En Isaan: une famille, un village
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1 Frères et Soeurs

Qu’on me pardonne le style quasi lapidaire de ce texte! Je pourrais certainement le fleurir de commentaires et d’interprétations, mais cela donnerait un ton plus personnel et il y a toujours un tas de petits malins sur VF qui n’attendent que la première occasion pour se jeter sur ceux qui parlent de la Thaïlande et pour les accuser de « généraliser », d’avoir des vues faussées sur le pays etc. Une partie de ces petits malins n’ont d’ailleurs eux-mêmes qu’une expérience et une connaissance limitées du pays mais ne se gênent pas pour parader sur VF comme s’ils étaient des grands spécialistes de la Thaïlande.

Donc, je vais garder un style sobre et aussi factuel que possible. On pourra en tirer ce qu’on en voudra. Pour des récits plus agrémentés, y compris des photos, je renvois aux quelques contributions que j’ai faites dans le passé – voir les liens sur mon profil.

Je vais commencer par dénombrer la famille de Y, ma compagne Thaïe. Elle est originaire d’un petit village de l’Isàán, cette région du nord-est de la Thaïlande qui fait à peu près le tiers du pays, aussi bien par sa population que par sa superficie. Pour éviter la confusion possible avec d’autres villages, j’appellerai le village de Y « Nàáwng Bâan Naa Dii », que j’abrègerai par NBND. Le village se situe dans un « ampheuu » (district) que j’appellerai « Bâan Nâwk ». Ce qu’on peut plus ou moins traduire par « l’étang de la maison de la bonne rizière », et par « la Cambrousse » ou « Pétaouchnoque ». NBND était le village des parents, décédés depuis plusieurs années. En fait, NBND était le village de la mère car le père venait d’un district voisin.

Y est la cadette d’une famille de 10 enfants. Ses 5 sœurs vivent toutes dans NBND. Je ne sais pas d’où viennent leurs maris, à une exception : Sak, le mari de Phîi Ploy, est du village. Je le déduis de ce que deux sœurs que je lui connais vivent dans NBND. Une sœur aînée a en fait la maison qui jouxte celle de Y. Des 4 frères, Phîi Jet est le seul à être resté à NBND, d’où sa femme est donc probablement originaire. Phîi Lek, l’aîné vit à une quinzaine de kilomètres d’ici. Quant aux deux autres, ils vivent dans des villages très éloignés.

Une remarque : les termes employés pour désigner un frère ou une sœur indiquent s’il s’agit d’un/une aîné/ée (« Phîi ») ou d’un/une cadet/ette (« Nàáwng »). Pour préciser, on rajoute les termes « Chái » ou « Sàó » s’il s’agit d’un garçon / d’un homme, ou d’une fille / d’une femme.

Y a hérité de la maison des parents. Pourquoi ? Parce que, m’a-t-elle dit, elle s’est occupée de ses parents dans leur vieil âge. Elle a aussi hérité de la moitié des terres. Les 9 frères et sœurs aînés ont eu le reste. C’est Y aussi qui conserve le petit autel familial, qui comprend quelques vieilles statuettes de Bouddha et autres et la jarre qui contient quelques restes des parents après leur incinération.

Je suis tombé sur une discussion en Anglais où un étranger parlait de sa petite amie de l’Isàán, qui étant la fille cadette avait la charge de sa vieille mère et allait hériter de la maison. D’après les quelques interventions sur cette discussion, il semblait bien qu’il s’agissait donc là d’une pratique courante.

La maison de Y était une maison traditionnelle à l’origine. Y a muré le rez-de-chaussée autour des piliers qui supportent l’étage, ce qui fait une grande pièce de 40 mètres carrés où j’ai installé mes affaires personnelles, instruments de musique et autres. L’étage est en bois. Nous avons installé quelques cloisons pour y faire 2 chambres et un petit salon, ouvrant sur une terrasse. J’ai réussi à donner à Y un certain sens de la propreté domestique. Ce n’est pas pour dire qu’elle est fainéante, très loin de là, mais disons que le sens de la propreté par ici n’est pas celui auquel un Européen a l’habitude.

Les maisons de deux de ses sœurs et de son frère Phîi Jet, assez petites, sont groupées dans un coin du village, au bord même de la rizière. Je ne suis jamais allé qu’une ou deux fois dans ces maisons. La maison de Phîi Han était très encombrée et les toiles d’araignée dans tous les coins, alourdies par des générations de poussière, étaient dignes d’un film d’horreur. Il ne devait pas y avoir eu un coup de balai depuis des décennies. Le devant de la maison de Phîi Thong est une exposition permanente. Il me faudrait une page pour en faire le tour mais citons : une collection de vieux pneus suspendus à une tige de bois qui émerge d’un toit de tôles tordues et rouillées, quelques sacs de ciment éventrés reposant dans un coin au milieu de quelques briques, la magnifique cage de fer du chien, transportable je présume, car montée sur deux roues comme une brouette et affublée d’un manche auquel pendouille un seau en plastique.

Passons à la génération suivante. Y a deux garçons. Son mari gagnait assez bien sa vie mais gaspillait beaucoup d’argent dans la boisson. Y était malgré tout assez heureuse ainsi et vivait à NBND. Mais à la suite de la mort de son mari, suite à un accident de la route, elle avait dû trouver un emploi dans une laverie/buanderie à Bangkok pour survenir à ses besoins. Et puisque nous y sommes, je l’ai rencontrée dans un restaurant le soir où elle était sortie avec quelques amies pour fêter son anniversaire.

Toey, l’aîné des deux fils, est un garçon sérieux et intelligent avec lequel il m’arrive de discuter, soit en Anglais soit en Thaï. Après avoir étudié la Loi, il est rentré dans une école de cadets de l’armée. Une petite anecdote intéressante. Sur ses 16 ans, alors qu’il fréquentait une école dans un gros village voisin, il avait engrossé sa petite amie par mégarde. Il en avait averti sa mère trop tard et Y s’était trouvée dans une situation difficile. Elle ne voulait pas que Toey se marie, ce qui aurait contrecarré ses plans d’études supérieures pour Toey. Pour apaiser la mère de la fille qui lui « chauffait les oreilles», elle avait dû lui payer 100,000 bahts. Depuis, il n’y a plus jamais eu le moindre mot sur la naissance de l’enfant naturel de Toey. C’est comme si rien ne s’était jamais passé.

Je n’ai pratiquement aucun rapport avec Bon, le fils cadet. Il sait sans doute parfaitement parler le Thaï, puisqu’il a passé 3 ans avec nous à Bangkok et qu’il y allait à l’école, mais je ne l’ai jamais rien entendu dire qu’en « Phasàá Isàán » - la « Langue de l’Isàán » qui est en fait pratiquement du Lao. Je n’ai jamais vu Toey ou Bon lever un petit doigt pour nettoyer quoi que ce soit dans la maison. Ils peuvent rester des heures, des jours, des nuits et des années allongés sur leurs lits à dormir ou à jouer sur l’ordinateur ou à tapoter sur leurs écrans respectifs. Les reliquats de tous ces objets de la vie courante, sacs en plastique déchirés, papiers froissés, habits oubliés etc, tout ça s’accumule dans la poussière et ne les dérange pas le moins du monde. Y m’a dit qu’elle ne pouvait pas inculquer à des garçons les mêmes devoirs qu’à une fille.

La suite bientôt!
WI Winathai Regular ·
Où voulez-vous en venir?
FR Franklenfant Veteran ·
Où voulez-vous en venir?

Fin du premier episode; sois patient , attends la suite ...
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà
NA Nato233 Globetrotter ·
Où voulez-vous en venir?

Fin du premier episode; sois patient , attends la suite ...

Hello, Alors j ai regardé du coin de l oeil en mangeant un somtam. Ct pas mal comme pilote. Bon, le passage buanderie a bkk un peu long et pas super sexy. Faudrait booster un peu les scriboullards qu ils nous pondent du vrai du beau de l amour brut du venal et des larmes. On attend la suite ! ++
A la lumière des années passées dépend la vitesse
NA Nato233 Globetrotter ·
"Comme la légende du Fénix, tout finit au commencement"

https://www.youtube.com/awatch?v=9vFPMwuBQyk

La suite George !

