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500 km de randonnée en Afrique du Sud: Wild Coast depuis Durban jusqu'à East London English translation pending
by Vipassana · 2010-02-13 · 2 replies
- Je quitte le trio birman le jour de l'épiphanie avant d'atteindre l'aéroport de Durban situé à quinze kilomètres au sud de la ville. Ils partent au Cap en avion, j'y vais à pied ou par les moyens du bord, c'est-à-dire tout objet roulant identifié. Ils volent pour diminuer le temps de voyage et les épreuves physiques, j'en fais mon allié cherchant à amplifier et multiplier les découvertes. Debbie et Sandra sont venues les chercher pour les emmener à l'aéroport. Nous montons à quatre derrière dans la voiture. Elles me mettent en garde sur le caractère dangereux de mon périple, de quoi me donner l'envie de prendre mon avion retour sur le champ. Cela finit par être ennuyeux cette pression que te mettent les Afrikaners. Les pires situations sont toujours données en exemple comme celle qui a vu un véhicule être obligé de s'arrêter devant des blocs de pierre disposés sur la chaussée. Les bandits n'ont plus qu'à faire la quête. Je commence réellement à marcher depuis Amanzimzoti qui signifie "eaux douces" jusqu'à Ilovo sur une plage de sable peu fréquentée que les rochers à fleur d'eau découpent. En quittant la périphérie de Durban et Zoti pour les intimes, je marche entre la plage et la voie ferrée sur une piste bordée de taillis qui permet l'accès aux 4x4 tractant les remorques à bateaux. Un coupe-gorge sans issue de sortie au cas je me fais coincer par plusieurs types. Une silhouette sort de l'ombre et s'avance jusqu'aux dunes de sable dont il faut franchir le cordon pour retrouver l'Océan. Je l'ai vu et le prends par effet de surprise en le rejoignant. Je préfère suivre un sentier sur ma droite avant de redescendre rapidement sur la plage. Je le laisse sur ma gauche scrutant et observant les estivants s'animer sur le sable doré. S'il cachait de mauvaises intentions, un pigeon vient de lui passer sous le nez. C'était un contre un. Je longe une plage fréquentée essentiellement par des familles d'origine indienne. Sur les autres, essentiellement des Afrikaners et des Sud-Africains noirs en famille avec leurs gosses. Au sortir d'un camping de mobil-home, le propriétaire m'embarque sur la route principale et me dépose un peu plus loin m'évitant un passage à gué avec de l'eau jusqu'à mi-genou. A l'embranchement où il me laisse peu de temps avant la nuit, il m'interdit très clairement de continuer à pied vers eMuzikababa sous peine de me faire détrousser. Je dois absolument sauter le pas jusqu'à uMkhomazi distant de onze kilomètres. Personne ne dépasse le carrefour en direction de l'endroit maudit sauf les combi-taxis qui se rendent dans la zone interdite. Mon dernier chauffeur n'est pas le seul à m'avoir averti. Cinq blancs et un Indien m'avaient déjà annoncé la couleur. J'ai toutes les peines du monde à persuader une jeune fille au volant d'un pick-up de m'embarquer derrière pour me faire sauter une case et continuer à jouer. Elle a toutes les excuses inimaginables pour ne pas m'aider, c'est la voiture de son père, mais tentant son va-tout, elle prend le risque et joue. Je l'ai convaincu en insistant sur le fait que les Afrikaners étaient franchement peu serviables et morts de peur. "Qu'est-ce que je vais raconter en retournant en Europe ?" lui ai-je lancé. Je l'ai mise devant le fait accompli avec ce passage difficile à venir que je dois occulter. Je joue gagnant et mets pied à terre à Widenham à proximité de la plage où elle me dépose. Je sollicite les gardiens de plusieurs propriétés qui ne m'ouvrent pas les grilles, leur patron n'étant pas rentré. Je continue de longer la rue St Hélier et croise un petit coin de Paradis avec le motel du même nom. Avec la plus extrême courtoisie, le réceptionniste m'explique, après avoir sollicité la gérante, que toutes les chambres sont réservées et qu'elle ne se sent pas très à l'aise à l'idée de me faire dormir avec mon duvet sur une surface en dur. Je lui résume la situation: "elle préfère me laisser dehors". Il me conseille de retourner sur mes pas et d'aller voir plus loin en ville à uMkomass. J'opte pour le porte à porte. Une voiture avec une famille tamoule s'avance devant la grille ouverte. Le père me conseille de demander à son logeur. Par sonnette interposée, je lui demande de venir me rejoindre à la barrière. Il reçoit la famille et me renvoie à la case d'à côté où cinq véhicules sont stationnés. Un pick-up, sur la portière duquel est écrit "Divers Accomodation" (hébergement pour les plongeurs), ralentit au passage puis accélère au moment où je tente de le rattraper. Brigitte (Breytenbach tél:074 105 1119), avec sa sœur Shannon, a eu peur puis s'arrête finalement une cinquantaine de mètres plus loin. Elle m'engage à monter puis fait demi-tour. Elle me confie qu'elle possède sa propre auberge (www.outerreefs.co.za ) avec piscine et peut me dépanner pour la nuit. Elle me remet un voucher de 35 Rands valable sur un repas dans un restaurant voisin et me donne l'accès à la cuisine. Je n'ai assurément pas besoin de tout ça. A 21h00, je goûte à l'eau fraiche de la piscine. Avec la puissance des rouleaux déferlants sur la plage en fond musical, je n'ai pas la force de compter les moutons. Imaginant les milliers de pattes de mangoustes, d'écureuils et de singes courant sur le toit de tuiles qui finissent par me saouler et me faire tourner la tête, mon corps assommé et ankylosé sombre dans les bras du grand bleu. Lucky, le réceptionniste, ouvre la porte-fenêtre à 5h15. Je démarre doucement et apprécie l'endroit jusqu'à ce que Zanele, la femme de chambre, parte vers 10h00. Un livre "Secret South Africa" posé sur la table retient toute mon attention. Sur une double page, un endroit différent, en dehors des sentiers battus et des hordes de touristes, est présenté. Je le dévore en même temps que je vide deux assiettes de céréales baignant dans un mélange de lait, de yaourt, de chocolat et de sucre de canne. Je rebrousse chemin et au lieu de m'engager vers "le paradis", je tente une voiture jusqu'à Clansthal. J'obtiens Scotburgh. D'après ce que me dit mon chauffeur, je serai mieux de rattraper la plage un peu plus loin surtout qu'il commence à pleuvioter. Je me place après le feu. Voilà qu'un combi collectif vide s'arrête et patiente dans l'attente de passagers. Il n'y pas suffisamment de place pour que deux véhicules puissent s'arrêter. Nsobi traverse la route et voyant que le chauffeur est seul, s'abstient de monter par principe de sécurité. Si les jeunes filles noires se mettent à ne plus faire confiance à leurs frères de couleur, je comprends que les Afrikaners soient mortes de peur. Nous faisons connaissance. Elle est étudiante à Umlazi dans la banlieue de Durban et va payer la facture d'électricité de sa famille à Eskom, la compagnie nationale. Un Indien s'arrête. Je lui demande de nous embarquer tous les deux jusqu'à Park Rynie où nos chemins se séparent. Je parle avec un gars à la pompe à essence pour m'informer des possibilités de continuer par la plage. Feu vert jusqu'à Kelso que j'atteins en cheminant entre les rochers, la ligne de chemin de fer et un chemin carrossable verdoyant slalomant entre le rail et un cordon de dunes maintenues par des arbres courts mais râblés, qui me conduit à l'entrée d'un camping où je choppe un camion pour Pennington évitant un large estuaire. Je vole quelques minutes de connexion Internet dans une agence immobilière avant de m'asseoir et converser avec un couple de retraités. Le ciel est chargé. "Il fait lourd et la pluie est prévue alors qu'il devrait faire terriblement chaud" me confie-t-elle. Je me dis qu'il faut que je reparte. Le cherry qu'il me font goûter va plutôt m'assommer que me fouetter le sang et me remettre en selle sans compter un mal de tête lancinant depuis ce matin. Au moment où je descends vers la plage, je croise une demi douzaine de personnes, chacune un sac dans le dos avec du matériel de camping pour certains. - "D'où venez-vous ?" Mike, le patriarche marche en famille de plage en plage depuis des années. Ils sont déjà allés au Cap par la côte et remonte à Scottburgh demain. Des renseignements glanés rapidement qui valent leur pesant d'or (East London - Port Elizabeth = 2 semaines de marche). Le Transkeï qui s'étend depuis la rivière Mtanvuna, frontière naturelle difficilement franchissable, jusqu'à East London se mérite tant il est sauvage et loin des circuits balisés. Il offre de magnifiques plages isolées. Il y a quelques années, en plein été, Mike et un pote ont marché pendant dix-neuf jours depuis Port Nolloth jusqu'à Strandfontein. Ils avaient emporté 25 litre d'eau. Nous échangeons nos e-mail mais j'oublie de les prendre en photo. La famille "Plageapié" en short, a vraiment l'air chouette habillée comme des boy-scouts flanqués de leur sac à dos. Leur accoutrement de marcheurs m'a mis la puce à l'oreille. J'ai bien fait de les intercepter et les écouter. Les signes sont de bon augure. Ils veulent regarder le match de cricket contre l'Angleterre et passent la nuit dans un camping tandis que je m'éloigne avec quatre petites heures de marche jusqu'à la nuit. Aujourd'hui est un jour propice pour marcher malgré le vent. Les nuages cachent le soleil. A Sezela, au niveau de l'usine qui traite la canne à sucre, je grimpe sur la voie ferrée après être passé par Rocky Bay puis Sandy Bay. La marche dans le sable puise toute mon énergie. J'apprécie avoir une vue d'ensemble sur la plage en contrebas. Un ou deux trains de marchandises passent quotidiennement le matin. Je suis séduit à l'idée d'accrocher un wagon et brûler le dur comme cela se fait aux Etats-Unis, au Canada ou en Russie. Je suis doublement en voyage. Sur ma gauche, la mer défile devant mes yeux tandis que la voie ferrée appelle le mouvement et la continuité du déplacement. Les gares de Bazley et d'Ifafa sont hors d'usage. Un omnibus quotidien relie Durban jusqu'à Pennington. Au delà, plus de moyen de communication pour les passagers. J'imagine les clichés en noir et blanc de ces gares bondés d'autochtones en route vers le Transkei. Je redescends sur la plage à travers les taillis. Une paire de jambes en position assise empalées sur un piton rocheux s'activent au rythme des vagues, image d'un couple en totale harmonie, se fondant dans la nature et se donnant l'un à l'autre. Ralentissement du mouvement avant de chevaucher de plus belle, autant faire durer le plaisir, les cris de jouissance étant couverts par le ressac. J'atteins Ifafa en compagnie de deux employées du camping de Bazley qui rentrent chez elles, leur journée de travail finie. Je demande à la ronde où étaler mon duvet. Une jeune fille me pointe du doigt une propriété et me dit d'aller solliciter un policier qui l'habite. Brandon m'accueille le plus naturellement du monde. Sa femme Linda, de sang mixte aussi cool et naturelle que lui, est infirmière de métier. Elle vient de passer trois ans en Arabie Saoudite pour améliorer l'ordinaire. Leur benjamine joue au cricket dans l'équipe nationale. Elle va renter à l'université et aura besoin d'une voiture l'année prochaine. L'ainée (23 ans) travaille dans une banque à Durban et leur fils (19 ans) y étudie. Afin de leur donner le maximum de chances, les grandes écoles coutent une fortune, Brandon pense s'engager en tant que casque bleu pour un contrat d'un an. Toutes les forces vives de la nation étant mobilisées pour la coupe du monde, ce sera vraisemblablement au Soudan après l'événement planétaire. Dès qu'il a eu vent de ses idées de partir en mission, son frère l'a incité à lire "slave" (esclave), le témoignage d'une jeune fille enlevée par les moudjahidines, pour le mettre au courant des us et coutumes des traditions locales. Je dispose d'une maison d'amis. Il m'invite à voir la vue depuis le balcon de sa chambre au premier étage. Sa maison voisine avec le camping d'Ifafa qui m'a servi de point de repère pour établir mon itinéraire. Je trouve étonnant que la jeune fille m'ait envoyé chez Brandon alors qu'il eut été logique qu'elle m'indique le camping. Après avoir goûté la salade de crevettes, je descends sur la plage dominé par le phare. St Benoît, beaucoup sollicité et constamment sur le qui-vive, a peut-être fort à faire mais mon ange gardien, mon protecteur peut encore dormir tranquille ce soir.

Brandon me confie que le principal problème auquel la police doit faire face concerne les viols de mineurs (entre deux et quinze ans). Ils reçoivent une plainte tous les deux jours. Les parents partent travailler en ville et confient leurs enfants à la garde de personnes étrangères à la famille. Les boutiques ont le droit de vendre de l'alcool jusqu'à 4h00 du matin et dans la majorité des cas, les délits incriminés ont lieu entre minuit et 3h00 du matin. Les croyances ont la vie dure. L'une d'elle propageant l'idée qu'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge soigne du sida, favorise la propagation du sida tout comme les nouvelles technologies (Internet) et les téléphones portables y participent. Les filles les utilisent pour communiquer avec leurs petits amis qui leur promettent des avantages matériels auxquelles elles sont sensibles. Elles ont rendez-vous avec l'un puis avec l'autre et "vendent" leurs corps sans protection favorisant la dissémination du virus. Je quitte mon "sweet home" très tard dans le courant de l'après-midi avec deux policiers venus saluer leur collègue en congé.

Hibberdene est une petite station balnéaire où des familles entières viennent passer leurs vacances d'été. Je poursuis vers Woodgrange-on-sea puis tente de sortir de la plage trop sablonneuse à mon goût avant de me retrouver enfermé et cerné par des taillis d'épineux. Ce quart d'heure à chercher une issue et mon salut m'a permis de complètement mouiller mon maillot avant de l'essorer sur les rails. Je me mets de côté pour laisser passer le train. Il insiste et use longuement de la corne pour que je me gare plus. Je n'étais effectivement pas suffisamment à l'écart. A un carrefour, je cours jusqu'à un pick-up avec un couple et saute derrière jusqu'à Melville d'où je continue dans les roues des wagons. Cinq tentatives auprès d'Afrikaners pour trouver un toit se soldent par un échec. La première bien que non couronnée de succès est la plus mémorable. Je longe les murs de belles propriétés sur un chemin ombragé d'arbres magnifiques. Une barrière ouverte, je tente ma chance auprès d'une africaine qui m'écoute et m'avoue que le couple de propriétaire, des Belges, est chez les voisins chez lesquels je vais frapper. Je suis reçu par un Sud-Africain d'origine italienne qui m'affirme que les Italiens valent mieux que les Belges. Celui-ci se défausse par un "je ne vous connais pas" puis par une maison pleine, occupée par toute la famille avant de m'offrir la possibilité de rester dans son garage sans électricité. Je visite l'endroit. Bien que cela parte d'une bonne intention de sa part et que ce soit mieux que de rester sur la plage, je préfère quitter les lieux et aller voir sous d'autres cieux s'il n'y a pas possibilité de trouver mieux. La recherche laborieuse trouve son dénouement en bout de rue à Sea Park lorsque je bute sur une rue perpendiculaire et vois la voiture de police dans une propriété. Francois (de son vrai nom sans cédille), policier dans les sauvetages en bord de mer, m'accepte sans aucun souci pour la nuit. Après avoir hésité entre plusieurs endroits, il met à disposition son garage. Sa femme, ambulancière de métier, revient du travail vers 20h00. Sans rentrer dans la maison, j'ai le temps de faire connaissance et m'entretenir longuement avec ses quatre enfants, Ghislaine, Aliston, Danielle et Aron, ces deux derniers étant des prénoms bibliques, me précise Ghislaine. Sa mère de sang mixte, très douce, se montre réservée et sa grand-mère, réelle afrikaner, reste sur la défense en arrière-garde. Il m'a dit hier soir qu'il quitterait tôt et m'emmènerait à Port Shepstone mais je ne vois pas les portes de la maison s'ouvrir, ni personne être levé alors qu'il est presque huit heures, Tout est bouclé dans la demi-heure, les sacs, le thé préparé et le porridge avalé en face des quatre enfants assis sur la partie bar d'une cuisine à l'américaine. Je suis en forme et les divertis. Eux ne peuvent pas se lever tant qu'ils n'ont pas tous finis leur assiette, l'aïeule veillant à la croissance des petites graines et maintenant une discipline de fer. Sur le parking où Fafa me laisse, deux blacks, après une nuit de débauche, dorment, gorges déployées prêts à être égorgés, dans un pick-up aux vitres ouvertes immatriculé dans le Lesotho. Je passe une propriété "la Providence" qui aurait pu justifier son nom à mes yeux si elle m'avait accueillie pour la nuit. Toutes les grandes marques de supermarché (Pick'n'pay, Woolworths, Kwikspar) sont représentées dans la station balnéaire de Shelly, visiblement une agglomération qui concentre beaucoup de vacanciers. En marchant sur le sable très prolifique, parmi un parterre de guirlandes de fleurs, une poignée de roses écarlates et de pétales dissiminés, deux bananes et trois pommes, preuves éclatantes d'une puja, cérémonie d'offrandes aux divinités hindoues, font mon bonheur et remplissent mon sac plastique. J'ai mangé deux bananes mûres presque noires ce matin et voilà déjà leurs remplaçantes dans mon sac sans que je n'ai à me soucier de quoi que ce soit. "La providence" y pourvoit. Je croque une pomme au prochain gué.

Depuis Hibberdene, je suis passé sur la côte des hibiscus qui s'étend jusqu'à Port Edward et beaucoup plus populaire à cause des meilleures conditions d'hébergement à proximité des plages. Il n'y a pas foule sur la côte du soleil (Sunshine coast) où les estivants en petit nombre peuvent presque avoir la plage pour eux seuls. St. Michaels-on-sea a beaucoup de charme avec son bras de rivière qui divise sa plage familiale bondée. ça cogne ! La journée promet d'être torride. Je passe le pont plutôt que de me déchausser et rejoins Uvongo avant de me mettre à l'eau sur la plage de Lucien (Lucien beach). Qu'est-il venu faire ici ce Lucien ? Il y a des piscines d'eau de mer qui ont été construites le long du littoral et je baigne dans l'une d'elle. La mer à marée haute les remplit. Tout ce qu'il y a de plus rassurant quand des enfants accompagnent leurs parents à la plage. Trois enfants et un couple viennent de se poser apportant une chambre à air de camion. Un hot-dog vite fait pour chacun des membres et la fillette qui ne sait pas nager se met à l'eau avec la chambre à air, très vite rabrouée par ses vieux, impotents, qui ont une sainte horreur de l'eau. Je me tiens debout dans la piscine artificielle, sa profondeur ne dépassant pas un mètre cinquante, remplie d'algues vertes accrochées à ses murs d'enceinte. Elle est rappelée à l'ordre et illico presto sommée de venir les rejoindre. Pour accélérer le mouvement, le père va chercher la bouée. En descendant sur l'autre plage, je passe à côté de monceaux de viande étalés au soleil tels des phoques dans l'incapacité de se mouvoir de leur propre gré, attendant que la marée viennent les cueillir et les mette à la baille. Deux enfants creusent un trou aidé par leur père, la mère obèse assise, incapable de se mouvoir à cause de son handicap.

Deux couples, les quatre membres en surcharge pondérale, s'amusent à se laisser tomber et rouler avec le flux et reflux des vagues. Si l'un d'eux s'avance trop loin dans l'eau, ils ne pourra pas revenir en surface. A cause de leur poids, ils ont besoin mutuellement de se tirer les uns et les autres par la main pour se relever après que la vague les ait bousculé. Beaucoup d'enfants sont visiblement de parfaits petits monstres sur le plan physiologique, les noirs ou indiens semblent davantage touchés que les blancs. N'ayant pas le même métabolisme, les Zoulous et autres ethnies locales fixent plus facilement les hormones contenues dans les aliments. D'autres les éliminent. Cela ajouté à une mauvaise hygiène alimentaire du à l'ignorance donne des physiques effrayants dignes des personnages de "Freaks, la monstrueuse parade" (film NB, 1932 de Tod Browning). Je ne m'apitoie pas mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la compassion pour ces êtres prisonniers de leur ignorance. Les condominiums aux terraces en escalier et au noms évocateurs tels Laguna "la Crète", "la côte d'Azur" reviennent en force au niveau de la très courue Margate que je dépasse rapidement. Depuis pratiquement la plage de Shelly, j'emprunte un sentier littoral avec vue sur ces plaques tectoniques couchées, entassées les unes sur les autres et brisées par je-ne-sais quel mouvement de l'écorce terrestre. Le fracas des vagues à l'assaut de ces forteresses érodées, sur le flanc, offre un spectacle de jeux d'eau et de pierre orangées russisantes, attaquées par la salinité. La côte a complètement changé d'aspect et offre un autre visage depuis Uvongo. Margate offre une petite plage de sable coincée entre ces gigantesques et impressionnantes mâchoires naturelles. Attention aux requins et aux méduses dans ces eaux confuses. Je remonte sur le goudron et saute dans un pick-up à un stop jusqu'à Southbroom. Le pot d'échappement du gars claudicant, vivant de petits boulots dans la réfrigération, nous lâche. Un boucan infernal nous suit et le montre du doigt faisant de lui un "pauvre blanc" qui n'a pas les moyens de se payer une voiture correcte. J'en ai pas fini avec la misère morale aujourd'hui. Ayant des doutes sur la possibilité de rejoindre la plage, je demande légèrement égaré ma direction à Johannes. Il m'invite à m'asseoir et prendre une douche tandis qu'il a déjà bien entamé sa journée de bibine, du brandy mélangé à du coca. ça tombe bien ! Il fait très chaud et je voulais justement faire une pause. J'en profite pour laver mes deux T-shirts. Johannes, 70 ans, vit seul depuis une quinzaine d'années, lorsque sa femme l'a quitté, pour aller vivre à Durban, prendre soin de son père. Bien que la solitude le pèse, raison pour laquelle il boit, cinq chiens lui sont fidèles et Samy, une jeune zoulou (26 ans) le sert. Il n'a même pas eu le temps de passer un collier au dernier canidé acquis auprès de la SPA que celui-ci avait déjà filé à l'anglaise. Samy est absente pour la journée. Alors qu'il se montre légèrement agressif et que je n'ai pas à supporter ce genre de comportement, je m'apprête à le quitter, le ciel couvert, vers 16h00. Il me dit de rester dormir et d'apprécier l'endroit qu'il a construit de ses propres mains. Sa propriété non sécurisée avec vue sur la mer dispose d'un jardin botanique, ce qui contraste singulièrement avec les doubles murs d'enceinte hérissés de barbelés et vidéo-surveillés des voisins. Autour d'une bière, il cherche à me convaincre que Dieu a toujours été généreux et pris soin de lui. Nous tombons d'accord sur le fait que l'esprit et la matière sont distinctes. Il me demande de faire comme chez moi et finis par s'endormir sur le banc. Je flemmarde prêt à lever le camp. Deux DVD retiennent mon attention "Slumdog Millionaire" à propos du jeu TV "Qui veut gagner des millions" et "Gladiator" sur l'épopée romaine. Samy rentre entre les deux films avant de ressortir invitée à un "braai" (BBQ couleur local). Elle est satisfaite de sa vie privée liée à un chef de la police marié, sans compter les "petits nouveaux" et autres prétendants éconduits sur lesquels elle peut se reposer et compter. Elle peut toujours les rappeler. Elle ne veut pas se marier car elle ne veut pas être délaissée par son mari avec cinq gamins à la maison tandis qu'il va choper des MST à l'extérieur et les lui coller. Accrochée à son portable, la cigarette allumée entre les doigts, je remarque le blanc de ses yeux, jaune. Elle conçoit que son amant de policier lui fasse un enfant et sait qu'elle peut compter sur lui car il en a déjà sept de différentes femmes. Que chacun vive sa vie. Elle me dit que l'homme sait toujours ce qu'il faut faire en cas de coups durs et que c'est dans sa nature de courir plusieurs gibiers à la fois. Son père avait plusieurs femmes dans le kraal, nom donné à un village fortifié zoulou, et sa mère est décédée en 1999 lorsqu'elle avait seize ans. Quand je descends dormir dans son petit studio tout équipé avec salle de bains, cuisine attenante, frigidaire, TV, les produits d'hygiène sur une table à côté de l'ordinateur, les sous-vêtements sur le canapé et d'innombrables paires de chaussures abondent dans un désordre indescriptible. Une seule chose manque, les préservatifs. J'ai laissé à John l'un des deux sachet de préservatifs en distribution gratuite entre la frontière du Swaziland et l'Afrique du Sud mais le Sida ne passera pas par moi.

Les caractères et les comportements des Afrikaners et des autochtones sont si opposés et antinomiques qu'ils est difficilement concevable qu'ils puissent créer une société harmonieuse. Autant les propriétés des Afrikaners sont tirés au cordeau et d'une propreté impeccable, leurs habitudes de travail méthodiques, rigoureuses et exigeantes, autant celles des indigènes sont un capharnaüm d'objets hétéroclites, un vrai marché aux puces où il est difficile de s'y retrouver. Il n'est même pas question de complémentarité quand tout les oppose. Les Afrikaners vivent leur vie, les africains la leur, chacun de son côté comme un couple fatigué et usé qui ne se reconnait plus dans sa relation de l'un à l'autre. Ils se croisent et coopèrent quand les uns travaillent pour les autres dans les services publics - la poste, les pompes à essence, les poubelles, l'équipement...etc. - ou bien à leur service en tant que nounou, gardien, jardinier. Combien de couples mixtes dans le pays ? Les mentalités totalement divergentes ne leur permet pas de s'exprimer en cœur et à l'unisson sans compter que d'autres facteurs rentrent en ligne de compte. La religion par exemple qui a longtemps prétendu que les Boers, peuple élu, étaient investi d'une mission divine pour conquérir et "civiliser" l'Afrique australe. Il y a encore de beaux restes chez les Afrikaners avec une croyance implacable et inaltérable en un Dieu blanc et une souche noire inférieure. Johannes me ressort ce matin tous un tas d'idioties qu'il m'a déjà rapportées hier comme s'il avait étudié la Bible pendant des années alors qu'il les lit dans "The Philadelphia Trumpet", un bimensuel publié à plus de huit millions d'exemplaires qui lui est envoyé gratuitement. Suffit-il de le lire pour croire les articles basé sur des prophéties bibliques ?

Allez vous mêmes vérifier en ligne ces histoires incroyables sur www.thetrumpet.com Johannes ajoute qu'avec une cuite au Brandy, il ne se souvient plus de rien comme frappé d'amnésie et donne l'impression de me découvrir. Il ne sait plus comment je suis arrivé là - où m'a-t-il ramassé et si je suis français ou allemand, ce qui est plutôt gênant quand trois visiteurs arrivent dans l'après-midi et lui demandent qui je suis et la raison de ma présence. Il me confie plus tard qu'il est dangereux de rentrer dans sa chambre lorsqu'il y est, à cause des chiens qui le protègent alors que j'y ai tranquillement regardé deux films la veille lorsqu'il dormait. Les chiens ont sans doute pensé que j'étais descendu du ciel et jouait mon rôle d'ange-gardien auprès de leur maitre, ce qui leur a donné un jour de relâche. J'ai néanmoins partagé leur nourriture, celle dont les Bassouto en font leur met de base et leur "pain blanc". Le pap' dont je raffole et colle à l'estomac leur est servi quotidiennement. Chez Johannes, il sert à nourrir les canidés les "amis à quatre-pattes". J'ai eu mes deux rations aujourd'hui avec une sauce épaisse (gravy) et un morceau de côtelette, plutôt chanceux pour un animal à deux-pieds. Johannes a quand même meilleure mine lorsque je le remercie. Je suis juste tombé comme un cheveu sur la soupe et c'était son jour-sans. "Comme back" me lance-t-il. Il se déplace peut-être en fin de matinée en direction de Port Edward mais je préfère le devancer. Je piétine un peu au feu ou un Afrikaner me réserve ses vilains mots du matin. Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance méchamment : "Je t'appellerai si j'ai besoin de toi" (I will call you if I need you). Sur le ton de la plaisanterie, je lui chante en français que

"Tous les Afrikaners sont des malins, rudes, peu serviables, mal aimables, En chier un colombin dès le matin, ça risque de faire un jour intenable".

Le trio, le patron avec ses deux "ouvriers au black" à ses côtés, s'envole tandis que je reste scotché au feu rouge. Je remarque une berline qui tente de manœuvrer pour venir se garer sur l'aire de stationnement plutôt réservée aux combi-taxis. C'était plus facile de me faire signe au feu et de m'inviter à le rejoindre. Le temps avant qu'il ne repasse au vert est largement suffisant pour sauter dans la voiture. Mike Williams, 76 ans, Rhodésien (l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe), vient de déposer sa femme à l'hôpital pour une opération de l'épaule et m'invite à petit-déjeuner chez lui à Munster. Il habite à deux pas de la mer une belle propriété meublée de style victorien. Dans son jardin, un flamboyant dont le nom original "kaffaboom" (arbres des cafres) politiquement incorrect a été changé dans les années quatre-vingt dix au moment de la réconciliation et "milkboom", l'arbre à lait, espèce protégée dont les autochtones se nourrissent des baies rouges. Né à Shabani, à l'époque la Rhodésie, il a travaillé comme ingénieur à la mise en place de la mine d'amiante dans sa région natale et s'est battu aux côtés des combattants de la liberté ("Freedom Fighters") contre le mouvement d'indépendance de Mugabe. A la retraite, il a œuvré pour Spi-Batignolles au creusement du tunnel d'une longueur totale de 62,5 km reliant les deux barrages de Mohale et Katse à la centrale hydroélectrique de Muela, projet qui vise à assurer l'autonomie en eau de Jobourg. Il a été récompensé pour son mérite étant l'ouvrier le plus âgé sur le site. Il a trois garçons dont l'un banquier en Angleterre et une fille. Son grand-père est venu d'Angleterre avec les "Eighteen twenties", le groupe ayant été ainsi appelé parce qu'il ont émigré en 1820. Il s'est établi sur une ferme et s'est mis à produire du coton principalement. Son père a été pilote de guerre pendant le première guerre mondiale et a connu sa mère en réussissant un atterrissage de fortune sur un terrain de golf où elle servait le thé. Elle était l'unique fille d'une fratrie de treize enfants, les douze premiers étant des garçons. L'armistice signée, elle vint vivre sur la ferme au Zimbabwe et s'en accommoda fort bien. Jeune garçon, il se rappelle son cahier de commandes des produits alimentaires pour le camion qui venait faire ses tournées deux fois par semaine. Les fermes disposaient de l'électricité à l'époque, ce qui n'est pas encore le cas partout aujourd'hui en Afrique du Sud. Il est satisfait du changement opéré en 1994 même si rien de convaincant n'a été réalisé depuis. Selon lui, cela prendra une quinzaine d'années avant qu'un réajustement inévitable soit nécessaire. Les gars de l'ANC peuvent maintenant se faire une idée de ce que cela peut être de gouverner, les erreurs servant de leçons pour pouvoir avancer. Après une heure bien remplie de discussions autour d'un bol de porridge et de toasts arrosés de café et thé, je reprends mon fil conducteur, mon ruban de sable vers la plage de Glenmore et une succession de petites criques découpées dans une frange de rochers aux formes arrondies comme les doigts repliés d'une main posée sur la roche mère. Avec le temps mi-figue mi-raisin qu'il fait, j'ai un peu l'impression d'être sur le sentier des douaniers en Bretagne. Depuis le début du sentier après Shelly, de nombreux bancs commémoratifs ont été construits, chacun à la mémoire d'un être cher, disparu ou en l'honneur d'un couple décédé. Afin de mettre toutes ces âmes de mon côté et qu'elles me viennent en aide et me protègent pendant la traversée du Transkei, je me suis promis de lire tous les noms apposés sur les dossiers et avoir une pensée bienveillante pour eux. Je ne risque rien en procédant ainsi. En quittant le dernier où je me suis recueilli un moment, j'ai trouvé une paire de chaussures de marche au détour du chemin dans l'herbe. Elles devaient m'attendre là depuis plusieurs jours vu l'air vermoulu qu'elles affichaient. Les lacets étaient pris dans les œillets grippés à peine rouillés. Les herbes hautes les enveloppant faisaient un paquet cadeau, lequel m'a tenté avant que ne meurent les miennes. Je les ai cirées pas plus tard qu'hier, la fin d'un cycle ou bien l'heure de les mettre au placard. Je me rappelle avoir vu une paire de groles accrochées dans la cuisine chez Johannes avant de le quitter. Autant de signe qui me laisse penser que je peux les échanger et les garder en seconde main sans les mettre au rebut.

A propos de la bienveillance, j'agis de la même façon avec les chiens méchants même si je n'ai pas eu le temps de voir surgir le dernier. Sur la plage à Port Edward, je passe à proximité d'une Afrikaner qui remballe ses affaires en me tournant le dos et ne me voit pas venir. Le molosse, une tête de bouledogue, vient m'attaquer à trois reprises et mord dans mon sac plastique avant de revenir vers sa maitresse, afin qu'elle puisse l'attraper par le cou et le mettre en laisse. Les Afrikaners avec leur obsession de l'insécurité et leur phobie des noirs, ont des chiens domestiques vraiment impressionnants, autant de races interdites dans l'hexagone. Leurs maitres, comme si leurs physiques hors-normes de géants aux faciès de boxeurs loin d'être des enfants de chœur ne leur suffisaient pas pour impressionner, sont armés quand ils sortent et sont accompagnés de chiens de garde dont ils n'ont pas toujours le dessus. Une véritable spirale infernale, un engrenage sans fin contre toute logique, la roue du cycle de la peur ne peut être enrayée s'il n'y a pas de réflexion. La peur engendre la peur, la colère la haine... Pitié pour eux, ils sont ignorants et ne savent pas ce qu'ils font. Et ce sont ceux-là qui vous mettent en garde contre les noirs du Transkei...

Mon dernier acte de bravoure avant d'attaquer la côte sauvage et de contrevenir les mauvais esprits qui pourraient rencontrer ma route peut encore être qualifié d'acte de bienveillance même si j'ai bien failli y laisser une jambe il y a quelques minutes. Entre les rochers, un oiseau de mer se traine lamentablement et volète ici et là. Comme attachées au bec de l'oiseau, ses ailes sont retenues et liées le long de son corps frêle par du fil de pêche. Dans quel galère est-il allé se mettre ? Tout comme les humains, l'avidité et la tentation de la proie facile a pris le dessus et fait son malheur. Je l'approche doucement et le berce de paroles bienveillantes. Il doit sentir que je ne fais pas partie des prédateurs ou bien il est tellement en mauvaise posture qu'il n'a pas d'autre choix de se laisser aborder et prendre en main. Mes doigts touchent l'aile gauche qui la maintiennent plaquée sur le sable avant que la droite ne l'enserre au niveau du cou. Je dénoue délicatement le fil qui part du bec, emprisonne les deux ailes les rendant immobiles et inactives, lui enserrant le cou au passage. Il a sacrément du se débattre pour finir enroulé de fil. Je cisaille avec les dents le nylon des deux côtés de la tête de l'oiseau libérant les deux membres inertes que je maintiens collés au sol. Ce que je percevais dépassant du bec comme l'hameçon auquel était suspendu l'amorce, l'objet de son désir, est un flotteur. Dans son empressement à saisir au vol l'objet de son désir, il en a avalé l'hameçon. Son aveuglement et son ignorance ne lui ont pas permis de discerner et mesurer les dangers liés à sa cupidité dont il paye douloureusement le prix. En tirant sur le fil, l'hameçon ancré au creux de l'estomac, je lui fais mal. Si j'insiste, je vais lui arracher le tractus œsophagique et tout le système digestif. Je préfère abandonner l'idée et le laisser s'envoler. Je pense qu'il a peu de chances de survie mais j'ai fait de mon mieux. J'ai déjà lu des histoires d'animaux disséqués et autopsiés, cétacés ou mammifères, dont l'estomac contenait des débris inattendus et des membres entiers d'humains y compris les parures qui les ornaient tels une montre-bracelet ou un collier. Ceux-ci sont principalement le fait des tigres du Bengale, mangeurs d'homme, des crocodiles, des varans et des requins. D'autres de taille plus petites comme les pies peuvent ingérer des objets brillants telle une bague ou un diamant et ne pas pouvoir l'éjecter, ce qui peut être le cas de cet oiseau. S'il ne met pas en danger les parties vitales du corps habité, l'intrus devient partie intégrante du corps de l'hôte et l'habite pour le restant de son existence.

Le Transkei: la côte sauvage (Wild Coast). Depuis Durban, j'en ai entendu de toutes les couleurs à propos de cette Wild Coast qui s'étend de Port Edward jusqu'à East London et ses repaires de bandits, tous noirs évidemment, qui surgissent du bush, vous arrêtent au détour du chemin, vous demandent de vous déshabiller sous la menace d'un colt et vous laissent repartir tout nu, les mains dans les poches vides. Entre Brandon qui m'a avoué être tombé amoureux du Transkei "I love it !" et affirmer que s'il en avait les moyens, il y habiterait et Fafa qui m'a raconté qu'après une journée de marche avec une escouade de policiers, on leur a conseillé d'en rester là et ne pas aller plus loin, j'ai de quoi me faire du souci et hésiter à pénétrer le littoral considéré par certains comme une zone interdite aux étrangers. Ces détrousseurs de grand chemin aux faits non avérés, le bouche à oreille et le téléphone arabe assurant leur réputation au-delà des frontières de l'état du Cap-Est, hantent les plages de la région, connue autrement sous le nom de Transkei, du nom de l'ancien bantoustan crée le 26 octobre 1976 qui englobait cette zone littorale. La côte sauvage (Wild Coast) aux plages déchiquetées, reculées, isolées, difficiles d'accès, doit son nom aux nombreux naufrages de bateaux dus aux tempêtes redoutables et écueils immergés au cours des siècles derniers. Cette région, la plus sauvage du pays comme l'indique sa dénomination, pour cause l'une des mieux préservées du pays, est également la plus rurale avec de petits villages de huttes circulaires colorées en blanc, en jaune ou orange disséminées à flanc de collines verdoyantes.

La rivière Umtamvuna sert de frontière naturelle entre l'état du Kwazulu-Natal et le Cap-Est. Elle délimite le Transkei au nord, qui s'étend vers le sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Grande Kei. Je longe la plage sans voir Port Edward, laquelle finit en pointe et cul-de-sac pour aboutir à cette barrière liquide impassable et insurmontable qui plus est, source de bilharziose. Je me mets à l'eau pour tester la profondeur. Il est plus sage de revenir sur mes pas et prendre le pont visible depuis le sable et par lequel passe la route 61. Deux pneumatiques barbotent dans la lagune, le père et son fils. La mère voilée en noir de la tête aux pieds, assise, attend tandis que le fils ainé apprête sa canne à pêche. J'engage le dialogue, juste curieux de connaitre leur origine. Je n'ai pas le mot de la fin car le jeune homme, réticent et légèrement sur sa réserve, ne se livre pas. Il me dit parler seulement l'anglais. Je remonte la lance de rampement des bateaux et pénètre dans la zone d'hébergement de luxe du "Caribbean Estates", des chalets loués à des familles d'origine musulmanes. Je reviens sur mes pas après avoir avisé un bureau marqué du sigle QVC où je ne suis pas le bienvenu, celui-ci assurant l'entretien de l'air conditionné. Le supérieur afrikaner demande à son subordonné de même souche d'emprunter un pick-up et d'aller me déposer à la grille d'entrée où tout est verrouillé et passé au sas sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'un Français pouvait arriver par derrière. Je traverse le pont et au lieu de suivre la route vers Bizana m'engage vers la Wild Coast Sun, un ensemble de casinos dont je n'ai absolument rien à faire si bien que j'oublie complètement d'y faire un tour pour le plaisir. A l'époque où les machines à sous et les tables de jeu des casinos étaient interdites en Afrique du Sud, Sol Kerzner, un entrepreneur mégalomaniaque et imaginatif créa d'immenses complexes hôteliers et de loisirs dans la province du nord-ouest, Sun city et sa sœur jumelle Lost city étant réservées à une population aisée. Prenant prétexte de l'indépendance du Transkei et de la prohibition qui touchaient les jeux de hasard durant l'apartheid, West Coast Sun, le dernier avatar sorti de son imagination et affichant un faste ostentatoire, accueille désormais une foule de Sud-Africains de toutes origines. Je ne comprends toujours pas qu'il faille montrer patte blanche à une barrière de contrôle à moins d'avoir la baraka et repartir avec la cagnotte du casino. Je suis plus concentré sur mon objectif, celui de prendre un bon départ dans le Transkei et d'avoir l'attitude juste, la nuit n'étant pas loin. Je me sens comme glisser et être happé par l'événementiel, un peu comme dans un cocon qui serait un petit cumulus qui m'aurait servi de pneumatique pour traverser l'Umtamvuna.

Avant les barrières de contrôle pour accéder aux casinos, je discute à une station-service avec les trois pompistes dont l'un, d'une grande attention et extrême gentillesse, s'intéresse à mon voyage. La voiture de police de la communauté de Mzamba vient y faire son plein. Celui-ci me pose des questions et me dit comment faire quand il avise Xolany, élancé, presque le double-mètre, qui rentre chez lui après sa journée de peinture chez les "pirates des Caraïbes" payée 70 Rands. Contrairement à ce que le serveur à la station m'indiquait, descendre sur la plage et marcher jusqu'à l'embouchure de la rivière Mzamba et se retrouver devant un mur d'eau, nous bifurquons en direction de l'aérodrome en traversant le terrain de golf où tout est parfaitement vert et tondu. Les petites voitures avec leurs chauffeurs attendent les riches clients. Je l'ignore mais en optant pour ce raccourci, je rate la forêt de bois pétrifié située juste avant l'estuaire de la Mzamba qui n'en est pas une réellement car les arbres n'ont pas été pétrifiés enracinés debout. Comme des pièces rapportées, ils ont été déplacés et déposés avec d'autres sédiments avant que le processus de pétrification commence.

En attendant, nous dépassons un grillage derrière lequel est cachée une jeune femme assise à un bureau des entrées et des sorties ? Les herbes sauvages ne sont plus coupées et habitent les collines verdoyantes et grasseyantes au sommet desquelles se nichent les toits coniques caractéristiques de la région.

Avec Xolany, nous rattrapons Dlamini avec deux fillettes d'une dizaine d'années la suivant. Je crois qu'elles sont ses filles. Xolany et Dlamini se connaissent et papote le long du chemin. Il rencontre une connaissance tandis que nous descendons le canyon au fond duquel la Mzamba coule langoureusement. Nous jouissons d'une vue inégalable sur l'endroit où elle se jette avec l'Océan indien en fond de toile, les lumières du coucher ajoutant des nuances de couleurs rapidement changeantes sur la roche, la végétation luxuriante et foisonnante et l'élément liquide. Xolany s'attarde avec son interlocuteur. Nous partons devant et passons tranquillement le lit de la rivière après nous être déchaussés. Je remplis mon sac avec les sandales et les robes des gamines. Il n'y a pas de danger potentiel sinon celui qu'elles tombent et mouillent leurs effets. Autant qu'elles me les confient. L'idée de me baigner une dernière fois et me laver des sueurs de la journée m'effleure mais Dlamini m'attend pour remonter sur le plateau. Je comprends que sa maison est située plus loin que celle de Xolany, juste sur la falaise. Le voilà qui nous rattrape. Nous attendons qu'il soit sur la berge et je m'informe de l'itinéraire à venir. Il nous quitte en haut de l'escarpement et je continue avec Dlamini - son prénom Thabisile ou surnom Kissy - jusqu'à "une petite maison bleue sur la colline" dont l'entrée est orientée vers l'est car la croyance xhosa veut que les bons esprits viennent de cette direction. Les cases Xhosa sont à moitié peintes, du côté faisant face au lever du soleil jusqu'à la paroi reflétant les rayons absorbés lors des chaudes heures de la journée, la couleur réfléchissant la chaleur et gardant l'intérieur des cases fraiches et confortables. Dans le cas contraire des murs opposés, au sud-ouest et à l'ouest, ils sont laissés à l'état brut, la terre dont ils sont construit réabsorbant les derniers rayons de l'astre couchant et réinsufflant l'énergie solaire pour préserver les cases du froid pendant la nuit.

Une fillette nous a quitté en cours de chemin tandis que l'autre s'avère être sa petite sœur. Dlamini, jolie perle de 22 ans, est effectivement mère d'un petit garçon de treize mois qu'elle allaite encore. Sitôt arrivé, il plonge dans ses jambes et réclame sa tétée qu'elle lui accorde. Dlamini , une vraie perle, excelle dans l'accueil et ne m'oublie pas pour autant. Elle m'ouvre la porte d'une case, laquelle compte un double lit, un bureau avec quelques photos de famille et deux fauteuils. Je suis assez choqué que les gens puissent tenir de tels propos vis-à-vis d'autres qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas approché. Je nage en plein bonheur, en totale liberté, en parfaite harmonie avec mes hôtes même si les mots pour la communication restent limités, Dlamini comprenant mieux l'anglais qu'elle ne le parle. Ses livres d'école sont empilés sur un coin du bureau. Elle a sept frères, l'un vit à Jobourg, deux travaillent pour les casinos et deux à la maison avec la benjamine. Elle me propose un café au lait que je refuse à l'heure qu'il est car je n'y suis pas habitué et cela peut m'empêcher de dormir. Je suis étonné de voir du riz en cours de cuisson dans la marmite sur trépied dans cette partie du monde. J'apprécie l'assiette recouvert d'haricots qui m'est proposé plus tard. Je préfère rester dehors à regarder le ciel étoilé et rêver en couleur du Transkei qui fait peur à tous ceux qui ne l'ont jamais atteint, connu ou découvert. L'humain a toujours peur de ce qu'il ne connait pas à commencer par son voisin ou par lui-même qu'il ne sonde pas suffisamment.

Au loin, les lueurs de l'aérodrome s'unissent aux lumières de Mzamba et illuminent l'horizon, mon ultime petite bourgade éclairée avant de pénétrer et disparaitre dans la nature. M'oublier dans le décor naturel. Je m'apprête à prendre congé et me retirer dans ma chambre lorsque son père revient du village et s'assoit sur le banc autour du feu dans un état d'ébriété avancé brisant le lien d'harmonie qui nous unissait les uns aux autres. Je le sens comme un personnage négatif, un peu comme si le diable avait fait irruption dans les murs et voulait tout chambouler par jalousie. Il me demande mon téléphone, la carte Sim qu'il veut utiliser, pour communiquer.

Quel ne fut pas ma surprise de voir le fils de Dlamini jouer avec un portable à mon arrivée. Quel nécessité d'en avoir un ? Que diable le besoin d'un téléphone à la campagne où les appels ne sont pas recevables ? Je n'ai pas la réponse sinon celle du statut social. Je n'ai pas fini d'être surpris. Il peine à imaginer que je n'en ai pas. Puis il me demande si je fume. Je sais que les paysans dans la région vivent de l'herbe qui pousse comme du chiendent. Je réponds par la négative, ce qui le rend suspicieux à ses yeux. La bonne odeur de cannabis se répand dans la pièce déjà enfumée par le bois se consumant.

Je quitte le lieu de vie définitivement sans bougie pour rejoindre ma case et trouver la sérénité. La porte fermée, il vient m'indisposer et insiste pour que je lui ouvre. Il a beau frapper. Je n'ouvre pas et lui intime l'ordre d'aller dormir. Si je le laisse rentrer, il va s'asseoir et a toutes les chances de faire l'inventaire de mes sacs. La tranquillité revient une fois qu'il s'est éloigné après que sa femme et sa fille l'aient appelé à rejoindre leur case. Je ne suis pas serein. Si je dois vivre d'autres expériences à ce point désagréables, cela risque de virer au cauchemar. Je n'ai pas envie de lutter avec les populations locales avides de ce que j'ai et de ce qu'ils n'ont pas. Je suis sur le qui-vive alors qu'il suffirait de m'asseoir, me concentrer et laisser filer ces idées négatives qui m'empêchent de tomber dans le sommeil réparateur dont j'ai besoin.

Je m'abstiens de sortir au réveil afin de ne pas avoir à le rencontrer. Dlamini m'apporte un plateau avec du café au lait, du pain découpé en tranches et une assiette de bouillie de maïs auquel j'ajoute une sauce pour lui donner du goût. Le père a quitté la maison lorsque je sors. Vers 7h00, munie de sa binette, Dlamini accoutrée d'une robe longue bleu ciel, d'un corsage à manche courte, coiffée d'un bonnet vert en laine et chaussée de bottes me montre le chemin. En descendant vers la plage, nous saluons au passage sa mère, en train de biner dans un champ, qui la taquine avant d'atteindre l'étendue de sable qui borde l'océan. Dlamini d'une belle écriture aux lettres bien formées m'a écrit correctement sur un bout de papier les noms des rivières que je dois traverser.

La marée étant basse à 8h15, je dois marcher rapidement si je veux en passer le maximum à gué et avancer sur la carte. Je traverse l'embouchure de la Mpahlanyana avec une facilité déconcertante ayant juste à me déchausser pour éviter de me mouiller les pieds. J'enchaine les longueurs de plage sauvages, désertes et isolées et profite du retrait de l'eau pour marcher sur le sable mouillé plus ferme. Les chaussures adhèrent bien au sol. La journée promet d'être chaude et aucune protection en vue à moins de se terrer dans les taillis où j'attends de voir surgir les mauvais garçons menaçants et les méchants noirs armés qui en voudraient à mes effets. Cela se résume à une course entre l'astre lumineux cognant déjà fort et dépasser mes limites pour gagner du terrain dans l'angoisse d'être agressé, attaqué et dévalisé à tous moments. Je n'ose pas imaginer le scénario, laissé pour mort, auquel je ne crois absolument pas. C'est pourtant le sort qui doit m'être réservé lors de cette traversée du Transkei selon les mises en garde des uns et des autres. Je croise en tout et pour tout trois pêcheurs à la ligne désespérément seul descendu de l'intérieur des terres pour se mettre un poisson dans l'assiette.

A un rétrécissement d'une plage de boulets, un vacher furète entre les rochers à la recherche de récipients. Je détache une gourde de deux litres et la lui tends. Je lui propose mes nouvelles chaussures avant de ressortir du sac les anciennes. Dès que je repars, je sens que je n'aurais peut-être pas du les donner mais je n'éprouve aucun regrets. Mes Caterpillar en cuir véritable subiront l'outrage du sel marin. Elles étaient idéales pour la marche dans le sable mais je n'en aurais rien fait à l'arrivée au Cap alors qu'il peut éventuellement les recoudre et les utiliser au lieu des ses bottes en caoutchouc. J'ignore jusqu'où elles auraient pu tenir. Le gars a lâché ce qu'il avait collecté et sa main s'est refermée sur ce que je lui ai laissé, preuve de son intérêt. La Mnyameni ne pose pas plus de problème. Le fait qu'il y ait dans l'étymologie du nom un peu de Nyana - sagesse en pali - me rassure. Je me dis qu'après tout, ce sont des rivières millénaires riches de sagesse qui ne peuvent que m'apporter du bonheur.

En me retournant, je crois rêver. J'aperçois coincées entre le jaune du rivage et les collines verdoyantes des dunes de sable rouge vif comme si des pelleteuses avaient retourné de la terre pour la construction d'une piste en latérite. Je ne comprends pas du tout leur existence, leur origine et ce qu'elles viennent faire dans ce paysage reculé du bout du monde car mon hypothèse ne tient pas debout. Lors de la guerre anglo-zouloue en 1820, le roi Shaka du KwaZulu appréhendant l'anéantissement de son royaume zoulou se retira avec des milliers têtes de bétail à l'emplacement de ces dunes rouges localisées derrière la frontière de son empire. Leur séjour de plusieurs années et les écoulements - selles et urines - qui en résultèrent colorèrent ces dunes. L'hypothèse, retenue pour expliquer la présence de ce cordon dunaire, est pour le moins fantaisiste. Je n'ai prends pas le temps d'aller marcher sur les dunes du mystère. Je reviendrai y faire un tour en juillet lorsque la chaleur sera moins accablante.

Je poursuis ma route du sable et atteins ce que je crois être la rivière Mtentu. Je peux me raviser et me rhabiller pour pousser plus loin. Je ne suis pas au bout de mes peines. A l'embouchure, un niveau d'eau correct permet l'immersion total du corps. Des habitations sur la rive sud, personne n'en sort ou bien n'est présent à l'heure où je me baigne. Une partie rouillée d'une turbine échouée me sert de ponton et me permet de garder mes pieds au sec lorsque j'enfile mes chaussettes mais voilà qu'une vague plus forte que les autres remet tout en cause. J'évite le pire et saisis le sac plastique avant qu'il ne soit mouillé et emporté. Dépité, dans mes petites chaussures retrouvées, je me remets en selle et allonge le pas jusqu'à la mère de toutes les rivières, la Mtentu, frontière avec la réserve naturelle de Hkambati d'une superficie de 40 000 hectares. Je la sonde à l'arrivée sur ses bords et fais face à un courant d'eau d'une vingtaine de mètres de large et d'une profondeur inconnue que je suis incapable de passer avec mes sacs. Je dois me rendre à l'évidence. Pas un chat à l'horizon, je sais que l'eau n'est pas leur fort, ni même un être humain avec une absence d'embarcation sur l'une ou l'autre rive.

Les limites de la réserve, où la pêche et la chasse sont interdites, n'ont pas été fixées par hasard. Ses gorges abrite une colonie de vautours griffon, une espèce en voie de disparition. La Mtentu est une véritable frontière naturelle inviolable. Je peux m'asseoir et contempler l'eau qui flue et reflue avec la marée montante. Je suis devant un mur d'eau insurmontable. Il faut voir à quelle heure sera la marée basse demain et tenter de traverser lorsque le niveau d'eau sera au plus bas. Je dois reculer mes sacs au fur et à mesure que l'eau monte. Je remarque sur le versant sud le toit conique d'une seule case tandis qu'en me retournant, j'en aperçois peintes de multiples couleurs sur les hauteurs. Je n'ai pas d'autre choix que de remonter à flanc de colline et y trouver refuge pour la nuit. Dominant de nouveau la rivière et retenu sur sa rive nord, je vois une construction en bois qui ne m'inspire guère et l'évite. Je la laisse sur ma gauche, la contourne dans l'idée de remonter la rive plus en amont. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas moyen de traverser plus haut. Je tombe des nues. Devant moi, je découvre un ensemble de plusieurs chalets de deux lits à l'abandon avec un bâtiment principal pour l'accueil collectif. Ce que j'ai vu étaient les douches. Des panneaux solaires rouillés ont du être fonctionnel il y a quelques années. Je les visite un par un et en fais l'inventaire. Certaines pièces sont fermées et servent de débarras. Chaque chalet dispose de deux lits et d'un coin WC avec des toilettes sèches. Les matelas n'ont pas tous été volés et sont visiblement régulièrement utilisés par les chèvres avoisinantes, leur crottes ne laissant aucun doute quant à leur origine, lorsque la porte ouverte leur permet l'accès. Chaque cabine a une vue sur la rivière à partir d'un petit balcon. Les deux pans d'une moustiquaire côté balcon retenus par une fermeture-éclair empêche l'intrusion des insectes. Chanceux, je ne peux pas résister à piquer un somme vu que le soleil est au zénith. Je n'ai plus d'eau potable mais je peux passer la nuit dans des conditions confortables. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir jouir d'un tel luxe dans un lieu si isolé.

Ce camp, construit par Amadiba Adventures il y a une dizaine d'années au moment du changement politique donnant plus d'autonomie politique aux communautés locales, devait servir de camp de base pour des groupes en transit. Les projets mis en place ont avorté à cause de malversations financières, les fonds disparaissaient et n'ont jamais pu être retrouvés. Une partie des revenus devait bénéficier aux villages dont les chefs se sont montrés cupides. Il en reste ces structures en dur périssables qui ne dureront pas avec le temps.

Je suis réveillé par des gamins, visiteurs réguliers de l'endroit, gardien des chèvres. Ils prennent peur et s'enfuient lorsqu'ils entendent que je suis à l'intérieur. Ma principale préoccupation est de trouver le point d'eau. Je ne peux pas laisser mes sacs sans surveillance. Je sors et remonte en direction des cases. Je foule un terrain filtrant l'eau, espèce de tourbière où je dois faire attention de ne pas me mouiller les pieds. Entre les deux cases les plus proches de mon camp de base où je suis déterminé à passer la nuit, Tembissa descend à la source et vient puiser de l'eau stagnante, filtrée naturellement, pour faire la cuisine. Elle m'invite à la suivre. Je m'exécute. Elle me sort un fauteuil de jardin confortable sans nulle doute "emprunté" au camp avec une poche dans le bras pour recevoir la cannette de bière. Voilà un endroit incongru pour un tel siège ! Son mari travaille à Pietermaritzburg. Elle garde la case et ses trois garçons d'une dizaine d'années. Je suppose que les deux petits pâtres ont du la mettre au courant de ma présence.

Sabonga, un jeune étudiant de seize ans à l'anglais correct venu lui rendre visite, m'amuse avec son côté naïf. Mes réponses le déconcerte. Quand je lui dis que j'aime gober les oeufs, il me réponds: "it gives you a big dick" (selon la croyance pondo, gober un oeuf permet d'avoir un pénis énorme). Quand je lui dis que n'utilise pas de portable et que je ne conduis pas, il me demande : "any disease preventing you ?", il pense que des maladies m'en empêchent. Il a un horaire des marées que lui a laissé un pêcheur. Elle sera basse à 8h55 demain matin.

Après avoir fait connaissance et bu le thé de l'amitié, je remonte quelques cases plus loin et tombe sur Bongo Musa à l'anglais courant. Il est né à Bizana la localité la plus proche située sur la route 61 à quatre heures de transport (25 Rands), preuve que je suis loin de tout endroit civilisé. Il participe à la construction d'un éco village dans lequel un Afrikaner a investi qui comprendra plusieurs cases dont l'une servira pour la cuisine. Il m'affirme qu'il y a un bateau appartenant à son frère enfermé dans l'un des chalets mais je n'ai pas la moindre idée où il se trouve. Je doute qu'il soit dans ceux que j'ai visité. Où alors ?

Ceux qui sont venus et connaissent le Pondoland ne peuvent l'oublier, le cas de pêcheurs qui viennent occuper occasionnellement les chalets et lancer l'appât de ce côté-ci de la Mtentu. Je redescends au camp à la nuit tombée bien que Tembissa a tout préparé, le matelas, les draps et l'oreiller, pour me garder. Je décline l'offre.

Quand j'émerge, mon souci est de savoir quelle est-il. J'ai récupéré et médité une heure. Avant de refaire mon sac, n'ayant pas de montre, je n'ai pas d'autre choix d'allumer l'ordinateur pour lire l'heure. Il est 7h33. Je ne suis pas certain qu'elle soit exacte. J'ai un doute mais le décalage s'il y a ne dépasse pas la demi heure. Je grignote du pain avec du fromage et du beurre d'arachides et bois un fond de bouteille de thé noir préparé la veille. Je n'ai pas le temps de m'amuser et revoir Tembissa avant de tenter la traversée. L'eau n'attend pas. Je descends à la rivière et note le niveau d'eau beaucoup plus faible mais le canal, principal vecteur du courant, est toujours profond. Je le sonde à plusieurs reprises sans succès. Si je n'avais pas le poids des sacs, ce serait jouable mais, dans l'état des choses, ma mission parait impossible.

