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La Chine sans parler le chinois? English translation pending
Nous souhaitons partir en Chine cet été en "routard". En lisant les discutions nous nous sommes rendu compte que la barrière de la langue est un réel problème. L'an dernier nous avons été en thailande, tout s'est tres bien passé, mais tout le monde parle anglais.
En chine est-il possible de faire un voyage en ne parlant pas un mot de chinois ?
La langue est-elle un obstacle pour se déplacer, prendre un train, trouver un hotel...?
En attente de vos réactions et de votre expérience sur ce sujet.
Merci d'avance.
L'Afrique: le continent le plus riche en matières premières et pourtant le plus pauvre English translation pending
Bonjour à tous!!!!🙂
L'AFRIQUE le continent qui a le plus de richesses naturelles et pourtant le plus pauvre et le plus assisté, est ce une fatalité, pourquoi?😕
L'AFRIQUE le continent qui a le plus de richesses naturelles et pourtant le plus pauvre et le plus assisté, est ce une fatalité, pourquoi?😕
Endroits pour écouter de la musique à Madagascar? English translation pending
Slt à tous,
Je suis un visiteur régulier de ce forum depuis quelques semaines et d'abord je souhaite féliciter les habitués des pages sur madagscar pour la précision de leurs intervensions.
Voilà, je suis métis franco-malgache né en France et je ne connais pas du tout Madagascar pour l'instant. J'y vais cet été en principe au moins un mois et demi et j'aimerais partager un maximum la vie des malgaches.
Pour mon parcours, je pense que je vais me contenter de descendre la RN7 tranquillement avec des haltes dans les endroits qui m'inspireront.
Si je vous solicite c'est parce que j'aimerais connaitre quelques adresses de lieux de sociabilités fréquentés par des malgaches mais qui me seraient également accessibles si je prends la peine de faire quelques efforts d'adaptation. Je suis un fan de rap, seggae, tsapiky et salegy et vous connaissez peut-être par hazard des endroits ou on joue ces musiques, j'imagine surtout à tana et tuléar. J'étais tombé il y a quelques temps sur un post qui mentionnait une salle appelée 'le glacier' à tana mais pas moyen de remettre la main dessus...
Parreil, s'il y a possibilité d'assister à des hira-gasy ou a ce genre de mannifestations autrement qu'au petit bonheur la chance au détour d'une piste (ce qui m'était arrivé lors de mon petit séjour de 2003!) merci de me mettre au jus !
Merci d'avance j'espère que ma requette motivera quelques réponses d'amateurs de msuqiues gasy ou de connaisseurs du pays.
Bye! Arno.😉
Je suis un visiteur régulier de ce forum depuis quelques semaines et d'abord je souhaite féliciter les habitués des pages sur madagscar pour la précision de leurs intervensions.
Voilà, je suis métis franco-malgache né en France et je ne connais pas du tout Madagascar pour l'instant. J'y vais cet été en principe au moins un mois et demi et j'aimerais partager un maximum la vie des malgaches.
Pour mon parcours, je pense que je vais me contenter de descendre la RN7 tranquillement avec des haltes dans les endroits qui m'inspireront.
Si je vous solicite c'est parce que j'aimerais connaitre quelques adresses de lieux de sociabilités fréquentés par des malgaches mais qui me seraient également accessibles si je prends la peine de faire quelques efforts d'adaptation. Je suis un fan de rap, seggae, tsapiky et salegy et vous connaissez peut-être par hazard des endroits ou on joue ces musiques, j'imagine surtout à tana et tuléar. J'étais tombé il y a quelques temps sur un post qui mentionnait une salle appelée 'le glacier' à tana mais pas moyen de remettre la main dessus...
Parreil, s'il y a possibilité d'assister à des hira-gasy ou a ce genre de mannifestations autrement qu'au petit bonheur la chance au détour d'une piste (ce qui m'était arrivé lors de mon petit séjour de 2003!) merci de me mettre au jus !
Merci d'avance j'espère que ma requette motivera quelques réponses d'amateurs de msuqiues gasy ou de connaisseurs du pays.
Bye! Arno.😉
Randonnée à vélo longue distance et mini budget matériel English translation pending
Bonjour à tous,
je compte me mettre au vélo de longue distance mais j'ai un gros souci...de budget !!!
En me renseignant un peu partout, je ne trouve que des posts avec un vélo qui coute cher, du matos qui coute cher, etc...
Donc je vous expose ce que je souhaiterais faire et vous me dites si ça relève de la psychiatrie...
- Mon objectif est de faire essentiellement de la route. Le Ventoux est prévu pour début Mai avec départ du Luc en Provence. Rouler hors routes ne me motive pas pour l'instant.
- Je pense me doter d'une remorque car j'ai cru comprendre que les roues arrières n'aimaient pas trop les sacoches. Et ça me parait plus adapté. Mais au niveau tarif dur dur. Je ne sais pas encore trop comment je vais my prendre.
- Pour le vélo, je m'oriente vers un VTC ou VTT avec pneu route pour privilégier une position haute.
En terme de vélo, à lire les posts j'ai l'impression que rien n'est possible avec un vélo à 100 Euros !!! Et pourtant c'est bien ce que je voudrais...
En bref, avec un budget de 100 Euros, que me conseillez vous ? En neuf ou occas. Les vélo de décath, intersport… dans ces budget là sont ils si indignes que cela ? J’attends vos proposiions. J’en ai vu d’occas de déacth qui valent 250 euros à 99 euros. Sinon, quel est l’essentie que je dois avoir pour ce prix là ?
Pour la remorque/sacoches, que me conseillez vous avec un budget de 100 Euros grd maxi. Les sacoches abiment elles vraiment le vélo ? C’est sur que je pref la remorque mais les tarifs sont très chers, à moins de prendre une remorque pour enfant sur ebay, elle ne fait que 14.5kg…
Voilà je ne détaille pas plus en espérant discutez avec vous sur mes choix.
Merci et bonne route…
je compte me mettre au vélo de longue distance mais j'ai un gros souci...de budget !!!
En me renseignant un peu partout, je ne trouve que des posts avec un vélo qui coute cher, du matos qui coute cher, etc...
Donc je vous expose ce que je souhaiterais faire et vous me dites si ça relève de la psychiatrie...
- Mon objectif est de faire essentiellement de la route. Le Ventoux est prévu pour début Mai avec départ du Luc en Provence. Rouler hors routes ne me motive pas pour l'instant.
- Je pense me doter d'une remorque car j'ai cru comprendre que les roues arrières n'aimaient pas trop les sacoches. Et ça me parait plus adapté. Mais au niveau tarif dur dur. Je ne sais pas encore trop comment je vais my prendre.
- Pour le vélo, je m'oriente vers un VTC ou VTT avec pneu route pour privilégier une position haute.
En terme de vélo, à lire les posts j'ai l'impression que rien n'est possible avec un vélo à 100 Euros !!! Et pourtant c'est bien ce que je voudrais...
En bref, avec un budget de 100 Euros, que me conseillez vous ? En neuf ou occas. Les vélo de décath, intersport… dans ces budget là sont ils si indignes que cela ? J’attends vos proposiions. J’en ai vu d’occas de déacth qui valent 250 euros à 99 euros. Sinon, quel est l’essentie que je dois avoir pour ce prix là ?
Pour la remorque/sacoches, que me conseillez vous avec un budget de 100 Euros grd maxi. Les sacoches abiment elles vraiment le vélo ? C’est sur que je pref la remorque mais les tarifs sont très chers, à moins de prendre une remorque pour enfant sur ebay, elle ne fait que 14.5kg…
Voilà je ne détaille pas plus en espérant discutez avec vous sur mes choix.
Merci et bonne route…
Tour d'Europe, Asie, Orient et Méditerranée en une semaine English translation pending
S'il y a bien une tare pire pour un voyageur que celle d'être pressé, c'est celle d'être indécis. Et lorsque le malheureux voyageur non seulement cumule ces deux tares, mais en plus est boulimique de découvertes et d'expériences, se posent à lui des dilemmes insolubles comme celui du toujours délicat choix de la destination. Pour la dernière semaine de décembre, voudrais-je rester en Asie, retrouver mes racines européennes et méditerranéennes, ou bien encore approcher une fois de plus cet Orient millénaire qui me séduit de plus en plus?
Le seul moyen de résoudre cette délicate équation restait encore de mettre cette semaine à profit pour tout faire. Non, pas faire, le mot est moche, disons plutôt voir, approcher, effleurer, mais certainement pas approfondir ni encore moins vivre, faute de temps. Quelques brefs calculs m'ont vite prouvé qu'il était possible de tout "faire" en partant le 24 décembre au soir pour être de retour le 1er janvier à Shanghai.
Décollant une heure avant minuit - à temps pour pouvoir dire que je n'ai pas fêté Noel en Chine, ni d'ailleurs nulle part - j'ai fini par toucher terre quelques heures plus tard et quelques fuseaux horaires plus à l'Ouest. Le grand tour allait enfin commencer.
Le seul moyen de résoudre cette délicate équation restait encore de mettre cette semaine à profit pour tout faire. Non, pas faire, le mot est moche, disons plutôt voir, approcher, effleurer, mais certainement pas approfondir ni encore moins vivre, faute de temps. Quelques brefs calculs m'ont vite prouvé qu'il était possible de tout "faire" en partant le 24 décembre au soir pour être de retour le 1er janvier à Shanghai.
Décollant une heure avant minuit - à temps pour pouvoir dire que je n'ai pas fêté Noel en Chine, ni d'ailleurs nulle part - j'ai fini par toucher terre quelques heures plus tard et quelques fuseaux horaires plus à l'Ouest. Le grand tour allait enfin commencer.
Vacances en Écosse au mois de juillet avec des enfants English translation pending
Salut,
J'aimerai partir en Ecosse en juillet prochain avec un enfant de 6 ans et un de trois ans, et mon épouse.
Je ne sais pas vraiment quelle formule choisir, soit y aller en voiture, en avions et louer une voiture sur place, prendre les transports communs locaux, ...
Pouvez vous me renseigner sur la formule à faire et sur ce qu'il faut aller voir
Merci d'avance
Marcus
Récit en photos d'un voyage au Maroc du Sud English translation pending
bonjour,
ayant recu de précieuses informations dans ce forum pour mon premier voyage au Maroc du sud, j'aimerais en faire de même pour d'autres en décrivant notre periple en photos et infos route + hôtels. il y aura beaucoup de photos, j'espère que ca ne gène personne... au dessus de la plupart des photos il y a un lien sur le site d'origine de celle-ci. là il y a moyen de regarder la photo en plus grande taille et aussi de la localiser sur une carte Google Maps.
je vais ecrire quelques posts par jour, ca peut donc durer un peu avant d'être achevé.
nous sommes partis à deux debut octobre pour deux semaines en voyage individuel, donc voiture de location. le voyage individuel n'est pas du tout problématique, les routes sont bonnes, celles qui sont mauvaises le sont dès le départ, ca veut dire qu'on connaît la couleur. le plus grand problème de ce type de voyage est qu'on est définitivement dans la minorité - alors que la majorité des vendeurs de choses en tout genre sont en majorité à la recherche de ces quelques "individuels" (j'avais l'impression que la plupart des touristes voyageaient organisés). c'est d'autant plus grave en basse saison. ca peut gacher les vacances et ces quelques indivdus marchands laissent un mauvais souvenir.
mais il suffit de faire une simple expérience pour comprendre qu'une infime minorité de marocains est racoleur comme ca. aller faire ses courses dans les souks hébdo du coin, de préférence chez le marchand de légumes. il vous vendra ses fruits au même prix qu'il les vendrait à ses cousins marocains, il n'en profite pas pour doubler ou quintupler le prix alors qu'on ne s'en rendrait pas compte en tant que touriste. c'est la même chose dans les petits restos de rue qui vendent que la soupe (donc pour les pauvres), on vous fera manger à 8 dirham (EUR 0.80) et ce pour deux personnes.
le plus grand problème avec les "agents d'hôtels", vendeurs de tapis, de fossiles, de dattes, etc est ... la voiture de location. aucun marocain ne conduit une Fiat Palio blanche. même pleine de poussière on vous reconnaît à 20km à contre-jour. le pays est plat par endroits. bref, même avertis on a eu droit à 4 visites de "marchands du désert" (Tesla, Zagora, Rissani, Tinerhir), un hôtel (Rissani) et un resto (encore Rissani) que nous voulions pas, un faux parking (Marrakech), un faux supermarché (Agadir). un bon endroit pour "apprendre" à maîtriser ce problème est Tafraoute, c'est une petite ville, en un soir on connait les 3 rabatteurs d'excursionistes et ils sont tous sympa et marrants. ce n'est pas partout comme ca.
bon un peu de photos...
ca commence à l'aéroport de Munich pour nous, déjà un air de palmiers (en plastique ceux-ci...)
Hotel Kempinski Munich
ensuite taxi pour Agadir. on d'est mis ensemble pour avoir un taxi à quatre (nous ne savions pas qu'on y roule normalement à 6 passagers dedans...). prix 200 dirhams la nuit, c'est ok.
à Agadir on avait reservé à l'hotel Atlantic. c'est pas mauvais, mais c'est bien plus cher que lors de reste du periple. si on ne veut pas rester à Agadir (y a rien a faire!) mais qu'on arrive le soir il vaut mieux rester à Inezgane c'est plus près de l'aeroport en plus. c'est ce que nous avions fait au retour, à conseiller: Hôtel le Provencal.
manger à Agadir: en ville, donc direction nord-est à partir de l'hôtel Atlantic. plusieurs restos pas chers et pas mauvais (mais pas exquis non plus).
ayant recu de précieuses informations dans ce forum pour mon premier voyage au Maroc du sud, j'aimerais en faire de même pour d'autres en décrivant notre periple en photos et infos route + hôtels. il y aura beaucoup de photos, j'espère que ca ne gène personne... au dessus de la plupart des photos il y a un lien sur le site d'origine de celle-ci. là il y a moyen de regarder la photo en plus grande taille et aussi de la localiser sur une carte Google Maps.
je vais ecrire quelques posts par jour, ca peut donc durer un peu avant d'être achevé.
nous sommes partis à deux debut octobre pour deux semaines en voyage individuel, donc voiture de location. le voyage individuel n'est pas du tout problématique, les routes sont bonnes, celles qui sont mauvaises le sont dès le départ, ca veut dire qu'on connaît la couleur. le plus grand problème de ce type de voyage est qu'on est définitivement dans la minorité - alors que la majorité des vendeurs de choses en tout genre sont en majorité à la recherche de ces quelques "individuels" (j'avais l'impression que la plupart des touristes voyageaient organisés). c'est d'autant plus grave en basse saison. ca peut gacher les vacances et ces quelques indivdus marchands laissent un mauvais souvenir.
mais il suffit de faire une simple expérience pour comprendre qu'une infime minorité de marocains est racoleur comme ca. aller faire ses courses dans les souks hébdo du coin, de préférence chez le marchand de légumes. il vous vendra ses fruits au même prix qu'il les vendrait à ses cousins marocains, il n'en profite pas pour doubler ou quintupler le prix alors qu'on ne s'en rendrait pas compte en tant que touriste. c'est la même chose dans les petits restos de rue qui vendent que la soupe (donc pour les pauvres), on vous fera manger à 8 dirham (EUR 0.80) et ce pour deux personnes.
le plus grand problème avec les "agents d'hôtels", vendeurs de tapis, de fossiles, de dattes, etc est ... la voiture de location. aucun marocain ne conduit une Fiat Palio blanche. même pleine de poussière on vous reconnaît à 20km à contre-jour. le pays est plat par endroits. bref, même avertis on a eu droit à 4 visites de "marchands du désert" (Tesla, Zagora, Rissani, Tinerhir), un hôtel (Rissani) et un resto (encore Rissani) que nous voulions pas, un faux parking (Marrakech), un faux supermarché (Agadir). un bon endroit pour "apprendre" à maîtriser ce problème est Tafraoute, c'est une petite ville, en un soir on connait les 3 rabatteurs d'excursionistes et ils sont tous sympa et marrants. ce n'est pas partout comme ca.
bon un peu de photos...
ca commence à l'aéroport de Munich pour nous, déjà un air de palmiers (en plastique ceux-ci...)
Hotel Kempinski Munich

ensuite taxi pour Agadir. on d'est mis ensemble pour avoir un taxi à quatre (nous ne savions pas qu'on y roule normalement à 6 passagers dedans...). prix 200 dirhams la nuit, c'est ok.
à Agadir on avait reservé à l'hotel Atlantic. c'est pas mauvais, mais c'est bien plus cher que lors de reste du periple. si on ne veut pas rester à Agadir (y a rien a faire!) mais qu'on arrive le soir il vaut mieux rester à Inezgane c'est plus près de l'aeroport en plus. c'est ce que nous avions fait au retour, à conseiller: Hôtel le Provencal.
manger à Agadir: en ville, donc direction nord-est à partir de l'hôtel Atlantic. plusieurs restos pas chers et pas mauvais (mais pas exquis non plus).
Randonnée à cheval dans l'Ouest américain English translation pending
Bonjour! Depuis toute petite je reve de traverser les Etats de l'ouest americain en passant dans les zones les plus sauvages possibles et en bivouaquant!! J'aimerais savoir si quelqu'un a déjà fait des randonnées a cheval là bas? Comment vous etes vous procurer les chevaux? Est il possible de passer dans les parcs nationaux a cheval? Quelles sont les zones où il est possible ou interdit de bivouaquer? Je n'arrive pas non plus a me procurer des cartes des chemins qu'il est possible d'emprunter!!! Je suis preuneuses de tous vos conseils et astuces.......
Elodie 😛
Elodie 😛
Peuple étrange: les voyageuses! English translation pending
Pour agrémenter un dimanche de pluie, voici quelques portraits de voyageuses que vous pourrez modifier, améliorer, un peu comme la désencyclopédie Wilkipedia
1 - Voyageuse organisée.
En voyage du même nom. N’oublie jamais son sèche-cheveux, son maquillage, son bikini et son matos à épiler. Choisit ses produits de beauté waterprouffe chez Sephora ou Nocibé. Encombrée de la valise rigide à roulettes en promo chez Carrouf, assorti du vanity case pour le même prix (promo intéressante) elle s’informe utilement. Pas des horaires, ni des lignes intérieures, elle a la tête libérée de toute la logistique. Elle recherche surtout du renseignement pratique sur la qualité du restaurant, de la chambre, du pourboire à laisser, de la météo puisqu’elle doit adapter l’ indice de produit solaire. Elle est aimable, souriante, précise qu’elle ne recherche pas l’aventure mais tombe facilement amoureuse. Elle aura fait la Tunisie, le Maroc, la République Dominicaine et Cuba, elle commencera à regarder du côté du Sénégal, du Kenya parce que décidément y’a trop de concurrence sur ces destinations habituelles. Non, en fait, elle n’aura pas fait, parce qu’elle ne dit pas "j’ai voyagé" mais je suis partie en vacances. La durée de ses séjours n’excédera pas quinze jours (quand il y a une réduc sur la deuxième semaine). Elle adore les duty-free. L’hiver elle reste fidèle à la France quand elle est française et choisira une destination ski avec une prédilection pour Chamrousse, les sept Laux où les boîtes de nuits sont moins chères qu’Avoriaz ou Tignes. Quand elle fume et c’est rare, ça abime le teint, ce sont des Marlboro Elle travaille, supporte ses horaires parce qu’elle a plein de copines pour papoter. Les hommes, la mode sont deux sujets éminemment abordés. Elle a une peluche sur son lit et Daniel Steel dans sa bibliothèque. Quelques photos du dernier été au bord de la piscine bleue avec le super animateur sont placées artistement sur un socle à ressort, sur la table du salon. Certains disent d’elle qu’elle est une dinde, elle ‘n’en a cure. Elle est réellement serviable et quand on a oublié son porte-monnaie, elle n’hésite pas, ouvre son petit sac de contre façon –Esprit- et prête cinq euros sans les réclamer dès le lendemain.
Elle ne se reconnaîtra pas, parce que ne lit pas cette rubrique
2- Voyageuse aventureuse.
Elle se reconnait à son sac à dos aux couleurs délavées. Elle n’oublie jamais son guide papier, crache sur le guide du routard et tourne les pages cornées du footprint. Sa trousse de toilette est succincte, un savon multi usage (peau, petite culotte) et quelques produits de prévention phytothérapique, homéopathique. Sac à dos d’un maximum 50 litres, quasi vide au départ. Appareil photo numérique, carte bleue, passeport. Ca suffit, car elle aura acheté des billets électroniques au meilleur prix. S’intéresse à vf, renseigne dès qu’elle le peut et cherche elle-même peu de renseignements car elle voit sur place.. Vêtue d’un jean à l’embarquement, elle portera dès l’atterrissage le vêtement local mieux adapté à la baroude. Pleine de fantaisie, elle aime les vêtements colorés. Elle est aimable, souriante, vaguement condescendante avec ses pairs. Elle ne rencontre jamais celle cité au dessus, ne recherche pas spécialement l’aventure et reste très méfiante avec l’homme local. N’hésite pas cependant à tenter un tour de piste avec le japonais, l’anglais, l’allemand, l’australien, eux aussi en vacances et en plein dépaysement. Ses pays de prédilection : Inde-Afrique-Australie Elle travaille, préfère les cdd au cdi, supporte mal l’autorité d’un chef, forcément désagréable. Elle a peu d’amies, mais des vraies, sort peu, écoute beaucoup de musique et lit beaucoup. Ses livres, Monod – Bouvier et les polars. Tente ou aimerait tenter un tour du monde en solo. En général, c’est une fumeuse (camel) ou mieux des roulées (économiques) De ses voyages elle rapporte l’artisanat local qui crée un beau foutoir bien douillet chez elle.
Elle se reconnaitra parce qu’elle lit toutes les rubriques et a un solide sens de l’humour.
(la suite dans quelques instants!!!)
1 - Voyageuse organisée.
En voyage du même nom. N’oublie jamais son sèche-cheveux, son maquillage, son bikini et son matos à épiler. Choisit ses produits de beauté waterprouffe chez Sephora ou Nocibé. Encombrée de la valise rigide à roulettes en promo chez Carrouf, assorti du vanity case pour le même prix (promo intéressante) elle s’informe utilement. Pas des horaires, ni des lignes intérieures, elle a la tête libérée de toute la logistique. Elle recherche surtout du renseignement pratique sur la qualité du restaurant, de la chambre, du pourboire à laisser, de la météo puisqu’elle doit adapter l’ indice de produit solaire. Elle est aimable, souriante, précise qu’elle ne recherche pas l’aventure mais tombe facilement amoureuse. Elle aura fait la Tunisie, le Maroc, la République Dominicaine et Cuba, elle commencera à regarder du côté du Sénégal, du Kenya parce que décidément y’a trop de concurrence sur ces destinations habituelles. Non, en fait, elle n’aura pas fait, parce qu’elle ne dit pas "j’ai voyagé" mais je suis partie en vacances. La durée de ses séjours n’excédera pas quinze jours (quand il y a une réduc sur la deuxième semaine). Elle adore les duty-free. L’hiver elle reste fidèle à la France quand elle est française et choisira une destination ski avec une prédilection pour Chamrousse, les sept Laux où les boîtes de nuits sont moins chères qu’Avoriaz ou Tignes. Quand elle fume et c’est rare, ça abime le teint, ce sont des Marlboro Elle travaille, supporte ses horaires parce qu’elle a plein de copines pour papoter. Les hommes, la mode sont deux sujets éminemment abordés. Elle a une peluche sur son lit et Daniel Steel dans sa bibliothèque. Quelques photos du dernier été au bord de la piscine bleue avec le super animateur sont placées artistement sur un socle à ressort, sur la table du salon. Certains disent d’elle qu’elle est une dinde, elle ‘n’en a cure. Elle est réellement serviable et quand on a oublié son porte-monnaie, elle n’hésite pas, ouvre son petit sac de contre façon –Esprit- et prête cinq euros sans les réclamer dès le lendemain.
