Results for "alpinisme+ou+andinisme"
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Chaussures/sac à dos pour un tour du monde? English translation pending
Bonjour! tout d'abord désolé d'ouvrir un nouveau post sur ce sujet mais je n'arrive pas à me fixer.
Pays visités: Inde, Thailande, Indonésie, Nouvelle Zélande, Brésil, Pérou et Equateur.
Besoins: Pour marcher très souvent durant le voyage et faire des randonnées. Ne pas avoir trop chaud dans les pays chaud mais chaussures résistantes et imperméables avec lesquelles nous pouvons faire des randonnées....
On nous a conseillé les Salomons Quest 4D GtX, Qu'en pensez-vous? D'autres chaussures moins chères et pas pour la haute montagne ne ferait-elle pas l'affaire? Prenez vous plutôt des chaussures basses/ mi montantes/ hautes? Pour homme: Millet trident GTX? Salomon Comet 3D GTX? Pour femme: Salomon Exit 2 GTX?Merrell siren mid vent GTX XCR?
Pour le sac à dos: le sac deuter air contact pro a l'air top! mais un peu cher. Le sac deuter air contact ne ferait-il pas l'affaire? ou un autre?
Bref dur de choisir mais nous voulons des chaussures et un sac de qualité pour ce grand voyage. Merci pour votre aide...
Besoins: Pour marcher très souvent durant le voyage et faire des randonnées. Ne pas avoir trop chaud dans les pays chaud mais chaussures résistantes et imperméables avec lesquelles nous pouvons faire des randonnées....
On nous a conseillé les Salomons Quest 4D GtX, Qu'en pensez-vous? D'autres chaussures moins chères et pas pour la haute montagne ne ferait-elle pas l'affaire? Prenez vous plutôt des chaussures basses/ mi montantes/ hautes? Pour homme: Millet trident GTX? Salomon Comet 3D GTX? Pour femme: Salomon Exit 2 GTX?Merrell siren mid vent GTX XCR?
Pour le sac à dos: le sac deuter air contact pro a l'air top! mais un peu cher. Le sac deuter air contact ne ferait-il pas l'affaire? ou un autre?
Bref dur de choisir mais nous voulons des chaussures et un sac de qualité pour ce grand voyage. Merci pour votre aide...
Questions diverses sur un voyage au Pérou English translation pending
Bonjour à toutes et tous
Et oui cette année c'est le Pérou mais toujours en voyage organisé (et oui je sais), donc nous allons faire les villes et sites classiques du Pérou.Mais j'ai diverses questions quand même pour les grands baroudeurs que vous êtes.
1) cette année c'est départ de ORLY , comme j'arrive la veille car départ tôt le matin, je prends un hôtel pas loin. Je me suis laissé dire qu'on pouvait laisser sa voiture sur le parking fermé de certains hôtels pour environ 12 jours. Est ce vrai et quels hôtels???? 2) apparemment il faut prévoir des vêtements type "polaire" chaud et léger pour la montagne ou vaut il mieux les acheter sur place ??? 3) j'ai toujours une cargaison de stylos, crayons, cahiers pour les gamins, est ce un pays où l'on peut distribuer des stylos sans les vexer ??? ou faut il amener autre chose ???? 4) je pars avec une amie qui est assez hypocondriaque......faut il prévoir une petite bombe d'air ou d'oxygène pour les hauteurs et si oui, où la trouver???
C'est un bon début pour les questions et je vous remercie pour vos futures réponses
Bernard (du Nord de la France....donc un chti)
1) cette année c'est départ de ORLY , comme j'arrive la veille car départ tôt le matin, je prends un hôtel pas loin. Je me suis laissé dire qu'on pouvait laisser sa voiture sur le parking fermé de certains hôtels pour environ 12 jours. Est ce vrai et quels hôtels???? 2) apparemment il faut prévoir des vêtements type "polaire" chaud et léger pour la montagne ou vaut il mieux les acheter sur place ??? 3) j'ai toujours une cargaison de stylos, crayons, cahiers pour les gamins, est ce un pays où l'on peut distribuer des stylos sans les vexer ??? ou faut il amener autre chose ???? 4) je pars avec une amie qui est assez hypocondriaque......faut il prévoir une petite bombe d'air ou d'oxygène pour les hauteurs et si oui, où la trouver???
C'est un bon début pour les questions et je vous remercie pour vos futures réponses
Bernard (du Nord de la France....donc un chti)
Chamonix: camping et randonnée début mai? English translation pending
Bonjour à tous,
Il est possible que je passe à Chamonix faire de la randonnée en début mai. Mon intention est de faire de la rando et de camper dans les montagnes (et de redescendre acheter de la nourriture quelques fois). J'aimerais savoir s'il y a des réglementations/restrictions concernant le camping dans la région de Chamonix/Argentière/Valorcine (Je parle ici de camper dans les montagnes environnantes et non dans les villes en tant que tel).
Également, dans le cas ou il est possible de camper pratiquement partout, ma 2e crainte est les animaux. Ne vivant pas en France, je ne connais absolument pas la faune que l'on y retrouve. Y-a-t-il des prédateurs/animaux représentant une menace pour l'homme? (ours, loups etc...). Est-ce que l'utilisation d'un ''Bear Keg'' serait nécessaire?
Dernière question, j'ai peu d'expérience en glacier mais j'aimerais en faire un peu. Est-ce qu'en mai, les crevasses des glaciers sont facilement visible ou est-ce que la neige couvre encore beaucoup de crevasses?
Merci beaucoup, Laurent
Il est possible que je passe à Chamonix faire de la randonnée en début mai. Mon intention est de faire de la rando et de camper dans les montagnes (et de redescendre acheter de la nourriture quelques fois). J'aimerais savoir s'il y a des réglementations/restrictions concernant le camping dans la région de Chamonix/Argentière/Valorcine (Je parle ici de camper dans les montagnes environnantes et non dans les villes en tant que tel).
Également, dans le cas ou il est possible de camper pratiquement partout, ma 2e crainte est les animaux. Ne vivant pas en France, je ne connais absolument pas la faune que l'on y retrouve. Y-a-t-il des prédateurs/animaux représentant une menace pour l'homme? (ours, loups etc...). Est-ce que l'utilisation d'un ''Bear Keg'' serait nécessaire?
Dernière question, j'ai peu d'expérience en glacier mais j'aimerais en faire un peu. Est-ce qu'en mai, les crevasses des glaciers sont facilement visible ou est-ce que la neige couvre encore beaucoup de crevasses?
Merci beaucoup, Laurent
Bateau stop de Las Palmas (îles Canaries) pour le Brésil English translation pending
Bonjour
Je ne sais pas si je post au bon endroit.
J'aurais aimé avoir l'avis de navigateurs...
Je vais dans le cadre de mon futur voyage chercher à rejoindre l'AM du sud en voilier.
Je compte faire du stop depuis Las Palmas. Ma question: y a t'il beaucoup de bateau au départ de Las Palmas pour le brésil? Je ne cherche pas à rejoindre l'AM centrale.
Le top serait Rio ou plus bas...
si vous avez des réponses, conseils, ... MERCI!
Itinéraire au Pérou et en Bolivie English translation pending
J'ai pour projet de partir en Amérique Latine. Je pense partir début Janvier 2013. J'ai l'intention de rester environ 3 mois au Pérou puis 3 mois en Bolivie.
J'ai pas trop d'itinéraire bien défini, et il changera surement d'ici là et aussi surement une fois sur place mais je pense que ça devrait ressembler à ça :
Pour le Pérou (Janvier -Février -Mars) - Arrivée à Lima - Pisco/Paracas - Ayacucho - Cusco (avec le Machu Picchu) - Nasca - Arrequipa - Puno - Lac Titicaca
Puis la Bolivie (Avril - Mai - Juin) - Copacabanna - La Paz - Trinidad - Santa cruz de la sierra - Sucre - Potosi - Uyuni - Oruro - La Paz
Puis retour en France...
Que pensez-vous de mon itinéraire? Avez vous quelques conseils ou bon plans à me donner? Pensez vous que la météo ne sera pas trop défavorable à ces dates là? Quelles sont les choses à ne pas manquer autours de ces villes?
Merci 🙂
J'ai pas trop d'itinéraire bien défini, et il changera surement d'ici là et aussi surement une fois sur place mais je pense que ça devrait ressembler à ça :
Pour le Pérou (Janvier -Février -Mars) - Arrivée à Lima - Pisco/Paracas - Ayacucho - Cusco (avec le Machu Picchu) - Nasca - Arrequipa - Puno - Lac Titicaca
Puis la Bolivie (Avril - Mai - Juin) - Copacabanna - La Paz - Trinidad - Santa cruz de la sierra - Sucre - Potosi - Uyuni - Oruro - La Paz
Puis retour en France...
Que pensez-vous de mon itinéraire? Avez vous quelques conseils ou bon plans à me donner? Pensez vous que la météo ne sera pas trop défavorable à ces dates là? Quelles sont les choses à ne pas manquer autours de ces villes?
Merci 🙂
Budget quotidien essence + nourriture en Nouvelles-Zélande? English translation pending
Bonjour à toutes et tous, 🙂
Nous sommes 2 et avons prévu de louer un van pendant 3 semaines pour traverser la NZ (départ christchurch, arrivée auckland). Je suis entrain d'essayer de définir un budget quotidien par personne histoire que nous ne soyons pas à côté de la plaque mais sans connaitre cette destination c'est assez difficile de se projeter. Je serais donc ravie d'avoir vos retours si vous êtes déjà parti faire un séjour dans le même genre...
Notre budget sur place devrait se limiter aux choses suivantes : - l'essence (qui j'imagine doit être un sacré budget vu le nombre de kilomètres que l'on va parcourir...) - l'achat de la nourriture (pas de restau envisagés mais plutôt repas simples à faire avec les moyens du bord ds un van... :-p ) - l'accès aux DOCS (campements autorisés) de temps en temps. - les dépenses éventuelles pour les visites, parcs etc...
A combien estimez-vous ces dépenses par jour (et/ou par personne) ?
Merci d'avance pour vos précieux conseils...😉
Nous sommes 2 et avons prévu de louer un van pendant 3 semaines pour traverser la NZ (départ christchurch, arrivée auckland). Je suis entrain d'essayer de définir un budget quotidien par personne histoire que nous ne soyons pas à côté de la plaque mais sans connaitre cette destination c'est assez difficile de se projeter. Je serais donc ravie d'avoir vos retours si vous êtes déjà parti faire un séjour dans le même genre...
Notre budget sur place devrait se limiter aux choses suivantes : - l'essence (qui j'imagine doit être un sacré budget vu le nombre de kilomètres que l'on va parcourir...) - l'achat de la nourriture (pas de restau envisagés mais plutôt repas simples à faire avec les moyens du bord ds un van... :-p ) - l'accès aux DOCS (campements autorisés) de temps en temps. - les dépenses éventuelles pour les visites, parcs etc...
A combien estimez-vous ces dépenses par jour (et/ou par personne) ?
Merci d'avance pour vos précieux conseils...😉
Népal: traversée du Tilmann La (Pass)? English translation pending
Salutations!
Je cherche à lire des récits de traversée du Tilmann La (de la vallée du langtang vers le Sud du col). et je trouve quasiment rien sur le Net sauf les itinéraires d'agences de trek... Rien non plus dans le Lonely Planet "Trekking in the Nepal Himalaya" , 8ième édition, 2004. Quelques infos dans une édition plus récente? No se.
Par exemple: je sais même pas si, générallement, on traverse à Kyangin Gompa par le pont pour se retrouver du côté sud du cours d'eau ou alors s'il existe un moyen de traverser le cours d'eau impétueux (dont je me rappelle plus le nom) qui se trouverait plus loin que Langshisha Karka dans la vallée, vers l'est; pour se diriger vers le col?
Je sais qu'il n'y aura aucun lodge/possibilité de ravitaillement après Kyangin, mais après la traversée du col? Combien de jours de marche (après avoir traversé le col) avant d'arriver à un village? Si vous avez fait en trek organisé, merci de bien vouloir me résumer votre expérience.
Un grand merci d'avance pour toute bribe d'info!
J'aime être hors des sentiers battus au Népal, et fort heureusement c'est encore très possible de se retrouver isolés dans des coins magnifiques. Si, par exemple, vous vous demandez si cela en vaut la chandelle de camper au camp de base du Cho Oyo, je vous répondrais que cet endroit est tout simplement époustouflant et que le lever du soleil dans cette cuvette est inoubliable...
Marc de Montréal
Je cherche à lire des récits de traversée du Tilmann La (de la vallée du langtang vers le Sud du col). et je trouve quasiment rien sur le Net sauf les itinéraires d'agences de trek... Rien non plus dans le Lonely Planet "Trekking in the Nepal Himalaya" , 8ième édition, 2004. Quelques infos dans une édition plus récente? No se.
Par exemple: je sais même pas si, générallement, on traverse à Kyangin Gompa par le pont pour se retrouver du côté sud du cours d'eau ou alors s'il existe un moyen de traverser le cours d'eau impétueux (dont je me rappelle plus le nom) qui se trouverait plus loin que Langshisha Karka dans la vallée, vers l'est; pour se diriger vers le col?
Je sais qu'il n'y aura aucun lodge/possibilité de ravitaillement après Kyangin, mais après la traversée du col? Combien de jours de marche (après avoir traversé le col) avant d'arriver à un village? Si vous avez fait en trek organisé, merci de bien vouloir me résumer votre expérience.
Un grand merci d'avance pour toute bribe d'info!
J'aime être hors des sentiers battus au Népal, et fort heureusement c'est encore très possible de se retrouver isolés dans des coins magnifiques. Si, par exemple, vous vous demandez si cela en vaut la chandelle de camper au camp de base du Cho Oyo, je vous répondrais que cet endroit est tout simplement époustouflant et que le lever du soleil dans cette cuvette est inoubliable...
Marc de Montréal
Entrer au Guatemala sans justification de retour? English translation pending
Bonjour,
Je prévois de parcourir l'Amérique Centrale et du Sud en sac à dos et par voie terrestre pendant 9 mois. Je commence par le Guatemala et j'arrive donc par avion en aller simple. Après discussion avec l'ambassade du Guatemala en France, je dois apporter la justification que je quitterai le territoire dans les 3 mois (date limite de séjour sans visa) au moment où j'arrive à l'aéroport, chose que je ne peux pas apporter puisque je compte passer les frontières par voie terrestre ...
J'ai vu dans d'autres discussions que si l'on rentre par voie terrestre sur le territoire, on n'a pas besoin d'apporter de justification, un simple tampon et un peu de paperasse suffisent. J'imagine donc que ça ne posera pas de problème une fois entré sur le territoire du Guatemala pour me balader de pays en pays, non ? En revanche, à l'aéroport de Guatemala City, je me demande s'ils me laisseront passer la douane facilement ...
J'aimerais avoir vos avis sur cette entrée sur le territoire, que ce soit au Guatemala ou dans les autres pays d'Amérique Centrale et du Sud histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises. Merci beaucoup pour vos retours !
Inutile de vous dire que j'ai trop hâte !!!
Enguerrand
Je prévois de parcourir l'Amérique Centrale et du Sud en sac à dos et par voie terrestre pendant 9 mois. Je commence par le Guatemala et j'arrive donc par avion en aller simple. Après discussion avec l'ambassade du Guatemala en France, je dois apporter la justification que je quitterai le territoire dans les 3 mois (date limite de séjour sans visa) au moment où j'arrive à l'aéroport, chose que je ne peux pas apporter puisque je compte passer les frontières par voie terrestre ...
J'ai vu dans d'autres discussions que si l'on rentre par voie terrestre sur le territoire, on n'a pas besoin d'apporter de justification, un simple tampon et un peu de paperasse suffisent. J'imagine donc que ça ne posera pas de problème une fois entré sur le territoire du Guatemala pour me balader de pays en pays, non ? En revanche, à l'aéroport de Guatemala City, je me demande s'ils me laisseront passer la douane facilement ...
J'aimerais avoir vos avis sur cette entrée sur le territoire, que ce soit au Guatemala ou dans les autres pays d'Amérique Centrale et du Sud histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises. Merci beaucoup pour vos retours !
Inutile de vous dire que j'ai trop hâte !!!
Enguerrand
Du tour des Écrins, Bourg-d'Oisans au tour des Glaciers de la Vanoise TGV English translation pending
Bonjour !
J'ai eu envie cet été de faire un peu de randonnée : d'abord le tour des écrins puis le tour des glaciers de la Vanoise, avec des personnes différentes, sous tente. Nous commencerons et finirons à bourg d’Oisans le tour des écrins. Ce qui me plairait, c'est de relier les deux circuits à pied, c'est à dire de relier de bourg d’Oisans le tour des glaciers de la Vanoise par le sud. Je suis donc à la recherche d'un trajet (avec une belle vue !) sans limite de temps pour relier les deux. Pour l'instant, j'ai du mal à évaluer le temps que ça me prendrais, et à choisir par où passer. C'est pourquoi je vous demande vos avis et vos conseils !
Avez vous des coins sympa par lesquels passer à me conseiller ? Des chemins qui présentent plus d’intérêts que d'autres ? 🙂
Merci beaucoup et bon weekend !
J'ai eu envie cet été de faire un peu de randonnée : d'abord le tour des écrins puis le tour des glaciers de la Vanoise, avec des personnes différentes, sous tente. Nous commencerons et finirons à bourg d’Oisans le tour des écrins. Ce qui me plairait, c'est de relier les deux circuits à pied, c'est à dire de relier de bourg d’Oisans le tour des glaciers de la Vanoise par le sud. Je suis donc à la recherche d'un trajet (avec une belle vue !) sans limite de temps pour relier les deux. Pour l'instant, j'ai du mal à évaluer le temps que ça me prendrais, et à choisir par où passer. C'est pourquoi je vous demande vos avis et vos conseils !
Avez vous des coins sympa par lesquels passer à me conseiller ? Des chemins qui présentent plus d’intérêts que d'autres ? 🙂
Merci beaucoup et bon weekend !
Grand tour de l'Europe à pied et camping sauvage, équipement indispensable? English translation pending
Oyé Oyé !!
Bonjour à Tous !
Je fais appel aux baroudeurs aguerris, voyageurs de longue date, aux amoureux du trek sauvage ( ou presque ! ) pour poser une petite question :
Tout D'abord, après multiples projets de voyage, j'ai enfin choisi ma destination : a partir de début Juin 2012, je compte partir faire un grand tour de l'Europe ( je dispose de beaucoup de temps ) en commençant par Bergen, à L'Ouest de la Norvège, puis traverser la Suède, la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, Ukraine, Moldavie, Roumanie, Bulgarie, Macédoine, Albanie, Monténégro, Croatie, Slovénie, Autriche, Suisse et France.. Je compte faire ce grand tour à pieds et dormir le plus possible en camping sauvage.
Question : Quel est le matériel INDISPENSABLE à avoir avec soit lorsqu'on souhaite être le plus indépendant possible sur les routes ( mis à part l'équipement de base et de rigueur : tente, sac de couchage, vêtements chauds, imperméable, canif, trousse de secours, de couture, lampe ) Pouvez vous me donner l'exemple d'un ou des " outil " qui vous a été d'un grand secours pendant vos périples et auquel on ne pense pas spécialement avant de partir ?
Je tiens à préciser que je compte voyager le plus " pauvrement " et léger possible. aucun confort excepté l'indispensable.
Je vous remercie !!
Bonne route à tous !
Je fais appel aux baroudeurs aguerris, voyageurs de longue date, aux amoureux du trek sauvage ( ou presque ! ) pour poser une petite question :
Tout D'abord, après multiples projets de voyage, j'ai enfin choisi ma destination : a partir de début Juin 2012, je compte partir faire un grand tour de l'Europe ( je dispose de beaucoup de temps ) en commençant par Bergen, à L'Ouest de la Norvège, puis traverser la Suède, la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, Ukraine, Moldavie, Roumanie, Bulgarie, Macédoine, Albanie, Monténégro, Croatie, Slovénie, Autriche, Suisse et France.. Je compte faire ce grand tour à pieds et dormir le plus possible en camping sauvage.
Question : Quel est le matériel INDISPENSABLE à avoir avec soit lorsqu'on souhaite être le plus indépendant possible sur les routes ( mis à part l'équipement de base et de rigueur : tente, sac de couchage, vêtements chauds, imperméable, canif, trousse de secours, de couture, lampe ) Pouvez vous me donner l'exemple d'un ou des " outil " qui vous a été d'un grand secours pendant vos périples et auquel on ne pense pas spécialement avant de partir ?
Je tiens à préciser que je compte voyager le plus " pauvrement " et léger possible. aucun confort excepté l'indispensable.
Je vous remercie !!
Bonne route à tous !
Tour des Annapurnas en vingt-six jours avec une agence English translation pending
Bonsoir,
Je prépare un trek au Népal pour octobre mais je n'ai pas encore fait de choix définitif. J'ai l'habitude de randonner en itinérant (maxi 15 jours) mais là j'ai un peu peur de l'altitude.... 5400 m, si quelqu'un peut me donner ses impressions sur le tour des Anapournas avec les Portes de l'Aventure. D'avance merci.
Recherche point de chute dans le Yukon English translation pending
Bonjour à tous,
alors voila je me présente : je vais avoir 18 ans et j'ai prévu de partir dans le yukon pour faire de la randonnée et surtous pour vivre en pleine nature pendant ( si possible) quelque mois .
J'ai déja tous mon matériel, mon billet d'avion (pour le 9 septembre 2012) et mon itineraire est planifié, j'atterirais à whitehorse .
Mais il me reste encore à trouver une généreuse personne qui serait d'accord de me servir de point de chute en cas de problème. Si vous êtes pret à me rendre ce service ou si vous connaissez quelqu'un qui pourrait accepter, je vous en serais très reconnaissant .
merci a tous
Ascension de l'Aconcagua: conseil pour l'équipement (Argentine) English translation pending
Bonjour à tous,
Je vais bientôt tenter l'ascension de l'Aconcagua (par la voie normale) et j'ai quelques doutes sur une partie de mon équipement :
- mes chaussures sont des Quechua Alpinism 300 : sont-elles suffisantes pour affronter des températures très négatives? si tel n'est pas le cas, avez-vous un modèle à me conseiller dont la principale qualité sera de protéger du froid?
- gants ou moufles? les moufles sont-elles vraiment indispensables?
- la combinaison collant thermique + pantalon Quechua Alpinism 700 est-elle suffisante?
Merci pour tous vos conseils.
Yohan
Je vais bientôt tenter l'ascension de l'Aconcagua (par la voie normale) et j'ai quelques doutes sur une partie de mon équipement :
- mes chaussures sont des Quechua Alpinism 300 : sont-elles suffisantes pour affronter des températures très négatives? si tel n'est pas le cas, avez-vous un modèle à me conseiller dont la principale qualité sera de protéger du froid?