++
A la lumière des années passées dépend la vitesse
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Hahaha, marrant! Je suis un peu musicien, j'apprécie. 😉

Je donne la suite dans 1 minute.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
2 Culture Lao en Isàán Je vais faire une digression sur la culture Lao qui caractérise la majorité des habitants de l’Isàán. Cette culture est immédiatement évidente par ce que les gens parlent, le « phasàá Isàán » ou « langue de l’Isàán ». Ce n’est là qu’une sorte de cache-sexe posée par le gouvernement Thaïlandais, vers le milieu du 20-ème siècle, sur ce qui est en fait du Lao. Le terme « Isàán » a été introduit pour effacer autant que possible le terme « Lao ».

Après des générations de scolarisation en Thaï, avec l’invasion de la télévision où on ne parle pratiquement qu’en Thaï, et du fait que toute l’administration se fait en Thaï, les gens comprennent bien le Thaï et l’influence du Thaï dans le « phasàá Isàán » se fait sentir.

Certains disent que le « phasàá Isàán » est du Thaï parsemé de mots et d’expressions Lao. C’est faux, c’est exactement le contraire. Cette confusion peut se comprendre du fait que le Lao est en fait très proche du Thaï, disons comme le Portugais l’est de l’Espagnol.

Les gens de l’Isàán n’aiment pas trop être comparés à leurs cousins du Laos, qu’ils considèrent comme inférieurs et retardés. Les gens de l’Isàán diront haut et fort qu’ils sont Thaïs. Cependant, j’ai remarqué ces dernières années que de plus en plus les gens de la région de NBND ne me demandent plus si je parle Thaï ou Phasàá Isàán. Ils me demandent plutôt si je parle Lao. C’est peut-être une impression personnelle ?

De sa génération, Y est la seule de sa famille à parler Thaï effectivement. Elle a peut-être gardé des traces d’accent mais je l’ai vue très souvent discuter parfaitement avec des Thaïs non-originaires de l’Isàán, avec mes collègues à Bangkok par exemple. Elle a passé pas mal d’années à Bangkok après tout, mais surtout elle a fait énormément d’efforts pour apprendre. Elle a aussi fait beaucoup d’efforts pour apprendre l’Anglais, bien avant que je ne la rencontre.

Qu’on ne croie surtout pas que tous les habitants de Bangkok parlent Thaï ! Il y a au moins 2, sinon 3 millions de gens de l’Isàán qui vivent à Bangkok pour y travailler : dans les restaurants, dans les petits commerces, comme chauffeurs de taxis etc. Et ce qu’ils parlent, c’est du « phasàá Isàán », pas du Thaï.

Quant aux frères et sœurs de Y, je ne les ai jamais entendu parler en Thaï. Cela fait bien des années que je les connais mais je ne comprends toujours rien du tout à ce qu’ils me disent. Le pire peut-être, c’est Phîi Jet qui est souvent bien arrosé dès le matin. Il est bien affectueux avec moi mais je trouve le contact plutôt difficile !

Je dois dire que de toute la génération de Y, Phîi Jet est le seul à boire de l’alcool. Plusieurs des hommes m’ont dit (Y m’a traduit) qu’ils faisaient abstinence parce que leurs femmes le leur avaient demandé. Il y a aussi le fait que les gens font régulièrement des retraites organisées par les temples et que les bonnes paroles finissent parfois par avoir leurs effets.

Phîi Sak, le mari de Phîi Ploy, est un type très bien. Il est toujours en train de faire un travail ou un autre. Il maçonne, installe une plomberie, pose des carrelages – tout ça très proprement et méticuleusement. Il est aussi un pêcheur qui rapporte régulièrement des poissons à la cuisine familiale. Le soir, je le vois souvent réparer ses filets. Il est très amical et m’explique assez souvent ce qu’il fait : mais je n’ai jamais compris un traître mot de ce qu’il me disait.

Je parle assez bien le Thaï et je sais même le lire (lentement).

Pour en finir, je suis conscient de ce qu’il n’y a pas que la culture Lao en Isàán. La frange bordant le Cambodge comporte une communauté khmère très importante – 2 ou 3 millions de gens. Il y a aussi quelques petites minorités ethniques, quasi tribales. Les Phu Thaï par exemple, entre Sakon Nakhon et Mukdahan (mais leur assimilation dans le « mainstream » Lao est très avancée).

Tout cela pour clarifier le contexte culturel dans lequel se situe la famille et le village de Y. Si c’est trop long et ennuyeux pour certains, qu’ils aillent donc ailleurs !

La suite quand j’aurai le temps, car j’ai aussi d’autres choses à faire !
FR Franklenfant Veteran ·
Merci pour ce deuxième épisode; par endroits/moments, j' ai l'impression d’être dans mon village; Quand mon beau père me parle je comprend au maximum 10 % de ce qu'il me raconte ; ma femme qui n' a jamais appris le français ni l'anglais me fait la traduction, en thaï, bien évidemment; langue que je commence à parler correctement ; ça me permet d'entrer directement en contact avec la population , commerçants ou fonctionnaires qui sont encore très rares à parler l'anglais , même à un niveau élevé dans la hiérarchie . Il faut rencontrer des directeurs comme un de mes oncles qui est le patron de la santé publique à Udon Thani; avec lui, j'ai de longues conversations en anglais..

Je vais très rarement à Bangkok, c'est loin et surtout ça me sépare de ma famille et de mes chiens et chat pendant trop longtemps.. J'aime beaucoup les taxis de Bangkok, il suffit de leur sortir trois mots en thai-issan, du laotien comme tu le dis fort bien, pour d'un seul coup avoir un sourire complice et commencer à parler du pays...un mélange de thaï, de thai-issan et même parfois un peu d'anglais..

J' ai rencontré beaucoup plus de conducteurs de camions remorque ou semi remorque que de fonctionnaires d'un niveau assez élevé parlant un anglais correct . Il faut dire que beaucoup d'entre eux, les chauffeurs de gros ou très gros camions ont très souvent été travailler au Moyen Orient ou à Taïwan, au Japon aussi; ceux-ci parlent le japonais comme un ami thaïlandais qui tient un " saloon " bar à bière à Sawang Daen Din .

J' attends la suite..merci George 🙂
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà
CH Charli120 Veteran ·
Si c’est trop long et ennuyeux pour certains, qu’ils aillent donc ailleurs !

Trop long et ennuyeux? Non, pas du tout. Pour vous dire, c'est tellement plaisant, informé et pertinent qu'après survol, j'en ai lu attentivement l'intégralité.

"Les gens de l’Isàán n’aiment pas trop être comparés à leurs cousins du Laos, qu’ils considèrent comme inférieurs et retardés".

J'attends la suite avec impatience.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Hahaha, oui, les taxis Isàán de Bangkok! Y sait tout de suite si c’est qqn de l’Isàán qui conduit, et il ne faut pas 1 minute pour qu’ils sachent de quels coins respectifs de l’Isàán ils viennent. Quant à la discussion, c’est un changement immédiat de registre (et comme tu dis, là j’arrive à peine à suivre pour 10%). Dès qu’ils se sont repérés, ils deviennent presque « phîi-náwng kan” (“frère et soeur”).

Il y en a tellement, des taxis conduits par les gens de l’Isàán ! En faisant référence aux modes de conduite un peu surprenants de Bangkok, qqn avait collé ce mot à l’arrière de sa voiture :

« J’ai confiance au type qui me suit car je sais que c’est un Lao »

NB : je mets des accents pour marquer autant que possible la tonalité, dans la limite de mon clavier. Pour moi, écrire « Ban » pour dire « maison » ne rime pas à grand-chose, j’écrirai plutôt « Bâan » (ton retombant et « a » long). Et je fais la différence entre le « Kaw Kài » (que j’écris « k ») et le « Khaw khài » (que j’écris « kh »). Les Thais, d’où qu’ils soient font la différence, eux. Et soit dit en passant, le « g » de « guerre / gardien / gare » n’existe pas en Thai (ni en Lao).
NO Nolack Regular ·
Ce n'est ni long ni ennuyeux, Georges, au contraire ! Merci beaucoup d'entrouvrir une porte sur un monde auquel je n'ai malheureusement pas encore eu accès. Très intéressantes réflexions linguistiques . Continue, s'il te plait....
WI Winathai Regular ·
D'autant plus que bien souvent les thaïs ne se comprennent pas entre-eux.
VI Vivlavie Globetrotter ·
D'autant plus que bien souvent les thaïs ne se comprennent pas entre-eux.