Elle ne se reconnaîtra pas, parce que ne lit pas cette rubrique
2- Voyageuse aventureuse.
Elle se reconnait à son sac à dos aux couleurs délavées. Elle n’oublie jamais son guide papier, crache sur le guide du routard et tourne les pages cornées du footprint. Sa trousse de toilette est succincte, un savon multi usage (peau, petite culotte) et quelques produits de prévention phytothérapique, homéopathique. Sac à dos d’un maximum 50 litres, quasi vide au départ. Appareil photo numérique, carte bleue, passeport. Ca suffit, car elle aura acheté des billets électroniques au meilleur prix. S’intéresse à vf, renseigne dès qu’elle le peut et cherche elle-même peu de renseignements car elle voit sur place.. Vêtue d’un jean à l’embarquement, elle portera dès l’atterrissage le vêtement local mieux adapté à la baroude. Pleine de fantaisie, elle aime les vêtements colorés. Elle est aimable, souriante, vaguement condescendante avec ses pairs. Elle ne rencontre jamais celle cité au dessus, ne recherche pas spécialement l’aventure et reste très méfiante avec l’homme local. N’hésite pas cependant à tenter un tour de piste avec le japonais, l’anglais, l’allemand, l’australien, eux aussi en vacances et en plein dépaysement. Ses pays de prédilection : Inde-Afrique-Australie Elle travaille, préfère les cdd au cdi, supporte mal l’autorité d’un chef, forcément désagréable. Elle a peu d’amies, mais des vraies, sort peu, écoute beaucoup de musique et lit beaucoup. Ses livres, Monod – Bouvier et les polars. Tente ou aimerait tenter un tour du monde en solo. En général, c’est une fumeuse (camel) ou mieux des roulées (économiques) De ses voyages elle rapporte l’artisanat local qui crée un beau foutoir bien douillet chez elle.
Elle se reconnaitra parce qu’elle lit toutes les rubriques et a un solide sens de l’humour.
(la suite dans quelques instants!!!)
Chiens errants en Inde English translation pending
Bonjour
J ai suivi une discussion ou a été évoqué le problème que peuvent poser les chiens errants.En dehors de celui de la rage, reste celui des morsures.Je n'ai jamais été mordue mais j'ai balisé surtout une fois à la campagne suivie par cinq chiens tous crocs dehors qui me soufflaient sur les mollets. Bien que les meutes soient le plus souvent indifférentes cela m'est arrivé plusieurs fois même en ville.(Un grand merci aux personnes qui sont intervenues) Est il possible d'emmener, légalement, ou d'acheter sur place - de préférence mais ou - un spray au poivre pour limiter les dégâts en cas d'attaque? D'autres suggestions, en dehors de ne pas s'affoler et continuer tranquillement en se répétant il fait beau, les petits oiseaux chantent dans le ciel bleu, çà je le fait.
J ai suivi une discussion ou a été évoqué le problème que peuvent poser les chiens errants.En dehors de celui de la rage, reste celui des morsures.Je n'ai jamais été mordue mais j'ai balisé surtout une fois à la campagne suivie par cinq chiens tous crocs dehors qui me soufflaient sur les mollets. Bien que les meutes soient le plus souvent indifférentes cela m'est arrivé plusieurs fois même en ville.(Un grand merci aux personnes qui sont intervenues) Est il possible d'emmener, légalement, ou d'acheter sur place - de préférence mais ou - un spray au poivre pour limiter les dégâts en cas d'attaque? D'autres suggestions, en dehors de ne pas s'affoler et continuer tranquillement en se répétant il fait beau, les petits oiseaux chantent dans le ciel bleu, çà je le fait.
Message dédié a un indien qui a vécu en Inde si possible English translation pending
🙂je suis en ce moment en inde pour des vacances et je vis le calvaire et poutant c`etait une destination que je revais de faire dpuis toujours....pouquoi je dis calvaire car je suis black et quand on marche dans la rue avec mon mari les gens me regrdent et riglent au debut je le prenais pas mal mais au fur et a mesure ca devenait pesant, un jour on etait dans un resto et les serveurs n`arretaient pas de me regarder et de se foutre de ma gueule je te jure quand tu vis ca je peux te dire que un jour peut te sembler une eternite....ils nous arrivaient aussi de prendre le bus mais a chaque fois les gens se mettaient a l`ecart pour ne pas me toucher, on etait aussi dans un parc et les gens me regrdaient en s`appelant les uns les autres pour me regarder bref j`en ai des tonnes de messages comme cela a donner et je voulais juste si possible qu`un idien puisse m`expliquer le pouquoi ????😐🙁
De New York au Far West (1) English translation pending
Vous trouverez ci dessous le récit de notre voyage (un mois été 2007) : quatre jours à New York suivis de quatre semaines dans l'Ouest de Salt Lake City à San Francisco.

Pour voir davantage de photos, allez directement ici :
sites.google.com/...uxvoyagesnyouestusa/
========================================================================== Présentation
Le rêve américain est devenu réalité pour nous cet été grâce à ce voyage que nous avions soigneusement et longuement préparé. Après 4 jours passés à New York, il nous a mené 4 semaines à travers le Southwest, de Salt Lake City à San Francisco, en passant par les grands Parcs Nationaux et en incluant des sites en dehors des sentiers battus dans un circuit classique. Notre objectif était de randonner un maximum afin de découvrir au plus près les merveilles de cette région et de nous imprégner au mieux des paysages.
Nos étapes, dans l'Ouest, ont été : Arches Canyonlands Capitol Reef (dont Cathedral Valley) Escalante Grand Staircase Bryce canyon Page (dont Coyote Buttes et the Wave) Grand Canyon Nord Zion Death Valley Yosemite Sequoia Côte Pacifique
Avant de vous emmener sur nos traces, je tiens à remercier celles et ceux qui m’ont aidée à construire cet itinéraire au travers de leurs sites Internet, carnets de voyages, échanges de messages sur VF et discussions téléphoniques.
Enfin une pensée toute particulière à tous nos amis et familles qui en avril 2006, à l’occasion d’un évènement familial, nous ont offert un compte voyage, compte qui a servi lors de l’achat des vols. Nous les remercions encore chaleureusement.
Maintenant à nous l’Amérique !
New York, découverte
J1 (16 juillet 2007)
Nous arrivons à New York JFK à 10h30 heure locale à bord du vol Air France AF22. Nous avions réservé un transfert par Supershuttle (15$ par pers, plus avantageux qu’un taxi pour 2), système de taxi collectif. Nous sommes les premiers à monter à bord, mais nous ne serons pas les seuls, le shuttle s’arrête à plusieurs terminaux afin de prendre d’autres voyageurs et une fois plein, s’élance vers New York. Cela nous permet une première virée dans la ville, le temps de déposer tout ce petit monde. Voilà enfin notre hôtel, le Wellington. Bien placé, tout près de Times Square…mais la chambre est décevante : tout petite, un peu vieillotte, une clim bruyante et impossible à régler. Bah ! Ça n’est que pour dormir, alors tant pis !
Afin de profiter tout de suite de la Big Apple et s’offrir une vue d’ensemble, j’avais prévu une croisière en bateau autour de Manhattan à 15h30. Il est déjà 14h, il ne faut donc pas perdre de temps. Nous voilà lancés à pied dans les rues de New York, le nez en l’air jusqu’à l’embarcadère Pier 83. Nous achetons nos City Pass (65$ pour 6 attractions dont une croisière de 2h). Et c’est parti ! Le temps est plutôt couvert, avec quelques éclaircies en fin d’après-midi.
Quelques vues de Manhattan depuis le bateau :
Après la croisière, la journée n’est pas finie. Hervé a dans l’idée de s’acheter un nouvel appareil photo. Nous courons donc dans le plus grand magasin de photos de New York (B&H Photo Vidéo 420 9th Av) où il trouve son bonheur avec un Pentax K10d. Il se renseigne aussi pour un second objectif mais n’arrive pas à se décider avant l’heure de fermeture (19h). Il faudra revenir !
Je commence à avoir le tournis dans cette ville grouillante et il est l’heure de se poser pour diner. Non, nous n’avons pas loué cette limousine.
Et c’est encore by foot que nous déambulons jusqu’au restaurant (trouvé dans le guide Lonely Planet) : 44&X – Hell’s Kitchen « classiques américains réinventés ». Nous avons très bien mangé genre nouvelle cuisine mais l’addition pour 2 plats et 2 verres de vin est tout de même un peu salée.
Dans une « pièce » du resto : laquelle ? Une idée ?
Enfin le retour à l’hôtel, toujours à pied, après un passage par Times Square. Une première journée bien remplie !
J2 (17/07/07)
A 7h nous sommes dans la rue, décalage horaire oblige ! La plupart des boutiques, restos et fast-foods sont déjà ouverts. Nous prenons un petit-déjeuner rapide à côté de l’hôtel et en route vers l’Empire State Building (compris dans le City Pass). Times Square s’éveille !
Ça y est voilà l’Empire State Building !
Il est 7h45 et nous sommes parmi les tout premiers à monter à l’ouverture à 8h.
Le temps est légèrement brumeux car il est tôt. Munis d’un audio guide en français nous faisons le tour de la terrasse du 86ème étage en écoutant les commentaires et anecdotes et en profitant des vues sur le quartier et bien plus loin encore.
Après cette visite, Hervé veut retourner chez B&H pour son objectif. Qu’à cela ne tienne, nous ne sommes pas si loin de la 9th Av. Une fois l’achat réalisé, nous pouvons continuer notre expédition. Un petit saut à l’hôtel puis objectif musées pour l’après-midi. Nous empruntons la très belle 5ème avenue et longeons Central Park jusqu’au Guggenheim. Le musée est surtout réputé pour son architecture extérieure ; manque de chance, il est actuellement emballé pour travaux. Voilà une vue de l’intérieur.
Déjeuner à la cafétéria du musée puis traversée de Central Park en direction du musée d’histoire naturelle. Les collections sont fabuleuses et le musée gigantesque. Nous n’avons bien sûr pas pu tout visiter mais nous avons été tout particulièrement impressionnés par les salles consacrées aux mammifères d’Amérique du Nord, à la faune des océans et aux dinosaures.
Après cette journée marathon une petite sieste sur la pelouse de Central Park s’impose !!
Puis la journée s’achève en assistant à un concert dans Central Park donné par le New York Philarmonic Orchestra. L’ambiance est unique ! Tous les New Yorkais se donnent rendez-vous là entre amis chacun amenant couverture et vivres pour un pique-nique géant. Nous ne sommes pas vraiment organisés : d’abord assis sur un sac plastique nous acceptons avec plaisir le drap prêté par nos voisins de gazon. La foule se fait de plus en plus dense et quand le concert débute il ne reste plus un cm2 de libre sur Great Lawn. La soirée se finira par un feu d’artifice. Quant à nous, nous nous éclipsons à l’entracte car la faim nous tenaille et la fatigue nous gagne, contents d’avoir partagé un vrai moment de la vie new yorkaise.
Croisière à Manhattan
New York, approfondissement J3 (18/07/07)
L’orage est au rendez-vous ce matin, nous obligeant à modifier nos projets : Liberty et Ellis Islands seront pour demain.
Aujourd’hui, tant qu’il ne pleut pas trop, retour dans le quartier de Midtown afin de visiter plus en détails ce quartier aperçu depuis la terrasse de l’Empire State Building.
La Cathédrale Saint Patrick.
Quelques immeubles remarquables.
La pluie redouble ! Les ponchos sont bien utiles. Nous nous engouffrons trempés dans le magasin CompUSA où Hervé espère trouver la carte topo USA pour son GPS Garmin. Il ne trouve pas exactement ce qu’il recherche mais décide tout de même de faire l’achat d’un DVD couvrant tous les USA au 24 000ème.
La pluie n’a pas cessé au dehors, mais nous décidons de nous rendre à la gare centrale où nous pourrons nous abriter un moment. Grand Central Terminal est une merveille technologique et architecturale !
Où se mettre au sec maintenant ? Au Moma qui ouvre à 10h30. En chemin, nous nous attardons devant le Rockfeller Center dont la tour est dans les nuages et profitons d’une accalmie devant ce parterre de fleurs. Une belle touche de couleur dans cette journée maussade !
A l’approche du Moma, la file d’attente est interminable et en plus, nous avons oublié nos Pass. Voilà une bonne raison pour passer à l’hôtel et s’octroyer un peu de repos.
Nous modifions nos plans et optons pour une après-midi au Metropolitan Museum, nous déplaçant en métro cette fois-ci. Il fait une chaleur étouffante dans les couloirs du métro mais ô délice, les rames sont climatisées.
Le MET est aussi un musée gigantesque : nous n’avons pas l’ambition de tout voir. Nous visitons quelques salles en solo, puis nous nous joignons à une visite guidée (en anglais !) qui nous présente quelques œuvres majeures du musée.
A la sortie du musée nous retournons en métro près de Grand Central Terminal, Hervé espérant pouvoir échanger son achat non satisfaisant du matin car la cartographie « Delorme » est visible sur ordinateur mais non transférable sur GPS. Puis en passant sur Times Square un petit crochet par l’hôtel Marriott Marquis et son bar panoramique tournant. Un petit coup d’œil sur les menus et les prix nous suffit ! Sûr, ce n’est pas là que nous finirons la soirée, mais plus modestement au restaurant de l’hôtel. Plats et prix honnêtes !
En soirée, nous apprenons à la télé l’explosion d’une canalisation de vapeur près de la gare centrale (1 mort, plusieurs blessés) à peine une demi-heure après que nous y soyons passés !
J4 (19/07/07)
Nous avons un peu de mal à émerger ce matin et ce n’est qu’à 9h30 que nous parvenons à Battery Park pour prendre le ferry pour Liberty et Ellis Islands (11, 50$ /pers pour le ferry + 6$ pour l’audioguide).
Incroyable, il n’y a pas d’attente ! Et pour cause ! Un épais brouillard couvre Manhattan. Tant pis, on y va quand même en espérant que le brouillard se lève.
Le ferry avance tout doucement en actionnant sa corne de brume, au loin on distingue à peine les gratte-ciel de Manhattan.
Quand le bateau accoste à Liberty Island, le brouillard est si dense que l’on ne peut pas voir la statue. Nous décidons de rester à bord et d’aller à Ellis Island.
La visite du musée de l’immigration est très intéressante. Grâce à l’audio guide, nous profitons des nombreux témoignages d’immigrants passés par cette île. J’ai une pensée émue pour les frères et sœurs de mon arrière arrière grand-mère qui, entre 1840 et 1870, ont quitté l’Alsace pour venir vivre aux Etats-Unis. J’imagine qu’elles devaient être à la fois leurs angoisses et leurs espérances en arrivant dans le Nouveau Monde. Leurs bagages ressemblaient probablement à ceux-ci.
Après la visite du musée, nous retournons à Liberty Island. Le brouillard s’est maintenant quelque peu levé et la statue se dresse fièrement derrière nous.
Après un déjeuner au fast-food au pied de la tour (pas fameux ! à éviter, mais pas d'autre choix), retour à Manhattan.
Encore de l’émotion devant la Sphère, sculpture endommagée pendant les attentats et déplacée ici après le 11 septembre en hommage aux victimes.
Puis enfin devant Ground Zero !
Ce soir, nous dînons dans notre chambre : au menu, un délicieux repas acheté au rayon « deli » d’un petit supermarché du quartier.
Il ne nous reste alors plus qu’à faire les valises : demain le vol pour Salt Lake City est prévu à 7h05, le shuttle vient nous prendre à 4h (eh !oui, il doit faire le tour de plusieurs hôtels). Petite nuit en perspective !
Gratte-ciel et reflets
La ruée vers l'Ouest
J5 (20/07/07)
Réveil aux aurores et attente interminable ! En effet, l’avion part avec 3h de retard. Nous arrivons finalement à 12h30 heure locale à Salt Lake City, température extérieure 37°, mais air sec. Nous nous dirigeons tout de suite vers le bureau Avis pour réceptionner notre 4x4 : un Mitsubishi Endeavor (pas de Trailblazer diponible). Le temps de le prendre en mains (mais où est le frein à mains ?) et nous voilà partis.
Notre hôtel (Best Western Garden Inn) est facile à trouver. Nous sommes agréablement surpris : grande chambre, très propre, piscine, laverie automatique (ça tombe bien, on a une valise pleine de linge sale !).
Une fois le linge dans la machine, nous partons au supermarché faire l’achat de l’indispensable glacière et des provisions pour le lendemain.
Puis retour à l’hôtel et quelques brasses dans la piscine ! Quelle chaleur ! Finalement, la clim, c’est pas mal aussi pour le reste de l’après-midi.
Pour le dîner, nous choisissons dans la documentation de l’hôtel le restaurant " Encore Grill ". Il n’est pas tout près, cela nous donne l’occasion de traverser la ville (en voiture). Nos impressions : des rues très très très larges, plein de bâtiments mormons, quelques personnes déguisées (c’est le carnaval mormon) et une foule qui se presse vers un concert. Nous n’aurons pas l’occasion d’en voir davantage.
Au restaurant la viande est excellente, la soupe réconfortante car la différence de température entre dehors et dedans est saisissante. Pas de vin ni de bière ce soir, nous sommes chez les Mormons !
J6 (21/07/07)
Nous nous mettons en route à 8h, très vite impressionnés par les espaces et les paysages de canyons que nous traversons.
Pour notre première journée de route, nous choisissons d’emblée de faire un détour par un endroit où personne ne va. Nebo Loop Road ou Sego Canyon ? Le journal du matin ayant annoncé des feux dans la région de Nephi, ce sera donc la deuxième destination qui sera retenue.
Sur l’I70 nous passons la bifurcation vers Moab et sortons à celle de Thompson Springs pour atteindre le canyon quelques miles plus loin afin d’y voir de drôles de pétroglyphes.
Nous allons d’abord beaucoup trop loin et ce n’est qu’au retour que nous les trouvons. C’est pourtant facile, le site se trouve à l’endroit où la route asphaltée s’arrête, après c’est de la piste. Bah ! Ça nous aura donné l’occasion de faire un peu de tout-terrain !
Voilà ces drôles de personnages :
Après cet intermède, route vers Moab. Déjeuner dans un grill, courses et installation au Pack Creek Ranch, à une quinzaine de miles plus au sud, au pied des "La Sal Mountains". Nous avons réservé une petite cabine " Orchard House ", au confort simple, mais plein de charme et entièrement équipée, dans un environnement très verdoyant, loin de la foule de Moab.
Un havre de paix qu’il faut tout de même quitter si nous voulons commencer à explorer Arches.
A 16h, nous franchissons la guérite d’entrée du parc après avoir acheté le National Pass (80$ valable 1 an pour tous les passagers d’une voiture).
Sous un ciel légèrement couvert et en espérant éviter l’orage, nous allons de découvertes en découvertes.
Park Avenue, d’abord.
Marcher au bas de ces " gratte-ciels " de pierre nous démange…allez, nous parcourons une partie du trail.
Puis un peu plus loin, le tour du Balanced Rock.
Et encore Windows Section.
Il est près de 19h. Quelques gouttes de pluie et un ciel de plus en plus couvert nous font hésiter un moment avant d’entamer la rando vers Delicate Arch (5kms, 2h). Mais nous parions sur une éclaircie et partons à l’assaut de la plus belle arche du monde.
Sous l’arche, un touriste joue un air de flûte : tout le monde fait silence. Ambiance magique ! Au retour nous nous laissons enivrer par ces paysages qui s’étendent à perte de vue. Finalement l'orage se sera dissipé !
Et nous rentrons au Ranch, comblés !
Delicate Arch
Les arches de Devil's Garden
J7 (22/07/07)
Ce matin petit déjeuner sur le seuil de notre cabine : dans le verger gambadent lapins et chiens de prairie.
Aujourd’hui la journée est consacrée à la découverte des arches dans Devil’s Garden. Mais avant, sur la route, nous en profitons pour photographier certaines curiosités qui s’apprécient mieux le matin : The Three Gossips et Courthouse Towers.
Et c’est à 9h30 que nous quittons le parking pour notre grande randonnée qui nous mènera absolument à toutes les arches à partir de Tunnel Arch jusqu’à Double O Arch en passant par Landscape Arch, la plus longue et Navajo Arch, la plus intime.
Et ce n’est pas fini : en randonneurs acharnés, nous poursuivons jusqu’à Dark Angel (pas un seul touriste sur ce tronçon !!!) où nous profitons de l’ombre du rocher pour pique-niquer.
Nous voilà requinqués pour attaquer le retour. Bien sûr, pas par le chemin classique mais par sa variante, le Primitive Trail et encore un dernier détour par Private Arch, impressionnante de tranquillité.
Guère de randonneurs sur ce chemin ! Tant mieux, nous profitons pleinement de ce « désert solitaire ».
Puis en revenant sur le chemin principal, nous retrouvons le monde et la voiture à 14h30. Super rando !!! (12kms, 5 heures)
Pour aujourd’hui, ce sera tout. De retour à la cabine, nous nous précipitons dans la piscine, plus fraîche que prévu mais ô combien bienfaisante après notre journée de marche.
L’approche d’un orage nous amène à lever le camp non sans oublier de profiter de ces couleurs pour photographier « notre petite maison dans la prairie ».
Pine Tree Arch
Au pays des aiguilles et des canyons
J8 (23/07/07)
Nous sommes partis de bonne heure ce matin car la route est longue jusqu’à l’entrée des Needles (70 miles = 120 kms env. de Moab), mais les paysages extraordinaires valent le déplacement.
C’est un peu avant 9h que nous laissons la voiture au parking d’Elephant Hill, équipés chacun de 4l d’eau (et ils ont été nécessaires jusqu'à la dernière goutte!), prêts à entamer la randonnée de Chesler Park via Joint Trail. 18kms, une journée de randonnée.
Mais quelle randonnée ! Un parcours très varié et ludique passant tour à tour au pied d'aiguilles striées de rouge et de blanc : les fameuses Needles
de gros rochers en forme de hamburger,
ou de champignons géants
de passages très étroits
et de grandes prairies herbeuses
Bref des décors dignes de Jurassic Park.
