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Quarante jours aux Philippines en juillet 2012: vos idées? English translation pending
Bonjour à tous!
Je suis nouveaux sur ce forum alors une petite présentation s'impose.
J'ai 23 ans, étudiant en sociologie et amoureux du voyage, j'ai décidé de partir cet été aux Philippines avec ma copine. Ayant déjà fait de nombreux voyages en asie (Inde, Thailande, Vietnam, Cambodge) et sur d'autres continents, les philippines m'ont attirées car ce pays semble à part. Religion majoritairement catholique, colonisation espagnole relativement tardive, la vie, la population et le pays me paraissent se démarquer par rapport aux autres "classiques" de l'asie du Sud Est.
Alors voila, partant d'ici un bon mois, je m'adresse à vous pour glâner l'une ou l'autre information utile.
En effet, je ne me suis pas encore réellement penché sur le trajet que nous allons sillonner. J'ai quelques vagues idées et quelques notes dans mon lonely planet mais sans plus. Nous comptons faire un séjour à la fois reposant (plages, farniente, hamac et cocktails :p) mais également un peu plus aventureux (trek, jungle, grottes...). Les possibilités sont tellement vastes et en quarantes jours, je pense que nous aurons l'occasion de découvrir pas mal d'endroits. Mais lesquels?
Alors lancez vous, en prenant en compte quelques critères : Nous partons en juillet, donc niveau climat, j'imagine que ca joue pas mal. Nous comptons faire ce voyage en mode "routard" (-> sac à dos, petit budget). Ayant l'habitude de voyager, je n'aime pas trop me retrouver dans les endroits style "club med" ;)
Merci d'avance pour vos réponses, bons plans, etc.!!
Adrien
Je suis nouveaux sur ce forum alors une petite présentation s'impose.
J'ai 23 ans, étudiant en sociologie et amoureux du voyage, j'ai décidé de partir cet été aux Philippines avec ma copine. Ayant déjà fait de nombreux voyages en asie (Inde, Thailande, Vietnam, Cambodge) et sur d'autres continents, les philippines m'ont attirées car ce pays semble à part. Religion majoritairement catholique, colonisation espagnole relativement tardive, la vie, la population et le pays me paraissent se démarquer par rapport aux autres "classiques" de l'asie du Sud Est.
Alors voila, partant d'ici un bon mois, je m'adresse à vous pour glâner l'une ou l'autre information utile.
En effet, je ne me suis pas encore réellement penché sur le trajet que nous allons sillonner. J'ai quelques vagues idées et quelques notes dans mon lonely planet mais sans plus. Nous comptons faire un séjour à la fois reposant (plages, farniente, hamac et cocktails :p) mais également un peu plus aventureux (trek, jungle, grottes...). Les possibilités sont tellement vastes et en quarantes jours, je pense que nous aurons l'occasion de découvrir pas mal d'endroits. Mais lesquels?
Alors lancez vous, en prenant en compte quelques critères : Nous partons en juillet, donc niveau climat, j'imagine que ca joue pas mal. Nous comptons faire ce voyage en mode "routard" (-> sac à dos, petit budget). Ayant l'habitude de voyager, je n'aime pas trop me retrouver dans les endroits style "club med" ;)
Merci d'avance pour vos réponses, bons plans, etc.!!
Adrien
Récidive en Afrique australe: deux semaines au Malawi en juillet 2016 English translation pending
Prologue
Il n’y a pas beaucoup de carnets sur ou autour ou même incluant le Malawi. Donc, je pose ma pierre. Si à votre tour vous décidez d'y aller, n'hésitez pas à me contacter. Mais peut être que quand vous aurez fini de lire ce carnet, vous n'aurez pas du tout envie d'y aller. Dans ce cas, vous n'êtes pas obligé de me contacter, mais rien ne vous en empêche, surtout si vous être sympas.
J'ai écrit ce carnet peu après mon retour, puis j'ai beaucoup trainé à le publier, beaucoup trop... J'allais laisser tomber et finalement, je me suis dit que c'était dommage. Alors voilà...
Tout a commencé… en Islande. Ou plutôt, non. Tout a commencé en cherchant une destination pour 15 jours cet été. Et nous avions opté pour… l’Islande. Pourquoi l’Islande ? Mais pardi, parce que la Namibie nous avait beaucoup plu. Et c’est très habituel, amis forumistes. Regardez bien le site et vous verrez que tous ceux qui ont adoré la Namibie vont en Islande… et adorent l’Islande. Beaucoup de ceux qui ont publié un carnet sur la Namibie en publient un sur l’Islande dans les années qui suivent. Et bien justement, nous avions publié un carnet sur la Namibie. Donc, nous programmons des vacances en Islande. Les enfants nous abandonnent. L’ainée travaille cet été (dure existence) et la cadette nous explique sans vergogne que passer 15 jours avec nous comme seuls être humains, au milieu d’un désert de roches et de lave battu par les vents, c’est juste pas possible. Faites des enfants… On cherche un 4x4, on monte le budget. C’est cher… Et là, ma moitié me dit : euh, mais toutes les photos de l’Islande, en vrai, le ciel, il est gris. En quand il est bleu, la photo est accompagnée d’un commentaire du genre : « j’ai eu de la chance », « journée exceptionnelle », « un été exceptionnel aux dires des Islandais », « nous ne verrons pas deux fois le ciel comme ça », « dix minutes après, il pleuvait », « ce furent les 5 minutes de beau temps de nos vacances »… Et il y a beaucoup de vent et puis sérieux, passer l’été en combinaison de ski, bof, bof. Ah, ouais. Pourquoi on n’irait pas en Afrique ?
Tiens, mais quelle bonne idée. Rétrospectivement, on n’a pas eu tort : cet été, l’Islande a accueilli 1 million de touristes, soit trois fois sa population. Retour à l’Afrique : on élimine tous les pays méditerranéens puisque ce n’était pas l’objectif (ça en déjà fait pas mal), ceux qui craignent à cause du terrorisme, de l’insécurité extrême ou des deux (un honnête paquet), ceux à propos desquels notre culpabilité nous interdit encore aujourd’hui d’aller (je pense au Rwanda), ceux où on est déjà allé, ceux qui ressemblent un peu trop à ceux où on est déjà allé et ceux où la saison des pluies tombe en juillet-août. De fil en aiguille, on en retient deux : le Malawi et le Mozambique. Problème pour le second : nous ne parlons pas 3 mots de portugais ça va sérieusement compromettre les rapports humains. Et nous, on aime bien se poser avec les gens qu’on rencontre et tailler le bout de gras. Et puis, on aime bien l’Afrique anglophone… Donc, ce sera le Malawi, entre autres en raison de la présence d’un grand lac africain : nous n’en avions jamais vu. En vrai, on aurait pu et même dû discuter l’Ouganda, mais le Lonely Planet d’Ouganda ou d’Afrique de l’Est n’avaient jamais trop trainé dans nos toilettes, épicentre de la créativité en matière de voyages. Alors voilà pourquoi le Malawi.
Le forum regroupe peu d’informations à propose du Malawi. C’est aussi le cas des autres forums de voyage francophones. Le Malawi n’est pas sur les routes des voyageurs français. Dites simplement à vos amis ou collègues que vous allez au Malawi et leur réponse sera : hein ? C’est où ? En revanche, le Malawi est bien connu des anglophones et notamment des anglais. Au sein du Commonwealth, le Malawi est une forme d’archétype du pays émergeant, et par conséquent l’endroit où se projettent un nombre considérable d’ONG en tout genre, pour le meilleur et pour le pire. Les ressources pour organiser le voyage, c’est sur les sites anglais et sud-africains. Le guide Bradt est, comme bien souvent, de très bon niveau. Je me suis mis à bien apprécier ces guides Bradt, finalement plus détaillés que le Lonely et pas beauf pour un sou (contrairement à tu-sais-qui). Un vol Paris-Amsterdam-Nairobi-Lilongwe sur Kenya Airways. Pas de loueurs de voitures « internationaux » sur place. Quelques petits loueurs, mais pas tant que ça. SS Rent-a-Car retient notre attention. Comme on va faire de la piste, il nous faut un 4x4. Et comme nous ne sommes que deux, nous choisissons un Jimny. Ce fut peut être une erreur car les pistes du Malawi sont vites de mauvaise qualité (sans comparaison avec les gravels namibiennes) et un bon gros Hilux n’aurait pas été du luxe. Disons que, au Malawi, la plupart des routes sont goudronnées. Mais celles qui ne le sont pas sont souvent en mauvais état. Après, les pistes, c’est comme temps, leur condition change vite. Le Jimny, ce fut un peu fatigant pour le dos, les bras, les fesses… Sans compter un peu moins de stabilité. On avait pensé camper et cherché un 4x4 avec rooftop tent, mais ce n’était pas simple à trouver, mais faisable en fin de compte. Quelques hôtels et lodges « clés » sont réservés aux mois de mai et juin. A posteriori, c’était pas trop la peine de s’y prendre bien en avance : beaucoup d’hébergements étaient très vides. Les visas… parlons des visas. Depuis 2015, les français ont besoin d’un visa pour le Malawi, qui a besoin de devises. Normalement, ce visa peut être pris à un post frontière, comme un aéroport international. Je contacte donc le service consulaire de l’ambassade du Malawi à Bruxelles (il n’y en a pas à Paris, preuve des intenses relations diplomatiques entre la France et le Malawi) : ah, mais Mister, il vous faut absooooolument un visa avant votre départ, et ça se fait très simplement par la poste. Mon passeport par la poste ? Ben oui l’ami (notez que la plupart des transporteurs privés refusent de convoyer un passeport. Bon, alors là, je me suis grave dégonflé : j’ai dégainé les euros et suis passé par une boite spécialisé. Pourtant, j’ai fait mes visas pour la Russie (yes), l’I… (re-yes) et la Chine (re-re-yes, mais en fait très simple) tout seul. Mais sérieux, le coup de la poste, je ne le sens pas. Pour info, ça a pris presque trois semaines contre deux annoncées… Ah oui, et pour tout vous dire, à l’arrivée à l’aéroport, de nombreux visiteurs (c’est que nous étions bien dix) faisaient établir leur visa à l’arrivée. Gromfff…
Et voilà à quoi ressemble l’itinéraire que nous envisageons, les horaires ont été calculés sur T4A.

La suite, bientôt...
J'ai écrit ce carnet peu après mon retour, puis j'ai beaucoup trainé à le publier, beaucoup trop... J'allais laisser tomber et finalement, je me suis dit que c'était dommage. Alors voilà...
Tout a commencé… en Islande. Ou plutôt, non. Tout a commencé en cherchant une destination pour 15 jours cet été. Et nous avions opté pour… l’Islande. Pourquoi l’Islande ? Mais pardi, parce que la Namibie nous avait beaucoup plu. Et c’est très habituel, amis forumistes. Regardez bien le site et vous verrez que tous ceux qui ont adoré la Namibie vont en Islande… et adorent l’Islande. Beaucoup de ceux qui ont publié un carnet sur la Namibie en publient un sur l’Islande dans les années qui suivent. Et bien justement, nous avions publié un carnet sur la Namibie. Donc, nous programmons des vacances en Islande. Les enfants nous abandonnent. L’ainée travaille cet été (dure existence) et la cadette nous explique sans vergogne que passer 15 jours avec nous comme seuls être humains, au milieu d’un désert de roches et de lave battu par les vents, c’est juste pas possible. Faites des enfants… On cherche un 4x4, on monte le budget. C’est cher… Et là, ma moitié me dit : euh, mais toutes les photos de l’Islande, en vrai, le ciel, il est gris. En quand il est bleu, la photo est accompagnée d’un commentaire du genre : « j’ai eu de la chance », « journée exceptionnelle », « un été exceptionnel aux dires des Islandais », « nous ne verrons pas deux fois le ciel comme ça », « dix minutes après, il pleuvait », « ce furent les 5 minutes de beau temps de nos vacances »… Et il y a beaucoup de vent et puis sérieux, passer l’été en combinaison de ski, bof, bof. Ah, ouais. Pourquoi on n’irait pas en Afrique ?
Tiens, mais quelle bonne idée. Rétrospectivement, on n’a pas eu tort : cet été, l’Islande a accueilli 1 million de touristes, soit trois fois sa population. Retour à l’Afrique : on élimine tous les pays méditerranéens puisque ce n’était pas l’objectif (ça en déjà fait pas mal), ceux qui craignent à cause du terrorisme, de l’insécurité extrême ou des deux (un honnête paquet), ceux à propos desquels notre culpabilité nous interdit encore aujourd’hui d’aller (je pense au Rwanda), ceux où on est déjà allé, ceux qui ressemblent un peu trop à ceux où on est déjà allé et ceux où la saison des pluies tombe en juillet-août. De fil en aiguille, on en retient deux : le Malawi et le Mozambique. Problème pour le second : nous ne parlons pas 3 mots de portugais ça va sérieusement compromettre les rapports humains. Et nous, on aime bien se poser avec les gens qu’on rencontre et tailler le bout de gras. Et puis, on aime bien l’Afrique anglophone… Donc, ce sera le Malawi, entre autres en raison de la présence d’un grand lac africain : nous n’en avions jamais vu. En vrai, on aurait pu et même dû discuter l’Ouganda, mais le Lonely Planet d’Ouganda ou d’Afrique de l’Est n’avaient jamais trop trainé dans nos toilettes, épicentre de la créativité en matière de voyages. Alors voilà pourquoi le Malawi.
Le forum regroupe peu d’informations à propose du Malawi. C’est aussi le cas des autres forums de voyage francophones. Le Malawi n’est pas sur les routes des voyageurs français. Dites simplement à vos amis ou collègues que vous allez au Malawi et leur réponse sera : hein ? C’est où ? En revanche, le Malawi est bien connu des anglophones et notamment des anglais. Au sein du Commonwealth, le Malawi est une forme d’archétype du pays émergeant, et par conséquent l’endroit où se projettent un nombre considérable d’ONG en tout genre, pour le meilleur et pour le pire. Les ressources pour organiser le voyage, c’est sur les sites anglais et sud-africains. Le guide Bradt est, comme bien souvent, de très bon niveau. Je me suis mis à bien apprécier ces guides Bradt, finalement plus détaillés que le Lonely et pas beauf pour un sou (contrairement à tu-sais-qui). Un vol Paris-Amsterdam-Nairobi-Lilongwe sur Kenya Airways. Pas de loueurs de voitures « internationaux » sur place. Quelques petits loueurs, mais pas tant que ça. SS Rent-a-Car retient notre attention. Comme on va faire de la piste, il nous faut un 4x4. Et comme nous ne sommes que deux, nous choisissons un Jimny. Ce fut peut être une erreur car les pistes du Malawi sont vites de mauvaise qualité (sans comparaison avec les gravels namibiennes) et un bon gros Hilux n’aurait pas été du luxe. Disons que, au Malawi, la plupart des routes sont goudronnées. Mais celles qui ne le sont pas sont souvent en mauvais état. Après, les pistes, c’est comme temps, leur condition change vite. Le Jimny, ce fut un peu fatigant pour le dos, les bras, les fesses… Sans compter un peu moins de stabilité. On avait pensé camper et cherché un 4x4 avec rooftop tent, mais ce n’était pas simple à trouver, mais faisable en fin de compte. Quelques hôtels et lodges « clés » sont réservés aux mois de mai et juin. A posteriori, c’était pas trop la peine de s’y prendre bien en avance : beaucoup d’hébergements étaient très vides. Les visas… parlons des visas. Depuis 2015, les français ont besoin d’un visa pour le Malawi, qui a besoin de devises. Normalement, ce visa peut être pris à un post frontière, comme un aéroport international. Je contacte donc le service consulaire de l’ambassade du Malawi à Bruxelles (il n’y en a pas à Paris, preuve des intenses relations diplomatiques entre la France et le Malawi) : ah, mais Mister, il vous faut absooooolument un visa avant votre départ, et ça se fait très simplement par la poste. Mon passeport par la poste ? Ben oui l’ami (notez que la plupart des transporteurs privés refusent de convoyer un passeport. Bon, alors là, je me suis grave dégonflé : j’ai dégainé les euros et suis passé par une boite spécialisé. Pourtant, j’ai fait mes visas pour la Russie (yes), l’I… (re-yes) et la Chine (re-re-yes, mais en fait très simple) tout seul. Mais sérieux, le coup de la poste, je ne le sens pas. Pour info, ça a pris presque trois semaines contre deux annoncées… Ah oui, et pour tout vous dire, à l’arrivée à l’aéroport, de nombreux visiteurs (c’est que nous étions bien dix) faisaient établir leur visa à l’arrivée. Gromfff…
Et voilà à quoi ressemble l’itinéraire que nous envisageons, les horaires ont été calculés sur T4A.

La suite, bientôt...
Retour d'un voyage d'un mois en Nouvelle-Calédonie English translation pending
Voyage effectué en octobre 2013
Vol Paris / Tokyo / Noumea effectué sur AF et Air Calin.
Hébergements achetés via l’agence Caledonia Spirit qui nous a fait bénéficier sur les Iles Loyauté d’une offre promo : 1 nuitée gratuite pour 3 nuits payantes. Air pass 5 coupons (32 250 F) pour les trajets Noumea / Mare, Lifou/Ouvea, Ouvea/Noumea et Noumea/Ile des Pins/Noumea Trajet de Mare à Lifou effectué en bateau avec le Betico2.
Mare : Hébergement à l’hôtel Nengone Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de qualité. Buffet du dimanche avec animation musicale copieux et varié (3 200 F). Dîner en table d’hôte chez Leon Duhnara à 4000 F Randonnée « Terrasses de Shabadran » réservée auprès de Damas Beaurune mais ce n’est plus Damas en personne qui encadre les randonneurs. Il se contente de sous-traiter la tâche à ses enfants… Dans notre cas, c’était sa fille Yvonne (11 ans) qui nous accompagnait (sans avoir apporté de quoi manger ni boire !). Donc, pas de valeur ajoutée de la part du guide (aucune explication sur la flore rencontrée, rien sur l’histoire de l’île… Début du parcours est un peu délicat lorsqu’il faut escalader la paroi. En cas de chute, il se pose donc un réel problème de sécurité (aucune couverture téléphonique dans la zone). Randonnée à ne pas louper mais en toute connaissance de cause.
Lifou : Hébergement à l’hôtel Drehu Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de piètre qualité. Nous préférons prendre les dîners en table d’hôte chez Jeannette Ihage (5300 F). Passage au Nakamal près du club de voile pour boire le kava. Plongées avec le club Wetr Diving dans une eau d’une limpidité extraordinaire. Randonnée intéressante depuis la baignoire naturelle jusqu’aux grottes de Xodre avec un Kanak
Ouvea : Hébergement au Paradis en bungalow royal jardin. Superbe ! A 2 couples, cela revient moins cher que de louer 2 bungalows individuels. Nous n’avons pris aucun repas sur place étant donné le coût et avons préféré le snack Fassy dont la gestion se fait par rotation entre les différentes tribus. Durant notre séjour c’est Marie-Sylvestre qui officiait en cuisine. Les plats proposés étaient très bons et d’excellent rapport qualité/prix (1800 F le crabe et 3600 F la langouste). Plongées avec Mio Palmo difficilement joignable car ne répond pas aux mails et mobile hors service car téléphone volé. Ponctualité très discutable : rendez-vous à 7 h 30 au club pour un départ à 10 h 30. Le moteur du bateau est HS… Marino est donc obligé de louer un bateau de pêcheurs. Cependant, très belles plongées dans le Nord (45 mn de convoyage en voiture) à la Passe du Taureau. Nous n’avons donc absolument pas regretté notre sortie. Sortie Pléïades du Sud avec Maryline sur l’îlot Gee (BBQ de poissons) et arrêt sur le trajet du retour à la nurserie des requins gris. Randonnée Hnimek (passe aux requins) avec Antoine. C’est la randonnée à faire. Antoine est très intéressant.
Grande Terre sous une météo très capricieuse avec les étapes suivantes :
Kone : Hébergement à l’Hôtel Hibiscus en chambre standard. Très petite et mal située (à l’entresol au niveau de la piscine). Mieux vaut choisir une chambre avec vue sur la piscine. Plongées avec le club Gatope Diving annulées pour cause de météo défavorable. Montée au point de vue sur le Cœur de Voh (2 heures A/R). Visite très intéressante de l’ancienne mine de Tiebaghi avec Henri qui en parle avec passion et nous raconte plein d’anecdotes intéressantes. Du coup la visite qui dure en principe 3 heures se termine au bout de 4 heures. Dîner à l’excellente table d’hôte « Chez Kiwi » tenue par une Néo-Zélandaise
Poum : Hébergement au Relais de Poingam. Les hébergements pourtant au même prix ne sont pas de même niveau et nous avons changé nos 2 bungalows individuels contre des bungalows jumelés car l’un était petit et sombre. Cadre très arboré. Plage à 2 pas. Petite piscine d’eau de mer. Restauration d’excellente qualité à un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : 3 300 F comprenant apéritif / entrée / plat / dessert / vin et infusion. Staff et personnel très attentionné. Randonnées jusqu’aux marais salants de Khô.
Hienghène : Hébergement au Koulnoue Village en bungalows. Buffets copieux et variés. Découverte de l’organisation d’une tribu avec Alain (Brousse O’thentik) Plongées avec Babou Ocean
Poindimié : Hébergement au Tieti. Avons été surclassés grâce à l’agence en bungalow plage (au lieu de bungalow jardin) pour compenser les désagréments rencontrés lors des hébergements précédents. Dîner en table d’hôte chez Mo Sa Sa Plongées avec Tieti Diving.
Boulouparis : Hébergement aux Paillotes de la Ouenghi. Visite de la distillerie de niaoulis. Randonnée équestre avec Sarramea Randonnées. Nous avions prévu de faire l’îlot Tenia mais y avons renoncé en raison du coût du transfert exagéré (5500 F) et d’une météo peu engageante. Transversale jusqu’à Thio et arrêt à la plage de Moara où un dugong a pris ses quartiers. Mais le temps ne se prêtant pas à la baignade, nous n’avons pu vérifier sa présence et sommes retournés vers la côte ouest moins humide (Plage de Bourake).
Noumea : Hébergement à l’hôtel Le Pacifique sur Anse Vata. Bien situé (proximité de la plage du Méridien et d’un arrêt de bus et nombreux restaurants). Chambres avec vue sur mer (numéros pairs) à fuir car nuisance de la boîte de Nuit « Le Bilboquet » jusqu’à 3 heures du matin. Visite du Centre Culturel Jean-Marie Jibaou Transversale jusqu’à Yaté et déjeuner au Gîte Gabriel. Retour par la même route car route de Goro / Prony déconseillée en raison des fortes pluies des jours précédents. Plongées avec Iatok Diving à Port Moselle. Excursion au Phare Amédée sur le Mary D.
Ile des Pins : Hébergement au Gîte Nataîwach (réservé par nos soins). Dîners excellents (entrée / plat et dessert) pour 3 600 F Excursion à la piscine naturelle et déjeuner chez Kou-Bougny. Attention : Chez Regis n’assure plus de restauration. Plongées avec Kunie Scuba Center. Excursion sur atoll Nokanhui & Ilot Brosse annulée en raison de la météo. Montée au Pic Nga (1 h 45 A/R) Impossibilité de manger une langouste durant notre séjour sur cette île. Les pêcheurs préférant réserver leur pêche aux croisiéristes car cela leur rapporte plus que de les vendre aux pensions de l’île… Et un bateau était attendu chaque jour durant notre séjour ! On s’est rabattu sur les bulimes (les fameux escargots endémiques de l’île) qui sont délicieux.
Notre ressenti :
Le coût de la vie est hyper élevé ! A titre d’exemples : une entrée ou un dessert (800 à1200 F). Un plat (2 400 à 3 200 F) Une bière (350 à 750 F) L’essence par contre reste du même niveau qu’en Métropole (1 600 F).
Nous avons bien aimé découvrir les Iles Loyauté ainsi que l’Ile des Pins (Véhicule indispensable sur les îles). La côte ouest de Grande Terre n’offre pas beaucoup d’intérêt. Lui préférer la côte Est plus jolie, mais également plus arrosée… Sur les îles, impossibilité de manger si on n’a pas réservé à l’avance (même lorsque l’approvisionnement ne fait pas défaut…). Lorsque il y a un « touché bateau » (c’est l’expression utilisée là-bas), on voit surgir de petits stands proposant restaurations et artisanat. Mais les plages sont également envahies par les croisiéristes (jusqu’à 2 000 personnes sur un bateau).
Plongées intéressantes avec architecture de canyons, de grottes dans une forêt de gorgones.
Faune rencontrée : requins gris, mérous, napoléons, raies mantas, seiche…
Restaurants qui méritent le déplacement sur Noumea : L’Assiette du Cagou / Le Miretti Gascon / Au Petit Café / La Perle d’Eram (une annexe du Black Pearl Coffee de Nouville)
Vol Paris / Tokyo / Noumea effectué sur AF et Air Calin.
Hébergements achetés via l’agence Caledonia Spirit qui nous a fait bénéficier sur les Iles Loyauté d’une offre promo : 1 nuitée gratuite pour 3 nuits payantes. Air pass 5 coupons (32 250 F) pour les trajets Noumea / Mare, Lifou/Ouvea, Ouvea/Noumea et Noumea/Ile des Pins/Noumea Trajet de Mare à Lifou effectué en bateau avec le Betico2.
Mare : Hébergement à l’hôtel Nengone Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de qualité. Buffet du dimanche avec animation musicale copieux et varié (3 200 F). Dîner en table d’hôte chez Leon Duhnara à 4000 F Randonnée « Terrasses de Shabadran » réservée auprès de Damas Beaurune mais ce n’est plus Damas en personne qui encadre les randonneurs. Il se contente de sous-traiter la tâche à ses enfants… Dans notre cas, c’était sa fille Yvonne (11 ans) qui nous accompagnait (sans avoir apporté de quoi manger ni boire !). Donc, pas de valeur ajoutée de la part du guide (aucune explication sur la flore rencontrée, rien sur l’histoire de l’île… Début du parcours est un peu délicat lorsqu’il faut escalader la paroi. En cas de chute, il se pose donc un réel problème de sécurité (aucune couverture téléphonique dans la zone). Randonnée à ne pas louper mais en toute connaissance de cause.
Lifou : Hébergement à l’hôtel Drehu Village en bungalow plage. Très bien. Restauration de piètre qualité. Nous préférons prendre les dîners en table d’hôte chez Jeannette Ihage (5300 F). Passage au Nakamal près du club de voile pour boire le kava. Plongées avec le club Wetr Diving dans une eau d’une limpidité extraordinaire. Randonnée intéressante depuis la baignoire naturelle jusqu’aux grottes de Xodre avec un Kanak
Ouvea : Hébergement au Paradis en bungalow royal jardin. Superbe ! A 2 couples, cela revient moins cher que de louer 2 bungalows individuels. Nous n’avons pris aucun repas sur place étant donné le coût et avons préféré le snack Fassy dont la gestion se fait par rotation entre les différentes tribus. Durant notre séjour c’est Marie-Sylvestre qui officiait en cuisine. Les plats proposés étaient très bons et d’excellent rapport qualité/prix (1800 F le crabe et 3600 F la langouste). Plongées avec Mio Palmo difficilement joignable car ne répond pas aux mails et mobile hors service car téléphone volé. Ponctualité très discutable : rendez-vous à 7 h 30 au club pour un départ à 10 h 30. Le moteur du bateau est HS… Marino est donc obligé de louer un bateau de pêcheurs. Cependant, très belles plongées dans le Nord (45 mn de convoyage en voiture) à la Passe du Taureau. Nous n’avons donc absolument pas regretté notre sortie. Sortie Pléïades du Sud avec Maryline sur l’îlot Gee (BBQ de poissons) et arrêt sur le trajet du retour à la nurserie des requins gris. Randonnée Hnimek (passe aux requins) avec Antoine. C’est la randonnée à faire. Antoine est très intéressant.
Grande Terre sous une météo très capricieuse avec les étapes suivantes :
Kone : Hébergement à l’Hôtel Hibiscus en chambre standard. Très petite et mal située (à l’entresol au niveau de la piscine). Mieux vaut choisir une chambre avec vue sur la piscine. Plongées avec le club Gatope Diving annulées pour cause de météo défavorable. Montée au point de vue sur le Cœur de Voh (2 heures A/R). Visite très intéressante de l’ancienne mine de Tiebaghi avec Henri qui en parle avec passion et nous raconte plein d’anecdotes intéressantes. Du coup la visite qui dure en principe 3 heures se termine au bout de 4 heures. Dîner à l’excellente table d’hôte « Chez Kiwi » tenue par une Néo-Zélandaise
Poum : Hébergement au Relais de Poingam. Les hébergements pourtant au même prix ne sont pas de même niveau et nous avons changé nos 2 bungalows individuels contre des bungalows jumelés car l’un était petit et sombre. Cadre très arboré. Plage à 2 pas. Petite piscine d’eau de mer. Restauration d’excellente qualité à un rapport qualité/prix défiant toute concurrence : 3 300 F comprenant apéritif / entrée / plat / dessert / vin et infusion. Staff et personnel très attentionné. Randonnées jusqu’aux marais salants de Khô.
Hienghène : Hébergement au Koulnoue Village en bungalows. Buffets copieux et variés. Découverte de l’organisation d’une tribu avec Alain (Brousse O’thentik) Plongées avec Babou Ocean
Poindimié : Hébergement au Tieti. Avons été surclassés grâce à l’agence en bungalow plage (au lieu de bungalow jardin) pour compenser les désagréments rencontrés lors des hébergements précédents. Dîner en table d’hôte chez Mo Sa Sa Plongées avec Tieti Diving.
Boulouparis : Hébergement aux Paillotes de la Ouenghi. Visite de la distillerie de niaoulis. Randonnée équestre avec Sarramea Randonnées. Nous avions prévu de faire l’îlot Tenia mais y avons renoncé en raison du coût du transfert exagéré (5500 F) et d’une météo peu engageante. Transversale jusqu’à Thio et arrêt à la plage de Moara où un dugong a pris ses quartiers. Mais le temps ne se prêtant pas à la baignade, nous n’avons pu vérifier sa présence et sommes retournés vers la côte ouest moins humide (Plage de Bourake).
Noumea : Hébergement à l’hôtel Le Pacifique sur Anse Vata. Bien situé (proximité de la plage du Méridien et d’un arrêt de bus et nombreux restaurants). Chambres avec vue sur mer (numéros pairs) à fuir car nuisance de la boîte de Nuit « Le Bilboquet » jusqu’à 3 heures du matin. Visite du Centre Culturel Jean-Marie Jibaou Transversale jusqu’à Yaté et déjeuner au Gîte Gabriel. Retour par la même route car route de Goro / Prony déconseillée en raison des fortes pluies des jours précédents. Plongées avec Iatok Diving à Port Moselle. Excursion au Phare Amédée sur le Mary D.
Ile des Pins : Hébergement au Gîte Nataîwach (réservé par nos soins). Dîners excellents (entrée / plat et dessert) pour 3 600 F Excursion à la piscine naturelle et déjeuner chez Kou-Bougny. Attention : Chez Regis n’assure plus de restauration. Plongées avec Kunie Scuba Center. Excursion sur atoll Nokanhui & Ilot Brosse annulée en raison de la météo. Montée au Pic Nga (1 h 45 A/R) Impossibilité de manger une langouste durant notre séjour sur cette île. Les pêcheurs préférant réserver leur pêche aux croisiéristes car cela leur rapporte plus que de les vendre aux pensions de l’île… Et un bateau était attendu chaque jour durant notre séjour ! On s’est rabattu sur les bulimes (les fameux escargots endémiques de l’île) qui sont délicieux.
Notre ressenti :
Le coût de la vie est hyper élevé ! A titre d’exemples : une entrée ou un dessert (800 à1200 F). Un plat (2 400 à 3 200 F) Une bière (350 à 750 F) L’essence par contre reste du même niveau qu’en Métropole (1 600 F).
Nous avons bien aimé découvrir les Iles Loyauté ainsi que l’Ile des Pins (Véhicule indispensable sur les îles). La côte ouest de Grande Terre n’offre pas beaucoup d’intérêt. Lui préférer la côte Est plus jolie, mais également plus arrosée… Sur les îles, impossibilité de manger si on n’a pas réservé à l’avance (même lorsque l’approvisionnement ne fait pas défaut…). Lorsque il y a un « touché bateau » (c’est l’expression utilisée là-bas), on voit surgir de petits stands proposant restaurations et artisanat. Mais les plages sont également envahies par les croisiéristes (jusqu’à 2 000 personnes sur un bateau).
Plongées intéressantes avec architecture de canyons, de grottes dans une forêt de gorgones.
Faune rencontrée : requins gris, mérous, napoléons, raies mantas, seiche…
Restaurants qui méritent le déplacement sur Noumea : L’Assiette du Cagou / Le Miretti Gascon / Au Petit Café / La Perle d’Eram (une annexe du Black Pearl Coffee de Nouville)
Chroniques d'un été en Chine (2013) English translation pending
Avant-propos :
Pour ceux qui n’ont pas suivi sur voyageforum mon récit sur mon voyage au Gansu l’année dernière et ma préparation de voyage depuis 3 mois, je me présente rapidement ainsi que mon voyage : j’ai 61 ans, des difficultés dans les escaliers (arthrose aux genoux), je voyage en Chine pour la quatrième fois, seule cette année. Mais je ne parle toujours pas chinois sauf quelques mots. Grâce à un avancement j’ai mis un peu d’argent de côté pour financer ce voyage et j’ai obtenu un visa double entrée : deux fois trente jours, avec sortie à Hong Kong au bout des premiers 30 jours.
Je vais essayer de donner des renseignements pratiques tout au long de mon voyage (hôtels, transports, horaires, prix) mais il ne s’agira pas d’un voyage à prix minimum, je m’en excuse pour les VFistes routards. Quand je peux je prends en général des hôtels aux alentours de 300 yuans la chambre (entre 35 et 40 €), pas un lit en dortoir, sauf à HK malheureusement où les prix sont beaucoup plus élevés. Pour les transports aucun vol intérieur : train, bus et voiture louée ou taxi quand ça permet d’aller facilement dans des endroits peu accessibles autrement, là les dépassements de budget sont vites arrivés. J’aurais aimé ne pas dépasser 100 € par jour en moyenne, mais voyageant seule et avec les augmentations de prix en Chine ça va être difficile je crois.
J’ai déjà réservé sur internet (booking.com ou ctrip.com) une bonne partie de mes hébergements. J’ai préparé à l’avance les trajets en train à l’aide de cnvol.com mais ai découvert récemment que chinahighlights donne aussi la disponibilité de places(attention c’est vite complet sur certaines lignes en été) et j’ai réservé mes places à l’avance pour les trois premiers trajets à l’aide d’une agence australienne (adresse en MP ou adressez-vous à Jackfack qui me l’a communiquée, si j’ai des problèmes d’internet, ce qui est le cas en ce moment).
J’emmène pour la première fois un ordinateur dans ce voyage, car j’ai vraiment eu des difficultés à trouver des cafés internet l’année dernière en Chine et lors de notre voyage sur la route de la soie, une petite minorité de nos hôtels mettaient des ordinateurs à disposition de leurs clients. Quant aux imprimantes, il nous a fallu attendre le 40ème jour de notre voyage environ pour en trouver une en bon état de fonctionnement (pour imprimer les réservations d’hôtels). Mais je ne suis pas au top de la technique, notamment pour me connecter facilement à l’internet de chaque hôtel ou pour passer des photos de mon appareil photo au voyageforum.
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitué petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Ma traversée de la Chine en 30 jours, du Sud vers le Nord English translation pending
Bonjour à tous et toutes.
Je publie mon premier carnet de voyage sur voyageforum, et j'ai choisi la Chine. Je m'essaie à cette épreuve sans aucune expérience de l'écriture. Je possède une page facebook (page publique et accessible en signature si vous voulez suivre tous mes autres voyages), mais le format facebook, c'est beaucoup d'images et peu de texte (bien que parfois j'essaie de faire des commentaires fournis), c'est le format moderne, on consomme très vite, il faut que ça "parle" immédiatement...
Avec ce carnet, je change donc de format, à savoir beaucoup de texte et peu d'images. J'ai réalisé cette traversée de la Chine en Juin 2016, et j'ai commencé à écrire ce carnet début Avril 2017 aidé par mes photographies qui ont ravivé mes souvenirs. Ne vous attendez pas à un carnet style "compte rendu d'agence de voyage" avec les détails de tous les repas, les horaires des bus et compte rendu sur le confort de la chambre d'hôtel... Il y en aura peut-être un peu de temps en temps, mais ce sont juste mes souvenirs que j'essaie de coucher sur papier. De même certaines journées seront bien développées, alors que d'autres seront vite expédiées. Ben oui, certains jours il ne s'est rien passé de bien intéressant dans mon voyage, en tout cas rien qui justifie que je le détaille sur ce carnet. D'autres journées pourront vous paraître sans intérêt particulier (les journées "d'organisations" par exemple), mais elles font partie à part entière de mon voyage. N'hésitez pas à mettre tous vos commentaires, qu'ils soient bons ou franchement mauvais, je suis ouvert à toutes les réflexions et promis, je ne me vexerais pas si on me dit que j'écris comme un pied ou que ma prose est soporifique!
Contexte du récit: Je m'appelle Denis, je suis un homme voyageant seul, 40 ans révolus au moment des faits, et j'ai quitté mon travail, rendu mon logement, vendu voiture, moto et des tonnes de choses qui composaient mon confort quotidien pour partir "à l'aventure" autour du monde sans date de retour précise... Bref j'ai laissé une vie tranquille et aisée pour m'en aller voir le Monde. Je voyage en "mode backpacker", c'est à dire de manière autonome, la plus économique possible, et sans réelle planification. Je n'avais d'ailleurs pas choisi d'aller en Chine au départ, je pensais plutôt aller en Indonésie et Australie après 6 mois passés en Inde et en Asie du sud-est (le grand classique des voyageurs au long cours!!). Et puis, à cause d'une pensée insignifiante, tout un enchaînement s'est produit dans mon esprit et j'ai finalement radicalement changé mes plans, j'ai bifurqué vers le nord depuis le Vietnam en direction de la Mongolie, et, la Chine étant sur la route, je me suis dit: "Après tout, pourquoi pas?..." C'est parti, je me lance....
Jeudi 2 Juin:
Ce carnet ne commence pas en Chine ou même dans un quelconque aéroport à attendre un vol vers l'empire du milieu, mais au Vietnam, à Hanoi.
Je suis content.
J'ai récupéré hier mon passeport à l'ambassade de Chine, et ô soulagement, il y avait à l'intérieur un visa valide de 30 jours! Ouf! Pourquoi ouf? Tout simplement car je n'étais vraiment pas sûr d'obtenir mon visa. En effet, si on s'en tient à l'ambassade de France, il n'est pas possible d'obtenir un visa chinois à Hanoi (info obsolète et fausse) mais si on écoute tout ce que dit le ministère des affaires étrangères, on ne voyage pas et on reste cloîtré chez soi, mais c'est un autre sujet! Pareil pour les agences à Hanoï: Visa chinois pour un français? Non, trop difficile à avoir selon les unes; oui, mais c'est cher et pas garanti selon les autres....
Bref, n'étant jamais mieux servi que par soi-même, j'ai fait les démarches tout seul et j'ai obtenu mon visa en temps et en heure! Je passerai sur les détails et la montagne de paperasse et de justificatifs nécessaires, mais je dois avouer que j'étais vraiment soulagé quand j'ai ouvert mon passeport et que j'ai vu le visa collé à l'intérieur... Donc je suis content, je suis à mon hôtel à Hanoï, il est 15h, dans une demi-heure je prends un bus pour Lao Cai, ville frontière où je dormirai cette nuit avant de passer demain matin en Chine, il était temps car demain c'est mon dernier jour autorisé au Vietnam!
Sauf que à 16h, puis 16h20, puis 16h45 toujours pas de bus... Le réceptionniste de l'hôtel (à qui j'ai acheté le billet de bus) m'annonce tout penaud après plusieurs coups de fils qu'il y a eu un "empêchement", que je ne peux pas prendre mon bus mais qu'il m'a réservé une place dans le bus du lendemain à la même heure et que pour se faire pardonner il m'offre la nuit d'hôtel... Je ne suis pas encore parti en Chine que déjà ça commence bien....
J'explique alors fermement, mais poliment (mais fermement!) au réceptionniste et à son patron qui l'a rejoint que je ne peux pas attendre un jour de plus, que mon visa vietnamien expire demain, que je dois absolument partir ce soir pour Lao Cai et vu que je lui ai acheté le billet il y a une semaine (une preuve de sortie du territoire vietnamien était nécessaire pour obtenir le visa Chinois, ne me demandez pas pourquoi: si je demande un visa pour aller en Chine, c'est bien que j'ai l'intention de partir du Vietnam, enfin il me semble...), je ne comprends pas cette annulation. Enfin si, je la comprends très bien c'est du surbooking classique...
Bref, après moult négociations et coups de fil, me voici embarqué à 21h dans un bus de nuit pour Sa Pa, avec l'assurance qu'il me laissera à Lao Cai aux environs de 5h du matin...
Mon œil!!
Comme je le craignais, le chauffeur du bus me jette à l'embranchement de la route de Sa Pa et de Lao Cai à 2h du matin et ne daigne même pas faire le très long détour de 4 km pour me laisser au centre-ville....
Bref, je fais un heureux: un chauffeur de taxi qui attendait là et n'espérait plus voir quelqu'un au milieu de la nuit! Ignorant ses sollicitations pour me conduire à "son" hôtel, je lui demande de m'emmener le plus près possible du poste frontière, et lui indique que je me débrouillerai ensuite. Effectivement, le gus me laisse 5 minutes plus tard devant l'entrée d'un bel hôtel qu'il me montre avec insistance... Mais un simple coup d'œil m'indique rapidement que le standing de cet hôtel est bien supérieur au standing de mon portefeuille!
Je remercie le chauffeur de taxi et je repère une terrasse de restaurant couverte par un auvent et avec un grand escalier en bois à plusieurs volées qui m'a l'air bien excentré et à l'abri des regards. Je n'ai aucune envie de chercher d'autres hôtels pour un résultat incertain, je vais donc terminer ma nuit ici, il ne fait pas froid, il fait même bon. Et puis j'ai réussi à dormir un peu dans le bus, même si tous ceux qui connaissent le standard des bus de nuit vietnamiens pourront confirmer que les couchettes ne sont pas, mais alors vraiment pas du tout adaptées à mon mètre 87 et mes 100 kgs!! De plus, demain je serais prêt à partir: le restaurant est situé pile en face du poste frontière vietnamien!
Que demande le peuple?
Un lit....
Vendredi 3 Juin
Quelque chose gratte ma chaussure et me réveille.
Un rat!!!!
Un coup de pied réflexe le fait fuir et je me relève. Le soleil vient de se lever, j'ai mal dormi (comment pouvait-il en être autrement?) et un coup d'œil aux alentours me montre que l'activité a déjà bien commencé: une petite foule attend déjà l'ouverture, prête à se ruer côté chinois. Pour l'instant des barrières empêchent l'accès au pont qui enjambe la rivière rouge, qui sert de frontière naturelle entre les 2 pays.

Il me reste un peu d'eau, je me débarbouille vite fait pour essayer de masquer ma tête de "celui qui a très mal dormi" et je vais m'installer avec les personnes déjà présentes devant le bâtiment des douanes et qui attendent l'ouverture des portes prévue à 8h pétantes.
Un jeune Viet changeur de monnaie au noir m'aborde et me proposant de me racheter mes derniers dongs avec des yuans. Il me reste environ l'équivalent d'une quinzaine de dollars, je lui demande son prix et après un rapide calcul (j'avais vérifié les taux la veille), je m'aperçois qu'il se prend plus de 15% de commission (!) et je lui signifie que je ne suis pas intéressé à ce prix. L'ouverture des portes approchant, il revient régulièrement à la charge avec un prix qui baisse tout aussi régulièrement. Finalement, alors que les portes se sont ouvertes et que la file avance (et moi avec), j'arrive finalement à négocier une petite com' de 5% pour lui que je trouve bien plus honnête. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me fais remettre les billets de 5 yuans un par un dans ma main que je recompte au fur et à mesure pour éviter les tours de passe-passe, puis je prends mes billets, assez content de moi. Tiens, il me semblait qu'il y avait la tête de Mao sur tous les billets chinois... Ceux-là ne l'ont pas, bizarre... "Chinese money??" demandai-je à 2 ou 3 personnes dans la file, et leur réponse positive me rassure.
Le passage au poste frontière fut très rapide, tant du côté vietnamien que du côté chinois, et en moins d'un quart d'heure, je suis passé à Hékou en Chine avec un "Welcome to China!" accompagné d'un large sourire de l'officier d'immigration! Il est 8h30 et il me reste toute la journée pour aller à Yuanyang, ma première destination.
Vous connaissez l'application MAPS.ME pour smartphone? C'est une application fantastique. C'est un peu l'équivalent de google maps, mais surtout ça marche hors ligne, sans aucun réseau ni aucune connection à internet! Il suffit juste de télécharger les cartes à l'avance lorsqu'on a par exemple une connection wi-fi et c'est tout! Grace à MAPS.ME, je sais qu'il y a un distributeur de billets de la Bank of China à 450 m sur la 4ème rue à gauche, et je sais que la station des bus se situe à un peu plus de 4 km au nord de la ville. De plus tous les noms de lieu sont écrits en anglais et en chinois, ce qui me simplifiera énormément la vie pour la suite de mon voyage: en cas de difficultés de compréhension, je n'aurais qu'à montrer mon écran et la ville, le lieu ou la rue et l'adresse où je veux aller pour débloquer bien des situations!
Dans le même ordre d'idée, j'ai aussi téléchargé un petit dictionnaire franco-mandarin qui me sera très utile. Beaucoup de chinois (surtout ceux travaillant dans le tourisme en fait!) ont également ce genre d'appli sur leur smartphone (mandarin-anglais), et la barrière de la langue s'estompe alors très fortement! C'est fou ce que la technologie change les choses! Je pense que cela devait être sinon plus difficile, du moins beaucoup plus long de se faire comprendre ne serait-ce que quelques années en arrière! Il n'y a pas à dire, c'est vraiment extrêmement facile de voyager partout dans le monde à l'heure actuelle...
Revenons à Hékou où je prends un taxi qui me conduit à la gare routière pour la somme raisonnable de 10 yuans (env. 1,40 euros). Au moment de payer, je donne 2 billets de 5 au chauffeur qui les refuse en me demandant 10. "C'est bien 10 yuans" lui dis-je en montrant le chiffre 5 sur les 2 billets -No no, mao, mao! me rétorque-t’il. Puis il sort de son portefeuille un billet de 10 yuans et me lance un "Kuai, kuai OK!!" en me faisant comprendre que ce sont ces billets là qu'il veut. Je réalise à cet instant que mon petit changeur à la sauvette m'a bien eu. Il m'a bien refilé de la vraie monnaie chinoise, mais ce sont des "jiaos" ("mao" dans le langage courant), et il faut 10 jiaos pour faire un yuan (un "kuai" dans ce même langage courant)... Je pensais être un vrai baroudeur aguerri du style "les petites arnaques à 2 balles on me les fait pas à moi", et bien si, on me la fait et bien comme il faut!! Il a bien du rigoler après coup mon petit changeur à la sauvette!!... Bref, mon égo en prend un coup de s'être fait posséder de manière si grossière, mais finalement au bout de 5 secondes je prends ça avec le sourire, tout en me promettant intérieurement que c'est la dernière fois que je me fais avoir.... Je paye le chauffeur de taxi avec un billet de 100 yuans fraîchement sorti quelques minutes plus tôt du distributeur et me dirige vers les guichets de la gare routière.
La préposée aux tickets de bus parlant quelques mots d'anglais, c'est sans problèmes que je me retrouve assis dans le bus pour Yuanyang qui décolle à 10 h précises! Arrivée prévue entre 13 et 14 h, c'est parfait!
C'est un bus local et ça se voit...

Il y a des seaux dans l'allée, et je ne vois pas pourquoi. En fait, je comprendrai très vite après le départ: les chinois (et les chinoises!) ont la très mauvais habitude de cracher bruyamment par terre, et ces seaux sont là pour récupérer les glaviots... Même en Inde où les hommes crachent leur bétel d'un rouge immonde dans la rue, ils arrivent à se retenir et à ne pas cracher dans les bus... Ici ce n'est visiblement pas le cas! Beurk, bienvenue en Chine!
Alors que le trajet se déroule sans encombre pour la plupart des passagers, il n'en est pas de même pour moi... Un courant d'air frais ainsi que (je pense) mon repas de la veille commencent à remuer mes entrailles... Très vite il va falloir que j'aille me soulager... Je profite donc pour étrenner ma jolie appli sur mon smartphone et je lance la traduction de "WC urgent s'il vous plait" et la montre au chauffeur qui n'a pas l'air de comprendre, ainsi que d'autres passagers... Je tente donc "malade ventre WC" (mon appli est basique et ne peut traduire que des mots et pas des phrases)... Toujours pas de résultats et l'incompréhension est visible chez mes interlocuteurs...
Je me résous donc à adopter la bonne vieille méthode du langage des signes: je sors un rouleau de PQ de mon sac à dos, je vais voir le chauffeur en me tenant le ventre de la main gauche, en lui montrant de rouleau de la main droite et lui demande en faisant une belle grimace: "STOP PLEASE!!!" Le chauffeur éclate alors de rire (rapidement suivi par le reste des passagers), puis s'arrête 200 m plus loin en me montrant un buisson derrière lequel je cours me soulager. Finalement la technologie a ses limites dans la communication, et rien ne vaut les vieux trucs éprouvés pour se faire comprendre!
Après ce passage très glamour, mon bus arrive à Yuanyang. Mais ce n'est pas ma destination finale, la ville est dans une vallée, je dois prendre un autre bus pour accéder aux rizières et à leurs villages, situés tout la haut sur les montagnes à plus de 2000 m d'altitude. Visiblement les employés de la gare routière doivent avoir l'habitude de voir débarquer des occidentaux qui veulent aller voir les rizières, car je me retrouve très rapidement dans un minibus juste après avoir prononcé les mots "Yuanyang rice fields"! Ça monte et ça tourne beaucoup jusqu'au village, dans le brouillard et la pluie!
A ma descente de car, un petit bout de femme se précipite sur moi (c'est le mot juste) en me criant des "taxi, taxi!!! Hôtel!!! Hôtel!!!" tout en me montrant sa voiture flambant neuve. Je lui montre l'adresse de mon hôtel (réservé sur booking) et m'annonce un prix de 20 yuans (env 2.80 euros), proposition que j'accepte, ayant auparavant appris grâce à MAPS.ME que mon hôtel se situait dans un autre village distant d'une bonne dizaine de km.
Nouvelle parenthèse scatologique, mes intestins me tortillant à nouveau. J'aurais pu vous épargner ce passage mais finalement non, je me suis dit que ça faisait partie du voyage et de ses... découvertes! Suite à ma demande expresse (j'ai gagné du temps cette fois ci en lui montrant directement mon rouleau de PQ), Mya (puisque c'est son nom) m'indique les toilettes publiques, situées de l'autre côté du parking des bus.
Et là, j'ai cru que j'allais vomir...
Je pensais avoir tout vu en Inde et au Népal en matière d'insalubrité et de manque d'hygiène, mais je me trompais...
Les toilettes publiques du village, c'est 4 murs en briques recouverts d'un toit en tôle. Le sol est entièrement bétonné, et est traversé en son centre par une tranchée en pente d'une quarantaine de cm de large et d'environ un mètre de profondeur. C'est tout. Tout le monde s'accroupit à la queue-leu-leu et se soulage ainsi au vu de tous les autres, aucune cloison, aucune intimité... La tranchée doit être lavée quand le responsable doit la juger trop "pleine", mais visiblement, cela n'a pas été fait depuis longtemps... Au dégoût visuel s'ajoute une odeur absolument écœurante qui me fait hésiter quelques secondes avant de rentrer, mais l'envie est trop forte et je vais rejoindre les 2 chinois déjà en place, non sans avoir pris une grande inspiration avant de passer la porte! Je ressors de cet enfer pour m'apercevoir qu'il pleut des cordes! Le temps de faire les 50 mètres qui me séparent de la voiture de Mya et je suis trempé!!
P***** c'est quoi ce pays?!?!!!!
Il est 4 h de l'après-midi, et pour l'instant depuis hier mes premiers pas en Chine ne sont pas ce qu'on peut appeler un promenade de santé! Je ne suis pas difficile et les voyages "à la roots" ne m'effraient pas, mais là c'est quand même pas mal! Si le reste du pays et du voyage est du même tonneau, je sens que je vais me plaire ici!
Heureusement, les galères vont s'arrêter là, et dans sa grande bonté, le Dieu protecteur des voyageurs (s’il existe) va maintenant inverser la tendance pour ramener un peu d'équilibre!
Tout d'abord je m'aperçois que Mya a embarqué d'autres touristes dans son "taxi": 2 femmes et un petit garçon d'environ 4-5 ans. Nous faisons rapidement connaissance puisque tout comme moi, elles sont Françaises. Cool, ça me remonte un peu le moral de rencontrer des compatriotes! Stéphanie voyage avec sa maman et son fils pour une quinzaine de jours dans le Yunnan et à Shangai. Mais surtout Stéphanie a vécu et travaillé 5 ans en Chine et parle couramment le chinois. Et ça, c'est un avantage considérable!
Pendant le trajet, Stéphanie discute avec Mya, et elle nous apprend qu'il faut d'abord acheter un pass de 100 Yuans (env. 14 euros) pour visiter les rizières. Enfin, techniquement c'est pour avoir accès à tous les points de vue, points de vue qui ont été équipés de barrières à péage depuis que le lieu a été inscrit au patrimoine de l'UNESCO, ils ne perdent pas le Nord ces Chinois! Mya nous informe également que des navettes font régulièrement la liaison entre tous les points de vue, mais elle se propose de nous guider avec sa voiture pour 400 yuans la journée. Stéphanie arrive à négocier 300 yuans (soit 100 yuans chacun) et nous disons banco pour demain.
Finalement, ce sera bien mieux de visiter avec une "locale" à notre rythme, et surtout avec Stéphanie qui enlève complètement la barrière de la langue. Mya me dépose à mon hôtel (le K2 youth hostel) que j'avais pris soin de réserver au préalable sur booking afin de ne pas m'em.... bêter à chercher sur place pour cette première journée. RDV est pris pour le lendemain 8 h devant l'hôtel.
Première bonne surprise: l'hôtel est tout neuf et très clean. Le petit jeune réceptionniste parle suffisamment anglais pour que nous nous comprenions correctement et il me montre le lit dans le dortoir que j'ai réservé. Nouvelle bonne surprise: je suis tout seul dans l'hôtel et j'aurais la chambre entière pour moi, coooool!!! De plus, le dortoir possède une grande baie vitrée qui donne sur une magnifique vue de la vallée et des rizières, d'autant plus que la pluie a disparu et que le soleil est revenu!

Que rajouter? Un très bon repas préparé à l'hôtel même: une succulente et copieuse assiette de fried rice (oui je dois penser à mon estomac!) avec divers légumes et morceaux de poulets me revigore.
Ouf! Cette fois ci, l'entrée en matière est terminée, il est temps de songer à découvrir la Chine dès demain!
Samedi 4 Juin
Comme prévu, Mya me récupère ce matin à 8 h et nous partons pour une journée qui s’avérera magnifique.
Autant la veille nous avons eu de la pluie et du brouillard, autant aujourd'hui nous bénéficierons d'un temps bien ensoleillé dans l'ensemble. Mya nous confirme que nous avons de la chance sur la météo, car cela faisait plusieurs jours qu'il pleuvait. Et le temps redeviendra maussade dès le lendemain.
La majorité des touristes viennent ici en Novembre Décembre, quand les rizières n'ont pas de plants de riz et sont uniquement remplies d'eau, ce qui donne alors aux paysages des allures fantastiques de miroirs en escaliers. En Juin, les rizières sont vertes, mais cela n'enlève rien à leur beauté selon moi. Les rizières sont étagées en escaliers sur plus de 1000 m de dénivelé et sur des milliers d'hectares!

Le travail pour façonner et modeler ainsi la montagne a dû être colossal! Il a été effectué au cours des siècles par les hanis qui vivent ici. L'entretien de ces rizières est tout aussi fastidieux et nous restons admiratifs face aux explications données par Mya. Mya nous emmène bien entendu aux plus beaux points de vue, mais elle nous fait aussi découvrir des petits villages et nous promène jusqu'au milieu même des rizières.

Dans un de ces villages, nous sommes invités à visiter une maison traditionnelle Hani, mais entièrement reconstruite avec tout le confort moderne. En effet, la culture du riz est difficile et il ne se vend pas plus cher parce qu'il vient de Yuanyuang. Du coup, beaucoup de jeunes préfèrent se tourner vers le tourisme qui explose (et qui rapporte bien plus!) et de construire des hôtels ou guest-houses bien laids en béton gris, ou alors aller chercher des opportunités de travail en ville, à Kunming... Le gouvernement local a donc lancé un projet de rénovation des habitats traditionnels en partie pour essayer de retenir les paysans producteurs de riz, et aussi pour donner une "vitrine" à la vue des touristes.

Coup de chance (?), l'architecte responsable du projet est justement dans cette maison aujourd'hui et nous explique l'ordonnancement et l'aménagement intérieur des maisons Hanis autour d'un très bon café que nous avons commandé à la maitresse de maison (qui fait aussi restaurant, mais nous n'avons pas prévenu). Très honnêtement, je n'ai pas retenu grand-chose des explications de l'architecte et de la visite de la maison, car au moment de partir, j'ai demandé combien coutaient les 3 cafés que nous avions commandés, et la réponse de notre hôte me surprend: "One hundred and forty, please".
On se regarde avec Stéphanie, puis elle pose la même question en chinois, histoire d'éviter les malentendus... "Non non, me confirme-elle. C'est bien 140 yuans".
Soit 20 euros pour 3 cafés...
On paye avec le sourire (juste de façade le sourire hein!) vu que tout le monde sourit (sauf nous qui avons été "un poil" surpris du prix), puis nous sortons pour continuer notre promenade dans les rizières en se félicitant de n'avoir pas réservé le repas ici! Bref, cette anecdote est vite oubliée et nous reprenons notre route à travers ces superbes paysages!

Ne voulant pas dépenser des cent et des mille pour le repas de midi, nous demandons à Mya de nous indiquer une gargote locale. Elle nous emmène alors dans un petit boui-boui en nous demandant si nous aimons le buffle. Nous sommes OK pour tester, et nous voici attablés sur des chaises en plastique avec des paysans chinois qui nous regardent amusés en se demandant ce que nous sommes venus faire dans cet endroit, alors qu'il y a tellement de restaurants pour touristes sur les routes principales!! Stéphanie demande alors s’il y a du buffle à manger, mais plusieurs réponses affirmatives ne la rassurent qu'à moitié, et elle demande à la cuisinière de s'approcher pour regarder à l'intérieur de la marmite. Elle revient alors vers nous avec une petite moue et nous annonce que ce qu'on s'apprête à nous servir est bien du buffle, mais des tripes de buffle bouillies!! Et des tripes entières en plus... Ce n'est franchement pas appétissant et nous nous rabattons au dernier moment sur du porc plus classique et pas spécialement mauvais! Pas facile de manger avec des baguettes! J'avais pu m'entraîner un peu au Vietnam, mais là, plus question de demander une fourchette si je n'y arrive pas...
La journée se poursuit ainsi entre magnifiques points de vue officiels qui dominent des vallées encaissées donc les flancs sont recouverts de rizières et promenades au sein de charmants villages et de leurs habitants.

J'ai beaucoup aimé Yuanyuang et j'en ai gardé un bon souvenir.
Tout d'abord parce que c'est la première fois que je voyais des rizières en terrasses aussi gigantesques. J'en avais bien vues quelques-unes au Népal au départ du trek des Annapurnas, mais là on est dans une tout autre échelle! J'aurais pu en voir à Sa Pa au Vietnam, mais la pluie et le brouillard en ont décidé autrement... Ces paysages sont vraiment magnifiques, encore mieux que les photos de rizières en terrasse qui ornaient mes livres de géographie au collège...
Ensuite c'était ma première étape en Chine, ma première étape dans un nouveau pays. Comme je voyage au long cours, les 2-3 premiers jours qui suivent un changement de pays ont une saveur particulière: il faut s'adapter à un nouvel environnement, à une nouvelle langue, à une nouvelle monnaie, à une nouvelle organisation, à une nouvelle manière de vivre et une nouvelle "ambiance", c'est un sentiment que j'attends et que j'apprécie à chaque passage de frontière, et qui fait un des nombreux charmes de mon voyage...
Pour ce soir, j'indique à Mya que je compte me rendre demain à Kunming et elle me répond qu'il y a un bus direct qui part à 9h30. Stéphanie et sa maman ont la même destination que moi, rendez-vous est donc pris pour le lendemain avec Mya qui nous conduira jusqu'à la station de bus!
Pour l'heure, nous finissons la visite de ces très belles rizières et ces superbes paysages avant que le soleil déclinant nous indique qu'il est l'heure de rentrer!




Je publie mon premier carnet de voyage sur voyageforum, et j'ai choisi la Chine. Je m'essaie à cette épreuve sans aucune expérience de l'écriture. Je possède une page facebook (page publique et accessible en signature si vous voulez suivre tous mes autres voyages), mais le format facebook, c'est beaucoup d'images et peu de texte (bien que parfois j'essaie de faire des commentaires fournis), c'est le format moderne, on consomme très vite, il faut que ça "parle" immédiatement...
Avec ce carnet, je change donc de format, à savoir beaucoup de texte et peu d'images. J'ai réalisé cette traversée de la Chine en Juin 2016, et j'ai commencé à écrire ce carnet début Avril 2017 aidé par mes photographies qui ont ravivé mes souvenirs. Ne vous attendez pas à un carnet style "compte rendu d'agence de voyage" avec les détails de tous les repas, les horaires des bus et compte rendu sur le confort de la chambre d'hôtel... Il y en aura peut-être un peu de temps en temps, mais ce sont juste mes souvenirs que j'essaie de coucher sur papier. De même certaines journées seront bien développées, alors que d'autres seront vite expédiées. Ben oui, certains jours il ne s'est rien passé de bien intéressant dans mon voyage, en tout cas rien qui justifie que je le détaille sur ce carnet. D'autres journées pourront vous paraître sans intérêt particulier (les journées "d'organisations" par exemple), mais elles font partie à part entière de mon voyage. N'hésitez pas à mettre tous vos commentaires, qu'ils soient bons ou franchement mauvais, je suis ouvert à toutes les réflexions et promis, je ne me vexerais pas si on me dit que j'écris comme un pied ou que ma prose est soporifique!
Contexte du récit: Je m'appelle Denis, je suis un homme voyageant seul, 40 ans révolus au moment des faits, et j'ai quitté mon travail, rendu mon logement, vendu voiture, moto et des tonnes de choses qui composaient mon confort quotidien pour partir "à l'aventure" autour du monde sans date de retour précise... Bref j'ai laissé une vie tranquille et aisée pour m'en aller voir le Monde. Je voyage en "mode backpacker", c'est à dire de manière autonome, la plus économique possible, et sans réelle planification. Je n'avais d'ailleurs pas choisi d'aller en Chine au départ, je pensais plutôt aller en Indonésie et Australie après 6 mois passés en Inde et en Asie du sud-est (le grand classique des voyageurs au long cours!!). Et puis, à cause d'une pensée insignifiante, tout un enchaînement s'est produit dans mon esprit et j'ai finalement radicalement changé mes plans, j'ai bifurqué vers le nord depuis le Vietnam en direction de la Mongolie, et, la Chine étant sur la route, je me suis dit: "Après tout, pourquoi pas?..." C'est parti, je me lance....
Jeudi 2 Juin:
Ce carnet ne commence pas en Chine ou même dans un quelconque aéroport à attendre un vol vers l'empire du milieu, mais au Vietnam, à Hanoi.
Je suis content.
J'ai récupéré hier mon passeport à l'ambassade de Chine, et ô soulagement, il y avait à l'intérieur un visa valide de 30 jours! Ouf! Pourquoi ouf? Tout simplement car je n'étais vraiment pas sûr d'obtenir mon visa. En effet, si on s'en tient à l'ambassade de France, il n'est pas possible d'obtenir un visa chinois à Hanoi (info obsolète et fausse) mais si on écoute tout ce que dit le ministère des affaires étrangères, on ne voyage pas et on reste cloîtré chez soi, mais c'est un autre sujet! Pareil pour les agences à Hanoï: Visa chinois pour un français? Non, trop difficile à avoir selon les unes; oui, mais c'est cher et pas garanti selon les autres....
Bref, n'étant jamais mieux servi que par soi-même, j'ai fait les démarches tout seul et j'ai obtenu mon visa en temps et en heure! Je passerai sur les détails et la montagne de paperasse et de justificatifs nécessaires, mais je dois avouer que j'étais vraiment soulagé quand j'ai ouvert mon passeport et que j'ai vu le visa collé à l'intérieur... Donc je suis content, je suis à mon hôtel à Hanoï, il est 15h, dans une demi-heure je prends un bus pour Lao Cai, ville frontière où je dormirai cette nuit avant de passer demain matin en Chine, il était temps car demain c'est mon dernier jour autorisé au Vietnam!
Sauf que à 16h, puis 16h20, puis 16h45 toujours pas de bus... Le réceptionniste de l'hôtel (à qui j'ai acheté le billet de bus) m'annonce tout penaud après plusieurs coups de fils qu'il y a eu un "empêchement", que je ne peux pas prendre mon bus mais qu'il m'a réservé une place dans le bus du lendemain à la même heure et que pour se faire pardonner il m'offre la nuit d'hôtel... Je ne suis pas encore parti en Chine que déjà ça commence bien....
J'explique alors fermement, mais poliment (mais fermement!) au réceptionniste et à son patron qui l'a rejoint que je ne peux pas attendre un jour de plus, que mon visa vietnamien expire demain, que je dois absolument partir ce soir pour Lao Cai et vu que je lui ai acheté le billet il y a une semaine (une preuve de sortie du territoire vietnamien était nécessaire pour obtenir le visa Chinois, ne me demandez pas pourquoi: si je demande un visa pour aller en Chine, c'est bien que j'ai l'intention de partir du Vietnam, enfin il me semble...), je ne comprends pas cette annulation. Enfin si, je la comprends très bien c'est du surbooking classique...
Bref, après moult négociations et coups de fil, me voici embarqué à 21h dans un bus de nuit pour Sa Pa, avec l'assurance qu'il me laissera à Lao Cai aux environs de 5h du matin...
Mon œil!!
Comme je le craignais, le chauffeur du bus me jette à l'embranchement de la route de Sa Pa et de Lao Cai à 2h du matin et ne daigne même pas faire le très long détour de 4 km pour me laisser au centre-ville....
Bref, je fais un heureux: un chauffeur de taxi qui attendait là et n'espérait plus voir quelqu'un au milieu de la nuit! Ignorant ses sollicitations pour me conduire à "son" hôtel, je lui demande de m'emmener le plus près possible du poste frontière, et lui indique que je me débrouillerai ensuite. Effectivement, le gus me laisse 5 minutes plus tard devant l'entrée d'un bel hôtel qu'il me montre avec insistance... Mais un simple coup d'œil m'indique rapidement que le standing de cet hôtel est bien supérieur au standing de mon portefeuille!
Je remercie le chauffeur de taxi et je repère une terrasse de restaurant couverte par un auvent et avec un grand escalier en bois à plusieurs volées qui m'a l'air bien excentré et à l'abri des regards. Je n'ai aucune envie de chercher d'autres hôtels pour un résultat incertain, je vais donc terminer ma nuit ici, il ne fait pas froid, il fait même bon. Et puis j'ai réussi à dormir un peu dans le bus, même si tous ceux qui connaissent le standard des bus de nuit vietnamiens pourront confirmer que les couchettes ne sont pas, mais alors vraiment pas du tout adaptées à mon mètre 87 et mes 100 kgs!! De plus, demain je serais prêt à partir: le restaurant est situé pile en face du poste frontière vietnamien!
Que demande le peuple?
Un lit....
Vendredi 3 Juin
Quelque chose gratte ma chaussure et me réveille.
Un rat!!!!
Un coup de pied réflexe le fait fuir et je me relève. Le soleil vient de se lever, j'ai mal dormi (comment pouvait-il en être autrement?) et un coup d'œil aux alentours me montre que l'activité a déjà bien commencé: une petite foule attend déjà l'ouverture, prête à se ruer côté chinois. Pour l'instant des barrières empêchent l'accès au pont qui enjambe la rivière rouge, qui sert de frontière naturelle entre les 2 pays.

Il me reste un peu d'eau, je me débarbouille vite fait pour essayer de masquer ma tête de "celui qui a très mal dormi" et je vais m'installer avec les personnes déjà présentes devant le bâtiment des douanes et qui attendent l'ouverture des portes prévue à 8h pétantes.
Un jeune Viet changeur de monnaie au noir m'aborde et me proposant de me racheter mes derniers dongs avec des yuans. Il me reste environ l'équivalent d'une quinzaine de dollars, je lui demande son prix et après un rapide calcul (j'avais vérifié les taux la veille), je m'aperçois qu'il se prend plus de 15% de commission (!) et je lui signifie que je ne suis pas intéressé à ce prix. L'ouverture des portes approchant, il revient régulièrement à la charge avec un prix qui baisse tout aussi régulièrement. Finalement, alors que les portes se sont ouvertes et que la file avance (et moi avec), j'arrive finalement à négocier une petite com' de 5% pour lui que je trouve bien plus honnête. Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, je me fais remettre les billets de 5 yuans un par un dans ma main que je recompte au fur et à mesure pour éviter les tours de passe-passe, puis je prends mes billets, assez content de moi. Tiens, il me semblait qu'il y avait la tête de Mao sur tous les billets chinois... Ceux-là ne l'ont pas, bizarre... "Chinese money??" demandai-je à 2 ou 3 personnes dans la file, et leur réponse positive me rassure.
Le passage au poste frontière fut très rapide, tant du côté vietnamien que du côté chinois, et en moins d'un quart d'heure, je suis passé à Hékou en Chine avec un "Welcome to China!" accompagné d'un large sourire de l'officier d'immigration! Il est 8h30 et il me reste toute la journée pour aller à Yuanyang, ma première destination.
Vous connaissez l'application MAPS.ME pour smartphone? C'est une application fantastique. C'est un peu l'équivalent de google maps, mais surtout ça marche hors ligne, sans aucun réseau ni aucune connection à internet! Il suffit juste de télécharger les cartes à l'avance lorsqu'on a par exemple une connection wi-fi et c'est tout! Grace à MAPS.ME, je sais qu'il y a un distributeur de billets de la Bank of China à 450 m sur la 4ème rue à gauche, et je sais que la station des bus se situe à un peu plus de 4 km au nord de la ville. De plus tous les noms de lieu sont écrits en anglais et en chinois, ce qui me simplifiera énormément la vie pour la suite de mon voyage: en cas de difficultés de compréhension, je n'aurais qu'à montrer mon écran et la ville, le lieu ou la rue et l'adresse où je veux aller pour débloquer bien des situations!
Dans le même ordre d'idée, j'ai aussi téléchargé un petit dictionnaire franco-mandarin qui me sera très utile. Beaucoup de chinois (surtout ceux travaillant dans le tourisme en fait!) ont également ce genre d'appli sur leur smartphone (mandarin-anglais), et la barrière de la langue s'estompe alors très fortement! C'est fou ce que la technologie change les choses! Je pense que cela devait être sinon plus difficile, du moins beaucoup plus long de se faire comprendre ne serait-ce que quelques années en arrière! Il n'y a pas à dire, c'est vraiment extrêmement facile de voyager partout dans le monde à l'heure actuelle...
Revenons à Hékou où je prends un taxi qui me conduit à la gare routière pour la somme raisonnable de 10 yuans (env. 1,40 euros). Au moment de payer, je donne 2 billets de 5 au chauffeur qui les refuse en me demandant 10. "C'est bien 10 yuans" lui dis-je en montrant le chiffre 5 sur les 2 billets -No no, mao, mao! me rétorque-t’il. Puis il sort de son portefeuille un billet de 10 yuans et me lance un "Kuai, kuai OK!!" en me faisant comprendre que ce sont ces billets là qu'il veut. Je réalise à cet instant que mon petit changeur à la sauvette m'a bien eu. Il m'a bien refilé de la vraie monnaie chinoise, mais ce sont des "jiaos" ("mao" dans le langage courant), et il faut 10 jiaos pour faire un yuan (un "kuai" dans ce même langage courant)... Je pensais être un vrai baroudeur aguerri du style "les petites arnaques à 2 balles on me les fait pas à moi", et bien si, on me la fait et bien comme il faut!! Il a bien du rigoler après coup mon petit changeur à la sauvette!!... Bref, mon égo en prend un coup de s'être fait posséder de manière si grossière, mais finalement au bout de 5 secondes je prends ça avec le sourire, tout en me promettant intérieurement que c'est la dernière fois que je me fais avoir.... Je paye le chauffeur de taxi avec un billet de 100 yuans fraîchement sorti quelques minutes plus tôt du distributeur et me dirige vers les guichets de la gare routière.
La préposée aux tickets de bus parlant quelques mots d'anglais, c'est sans problèmes que je me retrouve assis dans le bus pour Yuanyang qui décolle à 10 h précises! Arrivée prévue entre 13 et 14 h, c'est parfait!
C'est un bus local et ça se voit...

Il y a des seaux dans l'allée, et je ne vois pas pourquoi. En fait, je comprendrai très vite après le départ: les chinois (et les chinoises!) ont la très mauvais habitude de cracher bruyamment par terre, et ces seaux sont là pour récupérer les glaviots... Même en Inde où les hommes crachent leur bétel d'un rouge immonde dans la rue, ils arrivent à se retenir et à ne pas cracher dans les bus... Ici ce n'est visiblement pas le cas! Beurk, bienvenue en Chine!
Alors que le trajet se déroule sans encombre pour la plupart des passagers, il n'en est pas de même pour moi... Un courant d'air frais ainsi que (je pense) mon repas de la veille commencent à remuer mes entrailles... Très vite il va falloir que j'aille me soulager... Je profite donc pour étrenner ma jolie appli sur mon smartphone et je lance la traduction de "WC urgent s'il vous plait" et la montre au chauffeur qui n'a pas l'air de comprendre, ainsi que d'autres passagers... Je tente donc "malade ventre WC" (mon appli est basique et ne peut traduire que des mots et pas des phrases)... Toujours pas de résultats et l'incompréhension est visible chez mes interlocuteurs...
Je me résous donc à adopter la bonne vieille méthode du langage des signes: je sors un rouleau de PQ de mon sac à dos, je vais voir le chauffeur en me tenant le ventre de la main gauche, en lui montrant de rouleau de la main droite et lui demande en faisant une belle grimace: "STOP PLEASE!!!" Le chauffeur éclate alors de rire (rapidement suivi par le reste des passagers), puis s'arrête 200 m plus loin en me montrant un buisson derrière lequel je cours me soulager. Finalement la technologie a ses limites dans la communication, et rien ne vaut les vieux trucs éprouvés pour se faire comprendre!
Après ce passage très glamour, mon bus arrive à Yuanyang. Mais ce n'est pas ma destination finale, la ville est dans une vallée, je dois prendre un autre bus pour accéder aux rizières et à leurs villages, situés tout la haut sur les montagnes à plus de 2000 m d'altitude. Visiblement les employés de la gare routière doivent avoir l'habitude de voir débarquer des occidentaux qui veulent aller voir les rizières, car je me retrouve très rapidement dans un minibus juste après avoir prononcé les mots "Yuanyang rice fields"! Ça monte et ça tourne beaucoup jusqu'au village, dans le brouillard et la pluie!
A ma descente de car, un petit bout de femme se précipite sur moi (c'est le mot juste) en me criant des "taxi, taxi!!! Hôtel!!! Hôtel!!!" tout en me montrant sa voiture flambant neuve. Je lui montre l'adresse de mon hôtel (réservé sur booking) et m'annonce un prix de 20 yuans (env 2.80 euros), proposition que j'accepte, ayant auparavant appris grâce à MAPS.ME que mon hôtel se situait dans un autre village distant d'une bonne dizaine de km.
Nouvelle parenthèse scatologique, mes intestins me tortillant à nouveau. J'aurais pu vous épargner ce passage mais finalement non, je me suis dit que ça faisait partie du voyage et de ses... découvertes! Suite à ma demande expresse (j'ai gagné du temps cette fois ci en lui montrant directement mon rouleau de PQ), Mya (puisque c'est son nom) m'indique les toilettes publiques, situées de l'autre côté du parking des bus.
Et là, j'ai cru que j'allais vomir...
Je pensais avoir tout vu en Inde et au Népal en matière d'insalubrité et de manque d'hygiène, mais je me trompais...
Les toilettes publiques du village, c'est 4 murs en briques recouverts d'un toit en tôle. Le sol est entièrement bétonné, et est traversé en son centre par une tranchée en pente d'une quarantaine de cm de large et d'environ un mètre de profondeur. C'est tout. Tout le monde s'accroupit à la queue-leu-leu et se soulage ainsi au vu de tous les autres, aucune cloison, aucune intimité... La tranchée doit être lavée quand le responsable doit la juger trop "pleine", mais visiblement, cela n'a pas été fait depuis longtemps... Au dégoût visuel s'ajoute une odeur absolument écœurante qui me fait hésiter quelques secondes avant de rentrer, mais l'envie est trop forte et je vais rejoindre les 2 chinois déjà en place, non sans avoir pris une grande inspiration avant de passer la porte! Je ressors de cet enfer pour m'apercevoir qu'il pleut des cordes! Le temps de faire les 50 mètres qui me séparent de la voiture de Mya et je suis trempé!!
P***** c'est quoi ce pays?!?!!!!
Il est 4 h de l'après-midi, et pour l'instant depuis hier mes premiers pas en Chine ne sont pas ce qu'on peut appeler un promenade de santé! Je ne suis pas difficile et les voyages "à la roots" ne m'effraient pas, mais là c'est quand même pas mal! Si le reste du pays et du voyage est du même tonneau, je sens que je vais me plaire ici!
Heureusement, les galères vont s'arrêter là, et dans sa grande bonté, le Dieu protecteur des voyageurs (s’il existe) va maintenant inverser la tendance pour ramener un peu d'équilibre!
Tout d'abord je m'aperçois que Mya a embarqué d'autres touristes dans son "taxi": 2 femmes et un petit garçon d'environ 4-5 ans. Nous faisons rapidement connaissance puisque tout comme moi, elles sont Françaises. Cool, ça me remonte un peu le moral de rencontrer des compatriotes! Stéphanie voyage avec sa maman et son fils pour une quinzaine de jours dans le Yunnan et à Shangai. Mais surtout Stéphanie a vécu et travaillé 5 ans en Chine et parle couramment le chinois. Et ça, c'est un avantage considérable!
Pendant le trajet, Stéphanie discute avec Mya, et elle nous apprend qu'il faut d'abord acheter un pass de 100 Yuans (env. 14 euros) pour visiter les rizières. Enfin, techniquement c'est pour avoir accès à tous les points de vue, points de vue qui ont été équipés de barrières à péage depuis que le lieu a été inscrit au patrimoine de l'UNESCO, ils ne perdent pas le Nord ces Chinois! Mya nous informe également que des navettes font régulièrement la liaison entre tous les points de vue, mais elle se propose de nous guider avec sa voiture pour 400 yuans la journée. Stéphanie arrive à négocier 300 yuans (soit 100 yuans chacun) et nous disons banco pour demain.
Finalement, ce sera bien mieux de visiter avec une "locale" à notre rythme, et surtout avec Stéphanie qui enlève complètement la barrière de la langue. Mya me dépose à mon hôtel (le K2 youth hostel) que j'avais pris soin de réserver au préalable sur booking afin de ne pas m'em.... bêter à chercher sur place pour cette première journée. RDV est pris pour le lendemain 8 h devant l'hôtel.
Première bonne surprise: l'hôtel est tout neuf et très clean. Le petit jeune réceptionniste parle suffisamment anglais pour que nous nous comprenions correctement et il me montre le lit dans le dortoir que j'ai réservé. Nouvelle bonne surprise: je suis tout seul dans l'hôtel et j'aurais la chambre entière pour moi, coooool!!! De plus, le dortoir possède une grande baie vitrée qui donne sur une magnifique vue de la vallée et des rizières, d'autant plus que la pluie a disparu et que le soleil est revenu!

Que rajouter? Un très bon repas préparé à l'hôtel même: une succulente et copieuse assiette de fried rice (oui je dois penser à mon estomac!) avec divers légumes et morceaux de poulets me revigore.
Ouf! Cette fois ci, l'entrée en matière est terminée, il est temps de songer à découvrir la Chine dès demain!
Samedi 4 Juin
Comme prévu, Mya me récupère ce matin à 8 h et nous partons pour une journée qui s’avérera magnifique.
Autant la veille nous avons eu de la pluie et du brouillard, autant aujourd'hui nous bénéficierons d'un temps bien ensoleillé dans l'ensemble. Mya nous confirme que nous avons de la chance sur la météo, car cela faisait plusieurs jours qu'il pleuvait. Et le temps redeviendra maussade dès le lendemain.
La majorité des touristes viennent ici en Novembre Décembre, quand les rizières n'ont pas de plants de riz et sont uniquement remplies d'eau, ce qui donne alors aux paysages des allures fantastiques de miroirs en escaliers. En Juin, les rizières sont vertes, mais cela n'enlève rien à leur beauté selon moi. Les rizières sont étagées en escaliers sur plus de 1000 m de dénivelé et sur des milliers d'hectares!

Le travail pour façonner et modeler ainsi la montagne a dû être colossal! Il a été effectué au cours des siècles par les hanis qui vivent ici. L'entretien de ces rizières est tout aussi fastidieux et nous restons admiratifs face aux explications données par Mya. Mya nous emmène bien entendu aux plus beaux points de vue, mais elle nous fait aussi découvrir des petits villages et nous promène jusqu'au milieu même des rizières.

Dans un de ces villages, nous sommes invités à visiter une maison traditionnelle Hani, mais entièrement reconstruite avec tout le confort moderne. En effet, la culture du riz est difficile et il ne se vend pas plus cher parce qu'il vient de Yuanyuang. Du coup, beaucoup de jeunes préfèrent se tourner vers le tourisme qui explose (et qui rapporte bien plus!) et de construire des hôtels ou guest-houses bien laids en béton gris, ou alors aller chercher des opportunités de travail en ville, à Kunming... Le gouvernement local a donc lancé un projet de rénovation des habitats traditionnels en partie pour essayer de retenir les paysans producteurs de riz, et aussi pour donner une "vitrine" à la vue des touristes.

Coup de chance (?), l'architecte responsable du projet est justement dans cette maison aujourd'hui et nous explique l'ordonnancement et l'aménagement intérieur des maisons Hanis autour d'un très bon café que nous avons commandé à la maitresse de maison (qui fait aussi restaurant, mais nous n'avons pas prévenu). Très honnêtement, je n'ai pas retenu grand-chose des explications de l'architecte et de la visite de la maison, car au moment de partir, j'ai demandé combien coutaient les 3 cafés que nous avions commandés, et la réponse de notre hôte me surprend: "One hundred and forty, please".
On se regarde avec Stéphanie, puis elle pose la même question en chinois, histoire d'éviter les malentendus... "Non non, me confirme-elle. C'est bien 140 yuans".
Soit 20 euros pour 3 cafés...
On paye avec le sourire (juste de façade le sourire hein!) vu que tout le monde sourit (sauf nous qui avons été "un poil" surpris du prix), puis nous sortons pour continuer notre promenade dans les rizières en se félicitant de n'avoir pas réservé le repas ici! Bref, cette anecdote est vite oubliée et nous reprenons notre route à travers ces superbes paysages!

Ne voulant pas dépenser des cent et des mille pour le repas de midi, nous demandons à Mya de nous indiquer une gargote locale. Elle nous emmène alors dans un petit boui-boui en nous demandant si nous aimons le buffle. Nous sommes OK pour tester, et nous voici attablés sur des chaises en plastique avec des paysans chinois qui nous regardent amusés en se demandant ce que nous sommes venus faire dans cet endroit, alors qu'il y a tellement de restaurants pour touristes sur les routes principales!! Stéphanie demande alors s’il y a du buffle à manger, mais plusieurs réponses affirmatives ne la rassurent qu'à moitié, et elle demande à la cuisinière de s'approcher pour regarder à l'intérieur de la marmite. Elle revient alors vers nous avec une petite moue et nous annonce que ce qu'on s'apprête à nous servir est bien du buffle, mais des tripes de buffle bouillies!! Et des tripes entières en plus... Ce n'est franchement pas appétissant et nous nous rabattons au dernier moment sur du porc plus classique et pas spécialement mauvais! Pas facile de manger avec des baguettes! J'avais pu m'entraîner un peu au Vietnam, mais là, plus question de demander une fourchette si je n'y arrive pas...
La journée se poursuit ainsi entre magnifiques points de vue officiels qui dominent des vallées encaissées donc les flancs sont recouverts de rizières et promenades au sein de charmants villages et de leurs habitants.

J'ai beaucoup aimé Yuanyuang et j'en ai gardé un bon souvenir.
Tout d'abord parce que c'est la première fois que je voyais des rizières en terrasses aussi gigantesques. J'en avais bien vues quelques-unes au Népal au départ du trek des Annapurnas, mais là on est dans une tout autre échelle! J'aurais pu en voir à Sa Pa au Vietnam, mais la pluie et le brouillard en ont décidé autrement... Ces paysages sont vraiment magnifiques, encore mieux que les photos de rizières en terrasse qui ornaient mes livres de géographie au collège...
Ensuite c'était ma première étape en Chine, ma première étape dans un nouveau pays. Comme je voyage au long cours, les 2-3 premiers jours qui suivent un changement de pays ont une saveur particulière: il faut s'adapter à un nouvel environnement, à une nouvelle langue, à une nouvelle monnaie, à une nouvelle organisation, à une nouvelle manière de vivre et une nouvelle "ambiance", c'est un sentiment que j'attends et que j'apprécie à chaque passage de frontière, et qui fait un des nombreux charmes de mon voyage...
Pour ce soir, j'indique à Mya que je compte me rendre demain à Kunming et elle me répond qu'il y a un bus direct qui part à 9h30. Stéphanie et sa maman ont la même destination que moi, rendez-vous est donc pris pour le lendemain avec Mya qui nous conduira jusqu'à la station de bus!
Pour l'heure, nous finissons la visite de ces très belles rizières et ces superbes paysages avant que le soleil déclinant nous indique qu'il est l'heure de rentrer!




