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Kerala: bienfaits d'une cure ayurvédique English translation pending
Bonjour,
je pars en juin dans le Kérala afin de découvrir les bienfaits d'une cure en médecine ayurvédique durant 15 jours et aussi pour explorer les backwaters quelques jours.
Si vous pouvez m'offrir des commentaires, adresses ou conseils, sur l'un ou l'autre de mes projets, je vous en remercie d'avance.
Cordialement, Corinne
je pars en juin dans le Kérala afin de découvrir les bienfaits d'une cure en médecine ayurvédique durant 15 jours et aussi pour explorer les backwaters quelques jours.
Si vous pouvez m'offrir des commentaires, adresses ou conseils, sur l'un ou l'autre de mes projets, je vous en remercie d'avance.
Cordialement, Corinne
Lettre d'invitation pour un couple d'amis iraniens qui désire aller en France English translation pending
Bonsoir,
Un couple d'amis iraniens me demande une "lettre d'invitation" pour obtenir un visa pour un voyage de 2 semaines en France l'été prochain. A priori, c'est le même système que dans le sens "Français désirant se rendre en Iran".
Quelles démarches dois-je effectuer? Où aller et avec quelles pièces?
Merci de vos contributions
Un couple d'amis iraniens me demande une "lettre d'invitation" pour obtenir un visa pour un voyage de 2 semaines en France l'été prochain. A priori, c'est le même système que dans le sens "Français désirant se rendre en Iran".
Quelles démarches dois-je effectuer? Où aller et avec quelles pièces?
Merci de vos contributions
Internet à Cuba English translation pending
Quelques informations sur internet à Cuba (début 2008). Merci de les compléter.
- Contrairement à certaines idées, il est très possible à Cuba, de connecter un PC, portable ou non, sur internet. Pour les touristes comme pour les Cubains.
- Le Gouvernement proclame qu’il veut promouvoir l’accès d’internet à la population, mais en fait limite au maximum son utilisation pratique. Cependant malins comme ils sont, beaucoup de Cubains se débrouillent pour se brancher sur internet depuis le téléphone de leur domicile. La plupart de mes amis cubains sont « branchés ».
- Tous les accès à internet passent par un seul serveur national. Donc tout peut être contrôlé au moyen de programmes qui ciblent certains mots clés. Mais quand on a rien à cacher...
- L’accès officiel à internet est accordé sans autre, aux entreprises, lieux touristiques et résidents étrangers. Le coût minimum est de 30 CUC par mois pour 30 heures d’utilisation. Chaque accès peut être atteint par au moins deux numéros de téléphone. D’où la prolifération des branchements de complaisance chez les particuliers.
- La vitesse de transmission est lente : 53 Kbps ! Quand on est habitué aux vitesses ADSL, on devient fou. Cette lenteur de transmission est cependant convenable pour le courrier électronique, les consultations diverses (Google), mais insuffisante pour des mises à jours et gros fichiers. C’est mieux que rien !
- La plupart des hôtels de La Havane ont un accès WI depuis leur lobby. Accessible au moyen d’une carte. Dans le reste de l’île, c’est une autre histoire.
- Le Cubain moyen qui ne dispose pas d’un ordinateur et d’un accès à internet, peut utiliser le service de correodecuba, dans les bureaux de poste du pays, pour un à deux CUC par heure. Chaque Cubain peut ouvrir son compte de courrier. Mais seul l’envoi et la réception de mails est possible. Internet… interniet niet. Le gros problème consiste aux files d’attente avant d’avoir accès à un ordinateur, souvent en panne de surcroit. Deux à trois heures de queue pour un ou deux mails. Il faut avoir une patience de Cubain, due à une longue expérience, pour le supporter. Quand je reçois un mail de ma copine, je sais ce qu’elle a du endurer pour me l’envoyer. Ce qui rend son mail encore plus précieux.
- Il n’est pas possible depuis un ordinateur à Cuba ou à l’étranger, de consulter la messagerie sur xxx@correodecuba.cu ou d’ouvrir un compte. C’est pourquoi, il est bon d’ouvrir des comptes sur hotmail par exemple, depuis l’Europe, à vos amis cubains disposant d’un PC et d’un accès. Ils pourront ainsi facilement communiquer avec vous et se brancher sur internet depuis leur domicile ou par WI.
Les raisons de ces restrictions gouvernementales sont simples : empêcher l’information générale, filtrée par la presse et la télévision officielle depuis bientôt 50 ans. Et surtout, mais ne le dites à personne, pour empêcher l’invasion de photos et video X, dont les Cubains sont si friands. L’attrait du fruit défendu ! On peut espérer que le nouveau gouvernement prenne les mesures nécessaires pour permettre, au XXIème siècle, à sa population un libre accès à internet.
Les raisons de ces restrictions gouvernementales sont simples : empêcher l’information générale, filtrée par la presse et la télévision officielle depuis bientôt 50 ans. Et surtout, mais ne le dites à personne, pour empêcher l’invasion de photos et video X, dont les Cubains sont si friands. L’attrait du fruit défendu ! On peut espérer que le nouveau gouvernement prenne les mesures nécessaires pour permettre, au XXIème siècle, à sa population un libre accès à internet.
Emploi d'été dans l'Okanagan (Canada) English translation pending
Bonjour,
Je part pour Toronto le 9 Juin afin de trouver un emploi saisonier dans la région de l'Okanagan. Je précie que je part sans permis de travail juste avec mon passeport. En somme qui ne tente rien n'a rien !
Je recherche des compagnons de route donc faite moi signe !
Je part pour Toronto le 9 Juin afin de trouver un emploi saisonier dans la région de l'Okanagan. Je précie que je part sans permis de travail juste avec mon passeport. En somme qui ne tente rien n'a rien !
Je recherche des compagnons de route donc faite moi signe !
Voyage d'étude dans l'Okanagan (Canada) English translation pending
Bonjour,
Je suis étudiant en France, et cet été (juin et juillet 2008) je réalise un voyage-étude sur le thème des travailleurs saisonniers de la vallée de l'Okanagan.
Je souhaiterais entrer en contact avec des personnes ayant pour projet de partir dans l'Okanagan cet été ou ayant déjà fait ce voyage. Je serais très intéressé par vos témoignages.
Aussi, j'aimerais trouver un groupe de Montréalais sympa avec qui faire le voyage en bus jusqu'en BC vers la mi-juin.
N'hésitez pas à me contacter par message perso Merci
Je souhaiterais entrer en contact avec des personnes ayant pour projet de partir dans l'Okanagan cet été ou ayant déjà fait ce voyage. Je serais très intéressé par vos témoignages.
Aussi, j'aimerais trouver un groupe de Montréalais sympa avec qui faire le voyage en bus jusqu'en BC vers la mi-juin.
N'hésitez pas à me contacter par message perso Merci
Cuba: envoyer des courriels de l'hôtel vers le Québec? English translation pending
Est-ce possible d'envoyer des courriels directement de notre hotel de Varadéro vers le Québec
Merci j'attends vos réponses le plus rapidement possible car je part jeudi le 25 pour Varadéro,
Acheter des billets de bateau pour l'Algérie English translation pending
bonjour je suis a la recherche de billiet de bateau pour annaba algérie pas trop chére merci si vous avais des cite merci
Envoyer un colis à Manille (Philippines) English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais envoyer un colis aux philippines, et je me demandais quel était le moyen le plus sûr. J'ai cru comprendre que les pertes étaient assez fréquentes, et qu'il pouvait également y avoit des frais à la réception pour le destinataire (??) voir également une taxe selon la nature du colis.
Le colis doit peser environ 1 kilo. Il ne possède pas d'objets de "valeur", mais un grand album photo sur lequel j'ai passé du temps (ainsi qu'un cd). Le destinataire vit à malate (manille). J'ai pensé à l'envoyer par la poste en recommendé AR, mais je doute que ça change quelque chose pour un tel envoi.