Et on en redemande !!! A la fin du parcours cairné, une erreur nous mène sur Devil's Lane, une autre prairie herbeuse dont je ne vois plus la fin (diabolique!)
qui aboutit à Devil's Kitchen (ouf! un peu de fraîcheur pour se reposer). Puis nous bouclons la boucle en empruntant un chemin réservé aux 4x4 qui nous ramène à Elephant Hill peu après 16h, fourbus mais absolument enchantés ! Et voilà qu'un 4x4 tente de gravir la piste que nous venions d'emprunter. Manifestement le conducteur a sous-estimé la difficulté de la piste ou a surestimé ses capacités : il galère +++. On le comprend, à pied c'était difficile…alors en voiture…! Nous assistons, amusés, au spectacle.
Bilan de la journée : 21kms (plus que prévu en raison de la variante au retour), 7h de marche arrêts compris; 8l d'eau consommés ; seules 2 personnes rencontrées + un très beau lézard, deux corbeaux et surtout des paysages fabuleux.
Au hit-parade de nos coups de cœur sur l'ensemble du voyage cette journée sera n°1.
Rassasiés de marche et de paysages, nous rentrons à Moab et comme d'habitude assistons à un bel orage en soirée.
J9 (24/07/07) Quelques cafouillages ce matin, car nous attendons la réponse de la compagnie aérienne pour faire un survol de Canyonlands jusqu'à Monument Valley. Réponse négative, il faut changer nos plans. Après un faux départ (une fois de plus, nous partons sans notre Pass), nous arrivons enfin à Canyonlands vers 11h après un passage à Dead Horse Point (7$ pour un point de vue certes impressionnant mais pas très photogénique).C'est…trop grand et assez brumeux. Nous faisons les difficiles !
Nous prenons la route jusqu'à Grand View Point et faisons la ballade (petite pour nous : 3kms, 1h) du même nom. Le chemin longe la corniche et nous livre de superbes points de vue.
A la fin du trail, nous nous posons un peu, histoire de profiter du…. silence tout simplement.
Nous ne randonnons pas davantage aujourd'hui, persuadés qu'au cœur du canyon, les sensations seraient plus grandes. Alors retour vers Moab par Shafer Trail et Potash Road (non sans avoir sollicité l'avis des Rangers). Sensationnel !!!
Oui, oui, c'est par là qu'on descend…
Et c'est tout là-bas qu'on arrive.
Par moments on passe tout au bord.
Nous continuons ainsi jusqu'à Mussulman Arch, puis demi-tour non sans aller admirer la vue depuis Gooseneck Overlook. Géniale! Potash Road (goudronnée) nous ramène à Moab vers 16h. Nous nous arrêtons au parking de Negro Bill Canyon, mais le ciel est trop menaçant. D'ailleurs nous avons à peine le temps de rentrer au Ranch avant l'arrivée de l'orage.
En route vers les Needles
De Moab à Boulder
J10 (25/07/07) Réveil spontané à 3h30 du matin ! Il faut en profiter pour voir un lever de soleil remarquable. Ce sera Mesa Arch (Island in the sky). Nous quittons la cabine à 5h (lever du soleil à 6h15). En route nous sommes sceptiques, car il pleut en traversant Moab et le ciel est couvert un peu plus loin. Mais les nuages se fendent…alors ?
Nous arrivons in extrémis sur le parking de Mesa Arch. Hervé se met à courir. Devant l'arche un couple d'Allemands est déjà en bonne place. Plus que quelques secondes….et l'arche "s'enflamme".
Nous poursuivons la route vers Upheaval Dome, un curieux cratère puis nous choisissons de revenir explorer les environs immédiats de Moab. Negro Bill Canyon, une randonnée bucolique de 3h et 6kms A/R) jusqu'à l'imposante Morning Glory Arch, d'où nous voyons descendre en rappel plusieurs grimpeurs.
une petite incursion dans les La Sal Mountains près de Castle Valley pour une petite sieste au frais. la piste d'Onion Creek (en voiture) où les couleurs sont étonnantes, aspect crème glacée pistache café caramel saupoudrée de chocolat.
Enfin à partir de 17h30 la randonnée de Fisher Towers (3h, 7kms A/R) au pied de mégalithes géants, de véritables gratte-ciel, vertigineux et impressionnants.
C'est encore de nuit que nous rejoignons le Ranch après une journée plus que remplie.
J11 (26/07/07) Avant de rejoindre Capitol Reef il nous tient à cœur de passer par un site en dehors des sentiers battus. Nous nous arrêtons alors à Little Wild Horse Canyon, tout près de Goblin Valley State Park pour une balade très amusante dans un slot-canyon. Quand les flaques deviennent trop profondes, nous rebroussons chemin. 2h et 3kms A/R.
Et continuons notre route vers Torrey et Capitol Reef que nous atteignons en début d'après-midi. Le temps est légèrement couvert et venteux. Nous nous installons alors chez Austin's Chuck Wagon (très bien, grande chambre "immaculate" comme l'annonçait le site, wifi, piscine, laverie et environnement très fleuri). Le temps légèrement couvert et surtout venteux n'incite pas trop à la baignade, alors ce sera sieste !
Vers 17h il est temps de voir un peu à quoi ressemble Capitol Reef et surtout d'aller se renseigner sur l'état de la piste de Cathedral Valley pour le lendemain. Au Visitor Center, la rangeresse est catégorique : le gué est infranchissable, la Fremont River est presque en crue. Reste la possibilité de prendre Caineville Wash Road jusqu'à Temple of the Sun, c'est tout, le reste du secteur n'est pas vraiment praticable, selon ses dires. Il va falloir revoir nos plans !
Bon, en attendant, si on allait jusqu'à Capitol Gorge. Au bord de la Scenic Drive j'ai failli me faire dévorer !!!
Cette belle route aboutit dans la gorge de Waterpocket Fold où nous nous garons. Puis c'est à pied que nous dépassons le Pionneer Register, où les premiers pionniers venaient graver leurs noms sur les murs. La plupart des touristes que nous croisons sont sur le retour, c'est vrai qu'il est déjà tard et nous sommes bientôt seuls dans le canyon. Tout d'un coup nous restons figés : devant nous un mouflon traverse le chemin et avec une agilité impressionnante escalade les rochers pour disparaître derrière la montagne.
Mais pas définitivement ! Le temps de grimper nous aussi là-haut (eh! oui nous sommes moins agiles) et nous le retrouvons. Sa destination est en fait la même que la nôtre : les Tanks, citernes naturelles creusées dans la roche
où nous le revoyons en train de s'abreuver. Une très jolie rencontre qui nous aurait presque fait oublier l'heure. Durée de la randonnée : 2h, 3kms A/R. Il est déjà 20h passés et un coup d'œil à notre guide (ici le Routard) nous fait réaliser que Capitol Reef Inn & Cafe ferme à 21h. Alors, fonçons ! Ouf, nous arrivons à l'heure pour un excellent dîner.
J12 :(27/07/07)
Nous sommes dans l'expectative ce matin : Cathedal Valley or not Cathedral Valley ? Camping or not camping pour la nuit suivante ? Nos projets auraient dû nous mener au camping primitif de Cathedral Valley via Caineville Wash Road et le lendemain retour vers la Hwy 24 via Hartnet Road. Nous décidons de faire le plein de vivres et d'eau pour être équipés pour camper. Mais où ? Ce n'est pas encore très clair en quittant Chuck Wagon Inn ce matin. Nous voulons avoir un nouvel avis sur l'évolution des conditions dans Cathedral Valley puis nous aviserons.
Au Visitor Center on nous tient les mêmes propos que la veille. Nous sommes à présents fixés. Nous irons jusqu'à Temple of the Sun ce matin (tant que le temps est sec) puis reviendrons sur la 24 pour continuer la visite de Capitol Reef puis poursuivre vers Boulder où nous pourrions camper !
La piste de Caineville est très bonne et sans problème jusqu'à Temple of the Sun. Nous admirons les deux géants : Temple of the Sun et Temple of the Moon ainsi que cette drôle de butte au premier plan : Glass Mountain.
L'envie de continuer un peu nous démange ! Allez, on avance encore un peu puis on fera demi-tour. C'est à ce moment-là qu'on croise un autre 4x4 qui nous assure qu'il ne devrait pas y avoir de problème, en toisant notre "SUV" du haut de son vrai 4X4, jusqu'au "campground", que les wash sont certes un peu humides et boueux mais passables ! Alors c'est décidé, on y va mais sans camper (temps trop incertain), nous sortirons immédiatement par la piste de Thousand Lake Mountain.
Nous poursuivons donc, pas sans être un peu tendus à chaque passage de wash, d'autant que le ciel commence à se couvrir.
Les cathédrales de pierre se dressent bientôt devant nous. Une randonnée est possible au pied des monolithes, mais nous ne prenons pas ce risque en raison de la menace orageuse.
Quand la route prend un peu d'altitude, Hervé souffle : nous voilà sortis de la zone des wash; même s'il se mettait à pleuvoir, nous ne risquerions plus rien. Nous profitons alors pleinement de la vue.
Et de la table de pique-nique près de Upper Cathedral Valley Overloook. Il est midi et le casse-crôute est bienvenu pour nous remettre de nos émotions. Pas un chat à l'horizon. Nous sommes seuls dans cette immensité. Le temps se maintient pour le moment.
Après manger nous attaquons Thousand Lake Mountain Road, cassante par endroits. La piste nous éloigne peu à peu du désert et grimpe dans la Fishlake National Forest jusqu'à 2500 m d'altitude. La vue est assez irréelle: dans les rétroviseurs de la voiture, le désert… et devant nous une forêt bien verte, des bouleaux, des fleurs sauvages…et la pluie qui commence à tomber.
Et voilà que nous arrivons dans une zone marécageuse ! Pas le temps de s'affoler ! La voiture….hoquète, patine, puis….ouf ! passe de justesse. On a eu chaud !
Et c'est avec un certain soulagement que nous atteignons la route 72 aux environs de Fremont. Nous traversons Loa puis Torrey avec un petit arrêt douceurs chez Cafe & Candy à Torrey (divin!!!) et décidons de nous rapprocher de notre étape suivante Escalante en empruntant la très belle route 12 jusqu'à Boulder (69kms). Nous avons repéré sur ce trajet le camping de Deer Creek sur le Burr Trail où nous pensons nous arrêter pour la nuit.
Ce qui est dit est fait. Nous nous posons à Deer Creek, un camping rudimentaire (emplacements pique nique + toilettes, pas d'eau) au bord de la rivière, 4$ dans une enveloppe, notre nuitée la plus économique.
Après avoir scruté le ciel, essuyé quelques gouttes, le besoin de randonner est impérieux ce soir. Nous voilà partis pour 2h d'exploration des alentours (une pancarte nous avertit que nous évoluons dans le wilderness, domaine des serpents, des scorpions et autres bestioles). La vue est magnifique en haut de cette butte.
De retour au camping nous organisons une séance douche en plein air (l'équivalent d'une bouteille d'eau chacun, pas plus !). Au dîner nous avons la mauvaise surprise de découvrir que la boîte de maïs pévue pour une salade composée contient du maïs à la crème. Beurkk, on se méfiera la prochaine fois ! Vaisselle au bord de la rivière, installation des couchages dans notre 4x4. Ca y est : tout est prêt pour passer une bonne nuit !
Cathedral Valley
Autour d'Escalante
J13 (28/07/07) Nous nous réveillons dans notre voiture avec le soleil à 6h15 et à 7h nous sommes déjà sur le Burr Trail jusqu'à Long Canyon. Au bout de cet impressionnant canyon nous faisons demi-tour afin de revenir sur l'US12 et poursuivre vers Escalante. Les paysages sur cette route sont à nouveau époustouflants de beauté.
Entre Boulder et Escalante nous ne voulons pas rater la randonnée menant aux Lower Calf Creek Falls. Un sentier d'interprétation de la nature (11kms, 3hA/R) longe la rivière au pied de belles falaises de grès nous amenant à voir des écureuils en pagaille, des marmottes, des oiseaux mouches, des truites….ainsi que des ruines indiennes et des pétroglyphes.
Et au bout du sentier, après avoir eu bien chaud, la délivrance : une cascade dégringole de la falaise
dans un bassin aux eaux rafraîchissantes (15°) dans lesquelles je me plonge avec bonheur.
Nous restons une bonne heure sur place profitant tour à tour de la fraîcheur de l'eau et de la chaleur de la petite plage avant de reprendre le chemin du retour. Hervé flâne et fait quelques clichés macro.
Après un pique nique à Calf Creek Recreation Area nous poursuivons cette route 12 toujours aussi belle jusqu'à Escalante et le Rainbw Country B&B. L'accueil est formidable (merci Philippe pour cette adresse) et Catherine est aux petits soins. Le sous-sol bien frais de sa maison est réservé à ses hôtes : un grand salon décoré d'objets chinés et plusieurs chambres. La nôtre est décorée sur le thème de la Pionnier Cabin. On y est tellement bien qu'on n'a pas envie de bouger tout de suite.
En fin d'après-midi, ressentant le besoin d'une petite promenade vespérale, nous allons à Petrified Forest State Park (6$ système d'enveloppe). Nous suivons le sentier d'interprétation de la nature (1mile) qui nous laisse sur notre faim, mais en optant pour le sentier complémentaire "Trail of Sleeping Rainbows" (0, 75 miles) assez pentu nous découvrons en nombre de très beaux spécimens.
Cette balade nous a ouvert l'appétit et nous nous régalons au Cow Boy Blues Restaurant : soupe du southwest à la tomate, prime ribs/légumes, brownie sunday pour moi, crumble fruits rouges "à la mode" pour Hervé.
J14 (29/07/07) Après un petit déjeuner américain plus que copieux, nous voilà calés pour une bonne partie de la journée et prêts à explorer les sites le long de la Hole-in-the- Rock Road. Il faut tenir compte du temps qui peut se dégrader en cours de journée. C'est pourquoi, nous commencerons d'abord par explorer Dry Fork et Peekaboo Gulch. Catherine nous a prévenu qu'il pourrait y avoir de l'eau, nous avons mis des chaussures qu'on ne craint pas de mouiller.
Et c'est parti pour une trentaine de miles sur la piste. Les paysages sont magnifiques.
Dry Fork est un slot-canyon très agréable.
Nous le parcourons sur une centaine de mètres quand, soudain, je pousse un cri, j'écarte les pieds, tout juste à temps pour laisser passer….un serpent.
Nous continuons notre progression, un peu plus vigilants et là un autre serpent nous barre la route, plus gros (c'est un serpent à sonnette) et en position d'attaque.
Bon, ben, on n'ira pas plus loin. Sans regrets, il paraît que les premières centaines de mètres sont les plus photogéniques, dixit ouestusa.fr
Allons voir Peekaboo Gulch. "L'entrée et certains passages dans le canyon sont assez acrobatiques et nécessitent de s'aider de ses mains, des éléments naturels et d'avoir un bon grip" préviennent Thierry et Philippe sur leur site. En arrivant devant l'entrée, je comprends … Hervé se hisse en premier et je reste au pied de l'entrée à réfléchir un bon moment avant de m'y attaquer. Car il a fallu tirer, pousser, grimper, ramper, se contorsionner, se hisser, sauter, s'écorcher, se mouiller…pour y arriver, mais ça vaut le coup ! Et je suis fière de l'avoir fait malgré mes genoux et mes coudes écorchés.
Finalement c'est encore un "rattlesnake" qui va nous arrêter dans notre exploration. Nous abandonnons alors les slot-canyons et décidons, comme il fait toujours beau, de poursuivre la piste jusqu'à Willow Gulch Trailhead pour faire la randonnée jusqu'à Broken Bow.
Au trailhead pas une voiture. Personne ne s'est enregistré sur le cahier (depuis combien de temps ?) Il fait très chaud, c'est l'heure du midi. Nous emportons nos provisions, l'arche étant un endroit idéal pour pique-niquer. Nous descendons dans le wash et avançons sur un mile environ.
Mais nous ne sommes pas vraiment tranquilles : pas de traces d'un passage récent, crainte d'un orage soudain et surtout des marques sur le sable qui ont l'air d'être celles d'un gros félin . En arrivant à la confluence avec Willow Gulch, le wash devient de plus en plus boueux et glissant, encombré par des branches et des troncs charriés par un orage récent. C'est décidé, il devient de moins en moins prudent de continuer! Il faut faire demi-tour. Au pied de la remontée, nous nous attardons un moment pour manger au frais sous la falaise.
De retour à la voiture nous observons au loin des orages qui commencent à se former. Nous sommes à 40 miles d'Escalante. Il faut retourner au plus vite.
Nous faisons la course avec les orages. Devant nous les éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre gronde, mais peut-être passerons nous à côté. Nous recevons les premières gouttes près de Devil's Garden, puis c'est tout…l'orage s'éloigne. Nous explorons alors ce Jardin du Diable, très amusant. Nous y trouvons cette ribambelle de petits nains
Et cette imposante arche. Cherchez le lapin.
L'orage s'étant définitivement éloigné, nous avons envie, pour finir cette journée, de voir à quoi ressemble le "Dinausor Track Site" sur la Left Hand Collet Road. 4x4 indispensable signale la pancarte au début de la piste. Nous avançons sans problème nous demandant un moment si l'avertissement n'était pas un peu exagéré quand un énooorme wash nous arrête dans notre élan. Non, l'avertissement n'était pas vain, mais nous ne prendrons pas le risque d'essayer de passer. Tant pis, nous ne verrons pas les traces de dinosaures mais irons sur la terrasse de notre B&B observer les oiseaux mouches. Le spectacle est magique !!!
Pour le dîner nous mangeons chez Escalante Outfitters "la meilleure pizza maison de tout l'Utah" d'après le guide LP. Je dirai même plus : je n'ai jamais mangé une aussi bonne pizza de ma vie. Même celle que j'ai l'habitude de faire n'est pas aussi bonne. Vous voilà prévenus ! En plus on peut profiter gratuitement de l'accès Internet pour donner des nouvelles à nos enfants.
Calf Creek Falls
Pour la suite du voyage, de Escalante à San Francisco en passant par Bryce Canyon, Coyote Buttes, Lake Powell, Grand Canyon Nord, Zion, Las Vegas, Death Valley, Yosemite, Sequoia et la côte Pacifique, voir... ICI

Pour voir davantage de photos, allez directement ici :
sites.google.com/...uxvoyagesnyouestusa/
========================================================================== Présentation
Le rêve américain est devenu réalité pour nous cet été grâce à ce voyage que nous avions soigneusement et longuement préparé. Après 4 jours passés à New York, il nous a mené 4 semaines à travers le Southwest, de Salt Lake City à San Francisco, en passant par les grands Parcs Nationaux et en incluant des sites en dehors des sentiers battus dans un circuit classique. Notre objectif était de randonner un maximum afin de découvrir au plus près les merveilles de cette région et de nous imprégner au mieux des paysages.
Nos étapes, dans l'Ouest, ont été : Arches Canyonlands Capitol Reef (dont Cathedral Valley) Escalante Grand Staircase Bryce canyon Page (dont Coyote Buttes et the Wave) Grand Canyon Nord Zion Death Valley Yosemite Sequoia Côte Pacifique
Avant de vous emmener sur nos traces, je tiens à remercier celles et ceux qui m’ont aidée à construire cet itinéraire au travers de leurs sites Internet, carnets de voyages, échanges de messages sur VF et discussions téléphoniques.
Enfin une pensée toute particulière à tous nos amis et familles qui en avril 2006, à l’occasion d’un évènement familial, nous ont offert un compte voyage, compte qui a servi lors de l’achat des vols. Nous les remercions encore chaleureusement.
Maintenant à nous l’Amérique !
New York, découverte
J1 (16 juillet 2007)
Nous arrivons à New York JFK à 10h30 heure locale à bord du vol Air France AF22. Nous avions réservé un transfert par Supershuttle (15$ par pers, plus avantageux qu’un taxi pour 2), système de taxi collectif. Nous sommes les premiers à monter à bord, mais nous ne serons pas les seuls, le shuttle s’arrête à plusieurs terminaux afin de prendre d’autres voyageurs et une fois plein, s’élance vers New York. Cela nous permet une première virée dans la ville, le temps de déposer tout ce petit monde. Voilà enfin notre hôtel, le Wellington. Bien placé, tout près de Times Square…mais la chambre est décevante : tout petite, un peu vieillotte, une clim bruyante et impossible à régler. Bah ! Ça n’est que pour dormir, alors tant pis !
Afin de profiter tout de suite de la Big Apple et s’offrir une vue d’ensemble, j’avais prévu une croisière en bateau autour de Manhattan à 15h30. Il est déjà 14h, il ne faut donc pas perdre de temps. Nous voilà lancés à pied dans les rues de New York, le nez en l’air jusqu’à l’embarcadère Pier 83. Nous achetons nos City Pass (65$ pour 6 attractions dont une croisière de 2h). Et c’est parti ! Le temps est plutôt couvert, avec quelques éclaircies en fin d’après-midi.
Quelques vues de Manhattan depuis le bateau :
Après la croisière, la journée n’est pas finie. Hervé a dans l’idée de s’acheter un nouvel appareil photo. Nous courons donc dans le plus grand magasin de photos de New York (B&H Photo Vidéo 420 9th Av) où il trouve son bonheur avec un Pentax K10d. Il se renseigne aussi pour un second objectif mais n’arrive pas à se décider avant l’heure de fermeture (19h). Il faudra revenir !
Je commence à avoir le tournis dans cette ville grouillante et il est l’heure de se poser pour diner. Non, nous n’avons pas loué cette limousine.
Et c’est encore by foot que nous déambulons jusqu’au restaurant (trouvé dans le guide Lonely Planet) : 44&X – Hell’s Kitchen « classiques américains réinventés ». Nous avons très bien mangé genre nouvelle cuisine mais l’addition pour 2 plats et 2 verres de vin est tout de même un peu salée.
Dans une « pièce » du resto : laquelle ? Une idée ?
Enfin le retour à l’hôtel, toujours à pied, après un passage par Times Square. Une première journée bien remplie !
J2 (17/07/07)
A 7h nous sommes dans la rue, décalage horaire oblige ! La plupart des boutiques, restos et fast-foods sont déjà ouverts. Nous prenons un petit-déjeuner rapide à côté de l’hôtel et en route vers l’Empire State Building (compris dans le City Pass). Times Square s’éveille !
Ça y est voilà l’Empire State Building !
Il est 7h45 et nous sommes parmi les tout premiers à monter à l’ouverture à 8h.
Le temps est légèrement brumeux car il est tôt. Munis d’un audio guide en français nous faisons le tour de la terrasse du 86ème étage en écoutant les commentaires et anecdotes et en profitant des vues sur le quartier et bien plus loin encore.