Je suis rhabillé, prêt à remonter au chalet lorsque j'ai l'idée géniale d'inspecter la rive en peu plus en amont à partir du lit de la rivière. Où se trouve le canoë pour faciliter le passage ? Un sentier remonte sur la colline. Sur un parterre d'herbe, git un vieux pédalo, sorte de planche à voile flottante hors d'usage, qui peut me permettre de poser mes sacs et me laisser flotter d'une rive à l'autre. Je continue mon exploration et découvre à mon grand étonnement un second camp de tentes plus récent et confortable que le premier. J'en reste ébahi. Il y a possibilité d'héberger sur les deux camps une quarantaine de personnes, ce qui n'est pas peu vu l'endroit. Les poubelles sont propres et l'une d'elle, avec des détritus dans le fond, a été utilisée récemment, preuve que des pêcheurs Afrikaner viennent et restent plusieurs nuits. Je ne m'attarde pas. Je n'en ai pas le temps, l'eau remonte. Même si j'ai trouvé le moyen de faire le Grand voyage et de me propulser sur l'autre bord, je dois passer à l'action. Je dois traîner la planche jusqu'au bras d'eau, ce qui me fatigue après mes tentatives de traversée. Je tente le passage avec le sac à main que je dépose dans le creux du siège. Quant aux chaussures, je les attache aux lanières qui m'ont servies à empoigner la planche et la traîner. Je m'allonge de tout mon long, la pousse d'un pied, glisse sur l'eau - trop tard pour reculer - et barbote avec les deux bras pour la pousser et éventuellement corriger sa trajectoire et la redresser. Je n'ai aucun mal à atteindre le but que je me suis fixé. Je fais l'aller-retour deux fois. Je sors de l'eau ma planche salvatrice et la laisse en évidence coincée entre des rochers. Je suis pleinement satisfait de pouvoir continuer. La case aperçue depuis le lit de la rivière hier est vide et fermée à clef, les vitres de la fenêtre brisées et le verre jonchant le sol pavé.

Je pars entre les collines rejoindre les chutes de Hkambati à une demi heure de marche. Je découvre des cascades somptueuses d'une beauté incomparable sur trois niveaux, la dernière en forme de fer à cheval se jetant de la falaise et finissant pratiquement dans l'océan distant d'une centaine de mètres. Un passage à gué scabreux permet le passage des véhicules. Une barrière cadenassée empêche d'y accéder. En remontant le cours d'eau, la végétation très dense, compte une variété de palmier spécifique que l'on trouve seulement ici et sur les rives nord de la Mtentu et la Msikaba, la limite naturelle sud de la réserve. Le sentier aboutit dans une grotte avec une vue cachée sur la seconde chute plus difficilement accessible à pied. Je remarque une seconde grotte à l'étage supérieur avec une passerelle qui y conduit. Je n'ose pas imaginer que des lits de camp y ont été installés. Il me faut du temps avant d'en trouver le chemin qui y mène. Entre les barreaux accolés, des crottes sèches que je nettoie. La vue sur la cascade de cette antre est superbe. Elle mérite le qualificatif de "grotte de Bouddha" (Buddha's cave). Je suis vraiment fortuné de pouvoir connaitre ce genre d'endroit. Je la quitte à contrecœur pour remonter plus haut et traverser la rivière en équilibre sur les rochers qui canalisent l'eau avant sa chute. Je me retrouve de l'autre côté et effectue une balade en boucle en revenant à mon point de départ où je suis arrivé. Je repasse à gué tandis qu'un porte-containeur remonte la côte en direction de Durban d'où je viens. Passage de relais, chassé-croisé, le voyage sur l'eau ou sur terre continue vers la baie de Gwe-gwe à une heure de marche. Les sentiers de randonnée sont convenablement banalisés. Je découvre avec surprise 7 bungalows en toit de chaume sur la rive sud de la rivière Khwanyani. Je parle avec de jeunes volleyeurs dans le lit du cours et remonte vers les cases pour les trouver ouvertes mais vides. Un couple que j'avais remarqué se lève et vient me retrouver. Je demande s'il est possible d'avoir de l'eau chaude pour préparer un thé. Derrick, mon interlocuteur, me raconte l'histoire de la réserve naturelle de Hkambati dont sa famille et son père Tuck présent font partie intégrante. Ils y ont vécu leur jeunesse, en connaissent tous les recoins et y viennent tous les ans. La réservation des chalets doit être faite une année à l'avance au moins.

En 1904, l'église anglicane arracha le droit de propriété d'une bande de terre longeant le littoral pour mettre ne place une ferme d'élevage qui permettrait de nourrir des lépreux et plus tard des tuberculeux. Elle s'étendait sur douze kilomètres, entre la Mtentu et la Msikaba, ce qui correspond à l'actuelle réserve et pénétrait sept kilomètres dans les terres. Le père de Tuck, métayer de la ferme d'état, habitait la résidence, raison pour laquelle le territoire n'a pas de secret pour lui. Avec les progrès de la médecine et les moyens de guérir la lèpre, la mise à l'écart des contingentés n'eut plus de raison d'être. La ferme fut racheté par le département des parcs nationaux à la condition stipulée dans le bail de 1904 que tous les ouvriers soient réemployés. Elle devint réserve naturelle et des agents furent mandatés pour s'occuper de valoriser les séjours dans la réserve et l'autonomiser avec la construction de rondavels.

Lorsque Derrick, après m'avoir gâté de côtelettes d'agneau, me reconduit sur le sentier, j'ai le droit à une haie d'honneur de la part d'un troupeau d'élands venus nous saluer. J'ai à peine quitté l'endroit que je croise sa sœur, son beau-frère et leur gamine qui reviennent de balade. Dans les prairies que je traverse, j'aperçois des bubales rouges curieux et peu farouches et d'autres élands qui gambadent dans l'herbe. Je fais une pause sur un ensemble de rochers détachés du continent, scission causée par une petite chute d'eau dans laquelle je trempe les pieds. J'arrive à la Msikaba à la nuit tombante. Je n'ai pas moyen de la traverser et dois trouver refuge à l'ancienne résidence du médecin-chef Drewe qui occupait le poste auprès des lépreux. Bâtie sur un promontoire, véritable nid d'aigle, elle surplombe la rivière dans un cadre somptueux. Je la remarque depuis la plage mais n'ai pas idée comment y accéder surtout qu'il fait pratiquement nuit. Je suis des traces de pas lourds bien marquées dans le sable qui mène vers l'escarpement. Je découvre un sentier niché entre deux pans de falaise. Je l'emprunte et débouche sur une terrace où une piscine m'attend. Je crois de nouveau rêver. La vue sur l'océan est magnifique. Je fais le tour de la résidence et tombe sur Bayanda, lui-même visiteur. Il me dit d'attendre le gardien de nuit. J'en profite pour me baigner et me décrasser dans la piscine. Je patiente sous la véranda mais des insectes minuscules m'assaillent en masse. Leurs piqures douloureuses me poussent à bouger et aller voir Bayanda. Avec une lampe à acétylène, nous partons à la recherche de Bonan.

Pour rejoindre la réserve, il faut venir de Flagstaff et passer par l'ancien hôpital de la Ste Croix où avaient lieu les admissions avant d'atteindre la barrière d'entrée, à cinq kilomètres de distance. Nous pénétrons le cœur des habitations du personnel médical reconvertis en pavillons de vacances et rencontrons Bonan au détour du chemin. Il m'emmène dans une pièce à un lit, ce qui me suffit pour passer la nuit et écrire car j'étais persuadé que j'aurais de l'électricité ce soir. Derrick a peut-être pensé à m'inviter pour la nuit. J'aurais été ennuyé car je sentais (que je pouvais attraper) le courant. J'en profite après deux nuits sans jus. Je dine des deux sandwiches préparés par Derrick et ronge les côtelettes d'agneau. Une énorme casserole pleine d'une purée froide de maïs et d'haricots est restée sur la plaque chauffante mais je n'y touche pas bien que l'envie me tente. J'ai oublié de demander à Bonan si je pouvais y goûter.

A ma grande surprise, le matin, il veut tout jeter et faire du riz. J'ai le droit à mon assiette de purée. Je transvase le reste et la récupère pour plus tard. Quel dommage que je ne l'ai pas su plus tôt. J'aurais pu partager les côtelettes d'agneau. Je quitte à l'heure appropriée pour profiter de la marée basse (9h29), saluer Bayanda et passer la Msikaba tranquillement de l'eau claire jusqu'à la taille.

Bon Dieu ! Qui a trouvé la clef à tourner le vent ? Je l'ai en face de moi, la première fois que cela m'arrive et signe de pluie et mauvais temps. Bien qu'il soit violent, je saute de rocher en rocher joliment érodés et polis par l'océan comme un nain le ferait sur les doigts repliés d'un géant endormi. Gare au réveil de l'ogre ou aux faux-pas du petit Poucet randonneur et attention à ne pas glisser entre les phalanges et se retrouver avec une entorse ou un pied foulé. Il fait chaud dans la baie de Lambasi, la baie des moules dans le dialecte local et de nouvelles petites chutes d'eau avec de petits bassins appellent à la baignade.

Une résidence qui ne paye pas de mine héberge trois couples des environs de Scottburgh avec lesquels je fais connaissance, l'un dans la plomberie, le second agriculteur et le troisième garagiste. Le cultivateur produit 12 000 tonnes de canne à sucre à l'année vendue 2500 chacune selon la teneur en sucre qui peut varier de 14 à 17% et 75 tonnes de noix de macadamia. L'un d'eux a un gars au Zimbabwe. Il y sont allés en juin et la situation s'est amélioré. Nous passons d'un sujet à l'autre et les heures les plus chaudes passent autour d'une tasse de thé et de biscuits. Leur habitation vétuste dans laquelle fait partie des constructions jugées illicites, construites tandis que la bande côtière faisait partie du Transkei. L'histoire raconte que les terrains étaient cédés par les chefs de village pour une bouteille d'alcool et la construction sauvage se faisait rapidement. Le département dont dépend le littoral de 110 kilomètres qui s'étend depuis la rivière Umtamvuna jusqu'à Port St John dont il est question de faire un parc national surveille et sanctionne sévèrement les implantations illicites en les détruisant et imposant de lourdes amendes. Devant l'avenir incertain de leur demeure, ils investissent juste le nécessaire pour pouvoir y venir et y rester.

Je continue à sauter le long du littoral jusqu'à Port Grosvenor avec le vent de face. Attention à ne pas sombrer comme le bateau qui a donné son nom à l'endroit. En 1782, un galion quitte la côte orientale de l'Inde en route vers l'Angleterre et s'échoue dans la baie. Plusieurs écus d'or lavés et rapportés par les flots sont retrouvés sur la plage. La légende rapporte qu'il transportait le trophée, un paon orné de pierres précieuses, remis à Shah Jahan, architecte du Taj Mahal. La fièvre s'empare des uns et des autres. Un chercheur de trésor sans succès dans sa démarche a l'idée géniale de creuser un tunnel pour atteindre l'épave et remonter les différentes pièces en les treuillant. Ironie du sort, 222 ans plus tard, presque jour pour jour, le China BCC, porte-conteneur surveillé par les Etats-Unis, L'Angleterre et la France et suspecté de transporter des réactifs nucléaires depuis les Caraïbes en direction de la Lybie, s'échoue dans la baie. L'épave gît par morceaux entre les rochers, deux, dont la salle des machines étant plus imposants. J'ai le sentiment d'avoir dépassé Port Grosvenor depuis longtemps et pourtant, je ne vois rien venir excepté un groupe de gens endimanchés qui ont l'air de tenir un conciliabule, debout sur une butte de sable à 600 mètres de l'océan. Sont-ils en train de faire des plans et prévoir de nouvelles constructions ? Je veux leur parler et, après avoir laissé mes sac à terre, je me dirige vers eux. Voilà que la tête de l'hydre, deux hommes en pleine discussion, m'ignore et quitte dans l'autre sens. Je réussis à attraper la queue difficilement et parler avec une femme habillée d'un T-shirt Gucci, de boucles d'oreilles, d'une bague et d'une montre, autant de preuves d'opulence. Si je me fais attaquer avec mes chaussures éclatées, mon sac à dos déchiré tout comme l'est mon pantalon, mon agresseur risque la déception tandis qu'il décrochera le gros lot avec cette proie toute désignée. Le petit groupe derrière n'a pas vraiment envie de me parler mais elle s'auto-désigne pour répondre à mes interrogations. Ses réponses ne laissent pas paraître le moindre sentiment d'amabilité et sont sèches et courtes comme si elle n'avait pas envie de communiquer ou pour abréger la relation. Je lui demande l'heure "18h05". Elle me lance "7 kilomètres vous séparent du prochain camp" avant de me tourner le dos sans que j'ai le temps de m'informer d'où venait le groupe. Elle ne doit pas ignorer que parcourir 7 km dans un tel décor nécessite deux heures.

J'atteins "Goss point" et l'embouchure d'une rivière, dont je n'ai pas connaissance, au bord de laquelle je fais face à un véritable palace, une résidence somptueuse digne d'un émir saoudien, une maison couverte de chaume aux multiples pièces et chambres luxueuses, une suite princière en forme de pétale de fleur de lotus inimaginable dans un tel lieu naturel qui représente un entretien exigeant et un cout prohibitif. Elle a servi à abriter les vacances de Noel 2005 du couple présidentiel Thabo Mbeki et appartient à Piet Goss, richissime personnage influent dans les affaires et directeur du complexe hôtelier d'Umngazi, dont le cap porte son nom. Son père a commencé avec une quincaillerie à Lusikisiki et son fils, plus opportuniste, a mis les bouchées doubles et saisit les opportunités qui se présentaient à lui et est devenu riche comme Crésus. Je suis tombé sur le nid douillet du groupe rencontré il y a une demi heure. Je me demandais où pouvaient-ils rester vu que je n'avais pas idée de l'existence de cette "mansion". Une rondavel ordinaire ne pouvait pas suffire à de tels bourgeois. La rivière est visiblement trop profonde pour que je puisse la passer. Je ne veux pas me retrouver nez-à-nez avec eux une nouvelle fois, vivre un cauchemar et avoir à débattre où passer la nuit vu qu'il n'y a pas d'autre endroit hormis quelques rondavels adjacentes dont l'une sert de cuisine et les diverses dépendances pour le matériel d'entretien. Hélant le personnel de réception sans voir arriver personne, je pénètre dans l'antre - je me souviens de celui qualifié de "grotte du Bouddha" totalement démuni de toute artifice en opposition complète avec celui que je visionne - rempli de beaux livres, de lits de rêve à la literie brodée, de tables, de canapés et fauteuils de bois exotiques, de tentures, de drapés et rideaux immaculés. Je suis ébahi devant de luxe. Les pièces, en enfilade dessinant un octogone, sont concentrées autour d'un jardin, patio à ciel ouvert. Je poursuis mon enquête vers un couloir couvert qui relie le salon à la cuisine et tombe sur deux serveuses corpulentes, l'allure de matrones, des physiques de munichoises à la fête de la bière "oktoberfest" capables de servir 6 à 8 bocks à la fois, transposées en Afrique Australe. Elles me montrent la sortie avant que je ne récupère mes deux sacs laissés à l'entrée et m'introduisent auprès du cuisinier dans un rondavel qui dispose de la TV. Il m'emmène loin derrière les bâtiments et descendons ensemble à la rivière que la propriété domine avant de la remonter en amont et parvenir à un passage à gué. Le cuisinier met du temps à quitter les lieux. Je veux me dénuder et baigner quelques minutes dans l'eau, y goûter et éliminer la fatigue d'une journée chaude. Refroidir le corps et le nettoyer de sa sueur avant de tomber dans les bras de Morphée. Il me reste pourtant une bonne heure de marche pour atteindre mon point de chute.

Une autre surprise m'attend. Le paysage change totalement. Les décors sont ceux d'un autre film. Là, où la côte n'était qu'une succession de roches tabulaires, de pitons joliment érodés et polis ou d'aiguilles plus agressives, je fais face à des pâturages ondulants par monts et par vaux. Cela complique sérieusement l'itinéraire. Où le plat pays - la frange du littoral plat - m'incitait à avancer à la vitesse que je voulais, je suis maintenant dépendant du terrain plus accentué où paissent des troupeaux de bêtes à cornes, bœufs pour la boucherie et vaches allaitantes surveillés par des pâtres. Quand les autochtones ne gardent pas les bovins, ils prennent soin des humains et sont à leur service. Leurs rôles sont interchangeables. Ils ont d'autant plus de mérite à travailler avec la gent animale qu'avec le genre humain toujours en train de les conspuer. Je n'ai plus d'aperçu sur le littoral puisque je le domine. Il est à mes pieds et je le piétine. Les collines finissent dans l'eau. Le seul point commun est la couleur dominante de l'herbe, le vert dont je suis entouré et me donne une lueur d'espoir de voir la lumière ce soir. J'arrive à la nuit tombée et bute sur Bafundi qui m'emmène voir Piet, son père qui m'accorde l'hospitalité dans une chambre de deux beaux lits rapprochés. Dans le couloir de l'entrée du pavillon où trône un canapé contre le mur et des fauteuils, les femmes ont été à la pêche aux moules, les décoquillent et les font sécher sur la table. L'ambiance de luxe de qualité bon marché qui règne dans la maison n'est pas sans me rappeler celui d'une récemment visité. Je ne peux me retenir de goûter les bivalves avant de rejoindre ma chambre "de luxe". Avec gourmandise et délectation, je m'en empiffre au risque de me rendre malade. Les locaux en ont tous les jours au menu ainsi que les écrevisses dont la saison est ouverte du début mars jusqu'à la fin octobre. Piet, l'esprit ouvert et cultivé parle l'anglais, l'afrikans et le xhosa. Il joue le rôle de coordinateur et veille au bon déroulement du séjour des familles afrikans qui viennent louer les maisons pendant les vacances du nouvel an et à Pâques. Au réveil, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne avec un demi litre de lait chaud et de la ricorée. Nous réchauffons et consommons le pap avec des moules et des chapeaux avant que je ne m'éloigne pour traverser le fleuve. Cette rivière Lu-Patthana comme les enseignements supérieurs du Bouddha "abhidhamma" renferme un chapitre de son cours sur les conditionnalités "patthana", les événements insignifiants de la vie qui s'articulent les uns avec les autres et inter réagissent notre vie quotidienne comme dans un fondu-enchaîné ou les pages d'un livre que l'on tourne ou bien les paysages se succédant les uns aux autres comme je viens de le vivre, ce qui ne se fait pas sans phénomène subtil caché ou à peine perceptible.

Je continue d'une traite jusqu'à la cascade bluff qui se jette littéralement dans l'océan. Elle est visible seulement de la plage. Les points de vue sont différents à chaque niveau de la falaise selon que l'on voisine avec le rez-de-chaussée ou s'arrête à l'un des étages. La vue depuis la terrace et les piscines au-dessus de tout n'autorise pas la vue sur la chute mais permettent de traverser la rivière avant qu'elle ne fasse le grand plongeon et le passage à gué de se croire dans un paysage alpin de Suisse valais sauf que les vaches n'ont pas les cloches aux cous.

Avec le terrain vallonné et les vastes zones de pâturage, je ne vais peut-être plus autant mouiller mon pantalon qui tient presque debout à cause du sel marin. Des traces de poudre blanche sur un jeu de jambes noires comme si la voie lactée était descendue à mes pieds. J'ai l'occasion de pouvoir gommer cela et repartir avec un bon fond de culotte et des chaussettes propres. Je ne me gène pas. Je me déshabille, lave et attends que mes effets soient secs avant de les renfiler. Je patiente en grignotant. Une heure d'attente suffit avant que je puisse me rhabiller et continuer vers Mbotyi, la première grande communauté digne de ce nom, une petite ville à elle seule. Je l'atteins éreinté en cours d'après midi en bout de course après des détours à l'intérieur des terres qui ne m'indisposent pas puisque le paysage accidenté me réjouit mais les montagnes russes finissent par fatiguer. Je doute et voilà qu'un troupeau apparait caché par le chapeau du mamelon suivi de son gardien. Il me renseigne en m'indiquant du bras le détour annoncé auquel je n'arrivais à me faire à l'idée. Je traverse une petite nappe d'eau cachée parmi les roseaux qui s'écoule tranquillement et respire la sérénité. Qu'il fait bon s'y asseoir et contempler la fuite du temps sans qu'elle nous obsède. Les flèches indiquant le sentier à suivre sont rares. Il faut les chercher parmi les morceaux de roches noires et de terrains crayeux, ce qui fait qu'au final le sentier se définit en noir et blanc avec un chapeau d'âne vert qui le surmonte et le protège des éboulements intempestifs.

Après une longue course qui me parait interminable et une fin dont la chute est vertigineuse, je descends sur la plage des coquillages (shelly beach), la traverse et remonte sur la route sur l'autre versant en pénétrant dans le jardin de Phulma Sigosa (tél: 0743708787) qui loue à l'occasion sa maison aux familles ou groupes. Je remplis son livre d'or tandis que le temps s'assombrit dehors. Je n'y prends pas garde mais la visibilité dans la baie n'est plus celle qu'elle était il y a une demi heure. Elle me fait goûter à sa bière de maïs de fabrication artisanale entre deux tasses de thé et voilà que ma vue se trouble encore plus. Il est 16h00. Il se met à pleuvoir et flotter méchant sur la baie qui disparait de mon panorama. Je suis à table, assis sur un banc à l'intérieur, en train d'écrire alors que Phulma hache menu des feuilles de potiron et a préparé une salade de tomates. Elle m'attend à ce que je reste pour la nuit. Je suis pris au piège et ne peux m'échapper comme retenu avec un fil à la patte. Inutile d''insister, je jette l'éponge. Son amant plus jeune qu'elle (49 ans) mais qui parait un vieil homme, attend dans la case-cuisine en sirotant la bière artisanale avant de passer à celle en bouteille. Il est atteint de douleurs chroniques et je lui donne deux antalgiques. Il n'en fait qu'à sa tête et ne prend qu'un seul cachet (500 mg) alors qu'il n'hésite pas doubler le nombre de bouteilles d'alcool. Il est marié et a un enfant de sa femme avec laquelle il reste et une fille de treize ans avec Phulma. Il lui tient davantage compagnie et assure une présence lorsqu'elle doit s'éloigner de Mbotyi.

En Afrique du sud, si vous quittez votre "chez-soi" sans personne à vue pour le surveiller, vous pouvez être certain que des visiteurs indélicats viendront faire leur collecte, que vous soyez afrikaner ou natif, réalité dont il faut tenir compte.

Alors qu'il pleut et vente abondamment, une voile sort de la brume à courte distance de la plage et s'évapore après un quart d'heure de visibilité comme celui d'une mariée entrevue derrière le rideau d'une chute d'eau. Je suis prêt à aller accueillir les occupants au cas où ils aborderaient et mettraient pied à terre. Je le pense en difficultés à cause de la météo. Il n'y a pas moyen de venir choir sur le sable, la côte étant trop déchiqueté. Vu de mon promontoire, la disposition des récifs parlent d'eux-mêmes et ne laissent planer aucun doute quant à leur caractère agressif et leur dangerosité. Des Européens à la barre qui viennent de passer le cap de Bonne-Espérance et sont en train de remonter vers la côte du Mozambique ? Une belle image de voyage qui passe avant de partager le souper et se séparer.

Mbotyi, un concentré de hameaux raccordés par des sentiers, est très étendue et dotée d'une vue qui porte par delà les collines comme le centre d'un filet de pêche où les cases multi couleurs seraient les points de couture qui tiendraient les mailles du filet. Des points de convergence que l'on peut comparer à des têtes d'épingle enfoncées dans l'hérisson en mousse verdoyant d'une couturière. Je dois faire un détour par le pont et croise Zolani qui arrive de Lusikisiki et s'arrête à l'entrée de la bourgade pour m'emmener. Il me laisse au départ de la piste vers Port St John avec un chocolat et un pain de mie dans les bras. Comme j'ai beaucoup marché par monts et par vaux, je doute qu'il y ait un sentier qui parte de la plage et emprunte la piste détrempée non praticable, la déclivité étant trop importante. Cette piste de construction récente domine le littoral mais ne mène nulle part. Je m'en rends compte après plusieurs kilomètres de dénivellations imposantes. Le sentier passait par le littoral. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir osé m'aventurer et pris l'initiative d'aller jusqu'à la plage. Je voulais quitter Mbotyi au plus pressé et je me retrouve maintenant sur une voie qui s'est rétréci de moitié et finit en sentier courant entre les herbes jusqu'à deux rondavels. Je monte sur la colline et jette un coup d'œil à l'horizon sur les toits lointains éparpillés dans la nature. Je m'enfonce dans une prairie bourrée d'épineux et délimitée par des fourrés infranchissables. Je dois m'y coller si je veux tracer mon chemin. Je suis sous le couvert végétal abattant chaque branche morte obstruant ma percée. Je suis plus délicat avec les épineux que j'épargne et écarte de deux doigts avant qu'ils ne se referment sur mon passage. Le rideau est tiré. La scène un peu longuette se répète et va durer deux heures. Je transpire à grosses gouttes et manque d'eau. Je choisis de descendre un versant qui me porte vers le littoral. Au fond du val embroussaillé, une rivière, vers laquelle je tends, court. A première vue, je vais y accéder par un réservoir d'eau naturel. Je suspecte des parois rocheuses impassables de part et d'autres. Les deux pieds dans le cours en contrebas de la poche d'eau, je me restaure et reprends des forces. Je n'ai plus qu'à suivre le courant qui va forcément se jeter dans l'océan. Déchaussé pour plus de commodités, le voyage vers l'océan va me prendre quelques heures d'épuisement. Avancer à l'aveuglette et suivre les méandres du cours n'est pas une partie de plaisir. Marcher et sauter de roche en roche finit par se révéler dangereux à cause de la fatigue tout comme casser les branches d'un arbre mort pour ouvrir une fenêtre requiert de l'énergie. Après quatre à cinq heures de progression régulière, je viens de rechausser et longe la rivière Mzimpunzi en forme de bassin de rétention sur une cinquantaine de mètres. Sur ma droite, je devine un sentier couvert, longtemps inutilisé, obstrué par le monde végétal, à peine perceptible qui court en forêt, perpendiculaire à la rivière et remonte dans les collines. Il la croise. L'autre côté se rapprochant de Mbotyi que je ne veux pas revoir, après déduction, je choisis de retrouver le bord sur lequel j'ai mis pied et l'explorer. Suite à la partie boisée, je débouche sur une prairie et la traverse pour enchainer avec deux autres et au bout du compte, finir en bout de champ avec une vue sur un paysage de jungle à l'infini. Il se met à pleuvoir. Je m'abrite mais n'ai plus guère le temps de m'amuser si je veux être rentré à la maison ce soir, ce dont je ne doute pas. Il n'y aucune case visible à l'horizon. Continuer serait m'assurer une nuit à dormir - rester - dehors. Je dois faire demi tour.

Il m'a fallu plus d'une heure pour accéder à l'endroit où je suis. Sans perdre de temps, je fais le retour en vingt minutes jusqu'à la Mzimpunzi et croise un crabe qui se fait petit sous ma semelle. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Le fait d'hésiter lui donne le temps et une chance de filer. Aucun regret. Je poursuis vers l'aval et ne laisse aucune chance au prochain. Je l'estourbis d'un coup de chaussure. Il en perd une pince. Je le mets dans le sac à main dans ma casquette. Le ciel chargé de pluie s'assombrit. Le chemin vers la plage est long et l'océan loin même si le ressac est perceptible. Je sors rapidement de la forêt et continue à travers des herbages. Il me faut plus d'une heure de marche pour croiser les premières vaches et voir les cases. J'arrive sur le sable dans lequel le cours d'eau perd de sa force et le S qu'il forme en se jetant dans l'océan me rend confus. Il est absolument identique à celui croisé hier. Là où je m'apprête à passer à gué, j'ai l'impression de revoir le courant de la veille. Je suis perturbé. Je ne peux pas avoir dépassé Mbotyi sans m'en rendre compte.

En levant la tête, je vois un regroupement de cases, les unes aux murs jaunes et les autres roses. Un peu plus haut, la route empruntée ce matin à la sortie de Mbotyi et le point de vue d'où j'ai pris une photo de la plage sur laquelle je me retrouve ce soir. J'ai marché douze heures non-stop pour me retrouver presque à mon point de départ. J'en suis fort désolé et surtout dépité. J'avise une fermette dans ses murs mais dégoûté, je préfère aller de l'avant bien qu'il se fasse tard. Un type en bottes, un objet long à la main que je prends pour un fusil, remonte la colline et marque une pause pour me considérer. Je dépasse la plage sauvage et risque de me retrouver le bec dans l'eau si je continue. Un peu de jugeote si je veux trouver un toit avec le temps déplorable qu'il fait. Je fais demi tour et l'appelle. Il m'attend et nous rejoignons ensemble les deux cases en haut du versant. Il tenait à la main un parapluie et une machette. Un vieil homme, quatre femmes dont deux jeunes et huit enfants sont regroupés autour du foyer. Est-ce dire que chacun des deux hommes est polygame et a deux femmes et quatre enfants ? Ils paraissent vivre dans la plus totale misère et complètement démunis bien qu'ils soient habillés et me proposent un café. Je suis trempé jusqu'aux os et apprécie m'asseoir près du feu. J'ai gagné mon pari d'être abrité pour la nuit mais elle risque de ne pas être de tout repos à cause des nourrissons qui font réclamer leur quota de lait. Quand j'emprunte la lampe dont ils se servent, éminemment puissante au rayon de lumière très concentré, quelle n'est pas ma surprise d'avoir en main un téléphone portable multi fonction. Pourquoi ne pas utiliser cette possibilité ? Il fallait y penser ou en avoir besoin.

Après l'avoir recherché dans mon sac, je sors le crabe de mon chapeau sous les sourires de l'assemblée et le glisse sur les braises incandescentes. Quand il est prêt, je propose à la ronde de partager les pattes mais tout le monde s'abstient même les enfants que je pensais friands de cette petite spécialité. Est-ce qu'ils refusent par politesse ? Je n'ai pas la réponse. Certaines carbonisées craquent sous la dent. Je mets trois quart d'heure à manger le crustacé dont rien n'est laissé avant de recevoir une assiette d'un brouet solide dont les ingrédients sont indéterminables, un pavé qui reste sur l'estomac. Je me retire, le pantalon encore mouillé, dans la case où le lit m'a été réservé malgré mes récriminations pour dormir sur un matelas à même le sol. Je sais que rien ne va les faire changer d'avis mais plutôt les contrarier. Je m'allonge sur la plateforme surélevée et observe le petit monde s'installer et s'éteindre doucement. Les deux jeunes femmes sont présentes, chacune responsable d'un nouveau-né ainsi que mon hôte fluet, une véritable carpe, car il ne parle pas et très effacé. Un an après le mariage, le fils peut prétendre à sa propre case construite sur la concession familiale. Les délais d'attente se réduisent à l'heure actuelle et la belle-fille exige de plus en plus, dès son installation dans la belle-famille, d'emménager dans une case indépendante. Une bougie et des allumettes près de l'oreiller, l'une des deux jeunes femmes plus énergique assume une part prépondérante de responsabilité au niveau du groupe familial. Elle est au four et au moulin et prends toutes les initiatives. Je ne suis pas à l'aise dans mon pantalon humide. Le maillot de bain étant mouillé, je dois le garder sur les fesses. Entre l'inconfort qui en résulte et les pleurs des bébés, je ne passe pas la meilleure des mes nuits depuis que j'ai quitté Port Edward. J'en suis à ma troisième nuit écourtée où je n'ai pas ma dose de sommeil suffisante pour me reconstituer énergétiquement et pouvoir assurer l'effort entrepris. Je me dis que je serai demain matin très tôt sur le chemin pour une longue journée de marche mais dans quel état de fraicheur ?

Avec de l'eau chaude, je prépare du café soluble que j'offre aux adultes. Il finit entre les mains des enfants. La famille a quelques vaches dont le lait sert à préparer le petit-déjeuner. Ces derniers 24h00 ne sont pas sans laisser de profondes séquelles au niveau fatigue. J'ai plus donné physiquement en une seule journée de descente sauvage en rivière qu'en une journée de marche régulière. Je longe littéralement l'espace littoral déchiqueté dans sa plus grande partie et surplombe les plages de rochers noires où les locaux ramassent les moules et fouillent les recoins et dessous rocailleux à la recherche d'écrevisses bien que la saison ne soit pas ouverte. Je suis à une courte distance de Mantegu quand je rencontre Alex, une canne à pêche à la main qui fait partie du ministère de l'environnement. A tous les écouter, ils sont employés ou commissionnés par un organisme ou un département quelconque auxquels ils se réfèrent comme si leur position leur apportait plus de poids et leur conférait un statut qui leur donne une reconnaissance. Dommage que nous ne nous sommes pas rencontrés à la nuit, j'aurais aimé échanger plus avec lui. Des jeunes filles vêtues de T-shirt et short laissant rebondir leurs formes nous dépassent en route vers la pêche aux moules, l'activité quotidienne. Je rattrape la lagune formée par la rivière Mzintlava dans laquelle vivrait un monstre avec la tête d'un poisson et le corps d'un cheval dont je ne vois nulle trace.

Le gardien du camp des Drifters, auquel je m'adresse pour recevoir des infos sur le passage à gué, feint de m'ignorer. Il me montre vaguement l'endroit où traverser et quitte la plage. Je contourne le camp avant d'entrer finalement par une barrière et aller le voir. Il n'y plus d'électricité solaire disponible - le commutateur accessible à partir du village distant d'un kilomètre ayant été tourné - mais j'ai moyen de réchauffer un fricot d'haricot mélangé avec du riz et faire du thé. La chaleur ambiante et la fatigue aidant, je m'endors sans m'en rendre compte sur mon duvet dans la salle de restauration près du bar, véritable tête de pont et point d'observation avec une vue dégagée sur l'estuaire et les collines avoisinantes à cause de sa position dominante. Lorsque je me réveille vers 16h00, je dois me rendre à l'évidence, j'ai dormi, ce dont j'avais besoin. L'agence les Drifters gère trois camps - Lupatana, Mzintlava et Mntafufu - dont une partie des bénéfices est reversée aux communautés locales. Les cabines impeccables de deux personnes identiques à celles du camp de la rivière Mtentu sont louées 270 Rands par personne par jour (presque 25 euros/pers/jour). Avant de quitter le camp, je remercie Alex de m'avoir permis de faire une pause et repars sur la plage.

Le paysage de collines couvertes de végétation luxuriante alterne avec les plages désertes où une rondavel en piteux état sur l'une puis trois maisons délabrées sans toit sur la suivante font acte de présence sans nulle personne à bord pour les surveiller. Une dernière plage au bout de laquelle je devine la rivière Mntafufu impassable à l'heure actuelle. Je suis coincé sur cette rive et je n'ai pas vu âme qui vive depuis que j'ai quitté Alex. Je lui ai demandé s'il y avait une autre rivière importante avant d'arriver à Mbotyi mais il m'a répondu qu'il n'y était jamais allé à pied par la plage, ce qui m'a surpris. Comment lui, le natif de Mantegu, responsable du camp, n'est-il pas capable d'informer les visiteurs ? Cela fait partie de sa tâche. Je contourne la dune et aperçois plusieurs bateaux de plaisance, principalement de petites barques, au mouillage ou attachées à un ponton. Je m'en approche et une allée parallèle au cordon de dunes rentre à l'intérieur des terres. Je la suis pour découvrir plusieurs résidences mitoyennes inoccupées dont la dernière retient mon attention à cause de sa véranda bien protégée. J'y élis domicile pour la nuit en étalant mon duvet sur la moquette tandis qu'au réveil, je change de domaine. Une autre véranda chez Dave et Bev(erly) mieux achalandé dispose d'une gazinière à gaz où je peux préparer du thé à volonté. Je remplis une cruche en émail au réservoir d'eau de pluie situé à l'autre bout de la maison avant de me rendre compte que des bouteilles remplies d'eau sont disposées dans l'herbe tout autour de la propriété. Je m'interroge sur l'efficacité de ce système de sécurité. Une fois que le maraudeur est entré dans l'œil du cyclone, est-ce que la poisse ou la malchance ne va pas le quitter ? Je dois attendre l'irruption de la vieille servante vers 9h20 pour comprendre que ce n'est qu'un moyen de délimiter le terrain en dehors duquel les chiens sont autorisés à se lâcher, pisser et chier. Ouf ! je ne suis pas visé et en rentre pas dans la cadre des animaux à quatre pattes. La maison appartient à un couple, Dave, grand pêcheur devant l'éternel avec ses prises en photo sur le mur et Beverly, sirène heureuse d'avoir rencontré son homme-poisson. Des morceaux de bambou attachés à une ficelle chantent lorsque le vent s'y frotte et les effleurent tandis que des sachets de thé laissés à sécher retiennent mon attention avant de quitter pour attraper la marée basse.

La traversée de la Mntafufu ne s'avère pas une partie de plaisir. Si je dois toutes les classifier au vu des difficultés, elle vient en seconde position après celle de la Mtentu. Je la traverse avec une heure d'avance (10h30) sur l'heure de la marée basse (11h27). Bien campé sur mes deux jambes, de l'eau à hauteur du maillot de bain, le courant fort me fait vaciller surtout quand le sable a tendance à se dérober sous mes pieds. Tel un petit rat, j'évolue sur la pointe des pieds, posant délicatement l'un après l'autre, pour m'assurer d'être toujours sur une base sablonneuse qui puisse supporter mon poids et celui de mon sac. La traversée, le sac à la main, se fait sans difficulté. Je tate le terrain plus près de l'embouchure. L'idée est convaincante, renforcée par du sable plus ferme et un niveau d'eau plus bas. Mon second passage n'est pas comparable avec le premier. Les trois-quarts du bras d'eau derrière moi, je sens le sable se mouvoir et glisser sous ma voute plantaire quoi que je fasse et où que je pose le pied. Je tente, nécessairement à contre-sens, de remonter le cours au niveau de l'endroit de mon premier passage à gué. Je m'aperçois de mon erreur, lutter contre la force de l'eau engendre de la fatigue inutile. Je me repositionne en parallèle vis-à-vis du courant et décide de toucher le bord en avançant à tâtons légèrement vers l'aval. Il me reste trois mètres à parcourir et l'essai est vite transformé. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir saisi. Un passage à gué ne ressemble pas à un autre, ni un second au premier. Toujours être sur ses gardes, porter l'attention et être dans le moment présent. Rien n'est gagné de prime abord. Bien que son niveau d'eau était faible, la Mntafufu est la seule rivière où j'ai pu sentir la force du courant m'entrainer vers l'océan. Je n'avais même pas vu hier soir entre les deux collines le troisième campement des Drifters semblable à celui de Mantegu. Je contourne la colline le cachant et le laisse sur ma droite pour retrouver la plage ventée de rochers éparpillés.

Une jeune xhosa dont l'étymologie signifie "peuple rouge", vient s'asseoir à mes côtés et discuter un brin, limité par son anglais. Les Xhosa tirent leur nom de l'ocre rouge ou orangée dont ils s'enduisent le visage comme cette jeune employée du ministère des ressources halieutiques, la réglette à la main mesurant la taille autorisée des espèces piscicoles endémiques. Je poursuis et retrouve à flanc de colline les flèches bien dessinées et régulièrement signalées des sentiers de l'Amapondo et de l'Amadiba, noms donnés à ces circuits pédestres d'après ceux des communautés locales. Très rapidement, ce ne sont plus des collines qui font le dos rond comme les chats, appellent aux caresses et à la contemplation mais je me retrouve à longer une falaise bien réelle avec des à-pics impressionnants. A mes pieds, une plage de rochers mortels vu la hauteur à laquelle je marche. Le vent puissant essaye de me jouer des tours et de me décrocher de mon antre sans compter le petit-déjeuner léger et la fatigue latente qui ralentissent et amoindrissent mes mouvements. Avis aux amateurs d'émotions fortes et les personnes sensibles au vertige mieux vaut s'abstenir.

Profondément découpée, je trouve néanmoins une ouverture dans la roche à la fin d'une petite plage pour déféquer. Ma commission faite, accroupi, maillot de bain et pantalon descendus sur les chevilles, je calcule mal le retour de la vague qui risque de me mouiller jusqu'à la ceinture. La tête en avant, les bras devant cherchant la fuite, je me ramasse à l'ultime moment devant la marée d'écume venue me lécher les bottes. Des gouttes ont rafraichies et arrosées mes parties intimes mais je ne suis pas trempé et ai évité la douche rectale à l'eau salée. Je me relève et remonte le sentier qui s'élève de nouveau.

Je revois sur toutes ces petites plages depuis le début de mon parcours, du bétail, des bovins ou des caprins peu craintifs qui, pour une raison inexplicable, aiment s'y retrouver et paresser l'air hagard. Les vaches n'ont rien à se mettre sous la dent et l'eau, élément vital et essentiel, se trouve à l'intérieur des terres, la proximité de l'océan rendant l'eau des estuaires salée et insalubre. Quelle explication à cela ? Aucune sinon qu'elles ont peut-être abusé de "l'herbe du bonheur" et que cela constitue une façon de décrocher de leur addiction.

Magnifiques cathédrales et pointes d'aiguilles se succèdent avec des passages en altitude d'un niveau à l'autre parfois délicat. Je colle au plus près de la côte et j'ai besoin de mes deux mains et de mes pieds pour franchir un aplomb. La marée est descendante et le vent indécrottable me pousse dans le bon sens. Si je devais faire le parcours dans l'autre sens, cela augmenterait les difficultés. Excepté quand je suis arrivé à Mbotyi avec le vent de face, je l'ai eu deux jours dans le dos. Le ciel a été couvert pendant deux jours et j'ai goûté à la pluie à deux reprises sur la côte sauvage. Les étés sur la côte sauvage peuvent être violents, torrides et ponctués d'orages dévastateurs, ce qui augment le risque d'avaries et d'échouages sans compter le courant du Mozambique qui aurait tendance à rapprocher de la côte tout objet immergé y compris les bateaux étourdis. Au lieu de côte sauvage, elle pourrait s'appeler la "côte des épaves".

Le dernier à-pic n'est pas facile à appréhender avant une longue galopée du désert où les grains de sable s'envolent balayés en même temps que la plage nettoyée de tous corps étranger. Je pése mes mots mais comme si je suis en trop et sommé de quitter l'endroit illico presto, je suis poussé vers la sortie pour laisser la nature inviolée et intacte. Nulle trace de pas imprimée dans le sable d'or derrière moi. Le vent efface tout comme l'éponge sur le tableau. Je ne peux pas reculer mais avancer seulement avec ce vent violent qui me fouette le visage si je me prends à lézarder et contempler la mer de profil. Au bout du tapis ensablé, je tombe sur le lieu-dit "Poenskop" où trois nettoyeurs de la zone protégée écologiquement sont allongés près d'une poubelle. Là, où il y a des plages, je les vois toujours prendre du bon temps en groupe, le farniente étant visiblement l'une des activités principales de beaucoup d'autochtones. Ils essayent souvent de me taper une cigarette n'ayant pas à l'esprit qu'un randonneur ne fume certainement pas. Le plus âgé avec sa machette, qui vient de les rejoindre, me devançait de peu depuis l'autre baie. Il m'avait remarqué depuis les rochers, qu'il chatouillait de sa lame, à la recherche d'écrevisses. Je l'ai rattrapé après ma descente intrépide et lui ai demandé combien il me restait d'heures à marcher avant d'atteindre Port St John. "Deux heures" m'a-t-il répondu. Je ne suis pas prêt d'arriver s'ils me répètent tous, "deux heures" les uns après les autres. De quoi se décourager, la fatigue y étant pour quelque chose.

A la fin de la plage, je touche au sublime avec le décor naturel d'un merveilleux indicible dont je jouis. Je passe le cap, véritable avancée dans l'océan et me retrouve dans le Kerry (Irlande) avec des moutons au lainage encrassé loin des blancs moutons de la verte Erin. Se sont-ils roulés dans la boue pour pallier les effets dévastateurs du soleil ou par effet de mimétisme ? Me faisant face, des collines rasées par les tondeuses ovines s'ouvrent en V renversé entre une piste qui remonte depuis le promontoire et la côte plus rugueuse et ventée que jamais. Trois mamelons imposants en file indienne ondulent et font preuve d'une déclivité importante avant de se jeter dans l'océan comme rongés sur un flanc par un monstre marin affamé ou en colère qui leur aurait donné un coup de dent et les auraient entamés. Je suis redescendu au niveau de l'eau, comme si je n'étais pas assez fatigué, pour mieux les jauger et les confronter. En montant le versant abrupte dominant l'aplomb qui donne sur la côte découpée, je pense qu'il serait facile avec le vent violent qui me porte, de chuter et de rebondir plusieurs fois avant de m'échoir les bras en croix entre les rochers. Je ne donnerai pas cher de ma peau. Je suis juste conscient de l'éventualité. Ne pas se dire "ça n'arrive qu'aux autres". Il est plus facile de flancher quand le corps est las de marcher et le dos fatigué de porter la charge. Je peine comme une bête de somme. Je pense à faire une pause d'une journée voir plus à PSJ et me dis que ça suffit peut-être avec cette première étape, au cas où je trouverai une voiture qui veuille bien m'emmener. Je suis conscient de finir en apothéose avec les dernières vues sauvages presque aériennes de la côte, un spectacle naturel qui appelle à la contemplation. L'apocalypse est proche, la fatigue venant à bout de mes ressources. Voir Port St John et mourir...

Ayant surmonté le premier mamelon, je glisse sur le côté pour contourner l'à-pic et continuer ma progression. Je décide de rester concentré sur le mouvement de mes pieds pour surmonter la lassitude et la douleur qui en émane. La conscience plus puissante que la matière peut la manipuler et en abuser à sa guise même si la seconde n'est ni aux commandes, ni possédée par la première car l'esprit et la matière sont distincts. Si les deux étaient liées, la conscience arrêterait le vieillissement tant honni par les humains et empêcherait la maladie. A-t-on jamais vu quelqu'un dire "je ne veux plus vieillir" ou "je ne veux plus être malade". Le changement, ce qui nait, vit et meurt, est inéluctable. Revenons à nos moutons et mes pieds. Je marche doucement et note mentalement le mouvement de chaque chaussure lorsqu'elles se soulèvent l'une après l'autre tout comme je labelle le fait de pousser le pied en l'air et de le poser. Comme dans un dessin animé constitué d'une infinitude de figures superposées, je décompose le pas en trois étapes courtes - lever, pousser, poser - dont je prends pleinement conscience. A partir du moment où je suis totalement concentré sur mes galoches, la fatigue est évacuée, la douleur n'est plus dominante, je peux pousser fort sur les guiboles ignorant les récriminations de mon corps éreinté. Etre à l'écoute de son corps est nécessaire mais nous nous berçons trop souvent de fausses illusions et imaginons des bobos imaginaires, ce qui nous freine dans la vie quotidienne. Je lui donnerai du repos, ce dont il a tant besoin, plus tard. L'heure est à la marche méditative.

J'écrase les sommités qui se dressent devant moi et les avale avec une puissance déconcertante. Rien ne peut m'arrêter. Je croise la piste que je laisse sur ma droite avant de bifurquer et piquer vers la "terrace Agate", nom laissé par les Portugais à ce long ruban ensablé éventé et cuisant sous le cagnard. Au fur et à mesure que je progresse, Eole qui m'accompagne depuis ce matin, me poussant et m'enveloppant dans son manteau, soulève des nuages de grains de sable et donne l'impression de vouloir éradiquer et éliminer la terrace de toutes ses impuretés en la débarrassant de ses grains. Il la brosse violement. Je suis le corps étranger qu'il veut dissoudre. J'avise un groupe de maisons blanches cachées derrière les dunes parmi les acacias. Je les rejoins et seules, les deux dernières, sont habitées. James est assis sur le balcon de la petite maison et m'invite à m'asseoir. Je lui explique que j'ai besoin de faire une pause à cause de la chaleur. Il n'a pas idée de l'heure qu'il est. Son visage abimé le fait paraitre beaucoup plus âgé que sa jeune femme à moins qu'il n'en ait eu successivement plusieurs et que celle-ci soit sa dernière conquête. Les familles recomposées sont monnaie courante en Afrique du Sud. Les gens vivent à la colle et les couples se font et se défont au gré des rencontres et des attirances sexuelles.

Le président Jacob Zuma vient de marier sa cinquième femme, en réalité sa troisième car il a divorcé la seconde et l'une est décédée. Les hommes quittent femme et enfants pour aller vivre avec une autre partenaire et certaines femmes préfèrent la vie de mère célibataire à celle de couple. L'institution du mariage étant depuis longtemps dépassée, les bouleversements familiaux et sociaux ont des conséquences déstabilisantes pour les enfants. Je prépare un thé tandis que James, résolu à me céder l'une de ses paires de chaussures dont il ne se sert plus, m'en sort trois paires de ville et deux impaires. L'une, massive et très lourde, est celle que les blacks portent lorsqu'ils sortent, loin d'être une paire de chaussure de marche. Des tennis sont trop usagées et ne peuvent tenir que quelques heures soumises à la pression du terrain accidenté. Il reste une noire mais sa petite sœur jumelle est absente, ce qui parait embêtant quand on a deux pieds. Il la cherche dans le jardin et le foutoir d'un appentis avant que je n'essaye à mon tour sans succès de mettre la main dessus. Je le quitte en gardant mes deux Caterpillar en souffrance aux pieds.

Un ferry qui opère jusqu'à 17h00 permet de traverser la rivière Mzimvubu - du mot mvubu dans le langage xhosa qui signifie hippopotame. Ils pullulaient dans les eaux à l'arrivée des Européens. Leur extinction précipitée par les armes à feu est due à la chasse dont ils ont été victimes. Les xhosa se nourrissaient de viande de ces pachydermes mais n'avaient que des lances pour les tuer.

Sur le bord du chemin carrossable qui conduit au fleuve, les écoliers reviennent du collège et rentrent chez eux à Poenskop. Trois d'entre elles dont l'une assise confortablement sur une chaise rouge en plastique collationnent d'une miche de pain, d'une barre de margarine (125 gr.) et d'une bouteille de soda orange. Avec ses doigts qu'elle plonge dans la marga, l'une d'elle s'évertue à la séparer en trois portions égales comme elles se sont déjà séparées le pain entier. Je leur propose d'utiliser mon couteau sans leur faire de remarques inconvenantes sur leur hygiène alimentaires inappropriée. Deux d'entre elles sont d'une bonne corpulence. Quand je reprends mon outil, je croise d'autres collégiennes dont certaines ont de l'embonpoint, ce que je comprends si elles suivent le même régime, ce dont je ne doute pas. L'éducation a encore de beaux jours devant elle.

J'attends le bateau pour la traversée. Je ne sais pas si j'ai réellement envie de remettre les pieds dans le monde civilisé avec ses boutiques, ses voitures qui klaxonnent, ses gens qui se bousculent et se mettent en avant comme coupé du monde après un stage de méditation de 10 jours d'où il est difficile de sortir, d'émerger et revenir à la réalité. Je peux faire demi tour et retourner à ma "côte sauvage" avec ses rivières et ses kilomètres de sable épuisant. Il serait pourtant vraiment idiot que je le rate, le pont pour entrer en ville se trouvant à quatre kilomètres. La société de sauvetage assure le transbordement des passagers d'une rive à l'autre.

Peut-on parler d'une ville ? Zolani lorsqu'il m'a déposé à Mbotyi au départ de la piste vers PSJ m'a affirmé que "PSJ était une grande ville". A l'embouchure du fleuve, PSJ, loin du stress, de l'agitation et des embouteillages est coincée dans un écrin de végétation tropicale à proximité de falaises vertigineuses entre les Mont Thesiger et Sullivan. Deux rues principales enserrant le marché et les bâtiments administratifs courent dans un sens et trois autres secondaires mal tracées, avec en bruit de fond les vagues, font la part belle à l'improviste si l'on cherche une adresse. Je suis curieux et attends de voir East London (EL). En débarquant sur la jetée, j'ai le temps de mettre les pieds à l'office de tourisme avant qu'il ne ferme ses portes, en totale rénovation et complètement sens dessus sens dessous. Je veux une carte du Cap Est identique à celle dont je dispose, autant chercher une aiguille dans une botte de foin vu le désordre ambiant. L'hôtesse d'accueil m'envoie vers la "Glass House" en abrégé GH comme Guesthouse mais d'un standing "de luxe" ou qui se prétend tel vu les prix pratiqués. En m'y rendant, je tombe nez à nez sur le poste de police. Je me dis que je peux tenter d'y passer la nuit sans trop m'attendre à ce que ce soit possible. Je m'adresse au capitaine Nongadla qui accepte mon idée sans difficulté, sans me poser de questions, ni me demander mon passeport. Il me montre ma chambre à côté de la salle d'attente, en fait le bureau des auditions encombré de dossiers volumineux disposant de quatre chaises et d'une table bizarrement découpée en pentagone. La chaleur y régnant l'a transformée en étuve. J'y laisse mes sacs et continue sur mon idée de visiter la GH et la plage à la nuit tombante. Courbettes et sourires de bienvenue de la part des propriétaires avant de m'enquérir de l'objet de ma visite. Elle lance au passage un coup de griffe au bureau d'information touristique qu'elle juge incompétent parce que, il faut comprendre le sous-entendu, il est géré par des noirs avant d'avoir elle-même du mal à repérer une carte détaillée de l'itinéraire du Wild Coast Trail qui n'est pas celle que je cherche. Son numéro de téléphone y est lisible et ayant contribué aux frais de publication de la carte, elle me la cède à 50 Rands (5 dollars U.S) au lieu des 65 habituels. Devant mon désintérêt, elle ne perd pas la face et son humour ravageur quand elle m'affirme qu'elle réserve Internet à ses clients et spécifie que les frais de service de "1 Rand/minute" s'applique au temps passé en ligne et non pas au temps de sommeil de ses invités. Je suis retombé dans la réalité des Afrikaner au cœur de pierre. Si seulement, ils pouvaient ne pas exister, je m'en porterai mieux mais, erreur de l'histoire, ils font partie intégrante de l'histoire de l'Afrique du Sud.

Ma nuit chez les keufs se passe bien. Je suis resté une semaine sans avoir accès à l'électricité - sauf la nuit à "la lodge" du Hkambati - et j'en profite pour remettre à jour mon journal. Je commence ma nuit parterre étalé sur mon duvet avant de rapprocher trois chaises en longueur et la quatrième sur le côté pour éventuellement supporter mon genou si je dors en chien de fusil. Au bout des chaises collées les unes aux autres, ma tête repose sur le banc de dalles en pierre recouvert d'un T-shirt. Je récupère et dors mieux lors de la seconde mi-temps. Au réveil tardif, je paquète et prends la direction de la bibliothèque située à côté du musée où je veux fureter et lire le livre de référence "Mkambati and the Wid Coast" by Div De Villiers & John Costello. La bibliothécaire ne le connait pas. Quand le conservateur du musée vient prendre le thé, il me confirme qu'il devrait y avoir un exemplaire dans les étagères qu'il a lui-même emprunté. Aucun livre, ni journal n'est répertorié, ni même ceux qui sont empruntés. Il faut s'en remettre au plus grand des hasards pour en repérer un s'il est dans les rayons mais comment en être certain ? Il jette un œil mais celui-ci reste introuvable. Il me dit d'aller l'emprunter à John qui habite la porte d'à côté et s'occupe d'héberger les touristes. Je le trouve occupé, peu engageant, à discuter autour d'une tasse de thé. Il me demande de revenir dans un quart d'heure. Une heure plus tard, son ex-femme Katryn l'appelle et le fait demander depuis la réception. Il arrive plus souriant qu'au premier contact et me tend le livre. Je lui laisse mon passeport en échange et le récupère après ma journée dans une pièce à l'écart du musée, la bibliothécaire bruyante étant trop occupée à recevoir et prendre le thé avec les visiteurs.

Dans une pièce contigüe à la mienne, pendant toute la journée, deux filles jacassent bruyamment et éclatent de rire à l'occasion alternant avec les coups de fil reçus et les appels. Que de temps gaspillé ! Je quitte le centre ville concentré autour de la première plage pour accéder à la seconde plage et enchainer sur le sentier vers la réserve de Silaka et Coffee bay. Je demande à la dernière "maison sur la plage" (houseonthebeach.co.za tél (portable) 0837151421 Wayne Rohland) située dans un cadre idyllique des renseignements sur les possibilités de trouver un abri sur le sentier car la pluie menace. Danny, le bras droit de Wayne, complètement défoncé et ivre, ne me donne pas beaucoup de chance et Wayne accepte que je reste dans les murs si j'ai besoin de me reposer, tout cela sur un fond musical des sixties avec de l'alcool fort et le joint qui circule. La seule condition qu'ils exigent est que je n'ouvre pas les fenêtres de ma chambre car il y a deux boas constrictor dans un vivarium grillagé, ressemblant plus à une volière, mitoyen de l'un des murs annexes. Derrière l'autre mur, la pièce dans laquelle je suis reçu. Wayne émet de fort soupçons quant à ma véritable motivation sur la raison d'être de ma présence et ma nationalité. Avec Danny, ils mélangent l'anglais et l'Afrikans pour voir si je réagis. Wayne pense que je suis peut-être Sud-Africain et que je cherche à me cacher pour une raison ou une autre, l'hypothèse du tueur en série lui paraissant la plus plausible. N'y tenant plus, après une heure de tergiversations, il demande à vérifier mon passeport. Parano à cause de la fumette ? Non, juste Sud-Africains.

J'ai le choix de dormir sur un lit dans une chambre entre deux hippies déphasés et suspicieux qui vivent à fond les années soixante et deux bêtes au régime avec un cochon d'inde par mois voir rien pendant un an (selon Danny) ou bien, seconde possibilité, chez Jean, un Hollandais voyageur, établi à PSJ depuis sept ans, prêt à me recevoir sur son balcon. Wayne me dit que Jean cohabite avec des gens bizarres. Je vais avoir suffisamment à faire avec ces deux énergumènes ce soir. J'ai une heure et demie avant la nuit complète et j'hésite plusieurs fois à quitter les lieux.

Après que Jean ait quitté, la visite de Marlène, un verre de vin à la main, saine d'esprit, rétablit la balance et apporte du positif à la soirée. Je leur propose de couper les légumes mais ils déclinent l'offre d'un "French Chef". Un DVD copié "The Band" des anciens de Woodstock est joué comme s'il venait d'être commercialisé. Bien qu'ils l'aient déjà écouté cinq fois, ça a tout l'air d'être une "première" à PSJ, complètement isolé à l'autre bout du Monde, loin de tout où Internet n'est pas accessible. Sous la douche chaude, je me rends compte que j'ai pris la dernière digne de ce nom chez Johannes il y a huit jours. Quant à un bon lit - je ne peux pas comparer avec ceux aux matelas démontés des Pondo - c'était celui de Sammy. Même si trois occasions m'ont été données de goûter la literie Pondo, la qualité n'était en rien comparable. Les Xhosa dont font partie les Pondo, dorment souvent sur des lits surélevés, notamment pour éviter d'être posséder et se tenir hors de portée des tokoloshe, ces petits esprits malfaisants et malins. Pour continuer dans la série évaluation de mon voyage, je suis resté huit jours sans électricité - excepté la nuit à la résidence du superintendant dans la réserve du Hkambati - ayant parcouru 110 km depuis Port Edward et probablement pas moins de 270 km en ligne droite depuis mon départ d'Amanzimzoti près de l'aéroport de Durban.

