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Programmer mes excursions de croisière English translation pending
Je fais une croisiere depart 13 sept du Havre avec escale postland, bordeaux, santander, la corona, porto, gilbraltar et marseille
qui pourrait m'aiguuiller afin de programer mes excurssions
merci
Retour de mon séjour en Martinique English translation pending
Bonjour à tous
Avant de vous faire part de mon carnet de voyage en Martinique, je voulais remercier Madikera et Lapinous pour leur aide précieuse dans la réalisation de mon séjour ainsi que le récit récent de Lescaribous.
Voici donc le récit de ce séjour du 11 au 21 mars, où nous partions en couple pour la première fois depuis bien longtemps (pour des raisons diverses, nos enfants ne pouvaient pas nous accompagner).
Pas du style à passer la journée allongés sur la plage, nous avons privilégié les randonnées et les découvertes de cette île.
Mercredi J1 : Arrivée de nuit à l'aéroport Aimé Césaire à cause d'un retard de 2 heures au départ d'Orly (la découverte des paysages sera donc pour le lendemain). Location sans problème de la voiture via Europcar avec une belle surprise
J'attendais une Captur et ce sera ma première BMW. L'arrivée à l'hôtel (Corail résidence à Sainte Luce) est donc un peu tardive mais super accueil et, après installation, repas au restaurant de l'hôtel (Le Mabouya) : Tartare de thon, excellent, accompagné de ma première Lorraine ; plus classique pour madame avec une salade césar poulet, également très bonne. En dessert, j'attaque le rhum avec une cassolette de banane et ananas flambé au vieux rhum, accompagné d'un sorbet mangue : bon mais un peu trop sucré à mon goût.Puis dodo, rassuré par le fait de l'absence de moustiques, dixit le gérant de l'hôtel. Effectivement, pas le moindre bourdonnement durant notre passage à Sainte Luce.
Jeudi J2 : Réveil assez tôt qui permet de voir le lever de soleil sur le Morne Larcher et le rocher Diamant. Après le petit déj à l'hôtel (tout à fait convenable et varié pour 10€), départ pour Sainte Anne : première et dernière averse du séjour pendant 15 min. On s'abrite dans l'église de Sainte Anne puis on attaque la montée du chemin de croix. Après un passage au marché et les premiers achats, direction notre première rando : Anse Caritan- Anse des Grandes Salines. Départ de la randonnée à 10 heures - Repas dans un snack de plage à Grandes Salines (acras + lorraine / brochette de crevettes-frites + didier : correct sans plus pour 20€, mais les moins bons acras du séjour) Retour de la randonnée à 14 heures. Très belle randonnée avec promenade en bord de plage les pieds dans l'eau très agréable, quelques naturistes à l'anse Meunier et à la Petite anse des Salines. Personnellement, nous avons plus apprécié la plage de l'anse Meunier que celle des Grandes Salines (pas pour les "culs nus"). Le fait qu'elle soit nettement moins fréquentée a probablement joué dans cette appréciation.

Au retour de cette randonnée, arrêt à la Pointe Borgnèse avec baignade et snorkeling. Petite plage très sympa, peu fréquentée et pas mal de poissons visibles à faible profondeur et non loin de la plage. Passage ensuite à la rhumerie Trois-Rivieres et ses boutiques : pas de dégustation et pas d'achat (on commence de façon raisonnable mais surtout rupture de stock pour la cuvée triple millésime dont j'avais envisagé l'achat). Après quelques courses au carrefour market de Sainte Luce, retour hôtel pour repas en chambre (kitchenette disponible), après le premier ti-punch du séjour (au rhum blanc HSE 55° pour les connaisseurs).
Avant de vous faire part de mon carnet de voyage en Martinique, je voulais remercier Madikera et Lapinous pour leur aide précieuse dans la réalisation de mon séjour ainsi que le récit récent de Lescaribous.
Voici donc le récit de ce séjour du 11 au 21 mars, où nous partions en couple pour la première fois depuis bien longtemps (pour des raisons diverses, nos enfants ne pouvaient pas nous accompagner).
Pas du style à passer la journée allongés sur la plage, nous avons privilégié les randonnées et les découvertes de cette île.
Mercredi J1 : Arrivée de nuit à l'aéroport Aimé Césaire à cause d'un retard de 2 heures au départ d'Orly (la découverte des paysages sera donc pour le lendemain). Location sans problème de la voiture via Europcar avec une belle surprise
J'attendais une Captur et ce sera ma première BMW. L'arrivée à l'hôtel (Corail résidence à Sainte Luce) est donc un peu tardive mais super accueil et, après installation, repas au restaurant de l'hôtel (Le Mabouya) : Tartare de thon, excellent, accompagné de ma première Lorraine ; plus classique pour madame avec une salade césar poulet, également très bonne. En dessert, j'attaque le rhum avec une cassolette de banane et ananas flambé au vieux rhum, accompagné d'un sorbet mangue : bon mais un peu trop sucré à mon goût.Puis dodo, rassuré par le fait de l'absence de moustiques, dixit le gérant de l'hôtel. Effectivement, pas le moindre bourdonnement durant notre passage à Sainte Luce.Jeudi J2 : Réveil assez tôt qui permet de voir le lever de soleil sur le Morne Larcher et le rocher Diamant. Après le petit déj à l'hôtel (tout à fait convenable et varié pour 10€), départ pour Sainte Anne : première et dernière averse du séjour pendant 15 min. On s'abrite dans l'église de Sainte Anne puis on attaque la montée du chemin de croix. Après un passage au marché et les premiers achats, direction notre première rando : Anse Caritan- Anse des Grandes Salines. Départ de la randonnée à 10 heures - Repas dans un snack de plage à Grandes Salines (acras + lorraine / brochette de crevettes-frites + didier : correct sans plus pour 20€, mais les moins bons acras du séjour) Retour de la randonnée à 14 heures. Très belle randonnée avec promenade en bord de plage les pieds dans l'eau très agréable, quelques naturistes à l'anse Meunier et à la Petite anse des Salines. Personnellement, nous avons plus apprécié la plage de l'anse Meunier que celle des Grandes Salines (pas pour les "culs nus"). Le fait qu'elle soit nettement moins fréquentée a probablement joué dans cette appréciation.

Au retour de cette randonnée, arrêt à la Pointe Borgnèse avec baignade et snorkeling. Petite plage très sympa, peu fréquentée et pas mal de poissons visibles à faible profondeur et non loin de la plage. Passage ensuite à la rhumerie Trois-Rivieres et ses boutiques : pas de dégustation et pas d'achat (on commence de façon raisonnable mais surtout rupture de stock pour la cuvée triple millésime dont j'avais envisagé l'achat). Après quelques courses au carrefour market de Sainte Luce, retour hôtel pour repas en chambre (kitchenette disponible), après le premier ti-punch du séjour (au rhum blanc HSE 55° pour les connaisseurs).
Quels transports pour le Japon: bus, train, JR pass...? English translation pending
Bonjour,
J’ai établi mon planning pour un séjour de 15 jours, mais alors niveau transport : bus/JR pass/train …. je suis totalement perdue !
Je serais ravie d’avoir un retour sur le choix le plus avantageux et pratique.
Voici mon planning :
04/05/2020 vol de nuit
05/05/2020 arrivée Tokyo
06/05/2020 Tokyo
07/05/2020 Tokyo
08/05/2020 j’hésite entre Kamakura et Hakone ?
09/05/2020 Kamalura ou Hakone ?
10/05/2020 yoto
11/05/2020 Kyoto avec aller/retour UJI - NARA - OSAKA
12/05/2020 Kyoto
13/05/2020 Kyoto
14/05/2020 Kyoto
15/05/2020 Kyoto
16/05/2020 Nagahama
17/05/2020 Takayama
18/05/2020 Matsumoto
19/05/2020 Tokyo - hôtel proche de l’aéroport de Narita
20/05/2020 départ vol à 09:55
Mon premier voyage à Paris English translation pending
Je suis arrivée il y a maintenant une semaine à Paris. Je voulais depuis longtemps connaître la capitale de France : j'avais déjà voyagé en Europe mais je n'avais pas encore eu l'occasion de faire cette expérience, Je suis à Paris pour poursuivre mes études à l'université de la Sorbonne.
En formant une spirale en allant du centre, les 20 arrondissements de Paris forme un escargot qui ne laisse pas ses visiteurs indifférents ! Dès mon arrivée et avec beaucoup d'enthousiasme, je me suis servie du plan de la ville de Paris pour découvrir les quartiers parisiens. J'avais commencé par visiter le quartier du Louvre dans le premier arrondissement qu'on nomme aussi le palais royal. J'avais un peu peur à plus de 300 mètres en montant la Tour Eiffel, mais je me suis ensuite habituée à l'idée. Quelques jours après mon arrivée, j'ai découvert les quartiers parisiens les plus connus, j'ai particulièrement aimé le quartier de la Bastille où la beauté de la Colonne de Juillet et la sérénité de la Seine s'ajoute à une nature resplendissante.
Au bout de quelques jours dans la ville des amoureux, on découvre des monuments époustouflants ! Au fur et à mesure que je me promène dans Paris, cette ville me plaît de plus en plus. Demain, je visiterai d'autres quartiers parisiens... j'ai hâte d'y être 🙂
En formant une spirale en allant du centre, les 20 arrondissements de Paris forme un escargot qui ne laisse pas ses visiteurs indifférents ! Dès mon arrivée et avec beaucoup d'enthousiasme, je me suis servie du plan de la ville de Paris pour découvrir les quartiers parisiens. J'avais commencé par visiter le quartier du Louvre dans le premier arrondissement qu'on nomme aussi le palais royal. J'avais un peu peur à plus de 300 mètres en montant la Tour Eiffel, mais je me suis ensuite habituée à l'idée. Quelques jours après mon arrivée, j'ai découvert les quartiers parisiens les plus connus, j'ai particulièrement aimé le quartier de la Bastille où la beauté de la Colonne de Juillet et la sérénité de la Seine s'ajoute à une nature resplendissante.
Au bout de quelques jours dans la ville des amoureux, on découvre des monuments époustouflants ! Au fur et à mesure que je me promène dans Paris, cette ville me plaît de plus en plus. Demain, je visiterai d'autres quartiers parisiens... j'ai hâte d'y être 🙂
Visiter Tokyo avec une personne agée English translation pending
bonjour à tous les voyageurs !
nous allons passer 6 jours a Tokyo prochainement et nous serons avec une dame agée qui ne marche pas tres tres longtemps
nous aimerions des conseils pour pouvoir lui faire visiter quand meme la ville sans trop la fatiguer
existe t il un city tour en bus ? avez vous des conseils, des suggestions ? quel est le prix du taxi la bas ? abordable ou prohibitif ?
merci par avance à ceux qui nous donneront de bons conseils
nous allons passer 6 jours a Tokyo prochainement et nous serons avec une dame agée qui ne marche pas tres tres longtemps
nous aimerions des conseils pour pouvoir lui faire visiter quand meme la ville sans trop la fatiguer
existe t il un city tour en bus ? avez vous des conseils, des suggestions ? quel est le prix du taxi la bas ? abordable ou prohibitif ?
merci par avance à ceux qui nous donneront de bons conseils
Espagne: Ibiza, au-delà des clichés English translation pending
L'île d'Ibiza serait-elle uniquement un lieu dédié à la fiesta et aux noctambules clubbers ? Bien sûr que non !
Car au-delà de ces clichés si souvent mis en avant, cette petite île des Baléares réserve aux visiteurs un incontestable charme … à condition de la sillonner du sud au nord et de long en large (quelques 40 kms sur à peine 20).
C'est ce que nous venons de faire, fin mai/début juin, à la découverte de ses côtes déchiquetées entrecoupées de « Cala » aux eaux turquoise, de ses villages aux maisons et aux églises toutes blanches sans oublier ses paysages vallonnés où se côtoient terres rouges et pinèdes verdoyantes …
C'est cette Ibiza, entre nature et patrimoine que je me propose de vous faire partager avec ce récit de texte et de photos.
Au pied des superbes falaises ocre rouge de Sa Caleta

Un léger voile de nuages vient de se dissiper et les falaises de Sa Caleta flamboient de toutes leurs jolies teintes chaudes. Il n'y a rien de mieux que les rayons d'un soleil de fin d'après-midi pour valoriser les rochers de cette crique du sud de l'île. Et pour ceux qui souhaitent encore plus de tranquillité, il faut se diriger vers la droite de la plage, longer la paroi verticale en escaladant quelques éboulis rocheux pour atteindre l'autre partie de la calanque, là, on se retrouve presque seul face à la belle bleue.

Si cette calanque est classée au patrimoine de l'Unesco, ce n'est pas pour son côté des plus esthétiques … mais pour témoigner de son histoire. En effet, les Phéniciens avaient élu domicile en ces lieux. Certainement pour son aspect stratégique. Il ne subsiste de cette époque que quelques ruines agencées en murets sur le haut des falaises, d'uniques vestiges d'une cité s'étendant sur 5 ha où auraient vécu près d'un millier de personnes. C'était entre le 8e s. et le 6e s. av. J.-C. Quant au port, il faut l'imaginer … au bas de ses falaises.
Depuis la plage ou depuis le bord de l'escarpement, la vue s'avère splendide. On suppose qu'il doit en être de même depuis la mer. Ces amateurs de kayak qui rasent au plus près les cailloux et les parois de cette calanque ne me contrediraient certainement pas !

Sur une route côtière du nord de l'île, à admirer de vertigineux panoramas
A Ibiza, les routes qui suivent la côte ne sont finalement pas les plus nombreuses. Faire le tour de l'île fait passer par des tronçons sillonnant l'intérieur rejoindre le rivage nécessite alors d'emprunter des routes qui desservent les « Cala », une à une. Aussi, cette petite route du nord de l'île qui longe la côte en la surplombant m'a particulièrement enthousiasmé.

Passé la station (plage/cala/résidences) de Sant Miquel, la route s'élève et laisse déjà apercevoir un splendide panorama. En contrebas, un rocher semble résister à devenir un simple îlot. Un cordon de terre et de sable le relie à l'île mère, mais pour combien de temps encore ? Le ruban de bitume est plutôt étroit, pas facile de se croiser ni de se garer le temps d'admirer l'à-pic. Fort heureusement, il n'y personne en cette belle après-midi. Nous somme ici dans la partie la plus élevée de l'île, les Hauts d'Ibiza où le paysage alentour prend des allures de montagne. Bon, il faut savoir tout de même que le point culminant de l'île n'est que de 475 mètres ! Mais dans les territoires insulaires, le contraste avec le niveau de la mer renforce toujours l'impression d'altitude. Ici, le tracé de la voie épouse celui de la côte, c'est dire qu'il serpente sans cesse parmi une immense pinède. Les pins si nombreux dans ce secteur de l'île ne font-ils pas surnommer parfois Ibiza, « l'île des pins » ?

Tout en bas, un imposant piton rocheux attire le regard comme également la teinte de ce bleu soutenu qui contraste (ou s'harmonise, pourrait-on dire aussi !) avec le vert des pins accrochés au versant. Pour animer la vue, un bateau d'admirateurs contourne le fameux rocher solitaire en faisant des ronds dans l'eau, avec l'écume de son sillage.

D'une calanque à l'autre … à présent apparaît une vue plongeante sur une des plus belle cala de l'île. Cala Benirras, si paisible avec sa longue crique étroite qui entaille la côte. Aucun immeuble disgracieux n'altère la beauté du site … c'est sûr, on va y faire une pause soleil/baignade avant de poursuivre le périple.

Reposé, rafraîchis … et de nouveau au volant. Direction Portinatx, tout au nord de l'île. Je pourrais évoquer les criques et les plages abritées de cette charmante station balnéaire mais honneur à la Punta des Moscater, elle ne passe pas inaperçue.

Un phare et sa colonne zébrée de blanc et noir (52 m) la signale depuis le large mais également depuis la côte. N'est-elle pas coquette cette crique avec son banc de sable, ses embarcations de pêche et cette douce luminosité de début de soirée ? Je vous l'ai bien dit en préambule, à Ibiza il n'y a pas que des lieux pour fêtards mais aussi des panoramas pour les photographes contemplatifs.

Cala, abris et rampes à bateaux
Ils font partie du décor des cala d'Ibiza et plus généralement des îles Baléares, je veux parler des abris à bateaux. Bâtis soit en bois ou souvent en dur, c'est à dire en béton, on les voit alignés et accrochés aux rochers des falaises en bordure des criques … enfin des cala, pour utiliser le nom local.

Et pour accéder à l'eau en vue d'une sortie de pêche côtière, il suffit de faire glisser le bateau sur les simples rampes en bois qui prolongent chaque abris jusqu'à la mer. Au retour, c'est plus physique, puisque les pêcheurs doivent alors faire remonter la pente à leur embarcation, le filin pour les tracter est donc le bienvenu. Ici, un exemple d'un de ces ports de fortune avec celui de la Cala d'Hort avec ses abris, ses rampes d'accès et un bateau … et puis aussi avec sa superbe vue sur les îlots rocheux.

Bon, il faut reconnaître que ces abris à bateaux ne sont pas toujours très esthétiques avec leur aspect bricolé qui sent la débrouille … mais ce bric à brac typique respire au moins l'authenticité.

Autre cala et autre côte mais toujours ces mêmes abris à bateaux. Ici, à l'autre bout de l'île avec une vue de la crique protégée de Pou des Lleo, rochers rouge et plaisante petite plage de sable.

Suite récit … message suivant.
Au pied des superbes falaises ocre rouge de Sa Caleta

Un léger voile de nuages vient de se dissiper et les falaises de Sa Caleta flamboient de toutes leurs jolies teintes chaudes. Il n'y a rien de mieux que les rayons d'un soleil de fin d'après-midi pour valoriser les rochers de cette crique du sud de l'île. Et pour ceux qui souhaitent encore plus de tranquillité, il faut se diriger vers la droite de la plage, longer la paroi verticale en escaladant quelques éboulis rocheux pour atteindre l'autre partie de la calanque, là, on se retrouve presque seul face à la belle bleue.

Si cette calanque est classée au patrimoine de l'Unesco, ce n'est pas pour son côté des plus esthétiques … mais pour témoigner de son histoire. En effet, les Phéniciens avaient élu domicile en ces lieux. Certainement pour son aspect stratégique. Il ne subsiste de cette époque que quelques ruines agencées en murets sur le haut des falaises, d'uniques vestiges d'une cité s'étendant sur 5 ha où auraient vécu près d'un millier de personnes. C'était entre le 8e s. et le 6e s. av. J.-C. Quant au port, il faut l'imaginer … au bas de ses falaises.
Depuis la plage ou depuis le bord de l'escarpement, la vue s'avère splendide. On suppose qu'il doit en être de même depuis la mer. Ces amateurs de kayak qui rasent au plus près les cailloux et les parois de cette calanque ne me contrediraient certainement pas !

Sur une route côtière du nord de l'île, à admirer de vertigineux panoramas
A Ibiza, les routes qui suivent la côte ne sont finalement pas les plus nombreuses. Faire le tour de l'île fait passer par des tronçons sillonnant l'intérieur rejoindre le rivage nécessite alors d'emprunter des routes qui desservent les « Cala », une à une. Aussi, cette petite route du nord de l'île qui longe la côte en la surplombant m'a particulièrement enthousiasmé.

Passé la station (plage/cala/résidences) de Sant Miquel, la route s'élève et laisse déjà apercevoir un splendide panorama. En contrebas, un rocher semble résister à devenir un simple îlot. Un cordon de terre et de sable le relie à l'île mère, mais pour combien de temps encore ? Le ruban de bitume est plutôt étroit, pas facile de se croiser ni de se garer le temps d'admirer l'à-pic. Fort heureusement, il n'y personne en cette belle après-midi. Nous somme ici dans la partie la plus élevée de l'île, les Hauts d'Ibiza où le paysage alentour prend des allures de montagne. Bon, il faut savoir tout de même que le point culminant de l'île n'est que de 475 mètres ! Mais dans les territoires insulaires, le contraste avec le niveau de la mer renforce toujours l'impression d'altitude. Ici, le tracé de la voie épouse celui de la côte, c'est dire qu'il serpente sans cesse parmi une immense pinède. Les pins si nombreux dans ce secteur de l'île ne font-ils pas surnommer parfois Ibiza, « l'île des pins » ?

Tout en bas, un imposant piton rocheux attire le regard comme également la teinte de ce bleu soutenu qui contraste (ou s'harmonise, pourrait-on dire aussi !) avec le vert des pins accrochés au versant. Pour animer la vue, un bateau d'admirateurs contourne le fameux rocher solitaire en faisant des ronds dans l'eau, avec l'écume de son sillage.

D'une calanque à l'autre … à présent apparaît une vue plongeante sur une des plus belle cala de l'île. Cala Benirras, si paisible avec sa longue crique étroite qui entaille la côte. Aucun immeuble disgracieux n'altère la beauté du site … c'est sûr, on va y faire une pause soleil/baignade avant de poursuivre le périple.

Reposé, rafraîchis … et de nouveau au volant. Direction Portinatx, tout au nord de l'île. Je pourrais évoquer les criques et les plages abritées de cette charmante station balnéaire mais honneur à la Punta des Moscater, elle ne passe pas inaperçue.

Un phare et sa colonne zébrée de blanc et noir (52 m) la signale depuis le large mais également depuis la côte. N'est-elle pas coquette cette crique avec son banc de sable, ses embarcations de pêche et cette douce luminosité de début de soirée ? Je vous l'ai bien dit en préambule, à Ibiza il n'y a pas que des lieux pour fêtards mais aussi des panoramas pour les photographes contemplatifs.

Cala, abris et rampes à bateaux
Ils font partie du décor des cala d'Ibiza et plus généralement des îles Baléares, je veux parler des abris à bateaux. Bâtis soit en bois ou souvent en dur, c'est à dire en béton, on les voit alignés et accrochés aux rochers des falaises en bordure des criques … enfin des cala, pour utiliser le nom local.

Et pour accéder à l'eau en vue d'une sortie de pêche côtière, il suffit de faire glisser le bateau sur les simples rampes en bois qui prolongent chaque abris jusqu'à la mer. Au retour, c'est plus physique, puisque les pêcheurs doivent alors faire remonter la pente à leur embarcation, le filin pour les tracter est donc le bienvenu. Ici, un exemple d'un de ces ports de fortune avec celui de la Cala d'Hort avec ses abris, ses rampes d'accès et un bateau … et puis aussi avec sa superbe vue sur les îlots rocheux.

Bon, il faut reconnaître que ces abris à bateaux ne sont pas toujours très esthétiques avec leur aspect bricolé qui sent la débrouille … mais ce bric à brac typique respire au moins l'authenticité.

Autre cala et autre côte mais toujours ces mêmes abris à bateaux. Ici, à l'autre bout de l'île avec une vue de la crique protégée de Pou des Lleo, rochers rouge et plaisante petite plage de sable.