Après cette visite, Hervé veut retourner chez B&H pour son objectif. Qu’à cela ne tienne, nous ne sommes pas si loin de la 9th Av. Une fois l’achat réalisé, nous pouvons continuer notre expédition. Un petit saut à l’hôtel puis objectif musées pour l’après-midi. Nous empruntons la très belle 5ème avenue et longeons Central Park jusqu’au Guggenheim. Le musée est surtout réputé pour son architecture extérieure ; manque de chance, il est actuellement emballé pour travaux. Voilà une vue de l’intérieur.
Déjeuner à la cafétéria du musée puis traversée de Central Park en direction du musée d’histoire naturelle. Les collections sont fabuleuses et le musée gigantesque. Nous n’avons bien sûr pas pu tout visiter mais nous avons été tout particulièrement impressionnés par les salles consacrées aux mammifères d’Amérique du Nord, à la faune des océans et aux dinosaures.
Après cette journée marathon une petite sieste sur la pelouse de Central Park s’impose !!
Puis la journée s’achève en assistant à un concert dans Central Park donné par le New York Philarmonic Orchestra. L’ambiance est unique ! Tous les New Yorkais se donnent rendez-vous là entre amis chacun amenant couverture et vivres pour un pique-nique géant. Nous ne sommes pas vraiment organisés : d’abord assis sur un sac plastique nous acceptons avec plaisir le drap prêté par nos voisins de gazon. La foule se fait de plus en plus dense et quand le concert débute il ne reste plus un cm2 de libre sur Great Lawn. La soirée se finira par un feu d’artifice. Quant à nous, nous nous éclipsons à l’entracte car la faim nous tenaille et la fatigue nous gagne, contents d’avoir partagé un vrai moment de la vie new yorkaise.
Croisière à Manhattan

New York, approfondissement J3 (18/07/07)
L’orage est au rendez-vous ce matin, nous obligeant à modifier nos projets : Liberty et Ellis Islands seront pour demain.
Aujourd’hui, tant qu’il ne pleut pas trop, retour dans le quartier de Midtown afin de visiter plus en détails ce quartier aperçu depuis la terrasse de l’Empire State Building.
La Cathédrale Saint Patrick.
Quelques immeubles remarquables.
La pluie redouble ! Les ponchos sont bien utiles. Nous nous engouffrons trempés dans le magasin CompUSA où Hervé espère trouver la carte topo USA pour son GPS Garmin. Il ne trouve pas exactement ce qu’il recherche mais décide tout de même de faire l’achat d’un DVD couvrant tous les USA au 24 000ème.
La pluie n’a pas cessé au dehors, mais nous décidons de nous rendre à la gare centrale où nous pourrons nous abriter un moment. Grand Central Terminal est une merveille technologique et architecturale !
Où se mettre au sec maintenant ? Au Moma qui ouvre à 10h30. En chemin, nous nous attardons devant le Rockfeller Center dont la tour est dans les nuages et profitons d’une accalmie devant ce parterre de fleurs. Une belle touche de couleur dans cette journée maussade !
A l’approche du Moma, la file d’attente est interminable et en plus, nous avons oublié nos Pass. Voilà une bonne raison pour passer à l’hôtel et s’octroyer un peu de repos.
Nous modifions nos plans et optons pour une après-midi au Metropolitan Museum, nous déplaçant en métro cette fois-ci. Il fait une chaleur étouffante dans les couloirs du métro mais ô délice, les rames sont climatisées.
Le MET est aussi un musée gigantesque : nous n’avons pas l’ambition de tout voir. Nous visitons quelques salles en solo, puis nous nous joignons à une visite guidée (en anglais !) qui nous présente quelques œuvres majeures du musée.
A la sortie du musée nous retournons en métro près de Grand Central Terminal, Hervé espérant pouvoir échanger son achat non satisfaisant du matin car la cartographie « Delorme » est visible sur ordinateur mais non transférable sur GPS. Puis en passant sur Times Square un petit crochet par l’hôtel Marriott Marquis et son bar panoramique tournant. Un petit coup d’œil sur les menus et les prix nous suffit ! Sûr, ce n’est pas là que nous finirons la soirée, mais plus modestement au restaurant de l’hôtel. Plats et prix honnêtes !
En soirée, nous apprenons à la télé l’explosion d’une canalisation de vapeur près de la gare centrale (1 mort, plusieurs blessés) à peine une demi-heure après que nous y soyons passés !
J4 (19/07/07)
Nous avons un peu de mal à émerger ce matin et ce n’est qu’à 9h30 que nous parvenons à Battery Park pour prendre le ferry pour Liberty et Ellis Islands (11, 50$ /pers pour le ferry + 6$ pour l’audioguide).
Incroyable, il n’y a pas d’attente ! Et pour cause ! Un épais brouillard couvre Manhattan. Tant pis, on y va quand même en espérant que le brouillard se lève.
Le ferry avance tout doucement en actionnant sa corne de brume, au loin on distingue à peine les gratte-ciel de Manhattan.
Quand le bateau accoste à Liberty Island, le brouillard est si dense que l’on ne peut pas voir la statue. Nous décidons de rester à bord et d’aller à Ellis Island.
La visite du musée de l’immigration est très intéressante. Grâce à l’audio guide, nous profitons des nombreux témoignages d’immigrants passés par cette île. J’ai une pensée émue pour les frères et sœurs de mon arrière arrière grand-mère qui, entre 1840 et 1870, ont quitté l’Alsace pour venir vivre aux Etats-Unis. J’imagine qu’elles devaient être à la fois leurs angoisses et leurs espérances en arrivant dans le Nouveau Monde. Leurs bagages ressemblaient probablement à ceux-ci.
Après la visite du musée, nous retournons à Liberty Island. Le brouillard s’est maintenant quelque peu levé et la statue se dresse fièrement derrière nous.
Après un déjeuner au fast-food au pied de la tour (pas fameux ! à éviter, mais pas d'autre choix), retour à Manhattan.
Encore de l’émotion devant la Sphère, sculpture endommagée pendant les attentats et déplacée ici après le 11 septembre en hommage aux victimes.
Puis enfin devant Ground Zero !
Ce soir, nous dînons dans notre chambre : au menu, un délicieux repas acheté au rayon « deli » d’un petit supermarché du quartier.
Il ne nous reste alors plus qu’à faire les valises : demain le vol pour Salt Lake City est prévu à 7h05, le shuttle vient nous prendre à 4h (eh !oui, il doit faire le tour de plusieurs hôtels). Petite nuit en perspective !
Gratte-ciel et reflets

La ruée vers l'Ouest
J5 (20/07/07)
Réveil aux aurores et attente interminable ! En effet, l’avion part avec 3h de retard. Nous arrivons finalement à 12h30 heure locale à Salt Lake City, température extérieure 37°, mais air sec. Nous nous dirigeons tout de suite vers le bureau Avis pour réceptionner notre 4x4 : un Mitsubishi Endeavor (pas de Trailblazer diponible). Le temps de le prendre en mains (mais où est le frein à mains ?) et nous voilà partis.
Notre hôtel (Best Western Garden Inn) est facile à trouver. Nous sommes agréablement surpris : grande chambre, très propre, piscine, laverie automatique (ça tombe bien, on a une valise pleine de linge sale !).
Une fois le linge dans la machine, nous partons au supermarché faire l’achat de l’indispensable glacière et des provisions pour le lendemain.
Puis retour à l’hôtel et quelques brasses dans la piscine ! Quelle chaleur ! Finalement, la clim, c’est pas mal aussi pour le reste de l’après-midi.
Pour le dîner, nous choisissons dans la documentation de l’hôtel le restaurant " Encore Grill ". Il n’est pas tout près, cela nous donne l’occasion de traverser la ville (en voiture). Nos impressions : des rues très très très larges, plein de bâtiments mormons, quelques personnes déguisées (c’est le carnaval mormon) et une foule qui se presse vers un concert. Nous n’aurons pas l’occasion d’en voir davantage.
Au restaurant la viande est excellente, la soupe réconfortante car la différence de température entre dehors et dedans est saisissante. Pas de vin ni de bière ce soir, nous sommes chez les Mormons !
J6 (21/07/07)
Nous nous mettons en route à 8h, très vite impressionnés par les espaces et les paysages de canyons que nous traversons.
Pour notre première journée de route, nous choisissons d’emblée de faire un détour par un endroit où personne ne va. Nebo Loop Road ou Sego Canyon ? Le journal du matin ayant annoncé des feux dans la région de Nephi, ce sera donc la deuxième destination qui sera retenue.
Sur l’I70 nous passons la bifurcation vers Moab et sortons à celle de Thompson Springs pour atteindre le canyon quelques miles plus loin afin d’y voir de drôles de pétroglyphes.
Nous allons d’abord beaucoup trop loin et ce n’est qu’au retour que nous les trouvons. C’est pourtant facile, le site se trouve à l’endroit où la route asphaltée s’arrête, après c’est de la piste. Bah ! Ça nous aura donné l’occasion de faire un peu de tout-terrain !
Voilà ces drôles de personnages :
Après cet intermède, route vers Moab. Déjeuner dans un grill, courses et installation au Pack Creek Ranch, à une quinzaine de miles plus au sud, au pied des "La Sal Mountains". Nous avons réservé une petite cabine " Orchard House ", au confort simple, mais plein de charme et entièrement équipée, dans un environnement très verdoyant, loin de la foule de Moab.
Un havre de paix qu’il faut tout de même quitter si nous voulons commencer à explorer Arches.
A 16h, nous franchissons la guérite d’entrée du parc après avoir acheté le National Pass (80$ valable 1 an pour tous les passagers d’une voiture).
Sous un ciel légèrement couvert et en espérant éviter l’orage, nous allons de découvertes en découvertes.
Park Avenue, d’abord.
Marcher au bas de ces " gratte-ciels " de pierre nous démange…allez, nous parcourons une partie du trail.
Puis un peu plus loin, le tour du Balanced Rock.
Et encore Windows Section.
Il est près de 19h. Quelques gouttes de pluie et un ciel de plus en plus couvert nous font hésiter un moment avant d’entamer la rando vers Delicate Arch (5kms, 2h). Mais nous parions sur une éclaircie et partons à l’assaut de la plus belle arche du monde.
Sous l’arche, un touriste joue un air de flûte : tout le monde fait silence. Ambiance magique ! Au retour nous nous laissons enivrer par ces paysages qui s’étendent à perte de vue. Finalement l'orage se sera dissipé !
Et nous rentrons au Ranch, comblés !
Delicate Arch

Les arches de Devil's Garden
J7 (22/07/07)
Ce matin petit déjeuner sur le seuil de notre cabine : dans le verger gambadent lapins et chiens de prairie.
Aujourd’hui la journée est consacrée à la découverte des arches dans Devil’s Garden. Mais avant, sur la route, nous en profitons pour photographier certaines curiosités qui s’apprécient mieux le matin : The Three Gossips et Courthouse Towers.
Et c’est à 9h30 que nous quittons le parking pour notre grande randonnée qui nous mènera absolument à toutes les arches à partir de Tunnel Arch jusqu’à Double O Arch en passant par Landscape Arch, la plus longue et Navajo Arch, la plus intime.
Et ce n’est pas fini : en randonneurs acharnés, nous poursuivons jusqu’à Dark Angel (pas un seul touriste sur ce tronçon !!!) où nous profitons de l’ombre du rocher pour pique-niquer.
Nous voilà requinqués pour attaquer le retour. Bien sûr, pas par le chemin classique mais par sa variante, le Primitive Trail et encore un dernier détour par Private Arch, impressionnante de tranquillité.
Guère de randonneurs sur ce chemin ! Tant mieux, nous profitons pleinement de ce « désert solitaire ».
Puis en revenant sur le chemin principal, nous retrouvons le monde et la voiture à 14h30. Super rando !!! (12kms, 5 heures)
Pour aujourd’hui, ce sera tout. De retour à la cabine, nous nous précipitons dans la piscine, plus fraîche que prévu mais ô combien bienfaisante après notre journée de marche.
L’approche d’un orage nous amène à lever le camp non sans oublier de profiter de ces couleurs pour photographier « notre petite maison dans la prairie ».
Pine Tree Arch

Au pays des aiguilles et des canyons
J8 (23/07/07)
Nous sommes partis de bonne heure ce matin car la route est longue jusqu’à l’entrée des Needles (70 miles = 120 kms env. de Moab), mais les paysages extraordinaires valent le déplacement.
C’est un peu avant 9h que nous laissons la voiture au parking d’Elephant Hill, équipés chacun de 4l d’eau (et ils ont été nécessaires jusqu'à la dernière goutte!), prêts à entamer la randonnée de Chesler Park via Joint Trail. 18kms, une journée de randonnée.
Mais quelle randonnée ! Un parcours très varié et ludique passant tour à tour au pied d'aiguilles striées de rouge et de blanc : les fameuses Needles
de gros rochers en forme de hamburger,
ou de champignons géants
de passages très étroits
et de grandes prairies herbeuses
Bref des décors dignes de Jurassic Park.
Et on en redemande !!! A la fin du parcours cairné, une erreur nous mène sur Devil's Lane, une autre prairie herbeuse dont je ne vois plus la fin (diabolique!)
qui aboutit à Devil's Kitchen (ouf! un peu de fraîcheur pour se reposer). Puis nous bouclons la boucle en empruntant un chemin réservé aux 4x4 qui nous ramène à Elephant Hill peu après 16h, fourbus mais absolument enchantés ! Et voilà qu'un 4x4 tente de gravir la piste que nous venions d'emprunter. Manifestement le conducteur a sous-estimé la difficulté de la piste ou a surestimé ses capacités : il galère +++. On le comprend, à pied c'était difficile…alors en voiture…! Nous assistons, amusés, au spectacle.
Bilan de la journée : 21kms (plus que prévu en raison de la variante au retour), 7h de marche arrêts compris; 8l d'eau consommés ; seules 2 personnes rencontrées + un très beau lézard, deux corbeaux et surtout des paysages fabuleux.
Au hit-parade de nos coups de cœur sur l'ensemble du voyage cette journée sera n°1.
Rassasiés de marche et de paysages, nous rentrons à Moab et comme d'habitude assistons à un bel orage en soirée.
J9 (24/07/07) Quelques cafouillages ce matin, car nous attendons la réponse de la compagnie aérienne pour faire un survol de Canyonlands jusqu'à Monument Valley. Réponse négative, il faut changer nos plans. Après un faux départ (une fois de plus, nous partons sans notre Pass), nous arrivons enfin à Canyonlands vers 11h après un passage à Dead Horse Point (7$ pour un point de vue certes impressionnant mais pas très photogénique).C'est…trop grand et assez brumeux. Nous faisons les difficiles !
Nous prenons la route jusqu'à Grand View Point et faisons la ballade (petite pour nous : 3kms, 1h) du même nom. Le chemin longe la corniche et nous livre de superbes points de vue.
A la fin du trail, nous nous posons un peu, histoire de profiter du…. silence tout simplement.
Nous ne randonnons pas davantage aujourd'hui, persuadés qu'au cœur du canyon, les sensations seraient plus grandes. Alors retour vers Moab par Shafer Trail et Potash Road (non sans avoir sollicité l'avis des Rangers). Sensationnel !!!
Oui, oui, c'est par là qu'on descend…
Et c'est tout là-bas qu'on arrive.
Par moments on passe tout au bord.
Nous continuons ainsi jusqu'à Mussulman Arch, puis demi-tour non sans aller admirer la vue depuis Gooseneck Overlook. Géniale! Potash Road (goudronnée) nous ramène à Moab vers 16h. Nous nous arrêtons au parking de Negro Bill Canyon, mais le ciel est trop menaçant. D'ailleurs nous avons à peine le temps de rentrer au Ranch avant l'arrivée de l'orage.
En route vers les Needles

De Moab à Boulder
J10 (25/07/07) Réveil spontané à 3h30 du matin ! Il faut en profiter pour voir un lever de soleil remarquable. Ce sera Mesa Arch (Island in the sky). Nous quittons la cabine à 5h (lever du soleil à 6h15). En route nous sommes sceptiques, car il pleut en traversant Moab et le ciel est couvert un peu plus loin. Mais les nuages se fendent…alors ?
Nous arrivons in extrémis sur le parking de Mesa Arch. Hervé se met à courir. Devant l'arche un couple d'Allemands est déjà en bonne place. Plus que quelques secondes….et l'arche "s'enflamme".
Nous poursuivons la route vers Upheaval Dome, un curieux cratère puis nous choisissons de revenir explorer les environs immédiats de Moab. Negro Bill Canyon, une randonnée bucolique de 3h et 6kms A/R) jusqu'à l'imposante Morning Glory Arch, d'où nous voyons descendre en rappel plusieurs grimpeurs.
une petite incursion dans les La Sal Mountains près de Castle Valley pour une petite sieste au frais. la piste d'Onion Creek (en voiture) où les couleurs sont étonnantes, aspect crème glacée pistache café caramel saupoudrée de chocolat.
Enfin à partir de 17h30 la randonnée de Fisher Towers (3h, 7kms A/R) au pied de mégalithes géants, de véritables gratte-ciel, vertigineux et impressionnants.
C'est encore de nuit que nous rejoignons le Ranch après une journée plus que remplie.
J11 (26/07/07) Avant de rejoindre Capitol Reef il nous tient à cœur de passer par un site en dehors des sentiers battus. Nous nous arrêtons alors à Little Wild Horse Canyon, tout près de Goblin Valley State Park pour une balade très amusante dans un slot-canyon. Quand les flaques deviennent trop profondes, nous rebroussons chemin. 2h et 3kms A/R.
Et continuons notre route vers Torrey et Capitol Reef que nous atteignons en début d'après-midi. Le temps est légèrement couvert et venteux. Nous nous installons alors chez Austin's Chuck Wagon (très bien, grande chambre "immaculate" comme l'annonçait le site, wifi, piscine, laverie et environnement très fleuri). Le temps légèrement couvert et surtout venteux n'incite pas trop à la baignade, alors ce sera sieste !
Vers 17h il est temps de voir un peu à quoi ressemble Capitol Reef et surtout d'aller se renseigner sur l'état de la piste de Cathedral Valley pour le lendemain. Au Visitor Center, la rangeresse est catégorique : le gué est infranchissable, la Fremont River est presque en crue. Reste la possibilité de prendre Caineville Wash Road jusqu'à Temple of the Sun, c'est tout, le reste du secteur n'est pas vraiment praticable, selon ses dires. Il va falloir revoir nos plans !
Bon, en attendant, si on allait jusqu'à Capitol Gorge. Au bord de la Scenic Drive j'ai failli me faire dévorer !!!
Cette belle route aboutit dans la gorge de Waterpocket Fold où nous nous garons. Puis c'est à pied que nous dépassons le Pionneer Register, où les premiers pionniers venaient graver leurs noms sur les murs. La plupart des touristes que nous croisons sont sur le retour, c'est vrai qu'il est déjà tard et nous sommes bientôt seuls dans le canyon. Tout d'un coup nous restons figés : devant nous un mouflon traverse le chemin et avec une agilité impressionnante escalade les rochers pour disparaître derrière la montagne.
Mais pas définitivement ! Le temps de grimper nous aussi là-haut (eh! oui nous sommes moins agiles) et nous le retrouvons. Sa destination est en fait la même que la nôtre : les Tanks, citernes naturelles creusées dans la roche
où nous le revoyons en train de s'abreuver. Une très jolie rencontre qui nous aurait presque fait oublier l'heure. Durée de la randonnée : 2h, 3kms A/R. Il est déjà 20h passés et un coup d'œil à notre guide (ici le Routard) nous fait réaliser que Capitol Reef Inn & Cafe ferme à 21h. Alors, fonçons ! Ouf, nous arrivons à l'heure pour un excellent dîner.
J12 :(27/07/07)
Nous sommes dans l'expectative ce matin : Cathedal Valley or not Cathedral Valley ? Camping or not camping pour la nuit suivante ? Nos projets auraient dû nous mener au camping primitif de Cathedral Valley via Caineville Wash Road et le lendemain retour vers la Hwy 24 via Hartnet Road. Nous décidons de faire le plein de vivres et d'eau pour être équipés pour camper. Mais où ? Ce n'est pas encore très clair en quittant Chuck Wagon Inn ce matin. Nous voulons avoir un nouvel avis sur l'évolution des conditions dans Cathedral Valley puis nous aviserons.
Au Visitor Center on nous tient les mêmes propos que la veille. Nous sommes à présents fixés. Nous irons jusqu'à Temple of the Sun ce matin (tant que le temps est sec) puis reviendrons sur la 24 pour continuer la visite de Capitol Reef puis poursuivre vers Boulder où nous pourrions camper !
La piste de Caineville est très bonne et sans problème jusqu'à Temple of the Sun. Nous admirons les deux géants : Temple of the Sun et Temple of the Moon ainsi que cette drôle de butte au premier plan : Glass Mountain.
L'envie de continuer un peu nous démange ! Allez, on avance encore un peu puis on fera demi-tour. C'est à ce moment-là qu'on croise un autre 4x4 qui nous assure qu'il ne devrait pas y avoir de problème, en toisant notre "SUV" du haut de son vrai 4X4, jusqu'au "campground", que les wash sont certes un peu humides et boueux mais passables ! Alors c'est décidé, on y va mais sans camper (temps trop incertain), nous sortirons immédiatement par la piste de Thousand Lake Mountain.
Nous poursuivons donc, pas sans être un peu tendus à chaque passage de wash, d'autant que le ciel commence à se couvrir.
Les cathédrales de pierre se dressent bientôt devant nous. Une randonnée est possible au pied des monolithes, mais nous ne prenons pas ce risque en raison de la menace orageuse.
Quand la route prend un peu d'altitude, Hervé souffle : nous voilà sortis de la zone des wash; même s'il se mettait à pleuvoir, nous ne risquerions plus rien. Nous profitons alors pleinement de la vue.
Et de la table de pique-nique près de Upper Cathedral Valley Overloook. Il est midi et le casse-crôute est bienvenu pour nous remettre de nos émotions. Pas un chat à l'horizon. Nous sommes seuls dans cette immensité. Le temps se maintient pour le moment.
Après manger nous attaquons Thousand Lake Mountain Road, cassante par endroits. La piste nous éloigne peu à peu du désert et grimpe dans la Fishlake National Forest jusqu'à 2500 m d'altitude. La vue est assez irréelle: dans les rétroviseurs de la voiture, le désert… et devant nous une forêt bien verte, des bouleaux, des fleurs sauvages…et la pluie qui commence à tomber.
Et voilà que nous arrivons dans une zone marécageuse ! Pas le temps de s'affoler ! La voiture….hoquète, patine, puis….ouf ! passe de justesse. On a eu chaud !
Et c'est avec un certain soulagement que nous atteignons la route 72 aux environs de Fremont. Nous traversons Loa puis Torrey avec un petit arrêt douceurs chez Cafe & Candy à Torrey (divin!!!) et décidons de nous rapprocher de notre étape suivante Escalante en empruntant la très belle route 12 jusqu'à Boulder (69kms). Nous avons repéré sur ce trajet le camping de Deer Creek sur le Burr Trail où nous pensons nous arrêter pour la nuit.
