Les balades au clair de lune, quand la chaleur tombe enfin.
Jour 8 - Ajmer - Pushkar
Départ le matin vers 9h, on a les larmes aux yeux derrière nos lunettes de soleil… La rencontre avec cette famille me marquera à vie, et reste certainement le plus beau souvenir de ce voyage… Mais notre périple continue et toutes les bonnes choses ont une fin ! Sur la route, Ishak nous explique qu’il va rester encore avec nous quelques jours mais que la fin du voyage se fera avec Singh, un autre chauffeur. On était au courant, il nous avait prévenues lors de la réservation par internet. On retrouve donc Singh, on fera la route à 4 pendant encore deux jours. Singh est très gentil, plus jeune et a des faux airs de mafioso avec ses grandes lunettes de soleil R*B*, qui nous fait beaucoup rigoler. On stoppe à Ajmer, pour la visite de 2 mosquées dont une en ruine où on se reposera un peu (enfin jusqu’à ce qu’une trentaine de personnes se présentent en arc de cercle autour de nous, pour nous parler et nous regarder !) On reprend la route, pour passer l’après midi à Pushkar. Derrière la montagne se cache cette petite ville sacrée pour les hindous. Cet avis n’engage que nous, mais on a trouvé que la partie « business » avait pris beaucoup de place dans la religion. Les prêtres nous font réciter des mantras au bord des ghâts, enfiler un bracelet au poignet droit et ensuite ils négocient sec pour que tu fasses l’offrande la plus importante possible… Enfin, on relativise et en rigole, c’est mieux ainsi ! On trouve des CDs des Gayatri Mantras et on traverse la ville pour arriver au temple de Brahma. On est pas rentré dedans, découragé par le monde, et ma maman a eu un coup de chaud (certainement au bord des ghats, il faut bien garder quelque chose sur la tête). On retrouve Singh et Ishak, et on reprend la route : direction Jodhpur. (On devait passer la nuit à Pushkar, mais on rattrape la nuit supplémentaire passée au village). Arrivée à Jodhpur à l’hôtel Durag Villas Guest House, chambre sans fenêtre mais spacieuse, 800 Roupies, personnel adorable.
Jour 9 - Jodhpur - Ranakpur
Le matin, Singh nous emmène visiter le fort qui surplombe la ville bleue. On passe trois heures dans la magnifique forteresse. Le plaisir est un peu gâché par la chaleur, Singh nous annonce qu’il fait 48° aujourd’hui, on est totalement abasourdie par sa nouvelle, je crois avoir atteint la température maximale supportée par mon corps ! Après le fort, on redescend dans la ville, il est 13h, la chaleur est intenable. On décide de déjeuner dans un endroit climatisé, puis direction le cinéma, deuxième session ! Au moins, il y a des ventilos, et on profite un peu de la fraîcheur en attendant que le soleil quitte son zénith ! Nos chauffeurs rigolent et nous emmènent donc voir notre 2e film indien. L’ambiance est plus calme qu’à Jaipur, mais on a passé un bon moment. On sort à 18h, la température a baissé, ouf ! On retrouve Singh et Ishak, qui nous annonce qu’il doit retourner à Jaipur pour son business. Séquence émotion, on quitte un ami plus qu’un simple chauffeur, il est tellement formidable ! Enfin, pour nous remonter le moral, Singh nous emmène au marché de la Clock Tower (hihihihi il sait comment réconforter les femmes : shopping !). Le marché est très animé, la population locale a attendu que le soleil se couche pour sortir et faire ses emplettes ! On dévalise un marchant d’épices puis on se balade, ça fait du bien de marcher un peu. On revient à la voiture et on prend la route pour Ranakpur. La route est plus pénible que d’habitude, on arrive à l’hôtel, totalement épuisées, on mange une mangue et s’étale dans nos lits ! Hôtel : Ranakpur Hill Resort, chambre luxueuse, 1800 Roupies.
Jour 10 - Ranakpur - Udaipur
Réveil en douceur, aujourd’hui, on a le temps ! Première bonne nouvelle : le ciel est couvert, la température est beaucoup plus supportable. On prend un petit déj dans les jardins puis on fait un plongeon dans la piscine de l’Hôtel. Ca fait du bien ! On aurait bien fait un petit massage mais le spécialiste est en congé, tant pis, ça sera pour Udaipur ! A 12h, on va visiter le temple Jain de Ranakpur. Il y règne une belle atmosphère, très paisible, les idoles jains nous observent avec leurs yeux en miroirs, et les gens sont respectueux et calmes. Rien à voir avec lé frénésie de certaines mosquées ou temples hindous. On reprend la route tranquillement, direction Udaipur. Sur la route, la pluie nous surprend, la mousson arrive enfin dans le Rajasthan. Les visages des indiens s’apaisent, la sécheresse est une vraie source d’angoisse dans les endroits désertiques. Plus on s’approche d’Udaipur, plus les paysages changent, plus verts, plus montagneux. On arrive à Udaipur, déjeune tranquillement et fait un saut à l’Hôtel. C’est le Swaroop Villas, très bel hôtel, avec piscine, le manager est un ami d’Ishak et nous reçoit comme des princesses. On a une belle chambre à 1500 Roupies. On fait un plongeon dans la piscine, puis à 17h, on retrouve Singh qui nous emmène expérimenter les massages ayurvédiques. Grand moment de décompression, fini les tensions, les fatigues, le massage à 4 mains (deux masseuses) est fabuleux. En soirée, Singh nous propose un spectacle de danses râjasthâni. Les danseuses sont impressionnantes, et leurs costumes magnifiques. On rentre à l’hôtel sous la pluie, après une journée bien décompressante.
Jour 11 - Udaipur - Khempur
Au réveil, l’option piscine est éliminée, car il ne cesse de pleuvoir. Mais honnêtement, c’est presque agréable ! On ne doit retrouver Singh qu’à midi, donc on décide de se refaire faire un massage, à l’hôtel cette fois-ci. On n’aura pas l’occasion de profiter autant en France (8 fois plus cher!) ! Après ce moment de détente, on retrouve Singh. La pluie a finalement cessée, donc il nous emmène au jardin des demoiselles d’honneur. On admire la fontaine de lotus, les palmiers, les énormes bougainvillées et profite des effluves de jasmin. Puis direction le lac des amoureux, Fateh Sagar. On prend le bateau pour l’île au centre qui consiste à un jardin, dont la vue est très agréable. Plus tard, on décide de rendre visite à une école d’art. Des étudiants nous présentent différentes peintures sur soie, les détails sont impressionnants ! On choisit quelques petits tableaux, dur dur, il y en a tellement et ils sont tous beaux ! En guise de lunch, on teste les Thalis végétariens à 99 Roupies.
En fin d’après midi, on part pour Khempur, autre petit village, situé à une heure de route. Sur le chemin, les prés sont gorgés d’eau de pluie. On aura vécu tous les climats dans la région ! Arrivée à Khempur, on négocie une suite sans clim à 800 Roupies. On restera dans un hôtel héritage (Ravla Khempur), où ils élèvent les magnifiques chevaux Marwari. Etant cavalière passionnée, je succombe à leurs petites oreilles en croissant de lune ! On passe la soirée dans le village, rencontre avec les enfants, puis on se pose avec Singh sur la terrasse de l’hôtel. Les employés s’installent avec nous (on est les seuls clients) et commence à chanter et jouer de la musique râjasthâni ! Instant magique !
Jour 12 - Khempur - Udaipur
Le matin, j’arrive à convaincre ma maman de faire une ballade à cheval. On ne refera pas ça de sitôt ! Nos hôtes nous préparent deux magnifiques petits chevaux, et nous voilà parties pour deux heures de promenade. Les palefreniers ne nous quitte pas d’un sabot, ma maman est rassurée. On croise des enfants qui vont à l’école, les paysans dans les champs et des femmes à l’entrée de leur maison. Tout le monde nous salue et nous sourit. Sur les coups de midi, on dit au revoir à nos hôtes vraiment chaleureux, et on repart pour Udaipur. Vu que le soleil n’est pas au rendez vous, on ne retourne pas à l’hôtel qui a une piscine, mais un autre, plus proche du centre d’Udaipur, le Hôtel Hill Lake. On a une chambre négociée à 1000 Roupies, car on ne veut pas de petit déjeuner (on est accro aux mangues et ananas achetés sur le marché depuis plusieurs jours 🙂. ) On arrive sur les coups de 16h30 au city palace, qui ferme à 17h30. On se décide à la visiter : un guide nous harcèle disant qu’avec lui, en une heure c’est faisable, par contre toutes seules, il y en a pour trois heures…mais bien sûr ! Le palace est très beau, les salles colorées avec les vitraux et bien décorées. Tout brille ! On devait aller au son et lumière, mais la pluie tombe par intermittence, ça n’est pas bien grave, on rentre à l’Hôtel et profite de sa terrasse sur le toit pour dîner. C’est très agréable, la vue est géniale ! Singh nous dit au revoir, car il doit partir dès maintenant avec la voiture pour Delhi, pour nous récupérer demain à l’aéroport.
Jour 13 - Udaipur - Delhi
Aujourd’hui nous sommes livrées à nous-mêmes et on a prévu une journée shopping à Udaipur, avant de reprendre l’avion pour Delhi à 18h. On part dans la matinée, la ville est très animée. Les klaxons des motos et rickshaws rythment notre balade. On fait nos emplettes « cadeaux pour les amis », difficiles de marcher tranquillement, l’activité est débordante ! Enfin, on rentre à l’Hôtel, et passe le temps qui nous reste à surfer sur internet dans le cyber café au sous sol. A 16h, un ami d’Ishak (qui contrôle notre séjour à distance) vient nous chercher à l’hôtel pour nous amener à l’aéroport intérieur d’Udaipur. Le vol est court, et on assiste à un coucher de soleil vu du ciel, les couleurs sont magnifiques ! On arrive à Delhi, attendues par Singh qui a traversé le Rajasthan en 24 heures pour nous récupérées. Il nous amène à l’hôtel négocié par Ishak : le Hôtel Bill Palace. C’est bizarre car il est très mal noté sur internet, mais on a été parfaitement bien reçu. Chambre à 2000 Roupies, très propre, rien à dire, vraiment. On dit au revoir pour de bon à Singh cette fois-ci, qui a été vraiment dévoué et adorable avec nous.
Jour 14 - Delhi
C’est notre dernière journée en Inde. Elle était un peu dédiée au transit Udaipur - Delhi, au cas où on aurait un problème quelconque avec le vol intérieur ou autre. Du coup, on a quartier libre, notre vol n’est que cette nuit à 2h du matin.
On passe la matinée dans notre chambre, à regarder Harry Potter en Hindi à la télévision. C’est très rigolo, mises à part les innombrables coupures de publicités. Les chaînes indiennes sont impressionnantes pour ça !
Vers midi, on décide d’aller vers Connaught Place pour se balader. On demande à l’hôtel un rickshaw. Il arrive et commence à nous emmener à destination. C’est alors que deux autres rickshaws (qui attendaient aux alentours de l’hôtel également), déboîtent à gauche et à droite et nous font une queue de poisson! Ouhlala, dans quelle galère on s’est mises! Notre rickshaw est forcé de s’arrêter et les deux autres bonhommes commencent à être violent verbalement avec lui, ils lui prennent les clefs de son véhicule et nous demandent de monter avec eux. On est totalement effarées, et on ne bouge pas, hésitant à appeler la police! Notre conducteur est mort de trouille et nous dit finalement de monter avec eux. On est pas très rassurées mais on s’exécute (on aurait pas du, mais dans ces cas là, on ne réfléchit pas trop!) en précisant bien que l’on veut aller à Connaught Place... Evidemment au bout de dix minutes de trajet dans le nouveau rickshaw, il nous dépose dans un magasin où il touche une commission et pas du tout à l’endroit voulu. Il nous pose au milieu de nulle part disant qu’il faut rentrer dans l’échoppe. Il m’agace tellement, on rentre dans le magasin pour qu’il nous laisse tranquille et on ressort illico. Vu nos têtes enragées, personne ne nous embête pour nous vendre un bout de tissu. On se retrouve seule au bord de la route, sans savoir où on est, avec comme seul plan nos guides...On commence à marcher, et après une dizaine d’arrêts, et 1, 5 km de marche on arrive enfin à Connaught Place! Je crois qu’à chaque fois que l’on demandait à quelqu’un le chemin, on n’avait jamais 2 fois la même direction... bref, on ne peut vraiment faire confiance à personne dans cette ville! On passe l’après midi à déambuler autour de la place et pour le retour, le choix est vite fait : le métro !! On découvre un métro ultra moderne et climatisé, quand même mieux que les rickshaws arnaqueurs et où on suffoque au milieu de la pollution... En trois stations, on arrive aux alentours de l’hôtel, que l’on trouve facilement. On restera le début de soirée à l’accueil, rencontrant d’autres touristes, qui souvent arrivaient juste en Inde. C’était sympa de répondre à leurs questions et de discuter. Vers 22h, on prend un taxi par l’hôtel, direction l’aéroport, l’international cette fois ! La fin du séjour approche !
On rentre à Paris, comblées par ce voyage. Une certitude : nous retournerons en Inde ! Bien sûr, la culture est tellement différente, ça n’est pas toujours facile, mais l’expérience est extraordinaire, unique. Comme le disent tous les voyageurs, il y a un « avant » et un « après l’Inde ». Après, sur la façon dont on a organisé notre voyage, on ne regrette rien, que ce soit le choix du chauffeur, la durée, l’itinéraire.Le seul bémol serait la période, je pense que c’est plus agréable l’automne ou l’hiver, mais on ne choisit pas toujours ces congés, et je pense que l’on a su adapter notre rythme quotidien au climat. Mais en même temps, l’avantage de cette période là, c’est qu’il y a beaucoup moins de touristes et même dans certains lieux, pas du tout ! A travers notre voyage, on se découvre un peu soi même, et aussi notre relation mère - fille a été extra. Je souhaite à toutes les jeunes filles d’emmener toutes leurs mamans dans une telle aventure !
Photos de la croisière NCL Spirit en février 2009 English translation pending
Bonjour à tous
pour ceux que ça intéresse Photos Croisière NCL Spirit février 2009 NEW ORLEANS-mer-COSTA MAYA-GUATEMALA-BELIZE-COZUMEL-mer-NEW ORLEANS Février2009 site : www.photoweb.fr cliquer sur albums virtuels identifiant de l'album : NclSpirit2009 e-mail du propriétaire de l'album : didier.forget.77@orange.fr
et pour question pas de problème
@+
pour ceux que ça intéresse Photos Croisière NCL Spirit février 2009 NEW ORLEANS-mer-COSTA MAYA-GUATEMALA-BELIZE-COZUMEL-mer-NEW ORLEANS Février2009 site : www.photoweb.fr cliquer sur albums virtuels identifiant de l'album : NclSpirit2009 e-mail du propriétaire de l'album : didier.forget.77@orange.fr
et pour question pas de problème
@+
Hôtel Grand Pineapple Antigua (Antigua et Barbuda) English translation pending
Bonjour, je viens de réserver cet hôtel, j'aimerais avoir vos commentaires, la bouffe, la plage, les restaurants, quoi faire sur cette île.....les transferts de Montréal, Toronto et Antigua, comment ça fonctionne...... Est-ce un bon choix?
Merci!
Dyan
Merci!
Dyan
Croisière sur le Carnival Liberty le 25 juillet 2009 English translation pending
Bonjour à tous,
Ce 24 juillet je m'envole pour Miami, là-bas on fera la croisière carnival liberty. On s'arrêtera à Ochos Rios (Jamaïque), Grand Cayman et Roatan (île du Honduras). J'aimerais recevoir des témoignages de personnes qui ont fait cette croisière. Avez-vous des excursions à conseiller? Quel souvenir en avez-vous gardé?
Je suis enceinte (3 mois) si quelqu'un à des conseils à me donner. Surtout point de vue des excursions.
J'attends de vos nouvelles.
Merci beaucoup ;-)
Ce 24 juillet je m'envole pour Miami, là-bas on fera la croisière carnival liberty. On s'arrêtera à Ochos Rios (Jamaïque), Grand Cayman et Roatan (île du Honduras). J'aimerais recevoir des témoignages de personnes qui ont fait cette croisière. Avez-vous des excursions à conseiller? Quel souvenir en avez-vous gardé?
Je suis enceinte (3 mois) si quelqu'un à des conseils à me donner. Surtout point de vue des excursions.
J'attends de vos nouvelles.
Merci beaucoup ;-)
Déjeuner offert par Costa Croisières lors de ses excursions? English translation pending
Bonjour
Je vais en croisière en décembre et j'aimerais savoir si un déjeuner est prévu lorsque nous allons en excursion. Lorsque j'ai réservé on m'a dit que je pouvais prendre à manger du buffet du ptit dej, cela veut-il dire que nous aurons à nous débrouiller pour manger à midi? Vos réponses nous permettront de savoir combien d'argent nous devrons prévoir.
Merci d'avance.
Je vais en croisière en décembre et j'aimerais savoir si un déjeuner est prévu lorsque nous allons en excursion. Lorsque j'ai réservé on m'a dit que je pouvais prendre à manger du buffet du ptit dej, cela veut-il dire que nous aurons à nous débrouiller pour manger à midi? Vos réponses nous permettront de savoir combien d'argent nous devrons prévoir.
Merci d'avance.
Faire les lacs italiens: Come, Majeur et Garde English translation pending
Bonjour,
Nous envisageons debut septembre de partir une semaine faire les lacs italiens (come, majeur et garde) mais je n'arrive pas à me rendre compte des distances entre chacun, pouvons nous loger toute une semaine par exemple au lac de come et faire facilement les autres lacs dans la journée ?
Quels sont les endroits qu'il faut absolument visiter et ceux qu'il faut éviter sur ces 3 lacs?
Avez vous des bons plans d'hotels ou location avec vue imprenable sur un des lacs ???
Quelle temperature pouvons nous esperer en septembre ?
Un grand merci par avance pour vos réponses !!!
France.
Nous envisageons debut septembre de partir une semaine faire les lacs italiens (come, majeur et garde) mais je n'arrive pas à me rendre compte des distances entre chacun, pouvons nous loger toute une semaine par exemple au lac de come et faire facilement les autres lacs dans la journée ?
Quels sont les endroits qu'il faut absolument visiter et ceux qu'il faut éviter sur ces 3 lacs?
Avez vous des bons plans d'hotels ou location avec vue imprenable sur un des lacs ???
Quelle temperature pouvons nous esperer en septembre ?
Un grand merci par avance pour vos réponses !!!
France.
Les carnets d'Ulysse (suite): le grand tour du Larzac English translation pending
A Soupente, dans les Montagnes bleues, la canicule frappait fort...Pénélope continuait de filer le lin de sa boutique, tandis qu'Ulysse préparait activement sa traversée de juillet...
Son sac le démangeait...il l'avait fait et refait plusieurs fois...(symptôme déclencheur chez le marcheur au long cours...)
L'horizon des Montagnes bleues le narguait chaque matin et bien qu'il ait épuisé les sentiers de moyenne altitude environnants, il sentait son addiction le démanger: il fallait qu'il reprenne la route.
Le compostelle passait à huit kilomètres de soupente, il eût été facile de remettre ses pas dans ses traces, mais il n'avait pas l'habitude de répéter deux fois le même itinéraire...
D'autres arguments le faisaient réfléchir: Juillet-Août est l'époque où les sentiers sont surpeuplés: il lui fallait dénicher un GR suffisamment austère et rébarbatif pour éloigner le vacancier, suffisamment désertique et "grands espaces" pour lui rappeler l'Afrique et ses paysages désolés, suffisamment de moyenne altitude pour que la canicule ne l'atteigne pas...
Il profitait de la fraîcheur des matinées pour parcourir son kilomètre de bassins et entretenir ses muscles longs...mais il fallait toute la fraîcheur enfouie derrière les volets clos pour supporter les 34 degrés de ce juillet torride.
Grand Tour du Mercantour ou Grand Tour du Larzac ? il avait encore deux jours pour mûrir sa décision, la liste des refuges et des gîtes d'étape était prête, il fallait qu'il décide de l'orientation de ses réservations. Autant il craignait le surbooking dans le Champsaur, autant il semblait rassuré de rêver de La Couvertoirade et de la Cavalerie...
Son sac le démangeait...il l'avait fait et refait plusieurs fois...(symptôme déclencheur chez le marcheur au long cours...)
L'horizon des Montagnes bleues le narguait chaque matin et bien qu'il ait épuisé les sentiers de moyenne altitude environnants, il sentait son addiction le démanger: il fallait qu'il reprenne la route.
Le compostelle passait à huit kilomètres de soupente, il eût été facile de remettre ses pas dans ses traces, mais il n'avait pas l'habitude de répéter deux fois le même itinéraire...
D'autres arguments le faisaient réfléchir: Juillet-Août est l'époque où les sentiers sont surpeuplés: il lui fallait dénicher un GR suffisamment austère et rébarbatif pour éloigner le vacancier, suffisamment désertique et "grands espaces" pour lui rappeler l'Afrique et ses paysages désolés, suffisamment de moyenne altitude pour que la canicule ne l'atteigne pas...
Il profitait de la fraîcheur des matinées pour parcourir son kilomètre de bassins et entretenir ses muscles longs...mais il fallait toute la fraîcheur enfouie derrière les volets clos pour supporter les 34 degrés de ce juillet torride.
Grand Tour du Mercantour ou Grand Tour du Larzac ? il avait encore deux jours pour mûrir sa décision, la liste des refuges et des gîtes d'étape était prête, il fallait qu'il décide de l'orientation de ses réservations. Autant il craignait le surbooking dans le Champsaur, autant il semblait rassuré de rêver de La Couvertoirade et de la Cavalerie...
De retour de 18 jours dans l'Ouest américain English translation pending
De retour de 18 jours dans l’Ouest américain. Tout d’abord, merci à tous ceux qui donnent de bons conseils sur ce forum et aux concepteurs de sites sur les Etats-Unis, bien connus ici. C’est si facile de construire son voyage avec de telles mines d’informations !
Maintenant le voyage point par point dans l’ordre chronologique, les points forts, les points faibles, les hôtels etc… 18 jours ça passe vite, trop vite, j’aurais bien aimé que ça dure un peu plus longtemps avant le retour dans mon cher pays, rester plus longtemps dans certains endroits, en découvrir d’autres… Ca sera pour plus tard, je l’espère !
Au fait, des photos suivront sans doute dans la partie carnet de voyages du site. Même si je ne suis pas photographe, ni pro, ni amateur ! Donc ne pas s’attendre à de la haute qualité !
Los Angeles :
Arrivée à destination avec 30 minutes de retard (vol Air France), le vol s’est bien passé, le survol du Groenland a été un beau moment, la baie d’Hudson et ses icebergs aussi, puis enfin les Etats-Unis !
Les formalités à l’aéroport se passent assez vite, problème nos valises arrivent en dernier… Donc finalement on sort assez tard de l’aéroport, direction Alamo en prenant la navette. Et là premier mécontentement (le gros point noir du voyage !! voir plus tard !) concernant Alamo : une attente interminable, seulement 2 guichets d’ouverts (1h30 !!), alors qu’on avait déjà réservé la voiture plusieurs mois à l’avance. Finalement, c’est notre tour, le monsieur nous demande si on est d’accord de ne pas payer le supplément jeune conducteur et de prendre à la place de notre Pontiac G6 un mini SUV (Nissan Rogue). Nous sommes d’accord ! A dépenser de l’argent, autant que ce ne soit pas dans des taxes, mais dans le choix d’un beau véhicule ! (du coup Alamo se rattrape sur le premier sentiment négatif, mais ça sera de courte durée…)
Universal Studios (VIP Tour) : seul point négatif, que tout soit en anglais de A à Z donc des fois on a du mal à comprendre… Mais sinon, c’est super ! Ca nous a permis de faire toutes les attractions, car la queue en ce mardi 23 juin dans certaines attractions est assez impressionnante. Ma préférée : Jurassic Park. La visite des studios et des ateliers est assez intéressante, mais là encore la langue est une barrière pour tout comprendre.
Warner Bros Studios Tour : là encore c’était très bien, mis à part la barrière de la langue. Je ne comprends pas qu’ils n’aient pas encore songés à des traductions comme à Disneyland Paris, m’enfin on est en Amérique ! Dans certaines parties, interdiction de prendre des photos, et interdiction de filmer tout court. Mouais…
Griffith : une merveille, la vue sur la ville est super, on voit aussi le signe Hollywood sans les poteaux télégraphiques et autres fils électriques. D’ailleurs après Griffith on s’approchera au maximum des lettres ! L’intérieur de l’observatoire est intéressant.
Beverly Hills : C’est cossu, de belles villas, de belles pelouses… C’est vraiment à expérimenter.
Hollywood, Walk Of Fame : beaucoup de monde, c’est fatigant, on photographie l’étoile de Michael, sans savoir qu’il va mourir le lendemain… On visite le musée de cire, celui de Paris est mieux.
Michael : le jeudi 25 je vais faire un petit tour sur internet pour vérifier ma boîte mail et Qu’est ce que j’apprends, la mort de Michael à Los Angeles ! On décide de se rendre à UCLA, guidés par les hélicoptères. Une foule pas si impressionnante que ça, en fait il y a plus de journalistes que de fans ou de curieux.
Hôtel Best Western Sunset Plaza : un bel hôtel avec une belle piscine et une belle vue sur Downtown. Un petit déjeuner copieux en buffet compris dans le prix. Seul bémol, on donnait sur Sunset Boulevard et on entendait la circulation des voitures. A l’accueil, bien élevés mais sans plus, on dira « un peu coincés ».
Avis sur Los Angeles : 12/20 comme je m’y attendais, ville très étendue avec beaucoup de circulation. Non, il n’y a pas rien à voir dans cette ville, par contre je comprends qu’on n’aime pas. Je suis content d’y être allé et de ne pas avoir été pressé par le temps, je suis loin d’avoir tout vu. Par contre j’étais quand même content d’en partir car pour moi ce que j’attendais le plus du voyage c’était les Parcs Nationaux (je suis plus nature que ville) ! Mention spéciale au Griffith Observatory.
La suite au prochain numéro…
Maintenant le voyage point par point dans l’ordre chronologique, les points forts, les points faibles, les hôtels etc… 18 jours ça passe vite, trop vite, j’aurais bien aimé que ça dure un peu plus longtemps avant le retour dans mon cher pays, rester plus longtemps dans certains endroits, en découvrir d’autres… Ca sera pour plus tard, je l’espère !
Au fait, des photos suivront sans doute dans la partie carnet de voyages du site. Même si je ne suis pas photographe, ni pro, ni amateur ! Donc ne pas s’attendre à de la haute qualité !
Los Angeles :
Arrivée à destination avec 30 minutes de retard (vol Air France), le vol s’est bien passé, le survol du Groenland a été un beau moment, la baie d’Hudson et ses icebergs aussi, puis enfin les Etats-Unis !
Les formalités à l’aéroport se passent assez vite, problème nos valises arrivent en dernier… Donc finalement on sort assez tard de l’aéroport, direction Alamo en prenant la navette. Et là premier mécontentement (le gros point noir du voyage !! voir plus tard !) concernant Alamo : une attente interminable, seulement 2 guichets d’ouverts (1h30 !!), alors qu’on avait déjà réservé la voiture plusieurs mois à l’avance. Finalement, c’est notre tour, le monsieur nous demande si on est d’accord de ne pas payer le supplément jeune conducteur et de prendre à la place de notre Pontiac G6 un mini SUV (Nissan Rogue). Nous sommes d’accord ! A dépenser de l’argent, autant que ce ne soit pas dans des taxes, mais dans le choix d’un beau véhicule ! (du coup Alamo se rattrape sur le premier sentiment négatif, mais ça sera de courte durée…)
Universal Studios (VIP Tour) : seul point négatif, que tout soit en anglais de A à Z donc des fois on a du mal à comprendre… Mais sinon, c’est super ! Ca nous a permis de faire toutes les attractions, car la queue en ce mardi 23 juin dans certaines attractions est assez impressionnante. Ma préférée : Jurassic Park. La visite des studios et des ateliers est assez intéressante, mais là encore la langue est une barrière pour tout comprendre.
Warner Bros Studios Tour : là encore c’était très bien, mis à part la barrière de la langue. Je ne comprends pas qu’ils n’aient pas encore songés à des traductions comme à Disneyland Paris, m’enfin on est en Amérique ! Dans certaines parties, interdiction de prendre des photos, et interdiction de filmer tout court. Mouais…
Griffith : une merveille, la vue sur la ville est super, on voit aussi le signe Hollywood sans les poteaux télégraphiques et autres fils électriques. D’ailleurs après Griffith on s’approchera au maximum des lettres ! L’intérieur de l’observatoire est intéressant.
Beverly Hills : C’est cossu, de belles villas, de belles pelouses… C’est vraiment à expérimenter.
Hollywood, Walk Of Fame : beaucoup de monde, c’est fatigant, on photographie l’étoile de Michael, sans savoir qu’il va mourir le lendemain… On visite le musée de cire, celui de Paris est mieux.
Michael : le jeudi 25 je vais faire un petit tour sur internet pour vérifier ma boîte mail et Qu’est ce que j’apprends, la mort de Michael à Los Angeles ! On décide de se rendre à UCLA, guidés par les hélicoptères. Une foule pas si impressionnante que ça, en fait il y a plus de journalistes que de fans ou de curieux.
Hôtel Best Western Sunset Plaza : un bel hôtel avec une belle piscine et une belle vue sur Downtown. Un petit déjeuner copieux en buffet compris dans le prix. Seul bémol, on donnait sur Sunset Boulevard et on entendait la circulation des voitures. A l’accueil, bien élevés mais sans plus, on dira « un peu coincés ».
Avis sur Los Angeles : 12/20 comme je m’y attendais, ville très étendue avec beaucoup de circulation. Non, il n’y a pas rien à voir dans cette ville, par contre je comprends qu’on n’aime pas. Je suis content d’y être allé et de ne pas avoir été pressé par le temps, je suis loin d’avoir tout vu. Par contre j’étais quand même content d’en partir car pour moi ce que j’attendais le plus du voyage c’était les Parcs Nationaux (je suis plus nature que ville) ! Mention spéciale au Griffith Observatory.
La suite au prochain numéro…
Avis sur séjour à Rome du 12 au 17 août? English translation pending
Bonjour, une occasion et l'envie m'ont permis de trouver des billets et un hôtel pour Rome du 12 au 17 aout prochain ( nous ne craignons pas la chaleur !!)
J'essaie d'établir un programme de visites, même si je pense que l'ambiance aidant nous allons nous laisser vivre au gré des humeurs. J'aimerai avoir des idées, des conseils, etc..
Mercredi : arrivée vers 10 h à l'aéroport. Quid l'après midi ?
Jeudi : Le vatican . Que faire pour éviter la queue ?
Vendredi : Ostie
Samedi : Villa Borghese, le centre et les fontaines
Dimanche : Rome Antique
Lundi : Catacombes et centre puis aeroport
Nous sommes 4 ( 2 adultes et 2 ados )
Merci pour les futurs renseignements.
a+
Mon premier voyage en trike: Bras - Silhac - Bras (France) English translation pending
Dimanche 24 mai 2009:
C’est dur de partir et de quitter le confort de la maison… A 11h je me décide enfin et fait demi-tour après 100m: impossible de passer sur le grand plateau. Arrêt au stand pour régler la fourchette du dérailleur: ça commence fort. Après 5mn de réglage c’est reparti et cette fois-ci c’est la bonne, je quitte enfin Bras. Il me faudra presque1h30 pour faire les 10 bornes qui me séparent de St Maximin mais ça je le savais depuis mon petit week-end de 3 jours le 1er mai et ça me convient: le trike en cyclo-camping c’est pas rapide. Par contre ce qui est nouveau par rapport au 1er mai c’est la canicule; 3 semaines avant je me suis fait avoir par le rapport entre le soleil et la position allongée du trike et cette fois-ci j’ai pris la crème solaire donc pas de soucis mais pour la chaleur j’ai rien, y'a pas la clim' sur un trike.
Après un petit arrêt pour casser la croûte à St Maximin je repars vers 13h15 en direction de Rians et je sais que ça va être dur: c’est tout droit ou presque, en plein soleil quasiment sans ombre et ça monte presque tout le temps, régulièrement certes mais ça monte quand même. Après plus d’une heure à ce régime là je jette l’éponge: ça circule beaucoup en cet après-midi de retour de week-end de l’ascension, les 38, 05 et autres 74 ou 73 ont visiblement quitté la plage moins tôt que prévu et semblent pressés de rattraper le retard, le cagnard frappe sans pitié, le bitume dégage une chaleur insupportable et malgré des arrêts au moindre coin d’ombre il me paraît urgent d’attendre. Je m’éloigne un peu de la route m’arrête à l’ombre d’un arbre et fais une pause d’une heure trente environ.
Quand je redémarre je sais que j'ai encore 3km à en ch… mais qu'une fois dans la grande ligne droite (la seule de tout le Var) qui avoisine les 4, 5km tout devrait s'arranger. Sauf qu'en voiture ou à moto le relief apparaît différemment et je m'aperçois que la fameuse ligne droite descend sur 1km environ puis remonte sur 3, 5…
J’arrive à Rians vers 17h, mon objectif (St Paul les Durance) n’est plus qu’à 13km et comme ça descend jusque là en suivant la vallée de l’Abéou je n’hésite pas, ça devrait le faire facilement. Finalement c'était pas si simple cette "descente" faite de faux plats tantôt montants tantôt descendants et je suis quand même content d’arriver à la Durance: après environ 45km je suis plus très frais. Je vois de suite la pancarte indiquant le camping sauf que quand j’y arrive la personne à qui je m’adresse me dit que le camping est fermé depuis 2 ans, que c’est devenu une résidence de loisirs avec des mobil homes mais que comme "on n'est pas des sauvages vous pouvez plantez la tente où vous voulez, les blocs sanitaires fonctionnent toujours et l'eau de la douche est chaude". Merci beaucoup m'sieur parce que je me voyais pas continuer ce soir.
J'ai à peine commencé à sortir la tente qu'un autre cyclo-voyageur arrive à son tour; il est hollandais et arrive de l'autre pays du fromage avec Nice pour destination; pas de bol je suis tombé sur le seul hollandais au monde qui ne parle pas français (j'exagère peut être un peu d'accord) et je passe donc la soirée à travailler mon anglais.
Lundi 25 mai 2009:
Réveil à 7h pour mon voisin et moi, habillage, p'tit déj', pliage de la tente, rangement des affaires et à 8h30 je suis prêt à partir. Jusqu'au pont de Mirabeau ça descend et ça fait du bien de commencer la journée comme ça. Le problème c'est qu'après ça grimpe jusqu'à Grambois ou presque; je me fais déposer par tous les vélos qui passent quelque soit l'âge ou le sexe du "moteur" mais je garde le moral. A 11h pause pain au chocolat à Grambois; 17 km en 2 heures et demie on est loin de la performance mais tout va bien: je n'ai mal nulle part si ce n'est au dessus du genou gauche, côté mécanique pas de souci à part une vis qui maintient le dossier qui s'est barrée mais avec un hauban sur deux je tiendrai bien jusqu'à Buis les Baronnies où Serge devrait pouvoir me trouver une solution. Je repars vers 11h30 en sachant que les prochains kilomètres seront les plus durs depuis le départ avec l'ascension du col de l'Aire Deï Masco perché à 696m soit, en gros un dénivelé de 400m sur 10km.
Au début c'est plus un faux plat montant qu'une vraie montée, je vais pas vite mais ça va et je ne m'arrête qu'à chaque borne kilométrique pour souffler un peu et boire un coup. Mais après Vitrolles en Lubéron les choses se corsent: il reste 250m à grimper sur 4 km en plein cagnard maintenant et je trouve mes limites et celles de mon plateau de 26 dents; pour le Ventoux on attendra un peu je crois. Alors je compte les traits des lignes de rive: chaque trait fait 3m, entre 2 traits il y a 3, 50m et tous les 25 traits je m'arrête pour souffler; ben 25 traits même si ça ne fait que 162, 50m c'est parfois très très long…
Au sommet du col, après la traditionnelle photo souvenir (mon 1er col en tricycle) je file dans la descente vers Céreste. Il est 14h15 quand j'y arrive et je décide m'accorder une pause d'au moins 2h avant de repartir vers Rustrel où j'espère arriver ce soir. Après le casse croûte je me tape la sieste sur un banc jusqu'à 16h où je me trouve un café pour un petit rafraîchissement bien mérité.
A 16h30 c'est reparti: descente vers Apt puis après 4km sur la nationale petite route à droite très sympa et très vallonnée (je peste à chaque fois que ça descend parce que ça veut dire que ça va remonter après alors qu'une route toute plate aurait été le rêve absolu mais c'est le jeu) avec une tendance à la montée quand même puisqu'on remonte la vallée du Calavon. Après avoir étudié un peu plus la carte je décide de ne pas passer par Rustrel mais par Oppedette.
Sauf que les 2 derniers km avant Oppedette font passer de moins de 400m à 525 et en fin de journée après le col quelques heures plus tôt c'est vraiment dur. Aussi quand au bar où je m'arrête je demande à la dame s'il y a un camping dans ce magnifique décor et qu'elle me répond qu'il faut faire 6km de plus je décide de trouver un coin pour dormir sur place: 50km c'est assez pour aujourd'hui. Un tandem avec une remorque débarque et le couple qui en descend étant alsacien la discussion est plus facile que la veille et on va planter nos tentes au dessus des gorges d'Oppedette. Le repas face aux gorges à discuter de transport écologique avant d'aller se coucher est un souvenir inoubliable.
Mardi 26 mai 2009:
Lever 6h00 et départ à 7h30 aujourd'hui pour essayer d'aller "plus vite" que le soleil. Jusqu'à Simiane il y a 6km qui m'en paraissent 12 (ça monte fort avant de redescendre) mais quand j'arrive à la boulangerie le café/pain au chocolat me redonnent le moral. Des clients me disent que jusqu'à St Christol je vais en ch… Il y a plus de 200m à grimper sur un peu plus de 4km mais après ça devrait être plat. Et c'est à ce moment là que les nuages menaçants qui approchaient depuis le matin décident de craquer: enfilage de la veste de pluie que je quitterai rapidement, c'était juste passager, ouf. Dans la montée je reprends le comptage des traits pour marquer mes pauses mais par lots de 50 cette fois-ci, c'est déjà mieux que la veille pour une pente à peine inférieure et finalement j'arrive sans gros souci à St Christol après avoir vu apparaître le majestueux Ventoux dans le paysage.
Après une petite pause je repars en direction de Sault mais là c'est un régal puisque ça descend quasiment tout le temps. Il est l'heure de déjeuner, le bar face au Ventoux est ouvert et donc je m'arrête pour un sandwich bien mérité au milieu de plein de cyclistes venus se frotter au Géant de Provence. A 14h15 je repars pour essayer d'être avant ce soir à Buis les Baronnies ce qui ce matin ne me paraissait pas gagné d'avance mais maintenant largement faisable malgré le col de Fontaube (155m sur 4km puis 3, 5km quasiment plats) qui m'attend à Savoillan.
Jusque là ça descend et peu après 15h j'attaque le col et je m'aperçois rapidement que la DDE locale a complètement déliré. A la bifurcation pour le col il est indiqué à 7km mais après à peine 200m je suis déjà à la borne n°1 de la D41 que j'emprunte. Mais ce n'est pas tout: 100m après une 2ème borne visiblement plus vieille mais aussi marquée du n°1. Et ce n'est toujours pas tout: tous les km le phénomène va se reproduire mais avec de plus en plus d'écart entre le nouveau bornage et l'ancien ce qui fait que je franchirai le col après la borne n°7 du nouveau bornage mais après la borne n°8 de l'ancien; étonnant non? Ceci dit à mon grand étonnement ce col est passé tout seul en moins d'1h15 et vers 16h30 j'ai rejoint la D5 ce qui me permet d'être à l'atelier de Serge avant 17h.
Je suis heureux de le voir; il est débordé mais résout mon petit problème technique de vis qui joue la fille de l'air en la remplaçant (ainsi que l'autre toujours là) par un boulon complet monté au frein filet et avec un écrou nylstop; le trike se sera désintégré autour que les boulons seront encore là: merci Serge. A 19h direction le camping pour une douche bien mérité après les 70km d'aujourd'hui.
Mercredi 27 mai 2009:
Je retourne voir Serge et après un café il fait quelques réglages sur mon trike. Pour ma part je vais faire un tour à la recherche d'une boulangerie, je flâne au marché, apprécie le concert tzigane puis retourne voir Serge. Pour rejoindre la vallée du Rhône il me conseille de passer par le col d'Ey (718m) puis le col de la Sausse (791m) pour dormir à Bourdeaux tout en me prévenant que je vais en ch… dans le 2ème col, je crois même déceler un doute quant au fait que je serai le soir même à Bourdeaux.
A 11h00 je pars en direction du col d'Ey (320m en 5km) où je vais déjà beaucoup souffrir: il fait très chaud et j'accuse un peu le coup après les 3 premiers jours. Au sommet je prends le temps de souffler et je me permets même de faire sécher mon linge avant de repartir. La route descend jusqu'à la D94 où une aire de pique-nique me tend les bras pour la pause de midi; à plus de 14h… Je repars vers 15h30 pour le col de la Sausse: 500m à grimper en 13km environ avec plus de 400m sur les 8 derniers: ça va pas rigoler. Jusqu'à St Ferréol Trente pas ça avance tranquillement dans de longs faux plats montants mais il est déjà 17h quand j'y arrive et le plus dur est à venir.
Les choses sérieuses commencent dans les gorges de Trente pas et se corsent peu à peu jusqu'au sommet. Comme le paysage est magnifique je prends des photos dans tous les sens et ces 2h d'ascension (pour 8km) entrecoupés par une petite pause tous les km passeront finalement assez vite. A 19h j'arrive au sommet avec un mistral à décorner les cocus, je fais vite la photos d'usage, j'enfile le coupe-vent et me lance dans la descente de 20km qui s'offre à moi. 45mn plus tard je suis au camping de Bourdeaux. Après mon installation je vais au village me manger une pizza devant la finale de la Champion's League dans une ambiance chaleureuse et passionnée bienvenue après une journée de 60km bien seul.
Jeudi 28 mai 2009:
Aujourd'hui c'est mon anniversaire et si mes calculs sont bons je devrais arriver ce soir chez mon copain d'enfance qui est le prétexte de ce petit voyage. Comme je n'avais aucune idée de mon rythme potentiel je ne l'ai même pas prévenu, on verra bien. Je sais que le début de la journée va être cool puisque les 50 premiers kilomètres consistent à partir de Bourdeaux à rejoindre la vallée de la Drôme à Crest puis à la suivre jusqu'au Rhône à La Voulte.
Effectivement tout se passe comme prévu: mis à part une belle côte peu après Saou qui passera somme toute sans souci. La route entre Crest et Livron est un peu trop fréquentée à mon goût et surtout la partie bitumée à droite de la ligne de rive parfois un peu étroite à mon goût mais les kilomètres défilent vite (pour moi) et avant midi j'ai parcouru les 50kms prévus.
A propos de la façon de circuler en vélo j'ai noté un truc: lorsque je circule sur la même voie que les voitures les automobilistes généralement laissent un bon espace pour doubler (pas forcément les 1, 50m obligatoires mais 1m c'est déjà pas mal. Par contre si je roule sur la partie bitumée à droite la ligne de rive (lorsqu'elle est assez large) ils semblent considérer que nous sommes sur 2 routes différentes et ne font aucun effort pour s'écarter. Dommage…
A La Voulte je m'arrête dans un kebab pour prendre quelques forces car je sais que le final jusqu'à chez mon pote est un vrai mur à escalader. A 13h30 c'est reparti en direction de St Laurent du Pape pour remonter la vallée de l'Eyrieux jusqu'à Dunière avant de bifurquer en direction de Silhac (ma destination finale).
Au début tout va bien, je remonte l'Eyrieux certes mais la pente n'est pas terrible. Par contre cette vallée est une horreur pour les vélos: la ville industrielle du Cheylard qui se trouve 50km plus haut génère un trafic de camions incroyable et entre eux et les voitures qui roulent comme des malades je ne me suis jamais senti autant en danger que dans cette portion là. A tel point qu'à plusieurs reprises j'ai été jusqu'à rouler le plus à gauche possible de la voie de droite pour clairement signifier au véhicule qui arrivait que c'est moi qui décidait de l'endroit où il pourrait me doubler.
Vers 15h je suis à Dunières au pied du "mur final": jusqu'à chez mon pote qui habite 7km avant Silhac il y a 8 km qui se décompose ainsi: 4, 5km pour monter de 200m, redescente de presque 1km pour perdre 50m puis 2, 5km de montée pour reprendre 250m jusqu'à la Combe de Reynier où il habite. Et encore ça c'est si je me plante pas de route: je n'ai pris cet itinéraire qu'une fois, c'était en voiture et dans l'autre sens… Par précaution j'arrête un cycliste qui commençait son effort (le pauvre) pour lui demander confirmation et forcément on parle vélo couché…
En fait ça monte bien sur les premiers 4, 5km pas de surprise mais en y allant régulièrement avec une pause tous les km ça va, ça descend bien sur presque 1km après mais alors la suite… Les derniers 2, 5km sont de la folie pour moi… Quand j'aperçois la maison de mon copain de l'autre côté de la combe je me rend compte que le plus dur reste à faire: 200m à grimper sur moins de 2 bornes avec des passages à près de 15%. La cagnard donne à plein, et je dois rouler à moins de 3km/h en cherchant l'ombre du moindre rocher ou arbre bordant la route. Sur cette première partie de voyage j'ai d'ailleurs noté que les montées sont toujours en plein soleil; vous me direz que quand on va vers le nord c'est un peu logique…
Finalement j'arrive à destination où je vais me reposer 3 jours en cueillant des cerises, des fraises, débroussaillant la colline, briser de la roche au marteau piqueur pour faire une terrasse… Finalement le vélo c'est pas si fatigant…
Lundi 1er juin 2009:
Après ces 3 jours, ma foi fort agréables, il est temps de prendre le chemin du retour. Avec mes hôtes nous avons étudié les différentes options et c'est la plus dure que j'ai retenue pour rejoindre les Gorges de l'Ardèche. Plutôt que de passer par Privas je vais rallier Le Cheylard puis franchir le col de Mézilhac (1119m) avant de rallier Aubenas. L'option par Privas semblait plus facile mais en consultant attentivement le dénivelé (merci openrunner) je suis arrivé à la conclusion que seuls les 12 derniers kilomètres du col de Mézihlac seraient vraiment durs, mais comme on n'y est pas encore revenons dans la combe de Reynier.
Je quitte mes amis peu après 10h en direction de Silhac; ça monte très fort au début (pas top pour s'échauffer) mais après ça se calme un peu et en moins de 45 minutes j'ai parcouru les 7km qui me séparent de Silhac où je prends la direction de Chalencon. J'ai à peine parcouru quelques centaines de mètres que je suis arrêté par une dame qui me dit que de tels efforts méritent bien une récompense et demande à son mari en train de cueillir des cerises dans un de ses arbres de descendre le panier pour m'en proposer. Je sors mon quart qui est vite plein et après avoir discuté un peu avec mes bienfaiteurs je reprends l'ascension vers Chalencon où j'arrive rapidement.
Arrêt à la boulangerie pour acheter du pain, et j'entame la descente vers la vallée de l'Eyrieux. La route est étroite, sacrément défoncée et descend raide donc ça secoue grave. J'ai les boules en pensant que tout ça sera largement remonté lors de l'ascension du col de Mézilhac mais y'a pas le choix. Arrivé au niveau de l'Eyrieux à Pont de Chervil je prends la direction du Cheylard. Elle est plus large que la première partie et comme on est le lundi de Pentecôte y'a pas de camions pour l'encombrer. C'est un long faux plat montant jusqu'au Cheylard ou j'arrive vers 14h. Petit arrêt repas devant l'église, puis café et à 15h30 départ pour les 22km de l'ascension du col de Mézilhac (689m à monter…).
D'après mes pronostics jusqu'à Dornas à 10km de là ça devrait être assez facile et si j'y trouve un camping je prévois d'y passer la nuit. Et effectivement c'est facile comme ascension 230m sur 10km, c'est presque un plaisir et à 17h je suis à Dornas. Alors que j'y arrive j'aperçois à ma plus grande joie l'indication du camping à 700m de là. Comme le fléchage ne paraît pas des plus clairs je demande à une dame si le camping est bien dans la direction du col et après m'avoir répondu oui elle ajoute: - mais bougez pas de là la petite va aller chercher mon mari. - heu oui pourquoi? - parce que ça fait un moment qu'il me parle de ces engins là et qu'il voudrait les voir de plus près…
Voilà le mari qui arrive, la conversation se prolonge un verre à la main dans le salon puis par un accompagnement jusqu'au camping pour quelques photos du trike sans ses bagages en vue d'une auto construction et après la douche et la lessive par un succulent repas chez eux. Après cette petite étape de reprise (à peine 45km) ça fait du bien.
Mardi 2 juin 2009:
Lever tranquille à 7h30, pour un départ prévu à 9h mais qui sera retardé d'une demi heure pour cause de discussion avec mon voisin belge faisant un tour de France à vélo et qui a une étape de 150km prévue aujourd'hui puis avec un couple de retraité en fourgon aménagé mais adepte du voyage en tandem et qui envisage de passer au vélo couché.
Bon aller faut rouler maintenant et si les 5 kilomètres pour débuter seront juste un peu plus dur que la montée depuis le Cheylard mais sommes toute raisonnables les 7km restant à partir de Sardige devraient être nettement plus costauds. Mon calcul s'avère juste je vais finalement mettre 3h pour parcourir les 12km, encouragé par tous ceux qui me doublent (dont le couple de tandemistes) ou me croisent notamment les motards qui ne manquent jamais de me saluer et de me soutenir.
Au sommet je fais la photo qui s'impose avant de plonger dans la descente de 30 bornes jusqu'à Aubenas ou je cherche un peu ma route à cause des tronçons interdits aux vélos pour lesquels on ne flèche pas les itinéraires à suivre (interdire est plus facile que guider?). Petit arrêt au McDo (oui je sais c'est pas bien) pour me sustenter avant de reprendre la route pour rejoindre les Gorges de l'Ardèche.
Le soleil tape fort et lorsque je passe à Vogüé (prononcer Vogoué) un thermomètre affiche 35°c, je me disais aussi… Au pied d'une petite montée alors que je fais une petite pause à l'ombre je suis dépassé, enrhumé serait plutôt le mot juste par un papy de 70 ans fier comme Artaban sur son VTC équipé d'un moteur Bionix sur la roue avant et d'un autre sur la roue arrière. Sans doute pas très légal mais diablement efficace.
Après une petite pause "diabolo-citron" à Ruoms je repars en direction de Vallon Pont d'Arc. Je croise un couple en vélo les salue et continue lorsque 200m plus loin je m'aperçois que le monsieur a fait demi-tour, m'a rattrapé (aucun mérite…) et on commence à causer des trikes en anglais (il est hollandais) et en roulant à 20km/h jusqu'au carrefour suivant où il refait demi-tour.
J'arrive à Vallon Pont d'Arc vers 17h et vais m'installer au camping tranquillement, puis après la douche je me trouve un plat de lasagne avant d'aller prendre une glace dans Vallon Pont d'Arc. Je m'installe à une terrasse de café pour regarder tranquillement France-Nigéria puis regagne mon camping pour un repos bien mérité après les 80km parcourus aujourd'hui. Demain les Gorges de l'Ardèche m'attendent et je sais que ce ne sera pas qu'une partie de plaisir; je ne sais pas encore que la nuit ne va pas se passer tout à fait comme prévu...
Nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin 2009:
Vous trouvez bizarre un chapitre consacré à la nuit? Vous allez voir que même si je n'ai pas fait un seul kilomètre la nuit de 2 au 3 juin 2009 mérite bien un chapitre pour elle toute seule… Donc après ma soirée à Vallon Pont d'Arc je rentre au camping et me couche à 23h30. Comme il fait assez chaud je n'ai pas monté le double toit et ai laissé la porte de la tente grande ouverte pour pouvoir dormir la tête dans les étoiles.
Vers 0h30/1h00 (c'est une évaluation) je suis dérangé dans mon sommeil par des bruits de plastique et j'entraperçoit une forme qui s'enfuit, interprétant le tout comme un chat ou un chien qui fouillerait un sac plastique. Je me tourne de l'autre côté et me rendors.
A 3h du matin (cette fois j'en suis sûr) je sors du duvet pour aller satisfaire un besoin naturel et cherche dans une semi obscurité mes sandales que j'ai laissé devant la tente. Ne les trouvant pas je sors la frontale et dois me rendre à l'évidence: elles ont disparu. Je sors de la tente pieds nus et balaie les environs du faisceau de ma lampe: rien. Enfin si, ma trousse de toilette que j'avais aussi laissée devant la tente s'est déplacée de 4m… J'élargis le rayon de mes recherches et vais vérifier la présence de mes chaussures de vélo que j'avais glissées sous le tapis de sol: P….! Il en manque une…
Je commence à me dire que pour faire les Gorges de l'Ardèche le lendemain je vais avoir l'air un peu c.. avec une seule chaussure avant de la retrouver à 10m de la tente ainsi qu'une des 2 sandales. Je retrouve un peu le sourire et après un petit tour aux toilettes je retourne me coucher non sans avoir tout rentré dans la tente et fermé celle-ci: l'expérience est le nom qu'on donne à nos erreurs disait Oscar Wilde…
Vous croyez que la nuit va se terminer tranquillement? Que nenni, le meilleur est à venir, enfin le meilleur… A 3h30 alors que je suis tranquillement dans les bras de Morphée (qui, hélas est un homme je le rappelle) je prends un coup de patte en plein milieu du front avec seulement l'épaisseur de la porte de la tente entre elle et moi. Oui j'ai bien dit (et écrit) un coup de patte: porté bien à plat, un coup franc et massif mais heureusement sans griffes.
En 3/10° de seconde je me suis réveillé avec un état de conscience de 15 (sur 15 maximum) sur l'échelle de Glasgow, j'ai regardé l'heure, j'ai enfilé un short, j'ai ouvert la porte, j'ai pris la lampe, je l'ai allumée et j'ai bondi dehors prêt à affronter je ne sais quel adversaire. Bon c'est vrai j'exagère un peu mais un coup de patte à travers la tronche en plein sommeil je peux vous dire que ça réveille bien, essayez vous verrez.
L'adversaire est là, à 5m de moi, magnifique dans le faisceau de ma lampe, bien campé sur ses 4 pattes, éblouissant la nuit par son pelage roux flamboyant vous l'aurez compris c'est un renard adulte qui me fixe sans rien dire. P….., je suis pas dans la m…. Nous nous regardons, les yeux dans les yeux, sans bouger. Alors c'est toi qui cherches à bouffer? Heu, monseigneur Goupil qu'est-ce qu'on fait maintenant?
N'insiste pas, je n'ai aucune intention de t'apprivoiser et de t'emmener avec moi lui dis-je tout en me disant qu'avec la chance que j'ai y'a un gamin qui va débarquer en me demandant de lui dessiner un mouton, ce serait complet et je ne sais pas dessiner les moutons. En plus je ne suis pas aviateur et mon trike n'est pas tombé en panne dans le désert et y'a pas de rose dans le coin. On ne voit bien qu'avec le cœur et l'essentiel est invisible avec les yeux tu parles, l'essentiel c'est bien avec les yeux que je le vois et je sais pas quoi faire. Parce que c'est un renard étonnant cet exemplaire là: d'ordinaire un renard en présence d'un homme il cherche qu'un chose: se carapater mais celui-là c'est un modèle spécial, inventé que pour moi, lorsque j'avance il recule et si je recule ben… il avance (et donc comment veux-tu, comment veux-tu que je… dorme).
Mon compagnon au poil de carotte, entame alors un étrange manège: il commence à tourner autour de la tente (et donc de moi) toujours à 5m environ. Je le suis avec le faisceau de la lampe en priant St Duracell, Ste Varta et Stevie Wonder réunis pour que les piles durent vraiment plus longtemps… Plus sérieusement pendant ce temps je cogite à 100 à l'heure: que faire? Attaquer franchement? Oui, enfin visiblement il a super faim et m'approcher de sa gueule ne me tente pas plus que ça. Prendre le téléphone et faire le 18? Pour dire quoi aux pompiers à 3h30 du matin? Excusez-moi de vous réveiller mais y'a un renard il fait rien que m'embêter? Réveiller les voisins? Ils s'en foutent, eux ils dorment…
Je me résous à prendre le téléphone, je regarde l'heure 3h40, déjà 10mn que ça dure… J'ai le téléphone mais je ne fais pas le numéro: une corrida depuis 10mn avec un renard les pompiers croiront que je me fous de leur g….. A 3h45 Goupil décide qu'il est temps d'en finir… et s'en va. Comme ça, d'un coup…
J'attends une dizaine de minutes pour voir s'il ne revient pas. Bon aller cette fois dodo. Et cette fois la nuit se déroulera normalement jusqu'au réveil à 7h du matin. Je regrette juste de ne pas avoir pris quelques photos.
Mercredi 3 juin 2009:
Après cette nuit agitée je commence par chercher ma 2° sandale toujours aux abonnés absents. Je la trouve à plus de 30m de la tente avec la sangle coupée: le salaud il me l'a vraiment bouffée. En regardant plus attentivement celle que j'avais retrouvée dans la nuit je m'aperçois que la sangle n'est pas coupée mais entaillée en plusieurs endroits. Je fonce vérifier les chaussures de vélo, ouf celle qu'il m'avait emprutée n'a rien.