A vue d'œil sur la carte, PSJ, pratiquement à égale distance entre Durban et East London est à cinq ou six heures de route de l'une ou de l'autre de ces deux villes. Après quatre heures laborieuses au cours desquelles les légumes seront coupés menus et frits, le riz cuit, nous partageons le souper avant que je ne prenne congé à côté de mon vivarium. Wayne a deux enfants de deux femmes différentes auxquelles il paye une pension mensuelle. Il a travaillé comme sauveteur et longtemps revendu du tosh pour en vivre. Il héberge actuellement des touristes et crée de beaux vêtements aux couleurs vives qui reflètent assez bien ses aspirations et les tendances d'une époque depuis longtemps révolue.

Je ne suis pas fâché de les quitter le lendemain à 8h00 du matin et reprendre le chemin, Danny et sa besace en route vers le "liquor shop" , une boutique agrée ayant l'autorisation de vendre de l'alcool. Un panneau annonce l'entrée dans la réserve naturelle de Silaka d'une superficie de 530 hectares située à 6.5 km au sud de PSJ et qui s'étend sur 6 km de littoral pratiquement jusqu'à la rivière de Mngazi où est établi un complexe hôtelier de bungalows familial très renommé dirigé par le fameux Piet Goss, le lapin qui a fui devant le Français à la pointe qui porte son nom "Goss point". Le sentier à flanc franchit un rideau de végétation dense et appareil photo en main, je flash sur de belles fleurs tandis qu'apparaissent deux individus à l'air louche en sens inverse. Au premier estuaire, une heure de marche à peine depuis mon départ, je découvre deux toits de chaume et plus loin sur la plage de rochers et de piscines naturelles, des pêcheurs à la ligne. J'aborde l'ancien avec la barbe des mollahs et lui demande s'il ne parle pas par hasard l'urdu. Roberto, d'origine portugaise, me répond que ses trois amis, d'origine indienne, le parlent. Il me demande du tac au tac si j'ai petit-déjeuné et me propose de taper dans les samossas et les friands dans le Tupperware. Je lui demande permission d'abord de manger du poisson cru, de la sardine, dont ils se servent pour appâter. J'en épluche une et il m'en propose une seconde. La viande se détache facilement de l'arrête. Je me régale et leur dis que les Japonais pour l'exemple, mangent du poisson cru. Les samossas sont un vrai délice, finement cuisinés avec un savoir-faire incomparable.

Je n'ai pas vu l'anguille qui barbote dans une poche d'eau. Ils me proposent de l'enlever et l'emmener. Dans le pays du Braai(vlis), barbecue qui consiste à tout griller sur le feu, certains poissons de viande blanche ("white meat") sont relégués au rang de non-comestibles car leur cuisson nécessite trop de contraintes. Quand il y a quantité de poissons fins, la tendance est de garder les meilleurs en bouche et d'en rejeter certains.

Heureux qui comme Ulysse... Je dois enfreindre le premier précepte 'tu ne tueras pas" et assommer ma proie de plusieurs coups de galet. Gigotant, la main droite l'étreignant derrière le cou, je l'ouvre sur la longueur depuis les mandibules coupées en deux jusqu'à l'orifice anal expulsant les viscères et la nettoyant sur le champ à l'eau salée. Je suce les œufs avant qu'il ne s'éparpillent et ne soient perdus. Je la place dans un sac plastique sur mon sac à dos. En route !

Entre deux pains de sucre, je contourne les bassins d'eau à découvert pour cause de marée basse et me retrouve bientôt à flanc de falaise à force de vouloir coller au plus près du littoral émaillé et entaillé d'aiguilles rocheuses fières et acérées. Je monte en escalier les roches, petites surfaces planes dominant l'océan telles des plateaux se superposant et se succédant les uns après les autres. La falaise et un plateau large de deux mètres se rétrécissant au bout m'attend avant de trouver je-ne-sais-quoi derrière. Je doute de pouvoir continuer. Je m'avance prudemment et patatras, la semelle lisse de ma chaussure usée glisse et je me retrouve allongé sur le côté, la face droite du visage littéralement collé "en douceur" contre la roche qui a épousé mon faciès. La largeur du plateau à cet endroit correspond à peu près à la hauteur de ma taille recourbée. Elle se réduit comme peau de chagrin au bout de la roche plate de forme trapézoïdale. Légèrement sonné, je ne suis pas blessé mais ceci est un avertissement amical. Je me suis ouvert un bon bout de peau du majeur que je finis d'arracher avec les dents. La viande, à découvert, saigne. Prendre le risque d'aller au bout de l'escarpement serait suicidaire vu qu'en cas de chute, les jambes dans le vide entrainant le reste du corps, la mort serait irrémédiable. Je ne m'obstine pas et fais demi-tour.

Si je m'étais écarté du littoral, je serai plus avancé et en meilleure posture mais où est-il ce sentier normalement signalé par une flèche blanche sur fond noir ? La portion PSJ - Coffee Bay est censée être plus courue que celle de Port Edward jusqu'à Port St John où je n'ai rencontré absolument aucun randonneur et pour cause vu les difficultés rencontrées. Marlène l'a parcouru en groupe à deux reprises respectivement en 5 et 6 jours. Après un léger retour en arrière, je quitte le monde 100 % minéral et monte l'escarpement à flanc de coteau recouvert d'herbe et parsemés de rochers enterrés auxquels je m'agrippe pour m'en servir de force d'attraction ou bien d'impulsion pour grimper. Ils me permettent d'avoir un socle et faire une pause occasionnellement. Conscient de la fatigue, je veux disposer du maximum d'énergie disponible et de lucidité. Ayant atteint une hauteur raisonnable, je parviens à une ancienne zone cultivée de bananiers laissée en désuétude et abandonnée. Miraculeusement, je me régale avec des maracujas sauvages. Même vertes, le goût merveilleux me reste dans la bouche. Je rattrape le col entre deux collines et hésite à une bifurcation entre prendre à droite et continuer à monter ou bien tout droit en surplombant le littoral avec vue sur l'océan. Je choisis logiquement la seconde route et chemine jusqu'à une fourche où un jeune pêcheur, le regard inquisiteur et curieux du contenu de mon sac, me remet dans la bonne direction. J'aboutis à une plagette rocailleuse sur le même modèle que celles de ce matin et commets l'erreur de la longer. La pluie se met de la partie et rend les rochers, d'énormes galets lisses et polis par les éléments, glissants comme pour compliquer ma progression. Je m'abrite derrière un pan de roche et attend qu'elle cesse avant de continuer et rencontrer une impasse. Ni une, ni deux, je jette un coup d'œil en arrière sur la côte d'où je viens et aperçois un sentier au-dessus d'une paroi qui s'élève vers un point de passage entre deux collines flanquées d'herbe. Ce sera ma planche de salut et un sain retour à la réalité entrecoupé de brèves coupures pour reprendre des forces en buvant du thé sucré. Je dépasse les limites de la petite réserve côtière de Silaka et retombe sur le goudron à proximité du complexe d'Umngazi qui offre toutes sortes d'activités comme le canoë dans les mangroves, la pêche au lancer, le VTT et la randonnée, raison pour laquelle les huit kilomètres de sentier jusqu'à PSJ doivent être entretenu régulièrement.

Je suis mal reçu à la barrière par le gardien du camp. Sans doute a-t-il une peur bleue d'être sanctionné par son patron, mon ami le richissime et puant Piet Goss. Sa réaction et son comportement en dit long sur les relations qu'il peut entretenir avec son personnel dont il ne doit certainement pas s'occuper personnellement. Ce pauvre gars figé par la peur, est le premier à afficher de l'antipathie depuis que j'ai quitté Port Edward. Je veux seulement remplir ma bouteille d'eau. Il me montre le robinet sur la plage où les ouvriers procèdent au nettoyage. Je l'atteins par l'extérieur et le voilà descendu de son poste de garde comme un chien agressif et contrarié. Je dois être trois mètres à l'intérieur du complexe dont la plage n'est apparemment pas interdite et me déshabille près de l'endroit que je juge le plus propice pour tenter la traversée. La marée basse était à 12h06 et il est presque 15h00. Je veux jauger la profondeur par moi-même. Bien qu'ayant reçu des informations de la part de l'équipe au travail, je fais un passage à vide que je marque d'une croix d'un côté comme de l'autre. Cela m'évite d'hésiter, tâtonner et chercher de nouveau les bancs de sable. Trois bras d'eau dont deux négligeables sillonnent la lagune impressionnante et étendue sur les bords de laquelle les bungalows ont été construits. Je passe mes sacs en une seule fois avec de l'eau à mi-genou pour les deux premiers bras et m'y reprends à deux fois pour le dernier plus large. A la question posée par mon interlocuteur: "Pourquoi faites-vous de multiples aller-retour ?", je le laisse sans réponse et lui demande d'y réfléchir. Le poids total avec un ou deux sacs diffère d'une dizaine de kilogrammes, ce qui est suffisant pour que les sables mouvants ne puissent plus supporter la charge totale et se dérobent sous un excès de poids. Par mesure de précaution, je préfère affronter les difficultés avec l'un ou l'autre des sacs, étape par étape. Le premier sur le dos, le second à la main sont déjà imposants et embarrassants sur la terre ferme. Comment faire face aux difficultés d'un gué inconnu si je viens à perdre pied. Les locaux n'ont pas idée du contenu des sacs qui ne peuvent assurément pas prendre l'eau. Le matériel sensible et la nourriture est enveloppé dans des sacs plastiques pour préserver le tout. Je peux faire un faux-pas et tomber dans l'eau sans craindre trop de conséquences mais j'évite de prendre des risques inutiles. Je me rhabille et me dirige vers la paillotte des sauveteurs sur la plage pour me protéger du soleil et grignoter quelques avocats mûrs. Manque de chance, son couvert de branches - des bouts de bois espacés de deux doigts - est à claire-voie.

Dans la confusion, j'ai oublié de boire et remplir une troisième fois ma bouteille d'eau. Deux gaillards secouristes viennent taper la discussion et me disent qu'il y a un robinet à côté du corral des chevaux bien entretenus qui ont droit à de l'eau salubre et chlorée. Je me rapproche tandis que je vois une navette transporter des familles entières d'une rive à l'autre. Si je l'avais su ! Je préfère passer la rivière par moi-même et ne pas devoir leur demander quoi que ce soit vu leur sens de l'accueil et le degré de sympathie témoigné aux personnes de l'extérieur. L'estuaire de la Mngazi s'ouvre sur une plage magnifique avec un cordon de dunes imposantes qui s'étirent. Les familles viennent faire monter leurs enfants à cheval pour les balader. Des couples viennent y marcher et se retrouver dans la quiétude des vagues. Des vacances de rêve et l'endroit idyllique tant vanté par les agences touristiques s'achètent au prix fort, au bas mot une cinquantaine d'euros par personne et par jour. Un petit salut amical à une autre équipe d'employés et je quitte les lieux en longeant l'enclos des chevaux, à l'abri derrière le cordon dunaire. Je monte dans le vallon en pente douce sans voir de flèche indicatrice me reposant sur mon sens de l'orientation.

Sur la distance à parcourir jusqu'à la prochaine rivière, la Mnegazana, diverses réponses m'ont été données: une heure et demi ramené à une heure en cas de marche rapide et une autre, le temps record d'une demi-heure. De quoi me rendre perplexe ! Une heure environ suffit pour rejoindre les deux rivières. La Mnegazana est profonde et impossible à passer à pied. Je suis en retard de quatre heures sur la marée basse. Un couple de vacanciers s'amuse en jet-ski sur l'étendue d'eau. Ils arrivent doucement sur mon bord pour me dire que quelqu'un va venir alors qu'il serait si simple que le motoriste dépose sa belle temporairement et me fasse traverser la lagune en un coup d'accélérateur. Je n'insiste pas car je vois qu'il ne maitrise pas totalement l'engin qu'il a en main. Je me retiens de leur dire ce que je pense et gueule à gorge déployée comme un chien aux abois. Eric, collégien de seize ans, dont le père est nigérian et la mère sotho, vient me repêcher en vaurien. Il rame à contrecourant avant de venir s'échoir sur la bande de sable. Le retour au port d'attache est plus rapide même si nous sommes deux dans la petite barque qui appartient à son frère. En abordant le ponton et remontant vers le village, nous marquons une pause près du "Bottle store" (= Liquor shop) où un étudiant d'Umtata qui remplace son beau-frère propriétaire m'invite à dormir à même le sol dans une pièce annexe à la boutique après sa fermeture vers 22h00. Il est 18h37. J'en ai plein les bottes et un poisson à cuire. A la vue de celui-ci, le tenant du bar, ignorant ce genre de poisson, me dit d'allumer un feu dehors et de le faire griller. Il n'a pas de moyen de le préparer à l'intérieur. Cord, le gars de la maison d'en face vient aux infos et me propose de le cuisiner chez lui, ce que j'accepte. Il est vêtu d'une salopette bleue, combinaison des employés d"Etikwini", chipée par sa belle-sœur qui travaille dans la commune du même nom dans la banlieue de Durban. Je ne suis pas sitôt rentré sous son toit, la maison familiale où vivait sa mère décédée en 2010, qu'il commence à pleuvoir. Si ce n'est pas un signe du destin, c'est de la chance. Il est seul ce soir avec sa petite Lileen de deux ans et demi. Sa femme, partie depuis lundi s'occuper de la scolarisation de son ainé, revient vendredi. Vu qu'il ne dispose que d'une plaque chauffante, nous soupons d'anguille et d'haricots vers 21h30. Je note, en me passant les mains sur le visage, un petit épanchement de sang coagulé au niveau du lobe de l'oreille droite, une séquelle sans conséquence du contact de la joue sur la pierre. Tandis qu'il pleut abondament, je m'endors profondément dans le grand lit double du couple après une journée éreintante.

Au réveil, la tête est lourde et le corps endolori. Je ne dispose pas de tous mes moyens physiques, un peu comme si je couvais une crise de paludisme. Je suis fébrile de la tête aux pieds, un mal de tête léger latent que je mets sur le compte de la chute joue sur la roche d'hier. Même si je ne crois pas trop à cette hypothèse, je ne vois rien d'autre à part l'écorchure de mon doigt qui cicatriserait et mettrait à mal le système immunitaire pour éviter l'infection avec ce temps chaud et humide. J'ai noté un bouton sous le sein droit qui a blanchi et fait penser à un bouton de fatigue. Je ne me rappelle pas en marchant avoir écrasé ou coincé un insecte entre la bretelle du sac et mon marcel ou une araignée en m'allongeant sur le ventre mais la seconde hypothèse est la plus probable. Après quelques pages d'écriture en sirotant du Ceylan, je décide de faire relâche. Cord assure l'entretien et la surveillance d'une résidence secondaire pour une indemnité mensuelle de 500 Rands (50 Dollars U.S). Il doit garder Lileen et faire du pain. Avec ses deux chiens m'accompagnant, je pars faire dans l'après-midi le tour des plages - la principale ensablée, prolongée de petites criques rocailleuses - et repérer les flèches blanches du sentier vers Coffee Bay. Le village tout entier de Magekeni est peuplée de résidences secondaires avec quelques cases couleur locale aux services des propriétaires en visite en fin de semaine. Cord ne se rend plus à PSJ via la rivière Mngazi car des touristes ont été agressés et dépouillés il y a un an dont les coupables ont été arrêtés. Cela a engendré un climat d'insécurité. Il passe par Tombo à une heure de transport du village.

Je décolle à la mi journée ensoleillée et démarre rapidement. Le sentier bien balisé et débroussaillé est intéressant pour des randonneurs débutants voulant avoir une approche de la forêt tropicale et mieux la connaitre. Il rentre à l'intérieur des terres et ignore pratiquement le littoral jusqu'à la rivière Sinagwana, ce qui me permet de me changer l'esprit. J'en ai soupé du sable. Un serpent inerte, totalement noir y compris sous le ventre, d'une trentaine de centimètres, gît en travers du sentier. Je cherche à le faire bouger en le caressant avec mon sac à main. Aucun mouvement. Je cueille une tige et cherche à le ramener sur le sentier afin de mieux l'observer et le détailler. Je parviens à l'enrouler sur le bâtonnet et le jette dans les taillis où il se retrouve accroché aux branches d'un épineux. Etait-ce ma première rencontre avec un (bébé ) mamba ?

Je suis franchement revenu à la civilisation. Sur ce tronçon, les rondavels sont proches du sentier et les gamins quémandent des bonbons. Je marche en faisant de brèves pauses, laisse sur ma droite "Brazen Heads" (les têtes éhontées) et atteins la rivière Sinagwana vers 16h00 où je suis assailli par des colporteurs de colifichets, des jeunes hommes qui vendent des colliers de coquillages. Je comprendrais que ce soit une fillette d'âge scolaire qui veuille se faire un peu d'argent de poche après les cours mais pas des hommes pour le consommer en alcool et en tabac. Je fais le plein de carburant en discutant dans la maison de ses parents d'origine allemande avec un musicien, batteur dans trois différents groupes à Jobourg, Le démarcheur n'hésite pas à lui demander 10 Rands lorsqu'il voit qu'il n'arrivera pas à ses fins. C'est la première plage où les gens sont corrompus par l'argent. Je vais rapidement comprendre ce qui en est à l'origine.

Je bois aisément deux litres de liquide, du thé, avant de repartir et passer à proximité du "Kraal", un endroit pour les voyageurs qui propose diverses activités mais contribue aussi à ce genre de relations avec les locaux basées essentiellement sur le profit qu'ils peuvent tirer du "visiteur d'un jour", le même type de communication éphémère avec les "Mister Sweet" des enfants. J'avance un peu plus et monte pour avoir un panorama sur la chaine de collines avoisinantes. Derrière un enclos grillagé, j'avise Eric et lui demande s'il a un endroit pour passer la nuit. Il fait frisquet sur les hauteurs et il m'invite à rentrer dans une case dont il vient juste de badigeonner le sol d'une substance odorante telle que de la bouse de vache fraîche. Sa case a un avant-goût de maison tibétaine où l'odeur forte de yack imprègne tout. Il me dit que je suis chanceux car il a attrapé deux poissons aujourd'hui, la seconde fois que j'en mange en deux jours. L'un de ses voisins vient le voir habillé en "Etikwini", la salopette très à la mode ayant visiblement fait des émules. Les Africains, s'ils pouvaient se sustenter de la moelle épinière de leur mère nourricière, tirer dessus et la sucer jusqu'au bout jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avoir de forme et se tenir debout, le feraient sans grand peine. L'instauration d'un système d'assistanat à l'intérieur même de la communauté où le moindre effort n'est pas encouragé mais consiste à obtenir le maximum en fournissant le minimum laissera le pays sans ressources et augure d'un futur peu prometteur pour l'Afrique du Sud.

Quand je sors de la case qui m'a été réservée, je le trouve en train d'attendre sa femme partie chercher de l'eau à une petite retenue d'eau. Elle revient chargée d'un seau de 20 litres et son fils l'accompagnant, un jerrycan de cinq litres à la main. Eric et ses fils déjeunent de ricorée, un succédané de café, avec du pain tandis que sa femme mange avec appétit une assiette remplie de riz, de chou et de sauce tomate. Je l'accompagne après un morceau de pain. Il me dit qu'il ne peut pas commencer par manger du riz si tôt. Je blague en lui disant que s'il avait été chercher de l'eau à sa source, il mangerait avec plus d'appétit. Les femmes sont vraiment au service des hommes. Comme ils ont trois fils et aucune fille pour seconder et aider pour les tâches ménagères, il a fallu revoir l'éducation des enfants. Deux des fils ont pris la balayette et nettoyé les miettes qu'ils avaient éparpillées, ce qui est étonnant de la part de garçons. Les trois garçons ont ensuite pris une bassine, de la lessive et sont allés à un petit étang pour laver leurs vêtements, ce que je n'avais pas encore vu faire en Afrique. Une leçon à retenir. L'Afrique en mouvement ou le fait juste qu'il n'y ait pas une seule fille dans la famille ? S'il y en avait une, elle se coltinerait toutes les tâches matérielles. Ma piqure a viré sa cuti et est devenue rouge. Sous la peau, la chair dans un périmètre de 5 centimètres de diamètre, s'est durcie comme si j'avais affaire à un abcès en cours d'infection. Elle est surtout plus douloureuse. A surveiller.

Je quitte à travers les collines une région rurale du littoral où abondent des hameaux regroupés de cases aux toits coniques, une famille disposant de deux ou trois rondavels dont l'un est utilisé pour la cuisine. Je reste un peu plus à l'intérieur des terres et ne vois pas l'ombre d'une seule flèche indicatrice de mon itinéraire. Je suis évidement en dehors du sentier. Il est pénible de suivre un GR mal balisé et se faire du mouron pour en trouver les signes d'existence. A se soucier continuellement si les flèches sont à venir, ça use autant les souliers que de faire des aller-retour aux embranchements non signalés. Je retombe sur la rivière Mnenu traversée sans souci avant de remettre les pieds sur la plage rugueuse et m'en faire expulser par un pêcheur à la ligne. Après le sable, je marche sur des longueurs de pierre. Certaines formes ont été érodées suffisamment à la base pour donner l'impression de champignons géants. Il veut en fait me remettre sur le sentier qui passe à l'intérieur de la réserve naturelle de Hluleka de 700 hectares qui compte beaucoup d'espèces végétales endémiques et une riche faune aquatique. Une échelle en forme de V retourné permet l'accès à l'enclos où trois Zèbres de Burtchell me regardent béatement. Je ne bouge pas. Ils mettent du temps à contourner le monticule et disparaitre de ma vue. Je pénètre leur domaine réservé et accède à la piste principale que j'emprunte jusqu'aux constructions abritant les ouvriers de la réserve qui n'ont pas l'électricité intra-muros même si les lampadaires extérieures de la réserve sont allumés. Un des quadrupèdes m'attendait à un détour de la piste et s'est assuré d'un clin d'œil que j'étais sur la bonne piste puis je retrouve mes trois compères près des bungalows, les mêmes ou d'autres identiques car en effet comment distinguer un zèbre d'un autre ?

Nokwanda m'accueille gentiment et me réserve le fond de son porridge matinal qu'elle mélange avec du lait aigre comme je l'aime. Je me régale avant de poursuivre vers l'accueil où j'en profite pour me déshabiller et tout faire sécher en attendant la responsable. Je ne sais pas si elle a mangé du zèbre ou du gnou, autant d'animaux que l'on peut trouver dans la réserve mais cela ne se passe pas très bien avec elle. Elle se rend à l'entrée principale, la piste qui mène à Libode, et me remet entre les mains d'un Afrikaner qu'elle me présente comme son supérieur. William travaille comme ranger pour l'environnement sur Port Elisabeth (PE) et est venu donner un coup de main avec une collègue pour renouveler et rafraichir l'accueil. Il ne peut me dire le nom du serpent mais me confirme l'araignée pour la piqure. Le venin injecté est en train de se diluer. Il me conseille de boire beaucoup, ce que je fais habituellement de toute façon. J'ai pu remarquer que je pouvais mouiller complètement mon T-shirt, le retirer et l'essorer, en haut de chaque colline, voir même plusieurs fois par heure et par jour. Est-ce que je transpire plus à cause de la piqure ? Je sais maintenant que mon corps réagit et que mon état fébrile est lié à l'infection. Je n'ai pas de ganglions sous les aisselles, ni à l'aine. Je n'ai pas lieu d'avoir peur mais cette petite bestiole que j'aurais aimé croisé m'a rudement bousculé et mis à mal ma résistance.

Malgré les nuages, la chaleur est étouffante. Il fait lourd. Je quitte l'entrée de la réserve vers 15h00 après avoir regardé la carte et m'être rendu compte que la rivière Mtakatye est à mon programme et s'annonce devant moi. Les limites de la réserve de Hluleka qui s'étend sur quatre kilomètres du littoral sont presque contenues entre la Mnenu et la Mtakatye. Je suis mon instinct et coupe au plus court par les collines pour éviter de me retrouver arrêter par les rochers sur la plage. Le terrain est accidenté. Je finis en queue de poisson dans une mangrove étalée sur une grande partie du bras de la Mtakatye, les nombreux canaux me retenant prisonnier. Je n'ai pas où aller car je ne peux pas m'éloigner à moins de m'enfoncer les pieds dans les lits boueux si je veux m'échapper. A un canal au niveau d'eau correct, rempli d'herbes flottantes et d'algues marines, relié directement à la rivière, j'essaye de rejoindre l'autre bord d'où un sentier continue vers l'estuaire. Je sais que je peux traverser là-bas avec de l'eau jusqu'à la taille malgré mon heure et demi de retard sur la marée basse (14h22). Là où je suis, l'étendue d'eau peut être comparée à une vraie lagune impossible à traverser sans un bateau et en face, plus intéressant, il y a des habitations et des garages avec accès direct à la plage. Lesly et Kelly, 23 ans, vivant actuellement en Angleterre, venue visiter ses parents, avisent Ken de ma présence sur l'autre rive. Il démarre le moteur et vient me chercher avant que je ne passe de l'autre côté avec l'un des sacs. Bien que la lagune soit large, je suis bien positionné et au point de repêchage le plus proche pour qu'il me cueille. Il m'invite à boire une bière, la seconde offerte depuis Port Edward. Je prépare un litre d'eau chaude pour faire le plein de carburant avant de continuer en fin d'après-midi. J'hésite à deux reprises au sommet de deux collines et la seconde m'est fatale. Je rencontre deux jeunes gars qui reviennent, trois poissons dans le sac, sans qu'ils me renseignent pour autant. Je remets les pieds sur la route vers Preslies Bay et prends un raccourci direction Lwandile avant d'atteindre la baie. En prenant le chemin des vaches, je m'égare complètement avant que le nuit ne tombe. Je traverse beaucoup de taillis d'épineux et finis par descendre dans une plaine alluviale où je suis confronté à un grillage. Par la force des événements, je le longe et remonte sur le versant opposé tant bien que mal car les épineux m'attendent sur mon passage. Je nage en grandes eaux et sue abondamment. Je presse le pas car je sais que le temps m'est compté, moins d'une demie heure au bas mot. Je réussis à remonter au plus haut point d'où la vue sur le littoral est dégagée.

De mon point d'observation, je remarque un regroupement de résidences secondaires. Un second grillage sert de ligne de démarcation et délimite un enclos à l'intérieur duquel je n'ai pourtant pas pénétré. Un pieu est pratiquement à terre et ouvre une brèche dans l'enceinte. Je la franchis. La partie n'est pas gagnée pour autant, il me faut redescendre une nouvelle fois et affronter les tueurs bourrés d'épines. J'arrive sur la plage déserte à la nuit et prends le chemin du littoral par lequel j'aurais du arriver. J'inspecte les maisons rapidement mais vu l'heure tardive, mon choix se fixe sur la première visitée qui dispose d'une véranda avec une vue panoramique sur la plage, trois coussins et une gazinière débranchée, la bouteille de gaz étant rentrée à l'intérieur de la cuisine. Je mets du temps avant de me sécher et retrouver le calme. Le matin, n'ayant d'autre options, je démarre à jeun tôt sur la plage puis pour me mettre en jambe par une colline pentue. Je retombe sur une plage et me déchausse pour traverser le bras d'eau. Ma chaussure droite a expiré hier soir dans ma cavalcade. Je suis forcé de l'entourer d'un tour de lacet avant de la nouer pour qu'elle fasse corps avec mon pied. Du coup, je fais de même avec la gauche pour la préserver avant que je ne me retrouve pied-nus. J'ai besoin d'énergie et j'avale des morceaux de pain avec du beurre de cacahuètes avant la prochaine colline tandis qu'un vieil homme la descend, une binette à la main. Je reste à l'intérieur des terres et m'égare avant de suivre mon intuition et couper au plus court vers la rivière Ndumbi large mais passable avec de l'eau jusqu'au ventre. La plage tranquille, ouverte sur l'océan, est bordée de collines verdoyantes et synonyme d'espace. Installée dans une ancienne mission, l'auberge Mdumbi travaille en partenariat avec des mécènes et aide les communautés en ce qui concerne l'éducation, la santé et du développement socio-économique. Un projet de développement durable - www.transcape.org/cms - auquel vous pouvez participer (www.immersionsa.com) que Johann et Hyman ont crée et mis en place en 2004 permet de dormir chez l'habitant, d'approcher les Xhosa et d'appréhender leur milieu culturel dans un cadre authentique. Les parents du premier étaient missionnaires à Canzibe, ce qu'il fait qu'il est parfaitement trilingue (anglais, afrikaans et xhosa). L'auberge dispose d'une possibilité d'hébergement de 31 lits et d'une vingtaine d'emplacements de camping. Quatre kilomètres de littoral me séparent de l'estuaire de la rivière Umtata. Je quitte tardivement le Ndumbi Backpackers et en sors, côté jardin d'enfant, traverse le terrain de football puis prends sur la gauche avant de retomber sur la plage. Je passe un poste d'observation de la faune aquatique que je pensais être une chaise de surveillance pour les baigneurs bien que personne ne soit dans l'eau ou sur la plage. Je n'ai pu résister à décrocher le sac, m'approcher et demander la raison d'être de ce perchoir. Je suis en train de me rendre compte que j'ai peut-être laissé filer le dernier ferry en m'attardant au Ndumbi. J'ai quitté avec une heure de retard et je me vais peut-être me retrouver coincé sur le bord de la rivière Umtata sans possibilité d'hébergement. Le cauchemar ! Je remarque à un moment donné plus de personnes sur la plage tandis que je longe une résidence: "Umtata River Mouth n°6". Je suppose que ce sont des familles en vacances qui ont loué des appartements ou bien je suis réellement proche de l'estuaire et les gens sont venus en ce jour dominical de Coffee Bay pour traverser l'Umtata et marcher sur la plage. Je suis en fait un peu loin du passage sur l'autre rive. Je croise une famille noire, classe moyenne, qui est venu en séjour vacances. Il m'indique le point de passage que j'atteins rapidement, 40 mn après mon départ de l'auberge. Un vaurien métallique équipé de deux rames en aluminium sur lequel est écrit "Umtata river ferry" s'apprête à déposer un passager. C'est ma dernière chance et j'entends bien la saisir. Je saute dedans. Le gars me demande de payer avant de commencer à ramer. Je ne doute pas qu'il veuille en profiter pour me faire payer le prix fort. Bien qu'il ne m'ait pas demandé de somme exacte, je sais, pour m'être renseigné, que le prix officiel est insignifiant (3.50 Rands = 0.30 cts d'Euro) mais je préfère lui céder un T-shirt impeccable au style africain reçu d'Ola que j'aurais déjà du donner à Cord ou quelqu'un d'autre. Je suis sensible au fait de ne pas ré offrir un cadeau qui vous a été remis dans une intention particulière mais je l'ai porté seulement le soir où nous nous sommes rencontrés. Je ne l'ai pas remis car je me sens un peu à l'étroit dedans. Je l'ai emmené pour le laisser derrière moi et le donner. Le pote qu'il vient de déposer lui fait savoir que le T-shirt lui va comme un gant et qu'il est extra. Le passeur, loin de faire la fine bouche, accepte le marchandage et attend que la vague nous fasse décoller pour commencer à ramer. Il n'en finit pas de traverser le bras d'eau comme si les anneaux en fer qui maintiennent les rames collées au montant de la barque le limitait dans ses mouvements. J'ai l'impression qu'il hoquète et bégaie dans sa tentative de traversée qu'il mène toutefois à bien dans un décor grandiose, Deux bandes de sable visibles de part et d'autres d'un piton rocheux planté au milieu de nulle part enrichissent la vue panoramique sur 180° degrés. La barque ancrée, le rameur retire les rames qu'il enferme dans un bâtiment avant de rentrer au village. Il est 18h37. C'était ma dernière chance.

Je peux m'estimer être heureux d'avoir pu traverser à l'heure où je suis arrivé. Satisfait et conscient, je m'assois sur la pelouse et déguste quelques avocats murs avant de prendre l'asphalte vers Coffée bay distant de quatre kilomètres. Je me fous de ce qui va arriver. J'ai l'intime conviction qu'une voiture va venir me chercher même si l'heure ne s'y prête pas du tout. Qui viendrait faire un tour dans ce cul-de-sac à cette heure avancée de la journée ? J'en ai épluché trois ou quatre quand j'entends un moteur ronronner. Mon intuition était correcte, j'ai vu juste. Marc, au volant d'un pick-up avec deux femmes l'accompagnant, veut bien m'emmener à Coffee Bay où il réside et travaille dans le transport. Ils ont rejoint des amis pour le week-end dans une maison à proximité et repartent chez eux. Nous plaisantons en faisant route et Marc, après avoir déposé Esther et Cheri atteinte de cancer de l'estomac en phase terminale, m'offre de rester dans l'un des ses bungalows de chantier doté d'une grande capacité d'hébergement et dont il a fait sa demeure permanente. Alors qu'il me montre mon lit superposé, l'un me suffit, voilà qu'il se met à pleuvoir. J'ai connu ce scénario identique à Port St John avec l'invitation de Wayne et Danny juste avant une nuit d'orage. Il y vit à l'africaine, un Afrikaner envahi par les chefs, têtes de couleur noires membres des clans locaux. Il est lui-même divorcé avec deux fils, l'un (29 ans) dans la finance à New York et le second (27 ans) au Cap où vit son ex-femme. Notre arrivée perturbe visiblement le petit groupe installé devant l'écran TV. Il prend soin de deux xhosa qu'il considère comme ses fils adoptifs même s'il me confie qu'ils sont toujours là pour lui demander de l'argent. L'un, Nazad, la vingtaine au physique agréable, a une petite amie afrikaner originaire du Cap, Sarah et l'autre d'une dizaine d'années suit encore les cours. Marc aime discuter de tout. Il est allé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 en tant que spectateur et a ensuite voyagé pendant trois mois en restant 3 semaines à St Raphael en France, en Italie qu'il n'a pas apprécié, notamment à Genova polluée, à Naples où il s'est fait volé 600 Dollars et Brindisi d'où il a pris le bateau pour Igoumenitsa-Patras, l'île d'Eros avant de prendre un vol retour vers l'Afrique du Sud. Il s'est rendu une autre fois en Angleterre et y est resté travailler plusieurs mois. Coffee Bay dont l'origine du nom remonte au café répandu dans la baie par un bateau échoué en 1863, m'apparait ni plus ni moins comme un hameau reculé dans la continuité de paysages de collines verdoyantes et vallons embroussaillés entrevus depuis Lupatana. L'endroit est un point de rencontre où tout se redistribue à partir de là car, entre plusieurs centaines de kilomètres de littoral, il faut bien des lieux d'ancrage plus importants qui servent de point de chute avant que les affaires rebondissent sur la côte plus au nord ou au sud. Cette assomption personnelle demande à être vérifiée, les différentes communautés locales étant seulement accessibles à partir de la route principale qui mène à Coffee Bay. Il a plu abondamment aujourd'hui, une journée de relâche qui me permet d'écrire. D'ailleurs que faire d'autre ?

Je revois Sherry et Esthie, deux femmes exceptionnelles arrivées sur le plan personnel, d'une douceur et d'un bon niveau de compréhension travaillant sur divers projets de développement communautaire. Ex instructrice d'auto-école, Sherry forme un jeune pour qu'il ouvre son école . Elles ont le projet de promouvoir des objets d'artisanat, de la vannerie, produits par des femmes locales et les revendre à Jobourg. Sherry, 50 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac qui a évolué et a métastasé, devrait déjà être partie depuis longtemps selon le diagnostique des médecins. Elle a décidé de prendre le mal à la racine et de le combattre corps à corps. Elle connait vipassana et a fait une retraite chez Goenka en 2004. Depuis, elle médite deux heures quotidiennes et en reconnait les bienfaits. Marc, né dans la baie de Mazeppa, un peu plus bas sur la côte en direction d'East London, parle l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Il joue merveilleusement de la guitare et compose dans cette langue locale dominante dans l'état du Cap Est. D'ascendance française, ses aieux, originaires des environs de Lyon, ont quitté l'hexagone pour aller s'établir au Liban à l'époque où c'était un protectorat français. Son nom Carrouze a été libanisé sous la forme de Karruz. Plus tard, son grand-père a immigré en Afrique du sud. Son père, médecin à Idutywa, est encore actif. Marc est devenu obèse. En cinq ans, il a pris tellement de poids qu'il en est devenu handicapé. Il pèse 160 kilogrammes. Si j'en juge par les photos, il a toujours été d'une bonne corpulence, plutôt musclé. Jacqueline, une de ses ex avec laquelle il est parti en Angleterre en 1995, l'a connu svelte. Avec Piet qui vit à Zoti, la plage d'où j'ai commencé à marcher à côté de Durban, elle est venue le visiter pour la fin de semaine. Jacqueline, séropositive, vit sur le bien-être social en Angleterre pour pouvoir bénéficier de son traitement. Avec Piet, également séropositif, ils se sont connus par le biais d'Internet. Quand elle n'est pas en Afrique du Sud, deux fois trois mois dans l'année, où elle a grandit, elle vit dans le Sussex mais pense bouger à Brighton. Piet, son tour venu, la rejoint parfois en Angleterre. A leur arrivée, il me confie qu'il est courtier et vit de son argent investi, ce qui est pur mensonge. Il est en congé longue durée pour incapacité de travail à cause de sa séropositivité. Agé de 42 ans, il a été contaminé le soir du nouvel an 1995 à 26 ans par une inconnue qu'il a connue dans une boite de nuit. Il m'affirme qu'il n'était pas coutumier du fait, des aventures d'un soir. Il était tellement ivre mort qu'il n'a même pas su avec qui il avait couché, ni revu sa partenaire d'un soir. Une fois a suffit. Jacqueline, 48 ans, venait de divorcer. Après un premier partenaire avec lesquels les choses n'ont pu se concrétiser, le second sachant parfaitement qu'il était séropositif, l'a consciemment infectée. Leur relation a durée 3 mois et demi. Elle a porté l'affaire devant la justice et les tribunaux, un cas de jurisprudence, lui ont donné raison et l'ont dédommagée. Son gars n'a jamais versé quoi que ce soit et est décédé quelques années plus tard. Elle suit depuis quinze ans une trithérapie. Il court, il court le virus... pas seulement chez les noirs mais aussi chez les Afrikaans. Certains ont accès à la trithérapie et d'autres pas, dépendamment de la façon dont ils s'y prennent pour y avoir accès.

East London (Cap Gonubie) - Coffee bay (3 jours de marche exténuante). Je pensais en avoir fini avec les grands cours d'eau (Mtentu, Msikaba, Mzintlava, Mnegazana) à traverser à marée basse. Une dizaine d'autre rivières d'importance m'attendaient sur la portion East London - Coffee bay. Je laisse mon ordinateur, mon chargeur de batterie et quatre livres dont deux guides entre les mains de Sherry et pars plus léger avec une voiture de la police qui rentre à East London. Les deux flics s'occupent de repérer les voitures volées à Jobourg, Le Cap qui sont importées, déplacées, désossées et maquillées dans des petits garages clandestins avant d'être revendues. Je me retrouve prisonnier, les pieds sur le sable, pris entre la rivière Nahoon et celle de Gonubie. Après 40 minutes de connexion Internet à l'auberge à la pointe de Gonubie (Laura et Andrew Tél: 082 824 1419 gonubiepoint@sainet.co.za voir www.accomodationrsa.co.za), je me retrouve sans avoir pied, la marée est haute à 15h31, et dois attendre 21h43 avant d'espérer passer la rivière Gonubie pour remonter la côte vers le nord. Les quelques histoires de personnes happées par des requins émaillant le passage de la Nahoon suffisent à me rendre à l'évidence que je ne dois pas prendre de risques inutiles. Laura m'a raconté celle récemment d'un adolescent sur la grève devant l'auberge dont la jambe a été enlevée par un requin. Le jeune est mort, il saignait trop et n'a pu être conduit à l'hôpital à temps. Je dérange visiblement le maitre-nageur très inamical auquel je m'adresse pour recevoir des informations. S'il n'a pas le sens de la communication, il serait bon qu'il change de travail. Il a plutôt en tête de rentrer chez lui à 17h00 pétantes. Il ne peut pas me conseiller de traverser en tant que secouriste mais me donne deux sacs poubelles pour y enfermer mon sac afin qu'il puisse flotter. Il me dit qu'il n'y a pas de requins en remontant un peu le cours. Je collationne sur un banc et avise deux planchistes qui vont rentrer. Deux kayaks ont été mis à l'eau et les voilà justement qui reviennent au moment où j'atteins l'eau avec un surfeur à qui j'ai demandé de l'aide. Un kayakiste prend mon sac sur le dos tandis que le surfeur empoigne mon sac à main et les chaussures enveloppé dans un sac poubelle. Il le passe à la nage sans le mouiller en le tenant d'une main, ce dont je suis totalement incapable. Je récupère sa mini planche avec laquelle j'effectue la traversée de la rivière en me dirigeant avec les bras. Je récupère mes effets sur l'autre bord tandis que je lui redonne sa planche. Je les remercie beaucoup. J'évite ainsi plusieurs heures d'attente et peux progresser le long de la côte vers la prochaine étape sans perdre de vue la marée basse à 21h43. Je ne tarde pas à rejoindre le cap Kwelerha en longeant la plage d'énormes galets surdimensionnés. Je saute de l'un à l'autre et pour relâcher la pression je passe éventuellement sur la bande côtière de sable blanc derrière laquelle d'épais buissons cachent des zones dégagées de pâturages vides d'estivants à cornes. Je tombe sur un regroupement de résidences, dont l'une occupée par un propriétaire peu aimable, m'apporte peu d'info sur ce qui m'attend plus loin.

Cheminant le long de l'océan, je croise un véhicule des ressources halieutiques avec une lampe de sécurité sur le toit. Je demande conseil au chauffeur où traverser la Kwelerha. Il me dit de sauter à l'arrière, fait demi tour et remonte légèrement le cours sur quelques centaines de mètres, là où sont garées un pick-up et une Land-rover. La pleine lune les illuminant, Marc et Benny dégustent du rhum-coca et fument "l'herbe du bonheur" en compagnie de Liesel, jeune femme du premier avec son nourrisson qu'elle allaite. Il est près de 19h30. Je vais tuer le temps en leur compagnie jusqu'à ce que la marée soit basse. Marc me parle de Yellowsands (les sables jaunes), le camping avec des réverbères allumés que l'on aperçoit de l'autre côté de la Kwelerha. Il me conseille de prendre la dernière entrée sur la plage, d'y prendre une douche chaude et m'y installer pour dormir. "En Afrique du Sud, tu t'autorises et demandes ensuite la permission" ou bien "Tu dors et tu t'excuses !". Je ne vois pas passer le temps et m'étonne qu'il soit déjà 21h30 quand je me prépare à mettre les pieds dans l'eau. Marc qui a vécu quatre ans là où est garée sa Land-rover connait bien sa rivière. Il me dit qu'il y a un trou creusé par le courant près des rochers à l'endroit où l'on met le pied dans l'eau et que le fond sablonneux remonte avec un niveau d'eau jusqu'à la taille. La première étape est profonde et l'eau monte jusqu'à la poitrine, le courant faisant chavirer le corps insuffisamment chevillé au sol. J'hésite à passer sur l'autre bord. Avec la pleine lune, l'amplitude des marées et les courants sont plus forts. L'eau reflue avec une force difficile à imagine. Lorsque le nageur est pris dans le bouillon, il est souvent trop tard et impossible de s'en sortir. Je me laisse chavirer par le courant puissant qui refoule l'eau et m'accroche des deux mains aux rochers sur la rive que j'ai du mal à quitter. Je me heurte les deux tibias sur la pierre et me blesse légèrement m'égratignant et saignant sur cinq centimètres. Marc se dénude et se jette à l'eau. Il est ivre d'avoir bu et trop fumé. Il veut que je lui confie mon sac à dos mais il n'en est pas question. Je préfère assumer la responsabilité de tomber à l'eau avec. Sous la pression de mes deux amis de boisson qui m'incitent à y aller, je prends mon temps et me concentre le mouvement des vagues plus ou moins fortes selon le tempo. Ils ont beau crier pour me pousser à l'eau, je reste maitre de ma traversée et passe tranquillement sans souci majeur au moment où je le juge opportun. Mon passage coïncide avec l'heure de la marée basse. J'ai déjà filé sur une bonne centaine de mètres quand je me rends compte que j'ai oublié ma bouteille de thé. Je me retourne et devinez qui vois-je apparaitre courant comme un grand baudet ? Marc tout nu, m'apporte mon container et me le remet avant de s'effacer de nouveau dans la nuit.

La pluie est de la partie et il commence à bruiner. Ma marche sous la pleine lune s'annonce mal. Je me réfugie dans la buanderie du camping dont j'ai repoussé la porte, me nettoie les tibias en sang et les pieds ensablés. Une ombre se profile derrière le mur, le gardien sans doute armé. Je préfère prendre les devants et l'interpeller de vive voix. "N'ayez pas peur ! Poussez la porte. Je me lave et me rechausse". Le gars encouragé, sans être ni méfiant, ni sur ses gardes, reste planté devant l'entrée que j'entrouvre complètement. Vêtu d'une combinaison noire à la Ninja, il est effectivement armé d'un fusil à air comprimé dont la raison d'être est de blesser et ne pas tuer les maraudeurs. Il souffle et me propose de monter au logement du directeur pour lui demander si je peux passer la nuit sur les lieux. Il est tard et le gardien préfère l'appeler par téléphone interposé plutôt que frapper à sa porte quand nous atteignons son chez-lui. Il est de sortie à East London et lui accorde l'autorisation de me conduire dans la salle TV où je peux m'allonger à même le sol. Il n'y a pas de petit écran mais l'immense pièce vide me protège du mauvais temps. Bien que ce soit la pleine lune, je trouve le sommeil sans problème après avoir grignoté une pomme.

Je lève le camp très tôt bien que je perde une demi heure, la conscience embrouillée dans d'obscures considérations. Je veux aller loin aujourd'hui et mettre le paquet autant d'heures qu'il le faudra pour atteindre les limites du Transkei, la Grande rivière Kei dont le dernier ferry est à 17h00 ou 18h00. Je décolle le ventre vide avec un fond de thé préparé la veille, le minimum de carburant sans lequel je ne peux pas avancer décemment. Je suis le sentier des marcheurs de la plage ("strandloper hiking trail"
http://strandlopertrail.tripod.com ) marqué par une trace d'empreinte jaune d'une chaussure à la pointure de petite taille et qui porte le nom d'une tribu khoisan de la côte qui disparut en tant que peuple à l'arrivée des colons blancs. Il est évident qu'une petite marque minimise l'impact sur l'environnement et économise la quantité de solvant nécessaire au marquage. Les empreintes à la verticale peuvent être peintes sur une planche de la même taille et clouées sur un poteau ensablé ou enterré alors que d'autres à l'horizontale sont moins visibles car elles ont été dessinées à même la roche ou le sol. Je trouve un côté assez sympathique et jeu de piste à ce sentier dont j'aime entrevoir les petits souliers de Cendrillon qui me donnent l'impression de cheminer derrière le "dernier des Khoisan" qui vient de passer et m'ouvrir la voie.

A Glengariff, je demande de l'eau chaude pour un café et m'assois pendant une heure et demi à la terrasse d'une résidence secondaire avec une famille de Port Elizabeth dont les parents habiteront leur maison dès qu'ils seront à la retraite en 2011. La discussion va bon train. Je quitte avec l'impression d'avoir laisser le temps filer. Je dois faire face au vent et le soleil est de la partie. Les longues plages de sable se succèdent avec Glen Muir pour commencer jusqu'à Cintsa East (atteinte à 10h00) qui marque la fin d'une côté habitée et fréquentée par les estivants et les habitants d'East London, distante de 38 kilomètres.

Je remarque toutefois deux magnifiques et larges vallées verdoyantes sans habitations notoires, s'ouvrant sur l'océan, une lagune en arrière-plan à peine visible depuis le rivage si je ne remonte pas la plage dont l'eau à marée descendante se retire. Elles me donnent presque envie de remonter et d'aller voir ce qu'il y a à l'intérieur des terres. Une troisième ouverture béante se situe un peu avant le cap Henderson qui compte pour les "marcheurs de la plage", un lieu d'hébergement inaccessible car bouclé au cadenas. Je goute l'eau de pluie des réservoirs. Je trouve ridicule de ne pas laisser ouverts ces gîtes dont l'utilité est la raison d'être et la fonction première. Je suis et me sens de nouveau sur la "côte sauvage" tellement je suis dans l'isolement jusqu'à la baie de Morgan (Morgan Bay).

A 11h55, je croise deux couples, une génération d'écart, "marcheurs de la plage" à la carte qui viennent de Haga Haga distant de 5 km où ils ont passé la nuit. Leur étape d'hier qu'ils évaluent à une douzaine de kilomètres les a conduit depuis Morgan Bay jusqu'à Haga Haga et la précédente d'où ils ont démarré de Wavecrest jusqu'à Morgan Bay avec 12 km supplémentaires. Est-ce dire qu'il me reste 5 ou 6 heures pour marcher (12 + 12 + 5 =) 29 km et attraper le dernier ferry ? Difficile pari à tenir.

Je nage un peu dans le flou en ce qui concerne les distances relatives à mes repères. J'estime avoir à marcher une quarantaine de kilomètres jusqu'à la Grande Kei. Après le bac, si je le passe en temps voulu j'aviserai. Sur la plage avant d'atteindre le complexe hôtelier de luxe de Pullen's bay, un couple de baba cool remplissent des sacs plastiques de coquillages triés pour en faire des mobiles. Dans la baie, une jolie blonde allongée sur le sable doux et brûlant lit et se laisse rôtir sur la plage tandis qu'un gars fait des ronds dans l'eau histoire de retenir son attention et tenter de l'approcher. Deux acteurs d'une pièce dont je ne verrais pas la fin.

Vers 13h15, je décide de couper la journée et tombe sur Sherley, un seau d'eau de mer et deux filets de moules à la main, qui rentre à la maison que sa famille nombreuse a louée pour la semaine. Elle est femme d'agriculteur, principalement de l'élevage avec plusieurs milliers de tête de bœufs et de moutons et vit à Stutterheim fondée par un allemand. Les deux litres de Ceylan que je prépare me donnent l'impression de découvrir un excellent breuvage digne des Dieux. En trois quart d'heure je me refais une santé avant de quitter dare-dare sans être certain de pouvoir atteindre mon but. Sherley quant à elle pense que je peux arriver à accrocher le dernier ferry mais je n'en suis pas si sûr. Il me reste deux bonnes heures de marche et la litanie de plages qu'elle énumère les unes après les autres m'apparait longue comme si je comptais entre les doigts les billes d'un collier ou les grains d'un chapelet.

Je ramasse pas mal de beaux coquillages et des abalones de plus en plus nombreuses avec de beaux reflets nacrés qui peuvent être offertes en guise cendrier. Je m'étonne de la quantité et en fais part à Sherley qui parle d'abus de la part des pêcheurs. La pêche sur la côte, y compris à la ligne, est interdite théoriquement. Aucun chalutier à l'horizon excepté les Chinois qui ratissent l'océan avec des filets. La viande des abalones, dotées de propriétés aphrodisiaques, est exportée vers l'Asie et représente des sommes importantes qui suscitent l'avidité. Je comprends la raison de cette multitude lorsque j'apprends qu'il y a une ferme d'abalones à proximité, celle-ci pouvant expliquer leur présence sur la plage. Elles disparaitront du paysage lorsque je dépasserai l'endroit supposé où elles sont élevées et cultivées.

A Marshstrand au nom prédisposé, la plage du marécage, les rochers ont été tellement polis et érodés par les éléments naturels qu'ils en sont devenus plats et forment un immense damier, un plateau de dalles de pierre accolées les unes aux autres comme si je foulais les ruines d'un ancien palais romain dont les colonnes auraient été renversées par un tsunami et seraient tombées à l'eau. Le Santu Spiritu battant pavillon portugais a donné son nom à la prochaine plage, celle des perles qu'il avait en soute lorsqu'il s'est échoué en 1608. L'océan en rejette parfois et certains les collectionne. Elles servaient de monnaie d'échange à l'époque. Il suffit de partir des pavés de la salle de bain romaine, traverser quelques siècles et se pencher pour les ramasser avant de continuer sur un plateau tout en alvéoles et concavités où chacune des pierres en cours d'érosion en est au stade de piscine miniature pour des elfes en repos au sortir de l'océan et transitant vers l'élément Terre.

Je fais toujours la lecture des plaques commémoratives des bancs, pas ceux qui annoncent le mariage mais celles dédiées au souvenir de ceux qui ont vécu et quitté les plages que je traverse. L'un d'eux me laisse songeur : "à la mémoire de Viv Hand (1909 - 28/09/2009) qui a aimé cet endroit et y a pêché pendant 60 ans". Le lieu de repos fait face à des rochers dans un cadre naturel dépouillé et réduit à son strict minimum, l'eau et le minéral. Les passages à flanc de colline et coupés d'épisodes avec des à-pics surplombant l'océan déchainé, de falaises entre lesquelles il faut louvoyer pour les dépasser donnent un caractère exceptionnel dans un cadre naturel impressionnant sauvage et rugueux à la bande du littoral avant d'atteindre Morgan Bay. Une petite crique donnant sur une plateforme herbeuse entretenue, sorte de parking aménagé en zone récréative et aire de repos avec toilettes et douches, permet le séjour à la journée. Je saute la butte d'où j'ai la vision d'une petite bourgade de gents puants bien propres et riches où tout est tracé et délimité au cordeau. Je ne m'y trompe pas. Je demande à un couple où se trouve le ferry. Ils feignent de ne pas savoir pour mieux m'ignorer. Il y a décidément des claques qui se perdent.

Qui peut alors mieux me renseigner qu'un agent de la police dont j'arrête le véhicule et me dit de monter. Je me retrouve ainsi enfermé dans la camionnette-fourgon qui fonce. Et si elle se renversait, j'aurais l'air malin à ne pas pouvoir m'extraire de ma cellule. L'agent s'arrête d'ailleurs quelques minutes et pendant qu'il fait sa course, j'ai beau récriminer, rien n'y fait. Je suis dans le panier à salade sans aération à transpirer comme vache qui pisse. Quand il roule, un ventilateur donne de l'air frais et me caresse le visage. Mieux vaut être seul passager à bord plutôt que dans un panier de crabe. Le conducteur dépose au passage le jeune qui m'a enfermé et continue sa course folle vers le débarcadère où il arrivant en klaxonnant, ce qui permet de retenir le ferry qui vient de quitter le quai. Il me libère et je saute sur la plateforme métallique sous l'air ébahi et ahuri des six piétons présents. Il est 17h37 et pari gagné, j'attrape le dernier bac.

Hip Hip Hourra ! Retour au Transkei. Je voulais absolument passer cette frontière pour me retrouver dans la zone de non-lieu. Quand nous abordons, un pick-up rutilant attend pour embarquer et rentrer à la maison. Un jeune en VTT arrive trop tard pour l'attraper et devra passer la nuit dans le village derrière la colline. Autant Morgan Bay est peuplé et habité de maisons blanches concentrées autour d'une plage de sable d'or fin, autant côté Transkei, le sable noir abonde et la pauvreté domine. Rien ne retient l'œil à part une zone de marécages asséchée parsemée de souches de bois mort au-delà de laquelle une barrière de buissons et d'épineux cache un cordon dunaire sur lequel folâtrent des légions d'oiseaux. J'ai quitté la piste carrossable vers le village, traversé la zone aride et me suis rapproché du littoral de sable noir grossier et meuble. Il ne crisse pas sous la semelle. Je dois remonter dans les terres pour accéder à une petit plage. Dans une herbage, je surprends au bout d'une piste avant de traverser le fourré pour y avoir accès, un véhicule collectif avec deux trios, chacun composé de deux males éméchés, bouteilles de bière en main, tripotant une jeune fille dont l'une cache un portefeuille à mon approche. Tout ce petit monde surpris ne prétexte pas lorsque je disparais à la nuit tombée dans le lit de la rivière Gxara où j'en profite pour procéder un bon décrassage.

Je persévère en totale liberté cheminant le long du littoral désespéramment seul, ce qui me convient très bien. Je n'en attends pas moins que la lune se joigne à moi pour m'éclairer et me montrer le chemin. Je n'ai pas pu marcher et m'avancer hier soir à cause de la pluie, ce qui m'a obligé à pousser et dépasser mes limites aujourd'hui confronté au vent. Ce n'est que partie remise. Je vais aller loin, ce soir.

Je dépasse une carcasse de bateau échoué, véritable squelette rouillé de baleine dont les côtes nettoyées de leurs chaires tels des pieux acérés pointent vers le ciel. J'en fais le tour et la traverse la cage thoracique sans rencontrer Judas.

Il n'y a pas trace de présence de Dieu, ni aucun humain dans le coin. Mes yeux et mes sens me guident. Mes pieds devinent le chemin. Je dois sortir de la plage et remonter à flanc de colline plusieurs fois car d'impressionnantes failles s'ouvrent devant moi à la clarté de la lune. Je contourne les brèches et finis par monter une dune pour accéder à un ensemble de résidences dont deux sont allumées et l'une d'elles occupée par deux hommes et une femme fluette à table autour d'un verre de vin. Je me présente et veux obtenir des infos concernant la prochaine rivière.

J'ai du mal à réaliser que l'endroit qui s'appelle "Trennery's hotel et Seagull's beach" (la plage des cormorans) est distant de 17 km de la Grande Kei ajoutés aux 56 km du sentier répertorié des "marcheurs de la plage" qui relie Gonubie à la Grande Kei, cela donne un maximum de 73 km (moins les trois effectués avec la voiture de police) à mon compteur aujourd'hui. Il me reste 8 km à parcourir dont trois jusqu'à la rivière Kobonqaba (il faut claquer la langue pour le prononcer correctement) et atteindre le complexe hôtelier de Wavecrest où je compte passer la nuit.

L'un des deux hommes m'offre un verre de Shiraz. Il me déconseille d'aller plus loin et s'étonne que je marche de nuit. Je leur en explique la raison, les rivières à passer à marée basse (22h21) qui conditionne mon avancée et la clarté de la pleine lune qui permet une vision différente des plages. A les écouter, ils ont les chocottes et ne bougeraient plus or je veux continuer sous peine de me retrouver bloquer une douzaine d'heures devant la Kobonqaba, ce qui est naturellement le moindre de leur souci. Leur partenaire très sympathique et accueillante contraste avec l'arrivée inopinée d'une force de la nature apparue comme un grain de sable dans l'engrenage qui va faire déraper le processus harmonieux mis en place entre les acteurs. Elle se sert du prétexte qu'il y a deux femmes dans la maison pour se sentir en insécurité devant un étranger et me demande si je veux passer la nuit d'aller frapper à la maison voisine où séjournent des pêcheurs, trois garçons forts et vigoureux. Je n'ai pas soulevé la question de mon hébergement puisque je veux continuer quoiqu'en pensent mes deux froussards qui n'objectent même pas un mot à la remarque insultante de la mégère. Son mari s'est fait tirer dessus il y a un an et demi. Je leur dis qu'avec la méditation, il y a longtemps que j'ai renoncé aux relations sexuelles avec les femmes (ou les hommes). Je n'hésite pas à lui dire qu'elle ne devrait pas agir ainsi et qu'elle fait preuve de rudesse vis-à-vis d'un "invité". Elle ne me donnerait pas envie de la toucher même si elle se déshabillait ou initiait un strip-tease. J'espère seulement, ce dont je doute, que son mari l'honore encore régulièrement car elle représente à mes yeux une montagne de chaires insurmontable à passer, une matrone infâme digne d'être élevée au rang de sorcière blanche du Transkei. Elle quitte la table emmenant dans son sillage la jeune belette. Je ne la reverrais pas.