Suite récit … message suivant.
De retour de Ténérife en février 2014 English translation pending
Un bref aperçu d’un petit séjour à Ténérife du 4 au 11/2/2014.
Voyage
Billet d’avion acheté chez Jetairfly et départ de Charleroi. 413 € pour 2 personnes avec 2 X 20 Kg de bagages et les « repas » à bord. Ryanair était 50 € moins cher mais on arrivait plus tôt avec Jetairfly et pas de soucis de pesage, ni de prise de tête avec les dimensions des bagages à main.Pas trop important pour moi, mais les hôtesses sont parfaites bilingues (fr-en-nl). Par internet, location d’une ford fiesta chez Autoreisen à 118 € pour la semaine. On ramène le véhicule avec la même quantité de carburant qu’au départ et de plus, aucune franchise. Je vous recommande de bien contrôler ces divers paramètres avant de louer chez d’autres. Dans ce cas précis, je ne sais pas si il y avait moyen de faire mieux que ces 118 €. La voiture avait certes 128.000 km au compteur mais elle était propre et ne nous a pas laissé en rade un seul instant. Contrôle de départ et de retour inexistant
Hôtel Sandos San blas près de la réserve de Los ambiantas. L’hôtel est en dehors du nid à touriste de Playa de Las Americas (15’ en voiture). Il jouxte une réserve naturelle qu’on peut visiter et qui ma fois, est à faire si vous en avez le temps (rien d’exceptionnel néanmoins). On a pris la visite organisée par l’hôtel (7,5 € pp), mais rien ne vous oblige à le faire via l’hôtel. Vérifier les heures d’ouvertures… Pour le reste, l’hôtel est divisé en deux ailes avec au centre plusieurs piscines. Les chambres sont confortables avec terrasse et petite baignoire à bulles + douche séparée. Propreté impeccable. La clim par contre est très bruyante mais en février, on a pu la débrancher et se débrouiller sans. Le personnel est de neutre à très agréable. Les restaurants sont localisés dans le bas du complexe. Au sein de ceux-ci, buffets standard avec grillades de poissons et viandes. On a trouvé notre bonheur tous les jours. Comme on était en all-in, le vin à table faisait partie du forfait. Ce n’était certes pas de grands crus, mais il se laissait boire et n’a pas laissé de trous dans mon système digestif. Il est à noter que le all-in est valable sur une certaine partie de la carte des boissons. Si vous désirez, une Carslberg plutôt que la bière du coin, il y a des suppléments. Idem pour les alcools. On n’a jamais eu besoin de demander des boissons particulières. Celles qui étaient gratuites étaient plus que convenable. Si l’hôtel est en dehors des grands centres touristiques, il est plus proche de l’aéroport. Cela signifie que les avions passent très bas et qu’on peut presque voir les galons du commandant de bord. Ca ne nous a pas embêtés plus que ça sauf une nuit où apparemment ce même commandant de bord a réveillé la moitié de l’hôtel vers 2H du mat… En résumé, bon séjour dans cet hôtel dans lequel on retournerait volontiers.
Considérations générales
Ténérife en février c’est 20 bons degrés et un ciel bleu. Hormis une soirée un peu plus fraîche, on s’est baladé en T-shirts toutes les soirées et en journée, shorts ou pantacourts de rigueur. La température très agréable permet de se visiter sans suer. On n’a pas connu de grands vents ni de pluie sur la semaine. Il y avait toutefois à certains endroits un peu plus de nuages, mais ceux-ci étaient de toute façon à sec. Pour le reste, c’est très urbanisé et semblable à n’importe quelle station balnéaire européenne. Des magasins, des tavernes, des attractions, des anglais, des allemands et des belges bien sur J. C’était très calme. La moyenne d’âge des touristes se situait autour de 60 ans, ce qui nous permettait d’être dans les plus jeunes ! La circulation est fluide et peu d’actes de conduite dangereuse. Pour le reste, je dirais que la durée optimale est de 10 jours. Avec un tel nombre de jours, on peut tout visiter. En all-in, cette semaine à quatre heures d’avion de Charleroi nous est revenue à 2.000 €. Si on compare à une semaine dans les caraïbes c’est nettement moins loin et cher avec à la clé, du soleil garanti. Je recommande à tout le monde cette petite parenthèse en plein hiver. Cela permet d’anticiper le printemps et de se refaire le plein de vitamines.
Sites visités
Santa Cruz
Lorsqu’on arrive par l’autoroute en provenance de l’aéroport et qu’on prend l’Avenida Maritima, on découvre ce qui ressemble à une raffinerie et une centrale électrique à flanc de colline et au bord de la mer. C’est Charleroi sur mer J . On pourrait facilement tourner un film de SF ou d’horreur post-apocalypse. Heureusement, on découvre ensuite l’auditorium. C’est un bâtiment blanc à l’architecture futuriste qui vaut le coup d’œil. Au pied de la digue sur lequel il est bâti, des rochers où des artistes ont dessiné des célébrités diverses et variées. Il y en a une bonne cinquantaine. Pour le reste, on n’a rien visité d’autre à Santa Cruz.
La Laguna
Très jolie ville avec des maisons de style colorées, une « cathédrale », des patios et beaucoup d’autres curiosités. La rue principale est piétonnière avec un mix de maisons d’époque, de boutiques et de quelques estaminets. C’est très agréable pour se balader. L’office du tourisme situé dans ce piétonnier procure un plan de la ville avec les principaux centres d’intérêts ( rassemblés dans un carré d’environ 500m). Il y a des visites organisées en français pour ceux qui le souhaite. Comme les rues de la ville sont organisées en ligne et en colonne, c’est très facile à se repérer. Il est par contre plus difficile de se parquer gratuitement.
Massif de l’Anaga
A partir de Santa Cruz, direction Las Mercedes et le centre de visiteurs de l’Anaga. La route serpente à travers de jolies petites montagnes très vertes rendant le paysage très joli. Nombreux points de vue sur la côte et sur la vallée du Teide avec belles photos à la clé. La route est sinueuse et ça grimpe pas mal, mais pas de situations périlleuses en termes de croisement. Au centre des visiteurs de Las Mercedes, une canarienne sympathique comme une porte de prison vous donnera quelques informations mais comme elle ne parle ni l’anglais ni le français… Elle nous parle d’un sentier des sens qui jouxte le centre. On l’a parcouru, mais comme les pluies l’avaient méchamment raviné, on a abandonné ce qui n’était de toute façon pas grand-chose de rare. On peut par contre acheter des cartes des balades de la région. A 5’ de là en voiture, il y a le pico del ingles. C’est un point de vue à ne pas rater.
Taganana
En continuant au delà de Las Mercedes, prendre la direction de Taganana. C’est un village bâti sur le massif qui se jette dans la mer. C’est magnifique d’autant plus que la côte est très sauvage avec des vagues qui se jettent en rouleaux sur les falaises. En continuant vers Benijo, on longe la mer sur une belle route.
La Orotava
C’est la ville aux balcons. De belles demeures comme à La Laguna. Charmante place et beaucoup de couleurs. Les principales curiosités sont groupées dans le centre. Casa de Los Balcones et casa Lercaro (où on a mangé une paëlla) à ne pas rater.
Icod de Los Vinos
Un peu plus à l’ouest de La Orotava. L’attraction principale est un arbre « millénaire » : Le Dragonnier. On peut le voir de la place principale. Sinon, il faut pour s’en approcher payer… C’est joli à voir. Dégustation de vins possible également.
Garachico
Petit village de pêcheurs avec de charmantes rues et places toujours très colorées. Il y a un bar sympa juste à côté du « Castello » où les vagues viennent terminer leur course dans de petites criques.
Masca
Petit village perché dans la montagne. Beaucoup de touristes. La route est superbe mais les croisements sont assez difficiles surtout lorsqu’un minibus arrive dans l’autre sens. Il faut alors mettre ses roues dans une rigole en V qui se fera un plaisir de laisser ses traces dans votre carter. Les Virages en épingle à cheveux sans aucune visibilité sont également nombreux. Heureusement, les gens roulent prudemment et il y ade sparapets partout donc pas de souci de vertige. A part cela, les vues sont magnifiques. Ne pas hésiter à s’arrêter aux 2 ou 3 points de vue. A fuir si vous n’êtes pas à l’aise avec les routes de montagne.
Los Gigantes
Belles falaises mais pas de possibilités de les arpenter. Balades en bateau possible pour les dauphins et visite des falaises par la mer mais on ne l’a pas fait car celle-ci était houleuse ce jour-là. Parking au niveau du port avec quelques restaurants touristiques…
Le Teide
A lui seul, cela vaut le déplacement. On se croirait à certains moments dans l’Ouest Américain. En venant du sud (Arona), s’arrêter au centre des visiteurs de Los Roques. Ils fournissent une carte des ballades. En face du centre, il y a de belles vues sur une plaine volcanique semblable à un paysage lunaire. Petite escalade sur un gros rocher pour gagner un peu de hauteur. Beaucoup de monde à cet endroit. Le sentier 3 part de là. Chouette ballade sur terrain plat avec de magnifiques vues sur le Teide et toute une série de rochers magnifiques. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne, le nombre de touristes s’estompe rendant la balade beaucoup plus intime. Compter environ 1H30. En continuant vers le nord, il y a une autre balade agréable en face du téléphérique. Très peu de monde et là aussi pas de difficultés majeures. On a vraiment l’impression d’être sur une autre planète et à certains moments il n’y a même personne. En continuant vers le nord, nouvel arrêt sur une plaine avec reflets verdâtres. En marchant un peu, découverte de nouvelles vues sur le site. On redescend ensuite vers La Orotova (TF21) à travers une forêt. Très jolie route avec vue de la face nord du Teide enneigée. Très très bons souvenir de cette journée au Teide. C’est le must de l’île pour ceux qui aiment les paysages et les ballades. En gros, bonne expérience de ce jour à Ténérife.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas.
Jean.
Billet d’avion acheté chez Jetairfly et départ de Charleroi. 413 € pour 2 personnes avec 2 X 20 Kg de bagages et les « repas » à bord. Ryanair était 50 € moins cher mais on arrivait plus tôt avec Jetairfly et pas de soucis de pesage, ni de prise de tête avec les dimensions des bagages à main.Pas trop important pour moi, mais les hôtesses sont parfaites bilingues (fr-en-nl). Par internet, location d’une ford fiesta chez Autoreisen à 118 € pour la semaine. On ramène le véhicule avec la même quantité de carburant qu’au départ et de plus, aucune franchise. Je vous recommande de bien contrôler ces divers paramètres avant de louer chez d’autres. Dans ce cas précis, je ne sais pas si il y avait moyen de faire mieux que ces 118 €. La voiture avait certes 128.000 km au compteur mais elle était propre et ne nous a pas laissé en rade un seul instant. Contrôle de départ et de retour inexistant
Hôtel Sandos San blas près de la réserve de Los ambiantas. L’hôtel est en dehors du nid à touriste de Playa de Las Americas (15’ en voiture). Il jouxte une réserve naturelle qu’on peut visiter et qui ma fois, est à faire si vous en avez le temps (rien d’exceptionnel néanmoins). On a pris la visite organisée par l’hôtel (7,5 € pp), mais rien ne vous oblige à le faire via l’hôtel. Vérifier les heures d’ouvertures… Pour le reste, l’hôtel est divisé en deux ailes avec au centre plusieurs piscines. Les chambres sont confortables avec terrasse et petite baignoire à bulles + douche séparée. Propreté impeccable. La clim par contre est très bruyante mais en février, on a pu la débrancher et se débrouiller sans. Le personnel est de neutre à très agréable. Les restaurants sont localisés dans le bas du complexe. Au sein de ceux-ci, buffets standard avec grillades de poissons et viandes. On a trouvé notre bonheur tous les jours. Comme on était en all-in, le vin à table faisait partie du forfait. Ce n’était certes pas de grands crus, mais il se laissait boire et n’a pas laissé de trous dans mon système digestif. Il est à noter que le all-in est valable sur une certaine partie de la carte des boissons. Si vous désirez, une Carslberg plutôt que la bière du coin, il y a des suppléments. Idem pour les alcools. On n’a jamais eu besoin de demander des boissons particulières. Celles qui étaient gratuites étaient plus que convenable. Si l’hôtel est en dehors des grands centres touristiques, il est plus proche de l’aéroport. Cela signifie que les avions passent très bas et qu’on peut presque voir les galons du commandant de bord. Ca ne nous a pas embêtés plus que ça sauf une nuit où apparemment ce même commandant de bord a réveillé la moitié de l’hôtel vers 2H du mat… En résumé, bon séjour dans cet hôtel dans lequel on retournerait volontiers.
Considérations générales
Ténérife en février c’est 20 bons degrés et un ciel bleu. Hormis une soirée un peu plus fraîche, on s’est baladé en T-shirts toutes les soirées et en journée, shorts ou pantacourts de rigueur. La température très agréable permet de se visiter sans suer. On n’a pas connu de grands vents ni de pluie sur la semaine. Il y avait toutefois à certains endroits un peu plus de nuages, mais ceux-ci étaient de toute façon à sec. Pour le reste, c’est très urbanisé et semblable à n’importe quelle station balnéaire européenne. Des magasins, des tavernes, des attractions, des anglais, des allemands et des belges bien sur J. C’était très calme. La moyenne d’âge des touristes se situait autour de 60 ans, ce qui nous permettait d’être dans les plus jeunes ! La circulation est fluide et peu d’actes de conduite dangereuse. Pour le reste, je dirais que la durée optimale est de 10 jours. Avec un tel nombre de jours, on peut tout visiter. En all-in, cette semaine à quatre heures d’avion de Charleroi nous est revenue à 2.000 €. Si on compare à une semaine dans les caraïbes c’est nettement moins loin et cher avec à la clé, du soleil garanti. Je recommande à tout le monde cette petite parenthèse en plein hiver. Cela permet d’anticiper le printemps et de se refaire le plein de vitamines.
Sites visités
Santa Cruz
Lorsqu’on arrive par l’autoroute en provenance de l’aéroport et qu’on prend l’Avenida Maritima, on découvre ce qui ressemble à une raffinerie et une centrale électrique à flanc de colline et au bord de la mer. C’est Charleroi sur mer J . On pourrait facilement tourner un film de SF ou d’horreur post-apocalypse. Heureusement, on découvre ensuite l’auditorium. C’est un bâtiment blanc à l’architecture futuriste qui vaut le coup d’œil. Au pied de la digue sur lequel il est bâti, des rochers où des artistes ont dessiné des célébrités diverses et variées. Il y en a une bonne cinquantaine. Pour le reste, on n’a rien visité d’autre à Santa Cruz.
La Laguna
Très jolie ville avec des maisons de style colorées, une « cathédrale », des patios et beaucoup d’autres curiosités. La rue principale est piétonnière avec un mix de maisons d’époque, de boutiques et de quelques estaminets. C’est très agréable pour se balader. L’office du tourisme situé dans ce piétonnier procure un plan de la ville avec les principaux centres d’intérêts ( rassemblés dans un carré d’environ 500m). Il y a des visites organisées en français pour ceux qui le souhaite. Comme les rues de la ville sont organisées en ligne et en colonne, c’est très facile à se repérer. Il est par contre plus difficile de se parquer gratuitement.
Massif de l’Anaga
A partir de Santa Cruz, direction Las Mercedes et le centre de visiteurs de l’Anaga. La route serpente à travers de jolies petites montagnes très vertes rendant le paysage très joli. Nombreux points de vue sur la côte et sur la vallée du Teide avec belles photos à la clé. La route est sinueuse et ça grimpe pas mal, mais pas de situations périlleuses en termes de croisement. Au centre des visiteurs de Las Mercedes, une canarienne sympathique comme une porte de prison vous donnera quelques informations mais comme elle ne parle ni l’anglais ni le français… Elle nous parle d’un sentier des sens qui jouxte le centre. On l’a parcouru, mais comme les pluies l’avaient méchamment raviné, on a abandonné ce qui n’était de toute façon pas grand-chose de rare. On peut par contre acheter des cartes des balades de la région. A 5’ de là en voiture, il y a le pico del ingles. C’est un point de vue à ne pas rater.
Taganana
En continuant au delà de Las Mercedes, prendre la direction de Taganana. C’est un village bâti sur le massif qui se jette dans la mer. C’est magnifique d’autant plus que la côte est très sauvage avec des vagues qui se jettent en rouleaux sur les falaises. En continuant vers Benijo, on longe la mer sur une belle route.
La Orotava
C’est la ville aux balcons. De belles demeures comme à La Laguna. Charmante place et beaucoup de couleurs. Les principales curiosités sont groupées dans le centre. Casa de Los Balcones et casa Lercaro (où on a mangé une paëlla) à ne pas rater.
Icod de Los Vinos
Un peu plus à l’ouest de La Orotava. L’attraction principale est un arbre « millénaire » : Le Dragonnier. On peut le voir de la place principale. Sinon, il faut pour s’en approcher payer… C’est joli à voir. Dégustation de vins possible également.
Garachico
Petit village de pêcheurs avec de charmantes rues et places toujours très colorées. Il y a un bar sympa juste à côté du « Castello » où les vagues viennent terminer leur course dans de petites criques.
Masca
Petit village perché dans la montagne. Beaucoup de touristes. La route est superbe mais les croisements sont assez difficiles surtout lorsqu’un minibus arrive dans l’autre sens. Il faut alors mettre ses roues dans une rigole en V qui se fera un plaisir de laisser ses traces dans votre carter. Les Virages en épingle à cheveux sans aucune visibilité sont également nombreux. Heureusement, les gens roulent prudemment et il y ade sparapets partout donc pas de souci de vertige. A part cela, les vues sont magnifiques. Ne pas hésiter à s’arrêter aux 2 ou 3 points de vue. A fuir si vous n’êtes pas à l’aise avec les routes de montagne.
Los Gigantes
Belles falaises mais pas de possibilités de les arpenter. Balades en bateau possible pour les dauphins et visite des falaises par la mer mais on ne l’a pas fait car celle-ci était houleuse ce jour-là. Parking au niveau du port avec quelques restaurants touristiques…
Le Teide
A lui seul, cela vaut le déplacement. On se croirait à certains moments dans l’Ouest Américain. En venant du sud (Arona), s’arrêter au centre des visiteurs de Los Roques. Ils fournissent une carte des ballades. En face du centre, il y a de belles vues sur une plaine volcanique semblable à un paysage lunaire. Petite escalade sur un gros rocher pour gagner un peu de hauteur. Beaucoup de monde à cet endroit. Le sentier 3 part de là. Chouette ballade sur terrain plat avec de magnifiques vues sur le Teide et toute une série de rochers magnifiques. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne, le nombre de touristes s’estompe rendant la balade beaucoup plus intime. Compter environ 1H30. En continuant vers le nord, il y a une autre balade agréable en face du téléphérique. Très peu de monde et là aussi pas de difficultés majeures. On a vraiment l’impression d’être sur une autre planète et à certains moments il n’y a même personne. En continuant vers le nord, nouvel arrêt sur une plaine avec reflets verdâtres. En marchant un peu, découverte de nouvelles vues sur le site. On redescend ensuite vers La Orotova (TF21) à travers une forêt. Très jolie route avec vue de la face nord du Teide enneigée. Très très bons souvenir de cette journée au Teide. C’est le must de l’île pour ceux qui aiment les paysages et les ballades. En gros, bonne expérience de ce jour à Ténérife.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas.
Jean.
Voyage en Roumanie à moto English translation pending
Je souhaite partir en Roumanie pendant 3 semaines en 2014.
Mon itinéraire CLERMONT FERRAND- VENISE- LJUBLJANA - ZAGREB - BUDAPEST en longeant le lac BALATON puis BUCAREST et VAMA VECHE en bordure de la mer Noire.
Pourriez vous m'indiquer SVP les routes à prendre en évitant de prendre les autoroutes et routes à péages.
Je ne sais pas si l'on si l'on peut rouler dans ses pays sans payer les taxes de certaines routes.
De plus je pense dormir dans les campings.
Si certaines connaissent ces pays pourriez vous me donner quelques conseils.
Je prépare la logistique pour mon voyage.
Merci et bon voyage à tous
TRIUMPHALOU
Quatre jours à Rome (du 24 au 28 février 2010) English translation pending
Allez à mon tour de me lancer dans le carnet de voyage !
Voici donc un aperçu de notre séjour (mon chéri + moi) à Rome du 24 au 28 février 2010.
J1
Grâce à notre ami orange E...j.t, nous avons pu décoller à peu près à l’heure de l’aéroport Bâle-Mulhouse, à un prix raisonnable (90 € aller-retour). Durée du vol : 1h20 ; arrivée à Fiumicino aux alentours de 15h.
Nous prenons le train « Leonardo Express » qui en ½ heure nous emmène à la gare de Termini pour 11 €.
Bagages récupérés, nous nous extirpons de la gare tentaculaire de Termini. Nous achetons nos pass ATAC (compagnie de transports urbains de Rome) à un stand qui vend à peu près tout, y compris un mini plan du réseau bus de Rome, bien pratique pour le reste du séjour.
Prix : 2,50 € pour le mini-plan, 16 € pour le pass 1 semaine (très avantageux, puisqu’on a utilisé le réseau de bus continuellement durant notre séjour, ainsi que le tram et le métro).
Nous déposons nos affaires dans notre chambre : Bed&Breakfast Little Queen, situé dans le ghetto juif, 80 € la nuit.
Il est idéalement situé pour faire la majorité des sites à pied, de plus le quartier est très sympa, un peu rétro comme on aime. En bonus : nous passerons tous les jours devant la fontaine aux Tortues (piazza Mattei) qui est l’une des plus mignonnes de la ville !
Nous voilà parti pour une rapide découverte à pied du centre historique de Rome : piazza Navona (la fontaine des fleuves est malheureusement en travaux, mais les barrières de protection sont vitrées par endroit, ce qui permet de profiter un peu de ce bel ouvrage), église Sainte-Agnès très baroque, église Saint-Louis des Français pour ses beaux tableaux du Caravage, le Panthéon et l’incontournable fontaine de Trévi de nuit.
Le soir, nous déambulons sur la via del Governo Vecchio, bourrée de petits restaurants (à touristes mais pas tous) et de bars et nous dînons à la Montecarlo, une pizzeria réputée si l’on en croit les photos de stars accrochées aux murs ;-)
J2
Le lendemain, nous prenons le bus à Largo di Torre Argentina, station importante qui se situe en bordure d’un parc archéologique surnommé le « refuge des chats ». En effet, beaucoup de félins se prélassent au soleil entre les ruines romaines. L’ensemble est pittoresque !
Direction le Vatican en cette belle journée ensoleillée. Nous nous promenons sur le pont des Anges et profitons de la vue sur le Tibre, la basilique Saint-Pierre, le château Saint-Ange. Ensuite nous rejoignons le Vatican ou nous faisons ¼ d’heures de queue environ (sécurité oblige) avant de pénétrer dans la basilique.
Nous nous rendons directement au guichet permettant l’accès à la coupole et courageusement nous achetons le ticket « a piedi ». Après une centaine de marches en colimaçon, nous atteignons l’intérieur de la coupole, qui offre une vue grandiose sur l’intérieur de la basilique. C’est magique, époustouflant : si je n’ai qu’un conseil à donner concernant la visite du Vatican ce sera celui-là : faites-vous violence et grimper dans la coupole, vous ne le regretterez pas !
Après un bref passage à l’air libre, nous voici engagés pour la dernière et la plus difficile partie de notre escalade : un escalier de plus en plus étroit et sombre nous mène jusqu’au sommet de la coupole (claustrophobes, s’abstenir à tout prix !). Bien entendu, le panorama à 360° est magnifique, d’autant qu’aux alentours de midi nous avons pu en profiter sans trop de bousculades.
La descente s’effectue par des escaliers différents (en effet à certains endroits il est impossible de se croiser) et nous arrivons directement au cœur de la basilique que nous visitons avec intérêt et émerveillement, surtout après l’avoir observée « d’en haut ».
Nous contournons ensuite le mur d’enceinte du Vatican pour nous rendre aux Musei Vaticani. L’entrée coûte 14 € mais nous comprenons rapidement pourquoi : on peut facilement passer la journée dans ces musées tant leurs collections est riches. Nous passons à l’essentiel, à savoir : la galerie des cartes géographiques, les chambres de Raphaël, la pinacothèque et l’incontournable Chapelle Sixtine. La terrasse offre également une vue agréable sur la basilique Saint-Pierre et les jardins du Vatican.
Avant de regagner notre chambre nous faisons un petit détour par Trévi de jour cette fois, puis par le Panthéon que nous avions fait de nuit aussi. En chemin nous passons par la piazza Colonna, ornée de la colonne Marc Aurèle (et non pas la colonne Trajane comme nous le pensions ^^) et la piazza Sainte-Marie-sur-Minerve, avec son éléphant malheureux condamné à porter un immense obélisque.
Le soir, nous dînons dans le quartier du Trastevere, très animé puisqu’il y avait un match de l’AS Roma+ quelques écossais en kilts se préparant pour le match de rugby du lendemain (Italie-Ecosse). Bonne soirée à la Sora Cencia qui proposait un menu à 15 € excellent, dans une ambiance conviviale et bruyante (mais c’est l’Italie, il faut s’y faire !!).
J3
La journée suivante, nous nous consacrons à la Rome Antique, avec pour commencer le parc archéologique de Marcellus, à deux pas de notre chambre dans le quartier juif. Un petit crochet par l’île Tibérine, un minuscule havre de paix qui a gardé toute son authenticité.
Nous continuons par la place du Capitole qui offre un panorama exceptionnel sur le forum romain en premier plan et le Palatin à l’arrière.
Nous nous baladons ensuite au milieu du forum Trajan (avec la vraie colonne cette fois !) puis nous dirigeons nos pas vers le Colisée. Tellement de choses à voir sur une si petite surface : on y ressent l’âme de Rome et son histoire riche et tumultueuse, j’ai vraiment trouvé cet endroit émouvant et plein de surprises.
Arrivés au Colisée, la foule nous rebute un peu et nous n’entrerons pas dans le cirque. Le monument est imposant et l’imaginaire fonctionne à plein tube.
La station de métro juste à côté nous emmène jusqu’à la Piazza del Popolo où nous finirons la matinée. Il faut absolument grimper aux jardins du Pincio (en empruntant l’escalier puis la route sinueuse située derrière l’église). La vue est splendide et l’ambiance apaisante, luxueuse. Les toits de Rome, les couleurs, tout est superbe.
Nous descendrons ensuite par la via de Babuino et la via del Corso, qui me permettront de faire un peu de lèche-vitrine ; le porte-monnaie restera sagement au fond du sac au vu des prix affichés dans ces boutiques de luxe !
Bien sûr, nous prendrons la pose sur les célèbres marches de la place d’Espagne, noire de monde à l’heure du déjeuner et après avoir profité du soleil et de l’agitation ambiante, nous irons nous perdre dans les ruelles du centre historique autour du Panthéon.
En fin d’après-midi, nous nous consacrons au quartier du Trastevere, avec la magnifique église de Ste-Marie du Trastevere et ses somptueuses mosaïques. Nous grimpons également la colline du Janicule qui offre là encore (c’est récurrent à Rome) un panorama époustouflant sur la ville.
Le soir, nous retournons via del Governo Vecchio dans un restaurant à touriste cette fois : service déplorable, heureusement les pizzas étaient mangeables…
J4
Le 4ème et dernier jour à Rome, nous commencons nos pérégrinations dans le quartier du Monti, très commerçant. Ambiance urbaine que l’on retrouve dans toutes les grandes villes, sans charme particulier. Les seuls points d’intérêt sont le parc Victor Emmanuel et la basilique Ste-Marie-Majeure.
Nous allons ensuite jeter un coup d’œil au Circo Massimo, vaste étendue herbeuse prisée des joggeurs, avec un beau point de vue sur le Palatin.
De là, nous gravissons la colline de l’Aventin, quartier résidentiel très paisible. Nous passons quelques instants agréables dans le parc Savello, réputé pour (ô surprise) son superbe panorama. Effectivement, c’est un des plus beaux que nous ayons vus, le jardin domine le Tibre et offre une belle vue sur la coupole de la Basilique Saint-Pierre et pour ne rien gâcher le parc est bordé d’orangers. L’église Sainte-Sabine accolée au parc est sublime de simplicité (ça change du baroque). Nous faisons un détour par la place des Chevaliers de l’Ordre de Malte, sur conseil de notre guide, où paraît-il on peut lorgner à travers la serrure d’une porte et observer une vue surprenante. Et en effet, allez-y, je vous laisse la surprise !
L’après-midi, nous nous balladerons encore dans le centre historique, sur la place Farnese, le Campo dei Fiori et son marché animé, la via Giulia, la via del Pellegrino et profiterons une dernière fois du charmes de ces ruelles aux couleurs chaudes et aux façades décrépies.
Le soir, nous retournons au Trastevere pour trouver de justesse une place dans un restaurant prisé des Romains (nous étions les seuls touristes) mais dont je ne me rappelle plus le nom malheureusement.
Le lendemain matin, nous reprendrons le « Leonardo Express » et quitterons Rome aux alentours de midi pour retourner dans notre Alsace natale, avec des couleurs, des saveurs et des sons plein la tête : bellissima Roma !
PS : si vous avez des questions, des remarques, n’hésitez pas !
Voici donc un aperçu de notre séjour (mon chéri + moi) à Rome du 24 au 28 février 2010.
J1
Grâce à notre ami orange E...j.t, nous avons pu décoller à peu près à l’heure de l’aéroport Bâle-Mulhouse, à un prix raisonnable (90 € aller-retour). Durée du vol : 1h20 ; arrivée à Fiumicino aux alentours de 15h.
Nous prenons le train « Leonardo Express » qui en ½ heure nous emmène à la gare de Termini pour 11 €.
Bagages récupérés, nous nous extirpons de la gare tentaculaire de Termini. Nous achetons nos pass ATAC (compagnie de transports urbains de Rome) à un stand qui vend à peu près tout, y compris un mini plan du réseau bus de Rome, bien pratique pour le reste du séjour.
Prix : 2,50 € pour le mini-plan, 16 € pour le pass 1 semaine (très avantageux, puisqu’on a utilisé le réseau de bus continuellement durant notre séjour, ainsi que le tram et le métro).
Nous déposons nos affaires dans notre chambre : Bed&Breakfast Little Queen, situé dans le ghetto juif, 80 € la nuit.
Il est idéalement situé pour faire la majorité des sites à pied, de plus le quartier est très sympa, un peu rétro comme on aime. En bonus : nous passerons tous les jours devant la fontaine aux Tortues (piazza Mattei) qui est l’une des plus mignonnes de la ville !
Nous voilà parti pour une rapide découverte à pied du centre historique de Rome : piazza Navona (la fontaine des fleuves est malheureusement en travaux, mais les barrières de protection sont vitrées par endroit, ce qui permet de profiter un peu de ce bel ouvrage), église Sainte-Agnès très baroque, église Saint-Louis des Français pour ses beaux tableaux du Caravage, le Panthéon et l’incontournable fontaine de Trévi de nuit.
Le soir, nous déambulons sur la via del Governo Vecchio, bourrée de petits restaurants (à touristes mais pas tous) et de bars et nous dînons à la Montecarlo, une pizzeria réputée si l’on en croit les photos de stars accrochées aux murs ;-)
J2
Le lendemain, nous prenons le bus à Largo di Torre Argentina, station importante qui se situe en bordure d’un parc archéologique surnommé le « refuge des chats ». En effet, beaucoup de félins se prélassent au soleil entre les ruines romaines. L’ensemble est pittoresque !
Direction le Vatican en cette belle journée ensoleillée. Nous nous promenons sur le pont des Anges et profitons de la vue sur le Tibre, la basilique Saint-Pierre, le château Saint-Ange. Ensuite nous rejoignons le Vatican ou nous faisons ¼ d’heures de queue environ (sécurité oblige) avant de pénétrer dans la basilique.
Nous nous rendons directement au guichet permettant l’accès à la coupole et courageusement nous achetons le ticket « a piedi ». Après une centaine de marches en colimaçon, nous atteignons l’intérieur de la coupole, qui offre une vue grandiose sur l’intérieur de la basilique. C’est magique, époustouflant : si je n’ai qu’un conseil à donner concernant la visite du Vatican ce sera celui-là : faites-vous violence et grimper dans la coupole, vous ne le regretterez pas !
Après un bref passage à l’air libre, nous voici engagés pour la dernière et la plus difficile partie de notre escalade : un escalier de plus en plus étroit et sombre nous mène jusqu’au sommet de la coupole (claustrophobes, s’abstenir à tout prix !). Bien entendu, le panorama à 360° est magnifique, d’autant qu’aux alentours de midi nous avons pu en profiter sans trop de bousculades.
La descente s’effectue par des escaliers différents (en effet à certains endroits il est impossible de se croiser) et nous arrivons directement au cœur de la basilique que nous visitons avec intérêt et émerveillement, surtout après l’avoir observée « d’en haut ».
Nous contournons ensuite le mur d’enceinte du Vatican pour nous rendre aux Musei Vaticani. L’entrée coûte 14 € mais nous comprenons rapidement pourquoi : on peut facilement passer la journée dans ces musées tant leurs collections est riches. Nous passons à l’essentiel, à savoir : la galerie des cartes géographiques, les chambres de Raphaël, la pinacothèque et l’incontournable Chapelle Sixtine. La terrasse offre également une vue agréable sur la basilique Saint-Pierre et les jardins du Vatican.
Avant de regagner notre chambre nous faisons un petit détour par Trévi de jour cette fois, puis par le Panthéon que nous avions fait de nuit aussi. En chemin nous passons par la piazza Colonna, ornée de la colonne Marc Aurèle (et non pas la colonne Trajane comme nous le pensions ^^) et la piazza Sainte-Marie-sur-Minerve, avec son éléphant malheureux condamné à porter un immense obélisque.
Le soir, nous dînons dans le quartier du Trastevere, très animé puisqu’il y avait un match de l’AS Roma+ quelques écossais en kilts se préparant pour le match de rugby du lendemain (Italie-Ecosse). Bonne soirée à la Sora Cencia qui proposait un menu à 15 € excellent, dans une ambiance conviviale et bruyante (mais c’est l’Italie, il faut s’y faire !!).
J3
La journée suivante, nous nous consacrons à la Rome Antique, avec pour commencer le parc archéologique de Marcellus, à deux pas de notre chambre dans le quartier juif. Un petit crochet par l’île Tibérine, un minuscule havre de paix qui a gardé toute son authenticité.
Nous continuons par la place du Capitole qui offre un panorama exceptionnel sur le forum romain en premier plan et le Palatin à l’arrière.
Nous nous baladons ensuite au milieu du forum Trajan (avec la vraie colonne cette fois !) puis nous dirigeons nos pas vers le Colisée. Tellement de choses à voir sur une si petite surface : on y ressent l’âme de Rome et son histoire riche et tumultueuse, j’ai vraiment trouvé cet endroit émouvant et plein de surprises.
Arrivés au Colisée, la foule nous rebute un peu et nous n’entrerons pas dans le cirque. Le monument est imposant et l’imaginaire fonctionne à plein tube.
La station de métro juste à côté nous emmène jusqu’à la Piazza del Popolo où nous finirons la matinée. Il faut absolument grimper aux jardins du Pincio (en empruntant l’escalier puis la route sinueuse située derrière l’église). La vue est splendide et l’ambiance apaisante, luxueuse. Les toits de Rome, les couleurs, tout est superbe.
Nous descendrons ensuite par la via de Babuino et la via del Corso, qui me permettront de faire un peu de lèche-vitrine ; le porte-monnaie restera sagement au fond du sac au vu des prix affichés dans ces boutiques de luxe !
Bien sûr, nous prendrons la pose sur les célèbres marches de la place d’Espagne, noire de monde à l’heure du déjeuner et après avoir profité du soleil et de l’agitation ambiante, nous irons nous perdre dans les ruelles du centre historique autour du Panthéon.
En fin d’après-midi, nous nous consacrons au quartier du Trastevere, avec la magnifique église de Ste-Marie du Trastevere et ses somptueuses mosaïques. Nous grimpons également la colline du Janicule qui offre là encore (c’est récurrent à Rome) un panorama époustouflant sur la ville.
Le soir, nous retournons via del Governo Vecchio dans un restaurant à touriste cette fois : service déplorable, heureusement les pizzas étaient mangeables…
J4
Le 4ème et dernier jour à Rome, nous commencons nos pérégrinations dans le quartier du Monti, très commerçant. Ambiance urbaine que l’on retrouve dans toutes les grandes villes, sans charme particulier. Les seuls points d’intérêt sont le parc Victor Emmanuel et la basilique Ste-Marie-Majeure.
Nous allons ensuite jeter un coup d’œil au Circo Massimo, vaste étendue herbeuse prisée des joggeurs, avec un beau point de vue sur le Palatin.
De là, nous gravissons la colline de l’Aventin, quartier résidentiel très paisible. Nous passons quelques instants agréables dans le parc Savello, réputé pour (ô surprise) son superbe panorama. Effectivement, c’est un des plus beaux que nous ayons vus, le jardin domine le Tibre et offre une belle vue sur la coupole de la Basilique Saint-Pierre et pour ne rien gâcher le parc est bordé d’orangers. L’église Sainte-Sabine accolée au parc est sublime de simplicité (ça change du baroque). Nous faisons un détour par la place des Chevaliers de l’Ordre de Malte, sur conseil de notre guide, où paraît-il on peut lorgner à travers la serrure d’une porte et observer une vue surprenante. Et en effet, allez-y, je vous laisse la surprise !
L’après-midi, nous nous balladerons encore dans le centre historique, sur la place Farnese, le Campo dei Fiori et son marché animé, la via Giulia, la via del Pellegrino et profiterons une dernière fois du charmes de ces ruelles aux couleurs chaudes et aux façades décrépies.
Le soir, nous retournons au Trastevere pour trouver de justesse une place dans un restaurant prisé des Romains (nous étions les seuls touristes) mais dont je ne me rappelle plus le nom malheureusement.
Le lendemain matin, nous reprendrons le « Leonardo Express » et quitterons Rome aux alentours de midi pour retourner dans notre Alsace natale, avec des couleurs, des saveurs et des sons plein la tête : bellissima Roma !
PS : si vous avez des questions, des remarques, n’hésitez pas !
Mali - Novembre 2008 English translation pending
Au départ, c’était un voyage de raison. Nous ne connaissions pas l’Afrique Noire, lacune évidente à notre démarche de voyageurs. Le Mali s’est très vite imposé. Pourtant, j’étais bourrée d’a priori : je craignais le harcèlement des gamins, la méfiance et les insultes des plus vieux, le côté sûrement artificiel des villages Dogon, piège évident à touristes trop crédules et folklore à la Disney, je craignais aussi des conditions d’hygiène trop rudes. Autant de craintes m’ont amenée à préparer un voyage sur 2 semaines seulement. Comme un bout d’essai … Suspicieuse, inquiète, prudente, oui, je le suis et le resterai toujours. Mais je reste aussi toujours ouverte et prête à revenir bien volontiers sur mes préjugés.
Il n’a pas fallu longtemps !
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 22 Nov – Vol Air France Paris / Bamako – Nuit à Bamako (GIE Benso Mazauges) Dim – Route vers Djenné (Bus Bani Transport + Taxi) - Nuit à Djenné (Hôtel Maafir) Lun – Djenné : marché, mosquée, ville - Nuit à Djenné Mar – Route vers Mopti (Taxi brousse) - Nuit à Mopti (Hôtel Yapasdeprobleme) Mer – Route vers le pays Dogon J1 - Nuit à Begnematoo Jeu – Pays Dogon J2 – Nuit à Nombori Ven – Pays Dogon J3 - Nuit à Amani Sam – Pays Dogon J4 - Nuit à Ibi Dim – Pays Dogon J5 - Nuit à Youga Piri Lun – Pays Dogon J6 - Nuit à Banani Mar – Retour du pays Dogon - Nuit à Mopti Mer – Mopti - Nuit à Mopti Jeu – Mopti - Nuit à Mopti Ven – Route vers Bamako (Bus Bani Transport) - Nuit à Bamako (chez Mme Konaré Saw) Sam 6 Déc – Bamako – Vol Air France Bamako / Paris
BUDGET : Le Franc CFA Cours : 1 € = 640 Fcfa. Le Franc CFA correspond à nos anciens-anciens-francs (10 000 Fcfa = 100 F = 15 €) A l’arrivée à l’aéroport, dans la confusion de la récupération des bagages (épique !), j’ai raté les distributeurs de billets. Pourtant, il y en a 2 que j’ai vus lors de notre retour : dans le hall d’arrivée et à l’extérieur, juste devant les parkings.
Dépenses préalables : Vols réguliers Air France Paris/Bamako : 915 €/p = 1 830 €
Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso d’artisanat) : Randonnée en pays Dogon : 230 €/p = 460 € payé cash sur place Autre (hôtels, repas, transports) : 830 € Aucune utilisation de la CB ni de TC
Je le répète sur chacun de mes carnets, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative ; évidemment, on peut dépenser beaucoup moins. Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtels milieu de gamme, restaurants midi et soir, une bière de temps en temps …).
On a changé facilement nos € dans les hôtels au cours régulier de 640 Fcfa pour 1 €.
GUIDES : Petit Futé 2007 - 😠 Aucun intérêt, aucun plan de ville. J’ai vérifié après coup (trop tard, dommage !), le Lonely Planet propose un plan de Mopti, de Djenné, même de Banani ! Les points d’intérêt sont juste cités sans être situés. Ils se contentent de dire qu’on ne peut pas se passer d’un guide (humain) ce qui est totalement faux. J’étais en rage. Achat totalement inutile. Préférez, et de loin, le LP Afrique de l’Ouest.
TRANSPORTS :
1 - Vols Paris/Bamako – Air France Achetés début septembre sur le site Air France à 915 € l’A/R. Plus cher que d’autres vols mais régulier et direct. 5 heures de vol. Arrivée à 21h20 à Bamako ; départ de Bamako à 23h45.
2 – Bamako/Djenné : bus et taxi En préparant notre voyage, ce transfert de Bamako à Djenné m’a beaucoup souciée et j’en profite pour remercier ici tous les VFistes qui ont répondu à mes inquiétudes. Grâce à leurs réponses, nous avons osé … Nous nous sommes donc rendus très tôt le matin (vers 6h30) à la gare routière des bus BANI TRANSPORT pour être sûrs d’embarquer dans le 1er bus du matin en direction de Mopti. Au guichet, on demande nos tickets pour "le carrefour de Djenné". Bamako / Mopti = 8 000 F. Le carrefour se trouve environ 100km avant Mopti. J’ai payé autant pour l’arrêt au carrefour de Djenné, je n’ai pas réagi … j’aurais sans doute dû !... 2 bagages chargés en soute (1000 F par bagage). Nous avions enveloppé nos sacs à dos d’une housse de protection … ce n’était pas superflu, c’est très poussiéreux. La montée dans le bus s’effectue par appel (au mégaphone !) dans l’ordre d’achat du ticket. Une fois dans le bus, on choisit sa place. Ca marche bien. Départ prévu à 7h, effectif à 7h20. Voyage sans problème, nous arrivons au "carrefour" vers 14h45. Un taxi (une 504 break), avec déjà 2 touristes, "nous attendait". Nous montons, acceptons le tarif réclamé (15 000 pour le taxi à diviser par 4) et partons. Au bout de 30 km, nous voici au bord du Bani, petite rivière qu’on traverse par un bac. C’est inclus dans le prix du taxi, on ne paie rien de plus. Animation, ambiance, couleurs, jolies photos en perspective ! 5 minutes de navigation puis encore quelques courts kilomètres. Nous allions tous les 4 au même hôtel, le taxi nous y a déposés plutôt que de nous laisser sur la place du marché comme c’est l’habitude. A 16h30, nous étions douchés ! Finalement, ça s’est fait tout seul, vite et confortable !... Mais je pense que pour y arriver, il faut vraiment prendre le premier bus au départ de Bamako (7h), croiser les doigts pour qu’il n’y ait aucune panne (et là, je pense qu’avec Bani Transports on limite les risques …) et espérer qu’il y ait un taxi au carrefour. Nous avons eu un peu de chance, je crois.
3 – Djenné/Mopti : taxi-brousse Le transfert de Djenné à Mopti fut plus laborieux. Nous décidons de prendre le taxi-brousse, très économique. 2 250 F / p + 500 F / bagage Le guichet des taxis-brousse se trouve sur la place du marché ; on y achète notre billet le jour même, vers 7h, puis on s’entasse dans le taxi-brousse (petite camionnette aménagée de bancs) jusqu’à transformation complète en sardine. Nos 2 sacs sont sur le toit, à côté du mouton. Dès que la boite est pleine, on part. Jusqu’à la panne, apparemment incontournable. 5 heures plus tard, nous avions enfin parcouru les 130km qui séparent Djenné de Mopti. Epique, authentique, épuisant ! 🤪 Un couple de Français nous a raconté avoir fait ce transfert en pinasse pour 20 000 Fcfa/p, repas compris. 8 heures de navigation, ils en étaient enchantés.
4 – Mopti/Bamako : bus A Mopti, il existe 2 guichets Bani Transport. Le principal, sur le rond-point (c’est de là que partent les bus) et un autre, secondaire, sur le port. Nous avons acheté nos billets 2 jours à l’avance sur le port. Je vous conseille plutôt de les acheter au guichet principal car nos noms n’avaient pas été reportés sur la liste principale. Petit problème au moment de l’appel pour monter dans le bus (mais qui s’est réglé très vite). Départ de Motpi à 7h15. 10 h pour faire les 640 km de route asphaltée de Mopti à Bamako. Les bus Bani Transports nous ont paru en bien meilleur état que ceux de Bittar. Confortables, tout le monde a une place assise, chauffeurs prudents ; quelques arrêts jamais très longs. En route, je vous conseille de goûter aux "béné" ( ? pas sûre d’avoir bien compris le nom …), gâteaux secs au sésame et au miel, enveloppés individuellement dans une poche plastique, proposés par les petits vendeurs ambulants qui accourent aux fenêtres du bus au moindre arrêt. Un goût de nougat chinois mais sec et croustillant. C’est bon et nourrissant. 50 F pièce. L’eau en bouteille est assez difficile à trouver en route. Elle est plutôt vendue en poche plastique. Pas super pratique mais ça dépanne. Pensez plutôt à remplir vos gourdes avant de partir.
5 – Taxi en ville A Bamako : Aéroport vers Hôtel GIE B-M, taxi "affrété" par le GIE : 5 000 F (un peu excessif) Hôtel GIE B-M vers gare routière : 1 000 F Gare routière vers Maison d’hôtes de Mme Konaré Saw : 3 000 F Konaré Saw vers aéroport : 6 000 F A Mopti : Gare des taxis-brousse vers Hôtel Yapasdeproblème : 1 000 F Hôtel vers départ des bus Bani Transports : 2 500 F (tarif de nuit parait-il ….)
HEBERGEMENT :
1 - BAMAKO : GIE Benso-Mazauges (cliquer ici) 15 000 F la chambre (A/C, sdb) avec le petit déj (qu’on a eu, à 6h, avant de partir à la gare). Réservation effectuée à l’avance par internet. Arrivés tard le samedi soir, nous voulions partir très tôt le dimanche matin vers Djenné. Je cherchais donc un hébergement proche de la gare routière. Merci à hery et seneleg pour cette adresse ! Chambre simple, rien de trop. Accueil un poil laxiste. Je n’en garde pas un souvenir ému mais l’emplacement de l’hôtel répondait à notre attente, effectivement, à côté de la gare routière (1 000 F le taxi pour s’y rendre). Par contre, forcément bien loin du centre de Bamako. Au moment de la réservation, le GIE nous a proposé un taxi pour nous récupérer à l’aéroport. 5 000 F, c’est un peu cher mais ça nous a évité de chercher dans la confusion de l’arrivée … Arrivée au GIE, j’ai confié 200 € à un Malien qui, à 22h passées, est reparti en ville me trouver des Fcfa. Confiance totale, justifiée, j’ai récupéré mes Fcfa ½h plus tard.
Maison d’hôtes chez Mme Konaré Saw 6 000 F/p (ventilée) avec le petit dej. Sans réservation. Au centre (hippodrome). Riche maison particulière dont la propriétaire loue 5 chambres (dont 2 dans un bâtiment annexe où nous étions). Plusieurs sanitaires communs. Chambre (ventilée, moustiquaire) sombre, petite, tristounette et sale (les 3 chambres de la maison principale sont sûrement bien plus agréables). Sanitaires par contre irréprochables (avec eau chaude). Petit déjeuner familial inclus. L’accueil très chaleureux de Mme Konaré Saw a compensé la médiocrité de la chambre. Difficile à trouver. Il faut indiquer au taxi : rue du BlaBla, puis au bout du goudron, continuer tout droit sur la piste, prendre la 7e à droite et c’est la 4e porte à gauche. Quartier calme de maisons cossues même si l’état de la piste ne le laisse pas supposer un instant ! De là, nous sommes allés le soir (lampe frontale de rigueur) au maquis Pili Pili à pied (pas loin, 15 min) et, le lendemain, au musée (plus loin, plus d’une heure à pied, en traversant le marché de Médine).
2 - DJENNE : Hôtel Maafir 23 000 F la chambre (A/C, sdb) avec le petit déj. Réservation faite bien à l’avance par téléphone. Chambre spacieuse et agréable. Petite cour intérieure calme. A quelques centaines de mètres de la mosquée et de la place du marché. Je conseille vivement de réserver son hébergement à Djenné si vous y êtes pour le marché (lundi).
3 - MOPTI : Hôtel Yapasdeproblème (cliquer ici) Notre coup de cœur. 🙂 25 000 F la chambre (A/C, sdb) + petit déj à 1 500 F. Réservation faite par internet. Chambre très agréable quoiqu’un peu sombre car située au rez-de-chaussée. Au troisième étage, une grande terrasse sert de bar/restaurant. Bien abritée, joliment décorée, on s’y sent très bien et on s’y repose avec plaisir. La cuisine y est par ailleurs de grande qualité. Nous avons dîné là tous les soirs. Je conseille vivement cet hôtel qui offre de nombreuses possibilités d’hébergement. Le patron est très présent et toujours prêt à aider. Vraiment une bonne ambiance, chaleureuse et décontractée.
REPAS : On retiendra de nos agapes le capitaine, poisson du fleuve, ferme (se tient bien en brochette) au goût très fin, l’attiéké (semoule de manioc) au goût très marqué, l’aloco ou banane plantain frite (un peu gras), le bissap (infusion chaude ou froide, très sucrée, de plantes locales, d’un rouge profond). Nous n’avons mangé qu’une seule fois du fonio maté (semoule de mil avec une sauce arachide). Perso, j’ai trouvé le fonio vraiment fade, je préfère de très loin l’attiéké. Le poulet nous a toujours déçus : trop dur, trop cuit. Nous lui avons très vite préféré le délicieux capitaine.
Quelques prix : Les prix sont très variables d’un endroit à un autre … Une bouteille d’eau (1, 5 litre) : entre 1 000 et 1 250 F (le budget eau est important, les pastilles permettent une belle économie). Une bouteille de coca (30 cl) : entre 500 et 700 F Une grande bière (600 ml) : 1 250 F (la Castel est moins amère que la Flag) Un plat de capitaine (avec garniture : riz, aloco, attiéké …) : autour de 3 500 F Un plat de poulet yassa (avec du riz) : 3 000 F
Voici 3 adresses qu’on a bien aimées : Le restaurant de l’hôtel Yapasdeproblème à Mopti Poulet yassa, brochette de capitaine, aloco, énorme salade composée (après la randonnée en pays Dogon, on s’est délecté de cette énorme assiette de crudités), omelette, crêpe au chocolat, jus de mangue frais … tout est bon et à prix raisonnable. Le Bissap Café à Mopti (juste avant le port) C’est cher, mais c’est bon. Pichet de bissap à 1 000 F, plats africains à 4 000 F, yaourt (au miel sauvage, un régal !) à 900 F, salade de fruits frais à 1 200 F. Bonnes pizzas au feu de bois également (autour de 4 000 F) Le Pili Pili à Bamako Sympathique maquis où nous avons mangé de l’attiéké délicieux et encore du capitaine. Pas cher.
LA RANDONNEE EN PAYS DOGON :
1 - La randonnée en elle-même Ce fut le point d’orgue de notre voyage au Mali. Nous avions 7 jours à notre disposition et nous tenions absolument à aller jusqu’aux 3 Yougas. Pour le reste, nous avons laissé libre cours à Benjamin. Paysages grandioses, villages pittoresques, scènes rurales tout droit sorties de notre imaginaire, accueil chaleureux, logistique rudimentaire mais suffisante, marche facile et agréable, lumières pures de l’Afrique, voilà les nombreux ingrédients qui ont fait de cette randonnée une expérience inoubliable.
Rappel de nos étapes : J1– Départ à 8h en voiture particulière pour 2 heures de route et de piste – Arrivée à Indelou, sur le plateau – Pause repas – 45 minutes de marche seulement pour ce 1er jour - Nuit à Begnematoo J2 – Dourou – Pause repas – Descente de la falaise – Nuit à Nombori J3– Komokani – Pause repas – Mare aux crocodiles - Nuit à Amani J4– Ireli – Pause repas - Nuit à Ibi J5– Koundou – Youga Na – Pause repas – Montée vers Youga Dogourou - Nuit à Youga Piri J6– Redescente vers Koundou – Ibi – Pause repas - Nuit à Banani J7– Montée de la falaise vers Sangha – On retrouve notre chauffeur, route vers Mopti qu’on rejoint à 11h
Trop inquiète sur l’authenticité des villages traversés, sur les conditions d’hygiène que j’imaginais réduites à néant, sur la difficulté du parcours sous un soleil harassant … j’ai souhaité limiter l’itinéraire à 7 jours/6 nuits, pensant atteindre là les limites de mes capacités. Quel dommage ! 2 ou 3 jours de plus m’auraient ravie, nous permettant de démarrer à Kani Kombole et de pousser jusqu’à Yendouma. Mais peut-être alors aurait-il encore manqué 2 ou 3 jours supplémentaires ?... Les villages traversés sont tous différents et chacun a son charme. Pour ne citer que nos préférés … Nous avons particulièrement aimé Indelou. Est-ce parce que c’était le premier ? Non, les photos me prouvent que son charme est bien réel. Tout petit village, tout serré, tout mignon, une vraie bonbonnière … Dourou est superbe aussi, plus grand. Nous y étions (coup de chance) le jour du marché. Très animé, très coloré. L’arrivée sur Nombori, au sortir d’une faille de la falaise, est extraordinaire. Grand village, très peuplé, très vivant, face à la grande dune rouge, au pied de la falaise. Nous y découvrirons nos premières habitations Tellem. Et quelle soirée mémorable chez Philippe, le frère de notre guide, qui tient salon ! Puisque la télé n’a pas encore ici fait ses ravages, quelques hommes du village ont pris l’habitude de s’y retrouver pour passer la soirée à débattre. Ce soir-là, le sujet était la condition de la femme … Débat animé et joyeux … même si nous ne partagions pas l’avis général … Et puis, le fleuron : Youga Piri. Qui se mérite ! Quelle nuit extraordinaire nous y avons passée. Village tout en dénivelé, accroché, caché, dans la falaise. On a l’impression d’être dans une forteresse irréelle, adossée à la falaise, dominant la plaine. Nuit incroyable … en contrebas dans la vallée, on devine un foyer qui brûle encore, plus près, les enfants rient toujours malgré le noir profond de la nuit … Ce fut une nuit magique. De celles qui marquent une vie.
2 - Condition physique Mes commentaires s’appliquent à notre randonnée. Nous n’avons pas tout parcouru, loin s’en faut ! Randonnée facile où l’on passe d’un village à un autre, tantôt sur le plateau de la falaise de Bandiagara, tantôt au pied. Sur le plateau : roche rugueuse où les chaussures accrochent bien. On domine la plaine, à perte de vue, sur 360°. Seule la mer donne cette même impression d’infini. Magnifique ! Au pied de la falaise : sentier de terre sablonneuse, souple, agréable. Parfois quelques parties de sable plus profond, là c’est un peu pénible, ça patine. On traverse des champs d’oignons, de mil, des plaines parsemées de baobabs. On croise parfois quelques ânes, quelques zébus. La brousse, comme on la rêve ! Dans la falaise : car pour passer du plateau à la plaine (ou l’inverse), il faut descendre (ou monter). On emprunte alors des failles, étroites gorges composées d’éboulis de rochers. Un peu d’endurance, un peu de souffle, un peu d’agilité et un peu d’humilité (ne pas démarrer trop vite et garder un rythme régulier) suffisent largement à surmonter l’épreuve. Vraiment rien d’infaisable. C’est la montée vers Youga Piri qui fut (sur notre parcours) la plus difficile. Un jeune nous a d’ailleurs accompagnés (il semble que ce soit l’habitude, un moyen pour eux de se faire une petite pièce) toujours prêt à me tendre une main rassurante sur un passage délicat. Evidemment, il était en tongs … Il était même prêt à me soulager de mon sac à dos si j’avais voulu (au-delà de mon ego qui me l’interdisait, je n’en avais sincèrement pas besoin, par contre je ne me suis pas privée de lui attraper plusieurs fois la main). On traverse quelques failles profondes sur des ponts de branches et de pierres. Même moi plutôt sujette au vertige, ça ne m’a pas impressionnée plus que ça. On grimpe aussi quelques échelles Dogon pour escalader des rochers trop raides ; là encore pas assez hautes pour en être embarrassé. Bref, des passages inhabituels rendent cette montée pittoresque et l’occasion de photos sympathiques … Mais aucune crainte à avoir et aucune raison de s’en priver. Et quel spectacle !! Globalement : rythme facile : nous marchions 4 à 5 heures maxi par jour, visites de villages comprises. On évitait la chaude période de mi-journée : pause de 11h à 15h environ. La pause peut sembler longue, mais on s’y fait, et ce rythme lent convient bien à ce type de randonnée. Ma période de marche préférée a toujours été celle de l’après-midi. A partir de 15h, la température devient idéale et décline tout doucement. Plus on marche, plus il fait doux (à l’inverse du matin). Paysages dorés sous la lumière chaude et rasante d’un soleil toujours brillant sans être brûlant. Ce sont bien sûr pendant ces après-midi que nous avons fait nos plus belles photos. La qualité et le poids du sac à dos contribuent fortement au plaisir de la marche (truisme total …! 😛 ). Nous avions investi dans des sacs légers, bien ventilés, bien conçus et avons limité leur chargement à l’essentiel (6-7 kg chacun, eau comprise). Les hanches portent, les épaules sont libérées, le dos ne souffre pas du tout. Au point que j’en oubliais parfois de le poser en arrivant à l’étape !
3- Logistique Nous faisons connaissance de notre guide Benjamin à l’hôtel Yapasdeproblème la veille du départ. Ensemble, nous revoyons notre parcours et convenons de notre heure de départ. Nous le payons (intégralement en €). Le lendemain, Ousmane (le chauffeur) et Benjamin étaient prêts avant l’heure dite ! 2 heures de route et de piste pour atteindre Indelou, point de départ de notre randonnée.