Merci d'avance ;)
Yoga et ashrams dans le nord de l'Inde English translation pending
Bonjour,
Je me suis mis dans la tête de partir en Inde et la seule chose que je veux être sûre de faire a priori c'est du yoga, pour le reste je veux juste voire venir et me laisser surprendre. Je suis novice dans cette discipline mais j'aime ça. On m'a dit qu'on pouvait vivre dans des ashrames pendant plusieurs jours du côté de Rishikesh et aussi dans le Gujarat et qu'on pouvait facilement y avoir une pratique quotidienne du yoga. quelqu'un a-t-il des adresses à me donner, dans le gujarat, le Rajastan, l'Uttaranchal et/ou le Ladakh?
C'est par là que je compte aller de début juillet à fin Aout ou de mi-juillet à mi-septembre ( je n'ai pas décidé!)
Pendant une partie de mon séjour là-bas je serai en compagnie de mon fils qui a 10ans, sinon j'y serai seule. Si vous avez des conseils par rapport au climat, au meilleur parcours entre ces régions (dans quel sens ce serait le plus intelligent d'envisager mon parcours par exemple...) vos conseils sont les bienvenus!
Merci;
Merci;
Le Sud et l'Est du Cambodge English translation pending
Bonjour à tous,
Je recherche des informations concernant les alentours des villes suivantes :
Kampot : sur les plantations de poivriers, d'hévéa, et de fruitiers : peut on les visiter, si oui, lesquelles ? Que peut on faire d'autres ? où dormir ?
Kep : que peut on y faire ?, Les îles sont elles visitables et peut on y dormir et y passer deux jours ? où dormir ?
Ile du Lapin : comment s'y rendre ? peut on y dormir ? où dormir ?
Ile de la soie (Koh dach) : comment s'y rendre ?
Takeo : qui y-t-a il à faire ? où dormir ?
Sihanoukville : allez sur quelle plage, où dormir ?
Katrie : à part les dauphins, peut on visiter les plantations d'hévéa ? où dormir ? Peut on faire une balade sur le méhong en retournant vers phnom penh ?
Est il possible de voir la récolte du sucre de palme et sa transformation ?
Désolé cela fait beaucoup à la fois, mais le départ aproche de plus en plus et l'on est pas près, manque quelques informations.
Merci d'avance de vos réponse.
Sincères salutations Kati et Jean-Bernard
Je recherche des informations concernant les alentours des villes suivantes :
Kampot : sur les plantations de poivriers, d'hévéa, et de fruitiers : peut on les visiter, si oui, lesquelles ? Que peut on faire d'autres ? où dormir ?
Kep : que peut on y faire ?, Les îles sont elles visitables et peut on y dormir et y passer deux jours ? où dormir ?
Ile du Lapin : comment s'y rendre ? peut on y dormir ? où dormir ?
Ile de la soie (Koh dach) : comment s'y rendre ?
Takeo : qui y-t-a il à faire ? où dormir ?
Sihanoukville : allez sur quelle plage, où dormir ?
Katrie : à part les dauphins, peut on visiter les plantations d'hévéa ? où dormir ? Peut on faire une balade sur le méhong en retournant vers phnom penh ?
Est il possible de voir la récolte du sucre de palme et sa transformation ?
Désolé cela fait beaucoup à la fois, mais le départ aproche de plus en plus et l'on est pas près, manque quelques informations.
Merci d'avance de vos réponse.
Sincères salutations Kati et Jean-Bernard
Trek magazine lance une pétition pour l'annulation du Dakar 2009 English translation pending
Bonjour à tous,
Je souhaitais diffuser auprès de la communauté des trekkeurs notre initiative pour réclamer l'annulation du Dakar 2009. Merci de relayer cette information si vous la jugez pertinente. (Peut-être pourrait-elle être diffusée sur d'autres rubriques du forum, j'attends vos suggestions).
Merci par avance pour votre soutien, Cordialement, Anthony Nicolazzi Administrateur http://www.trekmag.com Non au Dakar 2009
Le Dakar, c’est ringard. 30 ans, ça suffit ! Annulé à la suite des événements dramatiques de fin 2007 sur le territoire mauritanien, le Dakar 2008 aurait dû célébrer la trentième édition du plus grand rallye au monde. Confronté à une situation géopolitique africaine qui avait progressivement rogné l’espace vital de l’épreuve, l’organisateur Amaury Sport Organisation (ASO) a décidé de déplacer l’édition 2009 sur le territoire sud-américain. Le départ et l’arrivée s’effectueront sur Buenos Aires, et le parcours de 9000 km comptera 6000 km de spéciales à travers l’Argentine et le Chili, via le désert d’Atacama.
Sauvons l’Atacama Situé à plus de 4000 m d’altitude, le désert Atacama est très vulnérable. Avec moins de 100 mm de pluie par an, c’est un désert hyper aride, où la croissance des plantes est extrêmement lente et où l’existence même de la vie est un défi permanent. Dans ce contexte, la subsistance des populations locales est rendue particulièrement difficile et faire courir une telle épreuve dans l’Atacama serait simplement inapproprié. Sans même parler des risques de destruction inéluctable de nombreux sites archéologiques, dont certains datent de 12 000 ans.
Pourquoi il faut arrêter le Dakar ! À l’heure où tous les pays du monde tentent de s’entendre sur les accords de Kyoto, les pays industrialisés se doivent de transmettre un autre message que celui d’une débauche de moyens, qui s’apparente de plus en plus à un gâchis inadmissible. Refuser le Dakar 2009, c’est crier haut et fort que le rallye ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle et à l’image que nous souhaitons transmettre des sociétés occidentales. Refuser le Dakar, c’est défendre des valeurs humaines et environnementales dans lesquelles doivent désormais s’inscrire nos modes de vie.
Pour signer la pétition, c'est par ici : http://www.trekmag.com/News/273-non-au-dakar-2009.html
Les rédactions de Trek magazine et de Montagnes magazine
Merci par avance pour votre soutien, Cordialement, Anthony Nicolazzi Administrateur http://www.trekmag.com Non au Dakar 2009
Le Dakar, c’est ringard. 30 ans, ça suffit ! Annulé à la suite des événements dramatiques de fin 2007 sur le territoire mauritanien, le Dakar 2008 aurait dû célébrer la trentième édition du plus grand rallye au monde. Confronté à une situation géopolitique africaine qui avait progressivement rogné l’espace vital de l’épreuve, l’organisateur Amaury Sport Organisation (ASO) a décidé de déplacer l’édition 2009 sur le territoire sud-américain. Le départ et l’arrivée s’effectueront sur Buenos Aires, et le parcours de 9000 km comptera 6000 km de spéciales à travers l’Argentine et le Chili, via le désert d’Atacama.
Sauvons l’Atacama Situé à plus de 4000 m d’altitude, le désert Atacama est très vulnérable. Avec moins de 100 mm de pluie par an, c’est un désert hyper aride, où la croissance des plantes est extrêmement lente et où l’existence même de la vie est un défi permanent. Dans ce contexte, la subsistance des populations locales est rendue particulièrement difficile et faire courir une telle épreuve dans l’Atacama serait simplement inapproprié. Sans même parler des risques de destruction inéluctable de nombreux sites archéologiques, dont certains datent de 12 000 ans.
Pourquoi il faut arrêter le Dakar ! À l’heure où tous les pays du monde tentent de s’entendre sur les accords de Kyoto, les pays industrialisés se doivent de transmettre un autre message que celui d’une débauche de moyens, qui s’apparente de plus en plus à un gâchis inadmissible. Refuser le Dakar 2009, c’est crier haut et fort que le rallye ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle et à l’image que nous souhaitons transmettre des sociétés occidentales. Refuser le Dakar, c’est défendre des valeurs humaines et environnementales dans lesquelles doivent désormais s’inscrire nos modes de vie.