Compte-rendu de notre voyage en Polynésie English translation pending
Je tiens à remercier tous ceux qui, avant moi, ont rapporté sur ce forum leur expérience. Je vous recommande la lecture cette discussion http://voyageforum.com/discussion/retour-experience-voyage-en-polynesie-organisation-budget-sejour-d6172611/.
Je vais raconter notre expérience, l’organisation de notre voyage, nos impressions, nos coup de cœur, les déceptions…. Mais sans jamais comparer ce que je n’ai pas testé. Il s’agit de mon expérience, de mon ressentit…comme tout avis, ça reste subjectif, même si je tiens à rester objectif.
Notre voyage était prévu pour concilier la découverte de la Polynésie sur terre (population, faune, flore, paysage..) et sous mer (plongée sous-marine). Mon épouse ne plongeant pas, la plongée n’a pas était le point principal de notre voyage, mais vous verrez que cela a pesé dans le choix des iles.
J’ai organisé ce voyage de bout en bout depuis la métropole. Cela demande du temps, de penser à beaucoup de chose pour que tout soit parfait, mais c’est tout à fait réalisable avec un peu de patience. Il n’y a pas de barrière de la langue, tous les hôtels, pensions, locations…ont un site internet.
A l’origine ce voyage devait se dérouler en Août 2015, mais après une rapide comparaison, il a été avancé au mois de mai. L’écart sur les billets est significatif entre ces deux périodes, de plus avec tous les ponts du mois de mai, l’impact sur mon activité professionnelle a été limité.
LES VOLS INTERNATIONNAUX : J’ai choisi Air France (à la place d’Air Tahiti Nui). Les prix des billets sont quasiment identiques, par contre avec les milles acquis j’ai pu voyager en « Prémium Economy » sans surplus au niveau des billets http://www.airfrance.fr/FR/fr/common/guideeconomy/classeetconfort/premium_economy_a_bord.htm?WT.srch=1&WT.mc_id=C_FR_SEA_Google_Brandname_null_null_null&gclid=CNXH7c6_gMYCFQrJtAodNlsA7g). L’avantage de cette catégorie est d’avoir plus de place durant le vol. Je mesure 1m87. Effectivement, il y a plus de place en largeur, et aussi devant pour les genoux. Mais les sièges ne s’allongent pas, ils basculent très légèrement, donc au final le vol est très long… Cette catégorie permet de bénéficier du « Sky Priority ». C’est bien pratique dans les aéroports pour les contrôles, les transits mais aussi pour l’entrée dans l’avion. La différence de confort est indéniable, mais je ne suis pas certain que la somme à débourser soit au niveau des prestations supplémentaires…Le personnel navigant d’Air France sur cette ligne, basé à Papeete, est très sympathique. N’oubliez pas d’acheter votre ESTA (validité de 2 ans). A Los Angeles, il vous sera obligatoirement demandé, et indispensable pour la suite du voyage.
VOLS INTER ILES : La compagnie Air Tahiti assure les vols entre la plupart des iles polynésiennes. Il faut savoir que la Polynésie française s’étend sur une superficie aussi grande que l’Europe ! Air Tahiti propose des pass inter iles. Compte tenu des conditions d’utilisation de ces pass, organiser un séjour avec plusieurs iles devient vite un casse-tête. Il m’a fallu une journée pour déterminer l’ordre de visite des iles de notre voyage. Depuis le 1° janvier 2015, la limite de poids des bagages en soute a été augmenté à 23kgs ; bien pratique lorsqu’on vient d’un vol international (ou même pour amener du matériel de plongée). Sur présentation de sa licence de plongée, on peut même bénéficier de 5kgs supplémentaires. Sur cette compagnie le poids est une vraie préoccupation. Dans certaine ile, la piste d’atterrissage est courte, donc il faut maitriser le poids de l’ensemble de l’appareil. D’ailleurs en rentrant (par l’arrière) de l’appareil, vous verrez des places « réservées » : elles restent inoccupées pour limiter le poids (sur certaines iles, la compagnie pèse les passagers…les polynésiens se portent bien..).
NOTRE PARCOUR : Tahiti (1 nuit), Moorea (3 nuits), Tahaa (3 nuits), Bora Bora (3 nuits), Tikéhau (3nuits), Rangiroa (3 nuits), Fakarava (5 nuits), Tahiti (2 nuits) : 26 jours (trajet compris) et 23 nuits. Il s’agissait de notre premier (et peut être dernier) voyage en Polynésie. On est donc tenté de voir le plus possible d’ile. J’ai lu sur ce forum qu’il fallait rester au minimum 3 nuits par ile. Ces 3 nuits correspondent à 2 jours plein sur place (c’est bien, plus serait mieux…). Généralement, le vol arrive fin de matinée ou début d’après-midi, ce qui laisse ½ journée pour prendre ses repères, se reposer, et 2 jours plein pour les activités. Il faut savoir qu’à ce rythme, les valises ne sont pas beaucoup défaites, le rythme de visite est soutenu, et le temps pour se reposer bien calculé… Toutes ces iles sont différentes, il est difficile de les comparer entre elles. Notre souhait initial était de partir de Fakarava, faire juste un arrêt à l’aéroport de Papeete pour repartir directement vers la métropole. Nous avions un impératif : être de retour le samedi 23 mai pour bénéficier du dimanche et lundi de Pentecôte pour récupérer du décalage horaire avant de reprendre le travail. Donc, n’ayant pas la possibilité de faire un retour comme nous le souhaitions, nous avons dû faire 2 nuits sur Tahiti au retour.
HEBERGEMENT : Une fois que vous avez tous vos vols, l’ordre et les dates de séjour sur les différentes iles, il vous reste à choisir votre mode d’hébergement. Nous avons le choix entre hôtel ou pension (le camping existe en Polynésie mais je ne peux en parler car pas testé). Nous avons privilégié les pensions de famille, pour des raisons de coût, mais aussi pour pouvoir être au plus près de la vie polynésienne. Au contact des polynésiens vous apprendrez beaucoup sur eux. Les seuls hôtels ont été réservés à Papeete et Bora Bora. Le choix a été fait grâce à Tripadvisor. Ce n’est pas le seul site, mais nous y avons nos habitudes, et je trouve que c’est assez efficace. Toutes ces réservations ont été faites sept mois à l’avance. Je m’y suis pris tôt surtout pour les vols, parce c’est ce qui détermine les dates du voyage. Dans la foulée, j’ai réservé les pensions. J’ai eu de la place partout et ainsi certaine considérations ont été prise en compte (ex : à Rangiroa, je voulais un bungalow en face de la passe de Tiputa, bungalow bord de plage ailleurs…). Une fois que vous avez les vols et les pensions, il vous reste du temps pour vous renseigner sur les activités dans chaque ile. N’oubliez pas de réserver les transferts entre les aéroports et les pensions. J’en parlerai plus loin en détaillant chaque ile. C’est aussi le temps de se documenter, et commencer à rêver…
ACTIVITE : Voici quelques sites qui m’ont permis d’élaborer le voyage et où vous trouverez une multitude de renseignements : Tout d’abord les guides à télécharger en pdf : http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html ; vous retrouverez ces guides gratuits un peu partout chez les commençants. Ils sont pratiques pour élaborer des excursions, retrouver des adresses, téléphone… Pour les activités : http://www.etahititravel.pf/?gclid=CKG1j7jEgsYCFafJtAods3wADg regardez l’onglet « activités ». Excursion sur Tahiti : http://www.tropicalement-votre.com/produits/1525/doc/excursions-tahiti.pdf Trouver les professionnels pour des activités : http://www.tahiti-excursions.com/fr/9-moorea Pour Bora : http://www.borabora-tourisme.com/informations/activites/activites-nautiques http://www.tahiti.com/island/bora-bora Des pass pour des réductions sur certaines activités : http://www.tahitifunpass.com/en/
A PREVOIR AVANT DE PARTIR : Je vous invite à nouveau à lire le compte rendu de « Cemoatoto » (http://voyageforum.com/discussion/retour-experience-voyage-en-polynesie-organisation-budget-sejour-d6172611/). N’oubliez pas la rallonge électrique (2m) car parfois dans les pensions, vous n’aurez qu’une prise de courant à votre disposition (où est branché le ventilateur en général, et donc plus de possibilité de recharger les divers batteries de vos appareils). Tout aussi important des chaussures de nage pour ne pas abimer les coraux (ni vous blesser les pieds).
QUELQUES IMPRESSIONS : Les moustiques : ça était notre premier achat en Polynésie : du « Off ». Vous le trouverez en superette/supermarché. Nous en avons utilisé 3 en trois semaines (pour 2 personnes). Soit il n’y a pas de moustiques en Polynésie, soit c’est très efficace : pas une seule piqure ! L’épidémie de chikungunya est finie. Les coqs : Il y en a partout (même à Bora Bora). Ils « chantent » entre minuit et midi (même un peu plus pour certain). Ils sont sauvages. Ils vont partout, et mangent les « 100 pieds ». Ils ne sont pas comestibles (d’après les polynésiens). Les chiens : pas agressifs sauf à Bora. Si vous avez un doute, faites semblant de ramasser une pierre tout en les regardant méchamment : ça marche !! Les Geckos et autres lézards : inoffensifs, ils ont leur rôle dans la chaine alimentaire. Laissez-les en paix, vous n’aurez pas de problèmes.
Les polynésiens vivent avec le soleil. Ils se lèvent tôt (5-6 h du matin) et se couchent tôt. Le soleil se couche à 18h. Dans un restaurant vous n’aurez pas de réservation après 21h… Le samedi après-midi, dimanche et jours fériés la plupart des commerces sont fermés. Il faut boire beaucoup ! de l’eau !! Avec la forte chaleur, la déshydratation est rapide, même s’il y a toujours un peu de vent qui donne une impression de fraicheur (…parfois !).
LES POLYNESIENS : J’ai rarement vu des gens aussi sympathiques. Le tutoiement est de rigueur en Polynésie (moins vrai à Papeete), ce n’est pas un manque de respect, mais simplement une autre façon de concevoir les rapports humains. C’est un peu déroutant le premier jour, lorsque vous entrez dans une banque pour faire du change, et que la jeune femme en face de vous, vous tutoie…mais tellement plus sympathique ! Dans la rue, tout le monde vous saluera, vous fera un signe de la main ou de la tête. Même s’ils ne vous connaissent pas… Arrêtez-vous dans la rue et parler avec eux : on peut parler de tout, avec tout le monde, et surtout si vous avez un peu d’humour, vous serez adopté. Il faut savoir que les polynésiens ne connaissent pas le « passé, le présent et le futur ». Ils connaissent le réel et l’irréel. Le réel est représenté par le passé (les coutumes, les ancêtres..) et le présent. L’irréel est le futur…le futur est difficile à concevoir pour eux. C’est pour cela que beaucoup se contentent de ce qu’ils ont sans chercher à gagner plus.
LA NOURRITURE : Tout est très bon là-bas…La nourriture est à base de poisson (grillé, cru, en tartare..) même si comme moi vous « n’êtes pas poisson », vous adorerez (j’en ai mangé tous les jours midi et soir !). Le cochon et le poulet sont très bons, le « barbeuk » est une institution. Les fruits exotiques sont merveilleux, vous en trouverez partout sauf dans les Tuamotu (où seules les noix de coco poussent). Arrêtez-vous au bord de la route (quel que soit l’ile), pour en achetez. Ils sont vendu par lot à 500XPf (environ 4,20€), ils viennent du jardin et tout est « bio »…un polynésien m’a dit « comment voulez-vous mourir de faim, entre le lagon et ici ?» et me montrant autour de nous la vanille, les mangues, les papayes, la canne à sucre…En effet la nature leur donne beaucoup, mais ils la respectent aussi. Notre regret est de ne pas avoir eu l’occasion de manger un ahi ma’a (four tahitien). C’est Le repas de fête, qui réunit toute la famille. Donc à moins d’avoir de la famille, c’est compliqué d’en manger. La nourriture dans les hôtels est souvent internationale : peu de plats tahitiens, peu de jus frais exotiques, même pas de confiture locales…il est vrai que la clientèle est internationale (les asiatiques mangent asiatiques ; les américains, viande hamburger voir pâtes).
LES BOISSONS : En générale l’eau n’est pas potable, mais vous pourrez vous rincer la bouche après le brossage des dents. Vous trouverez des bouteilles de 1,5 litre un peu partout pour 100 à 150 XPF (0,80 à 1,25€). Pour varier un peu, vous dégusterez une Hinano. C’est la bière locale. Elle existe en blonde ou brune. Vous la reconnaitrez car son emblème est la fameuse tahitienne assise. Il faut savoir que les tahitiens ne savent pas se limiter en alcool. Les ventes sont interdites le samedi après-midi, les dimanches et jours fériés.
NOTRE PARCOUR :
Nous sommes parti de Nice le mardi 28/04. Après un changement de terminal à Paris CDG, nous montons à 19h25 à bord de notre Boeing, direction Papeete via L.A. Pour essayer de lutter contre le « jetlag » il faut, dès le décollage se mettre à l’heure polynésienne : facile c’est 12 heures de moins. Il est donc 7h25...donc petite sieste vers 12h (minuit en métropole), puis nuit après l’escale de L.A. A Los Angeles, vous quitterez l’avion avec toutes vos affaires (sauf les bagages en soute). L’avion est nettoyé, ravitaillé, le personnel navigant change. Vous êtes en transit, mais vous passez devant l’immigration (présentation de son ESTA), puis direction la zone de transit pour repasser les contrôles de sécurité avant d’arriver en zone d’embarquement où vous trouverez le Duty Free. Ce parcours vous laisse environ 20 à 30 minutes pour faire vos achats (si vous le souhaitez).
Mercredi 29/04 : Nous atterrissons à l’aéroport de Faa’a à 5h le matin. L’aéroport n’est pas très grand. Si vous souhaitez acheter de l’alcool en Polynésie, il vaut mieux le faire ici, et surtout à la boutique qui se trouve à côté (environ 5m) des tapis à bagage. Mon attention a été attirée par le fait que tous les polynésiens sortant de l’avion rentraient dans cette boutique pour acheter alcool et surtout du champagne. J’ai appris plus tard que TOUT ce qui est importé, est taxé à 100% ! (même au Carrefour pas de champagne à moins de 80€…). Dans l’aéroport, vous avez une consigne à bagage, un distributeur d’argent, des boutiques souvenir et une boutique média où j’ai acheté une carte Vini (pour pouvoir appeler les responsables des activités, les centres de plongée…). Si vous souhaitez faire un accueil polynésien à votre épouse, alors que personne vous attend ; vous trouverez sur le parking de l’aéroport une boutique vendant des colliers de fleur. A notre arrivée, le représentant d’ECOCAR nous attendait (http://www.ecocar-tahiti.com/). Il a pris nos bagages et nous a amené à l’agence juste à côté de l’aéroport (à 500m). Les voiture sont récentes, bien entretenues, le personnel est sympa, et les tarifs sans comparaison avec Avis ou Europcar. Depuis Faa’a, une voie rapide/autoroute (gratuite) permet de rejoindre Papeete, pour nous rendre à notre hôtel : hôtel Tahiti Nui. Pour la première nuit, après 23 heures de vols nous souhaitions dormir dans un vrai lit… Cet établissement est très bien situé, à 300m de la mairie, 400m du marché et 400m du port. Il possède un parking. Il peut organiser votre transfert depuis l’aéroport. Vous pouvez faire un « early check in ». A votre arrivée, si votre chambre n’est pas disponible, vous pouvez prendre un douche au spa de l’établissement (fourniture de gel douche et serviettes). Par contre les couloirs de l’hôtel sont peu ou pas éclairés, le WiFi n’est disponible que dans le hall (mais gratuit). Après le dépôt des valises, direction à pieds vers la mairie, le marché, la cathédrale et quelques rues marchandes. Puis reprise de la voiture pour faire le tour de l’ile. Le tour a été fait en suivant le guide téléchargeable http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html Vous pourrez faire dans la journée l’ensemble de la route côtière de Tahiti Nui et Iti, en vous arrêtant à tous les sites à visiter (seul le musée Gauguin et son jardin n’ont pas été visités). La fin du tour de l’ile est assez dure, la fatigue et le manque de sommeil commencent à se faire sentir. Retour à l’hôtel. A côté de l’hôtel, une station-service permet de faire le plein (un ticket de caisse vous sera demandé par la location auto pour prouver que vous avez mis de l’essence). Puis direction la piscine (pas super bien entretenue, il manque de nombreux carreaux, le deck est sale..). Le soir repas dans une des roulottes, place Vaiete. C’est pittoresque, une curiosité à voir mais le meilleur côtoie le pire…Un conseil, allez vers une roulotte où les places sont toutes prises (les connaisseurs vont vers elles, et la nourriture ne stagne pas), elles ne servent que de l’eau (la vente d’alcool y est interdite) mais vous pouvez venir avec votre Hinano…
MOOREA : Départ de l’hôtel, pour l’agence ECOCAR, où nous restituons la voiture (et présentons le ticket d’essence). On nous raccompagne à l’aéroport. Le vol pour Moorea dure 10 minutes. Je vous conseille de vous installer à gauche dans l’avion, vous verrez Tahiti puis Moorea du ciel : beau spectacle. L’aéroport de Moorea est tout petit. Un représentant d’Albert location ( http://www.albert-transport.net/location_vehicule_moorea.php ) est présent pour nous accompagner (avec nos bagages) à leur agence un peu plus loin. La voiture est récente, quelques petites rayures, mais en bon état. Nous nous dirigeons vers la pension Vaihere, qui se trouve dans la baie d’Opunohu. Nous sommes accueillis par Philippe et Corine les propriétaires. Ils possèdent 1 bungalow face à la mer et 2 jardin et un Faré Poté et leur habitation. Les bungalows de style polynésiens sont pas très grand (mais suffisant), propre (ménage tous les jours). Vous aurez les serviettes changées tous les 2 jours. Le Wifi est gratuit et dans les bungalows. On peut vous prêter les serviettes de plage, masque tuba et palmes. Philippe est moniteur de plongée. Il n’y a pas de plage à la pension mais un ponton. On y mange très bien, les petits déjeuners sont copieux. Philippe peut se charger de faire des réservations pour vous, et vous expliquera la vie de l’ile, de la Polynésie. Apres l’installation, direction la plage d’Ta'ahiamanu (ou Mareto) en bord de la route côtière. Les plages sont bien indiquées, et aménagées (WC, douche). Il n’y a que 2 plages à Moorea, l’autre plage publique prolonge celle du Sofitel : en venant de la baie de Cook, vous longez le Golf et juste après l’aéroport, avant de monter vers le point de vue Temae vous avez sur la gauche un grand panneau marron signalant l’entrée. Le chemin d’accès (environ 800m) est large, mais truffé de trou. La plage est très belle, votre baignade sera protégée par la barrière de corail et vous verrez devant vous Tahiti. Le lendemain, nous allons au Lagoonarium (http://lagoonarium.e-monsite.com/ ) . En venant de l’aéroport, vous longez la gare maritime de Vaiare à gauche, puis vous continuez environ 2 à 3 kms. Sur votre gauche vous trouverez un petit parking avec un faré. L’entrée est de 30€/pers pour la journée. Le transfert vers le motu Ahi se fait en pirogue à moteur, et dure moins de 10 minutes. Sur le motu il y a 7 farés, une construction en forme de bateau (restaurant) et 2 farés privés. En arrivant tôt, on vous attribuera un faré pour la journée ; c’est bien agréable vous pourrez laisser vos affaires, faire une sieste…). Vous aurez une magnifique vue sur Tahiti. Toute l’équipe (polynésienne) est vraiment sympathique, souriant…. Les raies et les requins sont nourris à 11h30 et 14. Vous pourrez toucher les raies (pas les requins !) Cette pratique (feeding) est courante en Polynésie…discutable, mais pratiquée et permet de les approcher. Le soir, nous allons au TIKI village (https://www.tikivillage.pf/). Ne logeant pas dans les hôtels, c’est notre seul occasion de voir des danses et chants traditionnels. Sur la côte Ouest, quelques kilomètres avant Haapiti, un vrai village traditionnel est aménagé : marae, four polynésien, confection de paréo, de bijoux...une hôtesse nous explique la signification des Tikis, des maraes. Le repas est sous forme de buffet. Une partie du buffet provient du four polynésien. Pendant ce buffet, démonstration des différentes façons de nouer le paréo (femme et homme). Puis vient le temps du spectacle. Une histoire est contée et rythmée par les danses ; la danse du feu clôture la soirée (non présentée dans les hôtels pour des raisons de sécurité). La troupe est moins nombreuse que par le passé (faute de budget) mais ça reste une bonne expérience. Le repas est bon, le spectacle convivial, pas trop long ni répétitif. Le lendemain, tour en quads avec Dammon (http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g309685-d2460517-r190179929-Magic_Mountain-Moorea_Society_Islands.html). Il se situe à Maharepa en face du Moorea beach café. C’est un polynésien de père américain. On vous fournira une bouteille d’eau, une charlotte, et après une prise en main dans le jardin derrière la boutique, vous partez…pour la route des Ananas au cœur de l’ancien cratère, puis le Belvédère (240m d’altitude) avec sa vue sur le mont Rotui (899m) et les deux baies (Cook et Opunohu). En redescendant, arrêt au lycée agricole pour boire un jus d’ananas frais, puis ascension de la montagne magique (la vue y est magnifique). Au retour, dégustation de fruits dans la boutique. Dammon et Alex (un narbonnais) sont vraiment très gentils. Il a plaisir à parler de la Polynésie, de son ile de sa culture et surtout de nourriture… A voir également « le Tropical garden » si vous êtes fan de plantes, fruits et légumes tropicaux (http://tgardenmoorea.centerblog.net/). Situé 50m après la pension Vaihere à gauche, vous devrez monter une cote assez raide (faisable à pieds, préférable en voiture). Vous aurez une belle vue sur la baie d’Opunohu. Vous pourrez visite le petit jardin et ses vanilles, déguster des jus de fruits, acheter des confitures maison. La propriétaire est adorable (elle nous a même donné des vanilles…). Le vendredi elle propose une assiette Polynésien (un conseil, prenez 1 assiette pour 2, c’est TRES copieux). Moorea ressemble un plus à l’idée que l’on se fait de la Polynésie. Assez urbanisée avec des zones concentrées de boutiques, puis des zones moins habités mais de très beau paysage de montagne, de végétation luxuriante, de lagon, de cocotier. On a rencontré beaucoup d’occidentaux, mais la vie y est douce.
TAHAA On ne va pas à Tahaa par hasard. Il faut 40 minutes de vol depuis Moorea pour rejoindre Raiatea, puis ensuite 30 minutes de bateau. Raiatea et Tahaa partage le même lagon. Tahaa (ile vanille) est complétement différente des autres iles : plus rurale, plus simple, plus authentique. On y perd un peu la notion du temps. L’ile vit au rythme des compétitions de pirogues (V6) et des danses traditionnelles.
Dans l’avion mettez-vous côté gauche, car l’avion, avant d’atterrir survole Raiatea, fait un demi-tour et se pose avec Tahaa sous vos yeux. L’aéroport possède son quai pour faire les transferts vers Tahaa. Une navette ou un Taxiboat feront la traversée (attention à réserver si comme nous vous arrivez un dimanche) Nous sommes attendus au quai par René de la pension « Au phil du temps ». La pension est composée de 2 bungalows polynésiens et une chambre. Les repas sont communs. Les bungalows sont simples et auraient besoin d’un coup de neuf, mais vous oublierez cela si vous tombez sous le charme de Tahaa. Les serviettes de plage sont prêtées. Le Wifi est gratuit et dans le bungalow. Il n’y a pas de plage à Tahaa (sauf la plage Joe Dassin difficile d’accès), mais la pension possède un deck (pour le bronzage) et un ponton donnant sur des patates de corail avec une jolie faune. Nous avons fait toutes nos excursions avec René le propriétaire de la pension. A l’origine, je voulais faire les excursions avec des polynésiens. Mais la communication par mail avec eux est compliquée : soit il n’y a pas de réponses, soit elles sont très sporadiques. Mais nous ne regrettons pas notre guide. Nous avons fait le tour de l’ile, avec visite de la ferme perlière (prix affichés très chers, mais au bout de 5 minutes on les divise par 2, juste « parce que c’est toi ». Nous n’aimons pas trop de genre de pratique, et même divisé par 2 cela restait onéreux), visite de la ferme de Vanille (avec verre de jus de fruit, dégustation de différentes bananes, explications toutes les étapes de la vanille depuis l’orchidée jusque dans l’assiette en passant par la pollinisation, la récolte, le séchage…). Tout au long de la route vous verrez des séchoirs à coprah. La route côtière permet de très beau point de vue. Essayer de monter jusqu’à la mairie d’Apu : la vue est féerique, le bleu turquoise du lagon, le bleu de l’océan et Raiatea en toile de fond… Notre autre excursion fut le jardin de corail. Certainement le plus beau que j’ai rencontré avec seulement masque et tuba ! Le site se situe sur le motu du « Tahaa private Island and spa » : entre ce motu et le suivant. La visite se fait en dérivant avec le courant depuis la barrière de corail vers le lagon. Entre 1 et 2 m d’eau vous verrez presque tous les poissons tropicaux, c’est un vrai aquarium multicolore. Entre deux descente vous pouvez vous restaurer « chez Annette » d’un repas polynésien (poisson cru lait de coco, riz blanc, poulet rôti caramélisé, pain coco et en dessert fruits et po’e banane, le tout avec eau et café) au bord du lagon. Ce lieu est une vraie carte postale de la Polynésie.
BORA BORA Certainement l’ile qui correspondait le moins à l’idée que je m’en faisais. Cette ile présente de forts contrastes. D’un côté des motus et une partie de l’ile avec de grand hôtels, et de l’autre une ruralité presque pauvre. Je m’attendais à une ile principale très urbanisée, avec beaucoup de boutiques, restaurants, d’animation…il n’y a rien de tout cela. Une seule station essence pour toute l’ile. Il est vrai qu’on fait le tour en 2 heures en roulant à 30kms/h et en faisant des arrêts… Encore une fois mettez-vous à gauche dans l’avion pour voir Bora et son magnifique lagon avant l’atterrissage. L’aéroport situé sur un motu est petit. Un port jouxte les pistes où accostent les bateaux vous amenant vers votre hôtel. Cette piste fut la première piste construite en Polynésie. Elle l’a été par les américains pendant la 2° guerre mondiale. Bora fut leur base pour contrôler le Pacifique (une seule passe facilement contrôlable où pouvaient passer les gros cargos). Nous avions choisi le Sofitel (sur l’ile principale, pas sur le motu privé. Pour ne pas être tributaire des navettes). Les chambres sont grandes, avec tous les services d’un hôtel, mais le personnel est moyennement aimable. La restauration quelconque avec peu de plats polynésiens (même pas de fruits ou confitures locaux au petit déjeuner). Vous pourrez voir des vestiges des défenses anti aériennes si vous faites un tour en quad. J’ai choisi Matira ATV (http://www.matirajettours.com/ ). Il passe vous cherchez à l’hôtel, les quads sont neufs, très sympathique. Le tour dure 1h30. Vous monterez sur les points culminants où vous aurez des vues sur le lagon turquoise, l’ancien cratère, la passe du lagon… Nous avions prévu de passer une journée dans le lagon en louant un bateau sans permis (http://www.laplage-borabora.com/FR/information.html). Il faut savoir qu’on ne peut pas accoster où l’on veut sur un motu. La loi « littoral » est en vigueur en Polynésie, mais les hôtels se réservent le droit de limiter le passage. De plus la plupart des motus sont privés (sur toutes les iles). Mais la pluie nous a fait renoncer à cette activité. Nous avons loué une voiture (Avis) pour la journée, pour faire le tour de l’ile principale.
TIKEHAU Nous quittons les iles de la société pour les Tuamotus. Fini les iles volcaniques, les montagnes, la végétation luxuriante, les fruits en quantité. Ici ce n’est qu’un anneau corallien plat avec d’un côté l’océan et de l’autre le lagon. Les seuls « fruitiers » à pousser sont les cocotiers. Là nous trouvons les images/cartes postales qu’on s’imagine pour la Polynésie (plage de sable blanc, cocotier, le bleu turquoise du lagon et le bleu ciel du…ciel). L’avion passe par Rangiroa (et fait une escale) avant de rejoindre Tikéhau. SI vous vous placez du côté droit de l’avion, vous pourrez voir « le lagon bleu » de Rangiroa (un lagon dans le lagon). L’aéroport de Tikéhau est minuscule (comme partout dans les Tuamotus). La pension « Tikéhau Village » nous attend à la descente de l’avion avec un collier de fleur (http://www.tikehauvillage.com/ )(nous repartirons avec un collier de coquillage). C’est la seule pension qui ne m’a pas demandé de verser un acompte pour réserver ! (confiance absolue). L’entrée de la pension est à 50m de l’entrée de l’aéroport ! mais il n’y a pas de bruit car les avions sont rares. La pension est nichée entre la plage est une cocoteraie. Les bungalows de style polynésiens donnent directement sur la plage. Ils ont un grand lit, et un autre en mezzanine. La partie sanitaire est le point faible, elle commence à être vraiment vétuste…A noter que les photos ne correspondent plus à la réalité : le ponton a disparu, il semblerait que les bungalows à côté du faré poté soient en meilleur état (le notre était le plus éloigné). Le Wifi est disponible (gratuitement) à côté du faré poté. Sur la plage vous pourrez croiser des raies, des requins pointe noire…Vous avez à disposition, vélo, kayaks…et avec supplément le club de plongée « Raie Manta club ». Le village est à un petit kilomètre de la pension. Vous y trouverez une petite supérette pour les repas du midi, ainsi qu’une boulangerie. A l’entrée du village, sur la gauche vous trouverez le centre de plongée « Tikéhau plongée ». Ici il n’y a pas de banque, pas de distributeur. Cependant, vous pouvez payer la pension par carte bancaire. A Tikéhau vous n’avez rien à faire, à part la plage, la plongée, le snorkeling et les excursions (nous n’avons pas fait l’excursion à la journée sur « l’ile aux oiseaux » ). Tikéhau restera une de nos meilleures expériences, justement pour cette sensation d’être au bout du bout du monde, mais aussi pour les rencontres que nous avons faites. On a vraiment l’impression de partager la vie des polynésiens. D’abord Paea et Caro les propriétaires, mais aussi Serge dit « l’indien ». Je vous recommande l’excursion à la journée faite par la pension. Après une nage avec une (les) raie(s) Manta, vous irez péchez le poisson du repas, puis Serge vous emmènera à son « bureau » : dans un décor de carte postale, vous prendrez votre repas polynésien au milieu des poissons requins…on est plus très loin du paradis…
Au niveau plongé sous-marine, Tikéhau a la particularité de ne posséder qu’une seule passe. Donc à ce niveau que se font la majeure partie des plongées. A l’intérieur du lagon, il y a une ancienne ferme perlière qui abrite une station de nettoyage des rais manta. Mais depuis la tempête tropicale de janvier 2015, ces dernières se font très rares.
RANGIROA Second atoll corallien de notre séjour. Rangiroa est une destination purement plongée. Il n’y a pas de plage (sauf au niveau de l’hôtel Kia Ora). Donc si on ne plonge pas, on va trouver le temps assez long. Les habitations sont réparties entre les deux passes (Avatoru et Tiputa) avec une concentration plus forte vers Avatoru. Quelques pensions, petits hôtels, restaurants, snack, artisans parsemés tout au long de la route unique… Nous étions logés à la pension « les relais de Joséphine ». Le transfert est assuré par la pension qui se trouve à environ 10Kms de l’aéroport. Cet éloignement ne permet pas de visiter l’ile sans un véhicule à moins d’être disposé à faire 2Okms aller (et autant au retour), en vélo sous le soleil pour rejoindre la passe d’Avatoru et visiter la partie la plus habitée de l’atoll. La pension est très jolie, les bungalows sont de belle taille (au moins 40m2), belle décoration, beau sanitaires, bien entretenus. Une belle terrasse où on prend ses repas juste au bord de la passe où parfois, viennent les dauphins. L’endroit est connu pour cela, et l’établissement reçoit la visite de personnes extérieures venant voir le spectacle. Cette proximité de la passe (environ 5mètres) fait que les nuits sont bruyantes (nous avons utilisé les bouchons d’oreille fournis dans l’avion pour ces nuits à Rangiroa !). J’ai plongé avec le club « The 6 passengers » : très pro, bien installés sur une plage en bord de lagon. Les moniteurs sont très sympas, l’ambiance est très familiale et détendue. J’étais venu pour voir (et nager avec) les dauphins : déception (je les ai vu seulement 2 minutes en plongée), mais on ne commande pas des animaux sauvages. Suivant les conseils des forums, nous sommes allés chez « Ikimasho » (http://www.tahitigemfair.com/ ) pour choisir des perles. La boutique pas très grande, et se trouve juste à côté de leur concurrent : « Gauguin’s pearl ». Lui est bijoutier-joaillier (de Perpignan et d’allure rasta), elle (coco) est japonaise. Il y a des perles à tous les prix. Il peut les percer pour les faire monter en métropole. Nous avons également fait une excursion à la journée au « lagon bleu ». La pension a fait la réservation. L’équipe est venue nous chercher à la pension pour rejoindre le port d’Avatoru. Il faut 1h30 de bateau pour rejoindre le « lagon bleu » (lagon dans le lagon). Dès l’arrivée, les requins pointe noire sont là pour nous accueillir. Installation sur le motu, visite d’un motu voisin uniquement habité par les oiseaux, snorkeling, repas polynésien, sieste à l’ombre des cocotiers (attention aux chutes des noix de coco !), apprentissage de tressage des feuilles de palmier sont les activités de la journée. Au retour, snorkeling avec les pointes noires, et quelques requins citron. Avant d’arriver au port d’Avatoru, juste devant la passe, snorkeling dans « l’aquarium ». Il existe une autre excursion à la journée, « l’ile aux récifs » que nous n’avons pas eu le temps de faire. D’après les gens rencontrés cela vaut bien une visite, le spectacle est inattendu et étonnant. Rangiroa restera une déception, car la partie habitée (celle que nous avons vue) n’est pas très belle, pas mise en valeur…
FAKARAVA : Dans l’avion nous longeons Rangiroa puis survolons d’autres atolls avant d’arriver à Fakarava (45 minutes de vol). Nous sommes accueillis par les fils des propriétaires de la pension « Hawaiki Pearl » (http://www.havaiki.com/ ), qui remettent aux femmes un collier de fleur et aux hommes une fleur de Tiaré. Nous sommes logés dans un bungalow plage de style polynésien, pratiquement neufs, avec tout le confort (climatisation ventilateur, sèche-cheveux, coffre-fort…). Le ménage est fait tous les jours (sauf le dimanche), les serviettes de toilettes sont changées tous les deux jours, les serviettes de plage sont prêtées. Il s’agit plus d’une petite hôtellerie, où la décoration est joliment et simplement pensée. Il y a un snack sur la plage pour les repas du midi. Les kayaks et vélos sont à disposition. La pension se trouve à 2 Kms du village. Au niveau du ponton se trouve une petite ferme perlière. Les lundis et mercredi, Hugo vous explique les détails de la fabrication de la perle. Cette explication très complète est clôturée par une tombola. La configuration de Fakarava est identique aux autres atolls ; un grand motu où se trouve l’aérodrome, avec un village Rotoava, qui concentre tous les habitants. Mais à Fakarava on s’y sent bien…c’est le sentiment que l’on ressent lorsque le mini bus nous emmène de l’aérodrome à la pension. Les maisons sont joliment décorées, les gens très sympathiques…il y règne une atmosphère de détente, de quiétude particulière…Ce sera notre coup de cœur ! Fakarava est une destination purement plongée, mais les non plongeurs peuvent bénéficier de plages ou par endroit de récifs de coraux pour faire du snorkeling. Nos journées se déroulent ainsi : plongées le matin (avec Mathias de « Dive Spirit ») et promenade l’après-midi. En dépassant l’aéroport vous roulerez sur un chemin qui amène au bord de la passe Nord (Garuae). Là vous aurez de belles plages isolées, de sable blanc. Coté océan vous pourrez récolter des coquillages (ainsi que des mues de petits crabes). Si vous avez la possibilité, faites une sortie vers le village Tetamunu, situé sur la passe Sud de l’atoll. Le déco y est encore différent. La passe Sud Tumakohua est plus petite, toujours abritée des vents. Des bungalows, les pieds dans l’eau vous donneront l’impression d’être dans une carte postale. Ces bungalows sont à louer, mais le confort y est rudimentaire (d’après les forums et voyageurs croisés). Cependant vous pourrez nager à 1 mètre du bord aves de gros Napoléons peu farouches. Vraiment un bel endroit. De retour vous pourrez voir les plages de sable roses : spectacle étonnant. Nous laisserons à regret Fakarava. Si nous retournons un jour en Polynésie, nous viendrons à nouveau à Fakarava.
TAHITI Ne pouvant faire un retour direct en métropole depuis Fakarava, nous serons obligés d’y dormir 2 nuits. Nous arrivons à 16h en direct de Fakarava, après un vol de 1h05. Nous profitons de la fin de d‘après-midi pour faire les derniers achats. Puis allons diner dans un restaurant: »le grillardin ». C’est un restaurant semi gastronomique, faisant une excellente cuisine pour un tarif raisonnable. Le lendemain nous partons avec « Tahiti Safari Expédition » (http://www.tahiti-safari.com/ ) depuis l’hôtel vers la vallée de Papanaoo. C’est Loana sera notre guide et conductrice. Cette journée permet de voir une autre facette de Tahiti. On remonte la vallée, où on peut se baigner. D’une végétation côtière « tropicale » vous aller vous enfoncer vers la montagne et sa végétation dense et humide dominée par les fougères. Le repas au « relais de la Maroto » est agréable. De retour à Papeete, nous retournerons aux roulottes pour le dernier repas polynésien. Nous choisirons « l’estanco ». Cela va être un excellent choix, je vous la recommande.
Voici qui clôture ce compte rendu de notre tout ressent voyage en Polynésie. J’ai peut-être oublié certain détails : excusez-moi… Si vous souhaitez de précisions, n’hésitez pas à laisser des messages. Encore une fois, ce récit n’est pas exhaustif, il n’est le reflet que de notre voyage. Je n’ai parlé que de ce que j’ai vu, ressentit. Je vous invite tous à aller voir nos amis polynésiens, vous recevrez un accueil comme nulle part.
LES VOLS INTERNATIONNAUX : J’ai choisi Air France (à la place d’Air Tahiti Nui). Les prix des billets sont quasiment identiques, par contre avec les milles acquis j’ai pu voyager en « Prémium Economy » sans surplus au niveau des billets http://www.airfrance.fr/FR/fr/common/guideeconomy/classeetconfort/premium_economy_a_bord.htm?WT.srch=1&WT.mc_id=C_FR_SEA_Google_Brandname_null_null_null&gclid=CNXH7c6_gMYCFQrJtAodNlsA7g). L’avantage de cette catégorie est d’avoir plus de place durant le vol. Je mesure 1m87. Effectivement, il y a plus de place en largeur, et aussi devant pour les genoux. Mais les sièges ne s’allongent pas, ils basculent très légèrement, donc au final le vol est très long… Cette catégorie permet de bénéficier du « Sky Priority ». C’est bien pratique dans les aéroports pour les contrôles, les transits mais aussi pour l’entrée dans l’avion. La différence de confort est indéniable, mais je ne suis pas certain que la somme à débourser soit au niveau des prestations supplémentaires…Le personnel navigant d’Air France sur cette ligne, basé à Papeete, est très sympathique. N’oubliez pas d’acheter votre ESTA (validité de 2 ans). A Los Angeles, il vous sera obligatoirement demandé, et indispensable pour la suite du voyage.
VOLS INTER ILES : La compagnie Air Tahiti assure les vols entre la plupart des iles polynésiennes. Il faut savoir que la Polynésie française s’étend sur une superficie aussi grande que l’Europe ! Air Tahiti propose des pass inter iles. Compte tenu des conditions d’utilisation de ces pass, organiser un séjour avec plusieurs iles devient vite un casse-tête. Il m’a fallu une journée pour déterminer l’ordre de visite des iles de notre voyage. Depuis le 1° janvier 2015, la limite de poids des bagages en soute a été augmenté à 23kgs ; bien pratique lorsqu’on vient d’un vol international (ou même pour amener du matériel de plongée). Sur présentation de sa licence de plongée, on peut même bénéficier de 5kgs supplémentaires. Sur cette compagnie le poids est une vraie préoccupation. Dans certaine ile, la piste d’atterrissage est courte, donc il faut maitriser le poids de l’ensemble de l’appareil. D’ailleurs en rentrant (par l’arrière) de l’appareil, vous verrez des places « réservées » : elles restent inoccupées pour limiter le poids (sur certaines iles, la compagnie pèse les passagers…les polynésiens se portent bien..).
NOTRE PARCOUR : Tahiti (1 nuit), Moorea (3 nuits), Tahaa (3 nuits), Bora Bora (3 nuits), Tikéhau (3nuits), Rangiroa (3 nuits), Fakarava (5 nuits), Tahiti (2 nuits) : 26 jours (trajet compris) et 23 nuits. Il s’agissait de notre premier (et peut être dernier) voyage en Polynésie. On est donc tenté de voir le plus possible d’ile. J’ai lu sur ce forum qu’il fallait rester au minimum 3 nuits par ile. Ces 3 nuits correspondent à 2 jours plein sur place (c’est bien, plus serait mieux…). Généralement, le vol arrive fin de matinée ou début d’après-midi, ce qui laisse ½ journée pour prendre ses repères, se reposer, et 2 jours plein pour les activités. Il faut savoir qu’à ce rythme, les valises ne sont pas beaucoup défaites, le rythme de visite est soutenu, et le temps pour se reposer bien calculé… Toutes ces iles sont différentes, il est difficile de les comparer entre elles. Notre souhait initial était de partir de Fakarava, faire juste un arrêt à l’aéroport de Papeete pour repartir directement vers la métropole. Nous avions un impératif : être de retour le samedi 23 mai pour bénéficier du dimanche et lundi de Pentecôte pour récupérer du décalage horaire avant de reprendre le travail. Donc, n’ayant pas la possibilité de faire un retour comme nous le souhaitions, nous avons dû faire 2 nuits sur Tahiti au retour.
HEBERGEMENT : Une fois que vous avez tous vos vols, l’ordre et les dates de séjour sur les différentes iles, il vous reste à choisir votre mode d’hébergement. Nous avons le choix entre hôtel ou pension (le camping existe en Polynésie mais je ne peux en parler car pas testé). Nous avons privilégié les pensions de famille, pour des raisons de coût, mais aussi pour pouvoir être au plus près de la vie polynésienne. Au contact des polynésiens vous apprendrez beaucoup sur eux. Les seuls hôtels ont été réservés à Papeete et Bora Bora. Le choix a été fait grâce à Tripadvisor. Ce n’est pas le seul site, mais nous y avons nos habitudes, et je trouve que c’est assez efficace. Toutes ces réservations ont été faites sept mois à l’avance. Je m’y suis pris tôt surtout pour les vols, parce c’est ce qui détermine les dates du voyage. Dans la foulée, j’ai réservé les pensions. J’ai eu de la place partout et ainsi certaine considérations ont été prise en compte (ex : à Rangiroa, je voulais un bungalow en face de la passe de Tiputa, bungalow bord de plage ailleurs…). Une fois que vous avez les vols et les pensions, il vous reste du temps pour vous renseigner sur les activités dans chaque ile. N’oubliez pas de réserver les transferts entre les aéroports et les pensions. J’en parlerai plus loin en détaillant chaque ile. C’est aussi le temps de se documenter, et commencer à rêver…
ACTIVITE : Voici quelques sites qui m’ont permis d’élaborer le voyage et où vous trouverez une multitude de renseignements : Tout d’abord les guides à télécharger en pdf : http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html ; vous retrouverez ces guides gratuits un peu partout chez les commençants. Ils sont pratiques pour élaborer des excursions, retrouver des adresses, téléphone… Pour les activités : http://www.etahititravel.pf/?gclid=CKG1j7jEgsYCFafJtAods3wADg regardez l’onglet « activités ». Excursion sur Tahiti : http://www.tropicalement-votre.com/produits/1525/doc/excursions-tahiti.pdf Trouver les professionnels pour des activités : http://www.tahiti-excursions.com/fr/9-moorea Pour Bora : http://www.borabora-tourisme.com/informations/activites/activites-nautiques http://www.tahiti.com/island/bora-bora Des pass pour des réductions sur certaines activités : http://www.tahitifunpass.com/en/
A PREVOIR AVANT DE PARTIR : Je vous invite à nouveau à lire le compte rendu de « Cemoatoto » (http://voyageforum.com/discussion/retour-experience-voyage-en-polynesie-organisation-budget-sejour-d6172611/). N’oubliez pas la rallonge électrique (2m) car parfois dans les pensions, vous n’aurez qu’une prise de courant à votre disposition (où est branché le ventilateur en général, et donc plus de possibilité de recharger les divers batteries de vos appareils). Tout aussi important des chaussures de nage pour ne pas abimer les coraux (ni vous blesser les pieds).
QUELQUES IMPRESSIONS : Les moustiques : ça était notre premier achat en Polynésie : du « Off ». Vous le trouverez en superette/supermarché. Nous en avons utilisé 3 en trois semaines (pour 2 personnes). Soit il n’y a pas de moustiques en Polynésie, soit c’est très efficace : pas une seule piqure ! L’épidémie de chikungunya est finie. Les coqs : Il y en a partout (même à Bora Bora). Ils « chantent » entre minuit et midi (même un peu plus pour certain). Ils sont sauvages. Ils vont partout, et mangent les « 100 pieds ». Ils ne sont pas comestibles (d’après les polynésiens). Les chiens : pas agressifs sauf à Bora. Si vous avez un doute, faites semblant de ramasser une pierre tout en les regardant méchamment : ça marche !! Les Geckos et autres lézards : inoffensifs, ils ont leur rôle dans la chaine alimentaire. Laissez-les en paix, vous n’aurez pas de problèmes.
Les polynésiens vivent avec le soleil. Ils se lèvent tôt (5-6 h du matin) et se couchent tôt. Le soleil se couche à 18h. Dans un restaurant vous n’aurez pas de réservation après 21h… Le samedi après-midi, dimanche et jours fériés la plupart des commerces sont fermés. Il faut boire beaucoup ! de l’eau !! Avec la forte chaleur, la déshydratation est rapide, même s’il y a toujours un peu de vent qui donne une impression de fraicheur (…parfois !).
LES POLYNESIENS : J’ai rarement vu des gens aussi sympathiques. Le tutoiement est de rigueur en Polynésie (moins vrai à Papeete), ce n’est pas un manque de respect, mais simplement une autre façon de concevoir les rapports humains. C’est un peu déroutant le premier jour, lorsque vous entrez dans une banque pour faire du change, et que la jeune femme en face de vous, vous tutoie…mais tellement plus sympathique ! Dans la rue, tout le monde vous saluera, vous fera un signe de la main ou de la tête. Même s’ils ne vous connaissent pas… Arrêtez-vous dans la rue et parler avec eux : on peut parler de tout, avec tout le monde, et surtout si vous avez un peu d’humour, vous serez adopté. Il faut savoir que les polynésiens ne connaissent pas le « passé, le présent et le futur ». Ils connaissent le réel et l’irréel. Le réel est représenté par le passé (les coutumes, les ancêtres..) et le présent. L’irréel est le futur…le futur est difficile à concevoir pour eux. C’est pour cela que beaucoup se contentent de ce qu’ils ont sans chercher à gagner plus.
LA NOURRITURE : Tout est très bon là-bas…La nourriture est à base de poisson (grillé, cru, en tartare..) même si comme moi vous « n’êtes pas poisson », vous adorerez (j’en ai mangé tous les jours midi et soir !). Le cochon et le poulet sont très bons, le « barbeuk » est une institution. Les fruits exotiques sont merveilleux, vous en trouverez partout sauf dans les Tuamotu (où seules les noix de coco poussent). Arrêtez-vous au bord de la route (quel que soit l’ile), pour en achetez. Ils sont vendu par lot à 500XPf (environ 4,20€), ils viennent du jardin et tout est « bio »…un polynésien m’a dit « comment voulez-vous mourir de faim, entre le lagon et ici ?» et me montrant autour de nous la vanille, les mangues, les papayes, la canne à sucre…En effet la nature leur donne beaucoup, mais ils la respectent aussi. Notre regret est de ne pas avoir eu l’occasion de manger un ahi ma’a (four tahitien). C’est Le repas de fête, qui réunit toute la famille. Donc à moins d’avoir de la famille, c’est compliqué d’en manger. La nourriture dans les hôtels est souvent internationale : peu de plats tahitiens, peu de jus frais exotiques, même pas de confiture locales…il est vrai que la clientèle est internationale (les asiatiques mangent asiatiques ; les américains, viande hamburger voir pâtes).
LES BOISSONS : En générale l’eau n’est pas potable, mais vous pourrez vous rincer la bouche après le brossage des dents. Vous trouverez des bouteilles de 1,5 litre un peu partout pour 100 à 150 XPF (0,80 à 1,25€). Pour varier un peu, vous dégusterez une Hinano. C’est la bière locale. Elle existe en blonde ou brune. Vous la reconnaitrez car son emblème est la fameuse tahitienne assise. Il faut savoir que les tahitiens ne savent pas se limiter en alcool. Les ventes sont interdites le samedi après-midi, les dimanches et jours fériés.
NOTRE PARCOUR :
Nous sommes parti de Nice le mardi 28/04. Après un changement de terminal à Paris CDG, nous montons à 19h25 à bord de notre Boeing, direction Papeete via L.A. Pour essayer de lutter contre le « jetlag » il faut, dès le décollage se mettre à l’heure polynésienne : facile c’est 12 heures de moins. Il est donc 7h25...donc petite sieste vers 12h (minuit en métropole), puis nuit après l’escale de L.A. A Los Angeles, vous quitterez l’avion avec toutes vos affaires (sauf les bagages en soute). L’avion est nettoyé, ravitaillé, le personnel navigant change. Vous êtes en transit, mais vous passez devant l’immigration (présentation de son ESTA), puis direction la zone de transit pour repasser les contrôles de sécurité avant d’arriver en zone d’embarquement où vous trouverez le Duty Free. Ce parcours vous laisse environ 20 à 30 minutes pour faire vos achats (si vous le souhaitez).
Mercredi 29/04 : Nous atterrissons à l’aéroport de Faa’a à 5h le matin. L’aéroport n’est pas très grand. Si vous souhaitez acheter de l’alcool en Polynésie, il vaut mieux le faire ici, et surtout à la boutique qui se trouve à côté (environ 5m) des tapis à bagage. Mon attention a été attirée par le fait que tous les polynésiens sortant de l’avion rentraient dans cette boutique pour acheter alcool et surtout du champagne. J’ai appris plus tard que TOUT ce qui est importé, est taxé à 100% ! (même au Carrefour pas de champagne à moins de 80€…). Dans l’aéroport, vous avez une consigne à bagage, un distributeur d’argent, des boutiques souvenir et une boutique média où j’ai acheté une carte Vini (pour pouvoir appeler les responsables des activités, les centres de plongée…). Si vous souhaitez faire un accueil polynésien à votre épouse, alors que personne vous attend ; vous trouverez sur le parking de l’aéroport une boutique vendant des colliers de fleur. A notre arrivée, le représentant d’ECOCAR nous attendait (http://www.ecocar-tahiti.com/). Il a pris nos bagages et nous a amené à l’agence juste à côté de l’aéroport (à 500m). Les voiture sont récentes, bien entretenues, le personnel est sympa, et les tarifs sans comparaison avec Avis ou Europcar. Depuis Faa’a, une voie rapide/autoroute (gratuite) permet de rejoindre Papeete, pour nous rendre à notre hôtel : hôtel Tahiti Nui. Pour la première nuit, après 23 heures de vols nous souhaitions dormir dans un vrai lit… Cet établissement est très bien situé, à 300m de la mairie, 400m du marché et 400m du port. Il possède un parking. Il peut organiser votre transfert depuis l’aéroport. Vous pouvez faire un « early check in ». A votre arrivée, si votre chambre n’est pas disponible, vous pouvez prendre un douche au spa de l’établissement (fourniture de gel douche et serviettes). Par contre les couloirs de l’hôtel sont peu ou pas éclairés, le WiFi n’est disponible que dans le hall (mais gratuit). Après le dépôt des valises, direction à pieds vers la mairie, le marché, la cathédrale et quelques rues marchandes. Puis reprise de la voiture pour faire le tour de l’ile. Le tour a été fait en suivant le guide téléchargeable http://www.guidepolynesie.com/index.php/fr/tahiti-moorea-guide.html Vous pourrez faire dans la journée l’ensemble de la route côtière de Tahiti Nui et Iti, en vous arrêtant à tous les sites à visiter (seul le musée Gauguin et son jardin n’ont pas été visités). La fin du tour de l’ile est assez dure, la fatigue et le manque de sommeil commencent à se faire sentir. Retour à l’hôtel. A côté de l’hôtel, une station-service permet de faire le plein (un ticket de caisse vous sera demandé par la location auto pour prouver que vous avez mis de l’essence). Puis direction la piscine (pas super bien entretenue, il manque de nombreux carreaux, le deck est sale..). Le soir repas dans une des roulottes, place Vaiete. C’est pittoresque, une curiosité à voir mais le meilleur côtoie le pire…Un conseil, allez vers une roulotte où les places sont toutes prises (les connaisseurs vont vers elles, et la nourriture ne stagne pas), elles ne servent que de l’eau (la vente d’alcool y est interdite) mais vous pouvez venir avec votre Hinano…
MOOREA : Départ de l’hôtel, pour l’agence ECOCAR, où nous restituons la voiture (et présentons le ticket d’essence). On nous raccompagne à l’aéroport. Le vol pour Moorea dure 10 minutes. Je vous conseille de vous installer à gauche dans l’avion, vous verrez Tahiti puis Moorea du ciel : beau spectacle. L’aéroport de Moorea est tout petit. Un représentant d’Albert location ( http://www.albert-transport.net/location_vehicule_moorea.php ) est présent pour nous accompagner (avec nos bagages) à leur agence un peu plus loin. La voiture est récente, quelques petites rayures, mais en bon état. Nous nous dirigeons vers la pension Vaihere, qui se trouve dans la baie d’Opunohu. Nous sommes accueillis par Philippe et Corine les propriétaires. Ils possèdent 1 bungalow face à la mer et 2 jardin et un Faré Poté et leur habitation. Les bungalows de style polynésiens sont pas très grand (mais suffisant), propre (ménage tous les jours). Vous aurez les serviettes changées tous les 2 jours. Le Wifi est gratuit et dans les bungalows. On peut vous prêter les serviettes de plage, masque tuba et palmes. Philippe est moniteur de plongée. Il n’y a pas de plage à la pension mais un ponton. On y mange très bien, les petits déjeuners sont copieux. Philippe peut se charger de faire des réservations pour vous, et vous expliquera la vie de l’ile, de la Polynésie. Apres l’installation, direction la plage d’Ta'ahiamanu (ou Mareto) en bord de la route côtière. Les plages sont bien indiquées, et aménagées (WC, douche). Il n’y a que 2 plages à Moorea, l’autre plage publique prolonge celle du Sofitel : en venant de la baie de Cook, vous longez le Golf et juste après l’aéroport, avant de monter vers le point de vue Temae vous avez sur la gauche un grand panneau marron signalant l’entrée. Le chemin d’accès (environ 800m) est large, mais truffé de trou. La plage est très belle, votre baignade sera protégée par la barrière de corail et vous verrez devant vous Tahiti. Le lendemain, nous allons au Lagoonarium (http://lagoonarium.e-monsite.com/ ) . En venant de l’aéroport, vous longez la gare maritime de Vaiare à gauche, puis vous continuez environ 2 à 3 kms. Sur votre gauche vous trouverez un petit parking avec un faré. L’entrée est de 30€/pers pour la journée. Le transfert vers le motu Ahi se fait en pirogue à moteur, et dure moins de 10 minutes. Sur le motu il y a 7 farés, une construction en forme de bateau (restaurant) et 2 farés privés. En arrivant tôt, on vous attribuera un faré pour la journée ; c’est bien agréable vous pourrez laisser vos affaires, faire une sieste…). Vous aurez une magnifique vue sur Tahiti. Toute l’équipe (polynésienne) est vraiment sympathique, souriant…. Les raies et les requins sont nourris à 11h30 et 14. Vous pourrez toucher les raies (pas les requins !) Cette pratique (feeding) est courante en Polynésie…discutable, mais pratiquée et permet de les approcher. Le soir, nous allons au TIKI village (https://www.tikivillage.pf/). Ne logeant pas dans les hôtels, c’est notre seul occasion de voir des danses et chants traditionnels. Sur la côte Ouest, quelques kilomètres avant Haapiti, un vrai village traditionnel est aménagé : marae, four polynésien, confection de paréo, de bijoux...une hôtesse nous explique la signification des Tikis, des maraes. Le repas est sous forme de buffet. Une partie du buffet provient du four polynésien. Pendant ce buffet, démonstration des différentes façons de nouer le paréo (femme et homme). Puis vient le temps du spectacle. Une histoire est contée et rythmée par les danses ; la danse du feu clôture la soirée (non présentée dans les hôtels pour des raisons de sécurité). La troupe est moins nombreuse que par le passé (faute de budget) mais ça reste une bonne expérience. Le repas est bon, le spectacle convivial, pas trop long ni répétitif. Le lendemain, tour en quads avec Dammon (http://www.tripadvisor.fr/ShowUserReviews-g309685-d2460517-r190179929-Magic_Mountain-Moorea_Society_Islands.html). Il se situe à Maharepa en face du Moorea beach café. C’est un polynésien de père américain. On vous fournira une bouteille d’eau, une charlotte, et après une prise en main dans le jardin derrière la boutique, vous partez…pour la route des Ananas au cœur de l’ancien cratère, puis le Belvédère (240m d’altitude) avec sa vue sur le mont Rotui (899m) et les deux baies (Cook et Opunohu). En redescendant, arrêt au lycée agricole pour boire un jus d’ananas frais, puis ascension de la montagne magique (la vue y est magnifique). Au retour, dégustation de fruits dans la boutique. Dammon et Alex (un narbonnais) sont vraiment très gentils. Il a plaisir à parler de la Polynésie, de son ile de sa culture et surtout de nourriture… A voir également « le Tropical garden » si vous êtes fan de plantes, fruits et légumes tropicaux (http://tgardenmoorea.centerblog.net/). Situé 50m après la pension Vaihere à gauche, vous devrez monter une cote assez raide (faisable à pieds, préférable en voiture). Vous aurez une belle vue sur la baie d’Opunohu. Vous pourrez visite le petit jardin et ses vanilles, déguster des jus de fruits, acheter des confitures maison. La propriétaire est adorable (elle nous a même donné des vanilles…). Le vendredi elle propose une assiette Polynésien (un conseil, prenez 1 assiette pour 2, c’est TRES copieux). Moorea ressemble un plus à l’idée que l’on se fait de la Polynésie. Assez urbanisée avec des zones concentrées de boutiques, puis des zones moins habités mais de très beau paysage de montagne, de végétation luxuriante, de lagon, de cocotier. On a rencontré beaucoup d’occidentaux, mais la vie y est douce.
TAHAA On ne va pas à Tahaa par hasard. Il faut 40 minutes de vol depuis Moorea pour rejoindre Raiatea, puis ensuite 30 minutes de bateau. Raiatea et Tahaa partage le même lagon. Tahaa (ile vanille) est complétement différente des autres iles : plus rurale, plus simple, plus authentique. On y perd un peu la notion du temps. L’ile vit au rythme des compétitions de pirogues (V6) et des danses traditionnelles.
Dans l’avion mettez-vous côté gauche, car l’avion, avant d’atterrir survole Raiatea, fait un demi-tour et se pose avec Tahaa sous vos yeux. L’aéroport possède son quai pour faire les transferts vers Tahaa. Une navette ou un Taxiboat feront la traversée (attention à réserver si comme nous vous arrivez un dimanche) Nous sommes attendus au quai par René de la pension « Au phil du temps ». La pension est composée de 2 bungalows polynésiens et une chambre. Les repas sont communs. Les bungalows sont simples et auraient besoin d’un coup de neuf, mais vous oublierez cela si vous tombez sous le charme de Tahaa. Les serviettes de plage sont prêtées. Le Wifi est gratuit et dans le bungalow. Il n’y a pas de plage à Tahaa (sauf la plage Joe Dassin difficile d’accès), mais la pension possède un deck (pour le bronzage) et un ponton donnant sur des patates de corail avec une jolie faune. Nous avons fait toutes nos excursions avec René le propriétaire de la pension. A l’origine, je voulais faire les excursions avec des polynésiens. Mais la communication par mail avec eux est compliquée : soit il n’y a pas de réponses, soit elles sont très sporadiques. Mais nous ne regrettons pas notre guide. Nous avons fait le tour de l’ile, avec visite de la ferme perlière (prix affichés très chers, mais au bout de 5 minutes on les divise par 2, juste « parce que c’est toi ». Nous n’aimons pas trop de genre de pratique, et même divisé par 2 cela restait onéreux), visite de la ferme de Vanille (avec verre de jus de fruit, dégustation de différentes bananes, explications toutes les étapes de la vanille depuis l’orchidée jusque dans l’assiette en passant par la pollinisation, la récolte, le séchage…). Tout au long de la route vous verrez des séchoirs à coprah. La route côtière permet de très beau point de vue. Essayer de monter jusqu’à la mairie d’Apu : la vue est féerique, le bleu turquoise du lagon, le bleu de l’océan et Raiatea en toile de fond… Notre autre excursion fut le jardin de corail. Certainement le plus beau que j’ai rencontré avec seulement masque et tuba ! Le site se situe sur le motu du « Tahaa private Island and spa » : entre ce motu et le suivant. La visite se fait en dérivant avec le courant depuis la barrière de corail vers le lagon. Entre 1 et 2 m d’eau vous verrez presque tous les poissons tropicaux, c’est un vrai aquarium multicolore. Entre deux descente vous pouvez vous restaurer « chez Annette » d’un repas polynésien (poisson cru lait de coco, riz blanc, poulet rôti caramélisé, pain coco et en dessert fruits et po’e banane, le tout avec eau et café) au bord du lagon. Ce lieu est une vraie carte postale de la Polynésie.
BORA BORA Certainement l’ile qui correspondait le moins à l’idée que je m’en faisais. Cette ile présente de forts contrastes. D’un côté des motus et une partie de l’ile avec de grand hôtels, et de l’autre une ruralité presque pauvre. Je m’attendais à une ile principale très urbanisée, avec beaucoup de boutiques, restaurants, d’animation…il n’y a rien de tout cela. Une seule station essence pour toute l’ile. Il est vrai qu’on fait le tour en 2 heures en roulant à 30kms/h et en faisant des arrêts… Encore une fois mettez-vous à gauche dans l’avion pour voir Bora et son magnifique lagon avant l’atterrissage. L’aéroport situé sur un motu est petit. Un port jouxte les pistes où accostent les bateaux vous amenant vers votre hôtel. Cette piste fut la première piste construite en Polynésie. Elle l’a été par les américains pendant la 2° guerre mondiale. Bora fut leur base pour contrôler le Pacifique (une seule passe facilement contrôlable où pouvaient passer les gros cargos). Nous avions choisi le Sofitel (sur l’ile principale, pas sur le motu privé. Pour ne pas être tributaire des navettes). Les chambres sont grandes, avec tous les services d’un hôtel, mais le personnel est moyennement aimable. La restauration quelconque avec peu de plats polynésiens (même pas de fruits ou confitures locaux au petit déjeuner). Vous pourrez voir des vestiges des défenses anti aériennes si vous faites un tour en quad. J’ai choisi Matira ATV (http://www.matirajettours.com/ ). Il passe vous cherchez à l’hôtel, les quads sont neufs, très sympathique. Le tour dure 1h30. Vous monterez sur les points culminants où vous aurez des vues sur le lagon turquoise, l’ancien cratère, la passe du lagon… Nous avions prévu de passer une journée dans le lagon en louant un bateau sans permis (http://www.laplage-borabora.com/FR/information.html). Il faut savoir qu’on ne peut pas accoster où l’on veut sur un motu. La loi « littoral » est en vigueur en Polynésie, mais les hôtels se réservent le droit de limiter le passage. De plus la plupart des motus sont privés (sur toutes les iles). Mais la pluie nous a fait renoncer à cette activité. Nous avons loué une voiture (Avis) pour la journée, pour faire le tour de l’ile principale.
TIKEHAU Nous quittons les iles de la société pour les Tuamotus. Fini les iles volcaniques, les montagnes, la végétation luxuriante, les fruits en quantité. Ici ce n’est qu’un anneau corallien plat avec d’un côté l’océan et de l’autre le lagon. Les seuls « fruitiers » à pousser sont les cocotiers. Là nous trouvons les images/cartes postales qu’on s’imagine pour la Polynésie (plage de sable blanc, cocotier, le bleu turquoise du lagon et le bleu ciel du…ciel). L’avion passe par Rangiroa (et fait une escale) avant de rejoindre Tikéhau. SI vous vous placez du côté droit de l’avion, vous pourrez voir « le lagon bleu » de Rangiroa (un lagon dans le lagon). L’aéroport de Tikéhau est minuscule (comme partout dans les Tuamotus). La pension « Tikéhau Village » nous attend à la descente de l’avion avec un collier de fleur (http://www.tikehauvillage.com/ )(nous repartirons avec un collier de coquillage). C’est la seule pension qui ne m’a pas demandé de verser un acompte pour réserver ! (confiance absolue). L’entrée de la pension est à 50m de l’entrée de l’aéroport ! mais il n’y a pas de bruit car les avions sont rares. La pension est nichée entre la plage est une cocoteraie. Les bungalows de style polynésiens donnent directement sur la plage. Ils ont un grand lit, et un autre en mezzanine. La partie sanitaire est le point faible, elle commence à être vraiment vétuste…A noter que les photos ne correspondent plus à la réalité : le ponton a disparu, il semblerait que les bungalows à côté du faré poté soient en meilleur état (le notre était le plus éloigné). Le Wifi est disponible (gratuitement) à côté du faré poté. Sur la plage vous pourrez croiser des raies, des requins pointe noire…Vous avez à disposition, vélo, kayaks…et avec supplément le club de plongée « Raie Manta club ». Le village est à un petit kilomètre de la pension. Vous y trouverez une petite supérette pour les repas du midi, ainsi qu’une boulangerie. A l’entrée du village, sur la gauche vous trouverez le centre de plongée « Tikéhau plongée ». Ici il n’y a pas de banque, pas de distributeur. Cependant, vous pouvez payer la pension par carte bancaire. A Tikéhau vous n’avez rien à faire, à part la plage, la plongée, le snorkeling et les excursions (nous n’avons pas fait l’excursion à la journée sur « l’ile aux oiseaux » ). Tikéhau restera une de nos meilleures expériences, justement pour cette sensation d’être au bout du bout du monde, mais aussi pour les rencontres que nous avons faites. On a vraiment l’impression de partager la vie des polynésiens. D’abord Paea et Caro les propriétaires, mais aussi Serge dit « l’indien ». Je vous recommande l’excursion à la journée faite par la pension. Après une nage avec une (les) raie(s) Manta, vous irez péchez le poisson du repas, puis Serge vous emmènera à son « bureau » : dans un décor de carte postale, vous prendrez votre repas polynésien au milieu des poissons requins…on est plus très loin du paradis…
Au niveau plongé sous-marine, Tikéhau a la particularité de ne posséder qu’une seule passe. Donc à ce niveau que se font la majeure partie des plongées. A l’intérieur du lagon, il y a une ancienne ferme perlière qui abrite une station de nettoyage des rais manta. Mais depuis la tempête tropicale de janvier 2015, ces dernières se font très rares.
RANGIROA Second atoll corallien de notre séjour. Rangiroa est une destination purement plongée. Il n’y a pas de plage (sauf au niveau de l’hôtel Kia Ora). Donc si on ne plonge pas, on va trouver le temps assez long. Les habitations sont réparties entre les deux passes (Avatoru et Tiputa) avec une concentration plus forte vers Avatoru. Quelques pensions, petits hôtels, restaurants, snack, artisans parsemés tout au long de la route unique… Nous étions logés à la pension « les relais de Joséphine ». Le transfert est assuré par la pension qui se trouve à environ 10Kms de l’aéroport. Cet éloignement ne permet pas de visiter l’ile sans un véhicule à moins d’être disposé à faire 2Okms aller (et autant au retour), en vélo sous le soleil pour rejoindre la passe d’Avatoru et visiter la partie la plus habitée de l’atoll. La pension est très jolie, les bungalows sont de belle taille (au moins 40m2), belle décoration, beau sanitaires, bien entretenus. Une belle terrasse où on prend ses repas juste au bord de la passe où parfois, viennent les dauphins. L’endroit est connu pour cela, et l’établissement reçoit la visite de personnes extérieures venant voir le spectacle. Cette proximité de la passe (environ 5mètres) fait que les nuits sont bruyantes (nous avons utilisé les bouchons d’oreille fournis dans l’avion pour ces nuits à Rangiroa !). J’ai plongé avec le club « The 6 passengers » : très pro, bien installés sur une plage en bord de lagon. Les moniteurs sont très sympas, l’ambiance est très familiale et détendue. J’étais venu pour voir (et nager avec) les dauphins : déception (je les ai vu seulement 2 minutes en plongée), mais on ne commande pas des animaux sauvages. Suivant les conseils des forums, nous sommes allés chez « Ikimasho » (http://www.tahitigemfair.com/ ) pour choisir des perles. La boutique pas très grande, et se trouve juste à côté de leur concurrent : « Gauguin’s pearl ». Lui est bijoutier-joaillier (de Perpignan et d’allure rasta), elle (coco) est japonaise. Il y a des perles à tous les prix. Il peut les percer pour les faire monter en métropole. Nous avons également fait une excursion à la journée au « lagon bleu ». La pension a fait la réservation. L’équipe est venue nous chercher à la pension pour rejoindre le port d’Avatoru. Il faut 1h30 de bateau pour rejoindre le « lagon bleu » (lagon dans le lagon). Dès l’arrivée, les requins pointe noire sont là pour nous accueillir. Installation sur le motu, visite d’un motu voisin uniquement habité par les oiseaux, snorkeling, repas polynésien, sieste à l’ombre des cocotiers (attention aux chutes des noix de coco !), apprentissage de tressage des feuilles de palmier sont les activités de la journée. Au retour, snorkeling avec les pointes noires, et quelques requins citron. Avant d’arriver au port d’Avatoru, juste devant la passe, snorkeling dans « l’aquarium ». Il existe une autre excursion à la journée, « l’ile aux récifs » que nous n’avons pas eu le temps de faire. D’après les gens rencontrés cela vaut bien une visite, le spectacle est inattendu et étonnant. Rangiroa restera une déception, car la partie habitée (celle que nous avons vue) n’est pas très belle, pas mise en valeur…
FAKARAVA : Dans l’avion nous longeons Rangiroa puis survolons d’autres atolls avant d’arriver à Fakarava (45 minutes de vol). Nous sommes accueillis par les fils des propriétaires de la pension « Hawaiki Pearl » (http://www.havaiki.com/ ), qui remettent aux femmes un collier de fleur et aux hommes une fleur de Tiaré. Nous sommes logés dans un bungalow plage de style polynésien, pratiquement neufs, avec tout le confort (climatisation ventilateur, sèche-cheveux, coffre-fort…). Le ménage est fait tous les jours (sauf le dimanche), les serviettes de toilettes sont changées tous les deux jours, les serviettes de plage sont prêtées. Il s’agit plus d’une petite hôtellerie, où la décoration est joliment et simplement pensée. Il y a un snack sur la plage pour les repas du midi. Les kayaks et vélos sont à disposition. La pension se trouve à 2 Kms du village. Au niveau du ponton se trouve une petite ferme perlière. Les lundis et mercredi, Hugo vous explique les détails de la fabrication de la perle. Cette explication très complète est clôturée par une tombola. La configuration de Fakarava est identique aux autres atolls ; un grand motu où se trouve l’aérodrome, avec un village Rotoava, qui concentre tous les habitants. Mais à Fakarava on s’y sent bien…c’est le sentiment que l’on ressent lorsque le mini bus nous emmène de l’aérodrome à la pension. Les maisons sont joliment décorées, les gens très sympathiques…il y règne une atmosphère de détente, de quiétude particulière…Ce sera notre coup de cœur ! Fakarava est une destination purement plongée, mais les non plongeurs peuvent bénéficier de plages ou par endroit de récifs de coraux pour faire du snorkeling. Nos journées se déroulent ainsi : plongées le matin (avec Mathias de « Dive Spirit ») et promenade l’après-midi. En dépassant l’aéroport vous roulerez sur un chemin qui amène au bord de la passe Nord (Garuae). Là vous aurez de belles plages isolées, de sable blanc. Coté océan vous pourrez récolter des coquillages (ainsi que des mues de petits crabes). Si vous avez la possibilité, faites une sortie vers le village Tetamunu, situé sur la passe Sud de l’atoll. Le déco y est encore différent. La passe Sud Tumakohua est plus petite, toujours abritée des vents. Des bungalows, les pieds dans l’eau vous donneront l’impression d’être dans une carte postale. Ces bungalows sont à louer, mais le confort y est rudimentaire (d’après les forums et voyageurs croisés). Cependant vous pourrez nager à 1 mètre du bord aves de gros Napoléons peu farouches. Vraiment un bel endroit. De retour vous pourrez voir les plages de sable roses : spectacle étonnant. Nous laisserons à regret Fakarava. Si nous retournons un jour en Polynésie, nous viendrons à nouveau à Fakarava.
TAHITI Ne pouvant faire un retour direct en métropole depuis Fakarava, nous serons obligés d’y dormir 2 nuits. Nous arrivons à 16h en direct de Fakarava, après un vol de 1h05. Nous profitons de la fin de d‘après-midi pour faire les derniers achats. Puis allons diner dans un restaurant: »le grillardin ». C’est un restaurant semi gastronomique, faisant une excellente cuisine pour un tarif raisonnable. Le lendemain nous partons avec « Tahiti Safari Expédition » (http://www.tahiti-safari.com/ ) depuis l’hôtel vers la vallée de Papanaoo. C’est Loana sera notre guide et conductrice. Cette journée permet de voir une autre facette de Tahiti. On remonte la vallée, où on peut se baigner. D’une végétation côtière « tropicale » vous aller vous enfoncer vers la montagne et sa végétation dense et humide dominée par les fougères. Le repas au « relais de la Maroto » est agréable. De retour à Papeete, nous retournerons aux roulottes pour le dernier repas polynésien. Nous choisirons « l’estanco ». Cela va être un excellent choix, je vous la recommande.
Voici qui clôture ce compte rendu de notre tout ressent voyage en Polynésie. J’ai peut-être oublié certain détails : excusez-moi… Si vous souhaitez de précisions, n’hésitez pas à laisser des messages. Encore une fois, ce récit n’est pas exhaustif, il n’est le reflet que de notre voyage. Je n’ai parlé que de ce que j’ai vu, ressentit. Je vous invite tous à aller voir nos amis polynésiens, vous recevrez un accueil comme nulle part.
Compte rendu d’un voyage (4 personnes) de 15 jours entre Séville et Porto: mars 2014 English translation pending
Budget total par couple : 1620 €
Avion Bâle-Séville retour Porto Bâle : 157 €
Location auto 10 jours : 146/2 = 73 €
Sur place : hôtels + nourriture : 1390 €
Itinéraire : Séville, Tavira, Evora, Obidos, Nazaré, Alcobaça, Batalha, Tomar, Coimbra, Aveiro, Porto, Viana do Castelo, Guimaraes.
Compte rendu : 16/03 Départ aux aurores pour être à l’heure à l’aéroport de Bâle-Mulhouse décollage à 8h en direction de Séville dans un avion plein à ras-bord. Deux heures plus tard, atterrissage à Séville sous un ciel bleu et un beau soleil. Le bus EA nous emmène en ville et à quelques minutes à pied de l’appartement que nous avions réservé. La propriétaire très sympathique nous présente ce bel appartement moderne de 2 chambres et salles de bains, mezzanine et cuisine- salon, salle à manger, très bien décoré avec tout le confort. En 15 mn à pied, nous voilà à l’entrée de la vieille ville à la hauteur des jardins de Murillo, la faim se faisant ressentir et l’heure espagnole du déjeuner étant encore lointaine, nous nous attablons pour prendre quelques tapas incontournables au bar « las Teresas ». Excellent déjeuner de poissons, un peu plus tard, à la terrasse de « Modesto ». Nous partons arpenter les abords de la Giralda, quartier que nous connaissons déjà bien, par la « Plaza de la Alfalfa ». Sur la « Plaza del Salvador » les bars font toujours le plein et les rumeurs des clients franchissent allègrement les limites de la seule place. Nous continuons vers la structure « champignonnesque » qui surplombe « la plaza de la Encarnación ». Retour vers le Guadalquivir et la fameuse tour de l’Or qui prend dans l’après-midi de belles teintes ocres .Nous terminons par le « Prado San Sebastián » où se tient une « Oktober Fest » décalée sous le soleil andalou avec ses débits de bière internationale. Arrêt dîner de poissons frits au « 3 de Oro » calle Santa María la Blanca . 17/03 Nous retournons après le petit déjeuner flâner autour de la Giralda, dans le barrio de Santa Cruz. Vers 14h, repas arabo-andalou (18 €) au restaurant « Don Raimundo ». Traversant « la Alameda de Hércules » nous allons acheter nos billets de bus pour Tavira à la station de la Plaza de Armas. De là, le quartier gitan de Triana n’est pas loin, il suffit de passer le pont «. Le quartier est toujours aussi agréable même s’il est maintenant difficile de voir les « Corrales » ces maisons communautaires traditionnelles. Retour sur les bords du Guadalquivir pour un arrêt boissons bien mérité avec la chaleur qui règne. Puis c’est une soirée tapas avec nos amis espagnols Ricardo et Pili au « Patio » calle San Eloy. 18/03 Départ pour la station de bus du Prado San Sebastián à 15 mn de notre appartement pour y prendre le bus pour Tavira que nous atteignons après 2h de trajet. Après avoir récupéré notre voiture de location (réservé depuis la France) en ville, nous allons déposer nos affaires dans l’appartement sur les hauteurs de la ville. Puis nous allons déjeuner de plats typiquement portugais (dont une excellente cataplana) au restaurant « Bica » dans la vieille ville. L’après-midi, direction Santa Luzia et Pedras del Rei : une passerelle nous permet de rejoindre l’île de Tavira, sa longue plage de sable blanc, son cimetière d’ancres marines et ses restaurants. Beau soleil mais vent du large assez fort. 19/03 Visite de la ville haute, ses églises, sa poussada, ses maisons et son château avec un magnifique jardin, bien entretenu et très fleuri à cette saison. Visite de la ville basse autour de la rivière et du pont romain. Départ en voiture pour le village perché de Cacela Velha situé à une 15aine de km. Très belle vue sur l’océan depuis ce promontoire. Les couleurs blanches et bleues dominent dans ce tout petit village très calme à cette saison. Retour à Tavira et déjeuner portugais de grand qualité au restaurant populaire« O ciclista ». L’après-midi nous allons en voiture jusqu’à « cuatro aguas » à quelques km de la ville d’où nous prendrons le petit ferry pour aller de nouveau sur l’île de Tavira nous oxygéner au bord de l’océan. 20/03 Nous quittons Tavira non sans nous arrêter dans une pâtisserie de Santa Luzia faire le plein d’excellentes pâtisseries « pasteis de nata » découvertes avant-hier , en direction de la très belle plage de Falésia près de la ville d’Olhos de Agua. Après quelques difficultés pour trouver notre route nous arrivons enfin sur cette plage réputée pour ses falaises offrant de belles couleurs qui varient du jaune clair au rouge intense en passant par toutes les nuances de l’ocre. De plus, avec ce beau soleil du matin l’éclairage est superbe. Nous repartons vers le Nord en direction de Loulé (arrêt pique-nique au bord d’un ruisseau) et continuons par de petites routes qui « tortillonnent » beaucoup compte tenu du relief assez marqué. En fin d’après-midi nous arrivons au village perché de Monsaraz. Beau village qui domine la plaine environnante avec ses plans d’eau et ses cultures. Très bel éclairage aussi à cette heure où le soleil va bientôt se coucher. Nous rejoignons Evora où nous passons la nuit. Première visite nocturne du centre. 21/03 Après le petit déjeuner, nous allons visiter la vieille ville toute proche de l’hôtel. On retiendra la belle place du Giraldo, les ruines du temple de Diane et surtout la superbe université avec une collection d’azulejos qui recouvrent tous les murs des couloirs et une magnifique cour carrée intérieure. En partant , nous allons faire une partie du « tour des mégalithes » se contentant de voir ceux situés autour de Valverde et de Guadalupe, dans une belle nature dominée par les plantations de chênes lièges. Nous continuons notre route en direction d’Obidos où nous arrivons dans l’après-midi sous la pluie. Installation dans une vieille maison du XVI e siècle au pied des remparts (La casa do Fontanario), les propriétaires sont charmants et de plus francophones et francophiles. Premier contact avec la vieille ville (balade sur les remparts) sous la pluie excellent dîner de plats typiques au restaurant « Muralha » tout proche. 22/03 En attendant l’heure du petit déjeuner et pour éviter les hordes touristiques habituelles ici, je pars faire quelques photos de la vieille ville je suis tout seul, pas un bruit, bel éclairage avec le lever du soleil, ça change par rapport à hier après-midi. Lors de notre 2ème passage vers 10h, il y a un monde fou, la petite ruelle est noire de monde ! il est temps de partir pour Nazaré notre prochaine étape. Après avoir déposé nos affaires dans le très bel appartement que nous louons dans le centre de la ville et avoir satisfait au cérémonial quotidien du Porto et du déjeuner, nous allons nous promener sur la longue et belle plage de Nazaré occupée par endroits par des femmes âgées qui font sécher du poisson et le vendent aux passants. Le vent frais et obstiné ne pousse pas à la baignade, il n’y a personne dans l’eau, excepté quelques jeunes qui ont dû faite un pari ! Nous prenons ensuite le funiculaire qui permet de rejoindre la ville haute, le quartier du Sitio d’où la vue sur les alentours est magnifique, nous en profitons pour visiter les quelques monuments religieux (église et chapelle) qui bordent la place principale. Retour en ville et excellent dîner de poissons à la « Tasquinha ». 23/03 Journée culturelle consacrée aux trois sites majeurs que sont Alcobaça, Batalha et Tomar. Difficile d’en rendre compte tellement il y a de merveilles : A Alcobaça, je retiendrai la nef dépouillée de style cistercien, ça surprend par rapport au baroque manuélin si chargé. Le cloître est magnifique et la cuisine étonnante entièrement recouvert d’azulejos avec sa cheminée de 18m. Après les nourritures spirituelles nous allons déguster les excellentes pâtisseries de chez Alcoa, le meilleur pâtissier de la ville. Batalha est remarquable entre autres par la superbe chapelle du fondateur avec les tombes royales, un cloître gotique et manuélin unique et aussi les chapelles inachevées d’Edouard 1er. C’est enfin Tomar, autre complexe religieux impressionnant par sa taille et renommé pour sa fameuse fenêtre manuéline. Retour à Nazaré et dîner, toujours aussi excellent à la « Tasquinha ». 24/03 Départ pour Coimbra sous la pluie. Installation dans un superbe appartement design, après un encas et un intermède « Porto » nous allons visiter la vieille ville, c'est-à-dire qu’il faut descendre de la colline où nous sommes logés jusqu’au niveau de la rivière puis remonter vers la vieille ville située sur une autre colline le funiculaire qui nous aurait permis de nous économiser est arrêté pour maintenance ! Nous commençons par la vénérable Sé, la cathédrale du XII me siècle, si l’extérieur est massif et fortifié, l’intérieur contraste avec de beaux panneaux d’azulejos et un très beau retable doré de facture flamande du XVI me siècle. Encore un beau cloître roman ! La réputation de Coimbra est surtout liée à son Université, une des plus anciennes d’Europe. Nous avons surtout apprécié l’exceptionnelle bibliothèque Joanina de facture baroque du XVIII e, riche de milliers de volumes très rares. Nous avons également pu assister, en spectateurs discrets évidemment, à une soutenance de thèse dans la fameuse salle des examens. Puis nous sommes redescendus vers la ville basse en traversant par de petites venelles en pente le vieux quartier médiéval et pauvre de Baixa aux maisons en ruine qui contrastait avec les magnificences vues plus haut. Dîner dans une minuscule gargote « Zé Manel de Ossos » dont les murs sont tapissés de petits bouts de nappes sur lesquels les clients font état de leurs sentiments. A quatre, on s’en tire avec une addition de 30€ avec le vin ! 25/03 Départ sous un temps incertain vers la fameuse forêt de Buçaco distante d’une cinquantaine de km. Après avoir laissé la voiture sur le parking de l’hôtel Palace nous empruntons les différents chemins qui permettent de visiter les différentes curiosités du parc. Nous avons beaucoup apprécié le chemin qui longe la forêt de fougères arborescentes, des étangs et de magnifiques camélias et autres variétés d’arbres et de plantes. Malheureusement le cyclone de janvier 2013 a beaucoup endommagé une partie de parc en particulier les grands arbres qui ont fait la réputation de cette forêt. Pour déjeuner nous avons cassé la tirelire et nous sommes installés dans le superbe restaurant du palace de Buçaco. Belle expérience, excellent déjeuner, bon rapport qualité-prix. Retour à Coimbra en fin d’après-midi. 26/03 Départ pour Porto temps couvert mais avec quelques coins de ciel bleu. Pour éviter l’autoroute nous prenons les petites routes qui longent l’océan et arrivons à Aveiro en fin de matinée vers 11h. visite de la ville avec ses canaux, le quartier des marins avec ses petites maisons multicolores et ses barques caractéristiques. Nous continuons vers Porto. Nous avons loué un triplex avec terrasses sur les hauteurs de Porto, non loin du centre de la ville : une fois de plus nous avons affaire à des gens charmants. Paula et Sergio nous donnent toutes les indications nécessaires à la visite de la ville. il n’est plus l’heure du déjeuner, mais le ventre vide, nous trouvons un bar qui peut nous servir les fameux « Franceshinas » ou croquemonsieur à la française, c’est bon, nourrissant et économique. Nous commençons par visiter le fameux pont qui franchit le Douro ainsi que le quartier de la gare. Dîner dans un restaurant près de l’appartement « El forno » d’excellents poissons. 27/03 Journée consacrée à la découverte de la vallée du Douro : premier impératif, pour sortir de Porto, nous évitons les autoroutes payantes, non à cause du prix et des complications pour payer ensuite le télépéage, nous préférons les petites routes à la circulation tranquille qui permet de voir le paysage tout en conduisant. On va être gâté, nous voilà sur de toutes petites routes au pavage antique, le paysage est magnifique mais pour trouver notre chemin c’est beaucoup plus compliqué vu le manque de panneaux informatifs, c’est ça la découverte ! Finalement nous rejoignons le Douro vers le barrage de Torrao et allons le longer jusque vers Lamego où nous ferons un excellent déjeuner dans un restaurant situé derrière la Sé. Visite de Lamego puis nous continuons vers Pinhao. Le paysage est de toute beauté entre les vergers fleuris, le Douro au fond de la vallée et les terrasses où poussent la vigne et qui s’étagent sur les hauteurs. Des miradors bien placés permettent des arrêts photo intéressants. En rentrant nous zapperons le château de Mateus (trop cher, de plus nous avons vu suffisamment de monuments superbes ces derniers jours). 28/03 Météo clémente encore ce matin. Nous quittons Porto en direction du Nord et longeons la côte toujours par des petites routes pavées qui traversent des petites villes ou villages à vocation touristique et agricole. Au bout de 2h de trajet nous arrivons à Viana do Castelo, ville au bord de l’océan : de beaux palais, des maisons de style manuélin, des églises évidemment. Nous allons déjeuner dans un restaurant de poissons renommé sur le port « Valentim » : le vinho verde accompagnera à merveille nos différents plats de poissons. Un dernier petit tour dans une pâtisserie pour goûter aux spécialités locales et nous repartons vers Braga pour voir le fameux escalier du sanctuaire du Bom Jésus. Dernière étape : Guimarães. C’est une très belle ville que nous visiterons, hélas ! Un peu au pas de course car nous devons rendre la voiture à Porto dans 1h30mn. Le vieux quartier de Guimarães avec ses petites places bordées de belles maisons médiévales et ses églises est bien agréable à visiter. Retour à Porto, nous rendons la voiture dans les délais et revenons en ville par le métro, un violent orage de grêle nous surprend tout près de l’appartement. Un Porto nous fera passer cette frayeur !!! 29/03 Ciel bleu et soleil pour notre dernière journée consacrée à la visite de la ville. Nous commençons par le marché de Bolhao où beaucoup d’étals sont vides : on y trouve essentiellement des fleuristes, des poissonniers et des vendeurs de fruits et légumes. Nous continuons vers la place Delgado et la Praça de Libertade avant de nous perdre dans les petites ruelles, comme la rua dos flores, qui mènent vers le Douro et le quartier de la Ribera très animé. Nous franchissons le Douro et optons pour la visite des caves Calem (moins fréquentées que les grandes caves comme Sandeman). Bon choix avec une visite en français dans la 1/2h qui suit notre arrivée, guide parfaite, compétente et intéressante. La visite se clôt comme toujours par une dégustation de deux vins de Porto. Pour diluer notre apéro nous allons déjeuner dans un restaurant dont on nous a donné l’adresse, au bout du quai (Adao)restaurant bondé apprécié par les locaux ce qui est bon signe. Poissons incontournables…nous refranchissons le Douro pour aller nous promener vers le jardin botanique d’où la vue sur la ville et le Douro est magnifique. Retour à Vila Nova de Gaia pour assister à une représentation de Fado, toujours dans les caves Calem : beau spectacle, musiciens et chanteurs confirmés, bon Porto, rien à redire. 30/03 Fin du voyage, nous prenons le métro de la station Bolhao à l’aéroport, c’est pratique et bon marché. Décollage de Porto pour Bâle à 12h30.
PS : notre reportage photo est visible sur Picasa : https://picasaweb.google.com/105047203075097374619/DeSevilleAPorto16Au30Mars2014?authuser=0&authkey=Gv1sRgCJab9q2Li82mGg&feat=directlink
Compte rendu : 16/03 Départ aux aurores pour être à l’heure à l’aéroport de Bâle-Mulhouse décollage à 8h en direction de Séville dans un avion plein à ras-bord. Deux heures plus tard, atterrissage à Séville sous un ciel bleu et un beau soleil. Le bus EA nous emmène en ville et à quelques minutes à pied de l’appartement que nous avions réservé. La propriétaire très sympathique nous présente ce bel appartement moderne de 2 chambres et salles de bains, mezzanine et cuisine- salon, salle à manger, très bien décoré avec tout le confort. En 15 mn à pied, nous voilà à l’entrée de la vieille ville à la hauteur des jardins de Murillo, la faim se faisant ressentir et l’heure espagnole du déjeuner étant encore lointaine, nous nous attablons pour prendre quelques tapas incontournables au bar « las Teresas ». Excellent déjeuner de poissons, un peu plus tard, à la terrasse de « Modesto ». Nous partons arpenter les abords de la Giralda, quartier que nous connaissons déjà bien, par la « Plaza de la Alfalfa ». Sur la « Plaza del Salvador » les bars font toujours le plein et les rumeurs des clients franchissent allègrement les limites de la seule place. Nous continuons vers la structure « champignonnesque » qui surplombe « la plaza de la Encarnación ». Retour vers le Guadalquivir et la fameuse tour de l’Or qui prend dans l’après-midi de belles teintes ocres .Nous terminons par le « Prado San Sebastián » où se tient une « Oktober Fest » décalée sous le soleil andalou avec ses débits de bière internationale. Arrêt dîner de poissons frits au « 3 de Oro » calle Santa María la Blanca . 17/03 Nous retournons après le petit déjeuner flâner autour de la Giralda, dans le barrio de Santa Cruz. Vers 14h, repas arabo-andalou (18 €) au restaurant « Don Raimundo ». Traversant « la Alameda de Hércules » nous allons acheter nos billets de bus pour Tavira à la station de la Plaza de Armas. De là, le quartier gitan de Triana n’est pas loin, il suffit de passer le pont «. Le quartier est toujours aussi agréable même s’il est maintenant difficile de voir les « Corrales » ces maisons communautaires traditionnelles. Retour sur les bords du Guadalquivir pour un arrêt boissons bien mérité avec la chaleur qui règne. Puis c’est une soirée tapas avec nos amis espagnols Ricardo et Pili au « Patio » calle San Eloy. 18/03 Départ pour la station de bus du Prado San Sebastián à 15 mn de notre appartement pour y prendre le bus pour Tavira que nous atteignons après 2h de trajet. Après avoir récupéré notre voiture de location (réservé depuis la France) en ville, nous allons déposer nos affaires dans l’appartement sur les hauteurs de la ville. Puis nous allons déjeuner de plats typiquement portugais (dont une excellente cataplana) au restaurant « Bica » dans la vieille ville. L’après-midi, direction Santa Luzia et Pedras del Rei : une passerelle nous permet de rejoindre l’île de Tavira, sa longue plage de sable blanc, son cimetière d’ancres marines et ses restaurants. Beau soleil mais vent du large assez fort. 19/03 Visite de la ville haute, ses églises, sa poussada, ses maisons et son château avec un magnifique jardin, bien entretenu et très fleuri à cette saison. Visite de la ville basse autour de la rivière et du pont romain. Départ en voiture pour le village perché de Cacela Velha situé à une 15aine de km. Très belle vue sur l’océan depuis ce promontoire. Les couleurs blanches et bleues dominent dans ce tout petit village très calme à cette saison. Retour à Tavira et déjeuner portugais de grand qualité au restaurant populaire« O ciclista ». L’après-midi nous allons en voiture jusqu’à « cuatro aguas » à quelques km de la ville d’où nous prendrons le petit ferry pour aller de nouveau sur l’île de Tavira nous oxygéner au bord de l’océan. 20/03 Nous quittons Tavira non sans nous arrêter dans une pâtisserie de Santa Luzia faire le plein d’excellentes pâtisseries « pasteis de nata » découvertes avant-hier , en direction de la très belle plage de Falésia près de la ville d’Olhos de Agua. Après quelques difficultés pour trouver notre route nous arrivons enfin sur cette plage réputée pour ses falaises offrant de belles couleurs qui varient du jaune clair au rouge intense en passant par toutes les nuances de l’ocre. De plus, avec ce beau soleil du matin l’éclairage est superbe. Nous repartons vers le Nord en direction de Loulé (arrêt pique-nique au bord d’un ruisseau) et continuons par de petites routes qui « tortillonnent » beaucoup compte tenu du relief assez marqué. En fin d’après-midi nous arrivons au village perché de Monsaraz. Beau village qui domine la plaine environnante avec ses plans d’eau et ses cultures. Très bel éclairage aussi à cette heure où le soleil va bientôt se coucher. Nous rejoignons Evora où nous passons la nuit. Première visite nocturne du centre. 21/03 Après le petit déjeuner, nous allons visiter la vieille ville toute proche de l’hôtel. On retiendra la belle place du Giraldo, les ruines du temple de Diane et surtout la superbe université avec une collection d’azulejos qui recouvrent tous les murs des couloirs et une magnifique cour carrée intérieure. En partant , nous allons faire une partie du « tour des mégalithes » se contentant de voir ceux situés autour de Valverde et de Guadalupe, dans une belle nature dominée par les plantations de chênes lièges. Nous continuons notre route en direction d’Obidos où nous arrivons dans l’après-midi sous la pluie. Installation dans une vieille maison du XVI e siècle au pied des remparts (La casa do Fontanario), les propriétaires sont charmants et de plus francophones et francophiles. Premier contact avec la vieille ville (balade sur les remparts) sous la pluie excellent dîner de plats typiques au restaurant « Muralha » tout proche. 22/03 En attendant l’heure du petit déjeuner et pour éviter les hordes touristiques habituelles ici, je pars faire quelques photos de la vieille ville je suis tout seul, pas un bruit, bel éclairage avec le lever du soleil, ça change par rapport à hier après-midi. Lors de notre 2ème passage vers 10h, il y a un monde fou, la petite ruelle est noire de monde ! il est temps de partir pour Nazaré notre prochaine étape. Après avoir déposé nos affaires dans le très bel appartement que nous louons dans le centre de la ville et avoir satisfait au cérémonial quotidien du Porto et du déjeuner, nous allons nous promener sur la longue et belle plage de Nazaré occupée par endroits par des femmes âgées qui font sécher du poisson et le vendent aux passants. Le vent frais et obstiné ne pousse pas à la baignade, il n’y a personne dans l’eau, excepté quelques jeunes qui ont dû faite un pari ! Nous prenons ensuite le funiculaire qui permet de rejoindre la ville haute, le quartier du Sitio d’où la vue sur les alentours est magnifique, nous en profitons pour visiter les quelques monuments religieux (église et chapelle) qui bordent la place principale. Retour en ville et excellent dîner de poissons à la « Tasquinha ». 23/03 Journée culturelle consacrée aux trois sites majeurs que sont Alcobaça, Batalha et Tomar. Difficile d’en rendre compte tellement il y a de merveilles : A Alcobaça, je retiendrai la nef dépouillée de style cistercien, ça surprend par rapport au baroque manuélin si chargé. Le cloître est magnifique et la cuisine étonnante entièrement recouvert d’azulejos avec sa cheminée de 18m. Après les nourritures spirituelles nous allons déguster les excellentes pâtisseries de chez Alcoa, le meilleur pâtissier de la ville. Batalha est remarquable entre autres par la superbe chapelle du fondateur avec les tombes royales, un cloître gotique et manuélin unique et aussi les chapelles inachevées d’Edouard 1er. C’est enfin Tomar, autre complexe religieux impressionnant par sa taille et renommé pour sa fameuse fenêtre manuéline. Retour à Nazaré et dîner, toujours aussi excellent à la « Tasquinha ». 24/03 Départ pour Coimbra sous la pluie. Installation dans un superbe appartement design, après un encas et un intermède « Porto » nous allons visiter la vieille ville, c'est-à-dire qu’il faut descendre de la colline où nous sommes logés jusqu’au niveau de la rivière puis remonter vers la vieille ville située sur une autre colline le funiculaire qui nous aurait permis de nous économiser est arrêté pour maintenance ! Nous commençons par la vénérable Sé, la cathédrale du XII me siècle, si l’extérieur est massif et fortifié, l’intérieur contraste avec de beaux panneaux d’azulejos et un très beau retable doré de facture flamande du XVI me siècle. Encore un beau cloître roman ! La réputation de Coimbra est surtout liée à son Université, une des plus anciennes d’Europe. Nous avons surtout apprécié l’exceptionnelle bibliothèque Joanina de facture baroque du XVIII e, riche de milliers de volumes très rares. Nous avons également pu assister, en spectateurs discrets évidemment, à une soutenance de thèse dans la fameuse salle des examens. Puis nous sommes redescendus vers la ville basse en traversant par de petites venelles en pente le vieux quartier médiéval et pauvre de Baixa aux maisons en ruine qui contrastait avec les magnificences vues plus haut. Dîner dans une minuscule gargote « Zé Manel de Ossos » dont les murs sont tapissés de petits bouts de nappes sur lesquels les clients font état de leurs sentiments. A quatre, on s’en tire avec une addition de 30€ avec le vin ! 25/03 Départ sous un temps incertain vers la fameuse forêt de Buçaco distante d’une cinquantaine de km. Après avoir laissé la voiture sur le parking de l’hôtel Palace nous empruntons les différents chemins qui permettent de visiter les différentes curiosités du parc. Nous avons beaucoup apprécié le chemin qui longe la forêt de fougères arborescentes, des étangs et de magnifiques camélias et autres variétés d’arbres et de plantes. Malheureusement le cyclone de janvier 2013 a beaucoup endommagé une partie de parc en particulier les grands arbres qui ont fait la réputation de cette forêt. Pour déjeuner nous avons cassé la tirelire et nous sommes installés dans le superbe restaurant du palace de Buçaco. Belle expérience, excellent déjeuner, bon rapport qualité-prix. Retour à Coimbra en fin d’après-midi. 26/03 Départ pour Porto temps couvert mais avec quelques coins de ciel bleu. Pour éviter l’autoroute nous prenons les petites routes qui longent l’océan et arrivons à Aveiro en fin de matinée vers 11h. visite de la ville avec ses canaux, le quartier des marins avec ses petites maisons multicolores et ses barques caractéristiques. Nous continuons vers Porto. Nous avons loué un triplex avec terrasses sur les hauteurs de Porto, non loin du centre de la ville : une fois de plus nous avons affaire à des gens charmants. Paula et Sergio nous donnent toutes les indications nécessaires à la visite de la ville. il n’est plus l’heure du déjeuner, mais le ventre vide, nous trouvons un bar qui peut nous servir les fameux « Franceshinas » ou croquemonsieur à la française, c’est bon, nourrissant et économique. Nous commençons par visiter le fameux pont qui franchit le Douro ainsi que le quartier de la gare. Dîner dans un restaurant près de l’appartement « El forno » d’excellents poissons. 27/03 Journée consacrée à la découverte de la vallée du Douro : premier impératif, pour sortir de Porto, nous évitons les autoroutes payantes, non à cause du prix et des complications pour payer ensuite le télépéage, nous préférons les petites routes à la circulation tranquille qui permet de voir le paysage tout en conduisant. On va être gâté, nous voilà sur de toutes petites routes au pavage antique, le paysage est magnifique mais pour trouver notre chemin c’est beaucoup plus compliqué vu le manque de panneaux informatifs, c’est ça la découverte ! Finalement nous rejoignons le Douro vers le barrage de Torrao et allons le longer jusque vers Lamego où nous ferons un excellent déjeuner dans un restaurant situé derrière la Sé. Visite de Lamego puis nous continuons vers Pinhao. Le paysage est de toute beauté entre les vergers fleuris, le Douro au fond de la vallée et les terrasses où poussent la vigne et qui s’étagent sur les hauteurs. Des miradors bien placés permettent des arrêts photo intéressants. En rentrant nous zapperons le château de Mateus (trop cher, de plus nous avons vu suffisamment de monuments superbes ces derniers jours). 28/03 Météo clémente encore ce matin. Nous quittons Porto en direction du Nord et longeons la côte toujours par des petites routes pavées qui traversent des petites villes ou villages à vocation touristique et agricole. Au bout de 2h de trajet nous arrivons à Viana do Castelo, ville au bord de l’océan : de beaux palais, des maisons de style manuélin, des églises évidemment. Nous allons déjeuner dans un restaurant de poissons renommé sur le port « Valentim » : le vinho verde accompagnera à merveille nos différents plats de poissons. Un dernier petit tour dans une pâtisserie pour goûter aux spécialités locales et nous repartons vers Braga pour voir le fameux escalier du sanctuaire du Bom Jésus. Dernière étape : Guimarães. C’est une très belle ville que nous visiterons, hélas ! Un peu au pas de course car nous devons rendre la voiture à Porto dans 1h30mn. Le vieux quartier de Guimarães avec ses petites places bordées de belles maisons médiévales et ses églises est bien agréable à visiter. Retour à Porto, nous rendons la voiture dans les délais et revenons en ville par le métro, un violent orage de grêle nous surprend tout près de l’appartement. Un Porto nous fera passer cette frayeur !!! 29/03 Ciel bleu et soleil pour notre dernière journée consacrée à la visite de la ville. Nous commençons par le marché de Bolhao où beaucoup d’étals sont vides : on y trouve essentiellement des fleuristes, des poissonniers et des vendeurs de fruits et légumes. Nous continuons vers la place Delgado et la Praça de Libertade avant de nous perdre dans les petites ruelles, comme la rua dos flores, qui mènent vers le Douro et le quartier de la Ribera très animé. Nous franchissons le Douro et optons pour la visite des caves Calem (moins fréquentées que les grandes caves comme Sandeman). Bon choix avec une visite en français dans la 1/2h qui suit notre arrivée, guide parfaite, compétente et intéressante. La visite se clôt comme toujours par une dégustation de deux vins de Porto. Pour diluer notre apéro nous allons déjeuner dans un restaurant dont on nous a donné l’adresse, au bout du quai (Adao)restaurant bondé apprécié par les locaux ce qui est bon signe. Poissons incontournables…nous refranchissons le Douro pour aller nous promener vers le jardin botanique d’où la vue sur la ville et le Douro est magnifique. Retour à Vila Nova de Gaia pour assister à une représentation de Fado, toujours dans les caves Calem : beau spectacle, musiciens et chanteurs confirmés, bon Porto, rien à redire. 30/03 Fin du voyage, nous prenons le métro de la station Bolhao à l’aéroport, c’est pratique et bon marché. Décollage de Porto pour Bâle à 12h30.
PS : notre reportage photo est visible sur Picasa : https://picasaweb.google.com/105047203075097374619/DeSevilleAPorto16Au30Mars2014?authuser=0&authkey=Gv1sRgCJab9q2Li82mGg&feat=directlink
Retour de Fort-Dauphin, impressions English translation pending
Bonjour à tous,
Ce voyage s’est effectué en début d’année. Je suis resté donc 4 mois sur la grande île, de Décembre à Mars. Mon itinéraire est passé successivement de Tana à Tamatave puis Maroantsetra au nord- est pour descendre par la suite sur Fort Dauphin à l’extrême sud soit plus de 4000 kms pour la boucle complète et ses à cotés. Je passerai rapidement sur la première partie autour de Maroantsetra dont j’ai déjà parlé il y deux ans, sinon pour dire que rien n’a changé vraiment à part le pont sur le grand fleuve reconstruit, la piste ne s’est pas arrangée, les ponts en bois pourrissent plus vite qu’ils sont rafistolés si bien qu’il faut parfois descendre dans la rivière ou la mer à marée basse pour pouvoir passer. J’ai fait l’aller en 4x4 Suzuki qu’on a acheté à Tamatave, c’est parfois dur mais ça passe. Attention aux bacs, il n’y a plus de gasoil et si on veut traverser les 11 bacs il faut son jerrican, le gouvernement qui doit normalement le fournir étant à sec, à part les bacs à câble, il suffit de tirer et c’est plus écolo. Je laisse le 4x4 et mon épouse dans sa famille originaire d’ici et je fais le retour en vélo.
J’ai trouvé encore plus dur que la dernière fois mais quelques coups de cœur quand même dont: Une plage sublime à Seranambe, peut être la plus belle de toute la côte nord-est, eau turquoise, lagon, eau fraiche, anse d’une symétrie parfaite, palmeraie, idyllique, tout y est. J’y ai également mangé de la chauvesouris dans la gargote locale. Quelques coups de blues aussi : Chute à vélo dans les rochers, dérailleur cassé, guidon tordu, quelques plaies et bosses aux bras et jambes, du coup je suis resté au village tout l’après-midi, le réparateur local étant parti à la pèche, ou encore : Chambre moins de 2 euros certes, mais groupe électrogène bruyant derrière les oreilles, tv bruyante diffusant comme d’habitude une stupidité genre film de combat, odeurs bizarres de fermentation dues sans doute à la fabrication du rhum local, pas de drap sur le matelas, heureusement j’ai le mien. A Manompana j’arrête le vélo vu que la suite c’est tout du sable. Puis quatre heures d’attente au dernier bac avant Sonierana Ivongo, si bien que le vieux 4x4 pourri que j’avais néanmoins préféré au vélo pour ce tronçon mettra plus de 8 heures pour faire 40 kms, soit une moyenne de 5kms/h, j’aurai donc été aussi vite à pied.
Je fais rapidement la route Tamatave Tana Manakara en taxi brousse. J’ai en effet choisi de descendre à Fort Dauphin par la côte. Malheureusement, le paludisme m’attrape juste avant le départ. Ou plutôt dans le taxi brousse reliant Tana à Manakara dans la nuit glacée d’Antsirabe. C’est une mauvaise expérience. Une semaine de sueurs froides, à boire des litres et des litres sans rien manger, mal partout, à la tête, au ventre au dos, des courbatures partout. A Farafangana une journée à l’hôpital sous perfusion et oxygène avec plus de 40 de fièvre. Voulant continuer jusqu’à Fort Dauphin en vélo (celui-ci suivant le mouvement sur le toit du taxi brousse), on fait mieux comme entrainement et mise en condition. Si bien que le jour du départ, 5 kg en moins, plus de forces, plus de muscles.
A Vangaidrano, fini le goudron, la piste et le vélo m’attendent. Heureusement la piste est bonne et une petite bruine rafraichissante m’accompagne tôt le matin. Le paysage est agréable et arboré, quoique un peu monotone, la piste est en terre rouge, on ne voit pas la mer sauf en fin de parcours, une jolie plage, des rochers. Au premier bac à 37 kms je m’arrête, c’est suffisant pour commencer. Le vélo chinois n’est pas au top, déjà changé le pédalier et les pédales hier, maintenant c’est un pneu tout décousu bon à changer, et les vitesses ne passent plus. C’est pourtant un vélo tout neuf, mon deuxième du voyage, le premier ayant été volé à Tana.
Deuxième jour, départ 6 heures, une heure d’attente pour trouver une pirogue. Soleil de plomb. Pas de forces. Piste monotone mais tranquille. Pas de mer. Même kilométrage qu’hier. Arrivée vers midi à Manombondro. Apres midi repos.
Jour suivant. Un grand désert humain, aucun village ni âme qui vive sur 30 kms. Deux belles rivières aux eaux claires et rafraichissantes pour une baignade de rêve. Beau paysage de prairie vallonnée sur fond de montagnes. Un peu genre sentier de St Jacques de Compostelle en haute Castille. Devient très fatiguant en fin de parcours, perdu un peu trop de temps dans la baignade mais c’était si bon…La chaleur est harassante, et la piste devient de plus en plus ensablée, avec le poids du sac ça ne passe plus et il faut pousser le vélo sur de grandes longueurs. J’ai dû rencontrer une personne et croisé une moto sur ce parcours dans lajournée. L’arrivée à Sandravinany n’en finit pas, je crois mourir de soif et de chaleur. Petit village, petit hôtel, pas grand-chose, une belle embouchure mais il faut arriver à la voir et en avoir le courage or je reste allongé la moitié de l’après-midi à boire du thé. Et oui, pas d’électricité implique pas de bière fraiche.
J4. Pour continuer sur Manantenina deux versions. Revenir en arrière et reprendre la piste dite « RN 12 » ensablée et loin de la mer ou continuer d’abord quelques kms en pirogue puis suivre un sentier qui longe la côte. Je choisi bien entendu la version n°2. Seulement voilà quand on quitte la pirogue on ne sait plus où il faut aller il y a des petits sentiers un peu partout qui vont dans des petits hameaux éparpillés autour des rizières, on est encore loin de la mer, donc pas de point de repère et je me perds. Je tombe finalement sur quelqu’un de sympa qui me raccompagne dans le droit chemin, il me porte même mon vélo pour traverser les rivières, même s’il ne me demande rien il sera récompensé comme il se doit. Cette fois c’est bon, je suis sur le sentier qui longe la plage, il n’y a plus qu’à suivre la mer. Beaux paysages, espèces de cactées géantes, rares cabanes de pécheurs disséminées. Et puis ce que je craignais arrive, de plus en plus de sable. Et il faut pousser…d’autres fois il faut traverser des rivières, de l’eau jusqu’ à la poitrine, on passe d’abord le sac sur les épaules, puis un deuxième voyage pour le vélo. Midi passé, aucun village en vue, et la faim commence à tenailler. Je bois l’eau à même la rivière, ma provision de 2 litres de thé ayant vite était épuisée. (Le thé est en fait une infusion de plantes locales, quatre fois moins cher que l’eau minérale et quatre fois meilleur. De plus il est toujours bon, froid ou chaud). Je vois enfin poindre à l’horizon une chaumière. Je vois des poulets et de la fumée, l’espoir revient. Je montre à la femme un sachet de soupe instantanée pates et poulet que je sors de mon sac et je lui fais comprendre de trouver une marmite, de l’eau et de me la faire cuire. Ce qu’elle fit de bonne grâce et en quoi elle fut bien remerciée. Apres, une grande rivière à traverser et quelques pécheurs en pirogue, ce sont des profiteurs qui me demandent dix fois le prix usuel, j’arrive après quelques palabres à diviser par cinq.
Maintenant le sentier devient moins intéressant, très fatigant, on quitte peu à peu la mer, montées et descentes de petites collines de sable herbeux. Le problème de la soif se fait cruellement sentir car il n’y a plus de rivières. Il reste encore je ne sais pas 15 ou 20 kms avant la prochaine ville, je perds beaucoup de temps car je pousse plus souvent que je pédale. Je commence à me demander si je ne vais pas passer la nuit là, sans plus rien ni à boire ni à manger au milieu de nulle part, avec la pluie qui se profile sur les montagnes toutes proches. C’est à ce moment de mes réflexions que je tords tout le mécanisme arrière du vélo. A force d’avoir trimballé ce vélo dans les rivières, plus d’huile, la chaine a du se gripper ou bien c’est le dérailleur qui s’est pris dans les rayons. En tout cas, les pièces chinoises de mauvaise qualité, c’est trop leur demander. Il est curieux de voir comment l’être humain réagit parfois. D’ordinaire, je m’énerve très vite devant ce genre de choses, mais là, très calmement, ou peut être avec fatalisme, je sors mon couteau, je cherche quelques cailloux en guise de marteau et d’enclume, et je commence à essayer de réparer tout ça. Et le comble c’est que contrairement à toute attente j’arrive à redresser et régler tout ce bazar. Le chemin avance et moi dessus à la recherche désespérée d’un havre de vie. Le soir tombe quand je rejoins la « nationale », la soif m’aiguillonne dans cette étendue semi désertique. Je finis par trouver une zone marécageuse dans laquelle j’arrive à puiser un demi-litre de ce précieux liquide même stagnant. A cet instant je crois entendre un bruit de moteur, je déguerpis en vitesse de mon marais pour remonter la piste. C’est bien un 4x4, mon oreille n’a pas fait défaut. Je l’arrête, il me prend sans problèmes. Il transporte une bonne sœur et quelques enfants. Je remercie le bon dieu bien entendu. Les enfants chantent et crient à tue tète sans doute pour atténuer le bruit du moteur et des cahots. Il me restait cinq kms à faire pour arriver à Manantenina.
Le lendemain fut jour de repos bien apprécié, baignade dans la rivière avec les enfants. Le surlendemain, je faisais mes préparatifs pour repartir quand j’apprends qu’un 4X4 prend des passagers. Le choix se fit très vite. Et je ne regrettais pas ma décision quand je vis la piste, plein de passages à gués d’au moins 70 cms d’eau, plein de sable parfois et toujours un grand désert humain avec plus de 30 kms entre deux villages. Mais que les montagnes sont belles !
Fort Dauphin est une fort belle ville de par son site. Des plages et des criques magnifiques. Des montagnes imposantes tout autour. Un climat sain, de l’air et une relative fraicheur par rapport au reste du pays. La vie n’y est pas plus chère qu’ailleurs contrairement à ce que j’avais lu çà et là, il faut dire que le boom qu’avait créé la construction du nouveau port est terminé. De bonnes huitres. Une belle ballade alentours, l’ascension du pic St Louis à près de 600metres d’altitude, difficile car très raide et pas vraiment de sentier, au sommet une vue extraordinaire sur toutes les baies.
Pour retourner sur la capitale, deux solutions, revenir par la même route via Farafangana, ou continuer jusqu’à Ihoso par une mauvaise piste sur 500 kms pour retrouver le goudron de la RN7. Nous sommes à 1150 kms de Tananarive et à 2300 kms de Diégo Suares, cela pour montrer comme les distances sont longues et l’île est grande, deux fois la France dans le sens de la longueur. Je décide de continuer sur Ihoso, n’aimant pas retourner en arrière et toujours aspiré par l’inconnu. Le voyage se fait en camion brousse. Nous sommes environ 80 personnes dans la remorque, dans des conditions de confort extrêmement sommaires. Départ 6 h du matin, l’arrivée se fera à 18h le lendemain. 36 heures pour 500 kms soit 15 km/h de moyenne. J’aurai aimé pouvoir le faire en vélo mais à mon rythme j’en avais pour plus de 10 jours dans la chaleur et la soif car il n’y a pas grand-chose sur la route, c’est un peu le bush, ou le maquis, beaucoup de cactées dont plein de figuiers de barbarie, quelques baobabs, des espèces d’arbres ou de fougères géantes ressemblant à de longs chandeliers avec des pousses vertes à même le tronc, d’autres sortes avec des tiges en guise de feuilles, mais je ne connais pas les noms de tout ça. Peu de petits villages. Quelques villes importantes et sympathiques tous les 100 kms environ. On laisse peu à peu les beaux paysages de montagnes de Fort Dauphin pour un paysage semi désertique relativement plat et s’élevant progressivement vers les hauts plateaux verts et érodés. Le deuxième jour le cyclone Giovanna qui a ravagé une partie de la cote Est se fait ressentir avec des vents très puissants. Vision surréaliste de bout du monde. Certaines vitres manquent dans le camion, bien entendu je suis devant l’une d’elle, c’était très agréable la veille dans la chaleur, ça l’est beaucoup moins maintenant, d’autant plus que la pluie arrive. On a beau improviser un bâchage sommaire avec un vieux sac de riz, je suis vite trempé et glacé, le camion commence à glisser sur la piste mouillée et à des difficultés à monter les rampes. Je commence à craindre d’avoir à passer une deuxième nuit dans ce véhicule. J’ai une barre en fer dans le dos, on doit éviter de s’enfoncer dans la peau les morceaux de ferrailles qui dépassent un peu partout de la carrosserie, j’ai un mal épouvantable aux fesses et ne sait pas comment tourner mon long corps d’1 mètre 90. Enfin, après quelques heures interminables, mon soulagement de retrouver le goudron de la RN7 peu avant Ihosy ! Conclusion de ce trip. Pour se rendre à Fort Dauphin, sans hésiter, prendre la piste de Vangaidrano qu’on atteint facilement via Farafangana et Manakara tout goudronné, plutôt que celle d’Ihoso, c’est plus facile, agréable et moins long. Etre en parfaite condition physique. Avoir un bon vélo. Mais une moto ou un petit 4X4 ferait aussi bien l’affaire !
Et puis quelques impressions me sont venues en cours de route. Le plus et le moins rythment le voyage. Et la pensée du voyageur vagabonde. Connaissez- vous la différence entre un voyageur et un touriste ? Dans le film « Un thé au Sahara » le touriste ne fait que passer, le voyageur ne sait pas s’il va retourner chez lui. On pourrait dire aussi le touriste regarde sans comprendre et le voyageur essaye de comprendre même s’il sait que c’est inutile.
Il arrive aussi d’être en colère ou déçu. Cela donne : La société malgache est à l’antithèse de la nôtre. Tous les jours, heure par heure, au gré des rencontres et des observations, j’en fais la remarque. Ainsi je m’aperçois du fossé qui règne entre nous concernant : l’environnement, l’esthétisme, le fatalisme, la gestion de l’argent et du temps, l’exigence, et la liste est loin d’être exhaustive. L’environnement : je parlerais des maisons délabrées, par manque de moyens, par fatalisme, par ignorance. Les dépôts d’ordures sont courants, il n’y a pas malheureusement de ramassage des poubelles, et on peut traverser ainsi des montagnes d’ordures dans certaines rues. Le sens de l’esthétisme ne semble pas non plus toucher la majorité des malgaches, pour les mêmes raisons évoquées plus haut, par manque d’éducation et de culture pourrait-on rajouter. Tas de tôles rouillées sont le lot de bien des masures ou de petits commerces, si bien que de beaux villages traditionnels en bois et chaume sont maintenant en partie défigurés. Peu d’exigence donc dans le travail des gens parfois nonchalants, qui préfèrent quand ils ont un peu d’argent faire la fête et boire la bière plutôt qu’investir dans l’éducation des enfants ou la réparation des maisons. Le comportement d’une partie des gens ne correspond pas toujours au cliché en vigueur - on considère généralement que le peuple malgache est souriant. Ce n’est pas toujours l’exacte vérité. Combien de fois ai-je vu au restaurant des petites serveuses qui ne disent même pas bonjour, ne font aucun sourire, dorment sur leur chaise en attendant le client et se lèvent avec peine en trainant les pieds pour servir. On pourrait parfois avoir l’impression que le désœuvrement, le fatalisme et le laxisme sont le lot quotidien d’un peuple pourtant proche de l’Asie par ses racines qui, elle, est si dynamique. On ne peut comparer avec la Chine et sa culture millénaire, on peut expliquer certaines choses, je n’ai jamais vu, ou si peu, un malgache lire un livre, hormis des livres religieux je n’ai jamais vu de livres dans les maisons, ni dans les librairies inexistantes hors grandes villes. Ce manque de culture alimente l’ignorance et l’appauvrissement. On pourrai croire qu’il n’y a pas dans la tête des gens ni de projets à long terme, ni d’interrogations philosophiques. Bien souvent le seul but de la vie est de trouver de quoi faire bouillir la marmite. Comme il n’y a rien à faire, pas de travail, la gestion du temps est là encore totalement différente la majorité des femmes vont passer leur existence à faire la lessive, la cuisine et a papauter entre elles. Pas de loisirs comme en occident, pas de cinéma, pas de salles de sport, c’et le désert culturel le plus total. Seule la musique et la danse arrosées de bière et de rhum sont activités (et c’est déjà pas mal !).
Et puis, passé le moment de blues on se sent mieux, on se rend compte qu’on a été très sévère et on réalise qu’il existe aussi dans ce pays tant de gens formidables avec lesquels on peut avoir, au hasard des rencontres, des discussions passionnées, les rapports humains sont ouverts contrairement à chez nous ou il est si difficile de parler à un inconnu. A travers ces quelques écrits, on peut voir la grande diversité de Madagascar et des sentiments qui s’en dégagent. Ce qui me viendrait à l’esprit en premier lieu pour synthétiser ces impressions, souvent subjectives, c’est que Mada, c’est la vie. Contrairement à notre monde vieillissant- il suffit de se promener dans nos villages de la France profonde et de les traverser sans voir personne pour comprendre la différence - le monde malgache grouille de vie, des enfants partout, des petites échoppes dans le moindre village. Et puis Mada sans tous ses problèmes ne serait plus Mada et ce qui choque parfois notre regard occidental parait tout à fait normal pour un malgache. Certains pourraient rêver d’un Madagascar sans trous sur les routes, sans toutes ses bicoques crasseuses, sans le grouillement des enfants, poussepousses, canard et oies. Un monde aseptisé, bétonné, sans âme, sans personnalité.
Certes, il y a dans le monde d’autres destinations, plus « touristiques », plus sereines, plus sures, plus « culturelles », moins chères et moins risquées. Pourquoi vient-on sur cette île si ce n’est pour l’exotisme, un peu d’aventure et l’assurance d’un monde totalement diffèrent ? Et Madagascar y a toute sa place.
Jour suivant. Un grand désert humain, aucun village ni âme qui vive sur 30 kms. Deux belles rivières aux eaux claires et rafraichissantes pour une baignade de rêve. Beau paysage de prairie vallonnée sur fond de montagnes. Un peu genre sentier de St Jacques de Compostelle en haute Castille. Devient très fatiguant en fin de parcours, perdu un peu trop de temps dans la baignade mais c’était si bon…La chaleur est harassante, et la piste devient de plus en plus ensablée, avec le poids du sac ça ne passe plus et il faut pousser le vélo sur de grandes longueurs. J’ai dû rencontrer une personne et croisé une moto sur ce parcours dans lajournée. L’arrivée à Sandravinany n’en finit pas, je crois mourir de soif et de chaleur. Petit village, petit hôtel, pas grand-chose, une belle embouchure mais il faut arriver à la voir et en avoir le courage or je reste allongé la moitié de l’après-midi à boire du thé. Et oui, pas d’électricité implique pas de bière fraiche.
J4. Pour continuer sur Manantenina deux versions. Revenir en arrière et reprendre la piste dite « RN 12 » ensablée et loin de la mer ou continuer d’abord quelques kms en pirogue puis suivre un sentier qui longe la côte. Je choisi bien entendu la version n°2. Seulement voilà quand on quitte la pirogue on ne sait plus où il faut aller il y a des petits sentiers un peu partout qui vont dans des petits hameaux éparpillés autour des rizières, on est encore loin de la mer, donc pas de point de repère et je me perds. Je tombe finalement sur quelqu’un de sympa qui me raccompagne dans le droit chemin, il me porte même mon vélo pour traverser les rivières, même s’il ne me demande rien il sera récompensé comme il se doit. Cette fois c’est bon, je suis sur le sentier qui longe la plage, il n’y a plus qu’à suivre la mer. Beaux paysages, espèces de cactées géantes, rares cabanes de pécheurs disséminées. Et puis ce que je craignais arrive, de plus en plus de sable. Et il faut pousser…d’autres fois il faut traverser des rivières, de l’eau jusqu’ à la poitrine, on passe d’abord le sac sur les épaules, puis un deuxième voyage pour le vélo. Midi passé, aucun village en vue, et la faim commence à tenailler. Je bois l’eau à même la rivière, ma provision de 2 litres de thé ayant vite était épuisée. (Le thé est en fait une infusion de plantes locales, quatre fois moins cher que l’eau minérale et quatre fois meilleur. De plus il est toujours bon, froid ou chaud). Je vois enfin poindre à l’horizon une chaumière. Je vois des poulets et de la fumée, l’espoir revient. Je montre à la femme un sachet de soupe instantanée pates et poulet que je sors de mon sac et je lui fais comprendre de trouver une marmite, de l’eau et de me la faire cuire. Ce qu’elle fit de bonne grâce et en quoi elle fut bien remerciée. Apres, une grande rivière à traverser et quelques pécheurs en pirogue, ce sont des profiteurs qui me demandent dix fois le prix usuel, j’arrive après quelques palabres à diviser par cinq.
Maintenant le sentier devient moins intéressant, très fatigant, on quitte peu à peu la mer, montées et descentes de petites collines de sable herbeux. Le problème de la soif se fait cruellement sentir car il n’y a plus de rivières. Il reste encore je ne sais pas 15 ou 20 kms avant la prochaine ville, je perds beaucoup de temps car je pousse plus souvent que je pédale. Je commence à me demander si je ne vais pas passer la nuit là, sans plus rien ni à boire ni à manger au milieu de nulle part, avec la pluie qui se profile sur les montagnes toutes proches. C’est à ce moment de mes réflexions que je tords tout le mécanisme arrière du vélo. A force d’avoir trimballé ce vélo dans les rivières, plus d’huile, la chaine a du se gripper ou bien c’est le dérailleur qui s’est pris dans les rayons. En tout cas, les pièces chinoises de mauvaise qualité, c’est trop leur demander. Il est curieux de voir comment l’être humain réagit parfois. D’ordinaire, je m’énerve très vite devant ce genre de choses, mais là, très calmement, ou peut être avec fatalisme, je sors mon couteau, je cherche quelques cailloux en guise de marteau et d’enclume, et je commence à essayer de réparer tout ça. Et le comble c’est que contrairement à toute attente j’arrive à redresser et régler tout ce bazar. Le chemin avance et moi dessus à la recherche désespérée d’un havre de vie. Le soir tombe quand je rejoins la « nationale », la soif m’aiguillonne dans cette étendue semi désertique. Je finis par trouver une zone marécageuse dans laquelle j’arrive à puiser un demi-litre de ce précieux liquide même stagnant. A cet instant je crois entendre un bruit de moteur, je déguerpis en vitesse de mon marais pour remonter la piste. C’est bien un 4x4, mon oreille n’a pas fait défaut. Je l’arrête, il me prend sans problèmes. Il transporte une bonne sœur et quelques enfants. Je remercie le bon dieu bien entendu. Les enfants chantent et crient à tue tète sans doute pour atténuer le bruit du moteur et des cahots. Il me restait cinq kms à faire pour arriver à Manantenina.
Le lendemain fut jour de repos bien apprécié, baignade dans la rivière avec les enfants. Le surlendemain, je faisais mes préparatifs pour repartir quand j’apprends qu’un 4X4 prend des passagers. Le choix se fit très vite. Et je ne regrettais pas ma décision quand je vis la piste, plein de passages à gués d’au moins 70 cms d’eau, plein de sable parfois et toujours un grand désert humain avec plus de 30 kms entre deux villages. Mais que les montagnes sont belles !
Fort Dauphin est une fort belle ville de par son site. Des plages et des criques magnifiques. Des montagnes imposantes tout autour. Un climat sain, de l’air et une relative fraicheur par rapport au reste du pays. La vie n’y est pas plus chère qu’ailleurs contrairement à ce que j’avais lu çà et là, il faut dire que le boom qu’avait créé la construction du nouveau port est terminé. De bonnes huitres. Une belle ballade alentours, l’ascension du pic St Louis à près de 600metres d’altitude, difficile car très raide et pas vraiment de sentier, au sommet une vue extraordinaire sur toutes les baies.
Pour retourner sur la capitale, deux solutions, revenir par la même route via Farafangana, ou continuer jusqu’à Ihoso par une mauvaise piste sur 500 kms pour retrouver le goudron de la RN7. Nous sommes à 1150 kms de Tananarive et à 2300 kms de Diégo Suares, cela pour montrer comme les distances sont longues et l’île est grande, deux fois la France dans le sens de la longueur. Je décide de continuer sur Ihoso, n’aimant pas retourner en arrière et toujours aspiré par l’inconnu. Le voyage se fait en camion brousse. Nous sommes environ 80 personnes dans la remorque, dans des conditions de confort extrêmement sommaires. Départ 6 h du matin, l’arrivée se fera à 18h le lendemain. 36 heures pour 500 kms soit 15 km/h de moyenne. J’aurai aimé pouvoir le faire en vélo mais à mon rythme j’en avais pour plus de 10 jours dans la chaleur et la soif car il n’y a pas grand-chose sur la route, c’est un peu le bush, ou le maquis, beaucoup de cactées dont plein de figuiers de barbarie, quelques baobabs, des espèces d’arbres ou de fougères géantes ressemblant à de longs chandeliers avec des pousses vertes à même le tronc, d’autres sortes avec des tiges en guise de feuilles, mais je ne connais pas les noms de tout ça. Peu de petits villages. Quelques villes importantes et sympathiques tous les 100 kms environ. On laisse peu à peu les beaux paysages de montagnes de Fort Dauphin pour un paysage semi désertique relativement plat et s’élevant progressivement vers les hauts plateaux verts et érodés. Le deuxième jour le cyclone Giovanna qui a ravagé une partie de la cote Est se fait ressentir avec des vents très puissants. Vision surréaliste de bout du monde. Certaines vitres manquent dans le camion, bien entendu je suis devant l’une d’elle, c’était très agréable la veille dans la chaleur, ça l’est beaucoup moins maintenant, d’autant plus que la pluie arrive. On a beau improviser un bâchage sommaire avec un vieux sac de riz, je suis vite trempé et glacé, le camion commence à glisser sur la piste mouillée et à des difficultés à monter les rampes. Je commence à craindre d’avoir à passer une deuxième nuit dans ce véhicule. J’ai une barre en fer dans le dos, on doit éviter de s’enfoncer dans la peau les morceaux de ferrailles qui dépassent un peu partout de la carrosserie, j’ai un mal épouvantable aux fesses et ne sait pas comment tourner mon long corps d’1 mètre 90. Enfin, après quelques heures interminables, mon soulagement de retrouver le goudron de la RN7 peu avant Ihosy ! Conclusion de ce trip. Pour se rendre à Fort Dauphin, sans hésiter, prendre la piste de Vangaidrano qu’on atteint facilement via Farafangana et Manakara tout goudronné, plutôt que celle d’Ihoso, c’est plus facile, agréable et moins long. Etre en parfaite condition physique. Avoir un bon vélo. Mais une moto ou un petit 4X4 ferait aussi bien l’affaire !
Et puis quelques impressions me sont venues en cours de route. Le plus et le moins rythment le voyage. Et la pensée du voyageur vagabonde. Connaissez- vous la différence entre un voyageur et un touriste ? Dans le film « Un thé au Sahara » le touriste ne fait que passer, le voyageur ne sait pas s’il va retourner chez lui. On pourrait dire aussi le touriste regarde sans comprendre et le voyageur essaye de comprendre même s’il sait que c’est inutile.
Il arrive aussi d’être en colère ou déçu. Cela donne : La société malgache est à l’antithèse de la nôtre. Tous les jours, heure par heure, au gré des rencontres et des observations, j’en fais la remarque. Ainsi je m’aperçois du fossé qui règne entre nous concernant : l’environnement, l’esthétisme, le fatalisme, la gestion de l’argent et du temps, l’exigence, et la liste est loin d’être exhaustive. L’environnement : je parlerais des maisons délabrées, par manque de moyens, par fatalisme, par ignorance. Les dépôts d’ordures sont courants, il n’y a pas malheureusement de ramassage des poubelles, et on peut traverser ainsi des montagnes d’ordures dans certaines rues. Le sens de l’esthétisme ne semble pas non plus toucher la majorité des malgaches, pour les mêmes raisons évoquées plus haut, par manque d’éducation et de culture pourrait-on rajouter. Tas de tôles rouillées sont le lot de bien des masures ou de petits commerces, si bien que de beaux villages traditionnels en bois et chaume sont maintenant en partie défigurés. Peu d’exigence donc dans le travail des gens parfois nonchalants, qui préfèrent quand ils ont un peu d’argent faire la fête et boire la bière plutôt qu’investir dans l’éducation des enfants ou la réparation des maisons. Le comportement d’une partie des gens ne correspond pas toujours au cliché en vigueur - on considère généralement que le peuple malgache est souriant. Ce n’est pas toujours l’exacte vérité. Combien de fois ai-je vu au restaurant des petites serveuses qui ne disent même pas bonjour, ne font aucun sourire, dorment sur leur chaise en attendant le client et se lèvent avec peine en trainant les pieds pour servir. On pourrait parfois avoir l’impression que le désœuvrement, le fatalisme et le laxisme sont le lot quotidien d’un peuple pourtant proche de l’Asie par ses racines qui, elle, est si dynamique. On ne peut comparer avec la Chine et sa culture millénaire, on peut expliquer certaines choses, je n’ai jamais vu, ou si peu, un malgache lire un livre, hormis des livres religieux je n’ai jamais vu de livres dans les maisons, ni dans les librairies inexistantes hors grandes villes. Ce manque de culture alimente l’ignorance et l’appauvrissement. On pourrai croire qu’il n’y a pas dans la tête des gens ni de projets à long terme, ni d’interrogations philosophiques. Bien souvent le seul but de la vie est de trouver de quoi faire bouillir la marmite. Comme il n’y a rien à faire, pas de travail, la gestion du temps est là encore totalement différente la majorité des femmes vont passer leur existence à faire la lessive, la cuisine et a papauter entre elles. Pas de loisirs comme en occident, pas de cinéma, pas de salles de sport, c’et le désert culturel le plus total. Seule la musique et la danse arrosées de bière et de rhum sont activités (et c’est déjà pas mal !).
Et puis, passé le moment de blues on se sent mieux, on se rend compte qu’on a été très sévère et on réalise qu’il existe aussi dans ce pays tant de gens formidables avec lesquels on peut avoir, au hasard des rencontres, des discussions passionnées, les rapports humains sont ouverts contrairement à chez nous ou il est si difficile de parler à un inconnu. A travers ces quelques écrits, on peut voir la grande diversité de Madagascar et des sentiments qui s’en dégagent. Ce qui me viendrait à l’esprit en premier lieu pour synthétiser ces impressions, souvent subjectives, c’est que Mada, c’est la vie. Contrairement à notre monde vieillissant- il suffit de se promener dans nos villages de la France profonde et de les traverser sans voir personne pour comprendre la différence - le monde malgache grouille de vie, des enfants partout, des petites échoppes dans le moindre village. Et puis Mada sans tous ses problèmes ne serait plus Mada et ce qui choque parfois notre regard occidental parait tout à fait normal pour un malgache. Certains pourraient rêver d’un Madagascar sans trous sur les routes, sans toutes ses bicoques crasseuses, sans le grouillement des enfants, poussepousses, canard et oies. Un monde aseptisé, bétonné, sans âme, sans personnalité.
Certes, il y a dans le monde d’autres destinations, plus « touristiques », plus sereines, plus sures, plus « culturelles », moins chères et moins risquées. Pourquoi vient-on sur cette île si ce n’est pour l’exotisme, un peu d’aventure et l’assurance d’un monde totalement diffèrent ? Et Madagascar y a toute sa place.
Mont Saint-Michel à vélo? English translation pending
Salut !
Le mont St Michel ? Peut-on y circuler à vélo ? Facilitées ?
40 jours du Nord au Sud du Vietnam English translation pending
Bonjour! Nous sommes Fabienne et Jacques, un couple québécois dans la cinquantaine (malheureusement, plus proche de 60 que de 50, snif), mariés depuis 30 ans, parents de 5 "enfants" de 20 à 29 ans.
Nous avions décidé de fêter notre trentième anniversaire de mariage au Vietnam et, initialement, d'aller du Nord au Sud en moto (chacun sur sa moto, nous avons nos motos au Québec et notre permis international, plus ou moins valable au Vietnam, mais bon). Finalement, après nous être informés sérieusement et avoir regardé des vidéos de la circulation dans les grandes villes, nous avons un peu modifié nos plans : oui pour la moto, mais pas à Hanoi, ni à HCM.
J'ai préparé notre itinéraire, très très très détaillé, réservé les premières nuits, les billets d'avions, et, hop, nous voilà partis le 15 mars pour ce qui se révèlera la plus belle aventure de notre vie.
Notre itinéraire final (cliquer pour la carte d'origine)

Le réveil sonne à 2 heures. Nous nous sommes couchés à 9 heures avec une tite pilule pour nous encourager à dormir et tous les téléphones bannis au sous-sol.
Ça a marché, nous sommes presqu'en forme et l’adrénaline fait le reste. Départ pour l’aéroport à 2 h 40, fébriles et anxieux de ne rien oublier dans nos sacs.
Nous voyageons léger : un petit sac de sport, dans lequel on a réussi à faire entrer notre casque de moto en écrasant tout consciencieusement autour, et un sac à dos où on fourre tout ce qui ne rentre pas dans le sac.
Nous n'avons pas à enregistrer nos bagages donc on passe directement dans dans la zone sécurisée.

Premier arrêt : Toronto et ses tapis roulants interminables.

Escale de 2 heures à Toronto, on a le temps de visiter la moitié de l'aéroport pour rejoindre notre porte d'embarquement. Nos légers bagages nous semblent pas mal lourds!
Enfin, nous embarquons dans le Boeing 777 qui nous amènera en 16 heures à Hong-Kong, deuxième escale.
Le 16 heures passe lentement mais beaucoup plus facilement que prévu. Jacques a juste hâte de retrouver un peu d'espace , son voisin étant légèrement "encombrant".
Nous passons par le cercle arctique puis au-dessus de régions désertiques de la Chine. C'est fascinant de voir de la glace et de la neige à perte de vue (sauf pour quelques lumières étrangement égarées dans cette immensité blanche).

La glace laisse ensuite la place aux montagnes désertiques, où la vie semble tout autant absente.
Enfin, la Chine rurale se déroule sous l'avion, peu de temps avant d'arriver enfin à Hong-Kong.
Notre prochain et dernier vol est seulement dans 4 heures. En attendant que la porte d'embarquement soit indiquée sur le tableau, nous nous écrasons sur une chaise inconfortable pour lire ou Interneter. Mais l'énergie commence à manquer et nous ressemblons de plus en plus à des zombies!
Un dernier demi-marathon sur tapis roulant pour atteindre la porte d'embarquement à l'autre bout de l'immense aéroport. Un petit tour de navette, un sandwich au poisson (on est courageux quand même), un autre café pas buvable et nous voilà dans l'avion pour un dernier petit vol de 1 h 40 vers Hanoï.
Encore un repas de servi. Très bon d'ailleurs. Notre voisin l'accompagne d'une bière, gratuite. Méchante différence avec nos vols intérieurs de pinottes!
Arrivée à Hanoï, la couverture nuageuse qui nous a accompagnés tout le long depuis Hong-Kong est toujours là mais au moins il ne pleut pas.
On trouve facilement le kiosque de Viettel pour acheter des cartes SIM et un forfait pour un mois pour 14$, 7 gigs à haute vitesse. La vendeuse nous indique où trouver le bus 86 qui nous amènera en ville et on sort en sol vietnamien sans prêter attention aux appels des chauffeurs de taxi. Faisons semblant de savoir où nous allons!
On se dirige vers un groupe de personnes qui attendent à l'endroit indiqué par la vendeuse. Je demande à un des asiatiques si c'est bien l'arrêt pour le bus 86, en vietnamien. Il s'affole, sort son téléphone et Google Translate, je lui dis que je parle vietnamien, je me sens vraiment totalement nulle pendant qu'il pitonne fébrilement sur son téléphone pour essayer de traduire ce que je lui baragouine avec de moins en moins d'assurance. Le groupe bouge, on suit et je me rends compte qu'on a infiltré un groupe de coréens et leur guide qui se rendaient à leur autobus .
Oups, on regarde autour de nous et on finit par trouver l'arrêt du bus 86. Ouf.

Personne à l'arrêt, c'est un peu surprenant mais le bus arrive et on embarque par l'arrière. L'assistant du chauffeur vient nous débarrasser des 70 000 dongs que coûte le bus pour chacun de nous (environ 3.50 $) et on file vers Hanoï. Vite. Très vite! On traverse un pont magnifiquement illuminé et on découvre la ville et sa circulation légendaire. Même si on avait vu des photos, c'est surprenant de voir les scooters se faufiler n'importe comment avec leurs chargements parfois hétéroclites (bébé couché entre papa et maman, par exemple).
Je surveille Google Maps pour ne pas manquer l'arrêt et l'assistant du chauffeur me confirme qu'on est rendus. On descend, Hanoï, nous voilà!
On a environ 700 mètres à marcher jusqu'à l'hôtel, on expérimente nos premières traversées d'intersection entre scooters et autos. Eh boy, pas hâte de voir les grosses intersections! On zigzague moitié trottoirs, moitié rue, entre les tables, les stands, les motos stationnées, les flaques non-identifiées, les poteaux sur lesquels s'entrelacent des mètres de fils enchevêtrés qu'on évite de toucher. Une dernière intersection suicidaire et on aperçoit la minuscule ruelle qui abrite notre "homestay", le Hanoi Happy Family Homestay. On s'y engouffre, c'est un petit labyrinthe entre les maisons jusqu'au homestay.
youtu.be/miZDRQafoRI
La grille est fermée mais une dame est couchée sur une planche, avec une petite fille, et elle se lève pour nous ouvrir. Nous comprendrons plus tard qu'elle passe la nuit sur sa planche, pour accueillir les voyageurs!!
Un peu de baragouinage FrancAnglaViet et nous nous retrouvons dans notre chambre. Oups. Comment dire. Ce n'est pas cher, 47 $ (32 euros) pour 3 nuits, mais, heu ... La chambre est correcte, propre, petit balcon qui donne sur le labyrinthe, assez loin de la rue bruyante.

C'est surtout la salle de bains (partagée à 2 chambres) qui nous fait un peu tiquer. Elle est couverte de "mactac" sur les planchers et les murs, pas de bonde d'évacuation pour la douche, juste le trou où passe le tuyau d'évacuation de la toilette, donc on inonde quand on prend sa douche et ça reste inondé longtemps. Et une installation électrique qui fait peur. Le lavabo coule abondamment par le dessous mais, bon, ça ne fait qu'ajouter un peu plus d'eau à celle où nous pataugeons déjà.

On va chercher une grande bouteille d'eau en bas puis on retourne au 3ème, dans notre antre, déjà bien envahie par tout notre stock qu'on a sorti de nos bagages. On prend courageusement une douche (froide, pas envie d'essayer de comprendre ni de tester le chauffe-eau), je télécharge mes photos et dodo vers 9 h 30 après avoir rassuré nos enfants de notre survie.
À demain pour la suite!
Dépenses de la journée : - Logement : 14 $ - Transport : 3 $ - Divers (carte Sim, bouteille d'eau) : 15$ Total : 32 $/2
Nous avions décidé de fêter notre trentième anniversaire de mariage au Vietnam et, initialement, d'aller du Nord au Sud en moto (chacun sur sa moto, nous avons nos motos au Québec et notre permis international, plus ou moins valable au Vietnam, mais bon). Finalement, après nous être informés sérieusement et avoir regardé des vidéos de la circulation dans les grandes villes, nous avons un peu modifié nos plans : oui pour la moto, mais pas à Hanoi, ni à HCM.
J'ai préparé notre itinéraire, très très très détaillé, réservé les premières nuits, les billets d'avions, et, hop, nous voilà partis le 15 mars pour ce qui se révèlera la plus belle aventure de notre vie.
Notre itinéraire final (cliquer pour la carte d'origine)

Le réveil sonne à 2 heures. Nous nous sommes couchés à 9 heures avec une tite pilule pour nous encourager à dormir et tous les téléphones bannis au sous-sol.
Ça a marché, nous sommes presqu'en forme et l’adrénaline fait le reste. Départ pour l’aéroport à 2 h 40, fébriles et anxieux de ne rien oublier dans nos sacs.
Nous voyageons léger : un petit sac de sport, dans lequel on a réussi à faire entrer notre casque de moto en écrasant tout consciencieusement autour, et un sac à dos où on fourre tout ce qui ne rentre pas dans le sac.
Nous n'avons pas à enregistrer nos bagages donc on passe directement dans dans la zone sécurisée.

Premier arrêt : Toronto et ses tapis roulants interminables.

Escale de 2 heures à Toronto, on a le temps de visiter la moitié de l'aéroport pour rejoindre notre porte d'embarquement. Nos légers bagages nous semblent pas mal lourds!
Enfin, nous embarquons dans le Boeing 777 qui nous amènera en 16 heures à Hong-Kong, deuxième escale.
Le 16 heures passe lentement mais beaucoup plus facilement que prévu. Jacques a juste hâte de retrouver un peu d'espace , son voisin étant légèrement "encombrant".
Nous passons par le cercle arctique puis au-dessus de régions désertiques de la Chine. C'est fascinant de voir de la glace et de la neige à perte de vue (sauf pour quelques lumières étrangement égarées dans cette immensité blanche).

La glace laisse ensuite la place aux montagnes désertiques, où la vie semble tout autant absente.
Enfin, la Chine rurale se déroule sous l'avion, peu de temps avant d'arriver enfin à Hong-Kong.
Notre prochain et dernier vol est seulement dans 4 heures. En attendant que la porte d'embarquement soit indiquée sur le tableau, nous nous écrasons sur une chaise inconfortable pour lire ou Interneter. Mais l'énergie commence à manquer et nous ressemblons de plus en plus à des zombies!
Un dernier demi-marathon sur tapis roulant pour atteindre la porte d'embarquement à l'autre bout de l'immense aéroport. Un petit tour de navette, un sandwich au poisson (on est courageux quand même), un autre café pas buvable et nous voilà dans l'avion pour un dernier petit vol de 1 h 40 vers Hanoï.
Encore un repas de servi. Très bon d'ailleurs. Notre voisin l'accompagne d'une bière, gratuite. Méchante différence avec nos vols intérieurs de pinottes!
Arrivée à Hanoï, la couverture nuageuse qui nous a accompagnés tout le long depuis Hong-Kong est toujours là mais au moins il ne pleut pas.
On trouve facilement le kiosque de Viettel pour acheter des cartes SIM et un forfait pour un mois pour 14$, 7 gigs à haute vitesse. La vendeuse nous indique où trouver le bus 86 qui nous amènera en ville et on sort en sol vietnamien sans prêter attention aux appels des chauffeurs de taxi. Faisons semblant de savoir où nous allons!
On se dirige vers un groupe de personnes qui attendent à l'endroit indiqué par la vendeuse. Je demande à un des asiatiques si c'est bien l'arrêt pour le bus 86, en vietnamien. Il s'affole, sort son téléphone et Google Translate, je lui dis que je parle vietnamien, je me sens vraiment totalement nulle pendant qu'il pitonne fébrilement sur son téléphone pour essayer de traduire ce que je lui baragouine avec de moins en moins d'assurance. Le groupe bouge, on suit et je me rends compte qu'on a infiltré un groupe de coréens et leur guide qui se rendaient à leur autobus .
Oups, on regarde autour de nous et on finit par trouver l'arrêt du bus 86. Ouf.

Personne à l'arrêt, c'est un peu surprenant mais le bus arrive et on embarque par l'arrière. L'assistant du chauffeur vient nous débarrasser des 70 000 dongs que coûte le bus pour chacun de nous (environ 3.50 $) et on file vers Hanoï. Vite. Très vite! On traverse un pont magnifiquement illuminé et on découvre la ville et sa circulation légendaire. Même si on avait vu des photos, c'est surprenant de voir les scooters se faufiler n'importe comment avec leurs chargements parfois hétéroclites (bébé couché entre papa et maman, par exemple).
Je surveille Google Maps pour ne pas manquer l'arrêt et l'assistant du chauffeur me confirme qu'on est rendus. On descend, Hanoï, nous voilà!
On a environ 700 mètres à marcher jusqu'à l'hôtel, on expérimente nos premières traversées d'intersection entre scooters et autos. Eh boy, pas hâte de voir les grosses intersections! On zigzague moitié trottoirs, moitié rue, entre les tables, les stands, les motos stationnées, les flaques non-identifiées, les poteaux sur lesquels s'entrelacent des mètres de fils enchevêtrés qu'on évite de toucher. Une dernière intersection suicidaire et on aperçoit la minuscule ruelle qui abrite notre "homestay", le Hanoi Happy Family Homestay. On s'y engouffre, c'est un petit labyrinthe entre les maisons jusqu'au homestay.
youtu.be/miZDRQafoRI
La grille est fermée mais une dame est couchée sur une planche, avec une petite fille, et elle se lève pour nous ouvrir. Nous comprendrons plus tard qu'elle passe la nuit sur sa planche, pour accueillir les voyageurs!!
Un peu de baragouinage FrancAnglaViet et nous nous retrouvons dans notre chambre. Oups. Comment dire. Ce n'est pas cher, 47 $ (32 euros) pour 3 nuits, mais, heu ... La chambre est correcte, propre, petit balcon qui donne sur le labyrinthe, assez loin de la rue bruyante.

C'est surtout la salle de bains (partagée à 2 chambres) qui nous fait un peu tiquer. Elle est couverte de "mactac" sur les planchers et les murs, pas de bonde d'évacuation pour la douche, juste le trou où passe le tuyau d'évacuation de la toilette, donc on inonde quand on prend sa douche et ça reste inondé longtemps. Et une installation électrique qui fait peur. Le lavabo coule abondamment par le dessous mais, bon, ça ne fait qu'ajouter un peu plus d'eau à celle où nous pataugeons déjà.

On va chercher une grande bouteille d'eau en bas puis on retourne au 3ème, dans notre antre, déjà bien envahie par tout notre stock qu'on a sorti de nos bagages. On prend courageusement une douche (froide, pas envie d'essayer de comprendre ni de tester le chauffe-eau), je télécharge mes photos et dodo vers 9 h 30 après avoir rassuré nos enfants de notre survie.
À demain pour la suite!
Dépenses de la journée : - Logement : 14 $ - Transport : 3 $ - Divers (carte Sim, bouteille d'eau) : 15$ Total : 32 $/2
Road trip dans l'Ouest canadien avec bébé English translation pending
Bonjour, je suis très heureux de vous présenter ici mon nouveau carnet de voyage.
Après deux ans d’absence sur le site, car deux ans sans voyage, me voici de retour avec un petit bout de choux de 8 mois nommée Elisa. Elle est la raison qui nous a poussés à mettre en pause notre passion.

Notre première destination en tant que parents sera donc l’ouest canadien. Voici le programme de ce road trip de 16 jours :
Jour 1 : Marseille-Paris CDG Jour 2 : Paris-Vancouver Jour 3 : Vancouver : Stanley Park et Capilano Park Jour 4 : Vancouver : Musée d’anthropologie, Granville Island et quartier de Gastown Jour 5 : Ferry Tsawassen-Victoria, visite de Victoria Jour 6 : Croisière baleines et route vers Tofino Jour 7 : Parc national de Pacific Rim, Rain Forrest et Wild Pacific Trail Jour 8 : Croisière ours noirs, Tofino et plages Jour 9 : Cathedral Grove et Ferry Namaino-Tsawassen Jour 10 : Vol Vancouver-Edmonton et route vers Hinton Jour 11 : Parc de Jasper : Lac Maligne, Lac Medecine, Maligne Canyon, Jasper village Jour 12 : Parc de Jasper : Mont Edith Carvell, Athabasca Falls, Athabasca Glacier, Mont Whistler Jour 13 : Parc de Jasper : Lac Beauvert, Sunwapta falls, Icefield Parkway, Lac Peyto, arrivée à Canmore Jour 14 : Parc de Banff : Lac Peyto, Lac Bow, Lac Moraine et Lac Louise Jour 15 : Parc de Banff : Johnston Canyon, Lac Minnewanka, Banff Village Jour 16 : Parc de Yoho : Lac Emeraude, Wapta falls Jour 17 : Calgary Heritage Park Jour 18 : Vol Calgary-Paris via Montréal Jour 19 : Paris CDG-Marseille

Pour le budget : Vol Air France Marseille-Paris CDG du 15/06 : 75€/pers avec bagages Vol Air France Paris-Vancouver et Calgary-Paris : 530€/pers avec bagages Vol Air Canada Vancouver-Edmonton : 149€/pers avec bagages TGV Ouigo Paris CDG-Aix en Provence : 15€/pers avec bagages Location de voiture Mini van à Vancouver 8 jours : 344€ + suppl siège bébé 45€ Location de voiture mini van à Edmonton retournée à Calgary 8 jours : 500€ + suppl siège bébé 45€ Hôtel CDG : 24€/pers Air bnb pour 5 adultes + un bébé pour 16 nuits : 2900€ Ferry Vancouver Tsawassen-Victoria et retour Namaino-Vancouver Tsawassen avec voiture : 210€ Capilano Park : 38€ Croisière baleines : 80€ Croisière ours : 80€ Pass parc national famille pour un an : 93€ Téléphérique Mont Whistler : 35€ Budget de fonctionnement essence, courses, resto, etc… 500€/pers

Pour une raison de coût nous avons opté pour 2 billets : Un Marseille-Paris et un Paris-Vancouver séparés. En montant la veille nous avons pallié à un éventuel problème de retard, annulation ou autre qui nous aurait fait manquer notre correspondance à Paris. Le Marseille-Vancouver le moins cher coûtait 1000€ sans bagage pour nos dates. Le choix était donc vite fait. Voici maintenant le récit de cette belle aventure familiale. Les valises sont prêtes une semaine avant. Avec bébé, plus question d’improviser. Nous avons donc 2 valises de 23kg et un sac de 10kg à enregistrer, 2 sacs à dos et un sac à langer pour la cabine. La poussette est enregistrée gratuitement. Le lit parapluie tient dans une des 2 valises. Nous n’avons pas emmené de chaise bébé. Nous aurions pu emmener le siège auto mais nous avons préféré le louer.
Après deux ans d’absence sur le site, car deux ans sans voyage, me voici de retour avec un petit bout de choux de 8 mois nommée Elisa. Elle est la raison qui nous a poussés à mettre en pause notre passion.

Notre première destination en tant que parents sera donc l’ouest canadien. Voici le programme de ce road trip de 16 jours :
Jour 1 : Marseille-Paris CDG Jour 2 : Paris-Vancouver Jour 3 : Vancouver : Stanley Park et Capilano Park Jour 4 : Vancouver : Musée d’anthropologie, Granville Island et quartier de Gastown Jour 5 : Ferry Tsawassen-Victoria, visite de Victoria Jour 6 : Croisière baleines et route vers Tofino Jour 7 : Parc national de Pacific Rim, Rain Forrest et Wild Pacific Trail Jour 8 : Croisière ours noirs, Tofino et plages Jour 9 : Cathedral Grove et Ferry Namaino-Tsawassen Jour 10 : Vol Vancouver-Edmonton et route vers Hinton Jour 11 : Parc de Jasper : Lac Maligne, Lac Medecine, Maligne Canyon, Jasper village Jour 12 : Parc de Jasper : Mont Edith Carvell, Athabasca Falls, Athabasca Glacier, Mont Whistler Jour 13 : Parc de Jasper : Lac Beauvert, Sunwapta falls, Icefield Parkway, Lac Peyto, arrivée à Canmore Jour 14 : Parc de Banff : Lac Peyto, Lac Bow, Lac Moraine et Lac Louise Jour 15 : Parc de Banff : Johnston Canyon, Lac Minnewanka, Banff Village Jour 16 : Parc de Yoho : Lac Emeraude, Wapta falls Jour 17 : Calgary Heritage Park Jour 18 : Vol Calgary-Paris via Montréal Jour 19 : Paris CDG-Marseille

Pour le budget : Vol Air France Marseille-Paris CDG du 15/06 : 75€/pers avec bagages Vol Air France Paris-Vancouver et Calgary-Paris : 530€/pers avec bagages Vol Air Canada Vancouver-Edmonton : 149€/pers avec bagages TGV Ouigo Paris CDG-Aix en Provence : 15€/pers avec bagages Location de voiture Mini van à Vancouver 8 jours : 344€ + suppl siège bébé 45€ Location de voiture mini van à Edmonton retournée à Calgary 8 jours : 500€ + suppl siège bébé 45€ Hôtel CDG : 24€/pers Air bnb pour 5 adultes + un bébé pour 16 nuits : 2900€ Ferry Vancouver Tsawassen-Victoria et retour Namaino-Vancouver Tsawassen avec voiture : 210€ Capilano Park : 38€ Croisière baleines : 80€ Croisière ours : 80€ Pass parc national famille pour un an : 93€ Téléphérique Mont Whistler : 35€ Budget de fonctionnement essence, courses, resto, etc… 500€/pers

Pour une raison de coût nous avons opté pour 2 billets : Un Marseille-Paris et un Paris-Vancouver séparés. En montant la veille nous avons pallié à un éventuel problème de retard, annulation ou autre qui nous aurait fait manquer notre correspondance à Paris. Le Marseille-Vancouver le moins cher coûtait 1000€ sans bagage pour nos dates. Le choix était donc vite fait. Voici maintenant le récit de cette belle aventure familiale. Les valises sont prêtes une semaine avant. Avec bébé, plus question d’improviser. Nous avons donc 2 valises de 23kg et un sac de 10kg à enregistrer, 2 sacs à dos et un sac à langer pour la cabine. La poussette est enregistrée gratuitement. Le lit parapluie tient dans une des 2 valises. Nous n’avons pas emmené de chaise bébé. Nous aurions pu emmener le siège auto mais nous avons préféré le louer.
Compte rendu MSC Preziosa aux Antilles du 27 janvier au 10 février 2019 English translation pending
Bonjour à tous et à toutes
Je vous invite ici à donner vos impressions et conseils sur cette croisière que vous auriez déjà effectuée.
Revenant d'une croisière sur le MSC Préziosa dont voici les escales
27 janv Pointe a pitre appareillage à 19H 28 janv Road town iles vierges britaniques 10H 19H > 9H30 à 18H30 29 janv Phillipsburg St Martin 8H 19H 30 janv Roseau la Dominique 9H 19H > 9H à 18H 31 janv Basseterre St Kitts 9H 19H 01 fev St john's Antigua 8H 18H 02 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 6H le lendemain 03 fev Pointe à pitre Guadeloupe 8H 19H > 12H à 22 H 04 fev Castrie St Lucie 9H 18H 05 fev Bridgetown Barbades 8H 20H 06 fev Port of spain Trinidad 9H 18H 07 fev St Georges Grenade 9H 18H > 8H à 18H 08 fev Kingstown St Vincent Grenadine 9H 18H 09 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 22H30 10 fev Pointe a pitre Guadeloupe débarquement 8H
En somme des escales assez longues à terre et pas de journée en mer avec cependant des petits changements dans les horaires définis au départ voir les horaires après >
notamment le 02 fev à Fort de France où le bateau a dû attendre après un avion complet MSC d'ou notre retard à l'accostage à 12H à Pointe à pitre en Guadeloupe le lendemain le 3 fev
Mais ce ne fut pas le seul retard dû aux transports de notre groupe VF Deux de mes amies étant parti 3 jours avant l'appareillage ont eu quelques problèmes avec leur avion, les obligeant à faire escale en plein océan Atlantique sur une île militaire Portugaise. Ce qui retarda pour le moins le repos qu'elles pensaient prendre à l'hôtel. Néanmoins elles ont quand même pu décoller le lendemain matin à 2H après avoir rembarqué dans un autre avion affrété par Air France avec leurs bagages. Heureusement les beaux militaires ne les ont pas subjuguées 😉 et le 25 janv à 7H elles étaient amusées mais fourbu de ce compte temps pour leur arrivée à l'hôtel à Pointe à Pitre.
Elles ont quand même pu profiter de leur arrivée anticipée pour visiter la Guadeloupe? Je leur laisse le soin de le faire ici après.🙂
Quatre autres de nos amis avaient également anticipé leur vol pour arriver le 25 janv.
Le 26 janv nous arrivions avec le reste de la troupe toujours à l'hôtel à pointe a pitre, car en réservant le vol XL airways nous même, il est toujours prudent de prévoir un jour sur place pour un aléa de transport afin de prendre le bateau à temps. Cela nous permet aussi d'encaisser le décalage horaire de 5H de moins qu'en métropole, nous sommes donc arrivés à l'hôtel à 16H heure locale convoyé par la "compagnie de taxi Ruddy".😎
Malgré un petit quiproquo sur l'endroit de la prise en charge à l'aéroport et malgré l'écriteau tenu à bout de bras "rcoucou".😊 Transfert ce jour-là pour 9 personnes avec bagages et grosses valises, il faut assurer merci Ruddy.
Nous avons quand même profité de la plage et des transats jusqu'au coucher de soleil avant l'Apéro (APp mon abréviation grecque).😉
Le seul barman tout en étant très efficace mais débordé par les multiples commandes de cocktails, restait malgré tout très souriant et méthodique malgré l'impatience de ses clients. Il devrait sans doute être aidé à cette heure-là, car le bar était quasiment plein.
Ma femme participa involontairement aux jeux apéritifs et gagna un bon pour 1 cocktail.🙂
Une soirée cool passée à l'hôtel avec un buffet, 2 plats (23€) suivi d'une animation en fin de soirée au bar . Celui ci étant fermé le lendemain midi, ma moitié en a profité pour solder son bon cocktail, je l'accompagnerai donc, bien conseillé par le barman, par un Rhum Damoiseau XO, un délice comparé aux somnifères en pharmacie.😛

Je sais la photo est flou 😛mais moi aussi je l'étais à cette heure-là à 6H30 du matin heure française.
je laisse le soin aux autres de participer à ce compte rendu escale par escale
A suivre ..
Je vous invite ici à donner vos impressions et conseils sur cette croisière que vous auriez déjà effectuée.
Revenant d'une croisière sur le MSC Préziosa dont voici les escales
27 janv Pointe a pitre appareillage à 19H 28 janv Road town iles vierges britaniques 10H 19H > 9H30 à 18H30 29 janv Phillipsburg St Martin 8H 19H 30 janv Roseau la Dominique 9H 19H > 9H à 18H 31 janv Basseterre St Kitts 9H 19H 01 fev St john's Antigua 8H 18H 02 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 6H le lendemain 03 fev Pointe à pitre Guadeloupe 8H 19H > 12H à 22 H 04 fev Castrie St Lucie 9H 18H 05 fev Bridgetown Barbades 8H 20H 06 fev Port of spain Trinidad 9H 18H 07 fev St Georges Grenade 9H 18H > 8H à 18H 08 fev Kingstown St Vincent Grenadine 9H 18H 09 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 22H30 10 fev Pointe a pitre Guadeloupe débarquement 8H
En somme des escales assez longues à terre et pas de journée en mer avec cependant des petits changements dans les horaires définis au départ voir les horaires après >
notamment le 02 fev à Fort de France où le bateau a dû attendre après un avion complet MSC d'ou notre retard à l'accostage à 12H à Pointe à pitre en Guadeloupe le lendemain le 3 fev
Mais ce ne fut pas le seul retard dû aux transports de notre groupe VF Deux de mes amies étant parti 3 jours avant l'appareillage ont eu quelques problèmes avec leur avion, les obligeant à faire escale en plein océan Atlantique sur une île militaire Portugaise. Ce qui retarda pour le moins le repos qu'elles pensaient prendre à l'hôtel. Néanmoins elles ont quand même pu décoller le lendemain matin à 2H après avoir rembarqué dans un autre avion affrété par Air France avec leurs bagages. Heureusement les beaux militaires ne les ont pas subjuguées 😉 et le 25 janv à 7H elles étaient amusées mais fourbu de ce compte temps pour leur arrivée à l'hôtel à Pointe à Pitre.
Elles ont quand même pu profiter de leur arrivée anticipée pour visiter la Guadeloupe? Je leur laisse le soin de le faire ici après.🙂
Quatre autres de nos amis avaient également anticipé leur vol pour arriver le 25 janv.
Le 26 janv nous arrivions avec le reste de la troupe toujours à l'hôtel à pointe a pitre, car en réservant le vol XL airways nous même, il est toujours prudent de prévoir un jour sur place pour un aléa de transport afin de prendre le bateau à temps. Cela nous permet aussi d'encaisser le décalage horaire de 5H de moins qu'en métropole, nous sommes donc arrivés à l'hôtel à 16H heure locale convoyé par la "compagnie de taxi Ruddy".😎
Malgré un petit quiproquo sur l'endroit de la prise en charge à l'aéroport et malgré l'écriteau tenu à bout de bras "rcoucou".😊 Transfert ce jour-là pour 9 personnes avec bagages et grosses valises, il faut assurer merci Ruddy.
Nous avons quand même profité de la plage et des transats jusqu'au coucher de soleil avant l'Apéro (APp mon abréviation grecque).😉
Le seul barman tout en étant très efficace mais débordé par les multiples commandes de cocktails, restait malgré tout très souriant et méthodique malgré l'impatience de ses clients. Il devrait sans doute être aidé à cette heure-là, car le bar était quasiment plein.

Ma femme participa involontairement aux jeux apéritifs et gagna un bon pour 1 cocktail.🙂
Une soirée cool passée à l'hôtel avec un buffet, 2 plats (23€) suivi d'une animation en fin de soirée au bar . Celui ci étant fermé le lendemain midi, ma moitié en a profité pour solder son bon cocktail, je l'accompagnerai donc, bien conseillé par le barman, par un Rhum Damoiseau XO, un délice comparé aux somnifères en pharmacie.😛

Je sais la photo est flou 😛mais moi aussi je l'étais à cette heure-là à 6H30 du matin heure française.
je laisse le soin aux autres de participer à ce compte rendu escale par escale
A suivre ..
Je vous invite à découvrir le Maroc English translation pending
INTRODUCTION
Des vidéos sont insérées tout au long du résumé. Veuillez cliquer sur l'image pour démarrer la vidéo.
Nous avons séjourné 15 jours au Maroc en septembre 2018 et avons parcouru plus de 5000 km pour découvrir ce pays sous ses différentes facettes.
Plusieurs semaines ont été consacrées à la création de notre itinéraire afin de pouvoir être en mesure d'atteindre parfaitement nos objectifs.
Nous avons fait l'achat d'une carte routière Michelin (742) et nous avions également téléchargé une carte du Maroc dans notre GPS.
Finalement, lors de notre séjour, nous n'avons utilisé que l'application Maps.me qui s'est avérée une application très précieuse lors de nos déplacements en voiture, en randonnée et même dans la recherche de nos hôtels dans les médinas ou lors de nos circuits à pied dans les grandes villes.
J'avais préalablement téléchargé les coordonnées GPS de toutes les attractions prévues à notre itinéraire dans l'application Maps.me, ce qui a facilité grandement nos déplacements.
La réservation de tous les hôtels ainsi que la location d'une voiture ont été effectuées sur internet avant notre départ.
Les attraits touristiques que nous avons visité sont les suivants:
Belyounech Tétouan Cascades d'Akchour et Pont de Dieu Chefchaouen Plage de Maresdar à El Jebha Al-Hoceima Source chaude Hammat Chaabi Plage Cara Blanca Plage de Tmadet Sidi El Bachir Gorges de Zegzel (grotte du chameau) Cascades de l'Aggai à Sefrou Fes Meknes Volubilis Sources de l'Oum Er-Rbia Route des Cèdres à Azrou Vallée du Ziz Moyenne Vallée du Ziz Erg Chebbi à Merzouga Gorges du Todgha Gorges du Dades Vallée des Roses Kasbah Aït-Ben-Haddou Tizi-N-Tichka Casdades d'Ouzoud Pont d'Imi-n-Ifri Cascades de l'Ourika Cascade d'Imlil Route vers Tacheddirt Tizi N' Test Mosquée de Tinmel Kasbah de Tizourgane Agard-Oudad - Les rochers bleus (les roches peintes) Gorges d'Aït Mansour Mosquée Tamsaout Grotte et Bassin Win-Timdouine Paradise Valley Agadir Essaouira Mosquée Hassan-II à Casablanca
Conduire une automobile au Maroc est tout un défi lorsque l'on sait qu'il est un des pays qui possède les routes les plus meurtrières au monde. Il n'y a aucune discipline sur les routes du Maroc. La vitesse, les dépassements illégaux, le passage aux feux rouges, les voitures délabrées, l'étroitesse de certaines routes, les piétons et les cyclistes qui traversent la route sans avertissement, les motocyclistes qui se faufilent entre les voitures, sans oublier les nombreux animaux qui se dressent en bordure de la route. Et je n'exagère surtout pas...
Il n'existe pratiquement aucun civisme sur la route. C'est chacun pour soi. Nous avons dû céder le passage la majorité du temps afin d'éviter que notre voiture de location soit amochée.
Toute une expérience pour mon conjoint Alain qui a réussi à parcourir ces milliers de kilomètres sans aucun accrochage. Après coup, nous comprenons pourquoi la voiture que nous avions louée avait autant de bosses et d'éraflures ....
Il y a énormément de postes de contrôle (gendarmes) au Maroc. Nous avons vécu quelques expériences, de bonnes et de moins bonnes. Je vous en ferai part au moment opportun.
Il est très important de respecter les limites de vitesse et de connaître le fonctionnement des postes de contrôle.
Ceux-ci se trouvent généralement à proximité d'un embranchement ou d'un carrefour giratoire. Des panneaux sont installées temporairement en bordure de la route pour indiquer le poste de contrôle ainsi que les limitations de vitesse.
C'est assez spécial car nous roulons à une vitesse d'environ 80 km/h et tout à coup on aperçoit le panneau indiquant le poste de contrôle et trois panneaux consécutifs invitant à réduire rapidement notre vitesse à 60, 40 et 20 km/h dans un espace vraiment restreint.
C'est toujours un stress de passer ces contrôles , même si nous n'avions rien à nous reprocher... Je passais mon temps à vérifier l'odomètre pour m'assurer que nous respections bien les limites de vitesse. 60, 40, 20.. 60, 40, 20 ... Combien de fois Alain m'a entendu répéter ces chiffres afin de passer les contrôles sans problème.
Lorsque nous avons effectué la réservation des hôtels, il était indiqué que le stationnement était gratuit. Cependant, la majorité du temps, il a fallu payer des frais de 10 MAD (environ 1,40 $ CAD ) pour qu'un gardien surveille la voiture.
Que la voiture soit en bordure de la route ou dans un stationnement, il y avait toujours quelqu'un portant un dossard qui se présentait pour réclamer son dû.
A Essaouira, nous avons battu un record: 50 MAD (7 $ CAD), soit 40 MAD pour le stationnement et 10 MAD pour le gardien.
Une arnaque pour les touristes lorsque l'on sait que le prix est fixé à 5 MAD à Essaouira pour toute une nuit. Mais que peut-on faire lorsque nous avons besoin d'un espace de stationnement pour la nuit et que le préposé au stationnement te réclame 40 MAD et te harcèle de rajouter un 10 MAD pour le gardien?
Par ailleurs, nous avons été très bien accueillis au Maroc. Les gens étaient contents de nous voir et aimaient discuter avec nous. Particulièrement les jeunes hommes qui se sont montrés très avenants et ont été d'une gentillesse extraordinaire.
Nous avons été choyés côté température. Le ciel était toujours d'un bleu éclatant, sauf dans le désert où le ciel était couvert. Mais heureusement, nous avons eu droit à une éclaircie au moment du coucher du soleil.
Sans plus attendre, je vous invite à venir découvrir par le biais de nos vidéos les différents attraits que nous avons visités ainsi que nos escapades sur les routes du Maroc.
POUR LA SUITE, C'EST ICI
POUR VOUS RENDRE À UNE JOURNÉE SPÉCIFIQUE, VOICI LES LIENS APPROPRIÉS:
Jour 1: De Casablanca à Tétouan Jour 2: De Tétouan à Chefchaouen Jour 3: De Chefchaouen à Al Hoceima Jour 4: De Al Hoceima à Oujda Jour 5: De Oujda à Meknès Jour 6: De Meknès à Azrou Jour 7: De Azrou à Merzouga Jour 8: De Merzouga à la Vallée des Roses Jour 9: De la Vallée des Roses à Ouzoud Jour 10: D'Ouzoud à la Vallée de l'Ourika Jour 11: De la Vallée de l'Ourika à Ouirgane (détour à Imlil) Jour 12: De Ouirgane (route du Tizi-n-Test) à Tafraoute Jour 13: De Tafraoute à Tizgui N'Chorfa Jour 14: De la Vallée du Paradis à Essaouira Jour 15: De Essaouira à Casablanca
Des vidéos sont insérées tout au long du résumé. Veuillez cliquer sur l'image pour démarrer la vidéo.
Nous avons séjourné 15 jours au Maroc en septembre 2018 et avons parcouru plus de 5000 km pour découvrir ce pays sous ses différentes facettes.
Plusieurs semaines ont été consacrées à la création de notre itinéraire afin de pouvoir être en mesure d'atteindre parfaitement nos objectifs.
Nous avons fait l'achat d'une carte routière Michelin (742) et nous avions également téléchargé une carte du Maroc dans notre GPS.
Finalement, lors de notre séjour, nous n'avons utilisé que l'application Maps.me qui s'est avérée une application très précieuse lors de nos déplacements en voiture, en randonnée et même dans la recherche de nos hôtels dans les médinas ou lors de nos circuits à pied dans les grandes villes.
J'avais préalablement téléchargé les coordonnées GPS de toutes les attractions prévues à notre itinéraire dans l'application Maps.me, ce qui a facilité grandement nos déplacements.
La réservation de tous les hôtels ainsi que la location d'une voiture ont été effectuées sur internet avant notre départ.
Les attraits touristiques que nous avons visité sont les suivants:
Belyounech Tétouan Cascades d'Akchour et Pont de Dieu Chefchaouen Plage de Maresdar à El Jebha Al-Hoceima Source chaude Hammat Chaabi Plage Cara Blanca Plage de Tmadet Sidi El Bachir Gorges de Zegzel (grotte du chameau) Cascades de l'Aggai à Sefrou Fes Meknes Volubilis Sources de l'Oum Er-Rbia Route des Cèdres à Azrou Vallée du Ziz Moyenne Vallée du Ziz Erg Chebbi à Merzouga Gorges du Todgha Gorges du Dades Vallée des Roses Kasbah Aït-Ben-Haddou Tizi-N-Tichka Casdades d'Ouzoud Pont d'Imi-n-Ifri Cascades de l'Ourika Cascade d'Imlil Route vers Tacheddirt Tizi N' Test Mosquée de Tinmel Kasbah de Tizourgane Agard-Oudad - Les rochers bleus (les roches peintes) Gorges d'Aït Mansour Mosquée Tamsaout Grotte et Bassin Win-Timdouine Paradise Valley Agadir Essaouira Mosquée Hassan-II à Casablanca
Conduire une automobile au Maroc est tout un défi lorsque l'on sait qu'il est un des pays qui possède les routes les plus meurtrières au monde. Il n'y a aucune discipline sur les routes du Maroc. La vitesse, les dépassements illégaux, le passage aux feux rouges, les voitures délabrées, l'étroitesse de certaines routes, les piétons et les cyclistes qui traversent la route sans avertissement, les motocyclistes qui se faufilent entre les voitures, sans oublier les nombreux animaux qui se dressent en bordure de la route. Et je n'exagère surtout pas...
Il n'existe pratiquement aucun civisme sur la route. C'est chacun pour soi. Nous avons dû céder le passage la majorité du temps afin d'éviter que notre voiture de location soit amochée.
Toute une expérience pour mon conjoint Alain qui a réussi à parcourir ces milliers de kilomètres sans aucun accrochage. Après coup, nous comprenons pourquoi la voiture que nous avions louée avait autant de bosses et d'éraflures ....
Il y a énormément de postes de contrôle (gendarmes) au Maroc. Nous avons vécu quelques expériences, de bonnes et de moins bonnes. Je vous en ferai part au moment opportun.
Il est très important de respecter les limites de vitesse et de connaître le fonctionnement des postes de contrôle.
Ceux-ci se trouvent généralement à proximité d'un embranchement ou d'un carrefour giratoire. Des panneaux sont installées temporairement en bordure de la route pour indiquer le poste de contrôle ainsi que les limitations de vitesse.
C'est assez spécial car nous roulons à une vitesse d'environ 80 km/h et tout à coup on aperçoit le panneau indiquant le poste de contrôle et trois panneaux consécutifs invitant à réduire rapidement notre vitesse à 60, 40 et 20 km/h dans un espace vraiment restreint.
C'est toujours un stress de passer ces contrôles , même si nous n'avions rien à nous reprocher... Je passais mon temps à vérifier l'odomètre pour m'assurer que nous respections bien les limites de vitesse. 60, 40, 20.. 60, 40, 20 ... Combien de fois Alain m'a entendu répéter ces chiffres afin de passer les contrôles sans problème.
Lorsque nous avons effectué la réservation des hôtels, il était indiqué que le stationnement était gratuit. Cependant, la majorité du temps, il a fallu payer des frais de 10 MAD (environ 1,40 $ CAD ) pour qu'un gardien surveille la voiture.
Que la voiture soit en bordure de la route ou dans un stationnement, il y avait toujours quelqu'un portant un dossard qui se présentait pour réclamer son dû.
A Essaouira, nous avons battu un record: 50 MAD (7 $ CAD), soit 40 MAD pour le stationnement et 10 MAD pour le gardien.
Une arnaque pour les touristes lorsque l'on sait que le prix est fixé à 5 MAD à Essaouira pour toute une nuit. Mais que peut-on faire lorsque nous avons besoin d'un espace de stationnement pour la nuit et que le préposé au stationnement te réclame 40 MAD et te harcèle de rajouter un 10 MAD pour le gardien?
Par ailleurs, nous avons été très bien accueillis au Maroc. Les gens étaient contents de nous voir et aimaient discuter avec nous. Particulièrement les jeunes hommes qui se sont montrés très avenants et ont été d'une gentillesse extraordinaire.
Nous avons été choyés côté température. Le ciel était toujours d'un bleu éclatant, sauf dans le désert où le ciel était couvert. Mais heureusement, nous avons eu droit à une éclaircie au moment du coucher du soleil.
Sans plus attendre, je vous invite à venir découvrir par le biais de nos vidéos les différents attraits que nous avons visités ainsi que nos escapades sur les routes du Maroc.
POUR LA SUITE, C'EST ICI
POUR VOUS RENDRE À UNE JOURNÉE SPÉCIFIQUE, VOICI LES LIENS APPROPRIÉS:
Jour 1: De Casablanca à Tétouan Jour 2: De Tétouan à Chefchaouen Jour 3: De Chefchaouen à Al Hoceima Jour 4: De Al Hoceima à Oujda Jour 5: De Oujda à Meknès Jour 6: De Meknès à Azrou Jour 7: De Azrou à Merzouga Jour 8: De Merzouga à la Vallée des Roses Jour 9: De la Vallée des Roses à Ouzoud Jour 10: D'Ouzoud à la Vallée de l'Ourika Jour 11: De la Vallée de l'Ourika à Ouirgane (détour à Imlil) Jour 12: De Ouirgane (route du Tizi-n-Test) à Tafraoute Jour 13: De Tafraoute à Tizgui N'Chorfa Jour 14: De la Vallée du Paradis à Essaouira Jour 15: De Essaouira à Casablanca
Retour d'un mois en Nouvelle-Zélande en van English translation pending
Nous sommes revenus il y a un peu plus de 2 mois d’un magnifique voyage d’un mois en Nouvelle-Zélande (du 27 octobre au 27 Novembre). J’ai passé beaucoup de temps sur ce forum pour la préparation de ce voyage. A mon tour de vous faire un petit compte-rendu qui j’espère vous aidera aussi dans vos préparatifs. N’hésitez pas à poser des questions, je me ferai un plaisir d’y répondre.
Avion : Nous avions réservé nos billets 8 mois en avance avec la compagnie Korean Air : 1236€ par personne avec une arrivée à Auckland et un départ de Christchurch. L’escale à Séoul permet d’avoir 2 vols de durées équivalentes. Au retour, l’escale était de 16h. La compagnie nous a logé gratuitement dans son hôtel 5* à proximité de l’aéroport (navette, diner et petit-déjeuner compris). Il faut demander ce service par téléphone dès que vous avez acheté vos billets. Cela permet de moins subir le décalage horaire.
Hébergement/Transport : Nous avions choisi de passer les deux premières nuits à Auckland. Nous n’avons pas regretté car nous avons pu nous remettre tranquillement du décalage horaire sans prendre de risques sur la route. La dernière nuit, nous avions également réservé une auberge à proximité de l’aéroport de Christchurch, nous décollions à 6h le lendemain. Pour le reste du voyage, nous avions choisi de voyager en campervan. Après de multiples recherches, nous avons opté pour un modèle self-contained et pas trop gros de Wendekreisen. C’est le meilleur rapport qualité/prix que nous avons trouvé et nous n’avons pas été déçus même si notre van était un peu vieux (près de 400 000km au compteur) et galérait un peu dans les cols (moteur essence). Cela nous est revenu à 1 922€ pour 25 jours. Personnel très sympa (ils ne nous ont rien pris pour une vanne abîmée et nous ont conduit à notre auberge). Nous avons essayé d’alterner camping gratuit, camping low-cost et camping équipé en fonction de nos besoins (douche, électricité, toilettes, eau potable) et des possibilités sur place. Aucune réservation nécessaire à cette époque et aucun souci pour trouver une place.
Guides et applications : Lonely Planet et Petit futé pour les guides papiers, le site Kiwipal. Sur place nous avons énormément utilisé les applications Campermate et Wikicamps qui en plus d’indiquer les sites pour camper, fournissent un tas d’autres informations (toilettes publiques, stations essence, stations de vidange, choses à visiter, loukouts….) avec photos et avis.
Conseils en vrac :
Internet : nous avions un forfait Free mobile avec téléphone sms illimités et 25 Go de données mobiles en Nouvelle Zélande. Les campings équipés proposent généralement au moins 30 minutes de Wifi gratuit mais c’est souvent très lent.
Le site Bookme nous a permis de faire de belles économies sur des activités mais il ne faut pas s’y prendre à la dernière minute.
Nous faisions presque toujours nos courses chez Pack’nSave, bon marché. En plus pour 40€ d’achat, ils donnent un bon de réduction (6cents/ litre) dans les stations essence Pack’n’Save ou Mobil
Nous avons pris la carte de fidélité Mobil qui nous a permis un petit rabais à chaque plein.
Place maintenant au carnet de voyage. Nous avons passé 28 jours complets sur place. La météo n’a (presque !) pas contrecarré nos plans initiaux. Quelques étapes peuvent paraitre longues, mais nous n’avons jamais ressenti ni fatigue, ni ennui.

En rouge, lieux où nous avons passé la nuit.
Avion : Nous avions réservé nos billets 8 mois en avance avec la compagnie Korean Air : 1236€ par personne avec une arrivée à Auckland et un départ de Christchurch. L’escale à Séoul permet d’avoir 2 vols de durées équivalentes. Au retour, l’escale était de 16h. La compagnie nous a logé gratuitement dans son hôtel 5* à proximité de l’aéroport (navette, diner et petit-déjeuner compris). Il faut demander ce service par téléphone dès que vous avez acheté vos billets. Cela permet de moins subir le décalage horaire.
Hébergement/Transport : Nous avions choisi de passer les deux premières nuits à Auckland. Nous n’avons pas regretté car nous avons pu nous remettre tranquillement du décalage horaire sans prendre de risques sur la route. La dernière nuit, nous avions également réservé une auberge à proximité de l’aéroport de Christchurch, nous décollions à 6h le lendemain. Pour le reste du voyage, nous avions choisi de voyager en campervan. Après de multiples recherches, nous avons opté pour un modèle self-contained et pas trop gros de Wendekreisen. C’est le meilleur rapport qualité/prix que nous avons trouvé et nous n’avons pas été déçus même si notre van était un peu vieux (près de 400 000km au compteur) et galérait un peu dans les cols (moteur essence). Cela nous est revenu à 1 922€ pour 25 jours. Personnel très sympa (ils ne nous ont rien pris pour une vanne abîmée et nous ont conduit à notre auberge). Nous avons essayé d’alterner camping gratuit, camping low-cost et camping équipé en fonction de nos besoins (douche, électricité, toilettes, eau potable) et des possibilités sur place. Aucune réservation nécessaire à cette époque et aucun souci pour trouver une place.
Guides et applications : Lonely Planet et Petit futé pour les guides papiers, le site Kiwipal. Sur place nous avons énormément utilisé les applications Campermate et Wikicamps qui en plus d’indiquer les sites pour camper, fournissent un tas d’autres informations (toilettes publiques, stations essence, stations de vidange, choses à visiter, loukouts….) avec photos et avis.
Conseils en vrac :
Internet : nous avions un forfait Free mobile avec téléphone sms illimités et 25 Go de données mobiles en Nouvelle Zélande. Les campings équipés proposent généralement au moins 30 minutes de Wifi gratuit mais c’est souvent très lent.
Le site Bookme nous a permis de faire de belles économies sur des activités mais il ne faut pas s’y prendre à la dernière minute.
Nous faisions presque toujours nos courses chez Pack’nSave, bon marché. En plus pour 40€ d’achat, ils donnent un bon de réduction (6cents/ litre) dans les stations essence Pack’n’Save ou Mobil
Nous avons pris la carte de fidélité Mobil qui nous a permis un petit rabais à chaque plein.
Place maintenant au carnet de voyage. Nous avons passé 28 jours complets sur place. La météo n’a (presque !) pas contrecarré nos plans initiaux. Quelques étapes peuvent paraitre longues, mais nous n’avons jamais ressenti ni fatigue, ni ennui.

En rouge, lieux où nous avons passé la nuit.
Mes surprises de voyageur français au Québec English translation pending
Voici maintenant quatre années que je passe chaque fois un mois au Québec, et je me souviens de quelques surprises dans mes séjours depuis 2013.
Loin des clichés habituels ou des sujets rebattus, je m'attarderai ici à exposer de petits détails qui, s'ils paraissent insignifiants, font la saveur des voyages en favorisant le dépaysement (déformation de ma qualité d'artiste-peintre se souciant des détails).
En 2013 La vente de garage des particuliers qui souhaitent se débarrasser de divers objets personnels. Différente de nos brocantes elle s'apparente à notre vide-grenier mais reste individuel. Des affichettes dispersées sur le mobilier urbain permettent de trouver le lieu de la vente.
Montréal : Quartier près du métro Lionel-Groulx
L'incitation au fleurissement des plate-bandes de trottoirs. On y découvre des solutions inattendues :
Montréal : Quartier près du métro Charlevoix
La diversité des ponts sur le Saint-Laurent Un pont ce n'est pas toujours droit, ni le tablier ni les rampes d'accès :
Montréal : Pont Jacques-Cartier
Les ingrédients de la cuisine Les crosses de fougères ça se mange et se vend sous le nom de têtes de violon :
Montréal : Marché Jean-Talon
Pratiques sociales décomplexées Speed dating impromptu :
Montréal : Drague vers une blonde pendant la pratique de mini-kayak au Rapides de Lachine.
En 2014 Fête nationale du Québec jour de la Saint-Jean-Baptiste. Quelque soit la météo, on défile :
Montréal : vers Pie-IX
Architecture urbaine Les stations de métro ont chacune leur style sensible dans les détails des matériaux.
Montréal : station Édouard-Montpetit
à suivre...
En 2013 La vente de garage des particuliers qui souhaitent se débarrasser de divers objets personnels. Différente de nos brocantes elle s'apparente à notre vide-grenier mais reste individuel. Des affichettes dispersées sur le mobilier urbain permettent de trouver le lieu de la vente.
Montréal : Quartier près du métro Lionel-GroulxL'incitation au fleurissement des plate-bandes de trottoirs. On y découvre des solutions inattendues :
Montréal : Quartier près du métro CharlevoixLa diversité des ponts sur le Saint-Laurent Un pont ce n'est pas toujours droit, ni le tablier ni les rampes d'accès :
Montréal : Pont Jacques-CartierLes ingrédients de la cuisine Les crosses de fougères ça se mange et se vend sous le nom de têtes de violon :
Montréal : Marché Jean-TalonPratiques sociales décomplexées Speed dating impromptu :
Montréal : Drague vers une blonde pendant la pratique de mini-kayak au Rapides de Lachine.En 2014 Fête nationale du Québec jour de la Saint-Jean-Baptiste. Quelque soit la météo, on défile :
Montréal : vers Pie-IXArchitecture urbaine Les stations de métro ont chacune leur style sensible dans les détails des matériaux.
Montréal : station Édouard-Montpetità suivre...
Circuit Madagascar juillet 2015 English translation pending
Bonjour,
Voici le récit de notre magnifique périple à Madagascar en juillet dernier.
Il est possible de le retrouver avec les photos sur le site : http://lesblancond.pagesperso-orange.fr/
Bonne lecture
Les Blancond à Mada
Circuit du 11 juillet au 2 août 2015
Après nos périples en Namibie (2008), USA (2010), Brésil (2013), notre choix s’est porté cette année sur Madagascar, une destination dans nos têtes depuis longtemps mais que nous avions jusqu’à présent repoussée à une date ultérieure pour plusieurs raisons ( traitement antipaludéen pour les enfants et problèmes d’insécurité chronique relatés, le dernier en date à Nosy Be ayant été particulièrement violent avec le lynchage de 2 français ).
Le choix de la destination s’est fait en début d’année, Madagascar ayant été mis en concurrence avec la Namibie (déjà effectué en 2008) et l’Indonésie, plus particulièrement Florès. C’est Mada qui s’est imposé assez naturellement et à l’unanimité.
Après avoir consulté plusieurs agences locales, c’est Malagasy Tours qui nous a proposé le circuit qui convenait le mieux à nos souhaits, à la fois en terme de programme et de budget : un circuit mixte RN7 et Nord du pays avec 3 vols intérieurs ( Tuléar-Antananarivo, Antananarivo-Diego Suarez et Nosy Be-Antananarivo ) les 3 vols intérieurs ont été réservés par l’agence ( on ne sait jamais, en cas de problème, ce sera plus facile de se faire rembourser ) alors que le vol international a été réservé par internet ( vol Air France, l’autre compagnie assurant des vols directs étant Air Madagascar, compagnie n’assurant pas toutes les garanties en terme de fiabilité à tous les niveaux , sécurité et ponctualité ).
J’ai donc échangé assez longuement avec Seheno, de Malagasy Tours, pour finaliser le circuit et trouver un bon compromis entre une découverte en profondeur du pays tout en se ménageant un peu de temps de repos, en particulier 4 jours de farniente en fin de séjour, sur l’île de Nosy Komba.
Courant juin, en regardant les forums, j’apprends qu’une grève du personnel de la compagnie est en cours, la raison officielle étant le détournement des cotisations maladie et retraite du personnel de la compagnie par la direction, et par ailleurs des investissements hasardeux en avions que conteste le personnel, qui réclame la démission de l’équipe dirigeante.
Après quelques jours, voyant que la situation est bloquée, j’interroge l’agence sur les éventuelles conséquences pour notre circuit : pas de panique pour le moment, en 15 jours ça devrait évoluer.
Mais malheureusement, le 6 juillet, soit 5 jours avant le départ, je reçois un mail de Seheno m’informant que, le mouvement de grève étant toujours en cours, nous allons devoir renoncer aux vols intérieurs et construire un nouveau circuit tenant compte de cette contrainte.
Coup de massue et sueurs froides en perspectives !!!! On procède donc par éliminations : on commence par renoncer à la partie Nord, Tuléar-Nosy Be par la route étant complètement délirant en 4 jours puis on élimine une remontée de Tuléar par l’Ouest, là aussi les temps de route nous paraissant rédhibitoires. Le moins mauvais compromis nous paraît être finalement de remonter par la même route qu’à l’aller, trouver une étape balnéaire de 4 nuits et quelques étapes en chemin au retour pour éviter la monotonie. J’ai aussi demandé à prévoir quelques hôtels assez haut de gamme pour faire passer la pilule des longues heures de route inévitables à certaines étapes.
Vendredi 10 en fin de journée, soit la veille du départ et après 4 jours de réflexions et de nuits agitées, je valide un circuit avec une étape à Anakao en milieu de séjour, un arrêt à Ranomafana (non prévu au départ car peu intéressant d’après le routard), et 3 jours pour finir à Andasibe.
Quelle semaine, à jongler entre le boulot, les échanges avec Seheno et ceux entre nous pour valider les changements !!! On s’en souviendra…
Pour couronner le tout, les filles sont revenues de leur tournée de tennis à La Baule vendredi soir à 22h et j’ai dû retourner en catastrophe au labo jusqu’à 23h pour scanner des documents hyper urgents. On a souvent eu des départs mouvementés, mais celui-là bat tous les records !
Samedi 11 juillet. A 3h45, réveil en fanfare et c’est le grand départ pour l’aéroport de Guipavas ou nous retrouvons Ben. Nous décollons pour Roissy à 6h35 et arrivons sans encombre à 7h45, où toute l’équipe se retrouve au complet puisque Pierrot est arrivé la veille et a logé à l’Ibis. Nous décollons à 11h30, donc à l’heure, de Roissy et arrivons à 23h10 à Antananarivo après un vol sans histoires. Le plus dur est fait, se dit on et dans une heure nous devrions être couchés….illusion !! Nous sommes d’emblée confrontés à l’efficacité malgache dans toute sa splendeur : d’une part les démarches d’entrée dans le pays prennent un temps fou ( il faut passer à 2 postes où la rapidité est inversement proportionnelle au personnel dédié ) et surtout les bagages arrivent Mora Mora, tellement d’ailleurs que seulement 3 bagages sur les 6 sont arrivés ( ils manquent la valise de Ben et 2 de nos bagages, les vêtements étant par chance dans les 2 autres sacs ). Comme nous ne sommes pas les seuls, loin de là, c’est aussi un vaste foutoir au bureau de réclamation des bagages. Ce n’est donc que vers 2h30 que nous quittons l’aéroport avec notre guide Hery et notre chauffeur Feno qui nous attendent depuis plusieurs heures. Le temps de faire du change, de donner un pourboire misérable aux porteurs de bagages ( on n’a pas encore trop la notion de la valeur des ariarys et honnêtement il ne faut pas nous demander grand-chose à cette heure avancée et après ces émotions), Hery nous fait un topo rapide tout en nous offrant un plateau garni de nems, samoussas, beignets de poulets…., délicieux mais à cette heure on pense plus à notre lit qu’à notre estomac. Nous arrivons en quelques minutes à notre hôtel, « Le Bois Vert », où la température est très fraîche et où nous passons une première nuit courte mais oh combien réparatrice.
Dimanche 12 juillet : Antananarivo-Antsirabe. Vus les événements de la veille, le top départ de ce matin n’a été fixé qu’à 10h nous nous levons donc à 9h et, après le petit déjeuner, nous laissons à l’hôtel des photocopies de nos passeports et les clés et codes de nos bagages, pour qu’une personne de l’agence puisse aller à l’aéroport les récupérer. A 10h, c’est parti pour l’aventure dans notre minibus Mercedes Sprint vert flashy. La traversée de la capitale nous donne une idée de la pauvreté entrevue la veille lors de l’aéroport à l’hôtel. Après être passé devant des femmes qui lavent leur linge, devant un hôpital vide ( construit par le gouvernement de la transition, un mot qu’on entendra beaucoup durant le séjour, toujours pour parler de choses inutiles réalisées ou utiles qui n’ont pas été faites ), nous quittons progressivement Antanarivo petit à petit apparaît le paysage des hautes terres, avec son relief montagneux, sa terre rouge et ses rizières et autres cultures. La foule le long de la route est impressionnante et les arrêts nombreux : boutique pour faire le plein d’eau ( où nous entendons la chanson de Françoise Hardy « tous les garçons et les filles », probablement le tube du moment …), petit marché au bord de la route pour acheter des fraises locales ( où je me fais arnaquer car je donne le prix demandé de 10 000 ariarys pendant qu’Hery le négocie à la baisse ), vendeurs divers et variés ( artisanat local, objets en raphia, chapeaux, petites voitures….à des prix défiant toute concurrence ). Nous nous arrêtons le midi dans la ville du foie gras, Behenjy, dans un restaurant un peu kitsch, « le coin du foie gras », situé sur la hauteur, où les notables des environs ont manifestement l’habitude de déjeuner les dimanche midi. Le foie gras n’est pas mauvais du tout (nature ou parfumé à la vanille, au poivre ou au raisin ), et on déguste pour la première fois un filet de zébu et Ben et Pierre la bière vedette de Mada, la THB. Hery et Feno mangent sur une autre table. J’avais signalé à l’agence avant notre séjour que nous souhaitions prendre nos repas « seuls » car c’est toujours compliqué, et même parfois pénible, d’être constamment avec le guide, sans possibilité de se lâcher vraiment. Le fait de le prévoir avant le départ permet de ne pas froisser le guide qui pourrait le prendre comme un jugement personnel. Nous continuons notre périple en direction d’Antsirabe, en nous arrêtant régulièrement pour des photos de paysages ou des scènes de la vie quotidienne. Partout où nous nous arrêtons, alors qu’on pense être dans des coins déserts, c’est systématiquement une nuée d’enfants qui sortent de partout et nous entourent en criant « bonbons vazahas !!!! » On s’y attendait un peu mais parfois ça tourne à l’émeute. Après avoir dû renoncer ( pour mieux la faire au retour ) à la visite de la fabrique de marmites en aluminium à Ambatolampy, nous arrivons vers 17h à Antsirabe, alors que la nuit n’est pas loin. Nous effectuons la visite très intéressante de l’atelier de Mamy qui fabrique des vélos, voitures…avec du matériel de récupération. Derrière cette boutique se situe celle de la femme de Mamy qui vend de la broderie. Nous y achetons une grande nappe et Ben nous gratifie d’un striptease lors de l’essayage d’un teeshirt, qui déclenche l’hilarité dans toute l’assistance, notamment d’une vendeuse qui lui dit qu’elle a vu les horreurs de la guerre et n’est donc plus à ça prêt. Nous terminons la journée par la visite d’un artisan qui fabrique des objets en corne de zébu la démonstration de la fabrication est très instructive et bien sûr, comme il se doit, la visite se termine par un petit passage à la boutique où la fièvre acheteuse bat son plein. Nous arrivons à l’hôtel, « Couleur Café », vers 18h tenu par un breton des Côtes d’Armor, c’est un établissement très agréable, fait de plusieurs petites maisons, chaque chambre ayant sa cheminée, ce qui n’est pas du luxe compte tenu de la température sibérienne qui y règne à cette période de l’année ( c’est la ville la plus froide du pays ). Rendez-vous est donné par Hery à 19h pour le briefing du voyage et de notre guide du lendemain. Nos bouteilles d’apéritif ainsi que celles de Ben étant entre la France et Mada dans nos bagages « perdus », Pierre heureusement a les siennes et nous sauve d’une déshydratation majeure. On apprécie bien ce premier apéritif au coin du feu, tout en commentant cette première journée assez riche. Nous retrouvons notre guide comme convenu au restaurant où un petit rhum arrangé de bienvenue nous est offert par l’agence et où le carnet de voyage nous est remis. Notre guide local du lendemain, Arsène, vient nous expliquer le programme de la journée : balade de plusieurs heures dans les paysages de rizières des environs du village de Betafo. Il pratique un tourisme écoresponsable en faisant participer les villageois à la venue des touristes dans leurs villages reculés et en les rétribuant un peu pour cela. Nos chaussures de marche sont dans la valise «évaporée » mais d’après Arsène nos chaussures en toile devraient suffire. Après cette explication, Arsène nous quitte en nous donnant rendez-vous pour le lendemain. Hery termine ses explications sur l’ensemble du circuit et nous quitte à son tour. Ce soir, c’est dodo tout habillés ( Ben n’ayant pas ses bagages garde ses vêtements 24h sur 24 ) car le feu de cheminée est éteint et la chambre est glaciale malgré le petit digestif pris au retour du restaurant.
Lundi 13 juillet : randonnée dans les hautes terres. Ce matin, Arsène nous a donné rendez-vous à 9h, le temps pour lui d’acheter le nécessaire pour le pique-nique de midi. Il est accompagné de son frère qui se destine aussi au métier de guide. Nous prenons le minibus en direction de Betafo et nous nous arrêtons quelques kilomètres avant le village. C’est aujourd’hui lundi, jour du marché hebdomadaire, et toute la population se dirige en masse vers Betafo pour y vendre toutes sortes de produits. Nous entamons notre marche par la montée d’une colline assez raide qui nous donne un avant-goût du programme de la journée. Arsène est un excellent guide, très instruit, qui nous donne énormément d’informations sur les plantes, les us et coutumes. Arrivés au sommet d’une seconde colline, nous surplombons le village de Betafo plusieurs dizaines de mètres plus bas. La vue est grandiose, avec notamment les paysages de rizières en terrasses. D’en haut, Arsène aperçoit un regroupement de personnes d’après lui, il est probable que ce soit une cérémonie de retournement des morts, coutume locale qui se déroule à cette période de l’année. Nous continuons notre marche et finissons par arriver dans la vallée à un petit village où nous sommes accueillis par une joyeuse bande d’enfants. Ici, pas de « bonbons vazahas », les habitants n’ont pas encore été pervertis par le tourisme. Arsène leur a apporté des photos prises par des touristes venus précédemment dans le village c’est la franche rigolade. A notre tour, nous commençons à les mitrailler lors d’une séance photo, les enfants imitant Jackie Chan en prenant le pose. Les arrêts sont nombreux pour photographier des scènes de la vie quotidienne et nous commençons à maitriser 2 mots malgaches qu’on utilise toutes les 30 secondes, salam (a, é ou o , ce qui veut dire bonjour, qui se dit également d’une autre façon, manao ahoana) et velom ( a et é qui signifie au revoir ). Nous visitons une petite maison assez misérable, où toute la famille vit dans 2 pièces, une cuisine dont les murs sont dégoulinants de suie ( mais pourquoi les maisons n’ont-elles pas de cheminées ? On aura à peu près autant d’explications différentes que de fois où on a posé la question : pour garder la chaleur, pour protéger des termites ou des moustiques….en tout cas, ce n’est certainement pas pour préserver la santé des pauvres malgaches) et une mini-chambre commune à toute la famille. Ils vivent à l’étage, le rez de chaussée étant réservé pour les bêtes en particulier.