3.1 - Les campements C’est quoi un campement ? y a des tentes ? des caravanes ? un bar ? une discothèque ? …. Pfffff …. 😏 Bon, n’empêche que je me suis posée la question, évidemment … Dans certains cas, c’est de l’hébergement chez l’habitant, en d’autres termes : une chambre et une table d’hôtes, version locale. Parfois, la structure d’accueil est un peu plus grande, plus organisée, avec même quelques cases pour dormir à l’abri (pour notre part, on a toujours préféré de très loin les terrasses) et quelques tables abritées sous un toit de paille pour manger. Un petit coin isolé par des murets en guise de sanitaires, pour la toilette d’un côté, les wc de l’autre. Les hôtes installent des matelas de mousse sur le toit, apportent un seau d’eau pour la toilette et préparent le repas commandé. Le matin avant de partir, nous réglions nos boissons. Voilà, c’est tout simple et, pour les plus petits campements, très authentiques. Les repas : on les commande dès l’arrivée (vers 11h ou vers 17h) car la préparation est longue puisqu’à la demande. Plat unique composé d’un féculent (semoule, pâtes, riz, purée de haricots) et d’une sauce servie à côté. Très peu de légumes (2 ou 3 morceaux de courge dans la sauce, au mieux …), pas de fruits. Après une tentative, nous avons toujours décliné la viande (trop dure à notre goût). La sauce varie d’un campement à un autre selon le talent du cuisinier. Sans être gastronomique, c’est bon, nourrissant et servi toujours très très copieusement. Notre guide s’adonnait à la cérémonie du thé : longue préparation d’un thé vert à la menthe sur un petit brasero puis partage du breuvage entre tous les présents, en 3 fois. Du plus amer au plus doux … Rite convivial bien sympa pour qui aime le thé. Au petit déjeuner, thé ou café, lait en poudre et un large saladier de beignets de mil. Un peu gras (beaucoup même) mais c’est bon. Ce fut parmi nos meilleurs moments. Que d’images extraordinaires en ces débuts de journées sous un soleil rouge, doux, qui embrasait la falaise devant nous. Le thé fumant entre nos mains, nous étions tous les matins scotchés devant ce spectacle. Les nuits : un matelas de mousse, parfois 2 quand ils étaient vraiment trop fins, un sac à viande, une polaire roulé en boule en guise d’oreiller et une moustiquaire (souvent fournie par le campement), voilà comment passer des nuits sublimes à regarder un ciel auquel on n’a pas droit à Paris. Nous avions décidé de ne pas emporter de sac de couchage (pour limiter poids et volume). Nous avons eu froid une nuit, à Ibi, où nous avons fini entre les 2 matelas, tels des sandwichs. Vers 5h30, le soleil se lève, les animaux (les coqs, les ânes, les moutons ….) se réveillent et annoncent à qui mieux-mieux la nouvelle journée. Pour rythmer l’ensemble, la cadence sourde et régulière des femmes qui pilent le mil. Une colonne de jeunes filles remontent déjà du puits avec leur énorme bassine d’eau sur la tête pour alimenter le village … Demain, immanquablement, elles y retourneront … Autant d’invitations à se lever pour vivre une nouvelle journée riche en images merveilleuses, immuables, d’un autre temps. La toilette : pas d’eau courante ne signifie pas pas d’eau ! Grave erreur de ma part. Chaque soir, nous avons pu effectuer une toilette complète. Le coin douche est isolé par des murets de terre de 1m50, à ciel ouvert. Une porte ou un système de chicane permet de s’isoler un minimum. Personne ne regarde. Un seau et une louche, ou bien un énorme bidon surélevé garni d’un pommeau de douche ! J’avais apporté des lingettes qui m’ont finalement bien peu servi. J’avais également un flacon de savon bactéricide sans eau. Utile (dans la journée notamment) sans être indispensable. Une anecdote. A Youga Piri, on nous demande si nous pouvions nous laver ensemble pour économiser l’eau, tellement difficile à monter depuis la plaine. Bien sûr ! Nous voilà dans notre petit coin, avec notre seau d’eau et notre gobelet-louche, tout nus, tout juste protégés par un petit muret, à nous frotter, quand soudain on entend un appel. On cherche, là, un peu plus haut, un gamin nous fait un joyeux signe de la main. Auquel on répond tous les 2 aussi joyeusement. Puis, 2 gamins, puis 3 … pour finir, il y aura une dizaine de gamins, en rang d’oignons, à nous observer et à nous faire signe. Cocasse ! Les contacts sont toujours faciles, même en pleine toilette ! Pour info, le seau d’eau nous a largement suffi pour nous 2 ; il en restait plus de la moitié. On n’imagine pas à quel point on peut économiser l’eau pour se laver … Ca m’a donné à réfléchir sur mon gaspillage quotidien ! Les WC : à côté du coin douche (à Youga Piri, c’était même au même endroit), un trou dans le sol. Parfois une petite bassine avec un peu d’eau. N’oubliez pas votre papier.
3.2 - L’équipement (à cette époque, fin Novembre) La température est montée jusqu’à 39°C. Néanmoins, c’est très supportable car l’atmosphère est très sèche. A cette époque, le soleil n’est pas brûlant et nous n’avons pas souffert de coups de soleil. Chaussures de marche à tige basse nécessaires, mais suffisantes. Je ne conseille pas les sandales à scratch, on traverse parfois des broussailles piquantes et accrocheuses … Pour les pauses, les tongs permettent de bien s’aérer les pieds et de faire sécher les chaussettes. Pratiques également pour la toilette. Tenue de rando en coton léger. Le soir, on appréciait d’enfiler une tenue légère, propre et sèche. Le grand air doux de la nuit suffisait à sécher et à aérer notre tenue de marche qu’on ré-enfilait le lendemain matin. Avec cette alternance, nous étions confortables et avons voyagé léger. Cela dit, on se salit beaucoup, poussière et marbrures de sel de transpiration ; préférez les couleurs claires moins salissantes … Une petite polaire légère fut la bienvenue pour servir d’oreiller ou d’appoint pour les nuits un peu plus fraîches. Jamais portée naturellement en journée. Les indispensables : lampe frontale - des mouchoirs en papier - des tongs - du papier toilette - un peu de lecture pour la pause de mi-journée - un jeu de cartes - de l’argent liquide en petites coupures (on dépensait environ 5 000 Fcfa par jour pour nous 2 en boisson -2 cocas, 2 ou 3 bouteilles d’eau, 1 grande bière-. Ce n’est pas négligeable … Eau du puits gratuite si vous optez pour la purification par pastille) - pharmacie de base : aspirine, imodium, ercéfuryl, pince à épiler, anti-palu, répulsif - APN et batteries (chargeur inutile …) - gourdes (2 X 1, 5 l) plus solides que les bouteilles en plastiques …. - un couteau - un petit tube de protection solaire (on en a utilisé bien peu) - serviette de toilette en micro fibre : ultra compactes et qui sèchent en 10 minutes, vraiment pratique - une moustiquaire (non imprégnée). On l’a utilisée (2 fois) quand le campement ne les fournissait pas - un sac à viande (les frileux du Midi préfèreront sûrement un sac de couchage … nous, on est des durs, des Lorrains ! 😛 ) - trousse de toilette et un peu de rechange … Notre paquetage faisait 6-7 kg chacun. Pas la mort ! Une dernière remarque : si vous avez besoin, pensez à un miroir.
Nous avions laissé à l’hôtel de Mopti, en toute sécurité, un sac de voyage en consigne et, dans leur coffre, une pochette contenant argent, passeport, billets d’avions, clés …. Nous n’avions donc sur nous que des photocopies de nos passeports et un peu d’argent liquide. Et l’esprit tranquille !
3.3 - Une journée type On a vécu au rythme du soleil et des étoiles : Réveil naturel vers 6h au son des cocoricos, braiements, bêlements et autres meuglements … Petit déjeuner à 7h, parfois un peu plus tôt Départ entre 7h30 et 8h (2 à 3h de marche) Arrivée au campement de midi entre 10 et 11h Commande du repas, qui sera invariablement servi à midi Coca / Thé / Repas / re-thé / Sieste / re-re-thé … Départ à 15h (2h maxi de marche) Arrivée au campement du soir vers 17h (il faisait nuit noire à 18h15) Commande du repas (servi vers 19h), toilette, installation du couchage sur une terrasse Dodo autour de 20h30
4– Benjamin, notre guide C’est bien grâce à lui que notre randonnée fut une telle réussite. Benjamin a 36 ans, il est Dogon, originaire de Nombori (où nous avons passé 1 nuit chez son frère Philippe, médecin du village). Il connaît bien sûr très bien les rites et coutumes du pays Dogon et sait en parler ; il est compétent, fiable, honnête (quand il ne sait pas, il le dit et se renseigne), ponctuel (si, si !!), professionnel, attentif (sans être envahissant), à l'écoute (il comprend vite ce qu'on recherche ...). Contact pris par internet avant notre départ. Nous avions convenu à l’avance des prestations, de l’itinéraire, du prix et du rendez-vous à l’hôtel. Aucune avance réclamée, aucune mauvaise surprise, tout fut respecté. Pour respecter la déontologie de ce site, je donnerai ses coordonnées par MP sur demande. Ceux qui ont lu mon carnet de voyage sur le Népal noteront que je n’ai pas été aussi élogieuse avec notre guide Santa … juste pour dire que nous savons ce qu’est un mauvais guide …
Quid de la nécessité d’un guide ? Nous avons croisé peu de touristes pendant notre périple, mais tous étaient accompagnés. Non pas pour le chemin : avec la falaise comme fil conducteur, impossible de se perdre. Encore que … il n’y a aucune indication et parfois 🤪 … mais, je veux bien croire qu’on peut s’y retrouver. Par contre, il semble difficile de visiter les villages sans un guide qui garantira le respect des lieux sacrés. A Indelou, lors de la pause repas, nous avons voulu retourner nous promener dans le village. Benjamin, en pleine sieste, a demandé à un gamin de nous accompagner. Ce n’était pas pour qu’on ne se perde pas (il aurait vraiment fallu le faire exprès !) mais pour que les villageois soient rassurés : nous n’allions pas profaner les lieux sacrés. Je repense aussi à son cri d’effroi quand j’ai tendu la main vers un autel Tellem … Ahhh ! Pas touche ! oups 😊 … Et comment deviner que ce bout de friche, s’il est foulé entraîne une mort certaine sous 3 ans … m’enfin, tous les enfants du village le savent !... Pour traverser Youga Dogourou, haut-lieu du pays Dogon puisque siège de la cérémonie de Sigui, Benjamin s’est assuré des services d’un jeune du village pour être absolument certain de respecter le protocole, ici, plus compliqué qu’ailleurs. Le jeune nous a quittés une fois le village traversé. Animisme, croyances ancrées profondément, lieux sacrés, voilà ce que le guide va protéger (protection du touriste ignorant et aussi du villageois : un lieu profané nécessite d’être re-purifié). Enfin, J’ai vu Benjamin remettre un boubou-offrande au chef du village à 2 occasions : à Indelou et à Nombori. Suffisamment discrètement pour que je croie en l’authenticité du geste. Voilà, au final, je pense que c’est difficile sans guide. Par ailleurs, le guide (pourvu qu’il soit Dogon !) apporte vraiment beaucoup en terme d’explications sur les rites, la cosmogonie, la vie quotidienne et permet d’entrer en contact avec les villageois qui parlent très peu Français.
DJENNE : La taxe de développement touristique individuelle est de 1 000 F. Nous l’avons payée (contre un reçu en bonne et due forme !) au carrefour avant de prendre notre fameux taxi. Guide bien inutile pour visiter cette merveilleuse petite ville tout en banco. La mosquée est interdite aux non-musulmans. On nous a proposé plusieurs fois de la visiter moyennant 5 000 Fcfa/p. Grosse mise en scène : chuchotements et regards appuyés pour tenter de nous faire croire que nous avions là une opportunité exceptionnelle … Nous avons décliné. Nous sommes montés sur le toit terrasse voisin offrant une belle vue. Un peu plus tard dans la matinée, quand le marché battait son plein, nous y sommes retournés sans repayer, ils se souvenaient de nous. Cool. Le marché justement, parlons-en. Pour en profiter, Philippe décide de se lever aux aurores, à 5h45 !! Euhhhh … je suis une lève-tôt mais là, quand même, c’est un peu tôt … je traîne les pieds. … Philippe me houspille, nous sommes en retard ! Pffff … Allez, allez ! Non, non, pas de petit déj, pas de douche (on reviendra plus tard !), on court vers la place du marché qu’on atteint à 6h … Bien trop tôt … Rien … Ils commençaient à peine à s’installer. L’œil noir, je regarde Philippe, je ne dis rien (il n’y avait rien à dire !) et je retourne à l’hôtel prendre ma douche et mon petit déjeuner … Bien sûr, Philippe m’a accompagnée (même pas penaud !) et nous avons pris notre petit dej ensemble évidemment, et sans aucune rancune de ma part, car après tout, s’il avait eu raison …. je l’aurais béni ! Retour sur la place où le marché bat son plein vers 10-11h … Vraiment un beau spectacle que toutes ces couleurs avec la mosquée en terre en toile de fond ! En dehors de l’animation du marché, Djenné est une magnifique petite ville, tout en banco. On s’est promené avec plaisir dans ses ruelles, partout des scènes de vie quotidienne incroyables de simplicité et de beauté : la préparation du tô, le démêlage d’un filet de pêche, le pilonnage du mil, la farine tamisée, le tressage des cheveux, la laine filée … On s’arrête, on se regarde, on se sourit, on continue … Encore une belle journée, intemporelle …
MOPTI : Jolie petite ville au bord du Bani où nous nous sommes posés 3 nuits après notre rando. Par nécessité et par choix aussi … Plutôt que de passer une trop courte ½ journée à Ségou comme nous l’avions envisagé initialement, nous avons changé nos plans pour profiter davantage de Mopti. La bonne ambiance et le confort de l’hôtel ainsi qu’une grosse tourista à enrayer ont également pesé dans la balance. On s’est posé, on s’est baladé (seuls !) ; la mosquée, le marché, le marché artisanal, le bissap café … Pas fana ni l’un ni l’autre de bateau, on n’a pas tenté la balade en pinasse. Les offres ne manquent pas ! Un couple nous a dit avoir fait la visite de Mopti en pirogue (et non la visite des villages environnants comme proposée la plupart du temps), ils en étaient enchantés … Petit regret …
BAMAKO : Une seule journée passée à Bamako, c’est peu mais ça nous a suffi. Musée National Argh, j’ai oublié le prix du ticket d’entrée, pas cher … peut-être 1000 F/p Certes, il est beau, pas bien grand, bien agencé mais trop peu didactique. Dommage, nous en sommes partis un peu frustrés. A faire quand même, surtout en fin de voyage. Petit restaurant où nous avons enfin mangé du fonio maté. Marché de Médine Sur la route du musée (c’est idiot ça, ça dépend d’où on vient !). A environ 1km à l’Est du musée (voilà qui est mieux !) Il jouxte une décharge où de pauvres hères ont élu domicile. On décide de s’y enfoncer pour en saisir davantage l’ambiance. Marché populaire très vivant, très pauvre aussi. Qu’elle était belle cette maman tressant habilement les cheveux de sa fille, assises toutes deux au milieu de poissons assaillis par des nuées de mouches ! Les magnifiques sourires des vendeurs rendent encore plus dramatique ce marché bien sombre et bien miséreux. On touche ici le quotidien du Mali qui nous ramène à une cruelle réalité : misère, indigence, survie … Maison de l’artisanat Nous avons préféré l’ambiance plus aérée et plus sereine du marché artisanal de Mopti.
DIVERS : L’accueil : je m’attendais vraiment à souffrir de harcèlement. Loin s’en faut. Certes, en ville, on est sollicité (pour une babiole, un service, un bic ou un cadeau …) mais sans jamais aucune agressivité. Combien de fois avons-nous décliné les offres de pseudo-guides, leur expliquant qu’on préférait être seuls. Aucune insistance, « ok, pas de problème, bonne balade, le marché c’est par là ». Et tout ça avec toujours un vrai beau sourire. Sollicités, oui, on l’a été ; harcelés, jamais de la vie ! La carte bancaire : pas du tout utilisée (cela dit, on a raté les distributeurs de l’aéroport). On a changé très facilement nos € dans les hôtels. A Djenné, dans une banque, au même taux. 1€=640 Fcfa Le climat à cette époque : chaud et sec. 2 journées plus fraîches en fin de séjour à Mopti et Bamako où nous avons enfilé nos petites polaires. L’affluence touristique à cette époque : vraiment pas grand monde … On recroise toujours les mêmes d’ailleurs, principalement des individuels comme nous. Les problèmes de santé : bonne turista pour Philippe (c’est la première fois !) en fin de randonnée, traitée énergiquement et efficacement par ercéfuryl, imodium et doliprane. Les moustiques : à cette époque, il n’y en a pas beaucoup. On s’est quand même fait piquer assez souvent. C’est dire … répulsif et traitement anti-palu à mon avis indispensables. Nous avons opté pour la doxycycline (voir Institut Pasteur – cliquer ici). Photos : la plupart des Maliens réclament une pièce pour leur photo, d’autres refusent tout net. On en a très vite pris notre parti et sommes revenus sans portrait. Finalement, pas bien choquant tout ça … L'artisanat : nous avons fait pas mal d’achats sur le marché de Mopti. Encore faut-il le trouver ! Plusieurs dizaines d’échoppes sont regroupées dans un quartier, près du port. Bien sûr, le toubabou est attendu ! Mais on le sait en y allant, non ?... Alors, on a choisi de jouer le jeu, d’y plonger, de se donner du temps, de passer dans chacune des boutiques, sans en oublier une seule (on n’aurait pas pu de toutes façons !). Du coup, les vendeurs se sont calmés, attendant patiemment leur tour pour nous vanter la beauté et l’originalité (euhhhh ….) de leurs articles. Nous échangions quelques mots à droite à gauche, achetant une bricole de ci de là. Partout des sourires. Jamais aucune agressivité. Aucune authenticité non plus, faut pas se leurrer ... Mais, ce fut néanmoins un moment bien agréable. Marchandage de rigueur. Ils annoncent leur prix, nous le nôtre. « Merci pour ton premier prix » répondent-ils invariablement. Et la négociation démarre. On se laissait de la marge pour pouvoir augmenter un peu notre première offre et permettre ce jeu d’enchères … A titre d’infos (ça vaut ce que ça vaut !), nous avons généralement payé les articles le tiers du premier prix annoncé. On concluait en étant tous contents et souriants, ce qui est bien satisfaisant. Par exemple, nous avons payé l’incontournable chapeau peul 3 500 F. A l’aéroport, on a honte de voir qu’on a tous fait ce même achat. Et pas moyen de s’en cacher ! Zut, aucune originalité ! Mais plus tard, chez soi, qu’on est heureux de n’avoir pas boudé son plaisir sous prétexte de ne pas tomber dans le trivial. Car, qu’ils sont beaux ces chapeaux peuls !
On a beaucoup aimé : 🙂 Les mains tendues et caressantes des gamins aux abords des villages Dogon. Juste une caresse et un grand sourire … Le sourire attendri et reconnaissant de cette maman parce que, justement, nous caressions la main tendue de son fils. Les baobabs dans la plaine. Le sable rouge, la plaine jaune, le ciel bleu, les champs d’oignons verts, la peau noire … et les boubous multicolores. Dormir à la belle étoile.
On a moins aimé : 😕 Y être quelques jours avant l’Aïd. Le transport sans ménagement de tous ces moutons qui vivaient leurs dernières heures a fendu notre cœur d’artichaut.
En conclusion ... Malgré la brièveté de ce voyage, ce fut un GRAND voyage. L’Afrique telle qu’on la rêve : paysages grandioses, lumière dorée, peuple accueillant et amical, culture et rites ancestraux, villages à l’esthétisme épuré ! Un voyage qui mêle culture, paysages, rencontres et plaisir de la marche ; peu de lieux offrent cette globalité.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Sam 22 Nov – Vol Air France Paris / Bamako – Nuit à Bamako (GIE Benso Mazauges) Dim – Route vers Djenné (Bus Bani Transport + Taxi) - Nuit à Djenné (Hôtel Maafir) Lun – Djenné : marché, mosquée, ville - Nuit à Djenné Mar – Route vers Mopti (Taxi brousse) - Nuit à Mopti (Hôtel Yapasdeprobleme) Mer – Route vers le pays Dogon J1 - Nuit à Begnematoo Jeu – Pays Dogon J2 – Nuit à Nombori Ven – Pays Dogon J3 - Nuit à Amani Sam – Pays Dogon J4 - Nuit à Ibi Dim – Pays Dogon J5 - Nuit à Youga Piri Lun – Pays Dogon J6 - Nuit à Banani Mar – Retour du pays Dogon - Nuit à Mopti Mer – Mopti - Nuit à Mopti Jeu – Mopti - Nuit à Mopti Ven – Route vers Bamako (Bus Bani Transport) - Nuit à Bamako (chez Mme Konaré Saw) Sam 6 Déc – Bamako – Vol Air France Bamako / Paris
BUDGET : Le Franc CFA Cours : 1 € = 640 Fcfa. Le Franc CFA correspond à nos anciens-anciens-francs (10 000 Fcfa = 100 F = 15 €) A l’arrivée à l’aéroport, dans la confusion de la récupération des bagages (épique !), j’ai raté les distributeurs de billets. Pourtant, il y en a 2 que j’ai vus lors de notre retour : dans le hall d’arrivée et à l’extérieur, juste devant les parkings.
Dépenses préalables : Vols réguliers Air France Paris/Bamako : 915 €/p = 1 830 €
Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso d’artisanat) : Randonnée en pays Dogon : 230 €/p = 460 € payé cash sur place Autre (hôtels, repas, transports) : 830 € Aucune utilisation de la CB ni de TC
Je le répète sur chacun de mes carnets, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative ; évidemment, on peut dépenser beaucoup moins. Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtels milieu de gamme, restaurants midi et soir, une bière de temps en temps …).
On a changé facilement nos € dans les hôtels au cours régulier de 640 Fcfa pour 1 €.
GUIDES : Petit Futé 2007 - 😠 Aucun intérêt, aucun plan de ville. J’ai vérifié après coup (trop tard, dommage !), le Lonely Planet propose un plan de Mopti, de Djenné, même de Banani ! Les points d’intérêt sont juste cités sans être situés. Ils se contentent de dire qu’on ne peut pas se passer d’un guide (humain) ce qui est totalement faux. J’étais en rage. Achat totalement inutile. Préférez, et de loin, le LP Afrique de l’Ouest.
TRANSPORTS :
1 - Vols Paris/Bamako – Air France Achetés début septembre sur le site Air France à 915 € l’A/R. Plus cher que d’autres vols mais régulier et direct. 5 heures de vol. Arrivée à 21h20 à Bamako ; départ de Bamako à 23h45.
2 – Bamako/Djenné : bus et taxi En préparant notre voyage, ce transfert de Bamako à Djenné m’a beaucoup souciée et j’en profite pour remercier ici tous les VFistes qui ont répondu à mes inquiétudes. Grâce à leurs réponses, nous avons osé … Nous nous sommes donc rendus très tôt le matin (vers 6h30) à la gare routière des bus BANI TRANSPORT pour être sûrs d’embarquer dans le 1er bus du matin en direction de Mopti. Au guichet, on demande nos tickets pour "le carrefour de Djenné". Bamako / Mopti = 8 000 F. Le carrefour se trouve environ 100km avant Mopti. J’ai payé autant pour l’arrêt au carrefour de Djenné, je n’ai pas réagi … j’aurais sans doute dû !... 2 bagages chargés en soute (1000 F par bagage). Nous avions enveloppé nos sacs à dos d’une housse de protection … ce n’était pas superflu, c’est très poussiéreux. La montée dans le bus s’effectue par appel (au mégaphone !) dans l’ordre d’achat du ticket. Une fois dans le bus, on choisit sa place. Ca marche bien. Départ prévu à 7h, effectif à 7h20. Voyage sans problème, nous arrivons au "carrefour" vers 14h45. Un taxi (une 504 break), avec déjà 2 touristes, "nous attendait". Nous montons, acceptons le tarif réclamé (15 000 pour le taxi à diviser par 4) et partons. Au bout de 30 km, nous voici au bord du Bani, petite rivière qu’on traverse par un bac. C’est inclus dans le prix du taxi, on ne paie rien de plus. Animation, ambiance, couleurs, jolies photos en perspective ! 5 minutes de navigation puis encore quelques courts kilomètres. Nous allions tous les 4 au même hôtel, le taxi nous y a déposés plutôt que de nous laisser sur la place du marché comme c’est l’habitude. A 16h30, nous étions douchés ! Finalement, ça s’est fait tout seul, vite et confortable !... Mais je pense que pour y arriver, il faut vraiment prendre le premier bus au départ de Bamako (7h), croiser les doigts pour qu’il n’y ait aucune panne (et là, je pense qu’avec Bani Transports on limite les risques …) et espérer qu’il y ait un taxi au carrefour. Nous avons eu un peu de chance, je crois.
3 – Djenné/Mopti : taxi-brousse Le transfert de Djenné à Mopti fut plus laborieux. Nous décidons de prendre le taxi-brousse, très économique. 2 250 F / p + 500 F / bagage Le guichet des taxis-brousse se trouve sur la place du marché ; on y achète notre billet le jour même, vers 7h, puis on s’entasse dans le taxi-brousse (petite camionnette aménagée de bancs) jusqu’à transformation complète en sardine. Nos 2 sacs sont sur le toit, à côté du mouton. Dès que la boite est pleine, on part. Jusqu’à la panne, apparemment incontournable. 5 heures plus tard, nous avions enfin parcouru les 130km qui séparent Djenné de Mopti. Epique, authentique, épuisant ! 🤪 Un couple de Français nous a raconté avoir fait ce transfert en pinasse pour 20 000 Fcfa/p, repas compris. 8 heures de navigation, ils en étaient enchantés.
4 – Mopti/Bamako : bus A Mopti, il existe 2 guichets Bani Transport. Le principal, sur le rond-point (c’est de là que partent les bus) et un autre, secondaire, sur le port. Nous avons acheté nos billets 2 jours à l’avance sur le port. Je vous conseille plutôt de les acheter au guichet principal car nos noms n’avaient pas été reportés sur la liste principale. Petit problème au moment de l’appel pour monter dans le bus (mais qui s’est réglé très vite). Départ de Motpi à 7h15. 10 h pour faire les 640 km de route asphaltée de Mopti à Bamako. Les bus Bani Transports nous ont paru en bien meilleur état que ceux de Bittar. Confortables, tout le monde a une place assise, chauffeurs prudents ; quelques arrêts jamais très longs. En route, je vous conseille de goûter aux "béné" ( ? pas sûre d’avoir bien compris le nom …), gâteaux secs au sésame et au miel, enveloppés individuellement dans une poche plastique, proposés par les petits vendeurs ambulants qui accourent aux fenêtres du bus au moindre arrêt. Un goût de nougat chinois mais sec et croustillant. C’est bon et nourrissant. 50 F pièce. L’eau en bouteille est assez difficile à trouver en route. Elle est plutôt vendue en poche plastique. Pas super pratique mais ça dépanne. Pensez plutôt à remplir vos gourdes avant de partir.
5 – Taxi en ville A Bamako : Aéroport vers Hôtel GIE B-M, taxi "affrété" par le GIE : 5 000 F (un peu excessif) Hôtel GIE B-M vers gare routière : 1 000 F Gare routière vers Maison d’hôtes de Mme Konaré Saw : 3 000 F Konaré Saw vers aéroport : 6 000 F A Mopti : Gare des taxis-brousse vers Hôtel Yapasdeproblème : 1 000 F Hôtel vers départ des bus Bani Transports : 2 500 F (tarif de nuit parait-il ….)
HEBERGEMENT :
1 - BAMAKO : GIE Benso-Mazauges (cliquer ici) 15 000 F la chambre (A/C, sdb) avec le petit déj (qu’on a eu, à 6h, avant de partir à la gare). Réservation effectuée à l’avance par internet. Arrivés tard le samedi soir, nous voulions partir très tôt le dimanche matin vers Djenné. Je cherchais donc un hébergement proche de la gare routière. Merci à hery et seneleg pour cette adresse ! Chambre simple, rien de trop. Accueil un poil laxiste. Je n’en garde pas un souvenir ému mais l’emplacement de l’hôtel répondait à notre attente, effectivement, à côté de la gare routière (1 000 F le taxi pour s’y rendre). Par contre, forcément bien loin du centre de Bamako. Au moment de la réservation, le GIE nous a proposé un taxi pour nous récupérer à l’aéroport. 5 000 F, c’est un peu cher mais ça nous a évité de chercher dans la confusion de l’arrivée … Arrivée au GIE, j’ai confié 200 € à un Malien qui, à 22h passées, est reparti en ville me trouver des Fcfa. Confiance totale, justifiée, j’ai récupéré mes Fcfa ½h plus tard.
Maison d’hôtes chez Mme Konaré Saw 6 000 F/p (ventilée) avec le petit dej. Sans réservation. Au centre (hippodrome). Riche maison particulière dont la propriétaire loue 5 chambres (dont 2 dans un bâtiment annexe où nous étions). Plusieurs sanitaires communs. Chambre (ventilée, moustiquaire) sombre, petite, tristounette et sale (les 3 chambres de la maison principale sont sûrement bien plus agréables). Sanitaires par contre irréprochables (avec eau chaude). Petit déjeuner familial inclus. L’accueil très chaleureux de Mme Konaré Saw a compensé la médiocrité de la chambre. Difficile à trouver. Il faut indiquer au taxi : rue du BlaBla, puis au bout du goudron, continuer tout droit sur la piste, prendre la 7e à droite et c’est la 4e porte à gauche. Quartier calme de maisons cossues même si l’état de la piste ne le laisse pas supposer un instant ! De là, nous sommes allés le soir (lampe frontale de rigueur) au maquis Pili Pili à pied (pas loin, 15 min) et, le lendemain, au musée (plus loin, plus d’une heure à pied, en traversant le marché de Médine).
2 - DJENNE : Hôtel Maafir 23 000 F la chambre (A/C, sdb) avec le petit déj. Réservation faite bien à l’avance par téléphone. Chambre spacieuse et agréable. Petite cour intérieure calme. A quelques centaines de mètres de la mosquée et de la place du marché. Je conseille vivement de réserver son hébergement à Djenné si vous y êtes pour le marché (lundi).
3 - MOPTI : Hôtel Yapasdeproblème (cliquer ici) Notre coup de cœur. 🙂 25 000 F la chambre (A/C, sdb) + petit déj à 1 500 F. Réservation faite par internet. Chambre très agréable quoiqu’un peu sombre car située au rez-de-chaussée. Au troisième étage, une grande terrasse sert de bar/restaurant. Bien abritée, joliment décorée, on s’y sent très bien et on s’y repose avec plaisir. La cuisine y est par ailleurs de grande qualité. Nous avons dîné là tous les soirs. Je conseille vivement cet hôtel qui offre de nombreuses possibilités d’hébergement. Le patron est très présent et toujours prêt à aider. Vraiment une bonne ambiance, chaleureuse et décontractée.
REPAS : On retiendra de nos agapes le capitaine, poisson du fleuve, ferme (se tient bien en brochette) au goût très fin, l’attiéké (semoule de manioc) au goût très marqué, l’aloco ou banane plantain frite (un peu gras), le bissap (infusion chaude ou froide, très sucrée, de plantes locales, d’un rouge profond). Nous n’avons mangé qu’une seule fois du fonio maté (semoule de mil avec une sauce arachide). Perso, j’ai trouvé le fonio vraiment fade, je préfère de très loin l’attiéké. Le poulet nous a toujours déçus : trop dur, trop cuit. Nous lui avons très vite préféré le délicieux capitaine.
Quelques prix : Les prix sont très variables d’un endroit à un autre … Une bouteille d’eau (1, 5 litre) : entre 1 000 et 1 250 F (le budget eau est important, les pastilles permettent une belle économie). Une bouteille de coca (30 cl) : entre 500 et 700 F Une grande bière (600 ml) : 1 250 F (la Castel est moins amère que la Flag) Un plat de capitaine (avec garniture : riz, aloco, attiéké …) : autour de 3 500 F Un plat de poulet yassa (avec du riz) : 3 000 F
Voici 3 adresses qu’on a bien aimées : Le restaurant de l’hôtel Yapasdeproblème à Mopti Poulet yassa, brochette de capitaine, aloco, énorme salade composée (après la randonnée en pays Dogon, on s’est délecté de cette énorme assiette de crudités), omelette, crêpe au chocolat, jus de mangue frais … tout est bon et à prix raisonnable. Le Bissap Café à Mopti (juste avant le port) C’est cher, mais c’est bon. Pichet de bissap à 1 000 F, plats africains à 4 000 F, yaourt (au miel sauvage, un régal !) à 900 F, salade de fruits frais à 1 200 F. Bonnes pizzas au feu de bois également (autour de 4 000 F) Le Pili Pili à Bamako Sympathique maquis où nous avons mangé de l’attiéké délicieux et encore du capitaine. Pas cher.
LA RANDONNEE EN PAYS DOGON :
1 - La randonnée en elle-même Ce fut le point d’orgue de notre voyage au Mali. Nous avions 7 jours à notre disposition et nous tenions absolument à aller jusqu’aux 3 Yougas. Pour le reste, nous avons laissé libre cours à Benjamin. Paysages grandioses, villages pittoresques, scènes rurales tout droit sorties de notre imaginaire, accueil chaleureux, logistique rudimentaire mais suffisante, marche facile et agréable, lumières pures de l’Afrique, voilà les nombreux ingrédients qui ont fait de cette randonnée une expérience inoubliable.
Rappel de nos étapes : J1– Départ à 8h en voiture particulière pour 2 heures de route et de piste – Arrivée à Indelou, sur le plateau – Pause repas – 45 minutes de marche seulement pour ce 1er jour - Nuit à Begnematoo J2 – Dourou – Pause repas – Descente de la falaise – Nuit à Nombori J3– Komokani – Pause repas – Mare aux crocodiles - Nuit à Amani J4– Ireli – Pause repas - Nuit à Ibi J5– Koundou – Youga Na – Pause repas – Montée vers Youga Dogourou - Nuit à Youga Piri J6– Redescente vers Koundou – Ibi – Pause repas - Nuit à Banani J7– Montée de la falaise vers Sangha – On retrouve notre chauffeur, route vers Mopti qu’on rejoint à 11h
Trop inquiète sur l’authenticité des villages traversés, sur les conditions d’hygiène que j’imaginais réduites à néant, sur la difficulté du parcours sous un soleil harassant … j’ai souhaité limiter l’itinéraire à 7 jours/6 nuits, pensant atteindre là les limites de mes capacités. Quel dommage ! 2 ou 3 jours de plus m’auraient ravie, nous permettant de démarrer à Kani Kombole et de pousser jusqu’à Yendouma. Mais peut-être alors aurait-il encore manqué 2 ou 3 jours supplémentaires ?... Les villages traversés sont tous différents et chacun a son charme. Pour ne citer que nos préférés … Nous avons particulièrement aimé Indelou. Est-ce parce que c’était le premier ? Non, les photos me prouvent que son charme est bien réel. Tout petit village, tout serré, tout mignon, une vraie bonbonnière … Dourou est superbe aussi, plus grand. Nous y étions (coup de chance) le jour du marché. Très animé, très coloré. L’arrivée sur Nombori, au sortir d’une faille de la falaise, est extraordinaire. Grand village, très peuplé, très vivant, face à la grande dune rouge, au pied de la falaise. Nous y découvrirons nos premières habitations Tellem. Et quelle soirée mémorable chez Philippe, le frère de notre guide, qui tient salon ! Puisque la télé n’a pas encore ici fait ses ravages, quelques hommes du village ont pris l’habitude de s’y retrouver pour passer la soirée à débattre. Ce soir-là, le sujet était la condition de la femme … Débat animé et joyeux … même si nous ne partagions pas l’avis général … Et puis, le fleuron : Youga Piri. Qui se mérite ! Quelle nuit extraordinaire nous y avons passée. Village tout en dénivelé, accroché, caché, dans la falaise. On a l’impression d’être dans une forteresse irréelle, adossée à la falaise, dominant la plaine. Nuit incroyable … en contrebas dans la vallée, on devine un foyer qui brûle encore, plus près, les enfants rient toujours malgré le noir profond de la nuit … Ce fut une nuit magique. De celles qui marquent une vie.
2 - Condition physique Mes commentaires s’appliquent à notre randonnée. Nous n’avons pas tout parcouru, loin s’en faut ! Randonnée facile où l’on passe d’un village à un autre, tantôt sur le plateau de la falaise de Bandiagara, tantôt au pied. Sur le plateau : roche rugueuse où les chaussures accrochent bien. On domine la plaine, à perte de vue, sur 360°. Seule la mer donne cette même impression d’infini. Magnifique ! Au pied de la falaise : sentier de terre sablonneuse, souple, agréable. Parfois quelques parties de sable plus profond, là c’est un peu pénible, ça patine. On traverse des champs d’oignons, de mil, des plaines parsemées de baobabs. On croise parfois quelques ânes, quelques zébus. La brousse, comme on la rêve ! Dans la falaise : car pour passer du plateau à la plaine (ou l’inverse), il faut descendre (ou monter). On emprunte alors des failles, étroites gorges composées d’éboulis de rochers. Un peu d’endurance, un peu de souffle, un peu d’agilité et un peu d’humilité (ne pas démarrer trop vite et garder un rythme régulier) suffisent largement à surmonter l’épreuve. Vraiment rien d’infaisable. C’est la montée vers Youga Piri qui fut (sur notre parcours) la plus difficile. Un jeune nous a d’ailleurs accompagnés (il semble que ce soit l’habitude, un moyen pour eux de se faire une petite pièce) toujours prêt à me tendre une main rassurante sur un passage délicat. Evidemment, il était en tongs … Il était même prêt à me soulager de mon sac à dos si j’avais voulu (au-delà de mon ego qui me l’interdisait, je n’en avais sincèrement pas besoin, par contre je ne me suis pas privée de lui attraper plusieurs fois la main). On traverse quelques failles profondes sur des ponts de branches et de pierres. Même moi plutôt sujette au vertige, ça ne m’a pas impressionnée plus que ça. On grimpe aussi quelques échelles Dogon pour escalader des rochers trop raides ; là encore pas assez hautes pour en être embarrassé. Bref, des passages inhabituels rendent cette montée pittoresque et l’occasion de photos sympathiques … Mais aucune crainte à avoir et aucune raison de s’en priver. Et quel spectacle !! Globalement : rythme facile : nous marchions 4 à 5 heures maxi par jour, visites de villages comprises. On évitait la chaude période de mi-journée : pause de 11h à 15h environ. La pause peut sembler longue, mais on s’y fait, et ce rythme lent convient bien à ce type de randonnée. Ma période de marche préférée a toujours été celle de l’après-midi. A partir de 15h, la température devient idéale et décline tout doucement. Plus on marche, plus il fait doux (à l’inverse du matin). Paysages dorés sous la lumière chaude et rasante d’un soleil toujours brillant sans être brûlant. Ce sont bien sûr pendant ces après-midi que nous avons fait nos plus belles photos. La qualité et le poids du sac à dos contribuent fortement au plaisir de la marche (truisme total …! 😛 ). Nous avions investi dans des sacs légers, bien ventilés, bien conçus et avons limité leur chargement à l’essentiel (6-7 kg chacun, eau comprise). Les hanches portent, les épaules sont libérées, le dos ne souffre pas du tout. Au point que j’en oubliais parfois de le poser en arrivant à l’étape !
3- Logistique Nous faisons connaissance de notre guide Benjamin à l’hôtel Yapasdeproblème la veille du départ. Ensemble, nous revoyons notre parcours et convenons de notre heure de départ. Nous le payons (intégralement en €). Le lendemain, Ousmane (le chauffeur) et Benjamin étaient prêts avant l’heure dite ! 2 heures de route et de piste pour atteindre Indelou, point de départ de notre randonnée.
3.1 - Les campements C’est quoi un campement ? y a des tentes ? des caravanes ? un bar ? une discothèque ? …. Pfffff …. 😏 Bon, n’empêche que je me suis posée la question, évidemment … Dans certains cas, c’est de l’hébergement chez l’habitant, en d’autres termes : une chambre et une table d’hôtes, version locale. Parfois, la structure d’accueil est un peu plus grande, plus organisée, avec même quelques cases pour dormir à l’abri (pour notre part, on a toujours préféré de très loin les terrasses) et quelques tables abritées sous un toit de paille pour manger. Un petit coin isolé par des murets en guise de sanitaires, pour la toilette d’un côté, les wc de l’autre. Les hôtes installent des matelas de mousse sur le toit, apportent un seau d’eau pour la toilette et préparent le repas commandé. Le matin avant de partir, nous réglions nos boissons. Voilà, c’est tout simple et, pour les plus petits campements, très authentiques. Les repas : on les commande dès l’arrivée (vers 11h ou vers 17h) car la préparation est longue puisqu’à la demande. Plat unique composé d’un féculent (semoule, pâtes, riz, purée de haricots) et d’une sauce servie à côté. Très peu de légumes (2 ou 3 morceaux de courge dans la sauce, au mieux …), pas de fruits. Après une tentative, nous avons toujours décliné la viande (trop dure à notre goût). La sauce varie d’un campement à un autre selon le talent du cuisinier. Sans être gastronomique, c’est bon, nourrissant et servi toujours très très copieusement. Notre guide s’adonnait à la cérémonie du thé : longue préparation d’un thé vert à la menthe sur un petit brasero puis partage du breuvage entre tous les présents, en 3 fois. Du plus amer au plus doux … Rite convivial bien sympa pour qui aime le thé. Au petit déjeuner, thé ou café, lait en poudre et un large saladier de beignets de mil. Un peu gras (beaucoup même) mais c’est bon. Ce fut parmi nos meilleurs moments. Que d’images extraordinaires en ces débuts de journées sous un soleil rouge, doux, qui embrasait la falaise devant nous. Le thé fumant entre nos mains, nous étions tous les matins scotchés devant ce spectacle. Les nuits : un matelas de mousse, parfois 2 quand ils étaient vraiment trop fins, un sac à viande, une polaire roulé en boule en guise d’oreiller et une moustiquaire (souvent fournie par le campement), voilà comment passer des nuits sublimes à regarder un ciel auquel on n’a pas droit à Paris. Nous avions décidé de ne pas emporter de sac de couchage (pour limiter poids et volume). Nous avons eu froid une nuit, à Ibi, où nous avons fini entre les 2 matelas, tels des sandwichs. Vers 5h30, le soleil se lève, les animaux (les coqs, les ânes, les moutons ….) se réveillent et annoncent à qui mieux-mieux la nouvelle journée. Pour rythmer l’ensemble, la cadence sourde et régulière des femmes qui pilent le mil. Une colonne de jeunes filles remontent déjà du puits avec leur énorme bassine d’eau sur la tête pour alimenter le village … Demain, immanquablement, elles y retourneront … Autant d’invitations à se lever pour vivre une nouvelle journée riche en images merveilleuses, immuables, d’un autre temps. La toilette : pas d’eau courante ne signifie pas pas d’eau ! Grave erreur de ma part. Chaque soir, nous avons pu effectuer une toilette complète. Le coin douche est isolé par des murets de terre de 1m50, à ciel ouvert. Une porte ou un système de chicane permet de s’isoler un minimum. Personne ne regarde. Un seau et une louche, ou bien un énorme bidon surélevé garni d’un pommeau de douche ! J’avais apporté des lingettes qui m’ont finalement bien peu servi. J’avais également un flacon de savon bactéricide sans eau. Utile (dans la journée notamment) sans être indispensable. Une anecdote. A Youga Piri, on nous demande si nous pouvions nous laver ensemble pour économiser l’eau, tellement difficile à monter depuis la plaine. Bien sûr ! Nous voilà dans notre petit coin, avec notre seau d’eau et notre gobelet-louche, tout nus, tout juste protégés par un petit muret, à nous frotter, quand soudain on entend un appel. On cherche, là, un peu plus haut, un gamin nous fait un joyeux signe de la main. Auquel on répond tous les 2 aussi joyeusement. Puis, 2 gamins, puis 3 … pour finir, il y aura une dizaine de gamins, en rang d’oignons, à nous observer et à nous faire signe. Cocasse ! Les contacts sont toujours faciles, même en pleine toilette ! Pour info, le seau d’eau nous a largement suffi pour nous 2 ; il en restait plus de la moitié. On n’imagine pas à quel point on peut économiser l’eau pour se laver … Ca m’a donné à réfléchir sur mon gaspillage quotidien ! Les WC : à côté du coin douche (à Youga Piri, c’était même au même endroit), un trou dans le sol. Parfois une petite bassine avec un peu d’eau. N’oubliez pas votre papier.
3.2 - L’équipement (à cette époque, fin Novembre) La température est montée jusqu’à 39°C. Néanmoins, c’est très supportable car l’atmosphère est très sèche. A cette époque, le soleil n’est pas brûlant et nous n’avons pas souffert de coups de soleil. Chaussures de marche à tige basse nécessaires, mais suffisantes. Je ne conseille pas les sandales à scratch, on traverse parfois des broussailles piquantes et accrocheuses … Pour les pauses, les tongs permettent de bien s’aérer les pieds et de faire sécher les chaussettes. Pratiques également pour la toilette. Tenue de rando en coton léger. Le soir, on appréciait d’enfiler une tenue légère, propre et sèche. Le grand air doux de la nuit suffisait à sécher et à aérer notre tenue de marche qu’on ré-enfilait le lendemain matin. Avec cette alternance, nous étions confortables et avons voyagé léger. Cela dit, on se salit beaucoup, poussière et marbrures de sel de transpiration ; préférez les couleurs claires moins salissantes … Une petite polaire légère fut la bienvenue pour servir d’oreiller ou d’appoint pour les nuits un peu plus fraîches. Jamais portée naturellement en journée. Les indispensables : lampe frontale - des mouchoirs en papier - des tongs - du papier toilette - un peu de lecture pour la pause de mi-journée - un jeu de cartes - de l’argent liquide en petites coupures (on dépensait environ 5 000 Fcfa par jour pour nous 2 en boisson -2 cocas, 2 ou 3 bouteilles d’eau, 1 grande bière-. Ce n’est pas négligeable … Eau du puits gratuite si vous optez pour la purification par pastille) - pharmacie de base : aspirine, imodium, ercéfuryl, pince à épiler, anti-palu, répulsif - APN et batteries (chargeur inutile …) - gourdes (2 X 1, 5 l) plus solides que les bouteilles en plastiques …. - un couteau - un petit tube de protection solaire (on en a utilisé bien peu) - serviette de toilette en micro fibre : ultra compactes et qui sèchent en 10 minutes, vraiment pratique - une moustiquaire (non imprégnée). On l’a utilisée (2 fois) quand le campement ne les fournissait pas - un sac à viande (les frileux du Midi préfèreront sûrement un sac de couchage … nous, on est des durs, des Lorrains ! 😛 ) - trousse de toilette et un peu de rechange … Notre paquetage faisait 6-7 kg chacun. Pas la mort ! Une dernière remarque : si vous avez besoin, pensez à un miroir.
Nous avions laissé à l’hôtel de Mopti, en toute sécurité, un sac de voyage en consigne et, dans leur coffre, une pochette contenant argent, passeport, billets d’avions, clés …. Nous n’avions donc sur nous que des photocopies de nos passeports et un peu d’argent liquide. Et l’esprit tranquille !
3.3 - Une journée type On a vécu au rythme du soleil et des étoiles : Réveil naturel vers 6h au son des cocoricos, braiements, bêlements et autres meuglements … Petit déjeuner à 7h, parfois un peu plus tôt Départ entre 7h30 et 8h (2 à 3h de marche) Arrivée au campement de midi entre 10 et 11h Commande du repas, qui sera invariablement servi à midi Coca / Thé / Repas / re-thé / Sieste / re-re-thé … Départ à 15h (2h maxi de marche) Arrivée au campement du soir vers 17h (il faisait nuit noire à 18h15) Commande du repas (servi vers 19h), toilette, installation du couchage sur une terrasse Dodo autour de 20h30
4– Benjamin, notre guide C’est bien grâce à lui que notre randonnée fut une telle réussite. Benjamin a 36 ans, il est Dogon, originaire de Nombori (où nous avons passé 1 nuit chez son frère Philippe, médecin du village). Il connaît bien sûr très bien les rites et coutumes du pays Dogon et sait en parler ; il est compétent, fiable, honnête (quand il ne sait pas, il le dit et se renseigne), ponctuel (si, si !!), professionnel, attentif (sans être envahissant), à l'écoute (il comprend vite ce qu'on recherche ...). Contact pris par internet avant notre départ. Nous avions convenu à l’avance des prestations, de l’itinéraire, du prix et du rendez-vous à l’hôtel. Aucune avance réclamée, aucune mauvaise surprise, tout fut respecté. Pour respecter la déontologie de ce site, je donnerai ses coordonnées par MP sur demande. Ceux qui ont lu mon carnet de voyage sur le Népal noteront que je n’ai pas été aussi élogieuse avec notre guide Santa … juste pour dire que nous savons ce qu’est un mauvais guide …
Quid de la nécessité d’un guide ? Nous avons croisé peu de touristes pendant notre périple, mais tous étaient accompagnés. Non pas pour le chemin : avec la falaise comme fil conducteur, impossible de se perdre. Encore que … il n’y a aucune indication et parfois 🤪 … mais, je veux bien croire qu’on peut s’y retrouver. Par contre, il semble difficile de visiter les villages sans un guide qui garantira le respect des lieux sacrés. A Indelou, lors de la pause repas, nous avons voulu retourner nous promener dans le village. Benjamin, en pleine sieste, a demandé à un gamin de nous accompagner. Ce n’était pas pour qu’on ne se perde pas (il aurait vraiment fallu le faire exprès !) mais pour que les villageois soient rassurés : nous n’allions pas profaner les lieux sacrés. Je repense aussi à son cri d’effroi quand j’ai tendu la main vers un autel Tellem … Ahhh ! Pas touche ! oups 😊 … Et comment deviner que ce bout de friche, s’il est foulé entraîne une mort certaine sous 3 ans … m’enfin, tous les enfants du village le savent !... Pour traverser Youga Dogourou, haut-lieu du pays Dogon puisque siège de la cérémonie de Sigui, Benjamin s’est assuré des services d’un jeune du village pour être absolument certain de respecter le protocole, ici, plus compliqué qu’ailleurs. Le jeune nous a quittés une fois le village traversé. Animisme, croyances ancrées profondément, lieux sacrés, voilà ce que le guide va protéger (protection du touriste ignorant et aussi du villageois : un lieu profané nécessite d’être re-purifié). Enfin, J’ai vu Benjamin remettre un boubou-offrande au chef du village à 2 occasions : à Indelou et à Nombori. Suffisamment discrètement pour que je croie en l’authenticité du geste. Voilà, au final, je pense que c’est difficile sans guide. Par ailleurs, le guide (pourvu qu’il soit Dogon !) apporte vraiment beaucoup en terme d’explications sur les rites, la cosmogonie, la vie quotidienne et permet d’entrer en contact avec les villageois qui parlent très peu Français.
DJENNE : La taxe de développement touristique individuelle est de 1 000 F. Nous l’avons payée (contre un reçu en bonne et due forme !) au carrefour avant de prendre notre fameux taxi. Guide bien inutile pour visiter cette merveilleuse petite ville tout en banco. La mosquée est interdite aux non-musulmans. On nous a proposé plusieurs fois de la visiter moyennant 5 000 Fcfa/p. Grosse mise en scène : chuchotements et regards appuyés pour tenter de nous faire croire que nous avions là une opportunité exceptionnelle … Nous avons décliné. Nous sommes montés sur le toit terrasse voisin offrant une belle vue. Un peu plus tard dans la matinée, quand le marché battait son plein, nous y sommes retournés sans repayer, ils se souvenaient de nous. Cool. Le marché justement, parlons-en. Pour en profiter, Philippe décide de se lever aux aurores, à 5h45 !! Euhhhh … je suis une lève-tôt mais là, quand même, c’est un peu tôt … je traîne les pieds. … Philippe me houspille, nous sommes en retard ! Pffff … Allez, allez ! Non, non, pas de petit déj, pas de douche (on reviendra plus tard !), on court vers la place du marché qu’on atteint à 6h … Bien trop tôt … Rien … Ils commençaient à peine à s’installer. L’œil noir, je regarde Philippe, je ne dis rien (il n’y avait rien à dire !) et je retourne à l’hôtel prendre ma douche et mon petit déjeuner … Bien sûr, Philippe m’a accompagnée (même pas penaud !) et nous avons pris notre petit dej ensemble évidemment, et sans aucune rancune de ma part, car après tout, s’il avait eu raison …. je l’aurais béni ! Retour sur la place où le marché bat son plein vers 10-11h … Vraiment un beau spectacle que toutes ces couleurs avec la mosquée en terre en toile de fond ! En dehors de l’animation du marché, Djenné est une magnifique petite ville, tout en banco. On s’est promené avec plaisir dans ses ruelles, partout des scènes de vie quotidienne incroyables de simplicité et de beauté : la préparation du tô, le démêlage d’un filet de pêche, le pilonnage du mil, la farine tamisée, le tressage des cheveux, la laine filée … On s’arrête, on se regarde, on se sourit, on continue … Encore une belle journée, intemporelle …
MOPTI : Jolie petite ville au bord du Bani où nous nous sommes posés 3 nuits après notre rando. Par nécessité et par choix aussi … Plutôt que de passer une trop courte ½ journée à Ségou comme nous l’avions envisagé initialement, nous avons changé nos plans pour profiter davantage de Mopti. La bonne ambiance et le confort de l’hôtel ainsi qu’une grosse tourista à enrayer ont également pesé dans la balance. On s’est posé, on s’est baladé (seuls !) ; la mosquée, le marché, le marché artisanal, le bissap café … Pas fana ni l’un ni l’autre de bateau, on n’a pas tenté la balade en pinasse. Les offres ne manquent pas ! Un couple nous a dit avoir fait la visite de Mopti en pirogue (et non la visite des villages environnants comme proposée la plupart du temps), ils en étaient enchantés … Petit regret …
BAMAKO : Une seule journée passée à Bamako, c’est peu mais ça nous a suffi. Musée National Argh, j’ai oublié le prix du ticket d’entrée, pas cher … peut-être 1000 F/p Certes, il est beau, pas bien grand, bien agencé mais trop peu didactique. Dommage, nous en sommes partis un peu frustrés. A faire quand même, surtout en fin de voyage. Petit restaurant où nous avons enfin mangé du fonio maté. Marché de Médine Sur la route du musée (c’est idiot ça, ça dépend d’où on vient !). A environ 1km à l’Est du musée (voilà qui est mieux !) Il jouxte une décharge où de pauvres hères ont élu domicile. On décide de s’y enfoncer pour en saisir davantage l’ambiance. Marché populaire très vivant, très pauvre aussi. Qu’elle était belle cette maman tressant habilement les cheveux de sa fille, assises toutes deux au milieu de poissons assaillis par des nuées de mouches ! Les magnifiques sourires des vendeurs rendent encore plus dramatique ce marché bien sombre et bien miséreux. On touche ici le quotidien du Mali qui nous ramène à une cruelle réalité : misère, indigence, survie … Maison de l’artisanat Nous avons préféré l’ambiance plus aérée et plus sereine du marché artisanal de Mopti.
DIVERS : L’accueil : je m’attendais vraiment à souffrir de harcèlement. Loin s’en faut. Certes, en ville, on est sollicité (pour une babiole, un service, un bic ou un cadeau …) mais sans jamais aucune agressivité. Combien de fois avons-nous décliné les offres de pseudo-guides, leur expliquant qu’on préférait être seuls. Aucune insistance, « ok, pas de problème, bonne balade, le marché c’est par là ». Et tout ça avec toujours un vrai beau sourire. Sollicités, oui, on l’a été ; harcelés, jamais de la vie ! La carte bancaire : pas du tout utilisée (cela dit, on a raté les distributeurs de l’aéroport). On a changé très facilement nos € dans les hôtels. A Djenné, dans une banque, au même taux. 1€=640 Fcfa Le climat à cette époque : chaud et sec. 2 journées plus fraîches en fin de séjour à Mopti et Bamako où nous avons enfilé nos petites polaires. L’affluence touristique à cette époque : vraiment pas grand monde … On recroise toujours les mêmes d’ailleurs, principalement des individuels comme nous. Les problèmes de santé : bonne turista pour Philippe (c’est la première fois !) en fin de randonnée, traitée énergiquement et efficacement par ercéfuryl, imodium et doliprane. Les moustiques : à cette époque, il n’y en a pas beaucoup. On s’est quand même fait piquer assez souvent. C’est dire … répulsif et traitement anti-palu à mon avis indispensables. Nous avons opté pour la doxycycline (voir Institut Pasteur – cliquer ici). Photos : la plupart des Maliens réclament une pièce pour leur photo, d’autres refusent tout net. On en a très vite pris notre parti et sommes revenus sans portrait. Finalement, pas bien choquant tout ça … L'artisanat : nous avons fait pas mal d’achats sur le marché de Mopti. Encore faut-il le trouver ! Plusieurs dizaines d’échoppes sont regroupées dans un quartier, près du port. Bien sûr, le toubabou est attendu ! Mais on le sait en y allant, non ?... Alors, on a choisi de jouer le jeu, d’y plonger, de se donner du temps, de passer dans chacune des boutiques, sans en oublier une seule (on n’aurait pas pu de toutes façons !). Du coup, les vendeurs se sont calmés, attendant patiemment leur tour pour nous vanter la beauté et l’originalité (euhhhh ….) de leurs articles. Nous échangions quelques mots à droite à gauche, achetant une bricole de ci de là. Partout des sourires. Jamais aucune agressivité. Aucune authenticité non plus, faut pas se leurrer ... Mais, ce fut néanmoins un moment bien agréable. Marchandage de rigueur. Ils annoncent leur prix, nous le nôtre. « Merci pour ton premier prix » répondent-ils invariablement. Et la négociation démarre. On se laissait de la marge pour pouvoir augmenter un peu notre première offre et permettre ce jeu d’enchères … A titre d’infos (ça vaut ce que ça vaut !), nous avons généralement payé les articles le tiers du premier prix annoncé. On concluait en étant tous contents et souriants, ce qui est bien satisfaisant. Par exemple, nous avons payé l’incontournable chapeau peul 3 500 F. A l’aéroport, on a honte de voir qu’on a tous fait ce même achat. Et pas moyen de s’en cacher ! Zut, aucune originalité ! Mais plus tard, chez soi, qu’on est heureux de n’avoir pas boudé son plaisir sous prétexte de ne pas tomber dans le trivial. Car, qu’ils sont beaux ces chapeaux peuls !
On a beaucoup aimé : 🙂 Les mains tendues et caressantes des gamins aux abords des villages Dogon. Juste une caresse et un grand sourire … Le sourire attendri et reconnaissant de cette maman parce que, justement, nous caressions la main tendue de son fils. Les baobabs dans la plaine. Le sable rouge, la plaine jaune, le ciel bleu, les champs d’oignons verts, la peau noire … et les boubous multicolores. Dormir à la belle étoile.
On a moins aimé : 😕 Y être quelques jours avant l’Aïd. Le transport sans ménagement de tous ces moutons qui vivaient leurs dernières heures a fendu notre cœur d’artichaut.
En conclusion ... Malgré la brièveté de ce voyage, ce fut un GRAND voyage. L’Afrique telle qu’on la rêve : paysages grandioses, lumière dorée, peuple accueillant et amical, culture et rites ancestraux, villages à l’esthétisme épuré ! Un voyage qui mêle culture, paysages, rencontres et plaisir de la marche ; peu de lieux offrent cette globalité.
Croisière sur le Costa Romantica en avril 2009 English translation pending
Bonjour
J'effectue un voyage avec des amis sur le costa romantica depart le 7 avril. C'est la premiere fois que je part en croisiere mais j'ai l'habitude de voyager zen auberge de jeunesse ou camping.
Pouvez vous me dire s'il est vraiment difficile de dormir dans les cabines interieures les moins cheres ( I1). En regardant les autres discutions j'ai vu qu'il etait preferable d'être au milieu pour les raisons de bruit. Quelqu'un peut il me dire la difference entre une cabine I1 et I3?
Ensuite nous passons à Capri, Malte, Gabes, Tunis et Ajaccio. Je ne souhaite pas prendre les excursions aussi si vous aviez des idees de visites et lieu sympas merci d'avance Ceci me permettra de completer mes recherches sur internet: surtout que les arrets sont assez courts
merci
Vero1234
J'effectue un voyage avec des amis sur le costa romantica depart le 7 avril. C'est la premiere fois que je part en croisiere mais j'ai l'habitude de voyager zen auberge de jeunesse ou camping.
Pouvez vous me dire s'il est vraiment difficile de dormir dans les cabines interieures les moins cheres ( I1). En regardant les autres discutions j'ai vu qu'il etait preferable d'être au milieu pour les raisons de bruit. Quelqu'un peut il me dire la difference entre une cabine I1 et I3?
Ensuite nous passons à Capri, Malte, Gabes, Tunis et Ajaccio. Je ne souhaite pas prendre les excursions aussi si vous aviez des idees de visites et lieu sympas merci d'avance Ceci me permettra de completer mes recherches sur internet: surtout que les arrets sont assez courts
merci
Vero1234
Bolivie - Sucre - Sud Lipez - La Paz en 4x4 autonome English translation pending
En préambule, je tiens à préciser que tout le voyage est fait maison, les moyens de transport et les hôtels (quand c'est possible) sont réservés et les itinéraires routiers sont tous programmés sur Base Camp, nommés de la date du jour du déplacement et sauvegardé sur un Garmin. Des itinéraires alternatifs sont également prévus en cas de problème de piste. Les cartes sont très détaillées mais comme on ne peut pas faire de pub, je ne nommerai pas la carte achetée, qui n'est pas une Garmin. Nous sommes deux couples partis pour un mois de découvertes du Pérou et de la Bolivie.
Après 11 jours passés au Pérou (les sites touristiques principaux...) , le 12 septembre 2017 nous entrons en Bolivie par le détroit de Tiquina, et cela en car, itinéraire Puno - La Paz. Longue journée...
Nous arrivons à la gare routière de La Paz à 17h30, où nous attend le chauffeur de l'hôtel Casa de Piedra. L'hôtel a un charme certain...
La visite de la Paz se fera au retour de notre périple dans le Sud Lipez. Demain, c'est départ à 7h00 pour l'aéroport d'El Alto où nous prenons le vol pour Sucre, décollage à 9h20 précise. La Paz est sous le brouillard....
Arrivée à Sucre à 10h après un vol sans histoire. L'histoire, elle commence à l'aéroport, ou devraient nous attendre nos deux pick-ups Toy Hilux loués chez Imbex. Après 3 coups de fils laborieux, on nous répond qu'en fait les véhicules sont réservés, mais à partir de la date .... de retour à La Paz... mais que deux Hilux's sont disponibles à Sucre (par chance!), qu'ils seront prêts le lendemain, la deuxième roue de secours devant être livrée de La Paz le lendemain matin. On perdra de ce fait une demi-journée, rien de bien grave mais ce genre d'incident est toujours désagréable.
Visite de Sucre et son marché couvert dans l'après-midi. Jolie petite ville sympathique.

