Les carnets d'Ulysse (suite): le grand tour du Larzac
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A Soupente, dans les Montagnes bleues, la canicule frappait fort...Pénélope continuait de filer le lin de sa boutique, tandis qu'Ulysse préparait activement sa traversée de juillet...

Son sac le démangeait...il l'avait fait et refait plusieurs fois...(symptôme déclencheur chez le marcheur au long cours...)

L'horizon des Montagnes bleues le narguait chaque matin et bien qu'il ait épuisé les sentiers de moyenne altitude environnants, il sentait son addiction le démanger: il fallait qu'il reprenne la route.

Le compostelle passait à huit kilomètres de soupente, il eût été facile de remettre ses pas dans ses traces, mais il n'avait pas l'habitude de répéter deux fois le même itinéraire...

D'autres arguments le faisaient réfléchir: Juillet-Août est l'époque où les sentiers sont surpeuplés: il lui fallait dénicher un GR suffisamment austère et rébarbatif pour éloigner le vacancier, suffisamment désertique et "grands espaces" pour lui rappeler l'Afrique et ses paysages désolés, suffisamment de moyenne altitude pour que la canicule ne l'atteigne pas...

Il profitait de la fraîcheur des matinées pour parcourir son kilomètre de bassins et entretenir ses muscles longs...mais il fallait toute la fraîcheur enfouie derrière les volets clos pour supporter les 34 degrés de ce juillet torride.

Grand Tour du Mercantour ou Grand Tour du Larzac ? il avait encore deux jours pour mûrir sa décision, la liste des refuges et des gîtes d'étape était prête, il fallait qu'il décide de l'orientation de ses réservations. Autant il craignait le surbooking dans le Champsaur, autant il semblait rassuré de rêver de La Couvertoirade et de la Cavalerie...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
Des photos, on veut des photos du Larzac De Pénélope

Bon, je m'attendais à celles de la Syrie, mais tu as oublié de t'y rendre, donc, pouquoi pas le désert du Larzac As-tu au moins trouvé des points d'eau pour étancher ta soif? Et une vieille cabane perdue sur les hauteurs pour y dormir?

C'est quoi? la couvertoirade? Je ne l'ai pas vue dans le défilé du 14 juillet. La cavalerie, si, magnifique, comme d'habitude. Quand feras-tu le TDM à cheval? Ou, à défaut, de dromadaire, tiens, dans le Larzac, tu aurais fait sensation, et les touristes auraient pu te jeter des sous, ce qui t'aurait permis de me payer pour avoir tenu ta boutique durant ton absence, et avoir veillé jalousement sur le plateau où se jouera le futur film. Et c'est Tinitrane qui serait contente de passer à la caisse. Bon, tu as rencontré quoi au juste dans cette belle contrée? des aigles? des serpents à sonnette, des fourmis géantes?

ON veut des détails
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
Mon bon Georges,

toujours impatient et curieux de suivre les aventures d'Ulysse, je te fais passer un compte-rendu qui date un peu, mais qui pourra t'intéresser:

Loin de l'univers des geeks:

il avait quitté il y a plus d'une semaine les contreforts de la Bouquetière, laissant sur place son matériel informatique: la guerre des geeks battait son plein: les trolls sautaient d'un forum à l'autre, menacant et hurlant, le climat devenait malsain.

"le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire, c'est un adulte qui n'a pas vraiment envie de grandir.." explique Alexandre Astier, créateur et acteur de Kameloot...

Le terme "Geek" est un mot d'allemand ancien.Il désignait au moyen-âge le fou du village, puis le monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes (David Peyron, le N.O du 9 juillet 2009)

A force d'être scotchés derrière leurs écrans, les plus atteints en viennent à faire une croix sur la vie, qu'ils appellent IRL (in real life)...On les appelle des "no-life"...

Pour s'éloigner des écrans et de l'ambiance Tolkien de ces forums complètements geeks, Ulysse avait trouvé la bonne formule : marches au long cours, in "real life", et piscines : à l'issue de quarante bassins, c'était comme s'il venait d'en fumer une ou de se faire une ligne( bien qu'il n'ait jamais ni fumé ni sniffé de sa vie...) et ces bouffées d'oxygène étaient vraiment IRL ( in real life)

Foin des geeks et des trolls, il irait donc dans la vraie vie égrener les pelouses désséchées des Grands causses.

" En été, les vents peuvent être désséchants, la chaleur torride sur les plateaux, la végétation d'allure steppique et les pelouses(topo-guide de la FFR) "

il avait vaincu l'estremadure en juillet 2007, il vaincrait le Larzac en juillet 2009...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉heureusement, je suis assis devant l'ordi, sinon, je serais passé sous la table, MDR. Là, j'ai tout compris, pour une fois la réalité dépasse la fiction. Continue, mais ne t'étonne pas si les geeks te tombent dessus à bras raccourcis. T'inquiète, on sera là.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
Mon bon Georges,

les geeks sont en vacances...profitons-en...

Le dilemme du randonneur: quel tour du Larzac choisir?:

Quand on lit les guides et les cartes du Larzac, guides qui vous proposent parfois le Tour du Larzac en plus de 20 jours de randonnée sur plus de 1000 kms2, on est étonné finalement de l'étroitesse du grand causse...

Coincé entre le Gard, l'Hérault et l'Aveyron, écorcé vif par l'autoroute Millau-Montpellier, le Grand Causse peut être contourné en huit ou dix jours...

D'ailleurs, les rédacteurs de guides ne s'y trompent pas: ils vous proposent : - soit la traversée du Grand Causse en passant par La Cavalerie, - soit le tour du Larzac Sud, - soit le tour du Larzac Nord,

Si l'on additionne ces différents itinéraires, on obtient 9 jours de grande randonnée(20 à 24 kms par jour) où sont donc passés les 11 jours restants promis par les guides de la FFRP ?

Comme toujours, Ulysse allait improviser à partir d'un point fixe un circuit en boucle;il choisirait la gare de Millau.

Les gares, dans ses itinéraires, restant l'endroit où poser sa voiture, le temps de la randonnée...

Il allait partir des Montagnes bleues, rejoindre Millau en coupant par le Puy-en-Velay et Mende. Il rejoindrait l'autoroute de Clermont à Millau à Séverac le Chateau et poserait son véhicule devant la Banque de France, à proximité de la gare...

La canicule ne décolérait pas, il faudrait doubler les rations d'eau et, comme en Andalousie et en Estrémadure en 2007, partir le jour pas encore levé, à la lampe de poche, le sentier repéré la veille.

Ulysse ne croiserait pas de Tartarins fous, ils s'étaient réfugiés dans les Monts du Cantal, dans l'Aubrac ou dans le Mont Aygoual tout proche...ou bien avaient rejoint les Pyrénées, cause canicule...fuyant la chaleur et les steppes désséchées...
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Qu'est-ce qui c'est passé avec mon post que je t'ai envoyé, je ne suis ni une geek ni un troll, juste une amie de Georges. Je demandais gentiment un rôle dans ton Odyssée intergalactique. Ce serait sympa. Bien à toi.
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Mais, l'Odyssée intergalactique, sera sans doute dans Marocco, t'inquiète, tu l'auras ton rôle. Tu veux quoi? être figurante ou vedette? c'est moi qui gère, tant que je n'aurai pas touché mon chèque, et je prends la direction des opérations avec beaucoup d'autorité.
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Bonjour à tous ARRAWAK
CO Collerette Regular ·
Ma chère Arrawak je veux être vedette bien sûr, si tu gères c'est good. Ton chèque, ton chèque !
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Alors comme celà, tu te garres devant la banque de France, à côté de la gare................................