Pour signer la pétition, c'est par ici : http://www.trekmag.com/News/273-non-au-dakar-2009.html
Les rédactions de Trek magazine et de Montagnes magazine
L'Istrie et la Croatie en août English translation pending
Bonjour,
Nous envisageons de partir en Croatie début août, pour profiter de la mer une semaine après un séjour dans les dolomites. Notre idée est d'aller au plus près, c'est à dire l'Istrie, pour ne pas faire trop de voiture pour 1 semaine. je ne connais pas du tout l'Istrie (ni même la croatie d'ailleurs). Evidemment on est en pleine saison, il y aura du monde. Est-il quand même possible de trouver un endroit pas trop bétonné, où on peut être un peu tranquille dans la nature, et profiter de la mer ?
Qui connait l'Istrie et peut me conseiller ? Merci d'avance !
Nous envisageons de partir en Croatie début août, pour profiter de la mer une semaine après un séjour dans les dolomites. Notre idée est d'aller au plus près, c'est à dire l'Istrie, pour ne pas faire trop de voiture pour 1 semaine. je ne connais pas du tout l'Istrie (ni même la croatie d'ailleurs). Evidemment on est en pleine saison, il y aura du monde. Est-il quand même possible de trouver un endroit pas trop bétonné, où on peut être un peu tranquille dans la nature, et profiter de la mer ?
Qui connait l'Istrie et peut me conseiller ? Merci d'avance !
Équipement de plongée en apnée disponible à l'hôtel Sol Rio de Luna y Mares? English translation pending
Bonjour a vous tous, 😉
je pars pour le sol rio luna y mares a guardalavaca, et je me demandais si il est possible de louer des ceintures de plomb pour faire de l apnee a leur centre de plongee. Merci de vos reponse.
(Desole pour les accents, mon clavier est mal configure et je ne sais pas comment le changer.)
je pars pour le sol rio luna y mares a guardalavaca, et je me demandais si il est possible de louer des ceintures de plomb pour faire de l apnee a leur centre de plongee. Merci de vos reponse.
(Desole pour les accents, mon clavier est mal configure et je ne sais pas comment le changer.)
Faire un tour au Maroc avec un petit budget English translation pending
😇Salut je suis samir agé de 22ans
J'aimerai savoir si il y a qu'elle qu'un qui veux fair un voyage au sud du maroc en passent par merlift; guelmime le porte de sahara; marrakech; puix ouarzazate zagora; boumalne; er-rachidia; fes; chawane; et tange.
Mon plans c'est de voyagé avec un grand nomdre des jeunes entre 18 et 26ans de tous pays pour avoir un échanges du culture. Qu'est ce que vous en pensez svp?J'ai besion de vous idées svpmerçi- 😉
J'aimerai savoir si il y a qu'elle qu'un qui veux fair un voyage au sud du maroc en passent par merlift; guelmime le porte de sahara; marrakech; puix ouarzazate zagora; boumalne; er-rachidia; fes; chawane; et tange.
Mon plans c'est de voyagé avec un grand nomdre des jeunes entre 18 et 26ans de tous pays pour avoir un échanges du culture. Qu'est ce que vous en pensez svp?J'ai besion de vous idées svpmerçi- 😉
Connexions internet au Gabon et sécurité de l'ordinateur English translation pending
Bonjour à tous,
Ma compagne part pendant 1 mois pour enseigner dans une école à Libreville vers la fin du mois de janvier. J'aimerai me joindre à son séjour mais je vais devoir bosser un minimum. Pour cela j'ai uniquement besoin d'une connexion Internet pour connecter mon ordi portable. Est ce qu'on peut trouver des cafés Internet facilement à Libreville ? Avez-vous une idée des prix ? Je ne sais pas vraiment si je pourrai travailler efficacement dans un café mais je n'ai pas trop d'autres idées sur ou aller; étant donné les prix dont tout le monde parle sur le forum je pense qu'au niveau logement ce ne sera pas sur du grand luxe, du coup je n'espère pas grand chose de ce coté la... Des idées ?
Dans un deuxième temps on va vadrouiller un peu dans le pays, (quand même !). Y a t il des lieux ou l'on peut mettre des objets en sécurité, en l'occurrence un ordinateur ? J'ai deja expérimenté des consignes d'aéroport dans certains pays (sri lanka, vietnam...) et c'est vrai que j'ose espéré une solution un peu plus sûre qu'un tat de sacs étiquetés dans une pièce derrière un comptoir. Toute info sera bonne à prendre...
Merci d'avance
Ma compagne part pendant 1 mois pour enseigner dans une école à Libreville vers la fin du mois de janvier. J'aimerai me joindre à son séjour mais je vais devoir bosser un minimum. Pour cela j'ai uniquement besoin d'une connexion Internet pour connecter mon ordi portable. Est ce qu'on peut trouver des cafés Internet facilement à Libreville ? Avez-vous une idée des prix ? Je ne sais pas vraiment si je pourrai travailler efficacement dans un café mais je n'ai pas trop d'autres idées sur ou aller; étant donné les prix dont tout le monde parle sur le forum je pense qu'au niveau logement ce ne sera pas sur du grand luxe, du coup je n'espère pas grand chose de ce coté la... Des idées ?
Dans un deuxième temps on va vadrouiller un peu dans le pays, (quand même !). Y a t il des lieux ou l'on peut mettre des objets en sécurité, en l'occurrence un ordinateur ? J'ai deja expérimenté des consignes d'aéroport dans certains pays (sri lanka, vietnam...) et c'est vrai que j'ose espéré une solution un peu plus sûre qu'un tat de sacs étiquetés dans une pièce derrière un comptoir. Toute info sera bonne à prendre...
Merci d'avance
Sites web pour trouver des appartements à Bangkok? English translation pending
Salut à tous,
J'habite déjà à Bangkok, mais je veux déménager car je cherche à me rapprocher du centre et de mon lieu de travail (Siam). Je me demandais si vous ne connaissiez pas de bons sites web pour consulter des offres. J'en connais déjà quelques-uns, mais plus on consulte d'offres, meilleures sont les chances de dénicher le parfait petit nid.
En gros, je cherche un studio ou appartement 1 pièce, 30 mètres carrés et plus, meublé, pas loin du BTS pour moins de 14 000 bahts par mois. Je sais que ce n'ai pas facile, mais ça existe.
Merci!
J'habite déjà à Bangkok, mais je veux déménager car je cherche à me rapprocher du centre et de mon lieu de travail (Siam). Je me demandais si vous ne connaissiez pas de bons sites web pour consulter des offres. J'en connais déjà quelques-uns, mais plus on consulte d'offres, meilleures sont les chances de dénicher le parfait petit nid.
En gros, je cherche un studio ou appartement 1 pièce, 30 mètres carrés et plus, meublé, pas loin du BTS pour moins de 14 000 bahts par mois. Je sais que ce n'ai pas facile, mais ça existe.
Merci!
Nouvelles manifestations en Birmanie (31 octobre 2007) English translation pending
source : Nouvel Obs à 10h37
BIRMANIE Une centaine de moines manifestent en Birmanie NOUVELOBS.COM | 31.10.2007 | 10:37 Cette manifestation, qui s'est déroulée dans le nord du pays, est la première depuis la répression de la junte.
Des manifestants le 26 septembre dernier (AP) Pour la première fois depuis la répression organisée par la junte militaire sur les manifestations pour la démocratie, plus d'une centaine de moines bouddhistes se sont rassemblés pendant près d'une heure mercredi 31 octobre pour une marche pacifique dans le nord de la Birmanie, ont annoncé deux moines.