Départ le lendemain matin pour l'agence afin de compléter l'équipement des véhicules pour le Sud Lipez: 3 jerrycans de 60 litres et la deuxième roue de secours. Puis plein à la station service du coin, long palabre entre le loueur et le directeur de la station sur la validité du certificat de remplissage des jerrycan. Finalement, le dit certificat nous permettra de remplir dans n'importe quelle station service 120 litres de plus que le plein du véhicule. Le départ pour Potosi - Tupiza se fera à 11h seulement... on ne visitera pas Potosi, ce qui n'est finalement pas une grande perte, puisque nous n'avions pas prévu la visite de la mine. Achat de quelques provisions en route
En route le pont sur le rio Pilcomayo.
Arrivée à Tupiza en fin d'après-midi, les 400 km de route étant très roulants sur la majeure partie du tracé. Nous logeons à l'Hostal Butch Cassidy. Nous ferons les plein en fin de journée. Le lendemain, visite des principales curiosités de Tupiza avec le fils du propriétaire de l'Hostal, qui nous guide sur les pistes du Dakar et les sentiers intéressants du coin: Canyon del Inca, Canyon del Duende, Río San Juan del Oro . Malheureusement, le ciel restera couvert toute la journée.



La suite demain: direction Guadalupe et la Ciudad de Roma...
Après 11 jours passés au Pérou (les sites touristiques principaux...) , le 12 septembre 2017 nous entrons en Bolivie par le détroit de Tiquina, et cela en car, itinéraire Puno - La Paz. Longue journée...

Nous arrivons à la gare routière de La Paz à 17h30, où nous attend le chauffeur de l'hôtel Casa de Piedra. L'hôtel a un charme certain...
La visite de la Paz se fera au retour de notre périple dans le Sud Lipez. Demain, c'est départ à 7h00 pour l'aéroport d'El Alto où nous prenons le vol pour Sucre, décollage à 9h20 précise. La Paz est sous le brouillard....
Arrivée à Sucre à 10h après un vol sans histoire. L'histoire, elle commence à l'aéroport, ou devraient nous attendre nos deux pick-ups Toy Hilux loués chez Imbex. Après 3 coups de fils laborieux, on nous répond qu'en fait les véhicules sont réservés, mais à partir de la date .... de retour à La Paz... mais que deux Hilux's sont disponibles à Sucre (par chance!), qu'ils seront prêts le lendemain, la deuxième roue de secours devant être livrée de La Paz le lendemain matin. On perdra de ce fait une demi-journée, rien de bien grave mais ce genre d'incident est toujours désagréable.
Visite de Sucre et son marché couvert dans l'après-midi. Jolie petite ville sympathique.

Départ le lendemain matin pour l'agence afin de compléter l'équipement des véhicules pour le Sud Lipez: 3 jerrycans de 60 litres et la deuxième roue de secours. Puis plein à la station service du coin, long palabre entre le loueur et le directeur de la station sur la validité du certificat de remplissage des jerrycan. Finalement, le dit certificat nous permettra de remplir dans n'importe quelle station service 120 litres de plus que le plein du véhicule. Le départ pour Potosi - Tupiza se fera à 11h seulement... on ne visitera pas Potosi, ce qui n'est finalement pas une grande perte, puisque nous n'avions pas prévu la visite de la mine. Achat de quelques provisions en route

En route le pont sur le rio Pilcomayo.

Arrivée à Tupiza en fin d'après-midi, les 400 km de route étant très roulants sur la majeure partie du tracé. Nous logeons à l'Hostal Butch Cassidy. Nous ferons les plein en fin de journée. Le lendemain, visite des principales curiosités de Tupiza avec le fils du propriétaire de l'Hostal, qui nous guide sur les pistes du Dakar et les sentiers intéressants du coin: Canyon del Inca, Canyon del Duende, Río San Juan del Oro . Malheureusement, le ciel restera couvert toute la journée.



La suite demain: direction Guadalupe et la Ciudad de Roma...
4 jours à Budapest début octobre English translation pending
Bonjour,
Je pars dans quelques jours pour 4 jours/3 nuits à Budapest. Vols A/R et hôtel (Prima Fashion) réservés.
J'ai lu beaucoup de posts sur Budapest (merci d'ailleurs pour les récits), mais il me reste quelques petites questions pratiques.
1/ Est-il utile de changer des € en Florints ? Si oui, pour quelles utilisations et environ combien ?
2/ Quelqu'un a t'il déjà pris le Hop on Hop off city tour (bus à arrêts multiples) ? est-ce intéressant? D'après mon expérience dans d'autres villes inconnues, oui, cela permettrait de descendre et monter à la demande et l'envie... mais dans ce cas précis?
3/ Concernant les bains : comment cela se passe t'il pour : coffres pour vêtements/sac ? des cabines pour se changer ?prix ? durée ? tenue maillot ? essuies ? A quel moment de la journée est-ce le plus sympa?
Je vous remercie pour vos réponses. Si vous voyez des infos de dernière minute importantes, n'hésitez pas à les mentionner. Merci.
Je pars dans quelques jours pour 4 jours/3 nuits à Budapest. Vols A/R et hôtel (Prima Fashion) réservés.
J'ai lu beaucoup de posts sur Budapest (merci d'ailleurs pour les récits), mais il me reste quelques petites questions pratiques.
1/ Est-il utile de changer des € en Florints ? Si oui, pour quelles utilisations et environ combien ?
2/ Quelqu'un a t'il déjà pris le Hop on Hop off city tour (bus à arrêts multiples) ? est-ce intéressant? D'après mon expérience dans d'autres villes inconnues, oui, cela permettrait de descendre et monter à la demande et l'envie... mais dans ce cas précis?
3/ Concernant les bains : comment cela se passe t'il pour : coffres pour vêtements/sac ? des cabines pour se changer ?prix ? durée ? tenue maillot ? essuies ? A quel moment de la journée est-ce le plus sympa?
Je vous remercie pour vos réponses. Si vous voyez des infos de dernière minute importantes, n'hésitez pas à les mentionner. Merci.
Cinq jours à Rome English translation pending
Bonjour,
voici une idée que nous avons pour notre séjour à Rome.
merci de votre avis sur la faisabilité...;es ce trop chargé, avons nous oublié quelque chose?
merci à vous
Premier jour... Atterissage 8h45 a fiuminco...aller à l'hotel vers place di spagna A voir : piazza del popolo et il tridente Villa medecis Piazza di spagna Mausoleo di augusto
Suivant heure... Possibilité de voir piazza venezia
Soirée... Aller vers fontaine de trevi Voir aussi la place et palais du quirinal avant...
Second jour...Vatican Réserver et arriver pour 8h30... Début visite 9h A voir : musée du Vatican place saint pierre Basilic saint pierre ( monter a la coupole?? )
Ensuite... Trastevere... Ballade
Troisième jour... Activation roma Pass... Prendre combine forum/palatin/Colisée (valable 2 jours) Faire forum et palatin Faire Colisée
Voir piazza del campidoglio Voir capitolino Voir palazzo senatorio
Quatrième jour Matin prendre première visite pour galerie borghese + visite du parc... Panthéon Puis piazza navona-Campo dei fiori
Soirée a voir
Cinquième jour... A voir... retour aeroport pour 18h
voici une idée que nous avons pour notre séjour à Rome.
merci de votre avis sur la faisabilité...;es ce trop chargé, avons nous oublié quelque chose?
merci à vous
Premier jour... Atterissage 8h45 a fiuminco...aller à l'hotel vers place di spagna A voir : piazza del popolo et il tridente Villa medecis Piazza di spagna Mausoleo di augusto
Suivant heure... Possibilité de voir piazza venezia
Soirée... Aller vers fontaine de trevi Voir aussi la place et palais du quirinal avant...
Second jour...Vatican Réserver et arriver pour 8h30... Début visite 9h A voir : musée du Vatican place saint pierre Basilic saint pierre ( monter a la coupole?? )
Ensuite... Trastevere... Ballade
Troisième jour... Activation roma Pass... Prendre combine forum/palatin/Colisée (valable 2 jours) Faire forum et palatin Faire Colisée
Voir piazza del campidoglio Voir capitolino Voir palazzo senatorio
Quatrième jour Matin prendre première visite pour galerie borghese + visite du parc... Panthéon Puis piazza navona-Campo dei fiori
Soirée a voir
Cinquième jour... A voir... retour aeroport pour 18h
Petite escale de quelques jours: Hong Kong ou Singapour? English translation pending
Bonjour à tous!!
J'aimerais avoir vos opinions concernant ces deux mégalopoles pour un petit arret de 4 à 7 jours.
Je serai au Philippines avant de me diriger vers l'Inde et je viens de réaliser que pour pas grand chose, je pourrais ajouter une destinaton à mon périple :) Et là, c'est ici que j'ai besoin de vous! Quel est votre coup de coeur? Hong Kong ou Singapour?
Bon... c'est pas tlm qui a visité les deux, alors je suis grand preneur de toutes informations (lieux à visiter, musée, ambiance, nourriture, climat (j'y serai en juin, la mousson touche les deux je crois?))
Voilà, si quelqun à un blog à partager je suis aussi grand preneur :) D'ici là, j'attends vos commentaires et suggestions!
Merci énormément :)
J'aimerais avoir vos opinions concernant ces deux mégalopoles pour un petit arret de 4 à 7 jours.
Je serai au Philippines avant de me diriger vers l'Inde et je viens de réaliser que pour pas grand chose, je pourrais ajouter une destinaton à mon périple :) Et là, c'est ici que j'ai besoin de vous! Quel est votre coup de coeur? Hong Kong ou Singapour?
Bon... c'est pas tlm qui a visité les deux, alors je suis grand preneur de toutes informations (lieux à visiter, musée, ambiance, nourriture, climat (j'y serai en juin, la mousson touche les deux je crois?))
Voilà, si quelqun à un blog à partager je suis aussi grand preneur :) D'ici là, j'attends vos commentaires et suggestions!
Merci énormément :)
Croisière exceptionnelle sur le Nil avec un bateau exceptionnel, le Sudan English translation pending
Nous revenons d'une excellente croisière sur le Nil, effectuée sur un bateau exceptionnel, le SUDAN, qui est le plus vieux bateau navigant sur le Nil et le seul encore à vapeur et à roues à aubes.
Le tout était organisé par Voyageurs du monde, propriétaire du bateau et dont l'organisation est excellente.
Le SUDAN à quai à Louxor.
Jour J -1 Vol Egyptair Roissy -Le Caire sans problème. A l’heure, de la place pour les jambes, une restauration sommaire, mais correcte pour un vol de 5 h. A l’arrivée au Caire, un représentant de Voyageurs du Monde nous attend avant la douane. Il nous facilite grandement le passage aux contrôles en court-circuitant les queues et en discutant avec les douaniers. Il nous emmène ensuite avec une voiture de l’agence au Novotel centre ville. Grande chambre avec une belle vue sur le Nil, mais très peu éclairée. Le service des chambres s’avère déficient : 30 minutes pour 2 salades et une glace qui arrive complètement fondue. De même pour la réception où il faut un quart d’heure au réceptionniste pour faire notre note.

Jour 1 Nous avions prévu une journée supplémentaire au Caire, pour voir le musée et les pyramides. Une guide de Voyageurs du Monde nous prend en main à heures avec une voiture et un chauffeur de l’agence. Le programme est chargé, avec le matin la visite des pyramides et l’après midi celle du musée. Le site des pyramides est balayé par un vent de sable glacial, ce qui ne nous empêche pas d’admirer ce paysage unique avec les explications éclairées de notre excellente guide, une chrétienne Copte. On paie 200 livres (100 £ =5 euros) pour monter à l’intérieur de la pyramide de Keops par un escalier très étroit (voir ci dessous)
et voir le sarcophage en granit. Passage quasi obligé, mais pas inoubliable.
Dehors, les perspectives sur les pyramides sont superbes. on les a vu cent fois en photo, mais c'est encore plus impressionnant en réel.

En à coté de la visite des pyramides, on apprécie particulièrement l’imposante barque solaire, barque funéraire entièrement construite avec les pièces détachées retrouvées dans les fouilles et réassemblées selon les schémas trouvés avec elles. C’est magnifique sur le plan esthétique et sur le plan technique, l’assemblage étant réalisé par des cordages .

La perspective d’ensemble à partir du sphinx est également superbe.

Retour au centre du Caire pour déjeuner et se rapprocher du musée, avec le spectacle étourdissant au sens propre de la circulation Cairote, où on roule à 3 de front à 60 km/h sur une route à 2 voies, où on change de voie aussi souvent qu’on en a envie et où des voitures roulent à contresens sur des routes à 3 voies, le tout dans un concert permanent de klaxons. Je ne parle même pas des feux rouges🙂. L’après midi, visite du musée. La guide nous a concocté un programme nous permettant de voir les pièces les plus intéressantes, car une visite complète prendrait une bonne semaine. Nous voyons ainsi de nombreuses œuvres d’une grande beauté.

Le top est la salle réservée à Toutankhamon, où, malheureusement, il est interdit de photographier. Outre le célèbre masque funéraire en or, on y trouve de nombreux objets superbes. Le tout va bientôt partir au nouveau musée, où la mise en valeur sera meilleure. On sort du musée éblouis. Le soir, on assiste au son et lumière des pyramides. Le commentaire est pompeux et certains effets de lumière du plus mauvais goût, mais, globalement le spectacle est magnifique. Il vaut mieux s’asseoir dans les premiers rangs, le plus à droite possible. Dans la cafeteria qui se trouve derrière, on a moins froid, mais on voit moins bien.

Le pauvre sphinx en voit de toutes les couleurs. La suite quand j'aurai fini de dépouiller mes 300 photos de Karnak et de Louxor 🙂
Le SUDAN à quai à Louxor.Jour J -1 Vol Egyptair Roissy -Le Caire sans problème. A l’heure, de la place pour les jambes, une restauration sommaire, mais correcte pour un vol de 5 h. A l’arrivée au Caire, un représentant de Voyageurs du Monde nous attend avant la douane. Il nous facilite grandement le passage aux contrôles en court-circuitant les queues et en discutant avec les douaniers. Il nous emmène ensuite avec une voiture de l’agence au Novotel centre ville. Grande chambre avec une belle vue sur le Nil, mais très peu éclairée. Le service des chambres s’avère déficient : 30 minutes pour 2 salades et une glace qui arrive complètement fondue. De même pour la réception où il faut un quart d’heure au réceptionniste pour faire notre note.

Jour 1 Nous avions prévu une journée supplémentaire au Caire, pour voir le musée et les pyramides. Une guide de Voyageurs du Monde nous prend en main à heures avec une voiture et un chauffeur de l’agence. Le programme est chargé, avec le matin la visite des pyramides et l’après midi celle du musée. Le site des pyramides est balayé par un vent de sable glacial, ce qui ne nous empêche pas d’admirer ce paysage unique avec les explications éclairées de notre excellente guide, une chrétienne Copte. On paie 200 livres (100 £ =5 euros) pour monter à l’intérieur de la pyramide de Keops par un escalier très étroit (voir ci dessous)
et voir le sarcophage en granit. Passage quasi obligé, mais pas inoubliable.
Dehors, les perspectives sur les pyramides sont superbes. on les a vu cent fois en photo, mais c'est encore plus impressionnant en réel.
En à coté de la visite des pyramides, on apprécie particulièrement l’imposante barque solaire, barque funéraire entièrement construite avec les pièces détachées retrouvées dans les fouilles et réassemblées selon les schémas trouvés avec elles. C’est magnifique sur le plan esthétique et sur le plan technique, l’assemblage étant réalisé par des cordages .

La perspective d’ensemble à partir du sphinx est également superbe.