Attention de ne pas te faire prendre dans un braquage............

Bien ton récit, j'y suis allé dans le Larzac, sur des hauteurs style steppe, je ne sais quel vent souffflait ce jour là, mais glacial. Notre belle France, et quand on pense qu'on a toujours envie de parcourir le monde, voir d'autres endroits.......... Il me manque l'Alsace à mon palmarès. Le Nord, Lille, etc.........
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Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
Collerette, fidèle lectrice,

je te remercie de l'attention que tu portes aux scenarii inter-galactiques sur un autre post, je te promets que tu seras dans le prochain casting, à condition que tu passes les tests de vol inter-spatial et que, bien entendu, tu les réussisses, mais mon copain Georges m'a confirmé que tu étais un pilote confirmé, à toi de choisir désormais la planète et le vaisseau... Sur la planète Larzac, Ulysse en a encore pour une dizaine de jours, il m'a fait parvenir ce bout de carnet de son long périple:

le dilemme du randonneur(2):

"partir marcher en laissant Emily seule sur ses chantiers"

Ulysse avait confié, il y a six ans déjà, la céruse de meubles anciens de son grenier à deux artisans-décorateurs qui, en fait étaient de mignonnes décoratrices...Emily et bénédicte... Elles avaient transformé, sous sept couches de céruse, d'horribles meubles de grand-mère en commodes modernes et "bar américain"... Ulysse avait découvert chez Emily une amatrice d'arts et de vieux livres. Souvent, il s'arrêtait dans leur atelier pour parler de toute autre chose que de couches d'apprêt et de vernis au tampon. Cer soir, la veille de son départ pour son fameux trek, Emily lui avait proposé de découvrir avec elle la gastronomie d'un restaurant cosy du village, resto qui ne désemplissait pas depuis deux ans... Ulysse avait rangé son sac une nouvelle fois, fait l'inventaire de ses réserves d'eau et de provisions de bouche, consulté la météo à huit jours avec indice de confiance 5/10, il ne désespérait pas de prendre la route après la soirée promise avec Emily. Il avait cependant, à tout hasard et très contre-indiqué entre deux kilomètres de bassins nautiques-départ arrêté, mis une bouteille de Vranken brut grande réserve au frais...

Il parlerait d'arts, de Kahlo et de Neruda et peut-être de bien autre chose avec la belle décoratrice aux ongles bordés de peinture à l'eau...

Tout au long de la soirée que je ne vous raconterai pas, Ulysse découvrit en Emily un champion anti-crise toutes catégories: elle avait quitté son associée, monté sa propre boîte de déco, refusé de négocier le moindre forfait avec son inspecteur et, depuis trois ans déjà, les banques et les institutions se penchaient sur cette entreprise qui ne connaissait pas la crise...

A deux heures du matin, quand elle quitta Soupente, elle lui glissa dans le creux de l'oreille:

"quand tu reviens de ton trek, tu m'appelles?"
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Ulysse petit veinard, n'oublies pas d'appeler dès le retour de ton trek, ces quelques mots glissés dans le creux de l'oreille ne s'oublient pas. Je suis ravie de faire partie de ta grande aventure intergalactique j'ai si peu l'occasion de voyager qu'un départ pareil me rend toute chose et, le plaisir de connaitre le " Grand Maitre Yoda " les oreilles m'en sonnent encore. A très bientôt. Bonne journée.
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, Collerette,

il me semble avoir croisé ton profil sous un autre avatar sur la planète AB2...mais il se peut que je me trompe, ton homonyme venait de la planète Patland et avait quelques idées bien arrêtées sur le tourisme dans les ex-républiques de l'ex-union soviètique, is'nt ?

tu ne vas pas le croire, mais l'expérience du Larzac devrait t'apporter plein d'enseignement dans la perspective de nos prochains vols inter-sidéraux, la recherche de l'eau ou des traces d'eau par exemple... comme dans la page qui suit:

Dilemme du randonneur (3) en juillet :le surbooking des gîtes :

Ulysse avait passé l’après-midi du dimanche à bloquer son itinéraire en égrenant gîtes d’étape et hôtels autour du grand canyon…

Curieusement, il avait réussi à boucler la liste de ses réservations, hormis la première où le premier gîte du trek était vraisemblablement fermé pour « extension et travaux »…

Le problème est que le gîte suivant était à 26 Kms dans une région accidentée et désertique et que ce dernier gîte, c’était celui de Monredon, annonçait « complet »…

Certes, canicule et météo aidant, il aurait été possible de bivouaquer dans le « pays des grands espaces « aux austères solitudes grises et pierreuses qui se déroulent à l’infini… »(guide de la FFRP) mais Ulysse redoutait le problème de l’eau en cette période de canicule.

« En effet, précisait le guide, l’eau s’infiltre dans le sol mais manque cruellement en surface… »

Il avait découvert dans le Haut Languedoc que les robinets des cimetières de campagne pouvaient dépanner à la rigueur sur des parcours austères, mais il n’y avait pas de cimetière de campagne sur le parcours…

Ulysse se souvenait avoir bu l’eau d’un réservoir pour chèvres dans les Alpilles… Il allait tirer à la courte paille l’itinéraire de sa première étape et s’en remettre au bon dieu des randonneurs : l’hospitalité des paysans du Larzac, dont il avait lu qu’ils avaient mené une lutte acharnée pour récupérer sur l’armée les étendues désertiques de leur grand causse.

Au pire, on retrouverait ses os blanchis au soleil et dévorés par les animaux sauvages aux premières avancées de l’automne (JOKES) Les GEEKS, shootés à la vie drôle, n’auraient qu’à bien se tenir…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Bonsoir Tomas, certainement un homonyme. J'ai été un temps Patand, non Patland, et je n'ai jamais visitée les pays des ex-républiques de l'ex union soviétique, donc jamais eu d'idées bien arrêtées là-dessus. La planète AB2 connait pas . Georges te diras 2 ou 3 choses à ce sujet. Pationnante aventure que la tienne dans le Larzac, pays désolé et sauvage. J'attend de voir comment Ulysse va se sortir de là pour trouver de l'eau source de toutes vies. Mais il a plus d'un tour dans son sac, on ne retrouvera pas si vite que ça ses os blanchis au soleil, ni dévorés par les animaux sauvages. Oui les Geeks n'auront qu'à bien se tenir.
TO Tomas3 Veteran ·
ciao Collerette,

Georges, mon agent à AB2, m'a pourtant confié que c'était bien toi, nous allons pouvoir mettre en route les procédures de mise en vol de ton vaisseau spatial, tu n'as plus qu'à choisir le carburant (imagination-délire-humour-recul-sagesse...) enfin, tu vois que tu as le choix... Avec Georges, les délires sont assurés, l'humour est obligatoire, par contre, aucun des carburants n'est remboursé par la sécurité sociale. Mais si ces vols finalement sont assez chers, ils valent leur pesant d'or et sont surtout très bons pour la santé mentale... Georges a du te fournir les procédures anti-geeks, lis les attentivement avant la mise à feu de ton vaisseau spatial et n'oublie pas d'activer les fire-walls...

