Results for "Sept+laux+|+127"
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Location de van aménagé Montréal/Gaspésie English translation pending
Bonjour,
Nous partons 3 semaines en septembre prochains avec ma femme et ma fille (1an1/2) pour Montréal et la Gaspésie. Nous voulions au début louer une voiture et prendre le matériel de camping mais nous nous orientons finalement vers la location d'un van.
Savez-vous si l'on peut trouver des van aménagés type Vw T5 ou autre de ce côté ci de l'océan (et non pas un camping car)? Avez vous des idées de prix? de consommation? de loueur?
Nous pensions peut être faire un détour par le lac Saint Jean mais peut être est-ce un peu trop long en km sur 2 semaines et demi de voyage?...
Bref, nous sommes preneur de toutes vos informations utiles!
Merci beaucoup, Florian
Nous partons 3 semaines en septembre prochains avec ma femme et ma fille (1an1/2) pour Montréal et la Gaspésie. Nous voulions au début louer une voiture et prendre le matériel de camping mais nous nous orientons finalement vers la location d'un van.
Savez-vous si l'on peut trouver des van aménagés type Vw T5 ou autre de ce côté ci de l'océan (et non pas un camping car)? Avez vous des idées de prix? de consommation? de loueur?
Nous pensions peut être faire un détour par le lac Saint Jean mais peut être est-ce un peu trop long en km sur 2 semaines et demi de voyage?...
Bref, nous sommes preneur de toutes vos informations utiles!
Merci beaucoup, Florian
Que voir au Québec en 40 jours English translation pending
Bonjour !
Ce message s’adresse à ceux qui ont déjà séjourné au Québec :) Nous partons avec mon ami une quarantaine de jours au Quebec, du 4 septembre au 9 octobre 2014, et aimerions avoir vos avis sur les coins à ne pas louper !
Nous aimons la nature et les beaux paysages, la faune et la flore, mais aussi les jolies villes et villages…
Merci d’avance de vos conseils et du partage de vos expériences ;)
Bonne journée à tous
Sophie
Ce message s’adresse à ceux qui ont déjà séjourné au Québec :) Nous partons avec mon ami une quarantaine de jours au Quebec, du 4 septembre au 9 octobre 2014, et aimerions avoir vos avis sur les coins à ne pas louper !
Nous aimons la nature et les beaux paysages, la faune et la flore, mais aussi les jolies villes et villages…
Merci d’avance de vos conseils et du partage de vos expériences ;)
Bonne journée à tous
Sophie
Cherche guide francophone pour séjour à Cusco English translation pending
Bonjour à tous,
Nous partons à 5 potes en octobre à Cusco pour 15 jours. Entre les différentes activités (VTT, Rafting et Inca Trail) nous aimerions visiter Cusco et les alentours avec un guide francophone et un chauffeur. Est-ce que vous avez ça dans vos carnet de voyage? 😉
Merci pour vos réponses et bonnes vacances...
Nous partons à 5 potes en octobre à Cusco pour 15 jours. Entre les différentes activités (VTT, Rafting et Inca Trail) nous aimerions visiter Cusco et les alentours avec un guide francophone et un chauffeur. Est-ce que vous avez ça dans vos carnet de voyage? 😉
Merci pour vos réponses et bonnes vacances...
Un bout d'Afrique à pied English translation pending
Nous sommes Marie et Mathieu, deux jeunes voyageurs de 26 et 27 ans. D’octobre 2013 à juillet 2014, nous avons parcouru un bout d’Afrique, à pied ! Pendant huit mois et 4000 km, nous avons traversé 4 pays de cet immense continent : Maroc, Mauritanie, Sénégal et Mali.
Pourquoi voyager à pied, de façon très précaire, avec juste un sac sur le dos ? Parce que la marche, pour nous, est le meilleur moyen de découvrir un territoire et les personnes qui le peuplent. À pied, on est très accessible et, surtout, la lenteur de la marche permet de digérer tout ce qui nous entoure (pour le meilleur comme pour le pire).

Notre voyage commence à Nador, dans la région du Rif, au Nord-Est du Maroc, après 27h de ferry. Nous resterons trois mois dans ce long pays, y marchand près de 1600 km. La première région traversée est celle du Rif, la seule région du Maroc considérée comme « risquée », car haut lieu de culture du cannabis. Pour nous, cette région restera l’une des plus hospitalière de tout notre voyage.
Au tout début, nous ne bivouaquons pas. La région est très peuplée et les gens sont sympathiques et accueillants. Nous sommes invités chez l’habitant très facilement, sans le demander ouvertement (en discutant avec les hommes au café, avec les commerçants, en se laissant aborder...) Au fil du temps, nous alternerons bivouacs et accueils, selon les invitations spontanées. Nous ne forcerons jamais l’accueil (il vaut mieux un joli bivouac qu’un accueil forcé) !

Le premier mois est un test. Il nous mène de Nador à Rabat (400 km). Nous marchons sur de petites routes, apprenons quelques mots rudimentaires de berbères puis d’arabe marocain (darija), prenons le rythme de la marche (25 km par jour en moyenne) et supportons quelques grosses chaleurs. Durant ce mois, nous n’évitons pas une tourista qui ne sera malheureusement pas la dernière.
Quittant Rabat le premier novembre, nous nous dirigeons plein sud, vers les montagnes du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas (de Demnate à Tiznit, en passant par Ouarzazate). Durant un mois et près de 600 km, nous crapahutons entre les sommets, parfois enneigés, des ces deux massifs montagneux. Les nuits sont très froides sous notre petite tente, mais les paysages sont époustouflants. Les reliefs marocains resteront nos plus belles vues du voyage.

La fin de l’année 2013 se passe en longeant l’Océan Atlantique. De Tiznit à Tan-Tan (250 km environ), on retrouve un climat plus clément et une population de pêcheurs très accueillante. Nous sommes parfois obligés d’esquiver l’hospitalité des hommes, si nous voulons avancer pendant la journée... Nous terminons notre traversée marocaine sur une très belle note, car nous passons six jours sur la « Plage Blanche », longue de 50 km, entre océan agité et dunes de sable. Pensant être très seuls durant ces quelques jours, nous rencontrons en fait beaucoup de pêcheurs très chaleureux.
Arrivés au terme des trois mois de visa marocain, nous ne pouvons traverser le Sahara Occidental à pied. Nous prenons donc un camion (une longue nuit qui se termine avec un chauffeur ivre), pour rejoindre Dakhla et y passer le jour de l’an.

Le 2 janvier 2014, nous passons la frontière Maroc-Mauritanie sans encombre. Nous resterons deux mois en Mauritanie, dont près de trois semaines à Nouadhibou (capitale économique du pays).
Fin janvier, nous empruntons le train de minerais de fer jusqu’à Choum (500 km). Ce train est l’un des plus long du monde. Nous passons toute une nuit dans un des wagon vide de minerais, le vent et la poussière de fer nous soufflant au visage, buvant du thé au lait (le candria) avec les autres voyageurs.
Entre Choum et Chinguetti (200 km environ), passant pas Atar (dans la région de l’Adrar), nous marchons quasiment seuls dans un milieu désertique, très pierreux. Nos rencontres sont quelques nomades éleveurs de dromadaires et des gendarmes zélés qui nous escortent en 4x4, kalachnikov à la main (une des missions de la gendarmerie en Mauritanie est de garantir la sécurité des touristes).
Ensuite, nous louons les services d’un chamelier et de ses deux dromadaires (Raïdeu et Raïcheu), pour parcourir 250 km de désert (vallée Blanche, bord de l’erg Amatlich). Ces 12 jours de désert et de quasi-solitude resteront une expérience très forte de nos jeunes vies de voyageurs.
De Nouakchott (capitale administrative) à la frontière sénégalaise (250 km), nous marchons sur une route très empruntée par les camions. La région de Trarza n’est pas très hospitalière : on y rencontre beaucoup de mendicité, quelques fanatiques religieux et un gros nuage de sable de plusieurs jours.
Nous terminons la traversée de ce pays avec un sentiment ambiguë : l’envie de le quitter rapidement (fort racisme, manières des maures franchement rustres...) mais aussi d’y revenir (charmes des infinis désertiques).


L’arrivée au Sénégal marque notre entrée en Afrique noire. Dès le premier jour, nous découvrons des gens ouverts et courtois. De Saint-Louis à Dakar (200 km), nous longeons une nouvelle fois l’Océan Atlantique par la plage. On se ravitaille facilement, il y a de nombreux villages vivant de la pêche en pirogue.
Après deux semaines dans l’immense Dakar, sa pollution et ses transports en commun multicolores, nous nous engageons plein est pour une traversée du Sénégal vers la frontière malienne (Dakar, Koungheul, Tambacounda, Kidira). Nous marchons durant un mois et 550 km, à travers brousse asséchée, parfois brûlée, route nationale très passante, dans un paysage très plat (grosse monotonie). C’est l’harmattan (vent très chaud et sec venant du désert), les températures journalières avoisinent les 50 °C, nous portons parfois jusqu’à sept litres d’eau à deux. Heureusement, les villages sont très rapprochés et nous pouvons facilement pomper de l’eau.
Au Sénégal, pays de la Teranga, le contact est facile et les invitations à manger récurrentes. Mais la saison sèche et le manque de travail rendent les gens parfois peu intéressants et très envieux des richesses occidentales (souvent mal comprises ou fantasmées). Nous voyons et subissons, aussi, cet écœurant « système mafieux » des enfants talibés, répandu dans tout le pays. Ces jeunes garçons sont confiés par leur parents à des marabouts et leur école coranique. Toute la journée, dans toutes les villes , on peut les voir mendier nourriture et argent, avec un petit seau jaune ou rouge.


Nous quittons le Sénégal après deux mois et demi, pour découvrir un Mali très accueillant, plein de richesses naturelles mais relativement pauvre. Nous rencontrons des hommes fiers de leur pays qui n’aspirent qu’à le construire. Nous nous baladons entre rives du fleuve Sénégal et falaises de couleur ocre, au début de la saison des pluies, ce qui verdit joliment les paysages. Passant par Kayes, les chutes du Félou et de Gouina, le barrage de Manantali et Kita, nous rejoignons Bamako (notre terminus) en un mois et 600 km. La marche se termine ici, mais nous décidons de rentrer en France par les transports en commun locaux. Ce retour de trois semaines permet de nous remémorer avec joie ces 8 derniers mois et de découvrir un bon bout de corruption inter-africaine.


Vous venez de lire un rapide résumé de notre voyage en « Afrique à pied ». Pendant ce périple, nous avons tenu un blog, où vous pouvez lire en détail des résumés du voyage, des anecdotes, des questionnements et où vous pouvez retrouver la carte et toutes nos photos : anarchos-semitas.net ! Un livre verra le jour en début 2015.

Notre voyage commence à Nador, dans la région du Rif, au Nord-Est du Maroc, après 27h de ferry. Nous resterons trois mois dans ce long pays, y marchand près de 1600 km. La première région traversée est celle du Rif, la seule région du Maroc considérée comme « risquée », car haut lieu de culture du cannabis. Pour nous, cette région restera l’une des plus hospitalière de tout notre voyage.
Au tout début, nous ne bivouaquons pas. La région est très peuplée et les gens sont sympathiques et accueillants. Nous sommes invités chez l’habitant très facilement, sans le demander ouvertement (en discutant avec les hommes au café, avec les commerçants, en se laissant aborder...) Au fil du temps, nous alternerons bivouacs et accueils, selon les invitations spontanées. Nous ne forcerons jamais l’accueil (il vaut mieux un joli bivouac qu’un accueil forcé) !

Le premier mois est un test. Il nous mène de Nador à Rabat (400 km). Nous marchons sur de petites routes, apprenons quelques mots rudimentaires de berbères puis d’arabe marocain (darija), prenons le rythme de la marche (25 km par jour en moyenne) et supportons quelques grosses chaleurs. Durant ce mois, nous n’évitons pas une tourista qui ne sera malheureusement pas la dernière.
Quittant Rabat le premier novembre, nous nous dirigeons plein sud, vers les montagnes du Haut-Atlas et de l’Anti-Atlas (de Demnate à Tiznit, en passant par Ouarzazate). Durant un mois et près de 600 km, nous crapahutons entre les sommets, parfois enneigés, des ces deux massifs montagneux. Les nuits sont très froides sous notre petite tente, mais les paysages sont époustouflants. Les reliefs marocains resteront nos plus belles vues du voyage.

La fin de l’année 2013 se passe en longeant l’Océan Atlantique. De Tiznit à Tan-Tan (250 km environ), on retrouve un climat plus clément et une population de pêcheurs très accueillante. Nous sommes parfois obligés d’esquiver l’hospitalité des hommes, si nous voulons avancer pendant la journée... Nous terminons notre traversée marocaine sur une très belle note, car nous passons six jours sur la « Plage Blanche », longue de 50 km, entre océan agité et dunes de sable. Pensant être très seuls durant ces quelques jours, nous rencontrons en fait beaucoup de pêcheurs très chaleureux.
Arrivés au terme des trois mois de visa marocain, nous ne pouvons traverser le Sahara Occidental à pied. Nous prenons donc un camion (une longue nuit qui se termine avec un chauffeur ivre), pour rejoindre Dakhla et y passer le jour de l’an.

Le 2 janvier 2014, nous passons la frontière Maroc-Mauritanie sans encombre. Nous resterons deux mois en Mauritanie, dont près de trois semaines à Nouadhibou (capitale économique du pays).
Fin janvier, nous empruntons le train de minerais de fer jusqu’à Choum (500 km). Ce train est l’un des plus long du monde. Nous passons toute une nuit dans un des wagon vide de minerais, le vent et la poussière de fer nous soufflant au visage, buvant du thé au lait (le candria) avec les autres voyageurs.
Entre Choum et Chinguetti (200 km environ), passant pas Atar (dans la région de l’Adrar), nous marchons quasiment seuls dans un milieu désertique, très pierreux. Nos rencontres sont quelques nomades éleveurs de dromadaires et des gendarmes zélés qui nous escortent en 4x4, kalachnikov à la main (une des missions de la gendarmerie en Mauritanie est de garantir la sécurité des touristes).
Ensuite, nous louons les services d’un chamelier et de ses deux dromadaires (Raïdeu et Raïcheu), pour parcourir 250 km de désert (vallée Blanche, bord de l’erg Amatlich). Ces 12 jours de désert et de quasi-solitude resteront une expérience très forte de nos jeunes vies de voyageurs.
De Nouakchott (capitale administrative) à la frontière sénégalaise (250 km), nous marchons sur une route très empruntée par les camions. La région de Trarza n’est pas très hospitalière : on y rencontre beaucoup de mendicité, quelques fanatiques religieux et un gros nuage de sable de plusieurs jours.
Nous terminons la traversée de ce pays avec un sentiment ambiguë : l’envie de le quitter rapidement (fort racisme, manières des maures franchement rustres...) mais aussi d’y revenir (charmes des infinis désertiques).