Je prends un moment pour apprécier et finir mon verre de rouge. Je demande à mes deux hôtes: "Pourquoi viennent-ils séjourner trois semaines dans le Transkei s'ils ont peur et s'y sentent en insécurité ? ". Quand je sors et prends un moment pour aller voir si les gars d'à côté sont rentrés, à mon retour, je me retrouve le nez collé à la vitre de la porte-fenêtre fermée, le rideau tiré. Ils m'ont dit un peu tard que le trio s'était rendu à la rivière et disposait d'un bateau. J'espère les y trouver en continuant la piste, au moins les croiser s'ils sont sur le retour. Je presse la pas et tombe dessus alors qu'ils viennent de quitter. Je peux effectivement dormir chez eux mais je ne suis pas intéressé. Je veux poursuivre et je dois les convaincre de me montrer l'endroit où traverser sans risques car il est hors de question qu'ils remettent à l'eau le hors-bord rangé à l'arrière du pick-up.

Nous laissons le véhicule sur les hauteurs et deux gars m'accompagnent jusqu'au bord de l'eau. Ils me demandent s'ils peuvent prier pour mon salut. Au point où j'en suis, deux minutes de plus ou de moins, ce n'est pas ce qui va faire la différence. J'accepte. Chacun, une main sur une épaule - je suis habillé d'un T-shirt aux manches courtes mais sans slip de bain - ils demandent à l'être suprême de m'accorder sa bienveillance jusqu'à la fin de mon voyage. Si Dieu me voyait aussi court vêtu, ils me vouerait aux gémonies et m'enverrait au bouillon à défaut du feu éternel.

Je passe la Kobonqaba en trois temps, trois mouvements dont deux aller-retour avec, à chaque fois, un sac. Je les remercie de l'autre côté de m'avoir assisté et d'avoir attendu que je sois sain et sauf sur l'autre rive. Je poursuis au clair de lune sachant que j'en ai fini avec les traversées impératives pour aujourd'hui. Jésus n'a plus besoin de m'aider à marcher sur les Eaux. Le complexe de Wavecrest dispose d'une flottille pour ses clients voulant passer la rivière Nxaxo.

Je rencontre une épave de voilier et lis sur la bat-flanc : "Den Haag Holland". La côte est moins belle et moins riche en diversité, des rubans de roches noires divisent des encartés ensablés bordés par cette ligne verte de taillis infranchissables derrière lequel les pâturages d'herbe remontent en pente douce vers des collines et des vallons distants de plusieurs centaines de mètres. Peu avant minuit, la tour de contrôle de l'aérodrome en veille grâce à l'énergie solaire retient mon attention. Je m'y dirige et saute l'enclos du complexe où abondent de charmants bungalows à toit de chaume apparemment très confortables et cossus à l'intérieur. De la terrasse en bois du restaurant de cet élégant complexe, La vue sur les dunes à l'embouchure de la rivière Nxaxo est superbe sous la lune. J'en fais le tour avant de m'asseoir dans l'herbe devant une chambre meublée dont la porte n'est pas fermée à clef. Je suis éreinté après un parcours de 81 kilomètres effectué en seize heures. Les cartes me servent de références pour établir le kilométrage et la distance parcourue. Mes jambes sont fatiguées. Après une demi heure d'attente pendant laquelle j'appelle et je chante pour attirer l'attention, je m'enferme dans la chambre meublée et m'allonge sur le canapé. Il n'y a pas longtemps que je suis allongé quand le propriétaire des lieux frappe à la porte. Je lui parle tout en tournant la clef dans la serrure et lui explique mon histoire. Patrick, chef-cuistot, ne voit pas d'objection à ce que je surfe son canapé en toute légalité.

Quatre heures suffisent à régénérer les batteries avant de repartir chargé d'un saladier de porridge, des flocons d'avoine auxquels j'ai ajouté les biscuits salés cassés (genre TUC) des clients de l'hôtel et deux bananes noires coupées en petites rondelles. Je fais le plein de carburant et répartis mon énergie de façon équilibrée dans tout le corps avant de passer la Nxaxo en barque vers 8h30. Je suis réveillé depuis 5h30. Si je n'avais pas traversé la Kobonqaba hier soir, je serais en train d'attendre là-bas la marée de 10h40.

Après une marche d'une heure sur la plage dégagée dans la continuité des paysages entrevus la veille, les buissons ayant été gommés, j'atteins une résidence isolée avec trois motos garées à l'extérieur. Avec un fond de lait aigre, je me prépare un café viennois avant de continuer vers la baie de Mazeppa atteinte vers 13h00. Une passerelle relie une petite île au continent. Malgré la chaleur, je me dois de la visiter avant que l'eau ne remonte et y rencontre un Sud-Africain et deux Slovaques dont l'un est amateur de pêche. Des vagues puissantes viennent s'écraser sur la roche dont la forme évoque une langue énorme. Tout autour, à la ponte de l'îlot, le même scénario génère des gerbes d'écumes blanches et impressionnantes comme si les rochers étaient passés au détergent. Attention à ne pas glisser de la roche et se faire embarquer dans le tambour de la machine à laver, le grand tourbillon de la vie et de la mort qui vous fait vivre des sensations et voir des étoiles dans la cinquième dimension. L'océan déchainé a besoin d'offrandes. Les Dieux aiment se faire plaisir et laper sur la roche mouillée une jambe perdue qui en entraine une autre à l'eau. Les requins dont le coin est infesté en font leur amuse-gueule.

Parmi les cinq pêcheurs à la ligne tombés à l'eau en 2009, deux seulement sont revenus et ont été sauvés. L'un d'eux a été jeté par la violence des vagues et eu le corps fracassé contre la paroi. Les témoins horrifiés ont essayé de l'harponner avec leur hameçons et accrocher ses vêtements pour le remonter mais l'opération s'est révélée impossible. Des histoires incroyables de pêcheurs encore avec le Slovaque qui, avant-hier ayant attraper un petit requin de 60 kg en bout de ligne, en a vu surgir un de 200 kg qui a avalé, gobé et dévoré le premier. Nannie et Martie dans leur résidence, originaires de Stutterheim, me confirme le cas d'un requin qu'ils ont vu emporter par la jambe un gamin qui n'est jamais réapparu. J'ai besoin d'eau chaude et utilise le micro-ondes pour réchauffer du riz précuit. Je me prépare une salade de tomates, d'oignons avec un champignon ramassé sur le chemin qu'ils jugent correct. J'en ai goûté un morceau il y a un moment pour être certain qu'il ne soit pas vénéneux. Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et huit heures après l'ingestion. Je déjeune comme un chef et le roi repu repart à 16h00 exactes le ventre ballonné d'avoir trop festoyé. Il lui faut absolument attraper en 40 minutes la navette de l'hôtel familial Kob Inn pour passer la rivière Qhorha aux eaux trop profondes. Je me donne une heure d'avance et parviens juste à temps pour héler le rameur qui vient me chercher en canoë.

A notre retour, nous le sortons de l'eau et je l'aide à le rentrer. Il ferme la porte du garage dans lequel sont entreposés de nombreuses embarcations. Il est 17h00. Sa journée est finie et il rentre à la maison accompagné de son fils. C'était la dernière, la prochaine demain matin à 8h00. J'ai de la chance d'avoir pu traverser. Il suffisait de dix minutes de battement et je me retrouvais tout penaud sur l'autre rive qui n'offre rien pour s'abriter. Je ressens la fatigue de la marche de la veille et m'étale dans l'herbe à côté des deux dernières résidences avec vue sur l'océan Indien. Je suis surpris quand je découvre à mes pieds la rivière Jujura dont je ne connaissais pas l'existence. La marée haute était à 16h50 et commence à redescendre pour être basse à 22h57. Le cours en amont encaissé dans des gorges n'offre aucune possibilité de passer d'une rive à l'autre. Devant l'étendue de la lagune, je choisis de me reposer et somnole avant de me dire qu'il faut peut-être que j'agisse avant la nuit. Je dois la sonder et la considérer comme une traversée ordinaire qui ne doit pas poser de difficultés. La pluie menace. Je m'aventure pour chercher les fonds sablonneux les plus fermes. La traversée sans être facile n'est pas dangereuse et je m'en sors rapidement avant de poursuivre à la nuit tombante. Le ciel s'assombrit à l'horizon et la lune joue à cache-cache derrière un épais rideau de nuages obscurs qui ne présagent rien de positif. Elle est en fait retenue prisonnière et empêchée de luire. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand, à des intervalles d'une heure de marche, je fais face successivement à la Ngadla puis la Shixini sur lesquelles je ne comptais pas. Elles sont larges, de l'eau jusqu'à la taille et le courant est fort pour la seconde avec un niveau d'eau un peu plus bas du à l'heure avancée. Je poursuis avec un ciel dégagé au-dessus de ma tête et la lune qui sort de sa gangue. Je suis satisfait de les passer ce soir et de ne pas être retenu par elles demain matin si j'étais resté à Kob Inn.

Je veux arriver ce soir vers 23h00 à la rivière Nqabarha et passer sur l'autre bord. Je patauge dans la Kwagogo, de l'eau jusqu'à mi jambe. Les étoiles apparaissent avec le ciel s'éclaircissant. Une lumière attire mon regard à l'horizon et guide mes pas tandis que quand je me retourne, je distingue clairement le halo du phare de Mazeppa qui émettait jusqu'alors une lueur diffuse. Je pousse en direction de cette étoile du berger qui m'apparait lointaine. Elle est mon but à atteindre et ma raison de vivre le moment présent. Après une longue marche exténuante dans le sable tassé par la marée descendante, je saisis deux corps humains accroupis puis alternant avec la position debout, la ligne à la main. Je marque une pause et les observe. M'ont-ils vu ? Ont-ils peur ? Je vais au devant d'eux et trouve deux jeunes Xhosa sur le retour. Je les aborde et leur demande si la Nqabarha est encore loin et s'ils ont connaissance d'une possibilité d'hébergement en leur indiquant la petite lumière qui m'a guidée et vient de s'éteindre il y a dix minutes. Je la situe de l'autre côté de la baie que je confonds avec la bouche de la rivière. Ils hésitent et finalement m'accompagnent vers le lit du cours d'eau. En marchant, ils me pointent du doigt un crabe d'une belle taille que je bute du pied. Les pinces désarticulées, je le fourre dans un containeur avant de continuer jusqu'à la Nqabarha où ils m'indiquent l'endroit relativement tumultueux où traverser. Les garages de l'autre côté sont cadenassés et pas de gardien à l'horizon. Une piste de pierres difficilement carrossable remonte jusqu'à la pointe surplombant l'océan, le promontoire servant d'aire de camping selon ce que m'en disent mes guides.

Je sonde le niveau d'eau où je n'ai plus pied bien que ce soit la marée basse (22h57). Je suis embarrassé avec ces deux gars qui attendent que je tente le passage. Si je suis sur l'autre bord, ils peuvent récupérer mon sac et partir avec, le vider en partie et emmener ce que bon leur semble. Je n'aurais pas le temps de retraverser et les rattraper. Je décide de m'adosser, la tête sur le sac et leur faire comprendre que j'attends qu'il y ait moins d'eau même si je sais que je suis probablement dans l'heure d'étal et que le niveau ne baissera pas beaucoup. Ils parlent entre eux, finissent par se lasser et rentrer chez eux. Je n'attends pas assez longtemps avant de goûter à l'eau, perdre pied et me laisser emporter par le courant qui me dépose sur l'autre bord. Mes sacs sont d'un côté inaccessible et je suis sur l'autre bord. Si les gars m'ont entendu barboter, traverser la Nqabarha et reprendre pied sur l'autre bord, ils peuvent venir se servir.

Une inspection rapide des lieux et un tour des garages me convainc que je ne vais pas pouvoir trouver rien, ni personne pour m'aider. Je ne peux pas refaire deux traversées dans un temps minimum et passer sans mouiller mes deux sacs que je vois d'ailleurs impuissant prendre l'eau. Il doit être plus tard que je ne le pense et l'eau remonte. La seule solution, aller au camping et demander de l'aide. Nu-pieds, cul nul, je monte le raidillon en partie bétonné pour que les roues puissent mieux accrocher et parviens à deux rondavels surveillées par des chiens. Je crie "à l'aide". Une femme, la cinquantaine apparait. Je lui demande l'heure. Il est 23h32 et la marée est montante. Elle réveille Dave, un Afrikaner, la cinquantaine qui vit depuis 14 ans dans le coin et connait la Naqbarha. Il descend avec sa Land-Rover tandis que je pars devant avec les trois chiens qui se jettent avec délectation dans la rivière et y nagent merveilleusement. Dave, de grande taille, sait où traverser, de l'eau jusqu'aux épaules avant de repasser avec mon sac sur la tête. L'eau ne les a pas atteint. Je ne peux qu'acquiescer à sa demande et le suis avec le second sac à bout de bras. Je réussis à traverser la Nqabarha sans le mouiller. Il était temps que mes affaires me reviennent. Je rentre côté passager, une sangle accrochée au volant du véhicule retenant la porte qui bat en éventail et donne de l'air, un système d'aération auquel il fallait penser. Dave me propose de prendre un bain. Tous les soirs, il chauffe au feu un bidon d'eau couché de 220 litres. Un robinet lui permet de tirer de l'eau chaude à souhait et la mitiger avec de l'eau froide dans un baquet métallique qui lui sert de baignoire. Après maints hésitations parce que je viens de passer un cours d'eau, je le remercie infiniment tant mes sens apprécient l'eau chaude et mon corps, la douche, m'aspergeant de gobelets d'eau et procédant à un nettoyage profond des pores de l'épiderme.

J'en ai presque oublié le crabe. Si je n'avais pas eu besoin de mon récipient pour m'arroser, il serait resté dans son trou. Après la douceur du corps, je le fais bouillir un quart d'heure avant de commencer à l'éplucher tandis que Dave boit un café. Il travaillait sur une idée de projet du ministère de l'agriculture concernant la plantation de pommes de terre et intéressant 3000 paysans. Le projet avorté n'a pas reçu les fonds nécessaires pour des investissements à long-terme et attend qu'il soit débloqué. Il se qualifie de solitaire et ne s'entend pas du tout avec sa collègue qu'il qualifie de "menteuse impulsive". Il a obtenu après des entrevues à Umtata et l'autorisation du chef de la communauté locale de pouvoir habiter cet ancien camping et rénover les rondavels. Je continue à sucer le crabe sans en laisser une miette. Un seul suffit. J'ai l'impression d'être à une table d'un cinq étoiles et goûter le meilleur crustacé du monde tant la chair est blanche et fraiche. Il me tient éveillé jusqu'à 2h00 du matin alors que je suis épuisé. Je surfe une fois de plus le canapé dans la rondavel qui sert de cuisine. Même s'il n'est pas à ma taille, je m'endors profondément pour me réveiller vers 5h00.

Seul, je me prépare le café soluble que m'a offert Dave la veille et que j'ai naturellement refusé car il était trop tard pour que je puisse trouver sommeil ou trop tôt puisque minuit était déjà passé. Il arrive un peu plus tard et me rattrape car il lui en faut trois pour se mettre à jour. Je lui propose du pain frit, une spécialité de Martie qu'il acceptera au prochain café préparé par la gérante du magasin situé sur la route qui mène à la réserve naturelle de Dwesa à l'entrée de laquelle il me fait déposer. Deux employées trop zélées me causent des soucis à la barrière. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'être rentré par la grande porte ? Je dois être accompagné. Elles essayent de téléphoner au responsable qu'elles ne peuvent pas joindre. Je leur suggère: "Vous ne m'avez pas vu, je ressors de la réserve et passe par la plage non grillagée" mais elles me tiennent. Elles finissent par me laisser rentrer. Je prétexte que je vais parler avec Ronnie, le ranger mais comme le sentier bifurque et part sur la plage pour rejoindre la rivière Mbashe, j'en profite pour m'éclipser quitte à me faire tirer les bretelles. Après plusieurs collines tombant à-pic dans l'eau, de débris de roches marquant la limite entre le végétal et la pierre, le panorama s'étend jusqu'à l'horizon, concentré à perte de vue sur deux baies en forme de croissants de sable blanc brûlants et cuisants sous les rayons du soleil. Il fait une chaleur torride. Je marche doucement et goûte la beauté de l'endroit. Je m'assois plusieurs fois notamment à une petite pointe, qui n'est pas sans me rappeler l'ilot de Mazeppa, entourée naturellement de rochers protecteurs brise-lame et surmontée d'une auréole d'herbe verte au centre de laquelle je m'assois et contemple le littoral. En repartant, je suis en train de longer la corne du croissant de sable de la dernière plage quand j'avise au loin un groupe. Je sens les difficultés s'annoncer avec mon refus d'être accompagné. S'ils viennent à ma rencontre, ils ont utilisé des moyens importants et déployé des effectifs importants. En avançant au-devant d'eux, je crois deviner deux uniformes verts, des rangers au milieu d'un groupuscule d'une petite dizaine de personnes. Je vais finir par les croiser, le fait est indéniable. Je peux les ignorer mais c'est mal me connaitre. Je plonge dans la marée humaine, des touristes en visite guidée accompagnés d'un ranger à qui je m'adresse. Ses réponses à propos du niveau d'eau de la Mbashe et de l'horaire des marées ne me satisfont pas. Il me fait remarquer que je devrais être accompagné. Je lui rétorque : "Si quelqu'un avait du me suivre depuis mon départ à Durban tout le long du littoral jusqu'à East London, il y a belle lurette que je l'aurais planté derrière moi. Bye Bye".

Je sais qu'ils se sont servis d'un bateau pour passer d'une réserve à l'autre, la réserve de Dwesa étant délimitée par la Mbashe au nord et la Nqabarha au sud. Elle a l'air en colère et pris la couleur des alluvions qu'elle charrie. Je l'ai vu de mon piton rocheux se déverser dans l'océan Indien avec la même intensité que la Grande Kei. Les eaux souillées de la rivière et celles de l'océan sont parallèles pendant plusieurs milles nautiques sans se mélanger. La différence de couleur notable entre les sillons est facile à observer. Avec les intempéries de la nuit et les éclairs aperçus à l'horizon, la Mbashe se jette dans l'océan chargée d'impuretés auxquelles je vais devoir faire face. Je m'y reprends à trois fois. Je tente le passage trop en amont et corrige le tir avec le sac en passant plus près de la bouche de la rivière. Lorsque je reviens, le sable se dérobe et je perds pied emporté par le courant. Je bois la tasse et finis par me rétablir après un faux-rebond, mes pieds retrouvant le fond du lit sablonneux. Je passe avec le sac-à-dos sans tomber malgré un puissant courant contre lequel je dois lutter avec mes cuisses. J'ai eu la chance de ne pas chuter au cours de ces deux traversées mais il s'en est fallu de peu.

De l'autre côté, dans la réserve naturelle de Cwebe, un bon point de chute avec des chalets "The Haven" à ne pas confondre avec "The Heaven" (le Paradis), une fausse perception qui illusionnerait et induirait en erreur Adam, le premier venu sur son l'origine du lieu. La réserve parait longue à traverser et je tarde à arriver à la der des der des rivières à passer absolument à marée basse (11h59) avant la dernière ligne droite jusqu'à Coffee Bay. Je souffle un quart d'heure à Breezy Point et bois un demi litre d'eau de pluie de récupération avant de passer un petit cours dont le niveau d'eau monte rapidement. Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de la rivière Xhora et je continue à vive allure sans ralentir le rythme. Je ne suis guère surpris après une heure supplémentaire de marche en contournant une langue de sable de découvrir la Xhora cachée derrière un monticule sur lequel ont été construit des résidence mitoyennes les unes aux autres. Je jette un coup d'œil là où elle rejoint l'océan. Bien qu'étroit, l'endroit est profond.

Je sollicite le couple d'afrikaner qui habite la propriété la plus proche. Celui-ci me confirme que j'arrive trop tard. Il dispose d'un quadricycle et d'un jet-ski qu'il n'est pas prêt à sortir pour m'aider mais n'a même pas une simple barque à m'offrir pour aller sur l'eau. Celles qui sont retournées sur l'herbe ont des trous. Je dois attendre 23h32. Dans le pire des cas, il n'y a qu'une seule marée basse demain à 11h55. Ils me laissent rentrer à l'intérieur de leur jardin et me permettent de me reposer sous la véranda pour l'après-midi. D'un belvédère dominant la lagune, ils m'expliquent qu'il est possible de traverser la Xhora en trois points différents. J'ai fourni un gros effort physique sans me nourrir. Je me rassasie et m'allonge sans oublier de sortir du sac le poisson reçu de Dave et le mettre à sécher.

Avec huit heures de sommeil durant les deux dernières nuits, je rattrape le temps perdu. A la nuit tombée, mes hôtes mettent à disposition une chambre. Vers 22h00, nous décidons d'un commun accord de repousser la traversée à demain midi pour cause de lune cachée. Il n'y a pas de visibilité. Je dors profondément jusqu'à 8h00 le lendemain. Je suis heureux que la dame me propose d'allumer un BBQ pour braiser mon poisson à l'odeur incommodante. Cela m'évite de le perdre. Je brunch et le consomme jusqu'à 10h45 en gardant la tête et la queue pour un peu plus tard. Je n'ai aucun mal à passer la lagune à gué et continuer jusqu'à Bulungula où j'y rencontre Roxane, française établie au Cap et représentante de Voyages Aventures en Afrique du Sud. Avec son père, elle établit des contacts et un itinéraire de marche. Je suis dos à la rivière du même nom et ne vois pas que le niveau d'eau monte. Quand je me retourne, je suis surpris de ne pas pouvoir la passer. J'attends la marée haute à 18h02 avant de redescendre. Une nuit dans une rondavel pour la forme et le souvenir d'une dernière nuit sur la côte sauvage avant de retrouver "Hole in the Wall" au lieu de "Hole in the Cliff" et Coffee Bay avec ses petits airs d'Etretat.

Ce périple de trois semaines représente une distance de presque 500 kilomètres parcourus à pied depuis Durban jusqu'à East London à travers le Transkei alors qu'il est de 670 kilomètres en empruntant la nationale 2 pour rejoindre les deux villes côtières. A la question récurrente : "Pourquoi à pied ?", il est facile de comprendre que les endroits sur la côte étant difficiles d'accès, il est plus facile de les relier un à un, les uns après les autres comme en tissant un long fil plutôt que d'y passer sa vie à decouvrir / connaitre en famille le plus souvent un endroit du littoral chaque année et recommencer un peu plus loin durant les prochaines vacances scolaires l'année suivante.
Faire un tour du monde à vélo avec un réchaud à cartouche de gaz? English translation pending
by Rémy44 · 2010-02-02 · 42 replies
Bonjour à tous

En pleine préparation d'un tour du monde (Eurasie et Amériques...), je me pose la question du type de réchaud à emporter. J'ai largement fait le tour du sujet sur le forum et ailleurs pour choisir un réchaud à essence, puisque c'est ce type qui est largement recommandé dans le cas des longues expéditions. Mais plus ça va, plus je (re)considère l'éventualité de rester au gaz, auquel je suis bien habitué en cyclorandonnée française... Ma consommation : de quoi faire cuire du riz ou des pâtes 1 fois par jour pour 1 personne, ni plus, ni moins. Soit 10 à 15 min de chauffe par jour, tous les jours dans les pays qui coûtent cher, tous les 2, 3 ou même 4 jours dans les pays qui coûtent peu cher (Asie, Asie du SE et Amérique latine en ce qui me concerne)

Il me semble que tout le monde est d'accord pour dire que le gaz est très pratique d'utilisation. Ce qui, il me semble, empêche les voyageurs au long cours de l'utiliser sont les points suivants : - sensibilité des mélange de gaz au froid (à 0°, il faut faire un gros câlin à sa bombonne de gaz avant et pendant qu'elle fonctionne...) - cartouche intransportables en avion (sauf à frauder, ce qui est évidemment très déconseillé !) - cartouches difficilement trouvables dans certaines régions du monde, ou au moins pas celles adaptable à son type de réchaud...

Inconvénients auxquels je répondrai dans l'ordre et en ce qui concerne mon projet : - j'ai bien l'intention d'évité les températures proches de 0°... donc si cela arrive, ce sera l'exception. - je ne compte pas emprunter de transport aérien. - et quant à la disponibilité des cartouches, c'est la tout l'objet de ce message... 🙂

Je précise également qu'en ce qui me concerne, je n'exclue pas d'emporter un petit réchaud à alcool, en cas d'impossibilité durable de trouver du gaz...

Sachant qu'il existe maintenant des bruleurs qui acceptent tous les types de cartouche A VALVE (msr, primus, coleman, et même Camping gaz pour certains) et sachant qu'il existe également des adaptateur permettant d'utiliser des cartouches A PERCER.

Les questions pour lesquels je requiers votre grande expériences sont les suivantes :

- quelle autonomie avec une cartouche de 400g ? Certains disent 4H de chauffe (donc 20 utilisations environ), mais cela me paraît peu d'après mon expérience personnelle... D'autres disent 15g pour faire bouillir 1L d'eau, ce qui fait déjà 25 utilisations disons...

- où est-il selon vous impossible de trouver des cartouches ?

Selon mes premières recherches : certains en ont trouvé en Chine (mais ailleurs que Pékin et Shanghai ?), à Almaty (Kazakhstan), à Hanoï (Vietnam), à Bangkok (Thaïlande). Elle sont légions aux Etats-Unis. Elles semblent assez répandues en Amérique du sud...

Merci d'ajouter votre expérience, ça servira sans doute à d'autres ! 😉 (j'ai eu beau chercher, je n'est pas trouvé de "site magique" qui référence les différents endroits du monde où l'on trouve des cartouches de gaz et de quels types...)
Partir en Orissa/Madhya Pradesh ou Laos? English translation pending
by Rachel008 · 2010-01-27 · 16 replies
Bonjour,

J'hésite encore aujourd'hui entre partir en Orissa/ Madhya pradesh et au Laos région de Sam neua.... Je suis à la recherche de rencontres et nature authentique, peu touristique. J'aimerai rencontrer des tisserands et teinturiers d'Ikats, qui teignent encore aux végétaux... Merci à tous ceux qui connaissent déjà ces régions pour leurs précieux témoignages!!!
États-Unis: trois semaines entre Plaines et Rocheuses (Colorado, Wyoming, Dakota du Sud, Montana), 4ème partie English translation pending
by Xfg59 · 2010-01-10 · 12 replies
1ère partie ici : http://voyageforum.com/v.f?post=3084186;#3084186 2ème partie ici : http://voyageforum.com/v.f?post=3090622;#3090622 3ème partie ici : http://voyageforum.com/...ost=3102355;#3102355

J17. 16/07/09 : YELLOWSTONE (WY) : Mt Washburn. Aujourd'hui c'est LA journée rando à Yellowstone : nous avons prévu l'ascension du Mt Washburn, point culminant du parc, histoire de prendre de la hauteur et d'essayer de rencontrer des mouflons supposés vivre dans ce secteur, puis de terminer la journée à Norris Geyser Basin. Nous quittons la cabine avant 9h, avec l'intention de filer jusqu'au point de départ du sentier sur la Chiteenden Road, à mi-chemin entre Canyon et Roosevelt. Un Ranger au Visitor Center de Canyon Village nous avait conseillé ce chemin plutôt que celui partant du Dunraven Pass, car ce dernier était boueux et parfois encore enneigé en ce début d'été. Las, nous avons dû faire face aux aléas de la circulation à Yellowstone en traversant hayden valley : un troupeau de bisons avait décidé de stationner au milieu de la route, provoquant un immense bouchon... Nous avons quand même perdu une heure, mais pas notre bonne humeur ! Nous n'arrivons donc que vers 11h au parking mais tant pis, on est en vacances après tout, no stress !

Au programme, 10 km aller retour, avec un dénivelé de 425 m. Une ballade superbe, que nous avons faite à notre rythme, nous arrêtant au gré de nos envies (paysages, fleurs etc...) avec un pique nique sympa en cours de route. Un peu avant l'arrivée, les mouflons sont bien là, réunis autour d'une plaque de neige oubliée par l'hiver. Quelle joie pour tous de les voir de si près ! Au sommet, il y a une plate forme de surveillance pour les feux de forêts d'où la vue s'étant à 360° sur tout le parc et au delà (on voit les Tetons au sud). De là haut la dimension de la Caldeira de Yellowstone prend toute sa mesure : on se rend compte qu'on se trouve au milieu des Rocheuses, et qu'à nos pieds, sur des km2, il n'y a... pas de montagnes ! Juste cette immense cuvette boisée. Sur le chemin du retour, un homme nous avertit qu'un grizzly est tout proche du sentier un peu plus bas... Nous avons sorti tout notre répertoire de chansons enfantines afin d'être le moins discrets possibles ! Hitoire de na pas surprendre la petite bête, qui a dû nous entendre car nous n'en avons pas vu une oreille. Quant aux moustiques... Nous les avons enfin vaincus grâce à un répulsif "Deep Forest" acheté 2 jours avant dans la boutique de Canyon Village. Et il s'avèrera très utile et efficace encore les jours qui suivront !

Rentrés à la voiture vers 15h, nous redescendons jusqu'à canyon Village puis prenons la route vers Norris où nous ne ferons qu'un petit tour, une partie du groupe faisant la grève de la marche (on ne dénoncera personne) ! Retour à canyon village, dîner puis retour au Dunraven Pass pour un nouveau "safari" grizzly. Et nous avons été récompensés par 3 specimens !!

J18. 17/07/09 : YELLOWSTONE (WY) : West Thumb, Grant Village, Midway Geyser Basin. Après le checking-out rapide et avoir chargé la voiture, nous quittons définitivement notre cabine du Lake Hotel. Nous longeons les bords du lac vers le sud jusqu'à West Thumb ou nous passons une petite heure à cheminer sur les passerelles au milieu de jolies sources très chaudes d'un bleu limpide et de cônes de geysers, dont certains sont submergés par l'eau du lac. Les enfants effectuent les dernières activités de leur programme Junior Ranger dans le but d'aller obtenir leur diplôme dans la journée. Après la ballade, il est encore tôt, mais il y a un coin pique-nique pas désagréable près du parking, et nous cassons la croûte sur place. Ensuite direction Grant Village, où nous visitons l'intéressant Visitor Center consacré aux feux de forêts. A la fin, nous nous adressons à une adorable "mamie" ranger qui validera les activités junior ranger des enfants et procèdera à une remise de diplôme très officielle au micro, en rassemblant tout le public présent pour applaudir chaudement nos 2 petits français assidus ! Grand souvenir ! Nous partons passer l'après midi vers le bassin de geysers de Midway que nous n'avions pas eu le temps de faire plus tôt, principalement pour voir la source Grand Prismatic Spring. Celle-ci étant vraiment immense, la vue n'est pas extra quand on est juste au bord, surtout que la vapeur revenait toujours vers nous (pas suffisamment de vent) et masquer en grande partie la vue. Nous revenons donc sur nos pas en voiture et nous stationnons au parking de Fairy Falls Trails pour emprunter le sentier sur quelques centaines de mètres (infesté d'insectes agressifs que des promeneurs nous nommeront "dragonflies") avant de gravir la colline qui fait face à la source Grand Prismatic. Il n'y a pas vraiment de sentier, et il faut être vraiment bien chaussé, mais quelle vue !! Nous profitons du paysage un moment, puis reprenons la route vers old faithful où nous pensons refaire un petit tour sur la passerelle Geyser Hill Loop Trail que nous avions survolée la première fois. En plus, au retour nous auront la chance de voir sa majesté Old Faithful en éruption une nouvelle fois (sympa pour nos derniers moments dans le parc !). Après cela dîner au Snow Lodge vers 18h avant de prendre la route pour quitter le parc par le sud et rejoindre le parc de Grand Teton. La route est très belle et sauvage, et dévoile soudain la chaîne des Tetons et Jackson Lake splendides dans le soleil couchant...

Nous atteignons enfin notre logement, une cabine retenue au Colter Bay Village, rustique, confortable et spacieuse. Et quel cadre !! Au bord du Jackson Lake, face au Mt Moran et à ses glaciers.

J18. 17/07/09 : GRAND TETON N.P. (WY) Ce premier jour dans le parc est plutôt "cool" : pas de programme précis, juste les routes touristiques classiques et les arrêts point de vue. A Colter Bay nous visitons le Visitor Center dont l'exposition est centrée sur les arts indiens et où nous retirons les désormais traditionnels programmes Junior Ranger. Puis nous prenons la voiture pour visiter les environs. Nous commençons donc par rejoindre la Signal Moutain Road jusqu'au sommet, d'où la vue sur la vallée de Jackson et le sud de la chaîne des Tetons est très belle. Ensuite nous nous rendons au bord du très joli String Lake où nous faisons notre halte déjeûner (pique-nique). Après le repas, nous faisons la route qui longe le très photogénique Jenny Lake, blotti face aux montagne dans un cadre remarquable. Nous avons encore pas mal de temps, et rallions donc Teton Village, station de sports d'hiver de Jackson, où nous empruntons le téléphérique. Au sommet, belles balades avec vue sur la vallée et la chaîne des Teton. Nous dînons à Teton Village, où il y a peu de monde, dans un restaurant à l'ambiance tyrolienne amusante. En rentrant nous faisons un arrêt sur le célèbre point de vue Snake River Overlook, très fréquenté par les photographes. Puis nous remontons vers le nord jusqu'à Oxbow Bend, endroit où la rivière Snake fait un coude et où les élans ne sont, parait-il, pas rares... Nous attendrons un bon moment, verrons des castors, de nombreux oiseaux, pélicans, balbuzard et des milliers de moustiques (mais le spray Deep Forest était là pour nous défendre !) mais le soleil se couchera sans qu'un élan ait montré le bout de ses bois... Emerveillés par ce beau coucher de soleil mais un peu frustrés, nous rentrons coucher.

J19. 18/07/09 : GRAND TETON N.P. (WY) Ce matin, nous avons prévu une sortie en canoe sur Jackson Lake, et louons un kayak biplace et un canoe pour 2 heures à la marina de Colter Bay (à 200m de notre cabine), malgré le temps menaçant. Après une sortie du chenal de la marina que nous jugerons un peu périlleuse à cause des yachts qui passent à proximité créant de grosses vagues, nous atteignons une passe entre plusieurs îles sauvage. Quel bonheur, petits et grands prendront beaucoup de plaisir à naviguer au milieu de ces terres habitées seulement de nombreux oiseaux face à un des plus beaux panoramas qui soit. Même la pluie qui tombera quelques minutes ne gâchera pas notre plaisir... L'après midi, nous nous dirigeons vers Mormon Row, lieu de résidence d'une communauté mormone et où subsistent quelques constructions du début du XXe siècle. L'endroit est peu fréquenté (nous sommes seuls) et l'ensemble est très photogénique. Ensuite nous faisons un arrêt au moderne Visitor Center Craig Thomas à l'extrémité sud du parc. Nous finissons la journée à Jackson Hole, flanant devant les vitrines chics des galeries et boutiques d'antiquités. Rien de bon marché dans le coin... La place centrale est encadrée par 4 étonnantes arches formées avec les bois de cerfs ramassés dans les environs (et notamment au National Elk Refuge où ceux-ci passent l'hiver). Au sud de la ville il y a une piste de luge d'été ; les enfants insistent et nous allons nous renseigner. Nous nous étranglons devant le prix de la descente (15$ par personne !!) et renonçons... Nous réussissons, sur les conseils du Routard, à éviter les restos un peu trop touristiques à note goût du centre et dînons au Bubba's BBQue, cantine locale à l'excellent rapport qualité-prix : on y dîne sur des tables en alu des plats basiques américains, aux portions généreuses. Encore une fois, la viande est excellente. A recommander ! Sur la route du retour, nouvel arrêt à Oxbow Bend ; toujours pas d'élans...

J20. 19/07/09 : GRAND TETON N.P. (WY) C'est notre dernier jour à Grand Teton, et nous avons programmé une randonnée "classique" : la traversée en bateau du Jenny Lake, puis ascension du sentier jusqu'à Inspiration Point en passant par Hidden Falls, enfin retour à la voiture à pied en faisant le tour du lac. La traversée en bateau offre de jolis points de vue sur les sommets environnant. Nous attaquons ensuite la ballade, très fréquentée, jusqu'à Hidden Falls où la plupart des gens s'arrête. Nous continuons jusqu'à Inspiration Point par le sentier, creusé sur sa dernière portion à flance de rochers. Sur le côté, un wapiti se repose, indifférent à notre présence. Arrivés en haut, nous profitons de cette vue magnifique sur le lac et la vallée, et les pics enneigés derrière nous. Il est un peu tôt, mais nous ne résistons pas à l'envie de nous installer là pour pique-niquer, sur une plate-forme surplombant le lac, un peu en contrevas du chemin, seulement troublés par les écureuils curieux qui viennent voler nos miettes. Sur le chemin du retour, il y a très peu de monde (la plupart des promeneurs font l'aller et le retour en bateau apparemment) et nous pourrons observer une énorme marmotte dans les rochers. Au bord du lac, un serpent se faufilera entre les pieds de Hugo. Nous sommes tous pétrifiés (sauf Hugo qui réalisa un des sauts les plus spectaculaires de sa jeune vie !) dans un hurlement d'effroi général. Nous avons juste le temps de voir que le serpent a une proie dans la gueule (une grenouille ou quelquechose du genre) avant qu'il ne disparaisse entre les rochers. Belle frayeur ! Nous revenons au parking en faisant le tour du lac par le sud. Comme il n'est pas très tard et que le temps est superbe, nous avons envie de retourner faire du kayak à Colter Bay. Hélas à notre arrivée, vers 16h15, on nous explique que la marina ferme à 17h, et que les dernières locations partent à 16h. On a beau insister, rien n'y fait, et nous nous contenterons d'une marche à pied le long du rivage dans la presque'île qui ferme la baie au nord. Nous dînons sur place, au sympathique John Colter Café-Court qui sert des plats mexicains à des prix raisonnables. Avant de rentrer coucher, nous faisons une dernière tentative pour observer des élans, en vain.

J21. 20/07/09 : GRAND TETON N.P. (WY) - CHEYENNE (WY) Aujourd'hui, grosse journée de route à travers tout le Wyoming jusqu'à Cheyenne. Le matin, hésitant entre deux routes possibles, je demande conseil à la réception du village, sans résultat (les gens qui travaillent là sont des saisonniers, pas des locaux, et ne connaissent pas du tout cette route). Je me tourne alors vers d'autres vacanciers, immatriculés au Colorado, qui me renseigne bien volontiers. eux même prennent la même direction (ils retournent sur Denver) et nous conseillent de prendre plutôt la route qui passe plus au nord, par Dubois et Lander. Nous suivons donc leur conseil, et empruntons cette route, à travers une épaisse forêt d'abord jusqu'au col Togwotee Pass (2944m) qui franchit les Monts Absaroka pour redescendre sur le versant est des montagnes, plus aride. Il y a de gros travaux sur la route et nous prenons du retard, arrivant à Dubois à midi passé. Nous nous y arrêtons, pour le pique-nique... Impression de nulle part typique de cette Amérique profonde des petites villes isolées... La route jusqu'à Lander traverse ensuite une réserve indienne, au milieu de magnifiques paysages de semi-désert, ponctués ça et là de mobil-home rouillés et de carcasses de voitures désossés. Impression bizarre et malaise s'installent à la vue des conditions de vie de ces peuples aujourd'hui... Après Lander, encore et toujours du désert à perte de vue, peu de monde sur la route. Quel dépaysement ! Nous faisons une halte dans la sympathique ville de Laramie pour dîner, et arrivons à Cheyenne à la nuit tombée. Nous couchons au Sleep Inn & Suite, loin du centre ville. C'est la période du rodéo et, en réservant 6 mois à l'avance il a été difficile de trouver une chambre (et à quel prix : 200$ hors taxes, la nuit la plus chère du séjour !!)

J22. 21/07/09 : CHEYENNE (WY)-DENVER (CO) Fin juillet Cheyenne, petite capitale du Wyoming sort de sa torpeur pendant les Frontier Days, le plus grand rodéo en plein air des USA. Nous avons pris des billets pour une expérience inoubliable ! Le matin, nous assistons au show aérien des Thunderbirds, patrouille aérienne de l'US Air Force. Ensuite nous nous dirigeons vers Frontier Park où ont lieu les épreuves du rodéo. Nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre, mais passerons une après-midi géniale ! Nous devons être faciles à repérer comme touristes car nous sommes quasiment les seuls à ne porter ni jeans, ni bottes ni chapeaux (c'est l'uniforme des spectateurs, de 4 à 90 ans). Les compétiteurs viennent de tout l'ouest pour se mesurer. Nos voisins nous renseignent de bon coeur sur les règles des différentes épreuves; quelques cow-boys repartiront en boîtant, un cheval en ambulance (il parait que c'est exceptionnel), et nous avec des images plein la tête et l'impression d'avoir cotoyé d'un peu plus près cette culture de l'ouest américain. Un grand moment. Le soir, après nous être attardé dans les différents stands autour du parc, et un dernier steak bien juteux, nous reprenons la route pour Denver que nous rallions en environ 1h30. Nous avons réservé au Comfort Inn, très bien situé à Dowtown, et face du luxueux Brown Palace hotel et à deux pas de l'artère commerçante de 16th street Mall.

J23. 22/07/09 : DENVER (CO) Ce matin, dernier réveil sur le sol américain... Nous réorganisons les valises en vue du départ, préparons nos bagages à main pour l'avion, chargeons la voiture (qu'on laissera à l'hôtel pour la journée), et partons nous ballader dans Denver. Notre avion n'est qu'à 20h et nous avons donc du temps devant nous. Nous faisons un peu de shopping dans 16th Street Mall (surtout des vêtements pour les enfants), visitons à pied les "vieilles" rues de Larimer Square agréablement restaurées, poussons jusqu'au Coors Stadium (stade de base-ball). Nous déjeûnons au "MArket" sur Larimer Square, très sympa, bon marché, qui semble être la cantine de pas mal d'hommes d'affaires du coin. Plusieurs restos sous le mêmes toits, différentes cuisines, ca rapelle un peu le Farmers Market de LA en plus petit. Nous revenons vers l'hôtel, faisons un tour dans le magnifique hall du Brown Palace Hotel, puis récupérons la voiture direction l'aéroport. Il est 15h. En chemin nous faisons une halte pour faire le plein, et en profitons pour remettre dans les valises les achats effectués en ville. La restitution de la voiture se passe sans encombre, la navette Hertz nous ramène au Terminal où nous enregistrons nos bagages puis passons les controles de sécurité. L'avion est à l'heure ; devant nous une famille française de Nantes est installée et nous partageons nos souvenirs avec enthousiasme... Le vol sera plutôt agîté surtout en deuxième partie de vol, et nous arrivons à Londres sous l'orage. Nous avons 5h d'attente pour prendre notre avion pour Bruxelles, et le mauvais temps allongera encore le temps d'attente... En plein jetlag, nous somnolons dans l'aérogare. A Bruxelles, enfin, nous retrouvons la famille, et surtout notre petit dernier resté avec ses grands parents qui commençait à nous manquer !

Nous rentrons des souvenirs plein la tête, heureux d'un voyage sans fausse note, où nous avons partagé des moments de découverte, d'émotions qui n'appartiennent qu'à nous. Un grand merci à Hugo et Arthur, nos Junior Ranger de 8 et 9 ans qui ont suivi chaque étape de ce voyage avec tant de plaisir, sans jamais se plaindre de routes trop longues ou de marches fatigantes, et qui ne cessent de demander quand on repart...

Nous sommes heureux de partager sur le forum cette merveilleuse expérience, en espérant qu'elle soit autant utile que celles d'autres vfistes nous l'ont été !
Conseils sur itinéraire de quinze jours en Afrique du Sud? English translation pending
by Yasminedoc · 2009-12-14 · 10 replies
Bonjour,

Aussi, je me permets de vous contacter pour me renseigner quant à mon voyage de 15 jours dans 10 jours exactement, c'est un peu la panique car nous avons choisi cette destination de dernière minute. Aussi, vous me semblez  tous bien connaitre ce pays, je compte sur vos conseils eclares pour nous permettre d'en profiter au maximum, il serait dommage de passer a côté de ce  splendide pays.

Voici qques questions pratiques:

- a t on besoin d'un visa touristique? - quel est le change euro - rand actuellement? - des vaccinations ou traitement paludéen sont ils nécessaires?

idee globale du voyage ( à repréciser)

1-4 Cap Town: robben island, table mountain, Cap town new year carnaval ( nous serons justement en plein dedans) ...puis autre visites sur vos conseils. Nous allons privilegier un hebergement en bed and breakfast, pouvez vous nous indiquer un quartier sympathique et proche du centre a pied.

5-6 Gansbaai et hermanus : cage shark diving

 7 Jo'burg : peut etre pas grand interet de visiter beaucoup la ville

8-12 Kruger : pouvez nous indiquer un safari ou nous sommes surs de voir le fameux Big 5, ceci le parc est tellement grand ( satara , lower sabia, letaba ..) que je m y perds dans le choix des endroits , qu en pensez vous.

13 14 - Chutes victoria depuis jo' burg si possible, pas de problèmes de frontières ?...

Pensez vous que faire un crochet à Durban est nécessaire ?...

Drakenborg , en vaut il la peine pour rando ( si possibilité à cheval) et dans quelle partie de notre sejour l intégrer?...

voilà, le résume est plus ou moins complet.

D' avance mille remerciements a tous!
Nouvelle-Zélande du 12 au 21 février 2010: hébergement et itinéraire? English translation pending
by Vero120369 · 2009-12-03 · 16 replies
Bonjour

nous partons pour la nz du 1202 au 2102 et j'aimerai avoir vos conseils pour l'hébergement l'itinéraire ou dormir pas trop cher quand on est un couple? doit on louer une voiture? on arrive d'auckland merci pour vos futures réponses a+ véro
Location de voiture aux États-Unis: choix du véhicule sur le parking English translation pending
by Trois14 · 2009-11-12 · 161 replies
Bonjour

Il est intéressant, en particulier pour de longs périples dans l'Ouest, d'avoir la possibilité de choisir son véhicule, dans une catégorie donnée, parmi tous ceux qui sont disponibles sur le parking du loueur, plutôt que de se faire imposer un véhicule par le loueur (dans ce cas, le loueur, plutôt que d'indiquer un véhicule déterminé à l'avance, à une place de parking précisé, indique la zone où sont groupés les véhicules, parmi lesquels nous devons en choisir un).

Mais ce choix est rare. Seuls certains loueurs, à certains aéroports, le proposent. Identifions les !

Aussi, voici ma requête, s'adressant à tous ceux qui ont loué récemment un véhicule, disons depuis le printemps 2008.

Si vous êtes dans ce cas, pouvez vous préciser :

1/le lieu de location, 2/ la société de location, 3/ si vous avez eu le choix du véhicule ou non, et si oui, choix large (disons 4 types de véhicules différents ou plus), moyen (3 types) ou réduit (1 ou 2 types).

La synthèse des réponses (que je ferai ultérieurement) permettra d'identifier les loueurs proposant ce choix, et d'orienter les locations futures.

Je commence :

- SFO, AVIS, voiture imposée

- SEA, AVIS, voiture imposée

- LAS, AVIS, voiture imposée

- SFO, BUDGET, voiture imposée

- NYC 31th st , ALAMO, voiture imposée

- LAX, BUDGET, large choix (vers 14h)

- LAX, BUDGET, choix réduit (tard le soir).
Zimbabwe et Mozambique, déconseillés? English translation pending
by Elchulo · 2009-11-01 · 27 replies
bonjour, je suis actulement en pleine preparation du voyage de 4 mois en afrique (fevr a mai) en voiture. je comptais y inclure ces deux pays mais en faisant des recherche des circuits proposes en afrique australe et de l est , ces pays ne sont pas representes.  Qu en est il de l actualite politique la bas? je crois qu il y a des elections en ce moment au mozambique? Est il dangereux d y aller? Est ce deconseilles. Le voyage serait a peu pres partir en afrique du sud et remonter jusqu au kenya. le tout en voiture (4x4?) achete en afrique du sud. Faisable? quelle genre de voiture? pour le logement que conseillez vous (tentes? hotels?). merci
Hôtels dans l'Ouest américain: payer pour la chambre ou par le nombre de personnes? English translation pending
by OLS78 · 2009-10-31 · 25 replies
Bonsoir,

Pour notre prochain périple de 15j dans l'ouest en avril (SFO-LV-Bryce-Moab-MV-Page-GC-Phoenix), nous commençons a regarder (expedia et autre...) pour réserver les hotels.

Nous sommes 4 (2 adultes et 2 ados).

A la réservation, pour une même chambre de 2 queen beds, les prix fluctuent beaucoup si on annonce 2 ou 4 personnes.

Peut-on réserver la chambre pour 2 personnes et arriver à 4 sans problème ? il faut "cacher" les 2 autres à l'accueil ou c'est accepté ?

Question en dehors du pb des petits déj quand il y en a.....

merci
Japon pas cher: à voir English translation pending
by Mchibou · 2009-10-19 · 14 replies
pour les fanas de la calculette,

A tous ceux qui voyais pour le japon un pays ou cela est moins cher je les rassure le Japon tiens le 1ére place et Paris la 13 éme

1 ére place Tokyo gagne 1 place en 2009 et devient la ville la plus chère au monde. Les prix des produits alimentaires ainsi que les loyers y sont exorbitants. Avec le yen fort, l'indice de la ville augmente de 20, 7 points, passant de 127 (2008) à 143, 7 (2009).

13 éme place La vie est moins chère à Paris ? La baisse générale de l'immobilier a diminué le coût de la vie de la ville lumière. Avec un ticket de métro des moins cher au monde (1, 60 euros) et la baisse de 11, 8% de la TVA sur la restauration, la capitale française est devenue plus accessible.
Washington et les environs (Arlington): choses à voir et à faire? English translation pending
by Elice75 · 2009-10-15 · 15 replies
Bonjour à tous,

Je pars la semaine prochaine pour 12 jours à Washington , Arlington plus exactement. J'ai la chance d'avoir quelqu'un qui m'accueille sur place :-) C'est la première fois que je voyage seule et la première fois que je pars si loin mais bon si je ne me perds pas à l'aéroport, ce sera déjà un bon point ! Je me suis renseignée sur les choses à voir et à faire. J'ai prévu d'aller passer un week-end à New-York. Néanmoins comme c'est toujours bon d'avoir les conseils de personnes avisées, je me demandais si vous aviez des bons plans, bonnes adresses, conseils utiles, choses à faire ou à ne pas faire ? Que ce soit pour l'avion, le voyages, les villes, les achats etc etc ... bref, tout ce que vous pourrez me dire m'interesse ! Merci d'avance !
Voyage dans l'Ouest américain: partir en tour opérateur ou par nous mêmes? English translation pending
by Charlene1818 · 2009-10-12 · 576 replies
Bonjour,

suite à mon précédent poste pour savoir si c'était mieux de partir en TO ou d'organiser nous même, nous sommes toutes les trois d'accord pour l'organiser suite à vos messages.

Pouvez vous me dire la compagnie à choisir pour payer le moins cher??? et à peu près combien payer les billets pour rester dans notre budjet environ 2000 euros pour 15 jours et par personne!!!

Merci d'avance
Safari au Kenya avec agence English translation pending
by Kikou72 · 2009-10-07 · 40 replies
Bonjour

nous partons au kenya en février.

Quelqu'un aurait-il fait le safari avec "jean petit prix" qui nous propose un tarif intéressant.

Merci pour votre réponse.

Laurence
Projet pour avril 2010 (environ 2100 miles ou 3400 kilomètres): Sud de l'Arizona – Nouveau-Mexique – Colorado English translation pending
by Bastinj · 2009-09-28 · 35 replies
Hello

Notre soif d'Amérique n'étant pas étanchée... Que du contraire (elle est plutôt exacerbée, suite à notre voyage de cet été!...), je projette d'y retourner en 2010...

Après beaucoup de temps de réflexion, je crois que je vais scinder le nouvel itinéraire en 2 parties: - en avril (pour avoir moins chaud!) : Sud de l'Arizona - Nouveau Mexique - Colorado (oui, je sais il risque d'y avoir encore de la neige!) - en juillet : Colorado - un peu d'Utah - Wyoming - un peu du South Dakota

Voici mon projet pour avril:

J1 Vol Bruxelles – Phoenix

J2 Phoenix – Tucson ; visite de Apache Trail (Phoenix) (116 Mi/185 Km/1H50)

J3 Tucson – Tucson ; visite de Sonoran desert museum–Saguaro West

J4 Tucson – Bisbee ; visite de Sabino Canyon (Tucson) – Bisbee (95 Mi/150 Km/ 2H)

J5 Bisbee – Portal ; visite de Chiricahua NM (85 Mi /135 Km/ 2h20)

J6 Portal – Alamogordo ; visite de White Sands NM (230 Mi/370 Km/4H10)

J7 Alamogordo – Bernadillo/Santa Fe ; visite de 3 Rivers – Carrizozo –Tent Rocks – Santa Fe (217 Mi/350Km/ 4H15)

J8 Bernadillo/Santa Fe – Farmington ; visite de Chaco Culture – Bisti Wilderness (280 Mi/450 Km/6H)

J9 Farmington – Durango – Ouray ; visite de San Juan Mountain (120 Mi/190Km/2H30)

J10 Ouray – Gunnison ; visite de Black Canyon of the Gunnison (100 Mi/ 160Km/2H)

J11 Gunnison – Cortez ; visite de Mesa Verde (220Mi/345 Km/4H)

J12 Cortez – Chinle ; visite de Mesa Verde – Canyon de Chelly (140 Mi/ 220Km/ 2H40)

J13 Chinle – Chinle ; visite de Canyon de Chelly

J14 Chinle – Holbrook ; visite de Petrified Forest – Painted desert (120 Mi/190 Km/2H)

J15 Holbrook – Flagstaff ; visite de Red and White Canyon – Coal Mine Canyon – Wupatki – Sunset Crater (230 Mi/370 Km/ 5H)

J16 Flagstaff – Sedona ; visite de Meteor Crater – Sedona (30 Mi/50Km/45 minutes)

J17 Sedona – Sedona ; visite de Sedona

J18 Sedona – Phoenix ; visite de Sedona (120 Mi/185 Km / 2H)

J19 Vol Phoenix – Bruxelles

J20 Arrivée à Bruxelles

Je fais un autre post pour l'itinéraire d'été.

Que pensez-vous de celui-ci pour avril?? Avez-vous des suggestions à me donner? Nous sera-t-il possible, à cette époque, de visiter le Colorado (San Juan Mountain et Black Canyon of the Gunnison) ... ou risquons-nous d'avoir encore beaucoup de neige?? Merci d'avance pour toutes vos réponses!
Une semaine à Istanbul pendant le Ramadan du 8 au 15 septembre 2009 English translation pending
by Lubie · 2009-09-20 · 7 replies
Une semaine à Istanbul pendant le Ramadan du 8 au 15 Septembre 2009

Avec les photos:

http://picasaweb.google.fr/dumouzon/SelectionIstanbul09?authkey=Gv1sRgCKH5vo_Nh7KUcg&feat=directlink

Istanbul est une ville facile à visiter, le tramway est d'accès pratique pour visiter les différents sites touristiques et bon marché, nous prenons des jetons vendus par un commerçant voisin :1.50ytl le trajet, soit 75centimes d'euros, quelque soit la distance. Il y a beaucoup d'hommes dans le tramway, peut-être le travail des femmes n'est-il pas encouragé? Beaucoup d'hommes aussi dans les cafés, et dans la ville, à l'exception des populations plus jeunes. Les femmes ont des tenues longues et portent des foulards colorés, moi qui avais apporté un foulards bleu un peu triste pour ne pas choquer ! Les plus âgées portent un long imperméable, des collants et un foulard, même par une température de 30°, je les plains ! Quelques femmes sont entièrement vêtues de noir, je crois qu'il y en a plus du côté de la mosquée de Fetih. Les habitants d'Istanbul ne paraissent pas fumer, à notre étonnement; quand nous fumions nos « samsun 216 », nous avons été interpellés gentiment par des habitants au moins trois fois pour nous mettre en garde contre les danger du tabac : il doit y avoir une grosse propagande antitabac à Istanbul ! Istanbul est une très belle ville aux magnifiques mosquées; un important travail est fait pour les restaurer. Les habitants sont accueillants, et nous avons fait mon mari et moi un très agréable voyage !

Le soir à Istanbul

Nous sommes en plein Ramadan, et il règne tous les soirs une atmosphère de fête dans le quartier de l'hippodrome qui est très animé le soir; le reste de la journée il est occupé par les touristes venus visiter la Mosquée bleue toute proche. La population se rassemble pour dîner, ou se promener en dégustant les friandises locales vendues dans de nombreux stands installés sous les arcades longeant l'hippodrome ;Rappelons que les musulmans n'ont pas le droit de manger et boire pendant la journée, jusqu'à la tombée du jour. Parmi les friandises proposées, j'ai pu observer : sucettes colorées composées de bâtonnets enroulés alternativement dans différentes confitures, ou préparations sucrées de couleur, un peu molles glaces, les marchands de glaces vêtus de leur bel habit sont très folkloriques et amusent le spectateur, en barattant leur bloc de glace avec une longue cuiller et en le lançant en l'air puis avec la même cuiller font tapent sur les cloches disposées au-dessus de leur stand (peu de gens achètent ces glaces !) gâteaux divers, surtout des baklavas, lokmus, et petites boules, genres de beignets loksemes ou crêpes farcies aux différents fromages, viandes ou légumes sahlep, boisson à base d'orge épaisse brûlante vendue en générale en hiver délicieuse gaufres recouvertes de banane, crème, et toute sorte de confiseries barbes à papa enserrées dans du plastique Certains prennent un repas aux tables installées derrière ces stands, repas parfois accompagné de musique.

Un homme exécute d'une façon de maître des calligraphies, retransmises par écran devant un groupe de spectateurs qui admirent ou attendent leur tour pour obtenir leur calligraphie sur une assiette, une jolie feuille, ou le support qu'ils ont apporté.

De nombreuses tables sont installées au cœur de Sultanahmet et le long de l'hippodrome. Des groupes de femmes ou femmes et enfants, mais aussi des familles complètes , je veux dire homme, femme, enfant et éventuellement poussette , que l'ont voit rarement réunies pendant la journée ont déjà réservé leur emplacement dès 18h, 18h30, et attendent patiemment l'heure autorisée pour commencer leur dîner après l'appel du muezzin, vers 19h10 ; certaines ont apporté leur repas dans des sacs plastique (à Istanbul les sacs plastique noirs sont souvent utilisés comme matériel de transport), les restaurants ont préparé des salades emballées, de l'ayran (yaourt salé) du pain turc et les ont disposés sur les tables. Bien sûr, il n'y a pas d'alcool, d'ailleurs beaucoup de restaurants ne vendent pas de bière, même aux touristes, pendant cette période de Ramadan. La population, bien qu'elle soit nombreuse reste calme; quelques forces de police sont présentes et emmènent dans leur fourgon ceux qui perturbent l'ordre. Plus haut dans la rue Divan Yolu, des tables sont aussi préparées de la même façon et leurs convives attendent. Je crois que certains menus «ramadan» sont proposés.

Un spectacle gratuit de musique et de derviches tourneurs est offert gratuitement, on peut y assister sur les bancs installés devant ou debout derrière.

Nous avons vu des queues importantes, essentiellement d'hommes, (surtout le premier soir en haut de la rue Divan Yolu) attendre la distribution de repas gratuits, l'endroit où se déroulait ces queues semblait changer d'un soir à l'autre. Certains repas étaient offerts par les restaurants.