Je me demande si c'est par paresse ou le croisement des langues ?

La meilleur que j'ai entendu:

Kun pai tinai= Ou tu vas

Pai pai 😏
S.D
PÂ PâneL30 Regular ·
B😉m tarde Georges,

J'imagine, à la lecture de votre présentation de topic, que vous n'en attendez aucune reconnaissance ni gloriole, mais Vous adresse tous mes encouragements de sincérité et d'abnégation pour la poursuite de votre récit en immersion Issan, pour l'enrichissement (taper <1>) et le défoulement (taper <0>) de chacun de vos Lecteurs.

PâneL3😉, des <1>.
PR Pricillan Regular ·
<1>
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ce n'est ni long ni ennuyeux, Georges, au contraire ! Merci beaucoup d'entrouvrir une porte sur un monde auquel je n'ai malheureusement pas encore eu accès. Très intéressantes réflexions linguistiques . Continue, s'il te plait....

Bonjour Christine,

Merci pour ton encouragement! Je me ferais un plaisir de développer le plan linguistique de ce poste, mais cela risquerait fort d’en ennuyer beaucoup, voire de réveiller les critiques acerbes qui abondent malheureusement sur VF. Je vais essayer de me limiter à quelques touches ici et là. Pour approfondir, si tu en as vraiment envie, je te conseille deux références que je considère comme absolument excellentes.

La première est le site thai-language.com dont voici le lien : http://www.thai-language.com/dict/

C’est un site d’une richesse que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs, et élaboré par des gens qui connaissent parfaitement le sujet (à savoir la langue Thaie). Il y a des pages d’introduction et d’explication qui méritent une petite lecture quotidienne. Quant au lexique, il est extraordinairement bien fait et d’un usage très pratique.

La deuxième référence est un livre qui explique l’écriture et la phonétique thaie : « Reading and Writing Thaï » de Somsong Burusphat (le livre a une couverture verte). Coût : 350 bahts chez Asia Books, c’est donné pour ce que cela peut apporter.

Je te donne aussi le lien d’une discussion où je parlais de ce livre sur VF (il y a 5 ans). Va jeter un coup d’œil, si le Thai t’intéresse tu y trouveras à boire et à manger :

https://voyageforum.com/discussion/lire-ecrire-thai-excellent-ouvrage-d5469042/

Pour le reste, personnellement, je n’ai pas été tellement impressionné par les méthodes francophones, je préfère de loin les méthodes anglophones (il y a beaucoup plus de choix). Mais à chacun son petit bonheur, après tout !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
B😉m tarde Georges,

J'imagine, à la lecture de votre présentation de topic, que vous n'en attendez aucune reconnaissance ni gloriole, mais Vous adresse tous mes encouragements de sincérité et d'abnégation pour la poursuite de votre récit en immersion Issan, pour l'enrichissement (taper <1>) et le défoulement (taper <0>) de chacun de vos Lecteurs.

PâneL3😉, des <1>.

Bom dia Pânel! E muito obrigado ! Il semble que nous avons une connexion “português”? Il se trouve que je me rends bientôt à Lisboa avec Y, pour y passer quelques mois.
FR Franklenfant Veteran ·
mais cela risquerait fort d’en ennuyer beaucoup, voire de réveiller les critiques acerbes qui abondent malheureusement sur VF.

Ça n'emmerde que les pisse-froid et il serait bien de les ignorer, les considérer comme trolls donc éviter de les nourrir en leur répondant .

Pour le reste, personnellement, je n’ai pas été tellement impressionné par les méthodes francophones, je préfère de loin les méthodes anglophones (il y a beaucoup plus de choix). Mais à chacun son petit bonheur, après tout !

C'est tout à fait normal, dans la langue thaïlandaise il y a énormément de mots anglais qui sont tout simplement écrits en thaï .. De plus, sur les panneaux bilingues, ceux de circulation ou de publicité ou que sais-je.. la prononciation de la transcription en alphabet de chez nous est automatiquement celle de l'anglais. Évidemment les nuls en anglais ont ou auront quelques difficultés à comprendre et à se faire comprendre en thaïlandais.

Pour ce qui est de la compréhension entre thaïlandais, se référer par exemple à l'Italie; je cite ce pays car je pense que c'est un très bon exemple; la langue nationale est l'italien dans les administrations ou vis à vis d'un étranger. Par contre entre eux c'est leur patois; or le patois de Modena a un assez lointain rapport avec celui de Reggio Emilia pourtant pas si éloignées que cela l'une de l'autre, 35 km séparent les deux métropoles.
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà
FG Fgf Regular ·
Bonjour Georges,

Merci pour vos récits , c'est très agréable à lire, je vous encourage à continuer...
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ça n'emmerde que les pisse-froid et il serait bien de les ignorer, les considérer comme trolls donc éviter de les nourrir en leur répondant .

Je ne peux être plus d'accord!

C'est tout à fait normal, dans la langue thaïlandaise il y a énormément de mots anglais qui sont tout simplement écrits en thaï .. De plus, sur les panneaux bilingues, ceux de circulation ou de publicité ou que sais-je.. la prononciation de la transcription en alphabet de chez nous est automatiquement celle de l'anglais.

C'est juste mais ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire. Je trouve des collections telles que "Colloquial X" ou "Teach Yourself X" (où X est une langue, et pas seulement le Thaï) vraiment très bien faites.

or le patois de Modena a un assez lointain rapport avec celui de Reggio Emilia pourtant pas si éloignées que cela l'une de l'autre, 35 km séparent les deux métropoles.

Je ne l'aurais jamais cru mais je te fais confiance. Par contre, j'ai entendu pas mal de Piémontais quand j'étais jeune et c'est tellement entre l'Italien officiel et le Français que je verrais assez bien ça comme une langue en soi.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci pour vos récits , c'est très agréable à lire, je vous encourage à continuer...

Merci Bertrand, ça me fait bien plaisir d'entendre ça. Vous êtes sur quel côté de Koh Pha Ngan?
TI Tinorossi Regular ·
rassure moi ce n est pas autobiographique, c'est un roman
FR Franklenfant Veteran ·
rassure moi ce n est pas autobiographique, c'est un roman

Ben non, c'est du 100% auto-bio ..😛 Si tu évitais de lire les âneries écrites par le troll Charlie; donc si tu lis tout le texte, mot après mot en évitant justement les diagonales, tu t'apercevras que notre ami George parle de son village et donc de ses habitants .
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
3 Scolarisation Quelques mots peut-être sur la scolarisation qu’a connue Y ? Cela permettra de mieux cerner le personnage (non fictif) et son milieu.

Y a fréquenté la petite école de son village de quelques 500 habitants jusqu’à l’âge légal de 12 ans. Après quoi, comme ses parents n’avaient pas d’argent et ne percevaient pas le besoin de pousser plus loin, Y s’était vouée à son rôle traditionnel de « petite dernière s’occupant de ses vieux parents ».

Les choses ont sans doute changé pour le mieux entretemps, mais nous ne parlons pas d’une époque tellement reculée que ça. Il s’agit de l’afin des années ’70 et de la première moitié des années ’80.

Pour les petits malins que je soupçonne de compter sr leurs doigts pour en déduire son âge, je préciserai que j’ai l’habitude, ayant beaucoup roulé ma bosse et étant devenu méfiant, de poser des fausses pistes un peu partout. Mais tout en restant assez près de la réalité.

Y m’a souvent parlé de son école. Son instituteur dormait en classe, ne s’intéressait pas beaucoup à ses élèves et les battait régulièrement. Au lieu de les garder en classe, il trouvait d’ailleurs normal de les envoyer désherber ses champs pour des salaires ultra-misérables.

Pendant son adolescence, elle a travaillé comme bonne dans une famille Chinoise d’une grande ville de l’Isàán, pour apporter quelques petits deniers à ses parents. Il n’y a pas trop longtemps, nous sommes allés rendre visite à cette famille Chinoise et nous avons été accueillis avec une très grande gentillesse. Y appelle le père et la mère de famille « Papa » et « Mama » et a une relation tout à fait filiale par rapport à eux. J’ai dû m’agenouiller devant eux, avec Y, pour leur présenter nos cadeaux. Il n’était bien sûr pas question de venir les mains vides. On nous a fait un cadeau 2 ou 3 fois plus important sur notre départ. J’avais eu le plaisir d’une discussion en Thaï parfait avec eux, bien qu’ils parlent normalement le « Phasàá Isàán ».