Ce qui est dit est fait. Nous nous posons à Deer Creek, un camping rudimentaire (emplacements pique nique + toilettes, pas d'eau) au bord de la rivière, 4$ dans une enveloppe, notre nuitée la plus économique.
Après avoir scruté le ciel, essuyé quelques gouttes, le besoin de randonner est impérieux ce soir. Nous voilà partis pour 2h d'exploration des alentours (une pancarte nous avertit que nous évoluons dans le wilderness, domaine des serpents, des scorpions et autres bestioles). La vue est magnifique en haut de cette butte.
De retour au camping nous organisons une séance douche en plein air (l'équivalent d'une bouteille d'eau chacun, pas plus !). Au dîner nous avons la mauvaise surprise de découvrir que la boîte de maïs pévue pour une salade composée contient du maïs à la crème. Beurkk, on se méfiera la prochaine fois ! Vaisselle au bord de la rivière, installation des couchages dans notre 4x4. Ca y est : tout est prêt pour passer une bonne nuit !
Cathedral Valley

Autour d'Escalante
J13 (28/07/07) Nous nous réveillons dans notre voiture avec le soleil à 6h15 et à 7h nous sommes déjà sur le Burr Trail jusqu'à Long Canyon. Au bout de cet impressionnant canyon nous faisons demi-tour afin de revenir sur l'US12 et poursuivre vers Escalante. Les paysages sur cette route sont à nouveau époustouflants de beauté.
Entre Boulder et Escalante nous ne voulons pas rater la randonnée menant aux Lower Calf Creek Falls. Un sentier d'interprétation de la nature (11kms, 3hA/R) longe la rivière au pied de belles falaises de grès nous amenant à voir des écureuils en pagaille, des marmottes, des oiseaux mouches, des truites….ainsi que des ruines indiennes et des pétroglyphes.
Et au bout du sentier, après avoir eu bien chaud, la délivrance : une cascade dégringole de la falaise
dans un bassin aux eaux rafraîchissantes (15°) dans lesquelles je me plonge avec bonheur.
Nous restons une bonne heure sur place profitant tour à tour de la fraîcheur de l'eau et de la chaleur de la petite plage avant de reprendre le chemin du retour. Hervé flâne et fait quelques clichés macro.
Après un pique nique à Calf Creek Recreation Area nous poursuivons cette route 12 toujours aussi belle jusqu'à Escalante et le Rainbw Country B&B. L'accueil est formidable (merci Philippe pour cette adresse) et Catherine est aux petits soins. Le sous-sol bien frais de sa maison est réservé à ses hôtes : un grand salon décoré d'objets chinés et plusieurs chambres. La nôtre est décorée sur le thème de la Pionnier Cabin. On y est tellement bien qu'on n'a pas envie de bouger tout de suite.
En fin d'après-midi, ressentant le besoin d'une petite promenade vespérale, nous allons à Petrified Forest State Park (6$ système d'enveloppe). Nous suivons le sentier d'interprétation de la nature (1mile) qui nous laisse sur notre faim, mais en optant pour le sentier complémentaire "Trail of Sleeping Rainbows" (0, 75 miles) assez pentu nous découvrons en nombre de très beaux spécimens.
Cette balade nous a ouvert l'appétit et nous nous régalons au Cow Boy Blues Restaurant : soupe du southwest à la tomate, prime ribs/légumes, brownie sunday pour moi, crumble fruits rouges "à la mode" pour Hervé.
J14 (29/07/07) Après un petit déjeuner américain plus que copieux, nous voilà calés pour une bonne partie de la journée et prêts à explorer les sites le long de la Hole-in-the- Rock Road. Il faut tenir compte du temps qui peut se dégrader en cours de journée. C'est pourquoi, nous commencerons d'abord par explorer Dry Fork et Peekaboo Gulch. Catherine nous a prévenu qu'il pourrait y avoir de l'eau, nous avons mis des chaussures qu'on ne craint pas de mouiller.
Et c'est parti pour une trentaine de miles sur la piste. Les paysages sont magnifiques.
Dry Fork est un slot-canyon très agréable.
Nous le parcourons sur une centaine de mètres quand, soudain, je pousse un cri, j'écarte les pieds, tout juste à temps pour laisser passer….un serpent.
Nous continuons notre progression, un peu plus vigilants et là un autre serpent nous barre la route, plus gros (c'est un serpent à sonnette) et en position d'attaque.
Bon, ben, on n'ira pas plus loin. Sans regrets, il paraît que les premières centaines de mètres sont les plus photogéniques, dixit ouestusa.fr
Allons voir Peekaboo Gulch. "L'entrée et certains passages dans le canyon sont assez acrobatiques et nécessitent de s'aider de ses mains, des éléments naturels et d'avoir un bon grip" préviennent Thierry et Philippe sur leur site. En arrivant devant l'entrée, je comprends … Hervé se hisse en premier et je reste au pied de l'entrée à réfléchir un bon moment avant de m'y attaquer. Car il a fallu tirer, pousser, grimper, ramper, se contorsionner, se hisser, sauter, s'écorcher, se mouiller…pour y arriver, mais ça vaut le coup ! Et je suis fière de l'avoir fait malgré mes genoux et mes coudes écorchés.
Finalement c'est encore un "rattlesnake" qui va nous arrêter dans notre exploration. Nous abandonnons alors les slot-canyons et décidons, comme il fait toujours beau, de poursuivre la piste jusqu'à Willow Gulch Trailhead pour faire la randonnée jusqu'à Broken Bow.
Au trailhead pas une voiture. Personne ne s'est enregistré sur le cahier (depuis combien de temps ?) Il fait très chaud, c'est l'heure du midi. Nous emportons nos provisions, l'arche étant un endroit idéal pour pique-niquer. Nous descendons dans le wash et avançons sur un mile environ.
Mais nous ne sommes pas vraiment tranquilles : pas de traces d'un passage récent, crainte d'un orage soudain et surtout des marques sur le sable qui ont l'air d'être celles d'un gros félin . En arrivant à la confluence avec Willow Gulch, le wash devient de plus en plus boueux et glissant, encombré par des branches et des troncs charriés par un orage récent. C'est décidé, il devient de moins en moins prudent de continuer! Il faut faire demi-tour. Au pied de la remontée, nous nous attardons un moment pour manger au frais sous la falaise.
De retour à la voiture nous observons au loin des orages qui commencent à se former. Nous sommes à 40 miles d'Escalante. Il faut retourner au plus vite.
Nous faisons la course avec les orages. Devant nous les éclairs zèbrent le ciel, le tonnerre gronde, mais peut-être passerons nous à côté. Nous recevons les premières gouttes près de Devil's Garden, puis c'est tout…l'orage s'éloigne. Nous explorons alors ce Jardin du Diable, très amusant. Nous y trouvons cette ribambelle de petits nains
Et cette imposante arche. Cherchez le lapin.
L'orage s'étant définitivement éloigné, nous avons envie, pour finir cette journée, de voir à quoi ressemble le "Dinausor Track Site" sur la Left Hand Collet Road. 4x4 indispensable signale la pancarte au début de la piste. Nous avançons sans problème nous demandant un moment si l'avertissement n'était pas un peu exagéré quand un énooorme wash nous arrête dans notre élan. Non, l'avertissement n'était pas vain, mais nous ne prendrons pas le risque d'essayer de passer. Tant pis, nous ne verrons pas les traces de dinosaures mais irons sur la terrasse de notre B&B observer les oiseaux mouches. Le spectacle est magique !!!
Pour le dîner nous mangeons chez Escalante Outfitters "la meilleure pizza maison de tout l'Utah" d'après le guide LP. Je dirai même plus : je n'ai jamais mangé une aussi bonne pizza de ma vie. Même celle que j'ai l'habitude de faire n'est pas aussi bonne. Vous voilà prévenus ! En plus on peut profiter gratuitement de l'accès Internet pour donner des nouvelles à nos enfants.
Calf Creek Falls

Pour la suite du voyage, de Escalante à San Francisco en passant par Bryce Canyon, Coyote Buttes, Lake Powell, Grand Canyon Nord, Zion, Las Vegas, Death Valley, Yosemite, Sequoia et la côte Pacifique, voir... ICI
Guidon papillon? English translation pending
je suis en train d'equiper un velo de randonné pour ma moitié et elle voudrais un guidon papillon ( je crois que ca s'appelle comme ça).
si c'est bien j'equiperais aussi le mien
qu'elle est votre avis ?
bien ou pas bien pour voyager ?
si oui ! ou les trouver ?
nous sommes entre st etienne et lyon
merki
Témoignages 1,2,3,4: Le souvenir pour survivre (Cambodge) English translation pending
Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre
Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Achat d'un bon vélo English translation pending
bonjour a tous!
je compte achter un vélo pour traverser d un pays a l autre, donc d un bon vélo.que me conseillez vous?
Air France veut créer un réseau régional English translation pending
Sauf obstacle ou contrainte indépendante de l’entreprise, Air France s’engage à baser deux avions à La Réunion dès l’hiver 2008-2009 pour desservir le réseau moyen-courrier local.” L’information émane du principal syndicat des pilotes et mécaniciens de la compagnie. Air France affiche la volonté de reprendre pied Outre-mer. Aux Antilles, la guerre est déjà déclarée à Air Caraïbes. Le front suivant pourrait bien s’ouvrir dans l’océan Indien, face à Air Austral.
Ironie de l’histoire, l’année même où Air Austral s’apprête à fêter le trentième anniversaire de la première liaison Réunion-Mayotte par Réunion Air Service, ancêtre de la compagnie réunionnaise, en HS.748 de 32 sièges, voilà qu’Air France annonce son intention de prendre pied sur le réseau régional au départ de Gillot. Cette volonté s’inscrit dans une stratégie globale de développement outre-mer. Elle est déjà en marche aux Antilles (voir par ailleurs) et il se murmure qu’après l’océan Indien Air France pourrait regarder vers le Pacifique. La situation dans les Caraïbes est très différente de celle qui prévaut à la Réunion. Aux Antilles, Air France a toujours eu un réseau local. Dans notre île, la desserte régionale venait dans le prolongement du long-courrier avec les mêmes appareils. La création d’Air Austral en novembre 1990, avec la bénédiction d’Air France participant au capital, entraîne le transfert vers la compagnie réunionnaise des droits de trafic du réseau régional. Les deux transporteurs volent aile dans aile en bonne intelligence jusqu’en juin 2003, date à laquelle Air Austral se met à marcher sur les plates-bandes d’Air France en faisant du long-courrier. Cette dernière finit d’ailleurs par quitter le navire. On pourrait croire qu’Air France rend la monnaie de sa pièce à Air Austral. La manœuvre est plus complexe. Les compagnies d’Outre-mer, Air Caraïbes et Air Austral, font en fait les frais de la création par Air France et KLM de Transavia.com. Cette compagnie à bas coûts a démarré son activité le 15 mai dernier vers des destinations du bassin méditerranéen. Mais là où le coût par passager est de 6, 87 centimes par kilomètre sur le même type de distances parcourues chez Air France, Transavia.com est en dessous de cinq centimes par passager/kilomètre. Les personnels navigants d’Air France, au premier rang desquels les pilotes, ont tout de suite senti le danger. En mars dernier, Air France Alpa, qui regroupe le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le Syndicat des pilotes de l’aviation civile (SPAC) et le Syndicat national des officiers mécaniciens de l’aviation civile (SNOMAC) soit la grande majorité des navigants techniques d’Air France signe un accord avec la direction. En échange du feu vert donné à la création de Transavia.com, Air France Alpa obtient des garanties supplémentaires concernant l’activité moyen-courrier d’Air France. Parmi les points de l’accord, la compagnie s’engage à avoir trois Airbus A.320 supplémentaires en ligne à l’horizon 2011. “Même si cela n’est pas directement connecté à la création de Transavia.com, indique Air France Alpa dans un communiqué syndical daté du 12 mars dernier, ce dernier objectif est rendu possible par l’amélioration du détachement A.320 aux Antilles et à la création d’un nouveau détachement à la Réunion. Un A.320 supplémentaire sera affecté sur le réseau Antilles dès l’hiver 2008. Sauf obstacle ou contrainte indépendante de l’entreprise, Air France s’engage à baser deux avions à La Réunion dès l’hiver 2008-2009 pour desservir le réseau moyen-courrier local : Mayotte, Moroni, Maurice, Madagascar, Seychelles, Afrique du Sud...” Air Caraïbes et Air Austral n’ont qu’à bien se tenir. Outre ses trois Boeing 777 200 ER long-courriers, la compagnie réunionnaise exploite une flotte régionale composée de deux Boeing 737 et d’un ATR.72. Avec l’utilisation du B.777 pour desservir Mayotte, ces trois appareils mis en ligne essentiellement sur Pierrefonds, Maurice, Madagascar et les Comores sont sous-utilisés. L’Afrique du Sud et les Seychelles ne représentent du potentiel qu’en période de vacances scolaires. L’arrivée en force d’Air France ne manquerait pas de déstabiliser Air Austral.
- Aux Antilles, la guerre est déclarée à Air Caraïbes Contrairement à La Réunion, Air France a toujours eu un réseau régional au départ des Antilles avec des avions spécifiquement basés : Caravelle puis Boeing 737 et enfin Airbus A.320. La montée en puissance envisagée à La Réunion est déjà enclenchée dans les Caraïbes. En novembre prochain, un second Airbus A.320, équipé de 171 sièges, viendra renforcer la flotte locale. Ironie de l’histoire, celui qui préside aux destinées d’Air France aux Antilles n’est autre que Philippe Lacoste, ancien directeur régional de la compagnie à La Réunion. L’objectif est clair. Tailler des croupières à Air Caraïbes, l’équivalent pour les Antilles d’Air Austral à La Réunion. La part de marché d’Air France est passée de 55% à 52%, en raison de la concurrence faite par Air Caraïbes à la fois sur le long-courrier, où elle exploite des Airbus A.330, et sur le plan régional. Air France déploie l’artillerie lourde : des vols quotidiens sur Miami et Port-au-Prince, neuf rotations vers Cayenne et Fort-de-France, trois liaisons avec Saint-Martin, deux avec Saint-Domingue et le Surinam. “L’escale de Pointe-à-Pitre deviendra l’épine dorsale de ce vaste réseau interconnecté, confie Philippe Lacoste. Nous entendons développer les offres de correspondance vers l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Europe.” Avec ses deux A.320, elle espère dégager 20 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires, avec 100 000 passagers supplémentaires transportés. Actuellement, le réseau régional d’Air France rapporte 30 millions d’euros avec 160 000 personnes transportées chaque année.
Ironie de l’histoire, l’année même où Air Austral s’apprête à fêter le trentième anniversaire de la première liaison Réunion-Mayotte par Réunion Air Service, ancêtre de la compagnie réunionnaise, en HS.748 de 32 sièges, voilà qu’Air France annonce son intention de prendre pied sur le réseau régional au départ de Gillot. Cette volonté s’inscrit dans une stratégie globale de développement outre-mer. Elle est déjà en marche aux Antilles (voir par ailleurs) et il se murmure qu’après l’océan Indien Air France pourrait regarder vers le Pacifique. La situation dans les Caraïbes est très différente de celle qui prévaut à la Réunion. Aux Antilles, Air France a toujours eu un réseau local. Dans notre île, la desserte régionale venait dans le prolongement du long-courrier avec les mêmes appareils. La création d’Air Austral en novembre 1990, avec la bénédiction d’Air France participant au capital, entraîne le transfert vers la compagnie réunionnaise des droits de trafic du réseau régional. Les deux transporteurs volent aile dans aile en bonne intelligence jusqu’en juin 2003, date à laquelle Air Austral se met à marcher sur les plates-bandes d’Air France en faisant du long-courrier. Cette dernière finit d’ailleurs par quitter le navire. On pourrait croire qu’Air France rend la monnaie de sa pièce à Air Austral. La manœuvre est plus complexe. Les compagnies d’Outre-mer, Air Caraïbes et Air Austral, font en fait les frais de la création par Air France et KLM de Transavia.com. Cette compagnie à bas coûts a démarré son activité le 15 mai dernier vers des destinations du bassin méditerranéen. Mais là où le coût par passager est de 6, 87 centimes par kilomètre sur le même type de distances parcourues chez Air France, Transavia.com est en dessous de cinq centimes par passager/kilomètre. Les personnels navigants d’Air France, au premier rang desquels les pilotes, ont tout de suite senti le danger. En mars dernier, Air France Alpa, qui regroupe le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le Syndicat des pilotes de l’aviation civile (SPAC) et le Syndicat national des officiers mécaniciens de l’aviation civile (SNOMAC) soit la grande majorité des navigants techniques d’Air France signe un accord avec la direction. En échange du feu vert donné à la création de Transavia.com, Air France Alpa obtient des garanties supplémentaires concernant l’activité moyen-courrier d’Air France. Parmi les points de l’accord, la compagnie s’engage à avoir trois Airbus A.320 supplémentaires en ligne à l’horizon 2011. “Même si cela n’est pas directement connecté à la création de Transavia.com, indique Air France Alpa dans un communiqué syndical daté du 12 mars dernier, ce dernier objectif est rendu possible par l’amélioration du détachement A.320 aux Antilles et à la création d’un nouveau détachement à la Réunion. Un A.320 supplémentaire sera affecté sur le réseau Antilles dès l’hiver 2008. Sauf obstacle ou contrainte indépendante de l’entreprise, Air France s’engage à baser deux avions à La Réunion dès l’hiver 2008-2009 pour desservir le réseau moyen-courrier local : Mayotte, Moroni, Maurice, Madagascar, Seychelles, Afrique du Sud...” Air Caraïbes et Air Austral n’ont qu’à bien se tenir. Outre ses trois Boeing 777 200 ER long-courriers, la compagnie réunionnaise exploite une flotte régionale composée de deux Boeing 737 et d’un ATR.72. Avec l’utilisation du B.777 pour desservir Mayotte, ces trois appareils mis en ligne essentiellement sur Pierrefonds, Maurice, Madagascar et les Comores sont sous-utilisés. L’Afrique du Sud et les Seychelles ne représentent du potentiel qu’en période de vacances scolaires. L’arrivée en force d’Air France ne manquerait pas de déstabiliser Air Austral.
- Aux Antilles, la guerre est déclarée à Air Caraïbes Contrairement à La Réunion, Air France a toujours eu un réseau régional au départ des Antilles avec des avions spécifiquement basés : Caravelle puis Boeing 737 et enfin Airbus A.320. La montée en puissance envisagée à La Réunion est déjà enclenchée dans les Caraïbes. En novembre prochain, un second Airbus A.320, équipé de 171 sièges, viendra renforcer la flotte locale. Ironie de l’histoire, celui qui préside aux destinées d’Air France aux Antilles n’est autre que Philippe Lacoste, ancien directeur régional de la compagnie à La Réunion. L’objectif est clair. Tailler des croupières à Air Caraïbes, l’équivalent pour les Antilles d’Air Austral à La Réunion. La part de marché d’Air France est passée de 55% à 52%, en raison de la concurrence faite par Air Caraïbes à la fois sur le long-courrier, où elle exploite des Airbus A.330, et sur le plan régional. Air France déploie l’artillerie lourde : des vols quotidiens sur Miami et Port-au-Prince, neuf rotations vers Cayenne et Fort-de-France, trois liaisons avec Saint-Martin, deux avec Saint-Domingue et le Surinam. “L’escale de Pointe-à-Pitre deviendra l’épine dorsale de ce vaste réseau interconnecté, confie Philippe Lacoste. Nous entendons développer les offres de correspondance vers l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Europe.” Avec ses deux A.320, elle espère dégager 20 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires, avec 100 000 passagers supplémentaires transportés. Actuellement, le réseau régional d’Air France rapporte 30 millions d’euros avec 160 000 personnes transportées chaque année.
Trek en Birmanie sans guide English translation pending
Bonjour à tous!
je recherche un treck en birmanie pour 3/4jours, je ne sais pas encore où.(d'ailleurs si vous avez des itinéraires à me proposer...)
Mais nous aimerions partir à 2 sans guide. Est ce que c'est faisable en birmanie? niveau sécurité, balisage des sentiers, niveau légal aussi...
merci pour votre aide!
Prévenir les ampoules aux pieds en randonnée? English translation pending
Bonjour,
Je vais surement faire de la randonnée cet été et je voudrais savoir si quelqu'un connaissait une méthode efficace pour prévenir les ampoules aux pieds ou pour les soigner?
Merci d'avance
MIka
Expériences à vélo: neige, glace et (très) basses températures? English translation pending
Je cherche un randonneur qui a une expérience des (très) basses températures à vélo.
Mes questions porteraient autant sur le matériel (habillement, roulement avec graisse spéciale, etc) que sur son expérience de voyage, dans une région polaire ou montagneuse en hiver.
J'ai parcouru des dizaines et des dizaines d'articles et de thèmes de discussion sur ce forum, sans trouver. Comme le forum semble bien fréquenté, je pense avoir une petite chance. Manifestez-vous!
J'ai parcouru des dizaines et des dizaines d'articles et de thèmes de discussion sur ce forum, sans trouver. Comme le forum semble bien fréquenté, je pense avoir une petite chance. Manifestez-vous!
Kinnaur, Lahaul et Spiti English translation pending
Bonjour,
Je vais être en Inde en Juin et je chereche tous les renseignements disponibles sur le Lahaul et Spiti, ainsi que le Kinnaur...
images d'inde
http://mesimagesdinde.blogspot.com/
Merci,
Je vais être en Inde en Juin et je chereche tous les renseignements disponibles sur le Lahaul et Spiti, ainsi que le Kinnaur...
images d'inde
http://mesimagesdinde.blogspot.com/
Merci,
Des photos à la pelle (la suite) English translation pending
Bonjour à tous,
La discussion précédente ayant franchi la barre fatidique des 500 messages, je remets ici les photos du lieu "mystérieux"...
Le pays et la ville ont été trouvés : Grèce et Athènes.
Reste à trouver quoi à Athènes...
La discussion précédente ayant franchi la barre fatidique des 500 messages, je remets ici les photos du lieu "mystérieux"...
Le pays et la ville ont été trouvés : Grèce et Athènes.
Reste à trouver quoi à Athènes...
Mondolkiri et Pursat au Cambodge English translation pending
Bonjour à tous,
je part seule pour le cambodge le 15 mars . J'ai trouvé pas mal d'info pour la préparation de mon voyage, mais j'en ai difficilement trouvé sur la région du Mondolkiri ainsi que Pursat.Quelqu'un peut-il m'en dire plus ??? des coins à faire, des guests sympa..... je suis preneuse !!!
Merci d'avance
enjoy!😉
Quel vélo acheter? English translation pending
Bonjour, je n'arrive pas à trouver d'informations vraiment clair sur un choix de vélo. J'envisage de partir un an en Asie (Chine, Asie du sud est et Inde) à deux en vélo. Je ne m'y connait pas du tout et voudrait un vélo tout préparé pour un budget max de 1000 euros. Pour l'instant j'envisage de faire appel à Rando-cycles à Paris mais si quelqu'un peut éclairer ma lanterne...
merci d'avance
merci d'avance
Des photos! Des photos!! English translation pending
Bon! Alors voilà la photo:
Où se trouve cette horloge???