Durant leur marche dans la ville de Pakokku, les moines n'ont pas scandé de slogans ou fait de déclaration politique mais cette ville a été le théâtre de plusieurs manifestations conduites par les moines le mois dernier et au cours desquelles les soldats birmans ont ouvert le feu lors de la répression des 26 et 27 septembre derniers.
Sans incident
Les moines ont entamé leur marche à la pagode de Shwegu de Pakokku, un centre bouddhiste majeur abritant plus de 80 monastères et situé à 630km au nord-ouest de Rangoon, la capitale commerciale du pays. Ils ont marché pendant près d'une heure en psalmodiant des prières bouddhistes sans aucun incident avant de rentrer dans leurs monastères respectifs, ont précisé deux moines interrogés au téléphone. (avec AP)
BIRMANIE Une centaine de moines manifestent en Birmanie NOUVELOBS.COM | 31.10.2007 | 10:37 Cette manifestation, qui s'est déroulée dans le nord du pays, est la première depuis la répression de la junte.
Des manifestants le 26 septembre dernier (AP) Pour la première fois depuis la répression organisée par la junte militaire sur les manifestations pour la démocratie, plus d'une centaine de moines bouddhistes se sont rassemblés pendant près d'une heure mercredi 31 octobre pour une marche pacifique dans le nord de la Birmanie, ont annoncé deux moines.
Durant leur marche dans la ville de Pakokku, les moines n'ont pas scandé de slogans ou fait de déclaration politique mais cette ville a été le théâtre de plusieurs manifestations conduites par les moines le mois dernier et au cours desquelles les soldats birmans ont ouvert le feu lors de la répression des 26 et 27 septembre derniers.Sans incident
Les moines ont entamé leur marche à la pagode de Shwegu de Pakokku, un centre bouddhiste majeur abritant plus de 80 monastères et situé à 630km au nord-ouest de Rangoon, la capitale commerciale du pays. Ils ont marché pendant près d'une heure en psalmodiant des prières bouddhistes sans aucun incident avant de rentrer dans leurs monastères respectifs, ont précisé deux moines interrogés au téléphone. (avec AP)
Longueur des étapes au parc Torres del Paine (Chili) English translation pending
Bonjour, je cherche quelqu'un qui aurait fait l'étape Refuge Dickson-Refuge Grey (dans ce sens). Le dépliant de la Conaf annonce 15 heures. 15 heures pour un marcheur du dimanche ou pour un guide de haute-montagne ? Sans appartenir à cette catégorie, ma femme et moi sommes néanmoins ce qu'on appelle des "marcheurs énervés".
En fait, notre souci est d'aller de refuge en refuge (la tente en Patagonie je préfère éviter, vues les conditions atmosphériques très changeantes) et entre Dickson et Grey il n'y en a pas.
Merci de me répondre.
Stéphane
Stéphane
Panasonic FZ18 ou Olympus SP-550UZ? English translation pending
Bojour à tous,
Je pars en vélo en mongolie début février et je voudrais remplacer mon petit coolpix 3200 pour qqch d'un peu plus performant. Je pars sur un bridge pour son zoom, ses règlages possibles son encombrement relatif et la visée "optique"
2 apareils me laissent hésiter, ils sont équivalents dans leurs focales(28-504), encombrement relativement faible(115x75x78 à peu près). Le FZ18 : Avantages: TRES bonnes critiques sur les forums Carte SD Inconvénients:Prix : 410€Batterie Li-Ion (je préférais des piles pour en trouver dans tous les pays en cas de pb de charge de batterie) Le SP-550UZ Avantages: Prix : 310€ 4 Accus rechargeables AA Inconvénients: Carte XD Critiques moyennes sur les forums (apparemment le mode auto n'est pas top et il faut "trouver" les reglages, chose que je n'aurai surement pas tjrs le temps de faire pour des photos "à la vollée" Apparemment une certaine lenteur (3s d'allumage et tps de lattence entre les prises)
Merci de vos conseils ou expériences francois
Je pars en vélo en mongolie début février et je voudrais remplacer mon petit coolpix 3200 pour qqch d'un peu plus performant. Je pars sur un bridge pour son zoom, ses règlages possibles son encombrement relatif et la visée "optique"
2 apareils me laissent hésiter, ils sont équivalents dans leurs focales(28-504), encombrement relativement faible(115x75x78 à peu près). Le FZ18 : Avantages: TRES bonnes critiques sur les forums Carte SD Inconvénients:Prix : 410€Batterie Li-Ion (je préférais des piles pour en trouver dans tous les pays en cas de pb de charge de batterie) Le SP-550UZ Avantages: Prix : 310€ 4 Accus rechargeables AA Inconvénients: Carte XD Critiques moyennes sur les forums (apparemment le mode auto n'est pas top et il faut "trouver" les reglages, chose que je n'aurai surement pas tjrs le temps de faire pour des photos "à la vollée" Apparemment une certaine lenteur (3s d'allumage et tps de lattence entre les prises)
Merci de vos conseils ou expériences francois
Travailler à Londres pour l'été English translation pending
Voila je me presente vite fait Jérémy de La Rochelle, Lycéen en 1ere.
Avec des amis de ma tranche d'age 18-19 nous voudrions partir a Londre pour amélioré notre anglais sans avoir a payer enormement de frais (nous sommes lycéen).
On a entendu parler de plusieur organisme qui nous aide a trouver un logement et un job sur place. Des entreprise comme Londonjob ou bien GlobalGap.
Nous voudrions partir 1mois ou 2 en collocation nous somme 3-4. Nous serons tous majeurs pour l'été prochain.
Je voudrais savoir si des personnes sont parti a londres qui on notre age (ou qui l'on eu) et comment ils sont fait. Avez-vous prit l'aide de certaine entreprise comme LJ ou GG.
Si vous etes parti seul ou a plusieur sans ces entreprises comment avez fait ? Des conseils a nous donner ?
Je sais que nous ne somme quand Septembre et que lété est dans un moment, mais nous avons peur, nous ne roulons pas sur l'or et nous ne voulons surtout pas allé la bas et nous retrouver a tous payer et se retrouver dans des situations de problemes d'argents ou de logement.
Donc voila je voudrais avoir des infos sur les marches a suivre si on ne prend pas ces entreprises, et qu'elle probleme il pourrais nous arrivez avec ces entreprise, ou bien quelle entreprises prendre.
Voila jespere que je ne vous derange pas trop et merci d'avance pour vos reponses et conseils.
Avec des amis de ma tranche d'age 18-19 nous voudrions partir a Londre pour amélioré notre anglais sans avoir a payer enormement de frais (nous sommes lycéen).
On a entendu parler de plusieur organisme qui nous aide a trouver un logement et un job sur place. Des entreprise comme Londonjob ou bien GlobalGap.
Nous voudrions partir 1mois ou 2 en collocation nous somme 3-4. Nous serons tous majeurs pour l'été prochain.
Je voudrais savoir si des personnes sont parti a londres qui on notre age (ou qui l'on eu) et comment ils sont fait. Avez-vous prit l'aide de certaine entreprise comme LJ ou GG.
Si vous etes parti seul ou a plusieur sans ces entreprises comment avez fait ? Des conseils a nous donner ?
Je sais que nous ne somme quand Septembre et que lété est dans un moment, mais nous avons peur, nous ne roulons pas sur l'or et nous ne voulons surtout pas allé la bas et nous retrouver a tous payer et se retrouver dans des situations de problemes d'argents ou de logement.
Donc voila je voudrais avoir des infos sur les marches a suivre si on ne prend pas ces entreprises, et qu'elle probleme il pourrais nous arrivez avec ces entreprise, ou bien quelle entreprises prendre.
Voila jespere que je ne vous derange pas trop et merci d'avance pour vos reponses et conseils.