Notre repas de Ramadan

Nous avons participé par hasard à un menu de Ramadan avec la population locale, nous avions longé les murailles longeant le quartier Cankurtaran depuis la Petite Sainte-Sophie, quand j'ai réalisé que j'avais noté un restaurant, à proximité de la ligne de chemin de fer et de la voie longeant le Bosphore, c'était un restaurant bon marché proposé par le guide du routard, malheureusement il était fermé à midi, car ils organisait un dîner de ramadan le soir même à 7H15, que nous pouvions réserver, pour le prix de 25ytl par personne. Nous nous sommes dits «pourquoi pas»!, mais nous n'avions pas d'argent pour payer ! Les bureaux de change n'étant pas ouverts avant 10H, nous n'avions pu faire le change. Un seul billet de 10ytl en poche qu'ils ont accepté gentiment.

L'organisation du repas a été d'une efficacité remarquable, à la limite trop parfaite! Nous avons du manger à une vitesse très rapide, de manière à suivre l'enchaînement des plats servis. Nous arrivons à 7H et sommes conduits à la table préparée pour nous deux., sur une terrasse dominant le Bosphore. Seules quelques personnes sont déjà présentes. Sur la table recouverte d'une nappe jaune , une belle assiette où sont disposés sur un lit de salade, trois sortes de fromages, un cerneau de noix, deux petites tomates cerise, une datte, un abricot, des olives noires. Au milieu de la table, un plat de crudités, carottes râpées et chou rouge, salade verte. Trois verres d'eau « encapsulés », une grosse assiette de pain turc, et un thermos de thé pour certaines tables. Les familles arrivent, et attendent patiemment sans manger. Un serveur passe avec un chariot de boissons variées, fanta, coca, visne, ce dernier très apprécié(c'est un jus de cerises) ayran, ... pas d'alcool bien sûr. On nous sert aussi du thé dans le petit verre . Le départ est donné à 8H moins le quart, et j'ai l'impression que tout le monde se précipite sur son assiette ! Nous sommes 200 personnes ! Mais les serveurs veilleront toujours à ce que tout le monde soit bien servi. Des serveurs déposent une crêpe en rouleau, au fromage, délicieuse dans notre assiette. Il nous faut manger très vite, car déjà arrive un bon bol de soupe . Expliquons l'organisation du service :des serveurs apportent des plateaux de bols de soupe qu'ils déposent sur les chariots présents dans le couloir longeant les tables des convives, d'autres serveurs déplacent les chariot et servent les bols très rapidement, puis les assiettes sont changées, et les assiettes de poulet arrivent sur notre table, ce sont de délicieux morceaux de poulet, servis avec une purée de légumes. Enfin le chariot de desserts ! Figues à la crème, gulac, pudding de riz...(gulac délicieux aussi) Ce qui nous a surpris le plus outre la rapidité du repas (une heure) c'est le manque d'ambiance des convives, guère de rires ou de bavardages bruyants. Un jeune couple derrière nous fêtait l'anniversaire du mari, et un serveur a apporté un gros gâteau blanc avec trois bougies. Nous payons en fin de repas. D'autres dîners de Ramadan sont peut-être proposés dans d'autres restaurants, je ne le sais pas

Les petits métiers

Le vendeur de simits (petit pain rond recouvert de sésame), certains ont un petit chariot ambulant, ce fut ma première photo à Istanbul, sur les quais, le vendeur accepta gentiment que je le photographie et je goûtai avec gourmandise mon petit pain. D'autres vendeurs portent sur leur tête un plateau de simits bien agencé.

le cireur de chaussures : je connaissais le coup de la brosse qui tombe par terre, pourtant il a été effectué si bien que je n'ai pas pensé que c'était prémédité ! Le vendeur pour vous remercier de lui avoir signalé qu'il avait perdu sa brosse vous propose de cirer vos chaussures; j'ai vécu cette expérience deux fois; et deux autres fois, le coup de «vous n'avez pas une cigarette» que l'on offre la première fois gentiment et refuse à la seconde, pour ne pas avoir à refuser le cirage des chaussures !

le vendeur de maïs grillé ou à cuit à l'eau le vendeur de cartes postales et plans d'Istanbul : j'ai difficilement fait baisser légèrement le prix de cinq groupes de 10 cartes postales, et le vendeur a fait la tête, alors que je me suis aperçue plus tard, que c'était beaucoup plus cher que le prix normal. Pourquoi ?

le marchand de marrons grillés: contrairement à la France où il faut attendre l'hiver, on les trouve déjà en septembre ici, avec leur bonne odeur, ils sont bien rangés alignés devant le badaud.

Quelques commerçants ambulants dans le quartier de la petite Sainte Sophie: - le marchand tirant un gros chariot de cuvettes en plastique et matériel de ménage coloré - le marchand de chaussures ambulant

Des hommes portent des chargements énormes sur leurs épaules, ou un gros fauteuil.

Les commerçants et le touriste

Istanbul est une ville où vous n'êtes pas harcelés par les commerçants, comme dans d'autres pays, ce qui est très agréable; Lorsqu'il arrive que l'on vous propose quelque chose, il est très facile de répondre par une plaisanterie, qui est toujours accueillie avec un sourire et sans insistance.

Petit Bémol, puisqu'il est, je crois, de règle de marchander, je ne comprends pas pourquoi le vendeur paraît faire la tête, lorsqu'une affaire est conclue, cette attitude est très différente de celle des pays d'Asie. J'ai vécu cette expérience deux fois, pour les cartes postales, et pour l'achat de 4 T shirts au bazar Arasta; le prix proposé dans les boutiques était de 7ytl, mais la taille disponible se trouvait dans le magasin, où le prix demandé était de 10ytl, le vendeur a accepté de baisser à 7, mais il n'a pas paru satisfait, ce qui est déplaisant. Plus sympathique le commerçant de services à thé, nous avons décidé de réfléchir et de demander l'horaire d'ouverture, le matin, il nous a répondu simplement et nous avons fait affaire avec lui le lendemain(18ytl pour le service à thé avec les petites cuillers en verre)

En effet, au grand bazar, le prix pour le même service était quatre fois plus cher et atteignait même un prix inimaginable. Le prix des Tshirts était 5 fois plus cher, nous n'avons même pas chercher à marchander ! Nous avons acheté nos céramiques au centre artisanal «cafer Aga Medresesi», elles sont beaucoup plus chères qu'ailleurs, mais il paraît que les motifs des dessous de plats proposés ailleurs ne tiennent pas alors que celles du centre artisanal sont peintes à la main, puis recuites au four.

Vous êtes aussi bien accueillis quand vous vous renseignez sur les bateaux, par exemple, ou dans les restaurants. Les chats d'Istanbul

Nombreux sont les petits chats dans cette ville. Certains serveurs s'en occupent même gentiment. Quelques un sont pelotonnés ensemble. On trouve aussi des oiseaux dont je ne connais pas le nom, ils pourraient ressembler à des corbeaux mais n'en sont pas, ils mangent de grosses graines. Les canards apprivoisés ! Dans une rue de Cankutaran, deux canards blancs barbotaient dans une cuvette devant une maison à côté de leur maîtresse; le lendemain je revois la même femme entrain de faire un câlin à l'un des canards, l'autre se promenait librement dans la maison ! Très peu de chiens, contrairement à Bangkok.

Les jeunes et leur coiffure

Leurs cheveux sont maintenus avec du gel en un ou plusieurs épis au-dessus de leur tête.

Les enfants

On ne rencontre pas beaucoup d'enfants dans les rues ou les bus, je ne sais pas si c'était une période d'école. Ils se font réprimander par les personnes âgées lorsqu'ils ont une attitude irrespectueuse. Certaines petites filles ont les bras couverts et portent des collants. On voit les enfants le soir avec des adultes.

Les Stambouliotes et le jeu

Les habitants d'Istanbul sont très joueurs; plusieurs restaurants laissaient des jeux de société sur les tables -jeux de Backgammon, dominos, jeu avec des chevalets, des tuiles comportant des numéros et des couleurs, je ne connais pas ce jeu. Ils jouent tranquillement tout en buvant du thé.

Programme du séjour :

prix du voyage plus hôtel, pour deux personnes, 7 nuits, par Expedia 1150 euros dont 50 euros d'assurance.

Mardi 8 septembre 2009

Nous prenons l'avion à Roissy (repas et accueil de l'équipage médiocres) et arrivons à 13H, nous n'avons emmené que des « bagages cabine » changeons un peu d'argent, achetons 2 jetons par personne, un pour le métro et un pour le tram.(changement à Zeytinburnu pour prendre le tramway) C'est facile. Nous descendons à la station Sultanahmet, et errons un peu pour trouver l'hôtel, nous y serons à 2h et demies passé. Nous logeons à l'hôtel Angels'home, dans le quartier Cankurtaran, à 10minutes à pied de la Mosquée bleue. Nous avons eu une chambre double avec baldaquin au rez de chaussée, bien présentée (voir photo sur le site de l'hôtel), dans une rue calme , chambre propre (juste quelques cafards dans la salle de bains, mais je pense que c'est indépendant du degré de propreté de l'hôtel). Il avait beaucoup plu à Istanbul et la terrasse était fermée ce jour-là, les jours suivants, elle était accessible, mais il n'y avait personne. Le petit déjeuner se prenait, dans l'annexe de l'hôtel très proche. Le buffet était très impressionnant mais nous avons seulement apprécié les différents sortes de pains. Pas de bon café, mais du thé. Je recommanderai cet hôtel où nous sommes restés une semaine sans problème et avons été bien accueillis.

Une fois installés très rapidement, nous avons repris le tram vers Eminonu pour découvrir les quais longeant la Corne d'or ou Halic, et repérer les embarcadères pour Eyup, la croisière sur le Bosphore et Uskudar, ce qui s'est fait facilement. (un passage souterrain servant aussi de galerie commerciale très animée, permet de rejoindre les quais depuis l'arrêt du tramway) Nous avons goûté notre premier simit (délicieux) et un sandwich au poisson (bof, attention aux petites arêtes). C'est amusant de voir comment les turcs aiment s'asseoir pour déguster ces sandwiches sur une terrasse devant le bateau qui les fait. Les quais sont très bien aménagés, alors que je pensais qu'Istanbul était beaucoup moins moderne. La vue sur le Bosphore est très belle, l'eau est verte, je la pensais grise, puisque polluée (?). D'énormes bateaux de croisière sont amarrés à Beyoglu, en face et dépassent la hauteur des immeubles. Les bateaux circulent dans tous les sens et doivent faire attention en se croisant; il n'y a guère de petites embarcations à cet endroit.

Le pont Galata est pittoresque avec ses alignements de pêcheurs, la pêche est bonne, ils arrivent à attraper quatre petits poissons avec une seule ligne!, et les seaux sont pleins.

Une galerie sous le pont est consacrée à de nombreux restaurants vides à cette heure là, il n'y a pas d'autres commerces. Nous reprenons le tram pour aller visiter la Mosquée Bleue. Elle est sombre à cette heure là. Des hommes se lavent les pieds et la figure dans des.fontaines d'ablutions puis remettent leurs chaussettes avant de pénétrer dans la mosquée.

Il faut enlever ses chaussures avant la limite de l'entrée pour éviter un rappel à l'ordre. Nous avons tous enlevé nos chaussures, (des sacs plastiques sont à disposition, ou bien vous pouvez les déposer dans des cases). Et bien sûr un petit rappel est fait aux femmes de porter un foulard sur la tête, mais ce n'est pas toujours respecté dans cette mosquée. Je viens de lire une autre règle que je n'ai pas respectée, ne la connaissant pas : il ne faut pas non plus toucher l'extérieur de vos pieds nus, mais en fait, j'étais en socquettes, étais-je aussi dans mon tort ? Le sol est couvert par une multitude de tapis, et la coupole centrale a 43m de haut, et elle est entièrement peinte. Les portes et persiennes en bois, incrustées de nacre, d'ivoire et d'écailles de tortue sont très belles, ainsi que les faïences bleues d'Iznik. Cette mosquée est magnifique. Mais l'éclairage situé assez bas est assez gênant.

Nous n'avons pas pas le droit de nous approcher du minbar et du mihrab en marbre blanc, le centre de la mosquée étant réservée à la prière des hommes. Et ils sont très loin de notre vue. Les hommes sont beaucoup plus nombreux que les femmes à prier dans les mosquées , je ne sais pas pourquoi ! et les femmes sont tenues de rester dans les galeries situées au fond de la mosquée pour prier. C'est l'heure de la prière, mais nous pouvons y assister. Les hommes sont très nombreux, ils se prosternent agenouillés, se relèvent et recommencent, devant l'imam. C'est impressionnant. Nous retournerons dans cette mosquée à un matin pour mieux l'apprécier.

Il est temps d'aller nous restaurer, nous allons au Yeni Yildiz (adresse : Cankurtaran Meydani 18), restaurant recommandé par le Lonely Planet, et situé pas très loin de notre hôtel pour notre premier dîner à Istanbul, le repas ne fut pas extraordinaire, bonne aubergine coupée en morceaux intercalés par de la viande (patlican), une salade et un ayran (yaourt salé); le service a été très long, nous avons attendu une heure avant d'être servis ! La pluie faisait du bruit sur la tôle qui recouvre la terrasse .

Mercredi 9 septembre

Il a beaucoup plu cette nuit, nous apprendrons dans la soirée, que de graves inondations ont fait plus de 20 victimes à l'ouest de l'agglomération !

Nous prenons notre petit déjeuner à 7h et demie au restaurant de l'hôtel, il n'y a presque personne, à part les serveurs qui font des allers-retours pour remplir leur verre à la fontaine de thé, et remplir une assiette qu'ils mangeront derrière le bar !

Aujourd'hui nous allons visiter le palais de Dolmabahce (entrée : 20ytl par personne) situé de l'autre côté du pont de Galata (attention, il est fermé le jeudi), Nous prenons le tram depuis Sultanahmet jusqu'à Kabatas, et c'est à 10 minutes à pied. Les appareils à photo sont interdits à l'intérieur, nous avons du laisser notre sac à la consigne, alors que nous aurions pu garder les appareils à photo pour prendre des photos de l'extérieur ! Le jardin est agréable. Ce palais de style plus occidental est construit dans le style rococo, il est bordé par un quai en marbre, il a été construit de 1842 à 1853, sous Abdul Mecit qui a abandonné Topkapi. Atartük y est décédé en 1938 à 9h05, en sa mémoire toutes les horloges du palais indiquent l'heure de son décès.

C'est un très beau palais, tout y semble démesuré;le mobilier et les éléments décoratifs sont d'une richesse inouïe. Il est 9H, il n'y a pas beaucoup de monde, les visites sont guidées, et beaucoup trop rapides pour avoir le temps de «s'intégrer»au lieu. On passe en coup de vent. Un petit groupe de soldats défilent devant le palais.

Nous rejoignons Taksim, en prenant le funiculaire. Nous irons déjeuner chez Hala Manti (adresse : büyük Barmak Kapi, 26 curkulu cesme sokak) recommandé par le guide du routard, il était indiqué « convient bien pour un repas léger du midi » ! En fait, nous n'avons pas pu finir les plats copieux, nous avons partagé une gölzeme fourrée à la viande et une autre aux légumes, une femme assise les préparait à côté de nous sur un grand plateau rond, elle étalait la pâte avec dextérité, ces crêpes étaient énormes, mais fines et délicieuses, c'était un vrai régal, pour une somme très modique, notre meilleur repas à Istanbul !c'est une entrée, mais en fait un véritable plat. Nous avions aussi commandé des manti à la viande et aux épinards(raviolis turcs), mais n'avons pu terminé notre assiette, n'ayant plus faim. (38 ytl le repas pour deux avec une boisson)La petite salle décorée de coussins, tapis, kilims, est agréable, et il n'y avait presque personne ! Peut-être était-ce à cause du Ramadan, puisqu'il est interdit de manger avant le soir ?

Nous avons descendu l'Istikkal Caddesi, rue piétonne commerçante très animée, et après un stop chez Ali muhittin haci kebir (83 istikkal caddesi pour acheter ses fameux loukoums (5, 50 ytl pour 250gr de loukoums variés). En fait c'est très difficile de choisir des loukoums, ils sont tous à des prix différents, sinon il faut connaître les noms turcs, et je ne sais pas comment on dit loukoum pistache, loukoum crème de bufflone, loukum résine de pin !! on a pris un paquet de loukoum variés à 23ytl le kg, et le vendeur a tiré de grands tiroirs, et il en a pris deux dans chacun, sinon il existe des boîtes toutes prêtes de 500gr ou 1 kg, mais je ne sais pas s'ils sont aussi frais ?

Nous nous sommes promenés dans le marché aux poissons, « galata balik pazar ». En fait chaque restaurant a son étalage de poissons et le serveur nous invite à venir les consommer. A côté, le passage des fleurs où l'on ne vend plus de fleurs, mais qui est encombré de restaurants déserts. Tous les serveurs des différents restaurants se reposent sur des chaises en attendant l'éventuel client ! Nous passons devant le lycée Galatasaray, Nous visitons l'église St Antoine qui a une belle mosaïque et voulons voir le célèbre Hôtel Péra, mais il est fermé et en grande restauration, il paraît qu'il sera refait à l'identique.

Nous descendons la rue étroite mais sympathique Galip Dede de magasins de musique, en pente et mal pavée, un petit arrêt jus d'orange, et nous rejoignons la tour Galata. Le panorama en haut est superbe, mais la chaleur étouffante, et il n'y a pas beaucoup d'espace pour circuler!

Nous parcourons le quartier de Galata plus au sud, rues étroites encombrées de camions qui viennent chercher des livraisons de matériaux pour les artisans du bâtiment, rues peu intéressantes et impraticables; nous continuons jusqu'aux vieilles fortifications et rebroussons chemin en empruntant la voie rapide qui longe la corne d'or, bordée de magasins de robinetterie, lavabos, pompes...un petit arrêt pour regarder les pêcheurs sur le quai et nous reprenons le tramway à Karakoy

Nous dînons au Karadeniz kebab salonu, une marmitte, une pide, une salade, deux boissons service compris. Nous avons eu du mal à trouver ce restaurant situé emin pasa sokak, donnant dans la rue divanyolu.

Nous nous promenons le long de l'hippodrome pour voir les festivités du Ramadan, et assister à un petit spectacle de derviches tourneurs offert au public très nombreux. (voir la rubrique « le soir à Istanbul »)

Jeudi 10 septembre

Nous faisons une croisière sur le Bosphore, Nous prenons le tram jusqu'à Eminonu, prenons le passage souterrain pour arriver sur les quais jusqu'à l'embarcadère « Bogaz »qui veut dire Bosphore Le bateau part à 10h35, il s'agit de la compagnie publique « IDO », et c'est le Bosphorus Scenic Tour. Nous sommes arrivés trop tôt et allons nous promener sur le pont Galata. A partir de 9h45, les gens arrivent. Le guichet ouvre une heure avant le départ.

Le bateau fait des arrêts à Besiktas, Kanlica, Yenikoy, Sariyer, Rumeli Kavegi et enfin Anadolu Kavegi. Il vaut mieux se mettre en haut, à gauche du bateau, question position du soleil, juste après la première fenêtre, pour pouvoir prendre des photos, et éventuellement apporter des jumelles. Je laisse le soin au Guide Gallimard de vous décrire de manière approfondie le parcours et les sites. A l'arrivée, nous montons en haut des fortifications, une bonne montée d'une bonne vingtaine de minutes pour avoir le droit d'admirer un beau panorama sur l'embouchure du détroit et de la Mer Noire, il y a de nombreux restaurants de poisson, mais il paraît que c'est cher et long, et nous avons préféré emmener un pique-nique.

Ce fut une agréable croisière. Nous avons repris le bateau à 15H, et sommes arrivés à 16H30. Il y a possibilité de faire un arrêt en route et de reprendre le bateau suivant, le dernier part d'Anadolu Kavegi à 18H pour arriver à 19H30.

Mais nous voulions continuer notre journée en visitant le Bazar Egyptien et les deux mosquées la très grande Yeni Camii et Rustem Pasa, plus petite, mais d'une décoration intérieure très riche.

Nous sommes allés dîner au Pahazade restaurant, beaucoup d'apparat pour une qualité moyenne. J'ai détesté mon plat d'agneau bouilli, mais ils ont été sympa, ils m'en apporté un 2°!que je n'ai pas pu manger plus, alors ils m'ont proposé de choisir autre chose, mais j'ai refusé, alors ils ne me l'ont pas fait payé

Vendredi 11 septembre

Aujourd'hui, nous avons visité le palais de Topkapi, nous sommes en avance et avons le temps de parcourir la rue sogup cesme sokagi et ses belles maisons ottomanes restaurées. Nous rejoignons la porte d'entrée au niveau de la fontaine d'Ahmet 3, très belle en haut de cette rue. Nous sommes arrivés les premiers pour l'ouverture de 9H, vous prenez vos billets au guichet à gauche (20 ytl par personne)puis nous avons pris nos billets pour le harem (15 ytl par personne)(à côté de ce dernier)que nous avons pu voir en individuels avec seulement deux, trois personnes en même temps que nous, et nous avons pu prendre tout le temps nécessaire pour le visiter calmement et prendre des photos, c'est très beau ! Pour la suite de la visite du Palais et en particulier le trésor et les costumes (non brodés), cela a été plus difficile, car les groupes étaient arrivés ! Une partie des salles du divan était fermé pour restauration ainsi que les cuisines. J'avais étudié la vie dans le harem à l'aide des guides, notamment le guide Gallimard et le livre d'Albert Bobovius « Topkapi, relation du sérail du Grand Seigneur « (actes sud 1999) que j'avais emprunté à la bibliothèque, livres qui m'ont mieux aidé à imaginer la vie dans le palais à cette époque. Nous n'avons pas pu voir de miniatures malheureusement! Nous avons visité le pavillon des reliques de Mahomet qui est maintenant transformé en musée Cette visite est très intéressante. Il faut compter 3 heures.

Nous avons fait une halte déjeuner au restaurant bien connu «Tahiri Sultanahmet Koftesi » (Divanyolu 12)et nous avons pu nous restaurer agréablement (prix 22ytl par personne. Le service est rapide et c'est bon, nous avons pris des kofte, brochette d'agneau haché, une salade de haricots blancs pour deux et un bon dessert à la semoule, une boisson par personne. Il est noté dans les guides que ce restaurant est fermé le soir, mais c'est inexact. Notons quelques gouttes de pluie cet après-midi. Et nous voilà d'attaque pour visiter Sainte Sophie, (entrée 20 ytl par personne !) visite un peu décevante, l'intérieur est en pleine réparation (un énorme échafaudage avec un ascenseur pour que les ouvriers accèdent à la coupole ! Les mosaïques des tribunes ne sont pas en très bon état. (une heure de visite)

Le hammam situé à proximité est fermé pour réparation également !

Nous allons voir les travaux handmade de la caferaga medresi, où nous achèterons un autre jour de belles poteries, plus chères que dans les boutiques, mais il paraît que les décors des dessous de plat peu chers ne résistent pas à la chaleur. Ici, ils sont peints à la main et recuits. Il y a un petit café où nous prendrons un thé et un délicieux gulac, accueil sympathique

Heureusement la citerne Yerataban sur yerebatan caddesi, était ouverte, et nous avons le temps de la visiter, car ce n'est pas très long. Elle est très impressionnante avec ses nombreuses colonnes.

Nous allons dîner au mavi café (yerebatan cd 54), tout petit self assez nul que je ne vous conseille pas, repas imposé par le serveur(mezze et poulet, pas d'agneau alors que c'est indiqué sur la carte)

Petit tour le long de l'hippodrome, dégustation d'un bon sahlep !

Samedi 12 septembre

Nous prenons le tram à Sultanahmet pour Eminonu et prenons le passage souterrain pour rejoindre les quais. Nous partons prendre le bateau pour Eyup et la Corne d'or ou Halic. (1, 50ytl)Nous devions faire cette excursion le dimanche, mais le bateau part beaucoup plus tard ce jour là, et nous voulions continuer la journée en rejoignant l'église Saint sauveur du chora, aussi nous avons inversé les jours. L'embarcadère se trouve à gauche du pont de Galata, on passe devant un grand parking d'autocars et de voitures, on aperçoit un petit centre commercial « le storks » on arrive à un chemin entre deux grillages, et au bout se trouve le petit kiosque et embarcadère pour Eyup. Nous avons juste à temps pour le bateau de 9H moins le quart et arrivons au terminus de Suttluce à 9H15, il n'y a pas beaucoup de monde sur le bateau. Regardez le paysage du côté gauche du bateau. On aperçoit l'énorme cimetière qui occupe toute la colline, sous les cyprès. A Suttluce, on traverse le pont pour arriver de l'autre côté de la Corne d'or; en effet les bateaux ne s'arrêtent plus à Eyup, car il a trop plu au mois d'août, et le bateau que nous prenons ne peut plus y accéder !

Nous prenons le téléphérique à 100m de l'embarcadère Pierre Loti Le chemin est facile à trouver pour accéder au café Pierre Loti, dont la terrasse offre une vue magnifique sur la Corne d'Or, un petit thé très cher ici; nous montons un peu plus haut, puis redescendons à Eyup en traversant le cimetière, je me demande comment les familles peuvent avoir accès aux tombes situées plus bas sur la pente abrupte de la colline! Les tombes des femmes sont surmontées d'une fleur et celles des hommes d'un turban;, il n'y a pas que des tombes anciennes, des gens y ont été enterrés ces dernières années.

Nous visitons la mosquée Eyup Sultan, le tombeau d'Eyup et les turbe (tombeaux). Il y a beaucoup de groupes de femmes, des familles, un jeune garçon en costume de « circoncision », son père est fier de nous le faire admirer et nous invite à prendre une photo !

Nous avons faim et projetions d'aller au Ensar Lokantasi, mais il est fermé (peut-être à cause du ramadan ?) Heureusement, car nous avons bien déjeuner au self « Simit Sarayi », j'ai vu plus tard qu'il y avait d'autres « succursales » en face de la gare Sirkeci, ou dans le quartier de la mosquée Fetih. Hmm ! Les bons borek aux épinards (1, 50 ytl pièce), les bons borek en forme de rouleau (1, 50 ytl pièce), un ayran et un jus de cerise , une limonade et les bons desserts plus chers dont le bon gâteau au poulet), le tout pour 17, 25ytl soit 4 euros par personne !

Nous pouvons prendre le bus 39 vers la porte d'Erdine Kapi, ou un dolmus beige/jaune (partent du même endroit) (le bus 39 passe sur le boulevard côtier à 100m de l'embarcadère direction Istanbul, mais nous avons pris à l'arrêt suivant le dolmus qui arrivait; (nous payons dans le dolmus)

La mosquée Mihrimah Sultan (aux 100 fenêtres) est fermée pour restauration; Nous continuons à pied vers l'Eglise St-Sauveur du Chora, ou Karyie muzesi richement décorée de mosaïques et fresques anciennes et bien restaurée, elle est plus belle que Sainte-Sophie !, nous ne connaissons le chemin qu' approximativement, mais un groupe de cinq gamins à l'affût d'argent de poche nous propose de nous y conduire ; ils se font réprimander sur leur passage par une personne âgée pour leur conduite. Nous cherchons ensuite le bus 90 qui passe Draman cd, mais c'est un peu plus difficile à trouver (l'arrêt est assez loin du début de la rue). Nous allons visiter la mosquée Fatih, Il est encore tôt.

Nous aurions pu remonter vers la porte d'Erdine Kapi pour reprendre le bus 28 vers Beksitas. Le quartier de Fatih est plein de boutiques de mode, et pourtant, c'est ici que nous voyons le plus de femmes habillées totalement en noir, quel contraste ! Nous allons jeter un coup d'oeil à l'Aqueduc de Valens qui enjambe le boulevard Atatürk. Finalement nous sommes tout près du Grand Bazar , que nous découvrons : quelle surprise de voir un bazar, aux boutiques bien agencées, en fait rien d'un bazar au sens fouillis ou foutoir!

Nous reprenons le tramway jusqu'à Sultanahmet, mais en fait, on aurait pu rentrer à pied, ce n'est pas loin. Le soir nous retournons dîner chez Karadeniz (voir adresse 9 septembre) attention, il y a un 2° karadeniz dans la rue voisine (karadeniz konak) à ne pas confondre:marmitte (plus fromage manquant), ayran, une salade pour deux, ils n'avaient plus de baklavas, et nous ont offert des lokmas (beignet oblong) à éviter. Accueil toujours sympathique, le serveur et le patron nous ont reconnus !

Petite déambulation sur l'hippodrome.

Dimanche 13 septembre

En route pour Uskudar, sur la rive asiatique ! Nous prenons le tram de Sultanahmet jusqu'à Eminonu, passons sous le passage souterrain, et on prend le ferry à droite du pont Galata, c'est un énorme bateau (3 étages), et il n'y a personne. Quand nous arrivons à Uskudar, à 9h15, la ville est encore endormie, il se met à pleuvoir à verse, nous sortons nos capes vietnamiennes! Nous prenons la rue Hakimiyeti Milliye, nous arrivons à un rond-point que nous contournons vers la droite vers la rue Halk pour chercher le marché, il est introuvable, mais nous rencontrons beaucoup de femmes portant le foulard, elles sont venues rendre hommage au défunt du halil Pasa Türbesi, une femme insiste pour que nous y pénétrions, mais nous nous sentons un peu déplacés !

En fait pour aller au marché, il faut prendre la rue opposée à la rue Halk, il est près du Yöre AVM, c'est un petit marché sympa et varié. Vous pouvez y trouver des produits moins chers qu'à Istanbul. Heureusement la pluie s'est arrêtée.

Nous prenons la rue Cavusdere sur 800m, jusqu'à la rue Tekke ar. sk. Nous avions imprimé un plan google maps pour nous y retrouver, mais c'est un peu dur à localiser, enfin, nous arrivons à la mosquée Valid Atik (la rue monte fort) nous prenons la rue Ahmetoglu Musallasi pour revenir sur la rue Cavusdere et rejoindre la mosquée Cinili, très tranquille. Couverte de faïences d'Iznik, elle est très belle.

Nous revenons par le même chemin, cela fait une bonne marche ! Mais nous sommes récompensés par notre déjeuner au Kanaat Lokantasi (9 selmani Park) très apprécié (plat, dessert, boisson pour 11 euros par personne); Il y a énormément de bus à Uskudar devant l'embarcadère, mais le bus 15 une ytl(n'importe lequel sauf le 15F) nous dépose à la mosquée de l'embarcadère de Beyerbeyli. Bonne ambiance de pêcheurs (petits restaurants), nous rejoignons le palais Beyerbeyli. Nous traversons le parc, l'entrée est chère, nous attendons pour la visite guidée obligatoire qui devait être en anglais, mais elle s'est faite en turc, avec quelques phrases traduites en anglais et le tout au pas de course, dommage, car l'intérieur est raffiné, et les photos sont interdites, pas de cartes postales non plus , juste un petit livre aux mauvaises photos. Nous retournons à Uskudar par le premier dolmus qui se présente à l'arrêt de bus, et revenons au Kanaat pour prendre un goûter, nous achetons aussi quelques loukoums plus haut, (10ytl environ au lieu de 20 chez Haci Bekir, très bons

Nous sommes fatigués et souhaitons dîner près de notre hôtel, nous essayons le Kosk café recommandé par le guide du routard(rue Akbiyik, adliye sokak) le serveur apporte sur la table un gros pain soufflé chaud délicieux appelé lavas, mais les plats sont de qualité moyenne, il y a trop de pain dedans., un jeune est très content !

Lundi 14 septembre

Nous montons d'abord à Sultanahmet pour changer de l'argent, mais les bureaux sont fermés jusqu'à 10H! tant pis. Nous retournons voir la belle Mosquée Bleue, tout juste ouverte, et nous pouvons la visiter tranquillement !

Puis nous rejoignons la toute petite mosquée de Sokollu Mehmet Pasa après avoir longé l'hippodrome encore endormi. Elle est fermée à clef mais un gardien nous ouvre, j'ai fait une bêtise, j'ai oublié d'enlever mes chaussures pour aller voir si la porte était ouverte et je me suis fait rappeler gentiment à l'ordre ! Nous n'avons pas le droit de prendre des photos, elle est vraiment très belle avec ses vitraux et ses faïences d'Iznik, et très tranquille, puisque nous sommes les deux seuls à la visiter ! un enchantement ! Le gardien nous propose une enveloppe de 12 belles photos pour 10ytl et nous sommes contents. Nous regardons les maisons en bois du quartier, certaines sont bien restaurées, d'autres très abîmées.

Nous rejoignons la mosquée petite sainte sophie Küçük Aya Sofya Camii.c'est une mosquée très claire et agréable avec une galerie à l'étage. Comme à Sainte Sophie, les murs sont revêtus de marbres veinés et les coupoles de resplendissantes mosaïques. L'entrée est gratuite. C'est l'ancienne église Saints-Serge-et-Bacchus construite vers 530

Nous cherchons les ruines des remparts terrestres et du Palais Boucoléon, il faut passer par un tunnel sous la voie ferrée, il fait très chaud, nous prenons le boulevard à l'extérieur des remparts, c'est très bruyant et il n'y a pour ainsi dire pas de pasage pour accéder de nouveau à l'intérieur de la ville, quant à traverser le « périphérique » c'est quasiment impossible ! Lire la suite dans le paragraphe « notre repas de ramadan »

Nous remontons vers Sultanahmet pour faire le change et faire une pose déjeuner au Tahiri Sultanahmet koftesi (divanyolu 12), où nous nous étions déjà restaurés le vendredi 11 septembre. Bonne pause.

L'après-midi, nous faisons un peu de shopping, des loukoums chez Haci Bekir, près de la gare, ils ne sont pas très aimables, j'ai pris deux boîtes de 500gr emballés pour faciliter les choses. Nous retournons à la Caferaga Medresi, pour ramener des céramiques, puis au Bazar Arasta, beaucoup moins cher que le Grand Bazar, pour trouver des Tshirts (28ytl les quatre). Nous voulons ramener un service à thé pour notre fille et hésitons, mais ne choisirons pas aujourd'hui. 7H moins le quart, Il est temps d'aller découvrir notre dîner de Ramadan (voir le paragraphe au-dessus du programme) pour cette agréable soirée !

Mardi 15 septembre

Il est 9H quand nous arrivons sur la place Sultanahmet, les touristes commencent à arriver. Nous allons à pied jusqu'au Grand Bazar, ce n'est pas très loin, mais les verres à thé sont facilement quatre fois plus chers qu'au Bazar Arasta ! Et j'essaie de voir le prix d'un Tshirt, la différence est aussi énorme ! Nous quittons rapidement le bazar et prenons le tram à Cemberlitas jusqu'à Eminonu pour ensuite aller visiter le complexe de la mosquée de Suleyman; Les rues pour y monter sont très abruptes, il fait très chaud, et en haut, le temps est étouffant : La mosquée est bien fermée et le jardin qui l'entoure est à l'abandon ! Néanmoins les deux turbe de suleyman et surtout de Rolexane, (sa femme) sont accessibles gratuitement, ils sont très beaux, celui de Roxelane est entièrement décoré de faïences d'Iznik.

Nous ne voulons pas rester déjeuner ici, on étouffe, nous redescendons les rues et retournons à Sultanahmet , puis près de la petite Sainte Sophie, où nous respirons beaucoup mieux. Nous ferons une longue halte au Tahiri Cesme Restaurant, de qualité « pas si mal » :hoummous (bof) et aubergines frites (froides, ce n'est pas bon), deux bons kebab, meilleurs qu'au Kosk café, deux sutlac, un lavas (gros pain soufflé chaud)moins bon qu'au Kosk, un fanta et un coca (bière refusée !)deux thés offerts et deux cafés turcs très bons ! pour 49ytl pour deux. Atmosphère paisible sous la treille. Pour donner une idée du coût des repas à Istanbul, nous avons toujours dépensé entre 11 et 12 euros par personne. Nous retournons aller chez nos valises, hélas il faut retourner à Paris, nous n'avons pas eu le temps d'aller aux îles des Princes ! Nous garderons d'Istanbul un merveilleux souvenir ! Nous n'avons pas eu de problème pour emmener les loukoums en cabine.
Croisière Cap vers Istanbul sur le Coral English translation pending
by Vigil69 · 2009-09-15 · 217 replies
Bonjour,

Intéressé par cette croisière courant 2010...Que pensez-vous de ce circuit? et du Bateau?

Merci de votre info.
Voyage en Allemagne: transport et hébergement English translation pending
by Jblo111 · 2009-09-08 · 15 replies
Bonjour a tous, je suis actuellement en train de preparer un voyage en allemagne avec des amis sous forme de "petit tour du pays" on comte partir de paris, aller a strasbourg, puis a munich (passer une journee au chateau de neuschwanstein), aller en direction de francfort, ensuite partir pour hambourg et enfin aller a berlin et revenir sur paris. Nous sommes tous mineur mais sommes deja partit l'annee derniere a rome tous seul sans le moindre probleme. Savez vous s'il existe des navettes qui font l'aller retour munich / chateau de neuschwanstein ?? Nous souhaitons dormir dans des auberges de jeunesse ou des campings en connaisser vous des bons marches dans ces villes ?? Y a t'il des trains ou car pas cher qui font la correspondance francfort / hambourg ou munich / francfort ?? Merci pour toutes vos reponses
Iles grecques sur Fortuna en novembre 2009 English translation pending
by Jo38 · 2009-09-06 · 111 replies
😊



4 ème croisière prévue du 9 au 16 novembre sur le costa fortuna et toujours besoin de cet excellent forum

cette fois le cas est différent : nous arrivons en avion pour un départ depuis venise et nous désirons si possible arriver un jour avant pour justement profiter de venise. la croisière a été acheté sur internet et les "pousseurs de carton" sont très avares en renseignements

1: trouver un hotel pas cher pour lacher bagages depuis l'aéroport où nous serons à pied.... astuce ? ( merci à vous , "pas cher mon fils..." )

2: avion je pense à airitalia bien situé au niveau tarif ?

3: confirmez vous cette navette costa qui part de je ne sais quelle place vers les navires ?

4: les excursions !!!

j'avais conseillé sur ce même forum, toutes celles à faire et à éviter... avec un peu de censure mais on y est arrivé

je peux donc vous conseiller pour celles en egypte rhodes tunisie baleares rome malte palerme mais j'ai besoin de vous pour 3 escales :

à savoir : santorin mychonos et dubrovnick

santorin, très court au final ! il y a t il une raison ? le plus joli doit se faire sur la même journée avec seulement 4 heures à santorin ! comment se débrouiller à santorin ? j'ai compris qu'il fallait éviter les ânes surexploités (les pauvres ) avec un mépris pour les touristes ( business et rapidité )

le téléphérique est il à proximité immédiate ? prix ? y a t il un intérêt pour une excursion ? ou combien de temps pour monter les 580 marches histoire de ne pas perdre trop de temps vu le peu alloué à l'escale !

le débarquement se fait en chaloupe il me semble donc priorité aux excursions réservées .. ! j'aimerais votre avis, que faire ensuite à santorin, visiter à côté (comme à rhodes ou je vous conseille de prendre le car vers lindos et de visiter rhodes en rentrant )

excursions ou autonome à mychonos et dubrovnick ?

merci pour vos réponses !!! ( du genre excursion conseillée içi, et là vous pouvez être autonome... )

merci à ce forum et à ceux qui passent le temps à nous conseiller ....🙂🙂🙂

Retour de croisière MSC Fantasia du 22 au 29 août 2009 (tour de la Méditerranée occidentale) English translation pending
by MesonPi · 2009-08-29 · 13 replies
Quelques informations qui pourront être utiles pour les futurs amateurs LA CROISIERE : tour de la méditerranée occidentale à bord du MSC Fantasia (Marseille, Gènes, Naples, Palerme, Tunis, Palma, Barcelone) Mon PROFIL : c'était notre première croisière, nous étions 4 (ma femme 45 ans, mes deux filles 15 et 12 ans et moi même 48 ans), nous sommes plutôt habitués à des vacances soit en club soit en location (maison individuelle dans le sud avec 1 ou 2 couples d'amis). J'habite la région parisienne. L'EMBARQUEMENT : Galère pour trouver le point d'embarquement, bien que transportés par ma belle soeur qui connait Marseille (nous étions chez ma belle famille qui est à Aix) : moitié la faute à la ville (pas de panneau indiquant un point de départ des bateaux de croisière), moitié la faute à MSC (le plan joint dans leur billet couvre toute la zone du port de Marseille, soit plusieurs km de quais ..., mais sans préciser exactement où il faut se rendre). Une fois trouvé (vers 14h30 pour un départ à 18h30), c'est la bonne surprise, l'embarquement se fait en 2 étapes : 1) sous un hangar avec air conditionné, on fait la queue pour délivrer ses bagages (après passage aux rayons X), cela va vite, nous avons attendu 20 minutes 2) puis c'est la procédure d'embarquement qui est rapide aussi (le MSC check express n'a servi à rien, il y avait plus de monde dans la file dédiée que dans les autres), on remplit un papier comme quoi on n'a pas de symptômes grippaux, puis contre la remise du carnet de voyage, MSC nous procure les cartes d'embarquement (type format carte de crédit) et nous demande si nous voulons que ces cartes servent aussi de carte de crédit à bord (moyennant la prise d'empreinte de notre vraie carte de crédit), c'est la solution que nous choisissons. ATTENTION : les cartes des enfants deviennent aussi des cartes de crédit, j'y reviendrai. Une fois les cartes en poche, nous montons sur le bateau, où sitôt la passerelle franchie, un personnel du bord nous amène directement à notre cabine, où nous retrouverons moins de 10 mn plus tard nos bagages. PREMIERES IMPRESSIONS : le bateau est gigantesque, neuf et cela se voit. Nous sommes au 12 ième pont, sur l'avant et côté droit du bateau. La cabine est bien agencée. Un grand lit 2 places + un canapé convertible. Le lit est assez haut, ce qui permet de ranger dessous toutes les valises. Nous avons un balcon qui comprend 2 chaises et une table. Le coin SDB est petit mais optimisé (un lavabo + 1 douche + 1WC + des rangements suffisamment 'vastes' pour accueillir les produits de ces dames). Il y a une armoire (avec cintres (pas assez)et tiroirs) dans lequel toutes nos affaires ont pu être rangées. Le coffre fort (assez grand) est dans le placard. Il y a enfin une mini table et un bureau (en dessous duquel on trouve un réfrigérateur), une télé avec écran plat est en hauteur. Je remarque une prise Ethernet au dessus du bureau (mais pas utilisé). On a accès au balcon via une porte vitrée coulissante. Des rideaux occultant (très efficaces à l'usage) complètent le tout. On pénètre dans la cabine en utilisant la carte MSC comme clef électronique puis il faut positionner une carte dans un boitier pour avoir la lumière (idem hotel). En examinant nos cartes MSC, nous constatons que nous sommes affectés au restaurant Cerchio d'Oro avec un numéro de table --> ce qui est une chance, j'y reviendrai. ASPECTS FINANCIERS : à bord, en dehors de la nourriture tout est payant et se règle soit via la carte MSC (notre choix) soit via du liquide (je n'ai pas testé toutes les possibilités de ce côté). La première chose que nous faisons est de mettre au coffre les 2 cartes de nos filles et de leur faire fabriquer à la réception une Teen Card avec un montant de dépense bloqué (soit 30€ MSC rajoute 5€, soit 50€, MSC rajoute 10€), la teen card permet d'ouvrir la cabine et est valide lors des contrôles pour les descentes/remontées aux escales. Les prix ne m'ont pas semblé exagérés hormis les bouteilles d'eau, quelques exemples : 1litre d'eau minéral 1.9€, 1 coca 2.8€, 1 cocktail 6.9€, 1 glace 2 boules 2.5€. Au restaurant, il y a une multitude de choix de vins autour de 20-25 euros la bouteille, pour info une bouteille de Veuve Cliquot coûte 67€ soit 2 fois le prix en supermarché (dans un restaurant français, c'est plutôt x3). Rq1 : pour l'eau, nous avions emporté un pack de petite bouteilles que nous avons placé dans le réfrigérateur, elles n'ont jamais été enlevées par le personnel de cabine bien que ce soit interdit par le réglement intérieur. Rq2 : A la cafétéria du 14 ième pont, il y a des distributeurs d'eau gratuits mais agencés de telle façons que l'on puisse remplir des verres mais pas des bouteilles, malin Mr MSC ... Concernant la nourriture, si vous n'êtes pas satisfait de l'ambiance ou des plats, vous pouvez choisir d'aller dans un des 4 ou 5 restaurants payants, nous ne les avons pas essayés mais d'après la consultation de la carte du TexMex, il en coûte environ 12€ par personne. Ce qui nous a paru très cher, ce sont : 1) le prix des photos --> vous êtes mitraillés en permanence, et le résultat est affiché dans un vaste espace au pont 7, les tirages moyen format sont de TRES bonne qualité mais ne justifient pas des prix allant de 10 à 20 euros (pour les soirées de gala). A ce propos, le Commandant se positionne en tant que chef des marchands du temple, puisque lors de sa soirée, il est interdit de l'approcher avec un appareil photo, seuls les photographes MSC sont autorisés. Cela m'a choqué. 2) les excursions sont chères, je ne les ai pas assez pratiquées pour me faire un idée exacte : par exemple, pour Capri, cela coûte 59 € par adulte (au dessus de 13 ans) et 40€ pour les enfants, donc au total à 4 une petite fortune, mais pour aller à Capri, il y 45 minutes de bateau (dans un vaste hydroglisseur) puis un service de mini navettes multi arrêts sur l'ile avec guide. Si je compare avec le prix d'un transport en bateau en France pour aller par exemple aux iles de Lerins, ce n'est pas exagéré. Mais si vous faites des excursions tous les jours .... Pour info nous avons pris les packages cocktail (12 pour le prix de 10 --> 69€) et Soft drink (14 pour le prix de 10 --> 29€) pour les enfants. Les chips et betzels sont à volonté. LES BOUTIQUES : il y en a une dizaine, toutes DUTY FREE et donc ouvertes uniquement lorsque le bateau est en mer. Les prix ne sont pas excessifs. De plus tous les soirs, place San Giorgio, il y a vente directe à l'étalage (montres, bijoux, appareil photos, lunettes, parfums, jeux vidéos, ....). LA RESTAURATION : il y a 3 restaurants : 2 avec un cadre de restaurant 'chic' (red velvet et cerchio d'oro) et un qui est une cafétéria. Les diners du soir se font obligatoirement dans le restaurant (+ table) d'affectation figurant sur votre carte. Il y a deux services 19h30 et 21h30. Vous êtes alors servis à table (y compris dans la cafet) sur la base d'un menu qui change tous les soirs. Les tables vont de 4 à 8 personnes, les affectations ont l'air d'être faite par nationalité, en espérant que vous aurez la chance d'avoir des affinités avec vos voisins (c'était notre cas !). Le menu permet de rassasier les plus voraces : vous avez le choix entre 2 hors d'oeuvre, puis une salade, puis 2 potages, puis 2 antipasti (type risotto), puis 4 ou 5 plats principaux, puis 4 ou 5 desserts. Vous pouvez prendre toute la série ou 1 seul. La nourriture est plus industrielle que gastronomique, par contre c'est très bien présenté : nombreux personnels en tenue, changement de couverts à chaque plat, assiette à pains, etc ... la forme cherche à sauver le fond, car d'un soir à l'autre le renouvellement est faible, le diner du commandant n'apporte rien de particulier, seul le diner de gala est plus recherché (mais les 3 rondelles de langouste était caoutchouteuses et le chateaubriand beaucoup trop cuit ... En terme de cadre, le Cerchio d'Oro est équivalent au Red Velvet, la cafetaria est nettement en retrait. Les déjeuners se prennent où vous voulez : bizarrement les 2 restaurants sont désertés et tout le monde se rue sur la cafétéria qui ressemble alors à Flunch aux heures de pointe : c'est libre service, la même chose d'un jour sur l'autre, très bruyant, encombré, et pas très bon. Bref vous aurez compris que nous n'avons pas vraiment apprécié (l'avantage de la cafet est qu'elle est au même étage que l'aqua park) et nous avons plutôt fréquenté les 2 restaurants : à midi même principe que le soir, menu sans fin, service à table, calme assuré. Les petits déjeuners se prennent également où vous voulez : là aussi c'est ruée sur la cafet avec des buffets variés. Aux 2 restaurants, il y a un menu petit déjeuner qui est plus 'riche', on peut par exemple avoir du saumon fumé, avec toujours service à table et calme. En plus de ça, il est possible de grignoter de 16 à 17 ou 18 heures à la cafétaria ; libre service de patisseries/gateaux divers, fruits, ... Pour les boulimiques, à minuit ils remettent ça, mais nous n'avons pas testé. La TENUE : étant par nature peu enclin à partir en vacances avec un costume, je 'craignais' les soirées de gala (2 en fait : la soirée du commandant le mercredi soir et la soirée de gala le vendredi soir), chaque jour le bulletin MSC sur la journée (excursions, animations, heure départ arrivée, ...) délivré en cabine donne le ton de la soirée (casual -> chemise/pantalon, Informal --> veste, Formal --> costume, je ne parle que pour les hommes). Dans la pratique ce n'est pas triste, on voit tout et n'importe quoi : de la tenue grundge au smoking (porté parfois avec des tennis blancs), à moins d'aborder les restaurants en short, vous avez peu de chance de vous faire refouler. Les toilettes des dames sont généralement plus recherchées mais avec des bonheurs divers largement liés à la nationalité : c'était une de nos attractions d'avant restaurant : prendre un cocktail dans un bar et regarder passer les belles (honte à nous !). L'AMBIANCE : Si vous ne faites pas d'excursion et n'aimez pas cuire toute la journée au soleil : vous risquez de vous ennuyer, car les animations sont réduites au maximum, hormis quelques jeux piscines. MSC a certainement fait le choix de limiter les animations en journée afin d'écouler des excursions, c'est beaucoup plus rentable. Tout reprend vers 16h30 (retour d'excursion) avec des bingos, soirées à thèmes dans les bars (karaoké, cours de danse, ...). Les animateurs sont sympatiques. Le spectacle du soir est de grande qualité, bien qu'un peu court (30-35 mn, mais avec 10-15 mn de parlotte avant), il se déroule dans le théatre (ou règne un froid sibérien) en deux 'services' qui vont de pair avec les services des restaurants, le notre était à 23h30. Sur le pont 14 (aqua park), il y a souvent une animation nocturne avec musique et danse en plein air, les plus courageux peuvent poursuivre en boite de nuit (plutôt destinée aux ados), mais l'Insolito Loundge (pont 7) a aussi une piste de danse mais dans une atmosphère plus feutrée. LA PROPRETE : quasi parfaite pour la cabine : elle est faite deux fois par jour (SDB comprise), le soir le lit est préparé, le canapé clic clac mis en place. Sur le bateau, des escouades nettoient en permanence l'intérieur et l'extérieur. Seul gros hic : les piscines (et jacuzzi), elles sont toutes à l'eau de mer (normal), vidées tous les soirs et pourtant elle ne sont pas propres, dès 14 heures on trouve un peu de tout à la surface et bizarrement, personne n'est là avec une épuisette pour enlever le plus gros. Au final, pas très ragoutant. Je ne parle pas des jacuzzi où les bulles permettent de cacher la misère. Autre point non élucidé : sur les ponts en extérieur (14 et au dessus), une odeur peu agréable est par moment nettement perceptible, présente aussi bien en pleine mer que dans les ports. Nous n'avons pas su en déterminer l'origine. LE BATEAU : extrêmement cosy, voir chic en général (les paliers d'ascenseur en panneau de bois chocolat + glace ciselée sont splendides), les bars sont du même acabit. Idem pour les coursives internes et les ponts 6 et 7. Seul le double escalier entre les ponts 5 et 7 , façon 'Las Vegas' fait un peu chargé, mais il rencontre un grand succès : les belles adorent se faire photographier sur ses marches. le Casino est lui aussi très réussi. A voir également le coin fitness et spa au pont 14. Ma fille a pris un massage balinais alors que le bateau était en pleine mer. La salle de soin très zen avait vue directe sur la mer : un vrai bonheur parait il (mais à 59 € !) LE PERSONNEL : multi national : il y a de tout (des birmans, des péruviens, des pays de l'est, ...). Problème, très peu parle français et certains parlent mal l'anglais (également vrai pour certain membres de l'équipage). Parfois difficile de se faire comprendre, néanmoins, ils font tous preuve de beaucoup de bonne volonté pour nous satisfaire. Le personnel des restaurants et des bars est très stylé. Il faut dire que les clients sont majoritairement italiens (au moins 75% dans notre cas), le français n'est donc pas la langue cible.

En conclusion : ma femme et moi avons noté la croisière : 12/20 pour elle, 13/20 pour moi. Nous n'avons pas apprécié : - le côté pompe à fric (980€ dépensé sur le bateau) qui est sciemment organisé (si on s'ennuie, on achète) - la nourriture aux diners (on s'attendait à mieux) - la surpopulation sur les ponts extérieurs et le bruit qui va avec : le bateau est gigantesque et le nombre de passager va avec.

Voila, en espérant que cela vous soit utile.
États-Unis Dream 2009 English translation pending
by Veileen · 2009-08-22 · 129 replies
Introduction :

Et oui, encore un carnet ! J’ai pris beaucoup de plaisir à lire celui des autres voyageurs. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de faire le mien. Avant tout, le but est d’en faire profiter ma famille et mes amis au loin, mais aussi, tout ceux qui auront envie de lire ma longue prose. Je vais d’ailleurs l’éditer par groupe de quelques journées à la fois, ce qui me laissera un peu de temps pour l’insertion des photos... 4 semaines tout de même, du 20/06 au 18/07/09.

Je rappelle qu’évidemment, mes remarques sont toutes personnelles, n’engageant que moi, chacun ayant ses propres avis et ses propres goûts !

J’ai essayé de faire attention à l’orthographe. S’il reste quelques coquilles, veuillez m’en excuser…

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20/06/09

4:50 : Si j’ai oublié quelque chose, c’est trop tard. Le taxi est en avance. Francesco est déjà en bas et je ferme la maison. Je coupe l’électricité et je plonge enfin dans mon rêve ! Des années qu’on y pense mais ce n’était jamais le moment. Il y a 2 ans : la grande décision est prise. Et depuis un an, je prépare nos 4 semaines. Depuis le temps que je rêvasse devant le fabuleux site de Philippe et Thierry : je peux enfin concocter mon mélange special : un zest de ville (ce n’est pas notre truc), une rasade de grands classiques : les fameux “incontournables”, une pincée de wilderness, quelques mythes que la chance nous autorise et un rafraîchissement pour la fin : Yellowstone. En plus, j’ai carte blanche, ce qui m’arrange bien mais me donne une responsabilité supplémentaire (si un rouage grince, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi !)

Pour nous situer un peu, nous n’avons pas l’habitude des grands voyages : quelques petits sauts en Europe, un voyage de noce qui date (Et généralement, on ne se perd pas sur une petite île au soleil). Donc quasi aucune expérience. Alors, pous les septiques et les angoissés qui hésitent entre voyage organisés et se débrouiller par soi-même : franchement, si je l’ai fait : c’est que vous aussi vous pouvez le faire !!!!!! Un peu d’anglais, un zest de patience, internet, une lecture assidue de Voyage Forum et voilà, c’est fait ! Les avions sont réservés, les chambres longuement étudiées sur Trip advisor aussi, passeports et Esta ok.

Et nous voilà tous les 4 (avec Adrien et Nathan mes 2 garçons de 12 et 15 ans quasi révolus) après une nuit très courte, à faire la queue pour s’enregistrer à l’aéroport. Une hôtesse nous évite l’attente et nous fait l’enregistrement sur une machine qui bien évidemment exige plusieurs fois la lecture du passeport avant de daigner cracher les boardings cards. Arrivés à Frankfort, nous profitons des 5:00 d’attente pour prendre le train et faire un saut de puce en ville. Bref, nos premières photos américaines sont… allemandes. J’adore la flammeküche et nous trouvons un resto qui en propose. Super ! Sauf que maintenant, il fait gris.









Retour et cette fois, c’est l’envol pour Los Angeles.







13h00 plus tard et gavés de films récents sur nos écrans individuels, vaguement abrutis de fatique nous récupérons toutes nos valises (ouf…). Un tour aux toilettes de l’aéroport ; mon mari et mon fils me font une drôle de réflexion : d'après eux, elles seraient toutes bouchées : l'aéroport a un sérieux problème !

Nous prenons ensuite la navette pour notre loueur Alamo. 10mn d’attente pour un samedi de juin à 18:00. Je n’en n’espérais pas tant. Accueil très sympa. C’est top : je comprends à peu près tout ce qu’on me dit. Le préposé, sans doute un peu moins, mais il a la courtoisie de ne pas le montrer. Il nous annonce tout de suite vu la quantité de bagages qu’il nous donne un véhicule full size. Génial on nous propose un magnifique 4x4 GMC. Je luis demande si c’est un vrai 4WD et s’il me confirme que je n’aurai qu’à payer le drop off, le plein et la PAI que je souhaite en plus. Sûr que c’est un upgrade gratuit ? Vi Madame ! Banco, je signe tout ce qu’il veut ! Nous nous nous apprêtons à partir. A la dernière seconde, il m’arrête : Non, renseignements pris, ce n’est pas un vrai 4WD : à la place il y a celui-là ou celui-ci. Ce sera celui-ci : un Toyota Sequoia géant.



Il faut s’agripper à la poignée pour grimper. Bon, les pneus sont impecables et y’a bien le bouton à 3 position pour le 4x4. Mon fils n’a pas de mal à ranger ses longues guibolles. Il est certes moins beau (le 4x4, pas le fils…), mais plus spacieux et n’a que 3611 miles au compteur. Sûr que ce monstre change de ma Panda. De toute façon je prends d’autorité le volant (je n’aime pas me faire conduire) et ne le lâcherai que 8100 km plus tard après quelques coups de freins dont se souviendront longtemps le reste de ma famille (ben oui quoi : quand y’a pas d’embrayage, le pied gauche conserve ses réflexes et vient s’écraser volontiers sur le pied droit qui n’en demandait pas tant !

Gps en route et après avoir évidemment manqué l’entrée de l’hôtel La quinta Inn (très correct avec Pti déj) situé à 5mn d’Alamo, et refait le tour du paté de maison (alors c’est vrai qu’on peut tourner à droite au feu rouge ?), et après avoir garé le monstre dans une exceptionnellement petite place (dis, t’es sûr que je peux reculer encore ??) nous nous installons dans notre chambre. Tour aux toilettes : possible que les toilettes soient encore bouchées ?!!! Non, en fait, le niveau d’eau de la cuvette est beaucoup plus haut qu’en Europe. Va bien faloir s’y faire ! Rigolade et éclaboussures garanties !

Force est de constater qu’il nous manque un sac à dos ! Bon, sûrement resté dans le GMC. Les enfants se couchent. Nous retournons à Alamo et après 4 fois la même explication et un brave homme qui fait tout son possible pendant 20mn : rien à faire : le GMC a été loué entre temps . Adieu le sac et les affaires à l’intérieur ! Au moins j’ai expérimenté mon anglais. Retour à l’hôtel. On est crevé et on s’endort vite mais à 4:00 : réveil et plus question de fermer l’oeil. Et cela se reproduira encore longtemps…

21/06

A une heure plus décente et après un copeux petit déjeuner, nous partons. Au moment de ranger les bagages, nous relevons un siège et découvrons tout honteux, le sac à dos manquant ! Tout ça pour ça !