Où se trouve cette horloge???
Travailler et vivre en Inde: quelle ville choisir? English translation pending
Petit Nouveau dans ce forum tout d'abord permettez moi de vous saluer chaleureusement
Comme l'indique le titre j'ai besoin de conseil Courant de l'annee prochaine je vais m'installer pour raison professionnel en Inde, pays que je ne connais absolument pas n'etant absolument pas lier a un lieu geographique en particulier, j'ai besoin de votre avis pour savoir ou m'installer.
Je vie en Chine avec ma petite cherie et cette derniere ne s'y sent pas tres bien et apprehende beaucoup qu'en a notre prochaine destination, et j'aimerais qu'elle puisse ce sentir bien dans notre prochaine destination. Je recherche donc une ville ou localisation, ou il est facile d'avoir une liaison aerienne internationnal procheAu bord de la mer (car elle adore sa (nous vivions a Antibes en france et la mer et le bronzing lui manque enormement)Avec une importante concentration de francais ou italien (elle est italienne)Ou le niveau de securite, dhygienne est maximumet avec des infrastructure de sante competente : hopitaux etc.... (en chine sa laisse a desirer et comme nous voulons un enfants c important)
Voila je me doute que je demande l'impossible mais je souhaiterais qu'elle puisse vivre en harmonie avec le lieu ou nous allons nous installer et que cette experience soit aussi plaisante pour elle que pour moi.
Voila je vous remercie d'avance pour vos reponses Lames
Comme l'indique le titre j'ai besoin de conseil Courant de l'annee prochaine je vais m'installer pour raison professionnel en Inde, pays que je ne connais absolument pas n'etant absolument pas lier a un lieu geographique en particulier, j'ai besoin de votre avis pour savoir ou m'installer.
Je vie en Chine avec ma petite cherie et cette derniere ne s'y sent pas tres bien et apprehende beaucoup qu'en a notre prochaine destination, et j'aimerais qu'elle puisse ce sentir bien dans notre prochaine destination. Je recherche donc une ville ou localisation, ou il est facile d'avoir une liaison aerienne internationnal procheAu bord de la mer (car elle adore sa (nous vivions a Antibes en france et la mer et le bronzing lui manque enormement)Avec une importante concentration de francais ou italien (elle est italienne)Ou le niveau de securite, dhygienne est maximumet avec des infrastructure de sante competente : hopitaux etc.... (en chine sa laisse a desirer et comme nous voulons un enfants c important)
Voila je me doute que je demande l'impossible mais je souhaiterais qu'elle puisse vivre en harmonie avec le lieu ou nous allons nous installer et que cette experience soit aussi plaisante pour elle que pour moi.
Voila je vous remercie d'avance pour vos reponses Lames
Laos, au cœur de la province de Phongsaly, trente-cinq jours d'itinérance à pied English translation pending
Laos, au cœur de la province de Phongsaly, trente-cinq jours d'itinérance à pied
Aux côtés des minorités ethniques montagnardes, les Akha, les Moutchi, les Poussang, les Khamu, les Hmong, les Yao et les Taï Lue
~
« C'est en leur accordant notre attention que nous faisons apparaître des endroits merveilleux, et non en trouvant des endroits "vierges" qui nous émerveillent. » D. G. Haskell
~
Lors de précédentes pérégrinations dans cette région du monde, après d'innombrables randonnées effectuées à la journée, j'entrepris finalement trois traversées un peu plus ambitieuses. D'abord un trajet d'une durée de cinq jours entre Vieng Phuka et Muang Long, un autre d'un peu plus d'une semaine entre Muang Long et Muang Sing - accédant à cette occasion à des villages des ethnies Khui, Akha et Hmong, via la montagne et à une époque où aucune piste ne reliait encore les deux premiers de ces bourgs de la province de Luang Nam Tha - puis un itinéraire en boucle de quatre ou cinq journées en amont de la ville de Phongsaly, dans la province du même nom, en direction des premiers groupes de villages Akha localisés dans le secteur.
J'égarai malheureusement assez rapidement les notes que je rapportai de ces premières expériences mais, au delà de ce regret, celles-ci confortèrent mon envie d'entreprendre désormais des périples plus engagés, tant au regard de leurs durées que des étendues de territoires parcourus. Le texte qui suit se présente donc, chronologiquement, comme le premier que je propose. Il résume un séjour de quarante-deux journées au Laos, dont trente-cinq de marche, seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes de la fascinante province septentrionale de Phongsaly, à la rencontre des innombrables minorités ethniques qui y résident, parmi lesquelles les divers groupes Akha - Nuqui, Nutchi, Eupa, Djepiah, Luma, Oma, Pouli Noy, etc. - ainsi que les Moutchi, les Poussang, les Khamu, les Hmong, les Yao et les Taï Lue. La totalité des nuits se déroulèrent en compagnie de ces villageois.
~
TABLE - 18 & 19 septembre - Vientiane - La capitale - 20 & 21 septembre - Luang Prabang - La route - 22 septembre - Ban Phanasa - Les tuniques - 23 septembre - Ban Khouansi - Les foyers - 24 septembre - Ban Loupha - Les sentiers - 25 septembre - Ban Shika - L'alcool - 26 septembre - Ban Kioukhan Khao - Les ethnies - 27 septembre - Ban Souphsoy Khao - La fête - 28 septembre - Ban Likna - L'étape - 29 septembre - Ban Silé - Le chamanisme - 30 septembre - Ban Xiang - La hutte - 1er octobre - Ban Sakhan - L'opiomanie (1) - 2 octobre - Ban Lahang - L'opiomanie (2) - 3 octobre - Ban Khaoso - Le ya-baa - 4 octobre - Ban Likna - La police - 5 octobre - Phongsaly - Le commerce - 6 octobre - Ban Mohan Taï - La nature - 7 octobre - Ban Vanaïkho - La boue - 8 octobre - Ban Sumpoy Neu - Le massage - 9 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les animaux - 10 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les trafiquants - 11 octobre - Ban Poutcha Khao - Les crétins - 12 octobre - Ban Poutcha Khao - L'intimité - 13 octobre - Ban Pamlan Khao - Les vautours - 14 octobre - Ban Ouychoun - Les aigrettes - 15 octobre - Ban Soulane Noy - La rivière - 16 octobre - Ban Poukhoua Khao - L'argent - 17 octobre - Ban Nanoy - Le retour - 18 octobre - Ban Nanoy - La cabane - 19 octobre - Ban Nongfeu - Les bêtes - 20 octobre - Ban Moukhang - L'eau - 21 octobre - Ban Moukhang - Le coton - 22 octobre - Ban Moukhang - L'habitat - 23 octobre - Ban Kioukho - La riziculture - 24 octobre - Ban Nangoy Kho - La veillée funèbre - 25 octobre - Boun Neua - Les obsèques - 26 octobre - Oudomxaï - Le bordel - 27 octobre - Luang Prabang - La mixité - 28 octobre - Vientiane - Le transport - 29 octobre - Vientiane - La fin
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« C'est en leur accordant notre attention que nous faisons apparaître des endroits merveilleux, et non en trouvant des endroits "vierges" qui nous émerveillent. » D. G. Haskell
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Lors de précédentes pérégrinations dans cette région du monde, après d'innombrables randonnées effectuées à la journée, j'entrepris finalement trois traversées un peu plus ambitieuses. D'abord un trajet d'une durée de cinq jours entre Vieng Phuka et Muang Long, un autre d'un peu plus d'une semaine entre Muang Long et Muang Sing - accédant à cette occasion à des villages des ethnies Khui, Akha et Hmong, via la montagne et à une époque où aucune piste ne reliait encore les deux premiers de ces bourgs de la province de Luang Nam Tha - puis un itinéraire en boucle de quatre ou cinq journées en amont de la ville de Phongsaly, dans la province du même nom, en direction des premiers groupes de villages Akha localisés dans le secteur.
J'égarai malheureusement assez rapidement les notes que je rapportai de ces premières expériences mais, au delà de ce regret, celles-ci confortèrent mon envie d'entreprendre désormais des périples plus engagés, tant au regard de leurs durées que des étendues de territoires parcourus. Le texte qui suit se présente donc, chronologiquement, comme le premier que je propose. Il résume un séjour de quarante-deux journées au Laos, dont trente-cinq de marche, seul, à pied et sans guide, au cœur des montagnes de la fascinante province septentrionale de Phongsaly, à la rencontre des innombrables minorités ethniques qui y résident, parmi lesquelles les divers groupes Akha - Nuqui, Nutchi, Eupa, Djepiah, Luma, Oma, Pouli Noy, etc. - ainsi que les Moutchi, les Poussang, les Khamu, les Hmong, les Yao et les Taï Lue. La totalité des nuits se déroulèrent en compagnie de ces villageois.
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TABLE - 18 & 19 septembre - Vientiane - La capitale - 20 & 21 septembre - Luang Prabang - La route - 22 septembre - Ban Phanasa - Les tuniques - 23 septembre - Ban Khouansi - Les foyers - 24 septembre - Ban Loupha - Les sentiers - 25 septembre - Ban Shika - L'alcool - 26 septembre - Ban Kioukhan Khao - Les ethnies - 27 septembre - Ban Souphsoy Khao - La fête - 28 septembre - Ban Likna - L'étape - 29 septembre - Ban Silé - Le chamanisme - 30 septembre - Ban Xiang - La hutte - 1er octobre - Ban Sakhan - L'opiomanie (1) - 2 octobre - Ban Lahang - L'opiomanie (2) - 3 octobre - Ban Khaoso - Le ya-baa - 4 octobre - Ban Likna - La police - 5 octobre - Phongsaly - Le commerce - 6 octobre - Ban Mohan Taï - La nature - 7 octobre - Ban Vanaïkho - La boue - 8 octobre - Ban Sumpoy Neu - Le massage - 9 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les animaux - 10 octobre - Ban Sumpoy Neu - Les trafiquants - 11 octobre - Ban Poutcha Khao - Les crétins - 12 octobre - Ban Poutcha Khao - L'intimité - 13 octobre - Ban Pamlan Khao - Les vautours - 14 octobre - Ban Ouychoun - Les aigrettes - 15 octobre - Ban Soulane Noy - La rivière - 16 octobre - Ban Poukhoua Khao - L'argent - 17 octobre - Ban Nanoy - Le retour - 18 octobre - Ban Nanoy - La cabane - 19 octobre - Ban Nongfeu - Les bêtes - 20 octobre - Ban Moukhang - L'eau - 21 octobre - Ban Moukhang - Le coton - 22 octobre - Ban Moukhang - L'habitat - 23 octobre - Ban Kioukho - La riziculture - 24 octobre - Ban Nangoy Kho - La veillée funèbre - 25 octobre - Boun Neua - Les obsèques - 26 octobre - Oudomxaï - Le bordel - 27 octobre - Luang Prabang - La mixité - 28 octobre - Vientiane - Le transport - 29 octobre - Vientiane - La fin
Afrique du Sud en octobre 2006 English translation pending
Bonjour à tous ! De retour d’Afrique du sud après un séjour de 3 ½ semaines nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont fait bénéficier de leurs précieux conseils et qui font vivre ce forum. Du coup, nous mettons en ligne notre carnet de route afin que d’autres puissent en bénéficier.
Merci aussi à Franck et Sophie pour leur atlas routier qui nous a été indispensable !
Jeudi 21 Septembre 2006 : Départ Paris CDG à 18H55. Vendredi 22 Septembre 2006 : Arrivée à Capetown à 9H55.
Prise en charge de la voiture à l’aéroport et première mauvaise surprise : l’air-conditionné ne fonctionne pas et on s’en rend compte trop tard ! Tant pis, direction le backpaker ASHANTI et 2ème mauvaise surprise : suite à un malentendu notre réservation a été annulée ! Finalement n’ayant plus de chambre dispo ils nous surclassent dans une double room ensuite (superbe !). Bref, bonne adresse avec de nombreuses activités proposées (day trip, saut en élastique, shark diving, etc…).
Puis, nous enfilons nos chaussures de rando pour effectuer l’ascension de la Table Mountain par le chemin Platteklip Gorge (2H15 depuis le pied du téléphérique). La vue est superbe d’autant que le ciel est dégagé. Nous redescendrons par le téléférique (R60/pers.), allons prendre une douche puis allons dîner au Waterfront (sans plus).
P.S : Mieux vaut avoir toujours dans sa poche une petite poignée de pièces e quelques rands car il est coutumier de laisser 2 ou 3 rands au type qui surveille le coin où vous vous garez.
Samedi 23 Septembre 2006 : Le Cap/La Route des Vins/ Hermanus
Levés de bonne heure et départ vers Stellenbosch et ses vignobles.
Visite de trois domaines :
· Fort Simon : Difficile d’y accéder mais une super adresse ! Dégustation gratuite et ils prennent le temps. Leur Shiraz est +++. C’est le domaine que j’ai préféré.
· Zevenwacht : A éviter ! Ils utilisent le même verre pour la dégustation des différents vins en les rinçant avec de l’eau au goût infecte qui vient parasiter le vin ! En + c’est payant !
· Vergelegen : Très beau domaine où l’on peut prendre le temps de s’y promener. L’entrée et les dégustations sont payantes mais le site est vraiment sympa et les vins de qualité.
P.S : éviter la visite des vignobles le WE car le samedi ils ferment plus tôt et le dimanche beaucoup sont fermés.
Ensuite route vers Franschhoek (ville où les Huguenots français commencèrent au XVIIème siècle la culture de la vigne). Bof, bof. On prend donc la route d’Hermanus pour débarquer dans la ville vers 18H (il fait donc nuit) et nous rendre compte que tous les hôtels et B&B sont complets en raison de l’ouverture de la fête de la baleine (60000 personnes attendues pour le WE pour une ville comptant 25000 habitants !!!). Nous rebroussons donc chemin et trouvons à 20 min d’Hermanus l’Arabella golf club (http://www.arabellagolf.co.za/). Pour entrer il faut montrer patte blanche et on se rend vite compte que l’on va exploser le budget mais on est crevé, il est tard et on a envie de se pauser. On est accueilli comme dans un palace (on nous tient la porte, nous offre une boisson…) et la nana de la réception nous propose une chambre nous précisant qu’elle nous fait un discount à R1700 (en jetant un coup d’œil sur son ordi j’ai vu que la chambre était à R2700). On négocie un peu et finalement on s’en sort à R1050 avec le petit dèj inclus. La chambre est magnifique avec vue sur le golf et l’océan, petit caramel sur l’oreiller et salle de bain avec une cloison amovible entre la sdb et la chambre pour avoir une vue sur l’océan lorsque l’on prend son bain ! Dimanche 24 Septembre 2006 : Hermanus/Le Cap. Nous passons une bonne partie de la journée à Hermanus pour observer les baleines (je n’aurais jamais cru qu’elles s’approchaient si près de la côte !!!). C’est un moment magique, on les voit sauter et plonger. On est heureux d’avoir pensé à prendre les jumelles ! Après ce spectacle nous retournons à Cape town où nous finissons bien la journée en visitant les jardins botaniques de Kirstenbosch. Une bonne petite ballade dans un parc très agréable et bien foutu. Le soir dîner sur la beach road chez « Perla » (bof, bof). Lundi 25 Septembre 2006 : Le Cap – Péninsule du cap de Bonne espérnce – Le Cap. Nous partons de bonne heure vers Simon’s Town, dont la plage abrite une colonie de manchots (Boulders NP ; R20/pers.). Un conseil, faites comme nous et arrivez tôt et commencez par l’accès à la plage! Vous aurez la chance de surprendre les manchots qui ne sont pas encore assaillis de touristes et que l’on peut alors approcher d’assez près (y’en a même un qui paniqué c’est retrouvé bloqué sur un chemin étroit juste entre nous et deux autres personnes). De même, tentez l’escalade des rocher pour accéder aux coins un peu moins fréquentés de la plage. Bref on a passé un bon moment et ces petites bêtes sont vraiment amusantes à observer…
Ensuite nous avons repris la route pour la Réserve du Cap de Bonne Espérance (R45/pers. Et les prix ne cessent d’augmenter…c’était R35 il y a 3 ans). Nous avons garé la voiture à Cape point et nous avons « grimpé » jusqu’au phare, puis nous avons eu la bonne idée de rejoindre le Cap de Bonne Espérance par le chemin à pieds, une petite ballade qui se fait normalement en moins d’une heure mais pour laquelle nous avons mis beaucoup plus…En effet, en contre bas de ce chemin il y a une plage magnifique et en général déserte (sûrement parceque les touristes comme moi n’imaginent pas que l’on puisse se baigner au bout du monde !!!) et je n’ai pas résisté à l’envie d’aller piquer une petite tête dans l’eau (en caleçon et sans serviette pour me sécher).
Voilà, après l’inévitable photo devant le panneau du Cap de Bonne Espérance nous sommes rentrés à Capetown où nous avons eu la mauvaise idée de nous balader dans les rues du centre vers 17H00 (il fait nuit à 18H) et où nous ne nous sommes pas sentis en sécurité (et ce sera la seule fois du voyage, hors des grandes villes nous n’avons eu aucun problème et on s’est toujours senti très bien). Des groupes de jeunes pas très sympas et plutôt agressifs et lourds dingues harcelaient les rares touristes qui avaient eu la même idée que nous… On a fait illico presto demi-tour et on était content de retrouver le Backpacker. Ce qui est écrit dans les guides n’est pas une légende, à partir de 17-18H les blancs rentrent chez eux dans leurs bunkers archi sécurisés et les rues sont désertées…
Conseil : Attention, selon les endroits où vous achetez vos timbres pour les cartes postales car vous ne paierez pas le même prix !!! Bref, achetez les plutôt ailleurs que dans les endroits où s’entassent les touristes. Mardi 26 Septembre 2006 : Vol de 8H50 Le Cap-Durban. Départ vers l’aéroport en début de matinée et envol pour Durban où nous prenons en charge notre 2ème voiture de location. Nous passerons 2H dans l’agence de location car nous sommes en fin de mois et je n’ai pas les R15000 de dépôt de garantie qu’ils demandent pour le Nissan X-trail que nous avons réservé (un 4x4 étant indispensable pour nous car nous voulions traverser le Lésotho et avoir un véhicule un peu surélevé pour l’observation des animaux au Kruger). Finalement on s’en sort parcequ’on arrive à bloquer une partie de l’argent sur mon compte et une autre sur celui d’Anne. Enfin, passé ce moment difficile nous faisons route vers le Sani Pass sous une pluie battante et nous nous arrêtons à Underberg afin de trouver où dormir. Finalement après quelques négociations nous logerons à Penwarn country lodge (http://www.penwarn.com/) où nous sommes accueillis par une loutre facétieuse dont le principal plaisir est de se frotter à vous pour se sécher lorsqu’elle sort de l’eau. Excellente adresse où nous avons goûté du gnou et passé un bon moment dans un cadre magnifique (R300/pers). Nous y rencontrons deux français (coucou Nathalie et François) avec qui nous décidons de franchir le Sani Pass le lendemain. Mercredi 27 Septembre 2006 : Sani Pass-Lesotho Après une dernière bataille pour faire sortir Nemrod (la loutre) qui s’est sournoisement introduit dans notre chambre en profitant d’un bref moment d’inattention, nous prenons la route du Lesotho. Le 4x4 s’avère rapidement indispensable (d’autant qu’il a plu la veille) et j’en profite même pour essayer de le pousser un peu…M’enfin, à force de vouloir jouer aux Colin Mc Rae de pacotille je fini par abîmer un peu le bas de caisse en faisant rebondir la voiture sur un rocher (rien de grave heureusement !). Au sommet nous mangeons une bricole au Sani Top Chalet (le pub le plus haut d’Afrique du Sud). Il fait froid, il y a même de la neige et le vent nous glace mais faisons une (courte) balade digestive afin de profiter du magnifique panorama. Initialement Anne et moi avions décidé de traverser le Lésotho afin de rejoindre le Royal Natal mais on a vite abandonné cette idée vu l’état des routes. Nous redescendons donc coté Sud Africain vers 16H et reprenons la route vers le royal Natal après avoir échangé nos mails avec Nathalie et François. Nous irons jusqu’à Rosetta pour y trouver un B&B (bof). 20 Km Jeudi 28 Septembre 2006 : Direction Royal Natal NP. Départ de Rosetta pour nous rapprocher du Royal Natal. La route est bonne et nous arrivons vers 11H dans la petite ville de Phuthaditjhaba où l’office du tourisme nous trouve une chambre chez l’habitant. Comme il était encore un peu tôt pour terminer notre journée, nous nous sommes rendus sans conviction au Basotho Cultural Village, un musée vivant qui retrace le mode de vie traditionnel des Basotho (dixit le Lonely). Et bien nous avons passé un excellent moment, avec un guide extra et de nombreux fous rires ! Je vous conseille vivement cette visite qui ne paie pas de mine sur le papier mais qui est sympa comme tout ! Ensuite nous avons mangé et somme partis faire une petite balade au Golden Gate NP (bof, bof) avant de rentrer à Phuthaditjhaba.
Pour la petite histoire, Phuthaditjhaba est une ville de 45000 habitants où nous n’avons pas rencontré un seul blanc ! Nous avons fait nos courses au Bibi Market (çà ne s’invente pas !) où les locaux étaient amusés de voir deux touristes blancs paumés au milieu de leurs rayons. Certains souriaient, d’autres feignaient l’indifférence…une expérience vraiment étrange !
Vendredi 29 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : The Sentinel On débarque à 8H sur le parking du Sentinel et on entame la rando. Super rando, sympa et tout et tout, d’autant qu’il n’y a pas foule si on part tôt (au retour pr contre nous croiserons beaucoup plus de monde y compris des groupes de 8-10 pers.). L’aller se fait en 3H pour des randonneurs moyens et le retour en 2H30. La particularité de cette rando ce sont les 2 « chain ladders » (des échelles à flanc de rocher) à gravir juste avant d’arriver au sommet. D’en haut on a une superbe vue et peut continuer un peu en suivant le petit cours d’eau qui se termine de l’autre coté de la vallée en se jetant dans le vide. Nuit passée à l’hôtel “Mont aux sources” aux portes du parc du Royal Natal (bof, bof). Samedi 30 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : Tugela Gorge. Autre rando sympa (mais beaucoup plus fréquentée, même tôt le matin) la « Tugela Gorge » permet de rejoindre le pied de l’amphithéâtre en ~7H de rando A/R. Il vaut mieux ne pas oublier crème solaire et bouteilles d’eau lorsqu’il fait chaud (d’ailleurs c’est idem pour la rando du Sentinel) ! Le petit truc sympa de cette rando c’est de gravir les « chain ladders » à l’aller et de retourner par le tunnel creusé par la rivière où vous aurez de l’eau (glacée) jusqu’au torse ! Après cette journée on était tellement crevé qu’on était persuadé qu’il fallait qu’on se rapproche de Hluhluwe où nous avions réservé pour la nuit suivante alors qu’on avait encore un jour de battement qu’on aurait pu passer à Giants Castle NP. Tans pis, ce sera pour la prochaine fois ! Du coup on a dormi sur la route du Royal Natal au niveau de Dundee dans un backpacker au style très British et au patron (?) très sympa (Royal Confort Inn). Dimanche 1er Octobre 2006 : Santa Lucia. Vu qu’on a une journée à occuper (encore une fois dommage pour Giants Castle NP) on la passe à Santa Lucia. Ville sans grand intérêt mis à part la plage (petite baignade) que je n’ai pas trouvé si terrible que çà. Bref, on peut s’en passer. Nuit au BIB’s International conseillé dans les guides mais vraiment pourri !