L’arrivée au Sénégal marque notre entrée en Afrique noire. Dès le premier jour, nous découvrons des gens ouverts et courtois. De Saint-Louis à Dakar (200 km), nous longeons une nouvelle fois l’Océan Atlantique par la plage. On se ravitaille facilement, il y a de nombreux villages vivant de la pêche en pirogue.
Après deux semaines dans l’immense Dakar, sa pollution et ses transports en commun multicolores, nous nous engageons plein est pour une traversée du Sénégal vers la frontière malienne (Dakar, Koungheul, Tambacounda, Kidira). Nous marchons durant un mois et 550 km, à travers brousse asséchée, parfois brûlée, route nationale très passante, dans un paysage très plat (grosse monotonie). C’est l’harmattan (vent très chaud et sec venant du désert), les températures journalières avoisinent les 50 °C, nous portons parfois jusqu’à sept litres d’eau à deux. Heureusement, les villages sont très rapprochés et nous pouvons facilement pomper de l’eau.
Au Sénégal, pays de la Teranga, le contact est facile et les invitations à manger récurrentes. Mais la saison sèche et le manque de travail rendent les gens parfois peu intéressants et très envieux des richesses occidentales (souvent mal comprises ou fantasmées). Nous voyons et subissons, aussi, cet écœurant « système mafieux » des enfants talibés, répandu dans tout le pays. Ces jeunes garçons sont confiés par leur parents à des marabouts et leur école coranique. Toute la journée, dans toutes les villes , on peut les voir mendier nourriture et argent, avec un petit seau jaune ou rouge.


Nous quittons le Sénégal après deux mois et demi, pour découvrir un Mali très accueillant, plein de richesses naturelles mais relativement pauvre. Nous rencontrons des hommes fiers de leur pays qui n’aspirent qu’à le construire. Nous nous baladons entre rives du fleuve Sénégal et falaises de couleur ocre, au début de la saison des pluies, ce qui verdit joliment les paysages. Passant par Kayes, les chutes du Félou et de Gouina, le barrage de Manantali et Kita, nous rejoignons Bamako (notre terminus) en un mois et 600 km. La marche se termine ici, mais nous décidons de rentrer en France par les transports en commun locaux. Ce retour de trois semaines permet de nous remémorer avec joie ces 8 derniers mois et de découvrir un bon bout de corruption inter-africaine.