Après le rangement du camp je passe à la réception prévenir le responsable du camping. Vous êtes sûr que c'est pas un blaireau? Ben oui on s'est regardé pendant un quart d'heure ça créé des liens et ça permet d'imprimer facilement. Je lui montre les sandales: ah oui ça c'est pas un blaireau… On se disait bien qu'il y avait un souci puisque ça fait plusieurs matins qu'on trouve des sacs poubelles éventrés mais on pensait que c'était un blaireau…
Je commence à me dire que le blaireau c'est ce matin que je l'ai en face de moi et lui suggère de voir avec la préfecture ce qu'il faut faire, parce que si un gamin essaie de donner à manger au "gentil renard" ça peut mal se finir. D'autant plus qu'apparemment la semaine d'avant y'avait une "bande de jeunes" qui avait la mauvaise habitude de se coucher tard, bourrés en laissant la bouffe du repas du soir dehors et maître Goupil doit avoir pris un abonnement à ce resto si sympa et trouver que l'adresse est bonne. C'est vrai que c'est plus facile que de chasser.
Bon après le petit déjeuner pris au bar du camping je pars pour les Gorges de l'Ardèche à 9h30, le soleil commence déjà à taper, ça promet… Les premiers kilomètres tout va bien: je suis le cours de l'Ardèche dans le sens du courant et à son niveau donc globalement ça descend. Je prends la photo obligatoire du Pont d'Arc et continue.
Lorsque je coupe le ruisseau du Tiourre ça se gâte. C'est à cet endroit là que la route s'élève pour continuer sur le plateau qui surplombe le canyon qu'a creusé l'Ardèche. Et elle s'élève de 250m sur 3km environ avec des passages à plus de 15%… Pour faire ces 3km je vais mettre près d'une heure… Pas reluisant je sais… Et c'est pas fini.
Parce que les Gorges de l'Ardèche à partir de là c'est une succession de descentes dans des combes pour en remonter; à chaque fois moins haut c'est vrai mais à chaque fois ça remonte quand même. Heureusement que le paysage est magnifique et que les arrêts photos s'imposent régulièrement (comment ça prétexte bidon parce qu'en fait je suis épuisé? J'en vois qui rigolent devant leur écran mais j'ai les noms…).
Finalement j'arrive à St Martin d'Ardèche vers 14h30, j'ai mis 5h pour traverser les Gorges (40km environ), je pense que d'autres ont fait nettement mieux… Je décide de tirer jusqu'à Pont St Esprit à 10km de là par la N86 (pas le choix mais après les Gorges de l'Ardèche ça fait bizarre…) pour y faire la pause déjeuner. Je me tâte pour la suite mais finalement décide de continuer sur Bagnols sur Cèze qui doit être une charmante petite ville avec un camping accueillant.
Tu parles… Lorsque du sommet de la côte je découvre Bagnols, je crois d'abord que j'ai roulé tellement vite que je suis arrivé à Nîmes (rêve mon garçon, rêve…) et je décide illico de ne pas m'y arrêter. "Grâce" à la centrale de Marcoules la ville a explosé démographiquement et c'est "trop gros" pour moi. Noyé dans le flot de la circulation j'ai hâte d'en sortir le plus vite possible. Un mec en camionnette fait ronfler son moteur dans mon dos, sans doute pour que j'avance plus vite, ma seule réponse est de me déporter à gauche de ma voie: il patientera.
La police nationale m'ayant dit qu'il y a avait un camping à Laudun-l'Ardoise j'y "fonce" par la route de Nîmes beaucoup trop fréquentée à mon goût et y arrive à 19h15. C'est le camping le plus cher de mon parcours (le seul 3 étoiles) à l'affichage (10€) mais celui où je paierai le moins cher finalement (5€) sans négocier quoi que ce soit. Le temps passé à discuter avec son propriétaire le soir y est sans doute pour quelque chose. Je ne plante même pas la tente, je déplie le matelas autogonflant sur une terrasse de mobil-home: on est 3 clients dans le camping, ça ne gène personne.
Le soir je vais au village manger une pizza pour prendre des forces pour le lendemain: après les 70km d'aujourd'hui j'aimerais bien me rapprocher le plus possible de chez moi demain et atteindre Pertuis si c'est possible ce qui me ferait frôler les 100km distance jamais atteinte pour l'instant. J'avais d'abord prévu de passer par les Alpilles mais comme la météo annonce de fortes pluies pour samedi les Baux de Provence ce sera pour une autre fois. J'espère que les renards dorment aussi…
Jeudi 4 juin 2009:
Lever à 6h00 pour un départ à 7h00 après avoir salué mon hôte. Il m'a indiqué la façon la plus directe de gagner St Laurent des Arbres et je commence donc par des petites routes à travers la campagne. Je fais un petit détour pour éviter d'avoir à franchir une colline ce qui me fait passer par un chemin de terre que n'appréciera pas mon porte-bagages (dessoudé à 2 endroits) mais me retrouve rapidement à St Laurent des Arbres où je m'arrête pour prendre un café.
Pour aligner des bornes plus facilement je prends la N580 pour les 25km les moins drôles de mon parcours jusqu'à la sortie d'Avignon que je contourne par la rocade (j'aurais pu gagner du temps en traversant la ville mais j'avais peur de me perdre un peu). Sur ces 25km je vais me retrouver au milieu du flot de voiture avec ceci dit un souvenir impérissable de la descente sur Avignon par la N100 à des vitesses que je vous raconte pas, de toutes façons je n'ai pas de compteur…
A 10h00 je suis en Avignon, je m'arrête dans une zone commerciale pour me sustenter un peu. Mon prochain objectif c'est de rallier Cavaillon avant le déjeuner. La N7 est large, la circulation y est moindre et c'est presque agréable. J'arrive à Cavaillon avant midi, la brasserie du centre commercial à la sortie de la ville tombe à point. Je vais m'y reposer 1h30 pour prendre des forces pour l'après-midi. J'ai fait 55km ce matin et je me dis que pour Pertuis qui n'est plus qu'à une grosse quarantaine de km ça devrait le faire.
A 13h30 je reprends la route qui est large, pas trop fréquentée à mon goût même si je la trouve un peu lassante. Par contre une vraie bonne surprise: je trouve que je roule bien (enfin à mon niveau). Je me suis penché sur la carte à Cavaillon et j'ai changé mes plans: au lieu de passer par Pertuis je vais bifurquer à Mallemort, puis tirer par des petites routes (enfin…) sur Peyrolles en Provence par La Roque d'Anthéron et Le Puy Ste Réparade. Je ne pense pas arriver à Peyrolles ce soir mais cet itinéraire m'assure quasiment d'être chez moi demain soir ce que je n'aurais certainement pas parié hier matin.
Il n'est même pas 15h30 quand j'arrive à Mallemort et que je m'engage sur une petite route très sympa (quasiment pas fréquentée). Plus je roule plus je suis étonné d'avancer aussi vite, les kilomètres défilent sans fatigue ni douleur et je me prends à rêver que je dormirai peut être ce soir à Peyrolles. A La Roque d'Anthéron une pause "diabolo-citron" s'impose et lorsque le patron me dit qu'il y a plus de 15km pour Le Puy Ste Réparade je me dis que je vais sans doute commencer à ralentir dans cette portion, ça peut pas durer…
Tu parles, en moins d'une heure j'y suis et tout va toujours très bien alors que je dois approcher les 90km. Je me dis que quand ça rigole comme ça faut pas laisser refroidir la machine, allez on continue direction Peyrolles où j'arrive peu avant 18h. Je m'arrête pour boire un coup puis après m'être rendu compte qu'il n'y avait aucun camping et étant toujours en bonne forme je décide de pousser jusqu'à Jouques à 6km de là. A la sortie de Peyrolles y'a une bonne côte mais à mon grand étonnement elle passe sans soucis.
A Jouques, 30mn plus tard, pas de camping non plus. Comme je ne suis plus à 12 ou 13km près je ne m'arrête même pas et mets le cap sur Rians ou j'arrive vers 20h00. Le problème c'est que là il faut impérativement que je trouve un camping, non pas parce que je suis fatigué (la forme est toujours là et je ne me l'explique toujours pas) mais parce que la nuit arrive. Je ne suis plus qu'à 35km de la maison mais même si vu le relief qui m'en sépare et la forme que je semble avoir ce serait jouable ce soir, je n'ai aucune chance d'y arriver avant la nuit donc l'arrêt c'est maintenant ou… Ou rien c'est maintenant quitte à dormir dans un champ ou sous un porche d'église. J'ai beau cherché, aucun camping n'est indiqué, pourtant j'étais quasiment sûr qu'il y en avait un à Rians.
"Ca avance vachement bien votre truc et en plus c'est marrant!!!" me lance un jeune qui bricole une bagnole avec un copain. On vous a doublé tout à l'heure vous venez de loin?". "Ce matin j'étais à 30km au nord d'Avignon" "Ah ouais quand même..." Avant que mes chevilles n'enflent trop j'enchaîne: "Et là, après plus de 100 bornes, j'aimerais bien trouver un camping". "Ben c'est facile, y'en a un ici, à 200m vous prenez à gauche et à partir de là c'est fléché, c'est juste à côté du stade." "Merci!!!"
5 minutes après je suis au camping, toujours sans douleur, et je m'installe à côté de 2 couples de retraités, cyclistes en camping-car qui viennent passer quelques jours ici à enchaîner les balades de 60 à 80 km. Evidemment on passe une bonne heure à parler vélo couché. Après quoi je vais me balader dans le village en espérant trouver quelque chose d'ouvert. Peine perdue, même pas un bar qui ferait un peu nocturne. Je rentre au camping, pour mon dernier soir ce sera pain et saucisson tant pis. Je décide de ne pas monter la tente, la pluie n'est annoncée que pour demain après midi et normalement je serai arrivé à la maison.
Un mois après je n'ai toujours pas compris comment j'avais pu faire une telle étape en étant même pas fatigué le soir. Après vérification ce jour là j'ai fait environ 133km en 13h dont 3h30 de pauses environ soit une moyenne de 14km/h sur le temps de roulage. Dans un premier temps je me suis dit que ça descendait tout le temps (c'était mon impression) donc que je n'avais aucun mérite mais après vérification si ça descendait effectivement jusqu'à Avignon, à partir de là ça n'a pas cesser de monter ou presque D'après openrunner je suis monté de 823m et descendu seulement de 474m; ramené sur plus de 130km ça ne fait pas grand-chose mais globalement ça montait. Mon prochain voyage m'en dira sans doute plus.
Vendredi 5 juin 2009:
J'avais prévu de ne me lever qu'à 7h vu que je suis à moins de 35km de chez moi mais à 6h00 du matin pétantes des gouttes de pluie me réveillent et je bats en retraite dans le bloc sanitaire. Je range mes affaires, et attends un peu que la pluie s'arrête. A 7h00 je décolle, je ne reverrai pas la pluie. Je sais que je vais commencer par monter un peu avant de me retrouver dans la longue ligne droite prise le 1er jour dans l'autre sens et qu'après il n'y aura plus aucune montée. Je mets 1h15 pour les 9 km qui me séparent du sommet de la côte qui clôture la ligne droite (je paie sans doute un peu les efforts de la veille) et fonce dans la descente qui m'emmène à St Maximin 14km plus loin et où j'arrive à 8h45.
Et là d'un coup j'ai le blues. Je n'ai plus que 10 bornes à faire et je sais que mon voyage sera fini dans 45mn si je pars tout de suite alors je traîne. Je m'installe à la terrasse d'un café et je prends mon petit déjeuner tranquillement
A 10h je pars mais je m'arrête au jardin public un peu plus loin et fais une pause de 15mn. Pas fatigué mais toujours pas envie de rentrer…
Bon aller, faut que je m'y résolve, les vacances sont finies, je prends la route de Bras où j'arrive à 11h pour m'apercevoir que je suis à la porte de chez moi parce que j'ai oublié de partir avec mes clefs. Comme je n'ai prévenu personne de mon avancée plus rapide que prévu pour ne pas inquiéter mes proches au cas où j'aurais 2mn de retard je vais attendre une heure de plus devant ma porte.
Epilogue:
Mon parcours total approche les 700km pour 9 jours et un peu plus de 2h de route ce qui n'a rien d'une performance, on le sait tous. Ceci dit ce premier voyage m'a pleinement satisfait parce que… je l'ai fait. Avec des moments de moins bien, des moments de mieux, mais je l'ai fait. J'ai rencontré plein de gens sympas et je n'ai qu'une hâte: recommencer.
Un seul regret: ne pas avoir fait le parcours prévu par les Alpilles puisqu'en fait il n'a pas plu. Comme dit le vieux proverbe breton: qui trop regarde la météo passe sa vie au bistrot.
Ah au fait au sujet de mon renard de Vallon Pont d'Arc, et bien vous me croirez si vous voulez mais depuis, rien. Pas une carte postale, pas une lettre, pas un e-mail, pas un coup de fil… rien! Après la nuit qu'on a passé ensemble il aurait pu faire un effort, non? Y'a des partenaires nocturnes je vous jure, de vrais goujats!!!
Pour ceux que ça intéressent:
Le tracé est là: http://www.openrunner.com/...d=292111&lang=fr
Les photos sont là: http://picasaweb.google.com/yvesg83/VoyageEnArdecheDu24MaiAu05Juin2009#
C’est dur de partir et de quitter le confort de la maison… A 11h je me décide enfin et fait demi-tour après 100m: impossible de passer sur le grand plateau. Arrêt au stand pour régler la fourchette du dérailleur: ça commence fort. Après 5mn de réglage c’est reparti et cette fois-ci c’est la bonne, je quitte enfin Bras. Il me faudra presque1h30 pour faire les 10 bornes qui me séparent de St Maximin mais ça je le savais depuis mon petit week-end de 3 jours le 1er mai et ça me convient: le trike en cyclo-camping c’est pas rapide. Par contre ce qui est nouveau par rapport au 1er mai c’est la canicule; 3 semaines avant je me suis fait avoir par le rapport entre le soleil et la position allongée du trike et cette fois-ci j’ai pris la crème solaire donc pas de soucis mais pour la chaleur j’ai rien, y'a pas la clim' sur un trike.
Après un petit arrêt pour casser la croûte à St Maximin je repars vers 13h15 en direction de Rians et je sais que ça va être dur: c’est tout droit ou presque, en plein soleil quasiment sans ombre et ça monte presque tout le temps, régulièrement certes mais ça monte quand même. Après plus d’une heure à ce régime là je jette l’éponge: ça circule beaucoup en cet après-midi de retour de week-end de l’ascension, les 38, 05 et autres 74 ou 73 ont visiblement quitté la plage moins tôt que prévu et semblent pressés de rattraper le retard, le cagnard frappe sans pitié, le bitume dégage une chaleur insupportable et malgré des arrêts au moindre coin d’ombre il me paraît urgent d’attendre. Je m’éloigne un peu de la route m’arrête à l’ombre d’un arbre et fais une pause d’une heure trente environ.
Quand je redémarre je sais que j'ai encore 3km à en ch… mais qu'une fois dans la grande ligne droite (la seule de tout le Var) qui avoisine les 4, 5km tout devrait s'arranger. Sauf qu'en voiture ou à moto le relief apparaît différemment et je m'aperçois que la fameuse ligne droite descend sur 1km environ puis remonte sur 3, 5…
J’arrive à Rians vers 17h, mon objectif (St Paul les Durance) n’est plus qu’à 13km et comme ça descend jusque là en suivant la vallée de l’Abéou je n’hésite pas, ça devrait le faire facilement. Finalement c'était pas si simple cette "descente" faite de faux plats tantôt montants tantôt descendants et je suis quand même content d’arriver à la Durance: après environ 45km je suis plus très frais. Je vois de suite la pancarte indiquant le camping sauf que quand j’y arrive la personne à qui je m’adresse me dit que le camping est fermé depuis 2 ans, que c’est devenu une résidence de loisirs avec des mobil homes mais que comme "on n'est pas des sauvages vous pouvez plantez la tente où vous voulez, les blocs sanitaires fonctionnent toujours et l'eau de la douche est chaude". Merci beaucoup m'sieur parce que je me voyais pas continuer ce soir.
J'ai à peine commencé à sortir la tente qu'un autre cyclo-voyageur arrive à son tour; il est hollandais et arrive de l'autre pays du fromage avec Nice pour destination; pas de bol je suis tombé sur le seul hollandais au monde qui ne parle pas français (j'exagère peut être un peu d'accord) et je passe donc la soirée à travailler mon anglais.
Lundi 25 mai 2009:
Réveil à 7h pour mon voisin et moi, habillage, p'tit déj', pliage de la tente, rangement des affaires et à 8h30 je suis prêt à partir. Jusqu'au pont de Mirabeau ça descend et ça fait du bien de commencer la journée comme ça. Le problème c'est qu'après ça grimpe jusqu'à Grambois ou presque; je me fais déposer par tous les vélos qui passent quelque soit l'âge ou le sexe du "moteur" mais je garde le moral. A 11h pause pain au chocolat à Grambois; 17 km en 2 heures et demie on est loin de la performance mais tout va bien: je n'ai mal nulle part si ce n'est au dessus du genou gauche, côté mécanique pas de souci à part une vis qui maintient le dossier qui s'est barrée mais avec un hauban sur deux je tiendrai bien jusqu'à Buis les Baronnies où Serge devrait pouvoir me trouver une solution. Je repars vers 11h30 en sachant que les prochains kilomètres seront les plus durs depuis le départ avec l'ascension du col de l'Aire Deï Masco perché à 696m soit, en gros un dénivelé de 400m sur 10km.
Au début c'est plus un faux plat montant qu'une vraie montée, je vais pas vite mais ça va et je ne m'arrête qu'à chaque borne kilométrique pour souffler un peu et boire un coup. Mais après Vitrolles en Lubéron les choses se corsent: il reste 250m à grimper sur 4 km en plein cagnard maintenant et je trouve mes limites et celles de mon plateau de 26 dents; pour le Ventoux on attendra un peu je crois. Alors je compte les traits des lignes de rive: chaque trait fait 3m, entre 2 traits il y a 3, 50m et tous les 25 traits je m'arrête pour souffler; ben 25 traits même si ça ne fait que 162, 50m c'est parfois très très long…
Au sommet du col, après la traditionnelle photo souvenir (mon 1er col en tricycle) je file dans la descente vers Céreste. Il est 14h15 quand j'y arrive et je décide m'accorder une pause d'au moins 2h avant de repartir vers Rustrel où j'espère arriver ce soir. Après le casse croûte je me tape la sieste sur un banc jusqu'à 16h où je me trouve un café pour un petit rafraîchissement bien mérité.
A 16h30 c'est reparti: descente vers Apt puis après 4km sur la nationale petite route à droite très sympa et très vallonnée (je peste à chaque fois que ça descend parce que ça veut dire que ça va remonter après alors qu'une route toute plate aurait été le rêve absolu mais c'est le jeu) avec une tendance à la montée quand même puisqu'on remonte la vallée du Calavon. Après avoir étudié un peu plus la carte je décide de ne pas passer par Rustrel mais par Oppedette.
Sauf que les 2 derniers km avant Oppedette font passer de moins de 400m à 525 et en fin de journée après le col quelques heures plus tôt c'est vraiment dur. Aussi quand au bar où je m'arrête je demande à la dame s'il y a un camping dans ce magnifique décor et qu'elle me répond qu'il faut faire 6km de plus je décide de trouver un coin pour dormir sur place: 50km c'est assez pour aujourd'hui. Un tandem avec une remorque débarque et le couple qui en descend étant alsacien la discussion est plus facile que la veille et on va planter nos tentes au dessus des gorges d'Oppedette. Le repas face aux gorges à discuter de transport écologique avant d'aller se coucher est un souvenir inoubliable.
Mardi 26 mai 2009:
Lever 6h00 et départ à 7h30 aujourd'hui pour essayer d'aller "plus vite" que le soleil. Jusqu'à Simiane il y a 6km qui m'en paraissent 12 (ça monte fort avant de redescendre) mais quand j'arrive à la boulangerie le café/pain au chocolat me redonnent le moral. Des clients me disent que jusqu'à St Christol je vais en ch… Il y a plus de 200m à grimper sur un peu plus de 4km mais après ça devrait être plat. Et c'est à ce moment là que les nuages menaçants qui approchaient depuis le matin décident de craquer: enfilage de la veste de pluie que je quitterai rapidement, c'était juste passager, ouf. Dans la montée je reprends le comptage des traits pour marquer mes pauses mais par lots de 50 cette fois-ci, c'est déjà mieux que la veille pour une pente à peine inférieure et finalement j'arrive sans gros souci à St Christol après avoir vu apparaître le majestueux Ventoux dans le paysage.
Après une petite pause je repars en direction de Sault mais là c'est un régal puisque ça descend quasiment tout le temps. Il est l'heure de déjeuner, le bar face au Ventoux est ouvert et donc je m'arrête pour un sandwich bien mérité au milieu de plein de cyclistes venus se frotter au Géant de Provence. A 14h15 je repars pour essayer d'être avant ce soir à Buis les Baronnies ce qui ce matin ne me paraissait pas gagné d'avance mais maintenant largement faisable malgré le col de Fontaube (155m sur 4km puis 3, 5km quasiment plats) qui m'attend à Savoillan.
Jusque là ça descend et peu après 15h j'attaque le col et je m'aperçois rapidement que la DDE locale a complètement déliré. A la bifurcation pour le col il est indiqué à 7km mais après à peine 200m je suis déjà à la borne n°1 de la D41 que j'emprunte. Mais ce n'est pas tout: 100m après une 2ème borne visiblement plus vieille mais aussi marquée du n°1. Et ce n'est toujours pas tout: tous les km le phénomène va se reproduire mais avec de plus en plus d'écart entre le nouveau bornage et l'ancien ce qui fait que je franchirai le col après la borne n°7 du nouveau bornage mais après la borne n°8 de l'ancien; étonnant non? Ceci dit à mon grand étonnement ce col est passé tout seul en moins d'1h15 et vers 16h30 j'ai rejoint la D5 ce qui me permet d'être à l'atelier de Serge avant 17h.
Je suis heureux de le voir; il est débordé mais résout mon petit problème technique de vis qui joue la fille de l'air en la remplaçant (ainsi que l'autre toujours là) par un boulon complet monté au frein filet et avec un écrou nylstop; le trike se sera désintégré autour que les boulons seront encore là: merci Serge. A 19h direction le camping pour une douche bien mérité après les 70km d'aujourd'hui.
Mercredi 27 mai 2009:
Je retourne voir Serge et après un café il fait quelques réglages sur mon trike. Pour ma part je vais faire un tour à la recherche d'une boulangerie, je flâne au marché, apprécie le concert tzigane puis retourne voir Serge. Pour rejoindre la vallée du Rhône il me conseille de passer par le col d'Ey (718m) puis le col de la Sausse (791m) pour dormir à Bourdeaux tout en me prévenant que je vais en ch… dans le 2ème col, je crois même déceler un doute quant au fait que je serai le soir même à Bourdeaux.
A 11h00 je pars en direction du col d'Ey (320m en 5km) où je vais déjà beaucoup souffrir: il fait très chaud et j'accuse un peu le coup après les 3 premiers jours. Au sommet je prends le temps de souffler et je me permets même de faire sécher mon linge avant de repartir. La route descend jusqu'à la D94 où une aire de pique-nique me tend les bras pour la pause de midi; à plus de 14h… Je repars vers 15h30 pour le col de la Sausse: 500m à grimper en 13km environ avec plus de 400m sur les 8 derniers: ça va pas rigoler. Jusqu'à St Ferréol Trente pas ça avance tranquillement dans de longs faux plats montants mais il est déjà 17h quand j'y arrive et le plus dur est à venir.
Les choses sérieuses commencent dans les gorges de Trente pas et se corsent peu à peu jusqu'au sommet. Comme le paysage est magnifique je prends des photos dans tous les sens et ces 2h d'ascension (pour 8km) entrecoupés par une petite pause tous les km passeront finalement assez vite. A 19h j'arrive au sommet avec un mistral à décorner les cocus, je fais vite la photos d'usage, j'enfile le coupe-vent et me lance dans la descente de 20km qui s'offre à moi. 45mn plus tard je suis au camping de Bourdeaux. Après mon installation je vais au village me manger une pizza devant la finale de la Champion's League dans une ambiance chaleureuse et passionnée bienvenue après une journée de 60km bien seul.
Jeudi 28 mai 2009:
Aujourd'hui c'est mon anniversaire et si mes calculs sont bons je devrais arriver ce soir chez mon copain d'enfance qui est le prétexte de ce petit voyage. Comme je n'avais aucune idée de mon rythme potentiel je ne l'ai même pas prévenu, on verra bien. Je sais que le début de la journée va être cool puisque les 50 premiers kilomètres consistent à partir de Bourdeaux à rejoindre la vallée de la Drôme à Crest puis à la suivre jusqu'au Rhône à La Voulte.
Effectivement tout se passe comme prévu: mis à part une belle côte peu après Saou qui passera somme toute sans souci. La route entre Crest et Livron est un peu trop fréquentée à mon goût et surtout la partie bitumée à droite de la ligne de rive parfois un peu étroite à mon goût mais les kilomètres défilent vite (pour moi) et avant midi j'ai parcouru les 50kms prévus.
A propos de la façon de circuler en vélo j'ai noté un truc: lorsque je circule sur la même voie que les voitures les automobilistes généralement laissent un bon espace pour doubler (pas forcément les 1, 50m obligatoires mais 1m c'est déjà pas mal. Par contre si je roule sur la partie bitumée à droite la ligne de rive (lorsqu'elle est assez large) ils semblent considérer que nous sommes sur 2 routes différentes et ne font aucun effort pour s'écarter. Dommage…
A La Voulte je m'arrête dans un kebab pour prendre quelques forces car je sais que le final jusqu'à chez mon pote est un vrai mur à escalader. A 13h30 c'est reparti en direction de St Laurent du Pape pour remonter la vallée de l'Eyrieux jusqu'à Dunière avant de bifurquer en direction de Silhac (ma destination finale).
Au début tout va bien, je remonte l'Eyrieux certes mais la pente n'est pas terrible. Par contre cette vallée est une horreur pour les vélos: la ville industrielle du Cheylard qui se trouve 50km plus haut génère un trafic de camions incroyable et entre eux et les voitures qui roulent comme des malades je ne me suis jamais senti autant en danger que dans cette portion là. A tel point qu'à plusieurs reprises j'ai été jusqu'à rouler le plus à gauche possible de la voie de droite pour clairement signifier au véhicule qui arrivait que c'est moi qui décidait de l'endroit où il pourrait me doubler.
Vers 15h je suis à Dunières au pied du "mur final": jusqu'à chez mon pote qui habite 7km avant Silhac il y a 8 km qui se décompose ainsi: 4, 5km pour monter de 200m, redescente de presque 1km pour perdre 50m puis 2, 5km de montée pour reprendre 250m jusqu'à la Combe de Reynier où il habite. Et encore ça c'est si je me plante pas de route: je n'ai pris cet itinéraire qu'une fois, c'était en voiture et dans l'autre sens… Par précaution j'arrête un cycliste qui commençait son effort (le pauvre) pour lui demander confirmation et forcément on parle vélo couché…
En fait ça monte bien sur les premiers 4, 5km pas de surprise mais en y allant régulièrement avec une pause tous les km ça va, ça descend bien sur presque 1km après mais alors la suite… Les derniers 2, 5km sont de la folie pour moi… Quand j'aperçois la maison de mon copain de l'autre côté de la combe je me rend compte que le plus dur reste à faire: 200m à grimper sur moins de 2 bornes avec des passages à près de 15%. La cagnard donne à plein, et je dois rouler à moins de 3km/h en cherchant l'ombre du moindre rocher ou arbre bordant la route. Sur cette première partie de voyage j'ai d'ailleurs noté que les montées sont toujours en plein soleil; vous me direz que quand on va vers le nord c'est un peu logique…
Finalement j'arrive à destination où je vais me reposer 3 jours en cueillant des cerises, des fraises, débroussaillant la colline, briser de la roche au marteau piqueur pour faire une terrasse… Finalement le vélo c'est pas si fatigant…
Lundi 1er juin 2009:
Après ces 3 jours, ma foi fort agréables, il est temps de prendre le chemin du retour. Avec mes hôtes nous avons étudié les différentes options et c'est la plus dure que j'ai retenue pour rejoindre les Gorges de l'Ardèche. Plutôt que de passer par Privas je vais rallier Le Cheylard puis franchir le col de Mézilhac (1119m) avant de rallier Aubenas. L'option par Privas semblait plus facile mais en consultant attentivement le dénivelé (merci openrunner) je suis arrivé à la conclusion que seuls les 12 derniers kilomètres du col de Mézihlac seraient vraiment durs, mais comme on n'y est pas encore revenons dans la combe de Reynier.
Je quitte mes amis peu après 10h en direction de Silhac; ça monte très fort au début (pas top pour s'échauffer) mais après ça se calme un peu et en moins de 45 minutes j'ai parcouru les 7km qui me séparent de Silhac où je prends la direction de Chalencon. J'ai à peine parcouru quelques centaines de mètres que je suis arrêté par une dame qui me dit que de tels efforts méritent bien une récompense et demande à son mari en train de cueillir des cerises dans un de ses arbres de descendre le panier pour m'en proposer. Je sors mon quart qui est vite plein et après avoir discuté un peu avec mes bienfaiteurs je reprends l'ascension vers Chalencon où j'arrive rapidement.
Arrêt à la boulangerie pour acheter du pain, et j'entame la descente vers la vallée de l'Eyrieux. La route est étroite, sacrément défoncée et descend raide donc ça secoue grave. J'ai les boules en pensant que tout ça sera largement remonté lors de l'ascension du col de Mézilhac mais y'a pas le choix. Arrivé au niveau de l'Eyrieux à Pont de Chervil je prends la direction du Cheylard. Elle est plus large que la première partie et comme on est le lundi de Pentecôte y'a pas de camions pour l'encombrer. C'est un long faux plat montant jusqu'au Cheylard ou j'arrive vers 14h. Petit arrêt repas devant l'église, puis café et à 15h30 départ pour les 22km de l'ascension du col de Mézilhac (689m à monter…).
D'après mes pronostics jusqu'à Dornas à 10km de là ça devrait être assez facile et si j'y trouve un camping je prévois d'y passer la nuit. Et effectivement c'est facile comme ascension 230m sur 10km, c'est presque un plaisir et à 17h je suis à Dornas. Alors que j'y arrive j'aperçois à ma plus grande joie l'indication du camping à 700m de là. Comme le fléchage ne paraît pas des plus clairs je demande à une dame si le camping est bien dans la direction du col et après m'avoir répondu oui elle ajoute: - mais bougez pas de là la petite va aller chercher mon mari. - heu oui pourquoi? - parce que ça fait un moment qu'il me parle de ces engins là et qu'il voudrait les voir de plus près…
Voilà le mari qui arrive, la conversation se prolonge un verre à la main dans le salon puis par un accompagnement jusqu'au camping pour quelques photos du trike sans ses bagages en vue d'une auto construction et après la douche et la lessive par un succulent repas chez eux. Après cette petite étape de reprise (à peine 45km) ça fait du bien.
Mardi 2 juin 2009:
Lever tranquille à 7h30, pour un départ prévu à 9h mais qui sera retardé d'une demi heure pour cause de discussion avec mon voisin belge faisant un tour de France à vélo et qui a une étape de 150km prévue aujourd'hui puis avec un couple de retraité en fourgon aménagé mais adepte du voyage en tandem et qui envisage de passer au vélo couché.
Bon aller faut rouler maintenant et si les 5 kilomètres pour débuter seront juste un peu plus dur que la montée depuis le Cheylard mais sommes toute raisonnables les 7km restant à partir de Sardige devraient être nettement plus costauds. Mon calcul s'avère juste je vais finalement mettre 3h pour parcourir les 12km, encouragé par tous ceux qui me doublent (dont le couple de tandemistes) ou me croisent notamment les motards qui ne manquent jamais de me saluer et de me soutenir.
Au sommet je fais la photo qui s'impose avant de plonger dans la descente de 30 bornes jusqu'à Aubenas ou je cherche un peu ma route à cause des tronçons interdits aux vélos pour lesquels on ne flèche pas les itinéraires à suivre (interdire est plus facile que guider?). Petit arrêt au McDo (oui je sais c'est pas bien) pour me sustenter avant de reprendre la route pour rejoindre les Gorges de l'Ardèche.
Le soleil tape fort et lorsque je passe à Vogüé (prononcer Vogoué) un thermomètre affiche 35°c, je me disais aussi… Au pied d'une petite montée alors que je fais une petite pause à l'ombre je suis dépassé, enrhumé serait plutôt le mot juste par un papy de 70 ans fier comme Artaban sur son VTC équipé d'un moteur Bionix sur la roue avant et d'un autre sur la roue arrière. Sans doute pas très légal mais diablement efficace.
Après une petite pause "diabolo-citron" à Ruoms je repars en direction de Vallon Pont d'Arc. Je croise un couple en vélo les salue et continue lorsque 200m plus loin je m'aperçois que le monsieur a fait demi-tour, m'a rattrapé (aucun mérite…) et on commence à causer des trikes en anglais (il est hollandais) et en roulant à 20km/h jusqu'au carrefour suivant où il refait demi-tour.
J'arrive à Vallon Pont d'Arc vers 17h et vais m'installer au camping tranquillement, puis après la douche je me trouve un plat de lasagne avant d'aller prendre une glace dans Vallon Pont d'Arc. Je m'installe à une terrasse de café pour regarder tranquillement France-Nigéria puis regagne mon camping pour un repos bien mérité après les 80km parcourus aujourd'hui. Demain les Gorges de l'Ardèche m'attendent et je sais que ce ne sera pas qu'une partie de plaisir; je ne sais pas encore que la nuit ne va pas se passer tout à fait comme prévu...
Nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin 2009:
Vous trouvez bizarre un chapitre consacré à la nuit? Vous allez voir que même si je n'ai pas fait un seul kilomètre la nuit de 2 au 3 juin 2009 mérite bien un chapitre pour elle toute seule… Donc après ma soirée à Vallon Pont d'Arc je rentre au camping et me couche à 23h30. Comme il fait assez chaud je n'ai pas monté le double toit et ai laissé la porte de la tente grande ouverte pour pouvoir dormir la tête dans les étoiles.
Vers 0h30/1h00 (c'est une évaluation) je suis dérangé dans mon sommeil par des bruits de plastique et j'entraperçoit une forme qui s'enfuit, interprétant le tout comme un chat ou un chien qui fouillerait un sac plastique. Je me tourne de l'autre côté et me rendors.
A 3h du matin (cette fois j'en suis sûr) je sors du duvet pour aller satisfaire un besoin naturel et cherche dans une semi obscurité mes sandales que j'ai laissé devant la tente. Ne les trouvant pas je sors la frontale et dois me rendre à l'évidence: elles ont disparu. Je sors de la tente pieds nus et balaie les environs du faisceau de ma lampe: rien. Enfin si, ma trousse de toilette que j'avais aussi laissée devant la tente s'est déplacée de 4m… J'élargis le rayon de mes recherches et vais vérifier la présence de mes chaussures de vélo que j'avais glissées sous le tapis de sol: P….! Il en manque une…
Je commence à me dire que pour faire les Gorges de l'Ardèche le lendemain je vais avoir l'air un peu c.. avec une seule chaussure avant de la retrouver à 10m de la tente ainsi qu'une des 2 sandales. Je retrouve un peu le sourire et après un petit tour aux toilettes je retourne me coucher non sans avoir tout rentré dans la tente et fermé celle-ci: l'expérience est le nom qu'on donne à nos erreurs disait Oscar Wilde…
Vous croyez que la nuit va se terminer tranquillement? Que nenni, le meilleur est à venir, enfin le meilleur… A 3h30 alors que je suis tranquillement dans les bras de Morphée (qui, hélas est un homme je le rappelle) je prends un coup de patte en plein milieu du front avec seulement l'épaisseur de la porte de la tente entre elle et moi. Oui j'ai bien dit (et écrit) un coup de patte: porté bien à plat, un coup franc et massif mais heureusement sans griffes.
En 3/10° de seconde je me suis réveillé avec un état de conscience de 15 (sur 15 maximum) sur l'échelle de Glasgow, j'ai regardé l'heure, j'ai enfilé un short, j'ai ouvert la porte, j'ai pris la lampe, je l'ai allumée et j'ai bondi dehors prêt à affronter je ne sais quel adversaire. Bon c'est vrai j'exagère un peu mais un coup de patte à travers la tronche en plein sommeil je peux vous dire que ça réveille bien, essayez vous verrez.
L'adversaire est là, à 5m de moi, magnifique dans le faisceau de ma lampe, bien campé sur ses 4 pattes, éblouissant la nuit par son pelage roux flamboyant vous l'aurez compris c'est un renard adulte qui me fixe sans rien dire. P….., je suis pas dans la m…. Nous nous regardons, les yeux dans les yeux, sans bouger. Alors c'est toi qui cherches à bouffer? Heu, monseigneur Goupil qu'est-ce qu'on fait maintenant?
N'insiste pas, je n'ai aucune intention de t'apprivoiser et de t'emmener avec moi lui dis-je tout en me disant qu'avec la chance que j'ai y'a un gamin qui va débarquer en me demandant de lui dessiner un mouton, ce serait complet et je ne sais pas dessiner les moutons. En plus je ne suis pas aviateur et mon trike n'est pas tombé en panne dans le désert et y'a pas de rose dans le coin. On ne voit bien qu'avec le cœur et l'essentiel est invisible avec les yeux tu parles, l'essentiel c'est bien avec les yeux que je le vois et je sais pas quoi faire. Parce que c'est un renard étonnant cet exemplaire là: d'ordinaire un renard en présence d'un homme il cherche qu'un chose: se carapater mais celui-là c'est un modèle spécial, inventé que pour moi, lorsque j'avance il recule et si je recule ben… il avance (et donc comment veux-tu, comment veux-tu que je… dorme).
Mon compagnon au poil de carotte, entame alors un étrange manège: il commence à tourner autour de la tente (et donc de moi) toujours à 5m environ. Je le suis avec le faisceau de la lampe en priant St Duracell, Ste Varta et Stevie Wonder réunis pour que les piles durent vraiment plus longtemps… Plus sérieusement pendant ce temps je cogite à 100 à l'heure: que faire? Attaquer franchement? Oui, enfin visiblement il a super faim et m'approcher de sa gueule ne me tente pas plus que ça. Prendre le téléphone et faire le 18? Pour dire quoi aux pompiers à 3h30 du matin? Excusez-moi de vous réveiller mais y'a un renard il fait rien que m'embêter? Réveiller les voisins? Ils s'en foutent, eux ils dorment…
Je me résous à prendre le téléphone, je regarde l'heure 3h40, déjà 10mn que ça dure… J'ai le téléphone mais je ne fais pas le numéro: une corrida depuis 10mn avec un renard les pompiers croiront que je me fous de leur g….. A 3h45 Goupil décide qu'il est temps d'en finir… et s'en va. Comme ça, d'un coup…
J'attends une dizaine de minutes pour voir s'il ne revient pas. Bon aller cette fois dodo. Et cette fois la nuit se déroulera normalement jusqu'au réveil à 7h du matin. Je regrette juste de ne pas avoir pris quelques photos.
Mercredi 3 juin 2009:
Après cette nuit agitée je commence par chercher ma 2° sandale toujours aux abonnés absents. Je la trouve à plus de 30m de la tente avec la sangle coupée: le salaud il me l'a vraiment bouffée. En regardant plus attentivement celle que j'avais retrouvée dans la nuit je m'aperçois que la sangle n'est pas coupée mais entaillée en plusieurs endroits. Je fonce vérifier les chaussures de vélo, ouf celle qu'il m'avait emprutée n'a rien.
Après le rangement du camp je passe à la réception prévenir le responsable du camping. Vous êtes sûr que c'est pas un blaireau? Ben oui on s'est regardé pendant un quart d'heure ça créé des liens et ça permet d'imprimer facilement. Je lui montre les sandales: ah oui ça c'est pas un blaireau… On se disait bien qu'il y avait un souci puisque ça fait plusieurs matins qu'on trouve des sacs poubelles éventrés mais on pensait que c'était un blaireau…
Je commence à me dire que le blaireau c'est ce matin que je l'ai en face de moi et lui suggère de voir avec la préfecture ce qu'il faut faire, parce que si un gamin essaie de donner à manger au "gentil renard" ça peut mal se finir. D'autant plus qu'apparemment la semaine d'avant y'avait une "bande de jeunes" qui avait la mauvaise habitude de se coucher tard, bourrés en laissant la bouffe du repas du soir dehors et maître Goupil doit avoir pris un abonnement à ce resto si sympa et trouver que l'adresse est bonne. C'est vrai que c'est plus facile que de chasser.
Bon après le petit déjeuner pris au bar du camping je pars pour les Gorges de l'Ardèche à 9h30, le soleil commence déjà à taper, ça promet… Les premiers kilomètres tout va bien: je suis le cours de l'Ardèche dans le sens du courant et à son niveau donc globalement ça descend. Je prends la photo obligatoire du Pont d'Arc et continue.
Lorsque je coupe le ruisseau du Tiourre ça se gâte. C'est à cet endroit là que la route s'élève pour continuer sur le plateau qui surplombe le canyon qu'a creusé l'Ardèche. Et elle s'élève de 250m sur 3km environ avec des passages à plus de 15%… Pour faire ces 3km je vais mettre près d'une heure… Pas reluisant je sais… Et c'est pas fini.
Parce que les Gorges de l'Ardèche à partir de là c'est une succession de descentes dans des combes pour en remonter; à chaque fois moins haut c'est vrai mais à chaque fois ça remonte quand même. Heureusement que le paysage est magnifique et que les arrêts photos s'imposent régulièrement (comment ça prétexte bidon parce qu'en fait je suis épuisé? J'en vois qui rigolent devant leur écran mais j'ai les noms…).
Finalement j'arrive à St Martin d'Ardèche vers 14h30, j'ai mis 5h pour traverser les Gorges (40km environ), je pense que d'autres ont fait nettement mieux… Je décide de tirer jusqu'à Pont St Esprit à 10km de là par la N86 (pas le choix mais après les Gorges de l'Ardèche ça fait bizarre…) pour y faire la pause déjeuner. Je me tâte pour la suite mais finalement décide de continuer sur Bagnols sur Cèze qui doit être une charmante petite ville avec un camping accueillant.
Tu parles… Lorsque du sommet de la côte je découvre Bagnols, je crois d'abord que j'ai roulé tellement vite que je suis arrivé à Nîmes (rêve mon garçon, rêve…) et je décide illico de ne pas m'y arrêter. "Grâce" à la centrale de Marcoules la ville a explosé démographiquement et c'est "trop gros" pour moi. Noyé dans le flot de la circulation j'ai hâte d'en sortir le plus vite possible. Un mec en camionnette fait ronfler son moteur dans mon dos, sans doute pour que j'avance plus vite, ma seule réponse est de me déporter à gauche de ma voie: il patientera.
La police nationale m'ayant dit qu'il y a avait un camping à Laudun-l'Ardoise j'y "fonce" par la route de Nîmes beaucoup trop fréquentée à mon goût et y arrive à 19h15. C'est le camping le plus cher de mon parcours (le seul 3 étoiles) à l'affichage (10€) mais celui où je paierai le moins cher finalement (5€) sans négocier quoi que ce soit. Le temps passé à discuter avec son propriétaire le soir y est sans doute pour quelque chose. Je ne plante même pas la tente, je déplie le matelas autogonflant sur une terrasse de mobil-home: on est 3 clients dans le camping, ça ne gène personne.
Le soir je vais au village manger une pizza pour prendre des forces pour le lendemain: après les 70km d'aujourd'hui j'aimerais bien me rapprocher le plus possible de chez moi demain et atteindre Pertuis si c'est possible ce qui me ferait frôler les 100km distance jamais atteinte pour l'instant. J'avais d'abord prévu de passer par les Alpilles mais comme la météo annonce de fortes pluies pour samedi les Baux de Provence ce sera pour une autre fois. J'espère que les renards dorment aussi…
Jeudi 4 juin 2009:
Lever à 6h00 pour un départ à 7h00 après avoir salué mon hôte. Il m'a indiqué la façon la plus directe de gagner St Laurent des Arbres et je commence donc par des petites routes à travers la campagne. Je fais un petit détour pour éviter d'avoir à franchir une colline ce qui me fait passer par un chemin de terre que n'appréciera pas mon porte-bagages (dessoudé à 2 endroits) mais me retrouve rapidement à St Laurent des Arbres où je m'arrête pour prendre un café.
Pour aligner des bornes plus facilement je prends la N580 pour les 25km les moins drôles de mon parcours jusqu'à la sortie d'Avignon que je contourne par la rocade (j'aurais pu gagner du temps en traversant la ville mais j'avais peur de me perdre un peu). Sur ces 25km je vais me retrouver au milieu du flot de voiture avec ceci dit un souvenir impérissable de la descente sur Avignon par la N100 à des vitesses que je vous raconte pas, de toutes façons je n'ai pas de compteur…
A 10h00 je suis en Avignon, je m'arrête dans une zone commerciale pour me sustenter un peu. Mon prochain objectif c'est de rallier Cavaillon avant le déjeuner. La N7 est large, la circulation y est moindre et c'est presque agréable. J'arrive à Cavaillon avant midi, la brasserie du centre commercial à la sortie de la ville tombe à point. Je vais m'y reposer 1h30 pour prendre des forces pour l'après-midi. J'ai fait 55km ce matin et je me dis que pour Pertuis qui n'est plus qu'à une grosse quarantaine de km ça devrait le faire.
A 13h30 je reprends la route qui est large, pas trop fréquentée à mon goût même si je la trouve un peu lassante. Par contre une vraie bonne surprise: je trouve que je roule bien (enfin à mon niveau). Je me suis penché sur la carte à Cavaillon et j'ai changé mes plans: au lieu de passer par Pertuis je vais bifurquer à Mallemort, puis tirer par des petites routes (enfin…) sur Peyrolles en Provence par La Roque d'Anthéron et Le Puy Ste Réparade. Je ne pense pas arriver à Peyrolles ce soir mais cet itinéraire m'assure quasiment d'être chez moi demain soir ce que je n'aurais certainement pas parié hier matin.
Il n'est même pas 15h30 quand j'arrive à Mallemort et que je m'engage sur une petite route très sympa (quasiment pas fréquentée). Plus je roule plus je suis étonné d'avancer aussi vite, les kilomètres défilent sans fatigue ni douleur et je me prends à rêver que je dormirai peut être ce soir à Peyrolles. A La Roque d'Anthéron une pause "diabolo-citron" s'impose et lorsque le patron me dit qu'il y a plus de 15km pour Le Puy Ste Réparade je me dis que je vais sans doute commencer à ralentir dans cette portion, ça peut pas durer…
Tu parles, en moins d'une heure j'y suis et tout va toujours très bien alors que je dois approcher les 90km. Je me dis que quand ça rigole comme ça faut pas laisser refroidir la machine, allez on continue direction Peyrolles où j'arrive peu avant 18h. Je m'arrête pour boire un coup puis après m'être rendu compte qu'il n'y avait aucun camping et étant toujours en bonne forme je décide de pousser jusqu'à Jouques à 6km de là. A la sortie de Peyrolles y'a une bonne côte mais à mon grand étonnement elle passe sans soucis.
A Jouques, 30mn plus tard, pas de camping non plus. Comme je ne suis plus à 12 ou 13km près je ne m'arrête même pas et mets le cap sur Rians ou j'arrive vers 20h00. Le problème c'est que là il faut impérativement que je trouve un camping, non pas parce que je suis fatigué (la forme est toujours là et je ne me l'explique toujours pas) mais parce que la nuit arrive. Je ne suis plus qu'à 35km de la maison mais même si vu le relief qui m'en sépare et la forme que je semble avoir ce serait jouable ce soir, je n'ai aucune chance d'y arriver avant la nuit donc l'arrêt c'est maintenant ou… Ou rien c'est maintenant quitte à dormir dans un champ ou sous un porche d'église. J'ai beau cherché, aucun camping n'est indiqué, pourtant j'étais quasiment sûr qu'il y en avait un à Rians.
"Ca avance vachement bien votre truc et en plus c'est marrant!!!" me lance un jeune qui bricole une bagnole avec un copain. On vous a doublé tout à l'heure vous venez de loin?". "Ce matin j'étais à 30km au nord d'Avignon" "Ah ouais quand même..." Avant que mes chevilles n'enflent trop j'enchaîne: "Et là, après plus de 100 bornes, j'aimerais bien trouver un camping". "Ben c'est facile, y'en a un ici, à 200m vous prenez à gauche et à partir de là c'est fléché, c'est juste à côté du stade." "Merci!!!"
5 minutes après je suis au camping, toujours sans douleur, et je m'installe à côté de 2 couples de retraités, cyclistes en camping-car qui viennent passer quelques jours ici à enchaîner les balades de 60 à 80 km. Evidemment on passe une bonne heure à parler vélo couché. Après quoi je vais me balader dans le village en espérant trouver quelque chose d'ouvert. Peine perdue, même pas un bar qui ferait un peu nocturne. Je rentre au camping, pour mon dernier soir ce sera pain et saucisson tant pis. Je décide de ne pas monter la tente, la pluie n'est annoncée que pour demain après midi et normalement je serai arrivé à la maison.
Un mois après je n'ai toujours pas compris comment j'avais pu faire une telle étape en étant même pas fatigué le soir. Après vérification ce jour là j'ai fait environ 133km en 13h dont 3h30 de pauses environ soit une moyenne de 14km/h sur le temps de roulage. Dans un premier temps je me suis dit que ça descendait tout le temps (c'était mon impression) donc que je n'avais aucun mérite mais après vérification si ça descendait effectivement jusqu'à Avignon, à partir de là ça n'a pas cesser de monter ou presque D'après openrunner je suis monté de 823m et descendu seulement de 474m; ramené sur plus de 130km ça ne fait pas grand-chose mais globalement ça montait. Mon prochain voyage m'en dira sans doute plus.
Vendredi 5 juin 2009:
J'avais prévu de ne me lever qu'à 7h vu que je suis à moins de 35km de chez moi mais à 6h00 du matin pétantes des gouttes de pluie me réveillent et je bats en retraite dans le bloc sanitaire. Je range mes affaires, et attends un peu que la pluie s'arrête. A 7h00 je décolle, je ne reverrai pas la pluie. Je sais que je vais commencer par monter un peu avant de me retrouver dans la longue ligne droite prise le 1er jour dans l'autre sens et qu'après il n'y aura plus aucune montée. Je mets 1h15 pour les 9 km qui me séparent du sommet de la côte qui clôture la ligne droite (je paie sans doute un peu les efforts de la veille) et fonce dans la descente qui m'emmène à St Maximin 14km plus loin et où j'arrive à 8h45.
Et là d'un coup j'ai le blues. Je n'ai plus que 10 bornes à faire et je sais que mon voyage sera fini dans 45mn si je pars tout de suite alors je traîne. Je m'installe à la terrasse d'un café et je prends mon petit déjeuner tranquillement
A 10h je pars mais je m'arrête au jardin public un peu plus loin et fais une pause de 15mn. Pas fatigué mais toujours pas envie de rentrer…
Bon aller, faut que je m'y résolve, les vacances sont finies, je prends la route de Bras où j'arrive à 11h pour m'apercevoir que je suis à la porte de chez moi parce que j'ai oublié de partir avec mes clefs. Comme je n'ai prévenu personne de mon avancée plus rapide que prévu pour ne pas inquiéter mes proches au cas où j'aurais 2mn de retard je vais attendre une heure de plus devant ma porte.
Epilogue:
Mon parcours total approche les 700km pour 9 jours et un peu plus de 2h de route ce qui n'a rien d'une performance, on le sait tous. Ceci dit ce premier voyage m'a pleinement satisfait parce que… je l'ai fait. Avec des moments de moins bien, des moments de mieux, mais je l'ai fait. J'ai rencontré plein de gens sympas et je n'ai qu'une hâte: recommencer.
Un seul regret: ne pas avoir fait le parcours prévu par les Alpilles puisqu'en fait il n'a pas plu. Comme dit le vieux proverbe breton: qui trop regarde la météo passe sa vie au bistrot.
Ah au fait au sujet de mon renard de Vallon Pont d'Arc, et bien vous me croirez si vous voulez mais depuis, rien. Pas une carte postale, pas une lettre, pas un e-mail, pas un coup de fil… rien! Après la nuit qu'on a passé ensemble il aurait pu faire un effort, non? Y'a des partenaires nocturnes je vous jure, de vrais goujats!!!
Pour ceux que ça intéressent:
Le tracé est là: http://www.openrunner.com/...d=292111&lang=fr
Les photos sont là: http://picasaweb.google.com/yvesg83/VoyageEnArdecheDu24MaiAu05Juin2009#
Restaurants à Rome English translation pending
bonjour
J'aimerai savoir si vous connaissez des ptis restau simpa pas trop cher à rome? et ce dans le centre de rome entre le colisee et le vatican
mci d'avance
J'aimerai savoir si vous connaissez des ptis restau simpa pas trop cher à rome? et ce dans le centre de rome entre le colisee et le vatican
mci d'avance
Scènes de vie ou photos volées? English translation pending
on a tous dans nos appareils des images de le vie quotidienne prisent dans la rue à l'insu de nos sujets, bien souvent nous faisons appel à nos téléobjectifs pour surprendre une expression, un événement ou une ambiance; cela nous apporte souvent de bonnes photos d'ambiance,
j'aimerai que nous les partagions en évitant tout ce qui est personnel, uniquement nos photos de voyage avec une description simple,
allez, je me lance 😊😊😊
1/ retour de pêche sur l'Île aux nattes ( Madagascar)
2/ repas villageois lors de la cérémonie du retournement des morts (Sainte Marie (Madagascar)
3/ l'attente des pêcheurs (Anse des cascades, La Réunion)
4/ école maternelle dans Soweto (Afrique du Sud)
5/ cette femme nous a accueilli chez elle dans Soweto 😮
6/ le pont de la rivière Saint Etienne après le cyclone Gamède à La Réunion
Retour d'une croisière sur le Costa Pacifica English translation pending
Bonjour !
ça y est... Nous sommes rentrés de vacances ce matin... C'était ma 1ere croisière... 1er bilan : MAGNIFIQUE!!! Le bateau (Pacifica), les escales, le personnel, les animations... tout était fait pour que notre croisière soit magique...
Un C/R complet + photos arrivent bientôt mais je dois vider mes valises car demain... boulot... je passe du paquebot à la galère !! 😉
A bientôt !
Karine
ça y est... Nous sommes rentrés de vacances ce matin... C'était ma 1ere croisière... 1er bilan : MAGNIFIQUE!!! Le bateau (Pacifica), les escales, le personnel, les animations... tout était fait pour que notre croisière soit magique...
Un C/R complet + photos arrivent bientôt mais je dois vider mes valises car demain... boulot... je passe du paquebot à la galère !! 😉
A bientôt !
Karine
Mai Juin 2009, 11000 km dans l'Ouest américain - toutes les photos sont de retour English translation pending
Du 13 mai au 12 juin2009, près de 11000km dans 9 états, des routes jusqu'à 3700m d'altitude
des températures de 104° F à 27°F, du soleil, de la pluie, des orages, de la neige, une "tornade"
Avant de raconter en images, voici la liste des sites visités : Californie : Imperial Dunes - Arizona : Prison de Yuma - Organ Pipe NM - Saguaro NP (W) - Sonoran Desert Museum - Old Tucson Studio - Tombstone - Colossal Cave - Apache Trail - Tonto NM - Petrified Forest NP - Chelly Canyon NM - Upper Antelop Canyon - Horseshoe Bend - Marble Canyon - Lees ferry - croisière Navajo Tapestry - Utah : Valley of the Gods - Goosenecks SP - KodaChrom Basin SP - Devil Garden - Burr Trail - Shafer Trail - Colorado : Grand Mesa SP - Rocky Mountains NP - South Dakota : Crazy Horse - Rt Rushmore - Custer SP - Badlands NP - Windcaves -Jewel Cave - Wyoming : Devil Tower - Beartooth HW - Yellowstone - Montana : Little Bighorn BNF - Idaho : Twin Falls - Shoshone Falls - Malad Gorge - Hagerman Fossil Beds NM -1000 Springs - Nevada : Poney express trail - Great Basin - Lehman Cave - Osceola road - Cathedral Gorge - Las Vegas
MERCREDI 13 MAI
Départ de Nantes à 7h05, escale à Roissy, arrivée à Los Angelès vers 13h et des poussières, passage en douane rapide, navette imédiate pour le rental car, peu d'attente chez ALAMO et nous voici partis avec une GMC Envoy qui sort du lavage.
La GMC Envoy, toute propre, mais pas pour longtemps
Notre GPS nous conduit sans bavure jusqu'au Best Western de El Cajon, près de San Diego – avec un petit détour pour voir le Pacifique (horizon embrumé comme lors des voyages précédents).
Jeudi 14 MAI - en route vers le sud Arizona
Petit déjeuner dès l'ouverture (6h30) puis la I8 vers l'est. Courses à El Centro (qui n'a rien de central, loin de là) : quelques bricoles et l'essentiel, de l'eau, une glacière et des bonbons pour la route. Notre première visite est consacrée aux Imperial Dunes (dans l'Imperial county de Californie, juste à la limite de l'Arizona, le long du Mexique). La freeway traverse le désert de sable sur plus de 10 miles, mais dans l'autre sens, les dunes s'étendent sur une centaine de km. Un parking entre les 2 chaussées de l'autoroute, avec des vues polluées par les lignes électriques... Un peu plus loin, une sortie donne accès au centre de rangers (fermé!) de l'Imperial Sand Dunes Recreation Area et une piste nous conduit à un parking au milieu de l'immensité de sable … rien d'autre que le ciel bleu et le sable doré.
Des traces de roues témoignent que le site est ouvert aux quads, d'ailleurs en repartant nous en apercevons quelques-uns rentrant d'un périple dans les dunes.
Notre seconde étape est consacrée à la prison territoriale de Yuma (AZ), petite ville située de l'autre coté du Colorado (tiens, en voilà un dont on ré-entendra parlé par la suite.) Certains se souviennent peut-être du film " 3h10 pour Yuma ", un chef-d'œuvre du western de 1957 avec Glen Ford – Les plus jeunes connaitront plutôt le remake de 2008.