Peu après le village, nous progressons dans les rizières en marchant sur les « diguettes » Charlotte, qui est handicapée par une douleur au genou, met malencontreusement le pied dans l’eau. C’est le drame car ses Stan Smith neuves sont fichues et Charlotte est en pleurs, s’en voulant de ne pas avoir pris soin de ses chaussures neuves. Nous nous arrêtons pour le pique-nique dans un coin tranquille à l’abri du vent. Au menu : avocats délicieux avec une vinaigrette à l’oignon, samousas et fruits pour le dessert. Hery nous apprend que la valise de Ben est arrivée à bon port, contrairement aux nôtres dont on est toujours sans nouvelles ( alors qu’on a reçu dans la nuit un mail d’Air France nous signifiant que les bagages étaient en chemin ). C’est une bonne nouvelle pour Ben par contre, pour nous, les chaussures de marches, les vêtements à laisser à Madagascar, les bouteilles d’apéritif et plus grave, la Malarone et tous les médicaments attendront. Durant le repas, Arsène nous raconte l’histoire du Maki qui parle : c’est quoi ça ? « Une banane » répond le maki. « Merci Maki ». C’est quoi ça ? « un ananas » « merci maki » puis on lui montre le fruit qui ressemble à une grosse orange.. Anny et Ben tombent tous les 2 dans le panneau en répondant « un pamplemousse » auquel Arsène répond par un « merci Maki »…. Après le déjeuner, nous continuons à progresser vers Betafo Arsène nous confirme que le rassemblement de personnes sur la colline correspond bien à une cérémonie de retournement des morts et nous demande si on souhaite y assister, ce que nous acceptons, très curieux de connaître cette tradition qui ne se déroule que dans une partie du pays. Appelée Famadihana, cette coutume funéraire en particulier des hautes terres a lieu de juin à septembre de villages en villages, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser leurs morts lors de grandes fêtes cela donne lieu à 2-3 jours de festins où tous les membres de la famille et les amis sont invités. Après les avoir sortis du tombeau, la foule des parents et des amis s’empare des corps et les emportent dans une danse très rapide. Cette cérémonie a lieu tous les 3, 5 ou 7 ans et à cette occasion, les linceuls recouvrant les restes mortuaires sont renouvelés. Arrivés sur le lieu de la cérémonie, nous nous faisons toucher et même agripper par plusieurs personnes manifestement bien alcoolisées, ce qui met certains d’entre nous un peu mal à l’aise, ayant du mal à savoir s’ils sont honorés ( ce qui est a priori le cas ) ou si on les dérange. Ben est invité à visiter l’intérieur du tombeau. Puis c’est le moment des chants : certains dansent, d’autres portent les corps dans leur linceul tout en tournant 7 fois autour du tombeau un moment impressionnant et vraiment unique ! A la fin de la cérémonie, ils entonnent l’hymne malgache, avant de se disséminer petit à petit dans la campagne. Nous poursuivons ensuite notre descente vers Betafo où nous attend Feno. Il est plus de 16h et le marché est désormais terminé dommage car la concentration de personnes est vraiment impressionnante à cette heure avancée et cela devait être vraiment grouillant quand le marché battait son plein au cours de la journée. Sur le chemin du retour, nous demandons à nos guides de nous arrêter en ville à Antsirabe pour acheter des chaussures pour les filles, celles de Juliette lui faisant mal et les Stan Smith de Charlotte ….. Nous en trouvons d’occasion dans la rue, correctes et à un prix dérisoire. Par contre, quel contraste entre l’ambiance un peu glauque en ville et celle hyper chaleureuse dans les villages traversés tout au long de la journée. Une bien belle journée en tout cas, avec un guide cultivé et hyper intéressant, qui contraste avec Hery qui, bien que très attentionné et plein d’humour, manque de connaissances profondes. A l’arrivée à l’hôtel, la valise de Ben est là ! Plus que 2 bagages et nous serons au complet…
Mardi 14 juillet : Antsirabe – Antoetra. Ce matin, faute d’être certains de récupérer nos bagages, nous décidons de rationner la Malarone et de ne pas en prendre dans ces régions fraîches où les moustiques font manifestement grève eux aussi. Nous partons ce matin à 9h en direction d’Ambositra. Nous commençons par une petite balade en pousse pousse dans Antsirabe qui nous mène à la gare, la rue de l’Indépendance ( toutes les villes ont une rue et une place de l’Indépendance à Mada), l’hôtel des Thermes, et pour finir le centre-ville où nous nous arrêtons dans une boutique de pierres précieuses, chez Joseph. Difficile de trouver plus visqueux, gluant et mielleux que le dénommé Joseph qui a d’ailleurs transmis son « savoir-faire » dans le domaine à son personnel. On déteste ce genre d’ambiance où tout est exagéré ( le summum étant atteint avec 4 tortues radiées qui ont manifestement été mises au « garde à vous » pour notre arrivée ), mais on finit quand même par acheter quelques pierres semi-précieuses. Sur la route vers Ambositra, comme dans le reste du pays, 2 choses frappantes : les « arrêts flics » toutes les 30 mn au bord des routes ( on se demande à quoi ils servent à part racketter dès que possible ) et les taxis brousses et autres ORNI ( objets roulants non identifiés ), chargés à bloc à l’intérieur et sur le toit. On se demande comment ils peuvent rouler avec de tels chargements. D’ailleurs, très régulièrement on voit sur les routes des véhicules en panne, en cours de dépannage, avec une branche ou un feuillage 100 m avant pour signaler ( c’est leur triangle à eux ). Nous arrivons à Ambositra pour le déjeuner, au restaurant « chez Jonathan », un lieu d’anthologie grâce au chanteur qui y officie : Johny Gasy. A priori c’est un habitué des lieux et tout est réuni pour passer un moment mémorable : le look ( avec guitare ), la façon de chanter ( bouche semi-ouverte ), le répertoire ( Aline de Christophe, J’entends siffler le train, Que sera sera, chants tyroliens, Beatles, Capri c’est fini….) et pour clôturer le tout la voix ( nasillarde à souhait ). Notamment la version d’Aline nous provoque un énorme fou rire général. Un grand moment. Ça va d’ailleurs devenir la chanson de nos vacances ( et j’ai crié, crié….). En sortant du restaurant, nous nous faisons agripper par des vendeuses d’écharpes en soie. C’est la foire d’empoigne entre elles et c’est pénible d’acheter dans ces conditions. Dans la foulée nous allons visiter un atelier de marqueterie. Les objets en vente dans la boutique ( couvertures d’albums de Tintin notamment ) vont du laid au quelconque et pour la première fois nous quittons une boutique sans rien acheter. Quelques kilomètres après Ambositra, nous prenons l’embranchement et la piste en direction d’Antoetra, notre hôtel « Sous le Soleil de Mada » étant situé à mi-chemin. C’est le début du pays Betsileo les hommes arborent une tenue très typique, avec un couvre-chef et en guise de vêtement une longue étoffe drappée sur l’épaule rappelant les masais des hauts plateaux tanzaniens. Nous nous arrêtons en cours de piste pour voir travailler des chercheurs d’or l’une des femmes qu’on prend en photo fait le spectacle en se tortillant dans tous les sens. A chaque fois qu’on s’arrête en bord de route, il se passe quelque chose et les gens sont vraiment spontanés. Après 1 h de piste, nous arrivons à l’écolodge, tenu par Brigitte et Marc, vers 16h. C’est un ensemble de petites maisonnettes, construites selon le style zafimaniry ( nous sommes dans la région ). Après avoir pris possession de nos bungalows, nous partons faire une petite marche aux alentours de l’hôtel à la rencontre des villageois. C’est grâce à Brigitte et Marc que les enfants sont maintenant scolarisés. Ils les sensibilisent aussi au respect de l’environnement en faisant planter à chaque enfant un arbre par an.

Après une petite partie de pétanque, à partir de 18h c’est la discussion autour du feu de camp, où on regarde les étoiles et où Brigitte nous explique son analyse de la situation à Madagascar, très intéressante car venant de quelqu’un qui connaît le terrain tout en ayant un œil « extérieur ». Elle nous fait part de sa déception sur l’évolution du tourisme à Madagascar, le nombre de voyageurs annuels étant passés de 450 000 en 2009 à 200 000 actuellement, avec probablement une dégradation liée à la grève d’Air Madagascar. La raison principale est l’insécurité, qu’elle trouve excessivement mise en avant par les sites diplomatiques par rapport à la réalité sur place. Comme d’autres, elle nous dit aussi ( et nous avions eu la même réflexion ) que finalement c’est une bonne dictature qu’il faudrait pour remettre le pays dans le droit chemin. A 19h, les choses sérieuses commencent puisque c’est l’apéritif au rhum arrangé. C’est Marc qui tient le bar ( c’est d’ailleurs plutôt l’inverse car le pauvre a des problèmes de santé ) : grande gueule, il m’apostrophe d’emblée en me prenant pour un chinois je suis d’après lui le sosie (confirmé par Brigitte ) avec 20 ans de moins d’Assoun, un chinois d’Ambositra. Il joue un peu la provoc, ce qui peut surprendre voire déplaire à certains, mais on voit qu’il a le cœur sur la main. En tant que bretons ( lui est auvergnat ) nous avons notre réputation de piliers de bar à tenir et nous dégustons avec plaisir , accompagnés par des cacas pigeons ( gâteau apéro locaux ) plusieurs rhums arrangés ( cardamone, poivre, gingembre-cumbavas, pok pok….), les meilleurs de notre séjour haut la main. Marc et Brigitte nous racontent qu’ils sont partis il y a plus de 10 ans pour un tour du monde dont la première étape était Madagascar et ils n’y sont jamais repartis, conquis par l’accueil et la gentillesse malgaches. Le repas se passe dans la convivialité, autour d’une grande table d’hôtes, et nous sommes accompagnés par 2 nantaises et 3 couples de suisses très sympas. Une excellente soirée. La nuit est glaciale ( 4°C au réveil ! ) et la literie pas terrible mais on s’endort sans mal….
Mercredi 15 juillet : randonnée dans les villages zafimaniry. Au lever vers 7h, de la buée sort denotre bouche à l’intérieur du bungalow, ce qui donne une idée de la température les plus courageux passent à la douche ( n’est-ce pas Ben ?), mais je décide comme la plupart de passer mon tour. Si le froid devait durer tout le voyage, on en reparlera mais ce matin ce n’est vraiment pas le moment… Par ailleurs, contrairement à la veille, les nuages sont de la partie ( on est dans une région très humide souvent sujette à des nuages et de la pluie ) et nous accompagneront malheureusement toute la journée. A 8h, départ pour Antoetra pour une balade dans le pays Zafimaniry, connu pour son artisanat du bois, en particulier ses maisons assemblées sans le moindre clou ni la moindre vis, aux portes et aux volets finement sculptées. Nous avons rendez-vous avec notre guide Johny et arrivons sur place à 9h. Les présentations se font rapidement avec Johny, qui n’est pas du genre causant, contrairement à une nuée de jeunes qui s’accrochent à nous en nous demandant de leur acheter des souvenirs à notre retour du village d’Ifasina, but de notre balade. Comme toujours, il y en a qui sont plus dégourdis que les autres et arrivent à se « placer ». Chacun d’entre nous a son « camarade », en gros le premier enfant à avoir lié connaissance avec nous ( Frédéric pour Anny, Jean Marc pour Pierre, Pascal et Stanislas pour Ben, Emmanuel et Eric pour moi ). Ce sont tous des petits malins et ils parlent plutôt bien le français pour un coin aussi reculé. Aujourd’hui, c’est le jour du marché, mais entre les camarades qui nous collent et Johny qui a le feu aux fesses, on n’en profite presque pas et la visite est baclée. Nous entamons notre marche en direction d’Ifasina, village le plus proche, distant de 4 kilomètres par un chemin en montagnes russes en chemin, nous croisons des villageois qui se rendent au marché en nombre. Malheureusement le temps maussade ne nous fait pas apprécier cette randonnée à sa juste mesure, les couleurs des paysages étant un peu fades. A cause du temps, les caméléons ne sont pas non plus de sortie. Charlotte souffre de nouveau de son genou et Anny ne se sent pas très à l’aise sur ces chemins escarpés et glissants. En cours de route, nous somme rejoints par Stanislas, sourd et muet, qui va nous accompagner tout au long de la journée. Après 2 h de marche, nous arrivons enfin à Ifasina où une nouvelle fois nous sommes accueillis par une horde d’enfants ( Jean Marcel, Brigitte….). Toutes les maisons, contrairement à Antoetra, sont ici en bois et nous sommes invités à visiter la case du chef du village qui se dit honoré de notre visite et nous explique le fonctionnement de sa maison ( avec les 4 coins qui ont une signification particulière) où vivent également canards et cochons. Nous le quittons après quelques minutes, non sans lui avoir versé le droit d’entrée qui est de rigueur. A côté de la case ont été disposés différents objets en bois vendus à un prix modéré après nos achats, nous continuons la visite du village et alors qu’on repasse devant la case du chef 5 mn plus tard, tout l’artisanat a déjà été rangé !!
Nous faisons notre halte pique-nique peu après le village, pique-nique que nous partageons avec Stanislas qui n’en demandait pas tant. A mi-chemin, nos camarades arrivent avec des objets en bois qu’ils veulent nous vendre sur le chemin, soit disant pour éviter les problèmes au village nous décidons d’attendre avant d’acheter, mais une fois arrivés à Antoetra, entre les 2 boutiques d’artisanat et les camarades, c’est la foire d’empoigne et c’est même tout près de mal tourner tellement on sent une pression énorme. Juliette et Anny n’en peuvent plus et nous menaçons de partir sans rien acheter si les esprits ne se calment pas finalement on achète à nos camarades, après quoi on quitte le village avec un arrière-goût tellement la fin a été pénible pour tout le monde. Si ça continue, les touristes vont se détourner de cette destination pourtant potentiellement intéressante. On en parle à notre retour à Brigitte qui regrette que personne au village ne soit capable d’organiser la vente de cet artisanat dans un seul et même lieu où tout serait réuni, ce qui éviterait les pugilats. Avant le feu de camp, Charlotte, Juliette et Pierre font une partie de pétanque avec un jeune malgache, Jean Baptiste. Pendant ce temps, nous achetons des écharpes en soie à Brigitte au moins ici on peut prendre le temps de les choisir sans être assailli. A 18h, lors de notre discussion autour du feu, Hery nous informe que nous devons partir à 8h le lendemain car nous devons récupérer au 1er village sur la RN7 nos 2 derniers bagages enfin arrivés à bon port. Nous voilà enfin rassurés, notamment pour la Malarone qu’on va pouvoir reprendre à partir de demain. A 19h, nouvel apéritif au rhum arrangé, avec Marc qui nous raconte ses problèmes de santé opéré il y a quelques mois à la Réunion, il a l’air mal en point et ne paraît pas très optimiste sur l’avenir. On espère en tout cas qu’il ira mieux et pourra mener à bien ses projets au sein du village. Ce soir, nous devions être seuls pour le repas mais finalement 2 couples de belges se sont invités et un couple de réunionnais ( déjà venu l’an passé ) arrive à l’improviste, ce qui oblige Brigitte à leur trouver de la nourriture pour le diner. Au menu ce soir : un plat d’écrevisses, délicieuses dont on se régale tous. Pendant le repas, le fils des Réunionnais, Simon, nous joue des airs d’accordéon dans une très bonne ambiance comme la veille sa mère nous raconte avec moult détails leur périple en train entre Fianarantsoa et Manakara ( plus de 20 h ), avec notamment une scène hilarante où un français, harassé, est tombé du train en marche et où des passagers ont eu le temps d’aller le rechercher et le charger dans le train sans que quiconque ne se soit rendu compte et sans que le train n’ait eu besoin de ralentir. Pour finir la soirée, Marc nous invite encore à un dernier rhum arrangé on se souviendra de ce lieu hors du temps où nous avons rencontré dans gens formidables ! Jusqu’à la fin du séjour Ben se fera d’ailleurs chambrer régulièrement car pas une journée ne se passera sans qu’il évoque Brigitte dans la conversation.
Jeudi 16 juillet : Sous le Soleil de Mada-Fianarantsoa. A 8h, comme convenu, nous faisons nos adieux à Brigitte et Marc, après cette parenthèse inoubliable de 2 nuits après une heure de piste, nous arrivons au village d’Ivato où c’est le marché hebdomadaire et où nos bagages nous attendent. C’est un guide Malagasy Tours qui a fait la route en taxi brousse depuis Antananarivo et qui repart aussitôt dans l’autre sens, une fois sa mission effectuée. Nous déambulons quelques minutes dans les allées du marché et nous dégustons des sauterelles, franchement pas terribles. Alors que nous regagnons notre minibus, nous avons la surprise de voir arriver Brigitte avec sa dégaine improbable, dans sa 4L hors d’âge qui fait aussi taxi brousse puisqu’elle a pris des malgaches et des canards. Quelques mètres plus loin, on se dit que la 4L de Brigitte n’est finalement pas si mal puisqu’une autre 4L sur le bord de la route, dont on se demande comment elle peut encore rouler, a son réservoir d’essence réduit à un simple bidon au niveau du siège du passager….encore un exemple du sens de la débrouille des malgaches. Nous reprenons notre route vers le Sud, les nuages de la veille étant encore bien présents ( le ciel ne se dégagera que peu de temps avant Fianarantsoa ) malgré cela, les paysages sont magnifiques. Alors que nous roulons depuis moins d’1 heure sur la RN7, Hery reçoit un coup de téléphone : le guide a oublié de nous rendre la clé pour ouvrir le cadenas de notre sac tant pis, on trouvera bien un moyen de défoncer notre cadenas à l’hôtel ce soir…. Quelques kilomètres avant Fianarantsoa, nous nous arrêtons de nouveau à un marché Juliette et Charlotte décident de rester dans la voiture, pas très à l’aise dans ces ambiances de marché pourtant toujours très pittoresques, où elles subissent le regard insistant de certains, voire parfois des mains un peu baladeuses. Sur la route, nous assistons régulièrement à des scènes cocasses et nous suivons pendant de longues minutes un taxi brousse avec sur son toit plusieurs canards dans un grand panier, leur propriétaire allant même, alors que le véhicule roule toujours, remettre de l’ordre dans le panier. Les 30 derniers kilomètres avant Fiana sont épouvantables et la route est tellement défoncée qu’on avance au pas, un 4x4 étant ici indispensable pour rouler à vitesse correcte. Feno conduit très prudemment mais malgré tout nous sommes pas mal secoués et c’est assez éprouvant. Manifestement, le gouvernement de la transition et celui qui a suivi n’ont pas investi beaucoup d’argent dans la rénovation des routes pourtant indispensable au développement du pays. Les malgaches paraissent d’ailleurs nostalgiques du président Ravalomanana, renversé en 2009, qui lui avait compris la nécessité d’avoir des enfants scolarisés et un réseau routier digne de ce nom. Après 4h de route, nous arrivons à Fiana et nous arrêtons dans un restaurant pour le déjeuner. Là nous sommes immédiatement sollicités par un rasta malgache qui veut nous vendre des pierres précieuses, soit-disant recommandé par le Petit Futé ( pas le dernier en tout cas..) nous lui signifions que nous ne sommes pas intéressés mais il insiste pour nous les montrer, et c’est alors le début d’une séance interminable de déballage et remballage ( puisque nous ne lui achetons rien comme prévu ), sa mini-sacoche se révélant un puit sans fond. Dans l’après-midi, nous allons visiter la haute ville, avec une certaine appréhension, Hery nous ayant prévenu qu’on risquait d’être harcelés comme à Antoetra. La guide locale s’appelle Pauline, c’est une jeune orpheline qui a été recueillie par l’association du Père Pédro aujourd’hui elle vole de ses propres ailes et se destine à une carrière d’avocat. Finalement on n’est pas trop sollicités par les enfants et c’est plutôt une bonne surprise on est juste accueillis par un « Bienvenue chez les Chtis » suivi d’un « Salut Biloute » qui nous fait hurler de rire tellement c’est décalé par rapport au contexte. La visite est agréable et l’ensemble de cette ville nous laisse une impression très agréable, contrairement à d’autres grandes villes un peu glauques. Nous finissons la journée en allant chez Pierrot Men, photographe bien connu, chez qui nous achetons des cartes postales et des photos à encadrer. Dans la rue, c’est l’effervescence car les élections communales se préparent et c’est la propagande, c’est-à-dire des rassemblements et des défilés un peu partout, des gens habillés aux couleurs du parti du candidat, à grand renfort de sonos poussées à fond et de « fidio » ( en malgache « votez ») + le nom du candidat ( Léon Cu nous a marqué à Fiana ). Jusqu’à la fin du séjour, ces scènes de liesse seront quasiment incessantes et iront crescendo. En fin d’après-midi, nous arrivons à notre hôtel, la Villa Sylvestre situé en plein centre-ville, on a l’impression de rentrer dans un bunker, tout étant hyper sécurisé. Par contre, l’intérieur est très agréable avec un style colonial de bon goût et une grande terrasse. Notre premier objectif de la fin de journée est de détruire le cadenas de notre sac, ce que nous arrivons à faire, non sans peine, avec l’aide du gérant de l’hôtel, très sympa. A l’apéritif, on s’épanche un peu sur notre guide Hery, qui nous énerve un peu par son manque de culture et sa tendance à tout prendre à la légère au briefing de la journée du lendemain avec Hery, celui-ci nous demande s’il y a des choses à améliorer dans le voyage. Hasard ou nous a t-il entendu quand on discutait à l’apéritif sur la terrasse ? Toujours est-il qu’on lui dit que tout va bien, l’organisation du circuit nous convenant et les carences qu’on lui trouve n’étant de toute façon pas améliorables. Au repas du soir, au restaurant de l’hôtel, nous sommes les seuls clients. Ce soir c’est Pierre qui en prend pour son grade puisque le gérant de l’hôtel lui trouve une ressemblance frappante avec Albert de Monaco. Ce n’est pas la première fois qu’on trouve cette ressemblance et c’est vrai qu’en y regardant de plus près…. En tout cas, entre Assoun et Albert, Pierre et moi sommes habillés pour le voyage. Le repas est correct sans plus il manque une part de poulet, l’hôtel ayant cru qu’un de nous était végétarien. C’est Anny qui se dévoue pour prendre du poisson et en l’occurrence c’est un vrai sacrifice dans le cas présent. Quand on demande de quel poisson il s’agit, la serveuse, très gentille au demeurant, nous dit « du thon ». On voit tout de suite qu’il ne s’agit pas de thon mais d’un filet de poisson blanc, dur comme une semelle jamais nous n’avons vu un poisson aussi dur. Chacun se dévoue pour en manger un peu mais c’est pire que les yeux de barracuda dans Koh Lanta et on finit tous par cacher un morceau sous nos os de poulet.
Vendredi 17 juillet : Fiana-Tsaranoro. Nous partons vers 8h00 ce matin, ayant des timbres à acheter et de l’argent à tirer à la banque. Par ailleurs, nous avons convenu avec Hery la veille d’aller à l’orphelinat du Père Pedro pour faire des dons de vêtements que nous avons ramenés de France ( et récupérés la veille dans nos bagages retardés ) il ne connaît pas le chemin mais nous avons repéré le bâtiment la veille depuis la ville haute. Malheureusement, impossible de trouver l’orphelinat, le comble étant que manifestement personne dans le quartier où on cherche ne le connaît alors que le bâtiment vu la veille est immense. On est un peu furax de cet échec, d’autant qu’on a de gros doutes sur la volonté d’Hery de trouver vraiment cet orphelinat. Nous repartons rapidement en direction d’Ambalavao, dans des paysages grandioses. Nous nous arrêtons en chemin chez des petits artisans qui fabriquent des objets avec de la fibre de sisal. Arrivés à Ambalavao, nous visitons une fabrique de vers à soie ( intéressante ) et la fabrique de papier antaimoro, très recommandée dans les guides, mais que nous trouvons trop touristique et les articles vendus sont la plupart très laids à notre goût. Il est déjà l’heure du déjeuner ( le temps passe vite ! ) et nous nous arrêtons dans un restaurant où nous rencontrons encore les personnes déjà vues lors d’arrêts précédents pour le repas de midi. Manifestement très peu de restaurants conviennent aux vazahas qui se retrouvent tous au même endroit, ce qui permet aussi aux guides de se retrouver. Après avoir passé commande du repas, et en attendant d’être servis, nous allons faire un tour au marché du village, haut en couleur comme d’habitude, et nous en profitons pour acheter un stock de stylos pour distribuer aux enfants lors de notre périple. En début d’après-midi, nous quittons Ambalavao et arrivons quelques minutes plus tard à la réserve villageoise d’Anja où nous devrions voir nos premiers lémuriens tant attendus. Notre guide, Jean Baptiste est accompagné par un rabatteur qui va chercher les lémuriens ( encore qu’ici ça ne se justifie pas vraiment, le territoire étant restreint ). Nous découvrons enfin les lémuriens ( Lemur Catta dans cette réserve ), en nombre et facilement accessibles car très habitués aux humains on ne se lasse pas de les observer ( quelle agilité ! ) et de les photographier sous toutes les coutures. On a également l’occasion de voir un crocodile en pleine sieste sur un rocher au milieu de l’étang, et des caméléons d’un magnifique vert fluo. La balade, très agréable, se poursuit jusqu’au sommet d’une colline, la fin de l’escalade se faisant à l’aide de cordes. D’en haut la vue est splendide. Charlotte, déjà en petite forme depuis ce matin, paraît avoir de la fièvre et n’est vraiment pas fringante mais elle suit courageusement le mouvement. Nous redescendons dans la vallée en empruntant un autre chemin qui nous permet de voir des tombeaux et de circuler dans des grottes ayant servi il y a bien longtemps de refuges aux guerriers Betsileo ( la tribu de la région ) en guerre contre les Bara.

Vers 16h, nous entamons la dernière partie de notre journée, qui doit nous conduire à la vallée du Tsaranoro, plus précisément au Camp Catta. Les 20 derniers kilomètres, de la piste défoncée, sont terribles et pas du tout adaptés à notre véhicule et il nous faut 2 heures pour parvenir à destination. La piste est superbe, surtout en cette fin de journée où le soleil couchant donne à la montagne et au ciel des teintes oranges-rouges. Notre arrivée au Camp Catta se fait de nuit et nous prenons possession de nos bungalows, un familial supérieur pour nous et un standard pour Ben et Pierre qui ont bien du mal à ouvrir leurs bagages tellement la pièce est microscopique. Comme nous le craignions, Charlotte à 39.4°C de fièvre et à peine arrivée au bungalow elle est prise d’une diarrhée soudaine sans avoir eu le temps d’arriver aux toilettes autant dire qu’elle passe à la case douche immédiatement après quoi on lui fait avaler un petit cocktail doliprane-tyorfan et 2 comprimés d’ofloxacine qui devraient la requinquer. Au cours du repas du soir, Jean Paul, le guide du camp vient nous voir pour le programme du lendemain compte tenu de l’état de Charlotte, nous préférons renoncer à la balade du Caméléon, qui dure 6 h et est assez escarpée, et plutôt faire une balade dans la forêt, jusqu’à la piscine puis au village, ce qui devrait être plus en accord avec ses capacités du moment. Charlotte étant fatiguée, je la reconduis au bungalow avant la fin du repas. Je remarque alors un feu assez important que j’identifie comme un feu de camp important le temps que nous finissions notre repas, la situation a évolué puisqu’il n’y a plus de doute désormais : il s’agit d’un incendie de forêt. Nous retrouvons Charlotte qui panique car elle a été alertée par les cris et le crépitement du feu. Pierre, Juliette et moi montons en haut du camp pour évaluer la situation : personne ne panique mais il y a 4 départs de feu ( l’incendie est criminel ) et la situation est suffisamment sérieuse pour qu’on envisage de sortir nos bagages. Sur le retour on croise la directrice du camp, manifestement hyper stressée, qui dit « c’est la merde, c’est la merde ». Juste après, un couple nous dit qu’il est préférable de sortir les bagages et les porter jusqu’au parking. Dans le même temps, on croise Ben, Anny et Charlotte qui sortent les valises n’ayant rien perdu de ma lucidité, je prends le temps d’emporter la bouteille de whisky qu’ils ont négligé de prendre et nous allons au parking où nous attend Feno. Il y a là également un autre guide qui d’emblée nous agace, à dire que c’est une tradition de faire du feu de broussaille à Madagascar et qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, et que de toute façon si la situation devenait critique on quitterait le camp en caravane en n’abandonnant personne. Petit à petit tous les résidents du camp arrivent il y a notamment un groupe de jeunes suisses qui font de l’escalade dans le massif depuis une semaine, une espagnole et sa fille qui ont perdu leur guide ( qu’elle retrouveront dans la soirée ), quelques couples, notamment 2 couples de français hyper antipathiques qui, pris de panique quittent immédiatement le camp avec leur guide pour partir je ne sais où. La situation semble se stabiliser, le vent étant quasiment absent, et même si d’où on est on ne peut avoir une vision précise de l’évolution du feu. Le fameux guide, si calme il y a 1 h, commence à s’impatienter et klaxonne à tout va, probablement pour rameuter les autres guides, plus courageux que lui, qui sont en train d’aider les gens de l’hôtel et du village qui se battent contre l’incendie avec de malheureux seaux d’eau. Après 1h30 environ sur le parking, Hery arrive en nous disant que le feu s’éloigne, confirmant notre impression à distance. Soudain, dans la même minute, le guide klaxonneur nous dit : « on part en caravane, on va à Ambalavao où on va chercher un hôtel sur place qui a un véhicule ? Ceux qui ont un véhicule vont à tel endroit et les autres vont à un autre endroit ». Voyant que ça ne va pas assez vite à son goût, il se met à trépigner sur place en disant « de la discipline, il faut de la discipline !!!! » Les autres guides, dont Hery qui nous a pourtant dit 2 mn avant que la situation était sous contrôle, ne pipent pas mot. Notre analyse ( en quelque secondes ) est la suivante : on voit un feu qui s’éloigne, il existe d’autres hébergements dans la vallée, et aller à Ambalavao avec notre véhicule est de l’inconscience, sachant qu’on a déjà mis 2 h de jour à effectuer les 20 kms de piste, qu’en plus on va devoir transporter 3 personnes supplémentaires qui sont d’ailleurs déjà installées dans notre minibus. D’autant qu’Ambalavao n’est pas sur notre route puisqu’on en vient et que de toute façon, si on y arrive, ce sera en milieu de la nuit, donc pour le sommeil, perdu pour perdu, autant rester dans les environs. Ce qui devait arriver arrive : Anny pète un plomb et je lui emboîte aussitôt le pas : « Il est hors de question de partir à Ambalavao, on préfère dormir dans la voiture ou dans un des autres hébergements de la vallée…. » On se fait aussitôt rabrouer par les clients du guide meneur qui nous traitent d’inconscients tout en mentionnant que les locaux connaissent mieux ce genre de situation que nous. Malgré tout, notre intervention a fait son petit effet puisque Hery nous annonce qu’ils vont faire un conseil entre guides pour reconsidérer la situation…Juliette et Charlotte sont elles « vénères » car leurs 2 parents leur ont mis la honte de leur vie…Hery revient quelques minutes plus tard en disant qu’on va aller au Tsara Camp un peu plus loin et qu’un fois sur place on négociera le logement pour la nuit. Heureusement, l’intervention de la directrice de l’hôtel décoince la situation : elle nous assure que le feu est sous contrôle, qu’il existe une barrière coupe-feu autour de l’hôtel qui a joué son rôle, et que de toute façon tout le personnel du camp va veiller toute la nuit et préviendra en cas de soucis. Nous voilà donc rassurés et c’est aussi un discours qui est plus en rapport avec ce qu’on observe. Il est 23h30 et nous allons pouvoir retourner nous coucher. Dans l’euphorie, Ben fait la bise à tout le monde, même à Hery qui reste un peu interloqué. Par contre, nous préférons laisser les bagages qui ont été chargés sur le toit par Feno on les récupèrera demain ( on apprendra le lendemain que Hery et Feno sont restés dormir dans le véhicule pour garder les bagages ). Dernière difficulté avant d’aller nous coucher : convaincre Charlotte de quitter le minibus et de retourner se coucher rien n’y fait, Anny et moi essayons tous les arguments mais elle est braquée. Heureusement, Pierre, le sauveur, qui n’a pas fait d’esclandre lui, arrive à lui faire entendre raison et la convainc de venir dormir dans leur bungalow, tout proche du parking. Elle aura un mal fou à s’endormir et ce n’est qu’en milieu de nuit que le sommeil aura raison d’elle. Chez nous, Juliette a descendu son matelas au rez de chaussée ( leur chambre est en mezzanine ) pour être rassurée. Personnellement, ces émotions ne m’empêchent pas d’être zen puisque je m’endors dans les 5mn j’ai juste été réveillé en pleine nuit par Anny, inquiète du bruit du feu et ayant l’impression qu’il se rapprochait. Dans un état second, je me suis levé, ai regardé de la salle de bain, et ai grommelé « c’est bon » en regagnant mon lit avant de retrouver immédiatement le sommeil. Quelle soirée en tout cas ! On se demande bien ce qui peut bien nous arriver encore après ces événements de ces derniers jours et le Camp Catta porte bien son nom…
Samedi 18 juillet – balade dans la vallée du Tsaranoro. Ce matin au réveil, tout le monde n’est pas en pleine forme faute de sommeil, mais vu ce qu’on a évité de peu (la caravane ), on fait tous bonne figure, d’autant que l’incendie s’est fortement calmé, de même que les intestins de Charlotte, qui est en bien meilleure forme ce matin, sa fièvre ayant disparu. Nous sommes accueillis à la sortie du bungalow par des lémuriens catta qui, comme à Anja, sont habitués à l’homme et peuvent être approchés assez facilement. Au petit déjeuner, nous avons la surprise de voir les 2 couples antipathiques partis en catastrophe hier au début de l’incendie finalement eux aussi sont semble t-il revenus à la raison…. On arrive un peu en retard pour le début de la balade, 8h30 au lieu de 8h00, mais nous avons des circonstances atténuantes Jean Paul n’est pas franchement fringant ce matin, c’est le moins qu’on puisse dire, ayant dû veiller une bonne partie de la nuit. Par ailleurs, il est dépité par l’inconscience des pyromanes qui ont détruit une partie de la forêt, avec les risques pour les animaux qui y vivent. Nous entamons notre marche dans la forêt puis continuons à cheminer le long des sentiers jusqu’à une piscine naturelle qui ne nous donne pas envie de nous baigner ; les animaux ( lémuriens, caméléons, criquets ) sont de la partie et la promenade agréable et sans difficultés. Arrivés à bonne distance de notre hôtel, nous nous arrêtons pour prendre un rafraîchissement dans un autre camp de la vallée de là nous voyons que l’incendie est en train de remonter au sommet de la falaise, le risque étant que les flammes retombent dans la vallée et enflamment une autre partie de la forêt. Lors de cette pause, Hery nous apprend que le fameux guide d’hier soir avait un peu forcé sur la bouteille, ce qui explique son attitude incohérente, et ce qui rend encore plus incompréhensible le mutisme des autres guides….ça nous conforte aussi un peu plus dans notre réaction.

Poursuivant notre parcours, nous parvenons à un petit village voisin où nous regardons travailler le forgeron, puis nous nous rendons au dispensaire où nous espérons cette fois pouvoir laisser nos habits. Malheureusement, le dispensaire est fermé le samedi après-midi mais par chance l’instituteur du village est en train de travailler sur l’ordinateur et il nous fait visiter le dispensaire. Après avoir discuté un peu avec lui, nous lui proposons de revenir un peu plus tard pour déposer nos vêtements, le camp étant distant d’une vingtaine de minutes. Nous laissons les filles au bord de la piscine du Camp Catta et revenons rapidement au dispensaire où l’instituteur nous reçoit et nous remercie pour les 2 sacs d’habits laissés alors que nous repartons, nous rencontrons l’infirmière avec qui nous discutons un moment. Elle tient le dispensaire avec une sage-femme les 2 sont payées par l’intermédiaire de l’association St Jérôme, une association basée à Marseille. Les moyens dont elles disposent sont assez limités mais il est difficile de recueillir suffisamment de dons et les dons ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Après cette belle rencontre, nous revenons au camp et certains vont à la piscine ( où nous rencontrons ceux qui nous ont rabroués hier soir, qui nous font là un grand sourire..), pendant que les autres vont photographier les lémuriens avant l’apéritif ( le nôtre, pas celui des lémuriens ). La nuit étant revenue, le feu est beaucoup plus impressionnant, d’autant qu’il est retombé de la falaise par ailleurs, un autre feu a démarré en face sans qu’on arrive à savoir si c’est un simple feu de broussaille. Du coup, Charlotte est hyper stressée et ne tient pas en place, passant sans cesse de la chambre à la salle de bain pour regarder à la fenêtre. Au fur et à mesure, les flammes commençant à s’atténuer, elle finit par se calmer et revenir à la raison. Le repas de ce soir ne restera pas dans les mémoires ( c’est l’hôtel où on a le moins bien mangé jusqu’à présent ), en particulier les crêpes flambées pour ceux qui ont eu le malheur d’en commander, qui baignent dans un jus immonde. Ce soir, le manque de sommeil de la veille se fait sentir et même Ben se couche à 21h30, fatigué par son séjour au Camp Catta.
Dimanche 19 juillet : Tsaranoro – Isalo. Nous quittons ce matin le camp à 8h, la route jusqu’à Ranohira étant longue et pénible ( sur les 2 premières heures jusqu’à la RN7). Sur la piste nous croisons beaucoup d’éleveurs de zébus qui promènent leur troupeau c’est dimanche et beaucoup de villageois se sont mis sur leur 31 pour se rendre à la messe. On est désormais dans le pays Bara et le paysage se fait de plus en plus aride et plat, ce qui tranche complètement avec les paysages des hautes terres rencontrés jusqu’alors. Sur la RN7, nous nous arrêtons dans un village où la messe est malheureusement finie mais nous demandons à visiter l’église ainsi que l’école où nous rencontrons l’apprenti pasteur ainsi que le pasteur ( on sent bien chez ce dernier sa position dominante par rapport à l’apprenti qui est muet quand le pasteur est là ). Anny fait cadeau à une petite fille, Véronique, d’un bracelet, la voyant le regarder avec insistance autour de son bras. Arrivés à Ihosy, et après avoir fait le plein d’essence, nous nous mettons en quête d’un hotely, c’est-à-dire d’un restaurant « local », pour le repas de midi. On veut tenter l’expérience mais pas facile d’en trouver un le dimanche midi. Après 2 aller-retour dans la rue principale, on jette notre dévolu sur « Tina » (c’est le nom de l’hotely ). La première impression donne le ton : des déjections de poulet sur les tables à l’extérieur, des toilettes sordides au fond du jardin on veut du local, on va en avoir….Le repas est aussi dans le ton : j’essaie un poulet gingembre et les autres un poulet grillé avec du riz blanc. Le poulet n’a que la peau et les os ( ils appellent ça du poulet bicyclette, ce qui est assez parlant ) la seule chose qui donne envie ce sont les carottes rapées. Seuls Ben et Charlotte ( moi je n’en ai pas ) refusent de les manger, craignant pour leurs intestins. Pour ce frugal repas, il nous en coûte 35 000 ariarys ( avec une grande THB et une bouteille d’eau ), soit un peu plus de 10 euros. On ne peut pas parler de bon rapport qualité prix dans le cas présent ( on ne sait pas très bien comment classer ce repas sur l’échelle de la qualité… ) mais en tout cas on ne s’est pas ruinés. La route d’Ihosy jusqu’à Ranohira est plutôt monotone nous arrivons après une longue montée sur l’Horombe, un immense plateau qui permet de voir à perte de vue à des dizaines de kilomètres à la ronde. C’est finalement assez tôt, vers 15h30, que nous arrivons à notre h��tel, « le Jardin du Roy », un établissement de grande classe situé dans un cadre magnifique par contre, très étonnant compte tenu du standing et de l’affluence touristique de l’Isalo, l’hôtel est quasiment désert ( et ce n’est pas le premier ), ce qui confirme vraiment les propos tenus par Hery concernant les nombreuses annulations de séjours ( a priori plus de 50% ) suite à la grève d’Air Madagascar ( ou plutôt Air Maty comme l’appelle Hery, c’est-à-dire Air Mort, ce qui en dit long sur l’espérance de vie de la Compagnie). Pendant que les filles restent à la piscine, nous partons explorer les environs de l’hôtel qui sont très étonnants parce qu’on ne s’attend pas à trouver une végétation aussi luxuriante ( pandanus, palmiers…) dans un endroit a priori sec et minéral. Nous nous promenons jusqu’au coucher du soleil, à l’heure où la roche prend une teinte rouge superbe. Le restaurant est à la hauteur du standing de l’hôtel et ça fait du bien de manger de la bonne nourriture après l’hotely de ce midi. Ce soir, Ben va enfin assouvir son fantasme : goûter à un vin malgache. Pourtant, les avis récoltés jusqu’à présent sont unanimes : c’est une picrate infecte, Marc du Soleil de Mada ayant été jusqu’à nous dire que le pire vinaigre est meilleur que le meilleur vin malgache. Personne n’est trop chaud, mais Ben voulant absolument tester cette expérience ultime, nous commandons une petite bouteille d’un rouge malgache en plus de notre habituelle bouteille de vin sud africain. Ben étant désigné d’office pour le goûter, le résultat ne se fait pas attendre : c’est aussi imbuvable que prévu, et même en faisant de gros efforts nous ne parvenons pas à finir la bouteille loin s’en faut. A la fin du repas, nous nous laissons tenter par une citronnelle ainsi que par des rhums arrangés offerts par la maison et que nous dégustons au bar. Ils souffrent un peu de la comparaison avec ceux de « Sous le Soleil de Mada » ( encore une bonne raison pour parler de Brigitte, n’est ce pas Ben ?). Nous finissons la soirée sur la terrasse de la chambre, à observer les chauve souris qui logent dans un arbre à proximité.
Lundi 20 juillet : canyon des makis et canyon des rats dans l’Isalo. A 8h, après un petit déjeuner hyper copieux, nous partons pour Ranohira où nous rejoignent notre guide local Alphonse et Olga, une jeune malgache qui a préparé nos repas et doit nous rejoindre sur le lieu du pique-nique pendant la marche. Alphonse a un rire impayable et comme il rit pour un rien ( en nous parlant du supermarché fou fou fou à l’entrée de Ranohira, ou quand on le compare au receveur dans les taxis brousse par exemple ), son rire finit par être communicatif et Charlotte ne résiste pas à la tentation de l’enregistrer sur son IPod. L’accès au canyon des makis et au canyon des rats n’est une fois de plus pas une mince affaire avec notre véhicule, et il nous faut 1h15 pour effectuer la piste de 17 kms jusqu’au départ de la randonnée du jour. Arrivés au vieux village de Ranohira, alors qu’on pense être seuls ( on ne verra d’ailleurs pas un touriste de la journée dans ce lieu soit disant touristique ), une nouvelle meute d’enfants arrive en essayant de nous vendre des petits objets en terre, représentant des zébus, crocodiles ou caméléons. Franchement, c’est assez laid et il y a des limites à acheter à tout le monde d’autant que si on fait plaisir à l’un d’eux, on va décevoir les autres. On se contente donc de distribuer des bonbons, et pour éviter l’anarchie, on met tout le monde en rang et chacun son tour pour la distribution.

Nous commençons la balade pour le canyon des makis nous rencontrons un couple qui fabrique du rhum local, nous traversons un ruisseau en passant sur un tronc d’arbre, ce qui donne lieu à des émotions à ceux qui ont un équilibre précaire. Petit à petit les enfants nous abandonnent et nous finissons par nous retrouver tranquilles. Dans la forêt à l’entrée du canyon des makis, nous apercevons très furtivement 2 variétés de lémuriens, des roux et des cattas. Puis nous nous engageons dans le canyon que nous parcourons pendant un bon moment, tout en passant sur des roches faciles à escalader. Ayant terminé d’explorer ce canyon, nous nous dirigeons vers le départ du canyon des rats. C’est en chemin, au bord d’un cours d’eau et dans un cadre verdoyant que nous attend Olga qui a dressé la nappe pour le pique-nique. Au menu : salade de pâtes, boulettes de zébu et salade de fruits. On se régale après cette matinée de marche qui a creusé les estomacs. Les enfants sont de retour comme par magie avec leurs objets à vendre l’une d’entre eux a un sacré caractère et donne du fil à retordre à Ben. « On verra tout à l’heure » lui dit-il. Pendant ce temps, alors qu’elle est en train de satisfaire un besoin naturel avec Anny, Charlotte se fait piquer à plusieurs reprises à l’arrière du genou, à travers sa genouillère. C’est très douloureux et déjà que la marche était laborieuse avec sa douleur au genou, ça devient quasi impossible. Elle finit d’ailleurs par renoncer au début du canyon des rats Anny décide de rester avec elle pour l’accompagner elle-même aurait probablement eu des difficultés à certains endroits assez escarpés du canyon. La hauteur des parois est ici plus impressionnante que dans le précédent. Là encore nous marchons jusqu’au bout du canyon où une piscine donne lieu à une bataille d’eau entre Juliette et Ben. Sur le chemin du retour nous observons sur la paroi des falaises des tombeaux provisoires et définitifs Alphonse nous explique qu’il n’y a ici qu’une seule cérémonie de retournement des morts et que c’est lors de cette fête que les corps sont amenés du tombeau provisoire au tombeau définitif, situé encore plus haut sur la falaise, et alors que les personnes qui les transportent sont souvent très éméchés par les festivités en cours. A cette occasion nous remarquons une chose : alors qu’on est persuadés depuis le début du séjour qu’il ne faut pas montrer du doigt ( notamment des tombeaux ) avec le doigt tendu mais plié, on remarque que ceci ne s’applique qu’à nous car les malgaches n’ont pas l’air d’y prêter attention autant dire qu’à partir de ce jour on ne s’astreint plus à cette précaution… Sur le chemin du retour, Charlotte a enfin accepté d’enlever sa genouillère, ce qui soulage la douleur au niveau des piqûres de guêpes. Arrivés à proximité du village, nous apercevons au loin la bande d’enfants, sagement assis à proximité d’une petite butte sur laquelle ils ont soigneusement alignés leurs objets en terre pour les mettre en valeur. Malgré cela, nous ne nous décidons pas à acheter quoi que ce soit. Alors que nous passons à nouveau sur le tronc d’arbre pour traverser le cours d’eau déjà emprunté à l’aller, Alphonse attire notre attention sur une masse de l’autre côté du cours d’eau : un énorme caméléon de plus de 50 cm que nous n’avions même pas aperçu nous le prenons en photo pendant quelques minutes, après quoi nous regagnons le minibus distant de quelques dizaines de mètres. Une nouvelle distribution de bonbons et nous voilà repartis sur la piste de 17 kms. A Ranohira, après un petit arrêt photo pour immortaliser le supermarché « fou fou fou », nous prenons congé d’Alphonse et nous lui donnons rendez-vous pour le lendemain où est prévue la balade à la piscine naturelle. Au restaurant de l’hôtel, le pavé de zébu restera dans les mémoires. Après le repas, comme la veille, nous buvons une citronnelle puis un rhum arrangé au bar. Ils passent une musique malgache sympa et rythmée, du groupe Jaojoby. Ben, qui a pour habitude de toujours ramener un CD des pays qu’il visite , va se mettre en quête d’un album de ce groupe.
Mardi 21 juillet : Isalo-Tulear. La veille au soir, j’ai eu le malheur de dire que les craintes qu’on avait sur les troubles digestifs à Mada étaient exagérées…Ce matin la moitié du groupe est sur le flanc : Juliette a été prise de diarrhées une bonne partie de la nuit, Pierre est malade au réveil ( diarrhées et vomissements ) et Anny a des douleurs gastro intestinales qui ne présagent rien de bon. Le cocktail tyorfan-ofloxacine s’impose. Après réflexion, on se dit que ce sont les crudités de l’hotely qui sont certainement responsables de cette gastro. Le petit déjeuner est prévu à 7h mais le moral des troupes est un peu morose, ce qui n’empêche pas Ben de cracher son thé à la figure de Charlotte, pris d’un fou rire en repensant à Johny Gasy et son « et j’ai crié, crié é… » A 7h30, nous partons pour Ranohira où nous retrouvons Alphonse qui n’a pas perdu sa bonne humeur. Avant de partir pour la balade, nous allons passer commande au restaurant de ce midi, « le Zébu grillé », pour éviter d’avoir à attendre, notre route vers Tulear étant longue. Autant dire que dans le contexte, c’est sans enthousiasme que se fait cette commande, Pierre et Juliette préférant commander du riz blanc. La balade vers la piscine naturelle est agréable, facile mais un peu fréquentée à notre goût ( c’est la première fois qu’on rencontre des touristes depuis le début des vacances lors de nos marches ). Nous avons l’occasion de voir un petit scorpion sur le chemin. Arrivés à la piscine naturelle, malheureusement prise d’assaut, Charlotte se baigne alors que je n’ai le courage de me mouiller que jusqu’à la taille. Malgré l’état de délabrement des troupes, tout le monde aura fait l’ensemble de la balade sans encombre, ce qui était loin d’être gagné d’avance ce matin au réveil. A 12h, nous voilà de retour au « Zébu grillé » où nous aurions pu nous abstenir de passer commande, étant les seuls clients. L’ambiance est un peu mortelle et nous expédions nos plats, pressés de quitter ce restaurant sans âme. Nous nous dirigeons ensuite vers Tulear par une route très monotone et les candidats à la sieste sont nombreux. Les 2 seuls lieux qui retiennent notre attention sont la traversée de la ville d’Ilakaka (ancien petit village tranquille devenu une ville grouillante et un peu malsaine suite à la découverte de gisements de saphir, des milliers de personne ayant tout quitté pour y faire fortune) et celle de la plaine des baobabs nous nous arrêtons quelques minutes pour photographier 2 beaux spécimens au bord de la route et nous en profitons pour donner 2 tee shirts à 2 jeunes qui passaient par là. Dans cette partie du pays se dressent le long des routes des tombeaux mahafaly érigés ça et là, parfois gigantesques, certains étant même plus beaux et richement décorés que les maisons habituelles de vivants des cornes de zébus ornent ces tombes, leur nombre étant proportionnel au nombre de bêtes tuées en l’honneur du défunt. Nous arrivons à Tuléar en fin d’après-midi et avons juste le temps de visiter le marché local comme nous l’avons constaté en traversant des villages, la misère paraît ici encore plus importante qu’ailleurs et nous sommes harcelés par des mendiants et des handicapés qui font la manche. C’est une ville grouillante où circulent par centaines pousse pousse et cyclo pousse. Lors de notre visite du marché, Charlotte tape dans l’œil d’un jeune malgache qui fait un signe à Pierre qui ne laisse pas d’ambiguité sur ses intentions. Elle décline l’offre…. Nous arrivons à la nuit tombée à notre hôtel « Villa Moringa », superbe établissement ( nous avons une suite familiale ). Avant le dîner, nous retrouvons Hery et Feno pour le briefing du lendemain eux ont eu les plus grandes difficultés à trouver un hôtel, la propagande battant son plein, avec notamment sur Tulear le Général, ancien premier ministre de la transition, qui se présente. Le repas du soir, excellent par ailleurs, se déroule dans une ambiance bizarre, étant seuls dans une grande pièce qui sonne un peu creux, avec des employés plus nombreux que nous. Une fois de plus on se demande où sont les touristes. Après le rhum arrangé offert par la maison, Anny dont les douleurs gastro-intestinales s’amplifient, et Pierre épuisé par sa gastro, vont se coucher. Charlotte, Juliette et moi allons faire un billard pendant que Ben envoie des mails pour donner de ses nouvelles, et la soirée se termine sur la terrasse autour d’un petit digestif.
Mercredi 22 juillet : Tulear-Anakao. Ce matin, c’est à mon tour d’être fébrile et dérangé au niveau gastro intestinal j’aurais peut-être dû éviter les cacahuètes d’hier soir servis à table… Nous avons tous été réveillés aux aurores par la trompette militaire nous sommes juste en face d’une caserne, ce qui nous donne l’occasion d’assister de notre terrasse à un spectacle gratuit qui vaut tous les films comiques et qui déclenche chez nous l’hilarité générale : les militaires se livrent à divers exercices avec leur arme, tout cela entrecoupé par des moments de franche rigolade en parallèle, l’un d’entre eux, dont on se demande s’il a été puni, avance puis recule à 4 pattes en faisant le canard tout en étant suivi par un instructeur. La scène la plus cocasse est l’arrivée d’un groupe en tenue de footing, certains d’entre eux avec un casque immense sur la tête rappelant celui de De Funès dans « la Grande Vadrouille ». Elle est belle l’armée malgache ! Hery nous apprend qu’il s’agit d’exercices pour une passation de pouvoir qui va avoir lieu dans la matinée. Aujourd’hui, c’est le départ pour Anakao où nous devons faire une parenthèse balnéaire de 4 jours. Nous allons donc nous ravitailler a minima avant de partir en allant chercher du pain, des bananes (comme d’habitude la vendeuse n’a pas de monnaie à nous rendre ) et de l’eau ( chez des indiens aimables comme une porte de prison ). Nous nous dirigeons ensuite vers l’embarcadère où le rendez-vous avec l’Anakao express est prévu à 9h30 à 9h45, le bateau arrive, déjà bien chargé, aucune brassière n’étant plus disponible pour nous. Il y a là des personnes de plusieurs nationalités, un travesti italien, des français de Guyane qui viennent faire du kite surf et qui, voyant le tee shirt de Ben acheté à Jericoacoara, nous demandent si on connaît Jeri, eux même étant des habitués. La mer est calme et la traversée jusqu’à Anakao, longue d’une heure, se passe sans encombre c’est la saison des baleines mais nous n’aurons pas la chance d’en voir. Le bateau dépose les touristes les uns après les autres devant leur hôtel ( chez Solange, Andrea…..) notre hôtel, l’Anakao Ocean Lodge est situé de l’autre côté de la baie et nous sommes les derniers à arriver à bon port. A notre arrivée, ce sont 20 personnes qui se tiennent au garde à vous sur la plage pour nous accueillir on n’en demandait pas tant ! Après les diverses explications sur le fonctionnement de l’hôtel, nous prenons possession de nos bungalows ( 1 pour Charlotte et Juliette, un pour Pierre et Ben, un pour Anny et moi ), superbes et joliment décorés. Nous repérons notamment des sculptures accrochées au mur, qu’on verrait bien chez nous… Assez rapidement, nous allons à la plage devant l’hôtel, impatients de nous baigner dans l’Océan Indien l’eau est plutôt fraîche ( pas plus de 22-23°C d’après nos estimations ) mais le bain très agréable. Ce midi, nous ne mangeons pas au restaurant mais pique niquons sur la plage pour faire honneur à la boîte de pâté Hénaff que Ben a emporté dans ses bagages un délice ! Après cela, me sentant un peu fébrile, je reste avachi sur ma serviette, ne tardant pas à m’endormir et même à ronfler selon certains, ce dont je doute.. Ben et Pierre partent courir sur la plage et reviennent après 30 mn, des ampoules sous les pieds et dégoulinants de transpiration. De mon côté, je finis par prendre mon courage à 2 mains et je pars faire une petite marche avec Anny, constatant qu’à proximité de l’hôtel on n’est pas très sollicités par les enfants. En fin d’après-midi, la fraîcheur arrivant rapidement, nous avons réservé un massage pour Juliette et Charlotte après une heure, elles en reviennent enchantées. De notre côté nous allons voir les objets d’art ( statues pour la plupart ) en vente à l’accueil certaines statues sont vraiment superbes ( elles sont fabriquées par un artiste malgache qui a son atelier à Antananarivo ) mais, n’arrivant pas à choisir ( il paraît que ma statue ressemble à un phallus géant !) nous remettons notre achat au lendemain. Il est 19h30, l’heure du repas du soir. Notre serveur arrive pour nous présenter le menu de ce soir faisant penser à un boxeur sur un ring, sautillant d’un pied sur l’autre, il commence sa présentation : « alors en entrée on a……, alors l’entrée c’est….. » Gros trou noir, il a oublié son texte, ça commence bien. Du coup, il commence par le plat et avec notre aide ( nous avions lu le menu à l’entrée ) il finit par s’en sortir. Le repas est lui excellent ( comme tous les plats dégustés pendant notre séjour à Anakao ), avec une cuisine de la mer, fine et pas trop copieuse. A la sortie, la cuisine étant ouverte sur la salle, nous passons féliciter les cuisiniers.
Jeudi 23 juillet : Anakao – Nosy Ve. Nous avons réservé la veille une excursion à la demi-journée vars Nosy Ve, île la plus connue des environs. A 8h30, nous partons en pirogue à voile en compagnie de nos « skippers », Bongo et Théo, qui ne parlent pas 2 mots de français. Ce matin, c’est pétole sur le plan d’eau et il nous faut 1 h pour atteindre péniblement Nosy Ve.

Bongo nous fait faire le tour de l’île qui est une réserve et un des rares lieux de nidification du paille en queue à queue rouge, magnifique oiseau. Le temps passe très vite et il est déjà 11h quand nous arrivons à notre point de départ c’est l’heure de la baignade tant attendue dans une eau turquoise. Pour le snorkeling, par contre, c’est quasiment le néant, d’autant que le courant puissant nous empêche de progresser comme on le souhaiterait. Après un peu plus d’1 heure à profiter de l’eau et de la plage, nous prenons le chemin du retour, avec un vent toujours aussi peu soutenu. Bongo, jusqu’alors plus que discret, commence à se lâcher un peu et se met à chanter et à pousser des cris bestiaux. Je ne sais pas pourquoi, mais le nom de Bongo nous rappelle soudain le Banga, une boisson de triste mémoire de notre jeunesse, et surtout la pub de l’époque « dans Bongo ya des fruits, juste c qu’il faut, dans Bongo ya de l’eau oui mais pas trop ya des fruiits, ya de l’eau o, c’est Bongo o ». C’est débile mais il en faut peu pour nous amuser. Arrivés vers 13h15, nous passons immédiatement à table pour un plat de poisson délicieux comme d’habitude. Walter, le directeur italien de l’hôtel est aux petits soins, très prévenant et c’est vraiment agréable de se sentir bichonnés. L’après-midi est consacrée à la plage que c’est agréable de ne rien faire parfois et de se prélasser. Seul Ben a encore le courage d’aller courir. Pour l’apéritif de ce soir, ayant du rhum mais pas de jus, nous allons commander au bar des jus d’ananas pour se faire un petit punch : délicieux et ça va devenir une habitude les soirs suivants. Pour le repas du soir, nouveau serveur et nouveau trou de mémoire au moment de nous présenter le menu, en l’occurrence un tartare de carangue et un filet de capitaine.
Vendredi 24 juillet : Anakao. Ce matin, Anny se lève énervée : apparemment j’ai ronflé comme jamais cette nuit, impossible à arrêter, d’où un sommeil écourté pour elle je n’ai pourtant pas fait plus d’abus que d’habitude hier soir, mais je fais profil bas en ce début de matinée… Pour se changer les idées, nous nous décidons à aller acheter nos statues, le groupe d’anglais arrivés hier ayant commencé à dévaliser le magasin. J’ai fait une croix sur « mon phallus » ( à force d’en parler on ne voit effectivement plus que ça ) et nous nous rabattons donc sur une autre sculpture avec 2 têtes, très sympa également. La matinée à la plage se déroule tranquillement, avec une sortie en pirogue pour Charlotte et moi, et un nouveau footing de 50 mn pour Ben, décidément acharné. Le midi, nous rencontrons les français de Guyane aperçus lors de notre transfert en bateau le vent n’est pas favorable au kite depuis l’arrivée mais ils espèrent une amélioration dans les prochains jours nous nous donnons rende-vous pour le lendemain sur Nosy Satrana où nous avons l’intention de passer la journée. Un peu avant 16h, nous avons décidé d’aller nous promener jusqu’au village d’Anakao. Les filles ne souhaitent pas nous accompagner et restent bronzer sur la plage. Sur les conseils de Walter, nous entamons notre marche par l’intérieur des terres. C’est très rapidement l’enfer car nous sommes harcelés par des enfants et même quelques adultes : bonbons vahazas, cadeaux vazahas, lunettes, montres, tongs, casquettes….tout y passe et malgré nos refus ils sont très insistants et ne nous lâchent qu’après avoir insisté lourdement. La promenade est franchement pénible ( est-ce l’habitude des touristes des hôtels voisins ?), d’autant que le village est très sale la plage n’est pas en reste, puisque nous assistons tour à tour à des gens qui font leurs besoins sur le sable après avoir creusé un petit trou, à une femme qui jette ses déchets de poulet au bord de l’eau et pour finir à un gros cochon rose qui se délecte de toute cette nourriture facile et déambule au bord de l’eau en mangeant tout ce qu’il peut trouver. Pas mécontents de quitter ce village de pêcheurs, nous revenons vers notre hôtel par le bord de mer. En chemin, nous distribuons les quelques vêtements qui nous restent à un couple de pêcheurs, et à 3 jeunes enfants. Avant le repas, nous allons réserver notre excursion du lendemain les touristes des derniers jours n’ayant vu des baleines que de loin, nous préférons choisir l’excursion à la journée vers Nosy Satrana en pirogue à voile. Comme tous les soirs, notre serveur-boxeur est présent pour le dîner, toujours aussi speed il commence à nous connaître et aime de plus en plus plaisanter. Ce soir, c’est du capitaine grillé qui est servi Anny et Ben craignent le pire car il nous est servi entier, mais j’arrive à leur préparer des morceaux sans arêtes et tout le monde se régale une nouvelle fois.
Samedi 25 juillet : Anakao-Nosy Satrana. Cette nuit, pas de ronflements intempestifs à signaler par contre, j’ai fait un cauchemar ( j’étais attaqué par une bête sauvage ) et me suis mis à crier au milieu de la nuit, rapidement calmé par Anny. A 8h45, nous retrouvons Bongo, un nouveau matelot et une femme qui s’occupe de l’intendance pour le pique-nique de ce midi. Une petite brise souffle ce matin, ce qui nous permet d’arriver en 30 mn à Nosy Satrana en traversant un lagon magnifique rappelant la Polynésie. Nous entamons le tour de l’île, en nous arrêtant de temps en temps pour une baignade rafraîchissante. L’île est déserte des tombeaux couronnent son sommet est. Walter nous a dit la veille que par marée basse, les troupeaux de zébu pouvaient passer de la grande terre à l’île mais en cette fin de matinée, la mer n’est pas assez reculée pour le permettre. Le temps passe vite à ne rien faire et l’île est assez étendue, et il est déjà 13h quand nous arrivons à notre point de départ. La table a été dressée sous « le » grand tamarinier, le seul arbre digne de ce nom sur Nosy Satrana. Bongo et ses 2 acolytes ont bien fait les choses puisqu’ils ont mis une nappe, des sièges « zafimaniry », et ils sont en train de nous faire griller des langoustes et des brochettes de capitaine accompagnées de pommes de terre. On est vraiment reçus comme des rois et la vue et l’odeur de ces grillades nous donnent l’eau à la bouche. Le goût est à la hauteur et on se régale de notre repas, en suçant bien tous les morceaux de carapaces pour ne rien perdre. On ne sait pas si c’est un trop plein de bonheur, mais Anny se lâche complètement et se met à dire sur un mode rap « pas taper, pas taper ». Pas la peine d’expliquer le pourquoi du comment, il faut y être pour le comprendre ( et même en y étant…)Après ce festin, nous allons profiter de la plage voisine où nous rencontrons de nouveau les Guyanais. Pour le kite ce n’est pas encore le jour ! Ils ont été ce matin à la recherche des baleines mais n’en ont pas aperçu, se contentant d’un banc de dauphins. Ils travaillent tous les 2 (ils sont accompagnés de leur fils ) dans l’enseignement et passent 2 mois à Mada ( ils ont fait le Mozambique l’an passé ), ce qui leur laisse le temps d’utiliser les moyens de transport locaux. Ils ont fait tout le nord en taxi brousse, avec bien entendu des arrêts pannes qui ont grandement rallongé le trajet. Ils doivent ensuite continuer jusqu’à Fort Dauphin en passant par la côte, ce qui sera probablement une nouvelle aventure. Nous échangeons sur nos impressions au sujet de Madagascar et nous sommes tous d’accord sur le fait que c’est incompréhensible que ce pays soit si pauvre et si arriéré alors qu’il dispose de ressources naturelles énormes, mais inexploitées. Une rencontre très sympa. Nous finissons l’après-midi sur la plage par une partie de volley et avant de reprendre la pirogue vers 16h15, Pierre et moi inventons une petite chorégraphie ridicule qui fait le plaisir de l’assistance, c’est-à-dire les 4 autres. Sur le trajet du retour, Ben et moi nous nous essayons à la voile, en équilibre plus ou moins instable tout en poussant des cris « bongoesques ». Après cette journée très sympa, le séjour à Anakao se termine déjà et nous regrettons de ne pas avoir passé une journée supplémentaire. Le départ de demain est prévu à 7h30 et il va falloir nous lever à 6h45. Nous dégustons notre dernier repas, accompagné comme toujours d’un vin sud-africain, persuadés qu’on ne retrouvera plus la même qualité de nourriture durant le reste du séjour. Ce soir, il n’y a plus grand monde, une famille de français avec 2 enfants, déjà vus au Jardin du Roy, un français seul que la famille a invité à sa table pour la soirée, et un dernier petit groupe d’étrangers demain l’hôtel sera presque vide, la grève d’Air Madagascar, bien que terminée, n’ayant pas permis de rétablir les vols aux jours et horaires prévus. En fin de soirée, autour d’un petit ti punch, nous refaisons un peu le monde et ne pouvons-nous empêcher de nous remémorer les vieux souvenirs de Tahiti de 1992 (est-ce le paysage de lagon vu aujourd’hui qui nous a rappelé le bon vieux temps, possible ). Même Pierre qui n’y était pas connaît ces histoires par cœur et doit commencer à trouver qu’on radote.
Dimanche 26 juillet : Anakao – Isalo. Ben et moi on se réveille un peu avec la gueule de bois, non pas qu’on ait abusé hier soir ( encore que quand on commence à parler de Tahiti, c’est qu’on n’en est pas loin…) mais on a été réveillés en pleine nuit par des hurlements à 4h une voix de femme criait très distinctement et sans accent en français : «ta gueule, espèce de taré, arrête….. », et ce pendant de longues secondes entrecoupées par des chuchotements d’une autre personne. C’est hyper violent et une fois le calme revenu je me mets à analyser la situation : il ne peut s’agir que de la famille de français y aurait-il eu quelque chose avec l’autre français ? Et puis progressivement je me fais un autre film : ne serait-ce pas Charlotte et Juliette qui se seraient disputées, même si je n’ai pas reconnu leur voix ? N’auraient-elles pas été agressées dans leur bungalow ? Evidemment, avec cette idée en tête, impossible de m’endormir et à 4h30 je sors avec ma lampe frontale pour voir si tout est normal dans leur bungalow rien à signaler et je me recouche et me rendors rapidement. Au réveil, je vais quand même les voir pour être certain que tout va bien : rien à signaler, elles n’ont rien vu, rien entendu ! En sortant de leur bungalow, je croise Ben l’air soucieux : « tu as entendu les cris ? » me dit-il « atroces ». Je lui réponds par l’affirmative. « C’était vous ? » Devant ma réponse négative, il insiste : « tu me jures que ce n’était pas vous ? » Lui aussi s’est fait un film, mais différent du mien : il a cru que, à cause de mes ronflements incessants, Anny a pété un plomb et a fini par me traiter de tous les noms. Il est sorti de sa chambre à 4h, n’a plus rien entendu mais n’a pu s’enlever cela de la tête et n’a pu se rendormir. C’est donc un grand soulagement pour lui de voir que ça n’a rien à voir avec nous, ce qui accrédite la thèse de la dispute au sein de la famille française, avec ou sans l’autre français ( on imagine évidemment des scénarios autour de cette thèse…). Les autres ont manifestement dormi comme des loirs et ne se sont rendus compte de rien. Juste le temps de manger le petit déjeuner et nous prenons le bateau pour Tulear, non sans avoir eu le droit une nouvelle fois à une haie d’honneur du personnel de l’hôtel comme lors de notre arrivée. Le français seul est également sur le départ nous n’osons pas lui demander s’il a lui aussi entendu les hurlements de la nuit. Il nous explique qu’il est arrivé à Madagascar avec son père mais que celui-ci a dû être évacué d’urgence vers la Réunion le lendemain de leur arrivée, victime d’une péritonite. Il a malgré tout continué son circuit et voyage donc seul depuis cet événement. Il nous raconte avoir eu la chance la veille lors d’une balade en pirogue avec un pêcheur du village de voir juste à proximité de l’embarcation des baleines, ce qui nous laisse quelques regrets. La mer est un peu plus formée qu’à l’aller et il nous faut 1h30 pour arriver à l’embarcadère où nous attendent Hery et Feno, qu’on est contents de retrouver après cette pause de 4 jours qui a fait du bien à tout le monde. Nous allons poster nos cartes postales écrites à Anakao et nous voilà repartis pour la remontée vers la Capitale, qu’on craint un peu, en particulier les longues heures de voiture sur une route souvent défoncée. Aujourd'hui, l’étape est assez courte puisqu’il faut 4h sur une route en bon état pour retourner au Jardin du Roy. Après 70 kms, nous nous arrêtons à un marché hebdomadaire où l’animation est à son comble en dehors des stands habituels nous avons droit aujourd’hui à des combats de coqs, jeux de cartes, dés et roulette ça joue sérieux et nous ne nous sentons pas forcément les bienvenus. Nous rachetons 2 cadenas en vue du retour et des cumbavas pour les ti punchs, n’ayant plus de citrons verts depuis la veille. La propagande continue à battre son plein et dans tous les villages traversés ce sont les derniers rassemblements avant les élections qui ont lieu en fin de semaine. Dans cette partie du pays, nous apercevons régulièrement des feux de broussaille, allumés par les éleveurs de zébus, censés permettre la repousse de jeunes herbes appréciées par le bétail. A l’heure de midi, nous arrivons au Parc National de Zombitse, un parc très peu connu et quasiment pas décrit ( à part dans le Petit Futé ) dans les guides. On imagine que la visite ne sera pas mémorable mais ça va au moins permettre de couper le trajet. Avant de débuter la visite, nous dégustons le pique-nique préparé par Hery et Feno : une salade de pommes de terre accompagnée de poisson fumé et de saucisses porc-zébu.

Après ce repas copieux, nous rencontrons nos 2 guides locaux ( l’un guide, l’autre rabat ), 2 frères prénommés Lucien et Sélin. Cette visite est une des bonnes surprise du voyage parce qu’en 1 h et en marchant 2 kilomètres, nous avons la chance de voir des papillons, des oiseaux, des lémuriens ( 3 variétés, 2 nocturnes et 1 diurne, des lémuriens , blancs magnifiques ), un gros caméléon, des baobabs géants, des plantes médicinales ( on apprend à cette occasion qu’une espèce de pandanus soigne la syphilis )…..C’est vraiment un parc à conseiller, facilement accessible, permettant de voir beaucoup d’espèces en peu de temps, et avec des guides adorables, ravis de pouvoir faire partager leurs connaissances et faire découvrir les richesses de leur pays. Arrivés à l’entrée du massif de l’Isalo vers 16h, nous faisons un petit détour par la « fenêtre de l’Isalo » pour la classique photo de fin de journée. Hery nous gratifie d’une blague bien emmenée et que personne n’a vu venir : « c’est qui le président avant Sarkosy ? » « Chirac » « Jacques Chirac a inauguré beaucoup de monuments à Madagascar ». Et, alors qu’on arrive sur le site de la Fenêtre de l’Isalo, il nous dit : « il est là le président » et c’est alors que se dresse devant nous dans la roche le profil de Chirac, ou plutôt de sa marionnette des guignols. Hery nous a bien manœuvrés sur ce coup et il n’est pas peu fier de lui. Nous faisons le tour du rocher pour trouver le meilleur angle de vue pour la photo et certains d’entre nous s’adonnent à un jeu dont le but est de parvenir à lancer en 7 coups au maximum un caillou dans le petit trou de rocher à côté de la grande fenêtre. En cas de réussite, on peut faire un vœu. Ben est le seul à réussir brillamment, dès son 2ème lancer. De retour au Jardin du Roy après 1 semaine, nous sommes accueillis chaleureusement par l’ensemble de l’équipe, à l’accueil, au bar, comme au restaurant. Le serveur du restaurant n’hésite d’ailleurs plus à plaisanter avec nous. Manifestement les affaires reprennent et les touristes sont de retour puisque ce sont 75 couverts qui sont prévus ce soir. Malheureusement, le pavé de zébu mémorable de la dernière fois n’est pas au menu où sont proposés des plats un peu plus typés, à savoir de la langue de zébu et du pavé de sanglier. Nous n’avons pas perdu nos bonnes habitudes et la soirée se termine par une citronnelle suivie d’un rhum arrangé.
Lundi 27 juillet : Isalo-Ranomafana. Aujourd’hui, c’est la grande journée de route puisque 7 heures sont prévues, ce qui laisse peu de place aux arrêts et aux visites. Nous appréhendons d’autant plus cette journée que c’est le retour vers les températures plus fraîches, voire l’humidité puisque Ranomafana a une réputation de microclimat humide, c’est-à-dire qu’il y a la saison des pluies et la saison où il pleut. Nous prenons notre petit déjeuner à 7h30 pour un départ à 8h00. Nous quittons avec un pincement au cœur le Jardin du Roy, sachant que pour les 2 prochaines nuits le standing de l’hôtellerie va chuter assez brutalement et qu’on avait pris goût au confort. Nous nous arrêtons rapidement pour photographier la « tête de la reine » dans l’Isalo, mais pour le reste, les haltes sont rares. Depuis quelques jours ( ça occupe quand on roule ), nous avons pris l’habitude à tour de rôle ( Ben, Pierre et moi occupons l’un après l’autre la place de passager avant ) de prendre des photos de la vie quotidienne tout en roulant tous les jours et même plusieurs fois par jour, Ben demande à Feno de soulever la vierge accrochée à son rétroviseur intérieur et lui fait nettoyer la vitre avant pour qu’il n’y ait aucune poussière parasite. C’est à ce genre de petits détails qu’on reconnaît les pros ! Une autre façon de nous occuper c’est d’apprendre le malgache avec Hery, du moins quelques mots : en dehors de Salama et Veloma, les expressions le plus souvent utilisées pendant le séjour sont i vaovao (comment ça va) auquel on répond par tsy misy vaovao ( rien de neuf ). Quelques autres mots appris ( et souvent vite oubliés ) : misaotra (merci), manao ahoana ianao ( comment ça va), tonga soa (bienvenue ), fady (interdit ), tsia (non ), tsara (beau), firy (combien), mazotoa homana (bon appétit) , moka (moustique), fidio (voter)….Aujourd’hui l’expression du jour est « malai lai »(orthographe non garantie ) qui signifie ça gratte. Ben aime beaucoup et tous les gens qu’il rencontre aujourd’hui ont droit systématiquement à Salama, i vaovao, malai lai, veloma. Le premier arrêt digne de ce nom a lieu à Ambalavao le temps qu’Hery se ravitaille dans un restaurant pour le pique-nique, nous faisons un rapide tour du marché. Ben, comme souvent, fait son show ( on se demande s’il est shooté à la coke depuis le début des vacances ) et se fait remarquer, notamment lorsqu’en partant il lance à tue-tête un « Veloma » qui fait rire tous les malgaches qui lui répondent en cœur. Quelques kilomètres après Ambalavao, nous nous arrêtons après 4 heures de route pour manger au bord de la route. Au menu : samousas, riz cantonnais et beignets de poisson pleins d’arêtes (ce qui bloque tout net Ben dans sa dégustation ). Ce n’est pas le meilleur pique-nique du voyage, loin s’en faut….Il nous reste des tee shirts à distribuer et nous en donnons à 3 jeunes qui nous observent depuis un moment, dont 2 se mettent à faire du karaté avec Pierre dont la souplesse légendaire fait encore des merveilles à cette occasion. Arrivés à Fiana à 15h, Hery a le mauvais goût de nous rappeler en plaisantant l’épisode du Père Pedro en général il a beaucoup d’humour mais pour cette fois il aurait pu s’abstenir et il évite de peu une remarque acerbe de notre part. Nous faisons un arrêt rapide à la poste, Ben ayant besoin d’acheter un timbre et de poster une dernière carte postale pendant ce temps, dans le minibus, nous prenons l’appareil photo de Ben et en profitons pour faire des selfies tout en faisant des grimaces, ce qui fait marrer des jeunes malgaches qui ont repéré notre manège. Fianarantsoa n’échappe pas à la propagande, et après Léon Cu, c’est une autre candidate qui fait parler d’elle : d’après Hery elle est connue comme le sosie de Nana Mouskouri alors que Ben et Pierre trouvent qu’elle est le portrait craché d’Audrey Pulvar. On aime toujours autant l’atmosphère de cette ville mais il nous faut continuer notre chemin et ce qu’on apprécie beaucoup moins c’est la portion de route défoncée déjà empruntée à l’aller. Par contre, après l’embranchement vers Ranomafana, les 30 derniers kilomètres se font sur une route sinueuse mais en bon état. Hery nous gratifie encore d’une blague absurde ( une devinette cette fois ) : pourquoi le mot banane commence par un B alors que normalement ça commence par un N ? On se creuse la tête pendant ¼ d’heure sans parvenir à trouver la bonne réponse. La réponse est en fait évidente : normalement commence par un N ! Mais telle qu’il l’a présentée, on est tous tombés dans le panneau. A cette devinette, Charlotte répond par 2 blagues carambar. En fin de parcours, Hery passe un coup de téléphone et on voit que quelque chose ne tourne pas rond après avoir raccroché, il s’avère que l’hôtel Centrest ne nous attend pas, tout comme le ravitaillement de ce midi au restaurant avait été oublié. Rien de grave cependant, l’hôtel n’est pas complet ( ce serait un comble ! ) et des chambres sont disponibles. Nous arrivons à l’hôtel peu avant 17 h, épuisés, mais ce n’est pas fini car une visite est prévue au jardin de plantes exotiques, notamment d’orchidées, propriété de l’hôtel et situé à 10 kms, ce qu’on ignorait. Il fait déjà presque nuit quand nous arrivons, le guide ne parle pas français et le jardin n’a rien d’exceptionnel, d’autant que les orchidées ne sont pas en fleur. C’est vraiment une visite sans grand intérêt, dont on aurait pu se passer après cette journée éprouvante. A la sortie, nous remercions notre guide qui à notre merci répond « non merci ». Désormais, nous répondrons aux mercis par un non merci jusqu’à la fin du séjour. Il fait bien sûr nuit noire quand nous arrivons à l’hôtel. Est-ce la réservation qui avait été oubliée ? En tout cas, nous nous retrouvons tous les 4 avec une chambre pour 4 avec des lits alignés et à peine la place pour étaler les bagages sans compter la marche dans les toilettes qui risque d’en gêner plus d’un pendant la nuit. N’ayant pas le courage de préparer notre traditionnel apéritif dans cette chambre, nous préférons le prendre à table au restaurant. Pour le repas, et alors que j’ai prévenu en arrivant « ici ne mangez surtout pas de poisson, vu l’éloignement de la mer », le menu est unique et heureuse surprise, le plat est une brochette de poisson avec du riz.. Ben qui a une sainte hantise des arêtes et qui a déjà dû recracher son beignet de poisson ce midi a la malchance de tomber une nouvelle fois sur une arête qui justement ( sans jeu de mot ) l’arrête net. Le dessert, une banane flambée, est lui excellent. Après ce repas correct sans plus, nous nous couchons assez tôt, fatigués par notre longue journée de route.
Mardi 28 juillet : Ranomafana – Ambositra. La nuit a été acceptable malgré la promiscuité et nous démarrons la journée par un bon petit déjeuner. Aucun d’entre nous n’a eu le courage d’aller aux thermes voisins aux aurores comme proposé par Hery. Un taxi brousse a fini son parcours pendant la nuit contre le mur en contrebas de l’hôtel et il aura du mal à avoir une seconde vie, vu son état. A 8h, notre guide local, Angelin, nous retrouve sur le parking de l’hôtel où nous prenons le minibus jusqu’à l’entrée du Parc National de Ranomafana. Les craintes concernant le mauvais temps et la pluie se sont envolées et nous laissons nos kways dans le véhicule. Angelin passe du temps à nous expliquer l’historique du parc, la forêt primaire et secondaire, et les différentes espèces présentes il est d’ailleurs un peu bavard à notre goût car, pendant qu’il nous donne ces explications, plusieurs groupes nous passent sous le nez et nous craignons de nous retrouver trop nombreux dans la forêt. Il nous informe qu’une rabatteuse, Myriam, est déjà dans la forêt à repérer les lémuriens. Myriam est apprentie guide et elle fait son baptême du feu avec nous en nous donnant des informations sur le mode de vie des lémuriens. Angelin de son côté passe auprès de chacun de nous en nous disant à voix basse de poser des questions à Myriam pour la confronter à la réalité du métier de guide. Les sentiers sont bien tracés, presque trop. Le premier animal aperçu est un mini gecko en forme de feuille, quasiment impossible à distinguer. Puis c’est au tour des lémuriens ou gidro en malgache ( encore un nouveau mot, se prononçant guidrou, le moyen mnémotechnique étant Guy Roux ). Nous commençons par des lémuriens dorés, puis c’est un groupe imposant de lémuriens à front roux qui arrivent droit sur nous, en sautant de branche en branche puis s’immobilisent à 1 m de nous pour s’abreuver dans le creux d’un arbre. Aussitôt rassasiés, ils repartent comme ils sont arrivés et disparaissent rapidement dans la forêt. Lors de la promenade, nous avons l’occasion de voir 2 autres espèces de lémuriens, 1 groupe de 2 lémuriens diurnes et 1 groupe de 3 nocturnes. La promenade en forêt est très agréable et nous traversons des bambouseraies et observons de magnifiques fougères arborescentes. Angelin se met soudain à entonner la Marseillaise qu’il connaît parfaitement, puis l’hymne malgache. Après 3h de marche, nous revenons au minibus où, comme d’habitude, Feno nous attend patiemment. Nous reprenons la route en direction d’Ambositra. A la fin de la RN25, peu de temps avant de retrouver la RN7 et sa portion défoncée, nous nous arrêtons au bord de la route, une famille étant en train de fabriquer des briques en latérite. Nous les interrogeons : ils fabriquent 1400 briques par jour et vendent chaque brique 14 ariarys. Le travail doit être très pénible et les hommes, les femmes comme les enfants mettent la main à la pâte. La maman est fière de dire que sa fille est dans les premières élèves de sa classe et nous l’encourageons à continuer et à ne surtout pas arrêter l’école. Nous leur offrons les quelques vêtements qui nous restent et repartons vers le Nord. Nous nous arrêtons peu de temps après pour le pique-nique au menu du jour : sandwiches. Comme d’habitude, des enfants ne tardent pas à s’agglutiner pas très loin de nous tout en maintenant une distance de « sécurité ». A la fin du repas, comme la veille, Feno et Hery distribuent les restes aux enfants, qui ne se font pas prier. En se rapprochant d’Ambositra, les paysages sont vraiment magnifiques, la terre rouge et les rizières donnant des contrastes de couleur étonnants. Par contre, comme à l’aller dans la même région, les nuages sont de la partie et le temps se couvre de plus en plus. Hery, qui y a pris goût, nous pose de nouveau une colle : donnez 7 noms féminins français qui se terminent par un t. Après de longues minutes de réflexion, nous arrivons à 6 : dent, nuit, jument, mort, part, forêt. Hery, décidément très joueur , plutôt que de nous donner le 7ème , nous met tranquillement sur la voie et on finit par trouver le dernier mot : dot !

Peu avant Ambositra, nous voyons enfin quelques maisons avec cheminées, un peu incongrues à Mada. Après 4 h de route, nous arrivons enfin à destination et avant d’aller à l’hôtel nous faisons une halte pour observer un four à briques au bord de la route. L’hôtel est « l’Artisan », dont le gérant n’est autre que le propriétaire de l’atelier de marqueterie que nous avions visité à l’aller. C’est un établissement assez moyen, très bruyant et d’un confort correct sans plus. Le restaurant lui-même laisse à désirer. Un groupe local joue des airs pas très entraînants sur des instruments traditionnels leur CD est en vente 20 000 ariarys. La clientèle est diverse et variée : il y a des locaux, des touristes comme nous, mais aussi un groupe de mormons en costume cravate et des coréens très bruyants qui jouent avec leurs liasses de billets et dont on apprendra le lendemain qu’ils sont là pour acheter des pierres précieuses. Le dîner est le summum de notre voyage en terme de repas pris à l’hôtel là non plus, comme la veille, nous n’avons pas le choix et, après une soupe en entrée, le plat est un mélange de spécialités malgaches accompagnées de riz et de rougail-tomate : du zébu bouilli, du porc-pois chiches, manioc-porc, brèdes-porc. L’ensemble va du potable à l’immangeable, la palme du plus mauvais allant au manioc. C’est tellement peu dans nos goûts que chacun de nous met un temps infini à avaler ne serait-ce qu’une bouchée. On a l’impression en regardant le voisin qu’il est en train de brouter de l’herbe ou de mâcher un chewing gum géant. Autant dire que les assiettes sont presque pleines quand le serveur vient débarrasser la table on a beau se justifier comme on peut et bredouiller que c’était bon mais trop copieux, il a l’air atterré et c’est vrai que c’est désolant de gaspiller autant de nourriture dans un pays aussi pauvre. Après ce repas mémorable, nous allons nous coucher.
Mercredi 29 juillet : Ambositra-Antananarivo. Ce matin, le réveil est un peu laborieux, le dos ayant souffert de la dureté du matelas de notre lit. Par ailleurs, cette satanée marche ( comme au Centrest la veille ) entre la chambre et la salle de bain nous a joué des tours en pleine nuit et le gros orteil s’en souvient encore. Au lever, Charlotte, la plus grosse consommatrice de médicaments du voyage, qui n’en est plus à un problème près, s’est tapée dans la table de nuit et a un gros hématome à la cheville. Pour le petit déjeuner, c’est l’habituelle commande : 2 cafés, 3 th��s et un chocolat, accompagnés de pain ( encore un exemple de l’influence française car c’est un des rares pays où le pain est du vrai pain comme chez nous ). Partis à 8h, nous rencontrons sur la route les habituels camions THB et STAR ( les bières locales ) et toujours ces taxis brousse chargés au maximum aujourd’hui, au cours de la journée, nous voyons à plusieurs reprises des taxis brousse portant sur le toit un cercueil orné d’un drapeau malgache Hery nous explique que le côté où se situe le drapeau permet de savoir s’il s’agit d’un retour du corps dans son village pour un enterrement ou pour un retournement des morts. Après 2 heures de route, nous arrivons à Antsirabe où nous visitons la confiserie Marcel après une démonstration de la fabrication des bonbons ( c’est de l’artisanal pur et dur ! ), nous achetons chacun plusieurs sachets à différents parfums, puis reprenons notre route vers Tana. Aujourd’hui, c’est le dernier jour de propagande autorisé, les élections communales ayant lieu vendredi, et c’est l’effervescence dans tous les villages traversés. A 13h, nous arrivons à Ambatolampy au restaurant « le rendez-vous des pêcheurs », qu’on devrait plutôt appeler « le rendez-vous des vazahas » car la clientèle est exclusivement composée de petits groupes de touristes accompagnés de leur guide. Après un plat (zébu pour les uns, bolognaises pour les autres ) accompagné pour Ben et Pierre par une Skol, moins bonne que la THB, nous repartons pour nous arrêter quelques centaines de mètres plus loin, à la fabrique de cocottes en aluminium. La visite, qui dure près d’une heure, est très intéressante et elle nous permet de voir toutes les étapes de la fabrication de ces fameuses cocottes qu’on retrouve partout dans l’île les ouvriers, pour certains des ados, travaillent dans des conditions épouvantables, dans la chaleur, la fumée, la poussière de métal, surveillés par une vieille pas commode. La médecine et l’inspection du travail, ils ne connaissent pas ici, et ces jeunes ne doivent pas faire de vieux os à travailler dans de telles conditions. La boutique est un peu décevante et nous nous contentons d’acheter un petit baobab pour le souvenir. La route jusqu’à la capitale se déroule sans encombre et nous arrivons à l’entrée de la ville peu avant 16h. Là nous assistons à une scène cocasse : au moment où nous arrivons à leur hauteur, 2 cortèges de propagande se croisent, des partisans de Marc Ravalomananna ( au pouvoir jusqu’à 2009 et que beaucoup voudraient voir revenir au pouvoir, c’est sa femme qui se présente à la mairie de Tana ) et ceux d’Andry Rajoelina ( le DJ comme ils l’appellent, ancien président de la transition à partir de 2009). C’est l’allégresse générale, c’est à qui va manifester de la façon la plus bruyante et nous-mêmes, dans notre minibus, nous les encourageons à en faire encore plus en levant les bras et en criant. Pensant être quasiment arrivés à notre hôtel, nous déchantons vite, Tana n’ayant rien à envier à Paris en terme de bouchons nous découvrons lors de la traversée de la ville la grande misère qui y règne, certains vivant sous des cartons, d’autres faisant un feu en pleine rue pour se réchauffer. Cette misère engendre bien sûr beaucoup d’insécurité et Hery nous conseille de bloquer nos portes, les agressions n’étant pas rares en pleine rue. Pour occuper le temps, la traversée de la ville nous paraissant interminable, nous nous mettons à photographier les voitures, notamment les taxis qui nous rappellent notre jeunesse : 2CV, 4L, Diane, 204, 404, …….tous les vieux modèles vivent ici une seconde jeunesse. Ben s’étonne qu’il n’y ait pas de feux tricolores ni de panneaux : il y en a eu à une époque mais ils ont tous été volés et le métal a été recyclé pour un autre usage… Après plus d’1 heure à avancer au pas, nous finissons par atteindre notre hôtel, le « Tamboho », un établissement luxueux situé dans une sorte de ghetto comprenant également un supermarché et de nombreuses boutiques de luxe, l’ensemble étant barricadé et surveillé. L’hôtel est situé dans un cadre superbe, au bord d’un lac en pleine ville. L’inconvénient de ce lac, ce sont les moustiques puisque dès qu’on sort de l’hôtel on est assaillis ( Charlotte et Juliette l’ont testé en allant à la piscine de l’hôtel ) en fin d’après-midi, nous allons faire quelques courses au supermarché, notamment pour les apéritifs des derniers jours ( on y trouve des « caca pigeon » comme chez Brigitte ). Les chambres du Tamboho sont vraiment très spacieuses et l’hôtel offre quelques services appréciables, notamment des boissons fraîches sont en libre-service dans les couloirs. Le restaurant lui n’est pas tout à fait à la hauteur du standing : au dîner, l’entrée et le plat sont corrects mais pas exceptionnels et c’est surtout le dessert, un ananas confit, qui fait l’unanimité contre lui : dur et hyper écoeurant.
Jeudi 30 juillet : Antananarivo-Andasibe. Contrairement au dîner de la veille, le petit déjeuner sous forme de buffet est délicieux c’est le meilleur de notre séjour. La journée étant chargée, Hery nous a donné rendez-vous à 7h30. Comme d’habitude, c’est le même rituel : avant le petit déjeuner, c’est-à-dire une trentaine de minutes avant le départ prévu, nous descendons nos bagages au minibus pour que Feno et Hery les installent sur le toit, ce qui permet de gagner du temps. Nous prenons la route du nord en direction de la colline sacrée d’Ambohimanga située à 15 kms de la capitale ; comme la veille la circulation est très dense et nous progressons lentement. En chemin, une construction attire notre attention il s’agit d’arènes immenses, aux couleurs du parti d’Andry le DJ, qui ont été construites pendant son « règne » et prévues pour des concerts. Un exemple parmi tant d’autre de la mégalomanie de ce Président de la Transition qui par contre a oublié lors de son mandat les routes et l’éducation. A 8h30, nous arrivons à Ambohimanga, la « colline bleue ». C’est sur cette colline qu’est édifiée l’ancienne cité sacrée, berceau du royaume Merina. A l’entrée du site, bien que ne comprenant pas le malgache, on voit que quelque chose ne va pas car la discussion entre la personne à l’entrée et Hery paraît agitée. Ayant vu la veille dans le Routard et le Petit Fûté que le site ouvrait à 9h, je demande si on est arrivés trop tôt. Hery répond que les horaires ont changé et qu’il nous faudra attendre 30 mn. En dehors du fait qu’on aurait pu dormir 30 mn de plus, on aurait apprécié qu’au lieu de nous raconter des bobards il nous dise qu’il s’est trompé, ce qui peut arriver à tout le monde. Cette attitude nous agace un peu. A 9h, notre guide locale Noro ( prononcer Nourou ) commence la visite d’1h, très intéressante. Il s’agit du seul site malgache classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Au sommet de la colline se trouve le Rova, enceinte fortifiée qui renferme la case où vécut le roi Andrianampoinimerina, 2 pavillons en bois avec étage ou venaient séjourner les reines Ranavalona I et II, un parc à bœufs et les bassins sacrés où se baignaient les reines. On est loin du faste des demeures de la même époque des rois et reines en France et dans d’autres pays européens. Une petite anecdote qui nous a fait rire : dans le pavillon en bois se trouvent des photos des 2 reines, l’une gentille, l’autre méchante. Alors que chaque reine a un air sérieux sur sa photo, Noro nous dit « vous voyez tout de suite sur les photos que l’une est gentille et l’autre méchante »…. Forcément, c’est plus facile quand on connaît l’histoire…On ne lui a pas demandé de dire à partir de la photo de passeport de Pierre ( où il ressemble à un terroriste ) s’il était gentil ou méchant…. Après cette visite d’un des rares sites historiques de Madagascar, il nous faut de nouveau traverser Tana pour emprunter la RN2 qui part vers l’est en direction de Tamatave pas de miracle, cette traversée est une nouvelle fois interminable, et nous ne sommes pas mécontents de nous engager sur la RN2 d’après Hery, la route est en bon état, ce qui se confirme dans les faits et nous progressons rapidement vers l’est. Les paysages sont moins intéressants que sur la RN7 et nous faisons le trajet d’une seule traite jusqu’à Moramanga, où nous arrivons à 13h30. C’est une ville où l’oncle de Ben, militaire, a vécu dans les années 50 il est d’abord venu après les événements de 1947 puis est revenu en 1958 au moment de la proclamation de l’indépendance. Nous nous arrêtons au restaurant « le Coq d’Or », un restaurant chinois. Au menu, c’est Misao pour Anny, Pierre, Juliette et Charlotte, Poulet-Coco pour Ben et canard laqué, soit disant la spécialité de la maison, pour moi. Le canard laqué n’a de laqué que le nom et il est tellement gras qu’on a bien du mal à trouver un morceau de maigre. Mauvais choix ! En sortant de table, Hery nous propose d’aller visiter le musée de la gendarmerie, ce qui ne nous enchante pas vraiment. Nous sommes accueillis par le gendarme de 1ère classe Zo ( qui ne se rappelle plus s’il est 1ère ou 2ème classe ). Le musée est composé de plusieurs sections : criminologie, histoire de la gendarmerie, véhicules de collection….C’est potentiellement intéressant mais nous ne sommes pas très motivés pour cette visite et vu le nombre de visiteurs annuels, ce musée n’attire pas grand monde. Après cette visite vraiment pas incontournable, nous continuons notre route vers Andasible où nous arrivons vers 16h. L’Andasibe Hôtel, établissement agréable, est situé en pleine forêt, à quelques centaines de mètres du parc national où nous irons demain. En cette fin d’après-midi, nous allons sans les filles nous promener à pied à Andasibe, village à l’ambiance western avec ses petites maisons en bois. Nous sommes surpris par l’indifférence des habitants qui contrairement à d’habitude ne nous saluent pas spontanément même les enfants ne nous gratifient pas de « Bonbons vazahas ». On a déjà remarqué cette attitude dans la journée quand, en traversant les villages, nous avons salué les habitants. Est-ce une certaine réserve naturelle dans cette partie du pays ou une habitude des touristes ? La visite du village est sympa et on finit quand même par distribuer quelques bonbons et crayons à des enfants.

Avant le repas du soir, nous retrouvons comme tous les soirs Hery et Feno pour le briefing du lendemain Hery nous annonce qu’après avoir rencontré notre guide local de demain, celui-ci lui a dit qu’avec notre véhicule il nous serait impossible de nous rendre à la Réserve de Mantadia, la piste pour s’y rendre étant impraticable sans 4x4. Nous nous contenterons donc de la réserve Indri Indri le matin et pour l’après-midi on trouvera une autre visite. Le dîner est correct mais nous commençons sérieusement à saturer de la nourriture locale et de ce côté-là il est temps qu’on rentre en France.
Vendredi 31 juillet : Réserve d’Andasibe. Le jour tant attendu est arrivé : c’est aujourd’hui qu’ont lieu ces fameuses élections communales dont Hery nous parle depuis plus de 15 jours et à cette occasion la journée a été décrétée fériée. Nous partons à 8h pour la visite. Ben fait la gueule ce matin car il ne retrouve plus la pierre précieuse achetée chez Joseph et cela fait déjà 2-3 jours que ça le travaille. Il est sûr de l’avoir laissée dans le minibus pendant notre escapade à Anakao et depuis il n’arrive pas à mettre la main dessus. La veille au soir, lors du briefing, il en a parlé à Feno et Hery en leur demandant s’ils pourraient regarder dans le minibus et voir si le petit paquet ne s’est pas « caché » dans un coin peu accessible. Devant leur réponse négative ce matin, il ne desserre pas les dents, persuadé de ne pas l’avoir perdu lui-même et commençant à avoir des doutes…Heureusement, il va se dérider au fur et à mesure de la matinée… Arrivés à l’entrée de la Réserve Indri Indri, nous sommes accueillis par notre guide local Patrice. Ici, pas de rabatteur, les lémuriens ayant des territoires connus des guides. Comme à Ranomafana, le temps est magnifique et la forêt humide ne l’est finalement pas tant que ça. Ça nous promet des lémuriens en pagaille ! Assez rapidement nous apercevons notre premier groupe de lémuriens, des propithèques à diadème. Nous les observons durant de longues minutes et dans d’excellentes conditions, le nombre limité de groupes de touristes ne gâchant pas le spectacle. Ce sont ensuite des lémuriens marrons ( fulvus ) et le clou du spectacle et la vedette de cette réserve est bien sûr l’Indri Indri, qu’on ne tarde pas à apercevoir après avoir entendu à plusieurs reprises ses cris perçants résonner dans la forêt ( ils peuvent s’entendre à 3 kms ). C’est le plus gros des lémuriens ( il peut peser plus de 10 kgs ) et il se distingue des autres espèces en ayant un moignon de queue. Ses grandes oreilles et son pelage noir et blanc lui donnent un aspect de grosse peluche. On ne se lasse pas de les regarder leur cri est encore plus impressionnant de près et est vraiment déchirant, ce qui explique sa portée de plusieurs kilomètres. Juliette et Ben, qui ont un gros zoom à leur appareil photo, ont réussi des clichés superbes et nous rendent un peu jaloux. Après cette longue observation des lémuriens, nous continuons notre exploration de la forêt en passant par un endroit appelé le Lac Vert. Les températures étant fraîches en cette saison, les caméléons restent cachés et ne se laissent malheureusement observer. Par contre, juste à côté du Lac Vert, nous avons la surprise de trouver un boa d’1 m de long, enroulé et en pleine sieste, légèrement en contrebas du chemin. Après cette découverte, nous poursuivons la visite dans la partie plus sauvage de la forêt où le relief est plus marqué et les sentiers moins tracés. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’apercevoir d’autres lémuriens lors de ce dernier tronçon. Une fois revenus au bord du Lac Vert, Patrice se met à sortir des sacs à pain et autres tissus brodés qu’il nous demande d’acheter pour aider les femmes de la communauté qui soit disant les ont tissés. On se sent un peu pris en otages car rien ne dit d’une part que cela vienne des femmes du village et d’autre part que ce ne sera pas lui qui va empocher le gain de la vente. Malgré tout, Pierre et nous lui achetons chacun un sac. Après 4h de marche et de découverte de cette magnifique réserve, nous arrivons au parking où Patrice nous montre un mini caméléon, quasiment impossible à distinguer de la branche d’arbre sur laquelle il est posé. Feno nous attend avec le pique-nique que nous mangeons sur les tables installées à cet effet à l’entrée du parking. Le menu est copieux comme d’habitude : taboulé, légumes, poulet laqué dont nous régalons. Faute de pouvoir visiter la réserve de Mantadia, nous nous rendons à 14h au Vakoma Forest Lodge distant de quelques kilomètres. Ce lodge héberge un parc privé et une réserve de lémuriens situés sur un petit ilôt privé. Nous commençons par la réserve de lémuriens que nous atteignons par un trajet de quelques mètres en canoé. A peine arrivée sur la berge, les lémuriens ( fauves et à crinière ) s’approchent de nous et sautent sur nos épaules, attirés par les morceaux de bananes qu’on a pris soin de préparer avant. Il y a là aussi des singes capucins adorables. Ça fait un peu zoo ces lémuriens semi-apprivoisés ( Ben n’apprécie pas trop ), mais ils déclenchent des éclats de rire et des cris de surprise, certains d’entre nous se sentant plus ou moins à l’aise avec 1 ou 2 lémuriens sur l’épaule. Après cette récréation, nous allons visiter la réserve privée, guid��s par Feno, par le nôtre mais un guide local. Nous commençons notre parcours par l’étang aux crocodiles qui nous permet d’apercevoir de beaux spécimens allongés sur la berge. Ben a l’humeur légère en ce début d’après-midi et il fait des petits commentaires moqueurs aux explications de Feno tout en gardant un air très sérieux ( par exemple, Feno nous dit « les crocodiles font partie de la famille des reptiles » auquel Ben répond « ah bon, ce sont des reptiles ??!! »). Pierre et moi, un peu en retrait de la conversation, sommes bidonnés. Heureusement il se calme assez rapidement parce le guide aurait fini par se rendre compte. La végétation est superbe : grands eucalyptus, fougères arborescentes, plantes médicinales….Au cours de la visite du parc, nous voyons d’autres animaux en captivité, des tortues radiées, un boa que Feno met sur les épaules de Charlotte, seule volontaire du groupe, et un fosa ( on a d’abord compris « faux chat » c’est un carnivore endémique de Madagascar, prédateur des lémuriens ). Nous traversons à 2 reprises le cours d’eau sur une passerelle suspendue, en équilibre plus ou moins précaire, ce qui donne quelques émotions à ceux qui sont sujets au vertige. Au final, c’est une promenade plus agréable qu’on ne le pensait malgré le côté « aménagé » et peu sauvage du site. Nous sommes de retour à l’hôtel à 16h30 pour notre dernière soirée complète à Madagascar. Le repas du soir confirme notre saturation pour la nourriture pendant le repas, Ben va sur le site de sa pharmacie et observe son personnel tout en faisant des commentaires. Charlotte trouve cela très intéressant et comme on peut envoyer désormais des ordonnances par mail, elle prend Ben en photo avec une bouteille de vin et l’envoie à la pharmacie avec un commentaire « le bonjour de Madagascar » ça fait sérieux…. Nous nous couchons avec un petit pincement au cœur car demain c’est déjà le départ pour la France.
Samedi 1er août : Andasibe-Antananarivo. Juliette a été malade durant la nuit, ce qui ne laisse augurer rien de bon pour le voyage retour. Anny est aussi toujours dérangée depuis quelques jours. Nous quittons l’hôtel à 8h. En chemin, nous passons dans le village où habite Hery il nous montre sa maison au loin, une grande maison blanche assez proche à vol d’oiseau mais distante de 14 kms par la route depuis que le pont qui y conduisait s’est effondré. Comme par ailleurs le maire n’est pas son meilleur ami et qu’il vient d’être élu aux élections communales, les travaux risquent d’attendre longtemps…Hery nous dit que dans un futur proche il aimerait se présenter aux élections, participant déjà activement à la vie de sa commune. A Tana c’est la femme de Ravalomanana qui a été élue, ce qui est une bonne nouvelle pour Hery.

A mi-chemin, nous nous arrêtons à la réserve de Péreyras, sorte de mini zoo un peu déglingué qui a comme principal intérêt d’approcher de très près de nombreuses variétés de caméléons. Notre guide est Richard. Plusieurs espèces sont ici en captivité : boas, crocodiles, papillons, chauve-souris, lézards, grenouilles, tanrecs ( animal proche du hérisson, endémique à Madagascar et rencontré notamment à Andasibe )…Le clou du spectacle, ce sont donc les caméléons, de toutes tailles et de toutes les couleurs Ben et Charlotte en portent un dans leurs bras et sont frappés par la froideur de sa peau. Richard nourrit l’un d’entre eux de sauterelles pour qu’on puisse le prendre en photo, mais sa langue est tellement longue et sort avec une telle vitesse qu’on n’arrive jamais à trouver le cadrage qui convient. Après 1h de visite, nous reprenons la route vers Tana et nous arrivons vers 13h15 au Grill du Rova, sur la Haute Ville, sans avoir trop à subir les bouchons, la circulation étant plus fluide le samedi. La propriétaire du restaurant est la femme d’Olivier, le directeur de l’agence Malagasy Tours, qui est lui aussi présent et avec qui nous discutons un moment de choses et d’autres, les élections, la situation à Madagascar, la grève d’Air Mada, et bien entendu notre changement de circuit sur l’ensemble des clients de l’agence, c’est pour nous que les modifications ont été les plus importantes. Il nous signale aussi qu’il espère encore pouvoir négocier avec le Coco Komba à Nosy Komba qui refuse de nous rembourser la ½ pension et les transports alors que les frais n’ont pas été engagés. Pour cet avant dernier repas, nous mangeons avec Hery et Feno ça sent la fin du voyage…. Le guide local qui nous fait la visite de la haute ville se prénomme Hery John c’est un étudiant en histoire, très cultivé qui rend la visite passionnante par ses grandes connaissances. Après une visite du Palais de La Reine, détruit en 1995 par un incendie et reconstruit en partie depuis, nous déambulons dans les rues de la Haute Ville, d’où la vue sur Tana et ses environs est splendide. Lors de notre balade, nous croisons un groupe entonnant des chants pour fêter un événement, alors qu’un jeune enfant, en pleurs, ne partage pas vraiment l’allégresse générale. Il s’agit en fait d’une cérémonie de circoncision, tradition ancestrale à Madagascar. Hery John nous explique qu’elle est pratiquée désormais de plus en plus de manière moderne car moins douloureuse et plus hygiénique cependant, la méthode traditionnelle, à la maison, a encore la faveur de beaucoup, pour des raisons de coût ou de respect de la tradition. Lors de la cérémonie, après avoir été coupé par un guérisseur traditionnel, le prépuce est avalé cru par le grand père avec de la banane pour faire passer le tout… Après cette visite très instructive, nous retrouvons Feno, tranquillement installé à regarder un match de foot avec son beau-frère encore quelques heures et il sera enfin débarrassé de nous ! Nous redescendons dans la ville moyenne où la recherche d’un magasin pour acheter des pierres est un échec ( celui qu’on avait conseillé à Hery est fermé depuis plusieurs mois ) et nous arrivons enfin à la Basse Ville, grouillante même le samedi. Alors que nous passons dans une petite ruelle à la périphérie de la ville, Hery fait arrêter le minibus à Feno et en descend sans rien dire on comprend rapidement qu’on est devant son hotely et que ce sont sa femme, sa fille et son fils qui sont là. Nous les saluons de la main et Hery remonte très rapidement dans le véhicule avec le « cadeau » de Ben, c’est-à-dire un CD de Jaojoby ( et autres musiques malgaches ). C’est vraiment une attention très sympa de la part d’Hery, que l’effet de surprise a rendu encore plus agréable. Arrivés à la sortie de la ville, nous nous arrêtons quelques minutes au Marché de la Digue, marché artisanal dédié aux touristes ces derniers étant peu nombreux, nous nous faisons harceler par les vendeurs. Alors qu’Hery nous a prévenu qu’il fallait négocier à 30% de baisse les achats, nous constatons rapidement d’après certains articles déjà vus ailleurs qu’il faut plutôt diviser par 3 le prix annoncé. Ben trouve son bonheur et achète 3 masques quasi-identiques à ceux qu’on avait dans nos bungalows à Anakao, certainement réalisés par le même artiste. Quant à nous, nous nous contentons de petites 2CV. Nous avions dit à Hery que nous aimerions ramener de la vanille de bonne qualité on lui a conseillé une adresse située juste à côté du « Bois Vert », notre premier hôtel qui sera aussi le dernier puisqu’il a été réservé aujourd’hui pour un Day use. Nous nous rendons donc à la nuit tombée à la boutique, dans laquelle sont vendues des épices nous sommes accueillis avec un rhum arrangé à la vanille délicieux, puis une présentation nous est faite sur la fabrication de la vanille. Tout cela donne l’eau à la bouche et nous sommes motivés pour acheter des gousses…..malheureusement absentes…On est venus spécialement pour acheter de la vanille, pour finalement apprendre qu’ils sont en rupture de stock. Contre mauvaise fortune bon cœur, nous achetons de l’extrait ou de la poudre de vanille ainsi que du poivre. Au Bois Vert, 2 chambres nous ont été réservées et nous en profitons pour nous doucher et finir l’organisation des bagages par rapport à notre arrivée 3 semaines plus tôt, la température extérieure nous paraît beaucoup plus douce et on s’est déjà fait la réflexion les jours précédents. Est-ce une réalité ou nous sommes nous habitués au climat malgache ? Nous allons prendre notre dîner plus tard que d’habitude, notre départ pour l’aéroport étant prévu pour 22h15. La nourriture est très correcte mais beaucoup trop copieuse et le service est tellement lent qu’à peine fini notre repas, il est déjà temps de rejoindre Hery et Feno. Nous arrivons à l’aéroport à 22h30, soit plus de 3h avant notre vol prévu à 1h40. Nous faisons nos adieux à Hery et Feno après leur avoir remis leur pourboire ainsi que les commentaires pour l’agence. La file d’attente est encore un grand moment de la désorganisation malgache et on vit le même sketch qu’à l’aller, mais en pire. Il y a 2 bornes d’enregistrement électronique mais l’une d’entre elles ne fonctionne pas à la seconde borne, l’employée qui est là met un temps fou à saisir les données ( 10 mn par personne, sachant qu’on ne peut apparemment pas enregistrer tous les voyageurs d’une même réservation comme en France ) et nous laisse passer sans enregistrer. Aux guichets, il y a le nombre de personnes suffisant, mais là encore on ne comprend pas pourquoi ça avance à une allure d’escargot. Il nous faut 1h30 pour arriver à l’enregistrement des bagages et la file d’attente fait quasiment toute la longueur de l’aérogare avec des gens gesticulants, agacés par tant d’inefficacité. On finit par passer en salle d’embarquement et à 1h, l’embarquement commence. Là encore, c’est du gros délire et de l’irrationnel total puisqu’après avoir contrôlé nos cartes d’embarquement, une fois arrivés sur le tarmac, billet et passeport sont de nouveau vérifiés, et, cerise sur le gâteau, au pied de l’avion des tables sont installées pour un contrôle du contenu des bagages à main et une fouille au corps…A cette heure avancée, les passagers sont à bout. Un français derrière nous se lâche : « ils ne sont pas capables de faire des routes mais pour nous casser les c…. ils sont forts ». Bien entendu, avec une telle organisation, difficile d’envisager un décollage à l’heure et c’est avec une heure de retard que nous quittons Madagascar.
Dimanche 2 août : Antananarivo-France. Nous arrivons à Paris en fin de matinée, avec un peu de retard par rapport à l’horaire prévu. Pierre, et surtout Juliette, dont l’état ne s’est pas amélioré depuis la veille, ont vécu une nuit pour le moins agitée et les allers-retours aux toilettes ont été incessants. Juliette est apathique et la journée risque d’être longue pour elle, le transfert pour Brest n’étant pas prévu avant 16h30. Une fois les formalités de retour effectuées et les bagages (en totalité !! ) récupérés, nous quittons Pierre qui a un train pour Rennes à 14h. De notre côté, nous tuons le temps en attendant notre vol, et la fin du voyage se passe sans encombre et nous arrivons à Fouesnant peu avant 19h. On ne peut pas en dire autant de Ben : seul pendant le voyage à n’avoir quasiment pas eu de troubles digestifs, ça le prend dans le taxi qui le ramène de l’aéroport ( la salade verte de la veille au soir au Bois Vert ?) et il finit par se vider devant sa porte d’appartement sans parvenir à effectuer les derniers mètres qui le séparent de ses toilettes. Quant à Pierre, il a touché le gros lot nous recevons un SMS de sa part à 19h : son train est immobilisé sur la voie quelques kilomètres avant Rennes, un tracteur tombé sur la voie ayant été percuté par un autre train, bloquant totalement le trafic ferroviaire. Nous suivons en direct l’évolution de la situation et c’est finalement en car et avec 4h30 de retard qu’il arrive à bon port. Comme quoi il n’y a pas qu’à Mada qu’on rencontre des impondérables !! Un dernier épisode à relater, en relation avec le voyage : le remboursement du Coco Komba ! Le lendemain de notre retour, j’envoie un mail au Coco Komba pour connaître les raisons du non remboursement d’au moins une partie des sommes engagées ( 1100 euros dont presque 700 pour la ½ pension et les transferts ). L’hôtel me répond qu’ils n’ont été prévenus que la veille de notre arrivée prévue, soit le 27/7, de notre annulation ferme, alors que les achats de produits frais à Nosy Be avaient été effectués. Je m’étonne de cette réponse, ayant depuis belle lurette fait une croix sur cette partie du voyage. S’engagent alors pendant plus d’une semaine des échanges incessants de mails entre la direction de l’agence, le Coco Komba et moi. Lors du changement de notre circuit le 10/7, l’agence a annulé nos nuits au Coco Komba, que ces derniers ont refusé de rembourser. Les sommes versées étant perdues, Malagasy Tours a réactivé la réservation le 20, pour d’éventuels clients de dernière minute ( sans toutefois préciser à l’hôtel qu’il ne s’agissait pas de nous ), puis, faute de clients comme c’était prévisible, l’a de nouveau annulée le 27. Coco Komba, considérant avoir engagé des frais et subir par ailleurs un préjudice du fait des consos non bues ( notre réputation nous aurait-elle précédé ??) et des excursions non effectuées( !), refuse de rembourser quoi que ce soit. Après d’âpres négociations avec Olivier de l’agence, l’hôtel accepte de partager le remboursement de la ½ pension avec l’agence, à condition que ceci se fasse sous forme d’une remise de 5% sur les prochaines réservations de l’agence au Coco Komba. Trouvant que c’est une usine à gaz ( d’autant que ça revient à ce que l’agence nous rembourse en une fois pour de son côté ne se faire payer qu’en plusieurs ), Olivier mentionne que 350 euros à rembourser en 1 fois, ce n’est pas la mer à boire. Il précise aussi que, faute d’accord à l’amiable nous mettrons un avis salé sur le site Tripadvisor. C’en est trop pour l’hôtel qui accuse Olivier de chantage et refuse d’en faire plus. C’est donc à ce stade que se termine la discussion, l’agence nous remboursant 350 euros et l’hôtel rien….C’est franchement mesquin , d’autant que vu la conclusion de cette histoire et les mails musclés échangés, l’agence décide de ne plus travailler avec cet établissement. Je mets donc mon commentaire sur Tripadvisor ( le seul parmi des commentaires dithyrambiques ) auquel l’hôtel répondra quelques semaines plus tard, après m’avoir envoyé un mail explicatif ( on a tourné la page et on n’y répondra pas ).
Bilan du voyage. Ça a été un super voyage malgré le changement de circuit de dernière minute tout le monde a plutôt bien supporté les longues heures de route et le circuit s’est déroulé dans une excellente ambiance ( même les filles ne se sont quasiment jamais disputées ), y compris avec Hery et Feno. C’est un pays qui ne peut pas laisser indifférent, très pauvre mais avec des habitants d’une grande gentillesse et joie de vivre. Les paysages sont magnifiques et variés, de même que la faune. Toutes les étapes de notre périple ( y compris Ranomafana et Andasibe qui ont été rajoutées lors du changement de programme ) nous ont plu et aucune ne nous a paru inutile. Compte tenu de nos impressions et du fait que notre circuit initial a été sérieusement amputé, ce voyage en appelle certainement un autre, les centres d’intérêt étant multiples : Allée des Baobas et Tsingys, Ste Marie, Nord du pays avec Diego et les îles…Ce ne sera pas dans l’immédiat mais on y retournera c’est certain. Quant à l’insécurité, qui nous a un peu fait hésiter à choisir cette destination, nous ne l’avons pas du tout constatée durant notre séjour bien sûr il y a une grande misère, bien sûr l’ambiance est un peu glauque dans certaines villes ( Tulear, Tana..) mais jamais nous ne nous sommes sentis menacés. Il faut dire que nous n’avons pas tenté le diable en étant accompagnés par un guide, en ne sortant jamais la nuit et en évitant de montrer des signes extérieurs de richesse. Concernant l’organisation du circuit, rien à dire, l’agence Malagasy Tours est à recommander : sérieuse, très réactive ( changement de circuit, valises..) et tarifs proposés corrects. L’hôtellerie choisie était d’un excellent niveau et même parfois carrément luxueuse ( Anakao, Isalo notamment ). Un 4x4 n’aurait pas été de trop pour effectuer le parcours ( ah cette piste jusqu’au Camp Catta !! ) mais cela nous aurait obligé à avoir 2 véhicules et nous y aurions perdu en ambiance. Nos 2 accompagnateurs : Feno, le chauffeur, était très discret, peu bavard ( alors qu’il comprenait très bien le français y compris des blagues d’une haute teneur intellectuelle ), très gentil et excellent conducteur Hery, notre guide, avait toujours un bon mot pour rire, et était très disponible et prévenant par contre nous avons un peu regretté son manque de culture et de connaissances profondes de son pays, même si les guides locaux dans les parcs connaissaient eux parfaitement leur sujet.
Samedi 11 juillet. A 3h45, réveil en fanfare et c’est le grand départ pour l’aéroport de Guipavas ou nous retrouvons Ben. Nous décollons pour Roissy à 6h35 et arrivons sans encombre à 7h45, où toute l’équipe se retrouve au complet puisque Pierrot est arrivé la veille et a logé à l’Ibis. Nous décollons à 11h30, donc à l’heure, de Roissy et arrivons à 23h10 à Antananarivo après un vol sans histoires. Le plus dur est fait, se dit on et dans une heure nous devrions être couchés….illusion !! Nous sommes d’emblée confrontés à l’efficacité malgache dans toute sa splendeur : d’une part les démarches d’entrée dans le pays prennent un temps fou ( il faut passer à 2 postes où la rapidité est inversement proportionnelle au personnel dédié ) et surtout les bagages arrivent Mora Mora, tellement d’ailleurs que seulement 3 bagages sur les 6 sont arrivés ( ils manquent la valise de Ben et 2 de nos bagages, les vêtements étant par chance dans les 2 autres sacs ). Comme nous ne sommes pas les seuls, loin de là, c’est aussi un vaste foutoir au bureau de réclamation des bagages. Ce n’est donc que vers 2h30 que nous quittons l’aéroport avec notre guide Hery et notre chauffeur Feno qui nous attendent depuis plusieurs heures. Le temps de faire du change, de donner un pourboire misérable aux porteurs de bagages ( on n’a pas encore trop la notion de la valeur des ariarys et honnêtement il ne faut pas nous demander grand-chose à cette heure avancée et après ces émotions), Hery nous fait un topo rapide tout en nous offrant un plateau garni de nems, samoussas, beignets de poulets…., délicieux mais à cette heure on pense plus à notre lit qu’à notre estomac. Nous arrivons en quelques minutes à notre hôtel, « Le Bois Vert », où la température est très fraîche et où nous passons une première nuit courte mais oh combien réparatrice.
Dimanche 12 juillet : Antananarivo-Antsirabe. Vus les événements de la veille, le top départ de ce matin n’a été fixé qu’à 10h nous nous levons donc à 9h et, après le petit déjeuner, nous laissons à l’hôtel des photocopies de nos passeports et les clés et codes de nos bagages, pour qu’une personne de l’agence puisse aller à l’aéroport les récupérer. A 10h, c’est parti pour l’aventure dans notre minibus Mercedes Sprint vert flashy. La traversée de la capitale nous donne une idée de la pauvreté entrevue la veille lors de l’aéroport à l’hôtel. Après être passé devant des femmes qui lavent leur linge, devant un hôpital vide ( construit par le gouvernement de la transition, un mot qu’on entendra beaucoup durant le séjour, toujours pour parler de choses inutiles réalisées ou utiles qui n’ont pas été faites ), nous quittons progressivement Antanarivo petit à petit apparaît le paysage des hautes terres, avec son relief montagneux, sa terre rouge et ses rizières et autres cultures. La foule le long de la route est impressionnante et les arrêts nombreux : boutique pour faire le plein d’eau ( où nous entendons la chanson de Françoise Hardy « tous les garçons et les filles », probablement le tube du moment …), petit marché au bord de la route pour acheter des fraises locales ( où je me fais arnaquer car je donne le prix demandé de 10 000 ariarys pendant qu’Hery le négocie à la baisse ), vendeurs divers et variés ( artisanat local, objets en raphia, chapeaux, petites voitures….à des prix défiant toute concurrence ). Nous nous arrêtons le midi dans la ville du foie gras, Behenjy, dans un restaurant un peu kitsch, « le coin du foie gras », situé sur la hauteur, où les notables des environs ont manifestement l’habitude de déjeuner les dimanche midi. Le foie gras n’est pas mauvais du tout (nature ou parfumé à la vanille, au poivre ou au raisin ), et on déguste pour la première fois un filet de zébu et Ben et Pierre la bière vedette de Mada, la THB. Hery et Feno mangent sur une autre table. J’avais signalé à l’agence avant notre séjour que nous souhaitions prendre nos repas « seuls » car c’est toujours compliqué, et même parfois pénible, d’être constamment avec le guide, sans possibilité de se lâcher vraiment. Le fait de le prévoir avant le départ permet de ne pas froisser le guide qui pourrait le prendre comme un jugement personnel. Nous continuons notre périple en direction d’Antsirabe, en nous arrêtant régulièrement pour des photos de paysages ou des scènes de la vie quotidienne. Partout où nous nous arrêtons, alors qu’on pense être dans des coins déserts, c’est systématiquement une nuée d’enfants qui sortent de partout et nous entourent en criant « bonbons vazahas !!!! » On s’y attendait un peu mais parfois ça tourne à l’émeute. Après avoir dû renoncer ( pour mieux la faire au retour ) à la visite de la fabrique de marmites en aluminium à Ambatolampy, nous arrivons vers 17h à Antsirabe, alors que la nuit n’est pas loin. Nous effectuons la visite très intéressante de l’atelier de Mamy qui fabrique des vélos, voitures…avec du matériel de récupération. Derrière cette boutique se situe celle de la femme de Mamy qui vend de la broderie. Nous y achetons une grande nappe et Ben nous gratifie d’un striptease lors de l’essayage d’un teeshirt, qui déclenche l’hilarité dans toute l’assistance, notamment d’une vendeuse qui lui dit qu’elle a vu les horreurs de la guerre et n’est donc plus à ça prêt. Nous terminons la journée par la visite d’un artisan qui fabrique des objets en corne de zébu la démonstration de la fabrication est très instructive et bien sûr, comme il se doit, la visite se termine par un petit passage à la boutique où la fièvre acheteuse bat son plein. Nous arrivons à l’hôtel, « Couleur Café », vers 18h tenu par un breton des Côtes d’Armor, c’est un établissement très agréable, fait de plusieurs petites maisons, chaque chambre ayant sa cheminée, ce qui n’est pas du luxe compte tenu de la température sibérienne qui y règne à cette période de l’année ( c’est la ville la plus froide du pays ). Rendez-vous est donné par Hery à 19h pour le briefing du voyage et de notre guide du lendemain. Nos bouteilles d’apéritif ainsi que celles de Ben étant entre la France et Mada dans nos bagages « perdus », Pierre heureusement a les siennes et nous sauve d’une déshydratation majeure. On apprécie bien ce premier apéritif au coin du feu, tout en commentant cette première journée assez riche. Nous retrouvons notre guide comme convenu au restaurant où un petit rhum arrangé de bienvenue nous est offert par l’agence et où le carnet de voyage nous est remis. Notre guide local du lendemain, Arsène, vient nous expliquer le programme de la journée : balade de plusieurs heures dans les paysages de rizières des environs du village de Betafo. Il pratique un tourisme écoresponsable en faisant participer les villageois à la venue des touristes dans leurs villages reculés et en les rétribuant un peu pour cela. Nos chaussures de marche sont dans la valise «évaporée » mais d’après Arsène nos chaussures en toile devraient suffire. Après cette explication, Arsène nous quitte en nous donnant rendez-vous pour le lendemain. Hery termine ses explications sur l’ensemble du circuit et nous quitte à son tour. Ce soir, c’est dodo tout habillés ( Ben n’ayant pas ses bagages garde ses vêtements 24h sur 24 ) car le feu de cheminée est éteint et la chambre est glaciale malgré le petit digestif pris au retour du restaurant.
Lundi 13 juillet : randonnée dans les hautes terres. Ce matin, Arsène nous a donné rendez-vous à 9h, le temps pour lui d’acheter le nécessaire pour le pique-nique de midi. Il est accompagné de son frère qui se destine aussi au métier de guide. Nous prenons le minibus en direction de Betafo et nous nous arrêtons quelques kilomètres avant le village. C’est aujourd’hui lundi, jour du marché hebdomadaire, et toute la population se dirige en masse vers Betafo pour y vendre toutes sortes de produits. Nous entamons notre marche par la montée d’une colline assez raide qui nous donne un avant-goût du programme de la journée. Arsène est un excellent guide, très instruit, qui nous donne énormément d’informations sur les plantes, les us et coutumes. Arrivés au sommet d’une seconde colline, nous surplombons le village de Betafo plusieurs dizaines de mètres plus bas. La vue est grandiose, avec notamment les paysages de rizières en terrasses. D’en haut, Arsène aperçoit un regroupement de personnes d’après lui, il est probable que ce soit une cérémonie de retournement des morts, coutume locale qui se déroule à cette période de l’année. Nous continuons notre marche et finissons par arriver dans la vallée à un petit village où nous sommes accueillis par une joyeuse bande d’enfants. Ici, pas de « bonbons vazahas », les habitants n’ont pas encore été pervertis par le tourisme. Arsène leur a apporté des photos prises par des touristes venus précédemment dans le village c’est la franche rigolade. A notre tour, nous commençons à les mitrailler lors d’une séance photo, les enfants imitant Jackie Chan en prenant le pose. Les arrêts sont nombreux pour photographier des scènes de la vie quotidienne et nous commençons à maitriser 2 mots malgaches qu’on utilise toutes les 30 secondes, salam (a, é ou o , ce qui veut dire bonjour, qui se dit également d’une autre façon, manao ahoana) et velom ( a et é qui signifie au revoir ). Nous visitons une petite maison assez misérable, où toute la famille vit dans 2 pièces, une cuisine dont les murs sont dégoulinants de suie ( mais pourquoi les maisons n’ont-elles pas de cheminées ? On aura à peu près autant d’explications différentes que de fois où on a posé la question : pour garder la chaleur, pour protéger des termites ou des moustiques….en tout cas, ce n’est certainement pas pour préserver la santé des pauvres malgaches) et une mini-chambre commune à toute la famille. Ils vivent à l’étage, le rez de chaussée étant réservé pour les bêtes en particulier.

Peu après le village, nous progressons dans les rizières en marchant sur les « diguettes » Charlotte, qui est handicapée par une douleur au genou, met malencontreusement le pied dans l’eau. C’est le drame car ses Stan Smith neuves sont fichues et Charlotte est en pleurs, s’en voulant de ne pas avoir pris soin de ses chaussures neuves. Nous nous arrêtons pour le pique-nique dans un coin tranquille à l’abri du vent. Au menu : avocats délicieux avec une vinaigrette à l’oignon, samousas et fruits pour le dessert. Hery nous apprend que la valise de Ben est arrivée à bon port, contrairement aux nôtres dont on est toujours sans nouvelles ( alors qu’on a reçu dans la nuit un mail d’Air France nous signifiant que les bagages étaient en chemin ). C’est une bonne nouvelle pour Ben par contre, pour nous, les chaussures de marches, les vêtements à laisser à Madagascar, les bouteilles d’apéritif et plus grave, la Malarone et tous les médicaments attendront. Durant le repas, Arsène nous raconte l’histoire du Maki qui parle : c’est quoi ça ? « Une banane » répond le maki. « Merci Maki ». C’est quoi ça ? « un ananas » « merci maki » puis on lui montre le fruit qui ressemble à une grosse orange.. Anny et Ben tombent tous les 2 dans le panneau en répondant « un pamplemousse » auquel Arsène répond par un « merci Maki »…. Après le déjeuner, nous continuons à progresser vers Betafo Arsène nous confirme que le rassemblement de personnes sur la colline correspond bien à une cérémonie de retournement des morts et nous demande si on souhaite y assister, ce que nous acceptons, très curieux de connaître cette tradition qui ne se déroule que dans une partie du pays. Appelée Famadihana, cette coutume funéraire en particulier des hautes terres a lieu de juin à septembre de villages en villages, les tombeaux sont ouverts et les vivants font danser leurs morts lors de grandes fêtes cela donne lieu à 2-3 jours de festins où tous les membres de la famille et les amis sont invités. Après les avoir sortis du tombeau, la foule des parents et des amis s’empare des corps et les emportent dans une danse très rapide. Cette cérémonie a lieu tous les 3, 5 ou 7 ans et à cette occasion, les linceuls recouvrant les restes mortuaires sont renouvelés. Arrivés sur le lieu de la cérémonie, nous nous faisons toucher et même agripper par plusieurs personnes manifestement bien alcoolisées, ce qui met certains d’entre nous un peu mal à l’aise, ayant du mal à savoir s’ils sont honorés ( ce qui est a priori le cas ) ou si on les dérange. Ben est invité à visiter l’intérieur du tombeau. Puis c’est le moment des chants : certains dansent, d’autres portent les corps dans leur linceul tout en tournant 7 fois autour du tombeau un moment impressionnant et vraiment unique ! A la fin de la cérémonie, ils entonnent l’hymne malgache, avant de se disséminer petit à petit dans la campagne. Nous poursuivons ensuite notre descente vers Betafo où nous attend Feno. Il est plus de 16h et le marché est désormais terminé dommage car la concentration de personnes est vraiment impressionnante à cette heure avancée et cela devait être vraiment grouillant quand le marché battait son plein au cours de la journée. Sur le chemin du retour, nous demandons à nos guides de nous arrêter en ville à Antsirabe pour acheter des chaussures pour les filles, celles de Juliette lui faisant mal et les Stan Smith de Charlotte ….. Nous en trouvons d’occasion dans la rue, correctes et à un prix dérisoire. Par contre, quel contraste entre l’ambiance un peu glauque en ville et celle hyper chaleureuse dans les villages traversés tout au long de la journée. Une bien belle journée en tout cas, avec un guide cultivé et hyper intéressant, qui contraste avec Hery qui, bien que très attentionné et plein d’humour, manque de connaissances profondes. A l’arrivée à l’hôtel, la valise de Ben est là ! Plus que 2 bagages et nous serons au complet…
Mardi 14 juillet : Antsirabe – Antoetra. Ce matin, faute d’être certains de récupérer nos bagages, nous décidons de rationner la Malarone et de ne pas en prendre dans ces régions fraîches où les moustiques font manifestement grève eux aussi. Nous partons ce matin à 9h en direction d’Ambositra. Nous commençons par une petite balade en pousse pousse dans Antsirabe qui nous mène à la gare, la rue de l’Indépendance ( toutes les villes ont une rue et une place de l’Indépendance à Mada), l’hôtel des Thermes, et pour finir le centre-ville où nous nous arrêtons dans une boutique de pierres précieuses, chez Joseph. Difficile de trouver plus visqueux, gluant et mielleux que le dénommé Joseph qui a d’ailleurs transmis son « savoir-faire » dans le domaine à son personnel. On déteste ce genre d’ambiance où tout est exagéré ( le summum étant atteint avec 4 tortues radiées qui ont manifestement été mises au « garde à vous » pour notre arrivée ), mais on finit quand même par acheter quelques pierres semi-précieuses. Sur la route vers Ambositra, comme dans le reste du pays, 2 choses frappantes : les « arrêts flics » toutes les 30 mn au bord des routes ( on se demande à quoi ils servent à part racketter dès que possible ) et les taxis brousses et autres ORNI ( objets roulants non identifiés ), chargés à bloc à l’intérieur et sur le toit. On se demande comment ils peuvent rouler avec de tels chargements. D’ailleurs, très régulièrement on voit sur les routes des véhicules en panne, en cours de dépannage, avec une branche ou un feuillage 100 m avant pour signaler ( c’est leur triangle à eux ). Nous arrivons à Ambositra pour le déjeuner, au restaurant « chez Jonathan », un lieu d’anthologie grâce au chanteur qui y officie : Johny Gasy. A priori c’est un habitué des lieux et tout est réuni pour passer un moment mémorable : le look ( avec guitare ), la façon de chanter ( bouche semi-ouverte ), le répertoire ( Aline de Christophe, J’entends siffler le train, Que sera sera, chants tyroliens, Beatles, Capri c’est fini….) et pour clôturer le tout la voix ( nasillarde à souhait ). Notamment la version d’Aline nous provoque un énorme fou rire général. Un grand moment. Ça va d’ailleurs devenir la chanson de nos vacances ( et j’ai crié, crié….). En sortant du restaurant, nous nous faisons agripper par des vendeuses d’écharpes en soie. C’est la foire d’empoigne entre elles et c’est pénible d’acheter dans ces conditions. Dans la foulée nous allons visiter un atelier de marqueterie. Les objets en vente dans la boutique ( couvertures d’albums de Tintin notamment ) vont du laid au quelconque et pour la première fois nous quittons une boutique sans rien acheter. Quelques kilomètres après Ambositra, nous prenons l’embranchement et la piste en direction d’Antoetra, notre hôtel « Sous le Soleil de Mada » étant situé à mi-chemin. C’est le début du pays Betsileo les hommes arborent une tenue très typique, avec un couvre-chef et en guise de vêtement une longue étoffe drappée sur l’épaule rappelant les masais des hauts plateaux tanzaniens. Nous nous arrêtons en cours de piste pour voir travailler des chercheurs d’or l’une des femmes qu’on prend en photo fait le spectacle en se tortillant dans tous les sens. A chaque fois qu’on s’arrête en bord de route, il se passe quelque chose et les gens sont vraiment spontanés. Après 1 h de piste, nous arrivons à l’écolodge, tenu par Brigitte et Marc, vers 16h. C’est un ensemble de petites maisonnettes, construites selon le style zafimaniry ( nous sommes dans la région ). Après avoir pris possession de nos bungalows, nous partons faire une petite marche aux alentours de l’hôtel à la rencontre des villageois. C’est grâce à Brigitte et Marc que les enfants sont maintenant scolarisés. Ils les sensibilisent aussi au respect de l’environnement en faisant planter à chaque enfant un arbre par an.

Après une petite partie de pétanque, à partir de 18h c’est la discussion autour du feu de camp, où on regarde les étoiles et où Brigitte nous explique son analyse de la situation à Madagascar, très intéressante car venant de quelqu’un qui connaît le terrain tout en ayant un œil « extérieur ». Elle nous fait part de sa déception sur l’évolution du tourisme à Madagascar, le nombre de voyageurs annuels étant passés de 450 000 en 2009 à 200 000 actuellement, avec probablement une dégradation liée à la grève d’Air Madagascar. La raison principale est l’insécurité, qu’elle trouve excessivement mise en avant par les sites diplomatiques par rapport à la réalité sur place. Comme d’autres, elle nous dit aussi ( et nous avions eu la même réflexion ) que finalement c’est une bonne dictature qu’il faudrait pour remettre le pays dans le droit chemin. A 19h, les choses sérieuses commencent puisque c’est l’apéritif au rhum arrangé. C’est Marc qui tient le bar ( c’est d’ailleurs plutôt l’inverse car le pauvre a des problèmes de santé ) : grande gueule, il m’apostrophe d’emblée en me prenant pour un chinois je suis d’après lui le sosie (confirmé par Brigitte ) avec 20 ans de moins d’Assoun, un chinois d’Ambositra. Il joue un peu la provoc, ce qui peut surprendre voire déplaire à certains, mais on voit qu’il a le cœur sur la main. En tant que bretons ( lui est auvergnat ) nous avons notre réputation de piliers de bar à tenir et nous dégustons avec plaisir , accompagnés par des cacas pigeons ( gâteau apéro locaux ) plusieurs rhums arrangés ( cardamone, poivre, gingembre-cumbavas, pok pok….), les meilleurs de notre séjour haut la main. Marc et Brigitte nous racontent qu’ils sont partis il y a plus de 10 ans pour un tour du monde dont la première étape était Madagascar et ils n’y sont jamais repartis, conquis par l’accueil et la gentillesse malgaches. Le repas se passe dans la convivialité, autour d’une grande table d’hôtes, et nous sommes accompagnés par 2 nantaises et 3 couples de suisses très sympas. Une excellente soirée. La nuit est glaciale ( 4°C au réveil ! ) et la literie pas terrible mais on s’endort sans mal….
Mercredi 15 juillet : randonnée dans les villages zafimaniry. Au lever vers 7h, de la buée sort denotre bouche à l’intérieur du bungalow, ce qui donne une idée de la température les plus courageux passent à la douche ( n’est-ce pas Ben ?), mais je décide comme la plupart de passer mon tour. Si le froid devait durer tout le voyage, on en reparlera mais ce matin ce n’est vraiment pas le moment… Par ailleurs, contrairement à la veille, les nuages sont de la partie ( on est dans une région très humide souvent sujette à des nuages et de la pluie ) et nous accompagneront malheureusement toute la journée. A 8h, départ pour Antoetra pour une balade dans le pays Zafimaniry, connu pour son artisanat du bois, en particulier ses maisons assemblées sans le moindre clou ni la moindre vis, aux portes et aux volets finement sculptées. Nous avons rendez-vous avec notre guide Johny et arrivons sur place à 9h. Les présentations se font rapidement avec Johny, qui n’est pas du genre causant, contrairement à une nuée de jeunes qui s’accrochent à nous en nous demandant de leur acheter des souvenirs à notre retour du village d’Ifasina, but de notre balade. Comme toujours, il y en a qui sont plus dégourdis que les autres et arrivent à se « placer ». Chacun d’entre nous a son « camarade », en gros le premier enfant à avoir lié connaissance avec nous ( Frédéric pour Anny, Jean Marc pour Pierre, Pascal et Stanislas pour Ben, Emmanuel et Eric pour moi ). Ce sont tous des petits malins et ils parlent plutôt bien le français pour un coin aussi reculé. Aujourd’hui, c’est le jour du marché, mais entre les camarades qui nous collent et Johny qui a le feu aux fesses, on n’en profite presque pas et la visite est baclée. Nous entamons notre marche en direction d’Ifasina, village le plus proche, distant de 4 kilomètres par un chemin en montagnes russes en chemin, nous croisons des villageois qui se rendent au marché en nombre. Malheureusement le temps maussade ne nous fait pas apprécier cette randonnée à sa juste mesure, les couleurs des paysages étant un peu fades. A cause du temps, les caméléons ne sont pas non plus de sortie. Charlotte souffre de nouveau de son genou et Anny ne se sent pas très à l’aise sur ces chemins escarpés et glissants. En cours de route, nous somme rejoints par Stanislas, sourd et muet, qui va nous accompagner tout au long de la journée. Après 2 h de marche, nous arrivons enfin à Ifasina où une nouvelle fois nous sommes accueillis par une horde d’enfants ( Jean Marcel, Brigitte….). Toutes les maisons, contrairement à Antoetra, sont ici en bois et nous sommes invités à visiter la case du chef du village qui se dit honoré de notre visite et nous explique le fonctionnement de sa maison ( avec les 4 coins qui ont une signification particulière) où vivent également canards et cochons. Nous le quittons après quelques minutes, non sans lui avoir versé le droit d’entrée qui est de rigueur. A côté de la case ont été disposés différents objets en bois vendus à un prix modéré après nos achats, nous continuons la visite du village et alors qu’on repasse devant la case du chef 5 mn plus tard, tout l’artisanat a déjà été rangé !!