(6) De Millau au Moulin de Corp par les gorges de la Dourbie :

L’hôtesse de l’office de Tourisme de Millau m’a déniché un gîte dans les gorges de la Dourbie, au pied de mon itinéraire : je n’aurai pas à le modifier et la mise en jambe, par temps de canicule, se fera au fond des gorges fraîches d’une rivière à canoë : j’ai toujours remarqué qu’il y avait une chance à improviser…

La bonne dame du Gîte que je réservais m’a même demandé ce que je prenais pour le petit déjeuner : thé ou café ?

Les premiers seize kilomètres se feront à l’ombre des causses ruiniformes de Montpellier-le-vieux : les rochers erratiques prennent des formes de vieux châteaux hantés ou d’animaux mythiques, ils s’écrasent parfois en énormes blocs au creux du torrent…

Je profiterai de la halte de midi pour dormir sous l’un d’eux, au milieu des mousses, avec des parfums de champignons…

Tout au long des gorges, des cris et des appels de canoéistes, des couples de baigneurs amoureux, une eau verte et profonde, des rapides étroits, des rives escarpées, beaucoup de hollandais, c’est à croire qu’ils affectionnent ces endroits perdus, loin de toute autoroute, aux paysages désertiques, aux canyons profonds comme en Ardèche.

Les gens du crû préfèrent la fraîcheur de leurs pergolas et la pénombre de leurs maisons profondes, les cabanons sont fermés, nous sommes en semaine…

La société de pêche locale nous rappelle qu’il convient de respecter les alevins, au moins jusqu’au quinze avril, et la reproduction amoureuse des truites…

Roquemaure le vieux : Ulysse n’est plus qu’à deux kilomètres du Moulin de Corp : il reviendra dans l’auberge commander un sandwich pour la journée du lendemain..
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Je ne suis jamais allée dans la région de Millau, ce doit être super beau, on doit se trouver sur une autre planète avec toutes ses gorges, ses falaises, il doit y avoir des grottes qui ont bien dû abriter maintes de nos ancêtres préhistoriques, ces rivières et torrents où les amoureux de la nature et les autres aiment à y canoter. As-tu emmener assez de vivres avant que d'arriver à l'auberge commander un sanwich pour le jour suivant. Et l'eau où l'as-tu trouvée avant d'arriver à la rivière ?
AR Arrawak Globetrotter ·
😉A Millau, tu as le fameux viaduc, architecture très stucturée. Il faut faire un voeu en passant dessous. Le voeu que rien ne te dégringole sur la tête!!!!!!! tu croyais quoi!!!!!😏😏
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
CO Collerette Regular ·
Tu crois qu'il faut faire un voeu en passant dessous. Tu sais moi, depuis Astérix et les Gaulois..........😏
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, Collerette,

"as-tu emmené assez de vivres et pour l'eau, comment as-tu fait??"

j'ai toujours un vieux saucisson d'auvergne avec moi, quelques barres de céréales, et surtout mes bouteilles de O, 5 l(multipliées par deux pour la circonstance)...non, mais tu as raison, le ravitaillement sur le Causse est un problème, il faut prévoir à J+ 2, car les supérettes ne courent pas les rues, ni les restos d'ailleurs, on en parlera à La couvertoirade)... mais pour le moment, il y a deux restos à Roquemaure le vieux(un des deux tient un gîte le soir et en profite pour fermer) donc ravitaillement obligatoire à Millau, de précaution.. Mais Ulysse ne pense qu'à Eliane, l'hôtesse du Moulin de Corp:(joke...)

Eliane, une surprenante hôtesse (7)

Moulin de Corp (KM 16- nationale 991)

L’office de tourisme de Millau m’avait dérouté vers un gîte non répertorié au fond d’une gorge au pied du grand causse…

Je ne voyais pas arriver le Moulin, ni le trouvait sur ma carte IGN, quand il m’apparut au détour d’un ravin, le plus beau moulin du monde, avec un bief de retenue, une dérivation encore en activité…

Toutes fenêtres et volets clos, pour cause de canicule, et une vieille dame aux cheveux blancs, en train d’égrener des groseilles dans une grande cuisine fraîche, au son de France Musique…

Parisienne cinq mois par an, meunière le reste du temps au fond de son canyon, avec tout le charme, la gentillesse, l’hospitalité généreuse d’une vieille dame qui croque la vie à pleines dents…

Je me suis assis à la grande table, elle a tenu à m’offrir à boire et nous avons conversé comme de vieux amis : j’ai tout su de son moulin, de sa famille, de l’histoire de son moulin et du village…

Elle a tenu à me montrer la turbine et les machineries de son moulin, autonome en électricité, où les vieilles poulies et axes à moudre le grain avaient été transformés en axes de générateur moderne…

Elle se demandait si elle n’allait pas revendre son trop plein de production électrique à EDF, regrettant de ne pas avoir à l’utiliser et à la rejeter dans une sorte de « machine infernale »…sans en tirer profit.

Elle m’a tant donné que je lui ai offert mon journal du jour, journal parisien à elle « parisienne du causse ».

Je suis sûr que demain, à l’aube, nous deviserons autour d’une tasse de thé avec des toasts grillés à la groseille et au cassis de son jardin…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Mais, dans Obélix et Astérix, tu as assurancetourix, donc, se prendre quelque chose sur la tête, c'est déjà prévu au programme. C'est pourquoi les Gaulois attendaient avec impatience de se prendre le ciel sur la tête, non, ils n'avaient pas peur, ils espéraient toucher des indemnités. Ils adoraient le gui, mais ce qu'ils n'ont pas dit, c'est qu'ils en buvaient en infusion, pour être malades, histoire de récolter des pépettes. Et leurs dolmens qui leur servaient de lieux de prière..................Dsl, là, je suis en manque d'imagination, mais le bon Père Tomas, qui fréquentait les nonnes autrefois, trouvera bien une chute salutaire à mon histoire.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
AR Arrawak Globetrotter ·
Pour trouver ton moulin? tu n'a pas le GPS? Et sache que Collerette ne boit jamais d'eau, sinon, coupée avec de la vodka de fabrication secrète et de qualité exceptionnelle. Donc, si tu l'emmènes en ballade avec toi, tu sais ce qu'il te reste à faire.
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Bonjour à tous ARRAWAK
CO Cod11 Veteran ·
Quel plaisir de lire votre discussion!!!!😏😏😏😏

Bonjour,

Tomas, Collerette, et toi arrawak
Pourquoi se dit-on toujours APRES qu'il aurait fallu s'en occuper AVANT ?
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Merci beaucoup, et justement, Tomas me disait hier: "c'est fou ce qu'il y a comme visiteurs sur les carnets, mais presque jamais de commentaires.

Donc, tu ouvres le chemin hardu du Larzac, pour ceux qui voudront faire la promenade avec Tomas, ils vont transpirer!!!!! Au fait çà prend un h ? hardu?

La rentrée en Septembre me verra sur les bancs des écoles, pour une révision de l'hortaugrafe Euh, orthographe.

