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Temps de trajet en Corse, à moto? English translation pending
Bonjour,
Nous allons visiter la Corse en moto le mois prochain mais nous ne restons que quelques jours. Beaucoup de personnes m'ont dit qu'en Corse les distances se calculaient en temps plutôt qu'en kilomètres, aussi est-ce que vous connaissez les durées des trajets suivants?
Ile Rousse - Ponte Lecchia
Ponte Lecchia - Corte
Corte - Cateraggio
Cateraggio - Porte Vecchio
Porte Vecchio - Bonifacio
Bonifacio - Ajaccio
Ajaccio - Calvi
Calvi - Ile Rousse
Là c'est dans le détail, si vous avez ne serait-ce que quelques réponses, ça nous aiderait déjà pas mal. Merci beaucoup.
Audrey
Là c'est dans le détail, si vous avez ne serait-ce que quelques réponses, ça nous aiderait déjà pas mal. Merci beaucoup.
Audrey
Retour du Costa Rica du 1er au 11 avril 2010 English translation pending
Bonjour
Nous voila rentré du Costa Rica ou nous avons passé 11 jours ( du 1er avril au 11 avril 2010 )
Voyage très agréable mais malheureusement gâché par la mauvais temps.
N'ayant pas l'esprit "routard ", nous avons choisi chaque fois que possible des hôtels 3 à 4 étoiles ( normes locales ). A l'exception de la nuit du premier jour, ou compte tenu de l'heure tardive d'arrivée, nous avions réservé un hôtel, notre itinéraire dépendait de l'humeur du jour
Résumé de notre voyage
1er jour ( mercredi 31 mars ): Départ de Marseille pour Madrid par Ryanair . Nuit à Madrid, près de la Puerta del sol .
2ème jour : Départ pour San José par Iberia . Voyage sans histoire ( long 11 heures ). arrivée à l'heure à 16H00 en local ce qui fait minuit pour nous.. Formalités douanière et de police légèrement longues. Prise en charge de la voiture de location ( Europcar 4x4 Toyoya ) Nuit à Alajuela ( 5 Kms de l'aéroport ) à l'hôtel VILLA DOLCE ( que je recommande )
3ème jour : Notre choix c'est porté sur le volcan Poas . Trés belle route pour y accéder . En haut, énorme déception, la visibilité ne dépassait pas 10 mètres. Impossible de voir le lac. Nous envisageons de tenter le volcan Arenal
Arrivée sous une pluie battante à La Fortuna. Nous choisissons un hôtel au pied du volcan ( je ne me rappelle plus de son nom ), de toute façon il n'est pas terrible. Soirée triste sous la pluie, nous ne voyons même pas le pied du volcan.
4ème jour :Compte tenu des conditions climatiques nous décidons de partir vers la côte Pacifique. Très beaux paysages autour du lac Arenal, avec une forêt impressionnante. Il commence à faire beau. Arrivée sur la côte Pacifique ( température 38° ).A partir de là, sur toute la côte il n'y a plus pratiquement de goudron. Les pistes sont caillouteuses avec beaucoup de poussières, mais très roulantes. Le soir nous couchons à Tamarindo ( hôtel Best Western ). Ville très animée, beaucoup de Nord Américain et de Costaricien ( nous sommes la semaine de Pâques ). Diner au restaurant NIBBANA tenu par un expatrié français. A recommander.
5ème jour : Nous continuons notre périple le long de la côte Pacifique. Toujours de très belles plages avec des eaux claires, et très agréables compte tenu de la température (37 à 39 ° ). Arrivée le soir à Malpais. La petite ville n'est pas belle, si on excepte les plages. La forêt le long de cette côte est sèche. les arbres semblent morts, elle n'est pas très dense Nuit dans un petit B§B ( L'HACIENDA).A recommander fortement pour sa décoration, son calme et sa piscine. De plus il est légèrement éloigné de la piste, donc pas de poussière.
6ème jour : En route pour Puntarenas par le bac reliant Naranjo à Puntarenas ( 1 heure d'attente et 1 heure de traversée ); Rien à dire sur Puntarenas, nous décidons d'aller vers le sud. Arrivée à Jaco ( hôtel Best Western 4* à 86 $ la nuit avec PD ). Il est situé au bord de la plage, ce qui est assez rare. A recommander. Nous décidons d'y passer 3 nuits. La ville de Jaco est peu animée le soir.
7ème jour : Départ pour Quepos. La ville semble très sympa, avec beaucoup d'hôtels. Elle est entourée par une forêt dense Visite du parc Manuel Antonio. Plus d'une heure d'attente en plein soleil aux grilles du parc ( ils font entrer par petits paquets ). Assez déçu par ce parc, énormément de monde, peu d'animaux visibles ( 4 singes en liberté,1 paresseux à plus de 30 mètres ). La plage sud est belle, mais noir de monde. Heureusement 4 singes peu farouches font le spectacle. On peut même penser si ils ne sont mis là par le syndicat initiative local. Retour à Jaco.
8ème jour : Jour de détente à Jaco. Un peu de canopée. Nous ne sommes pas aller plus bas vers la presqu'ile d'Osa. Peut être aurions du le faire ?
9ème jour : Retour vers le centre du Costa Rica et le mauvais temps. Arrivée le soir dans la vallée d'Orosi . Hotel LE CHALET D'OROSI . En fait il s'agit de 3 chalets assez simples tenus par un couple de français, le long d'une piste en forte pente et très passante, donc bruyante et poussiéreuse. Renseigner vous du prix avant, car ils vendent la nuit à 97 $ avec PD. Il y a certainement mieux à Orosi pour un prix moins élevé. A ÉVITER.
10ème jour : Départ vers la côte caraïbe. Nous tentons de monter au volcan Irazu, mais abandonnons à quelques kilomètres du sommet à cause du brouillard A quelques kilomètres de Puerto Limon il commence à pleuvoir et cette pluie ne nous quittera pas pendant tout le reste de notre séjour. Puerto Limon est moche, et certainement encore plus sous la pluie, nous allons donc vers le sud. Cahuita ne nous a pas emballé et poussons vers Puerto Viero.
Alors là c'est le pied Un petite ville simple faites de baraques en bois ou en tôle Une ambiance du tonnerre. Beaucoup de petits hôtels, surtout après Puerto Viero sur la route de Manzanillo; Nous choisissons l'hôtel AGAPI, passable, il y a certainement mieux, mais nous souhaitions un hôtel près du centre. Quelques kilomètres plus loin il y a quelques établissements intéressants.Le soir la ville est très animée, surtout à partir de 23H00. Reggae à tue tête. Ambiance très "Jamaïque" au rythme de la musique et peut être un excès de Margarita ou de Mojitos.
11ème jour : Visite du parc de Cahuita, sous la pluie battante; Très beau parc avec une forêt extraordinaire, le sentier long de 4,6 Kms, soit plus de 9Kms avec le retour est tracé le long de la côte. Peu d'animaux, quelques singes , mais quelle beauté !!
12ème jours : Retour sur San José. Nous quittons la pluie à quelques kilomètres de San José. La ville est laide et sans intérêt, même un peu "craignos" N'ayant rien de spécial à voir ou à faire, nous choisissons l'hôtel HOLLYDAY INNS ou nous passons l'après-midi et la matinée du lendemain