- gants ou moufles? les moufles sont-elles vraiment indispensables?
- la combinaison collant thermique + pantalon Quechua Alpinism 700 est-elle suffisante?
Merci pour tous vos conseils.
Yohan
Trek et ascension dans les Andes English translation pending
Bonjour à Tous,
Après l’Himalaya, cette année, j'ai jeté mon dévolu sur les Andes.
Durant mon voyage, je souhaiterai allier trek (avec paysages variés et jolis...) et ascension "facile" d'un sommet.
N'ayant aucune expérience de cette partie du monde, je m'en remets à vos conseils et suggestions 🙂
Je suis bien conscient que ma demande est très large, mais je ne sais même pas vers quel pays me diriger. J'avais pensé à la Bolivie...
Merci d'avance.
Après l’Himalaya, cette année, j'ai jeté mon dévolu sur les Andes.
Durant mon voyage, je souhaiterai allier trek (avec paysages variés et jolis...) et ascension "facile" d'un sommet.
N'ayant aucune expérience de cette partie du monde, je m'en remets à vos conseils et suggestions 🙂
Je suis bien conscient que ma demande est très large, mais je ne sais même pas vers quel pays me diriger. J'avais pensé à la Bolivie...
Merci d'avance.
Tanzanie (Kilimanjaro/safari): médicaments contre le paludisme et habits? English translation pending
Bonjour,
Je pars dans quelque semaines en Tanzanie pour un mini tour (montagne / safari / mer) et je serais reconnaissante si quelqu’un pouvait me conseiller sur deux-trois petites questions que je me pose :1) L’usage des médicaments contre paludismeLe docteur m’a prescrit « malarone » (contre paludisme) à prendre un jour avant l’entrée dans la zone à risque et puis continuer tout le longue de séjour. Nous commençons notre séjour par les montées des Monts Meru et Kilimanjaro, puis nous allons poursuivre avec safari. Avant Mt Meru, nous passerons une nuit à Arusha. De même une autre nuit à Arusha ou Moshi, entre Meru et Kilimanjaro. On m’a dit que si on passe une journée à Arusha, il vaut mieux être protégé. En même temps, on m’a dit aussi que lorsqu’on monte le Kili, c’est mieux ne pas être sous l’emprise des médicaments, car on sent moins bien si quelque chose ne va pas (maladie de Montagne). Du coup, je ne sais pas si c’est mieux que je prenne ce malarone dès mon entrée en Tanzanie, ou si je devrais le commencer après la montage, juste pour la période de safari?2) VêtementsJe pense savoir bien (j’espère ;) ce qu’il faut prendre pour la haute montagne. Mais je suis moins convaincue pour le safari. - Est-ce que les shorts et les sandales de trekking sont conseillés ? Ou est-ce que c’est mieux d’avoir un pantalon léger long et chemise aux manches longues ? (pour se protéger des moustiques et des bestioles rampantes) Vu que nous serons limités à quinze kg en tout pour nos bagages, je suis dans l’obligation de considérer seulement ce qui est le plus utile / utilisable lors de ce séjour.
Merci d’avance pour vos conseils précieux.
Monika
Je pars dans quelque semaines en Tanzanie pour un mini tour (montagne / safari / mer) et je serais reconnaissante si quelqu’un pouvait me conseiller sur deux-trois petites questions que je me pose :1) L’usage des médicaments contre paludismeLe docteur m’a prescrit « malarone » (contre paludisme) à prendre un jour avant l’entrée dans la zone à risque et puis continuer tout le longue de séjour. Nous commençons notre séjour par les montées des Monts Meru et Kilimanjaro, puis nous allons poursuivre avec safari. Avant Mt Meru, nous passerons une nuit à Arusha. De même une autre nuit à Arusha ou Moshi, entre Meru et Kilimanjaro. On m’a dit que si on passe une journée à Arusha, il vaut mieux être protégé. En même temps, on m’a dit aussi que lorsqu’on monte le Kili, c’est mieux ne pas être sous l’emprise des médicaments, car on sent moins bien si quelque chose ne va pas (maladie de Montagne). Du coup, je ne sais pas si c’est mieux que je prenne ce malarone dès mon entrée en Tanzanie, ou si je devrais le commencer après la montage, juste pour la période de safari?2) VêtementsJe pense savoir bien (j’espère ;) ce qu’il faut prendre pour la haute montagne. Mais je suis moins convaincue pour le safari. - Est-ce que les shorts et les sandales de trekking sont conseillés ? Ou est-ce que c’est mieux d’avoir un pantalon léger long et chemise aux manches longues ? (pour se protéger des moustiques et des bestioles rampantes) Vu que nous serons limités à quinze kg en tout pour nos bagages, je suis dans l’obligation de considérer seulement ce qui est le plus utile / utilisable lors de ce séjour.
Merci d’avance pour vos conseils précieux.
Monika
Liste de vêtements d'hiver en cyclocamping? English translation pending
Bonjour,
Nous venons de parcourir les sujets traitant de cette question. Intéressant mais concrètement.. quelqu'un peut-il nous propser une liste (concrète donc) de vêtement hiver à acheter pour ballades à venir (exemple: cet hiver, bretagne nord, puis quand on pourra Islande et Lofoten Norvège). Pratiquons cyclo depuis longtemps mais jamais hiver. Nous dormons toujours dans la nature. Ce n'est que la question des vêtements qui nous intéresse pour pluie vent froid (les trois en même temps-)
Vêtements donc et marques concrètes dans lesquelles investir + Synthèse explicative bienvenue justifiant vos choix du fait de vos expériences (ex: les trois couches, les journaux, le changement de tenue après l'huile de canfre, pb des pieds et mains...) Investir: ok, vraiment sans compter ok(- mais dans quoi? pour un retour sur investissement sérieux Des pieds à la tête une suggestion donc? Nous achèterons votre liste... après l'avoir étudiée-)
Ice breaker par exemple semble être une marque bien mais n'arrive pas à distinguer ce qui relève spécifiquement du cyclotourisme. C juste un exemple, je ne veux pas influencer avec cette marque, il y en a cent autres j'imagine Voilà! Merci bcp
Vêtements donc et marques concrètes dans lesquelles investir + Synthèse explicative bienvenue justifiant vos choix du fait de vos expériences (ex: les trois couches, les journaux, le changement de tenue après l'huile de canfre, pb des pieds et mains...) Investir: ok, vraiment sans compter ok(- mais dans quoi? pour un retour sur investissement sérieux Des pieds à la tête une suggestion donc? Nous achèterons votre liste... après l'avoir étudiée-)
Ice breaker par exemple semble être une marque bien mais n'arrive pas à distinguer ce qui relève spécifiquement du cyclotourisme. C juste un exemple, je ne veux pas influencer avec cette marque, il y en a cent autres j'imagine Voilà! Merci bcp
Route des Grandes Alpes à vélo en septembre 2011 English translation pending
Route des Grandes Alpes
Je n’aurais jamais imaginé, il y a seulement quelques années, que je réaliserais à vélo cette route de Thonon-les-Bains à Nice en passant par les plus grands cols des Alpes. En effet, pour moi les routes des Alpes représentaient uniquement des chemins d’accès pour me rendre au départ des escalades que je projetais. Ces fonds de vallées, comme par exemple la Maurienne, encombrés d’usines plus ou moins en déréliction sont tristes et font penser à Zola et aux conditions ouvrières du XIX siècle. L’idée de séjourner dans ces endroits plus que le temps strictement nécessaire à un passage rapide en voiture, ne me serait jamais venue. La montagne pour moi reste synonyme d’air pur, d’absence de bruit, de gaz d’échappement, de béton ou de goudron, donc tout le contraire de ce que l’on rencontre fréquemment tout au long de cette route mythique. La montagne je me suis toujours imaginé que pour en apprécier toute la dimension il est nécessaire de la découvrir en solitaire loin des chemins battus.
Fort de cet état d’esprit, comment peut-on en arriver à suivre ce ruban d’asphalte sur 666 kilomètres (ce qu’a indiqué mon compteur) ? Il n’y a pas si longtemps, j’aurais probablement déclaré, de façon tout à fait péremptoire, que ce projet était une ineptie contraire à ma philosophie, et que jamais oh ! grand jamais, je ne me lancerais dans ce genre d’aventure ! Comme quoi, bien se mettre en mémoire la fameuse formule : ne jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau. Oui, car ce 31 août 2011, je suis avec Evelyne au départ de ce fameux itinéraire, qui de plus fête ses cent ans.
Comment puis-je donc m’engager dans un projet, qui il n’y a pas si longtemps semblait si peu en concordance avec ma conception et mes aspirations en matière de voyage ?
Différents facteurs se sont liés, je dirais même ligués pour m’amener à un tel revirement. Tout d’abord, mes premières expériences à vélo, qui m’ont fait découvrir le fabuleux plaisir de l’effort sans fin le long de grandes montées, m’ont amené à ne penser qu’en termes d’effort, en quelque sorte déconnecté de l’environnement. Ensuite, des discussions avec des cyclotouristes, en particulier Jean mon acolyte de la traversée de l’Europe et des Andes. Cette route il l’a faite à plusieurs reprises, et il en parle avec passion et son regard s’illumine aux noms de Galibier, Iseran, Izoard, la Bonnette etc. D’autre part, les fabuleuses images qui chaque année à l’occasion du tour de France reviennent durant presque un mois, m’ont aussi sans doute profondément influencé, jusqu’à vouloir imiter ces forçats de la petite reine. Il faut dire que les reportages présentés à cette occasion par les équipes embarquées à bord d’hélicoptères, sont d’une qualité et d’un esthétisme exceptionnels. Ils ne nous montrent pas seulement les Alpes, mais la France entière. On découvre les richesses architecturales et naturelles de ce pays incomparable qu’est la France ! Garde à vous on entonne la Marseillaise!
Ces facteurs, lentement, ont mûri dans mon esprit, pour finalement déclencher des envies et des émotions nouvelles, m’amenant à une vision des choses sous un angle différent, d’où un basculement radical d’opinion. Et de plus, au moment de concrétiser ce projet, l’envie de partir vivre une aventure orientée vers l’effort physique avec Evelyne, compagne de vélo sûre, toujours volontaire et de bonne humeur, n’a fait que précipiter le départ. Une fois que la décision fut prise, pas grand-chose à planifier, plus rien à faire que pédaler, car tout est bien balisé. Mais j’ai pris conscience que ce trajet à travers les Alpes que je connais bien, allait aussi sans doute représenter l’essentiel, la mémoire de mon père. En effet, il n’y a pas un massif que je n’ai fréquenté avec lui. Je savais qu’à chaque détour de la route ou du haut des cols je contemplerais des sommets que j’avais gravis en sa compagnie, ou dont il m’avait parlé avec passion. Et là, à partir de ce moment, ce dessein s’est inscrit en moi à la manière d’un pèlerinage à la quête de ce père qui m’a ouvert à la vie et qui m’a insufflé ma plus grande passion, l’alpinisme.
Voilà comment je me retrouve au départ de cette route mythique, l’année de son centenaire. Concernant cette date anniversaire, il faut rester prudent. En effet, de nombreux événements significatifs sont révélés lorsqu’on se penche sur l’histoire de cet itinéraire des grands cols. Les travaux avaient commencé au XIX siècle. C’est en 1911 que les premiers voyages ont été organisés par la compagnie PCM (Compagnie des Chemins de Fer de Paris Lyon à la Méditerranée), bien que certains tronçons ne fussent pas totalement aménagés. J’imagine qu’à l’époque de ces premiers périples organisés, les privilégiés qui en profitèrent, firent un voyage époustouflant à travers des régions très peu médiatisées en ces temps, et que le décor qu’ils découvrirent du haut de l’Iseran ou du Galibier les marqua durablement. En effet à notre époque, lorsque nous partons dans des contrées lointaines, nous avons déjà vu une multitude de photos ou de reportages, qui embellissent souvent la réalité, ce qui nous prépare à ce que nous allons découvrir. Au début du XX siècle, la publicité et autres représentations en images étaient moins développées, d’où probablement une émotion décuplée devant des paysages grandioses, dont on ne se faisait aucune idée quant à la splendeur et la grandeur.
Tout évolue, donc cette route mythique s’est transformée en itinéraire touristique de masse, certes magnifique mais plus vraiment exotique. Il en est de même des grandes voies d’alpinisme. Je pense tout particulièrement à la Meije, que l’on découvre du col du Galibier, et qui culmine presque à 4000 mètres. La première traversée des longues arêtes de ce sommet a été réalisée le 26 juillet 1883 par le grand guide de l’Oisans le Père Gaspard. Le sommet avait été atteint en 1877 par ce même guide accompagné d’un jeune alpiniste, Boileau de Castelnau. En cette fin du XIX siècle, cette entreprise passait pour un exploit d’exception, alors que de nos jours, sans minimiser l’engagement qu’elle implique, elle est classée tout simplement AD (assez difficile). C'est-à-dire qu’elle ne présente aucune difficulté technique d’escalade pour les virtuoses de notre époque, bien que l’enneigement puisse présenter un danger redoutable.
Voilà en quelques mille mots les pensées qui m’habitent au départ de cette chevauchée de cols en cols, du Léman à la mer, tout au long des 666 kilomètres et des 15000 mètres de dénivelé qui nous attendent.
Premier Jour : Thonon-les-Bains Cluses 60 km
Un peu avant midi le train nous dépose en gare de Thonon-les-Bains. Les TER Bombardier sont vraiment pratiques pour les cyclistes. En effet, en plus de permettre une vue panoramique au voyageur, ils offrent toutes les commodités pour les vélos. Pas de marches exigües et très raides à franchir en effectuant des efforts surhumains. On pénètre du quai dans le wagon en faisant rouler sa bicyclette sans changement de niveau. Ensuite, il suffit de l’accrocher dans le coin prévu à cet effet, et inutile de décrocher les sacoches et autres bagages. Oui, je fais de la publicité pour la SNCF !
Pour cet après-midi, nous avons l’intention de rejoindre les Gets, à peu près quarante kilomètres. Ce qui pour une étape de la demi-journée devrait constituer une mise en jambe en douceur. Cependant sur notre carte nous éprouvons des difficultés à évaluer le dénivelé, la montée sera-t-elle longue et le pourcentage élevé ? Nous verrons bien.
Donc sans idée précise de ce qui nous attend, nous quittons cette jolie ville de Thonon et nous engageons dans les gorges de la Dranse. Le temps est au beau, la température idéale pour pédaler et la circulation peu importante. Ce début de voyage sur une route à peine montante est très agréable. La rivière nous offre des points de vue superbes, bouillonnements d’eau au milieu desquels de gros cailloux mettent en exergue l’écoulement de l’onde, toute en courbes frangées d’écume, du plus bel effet.
Les Gets sont rapidement atteints, et sans difficulté notre vitesse moyenne frise les 20 km/h. Evelyne trouve que comme d’habitude je pars trop vite, mais je ne sais pas rouler doucement. Il faut toujours que je sois presque au maximum de mes possibilités. Je prends un peu d’avance, car je sais que les jours suivants dans les grandes pentes, alors que je donnerai le maximum, elle sera loin devant.
Après un pique-nique frugal à base de charcuterie, nous nous attablons à un bar en bordure de route, pour le café rituel que nous ne manquons jamais de boire en début d’après-midi. On prendrait presque des habitudes de vieux couple, en effet cela fait déjà cinq voyages à vélo que nous effectuons ensemble, Evelyne et moi. Je commande un expresso et elle sa traditionnelle noisette allongée. Un couple de cyclistes allemands s’arrête, nous les invitons à notre table et échangeons nos expériences de pédaleurs. La discussion passe des cols de la région à la magnifique descente du Danube, et de là, à la piste cyclable de l’Elbe, région sauvage et préservée. Ces rencontres au hasard des déplacements, au détour d’une pause café, font partie intégrante du voyage à vélo. Nous nous sentons bien avec nos interlocuteurs, mais le temps file. Malgré le grand plaisir de l’échange, nous prenons congé et continuons notre route. Le voyage c’est aussi une succession de rencontres et de séparations.
La petite ville de Taninges est vite atteinte. L’après-midi n’est pas très avancé, et nous poussons jusqu’à Cluses, qui n’est distante que d’une dizaine de kilomètres. Après une côte de deux ou trois kilomètres, nous arrivons à un point haut, d’où la vue porte sur la vallée située au sud. Cluses s’étale à nos pieds et nous n’avons qu’à nous laisser entraîner par la gravité à vive allure pour rejoindre l’hôtel de la gare qui nous fournira le gîte et le couvert pour notre première nuit. Cet hôtel de la gare, je le connais bien. En effet, il nous sert de point de chute habituel lorsque nous venons grimper dans la région.
Cluses, comme toutes ces villes de fond de vallée est enserrée entre des montagnes aux pans abrupts qui donnent au lieu un air austère, et cela d’autant plus le soir lorsque les rayons du soleil restent là-haut accrochés sur les crêtes et ne nous gratifient plus de leur douce chaleur.
Deuxième Jour : Cluses Beaufort 95 km
La nuit a été chahutée. Un orage violent a sévi de 1h à 3h du matin. De grandes quantités d’eau sont tombées. Le tonnerre et les éclairs nous ont gratifiés d’un spectacle sonore et lumineux de premier plan. On ne peut s’empêcher de penser que si le temps devait être mauvais, notre projet de traversée des Alpes serait radicalement compromis. A vélo les conditions météorologiques constituent un facteur déterminant, qui conditionne la réussite de l’entreprise. On garde constamment à l’esprit que nous sommes et restons soumis aux aléas du temps et aux coups de colère de la terre. On abandonne notre condition d’hommes appartenant à une civilisation qui ne regardent plus la planète, sûrs que la technologie nous permettra de passer outre les intempéries. Se soumettre à la merci des éléments nous remet à notre place d’êtres, vivant aux rythmes de la nature. Cela à mon avis donne un vrai sens au voyage et lui rend toute sa profondeur. J’imagine l’alpiniste qui scrute au matin l’état du ciel et les conditions de la paroi, le marin qui écoute le bulletin météorologique dans l’attente d’un éventuel avis de tempête, l’explorateur du pôle évaluant la violence du vent et le danger des basses températures.
Après un petit déjeuner copieux, nous équipons nos vélos et nous quittons la ville par de petites rues peu passantes et encore ruisselantes des fortes pluies de la nuit. Le pied du col de la Colombière est rapidement atteint. Il va constituer le premier gros « morceau » de notre étape, 1128 mètres de dénivelé pour 20 kilomètres. Tout commence dans les meilleures conditions. Nous montons dans une belle forêt encore toute humide qui nous distille sa fraîcheur, sur une route où le trafic est quasiment absent. Le village du Reposoir est dépassé et nous discernons sa jolie chartreuse fondée au XII siècle. Cependant, nous ne prenons pas le temps de nous y arrêter sachant que notre étape du jour sera longue et difficile, trois cols au programme. Cela me fait dire que le voyage à vélo n’est pas toujours le meilleur moyen de visiter. En effet, ce mode de déplacement lent, n’autorise pas souvent les arrêts pour satisfaire sa curiosité, car cela risquerait de compromettre l’objectif de la journée. On reste tendu sous la contrainte horaire, dans l’espoir d’arriver au terme de notre étape dans des délais horaires convenables. La recherche d’un hébergement selon les endroits n’étant pas toujours acquise, cela ne fait que renforcer notre volonté de ne pas arriver trop tard. Tout là-bas, nous discernons enfin le col, mais nous n’avons pas l’impression d’avancer. Une rampe immense à l’inclinaison importante nous force à des vitesses lentes. Evelyne prend de l’avance et je me traîne à six ou sept à l’heure. Enfin, je rejoins ce col que je convoite depuis un bon moment. Il est plus de 11 heures. Avec Evelyne nous nous regardons et restons quelque peu dubitatifs. Nous n’avons fait qu’une vingtaine de kilomètres et il nous reste deux cols à gravir pour une étape d’une centaine de kilomètres jusqu’à Beaufort. Aurions-nous présumé de nos forces ? Nous ne sommes pas loin de le penser. Mais je me souviens de certaines expériences, où tout démarrait mal ou trop lentement et comme par miracle au cours de la journée tout rentrait dans l’ordre et l’objectif était atteint contre toute attente. Donc, continuons et nous verrons bien. Avant de partir, un dernier coup d’œil me rappelle des expériences d’escalade sur les parois qui nous environnent. Sur ces falaises au-dessus de nous il y a quelques années j’ai reçu une pierre qui m’a entaillé l’arcade sourcilière. J’étais descendu au grand Bornand où l’on m’avait posé quelques points de suture. Surprise lorsque je vois le médecin, le portrait craché du ministre Barnier. Il s’agissait de son frère. Et puis aussi je pense à l’imposante Pointe Percée qui s’élançait derrière le village du Reposoir et barrait de sa masse imposante une vallée secondaire. Je l’avais gravie il y a quelques années. Elle présente une magnifique arête ouest de 450 mètres à l’escalade agréable et de difficulté raisonnable. Mais le jour de notre ascension l’automne était bien avancé et le haut de la paroi était en partie couvert de glace. Cependant la fine pellicule de verglas avait eu le bon goût de laisser quelques grattons bien placés, sur lesquels nous pouvions poser nos chaussons d’escalade. Cela nous a cependant procuré quelques émotions.
Il me faut arrêter de rêver sur les escalades du coin, car notre chemin est encore long et accidenté pour arriver à Beaufort. Tout d’abord une belle descente, dans un cadre magnifique de hautes parois calcaires blanches au pied desquelles de grandes prairies à l’herbe grasse et sombre, nous permet de faire remonter notre moyenne. Dans ces moments, inexorablement le moral remonte aussi. Nous atteignons la superbe station du Grand Bornand, où nous faisons quelques emplettes pour notre repas de midi. L’architecture est magnifique, de vastes chalets au bois sculpté et vernis, aux façades couvertes de fleurs multicolores parsèment les flancs de la vallée. Nous profitons de cette halte pour admirer la mairie superbement fleurie.
Rapidement, par une route au trafic dense, nous atteignons la Clusaz au pied du col des Aravis. Ce deuxième col, à la montée courte, sera vite grimpé. La foule des visiteurs est importante. Je contemple les falaises qui dominent ce lieu et me souviens y être venu faire de l’escalade il y bien une trentaine d’années. Mon Dieu que le temps passe vite !