Allez, c’est parti ! En route pour Death Valley. Merveilleux petit GPS qui nous guide sur ces routes pleines de voies. La vitesse est limitée. 2h00 plus tard nous nous arrêtons à Lancaster à notre premier Walmart faire les courses : priorité la fameuse glacière. Ouaouh : qui disait qu’on avait du mal à trouver de la salade et des fruits ! Tout est dispo, très frais et bien conçu pour les touristes que nous sommes : rien à couper, rien à laver… Nous repartons. Quelques petites frayeurs plus tard (nous ne trouverons jamais le manuel d’utilisation du Toyota) : bon, je vous la fait version polie « Mince ! : pourquoi je ne puis-je enlever la clef du contact : ha ! Faut être sur Parking » « Zut ! : pourquoi je peux pas passer en position Drive ? Ha ! y’a la sécurité qui a blogué le frein » : il suffit de freiner fort pour débloquer : dixit un vrai cow-boy : le seul être humain que j’ai trouvé en plein désert devant un passage à niveau avec le chapeau, les bottes et l’accent machonné au chewing gum . Faut dire qu’on est là depuis 20mn à attendre que ce train long comme un jour sans pain finisse de passer. Après 200 km sans un feu rouge, ça fait un peu étrange tout ça !

Nous arrivons enfin à Death Valley. Rassurée, je trouve enfin une station d’essence (au moins 150 km sans en voir une…) et fais mon premier plein, aidée par une charmante caissière aux immenses ongles roses fluo. Bref, j’apprends ma leçon : pour payer, c’est Fastpay avec la carte ou Payinside. Et je mets du Regular (le moins cher fait tout aussi bien l’affaire).



Nous nous installons au premier hôtel réservé : le Stovepipe Wells (la chambre est bof, moins belle que sur le site, mais propre : pour la nuit ça ira). Histoire de se dégourdir les jambes, et vu la chaleur (on doit être autour de 42 ce qui n’est pas si pire finalement pour le coin) nous prenons grand plaisir à nous jeter dans la piscine. Ahhhh que c’est bon ! Surtout dans un décor pareil. Ces, comment dire, “vastitudes” nous éblouissent autant que le soleil. Même avec les lunettes, la clarté est telle que j’ai les yeux qui me brûlent (cela m’arrive régulièrement mais là, c’est presque tous les jours…)

Après la baignade, Nous voulons acheter le National Pass mais la cabane des rangers est fermée. Direction Sand Dunes juste à côté. Nous nous balladons une petite heure dans les dunes. Gaffe aux serpents d’après le magazine, mais là tout va bien Lumière de fin d’après-midi, c’est magnifique !







Nous repartons pour Artiste Drive. Je ferai bien un saut jusqu’à Bad Water



Mais les ombres montent et j’ai peur d’arriver ensuite trop tard pour Artiste Palette la bien nommée ! Que c’est beau !





Retour pour un dodo bien mérité.

22/06

Départ matinal pour Zabriskie Point. Trop tôt pour l’ouverture de la cabane des Rangers. Une lumière rasante sur Sand Dunes et je ne peux m’empêcher de faire quelques photos de plus.





Le soleil est levé quand nous arrivons mais le seul couple déjà présent sur place nous explique que la présence importante d’ombres les a obligé à attendre de toute façon pour les photos. Nous emplissons nos yeux de ce spectacle.









Dante’s view est notre prochain arrêt. Bigre, il fait froid : polaire bienvenue ! Nous croisons un autre jeune couple italien en voyage de noce, et aussi notre première espèce locale : un lézard à corne de désert.







En route pour Las Vegas ! Et quelle route !





Il est trop tôt pour le check’in. Direction l’outlet au Sud du Strip. Notre fils retrouve ses marques favorites : la CB chauffe pour lui bien que les prix ne soient pas si extrordinaires. Nathan ne veut rien, Mon mari Remarque d’un air circonspect la largeur des vêtements (même ceux en S) et moi j’ai le choix entre style mémère ou nymphette. J’abandonne même les idées de chaussures ! Allez direction le Golden Nugget.



Vive le Valet Parking et les bagages apportés dans la chambre ! Ma famille me regarde avec surprise distribuer les billets de 1$. Je leur explique la notion de pourboire aux USA ! Nous sommes fatigués et nous contentions de faire un tour à côté de l’hôtel pour attendre l’heure du diner. Une jolie petite wedding chapel et la Stratosphère qui semble proche devant nous, mais s’éloigne coquinement à chaque pas que nous faisons. Non décidément, il fait trop chaud ! Je propose le buffet du Golden Nugget. Je m’attends à faire la queue, mais non, nous rentrons de suite et Adrien et Nathan se jettent sur tout ce qui semble fris ou pané ; Francesco et moi, sur les crudités, et les fruits ! Différence de génération !

23/06

Déjeuner pantagruélique au buffet ! Mais ce n’est rien à côté des assiettes de certains. Les garcons jettent l’éponge : ils ne peuvent rivaliser ! Du monde, du bruit. J’en ai déjà assez. Je propose de s’éloigner pour la matinée car nous réservons le Strip pour l’après-midi et la soirée. Miracle, les jeunes sont d’accord. Nous partons pour Red Rock Canyon : un excellent apéritif pour l’ouest américain. Des lièvres gambadent.Pour être rouge, c’est rouge ! Nous apprécions la ballade.









Tout est nouveau pour nous, y compris les 8 ou 9 feux (rouges aussi) qui s’alignent devant nous tous les 50mètres au retour. Redéjeuner au buffet pour bénéficier de 2 buffets gratuits pour 2 payés. Vu la circulation en ville, je decide que nous nous déplacerons en taxi. Franchement, ce n’est vraiment pas cher et cela m’a donné l’occasion de discuter avec les chauffeurs. Nous sommes largués devant le Venetian. Nous connaissons Venise et, en clignant les yeux, on pourrait s’y croire.



L'eau est quand même un peu moins bleue dans la vraie Venise ! 😉









Le Paris et son ambiance plus sombre me plaisent moins. Le Caesar est assez beau aussi.



Nous profitons du spectacle des fontaines du Bellagio. Km à pied, chaleur : l’après-midi passé vite. Hamburgers et salade vite fait. Maintenant, photos de nuit !







Re spectable au Bellagio. Nous reprenons un taxi pour la Stratosphère et je m’essaye aux photos sans trépied puisque c’est interdit de grimper avec. Des liftiers s’empressent de nous faire la conversation. Faut dire que ce ne doit pas être réjouissant de passer ses journées dans un ascenseur !



Il y a des fous qui font des manèges suspendus dans le vide. Adrien qui faisait le bravache n’insiste pas. Re taxi pour rentrer et dodo avec pause grands yeux ouverts pendant 1:00 comme d’habitude!

24/06

Ce matin, je veux prendre des sous à l’ATM (nos DAB). Mais celui de l’hôtel ne permet de prendre qu’une somme limitée avec 3$ d’intérêts. Nous sortons à pied à la première banque à côté de l’hôtel. Au moins je récupère un plus gros montant et avec moins de frais. Nous revenons chercher la voiture pour faire nos courses. Le premier “grocery “ donné par le Gps est minable. Finalement je trouve le moyen d’insérer la recherche d’un walmart : il m’en donne un à quelques miles de là. Super : on fait le plein car cet après-midi : départ pour Valley Of Fire ! Je prévois le picnique du soir dans le parc : un de nos plus beaux !

Quelques gouttes lorsque nous quittons Las Vegas. Quelques dollars au Valet parking et 1:30 plus tard, nous arrivons. Je repère un parking avec de superbes trucks. Pour un peu je descendrais bien pour faire quelques photos. Mais j’ai égalementhâte de poursuivre et ne suis pas ma première inspiration. Dommage, je n’aurai aucune photo de camion US avec leurs pots d’échappement en l’air.

Après avoir enfin acheté le fameux pass, nous passons pas mal de temps sur la partie basse du parc







"Scream"



et finissons par la ballade vers White Dome. Dès que nous passons le Visitor Center, le spectacle deviant enchanteur. Mince, si j’avais su, nous serions montés plus vite. Nous déclinons les premiers trails proposés le long de la route pour celui de White Domes.







J’aurais bien voulu tous les faire tellement je suis conquise. Ce dernier se fera hélas dans l’ombre car les nuages se disputent avec le soleil. Au moment où le soleil se couche, nous nous installons sur une aire de picnique et dinons devant un ciel moiré de rose. J’ai vraiment adoré ce parc, surtout la partie haute !





Retour en pleine nuit à Las Vegas. Nous n’avons que survolé cette ville, amusés par l’ambiance, étonnés par ces décors plutôt bien realisés, mais pas franchement conquis, du moins nous, les parents. Las Vegas reste le meilleur souvenir de Nathan. Dernière nuit sur place.

25/06 : Après quelques courants d’air glacés à la sortie de l’ascenseur (ah la clim !!!), un coup d’oeil à la piscine avec son toboggan qui passe dans l’aquarium aux requins (même pas testée : trop de monde…) et un check out rapide, en route pour Grand Canyon ! Sur la route, le Lake Mead et son barrage. Un pont en cours de construction : c’est l’occasion d’essayer mon zoom que je n’ai que depuis peu. Avec le téléconvertisseur, encore plus près !







Route sans encombre pour le Grand Canyon. Nous sommes aux Yavapai Lodge. Le temps une fois de plus est gris et morose. Evidemment, en sortant de la chambre, nous oublions la clé magnétique à l’intérieur. Francesco et Adrien attendent donc avec les bagages, pendant qu’avec Nathan, je vais refaire une autre clé. En sortant du parking, un bus est à l’arrêt depuis un moment devant moi et un autre véhicule qui perd soudain patience. Je vois les feux de recul s’allumer. Il ne m’a pas vu et donne un grand coup d’accélérateur pour démarrer. Sa voiture réagit trop bien. Même pas le temps de klaxonner que me voilà emboutie. Quel fracas ! J’imagine les morceaux de mon Toyota pendant pitoyablement sur le bitume, et le temps que je vais perdre alors que le reste de ma famille m’attend devant la porte fermée de la chambre à 2km de là… Voilà donc le grain de sable dont j’avais peur ! Mais en sortant, surprise : seule la plaque d’immatriculation est par terre et un jeune français blanc de confusion me présente toutes ses excuses. Tout ce bruit et même pas une égratignure ! Costauds les Toyota Sequoia !

Nous empruntons un tournevis au Gift shop (pour rien, car je perdrai cette plaque la semaine suivante au retour d’une piste !) et réparons le dommage.

Quel soulagement ! Reste un autre souci : le ciel gris, gris, gris. A peine installés, Francesco et moi faisons rapidement les 400 mètres pour atteindre la rim : C’est grandiose mais désespérément gris ! J’essaie le zoom sur des geais bleux mais le résultat n’a pas l’air fameux.

Mon mari essaie de me remonter le moral mais l’espoir d’un merveilleux coucher de soleil sur le Grand Canyon s’évanouit aussi vite que tombent les premières gouttes. Nous dinons à la cafétéria : ce sera le pire souvenir culinaire de ces vacances.

26/06 : Toujours après une nuit entrecoupée, nous nous réveillons pour zieuter d’un air anxieux le ciel. Bingo ! Tout bleu. Je presse mon mari qui prépare en vitesse 2 yaourts et quelques cookies à grignoter. Les garçons dorment. Au bord de la Rim, j’ai enfin une lumière correcte pour mon appareil. Je shoote à tout va et nous parcourons la rim après notre petit déjeuner devant ce spectacle de la nature. ] Je repère quelques nuages et je sens que cela va changer rapidement. Nous revenons à la chambre, et une fois prêts à partir, le ciel s’est remis au gris. Pire : l’orage éclate et nous voila coincés dans la voiture près de l’arrêt de bus pour la Hermist Road. Nous nous contenterons des poins de vue de la Hermist Road, la rando prévue étant abandonée. 10mn plus tard, armés de Kway, nous grimpons dans le bus. Certains arrêts sont en travaux mais nous passerons la matinée à arpenter les autres. Parfois un coin de ciel bleu. Mais il ne faut pas rêver. Nous quittons donc Grand Canyon, poursuivis par un orage qui me laisse à peine le temps de préparer les sandwiches avant d’éclater sur nous avec une violence terrible. Certains sont encore en train de faire des photos, s’aggripant à tout et n’importe quoi pour ne pas perdre l’équilibre ! Même en voiture, c’est impressionnant. Nous partons donc pour Page en Arizona. Sur la route encore des points de vue. Ciel bleu et nuages alternent. Nous passons par des vallées aux couleurs improbables et à la poussière tournoyante qui nous empêche de sortir. Enfin, un apercu du lac Powell au loin.C’est le moment d’une petite pause et d’une photo bien sûr. Toujours pressée d’aller voir, je claque la portiere un peu trop vite, hélas, pour le majeur de ma main droite. Me voilà glapissante devant le reste de la famille qui se décompose et n’ose regarder si un morceau git au sol. Non, le doigt n’est que pincé, mais gonfle et prend rapidement une teinte violette. Ayant déjà cassé un doigt, je sais que celui-là ne l’est pas. Un peu de glace (merci la glacière !) me fait passer du stade glapissante au stade gémissante… Après 2 ou 3 jours, je garderai une insensibilité désagréable qui mettra un mois pour disparaître. Tant pis, il faut continuer. Mon mari propose de prendre le volant. Mais maintenant que je maîtrise le pied gauche, on va pas recommencer les coups de frein intempestifs ; je garde donc le volant (avec 9 doigts ; c’est suffisant !)

Le décor est à mon goût : nous passons devant le golf de Page sur fond de pierres roses. Surpris, nous ne comptons pas moins de 7 ou 8 églises d’affilée avant d’arriver à notre motel : le Bashfull Bob. Bob est d’une gentillesse rare. Il nous donne les clés d’un vrai petit appartement où nous allons passer les 5 prochaines nuits. C’est spatieux avec un séjour, 2 chambres, SDB et cuisinette, terrasse des 2 côtés avec barbecue. Les murs sont repeints, la moquette par contre vieillotte, la SDB encore plus, et le mobilier de cuisine moyennement propre. Ce n’est pas le grand luxe, mais tout cela pour 46$ la nuit. Franchement, après un léger désappointement, nous finirons par apprécier les avantages de cette chambre et en garderons un bon souvenir. Allez, c’est parti pour Dîner. Le Ken old west fera l’affaire. Délicieuse viande et bar à salade apprécié avant une bonne nuit (par petits bouts) de repos. C’est que demain, il s’agit d’une journée qui me tient particulièrement à coeur. J’ai téléphone à Paria Outpost pour me faire confirmer l’heure de notre rendez-vous. Nous avons choisi de visiter Coyotte Buttes Sud avec un guide. Ce ne sera ni Susan ni Steve mais leur employé Kurt .Steve m’explique que nous avons bien de la chance car il a plu le matin même et les températures s’étant raffraichies, nous pourrons débuter à 8:00 au lieu des 5:00 prévues par mail quelques mois auparavant. En voilà une bonne nouvelle ! Attention 8:00 chez Paria, c’est 7:00 à Page… (question de fuseau…).

La suite d'ici peu...
Il était une deuxième fois dans l'Ouest... English translation pending
by Virginath · 2009-07-16 · 201 replies
Une bonne partie de mon voyage a déjà été « dévoilée » au fil des messages du forum, mais je sacrifie bien volontiers à la tradition du carnet de voyage. J’espère que vous prendrez plaisir à le parcourir et que vous ne le trouverez pas trop long ou alourdi de détails superflus. J’avoue que je l’écris pour moi aussi, pour avoir un souvenir de ce merveilleux voyage, et que je me pique au plaisir de l’écriture.

Pour resituer le contexte : nous voyageons régulièrement aux USA, mais notre dernière et unique fois dans les grands parcs remontait à 1995. Nous avions à l’époque 23 ans et notre voyage s’était fait à l’arrache : on trouvait des motels au dernier moment, sans réservation, et le circuit était préparé on ne peut plus sommairement. Nous en gardions cependant un excellent souvenir. Beaucoup de route, mais cela ne nous dérange pas. L’aspect roadtrip, « avalons du bitume », fait pour nous partie de l’aventure.

Cette année, j’ai eu envie de retourner sur ces terres avec dans les bagages notre fils de 8 ans et demi, me disant que c’était le bon âge : assez grand pour apprécier, mais suffisamment « petit » pour s’émerveiller encore de choses simples. J’avais peur que son enthousiasme ne s’émousse avec l’âge. Et puis, il faut bien le dire, la patience n’est pas ma qualité première. Chéri, c’est donc décidé, cette année, on retourne au Grand Canyon !

C’est en parcourant ce forum, que j’avais découvert lors de précédentes vacances mais sans jamais m’investir réellement, que j’ai compris que nous avions loupé énormément de choses lors du premier voyage. J’ai donc eu envie de les découvrir, malgré les contraintes de durée (12 jours) qui m’étaient imposées pour raisons professionnelles et privées. Ce périple semblera donc très chargé et trop superficiel à bon nombre de voyageurs émérites, et ils n’auront pas tort. C’est un parti pris, celui de voir un maximum de choses en un minimum de temps. J’avoue cependant qu’avec le recul, j’aurais aimé m’attarder en certains endroits et faire autre chose que les effleurer. Cette diversité a cependant permis d’entretenir la curiosité de notre fils, dont je craignais qu’il ne sature des « rochers rouges » au bout de quelques jours. Je signale pour terminer que nous ne sommes pas randonneurs, et qu’en général, nous nous contentons des points de vue traditionnels et facilement accessibles. Mais sur l’impulsion du moment, nous ferons finalement quelques balades et pistes, comme vous le verrez.

Le voyage consistait en une boucle Los Angeles-Los Angeles, avec vol Virgin Atlantic au départ de Londres, très facile pour nous, et très intéressant question prix. J’aurais bien pris Las Vegas-Los Angeles, mais les aéroports londoniens de départ et d’arrivée étant différents, cela nous compliquait un peu les choses, d’autant qu’initialement, nous devions rallier Londres en voiture. Finalement, nous nous sommes rendus à Londres en Eurostar. Après une petite heure de métro, nous étions à Heathrow. Un jeu d’enfant !

La boucle en question était Los Angeles – Las Vegas – Valley of Fire – passage par Zion – Bryce Canyon – BW12 – Moab – Monument Valley – Page/Lake Powell – Grand Canyon – Los Angeles – Santa Barbara – Los Angeles. Le « crochet » par Moab m’a fait beaucoup gamberger. Ira, ira pas ? Cette grande boucle sera-t-elle trop lourde pour mon fils, ou pour mon mari d’ailleurs, qui ne comprend pas toujours ma passion pour les USA ? Ne devais-je pas privilégier le côté Disney de Vegas, passer plus de temps sur la côte ? Mais Canyonlands était l’une des merveilles découvertes grâce au forum. J’en rêvais éveillée. Puis retourner là-bas pour voir uniquement ce qu’on avait déjà vu… pff, aucun intérêt… enfin, moins, non ? La lecture de la page de Vazyvite sur son coucher de soleil à Dead Horse Point m’a achevée : je ne pouvais pas ne pas y aller. Allez, soyons fous, on ne vit qu’une fois, inscrivons Moab au programme, on ne le regrettera pas. Enfin j’espère.

Bon, là, je vous la faire courte, parce que, Itat pourra en témoigner, mon circuit est passé par au moins 5 moutures différentes, dont des versions très farfelues, avec à chaque fois une ribambelle d’annulations d’hôtels et de re-réservations dans d’autres. Mais easy as 1, 2, 3, c’est les États-Unis.

Voilà, le décor est planté, le récit peut (enfin) commencer.
Des endroits merveilleux à voir au Népal English translation pending
by Elolulunepal · 2009-07-05 · 42 replies
bonjour à tous, juste pour information pour ceux qui se déplacent au Népal en ces mois de saison des pluie, n'oubliez pas d'aller visiter les villes de pashupati et baktapur! c'est vrai que partout ou vous irez il vous faudra payer le droit à l'entrée qui ne s'élève qu'à quelques roupies! Et surtout ne manquez pas le plus beau et magestueux Stupa qui se situe dans un merveilleux quartier! Pour plus d'infos, sachez que je possède un pied à terre avec mon ami dans ce sublime coin du Népal et que j'y retourne dans les prochains mois, donc pour plus d'infos en tout genre, 😉 demandez-moi! Bon voyage à tous et toutes!
Retour de Chine English translation pending
by Klumo · 2009-07-05 · 13 replies
Retour de Chine Me voilà de retour , tout d’abord le départ , j achète les billets censément sur Air France Marseille /Amsterdam / Pékin et me voilà sur KLM , et c est pas la même limonade

Tous d’abord vol Marseille /Amsterdam , pas de repas , des sandwiches lamentables, indignes d’ un français qui se respecte, mais enfin c est l’ aventure et je ne vais pas commencer a me plaindre.

Me voilà à Pekin , Beijing pour les intimes .Descente de l’avion direction le Metro (airport Express) pour le centre ville, achat du billet 25 Ұ soit environ 2, 5€, très propre et très rapide.

Arrivée en centre ville achat du ticket de metro ville 2 Ұ soit environ 0, 2 € idem, metro exemplaire en propreté et rapidité .Le ticket de bus est a 1 Ұ soit environ 0, 1 € on glisse le billet dans une « urne » a cote du chauffeur .

Je gagne ma guest house ou le prix indicatif pour une chambre double est environ 200 Ұ soit environ 20 € la fourchette est entre 15 et 20 € une caution pour la clé est souvent demandée 100 Ұ .

Dans les rues beaucoup de parapluies en guise d ombelle et une quantité impressionnante de vélos et scooters électriques ( et oui ils sont au top les chinois)

-Visite de la place tian anmen , la faire le matin il y a bien moins de monde que l après midi site a voir car historique mais la visite est rapide ce n est qu une grande place , la plus grande du monde quand même. - Visite de la cité Interdite incontournable bien sur, entrée 6 € + 4 € pour l audio guide.A la sortie nord de la cite interdite une fois l avenue traversée il y a l entrée de le colline du -Charbon , vue exceptionnelle sur la ville ne pas rater , entrée 0, 2 Ұ soit environ 0, 2 € -Visite temple des Lamas a faire , intéressant pour l architecture, n hésiter pas a faire tourner les moulins a prières et faites un vœux.

-Visite de la tour des tambours , oups fermée pour cause de travaux mais derrière a 100m se trouve la Tour de la cloche , 72 marches a grimper pour voir la fameuse cloche et apprécier la vue . Tout autour les hutong vous attendent , faites les a pied, c est très sympa

-Parc Beihai , a cote de la cite interdite, reposant et frais 20 Ұ l entrée , jolis temples.

-La rue des fantômes Ne pas rater metro beixinqiao des dizaines de restos sous des lampions qui donnent une féerie particulière le soir venu. , les restos se la jouent brunch mais prendre les rues adjacentes et rentrer dans les hutongs , pas de touriste et des restos chinois ( des vrais) repas a prix dérisoires et les commerçants sont ravis et étonnés de voir des européens .ex : Crevettes flambées aux piments et tomates + riz + bière 33 Ұ soit environ 3, 3 €

- Muraille de chine en Bus régional , pour ma part j avais décidé de faire la rando sur la muraille de Jingshangling à Simatai ( 10 km) et de dormir sur place avant de rentrer donc je prends le bus 980 pour me rendre a Jingshangling 15 Ұ soit environ 1, 5€ le terminus du bus est a MYUN et de la un autre bus devrait nous amener a destination .Une jeune femme me conseille de descendre au premier arrête de la ville de MYUN et la, on me signale qu il n y a pas de bus pour Jingshangling et que seul un taxi peut m y conduire ????? ce renseignement s avérera totalement faux . Je prends donc un taxi 265 Ұ soit 26 € 50 !!!

Arrivée a destination l entrée pour la muraille est de 50 Ұ + le téléphérique qui donne accès au site 30 Ұ, la rando peut commencer .

Avertissement :pour ceux qui s imaginent que la grande muraille c est plate et bien pavé etc .je dis STOP !!!!!!!! la muraille est construite sur les crêtes des montagnes et le dénivelé est souvent très important , il y a des passages a plus de 45° par des escaliers qui en n ont que le nom , certains passages se grimpent quasiment a quatre pattes Alors pour ceux qui ne sont comme moi que des randonneurs occasionnels je dis que la rando de 10km et des trente tours de gué faut oublier .Au pied de la dixième tour un petit chemin part sur la droite et rallie le village de Simatai , n ayez pas honte de l emprunter vous y croiserez des paysans avec leur troupeau, une végétation intéressant et des fermes pour certaines abandonnées.

Arrivé a proximité de Simatai vous emprunterez de nouveau une portion de muraille ( c est obligatoire) qui vous coûtera 40 Ұ , puis un pont suspendu 5 Ұ avant d arriver au village

La une seule auberge très typique très sympa ou la chambre double est annoncée a 280 Ұ mais négociable 220 Ұ il y a aussi des dortoirs , les matelas sont très durs , 2 cm d épaisseur genre futon .La vue est magnifique .

Pour le retour a la civilisation on vous annonce qu il n y a pas de Bus ce qui est une nouvelle fois faux et on vous « oblige » a prendre un taxi ( qui est d ailleurs le frère de l hôtelier ?????) le prix pour MYUN est de 160 Ұ après négociations .Il vous dépose au terminus des bus ou l on reprend le 980 pour pékin 15 Ұ .

Retour a Pekin visite du quartier de XIDAN sur place plusieurs immeubles de centres commerciaux l un d entre eux n est pas cher du tout ( celui du Mc Do ) alors que les autres sont très brunchy.

-Achats , vêtements vrai/faux se rendre par le metro a yonganhi , la des magasins sur 6 niveaux ou l on trouve de tout ( et beaucoup d européens ) ne pas hésiter a marchander très fort un short annoncé a 450Ұ ??? fini a 50 Ұ et c est encore très cher .

Vêtements , informatique , bijoux, téléphones …se rendre sortie nord est du parc du ciel , le grand centre commercial ( beaucoup de touristes) .

-Train , si vous décidez deprendre le train faite acheter votre billet par la réception de l hôtel ou guest house vous perdrez moins de tempset cela ne vous coûtera que 3 ou 4 € de commission .Vous gagnerez un temps fou , pour ma part c est ce que j ai fait pour un billet pour XI’AN 417 Ұ soit environ 41€ plus 3 de com.

Donc direction la station de metro de Dongfunzen pour atteindre la gare et prendre le train de nuit pour XI’AN 1300 km .Gare immense mais bien organisée bonnes indications en anglais , passage des bagages au rayons X si vous avez un billet pour une couchette molle vous êtes en 1° classe ( équivalent) vous avez droit a la salle d attente des premières (et tant mieux) vous embarquez aussi avant les autres dans le train , un contrôleur pas wagon , très propre , drap, couette , oreillers , Tv, pantoufles vous attendent ainsi qu un compartiment salle de bain et toilettes .il y a aussi un wagon resto . des vendeurs passent régulièrement vendant de la nourriture des affaires de toilette , des boissons ……

Ne pas s étonner si le train démarre 5 ou 6 mns avant l’heure.

Arrivé a XI’AN très grosse ville , 7 millions d habitants , plus d indication en anglais !!!et l anglais est très peu parlé , propreté moins évidente qu a pékin .

Pour l achat du billet retour si votre hôtel ne le fait pas comme c était mon cas , la queue et d a peu près une heure bon poids , j arrive au guichet la préposée ferme et s en va en pose pour une demi heure ( c était indiqué) j arrive a m imbriquer dans la file d a coté ( encore un quart d heure) et la, la préposée ne parle pas l anglais elle me dirige sur le guichet N° 3 ou la on parle anglais soit une heure de queue supplémentaire , je reviendrai un autre jour .

Nouvel essai deux jours plus tard directement au guichet 3 , ça va tout seul , 45mn après c est fait les etrangers sont dans la file 3.

-Armée enterrée de Terra cota devant le ticket office de la gare de XI’AN prendre le bus 306 , une heure de route pour arriver sur site , je monte jusqu a l entrée du site a 500m sous 35° en plein soleil et la le contrôleur me dit que les billets se vendent en bas !!!!!!!!je redescends j achète et je remonte toujours 35° …………….

Visite très intéressante du vaste site ( incontournable)

Retour par le bus 306 pas de souci

-Huashan la plus haute montagne Taoïste (plus de 2000 m) au départ de XI’AN

Prendre le bus N°1 toujours devant le ticket office de la gare départ 07 h 00 des que le bus est plein , attention il est vite plein . Prendre le billet dans le bus 30 Ұ soit environ 3€, deux heures de route arrêt au village de Huashan ou un petit commentaire vous est fait en anglais dans un resto épicerie par le propriétaire des lieux ??? il en profite pour vendre du ravitaillement , des imper , des chaussures a ceux qui n ont pas prévu. Le bus en profite lui pour partir ????et on vous annonce encore une fois qu il n y a pas de bus pour aller sur site , les taxis sont devant qui attendent comme par hasard !!!! Donc taxi oblige 10 Ұ soit environ 1€.

Arrivé sur le site achat des billets « pour la navette » 20 Ұ soit environ 2€ celle ci vous conduit au pied du téléphérique pour l achat des billet aller/retour 150 Ұ soit environ 15 €

Montee vertigineuse , site exceptionnel a ne pas rater mais dangereux, petite marche jusqu au pic du nord pour les autres pics entraînement obligatoire condition physique très top exigée. Pour ma part je suis sauvé par un orage impressionnant qui rend l ascension déjà dangereuse , hyper suicidaire .Au retour la navette vous arrête au pied de la montagne ou la un bus pour XI’AN attend (comme quoi il y a bien des bus 30 Ұ soit environ 3€ mais ce bus vous laisse dans la banlieue de XI’AN et non a la gare

-Quartier HUI a XI’AN surtout ne pas rater .Bus 611 de la gare .c est le quartier musulman très animé des 17 h 00 , tout achats possible toute nourriture aussi ( exceptionnel ) foule impressionnante .

Infos Pratiques

Les jeunes parlent assez souvent anglais

une grande bouteille d eau coûte 4 Ұ

Exemple de repas dans resto populaire :

1 soupe + pain farci 0, 65 Ұ

Calamar + riz 20 Ұ soit 2€

Raviolis vapeur / bière 24 Ұ

Soupe a la tomate +riz cantonnais + pates 22 Ұ

Raviolis + crevettes frites+1 sprite 35 Ұ soit 3, 5 €

Distributeur d eau chaude dans les trains les hotels , la gare …

Les prises de courant sont mixtes (chinoises et européennes)

Les bus demeure un mystère , il n y a pas de couleur définie pour les lignes intra muros , il ne faut se fier qu au N° .ne pas s étonner si au feu rouge le chauffeur en profite pour fermer les yeux durant la minute d arrêt.

Pour les bus extra urbains pareil pas de couleur particulière (multitude de compagnies) les trajets restent incompréhensibilités , des arrêts ou personne ne monte ni ne descend , des arrêt sur la bande d arrêt d urgence de l autoroute pour changer de chauffeur ou prendre un passager ,

Le contrôleur installe des petits tabourets dans l allée centrale pour faire monter plus de passagers . Des départs et les terminus improbables , le mystère reste entier .

Pour le retour en France se renseigner sur le terminal de départ avant de s y rendre il y a pas mal de km entre les eux .

Bon voyage a tous c est un tres beau pays

n hesitez pas a me poser les questions qui vous aideront a preparer votre voyage
Itinéraire pour douze jours au Japon? English translation pending
by Angelique77 · 2009-05-10 · 32 replies
Bonjour à tous,

Ma famille et moi-même (2 adultes + 2 ados de 17 et 13 ans) organisons un gros voyage chaque année. Nous revenons de l'Ouest américain. L'an prochain, pour faire plaisir à notre fille qui aura 17 ans et qui est une vraie fan de l'Asie (elle est folle de mangas, dramas, nourriture asiatique...), nous projetons un voyage de deux semaines au Japon (en avril 2010 du 17/04 au 01/05 soit 12 jours pleins sur place ce qui correspond aux vacances scolaires de la région parisienne). J'ai commencé à me documenter sur ce pays : j'ai acheté des guides de voyage et consulté de multiples forums et je suis perdue comme jamais. Il y a tellement de choses à voir et à faire que je ne sais pas par où commencer (c'est la première fois que cela m'arrive car d'habitude j'arrive à débroussailler le terrain mais là...). Nos enfants ne sont pas des passionnés des visites culturelles même si nous leur en imposons quelques-unes à chacun de nos voyages car il faut bien faire plaisir à tout le monde. Ceci dit, cette fois-ci notre fille aura un intérêt qu'elle n'a pas forcément d'habitude. Par contre, notre fils de 13 ans...

Nous projetons d'arriver sur Tokyo et d'y rester 6 jours en comptant le jour de notre arrivée qui se fera probablement en fin de matinée (en y insérant peut-être Nikko et/ou Kamakura qui seront fait dans la journée avec un retour sur Tokyo le soir - Ces deux villes valent-elles le coup d'être vues ? - Hakone vaut-il le détour ? Aurons-nous le temps d'y aller ?).

Ensuite, nous aimerions aller en train jusqu'à Kyoto et y rester deux ou trois jours (en y insérant Nara avec aller-retour dans la journée depuis Kyoto). Avons-nous le temps de descendre plus au sud pour aller voir Osaka, Himeji, Hiroshima, la mer intérieure, Nagasaki... ou est-ce utopique ?

Quitte à faire du tri, je vous remercie de m'indiquer ce qui est incontournable et me donner votre avis sur la durée que nous devons accorder à chaque lieu.

Nous prévoyons d'acheter le JR Pass pour 7 jours. Je suppose qu'il vaudra mieux l'activer une fois que nous aurons quitté Tokyo ?

Pour ce qui est du logement sur place, autre galère. Apparemment, les japonais ne sont pas friands des chambres quadruples et quand elles existent les prix sont exorbitants. Après de multiples recherches sur Tokyo, j'ai trouvé une auberge de jeunesse qui s'appelle Backpackers Hostel K's house Tokyo à 104 euros la nuit pour nous 4. Connaissez-vous cet endroit ? Est-il bien ? J'ai renoncé à l'idée d'aller dans un hôtel classique car les prix sont effrayants. Je préfèrerai mettre davantage d'argent dans les visites ou les achats que dans le logement. Le principal c'est que ce soit propre. Dans les autres endroits que nous souhaitons visiter, existe t-il le même problème (logement à 4 difficile ou bien à des prix prohibitifs ?). Si vous avez des tuyaux pour se loger à 4 pour pas trop cher, je suis preneuse.

Sur Tokyo, nous comptons acheter un pass à la journée pour utiliser les transports en commun. Nous hésitons entre le one-day travel pass et le tokyo combination ticket. Lequel des deux présente le meilleur rapport-qualité prix ?

Je vous remercie d'avance des conseils que vous nous apporterez. J'ai toujours organisé nos voyages à partir de l'expérience d'autres voyageurs et je n'ai jamais été déçue.
"Touriste Français, Touriste Sasak" - ou 3000km en scooter en Indonésie (Sumbawa, Florès, Sumba) English translation pending
by Lolodesiles · 2009-05-09 · 110 replies
Bon, je ne vais pas refaire les présentations...

Enfin, si, un peu quand même...

Il y a 2 ans, j'ai fait une rencontre qui a bouleversé ma façon de voyager, avec un pêcheur de l'île Lombok, qui est mon p'tit frère maintenant. J'ai pu raconter tout ça, les anciens de VF s'en souviendront, dans mon premier carnet "Sasak story".

Même tempérament, même passion pour la géographie, même rêves de voyages (sauf que moi j'ai la chance de pouvoir en réaliser pas mal!), même goûts pour les endroits isolés, même signe astrologique (j'y crois pas mais là quand même...), même philosophie de la vie permettant de se détacher pas mal du matériel pour se consacrer à l'Essentiel, évidemment deux têtes-en-l'air comme c'est pas permis, enfin plein de mêmes et j'en oublie !

Par contre pas du tout les mêmes vies. Lui, son bureau comme il dit, c'est la mer. Il est éleveur de langoustes et cultivateur d'algues.



Tour à tour, on se prête mutuellement à un jeu qu'on aime bien, une sorte de "Vis ma Vie" pour reprendre l'émission de télé...

En 2007, je lui ai fait découvrir un peu son île, Lombok, car il n'avait jamais pu sortir de son village, faute de moyens de transport dans cette région isolée du sud de Lombok. Faute de moyens tout court aussi...

La vie de touriste: il a trouvé ça pas mal ! C'était toujours très rigolo: des regards curieux du genre "qu'est ce qu'ils foutent ensemble ces 2 là?", et moi qui répondais à chaque fois, histoire de mettre un peu plus le trouble: "bah, touriste français, touriste sasak"! Et ça finissait immanquablement en éclats de rire, en "viens boire le café", "viens manger à la maison", etc...

Et puis ça a un petit peu démystifié ses idées sur les touristes, puisqu'il pensait jusque là que nous étions tous comme les milliardaires des séries B Indonésiennes qui passent à longueur de temps... Il a l'esprit naturellement grand ouvert, mais ces petites échappées l'ont certainement ouvert un peu plus.

Les mois ont passé... Je suis revenu dans son village en février 2008, où là j'ai fait le "vis ma vie" dans l'autre sens: 2 semaines au village, embourbé dans la saison des pluies, pour vivre avec les villageois, à leur rythme. Un voyage sans programme, sans réellement grand chose à visiter, je n'y allais pas pour ça. Mais juste pour vivre une vie qui m'est si lointaine... j'ai raconté ça dans mon autre carnet "hello Mister Loïc", puisque bien sûr maintenant on ne dit plus "Hello Mister", ou "Hello tourist", ou "Hello Bule"... je suis le français le plus connu du village 😉

Alors ben depuis, les liens se forcément tissés avec les habitants, particulièrement avec mon p'tit frère bien sûr, puisqu'on peut dire qu'on a gardé les vaches langoustes ensemble !

Ah, au fait, pour ceux qui connaissent pas, il s'appelle Rumaji mon petit frère.

De longs mois ont passé... et je suis revenu l'été 2008 tenir la promesse que j'avais faite un an avant: je lui avais proposé cette idée folle de voyager ensemble pendant 1 mois, de réaliser son rêve, ou plutôt notre rêve. Car moi aussi je rêve, c’est une nouvelle forme de Voyage pour moi : voyager avec un local, mais pas un guide professionnel, un simple pêcheur, un touriste Sasak qui baroude avec un touriste Français, comme 2 frères… voyager avec un Indonésien, c’est voyager comme je n’ai jamais voyagé auparavant, une découverte d’un pays qui va m’ouvrir ses portes encore plus facilement.

Le rêve du pêcheur.

Pendant un an, je lui ai téléphoné régulièrement, en lui posant à chaque fois la question : « Tu es toujours partant pour partir 1 mois ensemble en juin prochain ? » « Oui, bien sûr » me répondait-il à chaque fois

Mais j’avais toujours l’appréhension qu’il finisse par me dire non, car ce n’est pas facile de stopper son travail, de vivre sans sa famille, de changer de vie, pendant 1 mois. A plusieurs reprises, je lui ai dit de bien anticiper son absence, notamment confier la gestion des langoustes et des algues à son frère et à son père. Je craignais qu’il finisse par se rendre à l’évidence qu’il lui est impossible de partir si loin et si longtemps.

Lorsque je suis arrivé dans son village, oui, il était prêt, fin prêt, encore plus prêt que je ne pouvais l’espérer : dans sa maison, je retrouve mes photos accrochées au mur, le planisphère que je lui ai offert et j’ai même droit à un message de bienvenue :



Il a également pris soin de vendre toutes ses langoustes et toutes ses algues avant que j’arrive…

« Ainsi nous pouvons partir l’esprit libre. Je n’ai pas besoin de payer quelqu’un pour s’occuper de mes langoustes ! »

Tout vendre… Je n’y avais même pas pensé. Il ira loin ce petit.

Alors justement nous allons partir loin. En scooter de location, nous allons parcourir 3000km pendant 5 semaines, nous menant, à travers les routes défoncées et au gré des ferrys schedules, vers les îles de Sumbawa, Komodo, Florès et Sumba.

A suivre....
Konichiwa Japan ou 16 jours au pays du Soleil Levant English translation pending
by Genevois · 2009-04-13 · 34 replies
Découvrir le Pays du Soleil Levant n’était pas un fantasme en soi. Nous ne sommes pas fous de manga, nous ne pratiquons pas d’art martial, nous ne sommes pas des nippophiles avertis. Non, notre motivation était la même que pour nos précédents voyages en Jordanie, au Sultanat d’Oman, en Thaïlande ou encore dans cette magnifique Turquie : parcourir la Planète Bleue, ouvrir notre esprit à une autre culture, quelle soit culinaire, sociale ou religieuse. Le Japon nous attirait, comme nous attire encore l’Iran, la Birmanie ou le Chili. Et le Japon nous a enchantés. Lundi 23 et mardi 24 mars Pas trop de stress ce matin, nous avons enregistré nos bagages la veille, de même que nos places dans l’avion directement sur le site internet de KLM. Nous nous levons donc en même temps que nos ados, afin de prendre un petit-déjeuner ensemble avant de partir. Derniers conseils aux grands-parents qui seront les baby-sitter pour ces deux prochaines semaines. Le temps à Genève est au beau fixe et nous décollons à l’heure avec un 737 de KLM. Plus on se rapproche d’Amsterdam, plus le temps se couvre. Les 20 dernières minutes du vol seront bien secouées, avec de fortes rafales de vent. Il pleut, cela souffle fort, la mer du Nord est bien là. Une petite heure d’attente à peine et nous embarquons sur notre prochain vol dans un Boeing 777, toujours de la KLM, direction Osaka. La mini tempête sévit encore, le décollage est retardé d’une heure, que nous passerons dans l’appareil. Finalement, le vol sera sans histoire, si ce n’est sa longueur, environ 10h30, passés à regarder des films sur les écrans personnels qui équipent l’aéronef. L’atterrissage à Osaka se fait avec une approche sur la mer, ce qui est assez impressionnant puisque la piste apparaît au tout dernier moment sous les ailes de l’avion. Le soleil est au rendez-vous. Dès la sortie, nous nous plions aux formalités d’entrée sur le territoire japonais, soit photo et prise d’empreinte par les services de l’immigration. Une fois nos sacs récupérés, nous faisons la queue pour passer encore les contrôles de la douane. C’est notre premier contact avec la discipline japonaise, tout le monde fait la queue. Des chiens passent dans les rangs, afin de détecter quelques produits interdits…Nous sommes en possession d’un JR Pass acheté sur internet et nous décidons de le valider dès aujourd’hui, même si notre séjour durera plus de 14 jours et que nous ne pourrons donc plus l’utiliser à la fin du voyage.Nous allons donc dans les bureaux de Japan Rail, à la gare de l’aéroport, où un préposé fait le nécessaire. Nous prenons le train direction Osaka-Namba, au centre-ville. Un peu de stress tout de même, bien que les indications pour prendre le bon train sont en japonais et en anglais. Mais tout est si grand et il nous faut prendre nos marques. Nous avons un plan pour rejoindre l’hôtel Ishihashi, où nous avions réservé une chambre sur leur site internet (7560 Yen la nuit). Arrivés à Osaka-Namba, il y a quatre sorties avec des plans de quartier en japonais, mais le notre ne nous dit pas laquelle prendre. Nous partons donc au hasard et heureusement, c’est la bonne direction et nous trouvons l’hôtel assez facilement après un petit quart d’heure de marche. L’établissement est bien placé, tout près du quartier de Dotomburi où il y a quantités de bars et de restaurants. Il y a aussi d’énormes galeries commerciales piétonnes, très prisées des jeunes. On y fait un tour, après avoir laissé nos sacs à l’hôtel où notre chambre n’était pas encore prête. La fatigue commence tout de même un peu à se faire sentir, la journée sera longue. Première expérience culinaire : des boulettes de pâte enrobant des morceaux de poulpe, vendues dans la rue. Bizarre… Nous revenons à l’hôtel prendre notre chambre, de style japonais : un tatami, des paravents en papier, toilette et douche dans la chambre. Afin de garantir la propreté des lieux, il faut ôter ses chaussures dès la réception. Ce n’est pas le moment de dormir, il est à peine 16h00, bien plus pour nous. Nous prenons le métro, direction Umeda. A la station de métro, nous comprenons qu’on achète son ticket en fonction de la destination, mais tous les panneaux sont en japonais. Heureusement, un employé voit notre embarras et vient nous aider. Il nous dit aussi quelle rame prendre. Nous allons au Umeda Sky Building afin de monter sur la plateforme panoramique sur le toit de l’immeuble. La montée est impressionnante, dans un ascenseur en verre sur l’extérieur du bâtiment. Nous nous retrouvons à 140 mètres du sol, avec une vue exceptionnelle sur toute l’agglomération d’Osaka. Nous assistons au coucher du soleil et restons sur place pour voir la ville s’illuminer. Nous retournons ensuite dans le quartier de Dotomburi. Au menu ce soir : tempura de crevettes et sashimis, avec du thé vert. Nous rentrons tôt pour nous coucher, cela fait maintenant presque deux jours que nous avons quitté Genève. Le vent s’est levé, il fait froid. Nous préparons nos matelas sur le tatami, sortons les duvets. Nous sommes prêts pour cette première nuit japonaise. Le sommeil est perturbé, nous sommes trop décalés. Heureusement, la literie est bien confortable. Mercredi 25 mars Notre réveil ne s’est pas du tout adapté à l’heure japonaise : il marque 07h00, alors qu’il n’est en fait que 05h30 ! La nuit se prolonge et à 07h10, nous nous levons, rangeons nos sacs à dos et partons pour la gare. Nous trouvons une boulangerie sur le chemin pour acheter notre petit-déjeuner. Nous prenons le métro, direction la gare de Shin-Osaka, celle où passent les célèbres trains rapides Shinkansen. Le m��tro fourmille de gens, mais personne ne se touche, ni ne se parle, les visages sont fermés. La gare de Shin-Osaka est facile à comprendre, tout est indiqué en double langage japonais et anglais. Chaque train a un nom et un numéro, avec de grands panneaux qui indiquent sur quels quais les prendre. On ne peut pas se tromper, mais sans aucune connaissance de japonais. Le train fait son entrée en gare, la locomotive a une forme aérodynamique, faisant penser à un serpent. Nous avions réservé nos places la veille dans un bureau JR, de sorte que nous montons directement dans le bon wagon. Quelle vitesse !!! Il nous semble que ce train va bien plus vite que le TGV français. En 30 minutes, nous sommes à Himeji où nous descendons du train pour aller visiter le château de la ville, qui est à 15 minutes à pied de la gare. Nous laissons nos sacs dans des consignes à bagages, que l’on trouve dans toutes les gares et proches de tous les monuments importants, avant de visiter le château (600 Yen). Le soleil est présent, l’endroit est magnifique. Le tour dure deux petites heures et vaut vraiment la peine. Retour à la gare, où nous achetons des Bento pour le repas de midi. Nous verrons ensuite qu’on trouve vraiment partout de ces boîtes repas, chauds ou froids, mais ceux des gares sont souvent les meilleurs. Les Japonais en achètent abondamment. Nous reprenons un train, direction Hiroshima. Le trajet dure environ une heure, à une allure inouïe. A Hiroshima, grâce au plan fourni par le site internet du Hana Hostel, nous trouvons facilement notre logement pour les deux prochaines nuits. Là aussi, nous y avons une petite chambre de style japonais pour 6800 Yen la nuit. Propre, convivial et très pratique puisqu’à 5 minutes à pied de la gare et des arrêts de tram qui partent vers le site de l’explosion atomique de 1945. Nous sommes en avance, nous constaterons que le check-in des chambres au Japon se fait quasi-toujours vers les 16h00, mais qu’on peut laisser nos sacs en cas d’arrivée prématurée. Nous profitons d’envoyer quelques mails depuis la réception, où l’accès à internet est gratuit et illimité. Une fois les formalités remplies, nous prenons le tram pour partir sur le site de la bombe, où il y a un musée, un parc et le célèbre Dôme. Le trajet coûte 150 Yen, à payer à sa sortie du véhicule dans un appareil à côté du chauffeur. On peut même y faire de la monnaie avec des billets de 1000 Yen ou des pièces de 500. Le site du Dôme, du parc et du musée est très prenant et chargé d’émotion. Il y a à peine plus de 60 ans, des dizaines de milliers de personnes ont payé de leur vie la folie des hommes. Nous apprenons que le Dôme était pile sous la bombe qui a explosé en altitude et qu’il a de ce fait été épargné par le souffle qui a détruit toute la ville. Le musée est également fort en ressentiment, avec des images et des objets datant de l’époque. Nous voyons des visages fermés, personne n’a vraiment le cœur de parler, les visiteurs, nous y compris, sont touchés. Pour revenir à l’hôtel, nous choisissons la solution pédestre en traversant le quartier commerçant, des galeries piétonnes et couvertes. Arrivés à l’hôtel, une bonne douche et nous voila prêts pour sortir manger. Sur le conseil de la réceptionniste, nous allons au 6ème étage du bâtiment Full Focus, en face de la gare. Tout le niveau est consacré à la spécialité locale : les Oyonomiyaki. Un plat composé de nouilles, de chou, d’oignons, d’épices, d’une pâte fine, de lard et finalement d’un œuf, le tout cuit devant nous sur une plaque qui prend toute la longueur du comptoir. Nous sommes assis à côté de Japonais et ce genre d’endroits favorise les rencontres. Nous parlons donc en anglais avec nos voisins. Retour ensuite à l’hôtel pour une nuit qui commence à être réparatrice, le décalage se digérant peu à peu. Jeudi 26 mars Lever vers 08h00, nous avons eu quelques bruits de train, dus à la proximité de la gare et des voies, mais rien qui n’a vraiment perturbé notre sommeil. Le but du jour est l’île de Miyajima. Nous partons à la gare, où nous achetons de quoi prendre notre petit-déjeuner, dans une boulangerie pour le solide et un petit supermarché pour le liquide. Nous sommes désormais à l’aise avec les trains et nous trouvons le notre très facilement. Environ 30 minutes plus tard, nous arrivons à Miyajimaguchi, où nous prenons un ferry appartenant à JR et donc gratuit avec notre Pass. Nous voilà donc sur l’île de Miyajima, un des sites les plus visités du Japon. L’endroit est certes touristique, mais vraiment splendide. Nous avons de la chance, le soleil brille. La porte flottante Toori, gardienne du sanctuaire Itsukushima-Jinja vaut à elle seule le déplacement. Mais il ne faut pas se contenter de cela et partir à la découverte de l’île. Il y a là de beaux temples et une splendide pagode. Nous parcourons les petits chemins que la plupart des touristes ne prennent pas et nous nous retrouvons au milieu des cerisiers en fleurs, de petits parcs où les daims sont en liberté. La spécialité de l’île est l’huître. On en trouve partout, chaude. Notre repas de midi sera composé de divers snacks que proposent des stands (fishcake, pain fourré au bœuf, etc…). Nous prenons ensuite le téléphérique qui monte au Mont-Misen (1000 Yen). 20 minutes sont encore nécessaires pour atteindre le sommet, d’où la vue est imprenable sur 360 °. Il faut faire attention à quelques singes qui peuvent être agressifs si on les regarde dans les yeux ou si on leur cherche des noises. Nous voyons parfaitement jusqu’à Hiroshima. La descente se fera à pied, à travers la forêt. Dur pour les cuisses, cela descend parfois assez raide. Mais les paysages sont magnifiques et l’effort est vite oublié. Retour ensuite sur Hiroshima, d’abord en ferry, puis en train. Notre réveil a rendu l’âme à Osaka, il nous en faut un pour la suite du voyage. Il y a un magasin spécialisé dans l’électronique, Bic Camera, tout près de l’hôtel. 8 étages uniquement consacré au matériel électronique en tout genre : téléphones portables, ordinateurs, télévisions, machines à laver, machines diverses, etc… Nous y trouvons un petit CASIO tout simple qui sera parfait pour notre usage. Puis, ce sera la recherche d’un restaurant pour le repas du soir. Le premier est complet, un autre est en rénovation. Il n’est pas toujours facile de trouver de quoi se restaurer pour une simple raison : les cartes sont uniquement en japonais et on ne sait pas ce que l’on peut manger… Mais plusieurs établissements affichent leurs plats avec des figurines en plastique dans les vitrines. C’est ce qui nous permet de trouver notre repas : une soupe miso, salade d’algues, salade de patates, tempura et viande à la sauce terriyaki, deux petits menus bien succulents. Personne ne parlait anglais dans le resto, heureusement que les plats étaient exposés. Vendredi 27 mars Premier matin que notre nouveau CASIO sonne, à 07h30. Nous préparons nos sacs, rangeons un minimum notre chambre et quittons l’hôtel. Cet établissement était vraiment bien, nous nous y sommes plus. Il y a un centre commercial à la gare d’Hiroshima (ASSE) où le premier sous-sol est entièrement consacré à la nourriture. Ce sera le cas dans bien des grands centres commerciaux et nous les testerons souvent. C’est impressionnant, il y a des centaines de plats différents, des algues, des légumes, du poisson, de la viande, des pâtisseries, des mets que nous ne connaissons pas, le choix est impossible, il y a trop. Quelques achats tout de même pour le petit-déjeuner et nous montons sur les quais pour attraper notre train du jour, direction Kyoto. Nous avons réservé nos places dans un Shinkansen. C’est très facile, il faut juste se présenter dans un bureau de Japan Rail, en possession de son JR Pass, et annoncer la destination voulue. Dans ce bureau, les employés parlent en principe tous l’anglais et font le maximum pour trouver l’horaire désiré et les connexions si besoin. Les sièges sont ensuite réservés sur un écran de PC, un peu comme pour un check-in sur un vol aérien. Un ticket est délivré et le tour est joué. Le tout gratuitement. Bon, nous voilà dans le train pour Osaka où nous devons changer pour Kyoto. Le wagon est quasi plein, nous avions donc bien fait de réserver nos places. La gare de Shin-Osaka est distante de Kyoto d’à peine 15 minutes. Une fois débarqués, nous sommes impressionnés par la gare de Kyoto qui est un monument en soi. Par sa taille, énorme, et par son architecture métallique qui nous fait penser à un gros navire. A la sortie, côté Karasuma, il y a un centre commercial sur plusieurs étages, dont le sous-sol est pour la nourriture. Nous y achèterons notre repas de midi. Nous prenons ensuite un bus pour rejoindre la Go-Jo GH, tout près du quartier de Gion, où nous séjournerons pendant notre séjour dans cette ville. Les Japonais font la queue pour monter dans le bus. Pas de bousculade, pas de cohue, tout se fait dans une discipline et un respect naturels. Nous trouvons facilement notre GH et nous prenons notre chambre. Les toilettes et la douche sont à l’étage, mais le tout est très propre. La chambre, de style japonais, est spacieuse. L’endroit est tenu par des jeunes, il nous fait penser au genre d’établissement que nous avions rencontré en Thaïlande. Un endroit plutôt pour routards que pour ceux recherchant confort et luxe. Pour nous, ce sera parfait. Une fois installés, nous louons un vélo directement à la GH pour partir visiter Kyoto. Le vélo est l’idéal ici. Il peut rouler sur les trottoirs, prendre les sens interdits, rouler à contresens, bref, c’est la liberté totale. En plus, la ville est plate, donc peu d’efforts à fournir. Premier objectif : le parc impérial. Nous empruntons les berges de la rivière qui traverse Kyoto de part en part, les cerisiers commencent à fleurir. Nous en retrouvons dans le parc. Les Japonais les photographient sans répit, de près, de loin. Nous poussons jusqu’au Golden Pavillon Temple, splendide. Après la visite de ce site, retour vers la GH. Nous nous sommes bien éloignés, il nous faut quand même bien pédaler pour revenir dans la zone de Gion. Le temps hésite entre nuages et soleil, mais le vent est lui glacial. En traversant le quartier de Gion, nous apercevons une geisha qui entrait rapidement dans une habitation. En arrivant à la GH, nous sommes congelés. La douche attendra, surtout qu’elles ne sont pas chauffées. Nous nous réchauffons dans notre chambre avant de sortir manger, à quelques dizaines de mètres, dans une petite gargotte de quartier. Au menu, des ramens : des nouilles dans un bouillon, avec des oignons et des morceaux de porc. Très bon, léger et pas cher. Retour à la GH où nous prendrons un café avant d’aller sous le duvet. Samedi 28 mars La GH propose un petit-déjeuner simple, mais bon, nous le prenons sur place. Une fois prêt, direction l’hypercentre de Kyoto et le marché de Nishiki. C’est une grande galerie couverte, réservée aux piétons où nous découvrons toute sorte d’aliments, dont la plupart nous sont totalement inconnus … Des coquillages, des fruits de mer, des racines, des légumes, tous jamais vus, l’alimentation est variée sur cette Terre ! Il est 09h30, nous goûtons des petites brochettes de poulpes et de poisson mariné. Beaucoup de stands mettent dans une petite coupole la marchandise à vendre en dégustation. Nous ne en privons pas, ayant ainsi la possibilité de trouver de nouveaux goûts. Certains nous plairont, d’autres beaucoup moins. Une fois le marché parcouru, nous prenons le bus jusqu’à la gare (220 Yen à payer directement à côté du chauffeur, comme décrit plus haut). Direction Nara : nous sommes maintenant tout à fait familiarisés aux gares et aux trains et c’est un jeu d’enfant que de trouver le bon quai. Le train démarre, ce n’est pas un Shinkansen, réservé aux trajets entre les grandes métropoles japonaises. 50 minutes plus tard, nous débarquons à Nara avec pour but d’effectuer la randonnée proposée dans le Lonely Planet et qui permet de voir la majorité des sites. Mais avant toute chose, nous faisons le plein pour notre repas de midi, dans les sous-sols de la gare Kintetsu (une autre que celle où nous étions arrivés). Sushis, sashimis et un magnifique flan au sésame. Le sésame est très présent dans la cuisine japonaise, nous découvrirons aussi de délicieuses glaces au sésame noir. Le premier temple impressionnant sera le Todai-Ji et son immense Bouddha assis. Différent mais non moins splendide que le Bouddha couché de Bangkok. De nombreux Japonais viennent faire une prière et griller de l’encens. Ces lieux n’ont bien sûr pas qu’une connotation touristique. Le chemin continue et nous prendrons notre repas au soleil, dans les pentes dénudées du Mont Wakakusa, du sommet duquel la vue s’étend au-delà de Nara. Puis ce sera le Kasuga Taishi et bien d’autres temples, tout aussi beaux et empreints d’histoire. Mais comment parler de Nara sans mentionner les milliers de daims en liberté et semi-apprivoisés qui déambulent dans les parcs et les chemins ? Les enfants achètent des biscuits pour les nourrir. Ils sont d’excellents sujets de photos, avec temples ou cerisiers en arrière plan. Ils restent néanmoins bien moins nombreux que les touristes. Nara est victime de sa beauté. Vers 17h00, les jambes sont lourdes et nous prenons le train pour rentrer sur Kyoto. A ce rythme, notre JR Pass sera largement amorti. A proximité de la GH, il y a un sento, soit un bain public. Voilà un lieu qui n’est pas fréquenté par des touristes et qui mérite d’être découvert. Dominique n’est pas tentée, elle se contentera de la douche de la GH, dans une pièce froide, car non chauffée. Pour 410 Yen, sauna, jacuzzi, bains aux herbes ou encore d’eau brûlante. C’est assez particulier, il y a deux salles, une pour les hommes, l’autre pour les femmes, mais surveillées par la même tenancière qui a tout loisir de contempler les nudités. Petit vestiaire où on se déshabille et range ses affaires dans un casier, et une fois nu, on pénètre dans la salle d’eau. Personne ne regarde l’autre ou ne se soucie de moi. Aucune douche à prendre debout, les robinets sont à la hauteur d’un miroir et devant un petit tabouret, mais utilisable seulement en position assise. On peut se raser, se laver, mais assis sur le tabouret. Une fois propre, voici le temps de tester les bains. J’observe d’abord le rituel par les habitués des lieux afin de ne pas commettre un impair. Moi qui avais peur de froisser les Japonais avec mes quelques tatouages, voici qu’arrive un homme dont tout le dos est une immense fresque. Un Yakusa ? Je constate qu’il a encore son petit doigt… Ce bain m’a réchauffé car une fois de plus, si le soleil était présent, l’atmosphère était fraîche. Les cerisiers en fleurs sont de plus en plus nombreux, mais impossible encore de se déshabiller pour se promener. Pour le repas du soir, nous repartons à pied vers le centre qui est éloignée d’une vingtaine de minutes de marche. Il y a là des restaurants pour tous les goûts et toutes les bourses. Les éclairages donnent une ambiance très sympa à ce quartier. Nous profitons de nous y balader gentiment après le repas, en rentrant sur la GH. Malgré que les cloisons soient fines, la GH impose le calme dès 22h00 et les nuits sont très tranquilles. Dimanche 29 mars Aujourd’hui, journée vélo. Le beau temps est à nouveau au rendez-vous, alors nous préparons notre itinéraire pour faire le tour de Kyoto. Première étape : le parc Kikokutei, peu au-dessus de la gare. Magnifique parc au cœur de la ville, avec ses jardins japonais, ses bansaïs, ses étangs, bref un endroit zen. Nous poussons ensuite jusqu’au Toji Temple, au sud-ouest de la cité. Il y a là la plus grande pagode du Japon, avec ses 5 étages. Impressionnante et majestueuse. Retour vers la gare où nous achetons notre pique-nique de midi à l’étage B2 du centre commercial qui est dans la gare. Le choix est très compliqué tant les aliments proposés sont alléchants. Salades diverses, sushis et sashimis, panures de viande avec sauce brune, tempura de légumes, tofu sous plusieurs formes. Tout à l’air si frais et savoureux. Bref, nos envies seront satisfaites et départ direction le Nord en empruntant les berges de la rivière Kamogawa. Les bords du cours d’eau sont ornés de cerisiers, en fleurs pour la plupart, et nous nous posons sous l’un d’eux pour un festin japonais au soleil. Nous continuons ensuite notre remontée vers le Nord, direction le Ginkakuji. Le vélo est vraiment l’idéal, la liberté est totale. En plus, les engins de la GH sont en excellent état, quasi neufs. Le Ginkakuji est en rénovation, notamment son toit, dommage. Mais comment ne pas pardonner d’entretenir un tel patrimoine ? Nous empruntons ensuite le splendide chemin « de la philosophie » qui longe un petit canal et de belles demeures privées. C’est le début de la redescente vers le Sud. Nous passons par le Nanzen-ji. Encore un endroit splendide. Nous cadenassons les vélos et partons à la découverte de ce temple. Puis ce sera le Maruyama Park, très fréquenté en ce dimanche, les ruelles de Ninen-Zaka et Sanen-Zaka, le Kiyomizu …. Impossible de tout citer, tant les lieux envoûtants sont nombreux. Nous étions partis vers 09h30, il est 18h00, nous avons mal aux fesses et aux mollets. C’est donc l’idéal pour retourner au Sento, où le jacuzzi sera très relaxant. J’ai aussi pris de quoi me raser, ce sera une première. Se raser, accroupi et nu, dans un bain public japonais ! Je revois 2 ou 3 locaux avec d’immenses tatouages dans le dos, là une carpe, là un samouraï. Mais je n’ose pas trop « mater », car personne ici ne regarde personne, tous égaux dans la nudité. Retour à la GH et nous profitons de reprendre … les vélos pour aller manger, à la hauteur du pont de Senjo. Au menu, grillade de bœuf (bon, tendre et fondant, mais assez gras), de crevettes et de légumes. Chaque table a son petit grill et une aération individuelle. Retour à la GH où nous prenons un dernier saké avant de dormir. Vu les efforts fournis, ce ne devrait pas être difficile. Demain, départ pour Kanazawa. Lundi 30 mars A 08h30, nous sommes à la gare où nous prenons un café et quelques pâtisseries en guise de petit-déjeuner. Nous avions réservé nos places pour Kanazawa hier, de sorte que quand le train arrive, nous allons directement trouver nos sièges. Le ticket qui nous est donné mentionne le numéro du wagon et des sièges. Et un affichage sur le quai donne la position du wagon, tout est réglé et ordonné. Là encore, le train n’est pas un Shinkansen. Il n’en sera pas moins confortable. Le réseau ferroviaire de ce pays est très réputé et les prestations sont à la hauteur de la renommée. Nous arrivons vers midi et l’office du tourisme de la gare nous indique quel bus prendre pour rejoindre notre hôtel, le Toyoko-Inn du quartier de Korinbo, chambre réservée sur le net. Celle-ci n’étant pas disponible avant 16h00, nous laissons nos sacs à la réception et partons à pied pour visiter le jardin du Kenroku-en, un des trois plus beaux du Japon selon le Lonely Planet. Nous y sommes en 10 minutes et c’est vrai, le lieu est splendide, selon la plus pure tradition des jardins japonais. Il fait grand beau et les couleurs des arbres en fleurs, des buissons ou encore des pelouses de mousse sont splendides, sur fond de ciel bleu. Nous restons plus de deux heures dans ce parc, prenant le temps de savourer la chaleur des rayons du soleil. Nous partons ensuite en bus dans le quartier de Higashi, celui fréquenté anciennement par des geishas. Ce sont 2-3 ruelles, de petites maisons en bois. En faire le tour est très sympa. Nous revenons vers Korinbo et partons à pied dans le quartier de Nagamachi, celui qui abritait autrefois les samouraïs. Charmant, mais dommage, toutes les demeures sont derrières des murs et nous ne les voyons pas. Higashi vaut la peine, Nagamachi un peu moins. Retour à l’hôtel pour prendre la chambre et c’est une bonne surprise. Pour 7000 Yen, nous avons une chambre, certes petite, mais avec tout le confort. Lits confortables, douche et WC dans la chambre, coin internet gratuit dans le hall, petit-déjeuner compris, café à volonté par une machine dans le hall, excellent rapport qualité-prix. La chaîne Toyoko-Inn est présente dans quasi tout le Japon et on peut faire ses réservations via le site internet, jusqu’à 3 mois à l’avance. Il y a encore des machines à laver, des séchoirs et un distributeur de lessive, nous profitons donc de faire notre linge sale. Pour le repas du soir, nous ferons une spéciale. Il y avait tellement de bonnes choses à l’étage nourriture du magasin Daiwa en face de l’hôtel que nous avons fait le plein de victuailles, avec même une bouteille de vin japonais ! Nous mangerons tout cela à l’hôtel. Nous sommes pas vraiment des adeptes de ce genre de repas, mais le choix est si vaste, on peut goûter bien plus de plats. Et l’avantage est que l’on voit les plats qu’on achète, contrairement aux restaurants. Mardi 31 mars Nous prenons le petit-déjeuner à l’hôtel, de style japonais, riz, soupe miso, salades. Nous prenons nos sacs et départ pour le marché de Omicho, sur le chemin de la gare à une vingtaine de minutes à pied. L’endroit est vraiment local, pas l’ombre d’un Occidental à l’horizon. Les stands de poissons et de fruits de mer se succèdent. Les araignées de mer sont particulièrement impressionnantes. Nous prenons plaisir à déambuler parmi les étals. Nous faisons aussi nos courses pour le repas de midi, sushis et saumon grillé/mariné à la sauce soja et miel. Nous mangerons dans le train qui nous conduira à Takayama, via Toyama. Il y a un arrêt de bus JR sur la route de la gare, nous prenons ce transport gratuit avec nos Pass. Première étape : Toyama en 30 minutes, puis 30 autres minutes d’attente avant d’attraper le train qui part sur Takayama. Le wagon de tête est panoramique avec de grandes fenêtres et une séparation vitrée avec le conducteur à l’avant du premier wagon, laissant la vue libre pour les passagers. Une fois arrivés, il nous faut à peine 5 minutes à pied pour atteindre le Minshuku Kuwataniya. Nous y avons une chambre de style japonais, sur tatami. Aucun rideau, il va faire jour tôt demain matin. Les WC sont sur l’étage, mais d’une propreté exemplaire. Et pour la douche, il y a un petit Sento privé, douche et petit bassin de bain aux herbes, séparé pour hommes et femmes. Nous laissons nos sacs et partons à la découverte de la ville à pied. Il y a 2 quartiers de vieilles maisons en bois, qui sont principalement des anciennes distilleries de saké, dont certaines sont encore actives. Celles-ci sont signalées par une immense boule de feuilles de cèdre séchées, suspendues devant l’entrée. La balade au milieu de ces édifices est magnifique et reposante. Nous parcourons tout le centre à l’aide d’un plan. En fin d’après-midi, retour au Minshuku et bain bien relaxant. Le soir, nous sortons manger une spécialité locale : porc frit à la sauce miso. Très bon. Retour au Minshuku, car la ville est morte. Personne dans les rues, quasi rien d’ouvert. Nous sommes dans les montagnes, le rythme y est bien moins trépidant qu’en ville. Mercredi 1er avril