La prison, qui a fonctionné de 1876 à 1909, est ouverte au public (4$ par personne) - on y visite, outre les cellules et cachots, un musée parsemé d'objets, d'armes et surtout de photos des détenu(e)s et des gardiens. Aussi, la liste de tout ceux qui y furent incarcérés, la durée, les exécutions (rares) et … les évadés, repris ou non. On note par exemple que certains mormons y ont été emprisonnés pour polygamie.

En 1909, la prison a été transférée à Florence, un lieu que nous croiserons plus tard.
Arrivée dans l'apm à Gila Ben – le Knights Inn réservé par Super 8 est vieillot, mais la chambre est correcte. La piscine par contre n'a pas vu d'eau depuis des années. Avec le décalage horaire, on a plus envie d'une sieste que d'un bain.
En fin de journée, nous partons voir le coucher du soleil dans le Sonoran Desert NM ; la piste que nous empruntons nous conduit à aucun point intéressant et nous remettons au lendemain notre découverte des cactus géants.
Vendredi 15 Mai – Organ Pipe Cactus NM
Petit déjeuner dès l'ouverture et départ vers le sud. Courses à Ajo, ville minière, typée mexicaine, des motels, des markets, une belle église et beaucoup de sociétés d'assurance (?)
Les cactus sont présents partout maintenant. Les saguaros caractérisent le Sodoran desert qui avec le Mojave et le Great Basin constituent les 3 grands déserts du sud ouest des USA.
L'Organ Pipe Cactus NM est un grand parc par sa surface, pas par le nombre de ses visiteurs : nous ne somme pas les seuls ce jours-là mais presque.