13ème jours : Départ de San José pour Madrid par Iberia. Arrivée à l'heure, correspondance pour Marseille 3 heures plus tard.
Ce que j'ai apprécié au Costa Rica: - La beauté du paysage, malgré la pluie - les plages du Pacifique - La profusion de fleurs et la végétation luxuriante - la ville de Puerto Viero - le parc de Cahuita - la gentillesse et la disponibilité de Costariciens Ce que je n'ai pas aimé: - Les conditions climatiques (et pourtant nous étions en période sèche) - Le parc Manuel Antonio - Les sacs poubelle, souvent éventrés disposés le long des maisons et certainement pas enlevés tous les jours ( surtout sur la côte caraïbe )
Dernier point, l'état des routes : Quand elles ont goudronnées, elles sont bonnes, quelques nids de poule au bas du Guanacasté et sur la côte Caraïbe, surtout après Puerto Viero Les pistes du Guanacasté sont très roulantes sans piège, mais nous étions là en période sèche. A votre disposition pour toutes informations souhaitées ( mon adresse e-mail jac04@wanadoo.fr Amicalement
jac04 jac04
Ce que j'ai apprécié au Costa Rica: - La beauté du paysage, malgré la pluie - les plages du Pacifique - La profusion de fleurs et la végétation luxuriante - la ville de Puerto Viero - le parc de Cahuita - la gentillesse et la disponibilité de Costariciens Ce que je n'ai pas aimé: - Les conditions climatiques (et pourtant nous étions en période sèche) - Le parc Manuel Antonio - Les sacs poubelle, souvent éventrés disposés le long des maisons et certainement pas enlevés tous les jours ( surtout sur la côte caraïbe )
Dernier point, l'état des routes : Quand elles ont goudronnées, elles sont bonnes, quelques nids de poule au bas du Guanacasté et sur la côte Caraïbe, surtout après Puerto Viero Les pistes du Guanacasté sont très roulantes sans piège, mais nous étions là en période sèche. A votre disposition pour toutes informations souhaitées ( mon adresse e-mail jac04@wanadoo.fr Amicalement
jac04 jac04
Retour de quatorze jours à vélo aux Pays-Bas English translation pending
bonjour
je viens de passer 14 jours aux pays bas.Je suis partie de dunkerque en direction de Brekens où j'ai pris le ferry.J'ai suivi la LF1b pour aller vers le nord.Il n'y a que des pistes cyclables.Passage dans les dunes avec pas mal de montées trés courtes mais on les sent.Même dans dans les dunes, les pistes sont goudronnées.Il y a quelques bacs à prendre pour traverser les riviéres.
Ensuite je suis partie vers De Oever, pour passer la fameuse digue de 31 kms, c'est à faire.Le vent est toujours au rendez vous.Ensuite je suis partie vers Groningen, grande ville mais trés facile à traverser car on reste sur la piste cyclable et on suit les panneaux.Ensuite Meppel, Kampen, Breda, Anvers, Brugges et retour Dunkerque.Soit 1240kms.Je m'étais équipée pour la pluie mais je n'ai eu que du soleil, ce qui est trés agréable.J'ai quelques bases en anglais mais trés limitées .C'est un trés beau pays à visiter .
GPS Tomtom GO Live 940 aux Etats-Unis? English translation pending
Bonjour,
en juillet, je pars dans l'ouest us, je voulais simplement savoir si le GPS TOMTOM GO Live 940 avec carte us fonctionnait correctement?
merci
en juillet, je pars dans l'ouest us, je voulais simplement savoir si le GPS TOMTOM GO Live 940 avec carte us fonctionnait correctement?
merci
Dormir à l'aéroport international de Delhi? English translation pending
Bonsoir,
Je voulais savoir, j'arrive à Delhi à 23h00 et je reprends le lendemain un vol pour Kathmandu à 6H30. Peut-on dormir dans l'aéroport ?
Merci de votre savoir.
Je voulais savoir, j'arrive à Delhi à 23h00 et je reprends le lendemain un vol pour Kathmandu à 6H30. Peut-on dormir dans l'aéroport ?
Merci de votre savoir.
Passage des frontières Israel, Jordanie, Syrie, Liban? English translation pending
Bonjour à tous,
Cet été quelques personnes et moi partons en mission en Israel, après nous souhaiterions rejoindre le Liban où j'ai de la famille. Cependant l'entrée en Syrie au Liban est impossible avec des tampons israéliens, et mon passeport porte déjà cette marque. Dès lors, nous comptons nous munir de deux passeports, l'un servirait à circuler entre Israel et la Jordanie par Allenby, et l'autre portant la seule marque d'un visa jordanien demandé avant le départ, nous permettrait de franchir la frontière jordano syrienne et syriano libanaise.
Que savez vous de la douane syrienne ? Sont ils tatillons ? Nous refoulerons t'ils à la constatation d'un trou dans notre voyage, du à l'absence de tampon d'entrée sur le territoire jordanien ? D'ailleurs les autorités jordaniennes tamponnent elles l'entrée sur le territoire ? L'année dernière, j'ai traversé la frontière israelo jordanienne à Allenby sans recevoir de tampon ?
L'inquiétude vaut aussi pour la douane libanaise.
Amicalement,
Alexis
Cet été quelques personnes et moi partons en mission en Israel, après nous souhaiterions rejoindre le Liban où j'ai de la famille. Cependant l'entrée en Syrie au Liban est impossible avec des tampons israéliens, et mon passeport porte déjà cette marque. Dès lors, nous comptons nous munir de deux passeports, l'un servirait à circuler entre Israel et la Jordanie par Allenby, et l'autre portant la seule marque d'un visa jordanien demandé avant le départ, nous permettrait de franchir la frontière jordano syrienne et syriano libanaise.
Que savez vous de la douane syrienne ? Sont ils tatillons ? Nous refoulerons t'ils à la constatation d'un trou dans notre voyage, du à l'absence de tampon d'entrée sur le territoire jordanien ? D'ailleurs les autorités jordaniennes tamponnent elles l'entrée sur le territoire ? L'année dernière, j'ai traversé la frontière israelo jordanienne à Allenby sans recevoir de tampon ?
L'inquiétude vaut aussi pour la douane libanaise.
Amicalement,
Alexis
Piste Es-Semara Aoucerd et Lamhiris (Maroc) English translation pending
Bonjour,
Je souhaite faire après Assa-Smara (ancienne piste d'un Dakar) la piste de J.Gandini vers Aoucerd et rejoindre Lamhiris. J.Gandini précise qu'il ne faut pas quitter la piste au risque des mines possibles. Aussi je souhaiterais savoir si dernièrement quelqu'un a parcouru ces pistes. Merci pour vos réponses.
Voyage au Portugal en camping-car English translation pending
Bonjour
Nous souhaitons partir en camping car au portugal fin AVRIL 2010 pour 3 semaines environ, si quelqu'un parmi les campings caristes a quelques renseignements utiles à nous fournir, ce serait gentil..