La descente nous conduisant au pied du col des Saisies me semble infinie. Cela nous laisse envisager une dernière montée longue. En effet, elle se développe sur 17 kilomètres, mais nous ne souffrirons pas trop, car certains d’atteindre notre but de la journée. Comme quoi le moral est primordial et les jambes suivent presque toujours. Cela me rappelle l’une de mes connaissances et maître à penser, athlète hors normes qui a parcouru la terre entière à pied, en particulier les déserts les plus hostiles. Lors de sa traversée de l’Australie en courant, il s’était fixé des étapes journalières de cent kilomètres. Généralement il avait un coup au moral et donc de fatigue vers les 70 kilomètres. Il mobilisait sa volonté et surmontait à chaque fois sa faiblesse journalière. En me narrant cette expérience il me dit que s’il s’était fixé des étapes non de 100 kilomètres mais de 130, son passage à vide il l’aurait eu vers 100 et non à 70 kilomètres. Cette anecdote prouve bien toute l’importance de l’esprit et du mental dans de grands projets. Mais je ne vais pas comparer notre balade de 10 jours dans les Alpes à la traversée de l’Australie en courant ! Cependant, il ne faut pas la minimiser. Ayant traversé une bonne partie des Andes à vélo l’année dernière en passant de très nombreux cols au-dessus des 4000 mètres, je pensais me balader dans les Alpes. Je constate que ce n’est pas tout à fait le cas !
Revenons à la montée du col des Saisies et ses 17 kilomètres. Nous l’atteignons donc sans grande difficulté, du fait de la remontée en flèche de notre moral, et notre regard plonge enfin vers le magnifique village de Beaufort qui se blottit tout en bas dans la vallée au pied du premier gros obstacle de notre étape du lendemain, le Cormet de Roselend et ses 1200 mètres de dénivelé. Drôle de nom tout de même pour un col, dont j’ignore l’origine. Mais il représente un grand intérêt, le tour de France y est passé à dix reprises.
Une immense descente nous conduit à Beaufort. Enfin nous y sommes vers les 18 heures. Nous aurons cumulé aujourd’hui plus de 2400 mètres de dénivelé. Une fois au centre du bourg, nous constatons qu’Il y a manifestement encore beaucoup de monde en vacances en ce tout début septembre. Nous trouvons un hébergement dans l’hôtel du Grand Mont, tout heureux d’obtenir une chambre. De nombreux motards, surtout des Allemands y sont déjà installés.
Le nom de cet hôtel me rappelle mes débuts à ski de randonnée avec mon père alors que j’avais 12 ans, car le Grand Mont d’Arêches a été la première montagne que j’ai gravie skis aux pieds. Cette première expérience m’a enthousiasmé et de nombreuses autres sorties à peaux de phoque ont suivi. Ce sport représente à mes yeux, l’un des plus enivrants. En effet, pouvoir escalader de grandes montagnes enneigées fréquemment sans aucune trace, puis se lancer dans des descentes souvent raides où l’on se laisse guider à l’inspiration sur cet immense tapis blanc et vierge, représente une des plus belles communions que l’on puisse ressentir avec la nature. Outre la joie de ces descentes en neige vierge, le plaisir de l’effort à la montée, parfois durant de longues heures, les fonds de vallées s’éloignant et la cime des sommets environnants se rapprochant, fait naître une vraie symbiose avec ce milieu minéral hostile. Le plus incroyable, ces pics qui semblaient si hauts, si loin presque inatteignables, on finit par les dépasser et les regarder d’en haut. Oui ce plaisir contribue à faire de cette activité montagnarde l’une des plus belles. Cet effort, qui s’inscrit dans la durée, permet de ressentir son corps vivre. Cependant elle est particulièrement dangereuse, plus que l’escalade extrême. Le rocher est un matériau solide, la neige par contre est une substance fluide. Le risque d’avalanche est souvent présent avec tous les dangers que cela représente. L’expérience ne suffit pas toujours à se prémunir de ce danger de la mort blanche, et cela d’autant moins, que souvent des neiges poudreuses instables sont fabuleuses à skier ! Voilà je suis en plein dans mon voyage à vélo sur la piste de mon passé montagnard avec mon père. Le plus étonnant, cette première randonnée à ski, dont je me souviens avec précision, j’aurais eu de la difficulté à en situer le lieu sur une carte et tout naturellement le nom de cet hôtel me permet de la positionner avec précision. Cela fait quand même quarante six ans !
Troisième jour : Beaufort Val d’Isère 77km
Après une soirée gastronomique et une nuit paisible, nous sommes à même d’attaquer les vingt kilomètres qui nous conduiront au Cormet de Roselend. Alors que nous sortons de l’hôtel et préparons nos vélos, un couple d’Américains en fait de même. Ils se sont aussi lancés dans la traversée des Alpes, leur point de départ étant Genève. Après avoir fait quelques achats nous nous lançons dans la montée. Au début la route serpente le long d’un versant boisé. Nous gagnons rapidement de l’altitude et la vallée à nos pieds apparaît de plus en plus encaissée. Avec cette prise d’altitude rapide la perspective s’élargit et des sommets émergent, ce qui procure un vif plaisir. A l’arrivée sur le lac de Roselend, nous retrouvons le couple d’Américains. Tandis qu’ils continuent, nous nous arrêtons boire un café. De la terrasse, à laquelle nous sommes assis, nous surplombons le lac à la surface calme, sans une ride. La couleur de l’eau est presque irréelle, vert émeraude. De loin en loin, je distingue les ronds faits à la surface par les poissons, sans doute des truites, qui viennent pointer leur museau. Je resterais des heures à contempler ce spectacle. Comme quoi, contrairement à ce que je pensais, pas la peine de marcher des heures loin de toute présence humaine pour pouvoir s’absorber dans des spectacles de toute beauté. Mais il n’est pas question de trop s’attarder, car nous n’avons pas encore atteint notre premier col, et le plat de résistance nous attend dans l’après-midi.
Il nous reste exactement 363 mètres de dénivelé pour atteindre le Cormet. La forêt a disparu, cédant la place aux alpages d’altitude, à l’herbe rase et claire. Nous commençons par descendre légèrement. Dans les grandes montées on appréhende toujours le fait de descendre, car cela implique qu’il va falloir reprendre l’altitude perdue. On a un peu l’impression de monter deux fois. Mais cette redescente est de faible ampleur, elle nous permet cependant de parcourir un kilomètre à vive allure avant de reprendre notre vitesse d’escargot inférieure à dix à l’heure. Nous marquons une courte pause afin d’admirer la pittoresque église des Lanches, sur laquelle se dresse un joli clocher à deux cloches. Après un verrou aux lacets raides, le Mont Blanc se dévoile dans toute sa splendeur, sous un angle inhabituel. Nous laissons sur notre gauche le petit refuge du Plan de la Lai. Il me rappelle ma traversée de Chamonix à Nice à pied par le GR5, ce fut aussi une belle aventure. Je m’étais arrêté au refuge après un bivouac merveilleux vers le col du Bonhomme, et avais engouffré cafés et coca-cola avant de reprendre ma marche en direction de la vallée de la Tarentaise. Aujourd’hui encore nous allons rejoindre cette vallée de la Tarentaise, mais par la route. Le cyclotourisme est à mon sens plus facile que la randonnée à pied au long cours. En effet, le mouvement uniforme qu’imprime le vélo est moins traumatisant que celui plus chaotique qu’engendre la marche et la répétition des chocs occasionnés par les semelles de chaussure qui frappent à chaque instant le sol.
Encore quelques kilomètres de route à l’inclinaison modérée à travers de grands espaces et nous atteignons le Cormet de Roselend, l’un des passages clef de notre itinéraire. De nombreuses personnes s’y pressent, montées en voiture ou à moto. Il y a aussi deux cyclistes allemands qui attendent leur camarade un peu moins rapide. Ils effectuent un périple à vélo depuis Albertville. Ils sont plus courageux que nous, car ils campent. Ils nous racontent leur nuit d’avant-hier sous des trombes d’eau. Nous n’éprouvons aucune honte de chercher tous les soirs un toit en dur, en nous souvenant de l’orage que nous avons subi à Cluses. Nous cédons avec plaisir au rite de la photo sous le panneau mentionnant le nom du col et son altitude. Il ne fait pas très chaud à près de deux mille mètres d’altitude et nous nous lançons dans une descente de vingt kilomètres. Comme d’habitude, les rôles sont inversés je disparais dans le lointain, alors qu’à la montée c’est Evelyne qui s’envole.
Que de plaisir dans ces grandes descentes sur ces routes aériennes, où le panorama s’hérisse de pics et de parois jusqu’à l’infini. Mon ravissement oscille entre recherche de vitesse et spectacle de la montagne. Mais ces deux activités ne font pas la paire. Il ne faut pas grand-chose pour déstabiliser un vélo, et une chute à grande vitesse sur ces routes escarpées signifierait dans le meilleur des cas l’abandon de notre projet avant son terme.
Vers les treize heures nous atteignons Bourg-Saint-Maurice. Les fonds de vallée ne sont pas très agréables, froids le matin et accablés de chaleur vers la mi-journée, comme c’est le cas aujourd’hui. La circulation sur l’axe qui monte vers Val d’Isère est intense. Nous faisons quelques achats dans un supermarché, afin de nous sustenter en vue d’attaquer la grande rampe qui va nous conduire vers le barrage de Tignes. Cette partie de l’itinéraire, nous la redoutons quelque peu, car tout le monde nous en a décrit l’inintérêt et le danger, en particulier à cause des tunnels peu éclairés. A ce sujet, je me souviens de mes expériences à moto lorsque j’avais moins de vingt ans. Je faisais partie de ces privilégiés dont le père passait toutes les envies. De ce fait dès mes seize ans je me suis retrouvé à chevaucher l’un des bolides les plus rapides de l’époque, une T500 Suzuki. Eh oui à l’époque le permis moto toutes catégories était fixé à 16 ans. Ce qui indéniablement était une erreur, mais voilà cela m’a permis de connaître mes premiers accidents très jeune, et plus tristement de voir mourir un certain nombre de camarades. Dans les années 70 de grosses concentrations de motos avaient lieu, et l’une des plus célèbres se déroulait à Val d’Isère aux environs du 14 juillet. Nous convergions par milliers en roulant comme des fous. Bien souvent des motards arrivant comme des bolides à l’entrée des tunnels pas éclairés et mal pavés, perdaient toutes références et percutaient les parois et dans le meilleur des cas sortaient à pied. Je me souviens avoir vu des gendarmes à l’entrée de ces fameux tunnels debout au milieu de la chaussée faisant de grands gestes pour obliger tous ces fous à ralentir, afin de leur éviter d’aller s’écraser un peu plus loin dans le noir. C’était une autre époque. Mais l’idée de m’enfoncer aujourd��hui dans ces tunnels à vélo m’inquiète un peu. Cependant contre toute attente, je vais les trouver sûrs, bien éclairés, voire ajourés et au goudron sans reproche. Ils n’ont plus rien à voir avec ceux que j’ai connus dans les années 70.
Fort de ces souvenirs vieux d’une quarantaine d’années, dans la chaleur de l’après-midi nous attaquons ces vingt cinq kilomètres qui nous mèneront au lac de Tignes. La circulation est intense, voitures, motos et camions. Mais pourquoi ces derniers sont-ils aussi nombreux? Peut-être des travaux importants à effectuer avant que la saison de ski ne commence?
Cette longue rampe est cependant assez ennuyeuse comme on nous l’avait prédit. Nous ne voyons pas les montagnes au-dessus. Nous sommes enserrés dans cette vallée, comme prisonniers des flancs abrupts et des arbres. Le temps finit par nous sembler long dans la chaleur et le bruit. Enfin, nous voyons apparaître le barrage. Nous l’atteignons et cherchons un logement à Tignes le Lac, mais sans succès. Nous nous dirigeons donc vers Val d’Isère, et là à l’entrée de la station en bout de lac nous trouvons un hôtel qui nous hébergera. La vue y est magnifique sur le plan d’eau.
Quatrième jour : Val d’Isère Modane 82 km
Ce jour nous nous réveillons en ayant à l’esprit que nous allons gravir le plus haut col d’Europe à 2770 mètres. Une certaine émulation nous anime. Depuis Bourg-Saint-Maurice jusqu’au col la carte indique cinquante kilomètres, cela correspond à un kilométrage que l’on rencontre dans les côtes des Andes au Pérou. Hier nous en avons effectué plus de la moitié, aujourd’hui l’effort ne devrait pas être trop long et difficile. Nous traversons Val d’Isère, station de sport d’hiver très étendue qui dans ce matin du mois de septembre est presque déserte.
Après avoir quitté la station de ski, nous roulons jusqu’au fond d’un vallon avant d’attaquer le haut pan de montagne qui nous conduit au col. L’extrémité de cette combe me rappelle de nombreuses randonnées à pied ou à ski, entre autre la pointe de la Galise ou la Tsanteleina, magnifique sommet qui culmine à plus de 3600 mètres. Je me souviens l’avoir gravie par sa face nord avec des chasseurs alpins. Le chef du détachement, le colonel commandant le régiment du coin, n’était pas un rigolo, dès que nous parlions entre nous il nous faisait des remarques. Nous, jeunes élèves officiers de l’armée de l’air nous avions du mal à réfréner notre fou rire. Heureusement de nuit il ne pouvait pas voir que nous riions comme des bossus tout en silence. Mais cette course glaciaire d’inclinaison modérée fut très agréable. Une fois au sommet, le colonel des chasseurs alpins s’était radouci, ayant constaté que nous n’étions pas plus mauvais qu’eux. En effet, au milieu du couloir qui conduisait à la cime, l’un d’entre nous avait pris la tête des cordées, traçant dans une neige profonde, et avait accompli ce labeur jusqu’au sommet.
Il y a de nombreuses années que je ne suis pas revenu dans ce coin en été. Que les glaciers ont rétréci depuis cette lointaine époque, pour laisser la place à des champs de caillasses. Cette montée de l’Iseran à vélo est raide, mais heureusement la température est idéale. Les derniers kilomètres sont traîtres, car sous des apparences faciles ils flirtent avec les dix pour cent. Enfin nous y sommes. Nous arrivons à l’un de ces points clefs de la célèbre route des Grandes Alpes. L’affluence y est nombreuse, beaucoup de motards allemands. L’un d’entre eux nous prend en photo au pied du panneau du col qui affiche 2770 mètres. Un automobiliste sans carte me demande quelques renseignements et il est tout heureux que je lui prête la mienne, afin qu’il décide de son itinéraire de retour. Nous sommes bien avancés dans notre voyage, et avons vraiment la sensation d’être au cœur du sujet. Le temps semble se voiler. Il a tenu jusqu’à présent. Je ne me serais pas vu passer l’Iseran dans le mauvais temps. Heureusement nous y échappons pour le moment, mais cela risque de ne pas durer.
Nous profitons cependant du spectacle. A l’est je reconnais des sommets que j’ai gravis, entre autres la Lévana Occidentale, l’Albaron et puis un sommet que j’ai toujours voulu grimper le Charbonnel. En un déroulé du panorama, de nombreuses années de ma vie défilent. Je me souviens d’une montée au refuge de la Lévana avec mon père par mauvais temps. Nous nous étions perdus dans la nuit, et la neige tombait à gros flocons. Il avait fait une chute dans un trou, et je l’avais aidé à sortir en lui prenant son matériel. Vu mon jeune âge j’avais été impressionné, mais sans doute n’avions nous cherché notre chemin que quelques minutes et le trou n’était pas très gros.
Nous reprenons notre route à vélo et nous lançons dans la descente sur Bonneval-sur-Arc. Ce versant de l’Iseran est splendide et austère, de grandes pentes raides à l’herbe rase. Je prends un immense plaisir à foncer, je double même des voitures. Je n’aurais jamais imaginé que le vélo puisse susciter un tel plaisir, d’une part dans l’effort à la montée et d’autre part dans la griserie de la vitesse à la descente. Mais attention, un vélo, surtout avec des sacoches, ce n’est pas une moto et l’adhérence des pneus de faible section reste limitée, donc prudence. De plus le temps de réaction des freins est particulièrement lent, l’ensemble de l’équipage pèse plus de cent kilogrammes. Je suis toujours étonné que les patins en caoutchouc tiennent le coup sur ces longues distances. En effet, sur cette traversée des Alpes, nous effectuons plusieurs centaines de kilomètres en descente, ce qui sollicite fortement les freins. Evelyne, dans l’avant dernière étape, aura quelques ennuis de ce côté, mais un réparateur de vélo en Vésubie y mettra bon ordre.
Une fois à Bonneval, la route continue à descendre mais la pente est plus douce. Nous nous trouvons au fond de la très longue vallée de la Maurienne, que nous allons suivre jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne. Le temps se couvre de plus en plus. Un vent fort se lève mais ne nous gêne pas trop. Nous sommes déjà contents d’avoir passé l’Iseran sans pluie. Vers treize heures un restaurant à Lanslebourg est le bienvenu. Au moment de le quitter nous devons nous faire violence, car le temps se dégrade rapidement. Nous décidons de pousser au moins jusqu’à Modane. Que cette vallée est austère lorsque le mauvais temps s’y installe. Les pompiers nous doublent. Nous les rejoignons quelques kilomètres plus loin. Ils interviennent sur un accident dans lequel est impliqué un cyclotouriste. Il n’a pas l’air trop atteint. Cela nous rappelle qu’avec nos vélos nous sommes très vulnérables. La pluie arrive. Très vite il tombe des trombes. Une véritable pellicule d’eau recouvre la route. Il fait sombre, dans ces conditions on réalise que le cycliste est en posture précaire. La route descend et nous avons tendance à accélérer pour abréger cette situation désagréable d’être soumis à de fortes intempéries sur une route passante. La ville de Modane apparaît. Qu’elle est triste par ce temps! Son immense gare en plein centre donne un aspect lugubre au coin. Nous trouvons rapidement un hôtel sympathique et nous y installons et commençons par prendre une bonne douche et nous changer. Nous irons ensuite flâner au centre ville. Une librairie bien achalandée nous permet de passer un moment agréable.
Nous espérons que le temps demain s’améliorera. En effet, un gros « morceau » nous attend, le Télégraphe et le Galibier. Ce dernier col, il n’est pas question de le passer par mauvais temps, car on louperait l’un des plus beaux spectacles de montagne, lorsqu’on découvre l’Oisans qui se développe au sud avec ses fantastiques montagnes que sont la Meije, les Ecrins, le Râteau et bien d’autres. Nous verrons bien au lever demain matin. Cette incertitude liée aux conditions météorologiques fait partie intégrante du voyage à vélo. C’est l’un des éléments qui nous donnent l’impression d’être très loin. Dans notre monde sophistiqué aux moyens de déplacement multiples et souvent très rapides, la planète perd ses dimensions, et le voyage à vélo ou à pied les lui rend. On a l’impression d’être des explorateurs lorsqu’on ressent cette sensation de loin et cette envie d’engagement. J’en conviens, cela est très relatif, car il s’agit de l’exploration d’une route goudronnée et de plus la gare est devant nous et en quelques heures nous pouvons être à Lyon !
Cinquième jour : Modane Valloire 35 km
Au matin le temps ne semble pas terrible, bien qu’il ne pleuve pas. Nous voyons cette ville sous son mauvais jour. Je me souviens y avoir campé lors d’une traversée des Alpes à pied. Toute la nuit il avait plu et je m’étais réveillé dans une mare ! Aujourd’hui nous n’en sommes pas là, mais le mauvais temps me fait plus peur à vélo qu’à pied, bien que la marche sous des trombes d’eau ne soit pas particulièrement agréable. Mais sur les chemins on n’est pas à la merci des dangers de la route.
Nous enfourchons nos montures par un temps bas, lugubre et humide. L’Arc charrie des tonnes d’alluvions dans ses eaux boueuses, qui semblent épaisses un peu à la manière d’une pâte liquide. Jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne la route descend et nous effectuons cette première partie d’étape à vive allure. Une fois Saint Michel atteint, le col du Télégraphe déroule devant nous ses grands virages qui partent à l’assaut de la montagne. Quelle n’est pas notre surprise de nous trouver au milieu d’une foule de vélos ! En effet, 2500 Belges se sont donné rendez-vous dans le cadre d’une manifestation à but caritatif pour la recherche médicale. Nous commençons à nous faire du souci, car avec tous ces cyclistes allons-nous trouver un hôtel à Valloire? D’autant plus que le temps se dégrade et la pluie fait son apparition. Cette montée fait une dizaine de kilomètres, 11,8 exactement, pour un dénivelé de 856 mètres, une pente moyenne de 7,3% et une pente maximale de 9,7%. Il culmine à 1566 mètres. Voilà, je vous ai tout dit. La pluie s’accélère, nous faisons néanmoins la halte traditionnelle au col pour la fameuse photo sous le panneau indicateur. Nous engageons la conversation avec quelques cyclistes. Ils sont venus de Belgique pour trois jours seulement le temps de gravir ces deux cols mythiques le Télégraphe et le Galibier. Ils nous apprennent que le gros de la foule est passé hier, ce qui nous laisse quelques chances de logement. C’est trempés que nous arrivons à Valloire. Il n’est pas question d’envisager de passer le Galibier par ce temps. Nous nous mettons à la recherche d’une chambre, que nous finirons par trouver. Ouf! Par ce temps il n’était pas question de rester dehors sans matériel de camping.
Il n’est que midi, cet après-midi de repos sera le bienvenu. La montée des deux cols dans la foulée doit être difficile avec nos vélos chargés. Dans le fond la pluie est presque une bénédiction, qui nous enlève toute culpabilité de céder à la facilité d’une étape courte. Le soir nous aurons quelques difficultés à trouver un restaurant qui nous accepte, car les hordes des jours précédents ont tout dévalisé, et la station attendait la fin de cet événement pour fermer ce soir, donc ils n’ont plus rien à proposer à manger! Cette recherche nous la faisons sous de véritables trombes et une fois de plus nous finissons par trouver. Il était temps car nous sommes trempés jusqu’aux os. La soirée sera très agréable avec une bande de Belges qui se sont attardés un soir de plus avant de rentrer au pays. En fin de repas un coup de tonnerre terrible fait sauter l’électricité dans toute la station. Le repas se finira aux bougies et le retour à notre hôtel au radar dans des rues noires transformées en étang!
Sixième jour : Valloire le Laus 71 km
Ce matin le temps est assez beau, il ne pleuvra pas, bien que quelques bancs de brouillard traînent aux flancs des montagnes. Rien d’étonnant car il faut bien évacuer toute l’humidité que les fortes précipitations de la veille ont générée. Aujourd’hui encore cette étape représente un symbole pour les cyclistes. Je me souviens de l’étape du tour de France dans le Galibier cette année. Nous étions dans une petite ville du centre de la France et notre télévision ne marchait pas. Nous avons cherché au pas de course un bar afin de regarder cet événement d’anthologie. Le temps était magnifique et les vues d’hélicoptère époustouflantes. Voilà les souvenirs qui me viennent à l’esprit au moment de quitter Valloire. Afin d’atteindre le col qui culmine à 2645 mètres, il nous faut parcourir 18 kilomètres avec des passages à 12% et une pente moyenne de 7%, le dénivelé dépassant les 1200 mètres. Au début, la route remonte un vallon austère dépourvu d’arbres, puis par des lacets raides elle attaque la montagne. L’effort ne faiblira pas jusqu’au bout. De temps à autre la vue est limitée par des passages de brume. Dans un virage quelques kilomètres avant l’arrivée nous passons devant le monument à la mémoire de Pantani, ce grand coureur mort dans la déchéance.