Nous achetons notre « annual pass » au visitor center, auprès des rangers de service. Ceux-ci ne sont pas très jeunes et je me dis que ces militaires, hommes et femmes, ne prennent jamais de retraite : ranger, c'est pour la vie ? (cette impression ira en s'amplifiant au cour de notre voyage)

A coté du centre, une promenade botanique permet de découvrir les différentes variétés de plantes du secteur, les grands saguaros, les plus rares organ pipe, les cholla cactus (à ne pas approcher de trop près) et les ocotillos.
Organ Pipe à droite
Il y a plusieurs circuits dans le parc. Le plus long est fermé depuis quelques année pour des raisons de sécurité avec les problèmes d'immigration mexicaine. L'ajo mountain drive part en face de la route du visitor center et offre une piste correcte de 34 km en sens unique autour de Diablo Mtns. La nature à l'état sauvage, des cactus et quelques animaux rencontrés en chemin, un coyote, des Sonoran Proghorn et une famille de Gambel's Quail, un oiseau marcheur doté d'une curieuse crête sur la tête – difficile à prendre en photo. Un peu de relief, même une bonne montée et la route passe à proximité d'une arche.
Arch Canyon
La North Puerto Blanco Drive part de l'autre coté du visitor center et est fermée au bout de 5 miles au delà d'un parking. Une picnic area y est aménagée avec des ramadas offrant de l'ombre pour déjeuner.
L'apm, en route vers Tucson, 140 miles par l'AZ86, qui filent tout droit au milieu des cactus. Nous passons un 3 ou 4ème barrage de douane – contrôle des passeports... c'est surtout l'immigration mexicaine qui est visée.
Plus loin, nous voyons une tornade. Peut-on appeler tornade ces tourbillons de sables qui se forment dans le désert ? Nous en avons déjà vu l'an passé, en particulier dans la Carrizo Plain NM, le long de la faille de San Andrea (il faudra que je raconte un jour). Mais celle-ci que nous voyons de très loin, s'élève à plus de 30m et si dirige vers la route. Elle traverse avant notre arrivée et s'amenuise par la suite...
A Tucson, notre GPS nous conduit directement au Studio 6 que nous avons réservé pour 3 nuits. Ce type de motel, de la famille Motel 6, a l'avantage de disposer d'un coin cuisine, avec frigo et micro-onde, ça c'est commun, mais aussi un évier, une plaque de cuisson et de la vaisselle (pour nous : 35, 77 € la nuit, frais de change inclus). Il y a bien sûr une piscine.
Samedi 16 mai – désert et western
Pas beaucoup de route aujourd'hui. Départ direction le Sodoran Desert Museum pour y découvrir les plantes et animaux qui vivent dans la région, en particulier ceux que l'on a trop peu d'occasion de voir lors des visites des parcs. Il est encore tôt, mais les grands mammifères sont déjà retirés dans leur coin à l'ombre. Nous passons un grand moment à regarder et filmer un raccoon (raton laveur) jouer avec sa gamelle.
Raccoon en activité
Environ 2h pour un tour complet – de nombreuses plantes du désert et une centaine d'animaux plus ou moins sympathiques … Et le soleil qui monte dans le ciel.

Deuxième étape, le Saguaro NP (west). La fiche en français (ne jamais oublier de demander) remise avec la carte à l'entrée nous apprend plein de chose sur ce cactus géant, emblème de l'Arizona. Au bout de 15 ans, il ne mesure qu'une trentaine de cm de haut. Les premiers bras n'apparraisent qu'après 75 ans. Il peut vivre plus de 150 ans, mesurer plus de 15m et peser plus de 8 tonnes ! Mais le circuit dans le parc n'a rien d'extraordinaire, surtout après l'Organ Pipe.

Troisième étape, Old Tucson Studio, lieu de tournage de nombreux western de la grande époque comme Rio Bravo, en tout 300 films de1939 à 2004 . (On paye à l'entrée - 16$95 par adulte, mais les attractions ensuite sont gratuites) Petit tour dans la grand rue, typique de la fin du XIXème et la chaleur nous conduit tout naturellement au saloon pour y trouver un peu de fraicheur et une bière. Nous avons en main le programme des spectacles : il y en a presque tout le temps de 10h à 16h. Justement dans 10 minutes, c'est le show des « cow girls » chants et danses très animées dans le saloon, sur la scène et sur … le bar !
Un petit tour dehors et nous nous dirigeons vers des gradins à l'ombre face à l'église pour assister à un spectacle digne des (meilleurs?) western – cascades, combats, tirs, explosions, incendies.

Nouveau tour au soleil vers la locomotive de 1872 et la chapelle, puis retour au saloon pour un nouveau spectacle, cette fois « french cacan » de nos danseuses de toute à l'heure.

Quelques visites, un autre spectacle en plein air, un tour du centre dans le petit train, quelques achats à la sortie et vite la clim dans la voiture, direction l'hôtel et sa piscine.
Dimanche 17 mai – western et visite de cave
Au programme de ce dimanche, Colossal cave et Tombstone. Nous décidons d'inverser et de garder la fraicheur de la cave pour l'apm. Nous verrons par la suite que nous allons faire le même choix pour d'autres raisons.
Tombstone, lieu mythique de l'histoire de l'ouest - le lieu du début de la fin pour tous les "méchants" de l'ouest à la fin du 19ème. Le lieu du "règlement de compte à OK Corral", titre du film le plus connu de l'histoire de Wyatt Earp. Depuis le début de l'année, les chaines satellites nous ont proposé 4 versions de ce duel qui a marqué l'ouest au point d'en parler et de fêter encore 128 ans après.
Car outre le fait que le centre du village a gardé le look de l'époque, même si chaque bâtiment est maintenant un magasin qui vend surtout des souvenirs made in .....a , cela reste le lieu du vrai OK Corral. Ici on ne paye rien à l'entrée, mais on paye pour visiter chaque lieu particulier et pour assister à la reconstitution du fameux "règlement de compte".
A part ça, un BBQ rib beef d'enfer au Longhorn restaurant.

Visite indispensable, le cimetière reconstitué à l'entrée de la ville (pas évident à trouver) où reposent à jamais les Mc Laury et Clanton, victimes du shérif Earp et de ses frères, aidés de Doc Holliday. La lecture des plaques funéraires laisse bien des surprises, avec les inconnus, les chinois de service, les victimes des apaches (ah, on va en reparler bientôt des ceux-là) et les "pendus par erreur" !!!
26 octobre 1881 - les victimes du règlement de compte à OK Corral
Dans l'après midi, visite de cave. Chez nous quand on parle de visite de cave, il s'agit bien sûr d'une cave de muscadet, comme dans d'autres régions de bordeaux ou de bourgogne, voire de fromages. Une cave ici est surtout réservée au spéléologue et ne renferme ni bon cru ni fromage. La Colossal cave en question est une grotte dans un State Parc aux portes de Tucson. La photo de l'entrée du parc montre, ô combien, que le ciel bleu de nos premiers jours s'est bien assombri – ce n'est qu'un début.
Entrée dans le parc gratuite, mais visite guidée de la cave payante (11$ par personne). Température fraiche par ce temps orageux, marches à descendre, marches à remonter … rien d'extraordinaire dans cette promenade souterraine d'une heure, mais une visite quand même bien agréable. Trop difficile de suivre le discours du guide, donc nous consacrons notre temps à voir plutôt qu'à entendre, et à faire quelques photos. Car ici, contrairement aux Kartchner Caverns voisines, on peut faire des photos.
Pas facile, facile de faire de bonnes photos dans ces caves...
Lundi 18 – chez les Apaches
Direction Apache Junction, tous d'abord, banlieue de Phoenix pour s'engager sur l'Apache Trail. Cette route vers l'est, construite par les indiens, comporte 2 parties bien distinctes. Le début est revêtu et de bonne qualité ; il traverse une région aride et montagneux, tout en suivant le cours de la Salt River et des retenues offrant des lacs propices aux bateaux.

Apache Trail
La seconde partie est une piste de qualité variable, surtout dans les passages pentus et en lacets où nous croisons au pas des gros 4x4 tractant des bateaux plus larges qu'eux. Quelques beaux points de vue sur les roches teintées et les lacs puis sur le barrage à l'extrémité.
A quelques miles du barrage se trouve le Tonto NM. Direction le visitor center – le parking est quasiment vide. La ranger de service n'est pas très emballée de nous laisser partir sur le chemin qui mène aux maisons Anasazi dans une sorte une grotte plus haut. Elle nous explique que le lieu est fréquenté par des hordes abeilles en furie à n'approcher sous aucun prétexte et qu'il ne faut pas dépasser le barrage installer sur le chemin, et puis que si on vois un serpent à sonnette traverser le chemin, il faut s'arrêter pour le laisser passer …

Bref, c'est surtout la chaleur et la pente qui nous gênera le plus, mais nous ne dépassons pas les barrières – on y a quand même une belle vue de ruines qui nous rappellent Mesa Verde et, en nous retournant, sur le lac formé par le barrage.
Nous déjeunons dans le joli parking aménagé avec tables sous abri dans un coin tranquille près de la sortie.
Ensuite le nom d'Apache trail continu pour la AZ188 jusqu'à Midland City où nous prenons la AZ60 en direction de Show Low en plein territoire Apache. Je ne sais pas si c'est le fantôme de Cochise qui erre dans le secteur, mais mon GPS m'indique de bien curieuses choses – routes en zig zag alors qu'en face de moi elle est rectiligne, position en dehors de la route etc.
Point de vue sur le canyon de la Salt river .
Nous arrivons avant l'orage au KC motel de Show Low. on est en plein territoire apache et le couple d'indiens que nous croisons au restaurant le soir nous fait penser à Geronimo !
Mardi 19 – la forêt pétrifiée et les navajos
Départ de bonne heure pour une centaine de km vers Petrified Forest NP, par l'entrée nord. Mal vu, ça aurait été mieux par le sud, m'en suis rendu compte après.
Ce parc ne m'avais pas attiré lors des voyages précédents et j'étais encore près à le zapper cette année. Pourquoi ? Parce ce qu'aucun site sur la toile n'en présente des photos qui donnent une bonne idée de l'intérêt du parc. Bon les troncs fossilisés datent d'environ 225 millions d'années, et alors, il y en a ailleurs. Le Painted Desert, c'est un peu comme celui de John Day Fossil Bed où nous sommes passés en 2007 (pour ce qui ne connaissent pas, c'est en Oregon, dans un coin plutôt à l'écart des circuits de grands parcs). En fait, il ne faut pas rater, même si ça fait un grand détour. Les étendues de rochers et de terre rouge au nord sont visibles de 7 ou 8 points qui justifient tous un arrêt, mais les couleurs sont plus belles l'apm (d'où mon erreur de trajet – en commençant au nord, mais j'avais fait tous les points de vue le matin et il fallait que j'y repasse pour sortir. De plus l'AR me faisait faire 40 miles de plus).

La traversée de l'ex Route 66 est marquée par le cadavre d'une vieille voiture. Tous les points au sud nécessitent un arrêt et une visite, mais jamais de grande marche. A Puerto Pueblo, on visite les ruines d'un village du XII - XIIIème siècle. Plus loin, le Newspaper Rock permet de voir de pétrogyphes, moins bien que celui celui près des Needles de Canyonland. Les points de Blue Mesa font découvrir les troncs pétrifiés que l'érosion commence à mettre à jour. Ceux de Crystal Forest et de Long Logs offrent des promenades au milieu de la forêt fossilisée.
Pendant que nous marchons parmi les troncs de pierre, une orage fait rage au loin. Au retour, l'eau courre dans la Puerco River, pourtant il nous semble que son lit était à sec le matin.
Une petite centaine de miles pour nous rendre à la ville navajo de Chinle. Logement au Best Western réservé à l'avance – pas de problème (ce n'est pas si mal placé que ça) – Wifi ok, quelques photos aux enfants...
Et nous partons réserver la visite en 4x4 pour le lendemain. Inutile, les billets se prennent sur place, 1/4h avant le départ. Retour au BW : le parking est plein, plein des voitures des indiens qui sont venus diner au resto du motel. Il y a une fête, sans doute. Certains ont revêtus les costumes traditionnels. Je n'ose pas trop demander, l'hôtel et le restaurant sont tenus par des indiens. Après un peu d'attente, nous pouvons diner - hamburger au pain indien.
Le coucher de soleil sur Chinle sera un des rares que nous pourrons voir.
Mercredi 20 - dans le canyon del Muerto
Canyon de Chelly National Monument, un autre lieu que nous n'avions jamais pu inscrire au programme des voyages précédents, mais pas question de le rater cette année. Donc 2 nuits à Chinle pour en profiter au maximum. Bien avant 8h45, nous sommes à Thunderbird Lodge pour prendre nos billets pour la visite en 4x4 – la journée complète avec le déjeuner (60, 72 € par personne, taxes et frais de change inclus). Départ prévu à 9h, mais notre guide nous ferra remarquer que l'heure indienne est souvent approximative. Donc vers 9h30, assis avec 22 américains à l'arrière d'un camion transformé en mini-bus pour touristes, nous partons vers l'entrée du parc. Je crains pour mon dos en repensant à la remorque du shuttle du Grand Canyon quelques années plutôt – en fait, pas de problème.