Mais, quand il va commencer son carnet de voyage intergalactique (Tomas), là, çà va pas mal délirer. Et tout ceux qui voudront prendre la route de l'espace pourront choisir leur planète. Alors, on invitera les frères Bogdanov pour le reportage.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
CO Collerette Regular ·
Alors là ma chère Arrawak, si les Bogdanof sont de la partie, je fais agrandir ma soucoupe volante qui sera un peu juste. Je vais y mettre un salon de causerie où nous pourrons deviser sur les énigmes inter-galactiques, les çeusses fadas qui admirent déjà les célèbres frères seront les bienvenus. Vodka Zubrowka à discrétion. Que pour les gens de goût.
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, arrawak,

j'ai bien peur qu'on entre dans une phase de turbulences, trollées ou geekées, c'est selon. J'espère que BINE et DUNE ont ouvert leurs fire-walls...leurs boucliers thermiques et leurs gousses d'ail maraboutées...de toute façon, Ulysse continue son bonhomme de chemin sur le Grand Causse, avec les encouragements de ses spationettes, ou spationautes, c'est aussi selon...

Où l’on grimpe sur le Grand Causse plus vite que l’on en descend…(8)

Du Moulin de Corp, on peut gravir le Causse(dénivelé : 400 mètres) plus vite que l’on n’en descend…il s’agit en fait d’une piste de VTT (descente) utilisée lors de certaines compétitions et qui est en parfait état pour un randonneur…

On émerge très vite du canyon, au dessus de Montpellier-le-vieux et là, le vent décoiffe… finies les chaleurs caniculaires des gorges, c’est « Hurlevent-sur-causse » : les orages pyrénéens ont rafraîchi l’atmosphère des vents d’ouest : c’est un paradis pour randonneur.

Les stéréotypes tombent : foin des steppes désertiques, le GR (sentier de grande randonnée) suit des sentiers de chasseurs : Ulysse va même lever un aigle royal, lourd à prendre son vol, et puis, c’est la première « lavogne » à Sot, après la ferme des Mares, aux abords du village, près des pacages, une dépression d’argile pavée, qui recueille l’eau de ruissellement et sert à alimenter les troupeaux…

Juillet est bien entamé, et la capacité de la lavogne est en portion congrue.

L’eau sourd de toutes parts dans les résurgences au pied du Grand Causse et ses habitants des hauts peinent à la retenir.

A Nant, où Ulysse couchera ce soir, les moines bénédictins de l’ancienne abbaye du XII ième siècle ont créé un vaste réseau d’irrigation de ces eaux claires et vertes, réseau qui fait le bonheur des pêcheurs de truites.

Randonneurs rencontrés sur les 26 Kms de l’étape : 4…Ulysse a eu raison de choisir le Larzac cet été.

La belle factrice de Liquisses le haut, à qui Ulysse donnera des cours d’extraction de sa camionnette jaune, va lui raconter le Causse et ses habitants mieux qu’un généraliste raconte les patients de son cabinet.
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉On s'en fout des turbulences. La tempête s'éloigne et les vents sont calmés le phalène doré dans sa course légère traverse les prés embaumés.

Alfred De Musset.

Je ne me connecte jamais le soir, ni la nuit, donc, ceux qui pensent m'atteindre, c'est peine perdue.

Les gorges du Tarn sont-elles loin de ton trajet? je les ai visitées, magnifiques.

A bientôt sur Dune ou ailleurs.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, arrawak,

non, la Dourbie se jette dans le Tarn, d'ailleurs tu as pu voir une photo du Tarn dans une page précédente de ce carnet. Quand on a lu Etchebarria, Bove ou Russell, on minimise les Modianos de la nuit, d'ailleurs, il ne reste que de la rosée au matin, les proses Le cleziesques ne s'essaient plus au cybernétique, on n'entend plus au loin que leur may-day répétitif: "empty-empty-empty"... il faut dire que la planète SPATEN11 est celle des grandes désolations, comme le sentier de NANT à la COUVERTOIRADE, rions un peu, mon bon georges...

Délices de crottes sur le Grand Causse (9) :

19 kms de sentiers séparent NANT de la COUVERTOIRADE. Malheureusement, comme dans les VOSGES quand on fait le GR des Crêtes, il faut remonter sur le Grand Causse après l’étape : dénivelé 300 mètres.

Ici, la pente s’étale sur 11 kilomètres. La route est désolée, la solitude du marcheur extrême, si ce n’était les animaux des bois qui parlent au marcheur d’une façon étrange : plus vous partez tôt dans les sentiers muletiers couverts de buis, plus la poussière des sentiers est jalonnée de leurs excréments frais….si, si, (je n’ai rien bu, Collerette, même pas de ta vodka…)

Comme si les animaux des bois voulaient nous dire : « attention, cet espace nous appartient, respecte notre territoire »

Et comme chaque espèce a sa façon de faire, chaque petite crotte parle au nom de l’animal, révélant sa nourriture du jour ou de la nuit…l’état de ses intestins aussi…

Ulysse, qui n’est ni botaniste, ni zoologue, a vite compris leur langage secret et déchiffré leurs messages :

Ici, le cheval et son cavalier ne sont pas loin, tant le crottin est frais…

Ici, c’est le troupeau de moutons qui estive vers le Causse, égrenant ses milliers de petites crottes comme autant de billes de réglisse…

Ici, tiens, une vache, surprenant, les bouses de vache sont rares sur le plateau…

Ici, un lapin des bois avec indigestion de cerises sauvages, heureusement qu’il a refait les noyaux…

Ici, une crotte minuscule, fraîche, révélant par ses grains roses et bruns un amateur de baies sauvages rouges et brunes…

Le langage des crottes de sentier est un art véritable, voire une science et dans certains sous-bois, Ulysse serait bien en peine de mettre un nom au propriétaire de certaines crottes fraîches : putois ? renard ?

Il y a même de grandes tâches blanches d’oiseau des bois : hibou ? hibou grand duc ? caille ? perdrix ou simplement corneille ? grive draine ou grive licorne ?

Ulysse en perd le fil de ses réflexions…il est temps qu’il arrive au Gîte de la Couvertoirade.
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Tu a tout à fait raison Ulysse, quand on part de bon matin par les sentiers de cabris ou de brebis, on peut voir les traces fraiches d'excréments des animaux qui ont mangé la nuit ou très tôt le matin toutes sortes de bonnes choses, telles les baies de prunelles, de myrtilles, de cerises sauvages, et bien d'autres impropres à notre consommation mais dont les animaux raffolent. Je me suis promenée dans les Alpes et La Vanoise dans des temps anciens, disons lorsque j'étais jeune fille. J'ai vu des marmottes sortir le bout de leur nez de leur terrier, des lapins montrant leur petit derrière en courant, des chamois escaladant des rochers abrupts et sautant dans le vide en se demandant si ils ne vont pas s'abimer dans le vide, puis réapparaitre sur un bloc de roches 10 mètres plus haut, les oiseaux aussi qui nichent au raz du sol derrière de petits arbustes eux-même protégés par un rocher. Dans l'après-midi le vol majestueux de l'aigle qui repère sa proie en amorçant un virage et toujours tournant dans le même sens, nous laisse pantois dans un oh! de surprise. Oui mon cher Ulysse, la nature est belle et de bon matin surtout.
TO Tomas3 Veteran ·
Insolites de la Couvertoirade(10)

Petit Carcassonne des Causses, encore préservé des dangers du tourisme de masse, La Couvertoirade est un village fortifié datant de l’époque des Templiers et, curieux hasard, semble avoir résisté au temps et aux destructions de la guerre de cent ans…

Aussi les Institutions régionales et locales ont mis « le paquet » sur cet « écotourisme à vocation culturelle »… Amandine, la conférencière du patrimoine qui nous prendra en charge pour nous faire découvrir les trésors cachés de son joli village vaut aussi le détour…

Ulysse était venu la trouver à l’office de tourisme pour se plaindre de la vétusté du Gîte d’étape local – il n’y a pas d’hôtel à la Couvertoirade – de ses toilettes condamnées et de ses douches interdites une partie de la journée.