Au col le ciel reste partiellement couvert, les grands sommets de l’Oisans ne se dévoilent qu’en partie. Nous distinguons entre les nuages les vastes pans de neige et de glace de la face nord des Ecrins, pic de plus de 4000 mètres, qui a donné son nom au massif. Très longtemps on avait cru que le point culminant de la région était le Pelvoux, car il est plus visible de la vallée. Malheureusement les fabuleuses faces nord de la Meije et du Râteau restent cachées. Des noms de grands alpinistes pionniers de ces parois me viennent à l’esprit, le père Gaspard pour la Meije et Victor Chaud, grand guide qui s’est tué lors de la première répétition de la face nord du Râteau, face rébarbative souvent verglacée, très raide et en mauvais rocher. Nous pouvons cependant voir une partie des arêtes de la Meije, jusqu’au doigt de Dieu. Ces montagnes me rappellent une multitude de souvenirs, de ski et de randonnée avec mon père et d’escalades de grande ampleur avec des camarades. Mais cette arête de la Meije me fait systématiquement penser à l’histoire que je vais vous relater : au cours d’un dîner, je discutais avec un gendarme qui avait été durant une partie de sa carrière affecté au secours en montagne en Oisans. Un jour, il est appelé pour le sauvetage d’une personne accrochée en haut des arêtes sur le versant regardant la Bérarde. La paroi est très raide et haute de 800 mètres. Le sauvetage s’avère délicat, et quelle est la surprise du pilote de constater qu’il s’agit d’un parapentiste pendu en pleine paroi, retenu par son parachute à des aspérités par très loin du faîte de l’arête. Le sauvetage se passe bien. De toute évidence l’accidenté avait commis une faute en sautant vers la Bérarde alors que le vent venait de l’ouest, ce qui l’exposait aux rabattants, qui l’ont effectivement plaqué à la paroi. Il pouvait s’estimer heureux de s’en tirer vivant. L’année suivante, notre gendarme est appelé pour un sauvetage similaire au même endroit. Effectivement, il secoure un individu pendu dans les mêmes conditions au même endroit. Quelle n’a pas été la surprise de ce capitaine de gendarmerie quand il a reconnu l’individu qu’il était déjà allé chercher une première fois l’année précédente! Le parapentiste, peut-être suicidaire, mais qui venait de se louper pour la seconde fois, a eu droit à une sacrée remontée de bretelles, réitérer la même faute grossière, décoller le vent dans le dos, les sauveteurs n’ont pas apprécié.
Au sommet de notre col, pas de soleil, un petit vent frais n’encourage pas à prolonger l’arrêt. Nous nous habillons, mettons des gants et nous lançons sans traîner dans la descente. Rapidement l’atmosphère se réchauffe. En effet, nous basculons vers les Alpes du sud. Notre itinéraire passe au col du Lautaret quelques 600 mètres plus bas. De là nous allons nous laisser glisser vers Briançon et la chaleur retrouvée. Sur notre gauche le massif des Cerces nous permet d’admirer dans le beau temps retrouvé une multitude de belles parois d’escalade, qui me rappellent bien des moments de grande intensité. Au niveau de Serre-Chevalier nous casse-croûtons d’un morceau de pain et de saucisson et repartons vers Briançon à la recherche d’un bistrot pour le traditionnel café de mi-journée. Nous le trouvons au pied du col de l’Izoard en pleine ville. Moment de détente que nous savourons après cette matinée de plaisir et d’effort dans le Galibier.
Cet après-midi le ciel est bleu. La côte en direction du col de l’Izoard, après un raidillon à la sortie de la ville, s’atténue, nous pédalons avec facilité. L’obstacle est cependant de taille 20 kilomètres pour 1185 mètres de dénivelé. L’entrée dans le Queyras est très accueillante. L’ambiance dans cette montée est très différence de ce que nous avons connu ce matin le long de la route du Galibier. La rivière la Cerveyrette, aux eaux claires en contrebas dans les gorges, court sur ses plages de galets. On est loin des eaux tourmentées et boueuses de l’Arc. Manifestement ici il n’a pas plu. L’air est limpide et de grandes parois au calcaire lumineux s’élèvent tout autour de nous au dessus des forêts de mélèzes. Les massifs français ont chacun leur particularité, ce qui fait tout le charme des Alpes. Nous passons le joli village de Cervières et rejoignons rapidement le hameau du Laus et son sympathique gîte. Nous y passons une soirée plaisante dans un cadre pittoresque et montagnard.
Septième jour : Le Laus Jausiers 86 km
Encore une fois la nuit fut agréable. Cela tient aussi au fait de la nouveauté renouvelée chaque jour. C’est toujours avec curiosité que nous découvrons le lieu qui va nous accueillir pour la nuit. Ce gîte est particulièrement bien placé à sept kilomètres du sommet du col de l’Izoard. Cette nuit il a fait froid, car par endroits des plaques de givre ponctuent les prairies. L’air ce matin est immobile dans un ciel bleu intense. Toutes les conditions sont réunies pour que nous passions une excellente journée sur nos machines. Au programme se trouvent deux cols l’Izoard et Vars. Le premier dans cet air vif du matin sera vite atteint. Nous y jouissons d’un décor de belles montagnes aux sommets pointus, qui s’élèvent au dessus des forêts. A cette heure matinale encore peu de monde, les motards et les automobilistes se lèvent plus tard que nous, car ils mettent beaucoup moins de temps pour rejoindre ces lieux haut perchés. Mais sans doute éprouvent-ils aussi moins de plaisir et n’ont pas le temps de rentrer en harmonie avec ces régions d’altitude, alors que le silence de notre mode de déplacement nous permet de rentrer en communion avec la faune et la flore. La lenteur et l’effort physique nous font éprouver une forme de victoire longtemps désirée puis obtenue après un combat mené à la force de nos muscles. Toujours la même sensation de plaisir lorsque le point le plus haut d’un col est atteint, on cherche le panneau pour la traditionnelle photo. Au col de l’Izoard, il se trouve juché en haut d’une colonne massive en pierre et affiche 2361 mètres d’altitude.
La redescente sur l’autre versant vers la vallée du Guil est de toute beauté. La route épouse les accidents du relief en larges méandres dans de grandes zones minérales aux couleurs multiples. De vastes pierriers nous entourent de toutes parts et tout là-bas à mi-distance du fond de la vallée sur un replat, nous distinguons les villages de Brunissard et d’Arvieux, au milieu de prairies bien vertes, qui tranchent avec le monde pierreux qui les domine. Dans ce dernier village nous doublons trois randonneuses au pas alerte. Nous engageons la conversation, elles sont parties pour une balade de plusieurs jours sur le GR5. Cela me rappelle ma randonnée sur cet itinéraire il y a maintenant quelques années. J’avais bivouaqué au col des Ayes vers 2300 mètres sous des trombes et au matin, le miracle du beau temps s’était produit, et m’avait accueilli au sortir de la tente avec un spectacle de toute beauté qui s’étalait à l’ouest loin vers l’Oisans et ses grands sommets et au sud au-delà du Queyras et ses montagnes, qui comme le pic de la Font Sanct ont une belle prestance.
Arvieux, dernier village avant de plonger dans les gorges du Guil. Sur notre gauche en amont se trouve la fameuse citadelle de Château-Queyras. Nous n’irons pas car nous partons à droite vers l’aval en direction de Guillestre. La citadelle est magnifique à découvrir lorsqu’on arrive par le GR5. Au détour d’un repli de terrain en pleine forêt d’un coup elle apparaît sans préavis. On reste bouche bée, en découvrant en contrebas cette immense bâtisse que l’on surplombe, au point de presque se croire à bord d’un avion, tellement on la domine.
Mais voilà le vélo ne permet pas ce point de vue. Nous nous enfonçons vers l’ouest dans des gorges profondes, bordées de hautes falaises. La rivière, presque un torrent s’écoule toute frangée d’écume. Après une dizaine de kilomètres dans ce décor de toute beauté, la route est barrée totalement, au point qu’avec avec nos vélos nous ne pouvons pas nous faufiler. Une déviation escalade le bord gauche de la vallée, empruntant une minuscule route qui se glisse à travers les falaises. Cette chaussée est très étroite et le croisement des véhicules est difficile, voire impossible par endroits. Cet itinéraire de déviation au goudron en mauvais état a des petits airs de chemin andin, j’adore. Cependant la montée est raide et cela rajoute quelques kilomètres à l’étape. Nous doublons un jeune Anglais, sac et piolet au dos. Intrigué, je lui demande d’où il vient. Il m’explique qu’il est engagé dans une traversée de Nice à Chamonix sur une durée de six semaines et qu’il suit son propre itinéraire. Il est en train de rejoindre l’Oisans qu’il compte parcourir avant de reprendre sa route vers Chamonix. La chaussée est si étroite, qu’un cycliste et un piéton tassés en bordure du vide s’attirent des remarques d’un automobiliste qui considère que nous encombrons le passage en stationnant à cet endroit. Mais mon Anglais je n’ai pas choisi l’endroit où le doubler !
Après ce détour pittoresque, nous faisons une halte à Guillestre le temps de se ravitailler. A midi nous nous engageons dans la longue montée du col de Vars. Elle s’étire sur vingt kilomètres et 1185 mètres de dénivelé. Le démarrage est difficile dans la chaleur. Les premières épingles nous permettent de regarder vers le nord ouest en direction de l’Oisans. La silhouette caractéristique de la longue arête de l’un des plus beaux groupes de montagnes se laisse contempler. Il s’agit du Pelvoux, du Pic Sans Nom et d’Ailefroide, ces montagnes m’ont toujours fait rêver et je n’ai jamais gravi l’une d’elle. Il n’est jamais trop tard, sait-on jamais? Un cycliste nous rattrape et nous donne quelques détails sur le reste du parcours jusqu’au col, puis sur son vélo de course il s’envole. Après une première partie de huit kilomètres soutenue, l’inclinaison baisse et nous distinguons le col tout là-bas au fond d’un grand vallon qui en finale se relève. Dans un champ nous faisons notre pause de midi. Il fait bon, l’herbe est tendre, nous avons vraiment retrouvé le climat méditerranéen. Nous reprenons notre route pour quelques kilomètres le temps de trouver le bar pour notre café de la demi-journée. A Sainte-Marie une terrasse agréable nous accueille. Elle est en grande partie peuplée de motards allemands. Le nombre de motos que nous croisons ou qui nous doublent est impressionnant, plus d’une centaine par jour. La fin du parcours présente quelques difficultés. Le passage des Claux est très raide supérieur à dix pour cent, dans un village qui n’en finit plus. Cela me rappelle un autre village au fond des Tatras slovaques, ou nous avions parcouru huit kilomètres très raides entre deux rangées de maisons avant de retrouver de grandes forêts désertes. La traversée des Claux est beaucoup plus courte mais demande aussi des efforts.
Le col est atteint. Son altitude est somme toute modeste, 2209 mètres, comparativement aux précédents. Mais ces vingt kilomètres de montée nous laisseront des souvenirs. Nous discutons avec un couple en tandem, lancé lui aussi dans une traversée des Alpes.
La descente sur l’Ubaye est magnifique. Le Brec de Chambeyron, avec sa silhouette de volcan tronqué trône du haut de ses 3411 mètres. Il y a deux mois j’ai passé dans les environs de cette montagne une semaine à grimper de belles parois désertes, présentant pourtant un rocher d’une qualité extraordinaire. L’escalade c’est comme le reste, il y a les lieux à la mode et les autres. Manifestement les parois de l’Ubaye ne sont pas touchées actuellement par le phénomène, et durant cette semaine nous nous en sommes félicités. Par contre nous ne pouvons pas en dire autant de la route des Grandes Alpes, particulièrement en vogue auprès des automobilistes et des motards. Nous rencontrerons cependant peu de cyclotouristes. Nous dépassons le joli village de Saint Paul en Ubaye. Très loin au pied du Brec de Chambeyron je vois le village de Fouillouse, et un peu plus bas son incroyable pont en arche qui franchit un gouffre de plus d’une centaine de mètres de profondeur. Vers les seize heures nous touchons au but de la journée, Jausiers, petit village au pied du col de Restefond la Bonnette culminant à 2715 mètres d’altitude et totalisant 1500 mètres de dénivelé.
Huitième jour : Jausiers Saint Sauveur de Tinée 81 km
Ce petit hôtel où nous sommes descendus, je le connaissais pour y avoir dormi lors d’une virée d’escalade dans la région. La patronne est très agréable et nous parle de la vie locale. En particulier elle nous révèle, et cela ne nous surprend pas, que les motards de passage font significativement monter le chiffre d’affaire.
Après un petit déjeuner copieux nous nous préparons pour la grosse étape du col de Restefond, 24 kilomètres. Ils se déroulent tout le long d’un gigantesque pan de montagne pelée. A notre vitesse lente nous allons mettre pas loin de quatre heures pour arriver à ce passage entre Ubaye et Tinée. Le ciel est clément, la forme est bonne. Le panorama qui s’élargit à chaque tour de pédalier, nous permet de pleinement profiter de ce moment. Ce qui pourrait être un calvaire se transforme en pur bonheur. La fin du parcours est particulièrement austère, le sol constitué d’une caillasse grise, couleur ardoise, donne au paysage une note de dureté et de froideur. Un vent modéré souffle, ce qui renforce cette sensation de nature sauvage. Au col, même pas un panneau. Nous n’irons pas jusqu’au point 2802 mètres, effectuer la boucle de 1600 mètres autour du sommet, bien qu’il s’agisse de la route la plus haute d’Europe.
Devant nous s’ouvre la vallée de la Tinée. Nous sentons que le terme de notre voyage se rapproche. Cette vallée qui débute, si nous la suivions, elle nous conduirait directement à Nice en une centaine de kilomètres. Mais notre itinéraire comporte encore deux cols. Nous allons suivre la vallée de la Tinée jusqu’à Saint Sauveur et de là nous rejoindrons la Vésubie.
Après une magnifique descente nous nous arrêtons à Saint-Etienne de Tinée, pour déjeuner. Il nous reste une trentaine de kilomètres pour rejoindre Saint Sauveur. La route descend le long de cette profonde vallée. Au sortir de la ville nous rencontrons un couple de cyclistes italiens à la recherche d’un hébergement pour la nuit. La femme semble assez énervée du fait de ne rien trouver. En effet, ils ont poussé jusqu’à Isola, mais en intersaison, ils sont arrivés dans une ville morte. J’adore entendre cette italienne parler sur son ton haut perché, appuyant sur l’accent tonique. Je ne puis m’empêcher de lui dire « l’italiano e la piu bella lingua d’el mondo ». Je ne suis pas sûr que ce soit de l’italien bien correct, mais elle comprend.
Suite à cet intermède rigolo, nous reprenons notre route, qui parfois suit une piste cyclable très agréable. Enfin nous arrivons et le gîte municipal est ouvert. Nous nous installons et ce soir nous serons sept dans ce dortoir. Un couple d’Allemands, un Suisse et deux ouvriers travaillant sur un chantier de percement de tunnel près du village qui nous domine, Roure. L’un des occupants a manifestement des problèmes d’odeur de pieds et nous en fera largement et généreusement profiter! Le village est plein de chats pas farouches qui se laissent caresser, ce qui me ravit. Le couple d’Allemands accepte une invitation au restaurant du village et nous passerons un très agréable moment, ce qui entre autre me donnera l’occasion d’utiliser leur langue, que j’aime beaucoup.
Neuvième jour : Saint-Sauveur-de-Tinée col de Turini 61 km
Cetteétapedansles Alpes maritimes va être d’une grande beauté. Nous pensions qu’après avoir gravi les cols les plus hauts des Alpes, dans ce département nous aurions des pentes moins longues et des décors moins grandioses. Il n’en est rien, de plus les villages prennent des airs de hameaux corses nichés dans des pentes incroyables ou cachés dans des creux secrets.
De Saint-Sauveur nous descendons durant quelques kilomètres les gorges de la Tinée. Puis sur la gauche, une petite route escalade la pente raide et rejoint un vallon de toute beauté, qui s’élève rapidement au-dessus de la Tinée. Nous allons monter 17 kilomètres pour un peu plus de 1000 mètres de dénivelé. Arrivés au col, contrairement aux jours précédents, il n’y a pas grand monde. Cependant, il y a une petite boutique de vélos, et Evelyne trouve des patins de frein, car elle commence à freiner sur la ferraille. Nous descendons sur Saint-Martin-de-Vésubie. Il y a bien longtemps, je venais assez souvent dans les montagnes des environs, en particulier la Gougourde, magnifique paroi granitique de 400 mètres de haut, que parcourent de nombreuses voies d’escalade magnifiques. Les bouquetins y étaient nombreux et pas craintifs du tout. Ils venaient même tout près lorsque nous mangions au pied de la paroi dans l’espoir qu’on leur donne un quignon de pain. Je me souviens les avoir vus, dans des postures incroyables en pleine paroi. L’un d’entre eux a disparu au sommet et lorsque nous y sommes arrivés nous avons du mettre un rappel long et raide pour descendre. Je n’en revenais pas qu’il soit passé par là. Depuis nous les avons vus faire des acrobaties encore pires. Leurs sabots sont de véritables ventouses.
Donc, nous arrivons à Saint Martin, jolie petite station de montagne. Nous casse-croûtons sur la place centrale à l’ombre de grands platanes. Il fait chaud, l’ambiance est vraiment méridionale. Puis nous allons prendre un café dans le coin des rues commerçantes, vraiment très jolies. Nous nous y sentons très bien. Je regrette presque qu’il ne soit que une heure de l’après-midi, car je me serais bien arrêté passer la nuit dans ce coin charmant. Mais non l’appel de la route est le plus fort. Rapidement nous rejoignons Roquebillière et peu après sur la gauche l’embranchement du col de Turini se présente et nous quittons la vallée de la Vésubie. Il fait chaud, la pente est rude. Nous arrivons dans le magnifique village de la Bollène-Vésubie. Nous n’y résistons pas, nous nous arrêtons dans un café, où manifestement le patron cultive l’art de vivre. D’ailleurs son chien de toute évidence a la même philosophie de vie. Nous attendons que le soleil tape un peu moins puis nous repartons dans cette longue montée. La route est une incroyable succession de virages en épingles. Nous surplombons le village où nous avons fait halte. Nous réalisons qu’il est comme posé au sommet d’une colline entre vallée et montagne. Il me fait penser à ces villages corses, qui se sont établis dans les endroits les plus invraisemblables. Cette route ne cesse de nous étonner par son profil. Du haut, ce n’est qu’une suite de virages qui escaladent un pan de montagne raide. Le trafic n’est pas intense, surtout des motards allemands. Certains nous doublent, d’autres nous croisent. Pour les premiers c’est presque la fin de cette chevauchée fantastique par les plus hauts cols des Alpes, et pour les seconds ce n’est que le début. Un fou au volant d’un coupé Mercedes nous double sans précaution. Evelyne lui fait signe de ralentir. Il lui répond par un geste obscène. Avons-nous à faire à une petite frappe locale ou à un grand voyou niçois? Il ne nous a pas renversés, donc ce n’est pas grave. Ne nous laissons pas aller à des idées sombres sur nos congénères. Les derniers kilomètres sont éprouvants. Dans ces cas là, on a l’impression de ne jamais en finir. Puis d’un coup le col surgit. Il est très particulier, carrefour de plusieurs routes au milieu des arbres. Autre caractéristique, il y a trois hôtels, sensation étrange, mais le lieu est immédiatement sympathique, on a tout de suite envie d’y faire halte. Cela tombe bien car nous avons ce matin depuis le point d’information du col Saint-Martin réservé une chambre à l’hôtel les chamois. Le patron est adorable et les prix très doux pour une prestation de qualité. Il nous offrira même la bière car nous l’avons aidé à porter de nouveaux matelas qui lui sont livrés. Il nous donnera un cours sur le matelas, car il a travaillé 12 ans dans ce secteur et dans le haut de gamme. En effet, nous constaterons que nos lits sont particulièrement bien équipés en la matière. Souvent dans les hôtels les matelas sont tout mous, vieux et fatigués ou durs comme des planches en bois lorsqu’ils sont neufs. Là ils sont fermes épousent bien la forme du dos sans mollesse, en un mot absolument confortables, secret d’une bonne nuit.
Dixième jour : col de Turini Nice 50km
C’est avec regret que nous quittons ce coin exceptionnel, cet hôtel et son patron très attachants. Aujourd’hui, arrive notre dernier jour de ce beau périple. Pour cette dernière demi-étape nous choisissons un maximum de petites routes. Nous empruntons la D 2566, qui sur la carte suit une ligne de crête durant une dizaine de kilomètres. Cela me rappelle le GR un peu plus à l’est qui lui aussi dans sa dernière partie suit une longue ligne qui domine les vallées d’une part de la Tinée et du Var et de l’autre la Vésubie. La fin de ces deux fabuleux itinéraires que sont le GR5 et la routes des Hautes Alpes révèlent de belles surprises. Pour être précis concernant ce dernier itinéraire nous empruntons une variante, le trajet original descend à Menton par Sospel. Nous ne regretterons pas cette variante par le village de Lucéram. Là encore, on pourrait se croire dans le moutonnement montagneux de l’intérieur de la Corse. Ce département des Alpes Maritimes possède de très belles montagnes et pas uniquement une côte maritime. Cette dernière plongée avant de retrouver les abords de la grande agglomération, nous en profitons autant que possible. Ce village de Lucéram en fin de périple me remémore la fin d’une fabuleuse randonnée autour de la Corse et la Sardaigne, lorsque nous avons quitté la Castagniccia, en plongeant vers Bastia. Nous nous imprégnons de ces senteurs du midi, de cette chaleur lorsque le soleil passe la montagne qui nous domine à l’est. Je retiens ma vitesse pour que cela dure encore un peu. Ces fins de voyage qui se passent dans des conditions exceptionnelles de temps, de beauté et d’entente entre les protagonistes, invitent inexorablement à se projeter dans un futur voyage.
Voilà, nous rejoignons l’Escarene et la grande route. On pressent la grande ville, la circulation s’intensifie, la vallée s’élargit. Nous traversons des banlieues où nous cherchons notre itinéraire. Puis nous nous trouvons sur une voie rapide qui conduit à un long tunnel interdit aux vélos. Je ne m’en rends pas compte, Evelyne l’a réalisé, mais j’appuie comme un sourd sur les pédales et elle n’arrive pas à me rejoindre. Juste à l’entrée du tunnel je ralentis uniquement pour que nous soyons groupés dans ce tuyau très dangereux pour les cyclistes. Alors dès qu’elle me rattrape, époumonée de m’avoir appelé, elle me dit que cela fait plus d’un kilomètre qu’elle essaye de m’arrêter, pour rejoindre la piste cyclable qui se déroule un peu plus loin à droite. Je suis un vrai bourrin, mais ce n’est pas à mon âge que je vais changer ! Facilement nous la retrouvons et reprenons notre chemin en direction de la villa de ma cousine qui habite sur l’une des collines à l’intérieur de la ville. Les quatre kilomètres de montée pour arriver chez elle sont très raides et le trafic particulièrement dense, mais après ce périple à travers les grands cols des Alpes nous surmontons cette ultime difficulté.