Nous faisons notre halte pique-nique peu après le village, pique-nique que nous partageons avec Stanislas qui n’en demandait pas tant. A mi-chemin, nos camarades arrivent avec des objets en bois qu’ils veulent nous vendre sur le chemin, soit disant pour éviter les problèmes au village nous décidons d’attendre avant d’acheter, mais une fois arrivés à Antoetra, entre les 2 boutiques d’artisanat et les camarades, c’est la foire d’empoigne et c’est même tout près de mal tourner tellement on sent une pression énorme. Juliette et Anny n’en peuvent plus et nous menaçons de partir sans rien acheter si les esprits ne se calment pas finalement on achète à nos camarades, après quoi on quitte le village avec un arrière-goût tellement la fin a été pénible pour tout le monde. Si ça continue, les touristes vont se détourner de cette destination pourtant potentiellement intéressante. On en parle à notre retour à Brigitte qui regrette que personne au village ne soit capable d’organiser la vente de cet artisanat dans un seul et même lieu où tout serait réuni, ce qui éviterait les pugilats. Avant le feu de camp, Charlotte, Juliette et Pierre font une partie de pétanque avec un jeune malgache, Jean Baptiste. Pendant ce temps, nous achetons des écharpes en soie à Brigitte au moins ici on peut prendre le temps de les choisir sans être assailli. A 18h, lors de notre discussion autour du feu, Hery nous informe que nous devons partir à 8h le lendemain car nous devons récupérer au 1er village sur la RN7 nos 2 derniers bagages enfin arrivés à bon port. Nous voilà enfin rassurés, notamment pour la Malarone qu’on va pouvoir reprendre à partir de demain. A 19h, nouvel apéritif au rhum arrangé, avec Marc qui nous raconte ses problèmes de santé opéré il y a quelques mois à la Réunion, il a l’air mal en point et ne paraît pas très optimiste sur l’avenir. On espère en tout cas qu’il ira mieux et pourra mener à bien ses projets au sein du village. Ce soir, nous devions être seuls pour le repas mais finalement 2 couples de belges se sont invités et un couple de réunionnais ( déjà venu l’an passé ) arrive à l’improviste, ce qui oblige Brigitte à leur trouver de la nourriture pour le diner. Au menu ce soir : un plat d’écrevisses, délicieuses dont on se régale tous. Pendant le repas, le fils des Réunionnais, Simon, nous joue des airs d’accordéon dans une très bonne ambiance comme la veille sa mère nous raconte avec moult détails leur périple en train entre Fianarantsoa et Manakara ( plus de 20 h ), avec notamment une scène hilarante où un français, harassé, est tombé du train en marche et où des passagers ont eu le temps d’aller le rechercher et le charger dans le train sans que quiconque ne se soit rendu compte et sans que le train n’ait eu besoin de ralentir. Pour finir la soirée, Marc nous invite encore à un dernier rhum arrangé on se souviendra de ce lieu hors du temps où nous avons rencontré dans gens formidables ! Jusqu’à la fin du séjour Ben se fera d’ailleurs chambrer régulièrement car pas une journée ne se passera sans qu’il évoque Brigitte dans la conversation.
Jeudi 16 juillet : Sous le Soleil de Mada-Fianarantsoa. A 8h, comme convenu, nous faisons nos adieux à Brigitte et Marc, après cette parenthèse inoubliable de 2 nuits après une heure de piste, nous arrivons au village d’Ivato où c’est le marché hebdomadaire et où nos bagages nous attendent. C’est un guide Malagasy Tours qui a fait la route en taxi brousse depuis Antananarivo et qui repart aussitôt dans l’autre sens, une fois sa mission effectuée. Nous déambulons quelques minutes dans les allées du marché et nous dégustons des sauterelles, franchement pas terribles. Alors que nous regagnons notre minibus, nous avons la surprise de voir arriver Brigitte avec sa dégaine improbable, dans sa 4L hors d’âge qui fait aussi taxi brousse puisqu’elle a pris des malgaches et des canards. Quelques mètres plus loin, on se dit que la 4L de Brigitte n’est finalement pas si mal puisqu’une autre 4L sur le bord de la route, dont on se demande comment elle peut encore rouler, a son réservoir d’essence réduit à un simple bidon au niveau du siège du passager….encore un exemple du sens de la débrouille des malgaches. Nous reprenons notre route vers le Sud, les nuages de la veille étant encore bien présents ( le ciel ne se dégagera que peu de temps avant Fianarantsoa ) malgré cela, les paysages sont magnifiques. Alors que nous roulons depuis moins d’1 heure sur la RN7, Hery reçoit un coup de téléphone : le guide a oublié de nous rendre la clé pour ouvrir le cadenas de notre sac tant pis, on trouvera bien un moyen de défoncer notre cadenas à l’hôtel ce soir…. Quelques kilomètres avant Fianarantsoa, nous nous arrêtons de nouveau à un marché Juliette et Charlotte décident de rester dans la voiture, pas très à l’aise dans ces ambiances de marché pourtant toujours très pittoresques, où elles subissent le regard insistant de certains, voire parfois des mains un peu baladeuses. Sur la route, nous assistons régulièrement à des scènes cocasses et nous suivons pendant de longues minutes un taxi brousse avec sur son toit plusieurs canards dans un grand panier, leur propriétaire allant même, alors que le véhicule roule toujours, remettre de l’ordre dans le panier. Les 30 derniers kilomètres avant Fiana sont épouvantables et la route est tellement défoncée qu’on avance au pas, un 4x4 étant ici indispensable pour rouler à vitesse correcte. Feno conduit très prudemment mais malgré tout nous sommes pas mal secoués et c’est assez éprouvant. Manifestement, le gouvernement de la transition et celui qui a suivi n’ont pas investi beaucoup d’argent dans la rénovation des routes pourtant indispensable au développement du pays. Les malgaches paraissent d’ailleurs nostalgiques du président Ravalomanana, renversé en 2009, qui lui avait compris la nécessité d’avoir des enfants scolarisés et un réseau routier digne de ce nom. Après 4h de route, nous arrivons à Fiana et nous arrêtons dans un restaurant pour le déjeuner. Là nous sommes immédiatement sollicités par un rasta malgache qui veut nous vendre des pierres précieuses, soit-disant recommandé par le Petit Futé ( pas le dernier en tout cas..) nous lui signifions que nous ne sommes pas intéressés mais il insiste pour nous les montrer, et c’est alors le début d’une séance interminable de déballage et remballage ( puisque nous ne lui achetons rien comme prévu ), sa mini-sacoche se révélant un puit sans fond. Dans l’après-midi, nous allons visiter la haute ville, avec une certaine appréhension, Hery nous ayant prévenu qu’on risquait d’être harcelés comme à Antoetra. La guide locale s’appelle Pauline, c’est une jeune orpheline qui a été recueillie par l’association du Père Pédro aujourd’hui elle vole de ses propres ailes et se destine à une carrière d’avocat. Finalement on n’est pas trop sollicités par les enfants et c’est plutôt une bonne surprise on est juste accueillis par un « Bienvenue chez les Chtis » suivi d’un « Salut Biloute » qui nous fait hurler de rire tellement c’est décalé par rapport au contexte. La visite est agréable et l’ensemble de cette ville nous laisse une impression très agréable, contrairement à d’autres grandes villes un peu glauques. Nous finissons la journée en allant chez Pierrot Men, photographe bien connu, chez qui nous achetons des cartes postales et des photos à encadrer. Dans la rue, c’est l’effervescence car les élections communales se préparent et c’est la propagande, c’est-à-dire des rassemblements et des défilés un peu partout, des gens habillés aux couleurs du parti du candidat, à grand renfort de sonos poussées à fond et de « fidio » ( en malgache « votez ») + le nom du candidat ( Léon Cu nous a marqué à Fiana ). Jusqu’à la fin du séjour, ces scènes de liesse seront quasiment incessantes et iront crescendo. En fin d’après-midi, nous arrivons à notre hôtel, la Villa Sylvestre situé en plein centre-ville, on a l’impression de rentrer dans un bunker, tout étant hyper sécurisé. Par contre, l’intérieur est très agréable avec un style colonial de bon goût et une grande terrasse. Notre premier objectif de la fin de journée est de détruire le cadenas de notre sac, ce que nous arrivons à faire, non sans peine, avec l’aide du gérant de l’hôtel, très sympa. A l’apéritif, on s’épanche un peu sur notre guide Hery, qui nous énerve un peu par son manque de culture et sa tendance à tout prendre à la légère au briefing de la journée du lendemain avec Hery, celui-ci nous demande s’il y a des choses à améliorer dans le voyage. Hasard ou nous a t-il entendu quand on discutait à l’apéritif sur la terrasse ? Toujours est-il qu’on lui dit que tout va bien, l’organisation du circuit nous convenant et les carences qu’on lui trouve n’étant de toute façon pas améliorables. Au repas du soir, au restaurant de l’hôtel, nous sommes les seuls clients. Ce soir c’est Pierre qui en prend pour son grade puisque le gérant de l’hôtel lui trouve une ressemblance frappante avec Albert de Monaco. Ce n’est pas la première fois qu’on trouve cette ressemblance et c’est vrai qu’en y regardant de plus près…. En tout cas, entre Assoun et Albert, Pierre et moi sommes habillés pour le voyage. Le repas est correct sans plus il manque une part de poulet, l’hôtel ayant cru qu’un de nous était végétarien. C’est Anny qui se dévoue pour prendre du poisson et en l’occurrence c’est un vrai sacrifice dans le cas présent. Quand on demande de quel poisson il s’agit, la serveuse, très gentille au demeurant, nous dit « du thon ». On voit tout de suite qu’il ne s’agit pas de thon mais d’un filet de poisson blanc, dur comme une semelle jamais nous n’avons vu un poisson aussi dur. Chacun se dévoue pour en manger un peu mais c’est pire que les yeux de barracuda dans Koh Lanta et on finit tous par cacher un morceau sous nos os de poulet.
Vendredi 17 juillet : Fiana-Tsaranoro. Nous partons vers 8h00 ce matin, ayant des timbres à acheter et de l’argent à tirer à la banque. Par ailleurs, nous avons convenu avec Hery la veille d’aller à l’orphelinat du Père Pedro pour faire des dons de vêtements que nous avons ramenés de France ( et récupérés la veille dans nos bagages retardés ) il ne connaît pas le chemin mais nous avons repéré le bâtiment la veille depuis la ville haute. Malheureusement, impossible de trouver l’orphelinat, le comble étant que manifestement personne dans le quartier où on cherche ne le connaît alors que le bâtiment vu la veille est immense. On est un peu furax de cet échec, d’autant qu’on a de gros doutes sur la volonté d’Hery de trouver vraiment cet orphelinat. Nous repartons rapidement en direction d’Ambalavao, dans des paysages grandioses. Nous nous arrêtons en chemin chez des petits artisans qui fabriquent des objets avec de la fibre de sisal. Arrivés à Ambalavao, nous visitons une fabrique de vers à soie ( intéressante ) et la fabrique de papier antaimoro, très recommandée dans les guides, mais que nous trouvons trop touristique et les articles vendus sont la plupart très laids à notre goût. Il est déjà l’heure du déjeuner ( le temps passe vite ! ) et nous nous arrêtons dans un restaurant où nous rencontrons encore les personnes déjà vues lors d’arrêts précédents pour le repas de midi. Manifestement très peu de restaurants conviennent aux vazahas qui se retrouvent tous au même endroit, ce qui permet aussi aux guides de se retrouver. Après avoir passé commande du repas, et en attendant d’être servis, nous allons faire un tour au marché du village, haut en couleur comme d’habitude, et nous en profitons pour acheter un stock de stylos pour distribuer aux enfants lors de notre périple. En début d’après-midi, nous quittons Ambalavao et arrivons quelques minutes plus tard à la réserve villageoise d’Anja où nous devrions voir nos premiers lémuriens tant attendus. Notre guide, Jean Baptiste est accompagné par un rabatteur qui va chercher les lémuriens ( encore qu’ici ça ne se justifie pas vraiment, le territoire étant restreint ). Nous découvrons enfin les lémuriens ( Lemur Catta dans cette réserve ), en nombre et facilement accessibles car très habitués aux humains on ne se lasse pas de les observer ( quelle agilité ! ) et de les photographier sous toutes les coutures. On a également l’occasion de voir un crocodile en pleine sieste sur un rocher au milieu de l’étang, et des caméléons d’un magnifique vert fluo. La balade, très agréable, se poursuit jusqu’au sommet d’une colline, la fin de l’escalade se faisant à l’aide de cordes. D’en haut la vue est splendide. Charlotte, déjà en petite forme depuis ce matin, paraît avoir de la fièvre et n’est vraiment pas fringante mais elle suit courageusement le mouvement. Nous redescendons dans la vallée en empruntant un autre chemin qui nous permet de voir des tombeaux et de circuler dans des grottes ayant servi il y a bien longtemps de refuges aux guerriers Betsileo ( la tribu de la région ) en guerre contre les Bara.

Vers 16h, nous entamons la dernière partie de notre journée, qui doit nous conduire à la vallée du Tsaranoro, plus précisément au Camp Catta. Les 20 derniers kilomètres, de la piste défoncée, sont terribles et pas du tout adaptés à notre véhicule et il nous faut 2 heures pour parvenir à destination. La piste est superbe, surtout en cette fin de journée où le soleil couchant donne à la montagne et au ciel des teintes oranges-rouges. Notre arrivée au Camp Catta se fait de nuit et nous prenons possession de nos bungalows, un familial supérieur pour nous et un standard pour Ben et Pierre qui ont bien du mal à ouvrir leurs bagages tellement la pièce est microscopique. Comme nous le craignions, Charlotte à 39.4°C de fièvre et à peine arrivée au bungalow elle est prise d’une diarrhée soudaine sans avoir eu le temps d’arriver aux toilettes autant dire qu’elle passe à la case douche immédiatement après quoi on lui fait avaler un petit cocktail doliprane-tyorfan et 2 comprimés d’ofloxacine qui devraient la requinquer. Au cours du repas du soir, Jean Paul, le guide du camp vient nous voir pour le programme du lendemain compte tenu de l’état de Charlotte, nous préférons renoncer à la balade du Caméléon, qui dure 6 h et est assez escarpée, et plutôt faire une balade dans la forêt, jusqu’à la piscine puis au village, ce qui devrait être plus en accord avec ses capacités du moment. Charlotte étant fatiguée, je la reconduis au bungalow avant la fin du repas. Je remarque alors un feu assez important que j’identifie comme un feu de camp important le temps que nous finissions notre repas, la situation a évolué puisqu’il n’y a plus de doute désormais : il s’agit d’un incendie de forêt. Nous retrouvons Charlotte qui panique car elle a été alertée par les cris et le crépitement du feu. Pierre, Juliette et moi montons en haut du camp pour évaluer la situation : personne ne panique mais il y a 4 départs de feu ( l’incendie est criminel ) et la situation est suffisamment sérieuse pour qu’on envisage de sortir nos bagages. Sur le retour on croise la directrice du camp, manifestement hyper stressée, qui dit « c’est la merde, c’est la merde ». Juste après, un couple nous dit qu’il est préférable de sortir les bagages et les porter jusqu’au parking. Dans le même temps, on croise Ben, Anny et Charlotte qui sortent les valises n’ayant rien perdu de ma lucidité, je prends le temps d’emporter la bouteille de whisky qu’ils ont négligé de prendre et nous allons au parking où nous attend Feno. Il y a là également un autre guide qui d’emblée nous agace, à dire que c’est une tradition de faire du feu de broussaille à Madagascar et qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, et que de toute façon si la situation devenait critique on quitterait le camp en caravane en n’abandonnant personne. Petit à petit tous les résidents du camp arrivent il y a notamment un groupe de jeunes suisses qui font de l’escalade dans le massif depuis une semaine, une espagnole et sa fille qui ont perdu leur guide ( qu’elle retrouveront dans la soirée ), quelques couples, notamment 2 couples de français hyper antipathiques qui, pris de panique quittent immédiatement le camp avec leur guide pour partir je ne sais où. La situation semble se stabiliser, le vent étant quasiment absent, et même si d’où on est on ne peut avoir une vision précise de l’évolution du feu. Le fameux guide, si calme il y a 1 h, commence à s’impatienter et klaxonne à tout va, probablement pour rameuter les autres guides, plus courageux que lui, qui sont en train d’aider les gens de l’hôtel et du village qui se battent contre l’incendie avec de malheureux seaux d’eau. Après 1h30 environ sur le parking, Hery arrive en nous disant que le feu s’éloigne, confirmant notre impression à distance. Soudain, dans la même minute, le guide klaxonneur nous dit : « on part en caravane, on va à Ambalavao où on va chercher un hôtel sur place qui a un véhicule ? Ceux qui ont un véhicule vont à tel endroit et les autres vont à un autre endroit ». Voyant que ça ne va pas assez vite à son goût, il se met à trépigner sur place en disant « de la discipline, il faut de la discipline !!!! » Les autres guides, dont Hery qui nous a pourtant dit 2 mn avant que la situation était sous contrôle, ne pipent pas mot. Notre analyse ( en quelque secondes ) est la suivante : on voit un feu qui s’éloigne, il existe d’autres hébergements dans la vallée, et aller à Ambalavao avec notre véhicule est de l’inconscience, sachant qu’on a déjà mis 2 h de jour à effectuer les 20 kms de piste, qu’en plus on va devoir transporter 3 personnes supplémentaires qui sont d’ailleurs déjà installées dans notre minibus. D’autant qu’Ambalavao n’est pas sur notre route puisqu’on en vient et que de toute façon, si on y arrive, ce sera en milieu de la nuit, donc pour le sommeil, perdu pour perdu, autant rester dans les environs. Ce qui devait arriver arrive : Anny pète un plomb et je lui emboîte aussitôt le pas : « Il est hors de question de partir à Ambalavao, on préfère dormir dans la voiture ou dans un des autres hébergements de la vallée…. » On se fait aussitôt rabrouer par les clients du guide meneur qui nous traitent d’inconscients tout en mentionnant que les locaux connaissent mieux ce genre de situation que nous. Malgré tout, notre intervention a fait son petit effet puisque Hery nous annonce qu’ils vont faire un conseil entre guides pour reconsidérer la situation…Juliette et Charlotte sont elles « vénères » car leurs 2 parents leur ont mis la honte de leur vie…Hery revient quelques minutes plus tard en disant qu’on va aller au Tsara Camp un peu plus loin et qu’un fois sur place on négociera le logement pour la nuit. Heureusement, l’intervention de la directrice de l’hôtel décoince la situation : elle nous assure que le feu est sous contrôle, qu’il existe une barrière coupe-feu autour de l’hôtel qui a joué son rôle, et que de toute façon tout le personnel du camp va veiller toute la nuit et préviendra en cas de soucis. Nous voilà donc rassurés et c’est aussi un discours qui est plus en rapport avec ce qu’on observe. Il est 23h30 et nous allons pouvoir retourner nous coucher. Dans l’euphorie, Ben fait la bise à tout le monde, même à Hery qui reste un peu interloqué. Par contre, nous préférons laisser les bagages qui ont été chargés sur le toit par Feno on les récupèrera demain ( on apprendra le lendemain que Hery et Feno sont restés dormir dans le véhicule pour garder les bagages ). Dernière difficulté avant d’aller nous coucher : convaincre Charlotte de quitter le minibus et de retourner se coucher rien n’y fait, Anny et moi essayons tous les arguments mais elle est braquée. Heureusement, Pierre, le sauveur, qui n’a pas fait d’esclandre lui, arrive à lui faire entendre raison et la convainc de venir dormir dans leur bungalow, tout proche du parking. Elle aura un mal fou à s’endormir et ce n’est qu’en milieu de nuit que le sommeil aura raison d’elle. Chez nous, Juliette a descendu son matelas au rez de chaussée ( leur chambre est en mezzanine ) pour être rassurée. Personnellement, ces émotions ne m’empêchent pas d’être zen puisque je m’endors dans les 5mn j’ai juste été réveillé en pleine nuit par Anny, inquiète du bruit du feu et ayant l’impression qu’il se rapprochait. Dans un état second, je me suis levé, ai regardé de la salle de bain, et ai grommelé « c’est bon » en regagnant mon lit avant de retrouver immédiatement le sommeil. Quelle soirée en tout cas ! On se demande bien ce qui peut bien nous arriver encore après ces événements de ces derniers jours et le Camp Catta porte bien son nom…
Samedi 18 juillet – balade dans la vallée du Tsaranoro. Ce matin au réveil, tout le monde n’est pas en pleine forme faute de sommeil, mais vu ce qu’on a évité de peu (la caravane ), on fait tous bonne figure, d’autant que l’incendie s’est fortement calmé, de même que les intestins de Charlotte, qui est en bien meilleure forme ce matin, sa fièvre ayant disparu. Nous sommes accueillis à la sortie du bungalow par des lémuriens catta qui, comme à Anja, sont habitués à l’homme et peuvent être approchés assez facilement. Au petit déjeuner, nous avons la surprise de voir les 2 couples antipathiques partis en catastrophe hier au début de l’incendie finalement eux aussi sont semble t-il revenus à la raison…. On arrive un peu en retard pour le début de la balade, 8h30 au lieu de 8h00, mais nous avons des circonstances atténuantes Jean Paul n’est pas franchement fringant ce matin, c’est le moins qu’on puisse dire, ayant dû veiller une bonne partie de la nuit. Par ailleurs, il est dépité par l’inconscience des pyromanes qui ont détruit une partie de la forêt, avec les risques pour les animaux qui y vivent. Nous entamons notre marche dans la forêt puis continuons à cheminer le long des sentiers jusqu’à une piscine naturelle qui ne nous donne pas envie de nous baigner ; les animaux ( lémuriens, caméléons, criquets ) sont de la partie et la promenade agréable et sans difficultés. Arrivés à bonne distance de notre hôtel, nous nous arrêtons pour prendre un rafraîchissement dans un autre camp de la vallée de là nous voyons que l’incendie est en train de remonter au sommet de la falaise, le risque étant que les flammes retombent dans la vallée et enflamment une autre partie de la forêt. Lors de cette pause, Hery nous apprend que le fameux guide d’hier soir avait un peu forcé sur la bouteille, ce qui explique son attitude incohérente, et ce qui rend encore plus incompréhensible le mutisme des autres guides….ça nous conforte aussi un peu plus dans notre réaction.

Poursuivant notre parcours, nous parvenons à un petit village voisin où nous regardons travailler le forgeron, puis nous nous rendons au dispensaire où nous espérons cette fois pouvoir laisser nos habits. Malheureusement, le dispensaire est fermé le samedi après-midi mais par chance l’instituteur du village est en train de travailler sur l’ordinateur et il nous fait visiter le dispensaire. Après avoir discuté un peu avec lui, nous lui proposons de revenir un peu plus tard pour déposer nos vêtements, le camp étant distant d’une vingtaine de minutes. Nous laissons les filles au bord de la piscine du Camp Catta et revenons rapidement au dispensaire où l’instituteur nous reçoit et nous remercie pour les 2 sacs d’habits laissés alors que nous repartons, nous rencontrons l’infirmière avec qui nous discutons un moment. Elle tient le dispensaire avec une sage-femme les 2 sont payées par l’intermédiaire de l’association St Jérôme, une association basée à Marseille. Les moyens dont elles disposent sont assez limités mais il est difficile de recueillir suffisamment de dons et les dons ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Après cette belle rencontre, nous revenons au camp et certains vont à la piscine ( où nous rencontrons ceux qui nous ont rabroués hier soir, qui nous font là un grand sourire..), pendant que les autres vont photographier les lémuriens avant l’apéritif ( le nôtre, pas celui des lémuriens ). La nuit étant revenue, le feu est beaucoup plus impressionnant, d’autant qu’il est retombé de la falaise par ailleurs, un autre feu a démarré en face sans qu’on arrive à savoir si c’est un simple feu de broussaille. Du coup, Charlotte est hyper stressée et ne tient pas en place, passant sans cesse de la chambre à la salle de bain pour regarder à la fenêtre. Au fur et à mesure, les flammes commençant à s’atténuer, elle finit par se calmer et revenir à la raison. Le repas de ce soir ne restera pas dans les mémoires ( c’est l’hôtel où on a le moins bien mangé jusqu’à présent ), en particulier les crêpes flambées pour ceux qui ont eu le malheur d’en commander, qui baignent dans un jus immonde. Ce soir, le manque de sommeil de la veille se fait sentir et même Ben se couche à 21h30, fatigué par son séjour au Camp Catta.
Dimanche 19 juillet : Tsaranoro – Isalo. Nous quittons ce matin le camp à 8h, la route jusqu’à Ranohira étant longue et pénible ( sur les 2 premières heures jusqu’à la RN7). Sur la piste nous croisons beaucoup d’éleveurs de zébus qui promènent leur troupeau c’est dimanche et beaucoup de villageois se sont mis sur leur 31 pour se rendre à la messe. On est désormais dans le pays Bara et le paysage se fait de plus en plus aride et plat, ce qui tranche complètement avec les paysages des hautes terres rencontrés jusqu’alors. Sur la RN7, nous nous arrêtons dans un village où la messe est malheureusement finie mais nous demandons à visiter l’église ainsi que l’école où nous rencontrons l’apprenti pasteur ainsi que le pasteur ( on sent bien chez ce dernier sa position dominante par rapport à l’apprenti qui est muet quand le pasteur est là ). Anny fait cadeau à une petite fille, Véronique, d’un bracelet, la voyant le regarder avec insistance autour de son bras. Arrivés à Ihosy, et après avoir fait le plein d’essence, nous nous mettons en quête d’un hotely, c’est-à-dire d’un restaurant « local », pour le repas de midi. On veut tenter l’expérience mais pas facile d’en trouver un le dimanche midi. Après 2 aller-retour dans la rue principale, on jette notre dévolu sur « Tina » (c’est le nom de l’hotely ). La première impression donne le ton : des déjections de poulet sur les tables à l’extérieur, des toilettes sordides au fond du jardin on veut du local, on va en avoir….Le repas est aussi dans le ton : j’essaie un poulet gingembre et les autres un poulet grillé avec du riz blanc. Le poulet n’a que la peau et les os ( ils appellent ça du poulet bicyclette, ce qui est assez parlant ) la seule chose qui donne envie ce sont les carottes rapées. Seuls Ben et Charlotte ( moi je n’en ai pas ) refusent de les manger, craignant pour leurs intestins. Pour ce frugal repas, il nous en coûte 35 000 ariarys ( avec une grande THB et une bouteille d’eau ), soit un peu plus de 10 euros. On ne peut pas parler de bon rapport qualité prix dans le cas présent ( on ne sait pas très bien comment classer ce repas sur l’échelle de la qualité… ) mais en tout cas on ne s’est pas ruinés. La route d’Ihosy jusqu’à Ranohira est plutôt monotone nous arrivons après une longue montée sur l’Horombe, un immense plateau qui permet de voir à perte de vue à des dizaines de kilomètres à la ronde. C’est finalement assez tôt, vers 15h30, que nous arrivons à notre h��tel, « le Jardin du Roy », un établissement de grande classe situé dans un cadre magnifique par contre, très étonnant compte tenu du standing et de l’affluence touristique de l’Isalo, l’hôtel est quasiment désert ( et ce n’est pas le premier ), ce qui confirme vraiment les propos tenus par Hery concernant les nombreuses annulations de séjours ( a priori plus de 50% ) suite à la grève d’Air Madagascar ( ou plutôt Air Maty comme l’appelle Hery, c’est-à-dire Air Mort, ce qui en dit long sur l’espérance de vie de la Compagnie). Pendant que les filles restent à la piscine, nous partons explorer les environs de l’hôtel qui sont très étonnants parce qu’on ne s’attend pas à trouver une végétation aussi luxuriante ( pandanus, palmiers…) dans un endroit a priori sec et minéral. Nous nous promenons jusqu’au coucher du soleil, à l’heure où la roche prend une teinte rouge superbe. Le restaurant est à la hauteur du standing de l’hôtel et ça fait du bien de manger de la bonne nourriture après l’hotely de ce midi. Ce soir, Ben va enfin assouvir son fantasme : goûter à un vin malgache. Pourtant, les avis récoltés jusqu’à présent sont unanimes : c’est une picrate infecte, Marc du Soleil de Mada ayant été jusqu’à nous dire que le pire vinaigre est meilleur que le meilleur vin malgache. Personne n’est trop chaud, mais Ben voulant absolument tester cette expérience ultime, nous commandons une petite bouteille d’un rouge malgache en plus de notre habituelle bouteille de vin sud africain. Ben étant désigné d’office pour le goûter, le résultat ne se fait pas attendre : c’est aussi imbuvable que prévu, et même en faisant de gros efforts nous ne parvenons pas à finir la bouteille loin s’en faut. A la fin du repas, nous nous laissons tenter par une citronnelle ainsi que par des rhums arrangés offerts par la maison et que nous dégustons au bar. Ils souffrent un peu de la comparaison avec ceux de « Sous le Soleil de Mada » ( encore une bonne raison pour parler de Brigitte, n’est ce pas Ben ?). Nous finissons la soirée sur la terrasse de la chambre, à observer les chauve souris qui logent dans un arbre à proximité.
Lundi 20 juillet : canyon des makis et canyon des rats dans l’Isalo. A 8h, après un petit déjeuner hyper copieux, nous partons pour Ranohira où nous rejoignent notre guide local Alphonse et Olga, une jeune malgache qui a préparé nos repas et doit nous rejoindre sur le lieu du pique-nique pendant la marche. Alphonse a un rire impayable et comme il rit pour un rien ( en nous parlant du supermarché fou fou fou à l’entrée de Ranohira, ou quand on le compare au receveur dans les taxis brousse par exemple ), son rire finit par être communicatif et Charlotte ne résiste pas à la tentation de l’enregistrer sur son IPod. L’accès au canyon des makis et au canyon des rats n’est une fois de plus pas une mince affaire avec notre véhicule, et il nous faut 1h15 pour effectuer la piste de 17 kms jusqu’au départ de la randonnée du jour. Arrivés au vieux village de Ranohira, alors qu’on pense être seuls ( on ne verra d’ailleurs pas un touriste de la journée dans ce lieu soit disant touristique ), une nouvelle meute d’enfants arrive en essayant de nous vendre des petits objets en terre, représentant des zébus, crocodiles ou caméléons. Franchement, c’est assez laid et il y a des limites à acheter à tout le monde d’autant que si on fait plaisir à l’un d’eux, on va décevoir les autres. On se contente donc de distribuer des bonbons, et pour éviter l’anarchie, on met tout le monde en rang et chacun son tour pour la distribution.

Nous commençons la balade pour le canyon des makis nous rencontrons un couple qui fabrique du rhum local, nous traversons un ruisseau en passant sur un tronc d’arbre, ce qui donne lieu à des émotions à ceux qui ont un équilibre précaire. Petit à petit les enfants nous abandonnent et nous finissons par nous retrouver tranquilles. Dans la forêt à l’entrée du canyon des makis, nous apercevons très furtivement 2 variétés de lémuriens, des roux et des cattas. Puis nous nous engageons dans le canyon que nous parcourons pendant un bon moment, tout en passant sur des roches faciles à escalader. Ayant terminé d’explorer ce canyon, nous nous dirigeons vers le départ du canyon des rats. C’est en chemin, au bord d’un cours d’eau et dans un cadre verdoyant que nous attend Olga qui a dressé la nappe pour le pique-nique. Au menu : salade de pâtes, boulettes de zébu et salade de fruits. On se régale après cette matinée de marche qui a creusé les estomacs. Les enfants sont de retour comme par magie avec leurs objets à vendre l’une d’entre eux a un sacré caractère et donne du fil à retordre à Ben. « On verra tout à l’heure » lui dit-il. Pendant ce temps, alors qu’elle est en train de satisfaire un besoin naturel avec Anny, Charlotte se fait piquer à plusieurs reprises à l’arrière du genou, à travers sa genouillère. C’est très douloureux et déjà que la marche était laborieuse avec sa douleur au genou, ça devient quasi impossible. Elle finit d’ailleurs par renoncer au début du canyon des rats Anny décide de rester avec elle pour l’accompagner elle-même aurait probablement eu des difficultés à certains endroits assez escarpés du canyon. La hauteur des parois est ici plus impressionnante que dans le précédent. Là encore nous marchons jusqu’au bout du canyon où une piscine donne lieu à une bataille d’eau entre Juliette et Ben. Sur le chemin du retour nous observons sur la paroi des falaises des tombeaux provisoires et définitifs Alphonse nous explique qu’il n’y a ici qu’une seule cérémonie de retournement des morts et que c’est lors de cette fête que les corps sont amenés du tombeau provisoire au tombeau définitif, situé encore plus haut sur la falaise, et alors que les personnes qui les transportent sont souvent très éméchés par les festivités en cours. A cette occasion nous remarquons une chose : alors qu’on est persuadés depuis le début du séjour qu’il ne faut pas montrer du doigt ( notamment des tombeaux ) avec le doigt tendu mais plié, on remarque que ceci ne s’applique qu’à nous car les malgaches n’ont pas l’air d’y prêter attention autant dire qu’à partir de ce jour on ne s’astreint plus à cette précaution… Sur le chemin du retour, Charlotte a enfin accepté d’enlever sa genouillère, ce qui soulage la douleur au niveau des piqûres de guêpes. Arrivés à proximité du village, nous apercevons au loin la bande d’enfants, sagement assis à proximité d’une petite butte sur laquelle ils ont soigneusement alignés leurs objets en terre pour les mettre en valeur. Malgré cela, nous ne nous décidons pas à acheter quoi que ce soit. Alors que nous passons à nouveau sur le tronc d’arbre pour traverser le cours d’eau déjà emprunté à l’aller, Alphonse attire notre attention sur une masse de l’autre côté du cours d’eau : un énorme caméléon de plus de 50 cm que nous n’avions même pas aperçu nous le prenons en photo pendant quelques minutes, après quoi nous regagnons le minibus distant de quelques dizaines de mètres. Une nouvelle distribution de bonbons et nous voilà repartis sur la piste de 17 kms. A Ranohira, après un petit arrêt photo pour immortaliser le supermarché « fou fou fou », nous prenons congé d’Alphonse et nous lui donnons rendez-vous pour le lendemain où est prévue la balade à la piscine naturelle. Au restaurant de l’hôtel, le pavé de zébu restera dans les mémoires. Après le repas, comme la veille, nous buvons une citronnelle puis un rhum arrangé au bar. Ils passent une musique malgache sympa et rythmée, du groupe Jaojoby. Ben, qui a pour habitude de toujours ramener un CD des pays qu’il visite , va se mettre en quête d’un album de ce groupe.
Mardi 21 juillet : Isalo-Tulear. La veille au soir, j’ai eu le malheur de dire que les craintes qu’on avait sur les troubles digestifs à Mada étaient exagérées…Ce matin la moitié du groupe est sur le flanc : Juliette a été prise de diarrhées une bonne partie de la nuit, Pierre est malade au réveil ( diarrhées et vomissements ) et Anny a des douleurs gastro intestinales qui ne présagent rien de bon. Le cocktail tyorfan-ofloxacine s’impose. Après réflexion, on se dit que ce sont les crudités de l’hotely qui sont certainement responsables de cette gastro. Le petit déjeuner est prévu à 7h mais le moral des troupes est un peu morose, ce qui n’empêche pas Ben de cracher son thé à la figure de Charlotte, pris d’un fou rire en repensant à Johny Gasy et son « et j’ai crié, crié é… » A 7h30, nous partons pour Ranohira où nous retrouvons Alphonse qui n’a pas perdu sa bonne humeur. Avant de partir pour la balade, nous allons passer commande au restaurant de ce midi, « le Zébu grillé », pour éviter d’avoir à attendre, notre route vers Tulear étant longue. Autant dire que dans le contexte, c’est sans enthousiasme que se fait cette commande, Pierre et Juliette préférant commander du riz blanc. La balade vers la piscine naturelle est agréable, facile mais un peu fréquentée à notre goût ( c’est la première fois qu’on rencontre des touristes depuis le début des vacances lors de nos marches ). Nous avons l’occasion de voir un petit scorpion sur le chemin. Arrivés à la piscine naturelle, malheureusement prise d’assaut, Charlotte se baigne alors que je n’ai le courage de me mouiller que jusqu’à la taille. Malgré l’état de délabrement des troupes, tout le monde aura fait l’ensemble de la balade sans encombre, ce qui était loin d’être gagné d’avance ce matin au réveil. A 12h, nous voilà de retour au « Zébu grillé » où nous aurions pu nous abstenir de passer commande, étant les seuls clients. L’ambiance est un peu mortelle et nous expédions nos plats, pressés de quitter ce restaurant sans âme. Nous nous dirigeons ensuite vers Tulear par une route très monotone et les candidats à la sieste sont nombreux. Les 2 seuls lieux qui retiennent notre attention sont la traversée de la ville d’Ilakaka (ancien petit village tranquille devenu une ville grouillante et un peu malsaine suite à la découverte de gisements de saphir, des milliers de personne ayant tout quitté pour y faire fortune) et celle de la plaine des baobabs nous nous arrêtons quelques minutes pour photographier 2 beaux spécimens au bord de la route et nous en profitons pour donner 2 tee shirts à 2 jeunes qui passaient par là. Dans cette partie du pays se dressent le long des routes des tombeaux mahafaly érigés ça et là, parfois gigantesques, certains étant même plus beaux et richement décorés que les maisons habituelles de vivants des cornes de zébus ornent ces tombes, leur nombre étant proportionnel au nombre de bêtes tuées en l’honneur du défunt. Nous arrivons à Tuléar en fin d’après-midi et avons juste le temps de visiter le marché local comme nous l’avons constaté en traversant des villages, la misère paraît ici encore plus importante qu’ailleurs et nous sommes harcelés par des mendiants et des handicapés qui font la manche. C’est une ville grouillante où circulent par centaines pousse pousse et cyclo pousse. Lors de notre visite du marché, Charlotte tape dans l’œil d’un jeune malgache qui fait un signe à Pierre qui ne laisse pas d’ambiguité sur ses intentions. Elle décline l’offre…. Nous arrivons à la nuit tombée à notre hôtel « Villa Moringa », superbe établissement ( nous avons une suite familiale ). Avant le dîner, nous retrouvons Hery et Feno pour le briefing du lendemain eux ont eu les plus grandes difficultés à trouver un hôtel, la propagande battant son plein, avec notamment sur Tulear le Général, ancien premier ministre de la transition, qui se présente. Le repas du soir, excellent par ailleurs, se déroule dans une ambiance bizarre, étant seuls dans une grande pièce qui sonne un peu creux, avec des employés plus nombreux que nous. Une fois de plus on se demande où sont les touristes. Après le rhum arrangé offert par la maison, Anny dont les douleurs gastro-intestinales s’amplifient, et Pierre épuisé par sa gastro, vont se coucher. Charlotte, Juliette et moi allons faire un billard pendant que Ben envoie des mails pour donner de ses nouvelles, et la soirée se termine sur la terrasse autour d’un petit digestif.
Mercredi 22 juillet : Tulear-Anakao. Ce matin, c’est à mon tour d’être fébrile et dérangé au niveau gastro intestinal j’aurais peut-être dû éviter les cacahuètes d’hier soir servis à table… Nous avons tous été réveillés aux aurores par la trompette militaire nous sommes juste en face d’une caserne, ce qui nous donne l’occasion d’assister de notre terrasse à un spectacle gratuit qui vaut tous les films comiques et qui déclenche chez nous l’hilarité générale : les militaires se livrent à divers exercices avec leur arme, tout cela entrecoupé par des moments de franche rigolade en parallèle, l’un d’entre eux, dont on se demande s’il a été puni, avance puis recule à 4 pattes en faisant le canard tout en étant suivi par un instructeur. La scène la plus cocasse est l’arrivée d’un groupe en tenue de footing, certains d’entre eux avec un casque immense sur la tête rappelant celui de De Funès dans « la Grande Vadrouille ». Elle est belle l’armée malgache ! Hery nous apprend qu’il s’agit d’exercices pour une passation de pouvoir qui va avoir lieu dans la matinée. Aujourd’hui, c’est le départ pour Anakao où nous devons faire une parenthèse balnéaire de 4 jours. Nous allons donc nous ravitailler a minima avant de partir en allant chercher du pain, des bananes (comme d’habitude la vendeuse n’a pas de monnaie à nous rendre ) et de l’eau ( chez des indiens aimables comme une porte de prison ). Nous nous dirigeons ensuite vers l’embarcadère où le rendez-vous avec l’Anakao express est prévu à 9h30 à 9h45, le bateau arrive, déjà bien chargé, aucune brassière n’étant plus disponible pour nous. Il y a là des personnes de plusieurs nationalités, un travesti italien, des français de Guyane qui viennent faire du kite surf et qui, voyant le tee shirt de Ben acheté à Jericoacoara, nous demandent si on connaît Jeri, eux même étant des habitués. La mer est calme et la traversée jusqu’à Anakao, longue d’une heure, se passe sans encombre c’est la saison des baleines mais nous n’aurons pas la chance d’en voir. Le bateau dépose les touristes les uns après les autres devant leur hôtel ( chez Solange, Andrea…..) notre hôtel, l’Anakao Ocean Lodge est situé de l’autre côté de la baie et nous sommes les derniers à arriver à bon port. A notre arrivée, ce sont 20 personnes qui se tiennent au garde à vous sur la plage pour nous accueillir on n’en demandait pas tant ! Après les diverses explications sur le fonctionnement de l’hôtel, nous prenons possession de nos bungalows ( 1 pour Charlotte et Juliette, un pour Pierre et Ben, un pour Anny et moi ), superbes et joliment décorés. Nous repérons notamment des sculptures accrochées au mur, qu’on verrait bien chez nous… Assez rapidement, nous allons à la plage devant l’hôtel, impatients de nous baigner dans l’Océan Indien l’eau est plutôt fraîche ( pas plus de 22-23°C d’après nos estimations ) mais le bain très agréable. Ce midi, nous ne mangeons pas au restaurant mais pique niquons sur la plage pour faire honneur à la boîte de pâté Hénaff que Ben a emporté dans ses bagages un délice ! Après cela, me sentant un peu fébrile, je reste avachi sur ma serviette, ne tardant pas à m’endormir et même à ronfler selon certains, ce dont je doute.. Ben et Pierre partent courir sur la plage et reviennent après 30 mn, des ampoules sous les pieds et dégoulinants de transpiration. De mon côté, je finis par prendre mon courage à 2 mains et je pars faire une petite marche avec Anny, constatant qu’à proximité de l’hôtel on n’est pas très sollicités par les enfants. En fin d’après-midi, la fraîcheur arrivant rapidement, nous avons réservé un massage pour Juliette et Charlotte après une heure, elles en reviennent enchantées. De notre côté nous allons voir les objets d’art ( statues pour la plupart ) en vente à l’accueil certaines statues sont vraiment superbes ( elles sont fabriquées par un artiste malgache qui a son atelier à Antananarivo ) mais, n’arrivant pas à choisir ( il paraît que ma statue ressemble à un phallus géant !) nous remettons notre achat au lendemain. Il est 19h30, l’heure du repas du soir. Notre serveur arrive pour nous présenter le menu de ce soir faisant penser à un boxeur sur un ring, sautillant d’un pied sur l’autre, il commence sa présentation : « alors en entrée on a……, alors l’entrée c’est….. » Gros trou noir, il a oublié son texte, ça commence bien. Du coup, il commence par le plat et avec notre aide ( nous avions lu le menu à l’entrée ) il finit par s’en sortir. Le repas est lui excellent ( comme tous les plats dégustés pendant notre séjour à Anakao ), avec une cuisine de la mer, fine et pas trop copieuse. A la sortie, la cuisine étant ouverte sur la salle, nous passons féliciter les cuisiniers.
Jeudi 23 juillet : Anakao – Nosy Ve. Nous avons réservé la veille une excursion à la demi-journée vars Nosy Ve, île la plus connue des environs. A 8h30, nous partons en pirogue à voile en compagnie de nos « skippers », Bongo et Théo, qui ne parlent pas 2 mots de français. Ce matin, c’est pétole sur le plan d’eau et il nous faut 1 h pour atteindre péniblement Nosy Ve.

Bongo nous fait faire le tour de l’île qui est une réserve et un des rares lieux de nidification du paille en queue à queue rouge, magnifique oiseau. Le temps passe très vite et il est déjà 11h quand nous arrivons à notre point de départ c’est l’heure de la baignade tant attendue dans une eau turquoise. Pour le snorkeling, par contre, c’est quasiment le néant, d’autant que le courant puissant nous empêche de progresser comme on le souhaiterait. Après un peu plus d’1 heure à profiter de l’eau et de la plage, nous prenons le chemin du retour, avec un vent toujours aussi peu soutenu. Bongo, jusqu’alors plus que discret, commence à se lâcher un peu et se met à chanter et à pousser des cris bestiaux. Je ne sais pas pourquoi, mais le nom de Bongo nous rappelle soudain le Banga, une boisson de triste mémoire de notre jeunesse, et surtout la pub de l’époque « dans Bongo ya des fruits, juste c qu’il faut, dans Bongo ya de l’eau oui mais pas trop ya des fruiits, ya de l’eau o, c’est Bongo o ». C’est débile mais il en faut peu pour nous amuser. Arrivés vers 13h15, nous passons immédiatement à table pour un plat de poisson délicieux comme d’habitude. Walter, le directeur italien de l’hôtel est aux petits soins, très prévenant et c’est vraiment agréable de se sentir bichonnés. L’après-midi est consacrée à la plage que c’est agréable de ne rien faire parfois et de se prélasser. Seul Ben a encore le courage d’aller courir. Pour l’apéritif de ce soir, ayant du rhum mais pas de jus, nous allons commander au bar des jus d’ananas pour se faire un petit punch : délicieux et ça va devenir une habitude les soirs suivants. Pour le repas du soir, nouveau serveur et nouveau trou de mémoire au moment de nous présenter le menu, en l’occurrence un tartare de carangue et un filet de capitaine.
Vendredi 24 juillet : Anakao. Ce matin, Anny se lève énervée : apparemment j’ai ronflé comme jamais cette nuit, impossible à arrêter, d’où un sommeil écourté pour elle je n’ai pourtant pas fait plus d’abus que d’habitude hier soir, mais je fais profil bas en ce début de matinée… Pour se changer les idées, nous nous décidons à aller acheter nos statues, le groupe d’anglais arrivés hier ayant commencé à dévaliser le magasin. J’ai fait une croix sur « mon phallus » ( à force d’en parler on ne voit effectivement plus que ça ) et nous nous rabattons donc sur une autre sculpture avec 2 têtes, très sympa également. La matinée à la plage se déroule tranquillement, avec une sortie en pirogue pour Charlotte et moi, et un nouveau footing de 50 mn pour Ben, décidément acharné. Le midi, nous rencontrons les français de Guyane aperçus lors de notre transfert en bateau le vent n’est pas favorable au kite depuis l’arrivée mais ils espèrent une amélioration dans les prochains jours nous nous donnons rende-vous pour le lendemain sur Nosy Satrana où nous avons l’intention de passer la journée. Un peu avant 16h, nous avons décidé d’aller nous promener jusqu’au village d’Anakao. Les filles ne souhaitent pas nous accompagner et restent bronzer sur la plage. Sur les conseils de Walter, nous entamons notre marche par l’intérieur des terres. C’est très rapidement l’enfer car nous sommes harcelés par des enfants et même quelques adultes : bonbons vahazas, cadeaux vazahas, lunettes, montres, tongs, casquettes….tout y passe et malgré nos refus ils sont très insistants et ne nous lâchent qu’après avoir insisté lourdement. La promenade est franchement pénible ( est-ce l’habitude des touristes des hôtels voisins ?), d’autant que le village est très sale la plage n’est pas en reste, puisque nous assistons tour à tour à des gens qui font leurs besoins sur le sable après avoir creusé un petit trou, à une femme qui jette ses déchets de poulet au bord de l’eau et pour finir à un gros cochon rose qui se délecte de toute cette nourriture facile et déambule au bord de l’eau en mangeant tout ce qu’il peut trouver. Pas mécontents de quitter ce village de pêcheurs, nous revenons vers notre hôtel par le bord de mer. En chemin, nous distribuons les quelques vêtements qui nous restent à un couple de pêcheurs, et à 3 jeunes enfants. Avant le repas, nous allons réserver notre excursion du lendemain les touristes des derniers jours n’ayant vu des baleines que de loin, nous préférons choisir l’excursion à la journée vers Nosy Satrana en pirogue à voile. Comme tous les soirs, notre serveur-boxeur est présent pour le dîner, toujours aussi speed il commence à nous connaître et aime de plus en plus plaisanter. Ce soir, c’est du capitaine grillé qui est servi Anny et Ben craignent le pire car il nous est servi entier, mais j’arrive à leur préparer des morceaux sans arêtes et tout le monde se régale une nouvelle fois.
Samedi 25 juillet : Anakao-Nosy Satrana. Cette nuit, pas de ronflements intempestifs à signaler par contre, j’ai fait un cauchemar ( j’étais attaqué par une bête sauvage ) et me suis mis à crier au milieu de la nuit, rapidement calmé par Anny. A 8h45, nous retrouvons Bongo, un nouveau matelot et une femme qui s’occupe de l’intendance pour le pique-nique de ce midi. Une petite brise souffle ce matin, ce qui nous permet d’arriver en 30 mn à Nosy Satrana en traversant un lagon magnifique rappelant la Polynésie. Nous entamons le tour de l’île, en nous arrêtant de temps en temps pour une baignade rafraîchissante. L’île est déserte des tombeaux couronnent son sommet est. Walter nous a dit la veille que par marée basse, les troupeaux de zébu pouvaient passer de la grande terre à l’île mais en cette fin de matinée, la mer n’est pas assez reculée pour le permettre. Le temps passe vite à ne rien faire et l’île est assez étendue, et il est déjà 13h quand nous arrivons à notre point de départ. La table a été dressée sous « le » grand tamarinier, le seul arbre digne de ce nom sur Nosy Satrana. Bongo et ses 2 acolytes ont bien fait les choses puisqu’ils ont mis une nappe, des sièges « zafimaniry », et ils sont en train de nous faire griller des langoustes et des brochettes de capitaine accompagnées de pommes de terre. On est vraiment reçus comme des rois et la vue et l’odeur de ces grillades nous donnent l’eau à la bouche. Le goût est à la hauteur et on se régale de notre repas, en suçant bien tous les morceaux de carapaces pour ne rien perdre. On ne sait pas si c’est un trop plein de bonheur, mais Anny se lâche complètement et se met à dire sur un mode rap « pas taper, pas taper ». Pas la peine d’expliquer le pourquoi du comment, il faut y être pour le comprendre ( et même en y étant…)Après ce festin, nous allons profiter de la plage voisine où nous rencontrons de nouveau les Guyanais. Pour le kite ce n’est pas encore le jour ! Ils ont été ce matin à la recherche des baleines mais n’en ont pas aperçu, se contentant d’un banc de dauphins. Ils travaillent tous les 2 (ils sont accompagnés de leur fils ) dans l’enseignement et passent 2 mois à Mada ( ils ont fait le Mozambique l’an passé ), ce qui leur laisse le temps d’utiliser les moyens de transport locaux. Ils ont fait tout le nord en taxi brousse, avec bien entendu des arrêts pannes qui ont grandement rallongé le trajet. Ils doivent ensuite continuer jusqu’à Fort Dauphin en passant par la côte, ce qui sera probablement une nouvelle aventure. Nous échangeons sur nos impressions au sujet de Madagascar et nous sommes tous d’accord sur le fait que c’est incompréhensible que ce pays soit si pauvre et si arriéré alors qu’il dispose de ressources naturelles énormes, mais inexploitées. Une rencontre très sympa. Nous finissons l’après-midi sur la plage par une partie de volley et avant de reprendre la pirogue vers 16h15, Pierre et moi inventons une petite chorégraphie ridicule qui fait le plaisir de l’assistance, c’est-à-dire les 4 autres. Sur le trajet du retour, Ben et moi nous nous essayons à la voile, en équilibre plus ou moins instable tout en poussant des cris « bongoesques ». Après cette journée très sympa, le séjour à Anakao se termine déjà et nous regrettons de ne pas avoir passé une journée supplémentaire. Le départ de demain est prévu à 7h30 et il va falloir nous lever à 6h45. Nous dégustons notre dernier repas, accompagné comme toujours d’un vin sud-africain, persuadés qu’on ne retrouvera plus la même qualité de nourriture durant le reste du séjour. Ce soir, il n’y a plus grand monde, une famille de français avec 2 enfants, déjà vus au Jardin du Roy, un français seul que la famille a invité à sa table pour la soirée, et un dernier petit groupe d’étrangers demain l’hôtel sera presque vide, la grève d’Air Madagascar, bien que terminée, n’ayant pas permis de rétablir les vols aux jours et horaires prévus. En fin de soirée, autour d’un petit ti punch, nous refaisons un peu le monde et ne pouvons-nous empêcher de nous remémorer les vieux souvenirs de Tahiti de 1992 (est-ce le paysage de lagon vu aujourd’hui qui nous a rappelé le bon vieux temps, possible ). Même Pierre qui n’y était pas connaît ces histoires par cœur et doit commencer à trouver qu’on radote.
Dimanche 26 juillet : Anakao – Isalo. Ben et moi on se réveille un peu avec la gueule de bois, non pas qu’on ait abusé hier soir ( encore que quand on commence à parler de Tahiti, c’est qu’on n’en est pas loin…) mais on a été réveillés en pleine nuit par des hurlements à 4h une voix de femme criait très distinctement et sans accent en français : «ta gueule, espèce de taré, arrête….. », et ce pendant de longues secondes entrecoupées par des chuchotements d’une autre personne. C’est hyper violent et une fois le calme revenu je me mets à analyser la situation : il ne peut s’agir que de la famille de français y aurait-il eu quelque chose avec l’autre français ? Et puis progressivement je me fais un autre film : ne serait-ce pas Charlotte et Juliette qui se seraient disputées, même si je n’ai pas reconnu leur voix ? N’auraient-elles pas été agressées dans leur bungalow ? Evidemment, avec cette idée en tête, impossible de m’endormir et à 4h30 je sors avec ma lampe frontale pour voir si tout est normal dans leur bungalow rien à signaler et je me recouche et me rendors rapidement. Au réveil, je vais quand même les voir pour être certain que tout va bien : rien à signaler, elles n’ont rien vu, rien entendu ! En sortant de leur bungalow, je croise Ben l’air soucieux : « tu as entendu les cris ? » me dit-il « atroces ». Je lui réponds par l’affirmative. « C’était vous ? » Devant ma réponse négative, il insiste : « tu me jures que ce n’était pas vous ? » Lui aussi s’est fait un film, mais différent du mien : il a cru que, à cause de mes ronflements incessants, Anny a pété un plomb et a fini par me traiter de tous les noms. Il est sorti de sa chambre à 4h, n’a plus rien entendu mais n’a pu s’enlever cela de la tête et n’a pu se rendormir. C’est donc un grand soulagement pour lui de voir que ça n’a rien à voir avec nous, ce qui accrédite la thèse de la dispute au sein de la famille française, avec ou sans l’autre français ( on imagine évidemment des scénarios autour de cette thèse…). Les autres ont manifestement dormi comme des loirs et ne se sont rendus compte de rien. Juste le temps de manger le petit déjeuner et nous prenons le bateau pour Tulear, non sans avoir eu le droit une nouvelle fois à une haie d’honneur du personnel de l’hôtel comme lors de notre arrivée. Le français seul est également sur le départ nous n’osons pas lui demander s’il a lui aussi entendu les hurlements de la nuit. Il nous explique qu’il est arrivé à Madagascar avec son père mais que celui-ci a dû être évacué d’urgence vers la Réunion le lendemain de leur arrivée, victime d’une péritonite. Il a malgré tout continué son circuit et voyage donc seul depuis cet événement. Il nous raconte avoir eu la chance la veille lors d’une balade en pirogue avec un pêcheur du village de voir juste à proximité de l’embarcation des baleines, ce qui nous laisse quelques regrets. La mer est un peu plus formée qu’à l’aller et il nous faut 1h30 pour arriver à l’embarcadère où nous attendent Hery et Feno, qu’on est contents de retrouver après cette pause de 4 jours qui a fait du bien à tout le monde. Nous allons poster nos cartes postales écrites à Anakao et nous voilà repartis pour la remontée vers la Capitale, qu’on craint un peu, en particulier les longues heures de voiture sur une route souvent défoncée. Aujourd'hui, l’étape est assez courte puisqu’il faut 4h sur une route en bon état pour retourner au Jardin du Roy. Après 70 kms, nous nous arrêtons à un marché hebdomadaire où l’animation est à son comble en dehors des stands habituels nous avons droit aujourd’hui à des combats de coqs, jeux de cartes, dés et roulette ça joue sérieux et nous ne nous sentons pas forcément les bienvenus. Nous rachetons 2 cadenas en vue du retour et des cumbavas pour les ti punchs, n’ayant plus de citrons verts depuis la veille. La propagande continue à battre son plein et dans tous les villages traversés ce sont les derniers rassemblements avant les élections qui ont lieu en fin de semaine. Dans cette partie du pays, nous apercevons régulièrement des feux de broussaille, allumés par les éleveurs de zébus, censés permettre la repousse de jeunes herbes appréciées par le bétail. A l’heure de midi, nous arrivons au Parc National de Zombitse, un parc très peu connu et quasiment pas décrit ( à part dans le Petit Futé ) dans les guides. On imagine que la visite ne sera pas mémorable mais ça va au moins permettre de couper le trajet. Avant de débuter la visite, nous dégustons le pique-nique préparé par Hery et Feno : une salade de pommes de terre accompagnée de poisson fumé et de saucisses porc-zébu.

Après ce repas copieux, nous rencontrons nos 2 guides locaux ( l’un guide, l’autre rabat ), 2 frères prénommés Lucien et Sélin. Cette visite est une des bonnes surprise du voyage parce qu’en 1 h et en marchant 2 kilomètres, nous avons la chance de voir des papillons, des oiseaux, des lémuriens ( 3 variétés, 2 nocturnes et 1 diurne, des lémuriens , blancs magnifiques ), un gros caméléon, des baobabs géants, des plantes médicinales ( on apprend à cette occasion qu’une espèce de pandanus soigne la syphilis )…..C’est vraiment un parc à conseiller, facilement accessible, permettant de voir beaucoup d’espèces en peu de temps, et avec des guides adorables, ravis de pouvoir faire partager leurs connaissances et faire découvrir les richesses de leur pays. Arrivés à l’entrée du massif de l’Isalo vers 16h, nous faisons un petit détour par la « fenêtre de l’Isalo » pour la classique photo de fin de journée. Hery nous gratifie d’une blague bien emmenée et que personne n’a vu venir : « c’est qui le président avant Sarkosy ? » « Chirac » « Jacques Chirac a inauguré beaucoup de monuments à Madagascar ». Et, alors qu’on arrive sur le site de la Fenêtre de l’Isalo, il nous dit : « il est là le président » et c’est alors que se dresse devant nous dans la roche le profil de Chirac, ou plutôt de sa marionnette des guignols. Hery nous a bien manœuvrés sur ce coup et il n’est pas peu fier de lui. Nous faisons le tour du rocher pour trouver le meilleur angle de vue pour la photo et certains d’entre nous s’adonnent à un jeu dont le but est de parvenir à lancer en 7 coups au maximum un caillou dans le petit trou de rocher à côté de la grande fenêtre. En cas de réussite, on peut faire un vœu. Ben est le seul à réussir brillamment, dès son 2ème lancer. De retour au Jardin du Roy après 1 semaine, nous sommes accueillis chaleureusement par l’ensemble de l’équipe, à l’accueil, au bar, comme au restaurant. Le serveur du restaurant n’hésite d’ailleurs plus à plaisanter avec nous. Manifestement les affaires reprennent et les touristes sont de retour puisque ce sont 75 couverts qui sont prévus ce soir. Malheureusement, le pavé de zébu mémorable de la dernière fois n’est pas au menu où sont proposés des plats un peu plus typés, à savoir de la langue de zébu et du pavé de sanglier. Nous n’avons pas perdu nos bonnes habitudes et la soirée se termine par une citronnelle suivie d’un rhum arrangé.
Lundi 27 juillet : Isalo-Ranomafana. Aujourd’hui, c’est la grande journée de route puisque 7 heures sont prévues, ce qui laisse peu de place aux arrêts et aux visites. Nous appréhendons d’autant plus cette journée que c’est le retour vers les températures plus fraîches, voire l’humidité puisque Ranomafana a une réputation de microclimat humide, c’est-à-dire qu’il y a la saison des pluies et la saison où il pleut. Nous prenons notre petit déjeuner à 7h30 pour un départ à 8h00. Nous quittons avec un pincement au cœur le Jardin du Roy, sachant que pour les 2 prochaines nuits le standing de l’hôtellerie va chuter assez brutalement et qu’on avait pris goût au confort. Nous nous arrêtons rapidement pour photographier la « tête de la reine » dans l’Isalo, mais pour le reste, les haltes sont rares. Depuis quelques jours ( ça occupe quand on roule ), nous avons pris l’habitude à tour de rôle ( Ben, Pierre et moi occupons l’un après l’autre la place de passager avant ) de prendre des photos de la vie quotidienne tout en roulant tous les jours et même plusieurs fois par jour, Ben demande à Feno de soulever la vierge accrochée à son rétroviseur intérieur et lui fait nettoyer la vitre avant pour qu’il n’y ait aucune poussière parasite. C’est à ce genre de petits détails qu’on reconnaît les pros ! Une autre façon de nous occuper c’est d’apprendre le malgache avec Hery, du moins quelques mots : en dehors de Salama et Veloma, les expressions le plus souvent utilisées pendant le séjour sont i vaovao (comment ça va) auquel on répond par tsy misy vaovao ( rien de neuf ). Quelques autres mots appris ( et souvent vite oubliés ) : misaotra (merci), manao ahoana ianao ( comment ça va), tonga soa (bienvenue ), fady (interdit ), tsia (non ), tsara (beau), firy (combien), mazotoa homana (bon appétit) , moka (moustique), fidio (voter)….Aujourd’hui l’expression du jour est « malai lai »(orthographe non garantie ) qui signifie ça gratte. Ben aime beaucoup et tous les gens qu’il rencontre aujourd’hui ont droit systématiquement à Salama, i vaovao, malai lai, veloma. Le premier arrêt digne de ce nom a lieu à Ambalavao le temps qu’Hery se ravitaille dans un restaurant pour le pique-nique, nous faisons un rapide tour du marché. Ben, comme souvent, fait son show ( on se demande s’il est shooté à la coke depuis le début des vacances ) et se fait remarquer, notamment lorsqu’en partant il lance à tue-tête un « Veloma » qui fait rire tous les malgaches qui lui répondent en cœur. Quelques kilomètres après Ambalavao, nous nous arrêtons après 4 heures de route pour manger au bord de la route. Au menu : samousas, riz cantonnais et beignets de poisson pleins d’arêtes (ce qui bloque tout net Ben dans sa dégustation ). Ce n’est pas le meilleur pique-nique du voyage, loin s’en faut….Il nous reste des tee shirts à distribuer et nous en donnons à 3 jeunes qui nous observent depuis un moment, dont 2 se mettent à faire du karaté avec Pierre dont la souplesse légendaire fait encore des merveilles à cette occasion. Arrivés à Fiana à 15h, Hery a le mauvais goût de nous rappeler en plaisantant l’épisode du Père Pedro en général il a beaucoup d’humour mais pour cette fois il aurait pu s’abstenir et il évite de peu une remarque acerbe de notre part. Nous faisons un arrêt rapide à la poste, Ben ayant besoin d’acheter un timbre et de poster une dernière carte postale pendant ce temps, dans le minibus, nous prenons l’appareil photo de Ben et en profitons pour faire des selfies tout en faisant des grimaces, ce qui fait marrer des jeunes malgaches qui ont repéré notre manège. Fianarantsoa n’échappe pas à la propagande, et après Léon Cu, c’est une autre candidate qui fait parler d’elle : d’après Hery elle est connue comme le sosie de Nana Mouskouri alors que Ben et Pierre trouvent qu’elle est le portrait craché d’Audrey Pulvar. On aime toujours autant l’atmosphère de cette ville mais il nous faut continuer notre chemin et ce qu’on apprécie beaucoup moins c’est la portion de route défoncée déjà empruntée à l’aller. Par contre, après l’embranchement vers Ranomafana, les 30 derniers kilomètres se font sur une route sinueuse mais en bon état. Hery nous gratifie encore d’une blague absurde ( une devinette cette fois ) : pourquoi le mot banane commence par un B alors que normalement ça commence par un N ? On se creuse la tête pendant ¼ d’heure sans parvenir à trouver la bonne réponse. La réponse est en fait évidente : normalement commence par un N ! Mais telle qu’il l’a présentée, on est tous tombés dans le panneau. A cette devinette, Charlotte répond par 2 blagues carambar. En fin de parcours, Hery passe un coup de téléphone et on voit que quelque chose ne tourne pas rond après avoir raccroché, il s’avère que l’hôtel Centrest ne nous attend pas, tout comme le ravitaillement de ce midi au restaurant avait été oublié. Rien de grave cependant, l’hôtel n’est pas complet ( ce serait un comble ! ) et des chambres sont disponibles. Nous arrivons à l’hôtel peu avant 17 h, épuisés, mais ce n’est pas fini car une visite est prévue au jardin de plantes exotiques, notamment d’orchidées, propriété de l’hôtel et situé à 10 kms, ce qu’on ignorait. Il fait déjà presque nuit quand nous arrivons, le guide ne parle pas français et le jardin n’a rien d’exceptionnel, d’autant que les orchidées ne sont pas en fleur. C’est vraiment une visite sans grand intérêt, dont on aurait pu se passer après cette journée éprouvante. A la sortie, nous remercions notre guide qui à notre merci répond « non merci ». Désormais, nous répondrons aux mercis par un non merci jusqu’à la fin du séjour. Il fait bien sûr nuit noire quand nous arrivons à l’hôtel. Est-ce la réservation qui avait été oubliée ? En tout cas, nous nous retrouvons tous les 4 avec une chambre pour 4 avec des lits alignés et à peine la place pour étaler les bagages sans compter la marche dans les toilettes qui risque d’en gêner plus d’un pendant la nuit. N’ayant pas le courage de préparer notre traditionnel apéritif dans cette chambre, nous préférons le prendre à table au restaurant. Pour le repas, et alors que j’ai prévenu en arrivant « ici ne mangez surtout pas de poisson, vu l’éloignement de la mer », le menu est unique et heureuse surprise, le plat est une brochette de poisson avec du riz.. Ben qui a une sainte hantise des arêtes et qui a déjà dû recracher son beignet de poisson ce midi a la malchance de tomber une nouvelle fois sur une arête qui justement ( sans jeu de mot ) l’arrête net. Le dessert, une banane flambée, est lui excellent. Après ce repas correct sans plus, nous nous couchons assez tôt, fatigués par notre longue journée de route.
Mardi 28 juillet : Ranomafana – Ambositra. La nuit a été acceptable malgré la promiscuité et nous démarrons la journée par un bon petit déjeuner. Aucun d’entre nous n’a eu le courage d’aller aux thermes voisins aux aurores comme proposé par Hery. Un taxi brousse a fini son parcours pendant la nuit contre le mur en contrebas de l’hôtel et il aura du mal à avoir une seconde vie, vu son état. A 8h, notre guide local, Angelin, nous retrouve sur le parking de l’hôtel où nous prenons le minibus jusqu’à l’entrée du Parc National de Ranomafana. Les craintes concernant le mauvais temps et la pluie se sont envolées et nous laissons nos kways dans le véhicule. Angelin passe du temps à nous expliquer l’historique du parc, la forêt primaire et secondaire, et les différentes espèces présentes il est d’ailleurs un peu bavard à notre goût car, pendant qu’il nous donne ces explications, plusieurs groupes nous passent sous le nez et nous craignons de nous retrouver trop nombreux dans la forêt. Il nous informe qu’une rabatteuse, Myriam, est déjà dans la forêt à repérer les lémuriens. Myriam est apprentie guide et elle fait son baptême du feu avec nous en nous donnant des informations sur le mode de vie des lémuriens. Angelin de son côté passe auprès de chacun de nous en nous disant à voix basse de poser des questions à Myriam pour la confronter à la réalité du métier de guide. Les sentiers sont bien tracés, presque trop. Le premier animal aperçu est un mini gecko en forme de feuille, quasiment impossible à distinguer. Puis c’est au tour des lémuriens ou gidro en malgache ( encore un nouveau mot, se prononçant guidrou, le moyen mnémotechnique étant Guy Roux ). Nous commençons par des lémuriens dorés, puis c’est un groupe imposant de lémuriens à front roux qui arrivent droit sur nous, en sautant de branche en branche puis s’immobilisent à 1 m de nous pour s’abreuver dans le creux d’un arbre. Aussitôt rassasiés, ils repartent comme ils sont arrivés et disparaissent rapidement dans la forêt. Lors de la promenade, nous avons l’occasion de voir 2 autres espèces de lémuriens, 1 groupe de 2 lémuriens diurnes et 1 groupe de 3 nocturnes. La promenade en forêt est très agréable et nous traversons des bambouseraies et observons de magnifiques fougères arborescentes. Angelin se met soudain à entonner la Marseillaise qu’il connaît parfaitement, puis l’hymne malgache. Après 3h de marche, nous revenons au minibus où, comme d’habitude, Feno nous attend patiemment. Nous reprenons la route en direction d’Ambositra. A la fin de la RN25, peu de temps avant de retrouver la RN7 et sa portion défoncée, nous nous arrêtons au bord de la route, une famille étant en train de fabriquer des briques en latérite. Nous les interrogeons : ils fabriquent 1400 briques par jour et vendent chaque brique 14 ariarys. Le travail doit être très pénible et les hommes, les femmes comme les enfants mettent la main à la pâte. La maman est fière de dire que sa fille est dans les premières élèves de sa classe et nous l’encourageons à continuer et à ne surtout pas arrêter l’école. Nous leur offrons les quelques vêtements qui nous restent et repartons vers le Nord. Nous nous arrêtons peu de temps après pour le pique-nique au menu du jour : sandwiches. Comme d’habitude, des enfants ne tardent pas à s’agglutiner pas très loin de nous tout en maintenant une distance de « sécurité ». A la fin du repas, comme la veille, Feno et Hery distribuent les restes aux enfants, qui ne se font pas prier. En se rapprochant d’Ambositra, les paysages sont vraiment magnifiques, la terre rouge et les rizières donnant des contrastes de couleur étonnants. Par contre, comme à l’aller dans la même région, les nuages sont de la partie et le temps se couvre de plus en plus. Hery, qui y a pris goût, nous pose de nouveau une colle : donnez 7 noms féminins français qui se terminent par un t. Après de longues minutes de réflexion, nous arrivons à 6 : dent, nuit, jument, mort, part, forêt. Hery, décidément très joueur , plutôt que de nous donner le 7ème , nous met tranquillement sur la voie et on finit par trouver le dernier mot : dot !

Peu avant Ambositra, nous voyons enfin quelques maisons avec cheminées, un peu incongrues à Mada. Après 4 h de route, nous arrivons enfin à destination et avant d’aller à l’hôtel nous faisons une halte pour observer un four à briques au bord de la route. L’hôtel est « l’Artisan », dont le gérant n’est autre que le propriétaire de l’atelier de marqueterie que nous avions visité à l’aller. C’est un établissement assez moyen, très bruyant et d’un confort correct sans plus. Le restaurant lui-même laisse à désirer. Un groupe local joue des airs pas très entraînants sur des instruments traditionnels leur CD est en vente 20 000 ariarys. La clientèle est diverse et variée : il y a des locaux, des touristes comme nous, mais aussi un groupe de mormons en costume cravate et des coréens très bruyants qui jouent avec leurs liasses de billets et dont on apprendra le lendemain qu’ils sont là pour acheter des pierres précieuses. Le dîner est le summum de notre voyage en terme de repas pris à l’hôtel là non plus, comme la veille, nous n’avons pas le choix et, après une soupe en entrée, le plat est un mélange de spécialités malgaches accompagnées de riz et de rougail-tomate : du zébu bouilli, du porc-pois chiches, manioc-porc, brèdes-porc. L’ensemble va du potable à l’immangeable, la palme du plus mauvais allant au manioc. C’est tellement peu dans nos goûts que chacun de nous met un temps infini à avaler ne serait-ce qu’une bouchée. On a l’impression en regardant le voisin qu’il est en train de brouter de l’herbe ou de mâcher un chewing gum géant. Autant dire que les assiettes sont presque pleines quand le serveur vient débarrasser la table on a beau se justifier comme on peut et bredouiller que c’était bon mais trop copieux, il a l’air atterré et c’est vrai que c’est désolant de gaspiller autant de nourriture dans un pays aussi pauvre. Après ce repas mémorable, nous allons nous coucher.
Mercredi 29 juillet : Ambositra-Antananarivo. Ce matin, le réveil est un peu laborieux, le dos ayant souffert de la dureté du matelas de notre lit. Par ailleurs, cette satanée marche ( comme au Centrest la veille ) entre la chambre et la salle de bain nous a joué des tours en pleine nuit et le gros orteil s’en souvient encore. Au lever, Charlotte, la plus grosse consommatrice de médicaments du voyage, qui n’en est plus à un problème près, s’est tapée dans la table de nuit et a un gros hématome à la cheville. Pour le petit déjeuner, c’est l’habituelle commande : 2 cafés, 3 th��s et un chocolat, accompagnés de pain ( encore un exemple de l’influence française car c’est un des rares pays où le pain est du vrai pain comme chez nous ). Partis à 8h, nous rencontrons sur la route les habituels camions THB et STAR ( les bières locales ) et toujours ces taxis brousse chargés au maximum aujourd’hui, au cours de la journée, nous voyons à plusieurs reprises des taxis brousse portant sur le toit un cercueil orné d’un drapeau malgache Hery nous explique que le côté où se situe le drapeau permet de savoir s’il s’agit d’un retour du corps dans son village pour un enterrement ou pour un retournement des morts. Après 2 heures de route, nous arrivons à Antsirabe où nous visitons la confiserie Marcel après une démonstration de la fabrication des bonbons ( c’est de l’artisanal pur et dur ! ), nous achetons chacun plusieurs sachets à différents parfums, puis reprenons notre route vers Tana. Aujourd’hui, c’est le dernier jour de propagande autorisé, les élections communales ayant lieu vendredi, et c’est l’effervescence dans tous les villages traversés. A 13h, nous arrivons à Ambatolampy au restaurant « le rendez-vous des pêcheurs », qu’on devrait plutôt appeler « le rendez-vous des vazahas » car la clientèle est exclusivement composée de petits groupes de touristes accompagnés de leur guide. Après un plat (zébu pour les uns, bolognaises pour les autres ) accompagné pour Ben et Pierre par une Skol, moins bonne que la THB, nous repartons pour nous arrêter quelques centaines de mètres plus loin, à la fabrique de cocottes en aluminium. La visite, qui dure près d’une heure, est très intéressante et elle nous permet de voir toutes les étapes de la fabrication de ces fameuses cocottes qu’on retrouve partout dans l’île les ouvriers, pour certains des ados, travaillent dans des conditions épouvantables, dans la chaleur, la fumée, la poussière de métal, surveillés par une vieille pas commode. La médecine et l’inspection du travail, ils ne connaissent pas ici, et ces jeunes ne doivent pas faire de vieux os à travailler dans de telles conditions. La boutique est un peu décevante et nous nous contentons d’acheter un petit baobab pour le souvenir. La route jusqu’à la capitale se déroule sans encombre et nous arrivons à l’entrée de la ville peu avant 16h. Là nous assistons à une scène cocasse : au moment où nous arrivons à leur hauteur, 2 cortèges de propagande se croisent, des partisans de Marc Ravalomananna ( au pouvoir jusqu’à 2009 et que beaucoup voudraient voir revenir au pouvoir, c’est sa femme qui se présente à la mairie de Tana ) et ceux d’Andry Rajoelina ( le DJ comme ils l’appellent, ancien président de la transition à partir de 2009). C’est l’allégresse générale, c’est à qui va manifester de la façon la plus bruyante et nous-mêmes, dans notre minibus, nous les encourageons à en faire encore plus en levant les bras et en criant. Pensant être quasiment arrivés à notre hôtel, nous déchantons vite, Tana n’ayant rien à envier à Paris en terme de bouchons nous découvrons lors de la traversée de la ville la grande misère qui y règne, certains vivant sous des cartons, d’autres faisant un feu en pleine rue pour se réchauffer. Cette misère engendre bien sûr beaucoup d’insécurité et Hery nous conseille de bloquer nos portes, les agressions n’étant pas rares en pleine rue. Pour occuper le temps, la traversée de la ville nous paraissant interminable, nous nous mettons à photographier les voitures, notamment les taxis qui nous rappellent notre jeunesse : 2CV, 4L, Diane, 204, 404, …….tous les vieux modèles vivent ici une seconde jeunesse. Ben s’étonne qu’il n’y ait pas de feux tricolores ni de panneaux : il y en a eu à une époque mais ils ont tous été volés et le métal a été recyclé pour un autre usage… Après plus d’1 heure à avancer au pas, nous finissons par atteindre notre hôtel, le « Tamboho », un établissement luxueux situé dans une sorte de ghetto comprenant également un supermarché et de nombreuses boutiques de luxe, l’ensemble étant barricadé et surveillé. L’hôtel est situé dans un cadre superbe, au bord d’un lac en pleine ville. L’inconvénient de ce lac, ce sont les moustiques puisque dès qu’on sort de l’hôtel on est assaillis ( Charlotte et Juliette l’ont testé en allant à la piscine de l’hôtel ) en fin d’après-midi, nous allons faire quelques courses au supermarché, notamment pour les apéritifs des derniers jours ( on y trouve des « caca pigeon » comme chez Brigitte ). Les chambres du Tamboho sont vraiment très spacieuses et l’hôtel offre quelques services appréciables, notamment des boissons fraîches sont en libre-service dans les couloirs. Le restaurant lui n’est pas tout à fait à la hauteur du standing : au dîner, l’entrée et le plat sont corrects mais pas exceptionnels et c’est surtout le dessert, un ananas confit, qui fait l’unanimité contre lui : dur et hyper écoeurant.
Jeudi 30 juillet : Antananarivo-Andasibe. Contrairement au dîner de la veille, le petit déjeuner sous forme de buffet est délicieux c’est le meilleur de notre séjour. La journée étant chargée, Hery nous a donné rendez-vous à 7h30. Comme d’habitude, c’est le même rituel : avant le petit déjeuner, c’est-à-dire une trentaine de minutes avant le départ prévu, nous descendons nos bagages au minibus pour que Feno et Hery les installent sur le toit, ce qui permet de gagner du temps. Nous prenons la route du nord en direction de la colline sacrée d’Ambohimanga située à 15 kms de la capitale ; comme la veille la circulation est très dense et nous progressons lentement. En chemin, une construction attire notre attention il s’agit d’arènes immenses, aux couleurs du parti d’Andry le DJ, qui ont été construites pendant son « règne » et prévues pour des concerts. Un exemple parmi tant d’autre de la mégalomanie de ce Président de la Transition qui par contre a oublié lors de son mandat les routes et l’éducation. A 8h30, nous arrivons à Ambohimanga, la « colline bleue ». C’est sur cette colline qu’est édifiée l’ancienne cité sacrée, berceau du royaume Merina. A l’entrée du site, bien que ne comprenant pas le malgache, on voit que quelque chose ne va pas car la discussion entre la personne à l’entrée et Hery paraît agitée. Ayant vu la veille dans le Routard et le Petit Fûté que le site ouvrait à 9h, je demande si on est arrivés trop tôt. Hery répond que les horaires ont changé et qu’il nous faudra attendre 30 mn. En dehors du fait qu’on aurait pu dormir 30 mn de plus, on aurait apprécié qu’au lieu de nous raconter des bobards il nous dise qu’il s’est trompé, ce qui peut arriver à tout le monde. Cette attitude nous agace un peu. A 9h, notre guide locale Noro ( prononcer Nourou ) commence la visite d’1h, très intéressante. Il s’agit du seul site malgache classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Au sommet de la colline se trouve le Rova, enceinte fortifiée qui renferme la case où vécut le roi Andrianampoinimerina, 2 pavillons en bois avec étage ou venaient séjourner les reines Ranavalona I et II, un parc à bœufs et les bassins sacrés où se baignaient les reines. On est loin du faste des demeures de la même époque des rois et reines en France et dans d’autres pays européens. Une petite anecdote qui nous a fait rire : dans le pavillon en bois se trouvent des photos des 2 reines, l’une gentille, l’autre méchante. Alors que chaque reine a un air sérieux sur sa photo, Noro nous dit « vous voyez tout de suite sur les photos que l’une est gentille et l’autre méchante »…. Forcément, c’est plus facile quand on connaît l’histoire…On ne lui a pas demandé de dire à partir de la photo de passeport de Pierre ( où il ressemble à un terroriste ) s’il était gentil ou méchant…. Après cette visite d’un des rares sites historiques de Madagascar, il nous faut de nouveau traverser Tana pour emprunter la RN2 qui part vers l’est en direction de Tamatave pas de miracle, cette traversée est une nouvelle fois interminable, et nous ne sommes pas mécontents de nous engager sur la RN2 d’après Hery, la route est en bon état, ce qui se confirme dans les faits et nous progressons rapidement vers l’est. Les paysages sont moins intéressants que sur la RN7 et nous faisons le trajet d’une seule traite jusqu’à Moramanga, où nous arrivons à 13h30. C’est une ville où l’oncle de Ben, militaire, a vécu dans les années 50 il est d’abord venu après les événements de 1947 puis est revenu en 1958 au moment de la proclamation de l’indépendance. Nous nous arrêtons au restaurant « le Coq d’Or », un restaurant chinois. Au menu, c’est Misao pour Anny, Pierre, Juliette et Charlotte, Poulet-Coco pour Ben et canard laqué, soit disant la spécialité de la maison, pour moi. Le canard laqué n’a de laqué que le nom et il est tellement gras qu’on a bien du mal à trouver un morceau de maigre. Mauvais choix ! En sortant de table, Hery nous propose d’aller visiter le musée de la gendarmerie, ce qui ne nous enchante pas vraiment. Nous sommes accueillis par le gendarme de 1ère classe Zo ( qui ne se rappelle plus s’il est 1ère ou 2ème classe ). Le musée est composé de plusieurs sections : criminologie, histoire de la gendarmerie, véhicules de collection….C’est potentiellement intéressant mais nous ne sommes pas très motivés pour cette visite et vu le nombre de visiteurs annuels, ce musée n’attire pas grand monde. Après cette visite vraiment pas incontournable, nous continuons notre route vers Andasible où nous arrivons vers 16h. L’Andasibe Hôtel, établissement agréable, est situé en pleine forêt, à quelques centaines de mètres du parc national où nous irons demain. En cette fin d’après-midi, nous allons sans les filles nous promener à pied à Andasibe, village à l’ambiance western avec ses petites maisons en bois. Nous sommes surpris par l’indifférence des habitants qui contrairement à d’habitude ne nous saluent pas spontanément même les enfants ne nous gratifient pas de « Bonbons vazahas ». On a déjà remarqué cette attitude dans la journée quand, en traversant les villages, nous avons salué les habitants. Est-ce une certaine réserve naturelle dans cette partie du pays ou une habitude des touristes ? La visite du village est sympa et on finit quand même par distribuer quelques bonbons et crayons à des enfants.

Avant le repas du soir, nous retrouvons comme tous les soirs Hery et Feno pour le briefing du lendemain Hery nous annonce qu’après avoir rencontré notre guide local de demain, celui-ci lui a dit qu’avec notre véhicule il nous serait impossible de nous rendre à la Réserve de Mantadia, la piste pour s’y rendre étant impraticable sans 4x4. Nous nous contenterons donc de la réserve Indri Indri le matin et pour l’après-midi on trouvera une autre visite. Le dîner est correct mais nous commençons sérieusement à saturer de la nourriture locale et de ce côté-là il est temps qu’on rentre en France.
Vendredi 31 juillet : Réserve d’Andasibe. Le jour tant attendu est arrivé : c’est aujourd’hui qu’ont lieu ces fameuses élections communales dont Hery nous parle depuis plus de 15 jours et à cette occasion la journée a été décrétée fériée. Nous partons à 8h pour la visite. Ben fait la gueule ce matin car il ne retrouve plus la pierre précieuse achetée chez Joseph et cela fait déjà 2-3 jours que ça le travaille. Il est sûr de l’avoir laissée dans le minibus pendant notre escapade à Anakao et depuis il n’arrive pas à mettre la main dessus. La veille au soir, lors du briefing, il en a parlé à Feno et Hery en leur demandant s’ils pourraient regarder dans le minibus et voir si le petit paquet ne s’est pas « caché » dans un coin peu accessible. Devant leur réponse négative ce matin, il ne desserre pas les dents, persuadé de ne pas l’avoir perdu lui-même et commençant à avoir des doutes…Heureusement, il va se dérider au fur et à mesure de la matinée… Arrivés à l’entrée de la Réserve Indri Indri, nous sommes accueillis par notre guide local Patrice. Ici, pas de rabatteur, les lémuriens ayant des territoires connus des guides. Comme à Ranomafana, le temps est magnifique et la forêt humide ne l’est finalement pas tant que ça. Ça nous promet des lémuriens en pagaille ! Assez rapidement nous apercevons notre premier groupe de lémuriens, des propithèques à diadème. Nous les observons durant de longues minutes et dans d’excellentes conditions, le nombre limité de groupes de touristes ne gâchant pas le spectacle. Ce sont ensuite des lémuriens marrons ( fulvus ) et le clou du spectacle et la vedette de cette réserve est bien sûr l’Indri Indri, qu’on ne tarde pas à apercevoir après avoir entendu à plusieurs reprises ses cris perçants résonner dans la forêt ( ils peuvent s’entendre à 3 kms ). C’est le plus gros des lémuriens ( il peut peser plus de 10 kgs ) et il se distingue des autres espèces en ayant un moignon de queue. Ses grandes oreilles et son pelage noir et blanc lui donnent un aspect de grosse peluche. On ne se lasse pas de les regarder leur cri est encore plus impressionnant de près et est vraiment déchirant, ce qui explique sa portée de plusieurs kilomètres. Juliette et Ben, qui ont un gros zoom à leur appareil photo, ont réussi des clichés superbes et nous rendent un peu jaloux. Après cette longue observation des lémuriens, nous continuons notre exploration de la forêt en passant par un endroit appelé le Lac Vert. Les températures étant fraîches en cette saison, les caméléons restent cachés et ne se laissent malheureusement observer. Par contre, juste à côté du Lac Vert, nous avons la surprise de trouver un boa d’1 m de long, enroulé et en pleine sieste, légèrement en contrebas du chemin. Après cette découverte, nous poursuivons la visite dans la partie plus sauvage de la forêt où le relief est plus marqué et les sentiers moins tracés. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’apercevoir d’autres lémuriens lors de ce dernier tronçon. Une fois revenus au bord du Lac Vert, Patrice se met à sortir des sacs à pain et autres tissus brodés qu’il nous demande d’acheter pour aider les femmes de la communauté qui soit disant les ont tissés. On se sent un peu pris en otages car rien ne dit d’une part que cela vienne des femmes du village et d’autre part que ce ne sera pas lui qui va empocher le gain de la vente. Malgré tout, Pierre et nous lui achetons chacun un sac. Après 4h de marche et de découverte de cette magnifique réserve, nous arrivons au parking où Patrice nous montre un mini caméléon, quasiment impossible à distinguer de la branche d’arbre sur laquelle il est posé. Feno nous attend avec le pique-nique que nous mangeons sur les tables installées à cet effet à l’entrée du parking. Le menu est copieux comme d’habitude : taboulé, légumes, poulet laqué dont nous régalons. Faute de pouvoir visiter la réserve de Mantadia, nous nous rendons à 14h au Vakoma Forest Lodge distant de quelques kilomètres. Ce lodge héberge un parc privé et une réserve de lémuriens situés sur un petit ilôt privé. Nous commençons par la réserve de lémuriens que nous atteignons par un trajet de quelques mètres en canoé. A peine arrivée sur la berge, les lémuriens ( fauves et à crinière ) s’approchent de nous et sautent sur nos épaules, attirés par les morceaux de bananes qu’on a pris soin de préparer avant. Il y a là aussi des singes capucins adorables. Ça fait un peu zoo ces lémuriens semi-apprivoisés ( Ben n’apprécie pas trop ), mais ils déclenchent des éclats de rire et des cris de surprise, certains d’entre nous se sentant plus ou moins à l’aise avec 1 ou 2 lémuriens sur l’épaule. Après cette récréation, nous allons visiter la réserve privée, guid��s par Feno, par le nôtre mais un guide local. Nous commençons notre parcours par l’étang aux crocodiles qui nous permet d’apercevoir de beaux spécimens allongés sur la berge. Ben a l’humeur légère en ce début d’après-midi et il fait des petits commentaires moqueurs aux explications de Feno tout en gardant un air très sérieux ( par exemple, Feno nous dit « les crocodiles font partie de la famille des reptiles » auquel Ben répond « ah bon, ce sont des reptiles ??!! »). Pierre et moi, un peu en retrait de la conversation, sommes bidonnés. Heureusement il se calme assez rapidement parce le guide aurait fini par se rendre compte. La végétation est superbe : grands eucalyptus, fougères arborescentes, plantes médicinales….Au cours de la visite du parc, nous voyons d’autres animaux en captivité, des tortues radiées, un boa que Feno met sur les épaules de Charlotte, seule volontaire du groupe, et un fosa ( on a d’abord compris « faux chat » c’est un carnivore endémique de Madagascar, prédateur des lémuriens ). Nous traversons à 2 reprises le cours d’eau sur une passerelle suspendue, en équilibre plus ou moins précaire, ce qui donne quelques émotions à ceux qui sont sujets au vertige. Au final, c’est une promenade plus agréable qu’on ne le pensait malgré le côté « aménagé » et peu sauvage du site. Nous sommes de retour à l’hôtel à 16h30 pour notre dernière soirée complète à Madagascar. Le repas du soir confirme notre saturation pour la nourriture pendant le repas, Ben va sur le site de sa pharmacie et observe son personnel tout en faisant des commentaires. Charlotte trouve cela très intéressant et comme on peut envoyer désormais des ordonnances par mail, elle prend Ben en photo avec une bouteille de vin et l’envoie à la pharmacie avec un commentaire « le bonjour de Madagascar » ça fait sérieux…. Nous nous couchons avec un petit pincement au cœur car demain c’est déjà le départ pour la France.
Samedi 1er août : Andasibe-Antananarivo. Juliette a été malade durant la nuit, ce qui ne laisse augurer rien de bon pour le voyage retour. Anny est aussi toujours dérangée depuis quelques jours. Nous quittons l’hôtel à 8h. En chemin, nous passons dans le village où habite Hery il nous montre sa maison au loin, une grande maison blanche assez proche à vol d’oiseau mais distante de 14 kms par la route depuis que le pont qui y conduisait s’est effondré. Comme par ailleurs le maire n’est pas son meilleur ami et qu’il vient d’être élu aux élections communales, les travaux risquent d’attendre longtemps…Hery nous dit que dans un futur proche il aimerait se présenter aux élections, participant déjà activement à la vie de sa commune. A Tana c’est la femme de Ravalomanana qui a été élue, ce qui est une bonne nouvelle pour Hery.

A mi-chemin, nous nous arrêtons à la réserve de Péreyras, sorte de mini zoo un peu déglingué qui a comme principal intérêt d’approcher de très près de nombreuses variétés de caméléons. Notre guide est Richard. Plusieurs espèces sont ici en captivité : boas, crocodiles, papillons, chauve-souris, lézards, grenouilles, tanrecs ( animal proche du hérisson, endémique à Madagascar et rencontré notamment à Andasibe )…Le clou du spectacle, ce sont donc les caméléons, de toutes tailles et de toutes les couleurs Ben et Charlotte en portent un dans leurs bras et sont frappés par la froideur de sa peau. Richard nourrit l’un d’entre eux de sauterelles pour qu’on puisse le prendre en photo, mais sa langue est tellement longue et sort avec une telle vitesse qu’on n’arrive jamais à trouver le cadrage qui convient. Après 1h de visite, nous reprenons la route vers Tana et nous arrivons vers 13h15 au Grill du Rova, sur la Haute Ville, sans avoir trop à subir les bouchons, la circulation étant plus fluide le samedi. La propriétaire du restaurant est la femme d’Olivier, le directeur de l’agence Malagasy Tours, qui est lui aussi présent et avec qui nous discutons un moment de choses et d’autres, les élections, la situation à Madagascar, la grève d’Air Mada, et bien entendu notre changement de circuit sur l’ensemble des clients de l’agence, c’est pour nous que les modifications ont été les plus importantes. Il nous signale aussi qu’il espère encore pouvoir négocier avec le Coco Komba à Nosy Komba qui refuse de nous rembourser la ½ pension et les transports alors que les frais n’ont pas été engagés. Pour cet avant dernier repas, nous mangeons avec Hery et Feno ça sent la fin du voyage…. Le guide local qui nous fait la visite de la haute ville se prénomme Hery John c’est un étudiant en histoire, très cultivé qui rend la visite passionnante par ses grandes connaissances. Après une visite du Palais de La Reine, détruit en 1995 par un incendie et reconstruit en partie depuis, nous déambulons dans les rues de la Haute Ville, d’où la vue sur Tana et ses environs est splendide. Lors de notre balade, nous croisons un groupe entonnant des chants pour fêter un événement, alors qu’un jeune enfant, en pleurs, ne partage pas vraiment l’allégresse générale. Il s’agit en fait d’une cérémonie de circoncision, tradition ancestrale à Madagascar. Hery John nous explique qu’elle est pratiquée désormais de plus en plus de manière moderne car moins douloureuse et plus hygiénique cependant, la méthode traditionnelle, à la maison, a encore la faveur de beaucoup, pour des raisons de coût ou de respect de la tradition. Lors de la cérémonie, après avoir été coupé par un guérisseur traditionnel, le prépuce est avalé cru par le grand père avec de la banane pour faire passer le tout… Après cette visite très instructive, nous retrouvons Feno, tranquillement installé à regarder un match de foot avec son beau-frère encore quelques heures et il sera enfin débarrassé de nous ! Nous redescendons dans la ville moyenne où la recherche d’un magasin pour acheter des pierres est un échec ( celui qu’on avait conseillé à Hery est fermé depuis plusieurs mois ) et nous arrivons enfin à la Basse Ville, grouillante même le samedi. Alors que nous passons dans une petite ruelle à la périphérie de la ville, Hery fait arrêter le minibus à Feno et en descend sans rien dire on comprend rapidement qu’on est devant son hotely et que ce sont sa femme, sa fille et son fils qui sont là. Nous les saluons de la main et Hery remonte très rapidement dans le véhicule avec le « cadeau » de Ben, c’est-à-dire un CD de Jaojoby ( et autres musiques malgaches ). C’est vraiment une attention très sympa de la part d’Hery, que l’effet de surprise a rendu encore plus agréable. Arrivés à la sortie de la ville, nous nous arrêtons quelques minutes au Marché de la Digue, marché artisanal dédié aux touristes ces derniers étant peu nombreux, nous nous faisons harceler par les vendeurs. Alors qu’Hery nous a prévenu qu’il fallait négocier à 30% de baisse les achats, nous constatons rapidement d’après certains articles déjà vus ailleurs qu’il faut plutôt diviser par 3 le prix annoncé. Ben trouve son bonheur et achète 3 masques quasi-identiques à ceux qu’on avait dans nos bungalows à Anakao, certainement réalisés par le même artiste. Quant à nous, nous nous contentons de petites 2CV. Nous avions dit à Hery que nous aimerions ramener de la vanille de bonne qualité on lui a conseillé une adresse située juste à côté du « Bois Vert », notre premier hôtel qui sera aussi le dernier puisqu’il a été réservé aujourd’hui pour un Day use. Nous nous rendons donc à la nuit tombée à la boutique, dans laquelle sont vendues des épices nous sommes accueillis avec un rhum arrangé à la vanille délicieux, puis une présentation nous est faite sur la fabrication de la vanille. Tout cela donne l’eau à la bouche et nous sommes motivés pour acheter des gousses…..malheureusement absentes…On est venus spécialement pour acheter de la vanille, pour finalement apprendre qu’ils sont en rupture de stock. Contre mauvaise fortune bon cœur, nous achetons de l’extrait ou de la poudre de vanille ainsi que du poivre. Au Bois Vert, 2 chambres nous ont été réservées et nous en profitons pour nous doucher et finir l’organisation des bagages par rapport à notre arrivée 3 semaines plus tôt, la température extérieure nous paraît beaucoup plus douce et on s’est déjà fait la réflexion les jours précédents. Est-ce une réalité ou nous sommes nous habitués au climat malgache ? Nous allons prendre notre dîner plus tard que d’habitude, notre départ pour l’aéroport étant prévu pour 22h15. La nourriture est très correcte mais beaucoup trop copieuse et le service est tellement lent qu’à peine fini notre repas, il est déjà temps de rejoindre Hery et Feno. Nous arrivons à l’aéroport à 22h30, soit plus de 3h avant notre vol prévu à 1h40. Nous faisons nos adieux à Hery et Feno après leur avoir remis leur pourboire ainsi que les commentaires pour l’agence. La file d’attente est encore un grand moment de la désorganisation malgache et on vit le même sketch qu’à l’aller, mais en pire. Il y a 2 bornes d’enregistrement électronique mais l’une d’entre elles ne fonctionne pas à la seconde borne, l’employée qui est là met un temps fou à saisir les données ( 10 mn par personne, sachant qu’on ne peut apparemment pas enregistrer tous les voyageurs d’une même réservation comme en France ) et nous laisse passer sans enregistrer. Aux guichets, il y a le nombre de personnes suffisant, mais là encore on ne comprend pas pourquoi ça avance à une allure d’escargot. Il nous faut 1h30 pour arriver à l’enregistrement des bagages et la file d’attente fait quasiment toute la longueur de l’aérogare avec des gens gesticulants, agacés par tant d’inefficacité. On finit par passer en salle d’embarquement et à 1h, l’embarquement commence. Là encore, c’est du gros délire et de l’irrationnel total puisqu’après avoir contrôlé nos cartes d’embarquement, une fois arrivés sur le tarmac, billet et passeport sont de nouveau vérifiés, et, cerise sur le gâteau, au pied de l’avion des tables sont installées pour un contrôle du contenu des bagages à main et une fouille au corps…A cette heure avancée, les passagers sont à bout. Un français derrière nous se lâche : « ils ne sont pas capables de faire des routes mais pour nous casser les c…. ils sont forts ». Bien entendu, avec une telle organisation, difficile d’envisager un décollage à l’heure et c’est avec une heure de retard que nous quittons Madagascar.
Dimanche 2 août : Antananarivo-France. Nous arrivons à Paris en fin de matinée, avec un peu de retard par rapport à l’horaire prévu. Pierre, et surtout Juliette, dont l’état ne s’est pas amélioré depuis la veille, ont vécu une nuit pour le moins agitée et les allers-retours aux toilettes ont été incessants. Juliette est apathique et la journée risque d’être longue pour elle, le transfert pour Brest n’étant pas prévu avant 16h30. Une fois les formalités de retour effectuées et les bagages (en totalité !! ) récupérés, nous quittons Pierre qui a un train pour Rennes à 14h. De notre côté, nous tuons le temps en attendant notre vol, et la fin du voyage se passe sans encombre et nous arrivons à Fouesnant peu avant 19h. On ne peut pas en dire autant de Ben : seul pendant le voyage à n’avoir quasiment pas eu de troubles digestifs, ça le prend dans le taxi qui le ramène de l’aéroport ( la salade verte de la veille au soir au Bois Vert ?) et il finit par se vider devant sa porte d’appartement sans parvenir à effectuer les derniers mètres qui le séparent de ses toilettes. Quant à Pierre, il a touché le gros lot nous recevons un SMS de sa part à 19h : son train est immobilisé sur la voie quelques kilomètres avant Rennes, un tracteur tombé sur la voie ayant été percuté par un autre train, bloquant totalement le trafic ferroviaire. Nous suivons en direct l’évolution de la situation et c’est finalement en car et avec 4h30 de retard qu’il arrive à bon port. Comme quoi il n’y a pas qu’à Mada qu’on rencontre des impondérables !! Un dernier épisode à relater, en relation avec le voyage : le remboursement du Coco Komba ! Le lendemain de notre retour, j’envoie un mail au Coco Komba pour connaître les raisons du non remboursement d’au moins une partie des sommes engagées ( 1100 euros dont presque 700 pour la ½ pension et les transferts ). L’hôtel me répond qu’ils n’ont été prévenus que la veille de notre arrivée prévue, soit le 27/7, de notre annulation ferme, alors que les achats de produits frais à Nosy Be avaient été effectués. Je m’étonne de cette réponse, ayant depuis belle lurette fait une croix sur cette partie du voyage. S’engagent alors pendant plus d’une semaine des échanges incessants de mails entre la direction de l’agence, le Coco Komba et moi. Lors du changement de notre circuit le 10/7, l’agence a annulé nos nuits au Coco Komba, que ces derniers ont refusé de rembourser. Les sommes versées étant perdues, Malagasy Tours a réactivé la réservation le 20, pour d’éventuels clients de dernière minute ( sans toutefois préciser à l’hôtel qu’il ne s’agissait pas de nous ), puis, faute de clients comme c’était prévisible, l’a de nouveau annulée le 27. Coco Komba, considérant avoir engagé des frais et subir par ailleurs un préjudice du fait des consos non bues ( notre réputation nous aurait-elle précédé ??) et des excursions non effectuées( !), refuse de rembourser quoi que ce soit. Après d’âpres négociations avec Olivier de l’agence, l’hôtel accepte de partager le remboursement de la ½ pension avec l’agence, à condition que ceci se fasse sous forme d’une remise de 5% sur les prochaines réservations de l’agence au Coco Komba. Trouvant que c’est une usine à gaz ( d’autant que ça revient à ce que l’agence nous rembourse en une fois pour de son côté ne se faire payer qu’en plusieurs ), Olivier mentionne que 350 euros à rembourser en 1 fois, ce n’est pas la mer à boire. Il précise aussi que, faute d’accord à l’amiable nous mettrons un avis salé sur le site Tripadvisor. C’en est trop pour l’hôtel qui accuse Olivier de chantage et refuse d’en faire plus. C’est donc à ce stade que se termine la discussion, l’agence nous remboursant 350 euros et l’hôtel rien….C’est franchement mesquin , d’autant que vu la conclusion de cette histoire et les mails musclés échangés, l’agence décide de ne plus travailler avec cet établissement. Je mets donc mon commentaire sur Tripadvisor ( le seul parmi des commentaires dithyrambiques ) auquel l’hôtel répondra quelques semaines plus tard, après m’avoir envoyé un mail explicatif ( on a tourné la page et on n’y répondra pas ).
Bilan du voyage. Ça a été un super voyage malgré le changement de circuit de dernière minute tout le monde a plutôt bien supporté les longues heures de route et le circuit s’est déroulé dans une excellente ambiance ( même les filles ne se sont quasiment jamais disputées ), y compris avec Hery et Feno. C’est un pays qui ne peut pas laisser indifférent, très pauvre mais avec des habitants d’une grande gentillesse et joie de vivre. Les paysages sont magnifiques et variés, de même que la faune. Toutes les étapes de notre périple ( y compris Ranomafana et Andasibe qui ont été rajoutées lors du changement de programme ) nous ont plu et aucune ne nous a paru inutile. Compte tenu de nos impressions et du fait que notre circuit initial a été sérieusement amputé, ce voyage en appelle certainement un autre, les centres d’intérêt étant multiples : Allée des Baobas et Tsingys, Ste Marie, Nord du pays avec Diego et les îles…Ce ne sera pas dans l’immédiat mais on y retournera c’est certain. Quant à l’insécurité, qui nous a un peu fait hésiter à choisir cette destination, nous ne l’avons pas du tout constatée durant notre séjour bien sûr il y a une grande misère, bien sûr l’ambiance est un peu glauque dans certaines villes ( Tulear, Tana..) mais jamais nous ne nous sommes sentis menacés. Il faut dire que nous n’avons pas tenté le diable en étant accompagnés par un guide, en ne sortant jamais la nuit et en évitant de montrer des signes extérieurs de richesse. Concernant l’organisation du circuit, rien à dire, l’agence Malagasy Tours est à recommander : sérieuse, très réactive ( changement de circuit, valises..) et tarifs proposés corrects. L’hôtellerie choisie était d’un excellent niveau et même parfois carrément luxueuse ( Anakao, Isalo notamment ). Un 4x4 n’aurait pas été de trop pour effectuer le parcours ( ah cette piste jusqu’au Camp Catta !! ) mais cela nous aurait obligé à avoir 2 véhicules et nous y aurions perdu en ambiance. Nos 2 accompagnateurs : Feno, le chauffeur, était très discret, peu bavard ( alors qu’il comprenait très bien le français y compris des blagues d’une haute teneur intellectuelle ), très gentil et excellent conducteur Hery, notre guide, avait toujours un bon mot pour rire, et était très disponible et prévenant par contre nous avons un peu regretté son manque de culture et de connaissances profondes de son pays, même si les guides locaux dans les parcs connaissaient eux parfaitement leur sujet.
Mer des Caraïbes avec transat retour Costa Mediterranea, mars 2014 English translation pending
Bonjour à tous,
La première discussion ouverte étant un peu confuse avec les différents changements de Costa sur cette croisière, j'ouvre cette nouvelle discussion en espérant qu'il n'y aura plus de changement !
Réservation faite donc pour la croisière à bord du Mediterranea départ le 14 mars
1 Guadeloupe (Antilles) - 23:59 2 Antigua (Antilles) 12:00 18:00 3 … Plaisirs en mer … - - 4 Grenade (Antilles) 09:00 18:00 5 Barbados (Antilles) 08:00 18:00 6 St. Lucia (Antilles) 08:00 18:00 7 Martinique (Antilles) 08:00 18:00 8 Guadeloupe (Antilles) 08:00 23:59 9 St.Martin (Antilles Néerlandaises) 13:00 23:00 10 Tortola (Iles Vierges Britanniques) 08:00 17:00 11 St. Kitts (AntilleS) 09:00 17:00 12 Roseau (Dominique) 08:00 18:00 13 … Plaisirs en mer … - - 14 … Plaisirs en mer … - - 15 … Plaisirs en mer … - - 16 … Plaisirs en mer … - - 17 … Plaisirs en mer … - - 18 … Plaisirs en mer … - - 19 Santa Cruz De Tenerife (Canaries) 09:00 17:00 20 … Plaisirs en mer … - - 21 Gibraltar (Royaume-Uni) 12:00 18:00 22 … Plaisirs en mer … - - 23 Marseille (France) 13:00
La première discussion ouverte étant un peu confuse avec les différents changements de Costa sur cette croisière, j'ouvre cette nouvelle discussion en espérant qu'il n'y aura plus de changement !
Réservation faite donc pour la croisière à bord du Mediterranea départ le 14 mars
1 Guadeloupe (Antilles) - 23:59 2 Antigua (Antilles) 12:00 18:00 3 … Plaisirs en mer … - - 4 Grenade (Antilles) 09:00 18:00 5 Barbados (Antilles) 08:00 18:00 6 St. Lucia (Antilles) 08:00 18:00 7 Martinique (Antilles) 08:00 18:00 8 Guadeloupe (Antilles) 08:00 23:59 9 St.Martin (Antilles Néerlandaises) 13:00 23:00 10 Tortola (Iles Vierges Britanniques) 08:00 17:00 11 St. Kitts (AntilleS) 09:00 17:00 12 Roseau (Dominique) 08:00 18:00 13 … Plaisirs en mer … - - 14 … Plaisirs en mer … - - 15 … Plaisirs en mer … - - 16 … Plaisirs en mer … - - 17 … Plaisirs en mer … - - 18 … Plaisirs en mer … - - 19 Santa Cruz De Tenerife (Canaries) 09:00 17:00 20 … Plaisirs en mer … - - 21 Gibraltar (Royaume-Uni) 12:00 18:00 22 … Plaisirs en mer … - - 23 Marseille (France) 13:00
Projet de voyage en Nouvelle-Zélande en 2014 English translation pending
Bonjour le Forum !
J'envisage un voyage pour 2014 en Nouvelle Zélande, sans doute en fin Octobre 2014.
Je voudrai connaitre vos avis et conseils.
Le planning ci dessous est une ébauche tres tres grossiére, sans doute avec des erreurs de parcours ou de timing, rien n'est arrêté.
Merci encore pour votre aide !😉
- Auckland et ses environs : 6 jours pleins, 7 nuits.
Communément appelée la «City of Sails» («cité des voiles»), Auckland (2) est la métropole du Pacifique Sud où l'on peut faire du shopping, tester les restaurants, sortir et apprécier la Nouvelle-Zélande dans ce qu'elle a de plus varié et de plus cosmopolite. Promenez-vous dans les rues branchées du centre d'Auckland, découvrez la culture maorie à l'Auckland Museum, puis déjeunez dans l'un des nombreux restaurants qui jalonnent K Rd. Le soir, un dîner à Ponsonby familiarisera vos papilles avec la version néo-zélandaise de la cuisine «Pacific fusion». Après cela, un tour dans les bars de Viaduct Harbour s'impose. Le lendemain, prenez le ferry à destination des plages et des domaines viticoles de Waiheke Island. Au nord, rejoignez la Bay of Islands (1), qui ne connaît pas l'hiver, pour une bonne dose d'activités nautiques – voile, surf, kayak et plongée – ou filez au sud-est vers les forêts et les plages de la péninsule de Coromandel (3).
Incontournable, Auckland est une cité moderne, vivante, vibrante même, qui est jolie sans être belle, contrairement à son site tourné sur la baie d’Hauraki, semée d’îles. Le port avec les infrastructures de l’America’s Cup en est le centre névralgique. Superbe skyline. À 18h, le centre est déserté et chacun court vers les quais et les cafés, ou vers les plages de Takapuna. Northland et Bay of Islands
Plus au Nord, on traverse des collines piquetées de moutons en direction du Northland et de la Bay of Islands : quelque 144 îles jetées sur des eaux turquoise où batifolent les dauphins et, en toile de fond, une végétation tropicale superbe, fougères arborescentes et grands pohutukawa couverts de fleurs rouges en été. C’est ici que débarquèrent les premiers colons anglais. Dans l’intérieur des terres, des parcs préservent les dernières forêts de grandskauri, dont les plus vieux spécimens dépassent 2 000 ans. On peut pousser jusqu’au North Cape, un peu désolé, mais symboliquement important pour les Maoris. À l’Ouest, le sable s’entasse en dunes corpulentes tout au long de la 90 Mile Beach.
Au sud-est d’Auckland, la péninsule de Coromandel mériterait si on a le temps. Secret bien gardé, Hot Water Beach vaut presque à elle seule le voyage en Nouvelle-Zélande : on s’y creuse une baignoire aux eaux thermales chaudes dans le sable. Un vrai bonheur !
- Rotorua : à faire depuis Auckland ou mieux changer d'hôtel, et réduire durée séjour Auckland de 2 nuits.
Plus au sud, Rotorua (4) est connue pour son activité géothermique : boues volcaniques bouillonnantes, geysers propulsant vers le ciel leurs jets brûlants et effluves d'hydrogène sulfuré qui remplissent les narines.
Dans une odeur d’œuf pourri, Rotorua (« Sulphur City ») et sa région concentrent les plus beaux phénomènes volcaniques : bains thérapeutiques en vogue depuis le XIXe siècle, site de Whakarewarewa constellé de sources chaudes, de chaudrons de boue bouillonnante éclatant en bulles visqueuses, de solfatares et, surtout, de geysers. Le Pohutu, avec sa gerbe de 20 m de haut, jaillit entre 14 et 26 fois par jour. Même chose dans la Waimangu Valley et à Waiotapu.
- Taupo et le parc national de Tongariro (3) 1 jour plein, 2 nuits.
De Waitomo, virez au sud-est pour rallier le cadre idyllique de Taupo. Dans le parc national de Tongariro, des sentiers de randonnées sillonnent le relief volcanique et les trois monts emblématiques du site. Plus au Sud, le Tongariro et ses trois cônes encore actifs dominent le plateau central.
- Mount Taranaki (4) étape, 1 nuit.
Si vous avez du temps et que le soleil brille, suivez la SH43 vers l'ouest jusqu'à New Plymouth pour découvrir la vue splendide du Mt Taranaki, d'une symétrie parfaite.
- Wellington (5) 2 jours pleins, 3 nuits.
À la pointe sud de l'île du Nord, Wellington s'accroche à flanc de colline, comme une San Francisco miniature, et il y fait bon vivre. Son statut de capitale lui confère une culture urbaine branchée où l'art occupe une place importante.
Wellington, tout au sud de l’île, est la capitale politique et culturelle de la Nouvelle-Zélande. Un brin de nostalgie coloniale et les plus beaux musées du pays (Te Papa). Le site de la baie, découvert depuis le jardin botanique, est splendide.
- De Picton : 1 jour plein, 2 nuits.
Mettez le cap à l'ouest pour une journée d'excursion à travers le réseau de bras d'eau navigables et les terres boisées des Marlborough Sounds ou continuez vers les baies de sable doré du parc national Abel Tasman.
Le parc national Abel Tasman
Blenheim est au cœur d’une zone viticole plus récente que celle de Hawke’s Bay. À l’Ouest, le parc national Abel Tasman, peut-être le plus beau du pays, se laisse explorer à pied.. Pas mal de monde en été, mais des paysages vraiment époustouflants, colonisés par les fougères arborescentes. Magnifiques plages de sable noir ou doré.
- Côte Ouest : 1 jour plein, 2 nuits.
Descendez la côte ouest, reculée et battue par la pluie. Des dizaines de randonnées sont possibles dans ses vallées gelées. En chemin, pause à Greymouth (7) pour goûter la bière du cru, la Monteith, puis franchissez le Haast Pass (col) pour gagner Queenstown (9).
Côte ouest
La Côte ouest commence tout près : l’influence océanique est ici patente, les vagues ronflent, les plages s’étirent à l’infini, souvent désertes ou simplement jalonnées de gros galets polis. Les Pancake Rocks de Punakaiki sont d’étranges formations rocheuses ciselées par l’érosion.
- Queenstown (8) 1 jour plein, 2 nuits.
Ville festive et haut lieu du saut à l'élastique, Queenstown réserve des sensations fortes. De là, vous pourrez rejoindre Auckland en prenant un vol direct.
Les Alpes néo-zélandaises
Sur les petites routes montant à l’assaut des Alpes néo-zélandaises, les moutons défilent parfois de longues minutes. En longeant les rivières couleur d’aigue-marine, on rejoint des lacs de la même teinte, puis les glaciers qui les alimentent. Ils sont plusieurs à s’écouler jusqu’à proximité du littoral de la West Coast. En altitude, les flocons s’entassent dans les vallées jusqu’au cœur de l’été, formant des tapis épais, futurs séracs. Dominant le tout, la pyramide blanche du mont Cook culmine à 3 754 m. Queenstown, dans la même région, est la capitale sportive de la Nouvelle-Zélande.
- Milford Sound (8) : 1 jour plein, 2 nuits.
Poursuivez jusqu'à Te Anau, d'où une fascinante route mène au Milford Sound. Les voies d'eau miroitantes du fjord, parsemées d'îlots à pic, se prêtent au kayak et aux promenades en bateau, dévoilant ce que la Nouvelle-Zélande a de plus pur et de plus intact.
Fiordland
Le voyage s’achève dans le Fiordland, le fantastique pays des fjords. On découvre un premier aperçu depuis le Milford Sound écrasé par la masse du Mitre Peak (1 692 m). Bateaux et kayaks permettent de pénétrer ce monde isolé, où dégringolent pluies fréquentes et cascades bien fournies. Là encore, dauphins et otaries sont communs. Les randonneurs s’intéresseront à la plus belle marche du pays, le Milford Track, qui rejoint le lac Te Anau.
- Aoraki/Mount Cook (10) : étape, 1 nuit.
Empruntez la SH8 pour voir de près le vertigineux Aoraki/Mt Cook, plus haut sommet du pays (3 754 m). Des randonnées (longues ou courtes) permettent une découverte de cette mystérieuse montagne, sombre et changeante, nimbée de nuages.
hébergement : http://www.hermitage.co.nz/en
À l’Est, Kaikoura est le quartier général des excursions en mer : au large croisent baleines et cachalots, dauphins et globicéphales. Sur terre, on rencontre aisément otaries et lions de mer. Plus bas sur la côte orientale, les pingouins font leur apparition, puis les albatros et les éléphants de mer. Près de Christchurch, le port d’Akaroa a été fondé par des Français.
- Christchurch (7) (11) : 1 jour plein, 2 nuits.
Après l'élégante Christchurch, la grande ville de l'île du Sud, votre route se poursuivra vers le sud-ouest. Revenez vers l'est pour atteindre Christchurch, organisée autour de sa cathédrale anglicane. Les boutiques et les musées vous occuperont un jour ou deux ; ne manquez pas le Canterbury Museum, polyvalent, et la Christchurch Art Gallery, du dernier cri. Prévoyez aussi un après-midi dans le port de Lyttelton ou sur la péninsule de Banks, où le village d'Akaroa dénote une influence française.
Christchurch, la capitale de l’île du Sud, est la plus anglaise des villes kiwis. Très néogothique et tea time. C’est aussi le quartier général des expéditions néo-zélandaises en Antarctique et un musée est consacré au sujet.
Total à la louche des nuits en NZ : 24 nuits. +1 nuit au retour dans l’avion
J'envisage un voyage pour 2014 en Nouvelle Zélande, sans doute en fin Octobre 2014.
Je voudrai connaitre vos avis et conseils.
Le planning ci dessous est une ébauche tres tres grossiére, sans doute avec des erreurs de parcours ou de timing, rien n'est arrêté.
Merci encore pour votre aide !😉
- Auckland et ses environs : 6 jours pleins, 7 nuits.
Communément appelée la «City of Sails» («cité des voiles»), Auckland (2) est la métropole du Pacifique Sud où l'on peut faire du shopping, tester les restaurants, sortir et apprécier la Nouvelle-Zélande dans ce qu'elle a de plus varié et de plus cosmopolite. Promenez-vous dans les rues branchées du centre d'Auckland, découvrez la culture maorie à l'Auckland Museum, puis déjeunez dans l'un des nombreux restaurants qui jalonnent K Rd. Le soir, un dîner à Ponsonby familiarisera vos papilles avec la version néo-zélandaise de la cuisine «Pacific fusion». Après cela, un tour dans les bars de Viaduct Harbour s'impose. Le lendemain, prenez le ferry à destination des plages et des domaines viticoles de Waiheke Island. Au nord, rejoignez la Bay of Islands (1), qui ne connaît pas l'hiver, pour une bonne dose d'activités nautiques – voile, surf, kayak et plongée – ou filez au sud-est vers les forêts et les plages de la péninsule de Coromandel (3).
Incontournable, Auckland est une cité moderne, vivante, vibrante même, qui est jolie sans être belle, contrairement à son site tourné sur la baie d’Hauraki, semée d’îles. Le port avec les infrastructures de l’America’s Cup en est le centre névralgique. Superbe skyline. À 18h, le centre est déserté et chacun court vers les quais et les cafés, ou vers les plages de Takapuna. Northland et Bay of Islands
Plus au Nord, on traverse des collines piquetées de moutons en direction du Northland et de la Bay of Islands : quelque 144 îles jetées sur des eaux turquoise où batifolent les dauphins et, en toile de fond, une végétation tropicale superbe, fougères arborescentes et grands pohutukawa couverts de fleurs rouges en été. C’est ici que débarquèrent les premiers colons anglais. Dans l’intérieur des terres, des parcs préservent les dernières forêts de grandskauri, dont les plus vieux spécimens dépassent 2 000 ans. On peut pousser jusqu’au North Cape, un peu désolé, mais symboliquement important pour les Maoris. À l’Ouest, le sable s’entasse en dunes corpulentes tout au long de la 90 Mile Beach.
Au sud-est d’Auckland, la péninsule de Coromandel mériterait si on a le temps. Secret bien gardé, Hot Water Beach vaut presque à elle seule le voyage en Nouvelle-Zélande : on s’y creuse une baignoire aux eaux thermales chaudes dans le sable. Un vrai bonheur !
- Rotorua : à faire depuis Auckland ou mieux changer d'hôtel, et réduire durée séjour Auckland de 2 nuits.
Plus au sud, Rotorua (4) est connue pour son activité géothermique : boues volcaniques bouillonnantes, geysers propulsant vers le ciel leurs jets brûlants et effluves d'hydrogène sulfuré qui remplissent les narines.
Dans une odeur d’œuf pourri, Rotorua (« Sulphur City ») et sa région concentrent les plus beaux phénomènes volcaniques : bains thérapeutiques en vogue depuis le XIXe siècle, site de Whakarewarewa constellé de sources chaudes, de chaudrons de boue bouillonnante éclatant en bulles visqueuses, de solfatares et, surtout, de geysers. Le Pohutu, avec sa gerbe de 20 m de haut, jaillit entre 14 et 26 fois par jour. Même chose dans la Waimangu Valley et à Waiotapu.
- Taupo et le parc national de Tongariro (3) 1 jour plein, 2 nuits.
De Waitomo, virez au sud-est pour rallier le cadre idyllique de Taupo. Dans le parc national de Tongariro, des sentiers de randonnées sillonnent le relief volcanique et les trois monts emblématiques du site. Plus au Sud, le Tongariro et ses trois cônes encore actifs dominent le plateau central.
- Mount Taranaki (4) étape, 1 nuit.
Si vous avez du temps et que le soleil brille, suivez la SH43 vers l'ouest jusqu'à New Plymouth pour découvrir la vue splendide du Mt Taranaki, d'une symétrie parfaite.
- Wellington (5) 2 jours pleins, 3 nuits.
À la pointe sud de l'île du Nord, Wellington s'accroche à flanc de colline, comme une San Francisco miniature, et il y fait bon vivre. Son statut de capitale lui confère une culture urbaine branchée où l'art occupe une place importante.
Wellington, tout au sud de l’île, est la capitale politique et culturelle de la Nouvelle-Zélande. Un brin de nostalgie coloniale et les plus beaux musées du pays (Te Papa). Le site de la baie, découvert depuis le jardin botanique, est splendide.
- De Picton : 1 jour plein, 2 nuits.
Mettez le cap à l'ouest pour une journée d'excursion à travers le réseau de bras d'eau navigables et les terres boisées des Marlborough Sounds ou continuez vers les baies de sable doré du parc national Abel Tasman.
Le parc national Abel Tasman
Blenheim est au cœur d’une zone viticole plus récente que celle de Hawke’s Bay. À l’Ouest, le parc national Abel Tasman, peut-être le plus beau du pays, se laisse explorer à pied.. Pas mal de monde en été, mais des paysages vraiment époustouflants, colonisés par les fougères arborescentes. Magnifiques plages de sable noir ou doré.
- Côte Ouest : 1 jour plein, 2 nuits.
Descendez la côte ouest, reculée et battue par la pluie. Des dizaines de randonnées sont possibles dans ses vallées gelées. En chemin, pause à Greymouth (7) pour goûter la bière du cru, la Monteith, puis franchissez le Haast Pass (col) pour gagner Queenstown (9).
Côte ouest
La Côte ouest commence tout près : l’influence océanique est ici patente, les vagues ronflent, les plages s’étirent à l’infini, souvent désertes ou simplement jalonnées de gros galets polis. Les Pancake Rocks de Punakaiki sont d’étranges formations rocheuses ciselées par l’érosion.
- Queenstown (8) 1 jour plein, 2 nuits.
Ville festive et haut lieu du saut à l'élastique, Queenstown réserve des sensations fortes. De là, vous pourrez rejoindre Auckland en prenant un vol direct.
Les Alpes néo-zélandaises
Sur les petites routes montant à l’assaut des Alpes néo-zélandaises, les moutons défilent parfois de longues minutes. En longeant les rivières couleur d’aigue-marine, on rejoint des lacs de la même teinte, puis les glaciers qui les alimentent. Ils sont plusieurs à s’écouler jusqu’à proximité du littoral de la West Coast. En altitude, les flocons s’entassent dans les vallées jusqu’au cœur de l’été, formant des tapis épais, futurs séracs. Dominant le tout, la pyramide blanche du mont Cook culmine à 3 754 m. Queenstown, dans la même région, est la capitale sportive de la Nouvelle-Zélande.
- Milford Sound (8) : 1 jour plein, 2 nuits.
Poursuivez jusqu'à Te Anau, d'où une fascinante route mène au Milford Sound. Les voies d'eau miroitantes du fjord, parsemées d'îlots à pic, se prêtent au kayak et aux promenades en bateau, dévoilant ce que la Nouvelle-Zélande a de plus pur et de plus intact.
Fiordland
Le voyage s’achève dans le Fiordland, le fantastique pays des fjords. On découvre un premier aperçu depuis le Milford Sound écrasé par la masse du Mitre Peak (1 692 m). Bateaux et kayaks permettent de pénétrer ce monde isolé, où dégringolent pluies fréquentes et cascades bien fournies. Là encore, dauphins et otaries sont communs. Les randonneurs s’intéresseront à la plus belle marche du pays, le Milford Track, qui rejoint le lac Te Anau.
- Aoraki/Mount Cook (10) : étape, 1 nuit.
Empruntez la SH8 pour voir de près le vertigineux Aoraki/Mt Cook, plus haut sommet du pays (3 754 m). Des randonnées (longues ou courtes) permettent une découverte de cette mystérieuse montagne, sombre et changeante, nimbée de nuages.
hébergement : http://www.hermitage.co.nz/en
À l’Est, Kaikoura est le quartier général des excursions en mer : au large croisent baleines et cachalots, dauphins et globicéphales. Sur terre, on rencontre aisément otaries et lions de mer. Plus bas sur la côte orientale, les pingouins font leur apparition, puis les albatros et les éléphants de mer. Près de Christchurch, le port d’Akaroa a été fondé par des Français.
- Christchurch (7) (11) : 1 jour plein, 2 nuits.
Après l'élégante Christchurch, la grande ville de l'île du Sud, votre route se poursuivra vers le sud-ouest. Revenez vers l'est pour atteindre Christchurch, organisée autour de sa cathédrale anglicane. Les boutiques et les musées vous occuperont un jour ou deux ; ne manquez pas le Canterbury Museum, polyvalent, et la Christchurch Art Gallery, du dernier cri. Prévoyez aussi un après-midi dans le port de Lyttelton ou sur la péninsule de Banks, où le village d'Akaroa dénote une influence française.
Christchurch, la capitale de l’île du Sud, est la plus anglaise des villes kiwis. Très néogothique et tea time. C’est aussi le quartier général des expéditions néo-zélandaises en Antarctique et un musée est consacré au sujet.
Total à la louche des nuits en NZ : 24 nuits. +1 nuit au retour dans l’avion
Voyage nature en Australie en septembre - octobre 2010 English translation pending
Plus d'un an a passé depuis mon retour. Ce voyage que nous avons préparé en partie grâce aux infos glanées sur ce site a été pour nous une réussite, plus riche que nous l'espérions sur le plan des observations de la faune et de la flore. Voici un petit compte rendu en retour.
Voyage Nature en Australie, Septembre – Octobre 2010
03/09/2010
7h30 : La famille Teocchi est à l'heure, départ pour Lyon, trajet rapide vers Londres ou il faut attendre jusqu'à 22h30 pour embarquer à destination de Singapour. Nous sommes arrivés à Heathrow à 13h15. L’attente à Londres était de 2H00 mais un mail reçu la veille nous a informé du changement de vol. Pour manger il y a l'embarras du choix mais rien de terrible. Nous nous contentons de sandwiches salade-tomate-mayonnaise et bacon. Ensuite une petite sieste d'1/2h sur les bancs du terminal 3 avant de faire un tour des boutiques pour se dégourdir les jambes. William ne peut pas raccorder son Pc à cause du standard de prise incompatible (vive l'Europe).
04/09/2010
Nous sommes dans l'avion pour Singapour. Le vol se déroule sans histoire. A l'arrivée, nous cherchons un peu le bureau qui doit nous délivrer le boarding pass puis notre porte d'embarquement pour Darwin en se faisant aider par des militaires qui surveillent l'aéroport. Nous espérions envoyer quelques nouvelles en France grâce aux ordinateurs mis gratuitement à la disposition des voyageurs. Malheureusement, ici internet est bridé (comme les gens du coin d'ailleurs) et il nous est impossible d'accéder à nos messageries. Avant d'embarquer nous allons manger dans un Burger King car dans l'avion pour Darwin le repas n'est pas prévu.
05/09/2010
La compagnie à bas coût Jetstar qui nous conduit à Darwin nous propose un plateau repas 2h00 après avoir mangé à Singapour. Ce n’est pas grave, nous le prenons quand même. Malgré les lumières restées éclairées, je m'endors, une couverture sur la tête, pendant 3h00 jusqu'à Darwin. L'atterrissage a été assez sportif, à croire que le pilote était pressé mais finalement nous nous posons sans encombre.

Lever de soleil sur la côte Nord de l’Australie
William qui a peu dormi dans l'avion se rattrape à Darwin pendant les 2h00 d'attente. Je me dégourdis les jambes dans le hall en visitant les rares boutiques sans intérêt d'ailleurs puis je m'endors encore pour un petit moment. Nous reprenons un avion pour Cairns après avoir jeter les bouteilles d'eau que nous venions d'acheter. Les gens qui ont pris des bouteilles de whisky ont pu les emporter avec eux en cabine. Va comprendre. Arrivée à Cairns : Passées les formalités, assez rapides d'ailleurs, nous nous retrouvons dehors. William appelle l'auberge de jeunesse pour qu'ils viennent nous chercher comme prévu. Une navette qui dessert les hôtels est présente et nous dépose en 10 mn. L'auberge de jeunesse, sur Sheridan street est bien placée. Nous avons une chambre prévue pour 6 places mais nous sommes seuls pour l'instant et nous le resterons jusqu’à la fin du séjour. Elle fait 35m2 avec un frigo et des ventilateurs. La climatisation ne fonctionne pas mais vu qu’elle ne nous coute que 80 euros par personne pour 6 nuits avec petit déjeuner et un plat chaud le soir, nous n’allons pas faire les difficiles. C'est le Pérou. Nous allons changer de l'argent et faire quelques courses. A première vue c'est assez cher, surtout l'eau en bouteille. Nous nous apercevons que les jus de fruit sont moins chers que l'eau. De retour à l'hôtel, j'essaie de bidouiller les prises de courant que j'ai emmené pour l'adaption au standard australien mais tout est soudé à l'intérieur. Le bloc n'est même pas démontable. Je l'ouvre au couteau et je fais une bidouille qui provoque un court circuit dans la chambre. Nous n'avons plus de courant. Ce n'est que le soir que je découvre le tableau électrique pour réenclencher le disjoncteur correctement. Après le repas nous partons à pied visiter le jardin botanique de la ville. A part quelques népenthes nous ne trouvons pas de plantes carnivores ni le fameux stinging tree. C'est un arbre mais aussi une ortie qui peut mesurer jusqu'à 30m de haut. Son effet urticant envoie à l'hôpital tous ceux qui la touchent. Je fais mes premières photos, environ une centaine.
06/09/2010
Ce matin nous louons une voiture et partons immédiatement pour le mont Bartle Frere pour une rando qui devrait nous emmener au sommet à 1662 m d'altitude. Le dénivelé n'est que de 800m. Nous ne devrons pas avoir de problème pour y arriver. Arrivés sur les lieux vers midi , nous partons vers la chute d'eau (Josephine Falls) avant d'entreprendre la randonnée. Le temps est à la pluie mais ça ne nous gêne pas. Après cette petite ballade nous nous engageons sur le sentier qui mène au sommet du Mont Bartle Frere et là, surprise : un panneau nous indique qu'il faut 2 jours et que la rando est très difficile à l'approche du sommet.


Forêt humide près du mont Bartle Frere
Nous allons voir un garde forestier qui confirme ce que nous avons lu. Nous l'interrogeons sur les plantes carnivores pour savoir s'il est facile d'en trouver dans le coin. Il ne connait pas ces plantes et téléphone à un spécialiste de la flore de la région qui nous dit qu'il n'y en a pas.
J'en profite pour le questionner au sujet des orties géantes. Il nous envoie vers 2 de ses collègues en train de travailler plus loin sur un sentier. Ils nous emmènent à 100m de leur lieu de travail et nous en montre un exemplaire, guère plus gros que nos orties chez nous. (Les feuilles sont quand même beaucoup plus grosses). Je demande s'il y en a des gros et si on peut les voir mais il répond que pour cela il faut marcher en forêt mais hors sentier et qu'il ne peut pas quitter son travail pour nous guider. Il précise qu'ils ne font pas encore 30m de haut mais que ce sont déjà des arbres. Il rajoute que même les tout petits sont très urticants et dangereux. Nous repartons un peu déçus mais lors d'un arrêt sur le bord de la route, William, qui voulait photographier un papillon m'appelle en me disant qu'il marche sur un tapis de sensitives. J'y vais avec l'objectif macro. Il y en a partout et beaucoup sont en fleurs. Plus tard nous verrons que ça pousse comme du chiendent. Nous reprenons la route vers un autre lieu qui semble intéressant mais avant d'y arriver nous repérons un chemin qui semble carrossable et qui mène sur un mont du parc Wooroonoogoran. Nous nous engageons malgré la pluie en pensant faire 5 à 6 kms mais nous roulons au moins 40 à 50 kms sur un chemin juste assez large pour la voiture. En fait nous traversons une forêt primaire. Des fougères arborescentes se dressent tous les 10m et des multitudes de taros poussent au bord du chemin. Ce sentier devient presque impraticable à notre petite Hyundai Getz qui frotte sous la caisse à de multiples reprises. Il y a beaucoup d'ornières et de trous. Notre vitesse très lente diminue encore. Il est presque nuit lorsque nous retrouvons le goudron. Les oiseaux font tourner William en bourrique car il veut absolument en photographier mais ils se sauvent dans les bois dès qu'il descend de voiture. Après la tombée de la nuit, un bruit anormal apparaît. Nous écoutons le moteur sans savoir d'ou cela provient. Il faut descendre de voiture et stopper le moteur pour se rendre compte que ce sont les insectes nocturnes qui font ce raffut. Nous arrivons à l'hôtel vers 19h30 pour prendre une douche et faire un repas avec les fruits, (bananes, papayes et fruits de la passion) que nous avons acheté au bord de la route à un immigré d'origine italienne. Ici on se sert et on paie en plaçant l'argent dans la boîte aux lettres. Ne sachant pas si nous avions suffisamment payé, nous frappons à la porte. Il nous donne pleins de renseignements et nous repartons avec quelques fruits supplémentaires.
07/09/2010
Hier nous étions au Sud Ouest de Cairns. Aujourd'hui nous partons plein Nord vers Cape Tribulation qui doit son nom au naufrage du navire de l'explorateur James Cook. Après avoir roulé une centaine de kms, nous arrivons à destination et trouvons un accès à un chemin de randonnée en pleine forêt humide. Nous suivons une passerelle en bois qui s'enfonce en toute sécurité sur 500 à 600 m dans la forêt. Des panneaux indiquent un sentier en forêt mais nous ne trouvons pas l'accès. Finalement, un guide qui passait sur le chemin avec ses 15 clients nous montre le chemin et dit que nous ne reviendrons pas avant 2 jours, ce qui déclenche l'hilarité de sa troupe. Ce circuit fait 3kms et il est balisé tous les 10 m par des petits rubans en plastique rouge accrochés aux branches. La végétation est différente de la veille Il y a beaucoup moins de fougères arborescentes et la forêt est un peu plus clairsemée. Ce qui domine ici ce sont des grands arbres du genre figuier avec les troncs enlacés par des lianes de la taille de nos bras.

Portrait du casoar à casque

Je suis repéré
Je suis un peu déçu jusqu'à ce que William m'appelle pour me montrer un casoar et 2 petits à 10m de nous qui nous observent. Ils ne s'enfuient pas et après quelques minutes d'observation réciproque, les petits, curieux, se rapprochent de nous. Nous faisons quelques photos mais il est difficile d'avoir de belles prises de vue car il y a peu de lumière et l'oiseau bouge sans arrêt de façon à mettre un arbre ou une branche entre nous et lui. Après avoir assuré quelques clichés, je décide de sortir l'artillerie lourde et je mets le gros flash sur le boitier. Je me rapproche insensiblement. Je suis maintenant à 4m et je peux faire quelques images sympas. Je reste méfiant car j'ai lu que le mâle (c'est lui qui s'occupe des petits) est agressif lorsqu’il surveille sa progéniture. Contrairement à ce que je croyais ce n’est pas avec son casque en corne qu’il attaque ou se défend mais avec un ergot coupant comme un lame de rasoir. Quelques cas de personnes tuées par cet animal ont été enregistrés par le passé. Je me place près d'un arbre derrière lequel je pourrai me protéger en cas d'attaque. William fait de même. Une seule fois, il vient dans ma direction pour m'intimider. Je recule de 2m et il me laisse tranquille. Au bout d'une demi heure il s'en va avec sa progéniture.
On continue la rando en espérant en voir d'autres mais sans succès. Étant donné la rareté de cet oiseau dans son milieu naturel (il en reste moins de 1000) nous nous estimons satisfaits. Les Australiens à qui nous parlons de cette rencontre sont surpris car eux même n'en n'ont jamais vu. Le terrain est très accidenté et les 3kms nous semblent longs, d'autant qu'il n'y a pas grand chose à voir. Notre seul souci est de faire attention où nous mettons les pieds. De retour à la voiture il est l'heure de manger. Le repas se compose d'une demi papaye chacun car c'est tout ce que nous avons. Nous repartons jusqu'à Cape Tribulation qui ne présente pas d'intérêt. Nous n'irons guère plus loin car la route se transforme en piste pour 4x4 et ce n'est pas la spécialité de la petite Hyundai. Nous repartons vers Daintree village. La traversée de la rivière se fait par un bac assez archaïque. Nous espérons voir des crocodiles d'eau douce car cette rivière en est infestée. Mais nos recherches restent vaines. En repartant nous verrons sur une plage des panneaux mettant en garde contre les crocodiles marins nombreux eux aussi dans le coin. Retour à l'hôtel pour se doucher car nous sommes couverts d'une terre rouge sur nos jambes qui part difficilement puis repas, internet et coucher. Dans la région, au Sud Ouest de Cairns nous traversons d'immenses plantations de cannes à sucre et des bananeraies. Au Nord de Cairns il y en a aussi mais ce sont surtout les fermes d'élevage de bovins qui dominent notamment dans la région de la Daintree River. On se croirait au Brésil car ici les paysages ressemblent à ce que l'on trouve au Parana et la race de bovins est la même. La différence entre les 2 pays vient du fait qu'ici les champs de canne à sucre ne sont pas travaillés à la main. Ici tout est mécanisé. Les plantations sont bordées d'une voie de chemin de fer à rails très étroits et la canne ainsi que les déchets déjà broyés sont chargés directement sur des wagons grillagés.
08/09/2010
Ce matin nous allons nous renseigner pour survoler la grande barrière de corail. Nous avons vu une publicité promotionnelle pour 69 dollars par personne mais il faut remplir l'avion, c'est à dire être 3 passagers. Nous avons placardé des affiches un peu partout à l'auberge de jeunesse mais personne n'est intéressé. La femme qui nous reçoit au siège de la compagnie qui propose l'excursion n'est pas au courant de la promo. On lui montre le dépliant publicitaire (en masquant un peu qu'il faut être 3 pour le tarif indiqué). Elle accepte sans sourciller. Le vol est prévu pour 15h00 et doit durer 1/2h. J'espère que ce n'est pas un attrape touriste et surtout que nous pourrons faire des photos. En tout cas le ciel est beau avec soleil et nuages alternés. En attendant, nous garons la voiture près de l'esplanade et nous nous baladons le long de la plage. J'avais lu que nous verrions des pélicans. C'est raté, il n'y en a pas mais nous photographions des oiseaux qui ressemblent à des perruches et des petits perroquets. Il y a aussi des hérons, aigrettes et spatules qui fouillent la vase au bord de la plage. En repartant nous nous arrêtons à un supermarché beaucoup moins cher que la petite supérette à côté de l'hôtel. Nous allons manger dans un Hungry Jack, le Mac Do local puis revenons à l'hôtel en attendant 15h00. A l'heure dite nous sommes à l'aérodrome ou nous faisons connaissance avec le pilote, un jeune de l'âge de William. Après un petit briefing, nous approchons du coucou pour embarquer. Le pilote nous invite à monter et William me propose gentiment de monter à l'arrière car il y a une vitre qui s'enlève pour pouvoir faire des photos dans de bonnes conditions. Les couleurs de l'eau et du ciel se fondent et sont tout simplement extraordinaires. Il est vraiment nécessaire de prendre de la hauteur pour apprécier pleinement cet endroit de rêve. Je mitraille sans trêve et réalise une bonne centaine de photos d'autant plus que le pilote fait durer le vol plus que prévu et nous fait survoler un peu les environs de Cairns.

Survol de Green Island
Nous revenons sur la terre ferme, vivants et enchantés de ce survol. Nous quittons Cairns pour aller visiter une pépinière à orchidées que nous avions repéré il y a 2 jours en revenant du Mont Bartle Frere. Les floraisons n'étaient pas très nombreuses mais suffisantes pour nous satisfaire. J'ai questionné le maître des lieux au sujet d'une vanda aux feuilles vertes et jaune mais pas en fleurs. C'est une plante rare à ce qu'il me dit. Je repère aussi un phalaenopsis qui possède cette particularité et qui est rare aussi. Il provient de Taiwan ou Thaïlande, je ne sais plus très bien. C'est un hybride. En extérieur il y a des tillandsias en fleurs qui poussent sur des troncs de fougères arborescentes. J'explique au propriétaire que nous avons beaucoup d'orchidées, de tillandsias et de plantes carnivores à la maison. William lui demande s'il accepterait de nous vendre une bouture de tillandsia à fleurs rouge pour Isabelle. Il en coupe 4 ou 5 morceaux et me les donne gentiment en refusant qu'on lui paie. J'espère pouvoir les ramener à Donzère sans les perdre à l'arrivée à Lyon comme cela était arrivé en revenant du Brésil en 2003. En fait ce qui m'inquiète le plus c'est que nous sommes au début du voyage, qu'il nous reste encore 5 semaines en Australie et que nous allons changer de climat toutes les semaines. Il ne faut pas oublier non plus que nous allons prendre l'avion une dizaine de fois avant de rentrer et que le transport de plantes ou de nourriture d'une région à l'autre est strictement interdit et contrôlé. En fin de compte les tillandsias auront passé toutes ces épreuves sans voir souvent la lumière du jour puisque je les avais caché dans la poche kangourou (normal on est en Australie quand même) de ma veste de pluie, elle même enroulée au fond de mon sac à dos. Je les ai simplement sorti une fois à Hobart ou je les ai trouvé en fleurs puis une autre fois à Albany pour voir ce qu'ils devenaient. Ils sont maintenant sauvé et installés dans la serre tropicale avec leurs congénères et plein d'autres plantes. Le propriétaire de la serre aux orchidées a pris notre adresse mail et viendra nous rendre visite s'il décide de venir en France. Il nous a donné l'adresse d'un producteur de plantes carnivores installé à 40 kms. Nous ne réussissons pas à trouver des touristes qui accepteraient de nous y emmener.
9/09/2010
Je me suis levé à 7h30 ce matin, plus tard que d'habitude mais il faut dire qu'hier soir il y avait beaucoup de bruit avec la musique à fond jusqu'à tard dans la nuit. William dort encore. Je vais prendre le petit déjeuner mais déception, il n'y a plus de poudre à café. Je mange des céréales sans rien boire, c'est un peu dur à avaler et je vais en ville pour boire un café qui me coute 3 dollars. C'est hors de prix. J'en profite pour retirer de l'argent à un distributeur et je reviens tranquillement à l'auberge de jeunesse. En passant devant un hôtel, je tombe sur le propriétaire d'un Hj61 comme le mien. Je vais parler un peu avec lui en lui disant que j'ai pris son Toy en photo la veille. Il me montre son porte roue assez simple à faire et son aménagement intérieur qu'il vient de vider pour le nettoyer. Il a des coffres et des tiroirs et un couchage au dessus et se sert de ce véhicule pour aller camper et à la pêche. Le moteur est un diesel équipé au gaz qui est beaucoup moins cher que le gasoil, lui même plus cher que l'essence en Australie. De retour à l'hôtel, je fais un peu de tri dans les photos mais ce n'est pas facile car je ne peux pas les visionner autrement que sur l'écran arrière du boitier. Je n'ai pas réussi à installer DPP sur l'ordi de William pour les décharger et les voir en grand. J'en supprime une dizaine sur 420 photos réalisées. Les batteries que j'ai acheté avant de partir sont de bonne qualité car j'ai fait plus de 400 prises de vues ici et quelques unes à la maison avant de partir. J'ai aussi pas mal utilisé le flash du boitier. En attendant que William se réveille, je nettoie un peu la voiture. A 10h00 il émerge enfin. Il a appris hier soir qu'une allemande qui rentrait de nuit à son hôtel s'est faite agressée par 5 aborigènes souls qui l'ont laissé dans le coma sur le trottoir. Nous rendons la voiture et nous nous arrêtons chez Olly's pour acheter des cartes postales. William va piquer une tête à la piscine de l'hôtel mais moi je pars pour une séance photo le long de l'esplanade. Je ne retrouve pas un petit perroquet multicolore que j'avais vu la dernière fois mais 6 à 8 pélicans paressent dans l'eau à quelques mètres de la plage.