Vous venez de lire un rapide résumé de notre voyage en « Afrique à pied ». Pendant ce périple, nous avons tenu un blog, où vous pouvez lire en détail des résumés du voyage, des anecdotes, des questionnements et où vous pouvez retrouver la carte et toutes nos photos : anarchos-semitas.net ! Un livre verra le jour en début 2015.
Traversée frontière Thaïlande/Malaisie par Sungai Kolok + itinéraire English translation pending
Hello VF members!
Je pars seule avec mon sac à dos pour la Thailande/Malaisie du 13 au 28 septembre, et j'aurais voulu traverser en train, cependant je vois qu'il n'y a pas train direct depuis Surat Thani (Thailande) jusqu'à Khota Bharu ou alentour (Malaisie). Mon but peut être vous en doutez-vous est de rejoindre les îles Perhentians.
Il me semble que l'option qui colle le plus à mon besoin (séjour court + pas envie ni budget pour l'avion) serait de prendre le train jusqu'à Sungai Kolok, de traverser à pied la frontière pour la ville de Rantau Panjang pour prendre un bus ou un taxi jusqu'à Kuala Besut.
A ce propos j'ai quelques questions:
J'ai lu les autres sujets sur ce passage frontalier mais la plupart datent de 2008-2011, j'aimerai des infos plus récentes. Est ce que certains d'entre vous sont passé par là ces derniers mois? Vos impressions? Est vraiment inenvisageable (zone tension/dangereuse) ou il faut juste se montrer prudent et pas s'attarder?
Une fois en Malaisie, savez s'il y a un bus direct pour Kuala Besut? So far je ne trouve que des bus pour Khota Bharu, ou je dois prendre un autre bus pour finalement arriver à Kuala Besut. Avez vous une idée de la durée de trajet et du prix d'un taxi depuis la frontière jusqu'à Kuala Besut directement?
--
C'est la première fois que je me rend en Thaïlande, et je n'ai prévu que 2 "stops" vu le peu de temps que j'ai sur place. Mon itinéraire est le suivant:
Bangkok du 14 au 16 sept, train de nuit pour Surat Thani. 17 sept, ferry pour Koh Samui - Koh Samui (?) jusqu'au 20. Retour dans l'après midi pour Surat Thani, train de nuit pour Sungai Kolok. Le 21, traversé dans la matinée Thai/Mal. et transport (?) pour Pulau Perhentian Kecil (bus ou taxi + bateau) - ici jusqu'au 24. Le 24 retour sur la péninsule, et bus de nuit pour Kuala Lumpur (?) - vol retour la nuit du 28 au 29 sept.
J'ai cru comprendre qu'il ne faut pas citer d'hotel/auberge dans ce sujet, mais si certains d'entre vous on des recommandation pour Bangkok en Youth Hostel ou en Hotel pas cher, et des bon plans pour une petite house on the beach a Koh Samui, je suis preneuse par message privé, ou dites moi si je dois ouvrir un nouveau topic dans une autre catégorie! De même, pour les temples incontournable ou plages à ne pas louper, je prend tout :)
Merci d'avance pour votre aide! :)
Fanny
Je pars seule avec mon sac à dos pour la Thailande/Malaisie du 13 au 28 septembre, et j'aurais voulu traverser en train, cependant je vois qu'il n'y a pas train direct depuis Surat Thani (Thailande) jusqu'à Khota Bharu ou alentour (Malaisie). Mon but peut être vous en doutez-vous est de rejoindre les îles Perhentians.
Il me semble que l'option qui colle le plus à mon besoin (séjour court + pas envie ni budget pour l'avion) serait de prendre le train jusqu'à Sungai Kolok, de traverser à pied la frontière pour la ville de Rantau Panjang pour prendre un bus ou un taxi jusqu'à Kuala Besut.
A ce propos j'ai quelques questions:
J'ai lu les autres sujets sur ce passage frontalier mais la plupart datent de 2008-2011, j'aimerai des infos plus récentes. Est ce que certains d'entre vous sont passé par là ces derniers mois? Vos impressions? Est vraiment inenvisageable (zone tension/dangereuse) ou il faut juste se montrer prudent et pas s'attarder?
Une fois en Malaisie, savez s'il y a un bus direct pour Kuala Besut? So far je ne trouve que des bus pour Khota Bharu, ou je dois prendre un autre bus pour finalement arriver à Kuala Besut. Avez vous une idée de la durée de trajet et du prix d'un taxi depuis la frontière jusqu'à Kuala Besut directement?
--
C'est la première fois que je me rend en Thaïlande, et je n'ai prévu que 2 "stops" vu le peu de temps que j'ai sur place. Mon itinéraire est le suivant:
Bangkok du 14 au 16 sept, train de nuit pour Surat Thani. 17 sept, ferry pour Koh Samui - Koh Samui (?) jusqu'au 20. Retour dans l'après midi pour Surat Thani, train de nuit pour Sungai Kolok. Le 21, traversé dans la matinée Thai/Mal. et transport (?) pour Pulau Perhentian Kecil (bus ou taxi + bateau) - ici jusqu'au 24. Le 24 retour sur la péninsule, et bus de nuit pour Kuala Lumpur (?) - vol retour la nuit du 28 au 29 sept.
J'ai cru comprendre qu'il ne faut pas citer d'hotel/auberge dans ce sujet, mais si certains d'entre vous on des recommandation pour Bangkok en Youth Hostel ou en Hotel pas cher, et des bon plans pour une petite house on the beach a Koh Samui, je suis preneuse par message privé, ou dites moi si je dois ouvrir un nouveau topic dans une autre catégorie! De même, pour les temples incontournable ou plages à ne pas louper, je prend tout :)
Merci d'avance pour votre aide! :)
Fanny
Itinéraire 6 mois Thaïlande-Laos-Vietnam-Cambodge et Birmanie English translation pending
Bonsoir à tous,
J'ai pris six mois de césure à partir de septembre et pars à la découverte de l'Asie du Sud-Est. J'atterrirais en Thaïlande le 6 septembre et compte suivre approximativement ce planning :1 mois à explorer l'Est, le Nord et l'Ouest de la Thaïlande3 semaines au Laos1 mois au Vietnam du Nord au Sud3 semaines au Cambodge2 semaines à explorer le Sud de la Thaïlande1 mois en Birmanie1 mois au Népal (ou ailleurs, ce n'est pas encore certain)Je souhaiterais donc des conseils avisés concernant mon itinéraire et plus particulièrement les questions suivantes :L'ordre dans lequel je parcours les pays vous parait-il cohérent ? Septembre n'est pas la meilleure saison pour visiter la Thaïlande (mousson) mais j'ai l'impression que c'est partout pareil. Le climat a l'air meilleur en novembre au Laos qu'au Cambodge, c'est pour cette raison que je vais ensuite au Laos.Les durées consacrées à chaque pays/région vous semblent-elles suffisantes ou trop importantes ?Le Sud du Laos présente-t-il un intérêt ? J'hésite en réalité à monter au Nord de la Thaïlande, puis redescendre pour explorer l'Est, passer la frontière vers le Laos au Sud et ainsi explorer le Sud. Ou commencer par l'est, remonter vers le nord et passer la frontière au Nord et alors ne pas visiter le Sud du Laos mais rester au Nord pour passer ensuite au Vietnam. Bien entendu, si vous avez d'autres suggestions, elles sont les bienvenues :-). Je sais que ça fait beaucoup de questions mais même si vous répondez à un élément ou deux, cela me convient très bien. Il est en réalité assez difficile de concevoir un itinéraire afin d'éviter de faire en permanence des aller-retours ou de passer plusieurs fois au même endroit.
Une autre solution à laquelle j'avais pensé était de parcourir Thaïlande, puis Laos, puis Cambodge puis Vietnam du Sud au Nord, mais cette solution impose de prendre un avion pour Bangkok une fois au Nord du Vietnam.
Je vous remercie par avance pour le temps que vous pourrez accorder à mes questions.
Bonne soirée à tous.
Vincent
J'ai pris six mois de césure à partir de septembre et pars à la découverte de l'Asie du Sud-Est. J'atterrirais en Thaïlande le 6 septembre et compte suivre approximativement ce planning :1 mois à explorer l'Est, le Nord et l'Ouest de la Thaïlande3 semaines au Laos1 mois au Vietnam du Nord au Sud3 semaines au Cambodge2 semaines à explorer le Sud de la Thaïlande1 mois en Birmanie1 mois au Népal (ou ailleurs, ce n'est pas encore certain)Je souhaiterais donc des conseils avisés concernant mon itinéraire et plus particulièrement les questions suivantes :L'ordre dans lequel je parcours les pays vous parait-il cohérent ? Septembre n'est pas la meilleure saison pour visiter la Thaïlande (mousson) mais j'ai l'impression que c'est partout pareil. Le climat a l'air meilleur en novembre au Laos qu'au Cambodge, c'est pour cette raison que je vais ensuite au Laos.Les durées consacrées à chaque pays/région vous semblent-elles suffisantes ou trop importantes ?Le Sud du Laos présente-t-il un intérêt ? J'hésite en réalité à monter au Nord de la Thaïlande, puis redescendre pour explorer l'Est, passer la frontière vers le Laos au Sud et ainsi explorer le Sud. Ou commencer par l'est, remonter vers le nord et passer la frontière au Nord et alors ne pas visiter le Sud du Laos mais rester au Nord pour passer ensuite au Vietnam. Bien entendu, si vous avez d'autres suggestions, elles sont les bienvenues :-). Je sais que ça fait beaucoup de questions mais même si vous répondez à un élément ou deux, cela me convient très bien. Il est en réalité assez difficile de concevoir un itinéraire afin d'éviter de faire en permanence des aller-retours ou de passer plusieurs fois au même endroit.
Une autre solution à laquelle j'avais pensé était de parcourir Thaïlande, puis Laos, puis Cambodge puis Vietnam du Sud au Nord, mais cette solution impose de prendre un avion pour Bangkok une fois au Nord du Vietnam.
Je vous remercie par avance pour le temps que vous pourrez accorder à mes questions.
Bonne soirée à tous.
Vincent
Premières traces atlastiques English translation pending
C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
Cherche couple de gérants pour pension à Moorea English translation pending
Bonjour,
Nous recherchons un couple pour gérer une pension de famille sur Moorea. Anglais obligatoire et référence dans le tourisme. Hébergement sur place. Travailleur, ici pas de jours fériés...
Pas sérieux s'abstenir.
Il ne s'agit pas d'une vente de commerce.
Merci
Nous recherchons un couple pour gérer une pension de famille sur Moorea. Anglais obligatoire et référence dans le tourisme. Hébergement sur place. Travailleur, ici pas de jours fériés...
Pas sérieux s'abstenir.
Il ne s'agit pas d'une vente de commerce.
Merci
Air France suspend ses vols vers Tel Aviv English translation pending
Après les compagnies américaine, la compagnie aérienne française Air France a décidé mardi de suspendre ses vols vers Tel Aviv, jusqu'à nouvel ordre, pour des raisons de sécurité, a confirmé un porte-parole à Reuters.
Une roquette tirée par le Hamas, le groupe palestinien radical visé par l'offensive militaire d'Israël dans la bande de Gaza, a atterri mardi tout près de l'aéroport Ben Gourion, blessant légèrement deux personnes selon les autorités.
"Pour des raisons de sécurité, liées à l'évolution de la situation locale, Air France a décidé de suspendre ses vols vers Tel Aviv", a dit un porte-parole de la compagnie.
"La décision a été prise par la direction de la sûreté de la compagnie. Elle est à effet immédiat et jusqu'à nouvel ordre", a-t-il ajouté.
Itinéraire Bali 14 jours English translation pending
Bonjour à tous,
Je souhaite les avis de chacun sur un voyage à Bali. En effet je veux faire un itinéraire sympa excursions et farniente et ainsi en prendre plein les yeux durant 14 jours sur place. Arrivée vers 15h à Depensar le 21.09.2014 pour un départ le 04.10.2014. ITINERAIRE PENSE : - Ubud - Munduk - Amed - Sidemen - Iles Gili - Nusa Lembogan
Mon itinéraire n'est il pas trop chargé à vouloir trop en voir on finit par courir sans ne rien voir. De plus je n'ai pas encore mesurer le temps des trajets entre chaque ville. Je suis à l'écoute de tous vos conseils et suggestions, villes et monuments à voir ou ne pas voir ainsi que des suggestions d'hotels sympas sachant que je ne recherche pas de bas de gamme mais hotel plus que correct dont je me souviendrais, eh oui 40ans ça se fête!!
Merci à tous ceux qui voudront bien m'aider.
Je souhaite les avis de chacun sur un voyage à Bali. En effet je veux faire un itinéraire sympa excursions et farniente et ainsi en prendre plein les yeux durant 14 jours sur place. Arrivée vers 15h à Depensar le 21.09.2014 pour un départ le 04.10.2014. ITINERAIRE PENSE : - Ubud - Munduk - Amed - Sidemen - Iles Gili - Nusa Lembogan
Mon itinéraire n'est il pas trop chargé à vouloir trop en voir on finit par courir sans ne rien voir. De plus je n'ai pas encore mesurer le temps des trajets entre chaque ville. Je suis à l'écoute de tous vos conseils et suggestions, villes et monuments à voir ou ne pas voir ainsi que des suggestions d'hotels sympas sachant que je ne recherche pas de bas de gamme mais hotel plus que correct dont je me souviendrais, eh oui 40ans ça se fête!!
Merci à tous ceux qui voudront bien m'aider.
La liberté de presse menacée en Thaïlande English translation pending
Après les restrictions qui semblent être appliquées au "visa run", en voici d'autres qui menacent la liberté de la presse :
19 juillet 2014 10h32 |Thanyarat Doksone - Associated Press |
Des détracteurs et des journalistes ont manifesté leurs craintes, samedi, à propos de la plus récente démarche du gouvernement militaire thaïlandais visant à resserrer son contrôle sur les médias en les empêchant de critiquer les activités de la junte, et menaçant de suspendre immédiatement la diffusion ou la publication de contenus violant cet ordre.
Lire cet article ici : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/413897/la-liberte-de-presse-menacee-en-thailande
19 juillet 2014 10h32 |Thanyarat Doksone - Associated Press |
Des détracteurs et des journalistes ont manifesté leurs craintes, samedi, à propos de la plus récente démarche du gouvernement militaire thaïlandais visant à resserrer son contrôle sur les médias en les empêchant de critiquer les activités de la junte, et menaçant de suspendre immédiatement la diffusion ou la publication de contenus violant cet ordre.
Lire cet article ici : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/413897/la-liberte-de-presse-menacee-en-thailande
Un avion de ligne de la Malaysia Airlines aurait été abattu en Ukraine (17 juillet 2014) English translation pending
Un avion de ligne malaisien vient de s'écraser (jeudi 17.07.14) dans l'est de l'Ukraine, près de la frontière russe.
L'avion assurait la liaison Amterdam-Kuala Lumpur.
295 personnes se trouveraient à bord.
(source BFM)
Itinéraire côte est/nord-ouest Madagascar English translation pending
Bonjour, je viens vers vous pour vous demander si mon itinéraire tient la route si je puis dire.
Nous sommes 2, voyage du 08 oct au 6 nov, arrivée tana et départ de nosy be.
Ce sera mon 5 voyage à mada mais il y a toujours des zones d'ombres, chaque voyage est différent et je veux faire découvrir à mon ami, son premier voyage exotique, ce que j'ai aimé et qui serait succeptible de lui plaire et qui se tient sur ces 30 jours sans courir non plus.
J1: arrivée tana J2, J3: tana J4: tana>tamatave J5: tamatave J6: tamatave>sainte marie J7, J8, J9, J10: sainte marie J11:sainte marie> tamatave J12: tamatave> antalaha J13: antalaha J14: antalaha> sambava J15: sambava> vohemar J16: vohemar> ambilobe J17: ambilobe> diego J18, J19, J20, J21: diego J22: diego> ankarna J23: ankarna J24: ankarna> nosy be J25, J26, J27, J28: nosy be J29: départ
Les trajets seront en taxi brousse sauf: Avion de tamatave pour antalaha. Je pense louer un 4*4 de vohemar (si c'est possible à partir de cette ville? ou peut être sambava mieux adapté) à diego Et relouer un 4*4 au départ de diego pour faire tsingys rouges et l'ankarna jusqu'à ankify
Les seuls villes que je ne connais pas sont antalaha/sambava/vohemar et je voulais voir si ça me plait et éviter de retourner de tamatave à tana pour prendre l'avion pour diego. Egalement tenter l'aventure sur cette route de vohemar à ambilobe. Nosy be, j'en garde un mauvais gout sur octobre dernier mais bon... des amis franco/malgache qui vivent en france y seront (elle est nosybéenne) et je n'ai jamais vu nosy iranja ni sakatia
Qu'en pensez vous? Merci de votre avis
J1: arrivée tana J2, J3: tana J4: tana>tamatave J5: tamatave J6: tamatave>sainte marie J7, J8, J9, J10: sainte marie J11:sainte marie> tamatave J12: tamatave> antalaha J13: antalaha J14: antalaha> sambava J15: sambava> vohemar J16: vohemar> ambilobe J17: ambilobe> diego J18, J19, J20, J21: diego J22: diego> ankarna J23: ankarna J24: ankarna> nosy be J25, J26, J27, J28: nosy be J29: départ
Les trajets seront en taxi brousse sauf: Avion de tamatave pour antalaha. Je pense louer un 4*4 de vohemar (si c'est possible à partir de cette ville? ou peut être sambava mieux adapté) à diego Et relouer un 4*4 au départ de diego pour faire tsingys rouges et l'ankarna jusqu'à ankify
Les seuls villes que je ne connais pas sont antalaha/sambava/vohemar et je voulais voir si ça me plait et éviter de retourner de tamatave à tana pour prendre l'avion pour diego. Egalement tenter l'aventure sur cette route de vohemar à ambilobe. Nosy be, j'en garde un mauvais gout sur octobre dernier mais bon... des amis franco/malgache qui vivent en france y seront (elle est nosybéenne) et je n'ai jamais vu nosy iranja ni sakatia
Qu'en pensez vous? Merci de votre avis
Retour sur la Mahakam English translation pending
Selamat sore
J'arrive de 5 jours sur la Mahakam.
Le bateau ( Kapal biasa) par chaque jour de Samarinda a 7 heure du matin.
Nous avons passe la journée sur le bateau et sommes arrivés vers 17 h a Muara Muntai. Nous avons passe la nuit dans un hôtel local: basique très propre. Pour manger c'est au warung local( très bon).
Le lendemain départ en ces pour Jantur, puis traversée de Lac Jempang, remontée de la rivière Ohong( au milieu de la forêt)
Visite de la maison longue de Mancong ou nous assistons à une cérémonie avec danse, combat de coq et sacrifice d'un cochon. Ensuite nuit dans une maison longue a Tanjui Isuy.
Le lendemain visite du village puis ces pour retourner vers la Mahakam et reprendre le Kapal biasa en direction de Melak. Arrivée vers 1h du matin. Nous rejoignons l'hôtel Flamboyan qui n'est pas si Flamboyant.. Le matin visite du parc des orchidées noires, puis d'une maison longue et enfin la cascade Amboasa.
En fin de journée vers 18h30 nous avons pris le bateau et sommes arrivés le lendemain vers 10h a Samarinda.
Tout ce voyage avec un guide local: super expérience
A dispo pour plus d'infos.
Nous avons partagé le voyage avec un couple d'espagnol. Nous avons croise 4 touristes, tous accompagné de guides.
Sans parle bahasa actuellement ce voyage semble difficilement réalisable mais pas impossible.
Problème de délai d'obtention de visa pour la Thaïlande English translation pending
Bonjour,
J'ai acheté un billet aller-retour non modifiable (Etihad) départ le 6 août pour Bangkok retour le 28 septembre 2014.
Mon problème c'est que je n'aurai sans doute pas de visa à temps pour le départ et un billet non remboursable.
Je pensais faire mon visa une entrée par correspondance au consulat de Thailande à Lyon comme je fais d'habitude mais j'ai eu quelques imprévus, le consulat de Lyon est en congés d'été du 28/07 au 29/08 et ce sont les seuls à faire les visas par correspondance. En réponse à leur mail le consulat accepte uniquement les dossiers des voyageurs partant après le 15 août ce qui n'est pas mon cas.
J'ai déjà envisagé de me rendre à l'ambassade thai à Paris(qui est la plus porche de chez moi), mais de ce que j'ai cru cromprendre les visas sont délivrés en 3 jours ce qui me reviendrait au final assez cher et serait contraignant comme séjour dans la capitale juste pour un obtenir un visa et la demande doit être faite 15 jours avant la date de départ (ce qui me laisse peu de temps si j'envisage cette option).
J'essaie donc de trouver une alternative ou la solution la plus simple et la moins onéreuse pour me sortir de cette galère...
J'envisage pour le moment 3 options :
-1) passer par un mandataire comme "visa express" ou autres... (je n'aime pas trop cette solution et je ne sais pas si ils pourront me renvoyer mon passeport avec le visa à temps, j'ai pas trop confiance et jamais fais l'expérience)
-2) acheter un vol retour disons le 2 septembre (donc je raccourcis à 30 jours et je perds mon vol du 28 septembre)
-3) un vol Bangkok-Vientiane-Bangkok disons le 2 septembre avec retour le 4 ou 5 sept histoire de pas y être allé pour rien (par contre j'ai peur que Etihad me refuse l'embarquement de France à Bangkok parce que billet retour plus de 30 jours après le départ et pas de visa thailande ni Laos, apparement on peu faire son visa en Thaïlande pour le Laos. Certains disent qu'un billet est preuve de sortie du territoire sur ce forum, d'autres disent que Etihad refuse l'embarquement à ceux qui ont plus de 30 jours et pas de visa, ça me laisse perplexe)
La 2ème options me paraît être la plus sûr bien que la plus coûteuse et bien sûr un sentiment d'insatisfaction à mon retour en France. 😕
Après de multiples voyages en Thaïlande et un forte habitude à m'y prendre au dernier moment pour les démarches et l'achat du billet y fallait bien que ça arrive un jour, cela me servira de leçon pour l'avenir.
Si vous avez des conseils, vos avis à soumettre je suis preneur !
J'ai acheté un billet aller-retour non modifiable (Etihad) départ le 6 août pour Bangkok retour le 28 septembre 2014.
Mon problème c'est que je n'aurai sans doute pas de visa à temps pour le départ et un billet non remboursable.
Je pensais faire mon visa une entrée par correspondance au consulat de Thailande à Lyon comme je fais d'habitude mais j'ai eu quelques imprévus, le consulat de Lyon est en congés d'été du 28/07 au 29/08 et ce sont les seuls à faire les visas par correspondance. En réponse à leur mail le consulat accepte uniquement les dossiers des voyageurs partant après le 15 août ce qui n'est pas mon cas.
J'ai déjà envisagé de me rendre à l'ambassade thai à Paris(qui est la plus porche de chez moi), mais de ce que j'ai cru cromprendre les visas sont délivrés en 3 jours ce qui me reviendrait au final assez cher et serait contraignant comme séjour dans la capitale juste pour un obtenir un visa et la demande doit être faite 15 jours avant la date de départ (ce qui me laisse peu de temps si j'envisage cette option).
J'essaie donc de trouver une alternative ou la solution la plus simple et la moins onéreuse pour me sortir de cette galère...
J'envisage pour le moment 3 options :
-1) passer par un mandataire comme "visa express" ou autres... (je n'aime pas trop cette solution et je ne sais pas si ils pourront me renvoyer mon passeport avec le visa à temps, j'ai pas trop confiance et jamais fais l'expérience)
-2) acheter un vol retour disons le 2 septembre (donc je raccourcis à 30 jours et je perds mon vol du 28 septembre)
-3) un vol Bangkok-Vientiane-Bangkok disons le 2 septembre avec retour le 4 ou 5 sept histoire de pas y être allé pour rien (par contre j'ai peur que Etihad me refuse l'embarquement de France à Bangkok parce que billet retour plus de 30 jours après le départ et pas de visa thailande ni Laos, apparement on peu faire son visa en Thaïlande pour le Laos. Certains disent qu'un billet est preuve de sortie du territoire sur ce forum, d'autres disent que Etihad refuse l'embarquement à ceux qui ont plus de 30 jours et pas de visa, ça me laisse perplexe)
La 2ème options me paraît être la plus sûr bien que la plus coûteuse et bien sûr un sentiment d'insatisfaction à mon retour en France. 😕
Après de multiples voyages en Thaïlande et un forte habitude à m'y prendre au dernier moment pour les démarches et l'achat du billet y fallait bien que ça arrive un jour, cela me servira de leçon pour l'avenir.
Si vous avez des conseils, vos avis à soumettre je suis preneur !
Notre traversée du désert de l'Atacama à vélo (Chili, Bolivie et Argentine) English translation pending
A vélo dans l’Atacama (Chili, Bolivie et Argentine)
Cette région d’Amérique du Sud m’a toujours fasciné, les raisons en sont multiples. En premier lieu, il s’agit du désert le plus aride du monde, certains endroits, de mémoire d’homme, n’auraient pas vu une goutte d’eau. Je me souviens dans ma jeunesse, de ma mère, férue d’histoires mystérieuses et d’autres énigmes. Elle me montrait ses livres élaborant les hypothèses les plus étonnantes, voire farfelues, sur les fameux pétroglyphes, localisés entre Pérou et Chili dans ces immensités qui dominent l’océan Pacifique. Plus récemment, je regardais les images magnifiques du Dakar, le journaliste était abasourdi de découvrir un cycliste seul au milieu de ce désert, loin de tout. Il a eu de ce fait un sujet tout trouvé pour son intervention télévisée quotidienne, son commentaire : en 4x4, nous montons ce col en trois heures et ce cycliste lourdement chargé met trois jours. Et pour terminer, il y a trois ans, lors d’une traversée de l’Amérique du Sud à vélo, j’avais effleuré ce désert mythique sur une distance de mille kilomètres de piste.