Encore un beau projet qui se termine. Nous commençons à être des vieux copains de voyages à vélo (vive VF), cela fait le cinquième que nous accomplissons ensemble. Nous n’allons pas tarder à vouloir repartir ensemble ou avec d’autres en fonction des opportunités. En effet, il ne faut pas les manquer la vie est si courte ! Enfin pour le moment, profitons des beaux souvenirs tout frais et allons nous baigner dans une mer encore très chaude.
Je n’aurais jamais imaginé, il y a seulement quelques années, que je réaliserais à vélo cette route de Thonon-les-Bains à Nice en passant par les plus grands cols des Alpes. En effet, pour moi les routes des Alpes représentaient uniquement des chemins d’accès pour me rendre au départ des escalades que je projetais. Ces fonds de vallées, comme par exemple la Maurienne, encombrés d’usines plus ou moins en déréliction sont tristes et font penser à Zola et aux conditions ouvrières du XIX siècle. L’idée de séjourner dans ces endroits plus que le temps strictement nécessaire à un passage rapide en voiture, ne me serait jamais venue. La montagne pour moi reste synonyme d’air pur, d’absence de bruit, de gaz d’échappement, de béton ou de goudron, donc tout le contraire de ce que l’on rencontre fréquemment tout au long de cette route mythique. La montagne je me suis toujours imaginé que pour en apprécier toute la dimension il est nécessaire de la découvrir en solitaire loin des chemins battus.
Fort de cet état d’esprit, comment peut-on en arriver à suivre ce ruban d’asphalte sur 666 kilomètres (ce qu’a indiqué mon compteur) ? Il n’y a pas si longtemps, j’aurais probablement déclaré, de façon tout à fait péremptoire, que ce projet était une ineptie contraire à ma philosophie, et que jamais oh ! grand jamais, je ne me lancerais dans ce genre d’aventure ! Comme quoi, bien se mettre en mémoire la fameuse formule : ne jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau. Oui, car ce 31 août 2011, je suis avec Evelyne au départ de ce fameux itinéraire, qui de plus fête ses cent ans.
Comment puis-je donc m’engager dans un projet, qui il n’y a pas si longtemps semblait si peu en concordance avec ma conception et mes aspirations en matière de voyage ?
Différents facteurs se sont liés, je dirais même ligués pour m’amener à un tel revirement. Tout d’abord, mes premières expériences à vélo, qui m’ont fait découvrir le fabuleux plaisir de l’effort sans fin le long de grandes montées, m’ont amené à ne penser qu’en termes d’effort, en quelque sorte déconnecté de l’environnement. Ensuite, des discussions avec des cyclotouristes, en particulier Jean mon acolyte de la traversée de l’Europe et des Andes. Cette route il l’a faite à plusieurs reprises, et il en parle avec passion et son regard s’illumine aux noms de Galibier, Iseran, Izoard, la Bonnette etc. D’autre part, les fabuleuses images qui chaque année à l’occasion du tour de France reviennent durant presque un mois, m’ont aussi sans doute profondément influencé, jusqu’à vouloir imiter ces forçats de la petite reine. Il faut dire que les reportages présentés à cette occasion par les équipes embarquées à bord d’hélicoptères, sont d’une qualité et d’un esthétisme exceptionnels. Ils ne nous montrent pas seulement les Alpes, mais la France entière. On découvre les richesses architecturales et naturelles de ce pays incomparable qu’est la France ! Garde à vous on entonne la Marseillaise!
Ces facteurs, lentement, ont mûri dans mon esprit, pour finalement déclencher des envies et des émotions nouvelles, m’amenant à une vision des choses sous un angle différent, d’où un basculement radical d’opinion. Et de plus, au moment de concrétiser ce projet, l’envie de partir vivre une aventure orientée vers l’effort physique avec Evelyne, compagne de vélo sûre, toujours volontaire et de bonne humeur, n’a fait que précipiter le départ. Une fois que la décision fut prise, pas grand-chose à planifier, plus rien à faire que pédaler, car tout est bien balisé. Mais j’ai pris conscience que ce trajet à travers les Alpes que je connais bien, allait aussi sans doute représenter l’essentiel, la mémoire de mon père. En effet, il n’y a pas un massif que je n’ai fréquenté avec lui. Je savais qu’à chaque détour de la route ou du haut des cols je contemplerais des sommets que j’avais gravis en sa compagnie, ou dont il m’avait parlé avec passion. Et là, à partir de ce moment, ce dessein s’est inscrit en moi à la manière d’un pèlerinage à la quête de ce père qui m’a ouvert à la vie et qui m’a insufflé ma plus grande passion, l’alpinisme.
Voilà comment je me retrouve au départ de cette route mythique, l’année de son centenaire. Concernant cette date anniversaire, il faut rester prudent. En effet, de nombreux événements significatifs sont révélés lorsqu’on se penche sur l’histoire de cet itinéraire des grands cols. Les travaux avaient commencé au XIX siècle. C’est en 1911 que les premiers voyages ont été organisés par la compagnie PCM (Compagnie des Chemins de Fer de Paris Lyon à la Méditerranée), bien que certains tronçons ne fussent pas totalement aménagés. J’imagine qu’à l’époque de ces premiers périples organisés, les privilégiés qui en profitèrent, firent un voyage époustouflant à travers des régions très peu médiatisées en ces temps, et que le décor qu’ils découvrirent du haut de l’Iseran ou du Galibier les marqua durablement. En effet à notre époque, lorsque nous partons dans des contrées lointaines, nous avons déjà vu une multitude de photos ou de reportages, qui embellissent souvent la réalité, ce qui nous prépare à ce que nous allons découvrir. Au début du XX siècle, la publicité et autres représentations en images étaient moins développées, d’où probablement une émotion décuplée devant des paysages grandioses, dont on ne se faisait aucune idée quant à la splendeur et la grandeur.
Tout évolue, donc cette route mythique s’est transformée en itinéraire touristique de masse, certes magnifique mais plus vraiment exotique. Il en est de même des grandes voies d’alpinisme. Je pense tout particulièrement à la Meije, que l’on découvre du col du Galibier, et qui culmine presque à 4000 mètres. La première traversée des longues arêtes de ce sommet a été réalisée le 26 juillet 1883 par le grand guide de l’Oisans le Père Gaspard. Le sommet avait été atteint en 1877 par ce même guide accompagné d’un jeune alpiniste, Boileau de Castelnau. En cette fin du XIX siècle, cette entreprise passait pour un exploit d’exception, alors que de nos jours, sans minimiser l’engagement qu’elle implique, elle est classée tout simplement AD (assez difficile). C'est-à-dire qu’elle ne présente aucune difficulté technique d’escalade pour les virtuoses de notre époque, bien que l’enneigement puisse présenter un danger redoutable.
Voilà en quelques mille mots les pensées qui m’habitent au départ de cette chevauchée de cols en cols, du Léman à la mer, tout au long des 666 kilomètres et des 15000 mètres de dénivelé qui nous attendent.
Premier Jour : Thonon-les-Bains Cluses 60 km
Un peu avant midi le train nous dépose en gare de Thonon-les-Bains. Les TER Bombardier sont vraiment pratiques pour les cyclistes. En effet, en plus de permettre une vue panoramique au voyageur, ils offrent toutes les commodités pour les vélos. Pas de marches exigües et très raides à franchir en effectuant des efforts surhumains. On pénètre du quai dans le wagon en faisant rouler sa bicyclette sans changement de niveau. Ensuite, il suffit de l’accrocher dans le coin prévu à cet effet, et inutile de décrocher les sacoches et autres bagages. Oui, je fais de la publicité pour la SNCF !
Pour cet après-midi, nous avons l’intention de rejoindre les Gets, à peu près quarante kilomètres. Ce qui pour une étape de la demi-journée devrait constituer une mise en jambe en douceur. Cependant sur notre carte nous éprouvons des difficultés à évaluer le dénivelé, la montée sera-t-elle longue et le pourcentage élevé ? Nous verrons bien.
Donc sans idée précise de ce qui nous attend, nous quittons cette jolie ville de Thonon et nous engageons dans les gorges de la Dranse. Le temps est au beau, la température idéale pour pédaler et la circulation peu importante. Ce début de voyage sur une route à peine montante est très agréable. La rivière nous offre des points de vue superbes, bouillonnements d’eau au milieu desquels de gros cailloux mettent en exergue l’écoulement de l’onde, toute en courbes frangées d’écume, du plus bel effet.
Les Gets sont rapidement atteints, et sans difficulté notre vitesse moyenne frise les 20 km/h. Evelyne trouve que comme d’habitude je pars trop vite, mais je ne sais pas rouler doucement. Il faut toujours que je sois presque au maximum de mes possibilités. Je prends un peu d’avance, car je sais que les jours suivants dans les grandes pentes, alors que je donnerai le maximum, elle sera loin devant.
Après un pique-nique frugal à base de charcuterie, nous nous attablons à un bar en bordure de route, pour le café rituel que nous ne manquons jamais de boire en début d’après-midi. On prendrait presque des habitudes de vieux couple, en effet cela fait déjà cinq voyages à vélo que nous effectuons ensemble, Evelyne et moi. Je commande un expresso et elle sa traditionnelle noisette allongée. Un couple de cyclistes allemands s’arrête, nous les invitons à notre table et échangeons nos expériences de pédaleurs. La discussion passe des cols de la région à la magnifique descente du Danube, et de là, à la piste cyclable de l’Elbe, région sauvage et préservée. Ces rencontres au hasard des déplacements, au détour d’une pause café, font partie intégrante du voyage à vélo. Nous nous sentons bien avec nos interlocuteurs, mais le temps file. Malgré le grand plaisir de l’échange, nous prenons congé et continuons notre route. Le voyage c’est aussi une succession de rencontres et de séparations.
La petite ville de Taninges est vite atteinte. L’après-midi n’est pas très avancé, et nous poussons jusqu’à Cluses, qui n’est distante que d’une dizaine de kilomètres. Après une côte de deux ou trois kilomètres, nous arrivons à un point haut, d’où la vue porte sur la vallée située au sud. Cluses s’étale à nos pieds et nous n’avons qu’à nous laisser entraîner par la gravité à vive allure pour rejoindre l’hôtel de la gare qui nous fournira le gîte et le couvert pour notre première nuit. Cet hôtel de la gare, je le connais bien. En effet, il nous sert de point de chute habituel lorsque nous venons grimper dans la région.
Cluses, comme toutes ces villes de fond de vallée est enserrée entre des montagnes aux pans abrupts qui donnent au lieu un air austère, et cela d’autant plus le soir lorsque les rayons du soleil restent là-haut accrochés sur les crêtes et ne nous gratifient plus de leur douce chaleur.
Deuxième Jour : Cluses Beaufort 95 km
La nuit a été chahutée. Un orage violent a sévi de 1h à 3h du matin. De grandes quantités d’eau sont tombées. Le tonnerre et les éclairs nous ont gratifiés d’un spectacle sonore et lumineux de premier plan. On ne peut s’empêcher de penser que si le temps devait être mauvais, notre projet de traversée des Alpes serait radicalement compromis. A vélo les conditions météorologiques constituent un facteur déterminant, qui conditionne la réussite de l’entreprise. On garde constamment à l’esprit que nous sommes et restons soumis aux aléas du temps et aux coups de colère de la terre. On abandonne notre condition d’hommes appartenant à une civilisation qui ne regardent plus la planète, sûrs que la technologie nous permettra de passer outre les intempéries. Se soumettre à la merci des éléments nous remet à notre place d’êtres, vivant aux rythmes de la nature. Cela à mon avis donne un vrai sens au voyage et lui rend toute sa profondeur. J’imagine l’alpiniste qui scrute au matin l’état du ciel et les conditions de la paroi, le marin qui écoute le bulletin météorologique dans l’attente d’un éventuel avis de tempête, l’explorateur du pôle évaluant la violence du vent et le danger des basses températures.
Après un petit déjeuner copieux, nous équipons nos vélos et nous quittons la ville par de petites rues peu passantes et encore ruisselantes des fortes pluies de la nuit. Le pied du col de la Colombière est rapidement atteint. Il va constituer le premier gros « morceau » de notre étape, 1128 mètres de dénivelé pour 20 kilomètres. Tout commence dans les meilleures conditions. Nous montons dans une belle forêt encore toute humide qui nous distille sa fraîcheur, sur une route où le trafic est quasiment absent. Le village du Reposoir est dépassé et nous discernons sa jolie chartreuse fondée au XII siècle. Cependant, nous ne prenons pas le temps de nous y arrêter sachant que notre étape du jour sera longue et difficile, trois cols au programme. Cela me fait dire que le voyage à vélo n’est pas toujours le meilleur moyen de visiter. En effet, ce mode de déplacement lent, n’autorise pas souvent les arrêts pour satisfaire sa curiosité, car cela risquerait de compromettre l’objectif de la journée. On reste tendu sous la contrainte horaire, dans l’espoir d’arriver au terme de notre étape dans des délais horaires convenables. La recherche d’un hébergement selon les endroits n’étant pas toujours acquise, cela ne fait que renforcer notre volonté de ne pas arriver trop tard. Tout là-bas, nous discernons enfin le col, mais nous n’avons pas l’impression d’avancer. Une rampe immense à l’inclinaison importante nous force à des vitesses lentes. Evelyne prend de l’avance et je me traîne à six ou sept à l’heure. Enfin, je rejoins ce col que je convoite depuis un bon moment. Il est plus de 11 heures. Avec Evelyne nous nous regardons et restons quelque peu dubitatifs. Nous n’avons fait qu’une vingtaine de kilomètres et il nous reste deux cols à gravir pour une étape d’une centaine de kilomètres jusqu’à Beaufort. Aurions-nous présumé de nos forces ? Nous ne sommes pas loin de le penser. Mais je me souviens de certaines expériences, où tout démarrait mal ou trop lentement et comme par miracle au cours de la journée tout rentrait dans l’ordre et l’objectif était atteint contre toute attente. Donc, continuons et nous verrons bien. Avant de partir, un dernier coup d’œil me rappelle des expériences d’escalade sur les parois qui nous environnent. Sur ces falaises au-dessus de nous il y a quelques années j’ai reçu une pierre qui m’a entaillé l’arcade sourcilière. J’étais descendu au grand Bornand où l’on m’avait posé quelques points de suture. Surprise lorsque je vois le médecin, le portrait craché du ministre Barnier. Il s’agissait de son frère. Et puis aussi je pense à l’imposante Pointe Percée qui s’élançait derrière le village du Reposoir et barrait de sa masse imposante une vallée secondaire. Je l’avais gravie il y a quelques années. Elle présente une magnifique arête ouest de 450 mètres à l’escalade agréable et de difficulté raisonnable. Mais le jour de notre ascension l’automne était bien avancé et le haut de la paroi était en partie couvert de glace. Cependant la fine pellicule de verglas avait eu le bon goût de laisser quelques grattons bien placés, sur lesquels nous pouvions poser nos chaussons d’escalade. Cela nous a cependant procuré quelques émotions.
Il me faut arrêter de rêver sur les escalades du coin, car notre chemin est encore long et accidenté pour arriver à Beaufort. Tout d’abord une belle descente, dans un cadre magnifique de hautes parois calcaires blanches au pied desquelles de grandes prairies à l’herbe grasse et sombre, nous permet de faire remonter notre moyenne. Dans ces moments, inexorablement le moral remonte aussi. Nous atteignons la superbe station du Grand Bornand, où nous faisons quelques emplettes pour notre repas de midi. L’architecture est magnifique, de vastes chalets au bois sculpté et vernis, aux façades couvertes de fleurs multicolores parsèment les flancs de la vallée. Nous profitons de cette halte pour admirer la mairie superbement fleurie.
Rapidement, par une route au trafic dense, nous atteignons la Clusaz au pied du col des Aravis. Ce deuxième col, à la montée courte, sera vite grimpé. La foule des visiteurs est importante. Je contemple les falaises qui dominent ce lieu et me souviens y être venu faire de l’escalade il y bien une trentaine d’années. Mon Dieu que le temps passe vite !
La descente nous conduisant au pied du col des Saisies me semble infinie. Cela nous laisse envisager une dernière montée longue. En effet, elle se développe sur 17 kilomètres, mais nous ne souffrirons pas trop, car certains d’atteindre notre but de la journée. Comme quoi le moral est primordial et les jambes suivent presque toujours. Cela me rappelle l’une de mes connaissances et maître à penser, athlète hors normes qui a parcouru la terre entière à pied, en particulier les déserts les plus hostiles. Lors de sa traversée de l’Australie en courant, il s’était fixé des étapes journalières de cent kilomètres. Généralement il avait un coup au moral et donc de fatigue vers les 70 kilomètres. Il mobilisait sa volonté et surmontait à chaque fois sa faiblesse journalière. En me narrant cette expérience il me dit que s’il s’était fixé des étapes non de 100 kilomètres mais de 130, son passage à vide il l’aurait eu vers 100 et non à 70 kilomètres. Cette anecdote prouve bien toute l’importance de l’esprit et du mental dans de grands projets. Mais je ne vais pas comparer notre balade de 10 jours dans les Alpes à la traversée de l’Australie en courant ! Cependant, il ne faut pas la minimiser. Ayant traversé une bonne partie des Andes à vélo l’année dernière en passant de très nombreux cols au-dessus des 4000 mètres, je pensais me balader dans les Alpes. Je constate que ce n’est pas tout à fait le cas !
Revenons à la montée du col des Saisies et ses 17 kilomètres. Nous l’atteignons donc sans grande difficulté, du fait de la remontée en flèche de notre moral, et notre regard plonge enfin vers le magnifique village de Beaufort qui se blottit tout en bas dans la vallée au pied du premier gros obstacle de notre étape du lendemain, le Cormet de Roselend et ses 1200 mètres de dénivelé. Drôle de nom tout de même pour un col, dont j’ignore l’origine. Mais il représente un grand intérêt, le tour de France y est passé à dix reprises.
Une immense descente nous conduit à Beaufort. Enfin nous y sommes vers les 18 heures. Nous aurons cumulé aujourd’hui plus de 2400 mètres de dénivelé. Une fois au centre du bourg, nous constatons qu’Il y a manifestement encore beaucoup de monde en vacances en ce tout début septembre. Nous trouvons un hébergement dans l’hôtel du Grand Mont, tout heureux d’obtenir une chambre. De nombreux motards, surtout des Allemands y sont déjà installés.
Le nom de cet hôtel me rappelle mes débuts à ski de randonnée avec mon père alors que j’avais 12 ans, car le Grand Mont d’Arêches a été la première montagne que j’ai gravie skis aux pieds. Cette première expérience m’a enthousiasmé et de nombreuses autres sorties à peaux de phoque ont suivi. Ce sport représente à mes yeux, l’un des plus enivrants. En effet, pouvoir escalader de grandes montagnes enneigées fréquemment sans aucune trace, puis se lancer dans des descentes souvent raides où l’on se laisse guider à l’inspiration sur cet immense tapis blanc et vierge, représente une des plus belles communions que l’on puisse ressentir avec la nature. Outre la joie de ces descentes en neige vierge, le plaisir de l’effort à la montée, parfois durant de longues heures, les fonds de vallées s’éloignant et la cime des sommets environnants se rapprochant, fait naître une vraie symbiose avec ce milieu minéral hostile. Le plus incroyable, ces pics qui semblaient si hauts, si loin presque inatteignables, on finit par les dépasser et les regarder d’en haut. Oui ce plaisir contribue à faire de cette activité montagnarde l’une des plus belles. Cet effort, qui s’inscrit dans la durée, permet de ressentir son corps vivre. Cependant elle est particulièrement dangereuse, plus que l’escalade extrême. Le rocher est un matériau solide, la neige par contre est une substance fluide. Le risque d’avalanche est souvent présent avec tous les dangers que cela représente. L’expérience ne suffit pas toujours à se prémunir de ce danger de la mort blanche, et cela d’autant moins, que souvent des neiges poudreuses instables sont fabuleuses à skier ! Voilà je suis en plein dans mon voyage à vélo sur la piste de mon passé montagnard avec mon père. Le plus étonnant, cette première randonnée à ski, dont je me souviens avec précision, j’aurais eu de la difficulté à en situer le lieu sur une carte et tout naturellement le nom de cet hôtel me permet de la positionner avec précision. Cela fait quand même quarante six ans !
Troisième jour : Beaufort Val d’Isère 77km
Après une soirée gastronomique et une nuit paisible, nous sommes à même d’attaquer les vingt kilomètres qui nous conduiront au Cormet de Roselend. Alors que nous sortons de l’hôtel et préparons nos vélos, un couple d’Américains en fait de même. Ils se sont aussi lancés dans la traversée des Alpes, leur point de départ étant Genève. Après avoir fait quelques achats nous nous lançons dans la montée. Au début la route serpente le long d’un versant boisé. Nous gagnons rapidement de l’altitude et la vallée à nos pieds apparaît de plus en plus encaissée. Avec cette prise d’altitude rapide la perspective s’élargit et des sommets émergent, ce qui procure un vif plaisir. A l’arrivée sur le lac de Roselend, nous retrouvons le couple d’Américains. Tandis qu’ils continuent, nous nous arrêtons boire un café. De la terrasse, à laquelle nous sommes assis, nous surplombons le lac à la surface calme, sans une ride. La couleur de l’eau est presque irréelle, vert émeraude. De loin en loin, je distingue les ronds faits à la surface par les poissons, sans doute des truites, qui viennent pointer leur museau. Je resterais des heures à contempler ce spectacle. Comme quoi, contrairement à ce que je pensais, pas la peine de marcher des heures loin de toute présence humaine pour pouvoir s’absorber dans des spectacles de toute beauté. Mais il n’est pas question de trop s’attarder, car nous n’avons pas encore atteint notre premier col, et le plat de résistance nous attend dans l’après-midi.