Retour au centre du Caire pour déjeuner et se rapprocher du musée, avec le spectacle étourdissant au sens propre de la circulation Cairote, où on roule à 3 de front à 60 km/h sur une route à 2 voies, où on change de voie aussi souvent qu’on en a envie et où des voitures roulent à contresens sur des routes à 3 voies, le tout dans un concert permanent de klaxons. Je ne parle même pas des feux rouges🙂. L’après midi, visite du musée. La guide nous a concocté un programme nous permettant de voir les pièces les plus intéressantes, car une visite complète prendrait une bonne semaine. Nous voyons ainsi de nombreuses œuvres d’une grande beauté.

Le top est la salle réservée à Toutankhamon, où, malheureusement, il est interdit de photographier. Outre le célèbre masque funéraire en or, on y trouve de nombreux objets superbes. Le tout va bientôt partir au nouveau musée, où la mise en valeur sera meilleure. On sort du musée éblouis. Le soir, on assiste au son et lumière des pyramides. Le commentaire est pompeux et certains effets de lumière du plus mauvais goût, mais, globalement le spectacle est magnifique. Il vaut mieux s’asseoir dans les premiers rangs, le plus à droite possible. Dans la cafeteria qui se trouve derrière, on a moins froid, mais on voit moins bien.

Le pauvre sphinx en voit de toutes les couleurs. La suite quand j'aurai fini de dépouiller mes 300 photos de Karnak et de Louxor 🙂
Denver-San Diego en 3 semaines: réaliste? English translation pending
Bonjour, je prépare un 3e road trip dans l'Ouest américain. Cherchant de la nouveauté, j'ai eu l'idée d'itinéraire suivant. Les connaisseurs pourraient ils me donner leur avis et leurs suggestions ?
Durée : 2 à 3 semaines.
Départ de Denver
Rocheuses
Moab et ses parcs
Éventuellement Bryce (déjà visité)
Éventuellement Zion (déjà traversé)
Las Vegas (même si déjà visité)
Mojave park
Borrego Springs park
San Diego
Des étapes incontournables sont-elles à ajouter, quitte à rallonger ? Que voir absolument à chaque endroit ? Des étapes sont-elles à retirer ? Quelle durée pour chaque endroit ? Où dormir pour ne pas se ruiner, surtout avec l'euro faible ?
Merci d'avance !
Des étapes incontournables sont-elles à ajouter, quitte à rallonger ? Que voir absolument à chaque endroit ? Des étapes sont-elles à retirer ? Quelle durée pour chaque endroit ? Où dormir pour ne pas se ruiner, surtout avec l'euro faible ?
Merci d'avance !
MSC Fantasia: transatlantique Santos - Venise, au Yacht Club (mars 2013) English translation pending
... Beaucoup d' hésitations avant de me lancer sur ce double sujet .... pour ne pas dire : " un truc pareil "
- La " transat " : correspond a nos goûts , ... plus orientés vers les longs voyages . Ce compte rendu , ajouté a celui rédigé en Décembre , sur la transat du MSC Poésia vers Miami , aurait pu affirmer l' ambiance " transat " tout en développant des anecdotes différentes , dans des lieux , et sur un bateau différents . L' introduction même , permettant le clin d' oeil , pour ne pas dire : le trait d' union entre les deux voyages : - Ce Fantasia , " que nous ramenions en Europe " , ... de " notre Poésia " , en Novembre , nous l' avions vu partir de Gènes , navigué a coté de nous jusqu' a Barcelone , et vu s' éloigner ensuite , vers l' endroit ou ... nous le retrouvions .
- Le " Yacht Club " : ... Ah ! Cette idée de MSC , concrétisée dans des espaces très confortables , par une " façon de faire " spécifique , des attentions inhabituelles en ces lieux , des facilités , et , a chaque contact , et pour chaque prestation : la qualité ..... transforme votre vie a bord . Une transat devient : un grand voyage , dans le sens qualitatif de l' expression . il est évident que l' on ne décide pas ( la première fois ) d' opter pour le YC sur un coup de tête . ( surtout sur une transat : 20 jours ) . Mais l'équilibre entre l' attrait des définitions , les photos des catalogues , ... et les sensations supposées ... , et l' hésitation ... a franchir toutes les barrières , et pas seulement financières , .... pour " y aller " font parti du voyage . Le voyage commence : la ! .... a la décision .... de se faire un " super tour de manège " ( Je dirais même que la décision initiale est plus importante que nous le pensions , car nous allons recommencer .... )
Alors ... c' est parti , plus exactement , nous partons donc pour Roissy , ou une dizaine de couples de VF se croisent sans se voir , sauf Senna95 , et nous .
( note technique " indépendante de ma volonté " : mon ordinateur ayant la fâcheuse tendance de se déconnecter tout seul , j' assure déjà ce prologue , pour ne pas avoir a le refaire ... bêtement , plus tard , et plus loin . Je continue dans la foulée . )
- La " transat " : correspond a nos goûts , ... plus orientés vers les longs voyages . Ce compte rendu , ajouté a celui rédigé en Décembre , sur la transat du MSC Poésia vers Miami , aurait pu affirmer l' ambiance " transat " tout en développant des anecdotes différentes , dans des lieux , et sur un bateau différents . L' introduction même , permettant le clin d' oeil , pour ne pas dire : le trait d' union entre les deux voyages : - Ce Fantasia , " que nous ramenions en Europe " , ... de " notre Poésia " , en Novembre , nous l' avions vu partir de Gènes , navigué a coté de nous jusqu' a Barcelone , et vu s' éloigner ensuite , vers l' endroit ou ... nous le retrouvions .
- Le " Yacht Club " : ... Ah ! Cette idée de MSC , concrétisée dans des espaces très confortables , par une " façon de faire " spécifique , des attentions inhabituelles en ces lieux , des facilités , et , a chaque contact , et pour chaque prestation : la qualité ..... transforme votre vie a bord . Une transat devient : un grand voyage , dans le sens qualitatif de l' expression . il est évident que l' on ne décide pas ( la première fois ) d' opter pour le YC sur un coup de tête . ( surtout sur une transat : 20 jours ) . Mais l'équilibre entre l' attrait des définitions , les photos des catalogues , ... et les sensations supposées ... , et l' hésitation ... a franchir toutes les barrières , et pas seulement financières , .... pour " y aller " font parti du voyage . Le voyage commence : la ! .... a la décision .... de se faire un " super tour de manège " ( Je dirais même que la décision initiale est plus importante que nous le pensions , car nous allons recommencer .... )
Alors ... c' est parti , plus exactement , nous partons donc pour Roissy , ou une dizaine de couples de VF se croisent sans se voir , sauf Senna95 , et nous .
( note technique " indépendante de ma volonté " : mon ordinateur ayant la fâcheuse tendance de se déconnecter tout seul , j' assure déjà ce prologue , pour ne pas avoir a le refaire ... bêtement , plus tard , et plus loin . Je continue dans la foulée . )
Visite de Louxor en août 2012 English translation pending
Bonjour à tous,
fin aout 2012 je pars pour 15 jours à Hurghada nous souhaiterions visiter LOUXOR j'aurais aimé savoir si des personnes l'on fait a cette période et surtout si la chaleur est supportable ou bien remettre cette sortie à une autre période de l'année.
autre question je souhaitais reverser mes excursions avec EXCURSION HURGHADA quelqu'un l'a dit dejà fait ?
je pars à l'hotel MAMLOUK
merci pour vos temoignages.
ISABELLE
fin aout 2012 je pars pour 15 jours à Hurghada nous souhaiterions visiter LOUXOR j'aurais aimé savoir si des personnes l'on fait a cette période et surtout si la chaleur est supportable ou bien remettre cette sortie à une autre période de l'année.
autre question je souhaitais reverser mes excursions avec EXCURSION HURGHADA quelqu'un l'a dit dejà fait ?
je pars à l'hotel MAMLOUK
merci pour vos temoignages.
ISABELLE
Escale de croisière de deux jours à Alexandrie English translation pending
Bonjour
En escale de 2 jours à Alexandrie, nous aimerions visiter la ville, soit en calèche, soit en taxi. Quel serait le tarif approximatif pour ces deux moyens de transport (à l'heure, 1/2journée, journée) ? Peut-on faire à pieds la promenade longeant la mer entre le Fort et la bibliothèque ? Merci pour vos informations JIBE
En escale de 2 jours à Alexandrie, nous aimerions visiter la ville, soit en calèche, soit en taxi. Quel serait le tarif approximatif pour ces deux moyens de transport (à l'heure, 1/2journée, journée) ? Peut-on faire à pieds la promenade longeant la mer entre le Fort et la bibliothèque ? Merci pour vos informations JIBE
Ladakh: durée pour monter un trek? English translation pending
En démarchant les agences de trekk à Leh en Juillet / Août, peut on espérer partir sous 2 jours (nous sommes déjà 3 à partir ensemble) ? Etant donné que c'est la haute saison, j'imagine qu'il est assez facile de rejoindre un groupe au dernier moment ...
Merci pour vos réponses.
Merci pour vos réponses.
Quels endroits à ne pas rater en Martinique? English translation pending
Je pars le 10 avril en Martinique à la pointe du bout ( du moins je l'espère). Quel est le jardin le plus beau à visiter? Y a t-il des endroits qu'il ne faut surtout pas rater (restau, sites, plages....)
Voyage romancé à Hué (Vietnam) English translation pending
Bonjour,
En 2004, je suis allée au Vietnam. A mon retour, j’ai écrit ce texte qui reprend la partie du voyage qui s’est déroulée à Hué pendant le Festival franco-vietnamien. J’y reprends mon vécu mais de façon romancée, c’est-à-dire que l’histoire est complètement fictive mais basée sur l’existant : les lieux, les personnes (dont j’ai changé les noms …), du ressenti. Le texte s’intitule « My », un prénom qui signifie beauté. Il raconte l’histoire d’une femme, Clélia Rivière qui se trouve à Hué pour écrire un guide touristique sur la ville. Comme c’est l’époque du festival franco-vietnamien de Hué, elle rencontre deux artistes, l’un Français, l’autre vietnamien qui rivalisent à tous les niveaux (art, civilisation, amour). Le récit est entrelardé d’extraits du guide touristique que la femme est en train d’écrire, ce qui permet au lecteur d’apprendre en même temps l’Histoire du lieu dans lequel se situe l’action.
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
* **
Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
* **
Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
* **
Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
* **
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Voici dans son intégralité ce texte que j'ai voulu être une approche originale du Vietnam d'aujourd'hui.
Elle s'appelle Clélia Rivière. Rivière, c'est son nom de jeune fille qu'elle a repris après son divorce. Divorcée sans enfants, voilà ce qu'elle est selon l'Etat Civil français. Sans enfant vivant. Leur fils aurait eu vingt-deux ans. Elle en a quarante-huit et elle est encore belle. La chambre qui est autour d'elle est une chambre d'hôtel du premier étage de l'Hué Majestic Hotel. Clélia Rivière est à Hué, au Vietnam, dans le centre de ce pays qui s'étire le long de la Mer de Chine méridionale comme une échine de dragon. Au Nord, Hanoi et la baie d'Halong. Au Sud, Saigon et les mangroves du Mékong. Elle est à Hué pour écrire un livre sur la ville. Un coopérant de l'Alliance française de Hanoi lui a conseillé de s'adresser à Buu Y, le traducteur attitré de Sartre et de Camus, historien et grand érudit de la ville.
Elle est à Hué depuis six semaines et elle s'y plaît. Elle aime la ville, la rencontre avec Buu Y et l'écriture qui en découle. Buu Y est un homme charmant, cultivé, raffiné. Ils se voient trois fois par semaine. Clélia enregistre l'interview, la réécoute et agence les informations en un texte cohérent.
A sa table de travail, le nez contre le mur, la femme travaille sur l'une des premières interviews de l’historien, celui où il décrit la ville. Elle s'en est imprégnée et a rendu un texte qu'elle relit à voix haute dans le ronronnement domestique de la climatisation et du ventilateur fixé au plafond. Dehors, la température atteint 40°C. Le taux d'humidité s'approche de 90%. Il pleut. Il y a trois jours, un terrible typhon s'est abattu sur la mer de Chine, s'y rattachant en un nombril dont le cordon ombilical serait une colonne d'eau reliant la terre et le ciel.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La Citadelle. La ville de Hué fut bâtie sur le modèle du Pékin de l'empire Ming, c'est-à-dire dans une période comprise entre 1368 et 1644. Elle comportait trois villes gigognes : la ville capitale (Khin Thàn), la ville impériale (Hoàng Than) et la Cité pourpre interdite (Tu-Câm-Thânh). Conformément à la géomancie et à la cosmogonie chinoise, l'entité architecturale a été inscrite dans un espace protégé par de multiples sites et divinités propitiatoires, par exemple la Dame céleste, dont la pagode se dresse sur un tertre à deux kilomètres de la ville. Ce tertre est la Montagne magique qui abrite les dieux protecteurs du sol. A deux kilomètres au Sud, le tertre du district méridional (Nam Giao) est le tertre du sacrifice du Ciel. Il est calqué sur le modèle de l'esplanade du temple du Ciel à Pékin, avec ses quatre terrasses symbolisant le monde souterrain, la Terre et le Ciel. A trois kilomètres au Sud-Ouest, la colline Ngu-Binh (Ecran du roi) et ses cinq terrasses concentriques seraient plutôt un paravent naturel et cosmologique protégeant le palais contre les forces et les courants néfastes. La ville capitale était la citadelle, le siège du Pouvoir, un Pouvoir héréditaire mais mâtiné de méritocratie. C'était le siège de la pensée et de la culture. La cité impériale était le siège de la famille régnante, des commis de l'Etat et des médecins. La Cité pourpre interdite abritait le souverain et sa maison, au sens féodal du terme, ainsi que les eunuques. Toujours selon la tradition chinoise, la citadelle était traversée par un axe Nord-Sud symbolique. La partie Est, aînée, supérieure, masculine et civile, regroupait les activités culturelles avec les bibliothèques, les jardins, le théâtre et le mandarinat civil. La partie Ouest, cadette, inférieure, féminine et militaire, abritait les princesses et les concubines ainsi que le mandarinat militaire. C'était un lieu dont la conception fut dès le départ magique et mystique, flottant entre la terre et le ciel, comme le lotus qui s'enracine dans la vase et se dresse vers le ciel.
Clélia Rivière maudit cette pluie assommante qui tabasse de l'autre côté de la vitre et l'empêche à la fois de travailler et de sortir. Toutes les eaux du ciel dévalent en cascades des toits sur le balcon, sur la fontaine en bas dans la cour de l'hôtel. Eaux chaudes et touffues, chevelure liquide tombant sur les épaules nues de la ville. Pour se consoler, elle appelle le bar, commande un jus de fruit. Un vrai jus de fruit, fait avec des fruits frais et qui glisse dans la gorge avec le coulé glacé d'un reptile. Le plaisir lui chavire les yeux. Elle allume le téléviseur. Des images défilent en boucle. Des images de Hué et de son festival dont c'est aujourd'hui l'ouverture. Des cérémonies doivent se dérouler à la Citadelle et Buu Y doit monter à la tribune pour faire un exposé. Les images télévisées montrent que le festival est au point mort. En ville, c'est la désolation. Les fragiles décors de papier et de bambou qui habillaient l'esplanade pendouillent tristement. Les calligraphes et les peintres ont plié boutique. Le kiosque est désert et aussi la terrasse du Paradise Garden. Repliés au dessus des tables, les parasols ressemblent à des flamants roses dormant sur une patte. La fresque murale des étudiants des Beaux-Arts de Hué parade devant les bancs vides. C'est un désastre. Et à la Citadelle, c'est l'attente. Certains pontes ne sont pas encore arrivés car l'activité de Phu Bai, l'aéroport de Hué, a été suspendue en raison des conditions météorologiques. Les voitures policières attendent en bout de piste tous gyrophares éteints.
Attendre, c'est tout ce qu'il y a à faire. Attendre que l'inspiration vienne ou que la pluie cesse permettant une sortie. Les dieux asiatiques choisissent de faire une éclaircie. Ils relèvent leurs bras gonflés de pluie et s'ébrouent. Quelques gouttes attardées restent pendues à l'arrondi des tuiles puis se détachent une à une pour tomber avec un bruit mat sur le béton et le bois. Clélia s'habille en hâte. Un pantalon, un tee shirt, des sandalettes. Pas très protocolaire mais tant pis. En dernière couche, elle se chape d'un imperméable bleu à capuche qui couvre tout son corps comme une toile de tente. Pour les Vietnamiens, c'est même un abri familial sous lequel les cyclistes ou les motobykers abritent leur femme et leurs enfants embarqués avec eux. Dehors, Clélia aspire goulûment les senteurs concentrées par la pluie. Odeurs des végétaux : arbres, mousses, pelouses, bambous, plantes de toutes sortes, amalgamées dans un magma olfactif indistinct. Les sucs en pleine effervescence ont une épaisseur de miel. Ils débordent et ruissellent. Le ruissellement est la quintessence du Vietnam, sa substance. Ruissellement des pluies, des fleuves, de la mer, de l'eau des rizières. Ruissellement des hommes qui évoluent comme des bancs de poissons. Dans les rues, les gens se pressent, confluent vers le centre de la ville où il doit se passer quelque chose, enfin. Il fait sombre. Le Vietnam étant situé presque sur l'Equateur, le soir tombe tôt en cette saison. Le pylône de la radio qui fait face à l'Hué Majestic Hôtel a déjà allumé ses lampes. On dirait un sapin de Noël. La femme a troqué les taxis et xe om (moto-taxis) contre une bicyclette de location. Pour écrire la ville, elle a besoin de la lire. Elle la lit à vélo, traçant des sillons qui sont comme les pliures d'une lettre d'amour cent et cent fois relues. Son vélo se trouve à l'abri sous l'auvent de l'hôtel. Elle l'enfourche. Roule. L'embiellage fiévreux de ses jambes l'enfonce comme une racine dans le ventre bouillant de la ville. Elle rejoint la foule en route vers la cité impériale où les cérémonies d'ouverture doivent se dérouler. Elle suit la rue Lé Loî qui longe la Rivière des Parfums, passe devant le QG français du Festival, franchit le pont vers la Citadelle. Les bannières de la Tour du Drapeau claquent au vent. Dans les douves qui cernent la forteresse, les lotus ont refermé sur leur coeur jaune leur ventre rose pastel acidulé.
La cérémonie d'ouverture a bien lieu mais elle est écourtée. Sans quitter sa chaise longue sous son parasol devenu parapluie, le gardien du parking fait signe à la femme de continuer sa route car il n'y a plus de place sur l'emplacement qui est de son ressort. Une Petite Bleue lui désigne les arbres qui jalonnent la route vers le parc Thin Tam. Elle adosse son vélo au tronc d'un arbre et l'attache avec une chaîne cadenassée. Les Petits Bleus sont des jeunes, filles ou garçons, employés par la ville pendant toute la durée du Festival. Nombre d'entre eux sont étudiants. Certains fréquentent le Cercle francophone ou le Centre français. Clélia trouve qu'ils font jolis dans le paysage. Elle les appelle tendrement «mes Libellules bleues». A la tribune, les discours se succèdent. C'est long et ennuyeux comme toutes les interventions officielles du monde. Bruyant aussi. Les haut-parleurs, la musique, la circulation, les gens ... Et à nouveau la pluie.
C'est la débandade. Les gens courent de partout en poussant des cris d'enfants. Avec leurs imperméables, ils ressemblent à des fantômes de couleurs vives. Ce bain d'eau et de foule est terriblement excitant. De nouveau, c'est la course folle. A nouveau, Clélia Rivière intègre et s'agglomère à la foule qui coule comme une lave en fusion vers le centre de la ville. Elle dépasse les jeunes filles du défilé en Ao Dai blanc qui courent à la marge de la rue. Il fait nuit noire. Leur silhouette se découpe dans le faisceau lumineux des phares. La robe relevée jusqu'aux genoux, le non-la (chapeau conique en feuilles de latanier) baissé jusqu'au nez, elles ont perdu de leur superbe. On dirait des Cendrillon transformées en citrouilles. La circulation enfle au fur et à mesure que s'agglutine le flot humain, à pied, en vélo, en motocyclette, en pousse-pousse, en automobile. Elle file, file, emportant chacun dans son flux.
Aveuglée par les éclats de lumière que jettent les phares, Clélia ne voit plus rien, elle ne sait plus où elle est. C'est comme si elle avait changé de dimension, comme si elle avait été lancée sur orbite, façon E.T. dans le film de Spielberg. Une sensation de plénitude l'envahit. La masse en mouvement arrive à pleine vitesse au pont Tran Tien, ce superbe mécano de l'école Eiffel, avec ses arches tendues comme des arcs. La pluie redouble. La femme file. L'eau ruisselle sur son dos de tortue bleue, ses chaussures sont gorgées d'eau. Si ce mauvais temps persiste, bientôt viendra la moisissure et son lent processus de digestion, de dissolution, qui travaille comme un levain les tissus et les chairs. Le pont est là. D'abord passer dans l'entonnoir du rétrécissement de la route, négocier le passage, en douceur, suivant le rythme de la vague. C'est comme une plongée en apnée. Dans un vrombissement de sang battant dans les tempes, la foule franchit le pont. Des projecteurs et des lasers inondent de couleurs fluo le squelette métallique. L'acier des poutrelles étincelle de mille étoiles acérées. Le temps est comme suspendu au-dessus de la rivière. Il y a quelques années, il y a eu de terribles inondations et, au niveau du pont, on a repêché une dizaine de noyés. Au moment où Clélia pense à ces gens, le pont l'éjecte. Elle prend une grande goulée d'air. Dans l'élargissement de la route retrouvée, elle récupère sa respiration. L'allure de la vague ralentit car elle se rapproche du centre de la ville et la grande route se divise en de multiples rues. Clélia ne veut pas rentrer à l'Hué Majestic Hôtel par la grande artère et son rond-point centrifugeur alors elle prend la rue qui offre dans sa perspective le pylône lumineux dressé près de l'hôtel. En avant toute vers ce phare qui brille dans la nuit.
Les véhicules se sont raréfiés. La femme est pratiquement seule à défiler entre les vitrines aveugles des échoppes qui flanquent les deux côtés de la rue. La vie s'arrête tôt au Vietnam, sauf dans quelques lieux nocturnes où se retrouvent les classes privilégiées et les adolescentes qui vendent la Tiger Beer. Il ne pleut plus. Le ciel est d'une profondeur océane. La femme rentre en musardant le nez en l'air. Elle a quitté la ville et roule entre des rangées d'arbres. Dans l'obscurité, elle voit trop tard la branche qui empiète sur la voie. L'écart qu'elle fait pour l'éviter la désarçonne et la flanque par terre complètement sonnée. - «Tu t'es fait mal ? »
Elle lève les yeux, les dirige vers l'endroit d'où est venue la voix. Ses yeux voient l'homme. Les pieds de l'homme chaussés de bottines orthopédiques. Ses yeux remontent les jambes torses jusqu'au visage. L'homme a des cheveux noir corbeau, reliés en queue de cheval dans la nuque. Il a les dents jaunes des fumeurs. Il est assis sur l'un de ces tabourets de couleurs criardes qui s'épanouissent sur les trottoirs des pays du Sud. Derrière lui, appuyées contre le mur, des béquilles. Il dit son nom : Long.
* ** Le magnétophone mange le disque comme s'il en avait faim. La voix de Buu Y se déroule dans la chambre, enroule ses spirales dans les tentures que la femme a fermées pour que reste dehors les rumeurs de la ville. Buu Y raconte Hué, Hué la Française, belle comme une buée sur du verre, dont le nom dérivé de Hoa signifie harmonie. Il raconte la Rivière des Parfums, cette rivière qui porte la ville sur sa hanche comme une femme son enfant :
«La légende dit que la rivière s'appelle la Rivière des Parfums parce que les princesses de Hué se baignaient dans ses eaux avec des huiles parfumées mais je crois qu'on lui a donné ce nom à cause de la plante odorante que l'on trouve à sa source. C'est une plante médicinale mais j'ai oublié son nom. »
Le magnétophone crachouille. Feuillettement de papiers, murmures, pas qui s'éloignent emmenant la voix dans leur sillage. La femme entend à peine : «Excusez-moi, je reviens». Au-dessus de sa tête, Buu Y foule le plancher. Il cherche dans ses livres le nom de la plante qui a baptisé la Rivière des Parfums. Elle l'entend chantonner. Pendant tout ce temps que Buu Y cherche le nom de la plante dans ses livres, Clélia passe en revue la pièce dans laquelle elle se trouve. C'est une grande pièce, confortable et bien éclairée. La bibliothèque est copieusement garnie. On y trouve des livres de Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Marguerite Duras, Jacques Lacarrière, Pierre Loti. Tous les auteurs qu'elle aime. Buu Y apprécie que la femme apprécie. Il n'a pas trouvé le nom de la plante mais elle doit pouvoir trouver dans les documents qu'il lui prête. C'est à ce moment-là que Clélia Rivière décide de connaître la ville en creux, en visitant les lieux qui la cernent et donc la dessinent. La ligne claire se trace en remontant par bateau le cours de la rivière vers les Tombeaux des Rois et la Pagode de la Dame céleste.
L'embarcadère se trouve au-delà du Pont Tran Tien. Les bateaux touristiques sont à quai, tout près du guichet où l'on achète les billets. Les visites de groupe se font sur des bateaux genre Bateaux Mouche. Ils sont familiers dans le paysage, avec leur proue cannelée en forme de dragon et l'oeil peint sur chaque côté de l'étrave qui leur donne l'air de loucher. Ils portent les couleurs du Vietnam qui sont le jaune et le bleu.
Clélia Rivière veut être seule alors elle négocie une excursion individuelle sur une petite embarcation, visiblement un sampan reconverti. Une femme la fait monter à bord en la tirant par la main. Il faut se déchausser puis s'asseoir à même le fond du sampan. Un homme s'active aux machines. Le bruit du moteur et le glissement de l'eau contre la coque emplissent le corps de Clélia. Le sampan longe la berge. Des petits sentiers de terre remontent du fleuve vers l'arrière des maisons. Dans la pénombre des patios, la femme devine une table, quelques poteries, du linge. Plantées dans l'eau, des femmes épluchent des légumes. Les détritus vont directement dans la rivière. Quelques poules, quelques canards, des enfants qui jouent, qui font signe au bateau qui passe, qui s'en va. C'est une vie grouillante, humide et chaude qui s'épanouit au derrière de la ville, au bout de ses boyaux. La femme laisse sa main glisser dans l'eau, les doigts écartés en éventail. Le vent qui tourbillonne dans l'habitacle ouvert est agréable même si par moment il rabat les odeurs grasses du moteur. La batelière entre dans sa deuxième phase de travail : vendre à la touriste les articles qu'elle transporte dans son panier. Des cartes postales, des calligraphies, des porte-clés. Ostensiblement, Clélia détourne les yeux, les laisse flotter sur le paysage qui défile. Elle refuse de se laisser divertir, de se gaspiller en relations mercantiles. L'embarcation dépasse des sampans à l'ancre au milieu du fleuve pour remonter du sable et des graviers. La femme constate qu'il y a seulement quelques semaines, les villages sampaniers étaient plus proches de la ville. Elle se dit qu'ils ont du être refoulés à cause du festival et que les gens du Peuple de l'eau, plus encore que les ethnies des montagnes, sont les Manouches du Vietnam.
La Rivière des Parfums va vers le Sud de la ville où se trouvent les Tombeaux des Rois. Il y en a sept, éparpillés dans les campagnes, tous bâtis selon les même plans et comprenant cinq éléments : une cours peuplée de statues, un pavillon abritant une stèle sur laquelle un panégyrique du défunt a été gravé par son fils héritier, un temple, un pavillon des plaisirs et enfin la tombe proprement dite. Le site a été choisi dans la stricte observance de la géomancie chinoise : parce qu'il est baigné par un cours d'eau et barré à l'horizon par un massif montagneux. Plusieurs tombeaux sont des copies d'édifices chinois mais certains témoignent d'une influence européenne. Tous ont été construits du vivant de leur futurs occupants, mandarins, rois ou empereurs. Le document de Buu Y égrenne la litanie des noms : Gia Long, Minh Mang, Tu Duc, Duc Duc, Dong Khanh, Thieu Tri et Khai Dinh.
L'accostage à l'embarcadère de la Pagode de la Dame céleste est assez sportif. Le sampan accosté dérive et s'écarte de la rive avant que la femme ait sauté à quai. Les bateliers rient. Ils se vengent gentiment de la touriste qui a refusé d'entrer dans leur dialectique. La pagode a été construite en 1601 par le Seigneur Nguyen Hoang, en hommage au héro d'une légende dans lequel il s'identifiait. Cette légende dit qu'une fée en habits rouges et verts a prédit qu'un roi érigerait une pagode en cet endroit.
Un sentier grimpe du débarcadère aux marches qui mènent à la tour. La configuration des lieux fait penser à une tortue. Au Vietnam, la tortue est un animal sacré au même titre que la licorne, le dragon et le phénix. Le dragon représente le masculin et le phénix, le féminin. La tortue est symbole de longévité et la licorne, symbole de bonté et gage de paix. Des animaux secondaires les rejoignent dans la mythologie comme la grue, le lion, la chauve-souris et le poisson. Erigée sur la colline, la tour compte sept étages. Comme dans tous les édifices religieux, on trouve des autels, une cloche et des statues. Les matériaux utilisés sont la pierre, la brique et le bois. Le site est un chantier de l'Unesco. Des ouvriers s'activent à restaurer les tomettes et les balustrades. Parmi eux, plusieurs femmes. Il y en a beaucoup sur les chantiers. Elles sont en charge du mortier, qu'elles gâchent dans des brouettes et montent dans des seaux à l'aide de poulies. L'activité prosaïque et profane ne fait pas oublier qu'il s'agit d'un monastère. Par la porte discrète qu'a emprunté un jardinier, la femme sort de l'enceinte de la pagode et, marchant entre le mur et le champ qui le longe, elle se dirige vers la tête du domaine. Des voix lui parviennent. Celles de bonzes en prière qu'elle ne verra pas. Dans un Vietnam reconverti au stalinisme, les persécutions religieuses s'amplifient. Des prêtres et des bonzes disparaissent. Dans un passage de la pagode, deux statues se font face. L'une est le général rouge qui personnifie la colère.
* **
Clélia Rivière revoit régulièrement Long. Comme un vieux cheval retourne à son étable, elle retrouve pratiquement chaque soir la galerie d'art que tient l'infirme dans le quartier artistique de Hué. Il expose quelques jeunes élèves de l'école des Beaux-Arts qu'il a pris sous son aile. Le métier d'artiste est difficile partout mais dans ce pays qui louvoie entre le dollar et l'art officiel, l'artiste devient carrément schizophrène. A moins de s'abîmer dans la peau de l'artiste maudit, beaucoup d'entre eux font naufrage et disparaissent corps et âme dans des professions de subsistance. Pratiquant la maïeutique comme M Jourdain faisait de la prose, Long aide les jeunes artistes à maintenir le cap en mettant à leur disposition un atelier et un espace d'exposition. Il y a bien quelques rivalités - les artistes ont un ego sur-gonflé et les décisions cristallisent les jalousies - mais dans l'ensemble ça se passe bien. On voit même se dessiner de véritables mouvements artistiques autour de techniques ancestrales comme l'estampe, la laque ou la calligraphie. Les puristes et les nostalgiques crient au scandale mais les artistes persistent et signent. Long tient sa galerie de main de maître et, du haut de ses jambes torses, règne sur la vie artistique de Hué.
La femme le voit le soir, quand la galerie baigne dans la clarté électrique et que les toiles reflètent une lumière magique, mystérieuse, comme venue d'ailleurs, de l'envers de la vie, là où les choses changent de visage et de sens. Clélia et Long s'asseyent sur les tabourets colorés placés sur le trottoir et ils parlent. Long est francophone. Ca devient rare au Vietnam où l'Anglais taille des croupières au Français depuis des décennies. Les personnes d'un certain âge comme Long le parle encore mais les jeunes, de moins en moins. Ils ont adopté l'Anglais, la langue des affaires. Surtout les garçons. Les jeunes filles sont restées fidèles au Français, la langue du coeur, du romantisme, du Prince Charmant. En fait, les Vietnamiens apprécient à son juste prix leur indépendance mais ils constatent qu'ils préfèrent les Français aux Américains. Comme disent nombre d'entre eux : « Les Américains, ils viennent, ils prennent et ils partent. Les Français, ils construisent des hôpitaux et des écoles.» Long est francophone et aussi francophile. Il aime la littérature française. Il fait l'éducation - culturelle et sentimentale - de ses jeunes avec des romans. Des romans d'amour, surtout mais dont le sexe est absent. On ne parle pas de sexe au Vietnam. Il aime surtout la chanson française, Ferré, Brel et Brassens. Ecouter "gare au gorille" dans la nuit vietnamienne en sirotant un verre d'alcool de riz et en dégustant une poignée de riz gluant acheté à une échoppe ambulante …
Quand ses amis sont là, il y a toujours quelqu’un qui propose de jouer au petit train. Le jeu consiste à boire de l'alcool de riz dans un verre commun à toute la tablée. Lorsqu'un participant met trop de temps à vider le verre qui lui a été rempli, les autres le pressent de faire passer le train. A ce petit jeu, il n'y a rien à gagner, seulement à perdre. Son temps, ses moyens, son quant-à-soi, sa réputation. Les Vietnamiens aiment saouler le Blanc. Comme le rire, l'ivresse destitue le dominant. Lorsque la femme commence à chavirer sur son tabouret, ils rient, avec tendresse, sans méchanceté. Ca lui fait plaisir à la femme de leur donner ce qu'ils attendent : la proximité avec une femme, qui plus est européenne et qui leur est totalement exotique.
Un soir, un de ces soirs de grandes agitations où l'on refait le monde à ras de terre dans les effluves de l'alcool et du fleuve, un jeune homme débarque à la galerie. Long fait les présentations. Clélia, Olivier. C'est une sorte de scène biblique où le Christ fait les présentations entre Jean et sa mère, les offrant l'un à l'autre. Olivier est grand, brun, séduisant. Il porte la barbe soigneusement négligée des baroudeurs. Les premiers mots qu’elle entend de lui : - «Il n'est pas là Tao ?»
Long lui répond qu'il ne l'a pas vu de la journée. En repartant, Olivier jette :
- «Tu diras à Tao que je suis passé et que je suis au Phuong Nam.»
Long répond mais le jeune homme est déjà trop loin pour entendre : - « Je ne pense pas qu'il repasse à la galerie aujourd'hui mais demain il sera à la citadelle.»
A la femme, il dit : «Il prépare le Festival. Tao et Olivier, c’est comme deux frères. Ils se connaissent depuis longtemps. Nicolas était étudiant à Lyon. Il est venu à Hué pour étudier la peinture monumentale communiste mais il a découvert la BD vietnamienne. Tao est peintre, graphiste, laqueur et, calligraphe. Ils se sont rencontrés et ils travaillent ensemble à une BD franco-vietnamienne ou vietnamo-française, je ne sais pas. L’écrivain français dit : ils ne feront plus qu’un, oui, mais lequel ?»
C'est ainsi que Clélia rencontre Olivier. Ce n'est pas encore vraiment une rencontre, plutôt la chevelure d'une comète qui passe dans la lumière cendrée de la lune. Une improbable rencontre entre, d’une part, un jeune artiste qui crèche dans une modeste pension de famille, bouffe le pho (soupe), dans les restaurants de poussière ainsi appelé parce qu'on y mange quasiment par terre et côtoie les Vietnamiens les moins installés. Et d’autre part, une femme d’âge mûre qui loge dans un hôtel de luxe, mange dans les restaurants français et qui dans la solitude de l'écrivain, ne rencontrant qu'un membre de l'élite vietnamienne. D'habitude, Clélia mange à la Carambole, un restaurant où l’on sert de la cuisine française. La carambole, c’est cette plante contre poison de la laque, une substance extraite du laquier et qui a la particularité d'être allergisante. Ce soir-là, la femme choisit de manger dans l'un de ces restaurants vietnamiens où l'on sert des mets typiques comme les fruits de mer, les rouleaux de printemps et le potage au nid d'hirondelle. La cuisine vietnamienne amalgame différentes influences culinaires : française, chinoise, cambodgienne, laotienne, thaïlandaise ... Elle utilise le Nuoc Nam, qui est la sauce traditionnelle faite à partir d'anchois frais mais aussi les piments et les fines herbes, l'aneth, le coriandre, la menthe et le basilic. La femme connaît cette spécialité chinoise qu'est le potage de nid d'hirondelle. Elle sait que c'est une soupe concoctée à partir des nids minuscules de la salangane, un martinet encore appelé hirondelle de mer. Ces nids sont constitués par les filaments de salive des oiseaux et, lorsqu'ils sont dans un bouillon, ils se dissolvent en fines nouilles. Elle connaît mais elle n'a jamais goûté.
A partir de ce moment où elle a rencontré Olivier et goûté au potage de nid d'hirondelles, son esprit s'ouvre comme une mangue mûre pour accueillir les ingrédients de la vie vietnamienne et les amalgamer à son esprit occidental. Finis les rendez-vous alignés sur les aiguilles d'une montre. Elle y va à l'instinct quand elle sent que c'est le moment, que la personne qu'elle veut voir sera là à son arrivée, que les évènements n'auront pas lieu sans elle, que les choses se feront naturellement, inéluctablement, comme un enfant se fait dans le sein de sa mère et vient à la lumière.
Lorsque elle entre dans la Cité pourpre interdite, Olivier est là, arpentant à grands pas la cour qui s'étend entre les bâtiments. Ici aussi, c'est le règne du bois, de la tomette et de la brique, des couleurs rouges et or, matériaux chauds de l'intimité. La Cité pourpre est la partie de la citadelle qui était réservée aux mandarins et à leur famille. Pendant toute la durée du Festival, elle abrite deux expositions, une de photographies et une de Bande Dessinée.
L'expo de photographies s'appelle "Avoir vingt ans au Vietnam." C'est une exposition collective qui présente les oeuvres réalisées par les étudiants de l'Ecole Supérieure des Arts et de la Culture d'Ho Chi Minh Ville dans le cadre d'une collaboration avec l'Ecole Supérieure de la Photographie d'Arles. Les photos sont suspendues sous l'auvent du palais comme des oriflammes. La femme les regarde, une à une, aspirée par elles. L'expression est riche, il y a de l'idée, du talent. L'une d'elle retient particulièrement son attention. Un portrait de vieille femme vietnamienne. Derrière elle, il y a un trou dans le mur de briques. Au-delà d'elle, on voit la campagne, un pré planté d'un arbre. Clélia Rivière se dit que chaque être humain est une brique d'un mur qui enclôt un ravissant jardin. La vieille femme sourit de toute sa bouche édentée. Un delta de rides se dessine autour de ses yeux. Les yeux rivés vers l'horizon, elle semble incarner tous les espoirs d'un Peuple tendu vers l'avenir. L'exposition de BD s'intitule "Kémoï". Elle est le fruit d'une master class avec des auteurs français autour d'une démarche artistique qui consiste à utiliser les techniques traditionnelles asiatiques pour raconter des histoires. Le Vietnam connaît peu la BD, à part les mangas japonais et quelques Comics américains que les jeunes lisent, assis devant les librairies ambulantes. Les bulles vietnamiennes n'en sont donc encore qu'à leurs premiers balbutiements. L'expo présente les oeuvres d'une trentaine d'étudiants, dont celles de Tao, l'ami de Olivier, le protégé de Long. Il expose un superbe dessin représentant des petits personnages qui marchent sur la ligne d'horizon. Il y a coulé le Vietnam quotidien : un porteur de paniers à balancier, un cyclopousse, un chien qui suit un gamin qui court le nez levé vers un nuage d'où tombe la pluie. Le sol est noir, comme courbé sous le ciel qui occupe presque tout le tableau, un ciel jaune, gorgé de toutes ces eaux de l'Asie, de ces ruissellements qui font les Peuples si fertiles, si drus. Et si dangereux lorsque viennent les crues.
Clélia rejoint Olivier sur les escaliers de pierre de la cour intérieure. Il a déballé ses cartons à dessins et étalés les dessins sur le sol. Des sanguines, des fusains, des pastels, aussi des caricatures et des croquis de toutes sortes. Sur une planche, il a croqué les jardiniers du parc : une femme arrosant les parterres, son foulard remonté jusqu'aux yeux. Deux hommes accroupis, repiquant des touffes d'herbe dans les lacunes des pelouses, avec des gestes qui sont les mêmes que ceux du repiquage du riz dans les rizières. En quelques coups de crayon nerveux, Olivier a cueilli les corps en mouvement dans un ballet virevoltant d'une rapidité folle. Il voudrait en faire un dessin animé.
- «Il te plaît celui-là? Garde-le, je te le donne», dit-il à Clélia en lui tendant un dessin de buffle.
* **
Le magasin n'est pas une échoppe classique mais une supérette qui fait penser à ces drugstores-garages qui jalonnent la Route Sixty Six aux Etats-Unis. Comme les bateaux qui sillonnent la Rivière des Parfums, elle est peinte en bleu et en jaune. Son étrave arrondie s'avance à l'intersection de deux artères importantes. Il y a une ouverture de chaque côté mais c'est encore fermé. Il n'est pas sept heures. Assis sur le trottoir, les marchands de journaux sont encore en train de se répartir les journaux à distribuer par secteur. Clélia Rivière aurait voulu de l'eau en bouteille. Question de sécurité alimentaire. Dans la rue Lé Loï, le QG du festival ne propose qu'une cuve en inox avec un seul gobelet pour tous. Attaché à la cuve par une ficelle, le gobelet ressemble à un appât. La supérette est peut-être le Tati ou la Samaritaine de demain. On y trouve de tout et les produits achetés par les Occidentaux ont des prix fixes et étiquetés, ce qui est appréciable pour ceux comme Clélia qui ne savent pas marchander.
Le marché où elle se rend si tôt matin se trouve de l'autre côté du pont, sur les rives du fleuve. Il est déjà bondé et la femme doit fendre la foule comme un coin fend une bûche pour y pénétrer. Chargés de caisses et d'objets hétéroclites, les cyclopousses se fraient un chemin dans les allées. Les hommes prennent garde de ne pas bousculer les étals aménagés à même le sol. Sinon les imprécations des femmes jaillissent et les suivent comme des malédictions.
Dans des hamacs suspendus au-dessus des étals dorment des enfants nus. L'arrière du marché, sa partie cachée est un lieu de vie. Des familles entières y vivent, installées sur des lits de fer comme sur des radeaux. Tout au fond, relié à la rivière par une plage sale, c'est le marché aux poissons. Une barque vient d'y accoster. Le poisson est débarqué en vrac et conditionné dans des caisses en polystyrène sur un lit de glace. La glace est vendue à un étal proche. Elle provient d'une petite unité de fabrication sous la forme d’un bloc oblong que le vendeur débite et concasse à la demande. Le poisson est d'une appétissante fraîcheur. Une eau rosâtre suinte des corps vif-argent et se distille goutte-à-goutte dans la rigole qui longe le trottoir, baignant d'innombrables pieds nus. Les odeurs sautent à la gorge, vives et coupantes comme la lame des couteaux qui écaille, éviscère. L'oeil de Clélia cueille au vol les éclats luisants des écailles, des couteaux et de la glace aux multiples facettes de diamant.
On trouve aussi des crevettes, des crustacés, des poulpes. Encore vivants, les poulpes. L'un d'eux tente de s'évader en escaladant la paroi de la caisse, arc-bouté sur ses tentacules. Quand il est sur le sol, il s'échappe en se traînant. C'est peine perdue. La petite fille qui tient l'étal le récupère et le remet dans sa caisse, sous les rires des spectateurs. Devant cette scène de cruauté tranquille, Clélia a le coeur qui se serre. Elle est pourtant venue au devant de cette cruauté, enfin prête à mettre en danger ses sentiments et son bel agencement du monde. Elle savait en pénétrant sur le marché qu'elle risquait la rencontre avec des images qui la brusqueraient. C'est pour cela qu'elle s'est amenée là, cherchant en détournant les yeux le marché à la viande. Et sur ce marché, les chiens de race à viande. Le marché à la viande se trouve un peu plus loin. Têtes de porcs, charpies de chairs sanguinolentes, ossements de nacre bleue s'épanouissent sur les étals ou à même le sol. C'est toute la beauté de la mort au travail avec ses outils de prédilection : le temps, la chaleur et les mouches. Le système de réfrigération par glace utilisé pour le poisson n'est pas utilisé pour la viande. Clélia Rivière voit les échoppes du marché se mettre à tourner devant elle. Son estomac retourné la rappelle à l'ordre. Elle ne doit pas aller plus loin dans l'insupportable. A coups de talon nerveux, elle remonte à la surface du marché, reprend pied devant les étals qui flottent sur ses rives. En vrac, des chapeaux coniques, du tissu, des ustensiles ménagers, des plantes médicinales, des légumes et des fruits.
Tous les fruits du jardin d'Eden vietnamien. Ceux que la femme connaît : les mangues, les bananes, les noix de coco, les oranges, les ananas, les papayes ... Ceux qu'elle a découvert et qui viennent grossir ses connaissances sensorielles et botaniques. La pomme cannelle, encore appelée anone ou carossol, gros fruit de la famille des ananas, recouvert d'une peau verte à écailles et dont la chair est onctueuse et sucrée. Le ramboutan, fruit à l'écorce rouge et à la chair un peu caoutchouteuse qui rappelle celle du litchi. On l’appelle d'ailleurs le litchi chevelu à cause des longs filaments que présente son écorce. Le salak, petit fruit en forme de poire dont l'écorce est épaisse et écailleuse et la chair, pâle et croquante. Le tamarin, aussi nommé datte indienne, fruit à forte teneur en acide tartrique, ce qui en fait un produit domestique à double usage : pour cuisiner et pour astiquer les cuivres. Les Anglais en raffolent sous forme de confiture, de gelée et de chutney tandis qu'ils sont très appréciés sous forme de boulettes par … les éléphants. Et toute cette macédoine : le salk, le logan, le mangoustan, petit fruit violet recouvert d'une écorce dure et dont la chair blanche et douce est légèrement acidulée et délicieusement parfumée. Et le durian, fruit à chair jaune très apprécié sous forme de chewing-gum, de glace, de crème ou de confiture mais dont l'odeur est si nauséabonde qu'à Singapour il est interdit de séjour dans les transports en commun. Un peu semblable mais avec moins d'épines : le jaque. Et semblable au pamplemousse mais en moins acide : le pomelo.
Le riz aussi est d'une diversité infinie. En quelques années, le Vietnam est devenu l'un des plus importants producteurs et exportateurs de riz au monde. Les problématiques liées à l'utilisation des pesticides ont d'ailleurs fait leur apparition. Ironie de l'Histoire : on parle à nouveau de dioxine, ce composant de l'agent orange, utilisé comme défoliant par les Américains pendant la guerre.
Tous sens en éveil, Clélia se laisse griser par la luxuriance du marché de Hué. Elle s'assied à une échoppe ambulante de boissons. Elle sait qu'elle n'aime pas le jus de canne pressé à la grande roue manuelle mais comment choisir parmi toutes les boissons possibles à base de fruits et de lait de coco, parfois coulé sur des haricots ou un triangle de fromage "La vache qui rit" ? Des boissons colorées qui font de l’œil mais dont le goût n’est pas toujours bon. La femme choisit au hasard et le hasard lui fait une fleur. Elle sirote à petits coups satisfaits le jus laiteux filandreux de téguments vert menthe. Elle n'a pas vu arriver la petite fille. Elle ne l’a pas vu venir mais elle est là, devant elle, les cuisses appuyées contre la table basse. Elle comprend que l'enfant veut lui vendre quelque chose. Une babiole, un colifichet, une verroterie quelconque. Elle se dit qu'elle ne prend aucun risque à traiter avec la petite. Pas comme avec cette marchande du Col des Nuages, passage obligé sur la route vers la cité balnéaire de Hoi Han et Da-Nang, qui a littéralement dépecé son pécule. Elle sort quelques dongs de sa poche. Le visage de la fillette se fend d'un grand sourire puis disparaît sous la table. Comme un diable sortant d'une boîte, l'enfant ressurgit, déployant devant elle un éventail mauve et rose. Clélia a vu l'éventail mais surtout les mains qui le tenaient. Ou plutôt l'absence de mains pour le tenir. Les bras de la petite fille ne sont que des moignons. Ils s'arrêtent un peu après le coude. D'où vient cette mutilation ? D'une malformation de naissance, d'un accident, de la guerre, de l'agriculture intensive ? Clélia Rivière achète l'éventail à la petite. Pas par pitié mais parce que l'objet est beau et qu'il lui parle.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La colonisation. La Cité s'appela Phu Xuan . Il fallut la défendre, d'abord dans des guerres contre les Chams, les Khmers et le clan Thrin. Puis vinrent des jacqueries menées par les paysans pauvres, les Chams, les minorités ethniques et les marchands chinois. Ce qu'on appela la révolte des Tây-Son. Le tout jeune prince Nguyen Anh en appela au Siam et à la France. Il obtint l'appui de Monseigneur Pigneau de Behaine qui engagea des mercenaires français. Hué entrait dans la stratégie prosélyte de l'Eglise et dans la stratégie coloniale de la France. En gages, il envoya Canh, son fils de quatre ans à la cours de France. La dynastie des Nguyen récupéra son fief qui devint la capitale du Vietnam sous le nom de Hué. En France, c'était la Révolution. On oublia de renvoyer le petit Prince Canh dans sa famille. Il mourut en exil à la cours, de langueur ou de maladie Occidentale.
Les festivaliers ont établi leurs quartiers au Phuong Nam, un restaurant populaire qui fait aussi location de cycles. Les vélos s'alignent devant l'établissement comme des chevaux à l'attache devant un saloon. Clélia, Olivier et Tao dînent ensemble en refaisant le monde. Olivier s'abstient de pancakes à la banane car il a fait une jolie allergie. Il avait des boutons partout. Cette allergie lui vaut d'être interdit de séjour dans l'atelier que Long met à la disposition des artistes dans le sous-sol de la galerie. Car, s'il est allergique à la banane, sans doute l'est-il aussi à la laque. Autour d'eux, les autres attablés font partie du décor, simples silhouettes d'un théâtre d'ombre qui se joue dans les coulisses du festival. Les conversations barattent les sujets actuels : la mode, la musique, l'art, les éternelles guerres américaines. Chacun fait son beurre des dialectiques qui s'établissent entre vainqueurs et perdants des guerres, colonisés et colonisateurs, autochtones et étrangers. My sert à table. My est la jeune serveuse du Phuong Nam. Elle parle Anglais et Français. Tous les étrangers qui ont convergé vers Hué pour le Festival viennent à elle, phalènes aux ailes blanches éperdus de lumière. My signifie belle. Et elle est belle, My, comme une eau vive, une vouivre.
Désignant Olivier, My demande à Clélia : - «C'est ton fils ? »
La table est secouée de rires. Tao lance la boutade : - «Oui, c'est sa mère, sa maman du Vietnam.»
Le surnom lui reste : la maman du Vietnam. Elle ramène son "fils" à l'Hué Majestic Hôtel. Pour qu'il mette ses vêtements au pressing, prenne un bain dans la baignoire étincelante et pique une tête dans la piscine. La piscine est sur le toit, ouverte, offerte sur le ciel. La femme y va la nuit pour habiter ses insomnies. Elle s'allonge sur le dos, se laisse flotter sous le ciel étoilé qui courbe vers elle ses larges épaules de nègre en amour. Par l'esprit, elle plane sur la ville endormie. Elle sait les gens dormant dans les maisons, dans les monastères et sur les sampans amarrés aux rives de la Rivière des Parfums, cerfs volants aquatiques. En bas, dans le hall d'accueil, le gardien dort en pointillé sur sa natte, la tête posée sur son oreiller en osier, une moustiquaire tombant en pluie sur son dos nu. Les bruits des trains montent jusqu'à elle, venus de la gare toute proche. La ville est longée par la grande ligne Hanoi-Ho-Chi-Minh-Ville. Depuis quelques années, le train de la Réunification recoud inlassablement les deux Vietnam déchirés par la paix qui a suivi la guerre. Les bruits lui parviennent assourdis par l'éloignement et par l'eau qui emplit ses oreilles.
Au fils du temps, Clélia et Olivier nourrissent une relation étrange, en marge de tous liens naturels. Ils échangent leurs histoires, leurs goûts, leurs lieux. La Carambole s'acoquine avec le Phuong Nam, les nids d'hirondelle, avec le pho. Clélia devient une habituée de l'hôtel Loan où loge Olivier. Dès qu'elle quitte Buu Y, elle s'y rend. La maison est au fond d'une impasse. Pour l'atteindre, il faut d'abord passer devant la femme qui habite dans un renfoncement du mur, sorte de guetteur embusqué dans sa guérite et qui réclame un droit de passage. Clélia l'appelle "ma pirate de la mer de Chine". Elle met longtemps à comprendre pourquoi la clocharde est tolérée dans l'impasse. En fait, elle fait office de signal d'alarme. Elle prévient les familles qui habitent l'impasse que l'ogresse arrive et qu'il faut récupérer les enfants. L'hôtel Loan est une pension de famille à la Française. Sa clientèle est constituée de couples français venus pour adopter un enfant de l'orphelinat tout proche. Les mères de l'impasse fantasment sur l'enlèvement de leurs enfants.
Une fois dans l'hôtel, Clélia rejoint la salle commune. Elle s'assied dans le fauteuil qui tourne le dos à la télévision et fait face à l'aquarium. Elle pose ses rêves sur le dos des poissons et se laisse porter. A pas glissés, l'hôtesse dépose sur un coin de la table basse la théière de l'accueil, remplie d'un thé parfumé et fumant. La femme se sert, boit à petites gorgées comme l'on marche à petits pas dans une allée fleurie. D'une main distraite, elle feuillette le Courrier du Vietnam. Le journal francophone de Hanoi parle du festival, des spectacles, du dîner impérial balayé par la pluie. Olivier vient ou ne vient pas. C'est sans importance. Ils n'ont pas vraiment besoin de se voir. Les liens qui les unissent se tissent sans eux, à leur insu.
Qui a décidé d'aller faire un tour à la mer ? Clélia a beau retourner la question en tous sens dans sa mémoire, elle ne se souvient plus. Est-ce Olivier ? Est-ce Tao ? Et si c'était My ? Ce n'est pas elle en tous, cas, de cela elle est sûre. Elle n'aime pas la mer. Ils y vont en motocyclettes. Olivier prend My en croupe. Clélia monte derrière Tao. Il faut sortir de la ville pour atteindre la plage. Les deux motos filent sur la route. Des camions les dépassent en klaxonnant. Les deux passagères font de grands signes aux chauffeurs qui éclatent de rire. My porte l'équipement que portent les Vietnamiennes pour se protéger du soleil : un masque en tissus et des gants qui montent jusqu'aux coudes. Le temps est superbe. Avec la vitesse qui sèche les aisselles, une agréable sensation de froid s'insinue sous les chemises. Le vent effiloche les cheveux. C'est pur plaisir que cette course en équilibre sur la force libérée d'une moto. My se cramponne des deux mains au porte-bagages, le corps rejeté loin en arrière pour ne pas toucher le dos de l'homme qui conduit. Clélia a noué ses bras autour de la taille de Tao. Elle la serre comme si elle voulait se souder à l'homme, ne plus faire qu'un avec lui. L'intérieur transpirant de ses cuisses collent à l'étoffe de son jean et la brûle. Sous un pont, un vieil homme les salue, leur indique le chemin avec son bâton. Il sait que tous les gens à peau blanche cherchent la mer, le soleil à l'aplomb de la mer comme un ballon de lave.
La plage est presque à l'embouchure de la Rivière des Parfums, rivière qui en fait est un fleuve puisqu'elle se jette dans la mer. La mer est la mer de Chine méridionale. Une paillote accueille les baigneurs. Les deux couples s'avancent, longent la mer, passent devant des barques retournées coques au ciel devant lesquelles des pêcheurs recousent leurs filets. Un enfant joue avec un cerf volant. Clélia sort sa caméra, s'attarde près des hommes. Gros plan sur les crabes et les coquillages qui affleurent à la surface grisée du sable. Olivier, Tao et My sont déjà loin, glissant tous les trois vers la mer. D'autres jeunes hommes nagent déjà au large, atteignant presque une barque de pêcheurs. Olivier et Tao se mettent à courir en larguant derrière eux leurs vêtements. My s'est assise sur le sable, à quelques mètres d'une maison coloniale désaffectée. Elle ne se baigne pas. Elle ne sait pas si elle aime ou si elle n'aime pas. Elle ne l'a jamais fait. Au Vietnam, les femmes ne se baignent pas. Clélia rejoint My sur le sable. Elles sont ensemble, seules. Deux femmes devant une maison rose, attendant le retour des hommes et des enfants. Elles parlent.