Ils nous avaient fait visiter leurs magasins – impressionnants – et fait voir les quelques maisons modernes qu’ils ont construites à côté pour étendre leur empire. J’avais rencontré une de leurs filles, éduquée à grands frais à Singapour. Etc etc : des gens qui ont la tête solidement plantée sur leurs épaules !

Y sort un peu de l’ordinaire des filles de la campagne de l’Isàán. Non pas seulement parce qu’elle est nettement plus jolie que la moyenne, mais surtout parce qu’elle a fait des efforts pour apprendre l’Anglais toute seule. Et comme je l’ai déjà dit, elle parle un Thaï bien plus correct que la plupart des gens que je connais dans son village et dans les alentours.

Je lui ai donné le goût de la lecture. La première fois que je lui ai proposé de chercher un ou deux livres (en Thaï bien sûr), nous étions avec une de ses nièces. Elles sont toutes deux immédiatement allées vers le rayon « Religions » pour choisir une publication bouddhiste locale. Mais par la suite, j’ai su élargir ses horizons et elle a parcouru l’histoire : des Vikings, de Rome, de Gengis Khan, d’Einstein, de Che Guevara, de Hitler, de Napoléon etc. Puis elle a lu L’Iliade et l’Odyssée, Le Petit Prince, L’Alchimiste de Paulo Coelho, L'Amour aux temps du choléra de Gabriel García Márquez. Dernièrement, elle est plongée dans un livre de William Somerset Maugham, et elle a déjà Les 10 Petits Nègres d’Agatha Christie et Le Chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle ouverts sur la table. C’est moi qui lui choisis les livres (en Thaï) car, bien évidemment, elle ne sait rien de la littérature internationale.

Je lui demande parfois comment c’est, à quoi elle me répond simplement « sanouk ! ». Souvent, à Bangkok, elle est l'une des rares personnes ayant un livre ouvert sur les genoux dans le BTS. Pour une très modeste paysanne de l’Isàán sans la moindre éducation à proprement parler, elle en est arrivée à un niveau de lecture largement supérieur au niveau moyen de ceux de ses compatriotes qui ont eu la chance d’une scolarisation supérieure. Il n’y a pas que les gens de l’Isàán que je connais dans ce pays, j’ai aussi côtoyé pendant des années les gens qui travaillent dans les bureaux de Bangkok.
NO Nolack Regular ·
En fait, j'ai acheté le livre vert dès que tu en as parlé dans ce premier post il y a quelques années... Maintenant, je sais lire mais pas encore rapidement, écrire me demande beaucoup d'efforts. L'oral reste assez poussif comme je ne vis pas en Thaïlande mais je m'acharne. Cette langue est passionnante et je prends tout ce que vous, qui êtes sur place, pouvez en dire comme des pépites ...mais je comprends bien que tout le monde ne va pas forcément en redemander. Le portrait de Y est très touchant. En le lisant, j'ai pensé à deux ou trois femmes thai que j'ai rencontrées, un peu le même parcours, autodidactes et ayant envie d'apprendre malgré une scolarité lacunaire. Je trouvais cela magnifique et j'étais fière de les connaître mais j'avais un peu de peine de voir qu'elles gardaient une sorte de complexe face à des personnes ayant reçu une instruction institutionnelle. Trop modestes, mes amies, j'espère que Y a surmonté ça. Merci de ces récits personnels et généreux, très sanuk de te lire encore. ... Christine
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Bonjour de nouveau Christine,

Je suis ravi de savoir que mes conseils ont pu servir à qqn. Je considère le « livre vert » comme une véritable bible. C’est écrit par qqn qui maîtrise totalement le sujet (c’est un Thaï), et c’est amené d’une façon absolument logique. D’ailleurs, le système d’écriture Thaï est très logique et traduit parfaitement les sons et les tons. Apprendre le Thaï sans savoir lire un minimum, ce serait un peu comme monter l’Everest de nuit et sans éclairage !

L’écriture Thaï a été mise au point, si je me rappelle bien, vers le 14-ème siècle (on dit que le roi Ramkhamhaeng en est l’auteur?). Elle est d’inspiration khmère (les Thaïs ont énormément appris des Khmers, dont ils ont envahi le territoire). L’écriture khmère elle-même était dérivée des écritures brahmiques (donc indiennes), et je crois qu’on retrouve, après ces quelques réincarnations (si, si ! 😉) l’approche systématique et logique de la phonétique qui caractérise les anciennes méthodes indiennes.

Malgré les divergences avec tout le temps qui s’est écoulé, je crois reconnaître encore assez bien la similitude entre les signes diacritiques du “u” ou du “I”, avec les lettres “m” et “l” du Devanagari, lui aussi dérivé des vieilles écritures brahmiques.

Quant au personnage de Y, tu me fais grand plaisir en manifestant ton admiration. Elle le mérite. Elle n’a pas la moindre gêne vis-à-vis des gens qui lui seraient en théorie supérieurs, que ce soit par la classe sociale ou par l’éducation. Elle m’a souvent accompagné dans mes rencontres socio-professionnelles et y a toujours été très à l’aise. Les gens m’ont très souvent fait la remarque de son charme et de sa grâce naturelle. Tous mes amis m’ont dit que j’avais de la chance de l’avoir rencontrée. En général, les gens diraient plutôt le contraire, que c’est la « pauvre fille de basse extraction sociale » qui a eu de la chance de rencontrer un « étranger ayant une bonne profession, bien éduqué etc etc » (je devais arrêter car je parle ici de moi-même 😄). C’est pour dire qu’elle fait une bonne impression sur les gens.

Tout ça s’ajoute à une très grande gentillesse, une dévotion sans faille, un sens du devoir, et aussi un goût prononcé pour faire la fête. En plus, elle est très jolie ! C'est son visage que j'ai mis en avatar.
NA Nato233 Globetrotter ·
Tout ça s’ajoute à une très grande gentillesse, une dévotion sans faille, un sens du devoir, et aussi un goût prononcé pour faire la fête. En plus, elle est très jolie !

Hello, Ma femme a en tous cas la quatrieme des 5 qualités :) ... bon je vais encore me prendre un coup d outil a saak sur la tête. Anyways vos recits sont un plaisir a lire. Merci. La suite !
A la lumière des années passées dépend la vitesse
LE Lemonk68 Globetrotter ·
Merci Georges, oui, votre femme est tres jolie.On devine qu'elle a du caractere. 😉 Je vous encourage a continuer a decrire votre vie en Isaan que je trouve tres interessante bien que ne l'ayant jamais visitee.Je me suis contente du nord et du sud.J'habite a present une petite ile pres de Mindanao depuis 5 ans.
raph

Tout ce qui ne me tue pas, me rends plus fort Ni dieux, ni maitres
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Ma femme a en tous cas la quatrieme des 5 qualités :) ... bon je vais encore me prendre un coup d outil a saak sur la tête. Anyways vos recits sont un plaisir a lire. Merci. La suite !

Si votre “4-ème qualité” est “avoir un gout prononcé de la fête », c’est en fait une qualité assez courante chez les Thais, et pas seulement les « khon Isàán ».

Je mentionnais cette qualité parce qu’il ne faut absolument pas croire que Y est devenue une « souris de bibliothèque » ! 😎 😉

C’est quoi, votre « outil à saak », c’est le truc pour tatouer ? Un équivalent dangereux du rouleau à pâtisserie de chez nous !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci Georges, oui, votre femme est tres jolie.On devine qu'elle a du caractere. 😉 Je vous encourage a continuer a decrire votre vie en Isaan que je trouve tres interessante bien que ne l'ayant jamais visitee.Je me suis contente du nord et du sud.J'habite a present une petite ile pres de Mindanao depuis 5 ans.

Salut Raph ! Bísch vo’ Mélhusa ? 😉 J’avais passé une semaine idyllique quelque part vers Mindanao, il y a presque 40 ans! J’aimais bien les petites maisons avec leurs petits jardins devant, simples mais coquets, et des plages et des coraux magnifiques à ne plus savoir où donner de la tête …. Totalement vierges (à l’époque). Je suis sûr que ce n’est pas mal du tout pour se la couler douce !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Digression linguistique

Voici un exemple parmi tant d’autres des différences entre le Thaï “standard” et le “Phasàá Isàán”, qui est en fait une variation du Lao. Rappelons aussi que le Lao et le Thaï « standard » appartiennent à la même famille linguistique Tai-Kadai. De plus, plusieurs régions du Laos actuel ont été vassales du Siam, ce jusqu’à l’époque colonialiste. On comprendra avec tout ça que le Lao (et donc le « Phasàá Isàán ») et le Thaï « standard » sont des langues très proches l’une de l’autre.