Il nous reste exactement 363 mètres de dénivelé pour atteindre le Cormet. La forêt a disparu, cédant la place aux alpages d’altitude, à l’herbe rase et claire. Nous commençons par descendre légèrement. Dans les grandes montées on appréhende toujours le fait de descendre, car cela implique qu’il va falloir reprendre l’altitude perdue. On a un peu l’impression de monter deux fois. Mais cette redescente est de faible ampleur, elle nous permet cependant de parcourir un kilomètre à vive allure avant de reprendre notre vitesse d’escargot inférieure à dix à l’heure. Nous marquons une courte pause afin d’admirer la pittoresque église des Lanches, sur laquelle se dresse un joli clocher à deux cloches. Après un verrou aux lacets raides, le Mont Blanc se dévoile dans toute sa splendeur, sous un angle inhabituel. Nous laissons sur notre gauche le petit refuge du Plan de la Lai. Il me rappelle ma traversée de Chamonix à Nice à pied par le GR5, ce fut aussi une belle aventure. Je m’étais arrêté au refuge après un bivouac merveilleux vers le col du Bonhomme, et avais engouffré cafés et coca-cola avant de reprendre ma marche en direction de la vallée de la Tarentaise. Aujourd’hui encore nous allons rejoindre cette vallée de la Tarentaise, mais par la route. Le cyclotourisme est à mon sens plus facile que la randonnée à pied au long cours. En effet, le mouvement uniforme qu’imprime le vélo est moins traumatisant que celui plus chaotique qu’engendre la marche et la répétition des chocs occasionnés par les semelles de chaussure qui frappent à chaque instant le sol.
Encore quelques kilomètres de route à l’inclinaison modérée à travers de grands espaces et nous atteignons le Cormet de Roselend, l’un des passages clef de notre itinéraire. De nombreuses personnes s’y pressent, montées en voiture ou à moto. Il y a aussi deux cyclistes allemands qui attendent leur camarade un peu moins rapide. Ils effectuent un périple à vélo depuis Albertville. Ils sont plus courageux que nous, car ils campent. Ils nous racontent leur nuit d’avant-hier sous des trombes d’eau. Nous n’éprouvons aucune honte de chercher tous les soirs un toit en dur, en nous souvenant de l’orage que nous avons subi à Cluses. Nous cédons avec plaisir au rite de la photo sous le panneau mentionnant le nom du col et son altitude. Il ne fait pas très chaud à près de deux mille mètres d’altitude et nous nous lançons dans une descente de vingt kilomètres. Comme d’habitude, les rôles sont inversés je disparais dans le lointain, alors qu’à la montée c’est Evelyne qui s’envole.
Que de plaisir dans ces grandes descentes sur ces routes aériennes, où le panorama s’hérisse de pics et de parois jusqu’à l’infini. Mon ravissement oscille entre recherche de vitesse et spectacle de la montagne. Mais ces deux activités ne font pas la paire. Il ne faut pas grand-chose pour déstabiliser un vélo, et une chute à grande vitesse sur ces routes escarpées signifierait dans le meilleur des cas l’abandon de notre projet avant son terme.
Vers les treize heures nous atteignons Bourg-Saint-Maurice. Les fonds de vallée ne sont pas très agréables, froids le matin et accablés de chaleur vers la mi-journée, comme c’est le cas aujourd’hui. La circulation sur l’axe qui monte vers Val d’Isère est intense. Nous faisons quelques achats dans un supermarché, afin de nous sustenter en vue d’attaquer la grande rampe qui va nous conduire vers le barrage de Tignes. Cette partie de l’itinéraire, nous la redoutons quelque peu, car tout le monde nous en a décrit l’inintérêt et le danger, en particulier à cause des tunnels peu éclairés. A ce sujet, je me souviens de mes expériences à moto lorsque j’avais moins de vingt ans. Je faisais partie de ces privilégiés dont le père passait toutes les envies. De ce fait dès mes seize ans je me suis retrouvé à chevaucher l’un des bolides les plus rapides de l’époque, une T500 Suzuki. Eh oui à l’époque le permis moto toutes catégories était fixé à 16 ans. Ce qui indéniablement était une erreur, mais voilà cela m’a permis de connaître mes premiers accidents très jeune, et plus tristement de voir mourir un certain nombre de camarades. Dans les années 70 de grosses concentrations de motos avaient lieu, et l’une des plus célèbres se déroulait à Val d’Isère aux environs du 14 juillet. Nous convergions par milliers en roulant comme des fous. Bien souvent des motards arrivant comme des bolides à l’entrée des tunnels pas éclairés et mal pavés, perdaient toutes références et percutaient les parois et dans le meilleur des cas sortaient à pied. Je me souviens avoir vu des gendarmes à l’entrée de ces fameux tunnels debout au milieu de la chaussée faisant de grands gestes pour obliger tous ces fous à ralentir, afin de leur éviter d’aller s’écraser un peu plus loin dans le noir. C’était une autre époque. Mais l’idée de m’enfoncer aujourd��hui dans ces tunnels à vélo m’inquiète un peu. Cependant contre toute attente, je vais les trouver sûrs, bien éclairés, voire ajourés et au goudron sans reproche. Ils n’ont plus rien à voir avec ceux que j’ai connus dans les années 70.
Fort de ces souvenirs vieux d’une quarantaine d’années, dans la chaleur de l’après-midi nous attaquons ces vingt cinq kilomètres qui nous mèneront au lac de Tignes. La circulation est intense, voitures, motos et camions. Mais pourquoi ces derniers sont-ils aussi nombreux? Peut-être des travaux importants à effectuer avant que la saison de ski ne commence?
Cette longue rampe est cependant assez ennuyeuse comme on nous l’avait prédit. Nous ne voyons pas les montagnes au-dessus. Nous sommes enserrés dans cette vallée, comme prisonniers des flancs abrupts et des arbres. Le temps finit par nous sembler long dans la chaleur et le bruit. Enfin, nous voyons apparaître le barrage. Nous l’atteignons et cherchons un logement à Tignes le Lac, mais sans succès. Nous nous dirigeons donc vers Val d’Isère, et là à l’entrée de la station en bout de lac nous trouvons un hôtel qui nous hébergera. La vue y est magnifique sur le plan d’eau.
Quatrième jour : Val d’Isère Modane 82 km
Ce jour nous nous réveillons en ayant à l’esprit que nous allons gravir le plus haut col d’Europe à 2770 mètres. Une certaine émulation nous anime. Depuis Bourg-Saint-Maurice jusqu’au col la carte indique cinquante kilomètres, cela correspond à un kilométrage que l’on rencontre dans les côtes des Andes au Pérou. Hier nous en avons effectué plus de la moitié, aujourd’hui l’effort ne devrait pas être trop long et difficile. Nous traversons Val d’Isère, station de sport d’hiver très étendue qui dans ce matin du mois de septembre est presque déserte.
Après avoir quitté la station de ski, nous roulons jusqu’au fond d’un vallon avant d’attaquer le haut pan de montagne qui nous conduit au col. L’extrémité de cette combe me rappelle de nombreuses randonnées à pied ou à ski, entre autre la pointe de la Galise ou la Tsanteleina, magnifique sommet qui culmine à plus de 3600 mètres. Je me souviens l’avoir gravie par sa face nord avec des chasseurs alpins. Le chef du détachement, le colonel commandant le régiment du coin, n’était pas un rigolo, dès que nous parlions entre nous il nous faisait des remarques. Nous, jeunes élèves officiers de l’armée de l’air nous avions du mal à réfréner notre fou rire. Heureusement de nuit il ne pouvait pas voir que nous riions comme des bossus tout en silence. Mais cette course glaciaire d’inclinaison modérée fut très agréable. Une fois au sommet, le colonel des chasseurs alpins s’était radouci, ayant constaté que nous n’étions pas plus mauvais qu’eux. En effet, au milieu du couloir qui conduisait à la cime, l’un d’entre nous avait pris la tête des cordées, traçant dans une neige profonde, et avait accompli ce labeur jusqu’au sommet.
Il y a de nombreuses années que je ne suis pas revenu dans ce coin en été. Que les glaciers ont rétréci depuis cette lointaine époque, pour laisser la place à des champs de caillasses. Cette montée de l’Iseran à vélo est raide, mais heureusement la température est idéale. Les derniers kilomètres sont traîtres, car sous des apparences faciles ils flirtent avec les dix pour cent. Enfin nous y sommes. Nous arrivons à l’un de ces points clefs de la célèbre route des Grandes Alpes. L’affluence y est nombreuse, beaucoup de motards allemands. L’un d’entre eux nous prend en photo au pied du panneau du col qui affiche 2770 mètres. Un automobiliste sans carte me demande quelques renseignements et il est tout heureux que je lui prête la mienne, afin qu’il décide de son itinéraire de retour. Nous sommes bien avancés dans notre voyage, et avons vraiment la sensation d’être au cœur du sujet. Le temps semble se voiler. Il a tenu jusqu’à présent. Je ne me serais pas vu passer l’Iseran dans le mauvais temps. Heureusement nous y échappons pour le moment, mais cela risque de ne pas durer.
Nous profitons cependant du spectacle. A l’est je reconnais des sommets que j’ai gravis, entre autres la Lévana Occidentale, l’Albaron et puis un sommet que j’ai toujours voulu grimper le Charbonnel. En un déroulé du panorama, de nombreuses années de ma vie défilent. Je me souviens d’une montée au refuge de la Lévana avec mon père par mauvais temps. Nous nous étions perdus dans la nuit, et la neige tombait à gros flocons. Il avait fait une chute dans un trou, et je l’avais aidé à sortir en lui prenant son matériel. Vu mon jeune âge j’avais été impressionné, mais sans doute n’avions nous cherché notre chemin que quelques minutes et le trou n’était pas très gros.
Nous reprenons notre route à vélo et nous lançons dans la descente sur Bonneval-sur-Arc. Ce versant de l’Iseran est splendide et austère, de grandes pentes raides à l’herbe rase. Je prends un immense plaisir à foncer, je double même des voitures. Je n’aurais jamais imaginé que le vélo puisse susciter un tel plaisir, d’une part dans l’effort à la montée et d’autre part dans la griserie de la vitesse à la descente. Mais attention, un vélo, surtout avec des sacoches, ce n’est pas une moto et l’adhérence des pneus de faible section reste limitée, donc prudence. De plus le temps de réaction des freins est particulièrement lent, l’ensemble de l’équipage pèse plus de cent kilogrammes. Je suis toujours étonné que les patins en caoutchouc tiennent le coup sur ces longues distances. En effet, sur cette traversée des Alpes, nous effectuons plusieurs centaines de kilomètres en descente, ce qui sollicite fortement les freins. Evelyne, dans l’avant dernière étape, aura quelques ennuis de ce côté, mais un réparateur de vélo en Vésubie y mettra bon ordre.
Une fois à Bonneval, la route continue à descendre mais la pente est plus douce. Nous nous trouvons au fond de la très longue vallée de la Maurienne, que nous allons suivre jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne. Le temps se couvre de plus en plus. Un vent fort se lève mais ne nous gêne pas trop. Nous sommes déjà contents d’avoir passé l’Iseran sans pluie. Vers treize heures un restaurant à Lanslebourg est le bienvenu. Au moment de le quitter nous devons nous faire violence, car le temps se dégrade rapidement. Nous décidons de pousser au moins jusqu’à Modane. Que cette vallée est austère lorsque le mauvais temps s’y installe. Les pompiers nous doublent. Nous les rejoignons quelques kilomètres plus loin. Ils interviennent sur un accident dans lequel est impliqué un cyclotouriste. Il n’a pas l’air trop atteint. Cela nous rappelle qu’avec nos vélos nous sommes très vulnérables. La pluie arrive. Très vite il tombe des trombes. Une véritable pellicule d’eau recouvre la route. Il fait sombre, dans ces conditions on réalise que le cycliste est en posture précaire. La route descend et nous avons tendance à accélérer pour abréger cette situation désagréable d’être soumis à de fortes intempéries sur une route passante. La ville de Modane apparaît. Qu’elle est triste par ce temps! Son immense gare en plein centre donne un aspect lugubre au coin. Nous trouvons rapidement un hôtel sympathique et nous y installons et commençons par prendre une bonne douche et nous changer. Nous irons ensuite flâner au centre ville. Une librairie bien achalandée nous permet de passer un moment agréable.
Nous espérons que le temps demain s’améliorera. En effet, un gros « morceau » nous attend, le Télégraphe et le Galibier. Ce dernier col, il n’est pas question de le passer par mauvais temps, car on louperait l’un des plus beaux spectacles de montagne, lorsqu’on découvre l’Oisans qui se développe au sud avec ses fantastiques montagnes que sont la Meije, les Ecrins, le Râteau et bien d’autres. Nous verrons bien au lever demain matin. Cette incertitude liée aux conditions météorologiques fait partie intégrante du voyage à vélo. C’est l’un des éléments qui nous donnent l’impression d’être très loin. Dans notre monde sophistiqué aux moyens de déplacement multiples et souvent très rapides, la planète perd ses dimensions, et le voyage à vélo ou à pied les lui rend. On a l’impression d’être des explorateurs lorsqu’on ressent cette sensation de loin et cette envie d’engagement. J’en conviens, cela est très relatif, car il s’agit de l’exploration d’une route goudronnée et de plus la gare est devant nous et en quelques heures nous pouvons être à Lyon !
Cinquième jour : Modane Valloire 35 km
Au matin le temps ne semble pas terrible, bien qu’il ne pleuve pas. Nous voyons cette ville sous son mauvais jour. Je me souviens y avoir campé lors d’une traversée des Alpes à pied. Toute la nuit il avait plu et je m’étais réveillé dans une mare ! Aujourd’hui nous n’en sommes pas là, mais le mauvais temps me fait plus peur à vélo qu’à pied, bien que la marche sous des trombes d’eau ne soit pas particulièrement agréable. Mais sur les chemins on n’est pas à la merci des dangers de la route.
Nous enfourchons nos montures par un temps bas, lugubre et humide. L’Arc charrie des tonnes d’alluvions dans ses eaux boueuses, qui semblent épaisses un peu à la manière d’une pâte liquide. Jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne la route descend et nous effectuons cette première partie d’étape à vive allure. Une fois Saint Michel atteint, le col du Télégraphe déroule devant nous ses grands virages qui partent à l’assaut de la montagne. Quelle n’est pas notre surprise de nous trouver au milieu d’une foule de vélos ! En effet, 2500 Belges se sont donné rendez-vous dans le cadre d’une manifestation à but caritatif pour la recherche médicale. Nous commençons à nous faire du souci, car avec tous ces cyclistes allons-nous trouver un hôtel à Valloire? D’autant plus que le temps se dégrade et la pluie fait son apparition. Cette montée fait une dizaine de kilomètres, 11,8 exactement, pour un dénivelé de 856 mètres, une pente moyenne de 7,3% et une pente maximale de 9,7%. Il culmine à 1566 mètres. Voilà, je vous ai tout dit. La pluie s’accélère, nous faisons néanmoins la halte traditionnelle au col pour la fameuse photo sous le panneau indicateur. Nous engageons la conversation avec quelques cyclistes. Ils sont venus de Belgique pour trois jours seulement le temps de gravir ces deux cols mythiques le Télégraphe et le Galibier. Ils nous apprennent que le gros de la foule est passé hier, ce qui nous laisse quelques chances de logement. C’est trempés que nous arrivons à Valloire. Il n’est pas question d’envisager de passer le Galibier par ce temps. Nous nous mettons à la recherche d’une chambre, que nous finirons par trouver. Ouf! Par ce temps il n’était pas question de rester dehors sans matériel de camping.
Il n’est que midi, cet après-midi de repos sera le bienvenu. La montée des deux cols dans la foulée doit être difficile avec nos vélos chargés. Dans le fond la pluie est presque une bénédiction, qui nous enlève toute culpabilité de céder à la facilité d’une étape courte. Le soir nous aurons quelques difficultés à trouver un restaurant qui nous accepte, car les hordes des jours précédents ont tout dévalisé, et la station attendait la fin de cet événement pour fermer ce soir, donc ils n’ont plus rien à proposer à manger! Cette recherche nous la faisons sous de véritables trombes et une fois de plus nous finissons par trouver. Il était temps car nous sommes trempés jusqu’aux os. La soirée sera très agréable avec une bande de Belges qui se sont attardés un soir de plus avant de rentrer au pays. En fin de repas un coup de tonnerre terrible fait sauter l’électricité dans toute la station. Le repas se finira aux bougies et le retour à notre hôtel au radar dans des rues noires transformées en étang!
Sixième jour : Valloire le Laus 71 km
Ce matin le temps est assez beau, il ne pleuvra pas, bien que quelques bancs de brouillard traînent aux flancs des montagnes. Rien d’étonnant car il faut bien évacuer toute l’humidité que les fortes précipitations de la veille ont générée. Aujourd’hui encore cette étape représente un symbole pour les cyclistes. Je me souviens de l’étape du tour de France dans le Galibier cette année. Nous étions dans une petite ville du centre de la France et notre télévision ne marchait pas. Nous avons cherché au pas de course un bar afin de regarder cet événement d’anthologie. Le temps était magnifique et les vues d’hélicoptère époustouflantes. Voilà les souvenirs qui me viennent à l’esprit au moment de quitter Valloire. Afin d’atteindre le col qui culmine à 2645 mètres, il nous faut parcourir 18 kilomètres avec des passages à 12% et une pente moyenne de 7%, le dénivelé dépassant les 1200 mètres. Au début, la route remonte un vallon austère dépourvu d’arbres, puis par des lacets raides elle attaque la montagne. L’effort ne faiblira pas jusqu’au bout. De temps à autre la vue est limitée par des passages de brume. Dans un virage quelques kilomètres avant l’arrivée nous passons devant le monument à la mémoire de Pantani, ce grand coureur mort dans la déchéance.
Au col le ciel reste partiellement couvert, les grands sommets de l’Oisans ne se dévoilent qu’en partie. Nous distinguons entre les nuages les vastes pans de neige et de glace de la face nord des Ecrins, pic de plus de 4000 mètres, qui a donné son nom au massif. Très longtemps on avait cru que le point culminant de la région était le Pelvoux, car il est plus visible de la vallée. Malheureusement les fabuleuses faces nord de la Meije et du Râteau restent cachées. Des noms de grands alpinistes pionniers de ces parois me viennent à l’esprit, le père Gaspard pour la Meije et Victor Chaud, grand guide qui s’est tué lors de la première répétition de la face nord du Râteau, face rébarbative souvent verglacée, très raide et en mauvais rocher. Nous pouvons cependant voir une partie des arêtes de la Meije, jusqu’au doigt de Dieu. Ces montagnes me rappellent une multitude de souvenirs, de ski et de randonnée avec mon père et d’escalades de grande ampleur avec des camarades. Mais cette arête de la Meije me fait systématiquement penser à l’histoire que je vais vous relater : au cours d’un dîner, je discutais avec un gendarme qui avait été durant une partie de sa carrière affecté au secours en montagne en Oisans. Un jour, il est appelé pour le sauvetage d’une personne accrochée en haut des arêtes sur le versant regardant la Bérarde. La paroi est très raide et haute de 800 mètres. Le sauvetage s’avère délicat, et quelle est la surprise du pilote de constater qu’il s’agit d’un parapentiste pendu en pleine paroi, retenu par son parachute à des aspérités par très loin du faîte de l’arête. Le sauvetage se passe bien. De toute évidence l’accidenté avait commis une faute en sautant vers la Bérarde alors que le vent venait de l’ouest, ce qui l’exposait aux rabattants, qui l’ont effectivement plaqué à la paroi. Il pouvait s’estimer heureux de s’en tirer vivant. L’année suivante, notre gendarme est appelé pour un sauvetage similaire au même endroit. Effectivement, il secoure un individu pendu dans les mêmes conditions au même endroit. Quelle n’a pas été la surprise de ce capitaine de gendarmerie quand il a reconnu l’individu qu’il était déjà allé chercher une première fois l’année précédente! Le parapentiste, peut-être suicidaire, mais qui venait de se louper pour la seconde fois, a eu droit à une sacrée remontée de bretelles, réitérer la même faute grossière, décoller le vent dans le dos, les sauveteurs n’ont pas apprécié.
Au sommet de notre col, pas de soleil, un petit vent frais n’encourage pas à prolonger l’arrêt. Nous nous habillons, mettons des gants et nous lançons sans traîner dans la descente. Rapidement l’atmosphère se réchauffe. En effet, nous basculons vers les Alpes du sud. Notre itinéraire passe au col du Lautaret quelques 600 mètres plus bas. De là nous allons nous laisser glisser vers Briançon et la chaleur retrouvée. Sur notre gauche le massif des Cerces nous permet d’admirer dans le beau temps retrouvé une multitude de belles parois d’escalade, qui me rappellent bien des moments de grande intensité. Au niveau de Serre-Chevalier nous casse-croûtons d’un morceau de pain et de saucisson et repartons vers Briançon à la recherche d’un bistrot pour le traditionnel café de mi-journée. Nous le trouvons au pied du col de l’Izoard en pleine ville. Moment de détente que nous savourons après cette matinée de plaisir et d’effort dans le Galibier.
Cet après-midi le ciel est bleu. La côte en direction du col de l’Izoard, après un raidillon à la sortie de la ville, s’atténue, nous pédalons avec facilité. L’obstacle est cependant de taille 20 kilomètres pour 1185 mètres de dénivelé. L’entrée dans le Queyras est très accueillante. L’ambiance dans cette montée est très différence de ce que nous avons connu ce matin le long de la route du Galibier. La rivière la Cerveyrette, aux eaux claires en contrebas dans les gorges, court sur ses plages de galets. On est loin des eaux tourmentées et boueuses de l’Arc. Manifestement ici il n’a pas plu. L’air est limpide et de grandes parois au calcaire lumineux s’élèvent tout autour de nous au dessus des forêts de mélèzes. Les massifs français ont chacun leur particularité, ce qui fait tout le charme des Alpes. Nous passons le joli village de Cervières et rejoignons rapidement le hameau du Laus et son sympathique gîte. Nous y passons une soirée plaisante dans un cadre pittoresque et montagnard.
Septième jour : Le Laus Jausiers 86 km
Encore une fois la nuit fut agréable. Cela tient aussi au fait de la nouveauté renouvelée chaque jour. C’est toujours avec curiosité que nous découvrons le lieu qui va nous accueillir pour la nuit. Ce gîte est particulièrement bien placé à sept kilomètres du sommet du col de l’Izoard. Cette nuit il a fait froid, car par endroits des plaques de givre ponctuent les prairies. L’air ce matin est immobile dans un ciel bleu intense. Toutes les conditions sont réunies pour que nous passions une excellente journée sur nos machines. Au programme se trouvent deux cols l’Izoard et Vars. Le premier dans cet air vif du matin sera vite atteint. Nous y jouissons d’un décor de belles montagnes aux sommets pointus, qui s’élèvent au dessus des forêts. A cette heure matinale encore peu de monde, les motards et les automobilistes se lèvent plus tard que nous, car ils mettent beaucoup moins de temps pour rejoindre ces lieux haut perchés. Mais sans doute éprouvent-ils aussi moins de plaisir et n’ont pas le temps de rentrer en harmonie avec ces régions d’altitude, alors que le silence de notre mode de déplacement nous permet de rentrer en communion avec la faune et la flore. La lenteur et l’effort physique nous font éprouver une forme de victoire longtemps désirée puis obtenue après un combat mené à la force de nos muscles. Toujours la même sensation de plaisir lorsque le point le plus haut d’un col est atteint, on cherche le panneau pour la traditionnelle photo. Au col de l’Izoard, il se trouve juché en haut d’une colonne massive en pierre et affiche 2361 mètres d’altitude.