Lundi 2 Octobre 2006 : Réserve de Hluhluwe-Umfolozi (nuit dans le parc de Hluhluwe) Youpi ! Aujourd’hui c’est notre premier parc animalier…la grande découverte… Hluhluwe-Umfolozi est une réserve connue notamment pour ses rhinocéros blancs (y’en a tout plein) et noirs (beaucoup plus rares). On y trouve également des buffles, des zèbres, des phacochères, des impalas… et on a même vu des Lycaons (Wild Dogs). Pas beaucoup d’éléphants par contre et peu de félins.
Que dire de cette journée sinon qu’on a compris la magie de l’observation dans ces parcs. On peut passer 10 fois au même endroit sans rien voir et la voiture qui passe 2min derrière vous tombe nez à nez avec un guépard ! De même, vous pouvez voir traverser 7 rhino, la scène durant une minute à peine et la voiture qui arrive 2 minutes plus tard se demande en vous voyant repartir pourquoi vous vous êtes arrêté ! Enfin, on a ADORE, toute cette première journée on l’a passée du coté d’Umfolozi et avec le recul on l’a préféré au coté Hluhluwe mais vous comprendrez ensuite pourquoi… On a passé la nuit à Mpila Camp dans le parc où on a vu 2 hyènes courser des impalas (passant à 100m de notre bungalow). Nous avons passé la nuit en compagnie d’un groupe d’impalas qui a dormi juste à coté du camp (non clôturé contrairement au Kruger). En passant la lampe de poche la nuit autour du bungalow je voyais les dizaines d’yeux d’impalas briller d’un coté et de l’autre cité (dans les bois) il y avait 3 paires d’yeux qui les observaient (des hyènes j’imagine…). On a passé une superbe nuit ! P.S : j’oubliais, lampe de poche indispensable car l’électricité est coupée de 22H à 8H du mat. Mardi 3 Octobre 2006 : Hluhluwe – Swaziland. Debout à 4H du mat ! Ce matin on fait une « Morning Walk ». Départ à 5H avec le guide (fusil à la main) dans un brouillard à couper au couteau qui nous plonge dans une drôle d’ambiance…D’ailleurs on n’est que trois (Anne, le guide et moi) car les 6 autres personnes inscrites ne se sont pas pointées sûrement à cause du temps. On marche une bonne demi-heure et tout d’un coup le ranger stoppe, il nous montre lentement une espèce de rocher dans la brume…on regarde et là MIRACLE, le rocher bouge ! On arrête de respirer et le cœur bat plus vite…il s’agit d’un rhino qui se lève, se tourne vers nous puis s’éloigne en trottinant…visiblement on l’a réveillé ! Autre rencontre sympa, on a vu un buffle qui nous a fait trembler en faisant un demi-tour un petit peu brutal, et enfin le ranger s’est bien foutu de notre poire lorsque nous avons sursauté de peur quand une espèce de petite bête poilue a bondi (en hurlant) du terrier sur lequel on s’était penché (c’est français ce que j’écris ?). Malheureusement la ballade s’est terminée sous une pluie diluvienne qui nous a trempé jusqu’aux os ! Retour au camp à 8H où on s’est changé avant de reprendre le 4x4 pour nous diriger vers Hluhluwe. Nous passons la matinée à Hluhluwe et alors que nous avions décidé de quitter le parc pour rejoindre le Swaziland nous sommes tombés nez à nez (ou plutôt pare-choc à corne) avec un Rhino (l’air patibulaire mais presque…). Le Rhino a traversé la route et ne résistant pas à l’envie de me rapprocher un peu pour le filmer j’ai avancé juste un chouillat…Le rhino s’est arrêté, a fait demi-tour, et est venu se planter face à nous à 5 mètres de la voiture…Là les suées ont commencées, Anne était terrorisée et moi j’en menais pas large non plus…Du coup je décide de mettre un peu de distance entre l’animal et nous (et j’apprendrais plus tard que c’était une erreur !). Je passe la marche arrière et commence à reculer tout doucement…Du coup la grosse boule grise se met à s’avancer vers nous et je commence à reculer un peu plus vite…Nouvelle erreur car là il se met carrément à courir vers nous…Alors imaginez, en marche arrière, à fond les ballons, sur une route défoncée, ne pouvant quitter des yeux le rhino et ne jetant qu’épisodiquement des coups d’oeils dans le rétro pour voir ou j’allais, j’ai pas fais 300m que j’ai planté le 4x4 dans le fossé ! Voyant l’animal à deux doigt de nous percuter j’ai eu l’ultime réflexe de l’automobiliste impuissant…j’ai klaxonné…le rhino s’est arrêté, nous a regardé 5 secondes et, en grand vainqueur, s’en est allé d’où il était venu… Nous, nous étions plantés là comme 2 ploucs car la voiture (tout 4x4 qu’elle était) était embourbée et ne bougeait plus d’un pouce. Heureusement des Allemands qui passaient par là nous ont ramenés au camp le plus proche et ont géré l’appel aux rangers (ils ont été supers ! Ils ont sacrifié une demi-journée d’observation pour nous aider à trouver quelqu’un pour nous dépanner !). On a poireauté quelques heures (apparemment ce genre de situation n’arrive pas souvent) avant qu’un ranger vienne nous prendre dans son 4x4 équipé pour le transport des touristes (même pas un véhicule de dépannage) et nous ramener à la voiture (sous un orage impressionnant qui a éclaté et à 1H30 de la fermeture des portes du parc). Arrivés à la voiture on a vu une lueur d’inquiétude dans son regard car pour nous sortir du fossé il n’avait sur lui qu’une ficelle d’un demi centimètre de diamètre (il ne pensait pas qu’on avait planté un 4x4!). Mais finalement, après un premier essai infructueux, il a juste réussi à tirer juste ce qu’il faut la voiture pour que les 4 roues motrices prennent le relais et fassent le reste. Bref, on s’est remis en route sous la pluie, roulant à fond les ballons (tant pis pour la limitation de vitesse de 40Km/h) pour rejoindre la sortie du parc avant la fermeture. Sur la route nous observerons notre premier éléphant mais comme il était à proximité de 3 rhinos on n’a pas trainé…la scène nous a même paru un peu irréelle (probablement à cause du choc, de la pluie battante, et d’une légère brume…). On passera la nuit à Pogola à la frontière Sud du Swaziland.
Mercredi 4 Octobre 2006 : Swaziland – Réserve de Kruger. Au matin on reprend la route et on décide de traverser le Swaziland d’une traite parce qu’on n’a pas vraiment le temps de faire autre chose. Sans l’épisode du rhino on aurait du dormir à proximité de Mlilwane et passer une partie de la journée dans ce parc qui paraissait très très sympa. A noter : Pour entrer il faut payer une taxe de R50/voiture et Mbabane la capitale n’est pas belle (et il est impossible de s’y garer). Par contre les Swazis sont très sympas et souriants. On passera la nuit à Malelane à proximité de l’entrée sud du Kruger. Jeudi 5, Vendredi 6 à Samedi 7 Octobre 2006 : Visite du Parc National de Kruger. 3 journées entières à Kruger dont 3 nuits dans le parc (1 nuit à Skukuza, 1 nuit à Orpen et une nuit à Oliphant). Je ne détaillerai pas ces trois journées bien que (avec Umfolozi) c’est ce que j’ai préféré de l’Afrique du Sud ! On a vu les big five, 7 guépards d’un coup qui se doraient la pilule sur un gros rocher, deux lions savourant les restes d’un gnou, un troupeau de buffles allant se désaltérer au point d’eau et ayant traversé à 2m de la voiture, un éléphant prendre un bain de boue, des girafes majestueuses, des impalas sympas (on en a vu deux bondir très haut pour ce qui ressemblait à une parade amoureuse et c’était vraiment impressionnant !), des troupeaux d’éléphants traverser devant nous, des tas d’oiseaux multicolores, des vautours (attendant que les lions aient fini leur repas), des aigles, des zèbres, des gnous, des koudous, des phacochères… On a fait un sunrise drive et un sunset drive. Le matin c’est bof, bof (c’est là qu’on a vu les 7 guépards mais bon, c’était pas follement intéressant) et la nuit c’est spécial mais le temps d’observation est très bref (on a vu des hyènes, des chats sauvages et un léopard). Bref, on a préféré la morning walk d’Umfolozi. Enfin, on se rend compte qu’il y a une différence fondamentale entre voir des animaux et observer des animaux ! Voir 2 minutes deux lions se dorer la pilule au soleil çà n’a aucun intérêt alors que les voir manger ou chasser c’est fantastique. De même, voir 7 guépards c’est bien mais çà n’a rien de comparable avec l’observation d’un troupeau de buffles ou d’éléphants qui vont se désaltérer ! Bref, vous l’aurez compris, je préfère voir un groupe d’impalas bondir que deux léopards endormis !!!
Dimanche 8 Octobre 2006 : Blyde River Canyon (nuit à Hoedspruit ou Graskop) : Dernière ballade dans au nord d’Oliphant où nous apercevons l’ombre fugace d’un chacal. Pas beaucoup d’animaux observés dans ce coin à part une horde d’éléphant dont deux individus créeront un embrouillage en décidant de se planter au milieu de la route pour manger !
Ensuite nous prenons la route vers la Blyde River Canyon. Ce canyon d’environ 30 km constitue un des panoramas les plus étonnants mais nous le trouverons quelconque…Après coup je pense que notre déception a résidé en trois point…1) on était amer de quitter le Kruger, 2) l’année dernière nous étions dans l’ouest américain (Grand Canyon) et ces paysages nous ont paru bof, bof et 3) çà nous a gavé que tout soit payant (on a vu les Three rondavelsmais pas les Bourke’s Luck Potholes car çà frôlait l’extorsion de fond). Nous avons également fait un détour vers les Lisbon falls (tout pourris). Nuit à l’hôtel dans le centre de Graskop (piscine + ils ont eu l’idée originale de faire décorer chacune de leur chambre par un artiste différent !). Lundi 9 Octobre 2006 Blyde River Canyon (Graskop) – Johannesburg (400Km/4H) Petit déjeuner puis petite marche (1H30 A/R) vers les Forest Falls (cascade aussi large que haute). Puis route vers Johannesburg.
Mardi 10 Octobre 2006 : Johannesburg - Soweto – Musée de l’Apartheid. Nous n’avions initialement pas inscrit la visite de Soweto à notre programme mais la curiosité l’a finalement emporté et nous y sommes allés accompagnés d’un guide. Que dire sinon que la visite n’aurait pas grand intérêt si elle se limitait à visiter cette suite de baraquements miteux et tristes où s’entasse une population qu’on a laissée pour compte. Mais voilà, la possibilité de discuter avec un gars du cru permet de toucher du doigt l’organisation incroyable de cette mégalopole qui compte 1, 5 à 3, 5 millions d’habitants (enfin on sait pas trop). Sinon, nous avons surtout adoré le musée de l’Apartheid qui nous a permis de comprendre beaucoup de choses sur les comportements et discours des Sud-Africains. Nous ne nous rendions pas compte que les évènements qui ont amenés à la chute de l’apartheid (enfin sur le papier en tout cas) étaient si récents et surtout qu’ils avaient été si violents… Mercredi 11 Octobre 2006 : Vol Johannesburg (départ 9H15) – Chutes Victoria (arrivée 11H) Arrivée au Zimbabwe en fin de matinée et queue interminable à l’aéroport pour accéder au tamponneur de visa…le visa qui coûte 30$/pers pour une simple entrée. Nous avons déposé nos affaires au Kalai lodge et sommes allé à pied aux chutes Victoria (20-30 min de marche - entrée 20$/pers.). Après la visite des chutes on retourne en ville et on se rend compte qu’on est au centre d’un immense parc d’attraction pour touristes friqués…On vous propose des safaris, des ballades en hélico, du rafting, du saut à l’élastique… Comme nous sommes ici encore 2 jours nous réservons la journée de descente en rafting sur le Zambèze (85$) et l’excursion au parc de Chobé (120$) pour le surlendemain. Sinon coté population nous n’avons eu aucun problème (même en rentrant à pied du centre à 22H après un resto), comme c’est un pays très pauvre on est beaucoup sollicité par les marchants d’artisanat local mais ils ne sont pas oppressants ou trop insistants. Sur notre séjour nous n’avons jamais pris le taxi (ils vous demandent 5$ pour un trajet de 2km !!!) hors trajets d’aéroport.
Conseils pratiques : 1 - Ici toutes les activités + hébergements se paient en USD donc prévoir assez d’argent sur vous. Pour nous çà n’était pas le cas et on été à deux doigts de ne pas pouvoir payer le lodge car ici il est impossible de retirer des USD. Finalement on s’en est sorti lorsqu’on est allé au parc de Chobé qui se trouve au Bostwana ou nous avons du retirer des poulas (monnaie locale) au guichet pour ensuite les changer en dollars ! Bref on ils se sont biens sucrés en commission !!! M’enfin si y’a un truc vraiment prise de tête c’est qu’ici tout le monde veut des USD alors qu’il est impossible de s’en procurer. Ah oui, autre chose, pour eux 1€ = 1$ donc ne payez pas en euros ! 2- Pour les petites dépenses (marché, boissons, restos) payez en dollar Zimbabwéen (Zim$) car ils ont un mode de conversion en USD assez déconcertant…Autre conseil, on ne le répètera pas assez, ne changez pas votre agent dans la rue malgré les taux avantageux que l’on peut vous proposer (beaucoup d’arnaque et en plus c’est illégal). Changez votre argent que dans une banque ou retirez les Zim$ dans un distributeur. 3- Pas besoin de payer pour les visas pour entrer au Bostwana ou pour le retour au Zimbabwe si vous passez par un tour opérator.
Jeudi 12 Octobre 2006 : Rafting sur le Zambèze : Journée de rafting mémorable au pied des chutes ! On est passé par une société qui s’appelle ShearWatter (http://www.shearwateradventures.com/rafting/default.asp) et on va leur faire une pub d’enfer parce qu’ils sont excellents !!! Pour cette expérience (qui vaut 100 sauts à l’élastique) il vaut mieux être en bonne forme physique, savoir nager et ne pas avoir peur des coups ! Durant la descente le raft est ballotté, secoué voire retourné par les rapides qui sont parmi les plus difficiles du monde. Vraiment inoubliable, en plus le soir ils vous projettent la vidéo de la journée (ils filment quelques passages de rafting) ce qui permet d’aller boire un coup et de manger un morceau avec tout le monde. On a passé une bonne soirée. Perso on n’a pas acheté la vidéo parce que 40$ c’est quand même abuser.
Vendredi 13 Octobre 2006 : Safari à Chobé (Entre victoria et Chobé : 90 Km) Journée complète de safari dans le parc qui s'étend sur 12 000 km² et accueille de grandes concentrations animales. Nous avons fait 1 safari en bateau le matin où nous avons vu des hyppos, des crocos et surtout des éléphants nager !!! L’après midi safari classique en voiture où nous verrons 3 lions (coup de bol quoiqu’ils étaient en train de faire la sieste donc bof) mais surtout une petite troupe de 7 éléphants qui se sont arrêtés un bref instant dans une flaque de boue pour prendre un petit bain…Magnifique !
Samedi 14 Octobre 2006 : Départ des Chutes Victoria (11H15) pour Johannesburg (13H30) puis départ de Johannesburg pour Paris (19H45) = 6H00 d’attente. Dimanche 15 Octobre 2006 : Arrivée à Paris à 7H00 du matin. Fin du voyage…Snif…
P.S : éviter la visite des vignobles le WE car le samedi ils ferment plus tôt et le dimanche beaucoup sont fermés.
Ensuite route vers Franschhoek (ville où les Huguenots français commencèrent au XVIIème siècle la culture de la vigne). Bof, bof. On prend donc la route d’Hermanus pour débarquer dans la ville vers 18H (il fait donc nuit) et nous rendre compte que tous les hôtels et B&B sont complets en raison de l’ouverture de la fête de la baleine (60000 personnes attendues pour le WE pour une ville comptant 25000 habitants !!!). Nous rebroussons donc chemin et trouvons à 20 min d’Hermanus l’Arabella golf club (http://www.arabellagolf.co.za/). Pour entrer il faut montrer patte blanche et on se rend vite compte que l’on va exploser le budget mais on est crevé, il est tard et on a envie de se pauser. On est accueilli comme dans un palace (on nous tient la porte, nous offre une boisson…) et la nana de la réception nous propose une chambre nous précisant qu’elle nous fait un discount à R1700 (en jetant un coup d’œil sur son ordi j’ai vu que la chambre était à R2700). On négocie un peu et finalement on s’en sort à R1050 avec le petit dèj inclus. La chambre est magnifique avec vue sur le golf et l’océan, petit caramel sur l’oreiller et salle de bain avec une cloison amovible entre la sdb et la chambre pour avoir une vue sur l’océan lorsque l’on prend son bain ! Dimanche 24 Septembre 2006 : Hermanus/Le Cap. Nous passons une bonne partie de la journée à Hermanus pour observer les baleines (je n’aurais jamais cru qu’elles s’approchaient si près de la côte !!!). C’est un moment magique, on les voit sauter et plonger. On est heureux d’avoir pensé à prendre les jumelles ! Après ce spectacle nous retournons à Cape town où nous finissons bien la journée en visitant les jardins botaniques de Kirstenbosch. Une bonne petite ballade dans un parc très agréable et bien foutu. Le soir dîner sur la beach road chez « Perla » (bof, bof). Lundi 25 Septembre 2006 : Le Cap – Péninsule du cap de Bonne espérnce – Le Cap. Nous partons de bonne heure vers Simon’s Town, dont la plage abrite une colonie de manchots (Boulders NP ; R20/pers.). Un conseil, faites comme nous et arrivez tôt et commencez par l’accès à la plage! Vous aurez la chance de surprendre les manchots qui ne sont pas encore assaillis de touristes et que l’on peut alors approcher d’assez près (y’en a même un qui paniqué c’est retrouvé bloqué sur un chemin étroit juste entre nous et deux autres personnes). De même, tentez l’escalade des rocher pour accéder aux coins un peu moins fréquentés de la plage. Bref on a passé un bon moment et ces petites bêtes sont vraiment amusantes à observer…
Ensuite nous avons repris la route pour la Réserve du Cap de Bonne Espérance (R45/pers. Et les prix ne cessent d’augmenter…c’était R35 il y a 3 ans). Nous avons garé la voiture à Cape point et nous avons « grimpé » jusqu’au phare, puis nous avons eu la bonne idée de rejoindre le Cap de Bonne Espérance par le chemin à pieds, une petite ballade qui se fait normalement en moins d’une heure mais pour laquelle nous avons mis beaucoup plus…En effet, en contre bas de ce chemin il y a une plage magnifique et en général déserte (sûrement parceque les touristes comme moi n’imaginent pas que l’on puisse se baigner au bout du monde !!!) et je n’ai pas résisté à l’envie d’aller piquer une petite tête dans l’eau (en caleçon et sans serviette pour me sécher).
Voilà, après l’inévitable photo devant le panneau du Cap de Bonne Espérance nous sommes rentrés à Capetown où nous avons eu la mauvaise idée de nous balader dans les rues du centre vers 17H00 (il fait nuit à 18H) et où nous ne nous sommes pas sentis en sécurité (et ce sera la seule fois du voyage, hors des grandes villes nous n’avons eu aucun problème et on s’est toujours senti très bien). Des groupes de jeunes pas très sympas et plutôt agressifs et lourds dingues harcelaient les rares touristes qui avaient eu la même idée que nous… On a fait illico presto demi-tour et on était content de retrouver le Backpacker. Ce qui est écrit dans les guides n’est pas une légende, à partir de 17-18H les blancs rentrent chez eux dans leurs bunkers archi sécurisés et les rues sont désertées…
Conseil : Attention, selon les endroits où vous achetez vos timbres pour les cartes postales car vous ne paierez pas le même prix !!! Bref, achetez les plutôt ailleurs que dans les endroits où s’entassent les touristes. Mardi 26 Septembre 2006 : Vol de 8H50 Le Cap-Durban. Départ vers l’aéroport en début de matinée et envol pour Durban où nous prenons en charge notre 2ème voiture de location. Nous passerons 2H dans l’agence de location car nous sommes en fin de mois et je n’ai pas les R15000 de dépôt de garantie qu’ils demandent pour le Nissan X-trail que nous avons réservé (un 4x4 étant indispensable pour nous car nous voulions traverser le Lésotho et avoir un véhicule un peu surélevé pour l’observation des animaux au Kruger). Finalement on s’en sort parcequ’on arrive à bloquer une partie de l’argent sur mon compte et une autre sur celui d’Anne. Enfin, passé ce moment difficile nous faisons route vers le Sani Pass sous une pluie battante et nous nous arrêtons à Underberg afin de trouver où dormir. Finalement après quelques négociations nous logerons à Penwarn country lodge (http://www.penwarn.com/) où nous sommes accueillis par une loutre facétieuse dont le principal plaisir est de se frotter à vous pour se sécher lorsqu’elle sort de l’eau. Excellente adresse où nous avons goûté du gnou et passé un bon moment dans un cadre magnifique (R300/pers). Nous y rencontrons deux français (coucou Nathalie et François) avec qui nous décidons de franchir le Sani Pass le lendemain. Mercredi 27 Septembre 2006 : Sani Pass-Lesotho Après une dernière bataille pour faire sortir Nemrod (la loutre) qui s’est sournoisement introduit dans notre chambre en profitant d’un bref moment d’inattention, nous prenons la route du Lesotho. Le 4x4 s’avère rapidement indispensable (d’autant qu’il a plu la veille) et j’en profite même pour essayer de le pousser un peu…M’enfin, à force de vouloir jouer aux Colin Mc Rae de pacotille je fini par abîmer un peu le bas de caisse en faisant rebondir la voiture sur un rocher (rien de grave heureusement !). Au sommet nous mangeons une bricole au Sani Top Chalet (le pub le plus haut d’Afrique du Sud). Il fait froid, il y a même de la neige et le vent nous glace mais faisons une (courte) balade digestive afin de profiter du magnifique panorama. Initialement Anne et moi avions décidé de traverser le Lésotho afin de rejoindre le Royal Natal mais on a vite abandonné cette idée vu l’état des routes. Nous redescendons donc coté Sud Africain vers 16H et reprenons la route vers le royal Natal après avoir échangé nos mails avec Nathalie et François. Nous irons jusqu’à Rosetta pour y trouver un B&B (bof). 20 Km Jeudi 28 Septembre 2006 : Direction Royal Natal NP. Départ de Rosetta pour nous rapprocher du Royal Natal. La route est bonne et nous arrivons vers 11H dans la petite ville de Phuthaditjhaba où l’office du tourisme nous trouve une chambre chez l’habitant. Comme il était encore un peu tôt pour terminer notre journée, nous nous sommes rendus sans conviction au Basotho Cultural Village, un musée vivant qui retrace le mode de vie traditionnel des Basotho (dixit le Lonely). Et bien nous avons passé un excellent moment, avec un guide extra et de nombreux fous rires ! Je vous conseille vivement cette visite qui ne paie pas de mine sur le papier mais qui est sympa comme tout ! Ensuite nous avons mangé et somme partis faire une petite balade au Golden Gate NP (bof, bof) avant de rentrer à Phuthaditjhaba.