My commence : - «Je viens d'un tout petit village. Mon père est pêcheur. On n'a pas beaucoup d'argent à la maison alors je travaille au Phuong Nam. Mais ce n’est pas pour toujours. Je voudrais être guide. Je voudrais aller à l'Université du Tourisme de Hué.»
Elle n'exige rien, My, elle demande gentiment, comme en s'excusant. Elle ne veut pas, elle voudrait. S'il vous plaît. Elle fait des politesses à la vie qui en fait rarement.
Clélia continue : - «J'écris des livres touristiques. Ca me fait voyager, voir des gens. Mais parfois, je me demande où je suis. Les aéroports, les villes, tout se ressemble. J'ai parfois l'impression d'être un somnambule en équilibre sur un toit. J'ai peur de me réveiller et de tomber.»
My : - «Tu vis seule ?»
Clélia raconte les années qui sédimentent dans sa mémoire, avec son compagnon et l'enfant qui est venu, qui est reparti. La vie qui sépare ce que la mort n'a pas séparé. Les deux femmes versent l'une contre l'autre, leur tête se touchant. On dirait qu'un voile les recouvre, les isole du monde extérieur, de la plage, de Tao et d’Olivier qui leur font des grands signes, loin, loin dans la mer, voyant la maison si petite.
My : - «Moi aussi, je veux me marier, avoir des enfants, une maison.» Clélia, riant : - «Tu attends le Prince Charmant, ma belle.»
Tout bas, elle ajoute : - «Et si c'est un étranger, tu partiras avec lui ? »
My ne répond pas.
Les deux femmes se taisent. Elles regardent les deux hommes qui s'ébattent dans la mer comme des enfants. Derrière eux, marchant en équilibre sur la ligne de l'horizon, un paquebot découpe sur le ciel sa silhouette sombre. Clélia s'est avancée dans l'eau et filme. Olivier et Tao viennent vers elle en s'éclaboussant. Leurs piaillements cristallins ensemencent la mer.
- «Elle est bonne, tu aurais du venir», lui lance Olivier.
Ils sortent de l'eau. La baignade est finie. Clélia filme Olivier, Tao et My qui prennent le chemin du retour. Ils dansent, virevoltent. Clélia a l'impression de tenir entre ces doigts une fragile bougie. Instants magiques. Ecrivaine, elle tente de distiller, d'extraire le suc de ce temps d'éternité fugace mais elle se dit qu'il faudrait le talent d'un Rimbaud pour en rendre toute l'incandescence.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Champa. Au IIIème siècle de l'ère chrétienne, le Vietnam était le fief du Royaume de Champa et du Peuple Cham qui s'était formé à partir de populations austroasiatiques et d'Austronésiens indianisés. Les villes principales du Royaume étaient Shinapura, Indrapura, Vijaya et Kandarpupura. Le Royaume était en effet sous influence indienne pour la vie spirituelle et sous influence chinoise pour la vie matérielle. Son principal rival était l'empire Khmer. Le Champa connut son apogée au Xème siècle. A ce moment-là, l'ethnie Viet qui se libérait du joug chinois millénaire se tourna vers la péninsule indochinoise qu'elle entreprit de conquérir au détriment des Chams. Vivant sur une économie d'invasions et de pillages, les Chams n'avaient développé ni agriculture ni d'Etat intérieur, c'est en partie à cause de cela qu'ils n'ont pas pu à résister aux menées vietnamiennes. En 1306, le roi Jaya Shimhavraman III tenta d'instaurer une alliance avec les Viets en épousant une princesse vietnamienne. Dans la corbeille de mariage, il mit deux districts, dont celui de Kandarpupura. La paix obtenue par cette alliance ne tint pas mais la cité resta aux mains des Vietnamiens. Elle devint Hué. Le dernier roi fut tué en 1692 et le Champa fut vassalisé. En 1822, le pouvoir honorifique des derniers rois fut aboli et ce fut la fin du Royaume de Champa. Aujourd'hui, il ne reste plus que quelques milliers de Chams. Ils sont complètement métissés et aculturés.
Appuyé sur ses béquilles, Long donne des charges de buffle dans les meubles de la galerie. D'un coup de béquille, il balaye à travers la pièce la théière de l'accueil posée sur la table. L'infirme est furieux. Il invective un homme qui s'éloigne à grands pas, la tête rentrée dans les épaules, les poings serrés au fond de ses poches. Aux premiers mots de la dispute, les jeunes peintres se sont réfugiés au fond de l'atelier, en bas de l'escalier. Habitués aux éclats du maître, ils n'ont pas eu peur. Ils se sont simplement retirés comme on se met à l'abri de la pluie en attendant qu'elle cesse. Clélia les a suivis, maudissant le hasard qui l'a fait passer chez Long à ce moment-là. Elle passait juste pour récupérer son éventail qu'elle avait oublié et maintenant, elle est bloquée dans l'atelier, sans oser traverser la galerie pour se retrouver dehors.
Les peintres sont des étudiants de l'Ecole des Beaux-Arts de Hué. Tao est leur professeur à l'école et leur donne des cours particuliers dans son atelier privé. Ca lui permet de vivre et de continuer son travail de Bande dessinée et de laque artistique. La laque, c'est allergisant mais c'est aussi salissant, façon huile de vidange, se dit la femme en voyant les taches sur les chiffons qui traînent autour des bacs posés par terre le long des murs.
Elle a débarqué en pleine séance de dessin avec un modèle qui pose devant les chevalets. Le modèle est un adolescent. Il pose assis sur un tabouret de bar, seulement vêtu d'un short, c'est-à-dire aussi nu que le permet la morale vietnamienne. Seul Tao a franchi le tabou, avec sa « masseuse aux seins nus », un tableau en laque qui n'est encore jamais sorti de l'atelier et qui semble puni, le nez contre le mur. Les tableaux des étudiants sont encore à l'état d'esquisse. On voit les grands traits au crayon qui déterminent la masse des corps, la rattachent à la ligne du squelette. Tao et les élèves discutent âprement. Clélia ne comprend pas mais elle devine que c'est en rapport avec la dispute qui s'est déroulée en haut entre Long et l'homme qui est parti.
Dans la galerie, Long grommelle encore des gouttelettes d’injures mais le gros de la tempête est passé. Clélia remonte à la surface de la galerie.
- «Tu es encore là, toi ?», dit-il en la voyant émerger. - « Ben oui, j'attendais que tu te calmes avant de sortir.»
Elle ramasse les éclats de la théière explosée sur le carrelage. - «Qu'est-ce qui s'est passé ?»
Long explique : - «Cet homme, un Anglais ou un Allemand, je ne sais pas, c'est tous pareils, voulait acheter des tableaux. Il donnait de l'argent mais pour encore d'autres tableaux, faits très vite parce qu'il part bientôt. J'ai dit : les peintres de ma galerie, c'est pas des machines. C'est des artistes. Le business c'est pas ici.»
Clélia approuve l'esprit de Long mais elle comprend que cet esprit ne soit pas partagé par tous. Ce devait être le sujet de la dispute dont elle a été témoin dans l'atelier. Peut-être les cyniques ont-ils raison : il faut vendre son âme au diable tant qu'il est preneur sinon après, on ne la vend plus, on la donne.
Dans cette bataille qui oppose les purs et les opportunistes, elle ne sait pas qui a raison. Ce qu'elle sait, c'est qu'il lui a fait peur, ce Long pur, coulé dans l'or incorruptible de l'idéal le plus haut et qui a pris le pas sur le Long ivrogne, pétri de faiblesse et d'indulgence. Elle se dit qu'il y a des enjeux qu'elle ignore. Ce qu'elle sait aussi, c'est qu'elle n'est pas allergique à la laque. La substance l'imprègne avec une telle force qu'elle en tomberait évanouie.
Attablé au Paradise Garden, Tao raconte à Olivier la colère de Long. Le jeune Français rit mais pas Tao : - «Il trouve qu'on travaille trop ensemble. Pour le concours, il voudrait qu'on fasse chacun notre dessin, pas un dessin ensemble.»
Le concours de peinture sur le sol se déroule le long de la Rivière des Parfums, dans la rue qui longe la rivière jusqu'au Paradise Garden. Ouvert à tous, il fait partie des animations gratuites proposées à la population huéenne dont une grande partie est trop pauvre pour s'offrir le dîner impérial ou les spectacles qui se déroulent dans la Citadelle. Il y a des animations intéressantes comme le concours de cerf-volant, les concerts en plein air, le défilé de mode de Minh Hanh, les joutes nautiques, le Tour Vert en cyclopousse et la fête de Nam Giao. C'est presque un festival off. Olivier et Tao participent au concours de peinture sur le sol.
Olivier ne rit plus. Il interroge : - «Qu'est-ce que ça veut dire, ça, qu'on travaille trop ensemble. Qu'est-ce qui lui prend à Long ? C'est lui-même qui nous a inscrits tous les deux. Ca fait des semaines qu'on travaille sur ce projet. Parle. Tu veux quoi, toi ? Dessiner seul ou faire notre projet ?»
Olivier et Tao dessinent ensemble. Ils n'ont pas vraiment de modèle mais ils disposent de quelques ébauches étalées devant eux, au pied des gens qui les regardent. Plusieurs peintres sont à l'ouvrage, chacun occupant l'espace qui lui a été dévolu lors de son inscription. Ils se passent les pots de peinture et s'échangent les pinceaux. L'ambiance est bonne. Il fait beau. Les parasols du Paradise Garden sont déployés au dessus des tables, toutes occupées. Sous le regard des badeaux, la route se couvre de couleurs et de formes. Clélia est venue se poster devant les deux jeunes gens mais ils l'ont chassée, la menaçant de leurs pinceaux comme d'une tapette à mouche. Va-t-en, la mouche du coche. Elle est partie, poussée dans le dos par les rires comme une barque qui a pris le vent dans sa voile.
- «Je reviendrai tout à l'heure», lance-t-elle par dessus son épaule. - «C'est ça, maman du Vietnam, reviens tout à l'heure».
La femme se sent légère, libre comme une sauvagine sur les bords d'un chemin ou dans une jachère. Elle en a terminé avec Buu Y. Toutes les interviews sont en boîte et la rédaction de son livre est bien avancée. Pour se récompenser, ils se sont offerts le repas impérial. Pendant toute la nuit, ils ont goûté en cascade aux mets qui étaient servis autrefois à la cours de l’empereur. Des jeunes filles en Ao daï faisaient le service et le repas était ponctué de spectacles pyrotechniques. C'était il y a trois jours. A l'heure où elle s'éloigne de Olivier et de Tao peignant sur le sol, Clélia se sent comme une mère de famille dont les enfants sont à l'école et qui peut disposer de sa journée à sa guise, avec un temps que ne canalise aucun horaire et qui s'étend en nappe jusque aux plages de la nuit.
Comme un oiseau de passage, elle se pose à une table de la terrasse du Paradise Garden. Musardant dans la carte, elle commande une bière de Hué. Le breuvage ambré dévale dans sa gorge. La bière de Hué est sa bière préférée mais c'est surtout l'instant qu'elle sirote, cet instant qui est encore une disponibilité mais qui bientôt sera une attente. Le cyclo qui pose sur l'affiche du Tour Vert vient de lui faire de l'oeil. Elle a décidé de le suivre. Le Tour Vert est une animation gratuite mise sur pied par une association d'étudiants et la Région Nord Pas-de-Calais, très impliquée au Vietnam. Il propose aux festivaliers de visiter la Citadelle en cyclo-pousse. Le départ se fait juste là, devant le café, en prenant d'abord un bateau touristique.
Clélia embarque avec une dizaine de passagers, Français pour la plupart. Les chaussures s'accouplent sur le pont. Ici aussi l'ambiance est bonne. La journée du Tour Vert et la journée de la peinture sur le sol devraient se dérouler en parallèle avant de converger vers le point des retrouvailles : le dessin terminé. Le bateau s'est mis dans le fil du fleuve et glisse lentement. Les passagers font connaissance. Le voyage sur cette arche de Noé vietnamienne n'est pas très long. Bientôt, le bateau rejoint les cyclopousses qui attendent. Il y a plusieurs corporations de cyclo-pousses, chacune affectée à la désserte d'un lieu donné : la gare, le marché ... et portant ses propres couleurs. Les chauffeurs ne sont pas propriétaires de leur véhicule mais ils le louent à la corporation à laquelle ils sont affiliés. En cas d'arrêt de travail, leur corporation leur verse une indemnité mais une indemnité toujours moins élevée que ce qu'ils toucheraient en travaillant. Rude sagesse qui donne des leçons à l'Etat Providence. Les cyclos ont chargé leur touriste dans la nacelle qu'ils vont pousser devant eux en pédalant pendant plusieurs kilomètres. Ils se sont mis en route en file indienne, menés par les coups de klaxons du cyclo de tête. Clélia a un peu honte de se laisser porter ainsi comme un paquet, un cadavre par un homme qu'elle trouve frêle. Dans les côtes, les hommes pédalent en danseuse. La femme voit leur dos s'incurver, la sueur assombrir leur tee-shirt entre les omoplates. Le long du trajet, les enfants saluent les équipages par des hello tonitruants. Saluts sincères ou relevant d'une consigne nationale, comment savoir ?
La procession des cyclos du Tour Vert longe les remparts de la Citadelle, faisant haltes à des points touristiques où les cyclistes peuvent se reposer pendant que leur passager se dégourdit les jambes en se mirant dans le visage souriant du Vietnam : l'étang où l'on peut regarder les pêcheurs et pêcher soi-même, le lac Thin Tam où les empereurs venaient se reposer et où se donne le spectacle des marionnettes sur l'eau, les remparts épineux de tours, le potager qui s'épanouit au pied de l'une d'elles. Dans ce potager, tous les légumes des repas quotidiens : oignons, coriandre, bettes ... Des hommes et des femmes y évoluent, tout à leur tâches : récolter des légumes frais, en remplir un panier, semer, sarcler, désherber ... Un vieil homme est debout, appuyé sur le manche de sa pioche, mâchonnant un brin d'herbe. C'est un paysan comme il en pousse partout sur la Terre. Au centre du potager se trouve une citerne. On peut y puiser au seau mais elle est équipée d'un système à pédales pour remonter l'eau dans une gouttière aqueduc qui l'achemine dans les rigoles d'irrigation. Dans la pénombre de la citerne, on voit un serpent qui ondule à la surface de l'eau. Instants de paix, de sérénité, d'harmonie. L'harmonie de Hué la belle. C'est là, en cet instant, que Clélia Rivière trouve le titre de son livre : Hué la belle.
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Le soir tombe sur la Rivière des Parfums. Sur la route, les artistes ont fini leurs oeuvres, sauf Tao et Olivier qui sont toujours penchés sur leur fresque. Les mouvements qu'ils font enroulent leurs membres autour de leur tronc en une chorégraphie élégante et tonique. On dirait des danseurs de tango, dont les corps tour à tour s'épousent et se repoussent. Gestes larges, amoureux. My les regarde en souriant, les yeux brillant dans la lumière mourante. Derrière eux, dans le flou de l'éloignement, des vieux et des vieilles font leur Taï chi, semblables à des arbres qui se balancent dans la brise du soir. Clélia s'est mêlée à eux qui ont élargi leur cercle pour la recevoir. C'est dans cette clairière humaine qu'elle se prépare à voir le tableau que les deux jeunes hommes ont peint pendant qu'elle faisait le Tour Vert.
My et Clélia ont convergé vers le tableau. Courbées vers le sol, les deux femmes ont poussé un cri d'étonnement et d'admiration. Le tableau représente une tour de verre et d'acier dressée vers un ciel flambant de soleil. La lumière argentée qui tombe sur les vitrages donne une impression de noblesse et de force. L'effet est obtenu par le jeu de la lumière qui tombe d'un lampadaire sur la peinture qui contient des paillettes argentées. La tour émerge d'une colline de terre brute complètement noire et mate qui semble vouloir l'absorber, la résorber dans sa masse. L'artiste vietnamien et l'artiste français ont marié des matériaux et des effets contraires : le brillant et le mat, le plein et le vide, l'horizontal et le vertical, l'apparu à la lumière et le disparu dans l'ombre. Ils ont incarné la dialectique entre le primitif et le moderne, le féminin et le masculin. Ces deux parties sont contraires mais aussi complémentaires. Elles agissent à la manière des ogives dans les cathédrales gothiques : c'est leur antagonisme même qui, créant l'équilibre des forces, permet à l'édifice d'exister. Planté dans la terre noire, un lotus pousse sa tige à l'intérieur de la tour transparente jusqu'en son sommet d'où elle émerge par une fenêtre ouverte. La fleur éclose laisse voir son coeur blanc et jaune, fragile comme un oeuf, symbole de naissance et de renouveau. Le tableau est d'une grande beauté et les avis sont unanimes : il a ses chances pour le concours.
La bande prolonge la magie à la galerie de Long. Long a installé sa natte derrière son bureau et somnole. Tao et Olivier font une bataille d'experts autour des concepts de modernité et de tradition. La conversation se fait en français et en anglais, pour arriver à dire en substance :
- Olivier : «Je ne dis pas qu'on copie, je dis qu'on a des influences, qu'on s'enracine dans les arts passés et dans l'époque à laquelle on vit. On est des passants, des passeurs.»
- Tao : «Ce n'est pas vrai, la création est jaillissement, spontanéité. Elle vient d'ailleurs. Il ne faut pas rester prisonnier des anciennes techniques, des anciennes façon de penser.»
- Olivier : «C’est ça : du passé faisons table rase. Mais, vous n’en avez pas marre de la révolution, vous n’avez pas assez donné ? Tu n’as pas compris que les révolutionnaires sont des fous qui poussent les gens dans le mur.» - Clélia : «Foi, feu, folie, ils ont tout compris, ces petits.» My ne dit rien.
- Tao : «Le communisme, ce n'est pas fou. C'est le progrès. Les choses bougent au Vietnam. L'art et la culture sont très vivants.»
- Olivier : «Mais de quoi tu parles, il n'y a plus que l'argent qui compte. Tu as vu, il y a des magasins, on n' y vend que des coffres-forts. Et dans les rues, il y a de plus en plus de 4X4.»
- Tao : «Oh, shit, Olivier. On veut pas rester pauvres. On veut vivre, être heureux, écouter de la musique. On est jeune.»
S'adressant à My : «Toi aussi, My, tu veux une autre vie. Etre riche. Etre libre.»
My nage entre deux eaux : - «Je veux tout ça mais pour ma famille, mon village. Le plus important, c'est l'amour. Je voudrais un homme que j'aime et qui m'aime. Beau et gentil. Comme vous deux.»
Tao fait le geste de jouer de violon. Clélia l'arrête. Elle ne veut pas que l'on abîme les rêves de My. Ce ne sont pas des rêves superficiels, ce sont les sentiments les plus profonds et les plus universels, le noyau dur de l'Humanité. Et elle est l'éternel féminin : entre les deux son coeur balance.
- Tao s'enflammant : «On ne parle pas de politique et de sentiments, on parle d'art, d'architecture, de construction, de techniques, de matières. Moi, j'aime le béton, le verre, le métal. Le pont Tran Tien, la gare de Dalat, c'est magnifique. J'aime les buildings comme on a dessiné sur la route. La transparence, la lumière. On vient d'inventer le béton translucide, on va pouvoir faire beaucoup de choses.»
- Olivier : «Je n'aime pas ces matériaux de la transparence, la transparence, c’est totalitaire. Je préfère les matériaux de l'intimité. La pierre et le bois. C'est des matières naturelles, primitives. Quand tu les travailles, que tu les tailles, que tu les sculptes, tu as du vivant devant toi. Tu dois en tenir compte. Si tu donnes un mauvais coup de ciseau dans la pierre ou le bois, la matière éclate. Le fer, le béton, le verre sont des matériaux qui se coulent. Tu imposes la forme et si elle ne te plaît pas, tu refonds la matière et tu la recoules à nouveau. C'est de l'abus de pouvoir, de la dictature. Tu fais ça avec la matière et tu fais ça avec les gens.» - My : « Je pense comme toi Olivier. Le bois et la pierre, c'est plus joli. On est plus heureux dedans.»
Olivier se penche vers la jeune fille, prend sa tête entre ses mains et dépose sur son front un baiser très tendre. Dans la salle d'exposition, Long tousse et se retourne sur sa natte. D'une voix ensommeillée, il fredonne une chansonnette. Une chansonnette française que Clélia connaît mais ne reconnaît pas tout de suite. Prenant l'air au vol, elle rappelle les mots de sa mémoire à sa bouche. Ca lui revient. Elle chantonne à son tour : «On s'était connu, on s'est reconnu ...» La chanson de Jules et Jim.
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Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : La DMZ (Demilitarized Zone). La zone démilitarisée s'étend le long de la rivière Ben Hai et du 17ème parallèle. Elle a été créée en 1954 par les accords de Genève et divise le pays en deux zones d'influence : au Nord, la zone communiste et au Sud, la zone capitaliste américaine, occidentale. C'est un peu ce qui a été fait en Allemagne après la guerre 40-45 avec le camp Occidental et le camp soviétique séparé par le mur de Berlin. Mais contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne, cette stratégie n'a pas favorisé la paix. Le camp communiste s'est trouvé conforté et il y a eu la guerre. Deux armées étaient en présence : l'ARVN (Armée de la République du Vietnam) pour le Sud allié aux Américains et l'APVN (Armée Populaire du Vietnam) pour le Nord communiste gouverné par le Viet-Minh encore appelé Viet Cong. A partir de 1967, les Nord-Vietnamiens ont mis en place toute une logistique pour approvisionner les maquis du Sud Vietnam en matériel de guerre. Pour ne pas être repérés par les armées du Sud et leurs alliés américains, ils évoluaient sur un itinéraire parfaitement invisible : la piste Ho-Chi Minh. Dans la plus grande discrétion, ils ont acheminé munitions, explosifs, armes ... Pendant plusieurs mois, les bombardements américains furent impuissants à couper le cordon ombilical constitué entre le Nord et le Sud par la colonne de fourmis humaines. Situé au centre du Vietnam, Hué fut une pièce importante du dispositif. Au nord de la ville, Khé San en était même le centre. C'est là que les Américains et leurs alliés Sud-Vietnamien, voulant éviter leur Diên Biên Phu, précipitèrent leur fin. C'était en février 1968, lors de l'offensive du Têt.
Clélia veut prendre quelques photos du Festival pour illustrer le chapitre de son livre sur l'Hué actuel. Il lui faudrait des vues des joutes nautiques et du jeu d'échecs humain. Pour savoir lequel de ces spectacles elle va voir en premier, elle sacrifie à la passion des Vietnamiens pour les jeux de hasard : elle joue à pile ou face. Le jeu d'échecs rafle la mise. Le spectacle a lieu dans la Citadelle. Il fait très chaud. Une fois de plus, la femme regrette de ne pas avoir son éventail qui est toujours chez Long.
L'échiquier est disposé sur la place, un homme-pièce dressé sur chaque case. Le jeu d'échecs vietnamien est différent du jeu occidental. Il y a par exemple moins de cases. Les deux joueurs se font face, perchés au sommet de chaises en bambou hautes comme des sièges de maître-nageur. Les hommes-pièces portent les couleurs de leur joueur respectif. A leur ordre, ils se déplacent sur l'échiquier, chacun interprétant un pas selon la pièce qu'il représente : la tour, le pion, le cavalier ... Traçant son cercle autour du carré, Clélia photographie le jeu des hommes dans la lumière compacte. C'est très spectaculaire mais, les deux joueurs étant de force égale, la partie est très longue, si longue que l'un des hommes-pièces finit par s'évanouir au milieu de sa danse des sabres. Clélia suit le groupe qui emmène l'homme inerte à l'ombre d'un bosquet d'arbres, là où un poste de secours a été installé. L'endroit est frais, sombre, vif. Des rochers gris se dressent, retombant en rocaille hérissée d'épineux. La tente du poste de secours partage les lieux avec l'échoppe d'un marchand d'oiseaux. Dans les cages alignées, des dizaines d'oiseaux qui pépient, confiants. Ont-ils conscience qu'ils sont des oiseaux à souhaits et qu'en tant que tels ils ne sont pas vraiment prisonniers? Celui qui les achète les relâche en effet après les avoir investis d'un voeu, d'une prière. En fait, ces oiseaux sont des messagers qui font la navette entre la terre et le ciel, simple retour aux origines des anges. Le marchand est entrain de prendre un oiseau dans une cage et de le placer dans une cage plus petite, tenue par une main de femme. C'est en zoomant pour saisir la scène que Clélia reconnaît My.
D'instinct, elle se jette en arrière, se dissimule sous l'auvent de la tente. Elle ne sait pas pourquoi, mais elle pense que la rencontre qui s'amorce entre elle et My ne doit pas avoir lieu, que la scène n'est pas écrite. Elle laisse My s'éloigner, portant dans une main la cage avec l'oiseau et dans l'autre, un éventail déployé qu'elle reconnaît être le sien. Pourquoi Long a-t-il donné son éventail à My. Il savait bien que c'était à elle. Elle se dit qu'elle tirera cette affaire au clair plus tard. Pour remplir ses mains vides, elle achète au marchand un Non bai ton, un de ces chapeaux coniques en bambou et en feuilles de palmier, ornés de poèmes d'amour, de chansons, de proverbes ou de dessins seulement visibles de l'intérieur quand on regarde le chapeau à contre-jour.
Direction les berges de la Rivière des Parfums où se déroulent les joutes nautiques. Douze équipes sont en lice, toutes sponsorisées par le plus bel hôtel de la ville. Chaque pirogue compte un barreur et sept rameurs. A l'ombre des grands arbres, l'eau est moins jaune, plus orangée, safranée, plutôt, comme la robe des bonzes. Une course va commencer. Les embarcations piaffent sur la ligne ondulante du départ. Le départ va être donné par un agent de police, commissaire de course avec quelques-uns de ses collègues. Le départ est donné. Les pirogues s'élancent. Sous les encouragements de la foule, les rameurs se désarticulent autour de leurs rames. Les frêles embarcations filent, étirant le peloton. Les hurlements de la foule les soulèvent comme une houle. Tous les coups semblent permis : se percuter, s'agripper aux bouées pour gagner du temps dans les virages, même changer de rameur en cours de route. Un jeune homme s'est jeté à l'eau. Il nage comme un forcené vers une embarcation, la rejoint, monte à bord et prend la place d'un rameur épuisé. Peine perdue. L'embarcation se laisse distancer. L'issue de la course commence à se dessiner. Trois pirogues sont en tête et se battent pour la victoire. Le spectacle est époustouflant. Lorsque la première pirogue atteint la bouée d'arrivée, la foule explose. C'était une première manche. Pour conserver les faveurs divines, les gagnants retournent au milieu de la rivière où ils larguent des offrandes aux dieux.
A l'intérieur des terres, la liesse populaire est à son comble. Debout sur un banc, des vieux tapent de leurs pieds nus en cadence, arrimés l'un à l'autre par leurs bras. Un peu plus loin, des adolescents perchés sur un arbre hèlent les rameurs en riant. Clélia pense immédiatement au Bandar Log, le Peuple Singe du Livre de la Jungle, si gais, si jeunes. Et qui font des proies si faciles pour le prédateur hypnotique. La vase des berges de la rivière a laissé place à une prairie d'herbe courte sous laquelle la terre, broyée par d'innombrables pieds nus, affleure par plaques. Deux fillettes conversent sur un rocher. L'autre moitié du monde, l'autre moitié du ciel. Elles ne regardent pas les joutes. Qu'en verraient-elles d'ailleurs avec le mur d'adultes qui leur bouche la vue ? Leurs regards sont tournés de l'autre côté, vers la colline qui s'éloigne par vague vers la ville. Elles regardent les deux garçons qui viennent vers elles. Deux petits Mowgli qui évoluent loin de la fête, au rythme de leur temps propre. D'un pas glissé, ils avancent vers les fillettes, ralentissent quand ils arrivent à leur hauteur et accélèrent le pas quand ils les ont dépassées. Il n'y a eu aucunes paroles échangées, aucuns regards. C'est si comme les filles et les garçons s'étaient reconnus à des substances chimiques invisibles, sortes de phéromones qui régiraient les relations enfantines. Les deux garçons portent une casquette et un short rouge gansé d'un galon blanc qui galbe l'arrondi des hanches. Ils marchent côte à côte en se tenant par la main. L'un des deux est très jeune, six ans, peut-être. L'autre est déjà un pré adolescent. Clélia leur emboîte le pas et les suit sur un chemin bordé de flamboyants. Le chemin mène à une fontaine. La fontaine est une de ces pompes à bras qu'il faut actionner pour faire s'écouler l'eau. Les deux enfants s'y arrêtent. Le plus grand des garçons empoigne le bras de la pompe et fait couler un flot d'eau bulleuse. Le petit y glisse les jambes et se met à les frotter. Maladroit, trop petit, il ne parvient pas à nettoyer la crasse qui séchait en cuirasse sur ses cuisses et que l'eau draine en de magnifiques lettres calligraphiées. Le plus grand tente de l'aider mais il est handicapé par la nécessité de pomper. Clélia a posé les mains à côté des mains de l'enfant. Pendant un instant, ils sont un couple de rameurs unis dans un même effort. Le garçon lâche le bras de la pompe et va rejoindre l'autre garçon dans le fil de l'eau qui coule sans discontinuer. Avec des gestes qui sont de vraies caresses, le grand frotte les jambes du petit, doucement, tendrement. Sont-ils frères ou simples camarades de jeux, futurs amis, amants, peut-être ? La grâce évanescente qui émane des corps mouillés nimbe Clélia d'un bonheur tremblant. Elle se dit que ces deux elfes feux follets qui s'ébattent à quelques pas de la Rivière des Parfums ramènent au paganisme le plus échevelé.
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : Le Caodaïsme. La religion caodaïe ou Caodaisme est née en 1919 sur l'île de Phu Quoc lorsque l'être suprême nommé Cao Daï est apparu à Ngô Van Chieû, un fonctionnaire de l'Administration française. Elle s'est propagée dans le Sud du Vietnam à partir de 1920 autour d'une pensée syncrétique du Bouddhisme, du Christianisme, du Taoïsme, du Confucianisme et de l'Islam. Symbolisé par un oeil géant, le dieu est secondé par des Saints étonnants parmi lesquels Jeanne d'Arc, Victor Hugo, Winston Churchill, Sun Yat Se, Moïse et Brahma. Elle est assise sur cinq commandements : tu ne tueras aucune créature vivante, tu ne convoiteras pas, tu ne vivras pas dans le luxe, tu ne succomberas pas à la tentation et tu ne prononceras pas de calomnie. Dès ses origines, la religion caodaïe s'adressa aux pauvres, surtout les paysans dépossédés et devint un mouvement nationaliste, anticolonialiste et subversif. Elle évolua dans les conflits en faisant des alliances opportunistes : avec les Japonais contre les Français, avec les Américains contre le Viet Minh, avec le Viet-Minh, contre le Vietnam du Sud. Après la réunification en 1975, la Religion fut déconsidérée. Les dirigeants, les fidèles et les prêtres furent persécutés. Les terres des paysans caodaïstes furent confisquées. Aujourd'hui, la religion caodaïe compte deux millions d'adeptes et un million de temples. Elle est surtout implantée dans le delta du Mékong, dans le Sud du Vietnam. La cathédrale ou grand temple se trouve à Tay Ninh.
L'aube est à peine levée sur la colline de Nam Giao. Une légère brume s'évapore du sol comme l'haleine d'un dragon endormi. L'aube est à peine levée et pourtant, la foule est déjà dense, tassée sur les trottoirs par les policiers en chemises vertes. Personne ne voudrait rater l'évènement qui se prépare : la procession de Nam Giao. C'est un évènement pour les touristes mais surtout pour le peuple vietnamien. C'est en effet la première fois que la procession a lieu depuis sa suppression en 1945, date à laquelle Ho Chi Minh a jeté à bas de l’Histoire la monarchie des Nguyen que les Français d'Indochine avait conservé pour préserver la cohésion nationale. Clélia Rivière connaît l'histoire. Buu Y lui a expliqué. Lui-même est descendant des Nguyen. La procession se déroulait une fois par an entre la Cité pourpre interdite et la colline de Nam Giao. C'était une procession comme toutes les processions : rituelle et sensée attirer les bénédictions du ciel sur la ville. L'empereur se rendait en grande pompe sur la colline de Nam Giao. A cette occasion, les concubines du souverain, vêtues de robes bleues, dansaient sur des chants traditionnels et toute l'armée défilait : les fantassins, les archers, la cavalerie. Des combats de tigres et d'éléphants étaient organisés. Symbole de puissance, le pachyderme représentait le roi. Il ne perdait donc jamais. Au besoin, on attachait le tigre à un poteau enfoncé dans le sol. Massée sur le passage de la procession, la foule rendait un culte à l'empereur.
Aujourd'hui, après des années sans procession, la foule de Hué est toujours là, fidèle au rendez-vous. Avec raison car la procession est magnifique même si ce n’est plus un rite mais une simple parade. Plus de cent cinquante figurants défilent en costume, accompagnés d'une dizaine de chevaux et de cinq éléphants. Le régime communiste veut reprendre toute cette symbolique de la puissance à son compte et pour le pays en pleine expansion mais il ne veut pas que soient attisés les tisons mal éteints de la royauté sur lequel souffle déjà le vent de la démocratie. La procession doit se garder d’ouvrir la voie à une sorte de restauration de l'ancien régime. Elle est et doit rester une simple fête folklorique. Pour bien marquer la procession au sceau du communisme, en tête du cortège défilent des jeunes porteurs de drapeaux portant le drapeau rouge à étoile jaune de la République Socialiste. Pour éviter l'apologie de la royauté, la procession ne suit que le trajet du retour de la colline de Nam Gio vers la Cité interdite. Il est de notoriété en effet que parfois le souverain ne retournait pas à la Cité interdite avec la procession mais qu'il restait quelques jours sur ses terres. Ce tour de passe-passe permet de faire l'impasse sur l'empereur qui n'est même pas incarné par un comédien et dont la chaise à porteur rouge et or défile vide.
Clélia Rivière a suivi la parade depuis la colline jusque la cité interdite en prenant beaucoup de photos. La parade s'est terminée sur la place de la Tour du Drapeau, sous le regard de l'oncle Ho dont l'affiche trône au-dessus de la porte monumentale. Sitôt le cortège disloqué, la foule s'est décomprimée, distendue, élargie comme un fleuve quand un barrage cède. Dans les tourbillons de la fête, Clélia se retrouve seule devant la chaise à porteurs. Elle la regarde, fixement, longuement. Il lui semble que la chaise vide a les bras ballants d'une mère quand l'enfant est parti. Elle ressent un curieux malaise. Des images se bousculent devant ses yeux. Le dernier roi Nguyen, la chaise vide, le petit prince Canh, son enfant à elle, mort depuis si longtemps. Peu à peu, ces visages s'effacent derrière un autre visage, flou, comme flottant sur un miroir d'eau. Le visage d’Olivier.
Hué Majestic Hotel, la nuit. Clélia est étendue sur son lit, les yeux grands ouverts fixés sur le ventilateur de plafond dont la rotation des pales l'hypnotisent. D'un mouvement lent, régulier, lancinant comme l'écoulement du sable dans un sablier, les pales du ventilateur brassent la pâte molle d'un air alourdi de produit insecticide. Des sensations bizarres se diffusent dans le corps de la femme comme un poison mortel. Bien qu’elle ne soit pas malade, ses chairs sont chevillées au lit par la fièvre. Si elle était superstitieuse, elle dirait qu'on lui a jeté un sort. Un gecko de delirium tremens asiatique s'incruste près de l'interrupteur, juste derrière sa tête, immobile comme une idée fixe. La femme le regarde, le salue familièrement. La vie reflue en elle et tout son corps s'ébranle pour accueillir la superbe vision. C'est ainsi que son oeil accroche les images qui défilent dans le téléviseur dont elle a comme d'habitude coupé le son.
Le téléviseur montre en rediffusion des images du Festival de Hué. Des images de la peinture sur la route près du Paradise Garden. Gros plan sur le tableau d’Olivier et de Tao. Le spectateur reçoit comme un coup de poing la tour vitrée, éblouissante, avec son lotus qui vrille à l'intérieur, cherchant la lumière. Le tableau a remporté le premier prix du concours. Dans la citadelle, c'est la remise des prix. Le prix est remis par Buu Y. Les images montrent Tao s'avançant vers Buu Y, recevant un objet que la femme ne prend pas la peine d'identifier tant elle est sidérée. Tao est seul. Olivier n'est pas là. Elle se dit que peut-être il n'était pas libre à ce moment-là, qu'il était appelé ailleurs. En même temps qu'elle énonce ces mots, sa conscience la plus profonde lui crie que ce n'est pas possible. Le téléviseur vient régler son conflit intérieur : en bas de l'écran s'est inscrit le nom du vainqueur : Tao Ngô Quâc.
Voir My. Elle doit voir My. La jeune fille doit savoir ce qui s'est passé pendant qu'elle était sur la colline de Nam Giao. My est au Phuong Nam, attablée avec des festivaliers qui l'ont invitée à dîner. L'ambiance n'est pas à la fête. Les convives sont abattus, les mines sont défaites. - «Je peux te parler, My ?», dit Clélia.
La femme prend la jeune fille par les épaules et l'entraîne dehors marcher sous les grands arbres. My raconte : - «Le jury a donné le prix à Tao. Pas à Olivier. Le président du jury a dit que c'est seulement Tao qui était inscrit pour participer. Olivier n'est pas inscrit. Le prix c'est seulement pour Tao. Ce n'est pas juste. J'ai dit à Tao. Il a dit qu'il est pas sa faute. C'est Long qui a inscrit. Olivier n'était pas content. Je disais la consolation mais il était grande colère. Tao et Olivier ont disputé dans la citadelle près les expositions. Ils criaient. Olivier a cassé la belle Bande Dessinée de Tao.»
- «Celle avec le petit bonhomme et le chien qui courent sous la pluie ?»
- «Oui, celle-là. J'avais peur qu'ils cassent d'autres aussi mais des gens les ont chassés. On a couru, c'était la folie. On est venu sur l'esplanade du symposium, tu sais les sculptures des artistes internationaux. Tao et Oliviers se sont battus.»
- «Ils se sont battus !»
- «Des coups de poings, des coups de pied. Ils ont roulé par terre. Les visages étaient pleins de sang. Je ne savais pas faire quoi. J'étais toute seule. Je me suis sauvée.»
My pleure. Clélia la console : - «Tu as bien fait, My, on ne peut rien faire quand les hommes se battent. Il faut attendre qu'ils soient fatigués et qu'ils s'arrêtent tout seuls. C'est comme ça.»
Tout en marchant, My et Clélia sont arrivées devant l'arbre qui, à l'intersection de ses branches maîtresse, abrite un autel bouddhique. Une bougie se consume lentement devant la divinité, allumée par quelque pieuse âme. Les deux femmes se font face et se tiennent enlacées.
My : - «Maman du Vietnam, je suis tellement désolée. J'avais lâché un oiseau pour un voeu. Mon voeu c'était...»
Clélia a mis la main sur la bouche de My : - «Chuut, on ne dit pas un voeu ...»
Elle essuie le visage mouillé de la jeune fille qui glisse dans un sourire : - «Long m'a donné ton éventail, je l'ai donné à Olivier pour qu'il te le rende.»
- «C'est gentil, ma belle. Je lui demanderai quand je le verrai. Maintenant, tu vas retourner chez toi, te reposer. Moi, je vais m'occuper de nos deux lascars. Si déjà je les retrouve parce que va savoir où ils sont.»
- «Tao est parti chez Long mais Olivier, je ne sais pas.»
Tao est chez Long, en effet. Ils sont assis face à face à la table basse du petit train des jours heureux. Long a les mains posées à plat sur la table. Appuyé contre le mur, le dos bien redressé, il a ramené sous lui ses jambes torses. Dans cette stature, son handicap s'efface. On ne s'étonnerait pas de le voir se lever et s'en aller. Tao, au contraire, est tassé, recroquevillé sur son siège. On dirait que son corps s'est vidé de ses os. Clélia s'approche des deux hommes qui se poussent pour lui faire de la place. Pendant un long moment, ils se regardent sans mots dire. C'est la femme qui rompt le silence :
- «Te voilà bien arrangé, Tao !»
Tao a le nez tuméfié, une croûte de sang séché s'accroche à son sourcil gauche. Il tente un sourire prudent mais Long le foudroie du regard. Clélia comprend que Tao n'est pas le maître du jeu, qu'il n'a pas voix au chapitre. Elle se tourne alors franchement vers Long : - «Olivier et Tao ont travaillé ensemble. Tu le sais bien. Pourquoi il n'y a que Tao qui a eu le prix ?»
Long répond : - «Je ne sais pas. C'est une erreur. C'est la vie. Il ne faut pas se disputer pour cela. Il y a toujours des moyens de s'arranger. Tu diras à Olivier que Tao n'a rien fait, qu'il peut s'en aller tranquille.»
Extrait de "Hué la belle", de Clélia Rivière, chapitre : L'offensive du Têt. En février 1968, pendant la fête du Têt, le nouvel an vietnamien, des milliers de communistes menés par un éminent stratège, le général Giap, attaquent simultanément des cibles dans cent cinq centres urbains. Ils infiltrent Saigon où ils prennent l'ambassade et le QG américains. Les troupes sud-vietnamiennes sont surprises car elles pensaient que la bataille allait avoir lieu à Khé Sanh, près de Hué. Une bataille s'y déroule en effet et aussi à Hué. Les Nord-vietnamiens ont pris la ville et se sont retranchés dans la citadelle. Pendant vingt cinq jours, sous les bombardements assidus des B 52, ils maintiennent leurs positions. Ils en profitent aussi pour régler quelques comptes. Ils abattent, décapitent et brûlent vives trois mille personnes dont des fonctionnaires, des policiers et toute personne soupçonnée d'avoir des sympathies pour le gouvernement de Saigon ou leur allié américain. Ces atrocités n'émeuvent pas l'opinion publique car à ce moment-là les regards sont braqués sur les massacres de My Shon (My Lai), au Sud de Da-Nang. Le 16 mars, des unités de l’armée américaine ont débarqué à My Lai pour une expédition punitive suite à la morts de GI’s. Ils ont massacré tout le village, jusqu'aux animaux dont ils ont jeté les corps dans les puits pour empoisonner l'eau. Des soldats se sont interposés comme Thomson, Colburn et Andreotta qui ont posé leur hélicoptère entre les soldats et les villageois. Aujourd'hui, les Etats-Unis ont reconnu qu'il n'y avait pas d'ennemis ce jour-là à My Lai et qu'en fait de bataille c'était bel et bien un massacre. Thomson et Colburn ont reçu la plus haute médaille militaire du courage pour un acte commis hors affrontement avec l'ennemi. Andreotta est mort au combat. L'offensive du Têt fut le début de la fin pour le camp du Sud. Si les Sud-Vietnamiens gagnèrent de toute évidence la guerre sur le terrain en écrasant le Nord communiste, ils la perdirent sur le terrain politique. L'offensive du Têt avait en effet révélé que sans les Américains le Sud ne pouvait sortir vainqueur de la guerre civile. Cette révélation démobilisatrice renforcée par le retournement de l'opinion publique mondiale amena le retrait des troupes américaines. Ces faits viennent comme en écho des massacres qui eurent lieu en 1883 lors de la prise de Hué par les troupes de la colonisation française. Dénoncés dans la presse par Pierre Loti, écrivain et journaliste, ces massacres ont induit la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie.
" Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. " " Tu diras à Olivier qu'il peut s'en aller tranquille. "
Les mots de Long résonnent dans la tête de Clélia, ses pensées se bousculent tandis qu'elle traverse à grands coups de pédales la ville assoupie. Olivier peut s'en aller tranquille ... Ainsi donc Olivier veut partir. Peu à peu la question se formule : Olivier veut-il partir ? Puis se décline en plusieurs autres questions : pourquoi Olivier voudrait-il partir ? Pourquoi Olivier devrait-il partir ? Sans s'en rendre compte, Clélia a pris le chemin qui mène à la pension Loan. La route lui parait si longue et elle a si mal au genou qu'elle finit par larguer son vélo pour héler un taxi. L'homme qui baragouine un anglais approximatif ne comprend pas sa demande. Elle la reformule dans tous les sens mais rien n'y fait. En désespoir de cause, elle fait ce par quoi elle aurait dû commencer : noter l'adresse sur un bout de papier et le mettre sous les yeux de l'homme. L'anglais écrit met généralement tout le monde d'accord. En effet, l'homme comprend, aquièse et démarre. Il roule mais pas longtemps. Au rond-point extérieur de la ville, une ambulance bloque la circulation. Des véhicules immobiles, un attroupement, des policiers ... Les décors et les acteurs de l'urgence sont en scène. Pour quel drame, quelle tragédie ??? En tous cas, Clélia ne sera pas au rang des spectateurs. Apercevant un motobyker, elle demande au chauffeur du taxi de la déposer. Le chauffeur tente de la retenir mais elle jette sur son siège un billet de cinq euros et sort de la voiture. Le motobyker l'emmène. Se faufilant dans les encombrements, il va à une allure raisonnable mais il lui prend de faire un détour à travers la ville. La femme a beau lui tirer la manche pour le diriger ainsi qu'elle le ferait avec la bride d'un cheval, il continue, arguant :
- " Hué, by night, it's beautiful".
C'est vrai que c'est beau Hué la nuit mais Clélia a un but et elle est pressée de l'atteindre. Elle pense que le motobyker veut seulement rallonger la course pour se faire plus de money. C'est de bonne guerre, OK, bénies soient les leçons de marchandage prises avec Olivier sur le petit marché des bords de la rivière. C'est ce qu'elle se dit tandis que la moto mène son interminable digression. A l'arrivée devant l'hôtel Loan, le motobyker passe à l'offensive, réclamant pour sa divagation une somme extravagante que Claire refuse de payer. Elle sort de sa poche une liasse de billets de dongs qu’elle tend à l’homme. L'homme repousse sa main et mouline sa colère avec ses bras de cuir. Se surprenant elle-même, la femme ne se laisse pas impressionner. Elle invective l'homme en anglais et menace d'appeler la police. Instantanément, l'homme se calme, prend la liasse de billets qui flotte à sa portée. L'affaire conclue, chacun va son chemin. Clélia se dirige vers la pension de famille qu'elle voit au bout de l'impasse. Son pas se fait ample, apaisé, comme la respiration dans le sommeil. L'entrée se rapproche. Marchant sur un nuage, Clélia est presque joyeuse.
Soudain, la femme est là, devant elle, allongeant son ombre sur elle. La pirate de la mer de Chine. Comme une pieuvre, elle prend Clélia dans les tentacules de ses bras et l'entraîne au fond de son antre. C'est une sorte d’appentis, avec une paillasse nue au-dessus de laquelle pend une de ces lanternes de papier que fabriquent les handicapés de Ho Ian, le village balnéaire très fréquenté des environs de Da-Nang. Des bruits montent d'une caisse rangée tout au fond du réduit. La femme fait signe à l'autre femme d'aller voir. Clélia s'avance, courbée en deux pour ne pas se cogner la tête au plafond. Elle se méfie autant de la caisse qui est devant elle que de la pirate qui la suit. Si c'est traquenard, elle est perdue car qui va savoir qu'elle est là. Parvenue à la caisse, la surplombant, elle voit. Il y a un chien. Pas un de ces petits chiens asiatiques qui vivent au Vietnam, totalement libres, sans laisse, sans autre niche que la maison de leurs maîtres. Non, un chien de grande race, de ceux qui sont élevés comme animaux à viande. Il dort. A son cou, un collier en ficelle et une médaille marquée au nom de "babi". La pirate est radieuse. Elle dit des mots que Clélia ne comprend pas mais qui contiennent toute la joie, toute la fierté de d’une mère. Car babi est bien son enfant, adopté dans la solitude et la marginalité de l'impasse. C'est pour Clélia un moment de terrible acuité que ce moment où elle prend conscience qu'il faut traverser le miroir des apparences pour se retrouver soi. Elle s'incline devant la femme et lui tend la photo de son fils qui, depuis des années l'accompagne partout. Elle lui tend la photo « à la vietnamienne », c'est-à-dire en la tenant à deux mains, signe de révérence envers une personne respectable.
Les deux femmes sont assises l’une à côté de l’autre sur le bord du trottoir lorsque arrive l'ambulance. C'est l'ambulance rattachée au QG du festival. Ensemble, elles suivent des yeux le véhicule jusqu'à l'endroit où il s'arrête. Juste devant elles. D'un bond, elles sont debout. Les infirmiers passent devant elles en trombe, poussant une civière. Ils vont jusqu'au bout de l'impasse, s'engouffrent dans l'hôtel, reviennent avec la civière chargée d'un corps. Dès qu'elle a identifié Olivier, Clélia Rivière se met à la remorque de l'équipage. Une angoisse sourde lui ligote les membres. A l'ambulancier qui lui demande si elle est de la famille, elle dit : - «Oui, je suis sa mère.»
Elle embarque dans l'ambulance. Olivier gît sur la civière. Il a le visage rouge, gonflé. La femme se précipite : - «Mon pauvre petit, il t'a massacré, Tao, le petit fumier. Le salaud». L'infirmier : - «Mais, qu'est-ce que vous dites, vous êtes folle ? Ce ne sont pas des traces de coups, il fait une allergie. Sûrement une allergie à la laque : regardez les cloques et les vésicules qui sont en train de se former. Et ses mains, elles sont couvertes d’eczéma ».
Se penchant sur lui : - «Tiens … qu’est-ce qu’il a dans la main ?»
L’infirmier desserre les doigts du garçon et voit : un objet racorni, comme rongé … un bout de carambole.
Comme Clélia lui prend les mains, Olivier ouvre les yeux, la reconnaît, lui dit en hachant ses mots comme une radio qui perd son signal par intermittence : - «Maman ... çà brûle ... ton éventail, My me l'a donné.»
L'infirmier, lui mettant le masque à oxygène : - « Je trouve qu'il respire mal. Je ne sais pas comment il a fait son compte mais il s'en est pris jusque dans les poumons.»
Dans la salle d'attente de l'hôpital, Clélia feuillette le document que lui a laissé l'infirmier pour la faire patienter utile - pour lui comme pour elle car il la sent investie, investigatrice. Le document est une brochure technique.
Dans la collection « Les techniques traditionnelles asiatiques » : « La laque ». Le terme laque provient du sanscrit "Lakh" qui signifie brillant, lumineux. Il a donné le mot arabe Lakk qui est devenu laque en Occident quand les premiers objets laqués y sont arrivés au retour des croisades. Le terme sanscrit définit une certaine qualité de lumière, donc de clarté. Les initiés disent qu’un laque - le mot laque est féminin quand il désigne la matière mais il est masculin quant il désigne l’objet laqué - Les initiés disent qu’un laque est comme le ciel durant la nuit, qu’il peut être de couleur très sombre mais cependant très clair dans son éclat, comme s’il avait une lumière intérieure. Ils emploient des expressions telles que « confus comme l’eau boueuse », « mêlé comme un étang boueux », « sans plus de transparence que l’opacité même », « obscurs comme l’eau trouble ». La technique traditionnelle de la laque est donc presque une mystique, une initiation qui demande minutie et patience, vertus existentielles de la culture asiatique. Elle se fait à partir de la laque. La laque est un suc laiteux qui provient du laquier, un arbre de la famille des toxidendrons qui ressemble au figuier. Ce lait est l'équivalent du latex pour le caoutchouc. Avec l'ajout de quelques autres produits, il devient une résine que l'on utilise crue ou cuite dans la technique de la laque. Cette technique se fait au départ d’un support de bois, soit une plaque, soit un objet et comprend une opération plusieurs fois répétée. Cette opération consiste à apposer une couche de laque sur le support, à la polir pour obtenir un lissé parfait et à le mettre sécher dans une sorte de chaudière à vapeur. Une laque de bonne qualité peut compter une trentaine de couches. La dernière est constituée d’une laque très fine soigneusement poncée pour recevoir le décor final. Les décorations principales sont les feuilles d’or et d’argent, les pierres taillées semi-précieuses, la nacre, la coquille d’oeuf ou les écailles de tortues (aujourd’hui interdites car la tortue est une espèce protégée). Mise en garde : la laque contient de l'urushiol, une substance allergisante qui provoque démangeaisons, dermatites, eczéma, érythème, cloques et vésicules, avec risques d'infections secondaires par grattage. Il arrive aussi parfois que les poumons soient touchés lorsqu'il y a inhalation mais c'est rare, le plus souvent la contamination se fait par contact. La substance étant très prégnante, sa toxicité est persistante, c'est pourquoi il est impératif de laver les objets contaminés.
Olivier a des lésions aux poumons. Il doit être rapatrié. Clélia lui a ramené ses affaires qu'elle a ramassées dans tous les lieux qui jalonnaient sa vie vietnamienne: la pension Loan, le Phuong Nam, la galerie de Long, le QG du festival ... Ils se reverront en France, ils se le sont promis. En attendant, la femme se sent seule, vide. Elle a perdu le fil de sa présence à Hué. Qu'est-ce qu'elle fait là, en pleine nuit, sur les gradins du parc Thin Tam, à regarder un spectacle de marionnettes sur l'eau. Un homme vient s'asseoir à côté d'elle. Un vieil homme, petit, osseux, sec comme un bout de bois. Il ramasse ses jambes sous lui, s'entoure de ses bras, s'y amenuise, se réduit tellement qu'il finit par n'être pas plus grand qu'un enfant. Le spectacle se déroule, racontant des histoires de paysans vivant dans les marécages et les rizières, des histoires peuplées de dragons et de buffles, de pêcheurs et de musiciens. Des histoires universelles. Clélia ne voit rien, n'entend rien. Elle se dit qu'elle va partir aussi. Rassembler ses affaires, son ordinateur, ses livres ... Déjà, elle a récupéré son éventail. Il est dans sa main, déployé. Il n'est plus très propre. A passer ainsi de main en main, il s'est sali. Une traînée noirâtre, un peu grasse, court le long d'une pliure. Ce sera difficile à ravoir, se dit-elle, et si je le lave, il perdra les souvenirs qui s’y rattachent ... My qui le tient devant le marchand d’oiseau, qui le donne à Olivier, comme un gage qui les lient tous les trois … Des images tombent dans ses yeux ... des objets qui flottent sur l'eau, des hommes troncs dont les jambes disparaissent dans l'eau, des hommes qui manipulent des marionnettes. FIN Cette histoire a été écrite à partir de mon voyage au Vietnam avec l’association « La rencontre de l’autre », de Donzy-le-National, en Bourgogne. Elle est librement inspirée de personnes et de lieux existants qui ont été utilisés comme support de mon imaginaire. Les prénoms ont été choisis en fonction de leur signification :
Tao signifie Création Long Dragon My Belle Clélia la femme du silence Olivier l’homme inquiet
Restaurants du Costa Pacifica English translation pending
Bonjour
qui pourrais me renseigner? nous partons en croisières fin avril et je voudrais remplir les formalités d’embarquement en ligne. comme c'est notre première croisière et que je ne connais pas le bateau Pacifica on me demande de remplir la rubrique restaurant..... il y en a plusieurs. lequel prendre ???? merci d'avance pour les renseignements
Restaurants à Venise? English translation pending
auriez-vous des adresses de restaurants pas trop onéreux pour 2 jeunes tourtereaux en voyage de noce à Venise?
merci pour eux
merci pour eux
Conversion des pesos à Cuba et hôtel Barcelo Marina Palace English translation pending
Départ le 28 janvier pour Varadéro, j'aimerais savoir si le taux de change pour la conversion est basée sur la devise
U.S. ou L'Euro...et le meilleur endroit pour procéder à l'échange, exige-t'il une commission lorsque l'argent est en canadien??
Le Complexe où nous séjournons est le Barcelo Marina Palace, j'aimerais savoir si le restaurant de fruits de mer est ouvert et si quelqu'un est allé à ce complexe dans les dernières semaines vos impressions ??
Concernant les souvenirs, il semblerait qu'il y a une pierre noire que nous ne pouvons entrer au Canada ..Connaissez-vous?? car j'aimerais me rapporter un ptit souvenir ( bijou)
Au plaisir de vous lire!
Monas😏
Croisière Argentine-Chili NCL et endroits à visiter en février 2020 English translation pending
Bonjour, nous partons en février 2020 avec NCL pour la croisière Argentine Chili 14 jours et aimerions connaître vos suggestions d’endroit à visiter. Nous serons deux jours en Buenos Aires Argentine avant le départ et quatre jours à Santiago Chili après la croisière.
Merci !
Thaïlande et Birmanie (première partie) English translation pending
Hello,
En décembre 2007 et janvier 2008 je suis aller en Birmanie en passant évidement par la Thaïlande. Lors de ce voyage, j'ai pris quelques notes que je vais vous livrer ici en plusieurs parties afin de ne pas faire un post beaucoup trop long.La première partie, du 14 au 19 décembre concerne la Thaïlande ou j'ai du rester un peu plus longtemps que prévu à cause de mon visa pour la Birmanie. La deuxième partie, du 20 au 26 décembre concerne la Birmanie de Yangoon à Mandalay. --> ICI La troisième partie, du 27 décembre au 2 janvier concerne la Birmanie de Mandalay au lac Inlé --> ICILa dernière partie du 3 janvier au 8 janvier concerne la Birmanie puis un petit bout de la Thaïlande. --> ICI Bonne lecture et d'avance merci pour vos commentaires, c'est toujours agréable et encourageant.
Yvan
14 décembre 2007 - Premier jour à Bangkok