Ce matin, on prend le temps, lever vers 09h00. On achète 2-3 bricoles dans un supermarché 7/11. Le matin, nous prenons souvent un café en canette. Il n’est pas si mauvais et surtout il est chaud, vu que l’appareil où il est entreposé est chauffé. Il y a aussi du thé, du cacao. Avec une petite pâtisserie ou un petit pain, c’est parfait. Nous partons voir les 2 marchés du matin. Celui de Miya-Gawa est le plus intéressant, sur la rive droite de la rivière. Pratique très sympa, il y a plein de nourriture en vente, mais on peut goûter à tout dans de petites soucoupes. Les vendeurs invitent d’ailleurs les touristes à tester leurs marchandises et sans obligation d’achat. Il y a là, comme à chaque fois, des aliments vraiment délicieux et d’autres franchement moins. Dominique achète des épices et une sauce à salade au sésame qu’elle avait déjà testée, mais dans un restaurant. Le soleil a fait son apparition après une matinée nuageuse et la température devient agréable. Nous partons alors pour une grande balade à l’Est de la ville, dont le chemin passe devant plusieurs temples splendides et pour une fois pas touristique : c’est la promenade Higashiyama, décrite également dans le Lonely Planet. Pour midi, nous testons une spécialité locale, bien qu’on en trouve dans tout le Japon, les sobas. Ce sont des pâtes, style spaghettis, mais faites avec une farine au sarrasin, ce qui les rend beiges. On peut les manger chaudes ou froides, avec un peu d’oignon nouveau dessus, et une sauce au wasabi et au soja. Très bon. Le temps se couvre, le vent se lève, il commence à faire vraiment froid. Nous partons en bus depuis la gare au musée en plein air Hida Na Sato, où on y voit plusieurs maisons traditionnelles reproduites grandeur nature. Dommage que le soleil n’est pas au rendez-vous, car l’endroit est vraiment beau et intéressant. Nous commençons sérieusement à avoir froid, la température ne doit pas être loin de zéro degré. Vers 17h00, nous reprenons le bus direction Takayama et nous nous arrêtons prendre un café bien chaud dans une échoppe de la rue principale, faite d’arcades et de petits commerces. Puis, retour au Minshuku, passage dans le bain aux herbes. Et nous voilà parés pour le repas que nous allons prendre sur place. Il fallait le commander un peu à l’avance et il n’y avait pas de menu. Cela va être la surprise, bien que nous sommes tout de même un peu inquiets. Nous nous installons donc dans la magnifique salle à manger, sur des tables basses et assis sur des coussins. Le personnel nous met la table et commence à apporter les plats. Il y avait vraiment de tout, dont 2-3 choses qui ne nous ont pas trop plu, mais bon. Au menu : bœuf de Hida (genre Kobe, mais moins connu), sashimis de thon, soupe miso, crudités locales, tranche de poisson grillé, un gros escargot de mer, trois petits calamars crus, le tout accompagné de riz et de thé vert. C’était de la nourriture japonaise « hors circuit touristique ». Il pleut, il vente, nous sommes bien dans notre petit Minshuku. Nous ne sortirons pas et partirons nous coucher assez tôt. Jeudi 2 avril Il a neigé durant la nuit ! En nous réveillant, les toits sont blancs et l’air est vif. La pagode à 3 étages qui est en face de notre logement est magnifique avec cette neige sur ses tuiles. Nous partons pour la gare, en face de laquelle il y a un supermarché où nous achèterons notre petit-déjeuner. A 08h07, notre train part pour Nagoya. La voie unique suit une rivière et descend une très belle vallée boisée qui rappelle un peu nos montagnes helvétiques. Nous arrivons à Nagoya, grande gare, où nous attrapons un Shinkansen direction Odawara. Notre prochaine étape sera Moto-Hakone pour y voir le majestueux Fujiyama. Mais avant d’embarquer, nous repérons un centre commercial. Il y en a en fait dans toutes les grandes gares. Direction le sous-sol pour les emplettes destinées à satisfaire notre estomac. Est-il nécessaire de préciser que le choix est à nouveau incroyable ? Nous mangerons notre lunch dans le train. Soudainement, alors que nous roulons à pleine vitesse, plusieurs personnes partent sur la gauche du train en poussant des cris d’exclamation. C’est le Fujiyama. Il est là, avec juste un petit nuage en-dessus de sa tête, sa neige contrastant avec le bleu du ciel. Je vais vers un hublot et prend quelques photos, alors que le train roule à plus de 400 km/h. Le résultat sera très satisfaisant, même pas flou. Attention, vu la vitesse, moins de 5-10 minutes plus tard, il n’est déjà plus dans notre champ de vision. A Odawara, nous achetons le Hakone Free Pass qui nous permettra d’utiliser toute sorte de moyens de transport dans la région. Il est assez cher, mais nous l’amortirons facilement demain. Nous trouvons facilement notre bus, le No 3, à la sortie de la gare. En moins d’une heure, nous arrivons à Mota-Hakone. Le chauffeur du bus nous dit à quel arrêt descendre pour rejoindre la Moto-Hakone GH, soit l’arrêt Oshiba, juste avant le village. Petite GH sympathique, un peu plus cher qu’ailleurs (10'000 Yen) avec internet payant. Mais pas d’autres choix dans la région. Apparemment, la propriétaire, qui parle bien l’anglais, économise sur le chauffage. Il ne fait que 14° dans la maison ! Heureusement, chaque chambre a son petit chauffage individuel. Matelas sur tatami, duvet, l’endroit est très confortable. La tenancière des lieux nous remet un plan et nous explique ce qui est à voir. Sur ses indications, nous partons sur un chemin un peu en-dessous de la GH pour rejoindre le port de Moto-Hakone. En chemin, il y a des vues incroyables sur le Fujiyama. Quelle veine, aucun nuage. Selon les habitants, nous sommes chanceux, car le Fuji est une montagne timide qui ne se dévoile pas à tout le monde. Nous sommes au-dessus du lac Ashi, avec la célèbre montagne en fond. Seul bémol cet après-midi, le temps est très brumeux et les photos ne rendent pas aussi bien que nous l’espérions. Nous reviendrons sur ce chemin demain matin. Arrivés sur les bords du lac, nous poussons vers le Hakone Check-Point, un endroit historique, en passant par l’avenue des Cèdres, un chemin au milieu d’arbres sans doute centenaires au vu de leur taille. Juste avant le Check-Point, il y a un parking avec un point d’observation sur le Fuji. Il faut juste monter quelques marches à travers un splendide jardin. Le soleil va se coucher et la lumière est propice aux photos. Nous revenons sur la jetée de Moto-Hakone, où nous assistons à ce coucher de soleil qui donne des couleurs magnifiques dans le ciel. Le repas du soir est difficile à trouver, la plupart des restaurants ferment à 18h00 ! Nous achetons donc de quoi manger dans un supermarché 7/11 et rentrons à la GH pour déguster les plats achetés. Il y a un micro-ondes et la propriétaire nous improvise la table. Très belle journée, nous avons le temps avec nous. Par contre, inutile de monter ici si le soleil n’est pas au rendez-vous. Vendredi 3 avril Nous nous levons vers 08h00 pour pouvoir profiter de la lumière du matin avec nos photos. Le ciel est à nouveau bleu, la chance nous accompagne encore. Beaucoup moins de brume que l’après-midi et le soleil n’est pas dans l’axe de l’appareil photo et du Fuji. Nous reprenons donc le même chemin qu’hier et nous arrêtons fréquemment pour des prises de photos. Elles seront vraiment splendides, avec le lac, un Torii dans l’eau et le Fujiyama en arrière-plan. Arrivés sur le bord de l’eau, nous achetons notre petit-déjeuner au même 7/11 que pour notre repas d’hier soir. Nous prenons le bateau qui part au bout du lac Ashi. Un navire de style « caravelle » qui enchante les touristes japonais. Le Fuji se rapproche, mais malheureusement, il se cache derrière des collines entourant le lac Ashi. Au bout du lac, nous prenons un télécabine qui nous conduit à la station de Owakudani. Il y a là des émanations de gaz nauséabond et soi-disant dangereux., venant des entrailles de la montagne. Nous y voyons aussi des sources d’eau chaude dans lequel des échoppes mettent des œufs à cuire. Surprise, ils rentrent dans l’eau blancs et en ressortent tout noirs ! C’est l’attraction du coin, tous les Japonais en achètent pour les déguster. Apparemment, une fois pluchés, ils ont l’air normaux . Nous nous contenterons d’une photo… Les cabines redescendent ensuite vers Gota, que l’on atteint finalement avec un funiculaire pour le dernier tronçon. C’est là que nous reprenons un bus pour un retour à la GH. Nous avons utilisé notre Hakone Free Pass toute la journée, sans devoir débourser d’argent pour un billet. Nous avions laissé nos sacs sur place et nous les récupérons pour descendre sur la jetée de Moto-Hakone. Nous allons à notre restaurant préféré, le 7/11, et nous y achetons un petit repas que nous prendrons au soleil sur la jetée, avec le Fuji en toile de fond. Le temps est à nouveau brumeux, nous confirmant que les photos doivent se prendre le matin. En fin d’après-midi, nous reprenons le bus direction Odawara, nous devons être à Tokyo en début de soirée. Nous prenons notre dernier Shinkansen qui nous transporte en 40 minutes à la gare centrale de Tokyo. Là, c’est un peu le choc vu la foule et la grandeur de la gare. Les autres stations étaient déjà énormes, mais là… Nous trouvons facilement les quais de la Yamanote Line, qui doit nous conduire dans le quartier de Shinjuku où nous avons notre hôtel. Dans ce nouveau train/métro, les arrêts sont mentionnés en japonais et en anglais sur un petit écran en-dessus des portes, avec le nombre de minutes restant jusqu’à la station désirée. En sortant dans le quartier de Shinjuku, les néons illuminent la rue. Nous prenons à pied la direction du Kabikucho, le quartier hot de cette partie de Tokyo. Effectivement, l’endroit est parsemé de bars à filles et de rabatteurs. Les occidentaux sont visiblement laissés tranquilles. Nous trouvons sans problème notre hôtel, le Toyoko-Inn de Shinjuku (9200 Yen la nuit) qui est la copie conforme de celui de Kazanawa. Après avoir pris la chambre, nous nous baladons dans le quartier afin de trouver un restaurant pour notre repas du soir. Au menu, petite grillade de viande, crevettes et légumes. Rebalade, le quartier est animé, mais nous nous y sentons en totale sécurité. Nous nous couchons assez tôt, nous nous lèverons demain matin pour aller au marché de Tsujiki. Samedi 4 avril

Lever à 06h00 et départ en train par la Yamanote Line pour le marché de Tsujiki. Nous y sommes vers 07h00, car l’accès à la criée du matin pour les thons est désormais interdit aux touristes. L’endroit grouille, la surface du marché est énorme. Il faut faire attention à des petits chariots à essence qui circulent assez vite dans les petites travées. Dans ce marché, nous voyons toute sorte de poissons et de fruits de mer, même des espèces dont nous ne soupçonnions pas l’existence. Nous assistons aussi au découpage des thons, à la scie pour ceux qui sont congelés, et à l’aide d’un long couteau bien effilé pour ceux qui sont frais. Une grande partie du poisson prêt à être vendu est encore vivant. D’ailleurs, certains filets sont levés alors que le poisson vit encore. Pas de doute, il est frais. Puis, nous sortons du marché. Il y a quelques petits restaurants en marge des étals. Mais y manger est très difficile, il y a une queue impressionnante devant chacun d’entre eux. Nous partons alors au marché découvert de Tsujiki, dans une rue adjacente au marché couvert. Là, nous trouvons un sushi-train pour le repas de midi, à tout juste 09h00. Espérons que le poisson vienne de juste à côté … Nous décidons de continuer à pied et nous prenons la direction de Ginza et ses grandes avenues aux boutiques de luxe. En chemin, nous assistons à une parade avec officiels, majorettes et fanfare, en l’honneur d’on ne saurait jamais quoi. Nous ne comprenons rien aux discours et aux banderoles. Nous arrivons ensuite à la gare de Tokyo que nous parcourons, impressionnés par sa taille et la foule. Nous continuons dans la direction du Palais Impérial et de son parc. Nous nous posons au soleil avant de reprendre la Yamanote direction Ikebukuro. Il fait faim, nous faisons quelques courses dans un supermarché. Nous commençons aussi à avoir un peu mal aux jambes, lever à 06h00, visites à pied depuis ce matin, cela se sent. Départ ensuite pour Harajuku. Dès notre arrivée à la station de train, nous sommes emportés par la foule. Il y a là des milliers de personnes qui vont dans le parc de Yoyogi, pour pique-niquer, boire un verre, chanter sur les pelouses ou sous les arbres. L’alcool coule à flot, mais dans une ambiance festive et jamais agressive. Il y a de grands espaces pour ramener ses déchets et les trier. Tout le monde joue le jeu, aucun détritus ne reste sur place, le verre est séparé du PET. Encore une fois, la discipline et le respect naturel des Japonais. Nous voulons rentrer sur Shinjuku, mais impossible de reprendre le train, il y a trop de monde. Nous rentrons alors à pied, en 35 minutes. Retour à l’hôtel pour une douche et nous sortons pour manger. Nous trouverons notre bonheur au sous-sol sur Yasukuni-Dori, une espèce de fondue aux légumes, tofu et à la viande, le tout dans un bouillon pimenté. Selon la serveuse, une spécialité de Nagoya. Retour ensuite à notre hôtel par une balade dans Shinjuku.

Dimanche 5 avril Réveil vers 08h15, le but du jour : Kamakura. Nous prenons notre petit-déjeuner à l’hôtel avant de rejoindre la gare de Shinjuku. Nous prenons la Yamanote jusqu’à Shinagawa où il y a un train direct pour Kamakura. En fait, il y en avait un aussi depuis Shinjuku, mais nous le découvrirons au retour … Une petite heure plus tard, nous voici arrivés. Incroyable, 1 heure de train, nous avons traversé le sud de Tokyo, Kawasaki et Yokohama, sans quitter l’agglomération. L’urbanisation est énorme, trois villes qui n’en font qu’une. Nous décidons de faire une promenade à pied, celle proposée par le Lonely Planet, et qui passe par Daibutsu. Nous commençons par visiter le temple zen de Jencho-Ji, pas loin de la gare. Bel endroit, notamment un petit cimetière au fond du temple. Nous continuons par un chemin qui traverse les bois. C’est aussi la balade dominicale des Japonais, nous croisons du monde, les « Konichiwa » fusent. Il fait presque chaud, le ciel est découvert, les arbres sont en fleurs. Vers la mi-parcours, nous voilà au Genjiyama-Koen, un joli petit parc où les Japonais pique-niquent sous les cerisiers, assis sur de grandes bâches. A proximité, il y a le sanctuaire de Zeniarai Benten où comme le veut la tradition, nous pouvons laver un peu d’argent dans une source miraculeuse, dans une grotte. La richesse en découlera, si tout va bien. Le sentier descend vers Kamakura, et à 300 mètres après l’arrivée du chemin sur la route, nous arrivons au Daibutsu, le deuxième plus grand Buddha du Japon. Ce lieu est très beau, avec les cerisiers et d’autres arbres en fleurs. Mais très fréquenté aussi, comme partout. L’énorme majorité des touristes sont Japonais, peu d’occidentaux, et ce n’est pas plus mal ainsi. Nous nous baladons à pied dans Kamakura, sans oublier d’aller bien sûr au Hase-Dera, magnifique temple dans la colline, au milieu des arbres. Il est 15h30, nous avons oublié de manger ! Nous trouverons de quoi réparer cet oubli au centre commercial Tokyu juste à côté de la gare : tempura de légumes, salades, sashimis, le tout avalé dans un petit parc derrière la gare. A chaque achat, on nous remet une paire de baguettes à chacun. Cela doit engendrer une sacrée consommation de bois. Par contre, les couteaux et fourchettes ne nous manquent pas, nous sommes tout à fait à l’aise avec ces nouveaux ustensiles. Pour le retour, le train est bondé, nous devons rester debout. Nous descendons à la gare de Shibuya, voir le fameux carrefour ayant fait le tour du monde en photo vu la foule le traversant. Effectivement, c’est très impressionnant. Séance photos, une fois sans piéton, une fois avec, on peut monter au Starbucks Café juste pour avoir une meilleure prise de vue. Nous faisons aussi le carrefour en tant que piéton un peu dans tous les sens, pour se retrouver au milieu de tous ces bipèdes. De vrais gosses ! Vu la densité de gens au cm2, incroyable que personne ne se télescope ! Retour sur la Yamanote, merci le JR Pass, pour Harajuku, un arrêt plus loin. Il y a là un pont sur lequel les ados tokyoïtes viennent exhiber leur look à la population. Et dire qu’on se plaint parfois de nos propres filles … Nous voyons de tout : look manga, poupée, mariée, punk, gothique, personnage de BD, lolita. Et elles prennent plaisir à se laisser photographier, prenant même parfois la pose. Pour les garçons, c’est plus calme, plutôt genre « Tokyo Hôtel » coupe de cheveux longs typique. Le tout dans une ambiance très bon enfant. Retour à l’hôtel pour une bonne douche et une lessive. Nous mangerons ce soir un peu plus tard, vu que notre dernier repas date du milieu de l’après-midi. Nous trouvons un resto qui fait des Okonomiyaki, comme à Hiroshima. Seule différence : chaque table a sa petite plaque individuelle et la serveuse nous amène les ingrédients à cuire nous-mêmes. La carte expliquant les différentes étapes à respecter étant en japonais, elle nous donne un petit coup de main, par signes, car elle ne parle l’anglais. Retour à l’hôtel vers les 23h30, l’animation de Shinjuku commence à battre son plein. Lundi 6 avril Pas un nuage sur Tokyo. Nous partons pour Ueno où nous nous baladons dans le Amayoko market, près de la gare, sous les voies du train. Nous achetons des fraises, bien mures et sucrées, que nous dégustons en marchant. Peu de bonnes affaires ici, Tokyo justifie sa réputation de ville une des plus chères du monde. Mais l’ambiance est sympa parmi les boutiques d’habits, de nourriture, ou de gadgets divers. Nous poussons à pied jusqu’à Asakusa, où nous rejoignons la rue de Nakamise-Dori. Il y a foule parmi les étals et les échoppes qui mènent au temple Senso-Ji. Petite dégustation de nouilles, visite du temple et de ses environs, avant de prendre un bus pour rejoindre Ikebukuro. Au Tokyo Metropolitan Art Museum, nous prendrons le plus grand escalator du monde, qui avec une pente de 30°, arrive à la hauteur du 4ème étage. Pas très impressionnant de prime abord, mais on arrive quand même assez haut. Petit tour ensuite chez HMV pour voir les dernières sorties de CD. Le choix est vaste, tout un étage est dédié à la musique et aux films. La journée prend bientôt fin, nous prenons la direction de Shinjuku afin de monter dans le building du Tokyo Government Office. Il y a un étage panoramique au 45ème étage, gratuit. La vue s’étale sur 360 ° sur toute la ville. Il paraît que par temps clair, on voit même le Fujiyama ! Pas aujourd’hui, trop de brume (ou de pollution). Le crépuscule tombe, les lumières de la ville commencent à scintiller, c’est beau. Nous attendons là-haut qu’il fasse vraiment nuit pour profiter du spectacle avant de redescendre sur le plancher des vaches. Dernière promenade dans Shinjuku avant de rejoindre l’hôtel Toyoko-Inn. Mardi 7 avril Dernier jour à Tokyo et plus de JR Pass, les 14 jours ont expiré. A notre lever, nous allons sur internet pour faire notre check-in sur le site de KLM pour notre vol de demain. Petit-déjeuner à l’hôtel, avant de faire nos sacs, la chambre devant être libérée pour 10h00. Une fois les formalités remplies, nous laissons nos sacs à la réception avant de retourner à la tour du Tokyo Government Office pour revoir Tokyo de haut et de jour. Toujours trop de brume pour voir le Fuji. La ville s’étend à perte de vue. Au pied des tours, il y a le parc du Chuo-Ken, où les cerisiers sont vraiment magnifiques. Quelques sans-abris ont installé leurs habitations de fortune faites de bâches et de cartons sous les arbres dans un coin du parc. Nous avons encore tout l’après-midi devant nous avant de monter à Narita. En effet, afin d’être plus près de l’aéroport demain matin et d’éviter de se lever trop tôt, de stresser, nous avons réservé une chambre au Toyoko-Inn de Narita (8200 Yen). Petit tour dans le quartier animé de Shibuya, dans les rues commerçantes autour de la gare. Nous mangerons, au soleil, sur le toit du centre commercial Tokyu, après avoir fait nos achats au premier sous-sol. Dernier repas de ce genre. Pour nous, cela a vraiment permis de goûter à une foule d’aliments différents, vu les choix proposés. Nous nous baladons encore dans Shinjuku où nous croisons pas mal de « Tokyo Hôtel Boys » que nous prendrons en photo pour montrer au retour à nos ados. Retour à l’hôtel pour récupérer nos sacs et prendre la direction de la gare. Yamanote Line jusqu’à la gare de Nippori (190 Yen) et train Lmtd Express de la Keisei Line pour Narita Airport (1000 Yen). Très facile. 1h15 plus tard, nous arrivons à l’aéroport. Une navette gratuite, à prendre au niveau Arrivées, nous emmène à l’’hôtel. La chambre est vaste, les services sont les mêmes que pour les autres Toyoko-Inn : petit-déjeuner compris, internet gratuit, possibilité de lessive. Cette chaîne d’hôtel est vraiment pratique et via leur site internet, on s’aperçoit qu’ils sont présents dans tout le pays. Nous partons manger dans un des seuls restos du coin, à 10 minutes à pied en sortant de l’établissement. Mercredi 8 avril Notre vol décolle à 11h15, nous nous levons donc vers 08h00. Petit-déjeuner, bouclage des sacs. A 09h00, départ pour le Terminal 1 de l’aéroport de Narita par la navette gratuite. Check-In de nos sacs, derniers achats au Tax Free Shop et départ pour notre porte d’embarquement. Le Boeing 777 de la KLM est plein, comme à l’aller. C’est parti pour 11h30 de vol pour Amsterdam. Bon choix de films, service impeccable, ce sera long, mais supportable. A peine 2 petites heures d’attente et deuxième vol pour Genève pour 75 minutes qui paraîtront presque aussi longues que le précédent vol. Les roues touchent le tarmac de l’aéroport de Genève-Cointrin, bienvenue à la maison…
Ouest USA: De Seattle à San Francisco automne 2008 (deuxième partie) English translation pending
by PSI31 · 2009-04-02 · 13 replies
La première partie est là : http://voyageforum.com/...ere_partie_D2234412/

Voici la suite et la fin ...

12 septembre 2008 SEATTLE 13 septembre 2008 BONNERS FERRY 14 septembre 2008 LAKE GLACIER NP 15 septembre 2008 HELENA 16 septembre 2008 GARDINER 17 septembre 2008 GARDINER 18 septembre 2008 GARDINER 19 septembre 2008 OLD FAITHFUL 20 septembre 2008 OLD FAITHFUL 21 septembre 2008 JACKSON HOLE 22 septembre 2008 PROVO 23 septembre 2008 MOAB 24 septembre 2008 MOAB 25 septembre 2008 MOAB 26 septembre 2008 MOAB 27 septembre 2008 DURANGO 28 septembre 2008 MONUMENT VALLEY 29 septembre 2008 MONUMENT VALLEY 30 septembre 2008 TORREY 1 octobre 2008 TORREY 2 octobre 2008 BRYCE 3 octobre 2008 BRYCE 4 octobre 2008 PAGE 5 octobre 2008 PAGE 6 octobre 2008 GRAND CANYON 7 octobre 2008 GRAND CANYON 8 octobre 2008 SEDONA 9 octobre 2008 CHINLE 10 octobre 2008 ALBUQUERQUE 11 octobre 2008 ALBUQUERQUE 12 octobre 2008 ALBUQUERQUE 13 octobre 2008 RUIDOSO 14 octobre 2008 RUIDOSO 15 octobre 2008 DEMING 16 octobre 2008 TUCSON 17 octobre 2008 TUCSON 18 octobre 2008 TUCSON 19 octobre 2008 SAN DIEGO 20 octobre 2008 SAN DIEGO 21 octobre 2008 SAN DIEGO 22 octobre 2008 PALM SPRINGS 23 octobre 2008 LOS ANGELES 24 octobre 2008 LOS ANGELES 25 octobre 2008 LOS ANGELES 26 octobre 2008 LAS VEGAS 27 octobre 2008 LAS VEGAS 28 octobre 2008 LAS VEGAS 29 octobre 2008 LAS VEGAS 30 octobre 2008 FURNACE CREEK 31 octobre 2008 SOUTH LAKE TAHOE 1 novembre 2008 YOSEMITE 2 novembre 2008 YOSEMITE 3 novembre 2008 MONTEREY 4 novembre 2008 MONTEREY 5 novembre 2008 SAN FRANCISCO 6 novembre 2008 SAN FRANCISCO 7 novembre 2008 SAN FRANCISCO 8 novembre 2008 SAN FRANCISCO 9 novembre 2008 SAN FRANCISCO 10 novembre 2008 AVION



Vendredi 3/10/08 : Debout à 6h et je fonce à Sunrise point, il fait 3 ou 4°, je croise quelques mule-deer mais pas de tamïas qui attendront les premiers rayons de soleil pour se lever et se réchauffer devant le pas de porte de la chambre! Nous devons être une grosse dizaine, un pro de la photo avec 3 appareils motorisés sur pieds qui tirent un cliché chacun toutes les 2" environs. Le ciel est un peu couvert, du coup quelques ombres dans l'amphithéatre. Ca se dégagera tout au long de la matinée qui nous emploierons à parcourir la totalité de la route jusqu'à Rainbow Point en faisant à peu près tous les stops. Petites ballades tranquilles, pour cause de dos douloureux, madame a annulé celle à cheval. En fin d'après-midi nous irons faire un tour au Ruby's Inn pour quelques courses alimentaires et deux lessives/sêchages. La boutique alimentation souvenirs habillements équipements du Ruby's est pas mal achalandée et très fréquentée par les hordes descendues des bus. Repas idem la veille pour moi, madame repose et grignote à la chambre. Etant seul, je me retrouve à table avec deux allemandes qui font leur petit circuit dans l'ouest elles-aussi. Heureusement l'une d'entre elles parle un très bon français, nous passerons un moment bien agréable à comparer nos impressions sur Vegas et Grand Canyon, nous les recroiserons sur le parking à Horseshoebend près de Page. D'un solide appétit elles aussi, nous prendrons dessert et café. Avec tout ça, je rentre un peu tard et madame dort ...

Samedi 4/10/08 : La pluie a commencé dans la nuit, lever froid et humide donc. Cela remet en cause la Cottonwood pour Page, nous ferons donc la boucle par Kanab. Arrêt au Happy Trails Café, attablés, une dizaine de fermiers/éleveurs discutent dur, deux trois "gueules" dont une réincarnation de Buffalo Bill d'environ 80 ans en 'tiag et stetson. Un peu plus loin deux pauvres chevaux se sont mis à l'abri dans une petite excavation rocheuse, la pluie redouble. Le vent pousse de gros nuages noirs, à l'intersection de la Cottonwood il y a une barrière mobile qui ferme l'accès.



Page : nous allons manger au Denny's (copieux et correct comme partout pour le prix), puis un petit tour dans Page, un bon expresso au Beans Gourmet Coffee House. Juste à côté une échoppe avec pas mal d'artisanat Navajo et notamment des articles pour chevaux, quelques selles d'occasion et neuves. Un vieux navajo tient là boutique de sellier. Un crochet par le Supercenter Walmart, immense, une grande majorité de navajos pour la clientèle. Une appartée sociale sur les bienfaits du libéralisme, 8 ans donc que je n'étais pas venu aux USA et je constate que l'on voit toujours et encore plus de "retraités", qui font bien leurs 65/70 printemps, au travail dans les emplois de services, super-marché et restauration, je ne parle pas des bénévoles qui officient en tant que "guide" dans les parks et musées. La réservation au Lake Powell Ressort fonctionne, chambre avec vue sur le lac, le ciel se dégage un peu laissant entrevoir un peu de soleil, malgré ça les couleurs des roches et de l'eau sont tristes. J'avais gardé un plus beau souvenir du lieu, de plus les eaux ont bien baissé en 8 ans, l'impression est moins saisissante. Repas du soir au Dam Bar Grill, bonne viande, un verre de Pinot, ambiance musicale et des écrans TV pour les matchs de Football US, accueil très sympa, le serveur nous reconnaissant le lendemain nous offrira une part de tarte comme dessert. Retour à la chambre et sur la pelouse devant la baie vitrée une famille de lapins prend le frais dans le noir.







Dimanche 5/10/8 : Ciel dégagé! Barrage de Page, un groupe de bikers avec l'intendance qui suit en pick-up 4x4, des bateaux/mobil-home sur des camions.





Pour s'accrocher avec les orteils !



Petit bateau ....

Passage par Horseshoebend, http://www.pbase.com/brianowski/horseshoe, une bonne vingtaine de touristes sur le site, nous sommes les seuls français, un couple de russes qui à force de faire approcher leur fille d'une quinzaine d'années du bord lui feront tellement peur qu'elle en pleurera, idiot. Nous allons ensuite vers Navajo Bridge, ou se côtoient donc le vieux et le récent pont, vertige pour moi même au milieu de la chaussée!





Avant - Après





Nous continuons jusqu'à Lee's Ferry. C'est le lieu de départ des embarcations, barques bois ou canots pneumatiques de 2 à 6 places en plus du rameur, qui descendent le Colorado en tout ou partie. Nous en verrons quelques uns démarrer après un long briefing et une sérieuse vérification des équipements. A cet endroit, le fleuve est encore bleu vert du fait de la proximité du barrage, il se charge d'alluvions beaucoup plus bas, l'eau doit être aux alentours de 8/10°.

http://www.youtube.com/watch?v=YSNzPLYXMFM









Nous arrivons à Antelope Lower vers 13h30, nous sommes une dizaine, à 14h le guide nous conduit à l'entrée de la faille qui descend dans le canyon nous laissant libre de prendre notre temps. Le soleil un peu bas et le ciel un peu voilé les couleurs ne seront pas éclatantes, mais le charme opère quand même, surtout à pouvoir le faire dans le silence et pratiquement seul, chacun se laissant distancer. A pas mal d'endroit le sol est bien humide avec parfois quelques flaques, la pluie de la veille. Nous y passerons une bonne heure. Même en le revoyant je trouve cet endroit toujours aussi féerique, l'usure du temps, l'eau et le vent ont vraiment sculpté des formes fantastiques.

On rentre là !





Pause café à Page, retour à la chambre, mail, courrier, .....

La trace blanche sur la roche marque à peu près le niveau du lac tel que je l'avais découvert en 1998.

Repas au Dam. Bière en musique. Lapins. Dodo.

Lundi 6/10/09 : Petit déj au Beans à Page, un expresso au soleil, un vieux navajo profite du wifi avec son portable en terrasse. Ce soir nous coucherons au Grand Canyon, route donc vers Cameron en passant par Kaibito la 98, la 160, pause casse-croute à Tuba City, petit tour au Trading Post, marché du temple pour touristes, avec quelques rares jolies choses d'artisanat Navajo. Puis la route bifurque à droite pour petit à petit approcher de la faille, arrêts aux différents points de vue, soleil, pas trop de brume, avant de rejoindre le El Tovar ou nous passerons deux nuits, direction Papillon à Tusayan, pour réserver le Grand Tour. Au loin dans la direction sud-ouest un immense nuage dû à un feu de forêt pousse dans un ciel tout bleu.

Incendie

Rendez-vous le surlendemain à 9h pour vol vers 10h, pas de place pour demain. Nous prenons la chambre, magnifique vue depuis le balcon sur le canyon à gauche, la Hopi House en face.







Pause café thé cigarettes sur les transats au soleil. Ballade et photos le long de la Rim Trail, pas trop de monde, le lieu semble inciter les gens à un certain silence. Hermits Rest Road est fermée pour travaux, on ne peut pas aller plus loin que Maricopa Point. Repas du soir au resto Coronado Room du Best Western Squire Inn à Tusayan, ambiance cosy, bonne cuisine, accueil et service souriant et un brin stylé. Une longue pause au bord du canyon avant d'aller au lit, deux trois lumière dans le lointain vers le fond de la gorge. Pas un bruit si ce n'est celui de la nuit et de quelques rongeurs qui fouillent les poubelles pas encore vidées par une employée en train de le faire à preque 23h !

Mardi 7/10/08 : Madame dort, je me lève, 6h30, sur la pelouse du El Tovar et aux abords immédiats, des mule-deer finissent leur nuit couchés en rond, le regard curieux et attentif, ils se laissent filmer en confiance. Les écureuils sont déjà debouts, et s'agitent sur le petit mur bordant le canyon.









Ballades aux alentours jusqu'au Kolb Studio sympa, puis nous partons vers Williams après petit déj au Jennifers Bakery & Internet, petites tables extérieures au soleil. Stop en route au Planes of Fame Air Museum qui semble fermé. Une petite heure à tourner dans Williams pour photos. Midi nous grignotons à Flagstaff et promenons en ville, quelques jolies boutiques d'antiquités, de nombreux bars et restos, pas mal de jeunesse en terrasses, il fait très beau. Petit détour vers la vieille gare, un train long comme un jour sans pain passe et hurle (92 wagons). Retour à Grand Canyon par la 180, petit tour en forêt. Re coup d'oeil depuis la Rim Trail. Repas du soir au Yippee-Ei O Steakhouse, c'est l'usine, qualité moyenne, copieux, que du touristes étrangers en majorité.

Loco du Grand Canyon Railway

Dodo.

Mercredi 8/10/08 : Vol hélico ce matin, beau temps, pas de vent, la pesée au comptoir pour l'attribution des places dans la soucoupe volante, le film pour les consignes de sécurité (anglais ou espagnol), un peu d'attente, puis distribution des tickets numérotés, madame est chanceuse car ayant le plus petit gabarit elle gagne le N°1 à côté du pilote, moi derrière lui, nous sommes 6 passagers en tout, deux couples allemands avec nous. Huit ans après le vol est toujours aussi beau et impressionnant (même musique "Ainsi parla Zarathoustra" pour l'arrivée au surplomb), différence par rapport à Mai 2000, il ne neige pas sur la North Rim, et la forêt a de magnifiques couleurs automnales. On peut avoir le sentiment d'être dans une usine à touristes, les rotations s'enchaînent à un rythme effréné, mais je retrouve la même impression de professionnalisme et de sécurité. C'est après le vol de Canyonlands le deuxième à faire si on peut se le permettre. Pas d'esbroufe de "champagne" californien en bas, peu de turbulences comparé à l'avion et surtout une vue de beaucoup moins haut de la partie Est, la plus grandiose.

Confluent du Little Colorado (bleu clair) et du Colorado



Une fois l'émotion digérée et le plaisir savouré nous cassons une petit croute après deux courses au Minimart de Tusayan. Route vers Sedona par la 64, la 89et la 89A. Beaucoup de circulation entre Flagstaff et Sedona, la route est belle en forêt et serpente beaucoup, pleins de petits motels cachés sous les arbres le long de la rivière entre Slide Rock SP (quelques baigneurs dans les petits bassins)et Oak Creek Vista.





Nous logerons au BW Arroyo Roble & Creekside, jolie chambre sur l'arrière avec belle vue sur les rochers rouges flamboyants qui dominent Sedona. Petit tour en ville, mais il est tard et les boutiques ferment, j'essaie de retrouver l'une d'entre elles ou j'avais vu une sculpture peu travaillée faite dans un morceau de racine et tronc de cactus représentant une tête de chef indien avec sa coiffe de plumes. Je ne trouverais rien de semblable, en tout cas rien en bois de cactus. Sedona ne dépérit pas, beaucoup de monde, beaucoup plus de "galeries d'art"... Nous déambulons jusqu'à la nuit tombée. Nous mangerons au Cowboy Club, mojito et filet mignon de porc excellent. Service un peu long mais beaucoup de monde. Café et au lit.

Jeudi 9/10/08 : Aujourd'hui direction Chinle, petit détour par Mormon Lake que j'avais vu sous la neige en Avril 98, joli petit coin paisible et verdoyant, puis direction Holbrook par la 40/180, petite ville me faisant penser à Williams mais encore plus abandonnée, beaucoup de batiments, stations, garages, motels plus ou moins à l'abandon. On s'arrête dans un bric à brac vendant du bois pétrifié, des VHS d'occase, des vinyles, ..., le maître des lieux (look de Walter Brenan dans Rio Bravo) nous affirme même pouvoir en livrer un camion en France mais gaffe au prix! On repart avec notre petit morceau 15$. Traversée de Petrified Forest depuis le sud, Visitor Center, passage par Blue Mesa Scenic Drive, pratiquement personnes tout au long de la route qui remonte au nord jusqu'à Painted Desert, beaucoup de vent, un peu froid.









Pause à une petite aire de repos, une vieille carcasse de voiture évocation de la Mother Road aux environs de Pinta.





A Chambers, direction nord par la 191. Route en assez mauvais état, rainurée transversalement sur des dizaines kilomètres, on se croirait en train ta-da-dam ta-da-dam ....Des paysages assez désolés, beaucoup de poussière soulevée par un vent violent qui voile un soleil de moins en moins tonique, des terres grises. C'est l'heure de la sortie à Ganado, plein de jeunes navajos marchent un peu vers nulle part le long de la route d'ou l'on aperçoit quelques pauvres mobil-home perdus dans le lointain comme dans les environs de Page en allant vers Cameron.





Il est un peu plus de 16h30 quand nous arrivons à Chelly, les points de vue du haut de la rive sud du canyon, pas un chat, un vent qui devient glacial. Le soleil est trop bas pour un bon éclairage du canyon. Madame découvre et se régale, je suis moins séduit que la première fois.





L'ours ?



Accueil sans fioriture au Thunderbird Lodge, chambre nickel, j'aurais pu ne pas réserver, à priori moins de la moitié du lieu est occupée. L'endroit est agréable, planté de nombreux arbres. Nous mangerons simple genre tacos/fajitas aux milieux de familles navajos au grand complet, grands-parents, enfants, au resto style Denny's du Best Western de Chinle ...10 ans que je n'étais pas venu et toujours le même aspect d'une région pauvre et désolée, dévastée par la pauvreté, de quoi vivent ils, la réponse comme dit le Routard est sûrement à chercher dans les nombreux centres d'aide sociale des Affaires Indiennes. J'avais eu ce même ressenti à Kayenta en 98, mais là, la proximité de Monument Valley si sublime de grandeur et de beauté avait atténué cette sensation de malaise, mal-être qui me vient ici. Un café/cigarette devant la porte de la chambre dans la nuit noire, le vent est tombé, il fait moins froid.

Vendredi 10/10/08 : Nous quittons Chinle pour Albuquerque et son International Balloon Fiesta. Passage par Gallup, Ramah, El Morro, Grants. Beaucoup de route dans les paysages plats et assez monotones du Nouveau-Mexique nord, végétation faite de résineux éparpillés et rabougris.



Changement de véhicule à l'aéroport agence Hertz, nous laissons notre Ford Expedition avec 20183 miles au compteur, pour hériter d'une Cadillac DTS (25692 miles au compteur, GPS là aussi) dans laquelle nous aurons quelques difficultés à loger nos valises.



Nous nous installons pour trois nuits au Club House Inn & Suites, belle chambre avec petit salon séparé donnant sur le jardin intérieur avec piscine. L'hôtel est situé tout près d'une voie rapide mais hyper calme grâce à une bonne isolation. Après installation, internet pour les news familiales nous partons pour la Fiesta. Au programme ce soir, feu d'artifice après la Glowdeo, moment ou à la tombée de la nuit les ballons à air chaud sont gonflés au sol et les flammes les éclairants illuminent la nuit de plein de couleurs. Entrée gratuite, beaucoup de monde, des familles entières, très bon-enfant, ambiance kermesse, pique-nique sur les pelouses, des allées complètes de snacks divers et variés, un seul point de vente de bière, clos par de petites barrières, on ne sort pas avec son verre à la main, consommation sur place obligatoire, la police d'Albuquerque patrouille sur d'énormes chevaux paisibles avec un certain succès.







Un énorme tacos à emporter, nous déambulons entre des tas d'exposants, de marchands de souvenirs, tee-shirts, jouets, ... Un peu plus loin, une scène, un groupe rock, chanteuse style Janis Joplin, sympa. Mais pas la météo, qui se gâte, gros nuages noirs sur la montagne au sud, et un vent à décorner une Long Horne. Du coup par mesure de sécurité il n'y aura que deux tentatives de gonflages, quelques participants font un peu le spectacle en allumant les bruleurs qui crachent bruyamment des flammes de 4/5 mètres de haut. Feu d'artifice sympa pour clôturer la soirée.







Nous allons nous coucher en croisant les doigts pour que la météo soit plus favorable Dimanche matin, en effet j'ai réservé et payé un vol avec Rainbow Riders en ballon à air depuis Décembre 2007.

Samedi 11/10/08 : Debout 5h, 45mn après arrivée sur le site, il fait encore nuit mais, le vent souffle déjà fort, trop ! En effet au fur et à mesure de la matinée, ayant acheté l'Albuquerque Journal, nous apprendrons que la veille un accident mortel à eu lieu aux abords du site, un ballon rabattu par le vent a brulé en touchant une ligne électrique, du coup tous les vols sont annulés, aucune compétition sauf amélioration de la météo, mais sans espoir vraiment avant demain(http://www.nowpublic.com/...loon-fiesta-accident ) . Après la déconvenue de Glacier Park, celle-ci est costaud! Le vol du lendemain matin est donc en suspend. Il est aux environs de 9h30 quand nous rentrons à l'hôtel le moral en a pris un coup, depuis tant d'années, je rêvais de voir ces dizaines de ballons flamboyants dans un ciel pur bleu ... Pour se consoler, direction le buffet petit-déj, copieux et bon.

http://www.youtube.com/watch?v=XMWNcONE01g









Nous décidons alors d'aller jusqu'à Santa Fé, "grâce" au vent le ciel est dégagé! Tour en ville, boutiques, galeries avec toujours autant de belles œuvres, du monde, pour cause de messe en cours impossible de visiter la cathédrale. Le cœur de la ville n'a pas vraiment changé en 8 ans, les natives vendent toujours leur production plus ou moins belle et artistique sous les arcades du Palace of the Governor, les constructions en adobe sont toujours la règle au moins aux alentours immédiats de la place qui a conservé son kiosque à musique.





En écoutant une des radios locales, nous avons confirmation que toutes les manifestations du soir sont annulées. Un détour par Taos petite place centrale bordées de vieilles maisons converties en boutiques à souvenirs touristiques et autres. Nous rentrons donc en fin de soirée sur l'hôtel, repas en cours de route au San Felipe's Casino situé sur une réserve indienne, quelques pièces puis dodo.

Dimanche 12/10/08 : Idem hier matin, nous allons direct au chapiteau de Rainbow Riders, c'est bon pour la réservation, les vols sont complets. Durant l'enregistrement on nous fait remplir l'éternelle décharge, contrôle identité, nous sommes divisés en groupe de 6, il y a semble t'il 8 ballons en tout, présentation faite du pilote, on nous indique l'emplacement du notre sur le pré d'ou l'on s'envole. Il est 6h45, rendez-vous 7h30, ils attendent confirmation de la part des autorités de l'autorisation de voler. Un petit café rapide dans un des stands, un peu inquiet je ne vois pas beaucoup d'équipage privé en cours de préparatif. 7H30 nous revenons, attendrons jusqu'a 8h30 et là comme pressenti, tout est annulé. ( http://www.kob.com/...tories/s616536.shtml ) Rainbow Riders nous propose le remboursement ou le report du vol au Mardi, nous serons rembourser par virement sur CB deux jours après sans frais et même avec un petit bénéfice dû au cours du $ plus avantageux que lors de l'achat. Retour sur l'hôtel, deux courses pour grignoter dans la chambre (micro-onde) pour midi, petite sieste matinale en attendant le repas. 13H on se réchauffe donc notre cuisine chinoise et nous partons vers le Old Town et la Plaza. Quartier plus ou moins typique du vieil Albuqueruqe, beaucoup de monde, nous sommes Dimanche, devant une des innombrables boutiques, 6 vétérans Navajos dédicacent leur livres, ce sont eux les Windtalkers qui ont inspiré le film avec Nicolas Cage. Nous en achèterons un que chacun d'entre eux signera en entourant son visage sur quelques photos de l'époque ou ils étaient dans les Marines. Repas du soir à La Hacienda sur la Plaza, cuisine mexicaine très copieuse, correct pour le prix sans plus, beaucoup de gens d'ici en famille, des repas de groupes qui chantent et boivent.

Lundi 13/10/08 : Ce matin départ pour Ruidoso par la 85 et la 380. J'avais envie de passer deux jours dans ces montagnes du Nouveau Mexique, ou l'on fait du ski l'hiver (Station Ski Apache gérée par la tribu des Mescaleros). En quittant Albuquerque, la route traverse des paysages toujours aussi secs, ciel bleu, peu de vent (Rrrrrrrrrrrrrrr !!!). Nous traverserons la partie nord du White Sands Missile Testing Court et en sortirons vivants. A l'approche de Carrizozo, pause ballades et casse croute au Valley of Fires State Park : grande zone d'environ 50km de long sur 5 à 10 de large couverte de lave noire ou poussent différents types de cactus et autres plantes à épines. Quelques points sont aménagés pour les RV avec des BBQ, abris et tables. Un arrêt café à Carrizozo ....





La route commence alors à monter gentiment aux travers des sapins, les alentours de Ruidoso ressemble bien à une zone de villégiature aisée, de belles propriétés et maisons cachées dans la forêt. Nous coucherons deux nuits au Inn of the Mountain Gods, bel hôtel casino niché au creux d'un vallon au bord d'un lac, reposant, vert. Un parcours de golf en borde une partie. La température se fait plus fraiche sur le soir. Belle chambre, vaste, qui donne sur le plan d'eau, avec juste en face au loin deux tepees à la lisière de la forêt.





Nous mangerons au buffet du casino, très bien. Nous discuterons un peu avec une jeune cuisinière américaine qui venait de passer un an en Italie dans un restaurant pour parfaire sa formation. Elle se désolait un peu du manque de diversité de la cuisine proposée ici. Elle tenait le "stand" fruit de mer, et préparait les plats selon les désirs des clients. J'ai choisi une poêlée de crevettes et petits supions sautés ail et huile d'olive. Quelques cents pour les bandits en sirotant un mojito et dodo.

Mardi 14/10/08 : Debout vers 8h, une brume épaisse enrobe tout le coin, un vent glacial la pousse au dessus du lac, la journée est consacrée à la visite de petites villes aux alentours.





Nous partons donc sous la pluie et un ciel très bas pour dans l'ordre :Capitan (Smokey Beat Historical SP), Lincoln (souvenir de Billy the Kid, pas âme qui vive, le peu qui est à voir ou visiter est fermé), Hondo, San Patricio, Mescalero, Tularosa, La Luz, Cloudroft (jolie petite ville, quelques beaux bâtiments notamment le Lodge), puis la Cox Canyon Hwy jusqu'à Mayhill qui traverse la Lincoln NF puis retour à Ruidoso par la 82 et 244, un expresso au Starbuck avant l'hôtel. Journée un peu gâchée par la météo, mais malgré tout de belles routes au travers de forêts, prairies.

Repas au resto Wendell's de l'hôtel, bon steackhouse. Re-mojito, re-piéces, dodo.

Mercredi 15/10/08 : Au programme aujourd'hui, l'Air Space Museum d'Alamogordo, sympathique évocation des campagnes spatiales US, mais aussi de nombres de leurs missiles. Le musée domine la ville vers l'ouest, dans le lointain une grosse couche nuages ou de brouillard recouvre le bas de Kaylor Mountain. Nous entrons dans White Sands Nat Mont en milieu de matinée le Ranger nous informe que le park ferme à12h30, pour cause de tirs de missiles entre 13 et 14h. Nous avons donc un peu plus de deux heures pour marcher, photographier (ce n'est pas la meilleure heure avec le soleil au zénith) et grignoter. Sont aménagées de petites guérites en tôle ondulée pour s'installer, nous croiserons trois bus scolaires qui visitaient le park. Le sable est vraiment blanc, avec la luminosité on se croirait au ski! La végétation est assez rare, mais quelques arbustes et fleurs roses et jaunes parsèment ces étendues presque immaculés.







Nous roulons ensuite vers Las Cruces, stop pour se désaltérer, puis jusqu'à Deming. Petite ville perdue au milieu de rien en bordure de la Highway 10/70. Dodo au BW Mimbres Valley, correct, et repas dans un petit resto familial (pseudo italien) Palma's, deux trois familles du coin et quelques personnes âgées qui repartent avec la moitié de leur repas dans l'éternel doggy-bag. 19H il fait nuit, retour hôtel, télé, internet pour les news et rideaux.

Jeudi 16/10/08 : Ce soir nous nous arrêtons pour trois nuits à Tucson. Aujourd'hui encore je prendrais ma dose de routes rectilignes, de prairies séchées de fin d'été, de cactus, de roches, de montagnes à l'horizon, j'aime ça aussi rouler rouler ... Passage donc par Lordsburg Rodeo Apache Douglas(ville frontière avec le Mexique, le mur, les grillages, la poussière qui vole, la pauvreté). Direction ensuite Bisbee (qui semble ne pas dépérir au cours des années, toujours la brulerie de café qui parfume l'air à certaines heures me rappelant mon enfance au Marché Victor Hugo avec le café Baquié, quelques vieux bâtiments restaurés en plus de puis 8 ans, le Cooper Qeen ou j'avais dormi et bien mangé est toujours là, la serveuse étudiante connaissait même Toulouse y ayant passé 15j lors de son séjour d'un an à Paris) puis remontée par Nicksville, Sierra Vista, Whetstone, Benson, et enfin Tucson. Trois nuits donc au JW Marriot Starr Pass, bel hôtel sur une colline dominant Tucson, des Saguaros partout autour, piscines, bars, restaurants. Beaucoup de monde, un congrès, des touristes américains en majorité. Très beau parcours de golf attenant, fréquenté très tôt le matin, 7h déjà les voiturettes circulent et les balles volent! Petite virée au Desert Diamond Casino, repas au buffet, bien.







Vendredi 17/10/08 : Un aller et retour sur Tombstone (boutiques pour ramener des queues de Rattlesnake, bar musical et ses quelques figurants pour une bière, peu de monde, le cimetière, je revois tout ça et je n'y reviendrais pas), puis direction le Pima Air Museum (9, 75$/pers), immense, des centaines d'avions civils et militaires, dedans dehors restaurés fatigués, un régal mais grosse chaleur à la longue dehors, les hangars eux sont climatisés.