La danse des pélicans
Je ne suis donc pas venu pour rien. Je remonte l'esplanade en direction du Sud et je découvre une piscine extraordinaire par sa taille (au moins 200m de côté). C'est un lagon artificiel qui a été créé ici. Il est entouré de palmiers gris bleutés qui m'ont attiré. Le plus extraordinaire c'est que l'accès est gratuit pour tout le monde, habitant de Cairns et touristes. Plusieurs maitres-nageurs surveillent ce plan d'eau. Tout est très propre. Une telle réalisation en France ne serait accessible qu'en payant assez cher .

Sphecotheres viridis (Fig Bird)
Après le repas William se connecte sur internet et miracle, ça marche. J'en profite pour regarder la messagerie et répondre aux mails qui me sont parvenus. Ensuite comme William ne voulait pas bouger de l'hôtel, je repars en direction de l'esplanade pour faire encore quelques photos. En repartant, alors que l'appareil est dans le sac, je remarque un oiseau de la taille d'une grosse mouette avec la tête et le bec jaune citron. Il s'agit d'un Vanellus miles (Masked Lapwing ou Spurwing Plover). Je traverse la rue pour mieux le voir et soudainement il se met à crier dans ma direction et me fonce dessus. J'ai droit à une autre attaque d'un 2eme oiseau et je repense aux grands labbes qui m'attaquaient aux iles Feroe pour défendre leurs nichées. Effectivement j'aperçois un poussin qui s'enfuit. Je fais quelques photos et les laisse tranquille. Le soir nous mangeons pour 5 dollars une assiette de carbonara accompagnée de salade et de pain dans lequel a été fondu du cheddar. C'est bon et pas cher du tout si l'on compare avec les restaurants des alentours. Comme boisson, ce soir c'est sangria à volonté pendant 2h00 pour un forfait de 2 dollars. L'ambiance monte assez vite d'autant qu'une musique de sauvage dégueule des hauts parleurs qui entourent le patio. Je rentre donc à la chambre pour être au calme.
10/09/2010
Ce matin, c'est corvée de linge sale. La machine devrait suffire vu la taille du tambour. C'est 2 fois celle de la maison. Il nous en coûte 3 dollars. Le linge est ensuite suspendu partout dans la chambre et les ventilateurs permettent un séchage rapide. William a l'intention de se recoucher après cette activité contraignante mais nécessaire vu la boue collée aux vêtements depuis notre séjour en forêt à Cap Tribulation. Est ce l'effet sangria de la veille qui l'a fatigué? Pour ma part, je retourne au jardin botanique pour essayer de voir le fameux stinging tree. Des visites accompagnées par un botaniste sont organisées gratuitement 2 fois/semaine mais malheureusement pas le vendredi. J'en reviens vers 12h30 affamé et surtout assoiffé. Je croise William qui revient de la boulangerie voisine. Il a acheté des sandwichs à la pâtée pour chien que nous mangeons rapidement accompagnés d'un ½ litre d'eau fraiche. J'ai enfin pu voir l'ortie géante au jardin botanique. En fait il est enfermé dans une espèce d'aquarium et mesure à peine 50 cms, nettement moins joli que celui que nous avions vu au pied du mont Bartle Frere. Je discute avec la femme du centre d'accueil et d'information et je vois 2 gourdes décorées derrière elle. Je les prends en photo à sa grande surprise et lui explique que nous avons une collection à la maison. Je retourne dans la zone forestière et je réussis à photographier un oiseau à tête rouge, très farouche qui m'a échappé plusieurs fois. En me promenant dans la partie du parc qui retrace l'évolution des plantes depuis la séparation des continents je surprends encore un oiseau qui ressemble à un petit corbeau avec un bec bleu. Il y a ici une diversité incroyable. En repassant aux mêmes endroits qu'il y a 3 ou 4 jours, je découvre des plantes que je n'avais pas remarquées, telle cette aracée noire (beaucoup plus grande que black magic). En sortant du parc pour rentrer à Cairns, je passe à côté d'une antique Peugeot 403 avec conduite à droite. Il me faut 1/2h de marche sous un fort soleil pour rejoindre l'hôtel. Après avoir mangé et pris une douche, je prépare mes sacs pour le départ à Sydney prévu le lendemain. Il faut notamment enlever toute la terre rouge qui colle aux chaussures de marche. Je vais devoir les mettre aux pieds dans l'avion car elles ne tiennent pas dans ma valise. Je passe 1h30 sur l'ordinateur et je récupère les adresses que j'avais demandées à Isa puis je vérifie l'enregistrement de notre vol sur British Airways. Il suffira de se présenter 2h00 avant le décollage et enregistrer les bagages. Nous mangeons à l'auberge de jeunesse en compagnie d'un couple d'anglais. J'ai du mal à suivre la conversation tant la musique est forte et leur accent difficile. La femme surtout, bouffe ses mots et parle à une vitesse incroyable
11/09/2010
C’est le dernier jour à Cairns. Un petit tour pour lire les messages puis préparation du départ. En fait, je n'ai qu'à mettre mes chaussures aux pieds et ranger mes sandales dans la valoche. Pour William, c'est plus compliqué. Tout est encore en vrac dans la chambre et pour l'instant, il cherche sa clef. Finalement quelqu'un la trouve et la rapporte à l'accueil. Nous sortons attendre le bus devant l'hôtel. Il arrive en même temps que nous. Arrivés à l'aéroport les bagages sont enregistrés immédiatement puis nous allons dans la salle d'attente. Le vol se déroule sans histoire avec un survol de la barrière de corail au départ. Nous arrivons à Sydney à la tombée de la nuit. Pour rejoindre l'hôtel, il faut prendre un bus ou un train. Personne ne peut nous renseigner. Finalement, nous trouvons le bus qui fait le tour des hôtels de la ville. Arrivés à Sydney Harbour YHA, nous nous rendons compte que ce qui est écrit sur leur site est faux. Le petit déjeuner n'est pas inclus et internet en Wifi est aussi payant (4 dollars de l'heure). La chambre est prévue pour 4 et 2 personnes s'y trouvent déjà. Nous posons les bagages et allons voir la fameuse terrasse du 3eme étage d'ou nous voyons le pont et l'opéra. Je veux prendre des photos mais l'autofocus ne fonctionne pas. Je règle la mise au point en manuel mais sans avoir l'impression de netteté dans le viseur. J'ai peur d'avoir un problème avec le 20D. Je fais quand même quelques vues et il me semble, en les regardant dans la chambre, qu'elles sont nettes. Je me douche et me couche un peu rassuré.
12/09/2010
Debout à 6h30 parce qu'un début de mal de tête me réveille. Je monte sur la terrasse. La porte d'accès est encore fermée. Je fais le tour par la petite cuisine et je vais prendre l'air sur cette terrasse. Je m'aperçois que mon appareil est en mode Al Focus et je comprends que c'est la raison pour laquelle il ne fonctionnait pas correctement hier soir. Il n'y avait pas assez de contraste et l'autofocus s'en trouvait perturbé. Je fais une quinzaine de photos puis je pose mon sac à la chambre et je descends à la cuisine pour le petit déj. Je négocie un second café à la place du lait que je ne boirais pas. Le type qui me sert est d'accord mais lorsque je viens le chercher, il me dit, gêné, que ce n'est pas possible. J'insiste en lui demandant pourquoi il a changé d'avis mais une mégère répond à sa place en me réclamant 3 dollars. Décidement cette auberge de jeunesse n'a rien à voir avec celle de Cairns.

Sydney, opéra house photographié de la terrasse de l’auberge de jeunesse
Lorsque je remonte à la chambre, William est réveillé. Il se douche, déjeune et nous quittons Sydney pour aller dans les Blue Mountains. Avant de partir nous laissons nos bagages à la consigne de l'hôtel et allons faire un tour au Botanical Garden. En chemin, près de la station Circular bay, nous avons une belle vue sur Harbour bridge et Opéra house. Au jardin nous repérons la serre tropicale en forme de pyramide mais elle est fermée. Nous reviendrons dans quelques jours. Près de cette serre, il y a un bassin avec des nénuphars et aussi quelques sarracenias et droseras (capensis blanc). Comme nous n'avions droit qu'à 1h1/2 de consigne, nous repartons. On se fait expliquer comment aller à Katoomba. Il faut prendre le City Rail jusqu'à Central Station puis se renseigner là-bas. Nous tombons sur des agents fonctionnaires qui ne nous renseignent pas vraiment. En fait on doit prendre un bus pour Penrish puis un train pour Katoomba. On est dimanche. Il paraît que c'est direct en semaine. En tout cas ce voyage ne nous coute que 15,6 dollars pour 2. Il vaut mieux voyager que boire de l'eau. Nous avons 16 arrêts à faire avant d'arriver à destination. Le train traverse des zones boisées et nous prenons de l'altitude. Les petits villages se succèdent le long de l'itinéraire. Le temps est beau mais l'atmosphère se refroidit. Nous avons perdu plus de 15 degrés depuis Cairns. William engage la conversation avec sa voisine et elle lui apprend que sa mère est une spécialiste des céphalotus. Il donne son Email en espérant qu'elle nous contacte. Arrivés à Katoomba, nous tombons sous le charme de ce village. Les gens sont aimables et nous renseignent, quitte à faire 300 ou 400m pour nous montrer le chemin. Quelle différence avec Sydney. Autre bon point pour cette bourgade : ici nous ne sommes pas pris pour des Américains. Les prix sont corrects. Arrivés à l'auberge de jeunesse après presque 1km de montée avec tous les bagages, nous sommes encore une fois agréablement surpris. Là encore que du changement en bien par rapport à Sydney. Bien sûr, l'auberge de jeunesse fait très vieillot mais très propre et la dame de l'accueil très aimable répond à toutes nos questions. Elle nous explique aussi que dans l'après-midi, nous avons assez de temps pour faire une randonnée jusqu'aux Tree Sisters. On achète vite fait de quoi manger en chemin et nous voilà partis, William pas fier du tout, en tongs. Au croisement de la route et du chemin de départ de la rando, nous croisons un groupe de 6 ou 7 jeunes françaises qui sont perdues et ont marché plus de 2 heures sans trouver les 3 sisters. Nous leur montrons le chemin mais elles préfèrent attendre un bus et repartir à Sydney. Elles sont en stage pour 5 mois en Australie. Nous attaquons la rando sur un chemin comportant des marches et des rampes métalliques à la moindre difficulté. Au bout d'un km environ, William m'appelle : il vient de trouver 1 drosera binata à moins d'un mètre de la fougère que je photographiais. En réalité nous en trouvons plusieurs, forme verte et forme rouge. Elles démarrent à peine. Un peu plus loin, c'est drosera auriculata qu'il découvre. Je regrette de ne pas avoir pris le 105 macro avec moi. A partir de ce jour, il ne quittera plus mon sac. Il va falloir revenir. Un Pakistanais qui loge dans la même chambre que nous nous rattrape. Nous marchons un peu ensemble mais lui n'est pas intéressé par les plantes que nous photographions et il nous laisse. Voulant arriver à tout prix aux 3 sisters avant que le soleil ne disparaisse derrière les montagnes, je laisse William avec les plantes carnivores et je continue seul. Par la suite nous adopterons souvent cette technique de se séparer car cela permet d'être très discret et de pouvoir surprendre les animaux, notamment les oiseaux. Arrivé aux 3 Sisters, je croise le Pakistanais qui me dit être descendu aux pied des rochers et que la vue en contrejour est belle. Je descends donc dans cette direction. Le chemin est constitué d'escaliers dont les marches sont taillées dans le rocher, parfois bétonnées ou métalliques. Par endroit une solide main courante sert à ne pas glisser sur ces marches mouillées en permanence et glissantes. Je descends d'un bon pas pendant une demi-heure et je ne suis toujours pas en bas. Je regarde l'heure et je m'aperçois que je n'aurais jamais le temps de remonter avant la fermeture de la barrière qui marque l'accès à l'escalier. Je continue malgré tout et je croise des français qui me disent que la vue est belle d'en bas mais qu'il y a encore presque 1/2h de marche. Je redescends encore mais ne voyant pas le fond de la vallée, je décide de remonter. Je suis le dernier sur ce chemin. Je remonte d'un bon pas, plus rapidement qu'à la descente. Arrivé à la barrière, je croise William qui arrive. Nous prenons un autre chemin pour le retour et, surprise, après 200m nous découvrons un point de vue intéressant d'ou sont prises toutes les photos des 3 Sisters que l'on voit sur les cartes postales.

Les trois soeurs
Ce point de vue est en surplomb dans le vide mais totalement sécurisé par des garde fous métalliques. William ne peut pas s'approcher pour faire des photos tellement il a le vertige et peur du vide. Finalement, il réussit à surmonter sa peur. De retour à Katoomba, nous allons acheter des pizzas pour 6,95 dollars qui sont bonnes et de taille correcte. Tandis que William essaie de se connecter à internet, je vais prendre une douche et ranger un peu mes affaires puis trier les photos de la journée. Je regarde ensuite mes messages et me couche.
13/09/2011
Ce matin William est plus matinal que moi. Je l'entends à peine se lever et aller à la douche. Je me réveille et prépare mon sac pour la journée. Nous prenons vite fait un petit déj et sortons sac au dos et appareils photo en bandoulière. Notre rando doit nous conduire à Leura, village voisin de Katoomba. Le départ de la rando a lieu au même endroit que celle de la veille mais en voulant prendre un raccourci pour y aller, nous faisons une erreur d'aiguillage et marchons 2 bons kms au lieu des 500m prévus. La météo annonçait la pluie mais c'est un beau soleil qui nous accompagne avec, malheureusement un vent froid et assez fort qui me rappelle notre bon vieux mistral. On se croirait dans la vallée du Rhône.

Purple flag
Très rapidement William découvre des binatas. Plus loin, en voulant photographier une fougère j'aperçois des droseras auriculata en grand nombre. Je fais des gros plans sur les feuilles, ce que je n'avais pas pu faire la veille. J'utilise la pochette de mes lunettes pour faire un fond sombre et uni afin que la feuille se détache bien. Cela semble réussir. Pendant que William continue avec les plantes carnivores, je m'avance 1 km plus loin vers un point de vue aménagé en surplomb de la vallée. Il permet de photographier la chute d'eau de Leura sous un angle différent de ce que nous avions fait jusqu'alors. William, toujours sujet au vertige n'est pas chaud pour venir sur ce loockout. Il n'est pourtant pas très impressionnant, en tout cas moins de près que de loin. Je repars à sa rencontre et je finis de le convaincre de venir. Il réussit à faire une photo avant de rebrousser chemin. Nous reprenons le sentier de Leura après ce petit détour et trouvons une orchidée curieuse, complètement seule tout près d'un parking à l'entrée du village. Il nous reste 2 kms de goudron avant de parvenir dans le village. Nous mangeons chez un Chinois pour quelques dollars et reprenons le chemin de Katoomba. Pendant cette rando, outre les plantes, nous avons photographié de nombreux oiseaux et vu des perroquets blancs de grande taille mais sans pouvoir leur tirer le portrait.
14/09/2011
Ce matin départ pour la gare en vue de se rendre au village de Blackheat. Arrivés sur place, nous prenons la direction du centre d'information du parc national. Nous marchons sur le goudron pendant 2,7 kms. J'ai déjà 3kms dans les jambes car ce matin je suis parti balader dans Katoomba en attendant le réveil de Will. Au centre d'information, nous apprenons par les rangers qu'il y a des carnivores, notamment des spathulatas. Pour démarrer la rando, il reste encore 500m de goudron à faire pour rejoindre le parking d'ou partent les différents sentiers. Ce parking est bien aménagé avec toilettes, barbecues, abris, ect.... Le ranger nous a donné la photocopie d'un plan sur lequel il a expliqué ou trouver les spathulatas. Effectivement, après 300m nous trouvons des auriculata. C'est bizarre il ne nous en avait pas parlé. Nous continuons sur le chemin qui est maintenant goudronné car accessible aux fauteuils roulants. A part quelques binatas nous ne trouvons rien d'autre et le chemin nous ramène à notre point de départ. Cette rando commence mal. En fait nous n'avons pas compris les explications du ranger, qui comme tous les australiens ne s’est pas exprimé clairement. Nous retournons le voir. Il n'est plus là mais ses collègues nous montrent par ou passer. Nouveau départ et cette fois, nous trouvons le petit sentier dont il parlait. Au bout de 300m, à nouveau des carnivores mais pas les spathulatas promises. Nous faisons quelques photos puis continuons sur le sentier. Il pleut depuis le départ, la pluie s'intensifie et il fait froid. J'enfile une polaire et ma veste de pluie. William fait de même. 10 m plus loin une première zone de spathulatas. Je protège William avec le parapluie pour qu'il fasse ses photos sans mouiller son appareil puis on inverse les rôles. Les plantes sont fixées sur des rochers dans le talus mais plus loin nous en trouvons un grand nombre à plat sur le sol détrempé. Parfois les auriculata et binata se mêlent aux spathulatas.

Droseras spathulata
La pluie se calme un peu. Je laisse William continuer se prises de vues et je poursuis mon chemin sur le sentier en direction de Pulpit Rock que nous apercevons de temps en temps à travers le rideau de pluie et la brume. Le chemin est très difficile, glissant avec beaucoup de marches. Montées et descentes se succèdent. J'arrive à un panneau qui indique 3 directions. L'un des chemins est impraticable. Je suis la direction que nous avions convenu. J'arrive à une petite cascade puis au bord d'un petit ruisseau. Les couleurs fauves des roches dans le ruisseau me plaisent et je me mets au milieu pour faire des photos de l'eau courante. Il se remet à pleuvoir. Je pense qu'il est temps de rejoindre William et de redescendre au village car le chemin est de moins en moins praticable. J'arrive là ou William faisait les photos mais je ne le trouve pas. Je l'appelle mais il ne répond pas. Je retourne jusqu'au cours d'eau ou j'ai fais mes photos dans l'eau mais pas de traces de William. Je pense alors qu'il est reparti vers le parking pour s'abriter de la pluie qui ne cesse de tomber. Il n'est pas non plus au parking. Je pousse donc jusqu'au centre d'information. Personne ne l'a vu. Je pose la question à des gens qui arrivent du village mais eux aussi ne l'ont pas vu. Je repars sur la rando car il y a de multiples chemins, et, comme il a un plan, il est peut être passé ailleurs. Je m'engage sur un sentier qui descend dans la vallée au pied d'une belle cascade mais je renonce au bout de 200 m parce que ce chemin est très difficile à cause de la pluie et qu'il n'y a pas de raison qu'il ait pris cette direction car nous n'en avions pas parlé.

Chemin de Pulpit Rock

Cascade de Leura
Je retourne au centre d'information et signale aux 2 femmes qui ont pris le relais que je l'ai perdu. J'ai bien essayé de l'appeler avec mon téléphone mais sans succès. Elles essaient avec la ligne fixe de leur bureau mais elles me disent ne pas pouvoir appeler un numéro étranger. Je leur laisse nos noms et l'adresse de l'HYA de Katoomba et sur leur conseil je pars à la gare pour rentrer à l'hôtel. Peut être est il à la gare? Elles me disent de rentrer et qu'elles m'appellerons s’il passe au centre ou pour savoir s'il est rentré sans les informer. Elles préviendront les secours pour les recherches en fin d'après midi. Je retourne quand même sur le chemin de la rando mais toujours personne. Je pars donc à la gare. William n'est pas là et n'est pas passé. Un train part 5mn plus tard pour Katoomba et je décide de le prendre car le suivant est 2h1/2 plus tard et je commence à avoir froid car je suis tout mouillé. Arrivé à l'auberge de jeunesse, je monte à la chambre. Il n'est pas revenu. Je pose mes affaires trempées et je vais à l'accueil signaler ce qui se passe. Je demande à la dame si elle peut l'appeler sur son portable mais là encore elle n'a pas accès à l'international et me dit d'appeler depuis une cabine. Je lui demande de me vendre une carte. Finalement elle change d'avis et appelle elle même depuis son poste avec la carte. Ca ne marche pas mais un de ses collègues vient à la rescousse et ils trouvent la procédure dans un bottin. Après quelques tentatives, elle me tend le téléphone en me disant que ça parle français. Malheureusement c'est le répondeur. Je laisse un message et je vais me doucher et changer de vêtements. Je descends ensuite dans la salle commune pour lire en attendant des nouvelles. 1 heure plus tard, je le vois arriver, complétement trempé lui aussi. Il est rentré en stop car, à 10 mn près, il a raté le train que j'ai pris. Nous comprenons que nous nous sommes ratés de peu sur le chemin et qu'il est probablement passé à moins de 5 m de moi lorsque j'étais dans le ruisseau. Il me croyait au sommet de Pulpit Rock et est monté là-haut au pas de course lorsque c'était possible. Il m'a appelé lui aussi mais malheureusement sans résultat. Il a même cru me voir mais comme je ne répondais pas à ses appels, il a pris son appareil photo et en zoomant a vérifié que c'était bien moi qu'il devinait à l'horizon. En fait ce n'était que des branches que le vent agitait. Il est redescendu très vite de crainte d'être surpris par la nuit et aussi parce que la pluie s'intensifiait. Finalement tout se termine bien. Il a même eu la chance de voir de très beaux perroquets qui se regroupaient pour la nuit mais n'a pas pu les photographier tellement il pleuvait. Pour se réconforter, je suis allé à Aldi (Eh oui) acheter de la viande (des émincés de poulets) et de la crème pour préparer quelque chose de consistant. J'ai demandé à un petit vieux avec qui nous avions sympathisé de me passer des champignons et j'ai préparé du poulet à la crème et aux champignons avec un peu d'huile de sésame car je n'ai rien trouvé d'autre dans la cuisine. En dessert on s'est envoyé un pot de 550g de yaourt au citron vert. Ces yaourts sont excellents et pas chers du tout. Le repas du soir nous est revenu à 4,5 dollars soit environ 3 euros pour 2. Le soir même William parle un peu avec sa famille sur internet et je me fais engueuler par sa mère de l'avoir lâchement abandonné dans la nature.
15/09/2010
Debouts un peu avant 8h00 ce matin. Nous n'avons rien prévu pour ce matin. Je vais chercher une énorme brioche industrielle à 3,5 dollars que nous avons vu chez les Chinois qui ont la boulangerie française. Elle est très lourde, mal cuite et sans levure mais parfaite pour le petit déj. Avec ça on va tenir une bonne partie de la journée. Nous dépensons environ 12 euros par jour pour 2 depuis qu'on s'est organisé. Lorsque je reviens William a préparé le café et le thé à la cuisine. Ensuite il s'installe devant son ordi et ne le quittera qu’à 15h00 pour aller prendre le train de retour vers Sydney. J’ai de la chance, c’est lui qui s’occupe des locations au fil du voyage. Personnellement, je préfère aller marcher encore ce matin. Je veux profiter au maximum de cette belle région, paradis des randonneurs. Il y a tellement de chemins de tous niveaux que tout le monde y trouve son compte. Tout d'abord je retourne aux 3 Sisters car je veux les photographier avec la lumière du matin et aujourd'hui le soleil est de sortie. J'aimerai aussi faire un ensemble de photos pour un panoramique. Hélas, vu le monde qui se presse sur le loockout, j'ai beaucoup de mal. Il aurait fallu un trépied. Je fais quand même une série mais sans conviction. Après cela, je m'engage sur un sentier en direction de la cascade de Katoomba. Je suis seul sur ce chemin qui comporte de nombreux escaliers. Par endroits la pluie de la veille a laissé des flaques qu'il est impossible d'éviter. Je fais un bon nombre de photos car des points de vue sont aménagés presque tous les 500m. Je photographie un arbre de la famille des melaleuca, appelé arbre à thé par James Cook qui en faisait des infusions. L'huile essentielle qu'on en tire possède de nombreuses vertus médicinales, notamment pour le traitement des infusions. Pendant la dernière guerre mondiale le gouvernement Australien exempta de service militaire les cueilleurs de feuilles et les gens qui en tiraient l'huile essentielle. Depuis les antibiotiques l’ont remplacé. J'arrive près de la cascade et descends au pied de la chute. J'ai du mal à exposer correctement tellement le contrejour est violent. Il est d'ailleurs impossible de faire une pose lente pour avoir un filé de l'eau. Vers midi je retourne à l'auberge puis je sors acheter à manger. William cherche des tarifs pour louer une voiture au Centre Rouge. On devrait s'en tirer pour environ 400 dollars pour 4 jours, soit 260 euros. L'auberge de jeunesse est affiliée au réseau YHA et de ce fait, la dame de l'accueil s'occupe de nous réserver nos chambres à Alice Springs, ce qui est fait en 1/2h. Nous partons prendre le train après un petit détour à Aldi pour faire le plein de nourriture pour les 2 jours qui viennent. Cela nous fera économiser pas mal d'argent et de temps à Sydney ou tout est hors de prix. La remontée de Katoomba street avec tous nos bagages est pénible. Il y a + de 800 m à faire et ça monte tout le long. Je laisse William chez un photographe car il veut faire des cartes postales à partir des photos des jours précédents. J'achète les billets pour Sydney et me rends sur le quai car le prochain train part dans 10mn. Il faut que William se presse car sinon il faut attendre 1h00 de plus. Il arrive sur le quai en même temps que le train. C'est parfait, il a bien optimisé son temps. Le trajet pour Sydney est de 2h00. Nous restons 2 jours pour visiter un peu la ville puis départ pour la Tasmanie. Arrivés à Central Station, il nous faut trouver le bon train pour Circular quai qui se trouve non loin de l'auberge de jeunesse. C'est l'heure de pointe et avec nos 40 kgs de bagages chacun, on se fait bousculer de tous les côtés. D'après les plans il nous faut prendre la ligne 19 de couleur bleu clair ; Arrivés au bord du quai après avoir monté un escalier de 15m on s'aperçoit que ce n'est pas bon. On redescend donc et on commence à gueuler sur la signalisation qui est très mal faite. Un français habitant Sydney qui nous a entendu vient nous mettre dans la bonne direction. Malheureusement il se trompe et 1 fois encore il faut redescendre ces foutus escaliers. On questionne plein de gens et finalement une personne nous accompagne jusqu'au bon endroit. Il faut encore remonter des escaliers. 15 mn plus tard, on quitte le métro et nous faisons le dernier km dans des rues pentues pour enfin arriver à l'YHA. Je me jette sous la douche pendant que William est de corvée à la cuisine pour préparer un plat de pâtes digne de l’Italien qu'il est (presque). Il parvient même à échanger avec un Allemand de la viande hachée contre de la sauce bolognaise en boîte, du sel et de l'huile pour relever un peu sa préparation. Après le repas, je monte sur la terrasse pour quelques photos puis je vais me coucher. Je feuillette le Lonely Planet pour préparer un peu le séjour prochain en Tasmanie.
16/09/2010
Hier soir William a mis le réveil à 6h50 pour faire des photos sur la terrasse au lever du soleil. Pas de chance il y a des nuages, on aurait pu dormir plus longtemps. Hier soir, vers minuit 2 Chinoises sont rentrées dans la chambre et ont occupé les lits restants. Elles ont fait beaucoup de bruit sans se soucier de nous qui dormions. Ce matin on leur a rendu la monnaie de la pièce et si demain elles sont encore là, on se lève à 4h30 pour prendre l'avion qui décolle à 8h00. Aujourd'hui, une fille de Sérignan du Comtat qui est à Sydney pour 6 mois est venue nous rejoindre. Au programme, visite du jardin botanique et des alentours par une belle journée ensoleillée. Nous avons mitraillé sans compter. Photos de plantes, d'oiseaux, de chauve-souris et même un énorme lézard. C'est un responsable de la serre tropicale avec qui nous avons parlé de plantes carnivores qui est venu nous chercher pour nous le montrer car il était dans une zone interdite aux visiteurs. Tel une star, il s'est laissé photographié sous toutes les coutures.

Eastern Water Dragon (Physignathus lesueurii)
Nous avons voulu monter en haut de Harbour Bridge pour avoir une vue globale de la baie mais le tarif (130 dollars par personne) nous a dissuadé de le faire. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil sur la terrasse. Encore raté. Comme ce matin le ciel s'est couvert alors qu'il est resté dégagé toute la journée. Nous passons une partie de la soirée à préparer les bagages pour ne pas rater la navette qui doit nous prendre à 5h30. Ce soir le repas est le même que la veille c'est à dire spaghettis et viande hachée mais sans sauce ni sel ni huile car nous n'avons pas trouvé une âme généreuse qui disposait de ces ingrédients.
17/09/2010
Debout à 4h45. Un rapide petit déj et nous voilà en bas de l'hôtel avec nos bagages. La navette est prévue pour 5h30. A l'heure dite, un taxi s'arrête et nous propose de nous conduire pour 40 à 50 dollars. Nous refusons. Notre navette est déjà payée. Elle n'arrive pas, l'heure tourne et à 6h10 nous allons à l'arrêt de taxi tout proche et embarquons immédiatement ; Le chauffeur nous demande à quel terminal nous allons, le nom de la compagnie et notre destination. Il dit que ce n'est pas possible que ce soit le terminal 2 de l'aéroport international pour aller à Hobart qu'il y a une erreur sur nos papiers et il nous débarque au T1 à l'aéroport national. Dans l'aéroport nous ne trouvons pas le bureau de Jetstar et demandons à des employés ou il se trouve et nous comprenons que nous venons de nous faire avoir par le chauffeur du taxi. Jetstar est bien sur l'autre aéroport à 6kms de là. Nous trouvons immédiatement un taxi qui nous demande 20 dollars pour la course. Je lui tends un billet de 50 et il ne me rend que 25. Je réclame les 5 dollars manquants mais il me répond que c'est une taxe et il démarre en trombe. 2eme arnaque de la journée. L'avion décolle avec 1/4h de retard, chose courante en Australie, paraît il. Le vol se passe bien. Arrivés à Hobart nous récupérons la voiture de loc. réservée depuis la France. On dit jamais 2 sans 3 c'est vérifié une fois de plus. On nous oblige à payer une taxe de 42 dollars parce que nous prenons la voiture à l'aéroport. Les gens que nous questionnons à ce sujet par la suite n'en ont jamais entendu parler. La voiture est une Nissan boite automatique et j'ai un peu de mal avec. Il va falloir s'habituer. Après avoir tourné un peu dans la ville, nous arrivons à l'hôtel. Il faut encore négocier car ils veulent nous faire payer 2 suppléments pour la chambre. Finalement, tout s'arrange. On ne paie rien. Après avoir posé les bagages, nous partons au mont Wellington pendant qu'il fait beau. Nous n'avons pas mangé mais nous pensons trouver ce qu’il faut sur la route mais malheureusement, il n’y a pas de magasin sur notre trajet. Tant pis on saute le repas. Arrivés à mi-chemin, la route est barrée à cause de la neige. Je me gare sur le côté et on part faire un tour à pied. Nous sommes trop loin du sommet pour espérer l'atteindre et redescendre avant la nuit. Il fait très froid et nous redescendons vers Hobart. Nous avions vu, en montant, une pépinière spécialisée dans les plantes de Tasmanie. Nous y allons et William questionne la femme pour trouver des PC dans le coin. Elle connait bien les plantes mais elle nous donne l'adresse d'un chercheur à l'université de Hobart qui pourra nous renseigner sur l'île entière. Nous y allons et après quelques recherches dans la ville, nous le trouvons à son bureau où règne un foutoir digne de la chambre de Floriane. Le chercheur, sorte de professeur Tournesol (même coupe de cheveux) mais beaucoup plus jeune, nous reçoit et écoute les questions de William. Il se met sur son ordinateur, fait quelques recherches et nous montre les plantes que nous devrions trouver à cette époque de l'année, ainsi que les lieux ou elles poussent. Nous parlons un peu de plantes avec lui et surpris de voir que nous connaissons plutôt bien les PC d'Australie (enfin William, pas moi), il fouille dans le foutoir de son bureau et nous donne un Cd avec le logiciel qu'il a crée pour répertorier les plantes de Tasmanie, carnivores ou pas. Il complète cette base de données par une petite brochure sur les arbres. Ce type va nous faire gagner un temps précieux par la suite.

Depuis le sommet du mont Nelson
J'avais proposé à William que nous montions au mont Nelson pour avoir une vue panoramique de la côte et de Hobart et justement c'est l'endroit le plus proche de la capitale ou se trouve le drosera macrantha. Nous y allons et après quelques centaines de mètres sur un sentier, nous trouvons les premiers exemplaires. Pourtant elle est minuscule et pousse au milieu d'herbes hautes et ne se trouve pas en grande quantité. On redescend à Hobart pour acheter à manger. Les prix sont délirants et nous quittons la première supérette sans rien acheter. On trouve finalement un supermarché COLES qui propose des tarifs plus intéressants. Nous prenons de la nourriture pour tout notre séjour sur l'île. Pour 102 dollars on achète les produits les moins chers, de mauvaise qualité mais au moins on ne se ruine pas. Le soir nous essayons une connexion internet. Ca ne marche pas et c'est 3 fois plus cher que sur le continent.
18/09/2010
Nous sommes 4 dans la chambre. Il y a 2 Chinois. L'un, de Taiwan est très discret et l'autre, de la république populaire, absolument sans gêne. Il met le chauffage à fond, il fait plus de 30 degrés dans la chambre. Au bout d'un moment, je me lève et je le coupe. Il attend 5 mn et croyant que je dors, il le remet. A mon tour, j'attends un peu et je le coupe à nouveau en le regardant pour qu'il comprenne qu'il commence à me courir sur le râble. Il ne dit rien mais dès que je tourne le dos il remet à fond. Il ne parle pas anglais, encore moins que moi, alors ça ne sers à rien de discuter. A 6 heure du matin, il éclaire la pièce et met de la musique très fort. L'autre Chinois se réveille et quitte la chambre. Au bout d'un moment je vais à la salle de bain puis je descends à la cuisine pour le petit déj. Quand je reviens, William est réveillé mais le Chinois s'est rendormi. William part à la douche et manger. J'en profite pour entrer et sortir en claquant la porte. J'espère ainsi que le Chinois quittera l'hôtel. Il fait beau mais la pluie est annoncée pour aujourd'hui. Il a déjà plu cette nuit. Nous avons prévu d'aller soit sur le mont Field, soit sur le mont Hartz car le docteur en paléobotanique nous a assuré que nous trouverions des PC et de belles randos sur ces 2 sites. La route qui mène aux Hartz mountains est bonne. Au village avant le parc (15kms), il faut acheter un droit d'accès. Nous sommes un peu joueurs et faisons l'impasse. Nous traversons une forêt tropicale et prenons de l'altitude. Il fait froid avec une alternance de pluie et de soleil. Après quelques kms de montée, nous roulons dans la neige et sommes bloqués par un Chinois qui s'est mis au fossé en croisant un 4x4. Après qu'il soit sorti, nous reprenons la montée. Arrivés à un parking, nous nous arrêtons et trouvons un panneau décrivant les randos près d'une petite cabane en bois. Il faut continuer pour la rando qui mène au lac d' Esperance. La neige est de plus en plus épaisse et ça frotte sous la voiture. Nous glissons un peu mais malgré tout on avance. Nous passons un 2eme parking avec des départs de randos mais on continue. Il nous reste 3 kms pour arriver à notre point de départ. Nous traversons un plateau de landes alpines de toute beauté. Un long arrêt photos s'impose. Nous ne trouvons pas de carnivores. On redémarre mais après 500 à 600m, nous sommes bloqués. La voiture est posée. Il faut se rendre à l'évidence, nous devons redescendre au précédent parking. Il y a la place pour un demi tour et nous repartons à contre cœur en multipliant les arrêts photos. Pour la rando, on se contentera d'une petite ballade dans la forêt tropicale au pied de la montagne.

Plateau glaciaire
Il n'est pas tard, alors nous prenons la direction de Southport puis Cokle Creek et Ida bay qui représente le point d’Australie le plus au Sud que nous pouvons atteindre. La côte est superbe, les rares villages n'ont pas toujours un nom et rarement plus de 5 maisons. Souvent les gens vivent dans de caravanes et des abris faits de bric et de broc, un peu comme à Beauduc. La route n'est pas goudronnée mais hormis le fait qu'elle soit détrempée, elle est en bon état. Nous revenons à Hobart, content de la journée, en espérant avoir le temps de retourner aux Hartz mountains pour randonner avant notre départ de Tasmanie si la neige à un peu fondu.
19/09/2010
Ce matin nouveau départ pour une rando en montagne. Cette fois nous nous dirigeons vers le Mont Field au Sud Ouest de Hobart. Nous avons été prévenu que l'accès serait peut être fermé à cause de la neige. Nous tentons quand même notre chance. Il fait beau mais un vent violent et froid souffle. Arrivés sur place au pied de la montagne, nous prenons la piste de terre complètement détrempée. La voiture glisse mais en roulant doucement il n'y a pas de risque. Je me gare chaque fois que je peux pour laisser passer les 4x4 locaux. Presque au bout de la route nous trouvons un parking ou une petite voiture de location vient de s'arrêter. De là un sentier mène au sommet en 2h00. Nous partons après nous être équipés. Après 500m de marche en forêt dans 20 cms de neige, nous arrivons au lac Dobson dont les eaux sont noires et agités par des vagues énormes. Je fais quelques photos mais j'ai du mal à rester debout. Le chemin n'est pas bien tracé, personne n'est passé avant nous. Les occupants de l'autre voiture, un Australien et une Française nous rejoignent et décident de faire la rando en notre compagnie. Ils sont mieux équipés que nous avec leurs vêtements étanches et leurs guêtres. Nous nous contentons d'un jean et pour William, de simples basket. Le chemin remonte un ruisseau. Très vite nous sommes mouillés jusqu'aux genoux. Au départ il n'y avait que 20 à 30 cms de neige mais au fur et à mesure que le chemin s'élève, la couche de neige prend de l’épaisseur et rapidement il y en a 60 cms. Il faut lever les pieds à chaque pas car on enfonce profondément. C'est assez fatiguant. Je fais la trace pendant un km puis l'Australien propose de me relayer. Il monte jusqu'au sommet en tête et moi je me mets en queue de peloton pour pouvoir m'arrêter pour faire des photos. Le vrai sommet est encore plus haut mais nous nous contentons du premier car il faudrait encore marcher au moins 2 h00. Sur celui-ci il y a un amas de rochers qui ressemblent à du granit. Le vent est tellement fort qu'il est difficile de rester debout. Après une séance de photos, nous entamons la redescente. Le brouillard arrive.

Le brouillard arrive
Retour à la voiture pour se changer. Le jean, les chaussures et chaussettes sont imbibées. Il y a même de la glace dans les chaussures. Je mets mon short et les sandales malgré le froid. En repartant, nous passons devant un centre de soins pour animaux de Tasmanie. Nous y allons et avons ainsi l'occasion de voir le célèbre diable de Tasmanie, ainsi que des kangourous, wallabies, koalas et wombats. Ces 2 dernières espèces sont de vraies peluches vivantes. Le diable de Tasmanie (ou sarcophile) vit sur toute l’ile mais actuellement une maladie de la face devenant cancéreuse est en train de décimer l'espèce. Des mesures ont été prises pour éviter cette disparition en isolant des sujets sains sur le continent Australien.


Diable de Tasmanie
De retour à Hobart, nous faisons un arrêt aux jardins botaniques royaux puis retour à l'auberge de jeunesse pour tout laver et sécher. Les sèches cheveux ne résistent pas longtemps et finissent par déclarer forfait alors que les chaussures ne sont pas encore en état de reprendre du service. Demain il faudra, de toute façon les remettre aux pieds. Plus tard en allant à la douche, je m'aperçois qu'ils refonctionnent. Internet est défaillant ce soir à l'auberge de jeunesse. Nous trouvons un cybercafé où nous passons la soirée. J'oublie de demander à Isa si mon permis de conduire français est à la maison car je ne le trouve pas avec mes papiers. Il est pourtant nécessaire pour utiliser les voitures de location. Bien que personne n’ait demandé à le voir. De retour à la chambre, nous sortons le linge de la machine et le sèche-linge prend le relais pendant que nous préparons un bon repas composé de côtes d'agneaux de Tasmanie accompagnées de pommes de terre à la parisienne et de salades. Les pommes de terre finissent à la poubelle car nous n'arrivons pas à les cuire correctement à l'eau et en les poêlant elles brûlent d'un coup.
20/09/2010
Ce matin il faut tout charger dans la voiture. Les chaussures ont bien séché même si ce n'est pas parfait. Aujourd'hui c'est le départ pour Deloraine, un village situé au Nord, à l'autre bout de l'île. Nous avons réservé un logement dans une auberge YHA qui nous permettra de sillonner la région, entre autre Cradle Mountains National Park. Nous prenons la route qui passe par le centre, un peu plus courte que la route côtière. Elle est quasiment déserte. Seules de grandes exploitations agricoles et quelques élevages de moutons et de vaches coupent la monotonie des kilomètres qui défilent. A mi-chemin nous atteignons la région des grands lacs. Nous stoppons près d'un point de mise à l'eau des bateaux de pêcheurs pour manger un sandwich fait maison (cheddar, champignons et huile d'olive). Nous repartons et le goudron fait place à une route gravée parsemée de nids de poule. Notre moyenne s'en ressent mais à 14h00, après 5h00 de conduite, nous arrivons à destination. Nous trouvons rapidement la maison auberge de jeunesse, un peu à l'écart du centre du village. C'est tout petit, la maison est ouverte mais il n'y a personne. Il règne un foutoir incroyable dans cette auberge de jeunesse et nous ne voyons que 3 chambres. Nous posons nos sacs dans l'une d'elles et laissons un mot pour le propriétaire avant de repartir. Il y a un petit parc national à proximité. Nous allons y faire un tour et arrivons par une belle route non goudronnée à un petit sentier aménagé qui mène à la gorge du diable (Devil's gorge). Une passerelle avance au dessus du vide. La vue est impressionnante et le vent si fort que je dois tenir mes lunettes d'une main et faire des photos de l'autre. Le résultat ne sera pas terrible et ce n'est pas William qui fera mieux car sa peur du vide le cloue sur place et reste 2 ou 3m en retrait mais il sort malgré tout son APN puis repart de suite sur le chemin. Nous poursuivons la route non revêtue jusqu'à un lac de barrage (lac Macenzie) entouré de collines de pierres ou presque rien ne pousse. Même ici dans cet endroit très reculé, il y a des canettes et des déchets. Les Australiens n'ont pas beaucoup de respect pour la nature. En revenant à Deloraine nous cherchons un cybercafé mais le seul qu'il y a est fermé depuis 3h00 déjà et il faut compter 7 dollars pour une heure de connexion de mauvaise qualité. Nous demandons à droite et à gauche jusqu'à ce qu'une caissière de supermarché nous donne son adresse et son téléphone en nous proposant de se servir de son ordinateur.

Deloraine
Retour à la maison auberge de jeunesse qui me fait penser un peu à la maison de Jean Louis. Il y a du bordel partout dehors comme dedans mais bien pire qu'à Porte en Valdaine. Le maitre des lieux, qui, entre temps, est revenu, nous explique le fonctionnement de la maison. Les douches pour hommes sont dehors dans une espèce de débarras tellement rempli que nous ne pouvons pas rentrer à l'intérieur. Nous décidons sur le champ de ne pas les utiliser. Un petit poêle à bois dans la pièce principale sert à chauffer toute la maison. Alex, le propriétaire, ressemble aussi un peu à Jean-Louis. Sa cuisine sert pour tous les locataires des 3 chambres qu'il loue. Il semble que ce soit lui qui soit le plus bordélique ici et non pas les locataires, malgré l’affiche qui dit « Votre mère ne voudrait pas travailler ici, alors nettoyez votre bordel ! ». Il nous montre ce qui est à lui et que nous ne devons pas utiliser. Il roule en Toyota BJ42, alors je pense que je devrais bien m'entendre avec lui car c’est l’un des modèles que nous avons à la maison. William part chez la fille qui nous a proposé d'utiliser son ordinateur pendant que je vais à la douche. La salle de bain est froide. Il n'y a pas de chauffage et dehors il ne fait pas plus de 10 °C. Un panneau signale que l'eau chaude ne coule que 5mn. Je fais vite mais au bout de 2 mn l'eau chaude s'arrête. Inutile de dire que je ne traîne pas. Je suis invité par un couple d'Australiens de Melbourne, arrivés un quart d'heure plus tôt, à manger avec eux. La femme a préparé un plat de légumes et de riz que je trouve excellent et qui réchauffe. Ils visitent la Tasmanie en Range Rover avec un canoë sur la galerie. Dans cette région les rivières sont nombreuses.
21/09/2010
Debouts vers 7h30. Petit déjeuner et préparation de 2 sandwichs pour midi. Je reste au traditionnel cheddar, champignons et huile d'olive mais William rajoute des tranches d'une espèce de saucisson industriel infect qui m'a rendu un peu malade le soir ou j'en ai mangé. Il va durer longtemps parce que William ne fait pas les choses à moitié quand il s'agit de bouffe. Il a acheté le modèle XXL, le plus économique mais il se retrouve seul à en manger. Sacs à dos remplis, nous prenons la route de Cradle Mountains. Un peu plus de 100Kms à faire. Arrivés sur place, on part pour le lac Dove d'ou démarre notre randonnée. Surprise ! Il y a des barrières et nous devons faire demi-tour et 2 kms en arrière pour acheter des billets à 16,5 dollars/personne. Nous en profitons pour nous renseigner au sujet des plantes carnivores. Personne ne sait mais on obtient qu'ils appellent les rangers du parc qui devraient pouvoir nous aider. On a rendez vous avec eux dans leur bureau près des barrières qui nous ont obligé à faire demi-tour. Le billet nous permet de prendre une navette pour faire les 8 derniers kms jusqu'au lac. Il y a plusieurs arrêts et il est possible de descendre du bus puis d'en reprendre un autre pour continuer si on le souhaite. Le ranger qui nous reçoit nous montre sur son ordinateur les plantes carnivores que nous pourrons trouver. Je lui demande si elles sont déjà sorties, vu le temps, et il me répond : it's a good question.

Cradle mountains
Nous verrons bientôt que nous arrivons trop tôt. Nous reconnaissons un terrain propice à leur développement, il y a pas mal de sphaigne et de l'eau partout, mais pas une plante ! Heureusement la marche est super intéressante. Nous suivons le lac pendant 1 km puis bifurquons sur la gauche en direction du pic et du lac Hanson. Nous ne verrons ce lac qu'après 2h00 de marche. Nous ne trouvons pas de plantes carnivores malgré la tourbe assez présente mais des lichens de toute beauté recouvrent les rochers. De nombreuses mousses également très colorées sont présentes. Un arrêt casse-croute à mi- pente nous permet de souffler un peu. Il fait plutôt chaud, entre 15 et 20 °C. Je quitte ma polaire avant de reprendre l'ascension. La pente s'accentue, alors les poses photos du lac Dove enchâssé dans les montagnes enneigées sont les bienvenues. Le sommet n'est qu'à 1545m mais sa forme fait penser à de la haute montagne et atteindre le sommet ne doit pas être facile. Le sentier s'élève brusquement. Il faut presque se servir des mains pour garder l'équilibre. Par endroits, William n'est pas rassuré mais ça passe. Enfin nous débouchons sur un replat d'ou nous avons une vue sublime vers le lac Hanson sur notre gauche. Il est entouré de montagne et semble se déverser dans un autre lac, un peu comme le lac Noir et le Lac Bleu au pied du Tarbesou en Ariège. Nous restons un moment à cet endroit pour apprécier le paysage et la tranquillité du lieu. Nous ne croiserons que 2 personnes pendant toute la randonnée. L'heure qui passe trop vite nous oblige à reprendre la marche si nous ne voulons pas faire 8kms de goudron à pied pour rejoindre la voiture. Nous continuons en direction du sommet de ce pic qui se dresse maintenant devant nous. Le chemin sur les rochers est maintenant dégagé. La végétation se raréfie, seules de très petites plantes s'accrochent encore sur cette pente de plus en plus raide. Les 100 derniers mètres sont équipés d'une chaîne pour s'assurer et aider à avancer. Certains passages commencent à être aériens. William a les jambes en coton et a beaucoup de mal à progresser. Je le guide en lui disant ou mettre les pieds et de ne pas lâcher la chaîne. Il veut aller au sommet malgré son vertige et arrive à la moitié de la chaîne vers un passage ou il n'y pas beaucoup de prises sauf si l'on passe de l'autre côté de la chaîne. De cette manière la progression est sûre mais il ne peut pas. Il est tétanisé et redescend de quelques mètres pour s'assoir sur un replat au soleil et me laisse continuer seul. En 5mn j'arrive au sommet. Je n'ai pas une vue bien différente sur les alentours. Le chemin bascule sur l'autre versant. Je m'y engage en espérant découvrir un autre lac. Le lac du cratère ne doit plus être loin mais après 5mn de marche, je me retrouve dans 30 cms de neige dure au bord d'un à-pic qui me fait peur. Je continue sur une centaine de mètre et voyant que tout est enneigé, je renonce. Les 2 personnes que nous avions vues devant nous un peu plus tôt sont passées mais je ne veux pas prendre de risque. Je redescends vers William et nous prenons à regret le chemin du retour. Il a les jambes flageolantes jusqu'au parking et un blocage des cervicales du à la contraction musculaire. Nous reprenons la navette et nous nous faisons déposer un peu plus bas pour une promenade de 20 mn le long d'une rivière. La sphaigne abonde mais toujours rien. Nous avons la chance de photographier 2 wallabies sauvages, enfin pas beaucoup plus que les marmottes du lac Lauvitel près de Bourg d'Oisans. Une 2eme navette nous dépose au parking et nous rentrons à Deloraine. Soudain William me dit de stopper. Il a vu un wombat dans les herbes non loin de la route. Notre approche prudente nous permet de réaliser quelques clichés mais il nous voit et s'enfuit. Nous le poursuivons et parvenons à l'approcher. Je me trouve maintenant à 3 m de lui, peut être moins. La traque a duré au moins 1 heure pendant laquelle nous le perdons de vue puis le retrouvons. Finalement, il arrache une touffe d'herbe puis rentre tranquillement dans son terrier.


Le wombat
Nous reprenons la route. 10 minutes plus tard c'est 2 autres wombats qui nous regardent passer. Re arrêt photos puis direction une grotte située sur le chemin du retour ou il devrait y avoir des carnivores à proximité. La signalisation routière étant très mal faite, nous ratons un embranchement et nous sommes dans l'incapacité de savoir où nous sommes. Il n'y a pas de village, alors nous roulons droit devant nous. Nous recevons un SMS des jeunes qui nous prêtent leur ordinateur. Nous sommes invités à un barbecue. Le barbecue étant une institution en Australie, nous ne voulons pas rater ça. Malheureusement, il nous faut au moins 1h00 pour arriver à Deloraine. Nous traversons une région ou toutes les fermes ont des boîtes aux lettres originales. Nous faisons quelques photos mais nous devons renoncer pour arriver à Deloraine avant la fin du BBQ. Hélas, un nouveau SMS nous apprend que tout est mangé. Ils ne nous ont gardé que 2 bières chacun. Je vais enfin pouvoir gouter aux fameuses bières de Tasmanie. Vu le prix dans les bars, j'y avais renoncé. 2 fabriques se disputent le marché. D'un côté, au Sud c'est la Cascade qui domine et au Nord, une autre marque, Boags. Ne demandez pas à un habitant du nord de boire une Cascade, il vous dira qu'elle n'est pas bonne et vice versa si vous proposez l'inverse à un habitant du Sud. Pas de chance, ils ont acheté de la Corona importée du Mexique car elle était en promotion à 70 dollars le pack de 24. C'est vraiment hors de prix. Heureusement elle est bonne.
22/09/2010
Ce matin nous avons décidé d'aller vers les grottes de King Salomon et de Marakoppa. Arrivés près de cette dernière, nous laissons la voiture et empruntons un sentier qui suit une petite rivière. Cet endroit pourrait s'appeler la vallée verte ou la vallée des fougères tant elles sont nombreuses et variées. Les crosses qui se déroulent sont très photogéniques. Sur le tronc d'une grande fougère arborescente nous trouvons un ver de couleur jaune vif. Par contre pas de plantes carnivores dans les parages malgré ce que l'on nous a dit à Hobart. Nous ne sommes pas plus chanceux près des grottes du roi Salomon.

La vallée verte
Je propose à William que l'on aille sur le plateau de Walls of Jerusalem qui n'est qu'à 30 kms de là. En chemin, on s'arrête pour photographier un lac (Rowallan lake) et en descendant un talus, bingo, des plantes carnivores. En pleine séance photo, nous entendons crier Help, Help, alors que nous pensions être seuls dans cet endroit isolé à 25 kms de la première maison. Prudemment, on va voir ce qui se passe. Courageux mais pas téméraire, je laisse William passer devant. C'est un couple de jeunes Siciliens qui nous explique que leur voiture de location est enlisée et en partie dans l'eau. Ils ne parlent pas anglais. Heureusement, William maitrise plutôt bien l'Italien. Ils ont de la chance de nous trouver. Ils marchent depuis déjà presque 1h00 et il reste 25 kms à faire pour arriver à la première maison. Nous arrêtons notre séance photo et les emmenons à la réception de la grotte du roi Salomon ou nous avons vu une cabine téléphonique. C'est William qui se charge de prévenir la police qui fera venir une dépanneuse.

Droseras au « lac des Italiens »
Nous apprendrons plus tard à Hobart que cette mésaventure leur a couté environ 9000 dollars. Ces Italiens qui faisaient un voyage organisé par une agence ne garderons probablement pas un bon souvenir de la Tasmanie. Nous en profitons pour manger notre traditionnel sandwich et nous reprenons la route du lac. Comme partout en Australie, la signalisation est mal faite ou inexistante et nous nous trompons de route. Nous nous engageons sur une petite piste étroite. La garde au sol de la petite Nissan est parfois insuffisante mais nous arrivons lentement à progresser dans la bonne direction. Par endroit un véhicule tout terrain n'aurait pas été du luxe. Je commence à douter de notre route. Pourtant, pour une fois nous avons une carte et nous pensons être sur le bon itinéraire. Alors nous continuons jusqu'à un bourbier infranchissable pour notre voiture. Par chance à cet endroit il y a suffisamment de place pour faire demi-tour. Revenus au début du lac, nous trouvons un panneau indicateur. Notre direction était sur l'autre rive du lac. A 15h00 nous arrivons au départ de la rando prévue pour la journée. Il est tard mais on s'engage malgré tout sur le sentier qui monte dans une forêt en partie dévastée. On marche vite. Nous avons décidé de faire demi-tour au bout d'1h1/2 car la nuit arrive vers 18h00.

Une boule de mousse
Quelques plantes carnivores sont présentes au bord du sentier mais nous savons que sur le plateau il y avait 3 ou 4 espèces que nous n'avons pas encore trouvées. Dommage ! Nous rentrons tranquillement à Deloraine. Demain nous repartons pour Hobart en prévoyant plusieurs arrêts sur des sites indiqués par le chercheur de l'Université.
23/09/2010
Ce matin, il faut préparer les valises. Hier au soir, nous avons passé la soirée avec les jeunes qui nous prêtent leur ordinateur. Nous sommes allés faire un billard dans un bar ou j'ai pu gouter les bières locales. Une blonde plutôt bonne et une brune de qualité moyenne. William lui a gouté aux vins (moi aussi une gorgée) le rouge m'a paru bon bien qu'il ne tienne pas la comparaison avec nos côtes du Rhône mais je n'ai pas aimé le blanc. William lui a préféré le blanc qui s'apparente d' après lui à un vin italien qu'il connaît. En quittant Deloraine, nous prévoyons une petite marche sur un site propice aux plantes carnivores. On laisse la voiture à l'entrée d'une ferme isolée. Après 500m nous devons renoncer car le chemin est encombré d'arbres qui ont été abattus et laissés sur place. Nous reprenons la voiture pour rejoindre Liffey falls à quelques kms.

Liffey falls
Une marche d'un ou deux kms nous emmène le long d'un torrent jusqu'à une succession de cascades. La dernière chute est la plus belle. La lumière permet de faire quelques jolies photos. Je trouve en particulier des champignons violets presque fluos que je ne réussis pas à identifier de retour à la maison. L'endroit est tranquille. Nous croisons 2 ou 3 touristes au début du chemin puis plus personne. Le retour à la voiture se fait par le même chemin. On sort le casse-croute au cheddar avant de repartir. Quelques petits oiseaux (super fairy wren), de la taille d'une mésange, de couleur à dominante bleue, viennent picorer les miettes. Ils viennent compléter notre collection de photos d'oiseaux. Nous repartons vers le Pine Lake plus loin sur la route du retour à Hobart. Un chemin aménagé au dessus d'une tourbière nous emmène près du lac en traversant une zone boisée d'arbres âgés de plus de 1000 ans (pencil pines ou Athrotaxis cupressoides) qui semblent morts mais qui survivent encore dans cet endroit. Ils sont les survivants de l'époque du Gondwana, avant la séparation des continents. Nous sommes sensés trouver ici plein de plantes carnivores mais nous faisons chou blanc. Pourtant le terrain s'y prête.


Pencil pine
De retour à Hobart, nous essayons de rejoindre l'endroit ou le mont Nelson rejoint la plage sur la route qui prolonge Sandy bay. Là aussi il y a des plantes carnivores mais nous ne réussissons pas à trouver le chemin en voiture. Retour à l'auberge de jeunesse pour poser les bagages puis café internet chez les Ethiopiens pour les messages. En revenant à l'hôtel, je suis attiré par une publicité sur le pare-brise. En fait il s'agit d'un PV de 50 dollars pour stationnement interdit. Je pense que nous ne le paierons pas.
24/09/2010
Il faut s'occuper du PV. Nous questionnons le type à la réception. Il nous conseille d'aller au Council office qui est à 2 rue de là. C'est là qu'il faut payer l'amende mais il pense que si nous ne parlons pas un mot d'anglais, ils passeront l'éponge. Effectivement le PV part à la poubelle. En sortant nous allons rendre la voiture chez Hertz. Malgré qu'elle soit méconnaissable à cause de la boue qui la recouvre, tout se passe bien et nous voilà à pied. William veut acheter un joli couteau pour son père. Nous faisons un nombre incroyable de boutiques sans succès. Les rares que nous trouvons ne sont pas beaux mais très chers. Il renonce et part au cybercafé pendant que moi je déambule au hasard des rues et me retrouve à Salamanca, le plus joli quartier de Hobart. Il y a plein de petites boutiques et de cafés. Beaucoup sont installés dans d'anciens entrepôts datant de l'époque ou la pêche à la baleine était florissante. Il y a aussi un centre artistique. Je rentre dans un immense magasin d'art africain. Je me demande comment ils peuvent exposer autant de pièces. Une très grande salle regroupe tout ce qui n'est pas à vendre. Je repère un stock de gourdes anciennes mais certaines sont vieillies artificiellement. Il y a des instruments de musique, des lampes et d'autres objet dont le style fait penser que la provenance est le Kenya. Je discute avec la femme qui s'occupe de la boutique et je m'aperçois qu'elle n'y connaît pas grande chose. Comme il y a une salle réservée pour l'artisanat australien, je lui demande si elle a des opales. Elle me montre un présentoir dont les pierres sont toutes différentes les unes des autres. Je me fais expliquer ce qu'est une belle opale et comment la reconnaître. Ce n'est pas évident car il y en a de provenances différentes notamment de Coober Peedy et du Queensland. Les prix aussi sont difficiles à comprendre et c'est plutôt cher. Une belle opale tourne aux alentours de 300 à 400 dollars. Il y a aussi d'autres pierres qui leurs ressemblent mais qui n'en sont pas. On se retrouve vers 12h30 pour manger. Ensuite William va faire la sieste et moi, après une petite digestion devant la télé, je décide de partir du côté de Sandy Bay. C'est le quartier du port de plaisance. Je me promène le long des quais pendant 2h00 et je photographie à nouveau l'oiseau à bec jaune que j'avais vu chez Alex à Deloraine. Cette fois je l'approche à 2 m et je réussis à ne cadrer que la tête.

Masked Lapwing ou Spurwing Plover (Vanellus miles)
Il me faut encore 1 h pour revenir en centre-ville. Je passe à l'hôtel poser mon sac photo puis je repars en ville. Il y a plein de boutiques mais rien d'intéressant et les prix sont plutôt élevés. Vers 17h30 je vais au café internet. Will arrive 1/2h après moi et vers 20h00, retour pour manger puis soirée télé. Je retrouve le couple d'Australien qui m'avait offert à manger à Deloraine. Ils sont allés au Freycinet National Park et me disent que c'est une merveille.
25/09/2010
Avant de partir à l'aéroport, il reste 3h00. J'en profite pour retourner à Salamanca ou j'ai vu des livres intéressants. En arrivant sur l'avenue, je m'aperçois que c'est jour de marché. Il y a des stands par dizaines, un peu comme le dimanche matin à Curitiba. Mais là il n'y a rien ou presque rien d'original. On se croirait sur un marché de chez nous sauf que c'est 10 fois plus grand. Je vais donc à la boutique pour les livres ; je les feuillette tous mais je ne trouve pas ce que je veux. Je renonce donc. Je cherche un T shirt pour Floriane. Les premiers que je regarde sont moyens et mal taillés. Finalement j'en trouve un joli que je me décide à prendre. Le prix n'est pas affiché, contrairement aux autres. C'est bizarre mais je comprends à la caisse. C'est 50 dollars soit 3 fois le prix d'un T shirt. J'essaie de négocier mais rien à faire. Je laisse tomber. Maintenant il pleut, alors je rentre mais en traversant le marché, je remarque un stand avec des T-shirts de qualité acceptable. Je manque tomber quand la femme m'annonce le prix. Encore plus cher qu'en boutique : 60 dollars. Je rentre, déçu. En chemin je fais une halte dans une boutique de souvenirs mais ici ils ne sont pas chers mais de mauvaise qualité. Je pose mes bagages à la consigne de l'hôtel et malgré la pluie, je repars au centre ville. Je trouve enfin un joli T-shirt qui plairait beaucoup à Flo. Il est en solde mais il n'y a que des grandes tailles. Encore raté. Je repars et dans la même rue, j’en trouve enfin un à sa taille et avec un motif qui devrait lui plaire. Je rentre à l'hôtel trempé, William aussi, 5 mn après moi. Nous rendons les clés de la chambre et allons manger. Il faut faire vite car c'est l'heure de fermeture de la cuisine pour nettoyage. Il y a du beurre en libre service. On l'utilise pour cuire des pommes de terre en lamelles très fines qui brûlent au fond de la poêle. Nous les mangeons en vitesse sans attendre qu'elles soient cuites puis nous prenons nos bagages et partons attendre la navette dans la rue voisine. Nous arrivons à l'aéroport avec 4h00 d'avance mais nous n'avions pas le choix sauf à prendre un taxi. Il faut attendre 2h00 dans un hall d'aéroport vide sans aucune boutique pour enregistrer les bagages. Il y a juste un bar pas terrible où je prends un café très cher (4,5 dollars). Lorsque nous arrivons dans le hall d'embarquement, il y a encore presque 2h00 d'attente avant de monter dans l'avion qui n'est pas encore arrivé. Ici il y a 3 boutiques dont 2 sont fermées. Nous remarquons qu'elles ouvrent chacune à leur tour pour ne pas se faire de tort. Il n’a rien d'intéressant. Seule la bouffe nous attire car à part les pommes de terre pas cuites nous n'avons rien mangé. Chacun à notre tour nous allons acheter à manger. William qui crève de faim y va en premier. Lorsque mon tour arrive, j'ai du mal à savoir ce qu'il y a dans les sandwiches. Finalement je trouve une espèce de friand de poulet au curry. Il est chaud et je le trouve délicieux. Pour une fois c'est pas cher vu la taille et la qualité est correcte (4,60 dollars). William craque en sentant cette odeur et va s'en chercher un.
26/09/2010
Nous sommes arrivés à Adelaide vers 20h30. Nous prenons un taxi (moins cher que les navettes et plus rapide car il ne fait pas la tournée de tous les hôtels), conduit par un Indien pour rejoindre My Place, une petite auberge de jeunesse que nous avons repérée sur le Lonely Planet. La réception est fermée mais nous trouvons un mot avec nos noms et les clefs de la chambre en évidence sur le comptoir. Après une bonne douche, je rejoins William qui est parti au Macdo pour utiliser leur Wifi qui est gratuit. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'a dit pour y aller mais je pense que je trouverai. Finalement je tourne un peu dans le quartier et je demande mon chemin. Personne n'est du coin et ne connaît. Je retourne me renseigner à l'hôtel, mais, stupeur, il faut un code pour rentrer. Je suis coincé dehors. Je repars donc et je croise un Français qui loge à My Place. Il ne peut pas me renseigner car il est arrivé le matin mais il me donne le code. Finalement je trouve un passant qui m'explique. Lorsque j'arrive, William a presque fini ses Emails. Il me laisse l'ordi et part se coucher. Je m'installe et commence à regarder mes messages. Au bout d'une demi-heure, 2 types bourrés rentrent dans le Macdo et font un tapage en beuglant comme des veaux. Ils commencent à importuner 2 filles qui sont devant leurs ordis à 2 m de moi dans une autre salle. L'une d'elle abandonne son ordi et se met derrière moi. Je n’ai pas envie de me mêler de ça. Je termine un message à Jean-Marie et plie bagage. En chemin je croise pas mal de gens éméchés. C'est le samedi soir. A Adelaide il est courant de voir des jeunes, garçons ou filles, complètement saouls, déambuler dans les rues tard le soir. Arrivé à la chambre, elle est fermée. Je pense que William s'est endormi mais j'ai beau taper, il n'ouvre pas. Finalement, un type qui passe dans le couloir me dit qu'il est sur la terrasse.. Il va le chercher et je peux enfin me coucher. Le lendemain matin William m'explique qu'il a peut être trouvé 2 Allemandes pour partager une voiture de loc avec nous pour aller à Kangaroo Island. En fin de compte, elles renoncent et nous prenons une voiture et les tickets pour le ferry. Le départ est prévu le soir. Nous décidons de faire une randonnée sur les collines qui entourent Adelaide. Une des allemandes nous accompagne. L'autre est malade et reste à l'hôtel. William espère trouver des carnivores. Cette rando est une catastrophe. Tout le long du chemin, des vieux pneus, des bidons, des ferrailles en tout genre et des bouteilles cassées nous oblige à regarder ou mettre les pieds. Heureusement, il n'y a rien à voir. Nous terminons la marche devant un mur de pierre de plus de 2m de haut qu'il faut escalader pour rejoindre la route et revenir à la voiture.

Le lézard jaune
En arrivant à l'hôtel, je sers un peu trop le trottoir et abime un enjoliveur. Nous partons à Cap Jervis pour prendre le bateau. A 19h00 on est à bord. Le débarquement a lieu à Penneshaw mais nous avons réservé une chambre chez un papy à Kingscote à 52 kms. A cause des Kangourous, nous roulons très prudemment de nuit sur une route quasi déserte. En fin de compte les kangourous que nous voyons sont pour la plupart écrasés sur la route mais 2 où 3 fois il y en a un qui traverse dans les phares. Le papy qui nous loue la chambre ne nous rend qu'une partie de la monnaie qu'il nous doit. On se remboursera comme on pourra. Pour le repas, on prépare des spaghettis mais nous n'avons ni sel ni sauce pour assaisonner. Je trouve une bouteille de whisky, alors j'en bois une part et j'en verse une bonne dose sur les pâtes. C'est pas mal, en tout cas mieux que nature. Demain matin nous nous levons tôt pour faire les courses pour la durée de notre séjour et explorer les environs.
27/09/2010
Après avoir fait le plein et les courses pour la semaine on prend la direction du Flinders Chase National Park. Nous avons retenu une chambre dans une ferme. Peu après avoir quitter Kingscote, William me demande de m'arrêter pour voir s'il y a des plantes carnivores sur les bas côtés de la route. Il n'y a rien. Peu après j'avise des perroquets dans un champ. Je me gare et descend de voiture. Ils s'envolent mais je découvre des plantes carnivores en grand nombre. Il y a au moins 4 variétés dont une pygmée. On se met au boulot et les cartes mémoire se remplissent. Nous ne sommes pas déçus. De nombreuses orchidées aussi sont en fleurs. Nous avons choisi la bonne période pour venir même s’il fait un peu froid. A force d’être dehors toute la journée, l’organisme s’habitue et ni la pluie, ni le froid ne nous gêne vraiment.

Drosera whittakeri
Donkey orchid (Diuris corymbosa)
On repart et un peu plus loin, nous en trouvons encore. A chaque arrêt nous en trouvons. On quitte la route principale pour rejoindre Seal bay ou nous devrions voir une colonie de lions de mer. Arrivés sur place, on apprend que c'est payant et très cher. Nous faisons demi-tour et empruntons la première piste qui conduit à la mer en espérant approcher la colonie en longeant la côte. La baie devant nous est magnifique, l'eau turquoise. Nous partons à pied sur la plage. William qui retourne changer de chaussures a la chance de tomber nez à nez avec un goanna de plus d'un mètre de long. Il peut faire une belle série de photos. Moi je pars dans le bush pour rejoindre une crique que l'on voit au loin. La marche n'est pas facile car il y a sans arrêt des petits buissons qu'il faut contourner. J'arrive au bord d'une falaise qui surplombe une plage de sable blanc en forme d'arc de cercle. Une arche naturelle se découpe à l'opposé de ma position. Des petits requins d'un mètre environ tournent dans l'eau claire et peu profonde au dessous de moi.

Vivonne bay
Je reviens à la voiture puis nous repartons après avoir mangé rapidement. Il nous faut la journée entière pour arriver à la ferme ou nous avons une chambre. Des kangourous nous accueillent le long de l'allée qui mène à la maison. Les gens qui nous reçoivent sont aimables mais d'entrée ils nous proposent une visite guidée nocturne pour 22 dollars par personne puis une ballade pour voir des koalas dans les arbres alentours. Cette ballade peut se faire sans accompagnateur mais je ne vois pas les koalas, par contre je peux photographier quelques perroquets colorés. Le patron nous laisse son bureau et nous donne le mot de passe pour sa connexion Wifi. Je n'ai pas de chance car l'ordinateur plante lamentablement alors que je venais d'écrire un long message à Isabelle. Le patron est venu pour fermer son bureau. Je renonce donc. Il faudra tout réécrire demain en espérant qu'il n'y aura pas de plantage.
28/09/2010
Je me lève vers 6h00 du matin, réveillé par les perroquets qui font un boucan d'enfer sous notre fenêtre. On nous a dit qu'il y a des cacatoès noirs de grande taille qui viennent près de la maison tous les matins. Je me prépare pour aller les photographier mais au moment de sortir, il se met à pleuvoir fort. Une heure plus tard la pluie s'est arrêtée et nous sortons. C'est trop tard, ils ne sont plus là. Nous avons décidé d'aller au Flinders Park dont l'entrée est de 9 dollars. Nous espérons ne pas être déçus. C'est immense. Nous prenons une piste de latérite rouge en direction de Snake lagoon. Arrivés au parking nous partons pour une randonnée de 2h00. Je mets mes 2 polaires car le vent qui souffle ferait pâlir de jalousie notre mistral tant les rafales sont violentes et froides. Nous marchons d'un bon pas, ce qui nous réchauffe rapidement. Je fais quelques photos de la rivière que nous suivons ainsi que d'une petite orchidée dont nous ne trouvons que 2 exemplaires. Un peu plus en avant, après avoir traversé la rivière, les paysages deviennent intéressants et nous faisons des photos tout le long jusqu'à la baie ou elle se jette dans la mer.

Rocky river, Snake lagon
Le retour, par le même chemin se fait au pas de charge et nous reprenons la piste pour aller visiter une autre baie qui, paraît il, est superbe. En arrivant nous nous rendons compte que nous venons de faire 20 kms pour pas grand chose. On repart à la ferme pour manger avant de retourner dans le parc national vers Remarkables rocks. Ici la route est goudronnée et le monde afflue. Le graphisme de ces énormes blocs de rochers n'est pas mis en valeur car la lumière est plate. Heureusement les couleurs chaudes des pierres rehaussent un peu l'intérêt de faire des photos. Une lumière de fin de journée rendrait certainement beaucoup mieux. En plein après midi, les visiteurs, assez nombreux, se trouvent toujours dans le cadre au moment de déclencher.

Remarkables rocks
Nous repartons pour 5 à 6 kms vers Admirable arche. Nous sommes sceptiques mais, arrivés là-bas, on oublie le vent, le froid et les touristes qui, comme nous sont venus se perdre dans cet endroit. Les vagues sont énormes et s'écrasent sur des rochers luisants sur lesquels se prélassent des Tur seal of New Zealand (lions de mer), indifférents aux gens qui les observent. Nous assistons à quelques combats. Les cartes mémoire se remplissent. En continuant un peu au bord de la falaise, nous découvrons l'arche. Là aussi le spectacle est grandiose, les lions de mer ici sont tout proches de nous. La lumière devient presque rasante, nous ne nous lassons pas de ce spectacle. Malheureusement, il faut quitter le parc national avant 17h00. De retour à la ferme, le propriétaire nous dit que les koalas sont visibles en ce moment dans les eucalyptus de la grande allée. Il y en a une quarantaine mais nous n'en voyons que 2. Il nous parle aussi des plantes carnivores et des orchidées qui poussent sur son domaine et il nous propose de nous accompagner dans l'espace protégé interdit aux visiteurs pour photographier toutes les plantes qu'il connaît parfaitement. Malheureusement nous ne trouvons qu'une orchidée en fleur. L'autre n'est même pas en bouton. Par contre les plantes carnivores sont nombreuses.

No comment
Je prends la voiture et retourne à l'entrée du parc pour appeler Isabelle. Il y a une cabine téléphonique. Malheureusement il n'y a pas de numéro pour qu'elle puisse me rappeler. Je peux utiliser la carte bancaire, c'est parfait. Malheureusement elle est rejetée, je fouille mes poches pour trouver quelques pièces en espérant que cela suffira. Je tombe sur le répondeur. Je mets un message de 30 à 40s puis la communication est coupée. Je suis un peu déçu car son anniversaire est passé depuis 2 jours et n’ai pas réussi à la joindre ni par mail ni par téléphone. Je retourne à la ferme. William est toujours sur l'ordinateur. J'espère qu'il ne tombera pas en panne avant que mon tour arrive car je n'ai pas pu envoyer de mes nouvelles depuis 3 jours. Je n'ai pas pu lire mes messages non plus.
29/09/2010
Je suis réveillé avant 6h00 par les perroquets et le soleil brille déjà. Je n'ai pas le courage de me lever. Nous nous sommes couchés tard car la partie de billard a duré longtemps mais j'ai gagné. Vers 7h00, je sors enfin mais les perroquets sont partis. Je me fais un petit déjeuner puis je prépare mes bagages car nous quittons la ferme dans une heure ou deux. William se lève. Pendant qu'il se prépare je retourne dans le parc où je photographie un eucalyptus dont les fruits sont aussi gros que des noix. Nous partons peu après. Sur le bord de la route, j'aperçois de temps en temps une petite fleur orange. Je pense à une petite orchidée. Pour en avoir le cœur net, je m'arrête près d'un petit groupe. C'est une jolie fleur mais pas une orchidée. William trouve des carnivores et commence une série de photos lorsque je m'aperçois que j'ai la clé de la chambre dans la poche. Nous faisons demi tour en roulant vite car ce n'est qu'une ligne droite et personne ne passe. Après avoir posé la clé au bureau d'accueil, on repart presque jusqu'à 30kms de Penneshaw sans s'arrêter. A cet endroit il y a des collines, alors que le reste du trajet était monotone, complètement plat. La route traversait des champs de colzas et quelques prés ou paissent des vaches et des moutons. Parmi les curiosités de cette ile, outre les nombreux Wallabies et kangourous souvent écrasés sur le bord des routes, il y a une ferme qui produit du miel tiré d'un petit eucalyptus arbustif et une autre ferme qui cultive de la lavande. C'est une variété différente de celle que nous trouvons dans la Drôme. Il y a aussi une distillerie qui fait de l'huile essentielle d'eucalyptus. Pour se dégourdir les jambes, nous montons sur la colline la plus haute d'ou nous voyons d'un côté la baie des pélicans et de l'autre Pennington bay. Rien de bien extraordinaire. Nous repartons et comme nous ne sommes pas trop pressés pour le ferry, nous nous engageons sur une piste qui mène au lagon des pélicans. Malheureusement pour y aller il faut laisser la voiture et continuer à pied mais nous manquons de temps. Arrivés à Penneshaw pour le ferry ou il faut attendre une heure. On en profite pour retourner au centre du petit village ou William poste ses dernières cartes et nous profitons d'un banc au soleil pour manger. A 13h30 le bateau quitte le quai. La traversée est tranquille malgré un roulis important lorsque les vagues frappent le bateau de travers. A Cape Jervis nous repartons vers Adelaide après avoir fait le plein à la première station service. Un arrêt est prévu vers Le Réservoir car une zone de préservation de la nature nous a été signalée par Bruce, le photographe de la ferme aux koalas. Il connait très bien toute la zone et nous assure qu'il y a des plantes carnivores ainsi que des orchidées à cet endroit. Il nous faut ¼ h pour trouver nos premières plantes près du lac qui sert de réservoir d'eau potable de la région. L'arrivée à Adelaide vers 17h30 ne pose pas de problème. La circulation en ville est plus calme que le dimanche ou nous étions partis faire une randonnée dans les collines. Il faut chercher un peu pour arriver à My Place car nous n'avons qu'un plan très succinct de la ville. A la réception de l'auberge de jeunesse, la femme que nous ne connaissons pas veut nous faire payer nos 2 nuits qui sont réservées et que nous avions payé d'avance. Ensuite elle nous dit que le prix de la chambre coute plus cher que ce que nous avons payé. Il faut hausser le ton pour que tout s'arrange. Nous profitons de la soirée pour laver le linge et le sécher pour 4 dollars. Ca devenait urgent car, entre la Tasmanie et Kangaroo Island, nous avons mouillé et sali tous nos vêtements, particulièrement les jeans en photographiant très souvent les plantes à genoux, voire allongés par terre.
30/09/2010
Je me lève à 7h15 mais je suis réveillé depuis longtemps. La chambre est située près de la cuisine et les lève- tôt font du bruit sans se soucier de ceux qui dorment. Je réveille William car il faut libérer la place de parking avant 8h00. Nous rendons la voiture sans qu'ils s'aperçoivent que l'enjoliveur avant droit est mort. Nous quittons le bureau au plus vite. William retourne se coucher. Je vais en centre ville ou il y a un grand centre piétonnier. A 12h30, je rentre à l’auberge après avoir pas mal marché. Le repas expédié, je profite d’une bonne connexion internet pendant plus d’une heure puis je retourne en ville car je veux profiter au maximum du beau temps et visiter le jardin botanique. J’ai oublié le plan de la ville et il me faut un bon moment avant de trouver l’entrée du jardin. C’est un parc immense avec des plantes provenant de toutes les régions du monde. La serre ancienne en verre et fer forgé est de toute beauté. Je photographie entre autre des perroquets multicolores qui picorent les grains de grands agaves aux fleurs orange puis qui vont se désaltérer et se baigner au sommet d’une fontaine de 4 ou 5 m de hauteur.

Rainbow Lorikeet (Trichoglossus haematodus)
Je quitte le jardin un peu avant la tombée du jour vers 17h30. Revenu en centre ville, je suis accosté par un type bourré ou drogué qui me tape sur l’épaule gauche par derrière. Je n’ai rien vu venir pendant que j’attendais tranquillement de pouvoir traverser la rue. Il me gueule après. Je lui réponds en français, croyant le calmer mais c’est le contraire qui se passe. Je ne le regarde pas et traverse l’avenue en croyant être tranquille. Je fais 100 m et il arrive derrière moi en courant et me touche l’épaule sans chercher à me frapper. Il me provoque. Je me tourne vers lui en avançant et en faisant mine de lui décocher un coup de poing. Il recule mais met la main à la poche. J’ai peur qu’il sorte un couteau. Les promeneurs qui ont vu la scène ne bougent pas. Personne n’intervient. Je pars d’un bon pas et me retournant régulièrement. Lorsqu’il réalise que je suis parti, il se met à courir dans ma direction en gueulant. J’accélère le pas et je vois qu’il a du mal à suivre. Il n’arrive plus à courir. Pendant 500 m, je le vois me suivre tant bien que mal. Je traverse une rue puis je slalome entre les voitures pour le larguer. Ca marche, il ne me suit plus. Je change de rue et je me planque derrière un porche pour voir s’il revient. Je l’aperçois. Il me cherche mais ne me voit pas. J’attends un peu puis je reprends mon chemin en direction de l’auberge, un peu inquiet quand même. Je raconte mon histoire à William puis nous préparons nos valises pour partir à l’aéroport demain matin.
1/10/2010
Le taxi arrive un peu en retard mais nous sommes largement dans les temps pour l’enregistrement Le vol se déroule sans histoire malgré un atterrissage un peu viril. Pendant que je récupère les bagages, William va voir les loueurs de voitures. Lorsque je le rejoins, il est dépité et m’annonce qu’il n’y a aucune voiture de disponible en location à Alice Springs en ce moment. Nous attrapons de justesse la navette pour le centre ville. Le chauffeur, super sympa, nous emmène gratuitement vers des loueurs indépendants qui ne sont pas représentés à l’aéroport. Hélas, ils ont bien des véhicules de type Campvans qui me plairaient bien car ce sont des Toyota HZJ 78 aménagés mais malheureusement il n’est pas possible de laisser le véhicule à Ayers Rock comme nous avions prévu de faire. C’est d’autant plus dommage que ces Campers nous faisaient économiser de l’argent car ils étaient équipés pour être autonome, donc plus besoin d’hôtels et une grande liberté dans nos déplacements. Le chauffeur nous dépose alors à notre hôtel en espérant que nous trouverons une solution. Nous placardons des affiches au cas ou quelqu’un serait intéressé mais sans succès. Le réceptionniste appelle des agences de voyage. L’une d’elle peut nous emmener jusqu’à Kings Canyon, c’est à dire un peu plus de la moitié du trajet. Nous en trouvons une autre qui veut bien nous emmener à Ayers Rock en nous récupérant à Kings Canyon le lendemain en fin de matinée. Nous n’avons pas le choix. Il nous en coute 560 dollars pour les 2, autant dire une petite fortune, mais nous ne perdrons pas la location des chambres que nous avions anticipé depuis 2 semaines. En contrepartie, il faut se lever très tôt. Je règle donc l’alarme du téléphone sur 4h50 pour être prêts à 6h00. Une fois ce problème réglé, il faut trouver à manger. Le prix des repas les plus simples des petits buibuis ne sont pas à notre portée et nous nous rabattons sur le Macdo au grand bonheur de William pour qui c’est une fête d’aller dans ces endroits. Après ce repas un peu tardif, William retourne à l’hôtel profiter de la piscine et bronzer un peu. Venir jusque là pour ça, il me fait un peu pitié! Je pars au hasard des rues, mon appareil photo en bandoulière. Je me retrouve rapidement à la sortie de la ville et je gravis une colline aux alentours. Je fais quelques photos mais il n’y a pas grand chose d’intéressant. Je repars vers le centre ville avant la tombée de la nuit car j’ai déjà croisé plusieurs aborigènes dans un état second. Je ne tiens pas à avoir la même histoire qu’hier à Adelaide.

Au sommet de la colline, Alice Spring
Je rejoins donc William à l’hôtel et nous partons au Woolworth faire des courses pour les jours à venir. C’est un peu compliqué car il faut prévoir pour les 4 jours qui viennent, sans que ce ne soit trop lourd et éviter les produits frais car nous allons transporter toute cette nourriture avec nous sans réfrigérateur. Et il fait chaud, très chaud même. Nous ne nous attardons pas car la nuit est tombée et les aborigènes commencent à s’installer partout sur les trottoirs pour passer la nuit en buvant des bières. Depuis le début de notre séjour en Australie, les voyageurs que nous croisons nous mettent en garde sur ce risque très réel à Alice Springs.
2/10/2010
Ce matin le réveil sonne à 4h50. Le départ est prévu à 6h00. J’attrape mon short, en sort le téléphone en vitesse pour l’arrêter afin de ne pas trop déranger l’Australien qui dort dans la même chambre que nous. Je descends mes bagages à la réception et je vais à la cuisine préparer un bon petit déjeuner, ne sachant pas si nous pourrons manger à midi. Le sac à dos est quand même chargé d’un peu de nourriture. Le bus est à l’heure. Nous prenons la route et faisons la tournée des hôtels avant de quitter définitivement Alice Springs. Nous roulons depuis 1/2h lorsque je m’aperçois que je n’ai pas ma pochette de cuir qui contient passeport, carte bleue et argent liquide. Mes cartes mémoires sont aussi dans cette pochette, habituellement suspendue à mon cou sous le T-shirt. Je réveille l’accompagnateur du bus et William lui demande quelle pourrait être la meilleure solution pour la récupérer. J’ai compris qu’elle est tombée sous le lit lorsque j’ai pris le short pour arrêter le téléphone. Le gars nous dit d’attendre le prochain arrêt dans 2h00 car sur cette route en plein désert il n’y a pas de réseau. Je ne tiens pas en place et suis stressé à mort. Lorsqu’arrive l’arrêt prévu, nous changeons de bus et le conducteur et guide accompagnateur prend les choses en main. Il trouve le numéro de téléphone de l’hôtel et les appelle. La communication ne passe pas. Il décide d’attendre un peu et retarde le départ du bus. Au bout d’1/4h il entre en communication avec la réception de l’hôtel et demande au responsable d’aller voir sous le lit. Ma pochette s’y trouve bien. Il s’agit maintenant de trouver un moyen de la récupérer sans gâcher notre voyage ni faire perdre de temps aux rares passagers du bus qui ont payé encore plus cher que nous pour ce voyage. Le chauffeur accompagnateur appelle sa société à Alice Springs. Une solution est trouvée. Ma pochette sera à Ayers Rock dans 2 jours grâce aux chauffeurs de 2 compagnies différentes qui vont se passer le relais pour l’acheminer. Je suis soulagé et je me détends un peu pour profiter enfin du voyage. Un peu avant Kings Canyon, notre première destination, le chauffeur s’arrête brusquement, fait demi-tour et stoppe le bus et nous fait tous descendre pour nous montrer un lézard épineux du genre moloch qu’il a remarqué au bord de la route. C’est un animal d’une vingtaine de cms que nous pouvons tous photographier. Un peu plus loin, nous avons encore la chance de voir un gros rapace plonger au sol puis reprendre l’air avec un serpent dans les serres. Il s’élève de 10 m puis le laisse tomber sur des rochers, sans doute pour le tuer et il plonge à nouveau sur lui et s’envole cette fois définitivement avec sa proie.

Un rare lézard épineux : Moloch horridus (thorny devil)
Arrivés à Kings Canyon Resort, le chauffeur nous indique à tous les 2 que c’est notre terminal mais que lui continue 15 kms plus loin pour faire la randonnée de Kings Canyon Rim Walk, une boucle de 6 kms en 4 heures sur les crêtes qui dominent les gorges puis descendre jusqu’au jardin d’Eden avec les 3 autres passagers qui ont payé pour cela. Nous lui demandons de nous emmener, ce qu’il accepte après une petite négociation et l’accord des autres participants. On se croirait au Colorado ou plus près de chez nous, dans le Lubéron. La couleur ocre est partout. Le soleil tape dur mais avec 2 litres d’eau, nous devrions tenir le coup. La pluie est tombée en abondance une dizaine de jour savant notre arrivée. Les plantes ont fleuri. L’accompagnateur connait bien la géologie, la faune et la flore et nous apprenons ainsi que cet endroit est le fond d’une mer qui s’est soulevé il y a très longtemps. Il explique aussi que de nombreuses plantes sont utilisées encore aujourd’hui par les Aborigènes. Il nous montre celles avec lesquelles ils se nourrissent et celles qui ont des vertus médicinales. Malheureusement je ne comprends pas tout ce qu’il dit. Le début de la randonnée est difficile, surtout à cause de la chaleur mais ici son nom est la montée des infarctus, ce qui veut tout dire. Rapidement on se trouve sur un plateau entrecoupé de petites gorges dans lesquelles nous suivons un chemin qui nous mène tout en bas de la gorge principale et ou se trouve le fameux jardin d’Eden. Ce nom est sans doute du au fait qu’ici la végétation est dense car il y a de l’eau en permanence et que cela attire les animaux de toutes sortes, particulièrement les oiseaux.

La montée des infarctus
C’est un petit cours d’eau qui se jette dans une magnifique piscine naturelle de 10 m de profondeur. Le groupe entier se baigne sauf moi car l’eau est vraiment très froide et l’air approche 40°C. J’en profite pour regarder un oiseau qui ressemble à une tourterelle mais avec une huppe et de nombreuses libellules. Je fais quelques photos mais la chaleur est tellement écrasante que je ne suis pas très motivé.

En direction du canyon

Kings canyon
Après cette halte reposante, nous reprenons la marche et redescendons en 1 heure au parking ou nous nous précipitons vers les robinets d’eau potable (et fraiche) pour boire car il y a longtemps que nous n’avons plus d’eau. Le chauffeur accompagnateur ouvre le bus puis sort une glacière électrique et propose un piquenique à ses passagers officiels. Nous ne sommes pas compris dans le groupe mais il y a tellement à manger que nous en profitons aussi. Si je récupère ma pochette et son contenu, je pourrai dire que cette journée était une bonne journée riche en découvertes. Je pense aussi que si nous avions pu louer une voiture, nous n’aurions pas fait cette marche dans sa totalité et serions probablement passé à côté de pas mal de choses.
03 10 2010
Hier, après la randonnée le bus nous a déposé au Kings Canyon Resort qui est un vaste complexe hôtelier. Il propose toutes sortes d’hébergements allant de l’hôtel de luxe à l’emplacement de camping pour tentes et caravanes. Nous avions réservé une chambre bon marché mais quand même climatisée avec accès à une petite cuisine collective. Sa porte est ornée d’un panneau disant de bien la fermer pour ne pas laisser les dingos sauvages venir voler la nourriture et fouiller les poubelles. Pour manger il est donc possible de cuisiner mais plusieurs restaurants proposent des menus pour tous les prix et toutes les bourses. Un magasin et une station service complètent ce village, propriété d’une seule famille. A notre arrivée un peu tardive, il n’est plus possible d’acheter à manger. Nous allons donc dans un des restaurants ou je mange une salade à base de saumon et William son éternel steak haché et frites. Son assiette est bien plus garnie que la mienne puisqu’il n’y a que 3 petits morceaux de saumons, quelques feuilles de roquette et une petite sauce blanche. Tout ça pour 19.5 dollars. L’assiette de William est au même tarif. Un oiseau me réveille avant le lever du jour. Je me lève et pars dans le bush (il n’y a que 10 m à faire depuis notre chambre) pour le lever du soleil. Je fais une belle série de photos de paysages composés d’herbes sèches et de grévilléas avec une lumière rasante. Je trouve aussi des fleurs rouge très curieuses dont le nom est Sturt’s desert pea. C’est l’emblème de l’Australie du Sud Ouest. Ce matin, en allant au bloc sanitaire, je passe devant un panneau décrivant les plats servis au restaurant ou nous avons mangé la veille et je m’aperçois qu’il manquait plus de la moitié des ingrédients à ma salade. Après avoir préparé nos bagages, William décide d’aller à l’accueil pour leur dire ce que nous pensons de ce repas d’hier. Il en profite aussi pour dire que nous sommes indignés de voir une serveuse manger carrément dans les assiettes des clients et que le personnel ne respecte aucune règle d’hygiène. Finalement on nous renvoie vers la réception principale qui reçoit l’ordre de nous rembourser. Nous attendons le bus qui doit passer nous prendre pour Ayers Rock. Nous sommes un peu inquiets car le chauffeur d’hier a oublié de nous rendre le papier qui prouve que notre place est réservée et payée. A l’heur dite, le bus arrive et le chauffeur ne nous demande rien pour monter à bord. Le voyage dure 3h30 jusqu’à Ayers Rock avec un petit arrêt à mi-chemin dans un complexe perdu au milieu de nulle part et qui comprend une station service et un bar où il est impossible de se faire servir. Il fait à peu de choses près 40°C et une glace ou une bière fraîche aurait été la bienvenue. D’ici nous voyons au loin un monolithe que nous prenons pour Uluru mais quelqu’un nous explique que c’est un autre rocher, plus grand et peut être plus beau que celui que tout le monde connait. Simplement celui-ci n’est pas célèbre parce que ce n’est pas un lieu sacré pour les Aborigènes. Je pense aussi que l’industrie du tourisme a privilégié l’autre parce qu’il y a d’autres attractions à proximité comme les monts Olga et que cela permet facilement d’organiser des circuits sur 2 ou 3 jours. Le bus nous dépose devant notre auberge de jeunesse qui est encore une fois un complexe gigantesque avec restaurants et boutiques. Il faut laisser une caution de 20 dollars par clé de chambre. La caution est plus élevée que le prix de la nuit. Aussitôt nos bagages dans la chambre, je traverse Ayers Rock en coupant par des petits chemins à travers le bush pour aller récupérer ma pochette et son précieux contenu. La femme à qui je m’adresse n’est pas au courant. Elle ne connaît même pas la compagnie de transport qui ramenait mes papiers. Ca commence mal. Le bureau de AAT King, l’autre compagnie qui a participé au transport de ma pochette est dans le même hall. J’explique donc à la Japonaise de service que mes papiers devraient être arrivés depuis hier. Elle me tend alors une grande enveloppe à mon nom et me demande de contrôler qu’il ne manque rien. Je suis vraiment fou de joie car tout y est. Je retourne à l’hôtel par le bush en prenant le temps de faire des photos malgré les 37 à 40 °C.

Ayers Rock
Arrivé à la chambre, je pose mes affaires puis je pars à la recherche de William pour lui annoncer la bonne nouvelle et lui payer une bière pour fêter ça mais je ne le trouve pas. Je vais quand même au bar pour la bière très fraîche. Le tarif, 6,5 dollars, me refroidit encore plus que la boisson. C’est vrai qu’ici la ville est complètement isolée et le ravitaillement doit couter très cher. William arrive un peu plus tard complètement mouillé de transpiration. Il est allé au supermarché et revient avec de la nourriture pour les jours que nous allons passer ici.
04 10 2010
Je me lève à 6h30 pour profiter du lever de soleil et de la fraicheur relative du matin. J’arrive à un point de vue intéressant à 6h38 mais il est déjà trop tard. Le soleil est déjà trop haut dans le ciel. Je fais une ou 2 prises de vue puis je redescends à travers le bush en espérant surprendre des animaux. Je ne trouve qu’un insecte qui fait du mimétisme et qui ressemble à s’y méprendre à une brindille. Je fais une photo mais je n’ai pas l’objectif macro. Le résultat ne sera pas terrible. Je reviens à la chambre et vais à la cuisine préparer du café et du pain grillé. Ensuite je repars dans le bush mais cette fois je suis équipé correctement avec mes chaussures de rando et tout le matériel photo. Je marche pendant plus de 2h00 en faisant quelques photos dont beaucoup de fleurs.


Le bush au crépuscule
Je reviens voir où en est William. Il vient de se réveiller. Je prends un café avec lui en parlant du programme de la journée. Il doit d’abord aller sur internet pour réserver une voiture à l’arrivée de l’avion à Perth. Nous envisageons d’aller à Uluru voir ce rocher mythique mais il faut prendre un bus à 60 dollars/personne pour faire 15 kms puis payer 25 dollars/personne pour l’accès au parc national. Nous renonçons à contre-coeur. Hier soir malgré nos allusions auprès des touristes qui ont une voiture de loc, nous n’avons pas trouvé d’âme charitable pour nous transporter.

Sturt's desert pea Swainsonia formosa)
Je repars encore une fois marcher malgré la chaleur pour revenir à midi passé. Après le repas, alors que nous faisons la sieste, 2 personnes arrivent dans la chambre et s’installent sur les 2 lits restés libre. C’est un couple de français, retraités qui vont rendre visite à leur fille qui vit en Nouvelle-Calédonie et qui en profitent pour venir visiter un peu le Centre Rouge. Ils nous proposent une place dans leur voiture pour aller à Uluru. Ils veulent en faire le tour à pied (8 à 10 kms) puis attendre le coucher du soleil. Dans un premier temps William ne semble pas très intéressé mais moi j’accepte avec enthousiasme. Finalement William se décide aussi. Venir à Ayers Rock et ne pas aller à Uluru, c’est un peu comme pour quelqu’un qui arrive à Paris pour la première fois et qui ne va pas voir la Tour Eiffel. Nous achetons de l’eau pour la rando et nous partons. Nos 2 accompagnateurs nous proposent même de nous emmener aux monts Olga le lendemain. Malheureusement, nous prenons l’avion pour Perth. Dommage.


Il faut presque 4h00 de marche pour faire le tour d’Uluru
De loin le monolithe parait plat et sans relief. En s’approchant on remarque que la roche est fissurée de partout et que l’eau qui ruisselle sur ses parois lorsque la pluie est forte trace des sillons qui s’approfondissent au fil du temps. Beaucoup d’oiseaux nichent dans les cavités naturelles de la roche. De gros blocs se sont détachés sous l’action du vent et de la pluie. Ce rocher est sacré pour les Aborigènes mais il est quand même possible de monter au sommet lorsque le vent n’est pas trop fort. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. On se croirait à Donzère avec un bon mistral! Des panneaux signalent les endroits les plus sacrés et interdisent les photos mais malheureusement on ne sait pas la raison de ces interdictions. La marche est facile, c’est tout plat mais pas ennuyeux du tout car il y a beaucoup de plantes et d’animaux à voir. Nous avons même la chance de rencontrer un 2eme Thorny Devil, ce lézard épineux et coloré. Dès le tour terminé nous reprenons la voiture en espérant trouver une place pour le coucher du soleil. Les 2 ou 3 immenses parkings sont déjà pris d’assaut à notre arrivée mais notre petite voiture nous permet de se garer près d’un emplacement parfait. Un grillage empêche les gens de s’avancer et c’est en ligne sur 2 ou 3 rangs que chacun trouve sa place. Il faut attendre encore un peu le bon moment mais je commence à déclencher pour voir les meilleurs réglages et cadrages. Dès que le soleil commence à éclairer le rocher, on n’entend plus que les crépitements des appareils photo. Il faut faire vite tout en ayant un oeil sur ses voisins pour ne pas se faire bousculer. Le rocher est maintenant éclairé au 2/3 mais de gros nuages noirs arrivent et masquent le soleil. La photo des cartes postales ne sera pas pour ce soir. Il faudra retoucher avec Photoshop.

Le clou du spectacle
Retour à l’hôtel ou nous allons boire une bière pour remercier Francis et Line de nous avoir transportés puis nous mangeons tous ensemble.
05 10 2010
Il a plu tôt ce matin. Il fera moins chaud dans la journée. Le ciel reste nuageux. Nous prenons l’avion en début d’après-midi pour Perth. Nos tickets pour Uluru sont valables 3 jours. Nous essayons de les revendre pour 10 dollars mais soit les gens en ont déjà acheté, soit ils partent avec une agence soit ils sont sur le départ, soit ils se méfient de cette proposition. Finalement il les donne à 2 touristes qui s’engagent à envoyer 20 dollars par Paypal à William s’ils arrivent à les réutiliser. On verra bien. Arrivés à Perth, nous récupérons la voiture louée depuis 2 jours. Nous décidons de ne pas rester en ville. William téléphone à Phill Mann, un spécialiste des plantes carnivores du Sud Ouest qui va nous guider pendant un ou deux jours. Il habite à Harvey, un village à 150 kms plus au Sud. Il nous attend en début de soirée. Nous prenons la route mais la traversée de Perth est une vraie galère. Il nous faut 2h00 pour quitter la ville à cause d’un train qui a percuté une ou deux personnes. Il est tard lorsque nous arrivons à Harvey. Phill vient nous récupérer à la station service puis nous emmène au restaurant ou nous attendent sa femme, sa soeur et son beau-frère. Nous décidons de dormir à Harvey car il reste encore 50 kms pour arriver à l’hôtel que nous avions réservé et ou il fallait arriver vers 20h00. Il est près d’1h00 du matin.
06 10 2010
Ce matin Phill passe nous prendre vers 8h30 pour nous montrer tous les spots où il sait trouver une dizaine de variétés de droseras que nous n’avons pas encore vu et uniquement dans un rayon de 30 kms. William est impatient. Lorsque Phill arrive c’est pour nous dire qu’il doit faire changer les pneus de son pick up avant de partir. Au bout d’une heure il revient et nous prenons la route. Nous passons la journée à genoux ou à plat ventre dans des terrains aussi variés que des talus, des herbes folles, des dunes d’une blancheur éclatante ou nous trouvons des pygmées magnifiques ou dans les bois. A chaque arrêt, c’est le gros lot. Phill connaît sa région comme sa poche et il nous permet en une journée de photographier des variétés que pour certaines nous n’aurions pas trouvées seuls.

Drosera platystigma
Rapidement les batteries des appareils photos sont déchargées. Le soir William dit avoir fait plus de 800 photos dans la journée. Nous découvrons aussi beaucoup d’orchidées et pas mal de plantes inconnues pour nous dont les fameuses pattes de kangourou, savamment appelées “anigozanthos”. Phill nous propose de manger et de dormir chez lui pour cette nuit car sa femme, Néo-Zélandaise accompagne sa famille qui est venue passer quelques jours en Australie. Nous acceptons volontiers car c’est une économie non négligeable. En compensation nous faisons le plein du pick up. Il nous montre sa serre et son laboratoire amateur mais bien équipé qui lui permet de pratiquer la culture in vitro. Nous apprenons qu’en plus de son travail d’électrotechnicien, il a une autre activité pour arrondir ses fins de mois. Il est chasseur de kangourou la nuit. Il possède un pick up réservé pour cela car il est très rehaussé et la benne est affublée de projecteurs qui permettent d’éclairer les bas côtés des chemins ou il chasse. Pour chasser il faut être 2, un conducteur et le tireur, installé dans la benne. En une nuit, ils peuvent tuer une douzaine d’animaux qu’ils dépècent en rentrant et stockent dans une chambre froide qu’il a aménagée à côté de sa serre. Ils chassent au moins 3 jours par semaine, ce qui leur rapportent 450 dollars chacun. Nous avons d’ailleurs remarqué le jour de notre arrivée à Harvey, que passé 22h00, nous ne croisons que des pick up de chasseurs. Les kangourous sont très nombreux dans la région. Il suffit pour en être convaincus de voir tous les cadavres sur les bas-côtés des routes. Nous avons aussi remarqué que les Australiens les empoisonnent, notamment dans les zones boisées. De grands panneaux jaunes mettent en garde contre le poison. En discutant à ce propos, nous apprenons que les dégâts collatéraux sont nombreux aux abords des habitations et ce sont souvent les animaux domestiques qui en font les frais. Après le repas nous préparons notre semaine dans la région d’Albany. Nous notons scrupuleusement les emplacements que nous signale Phill mais nous nous apercevrons par la suite que c’est pratiquement inexploitable. La logique des Australiens en ce qui concerne les indications routières nous échappe depuis le début du voyage et les explications de Phill ne font pas exception à la règle.
07 10 2010
On quitte Harvey et Phill Mann après un petit déjeuner dans un bar. Notre but est d’arriver à Walpole situé à 450 kms sur la côte Sud. Il y a un spot à céphalotus et nous avons des indications pour le trouver. Nous ne prenons pas la route côtière mais une transversale plus directe qui passe par des forêts de Karris, une variété d’eucalyptus pouvant atteindre plus de 60 m de hauteur. Le trajet est agréable, la circulation est clairsemée. Pour avancer rapidement, nous avons décidé de rouler jusqu’à la pause repas sans regarder s’il y a des carnivores sur les bas-côtés de la route. Le point repas est choisi avec soin et avec l’expérience que nous avons maintenant, nous voyons des droseras avant de descendre de voiture. Il y a aussi des orchidées et de beaux spécimens de stylidiums.

Yellow cowslip orchid (Caladenia flava)
Nous reprenons la route avec un arrêt en chemin pour admirer un karri tree de plus de 50m de haut. Il est possible de monter à son sommet. J’en ai bien envie mais les barreaux de l’échelle hélicoïdale qui entoure l’arbre me font un peu peur. C’est pourtant du fer à béton de grosse section et un grillage à mouton sert de garde-fou. Nous le prenons en photo. Pour la vue depuis le sommet ce sera pour une autre fois. Nous arrivons à l’YHA de Walpole vers 15h00. Nous déposons les produits frais achetés le matin avant de quitter Harvey en prévision de la semaine puis nous partons à la recherche des céphalotus. Le plan de Phill s’avère difficile à comprendre sur le terrain, un peu comme la signalisation routière de ce pays, c’est à dire sans logique apparente. Après avoir cherché jusqu’au coucher du soleil dans le secteur qu’il nous a indiqué, nous rentrons bredouille à l’hôtel. Demain nous irons à Albany en espérant avoir plus de succès qu’ici.
08 10 2010
Ce matin je suis debout très tôt et je pars en direction de la mer, appareil photo en bandoulière. A peine sorti, j’entends le bruit familier des perroquets qui se chamaillent. Pourtant je crois voir des corbeaux mais en m’approchant je me rends compte qu’il s’agit de ces fameux perroquets noir que nous n’avons encore jamais vu et dont tous nous parlent depuis Kangaroo Island. Ils s’envolent à l’approche d’un passant mais se posent sur un autre arbre 200m plus loin. Prudemment je les approche et je peux faire 2 ou 3 photos. Je les ai enfin. Je continue ma promenade en traversant un petit lotissement très fleuri puis j’emprunte un sentier qui longe la mer. Un pélican perché sur un rocher au milieu de l’eau attire mon attention mais il est un peu loin. Je photographie aussi des petits oiseaux noir et jaune pour l’un et tout bleu pour les autres. Je rentre à l’hôtel et réveille William car il est presque 9h00 et il faut libérer la chambre avant 10h00. Nous partons à Albany en faisant un arrêt à Denmark car il y a des céphalotus dans le secteur. Nous nous renseignons au centre d’informations des visiteurs, c’est comme les offices de tourisme chez nous. Nous avons la chance de tomber sur une femme qui sait où il y en a. Nous partons en suivant ses explications et, pour une fois, nous trouvons l’endroit assez facilement. Tout se recoupe avec ce qu’elle nous a dit: la disposition des chemins, le pylône électrique et l’impossibilité de continuer en voiture. Malheureusement, pas le moindre petit céphalotus à stocker sur nos cartes mémoire. Elle nous a pourtant dit en avoir vu moins de 2 semaines auparavant. Nous fouillons au milieu des herbes, partout ou nous pensons qu’ils peuvent pousser mais rien à part des serpents que nous mettons en fuite. Nous sommes très déçus. William s’est foulé un poignet en tombant dans un trou, rien de bien grave et il s’est fait attaquer par des fourmis de plus d’un cm de long en posant la main dans une fourmilière pour se relever. En continuant un chemin nous arrivons devant une maison isolée et voyons un type en train d’arroser son jardin. Il nous invite à rentrer dans sa propriété car il pense qu’il peut y en avoir. Il nous fait faire le tour, un bâton à la main pour chasser les serpents et ne pas les surprendre au dernier moment. Nous ne trouvons rien. Il nous offre à boire et nous explique qu’il connaît un coin très humide ou poussent des plantes carnivores mais il faut un 4x4 pour s’y rendre. Il se propose de nous conduire là-bas et nous montons dans son HDJ 80. Nous voilà partis dans le bush sur des pistes hyper étroites. Je lui explique que nous avons 2 4x4 Toyota à la maison, alors il veut m’en mettre plein la vue et roule comme un fou malgré les trous et les ornières. Ca frotte de tous les cotés mais il s en fout. Au bout d 1/2h il s arrête devant un énorme bourbier et des traces de roues profondes de 50cms.

On est un peu perdus
Il nous propose de regarder dans le coin mais nous ne trouvons que des droseras et une très jolie utriculaire en fleurs. Nous ne sommes pas venus pour rien. Il propose de repartir plus loin. Il enclenche ses moyeux puis les blocages de différentiels Av et Ar et nous voilà partis sur une piste digne du Camel Trophy. Je suis aux anges. Il est même nécessaire de dégager un tronc d’ arbre qui gène le passage mais on continue et le type attaque de plus en plus. Finalement je m’ aperçois qu’il est perdu car il regarde sa montre et la position du soleil a un carrefour sans savoir ou aller. Finalement 1h 1/2 après on se retrouve devant chez lui. En fait il connaissait très mal la région car il habite ici depuis un mois seulement. Nous n’ avons toujours pas vu un céphalotus mais j’ai passé un après-midi super sympa. De retour au croisement de chemins, nous récupérons la voiture et prenons la direction d’Albany. Nous trouvons une auberge de jeunesse mentionnée sur le Lonely Planet. La propriétaire nous accueille chaleureusement et nous dit que sa soeur est ranger dans le parc national et qu’elle doit savoir ou trouver des céphalotus. Elle lui laisse un message. Nous on croise les doigts en espérant qu’elle ne mette pas 3 jours à répondre.
09 10 2010
La ranger a appelé et nous savons enfin ou trouver des céphalotus. Nous partons en direction de Two peoples bay sur ses indications. Après 30 kms de route, nous trouvons l’endroit non sans avoir galéré un peu. Nous voyons 3 goannas traverser la route. Nous réussissons à faire quelques photos du dernier. Nous partons à pied sur un petit chemin sableux qui conduit semble t’il à un petit lac au pied de quelques grandes dunes de sable blanc. 100 m plus loin nous trouvons des droseras qui bordent le chemin. Nous dénombrons 6 espèces différentes dont certaines que nous n’avons jamais vu comme le drosera sulfurea à fleurs jaunes. Il y a également des orchidées, des stylidiums, quelques banksia coccinea avec leurs fleurs rondes, des cats paw et d’autres plantes diverses et variées. Malgré 3h00 de recherche sous un soleil de plomb, pas le moindre petit céphalotus.

Banksia coccinea

Fleurs de stylidium
Retour à l’hôtel pour manger puis nous prenons la direction de Mount Barker. Phill nous a indiqué un spot ou il devrait se trouver 12 ou 13 variétés de droseras et 4 orchidées. Hélas nous arrivons un peu tard dans la saison et les quelques droseras que nous trouvons sont en fin de vie. Heureusement les orchidées sont bien présentes et encore en fleurs. Nous observons aussi un gros lézard appelé blue tongue à cause de la couleur de sa langue. Je le croyais mort et en le retournant avec un bâton, je m’aperçois qu’il est bien vivant et que c’était un camouflage. Sur la route du retour, William est attiré par des perroquets noirs en grand nombre dans un pré. Je stoppe pour 1/2h de photos. Peu de réussite sur cette série d’ailleurs. Arrivés à Albany nous partons à Frenchman Bay pour le coucher de soleil et essayer par la même occasion de trouver une utriculaire qui pousse dans le secteur. Nous n’aurons ni l’un ni les autres car nous arrivons trop tard. Nous reviendrons. De retour à Albany, nous demandons à Joanna, la propriétaire de voir avec sa sœur si elle peut nous accompagner car nous n’avons rien trouvé. Elle l’appelle et nous rejoindra sur la route de Two peoples bay demain matin. En sortant de la douche je m’aperçois que j’ai un tique dans le dos et un autre derrière chaque jambe. Lorsque j’en parle à William qui part à la douche, il regarde et s’aperçoit que lui aussi en a 3. Ce n’est pas étonnant car nous passons nos journées dans l’herbe, souvent assis, à genoux ou à plat ventre.
10 10 2010
Petit tour au bord de mer pour les oiseaux tôt ce matin. Je réussis à en photographier plusieurs dont un ‘ mangeur de miel ‘ (Phylidonyris novaehollandiae) aux belles couleurs jaune et noir à peu près de la taille d’une mésange.

Phylidonyris novaehollandiae (New Holland Honeyeater)
Nous retrouvons la ranger à l’endroit convenu. Elle nous explique qu’il faut aller un peu plus loin puis rentrer dans le bush. Il y a des herbes hautes et très serrées. La marche n’est pas aisée et voir des céphalotus ici me paraît difficile. La ranger nous met en garde contre les serpents nombreux dans ce secteur. Ce n’est pas très rassurant mais on veut les trouver ces céphalotus, alors on continue en se griffant et sans rien trouver. Au bout d’une grosse 1/2h elle décide de revenir à la voiture et traverser la route pour chercher de l’autre côté. Malheureusement nous nous trouvons face à une mare fangeuse assez large et que nous devons traverser. Ce n’est pas un problème de se mouiller car nous évoluons déjà dans un marécage et il s’est mis à pleuvoir mais là c’est de l’eau noire et de la boue au dessus des genoux. L’odeur qui se dégage de cette zone est assez repoussante. Nous ne nous attardons pas. De l’autre côté de la route nous avisons un type au milieu des hautes herbes avec une espèce de filet à papillons. Nous allons le questionner au sujet d’éventuels céphalotus qu’il aurait pu voir. Lui, son truc c‘est l’identification des insectes. Fièrement il nous montre un petit flacon qui contient 3 fourmis très rares paraît il. Il pense avoir vu des céphalotus non loin de l’endroit ou nous sommes. On se met à chercher et effectivement nous en trouvons 3, pas un de plus. Ils sont de petites tailles et pas colorés du tout. On ne fait pas la fine bouche. Il y a tellement de boue que nous ne pouvons même pas nous agenouiller pour les prendre en photo. Le résultat va être décevant. On reprend nos recherches, pleins d’espoir, mais sans succès. La ranger doit repartir mais nous donne encore quelques indications pour en trouver d’autres dans le secteur. Elle nous dit que nous trouverons aussi beaucoup d’orchidées. Nous y allons et trouvons effectivement des orchidées et aussi des stylidiums. Nous surprenons 3 gros serpents noirs en 10 mn. Le premier a flanqué une belle frousse à William car il lui a presque marché dessus. Nous redoublons de prudence. Il y a un lac dans les environs mais nous ne parvenons pas à le localiser malgré les kms de petits sentiers que nous parcourons. Retour à la voiture pour se rendre au 2eme spot réputé pour les nombreuses variétés d’orchidées. Il pleut de plus en plus et il fait froid. Nous photographions quand même 2 très belles orchidées que nous ne connaissions pas ainsi que quelques droseras dont Sulfurea à fleur jaune. En revenant à Albany, il est déjà tard. Nous mangeons rapidement, lavons nos vêtements couverts de boue et séchons les chaussures qu’il faudra rechausser le lendemain. Il pleut de plus en plus fort. Cette pluie ne s’arrêtera que le lendemain matin.
11 10 2010
Nous avons rendez-vous au bureau de l’environnement à Albany à 9h30 pour obtenir le plus d’informations possible pour trouver des céphalotus. Nous sommes à l’heure. La femme de l’accueil appelle son supérieur qui donne quelques informations très vagues en laissant entendre qu’il ne connaît pas. Nous insistons pour parler à un spécialiste des plantes de la région. En fin de compte nous changeons de bâtiment pour aller dans un laboratoire d’étude. La chef de ce service nous reçoit. Elle a au moins 70 ans, a sous ses ordres 3 autres mamies et une jeune. Elles s’occupent de classer, compléter et remettre en état un herbier. Elle nous écoute et nous dit sans ambiguïté qu’elle ne nous donnera pas d’indication car elle pense que nous allons voler des plantes dans la nature. Alors William lui explique son projet d’écrire un livre et, en bon communicant, met en avant l’intérêt de parler de la région d’Albany. Elle finit par accepter de nous aider mais, très méfiante, elle demande à l’accueil de nous faire remplir un imprimé très compliqué car nous faisons des photos dans les parcs nationaux et que c’est interdit. Elle nous reproche aussi de transporter des graines d’un parc à l’autre avec nos chaussures. C’est vraiment du grand n’importe quoi quand on voit les Australiens rouler comme des malades dans les mêmes parcs avec leurs 4x4. Finalement je ne suis pas concerné pas les formalités et papiers à remplir mais William refuse de le faire. Il s’en suit un interrogatoire en règle qui dure au moins 1/2h. Lorsque nous lui disons en avoir trouvé 3 exemplaires grâce à un ranger du parc de Two peoples bay, elle veut savoir le nom de ce ranger mais n’insiste pas lorsqu’on répond qu’on ne sait pas. Elle essaie de remplir le formulaire à la place de William qui donne une fausse identité et un faux numéro de téléphone. Nous repartons et allons explorer le lieu qu’elle nous a indiqué. Nous passons 4h00 à sillonner le bush au milieu de nombreux callistemons sauvages mais on ne trouve que des droseras et de très belles utriculaires. (Utricularia volubilis). De retour à Albany, arrêt au Hungry Jack pour manger un peu puis départ au Stirling Range National Park pour une rando qui doit durer 4h00. Après plusieurs arrêts en chemin pour explorer les talus et les environs, nous arrivons enfin à 16h15 pour commencer la randonnée. Le début est facile mais très vite la pente se fait plus raide. Au bout d’une heure sur un chemin bordé de nombreuses plantes dont quelques droseras, William s’arrête et commence à redescendre après avoir soufflé un peu. Pour ma part je continue encore tout en sachant que je n’aurai pas le temps de monter au sommet avant la nuit. Je me régale car il y a longtemps que je n’ai pas randonné avec du dénivelé. Je crois que c’est en Tasmanie que nous avons fait la dernière vraie randonnée. Malheureusement, je dois m’arrêter et redescendre pour ne pas finir de nuit. Je suis un peu déçu.

Stirling range – Bluff Knoll
De retour en ville, nous prolongeons notre séjour à l’hôtel YHA afin d’explorer le cap Howe qui abrite, parait il, des céphalotus. Nous ne négligeons aucune information pour en trouver. Je pense qu’il sera aussi possible de faire de belles photos de bord de mer. Ensuite nous reprendrons la route pour Harvey pour se rapprocher de Perth d’ou nous repartons bientôt.
12 10 2010
En cours de route nous faisons une escale à Denmark parce qu’il me faut boire un café. Ce matin je n’en ai pas bu et ça me manque. Finalement nous visitons un peu le village et passons beaucoup de temps dans une librairie où j’achète un petit fascicule sur les plantes du Sud Ouest. Ensuite nous mangeons dans un petit fastfood un peu mieux que les MacDo. Je m’arrête plusieurs fois en route pour me détendre afin de ne pas m’endormir et rester vigilant au volant. Lors d’un arrêt dans une forêt de karris, je repense à l’arbre qu’il est possible d’escalader. Il ne doit pas être loin, alors je décide que ce sera ma prochaine escale et que je monterai à son sommet. Cet arbre, appelé le Diamond Tree a été coupé à 52 m et, en 1939, une plateforme a été construite à cette hauteur pour la surveillance des départs de feu en forêt. C’est la plus ancienne encore en service à ce jour. Pour monter, des fers à béton sont fixés au tronc et forment un escalier en colimaçon dont les marches sont espacées d’environ 35 cms. C’est un peu dangereux pour des personnes de petite taille. Pour me motiver, je me dis que monter ne doit pas être plus impressionnant que monter sur le dôme du réacteur de la centrale de Tricastin, chose que j’ai réalisée de nombreuses fois. La hauteur est pratiquement la même. Je commence l’ascension qui me parait facile à condition de prendre son temps pour poser les pieds sur les barreaux. Lorsque j’arrive à 10m de hauteur, je réalise qu’en fait, seul un grillage à moutons sert de garde fou. C’est un peu léger.
Arrivé au sommet, je jouis d’une vue à 360° sur la forêt et la plaine qui va jusqu’à l’océan. Je reste là pendant un bon quart d’heure en faisant des photos dans toutes les directions. Puis je commence à redescendre. C’est plus impressionnant que de monter car il faut sans cesse regarder vers le bas pour être sûr de poser le pied correctement sur l’échelon. Nous repartons pour Harvey ou nous arrivons vers 17h30 chez Phill Mann qui nous attend. Il décide de prendre sa journée en congé le lendemain et de repartir à Albany. Il tient à ce que nous voyons les céphalotus. Il est aussi intéressé pour photographier l’utriculaire volubilis qu’il n’a apparemment jamais vu. Il faudra se lever tôt car c’est plus de 1100 kms qui nous attendant dans la journée. Lui ne dormira pas beaucoup car cette nuit il part à la chasse aux kangourous. Il nous propose de l’accompagner mais nous refusons poliment d’une part parce que nous sommes crevés par la longue journée que nous venons de passer et d’autre part parce que ni moi ni William ne sommes des adeptes de la gâchette.
13 10 2010
Debouts à 6h30, petit déjeuner au buffet de l’hôtel. Il n’y a pas grand chose mais je réussis à manger suffisamment pour tenir toute la journée. Nous déchargeons nos bagages chez Phill. Il prend le volant pour gagner du temps en prenant des raccourcis sur des petites routes qu’il connaît bien. Il s’arrête souvent en disant à l’avance quelle plante nous allons trouver. Au cours de l’un de ces arrêts pour photographier des plantes sur le bas-côté, nous trouvons un 4x4 qui a fait des tonneaux et finit sa route contre un arbre. Nous regardons qu’il est bien vide car cet accident est récent. C’est probablement en voulant éviter un kangourou qu’a eu lieu l’accident. Il faut vraiment être prudent. Arrivés sur Denmark road, il s’arrête à un endroit précis et nous dit qu’il y a des céphalotus ici. On s’éloigne de la route d’une cinquantaine de mètres et effectivement, il ne s’est pas trompé. Il y en a même beaucoup. Et dire qu’il n’est pas passé ici depuis plus de 4 ans ! Ils sont gros mais peu colorés, sans doute parce que les hautes herbes empêchent le soleil de les atteindre. Nous faisons la série de photos qu’on attendait depuis 2 semaines.



Les cephalotus
Nous reprenons la route et maintenant c’est à notre tour de lui montrer des plantes qu’il n’a pas encore vu. Avant d’arriver sur notre spot, il s’arrête dans un virage pour nous permettre de photographier un drosera que nous ne connaissons pas encore. La plante est bien présente mais malheureusement pas encore en fleur. Arrivés sur notre point à Frenchman’s bay, nous retrouvons les utriculaires volubilis et une autre toute petite qu’il identifie comme étant Utricularia simplex sans être sûr de lui. Nous lui montrons 2 autres variétés qu’il connaît bien mais ne les avait encore jamais prises en photo. Ce coin lui plaît et il espère y revenir rapidement. Il commence à être tard mais il veut nous prouver qu’à Two people’s bay il y a mieux que les petits céphalotus que nous avons trouvé avec la ranger. Effectivement, à 500m de là il s’arrête, descend de la voiture, fait 50m dans le bush et nous montre des exemplaires de grande taille et de plus très colorés. Il a quand même une bonne mémoire des lieux quand on sait qu’il ne vient pas souvent par ici. Ce qu’il nous explique aussi c’est que 50m avant ou après, il n’y en a pas. Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme le spécialiste des plantes carnivores dans son pays. Il a d’ailleurs participé à de nombreuses publications et découvertes de plantes mais il préfère la discrétion et généralement les livres ou revues auxquels il a participé ne mentionnent son nom qu’en petit en fin d’ouvrage. Nous prenons la route du retour car Harvey est au moins à 4h00 d’ici. Il fait quand même un petit détour pour nous montrer une Drosera pygmée que nous n’avons pas encore vu. Il a passé une grande partie de la nuit dernière à chasser les kangourous (il en a tué 12), s’est couché à 2h00 du matin au mieux et pourtant il conduit sans fatigue apparente depuis 7h30 ce matin. A l’arrière William s’est endormi. Je regarde la route et les bas-côtés au cas ou des kangourous traversent devant nous car nous roulons à plus de 130 kms/h. L’épave du Toyota couché sur le côté et complètement détruit montre combien il est facile de mourir sur cette route. Les Roads trains sont un autre danger de ce tronçon. Ils roulent très vite avec souvent 3 remorques et ne peuvent ni s’arrêter en urgence, ni même dévier leur trajectoire. Ils roulent de préférence de nuit car la voie est moins encombrée qu’en journée. Lancés à 100 kms/h, de grosses rampes d’éclairage signalent leur arrivée en face de nous. Bien que la route soit assez large, il est prudent de se mettre au ras du talus et de ralentir un peu au moment du croisement. Le vent a soufflé fort toute la journée et à un moment une grosse branche cassée est couchée sur notre voie de circulation. Phill part à droite pour l’éviter mais malheureusement 2 kangourous sortent en courant de la forêt et traversent devant la voiture que Phill a juste eu le temps de rediriger sur la gauche d’un violent coup de volant après un freinage brutal. La voiture est déséquilibrée, part à droite puis à gauche en se dandinant puis reprend sa trajectoire. C’est passé mais il s’en est fallu de peu.

Il a eu moins de chance que nous !
Arrivés à Harvey, après avoir déposé Phill chez lui, nous filons au motel pour avoir une chambre. Hélas, il est minuit passé et tout est fermé. Nous allons voir le 2eme hôtel mais là aussi on fait chou blanc. Nous revenons donc chez Phill qui nous propose les canapés de son salon. Le sac de couchage que j’avais pris soin d’emporter aura servi au moins une fois.
14 10 2010
J’ai plutôt bien dormi sur le canapé malgré les ronflements de du beau-frère de Phill dans la chambre voisine. Nous prenons un petit déjeuner en leur compagnie, faisons une ou deux photos de groupe puis partons pour Perth non sans faire un dernier détour sur les conseils de Phill. Nous mettons ainsi un nouveau drosera pygmée à notre tableau de chasse. Arrivés peu après midi sur Perth, nous décidons de trouver un hôtel à proximité de l’aéroport pour éviter d’avoir à traverser la ville le lendemain matin. Nous passons le temps libre qu’il nous reste dans une zone commerciale pour faire quelques achats de dernière minute, trouvons un restaurant sympa dont la décoration et la musique country changent de nos habituels MacDo et autres Hungry Jack puis rentrons à l’hôtel pour boucler les sacs. Le lendemain matin c’est le départ définitif de ce pays qui me faisait rêver depuis des années et que je connais un peu maintenant. J’espère y revenir un jour car ce vaste pays offre une diversité de régions, de climats et de paysages qu’un séjour d’1 mois et1/2 n’aura pas suffit à nous faire découvrir.
Voyage Nature en Australie, Septembre – Octobre 2010
03/09/2010
7h30 : La famille Teocchi est à l'heure, départ pour Lyon, trajet rapide vers Londres ou il faut attendre jusqu'à 22h30 pour embarquer à destination de Singapour. Nous sommes arrivés à Heathrow à 13h15. L’attente à Londres était de 2H00 mais un mail reçu la veille nous a informé du changement de vol. Pour manger il y a l'embarras du choix mais rien de terrible. Nous nous contentons de sandwiches salade-tomate-mayonnaise et bacon. Ensuite une petite sieste d'1/2h sur les bancs du terminal 3 avant de faire un tour des boutiques pour se dégourdir les jambes. William ne peut pas raccorder son Pc à cause du standard de prise incompatible (vive l'Europe).
04/09/2010
Nous sommes dans l'avion pour Singapour. Le vol se déroule sans histoire. A l'arrivée, nous cherchons un peu le bureau qui doit nous délivrer le boarding pass puis notre porte d'embarquement pour Darwin en se faisant aider par des militaires qui surveillent l'aéroport. Nous espérions envoyer quelques nouvelles en France grâce aux ordinateurs mis gratuitement à la disposition des voyageurs. Malheureusement, ici internet est bridé (comme les gens du coin d'ailleurs) et il nous est impossible d'accéder à nos messageries. Avant d'embarquer nous allons manger dans un Burger King car dans l'avion pour Darwin le repas n'est pas prévu.
05/09/2010
La compagnie à bas coût Jetstar qui nous conduit à Darwin nous propose un plateau repas 2h00 après avoir mangé à Singapour. Ce n’est pas grave, nous le prenons quand même. Malgré les lumières restées éclairées, je m'endors, une couverture sur la tête, pendant 3h00 jusqu'à Darwin. L'atterrissage a été assez sportif, à croire que le pilote était pressé mais finalement nous nous posons sans encombre.

Lever de soleil sur la côte Nord de l’Australie
William qui a peu dormi dans l'avion se rattrape à Darwin pendant les 2h00 d'attente. Je me dégourdis les jambes dans le hall en visitant les rares boutiques sans intérêt d'ailleurs puis je m'endors encore pour un petit moment. Nous reprenons un avion pour Cairns après avoir jeter les bouteilles d'eau que nous venions d'acheter. Les gens qui ont pris des bouteilles de whisky ont pu les emporter avec eux en cabine. Va comprendre. Arrivée à Cairns : Passées les formalités, assez rapides d'ailleurs, nous nous retrouvons dehors. William appelle l'auberge de jeunesse pour qu'ils viennent nous chercher comme prévu. Une navette qui dessert les hôtels est présente et nous dépose en 10 mn. L'auberge de jeunesse, sur Sheridan street est bien placée. Nous avons une chambre prévue pour 6 places mais nous sommes seuls pour l'instant et nous le resterons jusqu’à la fin du séjour. Elle fait 35m2 avec un frigo et des ventilateurs. La climatisation ne fonctionne pas mais vu qu’elle ne nous coute que 80 euros par personne pour 6 nuits avec petit déjeuner et un plat chaud le soir, nous n’allons pas faire les difficiles. C'est le Pérou. Nous allons changer de l'argent et faire quelques courses. A première vue c'est assez cher, surtout l'eau en bouteille. Nous nous apercevons que les jus de fruit sont moins chers que l'eau. De retour à l'hôtel, j'essaie de bidouiller les prises de courant que j'ai emmené pour l'adaption au standard australien mais tout est soudé à l'intérieur. Le bloc n'est même pas démontable. Je l'ouvre au couteau et je fais une bidouille qui provoque un court circuit dans la chambre. Nous n'avons plus de courant. Ce n'est que le soir que je découvre le tableau électrique pour réenclencher le disjoncteur correctement. Après le repas nous partons à pied visiter le jardin botanique de la ville. A part quelques népenthes nous ne trouvons pas de plantes carnivores ni le fameux stinging tree. C'est un arbre mais aussi une ortie qui peut mesurer jusqu'à 30m de haut. Son effet urticant envoie à l'hôpital tous ceux qui la touchent. Je fais mes premières photos, environ une centaine.
06/09/2010
Ce matin nous louons une voiture et partons immédiatement pour le mont Bartle Frere pour une rando qui devrait nous emmener au sommet à 1662 m d'altitude. Le dénivelé n'est que de 800m. Nous ne devrons pas avoir de problème pour y arriver. Arrivés sur les lieux vers midi , nous partons vers la chute d'eau (Josephine Falls) avant d'entreprendre la randonnée. Le temps est à la pluie mais ça ne nous gêne pas. Après cette petite ballade nous nous engageons sur le sentier qui mène au sommet du Mont Bartle Frere et là, surprise : un panneau nous indique qu'il faut 2 jours et que la rando est très difficile à l'approche du sommet.


Forêt humide près du mont Bartle Frere
Nous allons voir un garde forestier qui confirme ce que nous avons lu. Nous l'interrogeons sur les plantes carnivores pour savoir s'il est facile d'en trouver dans le coin. Il ne connait pas ces plantes et téléphone à un spécialiste de la flore de la région qui nous dit qu'il n'y en a pas.
J'en profite pour le questionner au sujet des orties géantes. Il nous envoie vers 2 de ses collègues en train de travailler plus loin sur un sentier. Ils nous emmènent à 100m de leur lieu de travail et nous en montre un exemplaire, guère plus gros que nos orties chez nous. (Les feuilles sont quand même beaucoup plus grosses). Je demande s'il y en a des gros et si on peut les voir mais il répond que pour cela il faut marcher en forêt mais hors sentier et qu'il ne peut pas quitter son travail pour nous guider. Il précise qu'ils ne font pas encore 30m de haut mais que ce sont déjà des arbres. Il rajoute que même les tout petits sont très urticants et dangereux. Nous repartons un peu déçus mais lors d'un arrêt sur le bord de la route, William, qui voulait photographier un papillon m'appelle en me disant qu'il marche sur un tapis de sensitives. J'y vais avec l'objectif macro. Il y en a partout et beaucoup sont en fleurs. Plus tard nous verrons que ça pousse comme du chiendent. Nous reprenons la route vers un autre lieu qui semble intéressant mais avant d'y arriver nous repérons un chemin qui semble carrossable et qui mène sur un mont du parc Wooroonoogoran. Nous nous engageons malgré la pluie en pensant faire 5 à 6 kms mais nous roulons au moins 40 à 50 kms sur un chemin juste assez large pour la voiture. En fait nous traversons une forêt primaire. Des fougères arborescentes se dressent tous les 10m et des multitudes de taros poussent au bord du chemin. Ce sentier devient presque impraticable à notre petite Hyundai Getz qui frotte sous la caisse à de multiples reprises. Il y a beaucoup d'ornières et de trous. Notre vitesse très lente diminue encore. Il est presque nuit lorsque nous retrouvons le goudron. Les oiseaux font tourner William en bourrique car il veut absolument en photographier mais ils se sauvent dans les bois dès qu'il descend de voiture. Après la tombée de la nuit, un bruit anormal apparaît. Nous écoutons le moteur sans savoir d'ou cela provient. Il faut descendre de voiture et stopper le moteur pour se rendre compte que ce sont les insectes nocturnes qui font ce raffut. Nous arrivons à l'hôtel vers 19h30 pour prendre une douche et faire un repas avec les fruits, (bananes, papayes et fruits de la passion) que nous avons acheté au bord de la route à un immigré d'origine italienne. Ici on se sert et on paie en plaçant l'argent dans la boîte aux lettres. Ne sachant pas si nous avions suffisamment payé, nous frappons à la porte. Il nous donne pleins de renseignements et nous repartons avec quelques fruits supplémentaires.
07/09/2010
Hier nous étions au Sud Ouest de Cairns. Aujourd'hui nous partons plein Nord vers Cape Tribulation qui doit son nom au naufrage du navire de l'explorateur James Cook. Après avoir roulé une centaine de kms, nous arrivons à destination et trouvons un accès à un chemin de randonnée en pleine forêt humide. Nous suivons une passerelle en bois qui s'enfonce en toute sécurité sur 500 à 600 m dans la forêt. Des panneaux indiquent un sentier en forêt mais nous ne trouvons pas l'accès. Finalement, un guide qui passait sur le chemin avec ses 15 clients nous montre le chemin et dit que nous ne reviendrons pas avant 2 jours, ce qui déclenche l'hilarité de sa troupe. Ce circuit fait 3kms et il est balisé tous les 10 m par des petits rubans en plastique rouge accrochés aux branches. La végétation est différente de la veille Il y a beaucoup moins de fougères arborescentes et la forêt est un peu plus clairsemée. Ce qui domine ici ce sont des grands arbres du genre figuier avec les troncs enlacés par des lianes de la taille de nos bras.

Portrait du casoar à casque

Je suis repéré
Je suis un peu déçu jusqu'à ce que William m'appelle pour me montrer un casoar et 2 petits à 10m de nous qui nous observent. Ils ne s'enfuient pas et après quelques minutes d'observation réciproque, les petits, curieux, se rapprochent de nous. Nous faisons quelques photos mais il est difficile d'avoir de belles prises de vue car il y a peu de lumière et l'oiseau bouge sans arrêt de façon à mettre un arbre ou une branche entre nous et lui. Après avoir assuré quelques clichés, je décide de sortir l'artillerie lourde et je mets le gros flash sur le boitier. Je me rapproche insensiblement. Je suis maintenant à 4m et je peux faire quelques images sympas. Je reste méfiant car j'ai lu que le mâle (c'est lui qui s'occupe des petits) est agressif lorsqu’il surveille sa progéniture. Contrairement à ce que je croyais ce n’est pas avec son casque en corne qu’il attaque ou se défend mais avec un ergot coupant comme un lame de rasoir. Quelques cas de personnes tuées par cet animal ont été enregistrés par le passé. Je me place près d'un arbre derrière lequel je pourrai me protéger en cas d'attaque. William fait de même. Une seule fois, il vient dans ma direction pour m'intimider. Je recule de 2m et il me laisse tranquille. Au bout d'une demi heure il s'en va avec sa progéniture.
On continue la rando en espérant en voir d'autres mais sans succès. Étant donné la rareté de cet oiseau dans son milieu naturel (il en reste moins de 1000) nous nous estimons satisfaits. Les Australiens à qui nous parlons de cette rencontre sont surpris car eux même n'en n'ont jamais vu. Le terrain est très accidenté et les 3kms nous semblent longs, d'autant qu'il n'y a pas grand chose à voir. Notre seul souci est de faire attention où nous mettons les pieds. De retour à la voiture il est l'heure de manger. Le repas se compose d'une demi papaye chacun car c'est tout ce que nous avons. Nous repartons jusqu'à Cape Tribulation qui ne présente pas d'intérêt. Nous n'irons guère plus loin car la route se transforme en piste pour 4x4 et ce n'est pas la spécialité de la petite Hyundai. Nous repartons vers Daintree village. La traversée de la rivière se fait par un bac assez archaïque. Nous espérons voir des crocodiles d'eau douce car cette rivière en est infestée. Mais nos recherches restent vaines. En repartant nous verrons sur une plage des panneaux mettant en garde contre les crocodiles marins nombreux eux aussi dans le coin. Retour à l'hôtel pour se doucher car nous sommes couverts d'une terre rouge sur nos jambes qui part difficilement puis repas, internet et coucher. Dans la région, au Sud Ouest de Cairns nous traversons d'immenses plantations de cannes à sucre et des bananeraies. Au Nord de Cairns il y en a aussi mais ce sont surtout les fermes d'élevage de bovins qui dominent notamment dans la région de la Daintree River. On se croirait au Brésil car ici les paysages ressemblent à ce que l'on trouve au Parana et la race de bovins est la même. La différence entre les 2 pays vient du fait qu'ici les champs de canne à sucre ne sont pas travaillés à la main. Ici tout est mécanisé. Les plantations sont bordées d'une voie de chemin de fer à rails très étroits et la canne ainsi que les déchets déjà broyés sont chargés directement sur des wagons grillagés.
08/09/2010
Ce matin nous allons nous renseigner pour survoler la grande barrière de corail. Nous avons vu une publicité promotionnelle pour 69 dollars par personne mais il faut remplir l'avion, c'est à dire être 3 passagers. Nous avons placardé des affiches un peu partout à l'auberge de jeunesse mais personne n'est intéressé. La femme qui nous reçoit au siège de la compagnie qui propose l'excursion n'est pas au courant de la promo. On lui montre le dépliant publicitaire (en masquant un peu qu'il faut être 3 pour le tarif indiqué). Elle accepte sans sourciller. Le vol est prévu pour 15h00 et doit durer 1/2h. J'espère que ce n'est pas un attrape touriste et surtout que nous pourrons faire des photos. En tout cas le ciel est beau avec soleil et nuages alternés. En attendant, nous garons la voiture près de l'esplanade et nous nous baladons le long de la plage. J'avais lu que nous verrions des pélicans. C'est raté, il n'y en a pas mais nous photographions des oiseaux qui ressemblent à des perruches et des petits perroquets. Il y a aussi des hérons, aigrettes et spatules qui fouillent la vase au bord de la plage. En repartant nous nous arrêtons à un supermarché beaucoup moins cher que la petite supérette à côté de l'hôtel. Nous allons manger dans un Hungry Jack, le Mac Do local puis revenons à l'hôtel en attendant 15h00. A l'heure dite nous sommes à l'aérodrome ou nous faisons connaissance avec le pilote, un jeune de l'âge de William. Après un petit briefing, nous approchons du coucou pour embarquer. Le pilote nous invite à monter et William me propose gentiment de monter à l'arrière car il y a une vitre qui s'enlève pour pouvoir faire des photos dans de bonnes conditions. Les couleurs de l'eau et du ciel se fondent et sont tout simplement extraordinaires. Il est vraiment nécessaire de prendre de la hauteur pour apprécier pleinement cet endroit de rêve. Je mitraille sans trêve et réalise une bonne centaine de photos d'autant plus que le pilote fait durer le vol plus que prévu et nous fait survoler un peu les environs de Cairns.