La redescente sur l’autre versant vers la vallée du Guil est de toute beauté. La route épouse les accidents du relief en larges méandres dans de grandes zones minérales aux couleurs multiples. De vastes pierriers nous entourent de toutes parts et tout là-bas à mi-distance du fond de la vallée sur un replat, nous distinguons les villages de Brunissard et d’Arvieux, au milieu de prairies bien vertes, qui tranchent avec le monde pierreux qui les domine. Dans ce dernier village nous doublons trois randonneuses au pas alerte. Nous engageons la conversation, elles sont parties pour une balade de plusieurs jours sur le GR5. Cela me rappelle ma randonnée sur cet itinéraire il y a maintenant quelques années. J’avais bivouaqué au col des Ayes vers 2300 mètres sous des trombes et au matin, le miracle du beau temps s’était produit, et m’avait accueilli au sortir de la tente avec un spectacle de toute beauté qui s’étalait à l’ouest loin vers l’Oisans et ses grands sommets et au sud au-delà du Queyras et ses montagnes, qui comme le pic de la Font Sanct ont une belle prestance.
Arvieux, dernier village avant de plonger dans les gorges du Guil. Sur notre gauche en amont se trouve la fameuse citadelle de Château-Queyras. Nous n’irons pas car nous partons à droite vers l’aval en direction de Guillestre. La citadelle est magnifique à découvrir lorsqu’on arrive par le GR5. Au détour d’un repli de terrain en pleine forêt d’un coup elle apparaît sans préavis. On reste bouche bée, en découvrant en contrebas cette immense bâtisse que l’on surplombe, au point de presque se croire à bord d’un avion, tellement on la domine.
Mais voilà le vélo ne permet pas ce point de vue. Nous nous enfonçons vers l’ouest dans des gorges profondes, bordées de hautes falaises. La rivière, presque un torrent s’écoule toute frangée d’écume. Après une dizaine de kilomètres dans ce décor de toute beauté, la route est barrée totalement, au point qu’avec avec nos vélos nous ne pouvons pas nous faufiler. Une déviation escalade le bord gauche de la vallée, empruntant une minuscule route qui se glisse à travers les falaises. Cette chaussée est très étroite et le croisement des véhicules est difficile, voire impossible par endroits. Cet itinéraire de déviation au goudron en mauvais état a des petits airs de chemin andin, j’adore. Cependant la montée est raide et cela rajoute quelques kilomètres à l’étape. Nous doublons un jeune Anglais, sac et piolet au dos. Intrigué, je lui demande d’où il vient. Il m’explique qu’il est engagé dans une traversée de Nice à Chamonix sur une durée de six semaines et qu’il suit son propre itinéraire. Il est en train de rejoindre l’Oisans qu’il compte parcourir avant de reprendre sa route vers Chamonix. La chaussée est si étroite, qu’un cycliste et un piéton tassés en bordure du vide s’attirent des remarques d’un automobiliste qui considère que nous encombrons le passage en stationnant à cet endroit. Mais mon Anglais je n’ai pas choisi l’endroit où le doubler !
Après ce détour pittoresque, nous faisons une halte à Guillestre le temps de se ravitailler. A midi nous nous engageons dans la longue montée du col de Vars. Elle s’étire sur vingt kilomètres et 1185 mètres de dénivelé. Le démarrage est difficile dans la chaleur. Les premières épingles nous permettent de regarder vers le nord ouest en direction de l’Oisans. La silhouette caractéristique de la longue arête de l’un des plus beaux groupes de montagnes se laisse contempler. Il s’agit du Pelvoux, du Pic Sans Nom et d’Ailefroide, ces montagnes m’ont toujours fait rêver et je n’ai jamais gravi l’une d’elle. Il n’est jamais trop tard, sait-on jamais? Un cycliste nous rattrape et nous donne quelques détails sur le reste du parcours jusqu’au col, puis sur son vélo de course il s’envole. Après une première partie de huit kilomètres soutenue, l’inclinaison baisse et nous distinguons le col tout là-bas au fond d’un grand vallon qui en finale se relève. Dans un champ nous faisons notre pause de midi. Il fait bon, l’herbe est tendre, nous avons vraiment retrouvé le climat méditerranéen. Nous reprenons notre route pour quelques kilomètres le temps de trouver le bar pour notre café de la demi-journée. A Sainte-Marie une terrasse agréable nous accueille. Elle est en grande partie peuplée de motards allemands. Le nombre de motos que nous croisons ou qui nous doublent est impressionnant, plus d’une centaine par jour. La fin du parcours présente quelques difficultés. Le passage des Claux est très raide supérieur à dix pour cent, dans un village qui n’en finit plus. Cela me rappelle un autre village au fond des Tatras slovaques, ou nous avions parcouru huit kilomètres très raides entre deux rangées de maisons avant de retrouver de grandes forêts désertes. La traversée des Claux est beaucoup plus courte mais demande aussi des efforts.
Le col est atteint. Son altitude est somme toute modeste, 2209 mètres, comparativement aux précédents. Mais ces vingt kilomètres de montée nous laisseront des souvenirs. Nous discutons avec un couple en tandem, lancé lui aussi dans une traversée des Alpes.
La descente sur l’Ubaye est magnifique. Le Brec de Chambeyron, avec sa silhouette de volcan tronqué trône du haut de ses 3411 mètres. Il y a deux mois j’ai passé dans les environs de cette montagne une semaine à grimper de belles parois désertes, présentant pourtant un rocher d’une qualité extraordinaire. L’escalade c’est comme le reste, il y a les lieux à la mode et les autres. Manifestement les parois de l’Ubaye ne sont pas touchées actuellement par le phénomène, et durant cette semaine nous nous en sommes félicités. Par contre nous ne pouvons pas en dire autant de la route des Grandes Alpes, particulièrement en vogue auprès des automobilistes et des motards. Nous rencontrerons cependant peu de cyclotouristes. Nous dépassons le joli village de Saint Paul en Ubaye. Très loin au pied du Brec de Chambeyron je vois le village de Fouillouse, et un peu plus bas son incroyable pont en arche qui franchit un gouffre de plus d’une centaine de mètres de profondeur. Vers les seize heures nous touchons au but de la journée, Jausiers, petit village au pied du col de Restefond la Bonnette culminant à 2715 mètres d’altitude et totalisant 1500 mètres de dénivelé.
Huitième jour : Jausiers Saint Sauveur de Tinée 81 km
Ce petit hôtel où nous sommes descendus, je le connaissais pour y avoir dormi lors d’une virée d’escalade dans la région. La patronne est très agréable et nous parle de la vie locale. En particulier elle nous révèle, et cela ne nous surprend pas, que les motards de passage font significativement monter le chiffre d’affaire.
Après un petit déjeuner copieux nous nous préparons pour la grosse étape du col de Restefond, 24 kilomètres. Ils se déroulent tout le long d’un gigantesque pan de montagne pelée. A notre vitesse lente nous allons mettre pas loin de quatre heures pour arriver à ce passage entre Ubaye et Tinée. Le ciel est clément, la forme est bonne. Le panorama qui s’élargit à chaque tour de pédalier, nous permet de pleinement profiter de ce moment. Ce qui pourrait être un calvaire se transforme en pur bonheur. La fin du parcours est particulièrement austère, le sol constitué d’une caillasse grise, couleur ardoise, donne au paysage une note de dureté et de froideur. Un vent modéré souffle, ce qui renforce cette sensation de nature sauvage. Au col, même pas un panneau. Nous n’irons pas jusqu’au point 2802 mètres, effectuer la boucle de 1600 mètres autour du sommet, bien qu’il s’agisse de la route la plus haute d’Europe.
Devant nous s’ouvre la vallée de la Tinée. Nous sentons que le terme de notre voyage se rapproche. Cette vallée qui débute, si nous la suivions, elle nous conduirait directement à Nice en une centaine de kilomètres. Mais notre itinéraire comporte encore deux cols. Nous allons suivre la vallée de la Tinée jusqu’à Saint Sauveur et de là nous rejoindrons la Vésubie.
Après une magnifique descente nous nous arrêtons à Saint-Etienne de Tinée, pour déjeuner. Il nous reste une trentaine de kilomètres pour rejoindre Saint Sauveur. La route descend le long de cette profonde vallée. Au sortir de la ville nous rencontrons un couple de cyclistes italiens à la recherche d’un hébergement pour la nuit. La femme semble assez énervée du fait de ne rien trouver. En effet, ils ont poussé jusqu’à Isola, mais en intersaison, ils sont arrivés dans une ville morte. J’adore entendre cette italienne parler sur son ton haut perché, appuyant sur l’accent tonique. Je ne puis m’empêcher de lui dire « l’italiano e la piu bella lingua d’el mondo ». Je ne suis pas sûr que ce soit de l’italien bien correct, mais elle comprend.
Suite à cet intermède rigolo, nous reprenons notre route, qui parfois suit une piste cyclable très agréable. Enfin nous arrivons et le gîte municipal est ouvert. Nous nous installons et ce soir nous serons sept dans ce dortoir. Un couple d’Allemands, un Suisse et deux ouvriers travaillant sur un chantier de percement de tunnel près du village qui nous domine, Roure. L’un des occupants a manifestement des problèmes d’odeur de pieds et nous en fera largement et généreusement profiter! Le village est plein de chats pas farouches qui se laissent caresser, ce qui me ravit. Le couple d’Allemands accepte une invitation au restaurant du village et nous passerons un très agréable moment, ce qui entre autre me donnera l’occasion d’utiliser leur langue, que j’aime beaucoup.
Neuvième jour : Saint-Sauveur-de-Tinée col de Turini 61 km
Cetteétapedansles Alpes maritimes va être d’une grande beauté. Nous pensions qu’après avoir gravi les cols les plus hauts des Alpes, dans ce département nous aurions des pentes moins longues et des décors moins grandioses. Il n’en est rien, de plus les villages prennent des airs de hameaux corses nichés dans des pentes incroyables ou cachés dans des creux secrets.
De Saint-Sauveur nous descendons durant quelques kilomètres les gorges de la Tinée. Puis sur la gauche, une petite route escalade la pente raide et rejoint un vallon de toute beauté, qui s’élève rapidement au-dessus de la Tinée. Nous allons monter 17 kilomètres pour un peu plus de 1000 mètres de dénivelé. Arrivés au col, contrairement aux jours précédents, il n’y a pas grand monde. Cependant, il y a une petite boutique de vélos, et Evelyne trouve des patins de frein, car elle commence à freiner sur la ferraille. Nous descendons sur Saint-Martin-de-Vésubie. Il y a bien longtemps, je venais assez souvent dans les montagnes des environs, en particulier la Gougourde, magnifique paroi granitique de 400 mètres de haut, que parcourent de nombreuses voies d’escalade magnifiques. Les bouquetins y étaient nombreux et pas craintifs du tout. Ils venaient même tout près lorsque nous mangions au pied de la paroi dans l’espoir qu’on leur donne un quignon de pain. Je me souviens les avoir vus, dans des postures incroyables en pleine paroi. L’un d’entre eux a disparu au sommet et lorsque nous y sommes arrivés nous avons du mettre un rappel long et raide pour descendre. Je n’en revenais pas qu’il soit passé par là. Depuis nous les avons vus faire des acrobaties encore pires. Leurs sabots sont de véritables ventouses.
Donc, nous arrivons à Saint Martin, jolie petite station de montagne. Nous casse-croûtons sur la place centrale à l’ombre de grands platanes. Il fait chaud, l’ambiance est vraiment méridionale. Puis nous allons prendre un café dans le coin des rues commerçantes, vraiment très jolies. Nous nous y sentons très bien. Je regrette presque qu’il ne soit que une heure de l’après-midi, car je me serais bien arrêté passer la nuit dans ce coin charmant. Mais non l’appel de la route est le plus fort. Rapidement nous rejoignons Roquebillière et peu après sur la gauche l’embranchement du col de Turini se présente et nous quittons la vallée de la Vésubie. Il fait chaud, la pente est rude. Nous arrivons dans le magnifique village de la Bollène-Vésubie. Nous n’y résistons pas, nous nous arrêtons dans un café, où manifestement le patron cultive l’art de vivre. D’ailleurs son chien de toute évidence a la même philosophie de vie. Nous attendons que le soleil tape un peu moins puis nous repartons dans cette longue montée. La route est une incroyable succession de virages en épingles. Nous surplombons le village où nous avons fait halte. Nous réalisons qu’il est comme posé au sommet d’une colline entre vallée et montagne. Il me fait penser à ces villages corses, qui se sont établis dans les endroits les plus invraisemblables. Cette route ne cesse de nous étonner par son profil. Du haut, ce n’est qu’une suite de virages qui escaladent un pan de montagne raide. Le trafic n’est pas intense, surtout des motards allemands. Certains nous doublent, d’autres nous croisent. Pour les premiers c’est presque la fin de cette chevauchée fantastique par les plus hauts cols des Alpes, et pour les seconds ce n’est que le début. Un fou au volant d’un coupé Mercedes nous double sans précaution. Evelyne lui fait signe de ralentir. Il lui répond par un geste obscène. Avons-nous à faire à une petite frappe locale ou à un grand voyou niçois? Il ne nous a pas renversés, donc ce n’est pas grave. Ne nous laissons pas aller à des idées sombres sur nos congénères. Les derniers kilomètres sont éprouvants. Dans ces cas là, on a l’impression de ne jamais en finir. Puis d’un coup le col surgit. Il est très particulier, carrefour de plusieurs routes au milieu des arbres. Autre caractéristique, il y a trois hôtels, sensation étrange, mais le lieu est immédiatement sympathique, on a tout de suite envie d’y faire halte. Cela tombe bien car nous avons ce matin depuis le point d’information du col Saint-Martin réservé une chambre à l’hôtel les chamois. Le patron est adorable et les prix très doux pour une prestation de qualité. Il nous offrira même la bière car nous l’avons aidé à porter de nouveaux matelas qui lui sont livrés. Il nous donnera un cours sur le matelas, car il a travaillé 12 ans dans ce secteur et dans le haut de gamme. En effet, nous constaterons que nos lits sont particulièrement bien équipés en la matière. Souvent dans les hôtels les matelas sont tout mous, vieux et fatigués ou durs comme des planches en bois lorsqu’ils sont neufs. Là ils sont fermes épousent bien la forme du dos sans mollesse, en un mot absolument confortables, secret d’une bonne nuit.
Dixième jour : col de Turini Nice 50km
C’est avec regret que nous quittons ce coin exceptionnel, cet hôtel et son patron très attachants. Aujourd’hui, arrive notre dernier jour de ce beau périple. Pour cette dernière demi-étape nous choisissons un maximum de petites routes. Nous empruntons la D 2566, qui sur la carte suit une ligne de crête durant une dizaine de kilomètres. Cela me rappelle le GR un peu plus à l’est qui lui aussi dans sa dernière partie suit une longue ligne qui domine les vallées d’une part de la Tinée et du Var et de l’autre la Vésubie. La fin de ces deux fabuleux itinéraires que sont le GR5 et la routes des Hautes Alpes révèlent de belles surprises. Pour être précis concernant ce dernier itinéraire nous empruntons une variante, le trajet original descend à Menton par Sospel. Nous ne regretterons pas cette variante par le village de Lucéram. Là encore, on pourrait se croire dans le moutonnement montagneux de l’intérieur de la Corse. Ce département des Alpes Maritimes possède de très belles montagnes et pas uniquement une côte maritime. Cette dernière plongée avant de retrouver les abords de la grande agglomération, nous en profitons autant que possible. Ce village de Lucéram en fin de périple me remémore la fin d’une fabuleuse randonnée autour de la Corse et la Sardaigne, lorsque nous avons quitté la Castagniccia, en plongeant vers Bastia. Nous nous imprégnons de ces senteurs du midi, de cette chaleur lorsque le soleil passe la montagne qui nous domine à l’est. Je retiens ma vitesse pour que cela dure encore un peu. Ces fins de voyage qui se passent dans des conditions exceptionnelles de temps, de beauté et d’entente entre les protagonistes, invitent inexorablement à se projeter dans un futur voyage.
Voilà, nous rejoignons l’Escarene et la grande route. On pressent la grande ville, la circulation s’intensifie, la vallée s’élargit. Nous traversons des banlieues où nous cherchons notre itinéraire. Puis nous nous trouvons sur une voie rapide qui conduit à un long tunnel interdit aux vélos. Je ne m’en rends pas compte, Evelyne l’a réalisé, mais j’appuie comme un sourd sur les pédales et elle n’arrive pas à me rejoindre. Juste à l’entrée du tunnel je ralentis uniquement pour que nous soyons groupés dans ce tuyau très dangereux pour les cyclistes. Alors dès qu’elle me rattrape, époumonée de m’avoir appelé, elle me dit que cela fait plus d’un kilomètre qu’elle essaye de m’arrêter, pour rejoindre la piste cyclable qui se déroule un peu plus loin à droite. Je suis un vrai bourrin, mais ce n’est pas à mon âge que je vais changer ! Facilement nous la retrouvons et reprenons notre chemin en direction de la villa de ma cousine qui habite sur l’une des collines à l’intérieur de la ville. Les quatre kilomètres de montée pour arriver chez elle sont très raides et le trafic particulièrement dense, mais après ce périple à travers les grands cols des Alpes nous surmontons cette ultime difficulté.
Encore un beau projet qui se termine. Nous commençons à être des vieux copains de voyages à vélo (vive VF), cela fait le cinquième que nous accomplissons ensemble. Nous n’allons pas tarder à vouloir repartir ensemble ou avec d’autres en fonction des opportunités. En effet, il ne faut pas les manquer la vie est si courte ! Enfin pour le moment, profitons des beaux souvenirs tout frais et allons nous baigner dans une mer encore très chaude.
GR20 en joellette... (Corse) English translation pending
Bonjour ami(e)s de la montagne...
Nous sommes en train de construire un projet afin d'amener une amie atteinte de la sclérose en plaques faire le GR20 en corse en joellette. (= fauteuil adapté à la montagne)
Nous sommes un groupe de montagn"hard" entrainé, expérimenté, le défi n'est pas forcément notre soucis, mais plus sur les conditions de passages de certains lieux.
Nous aurons en plus du fauteuil adapté (= joellette), un harnais permettant de porter la personne pour les passages plus délicats.
Nous recherchons donc la liste des passages délicats et leurs caractéristiques et bien sur vos expériences sur le cet itinéraire mythique...
merci à tous....
Tibo
Nous sommes en train de construire un projet afin d'amener une amie atteinte de la sclérose en plaques faire le GR20 en corse en joellette. (= fauteuil adapté à la montagne)
Nous sommes un groupe de montagn"hard" entrainé, expérimenté, le défi n'est pas forcément notre soucis, mais plus sur les conditions de passages de certains lieux.
Nous aurons en plus du fauteuil adapté (= joellette), un harnais permettant de porter la personne pour les passages plus délicats.
Nous recherchons donc la liste des passages délicats et leurs caractéristiques et bien sur vos expériences sur le cet itinéraire mythique...
merci à tous....
Tibo
Carretera Austral à vélo: sens et durée? (Chili) English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais quelques renseignements sur la Carretera Australe qu’on aimerait emprunter entre décembre et février. En parcourant ce forum, cela m’a donné envie de parcourir cette portion à vélo mais ça ne parait pas si simple sachant que le reste du temps on voyagera plutôt en bus et à pied, on ne peut donc pas ramener un vélo de France.
J’ai lu qu’on pouvait acheter des vélos à Santiago mais ça ne nous arrange pas trop de passer pas là. Avec tous ceux qui ont l’air de faire cette route à vélo, il n’y a pas un système de revente / rachat de vélo dans les villes de Villa O’Higgins ou Puerto Montt ?
La plupart ont l’air de rouler dans le sens nord-sud, c’est pour une question de vent c’est ça ? C’est tout de même possible de choisir de parcourir cette magnifique route du sud au nord ou c’est vraiment galère ?
Quelle est en moyenne la durée pour rejoindre Chaiten depuis Villa O’Higgins en vélo ?
Merci d’avance pour vos réponses.
Estelle
Je souhaiterais quelques renseignements sur la Carretera Australe qu’on aimerait emprunter entre décembre et février. En parcourant ce forum, cela m’a donné envie de parcourir cette portion à vélo mais ça ne parait pas si simple sachant que le reste du temps on voyagera plutôt en bus et à pied, on ne peut donc pas ramener un vélo de France.
J’ai lu qu’on pouvait acheter des vélos à Santiago mais ça ne nous arrange pas trop de passer pas là. Avec tous ceux qui ont l’air de faire cette route à vélo, il n’y a pas un système de revente / rachat de vélo dans les villes de Villa O’Higgins ou Puerto Montt ?
La plupart ont l’air de rouler dans le sens nord-sud, c’est pour une question de vent c’est ça ? C’est tout de même possible de choisir de parcourir cette magnifique route du sud au nord ou c’est vraiment galère ?
Quelle est en moyenne la durée pour rejoindre Chaiten depuis Villa O’Higgins en vélo ?
Merci d’avance pour vos réponses.
Estelle
Ascension du Toubkal (Maroc) English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai l'intention de faire un trekking d'une dizaine de jours au Maroc en septembre avec comme idée de découvrir un peu l'Atlas. Dans l'idée, j'aimerais emmener ma copine faire l'ascension du Toubkal pour son anniversaire. Je me suis déjà rendu au Maroc et je ne me pose pas trop de soucis pour communiquer (à vrai dire je ne sais pas si du fait de l'isolement de ces régions, les habitants parlent moins français ?), mais je ne connais pas véritablement cette région.
Pour l'instant, je pense arriver à Marrakech, puis me rendre à ### pour entamer l'ascension du Toubkal. Après c'est un petit peu le flou.
Je ne suis pas randonneur professionnel mais je dispose de quelques expériences, particulièrement dans les Alpes, je sais me repérer sur une carte sans trop de souci et suivre un circuit. Et nous sommes tous les deux en bonne forme physique.
Est-ce que vous auriez des témoignages à me fournir concernant le coin ? particulièrement des idées d'itinéraires ? Est-ce que vous croyez que c'est faisable sans guide ou que ce dernier est absolument nécessaire ?
N'hésitez pas à me donner vos remarques !
Cordialement,
Benjamin
J'ai l'intention de faire un trekking d'une dizaine de jours au Maroc en septembre avec comme idée de découvrir un peu l'Atlas. Dans l'idée, j'aimerais emmener ma copine faire l'ascension du Toubkal pour son anniversaire. Je me suis déjà rendu au Maroc et je ne me pose pas trop de soucis pour communiquer (à vrai dire je ne sais pas si du fait de l'isolement de ces régions, les habitants parlent moins français ?), mais je ne connais pas véritablement cette région.