Voilà pourquoi l’idée de me confronter à vélo à ces immensités désertiques me trottait dans la tête. J’en fais part à mon épouse qui, me connaissant suffisamment, comprend à mon regard que je vais partir. Cela la terrorise un peu, cependant elle l’admet. Mais le fait que j’envisage ce périple seul, elle ne l’accepte pas. Pour ma défense, il faut reconnaître que trouver un compagnon pour ce genre d’aventure n’est pas chose aisée. Sans illusions, je mets une petite annonce sur différents sites de voyageurs. Quelques mois plus tard en avril 2013, un soir justement où nous recevons un camarade dans notre tanière vosgienne, un message me parvient : « Bonsoir je m’appelle Flora, je suis prof de sport et coach d’une équipe de basket suisse, j’habite à Martigny. Est-ce que ton projet tient toujours ? »
Voilà comment, par une belle journée de mai, mon épouse et moi allons déjeuner avec Flora au bord du lac d’Annecy. Elle est venue à vélo, nous en voiture ! Il ne faut pas longtemps pour nous jauger l’un l’autre. Le 16 octobre nous décollons de Saint-Exupéry, à Lyon, direction Arica au nord du Chili.
Le projet est d’envergure : d’Arica à la frontière péruvienne, rejoindre Santiago, en traversant le désert d’Atacama via la Bolivie et l’Argentine. À peu près 3000 kilomètres dont 1500 de pistes, souvent très difficiles, où il nous faudra pousser les vélos à plus de 4000 mètres d’altitude dans des conditions météorologiques adverses : forte chaleur la journée, grand froid la nuit et, quotidiennement, présence de vent violent dès dix heures du matin. Pour couronner le tout, nous ne savons pas très bien si nous pourrons trouver des points de ravitaillement régulièrement.
Arica, agglomération de 150 000 habitants, perdue dans le désert au bord du Pacifique. D’immenses dunes de sable cernent les habitations et semblent vouloir envahir les rues. Des hauteurs de la ville, nous regardons ces étendues de sable jusqu’à l’infini. Que nous semblons dérisoires avec nos vélos ! Flora ne marque pas la moindre appréhension. Je mets cela sur sa méconnaissance de ce qui nous attend. En effet, nous ne nous connaissons pas hors la première impression, nous étant vus deux heures seulement au cours d’un repas. Mais je me trompe, je vais découvrir durant ce mois et demi une jeune femme de 31 ans au moral plus que d’acier. Quelles que soient les conditions que nous allons rencontrer et parfois ce sera dur, pour ne pas dire plus, toujours souriante elle n’aura que deux expressions : c’est top, c’est cool.
Dans cette ville nous faisons des provisions en prévoyant quinze jours d’autonomie. Les camarades que j’ai interrogés, qui connaissaient certains des tronçons de notre itinéraire, m’ont prévenu que nous cumulions les difficultés en enchaînant le tout. La base de notre ravitaillement, trois kilos de riz et deux de pâtes, auxquels nous ajoutons des boîtes de thon, du pain en sachet et des sucreries, ainsi que des pommes. Concernant l’eau, mon expérience des mille kilomètres effectués auparavant, me permet d’être assez optimiste, donc nous ne prenons que sept litres chacun. La charge de nos bagages est de l’ordre de trente kilos par monture.

Dans un premier temps à partir de l’altitude zéro, il s’agit de rejoindre la frontière bolivienne à Tombo Quemado en passant un col à 4600 mètres en 190 kilomètres de montée. Nous effectuons notre premier bivouac dans une gorge un peu en dehors de la route. La tente s’avère très efficace, spacieuse, facile à monter et très résistante au vent. Nous prenons vite nos marques, chacun sa tâche et nous allons fonctionner de cette façon durant 45 jours. Eh bien, parmi mes attributions, il y aura la vaisselle ! Tout s’est fait à l’instinct, en perspective de ce qui nous attend. Il faut dire qu’elle se réduit à pas grand-chose, nous mangeons dans la même petite gamelle.
Première erreur, et il n’y en aura que deux. Sur un mauvais renseignement de la veille, nous nous retrouvons sans eau et il fait 40 degrés, et encore 1800 mètres de dénivelé avant tout espoir d’en trouver. Heureusement, nous roulons encore sur une route goudronnée et, miracle, un camping-car passe et s’arrête. Il a une immatriculation française, varoise pour être précis. Voilà comment nous obtenons sept litres !
Quatre jours d’efforts nous mènent à la frontière, première nuit en Bolivie dans un coupe-gorge. Mon expérience traumatisante au Pérou, où je me suis fait dépouiller, est très instructive. Flora est une bonne élève qui apprend très vite, elle joue bien le rôle de cerbère. Depuis, lorsque nous prononçons le nom Tombo Quemado nous éclatons de rire. Une victime cependant, mon compteur.
Au petit matin, avec soulagement, nous fuyions cette agglomération frontalière. Les choses sérieuses commencent avec la disparition du goudron cap plein sud durant des semaines sur des pistes infernales entre 3600 et 5000 mètres d’altitude. Les vingt premiers kilomètres se passent bien entre ‘’poussage et roulage’’. Le panorama est sublime, gigantesques volcans, certains couverts de glace et d’autres exhumant des corolles de fumée. Entre six heures et dix heures du matin l’air est immobile dans ces contrées d’altitude, on est au paradis. Comme nous avons quitté la ville frontière inhospitalière très rapidement, il nous faut compléter nos réserves d’eau. Dans un village en apparence désert, nous remontons lentement les rues à l’écoute du moindre bruit. Ce qui nous conduit dans une cour, où on nous fournit à partir d’un puits le précieux liquide. Mais en plus de l’eau l’homme nous donne involontairement une mauvaise information, à cause du quiproquo sur un nom. Cela va nous conduire au second et dernier gros plantage de notre aventure.
Nous nous retrouvons quelques heures plus tard dans une fournaise au milieu d’une zone totalement pulvérulente et inconsistante, plus du talc que du sable. Le moral en prend un grand coup, même Flora ne sourit plus ! Un unique et improbable camion passe, le chauffeur nous met en garde. Deux heures plus tard nous distinguons le véhicule au loin. Il revient dans notre direction. Nous l’arrêtons et montons. Il nous conduit dans un village au milieu de nulle part, Sacabaya. Le dépaysement est total, mais le moral est au plus bas. Plantés au bout de vingt kilomètres de piste alors que nous en avons 1500 à franchir. Hors le moral à zéro, je suis honteux car c’est moi qui ai préparé l’itinéraire. Après une nuit où nous sommes hébergés par une femme du village, nous avisons.
Ne jamais renoncer, le lendemain soir nous sommes à Sabaya, à proximité du salar de Coipasa. Nous reprenons nos marques, instantanément le moral remonte. Cependant la chaleur m’inquiète, on a subi plus de 40 degrés à 4000 mètres.
Mais le rythme s’établit et nous rentrons en harmonie avec la nature. Ce jour nous abattons 80 kilomètres dont 50 sur le salar de Coipasa. J’y étais déjà passé, mais la joie est toujours immense, d’autant plus que je le fais découvrir à Flora.
Le moral continue son envolée pour atteindre les deux cents pour cent. Ayant coupé par des zones humides, paradoxe pour un désert très sec, nos vélos arborent d’énormes stalactites de sel. La journée se termine par un bivouac en bordure de salar. On a du mal à réaliser qu’on vit une telle situation dans un lieu aussi insolite. Mais la suite va être toujours plus incroyable.
Le lendemain nous arrivons à Alcaya, cité précolombienne abandonnée depuis des siècles, où nous pouvons voir des momies vieilles de 5000 ans. L’air est tellement sec qu’elles sont conservées sans aucun aménagement en pleine montagne. Nous avons encore subi de très fortes chaleurs sur des pistes où s’élevaient en tourbillons des « dust devils ». J’ai moins bien résisté que Flora, ce qui se caractérise par un fort mal de tête, manifestement le début d’un coup de chaleur. Mais seul le vélo permet cette confrontation à la nature. Venir dans ces coins perdus en véhicule ne permet pas de prendre conscience des dimensions de notre planète. Je fais mienne la maxime de Saint-Exupéry : seule compte la démarche et non le but...
Le lendemain aux aurores nous poussons nos vélos le long d’un col raide au sommet duquel la vue porte sur le plus grand salar du monde, Uyuni, 11 000 kilomètres carrés. Je l’avais traversé d’ouest en est. Cette fois ce sera du nord au sud. Au centre de cette mer de sel se trouve l’île d’Incahuasi, haut lieu du tourisme. Le soir, toutes les personnes venues en voiture doivent partir. Seuls peuvent rester les cyclistes. Jour faste, Hugues l’Anglais, puis Javier l’Espagnol vont nous tenir compagnie. Ce sera une nuit grandiose. De quoi des fous de voyage à vélo vont-ils se parler ? Javier avec des trémolos d’effroi dans la voix, nous raconte sa traversé dantesque du Sud Lipez, désert de 400 kilomètres de sable et de lave entre 4000 et 5000 mètres d’altitude, balayé par un vent en furie. Nous y pénétrerons demain. Un regard à Flora, elle rigole. Je sais ce qu’elle pense : c’est top, c’est cool !

Un peu avant la tombée de la nuit, j’emmène mes camarades au sommet de l’île, pour assister à la disparition de l’astre du jour. Le vent souffle en bourrasques rageuses. Le spectacle est stupéfiant. J’y avais déjà assisté lors de mon premier passage. Nous hurlons tous les quatre notre bonheur devant cette nature gigantesque, qui passe par toutes les teintes du mauve au rouge, puis qui vire au noir sous une voûte étoilée d’un éclat intense. Les candélabres millénaires se découpent comme d’immenses pénitents marmoréens, figés pour l’éternité sous les terribles coups de boutoir d’Éole.
Au matin, un peu tristes, nous quittons nos camarades. Chacun sa route, Javier au nord, Hugues à l’est, et nous au sud, à l’attaque du Sud Lipez ! Pour tout amateur du voyage à vélo la traversée de ce désert de 400 kilomètres au cœur de l’Atacama représente la consécration. Tous les récits de ceux qui se sont lancés dans l’aventure mettent en exergue une expérience hors du commun, nécessitant un profond engagement physique et moral. Il faut y ajouter une patience à toute épreuve du fait des longs passages, trop raides ou trop instables, obligeant à pousser le vélo dans le sable ou la cendre volcanique. Les conditions météorologiques participent aussi à la réputation de cet itinéraire. Vent violent, chaleur la journée et grand froid la nuit sont des constantes de ce coin de désert particulièrement hostile. Se pose aussi la question du ravitaillement, tout spécialement en eau.
Chaque chose en son temps, vivons l’instant qui se présente. Tout d’abord rejoindre la bordure sud du salar. Dans ce matin calme, avant la tempête qui va, comme chaque jour à partir de dix heures, aller crescendo, nous nous imprégnons de ces immensités en toute tranquillité. La vue porte à plus de cent kilomètres. L’Amérique du Sud est à l’échelle des géants. Nous écoutons le bruit de nos pneus qui crissent sur les concrétions de sel. On pourrait s’imaginer sur un immense lac gelé. La trace de sortie apparaît d’abord comme un mince trait noir à dix kilomètres au moins, puis elle se transforme en une large piste. En effet, les chemins d’accès sont à ne pas manquer, si l’on veut éviter de pousser son vélo durant des heures avec du sable jusqu’aux moyeux. Ces dix jours et 400 kilomètres, comment les résumer en quelques lignes ? Oui le vent fut notre compagnon le plus assidu. Le sable et les scories volcaniques se sont ligués pour nous empêcher d’atteindre San Pedro de Atacama. Nous avons poussé nos vélos sur 60 kilomètres.
La moyenne a toujours été faible, parfois ridicule. Par exemple, une étape de douze heures, plus de dix effectives sur ou à côté du vélo, à avancer à une vitesse d’escargot. Au bout de la journée, seulement 31 km au compteur ! Mais une superbe dynamique d’équipe nous transcendait. Souvent j’avais en ligne de mire les sacoches et le dos de Flora. Tel un bulldozer, elle traçait son sillon dans la pulvérulence, contre un vent en furie et sur un terrain qui montait dans le ciel. De temps en temps, elle se retournait et clamait à gorge déployée dans les bourrasques, avec son petit accent valaisan, son hymne au plaisir de se dépasser : c’est top, c’est cool !

Deux bivouacs fabuleux, l’un à Arbol de Piedra à 4600 mètres, et l’autre à près de 5000 au milieu de fumerolles volcaniques à Sol de Mañana. Les autres nuits dans des hébergements en dur, par exemple ce soir après une difficile séance contre un vent de tempête jusqu’à la nuit tombée, le douanier ferma la frontière et nous offrit son poste comme chambre à coucher. Des lagunes, constellées de flamants roses, qui déclinent leurs couleurs irréelles à l’infini. Et aussi de nouveaux compagnons de route, Daniel l’Allemand et Ron l’Américain, avec qui nous avons par moments partagé le vent et la poussière.
Après dix jours, on nous avait prédit que nous retrouverions le goudron comme une libération de l’enfer. Pour nous cet enfer, avait pris des airs de paradis et c’est un peu triste que nous le quittons. Mais nous ne savons pas encore que la prochaine étape de 500 kilomètres qui va nous conduire à Salta en Argentine, via le Paso Sico, va être du même acabit, encore plus sauvage.