Le circuit commence par le canyon Del Muerto qui se sépare de celui de Chelly peu après l'entrée. Notre engin roule sur la piste de sable puis dans le lit de la rivière. Des 4x4 persos, avec un guide navajo et des groupes à cheval, aussi accompagnés, nous précédent ou nous suivent. Les arrêts sont nombreux pour contempler les pétroglyphes et les ruines anasazis incrustées dans les falaises. Des arrêts plus conséquents se font là où sont installés les stands des marchands de souvenirs indiens, bijoux, poteries etc...

La vallée est encastrée entre les falaises de pierres rouges aux coulées noires. Passé Antelop House Ruin, le lit de la rivière se rétrécit et la piste va et vient du fil de l'eau au chemin de sable. Nous allons jusqu'à Massacre Cave, ainsi nommée en souvenir de la tuerie de 115 navajos par les espagnols en 1805. C'est là que nous faisons la pose déjeuner.
Massacre Cave
Retour vers l'embranchement et nous prenons la piste du canyon de Chelly. Le tour est plus court, avec moins d'arrêts, la piste plus étroite traverse et retraverse le ruisseau dans des creux de plus en plus impressionnants. White House Ruin puis Windows Arch constituent les principaux points d'intérêt avant d'arriver à Spider Rock, ce double rocher monumental dédié à la femme-araignée, la sorcière qui exposait dessus les enfants pas sages !

La fin du parcours sera mouvementée : le vent emporte mon chapeau puis la pluie fait son apparition et nos sièges ne sont pas abrités. Notre guide distribue les vêtements de pluie qu'il a en réserve, mais il n'y en pas pour tout le monde. Puis au passage d'un gué, le « camion » reste bloqué au fond dans la boue. Après plusieurs manœuvres, notre chauffeur-guide arrive à en extraire son engin, mais la piste est pas mal détériorée et je me fais du soucis pour la voiture que nous venons de croiser – un 4x4 de particulier, peut-être de location – qui devra repasser là tout à l'heure. Rentré à Thunderbird Lodge, après quelques achats de souvenirs, nous partons sur le South Rim Drive. La pluie a cessé et nous avons tout notre temps pour aller voir Spider Rock et White South Ruin d'en haut.

Une journée bien remplie, mais Canyon de Chelly NM est certainement un des plus beaux sites à visiter en Arizona. Nous avons trouvé le circuit à l'intérieur des canyons beaucoup plus intéressant que celui fait l'an passé dans les Needles de Canyonland, un peu dans les mêmes conditions.
2ème semaine – jusqu'aux sources du Colorado
Arizona : Croisière Navajo Tapestry - Upper Antelop Canyon - Horseshoe Bend - Marble Canyon - Lees ferry Utah : Valley of the Gods - Goosenecks SP - KodaChrom Basin SP - Devil Garden - Burr Trail - Shafer Trail Colorado : Grand Mesa SR - Rocky Mountains NP
Après le canyon de Chelly, notre programme prévoit de rejoindre le Rocky Mountains NP, pas par le chemin le plus court mais en parcourant les célèbres trails de l'Utah : Cottoonwood Road, Burr Trail et Notom/Bullfrog Road, Cathedral Valley et Shafer Trail – si le temps (qui n'a cessé de se dégrader) le permet.
Jeudi 21 Mai - Pour commencer, Valley of the Gods.
En quittant Chinle vers le nord, nous rencontrons très vite ces paysages de buttes rouges qui atteignent leur apothéose à Monument Valley. Nous avons déjà visité en 2005 et j'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas voir les 2 à la suite. L'entrée de Valley of the Gods par la US 163 donne sur gué boueux où ruisselle un peu d'eau lors de notre passage. Pas une grosse difficulté ce jour là, mais je mets la voiture en 4x4. Les 28km de pistes sont ponctués de quelques arrêts aux meilleurs points de vue. Cette vallée des dieux a un certain charme, il nous manque le ciel bleu.
Valley of the Gods - un gout de déjà vu
Peu après la sortie sur la UT 261 se trouve le Goosenecks SP. Le parking est au bord du point de vue sur les méandres de la San Juan River. Un environnement pas très chouette, mais les 3 boucles de la rivière qui serpente 3-400m à nos pieds sont impressionnantes. Pas possible d'avoir une vue complète en photo, il faut avoir recours à la vidéo.
Les 3 méandres de la San Juan River
En route vers Page où nous avons réservé 3 nuits au Quality Inn sur le Lake Powel Boulevard. Au passage nous fermons les yeux sur les fumées de la centrale à charbon et nous allons repérer le Lower Antelop Canyon : ça a l'air fermé. Coté Upper, il y a de l'animation. Bon, on verra demain.
Vendredi 22 – la cata
Au réveil, un petit tour sur le balcon – tiens il pleut. Ça risque de changer nos plans. Bon, on va manger et on verra après. De retour du petit d��jeuner, la pluie s'est transformé en averse tropicale, même pas question d'aller jusqu'à la voiture … et nous allons passer la matinée à regarder l'orage de notre fenêtre au premier. Très vite, l'écoulement de l'eau dans la rue en pente dépasse la hauteur des bordures et charrie une terre rouge venue d'un peu partout. Pas question l'aller à Antelop ce matin et grosses craintes pour l'état des pistes pour la suite.
Après, il y a eu bien pire
En fin de matinée, la pluie cesse. Nous avons réservé une promenade en bateau sur le lac Powel, il est temps de se diriger vers Wahweap. Des 5-6 croisières proposées, nous avons choisi celle de 3 heures nommée Navajo Trapestry Boat Cruise – départ 1PM.
La croisière sur le lac est certainement plus belle avec du soleil et du ciel bleu, mais il faut faire avec les nuages sombres qui nous entourent. Et quoi qu'il en soit, la navigation dans la partie immergée de Antelop Canyon est magnifique. Le bateau se faufile dans un couloir de plus en plus étroit - A faire absolument. La partie suivante dans le Navajo Canyon est moins intéressante, le canyon est plus large et cela à un gout de déjà vu.

Nous sommes parmi les premiers à passer par un chenal récemment ouvert pour raccourcir le trajet de retour. Deux autres couples de français sur le bateau ; ils nous racontent la difficulté qu'ils ont eu la veille au soir pour se loger à Page et d'être obligé de changer d'hôtel pour la 2ème nuit.
Le soir, nous avions décidé de diner au Glen Canyon Steak House en face notre Hôtel – chanteur country pas top, cars de français bruyants et la note la plus salée du voyage. A éviter.
Samedi 23 – Antelop même sans le soleil de 11h30
C'est certain, inutile d'attendre le soleil au zénith pour visiter le canyon navajo, il ne viendra pas. Nous sommes donc dès 9h sur place. Premier point, Lower est fermé – deuxième point, il y a déjà pas mal de monde à Upper Antelop Canyon. Inscription, attente, et nous partons dans le tape-cul de service – sûr, on aurait pas tenu la journée dans un engin pareil à Chelly. Notre guide joue aussi de la flute.
Entrée de Upper Antelop Canyon
La suite juste pour vous montrer qu'on peut faire entre 10 et 11h quelques photos pas trop moches quand il n'y a pas de soleil – pour en voir plus, il y en a des millions sur Internet.
Même sans le soleil ...
Le reste de la journée est consacrée à d'autres point d'intérêt dans le secteur – avec un point commun, les nuages noirs avec des trainées de pluie tout autour de nous.
Tout près de Page, Horseshoe Bend est une grosse boucle du Colorado avec un point de vue à ¾ de mile du parking (en montée au retour).
Sans grand angle : regroupement panoramique ...
Navajo Bridge et le Marble Canyon. Un des rares endroits où on peu voir le Colorado de dessus. Parking rive droite à l'Interpretive Center – jewellerie indienne en rive gauche (beaucoup de choix – carte de crédit acceptées) - point de vue magnifique au milieu.

Nous continuons la route 89 jusqu'à Cliff Dwellers où l'on peut voir de curieuses constructions appuyées sur des champignons de pierre, au pied de Vermillon Cliffs.

Puis demi-tour vers Lees Ferry où la Paria River déverse ses eaux boueuses dans un Colorado qui est sorti bien propre du barrage en amont. Lee Feery River Trail est une jolie promenade le long de la rivière, bien documentée, vers les différents lieux de passage des ferries, seul point de traversée du Colorado sur 800 km jusqu'en 1920.
La maison fortifiée de Lee
A l'hôtel en rentrant, toujours pas de Wi-Fi depuis l'orage – un mauvais point pour la chaine Choice Hotel International. Le lendemain matin, un deuxième jour sans jus d'orange au petit déjeuner – deuxième mauvais point. A part ça, rien à redire, même bien pour un prix abordable à Page,
Dimanche 24 – la gadoue comme chantaient Pétula et Jane
Arrivé de bonne heure chez les rangers du secteur, ils nous confirment ce que nous craignons depuis 2 jours : pas question de s'engager sur la Cotonwood Road. Donc nous faisons le tour par Kanab, 140km de plus mais identique en temps. Sur la route de Kanab, une voiture nous double à vive allure. Curieux, les gens respectent plutôt les limitations par ici. Plus curieux, la voiture blanche qui arrive en face de nous fait un demi-tour au frein à main et repars devant nous, sirènes hurlantes et clignotant de toute part. Quelques centaines de yards plus loin, nous retrouvons les 2 sur le bord de la route. Même le dimanche, il faut se méfier. Je vérifie, le régulateur de la voiture est bien réglé sur 70, la vitesse autorisée ici.
Qui croira que nous avons traversé Bryce Canyon sans même ralentir. Nous avons vu l'an dernier et il y en a des milliers de photos sur le Net. A Cannonville, nous tournons vers Kodachrome, mais nous arrêtons au Tourist Office pour demander si, par hasard, l'accès à Grosvenor Arch serait possible. On nous explique que, peut-être dans 4-5 heures, la piste sera assez sèche, mais pour le moment elle est impraticable.
Nous nous rabattons sur Kodachrome Basin SP; de toute façons, on voulait y passer. Quoi qu'en disent certains, ce parc n'est pas inintéressant. Quelques beaux sites et une jolie balade jusqu'à une arche – de plus le soleil est temporairement de retour.


En route vers le nord, sur la magnifique UT 12, arrêt à Escalante chez les rangers qui nous affirme que l'accès à Devil Garden est possible. Quelques km plus loin, nous nous engageons sur la "Hole in the Rock Road". La piste est sèche, en majorité, à part quelques flaques d'eau où le passage des voitures a creusé de profonds sillons. Mais nous arrivons sans encombre au jardin du diable. Le site vaut le détour, promenade au milieu des pitons rocheux et arches laissés par l'érosion.
Devil Garden
Pendant notre promenade, complétée par quelques excursions sur les pistes voisines, nous ne nous somme pas aperçu qu'un orage s'est abattu sur les premiers miles de la piste. Nous sommes parmi les derniers à quitter les lieux. Sur le chemin du retour, deux voitures nous précèdent à une centaine de mètres. Soudain la première part sur le coté et va se frotter au bord de la piste, haute de plus de 1m à cet endroit. La seconde freinne et part aussi sur le coté. Nous venons d'entrer dans une zone que l'orage a transformé en patinoire. La voiture glisse sur 4-5 centimètres de boue. Avec un peu de chance et en ralentissant progressivement jusqu'à moins de 10 miles, j'évite de frotter ma voiture de location dans les bordures de terre de part et d'autre. Au moins 7-8 miles à rouler au pas, projection de boue, glissade... Je comprends que certaines pistes soit déconseillées par temps d'orage. Ici, c'était plat, mais j'ai peine à imaginer la même gadoue dans une descente.
Nous rejoignons enfin la 12 et la pluie qui va nous accompagner jusqu'à Torrey, avec quelques flocons lors des passages à près de 3000m. Nous avons réservé pour 2 nuits au Sandstone Inn, juste au carrefour de la 12 et la 24.
Lundi 25 – Apprentissage dans les lacets de Burr Trail
Retour à Boulder (60km) pour un petit tour à l'Anasazi SP, et surtout se renseigner sur l'état des pistes (Burr Trail, Notom-Bullfrog Road). Bien sûr, pas de problème sur la partie revêtue de la Burr Trail, mais on nous dit que la suite est impraticable. Bon, et bien on va voir. Après 10 miles, la Burr Trail comporte un passage magnifique nommée Long Canyon. Une vallée encastrée sur 9 miles entre 2 falaises rouges.
Long Canyon
Au delà, la route perd beaucoup d'intérêt jusqu'à l'entrée de Capitol Reef NP. Pas de contrôle à l'entrée, la route deviens un chemin de terre qui, somme toute, a l'air bien sec et large. Bravant les conseils des rangers, nous nous engageons en nous tenant prêt à faire demi-tour si l'état de la piste ou du ciel se dégrade. Que non, que non, nous atteignons le sommet du col et découvrons les lacets du Burr Trail Switchbacks et un magnifique point de vue sur l'autre versant. Nous croisons une voiture toute ordinaire qui viens de monter, donc nous nous lançons dans cette descente qui n'a rien d'infernale mais servira d'apprentissage pour la suite. Demi-tour à l'embranchement de la Notom et retour par Boulder jusqu'au Visitor Center de Capitol Reef.

Nous y arrivons juste pour nous mettre à l'abri. Renseignement pris, l'accès à Cathedral Valley est impossible – niveau d'eau trop haut dans la Fremon River et des rochers en travers de la piste par Caineville Wash Road. Les temples du soleil et de la lune, ce ne sera encore pas pour cette année. Ensuite, petite visite dans le parc, mais nous sommes déjà venus l'an passé.
Chimney Rock de Capitol Reef
Mardi 26 – La grande descente
Faute de Cathedral, nous allons avancer d'un jour notre programme. Départ de bonne heure, nous sommes vers 10h00 à l'entrée d'Island in the Sky. Le secteur, on connait, Arches, Dead Horse Point en 2005, Canyonland en avion et en voiture l'an dernier et en prime, les Needles en 4x4 avec Tag a Long. Reste Shafer Trail. Le ranger de service à l'entrée, après avoir contrôler notre carte avec nos passeports, nous rassure : le Shafer Trail est praticable. Toutefois, il s'inquiète de savoir si notre voiture est un vrai 4x4. Nous doublons un groupe de VTTistes qui se préparent, au moins une douzaine ce jour là. Quand je pense à notre pauvre Spartiate qui s'y est retrouvé tout seul 3 semaines plus tard et sans chaine! Et nous voilà en haut de la piste. Plus de 400m de dénivelé sur une piste accolée à la falaise.
Voiture en 4x4, vitesse en première et c'est parti. Oh ça descend, oh c'est pas large, oh c'est à pic Oh y a des cailloux, des bosses, des trous … Oh, y a des virages, oh y a des voitures dans l'autre sens – où est-ce qu'on se croise ? Tiens, les VTT vont plus vite que moi, ils me doublent par groupe de 2 – j'essaye de leur faciliter le passage Arrêts photos quand même là où on peut. Le problème, c'est que arrivé en bas, c'est pas fini. Je dirai même que la partie la plus délicate à négocier, c'est après. Les trous sont plus profonds, les cailloux sont plus gros et ce, jusqu'au potasse. Nombreuses pauses ; la vue intermédiaire sur le Colorado à Dead Horse Point est superbe Arrêt sur le bord de la rivière … Peu d'animaux en route mais une Quail, comme au début à Organ Pipe... Et ce bleu des étangs de potasse... à en faire rèver le ciel qui n'en fini pas de se dégager de ses nuages.





Nous finissons l'apm à Moab, quelques courses, un chargeur d'appareil photo pour remplacer celui oublié à l'hôtel à Page – surprenant tout ce qu'on peu trouver dans les petits magasins de Moab.
L'hôtel est réservé au Ramada de Green River comme l'an passé. Je trouve que le logement à Moab est devenu trop cher.
Mercredi 27 – mais que va-t'on faire ?
Le Shafer Trail était prévu pour aujourd'hui. Ce soir nous logeons à Eagle où nous avons rendez-vous avec une relation de travail. La I-70 sur 210 miles soit 3 heures d'autoroute. Il y a bien de la vigne dans le coin, on pourrait visiter une cave. A Grand Junction, nous arrêtons au Tourist Office pour trouver des idées. Nous retenons celle d'un détour par la Grand Mesa Scenic Drive, qui passe par un immense plateau à 3000m, truffé de lacs. La montée offre quelques beaux points de vue sur la vallée où coule encore le Colorado. La balade est plutôt fraiche, nous voyons la neige de près au visitor center . A plusieurs reprises, nous rencontrons des marmottes à se dorer au soleil sur le bord de la route, mais elles ne se laissent pas photographier facilement.

Retour sur la I 70 par l'autre versant et nous arrivons au Best Western de Eagle. Eagle, sinistre souvenir où par une soirée de Mai 2005, nous avions atterri, sans bagage... Il faudra que je raconte pourquoi, depuis, je ne ferme plus mes valises à clé pour les USA.
Jeudi 28 – haute montagne
Nous avions prévu de traverser le Rocky Mountains NP d'ouest en est, mais à Grand Junction, on nous avait dit que le col n'était pas ouvert, dire confirmé par nos amis à Eagle. Nous allons donc accéder au parc par l'est et pour cela, passer cet étonnant col où l'autoroute I70 monte à 3200m.
A l'entrée du parc, on nous annonce que la Trail Ridge Road est ouverte depuis plusieurs jours. Nous avons contourné pour rien et nous n'aurons pas le temps de faire un AR jusqu'à l'entrée ouest. Objectif, allez au point le plus haut de la route, à 3713m – hauteur qu'on ne risque pas d'atteindre en voiture en Europe. Quand on redescend de l'autre coté, on arrive sur le bord d'un ruisseau nommé Colorado River. Il prend sa source près d'ici, dans le Mont Richthofen. Promenade un peu fraiche en altitude, orages au loin dans la montagne, balades agréables en forêt plus bas.




La journée se termine au Sleep Inn de Fort Collins. Pas de Wi-Fi un troisième mauvais point pour la chaine Choice Hotel International. Mais un diner agréable au Sundance Steakhouse & Saloon à coté.

3ème semaine
South Dakota : Crazy Horse - Rt Rushmore - Custer SP - Badlands NP – Wind Cave - Jewel Cave Wyoming : Devil Tower - Beartooth HW - Yellowstone - Montana : Little Bighorn BNF
Vendredi 29 mai – Soirée au Crazy Horse
Voilà un titre qui prendrait un tout autre sens si nous étions à Paris ou à Las Vegas, mais nous en sommes loin.
Journée de transition de Fort Collins au pied des Rocheuses du Colorado vers Custer dans les Blak Hills du Sud Dakota, en traversant une partie du Wyoming. Une longue journée de route, 500km et encore, si on ne fait pas de détour. Pas grand chose à voir aujourd'hui. Nous en profitons pour consulter notre nouveau guide de voyage : « L'ouest Américain / Rocheuses et Grands lacs » de Jacques Klein. Mais pour aujourd'hui, rien, rien, rien. En faisant un petit détour, il y aurait bien Fort Laramie, un nom qui semble dire quelque chose, mais la description qui en est faite dans le guide ne nous encourage pas à y aller. Route monotone, peu de relief, peu de végétation, des trains, des vaches , quelques antilopes, des ranchs isolés, des villages éloignées les uns des autres – il faut faire attention pour l'essence – des travaux sur les routes...
Et nous arrivons tôt dans l'apm à Custer. Nous avons choisi cette bourgade de 2000 habitants plutôt que Rapid City car elle est plus centrale par rapport à tout ce qu'on veut voir dans la région. Nous avons réservé 4 nuits au Chief Motel. La 4ème nuit est gratuite, une carte d'entrée au Custer SP est prêtée aux clients qui restent au moins 3 jours – motel classique, belle piscine couverte avec spa et sauna (gratuit) – coin cuisine, climatisation que nous utiliserons surtout en chauffage.
Quelques courses et nous décidons d'aller faire un tour vers le Crazy Horse Memorial, situé à quelques miles, voir comment ça se présente (horaires tarif) pour visiter le lendemain. Avant l'entrée, un parking et une cabine d'information. Nous obtenons les renseignements souhaités, mais on nous dit aussi que ce soir, il y a un spectacle son et lumière après la tombée de la nuit. Cela nous laisse le temps de visiter avant. Donc on y va. Le mémorial du chef Sioux Crazy Horse, héros de la résistance indienne, est une sculpture gigantesque dans la montagne : 171m de haut, 27 m rien que la tête. Sculpture à l'explosif, si gigantesque que commencée en 1948 par Korczak Ziolkowski, seule la tête est terminée. On ne voit l'ouvrage qu'à plus d'1km mais on approche au pied par une navette, payante. La maquette donne une idée de ce qu'il reste à faire;.. pour les générations futures sans doute. En prime, enfin un coucher de soleil.

Le visitor center et sa galerie marchande donne accès à un musée assez hétéroclite de l'histoire et de la culture indienne. On peut y voir entre autre les drapeaux de toutes (?) les tribus des natives d'Amérique du nord.
"Mes terres se trouvent là où repose mon peuple" avait dit le valeureux guerrier
Le spectacle son et lumière qui débute à la tombée de la nuit est fort imprégné des techniques du laser, mais à notre gout, aurait beaucoup à apprendre coté « spectaculaire ». Commentaire trop difficile à suivre pour nous, projection sur la montagne à plus d'un 1km. Toutefois, à ne pas rater quand on est dans le secteur, c'est inclut dans le prix d'entrée.
Samedi 30 mai – Buffalos, pronghorns et autres
Le Custer State Park est à la porte est de Custer city. Ce parc d'état est connu pour ses troupeaux de bisons. Effectivement sur la scenic drive qui fait le tour de la partie sud, nous en rencontrons, isolés ou en petit groupe près de la route, en troupeaux plus importants se tiennent plus au loin.
Mais nous rencontrons aussi des pronghorns, que nous avions toujours nommés par erreur antilopes, des mule deers, cervidés à cul blanc, des burros, ânes sauvages un peu trop familier.

En nous aventurant sur les pistes qui traversent les forêts de la partie centrale du parc, nous rencontrons des marmottes bien craintives, mais qui se laissent photographier.
La partie sud jouxte le Wind Cave National Park. Avant d'arriver aux caves, nous rencontrons pour la première fois des colonies de "prairie dogs". Drôle d'idée de nommer chien de prairie ce petit animal qui se tient debout devant son terrier et s'y cache dès que l'on veux le photographier !
L'entrée du parc est gratuite, la visite de la cave du vent est payante. Nous nous inscrivons pour la plus courte (1h) et 20 minutes plus tard, nous suivons une jeune ranger dans les galeries souterraines.
Beaucoup de marches, toujours en descendant – les escaliers nous conduisent à des salles qui n'ont rien d'impressionnantes.
Notre guide coupe l'éclairage pendant 2 minutes, pour nous faire peur peut-être... En tout cas, on peut faire des photos … On continue de descendre des marches, encore et encore … ça devient inquiétant, il va bien falloir remonter pour sortir ! Oh surprise, au bout d'une heure nous arrivons à un ascenseur qui nous remonte à la surface.
En sortant du parc, nous croisons un troupeau de bisons proche de la route.

La journée n'est pas finie, retour parle Custer Park : un peu de piste pour arriver sur le bord d'un lac puis nous partons vers le secteur nord du parc. La route est spectaculaire : elle fait des boucles et des nœuds pour passer au dessus d'elle même, elle traverse des tunnels guère plus larges que la voiture et abouti à un rocher surprenant nommé Needles Eye dans un entassement d'aiguilles de granit.

Dimanche 31 mai – Badlands
Badlands, c'est le parc national principal du Sud Dakota. Ça veut dire les mauvaises terres. Il borde la réserve Sioux de Pine Ridge, la réserve indienne de la tribu Oglada (la tribu de Crazy Horse). C'est un des endroits les plus pauvres de l'Amérique du nord. Vu à la télé au printemps, le film « Cœur de tonnerre » montre bien la situation dans ce secteur il y a quelques dizaines d'années.
Nous sommes partis par Rapid City pour rejoindre l'entrée nord-est par la I 90. Un plein d'essence à Wall, le circuit prévu sera long, sans doute plus de 400 km dont 80 de route non revêtue. La badland loop road offre 40km de route qui serpente en bas puis en haut des falaises. De nombreux arrêts permettent d'admirer les couleurs des couches successives mise à jour par l'érosion.

Dans un endroit, la terre des falaises est jaune, tranchant avec les bandes grises et rouges. Des petits sentiers aménagés accèdent à des points de vue particuliers ; le Fossil Exhibit Trail offre une promenade découverte au milieu de fossiles à peine déterrés, mais bien protégés.

Au lieu de sortir à Pinnacles Entrance, nous continuons sur la Sage Creek Rim Road, une route non revêtue qui suis le bord de la falaise avec quelques overlook intéressant et la « Roberts prairie dog town » . Picnic au camping de Sage Creek, bien aménagé pour un camping d'arrière pays. Le ciel bleu du matin se couvre de nuages très noirs.
Pour rejoindre la Stronghold Unit, partie ouest des Badlands, situé dans la réserve indienne de Pine Ridge, il faut sortir puis rentrer dans le parc à plusieurs reprises. Une piste traverse un champ de petits champignons de pierre puis grimpe à Sheep Mountain Table, un point de vue intéressant.
A partir du White River visitor center, le chemin de terre longe sur 32km les falaises sud où on aperçoit des sites sacrés indiens interdits aux visiteurs. Au bout, on retrouve une route revêtue qui longe la face ouest avec le magnifique point de vue de Red Shirt Table.
De là, nous ne sommes qu'à 80km de Custer où nous rentrons sous la pluie.
Lundi 1er juin – Les présidents et la cave aux joyaux
Au vu de la météo et du soleil matinal, nous nous dirigeons vers le Mount Rushmore National Memorial, lieu que tout bon américain doit avoir visité une fois dans sa vie, comme La Mecque ou Lourdes pour d'autres. C'est souvent la destination principale des touristes étrangers qui viennent dans cette région, la preuve, nous y rencontrons un voyage organisé français. C'est ici qu'à flanc de colline sont sculptées les têtes des pères fondateurs des USA. Non, pour ceux du dernier rang, ce ne sont ni Mc Donald, ni Elvis Presley, ni John Wayne ni Mickael Jackson – mais Georges Washingtown, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln. L'entrée est gratuite, mais le parking est payant

Réalisés de 1927 à 1941 par le sculpteur Borglum, les 4 visages sont haut de 18m. Après l'entrée monumentale qui abrite visitor center et (grand) magasin de souvenir, une allée bordée des drapeaux de tous les Etats dits Unis, conduit au point de vue principal. Le presidential trail est une promenade ombragée jusqu'au pied de la falaise sculptée qui offre des vues plus rapprochées de chaque portrait (belle remontée à la fin).

Nous repensons à Crazy Horse memorial, plus haut, plus gigantesque avec son visage haut de 27m et tous les drapeaux indiens réunis. Il existe des représentations du photographe David Berhens où les esprits des grands chefs indiens Red Cloud, Sitting Bull, Geronimo et Chief Joseph planent au dessus des sculptures du mont Ruhsmore. Pour revenir à Custer, nous passons par la Iron Mountain Road, dans la partie nord-est du Custer SP. Quelques tunnels et de belles vues éloignées sur Ruhsmore.
En arrivant à Custer, nous arrêtons voir de plus près quelques petits magasins qui présentent de curieux étalages : des pierres, de toutes les couleurs, de toutes les tailles. Vendues au kg ou plutôt la pound, on y trouve entre autres des marbres roses, mais aussi du bois pétrifié et à l'intérieur, des fossiles.
Le soleil du matin nous a quitté et c'est juste avant un violent orage que nous arrivons à Jewel Cave NM. Entrée gratuite, visite payante comme à Wind Cave. Une heure d'attente dans le visitor center avant la prochaine visite. Pas question de partir en balade à l'extérieur sous les trombes d'eau – nous nous contentons de la vidéo passée en boucle à l'intérieur, comme dans la plupart des lieux d'accueil des parcs et monuments nationaux et parcs d'état.
La brochure en français nous parle de 700 marches, ça craint. En fait il s'agit des escaliers qui ont été remplacés par un ascenseur que l'on prendra à l'entrée et à la sortie. Guidée par une jeune ranger, nous partons découvrir les joyaux de la cave. Heureusement qu'il ont supprimé 700 marches, il en reste encore beaucoup. Je n'ai pas compris par quelle magie, on en descend plus que l'on en remonte. Cette cave offre plus de variété, de forme, de couleurs, bref elle est beaucoup plus intéressante que les précédentes. Elle est à préférer à Wind Cave, pour ceux qui n'aventureront dans la région. La guide nous fait aussi le coup de panne d'électricité. C'est vrai que perdu dans le noir ça peut être angoissant. Là aussi on peut faire des photos, toujours aussi difficile et résultats pas très satisfaisant.

Quand nous ressortons, l'orage est passé. Une bière dans le vieux saloon de Custer et ainsi se termine notre séjour dans le Sud Dakota.
Mardi 2 juin – Où est passé le troisième type ?
Nous allons rejoindre Yellowstone, environ 750 km au plus court, mais nous avons prévus des détours. Le premier nous conduit à Devils Tower NM. C'est un lieu qui est devenu célèbre hors des USA avec le film « rencontre du 3ème type » de Steven Spielberg en 1977 (9 nominations et 2 oscars et une foule d'autres récompenses.) La tour des démons est là, comme au cinéma. Du visitor center, une promenade de 2km permet d'en faire le tour, tantôt dans la forêt tantôt au pied des blocs rocheux détachés du conduit d'éruption qui a formé cet étonnant ensemble.

C'est un lieu sacré des indiens et on rencontre des morceaux très colorés de tissu ou de vêtement, attachés aux branches des arbre. Une consigne est répétée en divers endroits pour ne pas y toucher.
Au visitor center, la vidéo, les photos, peintures etc. sont consacrés à la légende indienne : un grand esprit souleva le sol pour protéger des enfants d'un ours géant ; celui-ci griffa les parois et forma les longues marques verticales.
Bon, d'accord, mais aucune évocation du film de Spielberg. C'est vrai qu'on est bien allé 3 fois chez les navajos et on a vu aucune trace de Roger Hanin !
Une grande colonie de chiens de prairie loge le long de la route dans l'enceinte du parc.
Tout juste s'ils ne creusent pas dans la route !
Déjeuner dans restaurant rustique à Moorcroft avant de prendre l'autoroute 90 vers l'ouest. Dans cette région du Wyoming, nous voyons de nombreuses pompes à pétrole, peut-être pour ça que l'essence y est moins chère que dans les états voisins. En parlant d'essence, il nous semble que le carburant à nettement augmenté depuis notre arrivée, difficile à estimer en raisons des différences entre état et de l'isolement des lieux. Nous arrivons sous la pluie à Sheridan où nous avons réservé au Best Value Inn. On profite de la wifi pour passer quelques messages et envoyer des photos à la famille, avant l'isolement de Yellowstone.
Encore une fois, ne cherchez pas le soleil et le ciel bleu !
Mercredi 3 juin – «Morne plaine ! » aurait dit Victor
Notre première destination est le Little Bighorn Battlefied National Monument. Le champs de bataille où, le 25 juin 1876, au cœur du Montana, une coalition de Sioux et de Cheyennes massacre le général Custer et 263 soldats. George Armstrong Custer, le général à qui certains attribuent à tort cette phrase « un bon indien est un indien mort », tombait sous les asseaux des indiens menés par un certain Crazy Horse sous les ordres du chaman sioux Sitting Bull.
Le champs de bataille est un site national, carte annuelle et contrôle de passeport à l'entrée, visitor center avec vidéo et musée et circuit le long de la Little Bighorn River. Le cimetière militaire près du visitor center n'a rien à voir avec la bataille de 1876. Sur tout le champ de batailles, les pierres tombales marquent chaque emplacement des soldats et indiens tués dans ce qui fut la plus grosse défaite de l'armée américaine face aux indiens.