- y a t-il beaucoup d'aires de camping car . - des aires de vidange ? - peut-on stationner sur les parking la nuit, hors des aires de camping cars voire des terrains de campings
Nous partons du LOT ET GARONNE AGEN.
Nous passons bien évidemment par l'ESPAGNE, je crois qu'il faut être très attentifs en espagne d'après ce qui se dit, vols et autres ?? si quelqu'un peut me dire ce qu'il en pense.
merci pour tout.
VOYAGES47
Nous souhaitons partir en camping car au portugal fin AVRIL 2010 pour 3 semaines environ, si quelqu'un parmi les campings caristes a quelques renseignements utiles à nous fournir, ce serait gentil..
- y a t-il beaucoup d'aires de camping car . - des aires de vidange ? - peut-on stationner sur les parking la nuit, hors des aires de camping cars voire des terrains de campings
Nous partons du LOT ET GARONNE AGEN.
Nous passons bien évidemment par l'ESPAGNE, je crois qu'il faut être très attentifs en espagne d'après ce qui se dit, vols et autres ?? si quelqu'un peut me dire ce qu'il en pense.
merci pour tout.
VOYAGES47
Aller de Paris à Téhéran pour le moins cher, billet de bus Istanbul-Téréran? English translation pending
bonjour à tous,
je souhaite partir en Iran je sais qu'on peut prendre le vol d'Istanbul et de là le bus pour téhéran mais pouvez-vous me dire s'il vous plaît où je dois aller chercher le billet ?
et puis, vous connaissez d'autres chemins ?
merci
je souhaite partir en Iran je sais qu'on peut prendre le vol d'Istanbul et de là le bus pour téhéran mais pouvez-vous me dire s'il vous plaît où je dois aller chercher le billet ?
et puis, vous connaissez d'autres chemins ?
merci
Pique-nique à l’Alhambra de Grenade? (Espagne) English translation pending
Bonjour,
Je vais prochainement aller visiter l’Alhambra de Grenade. L’un d’entre-vous sait-il s’il est possible d’y faire une pause pique-nique sur des bancs par ex . Pouvons-nous prévoir d’apporter notre propre nourriture sur place, ou bien sommes nous fouillés à l’entrée pour nous l’interdire ? Dans ce dernier cas, pouvons-nous tout de même apporter quelque chose à manger discrètement debout (sandwiches, gâteaux … un peu d’eau) ?
y-a-t-il une cafétéria à proximité ?
Merci par avance de votre éclairage sur un point biologique mais nécessaire.
Cordialement
Je vais prochainement aller visiter l’Alhambra de Grenade. L’un d’entre-vous sait-il s’il est possible d’y faire une pause pique-nique sur des bancs par ex . Pouvons-nous prévoir d’apporter notre propre nourriture sur place, ou bien sommes nous fouillés à l’entrée pour nous l’interdire ? Dans ce dernier cas, pouvons-nous tout de même apporter quelque chose à manger discrètement debout (sandwiches, gâteaux … un peu d’eau) ?
y-a-t-il une cafétéria à proximité ?
Merci par avance de votre éclairage sur un point biologique mais nécessaire.
Cordialement
Merzouga: la poule aux oeufs d'or a du plomb dans l'aile... (Maroc) English translation pending
Bonjour!
Depuis quelques années, de nombreux post sur VF signalent les dégradations que subit le site unique de Merzouga :
Route goudronnée, anarchie des infrastructures touristiques, utilisation irraisonnée des ressources en eau, pollutions en tous genres, invasion des "sports mécaniques" (quads en particulier). Projet de golf..
Le concept "désert", avec ses "hommes bleus" et même ses "touareg" (!) a été exploité au maximum.
Il n'y a plus de désert à Merzouga, devenue machine à faire du cash et bac à sable pour 4x4eux en mal de sensations.
Fait nouveau, me semble-t-il, les professionnels du tourisme international commencent à en prendre conscience. Voir:
Merzouga : un exemple à ne pas suivre
On ne peut que souhaiter que les autorités du Tourisme de la province d'Errachidia réagissent efficacement et rapidement avant que Merzouga ne soit plus connue que comme une "destination à éviter".
Si cette désaffection se produisait, ce serait gravissime pour toute l'industrie hôtelière du Tafilalet qui vit essentiellement, de près ou de loin, de ce pôle d'attraction.
Mais est-il encore temps de sauver la poule aux oeufs d'or?
Votre avis?
Voyage en Corse au mois de juillet 2010 English translation pending
Bonjour!
Nous sommes 4 (3 garçons, 1 fille) à partir en Corse du 7 au 21 juillet 2010, nous prenons l'avion et arrivons à Bastia, et nous repartons d'Ajaccio à la fin du séjour. Nous avons pensé à un petit itinéraire... nous aimerions avoir des avis, conseils... Nous pensions visiter Bastia à notre arrivée, repartir en bus dans un camping pas loin, puis partir vers l'île Rousse en train, ensuite aller vers Calvi, y rester 2 ou 3 jours (combien de temps vaut-il mieux?), puis nous aimerions faire un petit bout du GR20 (étapes 3 à 6) en partant de la région d'Asco, enfin repartir en train ou louer des vélos pour repartir vers la côte, aller voir les calanques dans la région de Porto et descendre tranquillement jusque Ajaccio en profitant des paysages, criques... Qu'en pensez vous? Y'aura-t-il des soucis par rapport aux moyens de transports? sachant que nous aurons nos sacs sur le dos... La location de vélos est-elle compliquée? Y'a-t-il des coins particuliers qu'il ne faut pas rater? d'autres où il faut rester plus longtemps? Nous attendons avec impatience vos précieux conseils !!!
Merci d'avance
Nous sommes 4 (3 garçons, 1 fille) à partir en Corse du 7 au 21 juillet 2010, nous prenons l'avion et arrivons à Bastia, et nous repartons d'Ajaccio à la fin du séjour. Nous avons pensé à un petit itinéraire... nous aimerions avoir des avis, conseils... Nous pensions visiter Bastia à notre arrivée, repartir en bus dans un camping pas loin, puis partir vers l'île Rousse en train, ensuite aller vers Calvi, y rester 2 ou 3 jours (combien de temps vaut-il mieux?), puis nous aimerions faire un petit bout du GR20 (étapes 3 à 6) en partant de la région d'Asco, enfin repartir en train ou louer des vélos pour repartir vers la côte, aller voir les calanques dans la région de Porto et descendre tranquillement jusque Ajaccio en profitant des paysages, criques... Qu'en pensez vous? Y'aura-t-il des soucis par rapport aux moyens de transports? sachant que nous aurons nos sacs sur le dos... La location de vélos est-elle compliquée? Y'a-t-il des coins particuliers qu'il ne faut pas rater? d'autres où il faut rester plus longtemps? Nous attendons avec impatience vos précieux conseils !!!
Merci d'avance
Acclimatation pour se rendre à Leh par la route? (Inde) English translation pending
Bonjour,