Ils avaient déjà échangé sur l’odeur forte de la transpiration d’un marcheur de plus de vingt kilomètres … elle le reconnut d’emblée quand elle prit la direction de la visite commentée…

Elle était à l’image de son pays, avec un accent local que l’on aurait pu classer « au patrimoine régional » tant il était déjà chargé d’ail et de thym et qu’il était charmant chez la guide aux lourdes créoles…

Certes Ulysse suivait les explications savantes d’Art et d’Histoire, mais les hanches et le chemisier entr’ouvert de la belle conférencière lui faisaient perdre quelques bribes d’explications utiles à la compréhension : elle était belle, le savait, et qui plus est, ne manquait pas d’érudition…

Dans cet enclos culturel qu’est la Couvertoirade, les commerçants ouvrent aux heures d’affluence et de passage, le soir, le pauvre randonneur reste captif d’une petite crêperie « routardisée », où le prix de la crêpe permettrait à une famille bengali de se nourrir une semaine…(prix du menu en MP)

Derrière la table d’Ulysse, deux indonésiens et un anglais échangeaient sur les beautés du patrimoine aveyronnais et Ulysse n’en perdait pas une miette… il retrouverait le groupe au gîte, les indonésiens cherchant la direction de l’Orient pour orienter leurs tapis de prière…

Au petit matin, Ulysse, pressé de quitter ce gîte aux odeurs suspectes, confia le paiement de la nuitée à l’anglais, à charge pour lui de régler son dû au gérant du gîte : « confiance oblige », le Rosbif fut troublé qu’un français lui témoigne autant de confiance à cinq cents ans de la guerre de cent ans…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
"Oui, mon cher Ulysse, la nature est belle et de bon matin surtout",

Ciao Collerette,

malgré la canicule et les geeks, tu as le courage de suivre le randonneur sur le causse...il lui reste quelques étapes sur le plateau...ce n'est pas la Vanoise, mais la solitude de ces plateaux en Juillet est exceptionnelle, ce n'est pas aussi animé que sur le post de Marocco, mais ca fait du bien de respirer l'air de ces steppes désertiques, tu verras dans le texte suivant, qu'à force de respirer les "carlines" et les "boussières", l'esprit du randonneur peut se mettre à délirer...

Où Ulysse, ayant suivi une voie de chemin de fer désaffectée sur 11 Kms se prend pour un petit train(11)

De La Couvertoirade à l’Hospitalet du Larzac, sans doute une des plus belles parties de ce long trek sur le Causse, à cause des « boussières » fréquentes (chemins creux entre des haies de buis) qu’ont choisies les rédacteurs de ce Tour du Grand Causse (encore que NANT-LA Couvertoirade ne soit pas mal non plus…)

Mais ces brillants concepteurs ont pêché par faiblesse ou par paresse à 7 Kms de l’Hospitalet à partir de la Blaquerie…

Non seulement la signalisation du sentier laisse à désirer (Ulysse va perdre deux kilomètres à la retrouver…) mais le sentier débouche au PK 13 sur l’ancien ballast de la voie ferrée qui ne fut jamais ferrée : LE VIGAN-ALBI…

Ce projet titanesque du XIXième siècle qui devait éventrer le Larzac, comme l’autoroute Clermont Millau l’éventre actuellement, ne fut jamais complètement réalisé et surtout, ne fut jamais mis en activité…

Les déblais et les remblais, les collines éventrées, les vallons comblés, avaient été réalisés, les tunnels et les viaducs aussi… Aujourd’hui, chemins de chèvres, paradis des VTTistes, l’ancien ballast est devenu sentier de grande randonnée en direction de l’Hospitalet sur plus de sept kilomètres : Ulysse commence à se prendre pour le petit train du Larzac… Qui n’a jamais existé…

Est-ce le thym ou la carline (fleur emblème du Larzac…cf.photo jointe) qu’il a fumés le long du parcours qui lui font cet effet ?

Des papillons de toutes les couleurs pollennisent chardons et fleurs des champs, les coquelicots ont réapparus dans les champs de blé.

Sur les murailles de pierres dressées par les hommes qui encadrent l’ancien ballast, Ulysse dérange lézards verts et autres bestioles bruyantes se chauffant au soleil et non identifiées…

Il est temps de rejoindre l’auberge de l’Hospitalet, avec ses 24 kilomètres du jour au compteur…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Le rosbif, obligé dêtre aimable avec un Français. Primo, ils ont fait brûler Jeanne d'Arc après cent ans de guerre. deusio, le rosbif nous a envoyé la vache folle .

Normalement, il aurait dû payer pour toi................... J'ai bien lu tout le texte, et la belle conférencière, elle semble t'avoir envoûté. Et aussi la belle décoratrice.............. Faudrait peut-être te calmer un peu. Sacré Ulysse au pays des merveilles............ Sinon, le cyclope "n'a qu'un oeil au milieu du front" va vouloir t'affronter.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, Arrawak,

tu sais que je ne comprend pas toujours tes allusions, surtout la dernière, celle de "l'oeil du cyclope"...certes, il m'est arrivé d'affronter la magicienne Circé, celle qui détournait les marins, mais, souviens-toi, je me suis enfui de la grotte du cyclope grâce aux moutons...

Sur le Causse, heureusement, il n'y a ni magicienne, ni cyclope, que des moutons, même si les femmes de chambre sont bien mignonnes, tu connais ton Ulysse...

L’auberge de l’Hospitalet du larzac : l’accueil chaleureux des jeunes femmes de chambre :(12)

L’arrivée à l’auberge fut épique : Ulysse, parti à l’aube du gîte précédent, arriva trop tôt à l’auberge de L’Hospitalet du Larzac : les chambres n’étaient pas faites…

La réceptionniste, toute charmante soit-elle, eut dû mal à lui attribuer un numéro de chambre définitif : ce n’est qu’à la troisième tentative et au troisième numéro attribué qu’Ulysse pu, après 24 kilomètres, enfin se doucher et se changer avant d’aller déjeuner…

Montant dans les étages, il tomba sur deux jeunes filles chargées du ménage, pas habituées du tout à voir cet espèce de client, poussièreux, harassé et sac à dos…

La monotonie de leur job en prit un sacré coup de Djeun, et quand elles apprirent les malheurs d’Ulysse au gîte précédent, elles n’eurent de cesse (formule grammaticale légèrement archaïque) De le materner :

« vous allez pouvoir faire votre sieste, nous terminons les chambres de l’aile à 15 heures trente, il n’y aura plus de bruit d’aspirateur… » « vous pourrez dormir jusqu’à demain matin… »

Quand Ulysse remonta de la salle à manger, rassasié, propre , frais et dispos, prêt à entamer une longue sieste, c’est elles qui l’empêchèrent longuement d’aller dormir, l’interrogeant sur ses étapes, leurs longueurs, les insolites de son trek, lui conseillant même gîtes et coups d’œil, du style :

« demain, c’est marché à Millau, il faudra que vous y arriviez avant I3 heures trente… »

« non, vous ne trouverez pas de ravitaillement demain matin avant quatre kilomètres…si, la boulangerie de la cavalerie ouvre à 7 heures…non, les journaux, il faudra attendre Millau…

Libération ? vous n’y pensez pas, La Dépêche du Midi, France-Soir peut-être…vous allez avoir la télé dans votre chambre, vous allez pouvoir savoir tout ce qui s’est passé dans le monde depuis dimanche…(on était jeudi) »

« ah, oui, le Tour de France, il est en Espagne…à demain, Monsieur, au marché de Millau ? »
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Disons que le cyclope, serait celui qui n'y voit que d'un oeil, aveuglé par plein de choses, auxquelles il ne comprend rien. Donc, à éviter en rencontre, on ne sait jamais, il surgit au moment où on s'y attend le moins.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
Ciao Arrawak,

à parler de Cyclope, tu me fais penser à la Sibylle de Dune, dont il fallait interpréter les oracles...tu mythes grave...heureusement qu'il y a les champs de tirs et les centres d'instruction...