Donc, cet exemple :

Un filet de pêche se dit “hàié » (le son « ai » de « haie » mais long et avec un ton tombant-remontant) aussi bien en Thaï standard qu’en « phasàá Isàán ». “Lancer le filet » se dit « wìiang hàié” ou “ thàawt hàié” en Thaï standard mais “wan hàié” en “Phasàá Isàán”.

Puisque nous sommes sur "thàawt"«, mentionnons en passant que "thâawt »(un autre ton), veut dire « frire ». Mais il est facile de confondre avec « thàawt » qu’on emploira dans l’expression « thàawt raawng tháao » = enlever ses chaussures", et aussi avec “tòt” = péter.

NB: Je note « o » pour un son « o » bien fermé et « aw » pour un son « o » très ouvert (difficile je crois pour les francophones). Je garde ici la transcription utilisée par le site thai-language.com : pour ce son « o » très ouvert, le site adopte une notation d’inspiration anglophone (c’est le même son que dans « saw » = la scie, ou « raw » = cru, ou « awe » = étonnement).

Un jour, sur le point de rentrer dans le salon d’une auberge à Sakon Nakhon, j’allais enlever mes chaussures quand la patronne m’a dit « mâi tâwng thàawt raawng tháao » = « vous n’avez pas besoin d’enlever les chaussures ». Sur quoi j’ai répondu « tòt láaeo ! ». Je voulais bien sûr dire que je les avais déjà enlevées mais je me suis immédiatement rendu compte que je venais de répondre à cette charmante dame que “j’avais déjà pété”! 😮 J’avais peut-être poliment ajouté un « khráp » final, mais cela n’empêche que la dame en question a dû être assez étonnée ! Mais, assez typiquement, il n’y avait pas eu la moindre trace d’étonnement sur son visage.

Ce genre de qui-pro-quo arrive très souvent, et même pour ceux qui ont déjà une bonne connaissance de la langue!

Je raconte cette petite anecdote pour illustrer à quel point il est essentiel de faire méticuleusement attention aux subtilités de la prononciation en Thaï.

En corollaire, ce qui paraît être un bon jeu de mots pour un farang ne l’est très souvent pas du tout pour les Thais. Quand on dit qu’une bonne blague est de dire “Pai Pai” = “je vais à Pai”, je ne crois pas que le Thaï moyen comprenne de quoi on parle car pour lui (ou elle), s’il s’agit bien de la même consonne “Po Pla” , le premier mot est court et le second a une syllabe longue, une différence énorme pour n’importe quel natif du pays.
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Je mets parfois un peu de temps avant de donner la suite à mon histoire. J’ai bien des choses à faire, que je veux avoir derrière moi quand arriveront les jours de Songkran. Cela fait des jours que je nettoie les nids de pigeons sous les toits, une véritable infection. J’ai mis en place des grillages pour empêcher les récidives, avec quelques touches de maçonnerie là où il fallait. J’ai aussi installé des cloisons en bois, après les avoir peintes, sur la terrasse, et un grillage pour supporter les plantes grimpantes, pour couper le soleil implacable de l’après-midi et gagner en intimité par rapport au voisin. Les petites bières en fin d’après-midi n’en seront que plus fraîches ! 😛

Mais voici quand-même une nouvelle page :

4 Les Jeunes : les enfants des deux aînés

Après avoir décrit Y et ses frères et sœurs, je vais maintenant aborder la génération suivante. Je n’ai pas besoin de parler des deux fils de Y, c’est déjà chose faite. Comment aborder les nombreux cousins et cousines ? Allez, une méthode en vaut bien une autre, je vais commencer par les frères et sœurs de Y les plus ages puis progresser vers les plus jeunes.

Après une dizaine d’années de fréquentation, je ne connais toujours pas les « chêuu lên » (les « noms pour jouer ») de tous les neveux et nièces. Quant aux noms officiels, ceux de l’état civil, je ne connais que celui de Y et, par son adresse courrielle, celui d’une de ses nièces. Cette situation un peu bizarre vient de ce que les gens n’ont pas tellement l’habitude de se présenter. J’ai remarqué la même tendance parmi mes collègues Thais quand je travaillais à Bangkok, donc des gens issus de milieux très différents de celui des « chaao naa » de l’Isàán.

Le frère aîné, Phîi Lek, vit dans un village pas très loin de NBND (rappel : « Nàáwng Bâan Naa Dii », le village de Y), sans aucun doute le village de sa femme. La fille aînée est mariée, elle habite une maison voisine de celle de Phîi Lek. Son mari, comme le veut la pratique courante, vit avec la famille de sa femme. Phîi Lek a une fille plus jeune qui étudie à Bangkok et que je n’ai rencontrée qu’une fois. En plus du riz et de la canne à sucre, il cultive un plot de mûriers et élève des vers à soie. J’ai souvent vu la famille traiter les vers et la soie de l’état brut jusqu’à la teinture. C’est beaucoup de travail pour les quelques dizaines de milliers de bahts qu’ils doivent en tirer mais pour eux c’est bien sûr un appoint appréciable.

Nous avons mangé quelques fois des vers à soie chez Phîi Lek : c’est loin d’être mon plat favori. Cela ne surprendra personne si je précise que c’est filandreux. Il reste toujours quelques fils dans l’affaire. Phîi Lek me disait en plaisantant que quand on chXX après, on doit tirer les fils du cXX. 😏 Une plaisanterie assez osée venant d’un Thai, en tout cas en présence d’un Farang. Je l’ai souvent dit, les Khon Isàán (ceux que je connais) sont des gens simples mais non grossiers.

La sœur aînée, Phîi Thong, a 3 fils (à ce que je sache). Je sais que l’aîné est (était ?) marié dans une famille près de Khon Kaen, mais comme je le vois très souvent dans NBND, je me demande s’il n’a pas divorcé. C’est un brave garcon, un peu fruste peut-être mais toujours près à aider pour des petits travaux. L’an dernier, quand Y a découvert avec effroi que le plancher de notre chambre se faisait ronger par les termites 😠, il n’a pas fallu trois heures pour qu’il vienne nous en changer quelques planches. Les termites sont un fléau par ici, on voit régulièrement circuler les camionnettes des « châng puàak ».

NB: «Pluàak » est le terme officiel mais les « Khon Isàán » ne prononcent pas les « l » et « r » dans les composés « pl » « kr », « kl », « tr » et autres (de même pour beaucoup de Thais dans d’autres régions).

Il y a quelques mois, le fils en question s’est fait percuter en sortant en scooter sur la route qui traverse NBND par un motocycliste qui passait à grande vitesse. Le scooter est parti à la casse - ou au rebut : peut-être a-t-il été intégré dans l’"exposition permanente » qui décore la cour de Phîi Thong ? Quant au fils, il s’est retrouvé pour plusieurs semaines à l’hôpital de l’ »ampheuu » avec une jambe cassée et plusieurs contusions. J’étais allé le voir avec toute la famille, ce qui m’avait donné l’occasion de voir de près à quoi ressemble un hôpital local. Au risque de déplaire aux bien-pensants qui hantent VF, je dois dire que je n’avais pas été favorablement impressionné. Mais il en est bien sorti quand-même et me dit ne plus avoir de problème à la jambe.

Je ne sais pratiquement rien du deuxième fils. Quant au cadet, je l’ai rencontré plusieurs fois, jamais au village mais dans les lieux visités par la troupe de « Molam » dont il est l’une des vedettes. Il est sans doute le plus fin et le plus intelligent des trois frères .... et toujours accompagné de superbes jeunes filles. Il y a du choix dans une troupe de "molam" qui n'est pas loin de faire une centaine de personnes! 😉

NB : pour ceux que mon récit intéresse mais qui ne savent pas ce qu’est le « Molam », je recommande de chercher sur mes récits précédents (voir mon lien). On ne peut pas prétendre connaître la culture de l’Isàán si on ne connaît pas le « Molam ».
PR Pricillan Regular ·
Quel agréable moment de vous lire au quotidien en prenant café et petits croissants
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Quel agréable moment de vous lire au quotidien en prenant café et petits croissants

Bonjour Freddy!