J arriverai a Delhi le 20 aout 2010, je souhaite me rendre a leh en passant par Manali... C est mon premier voyage en Inde et je m interroge sur la meilleure solution pour eviter le mal des montagnes... Quel est selon vous la meilleure facon de faire cette route sachant que j aurai un peu de temps pour m arreter ici ou la? Je compte cependant me rendre a leh rapidement pour etre sur de pouvoir revenir par le meme chemin avant le 15 septembre...c est a cette periode que je prendrai plus le temps de decouvrir l himachal pradesh. Ou dois je faire des stops pour une bonne acclimatation?
Par ailleurs, jai lu sur ce forum que la route manali/leh etait dangereuse, y a t il tant d accidents que ca? Est ce qu il y a des bus plus sure que d autres?certains a eviter?
Enfin, j aimerai aller dans des endroits pas trop touristiques dans l himachal pradesh et j ai cru comprendre que manali et ses alentours etaient tres touristiques... Avez vous un conseil a me donner pour trouver des endroits plus tranquilles dans ce coin? Parvati valley??? Je suis dans l optique de faire un peu de rando si possible dans cette region...je suis preneur de tout bon conseil!
Voila, j espere que vous avez les reponses a ces questions..
Merci d avance
J arriverai a Delhi le 20 aout 2010, je souhaite me rendre a leh en passant par Manali... C est mon premier voyage en Inde et je m interroge sur la meilleure solution pour eviter le mal des montagnes... Quel est selon vous la meilleure facon de faire cette route sachant que j aurai un peu de temps pour m arreter ici ou la? Je compte cependant me rendre a leh rapidement pour etre sur de pouvoir revenir par le meme chemin avant le 15 septembre...c est a cette periode que je prendrai plus le temps de decouvrir l himachal pradesh. Ou dois je faire des stops pour une bonne acclimatation?
Par ailleurs, jai lu sur ce forum que la route manali/leh etait dangereuse, y a t il tant d accidents que ca? Est ce qu il y a des bus plus sure que d autres?certains a eviter?
Enfin, j aimerai aller dans des endroits pas trop touristiques dans l himachal pradesh et j ai cru comprendre que manali et ses alentours etaient tres touristiques... Avez vous un conseil a me donner pour trouver des endroits plus tranquilles dans ce coin? Parvati valley??? Je suis dans l optique de faire un peu de rando si possible dans cette region...je suis preneur de tout bon conseil!
Voila, j espere que vous avez les reponses a ces questions..
Merci d avance
Circuit au Vietnam English translation pending
Bonjour
Nous arrivons d'un circuit de 2 semaines dans le nord du Vietnam avec l'agence locale " MA TONKINOISE VOYAGES ".😇
Je la recommande à ceux qui envisagent de visiter cette région.😏
Je suis à la disposition de ceux qui seraient intéressés par + de renseignements.
Odile
Nous arrivons d'un circuit de 2 semaines dans le nord du Vietnam avec l'agence locale " MA TONKINOISE VOYAGES ".😇
Je la recommande à ceux qui envisagent de visiter cette région.😏
Je suis à la disposition de ceux qui seraient intéressés par + de renseignements.
Odile
Réservation pour Xel Ha ou Xplor ou Xcaret via internet (urgent) English translation pending
Bonjour,
Quelqu'un a-t-il déjà fait une réservation via internet pour une de ces activités?
Si oui, pourriez-vous me dire si vous avez reçu un mail de confirmation automatique au moment de la réservation ou le lendemain?
J'ai effectué une réservation (pass pour Xel Ha Xplor et Xcaret pour 199$) via internet sur www.xplor.travel mais je n'ai reçu aucun mail de confirmation. Lors de l'inscription, il était précisé qu'il ne fallait faire la validation (cliquer sur CHECK OUT) qu'une seule fois et non deux car sinon le paiement se ferait également 2 fois!! Compte tenu du prix, je ne compte pas payer 2 fois!!!
J'ai adressé un mail à l'attention de Xplor afin de savoir si ma réservation avait été prise en compte mais je n'ai pas reçu de réponse.😠
Donc merci de me dire comment s'était passée votre réservation internet pour l'une de ces activités afin de savoir ce que vous avez obtenu comme info (mail de confirmation à quel moment???)
Merci d'avance Je précise que c'est assez urgent car je pars bientôt!!! Merci à vous😉 Marjorie
Quelqu'un a-t-il déjà fait une réservation via internet pour une de ces activités?
Si oui, pourriez-vous me dire si vous avez reçu un mail de confirmation automatique au moment de la réservation ou le lendemain?
J'ai effectué une réservation (pass pour Xel Ha Xplor et Xcaret pour 199$) via internet sur www.xplor.travel mais je n'ai reçu aucun mail de confirmation. Lors de l'inscription, il était précisé qu'il ne fallait faire la validation (cliquer sur CHECK OUT) qu'une seule fois et non deux car sinon le paiement se ferait également 2 fois!! Compte tenu du prix, je ne compte pas payer 2 fois!!!
J'ai adressé un mail à l'attention de Xplor afin de savoir si ma réservation avait été prise en compte mais je n'ai pas reçu de réponse.😠
Donc merci de me dire comment s'était passée votre réservation internet pour l'une de ces activités afin de savoir ce que vous avez obtenu comme info (mail de confirmation à quel moment???)
Merci d'avance Je précise que c'est assez urgent car je pars bientôt!!! Merci à vous😉 Marjorie
À vélo au bord du Rhône (Genève-Lyon): où passer la nuit? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Cet été (début juillet), je voudrais effectuer ce parcours et je suis à la recherche de tout bon plan bon marché concernant l'hébergement (gîtes, camping, etc.) que l'un de vous aurait particulièrement apprécié... Sinon, bien que je sache que le camping sauvage est interdit en France, je me demandais si l'un de vous l'avait quand même pratiqué et s'il a eu des problèmes parce que cela reste quand même l'alternative la moins dispendieuse.
Merci
Cet été (début juillet), je voudrais effectuer ce parcours et je suis à la recherche de tout bon plan bon marché concernant l'hébergement (gîtes, camping, etc.) que l'un de vous aurait particulièrement apprécié... Sinon, bien que je sache que le camping sauvage est interdit en France, je me demandais si l'un de vous l'avait quand même pratiqué et s'il a eu des problèmes parce que cela reste quand même l'alternative la moins dispendieuse.
Merci
Visite de Chiang Rai incontournable? English translation pending
Bonjour, j'hésite à présent à mettre chiang rai dans mon itinéraire. Je devais y aller après Chaing mai mais comme le temps manque à présent je vais l'enlever. Y a t-il quelque chose de spécial à voir là-bas qui en vaut le détour ?
Merci Santi
Merci Santi