Le cimetière de Tombstone ...



L'autre cimetière de Tombstone ....

Les rues se vident avant les duels ...



B 17G

Drôle de guêpe !







Passage par le Davis Monthan Graveyard AFB, pas mal de tours et détours pour approcher les grillages et faire des photos de ces centaines ou milliers d'avions stockés là en attente de destruction ou réutilisation pour quelques uns parait-il. Impressionnant cet amoncèlement de machines de guerre qui dorment ou meurent là.









Nous restons dans les alentours de l'hôtel pout profiter des derniers rayons de soleil qui embrasent ciel et collines. Soirée idem la veille.

Samedi 18/10/08 : Petit-déj sur la terrasse devant l'hôtel, le soleil du matin cogne déjà, quand soudain une musique m'accroche l'oreille: c'est Carla qui nous poursuit jusqu'ici en effet, son "amoureux" rencontre Bush à Washington. Nous partons faire un tour dans le centre de Tucson, St Augustin Cathedral, El Barrio Historico District, El Presidio Park & District, Congress Street, Broadway Bvd, les petites rues environnantes, puis nous passerons l'après-midi dans Saguaro West Park, ballades, visite de l'Arizona Sonora Desert Museum (13$/pers), instructif, agréable, beaucoup de bénévoles expliquent la vie au sens large (serpents, colibris, fleurs, cactus, ...) dans le désert environnant. Coucher de soleil dans les montagnes. Repas du soir, très bon steackhouse dans un ancien garage réaménagé, belle déco, service souriant et attentionné, mais impossible de remettre la main sur le nom (sur la même avenue qu'Olive).















Dimanche 19/10/08 : Aujourd'hui nous quittons le Nouveau Mexique pour San Diego, pas loin de 700km par la 10 et la 8, toujours vers l'ouest et le pacifique au bout. La radio calée sur les stations country qui se succèdent au fur et à mesure, en essayant d'éviter les nombreuses émissions religieuses du Dimanche matin. Route monotone juqu'à El Centro, commencent alors des dunes puis à partir d'Ocotillo on s'élève dans une région montagneuse toute de pierres rondes(un énorme chaos de Targasone!) . Après plusieurs stops cafés, repas, repos, "dégourdissage" de jambes, nous arrivons vers 17h à notre hôtel Dana Inn on Mission Bay pour trois nuits. La chambre (2203)donne par un balcon sur un bras de mer qui mène au port, pelouse verte et palmiers, mouettes et pélicans sous les yeux.



On pose les valises, petite douche pour se "réveiller" et nous allons par le gigantesque pont vers l'Hôtel Coronado situé sur l'ile faisant face à la ville, ballade au bord de l'océan sur le sable, points de vue sur San Diego, un porte-avion, des voiliers, les avions en approche de l'aéroport semblant passer entre les gratte-ciel.









19h, la nuit est tombée, nous allons diner au Sea Port Village, quelconque lieu piège à touristes avec ses boutiques à souvenirs, peu de monde. Nous mangerons au Harbor House Seafood Restaurant, huitres pas fraiches, poisson peu copieux, propreté du lieu douteuse, de temps en temps une blatte traverse la nappe, à éviter donc !! Un petit tour en ville en voiture avant d'aller au lit.

Lundi 20/10/08 : Pour se réveiller, un détour par Ocean Beach ce matin, petite brume sur le pacifique, quelques jeunes surfent déjà, il est 8h. D'autres rangent leur sac de couchage après une nuit dehors et grattent déjà leur guitare, au bout de Abbott Street et Newport Avenue nous buvons un double expresso face à au pacifique, le Starbucks est juste à côté en face un hostel un peu délabré. D'ailleurs le quartier semble un peu à la limite du "marginal", ou du moins très hippies baba surf tatouage, plein de petites boutiques de fringues et restos/bars, tout ce petit monde s'éveille sourit, sympa comme impression.





A la taille de la planche.

La majeure partie de la journée sera consacrée au Seaworld, toujours aussi agréable avec de beaux spectacles et des tas d'animaux bien mis en valeurs, on peut accessoirement nourrir des otaries, des dauphins, caresser des raies, ... La météo nous offre une douce chaleur qui doit durer au moins la semaine.







Passage par La Jolla qui me semble de plus en plus résidentiel, petite ballade en bord de "falaise" les pélicans font du rase-mer. Puis direction Gaslamp, on traine un peu dans les rues, beaucoup de jeunesse, des tas de restos et bars musicaux, un magasin de voitures de collection avec des répliques d'AC Cobra, Spider Porsche, une vraie Traction-Avant moyennement restaurée à 35 000 $ et une Smart d'occase à 27 000 $ !! Nous irons manger chez Croce's, deux douzaines d'huitres excellentes avec un verre de Chardonnay, ça fait du bien et ça change de la viande souvent très bonne mais enfin un peu de diversité dans les repas. On tourne encore un peu pour profiter de cette animation et retour à l'hôtel.

Mardi 21/10/08 : Re petit-dèj à Ocean Beach, on a bien aimé cette ambiance le matin, puis journée au Zoo. J'avais visité le WildLife il y a 8 ans, bien mais pas envie de rouler autant. Le Zoo est toujours aussi beau, du monde, ours blancs et hippopotames à voir, pleins d'autres animaux dans un parc luxuriant et proprement présenté, les pandas sont plus nombreux mais dorment toujours beaucoup.





En fin d'après-midi, Balboa Park puis retour vers le centre, Old Town, Horton Plaza, le stade de base-ball, repas japonais moyen dans Gaslamp, une bière au Whiskey Grill, dodo.









Mercredi 22/10/08 : Route vers Palm-Springs aujourd'hui en passant par Alpine, Descanso, Julian (jolie petite ville), Ocotillo Wells (la traversée de Anza Borrego Desert est sauvage et désertique), Salton Sea (Salton City catastrophe écologique les berges sont couvertes de millions de petits et gros poissons morts desséchés et de coquillages dans le même état, quelques habitations fatigués motor-home délabrés, c'est sinistre, mais je voulais voir), La Quinta, Indian Wells. Plus l'on approche de cette dernière partie du trajet, plus on voit de palmeraie et d'immenses zones irriguées pour la production maraichère.







Pause d'une nuit au Spa Resort. Après dépose des valises, petit tout en ville ou se déroule la parade des écoles de la ville, élèves déguisés, profs et directeurs en décapotables en famille, majorettes, équipes de basket ... amusant et impensable en France, très bon enfant et festif.







Repas du soir au buffet de l'hôtel, un mojito au bar et dodo.

Jeudi 23/10/08 : Toujours grand beau temps et ça dure depuis Ruidoso. Direction la traversée de Joshua Tree NP pour terminer à Los Angeles ce soir. Quelques photos à la sortie ouest de la ville pour les éoliennes, puis route à l'est.



Nous entrerons par le sud Cottonwood Visitor Center juste avant Chiriaco Summit pour sortir du park à Joshua Tree, après avoir fait différents stops : Cholla Cactus Garden, Keys View, Hidden Valley, Park Boulevard...



Pause repas dans un Burger King le long de la route, des frites d'un autre monde en forme de ressort juste comestibles ...

Frite-ressort ....



Nous prenons ensuite la 62 et la 10 pour rejoindre Los Angeles ou nous coucherons trois nuits. Pour la deuxième fois, le GPS va nous être plus qu'utile, pour se retrouver. Il va nous servir durant ces trois jours, car l'enchevêtrement des différentes voies rapides et autoroutes dans LA n'est pas très évident, de plus à certaines heures la circulation est assez dense et dépasse bien de 10 à 15 miles/heure la limitation (gros changement depuis 8 ans).



Nous nous posons donc au Westin Bonaventure, belle chambre (2607) avec coin salon au 26° étage avec vue sur l'Observatoire et la colline d'Hollywood au loin. On y accède par des ascenseurs extérieurs intégralement vitrés offrant une belle et impressionnante vue en cours de la montée. L'intérieur de l'hôtel est magnifique, immense atrium, jets d'eau, bars, restaurants, salle gym, construction toute en courbes et niveaux ....









Vers les 20h nous partons pour Santa Monica, promenade dans le quartier piéton, ou il est interdit entre autre de fumer, repas huitres poisson au Boa Steackhouse, très bien.

3th Sreet Santa Monica







Retour hôtel.

Vendredi 24/10/08: Journée aux Studios Universal, nous y sommes à l'ouverture, on commence par le tour en "train" de quelques décors plus ou moins attractions (métro, dents de la mer, ....). Puis tranquillement, nous passerons d'un spectacle à l'autre, j'éviterais perso les attractions style montagne-russe, madame adore. Pas trop de monde donc peu de temps d'attente. Beaucoup de français et d'italiens.

Cuisse de dinde au grill

Kiss ...



Dérision ...

Direction l'Observatoire ( buste de James Dean) et Griffith Park pour la tombée de la nuit. La vue est toujours aussi époustouflante, la nuit est claire, la vue s'étant à des dizaines kilomètres, un dirigeable, les avions qui arrivent et repartent de LAX, et la ville quadrillée par les rues, avenues, highways et freeways saturées de milliers de voitures qui scintillent. L'accès au park ferme vers les 21/22h, il renferme des clubs d'équitations apparemment assez fréquentés en fin d'après-midi.



De retour à l'hôtel, comme il se fait tard, nous y mangerons : italien, escalope au Marsala et spaghettis, au Marcello's.

Samedi 25/10/08 : Ce matin après un bon café au Starbucks du coin, montée au plus haut de Mulholland Drive, photo des célèbres lettres de l'Hollywood Sign sur fond de ciel bleu, les petites routes serpentes dans cet ensemble de collines qui dominent Hollywood et Beverly Hills, cela me rappelle certains coins de la Côte d'Azur vers Eze village, entre les différentes corniches, de belles maisons cachées, quelques architectures notables, des points de vue rares. Ballade en voiture dans les beaux quartiers sous les alignements de palmiers aussi fins que hauts.

Du haut de Mulholland Drive

Nous redescendons vers le Grauman's Chinese Theater, beaucoup, trop de monde, difficile de faire quelques photos des empreintes et étoiles. Petit tour sur Hollywood Boulevard, moins sale et limite glauque qu'il y a 10 ans. Ayant ramené madame qui se repose à l'hôtel, je vais faire un tour dans le quartier du Angels Flight Railway, sur South Broadway, quartier très Amérique du Sud, boutiques vêtements pas chers, des robes de mariées aux couleurs roses et bleues incroyables, un marché couvert typique avec de la cuisine guatémaltèque vénézuélienne mexicaine, une pharmacie chinoise traditionnelle, un salon de massage chinois, des maraichers, d'infinis étals de piments. Quartier populaire, un Mc Do' ou une vieille dame asiatique sans âge débarrasse et nettoie les tables en échange d'un repas, des marchands de téléphones portables à même le trottoir, un immense portrait d'Anthony Queen sur un mur de briques, la sortie d'une chapelle pentecôtiste d'une mariée mexicaine ....













Passage par Old Plazza et El Pueblo (caserne pompier, gare), Chinatown (rien à voir avec celui de San francisco), puis retour à l'hôtel pour ranger, trier, sauvegarder photos et vidéos. En fin d'après-midi, retour sur Santa Monica, beaucoup de monde, bord de mer, quelques homeless dorment sur les pelouses, pier, rues piétonnes ou se pressent des artistes divers et variés, des stands de Bush et Obama.







Homeless





Attirés par le nom "Anisette", nous mangerons là. Belle brasserie tenue par Alain Giraud (chef français) et son chef Joshua Smith, au choix tables ou bar, clientèle plutôt jeune et aisée. Installés au bar nous prendrons pour changer, des huitres et une superbe bourride de lotte à la sétoise accompagnée d'un Picpoul de Pinet (on se ressource, j'apprécie ce vin depuis plus de 20 ans !). Très étonné de trouver ce vin, j'en discute avec la serveuse (une bombe mexicaine croisée de Speedy Gonzalez) qui ira chercher le sommelier très aimable, originaire de Bretagne. Il expliquera son choix, par le fait qu'il veuille faire découvrir de bons crus régionaux français à des prix abordables du fait de leur moindre renommée sur une carte aux tarifs qui grimpent nettement plus haut. Nous aurons la surprise de nous voir offert le pichet de vin (4 verres) !! A nos côtés c'est installé un couple de Gallois, ces dames discutent un peu mi français mi anglais, il est ferrailleur, ils connaissent et fréquentent régulièrement la côte languedoc-roussillon et donc Sète et sa région. Bon repas et moment sympathique. Retour hôtel par les freeways très fréquentées en ce samedi soir.

Dimanche 26/10/08: Ce matin nous partons pour Tehachapi (5000 éoliennes), Barstow ou nous faisons un stop pour courses pique-nique, puis la 15 direction Las Vegas (dans le sens opposé des milliers de véhicules roulent au ralenti direction LA, c'est la fin du week-end). A nouveau des paysages désertiques, la chaleur, des massifs montagneux à l'horizon, stop à Primm pour des achats au Fashion Outlets (Jean's Lee ou Wrangler à 15$, Polo et Chemise Ralph Laurens de 25 à 39$), nous trainons un peu volontairement car je veux arriver de nuit à Vegas, je trouve cela plus "magique". Nous nous installons pour quatre nuits au Bellagio (Cypress Room).Magnifique chambre, 10° étage pile au milieu du bâtiment, salle de bains pour elle avec baignoire spa, l'autre pour moi avec douche hammam, un côté salon Tv, et un côté lit (un écran plat escamotable au pied) face à une baie vitrée donnant sur le lac, ses jets d'eau, et la Tour Eiffel du Paris.

http://www.youtube.com/watch?v=DeZcltt-5wA



Soirée dans l'hôtel, repas excellent au Fix avec un carré d'agneau et verre de Merlot. Un tour pour les jeux et les jeux d'eau sur le lac (3.5 hectares) sur des airs de Sinatra, Bocceli, Dion, ... On s'endort la Tour Eiffel entre les orteils ...











Lundi 27/10/08 : Journée sans voiture, nous ferons le tour des quelques grands casinos côté sud, à pied, métro aérien, Monte Carlo MGM Luxor Paris .... Quelques achats souvenirs. Nous réservons des places pour le Rêve demain soir et Ô le lendemain. Repas du soir au buffet du Bellagio, belle qualité et beau choix, nous allons ensuite à Fremont Street pour l'Experience (spectacle lumineux sympa) puis passage par le sommet du Stratosphère, quelle vue, mais quelle parano pour y accéder, fouille et papiers d'identités. Sur le retour arrêt au spectacle du Treasure Island que j'ai trouvé assez nul (c'est la Star Ac) en comparaison de l'ancien lorsque le bateau pirate coulait après la bataille navale. Quelques pièces aux manchots et mojitos offerts comme nous jouons au bar du Bellagio. Coucher tard.

Mardi 28/10/08 : Lever tard, Red Rock puis direction outlet, différent de celui de Primm, d'avantage de boutiques de marque mais plus cher et plus chic. Beaucoup d'européens et de japonais. Repas de midi au, cuisine asiatique, buffet d'une extraordinaire fraicheur, tout est préparé devant vous, sushis excellents (les cuisiniers découpent les poissons entiers et les poulpes sont vivants avant d'être conditionnés ou cuisinés). Après-midi sur le strip, repas au buffet du Wynn, qui vaut le tarif élevé, nous craquons sur les plats asiatiques et les pattes de crabe gigantesques. Spectacle Le Rêve, placé en haut de la salle, nous avons eu vue magnifique, un régal absolu vraiment, une mise scène qui exploite l'espace de manière géniale, et des effets scéniques époustouflants avec un plateau qui fait office de plancher ou de bassin autorisant des plongeons très risqués. La salle circulaire est comble.Quelques extraits trouvés sur You Tube : http://www.youtube.com/watch?v=45SW5LdYGZ0

Retour à l'hôtel en passant par Le Venetian que je trouve le plus beau et le plus réussi dans le genre reconstitution d'un lieu ou évocation d'un thème. En route pour une bonne nuit de sommeil, journée un peu fatigante, il fait chaud.

Mercredi 29/10/08 : Journée de repos complète pour madame qui traine un peu la patte, du coup je ne reviendrais pas à Valley of Fire SP, l'ayant visité deux fois, je manque de motivation. Une barge navigue sur le lac, avec des plongeurs effectuant la maintenance des jets d'eau, le tout sous l'œil d'un canard attentif.



Nous allons voir Ô, bel et bon spectacle, plus poétique et moins enlevé que Le Rève que j'ai préféré, la salle est comble là aussi, mais de forme classique. Quelques numéros débutent dans le public (clowns). Repas au Fix comme le premier soir, moins de monde, nous sommes en semaine.

Jeudi 30/10/08 : En route pour Death Valley, en passant par Mountain Springs, Tecopa, Shoshone (pause pique-nique). Départ sous le soleil mais petit à petit il nous abandonne et plus nous nous enfonçons dans le désert du park plus le ciel s'assombrit, les sommets lointains de la Sierra Nevada disparaissent un peu dans les nuages, je suis inquiet pour la Tioga Pass, elle était ouverte hier... Passage par les classiques Badwater, Dante's View, Zabriskie Point.



Orage sur Death Valley







Nous arrivons à Furnace Creek Ranch, du monde à la réception, No Vacancy, j'avais réservé une chambre en rez de chaussée donnant sur la pelouse faisant face à la piscine, elle est refaite à neuf, d'ailleurs les travaux sur les plus près de l'entrée sont encore en travaux.



Je reviens à la réception pour des infos sur la Tioga, j'apprends qu'elle est fermée pour cause de neige mais la Sonora 108 est encore ouverte. Repas au Wrangler Steackhouse, correct, puis une bière au 49'er Café. Il fait quelques gouttes et le vent c'est levé.

Vendredi 31/10/08 : Il a plu cette nuit et ça continue ce matin. C'est la troisième fois que je viens ici, les fois précédentes (avril 98, mai 2000) j'avais eu aussi droit à deux orages mais de quelques minutes seulement. Café pris au petit supermarché de l'entrée, puis nous faisons la boucle d'Artist Drive, Stovepipe Wells, Sand Dunes. De grosses gouttes encore, mais ça se calme, il fait presque froid avec le vent (22°).









A partir de Lone Pine, la route suit la vallée, dans les nombreuses descentes du trajet à la sortie de Death Valley, je trouve les freins un peu moux et la voiture vibre beaucoup. Les sommets que l'on aperçoit sur la gauche sont enneigés. J'avais prévu de dormir à Lee Vining pour Bodie et Mono Lake, mais sans réserver. A Bishop, après avoir vu sur des panneaux routiers que la Tioga Passet la Sonora Pass étaient fermées, je m'arrête au bureau des Rangers en sortie de ville. Le Ranger de permanence très serviable téléphonera et me confirme que la Ebbets Pass est également fermée depuis le matin, il a beaucoup neigé toute la nuit.





Devant être demain soir à Yosemite (réservation faite au Ahwahnee pour deux nuits) nous traçons jusqu'à South Lake Tahoe. La Luther Pass est dégagée mais de la neige subsiste sur les bas côtés, dans la descente les vibrations augmentent. Sur le GPS je trouve la station Hertz à l'hôtel Harvey's, nous y prenons une chambre, mais le bureau Hertz ferme à 18h, il est 19h passé. Appel au numéro d'assistance qui me dit qu'une voiture sera disponible demain matin à l'hôtel en remplacement. La nuit, la pluie, la fatigue, on a pas mal roulé aujourd'hui, tout cela fait que nous dinerons au buffet du Harvey's, au milieu de pas mal de clients déguisés Halloween oblige. On ne trainera pas ce soir, au lit à 22h.

Samedi 1/11/08 : Un café devant le bureau Hertz qui ouvre à 9h, l'homme très aimable vérifie mes dires sur son terminal et 15mn après, l'échange de véhicule est fait sans aucun soucis, nous avons fait 2785 miles depuis Albuquerque. Nous héritons d'une Mercury Grand Marquis, moins cossue que la Cadillac mais au coffre plus fonctionnel pour nos valises (27896 miles au compteur) Départ donc pour Yosemite, nous passerons par Sutter Creek, Angels City (repas, café Starbuck), Sonora, Jamestown, et la 120 jusqu'à l'hôtel. Cette route traverse une partie de la Gold County, avec une succession de villes et villages au charme certain, plus ou moins touristiques et qui ont gardé un côté authentique bien agréable. Nous arrivons dans la vallée sous la pluie, le ciel est bas (Valley View), on ne voit pas les hauteurs de Yosemite Falls, El Capitan et Half Dome. Nous prenons possession de la chambre pour deux nuits, propre et confortable. Le Ahwahnee est situé en bout de route au fond de la vallée, magnifique bâtiment, tout en pierre et bois, grande cheminée dans le vaste salon meublé et décoré de vieux meubles et anciennes tapisseries et tapis datant de l'ouverture de l'hôtel.







On ressort pour se ballader un peu dans Curry Village et Yosemite Village (Visitor Center, Chapel, ...). Repas du soir au bar de l'hôtel. Un mariage anglo-australien est installé dans une salle privée avec orchestre.









Dimanche 2/11/08 : Café du matin dans la chambre, la marque je n'y crois pas, est "Toulouse", il n'en est pas meilleur! Ciel bouché et petite pluie, Yosemite Falls est dégagée nous allons donc au pied, ça "brumise" un maximum, gros débit, comparable à ce que j'avais eu en avril et mai les années précédentes. On croise quelques promeneurs, mule-deer et écureuils.



Pas la peine de monter jusqu'à Glacier Point, c'est dans la purée de pois. Dommage car la vision est unique depuis ce belvédère. Nous irons jusqu'à Mariposa Groove, ou la boucle en voiture est fermée, tout ce fait à pied maintenant, quelques fumeroles aux détours du sentier et de la route, des feux récents donc. Les séquoias sont toujours aussi majestueux, mais le lieu autant que je m'en souvienne a souffert des incendies, beaucoup d'arbres tombés, abimés, calcinés.



Stop à Wawona sur le retour (pause casse-croute à l'abri dans la voiture), Tunnel View ou le ciel est un peu plus clément, les nuages partent en lambeaux et laissent passer quelques rayons de soleil. Au coin fumeur à l'entrée de l'hôtel, nous ferons connaissance de Friday, jeune femme vivant à Santa Monica, elle semble peu attirée par les festivités du mariage qui se poursuivent. On discute de notre voyage et évoquant notre future étape à Monterey, elle nous recommande chaudement le Plaza Hotel. Elle repart à la fête et nous au bar pour le repas du soir, un petit cocktail et un duo de poissons fumés avec salade.

Lundi 3/11/08 : Un peu découragé par le mauvais temps, nous remontons vers Monterey pour deux nuits en supprimant l'étape à Morro Bay. Nous quittons la vallée par El Portal, Merced, route agréable. Puis nous traversons la plaine centrale de la Californie, zone de culture maraichère à perte de vue, des troupeaux de bétail dans des stabulations gigantesques, des champs de coton, trajet "instructif" mais pas très beau. Passé Los Banos le paysage change en bien, la météo aussi et l'on attaque la chaine côtière séparant la plaine centrale du Pacifique. La végétation est quand même rare, beaucoup de collines couvertes de prairies jaunies par la sécheresse de l'été finissant.





Grand soleil à Monterey ou nous suivons les conseils de Friday. Belle chambre côté mer Bay View, dépose bagages, les loutres nagent sous les fenêtres au milieu d'immense étendues de kelp http://www.youtube.com/watch?v=DPwfWyawebg . Nous repartons pour une ballade à pied jusqu'à l'aquarium en traversant the Cannery, les phoques, otaries, sea-lions, mouettes se font entendre, peu de monde.





Le soir ballade au Fischerman's Warf, comme à San Francisco, une plateforme flottante est aménagée dans le port, les phoques jouent des coudes pour s'y tenir, petit tour des boutiques pas terribles, repas chez Domenico, nous dégusterons des abalones (ormeau) avec une sauce échalotes et chardonnay, excellente découverte de ce fruit de mer.











Quand nous reprenons la voiture, je découvre un PV pour stationnement interdit, étant arrivé de nuit, je n'avais pas vu, ce sont des emplacements pour les véhicules de pêcheurs, on devait être 3 ou 4 garés là sur 20 places, mais bon, c'est la loi, 20$. De la chambre, fenêtres ouvertes, la nuit est remplie du bruit de la mer et des cris des divers mammifères marins.





Mardi 4/11/08 : L'Amérique se lève pour voter aujourd'hui, le sentiment qui se dégage depuis presque deux mois que nous sommes là et qu'une majorité de gens espère un changement, un besoin de justice, une attitude plus sociale de leur gouvernement. Petit-déj sur le balcon au soleil, ça fait du bien, une mouette pas farouche sur la balustrade nous chiperait bien un croissant. Au programme pour nous, Aquarium (toujours magnifique), Carmel, 17 Miles Drive, Lone Cypress, marcher sur la plage, grimper sur les rochers, croiser les écureuils au bord de l'eau, ...



















Retour au Fisherman's pour le repas, madame se fait accoster par un serveur de l'Isabella (jeune homme d'origine allemande) qui lui offre le menu en français (traduction approximative faite sûrement sur le net, ce qui donne des plats à la composition farfelue et parfois incompréhensible). Peine perdue nous revenons chez Domenico pour notre cure d'iode avec quelques huitres et un verre de Sauvignon blanc. Demain dernière ligne droite qui nous mènera à San Francisco, la fin approche ... On se couche avec comme dernières nouvelles l'élection probable d'Obama, comme un vent d'espoir se lève ...

Mercredi 5/11/08 : Le journal du jour porté avec le petit-déjeuner confirme, Obama est élu. C'est décrit comme un plébiscite, des états à priori non favorables ont quand même basculé vers les démocrates. On longe la côte par Santa Cruz (agréable station balnéaire), puis visite de Ano Nuevo SP, avec plus d'une centaine de sea-lions (éléphant de mer) dont quelques jeunes mâles qui se défient dans l'eau en bord de plage. Deux "rangers" bénévoles sont là pour surveiller que les visiteurs n'aillent pas trop loin vers les bébêtes, plein d'explications (beaucoup de femelles, peu de jeunes mâles, les vieux viennent en février, il y a alors de gros combats). L'un d'eux est un ancien ingénieur des pétroles, originaire de Suède, il connait bien la France entre autre, ayant énormément voyagé pour son travail. Le sentier qui mène à ce point depuis le parking, traverse une zone de dunes et de landes, on croise des américains heureux de l'élection d'Obama et qui semblent aussi apprécier notre "énervé de président" ...

http://www.youtube.com/watch?v=aQKg3uaLkVk











La route qui suit la côte, la mer en contre-bas, traverse parfois des champs entiers de citrouilles multicolores ou de fraisiers.







Je retrouve sans trop de problème le Parc 55 Renaissance (déjà séjourné en 98, en 2000 j'avais été au Hilton tout proche, mais très déçu par la chambre), nous prenons la chambre au 32° étage, jolie vue vers Dowtown, Macy's, Transamerica...







Soirée classique avec ballade à pied, câble-car, Union Square, repas au Lori's Diner, amusant par le décor, moins par la cuisine, correct pour le prix.

Jeudi 6/11/08 : Petit-déj en plein air au Câble Car Coffee, juste à côté du Visitor Center de Market Street. Lieu de passage, c'est la sortie du Bart Muni, nous voyons passé toute la diversité de San Francisco qui va travailler. Coin sympa pour un café expresso cigarette pour se réveiller.



Journée dans le centre avec ChinaTown, vraiment dépaysant, des gens, des visages, des épiceries, des odeurs, un repas de midi dans un tout petit resto avec quelques "blancs", nous gouterons du vin chinois servi chaud (pour le moins surprenant, ça pourrait ressembler à un mauvais porto blanc chaud).

























Après-midi, soirée et repas au Fisherman's Warf au Crab House, crabe entier grillé au four servi avec un beurre à l'ail. Retour câble-car, toujours aussi sympa.

Vendredi 7/11/08 : Ce matin route vers Sausalito pour le vol en hydravion, beau temps, pas de vent, madame toujours aux premières loges à côté du pilote. On survole Tiburon, Muir Woods, Pacifique, Golden Gate (ça le fait bien), la baie avec SF sur la droite, virage au-dessus de Treasure Island, amerrissage, sympa je recommande. http://www.youtube.com/watch?v=mvIZBHm-OAE

















Après-midi ballade à pied au Presidio, Fort Point, Marine Drive, Fort Mason.





Go Cars, bonjour les mollets 😉

De retour à l'hôtel je tente de payer mon amende sur le site de la ville de Monterey, mais aucune référence ne fonctionne (N° PV, N° immatriculation, ...) Peut-être est ce trop tôt, nous verrons demain. Repas à côté de l'hôtel au Tian Sing Chinese Restaurant, dim sum de luxe mais excellent.

Samedi 8/11/08 : N'arrivant toujours pas à régler mon PV, je demande de l'aide à la Concierge de l'hôtel, qui n'y arrivant pas, me propose très gentiment de le payer avec un de ses chèques en échange de liquide, ce que nous ferons, j'ai le sentiment que je ne dois pas être le premier à qui elle rend ce service. Ce matin, temps frais brumeux, presque de circonstances pour la visite d'Alcatraz, que je ne connais pas. Places réservées depuis jeudi (pas de place plus tôt), visite avec guide audio très intéressante, bonne évocation du lieu et des conditions de vie, au débarcadère il subsiste des traces de l'occupation de l'ile par les mouvements des natives qui ne faisaient que revendiquer la reconnaissance de leur droits. Retour en taxi à l'hôtel, un chauffeur indou en sari et nu-pieds, voiture usée jusqu'à la corde, des freins qui couinent, conduite sportive dans les montées et descente de downtown, grand moment.









Cet après-midi direction Berkeley, ballade dans le campus et rues environnantes (librairie, disquaire, resto/cantine, bar, tatoueur)un nombre significatif d'étudiants porte un tee-shirt Obama Yes we can, ça grouille de jeunesse non conventionnelle dans la tenue. Amusant d'ailleurs de voir s'afficher le soutient à tel ou tel candidat aux élections nationales et autres, sur nombre de véhicules, maisons, fenêtres. Comme dans les petits villages ou banlieues, pour symboliser la présence sous les drapeaux d'un membre de la famille, on accroche un drapeau américain. A l'aller comme au retour nous empruntons Oakland Bay Bridge qui sera bientôt doublé/remplacé par un nouveau pont en construction (début côté Berkeley, presqu'au niveau de Treasure Island à ce jour). Madame n'ayant pas faim, je retourne au Lori's, puis ballade tout le long de Market Street ou en ce samedi soir, il y a quelques chanteurs et groupes sur les trottoirs. Un tour par le Virgin pour quelques CD, mais les prix ne sont pas hyper compétitifs.

Dimanche 9/11/08 : Petit-dèj toujours au même endroit, puis Messe à la Glide Church, malheureusement entre l'heure tardive et je pense l'élection d'Obama, seule la pièce attenante du bas avec grand écran est ouverte. C'est moins prenant comme ambiance, mais les gens présents chantent là aussi. Les discours d'espoir, de lutte, les prières se succèdent sur la scène et les chants montent, accompagnés d'un orchestre digne de James Brown. Ca reste pour moi toujours un grand moment d'émotion avec ce mélange de ferveur de musique de lutte et de solidarité. Sur Market Street une manifestation contre le gouvernement chinois par des membres de la secte Falun Gong, et une autre des anciens prisonniers de guerre des philippines et de leur descendants.













Nous reprendrons la voiture dans l'après-midi pour rouler et se faire un remake de Bullitt en plus paisible bien sûr (Russian Hill, Nob Hill, Telegraph Hill, Pacific Heights, Cliff House, ...). Nous finirons pour le coucher de soleil au Marin Headlands, Point Bonita et Fort Baker.







Repas au Crab House pour notre dernier soir aux US. Retour à l'hôtel pour finir les valises que nous avions commencées auparavant.

Lundi 10/11/08 : Voilà c’est bientôt la fin, un dernier regard sur San Francisco depuis le 32ième étage, grand beau ce matin, un dernier double expresso au Câble Car Coffee, Bob Marley chante déjà. D��part de l’hôtel pour rouler un peu en ville, descendre Market Street, suivre la baie jusqu’au Presidio, descendre Lombard, Washington Square, revenir vers Powell, suivre un cable-car, rejoindre Cliff House et suivre le bord de mer jusqu’à Daly City et finalement l’aéroport pour rendre la voiture (29101 miles au compteur). Nous aurons parcouru 10216 miles au total soit 16440 km pour 1200$ (conso moyenne un peu plus de 10 li/100km).

A peine arrêté un coup de pistolet laser sur l’étiquette collée sur la vitre et le préposé de Hertz me donne la note, les valises sur un chariot nous prenons une petite navette aérienne pour arriver dans l’aérogare, rapide et simple. Nous avons une grosse demi-heure avant le début de l’enregistrement, café, cigarette, et on y va. Pesée des 3 grosses valises, une fait 37kg (limite à 32), il faut répartir le poids et finalement ça passe en chargeant un peu plus les deux qui restent avec nous en cabine. Passage à la sécurité, un tour au duty free pour parfum et cigarettes que l’on nous donne dans des poches transparentes scellées. On partage une pizza et l’embarquement commence.

Décollage à l’heure prévue, vers le sud, virage à droite pour se retrouver au dessus du Pacifique, puis large virage encore à droite pour passer pratiquement à l’aplomb du Golden Gate Bridge, San Francisco disparaît sous l’aile droite, magnifique, quelques instants après on reconnaît le Lake Tahoe et la Sierra Nevada bien enneigée, l’hôtesse nous sert un deuxième verre de champagne. Quelques heures de sommeil et deux films plus tard, un repas moyen nous est offert, nous arrivons à Paris puis enfin à Toulouse ou le ciel est gris et la température bien fraiche. Voila, c'est fini, il a fallut reprendre dès le lendemain, un peu difficile avec le décalage horaire. Ce fût extraordinaire, il en reste des milliers d'images, de moments rares, de couleurs et de formes, d'une nature immense sauvage et préservée, de villes folles, de gens accueillants, de lieux mythiques certains décevants d'autres magnifiques. Bref comme les fois précédentes, l'envie d'y revenir s'incruste, pour découvrir d'autres états et approfondir certains afin de savourer au mieux des sites et des parcs dont je ne me lasse pas. Encore merci aux "forumeurs" et à ceux et celles qui m'ont aidé à réaliser ce rêve à deux.
Faire une "transbornéo" de deux/trois semaines du côté de Kalimantan English translation pending
by Niko1 · 2009-03-19 · 8 replies
Bonjour!!! je cherche des infos pour faire une "transbornéo" côté kalimantan (en gros remonter la "sungai kuapas" puis passer les "muller range" et redescendre par "sungai mahakam" quelqu'un à déjà tenté?? à savoir la durée (2 à 3 semaines assez??) le prix indicatif, comment trouver un bon guide? et l'équipement particulier nécessaire??

je précise que j'ai quelques bases en indonésiens, et déjà quelques trecks en forêt tropical malaisie et thailande, mais sur plus courte durée et terrain moins difficiles... merci pour vos infos
Compte-rendu d'un voyage à Londres du 25 février au 4 mars 2009 English translation pending
by Diamazone · 2009-03-13 · 16 replies
Bonjour à tous....ceci est un compte-rendu de notre voyage à Londres (ma fille et moi) du 25 février au 4 mars 2009. Je l'ai déjà posté sur un autre site bien connu, alors il pourrait être répétitif pour les gens fréquentant ce même forum que moi. ATTENTION...ce résumé est rès long!

Londres: Arrivée par le métro via la station de l'aéroport de Heathrow, je vais donc commencer par vous parler de ce moyen de transport incontournable à Londres. Il s'agit du plus vieux métro du monde. On le nomme communément Underground ou "Tube" à cause de la forme cylindrique des tunnels et des cages d'escaliers y menant.Il faut absolument vous procurer la OYSTER card, qui facilite le transport par métro, mais aussi par bus locaux. La Oyster card est une carte qui se recharge (jusqu'à 90 livres). Elle permet de bénéficier des tarifs les plus bas. On peut se la procurer par internet, dans les stations de métro et certaines gares. Quel plaisir de pouvoir déambuler dans Londres dans un autobus à 2 étages (allez au second étage et assoyez-vous en avant!) et pour aller plus vite, de prendre le métro...on débarque plus loin, et l'on remonte dans un bus au hasard, pour découvrir un autre quartier de Londres.....cela prend une bonne carte et un bon sens de l'orientation (que je n'ai pas, mais grâce à Dieu, ma fille sait s'orienter!) mais au bout de 2 jours, on était déjà des pros, et si fières de s'être procuré cette carte, et c'est si facile de visiter Londres de cette façon, et c'est la façon la plus cheap.

Hôtel: Il fut facile de le trouver, grâce à sa location à un coin de rue de la station de métro Gloucester Road, et c'est le building le plus moderne et laid de la rue....j'ai été très contente du service à l'accueil, et surtout de découvrir que notre chambre était prête à notre arrivée vers 10h00 (comptez à peu près 50-60 minutes de trajet de métro pour s'y rendre) bien que d'ordinaire, l'heure d'entrée pour les chambres est de 14h00. Chambre petite, et qui aurait un criant besoin d'être redécorée...mais c'est propre, tout fonctionne bien, les lits étaient confortables, et il y a même un "menu d'oreillers" parmi lequel choisir, il n'y a qu'à appeler la réception. Chambre de bain minuscule(si minuscule, que la porte est une porte coulissante comme un garde-robe!) mais jolie et immaculée, jamais manqué d'eau chaude. Belle vue du 15 ième étage (bien que la vitre soit pas mal sale), nous avions la chambre 1503, non-fumeur et lits jumeaux. Frigo dans la chambre pour mettre nos bouteilles d'eau et sandwichs. Un placard et quelques tiroirs, mais peu de place....difficile de ranger nos valises dans le petit espace vide près du lit, mais on s'est bien accommodé de cette chambre, qui était finalement un endroit de repos après une longue et belle journée à découvrir Londres. Le ménage était bien fait....nous avons laissé entre 2-3 livres par jour en pourboire. Notre forfait nous donnait droit au déjeuner continental, qui était ma foi très complet: Gruau, céréales diverses, croissants, 2 choix de pâtisseries, pain brun et blanc pour toasts, mais pas de confitures....choix de 3 viandes froides et trois fromages, jus de fruits frais, 2 choix de fruits frais, pomme ou orange, mais salade de fruits maison, tranches d'orange et de pamplemousse...et bien sûr, thé ou café. Pour avoir le "full english breakfast", nous avons payé 3 livres et demi la dernière journée...ce que cela rajoute de plus: jambon, bacon, fèves au lard, fromage cottage et à la crème, yogourt nature, tomates, champignons, oeufs brouillés ou à la coque ou oeuf dur, confitures, miel, nutella. Cela vaut plus la peine d'aller déjeuner dans un pub, moins cher et plus copieux...mais dans notre coin, les déjeuners débutaient à 10h00 du matin! JOURNÉE 1- 26 février - ARRIVÉE - Enfin, Londres! Dès le débarquement d'avion, (vers 07h45) nous nous retrouvons à l'aéroport de Heathrow, un des plus gros au monde....assez facile de trouver le terminal 5 du métro, et là, nous décidons d'acheter la Oyster Card, qui nous donne droit au métro et au bus locaux pendant 24 heures pour 7 jours: prix total: 29.80 livres. Ce qui fait dans les $55. dollars canadiens à peu près. Je le recommande fortement, on peut recharger la carte si on reste plus longtemps, et conservez-là, si vous revenez plus tard à Londres, cela vous évite de payer le dépôt de base de 3 livres. Voyage à l'heure de pointe des travailleurs, donc debout tout le long dans le métro pendant 55 minutes.Cependant, c'est génial, on descend à l'arrêt Gloucester Road, et à un coin de rue seulement, on aperçoit l'hôtel qui est la seule grosse bâtisse à 27 étages de cette rue. J'ai parlé plus haut de l'hôtel, alors je continue le récit de la première journée. On est fatiguées à cause du décalage horaire, et je n'ai pas dormi dans l'avion, mais je conseille à ma fille de commencer tout de suite les visites, car on doit se mettre à l'horaire des londoniens pour les repas, sommeil, etc. selon l'avis d'une copine qui a souvent fait l'Europe. Ma fille me dit qu'elle a besoin d'une courte sieste, et je la taquine en lui disant que sa "vieille mère de 55 ans" semble plus en forme qu'elle, qui en a 25. Elle me répond que je suis retraitée et que elle, en tant que résidente en chirurgie, a accumulé bien de la fatigue cette dernière année ....elle a raison, donc, on fait une sieste de 2 heures à peu près, en demandant un wake-up call à la réception. Réveillées à 11h00 heure locale, douche, puis on s'habille et on s'en va en reconnaissance. Petite marche dans les rues Cromwell Rd et Gloucester Rd, émerveillement, des hooooo et des haaaaa en masse....premières photos....on se rend compte qu'on a faim, et on aperçoit un petit pub symphatique...le pub est joli en dedans, tranquille, presque pas un chat....on commande le fameux Fish&Chips, avec un verre de vin blanc....c'était boffff, ordinaire, chapelure bonne, mais grasse, poisson pas assez cuit en certains endroits, purée de pois vert et petite salade, mais les frites, excellentes! On fait la rencontre d'un premier British, du nom de Robert, à l'accent charmant, qui prend une bière et devient curieux lorsqu'ils nous entend parler français...on pique une jasette avec ce charmand monsieur pour à peu près une heure, et il nous recommande plein d'endroits à visiter et des trucs pour les restos. Nous décidons de marcher jusqu'au magasin Harrod's......wow, bel édifice immense de style victorien, tout doré, qui fait toute une rue! On entre dedans, c'est immense, comme séparé en compartiments, pièces de décoration différente, et on y vend de TOUT....l'opulence est au rendez-vous en dedans, avec plusieurs sections de haute couture, sacs à main et bijoux de luxe de rêve, section porcelaine, verres de cristal, étoffes et broderies, souliers, électronique, meubles, galeries d'art, et j'en oublie.... et halte-bouffe en voulez-vous en v'là! Agents de sécurité à tous les coins des pièces.....prix horriblement chers, bien évidemment on a rien acheté (bouuu ouuuuu je voulais un sac à main!) sauf...une halte pour un délicieux gélato (le plus petit, prix exorbitant oblige!). Retour à l'hôtel, et on se couche tôt....10 heures d'un excellent sommeil de file, pour affronter l'excitante journée du lendemain!

JOURNÉE 2- 27février- Je suis réveillée à 06h00, mais j'alloue une heure de plus à ma fille....et je lis en attendant...après le petit déjeuner continental à l'hôtel, on est toutes contentes de commencer notre expédition et découvrir Londres. Le temps est frais, mais ensoleillé, c'est comme si Londres nous faisait un clin d'oeil, pour nous souhaiter la bienvenue! Nous sommes excitées plus qu'hier, et allons voir le concierge de l'hôtel, qui sera très aidant tout au long de notre séjour. Il nous conseille un tour de ville en Big Red Bus, un autobus touristique à 2 étages dans lequel on peut monter et descendre à volonté, prix assez cher pour 48 heures, mais les visites sont commentées....on hésite, mais on décide d'y renoncer, puisque la Oyster card nous donne l'avantage d'utiliser le métro, et les bus locaux sont aussi jolis et à 2 étages pour la plupart....pourquoi payer encore quand on peut de toute façon aller partout en bus locaux, et tout découvrir? Première destination du jour : Hyde Park...l'un des plus anciens de Londres, très fréquenté l'été, mais ce matin, c'est tranquille...néammoins, nous croisons joggeurs, cyclistes, quelques policiers et quelques cavaliers sur leur fiers chevaux....quel beau parc, même si ce n'est pas super fleuri, il y a quand même quelques feuilles qui commencent à pousser, et des fleurs printanières telles que crocus, jonquilles, primevères, etc. incroyable, on est en février!!! Je jubile sur le fait qu'il n'y a PAS DE NEIGE ET GLACE sur les allées, trottoirs et rues....parc superbe et immense, avec statues, halte avec bancs et fontaines....petit lac artificiel avec de multiples oiseaux... Nous décidons après de prendre un bus au hasard, et nous retrouvons dans le quartier de Notting Hill....plus résidentiel, superbe, architecture remarquable, c'est de toute évidence un quartier cossu. De là, on prend le métro car il fait un peu plus froid...on se rend dans le quartier de Victoria, et nous décidons de prendre des billets pour un spectacle local, dans une petite cabane au coin de la rue, qui vend les billets moins chers. Nous nous décidons pour Billy Elliot, place en arrière, qui nous coûte dans les 25 livres....ce sera mardi soir, je vous en reparlerai plus tard. Nous avons aimé le quartier très animé de Victoria, et avons visité la cathédrale de Westminster, si belle et impressionnante. Avons marché jusqu'à Buckingham Palace, très beau, et ensuite visité le très beau parc de St-James's Park. On continue ensuite, et on peut apercevoir le London Eye, cette immense et impressionnante grande roue, qui a été construite pour le millénaire 2000. À NE PAS MANQUER, c'est un tour qui dure une demi-heure, mais c'est très sécuritaire, on embarque dans des nacelles qui peuvent contenir 15 personnes, et on a une vue époustouflante de Londres, la Tamise, le parlement, Big Ben, la cathédrale, etc. Visite ensuite sur le site du Parlement, c'est très beau, tout doré, et avec des sculptures dorées....Big Ben est aussi imposant et magnifique et encore plus que sur les photos...et quel plaisir d'entendre sonner l'heure de son Donnnnnnnnnng impressionnant! ON se trouve un petit resto italien symphatique appelé Zizzi pour le souper....pizza à croûte mince et verre de vin rouge....pas de menu du jour comme chez nous, tout est séparé et à la carte...on décide donc, vu les prix trop élevés, de s'en tenir toujours à un plat principal et pas de dessert ou peu souvent...bonne formule finalement, les portions sont quand même satisfaisantes. Rentrons à l'hôtel épuisées, finalement ce fut une longue mais bonne journée!

JOURNÉE 3 - 28 février- Journée mi-ensoleillée, mi-nuageuse, mais très doux! Nous décidons après déjeuner de prendre la bus et de nous diriger vers la Tour de Londres. Un MUST! Tour et forteresses impressionnantes, où étaient emprisonnés quelques-uns des rois et reines les plus célèbres...notre guide, dans le costume local des soldats de la reine, est fort intéressant, et mets tout son coeur et sa voix à l'accent très british à nous commenter et raconter l'histoire et l'exécution de ces monarques déchus. Il a une voix forte, et sûrement une formation théâtrale, et nous fait sursauter et rire à tour de rôle. Après une fantastique visite de la Bloody Tour et Tour Blanche, de la petite chapelle où est venue prier entre autre, Anne Boleyn, avant l'exécution de décapitation ordonnée par son mari Henri VIII, on se dirige vers le fameux London Bridge, et l'on passe à pied sur ce très beau pont....nous avons une petite faim, et décidons d'aller manger dans un pub symphatique...après avoir attendu quelques minutes comme des dindes, on se rend compte que dans la plupart des pubs, il y a un numéro sur la table....on doit alors se lever, aller au bar, commander notre bière ET notre repas, payer, et attendre que la waitress vienne nous porter nos commandes. On a mangé un bon hamburger frites, une croustade aux pommes/poires, et bu une très bonne bière rousse en pinte. Après dîner, on a voulu visiter le très beau et contemporain musée Tate Modern, pour constater qu'il était fermé pour une semaine pour d'obscures raisons. :-( Direction la Cathédrale St-Paul, mais trop tard les heures de visite (fin à 16h00) sont terminées. On prend des photos, et les agents de sécurité dans les marches nous invitent toutefois à assister à la messe qui aura lieu à 5hpm....cela ne m'enchante pas troo, mais ma fille insiste, elle veut assister à une messe catholique en anglais...après une attente qui me semble interminable, on nous invite à nous rendre très en avant dans le jubé!(nous étions les premières en avant)....très impressionnant, toutes les boiseries et fioritures dorées, les vitrails de saints, etc....la messe commence, c'est une messe chantée au complet avec un choeur de jeunes hommes et petits garçons....les premières 5 minutes sont enchanteresses, mais une heure de messe et de psaumes chantés au complet, oufffffffffffffff ...je viens de me rappeler mon enfance, et pourquoi je ne vais plus à la messe. :-) à la sortie, on se dirige chez Apostrophe, symphatique petit arrêt de sandwich et pâtisseries divers...un repas court et bien moins cher, qui nous satisfait amplement. Au retour, on se trompe de bus, et on décide de prendre le métro....la fin de semaine, il y a moins de bus, et certaines lignes de métro sont fermées pour rénovations et entretien...il faut être très attentif...après avoir constaté que la ligne que nous devions prendre est temporairement hors service, on remonte à la surface et on prend le mauvais bus....et oui, on s'est perdu....j'ai constaté que Gloucester Square, ce n'est pas Gloucester Road! On s'est ramassé dans le quartier de Marylebone, au lieu de celui de South Kensington, où est situé notre hôtel. Écoeurées et fatiguées, on arrête un taxi......10 livres 50 pour à peu près 11 minutes de trajet. JOURNÉE 4 - 1er MARS - Ce matin, direction Holborn, pour visiter le fameux musée BRITISH MUSEUM....immense, construit comme un palace du temps des romains, moderne en dedans, cela prend absolument un plan pour s'y diriger. On constate qu'on ne pourra pas tout voir évidemment. À Londres, bonne chose....tous les musées (à part quelques-uns qui sont privés) sont GRATUITS. Malgré cela, quelques expositions du jour sont payants, on achète donc l'exposition BABYLONE. On visite aussi la galerie égyptienne, ses hyéroglyphes et momies, et toute cette histoire qui vous laisse bouche bée...impossible ici de dire tout ce qu'on a vu, mais c'était fantastique! Visite aussi de la galerie du Parthénon (les anglais en ont volé en maudit, des oeuvres d'art grec et d'ailleurs, dans le temps!), visite aussi de la galerie d'art islamique et asiatique. Après s'être promises d'y retourner dans un voyage ultérieur, car il y a définitivement trop à voir, on se dirige vers Picadilly Circus, qui est comme un petit Time Square à Londres....animé, vivant, bruyant, plein de boutiques et restos, c'est là qu'on décide de manger...dans un autre pub...cette fois, la nourriture est Bof! saucisses trop grasses dans mon cas, et ma fille trouve ses canellonis pas assez cuits....qu'à cela ne tienne, l'atmosphère est plaisante, et la bière, savoureuse...et....on est à LONDRES, après tout! :-) On reprend le métro et on revient à l'hôtel....ma fille désirant faire une excursion organisée pour sortir un peu de Londres, on va voir les gentils concierges...l'un d'eux, un beau grand noir du nom de Gladstone (c'est le meilleur et le plus courtois), nous conseille un Golden Bus Tour, qui se rend au château de Windsor, à Stonehenge, et dans le joli village de Bath....coût: 74 livres par personne (dans les $140. dollars canadien, un seul lunch inclus, départ le lendemain à 08h445 et retour vers 20h00.....ouch (c'est mieux d'être bien!)...on réserve pour le lendemain. JOURNÉE 5 - 2 MARS - Le bus vient nous chercher à l'hôtel vers 07h45, et on va chercher d'autres voyageurs à différents hôtels....le tour est en anglais seulement, mais on est bilingues toutes les deux...et on peut poser toutes les questions à notre gentil guide plein d'humour, qui nous dit d'emblée: "Mon nom est Lawrence, et j'espère que vous aimerez votre excursion...si toutefois vous n'avez pas aimé, mon nom est Frederick" :-)) Volubile et plein d'humour ce guide, et une bonne mine d'informations sur l'histoire et sur les habitudes londoniennes aussi! Direction château de Windsor, à peu près 40 minutes de Londres...le château de Windsor est la résidence principale et préférée de sa majesté la reine, elle séjourne peu semble-t-il à Buckingham palace...et elle a aussi des appartements dans la tour de Londres, où elle séjourne encore moins souvent. C'est vraiment le château de Windsor qu'elle préfère. et.....WOW! Quel château! Je n'ai pas arrêté de m'exclamer à sa vue, et tout en me promenant à l'intérieur de sa forteresse....bouche ouverte d'émerveillement, si nous avions été en été, j'aurais avalé les mouches! ;-) Le château de Windsor, à Windsor dans le Berkshire, est le plus grand château habité au monde, mais aussi le plus ancien habité sans discontinuité.Il y a tant d'histoire et de commentaires fabuleux au sujet de ce merveilleux château, que je vous suggère de faire une recherche sur Wikipédia, qui vous permettra d'en savoir davantage. On s'aperçoit malheureusement que nous avons à peine 1 heure pour tout visiter, et qu'il aurait mieux fallu prendre le train à la gare de Victoria, et visiter Windsor, le château, et le charmant village pour toute une journée. Impossible de prendre des photos à l'intérieur, mais la magnificence et la richesse des pièces différentes, ameublement, vaisselles, cristaux, tapis, tableaux, etc., nous laisse sans voix. Après un petit diner dans un autre pub (patates, carottes, pâté au poulet qui nous est recommandé par le guide, mais qui est bien ordinaire et trop cuit) thé, café fourni, mais il faut payer la bière, si on veut de la soupe et un dessert, tout est à payer à part! Bon.... pas important, la journée est si belle et la visite si intéressante, on continue après le repas en se dirigeant vers Stonehenge. Stonehenge, dont le nom signifie « les pierres suspendues », est un grand monument composé d'un ensemble de structures circulaires concentriques érigé entre -2800 et -1100, du Néolithique à l'âge du bronze. Il est situé à 13 km au nord de Salisbury (comté du Wiltshire, Angleterre).L'ensemble fait partie du patrimoine mondial de l'Unesco. C'est impressionnant à voir, quoique moins gros que ce que je pensais....il y a beaucoup de théories expliquant sa signification; un appareil-guide personnel nous est fourni, et on peut écouter les explications dans la langue que l'on veut. Il fait froid et venteux quoique ensoleillé, et on ne peut approcher le monument que de loin.....intéressant, mais j'avoue que avoir su, je ne serais peut-être pas venu, si cette visite n'avait pas été inclue. J'ai préféré Windsor et Bath. Après cette visite, on fait une heure de bus pour se diriger vers le charmant village médiéval de Bath, qui est une ville au sud-ouest de l'Angleterre, célèbre pour ses bains alimentés par trois sources d'eau chaude.Dès l'époque romaine, Bath était célèbre pour ses thermes, qui existaient probablement avant cette époque. Ces bains étaient considérés comme un traitement pour beaucoup de maladies chroniques. La ville est charmante, à couper le souffle, surtout son église. On s'aperçoit que la visite des fameux bains de source thermale n'est PAS INCLUSE, et c'est 11 livres par adulte...ce n'est aussi pas trèg grand, alors, on décide de laisser faire et de visiter plutôt le joli village et ses magasins....Encore là, seulement 40 minutes.... Le retour se fait par l'autoroute, et dure un gros 2 heures....le guide nous commente différents points d'intérêts, et finit par nous laisser fermer un peu les yeux...on nous arrête à la station de métro la plus proche de notre hôtel, ce qui pour nous signifie une marche à pied de quelques minutes, et un arrêt à la pâtisserie Paul (que je recommande) pour un énorme sous-marin, une salade et deux gâteaux sublimes que l'on se sépare....il est moins cher de prendre le tout pour emporter, le manger sur place coûte une livre de plus. Je recommande ce tour si vous voulez en voir un peu plus des alentours de Londres, mais si vous voulez rester plus longtemps à Windsor ou Bath, ce qui en vaut la peine, mieux vaut aller à la gare de Victoria, et prendre un train, vous pourrez alors visiter et rester le temps que vous voulez. JOURNÉE 6 - 3 MARS- C'est déjà notre dernier jour complet :-(( et comme il fait plus sombre et frais, on décide ce matin d'aller voir les musées d'Histoire Naturelle, et celui de Victoria & Albert, qui sont somme toute sur la Cromwell Road, la rue de notre hôtel, et à distance de marche. Nous essayons de nous trouver un endroit où déjeuner, il est 08h00....mais on s'aperçoit que effectivement, on trouverait un endroit plus cheap qui sert le Full English Breakfast, mais cela ouvre à... 10h00! Nous décidons donc de retourner à l'hôtel, et pour 3 livres et demi de plus chacune, on se paie un gros déjeuner anglais, qui ressemble somme toute au nôtre...oeuf brouillé ou cuit dur ou mollet, fèves au lard, bacon, patates brunes, grosses saucisses, plus de choix de pâtisseries, confitures, fromage, viandes froides, finalement, on s'empiffre pas mal, car on va marcher en masse aujourd'hui. Direction d'abord le Musée d'Histoire Naturelle. Il est magnifique, fait avec des briques de terre cuite, dans les tons de rose, de bleu et de gris. Encore une fois, c'est très grand, et si vous avez peu de temps, visitez la section des dinosaures, c'est impressionnant et très intéressant pour les enfants, car il y a une aire de jeux interractifs qui intéressera autant les petits que les grands. Vu aussi, la section des mammifères, avec une salle centrale pleine d'animaux empaillés grandeur nature, donc une gigantesque baleine bleu. Seconde station, le musée Victoria & Albert....également immense, ce musée est spécialisé dans les arts décoratifs : on y trouve toutes sortes d'objets très divers et d'époques très variées : depuis l’Antiquité jusqu'au XXIe siècle.....la pièce que j'ai le mieux aimé, est celle sur le moyen-âge, avec ses croix celtiques, les monuments et statues religieuses, les statues sculptées des différents monarques et chevaliers, et il y a d'immenses monuments qui ont nécessité cette pièce au plafond très haut.On y trouve aussi une très belle collection d'objets et de mobilier de l'Europe du Moyen Âge, d'Inde et d'Extrême-Orient. Maintenant, si vous avez peu de temps et n'aimez pas tellement les musées, je n'en suggère qu'un seul, et c'est un incontournable: le British Museum. En soirée, nous finissons cet incroyable séjour par un spectacle au magnifique et vieillot théâtre Victoria Palace.....au menu: le fabuleux spectacle Billy Elliot...quel enchantement que cette comédie musicale! On rit, on pleure, on chante avec ces gens de talents qui savent jouer, danser, chanter, et les 3 heures de durée du show passent si vite et nous laissent béats d'admiration.

JOURNÉE 7- 4 MARS. C'est déjà finiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii! :-(((( Après un copieux petit déjeuner (pour 3 livres et demie de plus, on se paie le Full English Breakfast), on reprend le métro et direction aéroport de Heathrow.....à bientôt Londres, nous reviendrons sûrement.....c'est un coup de coeur pour cette ville magnifique et la gentillesse et la courtoisie des British dont on adore l'accent si élégant et fancy!

Diamazone
Non mais sérieusement, qui part aux USA en juin 2009? (suite discussion) English translation pending
by LeTigre · 2009-03-12 · 310 replies
Salut everybody ! 😉

Voila, vous n'avez pas été sage, vous avez parlé, parlé, parlé comme des pipellettes et du coup l'ancien topic était devenu tellement consommateur de bande passante que l'équipe de VF, la mort dans l'âme, à du le clore ... MAIS pour ne pas que vous dépérissiez de tristesse voici donc ( en accord avec VF) " Les junistes aux USA, le retour ! " 😎😎 pour la première partie vous pouvez la trouver >> ICI <<

J'appel malgré tout tous les participants à rester gentil et à faire preuve d'une certaine ... oserais je employer ce mot de ... " modération " ??? 😛😛😛

Bon alors ... vous y allez aux USA en juin 2009 ou pas ?? 🙂🙂

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