Victoire indienne de courte durée qui conduisit au massacre de Wounded Knee Creek près de Pine Ridge dont j'ai déjà parlé (Badlands). Les avis peuvent différer sur l'intérêt de cette visite, allant d'un total désintéressement à une profonde émotion. Mais le Waterloo de Custer n'a pas laissé l'Amérique indifférente, en faisant de lui un héros et la personnalité américaine sur laquelle le plus de livres ont été publiés à ce jour !
une partie de la fresque illustrant le lieu après la bataille
Quittons ce champ plongé dans la bruine pour nous diriger vers la plus belle route des States. On passe Billing en faisant le plein puis on s'engage vers Red Lodge. La route qui rejoint l'entrée nord est de Yellowstone passe à plus de 3000m. Elle est réouverte depuis quelques jours. La route zigzague près de la frontière entre le Montana et le Wyoming pour culminer à 3 345 mètres d’altitude au sommet du col de Beartooth. Le brouillard ne nous permet pas d'admirer les paysages lors de l'ascension, mais une fois passé au dessus des nuages, la haute montagne est magnifique. Nous rencontrons de nouveau des marmottes sur le bord de la route, entre rochers et neige.
Chercher la marmotte
Avant l'entrée de Yellowstone, nous rejoignons la Chief Joseph Hwy qui arrive de Cody, une autre belle route où nous somme passé en 2007. (il faudra un jour que je parle de ce Chief Joseph et des Nez-Percés.) Direction Canyon Lodge, nous y avons réservé un chalet pour 4 nuits.

Bon sang, pour le prix, ça pourrait être mieux. Par rapport à ce que nous avons connus, lits étroits, douche et toilette étriquées, pas de télé (sans importance), pas de wifi (on savait), pas de cafetière, une table et une seule chaise, une clim qui fonctionnera tout le temps en chauffage. Car à 2350m, nous sommes entouré par une forêt où la neige est encore très présente.
Arrivés de bonne heure, nous partons voir les chutes de la Yellowstone River, par la rive droite. Après Upper Falls, la rivière chute de 94m à Lower Falls. Artist Point en offre un beau point de vue . En repartant, nous assistons à un combat de bisons sans avoir le réflexe de les photographier ou filmer. Vu de l'autre rive à Grand View Point, le canyon se colore quand le jour commence à baisser.

Jeudi 4 juin – La grande fontaine jaillit à 5h20 PM
Nous avions déjà passer 6 jours dans le secteur en 2007, aussi nous choisissons nos visites, et il y a de quoi faire. Le logement à Canyon village est le plus central, il permet de partir dans toutes les directions avec tous les sites principaux à moins de 60km, plus pratique qu'il y a 2 ans quand nous logions 40km à l'extérieur du parc. Des travaux entre Norris et Madison font que cette route est fermée de 22h à 8h (pendant toute la saison) et sous alternat le reste du temps. Nous y passons pas trop tôt et nous dirigeons vers Great Fountain Geyser pour y noter l'horaires prévu de la prochaine éruption. Ce geyser fonctionne toutes les 9 à 15h. Nous l'avions raté l'autre fois car nous n'avions pas compris comment lire le panneau d'info situé à coté. Aujourd'hui, c'est entre 4h et 7h de l'après midi. Nous y serons.
Un petit tour à coté au Firehole Lake Drive, zone fumante et bouillonnante, puis nous partons à l'usine à touriste de Old Faithful. Ce n'est pas pour voir ce geyser si régulier que les voyages organisés peuvent assurer une éruption sans y rester plus d'une heure. C'est la promenade le long de la rivière vers les Grand Geyser, Castle Geyser, Riverside Geyser (en éruption à notre passage) jusqu'aux eaux turquoises de Morning Glory Pool – 4 km AR.
Riverside Geyser
Morning Glory Pool
Soleil, ciel bleu puis nuages puis pluie d'orage au retour. Le temps de déjeuner à la cafétéria de Xantera (organisme loueur des logement dans les principaux parcs nationaux ) Nous repartons vers notre Great Fountain Geyser où nous stationnons face au geyser pour ne pas rater dès qu'il commencera à s'activer. Il est 3h30, nous sommes bien décidés à rester jusqu'à 7 h s'il le faut. A coté de nous est garé une voiture dont la plaque porte comme identifiant « GEYSER » L'attente est longue, mais avec un peu de musique … et puis il pleut. Il y a aussi le petit geyser plus loin qui s'active toutes les 1/2h. Des voitures passent, s'arrêtent, les gens vont faire un tour, regardent le panneau et repartent. De la voiture immatriculée geyser descend une femme, elle va voir de plus près le geyser qui fumasse un peu, puis écrit quelque chose sur le panneau. On va voir : la période prévisible d'éruption s'est réduite à 5h-6h30. On est pas parti... Un peu avant 5h, ça semble fumer plus fort. Notre voisine va modifier l'horaire, c'est maintenant 5h15-5h25. Les gens qui passent maintenant s'arrêtent et un ranger vient d'arriver pour surveiller la zone. 5h20 – le geyser entre en éruption, photos, caméra … le Great Fountain crache des jets qui montent à plus de 30m au milieu d'un nuage de vapeur. Au bout de 10 minutes les giclées sont moins violentes et peu à peu tout se calme. Nous revoyons notre geyseriste de service qui pour l'occasion s'est équipée d'un masque, sans doute à cause des vapeurs sulfureuses ? Il faut dire que Great Fountain est un geyser majeur de Yellowstone. Il doit être l'objet d'observations régulières.
Great Fountain, au repos et en activité
Nous rentrons par le sud pour remonter le long de la Yellowstone River. Nous rencontrons des groupes des animaux les plus courant dans le parcs, des bisons et des wapitis.
Nous pouvons aussi observer un pélican à la pêche dans les rapides.

4ème semaine
Wyoming & Montana : Yellowstone – Idaho : Malad Gorge SP - Hagerman Fossil Bed NM- 1000 Springs - Twin Falls - Shoshone Falls – Nevada : Poney express trail - Great Basin - Lehman Cave - Osceola road - Cathedral Gorge - Las Vegas
Vendredi 5 juin – Ne touchez aux grizzlis
Depuis notre arrivée à Yellowstone, nous n'avions pas vu beaucoup d'animaux et j'étais vraiment déçu à l'idée que ne serait encore pas pour cette fois que l'on verrait un « bear ». Dans de nombreux lieux visités les années précédentes et depuis 3 semaines, on nous disait de ne pas s'approcher des ours à moins de 91, 44m (100yards). Ça ne risquait pas, nous ne n'avions jamais vu. Ce matin là, nous partons vers Mammoth Hot Spring, avec l'intention d'aller à Gardiner faire les pleins (estomac, réservoir et glacière). Un peu au dessus des Norris , peut être à Nymph Lake, une accumulation de voitures arrêtées un peu n'importe comment à gauche : signe qu'il y a des animaux dans le secteur. L'indice n'est pas toujours bon, il s'agit parfois de « novices » qui découvrent leur premier bison... bon, on va voir. Ils sont là, remontant lentement du point d'eau où ils viennent de boire, 2 grizzlys, une mère et son ourson déjà grand. Vite, jumelles, appareil photo, zoom … Ah oui, pas moins de 91, 44m - y a de la marge ! Quelques photos embrumées et les ours disparaissent derrière les sapins.

De Mammoth à Gardiner, doit découvrons la seule route que nous n'avions pas faite il y a 2 ans et l'entrée monumentale du parc. A Gardiner, nous complétons nos pleins par quelques souvenirs qui déplairaient fortement à BB. Pose à Mammoth pour une promenade dans Lower Terraces Area puis le circuit de Upper Terraces Area et quelques vues nouvelles.


Un tour jusqu'à Tower-Roosvelt où nous découvrons que le restaurant est ouvert (le jour même, le service s'en ressent – mais c'est l'endroit le plus agréable que je connaisse pour manger dans le parc).
Avant de repartir, un petit tour chez les rangers ; ils nous indiquent que des bears viennent d'être vu du coté de Phantom Lake. Nous repartons dans cette direction et effectivement, un peu après le lac, une accumulation de voitures arrêtées sur les bords et même au milieu de la route. Il y a un ours à l'orée de la forêt. Il est loin, il pleut, il faut approcher dans les herbes hautes. C'est un ours noir. Il n'a pas l'air de s'inquiéter de la foule qui reste à plus de … A propos, comment on mesure ?
Avec la pluie pas une bonne photo ... ni pour le cervidé à très grandes cornes qui attire les foules quelques km plus loin.
Quelques cascades, quelques fumeroles, quelques geysers, quelques bisons … et la pluie.
Samedi 6 juin – Bisonneaux et glaçons
Pour notre dernier jour dans le Wyoming, nous passons la matinée au Norris Geyser Bassin. En attendant que la pluie s'arrête, nous visitons juste à coté le Museum of the National Park Ranger. La vue de celui qui nous accueille confirme mon sentiment depuis Organ Pipe, « ranger, c'est pour la vie ». Ce musée est rarement visité, pourtant il est intéressant. Mais il y a tellement de choses à voir à Yellowstone. Avec le soleil, nous nous promenons au long des eaux fumantes et bouillonnantes des Norris.
Pour l'après midi, nous décidons de revoir les 43km vers l'entrée est, en travaux en 2007. Le long de la Yellowstone River, un troupeau de bisons occupe la route et ses rives. Rien d'étonnant, ce genre de barrage filtrant est fréquent ici. Mais nous sommes surpris voir un grand nombre de très jeunes bisons, avec leur mère ou en groupe.

Sur la route vers l'entrée est, la piste de Lake Butte grimpe au milieu de la forêt ravagée par l'incendie de 1988. Du haut, joli point de vue sur le lac Yellowstone.
La route s'élève ensuite à 2600m. Un peu avant le col, les lacs Sylvan et Eleanor sont encore couvert d'une épaisse couche de glace. De nombreuses cascades jaillissent le long de la route.

En rentrant, petite pose sur la plage du grand lac, décidément, l'eau est trop froide pour se baigner. Plus loin, nous apercevons notre troupeau de bisons et bisonneaux maintenant très éloigné de la route.
Dimanche 7 juin – Coup de froid le matin, mal de gorge l'après midi
Au réveil, nous avons l'impression d'avoir été transportés par magie en Laponie fin décembre. La neige sur les sapins, 10cm sur la voiture. Non, nous sommes toujours à Canyon Lodge, le 7 juin. Avant-hier dans un magasin, nous avons regardé les brosses et grattoirs à neige, sans penser qu'on pourrait en avoir besoin. Et on a pas grand chose pour dégager le pare-brise et les vitres. Vitres dégagées, coffre chargé, nous partons sous les flocons qui continuent de tomber. Heureusement la neige ne tient pas sur la chaussée. Nous croisons un véhicule de déneigement qui doit se diriger vers les cols. Entre Canyon et Norris la route est féérique, on se croirait dans un conte de Noël. Puis la neige tombe plus dru et commence à rester sur la route. Le thermomètre extérieur est descendu à 27°F (environ -3°C)
Mais quel est cette masse sombre qui bouge sur le bord de la route ? Certainement pas le père Noël ni un renne. Un bison, la fourrure couverte de neige, marche impassible sur le bord de la route. Nous en croisons un 2ème plus loin.

Nous arrivons juste à 8h pour l'ouverture de la route de Madisson, au moment où les agents se mettent en place pour alterner la circulation. Une belle couche de neige couvre maintenant la route et nous sommes les premiers à passer dans notre sens.
C'est sous une véritable tempête de neige que nous faisons la magnifique vallée le long de la Madisson river. Passé West Yellowstone, nous ferrons encore 50km avant de retrouver une température positive et ... la pluie. Et dire qu'il y en a qui projetaient de camper début mai dans le parc !
Nous sommes entrés dans l'Idaho, autrefois région de chercheur d'or, maintenant, pays de la pomme de terre. Notre itinéraire de retour vers le sud passe par l'ouest. Nous nous dirigeons vers Twin Falls en suivant la Snake River après Pocatello. Nous laissons de coté Crater of the Moon NM, un site vraiment très intéressant que nous avions visité en 2007.
Déjeuner, essence, rassemblement de pélicans sur la Snake. Maintenant, nous voyons le soleil et la température remonte. Nous passons assez tôt à coté de Twin Fall pour continuer une cinquantaine de km en direction de Boise vers Malad Gorges SP. A l'entrée de ce parc d'état, nos déposons une enveloppe avec quelques dollars dans la tirelire, mais nous trouvons regrettable qu'il n'y ait plus de carte dans la boite à coté puis de trouver une partie du parc fermée.
La Malad River, ce n'est pas le Colorado, mais cet affluent de la Snake torrente dans un canyon étroit qui vaut le détour. Plusieurs points de vue sur chaque rive dans le parc et hors du parc, de l'autre coté de l'autoroute.

Retour vers Twin Falls par les petites routes et la ID 30 qui longe la Snake. Nous arrivons à Hagerman, une petite commune où nous découvrons une National Monument dont on avait jamais entendu parlé, le Hagerman Fossil Beds. En fait, ici ce n'est que le visitor center, le parc est de l'autrecoté de la Snake. Nous arrêtons pour récupérer une carte de l'Idaho. Deux jeunes rangers nous accueille et nous expliquent les fossiles exposés devant eu, en particulier le squelette de l'ancêtre du cheval nommé Hagerman horse. Ils nous expliquent ce que l'on peut voir sur notre route et ferment le centre après notre départ. Nous nous rendons à Oregon trail overlook, qui offre une belle vue sur les retenues de la Snake.

Le long de la route qui longe la Snake vers le sud de Twin Falls, on peut voir une multitude de cascades, les Thousand Spring. Elles jaillissent en de multiples lieux du sommet des falaises ou parfois à mi hauteur.

Le GPS nous conduit sans difficulté au Shilo Inn que nous avions réservé, un très bon hôtel d'une chaine pas présente partout.
Lundi 8 juin – Comment se perdre au Nevada
Notre programme débute par la visite des Shoshone Falls, le Niagara de l'ouest. Plus hautes de 13m, presque aussi large que le Niagara américain, les Shoshone Falls sont visibles de plusieurs points de vue inclus dans un parc d'état – payant. Le débit varie suivant la saison, les eaux de la Snake étant beaucoup pompées pour alimenter les canaux qui fournissent les arroseuses des champs de patates. Faut dire que ce n'est pas pour rien que l'Idaho est la capitale de la patate, les champs s'étendent à perte de vue et on voit loin ici. Faut dire aussi qu'il en faut des patates pour faire les french frites, la purée ou les « boiled potatoes » qui accompagnent tous les plats dans les restaurants (j'accorde, parfois avec des petits légumes pas assez cuits.)

En juin, il y a de l'eau et les chutes sont magnifiques, les différents points de d'observation en offre une vue intéressante. En aval un arc en ciel se développe dans les gorges de la Snake.
En peu en amont, (demander la route au guichet du parc) se trouvent les Twin Falls qui ont données leur nom à la ville. Accès gratuit, plusieurs points de vue, moins hautes (38m), plus encastrées, ces chutes valent quand même le détour.

Direction le sud et le Nevada. Si vous n'avez pas compris que le Nevada, c'est l'état du jeux, pas uniquement Las Vegas, sachez que chaque entrée dans l'état est une ville de casino. Arrivant de Twin Falls, la première localité s'appelle Jackpot – ça pose le décors, non ? Pour se faire une idée, 1400 habitants, 6 casinos, un golf et un aéroport, tout ça au milieu de nulle part.
Direction Ely, une friche minière, une friche du jeux ? Mais un hôtel célèbre, le « Nevada ».
Nous sommes en avance, aussi nous tournons sur un chemin de terre vers Cherry Creek, Ce n'est pas une ville fantôme comme le laisserait penser l'état des habitations, le nombre de boite à lettre donne une idée de la population. Il y a même un musée. Mais nous ne voyons aucun habitant.

Après un petit tour sur une piste de montagne qui part dans le mauvais sens, nous revenons au village et partons sur une piste parallèle à la route principale. D'ailleurs la route existe sur notre carte Michelin à l'échelle de l'Europe (nous n'avons pas encore récupéré la carte du Nevada) ; d'ailleurs aussi notre GPS connait ce chemin. Mais ça ne colle pas avec la piste que nous suivons. Pourtant ... Nous avons une section commune avec la piste du Pony Express, mais elle ne part pas dans la bonne direction. Le GPS nous indique une autre piste. Elle doit être bonne car la distance s'amenuise avec notre destination. Problème, le GPS veut nous faire tourner à gauche, sur des chemins non carrossable. Décidément, il ne fait pas de distinction entre les pistes de 1ère catégorie et les chemins à bestiaux, mais il trouve toujours une route vers Ely. Nous traversons un immense pâturage avec le troupeau au milieu de la route.

Le chemin reste bien carrossable mais les traces de roues sont de plus en plus rares. Au bout d'une dizaine de miles, nous sommes arrivés sur une piste où il ne doit pas passer une voiture par semaine. Le temps passe et le ciel se couvre. Une grande pente, plus impressionnante que sur la photo … possible de descendre, mais pourrons nous remonter si l'on doit faire demi-tour plus loin et que la pluie s'en mêle ?

Alors, demi tour ?
???...
Faisons le point :nous ne savons pas si la piste abouti quelque part depuis 3/4h nous n'avons vu personne sur cette piste, il ne doit pas passer plus d'une voiture par semaine si on descend, on est pas sûr de remonter en cas d'orage et le ciel est très noir tout autour nous n'avons pas de téléphone, et quand bien même, nous avons le micro, mais aucune chance de WiFi pour consulter Google map nous n'avons pas de carte ni de boussole et nous sommes dans un coin perdu du Nevada – à propos, ils avaient mis combien de temps pour trouver des traces de Steve Fossett ? Conclusion, nous faisons demi-tour, encore faudra-t'il retrouver la route de sortie. Un peu avant le troupeau de vache, nous apercevons le nuage de poussière soulevé par une voiture qui roule dans le même sens que nous. D'où peut-elle bien venir ?
Revenu sur la grand-route, bientôt nous apercevons des maisons à l'horizon. Avez vous remarqué comme l'horizon est loin par ici, chez nous la vue dépasse rarement 200m. Ce que l'on voit au loin, au pied des montagnes d'en face, c'est Ely et le GPS indique encore 18 miles avant d'arriver.
Pas une ville à moins de 100km à la ronde ! Située sur la route 50, la route la plus isolée d'Amérique, la ville minière de Ely compte 4000 habitants, 18 hôtels, 13 restaurants et quelques casinos dont certains semblent fermés depuis longtemps. Le musée du train et son train fantôme est fermé durant notre séjour. Nous avons réservé à l'hôtel Nevada, LE casino-hôtel historique de la ville – d'accord, un peu vieillot (construit en 1929), mais Gary Cooper et d'autres célébrités hollywoodiennes venaient là autrefois. Particulièrement bon marché et un air de Las Vegas un peu défraichi.

Une fois dans la chambre, nous regardons la carte du Nevada que nous venons de récupérer à l'accueil : pas de trace des pistes où nous nous étions engagés. Un coup de WiFi, Google Map, Cherry Creek Ok, la piste vers le Ponny Express s'appelle Egan Creek road … des chemins en cul de sac un peu partout, difficile de visualiser une liaison vers une route digne de ce nom. On a bien fait de faire demi-tour.
Mardi 9 juin – La cave du Great Basin
Il y a 100 km de Ely à Baker, l'entrée du Great Basic National Park, le seul parc national exclusivement au Nevada. Le Great Basic, c'est le 3ème grand désert du sud ouest américain. Mais le parc n'a rien de vraiment désertique. Les sommets enneigés à plus de 3500m apparaissent au-dessus d'une forêt dense à travers laquelle la route en lacets s'élève de 1400m. Cette forêt abrite le Bristlecone Pine, l'arbre qui peut vivre 4700 ans. Beaux points de vue en montant, petite promenade botanique à partir du camping, randonnées vers les glaciers accompagnées par les rangers ou pas, pour ceux qui aiment marcher.

L'entrée du parc est gratuite, mais à l'intérieur se trouve Lehman Caves, dont la visite guidée est payante. Nous nous inscrivons pour la première possible, celle de 90 minutes, après s'être assuré qu'il y avait très peu de marches à monter.


Une moins jeune ranger accueille le petit groupe et nous guide vers une visite époustouflante. Des milliers, des millions de stalactites et de stalagmites, des petits, des grand, des fins, des gros … du début jusqu'à la fin. Pas manqué, notre guide nous fait le coup de la panne de courant, mais c'est pour nous montrer ce que laissaient voir les chandelles des premiers explorateurs de ces galeries souterraines.



En nous rendant à Great Basin, nous avions repéré une piste qui semblait faire un raccourci dans la montagne (photo de gauche). Nous demandons aux rangers du visitor center ce qu'ils en pensent. La Osceola road n'est qu'à 12 miles du centre, mais en dehors du parc. Connaissent pas ! Mais ils cherchent sur une carte détaillée du secteur, oui la piste traverse la montagne et doit être carrossable en 4x4.
Attirante, cette piste qui monte en face dans la montagne !
Surtout tôle ondulée au départ, la piste grimpe à plus de 2300m pour redescendre vers le village fantôme d'Osceola, là où fut trouvé la plus grosse petite d'or (6000$) du Nevada en 1877. Village fantôme ? Des vieilles cabanes avec une antenne parabolique ! Et il y a du monde au cimetière, des touristes ?
La piste redescend vers la route principale.
De retour à Ely, une haie de Harley est stationnée devant le Nevada hôtel. Un rassemblement de motard sur un lieu mythique qui n'a rien à envier à la route 66.
Mercredi 10 juin – Cathedral Gorge
La descente vers Las Vegas traverse le désert, le vrai, du Great Basin. Sur la route la ville de Pioche, devinez ce qu'on y fait ? Mais ici les mines d'argent sont toujours actives. Un peu plus loin se trouve le Cathedral Gorge State Park.
Les conseils de visite sur le site ouestamerica de Sedonax (excellente référence), nous arrêtons au Miller Point Overloock avant d'aller nous promener dans les slots canyons. Point de vue bien aménagé, intéressant, sur un décors qui n'est pas sans rappeler d'autres lieux plus connus, un air de Bryce par exemple.

Du bas, face au camping, 2 points de départ, Cathedral Caves et Canyon Caves, pour s'engouffrer dans une foule de cavités étroites jusqu'aux limites fixées par son embonpoint. Avec un rayon de soleil, vers 11h30, ça fait aussi penser à Antelop Canyon.


En se rapprochant de Las Vegas, nous longeons des terrains désertiques, champs de tir de l'US Army. Sur l'autoroute, la circulation est plus dense que ce que nous avons connu ces derniers jours pour devenir même très encombrée et très ralentie en se rapprochant du centre de la big machine à sous qu'est Las Vegas.
Nous avons réservé notre dernière nuit sur le Strip, au Caesar Palace en profitant d'une opportunité dans le calendrier des tarifs (nuit à 100$ à coté des 300$ pour la veille et 450$ le vendredi).
Pas de spectacle de réservé, une fois installé, nous partons voir quelques lieux délaissés l'an dernier.
Le Circus Circus par exemple et son spectacle de cirque gratuit. Nous y découvrons une immense machine d'apprentissage aux jeux pour les enfants (pour gagner des peluches) et un spectacle de cirque – 5 minutes toutes les heures. A éviter, pas folichon, c'est loin du Cirque du Soleil.
Au retour, je peux enfin photographier un coucher de soleil sur le désert au loin avec au premier plan les nouveaux hôtels en construction, encore plus grands, encore plus hauts, encore plus … à moins de la crise ait ralenti les travaux ? En tout cas, crise ou pas crise, ce soir là c'était noir de monde dans les rues, mais il n'y avait pas beaucoup de monde à diner au buffet du Treasure Island.

Jeudi 11 juin – Salut vieux Jules, à la prochaine ?
Comme aurait dit Asterix !
Départ assez tôt pour ramener la voiture chez Alamo et attendre tranquillement le départ de l'avion vers Paris
Voyage 2010 "Chronique d'un 5ème voyage" sur : http://voyageforum.com/v.f?post=3750053;
Avant de raconter en images, voici la liste des sites visités : Californie : Imperial Dunes - Arizona : Prison de Yuma - Organ Pipe NM - Saguaro NP (W) - Sonoran Desert Museum - Old Tucson Studio - Tombstone - Colossal Cave - Apache Trail - Tonto NM - Petrified Forest NP - Chelly Canyon NM - Upper Antelop Canyon - Horseshoe Bend - Marble Canyon - Lees ferry - croisière Navajo Tapestry - Utah : Valley of the Gods - Goosenecks SP - KodaChrom Basin SP - Devil Garden - Burr Trail - Shafer Trail - Colorado : Grand Mesa SP - Rocky Mountains NP - South Dakota : Crazy Horse - Rt Rushmore - Custer SP - Badlands NP - Windcaves -Jewel Cave - Wyoming : Devil Tower - Beartooth HW - Yellowstone - Montana : Little Bighorn BNF - Idaho : Twin Falls - Shoshone Falls - Malad Gorge - Hagerman Fossil Beds NM -1000 Springs - Nevada : Poney express trail - Great Basin - Lehman Cave - Osceola road - Cathedral Gorge - Las Vegas
MERCREDI 13 MAI
Départ de Nantes à 7h05, escale à Roissy, arrivée à Los Angelès vers 13h et des poussières, passage en douane rapide, navette imédiate pour le rental car, peu d'attente chez ALAMO et nous voici partis avec une GMC Envoy qui sort du lavage.
La GMC Envoy, toute propre, mais pas pour longtemps
Notre GPS nous conduit sans bavure jusqu'au Best Western de El Cajon, près de San Diego – avec un petit détour pour voir le Pacifique (horizon embrumé comme lors des voyages précédents).Jeudi 14 MAI - en route vers le sud Arizona
Petit déjeuner dès l'ouverture (6h30) puis la I8 vers l'est. Courses à El Centro (qui n'a rien de central, loin de là) : quelques bricoles et l'essentiel, de l'eau, une glacière et des bonbons pour la route. Notre première visite est consacrée aux Imperial Dunes (dans l'Imperial county de Californie, juste à la limite de l'Arizona, le long du Mexique). La freeway traverse le désert de sable sur plus de 10 miles, mais dans l'autre sens, les dunes s'étendent sur une centaine de km. Un parking entre les 2 chaussées de l'autoroute, avec des vues polluées par les lignes électriques... Un peu plus loin, une sortie donne accès au centre de rangers (fermé!) de l'Imperial Sand Dunes Recreation Area et une piste nous conduit à un parking au milieu de l'immensité de sable … rien d'autre que le ciel bleu et le sable doré.

Des traces de roues témoignent que le site est ouvert aux quads, d'ailleurs en repartant nous en apercevons quelques-uns rentrant d'un périple dans les dunes.
Notre seconde étape est consacrée à la prison territoriale de Yuma (AZ), petite ville située de l'autre coté du Colorado (tiens, en voilà un dont on ré-entendra parlé par la suite.) Certains se souviennent peut-être du film " 3h10 pour Yuma ", un chef-d'œuvre du western de 1957 avec Glen Ford – Les plus jeunes connaitront plutôt le remake de 2008.

La prison, qui a fonctionné de 1876 à 1909, est ouverte au public (4$ par personne) - on y visite, outre les cellules et cachots, un musée parsemé d'objets, d'armes et surtout de photos des détenu(e)s et des gardiens. Aussi, la liste de tout ceux qui y furent incarcérés, la durée, les exécutions (rares) et … les évadés, repris ou non. On note par exemple que certains mormons y ont été emprisonnés pour polygamie.

En 1909, la prison a été transférée à Florence, un lieu que nous croiserons plus tard.
Arrivée dans l'apm à Gila Ben – le Knights Inn réservé par Super 8 est vieillot, mais la chambre est correcte. La piscine par contre n'a pas vu d'eau depuis des années. Avec le décalage horaire, on a plus envie d'une sieste que d'un bain.
En fin de journée, nous partons voir le coucher du soleil dans le Sonoran Desert NM ; la piste que nous empruntons nous conduit à aucun point intéressant et nous remettons au lendemain notre découverte des cactus géants.
Vendredi 15 Mai – Organ Pipe Cactus NM
Petit déjeuner dès l'ouverture et départ vers le sud. Courses à Ajo, ville minière, typée mexicaine, des motels, des markets, une belle église et beaucoup de sociétés d'assurance (?)
Les cactus sont présents partout maintenant. Les saguaros caractérisent le Sodoran desert qui avec le Mojave et le Great Basin constituent les 3 grands déserts du sud ouest des USA.
L'Organ Pipe Cactus NM est un grand parc par sa surface, pas par le nombre de ses visiteurs : nous ne somme pas les seuls ce jours-là mais presque.

Nous achetons notre « annual pass » au visitor center, auprès des rangers de service. Ceux-ci ne sont pas très jeunes et je me dis que ces militaires, hommes et femmes, ne prennent jamais de retraite : ranger, c'est pour la vie ? (cette impression ira en s'amplifiant au cour de notre voyage)

A coté du centre, une promenade botanique permet de découvrir les différentes variétés de plantes du secteur, les grands saguaros, les plus rares organ pipe, les cholla cactus (à ne pas approcher de trop près) et les ocotillos.
Organ Pipe à droiteIl y a plusieurs circuits dans le parc. Le plus long est fermé depuis quelques année pour des raisons de sécurité avec les problèmes d'immigration mexicaine. L'ajo mountain drive part en face de la route du visitor center et offre une piste correcte de 34 km en sens unique autour de Diablo Mtns. La nature à l'état sauvage, des cactus et quelques animaux rencontrés en chemin, un coyote, des Sonoran Proghorn et une famille de Gambel's Quail, un oiseau marcheur doté d'une curieuse crête sur la tête – difficile à prendre en photo. Un peu de relief, même une bonne montée et la route passe à proximité d'une arche.
Arch Canyon La North Puerto Blanco Drive part de l'autre coté du visitor center et est fermée au bout de 5 miles au delà d'un parking. Une picnic area y est aménagée avec des ramadas offrant de l'ombre pour déjeuner.
L'apm, en route vers Tucson, 140 miles par l'AZ86, qui filent tout droit au milieu des cactus. Nous passons un 3 ou 4ème barrage de douane – contrôle des passeports... c'est surtout l'immigration mexicaine qui est visée.
Plus loin, nous voyons une tornade. Peut-on appeler tornade ces tourbillons de sables qui se forment dans le désert ? Nous en avons déjà vu l'an passé, en particulier dans la Carrizo Plain NM, le long de la faille de San Andrea (il faudra que je raconte un jour). Mais celle-ci que nous voyons de très loin, s'élève à plus de 30m et si dirige vers la route. Elle traverse avant notre arrivée et s'amenuise par la suite...
A Tucson, notre GPS nous conduit directement au Studio 6 que nous avons réservé pour 3 nuits. Ce type de motel, de la famille Motel 6, a l'avantage de disposer d'un coin cuisine, avec frigo et micro-onde, ça c'est commun, mais aussi un évier, une plaque de cuisson et de la vaisselle (pour nous : 35, 77 € la nuit, frais de change inclus). Il y a bien sûr une piscine.Samedi 16 mai – désert et western
Pas beaucoup de route aujourd'hui. Départ direction le Sodoran Desert Museum pour y découvrir les plantes et animaux qui vivent dans la région, en particulier ceux que l'on a trop peu d'occasion de voir lors des visites des parcs. Il est encore tôt, mais les grands mammifères sont déjà retirés dans leur coin à l'ombre. Nous passons un grand moment à regarder et filmer un raccoon (raton laveur) jouer avec sa gamelle.
Raccoon en activitéEnviron 2h pour un tour complet – de nombreuses plantes du désert et une centaine d'animaux plus ou moins sympathiques … Et le soleil qui monte dans le ciel.

Deuxième étape, le Saguaro NP (west). La fiche en français (ne jamais oublier de demander) remise avec la carte à l'entrée nous apprend plein de chose sur ce cactus géant, emblème de l'Arizona. Au bout de 15 ans, il ne mesure qu'une trentaine de cm de haut. Les premiers bras n'apparraisent qu'après 75 ans. Il peut vivre plus de 150 ans, mesurer plus de 15m et peser plus de 8 tonnes ! Mais le circuit dans le parc n'a rien d'extraordinaire, surtout après l'Organ Pipe.