Après une journée à San Pedro, nous voilà partis vers le Paso Sico, donné à 216 kilomètres. Les 80 premiers sont asphaltés. Là encore, il m’est très difficile en quelques lignes de vous parler de cette semaine qui va nous mener à Salta. Des lagunes et des montagnes encore et toujours aux couleurs les plus incroyables, des salars aux teintes roses, des multitudes de bosses à plus de 4500 mètres, des pistes où l’on pousse sans savoir quand cela va prendre fin. Mais heureusement un vent toujours favorable, qui parfois soulève de telles quantités de poussière, que l’on ne voit plus le sol. Nous étions obligés de nous arrêter de peur de nous percuter. Contrairement au Sud Lipez, il n’y a absolument aucun trafic sur la moitié du trajet. Encore un bivouac inimaginable à 4600 mètres, collés contre un gros rocher pour se protéger de la tempête. Mais une immense confiance en nous, toujours concentrés mais sereins.
Quelles que soient les conditions, chacun son rôle, la tente autoportante montée en une minute, lestée avec nos lourdes sacoches et nous étions prêts à affronter les -10 degrés durant une longue nuit. La place me manque, je ne vous parlerai pas des mineurs, des postes de douane où personne ne passe, des villages argentins perdus dans les Andes, de la nationale 51, une horrible piste aux montées infinies et aux descentes vertigineuses…

De Salta, 500 km via Cafayate nous conduisent par des routes asphaltées à Conception, dans les mornes plaines d’Argentine, aux voies dangereuses du fait du fort trafic. On a roulé une journée sur la mythique "Ruta 40". Elle est pour les cyclistes au long cours le pendant de la route 66 aux USA pour les motards. Un saut en bus nous dépose à Mendoza, pour notre dernière étape jusqu’à Santiago 400 kilomètres et une dernière traversée de la Cordillère des Andes en passant au pied de l’Aconcagua. On ne peut pas faire cette association, Mendoza-Santiago, sans songer à l’incroyable aventure de l’Aéropostale. Des hommes intrépides, Guillaumet, Mermoz, Saint-Exupéry et d’autres ont érigé l’engagement extrême en mode de vie quotidien. Parfois ils sortaient de ces immenses montagnes enneigées à pied, après s’être crashés. Ils devaient leur survie à leur volonté inflexible et leur immense envie de vivre pour recommencer à voler au plus vite. Les mêmes pensées m’avaient habité lorsque j’avais suivi le Niémen au cours d’une traversée de l’Europe à vélo, en pensant à ces pilotes de chasse envoyés par le général de Gaulle se battre auprès de l'aviation russe contre l'armée allemande.
Le terme approche. Je suis partagé, je sais que mon épouse m’attend en souffrant de la séparation, comme moi d’ailleurs. Cependant, nous n’allons pas choisir la route la plus courte, mais celle qui passe par deux grands cols. Le premier s’atteint par une piste de 2500 mètres de dénivelé, débouchant sur un magnifique belvédère duquel on découvre l’Aconcagua.
Dernier jour, 92 kilomètres en bonne partie sur une autoroute au trafic dense, strictement interdite aux vélos, et plaisir suprême souvent sans bande de sécurité. Nous appuyons dur sur les pédales dans le petit matin brouillardeux. On croise des policiers. Notre avenir proche ne va-t-il pas être, au choix, en morceaux à la morgue ou au violon mais entiers ? 13 heures, nous sommes au centre de Santiago, Flora saute dans le premier bus pour Chiloé. J’irais bien, surtout que cette île est le royaume de la pêche à la mouche. Mais voilà, mon souhait était de me mesurer à l’Atacama à la loyale. Il est réalisé de la plus belle des façons, cependant j’ai bien peur que l’envoûtement ne soit toujours pas passé ! Continuer l’aventure avec Flora vers le sud me tente, mais ce sentiment de culpabilité qui ne me quitte jamais, du fait d’abandonner mon épouse, est en train de gagner une bataille. De plus, en début d’année 2013, il y a déjà eu le Mékong ! Je saute dans le premier avion.
En synthèse : c’était top, c’était cool et bise à Flora

Voilà pourquoi l’idée de me confronter à vélo à ces immensités désertiques me trottait dans la tête. J’en fais part à mon épouse qui, me connaissant suffisamment, comprend à mon regard que je vais partir. Cela la terrorise un peu, cependant elle l’admet. Mais le fait que j’envisage ce périple seul, elle ne l’accepte pas. Pour ma défense, il faut reconnaître que trouver un compagnon pour ce genre d’aventure n’est pas chose aisée. Sans illusions, je mets une petite annonce sur différents sites de voyageurs. Quelques mois plus tard en avril 2013, un soir justement où nous recevons un camarade dans notre tanière vosgienne, un message me parvient : « Bonsoir je m’appelle Flora, je suis prof de sport et coach d’une équipe de basket suisse, j’habite à Martigny. Est-ce que ton projet tient toujours ? »
Voilà comment, par une belle journée de mai, mon épouse et moi allons déjeuner avec Flora au bord du lac d’Annecy. Elle est venue à vélo, nous en voiture ! Il ne faut pas longtemps pour nous jauger l’un l’autre. Le 16 octobre nous décollons de Saint-Exupéry, à Lyon, direction Arica au nord du Chili.
Le projet est d’envergure : d’Arica à la frontière péruvienne, rejoindre Santiago, en traversant le désert d’Atacama via la Bolivie et l’Argentine. À peu près 3000 kilomètres dont 1500 de pistes, souvent très difficiles, où il nous faudra pousser les vélos à plus de 4000 mètres d’altitude dans des conditions météorologiques adverses : forte chaleur la journée, grand froid la nuit et, quotidiennement, présence de vent violent dès dix heures du matin. Pour couronner le tout, nous ne savons pas très bien si nous pourrons trouver des points de ravitaillement régulièrement.
Arica, agglomération de 150 000 habitants, perdue dans le désert au bord du Pacifique. D’immenses dunes de sable cernent les habitations et semblent vouloir envahir les rues. Des hauteurs de la ville, nous regardons ces étendues de sable jusqu’à l’infini. Que nous semblons dérisoires avec nos vélos ! Flora ne marque pas la moindre appréhension. Je mets cela sur sa méconnaissance de ce qui nous attend. En effet, nous ne nous connaissons pas hors la première impression, nous étant vus deux heures seulement au cours d’un repas. Mais je me trompe, je vais découvrir durant ce mois et demi une jeune femme de 31 ans au moral plus que d’acier. Quelles que soient les conditions que nous allons rencontrer et parfois ce sera dur, pour ne pas dire plus, toujours souriante elle n’aura que deux expressions : c’est top, c’est cool.
Dans cette ville nous faisons des provisions en prévoyant quinze jours d’autonomie. Les camarades que j’ai interrogés, qui connaissaient certains des tronçons de notre itinéraire, m’ont prévenu que nous cumulions les difficultés en enchaînant le tout. La base de notre ravitaillement, trois kilos de riz et deux de pâtes, auxquels nous ajoutons des boîtes de thon, du pain en sachet et des sucreries, ainsi que des pommes. Concernant l’eau, mon expérience des mille kilomètres effectués auparavant, me permet d’être assez optimiste, donc nous ne prenons que sept litres chacun. La charge de nos bagages est de l’ordre de trente kilos par monture.

Dans un premier temps à partir de l’altitude zéro, il s’agit de rejoindre la frontière bolivienne à Tombo Quemado en passant un col à 4600 mètres en 190 kilomètres de montée. Nous effectuons notre premier bivouac dans une gorge un peu en dehors de la route. La tente s’avère très efficace, spacieuse, facile à monter et très résistante au vent. Nous prenons vite nos marques, chacun sa tâche et nous allons fonctionner de cette façon durant 45 jours. Eh bien, parmi mes attributions, il y aura la vaisselle ! Tout s’est fait à l’instinct, en perspective de ce qui nous attend. Il faut dire qu’elle se réduit à pas grand-chose, nous mangeons dans la même petite gamelle.

Première erreur, et il n’y en aura que deux. Sur un mauvais renseignement de la veille, nous nous retrouvons sans eau et il fait 40 degrés, et encore 1800 mètres de dénivelé avant tout espoir d’en trouver. Heureusement, nous roulons encore sur une route goudronnée et, miracle, un camping-car passe et s’arrête. Il a une immatriculation française, varoise pour être précis. Voilà comment nous obtenons sept litres !
Quatre jours d’efforts nous mènent à la frontière, première nuit en Bolivie dans un coupe-gorge. Mon expérience traumatisante au Pérou, où je me suis fait dépouiller, est très instructive. Flora est une bonne élève qui apprend très vite, elle joue bien le rôle de cerbère. Depuis, lorsque nous prononçons le nom Tombo Quemado nous éclatons de rire. Une victime cependant, mon compteur.

Au petit matin, avec soulagement, nous fuyions cette agglomération frontalière. Les choses sérieuses commencent avec la disparition du goudron cap plein sud durant des semaines sur des pistes infernales entre 3600 et 5000 mètres d’altitude. Les vingt premiers kilomètres se passent bien entre ‘’poussage et roulage’’. Le panorama est sublime, gigantesques volcans, certains couverts de glace et d’autres exhumant des corolles de fumée. Entre six heures et dix heures du matin l’air est immobile dans ces contrées d’altitude, on est au paradis. Comme nous avons quitté la ville frontière inhospitalière très rapidement, il nous faut compléter nos réserves d’eau. Dans un village en apparence désert, nous remontons lentement les rues à l’écoute du moindre bruit. Ce qui nous conduit dans une cour, où on nous fournit à partir d’un puits le précieux liquide. Mais en plus de l’eau l’homme nous donne involontairement une mauvaise information, à cause du quiproquo sur un nom. Cela va nous conduire au second et dernier gros plantage de notre aventure.
Nous nous retrouvons quelques heures plus tard dans une fournaise au milieu d’une zone totalement pulvérulente et inconsistante, plus du talc que du sable. Le moral en prend un grand coup, même Flora ne sourit plus ! Un unique et improbable camion passe, le chauffeur nous met en garde. Deux heures plus tard nous distinguons le véhicule au loin. Il revient dans notre direction. Nous l’arrêtons et montons. Il nous conduit dans un village au milieu de nulle part, Sacabaya. Le dépaysement est total, mais le moral est au plus bas. Plantés au bout de vingt kilomètres de piste alors que nous en avons 1500 à franchir. Hors le moral à zéro, je suis honteux car c’est moi qui ai préparé l’itinéraire. Après une nuit où nous sommes hébergés par une femme du village, nous avisons.
Ne jamais renoncer, le lendemain soir nous sommes à Sabaya, à proximité du salar de Coipasa. Nous reprenons nos marques, instantanément le moral remonte. Cependant la chaleur m’inquiète, on a subi plus de 40 degrés à 4000 mètres.Mais le rythme s’établit et nous rentrons en harmonie avec la nature. Ce jour nous abattons 80 kilomètres dont 50 sur le salar de Coipasa. J’y étais déjà passé, mais la joie est toujours immense, d’autant plus que je le fais découvrir à Flora.
Le moral continue son envolée pour atteindre les deux cents pour cent. Ayant coupé par des zones humides, paradoxe pour un désert très sec, nos vélos arborent d’énormes stalactites de sel. La journée se termine par un bivouac en bordure de salar. On a du mal à réaliser qu’on vit une telle situation dans un lieu aussi insolite. Mais la suite va être toujours plus incroyable.
Le lendemain nous arrivons à Alcaya, cité précolombienne abandonnée depuis des siècles, où nous pouvons voir des momies vieilles de 5000 ans. L’air est tellement sec qu’elles sont conservées sans aucun aménagement en pleine montagne. Nous avons encore subi de très fortes chaleurs sur des pistes où s’élevaient en tourbillons des « dust devils ». J’ai moins bien résisté que Flora, ce qui se caractérise par un fort mal de tête, manifestement le début d’un coup de chaleur. Mais seul le vélo permet cette confrontation à la nature. Venir dans ces coins perdus en véhicule ne permet pas de prendre conscience des dimensions de notre planète. Je fais mienne la maxime de Saint-Exupéry : seule compte la démarche et non le but...Le lendemain aux aurores nous poussons nos vélos le long d’un col raide au sommet duquel la vue porte sur le plus grand salar du monde, Uyuni, 11 000 kilomètres carrés. Je l’avais traversé d’ouest en est. Cette fois ce sera du nord au sud. Au centre de cette mer de sel se trouve l’île d’Incahuasi, haut lieu du tourisme. Le soir, toutes les personnes venues en voiture doivent partir. Seuls peuvent rester les cyclistes. Jour faste, Hugues l’Anglais, puis Javier l’Espagnol vont nous tenir compagnie. Ce sera une nuit grandiose. De quoi des fous de voyage à vélo vont-ils se parler ? Javier avec des trémolos d’effroi dans la voix, nous raconte sa traversé dantesque du Sud Lipez, désert de 400 kilomètres de sable et de lave entre 4000 et 5000 mètres d’altitude, balayé par un vent en furie. Nous y pénétrerons demain. Un regard à Flora, elle rigole. Je sais ce qu’elle pense : c’est top, c’est cool !


Un peu avant la tombée de la nuit, j’emmène mes camarades au sommet de l’île, pour assister à la disparition de l’astre du jour. Le vent souffle en bourrasques rageuses. Le spectacle est stupéfiant. J’y avais déjà assisté lors de mon premier passage. Nous hurlons tous les quatre notre bonheur devant cette nature gigantesque, qui passe par toutes les teintes du mauve au rouge, puis qui vire au noir sous une voûte étoilée d’un éclat intense. Les candélabres millénaires se découpent comme d’immenses pénitents marmoréens, figés pour l’éternité sous les terribles coups de boutoir d’Éole.
Au matin, un peu tristes, nous quittons nos camarades. Chacun sa route, Javier au nord, Hugues à l’est, et nous au sud, à l’attaque du Sud Lipez ! Pour tout amateur du voyage à vélo la traversée de ce désert de 400 kilomètres au cœur de l’Atacama représente la consécration. Tous les récits de ceux qui se sont lancés dans l’aventure mettent en exergue une expérience hors du commun, nécessitant un profond engagement physique et moral. Il faut y ajouter une patience à toute épreuve du fait des longs passages, trop raides ou trop instables, obligeant à pousser le vélo dans le sable ou la cendre volcanique. Les conditions météorologiques participent aussi à la réputation de cet itinéraire. Vent violent, chaleur la journée et grand froid la nuit sont des constantes de ce coin de désert particulièrement hostile. Se pose aussi la question du ravitaillement, tout spécialement en eau.
Chaque chose en son temps, vivons l’instant qui se présente. Tout d’abord rejoindre la bordure sud du salar. Dans ce matin calme, avant la tempête qui va, comme chaque jour à partir de dix heures, aller crescendo, nous nous imprégnons de ces immensités en toute tranquillité. La vue porte à plus de cent kilomètres. L’Amérique du Sud est à l’échelle des géants. Nous écoutons le bruit de nos pneus qui crissent sur les concrétions de sel. On pourrait s’imaginer sur un immense lac gelé. La trace de sortie apparaît d’abord comme un mince trait noir à dix kilomètres au moins, puis elle se transforme en une large piste. En effet, les chemins d’accès sont à ne pas manquer, si l’on veut éviter de pousser son vélo durant des heures avec du sable jusqu’aux moyeux. Ces dix jours et 400 kilomètres, comment les résumer en quelques lignes ? Oui le vent fut notre compagnon le plus assidu. Le sable et les scories volcaniques se sont ligués pour nous empêcher d’atteindre San Pedro de Atacama. Nous avons poussé nos vélos sur 60 kilomètres.
La moyenne a toujours été faible, parfois ridicule. Par exemple, une étape de douze heures, plus de dix effectives sur ou à côté du vélo, à avancer à une vitesse d’escargot. Au bout de la journée, seulement 31 km au compteur ! Mais une superbe dynamique d’équipe nous transcendait. Souvent j’avais en ligne de mire les sacoches et le dos de Flora. Tel un bulldozer, elle traçait son sillon dans la pulvérulence, contre un vent en furie et sur un terrain qui montait dans le ciel. De temps en temps, elle se retournait et clamait à gorge déployée dans les bourrasques, avec son petit accent valaisan, son hymne au plaisir de se dépasser : c’est top, c’est cool !