Survol de Green Island
Nous revenons sur la terre ferme, vivants et enchantés de ce survol. Nous quittons Cairns pour aller visiter une pépinière à orchidées que nous avions repéré il y a 2 jours en revenant du Mont Bartle Frere. Les floraisons n'étaient pas très nombreuses mais suffisantes pour nous satisfaire. J'ai questionné le maître des lieux au sujet d'une vanda aux feuilles vertes et jaune mais pas en fleurs. C'est une plante rare à ce qu'il me dit. Je repère aussi un phalaenopsis qui possède cette particularité et qui est rare aussi. Il provient de Taiwan ou Thaïlande, je ne sais plus très bien. C'est un hybride. En extérieur il y a des tillandsias en fleurs qui poussent sur des troncs de fougères arborescentes. J'explique au propriétaire que nous avons beaucoup d'orchidées, de tillandsias et de plantes carnivores à la maison. William lui demande s'il accepterait de nous vendre une bouture de tillandsia à fleurs rouge pour Isabelle. Il en coupe 4 ou 5 morceaux et me les donne gentiment en refusant qu'on lui paie. J'espère pouvoir les ramener à Donzère sans les perdre à l'arrivée à Lyon comme cela était arrivé en revenant du Brésil en 2003. En fait ce qui m'inquiète le plus c'est que nous sommes au début du voyage, qu'il nous reste encore 5 semaines en Australie et que nous allons changer de climat toutes les semaines. Il ne faut pas oublier non plus que nous allons prendre l'avion une dizaine de fois avant de rentrer et que le transport de plantes ou de nourriture d'une région à l'autre est strictement interdit et contrôlé. En fin de compte les tillandsias auront passé toutes ces épreuves sans voir souvent la lumière du jour puisque je les avais caché dans la poche kangourou (normal on est en Australie quand même) de ma veste de pluie, elle même enroulée au fond de mon sac à dos. Je les ai simplement sorti une fois à Hobart ou je les ai trouvé en fleurs puis une autre fois à Albany pour voir ce qu'ils devenaient. Ils sont maintenant sauvé et installés dans la serre tropicale avec leurs congénères et plein d'autres plantes. Le propriétaire de la serre aux orchidées a pris notre adresse mail et viendra nous rendre visite s'il décide de venir en France. Il nous a donné l'adresse d'un producteur de plantes carnivores installé à 40 kms. Nous ne réussissons pas à trouver des touristes qui accepteraient de nous y emmener.
9/09/2010
Je me suis levé à 7h30 ce matin, plus tard que d'habitude mais il faut dire qu'hier soir il y avait beaucoup de bruit avec la musique à fond jusqu'à tard dans la nuit. William dort encore. Je vais prendre le petit déjeuner mais déception, il n'y a plus de poudre à café. Je mange des céréales sans rien boire, c'est un peu dur à avaler et je vais en ville pour boire un café qui me coute 3 dollars. C'est hors de prix. J'en profite pour retirer de l'argent à un distributeur et je reviens tranquillement à l'auberge de jeunesse. En passant devant un hôtel, je tombe sur le propriétaire d'un Hj61 comme le mien. Je vais parler un peu avec lui en lui disant que j'ai pris son Toy en photo la veille. Il me montre son porte roue assez simple à faire et son aménagement intérieur qu'il vient de vider pour le nettoyer. Il a des coffres et des tiroirs et un couchage au dessus et se sert de ce véhicule pour aller camper et à la pêche. Le moteur est un diesel équipé au gaz qui est beaucoup moins cher que le gasoil, lui même plus cher que l'essence en Australie. De retour à l'hôtel, je fais un peu de tri dans les photos mais ce n'est pas facile car je ne peux pas les visionner autrement que sur l'écran arrière du boitier. Je n'ai pas réussi à installer DPP sur l'ordi de William pour les décharger et les voir en grand. J'en supprime une dizaine sur 420 photos réalisées. Les batteries que j'ai acheté avant de partir sont de bonne qualité car j'ai fait plus de 400 prises de vues ici et quelques unes à la maison avant de partir. J'ai aussi pas mal utilisé le flash du boitier. En attendant que William se réveille, je nettoie un peu la voiture. A 10h00 il émerge enfin. Il a appris hier soir qu'une allemande qui rentrait de nuit à son hôtel s'est faite agressée par 5 aborigènes souls qui l'ont laissé dans le coma sur le trottoir. Nous rendons la voiture et nous nous arrêtons chez Olly's pour acheter des cartes postales. William va piquer une tête à la piscine de l'hôtel mais moi je pars pour une séance photo le long de l'esplanade. Je ne retrouve pas un petit perroquet multicolore que j'avais vu la dernière fois mais 6 à 8 pélicans paressent dans l'eau à quelques mètres de la plage.

La danse des pélicans
Je ne suis donc pas venu pour rien. Je remonte l'esplanade en direction du Sud et je découvre une piscine extraordinaire par sa taille (au moins 200m de côté). C'est un lagon artificiel qui a été créé ici. Il est entouré de palmiers gris bleutés qui m'ont attiré. Le plus extraordinaire c'est que l'accès est gratuit pour tout le monde, habitant de Cairns et touristes. Plusieurs maitres-nageurs surveillent ce plan d'eau. Tout est très propre. Une telle réalisation en France ne serait accessible qu'en payant assez cher .

Sphecotheres viridis (Fig Bird)
Après le repas William se connecte sur internet et miracle, ça marche. J'en profite pour regarder la messagerie et répondre aux mails qui me sont parvenus. Ensuite comme William ne voulait pas bouger de l'hôtel, je repars en direction de l'esplanade pour faire encore quelques photos. En repartant, alors que l'appareil est dans le sac, je remarque un oiseau de la taille d'une grosse mouette avec la tête et le bec jaune citron. Il s'agit d'un Vanellus miles (Masked Lapwing ou Spurwing Plover). Je traverse la rue pour mieux le voir et soudainement il se met à crier dans ma direction et me fonce dessus. J'ai droit à une autre attaque d'un 2eme oiseau et je repense aux grands labbes qui m'attaquaient aux iles Feroe pour défendre leurs nichées. Effectivement j'aperçois un poussin qui s'enfuit. Je fais quelques photos et les laisse tranquille. Le soir nous mangeons pour 5 dollars une assiette de carbonara accompagnée de salade et de pain dans lequel a été fondu du cheddar. C'est bon et pas cher du tout si l'on compare avec les restaurants des alentours. Comme boisson, ce soir c'est sangria à volonté pendant 2h00 pour un forfait de 2 dollars. L'ambiance monte assez vite d'autant qu'une musique de sauvage dégueule des hauts parleurs qui entourent le patio. Je rentre donc à la chambre pour être au calme.
10/09/2010
Ce matin, c'est corvée de linge sale. La machine devrait suffire vu la taille du tambour. C'est 2 fois celle de la maison. Il nous en coûte 3 dollars. Le linge est ensuite suspendu partout dans la chambre et les ventilateurs permettent un séchage rapide. William a l'intention de se recoucher après cette activité contraignante mais nécessaire vu la boue collée aux vêtements depuis notre séjour en forêt à Cap Tribulation. Est ce l'effet sangria de la veille qui l'a fatigué? Pour ma part, je retourne au jardin botanique pour essayer de voir le fameux stinging tree. Des visites accompagnées par un botaniste sont organisées gratuitement 2 fois/semaine mais malheureusement pas le vendredi. J'en reviens vers 12h30 affamé et surtout assoiffé. Je croise William qui revient de la boulangerie voisine. Il a acheté des sandwichs à la pâtée pour chien que nous mangeons rapidement accompagnés d'un ½ litre d'eau fraiche. J'ai enfin pu voir l'ortie géante au jardin botanique. En fait il est enfermé dans une espèce d'aquarium et mesure à peine 50 cms, nettement moins joli que celui que nous avions vu au pied du mont Bartle Frere. Je discute avec la femme du centre d'accueil et d'information et je vois 2 gourdes décorées derrière elle. Je les prends en photo à sa grande surprise et lui explique que nous avons une collection à la maison. Je retourne dans la zone forestière et je réussis à photographier un oiseau à tête rouge, très farouche qui m'a échappé plusieurs fois. En me promenant dans la partie du parc qui retrace l'évolution des plantes depuis la séparation des continents je surprends encore un oiseau qui ressemble à un petit corbeau avec un bec bleu. Il y a ici une diversité incroyable. En repassant aux mêmes endroits qu'il y a 3 ou 4 jours, je découvre des plantes que je n'avais pas remarquées, telle cette aracée noire (beaucoup plus grande que black magic). En sortant du parc pour rentrer à Cairns, je passe à côté d'une antique Peugeot 403 avec conduite à droite. Il me faut 1/2h de marche sous un fort soleil pour rejoindre l'hôtel. Après avoir mangé et pris une douche, je prépare mes sacs pour le départ à Sydney prévu le lendemain. Il faut notamment enlever toute la terre rouge qui colle aux chaussures de marche. Je vais devoir les mettre aux pieds dans l'avion car elles ne tiennent pas dans ma valise. Je passe 1h30 sur l'ordinateur et je récupère les adresses que j'avais demandées à Isa puis je vérifie l'enregistrement de notre vol sur British Airways. Il suffira de se présenter 2h00 avant le décollage et enregistrer les bagages. Nous mangeons à l'auberge de jeunesse en compagnie d'un couple d'anglais. J'ai du mal à suivre la conversation tant la musique est forte et leur accent difficile. La femme surtout, bouffe ses mots et parle à une vitesse incroyable
11/09/2010
C’est le dernier jour à Cairns. Un petit tour pour lire les messages puis préparation du départ. En fait, je n'ai qu'à mettre mes chaussures aux pieds et ranger mes sandales dans la valoche. Pour William, c'est plus compliqué. Tout est encore en vrac dans la chambre et pour l'instant, il cherche sa clef. Finalement quelqu'un la trouve et la rapporte à l'accueil. Nous sortons attendre le bus devant l'hôtel. Il arrive en même temps que nous. Arrivés à l'aéroport les bagages sont enregistrés immédiatement puis nous allons dans la salle d'attente. Le vol se déroule sans histoire avec un survol de la barrière de corail au départ. Nous arrivons à Sydney à la tombée de la nuit. Pour rejoindre l'hôtel, il faut prendre un bus ou un train. Personne ne peut nous renseigner. Finalement, nous trouvons le bus qui fait le tour des hôtels de la ville. Arrivés à Sydney Harbour YHA, nous nous rendons compte que ce qui est écrit sur leur site est faux. Le petit déjeuner n'est pas inclus et internet en Wifi est aussi payant (4 dollars de l'heure). La chambre est prévue pour 4 et 2 personnes s'y trouvent déjà. Nous posons les bagages et allons voir la fameuse terrasse du 3eme étage d'ou nous voyons le pont et l'opéra. Je veux prendre des photos mais l'autofocus ne fonctionne pas. Je règle la mise au point en manuel mais sans avoir l'impression de netteté dans le viseur. J'ai peur d'avoir un problème avec le 20D. Je fais quand même quelques vues et il me semble, en les regardant dans la chambre, qu'elles sont nettes. Je me douche et me couche un peu rassuré.
12/09/2010
Debout à 6h30 parce qu'un début de mal de tête me réveille. Je monte sur la terrasse. La porte d'accès est encore fermée. Je fais le tour par la petite cuisine et je vais prendre l'air sur cette terrasse. Je m'aperçois que mon appareil est en mode Al Focus et je comprends que c'est la raison pour laquelle il ne fonctionnait pas correctement hier soir. Il n'y avait pas assez de contraste et l'autofocus s'en trouvait perturbé. Je fais une quinzaine de photos puis je pose mon sac à la chambre et je descends à la cuisine pour le petit déj. Je négocie un second café à la place du lait que je ne boirais pas. Le type qui me sert est d'accord mais lorsque je viens le chercher, il me dit, gêné, que ce n'est pas possible. J'insiste en lui demandant pourquoi il a changé d'avis mais une mégère répond à sa place en me réclamant 3 dollars. Décidement cette auberge de jeunesse n'a rien à voir avec celle de Cairns.

Sydney, opéra house photographié de la terrasse de l’auberge de jeunesse
Lorsque je remonte à la chambre, William est réveillé. Il se douche, déjeune et nous quittons Sydney pour aller dans les Blue Mountains. Avant de partir nous laissons nos bagages à la consigne de l'hôtel et allons faire un tour au Botanical Garden. En chemin, près de la station Circular bay, nous avons une belle vue sur Harbour bridge et Opéra house. Au jardin nous repérons la serre tropicale en forme de pyramide mais elle est fermée. Nous reviendrons dans quelques jours. Près de cette serre, il y a un bassin avec des nénuphars et aussi quelques sarracenias et droseras (capensis blanc). Comme nous n'avions droit qu'à 1h1/2 de consigne, nous repartons. On se fait expliquer comment aller à Katoomba. Il faut prendre le City Rail jusqu'à Central Station puis se renseigner là-bas. Nous tombons sur des agents fonctionnaires qui ne nous renseignent pas vraiment. En fait on doit prendre un bus pour Penrish puis un train pour Katoomba. On est dimanche. Il paraît que c'est direct en semaine. En tout cas ce voyage ne nous coute que 15,6 dollars pour 2. Il vaut mieux voyager que boire de l'eau. Nous avons 16 arrêts à faire avant d'arriver à destination. Le train traverse des zones boisées et nous prenons de l'altitude. Les petits villages se succèdent le long de l'itinéraire. Le temps est beau mais l'atmosphère se refroidit. Nous avons perdu plus de 15 degrés depuis Cairns. William engage la conversation avec sa voisine et elle lui apprend que sa mère est une spécialiste des céphalotus. Il donne son Email en espérant qu'elle nous contacte. Arrivés à Katoomba, nous tombons sous le charme de ce village. Les gens sont aimables et nous renseignent, quitte à faire 300 ou 400m pour nous montrer le chemin. Quelle différence avec Sydney. Autre bon point pour cette bourgade : ici nous ne sommes pas pris pour des Américains. Les prix sont corrects. Arrivés à l'auberge de jeunesse après presque 1km de montée avec tous les bagages, nous sommes encore une fois agréablement surpris. Là encore que du changement en bien par rapport à Sydney. Bien sûr, l'auberge de jeunesse fait très vieillot mais très propre et la dame de l'accueil très aimable répond à toutes nos questions. Elle nous explique aussi que dans l'après-midi, nous avons assez de temps pour faire une randonnée jusqu'aux Tree Sisters. On achète vite fait de quoi manger en chemin et nous voilà partis, William pas fier du tout, en tongs. Au croisement de la route et du chemin de départ de la rando, nous croisons un groupe de 6 ou 7 jeunes françaises qui sont perdues et ont marché plus de 2 heures sans trouver les 3 sisters. Nous leur montrons le chemin mais elles préfèrent attendre un bus et repartir à Sydney. Elles sont en stage pour 5 mois en Australie. Nous attaquons la rando sur un chemin comportant des marches et des rampes métalliques à la moindre difficulté. Au bout d'un km environ, William m'appelle : il vient de trouver 1 drosera binata à moins d'un mètre de la fougère que je photographiais. En réalité nous en trouvons plusieurs, forme verte et forme rouge. Elles démarrent à peine. Un peu plus loin, c'est drosera auriculata qu'il découvre. Je regrette de ne pas avoir pris le 105 macro avec moi. A partir de ce jour, il ne quittera plus mon sac. Il va falloir revenir. Un Pakistanais qui loge dans la même chambre que nous nous rattrape. Nous marchons un peu ensemble mais lui n'est pas intéressé par les plantes que nous photographions et il nous laisse. Voulant arriver à tout prix aux 3 sisters avant que le soleil ne disparaisse derrière les montagnes, je laisse William avec les plantes carnivores et je continue seul. Par la suite nous adopterons souvent cette technique de se séparer car cela permet d'être très discret et de pouvoir surprendre les animaux, notamment les oiseaux. Arrivé aux 3 Sisters, je croise le Pakistanais qui me dit être descendu aux pied des rochers et que la vue en contrejour est belle. Je descends donc dans cette direction. Le chemin est constitué d'escaliers dont les marches sont taillées dans le rocher, parfois bétonnées ou métalliques. Par endroit une solide main courante sert à ne pas glisser sur ces marches mouillées en permanence et glissantes. Je descends d'un bon pas pendant une demi-heure et je ne suis toujours pas en bas. Je regarde l'heure et je m'aperçois que je n'aurais jamais le temps de remonter avant la fermeture de la barrière qui marque l'accès à l'escalier. Je continue malgré tout et je croise des français qui me disent que la vue est belle d'en bas mais qu'il y a encore presque 1/2h de marche. Je redescends encore mais ne voyant pas le fond de la vallée, je décide de remonter. Je suis le dernier sur ce chemin. Je remonte d'un bon pas, plus rapidement qu'à la descente. Arrivé à la barrière, je croise William qui arrive. Nous prenons un autre chemin pour le retour et, surprise, après 200m nous découvrons un point de vue intéressant d'ou sont prises toutes les photos des 3 Sisters que l'on voit sur les cartes postales.

Les trois soeurs
Ce point de vue est en surplomb dans le vide mais totalement sécurisé par des garde fous métalliques. William ne peut pas s'approcher pour faire des photos tellement il a le vertige et peur du vide. Finalement, il réussit à surmonter sa peur. De retour à Katoomba, nous allons acheter des pizzas pour 6,95 dollars qui sont bonnes et de taille correcte. Tandis que William essaie de se connecter à internet, je vais prendre une douche et ranger un peu mes affaires puis trier les photos de la journée. Je regarde ensuite mes messages et me couche.
13/09/2011
Ce matin William est plus matinal que moi. Je l'entends à peine se lever et aller à la douche. Je me réveille et prépare mon sac pour la journée. Nous prenons vite fait un petit déj et sortons sac au dos et appareils photo en bandoulière. Notre rando doit nous conduire à Leura, village voisin de Katoomba. Le départ de la rando a lieu au même endroit que celle de la veille mais en voulant prendre un raccourci pour y aller, nous faisons une erreur d'aiguillage et marchons 2 bons kms au lieu des 500m prévus. La météo annonçait la pluie mais c'est un beau soleil qui nous accompagne avec, malheureusement un vent froid et assez fort qui me rappelle notre bon vieux mistral. On se croirait dans la vallée du Rhône.

Purple flag
Très rapidement William découvre des binatas. Plus loin, en voulant photographier une fougère j'aperçois des droseras auriculata en grand nombre. Je fais des gros plans sur les feuilles, ce que je n'avais pas pu faire la veille. J'utilise la pochette de mes lunettes pour faire un fond sombre et uni afin que la feuille se détache bien. Cela semble réussir. Pendant que William continue avec les plantes carnivores, je m'avance 1 km plus loin vers un point de vue aménagé en surplomb de la vallée. Il permet de photographier la chute d'eau de Leura sous un angle différent de ce que nous avions fait jusqu'alors. William, toujours sujet au vertige n'est pas chaud pour venir sur ce loockout. Il n'est pourtant pas très impressionnant, en tout cas moins de près que de loin. Je repars à sa rencontre et je finis de le convaincre de venir. Il réussit à faire une photo avant de rebrousser chemin. Nous reprenons le sentier de Leura après ce petit détour et trouvons une orchidée curieuse, complètement seule tout près d'un parking à l'entrée du village. Il nous reste 2 kms de goudron avant de parvenir dans le village. Nous mangeons chez un Chinois pour quelques dollars et reprenons le chemin de Katoomba. Pendant cette rando, outre les plantes, nous avons photographié de nombreux oiseaux et vu des perroquets blancs de grande taille mais sans pouvoir leur tirer le portrait.
14/09/2011
Ce matin départ pour la gare en vue de se rendre au village de Blackheat. Arrivés sur place, nous prenons la direction du centre d'information du parc national. Nous marchons sur le goudron pendant 2,7 kms. J'ai déjà 3kms dans les jambes car ce matin je suis parti balader dans Katoomba en attendant le réveil de Will. Au centre d'information, nous apprenons par les rangers qu'il y a des carnivores, notamment des spathulatas. Pour démarrer la rando, il reste encore 500m de goudron à faire pour rejoindre le parking d'ou partent les différents sentiers. Ce parking est bien aménagé avec toilettes, barbecues, abris, ect.... Le ranger nous a donné la photocopie d'un plan sur lequel il a expliqué ou trouver les spathulatas. Effectivement, après 300m nous trouvons des auriculata. C'est bizarre il ne nous en avait pas parlé. Nous continuons sur le chemin qui est maintenant goudronné car accessible aux fauteuils roulants. A part quelques binatas nous ne trouvons rien d'autre et le chemin nous ramène à notre point de départ. Cette rando commence mal. En fait nous n'avons pas compris les explications du ranger, qui comme tous les australiens ne s’est pas exprimé clairement. Nous retournons le voir. Il n'est plus là mais ses collègues nous montrent par ou passer. Nouveau départ et cette fois, nous trouvons le petit sentier dont il parlait. Au bout de 300m, à nouveau des carnivores mais pas les spathulatas promises. Nous faisons quelques photos puis continuons sur le sentier. Il pleut depuis le départ, la pluie s'intensifie et il fait froid. J'enfile une polaire et ma veste de pluie. William fait de même. 10 m plus loin une première zone de spathulatas. Je protège William avec le parapluie pour qu'il fasse ses photos sans mouiller son appareil puis on inverse les rôles. Les plantes sont fixées sur des rochers dans le talus mais plus loin nous en trouvons un grand nombre à plat sur le sol détrempé. Parfois les auriculata et binata se mêlent aux spathulatas.

Droseras spathulata
La pluie se calme un peu. Je laisse William continuer se prises de vues et je poursuis mon chemin sur le sentier en direction de Pulpit Rock que nous apercevons de temps en temps à travers le rideau de pluie et la brume. Le chemin est très difficile, glissant avec beaucoup de marches. Montées et descentes se succèdent. J'arrive à un panneau qui indique 3 directions. L'un des chemins est impraticable. Je suis la direction que nous avions convenu. J'arrive à une petite cascade puis au bord d'un petit ruisseau. Les couleurs fauves des roches dans le ruisseau me plaisent et je me mets au milieu pour faire des photos de l'eau courante. Il se remet à pleuvoir. Je pense qu'il est temps de rejoindre William et de redescendre au village car le chemin est de moins en moins praticable. J'arrive là ou William faisait les photos mais je ne le trouve pas. Je l'appelle mais il ne répond pas. Je retourne jusqu'au cours d'eau ou j'ai fais mes photos dans l'eau mais pas de traces de William. Je pense alors qu'il est reparti vers le parking pour s'abriter de la pluie qui ne cesse de tomber. Il n'est pas non plus au parking. Je pousse donc jusqu'au centre d'information. Personne ne l'a vu. Je pose la question à des gens qui arrivent du village mais eux aussi ne l'ont pas vu. Je repars sur la rando car il y a de multiples chemins, et, comme il a un plan, il est peut être passé ailleurs. Je m'engage sur un sentier qui descend dans la vallée au pied d'une belle cascade mais je renonce au bout de 200 m parce que ce chemin est très difficile à cause de la pluie et qu'il n'y a pas de raison qu'il ait pris cette direction car nous n'en avions pas parlé.

Chemin de Pulpit Rock

Cascade de Leura
Je retourne au centre d'information et signale aux 2 femmes qui ont pris le relais que je l'ai perdu. J'ai bien essayé de l'appeler avec mon téléphone mais sans succès. Elles essaient avec la ligne fixe de leur bureau mais elles me disent ne pas pouvoir appeler un numéro étranger. Je leur laisse nos noms et l'adresse de l'HYA de Katoomba et sur leur conseil je pars à la gare pour rentrer à l'hôtel. Peut être est il à la gare? Elles me disent de rentrer et qu'elles m'appellerons s’il passe au centre ou pour savoir s'il est rentré sans les informer. Elles préviendront les secours pour les recherches en fin d'après midi. Je retourne quand même sur le chemin de la rando mais toujours personne. Je pars donc à la gare. William n'est pas là et n'est pas passé. Un train part 5mn plus tard pour Katoomba et je décide de le prendre car le suivant est 2h1/2 plus tard et je commence à avoir froid car je suis tout mouillé. Arrivé à l'auberge de jeunesse, je monte à la chambre. Il n'est pas revenu. Je pose mes affaires trempées et je vais à l'accueil signaler ce qui se passe. Je demande à la dame si elle peut l'appeler sur son portable mais là encore elle n'a pas accès à l'international et me dit d'appeler depuis une cabine. Je lui demande de me vendre une carte. Finalement elle change d'avis et appelle elle même depuis son poste avec la carte. Ca ne marche pas mais un de ses collègues vient à la rescousse et ils trouvent la procédure dans un bottin. Après quelques tentatives, elle me tend le téléphone en me disant que ça parle français. Malheureusement c'est le répondeur. Je laisse un message et je vais me doucher et changer de vêtements. Je descends ensuite dans la salle commune pour lire en attendant des nouvelles. 1 heure plus tard, je le vois arriver, complétement trempé lui aussi. Il est rentré en stop car, à 10 mn près, il a raté le train que j'ai pris. Nous comprenons que nous nous sommes ratés de peu sur le chemin et qu'il est probablement passé à moins de 5 m de moi lorsque j'étais dans le ruisseau. Il me croyait au sommet de Pulpit Rock et est monté là-haut au pas de course lorsque c'était possible. Il m'a appelé lui aussi mais malheureusement sans résultat. Il a même cru me voir mais comme je ne répondais pas à ses appels, il a pris son appareil photo et en zoomant a vérifié que c'était bien moi qu'il devinait à l'horizon. En fait ce n'était que des branches que le vent agitait. Il est redescendu très vite de crainte d'être surpris par la nuit et aussi parce que la pluie s'intensifiait. Finalement tout se termine bien. Il a même eu la chance de voir de très beaux perroquets qui se regroupaient pour la nuit mais n'a pas pu les photographier tellement il pleuvait. Pour se réconforter, je suis allé à Aldi (Eh oui) acheter de la viande (des émincés de poulets) et de la crème pour préparer quelque chose de consistant. J'ai demandé à un petit vieux avec qui nous avions sympathisé de me passer des champignons et j'ai préparé du poulet à la crème et aux champignons avec un peu d'huile de sésame car je n'ai rien trouvé d'autre dans la cuisine. En dessert on s'est envoyé un pot de 550g de yaourt au citron vert. Ces yaourts sont excellents et pas chers du tout. Le repas du soir nous est revenu à 4,5 dollars soit environ 3 euros pour 2. Le soir même William parle un peu avec sa famille sur internet et je me fais engueuler par sa mère de l'avoir lâchement abandonné dans la nature.
15/09/2010
Debouts un peu avant 8h00 ce matin. Nous n'avons rien prévu pour ce matin. Je vais chercher une énorme brioche industrielle à 3,5 dollars que nous avons vu chez les Chinois qui ont la boulangerie française. Elle est très lourde, mal cuite et sans levure mais parfaite pour le petit déj. Avec ça on va tenir une bonne partie de la journée. Nous dépensons environ 12 euros par jour pour 2 depuis qu'on s'est organisé. Lorsque je reviens William a préparé le café et le thé à la cuisine. Ensuite il s'installe devant son ordi et ne le quittera qu’à 15h00 pour aller prendre le train de retour vers Sydney. J’ai de la chance, c’est lui qui s’occupe des locations au fil du voyage. Personnellement, je préfère aller marcher encore ce matin. Je veux profiter au maximum de cette belle région, paradis des randonneurs. Il y a tellement de chemins de tous niveaux que tout le monde y trouve son compte. Tout d'abord je retourne aux 3 Sisters car je veux les photographier avec la lumière du matin et aujourd'hui le soleil est de sortie. J'aimerai aussi faire un ensemble de photos pour un panoramique. Hélas, vu le monde qui se presse sur le loockout, j'ai beaucoup de mal. Il aurait fallu un trépied. Je fais quand même une série mais sans conviction. Après cela, je m'engage sur un sentier en direction de la cascade de Katoomba. Je suis seul sur ce chemin qui comporte de nombreux escaliers. Par endroits la pluie de la veille a laissé des flaques qu'il est impossible d'éviter. Je fais un bon nombre de photos car des points de vue sont aménagés presque tous les 500m. Je photographie un arbre de la famille des melaleuca, appelé arbre à thé par James Cook qui en faisait des infusions. L'huile essentielle qu'on en tire possède de nombreuses vertus médicinales, notamment pour le traitement des infusions. Pendant la dernière guerre mondiale le gouvernement Australien exempta de service militaire les cueilleurs de feuilles et les gens qui en tiraient l'huile essentielle. Depuis les antibiotiques l’ont remplacé. J'arrive près de la cascade et descends au pied de la chute. J'ai du mal à exposer correctement tellement le contrejour est violent. Il est d'ailleurs impossible de faire une pose lente pour avoir un filé de l'eau. Vers midi je retourne à l'auberge puis je sors acheter à manger. William cherche des tarifs pour louer une voiture au Centre Rouge. On devrait s'en tirer pour environ 400 dollars pour 4 jours, soit 260 euros. L'auberge de jeunesse est affiliée au réseau YHA et de ce fait, la dame de l'accueil s'occupe de nous réserver nos chambres à Alice Springs, ce qui est fait en 1/2h. Nous partons prendre le train après un petit détour à Aldi pour faire le plein de nourriture pour les 2 jours qui viennent. Cela nous fera économiser pas mal d'argent et de temps à Sydney ou tout est hors de prix. La remontée de Katoomba street avec tous nos bagages est pénible. Il y a + de 800 m à faire et ça monte tout le long. Je laisse William chez un photographe car il veut faire des cartes postales à partir des photos des jours précédents. J'achète les billets pour Sydney et me rends sur le quai car le prochain train part dans 10mn. Il faut que William se presse car sinon il faut attendre 1h00 de plus. Il arrive sur le quai en même temps que le train. C'est parfait, il a bien optimisé son temps. Le trajet pour Sydney est de 2h00. Nous restons 2 jours pour visiter un peu la ville puis départ pour la Tasmanie. Arrivés à Central Station, il nous faut trouver le bon train pour Circular quai qui se trouve non loin de l'auberge de jeunesse. C'est l'heure de pointe et avec nos 40 kgs de bagages chacun, on se fait bousculer de tous les côtés. D'après les plans il nous faut prendre la ligne 19 de couleur bleu clair ; Arrivés au bord du quai après avoir monté un escalier de 15m on s'aperçoit que ce n'est pas bon. On redescend donc et on commence à gueuler sur la signalisation qui est très mal faite. Un français habitant Sydney qui nous a entendu vient nous mettre dans la bonne direction. Malheureusement il se trompe et 1 fois encore il faut redescendre ces foutus escaliers. On questionne plein de gens et finalement une personne nous accompagne jusqu'au bon endroit. Il faut encore remonter des escaliers. 15 mn plus tard, on quitte le métro et nous faisons le dernier km dans des rues pentues pour enfin arriver à l'YHA. Je me jette sous la douche pendant que William est de corvée à la cuisine pour préparer un plat de pâtes digne de l’Italien qu'il est (presque). Il parvient même à échanger avec un Allemand de la viande hachée contre de la sauce bolognaise en boîte, du sel et de l'huile pour relever un peu sa préparation. Après le repas, je monte sur la terrasse pour quelques photos puis je vais me coucher. Je feuillette le Lonely Planet pour préparer un peu le séjour prochain en Tasmanie.
16/09/2010
Hier soir William a mis le réveil à 6h50 pour faire des photos sur la terrasse au lever du soleil. Pas de chance il y a des nuages, on aurait pu dormir plus longtemps. Hier soir, vers minuit 2 Chinoises sont rentrées dans la chambre et ont occupé les lits restants. Elles ont fait beaucoup de bruit sans se soucier de nous qui dormions. Ce matin on leur a rendu la monnaie de la pièce et si demain elles sont encore là, on se lève à 4h30 pour prendre l'avion qui décolle à 8h00. Aujourd'hui, une fille de Sérignan du Comtat qui est à Sydney pour 6 mois est venue nous rejoindre. Au programme, visite du jardin botanique et des alentours par une belle journée ensoleillée. Nous avons mitraillé sans compter. Photos de plantes, d'oiseaux, de chauve-souris et même un énorme lézard. C'est un responsable de la serre tropicale avec qui nous avons parlé de plantes carnivores qui est venu nous chercher pour nous le montrer car il était dans une zone interdite aux visiteurs. Tel une star, il s'est laissé photographié sous toutes les coutures.

Eastern Water Dragon (Physignathus lesueurii)
Nous avons voulu monter en haut de Harbour Bridge pour avoir une vue globale de la baie mais le tarif (130 dollars par personne) nous a dissuadé de le faire. Retour à l'hôtel pour le coucher de soleil sur la terrasse. Encore raté. Comme ce matin le ciel s'est couvert alors qu'il est resté dégagé toute la journée. Nous passons une partie de la soirée à préparer les bagages pour ne pas rater la navette qui doit nous prendre à 5h30. Ce soir le repas est le même que la veille c'est à dire spaghettis et viande hachée mais sans sauce ni sel ni huile car nous n'avons pas trouvé une âme généreuse qui disposait de ces ingrédients.
17/09/2010
Debout à 4h45. Un rapide petit déj et nous voilà en bas de l'hôtel avec nos bagages. La navette est prévue pour 5h30. A l'heure dite, un taxi s'arrête et nous propose de nous conduire pour 40 à 50 dollars. Nous refusons. Notre navette est déjà payée. Elle n'arrive pas, l'heure tourne et à 6h10 nous allons à l'arrêt de taxi tout proche et embarquons immédiatement ; Le chauffeur nous demande à quel terminal nous allons, le nom de la compagnie et notre destination. Il dit que ce n'est pas possible que ce soit le terminal 2 de l'aéroport international pour aller à Hobart qu'il y a une erreur sur nos papiers et il nous débarque au T1 à l'aéroport national. Dans l'aéroport nous ne trouvons pas le bureau de Jetstar et demandons à des employés ou il se trouve et nous comprenons que nous venons de nous faire avoir par le chauffeur du taxi. Jetstar est bien sur l'autre aéroport à 6kms de là. Nous trouvons immédiatement un taxi qui nous demande 20 dollars pour la course. Je lui tends un billet de 50 et il ne me rend que 25. Je réclame les 5 dollars manquants mais il me répond que c'est une taxe et il démarre en trombe. 2eme arnaque de la journée. L'avion décolle avec 1/4h de retard, chose courante en Australie, paraît il. Le vol se passe bien. Arrivés à Hobart nous récupérons la voiture de loc. réservée depuis la France. On dit jamais 2 sans 3 c'est vérifié une fois de plus. On nous oblige à payer une taxe de 42 dollars parce que nous prenons la voiture à l'aéroport. Les gens que nous questionnons à ce sujet par la suite n'en ont jamais entendu parler. La voiture est une Nissan boite automatique et j'ai un peu de mal avec. Il va falloir s'habituer. Après avoir tourné un peu dans la ville, nous arrivons à l'hôtel. Il faut encore négocier car ils veulent nous faire payer 2 suppléments pour la chambre. Finalement, tout s'arrange. On ne paie rien. Après avoir posé les bagages, nous partons au mont Wellington pendant qu'il fait beau. Nous n'avons pas mangé mais nous pensons trouver ce qu’il faut sur la route mais malheureusement, il n’y a pas de magasin sur notre trajet. Tant pis on saute le repas. Arrivés à mi-chemin, la route est barrée à cause de la neige. Je me gare sur le côté et on part faire un tour à pied. Nous sommes trop loin du sommet pour espérer l'atteindre et redescendre avant la nuit. Il fait très froid et nous redescendons vers Hobart. Nous avions vu, en montant, une pépinière spécialisée dans les plantes de Tasmanie. Nous y allons et William questionne la femme pour trouver des PC dans le coin. Elle connait bien les plantes mais elle nous donne l'adresse d'un chercheur à l'université de Hobart qui pourra nous renseigner sur l'île entière. Nous y allons et après quelques recherches dans la ville, nous le trouvons à son bureau où règne un foutoir digne de la chambre de Floriane. Le chercheur, sorte de professeur Tournesol (même coupe de cheveux) mais beaucoup plus jeune, nous reçoit et écoute les questions de William. Il se met sur son ordinateur, fait quelques recherches et nous montre les plantes que nous devrions trouver à cette époque de l'année, ainsi que les lieux ou elles poussent. Nous parlons un peu de plantes avec lui et surpris de voir que nous connaissons plutôt bien les PC d'Australie (enfin William, pas moi), il fouille dans le foutoir de son bureau et nous donne un Cd avec le logiciel qu'il a crée pour répertorier les plantes de Tasmanie, carnivores ou pas. Il complète cette base de données par une petite brochure sur les arbres. Ce type va nous faire gagner un temps précieux par la suite.

Depuis le sommet du mont Nelson
J'avais proposé à William que nous montions au mont Nelson pour avoir une vue panoramique de la côte et de Hobart et justement c'est l'endroit le plus proche de la capitale ou se trouve le drosera macrantha. Nous y allons et après quelques centaines de mètres sur un sentier, nous trouvons les premiers exemplaires. Pourtant elle est minuscule et pousse au milieu d'herbes hautes et ne se trouve pas en grande quantité. On redescend à Hobart pour acheter à manger. Les prix sont délirants et nous quittons la première supérette sans rien acheter. On trouve finalement un supermarché COLES qui propose des tarifs plus intéressants. Nous prenons de la nourriture pour tout notre séjour sur l'île. Pour 102 dollars on achète les produits les moins chers, de mauvaise qualité mais au moins on ne se ruine pas. Le soir nous essayons une connexion internet. Ca ne marche pas et c'est 3 fois plus cher que sur le continent.
18/09/2010
Nous sommes 4 dans la chambre. Il y a 2 Chinois. L'un, de Taiwan est très discret et l'autre, de la république populaire, absolument sans gêne. Il met le chauffage à fond, il fait plus de 30 degrés dans la chambre. Au bout d'un moment, je me lève et je le coupe. Il attend 5 mn et croyant que je dors, il le remet. A mon tour, j'attends un peu et je le coupe à nouveau en le regardant pour qu'il comprenne qu'il commence à me courir sur le râble. Il ne dit rien mais dès que je tourne le dos il remet à fond. Il ne parle pas anglais, encore moins que moi, alors ça ne sers à rien de discuter. A 6 heure du matin, il éclaire la pièce et met de la musique très fort. L'autre Chinois se réveille et quitte la chambre. Au bout d'un moment je vais à la salle de bain puis je descends à la cuisine pour le petit déj. Quand je reviens, William est réveillé mais le Chinois s'est rendormi. William part à la douche et manger. J'en profite pour entrer et sortir en claquant la porte. J'espère ainsi que le Chinois quittera l'hôtel. Il fait beau mais la pluie est annoncée pour aujourd'hui. Il a déjà plu cette nuit. Nous avons prévu d'aller soit sur le mont Field, soit sur le mont Hartz car le docteur en paléobotanique nous a assuré que nous trouverions des PC et de belles randos sur ces 2 sites. La route qui mène aux Hartz mountains est bonne. Au village avant le parc (15kms), il faut acheter un droit d'accès. Nous sommes un peu joueurs et faisons l'impasse. Nous traversons une forêt tropicale et prenons de l'altitude. Il fait froid avec une alternance de pluie et de soleil. Après quelques kms de montée, nous roulons dans la neige et sommes bloqués par un Chinois qui s'est mis au fossé en croisant un 4x4. Après qu'il soit sorti, nous reprenons la montée. Arrivés à un parking, nous nous arrêtons et trouvons un panneau décrivant les randos près d'une petite cabane en bois. Il faut continuer pour la rando qui mène au lac d' Esperance. La neige est de plus en plus épaisse et ça frotte sous la voiture. Nous glissons un peu mais malgré tout on avance. Nous passons un 2eme parking avec des départs de randos mais on continue. Il nous reste 3 kms pour arriver à notre point de départ. Nous traversons un plateau de landes alpines de toute beauté. Un long arrêt photos s'impose. Nous ne trouvons pas de carnivores. On redémarre mais après 500 à 600m, nous sommes bloqués. La voiture est posée. Il faut se rendre à l'évidence, nous devons redescendre au précédent parking. Il y a la place pour un demi tour et nous repartons à contre cœur en multipliant les arrêts photos. Pour la rando, on se contentera d'une petite ballade dans la forêt tropicale au pied de la montagne.

Plateau glaciaire
Il n'est pas tard, alors nous prenons la direction de Southport puis Cokle Creek et Ida bay qui représente le point d’Australie le plus au Sud que nous pouvons atteindre. La côte est superbe, les rares villages n'ont pas toujours un nom et rarement plus de 5 maisons. Souvent les gens vivent dans de caravanes et des abris faits de bric et de broc, un peu comme à Beauduc. La route n'est pas goudronnée mais hormis le fait qu'elle soit détrempée, elle est en bon état. Nous revenons à Hobart, content de la journée, en espérant avoir le temps de retourner aux Hartz mountains pour randonner avant notre départ de Tasmanie si la neige à un peu fondu.
19/09/2010
Ce matin nouveau départ pour une rando en montagne. Cette fois nous nous dirigeons vers le Mont Field au Sud Ouest de Hobart. Nous avons été prévenu que l'accès serait peut être fermé à cause de la neige. Nous tentons quand même notre chance. Il fait beau mais un vent violent et froid souffle. Arrivés sur place au pied de la montagne, nous prenons la piste de terre complètement détrempée. La voiture glisse mais en roulant doucement il n'y a pas de risque. Je me gare chaque fois que je peux pour laisser passer les 4x4 locaux. Presque au bout de la route nous trouvons un parking ou une petite voiture de location vient de s'arrêter. De là un sentier mène au sommet en 2h00. Nous partons après nous être équipés. Après 500m de marche en forêt dans 20 cms de neige, nous arrivons au lac Dobson dont les eaux sont noires et agités par des vagues énormes. Je fais quelques photos mais j'ai du mal à rester debout. Le chemin n'est pas bien tracé, personne n'est passé avant nous. Les occupants de l'autre voiture, un Australien et une Française nous rejoignent et décident de faire la rando en notre compagnie. Ils sont mieux équipés que nous avec leurs vêtements étanches et leurs guêtres. Nous nous contentons d'un jean et pour William, de simples basket. Le chemin remonte un ruisseau. Très vite nous sommes mouillés jusqu'aux genoux. Au départ il n'y avait que 20 à 30 cms de neige mais au fur et à mesure que le chemin s'élève, la couche de neige prend de l’épaisseur et rapidement il y en a 60 cms. Il faut lever les pieds à chaque pas car on enfonce profondément. C'est assez fatiguant. Je fais la trace pendant un km puis l'Australien propose de me relayer. Il monte jusqu'au sommet en tête et moi je me mets en queue de peloton pour pouvoir m'arrêter pour faire des photos. Le vrai sommet est encore plus haut mais nous nous contentons du premier car il faudrait encore marcher au moins 2 h00. Sur celui-ci il y a un amas de rochers qui ressemblent à du granit. Le vent est tellement fort qu'il est difficile de rester debout. Après une séance de photos, nous entamons la redescente. Le brouillard arrive.

Le brouillard arrive
Retour à la voiture pour se changer. Le jean, les chaussures et chaussettes sont imbibées. Il y a même de la glace dans les chaussures. Je mets mon short et les sandales malgré le froid. En repartant, nous passons devant un centre de soins pour animaux de Tasmanie. Nous y allons et avons ainsi l'occasion de voir le célèbre diable de Tasmanie, ainsi que des kangourous, wallabies, koalas et wombats. Ces 2 dernières espèces sont de vraies peluches vivantes. Le diable de Tasmanie (ou sarcophile) vit sur toute l’ile mais actuellement une maladie de la face devenant cancéreuse est en train de décimer l'espèce. Des mesures ont été prises pour éviter cette disparition en isolant des sujets sains sur le continent Australien.


Diable de Tasmanie
De retour à Hobart, nous faisons un arrêt aux jardins botaniques royaux puis retour à l'auberge de jeunesse pour tout laver et sécher. Les sèches cheveux ne résistent pas longtemps et finissent par déclarer forfait alors que les chaussures ne sont pas encore en état de reprendre du service. Demain il faudra, de toute façon les remettre aux pieds. Plus tard en allant à la douche, je m'aperçois qu'ils refonctionnent. Internet est défaillant ce soir à l'auberge de jeunesse. Nous trouvons un cybercafé où nous passons la soirée. J'oublie de demander à Isa si mon permis de conduire français est à la maison car je ne le trouve pas avec mes papiers. Il est pourtant nécessaire pour utiliser les voitures de location. Bien que personne n’ait demandé à le voir. De retour à la chambre, nous sortons le linge de la machine et le sèche-linge prend le relais pendant que nous préparons un bon repas composé de côtes d'agneaux de Tasmanie accompagnées de pommes de terre à la parisienne et de salades. Les pommes de terre finissent à la poubelle car nous n'arrivons pas à les cuire correctement à l'eau et en les poêlant elles brûlent d'un coup.
20/09/2010
Ce matin il faut tout charger dans la voiture. Les chaussures ont bien séché même si ce n'est pas parfait. Aujourd'hui c'est le départ pour Deloraine, un village situé au Nord, à l'autre bout de l'île. Nous avons réservé un logement dans une auberge YHA qui nous permettra de sillonner la région, entre autre Cradle Mountains National Park. Nous prenons la route qui passe par le centre, un peu plus courte que la route côtière. Elle est quasiment déserte. Seules de grandes exploitations agricoles et quelques élevages de moutons et de vaches coupent la monotonie des kilomètres qui défilent. A mi-chemin nous atteignons la région des grands lacs. Nous stoppons près d'un point de mise à l'eau des bateaux de pêcheurs pour manger un sandwich fait maison (cheddar, champignons et huile d'olive). Nous repartons et le goudron fait place à une route gravée parsemée de nids de poule. Notre moyenne s'en ressent mais à 14h00, après 5h00 de conduite, nous arrivons à destination. Nous trouvons rapidement la maison auberge de jeunesse, un peu à l'écart du centre du village. C'est tout petit, la maison est ouverte mais il n'y a personne. Il règne un foutoir incroyable dans cette auberge de jeunesse et nous ne voyons que 3 chambres. Nous posons nos sacs dans l'une d'elles et laissons un mot pour le propriétaire avant de repartir. Il y a un petit parc national à proximité. Nous allons y faire un tour et arrivons par une belle route non goudronnée à un petit sentier aménagé qui mène à la gorge du diable (Devil's gorge). Une passerelle avance au dessus du vide. La vue est impressionnante et le vent si fort que je dois tenir mes lunettes d'une main et faire des photos de l'autre. Le résultat ne sera pas terrible et ce n'est pas William qui fera mieux car sa peur du vide le cloue sur place et reste 2 ou 3m en retrait mais il sort malgré tout son APN puis repart de suite sur le chemin. Nous poursuivons la route non revêtue jusqu'à un lac de barrage (lac Macenzie) entouré de collines de pierres ou presque rien ne pousse. Même ici dans cet endroit très reculé, il y a des canettes et des déchets. Les Australiens n'ont pas beaucoup de respect pour la nature. En revenant à Deloraine nous cherchons un cybercafé mais le seul qu'il y a est fermé depuis 3h00 déjà et il faut compter 7 dollars pour une heure de connexion de mauvaise qualité. Nous demandons à droite et à gauche jusqu'à ce qu'une caissière de supermarché nous donne son adresse et son téléphone en nous proposant de se servir de son ordinateur.

Deloraine
Retour à la maison auberge de jeunesse qui me fait penser un peu à la maison de Jean Louis. Il y a du bordel partout dehors comme dedans mais bien pire qu'à Porte en Valdaine. Le maitre des lieux, qui, entre temps, est revenu, nous explique le fonctionnement de la maison. Les douches pour hommes sont dehors dans une espèce de débarras tellement rempli que nous ne pouvons pas rentrer à l'intérieur. Nous décidons sur le champ de ne pas les utiliser. Un petit poêle à bois dans la pièce principale sert à chauffer toute la maison. Alex, le propriétaire, ressemble aussi un peu à Jean-Louis. Sa cuisine sert pour tous les locataires des 3 chambres qu'il loue. Il semble que ce soit lui qui soit le plus bordélique ici et non pas les locataires, malgré l’affiche qui dit « Votre mère ne voudrait pas travailler ici, alors nettoyez votre bordel ! ». Il nous montre ce qui est à lui et que nous ne devons pas utiliser. Il roule en Toyota BJ42, alors je pense que je devrais bien m'entendre avec lui car c’est l’un des modèles que nous avons à la maison. William part chez la fille qui nous a proposé d'utiliser son ordinateur pendant que je vais à la douche. La salle de bain est froide. Il n'y a pas de chauffage et dehors il ne fait pas plus de 10 °C. Un panneau signale que l'eau chaude ne coule que 5mn. Je fais vite mais au bout de 2 mn l'eau chaude s'arrête. Inutile de dire que je ne traîne pas. Je suis invité par un couple d'Australiens de Melbourne, arrivés un quart d'heure plus tôt, à manger avec eux. La femme a préparé un plat de légumes et de riz que je trouve excellent et qui réchauffe. Ils visitent la Tasmanie en Range Rover avec un canoë sur la galerie. Dans cette région les rivières sont nombreuses.
21/09/2010
Debouts vers 7h30. Petit déjeuner et préparation de 2 sandwichs pour midi. Je reste au traditionnel cheddar, champignons et huile d'olive mais William rajoute des tranches d'une espèce de saucisson industriel infect qui m'a rendu un peu malade le soir ou j'en ai mangé. Il va durer longtemps parce que William ne fait pas les choses à moitié quand il s'agit de bouffe. Il a acheté le modèle XXL, le plus économique mais il se retrouve seul à en manger. Sacs à dos remplis, nous prenons la route de Cradle Mountains. Un peu plus de 100Kms à faire. Arrivés sur place, on part pour le lac Dove d'ou démarre notre randonnée. Surprise ! Il y a des barrières et nous devons faire demi-tour et 2 kms en arrière pour acheter des billets à 16,5 dollars/personne. Nous en profitons pour nous renseigner au sujet des plantes carnivores. Personne ne sait mais on obtient qu'ils appellent les rangers du parc qui devraient pouvoir nous aider. On a rendez vous avec eux dans leur bureau près des barrières qui nous ont obligé à faire demi-tour. Le billet nous permet de prendre une navette pour faire les 8 derniers kms jusqu'au lac. Il y a plusieurs arrêts et il est possible de descendre du bus puis d'en reprendre un autre pour continuer si on le souhaite. Le ranger qui nous reçoit nous montre sur son ordinateur les plantes carnivores que nous pourrons trouver. Je lui demande si elles sont déjà sorties, vu le temps, et il me répond : it's a good question.

Cradle mountains
Nous verrons bientôt que nous arrivons trop tôt. Nous reconnaissons un terrain propice à leur développement, il y a pas mal de sphaigne et de l'eau partout, mais pas une plante ! Heureusement la marche est super intéressante. Nous suivons le lac pendant 1 km puis bifurquons sur la gauche en direction du pic et du lac Hanson. Nous ne verrons ce lac qu'après 2h00 de marche. Nous ne trouvons pas de plantes carnivores malgré la tourbe assez présente mais des lichens de toute beauté recouvrent les rochers. De nombreuses mousses également très colorées sont présentes. Un arrêt casse-croute à mi- pente nous permet de souffler un peu. Il fait plutôt chaud, entre 15 et 20 °C. Je quitte ma polaire avant de reprendre l'ascension. La pente s'accentue, alors les poses photos du lac Dove enchâssé dans les montagnes enneigées sont les bienvenues. Le sommet n'est qu'à 1545m mais sa forme fait penser à de la haute montagne et atteindre le sommet ne doit pas être facile. Le sentier s'élève brusquement. Il faut presque se servir des mains pour garder l'équilibre. Par endroits, William n'est pas rassuré mais ça passe. Enfin nous débouchons sur un replat d'ou nous avons une vue sublime vers le lac Hanson sur notre gauche. Il est entouré de montagne et semble se déverser dans un autre lac, un peu comme le lac Noir et le Lac Bleu au pied du Tarbesou en Ariège. Nous restons un moment à cet endroit pour apprécier le paysage et la tranquillité du lieu. Nous ne croiserons que 2 personnes pendant toute la randonnée. L'heure qui passe trop vite nous oblige à reprendre la marche si nous ne voulons pas faire 8kms de goudron à pied pour rejoindre la voiture. Nous continuons en direction du sommet de ce pic qui se dresse maintenant devant nous. Le chemin sur les rochers est maintenant dégagé. La végétation se raréfie, seules de très petites plantes s'accrochent encore sur cette pente de plus en plus raide. Les 100 derniers mètres sont équipés d'une chaîne pour s'assurer et aider à avancer. Certains passages commencent à être aériens. William a les jambes en coton et a beaucoup de mal à progresser. Je le guide en lui disant ou mettre les pieds et de ne pas lâcher la chaîne. Il veut aller au sommet malgré son vertige et arrive à la moitié de la chaîne vers un passage ou il n'y pas beaucoup de prises sauf si l'on passe de l'autre côté de la chaîne. De cette manière la progression est sûre mais il ne peut pas. Il est tétanisé et redescend de quelques mètres pour s'assoir sur un replat au soleil et me laisse continuer seul. En 5mn j'arrive au sommet. Je n'ai pas une vue bien différente sur les alentours. Le chemin bascule sur l'autre versant. Je m'y engage en espérant découvrir un autre lac. Le lac du cratère ne doit plus être loin mais après 5mn de marche, je me retrouve dans 30 cms de neige dure au bord d'un à-pic qui me fait peur. Je continue sur une centaine de mètre et voyant que tout est enneigé, je renonce. Les 2 personnes que nous avions vues devant nous un peu plus tôt sont passées mais je ne veux pas prendre de risque. Je redescends vers William et nous prenons à regret le chemin du retour. Il a les jambes flageolantes jusqu'au parking et un blocage des cervicales du à la contraction musculaire. Nous reprenons la navette et nous nous faisons déposer un peu plus bas pour une promenade de 20 mn le long d'une rivière. La sphaigne abonde mais toujours rien. Nous avons la chance de photographier 2 wallabies sauvages, enfin pas beaucoup plus que les marmottes du lac Lauvitel près de Bourg d'Oisans. Une 2eme navette nous dépose au parking et nous rentrons à Deloraine. Soudain William me dit de stopper. Il a vu un wombat dans les herbes non loin de la route. Notre approche prudente nous permet de réaliser quelques clichés mais il nous voit et s'enfuit. Nous le poursuivons et parvenons à l'approcher. Je me trouve maintenant à 3 m de lui, peut être moins. La traque a duré au moins 1 heure pendant laquelle nous le perdons de vue puis le retrouvons. Finalement, il arrache une touffe d'herbe puis rentre tranquillement dans son terrier.


Le wombat
Nous reprenons la route. 10 minutes plus tard c'est 2 autres wombats qui nous regardent passer. Re arrêt photos puis direction une grotte située sur le chemin du retour ou il devrait y avoir des carnivores à proximité. La signalisation routière étant très mal faite, nous ratons un embranchement et nous sommes dans l'incapacité de savoir où nous sommes. Il n'y a pas de village, alors nous roulons droit devant nous. Nous recevons un SMS des jeunes qui nous prêtent leur ordinateur. Nous sommes invités à un barbecue. Le barbecue étant une institution en Australie, nous ne voulons pas rater ça. Malheureusement, il nous faut au moins 1h00 pour arriver à Deloraine. Nous traversons une région ou toutes les fermes ont des boîtes aux lettres originales. Nous faisons quelques photos mais nous devons renoncer pour arriver à Deloraine avant la fin du BBQ. Hélas, un nouveau SMS nous apprend que tout est mangé. Ils ne nous ont gardé que 2 bières chacun. Je vais enfin pouvoir gouter aux fameuses bières de Tasmanie. Vu le prix dans les bars, j'y avais renoncé. 2 fabriques se disputent le marché. D'un côté, au Sud c'est la Cascade qui domine et au Nord, une autre marque, Boags. Ne demandez pas à un habitant du nord de boire une Cascade, il vous dira qu'elle n'est pas bonne et vice versa si vous proposez l'inverse à un habitant du Sud. Pas de chance, ils ont acheté de la Corona importée du Mexique car elle était en promotion à 70 dollars le pack de 24. C'est vraiment hors de prix. Heureusement elle est bonne.
22/09/2010
Ce matin nous avons décidé d'aller vers les grottes de King Salomon et de Marakoppa. Arrivés près de cette dernière, nous laissons la voiture et empruntons un sentier qui suit une petite rivière. Cet endroit pourrait s'appeler la vallée verte ou la vallée des fougères tant elles sont nombreuses et variées. Les crosses qui se déroulent sont très photogéniques. Sur le tronc d'une grande fougère arborescente nous trouvons un ver de couleur jaune vif. Par contre pas de plantes carnivores dans les parages malgré ce que l'on nous a dit à Hobart. Nous ne sommes pas plus chanceux près des grottes du roi Salomon.

La vallée verte
Je propose à William que l'on aille sur le plateau de Walls of Jerusalem qui n'est qu'à 30 kms de là. En chemin, on s'arrête pour photographier un lac (Rowallan lake) et en descendant un talus, bingo, des plantes carnivores. En pleine séance photo, nous entendons crier Help, Help, alors que nous pensions être seuls dans cet endroit isolé à 25 kms de la première maison. Prudemment, on va voir ce qui se passe. Courageux mais pas téméraire, je laisse William passer devant. C'est un couple de jeunes Siciliens qui nous explique que leur voiture de location est enlisée et en partie dans l'eau. Ils ne parlent pas anglais. Heureusement, William maitrise plutôt bien l'Italien. Ils ont de la chance de nous trouver. Ils marchent depuis déjà presque 1h00 et il reste 25 kms à faire pour arriver à la première maison. Nous arrêtons notre séance photo et les emmenons à la réception de la grotte du roi Salomon ou nous avons vu une cabine téléphonique. C'est William qui se charge de prévenir la police qui fera venir une dépanneuse.

Droseras au « lac des Italiens »
Nous apprendrons plus tard à Hobart que cette mésaventure leur a couté environ 9000 dollars. Ces Italiens qui faisaient un voyage organisé par une agence ne garderons probablement pas un bon souvenir de la Tasmanie. Nous en profitons pour manger notre traditionnel sandwich et nous reprenons la route du lac. Comme partout en Australie, la signalisation est mal faite ou inexistante et nous nous trompons de route. Nous nous engageons sur une petite piste étroite. La garde au sol de la petite Nissan est parfois insuffisante mais nous arrivons lentement à progresser dans la bonne direction. Par endroit un véhicule tout terrain n'aurait pas été du luxe. Je commence à douter de notre route. Pourtant, pour une fois nous avons une carte et nous pensons être sur le bon itinéraire. Alors nous continuons jusqu'à un bourbier infranchissable pour notre voiture. Par chance à cet endroit il y a suffisamment de place pour faire demi-tour. Revenus au début du lac, nous trouvons un panneau indicateur. Notre direction était sur l'autre rive du lac. A 15h00 nous arrivons au départ de la rando prévue pour la journée. Il est tard mais on s'engage malgré tout sur le sentier qui monte dans une forêt en partie dévastée. On marche vite. Nous avons décidé de faire demi-tour au bout d'1h1/2 car la nuit arrive vers 18h00.

Une boule de mousse
Quelques plantes carnivores sont présentes au bord du sentier mais nous savons que sur le plateau il y avait 3 ou 4 espèces que nous n'avons pas encore trouvées. Dommage ! Nous rentrons tranquillement à Deloraine. Demain nous repartons pour Hobart en prévoyant plusieurs arrêts sur des sites indiqués par le chercheur de l'Université.
23/09/2010
Ce matin, il faut préparer les valises. Hier au soir, nous avons passé la soirée avec les jeunes qui nous prêtent leur ordinateur. Nous sommes allés faire un billard dans un bar ou j'ai pu gouter les bières locales. Une blonde plutôt bonne et une brune de qualité moyenne. William lui a gouté aux vins (moi aussi une gorgée) le rouge m'a paru bon bien qu'il ne tienne pas la comparaison avec nos côtes du Rhône mais je n'ai pas aimé le blanc. William lui a préféré le blanc qui s'apparente d' après lui à un vin italien qu'il connaît. En quittant Deloraine, nous prévoyons une petite marche sur un site propice aux plantes carnivores. On laisse la voiture à l'entrée d'une ferme isolée. Après 500m nous devons renoncer car le chemin est encombré d'arbres qui ont été abattus et laissés sur place. Nous reprenons la voiture pour rejoindre Liffey falls à quelques kms.

Liffey falls
Une marche d'un ou deux kms nous emmène le long d'un torrent jusqu'à une succession de cascades. La dernière chute est la plus belle. La lumière permet de faire quelques jolies photos. Je trouve en particulier des champignons violets presque fluos que je ne réussis pas à identifier de retour à la maison. L'endroit est tranquille. Nous croisons 2 ou 3 touristes au début du chemin puis plus personne. Le retour à la voiture se fait par le même chemin. On sort le casse-croute au cheddar avant de repartir. Quelques petits oiseaux (super fairy wren), de la taille d'une mésange, de couleur à dominante bleue, viennent picorer les miettes. Ils viennent compléter notre collection de photos d'oiseaux. Nous repartons vers le Pine Lake plus loin sur la route du retour à Hobart. Un chemin aménagé au dessus d'une tourbière nous emmène près du lac en traversant une zone boisée d'arbres âgés de plus de 1000 ans (pencil pines ou Athrotaxis cupressoides) qui semblent morts mais qui survivent encore dans cet endroit. Ils sont les survivants de l'époque du Gondwana, avant la séparation des continents. Nous sommes sensés trouver ici plein de plantes carnivores mais nous faisons chou blanc. Pourtant le terrain s'y prête.


Pencil pine
De retour à Hobart, nous essayons de rejoindre l'endroit ou le mont Nelson rejoint la plage sur la route qui prolonge Sandy bay. Là aussi il y a des plantes carnivores mais nous ne réussissons pas à trouver le chemin en voiture. Retour à l'auberge de jeunesse pour poser les bagages puis café internet chez les Ethiopiens pour les messages. En revenant à l'hôtel, je suis attiré par une publicité sur le pare-brise. En fait il s'agit d'un PV de 50 dollars pour stationnement interdit. Je pense que nous ne le paierons pas.
24/09/2010
Il faut s'occuper du PV. Nous questionnons le type à la réception. Il nous conseille d'aller au Council office qui est à 2 rue de là. C'est là qu'il faut payer l'amende mais il pense que si nous ne parlons pas un mot d'anglais, ils passeront l'éponge. Effectivement le PV part à la poubelle. En sortant nous allons rendre la voiture chez Hertz. Malgré qu'elle soit méconnaissable à cause de la boue qui la recouvre, tout se passe bien et nous voilà à pied. William veut acheter un joli couteau pour son père. Nous faisons un nombre incroyable de boutiques sans succès. Les rares que nous trouvons ne sont pas beaux mais très chers. Il renonce et part au cybercafé pendant que moi je déambule au hasard des rues et me retrouve à Salamanca, le plus joli quartier de Hobart. Il y a plein de petites boutiques et de cafés. Beaucoup sont installés dans d'anciens entrepôts datant de l'époque ou la pêche à la baleine était florissante. Il y a aussi un centre artistique. Je rentre dans un immense magasin d'art africain. Je me demande comment ils peuvent exposer autant de pièces. Une très grande salle regroupe tout ce qui n'est pas à vendre. Je repère un stock de gourdes anciennes mais certaines sont vieillies artificiellement. Il y a des instruments de musique, des lampes et d'autres objet dont le style fait penser que la provenance est le Kenya. Je discute avec la femme qui s'occupe de la boutique et je m'aperçois qu'elle n'y connaît pas grande chose. Comme il y a une salle réservée pour l'artisanat australien, je lui demande si elle a des opales. Elle me montre un présentoir dont les pierres sont toutes différentes les unes des autres. Je me fais expliquer ce qu'est une belle opale et comment la reconnaître. Ce n'est pas évident car il y en a de provenances différentes notamment de Coober Peedy et du Queensland. Les prix aussi sont difficiles à comprendre et c'est plutôt cher. Une belle opale tourne aux alentours de 300 à 400 dollars. Il y a aussi d'autres pierres qui leurs ressemblent mais qui n'en sont pas. On se retrouve vers 12h30 pour manger. Ensuite William va faire la sieste et moi, après une petite digestion devant la télé, je décide de partir du côté de Sandy Bay. C'est le quartier du port de plaisance. Je me promène le long des quais pendant 2h00 et je photographie à nouveau l'oiseau à bec jaune que j'avais vu chez Alex à Deloraine. Cette fois je l'approche à 2 m et je réussis à ne cadrer que la tête.

Masked Lapwing ou Spurwing Plover (Vanellus miles)
Il me faut encore 1 h pour revenir en centre-ville. Je passe à l'hôtel poser mon sac photo puis je repars en ville. Il y a plein de boutiques mais rien d'intéressant et les prix sont plutôt élevés. Vers 17h30 je vais au café internet. Will arrive 1/2h après moi et vers 20h00, retour pour manger puis soirée télé. Je retrouve le couple d'Australien qui m'avait offert à manger à Deloraine. Ils sont allés au Freycinet National Park et me disent que c'est une merveille.
25/09/2010
Avant de partir à l'aéroport, il reste 3h00. J'en profite pour retourner à Salamanca ou j'ai vu des livres intéressants. En arrivant sur l'avenue, je m'aperçois que c'est jour de marché. Il y a des stands par dizaines, un peu comme le dimanche matin à Curitiba. Mais là il n'y a rien ou presque rien d'original. On se croirait sur un marché de chez nous sauf que c'est 10 fois plus grand. Je vais donc à la boutique pour les livres ; je les feuillette tous mais je ne trouve pas ce que je veux. Je renonce donc. Je cherche un T shirt pour Floriane. Les premiers que je regarde sont moyens et mal taillés. Finalement j'en trouve un joli que je me décide à prendre. Le prix n'est pas affiché, contrairement aux autres. C'est bizarre mais je comprends à la caisse. C'est 50 dollars soit 3 fois le prix d'un T shirt. J'essaie de négocier mais rien à faire. Je laisse tomber. Maintenant il pleut, alors je rentre mais en traversant le marché, je remarque un stand avec des T-shirts de qualité acceptable. Je manque tomber quand la femme m'annonce le prix. Encore plus cher qu'en boutique : 60 dollars. Je rentre, déçu. En chemin je fais une halte dans une boutique de souvenirs mais ici ils ne sont pas chers mais de mauvaise qualité. Je pose mes bagages à la consigne de l'hôtel et malgré la pluie, je repars au centre ville. Je trouve enfin un joli T-shirt qui plairait beaucoup à Flo. Il est en solde mais il n'y a que des grandes tailles. Encore raté. Je repars et dans la même rue, j’en trouve enfin un à sa taille et avec un motif qui devrait lui plaire. Je rentre à l'hôtel trempé, William aussi, 5 mn après moi. Nous rendons les clés de la chambre et allons manger. Il faut faire vite car c'est l'heure de fermeture de la cuisine pour nettoyage. Il y a du beurre en libre service. On l'utilise pour cuire des pommes de terre en lamelles très fines qui brûlent au fond de la poêle. Nous les mangeons en vitesse sans attendre qu'elles soient cuites puis nous prenons nos bagages et partons attendre la navette dans la rue voisine. Nous arrivons à l'aéroport avec 4h00 d'avance mais nous n'avions pas le choix sauf à prendre un taxi. Il faut attendre 2h00 dans un hall d'aéroport vide sans aucune boutique pour enregistrer les bagages. Il y a juste un bar pas terrible où je prends un café très cher (4,5 dollars). Lorsque nous arrivons dans le hall d'embarquement, il y a encore presque 2h00 d'attente avant de monter dans l'avion qui n'est pas encore arrivé. Ici il y a 3 boutiques dont 2 sont fermées. Nous remarquons qu'elles ouvrent chacune à leur tour pour ne pas se faire de tort. Il n’a rien d'intéressant. Seule la bouffe nous attire car à part les pommes de terre pas cuites nous n'avons rien mangé. Chacun à notre tour nous allons acheter à manger. William qui crève de faim y va en premier. Lorsque mon tour arrive, j'ai du mal à savoir ce qu'il y a dans les sandwiches. Finalement je trouve une espèce de friand de poulet au curry. Il est chaud et je le trouve délicieux. Pour une fois c'est pas cher vu la taille et la qualité est correcte (4,60 dollars). William craque en sentant cette odeur et va s'en chercher un.
26/09/2010
Nous sommes arrivés à Adelaide vers 20h30. Nous prenons un taxi (moins cher que les navettes et plus rapide car il ne fait pas la tournée de tous les hôtels), conduit par un Indien pour rejoindre My Place, une petite auberge de jeunesse que nous avons repérée sur le Lonely Planet. La réception est fermée mais nous trouvons un mot avec nos noms et les clefs de la chambre en évidence sur le comptoir. Après une bonne douche, je rejoins William qui est parti au Macdo pour utiliser leur Wifi qui est gratuit. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'a dit pour y aller mais je pense que je trouverai. Finalement je tourne un peu dans le quartier et je demande mon chemin. Personne n'est du coin et ne connaît. Je retourne me renseigner à l'hôtel, mais, stupeur, il faut un code pour rentrer. Je suis coincé dehors. Je repars donc et je croise un Français qui loge à My Place. Il ne peut pas me renseigner car il est arrivé le matin mais il me donne le code. Finalement je trouve un passant qui m'explique. Lorsque j'arrive, William a presque fini ses Emails. Il me laisse l'ordi et part se coucher. Je m'installe et commence à regarder mes messages. Au bout d'une demi-heure, 2 types bourrés rentrent dans le Macdo et font un tapage en beuglant comme des veaux. Ils commencent à importuner 2 filles qui sont devant leurs ordis à 2 m de moi dans une autre salle. L'une d'elle abandonne son ordi et se met derrière moi. Je n’ai pas envie de me mêler de ça. Je termine un message à Jean-Marie et plie bagage. En chemin je croise pas mal de gens éméchés. C'est le samedi soir. A Adelaide il est courant de voir des jeunes, garçons ou filles, complètement saouls, déambuler dans les rues tard le soir. Arrivé à la chambre, elle est fermée. Je pense que William s'est endormi mais j'ai beau taper, il n'ouvre pas. Finalement, un type qui passe dans le couloir me dit qu'il est sur la terrasse.. Il va le chercher et je peux enfin me coucher. Le lendemain matin William m'explique qu'il a peut être trouvé 2 Allemandes pour partager une voiture de loc avec nous pour aller à Kangaroo Island. En fin de compte, elles renoncent et nous prenons une voiture et les tickets pour le ferry. Le départ est prévu le soir. Nous décidons de faire une randonnée sur les collines qui entourent Adelaide. Une des allemandes nous accompagne. L'autre est malade et reste à l'hôtel. William espère trouver des carnivores. Cette rando est une catastrophe. Tout le long du chemin, des vieux pneus, des bidons, des ferrailles en tout genre et des bouteilles cassées nous oblige à regarder ou mettre les pieds. Heureusement, il n'y a rien à voir. Nous terminons la marche devant un mur de pierre de plus de 2m de haut qu'il faut escalader pour rejoindre la route et revenir à la voiture.

Le lézard jaune
En arrivant à l'hôtel, je sers un peu trop le trottoir et abime un enjoliveur. Nous partons à Cap Jervis pour prendre le bateau. A 19h00 on est à bord. Le débarquement a lieu à Penneshaw mais nous avons réservé une chambre chez un papy à Kingscote à 52 kms. A cause des Kangourous, nous roulons très prudemment de nuit sur une route quasi déserte. En fin de compte les kangourous que nous voyons sont pour la plupart écrasés sur la route mais 2 où 3 fois il y en a un qui traverse dans les phares. Le papy qui nous loue la chambre ne nous rend qu'une partie de la monnaie qu'il nous doit. On se remboursera comme on pourra. Pour le repas, on prépare des spaghettis mais nous n'avons ni sel ni sauce pour assaisonner. Je trouve une bouteille de whisky, alors j'en bois une part et j'en verse une bonne dose sur les pâtes. C'est pas mal, en tout cas mieux que nature. Demain matin nous nous levons tôt pour faire les courses pour la durée de notre séjour et explorer les environs.
27/09/2010
Après avoir fait le plein et les courses pour la semaine on prend la direction du Flinders Chase National Park. Nous avons retenu une chambre dans une ferme. Peu après avoir quitter Kingscote, William me demande de m'arrêter pour voir s'il y a des plantes carnivores sur les bas côtés de la route. Il n'y a rien. Peu après j'avise des perroquets dans un champ. Je me gare et descend de voiture. Ils s'envolent mais je découvre des plantes carnivores en grand nombre. Il y a au moins 4 variétés dont une pygmée. On se met au boulot et les cartes mémoire se remplissent. Nous ne sommes pas déçus. De nombreuses orchidées aussi sont en fleurs. Nous avons choisi la bonne période pour venir même s’il fait un peu froid. A force d’être dehors toute la journée, l’organisme s’habitue et ni la pluie, ni le froid ne nous gêne vraiment.

Drosera whittakeri

Donkey orchid (Diuris corymbosa)
On repart et un peu plus loin, nous en trouvons encore. A chaque arrêt nous en trouvons. On quitte la route principale pour rejoindre Seal bay ou nous devrions voir une colonie de lions de mer. Arrivés sur place, on apprend que c'est payant et très cher. Nous faisons demi-tour et empruntons la première piste qui conduit à la mer en espérant approcher la colonie en longeant la côte. La baie devant nous est magnifique, l'eau turquoise. Nous partons à pied sur la plage. William qui retourne changer de chaussures a la chance de tomber nez à nez avec un goanna de plus d'un mètre de long. Il peut faire une belle série de photos. Moi je pars dans le bush pour rejoindre une crique que l'on voit au loin. La marche n'est pas facile car il y a sans arrêt des petits buissons qu'il faut contourner. J'arrive au bord d'une falaise qui surplombe une plage de sable blanc en forme d'arc de cercle. Une arche naturelle se découpe à l'opposé de ma position. Des petits requins d'un mètre environ tournent dans l'eau claire et peu profonde au dessous de moi.

Vivonne bay
Je reviens à la voiture puis nous repartons après avoir mangé rapidement. Il nous faut la journée entière pour arriver à la ferme ou nous avons une chambre. Des kangourous nous accueillent le long de l'allée qui mène à la maison. Les gens qui nous reçoivent sont aimables mais d'entrée ils nous proposent une visite guidée nocturne pour 22 dollars par personne puis une ballade pour voir des koalas dans les arbres alentours. Cette ballade peut se faire sans accompagnateur mais je ne vois pas les koalas, par contre je peux photographier quelques perroquets colorés. Le patron nous laisse son bureau et nous donne le mot de passe pour sa connexion Wifi. Je n'ai pas de chance car l'ordinateur plante lamentablement alors que je venais d'écrire un long message à Isabelle. Le patron est venu pour fermer son bureau. Je renonce donc. Il faudra tout réécrire demain en espérant qu'il n'y aura pas de plantage.
28/09/2010
Je me lève vers 6h00 du matin, réveillé par les perroquets qui font un boucan d'enfer sous notre fenêtre. On nous a dit qu'il y a des cacatoès noirs de grande taille qui viennent près de la maison tous les matins. Je me prépare pour aller les photographier mais au moment de sortir, il se met à pleuvoir fort. Une heure plus tard la pluie s'est arrêtée et nous sortons. C'est trop tard, ils ne sont plus là. Nous avons décidé d'aller au Flinders Park dont l'entrée est de 9 dollars. Nous espérons ne pas être déçus. C'est immense. Nous prenons une piste de latérite rouge en direction de Snake lagoon. Arrivés au parking nous partons pour une randonnée de 2h00. Je mets mes 2 polaires car le vent qui souffle ferait pâlir de jalousie notre mistral tant les rafales sont violentes et froides. Nous marchons d'un bon pas, ce qui nous réchauffe rapidement. Je fais quelques photos de la rivière que nous suivons ainsi que d'une petite orchidée dont nous ne trouvons que 2 exemplaires. Un peu plus en avant, après avoir traversé la rivière, les paysages deviennent intéressants et nous faisons des photos tout le long jusqu'à la baie ou elle se jette dans la mer.

Rocky river, Snake lagon
Le retour, par le même chemin se fait au pas de charge et nous reprenons la piste pour aller visiter une autre baie qui, paraît il, est superbe. En arrivant nous nous rendons compte que nous venons de faire 20 kms pour pas grand chose. On repart à la ferme pour manger avant de retourner dans le parc national vers Remarkables rocks. Ici la route est goudronnée et le monde afflue. Le graphisme de ces énormes blocs de rochers n'est pas mis en valeur car la lumière est plate. Heureusement les couleurs chaudes des pierres rehaussent un peu l'intérêt de faire des photos. Une lumière de fin de journée rendrait certainement beaucoup mieux. En plein après midi, les visiteurs, assez nombreux, se trouvent toujours dans le cadre au moment de déclencher.

Remarkables rocks
Nous repartons pour 5 à 6 kms vers Admirable arche. Nous sommes sceptiques mais, arrivés là-bas, on oublie le vent, le froid et les touristes qui, comme nous sont venus se perdre dans cet endroit. Les vagues sont énormes et s'écrasent sur des rochers luisants sur lesquels se prélassent des Tur seal of New Zealand (lions de mer), indifférents aux gens qui les observent. Nous assistons à quelques combats. Les cartes mémoire se remplissent. En continuant un peu au bord de la falaise, nous découvrons l'arche. Là aussi le spectacle est grandiose, les lions de mer ici sont tout proches de nous. La lumière devient presque rasante, nous ne nous lassons pas de ce spectacle. Malheureusement, il faut quitter le parc national avant 17h00. De retour à la ferme, le propriétaire nous dit que les koalas sont visibles en ce moment dans les eucalyptus de la grande allée. Il y en a une quarantaine mais nous n'en voyons que 2. Il nous parle aussi des plantes carnivores et des orchidées qui poussent sur son domaine et il nous propose de nous accompagner dans l'espace protégé interdit aux visiteurs pour photographier toutes les plantes qu'il connaît parfaitement. Malheureusement nous ne trouvons qu'une orchidée en fleur. L'autre n'est même pas en bouton. Par contre les plantes carnivores sont nombreuses.

No comment
Je prends la voiture et retourne à l'entrée du parc pour appeler Isabelle. Il y a une cabine téléphonique. Malheureusement il n'y a pas de numéro pour qu'elle puisse me rappeler. Je peux utiliser la carte bancaire, c'est parfait. Malheureusement elle est rejetée, je fouille mes poches pour trouver quelques pièces en espérant que cela suffira. Je tombe sur le répondeur. Je mets un message de 30 à 40s puis la communication est coupée. Je suis un peu déçu car son anniversaire est passé depuis 2 jours et n’ai pas réussi à la joindre ni par mail ni par téléphone. Je retourne à la ferme. William est toujours sur l'ordinateur. J'espère qu'il ne tombera pas en panne avant que mon tour arrive car je n'ai pas pu envoyer de mes nouvelles depuis 3 jours. Je n'ai pas pu lire mes messages non plus.
29/09/2010
Je suis réveillé avant 6h00 par les perroquets et le soleil brille déjà. Je n'ai pas le courage de me lever. Nous nous sommes couchés tard car la partie de billard a duré longtemps mais j'ai gagné. Vers 7h00, je sors enfin mais les perroquets sont partis. Je me fais un petit déjeuner puis je prépare mes bagages car nous quittons la ferme dans une heure ou deux. William se lève. Pendant qu'il se prépare je retourne dans le parc où je photographie un eucalyptus dont les fruits sont aussi gros que des noix. Nous partons peu après. Sur le bord de la route, j'aperçois de temps en temps une petite fleur orange. Je pense à une petite orchidée. Pour en avoir le cœur net, je m'arrête près d'un petit groupe. C'est une jolie fleur mais pas une orchidée. William trouve des carnivores et commence une série de photos lorsque je m'aperçois que j'ai la clé de la chambre dans la poche. Nous faisons demi tour en roulant vite car ce n'est qu'une ligne droite et personne ne passe. Après avoir posé la clé au bureau d'accueil, on repart presque jusqu'à 30kms de Penneshaw sans s'arrêter. A cet endroit il y a des collines, alors que le reste du trajet était monotone, complètement plat. La route traversait des champs de colzas et quelques prés ou paissent des vaches et des moutons. Parmi les curiosités de cette ile, outre les nombreux Wallabies et kangourous souvent écrasés sur le bord des routes, il y a une ferme qui produit du miel tiré d'un petit eucalyptus arbustif et une autre ferme qui cultive de la lavande. C'est une variété différente de celle que nous trouvons dans la Drôme. Il y a aussi une distillerie qui fait de l'huile essentielle d'eucalyptus. Pour se dégourdir les jambes, nous montons sur la colline la plus haute d'ou nous voyons d'un côté la baie des pélicans et de l'autre Pennington bay. Rien de bien extraordinaire. Nous repartons et comme nous ne sommes pas trop pressés pour le ferry, nous nous engageons sur une piste qui mène au lagon des pélicans. Malheureusement pour y aller il faut laisser la voiture et continuer à pied mais nous manquons de temps. Arrivés à Penneshaw pour le ferry ou il faut attendre une heure. On en profite pour retourner au centre du petit village ou William poste ses dernières cartes et nous profitons d'un banc au soleil pour manger. A 13h30 le bateau quitte le quai. La traversée est tranquille malgré un roulis important lorsque les vagues frappent le bateau de travers. A Cape Jervis nous repartons vers Adelaide après avoir fait le plein à la première station service. Un arrêt est prévu vers Le Réservoir car une zone de préservation de la nature nous a été signalée par Bruce, le photographe de la ferme aux koalas. Il connait très bien toute la zone et nous assure qu'il y a des plantes carnivores ainsi que des orchidées à cet endroit. Il nous faut ¼ h pour trouver nos premières plantes près du lac qui sert de réservoir d'eau potable de la région. L'arrivée à Adelaide vers 17h30 ne pose pas de problème. La circulation en ville est plus calme que le dimanche ou nous étions partis faire une randonnée dans les collines. Il faut chercher un peu pour arriver à My Place car nous n'avons qu'un plan très succinct de la ville. A la réception de l'auberge de jeunesse, la femme que nous ne connaissons pas veut nous faire payer nos 2 nuits qui sont réservées et que nous avions payé d'avance. Ensuite elle nous dit que le prix de la chambre coute plus cher que ce que nous avons payé. Il faut hausser le ton pour que tout s'arrange. Nous profitons de la soirée pour laver le linge et le sécher pour 4 dollars. Ca devenait urgent car, entre la Tasmanie et Kangaroo Island, nous avons mouillé et sali tous nos vêtements, particulièrement les jeans en photographiant très souvent les plantes à genoux, voire allongés par terre.
30/09/2010
Je me lève à 7h15 mais je suis réveillé depuis longtemps. La chambre est située près de la cuisine et les lève- tôt font du bruit sans se soucier de ceux qui dorment. Je réveille William car il faut libérer la place de parking avant 8h00. Nous rendons la voiture sans qu'ils s'aperçoivent que l'enjoliveur avant droit est mort. Nous quittons le bureau au plus vite. William retourne se coucher. Je vais en centre ville ou il y a un grand centre piétonnier. A 12h30, je rentre à l’auberge après avoir pas mal marché. Le repas expédié, je profite d’une bonne connexion internet pendant plus d’une heure puis je retourne en ville car je veux profiter au maximum du beau temps et visiter le jardin botanique. J’ai oublié le plan de la ville et il me faut un bon moment avant de trouver l’entrée du jardin. C’est un parc immense avec des plantes provenant de toutes les régions du monde. La serre ancienne en verre et fer forgé est de toute beauté. Je photographie entre autre des perroquets multicolores qui picorent les grains de grands agaves aux fleurs orange puis qui vont se désaltérer et se baigner au sommet d’une fontaine de 4 ou 5 m de hauteur.

Rainbow Lorikeet (Trichoglossus haematodus)
Je quitte le jardin un peu avant la tombée du jour vers 17h30. Revenu en centre ville, je suis accosté par un type bourré ou drogué qui me tape sur l’épaule gauche par derrière. Je n’ai rien vu venir pendant que j’attendais tranquillement de pouvoir traverser la rue. Il me gueule après. Je lui réponds en français, croyant le calmer mais c’est le contraire qui se passe. Je ne le regarde pas et traverse l’avenue en croyant être tranquille. Je fais 100 m et il arrive derrière moi en courant et me touche l’épaule sans chercher à me frapper. Il me provoque. Je me tourne vers lui en avançant et en faisant mine de lui décocher un coup de poing. Il recule mais met la main à la poche. J’ai peur qu’il sorte un couteau. Les promeneurs qui ont vu la scène ne bougent pas. Personne n’intervient. Je pars d’un bon pas et me retournant régulièrement. Lorsqu’il réalise que je suis parti, il se met à courir dans ma direction en gueulant. J’accélère le pas et je vois qu’il a du mal à suivre. Il n’arrive plus à courir. Pendant 500 m, je le vois me suivre tant bien que mal. Je traverse une rue puis je slalome entre les voitures pour le larguer. Ca marche, il ne me suit plus. Je change de rue et je me planque derrière un porche pour voir s’il revient. Je l’aperçois. Il me cherche mais ne me voit pas. J’attends un peu puis je reprends mon chemin en direction de l’auberge, un peu inquiet quand même. Je raconte mon histoire à William puis nous préparons nos valises pour partir à l’aéroport demain matin.
1/10/2010
Le taxi arrive un peu en retard mais nous sommes largement dans les temps pour l’enregistrement Le vol se déroule sans histoire malgré un atterrissage un peu viril. Pendant que je récupère les bagages, William va voir les loueurs de voitures. Lorsque je le rejoins, il est dépité et m’annonce qu’il n’y a aucune voiture de disponible en location à Alice Springs en ce moment. Nous attrapons de justesse la navette pour le centre ville. Le chauffeur, super sympa, nous emmène gratuitement vers des loueurs indépendants qui ne sont pas représentés à l’aéroport. Hélas, ils ont bien des véhicules de type Campvans qui me plairaient bien car ce sont des Toyota HZJ 78 aménagés mais malheureusement il n’est pas possible de laisser le véhicule à Ayers Rock comme nous avions prévu de faire. C’est d’autant plus dommage que ces Campers nous faisaient économiser de l’argent car ils étaient équipés pour être autonome, donc plus besoin d’hôtels et une grande liberté dans nos déplacements. Le chauffeur nous dépose alors à notre hôtel en espérant que nous trouverons une solution. Nous placardons des affiches au cas ou quelqu’un serait intéressé mais sans succès. Le réceptionniste appelle des agences de voyage. L’une d’elle peut nous emmener jusqu’à Kings Canyon, c’est à dire un peu plus de la moitié du trajet. Nous en trouvons une autre qui veut bien nous emmener à Ayers Rock en nous récupérant à Kings Canyon le lendemain en fin de matinée. Nous n’avons pas le choix. Il nous en coute 560 dollars pour les 2, autant dire une petite fortune, mais nous ne perdrons pas la location des chambres que nous avions anticipé depuis 2 semaines. En contrepartie, il faut se lever très tôt. Je règle donc l’alarme du téléphone sur 4h50 pour être prêts à 6h00. Une fois ce problème réglé, il faut trouver à manger. Le prix des repas les plus simples des petits buibuis ne sont pas à notre portée et nous nous rabattons sur le Macdo au grand bonheur de William pour qui c’est une fête d’aller dans ces endroits. Après ce repas un peu tardif, William retourne à l’hôtel profiter de la piscine et bronzer un peu. Venir jusque là pour ça, il me fait un peu pitié! Je pars au hasard des rues, mon appareil photo en bandoulière. Je me retrouve rapidement à la sortie de la ville et je gravis une colline aux alentours. Je fais quelques photos mais il n’y a pas grand chose d’intéressant. Je repars vers le centre ville avant la tombée de la nuit car j’ai déjà croisé plusieurs aborigènes dans un état second. Je ne tiens pas à avoir la même histoire qu’hier à Adelaide.

Au sommet de la colline, Alice Spring
Je rejoins donc William à l’hôtel et nous partons au Woolworth faire des courses pour les jours à venir. C’est un peu compliqué car il faut prévoir pour les 4 jours qui viennent, sans que ce ne soit trop lourd et éviter les produits frais car nous allons transporter toute cette nourriture avec nous sans réfrigérateur. Et il fait chaud, très chaud même. Nous ne nous attardons pas car la nuit est tombée et les aborigènes commencent à s’installer partout sur les trottoirs pour passer la nuit en buvant des bières. Depuis le début de notre séjour en Australie, les voyageurs que nous croisons nous mettent en garde sur ce risque très réel à Alice Springs.
2/10/2010
Ce matin le réveil sonne à 4h50. Le départ est prévu à 6h00. J’attrape mon short, en sort le téléphone en vitesse pour l’arrêter afin de ne pas trop déranger l’Australien qui dort dans la même chambre que nous. Je descends mes bagages à la réception et je vais à la cuisine préparer un bon petit déjeuner, ne sachant pas si nous pourrons manger à midi. Le sac à dos est quand même chargé d’un peu de nourriture. Le bus est à l’heure. Nous prenons la route et faisons la tournée des hôtels avant de quitter définitivement Alice Springs. Nous roulons depuis 1/2h lorsque je m’aperçois que je n’ai pas ma pochette de cuir qui contient passeport, carte bleue et argent liquide. Mes cartes mémoires sont aussi dans cette pochette, habituellement suspendue à mon cou sous le T-shirt. Je réveille l’accompagnateur du bus et William lui demande quelle pourrait être la meilleure solution pour la récupérer. J’ai compris qu’elle est tombée sous le lit lorsque j’ai pris le short pour arrêter le téléphone. Le gars nous dit d’attendre le prochain arrêt dans 2h00 car sur cette route en plein désert il n’y a pas de réseau. Je ne tiens pas en place et suis stressé à mort. Lorsqu’arrive l’arrêt prévu, nous changeons de bus et le conducteur et guide accompagnateur prend les choses en main. Il trouve le numéro de téléphone de l’hôtel et les appelle. La communication ne passe pas. Il décide d’attendre un peu et retarde le départ du bus. Au bout d’1/4h il entre en communication avec la réception de l’hôtel et demande au responsable d’aller voir sous le lit. Ma pochette s’y trouve bien. Il s’agit maintenant de trouver un moyen de la récupérer sans gâcher notre voyage ni faire perdre de temps aux rares passagers du bus qui ont payé encore plus cher que nous pour ce voyage. Le chauffeur accompagnateur appelle sa société à Alice Springs. Une solution est trouvée. Ma pochette sera à Ayers Rock dans 2 jours grâce aux chauffeurs de 2 compagnies différentes qui vont se passer le relais pour l’acheminer. Je suis soulagé et je me détends un peu pour profiter enfin du voyage. Un peu avant Kings Canyon, notre première destination, le chauffeur s’arrête brusquement, fait demi-tour et stoppe le bus et nous fait tous descendre pour nous montrer un lézard épineux du genre moloch qu’il a remarqué au bord de la route. C’est un animal d’une vingtaine de cms que nous pouvons tous photographier. Un peu plus loin, nous avons encore la chance de voir un gros rapace plonger au sol puis reprendre l’air avec un serpent dans les serres. Il s’élève de 10 m puis le laisse tomber sur des rochers, sans doute pour le tuer et il plonge à nouveau sur lui et s’envole cette fois définitivement avec sa proie.

Un rare lézard épineux : Moloch horridus (thorny devil)
Arrivés à Kings Canyon Resort, le chauffeur nous indique à tous les 2 que c’est notre terminal mais que lui continue 15 kms plus loin pour faire la randonnée de Kings Canyon Rim Walk, une boucle de 6 kms en 4 heures sur les crêtes qui dominent les gorges puis descendre jusqu’au jardin d’Eden avec les 3 autres passagers qui ont payé pour cela. Nous lui demandons de nous emmener, ce qu’il accepte après une petite négociation et l’accord des autres participants. On se croirait au Colorado ou plus près de chez nous, dans le Lubéron. La couleur ocre est partout. Le soleil tape dur mais avec 2 litres d’eau, nous devrions tenir le coup. La pluie est tombée en abondance une dizaine de jour savant notre arrivée. Les plantes ont fleuri. L’accompagnateur connait bien la géologie, la faune et la flore et nous apprenons ainsi que cet endroit est le fond d’une mer qui s’est soulevé il y a très longtemps. Il explique aussi que de nombreuses plantes sont utilisées encore aujourd’hui par les Aborigènes. Il nous montre celles avec lesquelles ils se nourrissent et celles qui ont des vertus médicinales. Malheureusement je ne comprends pas tout ce qu’il dit. Le début de la randonnée est difficile, surtout à cause de la chaleur mais ici son nom est la montée des infarctus, ce qui veut tout dire. Rapidement on se trouve sur un plateau entrecoupé de petites gorges dans lesquelles nous suivons un chemin qui nous mène tout en bas de la gorge principale et ou se trouve le fameux jardin d’Eden. Ce nom est sans doute du au fait qu’ici la végétation est dense car il y a de l’eau en permanence et que cela attire les animaux de toutes sortes, particulièrement les oiseaux.

La montée des infarctus
C’est un petit cours d’eau qui se jette dans une magnifique piscine naturelle de 10 m de profondeur. Le groupe entier se baigne sauf moi car l’eau est vraiment très froide et l’air approche 40°C. J’en profite pour regarder un oiseau qui ressemble à une tourterelle mais avec une huppe et de nombreuses libellules. Je fais quelques photos mais la chaleur est tellement écrasante que je ne suis pas très motivé.

En direction du canyon

Kings canyon
Après cette halte reposante, nous reprenons la marche et redescendons en 1 heure au parking ou nous nous précipitons vers les robinets d’eau potable (et fraiche) pour boire car il y a longtemps que nous n’avons plus d’eau. Le chauffeur accompagnateur ouvre le bus puis sort une glacière électrique et propose un piquenique à ses passagers officiels. Nous ne sommes pas compris dans le groupe mais il y a tellement à manger que nous en profitons aussi. Si je récupère ma pochette et son contenu, je pourrai dire que cette journée était une bonne journée riche en découvertes. Je pense aussi que si nous avions pu louer une voiture, nous n’aurions pas fait cette marche dans sa totalité et serions probablement passé à côté de pas mal de choses.
03 10 2010
Hier, après la randonnée le bus nous a déposé au Kings Canyon Resort qui est un vaste complexe hôtelier. Il propose toutes sortes d’hébergements allant de l’hôtel de luxe à l’emplacement de camping pour tentes et caravanes. Nous avions réservé une chambre bon marché mais quand même climatisée avec accès à une petite cuisine collective. Sa porte est ornée d’un panneau disant de bien la fermer pour ne pas laisser les dingos sauvages venir voler la nourriture et fouiller les poubelles. Pour manger il est donc possible de cuisiner mais plusieurs restaurants proposent des menus pour tous les prix et toutes les bourses. Un magasin et une station service complètent ce village, propriété d’une seule famille. A notre arrivée un peu tardive, il n’est plus possible d’acheter à manger. Nous allons donc dans un des restaurants ou je mange une salade à base de saumon et William son éternel steak haché et frites. Son assiette est bien plus garnie que la mienne puisqu’il n’y a que 3 petits morceaux de saumons, quelques feuilles de roquette et une petite sauce blanche. Tout ça pour 19.5 dollars. L’assiette de William est au même tarif. Un oiseau me réveille avant le lever du jour. Je me lève et pars dans le bush (il n’y a que 10 m à faire depuis notre chambre) pour le lever du soleil. Je fais une belle série de photos de paysages composés d’herbes sèches et de grévilléas avec une lumière rasante. Je trouve aussi des fleurs rouge très curieuses dont le nom est Sturt’s desert pea. C’est l’emblème de l’Australie du Sud Ouest. Ce matin, en allant au bloc sanitaire, je passe devant un panneau décrivant les plats servis au restaurant ou nous avons mangé la veille et je m’aperçois qu’il manquait plus de la moitié des ingrédients à ma salade. Après avoir préparé nos bagages, William décide d’aller à l’accueil pour leur dire ce que nous pensons de ce repas d’hier. Il en profite aussi pour dire que nous sommes indignés de voir une serveuse manger carrément dans les assiettes des clients et que le personnel ne respecte aucune règle d’hygiène. Finalement on nous renvoie vers la réception principale qui reçoit l’ordre de nous rembourser. Nous attendons le bus qui doit passer nous prendre pour Ayers Rock. Nous sommes un peu inquiets car le chauffeur d’hier a oublié de nous rendre le papier qui prouve que notre place est réservée et payée. A l’heur dite, le bus arrive et le chauffeur ne nous demande rien pour monter à bord. Le voyage dure 3h30 jusqu’à Ayers Rock avec un petit arrêt à mi-chemin dans un complexe perdu au milieu de nulle part et qui comprend une station service et un bar où il est impossible de se faire servir. Il fait à peu de choses près 40°C et une glace ou une bière fraîche aurait été la bienvenue. D’ici nous voyons au loin un monolithe que nous prenons pour Uluru mais quelqu’un nous explique que c’est un autre rocher, plus grand et peut être plus beau que celui que tout le monde connait. Simplement celui-ci n’est pas célèbre parce que ce n’est pas un lieu sacré pour les Aborigènes. Je pense aussi que l’industrie du tourisme a privilégié l’autre parce qu’il y a d’autres attractions à proximité comme les monts Olga et que cela permet facilement d’organiser des circuits sur 2 ou 3 jours. Le bus nous dépose devant notre auberge de jeunesse qui est encore une fois un complexe gigantesque avec restaurants et boutiques. Il faut laisser une caution de 20 dollars par clé de chambre. La caution est plus élevée que le prix de la nuit. Aussitôt nos bagages dans la chambre, je traverse Ayers Rock en coupant par des petits chemins à travers le bush pour aller récupérer ma pochette et son précieux contenu. La femme à qui je m’adresse n’est pas au courant. Elle ne connaît même pas la compagnie de transport qui ramenait mes papiers. Ca commence mal. Le bureau de AAT King, l’autre compagnie qui a participé au transport de ma pochette est dans le même hall. J’explique donc à la Japonaise de service que mes papiers devraient être arrivés depuis hier. Elle me tend alors une grande enveloppe à mon nom et me demande de contrôler qu’il ne manque rien. Je suis vraiment fou de joie car tout y est. Je retourne à l’hôtel par le bush en prenant le temps de faire des photos malgré les 37 à 40 °C.

Ayers Rock
Arrivé à la chambre, je pose mes affaires puis je pars à la recherche de William pour lui annoncer la bonne nouvelle et lui payer une bière pour fêter ça mais je ne le trouve pas. Je vais quand même au bar pour la bière très fraîche. Le tarif, 6,5 dollars, me refroidit encore plus que la boisson. C’est vrai qu’ici la ville est complètement isolée et le ravitaillement doit couter très cher. William arrive un peu plus tard complètement mouillé de transpiration. Il est allé au supermarché et revient avec de la nourriture pour les jours que nous allons passer ici.
04 10 2010
Je me lève à 6h30 pour profiter du lever de soleil et de la fraicheur relative du matin. J’arrive à un point de vue intéressant à 6h38 mais il est déjà trop tard. Le soleil est déjà trop haut dans le ciel. Je fais une ou 2 prises de vue puis je redescends à travers le bush en espérant surprendre des animaux. Je ne trouve qu’un insecte qui fait du mimétisme et qui ressemble à s’y méprendre à une brindille. Je fais une photo mais je n’ai pas l’objectif macro. Le résultat ne sera pas terrible. Je reviens à la chambre et vais à la cuisine préparer du café et du pain grillé. Ensuite je repars dans le bush mais cette fois je suis équipé correctement avec mes chaussures de rando et tout le matériel photo. Je marche pendant plus de 2h00 en faisant quelques photos dont beaucoup de fleurs.


Le bush au crépuscule
Je reviens voir où en est William. Il vient de se réveiller. Je prends un café avec lui en parlant du programme de la journée. Il doit d’abord aller sur internet pour réserver une voiture à l’arrivée de l’avion à Perth. Nous envisageons d’aller à Uluru voir ce rocher mythique mais il faut prendre un bus à 60 dollars/personne pour faire 15 kms puis payer 25 dollars/personne pour l’accès au parc national. Nous renonçons à contre-coeur. Hier soir malgré nos allusions auprès des touristes qui ont une voiture de loc, nous n’avons pas trouvé d’âme charitable pour nous transporter.

Sturt's desert pea Swainsonia formosa)
Je repars encore une fois marcher malgré la chaleur pour revenir à midi passé. Après le repas, alors que nous faisons la sieste, 2 personnes arrivent dans la chambre et s’installent sur les 2 lits restés libre. C’est un couple de français, retraités qui vont rendre visite à leur fille qui vit en Nouvelle-Calédonie et qui en profitent pour venir visiter un peu le Centre Rouge. Ils nous proposent une place dans leur voiture pour aller à Uluru. Ils veulent en faire le tour à pied (8 à 10 kms) puis attendre le coucher du soleil. Dans un premier temps William ne semble pas très intéressé mais moi j’accepte avec enthousiasme. Finalement William se décide aussi. Venir à Ayers Rock et ne pas aller à Uluru, c’est un peu comme pour quelqu’un qui arrive à Paris pour la première fois et qui ne va pas voir la Tour Eiffel. Nous achetons de l’eau pour la rando et nous partons. Nos 2 accompagnateurs nous proposent même de nous emmener aux monts Olga le lendemain. Malheureusement, nous prenons l’avion pour Perth. Dommage.


Il faut presque 4h00 de marche pour faire le tour d’Uluru
De loin le monolithe parait plat et sans relief. En s’approchant on remarque que la roche est fissurée de partout et que l’eau qui ruisselle sur ses parois lorsque la pluie est forte trace des sillons qui s’approfondissent au fil du temps. Beaucoup d’oiseaux nichent dans les cavités naturelles de la roche. De gros blocs se sont détachés sous l’action du vent et de la pluie. Ce rocher est sacré pour les Aborigènes mais il est quand même possible de monter au sommet lorsque le vent n’est pas trop fort. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. On se croirait à Donzère avec un bon mistral! Des panneaux signalent les endroits les plus sacrés et interdisent les photos mais malheureusement on ne sait pas la raison de ces interdictions. La marche est facile, c’est tout plat mais pas ennuyeux du tout car il y a beaucoup de plantes et d’animaux à voir. Nous avons même la chance de rencontrer un 2eme Thorny Devil, ce lézard épineux et coloré. Dès le tour terminé nous reprenons la voiture en espérant trouver une place pour le coucher du soleil. Les 2 ou 3 immenses parkings sont déjà pris d’assaut à notre arrivée mais notre petite voiture nous permet de se garer près d’un emplacement parfait. Un grillage empêche les gens de s’avancer et c’est en ligne sur 2 ou 3 rangs que chacun trouve sa place. Il faut attendre encore un peu le bon moment mais je commence à déclencher pour voir les meilleurs réglages et cadrages. Dès que le soleil commence à éclairer le rocher, on n’entend plus que les crépitements des appareils photo. Il faut faire vite tout en ayant un oeil sur ses voisins pour ne pas se faire bousculer. Le rocher est maintenant éclairé au 2/3 mais de gros nuages noirs arrivent et masquent le soleil. La photo des cartes postales ne sera pas pour ce soir. Il faudra retoucher avec Photoshop.

Le clou du spectacle
Retour à l’hôtel ou nous allons boire une bière pour remercier Francis et Line de nous avoir transportés puis nous mangeons tous ensemble.
05 10 2010
Il a plu tôt ce matin. Il fera moins chaud dans la journée. Le ciel reste nuageux. Nous prenons l’avion en début d’après-midi pour Perth. Nos tickets pour Uluru sont valables 3 jours. Nous essayons de les revendre pour 10 dollars mais soit les gens en ont déjà acheté, soit ils partent avec une agence soit ils sont sur le départ, soit ils se méfient de cette proposition. Finalement il les donne à 2 touristes qui s’engagent à envoyer 20 dollars par Paypal à William s’ils arrivent à les réutiliser. On verra bien. Arrivés à Perth, nous récupérons la voiture louée depuis 2 jours. Nous décidons de ne pas rester en ville. William téléphone à Phill Mann, un spécialiste des plantes carnivores du Sud Ouest qui va nous guider pendant un ou deux jours. Il habite à Harvey, un village à 150 kms plus au Sud. Il nous attend en début de soirée. Nous prenons la route mais la traversée de Perth est une vraie galère. Il nous faut 2h00 pour quitter la ville à cause d’un train qui a percuté une ou deux personnes. Il est tard lorsque nous arrivons à Harvey. Phill vient nous récupérer à la station service puis nous emmène au restaurant ou nous attendent sa femme, sa soeur et son beau-frère. Nous décidons de dormir à Harvey car il reste encore 50 kms pour arriver à l’hôtel que nous avions réservé et ou il fallait arriver vers 20h00. Il est près d’1h00 du matin.
06 10 2010
Ce matin Phill passe nous prendre vers 8h30 pour nous montrer tous les spots où il sait trouver une dizaine de variétés de droseras que nous n’avons pas encore vu et uniquement dans un rayon de 30 kms. William est impatient. Lorsque Phill arrive c’est pour nous dire qu’il doit faire changer les pneus de son pick up avant de partir. Au bout d’une heure il revient et nous prenons la route. Nous passons la journée à genoux ou à plat ventre dans des terrains aussi variés que des talus, des herbes folles, des dunes d’une blancheur éclatante ou nous trouvons des pygmées magnifiques ou dans les bois. A chaque arrêt, c’est le gros lot. Phill connaît sa région comme sa poche et il nous permet en une journée de photographier des variétés que pour certaines nous n’aurions pas trouvées seuls.

Drosera platystigma
Rapidement les batteries des appareils photos sont déchargées. Le soir William dit avoir fait plus de 800 photos dans la journée. Nous découvrons aussi beaucoup d’orchidées et pas mal de plantes inconnues pour nous dont les fameuses pattes de kangourou, savamment appelées “anigozanthos”. Phill nous propose de manger et de dormir chez lui pour cette nuit car sa femme, Néo-Zélandaise accompagne sa famille qui est venue passer quelques jours en Australie. Nous acceptons volontiers car c’est une économie non négligeable. En compensation nous faisons le plein du pick up. Il nous montre sa serre et son laboratoire amateur mais bien équipé qui lui permet de pratiquer la culture in vitro. Nous apprenons qu’en plus de son travail d’électrotechnicien, il a une autre activité pour arrondir ses fins de mois. Il est chasseur de kangourou la nuit. Il possède un pick up réservé pour cela car il est très rehaussé et la benne est affublée de projecteurs qui permettent d’éclairer les bas côtés des chemins ou il chasse. Pour chasser il faut être 2, un conducteur et le tireur, installé dans la benne. En une nuit, ils peuvent tuer une douzaine d’animaux qu’ils dépècent en rentrant et stockent dans une chambre froide qu’il a aménagée à côté de sa serre. Ils chassent au moins 3 jours par semaine, ce qui leur rapportent 450 dollars chacun. Nous avons d’ailleurs remarqué le jour de notre arrivée à Harvey, que passé 22h00, nous ne croisons que des pick up de chasseurs. Les kangourous sont très nombreux dans la région. Il suffit pour en être convaincus de voir tous les cadavres sur les bas-côtés des routes. Nous avons aussi remarqué que les Australiens les empoisonnent, notamment dans les zones boisées. De grands panneaux jaunes mettent en garde contre le poison. En discutant à ce propos, nous apprenons que les dégâts collatéraux sont nombreux aux abords des habitations et ce sont souvent les animaux domestiques qui en font les frais. Après le repas nous préparons notre semaine dans la région d’Albany. Nous notons scrupuleusement les emplacements que nous signale Phill mais nous nous apercevrons par la suite que c’est pratiquement inexploitable. La logique des Australiens en ce qui concerne les indications routières nous échappe depuis le début du voyage et les explications de Phill ne font pas exception à la règle.
07 10 2010
On quitte Harvey et Phill Mann après un petit déjeuner dans un bar. Notre but est d’arriver à Walpole situé à 450 kms sur la côte Sud. Il y a un spot à céphalotus et nous avons des indications pour le trouver. Nous ne prenons pas la route côtière mais une transversale plus directe qui passe par des forêts de Karris, une variété d’eucalyptus pouvant atteindre plus de 60 m de hauteur. Le trajet est agréable, la circulation est clairsemée. Pour avancer rapidement, nous avons décidé de rouler jusqu’à la pause repas sans regarder s’il y a des carnivores sur les bas-côtés de la route. Le point repas est choisi avec soin et avec l’expérience que nous avons maintenant, nous voyons des droseras avant de descendre de voiture. Il y a aussi des orchidées et de beaux spécimens de stylidiums.

Yellow cowslip orchid (Caladenia flava)
Nous reprenons la route avec un arrêt en chemin pour admirer un karri tree de plus de 50m de haut. Il est possible de monter à son sommet. J’en ai bien envie mais les barreaux de l’échelle hélicoïdale qui entoure l’arbre me font un peu peur. C’est pourtant du fer à béton de grosse section et un grillage à mouton sert de garde-fou. Nous le prenons en photo. Pour la vue depuis le sommet ce sera pour une autre fois. Nous arrivons à l’YHA de Walpole vers 15h00. Nous déposons les produits frais achetés le matin avant de quitter Harvey en prévision de la semaine puis nous partons à la recherche des céphalotus. Le plan de Phill s’avère difficile à comprendre sur le terrain, un peu comme la signalisation routière de ce pays, c’est à dire sans logique apparente. Après avoir cherché jusqu’au coucher du soleil dans le secteur qu’il nous a indiqué, nous rentrons bredouille à l’hôtel. Demain nous irons à Albany en espérant avoir plus de succès qu’ici.
08 10 2010
Ce matin je suis debout très tôt et je pars en direction de la mer, appareil photo en bandoulière. A peine sorti, j’entends le bruit familier des perroquets qui se chamaillent. Pourtant je crois voir des corbeaux mais en m’approchant je me rends compte qu’il s’agit de ces fameux perroquets noir que nous n’avons encore jamais vu et dont tous nous parlent depuis Kangaroo Island. Ils s’envolent à l’approche d’un passant mais se posent sur un autre arbre 200m plus loin. Prudemment je les approche et je peux faire 2 ou 3 photos. Je les ai enfin. Je continue ma promenade en traversant un petit lotissement très fleuri puis j’emprunte un sentier qui longe la mer. Un pélican perché sur un rocher au milieu de l’eau attire mon attention mais il est un peu loin. Je photographie aussi des petits oiseaux noir et jaune pour l’un et tout bleu pour les autres. Je rentre à l’hôtel et réveille William car il est presque 9h00 et il faut libérer la chambre avant 10h00. Nous partons à Albany en faisant un arrêt à Denmark car il y a des céphalotus dans le secteur. Nous nous renseignons au centre d’informations des visiteurs, c’est comme les offices de tourisme chez nous. Nous avons la chance de tomber sur une femme qui sait où il y en a. Nous partons en suivant ses explications et, pour une fois, nous trouvons l’endroit assez facilement. Tout se recoupe avec ce qu’elle nous a dit: la disposition des chemins, le pylône électrique et l’impossibilité de continuer en voiture. Malheureusement, pas le moindre petit céphalotus à stocker sur nos cartes mémoire. Elle nous a pourtant dit en avoir vu moins de 2 semaines auparavant. Nous fouillons au milieu des herbes, partout ou nous pensons qu’ils peuvent pousser mais rien à part des serpents que nous mettons en fuite. Nous sommes très déçus. William s’est foulé un poignet en tombant dans un trou, rien de bien grave et il s’est fait attaquer par des fourmis de plus d’un cm de long en posant la main dans une fourmilière pour se relever. En continuant un chemin nous arrivons devant une maison isolée et voyons un type en train d’arroser son jardin. Il nous invite à rentrer dans sa propriété car il pense qu’il peut y en avoir. Il nous fait faire le tour, un bâton à la main pour chasser les serpents et ne pas les surprendre au dernier moment. Nous ne trouvons rien. Il nous offre à boire et nous explique qu’il connaît un coin très humide ou poussent des plantes carnivores mais il faut un 4x4 pour s’y rendre. Il se propose de nous conduire là-bas et nous montons dans son HDJ 80. Nous voilà partis dans le bush sur des pistes hyper étroites. Je lui explique que nous avons 2 4x4 Toyota à la maison, alors il veut m’en mettre plein la vue et roule comme un fou malgré les trous et les ornières. Ca frotte de tous les cotés mais il s en fout. Au bout d 1/2h il s arrête devant un énorme bourbier et des traces de roues profondes de 50cms.

On est un peu perdus
Il nous propose de regarder dans le coin mais nous ne trouvons que des droseras et une très jolie utriculaire en fleurs. Nous ne sommes pas venus pour rien. Il propose de repartir plus loin. Il enclenche ses moyeux puis les blocages de différentiels Av et Ar et nous voilà partis sur une piste digne du Camel Trophy. Je suis aux anges. Il est même nécessaire de dégager un tronc d’ arbre qui gène le passage mais on continue et le type attaque de plus en plus. Finalement je m’ aperçois qu’il est perdu car il regarde sa montre et la position du soleil a un carrefour sans savoir ou aller. Finalement 1h 1/2 après on se retrouve devant chez lui. En fait il connaissait très mal la région car il habite ici depuis un mois seulement. Nous n’ avons toujours pas vu un céphalotus mais j’ai passé un après-midi super sympa. De retour au croisement de chemins, nous récupérons la voiture et prenons la direction d’Albany. Nous trouvons une auberge de jeunesse mentionnée sur le Lonely Planet. La propriétaire nous accueille chaleureusement et nous dit que sa soeur est ranger dans le parc national et qu’elle doit savoir ou trouver des céphalotus. Elle lui laisse un message. Nous on croise les doigts en espérant qu’elle ne mette pas 3 jours à répondre.
09 10 2010
La ranger a appelé et nous savons enfin ou trouver des céphalotus. Nous partons en direction de Two peoples bay sur ses indications. Après 30 kms de route, nous trouvons l’endroit non sans avoir galéré un peu. Nous voyons 3 goannas traverser la route. Nous réussissons à faire quelques photos du dernier. Nous partons à pied sur un petit chemin sableux qui conduit semble t’il à un petit lac au pied de quelques grandes dunes de sable blanc. 100 m plus loin nous trouvons des droseras qui bordent le chemin. Nous dénombrons 6 espèces différentes dont certaines que nous n’avons jamais vu comme le drosera sulfurea à fleurs jaunes. Il y a également des orchidées, des stylidiums, quelques banksia coccinea avec leurs fleurs rondes, des cats paw et d’autres plantes diverses et variées. Malgré 3h00 de recherche sous un soleil de plomb, pas le moindre petit céphalotus.

Banksia coccinea

Fleurs de stylidium
Retour à l’hôtel pour manger puis nous prenons la direction de Mount Barker. Phill nous a indiqué un spot ou il devrait se trouver 12 ou 13 variétés de droseras et 4 orchidées. Hélas nous arrivons un peu tard dans la saison et les quelques droseras que nous trouvons sont en fin de vie. Heureusement les orchidées sont bien présentes et encore en fleurs. Nous observons aussi un gros lézard appelé blue tongue à cause de la couleur de sa langue. Je le croyais mort et en le retournant avec un bâton, je m’aperçois qu’il est bien vivant et que c’était un camouflage. Sur la route du retour, William est attiré par des perroquets noirs en grand nombre dans un pré. Je stoppe pour 1/2h de photos. Peu de réussite sur cette série d’ailleurs. Arrivés à Albany nous partons à Frenchman Bay pour le coucher de soleil et essayer par la même occasion de trouver une utriculaire qui pousse dans le secteur. Nous n’aurons ni l’un ni les autres car nous arrivons trop tard. Nous reviendrons. De retour à Albany, nous demandons à Joanna, la propriétaire de voir avec sa sœur si elle peut nous accompagner car nous n’avons rien trouvé. Elle l’appelle et nous rejoindra sur la route de Two peoples bay demain matin. En sortant de la douche je m’aperçois que j’ai un tique dans le dos et un autre derrière chaque jambe. Lorsque j’en parle à William qui part à la douche, il regarde et s’aperçoit que lui aussi en a 3. Ce n’est pas étonnant car nous passons nos journées dans l’herbe, souvent assis, à genoux ou à plat ventre.
10 10 2010
Petit tour au bord de mer pour les oiseaux tôt ce matin. Je réussis à en photographier plusieurs dont un ‘ mangeur de miel ‘ (Phylidonyris novaehollandiae) aux belles couleurs jaune et noir à peu près de la taille d’une mésange.

Phylidonyris novaehollandiae (New Holland Honeyeater)
Nous retrouvons la ranger à l’endroit convenu. Elle nous explique qu’il faut aller un peu plus loin puis rentrer dans le bush. Il y a des herbes hautes et très serrées. La marche n’est pas aisée et voir des céphalotus ici me paraît difficile. La ranger nous met en garde contre les serpents nombreux dans ce secteur. Ce n’est pas très rassurant mais on veut les trouver ces céphalotus, alors on continue en se griffant et sans rien trouver. Au bout d’une grosse 1/2h elle décide de revenir à la voiture et traverser la route pour chercher de l’autre côté. Malheureusement nous nous trouvons face à une mare fangeuse assez large et que nous devons traverser. Ce n’est pas un problème de se mouiller car nous évoluons déjà dans un marécage et il s’est mis à pleuvoir mais là c’est de l’eau noire et de la boue au dessus des genoux. L’odeur qui se dégage de cette zone est assez repoussante. Nous ne nous attardons pas. De l’autre côté de la route nous avisons un type au milieu des hautes herbes avec une espèce de filet à papillons. Nous allons le questionner au sujet d’éventuels céphalotus qu’il aurait pu voir. Lui, son truc c‘est l’identification des insectes. Fièrement il nous montre un petit flacon qui contient 3 fourmis très rares paraît il. Il pense avoir vu des céphalotus non loin de l’endroit ou nous sommes. On se met à chercher et effectivement nous en trouvons 3, pas un de plus. Ils sont de petites tailles et pas colorés du tout. On ne fait pas la fine bouche. Il y a tellement de boue que nous ne pouvons même pas nous agenouiller pour les prendre en photo. Le résultat va être décevant. On reprend nos recherches, pleins d’espoir, mais sans succès. La ranger doit repartir mais nous donne encore quelques indications pour en trouver d’autres dans le secteur. Elle nous dit que nous trouverons aussi beaucoup d’orchidées. Nous y allons et trouvons effectivement des orchidées et aussi des stylidiums. Nous surprenons 3 gros serpents noirs en 10 mn. Le premier a flanqué une belle frousse à William car il lui a presque marché dessus. Nous redoublons de prudence. Il y a un lac dans les environs mais nous ne parvenons pas à le localiser malgré les kms de petits sentiers que nous parcourons. Retour à la voiture pour se rendre au 2eme spot réputé pour les nombreuses variétés d’orchidées. Il pleut de plus en plus et il fait froid. Nous photographions quand même 2 très belles orchidées que nous ne connaissions pas ainsi que quelques droseras dont Sulfurea à fleur jaune. En revenant à Albany, il est déjà tard. Nous mangeons rapidement, lavons nos vêtements couverts de boue et séchons les chaussures qu’il faudra rechausser le lendemain. Il pleut de plus en plus fort. Cette pluie ne s’arrêtera que le lendemain matin.
11 10 2010
Nous avons rendez-vous au bureau de l’environnement à Albany à 9h30 pour obtenir le plus d’informations possible pour trouver des céphalotus. Nous sommes à l’heure. La femme de l’accueil appelle son supérieur qui donne quelques informations très vagues en laissant entendre qu’il ne connaît pas. Nous insistons pour parler à un spécialiste des plantes de la région. En fin de compte nous changeons de bâtiment pour aller dans un laboratoire d’étude. La chef de ce service nous reçoit. Elle a au moins 70 ans, a sous ses ordres 3 autres mamies et une jeune. Elles s’occupent de classer, compléter et remettre en état un herbier. Elle nous écoute et nous dit sans ambiguïté qu’elle ne nous donnera pas d’indication car elle pense que nous allons voler des plantes dans la nature. Alors William lui explique son projet d’écrire un livre et, en bon communicant, met en avant l’intérêt de parler de la région d’Albany. Elle finit par accepter de nous aider mais, très méfiante, elle demande à l’accueil de nous faire remplir un imprimé très compliqué car nous faisons des photos dans les parcs nationaux et que c’est interdit. Elle nous reproche aussi de transporter des graines d’un parc à l’autre avec nos chaussures. C’est vraiment du grand n’importe quoi quand on voit les Australiens rouler comme des malades dans les mêmes parcs avec leurs 4x4. Finalement je ne suis pas concerné pas les formalités et papiers à remplir mais William refuse de le faire. Il s’en suit un interrogatoire en règle qui dure au moins 1/2h. Lorsque nous lui disons en avoir trouvé 3 exemplaires grâce à un ranger du parc de Two peoples bay, elle veut savoir le nom de ce ranger mais n’insiste pas lorsqu’on répond qu’on ne sait pas. Elle essaie de remplir le formulaire à la place de William qui donne une fausse identité et un faux numéro de téléphone. Nous repartons et allons explorer le lieu qu’elle nous a indiqué. Nous passons 4h00 à sillonner le bush au milieu de nombreux callistemons sauvages mais on ne trouve que des droseras et de très belles utriculaires. (Utricularia volubilis). De retour à Albany, arrêt au Hungry Jack pour manger un peu puis départ au Stirling Range National Park pour une rando qui doit durer 4h00. Après plusieurs arrêts en chemin pour explorer les talus et les environs, nous arrivons enfin à 16h15 pour commencer la randonnée. Le début est facile mais très vite la pente se fait plus raide. Au bout d’une heure sur un chemin bordé de nombreuses plantes dont quelques droseras, William s’arrête et commence à redescendre après avoir soufflé un peu. Pour ma part je continue encore tout en sachant que je n’aurai pas le temps de monter au sommet avant la nuit. Je me régale car il y a longtemps que je n’ai pas randonné avec du dénivelé. Je crois que c’est en Tasmanie que nous avons fait la dernière vraie randonnée. Malheureusement, je dois m’arrêter et redescendre pour ne pas finir de nuit. Je suis un peu déçu.

Stirling range – Bluff Knoll
De retour en ville, nous prolongeons notre séjour à l’hôtel YHA afin d’explorer le cap Howe qui abrite, parait il, des céphalotus. Nous ne négligeons aucune information pour en trouver. Je pense qu’il sera aussi possible de faire de belles photos de bord de mer. Ensuite nous reprendrons la route pour Harvey pour se rapprocher de Perth d’ou nous repartons bientôt.
12 10 2010
En cours de route nous faisons une escale à Denmark parce qu’il me faut boire un café. Ce matin je n’en ai pas bu et ça me manque. Finalement nous visitons un peu le village et passons beaucoup de temps dans une librairie où j’achète un petit fascicule sur les plantes du Sud Ouest. Ensuite nous mangeons dans un petit fastfood un peu mieux que les MacDo. Je m’arrête plusieurs fois en route pour me détendre afin de ne pas m’endormir et rester vigilant au volant. Lors d’un arrêt dans une forêt de karris, je repense à l’arbre qu’il est possible d’escalader. Il ne doit pas être loin, alors je décide que ce sera ma prochaine escale et que je monterai à son sommet. Cet arbre, appelé le Diamond Tree a été coupé à 52 m et, en 1939, une plateforme a été construite à cette hauteur pour la surveillance des départs de feu en forêt. C’est la plus ancienne encore en service à ce jour. Pour monter, des fers à béton sont fixés au tronc et forment un escalier en colimaçon dont les marches sont espacées d’environ 35 cms. C’est un peu dangereux pour des personnes de petite taille. Pour me motiver, je me dis que monter ne doit pas être plus impressionnant que monter sur le dôme du réacteur de la centrale de Tricastin, chose que j’ai réalisée de nombreuses fois. La hauteur est pratiquement la même. Je commence l’ascension qui me parait facile à condition de prendre son temps pour poser les pieds sur les barreaux. Lorsque j’arrive à 10m de hauteur, je réalise qu’en fait, seul un grillage à moutons sert de garde fou. C’est un peu léger.
Arrivé au sommet, je jouis d’une vue à 360° sur la forêt et la plaine qui va jusqu’à l’océan. Je reste là pendant un bon quart d’heure en faisant des photos dans toutes les directions. Puis je commence à redescendre. C’est plus impressionnant que de monter car il faut sans cesse regarder vers le bas pour être sûr de poser le pied correctement sur l’échelon. Nous repartons pour Harvey ou nous arrivons vers 17h30 chez Phill Mann qui nous attend. Il décide de prendre sa journée en congé le lendemain et de repartir à Albany. Il tient à ce que nous voyons les céphalotus. Il est aussi intéressé pour photographier l’utriculaire volubilis qu’il n’a apparemment jamais vu. Il faudra se lever tôt car c’est plus de 1100 kms qui nous attendant dans la journée. Lui ne dormira pas beaucoup car cette nuit il part à la chasse aux kangourous. Il nous propose de l’accompagner mais nous refusons poliment d’une part parce que nous sommes crevés par la longue journée que nous venons de passer et d’autre part parce que ni moi ni William ne sommes des adeptes de la gâchette.
13 10 2010
Debouts à 6h30, petit déjeuner au buffet de l’hôtel. Il n’y a pas grand chose mais je réussis à manger suffisamment pour tenir toute la journée. Nous déchargeons nos bagages chez Phill. Il prend le volant pour gagner du temps en prenant des raccourcis sur des petites routes qu’il connaît bien. Il s’arrête souvent en disant à l’avance quelle plante nous allons trouver. Au cours de l’un de ces arrêts pour photographier des plantes sur le bas-côté, nous trouvons un 4x4 qui a fait des tonneaux et finit sa route contre un arbre. Nous regardons qu’il est bien vide car cet accident est récent. C’est probablement en voulant éviter un kangourou qu’a eu lieu l’accident. Il faut vraiment être prudent. Arrivés sur Denmark road, il s’arrête à un endroit précis et nous dit qu’il y a des céphalotus ici. On s’éloigne de la route d’une cinquantaine de mètres et effectivement, il ne s’est pas trompé. Il y en a même beaucoup. Et dire qu’il n’est pas passé ici depuis plus de 4 ans ! Ils sont gros mais peu colorés, sans doute parce que les hautes herbes empêchent le soleil de les atteindre. Nous faisons la série de photos qu’on attendait depuis 2 semaines.



Les cephalotus
Nous reprenons la route et maintenant c’est à notre tour de lui montrer des plantes qu’il n’a pas encore vu. Avant d’arriver sur notre spot, il s’arrête dans un virage pour nous permettre de photographier un drosera que nous ne connaissons pas encore. La plante est bien présente mais malheureusement pas encore en fleur. Arrivés sur notre point à Frenchman’s bay, nous retrouvons les utriculaires volubilis et une autre toute petite qu’il identifie comme étant Utricularia simplex sans être sûr de lui. Nous lui montrons 2 autres variétés qu’il connaît bien mais ne les avait encore jamais prises en photo. Ce coin lui plaît et il espère y revenir rapidement. Il commence à être tard mais il veut nous prouver qu’à Two people’s bay il y a mieux que les petits céphalotus que nous avons trouvé avec la ranger. Effectivement, à 500m de là il s’arrête, descend de la voiture, fait 50m dans le bush et nous montre des exemplaires de grande taille et de plus très colorés. Il a quand même une bonne mémoire des lieux quand on sait qu’il ne vient pas souvent par ici. Ce qu’il nous explique aussi c’est que 50m avant ou après, il n’y en a pas. Ce n’est pas pour rien qu’il est considéré comme le spécialiste des plantes carnivores dans son pays. Il a d’ailleurs participé à de nombreuses publications et découvertes de plantes mais il préfère la discrétion et généralement les livres ou revues auxquels il a participé ne mentionnent son nom qu’en petit en fin d’ouvrage. Nous prenons la route du retour car Harvey est au moins à 4h00 d’ici. Il fait quand même un petit détour pour nous montrer une Drosera pygmée que nous n’avons pas encore vu. Il a passé une grande partie de la nuit dernière à chasser les kangourous (il en a tué 12), s’est couché à 2h00 du matin au mieux et pourtant il conduit sans fatigue apparente depuis 7h30 ce matin. A l’arrière William s’est endormi. Je regarde la route et les bas-côtés au cas ou des kangourous traversent devant nous car nous roulons à plus de 130 kms/h. L’épave du Toyota couché sur le côté et complètement détruit montre combien il est facile de mourir sur cette route. Les Roads trains sont un autre danger de ce tronçon. Ils roulent très vite avec souvent 3 remorques et ne peuvent ni s’arrêter en urgence, ni même dévier leur trajectoire. Ils roulent de préférence de nuit car la voie est moins encombrée qu’en journée. Lancés à 100 kms/h, de grosses rampes d’éclairage signalent leur arrivée en face de nous. Bien que la route soit assez large, il est prudent de se mettre au ras du talus et de ralentir un peu au moment du croisement. Le vent a soufflé fort toute la journée et à un moment une grosse branche cassée est couchée sur notre voie de circulation. Phill part à droite pour l’éviter mais malheureusement 2 kangourous sortent en courant de la forêt et traversent devant la voiture que Phill a juste eu le temps de rediriger sur la gauche d’un violent coup de volant après un freinage brutal. La voiture est déséquilibrée, part à droite puis à gauche en se dandinant puis reprend sa trajectoire. C’est passé mais il s’en est fallu de peu.

Il a eu moins de chance que nous !
Arrivés à Harvey, après avoir déposé Phill chez lui, nous filons au motel pour avoir une chambre. Hélas, il est minuit passé et tout est fermé. Nous allons voir le 2eme hôtel mais là aussi on fait chou blanc. Nous revenons donc chez Phill qui nous propose les canapés de son salon. Le sac de couchage que j’avais pris soin d’emporter aura servi au moins une fois.
14 10 2010
J’ai plutôt bien dormi sur le canapé malgré les ronflements de du beau-frère de Phill dans la chambre voisine. Nous prenons un petit déjeuner en leur compagnie, faisons une ou deux photos de groupe puis partons pour Perth non sans faire un dernier détour sur les conseils de Phill. Nous mettons ainsi un nouveau drosera pygmée à notre tableau de chasse. Arrivés peu après midi sur Perth, nous décidons de trouver un hôtel à proximité de l’aéroport pour éviter d’avoir à traverser la ville le lendemain matin. Nous passons le temps libre qu’il nous reste dans une zone commerciale pour faire quelques achats de dernière minute, trouvons un restaurant sympa dont la décoration et la musique country changent de nos habituels MacDo et autres Hungry Jack puis rentrons à l’hôtel pour boucler les sacs. Le lendemain matin c’est le départ définitif de ce pays qui me faisait rêver depuis des années et que je connais un peu maintenant. J’espère y revenir un jour car ce vaste pays offre une diversité de régions, de climats et de paysages qu’un séjour d’1 mois et1/2 n’aura pas suffit à nous faire découvrir.
Aventures canadiennes: deux semaines entre Calgary et Vancouver en juillet 2010 English translation pending
Alors que nous avons l'habitude de préparer soigneusement nos voyages longtemps à l'avance et de fignoler nos itinéraires pendant des mois, voilà le récit d'un voyage organisé à la dernière minute, dans l'ouest canadien, entre Alberta et Colombie Britannique.
Une fois la décision de partir, je me suis jeté sur le forum pour puiser un maximum d'information et m'imprégner des carnets de ceux qui nous avaient précédé sur ce trajet, notamment Grisemote et Krikri.
Seule contrainte, étant donné le temps relativement limité que nous avions, il a fallu faire de nombreux arbitrages et faire des choix... Mais comme nous sommes partis sans nos enfants, nous reviendrons, avec eux, plus longtemps. C'est sûr !
Voici donc l'histoire de ce beau voyage :
J1 : 16/07 - PARIS-CALGARY Vol direct sans histoire, et petit prix avec Air Transat. Survol magnifique de l'Islande, du Groenland, de l'île de Bafin et des Territoires du Nord Ouest.
Arrivés à Calgary, nous prenons un taxi jusqu'à notre hôtel (RAMADA HOTEL DOWNTOWN, classique, bien situé et sans surprise). En plein Stampede, nous n'avons pas eu de difficultés à nous loger. Une fois les valises défaites, nous faisons un tour dans le centre, montons au sommet de la Calgary Tower où marchons avec beaucoup de précautions sur le plancher de verre et savourons la première d'une longue série de bières canadiennes... J'achèterai aussi une paire de bottes, bonne idée puisque nous n'en reverrons plus à prix intéressant ensuite (et quel choix !).

J2 : 17/07 - STAMPEDE Aujourd'hui au programme : après un petit déjeûner offert dans la rue, nous nous rendons vers le célèbre rodéo annuel de Calgary. Nous avions assisté aux Cheyenne Frontier Days l'an dernier ; le Stampede, c'est un peu la même chose, version XXL avec en plus un petit côté salon de l'agriculture. Superbe journée, ambiance de fête populaire, et spectacle magique en soirée, digne des productions de Las Vegas (Cirque du Soleil oblige).




J3 : 18/07 - CALGARY Aujourd'hui, nous restons à calgary pour découvrir la ville. Pour être honnête, avec le recul nous avons pensé que ça a été une journée qui aurait pu être mieux mise à profit ailleurs, notamment dans les Rocheuses ou sur l'île de Vancouver. Mais nous voulions absolument, pour des raisons personnelles, découvrir Calgary, Vancouver et Victoria. En résumé, une ville agréable, dans un environnement exceptionnel, des chantiers partout, mais rien de bien transcendant pour le visiteur.
Nous avons filé vers Prince's island Park, d'où le point de vue sur Dowtown est intéressant. Après y avoir pris une collation, et pour nous mettre à l'abri de l'orage montant, nous avons repris le chemin du centre pour aller visiter le Glenbow Museum.
Très beau musée, avec des sections intéressantes sur les premières Nations et l'histoire de l'Alberta. Une partie du dernier étage est consacré à l'art de la guerre, où l'on découvre toutes les manières dont les Anglais ont pu mettre une raclée aux Français depuis des siècles...
En sortant, nous nous arrêtons chez Milestone's au coin de la rue pour une bonne bière, et un dîner fort sympathique...
J4 : 19/07 - CALGARY-BANFF-LAKE LOUISE Ce matin nous partons en taxi chez Hertz sur Mc Leod Trail prendre possession de notre voiture. De là, nous filons à Heritage Park où nous passerons une bonne partie de la journée. Il s'agit d'un "musée" de plein air où est reconstituée la vie dans l'ouest canadien. Le site, très grand regroupe de nombreuses constructions d'époque, avec figurants, un train à vapeur etc.
Très intéressante exposition sur le chemin de fer, et son rôle primordial dans le développement des provinces de l'ouest.
Il y a également une belle collection de voitures anciennes (et pompes à essence).
Vers 15h, nous quittons les lieux puis filons vers Banff, sous un ciel de plomb et une pluie battante. En cherchant notre route, nous franchissons un feu qui venanit de passer au rouge, au nez d'une patrouille de police... Ouf, ils semblent ne pas réagir... Toujours est-il que Hertz nous a quand même facturé les 250 $ correspondants...
En fin d'après midi, toujours sous la pluie, nous arrivons à Banff. Après une viste rapide du Visitor Center où une sympathique ranger francophone nous conseille quelques randonnées pratiquables malgré le temps, nous nous réfugions au St james Gate, pub irlandais à l'ambiance réjouissante. Et, en plus ils ont de la bière canadienne 🤪 !
Après dîner, nous reprenons la Transcanadienne, toujours sous la pluie, jusqu'à Lake Louise où nous avons réservé une chambre pour les 3 nuits à venir.
La suite arrive !!
Une fois la décision de partir, je me suis jeté sur le forum pour puiser un maximum d'information et m'imprégner des carnets de ceux qui nous avaient précédé sur ce trajet, notamment Grisemote et Krikri.
Seule contrainte, étant donné le temps relativement limité que nous avions, il a fallu faire de nombreux arbitrages et faire des choix... Mais comme nous sommes partis sans nos enfants, nous reviendrons, avec eux, plus longtemps. C'est sûr !
Voici donc l'histoire de ce beau voyage :
J1 : 16/07 - PARIS-CALGARY Vol direct sans histoire, et petit prix avec Air Transat. Survol magnifique de l'Islande, du Groenland, de l'île de Bafin et des Territoires du Nord Ouest.
Arrivés à Calgary, nous prenons un taxi jusqu'à notre hôtel (RAMADA HOTEL DOWNTOWN, classique, bien situé et sans surprise). En plein Stampede, nous n'avons pas eu de difficultés à nous loger. Une fois les valises défaites, nous faisons un tour dans le centre, montons au sommet de la Calgary Tower où marchons avec beaucoup de précautions sur le plancher de verre et savourons la première d'une longue série de bières canadiennes... J'achèterai aussi une paire de bottes, bonne idée puisque nous n'en reverrons plus à prix intéressant ensuite (et quel choix !).

J2 : 17/07 - STAMPEDE Aujourd'hui au programme : après un petit déjeûner offert dans la rue, nous nous rendons vers le célèbre rodéo annuel de Calgary. Nous avions assisté aux Cheyenne Frontier Days l'an dernier ; le Stampede, c'est un peu la même chose, version XXL avec en plus un petit côté salon de l'agriculture. Superbe journée, ambiance de fête populaire, et spectacle magique en soirée, digne des productions de Las Vegas (Cirque du Soleil oblige).