Itinéraires pour voyager la Bretagne à vélo? English translation pending
Bonjour,
Je suis toute nouvelle à ce forum, inscription moins d'1 heure !!
J'aime beaucoup le vélo, et nous pensons partir au week end de l'ascension, en bretagne avec mon mari, et 2 autres personnes. Nous faisons de temps en temps des balades maxi 30 km, et cette fois nous décidons de partir en train et faire une partie de la bretagne. Si vous avez des itinéraires avec la mer pas loin, nous sommes preneurs. Pour cette grande première fois, nous n'emmènerons pas de tente.
merci pour vos réponses.
Problèmes retour de visa et passeport pour l'Inde de VFS Paris English translation pending
Bonjour à tous.
J'ai quelques difficultés à récupérer le visa et le passeport après avoir accompli les différentes démarches requises :
J'ai envoyé une demande de visa il y a 4 semaines pour partir en Inde lors des prochaines vacances de Pâques. J'ai reçu un SMS il y a 12 jours de VFS (société qui gère la demande de visas auprès de l'ambassade), m'annonçant que ma demande de visa a bien été traitée et qu'elle me serait envoyée d'ici 3 jours. Or je n'ai toujours rien reçu. J'ai appelé la société VFS, qui m'a garanti que le visa et le passeport avaient bien été réexpédiés le 15 mars. Ils m'ont donné le numéro du chronopost pour que j'aille vérifier dans mon bureau de poste, mais la Poste ne reconnaît pas le numéro !
Quelqu'un aurait-il une idée de ce que je dois faire ? N'habitant pas à Paris, c'est d'autant plus difficile pour moi de me déplacer.
Je vous remercie par avance de l'attention que vous accorderez à ce message.
Romuald
J'ai quelques difficultés à récupérer le visa et le passeport après avoir accompli les différentes démarches requises :
J'ai envoyé une demande de visa il y a 4 semaines pour partir en Inde lors des prochaines vacances de Pâques. J'ai reçu un SMS il y a 12 jours de VFS (société qui gère la demande de visas auprès de l'ambassade), m'annonçant que ma demande de visa a bien été traitée et qu'elle me serait envoyée d'ici 3 jours. Or je n'ai toujours rien reçu. J'ai appelé la société VFS, qui m'a garanti que le visa et le passeport avaient bien été réexpédiés le 15 mars. Ils m'ont donné le numéro du chronopost pour que j'aille vérifier dans mon bureau de poste, mais la Poste ne reconnaît pas le numéro !
Quelqu'un aurait-il une idée de ce que je dois faire ? N'habitant pas à Paris, c'est d'autant plus difficile pour moi de me déplacer.
Je vous remercie par avance de l'attention que vous accorderez à ce message.
Romuald
Avis aux titulaires de passeports français qui voyagent pour l'Algérie English translation pending
D'après Un responsable du Ministère des Affaires Etrangère Algérienne, et Ministère des Transports, l Algérie va Reposter au Engagements Prise par la France et les USA envers les Citoyens Algériens et Appareils Algérien ( réciprocité oblige) et mettre en place elle aussi des couloirs spéciaux dans tous ses Aéroports, ses Ports et ses Postes de Frontières Terrestres, pour Fouille Plus approfondie a tous les Citoyens qui Porte des Document de Voyage Français et US, il auront le previlege d avoir trois Nouveau Fouille corporel , et un Fouille très approfondie de tous les Avions Français et US ( avant même le débarquement des passagers de l avion ) et ça comme réponse Adéquate a la France et au USA (application de la réciprocité) . Mais, par contre l’Etat Algérien refuse d acquérir ces Fameux Scanner de la Honte et elle les refuse sur son sol.
Bonne Chance a tous le Monde………………………………………………………..Yough.
Bonne Chance a tous le Monde………………………………………………………..Yough.
Itinéraire pour deux semaines à vélo en France? English translation pending
Bonjour à tous !
Me découvrant une passion toute neuve pour le cyclotourisme, je souhaiterai faire un parcours de deux semaines en France.
Je préfèrerai plutôt le sud, du côté ardèche, lozère, mais je suis ouvert à toutes les propositions
Merci beaucoup !
lucas
Me découvrant une passion toute neuve pour le cyclotourisme, je souhaiterai faire un parcours de deux semaines en France.
Je préfèrerai plutôt le sud, du côté ardèche, lozère, mais je suis ouvert à toutes les propositions
Merci beaucoup !
lucas
Acheter un camping-car Citroën C25 English translation pending
Bonjour. cela fait plusieurs semaine que je recherche un camping car. je viens de trouvé une annonce qui m'interesse beaucoup. c un camping car chausson monté sur un Citroen C25 de 1990, avec 200000km. sachant que c un diesel et que la courroix de distribution a été changé et que l'embrayage est neuf, est ce que je pourrais encore faire beaucoup de km avec.
merci d'avance
Périple Besançon - Nantes à vélo English translation pending
salut
J'ai comme projet pour cet été de partir à Ancenis (à côté de Nantes) en vélo depuis Besançon. Pour le moment, j'ai dans l'idée de faire le trajet d'environ 800 km en 6 jours par la vélo route Nantes Budapest. J'ai un spécialized sirrus élite et je conte acheter une remorque bob yak. Je voudrais avoir vos avis sur la difficulté du parcours, notamment si l'EV6 et relativement plate ou au contraire vallonné. Je me demande, si je ce serais plus intéressant ( en temps et fatigue) ou non en tentant de couper à travers comme par exemple faire Nevers Bourges Tours à la place de Nevers Orléans Tours. Pouvez vous me dire environs combien de km je peu envisager de faire par jours sachant que je roule régulièrement et que je comte encore faire au moins 1000 km avant de partir en juillet?
merci d'avance
Thibaud
J'ai comme projet pour cet été de partir à Ancenis (à côté de Nantes) en vélo depuis Besançon. Pour le moment, j'ai dans l'idée de faire le trajet d'environ 800 km en 6 jours par la vélo route Nantes Budapest. J'ai un spécialized sirrus élite et je conte acheter une remorque bob yak. Je voudrais avoir vos avis sur la difficulté du parcours, notamment si l'EV6 et relativement plate ou au contraire vallonné. Je me demande, si je ce serais plus intéressant ( en temps et fatigue) ou non en tentant de couper à travers comme par exemple faire Nevers Bourges Tours à la place de Nevers Orléans Tours. Pouvez vous me dire environs combien de km je peu envisager de faire par jours sachant que je roule régulièrement et que je comte encore faire au moins 1000 km avant de partir en juillet?
merci d'avance
Thibaud
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°3) English translation pending
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods
Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.


Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.
Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :

La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.
Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.
Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.


Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.
Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :

J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?

Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.
Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.

Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.
Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.
La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.

De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.
Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).
Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.


Certains des petits bonshommes sont très amicaux :

On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :


Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :

En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…


Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.


Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.


Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.
De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.

Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.
Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.
J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.
Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.
Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.
La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.





Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…

… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.


Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.

J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)

Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…


Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.



Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.
Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.
Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.
JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon
Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.
La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…

… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.


Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !


Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.
En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…

Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.

Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.

A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.
Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.
Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.


Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).

Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).
C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.
Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…
C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.
Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.
La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).
La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.
Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).
Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).
En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).
De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).
Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.
Revenons au déroulement de mon voyage…
Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.
Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !
Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".
Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de problème ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !
Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.
Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…




Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.



Certains rochers font penser à des menhirs.

D’autres semblent peints…

… comme ce tableau d’art moderne…

… ou cet incroyable visage féminin masqué !
Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.

Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».

Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.

The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.

Voici une photo prise en 2006…

… et une autre prise cette année.

Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.
Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière

Une vue plus classique...

… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.

Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.


Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?

Ici, un couple de lions de mer…

… là, une fissure colorée.

Une belle montagne rouge et blanche…


… se termine par une petite famille de hoodoos.

Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!
A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.



Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.
Après un superbe arc en ciel idéalement placé…

… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !

C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….
Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !

JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon
Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.

Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.

Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.



On trouve en chemin des micro-badlands colorés.


Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.
Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.

Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.
John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!
Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).
A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.
Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.

Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !
Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.




L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :

Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).

La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.
Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.
Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.

Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »
Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.
L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.
Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?
Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?
Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.
On les voit d’abord de profil…

… puis par en dessous…

… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !

L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.
Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.




Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.
John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.
Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.
Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.
JOUR 11 : de Red Canyon à Page
Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.
Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».




Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.


Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.
A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.
Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…


… ainsi que de belles traces de dinosaures.

Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.
Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.
Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.
En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.
Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.
Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…


… et celui-ci vers l’est.

Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.
Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:




Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.

J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.
C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.


Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.

Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.


Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.
Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods
Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.


Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.
Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :

La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.
Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.
Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.


Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.
Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :

J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?

Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.
Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.

Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.
Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.
La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.

De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.
Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).
Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.


Certains des petits bonshommes sont très amicaux :

On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :


Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :

En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…


Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.


Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.


Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.
De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.

Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.
Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.
J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.
Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.
Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.
La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.





Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…

… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.


Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.

J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)

Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…


Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.



Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.
Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.
Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.
JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon
Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.
La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…

… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.


Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !


Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.
En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…

Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.

Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.

A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.
Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.
Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.


Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).

Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).
C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.
Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…
C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.
Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.
La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).
La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.
Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).
Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).
En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).
De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).
Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.
Revenons au déroulement de mon voyage…
Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.
Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !
Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".
Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de problème ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !
Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.
Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…




Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.



Certains rochers font penser à des menhirs.

D’autres semblent peints…

… comme ce tableau d’art moderne…

… ou cet incroyable visage féminin masqué !
Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.

Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».

Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.

The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.

Voici une photo prise en 2006…

… et une autre prise cette année.

Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.
Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière

Une vue plus classique...

… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.

Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.


Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?

Ici, un couple de lions de mer…

… là, une fissure colorée.

Une belle montagne rouge et blanche…


… se termine par une petite famille de hoodoos.

Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!
A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.



Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.
Après un superbe arc en ciel idéalement placé…

… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !

C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….
Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !

JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon
Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.

Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.

Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.



On trouve en chemin des micro-badlands colorés.


Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.
Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.

Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.
John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!
Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).
A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.
Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.

Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !
Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.




L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :

Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).

La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.
Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.
Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.

Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »
Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.
L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.
Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?
Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?
Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.
On les voit d’abord de profil…

… puis par en dessous…

… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !

L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.
Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.




Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.
John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.
Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.
Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.
JOUR 11 : de Red Canyon à Page
Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.
Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».




Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.


Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.
A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.
Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…


… ainsi que de belles traces de dinosaures.

Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.
Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.
Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.
En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.
Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.
Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…


… et celui-ci vers l’est.

Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.
Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:




Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.

J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.
C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.


Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.

Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.


Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.
Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Voyage de dix-sept jours dans l'Ouest américain en août 2010 English translation pending
?:Bonjour,
Nous partons cet été dans l'ouest des USA pour 16 nuits 17 jours avec nos 2 ados 13 et 16 ans. Arrivée LA, locations de voiture, retour de SF. Que pensez vous du cuicuit et temps passé en voirure?
J2 LA J3 départ de LA / Laughlin (nuit à Laughlin) J4 Laughlin/ Grand Canyon par la route 66 (nuit à GC) J5 GC/ Monument Valley (nuit MV) J6 M Valley/ Page Lake Powell (nuit Lake Powel) J7 Lake Powel/ Bryce Canyon (nuit Bryce Canyon) J8 Bryce Canyon/Zion (Nuit Zion) J9 Zion/ Las Vegas (nuit Las Végas) J10 Las Vegas/death Valley (nuit Lone Pine) J11Lone Pine/Yosemite (nuit Yosemite J12 Yosemite J13 Yosemite (nuit Yosemite) J14Yosemite/ SF(nuit SF) J15 SF J16 SF J17 Départ pour la maison
Pour les jours 10 et 11, le trajet LV/Lone Pine et Lone Pine Yosemite n'erst pas trop long?
Si vous pouviez me donner votre avis, merci
Nat
J2 LA J3 départ de LA / Laughlin (nuit à Laughlin) J4 Laughlin/ Grand Canyon par la route 66 (nuit à GC) J5 GC/ Monument Valley (nuit MV) J6 M Valley/ Page Lake Powell (nuit Lake Powel) J7 Lake Powel/ Bryce Canyon (nuit Bryce Canyon) J8 Bryce Canyon/Zion (Nuit Zion) J9 Zion/ Las Vegas (nuit Las Végas) J10 Las Vegas/death Valley (nuit Lone Pine) J11Lone Pine/Yosemite (nuit Yosemite J12 Yosemite J13 Yosemite (nuit Yosemite) J14Yosemite/ SF(nuit SF) J15 SF J16 SF J17 Départ pour la maison
Pour les jours 10 et 11, le trajet LV/Lone Pine et Lone Pine Yosemite n'erst pas trop long?
Si vous pouviez me donner votre avis, merci
Nat
Tour de France à pied English translation pending
Nous allons entreprendre un tour de France au plus proche des côtes et des frontières. Nous ferons ce circuit avec un maximum d’autonomie, bivouac, camping...Quelques nuits en gîte.
Nous partons de Megève le 5 avril 2010, nous allons descendre vers le sud par Annecy, Chambéry, Grenoble, Gap, Dignes, Grasse et Cannes, nous contournons les cols des Alpes (GR 5) encore impraticables par l’enneigement, ensuite nous suivons au plus près la côte jusqu'aux Pyrénées, que nous traversons en partie par le GR 10 ensuite la côte Atlantide et La Manche, puis les Ardennes, l’Alsace, le Jura et retour Megève courant Juin 2011.
Nous pensons être sur les côtes bretonnes et normandes, pour les saisons d’automne et d’hiver 2010-2011, cette partie du parcours sera assez difficile en autonomie, pour ce faire nous recherchons des possibilités d’accueils gratuits (ferme, association de rando etc.) cela serait sympa de nous les faire partager, si vous en connaissez.
Merci de vos suggestions et conseils, sur la messagerie ci-dessous.
Notre Mail : (tdf_marie_et_claude@yahoo.fr)
Marie et Claude
Mon témoignage sur un vol XL Airways English translation pending
Bonjour,
Je voudrais apporter un témoignage sur un vol que j'ai effectué avec XL Airways.
J'ai réservé un séjour pour Phuket avec Best Tours pour début février.
Lors de mon arrivée à l'aéroport de Bruxelles, l'avion est annoncé avec 20mn de retard (initialement prévu à 15h45), nous décollons finalement avec 1h de retard. Je passe les sièges cassés qui ne se redressent pas. Au décollage, les hotesse nous demandes de les relever mais impossible, ils restent en position couché. On pourra aussi citer, qu'il n'y a pas de couverture, de coussin, le pilote nous annonce que c'est à cause d'un retard qu'ils ont eu sur Paris. 1h30 plus tard, le pilote nous avertit que le vol ne peut continuer à cause d'un incident techique, et qu'il doit faire demi-tours pour atterrir à Paris (base d'XL Airways) Arrivé à l'éroport, nous voyons 5 camions de pompiers et la gendarmerie entourer l'avion. Interdiction de sortir de l'avion pour des raisons de sécurité. L'avions étant arrêté, la température monte car plus de clim. 1h30 plus tard, et après que la tension monte, ils acceptent d'ouvrir les portes. Nous allons au terminal, et on nous demande d'attendre pour voir si on redécolle ou non. La décision est prise, l'avion ne peut pas décoller, le superviseur d'escale nous dit qu'on va être acheminé vers des hotels. Voyageant avec mon bébé de 18mois, nous avons droit aux liquides mais juste pour le vol, donc nous avons prévu couches et repas pour la durée de vol. Je m'empresse d'aller voir le superviseur d'escale pour lui demander comment je peux faire car je n'aurais pas assez de couches, de lait et de repas pour mon bébé. Il se fout de moi en me disant qu'ils ont l'habitude de gérer les crises, et qu'évidement des kits bébés sont prévus à l'hotel. J'en doute mais je fais confiance. Il ajoute qu'un bon repas nous attends, qu'on va passer une bonne nuit à l'hotel, et que le lendemain, on redécolle.
Arrivé dans un novotel à Montreuil, évidement, rien n'est prévu, et à 23h, difficile de trouver le nécessaire pour bébé. Poiur les repas, il ne fallait pas compter dessus non plus. Tout ce qu'on a eu depuis 15h45, c'est un verre de boisson dans l'avion. On a faim, on a soif, on demande à l'hotel où touver de quoi manger. Il y a un mac do pas très loin. Nous y allons, pour manger quelquechose bien que pas facile pour un bébé. Nous voyons qu'il y a un hypermarché à coté, ça me rassure mais il est fermé à cette heure.
Aucune information sur l'heure de départ le lendemain, aucun correspondant XL n'est présent. Pour ma part, je dois me lever tôt pour aller chercher de quoi manger pour bébé mais le magasin n'est pas encore ouvert. Evidement, bébé se lève et n'a pas son lait...
Finalement, des bus arrivent, toujours pas de correspondants XL. Nous supposons que ces bus sont pour nous mais les chauffeurs ne savent qu'une chose, c'est qu'ils doivent prendre des personnes à l'hotel et les emmener à l'aéroport, ils ne connaissent pas la destination. Nous prenons les cars et arrivons à l'aérport ou les bus ne font que nous déposer à un terminal. Toujours pas de correspondant XL. Nous sommes 320 personnes à assaillir l'accueil de l'aéoroport qui nous dit n'avoir aucune trace de ce vol. La tension est à son maximum, l'accueil appelle XL, qui dit qu'ils envoient un correspondant. au passage, ils se font incendier pas l'accueil de l'aéroport car rien n'est géré. Finalement, personne ne vient et c'est le personnel de l'aéroport qui nous conduit à l'embarquement.