Troisième étape, Old Tucson Studio, lieu de tournage de nombreux western de la grande époque comme Rio Bravo, en tout 300 films de1939 à 2004 . (On paye à l'entrée - 16$95 par adulte, mais les attractions ensuite sont gratuites) Petit tour dans la grand rue, typique de la fin du XIXème et la chaleur nous conduit tout naturellement au saloon pour y trouver un peu de fraicheur et une bière. Nous avons en main le programme des spectacles : il y en a presque tout le temps de 10h à 16h. Justement dans 10 minutes, c'est le show des « cow girls » chants et danses très animées dans le saloon, sur la scène et sur … le bar !
Un petit tour dehors et nous nous dirigeons vers des gradins à l'ombre face à l'église pour assister à un spectacle digne des (meilleurs?) western – cascades, combats, tirs, explosions, incendies.

Nouveau tour au soleil vers la locomotive de 1872 et la chapelle, puis retour au saloon pour un nouveau spectacle, cette fois « french cacan » de nos danseuses de toute à l'heure.

Quelques visites, un autre spectacle en plein air, un tour du centre dans le petit train, quelques achats à la sortie et vite la clim dans la voiture, direction l'hôtel et sa piscine.
Dimanche 17 mai – western et visite de cave
Au programme de ce dimanche, Colossal cave et Tombstone. Nous décidons d'inverser et de garder la fraicheur de la cave pour l'apm. Nous verrons par la suite que nous allons faire le même choix pour d'autres raisons.
Tombstone, lieu mythique de l'histoire de l'ouest - le lieu du début de la fin pour tous les "méchants" de l'ouest à la fin du 19ème. Le lieu du "règlement de compte à OK Corral", titre du film le plus connu de l'histoire de Wyatt Earp. Depuis le début de l'année, les chaines satellites nous ont proposé 4 versions de ce duel qui a marqué l'ouest au point d'en parler et de fêter encore 128 ans après.
Car outre le fait que le centre du village a gardé le look de l'époque, même si chaque bâtiment est maintenant un magasin qui vend surtout des souvenirs made in .....a , cela reste le lieu du vrai OK Corral. Ici on ne paye rien à l'entrée, mais on paye pour visiter chaque lieu particulier et pour assister à la reconstitution du fameux "règlement de compte".
A part ça, un BBQ rib beef d'enfer au Longhorn restaurant.

Visite indispensable, le cimetière reconstitué à l'entrée de la ville (pas évident à trouver) où reposent à jamais les Mc Laury et Clanton, victimes du shérif Earp et de ses frères, aidés de Doc Holliday. La lecture des plaques funéraires laisse bien des surprises, avec les inconnus, les chinois de service, les victimes des apaches (ah, on va en reparler bientôt des ceux-là) et les "pendus par erreur" !!!
26 octobre 1881 - les victimes du règlement de compte à OK Corral Dans l'après midi, visite de cave. Chez nous quand on parle de visite de cave, il s'agit bien sûr d'une cave de muscadet, comme dans d'autres régions de bordeaux ou de bourgogne, voire de fromages. Une cave ici est surtout réservée au spéléologue et ne renferme ni bon cru ni fromage. La Colossal cave en question est une grotte dans un State Parc aux portes de Tucson. La photo de l'entrée du parc montre, ô combien, que le ciel bleu de nos premiers jours s'est bien assombri – ce n'est qu'un début.

Entrée dans le parc gratuite, mais visite guidée de la cave payante (11$ par personne). Température fraiche par ce temps orageux, marches à descendre, marches à remonter … rien d'extraordinaire dans cette promenade souterraine d'une heure, mais une visite quand même bien agréable. Trop difficile de suivre le discours du guide, donc nous consacrons notre temps à voir plutôt qu'à entendre, et à faire quelques photos. Car ici, contrairement aux Kartchner Caverns voisines, on peut faire des photos.
Pas facile, facile de faire de bonnes photos dans ces caves...Lundi 18 – chez les Apaches
Direction Apache Junction, tous d'abord, banlieue de Phoenix pour s'engager sur l'Apache Trail. Cette route vers l'est, construite par les indiens, comporte 2 parties bien distinctes. Le début est revêtu et de bonne qualité ; il traverse une région aride et montagneux, tout en suivant le cours de la Salt River et des retenues offrant des lacs propices aux bateaux.

Apache Trail
La seconde partie est une piste de qualité variable, surtout dans les passages pentus et en lacets où nous croisons au pas des gros 4x4 tractant des bateaux plus larges qu'eux. Quelques beaux points de vue sur les roches teintées et les lacs puis sur le barrage à l'extrémité.
A quelques miles du barrage se trouve le Tonto NM. Direction le visitor center – le parking est quasiment vide. La ranger de service n'est pas très emballée de nous laisser partir sur le chemin qui mène aux maisons Anasazi dans une sorte une grotte plus haut. Elle nous explique que le lieu est fréquenté par des hordes abeilles en furie à n'approcher sous aucun prétexte et qu'il ne faut pas dépasser le barrage installer sur le chemin, et puis que si on vois un serpent à sonnette traverser le chemin, il faut s'arrêter pour le laisser passer …

Bref, c'est surtout la chaleur et la pente qui nous gênera le plus, mais nous ne dépassons pas les barrières – on y a quand même une belle vue de ruines qui nous rappellent Mesa Verde et, en nous retournant, sur le lac formé par le barrage.

Nous déjeunons dans le joli parking aménagé avec tables sous abri dans un coin tranquille près de la sortie.
Ensuite le nom d'Apache trail continu pour la AZ188 jusqu'à Midland City où nous prenons la AZ60 en direction de Show Low en plein territoire Apache. Je ne sais pas si c'est le fantôme de Cochise qui erre dans le secteur, mais mon GPS m'indique de bien curieuses choses – routes en zig zag alors qu'en face de moi elle est rectiligne, position en dehors de la route etc.
Point de vue sur le canyon de la Salt river .Nous arrivons avant l'orage au KC motel de Show Low. on est en plein territoire apache et le couple d'indiens que nous croisons au restaurant le soir nous fait penser à Geronimo !
Mardi 19 – la forêt pétrifiée et les navajos
Départ de bonne heure pour une centaine de km vers Petrified Forest NP, par l'entrée nord. Mal vu, ça aurait été mieux par le sud, m'en suis rendu compte après.

Ce parc ne m'avais pas attiré lors des voyages précédents et j'étais encore près à le zapper cette année. Pourquoi ? Parce ce qu'aucun site sur la toile n'en présente des photos qui donnent une bonne idée de l'intérêt du parc. Bon les troncs fossilisés datent d'environ 225 millions d'années, et alors, il y en a ailleurs. Le Painted Desert, c'est un peu comme celui de John Day Fossil Bed où nous sommes passés en 2007 (pour ce qui ne connaissent pas, c'est en Oregon, dans un coin plutôt à l'écart des circuits de grands parcs). En fait, il ne faut pas rater, même si ça fait un grand détour. Les étendues de rochers et de terre rouge au nord sont visibles de 7 ou 8 points qui justifient tous un arrêt, mais les couleurs sont plus belles l'apm (d'où mon erreur de trajet – en commençant au nord, mais j'avais fait tous les points de vue le matin et il fallait que j'y repasse pour sortir. De plus l'AR me faisait faire 40 miles de plus).

La traversée de l'ex Route 66 est marquée par le cadavre d'une vieille voiture. Tous les points au sud nécessitent un arrêt et une visite, mais jamais de grande marche. A Puerto Pueblo, on visite les ruines d'un village du XII - XIIIème siècle. Plus loin, le Newspaper Rock permet de voir de pétrogyphes, moins bien que celui celui près des Needles de Canyonland. Les points de Blue Mesa font découvrir les troncs pétrifiés que l'érosion commence à mettre à jour. Ceux de Crystal Forest et de Long Logs offrent des promenades au milieu de la forêt fossilisée.
Pendant que nous marchons parmi les troncs de pierre, une orage fait rage au loin. Au retour, l'eau courre dans la Puerco River, pourtant il nous semble que son lit était à sec le matin.
Une petite centaine de miles pour nous rendre à la ville navajo de Chinle. Logement au Best Western réservé à l'avance – pas de problème (ce n'est pas si mal placé que ça) – Wifi ok, quelques photos aux enfants...
Et nous partons réserver la visite en 4x4 pour le lendemain. Inutile, les billets se prennent sur place, 1/4h avant le départ. Retour au BW : le parking est plein, plein des voitures des indiens qui sont venus diner au resto du motel. Il y a une fête, sans doute. Certains ont revêtus les costumes traditionnels. Je n'ose pas trop demander, l'hôtel et le restaurant sont tenus par des indiens. Après un peu d'attente, nous pouvons diner - hamburger au pain indien.
Le coucher de soleil sur Chinle sera un des rares que nous pourrons voir. Mercredi 20 - dans le canyon del Muerto
Canyon de Chelly National Monument, un autre lieu que nous n'avions jamais pu inscrire au programme des voyages précédents, mais pas question de le rater cette année. Donc 2 nuits à Chinle pour en profiter au maximum. Bien avant 8h45, nous sommes à Thunderbird Lodge pour prendre nos billets pour la visite en 4x4 – la journée complète avec le déjeuner (60, 72 € par personne, taxes et frais de change inclus). Départ prévu à 9h, mais notre guide nous ferra remarquer que l'heure indienne est souvent approximative. Donc vers 9h30, assis avec 22 américains à l'arrière d'un camion transformé en mini-bus pour touristes, nous partons vers l'entrée du parc. Je crains pour mon dos en repensant à la remorque du shuttle du Grand Canyon quelques années plutôt – en fait, pas de problème.

Le circuit commence par le canyon Del Muerto qui se sépare de celui de Chelly peu après l'entrée. Notre engin roule sur la piste de sable puis dans le lit de la rivière. Des 4x4 persos, avec un guide navajo et des groupes à cheval, aussi accompagnés, nous précédent ou nous suivent. Les arrêts sont nombreux pour contempler les pétroglyphes et les ruines anasazis incrustées dans les falaises. Des arrêts plus conséquents se font là où sont installés les stands des marchands de souvenirs indiens, bijoux, poteries etc...

La vallée est encastrée entre les falaises de pierres rouges aux coulées noires. Passé Antelop House Ruin, le lit de la rivière se rétrécit et la piste va et vient du fil de l'eau au chemin de sable. Nous allons jusqu'à Massacre Cave, ainsi nommée en souvenir de la tuerie de 115 navajos par les espagnols en 1805. C'est là que nous faisons la pose déjeuner.
Massacre Cave Retour vers l'embranchement et nous prenons la piste du canyon de Chelly. Le tour est plus court, avec moins d'arrêts, la piste plus étroite traverse et retraverse le ruisseau dans des creux de plus en plus impressionnants. White House Ruin puis Windows Arch constituent les principaux points d'intérêt avant d'arriver à Spider Rock, ce double rocher monumental dédié à la femme-araignée, la sorcière qui exposait dessus les enfants pas sages !

La fin du parcours sera mouvementée : le vent emporte mon chapeau puis la pluie fait son apparition et nos sièges ne sont pas abrités. Notre guide distribue les vêtements de pluie qu'il a en réserve, mais il n'y en pas pour tout le monde. Puis au passage d'un gué, le « camion » reste bloqué au fond dans la boue. Après plusieurs manœuvres, notre chauffeur-guide arrive à en extraire son engin, mais la piste est pas mal détériorée et je me fais du soucis pour la voiture que nous venons de croiser – un 4x4 de particulier, peut-être de location – qui devra repasser là tout à l'heure. Rentré à Thunderbird Lodge, après quelques achats de souvenirs, nous partons sur le South Rim Drive. La pluie a cessé et nous avons tout notre temps pour aller voir Spider Rock et White South Ruin d'en haut.

Une journée bien remplie, mais Canyon de Chelly NM est certainement un des plus beaux sites à visiter en Arizona. Nous avons trouvé le circuit à l'intérieur des canyons beaucoup plus intéressant que celui fait l'an passé dans les Needles de Canyonland, un peu dans les mêmes conditions.
2ème semaine – jusqu'aux sources du Colorado
Arizona : Croisière Navajo Tapestry - Upper Antelop Canyon - Horseshoe Bend - Marble Canyon - Lees ferry Utah : Valley of the Gods - Goosenecks SP - KodaChrom Basin SP - Devil Garden - Burr Trail - Shafer Trail Colorado : Grand Mesa SR - Rocky Mountains NP
Après le canyon de Chelly, notre programme prévoit de rejoindre le Rocky Mountains NP, pas par le chemin le plus court mais en parcourant les célèbres trails de l'Utah : Cottoonwood Road, Burr Trail et Notom/Bullfrog Road, Cathedral Valley et Shafer Trail – si le temps (qui n'a cessé de se dégrader) le permet.
Jeudi 21 Mai - Pour commencer, Valley of the Gods.
En quittant Chinle vers le nord, nous rencontrons très vite ces paysages de buttes rouges qui atteignent leur apothéose à Monument Valley. Nous avons déjà visité en 2005 et j'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas voir les 2 à la suite. L'entrée de Valley of the Gods par la US 163 donne sur gué boueux où ruisselle un peu d'eau lors de notre passage. Pas une grosse difficulté ce jour là, mais je mets la voiture en 4x4. Les 28km de pistes sont ponctués de quelques arrêts aux meilleurs points de vue. Cette vallée des dieux a un certain charme, il nous manque le ciel bleu.
Valley of the Gods - un gout de déjà vuPeu après la sortie sur la UT 261 se trouve le Goosenecks SP. Le parking est au bord du point de vue sur les méandres de la San Juan River. Un environnement pas très chouette, mais les 3 boucles de la rivière qui serpente 3-400m à nos pieds sont impressionnantes. Pas possible d'avoir une vue complète en photo, il faut avoir recours à la vidéo.
Les 3 méandres de la San Juan RiverEn route vers Page où nous avons réservé 3 nuits au Quality Inn sur le Lake Powel Boulevard. Au passage nous fermons les yeux sur les fumées de la centrale à charbon et nous allons repérer le Lower Antelop Canyon : ça a l'air fermé. Coté Upper, il y a de l'animation. Bon, on verra demain.
Vendredi 22 – la cata
Au réveil, un petit tour sur le balcon – tiens il pleut. Ça risque de changer nos plans. Bon, on va manger et on verra après. De retour du petit d��jeuner, la pluie s'est transformé en averse tropicale, même pas question d'aller jusqu'à la voiture … et nous allons passer la matinée à regarder l'orage de notre fenêtre au premier. Très vite, l'écoulement de l'eau dans la rue en pente dépasse la hauteur des bordures et charrie une terre rouge venue d'un peu partout. Pas question l'aller à Antelop ce matin et grosses craintes pour l'état des pistes pour la suite.
Après, il y a eu bien pireEn fin de matinée, la pluie cesse. Nous avons réservé une promenade en bateau sur le lac Powel, il est temps de se diriger vers Wahweap. Des 5-6 croisières proposées, nous avons choisi celle de 3 heures nommée Navajo Trapestry Boat Cruise – départ 1PM.

La croisière sur le lac est certainement plus belle avec du soleil et du ciel bleu, mais il faut faire avec les nuages sombres qui nous entourent. Et quoi qu'il en soit, la navigation dans la partie immergée de Antelop Canyon est magnifique. Le bateau se faufile dans un couloir de plus en plus étroit - A faire absolument. La partie suivante dans le Navajo Canyon est moins intéressante, le canyon est plus large et cela à un gout de déjà vu.

Nous sommes parmi les premiers à passer par un chenal récemment ouvert pour raccourcir le trajet de retour. Deux autres couples de français sur le bateau ; ils nous racontent la difficulté qu'ils ont eu la veille au soir pour se loger à Page et d'être obligé de changer d'hôtel pour la 2ème nuit.
Le soir, nous avions décidé de diner au Glen Canyon Steak House en face notre Hôtel – chanteur country pas top, cars de français bruyants et la note la plus salée du voyage. A éviter.
Samedi 23 – Antelop même sans le soleil de 11h30
C'est certain, inutile d'attendre le soleil au zénith pour visiter le canyon navajo, il ne viendra pas. Nous sommes donc dès 9h sur place. Premier point, Lower est fermé – deuxième point, il y a déjà pas mal de monde à Upper Antelop Canyon. Inscription, attente, et nous partons dans le tape-cul de service – sûr, on aurait pas tenu la journée dans un engin pareil à Chelly. Notre guide joue aussi de la flute.
Entrée de Upper Antelop Canyon La suite juste pour vous montrer qu'on peut faire entre 10 et 11h quelques photos pas trop moches quand il n'y a pas de soleil – pour en voir plus, il y en a des millions sur Internet.
Même sans le soleil ...Le reste de la journée est consacrée à d'autres point d'intérêt dans le secteur – avec un point commun, les nuages noirs avec des trainées de pluie tout autour de nous.
Tout près de Page, Horseshoe Bend est une grosse boucle du Colorado avec un point de vue à ¾ de mile du parking (en montée au retour).
Sans grand angle : regroupement panoramique ...Navajo Bridge et le Marble Canyon. Un des rares endroits où on peu voir le Colorado de dessus. Parking rive droite à l'Interpretive Center – jewellerie indienne en rive gauche (beaucoup de choix – carte de crédit acceptées) - point de vue magnifique au milieu.

Nous continuons la route 89 jusqu'à Cliff Dwellers où l'on peut voir de curieuses constructions appuyées sur des champignons de pierre, au pied de Vermillon Cliffs.

Puis demi-tour vers Lees Ferry où la Paria River déverse ses eaux boueuses dans un Colorado qui est sorti bien propre du barrage en amont. Lee Feery River Trail est une jolie promenade le long de la rivière, bien documentée, vers les différents lieux de passage des ferries, seul point de traversée du Colorado sur 800 km jusqu'en 1920.
La maison fortifiée de Lee
A l'hôtel en rentrant, toujours pas de Wi-Fi depuis l'orage – un mauvais point pour la chaine Choice Hotel International. Le lendemain matin, un deuxième jour sans jus d'orange au petit déjeuner – deuxième mauvais point. A part ça, rien à redire, même bien pour un prix abordable à Page,Dimanche 24 – la gadoue comme chantaient Pétula et Jane
Arrivé de bonne heure chez les rangers du secteur, ils nous confirment ce que nous craignons depuis 2 jours : pas question de s'engager sur la Cotonwood Road. Donc nous faisons le tour par Kanab, 140km de plus mais identique en temps. Sur la route de Kanab, une voiture nous double à vive allure. Curieux, les gens respectent plutôt les limitations par ici. Plus curieux, la voiture blanche qui arrive en face de nous fait un demi-tour au frein à main et repars devant nous, sirènes hurlantes et clignotant de toute part. Quelques centaines de yards plus loin, nous retrouvons les 2 sur le bord de la route. Même le dimanche, il faut se méfier. Je vérifie, le régulateur de la voiture est bien réglé sur 70, la vitesse autorisée ici.
Qui croira que nous avons traversé Bryce Canyon sans même ralentir. Nous avons vu l'an dernier et il y en a des milliers de photos sur le Net. A Cannonville, nous tournons vers Kodachrome, mais nous arrêtons au Tourist Office pour demander si, par hasard, l'accès à Grosvenor Arch serait possible. On nous explique que, peut-être dans 4-5 heures, la piste sera assez sèche, mais pour le moment elle est impraticable.
Nous nous rabattons sur Kodachrome Basin SP; de toute façons, on voulait y passer. Quoi qu'en disent certains, ce parc n'est pas inintéressant. Quelques beaux sites et une jolie balade jusqu'à une arche – de plus le soleil est temporairement de retour.


En route vers le nord, sur la magnifique UT 12, arrêt à Escalante chez les rangers qui nous affirme que l'accès à Devil Garden est possible. Quelques km plus loin, nous nous engageons sur la "Hole in the Rock Road". La piste est sèche, en majorité, à part quelques flaques d'eau où le passage des voitures a creusé de profonds sillons. Mais nous arrivons sans encombre au jardin du diable. Le site vaut le détour, promenade au milieu des pitons rocheux et arches laissés par l'érosion.
Devil GardenPendant notre promenade, complétée par quelques excursions sur les pistes voisines, nous ne nous somme pas aperçu qu'un orage s'est abattu sur les premiers miles de la piste. Nous sommes parmi les derniers à quitter les lieux. Sur le chemin du retour, deux voitures nous précèdent à une centaine de mètres. Soudain la première part sur le coté et va se frotter au bord de la piste, haute de plus de 1m à cet endroit. La seconde freinne et part aussi sur le coté. Nous venons d'entrer dans une zone que l'orage a transformé en patinoire. La voiture glisse sur 4-5 centimètres de boue. Avec un peu de chance et en ralentissant progressivement jusqu'à moins de 10 miles, j'évite de frotter ma voiture de location dans les bordures de terre de part et d'autre. Au moins 7-8 miles à rouler au pas, projection de boue, glissade... Je comprends que certaines pistes soit déconseillées par temps d'orage. Ici, c'était plat, mais j'ai peine à imaginer la même gadoue dans une descente.
Nous rejoignons enfin la 12 et la pluie qui va nous accompagner jusqu'à Torrey, avec quelques flocons lors des passages à près de 3000m. Nous avons réservé pour 2 nuits au Sandstone Inn, juste au carrefour de la 12 et la 24.
Lundi 25 – Apprentissage dans les lacets de Burr Trail
Retour à Boulder (60km) pour un petit tour à l'Anasazi SP, et surtout se renseigner sur l'état des pistes (Burr Trail, Notom-Bullfrog Road). Bien sûr, pas de problème sur la partie revêtue de la Burr Trail, mais on nous dit que la suite est impraticable. Bon, et bien on va voir. Après 10 miles, la Burr Trail comporte un passage magnifique nommée Long Canyon. Une vallée encastrée sur 9 miles entre 2 falaises rouges.
Long CanyonAu delà, la route perd beaucoup d'intérêt jusqu'à l'entrée de Capitol Reef NP. Pas de contrôle à l'entrée, la route deviens un chemin de terre qui, somme toute, a l'air bien sec et large. Bravant les conseils des rangers, nous nous engageons en nous tenant prêt à faire demi-tour si l'état de la piste ou du ciel se dégrade. Que non, que non, nous atteignons le sommet du col et découvrons les lacets du Burr Trail Switchbacks et un magnifique point de vue sur l'autre versant. Nous croisons une voiture toute ordinaire qui viens de monter, donc nous nous lançons dans cette descente qui n'a rien d'infernale mais servira d'apprentissage pour la suite. Demi-tour à l'embranchement de la Notom et retour par Boulder jusqu'au Visitor Center de Capitol Reef.

Nous y arrivons juste pour nous mettre à l'abri. Renseignement pris, l'accès à Cathedral Valley est impossible – niveau d'eau trop haut dans la Fremon River et des rochers en travers de la piste par Caineville Wash Road. Les temples du soleil et de la lune, ce ne sera encore pas pour cette année. Ensuite, petite visite dans le parc, mais nous sommes déjà venus l'an passé.
Chimney Rock de Capitol ReefMardi 26 – La grande descente
Faute de Cathedral, nous allons avancer d'un jour notre programme. Départ de bonne heure, nous sommes vers 10h00 à l'entrée d'Island in the Sky. Le secteur, on connait, Arches, Dead Horse Point en 2005, Canyonland en avion et en voiture l'an dernier et en prime, les Needles en 4x4 avec Tag a Long. Reste Shafer Trail. Le ranger de service à l'entrée, après avoir contrôler notre carte avec nos passeports, nous rassure : le Shafer Trail est praticable. Toutefois, il s'inquiète de savoir si notre voiture est un vrai 4x4. Nous doublons un groupe de VTTistes qui se préparent, au moins une douzaine ce jour là. Quand je pense à notre pauvre Spartiate qui s'y est retrouvé tout seul 3 semaines plus tard et sans chaine! Et nous voilà en haut de la piste. Plus de 400m de dénivelé sur une piste accolée à la falaise.
Voiture en 4x4, vitesse en première et c'est parti. Oh ça descend, oh c'est pas large, oh c'est à pic Oh y a des cailloux, des bosses, des trous … Oh, y a des virages, oh y a des voitures dans l'autre sens – où est-ce qu'on se croise ? Tiens, les VTT vont plus vite que moi, ils me doublent par groupe de 2 – j'essaye de leur faciliter le passage Arrêts photos quand même là où on peut. Le problème, c'est que arrivé en bas, c'est pas fini. Je dirai même que la partie la plus délicate à négocier, c'est après. Les trous sont plus profonds, les cailloux sont plus gros et ce, jusqu'au potasse. Nombreuses pauses ; la vue intermédiaire sur le Colorado à Dead Horse Point est superbe Arrêt sur le bord de la rivière … Peu d'animaux en route mais une Quail, comme au début à Organ Pipe... Et ce bleu des étangs de potasse... à en faire rèver le ciel qui n'en fini pas de se dégager de ses nuages.






Nous finissons l'apm à Moab, quelques courses, un chargeur d'appareil photo pour remplacer celui oublié à l'hôtel à Page – surprenant tout ce qu'on peu trouver dans les petits magasins de Moab.
L'hôtel est réservé au Ramada de Green River comme l'an passé. Je trouve que le logement à Moab est devenu trop cher.
Mercredi 27 – mais que va-t'on faire ?
Le Shafer Trail était prévu pour aujourd'hui. Ce soir nous logeons à Eagle où nous avons rendez-vous avec une relation de travail. La I-70 sur 210 miles soit 3 heures d'autoroute. Il y a bien de la vigne dans le coin, on pourrait visiter une cave. A Grand Junction, nous arrêtons au Tourist Office pour trouver des idées. Nous retenons celle d'un détour par la Grand Mesa Scenic Drive, qui passe par un immense plateau à 3000m, truffé de lacs. La montée offre quelques beaux points de vue sur la vallée où coule encore le Colorado. La balade est plutôt fraiche, nous voyons la neige de près au visitor center . A plusieurs reprises, nous rencontrons des marmottes à se dorer au soleil sur le bord de la route, mais elles ne se laissent pas photographier facilement.

Retour sur la I 70 par l'autre versant et nous arrivons au Best Western de Eagle. Eagle, sinistre souvenir où par une soirée de Mai 2005, nous avions atterri, sans bagage... Il faudra que je raconte pourquoi, depuis, je ne ferme plus mes valises à clé pour les USA.
Jeudi 28 – haute montagne
Nous avions prévu de traverser le Rocky Mountains NP d'ouest en est, mais à Grand Junction, on nous avait dit que le col n'était pas ouvert, dire confirmé par nos amis à Eagle. Nous allons donc accéder au parc par l'est et pour cela, passer cet étonnant col où l'autoroute I70 monte à 3200m.

A l'entrée du parc, on nous annonce que la Trail Ridge Road est ouverte depuis plusieurs jours. Nous avons contourné pour rien et nous n'aurons pas le temps de faire un AR jusqu'à l'entrée ouest. Objectif, allez au point le plus haut de la route, à 3713m – hauteur qu'on ne risque pas d'atteindre en voiture en Europe. Quand on redescend de l'autre coté, on arrive sur le bord d'un ruisseau nommé Colorado River. Il prend sa source près d'ici, dans le Mont Richthofen. Promenade un peu fraiche en altitude, orages au loin dans la montagne, balades agréables en forêt plus bas.




La journée se termine au Sleep Inn de Fort Collins. Pas de Wi-Fi un troisième mauvais point pour la chaine Choice Hotel International. Mais un diner agréable au Sundance Steakhouse & Saloon à coté.

3ème semaine
South Dakota : Crazy Horse - Rt Rushmore - Custer SP - Badlands NP – Wind Cave - Jewel Cave Wyoming : Devil Tower - Beartooth HW - Yellowstone - Montana : Little Bighorn BNF
Vendredi 29 mai – Soirée au Crazy Horse
Voilà un titre qui prendrait un tout autre sens si nous étions à Paris ou à Las Vegas, mais nous en sommes loin.
Journée de transition de Fort Collins au pied des Rocheuses du Colorado vers Custer dans les Blak Hills du Sud Dakota, en traversant une partie du Wyoming. Une longue journée de route, 500km et encore, si on ne fait pas de détour. Pas grand chose à voir aujourd'hui. Nous en profitons pour consulter notre nouveau guide de voyage : « L'ouest Américain / Rocheuses et Grands lacs » de Jacques Klein. Mais pour aujourd'hui, rien, rien, rien. En faisant un petit détour, il y aurait bien Fort Laramie, un nom qui semble dire quelque chose, mais la description qui en est faite dans le guide ne nous encourage pas à y aller. Route monotone, peu de relief, peu de végétation, des trains, des vaches , quelques antilopes, des ranchs isolés, des villages éloignées les uns des autres – il faut faire attention pour l'essence – des travaux sur les routes...
Et nous arrivons tôt dans l'apm à Custer. Nous avons choisi cette bourgade de 2000 habitants plutôt que Rapid City car elle est plus centrale par rapport à tout ce qu'on veut voir dans la région. Nous avons réservé 4 nuits au Chief Motel. La 4ème nuit est gratuite, une carte d'entrée au Custer SP est prêtée aux clients qui restent au moins 3 jours – motel classique, belle piscine couverte avec spa et sauna (gratuit) – coin cuisine, climatisation que nous utiliserons surtout en chauffage.
Quelques courses et nous décidons d'aller faire un tour vers le Crazy Horse Memorial, situé à quelques miles, voir comment ça se présente (horaires tarif) pour visiter le lendemain. Avant l'entrée, un parking et une cabine d'information. Nous obtenons les renseignements souhaités, mais on nous dit aussi que ce soir, il y a un spectacle son et lumière après la tombée de la nuit. Cela nous laisse le temps de visiter avant. Donc on y va. Le mémorial du chef Sioux Crazy Horse, héros de la résistance indienne, est une sculpture gigantesque dans la montagne : 171m de haut, 27 m rien que la tête. Sculpture à l'explosif, si gigantesque que commencée en 1948 par Korczak Ziolkowski, seule la tête est terminée. On ne voit l'ouvrage qu'à plus d'1km mais on approche au pied par une navette, payante. La maquette donne une idée de ce qu'il reste à faire;.. pour les générations futures sans doute. En prime, enfin un coucher de soleil.

Le visitor center et sa galerie marchande donne accès à un musée assez hétéroclite de l'histoire et de la culture indienne. On peut y voir entre autre les drapeaux de toutes (?) les tribus des natives d'Amérique du nord.
"Mes terres se trouvent là où repose mon peuple" avait dit le valeureux guerrierLe spectacle son et lumière qui débute à la tombée de la nuit est fort imprégné des techniques du laser, mais à notre gout, aurait beaucoup à apprendre coté « spectaculaire ». Commentaire trop difficile à suivre pour nous, projection sur la montagne à plus d'un 1km. Toutefois, à ne pas rater quand on est dans le secteur, c'est inclut dans le prix d'entrée.
Samedi 30 mai – Buffalos, pronghorns et autres
Le Custer State Park est à la porte est de Custer city. Ce parc d'état est connu pour ses troupeaux de bisons. Effectivement sur la scenic drive qui fait le tour de la partie sud, nous en rencontrons, isolés ou en petit groupe près de la route, en troupeaux plus importants se tiennent plus au loin.

Mais nous rencontrons aussi des pronghorns, que nous avions toujours nommés par erreur antilopes, des mule deers, cervidés à cul blanc, des burros, ânes sauvages un peu trop familier.

En nous aventurant sur les pistes qui traversent les forêts de la partie centrale du parc, nous rencontrons des marmottes bien craintives, mais qui se laissent photographier.

La partie sud jouxte le Wind Cave National Park. Avant d'arriver aux caves, nous rencontrons pour la première fois des colonies de "prairie dogs". Drôle d'idée de nommer chien de prairie ce petit animal qui se tient debout devant son terrier et s'y cache dès que l'on veux le photographier !

L'entrée du parc est gratuite, la visite de la cave du vent est payante. Nous nous inscrivons pour la plus courte (1h) et 20 minutes plus tard, nous suivons une jeune ranger dans les galeries souterraines.
Beaucoup de marches, toujours en descendant – les escaliers nous conduisent à des salles qui n'ont rien d'impressionnantes.
Notre guide coupe l'éclairage pendant 2 minutes, pour nous faire peur peut-être... En tout cas, on peut faire des photos … On continue de descendre des marches, encore et encore … ça devient inquiétant, il va bien falloir remonter pour sortir ! Oh surprise, au bout d'une heure nous arrivons à un ascenseur qui nous remonte à la surface.
En sortant du parc, nous croisons un troupeau de bisons proche de la route.
La journée n'est pas finie, retour parle Custer Park : un peu de piste pour arriver sur le bord d'un lac puis nous partons vers le secteur nord du parc. La route est spectaculaire : elle fait des boucles et des nœuds pour passer au dessus d'elle même, elle traverse des tunnels guère plus larges que la voiture et abouti à un rocher surprenant nommé Needles Eye dans un entassement d'aiguilles de granit.