J3 : 18/07 - CALGARY Aujourd'hui, nous restons à calgary pour découvrir la ville. Pour être honnête, avec le recul nous avons pensé que ça a été une journée qui aurait pu être mieux mise à profit ailleurs, notamment dans les Rocheuses ou sur l'île de Vancouver. Mais nous voulions absolument, pour des raisons personnelles, découvrir Calgary, Vancouver et Victoria. En résumé, une ville agréable, dans un environnement exceptionnel, des chantiers partout, mais rien de bien transcendant pour le visiteur.
Nous avons filé vers Prince's island Park, d'où le point de vue sur Dowtown est intéressant. Après y avoir pris une collation, et pour nous mettre à l'abri de l'orage montant, nous avons repris le chemin du centre pour aller visiter le Glenbow Museum.
Très beau musée, avec des sections intéressantes sur les premières Nations et l'histoire de l'Alberta. Une partie du dernier étage est consacré à l'art de la guerre, où l'on découvre toutes les manières dont les Anglais ont pu mettre une raclée aux Français depuis des siècles...
En sortant, nous nous arrêtons chez Milestone's au coin de la rue pour une bonne bière, et un dîner fort sympathique...J4 : 19/07 - CALGARY-BANFF-LAKE LOUISE Ce matin nous partons en taxi chez Hertz sur Mc Leod Trail prendre possession de notre voiture. De là, nous filons à Heritage Park où nous passerons une bonne partie de la journée. Il s'agit d'un "musée" de plein air où est reconstituée la vie dans l'ouest canadien. Le site, très grand regroupe de nombreuses constructions d'époque, avec figurants, un train à vapeur etc.
Très intéressante exposition sur le chemin de fer, et son rôle primordial dans le développement des provinces de l'ouest.
Il y a également une belle collection de voitures anciennes (et pompes à essence).
Vers 15h, nous quittons les lieux puis filons vers Banff, sous un ciel de plomb et une pluie battante. En cherchant notre route, nous franchissons un feu qui venanit de passer au rouge, au nez d'une patrouille de police... Ouf, ils semblent ne pas réagir... Toujours est-il que Hertz nous a quand même facturé les 250 $ correspondants...
En fin d'après midi, toujours sous la pluie, nous arrivons à Banff. Après une viste rapide du Visitor Center où une sympathique ranger francophone nous conseille quelques randonnées pratiquables malgré le temps, nous nous réfugions au St james Gate, pub irlandais à l'ambiance réjouissante. Et, en plus ils ont de la bière canadienne 🤪 !
Après dîner, nous reprenons la Transcanadienne, toujours sous la pluie, jusqu'à Lake Louise où nous avons réservé une chambre pour les 3 nuits à venir.La suite arrive !!
Expédition 48° Nord (tour du monde à vélo) English translation pending
j'ai retrouvé cet article qui m'a paru intéressant car nous n'avions plus de nouvelles sur voyage forum: il faut dire que çà fait 2 mois que j'étais parti aussi!!
De Paris au Grand Nord canadien, Jean-Gabriel Chelala, le "globe-pédaleur" de 27 ans, parti de la capitale française le 13 janvier dernier pour un tour du monde "à la force humaine", a déjà parcouru plus de 15.000 km et se trouve à mi-chemin de sa "circumpérégrination" inédite sur terre et sur mer. "30° celsius de chute depuis mon départ de Fort Lauderdale en Floride début septembre sur mon vélo couché... A Saskatoon (province d'Alberta au Canada), où je suis arrivé cette semaine après 6.000 km à travers les Etats-Unis, on attend la neige par 0°", a-t-il raconté mardi à l'AFP. Ingénieur en bâtiment franco-libanais et breton d'adoption, Chelala a traversé successivement la France, l'Espagne, le Portugal sur un vélo +normal+. Puis, il s'est embarqué sur son canot à pédales de 7, 50 m pour une transatlantique qui l'a d'abord conduit aux Antilles, s'offrant le record mondial de la traversée sur ce type d'embarcation. Il a enfin accosté en Floride d'où il a repris la route vers le nord sur son drôle d'engin au pédalage horizontal, plus confortable et mieux adapté aux grands espaces de l'ancien "Nouveau Monde". Mais l'aventurier qui au départ entendait achever son parcours en un an et se retrouver sur le parvis de Notre-Dame de Paris avant la St Sylvestre, a dû changer de programme. Il a en effet accumulé depuis son embarquement au Portugal, un retard de deux mois en raison notamment de tracasseries administratives, des caprices de la météo et de la rencontre inopinée entre le Maroc et les Canaries avec un cétacé qui brisa son safran. La suite de son voyage au long cours passe par l'Alaska, puis la mer de Béring (sur son "cyclomer"), la Sibérie orientale (de nouveau à vélo "normal") et enfin toute la Russie et l'Europe jusqu'à Paris.
© 2008 AFP (Jean-Gabriel Chelala) Jean-Gabriel Chelala, à bord de son baterau à pédales près de Miami, le 12 août 2008
"En raison de ce retard et de l'arrivée rapide de l'hiver dans les hautes latitudes, je ne peux plus envisager d'enchaîner, avant la fin de l'année, ces étapes longues, difficiles et impraticables dans les grands froids", a-t-il raisonnablement estimé.
Le "globe-pédaleur" va donc marquer une pose jusqu'en mai 2009, non sans avoir décidé d'ajouter une épreuve de taille à son défi: il va continuer sa route pendant encore un mois jusqu'à la ville canadienne de WhiteHorse, dans la province septentrionale du Yukon (2.500 km devant ses roues), au bord de la rivière du même nom.
Mais en mai 2009, au lieu de rejoindre directement le littoral de l'Alaska, distant de quelque 300 km, il a décidé de reprendre son "pédaleau" à WhiteHorse pour une descente en forme de boucle de plus de 3.000 km sur la "Grande Rivière" (traduction de Yukon en langage des indiens Kutchin), à travers les espaces sauvages du Grand Nord canadien et de l'Alaska.
"Ce fleuve fut, à la fin du 19e siècle la principale voie de la légendaire +Ruée vers l'or+. Il n'y a que quatre ponts carrossables qui l'enjambent sur l'ensemble de son cours, c'est dire si la présence humaine sur ses rives y est rare. Cela sera une aventure dans l'aventure, un détour qui passera par le cercle polaire arctique...", s'enthousiasme par avance Philéas Fogg junior.
Et de l'embouchure de la Yukon river, dans la baie de Norton, il traversera sur son frêle esquif la mer de Béring au sud du détroit éponyme pour rejoindre la côte de la Sibérie orientale à la fonte des glaces. Lui restera alors une douzaine de milliers de kilomètres plein ouest sur la selle de sa petite reine, pour voir enfin la tour Eiffel.
Mais en attendant, Jean-Gabriel et son bateau seront présents au salon nautique à Paris en décembre prochain. Recherche de nouveaux sponsors (l'aventure ça coûte cher) oblige....
De Paris au Grand Nord canadien, Jean-Gabriel Chelala, le "globe-pédaleur" de 27 ans, parti de la capitale française le 13 janvier dernier pour un tour du monde "à la force humaine", a déjà parcouru plus de 15.000 km et se trouve à mi-chemin de sa "circumpérégrination" inédite sur terre et sur mer. "30° celsius de chute depuis mon départ de Fort Lauderdale en Floride début septembre sur mon vélo couché... A Saskatoon (province d'Alberta au Canada), où je suis arrivé cette semaine après 6.000 km à travers les Etats-Unis, on attend la neige par 0°", a-t-il raconté mardi à l'AFP. Ingénieur en bâtiment franco-libanais et breton d'adoption, Chelala a traversé successivement la France, l'Espagne, le Portugal sur un vélo +normal+. Puis, il s'est embarqué sur son canot à pédales de 7, 50 m pour une transatlantique qui l'a d'abord conduit aux Antilles, s'offrant le record mondial de la traversée sur ce type d'embarcation. Il a enfin accosté en Floride d'où il a repris la route vers le nord sur son drôle d'engin au pédalage horizontal, plus confortable et mieux adapté aux grands espaces de l'ancien "Nouveau Monde". Mais l'aventurier qui au départ entendait achever son parcours en un an et se retrouver sur le parvis de Notre-Dame de Paris avant la St Sylvestre, a dû changer de programme. Il a en effet accumulé depuis son embarquement au Portugal, un retard de deux mois en raison notamment de tracasseries administratives, des caprices de la météo et de la rencontre inopinée entre le Maroc et les Canaries avec un cétacé qui brisa son safran. La suite de son voyage au long cours passe par l'Alaska, puis la mer de Béring (sur son "cyclomer"), la Sibérie orientale (de nouveau à vélo "normal") et enfin toute la Russie et l'Europe jusqu'à Paris.
© 2008 AFP (Jean-Gabriel Chelala) Jean-Gabriel Chelala, à bord de son baterau à pédales près de Miami, le 12 août 2008
"En raison de ce retard et de l'arrivée rapide de l'hiver dans les hautes latitudes, je ne peux plus envisager d'enchaîner, avant la fin de l'année, ces étapes longues, difficiles et impraticables dans les grands froids", a-t-il raisonnablement estimé.
Le "globe-pédaleur" va donc marquer une pose jusqu'en mai 2009, non sans avoir décidé d'ajouter une épreuve de taille à son défi: il va continuer sa route pendant encore un mois jusqu'à la ville canadienne de WhiteHorse, dans la province septentrionale du Yukon (2.500 km devant ses roues), au bord de la rivière du même nom.
Mais en mai 2009, au lieu de rejoindre directement le littoral de l'Alaska, distant de quelque 300 km, il a décidé de reprendre son "pédaleau" à WhiteHorse pour une descente en forme de boucle de plus de 3.000 km sur la "Grande Rivière" (traduction de Yukon en langage des indiens Kutchin), à travers les espaces sauvages du Grand Nord canadien et de l'Alaska.
"Ce fleuve fut, à la fin du 19e siècle la principale voie de la légendaire +Ruée vers l'or+. Il n'y a que quatre ponts carrossables qui l'enjambent sur l'ensemble de son cours, c'est dire si la présence humaine sur ses rives y est rare. Cela sera une aventure dans l'aventure, un détour qui passera par le cercle polaire arctique...", s'enthousiasme par avance Philéas Fogg junior.
Et de l'embouchure de la Yukon river, dans la baie de Norton, il traversera sur son frêle esquif la mer de Béring au sud du détroit éponyme pour rejoindre la côte de la Sibérie orientale à la fonte des glaces. Lui restera alors une douzaine de milliers de kilomètres plein ouest sur la selle de sa petite reine, pour voir enfin la tour Eiffel.
Mais en attendant, Jean-Gabriel et son bateau seront présents au salon nautique à Paris en décembre prochain. Recherche de nouveaux sponsors (l'aventure ça coûte cher) oblige....Transport en Bretagne English translation pending
Je vais à la Bretagne du 02/09 au 30/09 et je ne voudrais pas louer des autos, parce que je préfére voir les paysages. J'ai des reservations à Rennes, St-Malo, Brest, Quimper et Vannes. Est-ce que ce sont des bons lieux pour prendre des autobus/trains pour les villes proches?
Algérie: la transsharienne English translation pending
LA TRANSSAHARIENNE!!!! Un rêve d'il y a trente ans.
L'explorer du nord au sud, en s'arrêtant çà et là, au gré des envies, des paysages et des oasis, c'est ce dont nous rêvions depuis longtemps et que nous avons enfin entrepris ces 15 derniers jours.
Partis à deux de Annaba, jeudi après-midi, notre voiture chargée et bien équipée, première halte à Batna avant de rejoindre la porte du désert, vendredi après-midi, à El-Oued, la ville aux mille coupoles, centre de nombreux Oasis appelés "Souf". Souper et nuitée à l'hôtel Loose et deuxième menu de Ramadan: Chorba, bourek et poulet grillé.
Samedi matin, en route pour Toggourt, Ouargla et Ghardaïa. Quel enchantement cette route. Nous nous extasions à la vue de nos premières dunes, ocres, dorées, jalonnant les 400 kilomètres d'une excellente route goudronnée.
En chemin, d'anciens puits encore en service, des panneaux de signalisation "attention dromadaires", "risque d'ensablement".
Petite halte pique-nique: pâté Comtesse du Barry, et … Vache qui rit! arrosés d'une bière bien fraîche grâce à la glacière branchée sur l'allume-cigare de la voiture. Sans le vent et les mouches on se serait bien laissés aller à une bonne sieste!
Après un petit tour dans Toggourt et Ouargla (rien de très particulier), nous arrivons en fin d'après-midi à Ghardaïa. Halte de 3 nuits dans un "hôtel/auberge le Caravansérail" aménagé dans une ancienne maison traditionnelle au milieu de la palmeraie.
Ghardaïa, capitale du Mzab, est une "pentapole", composée de 5 cités/oasis ayant toutes gardé un style traditionnel très homogène; la plus spéciale "Béni Isguen" est toujours entourée d'une muraille percée de 3 portes seulement et qu'on ne visite qu'avec un guide. C'est la ville sainte des Mozabites encore très fermée et attachée aux traditions: les femmes y sont voilées de la tête aux pieds, ne laissant apparaître qu'un seul œil. Nous les appelions les cyclopes! Les pauvres, elles sont très maladroites avec leur œil unique, même que l'une d'entre elle est entrée en collision avec un vélo: "le cyclope contre le cycliste"!
Au Caravansérail, nous avons rencontré un couple de français, venus par avion, pour une semaine. Au bout de 3 jours, ils avaient un peu fait le tour et se demandaient comment occuper le reste de leur temps. Nous leur avons proposé de faire la route avec nous jusque El-Goléa, notre prochaine étape, d'où ils reprendraient l'avion pour Alger.
Départ donc de Ghardaïa le mardi matin: route superbe et rectiligne: des dunes, encore des dunes, des petites, des hautes, des dorées, des ridées, des lisses, bref, toutes très belles, nous ont accompagnés tout le long. Et nos premiers dromadaires près de la route! Ils sont magnifiques! Pique-nique à midi à l'ombre des acacias et arrivée vers 15h à El-Goléa. Logement chez l'habitant (plus convivial et sympa que le sinistre hôtel d'état): Saadiya, ravissante jeune femme, nous a accueillis chaleureusement dans sa maison et son fils Sami nous a fait le guide (le tombeau du Père Charles de Foucauld, l'église St Joseph - église/musée renfermant tous ses écrits et le récit de sa vie - le vieux ksar, etc…). A notre retour "à la maison", juste au chant du muezzin pour la rupture du jeûne, un dîner fastueux nous attendait; ça nous a changé de l'éternelle chorba/bourek/poulet grillé/salade que nous n'avions cessé de manger depuis notre départ. Soirée autour d'un feu sur lequel a bouilli l'eau du thé, préparé avec tout le cérémonial du désert, à la mode touareg, puis visite d'une petite boutique d'artisanat de tissage (tapis, nappes, châles, …) qui est une coopérative de femmes initiée par les Sœurs des Pauvres.
Mercredi matin, après des adieux émus, nous nous mettons en route pour une longue étape jusque In Salah où Laurent (collègue de travail) devait nous rejoindre par avion dans l'après-midi et faire la route avec nous jusque Tamanrasset. In Salah, oasis rouge, d'architecture "soudanaise", d'ambiance très saharienne avec les dunes de sable gagnant sur un côté de la ville et les hommes tous en chèche. Ville de contrebande de … panneaux solaires! Un seul hôtel d'état, plus ou moins décrépi, et évidemment, au souper, l'éternel menu de Ramadan. Ah! une bonne chorba, il y avait longtemps!!!
Seulement voilà: Air Algérie (Air Fantaisie!) en a décidé autrement. Annulé, l'avion. Laurent nous téléphone pour dire qu'il prendra le vol de jeudi matin 8h direct sur Tamanrasset et qu'il rappellera le matin avant le décollage.
Le lendemain, jeudi, c'est notre opérateur de téléphone portable qui est en panne, et donc nous nous mettons en route vers Tam (670 km, la plus longue étape) sans nouvelles de Laurent. Après les divers arrêts aux barrages de police, gendarmerie et sécurité, qui notaient consciencieusement les données de nos passeports (plus le nom du père, de la mère, du chat, du chien, (hi hi hi) la profession, la fonction, etc…, pour notre sécurité en tant qu'étrangers), les haltes pipi et pique-nique, nous arrivons à environ 15 km de Tam vers 20 heures. Je m'extasiais sur le ciel étoilé quand je vois le clignotement des lumières d'un avion, en même temps qu'une plaque indiquant l'aéroport. "Et si Laurent était dans l'avion? On va voir?" Nous y sommes allés et … Laurent était dans l'avion !!! Retrouvailles éberluées, car il aurait dû être arrivé vers 11h du matin, et nous vers 18h.
Nous appelons notre guide et à partir de ce moment, nous sommes pris en charge par Abdallah, agence Timidoua Travel (que nous recommandons chaleureusement pour tout voyage en Algérie), qui nous a organisé un circuit dans le Hoggar.
Il vient à notre rencontre et nous installe à l'hôtel/auberge Caravansérail (encore! oui, c'est la même chaîne). Nous déposons nos affaires, et partageons avec lui un verre de vin blanc bien frais tout en discutant du programme de ces 5 prochains jours.
Il est déjà 21h et, le vin blanc aidant, nous avons faim. Oh, surprise, en apprenant que sa femme nous attend chez eux avec un bon souper: la chorba était remplacée par une soupe au blé vert (délicieuse), les boureks (nettement meilleurs qu'ailleurs) sont incontournables, et le plat de résistance était un très bon ragoût de viande. Toute la famille nous a accueillis avec la simplicité, la chaleur et l'amitié que savent manifester les algériens.
Vendredi matin, démarrage vers 10h30. Nous laissons notre voiture dans le parking de l'hôtel et nous embarquons dans la Toyota 4x4 d'Abdallah, en direction du plateau de l'Assekrem, après un petit tour dans Tam, agglomération de création récente, qui n'a aucun intérêt particulier, excepté ses rues bordées de grands tamaris où l'on croise des Touaregs sur leurs dromadaires, affichant encore leur ancienne splendeur.
Abdallah connaît le désert et ses pistes jusqu'au bout des doigts. A un moment donné, il s'engage sur un immense espace sableux, hérissé de touffes d'herbe, au milieu de nulle part et sans aucun chemin tracé et quel est notre ébahissement de nous arrêter sous un bel acacia, à côté d'un autre 4x4 semblable au nôtre, où deux "hommes du désert" étaient occupés à cuisiner et avaient déjà étendu une natte et posé dessus une table basse, des tabourets, des couverts, des verres: on nous attendait pour le repas de midi! Il s'agissait en fait de la voiture "intendance" d'Abdallah, qui nous a accompagnés pendant tout notre circuit. Ses deux collaborateurs, Malek et Bey, se sont montrés d'une efficacité et d'une discrétion remarquables. Après le cérémonial du thé, nous nous dirigeons vers le plateau de l'Assekrem, 2778 m (qui signifie: "regarde et arrête-toi") rendu célèbre par l'ermitage que Charles de Foucauld y a installé en 1910. Une piste de 86 km, rocheuse et caillouteuse, serpente et grimpe dans le massif volcanique de l'Atakor, coeur du Hoggar et du Sahara, hérissé de pics montagneux de granit rose et de basalte noir : parois éclatées, tuyaux d’orgues, pain de sucre. La piste s'arrête là. Les hommes partent à pied (20 à 30 mn d'ascension à pied) pour atteindre le plateau d'Assekrem à 2778 mètres d'altitude, et assistent au coucher du soleil fabuleux à travers les monts de Tahat et d'Ilamân (plus hauts sommets d'Algérie).
Pendant ce temps, notre "intendance" a installé le camp. La tente est montée, le feu crépite, la table est mise et le repas mijote. Laurent nous annonce une surprise: ""apéritif au champagne et foie gras pour fêter le 30ème anniversaire de mariage de Guy et Andrée"". C'était tout simplement bouleversant! Merci Laurent pour ton amitié! Nous nous souviendrons longtemps de ces "noces de perle" aux pieds de la perle du Hoggar!!! La température, elle, ne cesse de baisser et nous dormirons par 7°. Je n'ai pas eu aussi froid depuis longtemps, mais ça valait la peine, rien que pour le spectacle du ciel d'une pureté telle que la moindre étoile y scintillait, et la guitare de Bey jouant "sotto voce" des mélopées touaregs, au milieu de ce silence que l'on entend !!!! Samedi matin, nous redescendons la piste. Première halte aux "gueltas" d'Afilal. Splendides bassins d'eau où "des poissons, témoins vivants d'un Sahara plus humide jadis, subsistent encore au milieu d'une végétation verdoyante composée notamment de menthe poliot, laurier rose, tamaris, joncs, fougères, etc." (sic Abdallah). Autre halte au mont Akar-Akar nommé aussi «château d'Antinea », où nous avons vu plusieurs gravures rupestres (girafes, buffles, gazelles…). Après les haltes pipis et moultes photos des gravures et des différentes espèces d'oiseaux que Laurent et Abdallah (passionnés tous les deux d'ornithologie et de botanique) arrivaient à identifier au vol ou au sommet d'un rocher (c'était passionnant), nous arrivons au lieu du pique-nique. A propos de botanique, j'ai appris pendant ce voyage que l'armoise, séchée et pilée, pouvait remplacer la moutarde (j'ai goûté c'est délicieux), et que la germandrée utilisée en infusion, est "le" remède contre la tourista (nous l'avons testée: c'est radical). Pour les passionnés de botanique, Abdallah et sa femme, Rabia, ont édité un guide de la flore du Hoggar "Promenade Botanique" avec de splendides photos (contact: sahkiabdallah@hotmail.com). Là, Karim, le fils d'Abdallah, nous rejoint avec une troisième voiture pour nous ramener Guy et moi à Tamanrasset, car à notre âge, n'est-ce pas, nous avons besoin d'un peu de repos et de confort avant d'attaquer la dernière partie du voyage. Laurent repart avec Abdallah à l'assaut des pistes, nous vers une bonne douche chaude et un lit qui reposera ma colonne vertébrale, et nous nous donnons rendez-vous lundi matin, vers 9h, au village de Hirafok, à environ 200 km de Tamanrasset: 120 par la RN (transsaharienne) et 80 de piste de sable, village Touareg d'artisans forgerons.
Donc Lundi matin, Bey vient nous rejoindre à l'hôtel et nous démarrons à 5h du matin, après avoir chargé tous nos "bintous" (pour les anciens d'Afrique!), car nous ne repassons plus par Tamanrasset. C'est enfin le baptême du désert pour notre Kia 4x4: elle a passé le test haut "le pneu" (si je puis dire!). A Hirafok, petit-déjeuner à deux, le temps que les autres arrivent. Puis visite d'un jardin de cultures maraîchères en zone bien désertique. C'est incroyable ce qu'on peut faire pousser. Nous avons d'ailleurs fait nos provisions de tomates, salades, oignons, pommes de terre et maïs pour les prochains repas. Le chef du village, Aflane, qui est en même temps un guide, embarque avec nous en direction de Mertoutek, centre de la région naturelle de la Tefedest, où nous allons voir les peintures rupestres. En chemin, observation de plantes et oiseaux évidemment, pique-nique et arrivée sur le lieu du bivouac vers 16h30. Repos de 10mn et nous nous lançons à l'assaut d'une montagne formée de gros blocs de rochers (des galets géants) renfermant des grottes où nous nous glissons pour admirer ces peintures qui sont encore d'une fraîcheur étonnantes: lion, danseuses, chevaux, gazelles, etc…. C'était fabuleux.
Bivouac dans l'oued Mertoutek. Pour agrémenter notre soirée autour du feu, Bey et Aflane nous ont donné un concert de chants touaregs, utilisant un jerrycan vide comme tambour pour rythmer leurs mélopées très harmonieuses.
Mardi, dernière journée. Sur le chemin du retour à Hirafok où nous avions laissé la Kia, nous faisons un détour pour voir le "cratère d'Ouksem", en fait deux cratères éruptifs, tombant en un à pic vertigineux de 200 mètres, qui ne font pas partie des circuits standards. Extraordinaire, époustouflant!!!! Déjeuner près du cratère, avec observation de traquets à tête blanche, de cratéropes fauves, d’amomane isabelline et d’une caille des blés.
Dans l'après-midi, pour clôturer en beauté, nous avons observé une famille entière de 10 "gangas couronnés" se baladant sur la rocaille, en rang serré, roucoulant, et pas du tout effrayés. Un peu plus loin, 2 gazelles dorcas magnifiques, mais hélas, plus farouche que les gangas. Il faut noter aussi la présence d’ânes qui vagabondent à l’état quasi sauvage dans tout le Hoggar, dont la chair participe à la chaîne alimentaire qui maintien le chacal, le guépard, quelques rares hyènes rayées et vautours.
Retour à Hirafok, adieux à Aflane, achat d'objets d'artisanat pour le remercier, récupération de la Kia, et en route pour notre dernier bivouac (à 15 km de la route principale). Un endroit superbe, dans le lit d'un oued asséché, les ajoncs nous protégeant du vent, et les montagnes majestueuses en arrière-fond. Pour notre dernière soirée, Bey et Malek nous ont demandé de la musique de chez nous. Un petit Vivaldi pendant le repas (je précise ici que nous n'avons pas eu deux fois le même menu le soir, et chaque fois un mets délicieux), puis au clair de la voie lactée et des constellations, la voix chaude d'Irène Papas nous a transportés sur une musique sublime de Vangelis.
Mercredi matin, c'est avec beaucoup de regrets que nous nous séparons. Guy, Laurent et moi prenons la route du retour vers In Salah. Jeudi matin, avion pour Guy et moi sur Alger et retour à la maison, Laurent se chargeant de ramener la voiture, en faisant le chemin inverse de nos 5 premiers jours.
Avant de clôturer, je voudrai remercier Abdallah pour la flexibilité et la gentillesse avec lesquelles il s'est adapté à tous nos desideratas. Un circuit vraiment "à la carte", adapté au fur et à mesure à notre fatigue et à nos envies.
Un dernier mot: à aucun moment de ces 15 jours, nous n'avons éprouvé le moindre sentiment d'insécurité!
Andrée. du 21 octobre au 03 novembre 2005.
P.S. Nous avons plein d'autres photos très belles. Si vous êtes intéressés … on vous en enverra.
L'explorer du nord au sud, en s'arrêtant çà et là, au gré des envies, des paysages et des oasis, c'est ce dont nous rêvions depuis longtemps et que nous avons enfin entrepris ces 15 derniers jours.
Partis à deux de Annaba, jeudi après-midi, notre voiture chargée et bien équipée, première halte à Batna avant de rejoindre la porte du désert, vendredi après-midi, à El-Oued, la ville aux mille coupoles, centre de nombreux Oasis appelés "Souf". Souper et nuitée à l'hôtel Loose et deuxième menu de Ramadan: Chorba, bourek et poulet grillé.
Samedi matin, en route pour Toggourt, Ouargla et Ghardaïa. Quel enchantement cette route. Nous nous extasions à la vue de nos premières dunes, ocres, dorées, jalonnant les 400 kilomètres d'une excellente route goudronnée.
En chemin, d'anciens puits encore en service, des panneaux de signalisation "attention dromadaires", "risque d'ensablement".
Petite halte pique-nique: pâté Comtesse du Barry, et … Vache qui rit! arrosés d'une bière bien fraîche grâce à la glacière branchée sur l'allume-cigare de la voiture. Sans le vent et les mouches on se serait bien laissés aller à une bonne sieste!
Après un petit tour dans Toggourt et Ouargla (rien de très particulier), nous arrivons en fin d'après-midi à Ghardaïa. Halte de 3 nuits dans un "hôtel/auberge le Caravansérail" aménagé dans une ancienne maison traditionnelle au milieu de la palmeraie.
Ghardaïa, capitale du Mzab, est une "pentapole", composée de 5 cités/oasis ayant toutes gardé un style traditionnel très homogène; la plus spéciale "Béni Isguen" est toujours entourée d'une muraille percée de 3 portes seulement et qu'on ne visite qu'avec un guide. C'est la ville sainte des Mozabites encore très fermée et attachée aux traditions: les femmes y sont voilées de la tête aux pieds, ne laissant apparaître qu'un seul œil. Nous les appelions les cyclopes! Les pauvres, elles sont très maladroites avec leur œil unique, même que l'une d'entre elle est entrée en collision avec un vélo: "le cyclope contre le cycliste"!
Au Caravansérail, nous avons rencontré un couple de français, venus par avion, pour une semaine. Au bout de 3 jours, ils avaient un peu fait le tour et se demandaient comment occuper le reste de leur temps. Nous leur avons proposé de faire la route avec nous jusque El-Goléa, notre prochaine étape, d'où ils reprendraient l'avion pour Alger.
Départ donc de Ghardaïa le mardi matin: route superbe et rectiligne: des dunes, encore des dunes, des petites, des hautes, des dorées, des ridées, des lisses, bref, toutes très belles, nous ont accompagnés tout le long. Et nos premiers dromadaires près de la route! Ils sont magnifiques! Pique-nique à midi à l'ombre des acacias et arrivée vers 15h à El-Goléa. Logement chez l'habitant (plus convivial et sympa que le sinistre hôtel d'état): Saadiya, ravissante jeune femme, nous a accueillis chaleureusement dans sa maison et son fils Sami nous a fait le guide (le tombeau du Père Charles de Foucauld, l'église St Joseph - église/musée renfermant tous ses écrits et le récit de sa vie - le vieux ksar, etc…). A notre retour "à la maison", juste au chant du muezzin pour la rupture du jeûne, un dîner fastueux nous attendait; ça nous a changé de l'éternelle chorba/bourek/poulet grillé/salade que nous n'avions cessé de manger depuis notre départ. Soirée autour d'un feu sur lequel a bouilli l'eau du thé, préparé avec tout le cérémonial du désert, à la mode touareg, puis visite d'une petite boutique d'artisanat de tissage (tapis, nappes, châles, …) qui est une coopérative de femmes initiée par les Sœurs des Pauvres.
Mercredi matin, après des adieux émus, nous nous mettons en route pour une longue étape jusque In Salah où Laurent (collègue de travail) devait nous rejoindre par avion dans l'après-midi et faire la route avec nous jusque Tamanrasset. In Salah, oasis rouge, d'architecture "soudanaise", d'ambiance très saharienne avec les dunes de sable gagnant sur un côté de la ville et les hommes tous en chèche. Ville de contrebande de … panneaux solaires! Un seul hôtel d'état, plus ou moins décrépi, et évidemment, au souper, l'éternel menu de Ramadan. Ah! une bonne chorba, il y avait longtemps!!!
Seulement voilà: Air Algérie (Air Fantaisie!) en a décidé autrement. Annulé, l'avion. Laurent nous téléphone pour dire qu'il prendra le vol de jeudi matin 8h direct sur Tamanrasset et qu'il rappellera le matin avant le décollage.
Le lendemain, jeudi, c'est notre opérateur de téléphone portable qui est en panne, et donc nous nous mettons en route vers Tam (670 km, la plus longue étape) sans nouvelles de Laurent. Après les divers arrêts aux barrages de police, gendarmerie et sécurité, qui notaient consciencieusement les données de nos passeports (plus le nom du père, de la mère, du chat, du chien, (hi hi hi) la profession, la fonction, etc…, pour notre sécurité en tant qu'étrangers), les haltes pipi et pique-nique, nous arrivons à environ 15 km de Tam vers 20 heures. Je m'extasiais sur le ciel étoilé quand je vois le clignotement des lumières d'un avion, en même temps qu'une plaque indiquant l'aéroport. "Et si Laurent était dans l'avion? On va voir?" Nous y sommes allés et … Laurent était dans l'avion !!! Retrouvailles éberluées, car il aurait dû être arrivé vers 11h du matin, et nous vers 18h.
Nous appelons notre guide et à partir de ce moment, nous sommes pris en charge par Abdallah, agence Timidoua Travel (que nous recommandons chaleureusement pour tout voyage en Algérie), qui nous a organisé un circuit dans le Hoggar.
Il vient à notre rencontre et nous installe à l'hôtel/auberge Caravansérail (encore! oui, c'est la même chaîne). Nous déposons nos affaires, et partageons avec lui un verre de vin blanc bien frais tout en discutant du programme de ces 5 prochains jours.
Il est déjà 21h et, le vin blanc aidant, nous avons faim. Oh, surprise, en apprenant que sa femme nous attend chez eux avec un bon souper: la chorba était remplacée par une soupe au blé vert (délicieuse), les boureks (nettement meilleurs qu'ailleurs) sont incontournables, et le plat de résistance était un très bon ragoût de viande. Toute la famille nous a accueillis avec la simplicité, la chaleur et l'amitié que savent manifester les algériens.
Vendredi matin, démarrage vers 10h30. Nous laissons notre voiture dans le parking de l'hôtel et nous embarquons dans la Toyota 4x4 d'Abdallah, en direction du plateau de l'Assekrem, après un petit tour dans Tam, agglomération de création récente, qui n'a aucun intérêt particulier, excepté ses rues bordées de grands tamaris où l'on croise des Touaregs sur leurs dromadaires, affichant encore leur ancienne splendeur.
Abdallah connaît le désert et ses pistes jusqu'au bout des doigts. A un moment donné, il s'engage sur un immense espace sableux, hérissé de touffes d'herbe, au milieu de nulle part et sans aucun chemin tracé et quel est notre ébahissement de nous arrêter sous un bel acacia, à côté d'un autre 4x4 semblable au nôtre, où deux "hommes du désert" étaient occupés à cuisiner et avaient déjà étendu une natte et posé dessus une table basse, des tabourets, des couverts, des verres: on nous attendait pour le repas de midi! Il s'agissait en fait de la voiture "intendance" d'Abdallah, qui nous a accompagnés pendant tout notre circuit. Ses deux collaborateurs, Malek et Bey, se sont montrés d'une efficacité et d'une discrétion remarquables. Après le cérémonial du thé, nous nous dirigeons vers le plateau de l'Assekrem, 2778 m (qui signifie: "regarde et arrête-toi") rendu célèbre par l'ermitage que Charles de Foucauld y a installé en 1910. Une piste de 86 km, rocheuse et caillouteuse, serpente et grimpe dans le massif volcanique de l'Atakor, coeur du Hoggar et du Sahara, hérissé de pics montagneux de granit rose et de basalte noir : parois éclatées, tuyaux d’orgues, pain de sucre. La piste s'arrête là. Les hommes partent à pied (20 à 30 mn d'ascension à pied) pour atteindre le plateau d'Assekrem à 2778 mètres d'altitude, et assistent au coucher du soleil fabuleux à travers les monts de Tahat et d'Ilamân (plus hauts sommets d'Algérie).
Pendant ce temps, notre "intendance" a installé le camp. La tente est montée, le feu crépite, la table est mise et le repas mijote. Laurent nous annonce une surprise: ""apéritif au champagne et foie gras pour fêter le 30ème anniversaire de mariage de Guy et Andrée"". C'était tout simplement bouleversant! Merci Laurent pour ton amitié! Nous nous souviendrons longtemps de ces "noces de perle" aux pieds de la perle du Hoggar!!! La température, elle, ne cesse de baisser et nous dormirons par 7°. Je n'ai pas eu aussi froid depuis longtemps, mais ça valait la peine, rien que pour le spectacle du ciel d'une pureté telle que la moindre étoile y scintillait, et la guitare de Bey jouant "sotto voce" des mélopées touaregs, au milieu de ce silence que l'on entend !!!! Samedi matin, nous redescendons la piste. Première halte aux "gueltas" d'Afilal. Splendides bassins d'eau où "des poissons, témoins vivants d'un Sahara plus humide jadis, subsistent encore au milieu d'une végétation verdoyante composée notamment de menthe poliot, laurier rose, tamaris, joncs, fougères, etc." (sic Abdallah). Autre halte au mont Akar-Akar nommé aussi «château d'Antinea », où nous avons vu plusieurs gravures rupestres (girafes, buffles, gazelles…). Après les haltes pipis et moultes photos des gravures et des différentes espèces d'oiseaux que Laurent et Abdallah (passionnés tous les deux d'ornithologie et de botanique) arrivaient à identifier au vol ou au sommet d'un rocher (c'était passionnant), nous arrivons au lieu du pique-nique. A propos de botanique, j'ai appris pendant ce voyage que l'armoise, séchée et pilée, pouvait remplacer la moutarde (j'ai goûté c'est délicieux), et que la germandrée utilisée en infusion, est "le" remède contre la tourista (nous l'avons testée: c'est radical). Pour les passionnés de botanique, Abdallah et sa femme, Rabia, ont édité un guide de la flore du Hoggar "Promenade Botanique" avec de splendides photos (contact: sahkiabdallah@hotmail.com). Là, Karim, le fils d'Abdallah, nous rejoint avec une troisième voiture pour nous ramener Guy et moi à Tamanrasset, car à notre âge, n'est-ce pas, nous avons besoin d'un peu de repos et de confort avant d'attaquer la dernière partie du voyage. Laurent repart avec Abdallah à l'assaut des pistes, nous vers une bonne douche chaude et un lit qui reposera ma colonne vertébrale, et nous nous donnons rendez-vous lundi matin, vers 9h, au village de Hirafok, à environ 200 km de Tamanrasset: 120 par la RN (transsaharienne) et 80 de piste de sable, village Touareg d'artisans forgerons.
Donc Lundi matin, Bey vient nous rejoindre à l'hôtel et nous démarrons à 5h du matin, après avoir chargé tous nos "bintous" (pour les anciens d'Afrique!), car nous ne repassons plus par Tamanrasset. C'est enfin le baptême du désert pour notre Kia 4x4: elle a passé le test haut "le pneu" (si je puis dire!). A Hirafok, petit-déjeuner à deux, le temps que les autres arrivent. Puis visite d'un jardin de cultures maraîchères en zone bien désertique. C'est incroyable ce qu'on peut faire pousser. Nous avons d'ailleurs fait nos provisions de tomates, salades, oignons, pommes de terre et maïs pour les prochains repas. Le chef du village, Aflane, qui est en même temps un guide, embarque avec nous en direction de Mertoutek, centre de la région naturelle de la Tefedest, où nous allons voir les peintures rupestres. En chemin, observation de plantes et oiseaux évidemment, pique-nique et arrivée sur le lieu du bivouac vers 16h30. Repos de 10mn et nous nous lançons à l'assaut d'une montagne formée de gros blocs de rochers (des galets géants) renfermant des grottes où nous nous glissons pour admirer ces peintures qui sont encore d'une fraîcheur étonnantes: lion, danseuses, chevaux, gazelles, etc…. C'était fabuleux.
Bivouac dans l'oued Mertoutek. Pour agrémenter notre soirée autour du feu, Bey et Aflane nous ont donné un concert de chants touaregs, utilisant un jerrycan vide comme tambour pour rythmer leurs mélopées très harmonieuses.
Mardi, dernière journée. Sur le chemin du retour à Hirafok où nous avions laissé la Kia, nous faisons un détour pour voir le "cratère d'Ouksem", en fait deux cratères éruptifs, tombant en un à pic vertigineux de 200 mètres, qui ne font pas partie des circuits standards. Extraordinaire, époustouflant!!!! Déjeuner près du cratère, avec observation de traquets à tête blanche, de cratéropes fauves, d’amomane isabelline et d’une caille des blés.
Dans l'après-midi, pour clôturer en beauté, nous avons observé une famille entière de 10 "gangas couronnés" se baladant sur la rocaille, en rang serré, roucoulant, et pas du tout effrayés. Un peu plus loin, 2 gazelles dorcas magnifiques, mais hélas, plus farouche que les gangas. Il faut noter aussi la présence d’ânes qui vagabondent à l’état quasi sauvage dans tout le Hoggar, dont la chair participe à la chaîne alimentaire qui maintien le chacal, le guépard, quelques rares hyènes rayées et vautours.
Retour à Hirafok, adieux à Aflane, achat d'objets d'artisanat pour le remercier, récupération de la Kia, et en route pour notre dernier bivouac (à 15 km de la route principale). Un endroit superbe, dans le lit d'un oued asséché, les ajoncs nous protégeant du vent, et les montagnes majestueuses en arrière-fond. Pour notre dernière soirée, Bey et Malek nous ont demandé de la musique de chez nous. Un petit Vivaldi pendant le repas (je précise ici que nous n'avons pas eu deux fois le même menu le soir, et chaque fois un mets délicieux), puis au clair de la voie lactée et des constellations, la voix chaude d'Irène Papas nous a transportés sur une musique sublime de Vangelis.
Mercredi matin, c'est avec beaucoup de regrets que nous nous séparons. Guy, Laurent et moi prenons la route du retour vers In Salah. Jeudi matin, avion pour Guy et moi sur Alger et retour à la maison, Laurent se chargeant de ramener la voiture, en faisant le chemin inverse de nos 5 premiers jours.
Avant de clôturer, je voudrai remercier Abdallah pour la flexibilité et la gentillesse avec lesquelles il s'est adapté à tous nos desideratas. Un circuit vraiment "à la carte", adapté au fur et à mesure à notre fatigue et à nos envies.
Un dernier mot: à aucun moment de ces 15 jours, nous n'avons éprouvé le moindre sentiment d'insécurité!
Andrée. du 21 octobre au 03 novembre 2005.
P.S. Nous avons plein d'autres photos très belles. Si vous êtes intéressés … on vous en enverra.
Off on an adventure in Sri Lanka
Day 1 – December 6
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Our decision is our decision. And it’s firm and final. Next winter, our plane will spread its great wings toward the island of Ceylon! "Wait a minute... Ceylon... Ceylon... that name rings a bell, but I can’t quite place it on the globe Grandma gave me for Christmas! Ceylon... Oh right, I’ve got it: Ceylon is the name of my tea!" Exactly. But the name on your pretty tea box is also the one used until 1972 for this island nation, a speck on the Indian Ocean at the southern tip of the Indian subcontinent: Sri Lanka!
For this new adventure, I’m exceptionally leaving my Flo behind, cowardly replaced by a double dose of testosterone. To write the book of this journey with me, I’m bringing along my brother, who’s used to this kind of thing, and... a guest star: My model of resilience. My dad! All aboard! Or rather, all aboard our tuk-tuk! Yes, you read that right: A real tuk-tuk, a little colorful rolling box that putters along at two miles an hour. The idea? Well, Sri Lanka and its winding roads overlooking the vastness of lush nature are tailor-made for this kind of vehicle. And since it’s one of only two countries in the world that allow foreigners to rent and drive these mini speedsters, we’ll be crisscrossing the island in our two-square-meter rolling box. Plus, adopting this mode of transport is a surefire way to connect directly with the locals, who’ll surely be curious to see a foreigner driving their iconic vehicle. Not to mention the... let’s say... spicy anecdotes it might generate. I mean, heading into a subtropical zone with my jet-black dad and his unpredictable digestive flora while deliberately choosing the tuk-tuk as our *only* means of transport? That’s the winning combo for an unforgettable adventure! "More seriously, Dad, Sullivan, I’m already loving the idea of living this adventure together, the three of us—brothers and father..."
So, does the intro to this new adventure get your salivary glands going? Yes? Too bad. Because unfortunately, the program handed out by the lady at the entrance has been slightly... let’s say *crumpled*. Some might even say "scrunched up and nearly tossed in the trash." First, six days ago, as the countdown echoed in us like a call to adventure, Cyclone Ditwah grabbed Sri Lanka, played with it like a rag doll, and left it battered on the ground. The toll is devastating: over a thousand dead, thousands of homes wiped out by relentless rains, roads and railways swallowed by massive mudslides. A country wounded once again, after the civil war, the 2004 tsunami, and the post-Covid economic crisis.
But as if this weather disaster wasn’t enough to shake our unbreakable adventurer spirit, fate decided to mess with us further by cutting our trio down to two. The victim? My brother, violently turned away because of a simple date on his passport that didn’t match the border officials’ expectations. Return to sender!
So now it’s just the two of us allowed to board the Qatar Airways Airbus A380 for this trip. If he were here, Denis Brognart would say, "And in the end, only one remains!" Except I know you’ll be with us, following our adventures! Right?
Madagascar - June 2025
Five years of an unintended break... The closure of VF, COVID... What a joy to rediscover the pleasure of sharing!
I’ve stayed true to my habits: the following account is a collection of practical tips rather than a travel journal...
Madagascar is as big as France and Belgium combined. In three weeks, choices have to be made! It was the Great Tsingy that inspired our trip. We decided to focus on the southwest and the RN7. We skipped the Deep South and the North. Oh well...
OUR ITINERARY IN 3 WEEKS:
Fri 6 June – Direct AF flight to Tana – Flight arrives at 10:30 PM – Tana Sat – Antsirabe Sun – Miandrivazo Mon – Drive to the Masiakampy pier – Descent of the Tsiribihina River by pirogue - Bivouac Tue – Descent of the Tsiribihina River by pirogue - Bivouac Wed – Descent of the Tsiribihina River by pirogue – Bekopaka Thu – Pirogue on the Manambolo River and Small Tsingy of Bemaraha – Bekopaka Fri – Great Tsingy of Bemaraha – Bekopaka Sat – Avenue of the Baobabs – Morondava Sun – Belo sur Mer Mon – Free day – Belo sur Mer Tue – Manja Wed – Andavadoaka Thu – Free day – Andavadoaka Fri – Salary Lagoon – Mangily Sat – Ranohira Sun – Isalo National Park - Ranohira Mon – Anja Reserve - Ambalavao - Fianarantsoa Tue – FCE train canceled – Visit to a Tanala village - Manakara Wed – Pirogue on the Pangalanes Canal – Ranomafana Thu – Ranomafana NP – Ranomafana Fri – Ambositra – Antsirabe Sat 28 June – AF flight to Paris – Flight departs at 11:55 PM
TRIP ORGANIZATION: I prepared my trip using the usual guides (LP and Rough Guide), the internet, and the Freytag & Berndt map (1:1,000,000). I’m old-school—I still love visualizing my route on a paper map, even though in Madagascar, it’s misleading because some National Roads are only national in name!...
The agency: Since we couldn’t deal directly with a driver-guide (we lacked reliable info to take the plunge), we went through an agency to organize the logistics of our trip. We didn’t feel like using bush taxis (not enough time) or driving a 4x4 ourselves (neither the skills nor the boldness). The French agency connected us with a local agency, to whom I sent my detailed itinerary by email. A few exchanges via email and WhatsApp calls allowed us to finalize everything quickly after some adjustments. As you’ve gathered... we multiplied the commissions, which inflated the budget. That said, in the end, we were thrilled with our decision and our choice. Our trip was booked by the end of 2024, and reservations were made immediately. No bad surprises: the bookings in the planned hotels were honored, often with one of the best rooms. On our last day in Tana, before departure, we were lucky enough to meet the director I’d been communicating with, who helped build and validate our circuit. A very warm debriefing.
The driver-guide: The agency assigned us Faly, 33, a driver-guide for over 10 years. He stayed with us from start to finish: he picked us up at the airport on arrival and dropped us off 23 days later. A very experienced driver (which is important here), an open and cultured guide, reliable, punctual, and a great companion. And a provider of good advice throughout the trip. We made the most of the long stretches on dirt roads or highways to listen to him talk about daily life, rituals, wildlife, and flora... No time wasted! With a great playlist in the background, we combined business with pleasure! Faly’s accommodation and meals were included (quite often, hotels offer free lodging and meals to driver-guides who bring clients), as was the fuel. That didn’t stop us from inviting Faly to share a beer or our evening meal sometimes. He didn’t always accept, wanting to let us "enjoy our romantic evenings," as he put it. Present without being intrusive! Faly is fully capable of organizing a tailor-made trip directly. I recommend him without any hesitation—we were delighted with his service. I’ll gladly share his contact details via PM to anyone who asks.
Local guides: It’s the national guide’s prerogative to choose the local guides (mandatory in the parks). Thanks to his experience, Faly always booked us amazing, competent, and interesting local guides.
Hotels: I told the agency I wanted charming, comfortable accommodations, without falling into flashy luxury. We loved all the hotels (except the Hôtel Kanto in Manja). The rooms, mostly bungalows, were always spacious and clean. Unfortunately, I can’t give the prices—I didn’t get the details. Breakfast is always included, usually fresh and hearty. Very often, a small bottle of water is provided in the room.
Tana Hôtel Les 3 Métis Power cuts are common (!) in Tana. Bring a headlamp.
Antsirabe Ecolodge – Les chambres du voyageur Maybe our favorite! A few bungalows, beautifully arranged in a splendid tropical garden. The dog Kodak welcomes us warmly.
Miandrivazo Hôtel Princesse Tsiribihina Magnificent view of the valley.
Bekopaka Hôtel Orchidée du Bemaraha 2 (yes, 2) beautiful pools, a large open common room.
Morondava Hôtel Baobab Café Brand new or at least, according to Faly, just renovated. Very comfortable but without much charm (international style).
Belo sur Mer Ecolodge du Menabe The bungalows, all made of wood, bamboo, and thatch, are set on the beach. Very spacious and fully equipped! Large open-air restaurant by the sea. No hot water from the tap—it’s available in plastic bottles heated by the sun in front of each bungalow. Actually, we never used it... Another very, very beautiful spot.
Manja Hôtel Kanto The only hotel on this leg of the journey, so no choice. The owner knows it and, as a result, doesn’t bother. It’s a real dive! Tiny, dark room, a sordid bathroom with only a trickle of water—we skipped the shower! Clean sheets, though. Obviously, no Wi-Fi. The only place where I didn’t leave a tip. We were well warned about the discomfort of this stop, both by the agency and Faly. We weren’t surprised, and it even became a running joke during the trip. On the other hand, we found a nice little market in town.
Andavadoaka Manga Lodge What bliss! Especially after the horrible Hôtel Kanto. A paradise-like spot, overlooking three beautiful deserted white-sand beaches. Meals are served on the terrace facing the sea. Stunning sunset. We loved spending a day lounging here! We were the only guests and were pampered.
Mangily (Ifaty) Mangily is the "suburb" of Ifaty. Hôtel Vovo Telo A large beachfront bungalow complex. More touristy but pleasant—we spent a lovely evening there with our feet in the sand.
Ranohira Le Relais de la Reine A splendid resort built by a Frenchman, at the foot of the rocks, very well integrated into the environment. Beautiful marked trail starting from the garden.
Fianarantsoa Villa Sylvestre Contrary to what its name suggests, it’s a hotel right in the city center. Quite decent, though.
Manakara Parthenay Club Pretty bungalows in a large garden by the sea, but swimming isn’t safe—the water is too dangerous and rough.
Ranomafana Hôtel Thermal Very spacious rooms.
Meals: Not all our meals were included. It’s really not expensive. 1 meat or fish dish: around 35,000 Ar 1 full menu (starter, main, dessert): around 70,000 Ar 1 large THB beer (65 cl): between 8,000 and 12,000 Ar 1 piña colada: 15,000 Ar 1 flavored rum: 6,000 Ar (sometimes free) 1 glass of baobab juice (!): 5,000 Ar
We always ate very well. Rice is everywhere, served in large quantities. Zebu meat is quite good if not overcooked. Personally, I prefer fish, and I feasted: grouper, captain, crab, small lobsters...
We happily discovered baobab juice (especially in Belo, on the west coast). And of course, flavored rums!
We bought 2 packs of 6 bottles of mineral water at Carrefour (!) (about 5,000 Ar per large bottle) at the start of our trip. That was enough, especially since we often got water in the bungalows.
We had a few picnics included in our trip. Instead of picking up the hotel’s lunchbox, Faly prepared delicious, fresh, and varied picnics for us: tuna pasta salad, fried rice with eggs, grilled vegetables, and avocado...
An exceptional address not to miss: Mad Zébu – Belo sur Tsiribihina A highly reputed restaurant, a favorite of LP and Rough Guide, and rightly so! Gourmet cuisine, refined and elegant. Barely more expensive than elsewhere, and it’s worth it. We stopped there on our way up to Bekopaka and the Tsingy NP. Fully booked! So Faly reserved for our return, three days later. We’re still thanking him! What a treat!
THE BUDGET: Ariary exchange rate: 5,000 Ar = 1 €
Pre-trip expenses: Direct Air France flights: 930 € per person round trip Cost of the circuit with the agency: 2,880 € per person
The visa: Issued on arrival, very quickly. 35 € per person for a stay under 30 days. Super simple. Super fast.
On-site expenses: As soon as we arrived at the airport (it was nearly midnight), Faly advised us to exchange our euros for all our needs. There are few opportunities on our route to find an ATM or an open bank with a good rate. To be more comfortable, he took us to a small office under military protection just outside the airport. I exchanged 1,200 € (I had asked the agency for advice on the amount to bring) at a rate of 4,750 Ar and became a millionaire. Faly recounted all the stacks. That covered all our expenses (meals, drinks, tips) without ever feeling deprived. Personal purchases were made at the end of the trip. Convenient—it served as an adjustment variable. We spent our last million (200 €) on marquetry and vanilla. Tip: We asked for 200,000 Ar in 5,000 Ar bills for tips. That wasn’t too much—I even ran short of small bills in the last two days.
Tips: Madagascar is a poor country where every service deserves a small reward. While not mandatory, it’s customary. But no one ever demanded or expected it openly. On the contrary, I sometimes had to remind a porter to give them my small bill. We never carried our luggage—porters were always present when the car arrived or waiting at our door to watch for our departure. I gave each of them 5,000 Ar. In restaurants, I rounded up to the nearest ten and left the change. Local guides also expect a tip: I gave around 20,000 Ar per day for the two of us. Finally, the national guide also expects a gratuity. I had read online to budget 5 € per day per person. I added more since we were so happy with his services. The tip was given at the end of the trip, in euros, outside the budget.
Total budget all included (excluding personal purchases): 8,690 € Clearly, Madagascar is a country where life isn’t expensive, but travel costs add up quickly due to the need to rent a 4x4 with a driver.
HIGHLIGHTS:
· The dirt roads Yes, I’m listing them among the highlights! We loved those long hours spent driving at 20 km/h on rocky, muddy, white, red, or gray sand tracks... surrounded by tropical vegetation, palm trees, pandanus, mango trees... The experiences were sometimes thrilling: crossing a river on a ferry (just planks of wood fixed on two motorized pirogues side by side) or crossing a river without a ferry, with just a kid running ahead of the 4x4 to show the way; soft sand where the 4x4 easily gets stuck... The tracks are quite narrow, and crossing paths with a bush taxi, a zebu cart, or a herd of goats is always epic. So many beautiful images, so many beautiful photos! Much more beautiful than on asphalt. So yes, we loved those long stretches on dirt roads. For us, it was clearly part of the journey. Faly was particularly careful, and the 4x4 was comfortable. No injuries, no fatigue, even after 7 or 8 hours on rough tracks. The national roads (including the famous RN7) are badly damaged by cyclones, huge trucks, and lack of maintenance. Potholes have turned into ostrich nests, and we didn’t drive much faster than on the dirt roads.
· The landscapes, villages, encounters... We crossed a variety of stunning landscapes: mountains with slopes covered in terraced crops, rice fields from apple green to emerald green, sugarcane fields, then tropical forests, baobab forests (they deserve a special paragraph below), traveler’s tree forests. And then coastlines with white sand dunes against a backdrop of blue hues!... Magical! We also passed through many villages with houses whose architecture varied by region. The Betsileo houses display beautiful decorative brick reliefs. On the west coast, the houses are more precarious, made of bamboo with palm-thatched roofs. In the Highlands region, we found solid houses with pastel plaster. Each region has its own landscape, crops, habitat, and clothing. Zebu carts are often the only means of transport in remote villages. We saw them very frequently. Again, the cart’s decoration depends on the region. And then, we met many villagers coming out of the bush and walking to the next market, carrying their crops on their heads or shoulders. More beautiful photos!
· The descent of the Tsiribihina River We boarded around 9 AM in a long pirogue with Gana, the local guide, and two pirogue men. So, five of us. The pirogue is long but narrow, about 65 cm wide. We sat one behind the other at the front on seats padded with what would become our mattresses during the bivouacs. We only took the bare essentials for two nights. A little goodbye to Faly, whom we’d see again in three days! Don’t forget us! The river is silty—meaning orange, opaque but clean. We glided along silently. Gana showed us the trees, birds, crocodiles (we saw five—apparently, we were lucky). The pirogue men rowed to get us as close as possible to these crocs sunbathing on the roots of big trees. Yeah, right!... as soon as we got too close, *splash*, they disappeared into the water. We marveled at the mini rice fields lining the river. Every tiny plot, no matter how small, is cultivated. Above them, banana fields. And on the water, a whole life of fishermen and villagers living with and from the river. Gana warned us we’d eat on the pirogue because the journey was long. So, I expected chips... But no—fried rice and zebu steak, cooked right in the pirogue!! Incredible! In the middle of the afternoon, we reached a small beach where we disembarked. Gana led us about a hundred meters to a sublime waterfall. We were alone there. We had time to swim. We’d brought our swimsuits and a towel (bought at the Carrefour in Antsirabe on Faly’s wise advice!). This swim in this paradise-like spot remains one of our best memories. We found our pirogue again and set off until our first bivouac. We’d sailed for 7 hours today. The tents were set up on a wide beach, without a single tree. A moment of solitude... Uh, where can we go to the bathroom?... Especially since it was a full moon, so we felt like we were in the spotlight. Anyway... we did as everyone else—walked away, dug a hole, and the others turned their backs. A hearty meal on the beach before a comfortable and silent night. The next day, same program, with slightly different landscapes. The gorges widened, the trees were different. But still many colorful birds. Again, we ate on the pirogue: grilled chicken and vegetables. 9 hours of sailing. A similar bivouac. This time, we got it. On the third day, we finished the descent with 5 hours of sailing. So, 7 hours, 9 hours, 5 hours... doing nothing. It might sound boring... but it wasn’t. Like the dirt roads, these were contemplative moments. It glides, it’s calm, relaxing, and there’s a lot of life on this river, animal and human. Contemplation. Suspended time. On arrival, we disembarked at a sort of joyful, bustling river port. Of course, Faly was already there to pick us up.
· The Tsingy de Bemaraha NP (Small and Great) I have vertigo. During my research, several agencies advised me against visiting the Great Tsingy. "Stick to the Small ones," they said. Grrr, no, not what I wanted—we’ve dreamed of this for years! The agency we chose also warned me but didn’t discourage me. So we started with the Small Tsingy, quite close to Bekopaka, guided by Alisha. This forest of sharp limestone rocks is impressive. No vertigo issues here. The day was completed with a short pirogue ride on the Manambolo River and a visit to two caves with pretty formations. The next day, Faly and Alisha drove us to the Great Tsingy (a good hour on a terrible track). Arriving at the park entrance, Alisha equipped us with harnesses, carabiners, and gave us some safety instructions. Faly was also equipped. Wait? He’s coming with us? I quickly understood he was there for me—if I got stuck, he could go back with me, and Philippe could continue with Alisha. A wise precaution that delighted and reassured me. In the end, it was unnecessary since the famous bridge crossing was fully secured by the harness and carabiners. 18 meters on planks, one by one, it didn’t sway too much—I walked looking straight ahead, not a glance down. I even managed to smile in the middle of the crossing—I have a photo to prove it! I was overjoyed! The circuit in the Great Tsingy is a loop, so we didn’t have to cross the bridge again. We climbed to viewpoints offering breathtaking panoramic views. It’s extraordinary, unique, incredible. All this to say that if you have vertigo, don’t hesitate! It’s doable! It’s completely safe and really worth pushing your limits a bit! For those who’ve done treetop adventure courses, it’s similar. Also, no need to be a great athlete—just a bit of agility to climb a few ladders and high steps. Don’t censor yourself! I even had a small regret—the loop was a bit short (about 2 hours). I would’ve liked to continue or even redo it, with less apprehension. Tip: Do the Small Tsingy before the Great ones, or not at all. And if you can only do one, do the Great ones without hesitation.
· Canoeing in the Belo mangrove The Belo sur Mer ecolodge lends small individual canoes for free to go to the mangrove. We left at high tide, paddled for about twenty minutes to reach a fairly sparse forest where we could easily venture in. Very shallow water, crystal clear—we could see the roots of all these trees, schools of tiny fish... It was quite surprising. Until then, I only knew impenetrable, tangled mangroves. Here, nothing like that—we walked through an aquatic forest. We loved this adventure so much we left a bit late. The tide had gone out, and we had to carry our canoes for the last few meters... Of course, the staff came to help (probably laughing silently!). The lodge owners gave all the necessary explanations and lent a waterproof bag for the phone (because yes, it’s worth taking photos!). A very useful precaution—the canoes are small, low in the water, and paddling quickly soaks you. Again, this isn’t just for Tony Estanguet! It didn’t cause us any problems, not even sore muscles the next day. A great experience. It’ll take about 2 hours.
· Isalo NP Big surprise when we saw this huge rocky massif appear on the RN7! A massif of colored sandstone, carved with crevasses giving it a ruined look. Le Relais de la Reine is a little gem cleverly nestled in the heart of these rocks. A small marked trail starts from the garden. We picked up the description at reception and set off. Without a guide, alone following the markers, it took us 2 hours to complete this magnificent little trail, giving us a first glimpse of the massif before the hike the next day. And we enjoyed being completely alone for this walk. It’s free, easy, and well-signposted. Don’t miss it. In the evening, Faly took us to the so-called Isalo Window site—a hole in a wall through which we could see the sunset. We met all the tourists in the area here. We weren’t blown away by the show... The next day, we left early to reach the start of the hike. We met Zozoly at the guides’ office in the small town of Ranohira. During this hike, we climbed through the rocks to a viewpoint offering stunning 360° views of the massif. Then we reached a site called the "natural pool," breathtakingly beautiful, especially since we were alone again. A sort of oasis, a cascading waterfall, palm trees and tree ferns, fine sand, all nestled at the bottom of a small canyon. Paradise-like. We resisted swimming, but it was really tempting. A long walk on the plateaus then led us to a well-equipped picnic site where a local team prepared grills. Concrete tables were tiered in a spacious, shady clearing where a whole family of ring-tailed lemurs frolicked. They knew the tourists’ habits and tried to snatch food. Playful and not very shy, they amused us with their antics! We had to resist not luring them with a piece of banana!! Thousands of photos!! After the meal, we set off again with Zozoly for another landscape. This time, we were by a small river at the bottom of a canyon with high walls covered in vegetation. The trail was narrow and slippery, on a ledge of the wall. We progressed carefully. No danger, though. We first reached the Blue Pool, which only turns blue in photos (surprise!), then the Black Pool fed by a shower of waterfalls. Two magnificent spots that showed us a completely different aspect of the massif.
· Anja Reserve This ficus forest is home to many groups of lemurs. Used to humans, whom they don’t fear, they move around us, ignoring us completely. It’s almost annoying... The best place on our trip to see lemurs.
· The FCE train To the great regret of Manakara’s inhabitants, the FCE train hasn’t reached here for over a year and a half. As a result, there are far fewer tourists—the train was part of the experience. We drove there and didn’t regret coming to this port on the east coast.
· Visit to a Tanala village This visit wasn’t part of our program—it was added by the agency to compensate for the train not running. Which was the case. Not big fans of this kind of visit, where we feel like we’re at a zoo, voyeuristic, lacking authenticity, we followed the local guide with some skepticism and exchanged dubious looks. And yet... the guide’s explanations about village life and the warm, smiling welcome from the villagers charmed us and dispelled all our concerns. We learned a lot, met smiling families, and were able to enter these beautiful bamboo houses. A very pleasant surprise, rich in lessons.
· The Pangalanes Canal Arriving in Manakara, we crossed a bridge overlooking the Pangalanes Canal. A cry of surprise: the water is turquoise! We took a short pirogue ride with a team of three pirogue men and Joël, a local guide who explained the drama caused by the train’s halt. We stopped in a fishing village where Joël bought fish for the barbecue. We ended up on a beach where the team prepared the meal while we went to watch the fishermen return on the nearby beach. We admired the fishermen’s dexterity in untangling their nets, sorting their fish, cleaning their gear. On our return, we found a small table set up on the beach, in the shade of palm trees and casuarinas. Lobsters, captain fish, grilled vegetables, sautéed potatoes. A real feast (included in the trip cost).
· Ranomafana NP A 4-5 hour hike (some climbing) in a dense secondary forest to look for lemurs. As usual, we were accompanied by a local guide who, while waiting to find our furry friends, gave us lots of info on the vegetation, birds, and Tanala ethnic rituals. In the forest, we met 4 or 5 trackers, armed with radios to alert guides of their findings. In the end, we saw several lemurs of different types. Quite far, quite high... A nice complement to our lemur encounters in Isalo. Here, it rains 200 days a year. We started the hike in thick fog, but the forest’s density protected us from the humidity. Be careful—it can be a bit frustrating to see the lemurs so far away, so high. Nothing like the Anja Reserve or Isalo NP. Here, what’s fun is the hunt.
· The baobabs We were captivated by these kings of the forest, noble, imposing, majestic. We spotted them from very far away, towering over the rest of the vegetation. Alone, in small groups, or in forests, our trip allowed us to see hundreds of them! Mainly on the west coast. All different—bald, hairy, shaggy, short and stout, tall and thin, like Laurel and Hardy. Philippe took to naming them. Respectfully!
OUR FAVORITES: · The variety of landscapes. · The Tsingy NP.
OUR DISAPPOINTMENTS: · The Avenue of the Baobabs, very overrated and the only place where we saw crowds. We saw many other "forests" of baobabs that were much more impressive. · It’s hard to approach the population calmly as swarms of children run up as soon as we arrive, asking for sweets. Without any aggression, their smiles and laughter quickly made us forget this small inconvenience. We never gave out candy, clothes, or money. We left pens at a school and clothes with Faly.
IF WE WERE TO DO IT AGAIN: · Same period, same duration, same pace, same itinerary, but if we were to do it again today, I’d go through Faly directly! · Maybe we should’ve stayed in Ambalavao instead of Fianarantsoa. · Plan a longer loop in the Great Tsingy—it felt a bit too short.
MISCELLANEOUS: The welcome: ‘Samala Vazaha,’ there are many, many kids, sometimes overwhelming, never aggressive. We were impressed by the villagers’ smiles and good humor, towards us or even among themselves—laughter was everywhere. Safety: No problems. Out of (excessive?) caution, we spread all our money across several bags that we padlocked whenever we left the hotel. Bribes: We were stopped several times on the road by police or gendarmes. They checked our papers, sometimes our passports. Faly was perfectly in order. No discussion, no bribes, a cordial greeting from the officers. However, several times we found ourselves at small "tolls" on the tracks for villagers who had leveled the road or filled a hole, or for the young guy who ran through the river to show the way... Faly complied without discussion: every service deserves a small bill. Language: French is still widely spoken. Credit card: Unused. Cash: You need it! The climate at this time: Ideal—blue skies, sunshine, and mild temperatures (20-25°C) throughout our trip. Temperatures started to drop by our departure—winter was setting in. Clothing: T-shirt or polo and a vest sometimes in the evening, sandals on our feet, hiking shoes for all the hikes. Tip: We left a bag in the car (completely safe) with things we didn’t need daily and dirty laundry. The two bags to take out at each stop were much lighter. Before leaving, we left several polos and T-shirts with Faly, which, once washed, will make a few people happy. Tourist crowds at this time: Low—we were sometimes the only guests at the hotel. Faly explained that at the Isalo picnic site, in high season, you have to queue for a table, whereas we had our pick. Photos: Lots! Too many! That’s the problem with digital—we take so many! Health issues: Nothing serious, just the usual mild traveler’s diarrhea. Mosquitoes: They’re voracious. We took anti-malaria treatment. I’m still not sure if it was the right thing to do... I’m always very skeptical about such precautions. Internet: Free Wi-Fi at the lodges’ reception (except at Hôtel Kanto!), sometimes (rarely) in the bungalows. Phone: We didn’t try to get a local SIM card—the evening Wi-Fi was enough for us to make calls and send messages via WhatsApp. Make sure to turn off mobile data and switch to airplane mode (I activated it a bit late—received calls, spam ones at that, were charged...). Electricity: French plugs. Personal purchases: Beautiful wooden objects (sculptures and marquetry) or zebu horn items in Ambositra. 1 kg of vanilla (400,000 Ar – 80 € per kg) in Tana.
IN CONCLUSION: A trip of contemplation. A pause for admiration, as our local guide in Isalo NP said. Nothing else to do but walk, look, and enjoy. Here, there are no old stones, no museums—it’s a trip where nature reigns supreme. And what nature!
I’ve stayed true to my habits: the following account is a collection of practical tips rather than a travel journal...
Madagascar is as big as France and Belgium combined. In three weeks, choices have to be made! It was the Great Tsingy that inspired our trip. We decided to focus on the southwest and the RN7. We skipped the Deep South and the North. Oh well...
OUR ITINERARY IN 3 WEEKS:
Fri 6 June – Direct AF flight to Tana – Flight arrives at 10:30 PM – Tana Sat – Antsirabe Sun – Miandrivazo Mon – Drive to the Masiakampy pier – Descent of the Tsiribihina River by pirogue - Bivouac Tue – Descent of the Tsiribihina River by pirogue - Bivouac Wed – Descent of the Tsiribihina River by pirogue – Bekopaka Thu – Pirogue on the Manambolo River and Small Tsingy of Bemaraha – Bekopaka Fri – Great Tsingy of Bemaraha – Bekopaka Sat – Avenue of the Baobabs – Morondava Sun – Belo sur Mer Mon – Free day – Belo sur Mer Tue – Manja Wed – Andavadoaka Thu – Free day – Andavadoaka Fri – Salary Lagoon – Mangily Sat – Ranohira Sun – Isalo National Park - Ranohira Mon – Anja Reserve - Ambalavao - Fianarantsoa Tue – FCE train canceled – Visit to a Tanala village - Manakara Wed – Pirogue on the Pangalanes Canal – Ranomafana Thu – Ranomafana NP – Ranomafana Fri – Ambositra – Antsirabe Sat 28 June – AF flight to Paris – Flight departs at 11:55 PM
TRIP ORGANIZATION: I prepared my trip using the usual guides (LP and Rough Guide), the internet, and the Freytag & Berndt map (1:1,000,000). I’m old-school—I still love visualizing my route on a paper map, even though in Madagascar, it’s misleading because some National Roads are only national in name!...
The agency: Since we couldn’t deal directly with a driver-guide (we lacked reliable info to take the plunge), we went through an agency to organize the logistics of our trip. We didn’t feel like using bush taxis (not enough time) or driving a 4x4 ourselves (neither the skills nor the boldness). The French agency connected us with a local agency, to whom I sent my detailed itinerary by email. A few exchanges via email and WhatsApp calls allowed us to finalize everything quickly after some adjustments. As you’ve gathered... we multiplied the commissions, which inflated the budget. That said, in the end, we were thrilled with our decision and our choice. Our trip was booked by the end of 2024, and reservations were made immediately. No bad surprises: the bookings in the planned hotels were honored, often with one of the best rooms. On our last day in Tana, before departure, we were lucky enough to meet the director I’d been communicating with, who helped build and validate our circuit. A very warm debriefing.
The driver-guide: The agency assigned us Faly, 33, a driver-guide for over 10 years. He stayed with us from start to finish: he picked us up at the airport on arrival and dropped us off 23 days later. A very experienced driver (which is important here), an open and cultured guide, reliable, punctual, and a great companion. And a provider of good advice throughout the trip. We made the most of the long stretches on dirt roads or highways to listen to him talk about daily life, rituals, wildlife, and flora... No time wasted! With a great playlist in the background, we combined business with pleasure! Faly’s accommodation and meals were included (quite often, hotels offer free lodging and meals to driver-guides who bring clients), as was the fuel. That didn’t stop us from inviting Faly to share a beer or our evening meal sometimes. He didn’t always accept, wanting to let us "enjoy our romantic evenings," as he put it. Present without being intrusive! Faly is fully capable of organizing a tailor-made trip directly. I recommend him without any hesitation—we were delighted with his service. I’ll gladly share his contact details via PM to anyone who asks.
Local guides: It’s the national guide’s prerogative to choose the local guides (mandatory in the parks). Thanks to his experience, Faly always booked us amazing, competent, and interesting local guides.
Hotels: I told the agency I wanted charming, comfortable accommodations, without falling into flashy luxury. We loved all the hotels (except the Hôtel Kanto in Manja). The rooms, mostly bungalows, were always spacious and clean. Unfortunately, I can’t give the prices—I didn’t get the details. Breakfast is always included, usually fresh and hearty. Very often, a small bottle of water is provided in the room.
Tana Hôtel Les 3 Métis Power cuts are common (!) in Tana. Bring a headlamp.
Antsirabe Ecolodge – Les chambres du voyageur Maybe our favorite! A few bungalows, beautifully arranged in a splendid tropical garden. The dog Kodak welcomes us warmly.
Miandrivazo Hôtel Princesse Tsiribihina Magnificent view of the valley.
Bekopaka Hôtel Orchidée du Bemaraha 2 (yes, 2) beautiful pools, a large open common room.
Morondava Hôtel Baobab Café Brand new or at least, according to Faly, just renovated. Very comfortable but without much charm (international style).
Belo sur Mer Ecolodge du Menabe The bungalows, all made of wood, bamboo, and thatch, are set on the beach. Very spacious and fully equipped! Large open-air restaurant by the sea. No hot water from the tap—it’s available in plastic bottles heated by the sun in front of each bungalow. Actually, we never used it... Another very, very beautiful spot.
Manja Hôtel Kanto The only hotel on this leg of the journey, so no choice. The owner knows it and, as a result, doesn’t bother. It’s a real dive! Tiny, dark room, a sordid bathroom with only a trickle of water—we skipped the shower! Clean sheets, though. Obviously, no Wi-Fi. The only place where I didn’t leave a tip. We were well warned about the discomfort of this stop, both by the agency and Faly. We weren’t surprised, and it even became a running joke during the trip. On the other hand, we found a nice little market in town.
Andavadoaka Manga Lodge What bliss! Especially after the horrible Hôtel Kanto. A paradise-like spot, overlooking three beautiful deserted white-sand beaches. Meals are served on the terrace facing the sea. Stunning sunset. We loved spending a day lounging here! We were the only guests and were pampered.
Mangily (Ifaty) Mangily is the "suburb" of Ifaty. Hôtel Vovo Telo A large beachfront bungalow complex. More touristy but pleasant—we spent a lovely evening there with our feet in the sand.
Ranohira Le Relais de la Reine A splendid resort built by a Frenchman, at the foot of the rocks, very well integrated into the environment. Beautiful marked trail starting from the garden.
Fianarantsoa Villa Sylvestre Contrary to what its name suggests, it’s a hotel right in the city center. Quite decent, though.
Manakara Parthenay Club Pretty bungalows in a large garden by the sea, but swimming isn’t safe—the water is too dangerous and rough.
Ranomafana Hôtel Thermal Very spacious rooms.
Meals: Not all our meals were included. It’s really not expensive. 1 meat or fish dish: around 35,000 Ar 1 full menu (starter, main, dessert): around 70,000 Ar 1 large THB beer (65 cl): between 8,000 and 12,000 Ar 1 piña colada: 15,000 Ar 1 flavored rum: 6,000 Ar (sometimes free) 1 glass of baobab juice (!): 5,000 Ar
We always ate very well. Rice is everywhere, served in large quantities. Zebu meat is quite good if not overcooked. Personally, I prefer fish, and I feasted: grouper, captain, crab, small lobsters...
We happily discovered baobab juice (especially in Belo, on the west coast). And of course, flavored rums!
We bought 2 packs of 6 bottles of mineral water at Carrefour (!) (about 5,000 Ar per large bottle) at the start of our trip. That was enough, especially since we often got water in the bungalows.
We had a few picnics included in our trip. Instead of picking up the hotel’s lunchbox, Faly prepared delicious, fresh, and varied picnics for us: tuna pasta salad, fried rice with eggs, grilled vegetables, and avocado...
An exceptional address not to miss: Mad Zébu – Belo sur Tsiribihina A highly reputed restaurant, a favorite of LP and Rough Guide, and rightly so! Gourmet cuisine, refined and elegant. Barely more expensive than elsewhere, and it’s worth it. We stopped there on our way up to Bekopaka and the Tsingy NP. Fully booked! So Faly reserved for our return, three days later. We’re still thanking him! What a treat!
THE BUDGET: Ariary exchange rate: 5,000 Ar = 1 €
Pre-trip expenses: Direct Air France flights: 930 € per person round trip Cost of the circuit with the agency: 2,880 € per person
The visa: Issued on arrival, very quickly. 35 € per person for a stay under 30 days. Super simple. Super fast.
On-site expenses: As soon as we arrived at the airport (it was nearly midnight), Faly advised us to exchange our euros for all our needs. There are few opportunities on our route to find an ATM or an open bank with a good rate. To be more comfortable, he took us to a small office under military protection just outside the airport. I exchanged 1,200 € (I had asked the agency for advice on the amount to bring) at a rate of 4,750 Ar and became a millionaire. Faly recounted all the stacks. That covered all our expenses (meals, drinks, tips) without ever feeling deprived. Personal purchases were made at the end of the trip. Convenient—it served as an adjustment variable. We spent our last million (200 €) on marquetry and vanilla. Tip: We asked for 200,000 Ar in 5,000 Ar bills for tips. That wasn’t too much—I even ran short of small bills in the last two days.
Tips: Madagascar is a poor country where every service deserves a small reward. While not mandatory, it’s customary. But no one ever demanded or expected it openly. On the contrary, I sometimes had to remind a porter to give them my small bill. We never carried our luggage—porters were always present when the car arrived or waiting at our door to watch for our departure. I gave each of them 5,000 Ar. In restaurants, I rounded up to the nearest ten and left the change. Local guides also expect a tip: I gave around 20,000 Ar per day for the two of us. Finally, the national guide also expects a gratuity. I had read online to budget 5 € per day per person. I added more since we were so happy with his services. The tip was given at the end of the trip, in euros, outside the budget.
Total budget all included (excluding personal purchases): 8,690 € Clearly, Madagascar is a country where life isn’t expensive, but travel costs add up quickly due to the need to rent a 4x4 with a driver.
HIGHLIGHTS:
· The dirt roads Yes, I’m listing them among the highlights! We loved those long hours spent driving at 20 km/h on rocky, muddy, white, red, or gray sand tracks... surrounded by tropical vegetation, palm trees, pandanus, mango trees... The experiences were sometimes thrilling: crossing a river on a ferry (just planks of wood fixed on two motorized pirogues side by side) or crossing a river without a ferry, with just a kid running ahead of the 4x4 to show the way; soft sand where the 4x4 easily gets stuck... The tracks are quite narrow, and crossing paths with a bush taxi, a zebu cart, or a herd of goats is always epic. So many beautiful images, so many beautiful photos! Much more beautiful than on asphalt. So yes, we loved those long stretches on dirt roads. For us, it was clearly part of the journey. Faly was particularly careful, and the 4x4 was comfortable. No injuries, no fatigue, even after 7 or 8 hours on rough tracks. The national roads (including the famous RN7) are badly damaged by cyclones, huge trucks, and lack of maintenance. Potholes have turned into ostrich nests, and we didn’t drive much faster than on the dirt roads.
· The landscapes, villages, encounters... We crossed a variety of stunning landscapes: mountains with slopes covered in terraced crops, rice fields from apple green to emerald green, sugarcane fields, then tropical forests, baobab forests (they deserve a special paragraph below), traveler’s tree forests. And then coastlines with white sand dunes against a backdrop of blue hues!... Magical! We also passed through many villages with houses whose architecture varied by region. The Betsileo houses display beautiful decorative brick reliefs. On the west coast, the houses are more precarious, made of bamboo with palm-thatched roofs. In the Highlands region, we found solid houses with pastel plaster. Each region has its own landscape, crops, habitat, and clothing. Zebu carts are often the only means of transport in remote villages. We saw them very frequently. Again, the cart’s decoration depends on the region. And then, we met many villagers coming out of the bush and walking to the next market, carrying their crops on their heads or shoulders. More beautiful photos!
· The descent of the Tsiribihina River We boarded around 9 AM in a long pirogue with Gana, the local guide, and two pirogue men. So, five of us. The pirogue is long but narrow, about 65 cm wide. We sat one behind the other at the front on seats padded with what would become our mattresses during the bivouacs. We only took the bare essentials for two nights. A little goodbye to Faly, whom we’d see again in three days! Don’t forget us! The river is silty—meaning orange, opaque but clean. We glided along silently. Gana showed us the trees, birds, crocodiles (we saw five—apparently, we were lucky). The pirogue men rowed to get us as close as possible to these crocs sunbathing on the roots of big trees. Yeah, right!... as soon as we got too close, *splash*, they disappeared into the water. We marveled at the mini rice fields lining the river. Every tiny plot, no matter how small, is cultivated. Above them, banana fields. And on the water, a whole life of fishermen and villagers living with and from the river. Gana warned us we’d eat on the pirogue because the journey was long. So, I expected chips... But no—fried rice and zebu steak, cooked right in the pirogue!! Incredible! In the middle of the afternoon, we reached a small beach where we disembarked. Gana led us about a hundred meters to a sublime waterfall. We were alone there. We had time to swim. We’d brought our swimsuits and a towel (bought at the Carrefour in Antsirabe on Faly’s wise advice!). This swim in this paradise-like spot remains one of our best memories. We found our pirogue again and set off until our first bivouac. We’d sailed for 7 hours today. The tents were set up on a wide beach, without a single tree. A moment of solitude... Uh, where can we go to the bathroom?... Especially since it was a full moon, so we felt like we were in the spotlight. Anyway... we did as everyone else—walked away, dug a hole, and the others turned their backs. A hearty meal on the beach before a comfortable and silent night. The next day, same program, with slightly different landscapes. The gorges widened, the trees were different. But still many colorful birds. Again, we ate on the pirogue: grilled chicken and vegetables. 9 hours of sailing. A similar bivouac. This time, we got it. On the third day, we finished the descent with 5 hours of sailing. So, 7 hours, 9 hours, 5 hours... doing nothing. It might sound boring... but it wasn’t. Like the dirt roads, these were contemplative moments. It glides, it’s calm, relaxing, and there’s a lot of life on this river, animal and human. Contemplation. Suspended time. On arrival, we disembarked at a sort of joyful, bustling river port. Of course, Faly was already there to pick us up.
· The Tsingy de Bemaraha NP (Small and Great) I have vertigo. During my research, several agencies advised me against visiting the Great Tsingy. "Stick to the Small ones," they said. Grrr, no, not what I wanted—we’ve dreamed of this for years! The agency we chose also warned me but didn’t discourage me. So we started with the Small Tsingy, quite close to Bekopaka, guided by Alisha. This forest of sharp limestone rocks is impressive. No vertigo issues here. The day was completed with a short pirogue ride on the Manambolo River and a visit to two caves with pretty formations. The next day, Faly and Alisha drove us to the Great Tsingy (a good hour on a terrible track). Arriving at the park entrance, Alisha equipped us with harnesses, carabiners, and gave us some safety instructions. Faly was also equipped. Wait? He’s coming with us? I quickly understood he was there for me—if I got stuck, he could go back with me, and Philippe could continue with Alisha. A wise precaution that delighted and reassured me. In the end, it was unnecessary since the famous bridge crossing was fully secured by the harness and carabiners. 18 meters on planks, one by one, it didn’t sway too much—I walked looking straight ahead, not a glance down. I even managed to smile in the middle of the crossing—I have a photo to prove it! I was overjoyed! The circuit in the Great Tsingy is a loop, so we didn’t have to cross the bridge again. We climbed to viewpoints offering breathtaking panoramic views. It’s extraordinary, unique, incredible. All this to say that if you have vertigo, don’t hesitate! It’s doable! It’s completely safe and really worth pushing your limits a bit! For those who’ve done treetop adventure courses, it’s similar. Also, no need to be a great athlete—just a bit of agility to climb a few ladders and high steps. Don’t censor yourself! I even had a small regret—the loop was a bit short (about 2 hours). I would’ve liked to continue or even redo it, with less apprehension. Tip: Do the Small Tsingy before the Great ones, or not at all. And if you can only do one, do the Great ones without hesitation.
· Canoeing in the Belo mangrove The Belo sur Mer ecolodge lends small individual canoes for free to go to the mangrove. We left at high tide, paddled for about twenty minutes to reach a fairly sparse forest where we could easily venture in. Very shallow water, crystal clear—we could see the roots of all these trees, schools of tiny fish... It was quite surprising. Until then, I only knew impenetrable, tangled mangroves. Here, nothing like that—we walked through an aquatic forest. We loved this adventure so much we left a bit late. The tide had gone out, and we had to carry our canoes for the last few meters... Of course, the staff came to help (probably laughing silently!). The lodge owners gave all the necessary explanations and lent a waterproof bag for the phone (because yes, it’s worth taking photos!). A very useful precaution—the canoes are small, low in the water, and paddling quickly soaks you. Again, this isn’t just for Tony Estanguet! It didn’t cause us any problems, not even sore muscles the next day. A great experience. It’ll take about 2 hours.
· Isalo NP Big surprise when we saw this huge rocky massif appear on the RN7! A massif of colored sandstone, carved with crevasses giving it a ruined look. Le Relais de la Reine is a little gem cleverly nestled in the heart of these rocks. A small marked trail starts from the garden. We picked up the description at reception and set off. Without a guide, alone following the markers, it took us 2 hours to complete this magnificent little trail, giving us a first glimpse of the massif before the hike the next day. And we enjoyed being completely alone for this walk. It’s free, easy, and well-signposted. Don’t miss it. In the evening, Faly took us to the so-called Isalo Window site—a hole in a wall through which we could see the sunset. We met all the tourists in the area here. We weren’t blown away by the show... The next day, we left early to reach the start of the hike. We met Zozoly at the guides’ office in the small town of Ranohira. During this hike, we climbed through the rocks to a viewpoint offering stunning 360° views of the massif. Then we reached a site called the "natural pool," breathtakingly beautiful, especially since we were alone again. A sort of oasis, a cascading waterfall, palm trees and tree ferns, fine sand, all nestled at the bottom of a small canyon. Paradise-like. We resisted swimming, but it was really tempting. A long walk on the plateaus then led us to a well-equipped picnic site where a local team prepared grills. Concrete tables were tiered in a spacious, shady clearing where a whole family of ring-tailed lemurs frolicked. They knew the tourists’ habits and tried to snatch food. Playful and not very shy, they amused us with their antics! We had to resist not luring them with a piece of banana!! Thousands of photos!! After the meal, we set off again with Zozoly for another landscape. This time, we were by a small river at the bottom of a canyon with high walls covered in vegetation. The trail was narrow and slippery, on a ledge of the wall. We progressed carefully. No danger, though. We first reached the Blue Pool, which only turns blue in photos (surprise!), then the Black Pool fed by a shower of waterfalls. Two magnificent spots that showed us a completely different aspect of the massif.
· Anja Reserve This ficus forest is home to many groups of lemurs. Used to humans, whom they don’t fear, they move around us, ignoring us completely. It’s almost annoying... The best place on our trip to see lemurs.
· The FCE train To the great regret of Manakara’s inhabitants, the FCE train hasn’t reached here for over a year and a half. As a result, there are far fewer tourists—the train was part of the experience. We drove there and didn’t regret coming to this port on the east coast.
· Visit to a Tanala village This visit wasn’t part of our program—it was added by the agency to compensate for the train not running. Which was the case. Not big fans of this kind of visit, where we feel like we’re at a zoo, voyeuristic, lacking authenticity, we followed the local guide with some skepticism and exchanged dubious looks. And yet... the guide’s explanations about village life and the warm, smiling welcome from the villagers charmed us and dispelled all our concerns. We learned a lot, met smiling families, and were able to enter these beautiful bamboo houses. A very pleasant surprise, rich in lessons.
· The Pangalanes Canal Arriving in Manakara, we crossed a bridge overlooking the Pangalanes Canal. A cry of surprise: the water is turquoise! We took a short pirogue ride with a team of three pirogue men and Joël, a local guide who explained the drama caused by the train’s halt. We stopped in a fishing village where Joël bought fish for the barbecue. We ended up on a beach where the team prepared the meal while we went to watch the fishermen return on the nearby beach. We admired the fishermen’s dexterity in untangling their nets, sorting their fish, cleaning their gear. On our return, we found a small table set up on the beach, in the shade of palm trees and casuarinas. Lobsters, captain fish, grilled vegetables, sautéed potatoes. A real feast (included in the trip cost).
· Ranomafana NP A 4-5 hour hike (some climbing) in a dense secondary forest to look for lemurs. As usual, we were accompanied by a local guide who, while waiting to find our furry friends, gave us lots of info on the vegetation, birds, and Tanala ethnic rituals. In the forest, we met 4 or 5 trackers, armed with radios to alert guides of their findings. In the end, we saw several lemurs of different types. Quite far, quite high... A nice complement to our lemur encounters in Isalo. Here, it rains 200 days a year. We started the hike in thick fog, but the forest’s density protected us from the humidity. Be careful—it can be a bit frustrating to see the lemurs so far away, so high. Nothing like the Anja Reserve or Isalo NP. Here, what’s fun is the hunt.
· The baobabs We were captivated by these kings of the forest, noble, imposing, majestic. We spotted them from very far away, towering over the rest of the vegetation. Alone, in small groups, or in forests, our trip allowed us to see hundreds of them! Mainly on the west coast. All different—bald, hairy, shaggy, short and stout, tall and thin, like Laurel and Hardy. Philippe took to naming them. Respectfully!
OUR FAVORITES: · The variety of landscapes. · The Tsingy NP.
OUR DISAPPOINTMENTS: · The Avenue of the Baobabs, very overrated and the only place where we saw crowds. We saw many other "forests" of baobabs that were much more impressive. · It’s hard to approach the population calmly as swarms of children run up as soon as we arrive, asking for sweets. Without any aggression, their smiles and laughter quickly made us forget this small inconvenience. We never gave out candy, clothes, or money. We left pens at a school and clothes with Faly.
IF WE WERE TO DO IT AGAIN: · Same period, same duration, same pace, same itinerary, but if we were to do it again today, I’d go through Faly directly! · Maybe we should’ve stayed in Ambalavao instead of Fianarantsoa. · Plan a longer loop in the Great Tsingy—it felt a bit too short.
MISCELLANEOUS: The welcome: ‘Samala Vazaha,’ there are many, many kids, sometimes overwhelming, never aggressive. We were impressed by the villagers’ smiles and good humor, towards us or even among themselves—laughter was everywhere. Safety: No problems. Out of (excessive?) caution, we spread all our money across several bags that we padlocked whenever we left the hotel. Bribes: We were stopped several times on the road by police or gendarmes. They checked our papers, sometimes our passports. Faly was perfectly in order. No discussion, no bribes, a cordial greeting from the officers. However, several times we found ourselves at small "tolls" on the tracks for villagers who had leveled the road or filled a hole, or for the young guy who ran through the river to show the way... Faly complied without discussion: every service deserves a small bill. Language: French is still widely spoken. Credit card: Unused. Cash: You need it! The climate at this time: Ideal—blue skies, sunshine, and mild temperatures (20-25°C) throughout our trip. Temperatures started to drop by our departure—winter was setting in. Clothing: T-shirt or polo and a vest sometimes in the evening, sandals on our feet, hiking shoes for all the hikes. Tip: We left a bag in the car (completely safe) with things we didn’t need daily and dirty laundry. The two bags to take out at each stop were much lighter. Before leaving, we left several polos and T-shirts with Faly, which, once washed, will make a few people happy. Tourist crowds at this time: Low—we were sometimes the only guests at the hotel. Faly explained that at the Isalo picnic site, in high season, you have to queue for a table, whereas we had our pick. Photos: Lots! Too many! That’s the problem with digital—we take so many! Health issues: Nothing serious, just the usual mild traveler’s diarrhea. Mosquitoes: They’re voracious. We took anti-malaria treatment. I’m still not sure if it was the right thing to do... I’m always very skeptical about such precautions. Internet: Free Wi-Fi at the lodges’ reception (except at Hôtel Kanto!), sometimes (rarely) in the bungalows. Phone: We didn’t try to get a local SIM card—the evening Wi-Fi was enough for us to make calls and send messages via WhatsApp. Make sure to turn off mobile data and switch to airplane mode (I activated it a bit late—received calls, spam ones at that, were charged...). Electricity: French plugs. Personal purchases: Beautiful wooden objects (sculptures and marquetry) or zebu horn items in Ambositra. 1 kg of vanilla (400,000 Ar – 80 € per kg) in Tana.
IN CONCLUSION: A trip of contemplation. A pause for admiration, as our local guide in Isalo NP said. Nothing else to do but walk, look, and enjoy. Here, there are no old stones, no museums—it’s a trip where nature reigns supreme. And what nature!
Quasiment deux mois en Bolivie... un rêve devenu réalité English translation pending
Bonjour à tous,
Il y a un an et 2 mois (presque jour pour jour), nous partions en couple pour 6 mois en Amérique du Sud. J'ai raconté la Colombie déjà car je pense que ça mérite d'être connu et qu'il y a peu de carnets ici sur ce pays (j'espère que ça va changer). Je ne vais pas raconter le Pérou ni l'Argentine qui regorgent déjà de plein d'informations.
Mais je veux vous raconter la Bolivie pour plusieurs raisons : - c'est le pays qui a motivé le voyage : ça fait 15 ans que je veux y aller, depuis que j'ai vu un reportage sur le désert de Sajama et depuis ma fascination pour ce pays n'a fait que grandir - la réalité a été à la hauteur du rêve, et il était élevé ce rêve ! - les gens parcourent souvent la Bolivie très (trop ?) rapidement alors que c'est un pays TRES varié ... ce pays est souvent couplé au Pérou et je pense que chacun mérite un long voyage (si on peut se permettre de faire deux voyage bien sûr) - les rencontres ont été fabuleuses. Je lis souvent que les boliviens ne sont pas très accueillants... alors je ne sais pas si nous avons fait quelque chose de particulier mais nous avons fait de belles rencontres et nous avons trouvé les gens adorables. Exemple bête, à chaque fois que nous avons pris un taxi, nous connaissions la vie du chauffeur à la fin de la course et lui la nôtre.
Passons au récit ! Nous sommes arrivés en Bolivie au tout début du mois d'octobre 2017 et sommes repartis fin novembre 2017 (pour passer en Argentine). En gros l'itinéraire a été le suivant : - Lac titicaca (arrivée depuis le Pérou) : Copacabana, isla de la luna, isla del sol - Désert de Sajama - La Paz - Trek el Choro - Rurrenabaque (parc Madidi, Reserve Serere et pampa) - Descente de la route de la mort à vélo pour Monsieur / visite La Paz pour madame - Parc de Toro Toro - Région de Samaipata (parc Amboro notamment) - Sucre et ses environs (2 randos de 2 jours) - Potosi - Tupiza - Tour Sud lipez + salar de Uyuni
Si c'était à refaire : nous ne changerions RIEN ! Tout était super ! On aurait voulu plus randonner autour de La Paz mais nous voulions aussi profiter de l'Argentine avant le retour en France.
Jour 1 : On quitte notre petit paradis tranquille de Llachon pour se rendre à Puno et de là prendre un bus qui nous emmènera à Copacabana, en Bolivie. À la frontière, on descend du bus pour passer l'immigration péruvienne et rejoindre à pied la Bolivie et passer l'immigration bolivienne. Le bus nous récupère ensuite. Il est trop tard pour quitter Copacabana ce soir donc nous passons la nuit surplace dans une chambre avec vue sur le lac (on se lasse pas). Très joli coucher de soleil (on en oublie presque de faire une photo).
Jour 2 et 3 : Le lendemain on prend le bateau de 8h30 pour Isla del Sol. Il est plein et avance tout doucement... nous déposons des gens sur l'île et nous poursuivons jusqu'à Isla de la luna, une petite île en face où il y a des ruines de la civilisation Aramaya. C'est tout petit mais au sommet d'un petit mirador on papote avec un local qui nous explique sa culture, l'histoire de l'île, ... il est adorable et nous dot également qu'il est possible de dormir ici et pas que sur Isla del sol... la vie ne doit pas être facile ici...
Nous rejoignons Isla del sol et nous nous trouvons un petir coin de paradis pour dormir avec vue sur le lac bien sûr mais aussi sur les montagnes enneigées de Bolivie. Superbe!!! Après déjeuner nous filons sur le chemin qui normalement mène au Nord de l'île. Malheureusement, il y a un conflit économique entre Nord et Sud et le Nord de l'île n'est donc pas accessible. Nous le savions mais nous espérions pouvoir rejoindre Challa au centre de l'île... mais non... on nous arrête bien avant. Dommage! On se contente donc du mirador qui offre une belle vue à 360°. Et en chemin on papote avec mamita qui ballade ces 12 moutons dont un tout bébé noir de 3 semaines ADORABLE! Une belle journée en somme et sous un grand soleil. La vue du coucherde soleil et du crépuscule est superbe de notre chambre.
Nous allons dîner au restaurant Las Velas (conseillé par mon amie Claire avant le départ). C'est atypique : pas d'électricité. Nous mangeons à la lumière de la bougie (d'où le nom) et le chef et sa femme cuisinent à la frontale! L'attente est longue mais nous sommes prévenus et on a apporté les cartes. On se régale! Et on fait même péter la bouteille de vin rouge bolivien pas mauvaise du tout! La truite en papillote est un régal et le filet mignon de Greg aussi. En partant, la femme nous propose de goûter les petits pains qu'elle a fait avec la pâte à pizza qui lui reste. Mmmmmm trooooppp bon!!! On se ressert 3 fois! Et on rentre à notre tour à la frontale!
Il y a un an et 2 mois (presque jour pour jour), nous partions en couple pour 6 mois en Amérique du Sud. J'ai raconté la Colombie déjà car je pense que ça mérite d'être connu et qu'il y a peu de carnets ici sur ce pays (j'espère que ça va changer). Je ne vais pas raconter le Pérou ni l'Argentine qui regorgent déjà de plein d'informations.
Mais je veux vous raconter la Bolivie pour plusieurs raisons : - c'est le pays qui a motivé le voyage : ça fait 15 ans que je veux y aller, depuis que j'ai vu un reportage sur le désert de Sajama et depuis ma fascination pour ce pays n'a fait que grandir - la réalité a été à la hauteur du rêve, et il était élevé ce rêve ! - les gens parcourent souvent la Bolivie très (trop ?) rapidement alors que c'est un pays TRES varié ... ce pays est souvent couplé au Pérou et je pense que chacun mérite un long voyage (si on peut se permettre de faire deux voyage bien sûr) - les rencontres ont été fabuleuses. Je lis souvent que les boliviens ne sont pas très accueillants... alors je ne sais pas si nous avons fait quelque chose de particulier mais nous avons fait de belles rencontres et nous avons trouvé les gens adorables. Exemple bête, à chaque fois que nous avons pris un taxi, nous connaissions la vie du chauffeur à la fin de la course et lui la nôtre.
Passons au récit ! Nous sommes arrivés en Bolivie au tout début du mois d'octobre 2017 et sommes repartis fin novembre 2017 (pour passer en Argentine). En gros l'itinéraire a été le suivant : - Lac titicaca (arrivée depuis le Pérou) : Copacabana, isla de la luna, isla del sol - Désert de Sajama - La Paz - Trek el Choro - Rurrenabaque (parc Madidi, Reserve Serere et pampa) - Descente de la route de la mort à vélo pour Monsieur / visite La Paz pour madame - Parc de Toro Toro - Région de Samaipata (parc Amboro notamment) - Sucre et ses environs (2 randos de 2 jours) - Potosi - Tupiza - Tour Sud lipez + salar de Uyuni
Si c'était à refaire : nous ne changerions RIEN ! Tout était super ! On aurait voulu plus randonner autour de La Paz mais nous voulions aussi profiter de l'Argentine avant le retour en France.
Jour 1 : On quitte notre petit paradis tranquille de Llachon pour se rendre à Puno et de là prendre un bus qui nous emmènera à Copacabana, en Bolivie. À la frontière, on descend du bus pour passer l'immigration péruvienne et rejoindre à pied la Bolivie et passer l'immigration bolivienne. Le bus nous récupère ensuite. Il est trop tard pour quitter Copacabana ce soir donc nous passons la nuit surplace dans une chambre avec vue sur le lac (on se lasse pas). Très joli coucher de soleil (on en oublie presque de faire une photo).
Jour 2 et 3 : Le lendemain on prend le bateau de 8h30 pour Isla del Sol. Il est plein et avance tout doucement... nous déposons des gens sur l'île et nous poursuivons jusqu'à Isla de la luna, une petite île en face où il y a des ruines de la civilisation Aramaya. C'est tout petit mais au sommet d'un petit mirador on papote avec un local qui nous explique sa culture, l'histoire de l'île, ... il est adorable et nous dot également qu'il est possible de dormir ici et pas que sur Isla del sol... la vie ne doit pas être facile ici...
Nous rejoignons Isla del sol et nous nous trouvons un petir coin de paradis pour dormir avec vue sur le lac bien sûr mais aussi sur les montagnes enneigées de Bolivie. Superbe!!! Après déjeuner nous filons sur le chemin qui normalement mène au Nord de l'île. Malheureusement, il y a un conflit économique entre Nord et Sud et le Nord de l'île n'est donc pas accessible. Nous le savions mais nous espérions pouvoir rejoindre Challa au centre de l'île... mais non... on nous arrête bien avant. Dommage! On se contente donc du mirador qui offre une belle vue à 360°. Et en chemin on papote avec mamita qui ballade ces 12 moutons dont un tout bébé noir de 3 semaines ADORABLE! Une belle journée en somme et sous un grand soleil. La vue du coucherde soleil et du crépuscule est superbe de notre chambre.
Nous allons dîner au restaurant Las Velas (conseillé par mon amie Claire avant le départ). C'est atypique : pas d'électricité. Nous mangeons à la lumière de la bougie (d'où le nom) et le chef et sa femme cuisinent à la frontale! L'attente est longue mais nous sommes prévenus et on a apporté les cartes. On se régale! Et on fait même péter la bouteille de vin rouge bolivien pas mauvaise du tout! La truite en papillote est un régal et le filet mignon de Greg aussi. En partant, la femme nous propose de goûter les petits pains qu'elle a fait avec la pâte à pizza qui lui reste. Mmmmmm trooooppp bon!!! On se ressert 3 fois! Et on rentre à notre tour à la frontale!
Balade anglaise en Cornouailles. Et en moto...! English translation pending
Ce n’est pas étonnant que cette île n’a jamais été envahie. Que c’est loin et long. 900 bornes de lignes droites sur une autoroute monotone. Et puis ensuite une côte venteuse et un petit bras de mer aux courants improbables. Et quand t’arrives sur place, ça conduit à gauche, ça mange des trucs encore une fois improbables. Non franchement on ne peut pas envahir un pays comme ça.
Envahir non, mais visiter alors ça, oui. Un petit stop chez un Buddies qui nous accueille dans l’Est parisien (le gite et quel couvert mes amis, mmmhhhh), puis un dernier tronçon jusqu’à Calais, la porte d’entrée du rêve britannique pour bon nombre d’hommes ayant parcouru tant de kilomètres pour finir aux portes d’Albion.
L’Eurotunnel est une entreprise qui fonctionne. Depuis le temps, c’est rôdé, archi-rôdé. Billet acheté sur le net, tu arrives directement par l’autoroute. Premier contrôle la douane tricolore. Deuxième contrôle la douane Brit. Puis un écran tactile avec ton numéro de résa et tu obtiens ton sésame pour l’embarquement. Tu rentres ta moto dans un wagon et tu restes avec elle durant les 30 Minutes qui séparent le continent des irréductibles british.
A l’arrivée à Folkestone, les panneaux sont nombreux pour te dire qu’ici on conduit à gauche, Ladies and Gentlemen. Quelques hésitations plus tard, le cerveau a capté et c’est parti comme en 40.
Les mouettes crient dans le ciel bleu et l’air du Channel est assez vif. La brique rouge peuple les villages et les maisons, qui bien que souvent pareilles, ont toutes leur petit jardin. So british.
Destination Rye, jolie petite bourgade médiévale. Un petit Airbnb à l’arrière de la maison pour nous loger, une douche et à nous les pubs, coupe du monde oblige. La douche est plutôt écossaise avec la défaite de la Nati, qui a joué tellement suisse, sans folie, sans prise de risque. Cidre, fish and chips, la gastronomie locale n’est pas fine, mais ça passe. Et même bien.
Rye, jolie très jolie petite ville dans ce coin du Sussex. One more time, so british.
Il y a quand même parfois des clichés durs à éviter. Tiens celui d’un pays inondé de pluie, même en été, où les gens se baladent constamment en ciré et avec des bottes. Et bien, rien de tout ça. Il fait chaud mesdames et messieurs. Chaud au point de jaunir les célèbres gazons et les champs. En partant de Rye ce matin, le gps de la moto est branché sur scénique. Alors le bougre nous envoie sur les petites routes de campagne, celles dont les haies cachent les virages et celles qui sont à peine assez larges pour croiser. Un exercice de style lorsque il faut oublier le réflexe de serrer à droite... la campagne est belle. Surtout ces maisons de briques rouges aux encadrements de fenêtres repeints en blanc. Belles ? Mais même pas. C’est le charme qui opère, pas la beauté. Le charme de ces jardins fleuris, des arrangements décoratifs où les Anglais embellissent une vieille construction à l’allure parfois austère. Il fait chaud, on l’a dit, mais la mousse qui pousse sur les toits est la pour nous rappeler la pluie, la bruine et l’humidité toute britannique. Eastbourne. Une belle petite ville de bord de mer. On serait presque tenté de l’appeler une station balnéaire, si l’eau n’était pas si froide et si brunâtre. Eastbourne et sa promenade des Niçois (eh oui faut bien égaliser), son ponton et ses hôtels aux façades immaculées. Ça en jette, faut l’avouer. Mais serait-elle aussi flamboyante sous le crachin ? A quelques yards de là, la nature a créé quelques tableaux idylliques avec les falaises de craie de Beachy Head et Seven Sisters. Un blanc immaculé qui contraste avec les bleus de ciel et de la mer. Quelques à-pics vertigineux, sans barrière, attirent les abrutis en manque de sensation qui sont parfois à quelques centimètres du bord pour avoir LE selfie. Les chemins sont nombreux à longer le relief qui domine les flots et les touristes sont bien présents. Si nous avons mangé notre pain blanc le long des falaises, cela se paie ensuite. Avec d’interminables bouchons entre Portsmouth et Southampton. Même si l’anglais est aimable et nous laisse la place entre les deux files de voitures. Seule une rapide visite de Arundal, petit bourg très joli avec sa cathédrale catholique romaine au sommet du village, nous réjouit dans ce coin précis. Notre but du soir est Lymington dans la région de New Forest. Une région faite de chênes, de bouleaux et de sapins, entrecoupée de landes, au cœur de laquelle tous les animaux vivent en complète liberté. À Beaulieu, un troupeau de chevaux a même pris possession de la route, empêchant les véhicules d’avancer. Nous arrivons chez Tim, qui possède une gigantesque maison (et son terrain) dans laquelle il loue des chambres tout confort. L’endroit est sauvage et nous partons pour une bonne heure de balade à pieds pour rejoindre le bord de mer. L’Angleterre, la vraie, est de retour. Ce soir, c’est brouillard, suffisamment humide pour qu’il se transforme en légère bruine. Petit repas au Chequers, le pub local de la zone. On y trouve un excellent cidre à la pression. De quoi ne pas hésiter. Ben ouais, quand on est en balade quelque part, on vit local !
Le meilleur moyen de passer une bonne journée, c’est de bien la commencer non ? Alors voyant le beau soleil du matin, Tim décide de nous servir le petit-déjeuner sur la terrasse de son imposant jardin. La petite brume du matin s’est dissipée même si une pointe de rosée perle encore sur la pelouse. Thé, café, croissants et toast, mais surtout le fameux Lemon Curd fait maison. Une tuerie. Oui cela va être une belle journée. Avec ce Lemon Curd aucun doute là-dessus. Bournemouth n’est pas très éloignée de Lymington. Une ville bien british, mais qui se donne des airs de Méditerranée. Des pins, et mêmes quelques palmiers, des plages de sable fin aux eaux turquoises, un soleil qui brunit les peaux les plus blanches, Bournemouth n’a rien de l’image des villes anglaises du centre du pays. On peut aller jusqu’à dire qu’elle a beaucoup de charme. Nous continuons notre périple vers Swanage. Le GPS branché sur scénique, il nous amène à l’embarcadère d’un petit ferry qui va traverser un bras de mer en dix minutes et une Livre, direction Sandbanks. Les Anglais ont sorti les bouées et autres jouets balnéaires, direction les plages de sable du coin. Même si l’eau semble fraîche, il en faut plus pour repousser un intrépide Brit en vacances. La brique rouge est remplacée par des vieilles pierres grises, souvent du granit. Les plus esthétiques couvrent même leur maison de toit de chaume. Mon dieu que ces maisons sont belles, avec le petit jardin bien entretenu, les massifs de fleurs colorés. Là encore, un petit air de sud. Et que dire de la campagne ? Avec les parcelles séparées de haies ou de rangées d’arbres, découpant les flancs de collines en mosaïques tout sauf régulières. A mi-chemin entre Swanage et Weymouth, le coup d’œil est splendide depuis Lulworth Cove. Un parking gratuit pour les motos et une bonne grimpette au sommet d’une colline pour avoir une vue imprenable sur les falaises en contrebas. L’occasion aussi de se faire un petit Haddock (tonnerre de Brest !) pour le lunch. Des stations balnéaires en veux-tu en voilà. Weymouth, animée et peuplée de touristes. Mais de touristes britanniques uniquement, qui vont à la plage, jouer leurs Pounds dans les machines à sous ou dans les Game Center ou qui déambulent simplement sur le front de mer. Ici pas de plaques étrangères, pas de langages autres que l’anglais. Pas ou peu de motards non plus, alors imaginez une Harley à plaque suisse... Allez une petite dernière pour la forme, Lyme Regis. Encore une bien belle plage, une eau turquoise et des touristes sur le sable. A croire que la côte sud de l’Angleterre pourrait rivaliser avec la Grèce par exemple. Non quand même pas, surtout sur la température de l’eau. Mais une fois encore, les endroits que nous traversons sont loin de l’idée que nous en avions. Et en plus, cherry on the cake, l’Anglais est aimable et fair-play sur la route. Vraiment une belle surprise que ce road trip. Une surprise ? Et bien on en a eu encore une belle pour notre dernier tronçon entre Exeter et Moretonhampstead, notre étape du soir. Notre GPS voulait tellement bien faire dans le mode scénique qu’il nous balance sur des chemins dans les collines du Dartmoor National Park. Des chemins si étroits que nous n’aurions pas pu croiser avec une autre moto, avec des haies si hautes que la visibilité était nulle, avec un passage de ruisseau à gué (ce qui a bien nettoyé nos bottes poussiéreuses) et des pentes frisant les 18-20 degrés. Un petit soulagement d’arriver chez Victoria qui tient un lovely B&B au centre du village. Et pour nous remettre de toutes ces émotions, quoi de mieux qu’une ou deux pintes de cidre à l’Union Pub ?
Il a fallu attendre 4 jours pour enfin manger un English Breakfast. La nuit dans la petite mais charmante chambre de Victoria a été très calme. Comme tous les matins, le jour se lève très tôt, vers les 05h00, et avec les premières lueurs ce sont les oiseaux qui se mettent à piailler. Mais certains paieraient cher pour avoir cette chance. Victoria nous avait demandé la veille ce que nous voulions pour notre petit-déjeuner. English Breakfast. La totale. Toast, marmelade d’orange, œufs, bacon, saucisse. Désolé mais les tomates et les pois on n’a pas pu, y’avait trop. La mise en route a été rude mais le plaisir était si intense dans le parc du Dartmoor qu’on en a oublié notre estomac plein. Un plateau dénudé, fait de landes, de bruyères commençant à fleurir et de fougères basses. Un lieu splendide où moutons, vaches et chevaux sont en totale liberté au bord des routes. Nous repartons sur la côte dans le petit port de Dartmouth. Le touriste britannique est là, à déguster des glaces, son chien (cocker, boarder collie, Labrador ou chien de chasse en tout genre) en laisse, la langue pendante vu la chaleur ambiante. Dartmouth fait face à Kingswear, séparé par un chenal que seul un petit ferry traverse. Un bel endroit pour une balade à pied. Direction Plymouth, le dernier grand port du sud-ouest. Une base militaire aussi. Nous avions pas mal passé de temps dans le Dartmoor et Dartmouth ce matin. Alors on coupe à travers la campagne pour aller au plus vite. Mais le GPS nous ramène sur ces fameux chemins étroits bordes de haies de plusieurs mètres. Un peu stressant quand même. Rien de spécial à Plymouth. La ville est trop grande pour une visite et même sur le bord de mer, l’intérêt est tout relatif. Alors on poursuit, par une petite traversée en bac pour rejoindre Torpoint, puis Looe. Looe, petit port, mais ultra touristique avec ses boutiques, ses cabanes de fish&chips, ses magasins de babioles. Les parkings sont pleins, les Anglais aiment cette animation. Il y a toujours un parking gratuit pour les motos et après un sandwich au crabe, nous reprenons la route. Là, c’est pas qu’on est pas en avance, on est carrément à la bourre. A Fowey, nous sommes officiellement en Cornouailles, le but ultime de notre périple. À la bourre ... Alors on rejoint une grande route pour foncer sur Truro, Helston et finalement Porthleven, notre étape nocturne. Un petit port encore actif, protégé du courant du large par une digue et un chenal. Un petit village sans prétention mais qui vaut son arrêt. Un pub, le Ship Inn, authentiquement british, une église en granit parfois giflée par les vagues et une plage où les gens se retrouvent soit pour profiter du soleil, baigner leur chien ou jouer dans le sable avec les enfants. Pizzas, fish&chips et bière accompagnant le tout et sans déchets svp ! Dick, notre logeur, nous explique qu’en hiver, La région subit de fortes tempêtes et que les vagues surmontent facilement les murs des quais. Certains touristes viennent même voir expressément ces conditions extrêmes. Mais rien de tout ça ce soir, là mer est d’huile et le soleil réchauffe la peau. J’en profite pour tester la température de l’eau en trempant mes orteils et mes chevilles. A vue de pieds (...), 14-15 degrés pas plus. Et pourtant, des gens se baignent ou partent nager. Sont tarés ces britons. Le Ship Inn. L’endroit parfait pour manger la prise du jour. De la sole et du cabillaud. Avec 2 pintes de cidre à la pression. Santé ! Demain nous passerons par Land’s End, le point le plus à l’ouest du pays. Pas le bout du monde, non, juste le bout de l’Angleterre.
Si, on a osé. Ce matin, dans la cuisine de Dick et Ruth. On a osé prendre ce fameux petit-déjeuner anglais, complet cette fois. Œuf au plat, haricots blancs à la tomate, bacon, saucisse, petits champignons et « rœsti », puis toast et marmelade à l’orange. Ouais, fallait oser. La nuit a été une fois de plus très calme ici au centre du village de Porthleven. Quelle belle maison de Cornouaille que celle où nous avons logé. Avec un intérieur tout en bois et toujours ce raffinement tout britannique. Aujourd’hui peu de kilomètres à effectuer. Pas de quantité, mais de la qualité. Premier arrêt, le Mont-Saint-Michel anglais peu avant Penzance. Pas de bol la marée est trop haute pour aller sur l’îlot à pied. Alors on se contente de quelques prises de vue de ce monument photogénique, moins important toutefois que son cousin français. L’extrême ouest de l’Angleterre forme ici une petite péninsule et une route en fait le tour. Les arrêts sont nombreux si on veut en voir un maximum. Tiens avec le petit port de pêche de Mousehole, aux ruelles si étroites que la moto passe mais qu’il ne faut pas dévier un tantinet de sa trajectoire. Ou encore Lacorna, où les plongeurs partent explorer les fonds. 2 maisons, un troquet, une jetée et un parking. Et pourquoi pas Porthcuro dont la plage ne ferait pas tache en Méditerranée. Nous avions fait une montagne de Land’s End et c’est la déception. Le site a succombé aux sirènes du tourisme de masse. Si les falaises et la mer forment un splendide tableau, mais pourquoi donc avoir créé une pâle copie d’un Disneyland version british ???? Ok c’est le point le plus à l’ouest de l’île (encore que il semblerait que le cap Cornwall le détrônerait), mais quand même. On a presque un peu honte, car après ce que nous avons englouti ce matin on ne devrait même pas y penser, mais on s’arrête sur la place centrale de St Just pour déguster un Cornish Pie. Un chausson fourré à la viande et aux légumes. Et très bon en plus. Depuis St Just, la côte présente un paysage désolé, mais pas désolant. Bruyères, fougères basses, herbes hautes, un mélange des genres du plus bel effet avec le bleu profond de la mer en arrière-plan. Alors évidemment avec ce soleil éclatant de juillet c’est facile. Ça doit l’être beaucoup moins lors des tempêtes hivernales, lorsque les vents et les flots se déchaînent depuis l’atlantique nord. St Ives. Oui la petite baie est splendide, mais la station sent un peu trop la Livre Sterling, genre tourisme un peu huppé. L’après-midi est bien entamé et nous avons prévu de passer du temps à Boscastle, notre étape nocturne. Alors on avale les miles sur les voies rapides. 2 heures plus tard, nous voilà chez Georgina qui nous accueille dans sa maison bâtie en 1830 sur le bas du village. Encore une de ces magnifiques maisons de Cornouaille, aussi belle dedans que dehors. Ça, c’est l’effet magique de Airbnb, on visite, on pénètre dans la communauté locale, on échange, on partage. On ne peut pas dire que Boscastle soit vraiment attirante, mais le charme est là. A 200 mètres en contrebas de la maison, une petite rivière coule entre deux collines et va se jeter dans la mer par un étroit chenal. Un chenal qui accueille quelques petits bateaux de pêche protégés par deux digues qui font barrage aux forts courants de la mer. Georgina nous a indiqué une belle balade : suivre la rive droite de la rivière et monter sur les falaises par le sentier costal. Une bonne heure de plaisir intense que de marcher au soleil et au vent avec l’infini de la mer à ses côtés. Pour le repas du soir, l’inévitable pub local sert toute sorte de plat, mais restons british jusqu’au bout.. Ce sera donc moules de la baie, salade de poissons et cidre ! Nous sommes sur la côte ouest désormais et le soleil se couche donc dans les flots de l’Atlantique. Nous remontons sur un bout de falaise pour voir l’astre descendre et prendre congé de nous. Une bonne heure à écouter le vent et les mouettes, à apprécier la chaleur des rayons avant de profiter du toujours magique spectacle du soleil couchant. Un plaisir si simple, si simple et si bon. Demain, cap à l’Est, sur une ville classée à l’Unesco. Sans doute très belle donc, mais si dure à prononcer : Bath.
Une unique étape nocturne à Boscastle n’était clairement pas suffisante. Cet endroit, hors des sentiers touristiques, mais carrément pas de ceux des falaises, avait un charme, une tranquillité, voire même une sérénité peu rencontrée jusqu’alors. Est-ce la toute mignonne maison de Georgina ? Les balades à faire sur les falaises, face au bleu profond de l’océan ? A cette brise venue du large tempérer les rayons ardents du soleil ? Ou tout simplement à cette douceur de vivre, loin des turpitudes citadines ? Georgina a vécu à Nottingham, mais elle ne repartirait pour rien au monde de sa Cornouaille adoptive. On peut la comprendre. Il nous faut avancer pour rejoindre Bath. D’abord à travers cette splendide campagne anglaise. Belles routes, conducteurs aimables et respectueux, un régal sans égal. Mais l’autoroute M5 nous fait accélérer la cadence. Heureusement elle a trois pistes et chacun a le choix de sa propre vitesse. A une trentaine de miles d’une des plus belles villes d’Angleterre selon les guides touristiques, nouvelle traversée de zones rurales hors des voies rapides. Villages fleuris, belles maisons en pierre, propreté impeccable, voilà le menu, quasi inchangé depuis une semaine. Bath donc. Le GPS de la moto nous amène directement à notre logeuse d’un soir, tout près du centre-ville. Si la maison vu de l’extérieur n’est pas forcément engageante, l’intérieur est ... surprenant ! 3 niveaux et surtout un gigantesque jardin qui va donner sur une petite rivière qui coule paisiblement en contrebas. Surprenant. Comme la salle de bain qui n’a qu’une baignoire et pas de douche. Et avec deux robinets séparés, sans mélangeur. Jude nous incite à prendre un bon bain et de profiter de la vue en gogeant puisque la baignoire donne directement sur une fenêtre. On pourrait presque mettre les pieds dehors !!! Alors disons-le franchement, si Bath est une belle ville avec des bâtiments superbes, de là à l’affubler du titre d’une des plus belles d’Angleterre, il y a encore quelques yards à parcourir. Les quelques parcs et squares n’ont plus de gazon, mais une herbe jaunie et brûlée. Une fois encore, l’architecture et les monuments sont splendides et sans doute que nous aurions dû aller aux thermes romains. Mais voilà, on n’a pas été trop emballé. Peut-être avions-nous vu tant de beaux paysages depuis le début de notre Road trip que nous n’étions pas encore prêts pour un retour à la ville. La ville, avec le rappel d’une triste réalité, celle de ces jeunes paumés et sans doute toxicos (l’héroïne fait des ravages outre-Manche) qui viennent mendier aux terrasses. Une misère sociale bien présente dans les agglomérations britanniques. D’ailleurs nous avons été surpris de voir encore bon nombre d’homme de l’armée du salut solliciter des dons. Dernière soirée british, dernier repas au pub, le King William. Dernières pintes de cidre aussi. Nous en avons fait presque une cure, c’est simple nous n’avons pas touché à la bière. Demain grosse journée d’autoroute pour rejoindre les environs de Reims, avant une ultime étape pour rentrer à la maison. Sans doute que cette météo sans nuage a largement contribué aux plaisirs (avec volontairement un S) ressentis dans cette Angleterre trop méconnue des continentaux que nous sommes (excepté Londres of course). Une destination certainement atypique et c’est bien ce qui nous attirait. On a pas été déçus ... GOD SAVE THE QUEEN (and the bikers).
Il y a quand même parfois des clichés durs à éviter. Tiens celui d’un pays inondé de pluie, même en été, où les gens se baladent constamment en ciré et avec des bottes. Et bien, rien de tout ça. Il fait chaud mesdames et messieurs. Chaud au point de jaunir les célèbres gazons et les champs. En partant de Rye ce matin, le gps de la moto est branché sur scénique. Alors le bougre nous envoie sur les petites routes de campagne, celles dont les haies cachent les virages et celles qui sont à peine assez larges pour croiser. Un exercice de style lorsque il faut oublier le réflexe de serrer à droite... la campagne est belle. Surtout ces maisons de briques rouges aux encadrements de fenêtres repeints en blanc. Belles ? Mais même pas. C’est le charme qui opère, pas la beauté. Le charme de ces jardins fleuris, des arrangements décoratifs où les Anglais embellissent une vieille construction à l’allure parfois austère. Il fait chaud, on l’a dit, mais la mousse qui pousse sur les toits est la pour nous rappeler la pluie, la bruine et l’humidité toute britannique. Eastbourne. Une belle petite ville de bord de mer. On serait presque tenté de l’appeler une station balnéaire, si l’eau n’était pas si froide et si brunâtre. Eastbourne et sa promenade des Niçois (eh oui faut bien égaliser), son ponton et ses hôtels aux façades immaculées. Ça en jette, faut l’avouer. Mais serait-elle aussi flamboyante sous le crachin ? A quelques yards de là, la nature a créé quelques tableaux idylliques avec les falaises de craie de Beachy Head et Seven Sisters. Un blanc immaculé qui contraste avec les bleus de ciel et de la mer. Quelques à-pics vertigineux, sans barrière, attirent les abrutis en manque de sensation qui sont parfois à quelques centimètres du bord pour avoir LE selfie. Les chemins sont nombreux à longer le relief qui domine les flots et les touristes sont bien présents. Si nous avons mangé notre pain blanc le long des falaises, cela se paie ensuite. Avec d’interminables bouchons entre Portsmouth et Southampton. Même si l’anglais est aimable et nous laisse la place entre les deux files de voitures. Seule une rapide visite de Arundal, petit bourg très joli avec sa cathédrale catholique romaine au sommet du village, nous réjouit dans ce coin précis. Notre but du soir est Lymington dans la région de New Forest. Une région faite de chênes, de bouleaux et de sapins, entrecoupée de landes, au cœur de laquelle tous les animaux vivent en complète liberté. À Beaulieu, un troupeau de chevaux a même pris possession de la route, empêchant les véhicules d’avancer. Nous arrivons chez Tim, qui possède une gigantesque maison (et son terrain) dans laquelle il loue des chambres tout confort. L’endroit est sauvage et nous partons pour une bonne heure de balade à pieds pour rejoindre le bord de mer. L’Angleterre, la vraie, est de retour. Ce soir, c’est brouillard, suffisamment humide pour qu’il se transforme en légère bruine. Petit repas au Chequers, le pub local de la zone. On y trouve un excellent cidre à la pression. De quoi ne pas hésiter. Ben ouais, quand on est en balade quelque part, on vit local !
Le meilleur moyen de passer une bonne journée, c’est de bien la commencer non ? Alors voyant le beau soleil du matin, Tim décide de nous servir le petit-déjeuner sur la terrasse de son imposant jardin. La petite brume du matin s’est dissipée même si une pointe de rosée perle encore sur la pelouse. Thé, café, croissants et toast, mais surtout le fameux Lemon Curd fait maison. Une tuerie. Oui cela va être une belle journée. Avec ce Lemon Curd aucun doute là-dessus. Bournemouth n’est pas très éloignée de Lymington. Une ville bien british, mais qui se donne des airs de Méditerranée. Des pins, et mêmes quelques palmiers, des plages de sable fin aux eaux turquoises, un soleil qui brunit les peaux les plus blanches, Bournemouth n’a rien de l’image des villes anglaises du centre du pays. On peut aller jusqu’à dire qu’elle a beaucoup de charme. Nous continuons notre périple vers Swanage. Le GPS branché sur scénique, il nous amène à l’embarcadère d’un petit ferry qui va traverser un bras de mer en dix minutes et une Livre, direction Sandbanks. Les Anglais ont sorti les bouées et autres jouets balnéaires, direction les plages de sable du coin. Même si l’eau semble fraîche, il en faut plus pour repousser un intrépide Brit en vacances. La brique rouge est remplacée par des vieilles pierres grises, souvent du granit. Les plus esthétiques couvrent même leur maison de toit de chaume. Mon dieu que ces maisons sont belles, avec le petit jardin bien entretenu, les massifs de fleurs colorés. Là encore, un petit air de sud. Et que dire de la campagne ? Avec les parcelles séparées de haies ou de rangées d’arbres, découpant les flancs de collines en mosaïques tout sauf régulières. A mi-chemin entre Swanage et Weymouth, le coup d’œil est splendide depuis Lulworth Cove. Un parking gratuit pour les motos et une bonne grimpette au sommet d’une colline pour avoir une vue imprenable sur les falaises en contrebas. L’occasion aussi de se faire un petit Haddock (tonnerre de Brest !) pour le lunch. Des stations balnéaires en veux-tu en voilà. Weymouth, animée et peuplée de touristes. Mais de touristes britanniques uniquement, qui vont à la plage, jouer leurs Pounds dans les machines à sous ou dans les Game Center ou qui déambulent simplement sur le front de mer. Ici pas de plaques étrangères, pas de langages autres que l’anglais. Pas ou peu de motards non plus, alors imaginez une Harley à plaque suisse... Allez une petite dernière pour la forme, Lyme Regis. Encore une bien belle plage, une eau turquoise et des touristes sur le sable. A croire que la côte sud de l’Angleterre pourrait rivaliser avec la Grèce par exemple. Non quand même pas, surtout sur la température de l’eau. Mais une fois encore, les endroits que nous traversons sont loin de l’idée que nous en avions. Et en plus, cherry on the cake, l’Anglais est aimable et fair-play sur la route. Vraiment une belle surprise que ce road trip. Une surprise ? Et bien on en a eu encore une belle pour notre dernier tronçon entre Exeter et Moretonhampstead, notre étape du soir. Notre GPS voulait tellement bien faire dans le mode scénique qu’il nous balance sur des chemins dans les collines du Dartmoor National Park. Des chemins si étroits que nous n’aurions pas pu croiser avec une autre moto, avec des haies si hautes que la visibilité était nulle, avec un passage de ruisseau à gué (ce qui a bien nettoyé nos bottes poussiéreuses) et des pentes frisant les 18-20 degrés. Un petit soulagement d’arriver chez Victoria qui tient un lovely B&B au centre du village. Et pour nous remettre de toutes ces émotions, quoi de mieux qu’une ou deux pintes de cidre à l’Union Pub ?
Il a fallu attendre 4 jours pour enfin manger un English Breakfast. La nuit dans la petite mais charmante chambre de Victoria a été très calme. Comme tous les matins, le jour se lève très tôt, vers les 05h00, et avec les premières lueurs ce sont les oiseaux qui se mettent à piailler. Mais certains paieraient cher pour avoir cette chance. Victoria nous avait demandé la veille ce que nous voulions pour notre petit-déjeuner. English Breakfast. La totale. Toast, marmelade d’orange, œufs, bacon, saucisse. Désolé mais les tomates et les pois on n’a pas pu, y’avait trop. La mise en route a été rude mais le plaisir était si intense dans le parc du Dartmoor qu’on en a oublié notre estomac plein. Un plateau dénudé, fait de landes, de bruyères commençant à fleurir et de fougères basses. Un lieu splendide où moutons, vaches et chevaux sont en totale liberté au bord des routes. Nous repartons sur la côte dans le petit port de Dartmouth. Le touriste britannique est là, à déguster des glaces, son chien (cocker, boarder collie, Labrador ou chien de chasse en tout genre) en laisse, la langue pendante vu la chaleur ambiante. Dartmouth fait face à Kingswear, séparé par un chenal que seul un petit ferry traverse. Un bel endroit pour une balade à pied. Direction Plymouth, le dernier grand port du sud-ouest. Une base militaire aussi. Nous avions pas mal passé de temps dans le Dartmoor et Dartmouth ce matin. Alors on coupe à travers la campagne pour aller au plus vite. Mais le GPS nous ramène sur ces fameux chemins étroits bordes de haies de plusieurs mètres. Un peu stressant quand même. Rien de spécial à Plymouth. La ville est trop grande pour une visite et même sur le bord de mer, l’intérêt est tout relatif. Alors on poursuit, par une petite traversée en bac pour rejoindre Torpoint, puis Looe. Looe, petit port, mais ultra touristique avec ses boutiques, ses cabanes de fish&chips, ses magasins de babioles. Les parkings sont pleins, les Anglais aiment cette animation. Il y a toujours un parking gratuit pour les motos et après un sandwich au crabe, nous reprenons la route. Là, c’est pas qu’on est pas en avance, on est carrément à la bourre. A Fowey, nous sommes officiellement en Cornouailles, le but ultime de notre périple. À la bourre ... Alors on rejoint une grande route pour foncer sur Truro, Helston et finalement Porthleven, notre étape nocturne. Un petit port encore actif, protégé du courant du large par une digue et un chenal. Un petit village sans prétention mais qui vaut son arrêt. Un pub, le Ship Inn, authentiquement british, une église en granit parfois giflée par les vagues et une plage où les gens se retrouvent soit pour profiter du soleil, baigner leur chien ou jouer dans le sable avec les enfants. Pizzas, fish&chips et bière accompagnant le tout et sans déchets svp ! Dick, notre logeur, nous explique qu’en hiver, La région subit de fortes tempêtes et que les vagues surmontent facilement les murs des quais. Certains touristes viennent même voir expressément ces conditions extrêmes. Mais rien de tout ça ce soir, là mer est d’huile et le soleil réchauffe la peau. J’en profite pour tester la température de l’eau en trempant mes orteils et mes chevilles. A vue de pieds (...), 14-15 degrés pas plus. Et pourtant, des gens se baignent ou partent nager. Sont tarés ces britons. Le Ship Inn. L’endroit parfait pour manger la prise du jour. De la sole et du cabillaud. Avec 2 pintes de cidre à la pression. Santé ! Demain nous passerons par Land’s End, le point le plus à l’ouest du pays. Pas le bout du monde, non, juste le bout de l’Angleterre.
Si, on a osé. Ce matin, dans la cuisine de Dick et Ruth. On a osé prendre ce fameux petit-déjeuner anglais, complet cette fois. Œuf au plat, haricots blancs à la tomate, bacon, saucisse, petits champignons et « rœsti », puis toast et marmelade à l’orange. Ouais, fallait oser. La nuit a été une fois de plus très calme ici au centre du village de Porthleven. Quelle belle maison de Cornouaille que celle où nous avons logé. Avec un intérieur tout en bois et toujours ce raffinement tout britannique. Aujourd’hui peu de kilomètres à effectuer. Pas de quantité, mais de la qualité. Premier arrêt, le Mont-Saint-Michel anglais peu avant Penzance. Pas de bol la marée est trop haute pour aller sur l’îlot à pied. Alors on se contente de quelques prises de vue de ce monument photogénique, moins important toutefois que son cousin français. L’extrême ouest de l’Angleterre forme ici une petite péninsule et une route en fait le tour. Les arrêts sont nombreux si on veut en voir un maximum. Tiens avec le petit port de pêche de Mousehole, aux ruelles si étroites que la moto passe mais qu’il ne faut pas dévier un tantinet de sa trajectoire. Ou encore Lacorna, où les plongeurs partent explorer les fonds. 2 maisons, un troquet, une jetée et un parking. Et pourquoi pas Porthcuro dont la plage ne ferait pas tache en Méditerranée. Nous avions fait une montagne de Land’s End et c’est la déception. Le site a succombé aux sirènes du tourisme de masse. Si les falaises et la mer forment un splendide tableau, mais pourquoi donc avoir créé une pâle copie d’un Disneyland version british ???? Ok c’est le point le plus à l’ouest de l’île (encore que il semblerait que le cap Cornwall le détrônerait), mais quand même. On a presque un peu honte, car après ce que nous avons englouti ce matin on ne devrait même pas y penser, mais on s’arrête sur la place centrale de St Just pour déguster un Cornish Pie. Un chausson fourré à la viande et aux légumes. Et très bon en plus. Depuis St Just, la côte présente un paysage désolé, mais pas désolant. Bruyères, fougères basses, herbes hautes, un mélange des genres du plus bel effet avec le bleu profond de la mer en arrière-plan. Alors évidemment avec ce soleil éclatant de juillet c’est facile. Ça doit l’être beaucoup moins lors des tempêtes hivernales, lorsque les vents et les flots se déchaînent depuis l’atlantique nord. St Ives. Oui la petite baie est splendide, mais la station sent un peu trop la Livre Sterling, genre tourisme un peu huppé. L’après-midi est bien entamé et nous avons prévu de passer du temps à Boscastle, notre étape nocturne. Alors on avale les miles sur les voies rapides. 2 heures plus tard, nous voilà chez Georgina qui nous accueille dans sa maison bâtie en 1830 sur le bas du village. Encore une de ces magnifiques maisons de Cornouaille, aussi belle dedans que dehors. Ça, c’est l’effet magique de Airbnb, on visite, on pénètre dans la communauté locale, on échange, on partage. On ne peut pas dire que Boscastle soit vraiment attirante, mais le charme est là. A 200 mètres en contrebas de la maison, une petite rivière coule entre deux collines et va se jeter dans la mer par un étroit chenal. Un chenal qui accueille quelques petits bateaux de pêche protégés par deux digues qui font barrage aux forts courants de la mer. Georgina nous a indiqué une belle balade : suivre la rive droite de la rivière et monter sur les falaises par le sentier costal. Une bonne heure de plaisir intense que de marcher au soleil et au vent avec l’infini de la mer à ses côtés. Pour le repas du soir, l’inévitable pub local sert toute sorte de plat, mais restons british jusqu’au bout.. Ce sera donc moules de la baie, salade de poissons et cidre ! Nous sommes sur la côte ouest désormais et le soleil se couche donc dans les flots de l’Atlantique. Nous remontons sur un bout de falaise pour voir l’astre descendre et prendre congé de nous. Une bonne heure à écouter le vent et les mouettes, à apprécier la chaleur des rayons avant de profiter du toujours magique spectacle du soleil couchant. Un plaisir si simple, si simple et si bon. Demain, cap à l’Est, sur une ville classée à l’Unesco. Sans doute très belle donc, mais si dure à prononcer : Bath.
Une unique étape nocturne à Boscastle n’était clairement pas suffisante. Cet endroit, hors des sentiers touristiques, mais carrément pas de ceux des falaises, avait un charme, une tranquillité, voire même une sérénité peu rencontrée jusqu’alors. Est-ce la toute mignonne maison de Georgina ? Les balades à faire sur les falaises, face au bleu profond de l’océan ? A cette brise venue du large tempérer les rayons ardents du soleil ? Ou tout simplement à cette douceur de vivre, loin des turpitudes citadines ? Georgina a vécu à Nottingham, mais elle ne repartirait pour rien au monde de sa Cornouaille adoptive. On peut la comprendre. Il nous faut avancer pour rejoindre Bath. D’abord à travers cette splendide campagne anglaise. Belles routes, conducteurs aimables et respectueux, un régal sans égal. Mais l’autoroute M5 nous fait accélérer la cadence. Heureusement elle a trois pistes et chacun a le choix de sa propre vitesse. A une trentaine de miles d’une des plus belles villes d’Angleterre selon les guides touristiques, nouvelle traversée de zones rurales hors des voies rapides. Villages fleuris, belles maisons en pierre, propreté impeccable, voilà le menu, quasi inchangé depuis une semaine. Bath donc. Le GPS de la moto nous amène directement à notre logeuse d’un soir, tout près du centre-ville. Si la maison vu de l’extérieur n’est pas forcément engageante, l’intérieur est ... surprenant ! 3 niveaux et surtout un gigantesque jardin qui va donner sur une petite rivière qui coule paisiblement en contrebas. Surprenant. Comme la salle de bain qui n’a qu’une baignoire et pas de douche. Et avec deux robinets séparés, sans mélangeur. Jude nous incite à prendre un bon bain et de profiter de la vue en gogeant puisque la baignoire donne directement sur une fenêtre. On pourrait presque mettre les pieds dehors !!! Alors disons-le franchement, si Bath est une belle ville avec des bâtiments superbes, de là à l’affubler du titre d’une des plus belles d’Angleterre, il y a encore quelques yards à parcourir. Les quelques parcs et squares n’ont plus de gazon, mais une herbe jaunie et brûlée. Une fois encore, l’architecture et les monuments sont splendides et sans doute que nous aurions dû aller aux thermes romains. Mais voilà, on n’a pas été trop emballé. Peut-être avions-nous vu tant de beaux paysages depuis le début de notre Road trip que nous n’étions pas encore prêts pour un retour à la ville. La ville, avec le rappel d’une triste réalité, celle de ces jeunes paumés et sans doute toxicos (l’héroïne fait des ravages outre-Manche) qui viennent mendier aux terrasses. Une misère sociale bien présente dans les agglomérations britanniques. D’ailleurs nous avons été surpris de voir encore bon nombre d’homme de l’armée du salut solliciter des dons. Dernière soirée british, dernier repas au pub, le King William. Dernières pintes de cidre aussi. Nous en avons fait presque une cure, c’est simple nous n’avons pas touché à la bière. Demain grosse journée d’autoroute pour rejoindre les environs de Reims, avant une ultime étape pour rentrer à la maison. Sans doute que cette météo sans nuage a largement contribué aux plaisirs (avec volontairement un S) ressentis dans cette Angleterre trop méconnue des continentaux que nous sommes (excepté Londres of course). Une destination certainement atypique et c’est bien ce qui nous attirait. On a pas été déçus ... GOD SAVE THE QUEEN (and the bikers).
L'inhospitalité en Bretagne English translation pending
Vous faites une excursion dans ce pays magnifique, c'est l'été, le soleil se couche plus tard (C'est le piège car la côte devient encore plus belle), vous oubliez les horaires; vous restez un peu plus longtemps sur la plage; ou le bateau de votre excursion rentre tard.....
A un moment donné Il faut se résoudre à aller diner! Vous allez recevoir la punition de votre manque de vigilance : La plupart des restaurateurs vous annonceront parfois à 21:00 ou plus surement à 21:30 "On ne sert plus" ou "On a tout éteint" Comme s'il s'agissait d'une procédure compliquée de rallumer comme pour un haut fourneau. Une fois on nous a refusé un Croque Monsieur car le cuisinier était parti!
Autre cas de figure: Le Dimanche soir ou le Lundi sont des jours maudits; tout est fermé! Il m'est arrivé de trouver 4 restaurants fermés dans le Pays des Abers!
Dernier cas de figure: Les mois hors saisons de Mai, Juin, Septembre, Octobre; il fait encore beau, la clientèle est là: Retraités français, Etrangers fuyant la foule. Vous voyez tout ce petit monde errer de restaurant fermé en restaurant fermé.
Alors si vous ne vivez pas en gite ou en camping car pour cuisiner, vous allez vous rabattre sur les MacDo, les camions à pizza....Dur, dur quand on on pense au plat de langoustines que vous auriez pu avoir dans un restaurant classique.
Je n'ai jamais ressenti dans d'autres provinces françaises ce comportement borné et donc cette inhospitalité. Bien sûr dans les grandes stations bretonnes des restaurants restent ouverts tard. Dans les petites villes bretonnes il peut y avoir des exceptions: Un restaurant peut rester ouvert tard; on constate alors qu'il concentre la clientèle et la vie nocturne. En Grande Bretagne, dans les pubs on vous réchauffe un plat au micro onde à toute heure.
Pourtant la clientèle existe. Les Offices de Tourisme de Bretagne font un travail remarquable en mettant en avant des animations, des activités multiples, des festivals, des brochures très belles. A quoi cela rime si vous ne pouvez pas vous restaurer le soir. Ils devraient éditer la carte des MacDo.
Autre cas de figure: Le Dimanche soir ou le Lundi sont des jours maudits; tout est fermé! Il m'est arrivé de trouver 4 restaurants fermés dans le Pays des Abers!
Dernier cas de figure: Les mois hors saisons de Mai, Juin, Septembre, Octobre; il fait encore beau, la clientèle est là: Retraités français, Etrangers fuyant la foule. Vous voyez tout ce petit monde errer de restaurant fermé en restaurant fermé.
Alors si vous ne vivez pas en gite ou en camping car pour cuisiner, vous allez vous rabattre sur les MacDo, les camions à pizza....Dur, dur quand on on pense au plat de langoustines que vous auriez pu avoir dans un restaurant classique.
Je n'ai jamais ressenti dans d'autres provinces françaises ce comportement borné et donc cette inhospitalité. Bien sûr dans les grandes stations bretonnes des restaurants restent ouverts tard. Dans les petites villes bretonnes il peut y avoir des exceptions: Un restaurant peut rester ouvert tard; on constate alors qu'il concentre la clientèle et la vie nocturne. En Grande Bretagne, dans les pubs on vous réchauffe un plat au micro onde à toute heure.
Pourtant la clientèle existe. Les Offices de Tourisme de Bretagne font un travail remarquable en mettant en avant des animations, des activités multiples, des festivals, des brochures très belles. A quoi cela rime si vous ne pouvez pas vous restaurer le soir. Ils devraient éditer la carte des MacDo.
En Isaan: une famille, un village English translation pending
1 Frères et Soeurs