Cuba: nouvelles de Fidel Castro (22 septembre 2007) English translation pending
merci de ne pas démarrer une controverse, juste quelques nouvelles d' un vieil homme qui, quelque part, s'identifie avec une nation de 12.000.000 d'habitants--
Fidel Castro apparaît affaibli mais lucide dans un entretien télévisé
F idel Castro a fait vendredi sa première réapparition télévisée depuis plus de trois mois, mettant ainsi un terme aux rumeurs les plus alarmistes sur son état de santé, mais livrant l'image d'un vieillard affaibli en dépit d'une évidente lucidité.
La rumeur dit que "oui, il est moribond, oui, il est mort, que si, il mourra demain. Bien, je suis là (...), personne ne sait quel jour il va mourir", a conclu le président cubain au terme d'une heure d'un entretien --enregistré dans l'après-midi et diffusé peu après-- avec le journaliste-vedette cubain Randy Alonso.
Assis dans un fauteuil depuis l'hôpital non identifié où il est soigné, vêtu de son survêtement Adidas bleu, blanc et rouge brodé à son nom, le président cubain, 81 ans, est apparu toutefois amaigri et plutôt légèrement affaibli par rapport à sa dernière prestation du 5 juin, s'exprimant d'une voix lente avec des pauses, mais avec lucidité.
Hormis son allusion aux rumeurs, Fidel Castro n'a à aucun moment évoqué ses problèmes de santé, et encore moins son éventuel retour au pouvoir. Son propos s'est concentré sur ses lectures récentes, les mémoires d'acteurs de la guerre froide --dont lui-même est l'une des dernières figures majeures-- tels Ronald Reagan ou Margareth Thatcher, avec une importance particulière accordée à celles de l'ancien président de la Réserve fédérale américain Alan Greenspan.
"Leurs auteurs deviennent millionaires !", a-t-il commenté à leur propos, exhibant leurs livres et s'attardant sur leurs prix. Il a accusé au passage les Etats-Unis de financer la campagne présidentielle avec "du papier sans garantie" en raison du décrochage du dollar avec l'or. "Hier (l'euro) est monté à 1, 41 (dollar) et le pétrole a atteint, je crois, quelque 84 dollars le barril. Avant, la tonne, je me rappelle, coûtait autour de 15 à 16 dollars, pas le barril, qui coûtait deux dollars ou moins", a-t-il observé, confirmant ainsi qu'il "suivait" toujours de
près l'actualité.
Opération de communication, la prestation du président cubain était visiblement destinée à dissiper les rumeurs qui courent depuis des semaines sur son état, dont certaines l'ont donné pour mort ou mourant. Fidel Castro n'avait fait parvenir aucun message, photo ou vidéo de lui pour la fête nationale du 26 juillet ou ses 81 ans le 13 août.
Insistante, une rumeur a fait état d'une rechute liée à une infection ayant nécessité une nouvelle opération aux alentours de la mi-août. Le président vénézuélien Hugo Chavez, surnommé son "porte-parole médical" en raison de sa proximité avec Fidel Castro, a révélé vendredi depuis le Brésil qu'il avait été "sur le point de mourir" --sans préciser quand-- et avait dû subir plusieurs transfusions.
"Ils lui ont fait je ne sais combien de transfusions pour l'équivalent du sang qu'il a perdu; ils lui ont changé tout son sang", a-t-il déclaré. "Une opération, deux opérations,
trois opérations, 81 ans, imaginez: il était presque mort", a ajouté Hugo Chavez.
Le président cubain a toutefois maintenu son activité de "chroniqueur", faisant publier dans la presse officielle ses "réflexions" sur l'actualité, au nombre de 45 depuis la première le 29 mars. Sa dernière "disparition" médiatique avait été la plus longue depuis le début de sa crise de santé et sa première opération le 27 juillet l'an dernier, des suites d'une grave hémorragie intestinale qui l'a conduit à céder le pouvoir à son frère Raul, en principe provisoirement.
Dans un rare commentaire de responsable cubain sur sa santé, le vice-président Carlos Lage avait déclaré quelques heures avant vendredi: "Fidel poursuit son rétablissement, un rétablissement fécond comme nous pouvoir tous le voir dans la presse". Le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, avait renchéri en assurant qu'il "participait aux principales décisions du pays sur lesquelles il est consulté".
F idel Castro a fait vendredi sa première réapparition télévisée depuis plus de trois mois, mettant ainsi un terme aux rumeurs les plus alarmistes sur son état de santé, mais livrant l'image d'un vieillard affaibli en dépit d'une évidente lucidité.
La rumeur dit que "oui, il est moribond, oui, il est mort, que si, il mourra demain. Bien, je suis là (...), personne ne sait quel jour il va mourir", a conclu le président cubain au terme d'une heure d'un entretien --enregistré dans l'après-midi et diffusé peu après-- avec le journaliste-vedette cubain Randy Alonso.
Assis dans un fauteuil depuis l'hôpital non identifié où il est soigné, vêtu de son survêtement Adidas bleu, blanc et rouge brodé à son nom, le président cubain, 81 ans, est apparu toutefois amaigri et plutôt légèrement affaibli par rapport à sa dernière prestation du 5 juin, s'exprimant d'une voix lente avec des pauses, mais avec lucidité.
Hormis son allusion aux rumeurs, Fidel Castro n'a à aucun moment évoqué ses problèmes de santé, et encore moins son éventuel retour au pouvoir. Son propos s'est concentré sur ses lectures récentes, les mémoires d'acteurs de la guerre froide --dont lui-même est l'une des dernières figures majeures-- tels Ronald Reagan ou Margareth Thatcher, avec une importance particulière accordée à celles de l'ancien président de la Réserve fédérale américain Alan Greenspan.
"Leurs auteurs deviennent millionaires !", a-t-il commenté à leur propos, exhibant leurs livres et s'attardant sur leurs prix. Il a accusé au passage les Etats-Unis de financer la campagne présidentielle avec "du papier sans garantie" en raison du décrochage du dollar avec l'or. "Hier (l'euro) est monté à 1, 41 (dollar) et le pétrole a atteint, je crois, quelque 84 dollars le barril. Avant, la tonne, je me rappelle, coûtait autour de 15 à 16 dollars, pas le barril, qui coûtait deux dollars ou moins", a-t-il observé, confirmant ainsi qu'il "suivait" toujours de
Opération de communication, la prestation du président cubain était visiblement destinée à dissiper les rumeurs qui courent depuis des semaines sur son état, dont certaines l'ont donné pour mort ou mourant. Fidel Castro n'avait fait parvenir aucun message, photo ou vidéo de lui pour la fête nationale du 26 juillet ou ses 81 ans le 13 août.
Insistante, une rumeur a fait état d'une rechute liée à une infection ayant nécessité une nouvelle opération aux alentours de la mi-août. Le président vénézuélien Hugo Chavez, surnommé son "porte-parole médical" en raison de sa proximité avec Fidel Castro, a révélé vendredi depuis le Brésil qu'il avait été "sur le point de mourir" --sans préciser quand-- et avait dû subir plusieurs transfusions.
"Ils lui ont fait je ne sais combien de transfusions pour l'équivalent du sang qu'il a perdu; ils lui ont changé tout son sang", a-t-il déclaré. "Une opération, deux opérations,
Le président cubain a toutefois maintenu son activité de "chroniqueur", faisant publier dans la presse officielle ses "réflexions" sur l'actualité, au nombre de 45 depuis la première le 29 mars. Sa dernière "disparition" médiatique avait été la plus longue depuis le début de sa crise de santé et sa première opération le 27 juillet l'an dernier, des suites d'une grave hémorragie intestinale qui l'a conduit à céder le pouvoir à son frère Raul, en principe provisoirement.