Dimanche 31 mai – Badlands
Badlands, c'est le parc national principal du Sud Dakota. Ça veut dire les mauvaises terres. Il borde la réserve Sioux de Pine Ridge, la réserve indienne de la tribu Oglada (la tribu de Crazy Horse). C'est un des endroits les plus pauvres de l'Amérique du nord. Vu à la télé au printemps, le film « Cœur de tonnerre » montre bien la situation dans ce secteur il y a quelques dizaines d'années.
Nous sommes partis par Rapid City pour rejoindre l'entrée nord-est par la I 90. Un plein d'essence à Wall, le circuit prévu sera long, sans doute plus de 400 km dont 80 de route non revêtue. La badland loop road offre 40km de route qui serpente en bas puis en haut des falaises. De nombreux arrêts permettent d'admirer les couleurs des couches successives mise à jour par l'érosion.

Dans un endroit, la terre des falaises est jaune, tranchant avec les bandes grises et rouges. Des petits sentiers aménagés accèdent à des points de vue particuliers ; le Fossil Exhibit Trail offre une promenade découverte au milieu de fossiles à peine déterrés, mais bien protégés.

Au lieu de sortir à Pinnacles Entrance, nous continuons sur la Sage Creek Rim Road, une route non revêtue qui suis le bord de la falaise avec quelques overlook intéressant et la « Roberts prairie dog town » . Picnic au camping de Sage Creek, bien aménagé pour un camping d'arrière pays. Le ciel bleu du matin se couvre de nuages très noirs.
Pour rejoindre la Stronghold Unit, partie ouest des Badlands, situé dans la réserve indienne de Pine Ridge, il faut sortir puis rentrer dans le parc à plusieurs reprises. Une piste traverse un champ de petits champignons de pierre puis grimpe à Sheep Mountain Table, un point de vue intéressant.

A partir du White River visitor center, le chemin de terre longe sur 32km les falaises sud où on aperçoit des sites sacrés indiens interdits aux visiteurs. Au bout, on retrouve une route revêtue qui longe la face ouest avec le magnifique point de vue de Red Shirt Table.

De là, nous ne sommes qu'à 80km de Custer où nous rentrons sous la pluie.
Lundi 1er juin – Les présidents et la cave aux joyaux
Au vu de la météo et du soleil matinal, nous nous dirigeons vers le Mount Rushmore National Memorial, lieu que tout bon américain doit avoir visité une fois dans sa vie, comme La Mecque ou Lourdes pour d'autres. C'est souvent la destination principale des touristes étrangers qui viennent dans cette région, la preuve, nous y rencontrons un voyage organisé français. C'est ici qu'à flanc de colline sont sculptées les têtes des pères fondateurs des USA. Non, pour ceux du dernier rang, ce ne sont ni Mc Donald, ni Elvis Presley, ni John Wayne ni Mickael Jackson – mais Georges Washingtown, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln. L'entrée est gratuite, mais le parking est payant

Réalisés de 1927 à 1941 par le sculpteur Borglum, les 4 visages sont haut de 18m. Après l'entrée monumentale qui abrite visitor center et (grand) magasin de souvenir, une allée bordée des drapeaux de tous les Etats dits Unis, conduit au point de vue principal. Le presidential trail est une promenade ombragée jusqu'au pied de la falaise sculptée qui offre des vues plus rapprochées de chaque portrait (belle remontée à la fin).

Nous repensons à Crazy Horse memorial, plus haut, plus gigantesque avec son visage haut de 27m et tous les drapeaux indiens réunis. Il existe des représentations du photographe David Berhens où les esprits des grands chefs indiens Red Cloud, Sitting Bull, Geronimo et Chief Joseph planent au dessus des sculptures du mont Ruhsmore. Pour revenir à Custer, nous passons par la Iron Mountain Road, dans la partie nord-est du Custer SP. Quelques tunnels et de belles vues éloignées sur Ruhsmore.
En arrivant à Custer, nous arrêtons voir de plus près quelques petits magasins qui présentent de curieux étalages : des pierres, de toutes les couleurs, de toutes les tailles. Vendues au kg ou plutôt la pound, on y trouve entre autres des marbres roses, mais aussi du bois pétrifié et à l'intérieur, des fossiles.

Le soleil du matin nous a quitté et c'est juste avant un violent orage que nous arrivons à Jewel Cave NM. Entrée gratuite, visite payante comme à Wind Cave. Une heure d'attente dans le visitor center avant la prochaine visite. Pas question de partir en balade à l'extérieur sous les trombes d'eau – nous nous contentons de la vidéo passée en boucle à l'intérieur, comme dans la plupart des lieux d'accueil des parcs et monuments nationaux et parcs d'état.
La brochure en français nous parle de 700 marches, ça craint. En fait il s'agit des escaliers qui ont été remplacés par un ascenseur que l'on prendra à l'entrée et à la sortie. Guidée par une jeune ranger, nous partons découvrir les joyaux de la cave. Heureusement qu'il ont supprimé 700 marches, il en reste encore beaucoup. Je n'ai pas compris par quelle magie, on en descend plus que l'on en remonte. Cette cave offre plus de variété, de forme, de couleurs, bref elle est beaucoup plus intéressante que les précédentes. Elle est à préférer à Wind Cave, pour ceux qui n'aventureront dans la région. La guide nous fait aussi le coup de panne d'électricité. C'est vrai que perdu dans le noir ça peut être angoissant. Là aussi on peut faire des photos, toujours aussi difficile et résultats pas très satisfaisant.

Quand nous ressortons, l'orage est passé. Une bière dans le vieux saloon de Custer et ainsi se termine notre séjour dans le Sud Dakota.
Mardi 2 juin – Où est passé le troisième type ?
Nous allons rejoindre Yellowstone, environ 750 km au plus court, mais nous avons prévus des détours. Le premier nous conduit à Devils Tower NM. C'est un lieu qui est devenu célèbre hors des USA avec le film « rencontre du 3ème type » de Steven Spielberg en 1977 (9 nominations et 2 oscars et une foule d'autres récompenses.) La tour des démons est là, comme au cinéma. Du visitor center, une promenade de 2km permet d'en faire le tour, tantôt dans la forêt tantôt au pied des blocs rocheux détachés du conduit d'éruption qui a formé cet étonnant ensemble.

C'est un lieu sacré des indiens et on rencontre des morceaux très colorés de tissu ou de vêtement, attachés aux branches des arbre. Une consigne est répétée en divers endroits pour ne pas y toucher.
Au visitor center, la vidéo, les photos, peintures etc. sont consacrés à la légende indienne : un grand esprit souleva le sol pour protéger des enfants d'un ours géant ; celui-ci griffa les parois et forma les longues marques verticales.
Bon, d'accord, mais aucune évocation du film de Spielberg. C'est vrai qu'on est bien allé 3 fois chez les navajos et on a vu aucune trace de Roger Hanin !
Une grande colonie de chiens de prairie loge le long de la route dans l'enceinte du parc.
Tout juste s'ils ne creusent pas dans la route !Déjeuner dans restaurant rustique à Moorcroft avant de prendre l'autoroute 90 vers l'ouest. Dans cette région du Wyoming, nous voyons de nombreuses pompes à pétrole, peut-être pour ça que l'essence y est moins chère que dans les états voisins. En parlant d'essence, il nous semble que le carburant à nettement augmenté depuis notre arrivée, difficile à estimer en raisons des différences entre état et de l'isolement des lieux. Nous arrivons sous la pluie à Sheridan où nous avons réservé au Best Value Inn. On profite de la wifi pour passer quelques messages et envoyer des photos à la famille, avant l'isolement de Yellowstone.
Encore une fois, ne cherchez pas le soleil et le ciel bleu !Mercredi 3 juin – «Morne plaine ! » aurait dit Victor
Notre première destination est le Little Bighorn Battlefied National Monument. Le champs de bataille où, le 25 juin 1876, au cœur du Montana, une coalition de Sioux et de Cheyennes massacre le général Custer et 263 soldats. George Armstrong Custer, le général à qui certains attribuent à tort cette phrase « un bon indien est un indien mort », tombait sous les asseaux des indiens menés par un certain Crazy Horse sous les ordres du chaman sioux Sitting Bull.

Le champs de bataille est un site national, carte annuelle et contrôle de passeport à l'entrée, visitor center avec vidéo et musée et circuit le long de la Little Bighorn River. Le cimetière militaire près du visitor center n'a rien à voir avec la bataille de 1876. Sur tout le champ de batailles, les pierres tombales marquent chaque emplacement des soldats et indiens tués dans ce qui fut la plus grosse défaite de l'armée américaine face aux indiens.

Victoire indienne de courte durée qui conduisit au massacre de Wounded Knee Creek près de Pine Ridge dont j'ai déjà parlé (Badlands). Les avis peuvent différer sur l'intérêt de cette visite, allant d'un total désintéressement à une profonde émotion. Mais le Waterloo de Custer n'a pas laissé l'Amérique indifférente, en faisant de lui un héros et la personnalité américaine sur laquelle le plus de livres ont été publiés à ce jour !
une partie de la fresque illustrant le lieu après la batailleQuittons ce champ plongé dans la bruine pour nous diriger vers la plus belle route des States. On passe Billing en faisant le plein puis on s'engage vers Red Lodge. La route qui rejoint l'entrée nord est de Yellowstone passe à plus de 3000m. Elle est réouverte depuis quelques jours. La route zigzague près de la frontière entre le Montana et le Wyoming pour culminer à 3 345 mètres d’altitude au sommet du col de Beartooth. Le brouillard ne nous permet pas d'admirer les paysages lors de l'ascension, mais une fois passé au dessus des nuages, la haute montagne est magnifique. Nous rencontrons de nouveau des marmottes sur le bord de la route, entre rochers et neige.
Chercher la marmotteAvant l'entrée de Yellowstone, nous rejoignons la Chief Joseph Hwy qui arrive de Cody, une autre belle route où nous somme passé en 2007. (il faudra un jour que je parle de ce Chief Joseph et des Nez-Percés.) Direction Canyon Lodge, nous y avons réservé un chalet pour 4 nuits.

Bon sang, pour le prix, ça pourrait être mieux. Par rapport à ce que nous avons connus, lits étroits, douche et toilette étriquées, pas de télé (sans importance), pas de wifi (on savait), pas de cafetière, une table et une seule chaise, une clim qui fonctionnera tout le temps en chauffage. Car à 2350m, nous sommes entouré par une forêt où la neige est encore très présente.
Arrivés de bonne heure, nous partons voir les chutes de la Yellowstone River, par la rive droite. Après Upper Falls, la rivière chute de 94m à Lower Falls. Artist Point en offre un beau point de vue . En repartant, nous assistons à un combat de bisons sans avoir le réflexe de les photographier ou filmer. Vu de l'autre rive à Grand View Point, le canyon se colore quand le jour commence à baisser.

Jeudi 4 juin – La grande fontaine jaillit à 5h20 PM
Nous avions déjà passer 6 jours dans le secteur en 2007, aussi nous choisissons nos visites, et il y a de quoi faire. Le logement à Canyon village est le plus central, il permet de partir dans toutes les directions avec tous les sites principaux à moins de 60km, plus pratique qu'il y a 2 ans quand nous logions 40km à l'extérieur du parc. Des travaux entre Norris et Madison font que cette route est fermée de 22h à 8h (pendant toute la saison) et sous alternat le reste du temps. Nous y passons pas trop tôt et nous dirigeons vers Great Fountain Geyser pour y noter l'horaires prévu de la prochaine éruption. Ce geyser fonctionne toutes les 9 à 15h. Nous l'avions raté l'autre fois car nous n'avions pas compris comment lire le panneau d'info situé à coté. Aujourd'hui, c'est entre 4h et 7h de l'après midi. Nous y serons.
Un petit tour à coté au Firehole Lake Drive, zone fumante et bouillonnante, puis nous partons à l'usine à touriste de Old Faithful. Ce n'est pas pour voir ce geyser si régulier que les voyages organisés peuvent assurer une éruption sans y rester plus d'une heure. C'est la promenade le long de la rivière vers les Grand Geyser, Castle Geyser, Riverside Geyser (en éruption à notre passage) jusqu'aux eaux turquoises de Morning Glory Pool – 4 km AR.
Riverside Geyser
Morning Glory PoolSoleil, ciel bleu puis nuages puis pluie d'orage au retour. Le temps de déjeuner à la cafétéria de Xantera (organisme loueur des logement dans les principaux parcs nationaux ) Nous repartons vers notre Great Fountain Geyser où nous stationnons face au geyser pour ne pas rater dès qu'il commencera à s'activer. Il est 3h30, nous sommes bien décidés à rester jusqu'à 7 h s'il le faut. A coté de nous est garé une voiture dont la plaque porte comme identifiant « GEYSER » L'attente est longue, mais avec un peu de musique … et puis il pleut. Il y a aussi le petit geyser plus loin qui s'active toutes les 1/2h. Des voitures passent, s'arrêtent, les gens vont faire un tour, regardent le panneau et repartent. De la voiture immatriculée geyser descend une femme, elle va voir de plus près le geyser qui fumasse un peu, puis écrit quelque chose sur le panneau. On va voir : la période prévisible d'éruption s'est réduite à 5h-6h30. On est pas parti... Un peu avant 5h, ça semble fumer plus fort. Notre voisine va modifier l'horaire, c'est maintenant 5h15-5h25. Les gens qui passent maintenant s'arrêtent et un ranger vient d'arriver pour surveiller la zone. 5h20 – le geyser entre en éruption, photos, caméra … le Great Fountain crache des jets qui montent à plus de 30m au milieu d'un nuage de vapeur. Au bout de 10 minutes les giclées sont moins violentes et peu à peu tout se calme. Nous revoyons notre geyseriste de service qui pour l'occasion s'est équipée d'un masque, sans doute à cause des vapeurs sulfureuses ? Il faut dire que Great Fountain est un geyser majeur de Yellowstone. Il doit être l'objet d'observations régulières.
Great Fountain, au repos et en activitéNous rentrons par le sud pour remonter le long de la Yellowstone River. Nous rencontrons des groupes des animaux les plus courant dans le parcs, des bisons et des wapitis.
Nous pouvons aussi observer un pélican à la pêche dans les rapides.

4ème semaine
Wyoming & Montana : Yellowstone – Idaho : Malad Gorge SP - Hagerman Fossil Bed NM- 1000 Springs - Twin Falls - Shoshone Falls – Nevada : Poney express trail - Great Basin - Lehman Cave - Osceola road - Cathedral Gorge - Las Vegas
Vendredi 5 juin – Ne touchez aux grizzlis
Depuis notre arrivée à Yellowstone, nous n'avions pas vu beaucoup d'animaux et j'étais vraiment déçu à l'idée que ne serait encore pas pour cette fois que l'on verrait un « bear ». Dans de nombreux lieux visités les années précédentes et depuis 3 semaines, on nous disait de ne pas s'approcher des ours à moins de 91, 44m (100yards). Ça ne risquait pas, nous ne n'avions jamais vu. Ce matin là, nous partons vers Mammoth Hot Spring, avec l'intention d'aller à Gardiner faire les pleins (estomac, réservoir et glacière). Un peu au dessus des Norris , peut être à Nymph Lake, une accumulation de voitures arrêtées un peu n'importe comment à gauche : signe qu'il y a des animaux dans le secteur. L'indice n'est pas toujours bon, il s'agit parfois de « novices » qui découvrent leur premier bison... bon, on va voir. Ils sont là, remontant lentement du point d'eau où ils viennent de boire, 2 grizzlys, une mère et son ourson déjà grand. Vite, jumelles, appareil photo, zoom … Ah oui, pas moins de 91, 44m - y a de la marge ! Quelques photos embrumées et les ours disparaissent derrière les sapins.

De Mammoth à Gardiner, doit découvrons la seule route que nous n'avions pas faite il y a 2 ans et l'entrée monumentale du parc. A Gardiner, nous complétons nos pleins par quelques souvenirs qui déplairaient fortement à BB. Pose à Mammoth pour une promenade dans Lower Terraces Area puis le circuit de Upper Terraces Area et quelques vues nouvelles.


Un tour jusqu'à Tower-Roosvelt où nous découvrons que le restaurant est ouvert (le jour même, le service s'en ressent – mais c'est l'endroit le plus agréable que je connaisse pour manger dans le parc).
Avant de repartir, un petit tour chez les rangers ; ils nous indiquent que des bears viennent d'être vu du coté de Phantom Lake. Nous repartons dans cette direction et effectivement, un peu après le lac, une accumulation de voitures arrêtées sur les bords et même au milieu de la route. Il y a un ours à l'orée de la forêt. Il est loin, il pleut, il faut approcher dans les herbes hautes. C'est un ours noir. Il n'a pas l'air de s'inquiéter de la foule qui reste à plus de … A propos, comment on mesure ?
Avec la pluie pas une bonne photo ... ni pour le cervidé à très grandes cornes qui attire les foules quelques km plus loin.
Quelques cascades, quelques fumeroles, quelques geysers, quelques bisons … et la pluie.
Samedi 6 juin – Bisonneaux et glaçons
Pour notre dernier jour dans le Wyoming, nous passons la matinée au Norris Geyser Bassin. En attendant que la pluie s'arrête, nous visitons juste à coté le Museum of the National Park Ranger. La vue de celui qui nous accueille confirme mon sentiment depuis Organ Pipe, « ranger, c'est pour la vie ». Ce musée est rarement visité, pourtant il est intéressant. Mais il y a tellement de choses à voir à Yellowstone. Avec le soleil, nous nous promenons au long des eaux fumantes et bouillonnantes des Norris.
Pour l'après midi, nous décidons de revoir les 43km vers l'entrée est, en travaux en 2007. Le long de la Yellowstone River, un troupeau de bisons occupe la route et ses rives. Rien d'étonnant, ce genre de barrage filtrant est fréquent ici. Mais nous sommes surpris voir un grand nombre de très jeunes bisons, avec leur mère ou en groupe.

Sur la route vers l'entrée est, la piste de Lake Butte grimpe au milieu de la forêt ravagée par l'incendie de 1988. Du haut, joli point de vue sur le lac Yellowstone.

La route s'élève ensuite à 2600m. Un peu avant le col, les lacs Sylvan et Eleanor sont encore couvert d'une épaisse couche de glace. De nombreuses cascades jaillissent le long de la route.

En rentrant, petite pose sur la plage du grand lac, décidément, l'eau est trop froide pour se baigner. Plus loin, nous apercevons notre troupeau de bisons et bisonneaux maintenant très éloigné de la route.
Dimanche 7 juin – Coup de froid le matin, mal de gorge l'après midi
Au réveil, nous avons l'impression d'avoir été transportés par magie en Laponie fin décembre. La neige sur les sapins, 10cm sur la voiture. Non, nous sommes toujours à Canyon Lodge, le 7 juin. Avant-hier dans un magasin, nous avons regardé les brosses et grattoirs à neige, sans penser qu'on pourrait en avoir besoin. Et on a pas grand chose pour dégager le pare-brise et les vitres. Vitres dégagées, coffre chargé, nous partons sous les flocons qui continuent de tomber. Heureusement la neige ne tient pas sur la chaussée. Nous croisons un véhicule de déneigement qui doit se diriger vers les cols. Entre Canyon et Norris la route est féérique, on se croirait dans un conte de Noël. Puis la neige tombe plus dru et commence à rester sur la route. Le thermomètre extérieur est descendu à 27°F (environ -3°C)

Mais quel est cette masse sombre qui bouge sur le bord de la route ? Certainement pas le père Noël ni un renne. Un bison, la fourrure couverte de neige, marche impassible sur le bord de la route. Nous en croisons un 2ème plus loin.

Nous arrivons juste à 8h pour l'ouverture de la route de Madisson, au moment où les agents se mettent en place pour alterner la circulation. Une belle couche de neige couvre maintenant la route et nous sommes les premiers à passer dans notre sens.

C'est sous une véritable tempête de neige que nous faisons la magnifique vallée le long de la Madisson river. Passé West Yellowstone, nous ferrons encore 50km avant de retrouver une température positive et ... la pluie. Et dire qu'il y en a qui projetaient de camper début mai dans le parc !
Nous sommes entrés dans l'Idaho, autrefois région de chercheur d'or, maintenant, pays de la pomme de terre. Notre itinéraire de retour vers le sud passe par l'ouest. Nous nous dirigeons vers Twin Falls en suivant la Snake River après Pocatello. Nous laissons de coté Crater of the Moon NM, un site vraiment très intéressant que nous avions visité en 2007.
Déjeuner, essence, rassemblement de pélicans sur la Snake. Maintenant, nous voyons le soleil et la température remonte. Nous passons assez tôt à coté de Twin Fall pour continuer une cinquantaine de km en direction de Boise vers Malad Gorges SP. A l'entrée de ce parc d'état, nos déposons une enveloppe avec quelques dollars dans la tirelire, mais nous trouvons regrettable qu'il n'y ait plus de carte dans la boite à coté puis de trouver une partie du parc fermée.

La Malad River, ce n'est pas le Colorado, mais cet affluent de la Snake torrente dans un canyon étroit qui vaut le détour. Plusieurs points de vue sur chaque rive dans le parc et hors du parc, de l'autre coté de l'autoroute.

Retour vers Twin Falls par les petites routes et la ID 30 qui longe la Snake. Nous arrivons à Hagerman, une petite commune où nous découvrons une National Monument dont on avait jamais entendu parlé, le Hagerman Fossil Beds. En fait, ici ce n'est que le visitor center, le parc est de l'autrecoté de la Snake. Nous arrêtons pour récupérer une carte de l'Idaho. Deux jeunes rangers nous accueille et nous expliquent les fossiles exposés devant eu, en particulier le squelette de l'ancêtre du cheval nommé Hagerman horse. Ils nous expliquent ce que l'on peut voir sur notre route et ferment le centre après notre départ. Nous nous rendons à Oregon trail overlook, qui offre une belle vue sur les retenues de la Snake.

Le long de la route qui longe la Snake vers le sud de Twin Falls, on peut voir une multitude de cascades, les Thousand Spring. Elles jaillissent en de multiples lieux du sommet des falaises ou parfois à mi hauteur.

Le GPS nous conduit sans difficulté au Shilo Inn que nous avions réservé, un très bon hôtel d'une chaine pas présente partout.
Lundi 8 juin – Comment se perdre au Nevada
Notre programme débute par la visite des Shoshone Falls, le Niagara de l'ouest. Plus hautes de 13m, presque aussi large que le Niagara américain, les Shoshone Falls sont visibles de plusieurs points de vue inclus dans un parc d'état – payant. Le débit varie suivant la saison, les eaux de la Snake étant beaucoup pompées pour alimenter les canaux qui fournissent les arroseuses des champs de patates. Faut dire que ce n'est pas pour rien que l'Idaho est la capitale de la patate, les champs s'étendent à perte de vue et on voit loin ici. Faut dire aussi qu'il en faut des patates pour faire les french frites, la purée ou les « boiled potatoes » qui accompagnent tous les plats dans les restaurants (j'accorde, parfois avec des petits légumes pas assez cuits.)

En juin, il y a de l'eau et les chutes sont magnifiques, les différents points de d'observation en offre une vue intéressante. En aval un arc en ciel se développe dans les gorges de la Snake.
En peu en amont, (demander la route au guichet du parc) se trouvent les Twin Falls qui ont données leur nom à la ville. Accès gratuit, plusieurs points de vue, moins hautes (38m), plus encastrées, ces chutes valent quand même le détour.

Direction le sud et le Nevada. Si vous n'avez pas compris que le Nevada, c'est l'état du jeux, pas uniquement Las Vegas, sachez que chaque entrée dans l'état est une ville de casino. Arrivant de Twin Falls, la première localité s'appelle Jackpot – ça pose le décors, non ? Pour se faire une idée, 1400 habitants, 6 casinos, un golf et un aéroport, tout ça au milieu de nulle part.
Direction Ely, une friche minière, une friche du jeux ? Mais un hôtel célèbre, le « Nevada ».
Nous sommes en avance, aussi nous tournons sur un chemin de terre vers Cherry Creek, Ce n'est pas une ville fantôme comme le laisserait penser l'état des habitations, le nombre de boite à lettre donne une idée de la population. Il y a même un musée. Mais nous ne voyons aucun habitant.

Après un petit tour sur une piste de montagne qui part dans le mauvais sens, nous revenons au village et partons sur une piste parallèle à la route principale. D'ailleurs la route existe sur notre carte Michelin à l'échelle de l'Europe (nous n'avons pas encore récupéré la carte du Nevada) ; d'ailleurs aussi notre GPS connait ce chemin. Mais ça ne colle pas avec la piste que nous suivons. Pourtant ... Nous avons une section commune avec la piste du Pony Express, mais elle ne part pas dans la bonne direction. Le GPS nous indique une autre piste. Elle doit être bonne car la distance s'amenuise avec notre destination. Problème, le GPS veut nous faire tourner à gauche, sur des chemins non carrossable. Décidément, il ne fait pas de distinction entre les pistes de 1ère catégorie et les chemins à bestiaux, mais il trouve toujours une route vers Ely. Nous traversons un immense pâturage avec le troupeau au milieu de la route.

Le chemin reste bien carrossable mais les traces de roues sont de plus en plus rares. Au bout d'une dizaine de miles, nous sommes arrivés sur une piste où il ne doit pas passer une voiture par semaine. Le temps passe et le ciel se couvre. Une grande pente, plus impressionnante que sur la photo … possible de descendre, mais pourrons nous remonter si l'on doit faire demi-tour plus loin et que la pluie s'en mêle ?

Alors, demi tour ?
???...
Faisons le point :nous ne savons pas si la piste abouti quelque part depuis 3/4h nous n'avons vu personne sur cette piste, il ne doit pas passer plus d'une voiture par semaine si on descend, on est pas sûr de remonter en cas d'orage et le ciel est très noir tout autour nous n'avons pas de téléphone, et quand bien même, nous avons le micro, mais aucune chance de WiFi pour consulter Google map nous n'avons pas de carte ni de boussole et nous sommes dans un coin perdu du Nevada – à propos, ils avaient mis combien de temps pour trouver des traces de Steve Fossett ? Conclusion, nous faisons demi-tour, encore faudra-t'il retrouver la route de sortie. Un peu avant le troupeau de vache, nous apercevons le nuage de poussière soulevé par une voiture qui roule dans le même sens que nous. D'où peut-elle bien venir ?
Revenu sur la grand-route, bientôt nous apercevons des maisons à l'horizon. Avez vous remarqué comme l'horizon est loin par ici, chez nous la vue dépasse rarement 200m. Ce que l'on voit au loin, au pied des montagnes d'en face, c'est Ely et le GPS indique encore 18 miles avant d'arriver.
Pas une ville à moins de 100km à la ronde ! Située sur la route 50, la route la plus isolée d'Amérique, la ville minière de Ely compte 4000 habitants, 18 hôtels, 13 restaurants et quelques casinos dont certains semblent fermés depuis longtemps. Le musée du train et son train fantôme est fermé durant notre séjour. Nous avons réservé à l'hôtel Nevada, LE casino-hôtel historique de la ville – d'accord, un peu vieillot (construit en 1929), mais Gary Cooper et d'autres célébrités hollywoodiennes venaient là autrefois. Particulièrement bon marché et un air de Las Vegas un peu défraichi.

Une fois dans la chambre, nous regardons la carte du Nevada que nous venons de récupérer à l'accueil : pas de trace des pistes où nous nous étions engagés. Un coup de WiFi, Google Map, Cherry Creek Ok, la piste vers le Ponny Express s'appelle Egan Creek road … des chemins en cul de sac un peu partout, difficile de visualiser une liaison vers une route digne de ce nom. On a bien fait de faire demi-tour.
Mardi 9 juin – La cave du Great Basin
Il y a 100 km de Ely à Baker, l'entrée du Great Basic National Park, le seul parc national exclusivement au Nevada. Le Great Basic, c'est le 3ème grand désert du sud ouest américain. Mais le parc n'a rien de vraiment désertique. Les sommets enneigés à plus de 3500m apparaissent au-dessus d'une forêt dense à travers laquelle la route en lacets s'élève de 1400m. Cette forêt abrite le Bristlecone Pine, l'arbre qui peut vivre 4700 ans. Beaux points de vue en montant, petite promenade botanique à partir du camping, randonnées vers les glaciers accompagnées par les rangers ou pas, pour ceux qui aiment marcher.

L'entrée du parc est gratuite, mais à l'intérieur se trouve Lehman Caves, dont la visite guidée est payante. Nous nous inscrivons pour la première possible, celle de 90 minutes, après s'être assuré qu'il y avait très peu de marches à monter.


Une moins jeune ranger accueille le petit groupe et nous guide vers une visite époustouflante. Des milliers, des millions de stalactites et de stalagmites, des petits, des grand, des fins, des gros … du début jusqu'à la fin. Pas manqué, notre guide nous fait le coup de la panne de courant, mais c'est pour nous montrer ce que laissaient voir les chandelles des premiers explorateurs de ces galeries souterraines.



En nous rendant à Great Basin, nous avions repéré une piste qui semblait faire un raccourci dans la montagne (photo de gauche). Nous demandons aux rangers du visitor center ce qu'ils en pensent. La Osceola road n'est qu'à 12 miles du centre, mais en dehors du parc. Connaissent pas ! Mais ils cherchent sur une carte détaillée du secteur, oui la piste traverse la montagne et doit être carrossable en 4x4.
Attirante, cette piste qui monte en face dans la montagne !Surtout tôle ondulée au départ, la piste grimpe à plus de 2300m pour redescendre vers le village fantôme d'Osceola, là où fut trouvé la plus grosse petite d'or (6000$) du Nevada en 1877. Village fantôme ? Des vieilles cabanes avec une antenne parabolique ! Et il y a du monde au cimetière, des touristes ?
La piste redescend vers la route principale.De retour à Ely, une haie de Harley est stationnée devant le Nevada hôtel. Un rassemblement de motard sur un lieu mythique qui n'a rien à envier à la route 66.

Mercredi 10 juin – Cathedral Gorge
La descente vers Las Vegas traverse le désert, le vrai, du Great Basin. Sur la route la ville de Pioche, devinez ce qu'on y fait ? Mais ici les mines d'argent sont toujours actives. Un peu plus loin se trouve le Cathedral Gorge State Park.
Les conseils de visite sur le site ouestamerica de Sedonax (excellente référence), nous arrêtons au Miller Point Overloock avant d'aller nous promener dans les slots canyons. Point de vue bien aménagé, intéressant, sur un décors qui n'est pas sans rappeler d'autres lieux plus connus, un air de Bryce par exemple.


Du bas, face au camping, 2 points de départ, Cathedral Caves et Canyon Caves, pour s'engouffrer dans une foule de cavités étroites jusqu'aux limites fixées par son embonpoint. Avec un rayon de soleil, vers 11h30, ça fait aussi penser à Antelop Canyon.


En se rapprochant de Las Vegas, nous longeons des terrains désertiques, champs de tir de l'US Army. Sur l'autoroute, la circulation est plus dense que ce que nous avons connu ces derniers jours pour devenir même très encombrée et très ralentie en se rapprochant du centre de la big machine à sous qu'est Las Vegas.
Nous avons réservé notre dernière nuit sur le Strip, au Caesar Palace en profitant d'une opportunité dans le calendrier des tarifs (nuit à 100$ à coté des 300$ pour la veille et 450$ le vendredi).
Pas de spectacle de réservé, une fois installé, nous partons voir quelques lieux délaissés l'an dernier.
Le Circus Circus par exemple et son spectacle de cirque gratuit. Nous y découvrons une immense machine d'apprentissage aux jeux pour les enfants (pour gagner des peluches) et un spectacle de cirque – 5 minutes toutes les heures. A éviter, pas folichon, c'est loin du Cirque du Soleil.
Au retour, je peux enfin photographier un coucher de soleil sur le désert au loin avec au premier plan les nouveaux hôtels en construction, encore plus grands, encore plus hauts, encore plus … à moins de la crise ait ralenti les travaux ? En tout cas, crise ou pas crise, ce soir là c'était noir de monde dans les rues, mais il n'y avait pas beaucoup de monde à diner au buffet du Treasure Island.

Jeudi 11 juin – Salut vieux Jules, à la prochaine ?
Comme aurait dit Asterix !Départ assez tôt pour ramener la voiture chez Alamo et attendre tranquillement le départ de l'avion vers Paris
Voyage 2010 "Chronique d'un 5ème voyage" sur : http://voyageforum.com/v.f?post=3750053;