Merci, ça fait plaisir de se savoir apprécié 🙂
PÂ PâneL30 Regular ·
Je meuh rrrrrégaaaale, captive:, de votre Saga , Ge😎rges. "Pierre, Paul et Jacques", Version Issan, personnifiant Son quotidien...quotidien. Un témoignage unique qui transcende l'impudeur du récit intime : un , témoin, qui s'efface avec bienveillance éclairée et respect derrière le des Vôtres. Bon courage pour la Suite Familiale&Villageoise.

Cordialement,

PâneL3😉
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Merci Pânel, c'est sympa de ta part de percevoir une petite dimension littéraire dans mon feuilleton ! 🙂

( Não é preciso de me chamar de senhor ! 😉 )

Pour le style, j’aimerais me rapprocher de V.S. Naipaul. Surtout dans ses récits de voyage « Parmi les Croyants » (titre original « Among the Believers », je ne suis pas sûr que cela ait été traduit en Français ; en Allemand et en Espagnol, oui). Tout en en restant un observateur presque impersonnel, il arrive à faire des portraits profonds des pays (musulmans) qu’il visite. Mais je dois le dire avec beaucoup d’humilité. Cela demande beaucoup de talent et beaucoup de travail !
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Voici pour accompagner le café et les croissants de ce matin ! 😉

5 Les Jeunes : les enfants de Phîi Han

Passons à Phîi Han, une femme très gentille, très simple. Je peux dire la même chose de son mari, un type très doux qui a des emplois dans la communauté, je n’ai jamais très bien compris quoi exactement. Ils ont 3 enfants qui ne se ressemblent pas tellement les uns aux autres, de plusieurs points de vue. Y m’a dit que l’aîné, Boy, s’était récemment mis à apprendre à lire et à écrire. Il doit avoir dans les 35 ans. Il n’avait pas montré beaucoup d’ardeur à l’école et ses parents ne l’avaient pas trop poussé non plus. Boy est le seul de la famille à avoir les cheveux un peu crépus, un « throw-back » peut-être de quelques gênes aborigènes véhiculés dans la population de l’Isàán.

Après Boy, il y a Faai, une amie proche de Y. Elles avaient longtemps partagé une petite chambre du côté de On Nut, à Bangkok, que j’avais visitée un nombre de fois. Comme à elles deux elles avaient 4 enfants, Y avait passé des années à dormir sur le ciment, le matelas n’étant pas assez grand. La salle de bains faisait à peu près 1 mètre carré. 😕 Le balcon était ridiculement petit mais une de mes amies Françaises (elle est plus menue que moi) m’a dit qu’elle avait pu y dormir pour profiter de la fraîcheur de la nuit.

NB : dormir sur le ciment : je l'ai vu plus d'une fois.

Faai est l’une des jolies filles de la famille. Elle est aussi une très brave fille et n’est jamais la dernière à se joindre à la fête. Elle a eu une fille et un fils d’un type de l’Isàán dont elle s’est séparée il y a bien longtemps tout en gardant des rapports amicaux. Je ne sais pas si les enfants ont souvent vu leur père depuis la séparation, c’est-à-dire depuis leur tendre enfance.

Faai a eu de multiples emplois à Bangkok et dans les îles, surtout à Koh Pha Ngan. Elle y avait travaillé dans un restaurant, saison touristique après saison touristique. Il y a quelques années, elle était revenue au village pour Songkran avec un Canadien sympa mais un peu trop porté sur l’alcool. Je le vois encore tituber hilare dans les rues de l’ »ampheuu », la bouteille de bière à la main, dès avant midi et en pleine cagna. De retour à Bangkok, il s’était bagarré dans un bar et s’était retrouvé en taule. 🏴‍☠️ Faai avait murmuré une affaire de « yaa bâa » (la « meth » qui fait des ravages en Thailande), mais peut-être s’agissait-il des types avec lesquels le Canadien s’était bagarré. Je ne sais pas si c’est à cause de ça, ou si c’est pour d’autres raisons, mais nous n’avons plus jamais entendu parler de lui. 😕

Puis il avait été question d’un jeune Australien, plus stable, plus posé que le Canadien paraissait-il. Il avait donné de l’argent à Faai pour qu’elle se construise une petite maison dans la rizière. La maison est toujours bien là mais le jeune Australien est parti en fumée assez rapidement, l’affaire d’un ou deux ans.

Enfin, dernièrement, il y a un autre Australien et là, il semblerait que Faai ait enfin touché le gros lot car il y a eu mariage il y a quelques mois 🙂, puis départ pour l’Australie, quelque part dans l’arrière-pays de Melbourne. Les deux enfants de Faai sont restés au village. Y me dit qu’ils suivront leur mère d’ici 2 ans, quand la situation aura été consolidée avec les autorités Australiennes. Ce sera peut-être bien pour la scolarisation du fils, qui aura alors dans les 12-13 ans, mais ce sera un peu tard malheureusement pour la fille qui sera alors déjà sortie de l’adolescence.

Le troisième enfant de Phîi Han, Waen, est plus boulotte que les autres filles de la famille mais n’est pas vilaine non plus. Elle et son mari Phet travaillent régulièrement dans un restaurant quelque part vers Lat Phrao, à Bangkok, et autrement font plusieurs petits boulots en Isàán, dernièrement ils vendent des chaussures sur les petits marches de la cambrousse. Tous deux sont très amicaux et toujours prêts à aider. Waen parle un Thai plus correct que la moyenne, cela vient de tout ce temps passé à Bangkok mais surtout de ce qu’elle a la tête bien posée sur les épaules. Phet a plus d’hésitation à parler Thai correctement, mais il fait preuve d’une curiosité inhabituelle vis-à-vis du monde en dehors de la Thailande. Sa curiosité est souvent facilitée par les boissons diverses dont j’ai le secret et qui délient bien les langues. 😉 Il y a quelques jours encore, j’avais déniché dans un carton une bouteille de cachaça encore pleine, un reste de mes voyages à Rio, et je m’étais mis à faire quelques caipirinhas. Comme souvent, c’est la bouteille qui a intrigué Phet, une bouteille d’Ypióca joliment prise dans sa paille tressée . Cela nous a menés à parler des colonies, du commerce triangulaire et de la traite des esclaves.

Waen, elle, ne boit normalement pas, sauf quand c’est vraiment la fête, là elle ne se fait pas attendre non plus !

Waen et Phet ont deux petites filles toutes mignonnes pour lesquelles ils ont des projets d’éducation louables. Ils rêvent de les voir accéder à des emplois qualifiés dans une banque, par exemple, avec des salaires de 20-25,000 bahts par mois (500-600 Euros par mois). Tout en étant aussi cools et relaxes que les autres gens de la famille, ils sont un peu moins insouciants.
TA Tanguy1980 Regular ·
Voici pour accompagner le café et les croissants de ce matin ! 😉

5 Les Jeunes : les enfants de Phîi Han

Passons à Phîi Han, une femme très gentille, très simple. Je peux dire la même chose de son mari, un type très doux qui a des emplois dans la communauté, je n’ai jamais très bien compris quoi exactement. Ils ont 3 enfants qui ne se ressemblent pas tellement les uns aux autres, de plusieurs points de vue. Y m’a dit que l’aîné, Boy, s’était récemment mis à apprendre à lire et à écrire. Il doit avoir dans les 35 ans. Il n’avait pas montré beaucoup d’ardeur à l’école et ses parents ne l’avaient pas trop poussé non plus. Boy est le seul de la famille à avoir les cheveux un peu crépus, un « throw-back » peut-être de quelques gênes aborigènes véhiculés dans la population de l’Isàán.

Après Boy, il y a Faai, une amie proche de Y. Elles avaient longtemps partagé une petite chambre du côté de On Nut, à Bangkok, que j’avais visitée un nombre de fois. Comme à elles deux elles avaient 4 enfants, Y avait passé des années à dormir sur le ciment, le matelas n’étant pas assez grand. La salle de bains faisait à peu près 1 mètre carré. 😕 Le balcon était ridiculement petit mais une de mes amies Françaises (elle est plus menue que moi) m’a dit qu’elle avait pu y dormir pour profiter de la fraîcheur de la nuit.

NB : dormir sur le ciment : je l'ai vu plus d'une fois.