Deux bivouacs fabuleux, l’un à Arbol de Piedra à 4600 mètres, et l’autre à près de 5000 au milieu de fumerolles volcaniques à Sol de Mañana. Les autres nuits dans des hébergements en dur, par exemple ce soir après une difficile séance contre un vent de tempête jusqu’à la nuit tombée, le douanier ferma la frontière et nous offrit son poste comme chambre à coucher. Des lagunes, constellées de flamants roses, qui déclinent leurs couleurs irréelles à l’infini. Et aussi de nouveaux compagnons de route, Daniel l’Allemand et Ron l’Américain, avec qui nous avons par moments partagé le vent et la poussière.

Après dix jours, on nous avait prédit que nous retrouverions le goudron comme une libération de l’enfer. Pour nous cet enfer, avait pris des airs de paradis et c’est un peu triste que nous le quittons. Mais nous ne savons pas encore que la prochaine étape de 500 kilomètres qui va nous conduire à Salta en Argentine, via le Paso Sico, va être du même acabit, encore plus sauvage.

Après une journée à San Pedro, nous voilà partis vers le Paso Sico, donné à 216 kilomètres. Les 80 premiers sont asphaltés. Là encore, il m’est très difficile en quelques lignes de vous parler de cette semaine qui va nous mener à Salta. Des lagunes et des montagnes encore et toujours aux couleurs les plus incroyables, des salars aux teintes roses, des multitudes de bosses à plus de 4500 mètres, des pistes où l’on pousse sans savoir quand cela va prendre fin. Mais heureusement un vent toujours favorable, qui parfois soulève de telles quantités de poussière, que l’on ne voit plus le sol. Nous étions obligés de nous arrêter de peur de nous percuter. Contrairement au Sud Lipez, il n’y a absolument aucun trafic sur la moitié du trajet. Encore un bivouac inimaginable à 4600 mètres, collés contre un gros rocher pour se protéger de la tempête. Mais une immense confiance en nous, toujours concentrés mais sereins.
Quelles que soient les conditions, chacun son rôle, la tente autoportante montée en une minute, lestée avec nos lourdes sacoches et nous étions prêts à affronter les -10 degrés durant une longue nuit. La place me manque, je ne vous parlerai pas des mineurs, des postes de douane où personne ne passe, des villages argentins perdus dans les Andes, de la nationale 51, une horrible piste aux montées infinies et aux descentes vertigineuses…

De Salta, 500 km via Cafayate nous conduisent par des routes asphaltées à Conception, dans les mornes plaines d’Argentine, aux voies dangereuses du fait du fort trafic. On a roulé une journée sur la mythique "Ruta 40". Elle est pour les cyclistes au long cours le pendant de la route 66 aux USA pour les motards. Un saut en bus nous dépose à Mendoza, pour notre dernière étape jusqu’à Santiago 400 kilomètres et une dernière traversée de la Cordillère des Andes en passant au pied de l’Aconcagua. On ne peut pas faire cette association, Mendoza-Santiago, sans songer à l’incroyable aventure de l’Aéropostale. Des hommes intrépides, Guillaumet, Mermoz, Saint-Exupéry et d’autres ont érigé l’engagement extrême en mode de vie quotidien. Parfois ils sortaient de ces immenses montagnes enneigées à pied, après s’être crashés. Ils devaient leur survie à leur volonté inflexible et leur immense envie de vivre pour recommencer à voler au plus vite. Les mêmes pensées m’avaient habité lorsque j’avais suivi le Niémen au cours d’une traversée de l’Europe à vélo, en pensant à ces pilotes de chasse envoyés par le général de Gaulle se battre auprès de l'aviation russe contre l'armée allemande.Le terme approche. Je suis partagé, je sais que mon épouse m’attend en souffrant de la séparation, comme moi d’ailleurs. Cependant, nous n’allons pas choisir la route la plus courte, mais celle qui passe par deux grands cols. Le premier s’atteint par une piste de 2500 mètres de dénivelé, débouchant sur un magnifique belvédère duquel on découvre l’Aconcagua.
Dernier jour, 92 kilomètres en bonne partie sur une autoroute au trafic dense, strictement interdite aux vélos, et plaisir suprême souvent sans bande de sécurité. Nous appuyons dur sur les pédales dans le petit matin brouillardeux. On croise des policiers. Notre avenir proche ne va-t-il pas être, au choix, en morceaux à la morgue ou au violon mais entiers ? 13 heures, nous sommes au centre de Santiago, Flora saute dans le premier bus pour Chiloé. J’irais bien, surtout que cette île est le royaume de la pêche à la mouche. Mais voilà, mon souhait était de me mesurer à l’Atacama à la loyale. Il est réalisé de la plus belle des façons, cependant j’ai bien peur que l’envoûtement ne soit toujours pas passé ! Continuer l’aventure avec Flora vers le sud me tente, mais ce sentiment de culpabilité qui ne me quitte jamais, du fait d’abandonner mon épouse, est en train de gagner une bataille. De plus, en début d’année 2013, il y a déjà eu le Mékong ! Je saute dans le premier avion.
En synthèse : c’était top, c’était cool et bise à Flora
Un week-end à Aix-la-Chapelle English translation pending
Bonjour à tous,
Vous trouverez ci-dessous le récit de notre week-end à Aix-la-Chapelle, en avril 2014. Nous avons été enchantés de ce week-end, et j'espère que ces quelques notes donneront envie à d'autres de découvrir cette jolie ville !
***
Nous avons quitté Paris le samedi matin, et moins de 3 heures plus tard nous étions à Aix, ou Aachen dans le texte ! Le Thalys fut égal à lui-même, c'est-à-dire avec un service très efficace. La chambre que nous avions louée chez l’habitant via AirBNB était en fait un véritable petit deux pièces avec chambre spacieuse et bureau attenant, à cinq minutes à pied du centre.
Nous avons ensuite bien profité de notre séjour dans cette jolie ville qu’est Aix-la-Chapelle. Le centre-ville est absolument charmant avec ses petites rues pavées, piétonnes pour la plupart, et qui semblent toutes conduire soit à la cathédrale, soit à l’hôtel de ville. Les rues sont bordées de maisons assez hautes aux façades colorées.

Le centre est très animé avec de nombreuses boutiques, bars et restos (par contre la ville devient vite moins sympa dès que l’on s’éloigne du centre). En cette période pascale les boutiques rivalisaient de décorations toutes plus mignonnes les unes que les autres à base de lapins, poussins et œufs… Sehr schön -)

Cette année Aix-la-Chapelle célèbre le 1200è anniversaire de la mort de Charlemagne. Plusieurs expositions et événements sont organisés cette année autour de ce thème, et nous avons la chance et la surprise de découvrir l’un d’entre eux, sous la forme de 500 statues de Charlemagne installées sur la place entre l’hôtel de ville et la cathédrale.

Aix est une ville d’eau et de nombreuses fontaines souvent ornées de statues en bronze nous le rappellent. J’ai eu un coup de cœur tout spécial pour la fontaine aux marionnettes, près de la cathédrale, avec ses petits personnages articulés, et pour celle des oiseaux avec plein de petits moineaux perchés sur la margelle d’un petit puits. Une autre fontaine intéressante est celle qui représente le cycle de l’argent, avec des personnages qui cachent, donnent, mendient quelques sous… cycle qui se prolonge in vivo avec un véritable mendiant qui récupère les pièces au fond de la fontaine !

Nous profitons du samedi pour faire, comme toujours, notre shopping… avec notamment une bonne virée dans un supermarché bio fort bien achalandé, et à des prix bien plus bas qu’à Paris. Entre choucroute, algues (pour la soupe miso), grosses câpres et thés divers et variés, nous nous faisons plaisir ! Nous tombons également sur un petit marché en plein air où ils vendent des asperges que l’on peut faire éplucher dans une machine spéciale assez spectaculaire… Nous testons bien sûr, et nous nous régalons le soir à l’appartement.
Le samedi soir nous faisons un tour en ville c’est animé, mais globalement moins que durant la journée, c’est étonnant ! Certains monuments sont illuminés, mais il faut y arriver à temps… tout s’éteint entre 23H et minuit.
Le dimanche nous visitons la cathédrale carolingienne d’inspiration byzantine, magnifique avec ses arches et ses mosaïques. Elle a été construite à partir de la chapelle privée de Charlemagne. Nous prenons une visite guidée et ne le regrettons pas, car cela nous permet d’aller dans plusieurs parties habituellement non accessibles. Nous pouvons ainsi admirer de près le trône de Charlemagne – qui en fait n’a semble-t-il jamais été occupé par Charlemagne, puisqu’il l’avait fait construire pour Dieu… en revanche c’est sur ce trône qu’ont ensuite été couronnés une trentaine de souverains allemands. Nous nous approchons également au plus près du reliquaire abritant une bonne partie de la dépouille de Charlemagne (le reste étant dans… d’autres reliquaires tout autour du monde), et d’un autre reliquaire abritant des objets ayant appartenu à la Vierge Marie et à Jésus. Ce dernier reliquaire est ouvert une fois tous les sept ans à l’occasion d’un grand pèlerinage… Le prochain a lieu fin juin !

Aix-la-Chapelle possède par ailleurs plusieurs musées qui ont l’air intéressants, notamment le Ludwig Forum, un musée d’art moderne. Nous n’avons malheureusement pas le temps de le visiter et nous nous contentons de faire un tour à l’extérieur.
Nous sommes rentrés à Paris ravis de ce week-end d'escapade. Il tombait au bon moment pour nous, au milieu d'une période très chargée, et nous en avons effectivement profité pour recharger les batteries !
Vous trouverez ci-dessous le récit de notre week-end à Aix-la-Chapelle, en avril 2014. Nous avons été enchantés de ce week-end, et j'espère que ces quelques notes donneront envie à d'autres de découvrir cette jolie ville !
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Nous avons quitté Paris le samedi matin, et moins de 3 heures plus tard nous étions à Aix, ou Aachen dans le texte ! Le Thalys fut égal à lui-même, c'est-à-dire avec un service très efficace. La chambre que nous avions louée chez l’habitant via AirBNB était en fait un véritable petit deux pièces avec chambre spacieuse et bureau attenant, à cinq minutes à pied du centre.
Nous avons ensuite bien profité de notre séjour dans cette jolie ville qu’est Aix-la-Chapelle. Le centre-ville est absolument charmant avec ses petites rues pavées, piétonnes pour la plupart, et qui semblent toutes conduire soit à la cathédrale, soit à l’hôtel de ville. Les rues sont bordées de maisons assez hautes aux façades colorées.

Le centre est très animé avec de nombreuses boutiques, bars et restos (par contre la ville devient vite moins sympa dès que l’on s’éloigne du centre). En cette période pascale les boutiques rivalisaient de décorations toutes plus mignonnes les unes que les autres à base de lapins, poussins et œufs… Sehr schön -)

Cette année Aix-la-Chapelle célèbre le 1200è anniversaire de la mort de Charlemagne. Plusieurs expositions et événements sont organisés cette année autour de ce thème, et nous avons la chance et la surprise de découvrir l’un d’entre eux, sous la forme de 500 statues de Charlemagne installées sur la place entre l’hôtel de ville et la cathédrale.

Aix est une ville d’eau et de nombreuses fontaines souvent ornées de statues en bronze nous le rappellent. J’ai eu un coup de cœur tout spécial pour la fontaine aux marionnettes, près de la cathédrale, avec ses petits personnages articulés, et pour celle des oiseaux avec plein de petits moineaux perchés sur la margelle d’un petit puits. Une autre fontaine intéressante est celle qui représente le cycle de l’argent, avec des personnages qui cachent, donnent, mendient quelques sous… cycle qui se prolonge in vivo avec un véritable mendiant qui récupère les pièces au fond de la fontaine !

Nous profitons du samedi pour faire, comme toujours, notre shopping… avec notamment une bonne virée dans un supermarché bio fort bien achalandé, et à des prix bien plus bas qu’à Paris. Entre choucroute, algues (pour la soupe miso), grosses câpres et thés divers et variés, nous nous faisons plaisir ! Nous tombons également sur un petit marché en plein air où ils vendent des asperges que l’on peut faire éplucher dans une machine spéciale assez spectaculaire… Nous testons bien sûr, et nous nous régalons le soir à l’appartement.
Le samedi soir nous faisons un tour en ville c’est animé, mais globalement moins que durant la journée, c’est étonnant ! Certains monuments sont illuminés, mais il faut y arriver à temps… tout s’éteint entre 23H et minuit.
Le dimanche nous visitons la cathédrale carolingienne d’inspiration byzantine, magnifique avec ses arches et ses mosaïques. Elle a été construite à partir de la chapelle privée de Charlemagne. Nous prenons une visite guidée et ne le regrettons pas, car cela nous permet d’aller dans plusieurs parties habituellement non accessibles. Nous pouvons ainsi admirer de près le trône de Charlemagne – qui en fait n’a semble-t-il jamais été occupé par Charlemagne, puisqu’il l’avait fait construire pour Dieu… en revanche c’est sur ce trône qu’ont ensuite été couronnés une trentaine de souverains allemands. Nous nous approchons également au plus près du reliquaire abritant une bonne partie de la dépouille de Charlemagne (le reste étant dans… d’autres reliquaires tout autour du monde), et d’un autre reliquaire abritant des objets ayant appartenu à la Vierge Marie et à Jésus. Ce dernier reliquaire est ouvert une fois tous les sept ans à l’occasion d’un grand pèlerinage… Le prochain a lieu fin juin !