Nous arrivons à Phuket avec 20h de retard.
Cette compagnie est une vulgaire blague de mauvais gout. La prise en charge est inacceptable, nous avons été pris pour un troupeau de vache. Un seul mot, plus jamais.
PS: Je précise que je voyage beaucoup, j'ai fait beaucoup de compagnie, mais c'est la première fois que je vois ça.
Je voudrais apporter un témoignage sur un vol que j'ai effectué avec XL Airways.
J'ai réservé un séjour pour Phuket avec Best Tours pour début février.
Lors de mon arrivée à l'aéroport de Bruxelles, l'avion est annoncé avec 20mn de retard (initialement prévu à 15h45), nous décollons finalement avec 1h de retard. Je passe les sièges cassés qui ne se redressent pas. Au décollage, les hotesse nous demandes de les relever mais impossible, ils restent en position couché. On pourra aussi citer, qu'il n'y a pas de couverture, de coussin, le pilote nous annonce que c'est à cause d'un retard qu'ils ont eu sur Paris. 1h30 plus tard, le pilote nous avertit que le vol ne peut continuer à cause d'un incident techique, et qu'il doit faire demi-tours pour atterrir à Paris (base d'XL Airways) Arrivé à l'éroport, nous voyons 5 camions de pompiers et la gendarmerie entourer l'avion. Interdiction de sortir de l'avion pour des raisons de sécurité. L'avions étant arrêté, la température monte car plus de clim. 1h30 plus tard, et après que la tension monte, ils acceptent d'ouvrir les portes. Nous allons au terminal, et on nous demande d'attendre pour voir si on redécolle ou non. La décision est prise, l'avion ne peut pas décoller, le superviseur d'escale nous dit qu'on va être acheminé vers des hotels. Voyageant avec mon bébé de 18mois, nous avons droit aux liquides mais juste pour le vol, donc nous avons prévu couches et repas pour la durée de vol. Je m'empresse d'aller voir le superviseur d'escale pour lui demander comment je peux faire car je n'aurais pas assez de couches, de lait et de repas pour mon bébé. Il se fout de moi en me disant qu'ils ont l'habitude de gérer les crises, et qu'évidement des kits bébés sont prévus à l'hotel. J'en doute mais je fais confiance. Il ajoute qu'un bon repas nous attends, qu'on va passer une bonne nuit à l'hotel, et que le lendemain, on redécolle.
Arrivé dans un novotel à Montreuil, évidement, rien n'est prévu, et à 23h, difficile de trouver le nécessaire pour bébé. Poiur les repas, il ne fallait pas compter dessus non plus. Tout ce qu'on a eu depuis 15h45, c'est un verre de boisson dans l'avion. On a faim, on a soif, on demande à l'hotel où touver de quoi manger. Il y a un mac do pas très loin. Nous y allons, pour manger quelquechose bien que pas facile pour un bébé. Nous voyons qu'il y a un hypermarché à coté, ça me rassure mais il est fermé à cette heure.
Aucune information sur l'heure de départ le lendemain, aucun correspondant XL n'est présent. Pour ma part, je dois me lever tôt pour aller chercher de quoi manger pour bébé mais le magasin n'est pas encore ouvert. Evidement, bébé se lève et n'a pas son lait...
Finalement, des bus arrivent, toujours pas de correspondants XL. Nous supposons que ces bus sont pour nous mais les chauffeurs ne savent qu'une chose, c'est qu'ils doivent prendre des personnes à l'hotel et les emmener à l'aéroport, ils ne connaissent pas la destination. Nous prenons les cars et arrivons à l'aérport ou les bus ne font que nous déposer à un terminal. Toujours pas de correspondant XL. Nous sommes 320 personnes à assaillir l'accueil de l'aéoroport qui nous dit n'avoir aucune trace de ce vol. La tension est à son maximum, l'accueil appelle XL, qui dit qu'ils envoient un correspondant. au passage, ils se font incendier pas l'accueil de l'aéroport car rien n'est géré. Finalement, personne ne vient et c'est le personnel de l'aéroport qui nous conduit à l'embarquement.
Nous arrivons à Phuket avec 20h de retard.
Cette compagnie est une vulgaire blague de mauvais gout. La prise en charge est inacceptable, nous avons été pris pour un troupeau de vache. Un seul mot, plus jamais.
PS: Je précise que je voyage beaucoup, j'ai fait beaucoup de compagnie, mais c'est la première fois que je vois ça.
Remonter le canal du Midi à vélo de Sète à Toulouse? English translation pending
Bonjour,
J'ai eu l'idée de remonter le canal du midi de Sète à Toulouse et peut-être aller jusqu'à Bordeaux. J'aimerais savoir si certains l'ont déjà fait et si ca vaut le coup? Combien de temps faut-il compter? Quel budget (je compte prendre une toile de tente et dormir soit en camping pas cher soit chez les gens qui voudraient bien de moi)? N'ayant jamais fait de grande rando vélo je ne sais pas trop comment m'y prendre mais je vais m'inspirer des sujets déjà posté. J'aimerais réalisé un reportage photo/historique/anthropologique (bien plus modeste que les termes ne l'entendent) durant mon petit voyage.
Voilà si vous avez des conseils, des avis, de meilleures propositions n'hésitez pas à m'en faire part.
Merci.
J'ai eu l'idée de remonter le canal du midi de Sète à Toulouse et peut-être aller jusqu'à Bordeaux. J'aimerais savoir si certains l'ont déjà fait et si ca vaut le coup? Combien de temps faut-il compter? Quel budget (je compte prendre une toile de tente et dormir soit en camping pas cher soit chez les gens qui voudraient bien de moi)? N'ayant jamais fait de grande rando vélo je ne sais pas trop comment m'y prendre mais je vais m'inspirer des sujets déjà posté. J'aimerais réalisé un reportage photo/historique/anthropologique (bien plus modeste que les termes ne l'entendent) durant mon petit voyage.
Voilà si vous avez des conseils, des avis, de meilleures propositions n'hésitez pas à m'en faire part.
Merci.
Chutes d'Iguaçu: arrivée sur le côté brésilien et départ du côté argentin English translation pending
J"arriverais aux chutes du côté brésilien et je reprend l.avion du côté argentin 3 jours plus tard .Est-ce une bonne idée de coucher un soir du côté brésilien et 2 soirs côté argentin. Ou de coucher les 3 soirs au même endroit .
Démarches administratives pour passer des vacances au Québec? English translation pending
bonjour
Je voudrais connaitre les démarches administratives pour passer des vacances au Québec.