Faai est l’une des jolies filles de la famille. Elle est aussi une très brave fille et n’est jamais la dernière à se joindre à la fête. Elle a eu une fille et un fils d’un type de l’Isàán dont elle s’est séparée il y a bien longtemps tout en gardant des rapports amicaux. Je ne sais pas si les enfants ont souvent vu leur père depuis la séparation, c’est-à-dire depuis leur tendre enfance.

Faai a eu de multiples emplois à Bangkok et dans les îles, surtout à Koh Pha Ngan. Elle y avait travaillé dans un restaurant, saison touristique après saison touristique. Il y a quelques années, elle était revenue au village pour Songkran avec un Canadien sympa mais un peu trop porté sur l’alcool. Je le vois encore tituber hilare dans les rues de l’ »ampheuu », la bouteille de bière à la main, dès avant midi et en pleine cagna. De retour à Bangkok, il s’était bagarré dans un bar et s’était retrouvé en taule. 🏴‍☠️ Faai avait murmuré une affaire de « yaa bâa » (la « meth » qui fait des ravages en Thailande), mais peut-être s’agissait-il des types avec lesquels le Canadien s’était bagarré. Je ne sais pas si c’est à cause de ça, ou si c’est pour d’autres raisons, mais nous n’avons plus jamais entendu parler de lui. 😕

Puis il avait été question d’un jeune Australien, plus stable, plus posé que le Canadien paraissait-il. Il avait donné de l’argent à Faai pour qu’elle se construise une petite maison dans la rizière. La maison est toujours bien là mais le jeune Australien est parti en fumée assez rapidement, l’affaire d’un ou deux ans.

Enfin, dernièrement, il y a un autre Australien et là, il semblerait que Faai ait enfin touché le gros lot car il y a eu mariage il y a quelques mois 🙂, puis départ pour l’Australie, quelque part dans l’arrière-pays de Melbourne. Les deux enfants de Faai sont restés au village. Y me dit qu’ils suivront leur mère d’ici 2 ans, quand la situation aura été consolidée avec les autorités Australiennes. Ce sera peut-être bien pour la scolarisation du fils, qui aura alors dans les 12-13 ans, mais ce sera un peu tard malheureusement pour la fille qui sera alors déjà sortie de l’adolescence.

Le troisième enfant de Phîi Han, Waen, est plus boulotte que les autres filles de la famille mais n’est pas vilaine non plus. Elle et son mari Phet travaillent régulièrement dans un restaurant quelque part vers Lat Phrao, à Bangkok, et autrement font plusieurs petits boulots en Isàán, dernièrement ils vendent des chaussures sur les petits marches de la cambrousse. Tous deux sont très amicaux et toujours prêts à aider. Waen parle un Thai plus correct que la moyenne, cela vient de tout ce temps passé à Bangkok mais surtout de ce qu’elle a la tête bien posée sur les épaules. Phet a plus d’hésitation à parler Thai correctement, mais il fait preuve d’une curiosité inhabituelle vis-à-vis du monde en dehors de la Thailande. Sa curiosité est souvent facilitée par les boissons diverses dont j’ai le secret et qui délient bien les langues. 😉 Il y a quelques jours encore, j’avais déniché dans un carton une bouteille de cachaça encore pleine, un reste de mes voyages à Rio, et je m’étais mis à faire quelques caipirinhas. Comme souvent, c’est la bouteille qui a intrigué Phet, une bouteille d’Ypióca joliment prise dans sa paille tressée . Cela nous a menés à parler des colonies, du commerce triangulaire et de la traite des esclaves.

Waen, elle, ne boit normalement pas, sauf quand c’est vraiment la fête, là elle ne se fait pas attendre non plus !

Waen et Phet ont deux petites filles toutes mignonnes pour lesquelles ils ont des projets d’éducation louables. Ils rêvent de les voir accéder à des emplois qualifiés dans une banque, par exemple, avec des salaires de 20-25,000 bahts par mois (500-600 Euros par mois). Tout en étant aussi cools et relaxes que les autres gens de la famille, ils sont un peu moins insouciants.

Merci pour les recits interessants..pour moi qui connais pas bien Issan mais il y a de tout comme partout ailleurs..et il me semble que les gens d'Issan connaissent parfaitement et parlent parfaitement le thai car ils apprennent a l'ecole..cependant il me semble quand ils sont entre eux la langue maternelle et naturelle reprennent ..actuellement je suis en Issan du Sud pres de la frontiere cambodgienne ou les gens parlent un khmer thai pour la fete de song kran..je parle un peu le thai..le lao mais du tout le khmer thai qui est completement different du khmer..voila meilleures salutations et joyeux song kran..
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
... il me semble que les gens d'Issan connaissent parfaitement et parlent parfaitement le thai car ils apprennent a l'ecole....

Salut et Joyeux Songkran de même!

"Connaître parfaitement le Thaï". Peut-être est-ce le cas dans d'autres régions que la mienne. Là où je suis, ce n'est pas le cas. Bien sûr, ils l'apprennent à l'école, mais dans quelles écoles et jusqu'à quel âge, ça reste à voir. Ils le comprennent bien puisque c'est la langue de la télé et celle de l'administration. Mais quand il s'agit de parler, pour beaucoup de gens que je connais, là c'est moins parfait, c'est le moins qu'on puisse dire!

Corrige-moi si je dis des bêtises, mais je crois qu'il y a (au moins) 2 sortes de Khmers en Thaïlande. Ceux qui sont arrivés à l'époque des Khmers Rouges, et qui pourraient parler pratiquement la même langue que ce qu'on parle au Cambodge. Et ceux qui y sont depuis toujours: on pourrait facilement comprendre que les derniers parlent une version de Khmer très différente.
TA Tanguy1980 Regular ·
bonsoir Georges c'est exact..je suis dans une famille khmer thai ou thai khmer..les jeunes parlent parfaitement le thai car ils apprenent a l'ecole ..j'ai pu echanger avec les enfants.en thai.et ceux qui travaillent a krung thep bangkok..nais quand ils rentrent au village pour la fete Song kran ils reparlent la langue maternelle..les autres khmers fuyant le khmer rouge je ne connais pas peut etre plus pres encore vers la frontiere..cependant meme les khmers du pays cambodge ils parlent differemment selon d'ou..pour revenir a la langue malgre mes 53 ans en suisse quand on se tetrouve entre les gens de meme origine on parle la langue maternelle ( vietnamien) meme si nous pouvons aisement nous causer entre nous en frsncais..mais c'est comme cela..c'est un insctinct de conservation on dirait..voila bonne fete de song kran a rous..
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
...... pour revenir a la langue malgre mes 53 ans en suisse quand on se tetrouve entre les gens de meme origine on parle la langue maternelle ( vietnamien) .....

Je suis curieux. Comment atterrit-on dans une famille Khmère-Thaie quand on est d’origine Vietnamienne ? J’ai gardé de bons camarades d’école en France qui eux aussi sont d’origine Vietnamienne. Ils en sont très fiers comme on peut bien le comprendre. Je ne sais pas s’ils parlaient beaucoup Vietnamien quand ils étaient jeunes mais ils ont certainement fait de grands efforts pour s’y remettre une fois adultes.

J’avais une copine Vietnamienne il y a quelques années (rien que de platonique), elle était de Saigon mais me disait que c’est à Hanoi qu’on parle la meilleure langue.
FR Franklenfant Veteran ·
Je suis curieux. Comment atterrit-on dans une famille Khmère-Thaie quand on est d’origine Vietnamienne ?

Comment se fait-il qu/environ 80% de la population de la ville de Phangkhon dans la province de Sakon Nakhon soit d'origine vietnamienne; tu entres dans quasi n'importe quelle maison et tu seras surpris de découvrir Oncle Ho dans un cadre aussi grand et à la même hauteur que celui où se trouve Rama IX , le défunt roi de Thaïlande . Tout le monde ou presque parle vietnamien; ils vont au Vietnam 4 à 5 fois par an voir la famille ou se recueillir sur les tombes de leurs ancêtres.. Toujours dans la même province, à Thare, pas loin de Sakon sur la route 22 en direction de Nakhon Phanom, une superbe cathédrale catholique; Cathédrale St Michael pourquoi ? tout simplement parce que la population est d'origine Vietnam du sud; ils sont arrivés là en fuyant l’avancée des communistes du nord ... A Udon Thani, tu as de riches commerçants, des grossistes en pas mal de trucs qui sont d'origine vietnamienne; de très belles maisons, cossues, des meubles magnifiques et toujours Oncle Ho dans un grand cadre dès l’entrée...