Je suis arrivé a 14h locale a l’aéroport puis vers 15h à Khaosan Road. J’ai suivis une info sur le forum et suis aller directement a l’hôtel SIAM sur Khaosan Road. C’est un quartier routard que je ne connaissais pas bien, la chambre avec climatisation est a 350THB soit environ 7 euros. Question budget ça passe plutôt pas mal puis ce n’est pas très loin des temples pour qui aime bien marcher un peu.
Je me suis posé presque 2 heures dans la chambre pour me remettre du vol, je ne dors jamais vraiment pendant ces vols. En cherchant à manger, je me suis retrouvé par hasard dans l’hôtel. Il faut dire qu’il se trouve dans une petite galerie qui contient un restaurant, une boutique photo, un tailleur, une agence de voyage, un cyber café et un salon de massage, tous ça pour 7 euros la nuit. Bon d’accord tous ça est un peu en vrac mais c’est pas mal. C’est dans cette galerie que j’ai fais faire mon visa pour la Birmanie a 1500THB. N’ayant pas de photo avec moi, je les ai faites faire juste en face en 2 minutes. D’ailleurs cette boutique photo m’a proposé de me faire le visa pour moins cher, raté j’avais déjà payé. Avec le week-end et les élections, je n’aurai mon visa que mercredi prochain et je devrai donc être en Birmanie jeudi prochain le 20 décembre.
Après un repas au Pad Thai, j’adore, je suis parti sur Sukhomvit road. Je trouve un coté magique à cette avenue. Une chose me surprend quand même, j’étais persuadé que les moines ne faisaient l’aumône que le matin… L’heure est bien avancée et je rentre a l’hôtel vers une heure du matin.
Pour le rattrapage du décalage horaire ce n’est pas gagné.
15 décembre 2007 - A la découverte de nouveaux temples (Bangkok)

Ce matin j’avais mis mon réveil super tôt. Quand il a sonné, je l’ai simplement éteins et me suis réveillé vers 11h. Ça fait du bien quand même. Petit déjeuner à l’hôtel à coté de la télévision qui passe le film “en territoire ennemi”. Pas trop le choix d’être près de la télévision en fait…
Je quitte Khaosan road avec dans l’idée de déambuler dans les rues de Bangkok. Je remonte jusqu’à WAT INTHARAWIHAN. Il s’agit d’un énorme bouddha debout. Il mesure 32m de haut et il est adossé a un bâtiment beaucoup moins joli. Enfin l’endroit est agréable puis je n’étais jamais venu.
Je continu vers WAT SOMANAS VIHARA qui ne semble pas indiqué dans mon guide. Ce temple n’a rien d’extraordinaire mais il est sur mon chemin. J’y fais la rencontre d’un français travaillant sur des marchés en France. Il m’explique qu’il travaille 5 mois et le reste du temps il voyage, puis qu’a Bangkok, il est venu pour acheter des vêtements à revendre en France. Au passage, il ajoute qu’il achète pour 5000 euros de bijoux qu’il revend en France pour 3 fois ce prix. C’est sympa mais moi, les bijoux je n’y connais rien et son histoire me semble quand même bien grosse.
En sortant, je vais vers les bords de la Chao Praya River près du pont RAMA VIII. Il m’a toujours fasciné ce pont avec cette énorme colonne sur un coté et qui, avec ses câbles semble tenir l’ensemble du pont. Le petit parc ou je suis me permet de me poser quelques instants au bord de la rivière sous le regard de ce pont.
De là, je prends un tuk tuk qui me propose de voir quelques temples et boutiques. Rien que le nom de boutique me donne envie de partir. Aujourd’hui, c’est les élections et le chauffeur me dit qu’à chaque fois qu’il me dépose à une boutique, il reçoit un ticket pour faire le plein du tuk tuk. En tout on fera 5 boutiques ou je n’ai fais que rentrer et sortir. C’était assez marrant et mon tuk tuk était aux anges.
Le premier temple que j’ai visité était WAT THAI. Il n’est pas dans mon guide et j’en suis très surpris car il est vraiment très joli et avec un très beau bouddha a l’intérieur. Ce temple est constitué de plusieurs bâtiments avec à chaque fois un très beau bouddha.
Ensuite nous allons au WAT THEWARAT KUNCHORN aussi surnommé Lucky Bouddha. Il semble qu’habituellement on ne puisse voir le bouddha qui est a l’intérieur. Aujourd’hui c’est moi qui est de la chance car avec la période des élections, c’est ouvert. Une fois à l’intérieur j’ai du mal à croire que l’entrée est interdite tellement c’est magnifique.
Je poursuis vers Marble Temple. Celui là je le connais bien, je le trouve superbe puis il est sur ma route. Je reste presqu’une heure a l’intérieur pour un semblant de méditation. C’est vraiment magique et sans vouloir faire de jeux de mots, l’endroit ne me laisse pas de marbre. En sortant du temple, je demande à mon tuk tuk de retourner sa machine pour que je fasse une photo avec 4 tuk tuk de face. Le temps qu’il comprenne et qu’il se retourne il y en a un qui pars.
Pas bien grave… Il me dépose à Khaosan road que je commence à trouver très sympathique comme quartier. 20THB pour la balade et 5 tickets d’essence pour lui. Je file sur une terrasse prendre un fruit shake yogourt. J’adore.
Avant de ressortir, je passe a l’hôtel me poser quelques instants car la température et la marche m’ont un peu achevé. En sortant, je croise en terrasse la jeune femme thaï que j’avais déjà croisé la veille avec une de ses copines anglaises. Finalement, nous mangeons ensemble. Pendant ce repas elle me questionne sur l’europe et sur moi puis je la questionne également sur la Thailande, etc…
Après ce repas, je marche encore quelques instants puis rentre me coucher…
16 décembre 2007 - De Chatuchak à Pratunam (Bangkok)