Pour la petite histoire, Phuthaditjhaba est une ville de 45000 habitants où nous n’avons pas rencontré un seul blanc ! Nous avons fait nos courses au Bibi Market (çà ne s’invente pas !) où les locaux étaient amusés de voir deux touristes blancs paumés au milieu de leurs rayons. Certains souriaient, d’autres feignaient l’indifférence…une expérience vraiment étrange !
Vendredi 29 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : The Sentinel On débarque à 8H sur le parking du Sentinel et on entame la rando. Super rando, sympa et tout et tout, d’autant qu’il n’y a pas foule si on part tôt (au retour pr contre nous croiserons beaucoup plus de monde y compris des groupes de 8-10 pers.). L’aller se fait en 3H pour des randonneurs moyens et le retour en 2H30. La particularité de cette rando ce sont les 2 « chain ladders » (des échelles à flanc de rocher) à gravir juste avant d’arriver au sommet. D’en haut on a une superbe vue et peut continuer un peu en suivant le petit cours d’eau qui se termine de l’autre coté de la vallée en se jetant dans le vide. Nuit passée à l’hôtel “Mont aux sources” aux portes du parc du Royal Natal (bof, bof). Samedi 30 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : Tugela Gorge. Autre rando sympa (mais beaucoup plus fréquentée, même tôt le matin) la « Tugela Gorge » permet de rejoindre le pied de l’amphithéâtre en ~7H de rando A/R. Il vaut mieux ne pas oublier crème solaire et bouteilles d’eau lorsqu’il fait chaud (d’ailleurs c’est idem pour la rando du Sentinel) ! Le petit truc sympa de cette rando c’est de gravir les « chain ladders » à l’aller et de retourner par le tunnel creusé par la rivière où vous aurez de l’eau (glacée) jusqu’au torse ! Après cette journée on était tellement crevé qu’on était persuadé qu’il fallait qu’on se rapproche de Hluhluwe où nous avions réservé pour la nuit suivante alors qu’on avait encore un jour de battement qu’on aurait pu passer à Giants Castle NP. Tans pis, ce sera pour la prochaine fois ! Du coup on a dormi sur la route du Royal Natal au niveau de Dundee dans un backpacker au style très British et au patron (?) très sympa (Royal Confort Inn). Dimanche 1er Octobre 2006 : Santa Lucia. Vu qu’on a une journée à occuper (encore une fois dommage pour Giants Castle NP) on la passe à Santa Lucia. Ville sans grand intérêt mis à part la plage (petite baignade) que je n’ai pas trouvé si terrible que çà. Bref, on peut s’en passer. Nuit au BIB’s International conseillé dans les guides mais vraiment pourri !
Lundi 2 Octobre 2006 : Réserve de Hluhluwe-Umfolozi (nuit dans le parc de Hluhluwe) Youpi ! Aujourd’hui c’est notre premier parc animalier…la grande découverte… Hluhluwe-Umfolozi est une réserve connue notamment pour ses rhinocéros blancs (y’en a tout plein) et noirs (beaucoup plus rares). On y trouve également des buffles, des zèbres, des phacochères, des impalas… et on a même vu des Lycaons (Wild Dogs). Pas beaucoup d’éléphants par contre et peu de félins.
Que dire de cette journée sinon qu’on a compris la magie de l’observation dans ces parcs. On peut passer 10 fois au même endroit sans rien voir et la voiture qui passe 2min derrière vous tombe nez à nez avec un guépard ! De même, vous pouvez voir traverser 7 rhino, la scène durant une minute à peine et la voiture qui arrive 2 minutes plus tard se demande en vous voyant repartir pourquoi vous vous êtes arrêté ! Enfin, on a ADORE, toute cette première journée on l’a passée du coté d’Umfolozi et avec le recul on l’a préféré au coté Hluhluwe mais vous comprendrez ensuite pourquoi… On a passé la nuit à Mpila Camp dans le parc où on a vu 2 hyènes courser des impalas (passant à 100m de notre bungalow). Nous avons passé la nuit en compagnie d’un groupe d’impalas qui a dormi juste à coté du camp (non clôturé contrairement au Kruger). En passant la lampe de poche la nuit autour du bungalow je voyais les dizaines d’yeux d’impalas briller d’un coté et de l’autre cité (dans les bois) il y avait 3 paires d’yeux qui les observaient (des hyènes j’imagine…). On a passé une superbe nuit ! P.S : j’oubliais, lampe de poche indispensable car l’électricité est coupée de 22H à 8H du mat. Mardi 3 Octobre 2006 : Hluhluwe – Swaziland. Debout à 4H du mat ! Ce matin on fait une « Morning Walk ». Départ à 5H avec le guide (fusil à la main) dans un brouillard à couper au couteau qui nous plonge dans une drôle d’ambiance…D’ailleurs on n’est que trois (Anne, le guide et moi) car les 6 autres personnes inscrites ne se sont pas pointées sûrement à cause du temps. On marche une bonne demi-heure et tout d’un coup le ranger stoppe, il nous montre lentement une espèce de rocher dans la brume…on regarde et là MIRACLE, le rocher bouge ! On arrête de respirer et le cœur bat plus vite…il s’agit d’un rhino qui se lève, se tourne vers nous puis s’éloigne en trottinant…visiblement on l’a réveillé ! Autre rencontre sympa, on a vu un buffle qui nous a fait trembler en faisant un demi-tour un petit peu brutal, et enfin le ranger s’est bien foutu de notre poire lorsque nous avons sursauté de peur quand une espèce de petite bête poilue a bondi (en hurlant) du terrier sur lequel on s’était penché (c’est français ce que j’écris ?). Malheureusement la ballade s’est terminée sous une pluie diluvienne qui nous a trempé jusqu’aux os ! Retour au camp à 8H où on s’est changé avant de reprendre le 4x4 pour nous diriger vers Hluhluwe. Nous passons la matinée à Hluhluwe et alors que nous avions décidé de quitter le parc pour rejoindre le Swaziland nous sommes tombés nez à nez (ou plutôt pare-choc à corne) avec un Rhino (l’air patibulaire mais presque…). Le Rhino a traversé la route et ne résistant pas à l’envie de me rapprocher un peu pour le filmer j’ai avancé juste un chouillat…Le rhino s’est arrêté, a fait demi-tour, et est venu se planter face à nous à 5 mètres de la voiture…Là les suées ont commencées, Anne était terrorisée et moi j’en menais pas large non plus…Du coup je décide de mettre un peu de distance entre l’animal et nous (et j’apprendrais plus tard que c’était une erreur !). Je passe la marche arrière et commence à reculer tout doucement…Du coup la grosse boule grise se met à s’avancer vers nous et je commence à reculer un peu plus vite…Nouvelle erreur car là il se met carrément à courir vers nous…Alors imaginez, en marche arrière, à fond les ballons, sur une route défoncée, ne pouvant quitter des yeux le rhino et ne jetant qu’épisodiquement des coups d’oeils dans le rétro pour voir ou j’allais, j’ai pas fais 300m que j’ai planté le 4x4 dans le fossé ! Voyant l’animal à deux doigt de nous percuter j’ai eu l’ultime réflexe de l’automobiliste impuissant…j’ai klaxonné…le rhino s’est arrêté, nous a regardé 5 secondes et, en grand vainqueur, s’en est allé d’où il était venu… Nous, nous étions plantés là comme 2 ploucs car la voiture (tout 4x4 qu’elle était) était embourbée et ne bougeait plus d’un pouce. Heureusement des Allemands qui passaient par là nous ont ramenés au camp le plus proche et ont géré l’appel aux rangers (ils ont été supers ! Ils ont sacrifié une demi-journée d’observation pour nous aider à trouver quelqu’un pour nous dépanner !). On a poireauté quelques heures (apparemment ce genre de situation n’arrive pas souvent) avant qu’un ranger vienne nous prendre dans son 4x4 équipé pour le transport des touristes (même pas un véhicule de dépannage) et nous ramener à la voiture (sous un orage impressionnant qui a éclaté et à 1H30 de la fermeture des portes du parc). Arrivés à la voiture on a vu une lueur d’inquiétude dans son regard car pour nous sortir du fossé il n’avait sur lui qu’une ficelle d’un demi centimètre de diamètre (il ne pensait pas qu’on avait planté un 4x4!). Mais finalement, après un premier essai infructueux, il a juste réussi à tirer juste ce qu’il faut la voiture pour que les 4 roues motrices prennent le relais et fassent le reste. Bref, on s’est remis en route sous la pluie, roulant à fond les ballons (tant pis pour la limitation de vitesse de 40Km/h) pour rejoindre la sortie du parc avant la fermeture. Sur la route nous observerons notre premier éléphant mais comme il était à proximité de 3 rhinos on n’a pas trainé…la scène nous a même paru un peu irréelle (probablement à cause du choc, de la pluie battante, et d’une légère brume…). On passera la nuit à Pogola à la frontière Sud du Swaziland.
Mercredi 4 Octobre 2006 : Swaziland – Réserve de Kruger. Au matin on reprend la route et on décide de traverser le Swaziland d’une traite parce qu’on n’a pas vraiment le temps de faire autre chose. Sans l’épisode du rhino on aurait du dormir à proximité de Mlilwane et passer une partie de la journée dans ce parc qui paraissait très très sympa. A noter : Pour entrer il faut payer une taxe de R50/voiture et Mbabane la capitale n’est pas belle (et il est impossible de s’y garer). Par contre les Swazis sont très sympas et souriants. On passera la nuit à Malelane à proximité de l’entrée sud du Kruger. Jeudi 5, Vendredi 6 à Samedi 7 Octobre 2006 : Visite du Parc National de Kruger. 3 journées entières à Kruger dont 3 nuits dans le parc (1 nuit à Skukuza, 1 nuit à Orpen et une nuit à Oliphant). Je ne détaillerai pas ces trois journées bien que (avec Umfolozi) c’est ce que j’ai préféré de l’Afrique du Sud ! On a vu les big five, 7 guépards d’un coup qui se doraient la pilule sur un gros rocher, deux lions savourant les restes d’un gnou, un troupeau de buffles allant se désaltérer au point d’eau et ayant traversé à 2m de la voiture, un éléphant prendre un bain de boue, des girafes majestueuses, des impalas sympas (on en a vu deux bondir très haut pour ce qui ressemblait à une parade amoureuse et c’était vraiment impressionnant !), des troupeaux d’éléphants traverser devant nous, des tas d’oiseaux multicolores, des vautours (attendant que les lions aient fini leur repas), des aigles, des zèbres, des gnous, des koudous, des phacochères… On a fait un sunrise drive et un sunset drive. Le matin c’est bof, bof (c’est là qu’on a vu les 7 guépards mais bon, c’était pas follement intéressant) et la nuit c’est spécial mais le temps d’observation est très bref (on a vu des hyènes, des chats sauvages et un léopard). Bref, on a préféré la morning walk d’Umfolozi. Enfin, on se rend compte qu’il y a une différence fondamentale entre voir des animaux et observer des animaux ! Voir 2 minutes deux lions se dorer la pilule au soleil çà n’a aucun intérêt alors que les voir manger ou chasser c’est fantastique. De même, voir 7 guépards c’est bien mais çà n’a rien de comparable avec l’observation d’un troupeau de buffles ou d’éléphants qui vont se désaltérer ! Bref, vous l’aurez compris, je préfère voir un groupe d’impalas bondir que deux léopards endormis !!!
Dimanche 8 Octobre 2006 : Blyde River Canyon (nuit à Hoedspruit ou Graskop) : Dernière ballade dans au nord d’Oliphant où nous apercevons l’ombre fugace d’un chacal. Pas beaucoup d’animaux observés dans ce coin à part une horde d’éléphant dont deux individus créeront un embrouillage en décidant de se planter au milieu de la route pour manger !
Ensuite nous prenons la route vers la Blyde River Canyon. Ce canyon d’environ 30 km constitue un des panoramas les plus étonnants mais nous le trouverons quelconque…Après coup je pense que notre déception a résidé en trois point…1) on était amer de quitter le Kruger, 2) l’année dernière nous étions dans l’ouest américain (Grand Canyon) et ces paysages nous ont paru bof, bof et 3) çà nous a gavé que tout soit payant (on a vu les Three rondavelsmais pas les Bourke’s Luck Potholes car çà frôlait l’extorsion de fond). Nous avons également fait un détour vers les Lisbon falls (tout pourris). Nuit à l’hôtel dans le centre de Graskop (piscine + ils ont eu l’idée originale de faire décorer chacune de leur chambre par un artiste différent !). Lundi 9 Octobre 2006 Blyde River Canyon (Graskop) – Johannesburg (400Km/4H) Petit déjeuner puis petite marche (1H30 A/R) vers les Forest Falls (cascade aussi large que haute). Puis route vers Johannesburg.
Mardi 10 Octobre 2006 : Johannesburg - Soweto – Musée de l’Apartheid. Nous n’avions initialement pas inscrit la visite de Soweto à notre programme mais la curiosité l’a finalement emporté et nous y sommes allés accompagnés d’un guide. Que dire sinon que la visite n’aurait pas grand intérêt si elle se limitait à visiter cette suite de baraquements miteux et tristes où s’entasse une population qu’on a laissée pour compte. Mais voilà, la possibilité de discuter avec un gars du cru permet de toucher du doigt l’organisation incroyable de cette mégalopole qui compte 1, 5 à 3, 5 millions d’habitants (enfin on sait pas trop). Sinon, nous avons surtout adoré le musée de l’Apartheid qui nous a permis de comprendre beaucoup de choses sur les comportements et discours des Sud-Africains. Nous ne nous rendions pas compte que les évènements qui ont amenés à la chute de l’apartheid (enfin sur le papier en tout cas) étaient si récents et surtout qu’ils avaient été si violents… Mercredi 11 Octobre 2006 : Vol Johannesburg (départ 9H15) – Chutes Victoria (arrivée 11H) Arrivée au Zimbabwe en fin de matinée et queue interminable à l’aéroport pour accéder au tamponneur de visa…le visa qui coûte 30$/pers pour une simple entrée. Nous avons déposé nos affaires au Kalai lodge et sommes allé à pied aux chutes Victoria (20-30 min de marche - entrée 20$/pers.). Après la visite des chutes on retourne en ville et on se rend compte qu’on est au centre d’un immense parc d’attraction pour touristes friqués…On vous propose des safaris, des ballades en hélico, du rafting, du saut à l’élastique… Comme nous sommes ici encore 2 jours nous réservons la journée de descente en rafting sur le Zambèze (85$) et l’excursion au parc de Chobé (120$) pour le surlendemain. Sinon coté population nous n’avons eu aucun problème (même en rentrant à pied du centre à 22H après un resto), comme c’est un pays très pauvre on est beaucoup sollicité par les marchants d’artisanat local mais ils ne sont pas oppressants ou trop insistants. Sur notre séjour nous n’avons jamais pris le taxi (ils vous demandent 5$ pour un trajet de 2km !!!) hors trajets d’aéroport.
Conseils pratiques : 1 - Ici toutes les activités + hébergements se paient en USD donc prévoir assez d’argent sur vous. Pour nous çà n’était pas le cas et on été à deux doigts de ne pas pouvoir payer le lodge car ici il est impossible de retirer des USD. Finalement on s’en est sorti lorsqu’on est allé au parc de Chobé qui se trouve au Bostwana ou nous avons du retirer des poulas (monnaie locale) au guichet pour ensuite les changer en dollars ! Bref on ils se sont biens sucrés en commission !!! M’enfin si y’a un truc vraiment prise de tête c’est qu’ici tout le monde veut des USD alors qu’il est impossible de s’en procurer. Ah oui, autre chose, pour eux 1€ = 1$ donc ne payez pas en euros ! 2- Pour les petites dépenses (marché, boissons, restos) payez en dollar Zimbabwéen (Zim$) car ils ont un mode de conversion en USD assez déconcertant…Autre conseil, on ne le répètera pas assez, ne changez pas votre agent dans la rue malgré les taux avantageux que l’on peut vous proposer (beaucoup d’arnaque et en plus c’est illégal). Changez votre argent que dans une banque ou retirez les Zim$ dans un distributeur. 3- Pas besoin de payer pour les visas pour entrer au Bostwana ou pour le retour au Zimbabwe si vous passez par un tour opérator.
Jeudi 12 Octobre 2006 : Rafting sur le Zambèze : Journée de rafting mémorable au pied des chutes ! On est passé par une société qui s’appelle ShearWatter (http://www.shearwateradventures.com/rafting/default.asp) et on va leur faire une pub d’enfer parce qu’ils sont excellents !!! Pour cette expérience (qui vaut 100 sauts à l’élastique) il vaut mieux être en bonne forme physique, savoir nager et ne pas avoir peur des coups ! Durant la descente le raft est ballotté, secoué voire retourné par les rapides qui sont parmi les plus difficiles du monde. Vraiment inoubliable, en plus le soir ils vous projettent la vidéo de la journée (ils filment quelques passages de rafting) ce qui permet d’aller boire un coup et de manger un morceau avec tout le monde. On a passé une bonne soirée. Perso on n’a pas acheté la vidéo parce que 40$ c’est quand même abuser.
Vendredi 13 Octobre 2006 : Safari à Chobé (Entre victoria et Chobé : 90 Km) Journée complète de safari dans le parc qui s'étend sur 12 000 km² et accueille de grandes concentrations animales. Nous avons fait 1 safari en bateau le matin où nous avons vu des hyppos, des crocos et surtout des éléphants nager !!! L’après midi safari classique en voiture où nous verrons 3 lions (coup de bol quoiqu’ils étaient en train de faire la sieste donc bof) mais surtout une petite troupe de 7 éléphants qui se sont arrêtés un bref instant dans une flaque de boue pour prendre un petit bain…Magnifique !
Samedi 14 Octobre 2006 : Départ des Chutes Victoria (11H15) pour Johannesburg (13H30) puis départ de Johannesburg pour Paris (19H45) = 6H00 d’attente. Dimanche 15 Octobre 2006 : Arrivée à Paris à 7H00 du matin. Fin du voyage…Snif…
Séjour d'une semaine à Istanbul et hébergement en mai 2007 English translation pending
Bonsoir,
Mon conjoint et moi envisageons un séjour d'une semaine à Istanbul en mai 2007 ; l'idée est de ne faire que la ville et ses proches environs et éviter de faire trop de kms.
Nous pensons prendre une location (si pas trop cher) ou un hôtel, mais avec le petit déjeûner uniquement.
Pouvez-vous nous dire si 1 semaine suffit pour bien s'imprégner de cette ville et quels bons plans pour le logement ?
Merci d'avance.
Voyage en Alaska en été 2007 English translation pending
Bonjour à tous et à toutes;
Voila, je suis étudiant, je compte économiser toute l'année et partir en Alaska cet été pour un séjour de 3 semaines à un mois environ du 15 août au 15 septembre. Je prévois un budget de 1000/1500 euros pour les billets et 2500/3000 euros pour le séjour. Je ne compte pas m'arrêter dans un hôtel et glandouiller, je pensais descendre à Fairbanks, puis un train touristique jusqu'au Denali park, là, ballade dans les environs et si possible ascension du Mont McKinley (enfin bon je ne suis pas alpiniste non plus, mais si je peux trouver un petit passage de randonnée sympa...) Puis, Encore le train direction Anchorage pour refaire le plein de repos/nourriture/soins/matériel et là, train ou avion ou bateau (?) direction le Kimtai nat'l Park, avec ascension du Mont Kimtaï.
Trouvez-vous ce projet sérieux pour la période et le budget que j'ai indiqué? Où dormir dans la nature? Ya-t-il des gites ou refuges dans les parcs nationaux? Dois-je vraiment faire attention aux ours dans le Kimtaï et comment m'en protéger?
Merci d'avance pour toutes vos réponses!😉
Voila, je suis étudiant, je compte économiser toute l'année et partir en Alaska cet été pour un séjour de 3 semaines à un mois environ du 15 août au 15 septembre. Je prévois un budget de 1000/1500 euros pour les billets et 2500/3000 euros pour le séjour. Je ne compte pas m'arrêter dans un hôtel et glandouiller, je pensais descendre à Fairbanks, puis un train touristique jusqu'au Denali park, là, ballade dans les environs et si possible ascension du Mont McKinley (enfin bon je ne suis pas alpiniste non plus, mais si je peux trouver un petit passage de randonnée sympa...) Puis, Encore le train direction Anchorage pour refaire le plein de repos/nourriture/soins/matériel et là, train ou avion ou bateau (?) direction le Kimtai nat'l Park, avec ascension du Mont Kimtaï.
Trouvez-vous ce projet sérieux pour la période et le budget que j'ai indiqué? Où dormir dans la nature? Ya-t-il des gites ou refuges dans les parcs nationaux? Dois-je vraiment faire attention aux ours dans le Kimtaï et comment m'en protéger?
Merci d'avance pour toutes vos réponses!😉
Découvrir Bangkok autrement? English translation pending
Quels endroits me conseillez-vous pour decouvrir Bangkok "autrement" ?
J' entends par la: autre chose que le Grand Palais, le Wat Pho, le Wat Arun ou la Maison de Thomsom (des sites tres interessants mais que je connais deja, enfin un peu...).
Je suis deja venu plusieurs fois dans cette ville qui m' intrigue toujours un peu plus, et que je souhaiterai "approfondir" en une dizaine de jours, voire plus si necessaire...
Chers amis expatries ou simples "amoureux bangkokiens", j' attends vos coups de coeur, vos quartiers insolites, pour y passer quelques minutes ou un apres-midi...
merci d' avance
Namaste
J' entends par la: autre chose que le Grand Palais, le Wat Pho, le Wat Arun ou la Maison de Thomsom (des sites tres interessants mais que je connais deja, enfin un peu...).
Je suis deja venu plusieurs fois dans cette ville qui m' intrigue toujours un peu plus, et que je souhaiterai "approfondir" en une dizaine de jours, voire plus si necessaire...
Chers amis expatries ou simples "amoureux bangkokiens", j' attends vos coups de coeur, vos quartiers insolites, pour y passer quelques minutes ou un apres-midi...
merci d' avance
Namaste