En ce qui concerne les vietnamiens des provinces " khmères " d'Issan , je subodore qu'ils ont fui le pays où ils habitaient, le Cambodge , lorsque Pol Pot a pris le pouvoir .
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Comme c’est Songkran et que je dois participer aux visites familiales et autres réjouissances, j’ai moins de temps disponible pour correspondre sur VF. Je suis conscient d’un petit auditoire attendant la suite du feuilleton à l’heure du café matinal et je dois m’excuser d’avoir manqué au rendez-vous (pour ceux qui sont en Asie). Je profite d’un moment de répit au milieu des festivités pour produire une nouvelle petite page.

Hier en début d’après-midi, nous sommes allés au « wat » pour payer nos respects aux parents décédés de Y, une cérémonie d’usage pendant la fête de Songkran. Ça n’a pas manqué, Y est partie d’un fou rire pendant que les moines récitaient les prières, immédiatement suivie par ses sœurs. 😄 Il n’en faut jamais beaucoup, ce sont des vraies fusées ! Les moines sont cools eux aussi. “Mee aalom dee!” ont-ils commenté : "voici des gens de bonne humeur ! » (NB : Thai standard « aarom »).

Plus tard, plusieurs membres de la famille se sont assis sur le sol de ciment de la cour, à l’ombre de la maison (37 degrés à l'ombre), pour jouer aux cartes. Y avait installé le petit autel familial à l’entrée de la maison. Une petite statue de Ganesh entre autres, allez, ça peut toujours aider, bouddhiste ou pas bouddhiste ! Les uns et les autres allaient à tour de rôle y faire leurs dévotions respectives.

Phîi Jet, l’un des frères aînés de Y, qui n’était pas venu au « wat » avec nous, est venu nous rejoindre, je pense justement pour une petite prière personnelle devant l’autel. Puis il s’est assis à côté de moi, je fais toujours l’objet de son attention. Après les deux ou trois politesses d’usage, il m’a dit quelque chose que Y a dû me traduire. Je n’ai jamais entendu Phîi Jet parler autre chose que le « phasàá Isàán », et même s’il était sobre pour une fois, je n’avais pas pu comprendre un traître mot.

Il m’invitait à passer chez lui pour manger une soupe au poulet. Cela semble être une invitation commune. J’espère avoir pu laisser l’affaire au niveau des bonnes intentions, car franchement, pour les soupes au poulet, j’ai déjà donné ! C’est l’une de mes mauvaises expériences culinaires en Isàán. Une soupe claire dans laquelle baignent plusieurs morceaux de poulet bouillis et souvent caoutchouteux, hachés on se demande comment, attention aux nombreux petits débris d’os! 🤪 Quand je ne peux pas me défiler, je me contente d’arroser le « khâao suèý” (le riz) de quelques cuillérées de soupe…..

C’est un dilemme bien connu des voyageurs. On veut faire des efforts pour faire plaisir aux gens du cru mais d’un autre côté on n’aime pas tout non plus.

NB : ceci est à l’intention des quelques pisse-vinaigres et autres prêcheurs qui traînent sur VF. Ce n’est pas la peine de rabâcher qu’un étranger n’arrivera jamais à être véritablement intégré en Thaïlande. Tout le monde le sait, merci, c’est enfoncer une porte ouverte ! Et je ne cherche pas non plus « l’intégration », je connais mes limites. Cela ne m’empêche pas d’essayer autant que possible de partager quelques moments avec les Thaïs et de les comprendre au moins un peu.
FR Franklenfant Veteran ·
Il m’invitait à passer chez lui pour manger une soupe au poulet. Cela semble être une invitation commune. J’espère avoir pu laisser l’affaire au niveau des bonnes intentions, car franchement, pour les soupes au poulet, j’ai déjà donné !

5555 Georges...et le lap de veau ou vache cru, ça te dit ? ... Même si on y ajoute un tas d'herbes odorantes..et un max de piment..c'est quand même loin d’être ragoutant .

Ma réponse habituelle : " im leo khrap " (je suis plein qu'on traduira par j' ai déjà mangé ) .

Comme en plus je ne fume pas et ne bois pas non plus d'alcool , ça se sait dans un large rayon autour du village, je suis tranquille et ça m’évite les désagréables surprises de la table en Issan ..

J'adore depuis le début..et j'attends la suite, œuf course... Ce matin suis sorti sur routes de terre rouge dans les environs du village, en VTT bien sur et j'ai pris une big saucée à trois km de la maison..Un superbe orage 🤪
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà
RE Renosu Globetrotter ·
Phi jet aurait t il perdu un coq au combat
RE Renosu Globetrotter ·
Il m’invitait à passer chez lui pour manger une soupe au poulet. Cela semble être une invitation commune. J’espère avoir pu laisser l’affaire au niveau des bonnes intentions, car franchement, pour les soupes au poulet, j’ai déjà donné !

5555 Georges...et le lap de veau ou vache cru, ça te dit ? ... Même si on y ajoute un tas d'herbes odorantes..et un max de piment..c'est quand même loin d’être ragoutant .

age 🤪

Ca depend qui le fait ou si la viande est achetee au marche ou tuee pour une fete bien fraiche. J en ai eu manger des excelents. Sinon bonjour le vermifuge. Pareil pour le lap de canar au sang
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
5555 Georges...et le lap de veau ou vache cru, ça te dit ? ... Même si on y ajoute un tas d'herbes odorantes..et un max de piment..c'est quand même loin d’être ragoutant .

Ma réponse habituelle : " im leo khrap " (je suis plein qu'on traduira par j' ai déjà mangé ) .

Le làap, une autre horreur de la cuisine du coin, je suis d'accord. Surtout quand c'est cru. Ce matin, toute la smala s'est rendue chez le frère aîné, à une quinzaine de bornes, pour lui souhaiter Songkran et tout le toutim. Il est connu pour aimer le "làap wua" cru 🏴‍☠️. Je l'ai déçu quand je lui ai dit "mâï kin wua" = je ne mange pas de boeuf/veau. Y non plus n'en mange jamais, donc elle était assez supportive. 🙂

Par contre, elle, son obsession, c'est le "làap pèt" fait avec du canard. Et tout ce qui est canard d'ailleurs. Elle se rue systématiquement dessus et 1 fois sur 2 elle est déçue par la qualité, mais rien n'y fait, elle y revient! 🙁

Première ondée cet après-midi depuis plusieurs jours. Seulement 5 minutes. Mais je sais lire le moindre signal dans le ciel et je sais que ça va craquer sérieux avant la fin de la journée!
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Phi jet aurait t il perdu un coq au combat

Hahaha! Qui sait?
GE GeorgesOZ Globetrotter ·
Pareil pour le lap de canar au sang

Ah oui, parlons-en du sang! Que penses-tu de ces morceaux de sang de canard ou de porc qu'on te sert dans les soupes, gros comme la moitié du poing? Personnellement, j'aime bien le boudin en France, mais là je tourne de l'oeil!

Allez, une autre fois on dira tout ce qui est délicieux à manger en Thaïlande!
FR Franklenfant Veteran ·
En fait ça n' a aucun goût ces cubes de sang coagulé .

Je ne mange quasi jamais de viande depuis très longtemps, bien avant d'habiter définitivement en Thaïlande; remplacé la plupart du temps par du soja sous différentes formes.

J'adore le lap pet ( canard ), le lap hmu ( cochon ) quand il sont cuits, bien évidemment . J' adore aussi le hmu nam tok ; tous ces plats accompagnés de riz gluant . A Kumphawaphi, une des sous préfectures de la province de Udon Thani , existe un restaurant de bric et de broc ( sa construction ) qui sert des lap à en tomber par terre.. Et à Chiang Mai, juste à l’extérieur des remparts, à quelques dizaines de mètres de la porte " Chiang Mai gate " un tout petit restau tenu par des gens de l'Issan qui sert aussi des lap d'enfer et pas chers du tout ! Le patron est un grand amateur de cyclisme et chez lui on écoute du blues toute la journée.

Mais je m’égare ( du Nord ) 🙂
Le socialisme ne peut fonctionner qu’au paradis où il n’est pas utile, et en enfer où ils l’ont déjà

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