La Cavalerie-Millau : Passez votre chemin : TERRAIN MILITAIRE :(13)

Le randonneur optimiste pourrait penser que la présence de l’aéroport de MILLAU-LARZAC à l’Hospitalet et le site templier hospitalier de la CAVALERIE portaient bien leur nom d’hospitalier…

Pas du tout, on entre désormais dans les champs de tir et d’instruction de l’armée de terre. Randonneur, prends garde à ne pas dévier de ton chemin…

Les moutons sont enclos sur le Larzac, de la Cavalerie à Millau, le randonneur l’est un peu ou du moins en a l’impression…

Sitôt sorti de la Cavalerie, Ulysse s’était heurté à une balise militaire (alt.822 m) il avait du rebrousser chemin pour rejoindre et franchir la Nationale 9 et là, un magnifique chemin de terre avec tous les 200 mètres : TERRAIN MILITAIRE, d’un côté, LIMITE DU CAMP, de l’autre côté…

Ulysse n’en menait pas large …il se souvenait d’avoir pénétré par inadvertance dans un autre champ de tir dans un autre voyage et d’avoir eu l’impression d’entendre siffler les balles ou du moins d’avoir été ébranlé par les détonations lointaines…

Heureusement, sa carte d’Etat-major le rassurait sur les limites du camp ; il rejoindrait l’ancienne voie romaine, la route de GRAUFESENQUE, qui traversait le LARZAC Nord-Sud et figurait sur « les tables de Peutinger » et reliait Millau à Lodève.

Son itinéraire suit de très près la Nationale 9 avant de plonger dans la vallée du Tarn. Comme une bouée au loin, Ulysse aperçut les haubans blancs du pont de Millau (cf.photo ci-jointe) il sentait venir la fin de son périple, le vent soufflait fort sur le Causse, il lui faudrait quitter polaire et K.Way avant de rejoindre la chaleur caniculaire des canyons du Tarn pour entrer en tee-shirt dans les 34° de CONDATOMAGUS(Millau)

tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
🙁Remarque, à marseille, un légionnaire vient d'être intepellé, pour un tir qui a déclanché un incendie, dont tous se seraient bien passé. L'histoire ne dit pas, qui est le gradé au dessus qui en a donné l'ordre. Surtout, qu'un légionnaire, en général ne prend pas des initiatives seul.

Tu as eu de la chance de pouvoir traverser ce camp militaire sans embûches.

Mais, la chasse va bientôt commencer, je sais que tu ne représentes pas un gibier de choix, n'étant pas comestible, sauf grillé à la broche, mais tout de même, fais attention. Bien que tu ne chasse pas les biches en brâmant comme le fait le cerf.............. On ne sait jamais, les chasseurs retraités du 4 ème âge n'y voit plus très bien, et peuvent te confondre avec un lapin.

Je sais qu'avec un bon beaujolais, un lapin chasseur garni de champignons, de nos forêts, non atteints par le nuage de Tchernobyl, régalerait les plus fins gourmets;

Tu choisis quoi? être un cerf, ou un lapin?
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
"tu choisis quoi? être un cerf ? ou un lapin?"

ciao, arrawak, hélas pour toi, je ne brame, ni ne clapis(le clapissement étant le cri du lapin...) il y a d'autres forums riches en brames et en clapissement, ici on ne parle que des malheurs d'Ulysse...

Où Ulysse détruit par inadvertance les photos de son trek et les reconstitue en une étape (14)

Ulysse ne maîtrise pas parfaitement le fonctionnement d’un NIKON Coolpix 10, 0 méga pixels, Wide Zoom 4x(28-112 mm) avec VR à ISO 3200 et 3.0 inch LCD… que Pénélope lui a offert pour son anniversaire.

Il commet l’irréparable en voulant redresser la photo d’une galerie Renaissance accolée à une courtine de La Cavalerie, il a mis à la corbeille les 49 autres photos de son raid…

C’était un trésor inestimable de moutons, de papillons de toutes les couleurs pollennisant des chardons bleus, des carlines, des crottes de lapins et de renards du causse, des « lavognes » en eau ou asséchées, des massifs ruiniformes et anthropomorphes…

Qu’à cela ne tienne, en une étape, Ulysse tentera de rattraper ses pertes entre La Cavalerie et Millau.

Le lecteur lui pardonnera de n’insister que sur « une courtine » de forteresse templière, »une crotte de mouton », une « lavogne », mais la bonne foi du tintin reporter n’est pas en cause, il ne s’agit que d’une énorme maladresse qui ne lui permettra pas de vendre son reportage à National Geographic ou à Lonely Planet…

Lorsqu’il rédigera son road book, il jonglera avec les 22 photos de l’étape, mais celles-ci devraient témoigner de l’extrême désolation des « solitudes steppiques » et des sentiers se perdant à l’horizon d’un causse qui mérite plus que la réputation d’un éleveur de moutons…

Ce causse est le paradis de centaines d’espèces d’oiseaux, de papillons et de fleurs, si l’on excepte les quatre races de moutons…

Ulysse lèvera d’ailleurs sur cette dernière étape un chevreuil, deux lapins, un aigle royal et des centaines d’oiseaux et de papillons, sans évoquer la boulangère bavarde de la Cavalerie…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Les aventures d' Ulysse me passionne toujours autant et si bien relatées. Dommage pour tes 49 photos perdues, c'est un sale coup. A ta place j'en serai malade. Mais tu finis toujours par t'en sortir au mieux. Boulangère ou pas.
AR Arrawak Globetrotter ·
😉Tu sais ce qu'il te reste à faire ? Retourner au même endroit, retrouver les oiseaux, les papillons, reconnaître les crottes et refaire les photos. Celles que tu as mises jusqu'à présent sont superbes. on a envie d'y aller faire un tour. Dommage que tu les aies perdues, et là, pas de corbeille où récupérer pour un appareil photos, mais tu feras attention la prochaine fois, de ne pas jouer à l'apprenti sorcier desq nikons de dernière génération................
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
"retourner au même endroit, retrouver les papillons, les fleurs et les crottes..."

ciao Arrawak TWD,

tu en as de bonnes, mais ton idée n'est pas si mauvaise, surtout que j'envisage d'entreprendre le Tour du Larzac méridional, qui ne serait qu'une suite logique au Tour du Grand Causse, mais en attendant, tu auras l'indulgence de lire le compte-rendu de ma dernière étape où tu verras enfin apparaître le panneau indicateur de Millau...