Dans un rare commentaire de responsable cubain sur sa santé, le vice-président Carlos Lage avait déclaré quelques heures avant vendredi: "Fidel poursuit son rétablissement, un rétablissement fécond comme nous pouvoir tous le voir dans la presse". Le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, avait renchéri en assurant qu'il "participait aux principales décisions du pays sur lesquelles il est consulté".
Hôtel super calme à Amed? (Bali) English translation pending
Hello,
je suis epuisee et je n arrive pas a recuperer car partout il y a du bruit des 6h du matin (coqs, chiens, bruit de la rue...). Je vais donc aller a Amed en esperant que ce soit plus calme. Quelqu un connaitrait il un logement super calme et dans les 50 000 / 60 000 la nuit?
Merci!
Carine
je suis epuisee et je n arrive pas a recuperer car partout il y a du bruit des 6h du matin (coqs, chiens, bruit de la rue...). Je vais donc aller a Amed en esperant que ce soit plus calme. Quelqu un connaitrait il un logement super calme et dans les 50 000 / 60 000 la nuit?
Merci!
Carine
Livre: les clés pour comprendre l’Asie du Sud-Est English translation pending
Les clés pour comprendre l’Asie du Sud-Est tiennent désormais dans la poche ! Le premier livre en français sur l’actualité de la région vient de sortir. Recueil d’articles publiés dans la lettre d’information Focus Asie du Sud-Est, Asie du Sud-Est 2007 est un outil simple et pratique pour comprendre la complexité de la région
Il a la taille d’un guide touristique, mais ne vous y trompez pas : Asie du Sud-est 2007, les évènements majeurs de l’année est comparable aux séries L’Etat du monde et L'année stratégique. Ce vademecum francophone recense les faits qui ont marqué le Sud-Est asiatique au cours des douze derniers mois sous forme d’articles de presse.
Edité en partenariat avec l’Institut de Recherche sur l’Asie du Sud-Est Contemporaine (IRASEC), le livre sélectionne une vingtaine d’articles parus dans le mensuel électronique Focus Asie du Sud-Est (FASE)pour mieux comprendre les enjeux régionaux de 2007. "Asie du Sud-Est 2007 est un panorama kaléidoscopique de l’actualité de l’ASEAN et du Timor Leste", résume le journaliste et co-directeur de FASE, Arnaud Dubus.
Quatre chapitres accessibles à tous
La présentation est simple, les articles sont répartis en quatre chapitres : analyses, enquêtes, reportages et hommages. En feuilletant le livre, on passe ainsi d’une enquête sur le procès des Khmers rouges à l’analyse du coup d’Etat thaïlandais, avant de tomber sur un reportage sur le "petit vin blanc thaïlandais" de Loei.
Les hommages sont pour leur part rendus aux grands personnages de la région qui se sont éteints en 2006 comme Pham Xuân Ân, "l’espion qui en savait trop", ou Duong Quynh Hoa, "l’enfant terrible de la révolution vietnamienne". Autant de sujets traités de manière simple, avec la volonté affichée de la part des auteurs de rendre l’ouvrage accessible au plus grand nombre. La préface destine d’ailleurs Asie du Sud-Est 2007 aux "professeurs, étudiants et néophytes".
Au-delà des articles, le livre offre dans les dernières pages une chronologie régionale détaillée de 2006, les adresses des centres de recherche sur la région et une bibliographie récente. Enfin, pour ceux qui décideraient de se lancer dans une carrière professionnelle liée à la région, les auteurs ont ajouté en conclusion les formations universitaires relatives à l’Asie du Sud-est.
Caroline TRONCHE. (www.lepetitjournal.com - Bangkok) mercredi 22 août 2007
Asie du Sud-est 2007 - Les évènements majeurs de l’année
Par les auteurs de la revue FOCUS ASIE, en partenariat avec l’IRASEC
Publié en mars 2007 aux Editions Aux lieux d’être
224 pages
Disponible dans les librairies françaises, chez l’éditeur, dans les librairies internationales de Bangkok et à l’Alliance française.
Site de l’éditeur : www.auxlieuxdetre.com/LAsieduSud-Est2007.htm
Site de la lettre Focus : www.focusasie.com
Focus Asie du Sud-Est est une lettre électronique mensuelle d’information et d’analyse du sud-est asiatique. Elle a été créée au début de l’année 2006 par trois journalistes français installés dans la région, Arnaud Dubus, Jean-Claude Pomonti et Arnaud Leveau. Chaque mois, ils diffusent une information sur l’ASEAN plus détaillée que celle relayée par les médias francophones, en abordant les sujets sous l’angle politique ou économique. Toutes les informations sur www.focusasie.com.
Il a la taille d’un guide touristique, mais ne vous y trompez pas : Asie du Sud-est 2007, les évènements majeurs de l’année est comparable aux séries L’Etat du monde et L'année stratégique. Ce vademecum francophone recense les faits qui ont marqué le Sud-Est asiatique au cours des douze derniers mois sous forme d’articles de presse.
Edité en partenariat avec l’Institut de Recherche sur l’Asie du Sud-Est Contemporaine (IRASEC), le livre sélectionne une vingtaine d’articles parus dans le mensuel électronique Focus Asie du Sud-Est (FASE)pour mieux comprendre les enjeux régionaux de 2007. "Asie du Sud-Est 2007 est un panorama kaléidoscopique de l’actualité de l’ASEAN et du Timor Leste", résume le journaliste et co-directeur de FASE, Arnaud Dubus.
Quatre chapitres accessibles à tous
La présentation est simple, les articles sont répartis en quatre chapitres : analyses, enquêtes, reportages et hommages. En feuilletant le livre, on passe ainsi d’une enquête sur le procès des Khmers rouges à l’analyse du coup d’Etat thaïlandais, avant de tomber sur un reportage sur le "petit vin blanc thaïlandais" de Loei.
Les hommages sont pour leur part rendus aux grands personnages de la région qui se sont éteints en 2006 comme Pham Xuân Ân, "l’espion qui en savait trop", ou Duong Quynh Hoa, "l’enfant terrible de la révolution vietnamienne". Autant de sujets traités de manière simple, avec la volonté affichée de la part des auteurs de rendre l’ouvrage accessible au plus grand nombre. La préface destine d’ailleurs Asie du Sud-Est 2007 aux "professeurs, étudiants et néophytes".
Au-delà des articles, le livre offre dans les dernières pages une chronologie régionale détaillée de 2006, les adresses des centres de recherche sur la région et une bibliographie récente. Enfin, pour ceux qui décideraient de se lancer dans une carrière professionnelle liée à la région, les auteurs ont ajouté en conclusion les formations universitaires relatives à l’Asie du Sud-est.
Caroline TRONCHE. (www.lepetitjournal.com - Bangkok) mercredi 22 août 2007
Asie du Sud-est 2007 - Les évènements majeurs de l’année
Par les auteurs de la revue FOCUS ASIE, en partenariat avec l’IRASEC
Publié en mars 2007 aux Editions Aux lieux d’être
224 pages
Disponible dans les librairies françaises, chez l’éditeur, dans les librairies internationales de Bangkok et à l’Alliance française.
Site de l’éditeur : www.auxlieuxdetre.com/LAsieduSud-Est2007.htm
Site de la lettre Focus : www.focusasie.com
Focus Asie du Sud-Est est une lettre électronique mensuelle d’information et d’analyse du sud-est asiatique. Elle a été créée au début de l’année 2006 par trois journalistes français installés dans la région, Arnaud Dubus, Jean-Claude Pomonti et Arnaud Leveau. Chaque mois, ils diffusent une information sur l’ASEAN plus détaillée que celle relayée par les médias francophones, en abordant les sujets sous l’angle politique ou économique. Toutes les informations sur www.focusasie.com.Témoignages 1,2,3,4: Le souvenir pour survivre (Cambodge) English translation pending
Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre
Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Hôtel de la chaîne Iberostar English translation pending
Nous pensons effectuer un voyage de 15 jours en fin d'année au Mexique. Séduit par les hotels de la chaine iberostar ( nous connaisons iberostar à BAYAHIBE ainsi que l'iberostar BAVARO à PUNTA CANA ) nous souhaitons avoir des renseignements sur les différents hotels de la chaine au Mexique.