Qu’on me pardonne le style quasi lapidaire de ce texte! Je pourrais certainement le fleurir de commentaires et d’interprétations, mais cela donnerait un ton plus personnel et il y a toujours un tas de petits malins sur VF qui n’attendent que la première occasion pour se jeter sur ceux qui parlent de la Thaïlande et pour les accuser de « généraliser », d’avoir des vues faussées sur le pays etc. Une partie de ces petits malins n’ont d’ailleurs eux-mêmes qu’une expérience et une connaissance limitées du pays mais ne se gênent pas pour parader sur VF comme s’ils étaient des grands spécialistes de la Thaïlande.
Donc, je vais garder un style sobre et aussi factuel que possible. On pourra en tirer ce qu’on en voudra. Pour des récits plus agrémentés, y compris des photos, je renvois aux quelques contributions que j’ai faites dans le passé – voir les liens sur mon profil.
Je vais commencer par dénombrer la famille de Y, ma compagne Thaïe. Elle est originaire d’un petit village de l’Isàán, cette région du nord-est de la Thaïlande qui fait à peu près le tiers du pays, aussi bien par sa population que par sa superficie. Pour éviter la confusion possible avec d’autres villages, j’appellerai le village de Y « Nàáwng Bâan Naa Dii », que j’abrègerai par NBND. Le village se situe dans un « ampheuu » (district) que j’appellerai « Bâan Nâwk ». Ce qu’on peut plus ou moins traduire par « l’étang de la maison de la bonne rizière », et par « la Cambrousse » ou « Pétaouchnoque ». NBND était le village des parents, décédés depuis plusieurs années. En fait, NBND était le village de la mère car le père venait d’un district voisin.
Y est la cadette d’une famille de 10 enfants. Ses 5 sœurs vivent toutes dans NBND. Je ne sais pas d’où viennent leurs maris, à une exception : Sak, le mari de Phîi Ploy, est du village. Je le déduis de ce que deux sœurs que je lui connais vivent dans NBND. Une sœur aînée a en fait la maison qui jouxte celle de Y. Des 4 frères, Phîi Jet est le seul à être resté à NBND, d’où sa femme est donc probablement originaire. Phîi Lek, l’aîné vit à une quinzaine de kilomètres d’ici. Quant aux deux autres, ils vivent dans des villages très éloignés.
Une remarque : les termes employés pour désigner un frère ou une sœur indiquent s’il s’agit d’un/une aîné/ée (« Phîi ») ou d’un/une cadet/ette (« Nàáwng »). Pour préciser, on rajoute les termes « Chái » ou « Sàó » s’il s’agit d’un garçon / d’un homme, ou d’une fille / d’une femme.
Y a hérité de la maison des parents. Pourquoi ? Parce que, m’a-t-elle dit, elle s’est occupée de ses parents dans leur vieil âge. Elle a aussi hérité de la moitié des terres. Les 9 frères et sœurs aînés ont eu le reste. C’est Y aussi qui conserve le petit autel familial, qui comprend quelques vieilles statuettes de Bouddha et autres et la jarre qui contient quelques restes des parents après leur incinération.
Je suis tombé sur une discussion en Anglais où un étranger parlait de sa petite amie de l’Isàán, qui étant la fille cadette avait la charge de sa vieille mère et allait hériter de la maison. D’après les quelques interventions sur cette discussion, il semblait bien qu’il s’agissait donc là d’une pratique courante.
La maison de Y était une maison traditionnelle à l’origine. Y a muré le rez-de-chaussée autour des piliers qui supportent l’étage, ce qui fait une grande pièce de 40 mètres carrés où j’ai installé mes affaires personnelles, instruments de musique et autres. L’étage est en bois. Nous avons installé quelques cloisons pour y faire 2 chambres et un petit salon, ouvrant sur une terrasse. J’ai réussi à donner à Y un certain sens de la propreté domestique. Ce n’est pas pour dire qu’elle est fainéante, très loin de là, mais disons que le sens de la propreté par ici n’est pas celui auquel un Européen a l’habitude.
Les maisons de deux de ses sœurs et de son frère Phîi Jet, assez petites, sont groupées dans un coin du village, au bord même de la rizière. Je ne suis jamais allé qu’une ou deux fois dans ces maisons. La maison de Phîi Han était très encombrée et les toiles d’araignée dans tous les coins, alourdies par des générations de poussière, étaient dignes d’un film d’horreur. Il ne devait pas y avoir eu un coup de balai depuis des décennies. Le devant de la maison de Phîi Thong est une exposition permanente. Il me faudrait une page pour en faire le tour mais citons : une collection de vieux pneus suspendus à une tige de bois qui émerge d’un toit de tôles tordues et rouillées, quelques sacs de ciment éventrés reposant dans un coin au milieu de quelques briques, la magnifique cage de fer du chien, transportable je présume, car montée sur deux roues comme une brouette et affublée d’un manche auquel pendouille un seau en plastique.
Passons à la génération suivante. Y a deux garçons. Son mari gagnait assez bien sa vie mais gaspillait beaucoup d’argent dans la boisson. Y était malgré tout assez heureuse ainsi et vivait à NBND. Mais à la suite de la mort de son mari, suite à un accident de la route, elle avait dû trouver un emploi dans une laverie/buanderie à Bangkok pour survenir à ses besoins. Et puisque nous y sommes, je l’ai rencontrée dans un restaurant le soir où elle était sortie avec quelques amies pour fêter son anniversaire.
Toey, l’aîné des deux fils, est un garçon sérieux et intelligent avec lequel il m’arrive de discuter, soit en Anglais soit en Thaï. Après avoir étudié la Loi, il est rentré dans une école de cadets de l’armée. Une petite anecdote intéressante. Sur ses 16 ans, alors qu’il fréquentait une école dans un gros village voisin, il avait engrossé sa petite amie par mégarde. Il en avait averti sa mère trop tard et Y s’était trouvée dans une situation difficile. Elle ne voulait pas que Toey se marie, ce qui aurait contrecarré ses plans d’études supérieures pour Toey. Pour apaiser la mère de la fille qui lui « chauffait les oreilles», elle avait dû lui payer 100,000 bahts. Depuis, il n’y a plus jamais eu le moindre mot sur la naissance de l’enfant naturel de Toey. C’est comme si rien ne s’était jamais passé.
Je n’ai pratiquement aucun rapport avec Bon, le fils cadet. Il sait sans doute parfaitement parler le Thaï, puisqu’il a passé 3 ans avec nous à Bangkok et qu’il y allait à l’école, mais je ne l’ai jamais rien entendu dire qu’en « Phasàá Isàán » - la « Langue de l’Isàán » qui est en fait pratiquement du Lao. Je n’ai jamais vu Toey ou Bon lever un petit doigt pour nettoyer quoi que ce soit dans la maison. Ils peuvent rester des heures, des jours, des nuits et des années allongés sur leurs lits à dormir ou à jouer sur l’ordinateur ou à tapoter sur leurs écrans respectifs. Les reliquats de tous ces objets de la vie courante, sacs en plastique déchirés, papiers froissés, habits oubliés etc, tout ça s’accumule dans la poussière et ne les dérange pas le moins du monde. Y m’a dit qu’elle ne pouvait pas inculquer à des garçons les mêmes devoirs qu’à une fille.
La suite bientôt!
Qu’on me pardonne le style quasi lapidaire de ce texte! Je pourrais certainement le fleurir de commentaires et d’interprétations, mais cela donnerait un ton plus personnel et il y a toujours un tas de petits malins sur VF qui n’attendent que la première occasion pour se jeter sur ceux qui parlent de la Thaïlande et pour les accuser de « généraliser », d’avoir des vues faussées sur le pays etc. Une partie de ces petits malins n’ont d’ailleurs eux-mêmes qu’une expérience et une connaissance limitées du pays mais ne se gênent pas pour parader sur VF comme s’ils étaient des grands spécialistes de la Thaïlande.
Donc, je vais garder un style sobre et aussi factuel que possible. On pourra en tirer ce qu’on en voudra. Pour des récits plus agrémentés, y compris des photos, je renvois aux quelques contributions que j’ai faites dans le passé – voir les liens sur mon profil.
Je vais commencer par dénombrer la famille de Y, ma compagne Thaïe. Elle est originaire d’un petit village de l’Isàán, cette région du nord-est de la Thaïlande qui fait à peu près le tiers du pays, aussi bien par sa population que par sa superficie. Pour éviter la confusion possible avec d’autres villages, j’appellerai le village de Y « Nàáwng Bâan Naa Dii », que j’abrègerai par NBND. Le village se situe dans un « ampheuu » (district) que j’appellerai « Bâan Nâwk ». Ce qu’on peut plus ou moins traduire par « l’étang de la maison de la bonne rizière », et par « la Cambrousse » ou « Pétaouchnoque ». NBND était le village des parents, décédés depuis plusieurs années. En fait, NBND était le village de la mère car le père venait d’un district voisin.
Y est la cadette d’une famille de 10 enfants. Ses 5 sœurs vivent toutes dans NBND. Je ne sais pas d’où viennent leurs maris, à une exception : Sak, le mari de Phîi Ploy, est du village. Je le déduis de ce que deux sœurs que je lui connais vivent dans NBND. Une sœur aînée a en fait la maison qui jouxte celle de Y. Des 4 frères, Phîi Jet est le seul à être resté à NBND, d’où sa femme est donc probablement originaire. Phîi Lek, l’aîné vit à une quinzaine de kilomètres d’ici. Quant aux deux autres, ils vivent dans des villages très éloignés.
Une remarque : les termes employés pour désigner un frère ou une sœur indiquent s’il s’agit d’un/une aîné/ée (« Phîi ») ou d’un/une cadet/ette (« Nàáwng »). Pour préciser, on rajoute les termes « Chái » ou « Sàó » s’il s’agit d’un garçon / d’un homme, ou d’une fille / d’une femme.
Y a hérité de la maison des parents. Pourquoi ? Parce que, m’a-t-elle dit, elle s’est occupée de ses parents dans leur vieil âge. Elle a aussi hérité de la moitié des terres. Les 9 frères et sœurs aînés ont eu le reste. C’est Y aussi qui conserve le petit autel familial, qui comprend quelques vieilles statuettes de Bouddha et autres et la jarre qui contient quelques restes des parents après leur incinération.
Je suis tombé sur une discussion en Anglais où un étranger parlait de sa petite amie de l’Isàán, qui étant la fille cadette avait la charge de sa vieille mère et allait hériter de la maison. D’après les quelques interventions sur cette discussion, il semblait bien qu’il s’agissait donc là d’une pratique courante.
La maison de Y était une maison traditionnelle à l’origine. Y a muré le rez-de-chaussée autour des piliers qui supportent l’étage, ce qui fait une grande pièce de 40 mètres carrés où j’ai installé mes affaires personnelles, instruments de musique et autres. L’étage est en bois. Nous avons installé quelques cloisons pour y faire 2 chambres et un petit salon, ouvrant sur une terrasse. J’ai réussi à donner à Y un certain sens de la propreté domestique. Ce n’est pas pour dire qu’elle est fainéante, très loin de là, mais disons que le sens de la propreté par ici n’est pas celui auquel un Européen a l’habitude.
Les maisons de deux de ses sœurs et de son frère Phîi Jet, assez petites, sont groupées dans un coin du village, au bord même de la rizière. Je ne suis jamais allé qu’une ou deux fois dans ces maisons. La maison de Phîi Han était très encombrée et les toiles d’araignée dans tous les coins, alourdies par des générations de poussière, étaient dignes d’un film d’horreur. Il ne devait pas y avoir eu un coup de balai depuis des décennies. Le devant de la maison de Phîi Thong est une exposition permanente. Il me faudrait une page pour en faire le tour mais citons : une collection de vieux pneus suspendus à une tige de bois qui émerge d’un toit de tôles tordues et rouillées, quelques sacs de ciment éventrés reposant dans un coin au milieu de quelques briques, la magnifique cage de fer du chien, transportable je présume, car montée sur deux roues comme une brouette et affublée d’un manche auquel pendouille un seau en plastique.
Passons à la génération suivante. Y a deux garçons. Son mari gagnait assez bien sa vie mais gaspillait beaucoup d’argent dans la boisson. Y était malgré tout assez heureuse ainsi et vivait à NBND. Mais à la suite de la mort de son mari, suite à un accident de la route, elle avait dû trouver un emploi dans une laverie/buanderie à Bangkok pour survenir à ses besoins. Et puisque nous y sommes, je l’ai rencontrée dans un restaurant le soir où elle était sortie avec quelques amies pour fêter son anniversaire.
Toey, l’aîné des deux fils, est un garçon sérieux et intelligent avec lequel il m’arrive de discuter, soit en Anglais soit en Thaï. Après avoir étudié la Loi, il est rentré dans une école de cadets de l’armée. Une petite anecdote intéressante. Sur ses 16 ans, alors qu’il fréquentait une école dans un gros village voisin, il avait engrossé sa petite amie par mégarde. Il en avait averti sa mère trop tard et Y s’était trouvée dans une situation difficile. Elle ne voulait pas que Toey se marie, ce qui aurait contrecarré ses plans d’études supérieures pour Toey. Pour apaiser la mère de la fille qui lui « chauffait les oreilles», elle avait dû lui payer 100,000 bahts. Depuis, il n’y a plus jamais eu le moindre mot sur la naissance de l’enfant naturel de Toey. C’est comme si rien ne s’était jamais passé.
Je n’ai pratiquement aucun rapport avec Bon, le fils cadet. Il sait sans doute parfaitement parler le Thaï, puisqu’il a passé 3 ans avec nous à Bangkok et qu’il y allait à l’école, mais je ne l’ai jamais rien entendu dire qu’en « Phasàá Isàán » - la « Langue de l’Isàán » qui est en fait pratiquement du Lao. Je n’ai jamais vu Toey ou Bon lever un petit doigt pour nettoyer quoi que ce soit dans la maison. Ils peuvent rester des heures, des jours, des nuits et des années allongés sur leurs lits à dormir ou à jouer sur l’ordinateur ou à tapoter sur leurs écrans respectifs. Les reliquats de tous ces objets de la vie courante, sacs en plastique déchirés, papiers froissés, habits oubliés etc, tout ça s’accumule dans la poussière et ne les dérange pas le moins du monde. Y m’a dit qu’elle ne pouvait pas inculquer à des garçons les mêmes devoirs qu’à une fille.
La suite bientôt!
40 jours en Polynésie-Française, automne 2016 English translation pending
CARNET DE VOYAGE
Polynésie Automne 2016 (Version avec photos : http://jcpo5blog.wordpress.com)
Voyage de 40 jours passés sur place et organisé 6 mois avant le départ pour 2 personnes, ma compagne (AM) et moi (JC).
Durant le séjour nous allons visiter toutes les iles sous le vent situées entre Tahiti Et Bora-Bora soit : Tahiti, Moorea, Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora-Bora
Ensuite direction les Tuamotu pour 3 atolls : Tikehau, Rangiroa, Fakarava.
Retour à Tahiti pour quelques jours avant le retour en France.
Ce voyage pour Septembre à été organisé début Mars, avec dans l’ordre : Achat des billets Avion Aller-Retour, achat du Pass air Tahiti avec les dates pour chaque étape, réservation des hébergements AirB&B pour toutes les iles et pensions de famille pour les atolls
En mars certains vols pour les atolls étaient déjà complets pour les dates souhaitées initialement.
CALENDRIER Automne 2016
AOUT
SAM 27 Dep Bruxelles
DIM 28 Arr Tahiti 05:00
LUN 29
MAR 30
MER 31
SEPTEMBRE
JEU 1
VEN 2 Dep Tahiti arr Mooréa
SAM 3
DIM 4
LUN 5
MAR 6
MER 7 Dep Moorea arr Raitea Raiatea puis Tahaa JEU 8
VEN 9
SAM 10
DIM 11
LUN 12 Dep Raitea arr Huahine
MAR 13
MER 14
JEU 15
VEN 16
SAM 17 Dep Huahine arr Bora-bora
DIM 18
LUN 19
MAR 20
MER 21 Dep Bora-bora arr Tikehau
JEU 22
VEN 23
SAM 24
DIM 25 Dep Tikehau arr Rangiroa
LUN 26
MAR 27 Dep Rangiroa arr Fakarava
MER 28
JEU 29
VEN 30 Dep Fakarava arr Tahiti
OCTOBRE
SAM 1
DIM 2
LUN 3
MAR 4
MER 5 Dep tahiti
JEU 6
VEN 7 Arr Bruxelles 16:10
vendredi 26 aout – 13 h
Nous sommes installés dans le Thalys qui roule maintenant depuis 15 mn. Début du voyage pour Tahiti. Nous avons pris les billets d’avion pour Papeete début mars, puis le Pass Air Tahiti pour le circuit dans les îles. Des vols étaient déjà complets pour certaines dates en septembre. Puis recherche des locations qui se sont étalées sur un mois. Quelques surprises ce matin : en parcourant mes mails je constate que la réservation à notre arrivée à Tahiti a été annulée. Réservation qui avait été faite via le site Agoda.com. Je trouve ça franchement limite 2 jours avant notre arrivée là-bas. Agoda propose une autre pension de famille qui paraît moins bien. Conviviale, mais pas de piscine. Je ne donne pas suite et demande le remboursement. Une recherche sur RB&B propose un logement sympa à proximité. Je réserve immédiatement, heureusement c’est disponible. Nous quittons la maison vers 9 h 45 pour rejoindre la gare de Vaires à pied avec nos valises. Sur le trajet, au franchissement d’une bordure de trottoir, le système d’attache des roulettes de ma valise casse et il devient impossible de la faire rouler. Obligé de la tirer alors qu’un bord frotte sur le trottoir. C’est difficile et ça ralentit pas mal l’allure. De plus, la température monte (temps de canicule !). Nous rejoignons ainsi Gare du Nord. Nous nous mettons en quête d’une boutique de bagages. Nous en trouvons une dans une rue perpendiculaire à la Gare. Je rachète une valise de taille équivalente et transfère mes affaires dedans. L’autre est abandonnée sur le trottoir. Il s’agit d’un modèle à quatre roulettes bien fini, mais que je trouve moins pratique à l’usage. Pause boisson/sandwichs dans le hall de la gare en attendant l’affichage du quai de départ (moins de 20 mn avant !). Beaucoup de monde et les contrôles prennent du temps (là, c’est Vigipirate !). De la gare, nous nous rendons à pied à la location. La température (encore plus caniculaire en Belgique) et les rues parfois montantes nous donnent un coup de chaud. Arrivés à l’adresse nous sonnons une fois, puis deux. Pas de réponse. Une habitante rentre chez elle et nous en profitons pour passer dans le couloir. Il fait un peu moins chaud dans le hall. J’appelle Mariano (notre logeur) au portable. Je tombe sur répondeur et laisse un message. Je rappelle 5 mn plus tard et cette fois il décroche, me dit être sur une autre ligne et qu’il va me rappeler. Le temps passe, je rappelle. Il finit par me dire qu’il a eu un malaise dû à la chaleur (28° à Paris - 33° à Bruxelles) et qu’il s’est rendu aux urgences. Il me dit ensuite qu’il va contacter la voisine qui a les clefs. Le temps passe, déjà plus de 20mn écoulées. Il rappelle enfin et me dit qu’on pourra trouver les clefs dans un sac poubelle près de la porte d’entrée. Dernier avatar : l’ascenseur est en panne et nous sommes contraints de monter nos valises au 3ème par un escalier escarpé aux petites marches. Nous trouvons finalement les clefs et sommes bien contents de rentrer et de prendre enfin une douche. Mariano arrive quelques temps plus tard et se confond en excuses. Il n’a vraiment pas l’air bien.
Une fois douchés, comme il est tôt, nous rejoignons le centre de Bruxelles par le bus pour une ballade sur la Grand Place et les rues avoisinantes : une belle galerie couverte avec beaucoup de magasins de chocolats. Une ruelle avec pléthore de restaurants où les serveurs font l’article pour attirer le client. Ça rappelle le Quartier Latin à Paris. Un coup d’oeil sur Tripadvisor nous indique un bon resto proche : « Le Marmiton ». AM a envie de manger des moules. Le service est sympathique et la cuisine est bonne. Les moules sont belles et mon menu avec une carbonade flamande est bon lui aussi. Après le repas, nous repassons par la Grand Place pour aller reprendre le bus. Il fait moins chaud et beaucoup de monde flâne dans les rues. Retour au studio pour la nuit, un peu fatigués après cette journée.
Samedi 27 août – Dimanche 28 août Il est 14 h. Nous sommes dans le 1er avion qui vient de décoller vers Londres (British Airways). La nuit a été assez bonne malgré la chaleur dans le studio, par ailleurs confortable et bien agencé. Retour à pied à la gare et liaison en train jusqu’à l’aéroport facile et rapide. Beaucoup de contrôles au niveau de l’aéroport de Zaventem qui a tristement fait parler de lui au printemps dernier. Beaucoup de monde aussi, c’est la fin des vacances d’été. Toutes les étapes prennent du temps. Peu d’attente par contre avant de prendre l’avion. Nous devrons récupérer les valises à la 2ème escale (Los Angeles) pour les réenregistrer. A bord, c’est l’heure de la collation : des biscuits et une boisson. Rien à envier à Air France. Aéroport de Londres : j’ai essayé de prendre une boisson au distributeur qui fonctionne en Livres sterling. A priori accepte les euros, mais les pièces ne passent pas. La carte bleue n’est pas acceptée. Puis, installés dans le second avion (Air New Zealand), rangée centrale. Le changement à Londres a été assez long. D’abord un bus pour changer de terminal, puis un nouvel enregistrement et pas mal de marche pour rejoindre la porte d’embarquement. Nous voilà partis pour plus de 10 h destination Los Angeles. Los Angeles 21 h 30 heure française. Un peu dormi dans le vol. Le temps est passé vite avec le repas, un film et un peu de sommeil. En salle d’embarquement pour le vol suivant (Air Tahiti). Nombreux contrôles et formalités avant. Le vol est décalé d’une heure. Je vais essayer de dormir dans le prochain avion. Une chance, le vol n’est pas complet, du coup, nous avons pu occuper chacun une rangée de 4 places et dormir. Arrivée à Tahiti au petit matin avec comité d’accueil en musique tahitienne. Nous retirons de la monnaie locale (francs pacifique) au distributeur et prenons un taxi pour nous rendre à l’adresse de la location RB&B. J’ai un doute sur l’adresse et je n’ai pas pensé à prendre le numéro de tel. Du coup, on tourne avec le taxi, nous allons au bon endroit, mais nous le saurons plus tard. On demande à des personnes, mais nous ne trouvons pas. Le taxi nous dépose à l’Hôtel Méridien tout proche. De là, j’aurai du wifi et pourrai me connecter pour récupérer des infos. Je téléphone au propriétaire mais je tombe sur son répondeur… Maintenant certains de l’adresse nous partons à pied avec les valises. Une charmante dame nous voit depuis sa voiture et nous interpelle. Nous lui racontons notre histoire et elle nous emmène dans son véhicule à l’adresse voulue, se renseigne auprès des voisins et nous finissons par rencontrer le propriétaire qui nous accueille. Nous déposons les bagages chez lui, car nous arrivons un peu tôt après le départ de ses précédents hôtes et nous retournons à la plage de l’hôtel méridien. Premier bain en Polynésie avec Mooréa à l’horizon. Vers midi nous remontons pour essayer de trouver une adresse où déjeuner, mais c’est dimanche et tous les restaurants sont fermés. Fort heureusement, un SuperU local nous permet d’acheter des plats tout préparés. Nous retournons à l’Hôtel Méridien jusqu’à 14 h puis nous revenons au gîte pour s’installer et prendre une bonne douche. Après midi calme, quelques courses pour le repas du soir. Chaise longue au bord de la piscine. Nous réservons une voiture pour les jours suivants. Repas avec nos hôtes et coucher tôt.
Lundi 29 août Après une bonne nuit réparatrice, quelques courses pour le petit déjeuner. Je réserve un safari 4x4 au cœur de l’île pour le lendemain, puis attente de la location voiture à 10 h 30. Avec elle, nous avons fait la route de la côte Ouest jusqu’à son extrémité. Arrêt pour la visite des 3 grottes du Jardin d’Eau à Mara’a, puis arrêt dans un jardin botanique présentant diverses variétés de plantes et d’arbres. Nous reprenons la route pour chercher un endroit sympa pour la pause repas. Les quelques rares restaurants sont fermés, nous apprendrons plus tard qu’ici les gens vont plutôt aux « roulottes » le soir qu’au restaurant le midi, aussi il y en a peu. Nous nous arrêtons dans un centre commercial où une échoppe dans la galerie propose un sashimi de thon délicieux. Nous reprenons la route qui offre de belles vues boisées sur l’intérieur de l’île. Au retour, arrêt au Musée Gauguin qui malheureusement est fermé aussi (en travaux). D’ailleurs nous apprendrons également plus tard qu’à Tahiti, « c’est ouvert ou pas » ! C’est selon…
Mardi 30 août Journée consacrée à la rando 4x4 (organiseteur : Ciao Tahiti) au centre du volcan (l’île est un ancien volcan). A l’heure prévue, 8h45, la Land Rover arrive sur le parking du magasin FoodMart où nous avons rendez vous. Nous faisons connaissance avec Sébastien, notre chauffeur guide et un couple déjà présent dans le 4x4. Nous rejoignons ensuite Papeete où nous attend un autre jeune couple, en voyage de noce. Mariés depuisle WE dernier, ils ont pris l’avion le dimanche… La rando commence. La route se transforme rapidement en piste avec de nombreux trous remplis d’eau car il a plu cette nuit. Il pleut d’ailleurs souvent à Tahiti, en attestent les nuages souvent présents sur les hauteurs. L’eau ne manque pas, mais le beau temps revient rapidement après les averses. Les paysages sont éblouissants, la végétation luxuriante et il y a des cascades un peu partout. Notre guide nous arrête à un point baignade bienvenu car il fait déjà très chaud et l’eau paraît fraîche et agréable. Nous reprenons la piste. Des points de vue remarquables s’offrent à nous. Par endroit, la piste devient technique, avec des passages à gué et des rampes à 20%. Pour la pause midi, nous rejoignons le restaurant « La Maroto ». La terrasse offre un point de vue imprenable sur les hauteurs avoisinantes. Plusieurs choix de plats, un prix un peu élevé, mais le cadre est là. Il est d’ailleurs possible de rester la nuit dans les bungalows de l’hôtel pour admirer le lever du soleil le lendemain. Après le déjeuner, nous reprenons la piste qui monte en direction du tunnel de basalte que nous empruntons. Des gouttes d’eau tombent à l’entrée et à l’intérieur du tunnel, version douche. On débouche sur l’autre versant et sur une piste encore plus défoncée qui descend vers un lac d’altitude en contrebas. Nous nous arrêtons sur une plateforme pour contempler la vue et où nous pouvons faire demi-tour. Nous ne pouvons pas rejoindre la vallée car la route est bloquée depuis quelques années par un propriétaire grincheux (en procès avec les autorités pour le rétablissement de la route). Notre chauffeur nous tresse des couronnes de fougères. Ça va très bien sur la tête de la jeune mariée, un peu moins sur la nôtre. Environ 2 heures pour refaire la piste en sens inverse et revenir à notre point de départ. Une belle journée bien remplie avec une météo idéale, ciel peu nuageux sur des sommets qui restent bien visibles, ce qui n’est pas le cas tous les jours. Le soir, nous sortons pour commander un plat à emporter. Nous nous rendons aux roulottes, véritable institution tahitienne, où les portions sont généralement très copieuses.
mercredi 31 août Après le petit déjeuner et une discussion plaisante avec notre hôte, nous partons vers Papeete pour visiter le marché. On y trouve toute l’étendue des produits polynésiens, mono’i, fleurs, légumes, fruits, poissons, vêtements fleuris. Un balcon à l’étage permet d’apprécier la diversité des stands ainsi que les couleurs locales. Les prix restent toutefois un peu élevés sur ce marché assez touristique. Puis visite du Musée de la Perle (en fait également une boutique Robert Wan) où sont présentées l’histoire et la culture des perles. Une autre partie est consacrée aux costumes et armements de certains dirigeants, bien sûr ornés de perles. Au niveau de l’entrée, l’espace vente propose une grande variété de colliers, pendentifs, boucles d’oreilles à des prix très variés et pouvant s’élever jusqu’à 100.000 euros. Retour au gîte pour le repas. Je ne résiste pas à la pause piscine avant. Nous repartons ensuite direction Papeete. Arrêt à la Pointe Vénus qui offre une belle vue sur Moorea dans la brume. En faisant le tour de la Poine, nous tombons sur un artisan marquisien qui sculpte des objets en bois de rose : raies manta et autres sujets. En repartant, nous nous arrêtons devant une église rose bonbon fluo. Puis nous prenons la route de l’Est jusqu’aux trois cascades. La première est facilement accessible jusqu’au pied de la vasque. Le chemin qui conduit aux 2 et 3 est plus sportif, dans la pierraille et les blocs rocheux. Il est plus simple de passer dans le lit de la rivière. Bref arrêt car des nuées de moustiques attaquent. Nous retournons au gîte pour prendre une bonne douche car ce soir nous retrouvons Martine chez elle pour aller dîner. Nous la trouvons en compagnie de sa fille et de l’ami de celle-ci. Nous discutons un moment avant de nous rendre aux roulottes à la marina. Ici aussi les parts sont hyper copieuses, une seule assiette pour deux nous suffira.
Jeudi 1er septembre Réveillé tôt avec le jour qui se lève ici vers 5 h. Nous nous préparons et partons direction Papeete pour prendre la route de l’Est. Premier arrêt au trou du souffleur où un lavatube dans lequel s’engouffrent les vagues produit un souffle puissant (qui peut renverser une personne d’après le panneau). Au niveau de l’eau cela génère une pression et un souffle d’eau spectaculaire à intervalle régulier. Une petite plage de sable noir volcanique donne une impression de côte vierge. La route qui longe la côte Est est beaucoup plus sauvage et vierge que la côte Ouest. Elle est également plus ventée et l’océan y est plus houleux. Nous arrivons sur l’étroite bande de terre entre les deux parties de l’île (Tahiti Nui, le grand Tahiti et Tahiti Iti le petit Tahiti). De là, une route grimpe sur le plateau. Montée assez pentue et décor qui change complètement et se met à ressembler à la Normandie avec des vaches et des prairies. Le lagon à l’horizon donne un côté étrange. Au sommet du plateau de Taravao un belvédère permet d’admirer une vue magnifique sur les deux côtés de l’île principale entourée du lagon et de l’étroite bande de terre qui sépare la presqu’île. Nous redescendons et depuis la presqu’île nous roulons jusqu’au restaurant « Escale de France » en bordure du lagon. A cet endroit, une passe permettrait au paquebot «France » de rentrer dans le lagon et d’approcher la côte. Retour par la route Ouest. Ce soir, nous dînons avec Martine. Repas préparé par sa fille Géraldine et son copain. Une amie de Géraldine originaire des Marquises, étudiante à Papeete, est également là.
Vendredi 2 septembre Après le petit déjeuner avec Mederick, notre hôte, et échange d’adresses mail, nous quittons cet agréable gîte direction l’aéroport. Nous rendons la voiture au loueur qui nous dépose au terminal. Nous embarquons à l’heure prévue dans un ATR72 direction Moorea. Le vol n’est pas complet ce qui nous permet d’occuper chacun un hublot. Vol rapide : 10 mn, et altitude peu élevée. Arrivé superbe sur Moorea : on découvre toute l’île entourée des dégradés de bleus du lagon. Je contacte Lionel, notre nouvel hébergeur qui vient rapidement nous chercher à l’aéroport. Nous contournons l’île par l’Ouest, car le bungalow est plein Sud. Le bungalow est simple avec un intérieur tout en bois fort sympathique. Nous louons un scooter pour la durée de notre séjour. Il doit être livré vers 18 h. Ici, une seule route fait le tour de l’île, qui est assez grande, et un véhicule s’avère indispensable. Le scooter est livré en temps requis. Le temps de signer les papiers et il est déjà 19 h. Trop tard pour aller faire des courses. Nous nous rendons à pied à la pension la plus proche pour dîner mais tout à l’air fermé. Nous rentrons pour prendre le scooter et aller vers les commerces. A un certain moment, nous apercevons des tables de bois devant une habitation. En s’approchant, nous voyons qu’il s’agit d’une sorte de cantine familiale très couleur locale où il est possible de manger un steack frites (une institution ici, avec beurre-sauce). Les propriétaires nous accueillent gentiment et nous sommes contents de trouver cet endroit. Nous mangeons de bon appétit et retour au bungalow pour la nuit.
Jeudi 3 septembre Réveil vers 6 h et petit déjeuner avec notre hôte qui communique volontiers. Nous prenons ensuite la route vers le côté opposé de l’île. La route, en très bon état, laisse découvrir de très beaux paysages sur l’océan, le lagon et l’intérieur de l’île, montagneuse et verdoyante. Nous arrivons d’abord à la bais d’Opunohu. De là, une route plus étroite monte au Belvédère. A cet endroit, un point de vue magnifique s’offre sur les 2 baies : Opunohu et Cook, avec au centre l’éperon rocheux du mont Rotui. Redescente jusqu’au Lycée Agricole où nous en profitons pour boire un délicieux jus de fruits avant de se balader dans les plantations d’ananas, papayes, avocats et autres. Nous avons du sentier une très belle vue sur les massifs découpés qui nous entourent. La terre rouge contraste avec les différentes nuances de vert de la végétation. Nous redescendons ensuite en direction de la baie de Cook pour la contourner complètement. Arrêt shopping dans des boutiques de paréos et nous nous arrêtons pour la pause repas dans une pension au bord du lagon. Toutefois, il est passé 14 h et ce n’est plus possible. Nous revenons alors sur nos pas et nous arrêtons à une échoppe qui vend des sandwichs. Nous testons le sandwich au chao men, soit viande et nouilles. Pas terrible. Plus tard, nous reprenons la route et faisons arrêt sur une belle plage de sable blanc, la plage publique de Moorea où des arbres font office de parasol naturel en bordure du lagon. Il y a beaucoup de vent et nous n’y resterons pas très longtemps. Le vent souffle fort également sur la route de retour au bungalow. Nous ressortons le soir pour le repas et nous arrêtons à une roulotte où nous commandons le traditionnel plat de poisson cru au lait de coco. Nous ne prenons qu’une part mais ici la quantité est un peu juste pour deux, ce qui fait que nous nous arrêtons sur le retour dans une autre roulotte pour commander deux crêpes dessert. Puis route de retour avec toujours pas mal de vent.
Dimanche 4 septembre Après un petit déjeuner pris dehors au soleil, un peu aveuglant une fois qu’il a franchi les sommets en face du faré, nous prenons la route de l’Ouest qui monte en direction de l’aéroport. Petit arrêt au guichet du Lagoonarium pour prendre des renseignements pour la journée du lendemain. Nous continuons ensuite la route jusqu’au point où hier nous avons fait demi-tour après la baie de Cook et nous nous arrêtons à la grande plage de Temae, sable blanc et cocotiers en bord de plage. L’eau est très bonne à cette heure ci, on y rentre directement. Il y a dans l’eau un important courant et il faut faire attention à ne pas trop dériver. Quelques rochers accueillent des poissons variés et peu farouches. Après cette journée plage, nous retournons au bungalow en fin d’après midi, puis nous repartons pour le repas du soir pour tester la seconde roulotte, celle où nous avions pris les crêpes la veille. Une belle journée détente avec un ciel bien dégagé.
Lundi 5 septembre
Réveillés vers 6 h après une bonne nuit de sommeil qui va nous permettre de partir tôt pour le Lagoonarium et ainsi arriver dans les premiers et disposer d’un faré individuel selon les conseils que l’on nous a donné hier. Depuis la côte, on aperçoit le motu. Trajet en pirogue pour le rejoindre, accompagnés par un piroguier polynésien très sympa (comme pas mal de monde ici), qui prend plaisir à nous parler de son pays. Arrivée sur un motu arrangé façon Robinson Crusoe, très joliment fait. Il y a 7 farés à partager, ce qui donne de la place pour 14 couples. Nous nous mettons rapidement à l’eau. Pour que la découverte soit facilement accessible à tous, différents parcours de cordes sont tendus qui permettent de se déplacer en sécurité car le courant est très fort dans le lagon. Une fois dans l’eau avec les masques et tuba, c’est un festival : de nombreux poissons de toutes tailles et de toutes couleurs, des raies pastenague, et plus loin de petits requins pointe noire. Les fonds et les coraux méritent largement le coup d’œil. Puis vient l’heure du nourrissage. Les poissons se regroupent d’eux même à cet endroit juste avant l’heure. Un régal pour les yeux : nous sommes littéralement entourés de toutes sortes de poissons multicolores, les raies nous frôlent. On peut même les caresser : contact doux et un peu gluant. Il y a possibilité de manger sur place, mais il est conseillé de réserver avant. Repas sympathique accompagné d’eau de noix de coco fraîchement ouverte. Ensuite, après-midi tranquille à l’ombre du faré, position chaise longue. Avant de repartir, j’emprunte un kayak de mer pour m’approcher de la barrière de corail. Retour ensuite sur la côte par la même pirogue. Le jour tombe sur les hauteurs de l’île avec des rayons dorés. Puis retour au bungalow. Fin d’une excellente journée.
Mardi 6 septembre
Réveil plus tardif. Nous partons vers 10 h par la route Ouest. Le ciel est plus incertain qu’hier : peu ou pas de soleil. Le ciel est gris. Une fois passée la baie de Cook, nous nous arrêtons à l’usine de jus de fruits « Rotui » pour découvrir leurs produits dans la boutique et déguster. Prochaine visite de l’usine à 14 h mais comme ce n’est pas la saison des fruits une partie de la production ne tourne pas. Seuls les jus à base de concentré sont embouteillés. Nous reprenons alors la route vers la baie d’Opunohu. A la sortie de celle-ci un chemin monte à « Magic Mountain ». Le chemin est une propriété privée et il nous faut nous acquitter d’un droit d’entrée de 200 XFP. Une longue piste cimentée fini en virage. Nous laissons là la moto pour faire le reste de la montée à pied. Nous montons doucement car il fait très chaud et aussi parce que nous croisons des quads dans les deux sens. La piste est ombragée, ce qui doit être agréable quand le soleil tape. Au bout d’environ 30 mn, nous arrivons sur une plateforme et c’est la récompense : une vue à 360° permet de découvrir la baie d’Opunohu, la passe dans le lagon, toute la côte vers l’Est et l’intérieur de l’île montagneuse et verdoyante. C’est magnifique. Venant du large, nous distinguons des nuages gris et pluvieux qui se rapprochent. Nous redescendons rapidement et une légère pluie se met à tomber. Sur la route du retour, nous nous arrêterons plusieurs fois pour nous abriter. Nous arrivons à l’usine Rotui ¼ d’heure avant la visite. Du coup, celle-ci se fait uniquement sur la passerelle qui surplombe les installations de l’usine. Nous ne voyons que les machines à l’arrêt d’un côté et de l’autre le remplissage des boîtes cartonnées, seule partie qui fonctionne. Un agréable parfum de mangue flotte dans l’air. Des panneaux sur la fabrication des jus et sur l’historique de l’usine sont également intéressants à consulter. Nous repassons par la boutique et goûtons le rhum agricole, excellent. J’en achète une bouteille plus un apéritif local à base de jus alcoolisé, excellent également. Toutefois, les prix de la boutique d’usine se révèlent un peu excessifs. Le retour sera une alternance de pluie et de zones plus sèches. Nous convions notre hôte pour un apéro. Echange plaisant. Je découvre ensuite en relisant mes mails que nous changeons d’île demain et non pas après demain. Pour un peu nous rations l’avion. Nous partons pour Raiatea.
Mercredi 7 septembre Très bonne nuit et réveil vers 6 h. Après le petit déj, une légère averse et des nuages gris se dissipent pour laisser place au soleil et au ciel bleu.
Un petit trajet en scooter pour aller chercher le repas de midi aux magasins proches. Ce matin, on refait les valises pour le départ sur Raiatea à 16 h.
Vol à l’heure. Avant de se poser, l’avion longe la côte de Raiatea et après un virage on découvre l’île de Tahaa sur la droite (Raiatea sont quasi jumelles et partagent le même lagon). A l’aéroport, notre hébergeuse nous attend. Quelques courses pour le soir et le petit déjeuner et direction le gîte. Une allée sur le côté de la route nous y conduit, elle finit en piste. Nous arrivons sur un emplacement superbe d’où l’on découvre la côte, le lagon et huahine à l’horizon. Une belle piscine en surplomb nous attend, avec vue sur Tahaa. La vue est vraiment magnifique. Nous sommes orientés plein Est-ce qui permettra de voir le lever du soleil demain matin. Titaua s’occupe de nous réserver une voiture pour demain. J’irai la chercher avec elle quand elle conduira ses enfants à l’école.
Le gîte est très sympa, bien équipé et décoré avec goût. Un endroit très plaisant.
Jeudi 8 septembre
Je pars à 7 h ce matin avec Titaua et ses enfants. Elle me dépose chez le loueur de voitures. Passer par elle m’offre 50 % de réduction à « Raiatea location ». Sur le chemin de retour j’ai un peu de mal à trouver la voie qui monte au faré et je dois faire demi-tour plusieurs fois. Nous partons ensuite faire le tour de l’île. Très peu de monde sur les routes. Arrêt au Marae de Taputaputea : un lieu important et chargé d’histoire pour la culture polynésienne. Nous continuons par la côte Sud et Ouest avec des arrêts aux points de vue les plus intéressants. Nous cherchons ensuite une ferme perlière qui s’avèrera fermée. Arrêt pour le déjeuner au Raiatea Lodge, un hôtel qui fait également restaurant. Un bâtiment en retrait de la route, situé au bout d’une belle surface gazonnée, avec une piscine et un hall ouvert aménagé en terrasse de restaurant. Joli cadre et cuisine raffinée.
Après le déjeuner, nous nous mettons en recherche de deux autres fermes perlières sur la Côte Est. La première est fermée. La suivante est une construction sur pilotis au dessus du lagon. A l’intérieur, un beau choix de perles nues, en collier, en bracelets, etc… Nous achetons ici la commande de Patricia : 2 perles vertes à monter en boucles d’oreilles, ainsi que plusieurs cadeaux.
Puis, quelques courses pour le repas du soir sur le chemin du retour et direction le Faré Nyimanu, notre gîte.
Vendredi 9 septembre
Après une bonne nuit nous rejoignons la marina pour retrouver le guide avec lequel nous allons faire la ballade en kayak en remontant la rivière Apoamau. Dans le van il y a 2 jeunes gars originaires du Poitou et 3 américains. Nous rejoignons la Baie Faaroa où nous mettons les kayaks à l’eau, puis nous traversons la baie. Le vent souffle fort et m’arrache ma casquette qui restera dans le lagon de Raiatea. Pas moyen de la rattraper. Nous remontons la rivière. Vivien, notre guide, est incollable sur les plantes, les arbres et les coutumes locales. Plusieurs cocotiers surplombent la rivière et il prend bien garde à ce que l’on passe à l’écart pour éviter de se prendre une noix sur la tête. Chaque année, elles provoquent des accidents, mortels ou pas. L’eau limpide laisse entrevoir des anguilles. Le décor est joli avec la végétation luxuriante et la vue sur les sommets alentour. Nous remontons la rivière jusqu’à ce que de hauts fonds pierreux nous empêchent de progresser plus avant. Redescente ensuite du cours d’eau dans l’autre sens, jusqu’à la baie. Nous faisons face à un vent assez fort qui ralentit la progression. Traversée de la baie technique en raison de celui-ci. Ballade très sympathique et fort intéressante avec notre guide.
Retour à la marina et petit tour en ville au marché. Nous remontons ensuite au gîte pour le repas.
Après-midi shopping à Uturoa, achat de quelques cadeaux. Je me rachète une casquette locale. Tahiti et ses îles remplacera Odel Sri Lanka. 3500 XPF tout de même, un peu cher, mais indispensable.
Ensuite, nous rejoignons la route traversière qui part de la baie de Fa’aroa et rejoint la Côte Sud. Sur la route, quelques beaux points de vue sur la montagne. Retour au gîte par la même route en fin d’après-midi.
Samedi 10 septembre
Le réveil sonne à 5 h 45, car il faut rendre la voiture à 7 h 15 pour aller ensuite prendre le bateau pour Tahaa. Notre hôte vient nous dire au revoir et nous offre des colliers de coquillages pour notre départ. Puis nous nous rendons à l’embarcadère. Peu après 8 h, le bateau, un catamaran rapide, part pour Tahaa. L’arrivée le long des côtes de l’île est superbe lorsque nous arrivons à Fa’aha. Je demande au capitaine comment procéder pour avoir un véhicule et il appelle le loueur et me laisse son numéro. Une voiture de la pension vient nous chercher et nous emmène. Nous sommes conduits au bungalow. Celui-ci est situé en hauteur et fort sympathique. Redescendus à la pension, Léo et sa femme nous sautent dessus pour nous proposer une sortie sur un motu dès aujourd’hui. Nous leur signalons ne pas être intéressés car nous souhaitons nous rendre à la vallée de la vanille. Notre véhicule arrive et le loueur nous embarque pour signer le contrat. Bruno est un gars sympa et direct qui nous parle de la France et des problèmes actuels. En repartant de chez lui nous nous arrêtons à la vallée de la vanille. Visite commentée intéressante où l’on circule dans la plantation. Des produits à la boutique sous diverses formes : vanille en gousses, en poudre, en pâte, en extrait, ainsi que de l’huile de tamanu. Nous repartons et prenons une grosse averse. Nous nous rendons à Haamene où Bruno nous avait conseillé un snack sympa. Malheureusement, il est fermé ainsi que le restau tout proche également. Nous finirons par acheter une salade composée à la superette et retournerons la manger au bungalow. Une nouvelle averse tombe. Heureusement que nous ne sommes pas partis sur le motu. Après le repas, nous traversons l’île pour aller sur la Côte Ouest voir une ferme perlière également indiquée par Bruno. Pas de chance, elle est fermée, mais une charmante dame nous invite à y revenir demain matin. Nous redescendons sur la Côte Sud vers une autre ferme également indiquée par Bruno. A l’arrivée, une charmante jeune fille avec une pointe d’accent hollandais nous explique la culture des huitres perlières et les différentes qualités de perles, en illustrant ses propos en nous montrant de perles brutes sorties de casiers stockés au coffre. La boutique présente également des bijoux avec des perles montées. Ici c’est très haut de gamme et par conséquent, très cher.
Nous repartons sur la Côte Ouest et nous arrêtons chez un producteur de vanille et de rhum agricole « PariPari ». Un homme charmant, ancien bordelais installé ici, nous présente ses techniques de culture et de préparation des produits. Ses techniques sont différentes de celles de la vallée de la vanille et semblent plus abouties. Le rhum qu’il produit : 40°, 50° et 55°, dont le dernier très parfumé avec beaucoup d’arômes. Nous lui en achetons une bouteille.
Retour au bungalow et repas du soir à la pension. Un plat de poisson sauce vanille, très bon, ainsi que 3 boules de glace en dessert.
La famille du patron est réunie autour d’une table et fête visiblement son anniversaire. Le fils vient également nous proposer des sorties pour demain, c’est une habitude de la pension !
Dimanche 11 septembre
Nous avons eu chaud cette nuit. Ici, pas de vent comme à Raiatea. La température s’en ressent. Ce matin, nous retournons à la ferme perlière de la Côte Ouest qui était fermée hier. La propriétaire nous accueille chaleureusement et nous explique la technique de production des perles. Nous lui demandons ensuite comment nous pouvons nous rendre au Jardin de Corail. Elle passe un coup de fil et nous indique qu’un bateau va venir nous chercher au village voisin. Ici, il suffit de demander aux autochtones pour régler un problème.
Nous nous y rendons et le bateau arrive : une petite barque avec un charmant polynésien qui nous fait monter sur son embarcation. Environ une dizaine de minutes de trajet et nous accostons sur un motu à l’entrée du Jardin de Corail. Un premier bain avec masque et tuba dans une belle eau limpide. Des poissons partout. Ensuite, le repas nous est servi à l’ombre des arbres. Un grand plat de poisson cru mariné et du poulet avec des pommes de terre + un gâteau au dessert fait avec une farine de type arbre à pain.
Après le repas, nous faisons un petit tour en kayak marin puis je retourne à l’eau. Je remonte à pied au début du Jardin de Corail. Le courant me fait dériver sur toute la longueur du jardin. Les hauteurs d’eau varient peu et il y a toujours autant de poissons.
Vers 16 h nous réembarquons pour le retour en compagnie de la femme du piroguier, qui part faire des courses sur Tahaa. Puis retour au bungalow.
Lundi 12 septembre
Il a encore fait très chaud cette nuit. Je suis allé faire le plein de la voiture très tôt. Puis, petit déjeuner et reconduite de la voiture à la pension Le Passage. Bruno m’a ramené à l’Hibiscus.
Ensuite, nous passons la matinée dans l’espace bar/restaurant donnant sur la baie.
14h45. Nous sommes installés au bar de l’aéroport. Le transit s’est parfaitement déroulé. Nous avons quitté la pension avec un nouveau collier de coquillages. On nous a ramené en voiture jusqu’à l’embarcadère de Haamene. Ensuite, bateau rapide jusqu’au quai de Uturoa à Raiatea, puis taxi jusqu’à l’aéroport : 1000 XPF pour deux avec les bagages.
Nous patientons au bar de l’aéroport en attendant l’enregistrement des bagages. Une grosse averse se met subitement à tomber. La quantité d’eau est impressionnante. Les gouttières de l’aéroport se convertissent en cascades. Le soleil revient ensuite et notre vol est à l’heure. Juste 10 mn de vol pour rejoindre Huahine. Notre hôte, Smith, nous attend à l’arrivée. Excellent accueil. Il nous dépose en premier lieu au SuperU pour que nous puissions faire quelques courses avant la fermeture et part chercher sa femme, Jocelyne, qui est à son cours de Tamouré. Nous faisons sa connaissance en sortant du magasin. Elle est canadienne et anglophone.
Arrivés à la location, nous en faisons le tour avec les propriétaires. Un endroit très spacieux, bien équipé et bien aménagé. Nous ressortons pour le repas au restaurant Yacht Club qui propose un excellent choix de poissons dans un décor chaleureux.
Mardi 13 septembre
Levés à l’heure habituelle vers 6h30 et petit déj. dehors sur la terrasse devant la végétation. Notre hôte s’occupe d’aller nous réserver une voiture et va nous faire bénéficier d’un tarif intéressant. Nous partons à pied vers le centre de Huahine, environ 10mn à pied. Quelques commerces et une atmosphère très paisible.
Nous récupérons la voiture et partons vers le Nord de l’île où nous longeons le grand lac en bord de route. Arrêt à la rivière des anguilles sacrées aux yeux bleus. Ici, on ne les mange pas, elles sont sacrées. Un groupe accompagné d’un Tour Operator descend dans le lit de la rivière. Nous nous joignons à eux. Un guide nourrit les anguilles et elles viennent jusqu’à nos pieds. Des bêtes d’une taille impressionnante. On peut même les toucher.
Retour par la même route et arrêt aux pièges à poissons. Retour au gîte pour le repas après avoir acheté quelques produits locaux.
En début d’après-midi, nous prenons la route vers le Sud pour aller visiter le Jardin Botanique. Pas de chance, il est fermé. En repartant, nous franchissons le pont de Maroe qui relie les deux parties de l’île. Très beau point de vue de chaque côté. Ensuite, nous faisons le tour de Huahine Iti et nous arrêtons à un commerce où l’on trouve des pareos faits sur place avec des motifs inspirés des tatouages.
Le tour de Huahine Iti (la petite partie) offre de très jolis points de vue et la route borde le lagon sur certaines parties.
Retour au gîte avec d’aller avec Smith, notre hôte, au Yacht Club pour l’Happy Hour. La terrasse face à l’Ouest donne sur l’eau et offre une vue magnifique sur le coucher de soleil. Notre cocktail tahitien, le Matai, n’est pas mal non plus.
Mercredi 14 septembre
Ce matin, nous partons faire une randonnée sur l’unique sentier balisé de l’île. Le chemin démarre devant le bâtiment qui raconte l’histoire des marae. Le sentier grimpe agréablement à l’ombre des arbres. Nous surveillons toutefois le passage sous les cocotiers, on ne s’attarde pas dessous. La fin du chemin aboutit sur un marae « Le Mata’ire’a Rahi ». Quelques trouées dans la végétation laissent entrevoir la côte. Retour par le même chemin.
Nous reprenons la voiture et passons devant Faae et ses anguilles sacrées pour monter au belvédère. La route, pentue à 15 % laisse apparaître un sommet aux parois verticales. Une très belle vue sur la Côte Est et sur les motus s’offre à nous.
Demi tour et au retour arrêt à la ferme perlière accessible en pirogue. Cette ferme ci est installée au milieu de l’eau. De très belles perles et bijoux ici aussi.
Au retour, nous pensions prendre notre repas à la pension « chez Guinette », mais c’est fermé le mercredi. Nous retournons donc au Yacht Club. Je prends une papillotte de mahi mahi à la vanille, excellent ! Anne Marie prend du mahi mahi grillé, très bon également.
Nous repartons vers 5 h 30 quand la chaleur devient un peu moins forte et nous dirigeons vers la plage de l’ancien Sofitel. Une très belle plage, sans barrière de corail, donc des vagues assez fortes balaient le rivage. Nous sommes les seuls sur cette plage.
Fin de journée et traditionnel Happy Hour au Yacht Club pour admirer le coucher de soleil qui ce soir est absolument magnifique car il n’y a pas de nuages. Nous admirons le disque solaire qui vient toucher la surface de l’océan avant de disparaître.
Jeudi 15 septembre
Nous sommes réveillés par une forte pluie cette nuit et par des rafales de vent. Pourtant, le matin, tout est déjà sec. Nous retournons au jardin botanique pour essayer d’y entrer malgré tout si personne ne surveille car le site est fermé.
Une fois sur place, nous constatons que malheureusement une voiture est garée à l’intérieur et un polynésien (le gardien ?) nous informe que c’est fermé et qu’il n’est pas possible d’entrer. Nous continuons alors notre route jusqu’à la pointe de l’île et prenons le sentier qui borde la côte. Nous passons devant une petite plage sauvage et ombragée qui donne envie d’y revenir. Le sentier dessert des habitations. Nous faisons demi tour avant la fin. Puis, quelques courses avant de rentrer au gîte pour le repas.
Nous retournons passer l’après midi sur cette plage. Nous y sommes également tout seuls. L’eau est bonne, on y rentre directement. Dans l’eau, des petits poissons rayés noir et blanc dans les coraux violets. Ici, l’eau est un peu plus trouble mais le paysage est originel.
Fin d’après-midi : retour au gîte et traditionnel Happy Hour. Nous testons chaque jour un nouveau cocktail tahitien.
Vendredi 16 septembre
Assez mal dormi cette nuit. C’est la pleine lune, il y a peut être un lien. Réveillé avec la pluie ce matin et un ciel très nuageux, mais comme souvent, une heure après le soleil revient.
Visite du Musée Archéologique sur le site du Marae de Maeva. Un témoignage intéressant de la culture maori. Des pirogues, des armes, et de très belles peintures à la terre sur tapa (tissu fait à partir de l’écorce des arbres).
En sortant, la pluie recommence à tomber légèrement et nous empêche de flâner sur le site.
Arrêt dans le centre de Fare. C’est jour de marché ce matin et il y a de nombreux vendeurs de fruits et de légumes locaux. Anne-Marie cherche un pain local, le « pain coco » que nous ne trouvons nulle part.
L’après-midi, nous retournons à la plage de la veille. Fin d’après-midi avec l’happy hour habituel en compagnie de nos hôtes et un autre jeune couple. Ambiance musicale le vendredi. C’est très sympathique.
Samedi 17 septembre
La nuit a été meilleure que la veille. Une fois la toilette faite, je prends un des vélos de la location pour aller chercher le pain. Le vélo a vécu et je ne ferai pas une longue distance avec… Pas de frein, il faut freiner en rétro-pédalant… une habitude à prendre. Ici, pas mal de vélos sont comme ça.
Changement d’île ce jour en direction de Bora Bora en fin d’après-midi.
Restitution de la voiture pour 9 h 30. En fin de matinée, petite ballade en passant devant le Yacht Club jusqu’à une belle plage toute proche à l’eau limpide. On se dit qu’on pourrait y revenir avant le départ, mais après le repas une bonne averse tombe et le temps reste incertain.
A 16 h, Smith nous emmène et nous montre son autre location en bord de plage où loge un jeune couple rencontré hier pendant l’Happy Hour. Ils partent également pour Bora Bora.
L’avion décolle à l’heure prévue et le vol passe à proximité du lagon de Raiatea et Tahaa, offrant une vue magnifique, ainsi qu’à l’arrivée sur Bora Bora. Une fois descendus de l’avion, le bateau nous emmène. L’aéroport se trouvant sur un atoll autour de l’île. La traversée du lagon de Bora ajoute au dépaysement.
Cécile, notre hôte, nous attend à l’arrivée et nous emmène au studio que nous avons réservé en faisant un crochet pour quelques courses pour demain le petit déj.
Le studio est spacieux, mais équipé de façon sommaire pour le coin cuisine et pour la salle de bain. L’environnement n’est pas formidable non plus et la terrasse est commune avec la pizzeria d’à côté (nous y mangerons le soir). Le gérant est sympa et l’on discute avec lui. Il nous rapportera la bouteille d’eau que nous avons oubliée. L’environnement est bruyant avec les clients, les chiens et la circulation (le studio se trouve en bord de route). Heureusement, il y a la clim, bien que bruyante elle aussi. Ça ne vaut pas Huahine…
Dimanche 18 septembre
Quelques courses au petit commerce situé à 50 m environ, car nous sommes dimanche et le dimanche les restaus sont fermés. Nous avons même acheté une boîte de cassoulet !
Ensuite, ballade à pied jusqu’à la pointe Matira et passant par l’hôtel Maitai où Cécile nous a parlé de kayaks de mer.
Nous nous renseignons également sur les tarifs de location de scooter et de vélos.
La plage publique de Matira est très belle et il n’y a personne à cette heure car une petite averse vient de tomber.
Au retour, en nous arrêtant dans un autre petit commerce, nous trouvons enfin le fameux pain coco. Une fois revenus au bungalow une nouvelle averse tombe. Le temps s’éclaircit l’après midi et la pluie s’arrête. Nous en profitons pour retourner à la plage à côté de l’hôtel intercontinental. Le ciel est voilé et il ne fait pas trop chaud sur la plage, mais l’eau est bonne et la plage descend en pente douce. Nous profiterons du coucher de soleil à cet endroit. Toutefois, des nuages bas sur l’horizon cachent le soleil dans les dernières minutes.
Lundi 19 septembre
Journée excursion sur le lagon avec Lagoon Service. Un petit coup de stress au départ, nous avons eu peur d’être oubliés sur le ponton, mais grâce au coup de fil d’un piroguier d’une autre organisation tout s’arrange. Le bateau de Lagoon Service vient nous chercher et tout de suite une bonne ambiance s’installe dans la pirogue. Le piroguier chante en s’accompagnant d’un yukulélé. Trois arrêts masque et tuba : le premier avec environ 1,60 m d’eau nous permet de voir des raies pastenague, des requins pointe noire et des rémoras.
Le second avec3 à 5 m de profondeur d’eau au dessus du corail regorge de poissons tropicaux. 3ème arrêt après avoir emprunté la passe et après la barrière de corail avec 8 à 15m d’eau. Beaucoup de requins pointe noire et de requins citron, beaucoup plus gros, qui restent au fond de l’eau. Le fond est tapissé de corail et la limpidité de l’eau laisse voir tous les détails sans problème. Ici, le piroguier va nourrir les requins, impressionnant !
Puis arrêt repas sur un motu très bien aménagé et ombragé. Plusieurs plats en libre service nous sont offerts sur une assiette tressée en feuille de cocotier.
Après le repas, nos accompagnateurs nous montrent comment tresser les palmes et comment décortiquer, ouvrir et gratter les noix de coco.
Tout le monde rembarque à bord des pirogues et nous continuons la ballade retour en redéposant les passagers sur leurs divers hôtels.
Une excellente journée à tout point de vue. Super météo et super ambiance. La peau a été un peu rougie par le soleil.
Le soir repas à la roulotte Matira.
Mardi 20 septembre
Ce matin, nous louons des vélos pour faire le tour de Bora Bora. Nous suivons les conseils et faisons la route dans le sens anti horaire. La route longe la côte et laisse apercevoir de jolis points de vue. Sur la route, une seule côte importante et au sommet de celle-ci une très belle vue de part et d’autre sur les deux baies de l’île. Une dame nous aperçoit et nous porte à lire des légendes sur l’île. Comme elle a l’air d’en vivre un peu, nous lui laissons 200XPF pour la peine.
Nous nous arrêtons sur la côte Ouest dans une fabrique artisanale de paréos. De très jolis motifs et là nous voyons la façon de les fabriquer. L’endroit est connu des tour operator visiblement. On continue la route jusqu’à la ville principale où un arrêt repas sera le bienvenu sur une petit place bordée de belles bijouteries proposant des perles. Au fond, un petit café « l’Aloes Café »propose une carte variée et intéressante avec des tables en terrasse, à l’ombre.
Ensuite, nous visitons les abords à pied. Les bijouteries proposent de très belles choses mais les prix sont élevés, nous sommes à Bora Bora.
Nous continuons ensuite la route pour arriver dans le prolongement de la plage de Matira qui présente une anse avec un beau sable blanc et des couleurs de lagon magnifiques. Cela mérite un arrêt. Quelques minutes de route ensuite avant de rejoindre le studio où une bonne douche sera appréciée après ce parcours.
Mercredi 21 septembre
Il est 10 h 15. Nous sommes à la terrasse de l’aéroport face à Bora Bora et son lagon. Les couleurs sont magnifiques à cette heure. Tout s’est bien enchaîné. Cécile est arrivée au studio un peu avant 9 h pour nous emmener à la navette. Une dizaine de minutes d’attente avant son départ. Le trajet en mer jusqu’à l’aéroport est vraiment joli. Le dépaysement est là.
Une fois à l’aéroport et l’enregistrement terminé il reste moins d’une heure d’attente avant le vol qui fera escale à Rangiroa. Pour l’instant, on profite de la vue.
Un vol d’une heure pour rejoindre Rangiroa. Puis on survole d’atoll de Tikehau et une partie de Rangiroa avant de se poser. La vue est superbe et permet de se rendre compte de la taille imposante de ces anneaux de corail. Redécollage 15 mn avant de se poser à Tikahau.
A l’arrivée, Jean-Louis, le gérant de notre pension, nous attend et nous remet deux colliers de fleurs qui embaument. C’est la première fois que nous avons droit à des colliers de tiaré.
Il nous conduit à la pension qui se trouve tout au bout de cette partie d’atoll. La pension, sympathique, est située en bord de lagon et possède sa plage.
Nous empruntons les vélos en libre service pour aller chercher deux repas au snack : 2 hamburgers frites… mais il est tard, presque 15 h. Le reste de l’après midi, nous le passons à la plage près de la pension. Baignade avec masque et tuba. On voit de requins pointe noire en bord de plage, plus une raie.
Soleil couchant orienté Ouest. Puis repas à la pension à 19 h. Sont également ici un jeune couple italien et une française, Sabine. Le couple part demain.
Jeudi 22 septembre
Température cette nuit assez chaude. Petit déjeuner tous ensemble. Le jeune couple italien parle l’anglais mais peu le français.
Ensuite, ballade en vélo jusqu’au petit bureau de poste et au commerce local. Difficile de se perdre ici, une seule route droite centrale va de l’aéroport au village et c’est tout. Un petit arrêt à la boutique pour prendre de l’eau, qui s’évapore vite ici.
Retour plage et masque et palmes jusqu’au petit motu tout proche. J’en fais le tour à pied. Dessus, de la végétation et un cocotier, puis les traces d’une habitation détruite par un cyclone quelques années auparavant.
A midi, Jean-Louis nous sert les restes qui n’ont pas été mangés la veille au soir. Début d’après-midi très chaud et lecture derrière la pension, à l’ombre d’arbustes. Retour à la plage en fin d’après-midi et ballade en canoë jusqu’au petit motu. Malheureusement, le canoë prend l’eau et s’alourdit progressivement durant le parcours.
Repas le soir à la pension, précédé d’un apéro durant lequel nous finissons la bouteille de rhum achetée à Tahaa avec le couple arrivé ce jour.
Vendredi 23 septembre
Journée consacrée à une sortie bateau dans le lagon. Départ vers 9 h. le bateau s’arrête à une ancienne ferme perlière depuis laquelle on pouvait observer des raies manta. Mais il n’y en a pas. Second arrêt pour pêcher le poisson qui fournira le repas de midi. Ensuite, nous nous arrêtons à l’île aux oiseaux qui, comme son nom l’indique, est habitée par une multitude d’oiseaux, des sternes, noirs avec le dessus de la tête blanc, et peu farouches, ils se laissent approcher de très près. On voit également quelques oiseaux tout blancs.
Nous rejoignons ensuite lemotu pour le repas. Une baignade le temps que les poissons pris ce matin soient cuits, puis repas. Tout le monde se retrouve autour d’une grande table ronde. Du poisson cru au lait de coco, du riz au lait de coco, de la salade de bénitiers et un poisson grillé par personne. Je prends un rouget et AM un poisson perroquet.
Après le repas, pause d’une heure environ avant de reprendre le bateau pour visiter une communauté chinoise particulière qui vit en autarcie sur un motu « le Jardin d’Eden ». Ils cultivent légumes et végétaux et élèvent porc, poules et coqs. Leur approche et leur discours fleure bon la secte.
Nous repartons ensuite avec le bateau. Une pause baignade sur un motu aux sables roses avant de repartir au niveau de la ferme perlière où l’on tentait d’apercevoir des raies manta ce matin. Après un moment de recherche sans succès nous nous apprêtons à rentrer quand le capitaine en voit une. Elle reste un moment sur place pour le plaisir de tous et évolue avec grâce dans l’eau.
Retour ensuite au point de départ. Du monde ce soir à la pension avec les nouvelles arrivées. Nous sommes 9 à table.
Samedi 24 septembre
Pas d’activité prévue ce jour, nous prenons les vélos vers 9h30 pour aller jusqu’à l’aéroport. Il fait déjà chaud, environ 30°. Arrêt au retour au club avec lequel nous sommes partis hier pour récupérer la clef USB qui contient les images filmées de la raie manta. Malheureusement, nous faisons chou blanc car ils n’ont pas réussi à récupérer la vidéo. Ça a été possible sur une autre clé, je verrai donc ce soir si le transfert est possible.
Arrêt à la boutique du club de plongée et à l’épicerie pour le ravitaillement en eau. De retour à la pension, une baignade est la bienvenue pour se rafraîchir. Nous passons le reste de la matinée à la plage.
Pas très faim à midi, nous nous contentons de 3 bananes données ce matin et de biscuits avec une bière hinano.
Petite pause en début d’après-midi suivie à nouveau de plage et bain.
Dimanche 25 septembre
Levés tôt pour finir les valises et prendre le petit déjeuner. Ensuite, nous partons pour assister à une messe en polynésien à 8 h. Un office sympathique, touchant, accompagné de chants particulièrement mélodieux et joyeux. Ici, les personnes de confessions différentes peuvent assister ensemble à l’office. Le prêtre nous accueille et le discours est fraternel, avec des gestes propres à l’endroit, comme les embrassades. En sortant de l’église, nous faisons de mini courses, puis le prêtre nous raccompagne à la pension avec son véhicule. Un dernier bain est vraiment le bienvenu par cette chaleur.
Ensuite, nous sommes invités par une des paroissiennes à prendre l’apéritif chez elle sur la plage. Beau moment de partage.
Puis retour à la pension pour boucler les valises et attendre l’heure du départ à 14 h 30.
Notre chambre à Rangiroa surplombe l’océan. Les vagues se brisent sur les rochers juste en bas de la chambre. Nous allons être bercés par le bruit des vagues, pas besoin de musique d’ambiance.
Repas le soir au snack intitulé « Chez Obélix », juste à côté. Le patron lui ressemble un peu. Quelqu’un d’entier et de sympathique. Nous prenons le temps de discuter avec lui.
Lundi 26 septembre
Journée consacrée au Lagon Bleu (un lagon dans le lagon). Environ 1 heure de bateau pour rejoindre l’endroit. La passe d’entrée est étroite et peu profonde. Elle nécessite une bonne connaissance de l’endroit, mais notre capitaine est un expert. Encore quelques dizaines de mètres et le bateau jette l’ancre. Nous rejoignons le motu à pied avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Les requins à pointe noire nous accompagnent. Une fois sur l’île, le paysage s’ouvre sur le magnifique lagon bleur. Des langues de sable blanc et de superbes dégradés de bleu. Ballade à pied jusqu’au premier motu, puis jusqu’au second. Le capitaine en profite pour tresser des chapeaux et ouvrir les noix de coco. Le retour est possible en traversant le lagon à la nage. L’eau est belle mais toutefois un peu trouble et ne laisse pas voir beaucoup de poissons.
Ensuite, repas et puis l’on repart. Un arrêt avant de rejoindre la passe dans un endroit où il y a nombre de requins pointe noire plus un requin citron qui avoisine les 3 mètres.
Une fois la passe franchie, le retour est sportif, le vent et la houle se sont levés. Le bateau saute et tape sur les vagues. Heureusement, notre capitaine est un expert et il restera concentré pendant ce trajet bien agité (environ 1 heure).
Une fois arrivés à la passe, le courant sortant est fort, on voit l’eau qui bouillonne. Se mettre à l’eau serait dangereux et nous n’y allons pas.
Retour à la pension et douche bienvenue. Nous retournons Chez Obélix pour le repas du soir et nous retrouvons à table avec un charmant couple. Un bon moment pour terminer cette journée.
Mardi 27 septembre
Aujourd’hui, départ pour Fakarava vers 12. Début de matinée Chez Olga. Le vol est à l’heure. Un bon snack à l’aéroport nous permet de déjeuner avant le départ. Puis vol de 40 mn. Superbe vue au dessus des atolls d’Arubua et d’Apataki.
A l’arrivée, notre hôte de la Pension Marama nous attend. Nous héritons d’un bungalow simple mais sympathique, bien aéré, avec des ouvertures de tous côtés. Il y a également une petite terrasse. Le fond du terrain est orienté face à l’océan.
Les blocs sanitaires sont proches et spacieux. L’ensemble est agréable, avec un grand espace cuisine très bien aménagé.
Des vélos en bon état nous attendent, que nous empruntons l’après-midi. Ils nous permettent de découvrir les environs.
Mardi 28 septembre
Ce matin, visite guidée de Fakarava avec un guide polynésien qui nous délivre des informations riches et variées sur les plantes, les arbres, les fleurs et leurs vertus, ainsi que sur les coutumes. Nous sommes allés jusqu’à la passe de Garuae en passant par une magnifique plage sauvage (pk 19).
De retour à la pension, on nous conseille le « snack Elda » pour le repas et on nous y emmène en voiture. Là, nous dégustons un délicieux carpaccio de viande avec une excellente sauce et ensuite une glace. A la fin du repas, quelqu’un nous ramène à la pension.
Pause durant les heures chaudes de début d’après-midi, puis, en fin d’après-midi nous irons assister à la conférence gratuite organisée par notre guide sur les multiples vertus du cocotier à la pension Havaiki.
Je fais une rencontre assez incroyable à notre pension cet apm : alors que nous étions à l’accueil, Antoine le chanteur vient ici faire voler son drone en compagnie de sa fille Léna et de son gendre. Nous avons discuté drone et je lui ai laissé mes coordonnées.
A partir de 17 h, nous allons à la conférence sur la noix de coco, mais nous n’y apprenons rien de nouveau par rapport aux ballades précédentes.
Repas au resto Havaiki. Joli cadre, mais à part l’entrée, le reste du menu n’a rien de fantastique.
Au retour, Antoine était à la réception de notre pension (il connaît bien Jacques, notre hôte). Il nous montre son sur PC le début de la vidéo qu’il va présenter chez Drucker le 30 octobre.
Jeudi 29 septembre
Quelques courses ce matin pour assurer le repas à la pension ce midi et ce soir. Ensuite nous retournons à la pension Havaiki où notre guide d’hier nous avait montré des requins dormeurs près du ponton. Je m’en approche avec masque et tuba : ils sont allongés sur le fond, au repos et ne se déplacent que lorsqu’on les approche de trop près. L’eau est un peu trouble. J’arrive pourtant à prendre une vidéo et des photos : ils sont totalement inoffensifs car dépourvus de dents.
Retour à notre pension après la pause plage pour terminer notre apéro « Tahiti Drink, l’Original » et prendre notre repas.
Après-midi plage dans le prolongement de notre bungalow, côté océan. De ce côté, la plage est constituée en grande partie de morceaux de corail et les vagues qui se brisent sur le récif forment des rouleaux qui sont déjà impressionnants lorsqu’on s’en approche. Un petit tour en vélo après le coucher du soleil et avant le repas pour terminer la journée.
Vendredi 30 septembre
Dernière nuit à Fakarava et elle a été bonne. Nous avons passé de très bonnes nuits dans ce bungalow ouvert sur 4 côtés, avec la brise qui vient de l’océan.
Le matin, nous retournons à la belle plage de la pension Havaiki et pour le midi nous commandons « Chez Elda » une pizza à emporter que nous consommons finalement sur place, plus simple.
Retour à notre pension pour prendre une bonne douche et libérer le bungalow. Jacques nous reconduit à l’aéroport. Le van est plein, nous sommes 8 à repartir.
L’avion est à l’heure. Il faut 1 h 10 de vol pour rejoindre Tahiti. Nous avons une belle vue sur Fakarava en décollant.
Le retour à Tahiti nous fait bizarre à cause du bruit, de la circulation et de la pollution de Papeete.
Taxi pour rejoindre l’adresse de Martine qui habite dans le Quartier de l’Evêché (2500 XFP). Nous récupérons les clefs de son appartement chez des voisins et nous nous installons. Il fait chaud et la clim est la bienvenue, ainsi qu’une bonne douche.
Le soir, nous nous rendons à la Marina à pied, ce n’est pas très loin du domicile de Martine, pour un repas aux roulottes, nombreuses à cet endroit. L’ex-bateau du Club Med est à quai ainsi qu’un bateau de croisière. Il y a beaucoup de monde à cet endroit, nous ne sommes plus habitués.
Mise en route de la clim dans la chambre, sinon nous ne pourrons pas dormir car il fait vraiment très chaud. Le lit est confortable, mais le sommeil un peu moins bon que les nuits précédentes.
Samedi 1er Octobre
Réveillés dès 6h comme d’habitude. Après le petit déjeuner, nous allons faire quelques courses dans un commerce proche, puis retour à l’appartement pour organiser la journée.
Un petit tour dans le centre ville et le marché couvert où l’on achète des fruits et des légumes, ainsi que du thon préparé. Une très bonne sieste après le repas et après-midi calme en attendant la voiture vers 17 h 45.
Nous nous rendons à l’Hôtel Intercontinental pour 20 h 30 car il paraît qu’il y a un spectacle tahitien. Très joli cadre et environnement luxueux. Nous nous installons dans de confortables fauteuils dans l’espace cocktail, mais malheureusement nous apprenons qu’il n’y a pas de spectacle ce soir contrairement aux infos du site. Nous nous limiterons donc à la consommation du cocktail et d’une ballade dans le parc de l’hôtel.
Dimanche 2 octobre
Il a plu dans la nuit et il continue de pleuvoir ce matin. Le ciel est bas et chargé, heureusement que nous avons la voiture. Nous retournons à Punauia faire un petit coucou à Chantal, avec qui nous avions sympathisé au début de notre séjour. Nous retournons également à la boulangerie dont les viennoiseries sont si bonnes, pour le petit déjeuner de demain et le retour de Martine.
Comme il pleut toujours, nous allons au Musée de la Polynésie et des Iles. Intéressant à visiter pour les aspects géographiques, culturels, civilisation et témoignages du passé. Un espace extérieur offre des variétés de fleurs, de plantes et arbres locaux. Un magnifique manguier donne de délicieux fruits en ce moment.
Nous retournons à l’appartement pour le repas. Le ciel s’éclaircit en ce début d’après midi. Nous nous rendons en voiture à la marina pour une ballade à pied. Le soleil est revenu et il fait chaud. Vers 15 h 30 je pars à l’aéroport pour rendre la voiture et attendre Martine qui revient de Ahe. C’est moi qui l’attend à Papeete, c’est étonnant alors que c’est elle qui vit ici maintenant.
Retour à l’appartement. Nous passerons la fin d’après-midi et la soirée à discuter agréablement avant d’aller se coucher un peu plus tard que d’habitude.
Lundi 3 Octobre
Ce matin Martine est avec nous. Nous rejoignons le centre de Papeete. Martine emmène Anne-Marie dans les magasins de tissus qu’elle connaît. Il ya un très grand choix de tissus tahitiens.
Ballade en ville en passant devant les murs peints qui font l’objet d’un concours annuel international, l’Ono’u, avec de très jolies réalisations. Retour au marché où je m’achète un T-shirt local. Nous en profitons pour boire un jus de fruit frais.
Nous continuons la ballade en passant devant la cathédrale. A l’heure du repas, nous allons dans un snack que connaît Martine, qu’elle fréquente régulièrement à côté de son boulot où nous la raccompagnons ensuite.
C’est le début d’après-midi, il fait chaud et nous rentrons à l’appartement pour nous reposer. Ensuite nous passons un petit moment sur la terrasse piscine de l’immeuble. Martine rentre et repart à son cours de yukulélé où nous la rejoignons vers 18 h 30. Le cours forme un bel ensemble avec des morceaux très mélodieux.
Nous partons dîner ensuite dans un restaurant chinois proche, le « Pitate Mamae ». la cuisine y est très bonne et copieuse. Je prends du sauté de bœuf à l’ananas, excellent, suivi d’un sorbet. Retour à l’appart et couché plus tôt ce soir.
Mardi 4 Octobre
La nuit a été meilleure et nous nous levons un peu plus tard : 7 h 30.
Ce matin, AM a de plus en plus mal aux dents (ça fait quelques jours) et Martine appelle sa collègue pour lui demander une adresse de dentiste. Le RDV est pris pour 11 h chez un dentiste proche. Je pars en même temps qu’elles pour aller au marché et prendre un plat à emporter pour le repas de midi.
Après le repas, nous allons sur la Côte Ouest au PK 18 où se trouve une belle plage avec vue sur Moorea au loin. L’eau est à bonne température. Des arbres à proximité de la plage donnent une ombre agréable. Retour ensuite à l’appartement.
Chantal, que nous avions invitée à venir dîner (coïncidence extraordinaire, elle avait occupé l’appartement actuel de Martine 2 ans plus tôt) arrive vers 19 h. nous buvons l’apéro et repartons ensuite par la Côte Ouest au restaurant « Casa Bianca » à côté de la marina Taina. Une agréable terrasse avec des bateaux à proximité et Moorea à l’horizon. Un espace aéré où la cuisine est bonne. Nous restons jusqu’à la fermeture de l’établissement.
Mercredi 5 Octobre
Le jour du départ à 23 h 59.
Lever vers 7 h. Martine se prépare et part au travail. Nous la rejoindrons pour le repas de midi. Nous sortons dans la matinée pour aller voir une expo photo d’un ami de Médérick (notre premier hébergeur), mais nous ne trouvons pas l’endroit. J’avais vu où ça se situait, mais ce n’était pas assez précis. Nous rejoignons Martine un peu avant midi au snack « Chez Julien ». Puis nous retournons avec l’adresse exacte cette fois pour voir l’expo photo. C’est une adresse qui fait également restaurant et bar. Expo moyenne.
Puis nous retournons à l’appartement pour une bonne sieste avant de boucler nos valises.
Avec Martine, nous allons dîner aux roulottes près de la marina, à celle qu’elle aime bien. Il n’y a plus de brochettes de bœufs, je prends brochette de thon à la place. Il y a moins de monde en semaine que le WE, mais moins de roulottes aussi.
Retour à l’appartement pour prendre les valises et direction l’aéroport de Faa’a. Une fois les valises enregistrées, Martine nous remet les traditionnels colliers de coquillages. Nous allons ensuite boire quelque chose en attendant d’aller en salle d’embarquement. Nous y rencontrons le jeune couple qui était avec nous à Tikahau. Puis vient l’embarquement. Il y a deux vols air Tahiti Nui à 20 mn d’écart et le nôtre n’est pas complet. Une fois tout le monde embarqué, je me déplace vers le fond vers une rangée de 4 places libres où je m’allonge après le décollage. Peu de temps après distribution des repas. Je n’ai pas faim et ne prends qu’une boisson.
Je m’endors rapidement ensuite, juste un réveil après 2 h 50 de vol pour une pause pipi et boire un coup. Je me rendors ensuite jusqu’à l’annonce sonore pour le petit déjeuner, 1 h 30 avant l’atterrissage.
Arrivée à Los Angeles. Les formalités et la correspondance se font facilement. Il est maintenant 13 h et le prochain embarquement est dans 3 h.
J’ai été prévenu par mail et texto que le vol Londres-Bruxelles était annulé et que British Airways va nous proposer un autre vol, à voir à notre arrivée à Londres.
A notre arrivée, après un vol sur Air New Zealand qui nous paraît interminable (peu de place pour bouger), nous nous rendons au comptoir de BA qui nous informe que tous les vols pour Bruxelles sont supprimés, visiblement à cause d’une grève en Belgique. Nous avons la possibilité de changer la destination et nous en profitons pour prendre un vol pour Paris et nous nous retrouvons avec un billet pour CDG et un vol qui part dans 2 heures. J’en profite pour prévenir et annuler la réservation RB&B qui ne rembourse que 10 euros sur les 69, mais nous sommes très contents de revenir à Paris directement et à la maison un jour plus tôt.
Une fois dans l’avion, 40 mn de vol seulement et nous nous retrouvons à CDG avec un ciel gris et bas et seulement 13° C. Ça fait vraiment bizarre. Nous attendons le bus 19 qui nous dépose à Vaires. Une fois à la Gare de Chelles, le bus est envahi par une marée humaine car il n’y a plus de trains sur le ligne de Meaux à cause d’un problème à Lagny… Bienvenue en RP !!! Le bus est bondé et un échange difficile s’instaure entre les personnes tassées comme des sardines dans l’allée centrale et celles qui veulent à tout prix monter alors qu’il n’y a plus de place. Nous ne sommes définitivement plus en Polynésie. 10 mn de marche avec les valises pour retrouver la maison dans laquelle il fait 17°C à l’intérieur. Changement de climat !
LOCATIONS AirB&B Tahiti : Puna'auia « club Med » www.airbnb.fr/rooms/3258064
Moorea : Bungalow cote sud www.airbnb.fr/rooms/11540540
Raiatea : Fare Nyimanu www.airbnb.fr/rooms/11540540
Tahaa : Pension Hibiscus Tripadvisor.com
Huahine : Franky’s fare www.airbnb.fr/rooms/2565411
Borabora : Matira studio www.airbnb.fr/rooms/3200341 Pensions Tikehau : Pension Coconut Beach, Booking.com
Raiatea : Pension Turiroa Village, Agoda.com
Fakarava : Relais Marama, Tripadvisor.com
Voyage de 40 jours passés sur place et organisé 6 mois avant le départ pour 2 personnes, ma compagne (AM) et moi (JC).
Durant le séjour nous allons visiter toutes les iles sous le vent situées entre Tahiti Et Bora-Bora soit : Tahiti, Moorea, Raiatea, Tahaa, Huahine, Bora-Bora
Ensuite direction les Tuamotu pour 3 atolls : Tikehau, Rangiroa, Fakarava.
Retour à Tahiti pour quelques jours avant le retour en France.
Ce voyage pour Septembre à été organisé début Mars, avec dans l’ordre : Achat des billets Avion Aller-Retour, achat du Pass air Tahiti avec les dates pour chaque étape, réservation des hébergements AirB&B pour toutes les iles et pensions de famille pour les atolls
En mars certains vols pour les atolls étaient déjà complets pour les dates souhaitées initialement.
CALENDRIER Automne 2016
AOUT
SAM 27 Dep Bruxelles
DIM 28 Arr Tahiti 05:00
LUN 29
MAR 30
MER 31
SEPTEMBRE
JEU 1
VEN 2 Dep Tahiti arr Mooréa
SAM 3
DIM 4
LUN 5
MAR 6
MER 7 Dep Moorea arr Raitea Raiatea puis Tahaa JEU 8
VEN 9
SAM 10
DIM 11
LUN 12 Dep Raitea arr Huahine
MAR 13
MER 14
JEU 15
VEN 16
SAM 17 Dep Huahine arr Bora-bora
DIM 18
LUN 19
MAR 20
MER 21 Dep Bora-bora arr Tikehau
JEU 22
VEN 23
SAM 24
DIM 25 Dep Tikehau arr Rangiroa
LUN 26
MAR 27 Dep Rangiroa arr Fakarava
MER 28
JEU 29
VEN 30 Dep Fakarava arr Tahiti
OCTOBRE
SAM 1
DIM 2
LUN 3
MAR 4
MER 5 Dep tahiti
JEU 6
VEN 7 Arr Bruxelles 16:10
vendredi 26 aout – 13 h
Nous sommes installés dans le Thalys qui roule maintenant depuis 15 mn. Début du voyage pour Tahiti. Nous avons pris les billets d’avion pour Papeete début mars, puis le Pass Air Tahiti pour le circuit dans les îles. Des vols étaient déjà complets pour certaines dates en septembre. Puis recherche des locations qui se sont étalées sur un mois. Quelques surprises ce matin : en parcourant mes mails je constate que la réservation à notre arrivée à Tahiti a été annulée. Réservation qui avait été faite via le site Agoda.com. Je trouve ça franchement limite 2 jours avant notre arrivée là-bas. Agoda propose une autre pension de famille qui paraît moins bien. Conviviale, mais pas de piscine. Je ne donne pas suite et demande le remboursement. Une recherche sur RB&B propose un logement sympa à proximité. Je réserve immédiatement, heureusement c’est disponible. Nous quittons la maison vers 9 h 45 pour rejoindre la gare de Vaires à pied avec nos valises. Sur le trajet, au franchissement d’une bordure de trottoir, le système d’attache des roulettes de ma valise casse et il devient impossible de la faire rouler. Obligé de la tirer alors qu’un bord frotte sur le trottoir. C’est difficile et ça ralentit pas mal l’allure. De plus, la température monte (temps de canicule !). Nous rejoignons ainsi Gare du Nord. Nous nous mettons en quête d’une boutique de bagages. Nous en trouvons une dans une rue perpendiculaire à la Gare. Je rachète une valise de taille équivalente et transfère mes affaires dedans. L’autre est abandonnée sur le trottoir. Il s’agit d’un modèle à quatre roulettes bien fini, mais que je trouve moins pratique à l’usage. Pause boisson/sandwichs dans le hall de la gare en attendant l’affichage du quai de départ (moins de 20 mn avant !). Beaucoup de monde et les contrôles prennent du temps (là, c’est Vigipirate !). De la gare, nous nous rendons à pied à la location. La température (encore plus caniculaire en Belgique) et les rues parfois montantes nous donnent un coup de chaud. Arrivés à l’adresse nous sonnons une fois, puis deux. Pas de réponse. Une habitante rentre chez elle et nous en profitons pour passer dans le couloir. Il fait un peu moins chaud dans le hall. J’appelle Mariano (notre logeur) au portable. Je tombe sur répondeur et laisse un message. Je rappelle 5 mn plus tard et cette fois il décroche, me dit être sur une autre ligne et qu’il va me rappeler. Le temps passe, je rappelle. Il finit par me dire qu’il a eu un malaise dû à la chaleur (28° à Paris - 33° à Bruxelles) et qu’il s’est rendu aux urgences. Il me dit ensuite qu’il va contacter la voisine qui a les clefs. Le temps passe, déjà plus de 20mn écoulées. Il rappelle enfin et me dit qu’on pourra trouver les clefs dans un sac poubelle près de la porte d’entrée. Dernier avatar : l’ascenseur est en panne et nous sommes contraints de monter nos valises au 3ème par un escalier escarpé aux petites marches. Nous trouvons finalement les clefs et sommes bien contents de rentrer et de prendre enfin une douche. Mariano arrive quelques temps plus tard et se confond en excuses. Il n’a vraiment pas l’air bien.
Une fois douchés, comme il est tôt, nous rejoignons le centre de Bruxelles par le bus pour une ballade sur la Grand Place et les rues avoisinantes : une belle galerie couverte avec beaucoup de magasins de chocolats. Une ruelle avec pléthore de restaurants où les serveurs font l’article pour attirer le client. Ça rappelle le Quartier Latin à Paris. Un coup d’oeil sur Tripadvisor nous indique un bon resto proche : « Le Marmiton ». AM a envie de manger des moules. Le service est sympathique et la cuisine est bonne. Les moules sont belles et mon menu avec une carbonade flamande est bon lui aussi. Après le repas, nous repassons par la Grand Place pour aller reprendre le bus. Il fait moins chaud et beaucoup de monde flâne dans les rues. Retour au studio pour la nuit, un peu fatigués après cette journée.
Samedi 27 août – Dimanche 28 août Il est 14 h. Nous sommes dans le 1er avion qui vient de décoller vers Londres (British Airways). La nuit a été assez bonne malgré la chaleur dans le studio, par ailleurs confortable et bien agencé. Retour à pied à la gare et liaison en train jusqu’à l’aéroport facile et rapide. Beaucoup de contrôles au niveau de l’aéroport de Zaventem qui a tristement fait parler de lui au printemps dernier. Beaucoup de monde aussi, c’est la fin des vacances d’été. Toutes les étapes prennent du temps. Peu d’attente par contre avant de prendre l’avion. Nous devrons récupérer les valises à la 2ème escale (Los Angeles) pour les réenregistrer. A bord, c’est l’heure de la collation : des biscuits et une boisson. Rien à envier à Air France. Aéroport de Londres : j’ai essayé de prendre une boisson au distributeur qui fonctionne en Livres sterling. A priori accepte les euros, mais les pièces ne passent pas. La carte bleue n’est pas acceptée. Puis, installés dans le second avion (Air New Zealand), rangée centrale. Le changement à Londres a été assez long. D’abord un bus pour changer de terminal, puis un nouvel enregistrement et pas mal de marche pour rejoindre la porte d’embarquement. Nous voilà partis pour plus de 10 h destination Los Angeles. Los Angeles 21 h 30 heure française. Un peu dormi dans le vol. Le temps est passé vite avec le repas, un film et un peu de sommeil. En salle d’embarquement pour le vol suivant (Air Tahiti). Nombreux contrôles et formalités avant. Le vol est décalé d’une heure. Je vais essayer de dormir dans le prochain avion. Une chance, le vol n’est pas complet, du coup, nous avons pu occuper chacun une rangée de 4 places et dormir. Arrivée à Tahiti au petit matin avec comité d’accueil en musique tahitienne. Nous retirons de la monnaie locale (francs pacifique) au distributeur et prenons un taxi pour nous rendre à l’adresse de la location RB&B. J’ai un doute sur l’adresse et je n’ai pas pensé à prendre le numéro de tel. Du coup, on tourne avec le taxi, nous allons au bon endroit, mais nous le saurons plus tard. On demande à des personnes, mais nous ne trouvons pas. Le taxi nous dépose à l’Hôtel Méridien tout proche. De là, j’aurai du wifi et pourrai me connecter pour récupérer des infos. Je téléphone au propriétaire mais je tombe sur son répondeur… Maintenant certains de l’adresse nous partons à pied avec les valises. Une charmante dame nous voit depuis sa voiture et nous interpelle. Nous lui racontons notre histoire et elle nous emmène dans son véhicule à l’adresse voulue, se renseigne auprès des voisins et nous finissons par rencontrer le propriétaire qui nous accueille. Nous déposons les bagages chez lui, car nous arrivons un peu tôt après le départ de ses précédents hôtes et nous retournons à la plage de l’hôtel méridien. Premier bain en Polynésie avec Mooréa à l’horizon. Vers midi nous remontons pour essayer de trouver une adresse où déjeuner, mais c’est dimanche et tous les restaurants sont fermés. Fort heureusement, un SuperU local nous permet d’acheter des plats tout préparés. Nous retournons à l’Hôtel Méridien jusqu’à 14 h puis nous revenons au gîte pour s’installer et prendre une bonne douche. Après midi calme, quelques courses pour le repas du soir. Chaise longue au bord de la piscine. Nous réservons une voiture pour les jours suivants. Repas avec nos hôtes et coucher tôt.
Lundi 29 août Après une bonne nuit réparatrice, quelques courses pour le petit déjeuner. Je réserve un safari 4x4 au cœur de l’île pour le lendemain, puis attente de la location voiture à 10 h 30. Avec elle, nous avons fait la route de la côte Ouest jusqu’à son extrémité. Arrêt pour la visite des 3 grottes du Jardin d’Eau à Mara’a, puis arrêt dans un jardin botanique présentant diverses variétés de plantes et d’arbres. Nous reprenons la route pour chercher un endroit sympa pour la pause repas. Les quelques rares restaurants sont fermés, nous apprendrons plus tard qu’ici les gens vont plutôt aux « roulottes » le soir qu’au restaurant le midi, aussi il y en a peu. Nous nous arrêtons dans un centre commercial où une échoppe dans la galerie propose un sashimi de thon délicieux. Nous reprenons la route qui offre de belles vues boisées sur l’intérieur de l’île. Au retour, arrêt au Musée Gauguin qui malheureusement est fermé aussi (en travaux). D’ailleurs nous apprendrons également plus tard qu’à Tahiti, « c’est ouvert ou pas » ! C’est selon…
Mardi 30 août Journée consacrée à la rando 4x4 (organiseteur : Ciao Tahiti) au centre du volcan (l’île est un ancien volcan). A l’heure prévue, 8h45, la Land Rover arrive sur le parking du magasin FoodMart où nous avons rendez vous. Nous faisons connaissance avec Sébastien, notre chauffeur guide et un couple déjà présent dans le 4x4. Nous rejoignons ensuite Papeete où nous attend un autre jeune couple, en voyage de noce. Mariés depuisle WE dernier, ils ont pris l’avion le dimanche… La rando commence. La route se transforme rapidement en piste avec de nombreux trous remplis d’eau car il a plu cette nuit. Il pleut d’ailleurs souvent à Tahiti, en attestent les nuages souvent présents sur les hauteurs. L’eau ne manque pas, mais le beau temps revient rapidement après les averses. Les paysages sont éblouissants, la végétation luxuriante et il y a des cascades un peu partout. Notre guide nous arrête à un point baignade bienvenu car il fait déjà très chaud et l’eau paraît fraîche et agréable. Nous reprenons la piste. Des points de vue remarquables s’offrent à nous. Par endroit, la piste devient technique, avec des passages à gué et des rampes à 20%. Pour la pause midi, nous rejoignons le restaurant « La Maroto ». La terrasse offre un point de vue imprenable sur les hauteurs avoisinantes. Plusieurs choix de plats, un prix un peu élevé, mais le cadre est là. Il est d’ailleurs possible de rester la nuit dans les bungalows de l’hôtel pour admirer le lever du soleil le lendemain. Après le déjeuner, nous reprenons la piste qui monte en direction du tunnel de basalte que nous empruntons. Des gouttes d’eau tombent à l’entrée et à l’intérieur du tunnel, version douche. On débouche sur l’autre versant et sur une piste encore plus défoncée qui descend vers un lac d’altitude en contrebas. Nous nous arrêtons sur une plateforme pour contempler la vue et où nous pouvons faire demi-tour. Nous ne pouvons pas rejoindre la vallée car la route est bloquée depuis quelques années par un propriétaire grincheux (en procès avec les autorités pour le rétablissement de la route). Notre chauffeur nous tresse des couronnes de fougères. Ça va très bien sur la tête de la jeune mariée, un peu moins sur la nôtre. Environ 2 heures pour refaire la piste en sens inverse et revenir à notre point de départ. Une belle journée bien remplie avec une météo idéale, ciel peu nuageux sur des sommets qui restent bien visibles, ce qui n’est pas le cas tous les jours. Le soir, nous sortons pour commander un plat à emporter. Nous nous rendons aux roulottes, véritable institution tahitienne, où les portions sont généralement très copieuses.
mercredi 31 août Après le petit déjeuner et une discussion plaisante avec notre hôte, nous partons vers Papeete pour visiter le marché. On y trouve toute l’étendue des produits polynésiens, mono’i, fleurs, légumes, fruits, poissons, vêtements fleuris. Un balcon à l’étage permet d’apprécier la diversité des stands ainsi que les couleurs locales. Les prix restent toutefois un peu élevés sur ce marché assez touristique. Puis visite du Musée de la Perle (en fait également une boutique Robert Wan) où sont présentées l’histoire et la culture des perles. Une autre partie est consacrée aux costumes et armements de certains dirigeants, bien sûr ornés de perles. Au niveau de l’entrée, l’espace vente propose une grande variété de colliers, pendentifs, boucles d’oreilles à des prix très variés et pouvant s’élever jusqu’à 100.000 euros. Retour au gîte pour le repas. Je ne résiste pas à la pause piscine avant. Nous repartons ensuite direction Papeete. Arrêt à la Pointe Vénus qui offre une belle vue sur Moorea dans la brume. En faisant le tour de la Poine, nous tombons sur un artisan marquisien qui sculpte des objets en bois de rose : raies manta et autres sujets. En repartant, nous nous arrêtons devant une église rose bonbon fluo. Puis nous prenons la route de l’Est jusqu’aux trois cascades. La première est facilement accessible jusqu’au pied de la vasque. Le chemin qui conduit aux 2 et 3 est plus sportif, dans la pierraille et les blocs rocheux. Il est plus simple de passer dans le lit de la rivière. Bref arrêt car des nuées de moustiques attaquent. Nous retournons au gîte pour prendre une bonne douche car ce soir nous retrouvons Martine chez elle pour aller dîner. Nous la trouvons en compagnie de sa fille et de l’ami de celle-ci. Nous discutons un moment avant de nous rendre aux roulottes à la marina. Ici aussi les parts sont hyper copieuses, une seule assiette pour deux nous suffira.
Jeudi 1er septembre Réveillé tôt avec le jour qui se lève ici vers 5 h. Nous nous préparons et partons direction Papeete pour prendre la route de l’Est. Premier arrêt au trou du souffleur où un lavatube dans lequel s’engouffrent les vagues produit un souffle puissant (qui peut renverser une personne d’après le panneau). Au niveau de l’eau cela génère une pression et un souffle d’eau spectaculaire à intervalle régulier. Une petite plage de sable noir volcanique donne une impression de côte vierge. La route qui longe la côte Est est beaucoup plus sauvage et vierge que la côte Ouest. Elle est également plus ventée et l’océan y est plus houleux. Nous arrivons sur l’étroite bande de terre entre les deux parties de l’île (Tahiti Nui, le grand Tahiti et Tahiti Iti le petit Tahiti). De là, une route grimpe sur le plateau. Montée assez pentue et décor qui change complètement et se met à ressembler à la Normandie avec des vaches et des prairies. Le lagon à l’horizon donne un côté étrange. Au sommet du plateau de Taravao un belvédère permet d’admirer une vue magnifique sur les deux côtés de l’île principale entourée du lagon et de l’étroite bande de terre qui sépare la presqu’île. Nous redescendons et depuis la presqu’île nous roulons jusqu’au restaurant « Escale de France » en bordure du lagon. A cet endroit, une passe permettrait au paquebot «France » de rentrer dans le lagon et d’approcher la côte. Retour par la route Ouest. Ce soir, nous dînons avec Martine. Repas préparé par sa fille Géraldine et son copain. Une amie de Géraldine originaire des Marquises, étudiante à Papeete, est également là.
Vendredi 2 septembre Après le petit déjeuner avec Mederick, notre hôte, et échange d’adresses mail, nous quittons cet agréable gîte direction l’aéroport. Nous rendons la voiture au loueur qui nous dépose au terminal. Nous embarquons à l’heure prévue dans un ATR72 direction Moorea. Le vol n’est pas complet ce qui nous permet d’occuper chacun un hublot. Vol rapide : 10 mn, et altitude peu élevée. Arrivé superbe sur Moorea : on découvre toute l’île entourée des dégradés de bleus du lagon. Je contacte Lionel, notre nouvel hébergeur qui vient rapidement nous chercher à l’aéroport. Nous contournons l’île par l’Ouest, car le bungalow est plein Sud. Le bungalow est simple avec un intérieur tout en bois fort sympathique. Nous louons un scooter pour la durée de notre séjour. Il doit être livré vers 18 h. Ici, une seule route fait le tour de l’île, qui est assez grande, et un véhicule s’avère indispensable. Le scooter est livré en temps requis. Le temps de signer les papiers et il est déjà 19 h. Trop tard pour aller faire des courses. Nous nous rendons à pied à la pension la plus proche pour dîner mais tout à l’air fermé. Nous rentrons pour prendre le scooter et aller vers les commerces. A un certain moment, nous apercevons des tables de bois devant une habitation. En s’approchant, nous voyons qu’il s’agit d’une sorte de cantine familiale très couleur locale où il est possible de manger un steack frites (une institution ici, avec beurre-sauce). Les propriétaires nous accueillent gentiment et nous sommes contents de trouver cet endroit. Nous mangeons de bon appétit et retour au bungalow pour la nuit.
Jeudi 3 septembre Réveil vers 6 h et petit déjeuner avec notre hôte qui communique volontiers. Nous prenons ensuite la route vers le côté opposé de l’île. La route, en très bon état, laisse découvrir de très beaux paysages sur l’océan, le lagon et l’intérieur de l’île, montagneuse et verdoyante. Nous arrivons d’abord à la bais d’Opunohu. De là, une route plus étroite monte au Belvédère. A cet endroit, un point de vue magnifique s’offre sur les 2 baies : Opunohu et Cook, avec au centre l’éperon rocheux du mont Rotui. Redescente jusqu’au Lycée Agricole où nous en profitons pour boire un délicieux jus de fruits avant de se balader dans les plantations d’ananas, papayes, avocats et autres. Nous avons du sentier une très belle vue sur les massifs découpés qui nous entourent. La terre rouge contraste avec les différentes nuances de vert de la végétation. Nous redescendons ensuite en direction de la baie de Cook pour la contourner complètement. Arrêt shopping dans des boutiques de paréos et nous nous arrêtons pour la pause repas dans une pension au bord du lagon. Toutefois, il est passé 14 h et ce n’est plus possible. Nous revenons alors sur nos pas et nous arrêtons à une échoppe qui vend des sandwichs. Nous testons le sandwich au chao men, soit viande et nouilles. Pas terrible. Plus tard, nous reprenons la route et faisons arrêt sur une belle plage de sable blanc, la plage publique de Moorea où des arbres font office de parasol naturel en bordure du lagon. Il y a beaucoup de vent et nous n’y resterons pas très longtemps. Le vent souffle fort également sur la route de retour au bungalow. Nous ressortons le soir pour le repas et nous arrêtons à une roulotte où nous commandons le traditionnel plat de poisson cru au lait de coco. Nous ne prenons qu’une part mais ici la quantité est un peu juste pour deux, ce qui fait que nous nous arrêtons sur le retour dans une autre roulotte pour commander deux crêpes dessert. Puis route de retour avec toujours pas mal de vent.
Dimanche 4 septembre Après un petit déjeuner pris dehors au soleil, un peu aveuglant une fois qu’il a franchi les sommets en face du faré, nous prenons la route de l’Ouest qui monte en direction de l’aéroport. Petit arrêt au guichet du Lagoonarium pour prendre des renseignements pour la journée du lendemain. Nous continuons ensuite la route jusqu’au point où hier nous avons fait demi-tour après la baie de Cook et nous nous arrêtons à la grande plage de Temae, sable blanc et cocotiers en bord de plage. L’eau est très bonne à cette heure ci, on y rentre directement. Il y a dans l’eau un important courant et il faut faire attention à ne pas trop dériver. Quelques rochers accueillent des poissons variés et peu farouches. Après cette journée plage, nous retournons au bungalow en fin d’après midi, puis nous repartons pour le repas du soir pour tester la seconde roulotte, celle où nous avions pris les crêpes la veille. Une belle journée détente avec un ciel bien dégagé.
Lundi 5 septembre
Réveillés vers 6 h après une bonne nuit de sommeil qui va nous permettre de partir tôt pour le Lagoonarium et ainsi arriver dans les premiers et disposer d’un faré individuel selon les conseils que l’on nous a donné hier. Depuis la côte, on aperçoit le motu. Trajet en pirogue pour le rejoindre, accompagnés par un piroguier polynésien très sympa (comme pas mal de monde ici), qui prend plaisir à nous parler de son pays. Arrivée sur un motu arrangé façon Robinson Crusoe, très joliment fait. Il y a 7 farés à partager, ce qui donne de la place pour 14 couples. Nous nous mettons rapidement à l’eau. Pour que la découverte soit facilement accessible à tous, différents parcours de cordes sont tendus qui permettent de se déplacer en sécurité car le courant est très fort dans le lagon. Une fois dans l’eau avec les masques et tuba, c’est un festival : de nombreux poissons de toutes tailles et de toutes couleurs, des raies pastenague, et plus loin de petits requins pointe noire. Les fonds et les coraux méritent largement le coup d’œil. Puis vient l’heure du nourrissage. Les poissons se regroupent d’eux même à cet endroit juste avant l’heure. Un régal pour les yeux : nous sommes littéralement entourés de toutes sortes de poissons multicolores, les raies nous frôlent. On peut même les caresser : contact doux et un peu gluant. Il y a possibilité de manger sur place, mais il est conseillé de réserver avant. Repas sympathique accompagné d’eau de noix de coco fraîchement ouverte. Ensuite, après-midi tranquille à l’ombre du faré, position chaise longue. Avant de repartir, j’emprunte un kayak de mer pour m’approcher de la barrière de corail. Retour ensuite sur la côte par la même pirogue. Le jour tombe sur les hauteurs de l’île avec des rayons dorés. Puis retour au bungalow. Fin d’une excellente journée.
Mardi 6 septembre
Réveil plus tardif. Nous partons vers 10 h par la route Ouest. Le ciel est plus incertain qu’hier : peu ou pas de soleil. Le ciel est gris. Une fois passée la baie de Cook, nous nous arrêtons à l’usine de jus de fruits « Rotui » pour découvrir leurs produits dans la boutique et déguster. Prochaine visite de l’usine à 14 h mais comme ce n’est pas la saison des fruits une partie de la production ne tourne pas. Seuls les jus à base de concentré sont embouteillés. Nous reprenons alors la route vers la baie d’Opunohu. A la sortie de celle-ci un chemin monte à « Magic Mountain ». Le chemin est une propriété privée et il nous faut nous acquitter d’un droit d’entrée de 200 XFP. Une longue piste cimentée fini en virage. Nous laissons là la moto pour faire le reste de la montée à pied. Nous montons doucement car il fait très chaud et aussi parce que nous croisons des quads dans les deux sens. La piste est ombragée, ce qui doit être agréable quand le soleil tape. Au bout d’environ 30 mn, nous arrivons sur une plateforme et c’est la récompense : une vue à 360° permet de découvrir la baie d’Opunohu, la passe dans le lagon, toute la côte vers l’Est et l’intérieur de l’île montagneuse et verdoyante. C’est magnifique. Venant du large, nous distinguons des nuages gris et pluvieux qui se rapprochent. Nous redescendons rapidement et une légère pluie se met à tomber. Sur la route du retour, nous nous arrêterons plusieurs fois pour nous abriter. Nous arrivons à l’usine Rotui ¼ d’heure avant la visite. Du coup, celle-ci se fait uniquement sur la passerelle qui surplombe les installations de l’usine. Nous ne voyons que les machines à l’arrêt d’un côté et de l’autre le remplissage des boîtes cartonnées, seule partie qui fonctionne. Un agréable parfum de mangue flotte dans l’air. Des panneaux sur la fabrication des jus et sur l’historique de l’usine sont également intéressants à consulter. Nous repassons par la boutique et goûtons le rhum agricole, excellent. J’en achète une bouteille plus un apéritif local à base de jus alcoolisé, excellent également. Toutefois, les prix de la boutique d’usine se révèlent un peu excessifs. Le retour sera une alternance de pluie et de zones plus sèches. Nous convions notre hôte pour un apéro. Echange plaisant. Je découvre ensuite en relisant mes mails que nous changeons d’île demain et non pas après demain. Pour un peu nous rations l’avion. Nous partons pour Raiatea.
Mercredi 7 septembre Très bonne nuit et réveil vers 6 h. Après le petit déj, une légère averse et des nuages gris se dissipent pour laisser place au soleil et au ciel bleu.
Un petit trajet en scooter pour aller chercher le repas de midi aux magasins proches. Ce matin, on refait les valises pour le départ sur Raiatea à 16 h.
Vol à l’heure. Avant de se poser, l’avion longe la côte de Raiatea et après un virage on découvre l’île de Tahaa sur la droite (Raiatea sont quasi jumelles et partagent le même lagon). A l’aéroport, notre hébergeuse nous attend. Quelques courses pour le soir et le petit déjeuner et direction le gîte. Une allée sur le côté de la route nous y conduit, elle finit en piste. Nous arrivons sur un emplacement superbe d’où l’on découvre la côte, le lagon et huahine à l’horizon. Une belle piscine en surplomb nous attend, avec vue sur Tahaa. La vue est vraiment magnifique. Nous sommes orientés plein Est-ce qui permettra de voir le lever du soleil demain matin. Titaua s’occupe de nous réserver une voiture pour demain. J’irai la chercher avec elle quand elle conduira ses enfants à l’école.
Le gîte est très sympa, bien équipé et décoré avec goût. Un endroit très plaisant.
Jeudi 8 septembre
Je pars à 7 h ce matin avec Titaua et ses enfants. Elle me dépose chez le loueur de voitures. Passer par elle m’offre 50 % de réduction à « Raiatea location ». Sur le chemin de retour j’ai un peu de mal à trouver la voie qui monte au faré et je dois faire demi-tour plusieurs fois. Nous partons ensuite faire le tour de l’île. Très peu de monde sur les routes. Arrêt au Marae de Taputaputea : un lieu important et chargé d’histoire pour la culture polynésienne. Nous continuons par la côte Sud et Ouest avec des arrêts aux points de vue les plus intéressants. Nous cherchons ensuite une ferme perlière qui s’avèrera fermée. Arrêt pour le déjeuner au Raiatea Lodge, un hôtel qui fait également restaurant. Un bâtiment en retrait de la route, situé au bout d’une belle surface gazonnée, avec une piscine et un hall ouvert aménagé en terrasse de restaurant. Joli cadre et cuisine raffinée.
Après le déjeuner, nous nous mettons en recherche de deux autres fermes perlières sur la Côte Est. La première est fermée. La suivante est une construction sur pilotis au dessus du lagon. A l’intérieur, un beau choix de perles nues, en collier, en bracelets, etc… Nous achetons ici la commande de Patricia : 2 perles vertes à monter en boucles d’oreilles, ainsi que plusieurs cadeaux.
Puis, quelques courses pour le repas du soir sur le chemin du retour et direction le Faré Nyimanu, notre gîte.
Vendredi 9 septembre
Après une bonne nuit nous rejoignons la marina pour retrouver le guide avec lequel nous allons faire la ballade en kayak en remontant la rivière Apoamau. Dans le van il y a 2 jeunes gars originaires du Poitou et 3 américains. Nous rejoignons la Baie Faaroa où nous mettons les kayaks à l’eau, puis nous traversons la baie. Le vent souffle fort et m’arrache ma casquette qui restera dans le lagon de Raiatea. Pas moyen de la rattraper. Nous remontons la rivière. Vivien, notre guide, est incollable sur les plantes, les arbres et les coutumes locales. Plusieurs cocotiers surplombent la rivière et il prend bien garde à ce que l’on passe à l’écart pour éviter de se prendre une noix sur la tête. Chaque année, elles provoquent des accidents, mortels ou pas. L’eau limpide laisse entrevoir des anguilles. Le décor est joli avec la végétation luxuriante et la vue sur les sommets alentour. Nous remontons la rivière jusqu’à ce que de hauts fonds pierreux nous empêchent de progresser plus avant. Redescente ensuite du cours d’eau dans l’autre sens, jusqu’à la baie. Nous faisons face à un vent assez fort qui ralentit la progression. Traversée de la baie technique en raison de celui-ci. Ballade très sympathique et fort intéressante avec notre guide.
Retour à la marina et petit tour en ville au marché. Nous remontons ensuite au gîte pour le repas.
Après-midi shopping à Uturoa, achat de quelques cadeaux. Je me rachète une casquette locale. Tahiti et ses îles remplacera Odel Sri Lanka. 3500 XPF tout de même, un peu cher, mais indispensable.
Ensuite, nous rejoignons la route traversière qui part de la baie de Fa’aroa et rejoint la Côte Sud. Sur la route, quelques beaux points de vue sur la montagne. Retour au gîte par la même route en fin d’après-midi.
Samedi 10 septembre
Le réveil sonne à 5 h 45, car il faut rendre la voiture à 7 h 15 pour aller ensuite prendre le bateau pour Tahaa. Notre hôte vient nous dire au revoir et nous offre des colliers de coquillages pour notre départ. Puis nous nous rendons à l’embarcadère. Peu après 8 h, le bateau, un catamaran rapide, part pour Tahaa. L’arrivée le long des côtes de l’île est superbe lorsque nous arrivons à Fa’aha. Je demande au capitaine comment procéder pour avoir un véhicule et il appelle le loueur et me laisse son numéro. Une voiture de la pension vient nous chercher et nous emmène. Nous sommes conduits au bungalow. Celui-ci est situé en hauteur et fort sympathique. Redescendus à la pension, Léo et sa femme nous sautent dessus pour nous proposer une sortie sur un motu dès aujourd’hui. Nous leur signalons ne pas être intéressés car nous souhaitons nous rendre à la vallée de la vanille. Notre véhicule arrive et le loueur nous embarque pour signer le contrat. Bruno est un gars sympa et direct qui nous parle de la France et des problèmes actuels. En repartant de chez lui nous nous arrêtons à la vallée de la vanille. Visite commentée intéressante où l’on circule dans la plantation. Des produits à la boutique sous diverses formes : vanille en gousses, en poudre, en pâte, en extrait, ainsi que de l’huile de tamanu. Nous repartons et prenons une grosse averse. Nous nous rendons à Haamene où Bruno nous avait conseillé un snack sympa. Malheureusement, il est fermé ainsi que le restau tout proche également. Nous finirons par acheter une salade composée à la superette et retournerons la manger au bungalow. Une nouvelle averse tombe. Heureusement que nous ne sommes pas partis sur le motu. Après le repas, nous traversons l’île pour aller sur la Côte Ouest voir une ferme perlière également indiquée par Bruno. Pas de chance, elle est fermée, mais une charmante dame nous invite à y revenir demain matin. Nous redescendons sur la Côte Sud vers une autre ferme également indiquée par Bruno. A l’arrivée, une charmante jeune fille avec une pointe d’accent hollandais nous explique la culture des huitres perlières et les différentes qualités de perles, en illustrant ses propos en nous montrant de perles brutes sorties de casiers stockés au coffre. La boutique présente également des bijoux avec des perles montées. Ici c’est très haut de gamme et par conséquent, très cher.
Nous repartons sur la Côte Ouest et nous arrêtons chez un producteur de vanille et de rhum agricole « PariPari ». Un homme charmant, ancien bordelais installé ici, nous présente ses techniques de culture et de préparation des produits. Ses techniques sont différentes de celles de la vallée de la vanille et semblent plus abouties. Le rhum qu’il produit : 40°, 50° et 55°, dont le dernier très parfumé avec beaucoup d’arômes. Nous lui en achetons une bouteille.
Retour au bungalow et repas du soir à la pension. Un plat de poisson sauce vanille, très bon, ainsi que 3 boules de glace en dessert.
La famille du patron est réunie autour d’une table et fête visiblement son anniversaire. Le fils vient également nous proposer des sorties pour demain, c’est une habitude de la pension !
Dimanche 11 septembre
Nous avons eu chaud cette nuit. Ici, pas de vent comme à Raiatea. La température s’en ressent. Ce matin, nous retournons à la ferme perlière de la Côte Ouest qui était fermée hier. La propriétaire nous accueille chaleureusement et nous explique la technique de production des perles. Nous lui demandons ensuite comment nous pouvons nous rendre au Jardin de Corail. Elle passe un coup de fil et nous indique qu’un bateau va venir nous chercher au village voisin. Ici, il suffit de demander aux autochtones pour régler un problème.
Nous nous y rendons et le bateau arrive : une petite barque avec un charmant polynésien qui nous fait monter sur son embarcation. Environ une dizaine de minutes de trajet et nous accostons sur un motu à l’entrée du Jardin de Corail. Un premier bain avec masque et tuba dans une belle eau limpide. Des poissons partout. Ensuite, le repas nous est servi à l’ombre des arbres. Un grand plat de poisson cru mariné et du poulet avec des pommes de terre + un gâteau au dessert fait avec une farine de type arbre à pain.
Après le repas, nous faisons un petit tour en kayak marin puis je retourne à l’eau. Je remonte à pied au début du Jardin de Corail. Le courant me fait dériver sur toute la longueur du jardin. Les hauteurs d’eau varient peu et il y a toujours autant de poissons.
Vers 16 h nous réembarquons pour le retour en compagnie de la femme du piroguier, qui part faire des courses sur Tahaa. Puis retour au bungalow.
Lundi 12 septembre
Il a encore fait très chaud cette nuit. Je suis allé faire le plein de la voiture très tôt. Puis, petit déjeuner et reconduite de la voiture à la pension Le Passage. Bruno m’a ramené à l’Hibiscus.
Ensuite, nous passons la matinée dans l’espace bar/restaurant donnant sur la baie.
14h45. Nous sommes installés au bar de l’aéroport. Le transit s’est parfaitement déroulé. Nous avons quitté la pension avec un nouveau collier de coquillages. On nous a ramené en voiture jusqu’à l’embarcadère de Haamene. Ensuite, bateau rapide jusqu’au quai de Uturoa à Raiatea, puis taxi jusqu’à l’aéroport : 1000 XPF pour deux avec les bagages.
Nous patientons au bar de l’aéroport en attendant l’enregistrement des bagages. Une grosse averse se met subitement à tomber. La quantité d’eau est impressionnante. Les gouttières de l’aéroport se convertissent en cascades. Le soleil revient ensuite et notre vol est à l’heure. Juste 10 mn de vol pour rejoindre Huahine. Notre hôte, Smith, nous attend à l’arrivée. Excellent accueil. Il nous dépose en premier lieu au SuperU pour que nous puissions faire quelques courses avant la fermeture et part chercher sa femme, Jocelyne, qui est à son cours de Tamouré. Nous faisons sa connaissance en sortant du magasin. Elle est canadienne et anglophone.
Arrivés à la location, nous en faisons le tour avec les propriétaires. Un endroit très spacieux, bien équipé et bien aménagé. Nous ressortons pour le repas au restaurant Yacht Club qui propose un excellent choix de poissons dans un décor chaleureux.
Mardi 13 septembre
Levés à l’heure habituelle vers 6h30 et petit déj. dehors sur la terrasse devant la végétation. Notre hôte s’occupe d’aller nous réserver une voiture et va nous faire bénéficier d’un tarif intéressant. Nous partons à pied vers le centre de Huahine, environ 10mn à pied. Quelques commerces et une atmosphère très paisible.
Nous récupérons la voiture et partons vers le Nord de l’île où nous longeons le grand lac en bord de route. Arrêt à la rivière des anguilles sacrées aux yeux bleus. Ici, on ne les mange pas, elles sont sacrées. Un groupe accompagné d’un Tour Operator descend dans le lit de la rivière. Nous nous joignons à eux. Un guide nourrit les anguilles et elles viennent jusqu’à nos pieds. Des bêtes d’une taille impressionnante. On peut même les toucher.
Retour par la même route et arrêt aux pièges à poissons. Retour au gîte pour le repas après avoir acheté quelques produits locaux.
En début d’après-midi, nous prenons la route vers le Sud pour aller visiter le Jardin Botanique. Pas de chance, il est fermé. En repartant, nous franchissons le pont de Maroe qui relie les deux parties de l’île. Très beau point de vue de chaque côté. Ensuite, nous faisons le tour de Huahine Iti et nous arrêtons à un commerce où l’on trouve des pareos faits sur place avec des motifs inspirés des tatouages.
Le tour de Huahine Iti (la petite partie) offre de très jolis points de vue et la route borde le lagon sur certaines parties.
Retour au gîte avec d’aller avec Smith, notre hôte, au Yacht Club pour l’Happy Hour. La terrasse face à l’Ouest donne sur l’eau et offre une vue magnifique sur le coucher de soleil. Notre cocktail tahitien, le Matai, n’est pas mal non plus.
Mercredi 14 septembre
Ce matin, nous partons faire une randonnée sur l’unique sentier balisé de l’île. Le chemin démarre devant le bâtiment qui raconte l’histoire des marae. Le sentier grimpe agréablement à l’ombre des arbres. Nous surveillons toutefois le passage sous les cocotiers, on ne s’attarde pas dessous. La fin du chemin aboutit sur un marae « Le Mata’ire’a Rahi ». Quelques trouées dans la végétation laissent entrevoir la côte. Retour par le même chemin.
Nous reprenons la voiture et passons devant Faae et ses anguilles sacrées pour monter au belvédère. La route, pentue à 15 % laisse apparaître un sommet aux parois verticales. Une très belle vue sur la Côte Est et sur les motus s’offre à nous.
Demi tour et au retour arrêt à la ferme perlière accessible en pirogue. Cette ferme ci est installée au milieu de l’eau. De très belles perles et bijoux ici aussi.
Au retour, nous pensions prendre notre repas à la pension « chez Guinette », mais c’est fermé le mercredi. Nous retournons donc au Yacht Club. Je prends une papillotte de mahi mahi à la vanille, excellent ! Anne Marie prend du mahi mahi grillé, très bon également.
Nous repartons vers 5 h 30 quand la chaleur devient un peu moins forte et nous dirigeons vers la plage de l’ancien Sofitel. Une très belle plage, sans barrière de corail, donc des vagues assez fortes balaient le rivage. Nous sommes les seuls sur cette plage.
Fin de journée et traditionnel Happy Hour au Yacht Club pour admirer le coucher de soleil qui ce soir est absolument magnifique car il n’y a pas de nuages. Nous admirons le disque solaire qui vient toucher la surface de l’océan avant de disparaître.
Jeudi 15 septembre
Nous sommes réveillés par une forte pluie cette nuit et par des rafales de vent. Pourtant, le matin, tout est déjà sec. Nous retournons au jardin botanique pour essayer d’y entrer malgré tout si personne ne surveille car le site est fermé.
Une fois sur place, nous constatons que malheureusement une voiture est garée à l’intérieur et un polynésien (le gardien ?) nous informe que c’est fermé et qu’il n’est pas possible d’entrer. Nous continuons alors notre route jusqu’à la pointe de l’île et prenons le sentier qui borde la côte. Nous passons devant une petite plage sauvage et ombragée qui donne envie d’y revenir. Le sentier dessert des habitations. Nous faisons demi tour avant la fin. Puis, quelques courses avant de rentrer au gîte pour le repas.
Nous retournons passer l’après midi sur cette plage. Nous y sommes également tout seuls. L’eau est bonne, on y rentre directement. Dans l’eau, des petits poissons rayés noir et blanc dans les coraux violets. Ici, l’eau est un peu plus trouble mais le paysage est originel.
Fin d’après-midi : retour au gîte et traditionnel Happy Hour. Nous testons chaque jour un nouveau cocktail tahitien.
Vendredi 16 septembre
Assez mal dormi cette nuit. C’est la pleine lune, il y a peut être un lien. Réveillé avec la pluie ce matin et un ciel très nuageux, mais comme souvent, une heure après le soleil revient.
Visite du Musée Archéologique sur le site du Marae de Maeva. Un témoignage intéressant de la culture maori. Des pirogues, des armes, et de très belles peintures à la terre sur tapa (tissu fait à partir de l’écorce des arbres).
En sortant, la pluie recommence à tomber légèrement et nous empêche de flâner sur le site.
Arrêt dans le centre de Fare. C’est jour de marché ce matin et il y a de nombreux vendeurs de fruits et de légumes locaux. Anne-Marie cherche un pain local, le « pain coco » que nous ne trouvons nulle part.
L’après-midi, nous retournons à la plage de la veille. Fin d’après-midi avec l’happy hour habituel en compagnie de nos hôtes et un autre jeune couple. Ambiance musicale le vendredi. C’est très sympathique.
Samedi 17 septembre
La nuit a été meilleure que la veille. Une fois la toilette faite, je prends un des vélos de la location pour aller chercher le pain. Le vélo a vécu et je ne ferai pas une longue distance avec… Pas de frein, il faut freiner en rétro-pédalant… une habitude à prendre. Ici, pas mal de vélos sont comme ça.
Changement d’île ce jour en direction de Bora Bora en fin d’après-midi.
Restitution de la voiture pour 9 h 30. En fin de matinée, petite ballade en passant devant le Yacht Club jusqu’à une belle plage toute proche à l’eau limpide. On se dit qu’on pourrait y revenir avant le départ, mais après le repas une bonne averse tombe et le temps reste incertain.
A 16 h, Smith nous emmène et nous montre son autre location en bord de plage où loge un jeune couple rencontré hier pendant l’Happy Hour. Ils partent également pour Bora Bora.
L’avion décolle à l’heure prévue et le vol passe à proximité du lagon de Raiatea et Tahaa, offrant une vue magnifique, ainsi qu’à l’arrivée sur Bora Bora. Une fois descendus de l’avion, le bateau nous emmène. L’aéroport se trouvant sur un atoll autour de l’île. La traversée du lagon de Bora ajoute au dépaysement.
Cécile, notre hôte, nous attend à l’arrivée et nous emmène au studio que nous avons réservé en faisant un crochet pour quelques courses pour demain le petit déj.
Le studio est spacieux, mais équipé de façon sommaire pour le coin cuisine et pour la salle de bain. L’environnement n’est pas formidable non plus et la terrasse est commune avec la pizzeria d’à côté (nous y mangerons le soir). Le gérant est sympa et l’on discute avec lui. Il nous rapportera la bouteille d’eau que nous avons oubliée. L’environnement est bruyant avec les clients, les chiens et la circulation (le studio se trouve en bord de route). Heureusement, il y a la clim, bien que bruyante elle aussi. Ça ne vaut pas Huahine…
Dimanche 18 septembre
Quelques courses au petit commerce situé à 50 m environ, car nous sommes dimanche et le dimanche les restaus sont fermés. Nous avons même acheté une boîte de cassoulet !
Ensuite, ballade à pied jusqu’à la pointe Matira et passant par l’hôtel Maitai où Cécile nous a parlé de kayaks de mer.
Nous nous renseignons également sur les tarifs de location de scooter et de vélos.
La plage publique de Matira est très belle et il n’y a personne à cette heure car une petite averse vient de tomber.
Au retour, en nous arrêtant dans un autre petit commerce, nous trouvons enfin le fameux pain coco. Une fois revenus au bungalow une nouvelle averse tombe. Le temps s’éclaircit l’après midi et la pluie s’arrête. Nous en profitons pour retourner à la plage à côté de l’hôtel intercontinental. Le ciel est voilé et il ne fait pas trop chaud sur la plage, mais l’eau est bonne et la plage descend en pente douce. Nous profiterons du coucher de soleil à cet endroit. Toutefois, des nuages bas sur l’horizon cachent le soleil dans les dernières minutes.
Lundi 19 septembre
Journée excursion sur le lagon avec Lagoon Service. Un petit coup de stress au départ, nous avons eu peur d’être oubliés sur le ponton, mais grâce au coup de fil d’un piroguier d’une autre organisation tout s’arrange. Le bateau de Lagoon Service vient nous chercher et tout de suite une bonne ambiance s’installe dans la pirogue. Le piroguier chante en s’accompagnant d’un yukulélé. Trois arrêts masque et tuba : le premier avec environ 1,60 m d’eau nous permet de voir des raies pastenague, des requins pointe noire et des rémoras.
Le second avec3 à 5 m de profondeur d’eau au dessus du corail regorge de poissons tropicaux. 3ème arrêt après avoir emprunté la passe et après la barrière de corail avec 8 à 15m d’eau. Beaucoup de requins pointe noire et de requins citron, beaucoup plus gros, qui restent au fond de l’eau. Le fond est tapissé de corail et la limpidité de l’eau laisse voir tous les détails sans problème. Ici, le piroguier va nourrir les requins, impressionnant !
Puis arrêt repas sur un motu très bien aménagé et ombragé. Plusieurs plats en libre service nous sont offerts sur une assiette tressée en feuille de cocotier.
Après le repas, nos accompagnateurs nous montrent comment tresser les palmes et comment décortiquer, ouvrir et gratter les noix de coco.
Tout le monde rembarque à bord des pirogues et nous continuons la ballade retour en redéposant les passagers sur leurs divers hôtels.
Une excellente journée à tout point de vue. Super météo et super ambiance. La peau a été un peu rougie par le soleil.
Le soir repas à la roulotte Matira.
Mardi 20 septembre
Ce matin, nous louons des vélos pour faire le tour de Bora Bora. Nous suivons les conseils et faisons la route dans le sens anti horaire. La route longe la côte et laisse apercevoir de jolis points de vue. Sur la route, une seule côte importante et au sommet de celle-ci une très belle vue de part et d’autre sur les deux baies de l’île. Une dame nous aperçoit et nous porte à lire des légendes sur l’île. Comme elle a l’air d’en vivre un peu, nous lui laissons 200XPF pour la peine.
Nous nous arrêtons sur la côte Ouest dans une fabrique artisanale de paréos. De très jolis motifs et là nous voyons la façon de les fabriquer. L’endroit est connu des tour operator visiblement. On continue la route jusqu’à la ville principale où un arrêt repas sera le bienvenu sur une petit place bordée de belles bijouteries proposant des perles. Au fond, un petit café « l’Aloes Café »propose une carte variée et intéressante avec des tables en terrasse, à l’ombre.
Ensuite, nous visitons les abords à pied. Les bijouteries proposent de très belles choses mais les prix sont élevés, nous sommes à Bora Bora.
Nous continuons ensuite la route pour arriver dans le prolongement de la plage de Matira qui présente une anse avec un beau sable blanc et des couleurs de lagon magnifiques. Cela mérite un arrêt. Quelques minutes de route ensuite avant de rejoindre le studio où une bonne douche sera appréciée après ce parcours.
Mercredi 21 septembre
Il est 10 h 15. Nous sommes à la terrasse de l’aéroport face à Bora Bora et son lagon. Les couleurs sont magnifiques à cette heure. Tout s’est bien enchaîné. Cécile est arrivée au studio un peu avant 9 h pour nous emmener à la navette. Une dizaine de minutes d’attente avant son départ. Le trajet en mer jusqu’à l’aéroport est vraiment joli. Le dépaysement est là.
Une fois à l’aéroport et l’enregistrement terminé il reste moins d’une heure d’attente avant le vol qui fera escale à Rangiroa. Pour l’instant, on profite de la vue.
Un vol d’une heure pour rejoindre Rangiroa. Puis on survole d’atoll de Tikehau et une partie de Rangiroa avant de se poser. La vue est superbe et permet de se rendre compte de la taille imposante de ces anneaux de corail. Redécollage 15 mn avant de se poser à Tikahau.
A l’arrivée, Jean-Louis, le gérant de notre pension, nous attend et nous remet deux colliers de fleurs qui embaument. C’est la première fois que nous avons droit à des colliers de tiaré.
Il nous conduit à la pension qui se trouve tout au bout de cette partie d’atoll. La pension, sympathique, est située en bord de lagon et possède sa plage.
Nous empruntons les vélos en libre service pour aller chercher deux repas au snack : 2 hamburgers frites… mais il est tard, presque 15 h. Le reste de l’après midi, nous le passons à la plage près de la pension. Baignade avec masque et tuba. On voit de requins pointe noire en bord de plage, plus une raie.
Soleil couchant orienté Ouest. Puis repas à la pension à 19 h. Sont également ici un jeune couple italien et une française, Sabine. Le couple part demain.
Jeudi 22 septembre
Température cette nuit assez chaude. Petit déjeuner tous ensemble. Le jeune couple italien parle l’anglais mais peu le français.
Ensuite, ballade en vélo jusqu’au petit bureau de poste et au commerce local. Difficile de se perdre ici, une seule route droite centrale va de l’aéroport au village et c’est tout. Un petit arrêt à la boutique pour prendre de l’eau, qui s’évapore vite ici.
Retour plage et masque et palmes jusqu’au petit motu tout proche. J’en fais le tour à pied. Dessus, de la végétation et un cocotier, puis les traces d’une habitation détruite par un cyclone quelques années auparavant.
A midi, Jean-Louis nous sert les restes qui n’ont pas été mangés la veille au soir. Début d’après-midi très chaud et lecture derrière la pension, à l’ombre d’arbustes. Retour à la plage en fin d’après-midi et ballade en canoë jusqu’au petit motu. Malheureusement, le canoë prend l’eau et s’alourdit progressivement durant le parcours.
Repas le soir à la pension, précédé d’un apéro durant lequel nous finissons la bouteille de rhum achetée à Tahaa avec le couple arrivé ce jour.
Vendredi 23 septembre
Journée consacrée à une sortie bateau dans le lagon. Départ vers 9 h. le bateau s’arrête à une ancienne ferme perlière depuis laquelle on pouvait observer des raies manta. Mais il n’y en a pas. Second arrêt pour pêcher le poisson qui fournira le repas de midi. Ensuite, nous nous arrêtons à l’île aux oiseaux qui, comme son nom l’indique, est habitée par une multitude d’oiseaux, des sternes, noirs avec le dessus de la tête blanc, et peu farouches, ils se laissent approcher de très près. On voit également quelques oiseaux tout blancs.
Nous rejoignons ensuite lemotu pour le repas. Une baignade le temps que les poissons pris ce matin soient cuits, puis repas. Tout le monde se retrouve autour d’une grande table ronde. Du poisson cru au lait de coco, du riz au lait de coco, de la salade de bénitiers et un poisson grillé par personne. Je prends un rouget et AM un poisson perroquet.
Après le repas, pause d’une heure environ avant de reprendre le bateau pour visiter une communauté chinoise particulière qui vit en autarcie sur un motu « le Jardin d’Eden ». Ils cultivent légumes et végétaux et élèvent porc, poules et coqs. Leur approche et leur discours fleure bon la secte.
Nous repartons ensuite avec le bateau. Une pause baignade sur un motu aux sables roses avant de repartir au niveau de la ferme perlière où l’on tentait d’apercevoir des raies manta ce matin. Après un moment de recherche sans succès nous nous apprêtons à rentrer quand le capitaine en voit une. Elle reste un moment sur place pour le plaisir de tous et évolue avec grâce dans l’eau.
Retour ensuite au point de départ. Du monde ce soir à la pension avec les nouvelles arrivées. Nous sommes 9 à table.
Samedi 24 septembre
Pas d’activité prévue ce jour, nous prenons les vélos vers 9h30 pour aller jusqu’à l’aéroport. Il fait déjà chaud, environ 30°. Arrêt au retour au club avec lequel nous sommes partis hier pour récupérer la clef USB qui contient les images filmées de la raie manta. Malheureusement, nous faisons chou blanc car ils n’ont pas réussi à récupérer la vidéo. Ça a été possible sur une autre clé, je verrai donc ce soir si le transfert est possible.
Arrêt à la boutique du club de plongée et à l’épicerie pour le ravitaillement en eau. De retour à la pension, une baignade est la bienvenue pour se rafraîchir. Nous passons le reste de la matinée à la plage.
Pas très faim à midi, nous nous contentons de 3 bananes données ce matin et de biscuits avec une bière hinano.
Petite pause en début d’après-midi suivie à nouveau de plage et bain.
Dimanche 25 septembre
Levés tôt pour finir les valises et prendre le petit déjeuner. Ensuite, nous partons pour assister à une messe en polynésien à 8 h. Un office sympathique, touchant, accompagné de chants particulièrement mélodieux et joyeux. Ici, les personnes de confessions différentes peuvent assister ensemble à l’office. Le prêtre nous accueille et le discours est fraternel, avec des gestes propres à l’endroit, comme les embrassades. En sortant de l’église, nous faisons de mini courses, puis le prêtre nous raccompagne à la pension avec son véhicule. Un dernier bain est vraiment le bienvenu par cette chaleur.
Ensuite, nous sommes invités par une des paroissiennes à prendre l’apéritif chez elle sur la plage. Beau moment de partage.
Puis retour à la pension pour boucler les valises et attendre l’heure du départ à 14 h 30.
Notre chambre à Rangiroa surplombe l’océan. Les vagues se brisent sur les rochers juste en bas de la chambre. Nous allons être bercés par le bruit des vagues, pas besoin de musique d’ambiance.
Repas le soir au snack intitulé « Chez Obélix », juste à côté. Le patron lui ressemble un peu. Quelqu’un d’entier et de sympathique. Nous prenons le temps de discuter avec lui.
Lundi 26 septembre
Journée consacrée au Lagon Bleu (un lagon dans le lagon). Environ 1 heure de bateau pour rejoindre l’endroit. La passe d’entrée est étroite et peu profonde. Elle nécessite une bonne connaissance de l’endroit, mais notre capitaine est un expert. Encore quelques dizaines de mètres et le bateau jette l’ancre. Nous rejoignons le motu à pied avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Les requins à pointe noire nous accompagnent. Une fois sur l’île, le paysage s’ouvre sur le magnifique lagon bleur. Des langues de sable blanc et de superbes dégradés de bleu. Ballade à pied jusqu’au premier motu, puis jusqu’au second. Le capitaine en profite pour tresser des chapeaux et ouvrir les noix de coco. Le retour est possible en traversant le lagon à la nage. L’eau est belle mais toutefois un peu trouble et ne laisse pas voir beaucoup de poissons.
Ensuite, repas et puis l’on repart. Un arrêt avant de rejoindre la passe dans un endroit où il y a nombre de requins pointe noire plus un requin citron qui avoisine les 3 mètres.
Une fois la passe franchie, le retour est sportif, le vent et la houle se sont levés. Le bateau saute et tape sur les vagues. Heureusement, notre capitaine est un expert et il restera concentré pendant ce trajet bien agité (environ 1 heure).
Une fois arrivés à la passe, le courant sortant est fort, on voit l’eau qui bouillonne. Se mettre à l’eau serait dangereux et nous n’y allons pas.
Retour à la pension et douche bienvenue. Nous retournons Chez Obélix pour le repas du soir et nous retrouvons à table avec un charmant couple. Un bon moment pour terminer cette journée.
Mardi 27 septembre
Aujourd’hui, départ pour Fakarava vers 12. Début de matinée Chez Olga. Le vol est à l’heure. Un bon snack à l’aéroport nous permet de déjeuner avant le départ. Puis vol de 40 mn. Superbe vue au dessus des atolls d’Arubua et d’Apataki.
A l’arrivée, notre hôte de la Pension Marama nous attend. Nous héritons d’un bungalow simple mais sympathique, bien aéré, avec des ouvertures de tous côtés. Il y a également une petite terrasse. Le fond du terrain est orienté face à l’océan.
Les blocs sanitaires sont proches et spacieux. L’ensemble est agréable, avec un grand espace cuisine très bien aménagé.
Des vélos en bon état nous attendent, que nous empruntons l’après-midi. Ils nous permettent de découvrir les environs.
Mardi 28 septembre
Ce matin, visite guidée de Fakarava avec un guide polynésien qui nous délivre des informations riches et variées sur les plantes, les arbres, les fleurs et leurs vertus, ainsi que sur les coutumes. Nous sommes allés jusqu’à la passe de Garuae en passant par une magnifique plage sauvage (pk 19).
De retour à la pension, on nous conseille le « snack Elda » pour le repas et on nous y emmène en voiture. Là, nous dégustons un délicieux carpaccio de viande avec une excellente sauce et ensuite une glace. A la fin du repas, quelqu’un nous ramène à la pension.
Pause durant les heures chaudes de début d’après-midi, puis, en fin d’après-midi nous irons assister à la conférence gratuite organisée par notre guide sur les multiples vertus du cocotier à la pension Havaiki.
Je fais une rencontre assez incroyable à notre pension cet apm : alors que nous étions à l’accueil, Antoine le chanteur vient ici faire voler son drone en compagnie de sa fille Léna et de son gendre. Nous avons discuté drone et je lui ai laissé mes coordonnées.
A partir de 17 h, nous allons à la conférence sur la noix de coco, mais nous n’y apprenons rien de nouveau par rapport aux ballades précédentes.
Repas au resto Havaiki. Joli cadre, mais à part l’entrée, le reste du menu n’a rien de fantastique.
Au retour, Antoine était à la réception de notre pension (il connaît bien Jacques, notre hôte). Il nous montre son sur PC le début de la vidéo qu’il va présenter chez Drucker le 30 octobre.
Jeudi 29 septembre
Quelques courses ce matin pour assurer le repas à la pension ce midi et ce soir. Ensuite nous retournons à la pension Havaiki où notre guide d’hier nous avait montré des requins dormeurs près du ponton. Je m’en approche avec masque et tuba : ils sont allongés sur le fond, au repos et ne se déplacent que lorsqu’on les approche de trop près. L’eau est un peu trouble. J’arrive pourtant à prendre une vidéo et des photos : ils sont totalement inoffensifs car dépourvus de dents.
Retour à notre pension après la pause plage pour terminer notre apéro « Tahiti Drink, l’Original » et prendre notre repas.
Après-midi plage dans le prolongement de notre bungalow, côté océan. De ce côté, la plage est constituée en grande partie de morceaux de corail et les vagues qui se brisent sur le récif forment des rouleaux qui sont déjà impressionnants lorsqu’on s’en approche. Un petit tour en vélo après le coucher du soleil et avant le repas pour terminer la journée.
Vendredi 30 septembre
Dernière nuit à Fakarava et elle a été bonne. Nous avons passé de très bonnes nuits dans ce bungalow ouvert sur 4 côtés, avec la brise qui vient de l’océan.
Le matin, nous retournons à la belle plage de la pension Havaiki et pour le midi nous commandons « Chez Elda » une pizza à emporter que nous consommons finalement sur place, plus simple.
Retour à notre pension pour prendre une bonne douche et libérer le bungalow. Jacques nous reconduit à l’aéroport. Le van est plein, nous sommes 8 à repartir.
L’avion est à l’heure. Il faut 1 h 10 de vol pour rejoindre Tahiti. Nous avons une belle vue sur Fakarava en décollant.
Le retour à Tahiti nous fait bizarre à cause du bruit, de la circulation et de la pollution de Papeete.
Taxi pour rejoindre l’adresse de Martine qui habite dans le Quartier de l’Evêché (2500 XFP). Nous récupérons les clefs de son appartement chez des voisins et nous nous installons. Il fait chaud et la clim est la bienvenue, ainsi qu’une bonne douche.
Le soir, nous nous rendons à la Marina à pied, ce n’est pas très loin du domicile de Martine, pour un repas aux roulottes, nombreuses à cet endroit. L’ex-bateau du Club Med est à quai ainsi qu’un bateau de croisière. Il y a beaucoup de monde à cet endroit, nous ne sommes plus habitués.
Mise en route de la clim dans la chambre, sinon nous ne pourrons pas dormir car il fait vraiment très chaud. Le lit est confortable, mais le sommeil un peu moins bon que les nuits précédentes.
Samedi 1er Octobre
Réveillés dès 6h comme d’habitude. Après le petit déjeuner, nous allons faire quelques courses dans un commerce proche, puis retour à l’appartement pour organiser la journée.
Un petit tour dans le centre ville et le marché couvert où l’on achète des fruits et des légumes, ainsi que du thon préparé. Une très bonne sieste après le repas et après-midi calme en attendant la voiture vers 17 h 45.
Nous nous rendons à l’Hôtel Intercontinental pour 20 h 30 car il paraît qu’il y a un spectacle tahitien. Très joli cadre et environnement luxueux. Nous nous installons dans de confortables fauteuils dans l’espace cocktail, mais malheureusement nous apprenons qu’il n’y a pas de spectacle ce soir contrairement aux infos du site. Nous nous limiterons donc à la consommation du cocktail et d’une ballade dans le parc de l’hôtel.
Dimanche 2 octobre
Il a plu dans la nuit et il continue de pleuvoir ce matin. Le ciel est bas et chargé, heureusement que nous avons la voiture. Nous retournons à Punauia faire un petit coucou à Chantal, avec qui nous avions sympathisé au début de notre séjour. Nous retournons également à la boulangerie dont les viennoiseries sont si bonnes, pour le petit déjeuner de demain et le retour de Martine.
Comme il pleut toujours, nous allons au Musée de la Polynésie et des Iles. Intéressant à visiter pour les aspects géographiques, culturels, civilisation et témoignages du passé. Un espace extérieur offre des variétés de fleurs, de plantes et arbres locaux. Un magnifique manguier donne de délicieux fruits en ce moment.
Nous retournons à l’appartement pour le repas. Le ciel s’éclaircit en ce début d’après midi. Nous nous rendons en voiture à la marina pour une ballade à pied. Le soleil est revenu et il fait chaud. Vers 15 h 30 je pars à l’aéroport pour rendre la voiture et attendre Martine qui revient de Ahe. C’est moi qui l’attend à Papeete, c’est étonnant alors que c’est elle qui vit ici maintenant.
Retour à l’appartement. Nous passerons la fin d’après-midi et la soirée à discuter agréablement avant d’aller se coucher un peu plus tard que d’habitude.
Lundi 3 Octobre
Ce matin Martine est avec nous. Nous rejoignons le centre de Papeete. Martine emmène Anne-Marie dans les magasins de tissus qu’elle connaît. Il ya un très grand choix de tissus tahitiens.
Ballade en ville en passant devant les murs peints qui font l’objet d’un concours annuel international, l’Ono’u, avec de très jolies réalisations. Retour au marché où je m’achète un T-shirt local. Nous en profitons pour boire un jus de fruit frais.
Nous continuons la ballade en passant devant la cathédrale. A l’heure du repas, nous allons dans un snack que connaît Martine, qu’elle fréquente régulièrement à côté de son boulot où nous la raccompagnons ensuite.
C’est le début d’après-midi, il fait chaud et nous rentrons à l’appartement pour nous reposer. Ensuite nous passons un petit moment sur la terrasse piscine de l’immeuble. Martine rentre et repart à son cours de yukulélé où nous la rejoignons vers 18 h 30. Le cours forme un bel ensemble avec des morceaux très mélodieux.
Nous partons dîner ensuite dans un restaurant chinois proche, le « Pitate Mamae ». la cuisine y est très bonne et copieuse. Je prends du sauté de bœuf à l’ananas, excellent, suivi d’un sorbet. Retour à l’appart et couché plus tôt ce soir.
Mardi 4 Octobre
La nuit a été meilleure et nous nous levons un peu plus tard : 7 h 30.
Ce matin, AM a de plus en plus mal aux dents (ça fait quelques jours) et Martine appelle sa collègue pour lui demander une adresse de dentiste. Le RDV est pris pour 11 h chez un dentiste proche. Je pars en même temps qu’elles pour aller au marché et prendre un plat à emporter pour le repas de midi.
Après le repas, nous allons sur la Côte Ouest au PK 18 où se trouve une belle plage avec vue sur Moorea au loin. L’eau est à bonne température. Des arbres à proximité de la plage donnent une ombre agréable. Retour ensuite à l’appartement.
Chantal, que nous avions invitée à venir dîner (coïncidence extraordinaire, elle avait occupé l’appartement actuel de Martine 2 ans plus tôt) arrive vers 19 h. nous buvons l’apéro et repartons ensuite par la Côte Ouest au restaurant « Casa Bianca » à côté de la marina Taina. Une agréable terrasse avec des bateaux à proximité et Moorea à l’horizon. Un espace aéré où la cuisine est bonne. Nous restons jusqu’à la fermeture de l’établissement.
Mercredi 5 Octobre
Le jour du départ à 23 h 59.
Lever vers 7 h. Martine se prépare et part au travail. Nous la rejoindrons pour le repas de midi. Nous sortons dans la matinée pour aller voir une expo photo d’un ami de Médérick (notre premier hébergeur), mais nous ne trouvons pas l’endroit. J’avais vu où ça se situait, mais ce n’était pas assez précis. Nous rejoignons Martine un peu avant midi au snack « Chez Julien ». Puis nous retournons avec l’adresse exacte cette fois pour voir l’expo photo. C’est une adresse qui fait également restaurant et bar. Expo moyenne.
Puis nous retournons à l’appartement pour une bonne sieste avant de boucler nos valises.
Avec Martine, nous allons dîner aux roulottes près de la marina, à celle qu’elle aime bien. Il n’y a plus de brochettes de bœufs, je prends brochette de thon à la place. Il y a moins de monde en semaine que le WE, mais moins de roulottes aussi.
Retour à l’appartement pour prendre les valises et direction l’aéroport de Faa’a. Une fois les valises enregistrées, Martine nous remet les traditionnels colliers de coquillages. Nous allons ensuite boire quelque chose en attendant d’aller en salle d’embarquement. Nous y rencontrons le jeune couple qui était avec nous à Tikahau. Puis vient l’embarquement. Il y a deux vols air Tahiti Nui à 20 mn d’écart et le nôtre n’est pas complet. Une fois tout le monde embarqué, je me déplace vers le fond vers une rangée de 4 places libres où je m’allonge après le décollage. Peu de temps après distribution des repas. Je n’ai pas faim et ne prends qu’une boisson.
Je m’endors rapidement ensuite, juste un réveil après 2 h 50 de vol pour une pause pipi et boire un coup. Je me rendors ensuite jusqu’à l’annonce sonore pour le petit déjeuner, 1 h 30 avant l’atterrissage.
Arrivée à Los Angeles. Les formalités et la correspondance se font facilement. Il est maintenant 13 h et le prochain embarquement est dans 3 h.
J’ai été prévenu par mail et texto que le vol Londres-Bruxelles était annulé et que British Airways va nous proposer un autre vol, à voir à notre arrivée à Londres.
A notre arrivée, après un vol sur Air New Zealand qui nous paraît interminable (peu de place pour bouger), nous nous rendons au comptoir de BA qui nous informe que tous les vols pour Bruxelles sont supprimés, visiblement à cause d’une grève en Belgique. Nous avons la possibilité de changer la destination et nous en profitons pour prendre un vol pour Paris et nous nous retrouvons avec un billet pour CDG et un vol qui part dans 2 heures. J’en profite pour prévenir et annuler la réservation RB&B qui ne rembourse que 10 euros sur les 69, mais nous sommes très contents de revenir à Paris directement et à la maison un jour plus tôt.
Une fois dans l’avion, 40 mn de vol seulement et nous nous retrouvons à CDG avec un ciel gris et bas et seulement 13° C. Ça fait vraiment bizarre. Nous attendons le bus 19 qui nous dépose à Vaires. Une fois à la Gare de Chelles, le bus est envahi par une marée humaine car il n’y a plus de trains sur le ligne de Meaux à cause d’un problème à Lagny… Bienvenue en RP !!! Le bus est bondé et un échange difficile s’instaure entre les personnes tassées comme des sardines dans l’allée centrale et celles qui veulent à tout prix monter alors qu’il n’y a plus de place. Nous ne sommes définitivement plus en Polynésie. 10 mn de marche avec les valises pour retrouver la maison dans laquelle il fait 17°C à l’intérieur. Changement de climat !
LOCATIONS AirB&B Tahiti : Puna'auia « club Med » www.airbnb.fr/rooms/3258064
Moorea : Bungalow cote sud www.airbnb.fr/rooms/11540540
Raiatea : Fare Nyimanu www.airbnb.fr/rooms/11540540
Tahaa : Pension Hibiscus Tripadvisor.com
Huahine : Franky’s fare www.airbnb.fr/rooms/2565411
Borabora : Matira studio www.airbnb.fr/rooms/3200341 Pensions Tikehau : Pension Coconut Beach, Booking.com
Raiatea : Pension Turiroa Village, Agoda.com
Fakarava : Relais Marama, Tripadvisor.com