Aujourd’hui je me suis réveillé plus tôt qu’hier mais ce n’est pas encore ça. Enfin, je ne vais pas me plaindre, c’est aussi ça les vacances. Initialement, je voulais récupérer le skytrain pour aller au marcher de Chatouchak au nord de Bangkok. Finalement, avec mon retard du matin, je décide d’y aller en taxi. Un tuk tuk me propose d’y aller en faisant plusieurs arrêts comme hier. Cette fois, no way, puis avec la distance, le tuk tuk va être plus cher que le taxi et avec un confort bien différent.
125 THB plus tard, dont 40 de péage, me voici a Chatouchak. Je n’étais jamais venu ici et la première impression est excellente. C’est plein de boutiques en tout genre. Certains coins ressemblent au petit marché de Siem Reap au Cambodge pour les Bouddha, d’autres au marché de Hué au Vietnam pour les vêtements.
Ayant pas mal faim, je décide de me poser dans ce marche pour manger un morceau avant d’approfondir. Un chicken Pad Thai et un fruit Shake Yogourt plus tard, me voici a déambuler dans le marché.
La première vision que j’en avais est maintenant bien différente. Tout se vend ici, des poissons aux aquariums comme a Pékin, des épices comme en Indes et aussi des chats, des chiens, des rats, des souris, plus tout ce qui peux servir a la vie courante. Ce marché me donne l’impression que toute l’asie du sud-est s’est reuni ici. Les odeurs viennent de partout, il manque juste certains coté plus authentiques que l’on peux trouver au Laos au Cambodge. Enfin, ici c’est Bangkok et voir tout ça ici c’est magique.
Juste à coté, il y a le parc Chatuchak. Il n’est pas très grand mais il est très agréable pour se poser quelques instants au bord du petit lac avec la chaleur qu’il fait aujourd’hui. Dans ce parc c’est plutôt la jeunesse locale que l’on croise, puis de l’autre cote du lac, sur les tours TMB et Ericsson, se sont deux énormes photo du roi qui vous regardent. Sans doute parce que son anniversaire etait au debut du mois. Tout autour du lac, il y a des palmiers puis au lieu de chaises, se sont des nattes en bambou que l’on pose par terre. Je m’allonge dans l’herbe en ecoutant “same mistake” dans le dernier album de James Blunt avec quelques pensées nostalgiques…
En sortant du parc, je prends le BTS pour aller en direction du quartier de Pratunam. Dans le BTS (sorte de metro aérien super propre), je discute photo avec un Thai qui était impressionné par mon appareil et mon objectif. Nous parlons de choses et d’autres et notamment de prix photo ici en Thaïlande. Pour lui, rien ne vaut Hong-Kong et il me précise que les garanties du Pantip Plaza se limite juste au magasin. Je le laisse justement au Pantip Plaza après avoir marché 10 minutes depuis la station Ratchatewi. Facile, dès la sortie du métro c’est indiqué.
Si les marchés du monde sont a Chatuchak, l’électronique du monde est au Pantip Plaza puis peut-être aussi au MBK mais celui là je ne le connais que de nom. Ici sur 6 étages se trouvent plein de petits stands et boutiques comme dans un salon professionnel. En matière d’informatique, il y a de tout pour qui aime fouiller et négocier. Je dirai que c’est un endroit sympa pour trouver des accessoires hors du commun, pour les produits plus high tech ça devient beaucoup moins intéressant. Même sans faire d’achat, j’aime bien fouiller dans ces boutiques.
Pratunam c’est aussi les grands hôtels, l’Amari Watergate, ou encore le Bayoke, la plus grande tour de Bangkok ou j’ai passé le reveillon du jour de l’an 2005. C’est aussi de grandes tours, de grands centres commerciaux et un trafic incessant et extrêmement bruyant. C’est aussi des gamins de 2 ans et des estropies qui mendis et des mini boutiques de rues dans les coins plus sombre. Un bien drôle de mélange.
Je continu mon chemin a pied vers le central World Plaza. Il y a deux petits temples au milieu de la place et de très nombreuses personnes qui viennent s’y recueillir et faire des offrandes. Plus loin c’est un peu comme un marche de noël avec un énorme sapin qui fait face au central World Plaza.
De là, je rejoins le Skytrain (BTS) que je longe à pied jusqu’a Sukhomvit road. Petit à petit, les grands buildings éclairent de mille feux pour noël, disparaissent pour laisser place à des ruelles sombres puis finalement à l’animation nocturne de Sukhomvit road près du metro Nana (étrange comme nom de station pour un endroit pareil).
Après toute cette marche, je me pose une heure pour un massage. Au retour à Khaosan road, je prend un Pad Thai dans ce que j’appel une boutique à roulette au milieu de la rue. 20THB et c’est vraiment excellent…
17 décembre 2007 - Déambuler sans but (Bangkok)

Ce matin je me suis un peu concentré sur ce que je pourrais faire d’ici a mon départ en Birmanie, puis aussi de prendre mes billets pour Yangoon. Donc demain je pars sur Kanchanaburi et le fameux ponts de la rivières Kwaï. Je ne connais pas cet endroit et ça va me sortir de Bangkok. Le 19 je vais a Ayutthaya. C’est un endroit que je connais et que j’adore tout particulièrement. Le 20, je pars pour Yangoon et un départ à 4h du mat, ça c’est moins drôle.
En attendant, je mange un bout avant de repartir à la découverte de Bangkok. Cette fois c’est chicken cashew nuts avec toujours un Fruit Shake with yogourt. Je pars en direction du monument de la démocratie puis je récupère Prachaipatai road pour longer le Klong jusqu’au temple de la montagne d’or. Par ici il n’y a pas grand monde et j’aime bien ces quartiers un peu à l’écart ou vivent vraiment les gens d’ici, pas ceux qui n’ont qu’une idée en tête, vendre un truc a un touriste (il faut dire qu’en Thailande on est pas trop embetté non plus).
En sortant du Klong, je me retrouve sur un grand carrefour avec d’un coté le temple de la montagne d’or et de l’autre le fort Mahat. Juste là, il y a un temple très joli, au bord de la route juste à coté du château d’argent.
Je poursuis vers le temple de la montagne d’or ou je reste plus d’une heure à regarder les moines tourner en prière autour de la pagode en or du sommet. C’est curieux comme les touristes vont systématiquement dans le mauvais sens… Je croise 3 moines qui se prennent en photo par 2. Je leur propose des les prendre en photo tous les 3. Nous discutons un peu et ils me disent qu’ils sont du Népal.
Je continue mon chemin sans véritable but, j’adore me balader comme ça ici. Laisser les images défiler devant moi, le trafic énorme, les enfants en uniforme sortant de l’école, les petites boutiques d’alimentation qui bordent les rues, les moines qui attendent les bus…
Je retourne doucement vers Khaosan road et, en allant dans une petite ruelle sombre, je découvre un autre visage de ce quartier. Une galerie parallèle beaucoup plus calme et ombragée que l’avenue principale. Je prends le temps d’imprimer mon parcours pour la Birmanie, il serait temps… Puis je me pose pour un fruit shake with yogourt au Molly Bar dans ce coin un peu plus tranquille. Pour manger, je suis aller au Tom Yun Kung sur Khaosan road. Ce restaurant se trouve dans une toute petite rue perpendiculaire a Khaosan pratiquement au bout.
Avec un réveil plus matinal que d’habitude, je file me coucher tot pour un reveil a 7h, soit 23h en France…
18 décembre 2007 - Le pont de la rivière Kwaï (Kanchanaburi)

Ce matin, réveil à 6 heures, ça change des jours précédents. Je tente un petit déjeuner à l’hôtel mais malheureusement à cette heure c’est fermé. Juste en face par contre il n’y a pas de problème c’est ouvert. Je pense même que tous ces gens qui sont là ont sans doute aussi réservés des excursions au départ de Khaosan road. A cette heure, les tuk tuk ont été remplacés par tout un tas de mini-bus.
Nous partons vers 7 heures pour Kanchanaburi. Pendant la sortie de Bangkok, j’en profite pour consulter mon guide sur la Birmanie et notamment son histoire. J’avais à peine terminé que nous étions arrivé.
Nous avons fait le premier stop dans un des cimetières des prisonniers du pont de la rivière Kwaï. Chaque prisonnier porte une plaque avec son nom, son régiment et son pays. Le cimetière est organisé par pays, 6 blocs de centaines de tombes dans un alignement irréprochable sur une herbe raz comme un terrain de golf arrosé en permanence. C’est tellement ordonné que s’en ai dérangeant. Une remarque me vient à l’esprit, sans vouloir faire de malheureuses comparaisons, ici les morts portent un nom et ont une tombe.
Plus loin, nous visitons un musée juste à coté du pont et qui contient entre autre, une partie du premier pont en bois. A l’entrée, face à un grand mur contenant les drapeaux des prisonniers se trouve une locomotive portant un grand drapeau japonnais. Là, je suis choqué de voir un touriste japonnais monter dans la locomotive pour se faire prendre en photo en faisant le V de la victoire. Il y a pas mal de japonnais et je ne comprends pas bien dans quel esprit ils sont là. Le musée contient de nombreux objets appartenant aux japonnais. Des armes, des motos, des voitures, des sabres et même un siège de dentiste avec un bras articulé. Certaines parties du musée sont des scènes reconstituées, les prisonniers en train, les travaux forcés, le bombardement du pont… Un coin du musée offre une vue particulièrement intéressante sur le pont.
Il est à une rue juste derrière le musée. Les gens se pressent a le traverser et quelques speedboat bouleversent le semblant de tranquillité de l’endroit en venant déposer des touristes au pied du pont. Malgré tout cela, le monde, les bruits pas très agréable, l’endroit est chargé d’histoire, de déception de ce qu’une guerre peut faire comme ravage.
Ce qui me choque le plus n’est pas qu’ils l’aient fait, mais que l’homme est capable de telles atrocités et que ça aurait pu être nous à la place des bourreaux ou des victimes, 100 000 victimes pour une ligne de chemin de fer.
Au loin, derrière le pont, de l’autre coté de la rivière, il y a des montagnes. Derrière les montagnes, c’est le sud de la Birmanie, le pays môm ou 150 000 villageois ont été contraints de travailler à la voie de chemin de fer qui longe la mer d’Andaman. C’était il y a très peu d’années. La Birmanie efface le passée pour oublier comme certains voudrais le faire au Laos ou au Cambodge. Il ne faut pas oublier…
Après ce passage au pont de la rivière Kwaï, nous allons jusqu’à death railway pour prendre le train. Ce train est plutôt spartiate avec des sièges en bois et des fenêtres grandes ouvertes. Extérieurement, il est blanc et bleu, à l’interieure c’est du bois partout. Quand il arrive, il est plein et je me retrouve assis entre deux vagons les pieds sur les marches qui permettent d’accéder au train. Finalement cette place est grandiose. De temps en temps, le contrôleur vient me signaler quand il y a un passage plus joli que les autres. Par endroit, la voie donne l’impression d’être comme accrochée à la falaise. Nous nous arrêtons à la 5eme station pour aller manger un morceau un peu au milieu de nul part. Tout en haut d’une montagne il y a un temple qui surplombe tout la vallée. Le guide me dit qu’il faut 2 heures de marche. C’est bien tentant malgré les 38 degrés d’aujourd’hui.
Après notre déjeuner nous allons faire une balade en éléphants. En fait, certains ont pris l’option, les autres attendent, moi y compris. Pendant ce temps, je joue avec un petit éléphant qui est resté là. Le guide vient me voir avec un journal local du jour et me montre en première page une photo ou l’on voit un moine donner un coup de pied sur le bouclier d’un policier. C’était hier à Phnom Penh.
Après cette petite balade, nous poursuivons jusqu’aux chutes de Saiyok Noi. L’endroit est très plaisant, des gens escalades, d’autres se baignent… Pas très loin, il y a encore une vieille locomotive. En retournant au mini-bus, je joue avec quelques enfants, mes photos les amuses beaucoup.
Cette fois nous allons au camp des Tigres. Alors là c’est super kitch. 45 minutes d’attente pour être pris en photo avec le tigre… à la chaine. Bon, j’étais là mais on ne m’y reprendra plus. Pas très loin, un moine joue avec un tigre, au moins ça fera une jolie photo. Plus loin nous rencontrons 3 jeunes tigres d’environ 3 mois. Bien c’est super mignon mais ça fait déjà de grosses bêtes. Ils se laissent approcher et caresser sous le regard d’Américain en charge du dispensaire.
A partir de là, c’est 2 heures 30 pour rentrer plutôt vané et avec l’idée de se coucher tôt. Je file à Sukhomvit road pour manger. Sur place, je me rends compte que je n’ai pas l’adresse du resto ou je voulais aller. Du coup, je mange dans un restaurant spécialisé en vapeur tenu par un français vraiment très sympa.
19 décembre 2007 - Les temples d'Ayutthaya (Ayutthaya)

Le résumé d’aujourd’hui va être assez court car je le rédige lors de mon repas du soir et la journée était plutôt passable niveau ambiance.
Départ de l’hôtel à 7 heure du matin. Le mini-bus d’aujourd’hui est largement plus pourri que celui de la veille. Pendant le trajet je continu ma lecture de ”à mots couvert” sur la Birmanie.
Une fois sur place à Ayuttaya, Il nous faut attendre d’autres mini-bus. Ma déception grandie jusqu’à comprendre que nous serons un groupe de plus de 40 personnes. Moi qui voyage seul et hors circuits organisé pour voir les choses comme je les entends… En tous cas, au final beaucoup se spécimen de toutes les espéces de touristes que je déteste, pondéré par le nombre de personne, c’est énorme. Bref, je rembale mes préjugés, de toute façon ce n’est qu’une journée et j’aime tellement Ayuttaya que ce n’est pas eux qui vont me pourrir ma balade.
Le début de la visite commence par Wat Phu Khao Thong une énorme pagode de près de 40 metres de haut toute revetue de blanc. Je ne me souvenais pas de l’avoir vu lors de mon dernier passage. Juste à coté, des moines habitent dans un tout petit temple, tout y est, cloche, tambours… Un moine essai de discuter avec moi mais, soit il ne sait pas ou est le France, soit j’ai un accent pourri ou alors que c’est la seule phrase qu’il connais en anglais.
Nous poursuivons en allant voir Wat Phra Si San Phet, c’est un ancien palais royal avec 3 grandes pagodes au centre. J’aime beaucoup ce mélange créé par les fleurs des bougainvilliers et les couleurs des matériaux utilisés sur les temples, le tout sur fond de ciel bleu parsemé de petits nuages.
Juste à coté se trouve Wiharn Phra Mongkol Borpit, un énorme temple à double toit don’t le principal contient 4 pans (les 5 ans n’existent que dans le style Lao). A l’intérieur de ce temple se trouve un Bouddha en bronze de 15 metre de haut en position assise. Le mélange fascinant de toits rouge et or avec les murs blancs typique du style thaï se retrouve harmonieusement à l’intérieur.
Pause déjeuner dont je vous passe les détails tellement c’était horrible niveau ambiance et nous voilà à Wat Lokayasutha. C’est un Bouddha couché (position du nirvana) de 43 metres de long soit un metre de moins que le Wat Pho de Bangkok. I’ll est blanc et recouvert du drap habituel orange.
Pour finir nous arrivons à Wat Mahathat. Là le guide nous précise que c’est de style khmers car à l’époque les khmers habitaient ici avant la période d’Ayuttaya. A l’intérieur tous les Bouddha semblent être de la période Ayuttaya bien qu’effectivement on reconnais bien la forme des stuppa khmers (pagode dans l’art thaï). Ce temple aurai été construit avant la période Ayuttaya mais avec des Bouddha d’un style ultérieur. En questionnat le guide, j’ai senti qu’il n’était pas à l’aise. Je ne précise pas non plus que ça ne ressemble pas du tout aux époques chenla, pré-angkor ou angkor, bref, il va falloir que j’approfondisse à mon retour.
A l’intérieur des ruines de ce temple, il est possible de voir un arbre qui a poussé autour d’une tête de Bouddha. L’histoire veut que lors de l’invasion par les Birmans (fin de la période Ayuttaya) qui ont décapité l’ensemble des bouddhas, un fromager a poussé à l’endroit ou était tombé cette tête. La légende ajoute aussi que cette tête grandie avec le temps comme si le Bouddha était vivant.
Retour tranquille à Bangkok ou je file à mon agence de voyage. Ca y est j’ai mon visa pour le Myanmar ainsi que mon billet d’avion. Dernière balade dans Khaosan road pour 2 rencontres insolites, une magnifique coccinelle jaune poussin comme neuve et une station service transformée en restaurant.
Bye bye Bangkok, demain je pars au Myanmar.
A SUIVRE...
En décembre 2007 et janvier 2008 je suis aller en Birmanie en passant évidement par la Thaïlande. Lors de ce voyage, j'ai pris quelques notes que je vais vous livrer ici en plusieurs parties afin de ne pas faire un post beaucoup trop long.La première partie, du 14 au 19 décembre concerne la Thaïlande ou j'ai du rester un peu plus longtemps que prévu à cause de mon visa pour la Birmanie. La deuxième partie, du 20 au 26 décembre concerne la Birmanie de Yangoon à Mandalay. --> ICI La troisième partie, du 27 décembre au 2 janvier concerne la Birmanie de Mandalay au lac Inlé --> ICILa dernière partie du 3 janvier au 8 janvier concerne la Birmanie puis un petit bout de la Thaïlande. --> ICI Bonne lecture et d'avance merci pour vos commentaires, c'est toujours agréable et encourageant.
Yvan
14 décembre 2007 - Premier jour à Bangkok

Je suis arrivé a 14h locale a l’aéroport puis vers 15h à Khaosan Road. J’ai suivis une info sur le forum et suis aller directement a l’hôtel SIAM sur Khaosan Road. C’est un quartier routard que je ne connaissais pas bien, la chambre avec climatisation est a 350THB soit environ 7 euros. Question budget ça passe plutôt pas mal puis ce n’est pas très loin des temples pour qui aime bien marcher un peu.
Je me suis posé presque 2 heures dans la chambre pour me remettre du vol, je ne dors jamais vraiment pendant ces vols. En cherchant à manger, je me suis retrouvé par hasard dans l’hôtel. Il faut dire qu’il se trouve dans une petite galerie qui contient un restaurant, une boutique photo, un tailleur, une agence de voyage, un cyber café et un salon de massage, tous ça pour 7 euros la nuit. Bon d’accord tous ça est un peu en vrac mais c’est pas mal. C’est dans cette galerie que j’ai fais faire mon visa pour la Birmanie a 1500THB. N’ayant pas de photo avec moi, je les ai faites faire juste en face en 2 minutes. D’ailleurs cette boutique photo m’a proposé de me faire le visa pour moins cher, raté j’avais déjà payé. Avec le week-end et les élections, je n’aurai mon visa que mercredi prochain et je devrai donc être en Birmanie jeudi prochain le 20 décembre.
Après un repas au Pad Thai, j’adore, je suis parti sur Sukhomvit road. Je trouve un coté magique à cette avenue. Une chose me surprend quand même, j’étais persuadé que les moines ne faisaient l’aumône que le matin… L’heure est bien avancée et je rentre a l’hôtel vers une heure du matin.
Pour le rattrapage du décalage horaire ce n’est pas gagné.
15 décembre 2007 - A la découverte de nouveaux temples (Bangkok)

Ce matin j’avais mis mon réveil super tôt. Quand il a sonné, je l’ai simplement éteins et me suis réveillé vers 11h. Ça fait du bien quand même. Petit déjeuner à l’hôtel à coté de la télévision qui passe le film “en territoire ennemi”. Pas trop le choix d’être près de la télévision en fait…
Je quitte Khaosan road avec dans l’idée de déambuler dans les rues de Bangkok. Je remonte jusqu’à WAT INTHARAWIHAN. Il s’agit d’un énorme bouddha debout. Il mesure 32m de haut et il est adossé a un bâtiment beaucoup moins joli. Enfin l’endroit est agréable puis je n’étais jamais venu.
Je continu vers WAT SOMANAS VIHARA qui ne semble pas indiqué dans mon guide. Ce temple n’a rien d’extraordinaire mais il est sur mon chemin. J’y fais la rencontre d’un français travaillant sur des marchés en France. Il m’explique qu’il travaille 5 mois et le reste du temps il voyage, puis qu’a Bangkok, il est venu pour acheter des vêtements à revendre en France. Au passage, il ajoute qu’il achète pour 5000 euros de bijoux qu’il revend en France pour 3 fois ce prix. C’est sympa mais moi, les bijoux je n’y connais rien et son histoire me semble quand même bien grosse.
En sortant, je vais vers les bords de la Chao Praya River près du pont RAMA VIII. Il m’a toujours fasciné ce pont avec cette énorme colonne sur un coté et qui, avec ses câbles semble tenir l’ensemble du pont. Le petit parc ou je suis me permet de me poser quelques instants au bord de la rivière sous le regard de ce pont.
De là, je prends un tuk tuk qui me propose de voir quelques temples et boutiques. Rien que le nom de boutique me donne envie de partir. Aujourd’hui, c’est les élections et le chauffeur me dit qu’à chaque fois qu’il me dépose à une boutique, il reçoit un ticket pour faire le plein du tuk tuk. En tout on fera 5 boutiques ou je n’ai fais que rentrer et sortir. C’était assez marrant et mon tuk tuk était aux anges.
Le premier temple que j’ai visité était WAT THAI. Il n’est pas dans mon guide et j’en suis très surpris car il est vraiment très joli et avec un très beau bouddha a l’intérieur. Ce temple est constitué de plusieurs bâtiments avec à chaque fois un très beau bouddha.
Ensuite nous allons au WAT THEWARAT KUNCHORN aussi surnommé Lucky Bouddha. Il semble qu’habituellement on ne puisse voir le bouddha qui est a l’intérieur. Aujourd’hui c’est moi qui est de la chance car avec la période des élections, c’est ouvert. Une fois à l’intérieur j’ai du mal à croire que l’entrée est interdite tellement c’est magnifique.
Je poursuis vers Marble Temple. Celui là je le connais bien, je le trouve superbe puis il est sur ma route. Je reste presqu’une heure a l’intérieur pour un semblant de méditation. C’est vraiment magique et sans vouloir faire de jeux de mots, l’endroit ne me laisse pas de marbre. En sortant du temple, je demande à mon tuk tuk de retourner sa machine pour que je fasse une photo avec 4 tuk tuk de face. Le temps qu’il comprenne et qu’il se retourne il y en a un qui pars.
Pas bien grave… Il me dépose à Khaosan road que je commence à trouver très sympathique comme quartier. 20THB pour la balade et 5 tickets d’essence pour lui. Je file sur une terrasse prendre un fruit shake yogourt. J’adore.
Avant de ressortir, je passe a l’hôtel me poser quelques instants car la température et la marche m’ont un peu achevé. En sortant, je croise en terrasse la jeune femme thaï que j’avais déjà croisé la veille avec une de ses copines anglaises. Finalement, nous mangeons ensemble. Pendant ce repas elle me questionne sur l’europe et sur moi puis je la questionne également sur la Thailande, etc…
Après ce repas, je marche encore quelques instants puis rentre me coucher…
16 décembre 2007 - De Chatuchak à Pratunam (Bangkok)

Aujourd’hui je me suis réveillé plus tôt qu’hier mais ce n’est pas encore ça. Enfin, je ne vais pas me plaindre, c’est aussi ça les vacances. Initialement, je voulais récupérer le skytrain pour aller au marcher de Chatouchak au nord de Bangkok. Finalement, avec mon retard du matin, je décide d’y aller en taxi. Un tuk tuk me propose d’y aller en faisant plusieurs arrêts comme hier. Cette fois, no way, puis avec la distance, le tuk tuk va être plus cher que le taxi et avec un confort bien différent.
125 THB plus tard, dont 40 de péage, me voici a Chatouchak. Je n’étais jamais venu ici et la première impression est excellente. C’est plein de boutiques en tout genre. Certains coins ressemblent au petit marché de Siem Reap au Cambodge pour les Bouddha, d’autres au marché de Hué au Vietnam pour les vêtements.
Ayant pas mal faim, je décide de me poser dans ce marche pour manger un morceau avant d’approfondir. Un chicken Pad Thai et un fruit Shake Yogourt plus tard, me voici a déambuler dans le marché.
La première vision que j’en avais est maintenant bien différente. Tout se vend ici, des poissons aux aquariums comme a Pékin, des épices comme en Indes et aussi des chats, des chiens, des rats, des souris, plus tout ce qui peux servir a la vie courante. Ce marché me donne l’impression que toute l’asie du sud-est s’est reuni ici. Les odeurs viennent de partout, il manque juste certains coté plus authentiques que l’on peux trouver au Laos au Cambodge. Enfin, ici c’est Bangkok et voir tout ça ici c’est magique.
Juste à coté, il y a le parc Chatuchak. Il n’est pas très grand mais il est très agréable pour se poser quelques instants au bord du petit lac avec la chaleur qu’il fait aujourd’hui. Dans ce parc c’est plutôt la jeunesse locale que l’on croise, puis de l’autre cote du lac, sur les tours TMB et Ericsson, se sont deux énormes photo du roi qui vous regardent. Sans doute parce que son anniversaire etait au debut du mois. Tout autour du lac, il y a des palmiers puis au lieu de chaises, se sont des nattes en bambou que l’on pose par terre. Je m’allonge dans l’herbe en ecoutant “same mistake” dans le dernier album de James Blunt avec quelques pensées nostalgiques…
En sortant du parc, je prends le BTS pour aller en direction du quartier de Pratunam. Dans le BTS (sorte de metro aérien super propre), je discute photo avec un Thai qui était impressionné par mon appareil et mon objectif. Nous parlons de choses et d’autres et notamment de prix photo ici en Thaïlande. Pour lui, rien ne vaut Hong-Kong et il me précise que les garanties du Pantip Plaza se limite juste au magasin. Je le laisse justement au Pantip Plaza après avoir marché 10 minutes depuis la station Ratchatewi. Facile, dès la sortie du métro c’est indiqué.
Si les marchés du monde sont a Chatuchak, l’électronique du monde est au Pantip Plaza puis peut-être aussi au MBK mais celui là je ne le connais que de nom. Ici sur 6 étages se trouvent plein de petits stands et boutiques comme dans un salon professionnel. En matière d’informatique, il y a de tout pour qui aime fouiller et négocier. Je dirai que c’est un endroit sympa pour trouver des accessoires hors du commun, pour les produits plus high tech ça devient beaucoup moins intéressant. Même sans faire d’achat, j’aime bien fouiller dans ces boutiques.
Pratunam c’est aussi les grands hôtels, l’Amari Watergate, ou encore le Bayoke, la plus grande tour de Bangkok ou j’ai passé le reveillon du jour de l’an 2005. C’est aussi de grandes tours, de grands centres commerciaux et un trafic incessant et extrêmement bruyant. C’est aussi des gamins de 2 ans et des estropies qui mendis et des mini boutiques de rues dans les coins plus sombre. Un bien drôle de mélange.
Je continu mon chemin a pied vers le central World Plaza. Il y a deux petits temples au milieu de la place et de très nombreuses personnes qui viennent s’y recueillir et faire des offrandes. Plus loin c’est un peu comme un marche de noël avec un énorme sapin qui fait face au central World Plaza.
De là, je rejoins le Skytrain (BTS) que je longe à pied jusqu’a Sukhomvit road. Petit à petit, les grands buildings éclairent de mille feux pour noël, disparaissent pour laisser place à des ruelles sombres puis finalement à l’animation nocturne de Sukhomvit road près du metro Nana (étrange comme nom de station pour un endroit pareil).
Après toute cette marche, je me pose une heure pour un massage. Au retour à Khaosan road, je prend un Pad Thai dans ce que j’appel une boutique à roulette au milieu de la rue. 20THB et c’est vraiment excellent…
17 décembre 2007 - Déambuler sans but (Bangkok)

Ce matin je me suis un peu concentré sur ce que je pourrais faire d’ici a mon départ en Birmanie, puis aussi de prendre mes billets pour Yangoon. Donc demain je pars sur Kanchanaburi et le fameux ponts de la rivières Kwaï. Je ne connais pas cet endroit et ça va me sortir de Bangkok. Le 19 je vais a Ayutthaya. C’est un endroit que je connais et que j’adore tout particulièrement. Le 20, je pars pour Yangoon et un départ à 4h du mat, ça c’est moins drôle.
En attendant, je mange un bout avant de repartir à la découverte de Bangkok. Cette fois c’est chicken cashew nuts avec toujours un Fruit Shake with yogourt. Je pars en direction du monument de la démocratie puis je récupère Prachaipatai road pour longer le Klong jusqu’au temple de la montagne d’or. Par ici il n’y a pas grand monde et j’aime bien ces quartiers un peu à l’écart ou vivent vraiment les gens d’ici, pas ceux qui n’ont qu’une idée en tête, vendre un truc a un touriste (il faut dire qu’en Thailande on est pas trop embetté non plus).
En sortant du Klong, je me retrouve sur un grand carrefour avec d’un coté le temple de la montagne d’or et de l’autre le fort Mahat. Juste là, il y a un temple très joli, au bord de la route juste à coté du château d’argent.
Je poursuis vers le temple de la montagne d’or ou je reste plus d’une heure à regarder les moines tourner en prière autour de la pagode en or du sommet. C’est curieux comme les touristes vont systématiquement dans le mauvais sens… Je croise 3 moines qui se prennent en photo par 2. Je leur propose des les prendre en photo tous les 3. Nous discutons un peu et ils me disent qu’ils sont du Népal.
Je continue mon chemin sans véritable but, j’adore me balader comme ça ici. Laisser les images défiler devant moi, le trafic énorme, les enfants en uniforme sortant de l’école, les petites boutiques d’alimentation qui bordent les rues, les moines qui attendent les bus…
Je retourne doucement vers Khaosan road et, en allant dans une petite ruelle sombre, je découvre un autre visage de ce quartier. Une galerie parallèle beaucoup plus calme et ombragée que l’avenue principale. Je prends le temps d’imprimer mon parcours pour la Birmanie, il serait temps… Puis je me pose pour un fruit shake with yogourt au Molly Bar dans ce coin un peu plus tranquille. Pour manger, je suis aller au Tom Yun Kung sur Khaosan road. Ce restaurant se trouve dans une toute petite rue perpendiculaire a Khaosan pratiquement au bout.
Avec un réveil plus matinal que d’habitude, je file me coucher tot pour un reveil a 7h, soit 23h en France…
18 décembre 2007 - Le pont de la rivière Kwaï (Kanchanaburi)

Ce matin, réveil à 6 heures, ça change des jours précédents. Je tente un petit déjeuner à l’hôtel mais malheureusement à cette heure c’est fermé. Juste en face par contre il n’y a pas de problème c’est ouvert. Je pense même que tous ces gens qui sont là ont sans doute aussi réservés des excursions au départ de Khaosan road. A cette heure, les tuk tuk ont été remplacés par tout un tas de mini-bus.
Nous partons vers 7 heures pour Kanchanaburi. Pendant la sortie de Bangkok, j’en profite pour consulter mon guide sur la Birmanie et notamment son histoire. J’avais à peine terminé que nous étions arrivé.
Nous avons fait le premier stop dans un des cimetières des prisonniers du pont de la rivière Kwaï. Chaque prisonnier porte une plaque avec son nom, son régiment et son pays. Le cimetière est organisé par pays, 6 blocs de centaines de tombes dans un alignement irréprochable sur une herbe raz comme un terrain de golf arrosé en permanence. C’est tellement ordonné que s’en ai dérangeant. Une remarque me vient à l’esprit, sans vouloir faire de malheureuses comparaisons, ici les morts portent un nom et ont une tombe.
Plus loin, nous visitons un musée juste à coté du pont et qui contient entre autre, une partie du premier pont en bois. A l’entrée, face à un grand mur contenant les drapeaux des prisonniers se trouve une locomotive portant un grand drapeau japonnais. Là, je suis choqué de voir un touriste japonnais monter dans la locomotive pour se faire prendre en photo en faisant le V de la victoire. Il y a pas mal de japonnais et je ne comprends pas bien dans quel esprit ils sont là. Le musée contient de nombreux objets appartenant aux japonnais. Des armes, des motos, des voitures, des sabres et même un siège de dentiste avec un bras articulé. Certaines parties du musée sont des scènes reconstituées, les prisonniers en train, les travaux forcés, le bombardement du pont… Un coin du musée offre une vue particulièrement intéressante sur le pont.
Il est à une rue juste derrière le musée. Les gens se pressent a le traverser et quelques speedboat bouleversent le semblant de tranquillité de l’endroit en venant déposer des touristes au pied du pont. Malgré tout cela, le monde, les bruits pas très agréable, l’endroit est chargé d’histoire, de déception de ce qu’une guerre peut faire comme ravage.
Ce qui me choque le plus n’est pas qu’ils l’aient fait, mais que l’homme est capable de telles atrocités et que ça aurait pu être nous à la place des bourreaux ou des victimes, 100 000 victimes pour une ligne de chemin de fer.
Au loin, derrière le pont, de l’autre coté de la rivière, il y a des montagnes. Derrière les montagnes, c’est le sud de la Birmanie, le pays môm ou 150 000 villageois ont été contraints de travailler à la voie de chemin de fer qui longe la mer d’Andaman. C’était il y a très peu d’années. La Birmanie efface le passée pour oublier comme certains voudrais le faire au Laos ou au Cambodge. Il ne faut pas oublier…
Après ce passage au pont de la rivière Kwaï, nous allons jusqu’à death railway pour prendre le train. Ce train est plutôt spartiate avec des sièges en bois et des fenêtres grandes ouvertes. Extérieurement, il est blanc et bleu, à l’interieure c’est du bois partout. Quand il arrive, il est plein et je me retrouve assis entre deux vagons les pieds sur les marches qui permettent d’accéder au train. Finalement cette place est grandiose. De temps en temps, le contrôleur vient me signaler quand il y a un passage plus joli que les autres. Par endroit, la voie donne l’impression d’être comme accrochée à la falaise. Nous nous arrêtons à la 5eme station pour aller manger un morceau un peu au milieu de nul part. Tout en haut d’une montagne il y a un temple qui surplombe tout la vallée. Le guide me dit qu’il faut 2 heures de marche. C’est bien tentant malgré les 38 degrés d’aujourd’hui.
Après notre déjeuner nous allons faire une balade en éléphants. En fait, certains ont pris l’option, les autres attendent, moi y compris. Pendant ce temps, je joue avec un petit éléphant qui est resté là. Le guide vient me voir avec un journal local du jour et me montre en première page une photo ou l’on voit un moine donner un coup de pied sur le bouclier d’un policier. C’était hier à Phnom Penh.
Après cette petite balade, nous poursuivons jusqu’aux chutes de Saiyok Noi. L’endroit est très plaisant, des gens escalades, d’autres se baignent… Pas très loin, il y a encore une vieille locomotive. En retournant au mini-bus, je joue avec quelques enfants, mes photos les amuses beaucoup.
Cette fois nous allons au camp des Tigres. Alors là c’est super kitch. 45 minutes d’attente pour être pris en photo avec le tigre… à la chaine. Bon, j’étais là mais on ne m’y reprendra plus. Pas très loin, un moine joue avec un tigre, au moins ça fera une jolie photo. Plus loin nous rencontrons 3 jeunes tigres d’environ 3 mois. Bien c’est super mignon mais ça fait déjà de grosses bêtes. Ils se laissent approcher et caresser sous le regard d’Américain en charge du dispensaire.
A partir de là, c’est 2 heures 30 pour rentrer plutôt vané et avec l’idée de se coucher tôt. Je file à Sukhomvit road pour manger. Sur place, je me rends compte que je n’ai pas l’adresse du resto ou je voulais aller. Du coup, je mange dans un restaurant spécialisé en vapeur tenu par un français vraiment très sympa.
19 décembre 2007 - Les temples d'Ayutthaya (Ayutthaya)

Le résumé d’aujourd’hui va être assez court car je le rédige lors de mon repas du soir et la journée était plutôt passable niveau ambiance.
Départ de l’hôtel à 7 heure du matin. Le mini-bus d’aujourd’hui est largement plus pourri que celui de la veille. Pendant le trajet je continu ma lecture de ”à mots couvert” sur la Birmanie.
Une fois sur place à Ayuttaya, Il nous faut attendre d’autres mini-bus. Ma déception grandie jusqu’à comprendre que nous serons un groupe de plus de 40 personnes. Moi qui voyage seul et hors circuits organisé pour voir les choses comme je les entends… En tous cas, au final beaucoup se spécimen de toutes les espéces de touristes que je déteste, pondéré par le nombre de personne, c’est énorme. Bref, je rembale mes préjugés, de toute façon ce n’est qu’une journée et j’aime tellement Ayuttaya que ce n’est pas eux qui vont me pourrir ma balade.
Le début de la visite commence par Wat Phu Khao Thong une énorme pagode de près de 40 metres de haut toute revetue de blanc. Je ne me souvenais pas de l’avoir vu lors de mon dernier passage. Juste à coté, des moines habitent dans un tout petit temple, tout y est, cloche, tambours… Un moine essai de discuter avec moi mais, soit il ne sait pas ou est le France, soit j’ai un accent pourri ou alors que c’est la seule phrase qu’il connais en anglais.
Nous poursuivons en allant voir Wat Phra Si San Phet, c’est un ancien palais royal avec 3 grandes pagodes au centre. J’aime beaucoup ce mélange créé par les fleurs des bougainvilliers et les couleurs des matériaux utilisés sur les temples, le tout sur fond de ciel bleu parsemé de petits nuages.
Juste à coté se trouve Wiharn Phra Mongkol Borpit, un énorme temple à double toit don’t le principal contient 4 pans (les 5 ans n’existent que dans le style Lao). A l’intérieur de ce temple se trouve un Bouddha en bronze de 15 metre de haut en position assise. Le mélange fascinant de toits rouge et or avec les murs blancs typique du style thaï se retrouve harmonieusement à l’intérieur.
Pause déjeuner dont je vous passe les détails tellement c’était horrible niveau ambiance et nous voilà à Wat Lokayasutha. C’est un Bouddha couché (position du nirvana) de 43 metres de long soit un metre de moins que le Wat Pho de Bangkok. I’ll est blanc et recouvert du drap habituel orange.
Pour finir nous arrivons à Wat Mahathat. Là le guide nous précise que c’est de style khmers car à l’époque les khmers habitaient ici avant la période d’Ayuttaya. A l’intérieur tous les Bouddha semblent être de la période Ayuttaya bien qu’effectivement on reconnais bien la forme des stuppa khmers (pagode dans l’art thaï). Ce temple aurai été construit avant la période Ayuttaya mais avec des Bouddha d’un style ultérieur. En questionnat le guide, j’ai senti qu’il n’était pas à l’aise. Je ne précise pas non plus que ça ne ressemble pas du tout aux époques chenla, pré-angkor ou angkor, bref, il va falloir que j’approfondisse à mon retour.
A l’intérieur des ruines de ce temple, il est possible de voir un arbre qui a poussé autour d’une tête de Bouddha. L’histoire veut que lors de l’invasion par les Birmans (fin de la période Ayuttaya) qui ont décapité l’ensemble des bouddhas, un fromager a poussé à l’endroit ou était tombé cette tête. La légende ajoute aussi que cette tête grandie avec le temps comme si le Bouddha était vivant.
Retour tranquille à Bangkok ou je file à mon agence de voyage. Ca y est j’ai mon visa pour le Myanmar ainsi que mon billet d’avion. Dernière balade dans Khaosan road pour 2 rencontres insolites, une magnifique coccinelle jaune poussin comme neuve et une station service transformée en restaurant.
Bye bye Bangkok, demain je pars au Myanmar.
A SUIVRE...
Climat à Varadero en juillet 2010? English translation pending
Bonjour,
Nous partons pour Varadero le 20 juillet et on annonce nuageux avec orage à tous les jours🙁 Est-ce que certains sont allés en juillet? Si oui quelle température avez-vous eu? Normalement juillet est un mois très ensoleillé et très chaud à Cuba.
Merci pour vos infos!
Nous partons pour Varadero le 20 juillet et on annonce nuageux avec orage à tous les jours🙁 Est-ce que certains sont allés en juillet? Si oui quelle température avez-vous eu? Normalement juillet est un mois très ensoleillé et très chaud à Cuba.
Merci pour vos infos!
Itinéraire et état du réseau routier au Portugal? English translation pending
Cet été nous souhaiterions préparer un séjour de 15 jours au portugal.
avez vous déja vécu une formule itinérante en voiture dans ce pays (de la façon la plus économique possible)
le logement chez l'habitant est il développé et courant ? est il facile de trouver des hotels bon marché et corrects?
globalement la restauration est elle moins cher qu'en france?
A propos de la voiture, quel est l'état du réseau ? les carburants sont ils à des prix similaires aux notres?
enfin, quels sont les "piéges" à éviter?
merci de nous proposer les itinéraires (plutôt cotiers) qui vous ont laissé un agréable souvenir.
Merci