Millau, au fond du canyon : (15)

Lorsque l’on quitte La Cavalerie pour rejoindre Millau, on a le choix soit de suivre l’itinéraire du GR71 D décrit par le guide de la Fédération Française de Randonnées (FFRP) soit, comme Ulysse, si l’on est pressé de regagner Millau, de bifurquer sur le Causse après la ferme de Bouissan.

Plein Ouest, avec comme seul horizon, les haubans du Pont de Millau…

On gagne alors la ferme de La Jasse et, en I, 5 km, en suivant un chemin de terre parallèle à la Nationale 9, on atteint la corniche surplombant Millau.

Il n’y a pas de mot pour décrire les méandres du Tarn et la vieille cité romaine lovée entre eux. D’ailleurs, un spot de parapente a choisi la corniche comme aire de décollage et d’atterrissage.

Il faut résister pour ne pas sortir son appareil photo toutes les cinq minutes et mitrailler le panorama somptueux qui s’offre à perte de vue : à l’Ouest, le superbe Pont, à l’ Est, les ruines de l’antique cité romaine des potiers de Gaufresenque…au confluent de la Dourbie…

Millau la romaine, Millau la médiévale, Millau la moderne, on comprend que ses habitants aient choisi d’orienter leurs activités vers le tourisme vert : « vaut le détour, ou le Dertour » mentionnerait le moindre guide de Voyages…

Mais pour le randonneur, après I25 kilomètres de tour de Larzac, la question qui se pose est : comment dénicher l’accès GR à partir de COMBETS et dans quel état arriver au pied du Causse ?

Car sur 2 kilomètres de dénivelé (400 m d’altitude) vous suivez un sentier de caillasses à vous démettre hanche et genoux : les muscles changent de braquet, attention aux glissades, la fatigue aidant, le poids du sac entraînant son porteur…

Mais MILLAU se mérite et quand, face au pont médiéval, façon Ponte Vecchio sur le Tarn(cf. photo) on se retourne et que l’on regarde le grand Causse, on murmure :

« je t’ai vaincu, Vieux Causse, »

Et l’on est fier de sa fatigue.

tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
AR Arrawak Globetrotter ·
😉nous allons pouvoir faire notre prochain carnet de voyages ensemble. Et avec moi, tu ne risques pas de perdre des photos. Donc, je veillerai sur toi, comme tu veilleras sur moi. en bons compagnons que nous sommes.................. Et pour escalader la montagne à 4000 mètres au Maroc, je prendrai un mulet. Ou un chameau. Super récit en perspective, je serai au RV, demain 6 heures, prépare ta voiture tous terrains. Et n'oublie pas mon adresse.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, arrawak,

le coup de la porte N°2 du cimetière de Champagne-bobo où tu m'avais donné rendez-vous, alors que je piaffais sur les tombes(en haut-relief) de la famille Neyron à gauche de l'entrée N°1 du même cimetière, était pas mal du tout...heureusement que nous avons pu rattraper le moment perdu...

mais, trêve de plaisanterie science-fictionnesque, je dois te confier qu'Ulysse a encore fauté sur les sentiers du larzac, j'ai réussi à me procurer les pages de son expédition du mois d'août:

Le tour du Larzac méridional : (1)

Il se l’était promis : puisque les rédacteurs des guides de la Fédération française de randonnées pédestres avaient partagé le Grand Causse : il en garderait une partie en réserve : c’est ainsi qu’il avait gardé pour le mois d’août le Larzac méridional qui s’étend entre La Couvertoirade et Lodève et dont le plus beau fleuron est le cirque de Navacelles…

Et comme il aimait partagé les belles choses, il emmènerait Pénélope avec lui…

Juillet avait basculé, Août était vide de projets, les geeks avaient repris leurs envois de scuds méchants (cf.TWD de Arawak) François avait été obligé de faire intervenir ses mods : les vents du Causse et les étendues steppiques seraient une véritable antidote aux pollutions numériques…

Ils partiraient du Caylar, à 7 kilomètres de la Couvertoirade, laisseraient leur véhicule sur un parking, oublieraient le temps d’un week-end très prolongé les soldes de leur magasin d’été et les soucis de Vincenzo, leur jardinier préféré, qui ne trouvait plus à tondre que des gazons brûlés et des pierres sèches qui s’acharnaient sur la lame de la tondeuse…

Vincenzo leur avait facturé six heures de rebouchage de trous et d’enlèvement de pierres sèches : les gazons et les jardiniers n’étaient plus ce qu’ils étaient…

Ils avaient glissé une grande enveloppe à destination du jardinier fantôme, s’étaient désespérés de la hauteur des grands buis cette année, avaient redressé quelques meubles de jardins bousculés par les orages de l’été, fermé à double tour et cadenassé le grand portail au bout de l’allée, et, leurs sacs bouclés, les provisions de bouche prévues pour résister à plusieurs jours d’absence d’épicerie de proximité, avaient pris les itinéraires bis pour s’éloigner des 5.000.000 de vacanciers de juillet août et des 850 Kms de bouchons cumulés…(record historique)
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
TO Tomas3 Veteran ·
je suis surprise qu'Arrawak soit avec toi.Je croyais qu'il devait partir avec Grumpy...

ciao Collerette,

l'un n'empêche pas l'autre...tu connais la signification du mot "escapade"( en allemand, sturm quelque chose) eh bien, c'est exactement ce qu'il est entrain de faire...on en reparle si tu veux. Je suis content de te revoir fidèle au poste. J'ai su que tu avais eu des problèmes d'entretien sur un autre post, ca n'est pas grave, tu n'auras que du plaisir à suivre celui-ci, les aventures d'Ulysse et de Pénélope fleurent bon la nature et l'équilibre, il y a plein d'animaux et de fleurs, tu devrais être contente...

L’auberge du Caylar et son festival (2)

Les hasards du voyage laissent une large place à l’imprévu et font le bonheur du voyageur… L’aubergiste de « l’auberge familiale » du Caylar avait bien pris notre réservation, mais s’octroyait le loisir de participer au festival de son village (sic…)

Elle ne serait visible qu’entre I9 h et I9 h I5, et elle nous prévoyait une nuit agitée, si, par malheur la météo étant mauvaise, l’atelier conteur était rapatrié dans la salle de l’auberge…

Ulysse et Pénélope n’y voyaient que du plaisir et aucun désagrément. Par contre, l’établissement attirait la curiosité des peuples migratoires(ces fameux « juilletistes »égarés sur des autoroutes bondées) les deux compères préférèrent traîner dans le village, passant d’atelier en atelier…dans ce curieux festival...

A l’atelier« rétrospective de Georges Brassens », le chanteur avait une voix de fausset à faire retourner le poète sétois dans sa tombe…

L’atelier de « sculptures sur écorce » était tenu par un couple de « 68/arts » anglo-français, dont ni le véhicule, ni les vêtements n’avaient connu de rafraîchissement depuis 40 ans…

Un atelier à vélo, intitulé « vélilavabo », espèce incongrue d’un vélo doté d’un lavabo et tenu par un barde poète, proposait de vous laver les mains en sophrologue…

L’atelier de théâtre de rue traumatisait de pauvres gosses de treize ans abandonnés par leurs parents qui avaient préféré le restaurant…

Finalement, la terrasse du bar des Platanes était « so much » avec tous ces anglais estivants du causse s’essayant au parler du Caylar, et tous ces caussenards s’essayant à leur donner la réplique dans la langue de Shakespeare avec l’accent de Mistral…

La bière avait des saveurs de pub irlandais et les accents étaient écossais : c’était un vrai théâtre de rue à 800 mètres d’altitude sur le Causse : Pénélope et Ulysse avaient revêtu leurs polaires…et le vent du Nord soufflait très fort sur le festival…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Escapade en allemand non ça ne me dit rien, n'ayant jamais appris cette langue. En français par contre dixit le dico : "Fait d'échapper aux obligations, aux habitudes de la vie quotidienne par une absence." Donc je comprend.