Pour l'instant, je pense arriver à Marrakech, puis me rendre à ### pour entamer l'ascension du Toubkal. Après c'est un petit peu le flou.
Je ne suis pas randonneur professionnel mais je dispose de quelques expériences, particulièrement dans les Alpes, je sais me repérer sur une carte sans trop de souci et suivre un circuit. Et nous sommes tous les deux en bonne forme physique.
Est-ce que vous auriez des témoignages à me fournir concernant le coin ? particulièrement des idées d'itinéraires ? Est-ce que vous croyez que c'est faisable sans guide ou que ce dernier est absolument nécessaire ?
N'hésitez pas à me donner vos remarques !
Cordialement,
Benjamin
Trek au Zanskar de Lamayuru vers Padum (Inde) English translation pending
Bonjour
Plusieurs questions auquelles je n arrive pas a trouver de reponse consensuelle sur le forum.
Nous envisageons tres prochainement de realiser le Trek Lamayuru Padum, dans ce sens la donc et en une dizaine de jours. Nous aimerions prendre simplement un Horseman (et eventuellement un guide) directement dans les villages, sans passer par les agences.
Du coup plusieurs questions se posent:
Peut on trouver les guides/horsemen a Lamayuru?
Devons nous prevoir notre nourriture a Leh ou bien il y a ce qu il faut a Lamayuru? Ou bien des tentes restaurant partout?
ENfin nous trouvons des reponses assez contracdictoires sur le net concernant: La possibilite chaque soir de dormir dans un village, chez l habitant, ou bien la necessite d avoir notre tente (et le cas echeant, la tente le horseman en a une ou je la loue a Leh?)
Les temperatures nocturnes fin juin debut juillet. Nous avons un bon equipement de marche et contre le froid (ou les chaleurs en journee), mais pour la nuit nos sacs de couchage sont un peu light, poids oblige. Besoin de couvertures supplementaires??
Je me permets une toute derniere question, le trek comporte plusieurs passages de cols, et j en deduis un certain engagement. La encore nous trouvons des quotations de difficulte tres differentes. IL y a tout de meme de l altitude, et je suppose que lorsque l on est au milieu du trek on ne redescend pas tres facilement... Votre appreciation sur le niveau necessaire (l une de nous deux est debutante).
MERCI pour votre aide.
Plusieurs questions auquelles je n arrive pas a trouver de reponse consensuelle sur le forum.
Nous envisageons tres prochainement de realiser le Trek Lamayuru Padum, dans ce sens la donc et en une dizaine de jours. Nous aimerions prendre simplement un Horseman (et eventuellement un guide) directement dans les villages, sans passer par les agences.
Du coup plusieurs questions se posent:
Peut on trouver les guides/horsemen a Lamayuru?
Devons nous prevoir notre nourriture a Leh ou bien il y a ce qu il faut a Lamayuru? Ou bien des tentes restaurant partout?
ENfin nous trouvons des reponses assez contracdictoires sur le net concernant: La possibilite chaque soir de dormir dans un village, chez l habitant, ou bien la necessite d avoir notre tente (et le cas echeant, la tente le horseman en a une ou je la loue a Leh?)
Les temperatures nocturnes fin juin debut juillet. Nous avons un bon equipement de marche et contre le froid (ou les chaleurs en journee), mais pour la nuit nos sacs de couchage sont un peu light, poids oblige. Besoin de couvertures supplementaires??
Je me permets une toute derniere question, le trek comporte plusieurs passages de cols, et j en deduis un certain engagement. La encore nous trouvons des quotations de difficulte tres differentes. IL y a tout de meme de l altitude, et je suppose que lorsque l on est au milieu du trek on ne redescend pas tres facilement... Votre appreciation sur le niveau necessaire (l une de nous deux est debutante).
MERCI pour votre aide.
Planifier les déplacements/ordre des visites en Équateur English translation pending
Bonjour!
Je vais partir deux semaines en Équateur (peut-être seule) et j'ai déjà noté plusieurs choses que je ne veux pas manquer. Par contre je ne sais pas par quel bout commencer (ordre des choses) et comment rejoindre efficacement les deux endroits les plus éloignés.
Je vais arriver à Quito et repartir de Quito (moins cher et meilleurs horaires). Impératif: Je dois visiter une amie près d'Esmeraldas. J'aime les montagnes et la randonnée, donc je veux aussi faire la lignée de volcan (Quilotoa, Cotopaxi), au moins jusqu'à Banos, mais j'ai lu également beaucoup de bien de Cuenca alors dilemme... Comment rejoindre Esmeraldas et Cuenca (ou Banos/Riobamba)
Pour l'instant, j'envisage ce qui suit, mais je n'ai rien vérifié encore. J'espère que vous me ferez des commentaires pour ne pas que je perdre trop temps à un endroit et pas assez à un autre! N'hésitez pas à me suggérer des alternatives. Je ne suis jamais allée en Amérique du Sud donc tout me sera nouveau en quelque sorte.
- Quito - Mitad del mundo - esmeraldas - same - aller jusqu'à Cojimes et Pedernales pour reprendre la route vers les volcans ou retourner sur Esmeraldas? - santo domingo de los colorados? (intéressant ou non? je le note surtout parce que ca serait en chemin si c'est la route à prendre?) - Cotopaxi - Quilotoa - Banos - Cuenca? si ce n'est pas trop loin...
Merci de vos conseils! J'ai déjà lu les périples des autres, mais les trajets et durées n'étaient pas identiques!
PS: je viens de vérifier et il me serait apparemment possible de repartir de Guayaquil sans trop de supplément, donc à considérer je suppose!
Je vais arriver à Quito et repartir de Quito (moins cher et meilleurs horaires). Impératif: Je dois visiter une amie près d'Esmeraldas. J'aime les montagnes et la randonnée, donc je veux aussi faire la lignée de volcan (Quilotoa, Cotopaxi), au moins jusqu'à Banos, mais j'ai lu également beaucoup de bien de Cuenca alors dilemme... Comment rejoindre Esmeraldas et Cuenca (ou Banos/Riobamba)
Pour l'instant, j'envisage ce qui suit, mais je n'ai rien vérifié encore. J'espère que vous me ferez des commentaires pour ne pas que je perdre trop temps à un endroit et pas assez à un autre! N'hésitez pas à me suggérer des alternatives. Je ne suis jamais allée en Amérique du Sud donc tout me sera nouveau en quelque sorte.
- Quito - Mitad del mundo - esmeraldas - same - aller jusqu'à Cojimes et Pedernales pour reprendre la route vers les volcans ou retourner sur Esmeraldas? - santo domingo de los colorados? (intéressant ou non? je le note surtout parce que ca serait en chemin si c'est la route à prendre?) - Cotopaxi - Quilotoa - Banos - Cuenca? si ce n'est pas trop loin...
Merci de vos conseils! J'ai déjà lu les périples des autres, mais les trajets et durées n'étaient pas identiques!
PS: je viens de vérifier et il me serait apparemment possible de repartir de Guayaquil sans trop de supplément, donc à considérer je suppose!
Traverser la France du Nord au Sud... à la marche English translation pending
Moi et ma meilleure amie avions prévu de traverser la France du nord au sud ; nous avions prévu de rejoindre Nice depuis Lille (où nous habitons), pour ensuite rejoindre l'Italie, le tout... en auto-stop ! Mais pour des raisons X, Y et Z que je préfère taire pour éviter tout énervement (!), cette amie a changé d'avis et renonce à cette échappée (qu'elle m'a pourtant proposée !). Or, je comptais en faire le voyage de ma vie, le plus exaltant de ma jeunesse, parce que le plus aventureux ; c'est ainsi que je me décide, malgré tout, à faire ce voyage seul.
Mes plans en eux-mêmes ne changent pas (quoique...), et je vais les exposer dans les grands traits. Je partirais vers le 5 août à Paris, en train, et depuis la région parisienne, je commencerais ma marche en direction du sud. Le tracé du TGV Paris-Lyon me semble recommandable à suivre, mais puisque je cherche la difficulté, je vais évidemment m'en éloigner plus ou moins. Les petites routes de campagne (nationales ou départementales) sont celles que je prévois d'emprunter, mais... Sont-elles dangereuses pour le petit vagabond piéton de 19 ans que je serai ?! :D Je me vois mal longer, à 5 km/h, avec mon sac-à-dos et mon air fauché, des routes où défilent des véhicules frôlant les 70 ! Mais hélas, comment faire autrement ?! Dites-moi.
Je me demande aussi de quelle manière il faut agir à l'approche des grandes agglomérations. A l'entrée de Lyon par exemple, l'afflux de voitures risque de m'affoler, tant et si bien que je me dirai qu'elles seules peuvent y entrer ! Que me conseillez-vous donc de faire ?
Je précise par ailleurs qu'en cas de « force majeure » (douleur, pluie diluvienne...), je me permettrai un ou deux coups d'auto-stop (bien qu'un garçon seul ait moins de chance qu'un garçon ET une fille, mais bon je ferai avec...), ou dans le pire des cas, un trajet improvisé en train.
Voilà pour ce qui est du trajet en lui-même. Le retour, je le fais en train, histoire d'être certain de rentrer !
Concernant l'argent, vu le type de voyage que j'ai en tête, un bon 200 euros semble me suffire pour 3 semaines de cette errance. J'aurai ma carte bancaire au cas où... Pour la nourriture, et parfois pour un emplacement de camping légal... =) D'ailleurs, à propos de camping, est-ce vraiment un délit que de planter sa tente innocemment où bon nous semble (= camping sauvage) ? Je n'ai pas envie de démêlés avec la police !
A propos de marche, je ne m'impose ni minimum ni maximum par jour. Disons que je suis du genre increvable et plein de verve, alors 50 km me semble une moyenne journalière convenable, malgré le poids que je transporterai ! Que me conseillez-vous pour tenir la route ? (Nourriture à prendre, exercices physiques, organisation des pauses...)
Niveau matériel : des vêtements (évidemment !), dont une veste bien chaude, un nécessaire de toilette, une carte routière, une boussole (bah oui !), des cahiers en guise de carnet de voyage, constamment une bouteille d'eau, un appareil photo, une bombe lacrymogène (tout peut arriver !), une lampe, une tente Quechua, un duvet, et... et... tout est là je pense !
Merci d'avoir lu ce roman ! ;) J'attends vos conseils voire vos témoignages !
Mes plans en eux-mêmes ne changent pas (quoique...), et je vais les exposer dans les grands traits. Je partirais vers le 5 août à Paris, en train, et depuis la région parisienne, je commencerais ma marche en direction du sud. Le tracé du TGV Paris-Lyon me semble recommandable à suivre, mais puisque je cherche la difficulté, je vais évidemment m'en éloigner plus ou moins. Les petites routes de campagne (nationales ou départementales) sont celles que je prévois d'emprunter, mais... Sont-elles dangereuses pour le petit vagabond piéton de 19 ans que je serai ?! :D Je me vois mal longer, à 5 km/h, avec mon sac-à-dos et mon air fauché, des routes où défilent des véhicules frôlant les 70 ! Mais hélas, comment faire autrement ?! Dites-moi.
Je me demande aussi de quelle manière il faut agir à l'approche des grandes agglomérations. A l'entrée de Lyon par exemple, l'afflux de voitures risque de m'affoler, tant et si bien que je me dirai qu'elles seules peuvent y entrer ! Que me conseillez-vous donc de faire ?
Je précise par ailleurs qu'en cas de « force majeure » (douleur, pluie diluvienne...), je me permettrai un ou deux coups d'auto-stop (bien qu'un garçon seul ait moins de chance qu'un garçon ET une fille, mais bon je ferai avec...), ou dans le pire des cas, un trajet improvisé en train.
Voilà pour ce qui est du trajet en lui-même. Le retour, je le fais en train, histoire d'être certain de rentrer !
Concernant l'argent, vu le type de voyage que j'ai en tête, un bon 200 euros semble me suffire pour 3 semaines de cette errance. J'aurai ma carte bancaire au cas où... Pour la nourriture, et parfois pour un emplacement de camping légal... =) D'ailleurs, à propos de camping, est-ce vraiment un délit que de planter sa tente innocemment où bon nous semble (= camping sauvage) ? Je n'ai pas envie de démêlés avec la police !
A propos de marche, je ne m'impose ni minimum ni maximum par jour. Disons que je suis du genre increvable et plein de verve, alors 50 km me semble une moyenne journalière convenable, malgré le poids que je transporterai ! Que me conseillez-vous pour tenir la route ? (Nourriture à prendre, exercices physiques, organisation des pauses...)
Niveau matériel : des vêtements (évidemment !), dont une veste bien chaude, un nécessaire de toilette, une carte routière, une boussole (bah oui !), des cahiers en guise de carnet de voyage, constamment une bouteille d'eau, un appareil photo, une bombe lacrymogène (tout peut arriver !), une lampe, une tente Quechua, un duvet, et... et... tout est là je pense !
Merci d'avoir lu ce roman ! ;) J'attends vos conseils voire vos témoignages !
Aller en Inde après un petit tour au Népal? English translation pending
Bonjour,
Les derniers posts qui concernent ma question sont assez vieux alors je me permets de la remettre au goût du jour.
J'aimerais savoir si quelqu'un a récemment été confronté à des problèmes pour rejoindre l'Inde après avoir fait un petit tour au Népal. D'après ce que j'ai compris, si l'on met les pieds au Népal, il faut y passer deux mois avant de pouvoir rejoindre l'Inde.
Y a-t-il un risque de se retrouver bloqué à la frontière? Que pouvez-vous me conseiller, parce que je ne peux pas me permettre de rester au Népal.
Merci
Micha
Les derniers posts qui concernent ma question sont assez vieux alors je me permets de la remettre au goût du jour.
J'aimerais savoir si quelqu'un a récemment été confronté à des problèmes pour rejoindre l'Inde après avoir fait un petit tour au Népal. D'après ce que j'ai compris, si l'on met les pieds au Népal, il faut y passer deux mois avant de pouvoir rejoindre l'Inde.
Y a-t-il un risque de se retrouver bloqué à la frontière? Que pouvez-vous me conseiller, parce que je ne peux pas me permettre de rester au Népal.
Merci
Micha
Argentine: route 40 entre Susques et Cachi English translation pending
Bonjour,
de retour d'Atacama, après susques, j'ai prévu de descendre vers Cachi, je vais donc passer à San Antonio de Cobres. Or je n'aurai qu'une voiture classique (type clio). Pensez-vous que cette route soit jouable au mois de juillet?
De plus je suis à la recherche d'un logement autour de Susques. Si quelqu'un connait une chambre d'hôtes ou un hotel (j'ai envoyé plusieurs mails au Pastos Chicos et à la Vicunita, sans réponses....)
Merci beaucoup pour vos lumières.
Aurélien
Avis sur itinéraire Bolivie-Pérou-Chili en 42 jours? English translation pending
Bonjour n' hésitez pas à me donner vos commentaires sur mon trajet.
Nous sommes 2 et partons pendant 6 semaines(42 jours) durant les mois d'Avril - Mai.
J1 Arrivé à Lima de Montréal. J2 Une journée à Lima J3 Vol Lima - Arequipa J4 Arequipa et la region des cayons J5 Arequipa et la region des cayons J6 Arequipa et la region des cayons J7 Arequipa et la region des cayons J8 Vol Arequipa - Cuzco J9 Visite Cuzco + En bus Cuzco vers Cachora (porte d'entrée pour le Choquequirao) J10 Trek Choque / Cachora J11 Trek Choque / Marampa J12 Trek Choque / Maizal J13 Trek Choque / Yanama J14 Trek Choque / Totora J15 Trek Choque / La playa - Sta-Teresa J16 Trek Choque / Sta-Teresa - Aguas Caliente J17 Machu Picchu J18 Vallée sacrée et alentour. Soirée a Cuzco et bus de nuit pour Copacabana (transfer par Puno)*Nous voulons voir les îles du côté Bolivien. J19 Visite des isla del sol o luna + Copacabana Nuit a Copa J20 Bus pour La Paz + Vol Vers Rurrenabaque+ Recherche d'un guide pour le lendemain *si faisable. J21 Rurre Parc Madidi 1 jrs J22 Parc Madidi 2 jrs J23 Parc Madidi 3 jrs J24 Vol (si pas de retard) vers La Paz-Acclimatation J25 La Paz-Acclimatation J26 La Paz - Trek 1 Takesi ou autre J27 La Paz - Trek 2 J28 La Paz - Trek 3 J29 Départ La Paz - Oruro en bus + Départ Oruro - Uyuni en train ou bus selon la journée (les trains sont seulement Mar, Merc, Vend, Dim) J30 Uyuni, Salar, J31 Salar J32 Salar - Sud Lipez - Volcan Licanbur J33 Sud Lipez - Volcan Licanbur ou journée flottante en cas de délai J34 San pedro de Atacama J35 San Pedro de Atacama J36 San Pedro de Atacama J37 Vol Calama - Santiago J38 Santiago J39 Santiago J40 Valparaiso J41 Vignoble J42 Retour Vol Santiago - Montréal.
Qu'en pensez-vous ? Merci d'avance
Jonathan
Nous sommes 2 et partons pendant 6 semaines(42 jours) durant les mois d'Avril - Mai.
J1 Arrivé à Lima de Montréal. J2 Une journée à Lima J3 Vol Lima - Arequipa J4 Arequipa et la region des cayons J5 Arequipa et la region des cayons J6 Arequipa et la region des cayons J7 Arequipa et la region des cayons J8 Vol Arequipa - Cuzco J9 Visite Cuzco + En bus Cuzco vers Cachora (porte d'entrée pour le Choquequirao) J10 Trek Choque / Cachora J11 Trek Choque / Marampa J12 Trek Choque / Maizal J13 Trek Choque / Yanama J14 Trek Choque / Totora J15 Trek Choque / La playa - Sta-Teresa J16 Trek Choque / Sta-Teresa - Aguas Caliente J17 Machu Picchu J18 Vallée sacrée et alentour. Soirée a Cuzco et bus de nuit pour Copacabana (transfer par Puno)*Nous voulons voir les îles du côté Bolivien. J19 Visite des isla del sol o luna + Copacabana Nuit a Copa J20 Bus pour La Paz + Vol Vers Rurrenabaque+ Recherche d'un guide pour le lendemain *si faisable. J21 Rurre Parc Madidi 1 jrs J22 Parc Madidi 2 jrs J23 Parc Madidi 3 jrs J24 Vol (si pas de retard) vers La Paz-Acclimatation J25 La Paz-Acclimatation J26 La Paz - Trek 1 Takesi ou autre J27 La Paz - Trek 2 J28 La Paz - Trek 3 J29 Départ La Paz - Oruro en bus + Départ Oruro - Uyuni en train ou bus selon la journée (les trains sont seulement Mar, Merc, Vend, Dim) J30 Uyuni, Salar, J31 Salar J32 Salar - Sud Lipez - Volcan Licanbur J33 Sud Lipez - Volcan Licanbur ou journée flottante en cas de délai J34 San pedro de Atacama J35 San Pedro de Atacama J36 San Pedro de Atacama J37 Vol Calama - Santiago J38 Santiago J39 Santiago J40 Valparaiso J41 Vignoble J42 Retour Vol Santiago - Montréal.
Qu'en pensez-vous ? Merci d'avance
Jonathan
Trek Gokyo-Kala Pattar (Népal) English translation pending
J'envisage un trek Gokyo-Kala Pattat en octobre 2011 avec l'agence Tin TIN treking.
J'aimerais des avis sur la période choisie et l'agence.
Quelles aptitudes sont recommandées : niveau de difficultés, condition physique, etc.
J'approche les 70 ans et randonne régulièrement au Maroc dans l'Atlas.
Merci pour vos avis, et à votre disposition pour des aévis sur le Maroc.
Bernard
Sikkim: trek du Goecha La pour des jeunes non sportifs? English translation pending
Bonjour a tous,
Nous sommes un couples en bonne forme et nous avons tous les deux 25 ans. nous ne sommes pas tres sportif et n'avons pas beaucoup d'experiences en trek. Est il raisonnable de vouloir faire le trek du goecha la dans le sikkim, et si oui en combien de jour vaut il mieut le faire (il a l air d'etre faisable en 7 a 10 jours). Le mal des montagnes est il courant chez les debutants pour ce genre de trek?quels precautions faut-il prendre? Nous partons debut Mars, Est-ce une bonne periode? Y a t-il d'autre alternative au goecha moins difficiles mais tout aussi belle? Une qutre question qui n'a rien a voir: N'y a t-il pas un risque, lorsqu'on prend un guide sans agence, qu'il ne soit pas competent?
merci a vous tous
Nous sommes un couples en bonne forme et nous avons tous les deux 25 ans. nous ne sommes pas tres sportif et n'avons pas beaucoup d'experiences en trek. Est il raisonnable de vouloir faire le trek du goecha la dans le sikkim, et si oui en combien de jour vaut il mieut le faire (il a l air d'etre faisable en 7 a 10 jours). Le mal des montagnes est il courant chez les debutants pour ce genre de trek?quels precautions faut-il prendre? Nous partons debut Mars, Est-ce une bonne periode? Y a t-il d'autre alternative au goecha moins difficiles mais tout aussi belle? Une qutre question qui n'a rien a voir: N'y a t-il pas un risque, lorsqu'on prend un guide sans agence, qu'il ne soit pas competent?
merci a vous tous
Trekking et randonnée en solo dans le Toubkal? (Maroc) English translation pending
Bonjour tout le monde,
Je compte à faire un voyage en solo qui dure une semaine aux montagnes du haut atlas au Maroc, et je compte à faire une randonnée à toubkal, et cela en passant une nuit à Marrakech et se réveiller tôt le matin et partir à Imlil. ça sera une aventure plus qu'un voyage
J'aimerais bien savoir est-ce que c'est pas facile de visiter cet emplacement en étant solo et sans le recours à un guide ?
Aussi est ce que je devrais ramener avec ma ma tente ou c'est inutule vu qu'il fait froid sachant que je compte prendre la route 23 Janvier 2011 ?
j'ai fait pas mal de recherches sur les forums et je ne trouve pas de réponses qui m'ont été utile.
Merci beaucoup de m'avoir répondre
Faire un trek dans le Langtang à 11 ans? (Népal) English translation pending
Bonjour,
j'ai 11 ans et je part au Népal pendant 15 jours avec mes parents.🙂
Je fais un trek:le Lang Tang
J'aimerais bien savoir ce qui faudrait emporter:duvet confort combien?🤪
Est ce possible de trouver un porteur sur place?
Et en terme de nourriture:qu'est ce que l'on mangeras dans ce trek?
est ce qu'il y aura des pizzas?
du coca cola?
des pommes de terres?
des pattes?
de la nourriture varié?
Et dans Katmandou?
Est ce qu'il n'y a pas des risques d'êtres malade a cause de la nourriture?
Si d'autres enfant l'on fait, je pourrait avoir votre avis?
Merci d'avance
Clémence