Aix-la-Chapelle possède par ailleurs plusieurs musées qui ont l’air intéressants, notamment le Ludwig Forum, un musée d’art moderne. Nous n’avons malheureusement pas le temps de le visiter et nous nous contentons de faire un tour à l’extérieur.
Nous sommes rentrés à Paris ravis de ce week-end d'escapade. Il tombait au bon moment pour nous, au milieu d'une période très chargée, et nous en avons effectivement profité pour recharger les batteries !
Billets revendus illégalement annulés (coupe du monde Brésil) English translation pending
Information parue ce matin. comme quoi même si on paie 1000 euros pour une entrée, on n'est pas sûr d'assister au match. 🤪
«Ray Whelan, un directeur de Match Hospitality, a été arrêté» à l'hôtel Copacabana Palace de Rio de Janeiro où est également hébergé l'état-major de la Fifa, a déclaré un porte-parole de la police. Britannique âgé de 64 ans, selon la chaîne Globo News, il a été transféré du luxueux hôtel de Copacabana au 18e Commissariat de Rio, près du stade Maracana, où l'attendaient deux avocats et une meute de journalistes, a constaté l'AFP. La justice de Rio a décrété le placement en détention provisoire de M. Whelan pour cinq jours et va le poursuivre pour association de malfaiteurs et revente au marché noir. La police a trouvé 100 billets pour des matchs dans sa chambre d'hôtel. Match Hospitality est la société prestataire exclusive de la Fédération internationale de football pour les forfaits VIP de la Coupe du monde, comprenant tickets d'accès aux stades, billets d'avions et hôtels de luxe. 11 prévenus La police brésilienne soupçonne M. Whelan d'être à la tête d'un réseau de vente illégale de milliers de tickets d'entrée pour les matchs du Mondial, dont 11 membres présumés ont été interpellés la semaine dernière à Sao Paulo et Rio de Janeiro. Tous vont être poursuivis pour «blanchiment d'argent, association de malfaiteurs et revente au marché noir». Parmi ces personnes figure le Franco-Algérien Mohamadou Lamine Fofana, que les enquêteurs avaient d'abord soupçonné d'être le chef de cette organisation, mais qu'ils considèrent à présent comme le bras droit présumé de M. Whelan. La police brésilienne fonde notamment ses soupçons sur des écoutes de conversations téléphoniques entre M. Lamine Fofana et M. Whelan. Ce réseau actif depuis 2002, lors des quatre dernières Coupes du monde, vendait illégalement environ 1000 billets par match pour un prix de base de 1000 euros selon les enquêteurs. Liens étroits Match Hospitality n'est pas une filiale de la Fifa, mais entretient des liens très étroits avec l'instance mondiale du football. Celle-ci lui a déjà attribué l'exclusivité de ses services d'hospitalité pour les Coupes du monde 2018 en Russie et 2022 au Qatar. La société compte parmi ses actionnaires la société Infront Sports and Media, également basée en Suisse et dirigée par Philippe Blatter, neveu de Joseph Blatter, le numéro un de la Fifa. Le président de la Fifa avait déclaré la semaine dernière tout ignorer de ce trafic. «Je ne suis au courant de rien. Je ne m'occupe pas de billets, je m'occupe de politique», avait-il déclaré au quotidien «Estado de Sao Paulo». Billets annulés Interrogée par l'AFP, Match Hospitality n'a pas immédiatement commenté l'arrestation de Ray Whelan, dont le nom ne figure pas parmi les membres du conseil d'administration de la compagnie. Elle a, en revanche, annoncé dans un communiqué qu'elle annulait tous les billets achetés par Atlanta Sportif, la compagnie de Mohamadou Lamine Fofana, en soulignant que cette dernière avait souscrit à l'interdiction de revente exigée par Match Hospitality à ses clients. Atlanta Sportif avait acheté 105 forfaits pour sept matchs pour un montant de 121'750 dollars, a précisé Match Hospitality. Match a souligné avoir vendu au total plus de 290'000 packages d'hospitalité à 11'400 clients (entreprises et particuliers) pour le Mondial 2014 au Brésil. Aucun membre de la Fifa n'a été mis en cause par les autorités brésiliennes depuis le début de l'enquête. Les enquêteurs avaient sollicité l'aide de la Fifa pour identifier un de ses membres, qui semble donc être le responsable de Match Hospitality placé en détention. http://www.20min.ch/ro/cm2014/actu-internationale/story/Billets-illegaux--l-enqu-te-bute-aux-portes-de-la-Fifa-18392955
«Ray Whelan, un directeur de Match Hospitality, a été arrêté» à l'hôtel Copacabana Palace de Rio de Janeiro où est également hébergé l'état-major de la Fifa, a déclaré un porte-parole de la police. Britannique âgé de 64 ans, selon la chaîne Globo News, il a été transféré du luxueux hôtel de Copacabana au 18e Commissariat de Rio, près du stade Maracana, où l'attendaient deux avocats et une meute de journalistes, a constaté l'AFP. La justice de Rio a décrété le placement en détention provisoire de M. Whelan pour cinq jours et va le poursuivre pour association de malfaiteurs et revente au marché noir. La police a trouvé 100 billets pour des matchs dans sa chambre d'hôtel. Match Hospitality est la société prestataire exclusive de la Fédération internationale de football pour les forfaits VIP de la Coupe du monde, comprenant tickets d'accès aux stades, billets d'avions et hôtels de luxe. 11 prévenus La police brésilienne soupçonne M. Whelan d'être à la tête d'un réseau de vente illégale de milliers de tickets d'entrée pour les matchs du Mondial, dont 11 membres présumés ont été interpellés la semaine dernière à Sao Paulo et Rio de Janeiro. Tous vont être poursuivis pour «blanchiment d'argent, association de malfaiteurs et revente au marché noir». Parmi ces personnes figure le Franco-Algérien Mohamadou Lamine Fofana, que les enquêteurs avaient d'abord soupçonné d'être le chef de cette organisation, mais qu'ils considèrent à présent comme le bras droit présumé de M. Whelan. La police brésilienne fonde notamment ses soupçons sur des écoutes de conversations téléphoniques entre M. Lamine Fofana et M. Whelan. Ce réseau actif depuis 2002, lors des quatre dernières Coupes du monde, vendait illégalement environ 1000 billets par match pour un prix de base de 1000 euros selon les enquêteurs. Liens étroits Match Hospitality n'est pas une filiale de la Fifa, mais entretient des liens très étroits avec l'instance mondiale du football. Celle-ci lui a déjà attribué l'exclusivité de ses services d'hospitalité pour les Coupes du monde 2018 en Russie et 2022 au Qatar. La société compte parmi ses actionnaires la société Infront Sports and Media, également basée en Suisse et dirigée par Philippe Blatter, neveu de Joseph Blatter, le numéro un de la Fifa. Le président de la Fifa avait déclaré la semaine dernière tout ignorer de ce trafic. «Je ne suis au courant de rien. Je ne m'occupe pas de billets, je m'occupe de politique», avait-il déclaré au quotidien «Estado de Sao Paulo». Billets annulés Interrogée par l'AFP, Match Hospitality n'a pas immédiatement commenté l'arrestation de Ray Whelan, dont le nom ne figure pas parmi les membres du conseil d'administration de la compagnie. Elle a, en revanche, annoncé dans un communiqué qu'elle annulait tous les billets achetés par Atlanta Sportif, la compagnie de Mohamadou Lamine Fofana, en soulignant que cette dernière avait souscrit à l'interdiction de revente exigée par Match Hospitality à ses clients. Atlanta Sportif avait acheté 105 forfaits pour sept matchs pour un montant de 121'750 dollars, a précisé Match Hospitality. Match a souligné avoir vendu au total plus de 290'000 packages d'hospitalité à 11'400 clients (entreprises et particuliers) pour le Mondial 2014 au Brésil. Aucun membre de la Fifa n'a été mis en cause par les autorités brésiliennes depuis le début de l'enquête. Les enquêteurs avaient sollicité l'aide de la Fifa pour identifier un de ses membres, qui semble donc être le responsable de Match Hospitality placé en détention. http://www.20min.ch/ro/cm2014/actu-internationale/story/Billets-illegaux--l-enqu-te-bute-aux-portes-de-la-Fifa-18392955
Vos hébergements coup de coeur en Transylvanie et Maramures English translation pending
Bonjour à tous,
Nous partons (2 personnes) pour 4 semaines en Roumanie fin juillet. Le but de ce voyage étant principalement de découvrir un pays que nous ne connaissons pas tout en prenant le temps de rencontrer les roumains, de se reposer, de regarder autour de nous, d'échanger..... donc pas de circuit déterminé mais 2 régions privilégiées pour cette année. Après avoir écumé les discussions du forum, j'aimerais savoir si certains d'entre vous auraient des hébergements chez les habitants, des pensions hors villes, hors des sentiers battus à nous conseiller. Les guides regorgent d'adresses dans lesquelles nous nous retrouvons souvent entre français: ces rencontres sont souvent très sympa, mais des français, nous en rencontrons toute l'année ;-) !!
Merci d'avance Capucine
Nous partons (2 personnes) pour 4 semaines en Roumanie fin juillet. Le but de ce voyage étant principalement de découvrir un pays que nous ne connaissons pas tout en prenant le temps de rencontrer les roumains, de se reposer, de regarder autour de nous, d'échanger..... donc pas de circuit déterminé mais 2 régions privilégiées pour cette année. Après avoir écumé les discussions du forum, j'aimerais savoir si certains d'entre vous auraient des hébergements chez les habitants, des pensions hors villes, hors des sentiers battus à nous conseiller. Les guides regorgent d'adresses dans lesquelles nous nous retrouvons souvent entre français: ces rencontres sont souvent très sympa, mais des français, nous en rencontrons toute l'année ;-) !!
Merci d'avance Capucine
Vols intérieurs en Argentine: quelle compagnie? English translation pending
Bonjour,
Nous envisageons un périple en Argentine et en Patagonie en novembre 2014. J'ai besoin de conseils concernant les vols intérieurs. Voici les étapes que nous souhaitons faire: Arrivée B.A. puis B.A. Puerto Iguazu, puis Puerto Iguazu Puerto Madryn, puis Puerto Madryn El calafate, puis El Calafate Ushuaia et retour à BA.
Mes questions: quelle compagnie intérieure choisir? et existe t il bien des vols réguliers et quotidiens concernant les destinations que j'indique? Combien de temps à l'avance dois je m'y prendre pour réserver? Merci pour vos réponses.
Nous envisageons un périple en Argentine et en Patagonie en novembre 2014. J'ai besoin de conseils concernant les vols intérieurs. Voici les étapes que nous souhaitons faire: Arrivée B.A. puis B.A. Puerto Iguazu, puis Puerto Iguazu Puerto Madryn, puis Puerto Madryn El calafate, puis El Calafate Ushuaia et retour à BA.
Mes questions: quelle compagnie intérieure choisir? et existe t il bien des vols réguliers et quotidiens concernant les destinations que j'indique? Combien de temps à l'avance dois je m'y prendre pour réserver? Merci pour vos réponses.
Guest house ou hôtel à Angkor English translation pending
Bonjour.
Je pars le 16/09 pour Bangkok. De la je prend l'avion pour Siem Rap. Mais on hésite sinon a louer une voiture de BKK. Est t'il possible passer la frontière avec une voiture de loc?
Arrivée a Angkor, avez vous une bonne adresse guets house sympa ou petit hotel.
Pour les mygales faut t'il se déplacer loin?
Je pars le 16/09 pour Bangkok. De la je prend l'avion pour Siem Rap. Mais on hésite sinon a louer une voiture de BKK. Est t'il possible passer la frontière avec une voiture de loc?
Arrivée a Angkor, avez vous une bonne adresse guets house sympa ou petit hotel.
Pour les mygales faut t'il se déplacer loin?
Avis sur itinéraire Sri Lanka English translation pending
Bonjour,
Nous sommes 2 amies et nous partons au Sri Lanka au mois d'Aout, voici mon itinéraire, n'hésitez pas à me donner vos avis et conseils!
1er jour: arrivée à 10h à l'aéroport; départ pour Negombo 2éme jour: Negombo 3éme jour: départ pour Kandy 4 éme jour: Kandy 5 et 6 éme jour: Knuckles 7éme jour: départ pour Habarana 8 et 9 éme jour: triangle culturel 10 éme jour: départ pour Nilaveli/Uppuveli 11 et 12 éme jour: plage, snorkelling et Trincomalee 13 éme jour: départ de nuit la veille pour Colombo 14éme jour: Colombo 15 jour: vol retour.
Pour précisions, on ne compte pas faire le triangle culturel en entier. Je suis au début de mes recherches sur les Knuckles, n'hésitez pas à m'en dire un peu plus, car jusqu'ici les informations que j'ai trouvé sont minces... Entre Nilaveli et Uppuveli y a t-il une grosse différence, j'aimerai un endroit plutôt calme et sauvage... Pensez-vous que cela corresponde? Je vous remercie d'avance pour vos réponses! Cordialement!
1er jour: arrivée à 10h à l'aéroport; départ pour Negombo 2éme jour: Negombo 3éme jour: départ pour Kandy 4 éme jour: Kandy 5 et 6 éme jour: Knuckles 7éme jour: départ pour Habarana 8 et 9 éme jour: triangle culturel 10 éme jour: départ pour Nilaveli/Uppuveli 11 et 12 éme jour: plage, snorkelling et Trincomalee 13 éme jour: départ de nuit la veille pour Colombo 14éme jour: Colombo 15 jour: vol retour.
Pour précisions, on ne compte pas faire le triangle culturel en entier. Je suis au début de mes recherches sur les Knuckles, n'hésitez pas à m'en dire un peu plus, car jusqu'ici les informations que j'ai trouvé sont minces... Entre Nilaveli et Uppuveli y a t-il une grosse différence, j'aimerai un endroit plutôt calme et sauvage... Pensez-vous que cela corresponde? Je vous remercie d'avance pour vos réponses! Cordialement!
1 semaine petit budget Gaspésie English translation pending
Bonjour tout le monde,
on est 4 étudiant.e.s à vouloir visiter un bout de la Gaspésie en 1 semaine maximum et avec un petit budget au départ de Montréal. En lisant le routard, j'ai l'impression que toutes les places sont à voir donc je cherche des conseils.
Pour le moment, je pense que l'on pourrait s'arrêter à Ste Anne des Monts pour faire une randonnée dans le parc national de la Gaspésie et ensuite faire une halte à Cap des Rosiers pour des ballades, visiter un phare etc...et retour à Montréal. Qu'en pensez-vous? J'ai moins d'idée si l'on prend la route par le sud, mais si vous avez des suggestions, pourquoi pas..
On envisageait de faire du pouce (du stop), peut-être en faisant deux équipes. Des conseils? ou du covoiturage pas trop cher.