L'atelier conteur me plait énormément : souvenirs d'enfance. Le soir aux veillées autour de l'âtre chez les voisins ou chez nous, aux châtaignes ou aux feuilles de tabac fraiches séchées à enfiléee sur des fils, j'ai connu ça. Aussi bien dans la campagne toulousaine qu'au lac de Paladru dans l'Isère. Les histoires étaient racontées par les aïeules parfois en patois, nous les enfants nous comprenions tout. C'était magique. La soirée se finissait avec une grosse part de tarte paysanne cuite dans une immense poële dans la cheminée. Que c'était bon ! On s'endormait aussitôt après devant les tisons rougeoyants de la cheminée qui nous cuisait encore les joues. Nos parents ne tardait pas à nous rapatrier tout ensommeillés à la maison ou dans notre lit si nous étions chez nous.

Pardon pour cette digression, les souvenirs d'enfance sont des fleurs qui s'ouvrent au moindre mot, à la plus petite image ou à une odeur qu'on croyait oubliée.

C'est sympa tous ces ateliers pendant le festival. On trouve de tout , du bon comme du moins bon. C'est ce qui fait son charme.

Très drôle le bar des Platanes avec les roastbeefs s'essayant au patois du Causse et les Caussenards leur répondant en anglais avec l'accent chantant de leur région. Ce devait être à mourir de rire. Pénélope ont eu bien de la chance de vivre cette aventure malgré leurs polaires, de vivre cette aventure. Jolies photos. Pénélope est bien jolie et l'âne attendrissant.

J'attend la suite.
TO Tomas3 Veteran ·
Ciao collerette,

Tu aurais pu tout aussi bien dire : « Pénélope est attendrissante et l’âne bien joli… »

En fait, on peut bien te l’avouer, on a fait une escapade à Carpentras pour visiter la célèbre bibliothèque ingimbertienne , son cabinet de curiosités… Georges rêvait de voir des incunables « in life », des in-quarto en in-folio, des mémoires d’aubergistes des siècles passés, des comptes de payeurs-généraux…

Sa curiosité a été servie, il n’en revenait pas, il n’aurait jamais cru que cette bibliothèque du XVII ième siècle soit si riche : il a même déniché des miniatures persanes et des cadenas de caravenserail… Il m’a même avoué qu’il s’était désormais fait une raison : la liaison de l’évêque de Carpentras et du Pape Clément XII est un fait avéré, depuis qu’il a vu les mémoires comptables et les lettres manuscrites : la lettre de rupture du pape renvoyant l’évêque dans son évêché est inénarrable, il te la racontera certainement
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Ciao Tomas,

Tu m'en diras tant à propos de l'évêque et du pape. Ca ne m'étonne pas du tout. La lettre serait intéressante à lire ça je veux bien te croire. Je comprend ce bon Georges pour les incunables, ils sont très rares, très intéressants à regarder et à lire si on lit le vieux françois. L' image attachée que représente-t-elle ? serait-ce un cadenas de caravansérail ?
TO Tomas3 Veteran ·
ne serait-ce pas un cadenas de caravenserail ?

ciao Collerette,

tu as gagné, c'est bien un cadenas de caravenserail, non daté, mais certainement très ancien. J'en ai une copie plus récente, mais fidèle...je te la ferai passer dès que ce bon Georges aura mis en place sa prochaine réunion de travail. Il en parle sérieusement. Il faudra qu'on en mette les modalités pratiques à plat dès le retour de son "escapade" avec ou sans Grumpy...

j'ai aussi une copie de miniature de Hafez si çà t'intéresse(in quarto 12 x19 encadrement artisanal sous-verre) mais je n'en ai pas la photo...un peu le style de la pièce attachée...cà t'interesse aussi?
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Oui la miniature de Hafiz m'intéresse. Parles-tu du fameux poète lyrique persan où son tombeau se trouve à Chiraz ? Cette copie est magnifique, quelle précisions des détails, les doigts, le carnet ou ce qui en servait, la plume, les boucles de la coiffure, l'expression du visage. Tout parle. Merci Tomas.🙂
TO Tomas3 Veteran ·
Hafez-e Šīrāzī A Persian painting by Mahmud Farshchian , showing Hafez Une peinture persane par Mahmud Farshchian,
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Merci poue la peinture. Je ne connais pas le peintre Mahmud Farshchian, je vais chercher chez Mr Google voir ce qu'il peut m'en dire.
TO Tomas3 Veteran ·
ciao, Collerette,

il serait temps qu'on revienne à nos moutons sur le Causse...on a fait un sacré détour...c'est toujours la même chose: on marche sérieusement, le nez dans ses sabots, et puis l'imagination s'évade et l'on décoit nos lecteurs...ils veulent des canyons du Larzac... alors pourquoi pas un retable ?

Le Caylar-Soubes : première étape du Larzac méridional : (3)

Il ne faudrait pas quitter Le Caylar sans avoir longuement erré autour du porche de l’église.

Bien sûr, l’église est fermée, mais, si vous insistez, une dame de derrière ses carreaux viendra aimablement vous conduire, en passant secrètement par la sacristie, au merveilleux retable caché dans le bâtiment…

Manifestement, il a été rapporté d’une abbaye détruite, l’église datant du XIX ième siècle…

Il est en « haut-relief »(personnages se détachant des panneaux) polychromé sur fond bleu, à partir des éléments picturaux originaux.

Ce n’est pas insolite, mais c’est une merveille de retable d’inspiration romane provençale.

Et la bonne dame, érudite des érudits déjà passés, nous permit de regarder avec des yeux tout neufs les scènes naïves que les artistes sculpteurs du Moyen-âge avaient laissées pour nous…

Sainte Marie Madeleine ressemblait à une belle pénitente du XIV ième siècle et saint joseph n’était pas très loin des traits du charpentier du Caylar d’alors (cf.photo N° 2) et, curiosité des curiosités nous avoua la bonne dame, il est rare de voir la vierge couchée, alors qu’elle vient d’accoucher (cf.photo N° 1)

Les pieds d’Hérode étaient chaussés de véritables « chausses » pur XIV ième et leurs pointes auraient pu rivaliser avec de belles chaussures italiennes d’aujourd’hui.

Plus loin, sous l’autel, le père curé avait fait enchâsser une véritable croix de templier, labourée dans un champ voisin (don de l’agriculteur)….

La rando s’annonçait riche en beaux moments volés, en belles rencontres de chasseur « à l’approche pour le gros gibier », ou d’autres chasseurs retenant leurs braques allemands trop gourmands de petits perdreaux…
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
CO Collerette Regular ·
Vous avez eu de la chance tous les deux d'avoir vu ce magnifique retable provençal. Quand je pense que vous avez eu la merveilleuse opportunité de voir ce que ces artistes du moyen-âge avaient laissés, ce n'est pas donné à tout le monde. Magnifico.

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