Quelles sont les avantages des un et des autre et surtout leurs inconvénients....Merçi de bien vouloir nous aider
Partir vivre au Timor Oriental English translation pending
Salut !
Mon copin viens juste de partir au Timor pour bosser et je compte le rejiondre et ce pour une durée de plusieurs mois.Je lis partout que les conditions de vie sont super rudes et je panique un peu...🙁 Ce pays est il si ostil qu'on le dit ? Mon copin risque de bosser pas mal et je ne sais pas s'il y a beaucoup de truc a faire pour s'occuper. Y a t il moyen de s'engager benevolement dans l'humanitaire la bas ? Y'a t il moyen de se loger la bas pour pas trop chere ? Avez vous des conseilles partuculiers, des tuyaux ?
Mon copin viens juste de partir au Timor pour bosser et je compte le rejiondre et ce pour une durée de plusieurs mois.Je lis partout que les conditions de vie sont super rudes et je panique un peu...🙁 Ce pays est il si ostil qu'on le dit ? Mon copin risque de bosser pas mal et je ne sais pas s'il y a beaucoup de truc a faire pour s'occuper. Y a t il moyen de s'engager benevolement dans l'humanitaire la bas ? Y'a t il moyen de se loger la bas pour pas trop chere ? Avez vous des conseilles partuculiers, des tuyaux ?
Les taxis de l'aéroport Suvarnabhumi à Bangkok English translation pending
Lu dans le Bangkok Post d'hier que le nouveau directeur des Aeroports de Thailande veut faire la chasse aux trop nombreux services illegaux de Limousine presents a Suvarnabhumi Airport, et qui demandent des prix de dingues aux pauvres Farangs fraichement sortis de l'avion...
Il veut rendre les taxis plus visibles. Apres les festivites de Songkran, les taxis pourront etre pris directement au niveau 2 (arrivees). Il n'y aura plus besoin de descendre d'un etage avec tous ses bagages.
De plus, dans l'article, il est dit que des bus (sans preciser pour le moment lesquels), qui attendent actuellement leurs passagers a la gare routiere proche de l'aeroport, pourront egalement prendre des passagers au niveau 2.
On dirait que le nouvel aeroport de Bangkok est en mouvement constant. Ce qui n'est pas une mauvaise chose si ca peut ameliorer le service envers les passagers que nous sommes tous un jour ou l'autre...
Affaire a suivre.
Il veut rendre les taxis plus visibles. Apres les festivites de Songkran, les taxis pourront etre pris directement au niveau 2 (arrivees). Il n'y aura plus besoin de descendre d'un etage avec tous ses bagages.
De plus, dans l'article, il est dit que des bus (sans preciser pour le moment lesquels), qui attendent actuellement leurs passagers a la gare routiere proche de l'aeroport, pourront egalement prendre des passagers au niveau 2.
On dirait que le nouvel aeroport de Bangkok est en mouvement constant. Ce qui n'est pas une mauvaise chose si ca peut ameliorer le service envers les passagers que nous sommes tous un jour ou l'autre...
Affaire a suivre.
IRASEC: pour mieux comprendre l’Asie du Sud-Est English translation pending
Salut à tous,
Je viens de tomber sur ceci vu sur le petit journal de Bangkok, très intéressant voir ce lien http://www.irasec.com/fr/ .--
Au confluent des grands courants culturels asiatiques, l’Asie du Sud-Est est une région complexe et difficile à appréhender pour l’esprit occidental. À l’heure où l’Asie joue un rôle de plus en plus déterminant dans la géopolitique mondiale, l’IRASEC nous apporte des clés pour mieux saisir "l’angle de l’Asie"
(Photo Jean-Louis Duzert)
Créé en 2001, par Stéphane Dovert, attaché scientifique à Ho Chi Minh, l’Institut de Recherches sur l’Asie du Sud-Est Contemporaine (IRASEC) s’est donné pour objectif d’analyser les grandes questions politiques, économiques, sociales et environnementales qui touchent, collectivement ou séparément, onze pays de la région (Asean + Timor Leste). Une démarche unique Pour y parvenir, de tout les Instituts Français de Recherche à l’Etranger (Ministère des Affaires Etrangères), la démarche de l’Irasec est unique. Elle consiste à rassembler des spécialistes de tous horizons disciplinaires et académiques autour d’axes de recherches définis par un comité de suivi - ce dernier, réuni tous les deux ans, est formé par une vingtaine de représentants Ministériels, des scientifiques de la région et autres partenaires locaux. "L’IRASEC est le seul Institut Français de Recherche à l’Etranger (IFRE) sans chercheur à demeure, indique Arnaud Leveau, Directeur adjoint de l’Irasec, c’est un organisme de coordination de recherches. Ailleurs, explique-t-il, les chercheurs arrivent avec leur projet. La démarche de l’Irasec consiste, elle, à sélectionner les spécialistes les plus à même de mener à bien les projets définis par le comité de suivi." Validation académique L’Irasec peut coordonner jusqu’à une cinquantaine de chercheurs sur des projets transversaux. "Nous travaillons par exemple actuellement sur un Atlas de la présence économique européenne en Asie du Sud-Est pour lequel nous avons 18 à 20 chercheurs" souligne Arnaud Leveau. Et une fois le travail de recherche terminé, chaque manuscrit est ensuite validé académiquement avant de passer au stade de la publication. C’est Guy Faure, le Directeur, également chercheur au CNRS, qui en a la responsabilité. Ainsi, une trentaine d’ouvrages ont déjà vu le jour en 6 ans et une vingtaine de projet de recherches sont en cours, couvrant des domaines principalement axées sur les relations internationales, les évolutions socio-économiques, politiques et religieuses en Asie du Sud-Est. L’Irasec organise également des événements tels que le cycle de conférences mensuelles lancé en novembre en collaboration avec l’Alliance Française. Cinq conférences ont déjà eu lieu jusqu’ici, abordant le bouddhisme thaïlandais, les chinois de Thaïlande, les réfugiés birmans, les maladies tropicales et la problématique du mouvement séparatiste du sud thaïlandais. Le 24 mai, le représentant de Reporters Sans Frontières, Philippe Latour, viendra parler des médias thaïlandais.