Et faire du couchsurfing ou demander à de gentilles personnes de nous prêter un bout de jardin pour planter deux petites tentes.
Toutes idées économiques et sympathiques nous intéressent... Merci et bonne journée.
Cléo
Pour le moment, je pense que l'on pourrait s'arrêter à Ste Anne des Monts pour faire une randonnée dans le parc national de la Gaspésie et ensuite faire une halte à Cap des Rosiers pour des ballades, visiter un phare etc...et retour à Montréal. Qu'en pensez-vous? J'ai moins d'idée si l'on prend la route par le sud, mais si vous avez des suggestions, pourquoi pas..
On envisageait de faire du pouce (du stop), peut-être en faisant deux équipes. Des conseils? ou du covoiturage pas trop cher.
Et faire du couchsurfing ou demander à de gentilles personnes de nous prêter un bout de jardin pour planter deux petites tentes.
Toutes idées économiques et sympathiques nous intéressent... Merci et bonne journée.
Cléo
Tour à vélo en France English translation pending
bonjour
plus que quelques jours et c'est le départ pour un tour en France du 11 juillet au 25 août
direction l'Atlantique par la canal du midi et canal de la Garonne jusque Agen ensuite direction Lacanau Royan par le bac , la Tremblade de bonnes éclades de moules en perspective 😛, ile de Ré, Noirmoutiers Nantes et retour par la Loire jusque Paray le monial et descente vers Lyon par la via rhôna et retour sur Uzès😕
si vous avez quelques bonnes idées pour le bivouacs cette année nous avons même prix la douche a pression de decat et camping pas trop chère sur ce parcours nous sommes preneurs
vive la rando en vélo
véro et stef
vive la rando en vélo
véro et stef
Vos coups de coeur et idées de trajets au Sénégal English translation pending
Bonjour, je pars 15 jours au senegal, je serais logée a saly chez une amie, mais je veux decouvrir le senegal je n'ai pas peur de bouger! Qu'est il indispensable de voir au senegal ? Vos coups de coeur? Je recherche des paysages splendides et typiques fan de photos que je suis, des moments de partage avec les locaux ect....
Fanny
Budget en couple pour 5 mois en Thaïlande English translation pending
bj à tous !🙂
je viens de m'inscrire sur le forum et je demande "aux aguerris "et aux "incollables" sur ce forum de me dire si avec 2600 à 2800€ (environ )de budget prévu par mois et pour 2 personnes (billet d'avion déjà payé !)on peut vivre confortablement avec mon épouse en Thaïlande pour passer l'hiver 2014/2015...(de novembre à mars )
Nous comptons rester cet hivers entre 4 et 5mois donc (avec visa T =60 +30j sur place + 2 run autorisé de 30j sup en visitant Cambodge et Laos au passage ou avec un visa double entre + prolongation si celui là existe encore !?)
Nous avons respectivement 55 et 51an et nous aimons vivre normalement sans bcp plus (pas de luxe ostentatoire donc )mais avec le confort de base minimum assuré tout de même (hôtel quelques jours au départ ....puis location d'aprt plus longue duré et de standing "correct" .....literie correcte surtout , "propre", clim ou ventilo , ...location petite voiture sur place (si pas trop cher )et si piscine dans le complexe c'est un grand + ....
Notre exigence principale à par celle concernant le logement correct sera => resto chaque jour (déjeuner /diner )& massages fréquents , ...
transport perso sera donc assuré avec notre voiture de location (négocié longue durée budget 650-800 b /j !)pas de sorties nocturnes trop fréquentes ni couteuse donc (pas de bars à filles pour moi naturellement 😉) à par les restos donc (thaï de préférence et de temps en temps un resto pour touriste ....pour rester au contact avec la faune occidentale un minimum tout de même mais pas trop souvent croyez moi sur parole )...quelques courses de fringues à ramener au retour et voila c'est tout ..nous ne sommes pas trop exigeant et nous vivons plutôt tranquillement !
Nous avons déjà été en Thaïlande en 2007 et en 2009 (Koh Samui et Phuket mais pas depuis ce temps ...et parait il que les prix ont "drastiquement changé" depuis ces temps là !?? 😕)et nous aimerions retourner cette année à partir de 15 nov (approximativement )pour passer quelques mois cet hivers au chaud donc ...😎
Nous pourrions même nous contenter du nord comme Chiang mai ou Chiang rai pourquoi pas (en faisant quelques sots dans le sud au bord de la mer comme Koh Lanta par exemple pendant le séjour si la mer nous manque trop )...j'entendu que le rapport qualité prix est excellent dans le nord !?....en tout cas meilleur que dans le sud trop touristique !
Merci d'avance de nous apporter vos expériences, vos opinions , vos suggestions et éventuellement précisions sur le sujet !🙂
Combien de temps pour visiter l'Islande? English translation pending
Bonjour,
Est ce que 10 jours est suffisant pour bien visiter l'Islande ? Est ce qu'on a le temps de voir les principaux sites ou bien faut-il rester plus longtemps ?
Est ce que 10 jours est suffisant pour bien visiter l'Islande ? Est ce qu'on a le temps de voir les principaux sites ou bien faut-il rester plus longtemps ?
Voyage au Chili et île de Pâques 3 semaines English translation pending
Bonjour à tous!
Je viens tout juste de rejoindre ce forum afin d'échanger avec vous concernant notre prochain voyage!
Avec mon ami, nous partirons du 29 aout au 21 septembre au Chili et nous terminerons par 4 jours à l’île de Pâques. Les billets d'avion st réservés (paris-santiago, santiago-ile de paques) et ns pensons ns déplacer au Chili en car/bus.
Nous avons dû déterminer raisonnablement les coins à visiter car le Chili est grand! Nous pensons partir de Santiago, aller sur Valparaiso puis descendre dans le centre en passant par la région des lacs et terminer par Chiloé. Le nord et le sud nous tentaient bien mais il faut faire des choix 🤪 quelles st les choses à ne vraiment pas manquer ds cette zone?
C'est la première fois que nous visitons ce pays: pensez-vs que l'itinéraire est possible niveau distance? En car? pensez-vs à d'autres moyens de locomotion? l'idée étant que l'on puisse avr le temps de profiter des endroits où ns serons et que ce ne soit pas trop la course...
Pr le logement, nous serons en mode "sac-a-dos" et irons essentiellement ds des auberges de jeunesse ou guesthouse. Rien n'est réservé, on verra sur place... Etant hors saison, ça devrait aller. Pensez-vous qu'il faille réserver les nuits ds les parcs nationaux situés dans la région des lacs?
Et pour l’Île de pâques, nous avons réservé! hôtels ou camping Et à la fin de notre voyage, nous serons de retour à Santiago pr profiter du 18 sept, la fête de l'indépendance!
Je suis preneuse de vos bons conseils! J'ai le lonely planet que je dévorre mais échanger avec des voyageurs qui connaissent ce pays c'est un vrai plus 🙂
Bonne soirée,
Marie
Je viens tout juste de rejoindre ce forum afin d'échanger avec vous concernant notre prochain voyage!
Avec mon ami, nous partirons du 29 aout au 21 septembre au Chili et nous terminerons par 4 jours à l’île de Pâques. Les billets d'avion st réservés (paris-santiago, santiago-ile de paques) et ns pensons ns déplacer au Chili en car/bus.
Nous avons dû déterminer raisonnablement les coins à visiter car le Chili est grand! Nous pensons partir de Santiago, aller sur Valparaiso puis descendre dans le centre en passant par la région des lacs et terminer par Chiloé. Le nord et le sud nous tentaient bien mais il faut faire des choix 🤪 quelles st les choses à ne vraiment pas manquer ds cette zone?
C'est la première fois que nous visitons ce pays: pensez-vs que l'itinéraire est possible niveau distance? En car? pensez-vs à d'autres moyens de locomotion? l'idée étant que l'on puisse avr le temps de profiter des endroits où ns serons et que ce ne soit pas trop la course...
Pr le logement, nous serons en mode "sac-a-dos" et irons essentiellement ds des auberges de jeunesse ou guesthouse. Rien n'est réservé, on verra sur place... Etant hors saison, ça devrait aller. Pensez-vous qu'il faille réserver les nuits ds les parcs nationaux situés dans la région des lacs?
Et pour l’Île de pâques, nous avons réservé! hôtels ou camping Et à la fin de notre voyage, nous serons de retour à Santiago pr profiter du 18 sept, la fête de l'indépendance!
Je suis preneuse de vos bons conseils! J'ai le lonely planet que je dévorre mais échanger avec des voyageurs qui connaissent ce pays c'est un vrai plus 🙂
Bonne soirée,
Marie
Passage frontière Zimbabwe venant d'Afrique du Sud English translation pending
Bonjour,
nous partons dans 4 semaines et allons vers les chutes Victoria aprés avoir attéri à Johannesburg et être passé par les Tuli Blocks au sud du Botswana.
Quelqu'un connait il les horaires du poste frontière de Beitbridge?
Est il possible d'y faire son visa comme c'est le cas quand on arrive à l'aeroport?
Merci pour vos réponses
Vague de chaleur à Delhi English translation pending
Les dernière nouvelles de la température indienne sur le blog de la revue INDES...
La pluie vient enfin de tomber sur Delhi, mettant fin à la pire vague de chaleur connue par la capitale depuis 19 ans. Pendant six jours consécutifs, jusqu’à hier, les températures ont été supérieures à 45 degrés, donnant l’impression, dès que l’on quittait une pièce équipée d’un climatiseur ou d’un ventilateur, de pénétrer dans un four brûlant. Elles ont même atteint 47,8 degrés dimanche près de l’aéroport, la température la plus chaude enregistrée à Delhi depuis 62 ans. En plein air, la sensation de brûlure sur la peau était telle que beaucoup de femmes se recouvraient le visage intégralement d’un foulard, ne laissant paraître que les yeux. La demande inhabituelle en électricité pour refroidir, (ou du moins tiédir) les intérieurs, a entraîné de nombreuses coupures de courant répétées, parfois de plusieurs heures, rendant la vie très pénible aux nombreux habitants ne possédant pas d’alimentation de secours. Mais la situation a été bien plus dramatique pour certains sans-abri, à qui cette météo exceptionnelle a pris la vie : 79 corps non-identifiés ont été découverts à Delhi lors des quatre derniers jours, selon le Centre du Développement Holistique, qui aide les sans-abris. Soit beaucoup plus qu’en moyenne (dix par jour). La nuit dernière seulement, selon le Times of India, trois personnes dormant dehors ont trouvé la mort à proximité de Connaught Place, au cœur de New Delhi. Des pompes à eau qui ne fonctionnent plus Une grande partie de l’Inde est encore sous-équipée en cas de changement soudain de température, d’autant plus que la demande n’a de cesse d’augmenter. En effet, de plus en plus de foyers ont à présent les moyens de se payer au moins un ventilateur électrique. L’Uttar Pradesh, l’Etat voisin de Delhi, n’a que 8 000 mégawatts d’électricité disponible, alors que la demande était, ces derniers jours, de 11 000 mégawatts, ce qui a contraint les autorités à opérer des coupures. A Varanasi (Bénarès), la nouvelle circonscription du Premier ministre, Narendra Modi, celles-ci ont atteint sept heures en ville et quatorze heures dans les villages. Faute d’électricité, de nombreux foyers sont également restés sans eau, les pompes électriques ne fonctionnant plus pendant plusieurs heures par jour. Même problème pour les agriculteurs, qui à présent redoutent que leurs prochaines récoltes ne soient perdues. Hier, dans le district de Banda, près de Allahabad, la température a atteint 48,2 degrés et à Agra, la ville du Taj Mahal, 47,3 degrés. La météo annonce une baisse des températures mais il faudra patienter encore avant la mousson salvatrice. Tardive cette année, elle ne pourrait atteindre Delhi qu’en toute fin du mois de juin.
La pluie vient enfin de tomber sur Delhi, mettant fin à la pire vague de chaleur connue par la capitale depuis 19 ans. Pendant six jours consécutifs, jusqu’à hier, les températures ont été supérieures à 45 degrés, donnant l’impression, dès que l’on quittait une pièce équipée d’un climatiseur ou d’un ventilateur, de pénétrer dans un four brûlant. Elles ont même atteint 47,8 degrés dimanche près de l’aéroport, la température la plus chaude enregistrée à Delhi depuis 62 ans. En plein air, la sensation de brûlure sur la peau était telle que beaucoup de femmes se recouvraient le visage intégralement d’un foulard, ne laissant paraître que les yeux. La demande inhabituelle en électricité pour refroidir, (ou du moins tiédir) les intérieurs, a entraîné de nombreuses coupures de courant répétées, parfois de plusieurs heures, rendant la vie très pénible aux nombreux habitants ne possédant pas d’alimentation de secours. Mais la situation a été bien plus dramatique pour certains sans-abri, à qui cette météo exceptionnelle a pris la vie : 79 corps non-identifiés ont été découverts à Delhi lors des quatre derniers jours, selon le Centre du Développement Holistique, qui aide les sans-abris. Soit beaucoup plus qu’en moyenne (dix par jour). La nuit dernière seulement, selon le Times of India, trois personnes dormant dehors ont trouvé la mort à proximité de Connaught Place, au cœur de New Delhi. Des pompes à eau qui ne fonctionnent plus Une grande partie de l’Inde est encore sous-équipée en cas de changement soudain de température, d’autant plus que la demande n’a de cesse d’augmenter. En effet, de plus en plus de foyers ont à présent les moyens de se payer au moins un ventilateur électrique. L’Uttar Pradesh, l’Etat voisin de Delhi, n’a que 8 000 mégawatts d’électricité disponible, alors que la demande était, ces derniers jours, de 11 000 mégawatts, ce qui a contraint les autorités à opérer des coupures. A Varanasi (Bénarès), la nouvelle circonscription du Premier ministre, Narendra Modi, celles-ci ont atteint sept heures en ville et quatorze heures dans les villages. Faute d’électricité, de nombreux foyers sont également restés sans eau, les pompes électriques ne fonctionnant plus pendant plusieurs heures par jour. Même problème pour les agriculteurs, qui à présent redoutent que leurs prochaines récoltes ne soient perdues. Hier, dans le district de Banda, près de Allahabad, la température a atteint 48,2 degrés et à Agra, la ville du Taj Mahal, 47,3 degrés. La météo annonce une baisse des températures mais il faudra patienter encore avant la mousson salvatrice. Tardive cette année, elle ne pourrait atteindre Delhi qu’en toute fin du mois de juin.