Fanny DANNIEL et Pierre QUEFFÉLEC (www.lepetitjournal.com - Bangkok) jeudi 5 avril 2007 PUBLICATIONS - Une mine d’or en français sur les grandes problématiques du sud-est asiatique Parmi les publications déjà disponibles, on trouve des thèmes d’actualité tels que l’influence de la communauté chinoise au Viêt-Nam et en Thaïlande, les militaires face à la société en Indonésie et en Thaïlande, les défis de l’intégration régionale du Laos, les Musulmans de Thaïlande, la piraterie maritime en Asie du Sud-Est, ou encore la production, le trafic et la consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est. Les dernières publications en date, le Dictionnaire Khmer Rouges de Solomon Kane, Asie du Sud-Est 2007, une compilation d’articles de la revue d’analyse politique Focus Asie du Sud-Est (FASE), et Timor : 1250 - 2005, 750 ans de cartographie et de voyages par Frédéric Durand. Parmi les projets on notera des ouvrages en préparation sur la présence économique européenne en Asie du Sud-Est, les Triades chinoises en Asie du Sud-Est, les relations de la Chine avec l’Asean, l’alter-révolution verte en Thaïlande, ou encore le tourisme et la sexualité vénale en Thaïlande. Les publications de l’Irasec sont disponibles à Bangkok dans les grandes librairies (Kinokuniya, Siam Paragon, Emporium, etc.) mais aussi à Phnom Penh et Vientiane. A noter également que l’Irasec partage actuellement un stand avec Carnets d’Asie et La Boucherie au Bangkok Book Fair qui a lieu au Queen Sirikit National Convention Center jusqu’au 11 avril. IRASEC 29 Sathorn Tai Road (Face à l’Alliance Française) Bangkok, 10120, Thaïlande Téléphone : (66 2) 627 21 80 Fax : (66 2) 627 21 85 E-mail : direction(at)irasec.com Site Internet : http://www.irasec.com
Je viens de tomber sur ceci vu sur le petit journal de Bangkok, très intéressant voir ce lien http://www.irasec.com/fr/ .--
Au confluent des grands courants culturels asiatiques, l’Asie du Sud-Est est une région complexe et difficile à appréhender pour l’esprit occidental. À l’heure où l’Asie joue un rôle de plus en plus déterminant dans la géopolitique mondiale, l’IRASEC nous apporte des clés pour mieux saisir "l’angle de l’Asie"
(Photo Jean-Louis Duzert)Créé en 2001, par Stéphane Dovert, attaché scientifique à Ho Chi Minh, l’Institut de Recherches sur l’Asie du Sud-Est Contemporaine (IRASEC) s’est donné pour objectif d’analyser les grandes questions politiques, économiques, sociales et environnementales qui touchent, collectivement ou séparément, onze pays de la région (Asean + Timor Leste). Une démarche unique Pour y parvenir, de tout les Instituts Français de Recherche à l’Etranger (Ministère des Affaires Etrangères), la démarche de l’Irasec est unique. Elle consiste à rassembler des spécialistes de tous horizons disciplinaires et académiques autour d’axes de recherches définis par un comité de suivi - ce dernier, réuni tous les deux ans, est formé par une vingtaine de représentants Ministériels, des scientifiques de la région et autres partenaires locaux. "L’IRASEC est le seul Institut Français de Recherche à l’Etranger (IFRE) sans chercheur à demeure, indique Arnaud Leveau, Directeur adjoint de l’Irasec, c’est un organisme de coordination de recherches. Ailleurs, explique-t-il, les chercheurs arrivent avec leur projet. La démarche de l’Irasec consiste, elle, à sélectionner les spécialistes les plus à même de mener à bien les projets définis par le comité de suivi." Validation académique L’Irasec peut coordonner jusqu’à une cinquantaine de chercheurs sur des projets transversaux. "Nous travaillons par exemple actuellement sur un Atlas de la présence économique européenne en Asie du Sud-Est pour lequel nous avons 18 à 20 chercheurs" souligne Arnaud Leveau. Et une fois le travail de recherche terminé, chaque manuscrit est ensuite validé académiquement avant de passer au stade de la publication. C’est Guy Faure, le Directeur, également chercheur au CNRS, qui en a la responsabilité. Ainsi, une trentaine d’ouvrages ont déjà vu le jour en 6 ans et une vingtaine de projet de recherches sont en cours, couvrant des domaines principalement axées sur les relations internationales, les évolutions socio-économiques, politiques et religieuses en Asie du Sud-Est. L’Irasec organise également des événements tels que le cycle de conférences mensuelles lancé en novembre en collaboration avec l’Alliance Française. Cinq conférences ont déjà eu lieu jusqu’ici, abordant le bouddhisme thaïlandais, les chinois de Thaïlande, les réfugiés birmans, les maladies tropicales et la problématique du mouvement séparatiste du sud thaïlandais. Le 24 mai, le représentant de Reporters Sans Frontières, Philippe Latour, viendra parler des médias thaïlandais.
Fanny DANNIEL et Pierre QUEFFÉLEC (www.lepetitjournal.com - Bangkok) jeudi 5 avril 2007 PUBLICATIONS - Une mine d’or en français sur les grandes problématiques du sud-est asiatique Parmi les publications déjà disponibles, on trouve des thèmes d’actualité tels que l’influence de la communauté chinoise au Viêt-Nam et en Thaïlande, les militaires face à la société en Indonésie et en Thaïlande, les défis de l’intégration régionale du Laos, les Musulmans de Thaïlande, la piraterie maritime en Asie du Sud-Est, ou encore la production, le trafic et la consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est. Les dernières publications en date, le Dictionnaire Khmer Rouges de Solomon Kane, Asie du Sud-Est 2007, une compilation d’articles de la revue d’analyse politique Focus Asie du Sud-Est (FASE), et Timor : 1250 - 2005, 750 ans de cartographie et de voyages par Frédéric Durand. Parmi les projets on notera des ouvrages en préparation sur la présence économique européenne en Asie du Sud-Est, les Triades chinoises en Asie du Sud-Est, les relations de la Chine avec l’Asean, l’alter-révolution verte en Thaïlande, ou encore le tourisme et la sexualité vénale en Thaïlande. Les publications de l’Irasec sont disponibles à Bangkok dans les grandes librairies (Kinokuniya, Siam Paragon, Emporium, etc.) mais aussi à Phnom Penh et Vientiane. A noter également que l’Irasec partage actuellement un stand avec Carnets d’Asie et La Boucherie au Bangkok Book Fair qui a lieu au Queen Sirikit National Convention Center jusqu’au 11 avril. IRASEC 29 Sathorn Tai Road (Face à l’Alliance Française) Bangkok, 10120, Thaïlande Téléphone : (66 2) 627 21 80 Fax : (66 2) 627 21 85 E-mail : direction(at)irasec.com Site Internet : http://www.irasec.com
Islande: les routes F26 et F35 et Landmannalaugar? English translation pending
bonjour.
je pars cet été pour l'islande et je prépare le trajet .
j 'y vais en camping car.
certain guide prétendent que les routes F26 et F35 sont accessibles.
qui peut m'en dire plus.
deuxiemement j'adorerai aller à Landmannalaugar, est ce réalisable avec mon camping car (non 4x4).
merci pour ces renseignements.
question subsidiaire: je pars avec 3 enfants pour 3 semaines, puis ammener un chauffage électrique, les prises dans les camping sont elles compatibles
ou sinon comment puis je refaire le plein de gaz??
encore merci
Moyens de communications Madagascar - France? English translation pending
Bonjour,
Je suis à la recherche d'infos pratiques sur les moyens de communication existants à Madagascar, surtout à Antananarivo, pour entrer en contact avec la France...
Existe-t'il des cyber cafés? Si oui, à quels prix ( un tuyau pour le cybercafé le moins cher de Tana? je suis preneuse...) ? Et les ordinateurs de ces cyber ont-ils des installations de type skype ou msn?
Existe-t'il des moyens de téléphone en France (sur des fixes et des mobiles français) pour pas trop cher? Quel est le meilleur moyen pour ne pas payer cher? Acheter un mobile malgache et appeler de celui-ci? Acheter des cartes téléphoniques? Aller dans des lieux avec cabines? Et pour combien en rapport temps de communication /prix ?
Merci à tout ceux qui me répondront.
Je suis à la recherche d'infos pratiques sur les moyens de communication existants à Madagascar, surtout à Antananarivo, pour entrer en contact avec la France...
Existe-t'il des cyber cafés? Si oui, à quels prix ( un tuyau pour le cybercafé le moins cher de Tana? je suis preneuse...) ? Et les ordinateurs de ces cyber ont-ils des installations de type skype ou msn?
Existe-t'il des moyens de téléphone en France (sur des fixes et des mobiles français) pour pas trop cher? Quel est le meilleur moyen pour ne pas payer cher? Acheter un mobile malgache et appeler de celui-ci? Acheter des cartes téléphoniques? Aller dans des lieux avec cabines? Et pour combien en rapport temps de communication /prix ?
Merci à tout ceux qui me répondront.